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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1932, Collections de BAnQ.

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Mention incorrecte.-Volume imeannée No 71 MONTRÉAL Septembre 1932 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématique* Législation—Histoire-Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 235— I.Le Chiffre et la Statistique en Science Soçiale Léon GÉRIN 252— II.Les Cellules photoélectriques.Georges DÉJARDIN 273—III.L’École et la Paix.g.van DER BRACHT 292— IV.Étoiles non euclidiennes.Jules poivert 306— V.Au Pays des Roses rouges.Jean BRUCHESI 317— VI.Étude de l’Eau du Port de Montréal pour la Production de la Vapeur.Guy LANCTOT.337—VII.Revue des Livres.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITÉ DE DIRECTION: Président: Mgr J.-Vincent Piette, Recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM, Aurélien Boyer, Principal de l’Ecole Polytechnique.Augustin Frigon, Directeur de l’École Polytechnique.Arthur Amos, Chef du service hydraulique de la Province de Quebec.Victor Doré, Professeur à l’École des Hautes Études Commerciales.Alfred Fyen, Professeur à l’École Polytechnique.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Olivier Maurault, p.s.s.Curé de Notre-Dame.Edouard Montpetit, Professeur à l’Universit: de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.Armand Circé, Professeur à l’École Polytechnique.Secrétaire de l’Association des Anciens Élèves.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION: Président.Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Arthur Amos, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre, Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-Denis, Montreal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I L’UNIVERSITÉ de MONTRÉAL Comprend les facultés et écoles suivantes : TACLLTCS THEOLOGIE * DROIT MEDECINE - PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ECCLES PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D’OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE - MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME ?Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St-Denis Montréal 11 revue trimestrielle canadienne Département du Secrétaire de la province de Québec HON.ATHANASE DAVID, Secrétaire provincial ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ECOLES TECHNIQUES MONTREAL, QUEBEC, HULL COURS TECHNIQUE: Cours de formation générale technique préparant aux carrières industrielles.(Trois années d études).COURS DES METIERS: Cours préparant à l’exercice d'un métier en particulier.(Deux années d études).COURS D’APPRENTISSAGE: Cours de temps partiel organisés en collaboration avec l'industrie.(Cours d imprimerie à l’Ecole Techinique de Montréal).COURS SPECIAUX: Cours variés répondant à un besoin particulier (Mécaniciens en véhicules-moteurs et autres.) COURS DU SOIR: Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre un cours industriel complet.COURS D’ARTS ET METIERS SECTION DES METIERS COURS DU SOIR: Montréal, Port-Alfred.Chicoutimi, La Tuque, Beauceville, Lévis, Lauzon, Saint-Romuald, Sherbrooke, Saint-Hyacinthe, Valleyfield, Lachine, Shawinigan Falls.Ces cours s’adressent tout particulièrement aux ouvriers, et couvrent plusieurs sujets tels que: Dessin industriel, Mathé-mathiques de l'ouvrier, Electricité, Lecture de plans, Travail du bois, etc.•'TECHNIQUE", Revue industrielle, organe de l’Enseignement technique.Abonnement: $1.00 par année (10 numéros).AUGUSTIN FRIGON Directeur général de V enseiênement technique 1430, RUE SAINT DENIS, MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 111 Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l’Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l’Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.).l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations (1 assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Viper et rue St-Hubert, MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE IV ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1873 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS: Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques Constructions Civiles Génie Sanitaire Hygiène Physique Descriptive Mécanique Hydraulique ( Jéologie Géodésie Métallurgie Travaux Publics Chemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 920i Laboratoire Provincial des Mines: — LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL SEPTEMBRE 1932 LE CHIFFRE ET LA STATISTIQUE EN SCIENCE SOCIALE Mes Révérendes Mères, Mesdames, Le chiffre et la statistique sont des compagnons de route fidèles; ils parlent une langue très semblable et ne se distinguent pas facilement l’un de l’autre.Mais gardons-nous bien de les confondre: car l’utilité de ces deux serviteurs de la science sociale est loin d’être équivalente.Le chiffre est l’expression matérielle d’une grandeur numérique, tout comme le mot est le signe cl’une idée.L’un et l’autre répondent au même titre à une opération fondamentale de l’esprit et sont dès lors également indispensables.Il ne saurait donc être question ici de bannir le chiffre et le calcul des études sociales, non plus que d’aucun autre ordre de connaissances.Simplement nous voudrions nous rendre compte dans quelle mesure et sous quelles conditions il est légitime dans l’examen des phénomènes sociaux de recourir au langage de la mathématique, et notamment au plus prestigieux de ses procédés: la statistique.Or celle-ci n’est pas aussi facile de définition que le chiffre.Du moins, les statisticiens eux-mêmes n’ont jamais pu s’entendre, semble-t-il, sur ce qui fait exactement l’objet de leurs études, 1 Conférence prononçai* lo 12 décembre 1031, à l'invitation do 1 Ecolo d’Aotion sociale ot sous l’égide do l'Institut pédagogique do Montréal.y :.• • ' - .-¦ —il 236 RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ni même sur l’étymologie du mot statistique.Suivant les uns, ce terme dériverait du grec statizein, établir; suivant les autres, il nous viendrait du latin status, état, qu’on prenne ce mot dans le sens courant ou dans celui de pouvoir public central.( ’est sous cette dernière acception qu’il s’est vulgarisé en Allemagne et en Grande-Bretagne, (2) Quant aux définitions île statistique, dès 1863, Ruinelin, au témoignage de Maurice Block, avait pu en recueillir soixante-trois, nombre qu’on jugerait bien suffisant; ce (pii n’a pas empêché Quételet, célèbre statisticien belge, de porter, six ans plus tard (1869), à cent quatre-vingt-quatre le nombre de ces définitions.Et M.Coats, chef de la Statistique à Ottawa, nous assure,—ce qui est assez inquiétant,—que le chiffre s’en est beaucoup accru depuis.Au risque de grossir sans honneur ni profit le nombre de ces définitions de la statistique destinées à l’oubli, je soumets le texte suivant comme amorce à la dissertation qui va suivre: La statistique consiste dans le recueillement compréhensif et la présentation méthodique sous forme de chiffres ou de graphiques, par les soins d’agents d’une administration publique, ou de spécialistes indépendants, de faits sociaux d’intérêt général et susceptibles d’être comptés, pesés, mesurés ou figurés.En nous fondant sur la méthode d’observation, nous allons voir successivement ce que donne la statistique, d abord, au service des pouvoirs publics, puis au service de la science.Comment s’êlabove lu statistique officielle Ces accumulations et ces groupements de chiffres ne sont pas un produit de la génération spontanée.Ce sont des hommes, îles femmes qui les ont réunis et mis en œuvre.Quelle est leur forme d’esprit ordinaire?Le chef du service, s’il a été désigné en raison de sa compétence spéciale,—ce (pii n’est pas toujours le cas,—sera un mathématicien expert, sans être pour cela particulièrement versé dans la connaissance des faits sociaux.11 arrivera qu’un journaliste bien doué soit, en récompense de services rendus, honoré de la direction de cette œuvre difficile et délicate, la compilation de la statistique officielle; et s’il est ¦ Littré, au mot Statistique.— I’.du Murousscin, Les Enquêtes, Alcan, 1900, p.G.— K.H.Coats, The place of statistics in Xational administration, Mémoires de la Société Royale du Canada, 1929, p.S3, note. LE CHIFFRE ET LA STATISTIQUE 237 homme d'intelligence et.d’initiative, il y a chance qu’il remplisse la charge à la satisfaction tant du public que de ceux qui l’ont "pistonné’’, comme on dit en langage barbare.Mais il n’est pas seul.Il a des chefs (pii ont un pied, sinon les deux dans la politique; et il a des subordonnés, dont la compétence, sinon la bonne volonté, peut fort bien lui faire défaut.Conséquence: rendement du personnel diminué, et par surcroît, les résultats faussés.Mais passons; il est entendu (pie toute besogne dont se charge l’Etat coûte cher et entraîne un lourd déchet.Pourquoi la statistique ferait-elle exception ?il n’y a pas lieu de nous plaindre.Si nous n’en avons pas toujours pour notre argent, au moins, s’en trouve-t-il amplement pour satisfaire les plus exigeants.Voyez s’aligner sur les rayons de votre bibliothèque ces octavos, ces quartos de cinq cents à mille pages.Ce sont les annuaires statistiques de la France, des Etats-Unis, du Canada, de Québec.On y traite île maint aspect de la vie du peuple, avec luxe de détails, de tableaux, de graphiques, de cartes, etc.L’utilité de la plupart de ces publications est incontestable.Elles fournissent sur l’organisation sociale et la vie économique du pays des indications précieuses, indispensables même.Est-ce à dire que la statistique officielle, en dépit de faiblesses ou de tares accidentelles ou constitutionnelles, peut être érigée en discipline des études et des recherches sociales?Il est encore un peu trop tôt pour nous prononcer.Lacunes de la statistique des pouvoirs publics.Regardons-y de plus près: nous discernerons dans les pro- cédés mêmes de la statistique officielle des insuffisances d’autant plus graves qu’elles semblent inséparables du fonctionnement normal des organismes administratifs, et surtout des plus vastes d’entre eux.On observera, tout d’abord, que les pouvoirs publics, dans l’établissement de leurs statistiques, s’inspirent nécessairement de motifs intéressés, plutôt que du pur zèle scientifique.O’est.pourquoi ils se préoccupent avant tout de se renseigner à l’égard de la population, du contribuable et des sources éventuelles de revenu, du mouvement des échanges, et ainsi de suite.Graduellement, il s’y introduira autre chose, mais ce sera avec lenteur et parcimonie.Par suite de cette prédominance de l’intérêt administratif 238 REVEE TRIMESTRIELLE CANADIENNE dans les conseils do l’Ktnl, le champ de la statistique officielle se trouve rétréci, ou du moins notablement déformé, et cela entraîne d’autres inconvénients, comme nous allons voir.Le statisticien fonctionnaire, haut fonctionnaire surtout, ma avec les faits sociaux qu’il enregistre (pie des contacts indirects et lointains.La connaissance des faits qui vont fournir la matière de ses calculs, de ses tableaux, ne lui arrive .pie par l’intermédiaire d’agents nombreux et de compétence fort inégale.les contacts de ce statisticien fonctionnaire avec la réalité sociale, déjà moins révélateurs, parce qu’ils sont indirects, peuvent bien se répandre sur de vastes surfaces, mais ils sont invariablement de faible profondeur.Ce (pie le statisticien et ses équipes de recenseurs et d’agents de toute catégorie sont a meme de saisir et d’enregistrer, ce n’est pas l’objet dans sa totalité, mais envisagé sous un de ses aspects seulement._ _ Enfin, cet unique aspect est très spécial: il faut rpi il se prête à l’expression numérique.Tout ce qui ne peut être énuméré, pesé, mesuré, reste dans l’ombre.Voyons un peu ce qu'une telle méthode comporte d amputations‘sur la réalité vivante et agissante.Sans doute, il reste au tableau des êtres humains, mais désormais représentes seulement par autant d’unités abstraites, ou de fragments de leur existence première, qui sont dispersés en cases distinctes, par catégories d’âge, de sexe, d'état civil.Dans ce musée d abstractions, de membres détachés du tronc, la personnalité humaine disparaît, et la vie est lamentablement absente.Quant aux groupements sociaux, leurs étiquettes figurent bien en divers endroits des tableaux de la statistique officielle: familles, ateliers de travail, entreprises de transport, etablissements de commerce, confessions et fondations religieuses, maisons d’enseignement, professions libérales, associations et corporations de toute nature, groupements hiérarchisés de la vie publique, rien n’v manque.Mais c’est en masse confuse.Comme dans le cas précédent, l’être concret a été décomposé en abstractions, brisé en fragments artificiels, et son individualité masquée sous le travestissement de moyennes arbitrairement établies.Ici encore la vie est absente., Une fois que le rouleau de la machine statistique a passe sur le corps social, il ne reste plus que les matériaux épars apportés de tous les recoins du pays par l’armée de ses agents; poussière LE CHIFFRE ET LA STATISTIQUE 2-30 d’humanité, qu’il serait long, pénible, impossible de reconstituer en ses groupements primitifs, du moins en ne s’aidant que des publications officielles.Le groupement familial est décomposé', l’atelier de travail l’est également.Dans les imposants agrégats de chiffres que les statisticiens de l’Etat mettent libéralement à notre disposition, il serait pour bien dire illusoire de chercher à retrouver sous la variété des rubriques les linéaments des divers groupements, les réalités concrètes de l’ordre écononvque.Se poursuit-il une enquête sur les frais d’existence du personnel administratif, la commission chargée de renseigner le gouvernement a, dans le cours ordinaire des choses, pour tout contact avec l’employé le questionnaire auquel celui-ci est invité a répondre, et cela hors tout contrôle effectif et sauf l’assurance que, aussitôt sa réponse reçue, son nom aux archives sera remplacé par un chiffre.Tout reste impersonnel du commencement à la fin.La carte économique césium est obtenu à l'état de vapeur en chauffant la capsule de l’extérieur au moyen d'un petit four à liante fréquence.Dans les cellules courantes au potassium, la couche épaisse du métal alcalin est presque toujours soumise à un traitement particulier destiné à accroître la sensibilité générale (Pister et Geitel).On introduit dans l'ampoule île l'hydrogcne pur et sec sous une pression de l'ordre du millimètre de mercure.On fait ensuite passer à travers ce gaz une décharge lumineuse au moyen d’une petite bobine d'induction, ou d’une batterie d’accumulateurs de quelques centaines de volts.