La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1936, Mars
WM Année 20- III MONTRÉAL Man 1936 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématique» Législation—Histoire-Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.51— VI.62—vu.69—VIII.94- IX.100— X.SOMMAIRE Aux Marche» de l’Est Québécois.Chanoine Émile CHARTIER La Physionomie de l’ancienne École Polytechnique.Paul BfeI0UE Économie complexe et Organisation économique mondiale.Charles HÉRISSON Note sur la Résolution algébrique des Équations.Jean POIVERT Néo-corporatisme et Association professionnelle.Arthur SAINT-PIERRE Principes de Similitude et Loi de Froude Raymond BOUCHER Un grand savant français Jean-Baptiste Dumas.Albert RANC ‘ Du Contrat de Travail (suite).Lêon-Merder GOUIN, C.R.IX.D.Revue des Livres.Vie de l’École et de l’Association.ASSOCIATION DES ANCIENS ELEVB8 ECOLE POLYTECHNIQUE MONTREAL COMITE DE DIRECTION Président: M.l’abbé Olivier Maurault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Augustin Frig on, Principal de l’Ecole Polytechnique.Membres: MM.Aurélien Boyer, Principal honoraire de l’Ecole Polytechnique Armand Circé, Assistant-Directeur de l’École Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Elèves.Victor Doré, Président de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’Ecole Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’Ecole Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Frig on, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Edouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-DeBis.MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances,vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Xe vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Xe dissippez pas vos ressources.I.e superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE Actif, plus de 8126,000,000 553 BUREAUX AU CANADA INDUSTRIELS / LES IXGÉXIEURS DIPLÔMÉS DE L'ÉCOLE POLYTECHXI-QUE PEEVEXT S’ADAPTER EACILEMEXT ET RAPIDEMEXT AUX FOXCTIONS TECHXIQUES SPÉCIALES DE L’INDUSTRIE, GRÂCE À LEUR FORMATION GÉNÉRALE BASÉE SUR UNE ÉTUDE APPROFONDIE DES SCIENCES ET UNE CONNAISSANCE PRATIQUE ET THÉORIQUE DE TOUTES LES BRANCHES IMPORTANTES DU .GÉNIE.Consultez-nous pour le recrutement de votre personnel technique LE COMITÉ DE PLACEMENT DE L’ASSOCIATION DES ANCIENS ELEVES DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE 1430, rue Saint-Denis Montréal LA 9207 0966 II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITE de MONTREAL Comprend les facultés et écoles suivantes : TACLLTÉS THÉOLOGIE * DROIT MEDECINE ' PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ÉCCLES PHARMACIE - SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE ' INSTITUT AGRICOLE D'OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE ' MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME T Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St-Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l’Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l'Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Viger et rue St-Hubert, MONTREAL IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE D E M O N T R É A L FONDÉE EN 1S73 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS:— Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques Constructions Civiles Génie Sanitaire Hygiène Physique Descriptive Mécanique Hydraulique Géologie Géodésie Métallurgie Travaux Publics Chemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines: — LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE VOYEZ LA LISTE DE NOS ANNONCEURS A LA PAGE X Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL MARS 1936 AUX MARCHES DE L’EST QUEBECOIS Le geste qu'avait posé Jacques Cartier six années auparavant, quand il dressait sur la pointe de Ciaspé une croix aux armes de France, le roi François 1er, le 1< octobre 1540, le commentait en ces termes: ‘‘Sa Majesté a avisé et délibéré de renvoyer le dit Quartier ès pays de Canada et d’Hochelaga ' afin que son expédition “soit à l’augmentation du sainct et sacré nom (de Dieu), et de notre Mère saincte Église catholique, de laquelle nous sommes dits et nommés premier fils”.Le premier document officiel de notre histoire, sous le régime français, manifeste ainsi de la part du roi 1 intention très nette que notre pays fût une terre à la fois catholique et française.Le 7 décembre 17C3, le roi d'Angleterre Georges III transmettait au gouverneur Murray ses instructions sous cette forme: "Afin que les habitants puissent être graduellement induits à embrasser la religion protestante et à élever leurs enfants dans les principes de cette religion, c’est Notre intention que.tout l’encouragement 1 En juillet 1934, la ville de Coaticook célébrait à la fois le centenaire de son premier établissement IsJ-ti, le soixante-dixième anniversaire de sa constitution en paroisse lsdli et le soixantième de sa Société Saint-Jean-Baptiste (1874 .lin ami a pensé que la bribe de souvenirs rassemblés à cette occasion pourrait intéresser d autres que les habitants de 1 endroit.Si 1 un nous dit qu une émotion discrète y décele l'influence d’une enfance heureuse, nous n’y contredirons pas.La petite ville nous avait d'ailleurs inspiré, il y a assez longtemps déjà, d’autres souvenirs iCanada français, Université Laval, Québec, 2e série, Vol.I, janvier 1919, pp.330-350).Elle a fait le thème d’une monographie, duc à la Iilume d'un de ses anciens vicaires, l’abbé Albert Gravel i Histoire Je Coaticook, 222 pp., Sherbrooke, La Tribune, 1925).Lite stèle consacrée à la mémoire du colon fondateur, un parc monumental rappelant le zèle du premier curé ont été inaugurés à l’occasion de ce triple anniversaire.L’abbé Gravel a inséré, p.23 de sa monographie, une bonne carte des régions de Sherbrooke et de Coaticook. O UK VU i: TRIM KSTKIKI.LK CAN A DIK.W K jjossible soit donné à la construction d’écoles protestantes”.Ainsi, sous le régime anglais, le premier document officiel de notre histoire atteste de la part du roi la volonté très ferme de faire de notre pays une terre à la fois protestante et anglaise.I.ors du débat sur la fédération des provinces, en 186") .Macdonald déclarait: "Les délégués ont tous consenti à ce (pie l'usage de la langue française formât l’un des principes sur lesquels serait fondée la confédération ".1 2 Ht son collègue D'Arcy Alctiee faisait ajouter, à la proposition Mowat qui confiait aux provinces l'éducation, cet amendement: "Sauf les droits et privilèges que la minorité protestante ou catholique dans les deux ( 'anadas peut posséder par rapport à ses écoles confessionnelles".- Ainsi enfin, sous le régime fédéral, les documents officiels de notre histoire proclament le dessein très arrêté, chez les signataires du contrat, de faire de ce pays une terre à la fois anglaise et française de langue, à la fois protestante et catholique de religion.L'étonnant, c’est (pie, cette gageure d’un mariage apparemment impossible, nous Layons gagnée, autant que peut l’être une gageure de ce genre, au moins dans la province de Québec.Kt nous Lavons gagnée sans qu’il y ait eu une seule goutte de sang versée, bien que parfois les larmes aient coulé et des protestations se soient élevées.13e cette victoire il existe peu de preuves plus évidentes cpie l'évolution de nos Cantons de l'Kst, l'évolution surtout du petit coin qui, en 198-1, évoquait la mémoire de son premier colon.Analyser brièvement le fait de cette évolution, en narrateur consciencieux; chercher à l'expliquer non moins brièvement, en philosophe clairvoyant : c'est sans doute le meilleur moyen de payer à sa petite patrie l’hommage que lui doit un fils reconnaissant.* * * Quel paradis que ce coin de terre! On ne se lasse pas de suivre les méandres de cette vallée où se dresse le pin noir, où serpente une rivière capricieuse et volage.“Presque à mi-chemin entre Sherbrooke et Island Pond, la voie du Grand Tronc circule c'est le mot — à la bordure d'un 1 Débat*, p.048.2 Débats, p.352 — Pope: Confederation Documentx, p.2s. AUX MARCHES I)E L EST QUEBECOIS 3 entonnoir.Sur les flancs des collines verdoyantes s’étagent les demeures coquettes, entre lesquelles courent ries rues ombreuses, île trois paroisses.La réunion des trois constitue la A ille de Coati-cook.“Celle-ci est limitée, du côté est où l’on y entre, par le ruban d'acier et la gare.Kn face, à l'ouest, l’église Saint-Kdmoud attire de loin la vue par la délicatesse de ses proportions et la sveltesse de son architecture gothique; elle fait vis-à-vis a sa fille, 1 église Saint-.loan-l'Evangéliste, plus trapue et de style anglais, au moins à l'extérieur.Au nord, s'échelonnent les masures du A nrth hnd, groupées autour de l'église Saint-Marc, pendant qu’au sud les montagnes du \ ermont et du Maine bornent 1 horizon."Une rivière étroite, sur tout le parcours de laquelle s inclinent des aunes, charrie, quand elle en a, une eau noire qui aurait donne son nom à l'endroit.Au centre de la ville, la rue Wellington forme un demi-cercle, dont les deux extrémités aboutissent à la rue Main.Du centre de cette demi-lune part la rue Saint-.Jean-Baptiste, sur laquelle vient se greffer à son tour, par delà le grand pont rouge, la rue Saint-Edmond ou rue de l'église".1 Mais avant de prendre cet aspect, celui qu elle avait vers 1Ù2 ), la A-allée avait servi longtemps de “raccourci" aux Indiens qui, fatigués de pagayer le Saint-François, désiraient atteindre au plus tôt leur gibier par delà ce qui constitue aujourd hui la ligne Lie.- Longtemps ensuite elle fut l'étoffe où les sujets anglais, venus de l’autre côté de la mer ou fuyant les serres de 1 aigle américain, se taillèrent de larges bandes.En fait, jusqu'aux environs de 1N50, on ne trouve, dans ce fief, à peu près (pie des colons de langue anglaise et de foi protestante.Ils accaparent les champs que fertilisent, entre Lennoxville et Coaticook, les débordements de la riA’ière apparemment si pacifique.Us asseoient leurs industries a cheval sur les gorges profondes creusées au nord de la A ille.Leurs demeures, vastes comme celles du Yorkshire ou du Lancashire, se dressent au bord de l'entonnoir,1 au fond duquel gît aujourd hui le gros de la population.Et, dans cette cuvette, ils établissent, de la rüe Main aux confins sud de la A-allée, ce quartier tout orné 1 Camilla français, 2c série, Vol.I, p.330 corrigée et complétée.