La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1934, Septembre
20ème Année No 79 MONTRÉAL Septembre 1934 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 225— I.La Paroisse Canadienne-Française sur la rive nord du lac Saint-Pierre.Léon Gérin 244— II.Les Tarets, fléau des constructions maritimes Georges PRéfontaine 263—III.La Réserve Québécoise.Georges LANGLOIS 283—IV.Aspects cliniques du génie de Schumann.Jean SAUCIER 297— V.Étude des facteurs qui ont déterminé la localisation de l’industrie à Montréal.Gérald MARTIN 336—VI.Revue des Livres.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL 1 COMITE DE DIRECTION Président: M.l’abbé Olivier Maurault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal._ Membres: MM.Aurélien Boyer, Principal de l’Ecole Polytechnique.Augustin Frigon, Directeur de l’École Polytechnique.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.Victor Doré, Président de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal.Alfred Fyen, Professeur à l’École Polytechnique.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.Armand Circé, Professeur à l’École Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Elèves.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire d la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne 1430, rue Saint-Denis.LAncaster 9208.MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT 11 y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Ne vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Ne dissippez pas vus ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de si20,000.000 55i lit RI At \ AU CANADA EPARGNEZ EN PREVISION DES TAXES ET DES ASSURANCES Les taxes et les assurances représentent deux échéances qu’il est impossible de remettre.Afin de faire honneur aux engagements pris, ayez l'argent en banque pour y faire face.Epargnez régulièrement une proportion de votre revenu; déposez-la régulièrement à la banque.Vous pourrez ainsi faire face à ces échéances inévitables sans créer de perturbation dans votre budget familial.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA S.J.B.ROLLAND, Président.Chs-A.ROY, Gérant Général. XI REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ’UNIVERSITÉ de MONTRÉAL FACULTES THEOLOGIE ' DROIT MEDECINE ' PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE ' MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME Secrétariat général 1265, rue St-Denis Comprend les facultés et écoles suivantes : ECCLES T Pour tous renseignements, s’adresser au revue trimestrielle canadienne III Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée a l’Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l'Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réserves aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et lrançaise, mathématiques tinanciè-res, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, pie paratoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Yiger et rue St-Hubert, MONTREAL IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 187.1 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS: Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques Constructions < 'iviles Génie Sanitaire Hygiène Laboratoires de Recherches et d Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines:— LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMAN D E Physique Descriptive Mécanique Hydraulique Géologie ( léodésie Métallurgie Travaux Publics ( 'hemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL SEPTEMBRE 1934 LA PAROISSE CANADIENNE FRANÇAISE SUR LA RIVE NORD DU LAC SAINT-PIERRE ‘ Mes Révérendes Mères, Mesdames, Dans une première causerie (11 nov.dernier), je ni appliquais, par le recours à la méthode monographique, à dégager sous vos yeux les traits les plus saillants de la famille rurale canadienne-française.Installés à Saint-Justin, rive nord du lae Saint-Pierre, nous avons observé successivement l’union intime de la famille et de l’atelier agricole et l'étroite dépendance mutuelle, la solidarité des membres de ce groupement communautaire.Nous avons constaté que ce groupement familial ouvrier avait pour moyens d’existence un grand nombre de cultures diverses, mais toutes restreintes aux besoins de la famille et a ses ressources en main-d’œuvre; cultures liées, d’autre part, à la productivité naturelle du lieu, et avec complément de plusieurs industries domestiques et métiers secondaires.Knfin, nous avons vu (pie 1 objectif de cet effort concerté était, une fois l’existence quotidienne assurée, de garantir le maintien du foyer ancien, la subsistance des "vieux , et, par surcroît, de subventionner ceux des enfants qui se détachent de la souche pour fonder de nouveaux foyers.L’observation monographique de la famille de Saint-Justin nous conduisait donc à cette conclusion: la famille-souche de 1 habitant avec son domaine plein, suffisant, qu’elle transmet a la génération suivante, est l'axe directeur, le pivot central, le centre de gravité de notre société rurale.C’est ce que j’ai voulu exprimer dans ce graphique par deux triangles dont les pointes viennent se joindre sur la ligne médiane du feuillet.1 Conférence prononcée it l’Institut pédngogiciuc de Montreal, le t.S no\ .1933 226 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ,’vinion intime de la famille et de l'atelier agricole.Solidarité des membres de ce groupement aire Cultures variées, restreintes aux besoins de la famille et à ses ressources en main-d'œuvre; liées à la productivité naturelle du lieu, avec complément d'industries domestiques et de métiers secondaires.(Eléments constitutifs) Objectif: constitution d'un domaine suffisant pour assurer ]) la subsistance des vieux; 2) la dotation des émigrants (Eoit central) LA FAMILLE-SOUCHE ET LH DOMAINE PLEIN DE L'HABITANT Elimination \ du seigneur.Atrophie \ lu patronage interne.l'entr'aidc du (lJiceloppcmt ut s) / Large recours à / Voisinage, du Rang,de la Paroisse.\ / Atrophie des auxiliaires du patronage: \ / commerce, professions libérales.\ / Situation éminente du curé dans la A ie privée.\ / Unie prépondérant du curé dans la \ i' publique.\ / Emprise du clergé sur le- groupes politiques ci les intérêts financiers.Insuffisance du patronage dans l'agriculture ci l'industrie 053037 LA PAROISSE CANADIENNE-FRANÇAISE 227 Le triangle supérieur, dont la base est reportée au sommet du graphique, encadre, sur des lignes île longueur décroissante, les traits les plus saillants de la famille de Saint-Justin, que je viens de vous signaler.Le triangle du bas, dont la pointe supérieure rejoint la pointe inférieure du triangle d’en haut à mi-chemin de la ligne médiane, et dont la base se confond avec le bas du feuillet, encadre sur des lignes de longueur croissante, les inscriptions relatives au Voisinage et à la paroisse.Elles figurent toutes des réactions du type fondamental de la famille-atelier agricole, dont les répercussions se transmettent à travers tout le corps social.Ces réactions et leurs répercussions immédiates, présentées dans l’ordre de leur complexité croissante, vont faire le sujet de la présente causerie.Ce sont: 1) L’élimination du seigneur et l’atrophie du patronage local; 2) Large recours à l’entr’aide du Voisinage, du Rang, de la Paroisse; 3) L'atrophie des auxiliaires du patronage: commerce, cultures intellectuelles, professions libérales; 4) Situation éminente du curé dans la Me privée; 5) Rôle prépondérant du curé dans la Vie publique; 6) Emprise du clergé sur les groupes politiques et les intérêts financiers; 7 > Insuffisance du patronage dans l’agriculture et l’industrie.J.a campagne canadicnne-françaisc se présente donc ici comme une simple juxtaposition de familles qui sont à peu près toutes égales; à peu près toutes engagées dans la culture; qui près;pie toutes se suffisent à elles-mêmes; mais dont aucune n’a plus haute ambition que de transmettre intact le bien de famille à quelqu’un des enfants, tout en favorisant dans la mesure de ses ressources l’établissement des autres hors du foyer.La première conséquence d’une telle organisation à base de famille-souche paysanne, c’est de supprimer ce rpie Erédéric LePlay et Henri de Tourville désignaient sous le nom de Patronage.En d’autres terme?, il ne se constitue pas dans ces conditions de classe agricole en état de fournir de travail les familles moins favorisées de leur voisinage.L’habitant prospère, arrivé, patronne bien ses propres enfants, ceux ou celles cpii sont restés à sa charge et font partie de sa maison.Mais, dans le cours ordinaire des choses, il ne patronne, c’est-à-dire ne fournit de travail, personne autre. 