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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1930, Collections de BAnQ.

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me année No 63 MONTRÉAL Septembre 1930 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur Economie politique et sociale - Mathématiques Législation—Histoire—Statistique —Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances-Transports.SOMMAIRE Pages 237— I.Les Allocations familiales au Canada.Thuribe belzile 269— IL Étude sur les Lignes progressives inscriptibles dans les volutes.Jules POIVERT 301— III.Le Rêve selon Freud.Antonio barbeau 331— IV.After all this is a British Country.Edouard MONTPETIT 341— V.Revue des Livres.346— VI.Vie de l’École et de l’Association.!.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITE DE DIRECTION : Président : Mgr J.-Vincent Piettb, Recteur de l'Université de Montréal.Membres: MM.Aurélien Boyer, Principal de l’Ecole Polytechnique.Augustin Frigon, Directeur de l’École Polytechnique.Arthur Amos, Chef du service hydraulique de la Province de Québec.Victor Doré, Professeur à l’Ecole des Hautes Etude» Commerciales.Alfred Fyen, Professeur à l’École Polytechnique.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo.-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Olivier Maurault, p.s.s.Curé de Notre-Dame.Édouard Montpetit,Professeur à l’Université de Montréal Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Sürveyer.Ingénieur Conseil.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’Ecole Polytechnique.Armand Circé, Professeur à l’École Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Élèves.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION : Président : Arthur Surveyeh.Membres : MM.Édouard Montpetit, Arthur Amos, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo.-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre, Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction : Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon Trésorier: Aurélien Boyer PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition do citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire ù la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à ta Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne 1430, rue Samt-Denis, LAncaster 9208 Montréal \ 3g"5§L OUVERTURE DES CLASSES Notre rayon de livres classiques et de matériel scolaire est reconnu comme étant le plus complet de la province et comprend tous les ouvrages et articles en usage dans les maisons d'éducation française.Pupitres, tables, chaises.Musées.Cartes géographiques, globes terrestre Tableaux muraux d'histoire, de sciences.Tableaux noirs, baguettes, brosses, craie, compas Cahiers d'écriture, d'exercices, de dessin Articles et papier à dessin, peinture à l'eau Ardoises, éponges, cloches à main, signaux Aiguiseurs, coffrets, règles, canifs, visières.Sacs d'école, valises pour écoliers, courroies Crayons, plumes et encres de toutes sortes Livres spéciaux pour commissions scolaires.CATALOGUES Sl IVAN envoyés sur demande Classiques canadiens et français Mobilier scolaire et de bureau Articles religieux.— Pièces de théâtre GRANGER FRERES LibRtxiK.es, Ptxpetieas, lmpoRtateufts 54 NotRe-Dàme.Oiiest.*Konké, D ,C 2,.de la volute du 2e ordre On a: est le cosi Relation qui peut s’écrire, (en remarquant que nus de l’angle ° ), Puis: Ci _ c c i r d’où c Relation qui devient: ii m 274 RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE s’obtiennent en prenant successivement le 1er côté, la somme des deux premiers côtés.etc.du polygone du 1er ordre.Ces rayons sont donc égaux à c ,, ci+2ci = 3ci, c , + 2c ,-f3c i = 6c i .etc.Les côtés du polygone du 2e ordre AB;('.D.étant proportionnels à ces rayons, il suffit, pour avoir l’expression de leurs longueurs, de substituer c.à c, dans la progression précédente.Ces côtés sont donc égaux à c 2, 3c -.', 6c.D'une façon générale, cn étant le premier côté du polygone île l’ordre n, les coefficients de la procession de l’ordre n s’obtiendront cn prenant successivement le premier, la somme des deux premiers.etc.coefficients de la progression de l’ordre n-1 En opérant ainsi cn formera le tableau suivant: ordre zéro C c c c 1er ordre c 1 2 r, 3c, 4c , 2e oidre C 2 3c ; 6c 2 10c 2 3c ordre c 3 1C 3 10c 3 20c, , Vf On reconnaît aisément que les coefficients des termes situés soit sur une même ligne, soit sur une même colonne, sont les nombres figurés du triangle arithmétique de Pascal.Les coefficients 1.2.3, des termes de la 2e ligne ou de la 2e colonne sont les nombres figurés du 1er ordre.Les coefficients 1, 3, x=2 3,., Divisant membre à membre les égalités qui occupent le même rang: .01 H c coso 01 c eos- IOX 'J I ,0X H On aura donc, d’une façon générale, en désignant par p la longueur d’un rayon vecteur de la spirale, et par 0 l’angle que fait ce ravon aiec OX : .H (H1 p = C CO s î(l) LIGNES PROGRESSIVES 287 C’est l’équation cherchée Nous allons démontrer que cette spirale d’Archimède passe par les pieds des perpendiculaiics abaissées du centre O sur les côtés de l’une quelconque des lianes progressives inscrites dans la volute régulière AB ,C iD i.Soit donc (fig.6) M ,X >P.un second polygone progressif inscrit dans la volute régulière, et I', I',, l'a,.les pieds des perpendiculaires abaissées du centre sur les côtés de ce polygone.L’angle formé par deux perpendiculaires successives, telles que 01' et OI',, étant constant et égal à si nous désignons par y l’angle I'OX nous aurons: Les longueurs 01', 01'„ 01'.foimant une progrès- / C \ Si le polygone M ,X ,P,.est, inscriptible dans la spi- On voit, d’abord, que ces valeurs forment une progression Or 01' est égale à la hauteur XJ' du triangle X ,XM , ., T / I # l'OX =7 I' ,0X = 7+ p- r 2ox=7+2 sion arithmétique dont la raison est c cos - ) , on aura: o on aura: 01', = 01'+ r cos - 0I' + 2 c cos en donnant à 0 les raie qui répond à l’équation p —c cos valeurs y, 7 + £, 7 + 2p,., on devra trouver pour p les valeurs 01', 0I'„., Substituons donc à 0 les valeurs y, 7+e, Les valeurs correspondantes de p seront: (Ü'—Kt) C COS C CO." On devra donc avoir: c cos c cos arithmétique de raison c cos 11 suffit donc de démontrer que le 1er terme Ol'a bien pour valeur c cos (Lu effet, la figure OXJ'I' est un rectangle, car les côtés I'J' 28S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE et O.M ! qui font avec la droite X.M , les angles J'M ,X et M ,XO égaux à - sont parallèles.) Donc : 01'= XJ'= XX i cos La longueur XX ., exprimée en fonction du côté c et de l'angle AOX = ç, est donnée par la formule du paragraphe 12.XX i ou t = c.— , donc : (2) 01' = c cos - 9 Pour que les valeurs de OP fournies par les relations (1) et (2) soient identiques il faut que y=ç Or, 7-f-AOI' = 90‘ Donc et ^d-AOr = XOI' = 90c C.Q.F.D.14.— Courbe enveloppe rien lignes progressives du 1er ordre inscrites dans une volute régulière.Xous venons de voir que les côtés des polygones progressifs inscrits dans une même volute régulière du 1er ordre sont perpendiculaires sur les rayons vecteurs d’une spirale d’Archimède, aux points de rencontre de ces rayons avec la spirale.Or, on démontre, en analyse, que l’enveloppe de ces mêmes perpendiculaires est une développante de cercle.Donc l’enveloppe des lignes progressives inscrites dans une volute régulière du 1er ordre est une développante de cercle, ayant pour podaire la spirale d’Archimède p = c cos •É(ï) Xous allons construire cette développante: (fig.7).La spirale d’Archimède touchant l’axe polaire OX au point 0, la développante étudiée est celle d’un cercle de centre O.Soit Oa = R, le rayon inconnu de ce cercle.Soit 01 la perpendiculaire abaissée du centre sur le premier côté AB i du polygone du 1er ordre, et OS un rayon parallèle à ce premier côté AB i (le rayon OS se confond avec OB).Menons, en S, la tangente au cercle et prenons, en T, son recoupement avec AB i.Le point I étant l’un des points de la podaire, le point T sera l’un des points de la développante. LIGNES PROGRESSIVES 289 Cette développante commence au point a, où elle touche OA (nous avons vu précédemment (pie OA est perpendiculaire sur OX).On voit, de plus, que le point T, où la développante touche le côté AB i, s’obtient en prenant, à partir de I, une longueur IP = R.On obtiendrait le point de contact suivant T, en prenant I |T i = B, etc.Corollaire I.Si, dans une spirale d'Archimède, ou considère une série de rayons vecteurs faisant, avec l’axe polaire, des angles en progression arithmétique, les perpenducilaires élevées aux extrémités de ces rayons formeront un polygone progressif du 1er ordre.En effet, soit 5 l’angle (pie fait, avec l’axe polaire, le premier de ces rayons, de longueur r.Si l’on désigne par p un second rayon vecteur quelconque et par co l’angle polaire correspondant, on a Pour que cette équation puisse être identifiée avec celle de Donc : ST = arc Sa Et comme l’angle SOA est égal à IOX , c’est-à-dire à £, ST étant égala 01, c’est-à-dire à c cos - , [voir au paragraphe 13], l’égalité précédente devient: c co: P _ 0 d’où /• i) p = r o o la spirale p = c cos ^ que l’on ait., considérée au paragraphe 13, il faut P c cos - = r et Ou, en éliminant p.c = - o condition qui peut toujours être réalisée RK VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE Fiq.7 Fiq.10 \ Rg.ll ¦ ¦PMIC7 LIGNES PROGRESSIVES 291 Corollaire II.Les tangentes menées à une développante de cercle, aux divers points de cette courbe correspondant à des points également espacés sur le cercle, forment un polygone pio-gressif du 1er ordre.Car ces tangentes ne sont autres que les perpendiculaires dont il vient d’être parlé au corollaire I.15.— Relation entre la volute régulière du 1er ordre et la développante de cercle.Vous avons vu, au paragraphe 12, que l’équation de la volute régulière est : (1) t=C- H .t représentant la longueur, (telle que CM), [fig.S], dont il faut prolonger un côté CD du polygone inscrit pour atteindre le point M de la volute._ _ t Soit OP la perpendiculaire abaissée du centre sur le côté CD.Décrivons la circonférence de rayon OP = r' inscrite dans le polygone.Cherchons l’équation de la volute régulière en fonction de la longueur PM=T de la tangente, et de l’angle AOP = 0.On a: / = CM = T—CP = T—C- et: _ „.C’est le calcul des éléments de ce dernier polygone qui va nous occuper.Le polygone ODD,.P„ est équiangle, car chacun de ses angles est égal à - + JL Le premier côté DD, peut être exprimé en fonction du 3e côté du polygone du lerordre, car, dans le triangle isocèle DD ,C , Le côté suivant, D ,D *.peut être exprimé en fonction du 3e côté du polygone du 2e ordre, etc Les côtés C,D„ C2D2,., CnDn, occupant le même rang dans les polygones des divers ordres, leurs longueurs se calculeront à l’aide des formules établies au paragraphe 2.On en déduira les valeurs correspondantes de DD ,, D ,D 2, etc.Le polvgone DD,.Dn pourra donc être construit.La considération du polygone ODD 1.Dn \a nous permettre de définir la volute régulière du ?imc ordre.__ Inscrivons h/ï{/.5), dans le noyau, la ligne régulière AINI .de côté c et d’angle a, ayant le point M pour premier sommet.A cette ligne correspond un polygone progressif inscrit dans la volute régulière du 1er ordre.Le point AI, est situé sur le prolongement de AIN, et la longueur AIM , est donné par la formule établie au paragraphe 12: C ,D on a DD 2 cos a 9 D,D,= 2 eos - C 2D 2 9 2 cos I ou MAI , = cx A- & Menons le rayon OM.L’angle OAIM , est égal à - + &.