La femme, 1 janvier 1911, Janvier
[" Maison Letendre, Fils & Cie.Revue mensuelle offerte a tous les clients du \u201c BON MARCHE MONTRÉAL, JAN.1911 No.34 âème Année 3BE3EE3EEH ] EEE3 GEED EEE3 El E 3l=dl=3E 3EH=1E=1I=1[ ;v ¦ ë£SS3£ umiüi est un tissu qui tient le premier rang comme u Idéal en doublures à robes Il dure deux fois autant que la soie et coûte le quart du prix de cette dernière.et n\u2019acceptez rien de ce que l\u2019on vous recommande comme tout aussi bon DEMANDEZ A VOIR L\u2019ETIQUETTE C 260 Ste-Catherine Ouest \" ^0*\tEntre Bleury et St-Alexandre I\tSALONS DE TOILETTE POUR DAMES Coiffures de la Mode actuelle, Postiches en tous genres Ondulations Marcel, Massage, Vibrassage, Shampooing, Manicure, Spécialité d\u2019ouvrages en cheveux et accessoirs de toilette.Peignes, Perruques, Barrettes, Transformations, Epingles, Toupets, Bandeaux, Tresses, Lotions, Pompadours, Parfumeries Mad.ASSELIN Tel.Up.Town 4-152 AU CENTRE DES BEAUX QUARTIERS La PHARMACIE MOISAN est reconnue comme la pharmacie chic du centre de la ville.Le site est admirable, le service distingué et les produits ultra selects.LES CAPSULES ANTI-CHILL pour U INFLUENZA (la Grippe) FRISSONS, ACCES de FIEVRES sont SANS RIVALES devraient aussi être employées comrùe PREVENTIF en vente partout si votre Pharmacien ne la pas adressez-vous à la PHARMACIE MOISAN.\u2014 PRESCRIPTIONS \u2014 Sous le rapport des prescriptions remplies avec célérité et minutie, en usantque des meilleurs ingrédients, la PHARMACIE MOISAN n\u2019a pas de rivale.E*\u201c Téléphonez si vous voulez que le messager aille chercher chez vous les ordonnances à remplir; il retournera avec les médicaments.S.MOISAN, Pharmacien Angle ST-LAURENT et SHERBROOKE.Tél.Est 4739 LA PHARMACIE CHIC 278 RUE CRAIG EST.Le meilleur pour l\u2019usage externe U est d\u2019effet Magique pour les Meurtrissures, Brûlures, Névralgies, Rhumatismes, Efforts, Grande Bouteille 25c.Antiseptique et inofFensif Guérit la gerçure des seins en quatre applications.Préparée par\tOUTEILLE 60c LINIMENT MAJOR LOTION NIPPS En vente Partout MONTREAL Bazar du Voyage Manufactura rs DE VA LISES ET SACS Vous trouverez à nos magasins un assortiment complets de Malles, Valises, Sacs de voyages, Sacoches pour dames, Porte-Monnaie, Folios, etc., etc.En un mot tout ce qui se iab ri q ue en cuir.Nous faisons aussi la Venez voir nos LAMONTAGNE Limitée, 496 Ste-Catherine Est, Près St-André Propriétaire de la Célèbre Marque de Commerce \u201c ALLIGATOR \u201d JOCJ BE.RT G é ra rit.TRADE HARK «s» '-'UH.Ü1 LA PRESSE Le Journal du \u201c Foyer\u2019\u2019 INSTRUIT - RÉCRÉE - AMUSE Il vous apporte chaque soir dans votre famille les évènements du monde entier.Il vous fournit les ren seignements les plus précis sur ce qui vous intéresse.Et il vous guide de la façon la plus concise, dans vos transactions quotidiennes En un mot c\u2019est le journal favori des familles.réparation des articles ci-haut mentionnés, marchandises et- nos prix avant d\u2019acheter.Wm f\tSp\tÀ\t* \" I\t\ti Revue mensuelle offerte a tousles clients du 44 BON MARCHE\", Maison Letendre, Fils & Cie.MONTREAL, J AN.1911 3me Année i A L\u2019ANCIEN IDEAL £ # & Mon vieil ami, Vous n\u2019êtes plus guère à la mode, il faut bien en convenir.Pour de certaines gens c\u2019est une excellente raison peut-être de vous demeurer fidèles.Je suis- de ceux-là et je m\u2019attriste de voir comme on vous déserte, tout de même.Hélas ! à l\u2019encontre de nos aïeules et de nos mères, qui vous affichaient comme une parure, avec parfois un brin de coquetterie, les jolies fillettes d\u2019aujourd\u2019hui se font gloire de vous ignorer ou se défendent de vous aimer avec une ardeur vraiment superbe.Votre nom même, qui semble frère du sourire né se prononce plus qu\u2019avec une moue dédaigneuse.Que voulez-vous, mon cher, c\u2019est l\u2019homme pratique qui vous a remplacé dans l\u2019esprit de ces demoiselles.De nos temps, voyez-vous, le monde est pratique, la jeune fille est pratique, c\u2019est au point de vue pratique qu\u2019elle envisage la vie, elle rêve d\u2019un mariage pratique et se commande d\u2019aimer pratiquement un homme pratique.Or, convenez-en, mon vieil ami, pratique, vous ne l\u2019êtes pas du tout, c\u2019est pourquoi la vogue vous fait ainsi faux bond.Je ne sms point pessimiste, ma-s qui sait si les quelques fidèles qui, comme moi, vous conservent encore l\u2019ancien culte, ne sont pas à la veille de vous abandonner à leur tour ! Le tourbillon se fait plus fort d\u2019instants en instants, sera-t-il possible d\u2019y toujours résister?Las! je me sens pourtant au coeur des trésors d\u2019énergie, mais je tremble, mon prince, de manquer quelque jour à ma foi.Non, non ! rassurez-vous, ma vieille tendresse saura défier tous les orages!\t.\t,\t.Vous souvient-il?Je venais d avoir quinze ans.Un jour que la nature semblait tout rayon, toute harmonie, tout parfum, vous vîntes en mon rêve, cher Idéal ! Et je ne vis plus la splendeur de l\u2019Astre, et n\u2019entendis plus la vilannelle des fauvettes et ne respirai plus la griserie des roses.Vous vous étiez paré de tout cela, Enchanteur, pour me plaire, ou plutôt cela formait l\u2019autel où d\u2019emblée je vous avais placé dans mon coeur.Vous avez été Dieu ce jour là, je vous ai confondu dans le même pur amour que m\u2019inspirait le Créateur.Vraiment, vous me parûtes beau de toutes les beautés.A certains moments je crois vous revoir comme je vous \\is alors, blond ou brun, avec des yeux noirs ou b'eus ou gris ou verts, je n\u2019ai jamais bien su \u2014 mais des yeux d\u2019âme où venaient se refléter toutes les tendresses, toutes les douceurs, toutes les