< )n produit ainsi, au bout d'un temps très court, une modification de la surface cathodique correspondant à un accroissement considérable de la sensibilité photoélectrique, et caractérisée par un changement de couleur très remarquable.I.a surface prend une coloration variable suivant la nature du dépôt et les conditions de la décharge (bleu d’acier, bleu clair ou grisâtre s'il s’agit de gouttelettes très fines du métal alcalin).On admet aujourd'hui (pie l'hydrure de potassium ainsi produit forme une couche de transition entre le potassium massif et un film superficiel monoatomique du même métal.Nous avons déjà fait remarquer que le courant photoélectrique est obtenu en intercalant entre les deux électrodes une source de tension, par exemple une batterie d'accumulateurs de 100 à 200 volts.On produit ainsi un champ accélérateur qui entraîne les électrons émis par la cathode lorsque celle-ci est éclairée.Si les électrodes sont bien isolées, la cellule ne laisse passer aucun courant dans l’obscurité.On place également dans le circuit de la cellule une résistance de protection (de l'ordre du mégohm) et un galvanomètre sensible permettant de mesurer l'intensité du courant.On utilise actuellement deux types de cellules: celles dont l’ampoule est rigoureusement vide et celles dont 1'; ’ est remplie d’un gaz incite (argon pur) sous une pression de quelques dixièmes de millimètre de mercure.Dans ce dernier cas, le courant photoélectrique est amplifié à l'intérieur même de l’ampoule grâce au phénomène bien connu de l’ionisation par choc.Les photoélectrons viennent bombarder les atomes d’argon et les dissocient en donnant naissance à de nouveaux électrons et à des ions positifs.Le déplacement de ces centres électrisés supplémentaires, sous 6892 -T LKS CKLLULES PHOTOÉLECTRIQUES 259 l'action du champ électrique, apporte une contribution importante au courant total qui traverse le circuit.Les cellules des deux catégories se différencient très nettement par leurs “caractéristiques”.Quand on applique une tension croissante à une cellule à vide, l'intensité du courant, qui augmente tout d'abord rapidement, finit par atteindre une valeur limite constante (courant de saturation) lorsque tous les électrons sont captés par l'anode.Au contraire, avec une cellule à atmosphère gazeuse, 1 intensité du courant total croît de plus en plus rapidement et, pour une certaine tension (potentiel d'illumination), il se produit au sein du gaz une décharge lumineuse (pii risque d ailleurs de détruire la cellule ou de faire varier sa sensibilité.Une cellule à atmosphère gazeuse fournit évidemment un courant beaucoup plus intense qu'une cellule à vide possédant une cathode de même nature et recevant le même flux lumineux.Pour les cellules au potassium dans le vide, par exemple, l’intensité obtenue en éclairant la cathode avec de la lumière blanche (lamp?électrique à filament de tungstène) atteint au plus un microampère par lumen.La présence de l’argon permet d accroître cette intensité dans le rapport de 1 à 10 ou 20, l'amplification dépendant d'ailleurs de la tension appliquée.Les cellules à vide sont donc beaucoup moins sensibles, mais cet inconvénient est racheté par une grande stabilité et une permanence presque absolue des courbes caractéristiques.De plus, le courant produit sous une tension déterminée est rigoureusement proportionnel à l'éclairement.Pour les cellules à gaz, au contraire, la proportionnalité ne peut être admise que si le courant total est relativement peu intense, c'est-à-dire si l'éclairement, ou le potentiel accélérateur des électrons, reste suffisamment petit.L'une des propriétés fondamentales de la cellule photoélectrique est l'absence d'inertie.Les variations du courant traduisent instantanément les fluctuations d’intensité lumineuse.On le constate aisément, par exemple, en coupant périodiquement, avec un obturateur approprié, le faisceau qui tombe sur la cathode.Un récepteur téléphonique, placé dans le circuit de la cellule, donne avec une grande pureté le son dont la hauteur correspond exactement à la fréquence des interruptions.L'effet photoélectrique permet donc de suivre et d'enregistrer un phénomène lumineux très rapidement variable (films sonores, phototélégraphie, télévision).Toutefois.dans le cas des cellules à atmosphère gazeuse dont la cathode 260 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE reçoit un flux lumineux périodiquement variable, le rapport de l'amplitude du courant à celle de l’éclairement diminue beaucoup à mesure que la fréquence augmente (jusqu’à 50,000 périodes par seconde dans les expériences de Metcalf).Kn d'autres termes, l’amplification due à la présence du gaz ne reste pas constante en régime périodique rapide.Ces variations de la “sensibilité dynamique" des cellules à gaz sont évidemment liées au phénomène de l'ionisation par choc, mais le mécanisme qui les produit n'est pas complètement élucidé.Le courant fourni par une cellule photoélectrique dépend de l'intensité et de la composition spectrale du flux lumineux qu’elle reçoit.Le rayonnement étant supposé monochromatique, on appelle “émission" le rapport (exprimé, par exemple, en ampères par watt) du courant de saturation primaire (cellule à vide) au flux reçu par la cathode.La sensibilité est loin d’être uniforme dans toute l’étendue du domaine spectral susceptible d'agir sur une cathode déterminée.Pour les métaux alcalins, qui présentent l'effet photoélectrique “sélectif”, la variation de l'émission avec la longueur d’onde est représentée par une courbe “en cloche” (courbe de sensibilité à énergie égale) dont le maximum se déplace vers les grandes longueurs d’onde à mesure que le poids atomique augmente.Les longueurs d’onde correspondant au maximum de l’effet sélectif ont les valeurs suivantes (dépôt massif de métal alcalin): Xa: 0(1,340 K:o[i, 140 lîbiog, 175 Cs:o(i, 540 Les cellules au potassium sont donc surtout sensibles dans le violet et le bleu, tandis que les cathodes de césium permettent d'étudier la partie la moins refrangible du spectre visible.Les autres métaux (cadmium, uranium, etc.) présentent l’effet photoélectrique “normal”: la sensibilité croît constamment vers l ultra-violet à partir du seuil photoélectrique.Nous avons déjà mentionné la sensibilité spectrale particulière des films très minces de métaux alcalins déposes sur un support convenablement traité.D’autre part, l’effet sélect if est, en général, profondément modifié par la présence accidentell ¦ ou l’introduction de certains gaz.L'étude systématique de ces variations a permis d étendre largement le domaine de sensibilité des cellules ordinaires et de réaliser des cathodes sensibles aux radiations de grande longueur d’onde du spectre visible et du début de l’infrarouge.Les sources courantes de lumière blanche (lampes à filament de tungs- LKS CELLULES PHOTOÉLECTRIQUES 261 tène) donnent un rayonnement dont l'intensité varie considérablement avec la longueur d’onde: la plus grande partie de l'énergie est transportée par les radiations rouges et infrarouges.L’extension de la sensibilité des cellules dans cette partie du spectre permet donc d'obtenir des courants photoélectriques neaucoup plus intenses.A cet égard, l'amélioration la plus nette a été réalisée en faisant agir la vapeur de césium sur une plaque d argent oxydée superficiellement, et en soumettant la cathode ainsi préparée à un traitement thermique approprié (Kollcr, Campbell).La surface photensible semble constituée par un film monoatomiqu?de césium adhérant fortement au support métallique par l'intermédiaire d’une couche d'oxyde de césium.La sensibilité s’étend dans l'infrarouge audelà de >.= i a et le courant débité est compris entre 11) et 50 microampères par lumen (dans le vide).Les cellules de i ¦ type sont donc particulièrement bien adaptées à la projection des films sonores.On obtient une sensibilité un peu moins étendue en déposant un film de potassium sur du cuivre oxydé superficiellement.Il existe dans ce cas deux maxima d’émission au voisinage de X -o a,420 et X = o g,000 (Campbell).I.es résultats sont encore moins satisfaisants en prenant comme support du métal alcalin (sodium, potassium) une pellicule de magnésium oxydé, mais les cellules ainsi préparées semblent remarquablement stables (Déjardin).Dans tous le> cas, l’oxydation du support favorise le développement de la sensibilité dans la région des grandes longueurs d onde.Les cellules au sodium obtenues par introduction du métal à travers l’ampoule, en utilisant la conductibilité électrolytique du verre, peuvent aussi être sensibilisées en faisant agir 1 oxygène sur le dépôt cathodique (Sclényi).Enfin, l’oxygène intervient sans aucun doute dans la sensibilité îles cellules au baryum préparées par Case.01 pin a étudié les variations de sensibilité du sodium et du potassium en faisant agir sur ces métaux les gaz dégagés par de la fleur de soufre (vapeur d’eau, gaz sulfureux), la vapeur d’eau et un grand nombre de matières organiques (colorants, benzine, etc).La sensibilité photoélectrique ne correspond nullement au spectre d’absorption du corps sensibilisateur.Dans la plupart des cas, on observe en effet un renforcement notable de l'émission pour les grandes longueurs d'onde, même avec des substances incolores comme la benzine ou la vapeur d’eau.De plus, on peut interpréter 262 RK VU K TRIM KSTRIKLLK f'AN ADIKNNU la nouvelle distribution spectrale de la sensibilité en superposant à la courbe normale du métal une courbe additionnelle «le meme forme (courbe en cloche) décalée vers le rouge par rapport a la précédente.La différence des maxima «les deux courbes correspond sensiblement à l'une des fréciuences caractéristiques de vibration des liaisons atomique O-TL C-H ou N-H.Des déplacements analogues ont été observés avec les cathodes «le potassmm et «le sodium sur magnésium oxydé (Dejardin)., La couche superficielle de toutes les cathodes •‘sensibilisées est vraisemblablement constituée par un film monoatomiquc .1 un métal fortement électropositif (Na.K, (’s, etc.) séparé «l'un support massif (formé «lu même métal ou «l'un métal «hfierent) par une couche intermédiaire (KH.NaS.( s L etc.) dont la production nécessite l’invertention d'un corps susceptible de se combiner au métal alcalin.11 existe d'autres récepteurs photoélectriques dont le fonctionnement peut être rapproché, dans une «•ertaine mesure.de celui «les cellules décrites précédemment.Ces nouvclLs cellules a ox> do de cuivre" sont simplement conspuées par une lame de cuivre pur dont l'une des faces est recouverte «l'une couch.?«1 oxydai.Cu'-O (obtenue en oxydant le métal dans certaines conditions) Pour former la seconde électro.l ¦.on applique sur la couched o\>dv soit une mince pellicule métallique transparente a la lumière, soit une grille de cuivre.Nous examinerons successivement les deux types de récepteurs photoélectriques ainsi réalisés (Lange.Auger.1° L'électrode transparente (or.argent) est obtenue par pulvérisation cathodique.Sans qu'il soit nécessaire d'intercaler dans le circa,t aucune source auxiliaire de tension, on obtient un courant proportionnel à l’intensité lumineuse incident.» («le \ ordre de 1 ¦ microamperes par lumen en lumière blanche), et «linge «lans 1.» sens Cu-pellicule transparente., .Il s'agit donc d'une sorte de pile photoélectrique «huit la resistance interne est de l'ordre «le 1000 ohms.La distribution s,lectral.» de la sensibilité est représentée par une courbe “en cloche avec maximum vers O g,5.On admet que les photoélcctrons prennent naissance «lans l’oxyde «le cuivre au voisinage «le la surtare de séparation Ou-O — Au (effet de paroi antérieure).2° Les cellules à grille appliquée sur la «•miche semi-conductrice d’oxvde donnent un courant moins intense «pi avec la «fis- LES CELLULES PHOTOELECTRIQUES 263 position précédente (par exemple, 10 lois plus faible dans les memes conditions d'éclairement) et dirigé dans le sens grille plaque de cuivre.D’autre part, la sensibilité spectrale est très différente, car le revêtement d’oxyde filtre le rayonnement et ne laisse passer pratiquement que les radiations rouges et infrarouges.L action de la lumière est localisée dans la couche limite ( iuO— Lu (effet fie paroi postérieure).Les radiations actives s échelonnent entre O (1,575 et 1 a,4 avec maximum aigu vers O g,62.En outre, le courant obtenu diminue notablement lorsque la température s'élève (de lô° C à 00° C, par exemple la f.e.m.développée par le rayonnement devient 12 fois plus faible).A cause de leur rendement élevé et de leur simplicité, les cellules à oxyde de cuivre permettent d’envisager une possibilité d’utilisation directe du rayonnement solaire.On les utilise déjà à la place des cellules courantes dans certaines applications (films sonores).Les courants tris faibles débités par les cellules photoélectriques sont mesurés au laboratoire au moyen d’électromètres ou de galvanomètres sensibles.Pour les applications industrielles, il est absolument nécessaire de les amplifier.On utilise dans ce but des amplificateurs à lampes triodes dont la description est en dehors du cadre de cet exposé.A PPL K 'AT K >\S.— Nous examinerons en premier lieu les applications qui présentent le plus grand intérêt d actualité: projection des films sonores, transmission électrique des images (phototélégraphie) et vision à distance d’objets animés (télévision).La première de ces applications est d’ailleurs de beaucoup la plus importante au point de vue commercial.1° Films sonores.—-La synchronisation parfaite et automatique du son et de la projection se trouve réalisée en enregistrant les effets visuels et audibles sur le même film.On réserve sur l'un des bords du film, entre les images et les encoches destinées à l'entrainement, une bande ayant seulement 3 millimètres de largeur, ("est sur cette bande que le son est enregistré par l'un des deux procédés suivants, dont nous indiquerons seulement le principe.a) Dans le procédé à “opacité ou densité constante", la “bande sonore” est partagée en deux régions claire et sombre, ayant chacune une opacité uniforme et séparées par une ligne sinueuse, dont les dentelures correspondent précisément aux vibrations 261 RK VI'K TRIM ESTRIELLK C’A N A DI K N X E r sonores (Fig.1).Le microphone chargé de recueillir ces vibrations donne naissance à un courant modulé qui, après amplification, actionne un 'oscillographe.Le miroir de cet appareil, convenablement éclairé, produit sur la bande sonore un spot lim ineux mobile dont les déplacements traduisent fidèlement les fluctuations du courant.La largeur variable de la région impressionnée par la lumière est donc liée rigoureusement à l'amplitude et à la frequence des vibrations sonores.b) Dans la seconde méthode d'enregistrement, dite à “opacité ou densité variable", les vibrations sonores sont traduites par des variations correspondantes de 1 impression photographique davis le sens de déroulement du film.Mais 1 opacité doit être uniforme sur toute la largeur de la bande sonordlig.2 c Dn obtient ce résultat par différents procédés.Par exemple, le film est déroule devant une fente fine éclairée par une lampe à luminescence spéciale.,an.i ?AS a = ?= ?= ?IP Fig.; Cette lampe renferme un gaz ou un mélange gazeux (neon.Indium i susceptible de s'illuminer sous tension et de donner une lumière suffisamment act inique.La tension appliqués* à la lampe est modu-téc par le courant du microphone et, dans ces conditions, les \ibra-lions sonores produisent des fluctuations de la luminescence du gaz.Il existe plusieurs types de dispositifs permettant de projeter le film et de reproduire le son d une manière parfaitement eoncoi- - LKS CELLULES PHOTOELECTRIQUES 265 dante.L'un des plus employés est représenté par la fig.3.On concentre sur la fente F.au moyen du condenseur C.la lumière émise par le filament S d'une lampe à incandescence d’un modèle spécial.Fig.3 L’objectif de microscope O projette sur le film P une image réduite de la fente, formant un trait lumineux très fin s'étendant sur toute la largeur de la bande sonore.Le flux lumineux qui traverse le film dépend, suivant le procédé d’enregistrement utilisé, de la largeur de la partie sombre ou de l’opacité uniforme de la région très étroite occupée par l'image de la fente.La cellule photoélectrique A, placée derrière h1 film, traduit électriquement les variations d'intensité lumineuse.Le courant qu’elle produit est amplifié et envoyé dans un haut-parleur.Avec les appareils ordinaires de projection, l'enregistrement sonore doit être décalé légèrement (d’environ 40 centimètres de film) par rapport à la succession des images, de manière à permettre le déroulement continu de la bande sonore et le déplacement saccadé du film devant l'objectif.Le flux lumineux reçu par la cellule est extrêmement faible et développe, par exemple, une puissance rie 0,01 microwatt.Si le fonctionnement du haut-parleur nécessite une puissance de 20 watts, l'énergie disponible doit donc être multipliée par 2 milliards.Fne telle amplification ne s’obtient pas sans grandes difficultés, et rie nombreuses précautions doivent être prises pour éliminer les perturbations d'ordre électrique et mécanique.Pour reproduire fidèlement les fréquences musicales les plus élevées, il faut évidemment que la région éclairée de la bande sonore soit très étroite.On se contente actuellement de réduire la largeur du trait lumineux à quelques centièmes de millimètre.Dans le dispositif établi récemment par Dunoyer, on projette simplement sur le film, au moyen d'un bon objectif, l'image réduite (0,01 mm.) d’un filament incandescent rigoureusement rectiligne.La lumière est ainsi beaucoup mieux utilisée et on évite les multiples inconvénients résultant de l’emploi de fentes plus ou moins fines.2° Phototéléuraphie.