- Sur (’es courses, il faut lire les légendes de Massé: Ma nasse n.s La monographie Gravel en offre deux excellents échantillons, pp.41 et 03. RE VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE de jardinets et de pelouses, tout planté d’ormes et de pins altiers sous lesquels s'abritent des maisons de caractère géorgien.Mais voici que — c’est un premier fait, — à partir de 1850 ou à peu près, à cette population, de langue, de mœurs, de tempérament tout britanniques, se joint un élément catholique et français.Les fermes magnifiques, où les Anglais menaient jusque-là une existence quasi seigneuriale, sont presque toutes devenues aujourd'hui la propriété des nôtres.Elément dissident d’abord d'une commission scolaire protestante, une commission catholique réclame bientôt son indépendance et assume la régie de ses propres écoles.En face d’églises de la Réforme, aussi nombreuses que les sectes qui les ont érigées, se lèvent un, puis deux, puis trois temples catholiques.Le commerce, la finance et l’industrie, exploités jadis par l'Anglais presque seul, s’ouvrent à des hommes de langue française et de foi romaine.Aux professionnels anglais des premiers temps s’associent des professionnels ; dont les noms, ; i la conso- nance normande ou bretonne, champenoise ou picarde , trahissent aussitôt l’origine comme la croyance.Et c’est dans leur s mains que passe peu à peu l’administration même de la ville, détenue autre- fois par leurs émules.Le recensement fédéral de l!h 31 constate qu’après cent ans, pour un total de de Coaticook se répartit ainsi: 4,044 habitants, la population Race Religion Anglais - Irlandais - Ecossais 644 Protestants 575 Autres 55 Autres 21 Français 3,345 Catholiques 3,448 4,04 1 4,044 Qu’est-ce à dire?C’est dire qu’une terre, vouée en 1703 par volonté royale à l’influence britannique et protestante, est devenue en cent années et moins, de par la volonté de sujets loyaux, mais d’autre langue et d’autre foi, une terre presque entièrement catholique et française.Voilà le premier fait.11 en est un second et qui s’ofïre comme une merveille.Cette transformation radicale, cette “colonisation par élimination,”1 1 Rameau de Saint-Père: Une colonie féodale en Amérique.«¦mona&æ? AUX MARCHES DE L’EST QUEBECOIS Dette francisation et cette romanisation des cantons de Barnstoti et de Barford, elle s'est produite sans ces frictions inexpiables que sème trop souvent le passage des peuples conquérants.Ici, la substitution d’une race à l'autre et d'une croyance à l'autre s’est opérée dans une paix parfaite.Un grand classique traçait un jour ce portrait :s "il y a une chose que l'on n'a /mint eue et que, selon toutes les apparences, on ne verra jamais: e est une petite ville qui n est divisée en aucuns partis; où les familles sont unies et où les cousins se voient avec confiance; où un mariage n'engendre point une guerre civile, où la querelle des rangs ne se réveille pas à tous moments; d'où l'on a banni les caquets, le mensonge et la médisance", s'il revenait sur terre se promener au pays du pin noir, le classique pourrait croire qu’il s'est trompé.Il y a une petite ville où s étale le spectacle qu'il n'a point vu et qu'il prétend qu’on ne verra jamais.Deux races, à la langue, aux moeurs, à la foi, à l'esprit les plus opposés, s’y coudoient chaque jour depuis cent ans.b une de- ces races a pratiquement évincé l’autre.Ht cependant, rien qu'à y passer, on y respire la paix, comme on aspire le parfum des roses en longeant une roseraie.Le jour où l’on voudra faire la preuve que l'expansion des croyances et des races peut s opérer sans effusion île sang et même sans blessures morales, il suffira de suivre à < 'oa-ticook les sinuosités de la rivière, de Contourner l'entonnoir où sa population cache son harmonie comme son activité.Pour peu que l’on ait d'imagination, on apercevra, courant le long des collines qui le bordent, une vaste banderole avec cette éloquente inscription: “Ici l'on conquiert sans se battre”.Bien loin de se battre c'est un troisième et dernier fait —, on s'unifie tout en rivalisant.Là comme ailleurs, une émigration s’est ’ ' • : beaucoup de citoyens ont quitté la paisible retraite et sont allés, même au delà de la ligne loe, dépenser leurs energies.Fonctionnaires ou professeurs, artistes ou savants, financiers ou commerçants, ouvriers ou fermiers, religieux ou laïcs, on trouve partout des Coaticookois.Kh bien! partout on les reconnaît aux mêmes traits: une politesse attirante, une distinction parfaite de manières, une correction remarquable dans le maniement de leur propre langue, une facilité étonnante à s’exprimer dans celle du voisin, une grande largeur d’esprit, une tendance lébrile a entreprendre, un art ingénieux de se débrouiller et de faire son chemin, 8 La bruyère: Oiructirt.-, V.3484 G R K V U E TR IM E ST RIE EL E CA X ADI E N X11 surtout une fine pointe d'idéalisme qui n'exclut nullement un sens pratique avisé, enfin une piété qui n'a rien de mièvre ni de provocant, mais que rien non plus n’ébranle ni même n'altère.Tant il est vrai qu’ici la rencontre d'une race avec l'autre, au lieu de les dresser l'une contre l'autre, a poussé chacune à emprunter à 1 autre ses meilleures qualités, à mitiger à son contact scs propres défauts!1 * * ¦M $ D'où provient tant de paix au milieu de tant d'activité?Quand c'est l’appât du seul gain matériel qui met aux prises deux groupes, c'est toujours au bruit des vociférations du vaincu que le vainqueur lui prend sa place et lui soutire sa fortune.Si à ( oati-cook l’on n'a pas crié, si le déplacement des valeurs s'est accompli dans le calme, 11’était-ce pas que le conquérant n'était pas un peuple ordinaire?qu'au lieu d’aspirer à s'emparer de l’or, il se plaisait à corser généreusement de la lumière?qu’au lieu de vouloir supprimer une langue et une religion, il se contentait de préserver pieusement son idiome et sa foi?Ce peuple, conquérant nouveau genre, Isaïe l'avait défini de ses lèvres de prophète, ("est celui qui a remplacé la nation élue, dont Dieu disait: "Ce peuple, je l’ai formé pour moi, pour qu’il publie mes louanges".- Le même Dieu, qui avait chargé la Grèce de faire rayonner dans le monde la beauté et confié a Home la puissance politique, avait donné à ce peuple, dans le baptistère de Heims, la mission de dispenser partout les lumières de la foi catholique.Descendants de ce peuple, les Franco-Canâpiens de Coatieook se savaient les héritiers de sa vocation providentielle.Aussi est-ce à l’expansion de la foi catholique d'abord, par le canal de la langue française, qu'ils ont consacré toute leur énergie.Kn agissant ainsi, ils appliquaient d'avance un programme que le poète devait plus tard tracer comme celui de la race:3 1 Si l'on prétend que ce tour d esprit est dû à l'isolement social où vivent les deux races, nous y verrions volontiers 1 une des causes du phénomène; mais, universelle au pays, elle ne semble pas produire ailleurs ce résultat.Si I on ajoute (jue les rivalités, inconnues entre races, sont parfois aigu-"* à I intérieur de chacune, nous n’v contredirons pas; mais toujours, elles finissent par s'effacer sous le coup d'un lavage en famille.Ce que nous signalons, c'est, dans un contact quotidien, l’absence de toute querelle religieuse ou même raciale.- Isaïe, XLII1, 21.3 Groulx labbé Lionel): La leçon t/es érables, dans lin/Millages, 1 * 1—. AUX MARCHES DE L’EST QUÉBÉCOIS 7 Prier, chanter, arec la brise aérienne, Et l'âme du terroir et l'Ame des aïeux Et puis se souvenir, afin qu'on se souvienne: Voilà par quels devoirs on grandit jusqu'aux deux.Ils gardent l'avenir, ceux qui gardent /'histoire, Ceux dont la souvenance est sans mauvais remords Et qui, près des tombeaux où sommeille la gloire, .1 l'âme des virants mêlent l'âme des morts.Ils le gardent surtout, ceux dont les lèvres fiéres Ont gardé les refrains du parler maternel, I: popée ou romance, où l âme de nos pères Vient prier et vibrer d'un accent éternel.(lardons toujours les mots qui font aimer et croire, Dont la syllabe pleine a plus qu'une rumeur: Tout noble mot de France est fait d'un peu d'histoire Et chaque mot qui part est une âme qui meurt.En gantant bien sa langue, on garde bien son âme.Bien garder son âme catholique, en gardant bien sa langue française, vu l'association établie entre les deux par l’histoire: voilà le programme qui, pour avoir été appliqué sans défaillance, consciemment ou inconsciemment, par les Franco-catholiques de C'oati-cook, explique seul leur patiente et merveilleuse histoire! * ¦Jç.$ Ce programme, elle l'exécuta tout d abord, cette Société de colonisation qui, à partir de lSliO surtout, fut l'agent principal du développement catholique et français dans les Cantons de l'Est, et particulièrement dans les cantons de Barnston et de Barlord.1 En 1874, la Société Saint-Jean-Bapliste continuait l'exécution de ce programme en appliquant a la lettre, avec discrétion mais avec fermeté, la devise (pie lui avait donnée son fondateur Duvernay: •‘Nos institutions, notre langue et nos droits".Pour n'avoir pas lâché prise pendant plus d’un demi-siècle, elle a raison d'être aussi fière d’elle-même que l'association qui la précéda.Aussi bien, si l'on en juge par leurs statuts, ces groupements 1 Les constitutions et règlements en avaient d'ailleurs été dressés par celui qui allait devenir, en 1804, le premier curé de Coaticook et par son bras droit Jérôme-Adolphe Chicoyne, le tutur député de Wolfe, le tutur sage du Parlement” de Québec. ¦Bn 8 hi.\ : 1.TIU.Mh.'THIKLLK < ANAUIIANK de prêtres, de professionnels, d’industriels et d'agriculteurs, n'avaient qu’un but: sur ce territoire législativement réservé aux protestants anglais, multiplier les représentants de la civilisation française et de la foi romaine tout ensemble.Or, quand elles cherchèrent un organisme pour assurer la permanence de leur entreprise, elles trouvèrent tout de suite et d’instinct celui que nos ancêtres français avaient hérité de l'Eglise catholique en France: le régime paroissial.Ce régime se ramène à trois éléments: le clocher, à l'abri duquel le prêtre fait monter vers Dieu les prières de ses fidèles groupés autour de lui; l'école, où les lèvres ne cessent de redire “les mots qui font aimer et croire"; la maison de famille, où les générations se serrent autour de l'aïeul pour apprendre de lui la leçon du passé, l’appliquer comme lui dans leur vie et, comme lui toujours, la transmettre intacte à leurs descendants.Association de familles unies entre elles par le lien de la langue, que maintient surtout l'école, et par le lien de la foi, que consolide surtout l’église; association placée sous la gouverne d’un prêtre, qui redit, dans sa langue nationale la doctrine et la prière de son Eglise catholique: voilà le régime qui a conquis pacifiquement à notre idiome et à notre croyance la ravissante et prospère région de Barnston-Barford.I Dans ce cadre une fois constitué, ils n'eurent plus qu’à agir selon la loi de leur vocation, les prêtres qui en étaient la figure centrale.Soutane retroussée, par des sentiers impraticables, ils chevauchaient jour et nuit à travers les cantons.Avec leur foi pour boussole et leur cœur pour soutien, ils aidaient les pauvres, consolaient les affligés, soignaient les malades, assistaient les mourants, dressaient partout des temples où l'on pouvait prier, des écoles où l'on apprenait le verbe des Francs.Ces écoles furent les meilleurs instruments de leur apostolat, parce qu’ils y installaient de généreuses institutrices laïques, en attendant les admirables filles de la sainte Mère Rivier.