= c ¦ - REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 296 On obtiendrait le point M , en construisant la ligne brisée OMM Le point M décrivant le noyau circulaire, le point M i engendrera la volute du 1er ordre.Revenons, dès lors, à la ligne équiangle ODD,.Dn, dont la portion ODD,.correspond à l’une des positions de la ligne OMM,., considérée ci-dessus.Supposons que les différents côtés de la ligne ODDi.D„ soient des fonctions continues de la variable de telle sorte que, pour les valeurs de p égales à &, 2$.n$, les différents sommets de la ligne ODD,.Dn, se confondent avec les sommets successifs des polygones des 1er, 2e., //me ordres.Si la variable ç croît d’une façon continue, le lieu géométrique du sommet Dn sera une courbe régulière circonscrite au polygone progressif du n"‘° ordre.Ce sera la volute régulière de l'ordre n.Dans le cas particulier où les sommets de la ligne ODD ,.Dn se confondent avec les p,nes sommets des polygones des divers ordres, il est clair que les longueurs DD,, D,D_., D„_ ,Dn, sont des fonctions de y.En effet, nous avons montré (au début de ce paragraphe) que ces longueurs sont proportionnelles aux côtés qui occupent le (p—l)c rang dans les polygones des divers ordres.Or tous ces côtés sont exprimables en fonction de celui de la ligne du 1er ordre, lequel est une fonction de p.Passons au cas général.Soit, comme précédemment, M le point du cercle correspondant à l’angle AO.M = p, et MNP.le polygone inscrit de côté c et d’angle a.A ce polygone MNP.correspond le polygone du 1er ordre M ,N ,P , , dont les côtés sont des fonctions de ç.Au polygone M ,N ,P ,.correspondent les polygones M „N 2P»., .!M„NnPn,.dont les côtés résultent d’interpolations entre les termes des progressions des 2me.nme ordres, (voir paragraphe 2), et qui se calculent en fonction des côtés fie la ligne du 1er ordre.Tous ces côtés sont donc, eux-mêmes, des fonctions de p.Remarquons, ensuite, que tous les polygones dont il vient d’être parlé sont ceux que l’on obtiendrait si, partant du polygone du n"‘° ordre, on voulait aboutir au polygone-noyau en construisant successivement: le polygone d’ordre n—1 fourni par les bissectrices du polygone d’ordre n; le polygone d’ordre n—2 formé par les bissectrices du polygone d’ordre «— 1 : etc.(comme nous l’avons expliqué au paragraphe 7). ¦MHBH .IB lignes PROGRESSIVES 207 Los côtes do la ligne brisée MM ,M 2.Mn sont donc, aussi, les côtés do triangles isocèles ayant pour bases les longueurs M iN i, MjX:.M„Xn, des côtés qui occupent le même rang dans les polygones des divers ordres.Donc les longueurs MM 1, M iM .sont proportionnelles à M iX ,, M 2X .On aura, pat exempli .MM ,= M ,X , M ,M .= M ;X 2 o a cos - 9 Les côtés de la ligne OMM .M„ sont donc des fonctions continues de la variable y.CONSÉQUENCES Il résulte de ce que nous tenons de dire que: 1° A toute volute régulière du 1er ordre correspond une volute de l’ordre n et une seule._ 2° A tout polygone progressif inscrit dans une volute îegulièio 1er ordre, correspond un polygone progressif inscrit dans la volute de l’ordre n, et un seul.3° Tous les polvgoncs progressifs d ordre u ayant les mêmes caiai-téristiques a et cn (c’est-à-dire ayant même angle a et même nme différence constante), sont inscriptions dans une même volute régulière (car leurs polygones-noyaux sont égaux).Pour compléter cette étude, nous mentionnerons, sans les démontrer, quelques autres consequences., 4° Le lieu géométrique des pieds des perpendiculaires abaissées du centre sur les côtés d’un polygone d’ordre n est la spirale podaire de la /i'ne développante d’un cercle.5° L’enveloppe des lignes progressives de l’ordre n, inscrites dans une même volute régulière, est la n,nc développante d’un cercle dont le centre coincide avec celui de la volute.Corollaire I.Si , dans une spirale de l’ordre n (podaire de la >1™ développante d’un cercle) on considère une série de rayons vecteurs faisant, avec l’axe polaire, des angles en progression arithmétique, les perpendiculaires élevées aux extrémités de ces lajons formeront un polygone progressif du n"" ordre.Corollaire IL Les tangentes menées à la a"" développante d’un cercle, aux divers points de cette courbe correspondant à 29S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE dos P°ints (‘Râlement espacés sur le cercle, forment un polygone progressif du nmp ordre.2:).— Conditions d'égalité ou de similitude de deux volutes régulières d'ordre n.1 Nous avons vu qu’à un polygone régulier de côté e et d’angle Q répond une seule volute d’ordre n.11 en résulte, évidemment, que deux volutes régulières d'ordre n qui ont dos polygones-noyaux égaux sont égales.2 Soient cote' les côtés de deux polygones-noyaux semblables.Il est évident que les deux volutes régulières du nmc ordre construites sur ces noyaux seront semblables et que le rapport de similitude «le ces volutes sera égal à celui des noyaux, r est-à-dire à -.c' D autre part, nous avons vu.au paragraphe 8 «pie le rapport de similitude des noyaux est égal au rapport— des nmedifférences c'n constantes.Il en résulte que le rapport de similitude des volutes est égal à — C n Supposons que l’une des différences c'n décroisse indéfiniment: le rapport ~ deviendra infini.On en conclura que les ^ n parties semblables des deux volutes sont infinies, l’une par rapport a 1 autre, c’est-à-dire que l’une des volutes est l’image infiniment petite de l’autre.Mais, un polygone progressif dont la nmc différence devient infiniment petite ou nulle est un polygone de l’ordre (n—1), et la volute régulière circonscrite à ce polygone est de l’ordre (n—1).Donc, l’image infiniment petite d’une volute de l’ordre n est une volute de l’ordre (n—1).21.Polygones et volutes d'ordre fractionnaire.Entre deux lignes progressives, l’une de l’ordre n, l’autre de 1 ordre f« + /), ayant leur point de départ en A (fig.12), on peut construire une infinité d’autres lignes équiangles.C’es lignes, dont 1 indice de 1 ordre est fractionnaire, ne répondent pas à la LIGNES PROGRESSIVES 299 définition donnée au début do cot article, (car il ne peut y avoir de nmc différence constante que si n est un nombre entier), mais elles sont intimement liées aux lignes progressives: Une progression d’ordio fractionnaire peut, en effet, résulter d interpolations entre les termes des progressions d’ordres n et n-\-l.( 'est ce problème d’interpolation qui va nous occuper.Proposons-nous de construire la ligne d’ordre >4.Il faut introduire, dans le tableau du paragraphe 2, une ligne intermédiaire entre les lignes d’ordres zéro et 1.Le terme intermédiaire entre c et c i est u .11 représente la longueur du 1er côté du nouveau polygone.Calculons sa valeur.Nous avons vu, au paragraphe 2, que les premiers côtés c, Ci, C:,.des polygones des divers ordres ont pour valeurs c, Passons aux coefficients de ci/, dans les différents termes.Le coefficient de la 2e colonne, résultant d’une interpolation entre les coefficients 1 et 2 de la progression arithmétique 1, 2,3,4,., Les coefficients des termes de la 3e colonne se déduisent de 3 ô - x - Le 3e coefficient de c;sera donc : 2__2 _ lô 2 S Les coefficients des termes de la 4e colonne se déduisent de ., , ., P (p +1) (71 + 2).ceux de la 2e colonne à l’aide de la formule: p 3 — - ~ c Ils forment donc une progression géométri- c , = c ; = ) • r r que dont la raison est - .Si, dans cette progression nous inter- r ' s le tenue cnous trouverons: aura pour valeur - ceux ( le la 2e colonne à l’aide de la formule: p 2 — p 52 300 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Le coefficient de c i^, (dims lu 4e colonne), sera donc; 3 5 7 2 2 2 _ 105 1.2.3.~~ 48 Mise en place du polygone sur l'épure (fig.12).Les premiers côtés AB, AB,, AB 2.des polygones des divers ordres font, avec le rayon OA des angles respectivement , _ , a 2a 3a égaux a.D autre part nous avons vu (pie les longueurs de ces côtés forment une progression géométrique.Les sommets B, B,, B.sont donc situés sur une spirale logarithmique.( ette spirale passe par les deuxièmes sommets de tous les polygones d'ordre fractionnaire.Pour mettre en place le premier côté Ab du polygone d’ordre J-}, on mènera la bissectrice de l’angle BAB,.lous les angles du polygone A bed.étant égaux à a, ce polygone se construira aisément.On construirait, de la même manière, tous les polygones d ordre fractionnaire dont le 1er sommet est en A.Les lignes d’ordre fractionnaire sont, comme les lignes progressives, inscriptibles dans des volutes régulières, mais la construction de ces nouvelles volutes échappe aux règles précédemment établies.Les côtés des polygones d’ordre fractionnaire dont le 1er sommet ne coincide pas avec le point A, ne peuvent être calculés qu’à l’aide d’interpolations difficiles.Jules Foi vert Pro}esseur d'architecture.Ecole des Beaux /lrfs, Montréal. LE REVE SELON FREUD “En histoire comme en science”, écrivait récemment AI.Gilson “le droit des théories à F existence est exactement proportionnel à leur pourvoir d’interpréter les faits.” D’autre part, quand les faits sont nombreux, complexes, encore incomplètement explorés, les théories ont tendance à se succéder les unes aux autres, la dernière prétendant invariablement être plus compréhensive, et par suite plus orthodoxe que les précédentes.Parmi les nombreuses tentatives d’explication au sujet de l’éternel problème du rêve1 2, la plus “à la mode” actuellement es! celle du neurologue viennois.Sigismond Freud.Comment cette théorie est née3, quelle en est réellement la valeur, quel est “son droit à l’existence”4 5, nous l’avons écrit ailleurs.Nous voudrions aujourd’hui expliquer ce qu’elle est.Pas plus.On en cause dans le monde scientifique, littéraire et philosophique.Son Éminence le cardinal O’Connell ’ mettait ces jours derniers les étudiants du Technology School de Boston en garde contre un certain courant de la psychologie contemporaine, au sein de laquelle se trouve le freudisme.La théorie des rêves constitue une des bases de la doctrine de Freud.Mais avant de la juger, il faut d’abord la connaître.Son exposition est le but du présent travail.Deux postulats, que, par une curieuse pétition de principes, Freud essayera de démontrer après les avoir admis, soutiennent la conception du maître de Vienne sur la nature des songes: Les rêves ont un sens; ce sens leur vient de l’inconscient dynamique.Le premier pourrait s’appuyer sur l’affirmation populaire de la signification des songes6.Le second sur le fait qu’on accorde en certains milieux, un sens profond à la rêverie7, aux manifestations hypnotiques, aux symptômes mentaux, phénomènes proches parents du rêves.1 K.Gilson: Humanisme médiéval et renaissance, Gonf.5 nov.1929.Revue trimestrielle canadienne, mars 1930, Page 1.2 Barbeau: Au pays du rêve.R.T.C., juin 1930.3 Barbeau: La genèse de la pensée freudienne.Revue dominicaine, mai-juin 1930.4 Barbeau: La Bases de la psychanalyse.Thèse D.Ph.mars 1930.5 Lu Patrie de Montréal, pl, 7 juin 1930. 302 REVUE TRIMESTRIELLE CAN A DEN'NE Par principe, Freud s'efforce de ne rien laisser de côté dans l’œuvre de ses devanciers9.A l’instar des anciens, il tient compte, dans l’appréciation d’un rêve, de la condition du rêveur, et de l’anamnèse générale.Comme pour la recherche île l’origine des symptômes, il emploie dans l’étude des songes 1 interrogatoire du rêveur et l’association des idées fatalement mises en jeu.'0 A sa façon, il se préoccupe des excitations somatiques et psychiques.Les méthodes symboliques et de déchiffrage, trop exclusives en elles-mêmes, lui fournissent quelques joints de technique.Cependant, c’est toujours en fonction de son système qu’il interprète les faits connus avant lui.Ce système, tel que présentement constitué, peut se résumer en quelques lignes.Les rêves des enfants, les plus simples, sont des rêves types, où gisent toutes les prémices de la doctrine.Dans ces rêves, le contenu manifeste, ouvré, tel que raconté au réveil, se confond plus ou moins avec les matériaux primitifs dont il est fait.La seule étude psychologique de ces rêves enfantins révèle un nombre de caractéristiques que la psychanalyse retracera ensuite dans tous les rêves d’adultes, plus complexes.Plus complexes, parce que plus déformés.Quels sont les agents, les mécanismes et les profiteurs de cette déformation ?Nous aurons à nous le demander en traitant de l’élaboration et de la censure des rêves.Ce sont là des têtes de chapitre dans la conception freudienne.6 Inutile de signaler la faiblesse de cet argument en de telles matières.' Borel et Rom s : Les rêveurs éveillés.Paris, 1925.Gallimard, Edit.Bernard Lerov: Les visions du demi-sommeil.11 Tall.hypnagogiques).Ab an Kd., Paris, 1920.Léon Daudet: Le rêve éveillé.Paris, 1926.B.Grasset, Edit.* En certains milieux, peut-être, mais pas en général de la façon déterministe absolue qui est celle de Freud.9 Hormis la théorie thomiste du rêve, qui, à notre humble avis, donne aujourd'hui encore sinon la solution entière du problème, du moins les éléments les plus sûrs de solution.Rappelons aussi que les thomistes procèdent dans l'étude du rêve de façon autre que les modernes, ils situent bien la division des sens internes, et la fonction pr,l!,rc et le rôle de chacun d'entre eux, leurs relations et au surplus l’influence sur eux des facultés supérieures «intelligence et volonté).C'est après cela qu'ils scrutent les psychoses et les rêves, v.g.