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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1932, Collections de BAnQ.

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Mention incorrecte.Volume MONTRÉAL Juin 1932 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture —Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 120— I.Propos Economiques.135— II.L’Effet photoélectrique sélectif.165— III.Les Assises Morales d’un protectorat général 174— IV.La nouvelle “Station biologique du Saint-Laurent” et l’étude de l’Estuaire laurentien 188— V.Un problème de géométrie descriptive.196— VI.L’Heureuse Dacie.205— VII.Le Spectre du ciel nocturne et l’Aurore permanente.216—VIII.L’Europe et la Chine en 1874.219— IX.Revue des livres.227— X.Vie de l’École et de l’Association.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Beaudry LEMAN Georges DÉJARDIN H.SIMON Dr George PRÉFONTAINE Georges LANDREAU Jean BRUCHÉSI Jean DUFAY /* ttème année o 70 COMITÉ DE DIRECTION: Président: Mgr J.-Vincent Piette, Recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Aurélien Boyer, Principal de l’Ecole Polytechnique.Augustin Frigon, Directeur de l’École Polytechnique.Arthur Amos, Chef du service hydraulique de la Province de Quebec.Victor Doré, Professeur à l’École des Hautes Études Commerciales.Alfred Fyen, Professeur à l’École Polytechnique.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Olivier Maurault, p.s.s.Curé de Notre-Dame.Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.Armand Circé, Professeur à l’École Polytechnique.Secrétaire de l’Association des Anciens Élèves.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION" Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Arthur Amos, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre, Léon-Merciei Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-Denis, Montreal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I L’UNIVERSITÉ de MONTRÉAL Comprend les facultés et écoles suivantes : rACHTÉS THEOLOGIE * DROIT MEDECINE ' PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ECCLES PHARMACIE - SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D'OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE ' MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME T Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St-Denis Montréal Il RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Département du Secrétaire de la province de Québec HON.ATHANASE DAVID, Secrétaire provincial ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ECOLES TECHNIQUES MONTREAL, QUEBEC, HULL COURS TECHNIQUE: Cours de formation générale technique préparant aux carrières industrielles.(Trois années d études).COURS DES METIERS: Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.(Deux années d études).COURS D'APPRENTISSAGE: Cours de temps partiel organisés en collaboration avec l'industrie.(Cours d'imprimerie à l'Ecole Techimque de IMontréal).COURS SPECIAUX: Cours variés répondant à un besoin particulier (Mécaniciens en véhicules-moteurs et autres.) COURS DU SOIR: Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l’avantage de suivre un cours industriel complet.COURS D’ARTS ET METIERS SECTION DES METIERS COURS DU SOIR: Montréal, Port-Alfred, Chicoutimi, La Tuque, Beauceville, Lévis, Lauzon, Saint-Romuald, Sherbrooke, Saint-Hyacinthe, Valleyfield, Lachine, Shawimgan Falls.Ces cours s’adressent tout particulièrement aux ouvriers, et couvrent plusieurs sujets tels que: Dessin industriel, Mathématiques de l’ouvrier, Electricité, Lecture de plans, Travail du bois, etc.“TECHNIQUE”, Revue industrielle, organe de l'Enseignement technique.Abonnement: $1.00 par année (10 numéros).AUGUSTIN FRIGON Directeur général de renseignement technique 1430, RUE SAINT DENIS, MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l’Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l'Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.).l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.l.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Yiger et rue St-Hubert, MONTREAL IV REVUE TRIMESTRIELLE CAXADIEXXE ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1873 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS: Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage- Mines Machines Thermiques Constructions Civiles Génie Sanitaire Hygiène Physique Descriptive Mécanique Hydraulique ( iéologie Géodésie Métallurgie Travaux Publics Chemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 0207 Laboratoire Provincial des Mines:—- LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL JUIN 1932 PROPOS ÉCONOMIQUES Je serais tenté d’emprunter mon début à l’abbé Bridainc, qui commença son sermon en ees termes, assure-t-on, lorsqu’d aborda pour la première fois le redoutable public de Notre-Dame de Paris.“A la vue d’un auditoire aussi nouveau pour moi il semble, mes frères, que je ne devrais ouvrir la bouche que pour demander grâce en faveur d’un pauvre missionnaire dépourvu de tous les talents que vous exigez quand on vient vous parler de votre salut”., Puis-je espérer que la Société des conférences de l’I niversite d’Ottawa n’exigera pas trop d’un pauvre banquier (pii vient l’entretenir du salut temporel de notre pays?.Votre Société, sous les auspices de laquelle je suis très honore de prendre la parole aujourd’hui, a l’habitude d’entendre traitei des sujets littéraires ou historiques.On ne sera pas trop surpris sans doute si je déroge à une aussi belle tradition: on sait qu un banquier, quelque plaisir qu’il prenne à des lectures, d’agrément dans ses rares moments de loisir, doit surtout se préoccuper, en fait de lettres, de la lettre de change et de la lettre de credit.Il n’en faudrait pas conclure, pourtant, qu’un banquier a nécessairement l’esprit déformé par le pli professionnel au point qu’il ne sait plus rien apprécier en dehors de sa sphère d’activité et qu il place l’économique au sommet de l’échelle des valeurs humaines.Afin de prévenir tout jugement téméraire à cet égard, je désirerais décla- ' Causerie (le M.Beaudrv Léman, gérant général (le la Banque Canadienne Nationale, devant la Société des Conférences de 11 niversite d Ottawa, le di manche 21 janvier 1932. 122 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ht, a\ant même d aborder mon sujet, que je souscris sans restriction à la judicieuse distinction que fait le philosophe Henri Bergson entre le domaine spirituel et le domaine matériel, entre l’âme et le corps: '•L’expérience a montré de plus en plus, dit-il, que d’un développement de l’outillage social ne saurait sortir automatiquement un perfectionnement moral des hommes vivant en société.Et, même, qu’un accroissement des moyens matériels dont l’humanité dispose peut présenter des dangers, s’il n’est pas accompagné d’un effort spirituel correspondant.Les machines que nous construisons sont des organes artificiels qui viennent s’ajouter à nos organes naturels, les prolonger et agrandir ainsi le corps de l’humanité.Pour continuer à remplir ce corps entier et pour en régler encore les mouvements, il faudrait que l’âme se dilatât à son tour.Sinon, l’équilibre sera menacé et l’on verra surgir des difficultés graves,’ des problèmes politiques et sociaux, qui ne feront que traduire la disproportion entre l’âme de l’humanité, restée à peu près ce qu’elle était, et son corps, énormément agrandi”.Ce n’est certes pas dans une maison comme celle-ci que l’on peut entretenir des craintes quant à la formation spirituelle et morale qu’il importe de donner aux jeunes Canadiens français.Aussi n’est-ce pas cet aspect de notre situation que nous désirons examiner avec vous.Nous nous proposons seulement de soumettre à votre réflexion quelques considérations d’ordre général sur la place que nous occupons, le rôle (pie nous tenons et l’avenir (pie nous préparons à nos enfants et à nos petits-enfants dans la vie sociale et économique du pays que nos pères ont colonisé.11 est d’ailleurs impossible d’établir des cloisons étanches entre les divers domaines ou s’exerce l’activité d’un peuple, et la prospérité matérielle des nôtres ne pourra que favoriser l’épanouissement de leurs qualités et de leurs aptitudes de tout ordre.Nous sommes tous des descendants d'habitants, pour employer un beau vieux mot qu on aurait tort de vouloir tourner en dérision, puisqu’il désignait autrefois les véritables fondateurs de notre pays.Faute de réflexion, on n’apprécie pas toujours à sa juste valeur l’apport de la classe agricole au progrès de la province de Québec et de mainte autre partie de notre vaste Confédération.11 y a lieu de regretter, toutefois, que l’abondante source fie richesse (pie représentent l’exploitation agricole et les industries qui s’y rattachent n ait pas toujours été et ne soit pas encore, même aujourd’hui, utilisée à son maximum de rendement: les cultivateurs désireux PROPOS ÉCONOMIQUES 12?de quitter les vieilles paroisses n’ont pas toujours été dirigés vers les régions où le travail de la terre est le mieux rétribué, et bien souvent les méthodes de culture ne sont pas aussi perfectionnées qu’elles pourraient l’être.On a parlé avec raison de la vocation agricole des Canadiens français.L’agriculture, qui a assuré notre survivance, constitue toujours une vaste réserve de forces matérielles et intellectuelles.On ne doit donc rien négliger qui puisse contribuer à son développement.D’autant moins (pie les pays qui réussissent à maintenir une harmonieuse proportion entre la production agricole et la production manufacturière ont une économie beaucoup plus saine et plus stable que les pays industrialisés à outrance.La remarquable résistance dont la France et le ( anada font preuve au cours de la présente crise tient surtout a l’heureux état d’équilibre qu’ils ont réalisé tous les deux a cet égard.Cependant, notre vocation agricole ne peut ni ne doit être exclusive, si nous voulons avoir notre juste part du patrimoine national.A côté des terres fertiles que nous cultivons et qui ne sont pas illimitées, tout au moins dans la province de Québec, la Providence a placé des richesses forestières et minières et des sources d’énergie qui nous permettent peut-être de parler aussi de notre vocation industrielle et commerciale.L’aménagement des forces hydrauliques et la mise en valeur de la forêt et du sous-sol ont amené l’établissement d’usines et fabriques de toute sorte, qui sont des sources de travail et des sources de profits.Les villes industrielles, grandes et petites, qui se sont constituées ont attiré, pour des raisons (pie nous n’avons pas à examiner ici, des milliers de fils de cultivateurs, sans parler de ceux qui sont allés offrir leurs bras à l’étranger.