énergies que peut créer le rêve ! Ah ! si l\u2019on m\u2019eut dit alors que vous apparaissiez ainsi à toutes les fillettes de mon âge, que toutes avaient le droit de vous chérir, croyez que j\u2019aurais eu de terribles jalousies, car je vous aimais d\u2019amour.Oui vraiment d\u2019amour! Et les jours suivants, folle, je me pris à vous attendre, et je vous fis mille serments et la crainte de vous déplaire me rendit divinement malheureuse, et, le croiriez-vous, me fit commettre aussi quelques \u201csages\u2019 petites folies.Au temps de l\u2019étude, par exemple, je'n\u2019aurais pas manqué de vous prier, mettant une caresse dans chacun de mes mots, de vous éloigner un peu afin que votre chère présence ne put nuire à mon application.N\u2019était-ce pas acte de sublime courage, dites?Mais je voulais devenir \u201csavante\u201d .Oh ! pour vous, uniquement ! Et je me faisais belle et coquette un peu, et fière aussi, me gardant bien de vous chercher, sûre que vous viendriez.Je vous attendis longtemps.Ma foi avait la robustesse de mes ignorances.J\u2019eus mes dix-huit ans.L\u2019on me présenta des jeunes gens, que je regardai un instant, et cet instant jne suffit pour ne pas vous reconnaître en eux.Pourtant, un jour, je faillis bien m\u2019exclamer : \u201cC\u2019est lui !\u201d Si je n\u2019en fis rien c\u2019est que l\u2019émotion m\u2019étranglait.Lorsque je me retrouvai seule, j\u2019avoue que je tombai a genoux et dans la candeur de mon âme, je criai: \u201cIl est venu enfin celui que j\u2019aime!.\u201d Ne me condamnez point à cause de ce fol mouvement, mon vieil ami, j\u2019étais de si bonne foi, l\u2019idole en une rencontre d\u2019un quart-d\u2019heure, n\u2019avait pu laisser voir ses pieds d\u2019argile et la ressemblance, en vérité, me parut bien frappante.Même front grave et élevé, mêmes yeux enchanteurs, même sourire dont mon rêve savait tout le charme! Puis un tas de perfections morales et de qualités d\u2019esprit dont, un peu auparavant, d\u2019obligeants amis m\u2019avaient dressé la liste ! Plus d\u2019expérience s\u2019y serait trompé peut-être.Du reste, mon erreur ne fut pas de longue durée.Imaginez que le personnage, à sa visite suivante, crut spirituel de se moquer de vous, de vous qu\u2019en lui j\u2019allais aimer! Ce devait être un homme pratique, mais tout fut bien fini et, mentalement, je vous fis très ardente et sincère réparation.Depuis lors, mon Prince Charmant, je vous garde ma foi toute entière et si je ne vous attends plus avec la ferveur de jadis, je vous rends du moins le même enthousiaste culte qu\u2019au premier instant où vous êtes apparu dans mon rêve d\u2019adolescente!.Je vous aime, Idéal, Rêve, Illusion, de quelque nom qu\u2019on vous appelle, je vous aime pour tous ceux qui vous ignorent ou qui ne veulent pas comprendre la clarté, la poésie, la douceur que vous savez mettre dans l\u2019existence ! JOSEPHTE (alias Laurentienne ) No.34 La religion et la morale sont les appuis nécessaires de la prospérité des Etats.En vain prétendrait-il au patriotisme celui qui voudrait renverser ces deux colonnes de l\u2019édifices social.Le politique, ainsi que l\u2019homme pieux, doit les vénérer et les chérir.Washington.* * * Personne en France n\u2019est assez fort pour renverser le gouvernement, si ce n\u2019est le gouvernement lui-même.Edouard Hervé. LA FEMME 4______\u2022____________________ | CONTE D\u2019AUTREFOIS | (Ballade en prose.) La petite princesse marche à petits pas dans l\u2019herbe jeune.Elle est très émue et des larmes brillantes trem-blottent au bout de ses cils bruns.On veut la marier : Pour éviter une guerre on a décidé de la fiancer au prince Renaud.Mais elle ne le connaît pas, ce prince.Qui sait! elle ne l\u2019aimera peut-être pas, et ils seront malheureux.Pourquoi les princesses doivent-elles se marier sans amour?.\u2014\u201cMadame, ces pensées sont indignes de la fille du Roy\u201d, diraient les vieilles dames d\u2019honneur rechignées, dont le coeur s\u2019est séché peu à peu sous les multiples lois de l\u2019étiquette.Las ! les filles de prince n\u2019ont donc pas de coeur?Elles ont pourtant besoin d\u2019aimer, comme d\u2019autres, et justement, dans sa poitrine frêle, la petite princesse sent battre un coeur affamé d\u2019affection, comme celui d\u2019une bûcheronne.Mais à quoi bon ces réflexions?N\u2019est-elle pas presque fiancée au prin-, ce Renaud?\u2014 et voici que la petite princesse se met à pleurer.Elles coulent sur ses joues roses, les larmes de cristal, transparentes et rondes comme des perles.Une, deux, trois, quatre ; on ne peut plus les compter, elles sont trop, elles se mêlent, se confondent, et voilà le petit visage inondé, comme si la rosée du matin s\u2019était égouttée sur lui.\u2014\u201cCe n\u2019est pas convenable\u201d, diraient les dames d\u2019honneur.Mais heureusement, elle est seule, dans le parc; elle se dirige vers le banc où chaque matin, après sa promenade habituelle, elle se repose quelques minutes avant de retourner au château.# # * La petite princesse est rouge, rouge comme une fraise des bois que la pluie a mouillée.Sur le banc, sur son banc, il y a une lettre et un bouquet.Oui les a pu mettre?Quel est l\u2019audacieux, l\u2019impertinent, l\u2019insolent?.Et de sa blanche main, que le vent du matin a refroidie, la princesse s\u2019apprête à balayer à terre ces audacieux gages d\u2019amour.Une pensée la retient ; qui sait s\u2019il n\u2019est pas caché dans un taillis voisin, le coupable?S\u2019il la voit irritée, il croira l\u2019avoir émue! \u2014 Et froide, calme, avec dignité, la princesse tourne le dos aux fleurs et reprend le chemin du château.La petite princesse marche à petits pas dans l\u2019herbe jeune.Mais elle hésite: ce n\u2019était peut-être pas un audacieux.Au contraire, c\u2019est quelque chevalier timide, respectueux, poète sans doute, et qui l\u2019aime, oh ! bien sûr, qui l\u2019aime de toute son âme.Eh quoi?Elle demandait l\u2019amour: le voi- là qui vient à elle et elle le repousse! Et ce pauvre amoureux tremblant, s\u2019il l\u2019épiait tout à l\u2019heure, comme il a dû souffrir, en voyant son mépris!.La petite princesse a rebroussé chemin.Elle va au banc, prend la lettre, et l\u2019ouvre.Ce n\u2019est pas qu\u2019elle soit curieuse: c\u2019est par charité.