228 REVUE TRIMESTRIELLE CAN'ADIEN’N'E Or dans ce voisinage rural dépourvu d’exploitants employeurs de main-d’œuvre étrangère, on relevait ties vestiges d’une institution ancienne de patronage aujourd’hui disparue.Casaubon, en 1886, payait annuellement de cens et rentes 77 sous sur sa terre de l’Ormière et 70 sous sur sa terre du Trompesouris.Les autres habitants de .Saint-Justin et ries environs étaient aussi grevés de minimes redevances seigneuriales.Le moulin de Karl, sur la Maskinongé, rivière qui sépare Saint-Justin de Sainte-Ursule, est un ancien moulin banal où se prélevait le quatorzième minot comme droit de mouture.En bordure à la route glaiseuse déboulant de la terrasse de Saint-Justin, tout près de l’ancienne église de Maskinongé qui est perchée sur la hauteur, s’observait un long bâtiment que masquaient à peine des peupliers d’Italie; c’était le manoir naguère habité par le seigneur Boucher.Vestiges matériels (pie tout cela.De vestiges humains, il n en restait guère, sauf peut-être deux serviteurs de la fabrique, porteurs de beaux noms, leur unique héritage: Ovide , chevalier de la Duran-taye, devenu simplement Ovide Jouallier, bedeau, et Marie-Anne Si card de Carufel, femme de peine au presbytère.On le voit au cadastre, l’extrémité nord de Saint-Justin est comprise dans l’ancienne seigneurie de Lanaudièrc, dont fait aussi partie la paroisse de Saint-Didaec; 1 extrémité sud de Saint-Justin est comprise dans le fief de Carufel, qui recouvre en outre une partie de Maskinongé.C e qui reste de Maskinongé se rattache soit a 1 un des fiefs Lcgardeur, soit au fief du Chicot.Dans le voisinage immédiat, on a, d’un côté, le fief du Sablé et la seigneurie de Bert hier: de l'autre le fief Saint-Jean et la seigneurie de la Kivière-du-Loup.Ces seigneuries, legs de l’ancien régime colonial français, ont toutes été concédées entre les années 1672 et 1750.11 fut un temps où dans la vallée du Saint-Laurent, comme dans la 1 rance médiévale, il n’y avait pas de terre sans seigneur.De manière générale, quatre types de seigneurs se sont succédé dans la région.Tout d’abord, le gentilhomme militaire ou fonctionnaire français (Lcgardeur, Dupas, Randin, Bert hier, Manereuil, Lechas-seur, Sicard de Carufel, Tarieu de Lanaudièrc, Perrot): seigneur besoigneux, absentéiste, coureur de bois, retenu au loin par ses fonctions civiles, la traite des pelleteries, la guerre ou le soin de seigneuries plus anciennement établies sur d’autres points de la vallée et de meilleur rapport. LA PAROISSE CANADIENNE-FRANÇAISE 229 En second lieu, on a le type du seigneur ancien négociant ou habitant enrichi (Petit-Bruno, François Boucher, Trottier de Beaubien, Pierre Lestage), devenu propriétaire de seigneuries que le premier acquéreur s’est vu forcé d’abandonner.( lasse de formation plus sérieuse et plus pratique que la précédente et qui a fait plus qu’elle pour la mise en valeur dès terres et le développement du pays.En troisième lieu, un type additionnel de seigneur militaire introduit chez nous par la conquête anglaise: Ecossais des Highlands, rallié de date récente à la dynastie hanovrienne; ou encore mercenaire d’origine suisse ou allemande mis au service de l’Angleterre par des roitelets à bout fie ressources.Ils étaient assez bien représentés dans notre région par les Cuthbert, de Berthier, ou les Gugy, d’Yamachiche.Au point de vue du type social, ils ne différaient pas très sensiblement de la bourgeoisie ou gentilhommerie investie à l’origine de la haute propriété des terres de la Nouvelle-France.Notamment, ils se signalaient pour le moins tout autant (pie leurs congénères d’extraction française par la vanité du sang, de la caste, et une incurable imprévoyance.Notons, enfin, un quatrième type de seigneur observé dans cette région: la communauté religieuse.Ce qui le distingue surtout des précédents, c’est sa stabilité.Des seigneurs particuliers, aucun ne s’est maintenu très longtemps.Par suite de la division des héritages, de l’incapacité des héritiers, souvent de leur vie trop large ou dissipée, ces familles n’ont pas tardé à déchoir, même à disparaître.Au contraire, les I nsulines des Trois-Rivières n’ont pas cessé de grandir.Concessionnaires du seul fief de Saint-Jean en 1701, elles ont fait, en 1723, l’acquisition de lu seigneurie de la Rivière-du-Loup, et, plus tard, celle du fief de Lanaudière.Au reste, ces acquisitions de seigneuries ne représentent pour la communauté religieuse qu’un simple placement de fonds.Non plus (pie les divers types de seigneurs particuliers qui l'ont précédée, elle ne joue le rôle de patron agricole.Elle le voudrait qu’elle ne le pourrait que difficilement dans ce milieu de petite propriété indépendante.L’habitant sur son domaine plein, ou en train de s’arrondir, se prête mal au développement de la grande propriété.Il a le souci constant de faire prédominer l’intérêt du petit domaine qui est le sien.Effectivement, elle ne poussa jamais de profondes racines dans notre sol, cette institution imitée du régime féodal et que Richelieu ¦¦¦¦ 230 REVUE trimestrielle canadienne implant a dans la Nouvelle-France lorsque déjà elle avait perdu beaucoup de son emprise sur l’Aneienne: regime seigneurial auquel il manquait un rouage essentiel: le grand patron agricole.( e fut l’inévitable effet non seulement dti manque de formation agricole et de ressources pécuniaires du seigneur canadien, mais aussi de l’aptitude du colon canadien à se tirer d’aftaires par lui-même.Pour lui, cet échafaudage administratif importé du vieux monde, peu gênant, il est vrai, devint rapidement un luxe inutile.D’autres groupes de la population, moins patients que le nôtre, réclamèrent hautement l’abolition du système, hn 1N54, le législateur supprima le moulin banal et autres privileges et racheta aux seigneurs leurs droits île lods et ventes sur les mutations de biens.En même temps, le censitaire fut admis à se libérer des cens et rentes moyennant le versement au seigneur du capital représenté par ces droits.Fait significatif, peu de censitaires se sont prévalus de cette dernière disposition.A Saint-Justin, on n’a pu me signaler que le cas de Désiré Philibert qui s’est libéré du versement annuel de 3 piastres en payant une fois pour toutes 50 piastres.Or cette élimination d’une classe dirigeante artificiellement installée n’est que la réaction première, — et au fond, la moins importante, — du type social de l’habitant canadien sur ses propres institutions domestiques, t elle qui suit est autrement grosse de conséquences: ce colon débrouillard, ce petit cultivateur indépendant, qui, à l’aide de ses seuls procédés traditionnels et simplistes, a pu se constituer un domaine suffisant et si' passer du patronage de son seigneur fonctionnaire, ne recrute pets normalement une classe dirigeante dans son propre milieu.Nous l’avons vu, sa conception de l’exploitation agricole ne dépasse pas la mesure du domaine plein paysan.Arrive a ce faîte, il redescend, il recommence sur nouveaux frais.Le voisinage rural du Canada français, comme nous savons, est une simple juxtaposition de petits cultivateurs de situation à lieu près égale.Dans un tel milieu, comment va-t-on pouvoir parer aux exigences de la vie sociale qui excèdent la capacité ordinaire d’une famille, ou ne ressortent à aucune d’elles en part iculierSimplement par l cuti aide du Voisinage.En Canada français, le Voisinage, issu de la I'amille-Atelier de l’habitant, a son siège propre dans une configuration des terres particulière au pays, le Rang; et, d’autre part, se rattache à l’ag- L A PAROISSE CAX ADiEXXE-FR \NÇ AiSK 231 glomération du village centre de l’institution paroissiale.Commençons par nous rendre bien compte de sa conformation.Les terres sont beaucoup plus longues que larges; a -Saint-Justin, elles ont 21) ou 30 arpents en profondeur, par 2 ou 3 de front.Ces grands rectangles se succèdent côte à cote sur plusieurs concessions parallèles courant du sud au nord, d’une extrémité à l’autre de la paroisse.Les terres de chaque rang ou concession ont toutes leurs habitations à la même extrémité, celle aboutant au chemin commun pour la desserte du rang, chacune de ces habitations n’étant ainsi éloignée de sa voisine de droite, comme de sa voisine de gauche, que de 2 ou 3 arpents.Même, il se trouve deux rangs dans Saint-Justin qui sont doubles sur la plus grande partie de leur longueur, les habitations de deux rangées de terres parallèles s’alignant aux extrémités opposées de deux concessions qui aboutent chacune d un cote du même chemin.Saint-Justin se compose de trois grands rangs: le Bois-Blanc, l’Ormière et le Trompesouris, dont les deux premiers sont doubles.Ils alternent avec trois rangs de demi-longueur: le Petit Bois-Blanc, le Ruisseau-dcs-Aulnes et le Petit Trompesouris.Les désignations pittoresques de ces Hangs dénotent bien leur origine populaire; elles sont la création directe de l’habitant, d< l’exploitant du sol, en contact constant arec la nature.Les trois grands rangs et les trois demi-rangs de Saint-Justin sont reliés les uns aux autres, ainsi qu’au village, par des routes latérales qui vont rejoindre les chemins du roi aux traits carrés des terres.11 ne se construit pas d’habitations le long de ces routes latérales, de sorte que chaque rang forme par lui-même un milieu distinct, isolé de tout autre.