< omme leurs pères, venus de France, s’étaient adaptés à l’exploitation agricole et forestière de leur nouvelle patrie, ils s’adaptèrent à leur tour à leur nouveau milieu.Ils se familiarisèrent rapidement avec la fabrication mécanique du papier, des tissus de laine et de coton, de la chaussure et de plusieurs autres produits ouvrés, et devinrent des ouvriers de premier ordre, recherchés non seulement par les industriels canadiens de langue anglaise, mais aussi par les industriels des États-Unis.Or, si nous avons fourni à la politique et aux professions libérales un certain nombre d’hommes remarquables, dans le domaine technique, le commerce, l'industrie et la finance, notre apport, sans être négligeable, reste beaucoup moins important et n’est pas proportionné à celui de nos concurrents anglo-canadiens.Nous ne nous sommes pas suffisamment préoccupés, semble-t-il, de 124 KK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE former une classe compétente à diriger les populations qui s’industrialisaient, sous l’influence d’une évolution inévitable, et qu’il eût fallu encadrer dans une solide armature économique.Nous avons aujourd’hui une armée de travailleurs nombreuse et puissante, mais nous n’avons pas assez d’officiers, be nombre de nos chefs d'entreprise étant insuffisant, la masse de nos compatriotes est au service des autres, et notre part dans la répartition des biens est loin d’être en rapport avec notre force numérique.é et état de choses ne tient pas sans doute à une cause unique, pn invoque toujours la même: notre prétendu manque de capitaux.( e.'te affirmation a été répétée si longtemps et si souvent qu’elle a fini par passer pour une vérité courante, banale, et que beaucoup de monde l’admet encore sans examen.Eh! bien, il importe de reviser notre jugement à ce sujet.Si nous avons été pauvres jadis, nous ne le sommes plus, collectivement parlant.La vérité, c’est que nous ne savons pas assez comment utiliser la richesse, le capital, le crédit.Si l’on dressait l'inventaire des divers éléments de notre avoir, on serait surpris de son importance.Ce qui nous empêche de l’apprécier a sa juste valeur, c’est l’éparpillement de nos ressources et notre manque d’initiative.L’absence d’esprit de coopération dans 1 utilisation de nos forces et dans l’emploi de nos moyens ne tient-elle pas surtout a une education sociale et économique insuffisante .’ Si nous avions été mieux formés et mieux informés en cette matière, nous n’eussions pas perdu les sommes considérables qui ont été englouties depuis quelques années, non seulement à la Bourse, mais dans toutes sortes d’entreprises mal conçues, mal organisées ou mal administrées, — sans parler des affaires frauduleuses qui ont drainé l’argent des villes et des campagnes.C’est la diffusion de l’éducation économique qui nous permettra de comprendre le mécanisme complexe des affaires modernes et de participer Plus largement à la vie matérielle de notre pays.Le levier d’Archimède, ce serait, pour nous, une formation (pii nous donnerait non seulement les chefs et les spécialistes dont nous avons besoin, mais toute une classe d’hommes doués du triple sens des réalités, des responsabilités et de la cohésion et qui, chacun dans sa sphère, contribueraient au succès d’ensemble grâce au “sens de l’orchestration” qu’on leur aurait inculqué.Plusieurs raisons rendent aujourd'hui plus impérieuse que jamais la généralisation de l’éducation économique.D’abord, la démocratisation du capital ne permet plus à personne de se désin- PROPOS ÉCONOMIQUES 125 téresser impunément dos questions financières.Ensuite, rien ne saurait arrêter Di même ralentir le mouvement d’industrialisation que chacun a pu observer au Canada, surtout depuis une vingtaine d’années.Enfin, il se pose de nos jours, dans le monde où la solidarité des nations est de plus en plus étroite, et dans notre pays en particulier, de graves et difficiles problèmes dont la solution, (pii importe au bien-être de chacun, relève en grande partie de l’opinion publique.La démocratisation du capital est sans contredit l’une des caractéristiques de notre temps.La somme des dépôts d’épargne dans les banques à charte du Canada est environ huit fois plus considérable qu’elle n’était il y a une trentaine d’années, et il est probable que le nombre des déposants s’est accru dans une proportion plus grande encore.Les sociétés de fiducie, les sociétés de prêt foncier, les compagnies d’assurance de toutes sortes détiennent et administrent des fonds et des biens représentant un montant énorme.Les habitudes financières se sont, d’ailleurs, profondément modifiées depuis une quinzaine d’années.Jusque-la, le publie épargnant et même les petits et moyens capitalistes ne pratiquaient guère que le placement immobilier et le prêt hypothécaire, et seules les grandes sociétés achetaient les titres des emprunts publics ou des émissions industrielles.La campagne de propagande entreprise par l’Etat pendant la Crande ( Lierre, en vue de préparer le lancement de l’Emprunt de la Victoire, a véritablement créé un marché mobilier au Canada.Le portefeuille canadien renferme aujourd’hui d’importantes liasses de titres mobiliers: obligations des gouvernements et des municipalités, de corps publics et de diverses sociétés, actions ordinaires et privilégiées de milliers de sociétés canadiennes et étrangères.Les obligations sont émises, la plupart du temps, en coupures qui les mettent à la portée des pet its épargnants eux-mêmes, et les compagnies qui effectuent des augmentations de capital accordent des droits de souscription non seulement à leurs anciens actionnaires, mais encore, dans bien des cas, a leur personnel et même à leur clientèle.Afin d’en faciliter l’achat le plus possible, elles en fractionnent parfois le paiement en petits versements mensuels, échelonnés sur une longue période de temps.Ceux entre les mains de qui le capital est si largement réparti connaissent-ils la nature et l’usage de ce puissant instrument .’ Combien de gens se demandent, par exemple, lorsqu’ils font un placement, si leux s fonds seront employés non seulement dans leur propre intérêt > -.— 120 UEVl'K TRIMESTRIELLE CANADIENNE mais aussi dans l’intérêt du groupement auquel ils appartiennent ?Rien n’est plus légitime, bien entendu, que d’employer son capital au mieux de son avantage immédiat, mais encore faut-il que son profit personnel ne soit pas en conflit avec l’intérêt général auquel personne ne doit rester indifférent, la stabilité de la situation de chacun dépendant directement de la prospérité du milieu où il vit.Pour tirer.de ses biens le meilleur parti, personnellement et collectivement, pour les sauvegarder même, il est indispensable de posséder de sérieuses connaissances en économie sociale et politique.Comme chacun sait, le Canada est abondamment pourvu en ressources forestières et minérales, dont une petite partie seulement a été mise en valeur jusqu’ici, sans parler de ses exploitations agricoles et de ses pêcheries, qui sont aussi susceptibles de fournir un volume de matières premières industrielles beaucoup plus considérable que celui qu’elles ont donné jusqu’à présent.11 possède en outre de puissantes sources d’énergie hydro-électrique, de nombreux cours d’eau navigables et flottables et un vaste réseau ferré, qui sont très propres à faciliter la mise en œuvre de ces ressources.Il dispose enfin d’une population, relativement peu nombreuse il est vrai, mais active et habile au travail de la production.Il est du reste facile de prévoir que sa population, dont l’augmentation naturelle est assez rapide, se grossira progressivement des apports d’autres pays, parce que la richesse de son territoire continuera d’attirer des capitaux, qui amènent toujours avec eux des hommes, et aussi parce que la survivance même de l’espèce exigera de plus en plus impérieusement que les êtres humains se répartissent plus également entre les régions de la terre capables de les nourrir.Lorsque la crise économique qui sévit depuis plus de deux ans aura pris fin, il n’est pas douteux que le monde recommencera à demander en quantités croissantes une multitude de matières, de matérieux et d’objets fabriqués que notre pays est en état de produire économiquement, grâce aux multiples avantages qu’il présente.L’industrialisation du Canada en recevra donc une forte impulsion, et si nous ne savons pas profiter de cette évolution, elle se fera à notre détriment.A toutes les époques de sa longue histoire l’humanité a été appelée à résoudre de multiples et difficiles problèmes.Ceux qui se posent à notre époque présentent une singulière complexité du fait que l’interdépendance des nations n’a jamais été aussi étroite qu’elle l’est aujourd’hui.L’économiste anglais sir George Paish a PROPOS ECONOMIQUES 127 fait ressortir avec beaucoup de relief, clans un article qu’il écrivait il y a un an, la solidarité qui unit les États modernes: “Les progrès de la science — disait-il — dans l’agriculture, dans l’industrie manufacturière, dans les transports, dans les opérations de banque, on1 conféré au monde, en ce qui concerne la production et la répartition des biens, une puissance beaucoup plus grande (pie celle qu’il eût jamais connue auparavant, et tout ce qu’il faut aux nations pour qu’elles puissent réaliser une très grande extension des échanges et des revenus, c’est qu’elles sachent profiter de ces progrès.Mais elles ne le veulent pas.De fait, il semble que les progrès de la science ne provoquent que des sentiments de méfiance et d’inquiétude et que l’on s’efforce d’en restreindre les conséquences.Jamais les progrès de la science n’ont exigé aussi impérieusement qu’au-jourd’hui un nouveau régime d’économie mondiale, et jamais les nations n'ont été aussi déterminées à maintenir l’ancien régime d’économie nationale, devenu inopérant.Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ne sont pas seuls responsables du manque de confiance que l’on observe aujourd’hui et qui est la cause de la profonde dépression du commerce qui sévit présentement.Presque tous les pays, en Asie, en Australasie, en Amérique et en Afrique aussi bien qu’en Europe, sont responsables dans une certaine mesure, en raison de leur attitude économique ou politique, de la situation actuelle, — situation sans précédent.Cette situation ne sera rectifiée que ‘ chaque nation tiendra compte de l’intérêt général aussi bien (pie de son intérêt particulier, tel qu’elle le conçoit.( uniment rétablir la confiance si chaque nation fait tout ce qu’il faut pour la détruire?11 faut se pénétrer de l’idée que la vie des nations ne tient plus aujourd’hui à l’économie nationale, mais qu’elle dépend plus que jamais de l’économie mondiale.Les nations ne sauraient prospérer, elles ne sauraient même se maintenir, sans le crédit international et le commerce international.Ainsi, les initiatives cpti sapent la confiance, affectent le crédit et dépriment le commerce, desservent les intérêts des nations mêmes (pii les prennent.La présente situation ne s’améliorera pas avant (pie chaque nation n’ait fait un inventaire rigoureux non seulement de sa propre situation, mais encore de celle des autres nations, de manière à faire concorder sa ._ 1 nationale avec une politique conçue en vue de restaurer la prospérité du monde et de réaliser les merveilleux progrès que les inventions scientifiques ont rendus possibles.Lorsque les nations seront disposées à remanier leur D3B 9746 128 REVEE TRIMESTRIELLE canadienne politique et à rétablir la eonfianee en se laissant guider par la raison dans le domaine national et dans le domaine international, les esprits seront mieux disposés, la confiance renaîtra, le crédit se remettra à circuler librement et le commerce se développera plus rapidement qu’il n’a jamais pu le faire dans le passé”.Cet état d’esprit international, qui paraît indispensable à la solution des problèmes de notre époque, est sans doute en voie de réalisation.11 trouve son principal moyen d’expression dans les grands organismes créés depuis la guerre, tels que la Société des nations, le tribunal permanent d’arbitrage, le tribunal permanent de justice internationale, la Banque des règlements internationaux, la Chambre de commerce internationale.Il ne faudrait pas attendre des miracles de ces organismes, et crier ensuite à la faillite parce qu’ils sont incapables d’en accomplir.Malgré leurs limites et même leurs erreurs, ils font œuvre éminemment utile en ménageant, en dehors de la politique et au-dessus îles égoïsmes nationaux, un terrain de libre discussion.Si les problèmes qui leur sont soumis ne sont pas résolus r; ' ’ 'ment, c’est qu’ils présentent une grande complexité.Ils permettent aux délégués des Etats de prendre contact, d’échanger leurs opinions et de mieux comprendre les points de vue d’autrui et ils aplanissent ainsi sans doute plus d’une difficulté.I.e nouvel esprit international se manifeste aussi par les entrevues qui se multiplient entre cfiefs d’Etat, et qui sont évidemment très propres à préparer les ententes entre les peuples qui importent au plus haut point au retour de la prospérité dans le monde.Le succès des discussions dans les grandes assemblées internationales aussi bien que celui des négociations amorcées flans des conversations particulières entre chefs d’Etat dépend en grande partie de l’opinion publique, puisque c’est elle qui fait et défait les gouvernements auxquels il incombe de faire passer dans les faits les résultats de ces délibérations publiques ou privées.Il est donc plus nécessaire que jamais que l’opinion, “reine du monde”, comme disait déjà Pascal, soit le plus éclairée possible en matière d’économie politique, puisque c’est de cette science que relèvent la plupart des problèmes qui se posent aujourd’hui.11 n’est pas nécessaire d’être un observateur bien perspicace pour constater que le monde est profondément bouleversé.Il n’v a que quelques pays dont le budget soit en équilibre.Dans de nombreux domaines de la vie économique, il y a déséquilibre entre les 18 TROPOS ÉCONOMIQUES 129 prix do revient et les prix de vente, dans la rémunération de services de même nature, entre les revenus et le niveau d’existence, entre les aspirations des masses et la richesse et le capital disponibles pour la réalisation immédiate de toutes les réformes sociales désirables.Nous avons vu le sentiment public sauter d’un extrême à l’autre.En 1928 et 1929 d’aucuns annonçaient l’avènement d’une ère nouvelle.L’argent et le capital s’obtenaient presque sans effort, la science, l'art de l’ingénieur et le machinisme allaient soustraire l’homme à la loi divine du travail, bref, c était le commencement de l’âge d’or, lin moins de deux ans, la situation était renversée et, s’il fallait on croire quelques-uns des prophètes d’aujourd’hui — en qui il serait sans doute facile de reconnaître les prophètes d’hier — le monde s’acheminerait rapidement vers l’anarchie et le chaos.Nous lisons des articles prédisant l’écroulement du système capitaliste, la fin de notre civilisation, la faillite des présents régimes monétaires, des soulèvements sociaux, la révolution, le nivellement de toutes les classes et de toutes les valeurs, 1 étouffement de toute liberté, bref, le retour à l’âge de pierre.X’y a-t-il pas, entre l’âge d’or et le chaos, un juste milieu?X’existe-t-il pas un chenal où l’on puisse naviguer avec sécurité, sans se delester du progrès social acquis, mais sans essayer d atteindre le port a toute vapeur, insoucieux des écueils et au risque d’engloutir dans un naufrage notre présente armature sociale et nos espoirs d’avenir?L’année 1918 a marqué la fin de la plus grande guerre de tous les temps, conflit qui a mis aux prises des millions d hommes, qui a causé des destructions de vies humaines et de richesse accumulée d’une étendue sans exemple.Qu’avons-nous lait, au cours des treize années qui se sont écoulées depuis, pour reparer les pertes énormes des quatre années d’hostilités?Les termes memes du règlement de ces pertes n’ont pas encore été définitivement arrêtés, et cependant plusieurs nations se comportent comme si les traités, les pactes et les ententes, qui ne contiennent que des promesses de payer, avaient effectivement compensé tous les dommages.< et te manière de voir ressemble beaucoup a 1 illusion de certaines gens qui semblent croire qu’ils ont paye leur dette quand ils ont souscrit un billet à ordre.La liquidation de la guerre n’est pas terminée et il semble que l’on soit justifiable de penser qu’elle ne s’accomplira pas sans imposer à tous les pays et a toutes les classes des sacrifices et des contraintes et que de simples documents, si élevés que soient les chiffres qui y sont inscrits, ne peuvent reconstituer la richesse REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 130 et les capitaux détruits, qui ne seront remplacés que par l’effort et le travail de l'homme.Cette vaste tâche est sans doute possible, pourvu qu’on y apporte la patience et l’application nécessaires.Plusieurs sont enclins à croire (pie nous devons revenir en arrière et que l’histoire fournira des solutions à nos problèmes modernes.Je doute fort, quant à moi, que les formules applicables aux problèmes du passé soient propres à résoudre nos difficultés actuelles qui comportent deux facteurs nouveaux: l’extrême spécialisation industrielle et la machine à grand rendement.11 n’y a rien d’étonnant à ce que de nombreux intellectuels, qui contemplent le passé avec un recul de plusieurs siècles, croient y discerner des contours arrondis, un développement harmonieux et “la douceur de vivre” de ce qu’on appelle peut-être à tort “le bon vieux temps”, f et te impression est comparable à celle que donne parfois un paysage lointain.Ceux qui sont revenus d’Europe par le Saint-Laurent ont sans doute été émerveillés par le spectacle que présente le golfe.Vues du pont du navire, à une distance d’une vingtaine de milles, les rives semblent être de magnifiques pelouses d’une couleur uniforme, les montagnes ne paraissent offrir que des pentes douces et faciles, les arbres et la végétation forment, croit-on, un massif soigneusement taillé.Mais ceux qui ont parcouru la forêt savent que le tableau est bien différent lorsqu’il est vu de près, qu’il comporte des ravins et des précipices, des escarpements et des vallées raboteuses, et que la forêt contient, à côté de beaux arbres sains, de la vegetation rabougrie, du bois mort, des branches brisées et des troncs pourris jusqu’au cœur.La réalité ne ressemble guère à l’image qu’en donne l’éloignement dans l’espace ou dans le temps.Pour résoudre les problèmes actuels il faut en observer de près toutes les données et il ne suffit pas de conformer son jugement aux enseignements de l’histoire.On tomberait toutefois dans une autre erreur si l’on prétendait ignorer le passé et considérer le présent comme s’il était dépourvu d’attaches avec les époques qui ont précédé la nôtre.On blame les hommes d h fat et les économistes, quand on ne les tourne pas en ridicule, parce qu’ils ne prescrivent pas instantanément l’ordonnance qui guérirait tous les maux, si profondes qu’en soient les causes.On m’a souvent dit qu’un médecin, lorsqu’il examine un malade, concentre son attention sur les moyens de défense et les forces de récupération de la nature elle-même.L’armature sociale et économique présente le même phénomène.Les forces de récupération qui sont déjà à l’œuvre sont peut-être difficiles mÈm WKÊËKBÊBÊÊ a " .PROPOS ÉCONOMIQUE' 131 à discerner, mais elles n’en contribuent pas moins à assainir la situation.Rien entendu, ces facteurs naturels de reprise ne nous exemptent pas de faire notre part en vue de favoriser l’amélioration des conditions économiques de notre pays.Je n’ai pas l’intention de vous citer des child res et des statistiques sur les ressources de ce pays et les possibilités et les avantages qu’il présente.Je suis sûr que vous n’ignorez là-dessus rien de ce qu’il faut savoir, et d’ailleurs les sources de renseignements de cette nature sont très abondantes.Je désirerais vous entretenir d’une question beaucoup plus délicate et soumettre à votre considération, non pas une recommandation, mais un sujet de réflexion qui me paraît digne de retenir l’attention des meilleurs esprits de ce pays.Je n’oublie pas que des hommes dont je respecte profondément les opinions, le jugement et le caractère ont exprimé de temps en