à ce sujet.Saint Thomas De Soi undo et Yiijilin.Gubgt: Cours de philosophie (Même édition, no 452 à 405, pages 469-371); Huron: 'Sème vol.314-319).Jean de Saint-Thomas, Cursus Cliilnsophicis, tome III.1 ° F'alalement mises en jeu: laissons passer.Mais il n’est pas prouve que cette association des idées aboutisse à une finalité au sens où Freud l’entend. LE REVE I) APRES FRET» 30:5 A partir de maintenant, nous devenons avocat du diable.Nous monterons chaînon par chaînon jusqu à la psychologie freudienne des processus oniriques, Lxposons, avant, la pensée de Freud sur: 1.Les sources du rêve.2.— Les rêves enfantins.3.— La méthode d’interprétation.4.— L’élaboration du rêve.— La s y ’ ” 1 onirique.6.- -La censure du rêve.7.— Sa psychologie.Pour finir, nous transcrirons une belle analyse de songe par Freud lui-même.I.Les sources du reve.A.— Les sources somatiques.— Il est de croyance générale que les rêves relèvent d’excitations somatiques, (sensorielles, objectives, subjectives et eénesthésiques).De nombreuses observations en font foi.Xotrc récent article nous dispense d'insister.Mais sont-ce là les seules sources du rêve?Cette théorie, trop exclusive, n’est-elle pas pour le moins insuffisante?Les statistiques de AI iss Calvin font voir (pie dans une très petite proportion seulement, nous pouvons retracer ces excitations.Meme alors, celles-ci ont été transformées; elles sont a peine reconnaissables.Le rêve y réagit par une activité propre.Il travaille les matériaux qu’on lui a prêtés.Il faut tenir compte aussi des motifs psychiques, lout au moins déterminer “un mode d’activité psychique faisant jaillir des excitations somatiques, les images bigarrées du reve.Stum-pel prétend que, détournée du monde extérieur, l'âme endormie ne saurait reconnaître les excitations qui lui viennent et crée des illusions.Pour Wundt les excitations physiologiques se transforment en manifestations psychiques, parce (pie 1 esprit 11a pas alors d’autres moyens d'expression.Aucune de ces doctrines ne peut expliquer un choix singulier dans la multiplicité des themes possibles.Celle de Burdach et de Lipps invoquant le seul désintérêt du monde extérieur est pareillement insuffisante.Voici l’opinion de Schrener: au cours du sommeil, 1 imagination libérée tenterait d'indiquer symboliquement l’espèce d’excitation et l’organe d'où elle provient.Une clef des songes adéquate s’impose.Le corps humain en entier est représenté par une maison dont chaque partie correspond a un organe.Lt chaque organe dispose d une quantité de symboles.( ette théorie de Sehrener est critiquable.La symbolique invoquée en est 245 304 BEVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE arbitraire et trop restrictive; elle enlève au rêve son sens; les organes, fonctionnant sans cesse, devraient continuellement inciter aux rêves: il n'en est rien.Nous n’avons cependant pas le droit de tout nier dans la symbolique ainsi conçue.Nos organes et nos fonctions peuvent être symboliquement représentés dans le rêve.Il faudra étudier ce facteur sous un autre angle.Pour Freud, le rêve est une réaction à tout ce qui existe simultanément et actuellement dans l’âme endormie.Le rêve unifie les excitations psychiques et somatiques dans un même tout.Faibles, les excitations somatiques n'entrent dans le eomplexus du rêve que si.d’une façon ou d’une autre, elles s'y rattachent.Trop fortes, elles entraînent le réveil.Les moyennes, un bon dormeur les néglige la plupart du temps.Dans la multitude de ses lèves, notre auteur n’a reconnu qu’une fois une excitation douloureuse objective.A cette pé-i iode, il soufflait d’un anthrax au périnée.Un cataplasme local lui avait permis de s’endormir.Il rêve qu'il se trouve dans une ville étrangère, et se promenant à cheval.Il ne souffre pas, il n’a ]ias à travailler.Le rêve pallie à la douleur physique, afin que le sommeil puisse durer, lui un sens, tous les rêves sont ainsi des rêves de commodité, satisfaisant le désir de dormir en dépit des excitations interruptrices.Le désir de dormir complète les hypothèses de Schrener.Il explique les rêves simples ainsi que les cauchemars et les états d’agoisse onirique d’origine somatique.Il y a donc intrication réciproque des éléments psychiques, somatiques et du désir de dormir.Lu d’autres termes plus précis, les excitations somatiques ne sont que des matériaux, utilisés dans une construction onirique faite d’après les plans des motifs psychiques.IL — Les sources psychiques.— Nous avons groupé en deux grands genres les excitations psychiques reconnues, celles fournies par la mémoire, celles provenant de nos désirs et de nos craintes.Et d’abord la mémoire.Au cours du rêve, elle choisit son objet de façon déterminée.Il ressort de nombreuses observations rapportées dans notre article récent auquel nous venons de faire allusion trois particularités: L—-Le rêve s’occupe de préférence des événements du jour précédent.2.—Il se rappelle non l'important et l’essentiel, mais le contingent et l’accessoire.3—Il va jusqu’à fouiller les événements et les impressions lointaines de notre LE REVE D’APRÈS FREUD 305 enfance.Ce sont là des faits d’observations.Les hypothèses peuvent varier, les explications diverger, niais le fait lui-même, bien observé, reste identique pour tous les observateurs.l'reud a donc à son tour retrouvé ces caractéristiques, lout rê’'e pour lui est lié aux événements du jour qui vient de s écouler, du jour ayant immédiatement précédé le sommeil au cours duquel se dessine le songe.Ces relations sont générales.Seuls les derniers événements du jour agiraient ou un rappel le jour précédent d une notion plus vieille.Quelques exemples empruntes a la Science des Hê\e> (p.152-153) clarifieront notre énoncé.'Me rends une visite dans une maison d’où l’on ne me laisse partir qu avec difficulté, etc, pendant ce temps une dame m’attend.' "Source: Conversation, la veille au soir, avec une parente qui doit attendre des fournitures qu’elle a commandées, etc.2 — ".l’ai écrit une monographie sur une certaine (obscui) espèce de plantes." "Source: J’ai vu le matin, à la devanture sez indifférent et que nous aurions pu croire seul en cause, si nous n avions creusé le problème.Ainsi s’est produit une sorte de déplacement de l’accent psychique.Ainsi l’événement récent e; indifférent n’est que secondaire.Il n’a pu entrer dans le rêve (pie parce que, en un certain point, il cadrait avec le thème général.Autrement il eut été peut-être délaissé et remplacé par un autre.Peut-être, aurait-il pu aussi s’allier à un autre, s’incorporant plus ou moins avec lui ?1 ne sorte de contrainte force déjà le rêve a faire un tout des données qui peuvent lui servir.Xous l’avons déjà vu; nous y reviendrons plus tard.Mais n’avons-nous pas déjà une réfutation de la théorie de Robert?Le rêve n’a pas pour fonction d’éliminer les scories du jour.Elles sont trop.Le songe a mieux à faire.Il peut utiliser comme motif un événement récent.Pas uni- LK K K V E D'APRÈS FREUD 307 quement.Cn fait do vie intérieure ayant pour nous une valeur psychique est encore susceptible d’être remémoré.De nombreuses annalvses ont révélé l'intervention de circonstances multiples la source des rêves peut être: 1.— Un fait de notre vio psy- chique récent et important (pii est directement représenté.-• Plusieurs faits récents et importants (pie le rêve unit en un tout.3_ _ fn ou plusieurs événements récents, et importants, repié-sontés en rêve par l’évocation d’un événement simultané, mais indifférent.4.— Un fait de vie intérieure important (souvenir, suite de pensées) qui est toujours représenté dans le rêve par une impression récente, mais indifférente.Le rêve ne s’occupe donc du récent et de l'indifférent qu a titre de trompe-l’œil et parce qu’ils satisfont des buts plus importants.11 n’y a pas, pour qui sait y voir, de rêves anodins, et innocents.Le récent doit à sa fraîcheur, l’indifférent au déplacement affectif d’entrer dans nos songes.Il y a pourtant la encore une inconnue.V.— Les source* infantiles.— Nous nous demanderons plus tard aussi pourquoi, dans la genèse du rêve, nous retrouvons le» événements infantile*.Robert, Maury et bien d’autres ont déjà attiré l’attention là-dessus.Freud en apporte apiès eux de multiples exemples.Ce sont des souvenirs, des événements, des gestes, ties actes, souvent oubliés ou presque à l’état de veille, de notre enfance qui viennent se mêler à la trame onirique, Parfois le eiliait de jadis, les désirs du jeune âge s’accomplissent.L enfant revit alors dans le rêve avec ses impulsions, son comportement.ses aspirations.Et ce coup de sonde dans le passé peut aller fouiller jusqu’aux toutes premières années de la vie.Il en ramène des lambeaux qui se lient aux événements récents pour Ci donner plus de puissance et d’éclat.Pourquoi raconter des histoires illustrant une lapalissade?U sera plus opportun dm-Cster quand, après Freud, nous généraliserons les données fournies par cette régression vers l’enfance au cours de nos songes.Rien n’est de ne oublié dans les avancés des auteurs qui ont précédé Freud.Admise la valeur des excitations somatiques; réaffirmée l’impoi tance des motifs psychiques.Nous avons insisté sur les souvenirs.Nous n’avons pas néglisé les désirs et les craintes.Nous en avons plutôt retardé l’étude.C est un des points capitaux de la théorie.Il nous manque pour lui donner toute sa portée d’auties notions.Nous attendrons.Dore.- 308 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ot déjà, remarquons que l’œil de Freud a vu ce que les autres avaient vu avant lui.Il a regardé autrement.Tout en les acceptant.il a marqué les faits de son empreinte.Ils lui sont redevables d'une originalité nouvelle.II.— Les Reves enfantins.Dans la genèse de l’œuvre freudienne, les rêves d’enfants furent étudiés bien après les rêves d’adultes.Nous nous permettons, au seul point de vue didactique, de les exposer tout d’abord.Ce sont des rêves brefs, clairs, cohérents, facilement intelligibles.non équivoques.Ils sont le propre des toutes premières années de la vie psychique.On les retrouve toutefois chez l’enfant plus âgé, parfois même chez l’adulte.Il n’est pas nécessaire d’employer de méthode neuve pour les comprendre.L’enfant raconte son rêve.On se fait renseigner sur la vie du sujet.Ces rêves nous manifestent un ensemble de caractéristiques dont nous tenterons plus tard la généralisation à tous les autres rêves.1.— Le rêve est motivé et expliqué par un événement de la journée précédente.Cn enfant de 22 mois offre des cerises à son oncle.I! aurait voulu les garder toutes pour lui.La nuit suivante, il rêve qu’il a mangé toutes les cerises.Une fillette de 3 ans trouve trop court un voyage sur l’eau.La nuit elle rêve qu’elle est encore en mer.Un bonhomme de ô ans désire voir une montagne, qui l’intéresse.Au cours d’une excursion, on va près de là; on ne peut s’y rendre.La nuit suivante, il rêve qu’il y est allé.2.— Ces rêves n’ont pas été déformés.La déformation n’est pas un caractère naturel du rêve.3.— Ces rêves ont donc un sens.Ce sont des actes psychique intelligibles, complets.4.— Le rêve apporte la réalisation directe, non voilée d’un désir, insatisfait la journée précédente.Nous rencontrons là une source d’excitations purement psychiques.ô.— Loin d’être un trouble-sommeil, le rêve en est le gardien.Il le défend contre ce qui est susceptible de le troubler.L’excitation psychique ou somatique pourrait produire le réveil.Le rêve protège notre repos en l’accaparant.6.— Le désir est l’excitateur du rêve.La réalisation en LE REVE D’APRÈS FREUD 300 forme le contenu.Dans le rêve, ce désir n est pas en puissance, en devenir.Il est actué.La pensée est transformée en événements vécus par un processus analogue a 1 hallucination.7.