¦ * * * La petite princesse est rouge, rouge comme une fraise des bois que la pluie a mouillée.Oh ! les tendres mots d\u2019amour, si doux, si caressants, si suppliants, qu\u2019ils font jaillir les larmes de ses yeux; et si profonds, si ardents, qu\u2019ils font monter le sang à ses joues.Il ne demande pas de rendez-vous, ce chevalier qui n\u2019ose même signer son nom.Il implore seulement la permission d\u2019aimer, et de l\u2019écrire chaque jour.Le coeur de la petite princesse bat très fort : Quel est-il, cet amoureux timide?Est-ce.est-ce.le prince Renaud, qui l\u2019a vue, qui l\u2019aime, et qui, très romanesque comme elle, a voulu se faire aimer sans qu\u2019elle connût son rang?Quel autre aurait osé écrire à la fille du Roy?# * # La petite princesse marche à petits pas dans l\u2019herbe jeune.Depuis huit jours, l\u2019Inconnu lui écrit.Ses fiançailles seront bientôt décidées, mais elle ne pleure plus en cachette.N\u2019est elle pas aimée d\u2019un beau chevalier?Car il est beau, et brave, et bon, et sage, puisqu\u2019il sait si bien parler d\u2019amour.Mais aujourd\u2019hui, il s\u2019est enhardi, et il a demandé un rendez-vous.Certes, ce ne peut être que Renaud.Ce matin, en arrière de ces dames, elle a regardé le portrait du prince.Il a grand air.Oh ! comme ces yeux gris et froids sauront s\u2019embraser pour elle, et comme cette bouche mince et railleuse s\u2019adoucira ce soir pour donner un baiser.Un baiser! Le permettra-t-elle?Oh! non! ¦\u2014 Ah! si.Comme ce sera doux, et comme elle rira tendrement tout à l\u2019heure en disant au prince: \u201cJe vous avais bien deviné.\u201d Sur sa vaporeuse robe blanche, elle a jeté un grand manteau noir pour que nul ne la voit voltiger comme un grand papillon pâle dans la nuit sombre.Elle a peur; elle sait qu\u2019elle fait mal, mais sa marche menue s\u2019accélère sans hésitations.Le vent du soir, brise chaude et molle, vient soulever doucement les boucles brunes, et murmure tout bas, comme une respiration 'aérienne : \u201cOù vas-tu, petite soeur, où vas-tu?\u201d Sur leurs tiges de satin vert, les fleurs se soulèvent, et leurs corolles s\u2019entr\u2019ouvrent pour demander en un parfum \u2014 car elles embaument comme d\u2019autres respirent : \u201cOù vas-tu, petite soeur, où vas-tu?\u201d Et là-haut, les fleurs d\u2019or pâle, dans le champ bleu du ciel, la regardent.surprises, passer dans la nuit douce.Et les petites étoiles, dont le souffle est une lumière, demandent en un rayon tremblant :.\u201cOü vas-tu, petite soeur, où vas-tu?\u201d La petite princesse ne répond pas, et sur la pâleur de lys de son visage .ému, s\u2019affirme la volonté d\u2019être heureuse, et le Rêve met dans les prunelles ingénues l\u2019étonnement de la pensée nouvelle.¦ri La petite princesse est rouge, rouge comme une fleur des bois que la pluie a mouillée.Jetée sur son lit, non loin de la nourrice aimante que la fatigue a endormie, elle regrette amèrement le beau rêve envolé, tandis qu ses joues brûlent en songeant à l\u2019affront de tout à l\u2019heure.Le beau prince Renaud, le chevalier amoureux, le seigneur troubadour,\u2014 ô Seigneur Dieu, madame Marie, \u2014 c\u2019est.c\u2019est Triboulet.le bouffon de son père.Sûr de l\u2019impunité, lui qui ne respecte rien, il s\u2019est joué de la princesse.Comme il riait, en la voyant s\u2019approcher du banc, le coeur tremblant.\u2014 \u2014Ah ! le méchant, le lâche, le misérable.La rougeur enflammée de ses joues s\u2019accentue ; mais il ne sera pas dit qu\u2019il aura ri ainsi de la princesse! Elle ira trouver le Roy, elle lui racontera tout, et \u2014 et dira-t-elle à ce père, froid et grave, ses désirs d\u2019amour, ses rêves romanesques \u2014 et qu\u2019elle encourageait tacitement un inconnu à lui écrire, et qu\u2019elle allait au rendez-vous assigné! Oh! non.C\u2019est impossible! Triboulet savait bien qu\u2019il ne courrait aucun risque.Et soudain, elle pense que tout est bien fini maintenant ; nul chevalier ne l\u2019aime et son âme doit rester vide ! Elle épousera le-prince Renaud, aux yeux froids, aux lèvres railleuses.les filles du roy n\u2019ont pas le droit d\u2019avoir de coeur.Et sur ces joues roses, les larmes de cristal se mettent à couler, trans- 7 parentes, et rondes comme des perles.MAX POLE pu ifi si ill ri Les nouveaux ne lisent que les nouveaux.Tout le talent dépensé avant eux n\u2019est pas périmé pourtant.Il y a du bon et même de l\u2019exquis dans ce qu\u2019on ne lit pas.Iules Claretie.Monter, monter plus haut que le sommet désert Plus haut que l\u2019aigle qui dans l\u2019azur I se perd, C\u2019est la loi de notre âme et sa route bénie.raster L.Durand.Ptt 5 i;'îi J 8 » ' ¦fip F« usu *! list i! S f[K iMd ait : ntf rai- fe | Madame Hermet ^ 4\tut Les fous m\u2019attirent.Ces gens-là vivent dans un pays mystérieux de songes bizarres, dans ce nuage impénétrable de la démence où tout ce qu'ils ont vu sur la terre, tout ce qu\u2019ils ont aimé, tout ce qu\u2019ils ont fait recommence pour eux dans une existence imaginaire en dehors de toutes les lois qui gouvernent les choses et régissent la pensée humaine.Or, un jour, comme je visitais un de leurs asiles, le médecin qui me conduisait, me dit : \u2014Tenez, je vais vous montrer un cas intéressant.Et il ouvrit une cellule où une femme âgée d\u2019environ quarante ans, encore belle, assise dans un grand fauteuil, regardait avec obstination son visage dans une petite glace à main.Dès qu\u2019elle nous apparut, elle se dressa, courut au fond de l\u2019appartement chercher un voile jeté sur une chaise, s\u2019enveloppa la figure avec grand soin, puis revint, en répondant d\u2019un signe de tête à mes saluts.