— Le problème de la transmission 266 REVUE trimestrielle canadienne électrique des images a été résolu sans avoir recours à l’émission photoélectrique.Toutefois, l’emploi des cellules a permis dp simplifier et de perfectionner les dispositifs émetteurs, dont il existe actuellement plusieurs types.Dans tous les cas, l’image est explorée au moyen d un faisceau lumineux, et les variations de teintes ou tonalités sont traduites par les changements d’intensité d’un courant photoélectrique.Dessia Fig.4.Le document à transmettre est enroulé sur un cylindre qui tourne en avançant le long de son axe, de manière que chaque point décrive une hélice.Dans certains dispositifs (tel que celui de K.Helin), on éclaire fortement le dessin sur une étendue relativement grande dont on projette une image exacte sur un diaphragme placé devant la cellule photoélectrique (Fig.4).Celle-ci ne reçoit donc que la lumière diffusée par vue très petite surface (cercle de 0.25 millimètre de diamètre, par exemple) correspondant à l’ouverture du diaphragme.Diaphragma Fig.5 Dans d’autres appareils, le diaphragme qui permet de définir et de limiter l’élément du dessin transmis à un instant donné est placé sur le trajet de la lumière incidente (Fig.5).L’ouverture sert de source secondaire pour illuminer une très petite portion bien définie de l’image, autour de laquelle est disposé un miroir parabolique dont le foyer coïncide avec le point éclairé.La lumière diffusée est rassemblée par ce réflecteur de manière à donner un faisceau parallèle qui vient tomber sur la cellule, après réflexion sur un miroir plan convenablement orienté. 267 LES CKLLULK- PHOTOÉLECTRIQUES L’intensité du courant photoé!ectri([ue dépend de la tonalité correspondant à la tache d’éclairement: il est maximum pour un blanc, minimum pour un noir et prend une valeur intermédiaire pour les demi-teintes.Pour diverses raisons, l’exploration du dessin se fait assez lentement: une image rectangulaire de 13 sur 1S centimètres, par exemple, sera transmise en quelques minutes.( )n se trouve donc en présence d’une difficulté importante relative à l’amplification du courant photoélectrique.En effet, lorsque le spot lumineux se déplace sur une surface île tonalité uniforme (blanche, noire ou grise), le courant reste constant et ne pourrait être amplifié fidèlement sans grandes complications.Il est en fait beaucoup plus commode d’amplifier un courant alternatif rapidement variable.C’est pourquoi on rend le courant pulsatoire en coupant périodiquement le faisceau incident un très grand nombre de fois par seconde.Par exemple, on dispose sur le trajet de la lumière un disque (non représenté sur les figures schématiques 4 et 5) présentant une série d’ouvertures sur la périphérie et tournant à grande vitesse.Le courant alternatif ainsi produit sert en quelque sorte de support pour les modulations résultant des changements de teinte.La transmission peut s’effectuer sur une ligne téléphonique dans laquelle on envoie le courant photoélectrique (après amplification) au moyen d’un transformateur convenable.S’il s’agit d’une transmission sans fil, l'onde porteuse est modulée par le courant fourni par l’appareil émetteur: en remplaçant le microphone de l'installation radiotéléphonique par un transformateur.Les appareils de réception ne comportent pas de collide photoélectrique.Leur rôle est exactement opposé à celui des dispositifs émetteurs, ils sont en effet construits de manière à transformer en rariations de teinte les fluctuations du courant c/u’ils reçoivent.Par exemple, ces fluctuations sont utilisées pour modifier plus ou moins l’intensité d’un faisceau lumineux qu’on fait agir ensuite sur un film photographique mobile.Ce résultat est obtenu par l’intermédiaire d'un oscillographe ou d’une lampe à luminescence analogue à celles qui servent dans l’enregistrement des films sonores.Le fonctionnement des appareils d’amateurs est basé sur le changement de coloration qui accompagne l’électrolyse d'une solution aqueuse tie ferrocyanure de potassium et de nitrate d’ammonium.La solution précédente imprègne un papier enroulé sur un cylindr \ sur lequel vient s'appuyer un stylet traversé par le 268 HE VUE TRIMESTRIELLE (A N'A DIE.VM courant redressé.Pour obtenir une reproduction correcte du document transmis, le déplacement du film ou du papier doit être rigoureusement synchronisé avec le mouvement du cylindre de l’appareil émetteur.Cette condition n’est aisément réalisable que dans les cas où 1 émetteur et le récepteur se trouvent placés dans une région où les secteurs de distribution électrique sont interconnectes et travaillent en phase.On entraîne alors les deux cylindres par de petits alternateurs synchrones (roues phoniques) alimentés par le secteur et la synchronisation est ainsi obtenue automatiquement.3° Télévision'.— Le problème de la télévision ne diffère pas essentiellement de celui que nous venons d'étudier.Il s’agit, en effet, d'accélérer considérablement la transmission des images de manière à présenter en définitive une série de vues quasi-instantanées d'un objet éloigné.Si celui-ci est animé, la persistance des impressions lumineuses sur la rétine donnera l'illusion d’un mouvement continu.Pour opérer dans ces conditions, les cellules photoélectriques deviennent absolument indispensables.Il faut en outre modifier complètement le procédé d'analyse et les dispositifs optiques utilisés dans la transmission électrique des images.La principale difficulté réside dans la nécessité d’explorer très rapidement l'objet à “téléviser", lin phototélégraphie, une surface de 1 décimètre carré est transmise en quelques minutes.Si l'on veut profiter de l’inertie rétinienne, il faut réduire la durée d’exploration complète à moins de 1 16 de seconde.Dans le cas de la télévision, on obtient heureusement une reproduction suffisante, c’est-à-dire une définition acceptable, en se contentant d’une analyse beaucoup plus grossière.La méthode d’exploration (scanning) la plus courante et la plus simple a été proposée par Xipkow dès 18SL L'organe essentiel est un disque métallique portant une série d'ouvertures circulaires ou carrées (de 21 à 100 trous, par exemple), disposées à égale distance le long d’une spirale, entre deux cercles concentriques.Pour deux trous voisins, la différence des distances au centre du disque est égale au diamètre d'une ouverture.L’image de l’objet à “téléviser" (le visage humain, par exemple) est projetée sur une portion du disque comprise dans l'espace annulaire occupé par les trous (Fig.6).La hauteur maximum de l'image doit être égale à la différence des rayons des deux cercles, tandis que la distance de deux trous consécutifs correspond à la largeur de cette image.Quand on fait tourner rapidement (18 tours à la seconde, par ex- I,KS CKLLUI.ES P 1 1 OTO K LK ( 'TRI QU l> 269 emploi le disque devant la cellule photoélectrique, chaque ouverture traverse l'image une fois par tour et celle-ci se trouve ainsi découpée en bandes jointives parallèles.A un instant donné, la lumière qui agit sur la cellule provient donc d'un élément relativement petit de l’objet fortement éclairé.En un tour complet, toute la surface de l’image se trouve balayée, et les variations d’intensité lumineuses sont traduites par une suite définie d'impulsions électriques.Le flux qui tombe sur la cellule, provenant de l'image d'un objet non lumineux par lui-même, est évidemment très faible, et ce mode d'exploration n'est guère utilisé pratiquement.Cependant, on est parvenu à téléviser par ce procédé les objets éclairés simplement par la lumière du jour.( *11 obtient un dispositif analyseur aussi efficace et pratiquement réalisable en inversant la marche de la lumière, comme l'a proposé Ekstrom en 1910.Au lieu d’explorer l’image avec un disque de Xipkmv.on utilise celui-ci comme Muminatcur — projetant sur l'objet lui-même une taclii lumineuse intense et inobi’e (Fig.7).Fio.- On analyse ainsi directement l'objet, élément par élément, et on reçoit alors la lumière diffusée par sa surface sur une ou plusieurs cellules placées à proximité.11 y a un double avantage à opérer ainsi : 270 UK V 1/ E TRIM KSTKI KI.LK CA N A D1K N N 1 : 1” On pout éclairer très fortement l'élément qui est transmis a un instant donné.Il serait impossible de soumettre l'ensemble do l'objet à un éclairement aussi considérable, surtout s’il s'agit do transmettre l'aspect du visage humain.Le sujet n'est affecté que par l'irradiation moyenne.On peut donc utiliser un éclairement punctiforme très intense et mobile, qui correspond cependant à une moyenne relativement faible et parfaitement supportable.2° D’autre part, il devient possible d'employer des cellules de très grandes dimensions, munies le cas échéant de réflecteurs, et même de grouper plusieurs cellules en parallèle pour recueillir un (lux lumineux plus important.En utilisant à la fois deux types de cellules inégalement sensibles aux différentes couleurs, on peut traduire d'une manière plus correcte les diverses tonalités correspondant à l'aspect- normal du visage humain (procédé de ‘'Twoway television' des “Bell Telephone Laboratories”).Parmi les récepteurs susceptibles d’être utilisés, nous signalerons seulement celui qui comporte une lampe à néon renfermant une électrode rectangulaire plane dont toute la surface s'illumine sous l’action d'une tension suffisante.L’intensité de la luminosité est contrôlée par les variations du courant provenant de l’appareil émetteur: les fluctuations du courant photoélectrique produisent des variations de brillance de la gaine lumineuse.On fait tourner devant le tube à néon un disque de Xipkow percé du même nombre d’ouvertures que celui du poste de transmission.Hi les deux rotations sont rigoureusement synchronisées, on voit alors une reproduction correcte de l’objet se dessiner sur la plaque lumineuse.(’’est en se basant sur les principes précédents qu'on a pu.au cours des dernières années, réaliser pratiquement la télévision d’objets variés et, en particulier, du visage humain.Les dispositifs les plus perfectionnés sont ceux de C.F.Jenkins, de J.L.Baird et de la Bell Telephone Company.Les expériences de Baird ont été répétées en éclairant le sujet avec des rayons infrarouges et, par conséquent, invisibles.Le sujet reste donc dans l’obscurité absolue, et son image infrarouge est projetée — sur le disque de Xipkow (premier mode d'exploration) tournant devant une cellule spéciale sensible aux radiations utilisées.En appareil du même genre (“noctovisor” de Baird) permet de déceler à travers le brouillard des objets lumineux éloignés (feux de navires, phares d’aérodrome, etc.), grâce à la facilité avec laquelle les rayons infrarouges peuvent traverser d'épaisses couches de brume. LES CELLULES PHOTOÉLECTRIQUE: En modifiant convenablement le dispositif do transmission, il ost possible de téléviser un film cinématographique so déroulant d'une manière continue (télécinéma).Enfin, la télévision avec reproduction approximative des couleurs a été réalisée en utilisant, au poste émetteur, trois combinaisons cellule-filtre absorbant permettant d’enregistrer et de séparer les trois couleurs fondamentales rouge, verte et bleue.Au poste récepteur, plusieurs lampes à luminescence (par exemple, un tube à néon et deux tubes à argon) fournissant les radiations nécessaires à la reproduction trichrome.Applications diverses.— Elles sont actuellement si nombreuses et si variées que nous devrons nous contenter do les mentionner rapidement, sans aucun détail d’ordre technique.Ces applications se rapportent à la mesure des flux d'énergie rayonnante (photométrio) ou à la mise on évidence do variations plus ou moins rapides d'intensité lumineuse.Dans les usines de lampes à incandescence, les photomètres visuels sont maintenant fréquemment remplacés par des appareils à cellule, avec lesquels on effectue les vérifications et les opérations de contrôle nécessaires à la bonne marche d'une fabrication.Avec les photomètres photoélectriques, il n'est nullement nécessaire d'expérimenter dans l’obscurité et les mesures sont plus précises et beaucoup plus rapides.De plus, l’étalonnage des appareils et les résultats obtenus sont indépendants dr Vobservateur.Les colorimètres à cellule photoélectrique sont employés pour apprécier les différences de teinte très faibles, les nuances les plus difficiles à saisir directement par l'ieil (échantillonnage des tissus).D’autres appareils analogues donnent des indications précises sur le degré de blancheur du papier ou sur le degré de brillant d’un tissu (soie ou coton mercerisé).Le récepteur photoélectrique est employé assez couramment en photométrio stellaire (mesure des magnitudes et des indices de couleur, détermination de la courbe de lumière d'étoiles variables).On peut aussi l’utiliser pour enregistrer le passage des astres au méridien (détermination de l'heure sidérale).On a construit des appareils à cellule destinés à Vcnreçpstrenient automatique des variations de la lumière du jour.D'autos dispositifs permettent d’étudier les conditions d'éclairage des locaux, les brouillards et fumées, la pénétration de la lumière du jour dans l'eau de mer, etc.