— Dans le rêve, deux tendances s'opposent.L’une est la tendance à dormir: l’autre, l'excitation psychique, le désir en l’espèce, demandant à se satisfaire.Le rêve est un compromis entre l’une et l’autre.Voilà donc un certain nombre de caractères propres au rêve infantile.D’autres rêves d’enfants plus âgés, voire même d’adultes, apparaissent immédiatement comme la réalisation de désiis.Ceux qui reconnaissent comme causes excitatrices les besoins organiques: faim, soit et besoins sexuels, sont de cette catégorie.Un enfant à la diète mange des fraises et des framboises.Une vieille dame malade assiste à un copieux banquet.Les explorateurs, manquant de vivres, festoient.Mangez des mets épicés, vous boirez en rêve.Vous accommodez alors le besoin organique au désir de dormir.Votre rêve est un rêve de commodité.Les excitations psychiques internes produisent les mêmes effets.Il vous tarde de recevoir quclqu un, vous prévoyez un agréable voyage; le rêve vous en fournit a 1 avance la réalisation.En oppostion à ces rêves simples, infantiles, ou à caractère infantile, d’autres cachent leur sens et leur caractère.Us sont déformés.Pour les comprendre, il faut retracer par l’analyse la voie et les procédés île leur synthèse.La psychanalyse entre en lice.HL - I a Méthode Freudiknnkk d'interprétation L’idéal dans l’étude des rêves est d'analyser ses propres songes.Ce sont à priori ceux d’un être normal et nous voyons plus clair dans les situations qui les ont amenés.Il faut un certain courage pour exposer ainsi sa vie intime.Freud 1 a lait sans fausse honte.De cela nous devons lui savoir gré.Et la meilleure façon de comprendre sa méthode est encore de le suivre dans une de ses analyses.Nous en avons choisi une courte.Signalons que l'analyse d’un rêve nécessite maintes fois plus d’espace que la description du rêve lui-même.Voici le rêve de Freud:11 “Une réunion à table — ou à table d’hôte — .On 11 Freud: Le rêve et son interprétation, p.21. RK VU K TRIM ESTRIKLLE CANADIENNE 310 sert des épinards.Mme E.L.est assise auprès de moi et toute tournée de mon côté.Elle me passe familièrement la main sur le genou.Je fais un geste pour écarter sa main.Alors, elle me dit: “Vous avez toujours eu de si beaux yeux!” Et je distingue confusément quelque chose qui ressemble à un dessin représentant deux yeux ou bien aux verres d’une paire de lunettes.” Insignifiant, obscur, autrement complexe que les rêves infantiles dont nous avons causé.Mme E.L.est indifférente à Freud.Aucune trace d'affectivité ne perce dans le rêve.Pris en bloc, et retourné en tous sens, le rêve ne laisse rien soupçonner.Disséquons-le.Notons, au sujet de chaque détail, les associations d’idées qui surgissent d’elles-mêmes.Peut-être obtiendrons-nous quelques résultats.Réunion, table ou table d’hôte.—Première idée.La veille au soir au sortir d'une réunion, un ami offre à Freud de le reconduire en voiture chez lui.Pendant le voyage, tous deux échangent leurs impressions sur le taximètre, qui endette à mesure qu’on avance.Ainsi à table d’hôte, la note augmente à mesure qu’on mange.Deuxième idée.A table d’hôte, Freud eut jadis une discussion avec sa femme.Celle-ci, le dos tourné, faisait des avances à des gens (pie Freud n’aimait pas.Il lui dit de s’occuper plutôt de lui.Dans le rêve, Mme E.L.a une position opposée à celle de Mme Freud.La pression de la main: Rappel d’une scène exacte datant de la période des fiançailles.Mme E.L.: Elle est la fille d’un ancien créancier de Freud.Quand on reproche un service à autrui, on dit parfois: Croyez-vous (pie nous soyons ici pour vos beaux yeux?” Donc, les paroles prononcées par Mme L.signifient: “Ce qu’on en fait, c’est pour l’amour de vous; vous avez toujours eu gratuitement ce (pie vous désiriez.” Le contraire constitue le lot habituel de Freud.La courtoisie de son ami, la veille, est une exception.Cet ami, Freud fut aussi son débiteur autrefois.Il lui avait donné une coupe ancienne Oechiale, ayant le pouvoir de préserver du mauvais œil.C’est un oculiste.Et la veille, il lui a causé d’une malade examinée pour une question de lunettes.Les épinards: L’autre jour, l’enfant de Freud, (pii, lui, a de beaux yeux, refusait de manger des épinards.Freud lui non plus ne les aimait pas, étant jeune.Sa mère lui disait alors: “Estime-toi heureux d’avoir des épinards; bien des enfants seraient trop contents d’être à ta place.” D’où l’idée de pauvreté et la LF.REVE D APRES FREUD 311 citation des vers de Goethe: “Vous nous donnez la vie, vous qu permettez que, pauvres, nous contractions des dettes, aussi, une autre pensée sur les devoirs des parents a ! egard ui leurs enfants.etc, etc.Ce n’est là qu’un rêve.Analysons n’importe quel autre de la même façon.I.es résultats seront identiques.J.e travai.fut souvent fait.Xous avons donc le droit de généraliser.Au lieu de prendre le rêve en bloc, nous l’avons émiette.De chaque élément, nous avons fait une dissection attentive, nous demandant à son sujet et par la méthode des association-d’idées ce à quoi il nous amenait à penser, .lu contenu manifest!'.nous avons substitué le contenu latent.Le premier était indifférent, inerte, ridicule; le second nous ramène a des impressions profondes, de haute tension affective, étroitement rattachables à la vie intime du rêveur.Xous ne les avons pas toutes dites; il répugne toujours d’exposer l’intimité de soi-même.Du certaines occasions d’ailleurs le rêve ne l'expose pas : il n'y fait qu’une allusion.Ainsi dans le rêve ci-dessus, l’opposition entre intéressé et désintéressé; la notion de dette et de don gratuit.Même j,1 us, si je scrute davantage les pensées que l’analyse a tait surgir, je constate qu’elles peuvent se ramener à une pensée mère unique: “Quand donc aurai-je quelque chose de façon réellement gratuite ’ aurait conclu Freud à la suite de son rêve.On peut considérer le songe comme un substitut de tout le contenu sentimental et intellectuel des associations d’idées auxquelles l’analyse nous a conduit.Ce n’est donc pas une futilité bien que le rêve semble avoir été provoqué par une circonstance insignifiante de la veille précédente.Faisons encore cette remarque: les erreurs des auteurs sont dues au fait qu’ils n’ont connu que le contenu manifeste et non les idées de derrière la tête, les idées latentes extraordinairement plus touffues et plus compréhensives.Un problème en suscite d’autres.Le rêve que nous venons d’étudier nous torcc à nous demander: 1.— Par quel processus psychique le contenu latent est-il converti en contenu manifeste?C’est, en d’autres termes, l’étude de l’élaboration du rêve.2.— Pour quels motifs, cette transformation s’est-elle faite?X'ous allons en causer dans les chapitres qui vont suivre.Mais avant d’aborder ces vieux points, il nous faut donner d’autres précisions sur le contenu manifeste et le contenu latent. 312 revue trimestrielle canadienne Les éléments mêmes du rêve et les representations substitutives (I.P.129) obtenus par l’association; nommons-les conscientes.Les idées cachées, dont le sens est inaccessible à la conscience du rêveur, appelons-les inconscientes, sans accorder à ces termes une valeur théorique.Si nous étendons notre manière de voir de l’élément séparé au rêve total, nous trouvons (pie le rêve total constitue une substitution déformée d’un événement inconscient et que l’interprétation du rêve a pour tâche de découvrir cet inconscient.D’où trois corollaires: I.—-Il nous importe peu de savoir ce (pie tel rêve signifie, s'il est clair ou non.2.— Il nous faut sans plus éveiller à propos de chaque élément des représentations substitutives.3.Attendre (pie de lui-même surgisse l’inconscient caché.La fidélité du souvenir importe peu.Il s'agit d’être absolument sincère avec soi-même quand on étudie ses propres rêves, de ne rien cacher, même (pii semble inutile ou répugnant, lorsqu’on communique ses rêves au psvchanaliste.Car quelque chose s’oppose à l’expression entière des idées amenées par les considérations du rêve.1 n détail futile ou bizarre ou insignifiant ou répugnant.Après avoir bien marche un certain temps, les associations semblent se faire plus mal.Rien ne vient plus à la pensée de l’analysé.Du moins, il le dit.Une sorte de cran d’arrêt arrête les mécanismes en jeu.I ne résistance variable d’intensité est apparue.Et pourtant “Quand un enfant ne veut pas desserrer son poing pour montrer ce qu’il cache dans sa main, c’est qu’il y cache quelque chose qu’il ne devrait pas cacher.” (I.P.130).("est un fait que cette résistance est d’autant plus forte (pie l'inconscient est plus proche.Et inversement.Les idées qu’on voudrait taire sont toujours les plus importantes.Dans les associations rien d’indifférent ou d’accidentel.Les détails les plus insignifiants peuvent donner des renseignements de premier ordre.Les rapports entre le contenu manifeste et les idées latentes sont multiples.Un mot peut être remplacé par son image.Et puis une déformation considérable des idées latentes s accomplit souvent dans le contenu manifeste.Plus: l’idée principale manque parfois dans le rêve.Un élément latent se retrouve sous maints éléments manifestes et inversement.Nous y reviendrons dans un instant.Résumons.L’étude du rêve se fait par le remplacement des éléments manifestes par les éléments latents, au moyen de LE RK VE D APRES FREUD 313 la méthode dos associations.L’inconscient doit devenir conscient.Au cours du travail, nous rencontrons des résistances -chique d’ailleurs, prétend Freud.Autant vaut, put conséquent, examiner les substitutions du rêve que le rêve lui-même.Le doute s’attachant à la fidélité de telle partie du rêve, l'oubli total ou partiel sont l’œuvre de la censure.On peut parfois surmonter ce doute et cet oubli.Ce qui prouve que l’oubli du rêve est en quelque sorte intentionnel.Il est beaucoup plus en rapport avec la puissance de la censure qu’avec la distance entre la veille et .3251 LE REVE D’APRÈS FREUD 321 le sommeil.Freud put analyser après des années des rêves notés dans son carnet.Avec plus de facilité peut-être puisqu’alors la vie avait vaincu à sa place beaucoup de résistances qu’il eût rencontrées au réveil.Mais pourquoi la censure qui force à l’oubli d’un rêve en a-t-elle permis la formation?Parce que le sommeil.dit Freud, permet à la fois de diminuer et de contourner la résistance.Nous verrons plus tard comment.Traits archaïques et infantilisme Le rêve emprunte à notre vie lointaine des matériaux, d’apparence insignifiants, mais tels seulement à cause du transfert affectif que nous connaissons.C’est là un trait archaïque du rêve, une régression matérielle % ers l’enfance.Il en est une autre, formelle, consistant dans l’emploi de procédés, d’expressions bizarres, ambigus, symboliques appartenant à une langue primitive, bien éloignée de notre langage abstrait actuel.Nous plongeons là dans la préhistoire ontogénétiquo et phylogénétique.Ce retour vers notre première jeunesse explique bien des choses.Nous ne connaissons guère les tendances qui dans nos rêves demandent satisfaction.Pourquoi rêvons-nous parfois la mort île nos parents, d’amis chers, de frères et de sœurs?Pourquoi nos songes sont-ils ~i outrageusement libidineux?Nous apprendrons bientêit que tout rêve est la réalisation d’un désir.Qui voudra concilier, dans sa conscience actuelle, ses rêves et les désirs supposés?En bien, nous sommes d'accord.Nos rêves ne marquent pas nos tendances d’aujourd’hui.Celles d’hier?C’est à voir.L’enfant est sexuellement un pervers polymorphe.Il a des tendances affreusement égoïstes, allant jusqu’au désir de supprimer tout ce qui nuit à son éclosion antique.Le parent de même sexe qui divise l'amour (complexe d’Oedipe) ou qui s’oppose à l’épanouissement sexuel (complexe de castration), le frère ou la sœur qui partage ou supplante (les haines familiales) sont des victimes toutes offertes.Certes, l’éducation redressera ces tendances sauvages.Elle les refoulera.Elle en empêchera l'expression et même la pensée.tout comme par le même processus de refoulement, l’esprit se détournera dans la vie consciente de ce qui lui déplaît ou ne l’intéresse pas.Refoulées, les tendances gardent leur puissance sourde.Et sous des déguisements appropriés réapparaîtront dans notre sommeil.Ne cherchons 322 REVUE TRIMESTRIELLE ' AN A DI EN NE pas ailleurs l’origine parfois si étrange «le nos rêves: c est 1 enfant tout entier qui revit en nous.L’inconscient, si actif dans la genèse de nos songes, est fait de la phase infantile de notre vie psychique.Xe nous étonnons pas non plus de l’exubérance sexuelle de nos rêves.Ces tendances sont les plus primitives et les plus refoulées; deux titres suffisent a leur potentiel eleve.Xous avons souvent parlé d'inconscient au cours de ce travail; nous en reparlerons.Le rêve est la voie royale qui nous v conduit.Son étude minutieuse ouvre la porte a toute une psychologie nouvelle.12 Car nous n avons pas, dit I'reud, dans la psychologie classique, «le base pour asseoir une théorie comprehensive des phénomènes observes.Construisons un appareil psychique dont le seul mérite sera «le nous permettre une repie-sentation