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Titre :
La femme
Éditeur :
  • Montréal :Maison Letendre, Fils & cie,1908-1912
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La femme, 1910-10, Collections de BAnQ.

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[" Maison Letendre, Fils & Cie, BON MARCHE Revue mensuelle offerte a tous les clients du No.31 MONTRÉAL, GCT.1910 3ème Année ¦Bill Mtfi «i .¦¦¦ ¦ - 1 A, \t Kv->S.§P§pp$siô.; \u201cCilktal\u201d est un tissu qui tient le premier rang comme Idéal yy en doublures à robes.fl II dure deux fois autant que la soie et coûte le quart du prix de cette dernière.DEMANDEZ A VOIR L'ETIQUETTE et n\u2019aceepte* rien de ce que l\u2019on vous recommande comme tout aussi bon.LA R H A R MA CIE CHIC AU CENTRE DES BEAUX QUARTIERS La PHARMACIE MOISAN est reconnue comme la pharmacie chic du centre de la ville.Le site est admirable, le service distingué et les produits ultra selects.Aucun établissement ne l\u2019emporte sur la PHARMACIE MOISAN pour tous les articles de toilette et d\u2019hygiène pour hommes et surtout pour dames.On y trouve tous les accessoires pour photographie.\u2014 PRESCRIPTIONS \u2014 Sous le rapport des prescriptions remplies avec célérité et minutie, en usant que des meilleurs ingrédients, la PHARMACIE MOISAN n\u2019a pas de rivale.Les Anti-Ohill Capsules pour oas de grippe influenza Téléphonez si vous voulez que le messager aille chercher chez vous les ordonnances à remplir ; il retournera avec les médicaments.S.MOISAN, Pharmacien Angle ST-LAURENT et SHERBROOKE.\tTél.Est 4739 Bell Tel E«t 2129 J.E.BOISVERT CHAPELIER et MANCHONNIER _\t,\tEmmagasinage de Fourrures Fourrures faites et reparees à 2»/» seulement .\t.\t.\t.Spécialité : Manteaux de Dames sur ordre PANAMA NETTOYÉ SANS ACIDE.698 RUE ST-DENIS, près Roy, MONTRÉAL E.BLANCHARD HORLOGER ET BIJOUTIER Réparations en tous genres à prix modérés- OUVRAGE GARANTI Toujours en mains un assortiment complet de Cadrans à des prix défiants toutes compétitions :\t.\t:\t:\t:\t: Une visite est sollicitée 300 RUE WOLFE, Près Ste-Catherine Valises et Sacs Vous trouverez à nos magasins un assortiment complet de Malles, Valises, Sacs de Voyage, Sacoches pour dames, Porte-Monnaie, Folios, etc., etc.En un mot tout ee qui se fabrique en cuir, fl Nous faisons aussi la réparation des articles ci-haut mentionn és.fl Venez voir nos marchandises et nos prix avant d\u2019acheter.\t>: Bazar du Voyag'e LAMONTAGNE Limitée, 496 Ste-Catherine Est, Près St-André Propriétaire de la Célèbre Marque de Commeroe \u201c ALLIGATOR\u201d ü.A.«JOU BERT.Gérant.LA PRESSE Le Journal du \u201c Foyer\u201d INSTRUIT - RÉCRÉE - AMUSE Il vous apporte chaque soir dans votre famille les évènements du monde entier.Il vous fournit les renseignements les plus précis sur ce qui vous intéresse.\t, Et il vous guide de la façon la plus concise, dans vos transactions quotidiennes En un mot c\u2019est le journal favori des familles. m&m mmm Revue mensuelle ofTerte a tous les clients du ài BON MARCHE M, Maison Letendre, Fils Sl Cle.3ms Année MOMTREAL, OCT.1910 Ho.31 « JtA JÜit SÜSk Üït £Sfc | TRISTESSE D\u2019OCTOBRE £ % & JKWMWIfWSWWWWWWif Quand la mélancolie d\u2019octobre s\u2019é-pand sur les choses, il semble qu\u2019elle s\u2019infiltre aussi en nous, et malgré tout ce que l\u2019ingéniosité des hommes a inventé de soi-disant plaisirs, malgré la joie factice des salons brillamment illuminés, la gaîté et l\u2019esprit des comédiens de renom qui veulent nous amuser, la trompeuse griserie des musiques compliquées et des banquets où coule la flamme des vins fins, malgré tout ce qu\u2019on a imaginé pour nous faire oublier que le soleil est lointain e; que le ciel est pâle, nous nous sentons triste.Tout ce qu\u2019au fond de nos âmes, il y a d\u2019amertune, se lève et remonte à la surface.Les souvenirs tristes surgissent on ne sait comment et nous font tremper, comme au temps où ils étaient la réalité nos lèvres à la coupe de lie.Les angoisses de l\u2019incertain avenir nous assaillent et il semble que tout est fini à jamais des robustes espoirs et de la confiance aux propices destins.Automne, automne ! saison de deuil, mort de l\u2019année, que ne pouvons-nous fuir bien loin, aux pays où ta morne venue n\u2019attriste pas les humains, parce que la nature prodigue garde des fleurs pour masquer ton passage ! Oh ! ne pas entendre la mélopée lugubre du vent dans les branches qui se dépouillent, ne pas sentir sous ses pas ce crissement plaintif des feuilles qui sont mortes et qu\u2019on écrase! Ne pas penser, sous le ciel gris et bas, aux soleils des printemps enfuis et si beaux qui jamais ne reviendront, ne plus avoir à se répéter toujours, ainsi que le faisait le corbeau du poète: \u201cJamais plus, jamais plus\u201d ! Mais là tristesse d\u2019octobre s\u2019insinue chaque année un peu plus dans nos âmes, et c\u2019est en vain que nous voudrions échapper à son emprise.Elle est la maîtresse.Peut-être, après tout, est-il nécessaire et bon qu\u2019il en soit ainsi.Demain, quand tintera le glas de novembre pour les Morts, nous serons mieux préparés à comprendre la détresse des âmes et à y compatir.La prière du coeur épurée par de longs jours sans gaîté, montera plus ardente et meilleure