\u2014Eh bien, dit le docteur, comment allez-vous ce matin?Elle poussa un profond soupir.\u2014Oh ! mal, très mal, monsieur, les marques augmentent tous les jours.Il répondit avec un air convaincu : Mais non, mais non, je vous assure que vous vous trompez.Elle se rapprocha de lui pour murmurer : \u2014Non.J\u2019en suis certaine.J\u2019ai compté dix trous de plus ce matip ; trois sur la joue droite, quatre sur la joué gauche et trois sur le front.C\u2019est affreux, affreux! Je n\u2019oserai plus me laisser voir à personne, pas même à mon fils, non, pas même à lui ! Je suis perdue, je suis défigurée pour toujours.Elle retomba sur son fauteuil et se mit à sangloter.c- V O t * ¦frfj l Le médecin prit une chaise, s\u2019assit près d\u2019elle, et d\u2019une voix douce, consolante: \u2014Voyons, montrez-moi ça.je vous assure que ça n\u2019est rien.Avec une petite cautérisation je ferai tout disparaître.Elle répondit \u201cnon\u201d de la tête, sans une parole.Il voulut toucher son voile, mais elle le saisit à deux mains si fort que ses doigts entrèrent dedans.Il se remit à l\u2019exhorter et à la rassurer.\u2014Voyons, vous savez bien que je vous les enlève toutes les fois, ces vilains trous, et qu\u2019on ne les aperçoit plus du tout, quand je les ai soignés.Si vous ne me les montrez pas, je ne pourrai point vous guérir.LA FEMME Elle murmura: \u2014A vous encore je veux bien, mais je ne connais pas ce monsieur qui vous accompagne.\u2014C\u2019est aussi un médecin qui vous soignera encore bien mieux que moi.Alors elle se .laissa découvrir la figure, mais sa peur, son émotion, sa honte d\u2019être vue, la rendaient rouge jusqu\u2019à la chair du cou, qui s\u2019enfonçait dans sa robe.Elle baissait les yeux, tournait son visage, tantôt à droite, tantôt à gauche, pour éviter nos regards, et balbutiait : 1\u2014Oh! je souffre affreusement de me laisser voir ainsi ! C\u2019est horrible, n\u2019est-ce pas?C\u2019est horrible?Je la contemplais fort surpris, car elle n\u2019avait rien sur la face, pas une marque, pas une tache, pas un signe d\u2019une cicatrice.Elle se tourna vers moi, les yeux toujours baissés, et me dit: C\u2019est en soignant mon fils que j\u2019ai gagné cette épouvantable maladie, monsieur.Je l\u2019ai sauvé, mais je suis défigurée.Je lui ai donné ma beauté, à mon pauvre enfant.Enfin, j\u2019ai fait mon devoir, ma conscience est tranquille.Si je souffre, il n\u2019y a que Dieu qui le sait.Le docteur avait tiré de sa poche un mince pinceau d\u2019aquarelliste.\u2014Laissez faire, dit-il, je vais vous arranger tout cela.Elle tendit sa joue droite, et il commença à la toucher par coups légers, comme s\u2019il eût posé dessus de petits points de couleur.Il en fit autant sur la joue gauche, puis sur le menton, puis sur le front; puis il s\u2019écria: \u2022\u2014Regardez, il n\u2019y a plus rien, plus rien.Elle prit la glace, se contempla longtemps avec une attention profonde, une attention aigue, avec un effort violent de tout son esprit pour découvrir quelque chose, puis elle soupira: \u2014Non, Ca ne se voit plus beaucoup.Je vous remercie infiniment.* * * Le médecin s\u2019était levé.Il la salua, me fit sortir, puis me suivit; et, dès que la porte fut refermée: \u2014Voici l\u2019histoire atroce de cette malheureuse, dit-il : Elle s\u2019appelle Mme Hermet.Elle fut très belle, très coquette, très aimée et très heureuse de vivre.C\u2019était une de ces dames qui n\u2019ont au monde que leur beauté et leur désir de plaire pour les soutenir, les gouverner ou les consoler dans l\u2019existence.Le souci constant de sa fraîcheur, les soins de son visage, de ses mains, de ses dents, de toutes les par-, celles de son corps qu\u2019elle pouvait montrer, prenaient toutes ses heures et toute son attention.Elle devint veuve, avec un fils.L\u2019enfant fut élevé comme le sont tous les enfants des femmes du monde très admirées.Elle l\u2019aima pourtant.Il grandit et elle vieillit.Vit-elle venir la crise fatale, je n\u2019en sais rien.A-t-elle, comme tant d\u2019autres, regardé chaque matin pendant des heures et des heures la peau si fine jadis, si transparente et si claire, qui maintenant se plisse un peu sous les yeux, se frippe de mille traits encore imper-cèptibles, mais qui se creuseront davantage, jour par jour, mois par mois?A-t-elle pleuré, éperdue, à genoux, le front par terre, et prié, prié Celui qui tue ainsi les êtres et ne leur donne la jeunesse que pour leur rendre plus dure la vieillesse, et ne leur prête la beauté que pour la reprendre aussitôt?Sans doute elle a subi ces tortures.Car voici ce qui arriva: Un jour (elle avait alors trente-cinq ans), son fils, âgé de quinze, tomba malade.Il prit le lit, sans qu\u2019on pût encore déterminer d\u2019où provenait sa souffrance et quelle en était la nature.Un abbé, son précepteur, veillait près de lui et ne le quittait guère, tandis que Mme Hermet, matin et soir, venait prendre de ses nouvelles., Elle entrait, le matin, en peignoir de nuit, souriante, toute parfumée déjà, et demandait, dès la porte : \u2014Eh bien, Georges, allons-nous mieux?Le grand enfant, rouge, la figure gonflée, et rongé par la fièvre, répondait : \u2014Oui, petite mère, un peu mieux.Elle demeurait quelques instants dans la chambre, regardait les bouteilles de drogues en faisant \u201cpouah\u201d du bout des lèvres, puis soudain s\u2019écriait: \"Ah! j\u2019oubliais une chose très urgente\u201d; et elle se sauvait en courant et laissant derrière elle de fines odeurs de toilette.Le soir, elle apparaissait en robe décolletée, puis pressée encore, car elle était toujours en retard: et elle avait juste le temps de demander: \u2014Eh bien, qu\u2019a dit le médecin?L\u2019abbé répondait: \u2014Il n\u2019est pas encore fixé, madame.Or, un soir, l\u2019abbé répondait: \u201cMadame, votre fils est atteint de la petite vérole.