La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1936, Juin
Uni Année No 86 MONTRÉAL Juin 1936 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation— Histoire—Statistique—Architecture —Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Page» 11}— l, L’Enseignement supérieur à Montréal.Olivier maurault, p.S.S.124— II.Comment et pourquoi se développe un embryon.••••»•••.Erne9t vancampenhout 146— III.Exploitation d’un Gisement d’Amiante .Léo brossard 171— IV.Economie complexe (suite).Charles hérisson 193— y, L’École d’Hyglène Sociale.Dr Jos.BAUDOUIN 216— VI.Revue des Livres.227—VII.Vie de l’École et de l’Association.ASSOCIATION DBS ANCIENS ftLftVES Ecole polytechnique MONTRÉAL / " U V ^ COMITE DE DIRECTION Président: M.Olivier Maubault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Augustin Fbigon, Principal de l’École Polytechnique.A.Mailhiot, Directeur de l’Ecole Polytechnique.Aurélien Boyer, Principal honoraire de l’Ecole Polytechnique Armand Circé, Assistant-Directeur de l’École Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Elèves.Victor Doré, Président de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafbenièbe, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Fbigon, Olivier Maubault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Adhémar Mailhiot.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit & une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire & la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-Denis.MONTREAL ! REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Xe vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Xe dissippez pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE Actif, plus de 8126,000.000 553 BUREAUX AU CANADA VOYAGEZ-VOUS?Si vous voyagez, achetez vos chèques de voyageurs et votre lettre de crédit circulaire à notre succursale la plus rapprochée.Il est impossible, de nos jours, d’apporter sur soi des sommes considérables sans s’exposer aux aléas de la perte, du vol ou de toute autre éventualité.Le chèque de voyageur et la lettre de crédit circulaire feront connaître votre idendité partout où vous irez, sans vous assujettir à des démarches oiseuses.LA BANOUE PROVINCIALE DU CANADA CHS.A.ROY, J.-U.BOYER Président.Gérant Général.0966 II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITÉ de MONTRÉAL Comprend les facultés et écoles suivantes : EAC1JLTES THÉOLOGIE - DROIT MEDECINE * PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ECCLES PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D’OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE ' MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME ?Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St.Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l’Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l'Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : com é théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Viger et rue St-Hubert, MONTREAL A0B IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1873 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS:— Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques Constructions Civiles Génie Sanitaire Hygiène Physique Descriptive Mécanique Hydraulique Géologie Géodésie Métallurgie Travaux Publics Chemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines:— LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE VOYEZ LA LISTE DE NOS ANNONCEURS A LA PAGE X Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL JUIN 1936 L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR À MONTRÉAL Sous le régime français, il n’y eut point d'enseignement supérieur à Montréal.C'est à peine si l’enseignement secondaire, l'étude des humanités, existait.A la fin du .Wlle siècle, les Messieurs du Séminaire enseignaient le latin et expliquaient les auteurs de l'antiquité à un certain nombre d’enfants.Quelques-uns de ces enfants se destinaient à la prêtrise, d’autres, fils de bourgeois ou d'officiers, désiraient seulement se cultiver.Après la Cession, en 17ii7, M.Curatteau de la Blaiserie, curé de la Longue-Pointe, ouvrit dans son presbytère un petit collège, transporté en 1773 en pleine ville, et qui porta en ISOfi le nom de collège de Montréal.Déjà à cette époque le besoin s'était fait sentir d’un enseignement supérieur, du moins d'un enseignement spécialisé.Une Commission d'éducation, fondée en 17Sf), avait décidé non seulement l'établissement d’une école élémentaire par paroisse et d'une école modèle par comté, mais aussi d’une université à Québec, dans laquelle l'enseignement devait être neutre.Cette neutralité n’étant pas conforme aux principes catholiques, Mgr Hubert, évêque de Québec, s'opposa au projet.C'est alors que, à l’été de I7f)0, les Sulpiciens écrivirent à lord Dorchester pour lui demander “une charte ou Lettres patentes portant permission aux ecclésiastiques du Séminaire de Montréal d'acquérir les terrains et emplacements situés en ladite ville de Montréal entre la Place d’Armes, la rue Saint-Jacques, la rue Saint-François et la rue Notre-Dame”, pour y fonder un collège où l'on enseignerait à lire et à écrire les langues anglaise, française ,-t latine, les Belles-Lettres, la Philosophie, les mathématiques, le 114 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE droit civil et les autres sciences qui seront jugées nécessaires.Cette sorte de petite Université devait porter le nom du Duc de Clarence, devenu plus tard Guillaume IV.Malheureusement, le projet n'aboutit pas, et il fallut attendre plus d’un demi-siècle l'organisation d’une université catholique dans la province.Du côté anglais, les choses se passèrent autrement.La Commission d’éducation, dont nous avons parlé, n’était pas tout à fait morte: elle réapparut en 1S01 sous le nom de Royal Institution for the advancement of learning.Les débuts de l’Institution Royale furent précaires.Le Conseil Colonial voulait la doter, mais, n’v parvenant pas, il en remit l’établissement à plus tard.Sur les entrefaites, un groupe parlementaire entreprenait de lui substituer un autre système d’éducation.Bref, ce n'est qu’en 1818, que le Duc de Richmond lui accorda ses lettres-patentes.Qu’est-ce donc qui avait sauvé l'Institution du naufrage?Tout simplement, un legs considérable pour l'époque d’un gros marchand de Montréal, dans le but de fonder un collège-université.Ce marchand se nommait .lames McGill.Deux ans avant sa mort, c’est-à-dire en 1811, James McGill avait légué à VInstitution Royale, sa propriété de Burnside, plus 10,000 livres sterling, à la double condition d’ériger avant dix ans un collège-université sur cette propriété, et de donner à l’un des immeubles de ce collège le nom de McGill.Faute à Y Institution Royale de remplir ces conditions, propriété et argent retournaient à Francis Desrivières, le fils (d’un premier mariage) de Mme McGill.11 était donc expédient de maintenir l’Institution Royale.L’ne agréable aquarelle, illustrant le voyage au Canada du Comte Colbert-Maulevrier, à cette même époque, nous montre Montréal, encore entouré de ses fortifications, telles qu’on les apercevait de la maison de Burnside.Ainsi le futur collège s’élèverait presque à la campagne.Les 4(i acres de terrain de la propriété allaient de la rue Dorchester actuelle, à peu près, jusqu'à l’avenue des Pins.Ce ne fut pas sans difficulté que l'Institution Royale en prit possession, car le testament de James McGill fut contesté.Quoi qu’il en soit, le collège fut incorporé en 1821.Il avait pour gouverneurs: le Gouverneur général, les Lieutenants-Gouverneurs du Bas et du Haut Canada, les Juges en chef de Montréal et du Haut Canada, et le Lord évêque de Québec.Bien que dans l'intention du fondateur, le collège dût être “an Anglican College", on y admit des professeurs l’exseigxemext supérieur 115 et des élèves, catholiques aussi bien que non catholiques.(On se rappelle que Mme McGill était canadicnne-française).En 1824, le Principal du Collège était entouré de quatre professeurs.Il dirigeait en 1829 deux Facultés, celle de Médecine et celle des Arts.Cette dernière fut logée dans P Arts' Building, encore debout bien que remanié, et qui fut construit en 1843, en style Géorgien, métissé de grec, sur les plans, croyons-nous, de l'architecte II.B.Parry.Jusque-là, l'Université avait été un fantôme.On avait bien mis la main sur le terrain en 1829, mais les 10,000 livres sterling ne furent payées qu’en 1837.La Faculté des Arts commença l’année en 1813 avec 20 élèves.Ce n’était pas beaucoup, mais bientôt en 1S55, viendra un Principal remarquable, sir William Dawson, qui, jusqu’en IS92, fera accomplir à l’Université McGill des progrès incessants.* * * On pense bien que Mgr Lartigue, évêque-auxiliaire de Québec pour le district de Montréal en 1821, et son successeur Mgr Bourget, ne voyaient pas d'un ceil indifférent ces progrès du Collège McGill.Ce dernier surtout fit tout en son pouvoir pour obtenir la fondation d’une université française et catholique à Montréal.Mais c'est Québec qui l’obtint, comme on sait, en 1852.L’année précédente, cependant, Maximilien Bibaucl avait ouvert à Montréal, au collège Ste-Marie, une "Ecole de Droit’’, qui devait durer jusqu'en 1 SOT.En 1863, trois professeurs en assuraient le maintien: M.Bibaud, professeur de droit public, de droit romain, de droit coutumier et de droit criminel; M.J.-A.-A.Belle, professeur de procédure civile; M.b.-O.Ifétu, notaire, professeur d’instrumentation.N’oublions pas l'appariteur, qui était AI.Xazaire Bourgoin.Les Étudiants, désireux d’approfondir leurs études, s’étaient associés en un Institut des Lois, le 6 décembre ISO 1.Ils se réunissaient à l'Institut Canadien-Français.Wilfrid Laurier en fut président en 1863.Un an avant la fermeture de l’école de l'avocat Bibaud, les étudiants demandèrent aux MM.de Saint-Sulpiee d'organiser des cours de droit dans les salles du cabinet de Lecture paroissial, inauguré en 1859, précisément à l'endroit où, en 1790, il avait été question de fonder une université, c’est-à-dire où s’élève maintenant l’immeuble Transportation.Ils y reviennent en 1868, et en 110 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 1S09 et en 1871.Chaque fois, leur requête est accueillie favorablement.Mais ce ne sera qu’en 1878 qu'on les exaucera.De son côté, McGill organisait, en 1853, “une Faculté de bacheliers.où sont censés être donnés des cours réguliers de droit".C’est à cette Faculté de bacheliers que, de 1807 à 1878, les étudiants canadiens-français devront aller faire leurs études de droit, en anglais naturellement.Quant à la Médecine, son histoire est parallèle et à peu près semblable.Dès 1843, s’était fondée une École de Médecine et de Chirurgie, dont les docteurs Arnoldi, Badgley, Munro, McNider et Sutherland étaient les professeurs.Bientôt, le Dr Horace Nelson remplaça le Dr McNider.Munro et Nelson étaient de langue française, paraît-il, de même que le Dr J.-G.Bibaud qui se joignit à eux.De fait, les cours se donnèrent quelque temps dans les deux langues, jusqu’au jour où les Drs Peltier, Coderre et Boyer devinrent membres de l'École.L’École ne put offrir d’abord à ses élèves qu’un certificat, donnant droit à la licence, accordée alors par le Gouverneur général.Puis, un accord intervint en 1847, par lequel lies élèves de l’École faisaient leur dernière année d’étude à l’Université McGill et y obtenaient h* doctorat en médecine.Bientôt, l'école visa à l’indépendance et demanda à la Législature, siégeant alors à Toronto, c’était en 1850, — le droit de décerner un diplôme de pratique.Cette démarche n’aboutit pas, et fut la cause d’une scission avec l’Université McGill.Nouvelle tentative auprès de la Législature, en 1853, aussi vaine que la première.Demande d'affiliation de Québec, refusée également.Que faire?Les étudiants de l’école trouvaient très onéreux de passer un double examen avant d’obtenir leur doctorat, car ils devaient se présenter au Collège des Médecins et Chirurgiens, une fois leurs études terminées.On eut alors l’idée d’affilier l’école à l’Université Victoria de Cobourg, dans l’Ontario.Ceci se passait On donnait alors, dans cette école, des cours d’anatomie, de chirurgie, de matière médicale et thérapeutique, d’obstétrique (dont les cliniques se font à l'hospice de la Miséricorde), de théorie et pratique de la médecine, de chimie et de pharmacie, de physiologie (ou d’instituts de médecine), de médecine légale, de clinique chirurgicale et de clinique médicale (à l'Hôtel-Dieu) et de botanique.Les Étudiants, eux, ont fondé un Institut Médical, qui se réunit dans les salles de l’École. LU; N'S E IC.N E M E N T SCPKRI EUH 117 McGill, avons-nous dit, possédait déjà, depuis 1829, sa Faculté de Médecine.C’est même avec l’activité de cette faculté, bientôt florissante, — à laquelle il faut joindre les Arts, (pii végétèrent longtemps, — que commence la véritable histoire de 1 l nivcrsité.Cette Faculté était née à l’ITôpital Général, fondé rue Craig en 1 .S 1 î).Un organisme intitulé “The Montreal Medical Association s'v était greffé dès 1824.Cette association, affiliée a Aie Ci ill en 1829, se mua en Faculté et accorda ses premiers grades en 1S33.* * * Revenons à cette Université Laval, fondée à Québec en 1852 et que Mgr Bourget aurait tant désiré voir s’établir à Montréal.L’affaire de l’Université Laval a été l’occasion de démarches innombrables et de publications diverses, dont AI.Aegidius I'au-teux a dressé la longue liste, il y a quelques années.Les Canadiens français de Montréal, en effet, ne s’étaient pas résignés à n'avoir point d’université chez eux.Us s’agitèrent tant et si bien qu’on finit par leur accorder une succursale de Laval, en 1870.Elle célèbre donc, cette année, son jubilé de diamant.Deux ans après, la Faculté de Théologie et la Faculté de Droit en faisaient partie ; l’année suivante, la Médecine se joignit à elles.La Faculté de Théologie avait comme siège le Grand Séminaire, fondé en 1840, rue St-Paul, dans les bâtiments de l’ancien collège et transporté, en 1854, dans sa propre maison de la rue Sherbrooke ouest, où il se trouve encore.Les deux vieilles tours, seuls vestiges du Fort des Messieurs, construit en 1092, sont toujours debout, ombragées par de grands ormes.Il n'est pas de lieu plus vénérable à Montréal.Sur une des portes du vaste immeuble, on peut lire: ‘‘Hic evangelizabantur Indi”: Ici furent évangélisés les Indiens.Les Facultés de Droit et de Médecine, en 187S et en 1S79, se cherchaient une demeure.Quelques membres de la Faculté de Droit eurent l’idée de frapper de nouveau à la porte de Saint-Sulpiee.Cette fois-là, ils furent pleinement exaucés: on leur accorda l’usage d’une salle du Cabinet de Lecture pour les cours et un subside de 81,000 pour leur établissement.A leur tour vinrent les Médecins; le Séminaire alors partagea ses largesses: il continua de loger le Droit et versa l’allocation à la Médecine.Cet arrangement ne dura que quelques années.En 1882, croyons-nous, ces deux Facultés occupent deux immeubles, à l’angle sud-est de la rue Notre-Dame et de la Place Jacques-Cartier.Le REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ] 1S Droit habite une maison, récemment quittée par le journal La Presse, ayant façade rue Notre-Dame, à côté du château de Rame-zay; la Médecine, elle, s'est établie dans un autre immeuble, Place Jacques-Cartier, voisine rie la Maison de Peter McGill.Ni l'un ni l'autre de ces immeubles n’étaient des palais: Mais j'oubliais de vous dire qu’à cette époque il y avait deux Facultés françaises de Médecine à Montréal.Laval de Québec ayant établi une succursale dans notre ville, des membres de l’Ecole Victoria et quelques autres médecins formèrent la Faculté de Médecine de la nouvelle université.Mais l’École Victoria subsista.Et ce fut, entre nos deux écoles, une lutte très vive qui dura de 1S77 à 1S90.Les étudiants, peuple batailleur, en vinrent parfois aux mains.Heureusement, le calme se rétablit après que Rome, par la constitution apostolique Janidudum de LSS9, eut accordé à la succursale de Laval une quasi-indépendance.Deux années auparavant s'était organisée la Faculté des arts, faculté (pie McGill possédait depuis ses débuts.Les Arts avaient d’ailleurs d'assez anciennes origines chez nous.On peut dire qu’ils étaient constitués par les cours de lettres et de philosophie de nos collèges classiques, qui étaient dès cette époque assez nombreux; le plus ancien, celui de Montréal, remontant à 1707.De plus, les Messieurs de Saint-Sulpice maintenaient au Gabinet de Lecture paroissial une sorte de Faculté des arts, intermittente, constituée par des conférences sur des sujets de philosophie, d’art, de lettres ou de science.Après 1SS9, M.Louis < 'olin, supérieur du Séminaire, fondera une chaire de littérature française, grâce à laquelle nous pourrons entendre, à Montréal, des professeurs de renom: Urune-tière et Doumic, De Labriolle et Louis Gillet, Léger et Arnould, LeBidois et DuRoure et d'autres.C’est un exemple nouveau de l'intérêt que porta toujours la Compagnie de Saint-Sulpice à l'oeuvre universitaire.C’est elle, en somme, qui organisa l’Association Générale des Étudiants, avant la lettre, mettant à leur disposition des salles de jeux, des salles de journaux, une bibliothèque, un cercle d’études et un théâtre, dans son immeuble du Cabinet de Lecture.Et lorsque les Gouverneurs de l’Université Laval de Montréal songèrent à construire des bâtiments convenables pour y loger les Facultés présentes et à venir, le Séminaire rendit possible l'entreprise en donnant le terrain et en fournissant une partie de l'argent nécessaire.Nous sommes en 1S93, et la construction de la rue LENSEIGXEMENT SUPÉKIEUR 119 Saint-Denis, avec ses deux ailes et son monumental péristyle, s’élève, sur les plans de l'architecte Joseph Venue.