temps, en cette matière, des vues qui paraissaient devoir classer définitivement cette question.Je sais très bien que les forces spirituelles ne doivent pas être reléguées a 1 arrière-plan quand on se préoccupe de l’avenir d’un pays et que le profit materiel et le bien-être économique ne sont pas les seuls éléments de puissance et de prospérité d’une grande nation.Il ne devrait pas être interdit d’espérer, cependant, qu'une harmonieuse coopération soit possible entre les exigences de la civilisation moderne et celles de la vie morale.Je reconnais qu’il existe une hiérarchie des valeurs, mais je crois qu’il y a une certaine solidarité entre le progrès social et le progrès économique.Xe pouvons-nous pas concilier les divers éléments du problème, en tenant compte de nos croyances religieuses, de nos traditions et de nos coutumes?Quelques-uns estiment que c’est à peu près impossible.Je prétends seulement que la question mérite une étude sérieuse, entreprise avec la plus grande largeur de vue.On ne saurait contester que le Canada manque de population.Son développement est hors de proportion avec le nombre de ses habitants.Quelques-uns déclareront sans hésiter (pie notre erreur a été d’effectuer prématurément de grandes entreprises de toute sorte, et ils auront peut-être raison.Mais nous sommes en présence du fait accompli: nous avons ouvert des routes, bâti des chemins de fer, creusé des canaux, organisé des communications par terre, par eau et par l’air, fondé des villes, construit des universités, capté des forces hydrauliques, établi des usines et fabriques, foré des mines, aménagé des ports, et nous produisons de quoi nourrir, vêtir ] 32 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE et loger une population beaucoup plus importante que celle qui vit aujourd’hui au Canada.Je ne crois pas que l’on puisse contester que le marché national est, pour tous les pays, le plus profitable et le plus sur.Nous avons l’espace et je ne connais aucune autre solution à ce problème (pie l’augmentation de la population.On peut atteindre cette fin de deux manières, soit (pie nous attendions le croît naturel et graduel de la population qui occupe présentement ce pays et qui en connaît l’histoire et les lois et en partage l’esprit et les ambitions, et il n’est pas douteux (pie cette solution serait la meilleure si nous n’avions pas à tenir compte de dures réalités, — soit (pie nous fassions appel au concours d’éléments étrangers (pii nous paraissent assimilables à ce pays, moralement aussi bien (pie matériellement, Est-il possible de recourir à ce moyen sans porter atteinte aux facteurs de race et de religion dont la sauvegarde importe avant tout .’ Je laisse a d autres le soin de discuter ce point de vue.J’estime néanmoins qu'il ne serait pas hors de propos de rechercher quelque enseignement dans l’exemple que nous offrent les Etats-Lnis, dont les conditions géographiques et matérielles ressemblent beaucoup à celles dans lesquelles nous sommes placés et où l’afflux d’éléments étrangers a été une cause évidente de prospérité, quelque opinion (pie l'on ait de la civilisation qu’il a créée.le me rends bien compte qu’il pout paraître injuste et même crue] de parler d’immigration lorsque des citoyens de ce pays sont réduits au chômage et lorsque nous connaissons les privations qu'endurent nos compatriotes, non seulement dans les centres industriels, mais même dans les régions agricoles.Xous ne saurions nous arrêter un seul instant a cette idee, si elle ne nous paraissait susceptible d apporter quelque amélioration au sort de ceux qui souffrent.Une population plus importante, cela veut dire un plus vaste marche et un plus grand nombre de consommateurs, i n système d’assistance bien organisé en faveur des nouveaux venus, (pii augmenteraient graduellement la capacité de production et de consommation de ce pays, ne mettrait-il pas à la disposition des ouvriers de toute catégorie des emplois auxquels ils sont déjà très bien préparés?A tout prendre, la plus grande richesse d’un pays, c est sa population.11 va sans dire (pie cette richesse ne se mesure pas seulement au nombre et qu’elle réside surtout dans la qualité.Mais est-il impossible d’obtenir à la fois la qualité et le nombre ?Est-il en ce pays un seul travailleur, si modeste que soit son PROPOS ECONOMIQUES 133 emploi et si dépourvu qu’il ait été des avantages de l’éducation et de la formation, qui ne rêve de mettre ses enfants en état d’améliorer leur sort ?S’il en est ainsi, qui accomplira les tâches dures mais nécessaires qu’il a dû accepter?Cependant, ces tâches mêmes constitueraient peut-être une amélioration pour ceux qui, venus de pays étrangers, pourraient relever leur niveau d’existence et, avec le temps, saisir l’occasion de changer leur condition ou celle de leurs enfants.On n’améliore sa position sociale que d’une façon graduelle.C’est l’histoire de la plupart d’entre nous et les chances d’avancement sont naturellement beaucoup plus grandes dans les pays aux vastes espaces.Plusieurs observateurs estiment que les États-l nis ont ralenti leur développement en mettant un terme à l’immigration.J’aiine-rais à citer à ce sujet M.M.-L.Ilersch, professeur de démographie à l’Université de Genève, qui, au cours d’une étude sur la population et le travail, exprimait l’opinion que l’immigration libre aux Etats-Unis a été un puissant facteur d’extension industrielle et qui estime que les entraves mises à l’immigration ont détruit la base même du rapide progrès du régime économique américain.“La réduction de l’immigration aux États-Unis, dit-il, a coupé les ailes à l’économie américaine, a brisé sa puissance d’action et de renouvellement et a beaucoup contribué à ralentir l’industrie, à entretenir la stagnation des affaires, à aggraver et prolonger le chômage et — dans un avenir qui ne parait plus très éloigné elle contraindra certains éléments de la population à émigrer”.Ces observations ne comportent-elles pas une leçon qui mérite de retenir notre plus profonde attention?II va sans dire que des mesures de cette nature ne peuvent s’appliquer que lentement et avec soin et qu’elles ne comportent pas une solution immédiate aux difficultés auxquelles nous sommes en butte aujourd’hui.Plusieurs de ces difficultés tiennent à l’instabilité qui se manifeste dans des pays étrangers et l'on ne saurait tenir les économistes et les banquiers responsables de l'insécurité " ' qui sévit dans le monde.La confiance, qui est indispensable au crédit et, par conséquent, au commerce, ne peut coexister avec l’insécurité " ' .Si nous voulons comprendre à fond les données des problèmes qui se posent au Canada comme ailleurs, bien qu’ils n’y présentent pas une aussi grande acuité, si nous voulons contribuer, chacun dans sa sphère et dans la mesure de ses moyens, à la solution de nos difficultés, si nous voulons enfin, en tant que Canadiens français, 5716 4776 3 34 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE prendre toute la part à laquelle nous avons droit dans le développement économique de la Confédération développement qui connaîtra sans doute un nouvel essor, dès que la présente crise sera passée — il importe que, sans renoncer à rien d’essentiel, nous orientions la jeunesse par une formation qui tienne davantage compte des réalités matérielles et où la science économique occupe une plus large place.Beau dry-Leman, Gérant general de la Banque Canadienne Nationale. L’EFFET PHOTOELECTRIQUE SELECTIF Le fonctionnement de la plupart des cellules photoelectricities est basé sur l’effet sélectif des métaux alcalins.A cause de son importance pratique considérable, ce phénomène a été l’objet d’un très grand nombre d’observations et de mesures.On a réussi notamment à construire divers types de cellules photoélectriques douées de propriétés variées et parfaitement adaptées à certains usages.Mais l'abondance et l’intérêt technique des résultats expérimentaux ne doivent pas faire oublier qu’il n’existe encore aucune théorie satisfaisante de l’effet sélectif.On est parvenu seulement à distinguer les causes vraisemblables de la sélectivité et à reconnaître de quelle manière celle-ci est modifiée sous diverses influences.Au cours de ce bref exposé, nous examinerons en premier lieu les caractères essentiels de l’effet sélectif.Nous montrerons ensuite que ce phénomène est, dans une large mesure, indépendant fie la nature du métal et qu’il est toujours la conséquence d’une structure particulière de la couche superficielle soumise à l’action du rayonnement.Nous insisterons sur les propriétés des cathodes des cellules photoélectriques modernes.Nous indiquerons enfin dans quelle direction sont orientées actuellement les recherches théoriques concernant l’effet sélectif.On comprend sous la dénomination générale d’effet photoélectrique sélectif des phénomènes très complexes qui peuvent être groupés en deux catégories: 1° Pour la plupart des métaux (C’u, Pt, Hg, etc), l’émission photoélectrique ne dépend de l’état de polarisation de la lumière que dans la mesure où l’absorption optique en dépend elle-même.Les courbes en trait plein de la fig.1 représentent, d’après Pohl, les variations du courant photoélectrique en fonction de l’angle d’incidence, pour un miroir de cuivre, lorsque le vecteur électrique de l’onde est parallèle (courbe supérieure) ou perpendiculaire (courbe inférieure) au plan d’incidence.Les variations de l’absorption, calculées à partir des constantes optiques de la surface, sont indiquées par les courbes en pointillé.Pour les deux positions remarquables du vecteur électrique (E |j et EJ.), les variations du courant suivent à peu près exactement celles de l’absorption.Dans certains cas exceptionnels, l’influence de l’état, de polarisation du rayonnement ne peut s’expliquer entiirement par les 1.36 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE variations de l’absorption avec l’angle d’incidence.Il en est ainsi, par exemple, pour l'alliage liquide Xa-K, étudié par Elsteret Cieitel vers 1895 et beaucoup plus complètement par Pohl et Pringsheim en 1910.Le rapport des courants photoélectriques I et I_L, correspondant aux deux états de polarisation E et E_L, et à une incidence suffisamment oblique, devient beaucoup trop grand pour être interprété simplement au moyen des constantes optiques de la surface.Angle d'incidence Fi*.1 2° Le courant