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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1934, Collections de BAnQ.

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/ ' I I 20ème Année No 78 ' * MONTRÉAL Juin 1934 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.Pages 113— I 131— II.148— III.169— IV.212— VII.222—VIII.SOMMAIRE La Famille Canadienne-française.Léon GÉRIN Recherches sur la Paille comprimée.Louis bourgoin L’Avenir de la Jeunesse libérale ou non.Paul GOUIN L’Avenir de l’Architecture religieuse canadienne.Émllo VENNE La tour de la faim: L’Université de Montréal Georges ROUSSEAU L’École d’Hygiène sociale appliquée de l’Université de Montréal.J.-A.BAUDOUIN Revue des Livres.Vie de l’École et de l’Association.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITE DE DIRECTION Président: Mgr J.-Vincent Piette, Recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Aurélien Boyer, Principal de l’Ecole Polytechnique.Augustin Frigon, Directeur de l’Ecole Polytechnique.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.Victor Doré, Président de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal._ Alfred Fven, Professeur à l’École Polytechnique.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’Ecole Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Olivier Maurault, p.s.s., Supérieur de l’Externat classique Saint-Sulpice., Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’Ecole Polytechnique.Armand Circé, Professeur à l’École Polytechnique.Secrétaire de l’Association des Anciens Elèves.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Edouard Montpetit, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne 1430, rue Saint-Denis.LAncaster 9208.MONTREAL R E V U E TRIM E S T RIE LL E C A X A DIE X X E BANQUE CANADIENNE NATIONALE Capital versé et réserve, $14,000,000 Actif, plus de $132,000,000 KH TI.S OPERATIONS DE BANQUE ET DE PLACEMENT Comptes courants Comptes d’épargne rets et escompte Encaissements Nantissements Mandat Coffrets de sûreté Change sur tous pays Achat et vente de monnaies étrangères Lettres de crédit documentaires et circulaires Financement des importations et des exportations Achat et vente de valeurs de placement La grande banque du Canada françai 563 BUREAUX AU CANADA NOS RESSOURCES SONT A VOTRE DISPOSITION NOTRE PERSONNEL EST A SOS ORDRES EPARGNEZ EN PREVISION DES TAXES ET DES ASSURANCES Les taxes et les assurances représentent deux échéances qu'il est impossible de remettre.Afin de faire honneur aux engagements pris, ayez l'argent en banque pour y faire face.Epargnez régulièrement une proportion de votre revenu; déposez-la régulièrement à la banque.Vous pourrez ainsi faire face à ces échéances inévitables sans créer de perturbation dans votre budget familial.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA S.J.B.ROLLAND, Président.Chs-A.ROY, Gérant Général.• ' II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITÉ de MONTRÉAL Comprend les facultés et écoles suivantes : FACULTES THÉOLOGIE * DROIT MEDECINE ' PHILOSOPHIE - LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ECCEES PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D'OKA ECOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE ' MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME y Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265,^rue St-Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l’Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l'Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.).l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Yiger et rue St-Hubert, MONTREAL IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1873 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS:— Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques Constructions Civiles Génie Sanitaire Hygiène Physique Descriptive Mécanique Hydraulique Géologie Géodésie Métallurgie Travaux Publics Chemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.T ÉL ÉPLI ONES :— Administration:— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines: — LAncaster 7S80 PROSPECTUS SUR DEMANDE Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL JUIN 1934 LA FAMILLE CANADIENNE-FRANÇAISE SUR LA RIVE NORD DU J.AC SAINT-PIERRE ' Mes Révérendes Mères, Mesdames, Au petit printemps de 18S6, à la suite d’un séjour de six ou sept mois dans le quartier latin de Paris, je me préparais à reprendre le chemin du Canada, “mon pays, mes amours”.Comme j’allais faire mes adieux à mon excellent professeur Edmond Demolins, il me déclara avec son entrain communicatif de méridional: “Maintenant que vous êtes initié au maniement de notre méthode d’observation sociale, nous allons compter sur vous pour la mise en œuvre d’études monographiques sur votre pays d’après les procédés que nous vous avons fait connaître”.Pour dire le vrai, cette invitation fie mon brillant professeur, me faisait à la fois peur et plaisir.surtout peur.Je résistai quelque peu; mais ce diable d’homme me ferma toutes les issues.Impossible de m’échapper; il me fallut promettre.Bientôt, marchant sur les traces de Jacques Cartier, je traversais l’Atlantique-Xord, et je m’installais à Montréal avec les quelques sous garnissant encore mon escarcelle, et pour toute consolation l’assurance de mes anciens maîtres fie Paris qu’ils m’assisteraient de leurs lumières, ce que, du reste, ils firent consciencieusement.Quant à moi, je me vis attelé à une tâche ardue pour le restant de mes jours.Dès le mois de juille suivant, pendant que plaideurs et tribunaux chômaient, il me vint à l’esprit l’idée merveilleuse de me rendre 1 Conférence prononcée à l’Institut pédagogique de Montréal, le -1 novembre 1933. 114 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE chez “l’oncle Denis”, alors curé de Saint-Justin, dans la région des Trois-liivières, sur une terrasse argileuse qui surgit à quelque distance de la rive nord du lac Saint-Pierre.Déjà j’avais pris l’habitude de passer une bonne partie de mes vacances chez ce jeune frère de mon père, — seizième enfant dans une famille de dix-sept dont mon père était l’aîné.— Mais cette fois, ce n’était plus pour y flâner un livre à la main (sinon sous les yeux) dans la lumière tamisée d’un tilleul à dôme verdoyant au bord d’un ravin ombreux creusé dans l’argile bleue des arpents de la fabrique attenants au presbytère.>»'on, à peine arrivé, je priais cet oncle providentiel de me signaler une famille de sa paroisse qui fût en situation prospère, mais non pas exceptionnelle.Et cet oncle qui ne savait rien me refuser de ce qui pouvait satisfaire mon désir de m’instruire sur les conditions de vie de nos gens, et particulièrement de ses gens, agréa de grand cœur ma demande.