schématique «les phénomènes.Appelons instances les difîéientes composantes de 1 appareil.A une extrémité, les excitations sont perçues.Dès que perçues, elles vont se loger dans des eases spéciales, s associant les unes aux autres selon leur simultanéité, leur ressemblance, etc.C omnte une ardoise qu’on vient «l’essuyer, le récepteur est prêté recevoir des excitations nouvelles.Ainsi tout est perçu, tout s enregistre.Déjà des associations se sont formées entre les souvenirs perçus.A l’autre extrémité de l’appareil, la partie émet trice: l’appareil est polarisé.Les souvenirs très lointains, plus ou moins inconscients, veulent s’extérioriser.Ils n’ont toutefois pas accès directement à la conscience.Ils doivent passer par le préconscient.Là veille une autre instance, la censure, qui les examine, les autorise à se présenter, ou les refoule là d’où ils viennent.Figurons autrement notre système.Dans une cave obscure, les souvenirs inconscients.Une antichambre où doivent passer les visiteurs.Ils y sont examinés par le garçon, qui les agrée ou les renvoie.Les voici dans le salon.La conscience reçoit.Libre à elle, alors, de s’en occuper ou de les négliger.Dans le rêve, les processus suivent une maiche paiticuliere.Les désirs se présentent dans l’antichambre.La censure dans le préconscient est occupée par le désir «le dormir.Elle s en désintéresse donc ou les repousse.Les désirs rebroussent chemin, appelés qu’ils sont d’autre part par les images-souvenirs, en vertu 12 Kai'LOün Albert: Psychologie générale, tirée de l’étude du rôve Laüsane.Librairie Payot.1919. LE REVE D’APRÈS FREED 323 d’une sorte de tropisme.La voie suivie est régrédiente.Au cours du sommeil, l’appareil psychique est autrement polarisé que pendant la veille.Ce retour vers les images-souvenirs explique le caractère hallucinatoire du rêve.Pourquoi se produit-il Parce que la voie vers l’extérieur est fermée au cours du sommeil.En résumé: ‘‘La régression est un effet de la résistance qui empeche la pensée d’accéder à la conscience par la voie normale, en même temps que de l’attraction qu’exercent sur elle des souvenirs qui ont gardé une grande vivacité sensorielle.” (S.R.541).Certains rêves se réalisent avec une étonnante rapidité, comme celui de la guillotine de Maury.Comment les expliquer .’ Le préconscient travaille pour son propre compte.Lui lui, se font nos rêveries, en lui s’harmonisent sans que nous en ayons autrement conscience les multiples appels que nous négligeons à l’état de veille.Vienne une excitation forte au cours du sommeil.Toute l’organisation née à notre insu surgit.Un feu d artifice préparé de longue main et qui éclate en un instant.Inconscient, domaine étrange, ayant son mode d activité, ses mécanismes propres, débordant, et île combien, la faible partie consciente tie notre psychisme.Inconscient ou il faut chercher l’explication de tant de nos pensées, tie tant tie nos actes et de la quasi-totalité de nos rêves.Inconscient qui a occupé tellement les philosophes, même ceux qui en ont nié l'existence.Inconscient, clef de voûte du système freudien.Inconscient dont nous allons encore saisir la primauté, en y trouvant la caractéristique essentielle tie tout songe: la réalisation d'un tlésir.Le rêve est la réalisation d’un désir La relation du rêve au tlésir n’est pas une nouveauté.Certains rêves d’adultes et à plus forte raison les rêves d’enfauts nous l’ont démontré.L'évidence en est telle qu’on 1 a traduite en proverbes.“De quoi rêve la poule?.de millet.” Et cet autre: “Le porc rêve de gland; l’oie, de maïs.” Rien de bien controversé jusque là.Mais voici que Freud généralise.Il ne dit pas: certains rêves sont la réalisation d’un désir.Il affirme: tous les rêves sont des réalisations de désirs.Réalisation franche et admise en certains cas; réalisation voilée d’un désir refoulé en d’autres circonstances.Nous sommes au 324 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE cœur do lu théorie freudienne.Que d’objections ont été soulevées! Que de rêves bizarres, en vue de la prendre en défaut, n’a-t-on pas soumis à Freud! Toujours, il a répondu et essayé de montrer la justesse de ses vues.Un seul exemple.Une malade lui rapporte: “Vous savez (pie ma sœur n’a qu’un fils, Charles.Elle a perdu le plus âgé, Otto, alors que j’habitais encore chez elle.Otto m’était cher; je l’avais élevé moi-même.J’aime bien le petit sans doute, mais je suis loin de tenir a lui autant qu a celui qui est mort.J'ai rêvé (pie je voyais Charles mort devant moi.11 était étendu dans son pot it cercueil, les mains jointes.11 y avait des cierges tout autour.C’était exactement comme à la mort du petit Otto.Je ne suis pas assez méchante pour souhaiter (pie ma sœur perde son unique enfant.Le rêve sigmfie-rait-il (pic je préférais la mort de ( harles a celle d Otto (pii me fut si cher?” Non, Freud connaissait la vie de sa malade.Celle-ci avait été autrefois et était encore amoureuse d’un professeur.A la mort du petit Otto, il était venu présenter ses condoléances.L interprétation surgissait d’elle-même."Si l'autre petit mourait, le professeur reviendrait: vous le reverriez et le rêve indique simplement ce désir de le revoir contre lequel vous luttez intérieurement." (S.H.p.141 et seq.L Le désir (pie nous invoquons a de multiples origines.Ce peut être: 1.— Un désir actuel se produisant au cours de la nuit.2.— Un désir du jour, non satisfait par suite des circonstances extérieures.3.— Un désir du jour, mais rejeté.4.— l n désir inconscient et étouffé depuis toujours.En d’autres termes, la nuit dispose d’un souhait reconnu, mais non accompli, d’un autre non accompli et refoulé, d'un troisième dont elle n’a jamais eu conscience à 1 état de veille.Tous ces désirs, cont ribuant à la formation du rêve, n’ont pas la même valeur.Les uns se suffisent à eux-mêmes: par exemple ceux de la 2ême catégorie.Les autres doivent chercher quelque part un renforcement.Us le tromeront dans l'inconscient ou les désirs errent, en quête d’un point d’attache pom se manifester.Ce point d’attache, les restes diurnes, les idées latentes, les désirs venus de la vie éveillée, les différentes expériences de la veille, autres (pie les désirs, peuvent le lui fournir.Plus: ils n’entreront dans le rêve (pie sous la poussée de ce désir sorti de 1 inconscient.Et comme cet inconscient est fait de notre infantilite, le désir représenté dans le rêve est nécessairement infantile. LK RKVK D APRES FREUD 325 Je suis bien curieux et j’aimerais savoir encore pourquoi l’inconscient, grande source de désirs, ne peut me donner que cela quand la vie psychique éveillée a tant de versatilités.Il faut pour comprendre ce point revenir à la construction de notre appareil psychique.Au stade où nous l'avons étudié, il représentait une perfection assez marquée.Primitivement, c’était un simple arc réflexe.L’excitation s’extériorisait sans plus en motricité.La voie île l’extériorisation ayant un jour été bloquée à l’excitation externe ou interne, un besoin est né que seule une satisfaction a pu combler.A la notion de besoin s’est dès lors associée celle de la satisfaction réelle ou hallucinatoire.La pensée ne fera plus tard (pie remplacer cette satisfaction hallucinatoire d’un désir.Or donc, puisque seul en dernière analyse le désir peut inciter notre psychisme au travail, le rêve ne saurait être autre chose que l’accomplissement d’un désir.Et cependant certains restes vigiles se continuent dans le sommeil, projets, discussions, jugements, etc.Que viennent-ils faire dans cette galère?Ils ne sont que la matière du rêve, la monnaie dont le désir se sert, les matériaux qu’il utilise.Ils doivent au désir, impuissants qu’ils sont d’eux-mêmes, de s'incorporer au rêve.Et les cauchemars?Ne sont-ils pas la négation d’une réalisation île désirs?Remontons [dus haut.Dans un rêve, il y a la forme.Celle-ci, c'est l’élaboration, dont la fonction est d’une part de donner aux idées latentes un mode d’expression archaïque et d’autre part de fournir la force motrice, qui est précisément le désir inconscient.L’élaboration, c’est l’essentiel.Ce n’est pas de la matière que nous disons qu’elle est la réalisation d’un désir, mais de la forme.Or, l’élaboration peut être imparfaite, incomplète.En résidu de sentiments pénibles peut réussir à passer des idées latentes au contenu manifeste.Il pourra même se loger dans un contenu assez insipide, grâce au transfert affectif.L’élaboration a insuffisamment fait son travail.Il ne faut pas la blâmer.Elle voulait faire mieux, et c’est l’intention qui compte.En second lieu, la réalisation d’un désir doit être une cause de plaisir.Pour qui?Pour notre personnalité profonde, faite d’égoïsme, de cupidité, de luxure, que l’éthique personnelle et sociale a imparfaitement comprimée ou pour notre moi de façade. 326 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Un conflit peut naître en nos deux personnalités composantes.Ce qui est agréable à l’une peut déplaire à l’autre.Le rêve est, comme la névrose, une sorte de compromis, d’apparence désagréable souvent, mais foncièrement heureux.Si l’une ou l’autre de nos composantes devient intransigeante, c’est le cauchemar, c’est l’angoisse, c’est le réveil.Cette intrication de deux personnalités dans un même sujet permet d’expliquer, en d’autres termes, comment le rêve est une réalisation d’un désir.Au point de vue chronologique et ontc-gé ' , elles diffèrent.Les tout jeunes enfants n’ont (pie la première faite de complexes primaires.Complexes signifiant “ des systèmes affectifs et moteurs groupés autour d’une représentation qui leur imprime une direction ou un sens défini, v.g.l’amour filial, l’instinct de propriété, le souci de la réputation, le désir de se faire remarquer, etc.” (Ami du Clergé, p.214).Ils en font montre sans fausse honte.Plus tard vient l’éducation, les impératifs moraux et résultant du milieu collectif.C’est une barrièie plus ou moins close aux complexes primaires.Un organisme, que nous connaissons déjà, la censure, veille à la porte.Très active le jour, elle l’est moins la nuit.Ce qui permet la ruée des instincts primitifs.Toutefois, la censure n’est pas tout à fait endormie.Elle peut reconnaître les intrus.Pour passer, ceux-ci doivent se déguiser.Et donc à côté des désirs francs, avouables, se découvrant comme tels, il en est d’autres, refoulés, honnis par l’état de veille, qui se dissimulent et se déguisent pour apparaître.Toujours, le désir est là.Il s’agit de le reconnaître.C’est une des tâches et pas la moindre de la psychanalyse.APPENDICE Les symboles employés dans le rêve se mêlent les uns aux autres.Pour comprendre le rêve total, on doit la plupart du temps faire isolément l’analyse de chacun des symboles.En des cas déterminés cependant, des symboles reviennent, toujours identiques, dans les rêves de presque tous les individus.Leur signification est générale.Ils sont à la base des rêves, dits typiques.Ainsi les rêves d’examen sont une sorte d’encourage-gement à l’œuvre réelle et actuelle à accomplir.Les rêves de dents ont leur origine dans les impulsions onanistiques de la puberté.Les rêves de vol indiquent un souvenir sexuel infantile; 99 LE REVE D'APRÈS FREUD 327 1rs rêves où l’on nage rappellent l’énurésis d’autrefois; les re\e> d’escalier sont des équivalents psychiques des rapports sexueis.Les rêves de nudité ramènent aux impressions d’enfance.Les rêves d’embarras ou de honte laissent deviner une tendance érotique, etc, etc.Ces rêves typiques ne nécessitent pas grande compétence pour leur interprétation.Il en va rarement ainsi pour les autres.Et quant à choisir un rêve parmi les ' ’ ’ 'es que rap- porte Freud dans son livre magistral de la Science des Rêves pourquoi ne pas choisir le plus célèbre: celui de l’injection faite à Irma?Ne nous étonnons pas de voir (pie l’explication du rêve déborde largement son exposé.Il en est toujours ainsi.Nous emprunterons, pour être bref, a Régis et ITcsnard le résumé dt cette observation.Nous avons confronté leurs deux textes, celui que nous transcrivons et celui de Freud.Nous nous portons garant de la fidélité du premier.Exemple > très résumé, d’une psychoanalyse du rêve normal, de Freud lui-même (rêve de l'injection d’Irma.) , “Souvenirs du rêve (résumes).