* * * Retournons maintenant à h Université McGill.Quand Hr William Dawson en devint principal, en 1S55, seul était debout P Arts' Building, surmonté de sa petite coupole.( eut étudiants le fréquentaient.En arrière de l'édifice, la ville venait d’aménager le réservoir d’eau qu’on voit encore.Sir William voulut embellir la propriété: il planta les arbres du Campus, en 1800.En 1SG3, il établit l’observatoire; en 1870, il affilia la Faculté des Sciences appliquées, organisée depuis 185(3, et l'Ecole de (Médecine vétérinaire; en 1872, il logea la Faculté de médecine dans des bâtiments préparés pour elle t ils ont etc reconstruits depuis); en 1882, il commença le Musée Rcdpath, sur les plans des architectes Hutchison and Steel (c’est le bel édifice à fronton classique qu on aperçoit au fond du campus, à gauche); en 1883, il fonda le département Donal-da, qui devint dans la suite le Royal Victoria College, pour qui l'architecte Bruce Price construisit, en 1899, la vaste maison de la pue Sherbrooke ornée d une statue de la Reine; en 1890, il fit elever le bâtiment de la Physique, par Taylor, 1 logic & Davis c’est le premier immeuble du campus, à droite, au delà des jeux de tennis), et il confia aux mêmes architectes la bibliothèque Rcdpath, do l’autre côté du campus, près du Musée, avec façade sur 1 avenue McTavish.Sir William n'en vit pas l’achèvement; non plus que de l'Hôpital Victoria, que l'architecte Saxon Snell érigea, de 1887 à 1893, en un style dit “baronial”.Ses successeurs continuèrent d'aménager et d'embellir l'université confiée à leurs soins.Grace aux dons généreux de leuis amis et de leurs anciens élèves, ils logèrent magnifiquement, en ligne avec la Physique, la ( himie en 1890 (Arch.: laylor, Hogle tfc Davis) et le Génie en 1907 (Arch.: Percy Xobbs).La même année, les architectes Brown & Vallance construisaient, à l’angle de l'avenue des Pins et de la rue de l'Université, la nouvelle Faculté de Médecine.L'année précédente, Hutchison, Wood A Miller avaient commencé, à Saintc-Annc-de-Bcllevue, le vaste et gracieux collège d’agriculture.X’oublions pas pour finir cette énumération toute la série de pavillons qui se sont succédé du haut en bas de la rue de l’Université, sous le règne de Sir Arthur Currie: l'Institut de Neurologie, 120 H E V U1 : TRI M EST RIE LL E C A N A DIE N N' K 1(> département de Pathologie, l’Institut de recherches de la Pulpe et du Papier, l’Institut de Culture physique.Cette dernière fondation nous rappelle que la vie sportive et sociale des étudiants n'a pas non plus été négligée; en 1000, l'élégante McGill Union s’élevait rue Sherbrooke; en 1920, était inauguré le Stade Molson, avenue des Pins, qu’on ne cesse d’améliorer depuis.L’Université McGill est l’une des toutes premières institutions de notre ville, et l’une des plus célèbres non seulement du Canada, mais de l’Amérique entière.Il suffit d’assister à quelqu'une de ses grandes cérémonies officielles pour s’en rendre compte.L’année en cours nous en a fourni deux occasions: Vinauguration du nouveau Principal, M.Eustace Morgan, au milieu du Campus, et la réception du nouveau Gouverneur général, Lord Tweedsmuir, dans l’élégante Movse Hall.Par le nombre des représentants étrangers, par la multitude des Docteurs et des Professeurs revêtus de leur toge, par la tenue parfaite des assistants et le décorum cpti présida à toutes les cérémonies, par la haute qualité des adresses qui furent prononcées, l’Université McGill a montré en quelle estime la tiennent les autres Universités du Canada, la foule de ses anciens élèves et la population anglaise de la ville; et aussi la discipline qui règne chez scs étudiants actuels.* * * Pendant ce temps, l’Université Laval de Montréal grandissait, mais sur un rythme moins accéléré.L’accroissement se fit plutôt par l’adjonction de nouvelles écoles ou Facultés que par la construction de nouveaux pavillons.Cependant, l’Ecole Polytechnique, fondée en 1M3 sur le Plateau et annexée à la Faculté des Arts eu 1887, vint occuper scs nouveaux bâtiments en face de l’église .Saint-Jacques, en 1903; l’École des Hautes Études commerciales, logée dès ses origines en 1911 dans son magnifique immeuble de la Place Yiger, s’affilia à l’Université en 1915: l’École de Chirurgie dentaire, affiliée en 1904, occupa bientôt sa vaste maison du coin de la rue Saint-Hubert et de la rue de Montigny, et l’École de Médecine vétérinaire, affiliée depuis 1898, vint habiter une annexe de ce bâtiment.Ajoutons deux autres filiales: l’École de Pharmacie (1900) et l’Institut agricole d’Oka (190S).Je ne dis rien delà Bibliothèque Saint-Sulpice, (Arch.: Payette , inaugurée en 1915, qui fit sans tarder figure de bibliothèque Uni- h E NSE IG N K M E XT S L'P K HIK CR 121 vcrsitairc et de salle de travail des étudiants.Je ne dis rien non plus des transformations ou reconstructions de l'un ou l'autre des dix collèges affiliés à la Faculté des arts, ni de la nouvelle Faculté de Pédagogie, représentée par le superbe Institut Pédagogique des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, avenue \\ estmount (Arch.: J.-O.Marchand).Tous ces organismes, rattachés à l'Université Laval de Montréal par des liens plus ou moins serrés, restaient indépendants dans leur administration financière.Les titres universitaires eux-mêmes étaient décernés par la Maison-Mère de Quebec.Nous n avions ici qu’un Pro-Recteur, aidé d un ."ecrétaire.On comprend qu une telle situation ne pouvait se prolonger indéfiniment.La plénitude des temps approchait.L'heure vint où trois hommes se trouvèrent à la tête de l'institution: Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal et vice-chancelier; Mgr Georges Gauthier, pro-recteur; M.le chanoine Fmile Chartier, secrétaire.Tous les trois, portés d’ailleurs par l’opinion, et convaincus (pie le moment de 1 émancipation était arrivé, obtinrent de Rome l’autonomie complète de 1 1 ni-vcrsité Laval de Montréal.1 n rescrit de Sa Sainteté Benoît X\, daté du S mai 11119, déclarait la chose faite.Moins d un an plus tard, une Loi cnnxtituanl en Corporation l [ nivcrsitè de Montreal fut sanctionnée par la Législature de Québec, le 1-1 février 1920.( est notre charte civile.File avait été préparée par Mgr Georges Gauthier, le sénateur Béique, M.Narcisse Pérodeau, le juge I.ugène Lafontaine, le supérieur de Saint-Sulpicc, le Dr 1 larwood, M.Arthur Surveyor et le chanoine Émile Chartier.Il était naturel (pie ces deux documents, religieux et civil, fussent l’occasion d’un renouveau pour notre I niversité.A la refonte des cadres administratifs on jugea (pie devait répondre un rajustement des divers enseignements.1 ne amélioration matérielle s'imposait aussi.On entreprit la création de nouvelles facultés et l’on lança une souscription nationale.11 fut ainsi possible d’ajouter aux Facultés et Écoles dont j ai déjà parlé, une Faculté de Philosophie, une faculté des Sciences, une Faculté des Lettres et une École des Sciences sociales, économiques et politiques.Ces diverses fondations se logèrent toutes dans l'immeuble central de la rue Saint-Denis.C est-a-dire qu on y fut à l’étroit.(Aujourd’hui on y étouffe).La campagne de souscription, faite au cours de 1920, reçut immédiatement un commencement d’utilisation assez inattendu. 122 U K V U E TRIM E .'TRI E LL E (J A X ADI E X X E l'n premier incendie ravagea, la même année, le bâtiment central de l'Université: il fallut le réparer presque de fond en comble.Un second incendie éclata trois ans après, qui nécessita aussi des réparations considérables.Enfin, un troisième incendie dévasta le dernier étage de l'École dentaire, rue Saint-Hubert.Aucune de ces catastrophes ne put abattre le courage des administrateurs de l'Université.Ils connaissaient le désir de la population que i’Lniversité quittât le quartier congestionné où elle sc trouvait.Ils avaient en main un magnifique terrain sur le flanc nord-ouest du Mont-Royal, dont la Ville de Montréal leur avait fait cadeau.Une vague de prospérité passait d’ailleurs sur tout le pays.Us résolurent d'entreprendre la construction rêvée depuis de longues années par tous les Canadiens français soucieux de l’avenir de la jeunesse étudiante.Us en confièrent les plans à un architecte de grand talent, M.Ernest Cormier, diplômé de l'École Polytechnique de Montréal, architecte de l’École des Beaux-An s de Paris.Je devine la question que vous voudriez me poser tout de suite: pourquoi, alors qu'on avait, sur tout le territoire de l’Amérique et à Montréal même, tant et de si beaux exemples d'Universités composées de pavillons séparés, a-t-on choisi le parti beaucoup moins élégant du plan compact?Je répondrai: pour des raisons d'économie et de commodité, et sur la recommandation expresse d'experts venus de tous les coins du continent.Et pourquoi, ajouterez-vous, n’avoir pas demandé à l'architecte de créer un important ensemble de style classique, ou gothique (le style universitaire, par excellence, en Amérique), ou renaissance ?— On y a pensé, croyez-le bien.Mais on s’est avisé que le pastiche est une forme d'art toujours inférieure; qu’il vaut mieux être de son époque: et que, en tout cas, il fallait se confier à l'inspiration de l’architecte.L’avenir dira certainement que cette décision fut sage.VI.Ernest Cormier ne s’est laissé influencer par aucun souvenir.11 n'a obéi qu'aux nécessités d'une Université qui devait comporter un grand hôpital général.A vol d'avion, son plan par terre ressemble à une clef gigantesque.Quand l'immense bâtiment, déjà couvert et fermé, mais encore dépourvu de sa tour centrale, sera terminé, il dominera, sur ce flanc de montagne où s’élèvent cependant d’autres immeubles importants: la Maison-mère des SS.des SS.Noms tie Jésus et Marie, le < 'ollège Jean-de-Brébeuf, l'Oratoire Saint-Joseph, l’IIôpital Saint-Mary's et l'Institut de Nazareth. L i:\SKH iN'KMKN'T Sl'PKKIKCR 123 De la rue Bellingham à la rue Xorthmount, la propriété de l'Université borde presque tout le côté ouest de l'avenue Maplewood.Montons jusqu’au chemin qui longe la façade de l'Université; tournons-nous vers l'horizon nord-ouest: nous avons à nos pieds la dernière pente construite du Mont-Royal, puis la plaine, le lac des Deux-Montagnes, l'île Jésus, le territoire de Sainte-Thérèse, enfin les Laurentides.Paysage très vaste, aux lignes douces et paisibles.Regardons maintenant l’Université.Devant nous, en plan incliné, la grande cour d'honneur, limitée à gauche et à droite par les deux groupes d'ailes et au fond par le corps principal.De chaque côté, les ailes sont au nombre de cinq: trois à l’extérieur donnant sur le chemin; deux attachées au corps principal et reliées aux trois autres par un corps de bâtiment horizontal.Dans le groupe cle gauche seront logées l’administration et les diverses Facultés et Écoles; dans le groupe de droite, l'Hôpital et l’Institut du Radium.Trois grandes portes donnent accès au vestibule central.Un cercle de colonnes en marquent le centre.A main gauche et à main droite s’ouvriront deux vastes amphithéâtres, dont l’un sera consacré au Droit, l'autre à la Médecine.Au fond du vestibule un escalier central conduira à la bibliothèque, placée juste au-dessus: ses sept hautes fenêtres et ses sveltes colonnes inspirent déjà le silence et le recueillement.Deux autres escaliers monteront vers la salle des Promotions, YAula Magna des Universités Romaines.Au-dessous s’étend la chaufferie, vaste comme celle d'un transatlantique, et les appareils électriques et de réfrigération.Ce département étant à peu près terminé, l'immeuble est chauffé depuis deux ans et ainsi protégé contre les intempéries.Les autres salles dont j'ai parlé, bien que encore encombrées d’échafaudages et n'offrant au regard que des colonnes et des murs de béton, ont de si belles proportions que l'on peut deviner, — en soupirant, — leur future beauté.Quant aux ailes, ce sont presque des cages de verre, tant on a voulu que la lumière et l’air fussent abondants.Dans leur état actuel d’inachèvement, — escaliers sans rampes, cages béantes d'ascenseurs, tas de briques posés aux endroits où devront s’élever les cloisons, conduits d’électricité suspendus dans le vide, radiateurs posés sur blocs de bois, amphithéâtres superposés à tous les étages mais non encore meublés, — malgré cet état, dis-je, on a l’impression 12-} REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE que tout cela, en un tournemain, la semaine prochaine, pourrait être terminé et mis à la disposition des professeurs et des élèves.Au dehors, entre l’Université et la rue Bellingham, une haute futaie où s’élèvera plus tard la maison de pension des étudiants.Puis, à côté du réservoir de la ville, une pittoresque carrière, où le stade sera un jour aménagé, ayant pour voisine une patinoire.\ ous comprenez sans peine combien nous souhaitons que tout cela soit bientôt terminé et en état d'utilisation.Vienne le jour où nos centaines île professeurs et nos milliers d’étudiants, nos dix Facultés et Écoles qui doivent nous suivre là-haut pourront enfin s installer chez elles, jouir de l’espace et de la lumière dont elles ont besoin, développer et perfectionner leur enseignement, répondre enfin à ce que requiert d'elles la population française de Montréal, que dis-je, tous les intellectuels du continent! X'est-ce pas, en effet, un de nos amis de McGill, le colonel Wilfrid Bovey, qui nous demandait un jour pourquoi nos Facultés de Philosophie, de Lettres, de Sciences sociales, ne deviendraient pas célèbres dans toute l'Amérique, des foyers vers lesquels accourraient des étudiants de partout ?