“Mon fiston, me dit-il, j’ai exactement ce qu’il te faut; nous irons ensemble demain chez les Casaubon”.Profitant de la lente tombée d’un jour lumineux du solstice d’été, nous nous rendîmes, “mon oncle Denis” et moi, à la modeste demeure des Casaubon, dans le rang de l’Ormière, à quelque 20 arpents de l’église paroissiale.C’était une maison de bois, blanchie à la chaux, dont le pignon d’ouest, percé de trois fenêtres à châssis vitrés, et garnies de volets colorés, donnait sur le chemin du roi.Un gros orme étalait ses rameaux entre la maison, le jardin et la route publique, ombrageant une coulée tracée dans la glaise par le ruisseau de l’Ormière.Leur journée faite, ou à peu près, hommes et femmes prenaient le frais sur le perron formant marchepied sur la façade de la maison.Dès qu’on nous aperçut, on s’empressa de nous inviter à rentrer pour causer un peu à l’abri du serein.L’instant d’après nous voyait tous assis en rond sur le pourtour de la salle-cuisine.Tandis que les hommes, à l’exemple de leur curé, fumaient la pipe, et que les femmes prêtaient à nos propos une oreille curieuse, je notai la composition du groupement familial, qui se trouvait là presque au complet.Le groupement familial quasi-communautaire Vers le fond de la salle, où débouchait l’escalier conduisant à la grande chambre à coucher de l’étage supérieur, le père, Louis Casaubon, de stature moyenne (5 pieds ü pouces), tournait vers nous LA FAMILLE CANADIENNE-FRANÇAISE ] 15 une figure placide, un regard à la fois inquisiteur et bienveillant.I n peu voûté, d’apparence robuste pourtant, encore très actif malgré scs soixante et un ans.Absent lors de notre arrivée, il s était joint a la famille lorsque déjà tous étaient placés; mais alors avec quel empressement son plus jeune fils Ovide se leva-t-il aussitôt pour lui porter une chaise! \ is-a-vis de lui se trouvait la mère, née Célina Wolff, de six ans moins âgée que son mari, bien prise, forte et active, mettant la main à toutes les besognes de l’intérieur ou de l’extérieur.Près d elle, je voyais les deux tantes, scours du père: tante Marguerite, ployant un peu sous le poids de ses soixante-quatorze ans; tante Julie, du même âge (pie la mère, mais paraissant beaucoup plus âgée, à cause de ses infirmités, et surtout d’une déviation de l’épine dorsale.('es quatre personnes formaient toute l’ancienne génération; la nouvelle s’y trouvait entremêlée.lout d’abord, ( harles Casaubon, héritier-associé du père, d’un tantinet plus grand que lui, âgé de vingt-sept ans; sa femme, Adeline (oignon, fille de brançois ( la gnon dit Jeannette, courte, brune, mais pleine d’entrain, âgée de vingt-quatre ans.Quatre autres enfants vivaient au foyer avec leurs parents; Philomène Casaubon, âgée de vingt-cinq ans, Pierre, âgé de dix-sept ans; Eulalic, quinze ans; Ovide, dix ans.On me signala l’absence ce soir-là de trois autres enfants du "vieux” ménage; Edmond, dix-neuf ans, travaillant depuis peu aux gages d’un co-paroissien, ( îaboury; et Joseph, vingt-deux ans, depuis un an émigré aux Etats-Unis, où il gagnait sa vie dans un centre ouvrier.J.a famille venait justement de recevoir de lui une lettre dans laquelle il la mettait au courant des économies qu’il avait PU réaliser sur son salaire, ainsi que ch' ses projets de retour et d’établissement éventuel au Canada.Louis ( asaubon fils n’y était pas non plus.C’était l’aîné de tous les enfants, âgé de Vingt-neuf ans, marié depuis quelques années et occupant maisonnette et e [ placement au village de Saint-Justin; mais conservant toujours des rapports suivis avec la famille paternelle.il y a quarante-sept ans de cela; et dans l’intervalle jamais je n’ai complètement perdu de vue la famille-type de Saint-Justin.Dès 1886, après cette première visite en compagnie de mon oncle le cure, je me présentai à maintes reprises chezmesamisdel’Ormière 110 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE pour y poursuivre mon enquête, et toujours j’y fus l’objet de l’accueil le plus cordial, le plus confiant.Au cours des années suivantes, je retournai périodiquement à Saint-Justin.Eh 1890, notamment j’eus la bonne fortune de m’y faire accompagner, de Montréal, par M.Paul de Ilousiers qui préparait à ce moment son grand ouvrage sur la 17c Américaine, et par son compagnon de route, M.Georges Rivière, de Paris.Aimablement reçus par M.le curé, nous ne manquâmes pas d’aller rendre visite aux familles de l’Ormière dont déjà les monographies étaient sur le métier.En 1893, après deux années de collaboration à la revue la Science Sociale, pendant lesquelles j’avais esquissé l’histoire de la colonisation de la Nouvelle-France, j’en arrivais à décrire les moyens et le mode d’existence de cette famille rurale de la région trifluvienne.Cinq années plus tard, je reprenais ma monographie de VHabitant de Saint-Justin, sous une forme plus analytique, dans les Mémoires de la Société Royale rlu Canada; et par comparaison avec ses voisins de la montagne de Saint-Didace et de la rive fluviale de Maskinongé, dans la revue la Science Sociale, de Paris, encore une fois (1S9S-1S99J.Enfin, en 1920, je faisais une nouvelle visite à Saint-Justin pour mettre à jour mes observations anciennes sur l’habitant de la terrasse.Entre temps, mon oncle le curé m’avait tenu fidèlement au fait de tout ce qu’il arrivait de plus remarquable à ces braves gens, qui nous étaient chers à l’un et à l’autre.C’est vous dire que mes observations embrassent un intervalle de quelque trente ou trente-cinq ans (1886-1920), mais ont trait surtout aux douze années 1S86 - 1898 C’est à ces années que se rapportent plus particulièrement les indications qui vont suivre.La ruche familiale Mes conversations avec le père Casaubon et son fils Charles, comme avec la mère de famille et ses aides, ne tardèrent pas à me convaincre que dans ce groupement double, à la fois famille et atelier, celui-ci était à tous égards régi par son étroite dépendance de la famille communautaire.De cette étroite association de l’atelier de travail avec la famille, il résulte une première conséquence: c’est Vextrême variété des travaux auxquels sc livre ce groupement fondamental de la société canadienne: cultures très diverses, complétées par la simple récolte L A F A MILLE C A X A I) I EX X E-FH A XÇ A1S E 117 de productions spontanées et par l’exercice de multiples industries, mais tout cela contenu dans une mesure assez restreinte, strictement celle des besoins du groupement familial et de scs ressources en main-d’œuvre, (."est ce que va nous faire voir un examen plus détaillé des faits.La culture est essentiellement vivrière et mixte.Elle comprend, outre mainte culture ménagère, la production de plusieurs céréales, graminées et plantes fourragères, l’élevage et l’engraissement de sujets de plus d’une espèce domestique, mais en petit nombre et sans sélection suivie.Le jardin potager, tout proche de la maison, occupe moins d’un quart d’arpent.Les femmes sont seules chargées de sa culture.Les façons se donnent à la bêche et è la houe, et la famille en obtient