photoélectrique obtenu avec une surface de constitution bien déterminée est proportionnel au flux lumineux absorbé.Cette loi est rigoureuse dans le cas d’un rayonnement monochromatique, ou encore lorsque la composition énergétique spectrale de la lumière reste invariable.La “sensibilité monochromatique” d’une surface est donc caractérisée par le rapport du courant à l’énergie absorbée.Mais dans la pratique, on fait intervenir l’énergie incidente et Vémission monochromatique or ('/.), exprimée en ampères par watt, est alors définie par la relation : I-A= 7(/.)e-Ad>.dans laquelle L désigne la dcDsité du courant photoélectrique et e- représente l’intensité énergétique du rayonnement incident de longueur d’onde Dans le cas des cellules photoélectriques, on considère l’émission z (X) comme une grandeur caractéristique de la cathode, indépendante de sa forme géométrique et de la manière dont le rayonnement pénètre à l’intérieur de l’ampoule.En réalité, l’émission l'effet photoélectrique sélectif 137 dépend des propriétés optiques de la surface (pouvoir réflecteur et indice d’extinction), du facteur de probabilité associe à chaque phénomène individuel (action d’un quantum de la fréquence considérée sur un électron), du coefficient d’absorption des électrons à l’intérieur du métal et enfin, comme nous le verrons, d’un coefficient de transmission des électrons à travers la surface.I¦’n général, l’émission croit constamment a\ec la .requence, c’est-à-dire vers les courtes longueurs d’onde, à partir du seuil photoélectrique K0.On dit alors (pie l’etïet photoélectrique est '‘normal”.D’après la théorie quantique bien connue, la valeur maximum théorique de 1 émission est égalé a — (avec un facteur h v de proportionnalité dépendant des unités choisies).Le “rendement photoélectrique” d’une surface s’obtient en divisant la valeur expérimentale de cr (/.) par cette valeur idéale.Lorsque l’effet est normal, le rendement reste toujours extrêmement faible, de l’ordre du millième, par exemple, tout au moins dans l’intervalle des fréquences accessibles.Les cathodes des cellules photoélectriques (à l’exception de certaines cellules utilisées dans l’ultraviolet) se comportent d’une manière tout à fait différente.En premier lieu, la courbe (pii représente les variations spectrales de l’émission présenté un maximum plus ou moins accusé, dont la position depend de la nature du métal alcalin et surtout de l’état de la surface éclairée.On observe parfois plusieurs maxima, ou des sinuosités particulières de la courbe d’émission.De plus, dans une région spectrale plus ou moins étendue autour du maximum, le rendement photoélectrique, déduit de l’émission théorique, peut atteindre une valeur beaucoup plus grande (pie celle qui caractérise l’effet normal (par exemple, quelques centièmes).La fig.2 représente très schématiquement les variations de l’émission “normale” et de l’émission “sélective’ en fonction de la longueur d’onde.La courbe supérieure correspond à l’émission théorique, déduite de la théorie des quanta.En résumé, au point de vue expérimental, les manifestations de l’effet sélectif se rattachent à deux groupes d’observations distinctes: 1° l’influence de l’état de polarisation de la lumière, défini par la position du vecteur électrique par rapport à la surface (sélectivité vectorielle), 2° la variation particulière de l’émission avec la fréquence, caractérisée par la presence d un ou plusieurs maxima 138 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE et par un accroissement important du rendement photoélectrique (sélectivité spectrale).7 hjo'Ll < X! \("t p l Fig.2 Les premières déterminations précises relatives à l’effet sélectif ont été effectuées en 1910 par Pohl et Pringshoim, sur l’alliage liquide Na-K.La fig.3 représente les variations du courant photo- A 3000 A 4000 Fig.3—Effet sélectif de l'effet photoélectrique sélectif 139 électrique avec la longueur d’onde, dans les deux cas E et E_L.La boucle correspondant aux grandes valeurs de l’émission n apparaît que lorsqu’il existe une composante du vecteur électrique perpendiculaire à la surface, et inversement, 1 influence de létal de polarisation est limitée à la région spectrale de rendement élevé La fig.4 indique dans quelles proportions s’accentue la sélectivité spectrale lorsque l’angle d’incidence croît progressivement.Avec le même alliage, Ives(*) et ses collaborateurs ont obtenu pour le rapport — des valeurs voisines de 15, tandis que pour d’autres U , alliages ou les métaux alcalins fondus, le même rapport ne dépassé guère quelques unités.A 6000 A 5000 A 4000 A 5000 Fig.) _ Différence des courants 111 et l.l pour des incidences variées talliage Nii-Kj.Le cas de l’alliage Xa-K semble indiquer que les deux groupes de faits signalés précédemment (sélectivités vectorielle et spectrale) sont étroitement liés et qu’ils ne peuvent se présenter séparément.S’il en était ainsi, l’existence d’un maximum spectral entraînerait nécessairement une influence de la polarisation, possible a mettre en évidence en expérimentant sur une surface régulière et bien définie.Mais on a reconnu qu’un accroissement local de l’émission peut se présenter indépendamment de la sélectivité vectorielle, telle que nous l’avons définie.Il en est ainsi dans le cas du calcium, étudié par Pohl et Pringsheim, et aussi, d’après Ives et Johnsrud, (*), Conférences du 10 et du 23 février 1932.(Société de Physique de Mon tréal.Institut Scientifique Franco-Canadien) VMiMetofcUMMlMMI BMMüMHÈi MO REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE pour la plupart des alliages de métaux alcalins et pour ces métaux eux-mêmes, observés à l’état liquide.L’effet sélectif complet, présenté par l’alliage équimolcculaire Xa-K, serait tout à fait exceptionnel et ne pourrait être retrouvé que pour d’autres alliages des mêmes métaux en proportions bien déterminées (Iveset Stilwell ' D’autre part, Ives 1 s'est attaché à mettre en évidence la sélectivité vectorielle dans le cas de films minces de métaux alcalins déposés sur un métal poli, tel (pie le platine.L’effet sélectif se traduit alors par une grande valeur du rapport ’ pouvant atteindre 15 à 25 lorsque l’incidence est voisine de 70°, et impossible interpreter par les variations de l’absorption optique.Mais aucun maximum d emission n’apparaît dans la région étudiée, c’est-à-dire dans toute l’étendue du spectre visible.Fig.ô—Emission photoélectrique d’un filin mince de potassium sur divers supports métalliques.Variations avec J incidence (effet vectoriel en lumière bleue et en lumière jaune ».in » l ip.U—Emission photoélectrique d un film mince de potassium sur platine comparée à celle d'un dépôt opaque sur une lame de verre.Variations avec l'angle d’incidence.I.es courbes de la fig.5 montrent en outre que les phénomènes observés par Ives dépendent de la nature du support métallique et de la composition spectrale du rayonnement (lumière bleue ou jaune).Ives a examiné également le cas d’un dépôt opaque de potassium, obtenu par distillation lente sur une lame de verre, de manière a réaliser une surface suffisamment bien définie.Dans ces l'effet photoélectrique sélectif 141 conditions, l’effet de polarisation cesse pratiquement d’exister, comme l’indique la fig.6.Le rapport maximum —- obtenu est voisin de 4 et ne semble pas absolument incompatible avec les valeurs relatives de l’absorption.Puisque l’émission photoélectrique 3 (X) dépend de plusieurs facteurs, il serait peu logique d’attribuer systématiquement la même origine, à tous les maxima spectraux observés.Un tel maximum doit nécessairement se présenter dans l’extrême ultraviolet, même pour les métaux qui tiennent l’effet “normal”.Il ne semble donc nullement impossible, a priori, de pouvoir séparer expérimentalement les deux types de sélectivité.Cependant, malgré leur grand intérêt, les travaux de Ives n’apportent aucune preuve indiscutable de l’existence d’une sélectivité vectorielle associée à une émission monochromatique “normale”.Dans la grande majorité des cas, il est impossible de calculer les rendements photoélectriques absolus.On se contente de mettre en évidence les valeurs très élevées du rapport - -, sans être à même de soumettre les résultats U.moins nets à une discussion approfondie.De plus, l'intervalle spectral considéré est insuffisant pour qu’on puisse révoquer en doute l’existence d’un maximum d’émission.La plupart des courbes spectrales d’émission obtenues par Ives (dans le cas E l|) présentent d’ailleurs des accidents particuliers (inflexions, sinuosités) qui, comme le montrent les fig.7 et 8, dépendent de la nature du support et de l’épaisseur du film superficiel.La forme générale des courbes indique même l’existence très probable d'un maximum d’émission dans le proche ultraviolet (vers 3800 A.pour un film de rubidium relativement épais).C’est justement dans la région voisine de ce maximum (lumière bleue, voir fig.5) (pie la sélectivité vectorielle se manifeste le plus nettement.Lorsque le film est déposé sur une couche de magnésium (cas non étudié par Ives), on trouve effectivement dans le proche ultraviolet un maximum d’émission dont la position ne varie pas sensiblement avec la nature du métal alcalin ".Dans l’état actuel de nos connaissances, nous pouvons donc considérer les deux sélectivités vectorielle et spectrale comme deux aspects d’un même phénomène très complexe que les difficultés expérimentales n’ont pas encore permis d’analyser complètement.Nous verrons ultérieurement (pie l’émission photoélectrique 112 REVUE TRIMESTRIELLE CAN' ADI EN'NE prend naissance dans une couche superficielle dont l’épaisseur est D’autre part, l’existence de l’ordre des dimensions atomique {6 60» 040 -*4 Langueur d’onde Fig.7—Distribution spectrale de l'émission (Eli) pour un film mince de potassium déposé sur divers métaux et sur carbone.Longueur d’onde Fig.8—Développement progressif de l'effet sélectif avec l'épaisseur du film (Rb sur platine).L’angle d'incidence est égal à 00° (Eli).d'un film de métal alcalin sur un métal poli tel que le platine ne peut être décelé par l’examen optique de la surface ”, En première l'effet photoélectrique sélectif 143 approximation, on peut donc admettre que la présence d’un film très mince, siège de l’effet photoélectrique, n’affecte pas sensiblement la distribution de l’énergie lumineuse qui résulte, au voisinage du