* * * à ous savez que l'Enseignement supérieur traverse une crise grave dans cette province.Vous avez entendu récemment l’appel de Old McGill, et celui plus véhément encore de Young Montreal, le nôtre, veux-je dire.Vous notes ni échevin, ni député.Mais votre qualité de mère,1 d’épouse, de fille ou de soeur vous donne une grande influence sur les hommes de nos gouvernements.Est-ce trop vous demander (pie de nous accorder votre sympathie agissante?Vous pouvez, à certaines heures, dire la parole qu'il faut, la parole de fierté, la parole d'encouragement qui s'impose.Il y va de l'honneur de notre vaste métropole et de notre douce province.J'espère que tout le monde le comprendra, les petits aussi bien que les grands .Et alors McGill pourra continuer à voler dans l’azur avec ses trois oiseaux héraldiques, et Montreal poursuivre sa route ascendante, guidée par ses deux étoiles d'or et d'argent, qui sont la foi et la science: Fide et scientia.Olivier M aurault, liecteur de Vl.'niversité de Montréal.1 Ce travail a été lu devant le Women's Canadian ('lut'. COMMENT ET POURQUOI SE DÉVELOPPE UN EMBRYON?l'ne des questions les plus intéressantes clans le domaine des sciences biologiques est celle du développement progressif d’un organisme.Comment un organisme atteint-il le stade adulte?l'omment un organisme se développe-t-il aux dépens de ses parents ?La réponse à ces questions représente tout le domaine de 1 embryologie et cette science pourrait donc se définir: l’étude du développement d’un organisme depuis son origine, depuis sa conception, depuis sa naissance jusqu'au moment où il a atteint le maximum de perfectionnement.Nous nous limiterons à quelques points du développement embryonnaire de quelques vertébrés.La naissance d'un organisme au point de vue embryologique précède, et de beaucoup, ce que l'on appelle naissance en langage vulgaire.Lorsqu’un jeune poulet ou un jeune mammifère fait son entrée dans le monde extérieur, il a déjà un passé extrêmement complexe et de durée variable d’après les espèces.Ce passé pour un poussin a duré 20 à 21 jours, pour un lapin il fut de 30 jours, pour un enfant il a été de 2S0 jours, pour un jeune éléphant de 20 mois, ("est ce passé, réalisé à l’intérieur de la coquille pour le poulet, dans les organes maternels pour les mammifères et par conséquent pour l’homme, c'est ce passé qui représente la vie embryonnaire.Les connaissances sur le développement d’un embryon sont de date récente.Dans la littérature ancienne, en effet, nous ne trouvons (pie quelques rares descriptions, incomplètes ou fantaisistes, et qui dénotent de la part de leurs auteurs plus d imagination que d'esprit d’observation.Aristote (350 ans avant J.C.) décrit d'une manière sommaire une série d’embrvons de poulet; il fut ainsi le premier embryologiste mais il ne semble pas s'être rendu compte de l'importance de sa découverte.Celle-ci tomba dans l'oubli et il faut franchir plus de LS siècles pour lire des descriptions d'embryons d’âges divers pour un grand nombre d’espèces animales.L'origine et le mode de développement de ces embryons ne furent guère compris.Ce n'est qu'après la découverte et l'utilisation du microscope Leuwenhock que divers chercheurs se mirent à étudier les premiers H K V U E T HIM ! I STR IELLE C A N ADI E \ X E 120 stades du développement d'un embryon et, après de longs et patients travaux, ils purent conclure que tous les animaux, à part certaines exceptions, se développent aux dépens de l'union de deux cellules: une cellule femelle, se développant dans l’ovaire, l’œuf, et une cellule mâle, se développant dans le testicule, le spermatozoïde.L’union de ces deux cellules constitue ce qu’on appelle la fécondation de l'œuf et les anciens auteurs avaient très bien observé que c’était à partir de ce moment que l’embryon commençait à se développer.Yon Baer en 1827 fut le premier à découvrir l’œuf des mammifères et il étudia d'une manière minutieuse le développement de cet œuf jusqu’à un stade d’embryon très avancé.En ce temps-là on croyait que lorsqu'un spermatozoïde pénétrait dans l'œuf il était lui-même déjà structuré, en d’autres mots que le spermatozoïde était un tout petit orgnisme adulte, en miniature, et que le développement d'un embryon n'était que l’épanouissement de structures et d'organes préexistant dans le spermatozoïde et qui grossissaient et s'hypertrophiaiont grâce aux réserves nutritives accumulées dans la volumineuse cellule femelle, l'œuf.Des dessins très suggestifs nous représentent des spermatozoïdes humains contenant en leur intérieur un tout petit organisme humain, recroquevillé et n’attendant que sa pénétration dans l’œuf pour déployer sa stature et grandir progressivement.D’autres auteurs, au contraire, admettaient que les miniatures existaient dans l'œuf, c'est-à-dire la cellule femelle.Cette miniature, elle-même contenue dans l'œuf, contiendrait à son tour, dans scs glandes génitales, d’autres cellules œufs contenant leurs miniatures et ainsi de suite.Toute cellule œuf renfermerait, sous forme d'une série de miniatures île plus en plus petites et imbriquées les unes dans les autres, tous les organismes des générations successives qui se développeront par la suite à ses dépens.On a même calculé le nombre des miniatures qui pourraient être contenues dans les deux ovaires de notre première mère Lve.D’après ces calculs, le genre humain ne pourrait pas être représenté par plus de 200 millions d'organismes et des prévisions savantes annonçaient la fin du monde au moment où cette réserve d’organismes en miniature serait épuisée.Actuellement on sait que ni dans l’œuf ni dans le spermatozoïde il n’y a d'organisme ni d’organes préformés; ce sont des cellules typiques ne montrant aucune structure qui ne puisse être trouvée dans une cellule ordinaire. COMMENT ET POURQUOI SE DEVELOPPE UN EMBRYON 127 L’œuf humain, cellule ronde, mesure 2/10e de mm.; au centre se trouve le noyau, entouré d'une grande quantité de cytoplasme (fig.1).Le spermatozoïde, mesurant 5/100 de mm., est constitué d’une tête contenant le noyau, d'un court segment intermédiaire et d’un mince prolongement appelé queue, qui lui sert à la fois d’hélice et de gouvernail.Au moment où le spermatozoïde pénètre dans l’œuf, il abandonne son prolongement filiforme et la tête seule pénètre.C'est à ce moment précis fine l'embryon prend naissance, c'est à ce moment qu'il est conçu.A partir de ce moment, l’œuf fécondé a en lui tout ce qu'il faut pour se développer et donner un organisme adulte.Peu de temps après la fécondation, l'œuf fécondé se divise en deux cellules; chacune de ces deux cellules filles se divise en deux à son tour, donnant ainsi 4 cellules.Chacune de ces 4 cellules se divise en deux et ainsi de suite.Aux dépens de l'œuf fécondé, cellule unique, il se forme successivement 2, 4, S, 10, 32, 04, 12S cellules filles.Toutes ces cellules sont à peu près identiques les unes aux autres tout au moins dans le cas des mammifères et elles se sont formées sans que la masse totale de l'œuf ait augmenté d’une manière appréciable.Il s'agit donc plutôt d’une subsivision de l’œuf fécondé en parties de plus en plus petites, chaque partie étant une cellule.Après cette période tie divisions successives en cellules de plus en plus petites, ces cellules vont absorber des substances nutritives qui leur sont fournies soit par l’organisme maternel, comme dans le cas des mammifères, soit par des réserves accumulées dans l’œuf ou autour de l’œuf, comme dans le cas des vertébrés inférieurs.C’est à partir de ce moment que l'œuf ou plutôt que le jeune embryon commence à grossir.Il grossit, mais il ne le fait pas d’une manière uniforme dans ses divers territoires.Son accroissement se fait suivant des règles précises et pour une même espèce animale, il se réalise toujours de la même manière.Pour illustrer ces règles, voyons ce que nous apprend la simple observation de quelques embryons et commençons par tin cas simple, le développement de l'œuf de grenouille (fig.2).L’œuf de grenouille est pondu au stade d’œuf vierge et mûr, mesurant 2 à 3 mm.; la fécondation a lieu au moment où les œufs sont évacués par la femelle.Il y a plusieurs centaines d'œufs pondus en une seule fois et ils sont presque tous fécondés au moment 128 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE où la grenouille mâle verse son liquide spermatique sur la masse d’œufs.Dans des conditions de milieu favorables, il faut de 2 à ¦1 heures pour obtenir la première division en 2 cellules tilles.Les divisions ultérieures se succèdent rapidement et il se forme ainsi un amas mûriforme de cellules juxtaposées.Puis l'embryon commence à grossir, mais pour grossir il faut qu’il se nourrisse.Or d’une part il n'a pas de bouche ni d'organes qui lui permettent de prendre ou de sucer des aliments, et d’autre part les œufs grossissent, même lorsqu’on les fait se développer dans de l’eau pure.Comment se nourrit-il dans de telles conditions?Il trouve ses aliments en lui-même.L'œuf de grenouille mesure 2 mm.; cette sphère de 2 mm.de diamètre est riche en substances de réserves.Ces réserves y sont non seulement entassées, mais condensées, et à mesure que l'embryon en a besoin il en utilise une petite quantité.L’œuf, et l’œuf d’amphibien, en particulier, est la première usine de produits condensés et de même qu’avec une boîte de quelques onces de lait condensé du commerce on peut par simple addition d’eau obtenir toute une pinte de lait, de même avec sa réserve de produits condensés l’œuf fabrique des aliments en quantité suffisante pour lui permettre de se développer jusqu’à atteindre un volume égal à près de 10 fois son volume initial.Or qu’est-ce que grossir ?Grossir ce n’est pas seulement entasser des substances de composition chimique variable, c’est surtout former de nouvelles cellules qui contiennent ces substances.Quand une personne grossit, ce n’est pas simplement le résultat d’une accumulation de graisses sous la peau ou autour des organes, mais c'est la formation de cellules qui sont capables de contenir des substances grasses.Tandis que chez un adulte ce résultat est obtenu par transformation cellulaire, chez l’embryon l’augmentation de taille ou de volume résulte de la néoformation d’un grand nombre de cellules et toutes ces cellules nouvelles ne peuvent se former que par division de cellules préexistantes.Pendant toute cette période, les seuls aliments que l’embryon utilise sont ceux qui étaient accumulés dans l'œuf et vous voyez que ces aliments sont bien utilisés, puisque c’est pendant cette période que l'embryon édifie presque tous ses organes, système nerveux, organes des sens, tube digestif, cœur, reins, etc.A un moment donné la bouche se forme et le tube digestif devient perméable à ses deux extrémités.C’est seulement alors que l’embryon peut se nourrir, qu'il peut prélever des aliments au COMMENT ET POURQUOI SE DÉVELOPPE UN' EMBRYON 129 milieu extérieur, par exemple des petits organismes animaux ou végétaux qui foisonnent dans les mares ou les étangs dans lesquels ces œufs se développent ordinairement.Le développement se continue rapidement, la queue devient très longue et large et elle représente un moyen de propulsion énergique qui lui permet de nager activement et de poursuivre les proies.Peu après apparaissent les membres postérieurs, puis les membres antérieurs et l'embryon devient un volumineux têtard (fig.3).Vient un moment (métamorphose) où la queue commence à régresser et le têtard sort de l’eau, ses pattes représentant ses organes locomoteurs sur la terre ferme et voici la petite grenouille qui grossira encore beaucoup et qui après plusieurs mois deviendra une grenouille adulte mâle ou femelle, formant des spermatozoïdes ou des œufs pour assurer la continuité de l’espèce.Examinons maintenant ce qui se passe pour les oiseaux.Du moment que dans un poulailler il y a un coq pour un nombre de poules qui ne dépasse pas lü à 12, tous les œufs sont habituellement fécondés, c’est-à-dire que chaque œuf a reçu un spermatozoïde.La cellule œuf, c’est ce qu’en langage habituel on appelle le jaune de l’œuf; en un point de ce jaune, existe une petite tache blanche qui se voit facilement à l’œil nu.Cette petite tache blanche, c’est l’amas de cellules provenant de la subdivision de l'œuf fécondé; le jaune, ce sont des réserves.Le blanc de l’œuf et la coquille sont sécrétés par les organes génitaux de la poule au moment où l’œuf est prêt à être évacué.11 est évident que le spermatozoïde doit pénétrer dans l'œuf avant (pie la coquille ne soit formée; si le coq agissait comme la grenouille mâle, e est-à-dire s il versait son sperme sur les œufs après qu'ils sont évacués, il n’y aurait jamais de fécondation possible, d'où pas d'embryons.Pour assurer la continuité de l’espèce il est donc indispensable que les spermatozoïdes soient introduits dans les organes génitaux femelles.Mettons cet œuf dans un incubateur à 39 °C, c’est-à-dire 101-102°F.Après 2-1 heures la petite tache blanche s’est amincie et il s’est formé à ses dépens un étroit cordon blanc, mesurant 3-4 mm.de long et pas plus de 1 mm.de large.Passons une autre journée et ce mince cordon blanc est devenu un étroit embryon auquel on peut décrire une tête légèrement renflée et un peu fléchie; le cœur bat régulièrement; les yeux et les oreilles sont déjà ébauchés.Le lendemain les bourgeons de membres sont apparu, membres supérieurs et membres inférieurs; la tête s’est considérablement 130 REVUE TRIMESTRIELLE CA.NWDIEWE renflée et dans cette tête les yeux paraissent énormes.Passons rapidement de jour on jour, la forme d’un jeune poulet se dessine de mieux en mieux, le bec se forme, les membres antérieurs deviennent des ailes, les membres postérieurs se développent en pattes, la peau montre la différentiation des plumes.En même temps, le blanc de l’œuf est progressivement utilisé par l’embryon qui s’en nourrit.L’embryon s’accroît très rapidement et il remplit finalement tout l’intérieur de la coquille.11 se trouve finalement très à l'étroit dans cette coquille et au 20e jour il commence à frapper sur la coquille avec son bec; on peut parfois l’entendre pépier.Cette coquille, d’ailleurs amincie au cours de ces 20 jours d’incubation, se brise et le jeune poussin naît.A sa naissance il présente encore sur sa face ventrale un sac qui est le restant du jaune.Passons maintenant à l’étude du développement de l'embryon humain.L’œuf humain (fig.1) est beaucoup plus petit que l’œuf du poulet: il mesure 2/10e de mm., alors que l’œuf de poulet c’est-à-dire le jaune mesure 2-3 cm.En outre il n’est pas entouré de cette masse de réserve nutritive qu’était le blanc de l’œuf de poulet.Il est fécondé dans les organes maternels puis il commence à se diviser, à se subdiviser, et ceci demande plusieurs jours.Au moment où l’œuf arrive dans l’utérus il commence à grossir; mais pour lui permettre de grossir il faut lui fournir des aliments, il faut le nourrir.Pour cela l’œuf pénètre dans la paroi même de l’utérus et il s'y immobilise lorsqu’il est complètement entouré de tissu utérin.A la périphérie de l’œuf se développent, à ses dépens, une série de houppes villeuses, pareilles à des crampons, qui s’enfoncent dans le tissu formant la paroi de l'utérus, ("est par ces crampons, pareils à des suçoirs, que l’embryon prend dans le sang de la mère les aliments dont il a besoin pour continuer à se développer.La paroi de ces crampons est en effet très mince et les produits chimiques dissous dans le sang de la mère filtrent à travers cette paroi et arrivent ainsi dans le sang de l’embryon.L’embryon se développe dès lors rapidement et voici comment il le fait.Ce n’est qu'une petite partie de l’œuf qui devient l’embryon; cette partie, que l'on peut comparer à la petite tache blanche de l’œuf de poulet, s'allonge, et elle présente à sa face ventrale une vésicule qui a la même signification que la vésicule contenant le jaune de l’œuf de poulet.Le plus jeune œuf humain connu est âgé de 14 jours; c’est l’œuf de Peters (fig.4).Il est constitué d’une double nappe cellu- COMMENT ET POURQUOI SE DEVELOPPE UN EMBRYON 131 lain* tendue entre deux cavités, l’une située au-dessus d’elle, l'autre en dessous.C’est cette double lame cellulaire qui va donner naissance à l'embryon proprement dit.Dans cette lame circulaire, se différencie une mince ligne blanche orientée comme un rayon du cercle; cette ligne blanche s'allonge, devient légèrement saillante et elle s’étend maintenant comme un diamètre du cercle formé par la lame embryonnaire.La ligne blanche saillante est la première ébauche du système nerveux; en dessous d'elle, c’est-à-dire à la voûte de la vésicule inférieure, la paroi du tube digestif prend naissance et elle entoure progressivement toute la cavité.Ultérieurement, l’extrémité antérieure se renfle et devient une ébauche de tête avec le cerveau, les ébauches des organes des sens et la bouche (fig.5).A la fin du deuxième mois, la forme extérieure de l’embryon est celle d'un petit organisme humain; les membres antérieurs et postérieurs sont formés, la face a presque achevé les diverses étapes de son développement et l’embryon mesure à peu près 4 cm.A partir du 2e mois il s’agit d’un simple accroissement des dimensions de l'embryon et au terme du développement embryonnaire l’embryon mesure en moyenne 50 à 53 cm.Cette augmentation de taille se réalise d'une manière régulière, suffisamment régulière pour se servir de la taille d’un embryon comme moyen approximatif pour déterminer son âge.D'une manière approximative, la taille d'un embryon évaluée en centimètres est égale au carré du chiffre du mois.Un embryon de 3 mois mesure 3x3 =9 cm.; un embryon de 5 mois mesure 5x5 = 25 cm.; cette constance de croissance n’est applicable que durant les six premiers mois du développement.Pourquoi le plus jeune embryon humain connu est-il âgé de 1 1 jours ?pourquoi n’en a-t-on pas de plus jeunes ?et enfin comment peut-on affirmer qu’il est réellement âgé de 14 jours?Il est difficile, sinon impossible, de pouvoir étudier un œuf humain avant qu’il ne soit fixé dans la paroi de l’utérus et même alors, s'il n'a pas déjà grossi, c'est une chance extraordinaire d'observer des œufs lorsque des fragments d’utérus sont coupés en tranches minces et étudiés au microscope.Pour déterminer l’âge exact d’un embryon humain on se base sur des faits actuellement bien connus dont je ne vous donnerai qu'un court aperçu.L'œuf quitte l'ovaire à une date qui par rapport aux menstrua- KKVUK TIUMKSTKIKI.U: CAN'A DIK.Wi: 132 tions est constante.Supposons quo les débuts de deux menstruations consécutives se suivent à 2s jours d'intervalle.11 est démontré tant par 1 etude des ovaires de femme que par celle des ovaires des singes anthropoïdes que l'ccuf est expulsé de l'ovaire entre le lie et le lie jour de ce cycle de 2S jours, .soit au 13e en moyenne: s'il it est pas fécondé il meurt après quelques heures.D’autre part si lieu! est fécondé et s'il se fixe dans la paroi de l'utérus, d'une manière générale il y a inhibition des menstruations.Donc la menstruation est la signature de la non-fécondation de l’œuf.L rent de 14 jours a été trouvé au 27e jour du cycle, c'est-à-dire 2i jours après le début des menstruations précédentes.Il ne peut dériver que de 1 œuf libéré au 13e jour du même cycle puisque s il dérivait du cycle précédent, cette dernière menstruation aurait été inhibée.Il est donc âgé de 27 13=14 jours.Cet exemple illustrera.j espère, la méthode permettant de déterminer exactement l'âge d'un embryon.4 oil à comment un embryon humain se développe.Nous avons ainsi décrit en quelques lignes une histoire qui se déroule pendant des semaines et des mois.Ions ces laits d'observation sont bien connus, tout au moins dans ce qu ils ont d essentiel, mais il est une question dont l'intérêt est bien plus grand et dont I importance vous apparaîtra immédiatement.