juste ce qu’il lui faut de légumes pour sa propre consommation.Le seul légume qui soit cultivé en plein champ est la patate ou pomme de terre; en 18S6, il s’en trouvait 2 demi-arpents à quelque distance de l’habitation, et pour cette culture plus importante, les hommes et les chevaux étaient mis à réquisition.D’autre part, les femmes étaient chargées seules de deux cultures de type industriel, mais qui, du reste, se faisaient sur une très faible superficie: le lin, le tabac.Le lin n’occupait qu’un huitième d’arpent et les hommes ne venaient en aide aux femmes que pour l’arrachage et le battage de la plante.La mère Casaubon avait sous sa surveillance spéciale une petite plantation de tabac, tout côté du potager.C’est elle qui, au printemps avait fait les semis en couches, et plus tard avait sarclé, arrosé, édrageonné la plantation.Elle comptait en obtenir 100 livres de feuille, et une fois la provision des hommes assurée, elle se proposait de vendre le reste à son bénéfice particulier.Les cultures de céréales et farinacés pour la plupart se faisaient très en petit : le sarrasin, le blé-d’Inde (ou maïs), l’orge occupaient des parcelles variant d’ 1/S d’arpent à 1 arpent et quart.Leur produit, 15 minots de sarrasin, 20 minois d’orge, etc., était consommé à la maison.Même le froment, qui, en 1880, occupait une superficie de 6 arpents et rapportait 01 minots, n’était cultivé que dans la mesure de la consommation domestique.La moyenne de cette récolte dans les dix années précédentes avait été pour la famille Casaubon de 65 minots.L’avoine et la gaudriole (celle-ci mélange de pois et d’avoine) 118 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE fournissent les récoltes de grain les plus importantes.En 18S6, elles occupaient 3S arpents, et au cours des dix années précédentes elles avaient donné un rendement moyen de 400 minots par année.Casaubon vendait chaque année une petite quantité d’avoine; mais de beaucoup la plus grande partie de cette récolte, ainsi que le son et la paille de toutes les céréales, était consommée par son troupeau.11 en était ainsi de 2,200 bottes de foin (18 à 19 tonnes) fournies par 13 arpents de prairie.J.es pâturages occupaient 30 arpents, et le troupeau permanent (c’est-à-dire celui gardé toute l’année) comprenait, outre 24 poules et 4 pores, 18 moutons, 10 bêtes à cornes, 3 chevaux.i.e croit annuel de ce troupeau permettait à la famille de disposer dans le cours de l’année, pour sa propre consommation ou par la vente, do 12 poules ou poulets, de 14 agneaux ou brebis, de 6 pores, de 3 têtes de bétail, et, à l’occasion de 1 poulain.En outre, elle en obtenait certaines denrées, comme les œufs (mais ceux-ci en quantité à peine suffisante pour son propre usage); laine des moutons, 45 livres, (pie l’on filait et tissait à la maison; lait des vaches, dont, à part ce qu’il s’en consommait à la maison, on livrait à la fromagerie du village un excédent d’un peu plus de 1,000 livres, rapportant quelque 80 piastres.Dans les conditions actuelles de production plus intense, — et même si l’on tient compte de la diminution de valeur de l’argent qui s’est produite dans l’intervalle, — tout cela vous paraîtra bien minime, t'es chiffres pourtant sont exacts et assez représentatifs des recettes d’une certaine catégorie, pour une famille rurale de situation moyenne, il y a moins de cinquante ans.L’étroite solidarité de la famille D’autre part, il faut observer que les Casaubon ne dépensaient rien pour la main-d’œuvre: les membres de la famille suffisaient à tout et au delà.A l’automne, en octobre et novembre, les hommes, (le père Louis, Charles et Pierre), ont attelé les chevaux à la charrue et opéré les labours; au printemps, ils ont opéré hersages et semailles.En juillet, août, septembre, c’est la rentrée du foin, la récolte et le battage du grain.Mais dans ces dernières opérations, les femmes ont fourni un notable appoint.lui mère, la bru, Philomène, Eulalie, et même Julie (la moins âgée des deux tantes), armées de fourches et de râteaux à bras, ont prêté main forte aux hommes. LA FAMILLE CANADIENNE-FRANÇAISE 119 Ce sont encore les hommes qui, l’hiver, pendant les six longs mois que les animaux passent à l’étable, ou durant leur engraissement, donnaient à boire aux animaux, leur distribuaient les rations de paille, de foin, de grain ou de moulée, renouvelaient la litière et nettoyaient les étables.Mais les femmes trayaient les vaches et avaient en soin la laiterie.A l’occasion même, elles secondaient, ou remplaçaient les hommes dans le maniement et la distribution des fourrages et rations de grain entier ou moulu.11 n’était pas jusqu’au petit Ovide, âgé de dix ans, qui ne se rendit utile, en conduisant les attelages, maniant le râteau ou se chargeant de menus ouvrages compatibles avec ses forces.Bref, tous ces travaux furent exécutés par les divers membres de la famille, à l'aide de procédés assez simples, et surtout sans le secours de salariés.( "est à peine si la famille a fait faucher 5 arpents de ses prés par un voisin muni d’une faucheuse mécanique; ou si, dans le temps des récoltes, elle a requis les services de Louis, l’aîné des enfants, qu’ello a fait venir du village; ou encore,si,à l’occasion des battages, elle a reçu des voisins un coup de main, à charge de revanche.D’autre part, elle a pu se dispenser quelque temps de l’aide d’un des garçons, Edmond, qui, du 15 juin au 1er novembre, a travaillé aux gages d’un cultivateur du voisinage manquant de grands enfants en état de l’aider.Les 52 piastres qu’il a ainsi gagnées sont allées grossir le budget de la famille.L’éloignement de l’habitant pour l’emploi de main-d’œuvre salariée est caractéristique.Ce n’est (pie dans les cas d’absolue nécessité qu’il se décide à y recourir, et pour s’en dispenser, il sacrifiera parfois de fortes sommes en achats de machines agricoles, bien (pie d’ordinaire ses procédés d’exploitation ne soient pas intensifs.