\u201d Elle poussa un grand cri de peur et se sauva.* * * Quand sa femme de chambre entra chez elle le lendemain, elle sentit d\u2019abord dans la pièce une forte odeur de sucre brûlé, et elle trouva sa maîtresse les yeux ouverts, le visage pâli par l\u2019insomnie et grelottant d\u2019angoisse dans son lit.Mme Hermet demanda, dès que ses contrevents furent ouverts : \u2014Comment va Georges?\u2014Oh pas bien du tout, aujourd\u2019hui, madame.Elle ne se leva qu\u2019à midi, mangea deux oeufs avec une tasse de thé, comme si elle-même eût été malade; puis elle sortit et s\u2019informa chez un phar- 6 LA FEMME macien des méthodes préservatrices contre la contagion de la petite vérole.Elle ne rentra qu\u2019à l\u2019heure du dîner, chargée de fioles, et s\u2019enferma aussitôt dans sa chambre, où elle s\u2019imprégna de désinfectants.L\u2019abbé l\u2019attendait dans la salle à manger.Dès qu\u2019elle l\u2019aperçut, elle s\u2019écria, d\u2019une voix pleine d\u2019émotion: \u2014Eh bien?\u2014Oh ! pas mieux.Le docteur est fort inquiet.Elle se mit à pleurer et ne put rien manger tant elle se sentait tourmentée.Le lendemain, dès l\u2019aurore, elle fit prendre des nouvelles, qui ne furent pas meilleures, et elle passa tout le jour dans sa chambre, où fumaient de petits brasiers en répandant de fortes odeurs.Sa domestique, en outre, affirma qu\u2019on l\u2019entendit gémir pendant toute la soirée.Une semaine entière se passa ainsi sans qu\u2019elle fit autre chose que sortir une heure ou deux pour prendre l\u2019air, vers le milieu de l\u2019après-midi.Elle demandait maintenant des nouvelles toutes les heures et sanglotait quand elles étaient mauvaises.Le onzième jour au matin, l\u2019abbé, s\u2019étant fait annoncer, entre chez elle, le visage grave et pâle, et il dit, sans prendre le siège qu\u2019elle lui offrait : \u2014Madame, votre fils est fort mal, et il désire vous voir.Elle se jeta sur les genoux en s\u2019écriant : \u2014Ah ! mon Dieu ! Ah ! mon Dieu ! Je n\u2019oserai jamais! Mon Dieu! Mon Dieu ! secourez-moi ! Le prêtre reprit: \u2014Le médecin garde peu d\u2019espoir, madame, et Georges vous attend.Puis il sortit.Deux heures plus tard, comme le jeune homme, se sentant mourir, demandait sa mère de nouveau, l\u2019abbé rentra chez elle et la trouva toujours à genoux, pleurant toujours et répétant: \u201cJe ne veux pas.je ne veux pas.J\u2019ai trop peur.je ne veux pas.\u201d Il essaya de la décider, de la fortifier, de l\u2019entraîner.Il ne parvint qu^à lui donner une crise de nerfs qui dura longtemps et la fit hurler.Le médecin, étant revenu vers le soir fut informé de cette lâcheté et déclara qu\u2019il l\u2019amènerait, de gré ou de force.Mais après avoir essayé de tous les arguments, comme il la soulevait par la taille pour l\u2019emporter près de son fils, elle saisit la porte et s\u2019y cramponna avec tant de force qu\u2019on ne put l\u2019en arracher.Puis, lorsqu\u2019on l\u2019eût lâchée, elle se prosterna aux pieds du médecin, en demandant pardon, en s\u2019accusant d\u2019être une misérable.Et elle criait : \u201cOh ! il ne va pas mourir, dites-moi qu\u2019il ne va pas mourir, je vous en prie, dites-lui que je l\u2019aime, que je l\u2019adore.\u201d * * * Le jeune homme agonisait.Se voyant à ses derniers moments, il supplia qu\u2019on décidât sa mère à lui dire adieu.Avec cette espèce de pressentiment qu\u2019ont parfois les moribonds, il avait tout compris; tout deviné, et il disait: \u201cSi elle n\u2019ose pas entrer, priez-la seulement de venir par le balcon jusqu\u2019à ma fenêtre pour que je la voie, au moins, pour que je lui dise adieu d\u2019un regard puisque je ne puis pas l\u2019embrasser.\u201d Le médecin et l\u2019abbé retournèrent encore vers cette femme.\u201cVous ne risquerez rien, affirmaient-ils, puisqu\u2019il y aura une vitre entre vous et lui.\u201d Elle consentit, se couvrit la tête, prit un flacon de sels, fit trois pas sur le balcon, puis soudain, cachant sa figure dans ses mains, elle gémit: \u201cNon.non.Je n\u2019oserai jamais le voir.jamais.j\u2019ai trop de honte.j\u2019ai trop peur.non.je ne peux pas !