— Freud voit chez lui une de ses vieilles clientes, Irma, dans une grande galerie pleine d invités.11 la mène près de la fenêtre et lui dit: “Si vous souffrez encore, c'est de votre faute.File est paie et lui fait peur.En lui examinant le larynx, dont elle se plaint, il découvre des croûtes en forme de cornets du nez.11 appelle le docteur M., qui accourt, pâle, imbed* et boiteux, tandis qu’apparaissent deux autres de ses amis, Otto et Léopold, médecins et concurrents.Ce dernier percute la malade, trouve de la matité à la base gauche.11 y a de la peau infiltrée à l’épaule.Le docteur M .,, dit en manière de consolation: *C est une infection, mais ça ne fait rien.Il va venir de la dysenterie qui éliminera le poison.’ On sait alors que le mal vient d’Otto, qui a donné à Irma une injection de propyl .de triméthvlamine, avec une seringue sale.” Explication du rêve d'après l'exégèse autoanalytique des inspirations., Le rêve représente une grande galerie avec beaucoup d invités chez Freud.Cette galerie est celle d’une villa qui appartient réellement ü Freud.Le rêve a lieu quelques jours avant l’anniversaire de sa femme, date qu’ils avaient tous les deux chosie pour donner une réception dans laquelle devrait figurer Irma (réalisation du désir de donner une réception).Sa cliente Irma arrive.Il la prend à part et lui reproche de ne pas accepter le traitement qu’il lui propose de ses troubles nerveux.(Le fat reproché est réel.Ce souvenir de rêve est lié à la préoccupation réelle qu’a Freud de ne pas être la cause de la durée de la maladie d’Irma: c’est dans cette direction qu’il faut sans doute chercher l’intention du rêve.) Irma se plaint.Elle a une impresssion pénible du serrement de la gorge, souffre du ventre et de l’estomac.(Ce sont lâ les symptômes réels d’Irma.mais choisis parmi les éléments secondaires du tableau clinique qu’elle présente 983065 328 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE et exagérés).Elle est pâle cl soufflée (Irma est, dans la réalité, rose et fraîche de teint, c'est qu’ici une autre personne se substitue à elle dans le rêve), hile lui fait peur.Freud s'effraie à la pensée qu’elle peut être atteinte d’une maladie non fonctionnelle mais organique (c’est là un souci qui lui est familier dans ses rapports avec les malades, et qui est très commun chez les médecins spécialistes des névroses).Il In mène /ires tie I" fenêtre.File se raidit, fait un faux mouvement comme pour dissimuler des fausses dents, au moment ou frétai \eut lui ouvrir la bouche pour lui examiner la gorge, ‘frétai ntt jamais en réalité regardé la bouche d'irma.Mais il se rapellc avoir vu des râteliers chez beaucoup de clientes, que cette petite découverte paraissait ennuyer beaucoup.Il en tt dernièrement trouvé tut chez une gouvernante, qui lui avait pourtant, au premier abord, produit une impression de beauté juvénile et saine.Il se rappelle ensuite brusquement que l'endroit de I appartement où il a examiné Irma, près de la fenêtre, dans son rêve est celui où il a vu le docteur M .examiner un jour une amie d’irma, laquelle amie il estime beaucoup plus (pi Irma pour son intelligence.Or, cette amie, d’après ce que lui en a dit Irma, est hystérique, et Freud a souvent pensé qu'il aurait un jour à l'examiner.Le rêve substitue donc ici à Irma une amie, qui présente dans la réalité les symptômes (pic le rêve prête à Irma, et (pii aussi est renfermée, peu docile, c'est-à-dire au figuré " se raidit" .Il lui trouve lions In gorge une tache blanche 11 îles croûtes en forme île cornets ilu nez.(La tâche blanche lui rappelle une plaque diphtérique trouvée réellement au moment de l’examen ci-dessus mentionné, par le docteur M chez l'amie d lrma.file lui rappelle aussi une maladie de sa petite fille.Les croûtes sont des allusions aux craintes fréquentes de Freud relatives à la cocaïne, qu'il regret te d'avoir jadis recommandée, et (pii est un médicament reconnu depuis dangereux, pour li s cartillages du nez notamment, ("est là un reproche symbolique de sa conscience professionnelle).Il appelle le docteur M qui ripe h l'exannn.Il a souvent, dans sa pratique ’ "'rc, songé à appeler le docteur M , homme plein d'autorité à propos des cas embarrassants.Freud se rappelle aussi qu'il a été dans un état semblable d'inquiétude autrefois, lors d'une intoxication par le siilfonal - intoxication d'un de ses clients dont il était un peu responsable—chez une personne qui, circonstance frappante, portait, ainsi qu'il l'a appris plus tard, le nom de la fille aimée qu'il a perdue suite du reproche de sa const ience professionnelle .I.i docteur M.lui apparaît, pâle, unberbi et huileux.1 Le docteur M est, dans la réalité, pâle.Imberbe et boiteux sont deux qualités appartenant à un frère aîné de Freud, qui vient d’être frappé à l'étranger d'une attaque de goutte.Ces deux personnes ont ceci de commun (pi elles ont t otites refuse une met ne chose a I rend, c'est pourquoi le rêve les condense).Otto et Léopold apparaissait.Léopold trouer de la matité à la luise gauche, t Réminiscence d’un cas réellement examiné par Léopold devant Freud, qui fut à ce moment surpris de la pénétration de diagnostic de son jeune confrère.La matité a la base gauche le fait penser a la tuberculose, dont l'amie d’irma offre quelques symptômes apparents).One parti< di la pian est mjiltréi à l'épaule gauche.L idée d infiltration paraît consécutive à celle de tuberculose, et lice, dans 1 esprit (le f rend, a celle de peau.Freud souffrait, au moment du rêve, d'un rhumatisme à l'épaule gauche, ce (pii explique cette localisation a Le docteur M dit: Ça 11e fait rien.Il va venir de la dysenterie (pii éliminera le poison." (Cette affection qui produit 7070 FHKUD IJ.RKVK D’APRÈS 329 do la métastase au poumon est une maladie générale, soit une infection, soit une pyohémie, c'est-à-dire une maladie organique.Ce qui explique qu Irma reste malade et que Freud, spécialiste des névrose-, n'y peut plus rien.Mais pour compenser ce que cette conclusion touchant l'état -Ijque.odeur de la liqueur d'Otto.Le second est une réminiscence des travaux d'un ami cher de Freud, qui lui a exposé quelques idées extrêmement intéressantes sur une chimie des matières sexuelles.< )r Irma et son amie sont veuves, et l'opinion de Freud est que leur sexualité est malheureusement irrégulière.Ce mot, (pii résume toute une série d'opinions médicales sur I étiologie sexuelle des névroses, est donc associé, dans l'inconscient de Fauteur, a 1 idee medicale touchant Irma et son ainic.11 est aussi associé à l'idée de l'ami de Freud, lequel a une compétence particulière dans les maladies du nez.Les croûtes en forme de cornets, du rêve, sont, notamment, une réminiscence d'un de ses travaux sur les rapports des organes sexuels et des cornets chez la femme.< et ami a lui-même examiné Irma, sur les conseils de Freud.Il souffre lui-même d'une suppuration nasale, origine de l'idée de pyohémie métastatique plus haut exposée par le rêve.Olin a fait à Irma anc injuriant arec une seringue sale.Freud a tait réellement, quoiqu'on le gardant pour lui-même, il Otto, le reproche de juger le cas d'irma d'une façon inconsidérée, suivant son habitude.L'idée de la seringue remet en scène les souvenirs de la cocaïne et du danger qu’offre le maniement étourdi des poisons imprudence digne de l'étourdi Léopold).L idée de la saleté de la seringue a été procurée à Freud par une rencontre qu'il a faite, la veille de son rêve, du fils d’une de ses anciennes clientes; il traite cette malade depuis des années par des injections, et il n'a eu chez elle aucun accident imputable à la malpropreté.Il est fier de ses scrupules touchant l'asepsie et reproche, dans son rêve, à Otto, de ne pas être aussi consciencieux.Itcnseignernifiits complémentaires.— Freud avait, il y a quelque temps, abandonné la cure d’Ir.na, car elle se refusait à continuer le traitement qu'il lui avait proposé et lui reprochait de ne pouvoir la guérir autrement.La veille au soir.Freud avait eu par Otto, lequel avait soigné Irma dans l'intervalle, des nouvelles de son ancienne cliente, et avait été désagréablement impressionné par les paroles de son ami, dans lesquelles il avait perçu un reproche sous-en- REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 330 tendu: “Elle va mieux, niais pas tout à fait bien." Le docteur M.ne partage pas l'opinion de Freud touchant la maladie d’irina, ce qui, étant donné l’autorité de ce médecin ancien dans le cercle de ses relations, lui est désagréable.Freud a connu Léopold lorsque celui-ci était le collègue d’Otto à la clinique des enfants; il a pris l’habitude de comparer l’un à l'autre Otto et Léopold, qui sont concurrents: or, le premier est vif et étourdi; le second, prudent et consciencieux; il considérait Léopold comme ayant une plus grande valeur professionnelle que son camarade._ Interprétation du rêve.— Ce rêve est un plaidoyer, inspiré par la conscience professionnelle.11 est une réalisation du désir de se montrer soucieux de la santé de ses malades, et Freud s'y justifie d'accusations implicitement portées contre lui à propos de la santé d Irma.1 — Vis-à-vis d’Otto: 11 dégage sa responsabilité en attribuant la mala- die d’irma à des causses organiques ne relevant plus de son côté de spécialiste.11 se venge d'Otto en donnant, dans ce concours de médecins, le rôle le plus favorable à son rival plus sérieux et en lui faisant accomplir la faute professionnelle de l’injection pratiquée avec une seringue sale.et par la même occasion il se venge de son cadeau de liqueur à odeur désagréable.2.— Vis-à-vis de sa malade indocile, en substituant à la personne d Irma, dans la scène du rêve, celle d'une de ses amies plus intelligente.3.— Vis-à-vis du docteur M , en lui faisant porter un diagnostic et un pronostic burlesque et en lui faisant ainsi affirmer son incompétence touchant la maladie d’irma.AntODio Barbeau “AFTER ALL, THIS IS A BRITISH COUNTRY” I believe my title is worth thinking over.It did not, it is true, come to me from a very exalted source.The above words were uttered in the Place Viger — which is in a very French part of Montreal — by an American tourist who had been imbibing rather freely and had lost himself.But I hasten to add that he uttered them in a very lucid interval.Perhaps, like myself, you have observed that inebriated persons in such moments utter pearls of wisdom.And such I believe this one to be.Our American friend was very annoyed.He had lost his way to his hotel, and everyone whom he accosted replied in French: “Pardon, m’sieu?” And so he wandered farther and farther East, and the farther he got, the more French it became.What, for the love of Pete, was this strange country where people did not speak the language of God’s own country?Then he espied a colleague of mine on his way to give a lecture at the University, and he button-holed him, as a last desperate effort.“Say, brother, “he exclaimed in tones husky with emotion and stimulants, “can you speak English ?” My colleague happens to be Scotch, and is not without a sense of humor — at least, where other people are concerned.“Yes, it is my own language,” said he.Our friend from South of the line explained his predicament and received directions as to how to get back to the haven of safety from which he had started.Then, with voluble thanks, he delivered himself of the following: “Say, brother, why don’t you fellows make a drive and rush all these French into the sea ?There’s a whole bunch of us who will come up and give you a hand, see?” Gravely, my colleague, with a Scotch glint in his eye, indicated a rather stout French-Canadian “cop” on duty at the corner.“O.K.with me”, said he, “though they’ve been here rather a long time.Suppose you start on that one over there”.Obediently, the visitor began to make his way to the representative of British law and order, and then something overcame him.Turning round, he pointed a warning finger at my colleague, and all unknowing uttered the title of my address to this distinguished Canadian assembly: “But — after all’, said he, this is a British country”.He did not explain what he meant.Perhaps like the 332 REVUE TRIM K'TRI ELLE CANADIENNE poets of Socrates’ time he didnt know.But I, a French-C’anadian of Quebec, in making the phrase mine (despite its origin) know what I mean.And you, an Knglish-Canadian from Ontario or points West, might well make it yours and you would know what you meant.At last, whenever I talk about Canada or English Canadians, I always have an uncomfortable feeling that we don't mean the same thing.That seems to me a pity.I would like, if I could, to clear the matter up.Whatever the British connexion means to you, I know what it means to me and to my people.To us, after all, this is a British country—and from our heart of hearts, our very inmost care of being, we want it to remain so.Why?And whether you want it so otherwise, it may help to clear the air if you will kindly allow me to explain what I believe it means to the Frcnch-Canadian mind that Quebec is part of a British country, although as you know, Quebec is in so many ways so very, very French.I need not say, Sir.that I do not intend to deal with low prejudices.Such prejudices, apart from being here and there, exploited bv political interests, are fast becoming a thing of the past.At any rate, one would not find them in Ottawa, I was told.