( ’est ainsi que déjà en 1SS0, Casaubon avait fait l’acquisition d’une faucheuse mécanique, et (pie depuis des années il utilisait une machine a battre.Plusieurs de ses voisins étaient d’assez longue date pourvus de semoirs et de moissonneuses.Entr’aide familiale et PRODUCTIONS spontanées En somme, a Saint-Justin, comme à Saint-Irénée, ce sont les traditionnelles habitudes de solidarité (pii sont le plus ferme soutien du groupement familial.Mais il faut bien comprendre que cette formation communautaire, ces pratiques de dépendance mutuelle, ici comme la-bas, tiennent à l’ampleur de la superficie disponible 120 revue trimestrielle canadienne du sol et à sa fertilité primitive, ou, en d’autres termes, sont liées à l’abondance relative des productions spontanées.A Saint-Justin, en 1SS6, lorsque j’y recueillis mes premières informations, les productions spontanées avaient déjà beaucoup perdu de leur importance.Par exemple, la chasse et la pecho n’y étaient plus que passe-temps de désœuvré, Le vieux fusil à pierre que l’ancêtre de Louis ( asaubon portait sur son épaule, lorsque trois quarts de siècle auparavant il avait émigré de Pile du Pas, reposait, relique poussiéreuse, perdue parmi les outils de culture et de charpenterie.Quant à lui, jamais de sa vie il n’avait manié d’arme à feu, et ses enfants pas davantage.A cette distance du fleuve et de son archipel ces sports manquent d'attrait.Même a cueillette des fruits sauvages et des plantes médicinales n’est plus ici un moyen d’existence que pour quelques familles pauvres qui y trouvent une ressource assez aléatoire.En 18SG, les Casaubon consacraient chaque été une journée a la cueillette dans la montagne voisine de framboises, qui à l’état frais, ou confites, leur fournissaient un dessert, Mais il y a lieu de noter ici deux 'productions naturelles beaucoup plus importantes; le foin et le bois.Les trois zones naturelles Sur la rive nord du Saint-Laurent, entre Maskinongé et Saint-Barthélemv, le sol s’étage en bandes parallèles, a trois hauteurs successives.1) La rive fluviale.— En bordure aux eaux du fleuve ou de son renflement du lac Saint-Pierre, se déroule une zone d alluvions récentes, émergeant à peine en saison normale, mais submergée par le fleuve à l’époque des crues.C’est une zone de prairies permanentes, maintenue en état de productivité cent nue par les apports annuels fécondants du fleuve au cours tranquille, aux eaux limoneuses.Les graminées et autres plantes licrbagères y prospèrent à l’état de nature; mais la submersion, parfois prolongée, rend la partie basse de cette rive moins favorable à la production des « ri ales ou des grains en général.2) La terrasse.— A quelque 2 ou 3 milles de la rive fluviale, il surgit une terrasse de 40 ou 50 pieds tic hauteur, et qui continue de s’élever en pente douce vers l’intérieur, dans la direction du nord, sur une distance de 3 autres milles.Son sol est très différent de celui de la rive basse. LA FAMILLE CAXADIEXNE-FR AXÇA ISF 121 2a) Zone argileuse.— C’est d’abord, formant une large bordure à partir de la crête de la terrasse, une argile tenace, compacte, difficile de culture, mais profonde et fertile.Elle forme une zone particulièrement adaptée à la production des grains et surtout des pois.A une distance d’à peu près G milles du fleuve, ou de trois milles de la crête de cette terrasse, il se produit un deuxième soulèvement, beaucoup plus marqué (pie le premier, et de nature surtout rocheuse.C’est l’annonce du plateau laurentien qui occupe tout l’arrière-pays.2b) Zone sablonneuse — Encore assez loin du pied de la montagne, le sol argileux de la terrasse de Saint-Justin commence à se mêler de sable, formant une terre franche, encore assez fertile, où l’avoine et l’orge prospèrent.Mais un peu plus loin vers l’intérieur, le sable entre en plus forte proportion dans la composition du sol et finit par recouvrir la surface d’une terre si iceuse, manquant de plus en plus de consistance et médiocrement productive.3) La montagne—Quant à la zone montueuse bordant la vallée au nord, le fond rocheux qui lui sert d’assise et affleure ici et là, ses inégalités de surface, ses pentes plus ou moins abruptes, son sol rare et parfois grossier ne sauraient attirer le cultivateur.Les obstacles qu’elle oppose au passage de la charrue et des autres machines agricoles ont arrêté la hache du défricheur et en ont fait une réserve forestière naturelle, d’un précieux appoint pour les habitants de la région.Ils s’y sont à peu de frais taillé des “terres à bois” qui répondent à diverses nécessités de l’économie domestique ou agricole.Bois de poêle et nois d’ceuvrè Chaque année, à la Toussaint, les Casaubon emploient cinq ou six jours au traînage et au débitage des troncs d’arbres abattus ou trouvés gisant sur leur terrain de la montagne.Au cours de l’hiver suivant, sur les bons chemins de neige, ils transportent à la maison le bo.s de poêle ou le bois d’œuvre ainsi obtenu.Outre les 25 cordes utilisées pour le chauffage de l’habitation et divers usages domestiques, ils ont pu disposer de 12 ou 15 cordes par la vente.Le sucre et le sirop d’érable La terre de la montagne livre un autre produit fort recherché: l’eau d’érable, dont on tire le sirop et le sucre.Peu importe que le terrain soit rocheux et accidenté, pourvu qu’on puisse y circuler sans 122 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE trop de difficulté avec traîne ou traîneau, l’habitant s’aménage en situation haute et sèche une érablière.11 suffit pour cela de pratiquer dans un certain rayon une sélection rigoureuse au profit de l’érable, et surtout de l’érable à sucre (accr saccharimim).Au printemps, il pratique une incision au pied de chaque arbre et recueille la sève qui s’en écoule.Au moyen d’ustensiles et récipients assez simples, il opère sur place la condensation de cette sève à divers degrés, et en obtient le réduit, le sirop le tire, le sucre.Quelques familles de Saint-Justin, en 1886, retiraient des sommes assez rondes de la vente du surplus de leur production de sucre et de sirop d’érable.Mais les Casaubon, dont l’érablière comprenait une forte proportion de plaine (accr rubrum), cl’un rapport moins avantageux que l’érable à sucre, n’obtenaient que juste la quantité nécessaire à leur usage domestique.Etroite dépendance de la nature On le voit, le régime du travail agricole reste ici dans l’étroite dépendance de la productivité naturelle des lieux.I.a distribution topographique des diverses pièces composant le domaine de Casau-bon le fait voir.Ses terres à grains et à pâturages sont attenantes à l’habitation, sans doute en vue de faciliter l’exploitation et la surveillance du troupeau, mais aussi à cause de la nature du sol de la terrasse, particulièrement bien adapté à la culture des grains.D’autre part, les prairies permanentes sont situées à 6 milles du domaine principal, sur les alluvions du bord du fleuve fécondées périodiquement par les eaux.Quant à la terre à bois, elle est reléguée à 4 milles au nord du domaine principal, dans un terrain montagneux, cjui serait autrement peu utilisable.Or cette curieuse disposition n’est pas particulière à l’exploitation des Casaubon, ni aux terres de Saint-Justin.Sur une grande surface embrassant plusieurs paroisses, les cultivateurs ont ainsi leurs biens répartis en deux ou trois situations distinctes pour mieux s’adapter aux conditions physiques ambiantes.Manifestation frappante de la tendance de l’habitant à s’appuyer largement sur la nature, au lieu de chercher à s’en émanciper ou à la transformer.Qu’il s’agisse des prés de la rive fluviale ou des bois taillis de la croupe montagneuse, le cultivateur de la terrasse intermédiaire, doit s’imposer, — notez-le bien, — d’assez longs et incommodes déplacements pour le transport à l’aller et au retour.D’un autre côté, ¦¦¦¦ LA FAMILLE