\u201d On voulut la traîner, mais elle tenait à pleines mains les barreaux et poussait de telles plaintes que les passants, dans la rue, levaient la tête.Et le mourant attendait, les yeux tournés vers cette fenêtre, il attendait, pour mourir, qu\u2019il eût vu une dernière fois la figure douce et bien-aimée, le visage sacré de sa mère.Il attendit longtemps, et la nuit vint.Alors il se retourna vers le mur et ne prononça plus une parole.Quand le jour parut, il était mort.Le lendemain elle était folle.L\u2019art d\u2019être heureux Si notre bonheur ou notre malheur est, pour une part, dans les circonstances et pour une part peut-être plus grande encore en nous-même, il est indéniablement, pour une part aussi, dans les autres.Se dégager absolument des autres, comme les saints solitaires du désert, pour ne plus voir en eux que l\u2019humanité envers laquelle on s\u2019acquitte de ses devoirs par l'exemple et la prière, ou bien, comme certains philosophes stoïques, par une belle indifférence et un souverain mépris, ce sont là des efforts qui dépassent nos faibles tempéraments'modernes.Nous pouvons critiquer les autres, nous plaindre des autres, les trouver à charge, mais nous ne pouvons nous passer d\u2019eux ; et de nos rapports avec eux dépendront principalement notre paix et notre joie, l\u2019utilité et l\u2019agrément de notre vie.L\u2019amour des autres, comme nous l\u2019avons déjà dit, c\u2019est le soleil de notre coeur.Mais,- le soleil risque toujours d\u2019être couvert par les nuages.Aimer les autres n\u2019est pas tout; il faut les aimer bien, ce qui est autrement difficile et méritoire.Même en laissant de côté les passions dont les ravages sont suffisamment connus pour n\u2019envisager que les tendresses de famille et les plus pures ^amitiés, on ne niera pas que les sentiments affectifs soient certainement ceux que l\u2019on a le plus de peine à gouverner et qui exposent aux plus graves erreurs et aux plus cruelles déceptions, comme aussi ceux qui donnent le plus de joies et les seuls vrais bonheurs.Il est effrayant de considérer ce que l\u2019amour de ses enfants, par exemple, peut faire éprouver à une mère de félicités ou de tortures, tout ensemble des unes et des autres quelquefois; et l\u2019on ne peut songer sans pitié à ce que les moindres affections sont capables de mettre de douceur ou d\u2019amertune dans une âme solitaire.Comment manier ce glaive â deux, tranchants?Comment faire pour que le lien, fort ou ténu, qui nous attache aux autres soit pour eux et pour nous cher et agréable à porter, et ne devienne jamais une de ces chaînes qu\u2019il est aussi dur de garder que douloureux de rompre?Il n\u2019y a pour cela qu\u2019un moyen, héroïque d\u2019apparence, sage et pratique en réalité.C\u2019est d\u2019aimer les autres pour eux et non pour soi.Ici encore, l\u2019amour maternel servira d\u2019exemple, puisque c\u2019est par essence, le plus parfait des amours, celui où la nature, miséricordieuse, a mis l\u2019oubli de soi-même, instinctif et joyeux.Sans ce privilège, l\u2019amour maternel ne serait qu\u2019un long supplice aboutissant à une complète immolation.L\u2019enfant.dès son entrée dans le monde, apporte la douleur et le renoncement.On lui sacrifie les plaisirs, de la jeunesse, puis la tranquillité de l\u2019âge mûr, presque sans compensation personnelle.Même alors qu\u2019on jouit de ses caresses, de sa docilité entière, on sait que cela ne durera pas.En cultivant son intelligence, en aidant sa personnalité à se développer, on ne travaille pas pour soi.On fait faire à son fils des études qui l\u2019éloignent de soi, pour lui permettre d\u2019atteindre une carrière qui l\u2019en séparera plus entièrement.On élève sa fille, on lui donne des talents, on la mène dans le monde pour la marier.On voit la vieillesse et la solitude au bout de sa route, et l\u2019on marche cependant courageusement, et l\u2019on avance sans regret, parce qu\u2019on regarde autre chose que son propre avenir, l\u2019avenir de son enfant; on ne s\u2019afflige pas de vieillir et parce qu\u2019il grandit, on se résigne volontiers à mourir parce qu\u2019il survivra, et les mères, les pères possédés de cette sainte abnégation, loin d\u2019être les plus à plaindre, doivent compter parmi les heureux.Ils se sont déchargés de ce poids de soi-même, si lourd à traîner, ils sont devenus presque indifférents, presque insensibles à leurs sacrifices, dans la joie de voir un autre en pro- LA* FEMME fiter; ils ont mis en lui toutes leurs ambitions, toutes leurs pensées, ils se sentent jeunes et heureux par lui, plus que lui quelquefois.Leurs espoirs, leurs projets n'ont pas de terme puisqu'ils seront continués ; et si cette tendresse, ces efforts, cette abnégation si largement dépensés ne leur rapportent pas ce qu\u2019ils ont droit d\u2019en attendre, ils auront encore pour recours le trésor inépuisable de leur indulgence.Combien pitoyables en comparaison, ces parents troublés dans leur tâche par un calcul personnel, ou abandonnés à des paresses et à des faiblesses ou entraînés par leur impatience, ou détournés par leur légèreté, ou cédant à l\u2019intérêt, voulant à leur dévouement une récompense immédiate et équivalente, subordonnant à leurs convenances la vocation d\u2019un fils, le mariage d\u2019une fille ! Quelles susceptibilités inquiètes et meurtries, quelles luttes cruelles et vaines, quelles déchéances que celles de ces mères passionnées devenant des belles-mères jalouses et acariâtres, de ces pères égoïstes, tournant au tyran familial, mettant obstacle, non par une sage fermeté, mais par une fantaisie despotique, à l\u2019épanouissement naturel, aux aspirations légitimes de ses enfants; incapables à la fois de se soustraire au plus noble des devoirs et de le remplir avec la grandeur et la magnificence qu\u2019il comporte, n\u2019ayant pas en eux, pour les soutenir contre toutes les rigueurs du sort, cette intime et suprême satisfaction d\u2019avoir fait tout ce qu\u2019il fallait faire, donné tout ce qui pouvait être donné, être vraiment à la hauteur de leur rôle.Indispensable à l\u2019amour paternel et maternel, pour le bonheur des parents même, l\u2019oubli de soi sera le plus sûrement fondé de toutes les affections de famille.Le frère, la soeur qui vous aimera pour vous, sans arrière pensée personnelle, dont le dévouement sera à votre service en toute occasion, vous ne pourrez moins faire que de lui donner de votre coeur, si vous en avez; et, n'en auriez-vous guère, n\u2019en auriez-vous pas, que de vous attacher à lui par cet instinct qui pousse les créatures vulgaires, et jusqu\u2019aux animaux, vers leur bienfaiteur.Dans ce marché, les êtres délicats et aimants sembleront dupés.En réalité, ils n\u2019auront rien perdu.Ils auront tiré d\u2019une âme stérile tout ce qu\u2019elle pouvait produire, et leur âme féconde ne se sera pas appauvrie.Ils échapperont à ces exigences tracassières, à ces jalousies mesquines, à ces conflits amoindrissants, transformant le foyer, ce lieu de paix et de douceur, en une arène où l\u2019on s\u2019épuise vainement à lutter les uns contre les autres.