support, de l'interférence des faisceaux incident et réfléchi.En particulier, on pourra calculer l'intensité électrique moyenne immédiatement au-dessus de la surface du platine, en introduisant dans les formules de la théorie électromagnétique les valeurs des constantes optiques de ce métal.Ives(ü) a obtenu ainsi les courbes représentant les variations avec l’incidence des valeurs moyennes | e 2 i I et | E 2_L j, divisées par le cos.de l’angle d’incidence afin de tenir compte des variations de l’aire éclairée.Ces courbes ont exactement l’aspect général de celles qui représentent les variations des courants I et U (fig.9); le rapport des ordonnées prend également une valeur importante pour les incidences comprises entre 60° et 80°.De plus, les écarts entre les courbes relatives à | E2 i | et I , et à la même longueur d’onde, s’interprètent en faisant intervenir la variation d’amplitude de la composante normale du vecteur électrique, lorsque le rayonnement pénètre dans le film de métal alcalin.Le second diagramme de la fig.9 (courbe en pointillé) montre l’importance de cette correction.L’émission photoélectrique semble donc proportionnelle l’intensité électrique immédiatement au-dessus de la surface du platine, et il est probable qu’il en est de même dans tous les cas analogues.Bien que l’absorption ne soit pas directement en cause, l’effet photoélectrique vectoriel serait néanmoins un phénomène essentiellement optique, c’est-à-dire lié aux propriétés optiques des constituants de la C « (6a) surface .t .En se bornant à considérer la sélectivité spectrale, il importe de rechercher les conditions particulières qui font apparaître le maximum d’émission et qui influent sur sa position et son importance relative.L’accroissement local du rendement photoélectrique a été interprété comme un effet de résonance et, en 1911, Lindemann a montré qu’on obtient approximativement les fréquences correspondant au maximum d’émission en calculant les fréquences nronres de l’électron dans un atome planétaire (atome du type , , 1 / n e - V! hydrogénoïde de Bohr), au moyen de la formule: v=—I; V I.es maxima “normaux” — ou prétendus tels des métaux alcalins correspondent à n = I, en identifiant a avec le rayon de l’atome, déduit du volume atomique à l’état solide.Bien entendu, RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 144 la formule do Lindomann repose sur une base théorique actuellement inadmissible, mais il est curieux de constater que d’autres valeurs de n, entières ou fractionnaires, permettent de retrouver grossièrement les divers maxima observés dans certaines conditions (Gross, 01pin)(,>.En réalité,on sait aujourd’hui que la fréquence correspondant à un maximum spectral ne doit pas être considérée comme une grondeur caractéristique du métal qui forme la masse de cingle d'incidence Fin.9a—Intensité électrique immédiatement au-dessus de la surface du platine (courbe en trait plein) et courants photoélectriques obtenus avec un film mince de potassium sur platine (cercles et croix).Lumière bleue.angle d'incidence Fiji.On—Intensité électrique immédiatement au-dessus de la surface du platine (courbes en trait plein).Intensité calculée pour Eli à l'intérieur d'un film mince de potassium (courbe en pointillé).Courants photoélectriques donnés par le film précédent (cercles et croix).Lumière verte.la cathode.La position et l’amplitude du maximum sont étroitement conditionnées par une constitution particulière de la couche superficielle que les photoélectrons doivent traverser après avoir emprunté leur énergie (ou tin complément d’énergie) au rayonnement incident.On a reconnu depuis longtemps (Pohl et Pringsheim) que les gaz exercent une action très importante sur la sélectivité spectrale.Mais il en est de même pour l’effet “normal”: c’est seulement en expérimentant sur des métaux soumis à un dégazage prolongé dans le vide qu’on a pu vérifier l’identité des travaux d’extraction photoélectrique et thermionique (Du Bridge).< >n s’est efforcé, l'effet PHOTOÉLECTRIQUE SÉLECTIF ]•!•> sans grand succès d’ailleurs, de séparer l’action des gaz occlus de celle des gaz adsorbés et simplement retenus à la surface du métal.Dans le cas du potassium, Wiedmann a réussi à supprimer pratiquement le maximum sélectif en soumettant le métal à des distillations successives dans le vide, mais il n est nullement certain qu0 ia "" - n observée ait été provoquée uniquement par l’élimination des gaz.En fait, il n’est pas possible d’attribuer l’existence d’un certain maximum à la présence d’un gaz déterminé: le maximum d’émission du potassium sous l’influence de l’oxygène a été localisé soit au voisinage de 4000 A.(Pohl et Pringsheim), soit vers 3130 A.(Wiedmann).longueur d'onde Fig.10 A l’action des gaz se rattache la méthode de sensibilisation sous l’action de l’hydrogène (Elster et f’.eitel), utilisée couramment dans la fabrication des cellules au potassium.Klle consiste à faire passer une décharge lumineuse à travers de l’hydrogène sous faible pression, remplissant l’ampoule de la cellule.On obtient ainsi une modification de la surface, correspondant à un accroissement considérable de la sensibilité photoélectrique et caractérisée par un changement de couleur très remarquable (la surface du métal prend une coloration bleue violette).I.a courbe de sensibilité spectrale présente alors un maximum très accusé au voisinage de 4500 A.290596 RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIEN-VE 146 On peut se demander si l’hydrogène moléculaire suffit pour produire la modification précédente ou si, au contraire, celle-ci est due uniquement aux ions produits par la décharge.Ce dernier point de vue a été défendu par Suhrmann 'v, mais Fleischer'9 a fait remarquer que la volatilisation du potassium joue certainement un rôle important dans la sensibilisation par l’hydrogène.La vaporisation peut d’ailleurs résulter d’un bombardement ionique intense, comme dans les expériences de Suhrmann.Mais il est possible, comme l’ont montré Fleischer et Teichmann, de faire apparaître sans aucune décharge le maximum sélectif vers 4500 A en vaporisant une quantité très faible de potassium au contact de ce métal déjà saturé d’hydrogène.longueur ’Fonde Fig.11 L’action des gaz sur la sélectivité spectrale a été employée dans des conditions très variées, pour accroître ou rendre plus favorable à certains usages la sensibilité photoélectrique des métaux alcalins.On a cherché notamment à renforcer l’émission dans la région des grandes longueurs d’onde du spectre visible, de manière à obtenir des courants photoélectriques plus intenses avec les sources ordinaires de lumière blanche.Nous signalerons seulement les importantes modifications observées par Olpin " sur des cathodes de sodium et de potassium, et résultant de l’action des vapeurs dégagées par un grand nombre de substances (fleur de soufre, corps organiques incolores ou matières colorantes).La nouvelle sensibilité spectrale ainsi réalisée ne correspond nullement au spectre d’absorption du corps sensibilisateur.Dans la plupart des cas, on observe en effet un renforcement notable de l’émission pour les grandes longueurs d’onde, même avec des substances incolores comme la benzine ou la vapeur d’eau.La fig.10 permet la comparaison de la sensibilité spectrale d’une cellule au potassium traité par l’hydrogène avec celle (pie l’on obtient pour le sodium et le potassium sous l’action des gaz dégagés par la fleur de soufre.La fig.11 se rapporte à des cathodes de sodium traitées successivement par le soufre et par l’air ou l’oxygène.En général, on peut interpréter la nouvelle distribution spectrale de la sensibilité en superposant à la courbe “normale” du métal une courbe additionnelle de même forme (courbe en cloche) décalée vers le rouge par rapport à la première.En outre, la différence des maxima des deux courbes, ainsi que le BCtwïCN * > longueur d'onde Fig.12 glissement du seuil photoélectrique vers les grandes longueurs d’onde, correspond sensiblement à l’une des fréquences caractéristiques de vibration et rotation (X = 1,5 pu et A = I p) des liaisons atomiques Ü-H, C-H ou N-H.La fig.12 met en évidence la variation considérable de la sensibilité du sodium sous l’influence des gaz du soufre; elle montre aussi qu’on améliore le résultat en vapo- REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 14S risant une petite quantité de sodium sur la surface déjà traitée.Le maximum additionnel, déduit de la comparaison des différentes courbes, se place au voisinage de 4800 A., tandis que la maximum “normal” du sodium est voisin de 3400 A.Le déplacement 3400 A.—4800 A.correspond effectivement à X = I a.Bien que des traces de vapeur d’eau soient certainement présentes dans tous les cas, on ne peut guère se prononcer sur la réalité physique de ces coïncidences qui n’ont pas été expliquées d’une manière satisfaisante par Olpin.>00 - longueur d'onde Fig.13—Courbes de sensibilité spectrale (cathode de sodium oxydé): n) immédiatement après le traitement h) un jour après le traitement; r) quatre jours après le traitement.' \ * \ \ Fig.M—Courbes de sensibilité spec traie: o) cathode de Na pur; h) cathode Na oxydé, après un trèi long usage.Les cellules au sodium préparées par introduction du métal alcalin à travers la paroi de l’ampoule, en utilisant la conductibilité électrolytique du verre aux températures suffisamment élevées, peuvent être “sensibilisées” sous l’action de l'oxygène (Selényi)"1 .On observe encore un accroissement important de l’émission dans la région des grandes longueurs d’onde, comme l'indiquent les fig.13 et 14.Kn résumé, l’influence des gaz sur la sélectivité spectrale se traduit par des modifications très complexes qui, dans ht plupart des cas, ne peuvent être reproduites exactement.Les cathodes “sensibilisées” sont toujours plus ou moins instables.Leurs propriétés peuvent varier lentement avec le temps (cellules au sodium l’effet photoélectrique sélectif 149 préparées par Selényi) ou brusquement sous l’influence d’une décharge à travers l’atmosphère gazeuse de la cellule (argon).La fig.15 montre l’accroissement temporaire d’émission obtenu dans ces conditions avec une cellule ordinaire au potassium traité par l’hydrogène.L’étude des films minces de métaux alcalins a fourni des indications beaucoup plus précises sur l’origine de l’effet sélectif.Ces films peuvent être supportés soit par une surface métallique comme r ! h / ! \ / -, Vi | •r - T |" , î- VJ >5J Fin.15 dans les expériences de Ives et dans les cellules modernes, soit par une lame de verre ou encore par une couche saline (de fluorure de calcium, par exemple) qui retient énergiquement les atomes du métal alcalin (De Boer et Teves) | m ¦ i ¦ î i ' i1 d ; ci-! lin'! ;rne sp» ri iv int«'ri« in*.néon : 1* lu ¦un s conseil d’état vient de reconnaître à tous les diocèses, comme personnes morales, le droit de recevoir, d’acquérir et de posséder.La loi sur l’aumônerie militaire a été votée par 384 contre 231.Les aumôniers sont titulaires ou auxiliaires; il y a un aumônier titulaire pour tout corps de 2000 hommes au moins: si le corps est plus nombreux, on y ajoute d'autres aumôniers titul.ou auxil.en nombre suffisant pour le service.Tout corps supérieur à 200 hommes a un aumônier auxiliaire.Dans les garnisons où il y a un régiment complet, il y a aussi un aumônier.Lorsque les troupes sont mobilisées, les aumôniers demeurent attachés à leur corps.Les Evêques peuvent leur adjoindre des auxiliaires.On conserve l’ancienne organisation pour les hôpitaux.Par 292 contre 251 l’Assemblée a repoussé le projet de loi proposé pour assurer l’observation et le respect du dimanche; le duc d’Audiffret, les Bonapartistes, le Prince de Joinville ont voté contre.