CANADIENNE-FRANÇAISE 123 dans les deux cas, c’est un produit naturel qui s’oiïre à lui spontanément.11 ne lui a pas fallu enherber à l’origine ces prés de la rive fluviale; il se borne à y jeter de temps à autre une poignée de graine de mil (fléole) ou de trèfle; surtout, il n’a pas à se préoccuper d’en maintenir le rendement au moyen de fumures.Il n’a qu’à opérer la rentrée du fourrage, et cela se fait en belle saison et au milieu d’un joyeux concours de voisins et d’amis qu’un même dessein a fait descendre de l’arrière-pays et temporairement installés au bord de l’eau.L’habitant de la terrasse n’a pas davantage planté ou mis en coupe réglée le taillis de la montagne.Il se borne à recueillir le bois de poêle ou d’œuvre, la sève de l’érable, les fruits sauvages, racines, etc., mis à sa disposition par la nature.Et le travail s’accomplit en morte saison, quand rien ne presse.Ainsi donc, le premier soutien de la famille rurale canadicnne-française, ce sont les traditionnelles habitudes de groupement et de solidarité étroite de ses membres; le deuxième, c’est l’abondance relative des productions spontanées de la terre et des eaux; mais il est un troisième soutien très caractéristique: ce sont les industries de fabrication domestique exercées soit par les hommes soit par les femmes.Nous allons en faire la rapide revue.Les métiers accessoires exercés par les hommes I.es 35 arpents de terre à bois de la montagne fournissent la matière première de travaux de charpenterie, de menuiserie, de charronnage et de tonnellerie.Le père Louis Casaubon et son fils Charles, charpentiers à leurs heures, réparaient ou construisaient de toutes pièces, pour eux-mêmes ou pour des cultivateurs du voisinage, des maisons, granges, étables, remises.( 'es travaux leur rapportaient en argent, année moyenne, 150 piastres.Ils entreprenaient en outre des transports de bâtisses au moyen de rouleaux et de blocs.L’hiver, trois mois durant, tandis que les garçons traînaient à la maison le bois de la montagne ou le foin de la baie Belair, le père s’occupait dans sa boutique, voisine de l’habitation, à des travaux de menuiserie ou de charronnage.Il réparait les voitures ou en faisait de neuves; il fabriquait des traîneaux pour le transport des billots.Les voitures de travail en usage sur la terre étaient en- 124 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE tièrement do sa confection, sauf les ferrements Les travaux de charronnage exécutés pour d’autres lui rapportaient une vingtaine de piastres par année.Casaubon et ses fils ont confectionné eux-mêmes la plupart de leurs outils: fourches, râteaux à main et jusqu’au râteau à cheval utilisé pour la rentrée du foin.Pierre fabriquait des cadres de chaise en frêne ou en plaine; Charles, ou sa femme, fonçait ces chaises en peau; le père les fonçait en écorce d’orme.A l’occasion, on vendait de ces chaises.Quelques années avant ma visite, la famille confectionnait des raquettes pour marcher sur la neige; depuis, cette fabrication a pris fin.par suite du bon marché des raquettes offertes par les commerçants.Les hommes étaient à leurs heures tonneliers; les.trois cents seaux de pin de la sucrerie fie la montagne avaient été faits à la maison.C’est Charles qui avait fabriqué les seaux en forme de barillets qui servaient à puiser l’eau pour les besoins journaliers.Avec des harts de merisier, le chef de famille confectionnait des licous et des liens très résistants.Au moyen d’un instrument spécial que lui avait légué son père, Louis Casaubon faisait avec l’écorce du bois blanc, (tilleul), et aussi avec l’étoupe du lin une corde de belle apparence et qui était de plus très forte.Enfin, avec les rameaux de cèdre (thuya), la mère confectionnait des balais grossiers.Les NOMBREUSES INDUSTRIES FÉMININES ' Sauf cette confection de balais de cèdre, d’ailleurs sans impotence, les diverses industries domestiques auxquelles se livraient les femmes ne faisaient qu’élaborer les produits mêmes de la culture ou de l’élevage.En première ligne, inscrivons le filage et le tissage.Nous avons vu fine 18 ou 20 bottillons de lin furent, en 1S86, soumis par les femmes de la famille aux opérations préparatoires du hâlage, du broyage, de l'écorçage, du peignage, du filage et, du blanchissage.De même 45 livres de laine, désuintées à la maison, puis cardées à l’usine de Karl, sur la rivière de Maskinongé, avaient été filées, dans le cours de l’hiver, par la mère, les deux tantes, la bru et l’aînée des filles, sur leurs rouets à pédales.Des 45 livres de laine, 18 furent teintes, toujours au foyer.Du fil de lin ou de laine ainsi obtenu, une petite quantité a été laissée en cet état; une autre a été tricotée; mais la plus grande par- LA FAMILLE CANADIENNE-FRANÇAISE 125 tie a été mise sur l’ourdissoir, puis sur le métier à tisser, et convertie par la mère, ses deux filles et sa bru, en toile, flanelle, étoffe ou drap.Seuls le pressage et le foulage des étoffes ont été exécutés hors du foyer.La couture et le tricotage complétaient les opérations précédentes, et permettaient à la famille de se pourvoir directement de son linge de ménage, draps de lit en toile ou en flanelle, nappes et essuie-mains en toile, dont les belles douzaines s’empilaient dans les armoires en prévision de trousseaux éventuels.Elle se pourvoyait aussi elle-même de la plus grande partie de ses vêtements de travail.Les femmes no tissaient pas et ne cousaient pas seulement pour les membres de la famille.Elles confectionnaient sur commande des vêtements en "étoffe du pays”.La mère vendait des courtes pointes mi-laine mi-coton, garnies de franges.Philomène confectionnait de grands châles en laine et de grands couvrcpieds en coton ou en indienne, ainsi que des cntcilognes (tissus de retailles), faisant fonction de tapis ou, à l’occasion, de couvertures de lits.Au temps de la moisson, la vieille tante Marguerite, aidée de Julie et de Philomène, recueillait les plus beaux brins de paille de froment et en faisait de longues tresses, qu’elle passait ensuite entre les rouleaux d’un petit pressoir.Deux cents brasses étaient ainsi pressées chaque année.Puis, Julie en confectionnait des chapeaux pour tous les gens de la maison.Vénérable tante Marguerite, industrieuse tante Julie, et vous, active Philomène, quand vous vous adonniez a vos humbles occupations de glaneuses dans les gerbes de blé ou de ehapelières au foyer, vous ne soupçonniez pas ce qui vous attendait.Vous ne vous doutiez pas que ce jeune homme (pii vous semblait vouloir tuer le temps à couvrir de pattes de mouche les pages d'un calepin signalerait un jour à l'attention de graves savants européens votre expertise dans les arts domestiques; encore moins prévoyiez-vous que, dans la suite des années, un professeur de l'université de Montréal, distingué entre tous par son éloquence, son savoir et son grand cœur, proclamerait sur le sans-fil votre mérite exceptionnel d’ouvrières et de soutiens de l’atelier domestique rural.Mais continuons notre analyse.Avec les débris des animaux abattus, la famille s’assurait sa provision de savon et de chandelle de suif.Les peaux de vache, de veaux, de moutons étaient portées 12G REVÜE tiiimestiuelle c axa DI ewe Tzr:Jï;:zzirT:vht,s h *.mouton fournissaient la matière fr ¦ '' ",c on,lc'nc- J-es peaux de de genouillères.On ne s'adressait l!"'1' !t 1 °.Initaincs cle travail ou la confection de chaussures tines.' ' < "n °nniCr dU viI,age (|Ue Pour des étrille^'det brosses ù poôk’ck* bro'J^T'T confec.tioaaait blanchir.’ s a bardes et blaireaux T * »“ “ 1 maison ;.|c W- pilon do !T*?f » .¦"**¦ grosses têtes de clous.’ ’’ ' xtrernité était garnie de J'E M0DE d’exISTKXCE, LE «WVER.VEMEVT LA STABILITÉ de la famille ,iui *»*« •«« •- l'on,,,loi qu'il 1^; si;™ ,,siinI!',i *» -* famille rurale se calmip J, nucs.L activité de la *! 8roupo";cm '>».nain qui •“,**«*“ soins sont de diverses sortes.es ,je_ nri„irsxq:lr,;::dyr:"—: saut directement sur les forces prodmde' hr ’1°“"™ °" “sU" que possible, en eomntant i 1 a nature» et, autant besogne.P m SUr ,a naturc P™ «ne grosse part de la Mais il se trouve d’autres nécessités de la vio -n • i • sont pas moins urgentes que les sa.Maci oi s d’or! ^ 1,0 matériel, signalées ci-dess.is, et au u l e I I Phy8K«ue« ¦Justin pare de manière presq ue au«S Sirfc ." „ ***- besoin djordre, pour le ^ et le ^ % pfe do d’une autorité oui dans I ‘ "lonft t fière de son indépendanr* .de ces raisons.‘la plus légitime c’est la nécessité d’une tradition fidèlement suivie dans l’architecture religieuse plus que partout ailleurs.Cette unité, l’esprit de l’Eglise, l’esprit de toute religion la réclamerait: l’unité ne saurait exister si elle ne se rattache à la tradition; de IA le désir naturel ISO H K V U E TR IM E STR IE LL E C A N'A DI E X X E composition des plans, mais nul pour les façades”.Enfin son architecture à lui est nouvelle, personnelle et typique.Il est bien entendu que s’il s’agit de pensée, l’absolu est maître, et les conclusions absolues doivent être recherchées.S’agit-il de faits, et de faits qui se produisirent au cours de plusieurs siècles, il me semble que l’absolu n’est plus admissible.Les faits sont indiscutablement du domaine rie la relativité.Il est dangereux sinon imprudent de prétendre leur imposer les normes de l’absolu.En art, comme dans tous les domaines de la pensée et du sentiment, l’absolu c’est Dieu.L’Art et l’Homme peuvent et doivent tendre vers l’Absolu, mais les conditions de la nature humaine opposent une extrême difficulté à la réalisation de cet objet.En art donc, et en architecture, (en architecture religieuse cela va de soi, mais cela est aussi fondamental pour toute architecture) où les contingences sont inéluctables, on demeurera toujours, et forcément dans le domaine du relatif.Tl ne peut s’y trouver qu’un élan vers l’Absolu.Les fulgurations du grand art ne soulèvent que momentanément, et bien fugitivement, le voile.]d enrayer la diversité, do fixer une tradition.Mais h laquelle .' A la primitive?Aux inter-“miliaires ?A la dernière ?Confusion et anarchie, mai* toujours comme conséquence cette ‘‘incitation aux artiste*: "Remontez donc le cours des siècles, marchez à l'envers, rétrogradez, ' P'ds quand dans cette marche à reculons, vous rencontrerez la horne que je vous indique, tenez-vous y, n’en bougez plus!” Bh bien non, ce n'est pas la tradition cela, c'est la servilité."Il en e«*t de la tradition comme de tout, il y a des questions de mesure.Ce qui, avant tout, 4|‘ dans l'église est resté traditionnel, c'est la perpêtu té prenqui absolut du programme.Mais ¦‘en face de ce programme immuable qui a presque lu solution d'un dogme, les architectes des l‘siècles passés .ont su conserver leur liberté: sachons nous t.t rMamtr In r dre, i.c soyons \\P,in Pi u u esclaves que nos ancêtres.Respectons la tradition dans c, qu'elle a de néee unir»; ruais ‘¦/O’ tombons pas dans superstitions, dans /.- fétichisme (\chrf-d'n, urre même, car notre ri, j-“liment serait la formule et le poncif, b radotage imbécile >!• - rnoin, s byzantins.1 ‘le cérémonial des offices.régit son tour la disposition architecturale moderne.I)e t rot ensemble des règles impérieuses ou simplement d'habitude* séculaires, résulte cette fixité "du programme qui e*t la tradition vraie l e surplus est de l'e\éeuîion et nous appartient condition que ,,,,1/s ayons la sagesse «m la liberté, qu> w> u- /¦.cherchmn ¦ pas a affirmer notre 'émancipation par la bizarrerie voulue et cherchée.,, "Autre raison, le respect instinctif de l'église vieille, l'irre.sptrt de l'église neuve (t dès lors une certaine fraude au rebours de la coquetterie.( ".à leurs églises, comme \ toutes autres qui se font ou pourraient se faire de nos jours, .manque ce grand, cet unique prestige d’avoir deux ou trois siècles.La poésie, sinon la raison, 'n accepte pas 1 église neuve.Involontairement, mais invinciblement, oc besoin de respect ( plus un passé.,, Nous laisserons-nous donc toujours condamner à la stérilité, au parasitisme?Xnn, mais t n condition: quand il nous am tri sur ce beau programme /!• fair, oeuvre de liberté, mon-“Irons que nous avons mérité cette liberté: soyons prêts, rt pour cela étiolions COXX A ISSOXS "LC CASSÉ CT XE LC COPIONS CAS: CB SERA LA DIFFÉRENCE AVEC CEUX "OUI LE COPIENT SANS LE CONNAITRE." l)om HfMot fut f Ii-ve i\ l'Enole tir.Beaux-Art.i l’époque même ou Julien Guadet y professait son cours ch* théorie de l'architecture. L ’ AK CHI TE CT C K E R ELIGIEUSE C AN A DIENN E 1S1 L'Art, depuis la Renaissance, ne peut donc pas en totalité être rejeté comme pour ainsi dire “inexistant”.U est certain que, due plutôt à une influence stérilisatrice pour l’esprit, sortie de certaine forme de l'Humanisme*, la décadence n’a été ni entière, ni complète.Il y aurait lieu de distinguer et de distinguer beaucoup.Que l’art religieux du Moyen Age, et du Moyen Age français, soit, parmi toutes les productions île l'art depuis la naissance du monde, probablement la plus haute et la plus parfaite, celle cpii tend le plus puissamment vers l'Absolu, cela paraît inattaquable à qui comprend le génie du catholicisme, du christianisme, et la foi que le Christ apporta au monde.Mais il y a lieu de considérer si vraiment cet esprit est si radicalement disparu de l’Art, comme il semble que Dom Bellôt veuille l'affirmer.Les artistes n’ont-ils pas lutté contre l’attitude “littéraire” de “certains humanismes", et n'est-ce pas de cette lutte qu'ont pu bondir ces sortes de révolte contre la matière: les cubismes, fauvismes et autres modernismes?Lorsque Dom Bellot propose la “sectio aurea” comme base de proportions, ne fait-il pas œuvre d’homme de la Renaissance plutôt que d’homme du Moyen Age?Ce nom même de “section dorée” n’est-il pas dû à Léonard de Vinci ?Les moines, les savants, les artistes, les