au pied de l\u2019Eter-nel.Maintenant que tout est fini de ce que la jeune année nous avait promis de bonheur, le temps est propice aux réflexions graves et aux salutaires retours sur soi-même.Lorsque souriait le printemps et plus tard quand triomphait le radieux été, il n\u2019y avait place en nous que pour les ravissements et les espoirs ; voici venu le temps des réalités décevantes.Profitons-en pourvoir si nous n\u2019avons pas égoïstement pris plus que notre part de ce soleil qui voulait se prodiguer à tous.Avons-nous pensé à ceux qui souffraient pendant que nous jouissions ; leur avons-nous fait l\u2019aumône d\u2019un sourire, au moins, à ceux qui ne voulaient peut-être que cela pour être heureux?Alors, réjouissons-nous,et malgré l\u2019absence du soleil, et malgré le froid qui gagne jusqu\u2019à nos coeurs, donnons de la gaîté aux malheureux.C\u2019est la saison où ils souffrent plus que nous encore, donnons-nous la joie austère d\u2019être compatissants et bons.C\u2019est la meilleure et celle qui survit seule au changement des saisons, dans l\u2019année et dans la vie.Donnons de notre superflu, donnons de notre nécessaire, s\u2019il le faut, donnons surtout de notre coeur, de notre âme.Que les malheureux soient bien vraiment nos frères.Penchons-nous sur leur misère, pour la soulager mieux et du bien que nous accomplirons, nous nous referons un petit printemps intérieur qui sera éternel, celui-là.Et la tristesse d\u2019octobre ne saura plus nous prendre tout entier, quand nous aurons ce moyen de la-conjurer.Sourire, sourire pour les autres quand on n\u2019a plus envie de sourire pour soi-même.Qu\u2019importe que le soleil se cache, que la froideur vienne, que les feuilles tombent et que la vieillesse arrive, si nous portons en nous-même le principe étemel de la jeunesse et de la gaîté: la Bonté qui s\u2019oublie pour se prodiguer toute, qui, à force de refléter la joie qu\u2019elle donne, en garde le divin rayonnement en toutes saisons et jusque dans la mort ! C\u2019est le vrai sens de la vie; il n\u2019est pas de complète tristesse pour qui le possède.JOSEPHTE.* îJî îjc ^ LA BAGUE | En sus du prix convenu et qui valait déjà un gros lot de loterie, l\u2019illustrissime chirurgien Germain Calebasse avait reçu de sa cliente, la charmante milliardaire Dina W.\u2014 mais quelle indiscrétion allais-je commettre!.\u2014 le présent d\u2019une bague dont le cabochon seul représentait, à dire d\u2019expert, le capital d\u2019une ferme en Beauce.De telle sorte que cette bague, il la portait constamment et ne pratiquait plus sans elle.Avec sa perle-parangon, elle était son fétiche.Quand il l\u2019avait au doigt, tout réussissait; s\u2019il la quittait, ne fut-ce qu\u2019un instant, plus de sûreté de main ou de coup d\u2019oeil, action manquée, mort du malade, et dame ! vous savez, on n\u2019aime pas à en perdre dans la partie.Germain Calebasse y tenait moins que personne, d\u2019abord à cause de sa gloire rudement achetée par le labeur, mais surtout parce qu\u2019il était fort bon homme, sous son écorce de marron d\u2019Inde, amère et épineuse.LTn jour qu\u2019il avait à faire une opération très importante à Marseille, où il devait, je crois, enlever l\u2019estomac à un riche banquier phocéen qui en avait abusé, le professeur arriva de bonne heure à son hôpital, et il y expédia, son éternelle bague au doigt, trois malades plus pressés que les autres, ou qui du moins n\u2019avaient pas le temps d\u2019attendre son retour.Inutile de vous dire avec quelle dextérité le maître les opéra, à l\u2019admirati°n toujours nouvelle des internes.\t, Que de son scalpel enchanté il perforât, tranchât et extirpât les organes, quand il retirait sa main d\u2019un corps ouvert, tout était dit ; il n\u2019y avait plus qu\u2019à ramener la peau et à la recoudre : un jeu d\u2019élèves! Les siens étaient 4 L,A FEMME chargés de ce soin, et cette fois comme toujours, ils y réussirent si bien, que huit jours après les trois opérés, entièrement guéris et valides, retournaient au travail et se perdaient dans le désert des hommes \u2014 c\u2019est la société que je veux dire.Comme le riche banquier était m°rt, il avait été aisé de constater, sur autopsie, qu\u2019elle ne lui était pas restée dans les entrailles.D\u2019autre part, aucune autre opération de la main magique n\u2019avait précédé celle-là, sauf celle des trois pauvres gueux de l\u2019hospice.C\u2019était donc dans le ventre de l\u2019un d\u2019eux qu'il l'avait égarée et laissée choir; mais quel était ce ventre, ou plutôt à qui était-il?Je vous ai dit que non seulement l\u2019anneau était d\u2019une valeur énorme, mais encore qu\u2019il était le talisman du maître.Il fallait donc le ravoir, et à tout prix.Ea chance sembla d\u2019abord se prêter à la recherche.L\u2019un des trois gueux eut une rechute et revint s\u2019offrir de lui-même au scalpel investigateur.Un accident du travail mit encore le philanthrope à même d\u2019explorer dans les profondeurs thoraciques de l\u2019organisme du deuxième miséreux.Mais même en s'étendant un peu sur lé champ de perquisitions, le bistouri ne rencontra point de perle, et de monture d\u2019or point davantage.Restait le troisième opéré.I! s\u2019appelait Pantruche et il exerçait la profession de chiffonnier.Gavarni savait ce qu\u2019il faisait quand il mettait la hotte au d°s et le crochet au poing de son immortelle Thomas Vireloque, le La Bruyère parisien de plein air.Pantruche était un type du genre.Il voyait vite et juste et il avait toujours le mot drôle.Les internes se souvenaient que lorsqu\u2019il s\u2019était amené à l\u2019hôpital, pour son rein flottant, il leur avait dit en rigolant: \u2014 Je n\u2019ai pas de picaillon, et pourtant je le suis! \u2014 Quoi ?