< hi “intègre'’ la lumière du jour en faisant passer 272 HE VI E THISI KfiTBIELLK CA X ADI KX X K le courant photoélectrique dans un petit voltamètre et en mesurant le volume d'hydrogène dégagé.Los cellules au cadmium ou à l'uranium sont utilisées pour le dosage des radiations ultraviolettes dont on a reconnu l'effet physiologique ou biologique (photothérapie).On peut notamment vérifier ainsi et compara• entre elles les sources qui produisent ces radiations (arcs au mercure).Dans un grand nombre de déterminations photométriques et speetrophotométriques.et particulièrement dans les mesures d'absorption.il est commode et quelquefois indispensable de remplacer l'œil par la plaque photographique.Cette technique est d'un usage courant en spectroscopic, lorsqu'il s'agit d’analyser dans les plus minimes détails le rayonnement émis ou absorbé par un certain corps.On est ainsi conduit à déterminer avec précision l’opacité ou “densité" des clichés obtenus, et on a souvent besoin de reconnaître les variations de cette opacité mtr une très petite étendue.Les appareils qui permettent d'obtenir ce résultat sont les microphotomètres; les plus sensibles et les plus précis (Chalonge-Lambert, Koch, etc.) sont équipés avec une cellule photoélectrique servant à mesurer la fraction de lumière transmise par le cliché.L’absence de toute inertie permet d’employer la cellule pour déceler ou enregistrer un phénomène lumineux rapidement variable ou même pratiquement instantané.Certains dispositifs sont établis de manière à contrôler l'entrée ou la sortie des véhicules (à l'entrée d'un tunnel, par exemple), à commander un système de signalisation aux croisements de routes, à compter ou à trier certains objets fabriqués en grande série, à provoquer l’arrêt instantané d'un mécanisme (en cas d'avarie ou de fonctionnement dangereux), à produire automatiquement l’ouverture d’une porte devant laquelle se présente une personne, etc.Il existe également des appareils à cellule servant à la détection des fumées (avertisseurs d’incendie) ou à la protection contre le vol.Ces brèves indications suffisent pour montrer l'intérêt pratique qui s’attache aux perfectionnements de construction et de conditions d’utilisation des cellules photoélectriques.On peut prévoir qu'à bref délai la cellule photoélectrique sera aussi connue et peut-être aussi couramment employée que les lampes détectrices et amplificatrices utilisées actuellement en téléphonie sans fil, Georges Déjardix, Professeur de Physique à il Diversité de Lyon L'ÉCOLE ET LA PAIX Ceux de “l’étappengebiet” qui, clans la fraîche matinée du 11 novembre 1918, assistèrent, à travers le soupirail, aux dernières ripostes d’une misérable armée battant en retraite, qui entendirent siffler au-dessus de leurs têtes le dernier obus et recuillirent le premier tintement des cloches marquant la fin d’une tragédie sans nom, annonçant la victoire la plus éclatante (pie jamais l’histoire ait enregistrée, ceux qui ont vu tomber des lèvres du commandant allemand, en dernier contact avec l’ennemi, nos alliés, les paroles libératrices “krieg ist schluss!’’, qui ont assisté à l’explosion un peu farouche de cette joie folle, incommensurable, qui poussait le soldat vaincu dans les bras des filles des vainqueurs au cri de “Plus jamais de guerre! La paix pour toujours!”, ceux-là ont pu en cette minute de poignante émotion où l’âme se libère des rancunes et de la vengeance, lire au fond des cœurs frustes mais sincères, l’aversion profonde des peuples pour la guerre et leur attachement à la paix.Mais ces instants d’oubli furent courts, très courts, et bientôt, avec les cuivres et les laines, extraits de leurs cachettes pour apparaître tels des trophées aux portes et aux fenêtres, remontaient jusqu’aux lèvres les sentiments de haine et de mépris que l’invasion et une occupation exceptionnellement longue et dure avaient porté au paroxysme.La guerre ries armées fit désormais place à la guerre des âmes.Des faits, tout récents, prouvent que ni Versailles, ni Locarno, ni le pacte Briand-Kellog n’ont pu amener, quatorze années après l’armistice, l’apaisement et la sérénité qu’appellent de leurs vœux ceux rpie préoccupent sérieusement le maintien et l’épanouissement rie notre vieille civilisation occidentale.Et cependant, personne n’oserait nier que les peuples no soient animés d’un sincère désir de tranquilité et de paix.A peine l’ennemi fut-il terrassé que tous, vainqueurs et vaincus, clamaient leur horreur du sang.Faisant écho à l’appel paternel de Benoit XV.le traité de Versailles, en instituant le pacte de la Société des Nations, donna une consécration solennelle à ce souhait unanime d’entente et de paix.Ecrivant en tête de son programme d’activité les trois mots: REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 274 arbitrage, sécurité, désarmement, l’organisme de Genève attira à lui plus de cinquante Nations, représentant plusieurs centaines d’âmes, toutes éprises d’un même idéal, condamnant désormais la guerre comme moyen de règlement des conflits.S’il a fallu attendre plus de douze ans avant que le dernier et le plus délicat des trois points, le désarmement, ait pu être abordé en une conférence dont il y a lieu d’espérer un succès, que d’interventions heureuses, que d’initiatives remarquables incrites déjà à l’actif de la Société des Nations! Tout ce qui est de nature à rapprocher les peuples, à faciliter une meilleure compréhension, à susciter la mutuelle confiance a fait l’objet des soucis constants des bureaux de Genève.11 suffirait de rappeler que 35 nations possèdent actuellement leur union pour la Société des Nations, pour amener les sceptiques et les timides à reconnaître la viabilité de la Société Genevoise pour mesurer l’enthousiasme que son idéal a fait naître dans toutes les couches de la Société humaine et sous toutes les latitudes.Oui, la S.D.N.doit vivre: elle vivra de par la volonté même des nations civilisées.L’effort tenté par les Unions Nationales pour la Société des Nations ne pourrait laisser indifférents ceux qui, de par leurs fonctions, sont appelés à être les porteurs de flambeaux de la culture, je veux dire le coprs enseignant.J,’école désire donc s’occuper du problème de la paix; c’est là un des faits dominants de la campagne organisée en faveur de Genève.Le but que la section des Educateurs, créée au sein de l’Union belge pour la S.D.N,, se propose de réaliser, est résumé en les six points suivants: 1° Grouper tous les éducateurs qui s’intéressent à la question de la paix par l’école.2° Les documenter et aider ainsi à leur formation personnelle.3° Etudier la psychologie, les réactions de l’enfant, devant les questions de “guerre” et de “¦paix” ou toute autre question, touchant aux relations internationales.4° Rechercher et vulgariser les moyens les plus propres à développer chez l’enfant, au moyen de l’instruction et de l’éducation, les notions de morale internationale, de loyalisme international et de responsabilité internationale. 275 l’école et la paix 5° Etudier les moyens d’enseigner l’existence l’œuvre et les buts de la h?.D.X.tant par la méthode directe que par la méthode indirecte.6° Faire connaître l’effort analogue qui s’accomplit dans les autres pays.Il n’en faut pas davantage pour conclure à une intervention décidée, systématique des éducateurs belges, désireux d’unir leurs efforts à ceux tentés dans d’autres pays, spécialement en France et en Angleterre.Mais déjà on se rend compte de l’extrême complexité du problème.L’idée “paix” comme l’idée “guerre” exprime un état d’ensemble, une situation globale née de dispositions morales qui poussent les individus, les familles, les partis et les peuples à entretenir des rapports agréables ou désagréables, bons ou mauvais.La paix, comme la guerre, est le signe extérieur, le reflet des rapports sociaux qu’entretiennent les individus et les collectivités.Rien n’intrigue davantage l’historien, le sociologue, le psychologue que cette alternance des états de paix et de guerre par où ont passé les sociétés humaines au cours des siècles: rien n’est plus révélateur de l’état d’âme d’une époque, de la vitalité des conceptions qui se heurtent, de la violence des passions qui s’affrontent.Les mots “paix et guerre” systhétisenf, résument, caractérisent un règne, une période de l’histoire, une civilisation.Us embrassent l’homme, la collectivité dans tout ce qu’ils possèdent de mobiles intérieurs et de moyens extérieurs; ils dessinent d’un trait la mentalité d’une époque.Essayer d’établir entre les nations les liens qu’on aime voir exister entre les membres d’une famille heureuse et unie; créer un vaste mouvement en faveur de l’arbitrage obligatoire, avec comme corollaire des sanctions à l’égard de l’agresseur et comme suite la sécurité et le désarmement; s’employer à substituer aux procédés meurtriers une méthode de règlement des conflits mieux en rapports avec la dignité humaine; aider à mettre la guerre hors la loi, tout cela est certes accessible au cerveau de l’homme mûr, du sage, mais quelle peut être la part de l’école à tous les degrés dans la lutte pour la paix?Une première difficulté réside dans l’instabilité du comportement—je ne dis pas du caractère - des tout jeunes enfants. 27 ti R K VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’école gardienne, qui reçoit les petits de 3 à 6-7 ans, a un rôle important à jouer dans la formation du cœur de l’enfant.C’est l’âge où se dressent devant l’egocentrisme et l’impulsivité tout spontanés les droits et les pouvoirs d’autrui.A peine quelques rares pointes de générosité, très mesurées toujours, percent de temps à autre l’épais nuage d’égoïsme grossier qui enveloppe l’âme du petit.Le “tout pour moi seul” que l’on surprend quelquefois dans la bouche des enfants, caractérise bien un âge qui ne recule devant aucune violence pour s’approprier ce qui l’intéresse, pour arracher aux mains des autres le bien convoité; rien n’arrête le bras qui frappe, ni la conscience morale, ni la science du danger, c’est l'âge de la lutte aveugle, de la guerre sans merci; c’est le moyen âge de l’enfant, moyen âge qui se prolonge hélas! jusqu’au moment où les intérêts deviennent plus objectifs, moins immédiats, plus sociaux.La famille, cette grande éducatrice, tout comme le jardin d’enfants qui en est l’image, failliraient à leur mission en manquant de tact et d’à-propos dans le combat de tous les instants (pii s’engage entre les instincts des tout-petits et l’autorité et la confiance dont ils sont investis.La maman et la maîtresse d’école qui suivent de près les réactions (pie les enfants manifestent à l’égard des jouets qui ne leur appartiennent pas, qui savent lire dans les yeux des petits le désir (pii brûle dans leur cœur; qui s’entendent à prévenir la parole, le geste malheureux en satisfaisant adroitement le besoin raisonnable de posséder (pii les dévore tous et qui, mieux encore, savent faire appel à la conscience et ‘’•mouvoir jusqu’au renoncement; qui savent en outre tirer la leçon morale qui se dégage de l’incident et dépeindre la loi de charité et de justice sous des couleurs attrayantes et vives au point de les rendre séduisantes et partant régulatrice de la vie future; qui savent trouver la sanction adéquate et qui ont le courage de l’appliquer en cas de nouveau manquement, celles-là s’entendent à former l’être moral et social, le seul sur lequel la paix puisse compter.Les difficultés ne sont guère moins grandes à l’école élémentaire, celle qui prend les enfants depuis l’âge de 6-7 ans jusqu’au seuil de la puberté.Certes la conscience se développe, mais lentement très lentement Les gestes d’abnégation et de sacrifice y sont encore assez rares; souvent l’esprit de camaraderie et la vie en bande — T m MmëMa L’KCOLK l'.T LA PAIX 277 ne sont que l’expression d’un égoisme collectif organisé en vue d’une meilleure résistance: la charité et la justice y subissent de vilains accrocs.Cependant l’intelligence devient accessible au raisonnement; l’enfant, connaissant ses besoins propres, commence à se rendre compte de ceux d’autrui.Des liens de solidarité s’établissent entre enfants d’une même famille, entre élèves d’une même classe.L’enfant prend conscience de la communauté de vie; il en apprécie les attraits et les bienfaits.En même temps il se rend compte de ce que cette vie commune est liée aux principes qui gouvernent toute société, bien administrée: des rapports réglés par des lois morales, de fréquentes concessions mutuelles, une autorité qui tranche et qui dispose de sanctions en cas de conflit.Malgré tout l’école primaire reste peu accessible aux idées de solidarité, d’autorité, d’arbitrage et de paix.Ce qu’elle peut faire dans ce domaine c’est amener l’enfant—par un enseignement vivant de la morale et par l’application de ses principes dans la vie scolaire—à reconnaître les avantages, la nécessité, la grandeur d’une observance stricte de la loi d charité, de bonté et de justice à l’égard de ses semblables, de pratiquer a soumission volontaire, enthousiaste à l’autorité et le évouemcnt au bimi commun.En u.i mot, école élémentaire préparera l’enfant à sortir de lui-même, elle ébauchera l’éducation sociale de l’enfant en lui inspirant l’horreur de la violence, en lui inculquant l’habitude de recourir à l’arbitrage dès les premiers symptômes de conflit.L’exemple du maître, la puissance persuasive de son attitude et de son verbe et sa grande bonté seront pour beaucoup dans la transformation progressive de la mentalité enfantine.Mais nombreuses sont les occasions offertes au cours des leçons d’histoire et de géographie, de littérature et science, pour montrer les liens de solidarité qui unissent les individus, les peuples et les nations; pour relever la merveilleuse efflorescence des sciences et des arts au cours des périodes fie paix, pour mettre sous les yeux de la jeunesse le triste bilan des ruines matérielles et morales engendrées par la guerre.L’école élémentaire serait inférieure à sa tâche si, à la suite de l’enseignement et de l’éducation qu’on y donne, le jeune enfant ne quittait pas les bancs avec cette ferme conviction que la prospérité honnête ne peu être le fruit que du travail et du perfectionnement personnels et que ce perfection- RK Y UE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 278 nement no pout s’accomplir ot être fécond quo dans une atmosphère do tranquillité, do paix intérieure et extérieure.Que d’autre part il dépend de tous et do chacun do créer cette atmosphère en pratiquant largement la charité et la justice envers le prochain, on relevant le prestige do l’autorité dûment établie ot en apportant à la réalisation do la concorde toute la bonne volonté qu’on met à poursuivre les fins individuelles les plus nobles et les plus élevées.Aux maximes qui, telles dos guirlandes, ornent les parois de nos classes et de nos préaux, ajoutons, mettons en tête, celles qui visent les sentiments altruistes et qui servent l’entente et la paix: Aimer son prochain comme soi-même, ne pas se faire justice soi-même.” Mais ce n’est que plus tard, chez l’adolescent et chez le jeune homme, que nous découvrons les dispositions mentales vraiment propices à l’éclosion de sentiments altruistes, des réactions sociales.Aux enseignements moyens et supérieurs revient la lourde tâche de couronner l'œuvre lente et difficultueuse de la formation intellectuelle et éthique de l’élite.La jeunesse a soif de synthèse et d’indépendance: elle veut voir clair dans le jeu des forces formidables (pii s’agitent autour d’elle; ballottée sur cette mer houleuse des idées et fies faits, elle cherche avec anxiété le phare lumineux qui lui indiquera le chemin du port vers lequel elle s'élancera avec l’ardeur et l’impétuosité d’un irrésisitible torrent.Devant l’inextricable enchevêtement des faits de l’histoire, le jeune homme, la jeune fille se trouvent en arrêt, comme étouffés.Ils appellent celui qui leur expliquera l’enigme insondable et cruelle qui se dresse brutalement devant eux au seuil de la vie réelle: le problème du sens de la vie.Il faut conclure; les forces physiques et morales qui, hier encore, sommeillaient dans la profondeur des tissus et du cœur, demandent à agir, elles réclament une direction et un guide qui ne peuvent être autre chose qu’un idéa' bien défini.Devant les inévitables conflits qu’entraîne toute vie sociale, à quelque degré que ce soit, quelle sera l’attitude de cette débordante jeunesse de nos démocraties modernes, celle qui se croit capable de soulever le monde ?En cas de conflit polit ique, exigera-elle que l’on épuise tous les moyens de conciliation, demandera-t-elle (pie les parties se soumettent à l’arbitrage obligatoire?Mar- W' ' -'-—r l’école et la paix 279 chera-t-elle au besoin contre l’agresseur insoumis, traître à la parole donnée?Ici surgit le véritable problème de l'influence que peuvent exercer dans un sens ou dans l’autre l’école, le