architectes de la Renaissance (Pacioli, Képler, Vinci, Vignola, etc.) n’ont-ils pas été enthousiasmés par les propriétés remarquables du nombre , de ce “nombre d'or"?Et chez h* moine-architecte n'est-ce pas justement cette influence de la Renaissance qu'il prétend condamner et que l’on retrouve?N’est-ce pas une influence de Vignola lui-même?On ne saurait l'affirmer.Dom Bellot assure qu'il s’est volontairement abstenu de lire (2.5 ans durant) dans son cloître.Mais avant d’entrer au cloître, durant son séjour à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, il a dû lire beaucoup, potasser de nombreux ouvrages.C’était à son époque une occupation essentielle, presque, d'apprendre par cœur toutes les vieilles formules de composition.Paul Bellot alors n’a certainement pas été sans voir et revoir de nombreuses fois le César Duly.Il n’a pas été sans entendre parler ries recherches sur les canons de proportions publiées par Faure, sinon celles de Goodyear et d’autres.C’était une mode à la fin du XIXe siècle comme au début du XX' : les tracés régulateurs! Dans l’œuvre de Dom Bellot, le calcul ou plutôt le “Canon disproportions” joue un grand rôle.Si ce canon fut apparemment utilisé par les Grecs et peut-être par les Egyptiens, il fut remarqua- -•'•’«fc******-^T UMBMBMMBMMI 182 HE VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE bloment remis on honneur par la Renaissance.Qu'il y eût ln \ - /’ l'-leno ’!.cor - o, mu ire ne lui d/i/c/'-,V •«.* pn - in iii'iio-.I,’A lU’lin IA I’Ii nguc et fructueuse carrière.Eu le rédigeant l'auteur s'est inspiré de directives que tous les pédagogues reconnaissent comme essentielles, à savoir: “L'enseig.t di I" phtjsiqiu élémentaire n'a pas pour but de préparer des techniciens".“Cet rnsi itjnemt nt doit être ottroyont et donner à l'élcrc qui cherche l'explication des phénoml m ninrcilleux a utour de lui." “La pl : a doit co I huer pour i pu t à la cull c géi crali ” Les sujets d'étude proposés n'ont pas été choisis seulement pour leur importance pratique; l’ordre suivi est un ordre naturel et logique, indépendant de la suite historique des découvertes.Tout l'ensemble de la physique est traité.Croyant que la culture générale comporte un certain goût de.la précision, l’auteur a voulu contribuer à faire du Canadien un bon observateur en le familiarisant avec les lois mathématiques et rigides qui régissent les phénomènes.11 a de même 218 REVUE TRIMESTRIELLE CAN'ADIEXXE multiplié les problèmes numériques afin d'aider l’élève à bien comprendre le sens de ces lois.Ces exercices exigent d'ailleurs l'usage des unités de mesure canadiennes.Voulant aider l’élève à bien retenir ce qu’il a compris, l’auteur a fait appel aux ressources do la typographie pour mettre en évidence les choses importantes.Toutes les formules et tous les énoncés devant être confiés à la mémoire sont soulignés au moyen d’un caractère gras.L explication de chaque loi importante est accompagnée d'une courte biographie du savant qui l'a découverte ou énoncée.Cette biographie est aussi en petit caractère gras et fait vignette par rapport au contexte.L'ouvrage est complété par une profusion de figures très judicieusement choisies et tout à fait à date.l"n index alphabétique très détaillé termine 1 ouvrage.DILATATION ET RETRAIT EN SOUDURE AUTOGÈNE, par Marcel Piettc.In S °, 92 pages avec 1 Ri figures.Prix: 12 francs.Edition des Publications de l'f iffioe central rie l'Acétylène et de la Soudure autogène, 32 Boulevard de la Chapelle, Paris XVIII.19.il.L'étude tethnique et pratique de la dilatation et du retrait, avec leur conséquences: tensions, déformations, cassures, etc., est primordiale en soudure mitogène.Jusqu'ici les connaissances sur ce sujet étaient limitées à des données générales.Dans ci' nouvel ouvrage.M Piettc reprend tout à la base.I! classe et analyse les phénomènes, en détermine les conséquences et formule des conseils rpii guideront le technicien appelé à exécuter les pièces délicates et importantes de la mécanique moderne.AN N liAV METHOD FOR DISTINGUISHING BETWEEN CERTAIN SPACE GROUPS IN THE HEXAGONAL SYSTEM, by \V.It Barnes and A.V.Wendling.Tirage à part d'un article publié dans les Mémoires de la Société Royale du Canada.Jusqu’ici les auteurs qui étudiaient aux rayons X les cristaux hexagonaux se cont entaient d’indiquer que les diaphane tes alcalins appart(‘liaient a un certain nombre limité de classes .sons si xoocur de prerts>r à ipicl groupe parti* cher les rattacher.Certains cependant, prenant la besogne par Us cornes, tel- Higgins et t rank, étaient obligés de travailler entièrement le* differentes structures possihh•-> et pur l'étude des intensités, étude laborieuse d'une année ou deux, de rejeter les structures impossibles.Les auteurs du précédent mémoire utilisant la méthode de Lave, c'est-à-dire une semaine de photographie, ont pu dans chaque cas determiner le groupe particulier avant de calculer les paramètres fixant la position des atomes dans la Cellule, évitant ainsi le calcul laborieux de plusieurs structures.THE SPACE GROUPS OF T(tURMALINE.by W.H.Barnes and A.V.Wendling.Tirage à part d’un article publié dans Us Mémoires de la Société Royale du Canaila.Ni Monsieur Macbatschki ni Mademoiselle Kulaszewski n’ont distingué entre les groupes C.^.et C.f’.Après avoir confirmé les résultats déjà obtenus, les auteurs du présent mémoire ont élucidé la question en montrant que h* groupe de la tourmaline était C^.sans équivoque possible. REVUE DES LIVRES 219 LES AGENDAS DCXOD 1934 — Série tl'üirle-xru'moiri’s, clc format uniforme (10 x 15 cm.), remis à date à chaque année.Les renseignements contenus dans ees petits manuels sont essentiellement d’ordre pratique.Le prix au Canada est de 23 francs l'exemplaire.Chez Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris.Nous signalons ici les deux derniers qui nous ont été envoyés: “Commerce” volume de 548 pages.Les principaux sujets traités sont: les monnaies, les poids et mesures, les dispositions fiscales de la maison de commerce, les sociétés commerciales, 1 s douanes, les contrats de travail les accidents du travail, la propriété industrielle, etc., etc.