( "est là une disposition des foyers qui n’existe probablement que chez nous.Lors de mon séjour à Paris, il y a près de cinquante ans, mes premiers maîtres en science sociale connaissaient bien le Village à banlieue morcelée de la Champagne et autres régions de l’Europe occidentale, comme aussi le domaine à habitation centrale, des pays du nord de l’Europe, mais non pas notre Hang du ( anada français.Dans les rapports du Voisinage à Saint-Justin, il y avait lieu de distinguer trois degrés: le premier raisin, le rang, la paroisse.Ici, comme chez les familles quasi-communautaires de la vallée d’Ossau, dans le Béarn français, le premier voisin fait pour ainsi 232 REVUE trimestrielle canadienne dire partie de la famille.A l’occasion des réunions de parents, aux repas de noces, toujours les deux voisins, celui de droite et celui de gauche, sont invités.I n habitant sur le point de marier sa tille, fi qui le curé demandait s'il y aurait noces chez lui bientôt, répondit.“je ne fais pas de noces; de mon côté, j'invite seulement mon frère et mes deux voisins Entre voisins, on se rend force services, on se prête des instruments de travail, des voitures, des chevaux.On va chez lui veiller au chevet des malades; pour le voisin, on attelle son meilleur cheval et on va chercher le prêtre dont la présence est requise auprès d un mourant ou d’un malade.Entre voisins, il se fait de fréquents échanges de coups de main, lesquels sont donnés a charge de revanche, mais dont il n’est pas tenu un compte rigoureux.('liez les voisins encore, on va en corvée récréative; corvées de broyage du lin, de filage de la laine ou du lin, d’épluchage du blé-d’Jnde, corvées pour le levage de ht charpente d un batiment de ferme, lesquelles parfois réunissent un grand nombre d’auxiliaires bénévoles.Le vieux Dauphinais avait perdu son unique cheval; cinq ou six des cultivateurs du voisinage s’entendirent et lui ensemencèrent ses guérets.Chaque rang pourvoit à l'assistance de ses pauvres.A Saint-.Justin, la mendicité était un fait d’occurrence très rare à l’époque où j’y poursuivais mes recherches.Quelques journaliers, pourtant, sur leurs vieux jours y tombaient à la charge du public.C’était alors, au premier chef, à la famille du nécessiteux, a ceux de sa parenté, à voir à se charger de son entretien.Mais à leur défaut, les habitants du rang devaient y pourvoir.Les indigents étaient logés et pourvus de toute chose au moyen de contributions volontaires.Tous les six mois à peu près, il s’organisait dans les divers rangs une collecte ou tournée au bénéfice des pauvres du rang.Los aumônes se faisaient en nature et les tournées étaient toujours fructueuses.La veille du jour de l’An, on fait une tournée spéciale.Les jeunes gens, par troupes, parcourent les rangs, se présentent a la porte de chaque maison et chantent les traditionnels versets de la guicjnotée, ou du gui l’an neu', avec leur saveur de druidisme antique.Les sacs s’emplissent de beignes, de tourtières et d’autres victuailles qui, le lendemain, égayeront la table du pauvre.En 188G, on a couru la guignolcc dans le Trompesouris pour le vieux Dubé et la veuve Crochctière; dans l’Ormière, pour le père Lafontaine. LA PAROISSE CANADIEN N E-FR A N Ç A 1SE 233 D’une tournée à l’autre, les pauvres sont assistés privément.Les habitants de chaque rang ont à cœur que leurs pauvres soient assez bien pourvus et puissent se dispenser d’aller mendier dans les paroisses voisines.( hacun des grands rangs a sa fromagerie, son école, et aussi sa grande croix de bois peint, souvenir d’une retraite.Les chemins qui desservent les divers rangs viennent tous par des routes transversales, ou des raccordements, aboutir au village, bâti à peu près au centre de la partie cultivée de la paroisse.Il ne tranche (pie faiblement sur la pleine campagne.Une fromageric-beurrerie, quelques ateliers d’artisans, quelques boutiques de marchands, l’église, le presbytère, la saile publique, les demeures du médecin, du notaire, de quelques rentiers ou rentières, c’est tout ce qu’il y avait de distinctif, a l’époque de mes premières observations entre 1886 et 1 SOS.Lt sauf un petit cou\ ent, il n’v avait pas beaucoup plus, lors de ma dernière visite en 1623.Au-dessus de lu solidarité du rang, il y avait a Saint-.lustin la solidarité plus compréhensive de la paroisse, réservée pour des occasions exceptionnelles, l’ar exemple, le voisinage paroissial faisait fonction d’assurance mutuelle.Il était rare qu un habitant de Saint-Justin assurât ses constructions contre l'incendie dans une compagnie ou société.Mais le feu consumait-il ses batiments, aussitôt les paroissiens se concertaient; les uns s’engageaient a fournir les pièces de la charpente, d’autres les planches, d autres contribuaient à la main-d'œuvre, et en peu de temps notre homme se retrouvait sur pied, aussi bien pourvu qu’avant 1 incendie.Partis de l’observation monographique de la famille rurale, nous sommes venus aboutir au Voisinage, dont l’étude sous ses diverses modalités nous a promenés de ses divers rangs au \ iliage, leur point de convergence, et à la Paroisse, couronnement de toute l’activité locale.Voici maintenant que l’observation de ce voisinage compréhensif de la Paroisse nous ramène inopinément a notre point de départ, à la Famille rurale, dont il est comme l’image agrandie.Pendant mon séjour prolongé à Saint-Justin j’eus 1 occasion de constater comme les services funèbres, même des plus humbles habitants, attiraient une nombreuse assistance.La Paroisse, fidèle à ses fondateurs, reste frappée au coin de la famille canadienne.Tous s’y connaissent de longue date et échangent familièrement leurs pensées.J.a plupart y sont désignés couramment par un surnom, le plus souvent diminutif pittoresque du nom de baptême du sujet ou de celui île son père, ou des H E V UE TilIM K STRIEE L E < ' A N' A I) IE N N' F JSaSmm ' I deux combi ill’s.Ainsi, pendant de longues années, il .-e trou\ait .1 Saint-Justin trois habitants du nom de François (ingnon; 1 un portait le surnom de Yl.nfnnt, ou 7 nnfnn; le second, celui de f'ionrois Jean nolle, ou Picolé: le troisième avait pour sobriquet P’tit-Xoir-Cent-Sept.Autres exemples: François Bruneau, fils de Louis, était connu sous l’appellation de Dolphin Loin son, fils de Loin son-J osé-P-til.I.udger, fils de .Jean-Baptiste Thibaudeau, était surnommé Ludger-Baptistc à Pierrette.Joseph Clément, fils de Romain, était désigné couramment sous l’un de deux sobriquets: A oir-Romcnn, ou Ronunn-P.ibi.En tout cela, on le voit, rien de banal.Au sein de celte famille agricole agrandie de Saint-Justin, on distinguait quelques notables, a qui leur réputation de sagesse et de désintéressement avait mérité la consideration spéciale de leurs coparoissiens.