< est celle de la cause du développement embryonnaire.Pourquoi un embryon se développe-t-il?II est évident que la cause du développement embryonnaire doit être recherchée au moment où celui-ci commence.( )r nous savons que tout embryon est le résultat de la fécondation d'un œuf par un spermatozoïde.Pouvons-nous trouver dans l’œuf ou dans le spermatozoïde une propriété à laquelle on puisse attribuer la responsabilité pour le développement d'un embryon?I- o uf est une cellule volumineuse, de dimensions variables d après les espèces, mais toujours beaucoup plus grosse que les cellules ordinaires du même organisme.Mais cette cellule n'a pas toujours etc volumineuse.Lorsqu’elle était au repos dans l'ovaire elle était petite et si elle a acquis des dimensions 10 et 100 fois supérieures a celles quelle avait, c'est que dans son ectoplasme elle a accumulé des substances de réserves.La surcharge de ces réserves a intoxiqué progressivement 1 œuf,a paralysé ses manifestations vitales et l'œuf mûr, c'est-à-dire volumineux, est une cellule mourante.Il lui reste cependant une COMMENT ET l’OnUJI'OI .SE DÉVELOPPE UN' EMBRYON' 133 chance de vivre et cette chance c’est d’être rencontrée par un spermatozoïde.Celui-ci pénètre dans l’œuf et cette pénétration, que l'on pourrait comparer à l’injection d'un médicament héroïque à un malade dont le cœur faiblit, cette pénétration provoque une réaction.Or que peut faire cette cellule énorme, auto-intoxiquée par ses propres richesses ?Le seul moyen d'acquérir une nouvelle vitalité, c’est de se diviser, ("est pourquoi à la suite de la pénétration du spermatozoïde, c’est-à-dire de la fécondation, l’œuf se divise, d’abord une fois, puis une infinité de* fois.Si cette manière de voir est vraie, il faut parvenir à provoquer une division de cet œuf par d’autres moyens que la pénétration du spermatozoïde.Un savant français, Bataillon, fut le premier à montrer que si l’on piquait un œuf vierge et mûr avec une fine aiguille de verre l'œuf réagissait en se divisant et qu’il continuait à se développer en donnant naissance à un embryon.Peu de temps après, Delage, on France,et Loch, aux Ltafs-Unis, ont provoqué le développement des œufs vierges en h - plongeant dans des solutions de composition déterminée, contenant notamment plusieurs sels ou des acides gras.Que pouvons-nous déduire de ces expériences ?Nous devons conclure que la cause, la base du développement embryonnaire se trouve dans l’œuf lui-même et que le spermatozoïde n'est qu’un instrument provoquant une réaction violente dans l'œuf, réaction qui, comme nous l'avons vu, ne peut être qu’une division de la cellule.La cellule œuf est capable de se développer, de donner naissance à un embryon, en l'absence du spermatozoïde; le spermatozoïde ne peut en aucun cas donner naissance à un embryon par ses propres forces.La notion de l’importance relative des deux sexes ressort de ces expériences avec une évidence sur laquelle je ne veux pas insister.La cause de la première division de l'œuf, c’est donc la pénétration du spermatozoïde dans une cellule œuf devenue trop volumineuse par surcharge de réserves dans le cytoplasme.Le mystère du développement embryonnaire se ramène donc à l'énigme suivante: Pourquoi la cellule œuf devient-elle aussi volumineuse?("est cela (pii est la cause première du développe- 134 R E VUE TRIM EST RI E LIA.C A N* ADI E V X E ment d’un embryon et, il faut le reconnaître, c'est devant cette énigme que nos moyens actuels d'étude échouent.I ue fois la première division de l'œuf réalisée, le développement n’est plus qu’un enchaînement ininterrompu de causes et d'effets.Les divisions se succèdent rapidement jusqu’au moment où les cellules résultant de cette subdivision de l’œuf fécondé ont atteint des dimensions normales, caractéristiques pour l'espèce animale envisagée.Et c’est ainsi que nous obtenions un amas de cellules identiques les unes aux autres, ou à peu près, que nous avons décrit plus haut.Et puis, ces cellules extériorisent leurs activités, elles se nourrissent, elles se transforment et toute la série des stades du développement embryonnaire se déroule en obéissant à des lois toujours les mêmes et qui, comme les constables du trafic, orientent les divers courants, les diverses voies d'évolution dans des sens variés sans accidents et sans embouteillage.Ne croyez pas cependant qu'il n'y ait jamais d’accidents; il y en a mais ils sont de gravité variable et toutes les anomalies, les monstruosités que l’on peut voir comme curiosités dans les musées d'horreurs en sont le résultat.Je veux simplement vous illustrer quelques-uns de ces petits faits divers dont vous connaissez sans aucun doute des exemples.La face se développe aux dépens de plusieurs séries de bourgeons qui s’associent et isolent les cavités naturelles, la bouche, les fosses nasales, etc.Si le bourgeon de la mâchoire supérieure s'arrête dans son évolution il persistera une communication entre la narine et la bouche.Cette anomalie, assez fréquente, rappelle un état naturel chez le lièvre; celui-ci, en effet, présente normalement une communication entre la narine et la bouche, ("est pour cette raison que l’anomalie humaine correspondante est appelée le bec-de-lièvre.II y a des accidents qui ont des conséquences plus sérieuses.Au moment où l’œuf fécondé s’est divisé en deux cellules filles il arrive, comme cela arrive parfois entre deux sœurs dans les meilleures familles, que ces deux cellules sœurs ne s'aiment pas et qu’au lieu de s’entr’aider, elles se fuient.Chaque cellule fille continuera à se développer pour son propre compte et chacune d’elles donnera un embryon complètement constitué.Il y aura donc deux embryons, c'est-à-dire des jumeaux.Ces jumeaux dérivent du même œuf fécondé.Ils représentent chacun une moitié de ce qui n'aurait normalement donné qu’un COMMENT ET POURQUOI SE DÉVELOPPE UN EMBRYON 135 seul embryon.Ils seront donc nécessairement identiques, au point de ne pouvoir être distingués l’un de l'autre que par leurs vêtements ou la couleur du ruban dans leurs cheveux.Mais il existe aussi des jumeaux qui ne sont pas identiques, qui même peuvent être tout à fait différents l’un de 1 autre.Pourquoi ! Ces jumeaux différents résultent de ce qu’au moment où les spermatozoïdes pénètrent dans les organes génitaux femelles, il y a deux ceufs vierges et mûrs qui les attendent, et non un seul.Etant donné que le liquide formé dans les testicules contient des millions de spermatozoïdes, les deux œufs sont certainement fécondés et ils le sont par deux spermatozoïdes différents.( ’Inique œuf fécondé devient un embryon mais ces deux embryons ne seront pas identiques puisqu ils dérivent de deux œufs différents fécondés par des spermatozoïdes différents.< le qui confirme cette manière de voir c’est que, tandis que des jumeaux identiques ont des suçoirs nourriciers communs, les jumeaux dissemblables ont des suçoirs indépendants.Parfois, quoique rarement, les deux premières cellules restent unies l’une à l’autre, elles ne s'isolent pas complètement.Elles donnent, chacune, un embryon, mais ces deux embryons restent attachés, soudés l'un à l'autre et parfois ont des organes qui leur sont communs.Dans ce cas, nous obtiendrons des frères siamois.Dans certains cas un embryon reste plus petit que l’autre, il est fixé à l’embryon de taille normale en un endroit variable et l’on peut ainsi décrire une infinité de monstres doubles qui tous ont pour origine une séparation incomplète des premières cellules filles.L embryologiste ne se borne pas à décrire ces stades successifs du développement d’un embryon.Il essaie de comprendre comment ces stades s'enchaînent, il étudie tous les organes au microscope, il en observe la structure et l’évolution.Enfin il essaie de faire des expériences dans le but de provoquer des anomalies de ce développement et ce sont fréquemment ces anomalies expérimentales qui lui permettent de déterminer exactement comment un embryon se développe.E expérimentât ion embryologique peut se faire de diverses manières.( Vilaines expériences font intervenir des moyens chimiques; au lieu de laisser l’œuf ou l’embryon se développer dans un milieu normal, on peut étudier le développement dans des milieux de 136 REVUE TRIMESTRIELLE (.'AXA DI EN.VE composition chimique et de pression osmotique déterminées.L’expérience peut être faite par des variations physiques: température, lumière et radiations X ou ultra-violettes.L'expérimentation peut être essentiellement mécanique, le retournement par exemple.Enfin l'embryologiste peut opérer sur un embryon, opérer au sens chirurgical du mot.("est sur cette dernière discipline que nous insisterons surtout, non pas parce qu’elle est plus intéressante mais parce qu'elle nous est plus familière.Opérer sur un embryon! à première vue les difficultés paraissent insurmontables.En embryon est au début un organisme petit, parfois très petit; sa taille chez les vertébrés est généralement inférieure à 1 cm.puis il grossit pour atteindre les dimensions de l'organisme adulte.L'intérêt d’un embryon est en général en raison inverse de ses dimensions, lue intervention chirurgicale sur un organisme de 1 ou quelques cm.est nécessairement délicate.1 ne difficulté plus sérieuse réside dans le fait que la structure d'un embryon change rapidement; ces changements rapides de la structure intime exigent, axant de faire une opération, une connaissance exacte de la structure d'un embryon à toutes les étapes de son développement.("est seulement lorsque l'embryologiste sera muni de ces connaissances d’embryologie normale qu’il sera à même de savoir ce qu'il fait.Pourquoi essayer d'opérer sur un embryon ?quel intérêt y a-t-il à faire de l'embryologie expérimentale?A partir de l'ieuf initial, masse non structurée, cellule typique avec un noyau et une niasse de cytoplasme, se différencient tous les organes de l'organisme adulte.Tous ces organes n’apparaissent pas simultanément; ils apparaissent à des moments déterminés de la vie embryonnaire.Le tube digestif apparaît à tel stade, le système nerveux à un autre stade, les pattes à tel autre stade et ainsi de suite.Au moment où les divers organes sont sur le point d’apparaitre.avant (pi on ne puisse les voir ou les reconnaître, avant qu’ils ne présentent leurs caractères spécifiques, ils existent déjà potentiellement.Ainsi avant qu'une patte, avant qu’un bourgeon de membre n'apparaisse, ne soit extérieurement visible, la région au niveau de laquelle le membre va se former contient déjà en elle-même, potentiellement, tout ce qu'il faut pour édifier ce membre.En effet, avant que ce membre n’apparaisse, disséquons avec de petits ciseaux la zone correspondante et fixons ce petit fragment, mesurant m HHHPWKfu USHHHH I dMMKM I.T I’Ol Ijnrni SK DK Vl.I.Om.I X KMBRYON 137 un mm.ou une fraction do mm., sur lo do- du mane embryon on d un autre ombryou, à scs dopons so formera un membre complot.( 'et exemple illustrera lo sens du mot poientiel.Nous pourrions multiplier les exemples pour vous montrer (pic l'apparition de tout oriiane e.-t procédée d'un stade où ie territoire correspondant est une ébauche potentielle lie cet orçalie.l’ottr un certain nombre d'embryons on connaît à pou près exactement le moment d'apparition do tous les ortranos et le moment où leurs ébaudies sont déjà potentiellement existantes.Lors- V i, •.v f \ * ¦ U • ¦ r ‘ • ?* a -"¦nv !¦ s '« V s * » « ‘H • - sÈ % 's o à >'.- * f %.-— * * ê(*t ' - ! Ô 1 % «• l'e ! I.¦ i-i i T 1111 11 1 1111 m »— lté Im-: : Ci'.t ('•, le -peroritozotili 1111 II 1: i i 11, j'Iiesi duns les ur ines pnipui t ime.l|11"oil dissèque une de ces ébaudies et (|tl on la fixe sur une autre partie du corps, cette ébaudie se développe dans un milieu tout différent de celui où elle .-e serait normalement développée.Or, pour continuer l'exemple du membre, dans un membre, outre les muscle' et les os (pii en constituent la majeure partie, il y a notamment des nerfs, c'est-à-dire des brandies du système nerveux, venant du cerveau ou de la moelle épinière.Quel est le rôle et (plel est l'effet ile cet te péllét rat ioll des lita ts 7 1,'étude d'embryons normaux ne permet pas de les mettre en évi- III.V! I I KIM i.- l Uil.I.I.I.( \ \ \ HI IN X I IMS deuce ci si clic permet parfois de les soupçonner, il e-t impo-sibh d'en démontrer la réalité.La preuve d'un lien île causalité entre de- modifications morphologiques concomittant es on successive- lie peut être donnés que par l'expérimentation, expérimentation suivie* de l'étude microscopique.( Vite étude microscopique est parfois difficile et si certaines recherches embryologiques échouent, c’est souvent L TS f /J ¦ :/ I le.- - l.cs premiers star le- «lu « 1 «' \« *l« «] ,p« o n« o 11 île j'olil' (le ( i renouille, ju-qu : la >n.-titVitioii 'le l'embryon i.le résultat d une difficultd* technique, mai- c'e-i au moins aussi -nu-vent a cause de I impossibilité d’interpréter le- image- microscopique- données par des embryons opérés.Lotir illustrer quelques techniques et quelques possibilité.- de I embryologie expérimentale chirurgicale, nous choisirons un exemple de difficulté moyenne.Nous e.-quisserons brièvement h dé’, e- ¦ ii.mmi.\ ! in pormjroi si: i>i':vi:i.om: r\ kmukvox ld!t loppement d un n il ci nous verggns comment l'cxpcrinjmitntion pent nous aider à comprendre ce développement.La constitution d'un mil adulte est complexe et nous ne nous occuperons (pie de ses parties essentielles c'est-à-dire le cristallin, la rétine et le nerf optique.L'ieil est un diverticule du cerve.au, c'est-à-dire une évagina-' ion de la paroi latérale du système nerveux central dans la région !* I • * - ¦ I )•' \ * i« •}»[»• nient It lui' î ;i lin »|*| »)|< »-« • < 111 h't.-ml ( I • • linllill» .¦éplialique.I 'e divel'tieule cérélifal se développe progressivement •n >e dilatant à son extrémité et devient ainsi une cavité sphérique communiquant avec la cavité centrale du svstèmc nerveux par un pédicule creux.Au point de contact, ou de proximité, entre ! extrémité du diverticule et la peau, celle-ci s'épanouit, puis elle ,-e déprime en une fossette qui se ferme et s'isole de la peatt en donnant naissance à un petit organe d'n bord vésiculaire, qui ,-e remplit progressivement, c'est le cristallin.Pendant que le cris- nr:vi i I KIM i I Kill.I.! i WADI i:\ni 'tojiStirl mÊmmgè up* .! j.ni miii vnh lniinriii) lu «Irv I •¦nilu'M»n hum tin inbmm -I fliovd 0 h~nr c e?.' ¦¦: Decidua Cehm Jtecidua Ccpsul^nj Trophcbkrst Fa ?u—Sum» Th.KUl Knl.