“You will speak before a very distinguished audience, said a friend a mine, in fact the most distinguished kind of audience that could be found in Canada.So vour speech should be on the highest level.Speak as if you were in London”.This is exactly what I intend to do.The Canadian Clubs are not only listening to transients, I know.There object is obviously to impress public opinion and, furthermore, to aim at national welfare by bringing forward the question of national unity.This is the stand I am taking.I wish, if I may, to put before you a few principles of national philosophy, perhaps the thing we need most.Alfred Zimmern says of the second British Empire: “The second British Empire did much good in its days.But it was an Empire without a philosophy, and the lack of philosophy made itself felt more and more in the realm of practical policy.” But, since 1914, according to the same author, “a newer philosophy of Empire” was consciously accepted; and, I believe, for the good and the strength of the Commonwealth.I would like to consider if the same thing could not be said of Canada, a Dominion in the new British Commonwealth of Nations. AFTER ALL THIS IS A BRITISH COUNTRY 333 If Zimmern is correct — and I believe he is — in stating that the whole notion of Empire has changed in our time, may not we Canadians reasonably a -k ourselves: Have we altered oui own ideas to meet this new and fruitful phase of our destiny ?or have we stood still ?While the Empire all around us is moving on — not as the pessimists say, to disintegration, to the dust that is Greece and Rome but forward, forward, to the greatest phase of all ’ How we Canadians hate to be dubbed Colonials.And we arc right to resent it.But do We not, all too often, act and speak (where the British Commonwealth is concerned) in a manner that is still Colonial, still narrow, still limited, lacking breadth, lacking vision ?We are very touchy when people from outside seem to call in question Canada as a fact, as an entity, as a destiny.Yes, it is all of those tilings, but their realization lies within the orbit ot the British Commonwealth.We are Canadians, and something more.It is that something more which I am considering.Now, Sir, what is the essential characteristic of the British Commonwealth of Nations?It is diversity in unity.I think we all agree on that point.Everyone admits that ; but, perhaps, without giving it attentive consideration.Bearing these characteristics in mind, it should be easy to analyse the Commonwealth because, being a part of it, all < ana-dians are familiar with its composing elements.But, to make sure, 1 thought it would be relevant to quote the opinions of others.In May 1929, a member of “L'Institut de France’’, M.Jacques Bardoux, who lias written many books on British policy and psychology.gave at the Military School of Saint-Cyr, in the presence of future military officers, a lecture on the British Empire, insisting upon its characteristics and evolution: “The British Empire, said he, presents three characteristics: it is immense, extra-european and profoundly diverse.No homogeneity whatever: it gathers all the races, all the religions, all the languages, all the complexions.And M.Bardoux goes on to show a few aspects ot such diversity in political institutions and official languages.^ .1 have quoted from Alfred Zimmern’s “Third British Empire , a book which you have, no doubt, read.May I remind you how this Oxford man characterizes the Commonwealth?It is “the largest single political community in the world.It includes within its borders one-quarter of the inhabitants of the globe .Geographi- lii;VfK TRIMKSTRIIXLK CANA 1)1 KNXK cally, it is more than oxtra-european: it is European, Asiatic, African, Australasian and American."It includes white men, brown men, yellow men, thick men.It includes Christians, Moslems, Hindus, Buddhists, Jews, Parsis, and a large number of primitive pagans".Although a Protestant Empire, and although the throne is forbidden to a catholic Monarch, it includes C atholics in Ireland, in Malta, in French Canada, in Australia.Since Zim-mern’s book has been published, the newspapers have revealed to us that eleven out of thirteen members of the Australian Cabinet are Catholics, and also SO per cent of the Civil Employees in the Department of Home affairs and quite curiously only 40 per cent in the Treasure.The Creek Orthodox C hurch and the I niat Church are represented in the Empire.In Canada, following the Statistical Yearbook for 1929.240 religious denominations are accounted for.As far as “cultural variety’’ is concerned, the Commonwealth includes “the Germanic, the Latin and the Slav forms of culture ', without mentioning oriental and native cultures, to which are devot- ed so many vernacular schools in the British Empire.Two languages are official in Canada as well as in South Africa and, by the way, more than that in Malta.And if one turns to Government : “Constitutionally speaking, the British Empire can, perhaps, best be described as a procession .To put it more briefly, all the forms of Government are included in the Commonwealth from the self-governing Dominion to the “territories under international mandates”.I have counted seven forms of Government applied to some sixty different countries spread around the world — all of them distinctly in the orbit of the British Empire.But what do I really mean by “unity in variety ?1 think I can make it clear to you without much difficulty.Imagine, if you please, assembled in one room, anywhere, the following diverse types of humanity: A Scotch Highlander.A Welshman.A London Cockney.A Lancashire man or “lad” as he would prefer to call 1 himself.Well, we have already plenty of “variety" to consider.1 liese four men are absolutely different.They are different in their phy- after all this is a British cocntry 335 sical make-up, their historical background, their daily outlook on life.They differ so considerably in their pronunciation and use of the English language that they almost require an interpreter.But I could go on opening the door and letting in varieties, as you know very well.I could let in, for example, two kinds of Irishman.How different.Heaven only knows.\ot it is possible, because both of them belong to the British Commonwealth ol Nations, that by degrees they will comprehend one another.And I coulcl let in all kinds of Indians — it is difficult to find one word to express what 1 mean.But 1 mean all those divergent types which inhabit that restless Indian Kmpire which, should it dissolve the only bond which holds it together, is likely to fall into a state of anarchy unparalleled in modern history.The door opens again — 1 admit two persons side by side.One is .Jan Christian Smuts of South Africa, the other the humblest Habitant 1 can find in Quebec.If you ask the latter who and what he is, he will answer you in a language not your own, in a phrase which ought to command vour infinite respect : “Je suis ( anadien .So much then for variety.And now let us turn to the second part of this characteristic of the Commonwealth: Unity.1 his unity.Sir.has been realized by more and more freedom, more and more autonomy.It was so in 1848 and 1800.It was so after the Great War.It was so in 1926, and it will be so to-morrow after the passing of new Imperial Legislation.Through long struggles sometimes, and sometimes through the process of evolution or by the consequences of principles once laid down, the Dominion have become self determining nations, equal in status to other Dominions.And the new philosophy of the Empire tends towards granting more and more, in the future, to other colonies some of the liberties which we now enjoy in our own part of the Commonwealth.May I draw your attention to the following opinion which Alfred Zimmern expresses: , .“Self-determination, in the true sense of a much abused •‘word, is not a political principle but a spiritual principle, “and it is right and natural that it should be as potent “under the British (lag as in other regions were it has won “more resounding victories.” This spiritual principle links the Commonwealth more strongly than any other principle of imposed political co-operation.It does for the good of each component part and for the development ol HHHB 336 RK VU K TRI MKSTRI ELLE CANADIENNE the whole body.It “imbodics human liberty” as someone has said.The greater the component parts of the Commonwealth, the greater the Commonwealth itself, working for the peace of the World and its own prosperity.I believe, that this principle which bears such promising effects should naturally be applied in our own Dominion.And, what is more, if we could get Canadians as a whole to realize this principle in all its breadth and strength, we should then have, I maintain, the solution of our own problem, the key to our own national unity.The Commonwealth stands before us, as an example, and a significant and happy one.Canada is a British country in the sense that it is a Country of diversity.Here you have different civilizations, different languages, different cultures and religions.But these differences assimilate Canada to the rest of the British Commonwealth.As the Dominions are considered to lie an asset to the Commonwealth, so the two main civilizations of ours should be considered as an enrichment to our Country.We go on saying with pride that the two races in Canada will cooperate in the building of a strong Country.Quite true and, in so doing, they will work in the same way as the other Dominions are working within the limits of the Commonwealth.And so also liberty should be granted to them to develop fully, whether English or French, their own unquestionable qualities through education and culture.The remaining bond will be the same as in the rest of the Commonwealth: A spiritual principle embodied in the common will to promote our national interests, and to reap a full harvest from our participation in a greater entity.If this point of view would only develop among us our task would be easy.Both races (assured of their individuality) would feel that they were genuinely co-operating for the common good.Arguments of inferiority or disloyalty will be set aside; and both races, remaining themselves, would at last unite to realize in our Dominion the principle which characterizes a British Country the world over: unity in diversity.May 1 refer to Scotland, to illustrate what I mean?Scotland has Traditions of her own.The Freneh-Canadians were deeply moved on hearing the present Prime Minister of England when lie said in Montreal a few weeks ago: “I love traditions.I love the old.I love the walls on which “grey moss has grown.I love ghosts.I love to go and bare my head “in front of great national memorials and I do it because I am rscr*”* ' AFTER ALL THIS IS A BRITISH COUNTRY 337 “modern.The best of the future can never spring from a new “rawness and the greatness of the future depends on the mingling “of reverence with enterprise.” These traditions of Scotland still remain : her religion untouched, her lcgislation old and venera 1 >le and differing 1 rom the common law of England in many points, remains intact, her form of criminal jury trial, for instance, with its opportune verdict of "not proven .Still Scotland is linked with England in a binding moral unity.To tear off this part of the British land would be taking away one of her most striking charms.Kings ot England arc not, as they were to be.crowned also in Scotland, but in Edimburgh a crown lies silently displayed as a symbol and a supreme tie.So in Canada, the process ol unity is working slow 1_\ but surely.It is on its way.Canada's unity is in the up-building, not through assimilation, as it was at first, vainly sought, but through liberty and self-confidence.These conclusions are mine, and I give them as such.But.while traveling to the Old ( 'ity of Quebec, a few days ago, I happened to read an article in which I was glad to meet with the same ideas.It was signed by Mi'.1.!.McDougall and published in the “Dalhousie Review" in July 11>27 under the title: "Nationalism and Unity in Canada".I found in it words that echo Burke's splendid and illuminating thought when, as bar back as the eighteenth Centurv, the groat statesman exclaimed: "Magnanimity in politics is not seldom the truest wisdom, and a great empire and little minds go ill together .Mr.McDougall states, very ably, that: "The British principles must be guiding lights to the solution of ( anada s greatest problem, the creation of a land which will give free expression to the genius of each separate part of it.Only so may we create a land worthy of our loyalty.