professeur, l’enseignement sur le choix de l’idéal du jeune homme.Là est le nœud de la question.La première condition d’un enseignement vraiment éducatif, c’est d’être vrai.Est-ce mentir à la vérité que de mettre la jeunesse en garde contre la fragilité des traités les mieux garantis, contre les obligations les plus solennellement contractées, après que l’expérience de 1914 a démontré qu’un traité peut n’être qu’un chiffon de papier?Pourrait-on, sans crainte de froisser les sentiments de dignité et de légitime admiration des jeunes, passer sous silence, les glorieux faits d’armes où seul l’amour exalté de la patrie et la bravoure la plus stoïque ont pu vaincre la résistance opiniâtre d'un agresseur sans scrupule?L’on comprend que le personnel enseignant commettrait une lourde faute en mettant l’accent sur le règlement par les armes des conflits politiques, en légitimant le recours à la force, sans avoir au préalable essayé d’établir les responsabilités et surtout en oubliant tie montrer aux élèves les souffrances et les misères incalculables qu’entraîne la guerre pour les populations trop souvent mêlées à des conflits auxquels ils ne comprennent que peu ou rien.Oui, l’on comprend qu’il faille mettre fin à ce qu’on appelle l’hifstoire-bataille et consacrer plus de temps et de soins à l’histoire civilisation, à l’histoire-paix.Mais de là à vouloir éviter systématiquement, au risque d'altérer la vérité historique, toute allusion aux luttes épiques entre les ‘es, à laisser les héros de la nation mourir de leur belle mort, sans monuments et sans phrases, il y a loin.Un enseignement, une éducation spécifiquement pacifistes ne risqueraient-ils pas de heurter violemment la logique de cette jeunesse (pii assiste attentive à la lutte quotidienne qu’est l’existence des individus; (pii découvre dans la vie économique des peuples cette même lutte persistante pour la défense des intérêts matériels; (pii surprend au fond d’elle-même ce besoin, cette nécessité de résister, de lutter, de vaincre; qui comprend tôt que le conflit, la guerre, n’est pas seulement un fait historique, mais 39 2S 0 nEVl*E TRIMESTRIELLE CAXAD1EWI- aussi une loi biologique qui gouverne l’existence depuis les degrés les plus sommaires jusqu’aux sommets les plus compliqués?Examinons à présent les obstacles d’un autre ordre qui s’opposent au progrès de la paix.Car enfin la jeunesse exige qu’on lui parle un langage franc et net : elle a horreur des phrases creuses, des pensées stériles comme elle répugne aux sentiments vagues, aux actes sans portée pratique, immédiate.l.a paix comme la guerre est la résultante d’un jeu de forces où, selon le cas, il y a équilibre ou non.Si dans l'ordre matériel, mécanique, un certain équilibre de forces est réalisable, il en est tout autrement chez les êtres vivants doués de facultés physiques et morales qui toutes tondent vers un même but, qui toutes poursuivent la même fin, qui est de réaliser la destinée pressentie par chacun d'eux.î.es êtres vivants ont leur finalité propre.D’une manière consciente ou inconsciente, poussés par l’instinct ou par l’idéal, tous rêvent r! un sort meilleur, tous luttent contre les perpétuelles menaces et se heurtent à d’inévitables dangers.L’état d’équilibre instable semble bien être la caractéristique de ce qui vit.X’a-t-on pas défini la vie par les termes: une lutte contre la mort ?Si telle est la loi naturelle, la paix de ce monde ne peut résulter que d’une victoire sur la nature elle-même.C’est à l’homme, roi delà création, doué d’intelligence et de sentiment, qu’il appartient rie réaliser volontairement le paradoxe qui consiste à mettre 1 abnegation et le sacrifice à la place de la convoitise, de la cupidité et de l’ambition, à substituer l'humilité à l’orgueil, à faire triompher h* droit de la force.Mais dès que l’amour de la paix quitte les sphères un peu nébuleuses de l’idéal pour devenir une réalité vivante, il se heurte à des difficultés d’ordre matériel.La paix, dans le cadre étroit du temps et de l’espace, repose en premier lieu sur le respect des biens honnêtement acquis.C’est l’œuvre des traités que de délimiter les frontières et, partant, de fixer dans une mesure appréciable les conditions matérielles d’existence des peuples.De 1 acceptation loyale des situations acquises dépendent en première instance les rapports qu’auront les peuples entr’eux.X’allons donc pas prêcher à la jeunesse l’attachement à la paix tant (pie d’un côté ou de l’autre on considérera les traités, non pas comme un engagement librement contracté, mais comme l’école et la paix 281 une dette injuste à laquelle on ne peut momentanément se soustraire.Le jour où l’Allemagne cessera de rêver revanche et représailles, le jour où elle acceptera sa défaite, où elle exécutera loyalement des engagements que trop souvent encore on entend stigmatiser du nom de “Diktat”, ce jour-là, les âmes auront désarmé et son aurore brillera d’un éclat nouveau.Certes nous savons que les traités issus de la guerre apportent rarement l’apaisement; c’est que les passions qui président à leur élaboration aveuglent la raison et oblitèrent les sentiments de justice et d’équité qui devraient guider leurs auteurs.Que de frictions, que de soupçons, que de gestes provocateurs n’eussent pas été évités si les signataires du traité de Versailles avaient eu l’heureuse idée de fixer une fois pour toutes l’annuité de réparation due par l’Allemagne aux Alliés! Cette malheureuse question des réparations qui a conduit l’Kurope de conférence en conférence, d’un plan à un autre, contribua pour une large part à vicier l’atmosphère politique d’après guerre.La jeunesse le sait, mais elle assiste impuissante au malaise créé par une erreur psychologique commise en 1919.Ceci devrait inciter les signataires de traités de paix à tenir compte de l’évolution qui se produit dans les idées et dans les sentiments au fur et à mesure que s’éloigne le souvenir des conflits.Ils devraient surtout ne pas oublier qu’à un moment où la vie économique prend de plus en plus un caractère international, toute exagération dans les exigences se traduit par des perturbations sérieuses dans l’économie générale et provoque des soubresauts qui ne manquent pas de faire perdre rapidement les illusoires bénéfices d’un règlement soi-disant avantageux.S’il est intelligent de ménager la vie de son débiteur, il y a quelque chose de chevaleresque dans l’attitude du vainqueur qui n’exige pas réparation jusqu’au dernier centime.Mais le débiteur récalcitrant qui invente mille artifices et exploite le moindre incident pour essayer de se soustraire à ses obligations porte lui aussi une lourde responsabilité vis-à-vis du mouvement en faveur de la concorde internationale et de la paix.Les auteurs du pacte de la S.D.N.se sont souvenus qu’un accord ne peut lier que des parties qui sont parfaitement indé- K K VU K TRIMESTRIELLE C A.V A DI E.XXK 282 pendantes l’une de l’autre, qui agissent librement sans y être forcées ou contraintes de quelque manière que ce soit.En proclamant intangible le principe de la libre détermination des peuples, le pacte a voulu renforcer la personnalité, l'individualité ries nations; avant de les appeler à la collaboration, il les a investis de la plus large autonomie, il les a émancipés.( “est donc librement, spontanément, que plus de 50 nations ont adhéré au pacte, en ont accepté les principes, les méthodes et la discipline.Hélas! Pourquoi pas toutes les nations?Pourquoi les Etats-Unis, formidable puissance politique, économique et militaire, s’est-elle dérobée après que son illustre président Wilson eut jeté les bases de l’organisme de élenève et eut ainsi affirmé sa volonté, la volonté de son pays, de se mettre résolument au service de la paix ?Mystère que la jeunesse cherche à pénétrer et qui n’est pas faite pour inspirer une confiance absolue.Et n’est-ce pas au nom du beau principe de la libre détermination des peuples que l’Allemagne, peu délicate, réclame l’égalité au point de vue armements?Ses instances à cet égard, peuvent-elles servir la paix ?Mais, nous dit-on, il y a une justice immanente qui peut, qui doit régler les rapports entre nations comme elle régit les relations d’homme à homme.Et en plus et surtout il y a la charité qui ne saurait être exclue des pourparlers entre hommes d’Etat, des tractations, des accords entre les peuples.Langage séduisant pour la jeunesse qui voit du coup le problème de la paix arraché aux griffes de la logique étroite, réaliste et évoluant cette fois sur le terrain plus malléable, aux horizons illimités, du sentiment.Maintenant la jeunesse écoute, elle ne saurait rester indifférente à l’appel d’un idéal aussi grand qu’une Europe, qu’un monde pacifié, rendu heureux par la pratique de la vertu.Justice! Charité! L’adolescent au cœur pur, à l’âme ardente comprend, s’enflamme, marche résolument.Justice! J.e jeune homme, sensible et impressionnable, sent que le meilleur moyen de rapprocher les peuples, c’est de se pencher sur les misères de ceux que l’adversité frappe durement; c’est d’examiner avec bienveillance les raisons profondes de leurs diffi- LECOLE ET LA TAIX 283 cultes et, charité!, de les aider, de leur tendre la main, de les sauver du naufrage s’ils sont de bonne foi, et s’ils s’en rendent dignes.Certes, la jeunesse apprécie hautement les succès obtenus par la S.D.X.; elle s’associe de tout cœur aux efforts de coopération internationale dans le domaine de l’hygiène, des œuvres sociales et humanitaires, sur le terrain économique et intellectuel, mais l’avenir, l’avenir pacifique, elle le cherche moins dans le pacte de Locarno, le pacte Rriand-Kellog ou la cour permanente de La Haye (pie dans le règne de la bonté, source de mutuelle confiance, seule base possible et durable de la paix.T.a section des éducateurs de l’Union belge pour la Société des Nations est sans doute bien inspirée lorsqu’elle préconise une large vulgarisation de l’œuvre de (lenève parmi la jeunesse étudiante, celle qui est appelée à former l’élite des nations.Mais elle l’est davantage quand elle prétend développer chez l'enfant, chez l’adolescent au moyen de l’instruction et de l’éducation, les notions de morale internationale, de loyalisme international et de responsabilité internationale.Mlle veut, par tous les moyens, créer une ambiance nouvelle, empreinte de confiance et de volonté d’entente.Confiance! Hélas! rien n'est plus difficile à gagner, plus difficile que de gagner son pain.L'homme suspecte spontanément ce qu’il ne connaît pas.Connaître le fond de la pensée des hommes et de la nation qu’ils représentent, surprendre leurs désirs cachés, c’est chose quasi impossible.Si tous étaient hommes de bien, si les préoccupations d’ordre matériel ne venaient à chaque instant assombrir l’atmosphère sereine de l’idéal, si tous étaient disposés à l’abandon d’une part de leurs préférences et de leurs ambitions, la paix habiterait la terre.Nous n’en sommes malheureusement pas encore à ce point.Parlant à la conférence du désarmement, le professeur et pacifiste bien connu, Foerster, donnait dans le '/.cit de février dernier un salutaire avertissement aux délégués.Il s’exprimait dans les termes suivants: “Le soi-disant désarmement général, uniforme, progressif qui ne pourra jamais tenir compte de l’infinie et réelle inégalité de toutes les bases de l’armement, ni de l’inégalité des états d’âme, ce désarmenemt favoriserait aujourd’hui bien plus la guerre (pie la paix.11 y a aujourd’hui des peuples dont l’envie de démolir l’ordre existant est échauffée jusqu’à devenir absolument incalculable; un désarmement de leurs voisins 284 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ne ferait qu’enlever les derniers obstacles à leur démence.” Certes, rien ne sert de parler entente entre voisins, si ceux-ci ne sont pas fixés sur leurs valeurs morales respectives.Mais ce n’est pas une raison pour que l’école cesse sa propagande en faveur de la paix, bien au contraire; il lui appartient de transposer au cœur même de la nation mal intentionnée la lutte pour une meilleure entente, pour la concorde.Les arguments ne manquent d’ailleurs pas: ils frapperont d’autant plus les jeunes cerveaux que la dernière guerre n’a épargné en hommes et en sacrifices matériels ni vainqueurs ni vaincus.Deux choses sont donc indispensables à l’établissement d’une entente durable: d’abord une meilleure connaissance réciproque des peuples, surtout en ce qu’ils ont de bien et d’élevé en eux; ensuite une éducation morale solide qui dispose les individus et, par eux, les nations à s’imposer des sacrifices même très grands pour le maintien de la paix.Il serait vain de se faire illusion sur les difficultés que présente le maintien de la concorde internationale.Des frictions, il y en aura toujours.C’est que la politique qui est le gouvernement des hommes dans le temps, comporte nécessairement la question des biens temporels dont aucun homme, aucun peuple, ne peut se passer pour vivre.L’école, la jeunesse s’en rend compte, mais la S.D.X.est là avec sa procédure rapide et ses sanctions, insuffisantes peut-être, mais susceptibles d’être renforcées, et en tout cas de nature à faire réfléchir l’Etat qui nourrirait de mauvais desseins.Le pacte de Locarno constitue un progrès notable sous le rapport des garanties; il a été un motif d’espoir et un stimulant puissant pour les pacifistes sincères et sérieux.La S.D.X.a su créer une atmosphère internationale nouvelle; elle est devenue une grande force morale.Etablissant le principe de l’arbitrage obligatoire avec des sanctions à l’égard de l’agresseur, elle est devenue un instrument de sauvegarde politique.La liste déjà longue des conflits qui ont été apaisés par son intervention prouve que la S.D.X.est un organisme vivant.Quoi qu’en disent et en pensent les sceptiques et les pessimistes de carrière, si la S.D.X.n’épargnait ne fût-ce qu’une seule guerre aux hommes, elle serait digne des meilleurs appuis et elle aurait mérité infiniment de la civilisation et de l’humanité.La S.D.X., organisme moral par essence, a besoin pour vivre du soutien de tous les hommes de bonne volonté, bit pour que 285 l’école et la paix ceux-ci soient nombreux et majorité, il faudra que l’école à tous les degrés s’emploie à moraliser la jeunesse.Il importe que nos éducateurs inculquent à leurs élèves cette grande vérité qu’il est plus difficile, et partant plus noble et plus méritoire de protester calmement et dignement devant l’insulteur que de le mettre à la raison à force de coups de poing.C’est dire qu’à la base de l’éducation il faut des principes d’une morale élevée, d’une saine philosophie, une haute conception et un respect profond de la vie et de la dignité humaine.L’ambiance scolaire, si fertile en incidents, est éminemment propre à cultiver le sens moral des élèves; c’est un terrain qui se prête fort bien à la pratique constante de la morale.L’école apprend aux enfants à vivre en paix: elle prépare les futurs citoyens à vivre en bonne intelligence et leur montre et leur démontre que la paix est la seule atmosphère dans laquelle le travail et le progrès puissent s’accomplir et s’épanouir.La famille, l’école, la cité, la nation, le monde, sont autant de cercles concentriques au sein desquels se développe la petite graine de sociabilité qui sommeille au fonrl du cœur de tout homme, sur laquelle on fonde tant d’espoirs et qui peut racheter tant d’erreurs et tant de vices.Rien n’est plus apte à susciter de bons sentiments à l’égard du prochain que de montrer aux élèves les liens de solidarité (pii unissent les hommes et d’en établir de nouveaux par voie de coopération et de collaboration.C’est encore le mérite