-Vlvl Th thr Icfl .'I il» ^jpiuf i Alrnn I hr.iirfriinh » >•< lh« rfmloranf tcfca •I—, ihr lldmh COMMENT ET POURQUOI SK DÉVELOPPE UN' EMBRYON" 141 tallin sc forme, lu dilatation terminale du diverticule cérébral se déprime et devient une cavité hémisphérique par enfoncement d une moitié de la sphère dans 1 autre.Cette cavité hémisphérique' deviendra la cavité centrale de l'oeil et le double feuillet cellulaire qui en forme la paroi se différenciera en rétine.Le pédicule creux qui réunit l'œil au cerveau devient un cordon plein dans lequel apparaissent des libres nerveuses; c'est le nerf optique.Prenons un détail de cette évolution et analysons-lc au point de vue expérimental.Quelle est l'origine du nerf optique?.Se forme-t-il à partir du cerveau et s’accroît-il vers l’œil, ou se forme-t-il aux dépens de la rétine pour atteindre le cerveau au cours de son développement ultérieur?en d'autres mots dans quel sens se développe le nerf optique ?Pour répondre d'une manière certaine à cette question, il faudrait voir si un œil isolé avant la formation du nerf optique peut donner naissance à un nerf optique et étudier ce que ce nerf optique devient, il faut pour cela disséquer, exciser une ébauche d'œil lorsque celui-ci est au stade de diverticule cérébral.L installation nécessaire pour opérer sur des embryons d’am-phibiens est simple; elle comporte un microscope à dissection, une lampe électrique, des cristallisons, des verres de montre à fonds paraffinés et des instruments tels que des ciseaux fins, des petits couteaux, des aiguilles et une pipette.Disséquons une ébauche d’œil au stade de diverticule cérébral et greffons-la n importe où sur le corps du même embryon ou d’un embryon du même âge; greffons par exemple cette ébauche à la place de 1 oreille.L ébauche se développe en un œil d’apparence normale.L étude microscopique des coupes île cet embryon dans la région de 1 œil greffé montre que non seulement l’œil a continué son développement mais qu'il s'est formé un nerf optique.Ce nerf optique peut s être allongé jusqu’au cerveau, dans lequel il pénètre; il peut être très long sans cependant atteindre le cerveau; enfin il peut se développer à l'intérieur même de l’œil et y donner naissance a une masse de fibres nerveuses comparables à un névromc.Dans ces deux derniers cas, le nerf optique s’est formé aux dépens de l’œil, sans aucune connexion avec le cerveau.Nous pouvons en conclure qu’au cours du développement embryonnaire normal le nerf optique s’accroît de l’œil vers le cerveau et non pas du cerveau vers l'œil. 142 UK \TK TRIMKSTIUKU.K ( AN'ADIKN.Ni: Au cours du développement normal et dans les expériences de greffes, l'œil s’accroît progressivement et il atteint finalement des dimensions déterminées.La croissance de l’œil est-elle limitée par la résistance des tissus environnants?est-elle inhibée lorsqu’elle a atteint un niveau en harmonie avec le reste du corps ?ou est-elle déterminée par une réserve d’énergie dont l’épuisement cause son arrêt.Prenons des embryons de deux espèces d’amphibiens voisines, Ainblystoma punctatum et Amblystoma tigrinum; les embryons de la première espèce sont beaucoup plus petits que ceux de la seconde et dans des conditions normales les yeux d’un embryon d’.l.punctatum sont plus petits que ceux d’un embryon d'A.tigrinum.Sur deux embryons de ces deux espèces, échangeons l’œil droit de telle manière que l’embryon punctatum ait son œil gauche normal et l’œil droit d’un embryon tigrinum et inversement.Ces embryons se développent; l’œil droit tigrinum greffé sur l’embryon punctatum devient beaucoup plus volumineux que l’œil normal de ce dernier; inversement l’œil droit punctatum greffé sur l’embrvon tigrinum reste plus petit que l'œil normal de ce dernier.L’œil a donc en lui-même, dès les tout premiers stades de son développement, un mécanisme de régulation qui est caractéristique de l’espèce animale dont il provient.Lu œil d’Amblystoma tigrinum se développe et atteint ses dimensions typiques même s’il est transplanté sur un autre animal.Tout se passe donc comme si l’ébauche de l’œil possédait une certaine quantité d’énergie de croissance, dont l’épuisement progressif assurerait et limiterait en même temps son développement.Le problème de la croissance des divers organes et celui des organismes eux-mêmes se ramène en réalité à une question d’énergie inhérente.S’il est vrai que les conditions de milieu peuvent influencer la croissance d’un organisme, il est non moins certain que, dans des conditions de milieux identiques, les divers organes et individus d’une même espèce animale se développent en relation directe avec la somme d’énergie de croissance existant au début du développement embryonnaire.Ces expériences, et il en existe un très grand nombre d’autres, nous renseignent sur le mécanisme du développement de l’œil et nous pouvons même appliquer ces déductions à la croissance de l’embryon tout entier.Je ne citerai plus qu’une expérience réalisée pour la première COMMENT ET POURQUOI si-: DEVELOPPE UN' EMBRYON' 143 fois il y a environ trente années, et qui depuis lors est devenue l'expérience-type illustrant l’influence qu’un organe peut exercer sur un autre au cours de son développement.En décrivant le développement normal de l’œil, nous avons vu que le cristallin se développait aux dépens de la peau au point et au moment où le diverticule du cerveau s’approche d’elle.Peut-on appliquer ici le fameux “Post hoc, ergo propter hoc”?en d’autres mots, existe-t-il un rapport de cause à effet entre la proximité du diverticule cérébral et la différenciation du cristallin?Au moment où le diverticule cérébral est encore éloigné de la peau, disséquons avec nos petits ciseaux la peau de cette région et greffons ce lambeau de peau sur la partie ventrale du corps; il ne s'y forme pas de cristallin.Après avoir enlevé le lambeau de peau au niveau du diverticule cérébral, remplaçons-le par un lambeau de peau de la paroi abdominale.Le diverticule du cerveau continue à se développer à ce niveau, et, comme résultat, le morceau de peau abdominale greffée à ce niveau donne naissance à un cristallin.Dès lors, nous pouvons en toute sécurité conclure que le développement du cristallin aux dépens de la peau est directement causé par la contiguïté, la proximité du diverticule cérébral.Dans les expériences auxquelles nous avons fait allusion tantôt, le nerf optique se développait aux dépens de l’ébauche oculaire et il s’accroissait vers le cerveau pour y pénétrer ultérieurement.Mais la plupart des nerfs du corps se développent aux dépens et à partir du système nerveux central, c’est-à-dire du cerveau et de la moelle épinière et de là, ils s’accroissent vers les organes périphériques.Pourquoi les nerfs se dirigent-ils vers les organes terminaux ?les organes terminaux exercent-ils une attraction, un tropisme, un tactisme, vis-à-vis des nerfs?La morphologie normale ne permet pas d’élucider cette question d’une manière certaine mais l’embryologie expérimentale nous donne des renseignements intéressants.Au moment où l’ébauche du membre fait son apparition, elle ne contient pas encore de nerfs.Les nerfs qui y pénètrent ultérieurement en sont encore très éloignés.Pour fixer les idées, disons que ce sont les 3e, le et üe nerfs qui normalement pénètrent dans le membre.Disséquons cette première ébauche de membre sur un embryon d'axolotl et greffons-la un peu en arrière de sa situation R E V UI : TRIMESTRIK L L K ( : A X ADI K X X11 1-1 1 normale.Le membre .se développe et il est fonctionnellement actif.Puisqu’il est actif, c’est que des nerfs y ont pénétré.Quels nerfs?Malgré le déplacement du membre, ce sont encore les 3e, 4e et 5e nerfs qui s'y sont ramifiés.Le bourgeon rie membre a donc exercé une véritable attraction sur ces nerfs puisqu'il les a forcés à faire un détour et à parcourir un trajet beaucoup plus long que celui qu'ils auraient parcouru dans des conditions normales.Mais si l’ébauche du membre est placée à une plus grande dislance de sa situation normale, comme si la force d'attraction n’était pas suffisante, les 3e, -le et 5c nerfs ne se détournent pas de leur trajet et ils innervent la zone où le membre aurait dû se trouver.Quant au membre lui-même, il sera innervé par exemple par les Se, 9e et 10e nerfs.Une telle ébauche tic membre peut être greffée n’importe où, sur la tête, à la place d’un œil, sur la paroi dorsale, sur la paroi ventrale, ou de l'autre côté de l'embryon.Dans tous ces cas le membre greffé recevra des nerfs qui normalement n'auraient jamais contribué à l'innervation d'un membre.Ces nerfs ne sont cependant pas indispensables à la formation du membre.Avant que les 3e, -le et 5e nerfs ne se soient formés aux dépens de la moelle épinière, enlevons cotte moelle épinière, ou bien bloquons l'accroissement des nerfs en interposant une lamelle de verre ou de mica.Dans ce cas le membre se développe parfaitement bien, il est normalement constitué mais il ne fonctionne pas.La formation, la différenciation d'un membre sont donc indépendantes du .système nerveux.Celui-ci n’intervient qu’au point de vue du fonctionnement et de certaines différenciations morphologiques associées au fonctionnement et dépendant de lui.Certains organes peuvent cependant fonctionner sans le système nerveux.Il est bien connu et démontré que le cœur d'un embryon de poulet commence à battre bien avant qu'aucun nerf n'y ait pénétré.Les nerfs y pénètrent ultérieurement et leur rôle est de régulariser les contractions du cœur et d’assurer la continuité du fonctionnement cardiaque.Je ne ferai cpte citer les fameuses expériences de Carrel qui dissèque des petits fragments de coeur d'embryon de poulet avant que les nerfs ne l'aient atteint et il place ces petits fragments dans une solution nutritive de composition déterminée, à l'abri des microbes et, à l’étuve, les cellules du tissu cardiaque continuent à battre pour un temps illimité et cela en l'absence de nerfs. COMMKN'T K T POURQUOI SK DÉVELOPPE UN EMBRYON' 145 II existe cependant des organes dont le développement, c’est-à-dire la différenciation morphologique, est conditionné par le système nerveux.Le meilleur exemple est celui de la ligne latérale qui existe sur le corps des poissons et de certains amphibiens.Cette ligne latérale est en réalité une série de petits organes sensoriels.( es organes sensoriels sont innervés par une branche d’un nerf de la région crânienne, le nerf pneumogastrique.Extirpons la partie du système nerveux aux dépens de laquelle se développe ce nerf pneumogastrique, bien entendu avant que celui-ci ne soit formé, c’est-à-dire sur un jeune embryon.Les organes de la ligne latérale ne se développent pas.Nous pouvons en conclure que 1 innervation est indispensable au développement morphologique de ces petits organes sensoriels.Mais la relation entre le nerf et les organes de la ligne latérale est encore plus intime.En effet non seulement ce s organes sensoriels sont innervés par ce nerf, mais en outre des branches et peut-être des cellules de celui-ci constituent une partie des organes sensoriels, ("est ce qui a été démontré récemment par L.S.Stone en utilisant la méthode décolorations vitales.Il existe en effet des matières colorantes telles que le bleu de méthylène, le bleu de trypan et de nombreuses autres qui colorent les tissus et les organes sans les tuer et ees tissus ou organes ainsi colorés restent colorés pendant plusieurs jours.-4 on colore en bleu la tête d’un embryon, c'est-à-dire la région ou le nerf pneumogastrique prend naissance, on voit que tous les organes de la ligne latérale qui se forment sur les côtés du tronc sont colorés en bleu.Lue ligne latérale bleue se développe aux dépens de la peau du tronc non colorée; c’est donc que le nerf pneumogastrique a donné des fibres ou des cellules aux organes sensoriels de la ligne latérale.1 ette expérience est une variante de l’ancienne expérience de IL O.Harrison.Ce savant prit la moitié crânienne d'un embryon très pigmenté c’est-à-dire brun-noir et l’accola à la moitié caudale d'un embryon peu pigmenté.A la suite de la juxtaposition de ces deux moitiés différemment pigmentées, on voit (pie les organes de la ligne latérale sont très pigmentés même dans la moitié non pigmentée de cet embryon synthétique.Les organes de la ligne latérale ont donc toujours les caractères pigmentaires de l'ébauche nerveuse qui donne naissance au nerf pneumogastrique. 146 RE VC E TREMESTRIELLE CANADIENNE Toutes les expériences que nous avons brièvement décrites ont trait au système nerveux d'une manière plus ou moins immédiate et nous avons à peine abordé ce chapitre d’expérimentation embryologique; en outre tous les organes ou systèmes d’organes ont été étudiés d'une manière plus ou moins complète au point de vue expérimental.Cela peut donner une idée de l’étendue de ce domaine et, je le répète, l’embryologie expérimentale chirurgicale n'est qu'une partie de l’embryologie expérimentale et celle-ci n'est qu’une confirmation, un support de l'embryologie proprement dite.L’embryologie est donc basée sur trois groupes de faits: ].L’étude macro et microscopique des embryons normaux.2.L’étude macro et microscopique des anomalies et monstruosités naturelles.3.L’expérimentation.Pour la première source, il faut collectionner tous les embryons, les couper en tranches de quelques millièmes de millimètres et les étudier au microscope.C'est un travail idéal pour ceux qui aiment être assis.La seconde base demande de la chance.Les belles anomalies, les anomalies intéressantes sont rares et le nombre de celles qui n’ont pas encore été décrites devient de plus en plus petit.Cette besogne sera donc h* passe-temps de ceux qui ont de la chance.Enfin l’expérimentation; elle n'est pas toujours facile.Opérer des embryons qui mesurent 1 à 2 mm.demande une précision à côté de laquelle la précision de la chirurgie humaine est un travail grossier et maladroit.Mais quelle satisfaction, quelle fierté intime lorsqu’un œuf ou un embryon opéré aujourd’hui continue à vivre, à se développer.Quelle anxiété ne ressent-on pas en montant les escaliers qui mènent au laboratoire! l'embryon vit-il encore ou est-il mort?S'il est vivant ou plutôt si sur le grand nombre d'embryons opérés la veille, il en reste quelques-uns vivants, quelle joie: pendant toute la journée on les surveille, on épie les moindres signes d'altération, on les soigne autant qu’une mère de famille soigne ses enfants. COMMENT ET POURQUOI SE DÉVELOPPE UN EMBRYON 147 Mais s'ils sont tous morts?Si tout lo travail délicat et fatigant d’un jour ou de plusieurs journées est perdu ?Alors.on recommence .on essaie et on essaie encore.on essaie toujours.Il faut réussir à tout prix.La vio d'un embryologiste expérimentateur est une série d’essais, parfois heureux, souvent infructueux mais ces insuccès ne le découragent pas car il a toujours l'espoir de mieux réussir demain.Supposons que toutes les expériences actuellement en cours dans les nombreux laboratoires d’Embryologie expérimentale soient demain couronnées de succès! Alors une série de questions actuellement considérées comme des énigmes seraient résolues et peut-être comprendrions-nous alors comment et pourquoi se développe un embryon, ce que nous sommes incapables de comprendre entièrement maintenant.Ernest Van Campkxhout, M.D., professeur d'anatomie à l’Université de Louvain, ancien professeur d'histo-embnjologie à VUniversité de Montréal. mmm Vïdà EXPLOITATION D’UN GISEMENT D’AMIANTE PAR LA MÉTHODE SOUTERRAINE DITE: “À EFFONDREMENT CONTINU” IXTRODHTIOX Les gisements d’amiante de la provinee de Québec, (pii sont exploités depuis bientôt soixante ans, l’ont presque toujours été à ciel ouvert; ce n’est qu'en ces dernières années, qu en une couple d'endroits, l’épaisseur excessive du mort-terrain ou la profondeur démesurée de la carrière à ciel ouvert a pour ainsi dire forcé les exploitants à utiliser des méthodes souterraines.L’extraction en carrière offre, en effet, le grand avantage de nécessiter un outillage et un développement peu considérables lorsque la mine n’est encore qu'à ses débuts; ou exploite d abord sur une petite échelle, presque toutes les opérations se faisant a la main : on peut immédiatement mettre la fibre d'amiante produite sur le marché et les revenus qui proviennent de cette vente servent à perfectionner graduellement l'outillage et à faire avancer les développements; et c'est ainsi que la mine progresse, au fur et à mesure que la vente de l'amiante déjà produit apporte fie nouveaux revenus.Lorsque le développement est suffisant pour qu’on puisse se rendre compte de l'importance du gisement, on est libre alors, si ce dernier justifie la dépense, d'engager dans l'entreprise des capitaux plus considérables qui constituent dès lors un placement sûr et de se munir d'un outillage absolument moderne qui permettra tie continuer l'exploitation sur une plus grande échelle et, partant, d’une façon plus économique.De plus, la surveillance des travaux a ciel ouvert est généralement plus facile (pie celle des travaux souterrains et le problème de l'aération se trouve complètement éliminé.Mais l'extraction à ciel ouvert présente aussi un inconvénient très grave, du moins à 1 exploitation des gisements qui s étendent à une assez grande profondeur; cette méthode, en effet, oblige a diminuer graduellement la largeur du fond de I excavation, a mesure que la profondeur s’accroît, afin d’assurer aux terres un angle de repos convenable et d'éviter les éboulements.Il existe donc, pour un gisement donné, un certain niveau, dépendant des EXPLOITATION' d’u.V GISEMENT d'aMIANTE 149 dimensions de la carrière et de l’étendue en surface de la propriété, en-dessous duquel l’extraction à ciel ouvert devient matériellement impossible et tout le minerai qui se trouve en-dessous de ce niveau doit être laissé en place, à moins qu'on ne l’extraie par une méthode souterraine quelconque.Il en est de même d’une certaine quantité de minerai située dans les parois de l’exacavation.