( étaient la des autorités saeiahss.un peu sui le modèle de cellles signalées naguère par Irederic LePlay.Il j a lieu d’inscrire ici quelques noms, ceux entre autres de 1 rançois (ingnon dit Y Enfant, dont nous avons signalé les mérites; du capitaine Sévignv, ancien cultivateur, qui sans avoir amasse de grands biens, se recommandait à tous par son dévouement a la chose publique: enfin de Joseph Laurent, ancien charron, fabricant de voitures, rentier et reconnu comme très serviable pour tous ses coparoissiens.Sur cette simple juxtaposition de familles-ateliers agricoles a multiforme activité, à situations sensiblement égales; sur ce \ oisi-nage à deux ou trois degrés, qui a son siege principal dans le Lang, greffons quelques villageois gens de métier ou membres des professions libérales, et nous aurons une idée assez nette de la composition de la vie locale à Saint-Justin.Mais n’allons pas nous figurer ces éléments auxiliaires nombreux et florissants.Le groupement fondamental et son type d’exploitation ne s’y prêtent pas.Xous avons vu que l’assise première du milieu social de la région, c’était le domaine plein «le l’habitant maître du sol.Anus avons vu ensuite que la première réaction de ce fait initial déclenchant avait été le déracinement (le l’institution seigneuriale implantée chez nous par Richelieu.Puis, nous est apparue une deuxième reaction, savoir, l’incapacité constitutionnelle de 1 habitant à recruter ]>ni lui-même les éléments d’une classe supérieure, pratique et stable, soit dans l’agriculture, soit dans les autres arts usuels, fabrication, transports, commerce. LA PAROISSE CANADIENNE-FUaNÇAISE 235 De là, comme nous l’avons observe, une troisième reaction, le large recours de l’habitant aux pratiques d’entr’aide sociale, qui s'échelonnent à trois degrés: le premier voisin, le rang, la paroisse.Maintenant, nous allons voir se produire une quatrième réaction: l’atrophie des organes auxiliaires altérants a 1 indus!rie, au commerce, aux cultures intellectuelles, aux professions libérales.( )n peut dire que ni l’art des forets ni 1 art des mines n existe a Saint-Justin, l’un et l’autre se réduisant ici à de la simple récolte.Je l’ai indiqué précédemment pour le bois; quant aux produits miniers, il suffira de dire que les deux cultivateurs sur les terres de qui affleure le calcaire trentonicn, n’en font pas directement l’exploitation: ils se bornent à en autoriser 1 extraction moyennant le versement d’une redevance d une piastre par toise.Joseph Dernier (dit le Aouvcou-litiplwlc) avait sur 'a (eue, située au pied de la montagne, du tripoli qu’il mettait en boîtes et expédiait à Montréal.Avec l’argile et le sable extrait du sous-sol de sa propriété, il fabriquait de la brique; mais sa briqueterie n’était en activité que par intermitternes._ _ La fabrication n’apparaissait ici (pie faiblement.Kn général, elle s’observait greffée à l’état d’industrie domestique sur les exploitations agricoles.Lorsqu’elle existait de manière indépendante, c’était pour élaborer les produits mêmes de l’agriculture, ou répondre aux besoins restreints de la population locale, sans jamais dépasser les limites du petit atelier dans lequel l’ouvrier chef de métier fait le travail aidé d’un apprenti, ou tout au plus d’un compagnon ou deux.Kn somme, inscrivons au bilan de 1 industrie: deux iromage-ries, une fromagerie-beurrerie; une petite scierie a laquelle était annexée une fabrication de boites a fromage: une boulangeiie, six ou sept petits ateliers: carrosserie, cordonnerie, forge, ferblanterie, sellerie.J.e commerce était réduit à sa plus simple expression; les marchands y étaient au nombre de quatre.Bientôt I un des mieux montés et des mieux achalandés, Wilson, écossais d’origine, dut quitter la paroisse, n’y faisant pas assez d’affaires pour lui permettic de joindre les deux bouts.Ces marchands avaient en vente des épiceries: thé, riz, sel, poivre, pétrole, soude, mélasse, peintures, cotonnades, indiennes, et certains instruments aratoires.Cela n’est pas pour nous surprendre sachant qu ici l’objectif de la famille rurale était de vivre autant (pie possible des productions du lieu obtenues par le recours aux procédés les plus simples.Avec 23 G REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE sa culture mixte, vivrière et son complément d’industries domestiques, l’habitant de la terrasse, au moment où je l’observai, donnait bien faible prise au commerce, soit a l’achat, soit a la vente.Même la construction des voies ferrées ne devait modifier (pic lentement cet état de choses.Avant l'etablissement d une voie ferrée le long de la rive nord du fleuve, la premiere a desservir la région, Casaubon se rendait à la ville voisine deux ou trois fois par hiver pour y vendre de ses grains ou bestiaux.1 ne fois le chemin de fer en exploitation, Casaubon coupa court à ses voyages à Trois-Rivières, les agents du commerce urbain venant désormais le relancer jusque chez lui.Or la culture de l’esprit, et notamment la diffusion des connaissances usuelles est toujours dans un rapport étroit avec le développement du commerce, lit rien dans la formation traditionnelle et dans les conditions de vie de 1 habitant fie la terrasse ne le poussait vers l’instruction.J.a plupart des enfants avaient peu de disposition pour l’étude et les parents ne se souciaient guère de les pousser dans cette voie.Plusieurs même les retenaient a la maison sous de futiles prétextes, ou afin de pouvoir utiliser leurs services dans le travail des champs.Les enfants cessaient de fréquenter l’école vers l’âge de dix ou douze ans.Presque tous alors savaient lire et écrire, même compter un peu : mais par la suite, faute de pratique, ils oubliaient rapidement, une fois sortis de l’école, le peu qu’ils y avaient appris.A l’âge de dix-sept ou dix-lniit ans souvent il ne leur en restait plus rien.Cet état de choses s’est amélioré a la suite de 1 introduction île l’industrie laitière en fabriques coopératives, combinée avec l'adoption de méthodes de culture plus rationnelles, comme aussi avec les habitudes de précision et les calculs qui en sont inseparables.Vers la fin du siècle dernier, les professions libérales n’étaient pas en très bonne voie à Saint-Justin.Deux instituteurs, deux institutrices, maigrement rémunérés, y vivotaient.Pourtant sous le rapport du personnel enseignant, la paroisse était assez bien partagée.L’un des instituteurs était un gradué d’une école de commerce de Montréal, où il avait même enseigné.Mais ne recrutant plus assez d’élèves pour maintenir l'école libre fondée par lui, il dut se faire agréer comme instituteur d’école primaire.Dans ces conditions où l’enseignement primaire se débat à grand'peine pour survivre, 1 enseignement secondaire n’a guère chance de prendre pied.On le la paroisse Canadienne-Française 237 voit apparaître, cependant, à quelque distance, sous forme surtout de pensionnats de jeunes filles, dans les centres plus anciens et plus commerçants, situés presque tous sur la rive fluviale ou le long d’une voie ferrée: Saint-Barthélémi, Berthier, Louiseville, Sainte-l'rsule, Yamachiche, Trois-Rivières.En 1886, Saint-Justin n’avait encore fourni que deux recrues aux professions libérales; mais une dizaine de ses jeunes gens fréquentaient alors des écoles de commerce ou des collèges classiques hors de la paroisse, et six de ses jeunes filles étaient pensionnaires dans des couvents de la région.Au cours des années suivantes, le nombre des jeunes gens de Saint-Justin destinés aux etudes s’accrut sensiblement, au point (pie le curé, en 1893, s’en inquiétait, à cause surtout du peu de discernement manifesté par les parents dans le choix de ces élèves.En effet, les familles d’habitants qui ont atteint un certain degré d’aisance ont l’ambition de faire de leurs enfants (sans toujours tenir compte des aptitudes), sinon des prêtres, du moins des avocats, des médecins, des notaires, bref des “messieurs’’.Mais une région purement agricole comme celle (pie nous venons d’observer, aux mains d’une classe de petits cultivateurs, sans développement notable du commerce, de la fabrication, des transports, ne saurait fournir un bien vaste champ d’exploitation aux professions libérales: l’encombrement doit s’y produire a brève échéance.En 1886, Saint-Justin avait son médecin et son notaire, dont la situation aurait été assez précaire s’ils n’avaient eu (pie leurs honoraires pour vivre.Les familles ne recouraient aux soins du médecin que dans les cas de maladie grave.Il fallait aussi compter avec la concurrence subreptice des empiriques et dès ramanclleurs.Les médecins de la région en étaient venus à abonner les familles qu’ils mettaient à même de réclamer leurs soins à l’année moyennant le versement d’une somme dérisoire.Aussi bien, le médecin du village, homme très digne, au langage soigné, versé à la fois dans son art et dans les sciences agricoles, avait-il attenant à sa maison un lopin de terre où il récoltait légumes et fourrages, l’entretien d’un cheval, d’une vache, de quelques moutons.Par surcroît conférencier agricole subventionné par le gouvernement, voire même à l’occasion député au parlement.De son côté, le notaire, à part de rédiger les contrats de mariage et les testaments, touchait l’orgue à