()nly so may we create that unspoken sense of social solidarity which lies at the root of British public spirit.Only so may we gain our own sell-respect, which must come 1 rom the mas tei y of Canadian problems.We shall become most truly British by being most trulv Canadian .1 his is indeed \ery close to the title of this short lecture although sprung from different sources running miles away from one another, but along slopes leading inevitably to the great uniting waters that make up the sea.And here let Jan Christian Smuts interpret for me.He represents, as he told the brcnch ( anadians in Montreal, a people whose 338 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE experience of the British Empire has been the same as their own.Made a member of it in the first instance against his will, he has come to realize in process of time that no political system in the world offers the same freedom and opportunities to the small peoples within its borders.He contrasts it with the American system, which aims perhaps with good reason — at the production of a standardised type; and with the French Colonial system which in effect sets out to make Frenchmen of all its miscellaneous communities.The British Empire on the other hand has deliberately set itself to encourage variety of types and institutions, in a great interwoven pattern.The British Empire, as interpreted by General Smuts, is based neither on upbringing nor on emotion, but on deep expeiience.The last few - A seem to me of infinite importance to us here in Canada.By upbringing 1 am certainly French, as are all my people.By emotion 1 am certainly latin, as are all mj people.In what way then, do I belong to the British Commonwealth .’ It is.by deep experience.We sometimes meet, here in Canada, relics of what used to be called Jingoism.You know what I mean.The type of mind that persists in saying as loudly as possible that all the things I have mentioned as typical of my people are a menace to the Empire.A menace to false Imperialism they may be, to the true conception of the British Commonwealth of Nations they are an asset.They are a proof and a pledge here in Canada, that our “Common liberties’’ are a real thing.There is a last argument, Sir, upon which I will not insist, although, to my mind, it is very important.I must say that it seems to be more openly accepted as a sound and convincing argument in favour of the integrity of our country.I he diversity of type maintained in Canada will secure for her a specific character.I believe this idea is not only important nowadays, but one which most appeal to us all.We have our own views and habits, our own ways of thinking and considering life, our own experiences, and we wish to stick to them because they constitute the fundamental elements of our collective personality.I believe that variety of types and traditions, as it exists in Canada through historical evolution, is a strong resistance to any process of standardisation.^ AFTER ALL THIS IS A BRITISH COUNTRY 339 Let the United States cultivate mass processes of standardisation as she will, wc in Canada will pursue a more excellent way.This is true, of course, of your own civilization.You have made Canada different, and I sincerely hope that you will keep her different, although open to real progress.May I quote the opinion of Sir Robert Falconer, with whom I completely agree: “It appears that the average Canadian, while adopting much from his neighbor, has through his own individuality modified what he has received, and at the same time has kept open the channels along which new power has been constantly brought from the British Isles to reinforce the ruling conceptions of his life.’ Quite happily so, Sir, I personally always listen with pleasure to visitors from the Old Country on their arrival in Canada when they affirm that they find that Canada is different and obviously modelled on the British tvpc of civilization.But you will realize also, Sir, that our French civilization is an appreciable element of differentiation.It has been so in the past.Haldimand, in bygone years and under other circumstances, thought it would be a good policy to people the american Irontier with French-Canadians.Lord Elgin insisted upon the necessity of keeping the French as they were — and I believe this is a profound thought, because otherwise one would only americamze them, instead of making them English which is impossible.I have cited elsewhere Sir Robert Borden and professor Burt on the part plaved by French Canada, not in 1775 nor in 1S12 as is often mentioned, but in every day life, throughout C anadian History in preserving by their sole existence, traditions and habits, this colony to the British Crown.I will return now to Sir Robert Falconer speaking of the present day.He says, in “ I he l mted States as a neighbor”: , Al “Quebec has certainly made the Canadian face the “fact that in his country there are two civilizations “to be taken account of; the importance of which as “differentiating his social order from that of the United “States is not often realized.'.' So our two civilizations, Sir, follow the same trend and the same wav.They have been kept side by side by British legislation; they have developed, they must develop fully and freely; they have co-operated in the formation of our distinct Dominion; united in the “Spirit of the communion” as Burke says, moved by impon- 340 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE derables which make for national strength, they will keep this country true to its ideals, a free yet integral member of the British Commonwealth of Nations.You may remember that I mentioned a scotch colleague of mine at the beginning of my address.Perhaps you will let me conclude with a little story that he told me.A great British statesman, deeply interested in education, was once invited to some ceremony or other at a large Catholic college in England.It was one of those institutions which in what are called the “penal times" by English Catholics, kept itself alive in France until the dawn of better days enabled it to return to England.The great man was shown all that could possibly interest him - the dining hall with its portraits of Elizabethan martyrs, the chapel, the library, the fields where the boys, in true English fashion, were playing cricket in white flannels and blazers and talking schoolboy slang as it might be at Eton, or Harvard or Rugby.The great man was impressed.It was all so familiar, so very very British after all.And yet to most Englishmen of his class it was an unknown land — a foreign place where once in a lifetime perhaps one might meet and old Etonian.And yet, after all.it was English — had been so for three hundred years.And so, before leaving, in his public speech he said: “I have enjoyed my visit to your beautiful school.It seems to me a noble monument to a noble thing.I don’t wonder that you are proud of it.It is a monument to British enterprise, British pluck, and the British sense of fair-play”.1 think his emphasis was on the last few words, and so will mine be.For Quebec is just that.No doubt you have often marvelled at the Frenchness of old Quebec city — the many churches, the calèches going to and from, the French voices everywhere, the seminary boys in their green sashes, the priests in their soutanes — and all the rest.Yes — it is there in its entirety; it is really itself, it is sure of itself, it has no doubts as to its identity.It is a monument to British fair play — and its life, I believe, does not exist elsewhere on the earth.For after all.this is a British country — and Quebec is a distinct jewel which gleams amongst the rest in the British crown which began with the narrow gold circlet of Egbert and today is one of the wonders of the world.Edouard Montpetit. REVUE DES LIVRES MEMORANDUM sur I'orfi:xni«ntion d’un régime d t nion fédérale européenne.10 papes.Sans nom d’éditeur.DOCUMENTS DIPLOMATIQUES FRANÇAIS.2e série (1901-1011 >.Tome premier i2 janvier-31 décembre 1901).Imprimerie Nationale, Paris.Ces documents paraissent sous la surveillanee de la Commission de Publication des documents relatifs aux origines de la guerre de 1911.HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE, DES ORIGINES à 1900, par M.Ferdinand Brunot.Tome VI, le XVIIIe siècle.Première partie: le Mouvement des idées et les vocabulaires techniques—Fascicule 1er: Philosophie, Economie ." .Agriculture, Commerce.Industrie.Politique, Finances.Un vol.in-S raisin.Librairie Armand Colin.Paris.Prix: 90 frs.Fascicule lie: La langue des sciences, la langue des arts: Index et table des deux fascicules.Un vol.in-S raisin.Librairie Armand Colin, Paris.Prix: 00 tr La richesse du sujet traité dans cette Première partie du tome \ I avait oblige M.Ferdinand Brunot à la diviser en deux fascicules.Dans le premier, l'auteur a étudié la naissance de la langue de la politique et de l’économie politique et mis en lumière les progrès que les terminologies de l’agriculture, du commerce et de l'industrie doivent au mouvement des idées au XVIIIe siècle.Dans le second, M.Ferdinand Brunot, en collaboration avec tin de scs élevés.M.Fuchs, se tourne vers les sciences proprement dites: Mathématiques, Zoologie, Botanique, Physique expérimentale, Chimie, renouvelées ou créées de toutes pièces.11 montre leurs efforts pour se faire une langue propre, qui suffise à leurs analyses, à leurs observations, aux classifications et aux découvertes qui se succèdent pendant cinquante ans.Puis il explique comment la Chimie seule parvient à se faire un idiome rationnel, par un effort d’expression incomparable, digne en tous points du “siècle des lumières”, du génie d'un Lavoisier._ Mais M.Ferdinand Brunot a voulu marquer ensuite où s’est arrêtée 1 influence de la “philosophie”, du grand mouvement d'idées du XVIIIe siècle: la langue des Arts ne lui a pas été soumise.Ne pouvant, faute de place.les étudier successivement, l’auteur a retenu seulement l’un des arts essentiels de l’époque: la peinture.On voit quel puissant intérêt présente ce volume, non seulement pour le linguiste, l’érudit, l’historien, le sociologue, mais pour tout homme curieux de connaître vraiment le XVIIIe siècle: rien n'est plus évocateur et plus suggestif que cette fructueuse exploration de tous les domaines de la pensée et du travail.I.E FONDEMENT Dix LA RESPONSABILITE CIVILE EXTRACOX I RAC -TUELLE.Étude de doctrine et de jurisprudence contemporaines, par Joseph Rutsaert, avocat près la Cour d’Appcl, Docteur spécial en Droit civil.A ol.de 322 pages.Liprairie du Recueil Sirey, 22 rue Soufflot, Paris.b 8449 1 342 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Première parti)-: La faute comme fondement de la responsabilité civile en général.Chap.I.La théorie de la faute.Chap.II.La théorie du risque créé.(Étude de son influence en doctrine et en jurisprudence.) Deuxième partie: La faute comme fondement de la responsabilité civile en matière d'accidents d'automobiles.(La responsabilité dans la garde).Chap.1.La solution jurisprudentielle en matière d accidents d automobiles.Chap.II.Les solutions proposées.Chap.111.La solution fondée sur “la responsabilité dans la garde".Chap 1\ .De la res c de transport bénévole.Chap.V.Happons emre m lespuunaumiv mue
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