< )r, la géologie nous enseigne que l’on peut trouver de l’amiante pratiquement à n’importe quelle profondeur, du moins dans les limites des profondeurs économiques: d’une part, en effet, l’olivine, qui f’st l’élément principal du minerai d’amiante, est un minéral caractéristique des plus grandes profondeurs connues de la croûte terrestre, et d’autre part, la serpentinisation ou transformation de l'olivine (peridot it e ou dunite) en serpentine est un phénomène qui se produit en profondeur.L’expérience confirme d'ailleurs, sur ce point, la théorie: on n'a pas encore trouvé d'indice (pie la fibre subisse quelque changement en nature, en qualité ou en quantité, dans les limites des exploitations actuellement en marche, selon qu’elle est extraite à une plus ou moins grande profondeur.A Thetford Mines, on a fait des sondages atteignant 1700 pieds de profondeur et la qualité des spécimens obtenus a été la même que celle des échantillons recueillis plus près de la surface.Il est donc probable que même une exploitation souterraine économique ne permettra pas d'extraire l’amiante à une profondeur aussi grande que celle où on le rencontrerait sûrement, dans certains gisements; il est certain, en tous cas, que la présence d’amiante persiste, en quantité importante, bien au delà des limites d’une carrière à ciel ouvert.Kn supposant même, d’ailleurs, que la propriété sur laquelle se trouve le gisement est très vaste et qu’on peut reculer indéfiniment les limites de l'excavation, il vient un moment où ceci n’est plus possible économiquement; car, outre (pie le coût de revient augmente sans cesse avec la profondeur, cet agrandissement nécessite l'enlèvement, tout autour de l'excavation et dans les parois de celle-ci, d'une quantité de mort-terrain et de roche stérile de plus en plus grande et cette dépense suffit à rendre le coût d’extraction prohibitif, une fois passée une certaine profondeur.I n exemple de ce dernier cas nous est fourni par la mine King, de 1'Asbestos Corporation Ltd., située à Thetford Mines, dans le < omté de Mégantic.Cette mine, dont les débuts datent de 1879, fut d’abord exploitée par des méthodes à ciel ouvert de plus en plus perfectionnées, 150 R K VU K TRIMESTRIELLE CANA DIEXXE jusqu’à une profondeur dépassant 400 pieds, en certains endroits.Mais l'exploitation ne pouvait être continuée plus longtemps de cette façon, à cause des dimensions réduites du fond de l'excavation.Pour pouvoir continuer l'extraction à ciel ouvert tel que commencée, c’est-à-dire avec gradins, il aurait fallu agrandir l’excavation; pour cela, tout autour de la carrière, il aurait fallu enlever ttne couche de 20 à 100 pieds d'épaisseur de mort-terrain formé d’argile bleue mêlée de cailloux et de gravier et une grande quantité de roche stérile située dans les parois; ce travail aurait élevé le coût de revient à une valeur plus grande que celle du minerai extrait.En supprimant les gradins, on aurait pu récupérer une certaine quantité de minerai situé dans la paroi et agrandir le fond de l;i carrière, ce qui aurait permis d’en augmenter la profondeur, sans obliger à l’enlèvement additionnel de mort-terrain.On tenta effectivement l’expérience; mais l'éboulcment, dans l'excavation, d’environ un million de tonnes de terre et de roche à peu près stérile fit aussitôt abandonner ce projet.11 ne restait donc plus qu’à faire l'étude d’une exploitation souterraine ou bien à abandonner complètement la mine.Or, plus de 20,000 pieds de sondages au diamant ou à la sondeuse percutante révèlent une masse énorme de minerai, dont une bonne partie à haute teneur, située en-dessous du niveau de 300 pieds.Seulement dans les parois de l'excavation, au-dessus de l’étage de 300 pieds, on calcula qu’il devait y avoir au delà de 3,000,000 de tonnes de minerai.fl y a donc là un très important massif de minerai qui ne peut pas être extrait à ciel ouvert et qui justifie l'étude d’une exploitation souterraine.Nous étudierons donc la possibilité de continuer à exploiter ce gisement d'une façon économique, par la méthode souterraine dite "à effondrement continu" (block-caving system), et nous verrons que, par cette méthode, qui convient bien à un minerai assez tendre et friable, comme la serpentine, on peut arriver à extraire le minerai à un coût inférieur à celui qu’on obtenait par les méthodes à ciel ouvert.Après avoir dit quelques mots de la géologie de la région et de la formation des veines d’amiante, nous décrirons la méthode employée et verrons quel en est le coût.Nous pourrons alors conclure et dire s'il est économique d’entreprendre l’exploitation par ce moven. EXPLOITATION D UN GISEMENT D AMIANTE 151 I GEOLOGIE a) Geologic generale de la région.La serpentine des environs de Thetford Mines occupe la part ie nord-est de la série de roches ignées désignée par les géologues sous le nom de “Serpentine Belt" (pii traverse tout le sud-est de la province de Québec et s’étend beaucoup plus loin vers le sud-ouest.Bien que la serpentine donne son nom à cette bande de terrain, à cause de son importance économique, elle est, en réalité, la moins abondante de toutes les roches de cette zone.Elle n’occupe que de petites surfaces où la péridotite et la pyroxénite ont été transformées.Les principales roches de la série sont: la péridotite, la pyroxénite, le gabbro, la diabase, la porphyrite et le granite ou parfois l’aplite; elles forment des intrusions dans les lits sédimentaires d’âge paléozoïque constitués par des ardoises, des quartzites, etc.et ont subi l'influence du métamorphisme dynamique de la région.Lorsque le magma intrusif était encore à l'état liquide, toutes ces roches se sont disposées par ordre de densité décroissante, de la base au sommet dans les épanchements, du centre vers l'extérieur dans les stocks (laccolithes épais).La péridotite, étant la plus dense de toutes ces roches, descend naturellement à la partie inférieure des épanchements ou au centre des stocks.Et, comme la serpentine est un produit d’altération de la péridotite, c'est à la base des épanchements et à la partie centrale des stocks que, logiquement, devrait se trouver l’amiante.Or, les roches intrusives précitées sont situées sur le flanc d'un anticlinal qui les incline vers le sud-est; la partie inférieure, riche en serpentine, a donc été relevée vers le nord-ouest; et c’est le long du côté nord-ouest de la zone qu'on devrait découvrir des gisements importants.Effectivement, ce n'est que près du contact nord-ouest, à une distance de ce dernier variant de 1.( de mille à un mille, qu'on trouve de l’amiante en quantité et qualité commerciales.J.a mine King est située à l’extrémité nord de cette aire productrice; la roche encaissante est formée de péridotite parfois si riche en olivine qu'elle devient (limite, mais sans contacts définis entre les deux; ces deux roches sont fortement altérées en serpentine et contiennent des dykes et petits amas irréguliers de granite.L'amiante se trouve, pour la plus grande partie, dans la péridotite, formant des veines au milieu de bandes de serpentine pure. 152 REVUE TRIMESTRIELLE CAXADIE.WE DIAGRAMME MONTRANT la relation entre l'amiante, la serpentine, la péridotite et la magnetite, ainsi gue la disposition relative des veines USE'Fitre trcnsversatel !-Pendotite I — I • M agneti1 e ES • Fibre de bance CZO • 5 erpen tine £u> Ki i.ni k 1 üHniHHati EXPLOITATION d'üN GISEMENT D'AMIANTE 153 b) Formation des reines d'amiante.Il y a encore des controverses parmi les géologues au sujet de la formation de l'amiante; du reste, les théories diffèrent suivant la variété d'amiante que l'on considère; mais voici la substance d'une des théories les plus généralement acceptées, du moins pour les dépôts analogues à celui de la mine King, et qui semble bien logique.La formation des veines d’amiante comporte trois périodes distinctes: 1.Il y a d’abord eu, à travers les sédiments, intrusion d’un magma basique composé surtout de péridotite; c’est probablement à cause d’une différentiation à l'intérieur du magma qu’on trouve dans la roche, tantôt l’olivine presque pure, de couleur foncée (phase dunite), tantôt des parties plus claires, plus favorables à la formation d’amiante, à teneur plus élevée en pyroxène, et représentant la phase péridot ite.2.Cette roche, dont l'élément principal est F olivine (formule: 2 (Mg, Fe) O,Fit.) -) s’est fracturée et, dans les fissures, ont circulé des solutions, composées surtout d'eau et de gaz carbonique, venant des profondeurs.Sous Faction de l’eau earbonatéc , la péridotite perd le fer qu’elle contient et, en même temps, disparaît une partie de la magnésie; on obtient alors la serpentine, dont la formule est: 3 MgO, 2 Fi O -, 2 II -O.Fa réalité de ce processus est prouvée par le fait qu’on trouve souvent la serpentine sous la forme caractéristique de l'olivine ou des péridotites, ce qui montre qu’elle en est bien un produit d’altération.Le magnésium et une partie du fer libérés sont emportés dans les solutions, le reste du fer se séparant sous forme de magnétite; on trouve, en effet, sur la propriété de la mine King, un endroit où la roche est surtout formée de carbonate de fer et de magnésie provenant probablement de ces solutions; quant à la magnétite, on la trouve en grains disséminés un peu partout dans la roche et elle occupe souvent le milieu des veines d'amiante.3.Le changement de la péridotite en serpentine se fait avec une augmentation de volume considérable; il s’est donc développé dans la masse des pressions très fortes, sources de nouvelles fisu-sures et de zones de glissement.Des solutions, accompagnant probablement les intrusions granitiques dont nous parlerons plus loin, et contenant du gaz carbonique et une grande quantité d'eau. Hi; V l'K T RIM K S T RIK LL K C A X ADI K X XI.154 circulèrent de nouveau dans ccs fissures et transformèrent la serpentine en chrysotile ou en picroiite, dont les formules sont identiques et qui ne diffèrent toutes trois que par leur mode de crystallisation, lequel dépend probablement lui-même de la quantité d’eau combinée que la substance contient.La structure fibreuse produite représenterait le plus haut point de cristallisation que la serpentine puisse atteindre.Le fait que les solutions suivirent des fissures apparaît comme évident là où une veine a plusieurs embranchements de côté et d’autre (voir diagramme).; on voit alors que la fente principale a servi de canal pour amener les solutions dans les différentes branches.Les solutions causèrent également une réaction sur la roche bordant la fissure, ce qui eut pour résultat la formation d'une zone d’altération qu’on voit toujours de chaque côté d’une veine et qui est formée de serpentine pure.Lu largeur de cette bande est en moyenne 6.6 fois plus grande que la largeur de la veine elle-même.Quant à la formation des petites lentilles plus ou moins irrégulières de granite, qu’on rencontre surtout dans les régions à haute teneur et que certains auteurs rattachent étroitement à la formation des veines d'amiante, on l’explique de la façon suivante: il y eut intrusion de ces roches acides, probablement sous forme de dykes qui furent ensuite brisés par la pression et devinrent des lentilles irrégulières sous l'action du mouvement du roc.Cette intrusion se produisit après la transformation de la péridotite en serpentine, car ces roches ne sont pas fracturées comme la serpentine dans laquelle on les trouve, et avant la formation des veines d’amiante; on trouve, en effet, des veinules d’amiante situées dans la serpentine mais qui semblent se prolonger dans une intrusion granitique; dans cette dernière, elles sont formées d un minéral de même forme que l'amiante, quoique non de même nature, ce qui prouve clairement que le granite était déjà en place lors de la formation de la veine.Autour des intrusions granitiques, la roche est altérée, sur une distance de quelques pieds, en une roche plus foncée et généralement moins favorable à la formation des veines d’amiante.Les intrusions elles-mêmes sont parfois altérées et le mica qui s’en détache peut constituer une impureté assez gênante. EXPLOITATION DUX GISEMENT D’AMIANTE 15Ô II M ÉTHODF A FF FOX DREMIÙXT CONTINU h Idée générale du procédé.Avant d’entrer dans les détails du développement et de l'extraction, il convient de dire, en quelques mots, en quoi consiste le procédé employé.La méthode d’abatage dite “à effondrement continu" convient à l'exploitation de gisements assez épais et formés d’une roche ni trop dure, ni trop tendre, mais pouvant se briser facilement en morceaux assez petits (pii ne nécessitent pas ou peu de broyage additionnel.( )n découpe d’abord le massif de minerai en blocs de dimensions convenables, par des galeries et des montées et on exploite ensuite chaque bloc séparément.Un affaiblit les quatre faces de la quantité jugée nécessaire, suivant la compacité et la dureté de la roche, en y perçant des galeries de rive; puis une fois terminées les montées, galeries, etc., nécessaires à l’extraction et qui seront décrites en détail plus loin, on mène, à la partie inférieure du bloc (étage desou-chevage) un système de galeries à angle droit qui laissent le bloc supporté par des piliers à intervalles réguliers; on affaiblit ces piliers autant que la sécurité le permet, en en extrayant du minerai et en réduisant ainsi graduellement leur diamètre et on les fait ensuite sauter Le bloc, devenant subitement privé de tout appui, se détache, par son propre poids, sur toute sa hauteur; à cause des efforts considérables développés dans la roche, celle-ci se brise d'elle-même, à la partie inférieure, en morceaux plus ou moins gros qui tombent dans des prises de soutirage et passent dans des couloirs à minerai convenablement adaptés, où ils achèvent de se briser; le minerai arrive enfin dans des chutes, d’où il est chargé sur des wagonnets qui sont tirés jusqu'au puits d'extraction où leur contenu est versé dans des bennes et monté à la surface.Tant que les portes des chutes sont fermées, le minerai remplit les montées et supporte temporairement le bloc; à mesure qu’on enlève du minerai, le bloc s’effondre de nouveau, et ceci se poursuit tant que tout le bloc n'a pas été exploité en entier, d’où le nom de méthode à effondrement continu.Mais, vu que le bloc s’effondre ainsi jusqu’à la surface du sol, il s'y crée nécessairement un affaissement qui peut être désastreux pour les bâtisses voisines.Un remplit donc l'ouverture créée à la surface à mesure qu’elle se forme, avec des déchets, par exemple, des résidus d’atelier de séparation des fibres; l'expérience a montré 156 revue trimestrielle canadienne que, dans ces conditions, les étendues avoisinantes ne sont que très peu affectées.On laisse consolider ces déchets pendant au moins un an; une durée de deux, ou même de trois ans est préférable; ils sont alors devenus assez solides pour qu’on puisse exploiter les blocs adjacents.b) Choix des dimensions du bloc.Les meilleures dimensions à donner aux blocs dépendent de plusieurs facteurs qui peuvent varier d’un point à l'autre, mémo en dedans des limites d’une mine quelconque; ces dimensions, en effet, ne seront pas les mêmes selon la pesanteur de la roche, la façon dont elle se brise, les plans de fracture qui peuvent y exister, etc.L'expérience seule peut nous dire, d’une manière certaine, quelles