< "est la gloire des Sœurs de la Présentation de s’être penchées maternellement, laissant à d'autres les enfants de notre haute société, sur ceux de notre classe bourgeoise et paysanne.De leurs doigts de fées, elles ont tissé les âmes de ces mères de familles modestes auxquelles chacun de nous doit ce qu’il porte en lui de meilleur: son esprit et son cœur.C’est aussi dans'ces écoles que se dépensèrent de vaillants ins- ÏOBM 9 AUX MARCHKS DK 1,'ksT QUÉBÉCOIS tituteurs laïcs, en attendant ccs religieux modèles, les Frères du Sacré-( 'uur.A vit une angélique patience, ils polissaient le caractère parfois rude des garçons.Kn leur prêchant la fidélité au devoir, la ténacité au travail, l’obéissance aux chefs, ils formaient ces pères de famille économes et pacifiques à qui C’oaticook doit avant tout le calme de son existence et la prospérité de ses entreprises.Celles-ci ne pouvaient d’ailleurs que prospérer, entre les mains de tous ccs tenants de la grande ou de la petite industrie, de la haute ou de la moyenne finance, du gros ou du petit commerce, dont les C’oaticookois citent les noms avec orgueil comme ceux des plus efficaces agents de leur progrès économique.Settlement, s ils recherchaient la richesse et si, en y tendant, ils enseignaient a d’autres à l'acquérir, ils ne voyaient en elle qu’un instrument et un moyen: le moyen de contribuer aux œuvres nationales et religieuses, l'instrument économique du développement intellectuel et moral.Cette vision très noble, ils la tenaient presque tous d'une institution à laquelle les habitants de Coaticook ne cessent de rendre un pieux et filial hommage.Avec un sentiment très net des progrès de l'heure présente, le séminaire de Sherbrooke, régional et diocésain tout ensemble, paraît aujourd'hui se tourner vers la formation de compétences scientifiques et littéraires.Avec un sens non moins vif des nécessités du début, il avait compris que, dans un district comme Coaticook, la lutte loyale avec nos émules se livrerait sur le terrain de la finance, du commerce et de l’industrie.Aussi est-ce île lui que Coaticook tient les chefs qui, sur ce triple champ, ont conduit sa population française aux succès dont elle se glorifie présentement avec raison.Dans le témoignage que cette région rend à l fCglise catholique et à notre nationalité, nul peut-être n’aura été un agent plus actif ni plus efficace que le séminaire Saint-Charles-Borromée.Il complétait par là le service que rendait depuis longtemps a ces cantons, et qu’allait continuer de leur rendre longtemps encore, le non moins méritant séminaire de Saint-Ilyacinthe.Car c’est bien lui qui a fourni à la région, dans les débuts du moins, avec les prêtres, la plupart des “professionnels”, avocats, notaires et médecins.De ceux-ci, quelques-uns furent de véritables apôtres; mais tous furent fidèles aux ambitions de leur race comme aux inspirations de leur foi.< onseillers des pasteurs, des Sœurs et des Frères, ils apprirent leurs concitoyens, par l'intermédiaire de ceux-ci comme par leur propre exemple, a prat iquer la loyauté en affaires la ineil- ¦ ¦ >v ' i m 10 REVUE TRIMESTRIELLE CAN A DIEXXE lettre toujours clos politiques —, a exercer lo dévouement envers les autres, à ne pas craindre les entreprises même hardies quand on a pris ses précautions contre leurs risques.Ils marquèrent surtout l'élément dirigeant de la société à Coaticook de ces manières de gentilhomme dont elle porte, aujourd'hui encore, le cachet indélébile.1 Sur les artisans laborieux et les intègres paysans, ils n'eurent pas une influence moins heureuse.Que de conseils d'économie et de prudence ils fournirent à ces héros obscurs, penchés sur leur travail mécanique dans l'atmosphère étouffante de l’usine et de l’atelier ou rivés à leur charrue, "des étoiles aux étoiles ', au grand air du bon I)ieu! Pour avoir été dociles aux leçons de ces praticiens, comme' à celles de leurs prêtres, de leurs So urs et de leurs Frères, les ouvriers de Coaticook ont enseigné à leurs enfants l'efficacité du labeur tenace, de la justice envers le patron, de l’honnêteté envers la clientèle Kt les paysans apprenaient aux leurs que la terre produit toujours quand on s occupe d elle, (pi elle nourrit toujours son homme quand il proportionne ses dépenses à ses revenus.Aussi toutes les institutions de Coaticook sont-elles le témoignage (le la foi mitionale (pu anime sa population française.Ses t rois églises, son couvent, son école moyenne (académie, collège), ses écoles rurales et sis banques ses manufactures et ses maisons de commerce, ses ateliers et ses fermes, tous ces outils du progrès proclament la pensée de fond de ceux (pii les fabriquèrent ou les manièrent : l’ambition de prouver, à un monde protestant et anglais, (pie la foi catholique n'entraîne pas l'inaptitude aux afluires, que le fait de parler la langue de France n'einpèchc ni de comprendre les autres ni de s'en faire entendre.Quel incomparable témoignage et, dans un centre pareil, quelle apologétique peut valoir celle-là Prêcher les doctrines religieuses par la parole suppose une mission d’en haut; Dieu l'a réservée à quelques hommes privilégiés.Inculquer les doctrines nationales par la parole encore suppose une assez vaste culture intellectuelle; les circonstances l’ont limi- 1 Nous, savons ne commettre aucune injustice en signalant deux de ces hommes d'Etat municipaux: le notaire Jean-Baptiste (tendreau, le "conseiller (le tous", le père de ce docteur Krnest < lendreau (pii est en train de populariser à travers le monde VInstitut du radium de lTniversité de Montréal; le docteur Pierre-Edmond Bachand, dont la famille nombreuse garde toute encore la distinction qui caractérisait l'éminent ' professionnel . AUX M AIU.'II K S 1)K LEST QUÉBÉCOIS 11 ter chez nous à quelques privilégiés aussi.Mais, aux yeux de certains publies, une doctrine se juge à sa valeur intrinsèque beaucoup moins qu’à ses résultats; c'est à ses fruits qu'ils la reconnaissent.< )r, quelle haute opinion de leur foi comme de leur race les citoyens catholiques et français de Coaticook n'ont-ils pas donnée a leurs concitoyens d’autre langue et d'autre croyance! Les aveux de ces derniers sont sincères.Ils ont constaté que la foi et, la langue des administrateurs de la ville, pour différer des leurs, ne les ont jamais empêchés de gérer les affaires publiques avec autant d’habileté que d'équité.Ils ont constaté, chez les administrés, que, malgré leur divergence eu ce double domaine, ils ont toujours été les apôties du progrès même matériel, des citoyens pacifiques, des pères et des mères de famille exemplaires, des contractants honnêtes, des esprits larges, "broad-minded" et non “one-sided’ .Sans adopter peut-être ni la religion ni le verbe des franco-C anadiens, ils proclament que l'une et l’autre sont de magnifiques instruments de prospérité économique et de paix nat ion a le : ils vont même jusqu a I admiration qui provoque le respect mutuel et la bonne entente.Ce résultat, le seul que l'on puisse attendre des relations entre deux groupes opposés par la langue, par les coutumes, par les nueur.-, par l'esprit et par la foi, c’est l'honneur de Coaticook de l’avoir atteint, et royalement.(Irâces lui en soient rendues! * , * * 11 faut souhaiter que les générations nouvelles continuent de tendre au même but et de donner la même leçon, bn demeuiant fidèles à cette tacite, que leurs prédécesseurs ont si noblement accomplie, elles prouveront à nos émules deux vérités capitales: que leur Eglise ne cesse d'être ce qu’un grand protestant (Guizot) l'a définie, "une grande école de respect , (pie leur pays cl origine demeure toujours ce que nos aïeux ont lait la franco, la messagète de la civilisation”.Il y va, en ces pays de frontière surtout, de l'honneur de notre Eglise, de la sécurité de l'empire britannique, de la tranquillité de la région.Il y va surtout de la mission même de notre population dualiste: représenter, sur le continent nord-américain, l’alliance pacifique des deux races les plus eu vue de 1 heure présente, 1 alliance bienfaisante aussi des deux plus grandes forces qui soient au monde, la puissance économique et matérielle, la puissance intellectuelle et religieuse.IjC vice-recteur île I I Diversité de Montréal, Chanoine Emile Chartiep : U PHYSIONOMIE DE LA PREMIÈRE ÉCOLE Ci POLYTECHNIQUE .Quand nos successeurs viendront à traiter de IJsÊcole Polytechnique et de ses débuts, je crois qu'ils seront vivement désappointés s ils espèrent tirer des renseignements de nos archives.On m'a informé qu'un incendie a détruit, il y a quelques années, la plus grande partie de la documentation.Kn l'occurence, ne pensez-vous pas que nous devrions nous mettre à la tâche immédiatement pour reconstituer un peu de ce précieux héritage.Dans une quinzaine d'années, combien restera-t-il des anciens élèves pour retracer la physionomie de la première école, l'ambiance aimable, simple et gaie qui l'enveloppait, les habitudes de la maison, la mine et le caractère des vieux maîtres, le portrait des premières promotions?Qui pourra raconter les plaisantes anecdotes qui circulent encore et cpii ont fait nos délices ?Allons-nous laisser se perdre ces souvenirs qui ont si fortement marqué l’adolescence de notre institution ?Qu il est loin le temps où nous fréquentions les locaux rpii hébergeaient la vieille école avant son déménagement, rue St-Denis.Les facilités sans cesse accrues, dont les professeurs disposent aujourd hui, simplifient beaucoup leur tâche, f.es élèves jouissent d'avantages de toutes sortes; ils travaillent dans des e " ' s plus confortables.Mais quel contraste, si l'on songe à la pénurie des moyens dont (huaient se contenter nos anciens maîtres, la pauvreté et l'insuffisance des lieux où ils enseignaient, la modestie de leurs appointements.Maintenant que nous avons plus de réflexion et d expérience, maintenant qu'avec un peu de recul nous savons mieux admirer le dévouement qui les animait, et cpte nous pouvons mieux comprendre les grandes et estimables qualités qui les distinguaient, Délivré a laquelle ils ont si allègrement consacré leur vie de travail se trouve éclairée d'un singulier reflet de grandeur et de noblesse.Aussi, pour inviter mes collègues à faire de même, j ai choisi de vous en parler en cherchant à vous décrire l'établissement que nous avons été parmi les derniers à connaître, puisque nous 1 avons habité pendant deux ans, avant de venir compléter nos études dan- la nouvelle école de la rue St-Denis.Imaginez-vous une maison à deux étages, en brique rouge, ¦ hxtrait du discours du bien encore, lorsque dans le cours d’une longue démonstration en électricité ou en mécanique, apparaissait tout à coup une formule présentant une ressemblance ou une analogie avec une autre que nous avions croisée en hydraulique, en géométrie, ou ailleurs, il interrompait le problème pour nous demander si celle-ci nous sug-geiait quelque chose, et comme nous hésitions, il nous lançait entre deux grimaces, son fameux: “cherchez”.