\u2014Vous êtes vraiment trop bon, vraiment trop bonne! dit-on (faute d\u2019oser dire \u2018vous êtes trop bête\u201d) Vous aimez tout le monde.Moi, je n\u2019aime que qui m\u2019aime.Cette apostrophe souvent entendue, sous sa forme exacte et pratique ne récèlerait-elfe pas deux grosses erreurs ?Aimer tout le monde ne signifie pas donner au hasard le meilleur de son coeur, mais avoir pour tous une bienveillance douce et facile.Ainsi \u2014 et ce n\u2019est pas aussi naïf, aussi sot qu\u2019on le prétend \u2014 on s\u2019épargne l\u2019inutile amertume de ces aversions, de ces piqûres, de ces rancunes qui vous rendent vous-même antipathique aux autres et vous exposent à de pénibles représailles, comme aussi la cruauté des déceptions, puisque, délibérément, on a donné sans exiger de retour.En n\u2019aimant que ceux qui vous aiment, c\u2019est-à-dire, non seulement en réservant aux siens les premières tendresses qu\u2019on leur doit, mais en refusant la moindre marque de sympathie à qui ne vous a pas prouvé la sienne, ne risque-t-on pas bien davantage?Ces amitiés auxquelles on se borne avec un si farouche exclusivisme, seront-elles toujours aussi fortes, aussi sûres qu\u2019on les a crues?Et si elles le sont, les trouvera-t-on telles qu\u2019on les veut en leurs manifestations ?Car, une des prétentions habituelles de celui qui aime les autres pour soi, non pour eux, c\u2019est non seulement de posséder leur coeur, mais de le façonner à sa guise et à sa ressemblance, si bien que les exigences, les mécontentements, les reproches qu\u2019entraîne cette tyrannie sentimentale finissent par faire de certaines amitiés une charge, voire une affliction et pour qui aime, et pour qui est aimé de la sorte.En arriver là peut-être considéré comme le dernier raffinement de cet art d\u2019être malheureux, pratiqué avec fureur par une si notable portion de l\u2019humanité.Savoir aimer, savoir épurer, adoucir, étendre, diriger les impulsions de son coeur, placer sûrement ses richesses d\u2019amour, distribuer libéralement la même monnaie de ses sympathies ; faire des unes les bonheur, des autres, la joie de soi-même et de son entourage, voilà l\u2019un des grands secrets, le principal secret peut-être, de l\u2019art d\u2019être heureux qui ne se séparera jamais de l\u2019art de rendre heureux.Aline RAYMOND.La sympathie a le don de subite naturalisation.?Mieux vaut être seul dans le monde que d\u2019avoir de faux amis et pas de sympathie.* * * Beaucoup de personnes demandent la charité, mais bien peu en ont réellement besoin.r iU TOUT DOUX ! Quand j\u2019étais petit, tout petit, Je dormais dans un petit lit.Ma mère chantait en cadence: \u201cPetit mignon, endormez-vous ! Endormez-vous, le berceau danse Tout doux, tout doux!\u201d I^orsque je pleurais, dans ses bras, Maman, marchant à petits pas, Me dorlotait avec tendresse : \u201cPetit mignon, consolez-vous! Consolez-vous, on vous caresse Tout doux, tout doux!\u201d Maintenant que je suis trop grand, -Ma mère jamais ne me prend.Dans la cour, je vais et je joue; Mais, lorsque je rentre chez nous, Elle me baise sur la joue Tout doux, tout doux! Quand ses cheveux seront tout blancs, Quand ses genoux seront tremblants, \u2014Pauvre mère, aujourd\u2019hui si vive!\u2014 C\u2019est moi qui gagnerai des sous En travaillant, pour qu\u2019elle vive Tout doux, tout doux! Octave AUBERT.On rencontre des gens qui passent la moitié de leur vie à vous dire ce qu\u2019ils vont accomplir et l\u2019autre moitié à expliquer pourquoi ils n\u2019ont pu réussir.\u2022i*\t*1*\tH* Même au plus dur de l\u2019hiver, pense au printemps.¦î'\t^\t¥ C\u2019est la cendre des morts qui créa la patrie (Lamartine).* ?* On danse toujours assez bien quand c\u2019est la fortune qui joue du violon.H:\t$\tîH A chacune de tes actions, fais un examen.*\t*\t*4: Comptez le temps que vous passez dans l\u2019oisiveté, et calculez l\u2019impôt que vous faites peser sur vous.*\t* * Le sentiment de la fausseté des plaisirs présents et l\u2019ignorance de la vanité des plaisirs absents cause l\u2019inconstance.Pascal.* * * Où va l\u2019esprit, là va la vie.Eamartine. 