sont les meilleures dimensions à adopter, et, dans les mines où l’on a employé la méthode à effondrement continu, il est rare qu’on ne les ait pas changées plusieurs fois, avant de trouver quelles étaient les plus avantageuses.11 y a tout de même certaines règles et l'étude des autres mines qui peuvent servir de guides et faire éviter la multiplication des essais.Dans la plupart des mines, les dimensions verticales du bloc sont limitées par l’épaisseur de la zone minéralisée; mais, dans le cas des gisements d’amiante qui, comme nous l’avons vu, peuvent être très profonds, cette limite n’existe plus et on peut augmenter la hauteur du bloc jusqu’à ce que le poids transmis sur les ouvertures d’extraction, à la partie inférieure, ne soit pas exagéré.Plus le bloc est élevé, plus le coût du développement initial est faible, mais plus la pesanteur transmise aux ouvertures d'extraction est grande et les réparages coûteux, ("est donc en essayant de concilier ces deux facteurs qu’on trouvera la hauteur qu'il faut donner au bloc pour être dans les conditions les plus économiques possibles.Dans le cas de la mine King, on a exploité des blocs ayant jusqu’à 500 pieds de hauteur, avec des résultats tout à fait satisfaisants.Quant aux dimensions horizontales, elles dépendent de trois facteurs principaux; elles varient d’abord suivant l'étendue et la forme du gisement: il est, en effet, préférable d’exploiter plusieurs blocs à la fois, ce qui permet de mélanger les minerais de différentes teneurs et d’envoyer à l’atelier un produit plus uniforme.Deuxièmement, il faut considérer le poids transmis sur les ouvertures d'extraction, afin de réduire le coût d’entretien à un montant raisonnable.Enfin, le bloc doit être assez large pour que la roche s’effondre libre- Nos indiquant lordr» d'pxploilat on des Mois >l*nt* nf«(!i«n df l » xi a» »t on [J- Puits Contour approximatif du îemcnt ""^Limite sapt'icuTf d« la carrier* Man tir l’Ktago de Roulage au Niveau île olM) pietls.I EXPLOITATION I) UN GISEMENT I) AMIANTE K K VUE TRIMESTRIELLE < ' AXA DIEXXE ] 5S ment, une fois sous-cavéc.C'est donc, encore ici, en tâchant de concilier ces diverses exigences qu'on arrivera à la meilleure solution.Les expériences des autres mines exploitées par la même méthode peuvent nous être d’un précieux concours.Ainsi, à la mine Copper Queen, dans l'Arizona, les dimensions de 100 pieds par 125 pieds furent jugées les plus avantageuses: à la mine de cuivre de la Miami Copper Company, également dans l'Arizona, on essaya d’abord des blocs de 150 pieds par 300 pieds; mais, après en avoir exploité un certain nombre, on s’aperçut qu’il serait préférable de diminuer la charge sur les ouvertures d’extraction, et on réduisit graduellement les dimensions pour adopter finalement des blocs carrés de 150 pieds de côté.C’est d’après ces expériences et d’autres semblables qu'à la mine King, où le minerai n’est pas trop lourd et où l’on est obligé d'employer des supports en acier, afin d’empêcher que des particules de bois ne se mêlent à la fibre, on essaya d’abord des blocs de 100 pieds par 100 pieds.Comme ccs dimensions donnèrent toute la satisfaction qu'on pouvait désirer, on les conserva dans la suite et ce sont celles que nous adopterons dans cette étude.c) Travaux préliminaires.Le premier travail à faire est de tracer le plan général d’exploitation de l'étage où l'on veut extraire du minerai; c’est ce que nous avons fait sur la planche no 2, pour le niveau de 500 pieds.Comme un bloc de 500 pieds de hauteur contient environ 1,000,000 de tonnes de minerai et que l’extraction s’effectue au taux de 2,400 tonnes par jour, l'exploitation d’un bloc dure au delà d’un an.D’autre part, on doit laisser durcir les matériaux de remplissage pendant 2 ou 3 ans; on pourra donc exploiter les différents blocs dans l’ordre indiqué sur le dessin par des numéros encerclés.Une fois le plan général déterminé, on perce un puits d’extraction vertical à l'endroit le plus avantageux pour éviter les affaissements désastreux du terrain, pour réduire au minimum le transport souterrain et pour que le puits débouche, à la surface, en un endroit convenable relativement aux divers bâtiments.Ce puits principal doit comprendre trois compartiments: un pour les bennes, un pour la cage et un troisième renfermant les contrepoids, les échelles et les conduites.On pourra donc le faire de 6 pieds par .10 pieds. EXPLOITATION D'UN GISEMENT D'AMIANTE 159 Un puits secondaire doit également être percé pour permettre le retour de l'air vicié; ce puits, ne servant pas à l’extraction, pourra être de dimensions plus réduites et déboucher dans le fond de l’excavation, ce qui économisera environ 300 pieds de percement.A partir du puits d'extraction, au niveau de 500 pieds, on mène ensuite les galeries de roulage, principale et secondaires.L'espacement à donner à ces galeries est déterminé par la distance entre les points de soutirage (voir planches nos 2 et 3).Le minerai de la mine King se débite en morceaux assez gros et n'a pas de tendance à former ce qu'on appelle des “cheminées” de minerai brisé, pendant que la masse, tout autour, est encore solide; les prises de soutirage n'ont donc pas besoin d'être trop rapprochées; l’expérience a montré qu’un espacement de 20 pieds était convenable.Ceci tixe une distance de 40 pieds entre les galeries des grilles à barreaux et de S0 pieds entre les galeries de roulage.La largeur de ces dernières dépend du wagonnet employé et du plus petit espace qu’il est convenable de laisser dans les côtés; leur hauteur devra être suffisante pour qu’on puisse y installer des chutes et que les wagonnets puissent y circuler librement avec un pied et demi de jeu.La distance entre l'étage de roulage et l’étage de souchevage doit être aussi faible que possible, car tout le minerai qui se trouve entre ces étages doit être laissé en place jusqu’à ce qu’on exploite à un niveau inférieur.La distance entre l’étage des grilles et l'étage de souchevage doit être tout juste suffisante pour assurer l'existence d'un support de roc solide au-dessus des galeries des grilles à barreaux.Nous avons adopté 19 pieds, c’est-à-dire un espace de 12 pieds entre l'étage de souchevage et le toit des galeries des grilles, ce qui est le minimum qu’on puisse pratiquement laisser.Le meilleur espacement entre l'étage de roulage et l'étage des grilles à barreaux dépend de la distance entre les galeries de roulage, de l’angle minimum qui assurera la libre descente du minorai dans les couloirs, par son propre poids, de l’arrangement des points de soutirage et de l'espacement des galeries des grilles.Dans notre cas, il faut un angle de 55 degrés pour que le minerai puisse descendre de lui-même dans les couloirs; la distance entre 1 étage de roulage et l'étage des grilles devra donc être d'au moins 43.0 pieds (voir croquis).Et si l’on compte qu’on doit laisser le couloir vertical pour quelques pieds, à la partie supérieure, afin de permettre au 1 GO R K V r K TRIM ESTRIE LLE < ' A\ ADI E \ N' E minerai de prendre un' peu de vitesse, pour qu'il ne se coince pas, la distance minimum sera de 45 pieds.d) Développement d'un bloc en vue de l'extraction.Lorsque l’on a fixé les divers espacements entre niveaux et galeries, et que l’on a terminé les premiers travaux, voici quelle est la suite des opérations à faire pour préparer un bloc à l'extraction (voir planches nos 3, 4 et 5).A partir des galeries de roulage et à angle droit avec elles, on perce, à 40 pieds d’axe en axe, 4 ouvertures de chaque côté pour des couloirs à minerai de 4 pieds par 4 pieds.Ces couloirs, inclinés à peu près à 55 degrés sur l'horizontale, sont poussés jusqu’à une distance de 20 pieds de l’axe de la galerie de roulage; à cet endroit, ils se divisent en deux branches, dans un plan parallèle à la galerie; ces branches se continuent, avec le même angle de 55 degrés, jusqu’à ce qu’elles soient écartées de 20 pieds; elles deviennent alors verticales pour aboutir finalement aux grilles à barreaux, chaque branche débouchant sur une grille.En même temps que ces couloirs, on perce, en deux coins dia-gonalement opposés du bloc, deux montées de 45 pieds de hauteur cpii, servant à la circulation des ouvriers, devront être de dimensions assez grandes, soit 0 pieds par 0 pieds.Du haut de ces montées, on mène deux galeries de service, à angle droit avec les galeries de roulage; l’une d’elles est reliée au puits pour permettre la circulation des hommes et du matériel, qui se fait presque toute à ce niveau.Ces galeries doivent avoir au moins G pieds de hauteur pour qu’un homme puisse y circuler librement; comme elles servent au transport du matériel, elles doivent également être assez larges; leur section est de G pieds par G pieds.En partant de ces galeries de service, on perce 4 galeries d’extraction, dites galeries des grilles à barreaux, parallèlement aux galeries de roulage et à 40 pieds de centre en centre; à tous les 20 pieds, elles rencontrent les couloirs percés précédemment, (.'es galeries ont 7 pieds de hauteur et G pieds de largeur brutes: comme elles ont à supporter une grande partie de l’énorme charge constituée par le minerai surincombant, elles sont renforcées, à tous les 2]/¦> pieds, à l’aide de poteaux et de poutres formées de fers en H de G pouces, reliés par de vieux rails placés à tous les pieds.Cette structure métallique est complètement noyée dans le béton, laissant ainsi une ouverture de G pieds par 4 pieds. H»' EXPLOITATION D UN* GIS KM EXT I) AMIANTE 1G1 Gai e ne de rive V .6 :-.‘îe du com Galeries de scuchevc^e ^-Pnse& de soutirage ?n | .• vers le puits Eta^e des qr.Hes '» barreiun Montée de circulation C hat * rou'aq E ta.je de roui a.(je DENI-COUPE TRANSVERSALE.PAYANT PAR LES PR'SLS OE SOUERAOC DVN 5L0C EN EXPLOITATION Figure Demi-coupe DLU.i - ELEVATION D’VN BLOC AVANT LE SOUCHEVAGL demi-élévation d’un bloc de minerai. 1G2 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE A chacune des ouvertures créées par la rencontre des galeries d'extraction et des couloirs à minerai, on construit une grille à barreaux formée de 3 rails de 30 lbs., reposant sur des poutres en H de 0 pouces, le tout étant enrobé dans le béton.De chaque côté de ces grilles, on perce deux autres couloirs, de faible section (4 pieds par 4 pieds) pour résister à l'action abrasive du minerai tombant et pour en activer le cassage en petits morceaux : ces couloirs ont une pente d’environ 1 dans 2 et aboutissent à l'étage de souchevage, où ils sont à une distance horizontale de 20 pieds de l'axe des galeries des grilles.A partir de l'étage de souchevage, il faut pratiquer deux opérations, qui sont ordinairement conduites en même temps.1.A chacun des 4 angles du bloc, on perce clés montées qu’on prolonge jusqu’à quelques pieds de la surface.De ces montées, en 2 coins opposés du bloc, on mène des galeries de 4 pieds par 0 pieds, en dehors des limites du bloc et perpendiculairement aux montées, à tous les 40 pieds de hauteur: on prolonge ces galeries sur une distance de 40 pieds en dehors du bloc, et quelquefois plus, si on le juge nécessaire pour l'exploration du minerai adjacent.A partir de ces galeries, on perce des montées de circulation, ayant 0 pieds par 0 pieds, et allant d'une galerie à l’autre; elles sont déplacées de 15 pieds à chaque niveau ch' 40 pieds.Du point de rencontre des galeries précitées avec les montées percées aux coins du bloc, on mène des galeries de rive tout autour du bloc.( 'es galeries, avec les montées de coin, délimitent l’étendue à être effondrée et servent à affaiblir les 4 faces du bloc; leurs dimensions sont donc fonction de la ténacité de la roche.Lorsque celle-ci est très compacte, on peut établir, tout autour de la base du bloc, un chantier de remplissage (“shrinkage stope’’), qu’on peut monter à la hauteur voulue pour libérer le bloc sur ses 1 faces.Mais, outre que ce procédé présente plusieurs inconvénients, entre autres ceux d'envoyer un poids excessif sur les ouvertures d’extraction et rie causer un éclatement du bloc en morceaux beaucoup trop gros, le minerai de la mine King est assez tendre et friable pour qu’on puisse se passer de ces chantiers.Kn donnant aux galeries de rive une hauteur de S pieds, on affaiblit chaque face du bloc de S/40 = 20r7 , les montées de coin l'affaiblissent de 12 100, soit environ 1 %.Chaque face du bloc se trouve donc détachée sur 21' '< de sa superficie, ce cpii est amplement suffisant dans la plupart des cas.On peut parfois rencontrer des intrusions granitiques qui présentent une Caler e de jou1 ses de s soatne lUqe des v barreau» Car /-Grille* à barreau Mor.tn d« at.en.«! Couloir» & TTii ne ra1 ut e » Gale TOU EXPLOITATION D UN GISEMENT I) AMIANTE M ont e e du te DEMI-COUPE LONGITUDINALE DEMI- PROFIL D'UN BLOC PASSANT PAPi LES PP.'SlS CLSGUÎlPAGE AVANT LL SOUCHEVAGE g'un bloc en exploitation Figure 4 — Demi-coupe et demi-profil d'un bloc de minerai. 164 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ténacité plus grande; on affaiblit alors davantage la face du bloc en augmentant la hauteur des galeries aux endroits nécessaires, comme il est montré sur la planche no 3.Cette opération coûte beaucoup moins cher que l'établissement d’un chantier de remplissage.2.A l’étage de souchevage, on mène des galeries passant par les points de soutirage et parallèles aux galeries des grilles; elles sont, par conséquent, au nombre de N et distantes de 20 pieds.Le percement de ces galeries fait, en somme, partie du souchevage; comme il faudra, par la suite, faire sauter la tranche entière qui soutient le bloc, il n’y a pas d'économie à réaliser en réduisant les dimensions de ces galeries; elles ont 7 pieds par 7 pieds et sont réunies à leurs extrémités par deux autres de S pieds par s pieds.La roche brisée provenant du percement de ces galeries est pelletée dans les prises de soutirage, afin de laisser la place libre aux ouvriers qui viendront pratiquer le souchevage, qui est l’opération suivante.Vu la proximité des prises de soutirage, aucun transport n’est nécessaire.e) Souchevage.Une fois que le bloc a été complètement développé, les ouvriers procèdent au souchevage, c’est-à-dire au sautage de la tranche de roche qui soutient le bloc de minerai.On perce trois séries de trous, profonds de 7 pieds, dans les murs et le plancher des galeries de souchevage, et on les bourre avec de la poudre noire.Ces trous sont disposés en éventail et donnent, une fois sautés, des excavations hémisphériques de 20 pieds de diamètre.Au début, on taillait l'ouverture en entonnoir, mais on adopta ensuite la forme hémisphérique, pour permettre aux gros fragments qui se coincent dans les couloirs de descendre plus près des grilles à barreaux, où il est plus facile de les faire sauter.Le souchevage débute en un coin du bloc et on fait avancer le travail dans la direction du coin diagonalement opposé.On centre les séries de trous au-dessus d'une prise de soutirage afin de réduire le pelletage au minimum, car le minerai brisé doit être enlevé avant qu'on puisse procéder au forage des trous de la série suivante.On fait ainsi sauter la tranche du milieu allant d'un coin du bloc à l'autre.On s’attaque ensuite aux deux côtés simultanément, afin de faire avancer le travail plus rapidement.En effet, le taux auquel le EXPLOITATION' I) UN (ÜSEMKXT D AMIANTE 105 souchevage progresse est un facteur important et doit être déterminé par le jugement de l'ingénieur: si on travaille trop vite, le bloc n’a pas le temps de se détacher petit à potit : il peut s'effondrer subitement en entier, et produire un effet désastreux sur les ouvertures d’extraction.Si la marche est trop lente, le poids de la partie sous-cavée se reporte sur les piliers restants, qui deviennent dangereux à faire sauter.I ue fois que toute la tranche supportant le bloc est disparue, le bloc est privé de tout support, sauf sur la périphérie; une voûte a tendance à se former, dont la hauteur est maximum non loin du cent re du bloc.Mais la st abllité d'une voûte dépend de scs supports à la base; ici, ces supports ont été délibérément affaiblis, de sorte que les voûtes successives s'affaissent, à mesure qu’elles tendent à se former.Cette action est lente au début, mais s’accélère à mesure qu'on extrait du minerai./) Extraction r o est la la raison d être de 1 Kcole.Jùt nous sommes heureux de constater des progrès très réels réalisés dans cette voie, (“est ainsi que la Compagnie d'Assurance-Vie Métropolitaine, le Victorian Order of Nurses, la Fédération d'Hygiène infantile ne prennent, dans leur personnel de gardes-malades, que des infirmières graduées en hygiène publique.L’École a fait des tentatives pour qu il en soit ainsi dans nos services officiels d’Hygiène.Malheureusement les efforts tentés de ce côté n’ont donné jusqu’ici que des résultats plutôt modestes.Aussi, il semble bien que la solution du problème soit, pour la province de Québec, l’adoption de la loi anglaise.Celle-ci a été d’abord adoptée en 1SSS, puis amendée, pour la rendre encore plus explicite, notamment en 1(11,S, en 1929.Citons-en les trois points suivants qui nous intéressent particulièrement."In no county or district with a population of 50,000 or more shall a person act as medical officer of health unless he has held certain offices or, in addition to a medical qualification, holds and is legally qualified and registered as the holder of a diploma in saidtary science, public health or state medicine".