( est lui qui au début d une leçon commençait par s'enquérir où l'on était rendu précédemment, et qui pour cela, s’approchait a côté de 1 un d entre nous pour poser la question qui nous faisait tant sourire: “Quelle était la dernière phrase?” Elle ne lui était lias plus tôt donnée, qu'il continuait tout aussi naturellement que si la démonstration de la veille n avait pas été interrompue.( est lui qui touchait les orgues a 1 église St-Jacques, et qui PREMIERE ECOLE POLYTECHNIQUE 10 fut le premier, je crois, à utiliser les contacts électriques pour en améliorer les jeux.Musicien, mécanicien, physicien, électricien, mathématicien, physiologiste, médecin, maître-charretier, et je ne sais quoi encore, il était fou de recherches techniques; il ne vivait que pour cela, n’avait d'attentions que pour les choses scientifiques et pour son enseignement.La figure rose, les mains sales, les habits toujours tachés de craie, il donnait son cours en marchant, s’arrêtait pour poser une équation sur le tableau, reprenait sa marche, revenait pour effacer quelques chiffres avec la manche de son habit ou avec son doigt crayeux qu’il humectait avec sa langue pour l’occasion.On sentait qu’il prenait un plaisir extrême à jongler avec les fonctions de fonctions, les différentielles, les intégrales, tout le tremblement qui nous inspirait le plus saint effroi.Les anecdotes à son sujet abondent, toutes plus amusantes les unes que les autres.Ix's élèves le tenaient en grande estime.Sa popularité, il la devait non-seulement à ce côté typique, mais aussi à l’ardeur qu’il apportait à nous instruire, ("est ainsi que pour ma promotion, trouvant que nous retardions, il prit sur lui, sans rémunération d’aucune sorte, de nous donner des cours supplémentaires le soir pendant plusieurs semaines, et ce qu’il lit pour nous, je sais qu’il le fit pour d’autres.Les étudiants de troisième, en d’autres temps, venaient dans ce grenier travailler à leurs travaux techniques et à leurs dessins.le regrette de ne pouvoir vous parler de l’autre étage.Il était réservé aux élèves de quatrième, et ceux-ci, probablement jaloux de leurs prérogatives d'aînés, ne tenaient guère à y recevoir leurs jeunes collègues.Là, je sais qu’ils préparaient leurs travaux techniques, mais comme je ne l’ai pas connu, je me vois empêché de vous vanter la beauté de l’installation.Telle était cette vieille école que si peu d'entre vous ont connue.Hile a bien mérité ses titres de noblesse.Ils sont fondés sur le dévouement des professeurs qui, jour après jour, avec un admirable désintéressement, s'employaient à travailler à notre instruction dans des conditions difficiles et limitées.A ces bonnes gens, on doit la formation des premiers ingénieurs canadiens-français.et une bonne part du succès de l’École Polytechnique.En adoptant ce sujet pour ma causerie, il m’a semblé que j'acquittais, dans une faible mesure, une immense dette de gratitude.•J’ai pensé aussi que j’accomplissais un devoir, celui d’essayer de faire comprendre aux plus jeunes que nous ce que notre pays doit, ce qu'ils doivent eux-mêmes, à ces travailleurs du début.P.A.BÉIQUE, ECONOMIE COMPLEXE ET ORGANISATION ÉCONOMIQUE MONDIALE La division internationale ou territoriale du travail apparaît à beaucoup d’esprits comme la condition nécessaire d’un bon fonctionnement de la vie économique et comme l’unique solution adéquate de l’organisation économique du monde.t’liaque pays, dit cette doctrine, devrait se spécialiser dans les branches de production pour lesquelles il a le plus d'aptitude.Tel territoire devrait être consacré à la culture du blé, tel autre à la fabrication d’articles métallurgiques parce que la première a un climat et un sol favorables à l'agriculture et parce que la seconde a été dotée à la fois de minerais de fer et de charbon.La spécialisation doit être à la base de l’organisation mondiale de la production de même que la division du travail est réalisée au sein des entreprises.A cette thèse s'oppose une doctrine toute différente: c'est celle de l'économie complexe ou diversifiée ou nationale.1 Sans nier l'impossibilité pour certaines régions du globe de produire des denrées cpii exigent des conditions géographiques particulières elle prétend que l'économie des différents territoires doit être complexe ou diversifiée, c’est-à-dire inclure diverses activités économiques: agricole, industrielle, commerciale, financière.Naturellement elle ne demande pas que toutes les branches de production comprises sous le chef de ces quatre rubriques générales ou même que ces quatre grandes activités aient la même v italité ou la même importance.Elle réclame seulement une grande variété île production et un équilibre relatif entre elles.Le libre échange a été associé et même identifié avec la division territoriale du travail, tandis que le protectionnisme a été confondu avec l'économie complexe.(Jette ass' " " ’ ’ s une certaine mesure d’une confusion de pense».-.?» n- nuiu-caian^e ; Nous préférons le terme division territoriale du travail, qui ne préjuge pas du cadre de l'économie, à celui de division internationale du travail, qui implique l'existence de nations et d une répartition des activités entre elles.D'ailleurs il n'est jamais question d’une distribution des branches de production entre les nations mais, entre les différents territoires de la terre d'après leur aptitude.Pour des raisons analogues le terme d’économie complexe ou diversifiée est préférable à celui d’économie nationale.^ I.rONu.MIi; COM I’LKX !¦ 21 impose une spécialisation, il n’assure pas, ce qui est une chose différente, une division territoriale du travail en accord avec le principe; chaque territoire doit être consacré à l'activité pour lequel il est le plus apte, notion il est vrai imprécise et dont le contenu varie dans le temps.Ne soyons pas paradoxal en disant que ce serait, dans une certaine mesure, le protectionnisme qui permettrait d’atteindre ce résultat mais il importait de faire cette précision et de bien marquer que ce qu’il importe d'opposer, c’est d'une part la division territoriale du travail et l’économie complexe d’autre part.Lks DO ( THIN K - HT LKS FAITS.La division territoriale du travail n'a reçu à aucune époque de réalisation véritablement nette.A la fin du XYIIIe siècle et au début du XIXe, l'Angleterre s’était rapidement industrialisée et ses industries textile et métallurgique avaient acquis une grande prospérité.Au contraire, les autres pays étaient très en retard dans cette voie.Les faits semblaient donc confirmer la doctrine de la division territoriale du travail qui avait pris naissance chez les économistes anglais.L Angleterre se serait spécialisée dans la production des objets manufacturés et le ( 'ontinent lui aurait fourni des produits alimentaires et des matières premières, c'est-à-dire >e serait consacrée essentiellement a des activités agricoles.Les producteurs du Continent ne suivirent pas les conseils donnés par les partisans de cette nouvelle doctrine et ajoutèrent de nouvelles branches de production à son économie.La France, puis l'Allemagne, la Bohème se sont industrialisées.( e fut aussi a la même époque le cas des Ktats-Lnis.Depuis la guerre de nombreux pays ont accédé à la vie industrielle: Australie, Inde, Japon, Chine, Canada.et travaillent sur leur territoire une partie des matières premières qu'elles produisent au lieu de les envoyer a l'extérieur.Depuis les traités de paix certaines régions de l’Europe (pii forment désormais des unités politiques indépendantes ou nouvelles s'industrialisent: Pologne, Hongrie, Roumanie.L'industrialisation de la Russie est un exemple particulièrement net.L'économie des différents pays devient donc de plus en plus diversifiée.L'économie complexe est un phénomène qui tend a devenir universel; elle s’impose non seulement dans les pays tempérés mais dans les régions tropicales.Les pays importants a 22 ni: vri: tu i mksthi i:llk n reviendra sur cette solidarité entre l'agriculture et 1 industrie.: Ce n'était pas la première tentative.Les producteurs de caoutchouc et de café ont notamment essayé les mêmes moyens pour relever le prix de leurs produits. difficiles à appliquer parce (pic la concentration est beaucoup moins forte que dans l'industrie.1 lie autre cause de la situation défavorable de l'agriculture et qui a été souvent signalée avec amertume par les agriculteurs, est l'inégalité du protectionnisme agricole et du protectionnisme industriel.L'industrie a été en général fortement protégée: l'agriculture l'a été beaucoup moins.,\e retenons que l'exemple des Etats-Unis parce qu’il est particulièrement net.(irâce à des tarifs très élevés l’industrie américaine s’est trouvée à l'abri de la concurrence étrangère.Par une entente entre ses membres elle a empêché la concurrence intérieure de déprimer les prix et ainsi elle a pu maintenir des cours très élevés.L'agriculture a été obligée d'acheter très cher son outillage agricole et ses produits manufacturés.D'autre part elle payait à des prix onéreux sa main-d'œuvre car l’industrie avec sa politique de hauts salaires attirait les travailleurs vers les villes.Au contraire elle vendait ses produits à des prix relativement bas.Cette situation explique que pendant la période de prospérité l’agriculture américaine ait été déprimée.Pour remédier à cette situation, l’agriculture a lutté contre le protectionnisme industriel outrancier et, par la formation du Farm Board, elle a voulu faire disparaître la disparité entre les prix des produits agricoles et des produits industriels.Le protectionnisme en faveur do l’agriculture réalisé notamment dans certains pays de FKurope occidentale a permis au contraire d’assurer aux produits agricoles des prix de vente plus élevés.Ainsi l’échange entre les produits agricoles et les produits industriels a été obtenu dans des conditions plus satisfaisantes pour l'agriculture.1 La situation défavorable de l'agriculture par rapport à l'industrie tient aussi à ce fait que beaucoup de pays agricoles sont des pays coloniaux, c’est-à-dire des contrées qui sont sous la tutelle de pays industriels.Ceux-ci exploitent la naïveté, l'inexpérience dans les affaires des producteurs indigènes.L’échange est par conséquent faussé au détriment de ces derniers qui ne vendent leurs produits qu’à des prix réduits et sont obligés, quand ils le peuvent, d'acheter des produits industriels à des prix très élevés.Il convient de noter que les progrès de l'éducation des peuples coloniaux sera susceptible 1 II ne faut pas exagérer l'importance de la protection dont a bénéficié l'agriculture.La France, qui est allée le plus loin dans cette voie, a protégé peut-être plus fortement encore son industrie, surtout jusqu’en 1927.