l’église paroissiale, où il faisait H K VU K TRIM I'.STRI KLI.K ( 'AN A DI KN'NK 23S fonction de maître de chapelle, commandait la milice, et détenait les emplois de secrétaire-trésorier du conseil municipal et de receveur de la poste.Au reste, ce médecin et ce notaire étaient tenus en haute estime par leurs coparoissiens, a qui ils rendaient fiequem-ment de petits services, parfois a titre gracieux.11 nous reste à parler du curé qui est ici en situation exceptionnelle.Dans la Vie privée, son rôle est de tout premier ordre.Sa psychologie s’adapte étroitement à celle de ses paroissiens par la similitude de la formation première et des moyens fl existence, ainsi que par la continuité des rapports personnels.Issu d’une famille de cultivateurs de la rive fluviale, le cure de Saint-Justin était comme ses paroissiens de lionne souche agricole.Son enfance s’était écoulée à la campagne, sur le bien paternel, sauf le temps passé à l’école du voisinage ou à poursuivre ses études à Xicolet, collège et campagne de la rive sud vis-a-vis.Puis, enrôle dans un régiment de zouaves, il avait fait le coup de feu en Italie, pour le maintien de la souveraineté pontificale, et, de retour en Canada, admis à la prêtrise, il avait exercé le ministère sur plusieurs points du diocèse, vicaire successivement a (icntilK, Saintc-Anm de la Pérade, Saint-Maurice, desservant de Saint-Narcisse, curé à Saint-Didace et finalement à Saint-Justin.( e dernier poste, il ne devait plus le quitter, il y fut cute plus de quarante-cinq ans et s’y identifia en quelque sorte avec sa population, dont les moyens d existence se confondaient dans une large mesure avec les siens.Son principal revenu lui venant dit \ingt-sixième minot des grains récoltés par les familles de sa paroisse et lui-même exploitant pour son compte lfi arpents de la fabrique assignés à sa subsistance, son sort était étroitement lié à celui de ses ouailles.Aussi bien, le curé s’cst-il intéressé de longue date et de manière effective au progrès matériel et social de sa paroisse.11 s est applique par des movens simples, à la portée du petit cuit ivaleur, a augmente! les rendement s de la terre.11 fut un des premiers a met 11e en \ edette la capacité productive de la petite vache du pays dès qu’on l'alimente convenablement.Il fut un des fondateurs et pendant de longues années membre du conseil de direction de la société d industrie laitière de la province de Québec.I ne des premieres fromageries dans la paroisse a été établie par un jeune homme que le curé avait formé, guidé au debut, et qui est aujourd hui un îles notables ch* l’endroit. LA PAROISSE CANADIENNE-FRANÇAISE 239 Le premier cercle agricole de la région des 1 rois-Rivieres fut le fruit de l’initiative du curé de Saint-Justin, et lorsque, sous 1 cgidc collective de l'épiscopat catholique et du gouvernement de la province, s’inaugura l’reuvre des missionnaires agricoles, ce cure fut un de ceux chargés de prêcher le relèvement de 1 agriculture et.devint le secrétaire de cette association d interet public.1 «ur couronner cette œuvre il entreprit de doter le village d une bibliothèque paroissiale.Même l’observateur pressé et superficiel ne pouvait qu « t e frappé de l’étroite corrélation qui se manifestait dans toute la région entre le milieu économique et social de la paroisse et son chef ecclésiastique.Le type social .les divers curés était en rapport direct d’une part avec les conditions du milieu rural ou urbain ou s’était écoulée leur enfance, et d’autre part avec celles du milieu, — ou semblable ou différent, — dans lequel s’exerçait leur ministère Ainsi, dans les campagnes à culture relativement riche t.e la rive fluviale, se rencontrait fréquemment le curé aux belles manières, h l’esprit fin et cultivé; le curé de grande allure faisant à de nombreux visiteurs les honneurs d’un vaste presbytère; ou encore le cure lettre et chercheur, fouilleur d’archives; enfin, le cure de gouts artistiques, collectionneur de beaux tableaux.Dans les campagnes aisees, tuais plus isolées de la terrasse, c’était le curé hospitalier, a vie modeste mais encore large, souvent préoccupé de progrès industriel ou commercial, ou même de construction de voies err.es.Dans les vallons du haut pays, on pouvait même relancer le cure d.-fn.heur, solidement bâti, aux -poignets de frêne”, cultivant ses champs,rentrant «es récoltes ou charriant ses produits dans les chantiers a bois.Dans de pareilles conditions de constante et intime collaboration il est inévitable que le curé devienne partie intégrante de jn vie paroissiale et son lien le plus fort.Depuis tant d années qu .1 vivait parmi eux, partageant leurs joies et leurs peines, le cure de Saint-Justin connaissait tous les habitants de la paroisse, les m er-pellant pour la plupart par leurs noms de baptême ou leurs sobn-ouct« Pour chacun d’eux il avait l’affection d’un pore, presque la tendresse d’une mère.Dans ses voyages aux Ktats-Unis ou dans l’Ouest canadien, maintes fois il s’est détourné de son chemin pour revoir quelque ancienne connaissance ayant émigre au loin.Main es fois aussi, la mort de quelqu’une de ses ouailles lui a arrache des 1 irII1TUI iu \r ! > i I \]{KT N.\\( hi; i 7\ mh HU nil, t i La première colonne < st obtenue en prenant le fnetc-nr principal, proximité des marchés, comme base.Dans la deuxième colonne, les résultats sont calcules par rapport à la totalité des points. 311 I II 100% 22.4% 95% 21.3% 89 19.9% 78% 17.5% 54' , 12.4% 20% 0.5% 100.0% I,A LOCALISATION' DE l/IN DC STR IK Proximité clcs marches Main-d’œuvre.Transport Matières premières.Force motrice et combustible.Conditions climatériques et facteurs secondaires FACTEL'KS QI I DÉTERMINENT LA LOCALISATION a) Factkcrs principaux Cinq facteurs doivent donc être considérés dans la localisation d’une usine: 1} les marchés; 2) la main-d’œuvre; 3) le transport depuis les matières premières jusqu’aux marches; 4) les source., de matières premières; 5) la force motrice et le combustible.b) Facteurs secondaires Suivent plusieurs considérations de moindre importance, mais qui, dans plusieurs cas, peuvent devenir facteurs primordiaux: 1) conditions hygiéniques et climatériques affectant la Procluttn ,1L.la main-d’œuvre; 2) conditions atmosphériques aftectant les procédés de production; 3) eaux industrielles; 4) competition.5) élimination des déchets industriels; 0.lois, restrictions «cales et taxes: 7) attitude de la population envers 1 industrie; 8) le site, «a topographie, ses dimensions, son sous-sol, son accessibilité pai voies d’eau, de chemin de fer, de terre et le prix du terrain.Une localisation technique exige la connaissance exacte de .¦es facteurs, et surtout leur valeur relative, parce qu ils varient d’importance avec chaque industrie.Fne telle connaissance est aussi nécessaire dans la préparation d’un programme d une industrie déjà établie et dans l’évaluation d’un avant-projet.c) Fauteurs pour quelques groupes d’industries De la compilation .les résultats obtenus des industriels de Montréal, on a tiré une liste de facteurs pour les quelques groupes d’industries suivants: matières comestibles, textiles, bois, mac i-neric et métaux, cuir, industries chimiques et matières plastiques./ Matures comestibles- 1) Marchés: 2) matières premières; 3) transport; 4) main-d’œuvre; 5) conditions de vie; 6) énergie, 7) industries parentes. 