\u2014 Eh bien, pique-haillons !\u201d Et ce jeu de m°ts hasardeux avait réjoui les carabins et déridé le professeur lui-même.Aussi ne fut-il pas difficile de le retrouver dans la baraque en bois de démolitions suburbaine où il logeait au milieu d\u2019un clos de tessons de bouteilles et de guenilles.Un jour, l\u2019automobile du docteur s\u2019y arrêta comme par hasard.\u2014Tiens, c\u2019est- vous, père Pique-Plaillons ?En voilà un heureux hasard! Il a fallu que je passe par ici! -Pourquoi n\u2019êtes-v°us pas revenu me voir?\u2014Parce que je suis guéri, voilà tout ; mais je pense à vous souvent et même tous les jours.\u2014Est-ce que vous avez des rappels de douleur dans la région rénale?Vous devez en avoir.Ce n\u2019est jamais complètement fini, du moins à la première opération.Il en faut parfois une seconde.Ne craignez pas d\u2019abuser.A la moindre gêne dans la ves- sie, vous savez, pas une minute à perdre, accourez, accourez ! Au besoin, je vous ferai prendre dans mon auto.\u2014Merci, mais pour le moment ça va.comme une Wallace, révérence parler.Et Pantruche laissa partir le chirurgien, non sans le regarder longuement disparaître dans l'avenue.C\u2019était, je vous l\u2019ai dit, un philosophe et qui, lui aussi, s°ndait les reins, mais à sa manière.Or, huit jours après, l\u2019auto de maître Germain Calebasse venait chercher le chiffonnier et l\u2019emmenait à la maison de santé de Neuil-ly, sans secousses, comme sur un lit d'ouate.\u2014Eh bien, ça ne va donc pas, mon brave?Vous avez bien fait de me faire écrire.Qu\u2019est-ce que vous éprouvez ?\u2014C\u2019est comme qui dirait, là, dans le dos, quelque chose de rond, qui tournerait.quand je Wallace.\u2014Ah !.Ca tourne ?\u2014-Oui, fit Pique-Haillons, p°ur qui la blague était toujours irrésistible, ça tourne comme l\u2019anneau du même nom.\u2014Quel anneau?\u2014Eh bien, l\u2019anneau de Sa.turne.Mais l\u2019horrible à-peu-près n\u2019avait pas déridé le professeur pour qui il n\u2019y avait plus de doute sur la cachette de son talisman.La bague de Diana W., sa reconnaissante milliardaire, était dans les reins de Pantruche.C\u2019était bien là qu\u2019il l\u2019avait perdue, avec le perle-parangon.Ce boueux se promenait ayant au c°rps une ferme en Beauce ! Sans se demander s\u2019il approfondissait assez la définition que le philosophe lui donnait de sa souffrance, le savant thérapeute jugea qu\u2019il était à la fois plus sage et plus honnête de lui avouer ce qu\u2019il en était La seconde opération ne s\u2019imposait que si Pantruche consentait à s\u2019y prêter de lui-même, et elle n\u2019avàit d\u2019autre objet que de rendre le cab°chon à la lumière.Mais le chiffonnier ne l\u2019entendit pas de cette oreille.Il se refusa net à la nouvelle vivisection.L\u2019histoire de Jonas et de la baleine prouvait que l\u2019on peut vivre avec des choses plus volumineuses qu\u2019une bague dans l\u2019organisme.Force était au malheureux docteur de ne pas insister, car il se sentait ridicule.\u2014Allez, dit-il en se levant, et portez-vous bien.Le lendemain, Pantruche reparut.\u2014Monsieur le d°cteur, fit-il, j\u2019ai réfléchi cette nuit dans ma hutte.Pas d\u2019erreur, la bague y est.Elle joue au cerceau tout le temps dans mes intestins.Il y a un moyen de tout arranger sans la vivisection qui me répugne.\u2014Quel moyen?\u2014Voici.Je suis seul au monde, sans famille et pauvre comme Job, mon patron, sur sa paille.Je vous vends mon cadavre.Ca va-t-il ?\u2014Comment ?\u2014Vous n\u2019aurez qu\u2019à le prendre, après ma mort,.et à l\u2019ouvrir.La bague y sera, puisqu\u2019elle y est.Ache-tez-le moi, en viager?\u2014C°mbien, mon ami?\u2014Un petit mensuel, de quoi boulot-ter jusque-là, les cent francs par mois que l\u2019on rêve.\u2014C\u2019est dit.Il y a six semaines, Pantruche vivait encore dans sa baraque, tapissée de peaux de lapins, et fumait sa pipe de rentier sur ses tas de ferrailles.Il est mort subitement.Lorsque, selon le pacte, Germain Calebasse vint prendre possession du macchabée, il n\u2019eut pas la moindre peine à retrouver la bague : ce bon farceur de Pique-Haillons l\u2019avait tout simplement au doigt.Où diable l\u2019r pérateur l\u2019avait-il mise?EMILE BERGERAT.PROVERBES TURCS Est-ce quand le cheval a été volé que tu fermes la porte de l\u2019écurie.* * * L\u2019influence d\u2019un mauvais voisin se fait sentir jusqu\u2019au septième quartier de la ville.\u2022 \u2022 « Le flambeau n\u2019éclaire pas sa base.* * * Qui mange peu profite beaucoup, qui mange trop dépérit.* * * PENSÉE SAUVAGE.Voulez-vous être décoré par le Gouvernement?Louez-le.Voulez-vous louer votre appartement ?Dé-corez-le.VIEUX DICTONS L\u2019argent craint le juge et l\u2019avocat.* * * Jeu et boisson, Perdition de maison.