- ~ - KCONOMIK COMPLEXE 31 dans un avenir assez lointain d'assurer à l'agriculture des taux d’échange plus favorables.Remarquons à ce propos qu'un juste équilibre peut être établi plus facilement entre l’agriculture et l’industrie à l'intérieur d'un État, grâce aux interventions de celui du genre de celles qui viennent d’être signalées.Dans les rapports de pays industriels et agricoles, l'équilibre ne peut résulter que de l’égalité de forces en présence sans quoi la liberté ne manque pas de jouer contre les faibles.11 faudrait un super-État ou une organisation internationale à pouvoirs souverains 1 pour servir d’arbitre entre les intérêts en présence et réaliser plus de justice commutative.Cette difficulté ressort avec une particulière netteté lorsqu'il s’agit des rapports entre la métropole et ses colonies.En définitive l'agriculture malgré des efforts de sa part n’arrive que très difficilement à améliorer son sort et les pays purement agricoles sont dans un état d’infériorité très marqué.("est qu'il y a des obstacles très puissants à l'amélioration du statut économique de l'agriculture.L'agriculture est défavorisée par rapport à l'industrie car elle se heurte plus rapidement qu’elle à la loi des rendements décroissants: l’étendue dos terres est limitée et ses progrès techniques sont assez lents.Mais les difficultés les plus graves que rencontre l'agriculture sont d’abord la répartition de la population et la trop grande abondance de la population agricole.Celle-ci est telle dans certains pays rpte le rendement par tête d'habitant est nécessairement faible.- L’économie complexe, comme on le verra, permet seule l’utilisation des ressources humaines.Pour élever le niveau de vie de cette population si importante qui vit aujourd’hui de l’agriculture2 il faut réaliser l'industrialisation des pays agricoles.Vouloir augmenter ses revenus par un perfectionnement de la technique agricole serait courir à un échec car ses progrès sont lents et surtout la production supplémentaire qu’engendreraient ces perfectionnements ne trouverait pas à s'écouler.Voilà en effet le second obstacle à l’amélioration du sort des pays agricoles.Produire ne signifie rien en soi, si on ne trouve pas de débou- 1 On reviendra sur les inconvénients de cette solution et sur ses difficultés de réalisation.- Les moyens techniques d’exploitation sont tout à fait insuffisants.La misère de l'agriculture l’empêche de s’en procurer. R F VUE TRIMESTRIELLE CA X A Dll': X X K M2 chés.La demande de produits agricoles n'est pas, en effet, aussi extensible que celle des produits industriels.Elle ne croît pas avec le progrès et l’augmentation de la richesse générale.Au contraire la demande de produits industriels s'élève avec l'aaccroissement du niveau de vie.Il arrive même que la consommation de denrées agricoles tend dans ces circonstances à diminuer du moins pour certains produits.C’est le cas de la consommation du pain, des céréales et des pommes de terre.Il est vrai qu’au contraire la consommation de la viande, du lait et du beurre, des légumes et des fruits augmente.C’est pourquoi d’ailleurs ces branches d’activité sont plus productives.Cette considération ne change en rien nos conclusions.11 ne faut pas maintenir dans des occupations agricoles faiblement productives, telles que la culture des céréales, une population en excédent.Elle doit s’employer dans des établissements industriels ou dans des activités agricoles hautement productives telles que celles précédemment signalées.Ce n'est là que l'application du principe général: un pays doit rechercher à acclimater les branches de production à forte productivité.L’agriculture, il convient de le remarquer, li a connu une véritable prospérité que dans les pays à faible population: Canada, États-Unis, Australie, Argentine.Evidemment, les terres de ces pays sont particulièrement fertiles, mais c’est la petite densité de leur population (pii a permis d’assurer à leur agriculture un rendement très élevé par tète d'habitant. — c = 0 , laquelle, comparée à l’équation générale, fournira les valeurs de a, b, c, en fonction de P, Q, R.D ailleurs, 1 introduction de la nouvelle constante a laissant intact le système des n—/ dernières équations, la résolvante, (c’est-à-dire 1 équation de degré n-—¦/ à laquelle conduit ce système), ne subira, de ce fait, aucune altération.Le même raisonnement, appliqué au tableau 2 (bis) conduirait, évidemment, aux mêmes conclusions.D’où il suit que la résolution d’une équation complète n'offre pas plus de difficulté que celle d une equation privée de son second terme.(4) Il reste a établir, (en les tjénéralimnt), les règles relatives à la composition d'un tableau.Pour résoudre une équation complète de degré n il est nécessaire de former un système de n équations, renfermant n—/ indéterminées y, z, ., et n constantes a, b, c.L’inconnue x est adjoint!' a la constante n dans la première équation.Les premiers membres de ces équations sont des fonctions symétriques des indéterminées y, z,., savoir: Fonction symétrique du 1er degré pour la Ire équation; du 2e degré pour la 2e équation; .; du n degré pour la dernière équation.I ne fonction symétrique du 1er degré ne pouvant avoir qu’une seule forme, la première équation peut être immédiatement posée.Par contre une fonction de degré supérieur étant, dans le cas général, susceptible de formes multiples, la composition des n—1 dernières équations est sujette à des difficultés.Mais on sait que les valeurs des indéterminées y, z, ., devront dépendre, en dernier ressort, (c’est-à-dire après toutes transformations nécessaires), d une équation de degré n—/.Les fonctions symétriques des racines d’une telle équation pouvant être établies n priori ser\ iront de guide dans le choix des fonctions inconnues.* * * (5) Elucidons ce point capital: Les fonctions symétriques des n—1 racines d’une équation (de degré n—1), forment les premiers membres du système: XOTK SUR LA RÉSOLUTION ALGKHRIQUK DKS ÉQUATIONS 43 (A) y+z+t+ ya+y t+ .v z t .Si toutes les racines y, z, sont élevées à la puissance n, ce système devient: Or, 10 La fonction symétrique qui entre dans la première équation de (B), est du degré n; elle peut donc être choisie pour figurer dans la n équation d'un tableau.2° La fonction qui entre dans la est du degré n — / (car le nombre des indéterminées est égal a n ¦/); elle peut donc être choisie, à son tour, pour figurer dans Y avant-dernière équation d'un tableau.Si donc un tableau ne doit renfermer que deux fonctions de degrés supérieurs, (et c'est le cas du tableau I ibis]), ces fonctions seront déterminées.L’équation complète du 3e degré pourra donc être résolue.* * * (6) Examinons le cas où le degré n de 1 equation est un nombre pair égal ou supérieur à 4.Nous pourrons mettre le système (B) sous la nouvelle forme: On voit immédiatement que trois des fonctions ci-dessus pour- la Ire équation; la fonction du degré n qui entre dans la seconde; la fonction du degré n—1 qui peut être déduite de la dernière en Ces trois fonctions occuperont, dans le tableau, les rangs >•"-(-z"-H"+ yV‘-Kv”tn+ n dernière équation de (B), mise sous la forme y z t.= VS(„—», y-’+ü'+tH = > (C) y- z-J+y-t ?-f- ront être choisies.Ce sont: la fonction du degré v qui entre dans n S posant: vzt n + 1 - , n , et n—1 o 44 REVUE TRIMESTRIELLE CAXADIEXXE Si donc un tableau ne doit renfermer que trois fonctions de degrés supérieurs, (et c'est le cas du tableau 2 ibis)), ces fonctions seront déterminées.L’équation complète du 4e degré pourra donc être résolue.Xola: Il est facile de voir que les fonctions obtenues par ce procédé sont bien celles qui figurent dans les tableaux 1 (bis) et 2 (bis).* * * (7) Application de la méthode précédente à la résolution de l'équation du 2e degré: x2+p x+q = 0 Pour résoudre cette équation, nous devons établir un système de deux équations renfermant, dans leurs premiers membres, les fonctions des le et 2e degrés d’une seule indéterminée z.Ces équations sont donc: z = .x-f-a et z2 = b qui fournissent d’abord l’équation: (1) (x+a)2 = b, ou x2+2ax+a2 — b = 0 , et, ensuite, la formule de résolution: (2) + Vb = x+a , ou x = —a -f Vb En comparant l’équation (1) à l’équation générale on trouve: La formule de résolution (2) devient donc: Conclusion' — La résolution d’une équation de degré n, quelconque, serait assurée s’il était toujours possible d’établir le système de n équations dont il a été parlé ci-dessus.Nous avons vu que le problème n'offre aucune difficulté lorsque n est inférieur ou égal à 4.Mais là s’arrêtent les possibilités.A défaut de démonstration directe, ce dernier résultat doit être accepté comme conséquence nécessaire de la célèbre proposition établie par Abel.Jules Poivert Professeur : "Je crois, pour qu'il ait lieu à tacite reconduction, qu'il faut qu il y ait un term convenu ou présumé pour la durée du service: si ce terme existe, la continuation du service après son expiration emporte tacite reconduction pour un autre terme." 12oa \ oir aussi en ce sens les remarques 5) ci de l’honorable juge Hinfrf t dans la cause d Asbestos < orporation Ltd.v.< ook 1 Ibd3 - ( •¦'J .R.a p.1 ) et il) de l'honorable juge Cannon dans cette dernière cause à p.1 7.Voir enfin la décision de notre Cour d Appel dans les causes de Hanover Lire Insurance ( o.v.Stuart, 59 JL R.17.').Ajoutons que même en France, on reconnaît que le nouveau contrat doit avoir la même durée que le précédent, si cette durée est conforme à l'usage ou à la nature des fouet ions du salarié.Ainsi, on a pu juger que la tacite reconduction de l’engagement qui liait un DU CONTRAT DK TRAVAIL .coin.Seine 10 mars 1902, Rev.dr.connu.1903, 11.- Trib.féd.suisse, 22 octobre 1892, Ann.dr.comm., VIII, 1894, Doct.p.43.- Trib.féd.suisse 20 juillet 1895.Ann.dr.comm.X, 1890, p.44, - Trib.cons.Venders, 0 avril 19,i">, Pasicr.1995.2.230)."Toutefois, le montant des dommages-intérêts ne s élève* pas nécessairement à ce salaire ou a la valeur du travail (pie 1 ouvrier aurait fourni jusqu'à la même époque; car, 1 ouvrier pouvant trouver un autre emploi ou le patron un autre ouvrier avant ce temps, le préjudice est souvent inférieur à ce salaire ou à la valeur de ce travail".Baudry-Lacantinerie (loc.cit.No 2,883 n.