“Vente et Publicité".Volume de 448 pages.La vente y est étudiée sous ses divers aspects, vente individuelle, directe, par courtiers, par foire, etc.La partie consacrée à la publicité examine les différents moyens actuellement employés : circulaires, imprimés, affiches, enseignes lumineuses, étalage, presse, etc.L’AGENDA BERANGER 1934.Volume de 3tis pages, relié on simili-cuir (14x9 cm.).Prix: 1S francs.Chez Ch.Béranger, 15 rue des Saints-Pères, Paris.Cet aide-mémoire est fait pour les ingénieurs, les architectes et en général tous les techniciens.Voici la liste des principaux sous-titres: Mathématiques, Travaux Publics et Bâtiments.Mécanique et Thermo-dynamique, Electricité et T.S.F., Transports.LA GÉOGRAPHIE DE L'INDUSTRIE, par Raoul Blanchard.Publication de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal.Volume de 174 pages.En vente aux Editions Beauchcmin, Montréal.1934.Ce livre contient toute la substance, et même un peu plus, des conférences qui furent prononcées en octobre 1933, à l'École des Hautes Etudes Commerciales, sous les auspices de l'Institut Scientifique Franco-Canadien, par M.Raoul Blanchard, professeur à l'Université Harvard et à l'Université de Grenoble.Il s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux questions d'économie politique.TRAITE DE CHIMIE MINÉRALE, Tome VIII.Eléments des terres rares, Cuivre, Argent, Or, Mercure, par MM.P.Pascal et P.Baud.In-8°, 1205 pages avec 355 figures.Prix broché: 210 francs.Chez Masson et Cie, 120 Boulevard Saint-Germain, Paris.1933.La publication du traité se poursuit rapidement et d'ici peu il sera complet.II faut féliciter les deux rédacteurs en chef qui ont mené leur travail avec diligence.Ce nouveau tome se signale particulièrement par l'important chapitre que le professeur Bourion, de la Faculté de Nancy, consacre aux terres rares joint il une étude intéressant le Scandium; les deux monographies sur le groupe Cériqüe et le groupe Yttriqüe résument on 300 pages, suivies d’une bibliographie riche de 1300 références, l’état actuel de nos connaissances sur une famille naturelle qui comprend 18 éléments.M.Jean Isabey, do l’École des Hautes Etudes Commerciales, a consacré 180 pages au Cuivre et à ses dérivés, tandis que le professeur Conduché, de 220 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Rennes, résume les caractères des produits commerciaux et les règles de la métallurgie.Ce si au profes- ur L.-J ( iltaer, de la Faculté d - Sciences libres, et au professeur F.Meyer, de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales, qu’on a confié la rédaction des deux monographies sur l'Oit et FA ruent.L’étude du Mercure est faite par le profes- ur C.Tourneiix.de Besançon.PRINCIPES DE GÉOLOGIE, par P.Fourmarier.In S=, SS2 pages avec 537 figures et G planches hors texte.Prix, relié toile: 250 francs.Chez Masson et Ci .120 Boulevard .Saint-Germain, Paris.1934.Ce très important ouvrage d ¦ M.P.Fourmarier sera certainement accueilli avec grande faveur.En F rédigeant Fauteur a voulu faciliter l’étude de la géologie à ceux qui débutent dans ce domaine.11 dégage les grands principes de la géologie permettant ainsi A l’élève d’aborder avec plus de sûreté les ouvrages plus complets.Dans la première partie Fauteur étudie les caractères des trois grandes catégories de roches; .-édimmnair-'.magmatiques et eristallophvlliennes.Les relations des mass, s minérales et 1 altérât ion superficielle des roches y font une suite logiqu".Suivent deux chapitres: un sui la terre dans son ensemble et l'autre sur l'origine ne la terre.La (F uxième parti * i st e,insacrée à p( formation des rodes.Cela amène l’auteur A décrire en détail 1 - phénomènes d ¦ la nature actuelle: les conditions du milieu, les sédiment- marins détritiques, les dépôts organiques, les roches magmatiques et Purs différenciations.L’Evolution d - roula - est ensuite étudiée au point \ .dans le développement minier Cette illustration fait voir une partie d’une chambre a appareds d’extraction dans la mine Mclntyre-Porcupine, a Schumacher Ont Elle se trouve à trois quarts de mille au-dessous du n.veau du sol et donne une idée de l’usage que l’on fait du béton dans toute la région minière de Porcupine.Ecrivez-nous pour obtenir tous renseignements le béton et son emploi pour la solution de maints en construction minière.concernant problèmes CANADA CEMENT COMPANY, LIMITED EDIFICE CANADA CEMENT COMPANY CARRÉ PHILLIPS MONTRÉAL Bureaux des Ventes à MONTRÉAL TORONTO WINNIPEG CALGARY CANADA MINISTERE DES MINES Honorable W.-A.Gordon, Ministre.Charles Camsell, Sous-Ministre PUBLICATIONS RÉCENTES EN FRANÇAIS MINISTÈRE DES MINES No 2312.Rapport du Ministère des Mines pour l’année se terminant le 31 mars 1933.COMMISSION GÉOLOGIQUE ET MUSÉE NATIONAL DU CANADA 2339.Rapport sommaire 1932, partie D, comprenant une description des étendues de Palrnarolle et de Taschereau, comté d’Abitibi, et du lac Waswanipi, par A.-II.Lang; du dictriet de Thetford, 1932, par IT.-C.Cooke, et des sondages dans l’Est du Canada, par W.-A.Johnston.2310.La Prospection au Canada — Par le Personnel technique de la Commission géologique (314 pages, avec illustrations).Prix: $0.50.Bulletin GO.Etudes floristiques sur la région de Matapédia; Notes sur la flore de Saint-Urbain, comté do Charlevoix, Québec — Jacques Rousseau.Prix: S0.10.Mémoire IGG.Géologie et gisements minéraux do la région de Rouyn-ïïarricanaw, Québec — II.-C.Cooke, W.-F.James et J.-B.Mawdsley.DIVISION des MINES et COMMISSION FÉDÉRALE du COMBUSTIBLE G74.Les abrasifs, partie I, abrasifs silicieux: grès, tripoli, ponce etpoussiôre volcanique — V.-L.Eardley-Wilmot.G7G.Les abrasifs, partie II: corindon et diamant — V.-L.Eardley-Wilmot.G7S.Les abrasifs, partie III: grenat — V.-L.Eardley-Wilmot.70S.Amiante chrysotilc au Canada — J.-G.Ross.739.Les industries minérales du Canada, 1933 — A.-II.-A.Robinson.Avantages qu’offrirait l’isolation thermique de votre maison — G.-D.Mallory'.L’humidité dans les maisons chauffées — E.-S.Martindale.L’isolation calorifuge des nouvelles et des vieilles maisons — G.-D.Mallory DIVISION DES EXPLOSIFS 34.Rapport annuel de la division des Explosifs, 1932.EN PRÉPARATION Les abrasifs, partie IV: abrasifs artificiels.Rapport sommaire de la Commission géologique du Canada, 1933, partie D.Rapport sur le Zinc et le Plomb au Canada.Avis: On peut se procurer les publications ci-dessus en s’adressant au chef du Bureau de Traduction, Ministère des Mines, Ottawa, Canada. T mSm/ÊEi Sfc-tw.!' • imS îàifiiçftgij, 5 'w MIUS Le sport nautique est le plus agréable, le plus sain et devient de plus en plus populaire.DUPUIS possède un assortiment de moteurs, canots, chaloupes qu’il offre à des prix très avantageux.Venez visiter le rayon du sport, au sous-sol et vous renseigner sur les marques et modèles en vente.Canots et Moteurs Moteur “Caille” Un bon moteur toujours populaire et un très bas prix.Poids 34 livres, 4 forces .120 2 moteurs remis à neuf, valeur de $150.4 forces.Moitié prix vendredi, chacun.Moteur “Caille” Si c’est un moteur puissant que vous 61 désirez, ache- “ tez celui-ci de 10 forces.Spécial.Moteur “Larose” 1 seulement moteur électrique, va- C« lant ordinairement “ 395.00, à moitié prix, vendredi .180 irose” 198 Moteur “Neptune” *75 Embarcations «Peterborough’' 100-00 à 375-00 Nous avons un assortiment de canots, canots-automobiles, etc., à prix spéciaux.Variété de modèles au choix.PAIEMENTS FACILES Choisissez le moteur ou l’embarcation qui répondra à vos besoins, utilisez-le dès cet été tout en payant par versements mensuels.SPORT — au BOUS-sol.MONTREAL
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