* * * CURIOSITÉS A diamètre égal, un fil de toile d\u2019araignée est plus résistant qu\u2019un fil d\u2019acier.\u2022 « \u2022 Le proverbe dit : \u201cIl est bon de vivre avec des gens contents.\u201d C\u2019est toujours facile en s\u2019oubliant pour les autres. _____________LA FEMME________________5 DE LA BONNE TENUE À TABLE IL, N'Y A rien où l'on doive mettre tant de politesse qu'en l\u2019art de manger : car les hommes ayant pris l\u2019habitude, pour plus de commodité, de satisfaire ce besoin en commun s\u2019observent là tout au vif et se dégoûtent aisément l\u2019un l\u2019autre.Legouvé voulait qu\u2019un beau-père psychologue fît faire ass aut à son f utur gendre, pour démêler son caractère : il eût suffi qu'il le regardât manger.QUE MANGER soit devenu un art, ce serait un grand argument pour les philosophes à démontrer l\u2019excellence de l'àme humaine, si ces personnages distraits pouvaient prendre garde aux repas.Je sais une cigogne à qui un peintre fort connu et du plus beau talent avait coupé le bec, par sentiment, et pour la décoration.La pauvre bête ne put jamais se rendre compte de ce qui lui était arrivé, et elle continua à donner le coup de tète dont elle pique sa nourriture, à la même distance de celle-ci qu\u2019avant son embellissement; elle était toute surprise de ne point atteindre de la sorte une pâture qu\u2019elle avait ainsi picorée toute sa vie ; et elle mourut de faim, faute de comprendre qu\u2019il lui fallait allonger un peu plus le cou.Que ceci nous rende fiers d'avoir inventé les fourchettes.A vrai dire, cette invention et la plupart des autres sont toutes récentes, et nous en sommes à l\u2019aube de la civilité-Tout le XVIIe siècle a craché à terre et mangé avec ses doigts, qu\u2019il essuyait à la nappe.Jusqu'au milieu du XVIe siècle toute la tablée buvait au même gobelet ; c\u2019est pourquoi l\u2019usage était de vider le verre, d\u2019un trait, et l'on voit encore à la fin du règne de Louis XIV, les gens bien élevés jeter le surplus par-dessus leur épaule.Louis XIV, qui ne se lavait les mains qu\u2019en les posant religieusement sur une serviette mouillée, roulait à souper des boulettes de pain, les envoyait aux dames, et permettait qu\u2019elles lui en jetassent.A la fin, il recevait des oranges dans la figure.\t.Telle était la simplicité de ces temps.Mais cette barbaries même n\u2019était pas sans protocole.On mangeait le plus sale-» ment du monde, mais cependant suivant les règles du bon ton.Du XHIe au XVIIIe siècle, nous possédons une foule de manuels qui enseignent les belles manières.Les belles manières étaient de prendre la viande dans le plat avec trois doigts seulement, de ne point promener indéfiniment la main dans la sauce, et de ne point s'être servi de cette main pour s\u2019essuyer le nez.Legouvé voulait qu\u2019un père, à qui on a demandé sa fille, fit d\u2019abord assaut de fleuret avec le prétendant, pour démêler son caractère.Mais le caractère se reconnaît dans chaque attitude, et sans qu\u2019il soit nécessaire d\u2019aller sur la planche, il suffit de regarder un homme manger pour savoir qui il est.Si l\u2019on prenait intérêt à un jeune homme, et si on voulait qu\u2019il donnât de lui, entre le potage et les fruits, une idée excellente, on dresserait pour qu\u2019il n\u2019en oublie aucun article, ce code des attitudes agréables.\u201cAssieds-toi au bord de ta chaise; ce n'est qu\u2019à cheval qu\u2019il faut chercher le fond du siège, pour éviter les secousses ; à table, où ta chaise ne prendra pas le galop, cette position du bon cavalier, qui arrondit le rein avec le dos, serait d\u2019un convive médiocre.Tiens-toi, discret et droit, sans raideur ni mollesse, avec la simplicité d\u2019un galant homme.Ne colle pas ton plastron au bord de la table, à laquelle tu paraîtrais gloutonnement adhérer comme une monstrueuse pièce montée.Cette adhérence a plus d\u2019un défaut : le moindre ne serait pas que les miettes destinées à tomber sur ta serviette ne couvrent de leur mince gravier ton plastron et ton gilet.Il faut, de toi au bord, quelque deux travers de main; ni plus ni moins.Ta propre corpulence fera donc la loi de la distance à laquelle ta chaise sera placée de la table, d\u2019autant plus loin que tu seras plus gros.Laisse ta serviette sur tes genoux.Un homme du commun la glisse dans son gilet ; et c\u2019est fert laid.Mais que dire de ceux qui la nouent autour de leur cou, comme un barbier fait à son client?N\u2019avoue point, par une précaution si étalée, que tu manges comme un maladroit.Méfie-toi de tes moustaches.L'homme qui mange, n'a pas de plus redoutables ennemies.Elles aiment à ce point la mousse de bière qu\u2019elles en conservent des nappes entières ; mais elles haïssent 'à ce point le tapioca qu\u2019elles l'empêchent de pénétrer dans la bouche, et qu\u2019elles le laissent glisser jusqu\u2019ià leur extrémité, d\u2019où il retombe dans l\u2019assiette.