•>) cite cependant le jugement suivant: 1 ril».com.Nantes, 4 fév.1905, 'liée.Nantes, 1905.1.321) d’après lequel l'ouvrier, engagé pour un an, a droit à ses salaires jusqu’à la fin de l'année et même, en outre, à une indemnité de brusque congédiement."En tous cas, il y a lieu de déduire le gain (pie le salarié a fait d'autre part (Voir Paris, 17 janv.1893, précité.- Trib.féd.suisse, 22 oct.1892 et 29 juillet 1895, précités) ou qu’il aurait pu faire facilement”, (Voir Trib.féd.suisse, 20 jttil.1895, précité).‘‘Mais c’est au maître de prouver (pie l’employé a lait un gain,” (Voir Trib.féd.suisse, 22 oct.1892 et 2 ) juil.1895, précites) "ou aurait pu le faire".(Voir d rib.féd.suisse, 20 juil.1895, précité.) Iaïs tribunaux peuvent également tenir compte de la nature et de l’importance des fonctions du salarié, (A ir Lyon, (i juil.1901, Mon jud.Lyon, 10 déc.19 )1) ainsi que de la difficulté qu il rencontrera à obtenir une situation nouvelle.(Voir Lyon, 0 juil.1941, précité).Ils peuvent tenir compte encore du dommage moral c est-a-dire du discrédit que le renvoi aura jeté sur lui.(Noir Lyon, ü juil.1901, précité.) Sur cette question des recours du salarié indûment congédié, citons aussi les autorités françaises suivantes: Pothier: Louage, 173-174; Duvergier: T.4, p.341, No 297; Dalloz: Jurisprudence Générale Vo.Louage Nos 57 et 0*1; Guil- S 9 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE louard: T.2, Louage Xo 727 par.6; Troplong: Droit Civil T.3, Louage Xo 869; Marcadé: T.6 art.17S2, p.526; Laurent: Vol.25, Xo 5()9.Ces différentes autorités sont citées par l’honorable juge Archambault dans sa très remarquable décision que nous étudierons plus loin (Marchand v.Jean 54 C.S.à p.281 s.).136° Doctrine et jurisprudence canadiennes Voici l’enseignement de l’honorable juge Mignault en cette matière (Droit Civil Canadien, Vol.VII, p.372): “L’employé qui est renvoyé sans raison suffisante avant l'expiration du terme n’a pas droit seulement à une action pour dommages résultant de l'inexécution de la convention; il peut aussi, s'il le préfère, demander l'exécution de la convention et réclamer son salaire ; mais on a jugé que, dans ce dernier cas, il doit attendre que son salaire soit échu, et qu'il ne peut réclamer que ce qui est échu au moment où il intente son action: sauf recours pour ce qui écherra plus tard.’’ Le salarié indûment congédié aurait donc le choix entre deux recours: une action en dommages-intérêts et une réclamation pour ce qui reste à courir de son salaire.137° Cette opinion s’appuie sur les décisions suivantes: 1.Xotre Cour de Révision a jugé, en 1S72, dans la cause de Reid v.Smith (16 Q.L.R.367) que le maître ne peut par sa seule volonté rompre le contrat de louage de services personnels et prétendre que le seul recours de son employé, s’il en a, est un recours en dommages.En rendant cette décision, notre Cour de Revision cite les autorités suivantes: (6 Q.L.R.p.373) - Pothier, Louage Xo 171: Voir aussi: Troplong, Louage Xo S6S; Duranton, Xo 235; Dalloz, Rep.Louage d’ouvrage et d’industrie, Xo 32; Merlin, Domestique, Vol.S, Se éd.p.331; Teulet A Dauvilliers connu, art.1780, Xo 507, p.584).Voici la citation de Pothier à laquelle la Cour réfère: Pothier Xo 174: “Mais si le maître l'a renvoyé sans que le serviteur l’ait mérité, le maître lui doit ses gages pour le temps entier que devait durer son service sans la déduction ci-dessus, c.à.d.de la somme que le juge estimera que le serviteur peut vraisemblablement gagner ailleurs pendant ce qui reste à courir du temps de son service en faisant cette estimation au plus bas prix". DU CONTRAT DE TRAVAIL 83 138° 2.Signalons maintenant la décision rendue on 1871 par la Cour d'Appol dans la cause de Rice v.Boscovitz (23 J.141).La majorité de la Cour maintient l'action du serviteur injustement congédié qui rélcamait son salaire pour le temps de son terme qui restait à courir.3.En 1877, la Cour d’Appel rend la décision qui fait autorité en cette matière en affirmant le recours pour salaire dans la cause de Beauchemin v.Simon (23 J.143).Voici maintenant la traduction française du jugé de cet arrêt qui semble avoir fixé définitivement notre jurisprudence: "Le serviteur qui est congédié sans cause suffisante avant l'expiration du terme pour lequel il est engagé, s'il poursuit pour salaire, ne peut réclamer que le salaire qui est dû à la date de l'institution de 1 action, sauf son recours pour le temps non encore expiré.Mais s’il choisit de poursuivre en dommages pour rupture de contrat, la durée du terme non expiré de son engagement peut être prise en considération pour estimer les dommages’’.139° 4.En 1879, en rendant le jugement de la Cour d'Appel dans la cause de Montreal Cotton Co.v.Parham, (23 L.C.J.140) Sir Antoine Aimé Dorion disait: “Nous avons déjà décidé que le serviteur ou l'employé qui était renvoyé sans motifs suffisants pouvait réclamer son salaire à mesure qu il devenait échu à titre de dommage”.“En effet, la perte de son salaire est le dommage réel que l'employé souffre, à moins cjue le maître n’établisse que cet employé a gagné ou pu gagner quelque chose ailleurs, ce qui devrait aller en diminution du salaire ou des dommages réclamés.” Parmi les jugements de la Cour d’Appel, citons aussi la cause des Commissaires des Chemins à Barrières de Montréal v.Bielle (1890) ALL.R.0 B.R.53; M.L.IL 5 C.S.1; 12 L.X.226, 13 L.N.187; 34 .1.107; 20 R.L.243).0.Dans la cause de Oharbonneau v.Publishers Press Ltd.(42 C.S.à p.109) l’hoonrable juge Bruneau cite avec approbation la cause de Beauchemin v.Simon (23 L.C.J.143).(Voir No 138, 3°, ci-dessus).140° 7.La Cour de Revision a jugé en 191.8, dans la cause de Malherbes v.Orkin (54 C.S.p.274): Que — 2°.“L’employé congédié n'a pas le droit de poursuivre pour son salaire futur; il ne peut que réclamer celui qui est échu.Il doit, dans ces circonstances, intenter son action sous forme de 8-! H K V l K TH IM KSTKI K LL K ( A N A DI K N' N I dommages, lesquels seront généralement le montant du salaire qu’il aurait reçu moins ce qu'il a gagné ou ce qu’il pourra gagner”.L'honorable juge Martineau réfère à la cause de Hall v.Wallace (C.R.15 R.L.n.s.442 et annotations).141» s.En 1918, l’honorable juge .l.-B.Archambault a rendu en Cour de Circuit la décision extrêmement remarquable, que nous avons déjà citée, dans la cause de Marchand v.Jean (54 C.S.279) et dont le jugé est le suivant: ‘‘L’employé congédié avant la fin de son engagement, sans raisons suffisantes, n’a pas seulement une action en dommages-intérêts contre son patron, il a également le droit de poursuivre pour son salaire échu.(“est au patron à prouver la compensation du salaire ou des dommages-intérêts par les gains que l’employé a faits ou aurait pu faire." Les notes de l’honorable juge .l.-B.Archambault constituent une étude des plus fouillées de la doctrine et de la jurisprudence sur toute cette question.Tous ceux que le sujet intéresse devront lire ce jugement en entier.Tout en étant personnellement d’opinion que “l’action pour fraction de salaire, avec réserve pour salaire futur, manque de fondement légal”, le savant magistrat se conforme à la jurisprudence de la Cour d’Appel.142° 9.Signalons maintenant la décision rendue par la Cour (l’Appel en 1922 dans la cause de Lussier v.La Cité de Montréal (28 R.L.n.s.414).“l’n médecin qui est engagé avec un salaire annuel par une municipalité comme chef du département de santé et qui est renvoyé de son service, sans droit, peut offrir son travail et réclamer •son salaire ou poursuivre en dommages-intérêts, mais, il ne peut se réfugier dans le silence, et deux ans après actionner la municipalité pour son salaire." M.le juge Allard.“L’employé qui est en possession de son emploi, et qui est renvoyé, sans droit, n’est pas tenu avant de poursuivre son patron en dommages-intérêts de lui offrir ses services, il en serait autrement s’il n’avait pas encore commencé son travail”.1C.Citons enfin le jugement de l’honorable juge Rinfret dans la cause d’Iverson v.Chicoutimi Pulp Co.(3!) R.L.n.s.49 1) et dont voici la traduction du “jugé”: I)V CONTRAT DK TRAVAIL Sô “Si au lion de poursuivre f*n dommages pour l’annulation du contrat, l’employé (pii se plaint d’un renvoi injustifié choisit de poursuivre pour salaire en vertu du contrat, il a droit d’action seulement pour le salaire au fur et à mesure qu’il devient dû et il ne peut pas le réclamer d’avance.” ill s’agissait d’un contrat à durée indéterminée mais cela ne change en rien au point (pii nous intéresse).143° 11.Pour compléter cette revue de notre jurisprudence, citons maintenant deux décisions rendues avant le (’ode: a) Dans la cause de Fortier v.Allison (2 H.de L.208), la (lour d’Appel en 1811 a accordé à un serviteur indûment congédié ses gages pour le reste du terme et la valeur de sa pension et de son logement : hi Dans la cause de Ouellet v.Fournier ni F.C.F 11S), l’honorable .luge Berthelot a maintenu Faction pour salaire d’un serviteur renvoyé sans juste cause.144° Hnfin citons les décisions suivantes sur ce même sujet: Lafrancc v.Jackson, 12 H.F.21 : Bell Telephone v.Skinner, 17 R.L.350.Robinson v.McMillan, 13 R.L.565.Bonneau v.Montreal Wutchcase (1892) 1 B.R.133.(’lément.v.Phoenix Ins.Co.0 ( ’.S.502.Demers v.Corp.de St-Sébastien, 10 R.L.n>.3.Fortier v.Kelsen ( ’o.Ltd.((’.IL) 25 R.L.n.s.14.Dans la cause de Plamondon v.Richardson * 1 (’.S.502), il a été jugé que l’employé ne peut refuser un emploi de même nature qui lui est offert.Dans la cause de Pouliot v.Dussault, 11908 - b) R.P.Q.70) il a été jugé que le salaire ne peut être réclamé d’avance sans alléguer cpie des dommages ont été soufferts pour ce montant.145° Décisions refusant i,k recours pour salaire.Terminons en citant les autorités suivantes qui sont à l’effet que le salarié indûment congédié aurait seulement une action en dommages.Sait v.Xield 7 R.L.224.Reid v.Smith 0 Q.L.R.367.Dulude v.Intrus (7 R.de .1.11).Dans cette dernière cause, l’honorable juge Loranger a jugé que: “Le locateur de ses services à quelqu’un, qui s’est engagé à S6 R K V U 1 : TR IM K ST RIK LL L C A N A DI K N N K lui payer en retour un prix convenu, a un recours contre ce dernier cpii refuse ensuite injustement d’accepter ces services: mais ce recours se résout en dommages-intérêts pour inexécution du contrat (('.('.1065), et non en une créance pour le prix des services, puisque, dans ces circonstances, les services n'ont pu être rendus”.Les trois dernières décisions de la Cour Supérieure (pie nous venons de citer refusent l’action pour salaire, mais, comme nous l'avons vu, la jurisprudence dans notre Cour d’Appel a constamment reconnu cette action pour salaire tout aussi bien (pie l’action en dommages.146° Pas d'exécution spécifique du contrat.Baudry-Laeantinerie (Droit Civil, 3e éd.Vol.XXI, Xo 2SS4) enseigne que: “Le patron aussi bien (pie l'ouvrier, le domestique ou l'employé, n'est passible, au cas où il rompt cet engagement, que de dommages-intérêts, conformément à l'art.1112 C.X.