312 HEVl'E TRIMESTRIELLE CAXADIEXXE II Textiles—1) Main-d’œuvre; 2) marchés; 3) transport; 4) énergie; 5) matières premières; 6; conditions de vie; 7) aide financière.III Bois (meubles inclus)—1) Marchés; 2) main-d’œuvre; 3) transport; 4) matières premières; 5) conditions de vie; 6) énergie; 7) industries parentes.IV Machinerie cl métaux— 1) Marchés; 2) main-d’œuvre; 3) transport; 4) aide financière; 5) matériaux; 6) conditions de vie; 7) énergie.1' Cuir (spécialement la chaussure) — 1) Main-d’œuvre; 2) matières premières; 3) marchés; 4) industries parentes; 5) transport; 6) conditions tie vie; 7) aide financière.VI Industries chimiques (y compris peintures et remis) — 1) Marchés; 2) transport; 3) matières premières; 4) main-d’œuvre; 5) énergie et combustible; Gi facilités de disposer des déchets; 7) industries parentes.VII Matières plastiques (ciment, brique) — 1) Marchés; 2) matières premières; 3) transport; 4) main-d’œuvre; 5) énergie et combustible; 6; conditions de vie.DIVISION DK L'ILK EN QUARTIERS Afin de faciliter l’étude des facteurs qui ont amené les industriels à s’établir dans la région de Montréal, on peut diviser l’île en sept (7) districts industriels: 1) Le Port; 2) Montréal-Centre; 3) District Ouest; 4) Maisonneuve; 5) Montréal-Est; 6) Section Nord; 7) la Hive Sud.1) Le Port I.e premier district comprend le territoire sous la juridiction de la Commission du Havre, excluant les rives de Montréal-Est et de la Hive Sud.Quarante et une (41) industries très importantes autres (pie les compagnies de navigation y sont situées depuis très longtemps.On y rencontre, entre autres, les importateurs de charbon, plusieurs fonderies, deux raffineries de sucre, des fabricants de peintures et vernis, une manufacture d’articles en caoutchouc, des entrepôts frigorifiques, des marchands en gros, des cours de chemins de fer, etc.2 ) M OXTR É A L-C EXTR E Constitué presque en totalité par le vieux Montréal : St-H/enri, Côte-St-Paul, Pointe-St-Charles, les rues St-Lauront, Bleury, Onta LA LOCALISATION* DK L INDUSTRIE a 13 rio, Ste-Catherinc, etc.On y rencontre une grande variété d’usines, telles que: habits d’hommes et de femmes, machinerie, boîtes en papier, manufactures de chaussures, eaux gazeuses, etc.3) District Ouest Il est formé des villes suivantes: Lachine, Ville LaSalle, Ville St-Pierre, Montréal-Ouest, Westmount, etc.De grandes industries occupent ce district: matériel roulant de chemin de fer, ponts, machines hydrauliques et électriques, etc.4) Maisonneuve Ce district est très vieux, i.e.: comme site industriel.Il abrite plusieurs fonderies, tanneries, manufactures de textiles et de chaussures, etc.5) Montréal-Est Appelé le “Montreal’s Workshop”.Les raffineries d’huile, les producteurs de ciment, de chaux, une raffinerie de cuivre sont les principales industries qui choisirent ce district comme site de leur usine.6) Section Xoiid Près des grandes cours du C.P.R.sont localisées les industries variées d’Outremont.Ce district comprend aussi les fonderies de St-Laurent et les petites industries du nord de l’ile.7) La Rive Sud Ce district est constitué par les trois villes de St-Lambert, Longueuil et Laprairie.CAPACITÉS INDUSTRIELLES DES DISTRICTS Une fois familiarisés avec la division industrielle de notre territoire, et connaissant ce que chaque groupe manufacturier requiert d’un emplacement, passons en revue ce que chaque district offre au manufacturier désireux de s’y établir.1) Le Port Ce district est tout indiqué pour les usines recevant leurs matières premières de pays étrangers, ou qui fabriquent spécialement pour l’exportation.De même, pour les industries dont les matières premières occupent un plus grand volume que le produit fini. 3]4 KEVVE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Le transport par voie d'eau est décidément plus economique que par chemin de fer.La profondeur du chenal étant de trente (30) pieds aux eaux basses 11930) permet aux océaniques de s’y rendre facilement.De plus, le système de canaux du rf(.-Laurent offre une navigation intérieure sur une distance de 2000 milles.Le port scia donc un bon emplacement pour les industriels recevant leurs matières premières des grands lacs, ou désirant ouvrir des marchés dans ces régions.Le grand désavantage du district réside dans sa congestion et dans son manque d’espace pour l’agrandissement futur d’une entreprise.2) Montréal-! 'entre Ce district, traversé par le canal Lachine et plusieurs voies de chemin de fer.a permis l’établissement d’un grand nombre d’industries.Toutefois, il est devenu plutôt encombré et les conditions d’existence sont de beaucoup inférieures à celles existant dans d’autres quartiers ouvriers.Cependant, l’industriel a à sa disposition une main-d’œuvre variée, de divers degrés d expeiience, (ju’il peut obtenir du district et des villes adjacentes: Lachine et Verdun.Les taxes et les taux d’assurance y sont très élevés.Les voies de transport par camion sont très encombrées, étroites, et, par le fait, un obstacle au service rapide.Le district est avantageux pour le manufacturier écoulant des produits chez les marchands en gros du voisinage, ou qui exportent, par bateaux, des marchandises de moyen volume, ou (pii expédient par chemins de fer._ La proximité des bureaux de poste et de douane a contribue, jusqu’à certain point, à la localisation de plusieurs industiies dans ce (list riet.3) District < )uest Ce quartier offre de grands avantages aux industriels recherchant un marché local.Les voies de transport sont nombreuses et variées: canal Lachine, nombreuses voies d’évitement de deux chemins de fer et bonnes routes pour camions.La proximité de quartiers résidentiels permet l’obtention d’une main-d’œuvre plus intelligente et expérimentée et, comme partout ailleurs, on peut facilement se procurer des aides inexpérimentés. I,a LOCALISATION DK L’INDUSTRIE 3 Id J os premières industries qui s’y installèrent furent les manufacturiers de matériel roulant de chemin de fer.Ils attnerent .leur tour, des fonderies et d’autres usines de machineries.La valeur de la propriété est très basse, permettant a 1 md -tnel de prévoir un agrandissement à bon marche.De plus, attitude des communautés est favorable a 1 industrie en gimia .4) Maisonneuve .Ce (Uslriet jouit ,l'une vieille réputation dan, lo monde tndus-!riel montréalais.U proximité .les quai» « f‘ “ permis l'établissement de fonderies et de I industrie du Ul .¦¦ main-d'œuvre es, asscs abondante e, variée, et P™-',paiement canadiennc-françaisc.ios Seulement, l’espace est restreint, les taxes, les lout.¦ taux d’assurance sont élevés.5) Monthéal-Kst ,V district, possédant des quais sur une longueur de deux milles, offre également un service excellent de transport par ni.bu j es taxes sont peu élevées, la main-d’œuvre est abondante, et ¦ restrictions municipales sont moins .tombreuses qu a Mon .• Ses avantages sont ceux do la banlieue, mentionnes ci-haut.6) St: cri ox Nord Cl.district, «tint par le» nouveaux quart,ers mdurtnel* *, nrini ipalcim'ut favorable à la petite industrie locale m a l.garnie industrie mitant le chemin de fer et lev roule, mumnpales comme moyens de transpoit.Reliée à Montréal par trois ponts, la Rive rfud oilr(‘ .pluMl.sites industriels au manufacturier désirant une localisation dan, la banlieue.Des dépôts de glaise ont détermine 1 "&££*** briqueteries.La distance de transport est as,./, cons » pour l’ouvrier de .Montréal; l’industriel doit plutôt si h, r .ut main-d’œuvre locale déjà établie.KTfDK DK QI'KLQLKS FACTKt'RS QLI Ol.TKKMINKNT LA LOCALISATION DES IN'DISlKILS * ’ ''“nam, facturier dut., 1 pmuirr II™.«Wper * d'un manda'-: sans, toutefoi,.oublier que » proxinnle.rallia qu’elle puisse être, doit quelquefjç clic ram 1 ¦ ' facteurs plus importants. 31ü RKVl'K TRIMESTRIELLE < ANAD1HNNK Marchés nationaux, régionaux et locaux L’étendue d’un marché est déterminé par la nature même du produit, et par les charges additionnelles du transport.Pour s’assurer d’un marché, l’industriel doit être en mesure de livrer ses produits aussi promptement que son compétiteur, au même prix, pour la même qualité.La nature de l’industrie influe sur l’étendue des marchés.Par exemple, l’industrie de l’automobile est centralisée dans la région des grands lacs et distribue ses produits a 1 univers entier.Les produits suivants s’adaptent a la distribution nationale: récepteurs de radiophonie, appareils électriques, plumes et crayons, magazines, chaussures, ferronneries, etc.Le coût de transport pour ces articles est relativement peu important.Le groupe suivant recherche un marché régional: ciment, meubles, usines d’assemblages de parties d’automobiles, boîtes de carton, etc.Enfin, les industries locales, telles (pie: buanderies, journaux, laiteries, boulangeries, etc.Chaque ville possède une usine de réparation de machines, etc.L’opinion générale semble croire que 1 industrie suit les migrations de la population.Il est certain que l’industrie locale sera affectée, mais si l’on étudie le déplacement des centres manufacturiers de l’est vers l’ouest des États-Unis, on reconnaît que d’autres facteurs ont dirigé les cinq principales industries de nos voisins: automobiles, conserves de viandes, fer et acier, et raffinage de pétrole.I.’industrie de l'automobile s’est développée dans la région des grands lacs plus par inclination qu’autrement.Les grands abattoirs de Chicago recherchèrent la région des Prairies comme la plus économique source de matières premières.Les premiers hauts-fourneaux établis sur la cote de l’Atlantique ont baissé pavillon devant les avantages qu'offraient des villes comme Gary, Ind., où se trouvent réunis des dépôts de charbon, de minerais de fer et de calcaire.Plus des trois-cinquièmes du pétrole raffiné proviennent de la région à l’ouest du Mississipi.Un eoup-d’œil rapide sur les tableaux suivants permet de se rendre compte de l’importance de .Montréal comme marché pour les produits manufacturés.Au 1er mai 1933, la valeur des ventes en détail au Canada était de $274.par tête.Montréal, avec qa population de 818,577 habitants, achetait à raison de $474.par tête, soit 73' c ll(-‘ plus que LA LOCALISATION UK l’iXDUSTHIK 317 pour le Canada.Si à cette population, on ajoute les quelque 200,000 personnes habitant l’île de Montréal, on se rend facilement compte du volume des ventes.Tableau III.