de Poerster que d’avoir rendu sensible et consciente cette solidarité (pii existe entre les races humaines et d’avoir montré comment leur collaboration est devenue un facteur de bien-être et de prospérité pour tous.Cette solidarité matérielle, expression émouvante de l’Union dans le travail, frappe les jeunes esprits, élargit leurs horizons, gonfle leurs cours; du coup, ils se sentent membres de la grande famille humaine dans laquelle ils assument une part de responsabilité, (ui vite du bien commun.Soyons pratiques! La famille est et restera toujours la grande école de la paix.Xée de l’affection mutuelle, basée sur un idéal de bonheur et sur des promesses solennelles de fidélité, de coopération et de commun attachement au bien de tous, la famille, vivante et vibrante cellule de la société, est, de par ses fins mêmes, un foyer de concorde et de paix.L’enfant que baigne l’atmosphère d’une famille unie, où 286 REVEE TRIMESTRIELLE CANADIENNE l’autorité, quoique ferme et réelle, se trouve tempérée par la charité, la justice et la bonté: où aucun geste, aucune parole ne trahissent un sentiment de recherche personnelle égoïste, au détriment de la communauté, où tout tend à raffermir les liens de solidarité qui unit les membres, cet enfant-là porte en lui le germe de l’esprit pacifique.Tout autour de lui est différent et à l’opposé de ce qui est en lui.Son orgueil, sa soif de domination, son égoïsme, sa vanité, sa prétention trouvent leur réplique dans l’humble affection, la totale abnégation, le sacrifice spontané de ses parents dont les préoccupations sont toutes en dehors d’eux-mêmes; son egocentrisme a son correctif dans l’altruisme qui naît des rapports avec ses frères et sœurs; il apprend à vivre en société, il devient progressivement, non sans heurts et sans difficultés, un être sociable.Ce terme n'indique-t-il pas la plus noble des conquêtes, celle que l’enfant, (pie l’homme remporte sur ses passions individualistes?Xe constitue-t-il pas le trait dominant de la formation du caractère?C’est donc avec une satisfaction toujours croissante (pie les pacifistes voient se développer et se répandre par le monde les principes de l’éducation familiale, source d’ordre de bonheur et de paix.L’école enlève l’enfant à la famille et assume de par ce fait même une lourde responsabilité.C’est une nouvelle société (pii se constitue entre les 4 murs de la classe en marge de la famille, et combien différente d’elle, dans le but d’aider celle-ci dans sa mission et d’éduquer les enfants.Rien de plus curieux (pic l’attitude méfiante, les hésitations, les tergiversations du tout jeune enfant que l’on presse de fréquenter l’école de ses frères, de ses sœurs.Entre le non catégorique et le oui décisif s’écoulent des semaines, parfois des mois.Abandonner le milieu dont il est sûr, (pii lui inspire toute confiance, (pii l’aime et (pii pourvoit à toutes ses nécessités, abandonner la famille pour l’école où il trouvera une autorité nouvelle, des compagnes ou des compagnons inconnus avec lesquels il faudra fraterniser, tout cela comporte quelques risques et suscite de graves méditations dans un cerveau dedans.Heureusement l’enfant se donne facilement, pour un rien; un sourire, une tête qui plaît vue par l’entre-bâillement de la porte, suffit parfois pour capter sa confiance.Ht sur cette confiance, l’école bâtira un ordre social nouveau, deuxième degré de l’échelle de l'évolution mentale et sociale que le petit est appelé à parcourir. l'école et la paix 287 Kien no peut à cet effet remplacer l’école; il en découle pour elle l’obligation d’être parfaite.Tout, le moindre geste comme la moindre parole, auront une portée éducative.Xon seulement la morale y sera enseignée, mais avant tout et surtout pratiquée; l'autorité, ce soutien des faibles, n’entravera pas la liberté, n’étouffera pas les sentiments des élèves, les canalisera, les dirigera vers un but qu’elle a fixé en parfaite entente avec la famille.J.e respect de l’autorité sera sacré et l’amour du prochain sera stimulé par l’exemple et les mille attentions d’un éducateur dont la délicatesse de sentiments n’aura d’égale que l’ingéniosité de ses procédés mét hodologiq ues.Certes, l’enseignement jouera un rôle éminent, surtout dans la période secondaire, celle qui prépare la jeunesse à l’université.J.’école qui vise sincèrement à rendre les caractères pacifiques ne néglige aucune occasion, que ce soit au cours des lectures, pendant les leçons d’histoire, de géographie, de sciences, de droit, pour exalter les bienfaits de l’entente internationale.Toute l’histoire politique n’est-elle pas une lutte de la paix contre la guerre, mais où, malheureusement, les instincts combatifs ont eu trop souvent raison! Mais il y a aussi l’histoire de tout ce qui dans le passé a servi de trait-d’union, de facteur de rapprochement aux peuples: histoire des inventions et des découvertes dont les bienfaits se sont fait sentir bien au delà de l’époque et du pays où elles ont été faites; il y a cette lente accumulation de biens matériels et spirituels de ces trésors d’art et de science, fruits de l’effort des générations qui est là comme une preuve irrécusable des nombreux liens qui ont existé et qui existeront toujours entre les hommes.Tout cela l’école, l’université s’efforcent de le faire comprendre et de le faire admirer par la jeunesse qui se sent poussée à apporter par son labeur propre sa part au patrimoine commun.Mais ces efforts resteraient vains et.stériles si après tout l’éducation scientifique et artistique n’était dominée par une solide formation morale.C’est sur ce terrain-là (pie vont se livrer de rudes combats, ceux qui doivent décider du sort des peuples et des civilisations; c’est la conscience morale qui va en arbitre au-devant des parties en conflit, qui juge et qui condamne, qui arme et qui désarme au nom de la justice et de l’équité, au nom du droit.C’est à la famille d’abord, à l’école ensuite, qu’il appartient de former les consciences, de diriger les volontés vers le REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 288 bien.La notion du bien commun et de la solidarité humaine grandit et s’amplifie au fur et à mesure que l’enfant, que le jeune homme avancent en âge.Limitée d’abord à la famille, elle s’étend bientôt aux communautés plus importantes, la cité, le pays, pour s’étendre aux pays voisins, au continent, au monde, ("est une nouvelle et grande étape dans le développement moral fie la jeunesse que de remonter de la recherche du bien individuel, immédiat, aux sacrifices consentis pour le bien commun.S.S.Pie XI.n’insistait-il pas dans une de ces dernières allocutions sur l’impérieuse nécessité de donner aux hommes une meilleure compréhension du bien commun et de la charité humaine?X’cst-ce pas lui qui condamnait naguère le nationalisme exacerbé et le chauvinisme étroit de certains groupements politiques comme dangereux à plusieurs points de vue?Loin de moi la pensée que le sentiment national soit en opposition avec le mouvement vers une meilleure entente entre les peuples.Bien au contraire; c’est au sein de la nation que se forgent les nobles sentiments de fraternité entre concitoyens, c’est là que fleurissent les belles vertus morales et civiques (pii font la grandeur d’un peuple."La foi dans la patrie, écrivait le président Doumcr, est la condition d’existence d’un peuple.Plus elle est profonde et vive, plus le peuple est grand.Le premier, le principal devoir de l’homme el du citoyen est donc d’aimer, d’honorcr et de servir la patrie.Les peuples modernes, la Franco surtout, hélas! ont aujourd’hui leurs sophistes.Ils prêchent un cosmopolitisme dissolvant qui détruirait, si on n’y prenait garde, et le patriotisme et la patrie elle-même.” Seuls les patriotes éclairés sont à même de comprendre les besoins et les raisons de leurs voisins; avec eux l’entente est possible et durable, parce (pie leurs cœurs largements ouverts aux émotions patriotiques comprennent mieux que d’autres les joies et les peines des citoyens d’autres pays.Profondément attachés aux lois et aux institutions de leurs pays, conscients du rôle important que jouent les cours et les tribunaux dans le maintien de la paix intérieure, ils conçoivent mieux l’influence décisive (pie peut exercer la S.D.X., émanation de la conscience internationale, sur les rapports entre les nations.Il importe donc que la jeunesse connaisse à fond les rouages de l’institution de Genève, qu’elle en pénètre l’esprit et les méthodes, le but et les moyens d’action.Lu 1920 la S.D.X.lançait un appel aux nations civilisées; la réso- l’école et la paix 28 9 lution suivante fut adoptée: “L’assemblée de la S.D.X.prie instamment les gouvernements et États neutres de prendre les mesures en vue de faire connaître à la jeunesse des écoles l’existence et le but de la société des Nations et les termes de son pacte”.Nous pouvons affirmer (pie l'appel de l’assemblée de la S.D.N, a eu un profond écho dans l’âme de nos professeurs et de nos instituteurs belges.Dès le 10-4-1926, le Ministre des Sciences et des Arts attira l’attention des inspecteurs de l’enseignement sur l’importance qu’il y a d’inculquer à la jeunesse l’amour de la paix.Depuis, les élèves connaissent non seulement l’origine, le but, les méthodes, les interventions de la S.D.X.mais ils suivent pas à pas, par la lecture des comptes rendus parus dans la presse, par les projections fixes et mobiles qui leur montrent les palais, li s séances, les hommes, la vie de l’institution de Genève.Ajoutons a cela que la case réservée aux actualités mondiales maintient les enfants en contact permanent avec les peuples étrangers, contact qui est vivifié heureusement par la correspondance internationale scolaire dont l’œuvre de la croix rouge de la jeunesse a pris l’intelligente initiative.Par tous ces moyens l’école nourrit le ferme espoir d’amener les générations qui montent à s’affranchir île méthodes et de procédés qui sont désormais condamnés comme un défi au bon sens et à la dignité humaine! La paix est une conquête à faire et la bataille se livre sur le terrain des forces spirituelles, au fond des âmes.Au seuil de la semaine belge pour la S.D.X.en 1931, M.Paul Hymans écrivait ce qui suit: “Tout dépend de l’opinion publique, des puissances spirituelles des peuples.L’œuvre de la S.D.X.est intellectuelle autant que politique.Les beaux cerveaux de notre temps en ont saisi la grandeur, tels Bergson, Einstein et \ aléry.Mais l’action de l’élite si intelligente qu’elle soit, ne pourra être opérante et féconde qu’à condition que l’atmosphère qui y entoure la S.D.X.soit imprégnée d’un franc optimisme.Que l’on n’oublie pas que la jeunesse idéaliste par essence, n’est pas à gagner par des réticences qui cachent mal un scepticisme railleur, grand briseur des ressorts moraux.Elle se tient aussi éloignée du réalisme cru que de l’optimisme béat.Il suffit aux professeurs de rester dans le vrai, d’exposer clairement aux élèves les efiorts tentés par la S.D.X., de leur renseigner ses succès et ses échecs.De telle sorte que la jeunesse perçoive dans l’organisme 290 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE de Genève non pas line espèce de Drus c.r machina sortant d’on ne sa't d’où, soustrait aux influences des hommes, mais bien un effort humain vers la perfection, une expression vivante des plus nobles aspirations de l’âme humaine, une raison de plus d’espérer, mais qui, parce qu’invention de l’homme, peut ne pas être parfaite.L’“Osservatore Romano” faisant écho au discours de Noel du Pape et rappelant les principales intentions prises par la H.D.N.au cours fies dix premières années de son existence, ajoutait: “On a trop cherché à répandre autour de la S.D.N.une atmosphère de scepticisme moqueur et sarcastique tendant à en diminuer l’autorité morale et par suite l’efficacité de ses interventions pacifiques.A présent que la crise économique impose la nécessité d’une défense et d’une coopération plus étroites, les nationalistes, même les plus ardents, sont obligés de reconnaître les bienfaits de la solidarité internationale.La S.D.N.doit en tirer profit pour un travail plus fécond dans le second cj-cle d’années (pii vient de s’ouvrir pour son activité”.hit YOsservatorc Romano concluait de la façon suivante: ".Maintenant les catholiques tout en poursuivant le but idéal fixé par le Pape, but (pii dépasse grandement l’organisation et les contingences de la S.D.N., peuvent seconder par leur contribution morale l’œuvre de cet organisme international qui, né de la guerre, a pour fin suprême le bien de la paix.” Pour ceux qui cherchent dans le fatras des détails méthodologiques le fil conducteur d’une éducation orientée vers la paix, je ne pourrais mieux faire (pie de citer un passage d’une brillante causerie faite à Gand au mois de mars dernier par le grand pédagogue et pacifiste allemand-suisse Foerster.11 s’exprimait dans les termes suivants: “On pourrait donc dire (pic l’éducateur a deux tâches à proposer: la première, c’est de devenir soi-même et la deuxième, c’est de sortir de soi-même, de s’élargir par le contact avec le monde, avec le type antagoniste, avec la vie étrangère.En d’autres mots: aime d’abord ta patrie, enfonce-toi dans les origines de ton peuple, étudie l’histoire de ta race.Ensuite sors de ta patrie, prends contact avec une vie qui te libère de l’étroitesse des horizons de l’intérêt individuel ou égoïste”.Ainsi Foerster marquait les étapes d’une pédagogie pratique de la paix; il semble vouloir dire: “commencez par être profondément moraux et bon vous-mêmes, commencez par inspirer confiance L ECOLE ET LA PAIX 291 vous-mêmes, par vous posséder vous-mêmes; ensuite, allez aux autres, vous y rencontrerez des hommes aussi moraux et bons que vous et vous serez frères.Citoyen conscient du pays vous deviendrez citoyen du monde.” De ces dispositions morales à l’égard du problème de la paix, de ce désir d’entente et de fraternité naîtra bientôt le sentiment du devoir d’être pacifique, signe caractéristique du plus haut raffinement culturel et de la plus délicate distinction qui soient.Actuellement l’apanage des âmes d’élite, puisse la section des éducateurs des Unions pour la S.D.N.imprimer une vigoureuse impulsion à l’école et faire en sorte que deviennent nombreux ceux qui aiment et qui pratiquent la paix comme un devoir.A la veille d’une propagande destinée à pacifier le monde retentit, à travers le bruit du tumulte guerrier de dix-neuf siècles l’écho du chant des anges au-dessus de la crèche, le suave Fax hominibus honor volontatis.A travers ces mêmes dix-neuf siècles, perce, plus forte que jamais , la voix du Christ prêchant sur la Montagne: “Bienheureux les doux, parce qu’ils posséderont la terre.Bienheureux les pacifiques parce qu’ils seront appelés enfants de Dieu”.Prenant pour gouverne le message angélique et comme stimulant la promesse du Messie, l’école du XXe siècle sera l’arme du triomphe de l’optimisme sur le pessimisme, de la confiance sur la suspicion, du droit sur la force, de la civilisation en progrès sur l’anarchie et le chaos.L’école de ce siècle sera l’école de la Paix.G.Van der Bracht, Inspecteur de l’enseignement à Bruxelles. ÉTOILES NON EUCLIDIENNES La science nous révélé des mondes dont l'accès nous est interdit.N’ous °' fUUinnons, bien à tort, de inondes imaginaires, car l'imagination n’entre pour rien dans leur création: c’est la raison seule qui nous les impose, comme résultantes necessaires de certaines hypothèses initiales.1.L invention des géométries non euclidiennes marque l'une des plus glorieuses étapes de l’histoire des mathématiques.On ne saurait en exagérer la portée philosophique en disant, avec Iiouel, qu elle jette un jour tout nouveau sur les principes fondamentaux de ht géométrie et qu’elle ouvre une voie inexplorée pouvant conduire a des découvertes inattendues”, car, d’une science créée pour répondre à des besoins purement terrestres (•lie a fait une Science l niverscllc dont l’ancienne géométrie n’est plus rjue l’un des cas particuliers.Don vient donc qu'un événement scientifique d’une si haute importance n’ait rencontré, pendant un demi-siècle, qu’une indifference générale?