\u201d N\u2019arrondis pas le dos, ne gonfle pas le ventre, ne pose pas le menton sur l\u2019assiette, les coudes sur la table, les pieds au loin ; ne t\u2019écroule pas, ne te tasse pas ; un convive ne doit pas présenter l\u2019aspect d\u2019un chaud-froid.Ne verse pas ton potage et tes viandes dans ton cou tendu vers le ciel ; ne broute pas non plus à bouche basse et ne fouille pas du groin dans les sauces ; garde, comme Dieu l\u2019a fait, un visage vertical.Ne roule pas ton pain entre tes doigts; ne lampe pas de vastes gorgées ; n'avale pas net une bouchée de dogue ; et ne mange pas comme des lapins, avec les babines et les incisives ; opère sans bruit.Ne jette pas la salade dans ta bouche, comme si tu étais de corvée de fourrage.Je pense que tu sais qu'un couteau n'a point le droit de trancher aucun légume, ni ta main de rien toucher.Mange légèrement, délicatement, et fortement si tu peux.Que ta voisine ne sache pas que tu as mangé; mais qu\u2019elle ne remarque pas non plus que tu ne manges point.Ne regarde pas curieusement dans son assiette.Si elle ne boit point, ignore que c\u2019est pour ne pas engraisser: tu feindrais seulement qu\u2019elle a une dilatation d'estomac, qui s\u2019avoue.C\u2019est à peu près ce qu\u2019on dirait à quelque Arlequin poli par l\u2019amour, qui ferait son entrée dans le monde.Règles instables toutefois, et qui changent dans le cours d\u2019une vie moyenne.Nous avons vu en dix ans paraître les petites assiette?en croissant pour la salade; les bols changer de temps, et se charger de violettes ; de petites serviettes brodées et ajourées accompagner le service à entremêts.Que verront nos enfants?La pilule parfaite qui dispensera de rien manger de plus?En seront-ils plus étonnés que ne le seraient nos pères, s\u2019ils voyaient que le maître de la maison ne découpe plus, et ne sert plus ses convives, avec ces belles nuances qu\u2019y mettait M.de Talleyrand?Depuis le: \u201cMonsieur l\u2019ambassadeur, daignerez-vous accepter une tranche de boeuf\u201d, \u2014 jusqu\u2019à ce: \u201cDu boeuf!\u201d dont il interpellait le convive du bas bout.Règles qui changent aussi au delà d\u2019un fleuve ou d\u2019une montagne.L\u2019homme de bonne compagnie mange à peu près partout de la même façon.Mais, quel changement, à ce degré inférieur où les coutumes populaires prennent le dessus ! \u2014 Voici à la même table d\u2019hôte un Allemand et un Français: le premier dégoûte le second, en édifiant sur son couteau un monticule de viande et de légumes qu\u2019il introduit la pointe en avant dans sa bouche; mais vienne le dessert, et ce sera le tour du second de dégoûter le premier en versant du café dans sa soucoupe, et de sa soucoupe dans sa tasse.\u2014 Un Français qui vide son verre d\u2019un trait ne sait pas vivre; un Suédois ne sait pas vivre si, portant une santé, il ne vide pas son verre d\u2019un trait.Il en est de la bonne tenue à table comme de la plupart des arts de la vie.Il faut être pris tout petit pour s\u2019en tirer aisément.Mais au point où il est parfait, cet art l\u2019est comme tous les autres.Regardez une jolie femme qui est assise auprès de vous, et qui a de l\u2019esprit: car il faut de l\u2019esprit pour manger le homard thermidor et la truffe en surprise.Ses mouvements sont jolis, et elle paraît l\u2019ignorer.Elle mange, et elle semble une déesse à qui on sert l\u2019ambroisie.Elle donne une grâce naturelle à ce qu\u2019elle touche : et vous ne savez plus auprès d\u2019elle que la nature veut être nourrie. 6 LA FEMME LE SECRET C\u2019était un soir d\u2019été : dans la maison pieuse, Où je vis s\u2019écouler mon enfance rêveuse, Les élèves dormaient, de ce jeune sommeil, Où les songes sont pleins de fleurs et de soleil.AI on ange ne vint pas balancer ma couchette, Mille et mille pensées s\u2019agitaient dans ma tête, Ce soir-là.Je goûtais un suprême bonheur A laisser voyager mon esprit et mon coeur.De mon petit lit bleu, je voyais apparaître .La lune aux feux d'argent qui baignait la fenêtre De sa douce clarté.Que j\u2019aimais cette nuit, Ces étoiles, ce ciel! Je me levai sans bruit.Retenant mon haleine, une main sur la bouche, De la maîtresse, alors, je visitai la couche! \u2014 '\u2018C\u2019est bien, dis-je, elle dort, celle que j\u2019aime tant, C\u2019est sa fête demain, profitons de l'instant!\u201d La fièvre me brûlait, j'étais tout en délire.J\u2019avais caché, le soir, du papier pour écrire, Et j\u2019écrivis longtemps, ayant pour tout flambeau La lune! En vérité cela me parut beau! Je souriai.Soudain, grave, le front sévère, Je vis venir à moi la maîtresse en colère.Et, sans dire un seul mot, elle avançait le bras Pour saisir le papier \u2014 \u201cAh! ne le lisez pas, De grâce!\u201d Elle insistait.Alors, ma main fébrile Déchirant le feuillet, le réduisit en mille!.Et les morceaux tombant en légers tourbillons Voltigeaient dans la nuit, comme des papillons.J'eus peur!.Elle, pourtant, sans relever l\u2019offense, S\u2019éloigna.Je gagnai ma couchette en silence.Bientôt on entendit nos deux coeurs soupirer Jusques au lendemain, je ne sus que pleurer!.Comme j\u2019aurais voulu cette nuit éternelle !.Mais le jour se leva; je parus devant elle, Triste, le front pâli, je me mis à genoux: \u2014 \u201cEnfant, tout est fini, me dit-elle, entre nous, Vous avez, pour jamais, brisé l\u2019amitié sainte Que mon coeur vous gardait.Ah! loin de cette enceinte Il vous faudra partir.Dans notre pension, On ne souffrira pas votre rébellion, Moi que vous appeliez du tendre nom de mère, Vous ne me reverrez jamais plus sur la terre.Vous aviez des secrets et je n\u2019en savais rien Quand je veillais, sur vous, comme un ange gardien?.Mais un aveu rendrait la faute réparable: Je saurais pardonner à votre âme coupable; Parlez: qu\u2019écriviez-vous, en secret, cette nuit?Et quel fâcheux démon vous trouble et vous poursuit?