— Ventes de Marchandises à Montréal % du Canada Hang au Canada Nombre de magasins 13.83 1 Ventes de marchandises générales .9.86 2 Ventes des magasins de ferronnerie 10.94 1 Ventes des magasins de nourriture 17.86 1 Ventes des pharmacies 13.94 2 Ventes des magasins de vêtements 18.56 i Ventes d’automobiles neuves.10.06 2 Population 7.S9 1 Tanleat; IA'.Proportion du Commerce, etc.de Montréal, dans la province de Québec Cité de Montréal Montréal et Banlieue Montréal et Ile Jésus Marché de Montréal Population 1931 818,577 975,161 1,020,018 1,213,256 Pourcentage de pop.Pource les dis ntage du t tricts ci-de otal provi ssus.ncial dans totale de province.Pourcentage de pop.28.40 33 93 35.49 41.96 urbaine de Province Pourcentage de pop.58.77 63.18 rurale de Province .Total des magasins de 1.07 5.20 détail Total des ventes au 36.18 40.06 41.21 47.66 détail Kmploycs de magasins 58.13 62.5S 03.27 67.33 de détail.SG.78 99.47 TU-; Vf I ; TRI.MESTR IK LL K ( ' A.V A I) IK X X K 31S Cité do Montréal Montréal i ot Banlieue Montréal | et lie Jésus Marché de Montréal Total des magasins de vivres.40.40 44 .OS 46.03 52.09 Ventes des magasins de vivres ô7.S0 65 55 66.52 70.5S Magasins généraux d< marchandises Magasins de vêtements 15.09 54.42 23.85 59.68 N’entes des magasins de vêtements 70.53 71 Automobiles à passagers enregistrées.Automobiles commerciales enregistrées .45 92 00.00 42.29 51.23 Débouchés totaux d’automobiles 25.50 29.25 31.20 N’entes ries débouchés d’automobiles 52.14 57.39 58.22 Total des manufactures 27.83 34.13 Ouvriers des manufae- turcs.55 04 61.95 Liste de paye des ma- nufactures 00.05 07.52 Nombre de fermes .1.29 11.17 Ouvriers de fermes .1.00 12.11 Valeurs des produits de ferme | 1.62 13.02 Compteurs d’électricité pour éclairage, 59.32 G3.85 Compteurs d’électricité pour énergie 06.00 09.05 Téléphones 72.OS 7î).25 Appareils de radios licenciés 46.62 00.87 61 35 07.83 Débits de banque.91 SS LA LOCALISATION DE l’I-VDCSTKIL 319 Cité rit; I Montréal Montréal , Montréal et banlieue et Ile Jésus Marché de Montréal Revenus gagnés .37.89 44 66 Revenus sur place- merits .55 lu 59.49 Revenus de toutes sources 43.72 49.68 (a) Bien que la province de Québec ait une superficie plus grande que beaucoup de pays européens, une partie remarquable de son commerce total, et de son actif, est concentrée à Montréal, et dans ses marchés de détail.lai Métropole du Canada a un commerce de gros de 8283,286,000.par année, ce «pii représente environ un douzième du total des ventes en gros du Dominion.J,es chiffres ci-dessous se rapportent aux ventes en gros proprement dit, total réparti sur 1,00-1 maisons de commerce.11 y a aussi 713 distributeurs de gros, comprenant des courtiers, ries agents de manufacturiers, des succursales de ventes pour manufacturiers, des agents d’importations, etc., ces groupes vendent pour 8386,169,000.Donc le commerce total de ces groupes est de 8669,455,000.Tableau VI.— Montréal, la plus grand centre de gros du Canada.Nombre de Ventes an- Classe des Marchands de (Iros maisons de miellés en commerce 1 '.):;() Automobiles, Équipements 20 > i 4,310,600 Peintures, Produits chimiques.17 3,581,400 Médicaments et divers.32 9,625,300 Marchandises sèches, Vêtement - .202 10,060,700 Appareils électriqlies 23 5,441,200 Produits de ferme, Provisions 62 13,340,700 Produits de vivres, Tabac .247 107,350,200 Mobilier, ameublements, maisons 21 3,241,300 Quincaillerie 22 10,038,900 Bois de charpente, Matériaux de construction 44 5,977,200 Machinerie, équipement, appareils .SI 13,311,400 Métaux et minéraux 31 23,314,600 Papiers et ses produits 25 20,347,700 Autres groupes 52 11,689,400 y 20 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Tableau 11.—- Débouchés de vivres dans les villes.Epiceries Chaînes d’épiceries Magasins généraux Marchés de viande Beauharnois .12 1 2 6 Valleyfield 30 1 12 St-Jérôme 41 1 13 Ste-Thérèse 12 - 2 7 Terrebonne .15 - 3 St-Hyacinthe 56 1 i 20 Iberville 13 - 2 4 St-Jean 40 3 2 20 Tableau VIII.-— Quincaillerie et matériel de Construction Vingt-deux marchands en gros de quincaillerie à Montréal ont un chifïre total de ventes de 310,038,000.Les ventes des commerçants en gros de bois de charpente et matériaux de construction montent à §4,977,200.t’entes au détail dans Montréal et banlieue.Xo Ventes Magasins de détail de quincaillerie 238 § 7,877,600 Magasins d’appareils électriques 27 489,100 Appareils de chauffage, brûleurs à l’huile .15 009,300 Boutiques de plomberie et de ventilation 30 943,900 Magasins de peinture, vitre, miroirs 23 407,000 Vendeurs de bois de charpente et matériaux de construction 50 8,183,400 Une bonne part du commerce de quincaillerie et d’appareils électriques est faite par de grands magasins à rayons.En plus, 41 marchands d’appareils électriques et de radios vendent pour §3,292,000. LA LOCALISATION* DK L'INDUSTRIE 321 Tableau IX.- .1 larchands de quincaillerie dans le* villes suivantes: Quincail- leries Appareils électriques Bcauharnois 1 2 Vaileyfield 5 2 St-Jérôme < i Ste-Thérèse 2 i Terrebonne O O 2 St-Hyacinthe 5 3 Iberville i 1 St-Jean 5 3 Tableau X.— Chaussures et objets de euir.Montréal est le plus grand centre pour le commerce de gros dans la chaussure.Huit maisons de commerce en gros chiffrent leurs ventes à 33,6-12,400.Commerce au détail dans Montréal et banlieue Xo Ventes Magasins de chaussures (hommes, femmes, enfants).v Magasins de chaussures (hommes seulement) Magasins de chaussures (femmes seulement) 243 S 5 S 7,342,300 215,800 224,700 Les ventes de chaussures dans les magasins à rayons sont un facteur de première importance.Plusieurs chaînes de magasins de chaussures et de magasins de variétés achètent leurs chaussures et objets en cuir des bureaux de Montréal.Le commerce de détail de chaussures de Montréal représente 21r( des ventes totales dans de tels magasins du Canada.Montréal est le plus grand marché de caoutchouc du Canada.Le district commercial de Montréal possède 346 magasins de détail de chaussures.Le nombre de marchés est un peu plus élevé à cause des départements de chaussures des magasins à rayons. R K YC R TRIM EST RI ELL E ( ' AX A DIEXX E 322 Tableau XI.—- Magasins de chaussures dans les cilles suivantes: Beauharnois 2 Terrebonne Valleyfield .ô St-IIyacint.he 9 St-Jérôme ./ Iberville .Ste-Thérèse 4 St-.lean 6 Tableau XII.Débouchés de mobilier cl accessoires de ménage.Commerce au détail de Montréal et banlieue Xo Ventes Total des magasins de mobilier, ménage 206 ) S 11,452,700 Magasins de détail de mobilier.96 7,824,700 Magasins de mobilier usagé.23 314,700 Magasins de nouveautés, tapisseries 11 100,700 Magasins de tapis.15 590,800 Appareils électriques domestiques.13 581,400 Appareils électriques, à gaz, domesticities 12 624,400 Poêles et fourneaux.11 524,400 Verre, vaisselle, ferblanterie, etc 12 266,700 Magasins généraux sans épiceries.82 Vingt-quatre marchands en gros ont vendu pour $3,241,300 de meubles.Tableau XIII.Débouchés dans les villes suivantes Mobilier Appareils électriques Beauharnois 1 2 Valleyfield 4 2 St-Jérôme 3 i Sto-Thérèse 1 i Terrebonne 2 2 St-IIyacinthe 6 •) Iberville - i St-Jean 1 •) LA LOC ALISATION' DE L INDUSTRIE o •j 23 Tableau XIV.— Achat per capita, dans les magasins de détail de la province de Québec et des villes suivantes.Ce tableau représente le total des ventes des magasins de détail dans les aglomérations suivantes, et démontre assez bien le pouvoir d’achat.Le tableau indique comment le commerce île détail est concentré à Montréal.t'entes au détail ____________________________________________________ par tête.Province de Québec.S 2132.00 CITÉ DE MONTRÉAL.473.76 Montréal et Ile Jésus.413.81 Cité de Québec.372.46 Trois-Kivières.287.55 Sherbrooke.379.51 Hull.267.40 Shawinigan-Falls.226.56 Chicoutimi.273.76 Valleyiield.359 00 Lévis.218.71 St-Jean.311.84 Juliette.329.41 ( Iranby 203.78 Outremont.130.70 Verdun.199.58 Westmont.236.88 Laehine.241.42 Tableau XV.