( 'est qu’il lui manquait un appui indispensable: l’expérience.2.Démontrer que l’existence d’un monde inconnu s’impose et découvrir ce monde “au bout de la plume”, c’est-à-dire sans le secours d’aucun instrument, cela s’est vu en astronomie, et la science, une fois de plus, a donné la preuve de son pouvoir illimité.Mais l’enthousiasme provoqué par cet exploit sans précèdent tient, uniquement, à ce que, d’une hypothèse, l’expérience a fait une réalité.Or rien de semblable ne s’est produit [jour le monde non euclidien, les mesures astronomiques semblant prouver, au contraire, que les figures géométriques sont fidèlement soumises aux lois euclidiennes.Sans doute, l’échec d’aujourd’hui n’iinplique-t-il pas celui ch1 demain, mais les géomètres se montrent sceptiques a 1 egard d une.éventualité dont la moindre conséquence serait l’effondrement total de l’ancienne géométrie.C’est ce que traduit le célèbre paradoxe formulé par Henri Poincaré dans Science et Hypothèse'."Il n’y a pas de géométries plus ou moins vraies mais il peut y avoir des géométries plus ou moins commodes”.S.On doit noter que les premiers pionniers, en tête desquels ÉTOILES NON' EUCLIDIENNES 293 sc place Lobatchewsky, semblent avoir exprimé le peu de foi qu’ils attachaient, eux-mêmes, à la réalité de leur découverte, en la baptisant du nom de “Géométrie Imaginaire”.Il est étrange, cependant, qu’ils n’aient pas insisté sur un fait capital: L’expérience sera toujours impuissante à démontrer l’inexistence des figures non euclidiennes.En effet, une expérience, quelle qu’elle soit, ne pourra jamais porter que sur ries grandeurs mesurables; or toute grandeur mesurable est infiniment petite au regard de l’immensité non mesurable; il suffit donc, pour défier l’expérience, de situer, dans l’immensité, des figures géométriques incomparablement plus grandes que les nôtres et répondant à l’hypothèse non euclidienne.4.Xe voit-on pas la signification grandiose (pie prend, tout-à-coup, la nouvelle géométrie?Il n’est plus question, ici.de mondes imaginaires, mais de mondes réels, dont il est possible de prendre les images, et qu’il suffit de rattacher à notre monde euclidien.Or l’hypothèse d’un monde infini, régi par les lois non euclidiennes, résout cette dernière question de la façon la plus heureuse.On sait, en effet, qu’il existe, en Géométrie comme en Analyse, des infinis de divers ordres de grandeur.(!) On peut démontrer, d’autre part, que, dans le passage de l’un de ces infinis au suivant, une figure géométrique possédant certaines propriétés caractéristiques peut se transformer en une autre figure dans laquelle ces mêmes propriétés ont disparu.Eh bien! pour établir les liens cpii rattachent les figures euclidiennes aux figures non euclidiennes, il suffit de considérer les premières comme étant les images infiniment petites des secondes.5.Quelques explications sont ici nécessaires: L’ne hyperbole étant tracée, supposons que le plan qui la renferme s’éloigne de nous, indéfiniment.Xous serons témoins d’un phénomène aisément explicable: l’hyperbole se rapprochera de ses asymptotes pour se confondre avec ces dernières lorsque l’éloignement du plan sera devenu infini.On obtiendrait un résultat identique en dessinant l’hyperbole à une échelle infiniment réduite: le dessin n’offrirait plus (pie l’image de deux droites.Xous assistons donc ici à l’évanouissement complet d’une courbe ou, plus exactement, à la simplification d’une figure géométrique, par le passage d’un état de grandeur à un autre.(2) Ce que nous venons de dire de l’hyperbole est applicable à 294 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE toute courbe possédant des branches ou des boucles infinies.(3) 6.Revenons, maintenant, à l’hypothèse d’un monde non euclidien dont notre monde mesurable est l’image infiniment petite: Une ligne ou une figure géométrique perdra, en passant d’un monde dans l’autre, (c’est-à-dire d’un état de grandeur à l’autre), certaines do ses propriétés caractéristiques.Par exemple : 1° l ue ligne droite qui, dans l'espace non euclidien, peut être sécante, asymptote, ou non sécante par rapport à une autre droite, ne pourra plus, dans l'espace euclidien, qu’être sécante ou parallèle.Ici la possibilité d’être asymptote a disparu.2° La somme des angles d’un triangle rectiligne qui, dans l’espace non euclidien, diffère toujours de deux droits mais tend vers la limite deux droits lorsque les côtés du triangle deviennent infiniment petits, devra, dans l’espace euclidien, être rigoureusement égale à deux droits.Kn effet, les côtés d’un triangle euclidien sont, par hypothèse, infiniment petits.3° Deux figures de dimensions différentes qui, dans l’espace non euclidien, se différencient toujours par la grandeur de leurs angles, pourront, dans l'espace euclidien, devenir semblables.La similitude serait donc la propriété exclusive des figures d’un ordre de grandeur déterminé.etc.Ceci explique, croyons-nous, pourquoi les diverses géométries, loin d’être contradictoires, forment un enchaînement logique.Nous allons pénétrer dans ce monde non euclidien, qui se révèle à nous comme infiniment plus vaste et (this riche que notre minuscule monde mesurable.Après en avoir expliqué les mystères, nous mettrons sous les veux du lecteur l’une des curieuses perspectives qu’il renferme.Ce dessin, pour n’avoir pas été fait d’après nature, est cependant de la plus stricte exactitude.Nous pouvons affirmer, en effet, que les étoiles non euclidiennes heptagonales ne peuvent avoir d’autre image, car c’est à l’aide de la géométrie seule que nous avons déterminé leurs grandeurs et leurs positions.Quelques notions fie géométrie non euclidienne suffiront pour faire comprendre notre épure.S.En géométrie euclidienne on admet, comme conséquence du postulatum, que deux droites a et b, perpendiculaires sur une même troisième, sont parallèles entre elles, c'est-à-dire équidis- 29.'.ÉTOILES NON" EUCLIDIENNES tantes en tous points.Il est donc impossible que deux parallèles euclidiennes se rencontrent à l’infini, comme le donnent à penser certaines définitions vicieuses.Le mot parallèle, répétons-le.est, au point de vue euclidien, synonyme d'équidistant.Soit donc AB Z une droite qui recoupe en A et B les deux parallèles a et b.On peut, à l'aide d'un mouvement de rotation autour du point fixe A, amener la droite ABZ à coïncider avec a.La partie BZ de la droite, d’abord située au-dessous de b.devra donc, avant de coïncider avec a, se trouver enfermée tout entière dans l’espace compris entre n et b.) Comment ce raisonnement peut-il être en défaut lorsqu’on suppose le point Z situé à l’infini sur AB: en d'autres termes, comment une droite de longueur illimitée peut-elle brusquement passer de la position de sécante a celle de parallèle .C’est ce que ne peut expliquer l'hypothèse euclidienne.On a donc le droit de mettre en doute la possibilité du parallélisme euclidien._ 9.Dès lors, deux nouvelles hypothèses se présentent: 1° Deux droites a et b, perpendiculaires sur une même troisième, tendent l'une vers l'autre et vont se recouper en deux points situés, l'un vers l'infini positif, l'autre vers 1 infini négatif.Cette hypothèse sert de base à la géométrie de Rieman.2° Les deux droites ri et b s'éloignent indéfiniment 1 une de l’autre lorsqu’on les prolonge, soit dans le sens positif, soit dans le sens négatif.Cotte deuxième hypothèse sert de base à la géométrie de Lobatcheswky.("est celle que nous adopterons ici.Elle entraîne les conséquences suivantes: 10.I.—Droites non euclidienne*.Supposons (pie la droite REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 29 G illimitée ABZ, d’abord perpendiculaire sur la droite b, tourne autour du point fixe A, d'un mouvement continu: elle s’inclinera de plus en plus sur b, puis, après avoir été situé partie au-dessus et partie au-dessous, elle viendra se placer tout entière au-dessus de b.Xous dirons alors qu’elle est passée de la position de sécante à celle de non-sécante.Aucune discontinuité ne pouvant exister dans le mouvement de AZ, cette droite ne peut passer de la position ch* sécante à celle de non-sécante qu’a près avoir occupé une position limite entre les deux régions des sécantes et des non-sécantes.Dans cette position la droite AZ touche b à l’infini, c’est-à-dire qu’elle lui est asymptote.Deux droites non euclidiennes peuvent donc être 1 0 sécantes.2° asymptotes, 3° non sécantes.Remarque.Par un point A.pris dans le plan d'une droite i), on peut mener deux asymptotes a l>, I une se dirigeant vers l’infini positif, l’autre vers l'infini négatif.Ces deux droites forment au point A un angle inférieur à ISO degrés.Donc, quelle que soit la position du point A.une droite b.de longueur illimitée, est toujours vue.de ce point, sous un angle inférieur à 180 degrés.11.II.D'après notre hypothèse, deux droites perpendiculaires sur une même troisième sont non-sécantes.Réciproquement, deux droites non sécantes ont toujours une perpendiculaire commune qui mesure leur distance minimum.Cette distance est nulle lorsque les droites sont asymptotes.On a donc le droit de dire que deux droites non euclidiennes, perpendiculaires en un même point d’une même troisième, peuvent se différencier et s’éloigner indéfiniment l’une de l’autre ou, en d’autres termes, que la nullité de l'angle de deux droites n’est pas une condition suffisante pour cpie ces droites se confondent dans toutes l’étendue du plan non euclidien.Examinons ce que deviennent les images euclidiennes de ces droites singulières.12.Ce que nous appelons image euclidienne ou “image infiniment petite d’une figure plane non euclidienne’’ n'est, en somme, qu’une projection conique de cette figure sur un plan euclidien, projection dans laquelle le point de vue et le tableau sont placés à une distance infinie du plan non euclidien.Pour avoir l’image euclidienne de deux droites asymptotes il suffit donc d’en prendre ÉTOILES NON EUCLIDIENNES 297 la perspective dans ces conditions spéciales.Si la distance qui sépare les deux droites reste finie, il est évident que les images des deux droites se confondront, mais si cette distance devient infinie, les images des deux droites seront distinctes et sembleront se recouper au point asymptotique.Ainsi, quoique les droites asymptotes existent dans l’espace non euclidien, il est impossible d'en représenter l'image exacte sur le plan euclidien.13.III.—Triangles rectilignes non euclidiens.La somme des angles d’un triangle non euclidien est toujours inférieure a 2 droits et tend vers la limite 2 droits lorsque les côtés du triangle deviennenent infiniment petits (c'est-à-dire lorsque le triangle devient euclidien).Soit a la somme des angles d’un triangle de surface s.Cette somme étant plus petite que ISO0, posons ISO—a = K ~ X !" .Les incrustations po- pi3 X hr.X 0 F 1 reuses offrent une plus grande résistance à la propagation de la chaleur que les autres, cela s'cxpliciue par la possibilité de formation de .320 REVUE TRIMESTRIELLE CAXADIE.VXE poches gazeuses dans les alvéoles, véritables couehes de vapeur retenues sur la surface de chauffe de la chaudière.I.a valeur mini- mum du coefficient de propagation est ().()•'>-—• Les îns- pi2XhrX 1 crustations dures et compactes, présentant à première vue un inconvénient plus grand, sont meilleures conductrices de la chaleur et cela, plus elles sont dures et se rapprochent de la structure métallique; cependant, à mesure qu'elles se durcissent elles deviennent plus difficiles à détacher en cas de nettoyage, il ne reste plus, comme remède, qu'à remplacer le tube lorsque 1 eau n'a pas un passage suffisant.Le coefficient de propagation varie de 1.3 au maximum de 2.U -—.Des expériences nombreuses pi-Xln-X ° F portant sur des inscrutations de durstés variables ont été faites par Eberle et Holzhauer.Ils ont résumé les résultats de leur recherche dans la formule suivante: dans laquelle X = conductibilité thermique Q = nombre de calories t, — t„ = différence de température des deux côtés de la plaque.d = épaisseur de la plaque F = surface île chauffe Ils ont conclu: X s'élève avec la température de l'eau d’où proviennent les dépôts (et avec la pression à laquelle ‘lie est soumise); (pie X dépend de la nature de l'incrustation; que X est fonction des conditions de cristallisation.Cette étude sur la conductibilité thermique des dépôts de tartre met en évidence les pertes attribuables aux incrustations.Ces pertes ne dépendent pas seulement de 1 épaisseur, de la densité du tartre, mais aussi d?la nature du dépôt variable selon la provenance de l’eau et de ses impuretés.Les incrustations sont la cause de graves dangers qui se présentent dans l’opération d'une chaudière; elles détruisent l'équilibre thermique en produisant une élévation de température en des endroits isolés des plaques: la répartition des efforts se trouve dérangée, elles cachent ÉTUDE DE l’eau DU POUT DE MONTREAL 321 les défauts qui résultent de eet état instable, leur accumulation exige le nettoyage et l’enlèvement des tuyaux entraînant un arrêt des opérations et un travail non productif; enfin il y a augmentation de combustible dépensé, et les pertes de chaleur quoique relativement faibles (pas plus que 2% du total normal) sont des preuves évidentes qu’il peut y avoir amélioration.Plusieurs théories ont été élaborées pour expliquer le phénomène de corrosion dans les chaudières à vapeur.Corrosion, dans ce cas particulier, signifie: usure systématique des parties métalliques en contact avec l’eau chauffée ou avec la vapeur, résultant dans la détérioration partielle, mais dangereuse de l’appareil attaqué.Tour à tour on a accordé faveur à la théorie acide, puis à la théorie du péroxyde d’hydrogène, et finalement fut établie la théorie électrochimique, très générale, satisfaisante pour expliquer toutes les phases par lesquelles s'effectue la corrosion.En voici un bref exposé.Tous les métaux en contact avec l’eau possèdent une tension de solubilité spécifique, c’est-à-dire qu'ils peuvent se dissoudre plus ou moins.Lorsque la réaction est en marche, le métal se trouve dans l'eau sous la forme d’ions, et si le métal et l’eau contiennent certaines impuretés la tension de solubilité augmente.Appliquée au fer, cette théorie permet de dire que lorsque le métal est en contact avec l'eau ionisée, il passe en solution des ions ferreux et il y a production d'un nombre égal d’ions hydrogène qui se déposent sur la surface du fer (L’eau ionisée a pour formule H" OH").Les ions OH" se combinent aux ions Fc’ pour former l'hydroxvde ferreux et, en présence d’oxygène il y a formation d’hydrate ferrique.Lorsque 11' su dépose sur le fer, le métal devient polarisé, la gaine d’ions empêcheront toute réaction subséquente tant que ce film de gaz n’est pas enlevé; si l’oxygène se trouve présent, il réagit avec II pour former de l’eau.La corrosion du métal est donc continue et dure tant que l’eau et ses impuretés se trouvent en présence du fer.Il est facile de déduire des considérations précédentes que la corrosion du fer par l’eau d’alimentation dépend essentiellement des impuretés indiquées ci-dessous et aussi d’une troisième cause moins importante: a) L’air (agissant par l’oxygène qui se dissout); b) Les acides (ou sels, (pii par des réactions internes donnent naissance à des acides); c) L’action galvanique des métaux. 