\u201d.A ces mots, je rougis et j'inclinai la tête : \u201cC\u2019était, dis-je en pleurant, des vers pour votre fête.\u201d Jean de Dayes.Vers à dire U FOURMI ET U CIGALE \u2014\u201cVous chantiez?.J'en suis fort aise.Eh bien! Dansez maintenant!.\u201d C\u2019est sur cette réponse, où s\u2019exalte la thèse D\u2019un égoïsme impertinent, Que le cher et divin bonhomme La Fontaine Abandonne aux hasards d\u2019une vie incertaine J,a Cigale, chanteuse ayant besoin d\u2019argent.Après cet acceuil outrageant Que devint-elle?.¦ Au lieu-d\u2019être haineuse ou triste; De voir en l\u2019avenir un mortel ennemi, Très philosophe, notre artiste Longuement médita le mot de la Fourmi: \u2014 \u201cDanser?.Et pourquoi pas?.Danser!.C\u2019est une idée!.Maman Fourmi fourmille en conseils précieux.Ma foi, me voilà décidée A suivre cet avis qui me tombe des deux; Et puisque je suis jeune encore; Que le chant n'eut pour moi que perfides appas, Au culte aimé de Terpsichore Je vais me livrer de ce pas.La pantomine est P art d\u2019accommoder les gestes, D\u2019après les plaisantins.Mais ce régal des yeux, Franchement, ne vaut-il pas mieux Que telles chansons indigestes Ou tels poèmes ennuyeux?.Je veux m\u2019épanouir comme une fleur vivante; Et bénissant ce mal aigu, cette épouvante Qui dessèche la gorge et laboure les reins, \u2014 Le trac, le trac fatal, ¦\u2014- en des bonds souverains Surgir!.Planer!.Déjà je me vois qui m\u2019élance Cependant que, ravi, le public fait silence!.Mon humble chant n\u2019était pas sans charme, parbleu; Liais quand, loin de la boue, au milieu du ciel bleu L\u2019on voyage, on peut dire, et sans outrecuidance : L\u2019art le plus élevé, c\u2019est celui de la Danse!.J\u2019en suis certaine; et j'ai déjà trop hésité.\u201d Sur ces mots, elle court chez Dame Souterelle Dont le puissant ressort est à bon droit cité : Lui promettant d\u2019user pour elle De bonne réciprocité : \u2014 \u201cEnseignez-moi la danse; et comme récompense Moi, je vous apprendrai le chant.Nous vivrons ainsi, je le pense, Toujours dans un accord touchant.\u201d ;Marché conclu, Bientôt notre brave Cigale, Pour les pointes sans égale, Atteint, au milieu des bravos flatteurs, De vertigineuses hauteurs; Et c\u2019est la reine des théâtres de verdure.Oubliant qu\u2019elle fut pour elle plutôt dure, Et voyant seulement qu\u2019elle a fait son chemin, La Fourmi (c\u2019est très bête, et même très humain) Répète à qui veut l\u2019entendre D\u2019un petit air triomphant : \u2014 \u201cJ\u2019ai connu la pauvre enfant Dès son âge le plus tendre.Elle chantait, ma chère!.Et qu\u2019elle chantait faux! Certe, elle avait moins de superbe.Ce n\u2019était même pas la grande étoile en herbe.Alors moi, toujours bonne (à chacun ses défauts; Quoique bourgeoise, on a le sens artiste) La voyant si pauvre, j\u2019insiste Pour qu\u2019elle abandonne le chant.C\u2019est grâce à moi que depuis lors elle s\u2019élève Dans les brumes de l\u2019aube ou dans l\u2019or du couchant.Je l\u2019ai lancée.Elle est, en somme, mon élève!.\u201d Depuis lors, à tout bout de champ, Dès qu\u2019elle bâille au coin de l\u2019âtre, Notre Fourmi soudain folâtre Chez la Cigale va sonner, La priant de lui donner Un petit billet de théâtre.La Cigale aussitôt s\u2019empresse De plaire à cet esprit chagrin; A qui lui refusa du grain Fait l\u2019aumône d\u2019un peu d\u2019ivresse.Cette fable contient mainte moralité.Puisqu\u2019aussi bien il n\u2019en faut qu\u2019une, Concluons que (c\u2019est là sa grande qualité) L\u2019artiste véritable ignore la rancune.Hugues Delorme. LA FEMME 7 j^L\u2019ÂGE DU MARIAGE Un journal anglais, le Daily Mail, ouvrit récemment une enquête très intéressante.Quel est, pour la femme, demanda-t-il, l\u2019âge le plus propice au mariage?Beaucoup lui répondirent; les unes tenant pour les unions jeunes, les autres préconisant les tardives.Vingt ans, disent plusieurs, vingt-cinq, trente.Personne, parmi les correspondantes, ne recule au delà la limite.Or, ces choix sont défendus par des arguments de valeur.Il tombe sous les sens que l\u2019âge n\u2019à qu\u2019une importance secondaire dans le débat.La question capitale est l\u2019adaptation à la fonction, la capacité au devoir qui s\u2019impose par état.Telle jeune fille est, à dix-huit ans, préparée à devenir maîtresse de maison fort entendue et une mère de famille à la hauteur de son mandat ; telle autre, à vingt-cinq ans ne l\u2019est pas et ne le sera jamais.\u201cMarier des enfants, dit une des interviewées, c\u2019est un jeu dangereux, bon autrefois, quand les hommes vivaient sauvages dans les forêts et n\u2019avaient nul souci des responsabilités qui nous incombent.\u201d \u201cIl faut, proteste une autre, se marier jeune pour se marier sans regret.\u201d N\u2019y a-t-il pas, dans cette manière d\u2019unir deux vies, ce sous-entendu chagrin: \u201cMariez-vous avant de savoir ce que vous faites.Le jour où vous serez en état de juger, de comparer, le célibat aura vos préférences.