— Statistiques sur les huit principales villes du district commercial rie Montréal pour le détail Villes Magasins Pop.[ détail Manufactures 1931 Xo Ventes totales Xo Xo ouvriers Liste do paye Beauharnois 3,729 5S S S30,600 9 461 S 459,384 Valleyfield 11,411 148 30 2,459 1,821,083 St-Jérôme 8,967 139 1,901,900 32 2,307 1 ,S70,69S Ste-Thérèse.3,292 60 891,600 15 124 98,649 Terrebonne 1,955 47 346,700 10 204 164,504 St-IIyacinthe 13,448 201 4,277,900 57 2,805 2,073,071 Iberville 2,778 28; 592,800 si 1 t 100,426 St-Jean 11,256 174 3,510,100 42 2,120 2,168,979 0187 324 REVEE TRIMESTRIELLE CAXADIEXXE Tableau XVI.— Débouchés rie détail et chaînes rtc magasins du march c montréalais.(a) Mont mal et banlieue Villes dans le district commercial Dis- tricts ruraux Totaux Vendeurs d’autos, Garages 657 05 339 1,061 Boulangers 157 51 145 353 Chaîne de boulangers.32 32 Libraires 108 14 24 146 Magasins de chaussures.256 33 57 346 Chaînes de magasins de chaussures 115 1 116 Bouchers S3 6 01 231 1,158 Chaînes de boucheries .30 30 Merceries pour hommes.326 20 33 388 Chaînes de merceries pour hommes 45 45 Confiseries 2 320 21 30 2,380 Chaînes de confiseries 46 46 Magasins à rayons 20 2 22 Chaînes de magasins à rayons 18 18 Pharmacies 381 23 45 459 Chaînes de pharmacies.75 75 Magasins d’appareils élcc- triques 08 15 27 110 Magasins de mobilier, neuf 00 21 2S 145 Chaînes de magasins de mobilier 14 5 19 Chaînes de magasins de 5c à S 1.00 02 9 10 90 Lingerie pour femmes.522 103 179 804 Chaînes de lingeries pour femmes 119 3 122 Magasins généraux 120 9 261 399 Total des épiceries 3,264 231 478 3,973 Chaînes d’épiceries 390 0 408 ( 'haines d’épiceries (achat).1,040 240 1,280 LA LOCALISATION DK L INDUSTRIE 32.') Montreal et banlieue Villes dans le district commercial Dis- t ricts ruraux Totaux Quincaillerie 238 29 57 324 Quincailleries à chaînes.33 5 38 Musique, Radios.334 10 33 386 Chaînes de musique, radio.24 s 32 Restaurants, hôtels, cafés .735 158 584 1,477 Chaînes de restaurants .71 71 Objets de sports 46 6 52 Tailleurs 241 16 34 291 Chaînes de tailleurs 65 65 Tabac (seulement ou prin- oipalement ) .2S7 21 31 339 Chaînes de tabac et cigares 62 62 (a) I.os chiffres pour les chaînes de magasins ont été pris du tableau de la “Canadian Business Reehearch Bureau".b) M \TI KitES PREMIÈRES Contrairement aux résultats obtenus a .Montréal plusieurs auteurs américains, se basant sur quelques enquêtes fui tes aux États-Unis, considèrent, comine facteur principal, la proximité des matières premières.De nos jours, l’obtention des matières premières est facilitée grâce aux améliorations du service dos chemins de fer, du transport par camions et de la navigation intérieure.Le problème de la localisation réside dans le choix de 1 emplacement où l’on rassemblera les matières premières, et d’où l’on distribuera les produits finis.Ce site doit-il être plus près des sources de matériaux (pic des marchés?Ou, si le coût du transport varie peu suivant la nature des produits, doit-on localiser l’usine dans un endroit offrant une bonne main-d’œuvre, de l’énergie a bon marché, ou d’autres attraits?La solution de ce problème est grandement influencée par le coût ch^s matières premières rendues à l’usine. Iî F.V l ' K TR IM KSTRI F.I.I.K C AX A I) t KX X1 : 32(5 Tableau XVI I.— Proportion du coût des matières premières rendues à l’usine, pour des produits manufacturés en 1931, à Montréal, comparativement à Toronto.Montreal Toronto Total pour Montréal et Toronto 44.-/ ; 15 7^ 1.Tabacs, cigares, cigarettes.27.7 65.0 2.Vêtements, femmes 57.Il 56.2 3.Matériel roulant de chemins de fer 4.Abattoirs 56 9 76.3 79.2 5.Brasseries 25 7 29.0 6.Vêtements, hommes 5.5 3 53.7 7.Appareils électriques 36.8 47.4 8.Chaussures 50.8 46.8 9.Imprimerie 23 6 32.5 10.Biscuiterie .46.8 38.1 IL Acier laminé.50 1 44.3 12.Minoteries 78.1 SO.5 13.Fonderies et forges 42.0 35.5 14.Boulangeries 42.7 .S 7.ô 15.Peintures et vernis 42.9 39 1 lü.Chapeaux, hommes .51.8 53.8 17.Café, thé, épices 68 0 66.5 18.Buanderies, teintureries 10.0 10.0 19.Meubles 47.2 39.2 Matériaux primaires et secondaires La plupart dos industries nécessitent plusieurs matières brutes.Quelques-unes ont une importance économique plus grande, malgré que toutes soient indispensables au procédé.Ainsi, le sel (NaCl) constitue la principale matière première dans la fabrication du chlore et de la soude, tandis que son importance n’est (pie secondaire dans la product ion tic la soie rayon.Pelotions entre les valeurs des midières premières Le coût de ces matières premières livrées varie d’une place à l’autre.On en déduit logiquement que la meilleure location par rapport aux matières premières sera celle pour laquelle la somme de chacun des coûts sera minimum. LA LOCALISATION DK L INDUSTRIE 327 Al.Hugo Diemcr semble avoir très bien résumé l'importance de la proximité des matières dans son livre “Factory Organization and Administrâtion’’( '): ‘‘So Jar as the cost of ran: materials is concerner!, that location will be the best which will make total resultant freight charges oj all raw materials the minimum.“A* a simple example, we may take the case of an establishment manufacturing pacing brick.It has been estimated that the relative weights oj the clay, the finished product and coal are approximately JO, 30 and 3.In a case of tins sort it is evident on a brief inspection that in the matter of choice of factory site as between coal fields, clay beds, and nearest market or distributing center, the most advantageous point of location would be next to the clay beds.Of course, the combi nation of several favorably influencing conditions will be more desirable, such as clay beds with cheap fuel close at hand.Such conditions exist in natural gas fields in several section of the country."Similarly the best location for a blast furnace is a site where ore, coke and limestone may most convenient!y be brought together.About two-thirds of the Lake Superior ore is at present melted in the vicinity of Pittsburgh.and most of the remainder in Ohio and Illinois.The reason for this is apparent when one remembers that the total weight of fuel required in furnace work is about 20 per cent, of the weight oj the iron produced.'’ Coût de fabrication La différence entre la valeur brute des marchandises et le coût des matières premières constitue ce qu’on appelle le coût de fabrication.(“est la valeur apportée au produit par la manufacture.Flic comprend les salaires, les frais généraux et les profits.Une étude comparative de ces coûts de fabrication pour les û principales villes industrielles du Canada permet de placer Montréal au deuxième rang après Hamilton.Les industries de Montréal ajoutent 2.9'j de valeur aux matières premières de plus que celles de Toronto.Le tableau 18 et le graphique adjoint permettent la comparaison.(’) “Factory Organization and Administration, pp.71-72 PoORCEZ/fAXS-E DE LA YALE o/Z APWÆJEE PA/Z /A TAERJCApOr/ 32S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Graphique Xo 2 Comparaison des coûts de fabrication Moyenne pour 1922-31 fjûrt/œAL JûRor/fo mnopn\ hW/aœs i^//ca¥/Æ > ¦ , 0 Valeur brute — Goût mat.premières Valeur du Produit =-—-;- X100 \ aleur brute LA LOCALISATION DE L INDUSTRIE 329 Tableau XVIII.— Comparaison du coût de fabrication des indus-hies pour les à principales villes manufacturières du Canada, (a) j Villes Valeurs j brutes ( ,'oût i des matières premières Coût de fabrication r /c Montréal $497.37 $242.95 $254.42 51.3 Toronto 476.88 245.77 231.11 48.4 Hamilton 143.66 69.33 74.33 51.7 V innipeg 85.78 42.17 43.61 50.S Vancouver 81.85 43.46 38.39 46.8 (a) Ces chiffres sont une moyenne pour la décade 1922-31.Exprimés en millions de dollars.c) Transport Définition: Les facilités de transport peuvent être définies comme le moyen par lequel on réunit les matières premières d’une industrie, et par lequel on distribue les produits finis.Les frais de transport déterminent quels moyens on doit employer et dans quelles limites.Chemins de fer : Les taux de fret sont très complexes et apparemment semblent très instables.Rarement, varient-ils en raison directe de la distance.Et même, en certains cas, le taux est moins élevé entre deux extrémités d’une ligne qu’entre deux points intermédiaires.Etablissement
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.