— Le ministre de l’Intérieur a interdit la vente du Siècle sur la voie publique, à cause de ses articles contre les mœurs.Les pèlerins américains ont été reçus à Paris, à Lourdes avec enthousiasme; ils ont visité les principales églises.Les catholiques leur ont donné un grand banquet dans lequel Mgr de Ségur a porte la santé de Pie IX, de l’épiscopat américain et de tous les catholiques du Nouveau-Monde; le grand juge M.Théard de la Nouvelle-Orléans a répondu en français.Le pèlerinage est sous la conduite de Mgr Dwanger, évêque de Fort-Wayne.— Une assemblée extraordinaire de catholiques s’est tenue à Bombay, au collège St-François-Xavier.On a félicité le S.Père de son 83e anniversaire, et on a exprimé les sympathies des ca ’ " es de l’Inde pour les Evêques d’Allemagne, de Suisse et du Brésil.On assure que Dcrllingcr s’est séparé des vieux catholiques, il aurait écrit sa rétractation et l’aurait publiée, s’il n’en avait été empêché par son entourage.Dans leur synode, les vieux catholiques demandent la liturgie en langue vulgaire, la suppression des fêtes des Saints et des prières qu'on leur adresse, l’abolition du célibat ecclésiastique et de la confession sacramentelle.Les Carlistes ont reçu 20 canons Krupp; ils ont bombardé Hernani et attaqué St-Sébastien; un corps considérable de troupes est massé près d’Estella.Don Alphonse a passé l’Ebre.Les républicains sur le moindre soupçon de carlisme, arrêtent et emprisonnent partout des prêtres et des laïcs honorables.On prétend que A-A 218 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIEN'-VE Bismark, de concert avec Serrano, veut donner à l’Espagne pour roi le prince Frédéric-Charles.Ee S.Père a adressé une encyclique aux Evêques du rite ruthène-uni, les exhortant à garder avec soin et vigilance leurs rites approuvés par le S.Siège, et prohibant toute innovation, et cela parce que les autorités russes cherchent à y introduire de grandes modifications.Aux représentations des Evêques sur les nouvelles lois ecclésiastiques qu’il a signées, et (pii feront le malheur du pays; l’Empereur d’Autriche a répondu: je le sais, mais je suis forcé de les sanctionner; je suis d’ailleurs résolu à user de toute mon influence, pour que leur exécution soit la plus douce possible.—- Voici pour 1874 la foroe des diverses armées de l’Europe.Autriche 857,000 hommes.Russie 1,520,000, Italie 605,000, Germanie 1,261,000, France 978,000, Belgique 94,000, Hollande 64,000, Angleterre 479,000, Danemark 49,000, Suède et Norvège 205,000.Et cela sur le pied de paix.Télégrammes.18 Juillet—Des dissensions se sont élevées dans le ministère français touchant la politique générale et les poursuites contre Rouher.Le ministre de l’Intérieur a donné sa démission.La loi des Trente ne satisfait aucun parti.— Les Carlistes ont pris Cuença à 83 milles de Madrid: le Gouvernement appelle sous les armes 125,000 recrues, proclame la loi martiale dans toute l’Espagne, et confisque toutes les propriétés des Carlistes.20 Juillet—Le prêtre arrêté comme complice de l’assassin de Bismark a été relâché.La question de la canonisation des Martyrs anglais a fait un pas.Le P.Morris, 8.J., est nommé postulateur de la cause en Angleterre.D’après toutes les traditions de culte et de dévotion et tous les renseignements recueillis, il résulte que les causes du martyre ont été religieuses et non politiques.Mgr de Paderbonn a été condamné à 6 mois de prison.On annonce (pie Rochefort a quitté New-York pour revenir en Europe.— Tous les Evêques d’Irlande se sont réunis en concile provincial à Dublin.— Les églises de N.-D.de Lourdes et de Ste-Anne d’Auray ont été élevées par le S.Père au rang de Basilique mineure.— Le bruit court à Yeddo que les Japonais de Pile de Saghalien, l'abandonnent pour se retirer à Pile de Yezo.Chang-hai, 27 Juillet 1874.De tous le Serviteur très humble in X3.Louis Pfister. REVUE DES LIVRES LA MORALE CHRÉTIEXXE ET LES AFFAIRES.Compte rendu in extenso des Cours et Conférences de lu Semaine Sociale de Mulhouse, XXIIle session 1931.Chez Gabnlda, 90, rue Bonaparte, Paris.Prix: 30 francs.Beau volume de plus de 000 pattes.Apres une lettre du Cardinal Pacclli et l’allocution de Mgr Iluch, un chapitre intitulé En marge de la Semaine Sociale e; signé Rémy nous décrit l'aspect extérieur de cette XXIlie session.Quelques bonnes photographies précisant encore le texte.Puis vient la suite des cours -une vingtaine; — et les six grandes conférences, avec trois annexes terminent le volume.11 suffit d'énumérer ces cours et de nommer les auteurs pour se faire une idée de l'intérêt qu'un tel recueil peut avoir.—Où en est la morale des affaires?Les faits.Les requêtes de l’esprit chrétien, par M.Eugène Duthoit.—Appel des âmes contemporaines à une morale des affaires, par le chanoine Reviron.Structure du monde économique contemporain.Dynamisme et technique des affaires modernes, par M.Pierre Bayart.— Primauté du spirituel dans les affaires, pur M.J.Vialatôux.— Comment insérer dans l'économie moderne la conception chrétienne de la propriété, du prêt à intérêt et du juste prix, par le chanoine I iber-ghien.— l'n problème d éducation: Comment enseigner la morale des affaires, par le chanoine Masure.— L'institution, mode actuel d’adaptation de la morale à la vie des affaires, par l'abbé Bruno de Solages.— L'institution corporative, garantie d ordre cians le monde des affaires, par le R.P.\ illain.L Etat, le- États et la morale des affaires, par M.Adéodat Boissard.— Ententes industrielles nationales et internationales, au regard île la morale sociale, par M.Sa u va ire-Jourdan.—-Syndicats financiers, par M.Coart-f résard.— Actionnaires et Conseils d'administration, par M.Emmanuel Gounot.— Le problème des intermédiaires, par M.Garrigou-Lagrange.— Spéculation et crises boursières, par M Philippe de Las Cases.— La concurrence déloyale dans l’économie internationale, par M.Pierre Waline.La marque et le label, garantie de moralité commerciale, par M.G.Berger.—Les consommateurs et la moralité des affaires, par M.Maurice Deslandres.— L'exploitation commerciale et industrielle des vices et des passions: le cas de l'opium et des autres stupéfiants, par Mgr Beaupin.— L’aspect moral du problème de la publicité, par M.Marius Gonin.— Les six conférences: Quarante ans après "Rerum Xovarum": l'Ordre social chrétien et l'Encyclique “Quadragesimo Anno", par le R.P.Ducatillon; Deux grandes figures du catholicisme social à Mulhouse: Winterer et Cetty, par le R.P.Guitton; En quoi la morale des affaires intéresse les travailleurs, par M.Jules Zirnheld; Comment le désordre des affaires a des répercussions sur la famille, par M.Alexandre Souriac; La politique familiale, par le R.P.Rutten; Xul ne peut servir deux maîtres, par l'abbé Thellier de Poncheville.LE PROBLÈME SOCIAL, par M.Eugène Sicé, Docteur en droit, Diplômé de l’École libre des Sciences Politiques, Président du Tribunal.— Chez Marcel Giard, 16, rue Soufflot, Paris.Prix: 14 francs.Ce petit volume compact, de 240 pages, porte en sous-titre: Ce que chacun doit savoir du socialisme.Ses onze chapitres se répartissent en trois livres: le 220 Rl.Vrr.TRIMESTRIKLLK ( ANADIKNNK 1er, Le Problème social sous son aspect philosophique; le lie.Le Problème social so’s son aspect économique; le I Ile, P attitude socialiste en face cie certains aes crands problèmes sociaux modernes: la religion, la colonisation, la paix internationale, la conquête du pouvoir.LE THAUMATURGE ET LE PROPHÈTE.Conférences de Notre-Dame de Paris (1931), par le R.P.Pinard de la Boullave, 8.J.— Aux Editions Spès, 17, rue Soufflot, Paris.Prix: 12 francs.Los six conférences des dimanches du Carême, avec une table analytique.Des faits et des textes mis en o uvre avec une érudition et une lucidité remarquables, une science solide et sure, une émotion soutenue, qui éclate en accents vibrants lorsque la démonstration est achevée.Ces conférences démontrent, — l’incrédule aussi bien que l'apologiste y trouvera son compte, — la mission surnaturelle de Jésus Messie, sans aborder encore la question de sa divinité.Première conférence: Le miracle est-il possible et utile?seconde! Comment le reconnaître?troisième: Que penser des prodiges attribués à Jésus?quatrième: Ses prophéties sur la ruine de Jérusalem; cinquième: Sur l'immortalité de son Eglise; sixième: Sur la lutte incessante de la haine et de l’amour autour de sa personne et de son œuvre.MARIE, CHEF-D'OEUVRE DE DIEU, par le R.P.Pinard de la Boullave — Aux Editions Spès.17.rue Soufflot.Paris Prix: 1 francs.Ce sont les six sermons de la Retraite Pascale de 1931, préchés à Notre-Dame de Paris.Marie, Mère ne Dieu; Marie, Mère des hommes; Marie, Refuge des pécheurs; Marie et l’Eucharistie; Le Couronnement du Fils et de la Mère; Dévotion d’enfant et devotion d’homme.Fortes pages, riches d'aperçus originaux, inspirées par une piété ardente, constituant un sommaire de théologie mariale.Elles sont particulièrement bienvenues en ce XV centenaire du concile d'Ephèse, qui a proclamé Marie Mère de Dieu, maternité qui est le principe ue toutes les prérogatives de la T.Sainte Vierge.RAPPORT DES ARCHIVES PUBLIQUES DU CANADA, par le Dr Doughty, conservateur des Archives, Ottawa.Prix: Çl.Ofl.Ce volume confient d'abord les rapports des chefs de sections: manuscrits, cartes, recherches et publicité; puis 318 pages des Papiers d'Etat du Bas-Canada, de 1787 à 18-11.C'est la suite d’une publication antérieure: les documents du présent volume couvrent la période de 1830 à 1838.Ils ont été adresses par les secrétaires d'Etat pour les colonies aux gouverneurs généraux et aux officiers administrant la province.NOTES BIOGRAPHIQUE?, PROPOS LITTÉRAIRES, par M.Jules Lesage Aux Editions Garand, 142").rue Sainte-Elisabeth, Montréal.Ces notes biographiques sont des propos littéraires et vice versa.M, Lesage a accumulé dans ces pages de critique mille renseignements qui seront fort utiles aux étudiants.Il apprécie successivement Philippe-Aubert de Gaspé, Crémazie, Casgrain, Marmette, Buies, Larue.Lenoir, Tassé, Chauveau, Boucherville, Turcotte.Dunn, Gérin-Lajoie.Napoléon Bourassa, Siméon LeSage, Laure Conan, Edmond Rousseau, Joseph Royal, Pierre-Georges Roy, Hector Fabre. 