\u201d Ce n\u2019est ni très brave, ni très français, ni très chrétien, mais c\u2019est bien humain.\t'\t1 \u2022; Les partisans du mariage entre très jeunes gens concluent: \u201cL\u2019homme et la femme ne peuvent être vraiment, et complètement heureux que dans l\u2019état du mariage.Plutôt donc il se marieront, plus tôt ils rempliront leur destinée et atteindront leur bonheur.\u201d Les jeunes coeurs et les jeunes esprits se comprennent sans peine; ils s\u2019adaptent plus facilement l\u2019un à l\u2019autre, se pardonnent mieux leurs dé- UN BON DESSERT demande de bons ingrédients Vous ne réussirez jamais à faire un bon dessert avec des essences inferieures.Les Essences Culinaires JONAS doivent leur vogue sans cesse croissante, aux choix rigoureux des matières premières, à leur parfaite distillation et à leur qua ité supérieure invariable.Exigez toujours les EssencesJON AS HENRI JONAS & OIE 3 8 0 et 3 9 1 RUE SAINT - PAUL fauts et même, tout d\u2019abord, ne voient pas ces défauts.L\u2019amour jeune a, sur les yeux, un bandeau fait de confiance, de tendresse et de générosité; il le perd plus tard.En pratique, le charme d\u2019aurore de ces unions, où l\u2019épousée a de seize à dix-huit ans, et l\u2019époux de vingt ià vingt-deux ans, est appelé à s\u2019évanouir rapidement.Le mariage est, en effet, une entreprise délicate et difficile; il y faut apporter une expérience incompatible avec l\u2019extrême jeunesse.L\u2019idéal d\u2019une toute jeune fille est variable: le coeur a ses caprices comme les saisons.A peine en possession de son idéal du moment, la nouvelle épouse, mieux placée pour juger l\u2019élu proclamé dans une heure de joyeux emballement, est souvent prise de regret, de découragement, sinon de désespoir et dit: \u201c Si j\u2019avais su !\u201d Plaintes tardives, inutiles et déprimantes.Il faut savoir.Une autre considération à envisager, est celle du développement physique, qui, seul, promet les maternités heureuses.Or ce développement n\u2019est bien complet qu\u2019à vingt ans.Marier sa fille trop jeune, c\u2019est aller de gaîté de coeur vers des risques sérieux.Il convient d\u2019ajouter, étant faites les réserves qui précèdent, que le caractère de la jeune fille se forme maintenant plus tôt qu\u2019autrefois et plus nettement aussi ; elle entre davantage en contact avec les choses et s\u2019y instruit ; elle sent plus vite le besoin d\u2019indépendance; elle est plus avertie que ne furent ses aînées.Continuons à dépouiller le courriei du Daily Mail.\u201cUne\u2019 femme n\u2019est apte au mariage qu\u2019à vingt-cinq ans.\u201d Et elle en donne des raisons fort plausibles.D\u2019abord que la femme ne possède pas plus tôt la maturité nécessaire; qu\u2019elle n\u2019a de connaissances suffisantes ni sur elle-même, ni sur la vie; qu\u2019il n\u2019est pas bienséant d\u2019apprendre à une très jeune fille les devoirs d\u2019une femme mariée et qu\u2019il y a cependant péril à lui laisser acquérir cette science après le mariage ; qu\u2019il est essentiel d\u2019être préparée à oc- Guérison des yeux sans médicaments, opération nidouleur.Nos \u201cVerres Toric\u201dnou veau style A ORDRE sont garantis pour bien VOIR, de LOIN et de PRES, tracer, coudre, lire et écrire.Consultez le meilleur de Montréal A L\u2019INSTITUT D\u2019OPTIQUE LE SPECIALISTE BtfiOMlER 144, Ste-Cetherine Est.coin Ave Hotel de Ville, Montréal L\u2019EXAMEN DES YEUX GRATIS Spécialité: Ye-ux artificiel AV IS\u2014Cette annonce rapportée vaut 16c.par dollar sur tout achat en lunetterie.Il recherche les Cas difficiles, désespérés, N\u2019achetez jamais des \"PELDLERS\u201d ni aux magasins 1 \u2022 A-tout-falre\u2019 'si vous tenez à vos yeux.- cuper sa place de femme dans la maison et que les impairs, résultant de l\u2019ignorance, influent sur toute la vie conjugale pour en ternir le ciel bleu.Une autre correspondante fixe la limite à trente ans.\u201cLes mariages tardifs, nioins romantiques et moins romanesques, ont plus de chances favorables.La femme de trente ans juge mieux la vie qu\u2019elle connaît davantage.Elle possède le don suprême du tact.Elle sait \u2014 c\u2019est la correspondante qui parle \u2014 qu\u2019un mari'n\u2019est jamais un ange, et qu\u2019il ne faut ni trop demander à la nature humaine, ni trop en attendre.\u201d Une objection nettement formulée est dressée par une autre contre cette appréciation.Je cite: \u201cC\u2019est la punition de ceux qui ont laissé passer leur jeunesse sans se marier, qu\u2019il ne peut jamais y avoir d\u2019intimité entre l\u2019homme qui a perdu le goût du foyer et la femme qui le juge' froidement et sans illusion.\u201d \u201cMariez vos filles, conseille une autre, quand elles ont l\u2019âge de raison.