('('.1005); il ne peut être contraint par la force à remplir ses engagements", (Voir pour 1c* patron: Trib.civ.Lyon, 3 juin 1S97, Mon.Jud.Lyon, 19 juil.1S97; voir aussi: Sauzet, le Livret obligatoire des ouvriers, Rev.('rit.XYIIL.1S99, p.229, n.15; W’alil, Note S.1903, 2.177).“Car, si l’obligation de faire peut être exécutée par la force, cela n'est, en tout cas, vrai que dans les hypothèses où cette exécution forcée est matériellement possible.Or, on ne peut exercer sur une personne une contrainte suffisante pour l'obliger à un fait actif.Cela n’empêche pas évidemment les tribunaux de condamner la partie contrevenante à exécuter son engagement (Voir Paris, 1er fév.1873, S.73.2.87 D.73.2.lüb.- Guillouard, If, n.727), mais à la condition de ne pas sanctionner cette condamnation par la force et de condamner simplement la partie qui ne s’y conformerait pas à des dommages-intérêts” (Voir Guillouard 11, n.727).147° Dans la cause de Charbonneau v.The Publishers Press Limited, (42 C.S.à j).108) l’honorable juge Bruneau déclare: “Je n’aurais pu condamner la défenderesse à reprendre le demandeur, sans attenter à la liberté de cette dernière.Comme le dit fort bien Laurent, (t.10, Xo 198): “L'Homme est libre de ne pas remplir ses engagements, sauf à supporter les conséquences de cette inexécution: on ne peut pas lui enlever cette liberté en employant la violence".“Un tel jugement serait Impossible d’exécution, et, dès lors, contraire à la loi.(Art.541 C.P.C.)” DU CONTRAT DE TRAVAIL S7 148° De l'injonction pour violation d’engagement.Notre jurisprudence est de plus ù l'effet de ne pas accorder en principe d'injonction pour violation d'engagement: 1.Cas d’un acteur: ‘'.Si un acteur a convenu de ne pas signer, dans l'année suivant l'expiration de son engagement avec un théâtre, un engagement pour jouer sur une autre scène sous peine d’un dédit, il n’y a pas lieu d’émettre une ordonnance d’injontion interlocutoire, lui défendant ou l’empêchant de jouer sur cette seconde scène, après qu’il a signé son engagement contrairement à sa promesse’'.C’.S.1905, Montreal, Société Anonyme des Théâtres vs Lombard et Gauvreau, 7 R.P.Q.2G2.2.Cas d’un joueur de hockey: ‘Tl n’y a pas lieu à injonction dans le cas de violation de l’engagement de rendre des services personnels à autrui, excepté quand ces services sont d'une nature tellement spéciale, unique ou exceptionnelle que leur perte ne pourrait être raisonnablement compensée pour des dommages.Ainsi, une injonction ne sera pas accordée contre un joueur de hockey pour rupture de contrat s'il n’est pas un joueur tellement éminent qu'il ne puisse pas être remplacé par d’autres joueurs aussi experts en hockey que lui-même”.(Cour du Banc du Roi, 1910, Pitre v.L'A.A.A.N - 11, R.P.Q.330).149° “Les dommages-intérêts peuvent être fixés d’avance par une clause pénale,” ; Voir Paris, 20 mai 1890, Gaz.Pal.90.2.171 -Lyon, 4 avril 1901, Mon.Jud.Lyon, 9 oct.1901).Baudry-Lacan-tinerie ajoute (Droit Civil, 3e éd.Vol.XXI, No 2885) que “toutefois, cette clause peut, en fait, être interprétée comme ne s’appliquant pas à l'hypothèse où le renvoi a pour cause un délit ou un crime du salarié,” (.Voir Douai, S fév.1901, Rec.Douai 1901.303).150e Du MINEUR.Baudry-Lacantinerie (loc.cit.No 2SSG) enseigne que: “Le mineur non émancipé ne peut personnellement promettre un dédit pour le cas où il romprait un louage d’ouvrage par exemple un engagement théâtral".(Voir Wahl, Note S.1904.4.17).Nous avons déjà vu (No 40) que le consentement du mineur est exigé pour le contrat de louage de services parce que l’exécution de ce contrat nécessite son concours personnel.D’après Baudry-Lacantinerie, (loc.cit.Nos 1058 et 2880) “le tuteur ne représente le mineur que pour la solution de questions pécuniaires.Or il s’agit ici d’une question purement pécuniaire.C’est donc le tuteur qui représente son pupille'’. SS K K Vl'K T HI M K ST HIK LL K C A N A II I K N N ! : 151° Annulation' du dédit pour lésion.La clause pénale peut en certains cas, et si elle est excessive, être annulée pour cause de lésion."Il en a été ainsi jugé pour le cas d'un dédit stipulé par le mineur seul, (Paris N juil.1SS2, S.85.2.1 Ot>) et même par le mineur assisté de son père (Trib.eiv.Seine, lti avril 1K85, sous Paris, MO mai Inns, S.ss.2.I7M).I rib.eiv.Seine, 10 avril 1N90, Droit, 27 mai ISOtli.Avec Haudry-Lacantinerie, (loc.cit.no 2NS0) je crois qu ici comme en France, “cette question rentre dans le droit commun et que de plus, la nullité de la clause pénale ne détruit pas l'obligation aux dommages-intérêts", (\’oir Paris, .s juil.1 >>S2, S.So.2.100.-Paris 27 juin 1889, S.89.2.159-Lacan et Paulmier Législ.des théâtres, 1.n.340).“La clause pénale imposée à un mineur n'est valable que si le tuteur qui y participe est autorisé par le conseil de famille’ .'Voir pour un engagement théâtral: Paris, 27 juin 1889, S.89.2.b>9.-Bertin, Chambre du Conseil, Me éd.I, n.490; Wahl, note S.190M.2.177).“L'homologation du tribunal est même nécessaire (Voir Wahl, loc.cit.), car elle est exigée par la jurisprudence pour tout engagement de payer une somme d’argent,” (Voir Oass.22 juin 1880, 8.81.1.2M).152° J'ai reproduit ces passages de Baudry-Lacantinerie doc.cit.2886) parce que je n'ai pas pu trouver de commentaires, ni de jurisprudence sur ce sujet particulier pour la province de Québec.Je suis d’opinion que la clause pénale consentie par le mineur ou pour lui par son tuteur sera annulable pour lésion suivant les règles ordinaires.(Voir Nos 24 et 46).D'après moi, il y a simplement lieu d’appliquer au mineur non commerçant les dispositions de l’article 101)2 de notre < ode < 'ivil (C.N.1305): “La simple lésion est une cause de nullité, en faveur du mineur non émancipé, contre toutes espèces d’actes lorsqu'il n’est pas assisté de son tuteur, et lorsqu'il l’est contre toutes espèces d actes autres que ceux d'administration et en faveur du mineur émancipé, contre tous les contrats qui excèdent les bornes de sa capacité légale, telle qu'établie au titre "De la minorité, de la tutelle et de l’émancipation”; sauf les exceptions spécialement énoncées dans ce Code.” DU CONTRAT DK TRAVAIL 89 153° 1.Le mineur a souscrit seul a une clause pénale: Suivant l’hon.juge Mignault, (Droit Civil Canadien Vol.V, p.213), en principe “le mineur peut pour cause de lésion demander la rescision de tous les actes qu'il fait seul".Il faut signaler en passant l’exception à cette règle que comporte implicitement l’article 301 du Code Civil en permettant au mineur de poursuivre seul pour ses gages ou avec l’autorisation du juge, pour d’autres actions découlant du contrat de louage de services.Le mineur ne pourrait prétendre avoir été lésé par l’institution de ce s actions.(Voir Mignault loc.cit.p.243 note c.) Mettons de côté pour le moment cette exception, car elle ne se rapporte pas au cas qui nous intéresse.Donc, si le mineur non commerçant a souscrit seul à une clause pénale, il sera restituable pour lésion.l'appliquerais le même principe au mineur émancipé.Suivant l’article 319 de notre Code Civil, le mineur émancipé fait seul “tous les actes qui ne sont que de pure administration".Je ne peux pas considérer une clause pénale comme un acte de pure administration.Je crois donc que le mineur émancipé sera restituable s'il est lésé par la clause pénale à laquelle il a souscrit.154° 2.Le mineur a souscrit a une clause pénale avec l’assistance de son tuteur.En ce cas, appliquant les principes généraux posés par l’honorable juge Mignault (Droit Civil Canadien, Vol.V, p.244), l'obligation sera valable si le tuteur a contracté en observant les formalités prescrites par la loi.Sans doute, notre Code ne contient aucune disposition spéciale sur le sujet que nous étudions.Mais je crois qu'il y a lieu île suivre par mesure de précaution les règles indiquées par Baudry-Lacantinerie (loc.cit no 2889) et que nous venons de reproduire.(Xo 151) Dans le cas du mineur émancipé, j’exigerais aussi par mesure de précaution l'assistance de son curateur conformément aux articles 321 et 322 de notre Code Civil.155° Deuxième mode d'extinction: le consentement des DEUX PARTIES (imitUUS ili886118J/.s).Dans son traité élémentaire de Législation Industrielle - Lois ouvrières (ôème éd.Xo 1183, p.s2ô), Paul Pic enseigne que “Lorsque le contrat est conclu pour un temps déterminé, aucune des — — SSSSSH -a j-mÆ 90 REVUE THIMESTHIELLE CANADIENNE deux parties ne peut, contre le gré de 1 autre, rompre la convention et se soustraire à ses engagements".“'Mais ce que chatiue partie isolément ne peut faire, les deux parties le peuvent évidemment d'un commun accord.Dès 1 instant qu’elles sont d'accord pour mettre fin au contrat avant l’arrivée du terme, leur volonté commune fait loi .De son côté, Baudry-Lacantinerie (loc.cit.no 2887) remarque “qu’il peut être convenu également que les deux parties, d accord entre elles, pourront mettre fin au contrat par leur volonté.Cette clause n’est autre chose qu’une superfétation, car elle équivaut a constater que le contrat est fait sous condition que l'accord persistera.Or, si le contrat lie immédiatement les parties, sa résolution est soumise à leur volonté".150° “Il peut même être convenu que l’une des parties et elle seule, pourra résilier le contrat arbitrairement", (Voir: Cas.civ.1er mars 1899, S.99.2.201; Cass.civ.2 mai 1900, S.1901.1.217; Lyon, 0 fév.1S57, S.57.2.500, D.57.2.20; - Limoges, 11 juil.1S9S, D.1901.2.3S0.(Ce jugement traite du droit pour un directeur de théâtre de résilier le contrat s’il juge l’artiste insuffisant) ; Trib.civ.Seine, 2 mars 1897, Gaz.Pal.97.1.397; 1 rib.civ.Seine, IS nov.1S99.Gaz.trib.29 nov.1899.(Ce jugement concerne un directeur de théâtre); Gand, 19 juil.1901, Baser.1902.2.70 -Sauzet, Ann.tir.comm.\ .1891, p.113, n.84; Guillouard, II, n.717.- Contra Paris 20 avril 1898, S.99.2.SO, D.98.2.520.Enfin on a jugé que la clause par laquelle le directeur d'un théâtre se réserve le droit de résilier le contrat après le premier mois s’applique à l’hypothèse où le directeur cesse de donner des représentations, (Pau, 10 juil.1903, S.1905.2.198).“Cette clause de résiliation unilatérale transforme le contrat envisagé vis-à-vis de celui qui s'est réservé le droit d'y mettre fin, en un contrat sans terme”.(Voir Trib.coin.Lyon, 22 mai 1902, Gaz.coin.Lyon 29 juil.1902.- Wahl, Note S.1901, 1.217; Civ.29 nov.1928.D.11.1929.2.) 157° A la validité du contrat où figure une clause de cette nature, peut-on opposer l’art.1171 C.N.