8 La femme «\t_\tif A3 Conseils de la ménagère | *\tHt lüfWîfWWW^WfWSfW\u2019MfSfïif Pour mettre le beurre en crème Mettez-le dans un bol et travaillez-le avec une cuiller de bois jusqu\u2019à ce qu\u2019il ait la consistance de la crème.Pour extraire le jus de l\u2019oignon Coupez une tranche du côté de la racine, pressez l\u2019oignon sur une grosse râpe, en suivant un mouvement de rotation.Pour hacher le persil Enlevez les feuilles des tiges.Si le persil est mouillé, asséchez-le entre deux linges.Tenez-le entre le pouce et les doigts et à l\u2019aide d\u2019un couteau à légumes bien tranchant coupez-le très fin.Eau acidulée A laquelle on ajoute du jus de citron ou du vinaigre à raison d\u2019une cuillerée à table par pinte d\u2019eau.Videz, rincez avec de l\u2019eau chaude, égouttez, essuyez en dehors et laissez sécher.Pour enlever les taches de fruits Jetez de l\u2019eau bouillante sur la surface maculée, de trois pieds de hauteur.Ou bien mettez l\u2019objet sali dans l\u2019eau froide et mettez sécher au dehors à la gelée.Pour enlever les taches de Claret Aussitôt que le vin est renversé, couvrez-le de sel.Laissez reposer quelques minutes, puis lavez à l\u2019eau froide.Pour nettoyer les objets émaillés (granit) Lorsque des mélanges ont brûlé et taché une casserole en granit, on l\u2019emplit à moitié d\u2019eau froide, on ajoute du soda à laver et on fait chauffer jusqu\u2019à ébullition.On jette l\u2019eau ensuite et la casserole est facile à nettoyer.La Pearline ou autre poudre de savon peut être substituée au soda à laver.Heureux celui qui apprendra à devenir sage aux dépens d\u2019autrui.Plaute.?% * La mère épie le premier sourire de son enfant, comme le muézin la première lueur du jour: c\u2019est l\u2019aurore de l\u2019âme.Valtour.V\t^\t^ Tout bonheur que la main n\u2019atteint pas est un rêve.J.Soulary.-s-\t*I:\t'i- La Science de la Vie Nous sommes nés pour vivre en commun ; notre société est une voûte de pierres liées ensemble qui tomberait si l\u2019une ne soutenait l\u2019autre SÉNÈQUE * * * On ne gouverne les hommes, même .austèrement qu\u2019avec infini-inent de douceur et de concilliation.LAC0RDA1RE * * * Pour blanchir les amandes Couvrez les amandes d\u2019eau bouillante et laissez reposer deux minutes.Egouttez, mettez dans l\u2019eau froide et enlevez les peaux.Asséchez entre deux linges.Moutarde mêlée Mêlez 2 cuillérées à table de moutarde et une cuillerée à thé de sucre, ajoutez de l\u2019eau chaude graduellement pour former une pâte épaisse.On peut substituer du vinaigre à l\u2019eau.Pour empêcher le sel de former des grumeaux, mêlez avec de la farine d\u2019amidon (corn starch) à.raison de i cuillérée à thé de farine pour six cuillérées de sel.Pour laver les carafes Emplissez-les à moitié de savonnure à laquelle vous ajouterez i cuillerée à thé de soda à laver.Coupez des journaux en petits morceaux et mettez dans la carafe.Laissez reposer une demi-heure, secouant de temps à autre.Pour laver les miroirs et les vitres Frotte-les avec un chamois trempé dans l\u2019eau chaude et tordu, essuyez avec un chamois sec.Cette méthode sauve du temps et de la fatigue.Pour enlever les taches blanches sur les meubles Plongez un linge dans l\u2019eau bouillante, mettez-le sur l\u2019endroit taché, enlevez de suite et asséchez avec un linge sec.Répétez l\u2019opération si la tache n\u2019est pas disparue.L\u2019alcool ou le camphre appliqués promptement peuvent être employés.Le tuyau d\u2019avier Pour tenir le tuyau de l\u2019évier libre de toute graisse ,y jeter toutes les semaines une demi-boîte de potasse de Babbbits dissoute dans i pinte d\u2019eau.Ne jamais mettre les manches d\u2019ivoire des couteaux dans l\u2019eau bouillante.Quand tu entendras calomnier des hommes, ne te réjouis pas de cette méchanceté.* * * Quand tu entendras dispenser des flatteries aux hommes, ne savoure pas cette joie.MESDAMES Après avoir magasiné venez prendre un bon repas a 15c de -PREMIÈRE CLASSE- Melle COTÉ 576 RUE STE-CATHERINE EST En face du Magasin Letendre, Fils & Cie Guérison dos yeux sans médicaments, opération nidouleur.Nos \"Verres Toric\u201d nouveau style A ORDRE sont garantis pour bien VOIR, de LOIN et de PRÈS, tracer, coudre, lire et écrire.Consultez le meilleur de Montréal.A L\u2019INSTITUT D\u2019OPTIQUE LE SPECIALISTE BEAMIER 144, Ste-Catherine Est coin Ave Hotel de Ville.Montréal L\u2019EXAMEN DES YEUX GRATIS Spécialité: Yeux artificiel AV IS\u2014Cette annonce rapportée vaut 16c.par dollar sur tout achat en lunetterie.Il recherche les Cas difficiles, désespérés, N\u2019achetez jamais des \u201cPEDLERS\u201d ni aux magasins \u201cA-tout-falre\"si vous tenez à vos yeux.JONAS Ce nom sur une bouteille d\u2019essence culinaire veut dire Pureté, Délicatesse et Força Exigez toujours les\trz,,\u2014^r ESSLNCLS DE JONAS,\tYpÎJl HENRI JONAS, Fabricants\tJpHl .\tMONTREAL Soignez vos pieds Spécialités: Traitement des Cors, Ongles incarnés et oignon Mme E.RATELLE 163 rue St-Denis près Ste-Catherine.Tel.Est 6346 IMPRIMERIE\t-T^r= Paradis-Vincent & Cie 320 RUE BEAUDRY, MONTREAL LA FEMME Dieu! créez à sa vie un objet plein de charmes, Une voix qui réponde aux secrets de sa voix! Donnez-lui du bonheur, Dieu! donnez-lui des larmes; Du bonheur de le voir, j\u2019ai pleuré tant de fois! Qu!il la trouve demain! Qu\u2019il m\u2019oublie et l\u2019adore! Demain: à mon courage, il reste peu d\u2019instants, Pour une autre aujourd\u2019hui je peux prier encore, Mais.Dieu! vous savez tout : vous savez s\u2019il est temps! Celle à qui sa présence ira porter la vie, Qui sentira son coeur l'atteindre et la chercher, Qui ne fuira jamais, bien qu\u2019à jamais suivie, Bt dont l\u2019ombre à la sienne osera s\u2019attacher?Ils ne feront qu\u2019un seul et ces ombres heureuses Dans les clartés du soir se confondront toujours ; Ils ne sentiront pas d\u2019entraves douloureuses Désenchanter leurs nuits, désenchanter leurs jours! J\u2019ai pleuré; mais ma voix se tait devant la sienne; Mais tout ce qu\u2019il m\u2019apprend, lui seul l\u2019ignorera; Il ne dira jamais \u201cSoyons heureux, sois mienne!\u2019\u2019 L\u2019aimera-t-elle assez, celle qui l\u2019entendra?PRIERE £ %, » £ f J Z fi! ë Dans tous les rayons on trouvera des offres avantageuses durant Janvier.Les articles énumérés ici sont offerts à de grandes réductions de prix.î GRANDE VENTE DE JANVIER I
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