221 REVUE DES LIVRES LE DRAME DE PEUPLE ACADIEN, par le R.F.J.-B.Jégo, — Dépo- sitaires: R.F.A.Etienne, Collège Ste-Anne, Church Point iN.S.) ou R.F.Joseph Thomas, Collège du Sacré-Cœur, Bathurst, N.B.) Prix: 50c.Ce drame est la “reconstitution historique en neuf tableaux et une pose plastique de la dispersion des Acadiens, d'après la “Tragédie d un Peuple d'Émile Lauvrière".— 120 pages, avec !-’ photographies des principales scènes et de nombreuses vignettes.Ce livre n’a d'autre but que de rappeler les sublimes vertus chrétiennes et patriotiques des Acadiens qui ont écrit de leur sang une des plus belles pages de l'histoire de 1 âme française.ligne droite or ligne courbe'.1 cone or sphere optique?par M.Ivan Jobin.- Librairie Albert Lévesque, rue Saint-Denis, Montréal.On lit, dans l'Introduction de cet ouvrage, que l'auteur n'a pas l'ambition de révolutionner les lois de ht vision humaine, mais simplement de modifier 1 interpretation et l’expression visuelles dis artistes.( est déjà quelque* chose.11 se défend bien de chercher à nous faire apercevoir couramment tous les objets en lignes courbes ou sous forme sphérique.Ses théories, dit-il, “ne - appliquent pas tant à l’impression sentie par l'œil du promue qu à 1 expression artistique des impressions visuelles reçues, expression destinée à créer I illusion de la réalité Ainsi limité l'objectif de M .Jobin.il est intéressant d'observer comment il s'efforce d’y atteindre.Son livre e-t magnifiquement édité et illustré de beaux dessins par M.Gérard Comète et par l'auteur lui-mème.O.M.TOXEV EN ANGLETERRE — LA FORTUNE DE TONEY, par Esmée Stuart.Adaptés de l'anglais par Vergés.Deux romans de la Collection Bijou.—-A la Bonne Presse.l’rix: 3 francs chacun.Trè- originale, débrouillarde, franche, hardie, généreuse, la ptite Toney ne s’embarrasse pas de conventions factices.Devenue orpheline, elle quitte son Australie natale, et arrive en Angleterre chez sa tante lady Dove, vieille dame toute en modes, qui se fait un glorieux martyre de l'adoption de cette délicieuse mais surprenante nièce.Fidèle aux enseignements d'un père généreux, Toney -e dévoue au soulagement des pauvres et accepte -ans révolte le rôle de souffre-douleur.Elle se fait au dehors de bons amis, entre autres le vieux général Stone qui lui léguera son immense fortune.Devenue majeure et une des plus riches du comté, Toney s'emploie avec un dévouement accru à ses œuvres charitables et, charmante manie, s'occupe aussi de mariages.Après une nouvelle et grande largesse qui fait une énorme brèche dans sa fortune, elle trouve moyen oe faire un heureux de plu- en donnant ce qui lui reste: son cœur.Les initiatives de l'amusante Toney conquerront les lecteurs de ces aventures charmantes.MADEMOISELLE CODEX, par René Duverne.Roman de la Collection Bijou.' la Bonne Presse, â rue Bayard, Paris.Prix: 3 francs.Agée de vingt-six ans, munie île son diplôme de docteur en médecine, Mlle Aline Coyer -e décide à s'établir pharmacienne; elle achète l'officine des époux Benoit dans le petit bourg d'Ubrieux et vient s'y installer. 222 revue trimestrielle canadienne Drs son arrivée, elle se trouve en butte au mauvais vouloir et aux tracasseries du inaire de la commune, le riche docteur anticlérical Lanzac, tyran du village, qui s’oppose à tous ses projets charitables.Courageusement elle lui tient tête et poursuit sans défaillance la tâche quelle a choisie et l'apostolat charitable qu’elle exerce au sein d’o'uvres sociales dont elle est l'initiatrice et l'animatrice.Mlle gagne bientôt la sympathie des habitants et finit par triompher de son haineux adversaire, avec un allié, tout à fait inattendu, le timide mais généreux Raoul Lanzac, le propre fils du terrible médecin.Marchant désormais la main dans la main, à la mort du maire les deux amis se vouent à la réparation du mal fait par son sectarisme et rendent le bonheur aux gens d'I brieux.11 a suffi d un cœur d’apôtre.D'un esprit pleinement chrétien, écrit en un style naturel, malicieux parfois, ce roman amusant met en scène, outre la jeune héroïne, quelques “types” bien campés : Raoul le converti, tiabrielle et son partenaire l'agent voyer Péronneau, le père Bridou.JARDINS SECRETS, par Jean de Beleayre.Roman de la Collection Bijou.— A la Bonne Presse, 5, rue Bayard, Paris.Prix: 3 francs.Pour accomplir une vengeance qu'il considère comme sacrée, Jean Darri-gand a échafaudé de tristes projets.Il .-'installe près du château ne Maisonfort et entre on relations avec les châtelains: par de belles manières et une hypocrite dignité de vie, il conquiert leur estime et épouse bientôt la fière Rolande.Poursuivant impitoyablement son travail de haine, il y sacrifie, malgré les conseils d'un frère plus généreux, l’estime et la confiance de sa femme.Celle-ci, après une révolte bien compréhensible, accepte chrétiennement sa pénible situation et demeure la compagne dévouée et attentive d un mari cruel.Une heureuse découverte récompensera cette générosité et un bonheur sincère unira désormais, dans une entente confiante et sans jardins secrets , l’époux transformé à sa conquérante compagne.LA RÉSISTANCE DES BÉTONS EN FONCTION DE LEI'R DOSAGE.par M, Tarde.In s3, ltl'J pages avec TJ figures.Prix broché: lû francs.Chez Ch.Béranger, lü rue des Saints-Pères.Paris.1932.Mise au point, d'une question complexe et très importante pour l'ingénieur-constructeur, résumant les principes essentiels du dosage des bétons, tels (pi ils découlent des travaux des principaux expérimentateurs.La première partie de l'ouvrage contient l'étude théorique de la question.(>n y trouve des formules pratiques d’application facile.Dans la seconde partie 1 auteur illustre 1 etude précédente par des résultats d essais et des exemples numériques.L'INCENDIE, par A.Chaplet et .1 Roussel.In s3, J24 pages avec 117 figures et de nombreux tableaux dans le texte.Prix broché: 50 francs.Chez Ch.Béranger, Paris, 1932.Cet ouvrage s'adresse aux constructeurs et à tous ceux rpii sont chargés de l'entretien des bâtiments.Il contient de nombreux renseignements d'ordre pratique sur les moyens de prévenir et de combattre l’incendie.Voici quelques en-têtes de chapitre.-.Constructions à l'épreuve du feu: L'ignifugation; Le- in-flammat ions spontanées et leur prévention ; Le stockage des liquides combustibles : Les extincteurs automatiques: Les extincteurs portatifs: La lutte contre les débuts de l’incendie: Incendies généraux; Incendies spéciaux. REVUE DES LIVRES 223 TRAITÉ PRATIQUE DE PROSPECTION GÉOPHYSIQUE, par C.-L.Alexanian.In s", 26S paires avec 133 figures et 2 planches hors texte.Prix relié: 68 francs.Chez Ch.Réranger, 15, rue (les Saints-Pères, Paris.1932.Manuel pratique destiné il guider 1 opérateur sur le terrain ainsi que le géologue et l'ingénieur chargés d'interpréter les résultats des mesures physiques.Ijç style est clair et précis.Le texte est illustré par de nombreuses gravures qui en facilitent la lecture.Chaque chapitre se termine par une bibliographie très complète.En somme, c'est un très bon instrument de travail.LEÇONS ÉLÉMENTAIRES DE PHYSIQUE EXPERIMENTALE SELON LES THÉORIES MODERNES.Quatrième édition.In S °, 510 pages avec 500 figures dans le texte et 10 planches hors texte.Prix broché.>>7 francs.Chez Ch.Réranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris.1931.Manuel destiné aux élèves des humanités et des cours normaux supérieurs.L'auteur a suivi un ordre qui diffère du tout au tout de celui des manuels classiques; cependant, cet ordre est logique et justifié par les acquisitions de la physique moderne.I.e texte est au point.11 contient de nombreuses données sur les ordres de grandeur et il est abondamment illustre.En appendice se trouve une série de cinquante problèmes numériques complètement résolus.Enfin, détail très important, l'ouvrage est complété par une table alphabétique des matières.FORMULES ET TAREES NUMÉRIQUES CONCERNANT LES OPERATIONS FINANCIÈRES, par L.Potin.In 8°, de 566 pages, 41 tableaux et I monogramme hors texte.Prix relié: 234 francs.( liez Ch.Berangei, Paris.1931.Document qui est à la fois un traité sur l'aspect théorique du sujet et un manuel très complet pour le praticien qui doit effectuer des calculs précis.La première section contient un traité pratique de calculs numériques suivi d un recueil complet des formules à utiliser pour le.calcul des différentes opérations de finance.Pour plusieurs cas l'auteur donne des exemples numériques montrant des dispositions commodes pour le calcul.La deuxième section est un ensemble de tables numériques qui, jusqu à présent, n avaient pas été réunies ou calculées.Toutes les tables financières sont accompagnées de leur representation graphique, dans le but de permettre au calculateur de reconnaître, de visu, les régions où l'interpolation dans les tables donne des résultats peu précis.GUIDE DU TOURNEUR, par A.Arnbert.In 8°, 271 pages avec 182 figures.Prix, reliure souple: 47 francs.Chez Ch.Réranger, Paris.1932.TRAITÉ DE CHIMIE MINÉRALE Tome 111.Azote — Phosphore -Arsenic — Industries de i.Azote, publié sous la direction de Paul Pascal et Paul Raud.In 8°, 780 pages avec 130 figures.Prix broché: 140 fr.Chez Masson
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