(1081 C.C.) d’après lequel l’obligation est nulle lorsqu’elle est contractée sous une condition potestative de la part de celui qui s'oblige ?Baudry-Lacantinerie répond que non puisque le contrat est valable comme louage sans terme (loc.cit.No 2887) et il ajoute: “D’ailleurs, l’objection n’est pas fondée davantage si l’on distingue le contrat ainsi passé du louage DU CONTRAT DK TRAVAIL 91 sans terme; car, ce n'est pas ici l’engagement mais la résiliation qui serait subordonnée à la condition potestative' .l.-,sc Peut-on convenir que si le patron use de son droit de résilier le contrat, le salarié perdra tout ou partie de ses salaires antérieurs?Baudry-Lacantinerie est d’opinion que oui (loc.cit.28SS) et voici pourquoi.‘‘Il serait faux d’objecter (pie cela équivaut à faire dépendre le contrat de la volonté du patron.Ici encore, c'est la résiliation qui dépend de sa volonté".Le contraire a cependant été jugé pour la clause portant que si le patron rompt le contrat, le placier perdra ses commissions non encore payées, (Grenoble, 28 nov.1899, liée.Grenoble, 1900.07)".109e Qui peut invoquer la nullité du contrat?D'après Baudry-Lacantinerie (loc.cit.2889) ; “Dans tous les cas, si le contrat est nul, chacune des parties peut invoquer la nullité.Aucune d elles n'est forcée d’exécuter ses obligations.Par exemple, le maître qui s'est réservé (illégalement par hypothèse) de mettre fin au contrat, peut cependant en faire cesser les effets en invoquant la nullité.Voir Paris, 20 avril 1S9S, S.99.2.NO, D.98.2.ü26).Si le maître avait promis un dédit pour le cas où il userait du droit de résiliation, ce dédit ne peut lui être réclamé (Voir Paris, 20 avril 1898, précité).Ainsi la nullité prononcée parce que le maître a voulu se réserver un droit jugé exorbitant, tournera souvent en sa faveur.100e Le patron peut-il se réserver le droit de révoquer le contrat après un temps d'épreuve?11 est évident qu'il le peut et même d’après Baudry-Lacantinerie (loc.cit.No 2890), “la révocation peut, après ce temps d’épreuve, être arbitraire".N oir les autorités citées au Xo 101 ; voir aussi Trib.coin.Nantes, 25 mai 1899, Rec.Nantes, 99.1.120.- Wahl Note S.1901.1.217).Sur ce sujet, citons la cause de Price Bros.Co.Ltd.v.Bergeron (42 B.R.3S3) où notre Cour d’Appel a jugé “qu’un contrat de louage de services, qui, d'après scs termes, will remain in force as long as it is agréable to us,1 cesse d'être en vigueur dès qu'une partie signifie à l’autre que son agrément a cessé’'.Citons cependant sur cette question la décision rendue par l’Honorable Juge Survcyer dans la cause de Cross v.Tétrault Shoe, (31 R.L.n.s.172).11 a été jugé que (Traduction) “Quand il est stipulé dans un contrat d’engagement qu’un employé doit donner entière satis- 1 Traduction: “restera en force aussi longtemps qu'il nous plaira". r K Y V K TR IM I ; STR I K L 1.1 ; r A N A I) I K N N K 92 faction, la dissatisfaction no doit pas être inspirée par la mauvaise foi ni être déraisonnable ou capricieuse .Tue des parties peut donc se réserver le droit de résilier le contrat, soit à l'époque qui lui conviendra, soit à des époques périodiques dans tout le cours du contrat.On en déciderait ainsi parce quc Particle 1174 du Code Napoléon (C.C.10R1 ) ne s'appliquerait qu'à la condition suspensive, < Baudry-Laeantinerie, loc.cit.No 2893)., , 1 HO0 A "L'article 1174 qui annule les contrats faits sous une condition purement potestative, est inapplicable non pas, comme on le dit généralement, parce qu il ne s agit pa> ici d'un fait purement potestatif (il est clair qu'au contraire le patron peut par un simple caprice renvoyer son ouvrier) mais parce que le fait joue le rôle d'un terme extinctif "etjion le role d uncondition suspensive comme le veut 1 article Il 1.1 IR I.X, par le Eère Henri Ron-, o.m.i."La .1.0.G et la J.O.C.i .Plaquette de RIO pages.Prix: Si).25.Editions Jocistes, 14.50 et Sô.'l, rue .Sherbrooke est, Montréal.Cette brochure explique la raison d'être, l'organisation et la méthode du "notre mouvement spécialisé de jeunesse ouvrière".“Dans une première partie, on trouvera l'exposé de la situation présente de la jeunesse ouvrière, et dans une deuxième partie, les modes de redressement qu'offre la J.t ).( '.“L’appendice “A" indique quel doit être le départ d'une section jociste, et 1 appendice "B raconte 1 expérience faite chez nous du mouvement jociste et comment, les premiers essais donnent les plus riches espoirs." LES GRANDS PROCÈS DE L'HISTOIRE, par Henri-Robert, de 1 Académie Française, ancien bâtonnier.AV Si'rii.En vol.ln-s, 114 illustrations.Prix: 15 francs.Editeur: Pavot, 1 OC», Boulevard St-Germain, Paris.Voici la dixième série des “Grands Procès de 1 Histoire ", Avec les récentes séries, Me Henri-Robert a élargi sa manière et ce ne sont plus seulement des affaires judiciaires qu il évoque: ce sont des figures d histoire qu'il dresse devant nous, figures qu'il choisit complexes, énigmatiques, souvent obscurcies par la calomnie, les préjugés.Et il nous les restitue avec une maestria incomparable, dans une clarté éblouissante.Il y a plus encore: dans ce dernier volume, de l'étude des caractères particuliers Me Henri-Robert s'élève à la peinture de toute une époque, de toute une société.Dans des pages séduisantes, l'illustre avocat-académicien déploie tous ses dons de pénétration, tout le charme d'un style où se révèle la plus fine et la plus sûre érudition littéraire.A.A., p.s.s REVUE DES LIVRES 97 LES CONCEPTIONS MODERNES DE L'HÉRÉDITÉ, par Maurice C’aul-lery, Membre de l'Institut, Professeur à la Sorbonne.ln-S°, 312 pages avec 49 figures.Prix, broché, 15 francs.Chez Ernest Flammarion, 20 rue Racine, Paris - - 1935.( 'e livre, qui fait partie de la Bibliothèque de Philosophie Scientifique, s adresse à la masse du public cultivé.L'auteur y expose un ensemble de faits positifs et de conceptions théoriques constituant une des parties les plus essentielles et les plus vivantes de la science contemporaine.L hérédité, restée jusqu'au seuil du XXe siècle une puissance mystérieuse est entrée vers 1900, après l'exhumation des travaux de Mendel, dans le domaine de la science expérimentale, dont la caractéristique est de réaliser rationnellement des prévisions définitives.Ainsi s'est constituée, au sein de la biologie, une discipline nouvelle, la génétique.Cette science a eu en France d'éminents précurseurs et elle a été l'objet de très nombreuses recherches en Angleterre, en Hollande, en Allemagne et aux États-Enis.Les lois de l'hérédité dominent notre vie individuelle et familiale.De même leur connaissance est d'une importance primordiale pour tous ceux qui s’intéressent aux problèmes de l'agriculture et de 1 élevage.La lecture de ce nouvel ouvrage, qui met à notre portée les faits importants de cette discipline, s'impose donc à tout esprit cultivé.LES AGENDAS Dl'NOD 193ti.Tous les ans, la maison Dunod, 92, rue Bonaparte, Paris «°, publie une nouvelle édition de ses aide-mémoires.Ces volumes, d'un format uniforme, se vendent reliés au prix de 24 francs l’exemplaire.Les sujets traités sont variés; les uns sont d'ordre technique, les autres sont d'ordre économique.Parmi ces derniers, signalons les suivants: Banque—Volume de 212 pages.On y décrit l'organisation du travail, d'après la méthode moderne et, en particulier, un système complet de contrôle.L auteur donne une attention particulière à 1 application de la mécanographie dans chacun des services.Vente et Publicité — Volume de 404 pages avec 39 figures.La vente y est étudiée sous ses divers aspects: vente individuelle, directe, par courtiers et commissionnaires, par foires et expositions, etc.La partie consacrée à la publicité examine les différents moyens publicitaires: circulaires, imprimés, affiches, enseignes lumineuses, étalages, presse, etc.L'édition de 1936 contient entre autres nouveautés un supplément sur les décrets lois de juillet et août 1935.Commerce — Volume de 464 pages.Après avoir donné des renseignements généraux sur les monnaies, les poids et mesures, les dispositions fiscales et législatives, l’auteur étudie la maison rie Commerce moderne et passe en revue tous les rouages de son organisation.Des chapitres importants sont consacrés aux sociétés commerciales, à la vente et au nantissement des fonds de commerce, aux adjucations, à l'enregistrement et au timbre, aux douanes, aux contrats de travail et aux accidents du travail.MESTRE DES TEMPÉRATl'RES, par Gustave Riband, professeur à lu Sorbonne.I n vol.in-16, S3 figures.Collection Armand Colin, 103, Boulevard Saint-Michel, Parie-Ve.Prix, relié: 12 fr. 98 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Aucune étude d'ensemble n’existait encore sur ee sujet; nul n’était plus qualifié pour nous la donner que M.Gustave Kibaud.Outre l'autorité que lui confère un enseignement théorique et pratique à la Sorbonne, il a présidé en France à l’organisation d’un laboratoire spécialement outillé en vue des étalonnages des divers instruments de mesure de températures et il a pris une part importante aux travaux qui permirent la fixation de l’échelle optique des températures élevées.En dehors des considérations théoriques qui sont à la base de la définition et de la mesure des températures depuis le zéro absolu jusqu'aux températures les plus élevées, M.Gustave Kibaud n'a pas manqué de considérer le côté pratique de la technique qui permet de vaincre les difficultés ou d'échapper aux causes d'erreur qui se présentent à chaque instant.Tout en maintenant à l'ouvrage un niveau élevé, il a su en éliminer les difficultés mathématiques et apporter, dans l'exposition, des qualités de netteté et de clarté qui assurent il cet ouvrage un accueil favorable non seulement des spécialistes, mais d'un très large publie.THÉORIE INVARIANTE DU CALCUL DES VARIATIONS, par Th.de Donder, professeur à l’Université de Bruxelles, membre de l'Académie Royale de Belgique.In-s°, de X - 230 - xi pages.Prix, broché: 35 francs.(.'liez Gauthier Villars.Paris.1930.On sait le rôle essentiel joué en Physique par le Calcul des Variations sous sa forme invariante.Citons que les équations du champ gravifique, celles du champ électro-magnétique et celles de la mécanique ondulatoire dérivent toutes d'un principe variationnel.Une application particulièrement importante en Radio est fournie par l'étude des ondes et rayons qui conduit à la généralisation du théorème de Fermât aux systèmes anisotropiques.Voici les titres des trois livres du volume: I - Variables d'une intégrale n-uple à frontière variable; II - Ext rémales; III - Applications à la physique mathématique.LA RÉDUCTION DES SÉRIES ALTERNÉES DIVERGENTES ET SES APPLICATIONS, par ,J.Ser.Volume in-S°, de 44 - v pages.Prix, broché: 12 francs.A la Librairie-Imprimerie Gauthier-Villars.55 Quai des Grands Augustin.Paris Ce.1930.Cet ouvrage est la suite des Calculs formel* dis Séries
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