\u201d Evidemment, ce n\u2019est pas l\u2019âge primaire que l\u2019on a coutume de désigner ainsi, aux alentours de la septième année.L\u2019âge de raison, c\u2019est l\u2019âge où l\u2019esprit est au point de culture et de maturité nécessaires pour exercer, en toute liberté, ses facultés raisonnantes \u2014 ne lisez pas raisonneuses, aimables lectrices.Une raisonnable est tout l\u2019opposé d\u2019une raisonneuse.L\u2019une est le produit supérieur d\u2019une éducation bien conduite ; l\u2019autre, le piteux déchet d\u2019une éducation capricieuse et désordonnée.La règle peut être celle-ci : \u201cNe pas se marier sans se connaître soi-même, sans s\u2019être examinée franchement, sans s\u2019assurer que l\u2019on possède les qualités exigées de celui que l\u2019on choisit pour guide et compagnun de route.PENSEES On doit se consoler de n\u2019avoir pas de grands talents comme on se console de n\u2019avoir pas de grandes places ; on peut être au-dessus de l\u2019un et de l\u2019autre par le coeur.Vauvenargues.Il ya des choses que l\u2019on doit faire avec son coeur ; il y en a d\u2019autres qu\u2019on ne peut faire bien qu\u2019avec sa raison.Mme Schwetchine.Le coeur a la forme d\u2019une urne; c\u2019est le vase sacré rempli de secrets.Alfred de Vigny.La vie humaine a de beaux mystères comme elle a de tristes secrets.Guizot.A M 8 LA FEMME 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4 4 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* 4* +++ AU LOIN +** Il est des mauvaises intentions comme des.écus, pour les prêter aux autres, il faut les avoir soi-même.André Theurict.Télépathie.Le soir, je sens parfois mon âme qui s\u2019attriste, Mon âme solitaire, où vibrent les douleurs, Comme des luths voilés que réveille un artiste.Est-ce l\u2019illusion morte des jours meilleurs Qui revient, le front las, veuve déshonorée, Eteindre mon espoir au souvenir des pleurs?Je ne sais.Mais dans moi quelque peine ignorée Filtre très lentement quand le soleil s\u2019enfuit.Est-ce un pressentiment mystique des jours sombres, Quelque péril caché se dressant dans la nuit De l\u2019avenir, ainsi qu\u2019un glaive qui reluit?.Alors, pour qu\u2019un rayon dans mon âme embrumée Se glisse, je t\u2019évoque, avec tes yeux rieurs, O toi ma trop lointaine., ô toi ma trop aimée, Dont la bouche est aussi vermeille que les fleurs! T on fantôme dissout la do lente fumée, Et je vois revenir l\u2019essaim des clairs bonheurs.\t«y.\t«y.Jfé Jjjt «y» «y»\t«y» «y> tyt «y> «y.«y* «y.«y.En amour, aujourd\u2019hui, le regard est une attaque ; il n\u2019a plus le temps ni le besoin d\u2019être un hommage.Sully Prud\u2019homme.On n\u2019est jamais bien renseigné par un autre sur le prix d\u2019un bibelot, la vertu d\u2019une femme et la qualité d\u2019un vin.Paul Bourget.Le silence' a été donné à la femme pour mieux exprimer sa pensée, mais comme elle gâte à plaisir cette éloquence des yeux ! Arsène Houssaye.TOUTES LES DAMES soucieuses de leur SANTE et de leur ELEGANCE doivent porter La Ceinture Corselet Maillot LE GRAND SUCCES DE PARIS Confort idéal pour l\u2019Eté.Dispense du Corset.Assure l\u2019élégance des formes.Prévient ou fait disparaître l\u2019embonpoint.LÉGÈRE, SOUPLE, HYGIENIQUE AI,I.EZ DE SUITE CHEZ A.CLAVERIE ©70 RUE ST-DENIS,\tPrès Rachel Tous les jours de 2 h.à 5 h.p.m.(mercredi excepté).PARADOXES ET VÉRITÉS Le savoir a ses parvenus comme l\u2019argent, également insupportables dans la vie pratique.La Rochefoucauld « * * L\u2019un des malheurs auxquels sont soumises les grandes intelligences, c\u2019est de comprendre forcément toutes choses, les vices tout aussi bien que les vertus.* * * Le temps est tôt ou tard le vainqueur de l\u2019amour : l\u2019amitié seule dompte le temps.LA SOIE.En Bobines Retient le témoignage de Supériorité du monde entier depuis au-delà de soixante ans.Pensez a ce que cela veut dire ! Trop forte pour se rompre La Soie en bobines favorite des modistes Tel.Up.Town 4152 Mad.ASSELIN 260 Ste-Catherine Ouest Entre Bleury et St-Alexandre SALONS DE TOILETTE POUR DA\u2019WIES Coiffures de la Mode actuelle, Postiches en tous genres Ondulations Marcel, Massage, Vibrassage, Shampooing, Manicure, Spécialité d\u2019ouvrages en cheveux et accessoirs de toilette.Peignes, Perruques, Barrettes, Transformations, Epingles, Toupets, Bandeaux, Tresses, Lotions, Pompadours, Parfumeries Mme D\u2019Arçonville. in- 111- (ê^Fè^^è (ê$à (è$5) (s^è ér$£â(â?vè (&wi)\t\\ ^v *U Tout le secret de l\u2019élégance d\u2019une g), femme, à la promenade, est % dans le chapeau.Il importe ^ qu\u2019elle connaisse l\u2019endroit où se ^ procurer cet objet rare.Qu\u2019elle s\u2019adresse donc sans crainte à s).Mille Fleurs.\t^ CHAPEAUX GARNIS $5.00,\t$6.00,\t$7.00 SALON DE MODES Jtiitc É?tzwv& -ANGLE- STE\u2019CATHERINE et ST-HUBFRT 1 BEAUTÉ Un buste bien développé Vous prie respectueusement de faire une visite à son nouveau magasin No 417 RIE STE CATHERINE EST, près St Christophe Vous pouvez être assuré, à l\u2019a vance, que vous serez servi avec attention et courtoisie.SPÉCIALITÉ : Papeterie, fournitures de bureau, articles religieux, de fantaisie et de toilette, parfums, tapisseries, etc.fait ressortir la finesse de la taille.Les incomparables \u201cPilules Persanes de Tewfiik Haziz de Téhéran (Perse) développent la poitrine, raffermissent les chairs, effacent le creux des épaules, remédiant ainsi aux caprices de la nature.Pleinement Satisfaite Je me suis désolée pendant trois ans de n\u2019avoir pas réussi à développer ma taille.^ BOITES J\u2019ai pris sans résultat des fortifiants sans nombre.Aujourd'hui le prodige est accom pli grâce à vos PILULES PERSANES\tpour C\u2019est l\u2019embellisseur idéal ! 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