322 R K VU K TRIM KSTRI KLI.K < ANAMKNXK On pout difficilement séparer ce- trois groupes pour étudier l’action individuelle cjn ils ont sur une plaque de metal.L ox\ -gène est nuisible parce qu'il permet l'absorption do 1 hydrogène libre, dégageant ainsi le métal de sa couche protectrice; ce gaz se dissout bien dans 1 eau en proportions variables suivant que la surface exposée à l'air est plus ou moins grande, que la dureté de l'eau est plus ou moins élevée ten raison inverse) et que l’air en contact est plus ou moins sec.Les acides minéraux, les sels, l'acide carbonique sont des impuretés qui font sentir leur présence par la destruction des plaques de la chaudière.IA‘ chlorure de magnésium, par sa réaction sur l'eau chauffée, donne un hydrate de magnésium et de l’acide chlorhydrique, résultant aux réactions suivantes en presence du l e: Fe -b 2 HCl = FeCl2 + H2; Fed2 -b Mg (OH) = Mg Cl2 + Fe (OH)2 où l'on voit que le cycle peut se continuer indéfiniment tant qu il y a du fer.L'acide carbonique libre ne se fait pas toujours sentir dans la chaudière même, il peut passer dans la vapeur, se réservant de causer la corrosion des lames de turbines ou des tuyaux et conduites.Les courants galvaniques se développent lorsque deux métaux de différente conductivité sont en contact, l'eau servant d’électrolvte; il y a usure de l’un en faveur de l'autre.Si des tubes de cuivre sont reliés à des plaques de fer, il peut y avoir déplacement du cuivre vers le fer, tout comme on constate ce mouvement en plongeant une lame de fer dans une solution de sel de cuivre.Le craquement des tôles d’une chaudière est une conséquence de la corrosion des parties exposées, on distingue cependant le craquement dû à ce que le métal est attaqué dans sa constitution cristalline: c’est le craquement alcalin.D’une manière générale les tôles de chaudière faiblissent sous l’influence des causes suivantes: a) La qualité du métal U) L’entretien plus ou moins soigné.c) Los conditions défectueuses d'opération surtout les surpressions.d) La nature de l’eau d’alimentation.Les premières mentionnées sont du ressort du métallurgiste et du chef d’usine; la dernière seule nous intéresse.Le craquement surnommé “alcalin est du a 1 absorption d'hydrogène dégagé par la décomposition de la soude caustique, 323 ÉTUDE DE L'EAU DU PORT DE MONTRÉAL dans les tôles de chaudières chauffées à hautes températures et soumises à de plus fortes pressions.L’hydrogène retenu lorsque le refroidissement s’effectue, rend le métal cassant.Des expériences rie Parr ont montré la véracité de ce phénomène, et il a conclu : a) La soude caustique assez concentrée attaque le fer en donnant île l’hydrogène naissant.b) cet hydrogène naissant s’imbibe dans le fer et en change la texture cristalline.Il faut donc éviter la présence de la soude caustique dans l’eau.Cette impureté ne s’y trouve pas à l'état naturel, elle se forme par l'hydrolyse des carbonates ou bicarbonates de sodium à de hautes températures et pressions.Cette hydrolyse est favorisée dans une eau dont la teneur en sulfates est faillie, lorsqu'une eau de cette composition indésirable est utilisée, il y a de graves dangers de cause l’affaiblissement des tôles de la chaudière par l'absorption répétée de l’hydrogène libéré, conduisant à des explosions de tout l’appareil souvent avec pertes de vie.La vapeur d'eau produite dans une ehandière est un gaz qui jouit de certaines propriétés, mais encore faut-il qu’il soit totalement dans une seule et même phase, c’est-à-dire, le gaz ne doit pas contenir de traces du liquide dont il provient.Cet inconvénient se produit lorsqu’il y a primage de la vapeur ou présence de mousse à la surface de l’eau.Le primage à lieu lorsque des gouttelettes d'eau non vaporisés sont entraînées dans la vapeur, au début la quantité est très faible, mais elle peut augmenter par la force d'attraction au courant créé.Les mousses sont caractérisées par la présence à la surface de l’eau d’une écume sale souvent épaisse au point de remplir l’espace destiné à la vapeur.Ces deux phénomènes sont étudiés ensemble parce qu’ils ont les mêmes effets, sont souvent produits en même temps et ont les mêmes causes: ?) Construction défectueuse et mauvaise opération des chaudières.?) présence d’huiles ou de matières organiques en suspension dans l’eau d'alimentation c) présence de sels fie sodium en trop grande quantité avec des substances en suspension.La première de ces causes est indépendante de la qualité fie l'eau; il est à noter cependant que le principal défaut de cons- .!-.¦ " ' 324 RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE truction est ‘on a,t ^ .agglomération de ces particules en une masse compacte b » - facilement retenue à la surface du sable.( ette agglon.emi on fait par des substances chimiques appelées coagulants.L emplo HZ ""a."™,, à l'affiaacitô de foptaUon ,1 faut de plus remplir certaines conditions relatives a le,ouïe- de rn».tall- quo rom-CBS,muent .lu filtré, le nettoyage, etc.Pour purifier l’eau par coagulation et filtration, ou procède comme suit: 1) Peau est amenée par une conduite de 8 pouces et list.- buée alternativement dans deux bassins au moyen de rolnncU m^ -ur les branches d’un T.L’eau arrivant a une vitesse de 16 I ed par seconde est déversée dans un des bassins et tombe dan.u - .semi-circulaire avant tous les 3 pieds une obstruction qui ne laisse que la moitié de la surface utilisable.Lorsque lean lais* ZZ ETC DK DE L’EAU DC PORT DE MONTREAL 327 lo tuyau de 8 pouces on y ajoute les coagulants ;\ un taux uniforme • t en quantité limitée.( c sont du sulfate d'aluminium et de 1 aluminate de sodium, le mélange des deux permettant une meilleure utilisation de leurs propriétés respectives, avec neutralisation réciproque de leurs défectuosités.En effet le sulfate pourrait apporter de la dureté a 1 eau, mais le sodium de l'aluminate combat i et effet, d autre part 1 aluminate de sodium exige une certaine acidité pour activer la précipitation de l’hydrate d’alumine: le sulfate donne cette acidité a 1 eau.Le mélange des coagulants a 1 eau >e fait au contact des butoirs disposés le long de la rigole d amenée, la coagulation et la sédimentation se continuent pendant le temps de retention dans le bassin.21 L’eau est ensuite pompée vers le filtre, on s’assure que le sable est recouvert d’une hauteur de 2 à 3 pieds pendant toute l’opération, cette condition étant importante pour le bon fonctionnement de l'appareil.L’eau traverse le sable en laissant la sl‘rface les matières coagulées autour du dépôt d’hydrate d alumine; elle passe aussi à travers le gravier et arrive au fond ou une tubulure ramifiée la reçoit.Ces tuyaux en cuivre ou en bronze de Li pouce de diamètre ont de fines ouvertures longitudinales faisant face au fond de l’appareil de façon à ne pas être bouchées par les grains de sable (pii pourraient traverser h* gravier.^ ( es tubes sont reliés à un tuyau central collecteur (pii sort du filtre et rejoint le tuyau de service pour la chaudière.Lorsque le filtre a fonctionné environ 10 heures, l’appareil enregistreur de porte de charge relié au tuyau d’évacuation accuse une diminution de débit: c'est parce que les impuretés coagulées sont accumulées sur la surface du filtre en une couche trop épaisse, l’eau trouve difficilement un passage, il est temps de nettoyer.3) 1 our nettoyer le sable, on coupe l'alimentation en fer- mant le robinet approprié, on ouvre le premier robinet d’égout, et la direction de l'eau pure est renversée pour revenir dans le filtre par la tubulure.L’eau remonte à une vitesse de 12 à lü pieds par minute, soulève le sable dont la masse est compacte et en arrivant a la surface entraîne les coagulums dans les rigoles spéciale^ et de là à l’égout.Pour assurer une pénétration efficace de lean dans le sable, on le secoue par de l'air sous pression de 4 !l 5 li,s- Par P0uce carré.De cette manière les impuretés qui auraient pu dépasser la surface sont ramenées vers le haut et évacuées.Cette agitation avec passage rapide de l’eau, dure 328 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 7 à s minutes; après vient le rinçage et le cycle recommence.4) Avant de reprendre la filtration proprement dite, on ouvre le robinet d'alimentation, on ferme le robinet d'eau pure et on ouvre le second robinet dégoût.L'eau passe en replaçant le sable et le gravier agités ou déplacés, et qui, de ce fait, ne fournissent pas tout leur pouvoir filtrant.La première quantité passant pendant 12 à 15 minutes est envoyée a 1 égout : on ferme ensuite le robinet d’égout, on ouvre le robinet d'eau pure et la filtration reprend son cours.La filtration de l'eau ne s'effectue bien que si l’on peut contrôler l’efficacité du lit filtrant.Le rendement de l'installation dépend de trois facteurs: réaliser une bonne coagulation, garder une tête d’eau uniforme au-dessus du sable et éviter une période trop longue de filtration entre les lavages.La coagulation bien faite dépend de la nature et de la quantité des produits chimiques employés, de la nature et de la quantité des impuretés de l’eau, du mélange intime des coagulants à l’eau et de la durée de la période de sédimentation.D'après l'analyse de l'eau, il est facile de calculer la quantité de coagulants, leur mélange est assuré par la vitesse de l'eau dans laquelle ils tombent et de plus par les chocs et conte-chocs sur les butoirs dans la rigole où l'eau doit passer.Lorsque la quantité suffisante de produits chimiques est ajoutée l'eau séjourne dans le bassin et il y a deposition pendant 10 à 11 heures.Pour garder une tête d'eau constante au-dessus du sable on relie le robinet d'alimentation à un flotteur dans le filtre et à une soupape sur la conduite de la pompe.Lorsque le niveau tend à s'élever, le flotteur articule le robinet qui se ferme, et la soupape se ferme aussi arrêtant la pompe par le fait même.Si le niveau d'eau revient trop bas l'action inverse se produit et on est assuré d'une alimentation suffisante et régulière.Lorsque le filtre a travaillé un certain temps, les impuretés forment un amas serré qui s’oppose au passage de 1 eau.L operation n’en est pas immédiatement arrêtée, mais elle se continue en diminuant d’efficacité et le débit peut devenir faible.Ln moyen de vérifier ces variations est de placer sur le tuyau de sortie de Veau pure un appareil enregistreur de perte de charge: il indique si la diminution de débit causée par les coagulions atteint une valeur trop forte.Cet appareil, très important pour les grandes installations sujettes à de fortes variations de débit, est utile pour les petites en ce qu’il permet de vérifier s il se produit ÉTUDE DE L'EAU DU PORT DE MONTREAL 320 une irrégularité brusque, puisque dans les petites installations le lavage se fait au bout d’un tomp déterminé, avant que la perte de charge n'atteigne une valeur dangereuse: c’est un appareil de sûreté.L’analyse de l'eau coagulée et filtrée a donné les résultats suivants: Silice SiO 2 Parti»1* par million 0.22 Gr.par gallon 0.02 Anhydride Sulfurique SO 3 26 50 1 .80 Oxydes de Fer et d'Alumine Fc203 et Al2O3 1.40 0.10 Oxyde de Calcium Ca O 48.40 3.39 Oxyde de Magnésium Mg O 11.60 0.81 Oxyde de Sodium Xa20 25.80 1 .81 Gaz carbonique fixé CO2 40.00 3.08 Chlorures Cl 19.48 1 36 Alcalinité—exprimée en CaCO3 97.14 6.82 Matières dissoutes 175.40 12.28 Matières en suspension 0.00 0.00 Dureté 13° Hvdrotimétriques COMBINAISONS PROBABLES Silice SiO2 Parties par million 0 22 Gr.par gallon 0.02 Oxydes de Fer et d'Alumine Fe 2()3 et Al 203 1.40 0.10 Carbonate de Calcium CO 3Ca 71.11 4.98 Sulfate de Calcium S04Ca 20.90 1.16 Carbonate de Magnésium CO 3Mg 24.30 1 .70 Sulfate de Sodium S04Xa2 25.19 1 70 Chlorure de Sodium XaCl 32.15 2 25 Sels dissous 175.27 12.27 La dépense à faire pour une installation de 45,000 gallons par jour se divise en deux parties.La première comprenant la construction du bassin de sédimentation, la machinerie, la main-d’œuvre d’installation, se monte à $7,650.00, entraînant une dépense annuelle de $1,039.40 pour couvrir l'intérêt du capital et constituer un fonds d’amortissement (10 ans); la seconde comprend le salaire de l’opérateur, les produits chimiques et les dépenses diverses se montant à $1,193.22 par année.Au total $2,232.62 année, ou 13.58 cents par 1,000 gallons par jour.Les dépenses 330 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE annuelles pour l'opération d'une chaudière à vapeur de 500 h.p.comprenant le charbon, les nettoyages, les pertes de tubes et de temps productif, se montent à §37,520.00 et peuvent s abaisser à 334,600.00 par l'emploi d’eau filtrée.L’économie réalisée 32,830.00 dépasse de ..consacrés au tourisme.Bureaux: Tt.rue l'urgot, Narbonne Prix : 20 francs.Des \ ci - , de la pros"., j,.p, musique.1h• beaux bois, de belles photographies, 340 REVUE trimestrielle canadienne le Conférence: Rêve ou réalité Méthodes utilisables.Ile Conférenot primitive.—• Los divinisations dans le primitive, Source de la foi chrétienne des suppléments en couleur.Bref, une revue d'un caractère tout à fait artistique.( >„ sait que Skctim ami: est publiée dans le midi.Ses collaborateurs sont surtout des méridionaux et les sujets qu'ils traitent, propres à la même région.< est pourquoi cette magnifique publication a tant de sav-ur et d'intérêt pour nous, pauvres gens du nord.L'ENCVCLIQCK SU! LA KKSTAl'RATK >N DK L'ORDRE SOCIAL " “Quadrngesimo anno" 15 mai 1931 t.- Traduction française, avec table analytique et commentaires.Volume de 116 pag».Aux Edit.ons Spt -17.rue SoufHot.Paris.Prix: 5 francs.I P'SUS FILS DE DIKE, par le R.P.Pinard de la Boullaye, S .1.Le can ine de Notre-Dame de Paris, année 1932.— Aux éditions Spes, 17.rue SoufHot.Paris.Prix: 12 francs.Le problème, Importance du problème, : Les Divinisations païennes et l’Eglise monde gréco-romain, la Foi de 1 Eglise i;i , .nie Conférence : La Révélation dn grand mystère — La dignité surcminentc que Jésus s'attribue, les Pouvoirs que Jésus exerce, le Nom «pie Jésus se réserve.IVe Conférence: Le Témoignage du disciple bien-aimé —Les grande.- controverses à Jérusalem.1 Autorité du témoin, les D< rnières confidences de Jésus.Ve Conférence: Le témoignage du Père “Obstacles extérieurs, Rt ssources extérieures, Facteurs internes de succès.\ le ton-férencc ( tmbre et lumière dans la révélation chrétienne.- Pourquoi tant .1 obscurité'.* Pourquoi pas plus de lumière?La lumière du motus est-elle suffisante .Le volume qui vient de paraître contient le texte des six conferences prononcées cette année.Dos notes les accompagnent.Ces notes, sobres et dégagées d un appareil d'érudition trop lourd, permettront de mieux pénétrer le texte et répondront aux questions que pourraient se poser ceux qui vomiraient approfondir le grave problème d'apolitique ici abordé.L'orateur, en effet, est au co ût do son sujet.Après avoir montré, les années précédentes, que Jésus était le Messie attendu, il prouve cette année que Jésus est vraiment le Fils de Dieu.Et c'est le fondement même de la Religion chrétienne qui est ainsi établi.Les chrétiens soucieux de fortifier leurs convictions religieuses trouveront dans ce livre un ens-ignement qui le- satisfera sous la forme précise et éloquente qui a fait la réputation mondiale du R.P.Pinard de la Boullaje.LE TÉMOIGNAGE DE MARIE DE L'INCARNATION, par Dmn A.Ja.net Chez Gabriel Bcauchesnc, 117.rue de Rennes, Paris.Prix: 30 francs Don, Jamet a entrepris la réédition des Ecrit* hpirituels
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