“As in the case of the medical officer of health, the appointment of a militari) inspector is compulsory upon the local sanitary authority, who may only choose a person qualified in accordance with rules of the minister of health, who must also approve the officer chosen ’."In 1918 the need was recognized for a single portal of entry to the profession of health visitor and for one examination qualifying for the certificate without which no woman was eligible for appointment under a scheme of maternity and child welfare to which the Minister of Health made financial contribution”.Le docteur ( hurles Porter, qui nous donne ce- renseignements I.'ÉCOLE d’h Vf: IÈ NE SOCIALE 197 au ( ,'ongrès do l'.t meriran Public Health Association, tenu à Montréal • ¦il 1931, ajoute: “In addition, of course, by laying down requirements as to qualification in orders and regulations, the Minister insures that trained officers only shall be employed, creates a demand for training and encourages teaching institutions to provide the courses of training”.Tous ceux qui suivent le mouvement de l'hygiène dans les différents pays savent que l'Angleterre s’est classée au tout premier rang.Prenons donc les mêmes moyens et nous en serons récompensés par des progrès plus marqués en hygiène publique dont la province de Québec a un si grand besoin, ("est dans cette voie que nous allons maintenant nous engager résolument.Dans la petite histoire de l'École, l'année 1935 a été marquée par des événements qu'il convient de consigner.Nous avons d’abord l'agréable devoir île témoigner toute notre reconnaissance à l’honorable L.-A.David, secrétaire de la province, ainsi qu’au docteur Alphonse Lessard, directeur du Service provincial d’IIygiène, pour la subvention qu'ils nous ont accordée.Nous remplissons le même devoir de gratitude envers Son Honneur le Maire Camilien Iloude, Monsieur J.-.M.Savignac et les membres du Conseil Exécutif, Monsieur Henry Auger et les membres du Conseil de Ville de Montréal, ainsi qui* le docteur S.Boucher dont l'intervention en notre faveur a permis à l’Ecole de se maintenir.Nous adressons aussi nos remerciements les plus sincères aux autorités de l’Université dont la sympathie à notre endroit nous a été des plus précieuses.Toutefois ces générosités ne s’en sont pas moins démontrées insuffisantes.C'est pourquoi l’Association de nos Anciennes est-elle de nouveau venue au secours de son Alma Mater.Son appel au public lui a permis de verser dans la caisse de l’École quelques centaines de dollars qui ont été fort appréciés.Aussi nous renouvelons, et de tout coeur, nos plus vifs remerciements à toutes nos graduées qui ont bien voulu apporter leur concours en cette occasion.Xous remercions aussi de nouveau tous nos généreux souscripteurs qui ont bien voulu démontrer en quelle haute estime ils tenaient l’œuvre que poursuit l'École.En événement important de l'année a été la tenue d’un Congrès-Souvenir pour célébrer le dixième anniversaire de la fondation île l'École.Le Congrès a compris quatre séances et a entendu pas.moins de 1S communications, toutes préparées par des graduées.I! a permis à plusieurs personnages de marque de venir nous té- 198 RK VUE TRIMESTRIELLE CAXADIEXXK moigner, par leur présence et par leurs paroles, toute leur sympathie a notre endroit.Ajoutons que les séances ont été suivie» par environ t50 personnes, Dulin le Congrès a été couronné par 1 adoption de résolutions très opportunes qui ont été adressée» à qui de droit.Le rapport complet du Congrès a été publié dans La Garde-Malade ( atiadicnne-I' raiiçame, grâce à l’obligeance du docteur D.-B.Benoit, rédacteur en chef, et de Aille Charlotte Tassé, directrice, a qui nous renouvelons tous nos remerciements.Les expressions de satisfaction qui nous sont venues de toute.» parts à ce sujet nous portent à croire que cette manifestation pourrait bien devenir annuelle et coïncider avec la collation solennelle des diplômes remis aux élèves do chaque année.J'.n juin, douze élèves ont été diplômées et en septembre quatorze gardes-malades ont été admises à suivre les cours de D présente année universitaire.L Lcole est régie par une commission nommée par la Faculté de Médecine, dénommée commission des Cardes-AIalades à laquelle sont ajoutes des membres du dehors.Le ( omité de l’École est présentement constitué des membres suivants: Dr K.-B.Benoit, président, Dr .L-Fdm.J Jubé, Dr F.-A.-IL de Cotret, Dr B.-C.Bourgeois, Dr J.-A.Leduc, Dr A.-IL Desloges, Dr Alp Lessard, représentant le Cîouvernement provincial, Dr S.Boucher, represent ant la ville de Montréal, Aille Alice Ahern, représentant la ( ompagnie d Assurance-Vie .Métropolitaine, Dr A.-(l.Fleming, directeur du departement d Hygiene publique de .Médecine préventive de l’I niversité AIcCîill, Dr J.-A.Thibaudcau, représentant la Faculté de Chirurgie Dentaire, Dr J.-A.Baudouin, directeur de l’École.La formation technique des infirmières visiteuses, conformément aux programmes les mieux établis, comprend essentiellement deux parties: la théorie et la pratique.J.es deux couvrent toutes les activités dévolues aux infirmières visiteuses dans le vastr champ de l’Hygiène publique.Aussi, l’ambition de l’École n’est pas de faire de ses élèves des spécialistes dans toutes les matières mais elle consiste plutôt a leur donner une formation générale.C’est pour arriver à cette fin que l’enseignement de l’École comprend non seulement l’Hygiène mais aussi les questions sociale».Pour le dispenser a ses élèves, 1 École a eu la bonne fortune de trouver dans chaque cas des professeurs qui sont tous des spécia- 199 l’école d'hygiène SOCIALE listes dans leur matière.< '’est tint1 constatation que nous pourrons faire dans la nomenclature que nous allons présenter tantôt.Les applications que soni appelées à en faire les élèves n’ont pas manqué de retenir la [tins sérieuse attention des membres du 1S.0 Saint-Laurent 10g 4 39.g Sacré-Cœur not gl 69.1) Total 517 27 52 3 Ces taux, on le constate facilement, sont exceptionnellement favorables.( e sont, de beaucoup, les meilleurs que nous ayons jamais eus.Mais ces premiers renseignements doivent être completes par l’etude des causes de la mortalité infantile démontrés par le tableau suivant.TARI.MAI' VII ( 'ACHES UE LA MORTALITÉ INFANTILE < 'ôte-des-Neiges St-Laurent ( ’auscs et St-Pasca! B.Mal.des voies respiratoires 1 g Débilité congénitale I g < lastro-entérite -Maladies contagieuses Autres Sacré-Cour 4 Total g! Total 10 *> 5 Les affections des voies respiratoires occupent encore cette année le premier rang.Comme par les années passées, la débilité congénitale reclame plus de décès que la gastro-entérite.Celle-ci, en décroissance continuelle, est loin de tenir facilement le premier rang comme par le passé. RK Vf K TRIM E ST RIK L L K C A \ A DIK X X E 200 Enfin, on doit porter une grande attention au mode d'alimentation des enfants de la première année.La revue de nos fiches nous permet de dresser le tableau suivant : TABLEAU VIII Pour cext des xocrrissoxs à l’ali.mkxtatiox m aterxhllh Paroisses 0-3 mois 0-6 mois (1-9 mois 0-12 mois Côte des Neiges et St-Pascal Uaylon 3s.o 10.3 12.à 8.1 Saint-Laurent 48.5 2ô.4 12.3 8.5 Total 44.0 '21.0 12.4 8.2 L’alimentation maternelle a diminué notablement cette année.Aussi, pour la remettre à l’honneur, demandons-nous le concours généreux de tous les intéressés: médecins et mères de famille.d) Service des enfants d’âge préscolaire.Ce groupe comprend les enfants de 2 à G ans inclusivement.C’est l’âge où commence trop souvent l’évolution de plusieurs défectuosités physiques que l’on retrouve chez les écoliers; cet âge est aussi trop favorable à la propagation des maladies contagieuses.Ces enfants requièrent donc des soins particulars.C’est pour répondre à ce besoin qu’existent maintenant des consultations qui leur sont particulièrement dest inées.Nos fiches démontrent que nous en connaissons 279 à la Côte-des-Neiges et à Saint-Pascal Buylon, 235 à Saint-Laurent et 359 au Sacré-Cœur, soit un total de S73.Ces enfants ont reçu un total de 4,15S, soit une moyenne de quatre à cinq visites par enfant, ou une visite tous les deux mois pendant la durée de notre service.Au cours de ces visites, chaque fois qu’une anormalité est reconnue, les parents sont pressés de consulter leur médecin de famille.Dans les paroisses où fonctionne une consultation, ces visites servent en plus à faire du recrutement.Dans la paroisse du Sacré-Cœur, l’Ecole participe à la consultation paroissiale.Celle-ci a donné le résultat suivant : TABLEAU IX PAROISSE DU SACRÉ-COEUR ( OXSCLTATIOX PRÉSCOLAIRE Inscriptions .Assistance Assistance nouvelles totales totale par enfant par consultation 02 927 15 9 207 l'école d'hygiène sociale iH' plus, la consultation sort de centre d'immunisation contre la diphtérie en coopération avec le Service de Santé.Cette acti- a donne les résultats suivants: 1ère injection, 54: 2ètne injection, G dème injection, 55.Parmi les enfants d'âge préscolaire, il est survenu Pi décès au cours de l’année.J.es causes en ont été les suivantes: maladies des voies respiratoires, 5; maladie contagieuse, 1: gastro-entérite, 1 : accident, 1 : causes inconnues, 2.>) Lujm il lij/çinup iiifanlilc.Enfin, les élèves font une revue complète de l’hygiène de l’enfance sous une forme éminemment pratique.( ellc-ci consiste à collaborer à l’œuvre inaugurée par le 1 >r >.Boucher et connue sous le nom de Ligue d’Hygiène Infantile.Kilo consiste a recruter dans les écoles un nombre sufli-anî de jeunes filles parvenues dans les classes avancées, pour leur donner, avec demonstrations, les dix leçons que comporte le cours élaboré par le Service de Santé.Tout ce travail est exécuté sous l11 direction immédiate de Mademoiselle !.Bérubé, assistante à I hcole.J.an dernier, le nombre de ces jeunes filles s'est élevé à 7.A la suite des examens subis avec succès, elles ont reçu les médailles et les certificats émis en leur faveur par le Service de Santé.v IhoiÈNK scolaire.Professeur: Dr Ad.Groulx, surintendant de la Division de 1 Hygiène de l'Enfance du Service de Santé de la Cité, diplômé en Hygiène publique de l’Université Johns Hopkins, Baltimore.Le groupe scolaire comprend pratiquement le quart du chif-tre total de notre population.C'est dire l’importance qu’il convient d accorder à cette partie de l’enseignement qui se propose la protection de la santé des écoliers.Grâce à une heureuse entente '¦litre l'Ecole et le Service de Santé de Montréal, nos élèves prennent part au travail considérable de l'inspection médicale des écoles de la ville.Durant leur stage en hygiène scolaire, nos élèves assistent a 1 examen médical des écoliers et font des visites au domicile des entants trouvés porteurs de quelques défectuosités physiques, pour obtenir la coopération nécessaire des parents, en vue du traitement à effectuer.Au cours de l’année dernière, !>• nombre de ces visites à domicile s’est élevé à 105.9.Hygiène buccale.Professeur: Dr Willie Saint-Pierre, i.A .D.On sait la part sans cesse croissante que l'on accorde, et 20N m:\ri: r h t m k stu i i: llk c a x a d i k x x i.a bon droit, a la carie dentaire comme cause d'infection locale.Par conséquent, les soins qu’il faut apporter à la formation et à la conservation d’une saine dentition font nécessairement partie de-connaissances que nos élèves doivent acquérir à P Picole.I.e-notions qui leur sont données par le professeur reçoivent leur illustration à la clinique dentaire que maintient la Faculté de Chirurgie dentaire et que nos élèves fréquentent régulièrement.lü.Hygikxk chu ai xk.Professeur: ,M.A.Cousineau, LS., gradué de I Institute of technology of .Massachussetts, surintendant de la Division de la Salubrité du Service de Santé de Montréal.loute collectivite pose nécessairement des problèmes en lngiène publique, tels sont ceux de l’habitation, des drainages, de 1 approvisionnement en eau d’alimentation, etc.Toutes ces questions sont étudiées au cours et sont illustrées par des visite-faites sous la direction du professeur.11.li h kh ce Los r:.Professeur: Dr J.-A.Jarry, directeur médical de 1 Institut Bruchési, professeur de phtisiothérapie à la Faculté de Médecine.La tuberculose reste la principale de nos maladies contagieuse.-.A elle seule, elle nous cause une moyenne annuelle de 11,238 décès, soit 48 pour cent de tous ceux qui sont attribués à l'ensemble demaladies contagieuses dans la province de Québec, (’es chiffres disent toute l'importance qu'il faut accorder à cette maladie dans une École comme la nôtre.Le problème est étudié sous toutes ses faces avec une insistance particulière accordée à sa prophylaxie.Pour compléter le cours, les élèves font un stage dans le Service du “BCD", procèdent au dépistage des cas et vont à l'Institut Bruchési.a) Vaccination untiluberculeuse.L'École est le centre de distribution du vaccin "!!('(! .depuis l'inauguration de ce service (,n Ih-’ti.I roi- infirmières diplômées de l'École, Mesdemoiselles A.Séguin, S.Dosselin, .1.( lavette, en sont chargées.Ce travail se fait en collaboration avec le t onseil fédéral des Becharto Peamondox Étude d un projet de construction d'un moulin à ciment.Paul Riveiux Installation d'une usine de broyage.Custave M-.lauques Étude comparative des différents modes de construction et de lancement des “cribs” pour la construction des quais.72 vie de l’école et de l’association 22:; Louis Trudel—Étude comparative, sur modèles réduits, de deux profils de barrage-déversoir.Léon Valois — Mécanismes de pilotage d'un avion à roues sus-tentatrices et propulsives.Paul Beaudoin — Recherches sur les charbons de bois canadiens activés.LISTE DES DIPLOMES DECERNES AUX ELEVES DE LA 60c PROMOTION, 1935-36 Ingénieur civil avec "très grande Distinction" M.Brossard (Léo) Ingénieur civil avec "grande Distinction" M.Plamoxdox (Sarto) Ingénieur civil avec "Distinction” MM.Cou-ixeau (Ls-Philippe) Bertrand (Jacques) Beaulieu (Gérard ) Bricault (Fernand) Ingénieurs civils MM.( 'oté ((îaétan) Eefrançois ((lermain) S T-J a c qu e s (Gustave) \’Alois (Léon) X a de au (Léopold) Jeannotte (Gérard) Lebel (Gérard) L’Heureux (Paul-Kmile) Bruneau (Gaétan) Gadrin (Paul-Emile) Ingénieur chimiste avec "Distinction" M.Beaudoin (Paul) MM.Hébert (Camille) Lemieux (Gilbert ) Branchaud (Fleuri) Lemieux (Denis) MM.Dumont (Geo.-Héliodore) Martin (René) Piuze (Lionel) Hurtubise (Auguste) Trudel (Louis) L afl AMM e (Marcel) Goulet (Emile) ( 'lairmoxt (Adolphe) R ivERi.N (Paul) LISTE DES BACHELIERS ES-SCIENCES APPLIQUEES DE LA 60c PROMOTION 1935-36 MM.Beaulieu (Gérard) MM.Bertrand (Jacques) Branchaud (Flenri) Bruneau ((îaétan) Cadrin (Paul-Émile) Clairmont (Adolphe) 224 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Coté (Gaétan) Dumont (Geo.-Héliodore) IIurtubise (Auguste) L a flam m e (Marcel ) J.efraxçois (Germain) Lemieux (Gilbert) Martin (René) Plamoxdox (Sarto) Trudel (Louis) Cousineau (Ls-Philippe) Hébert (Camille) Jeannotte (Gérard) Lafontaine ( Maurice) Lemieux (Denis) L'Heureux (Paul-Emile) Piuze (Lionel) • St-.J acques (Gustave) Y m ois (Léon ) Prix spéciaux: Médaille d'Argent du Lieutenant-Gouverneur de la Province M.Léo Brossaud Médaille d’Or de l’Association des Anciens Élèves de l’École Polytechnique M.Ls-Ph.Cousineau Médaille d'Argent de l'Association des Anciens Elèves de l'École Polytechnique M.Léo Brossard Médaille de Bronze de l'Association des Anciens Élèves de l’École Polytechnique M.Sarto Plamoxdox Médaille de Bronze de l’Association des Anciens Élèves de l’École Polytechnique M.Louis Trudel Prix de Cinquante Dollars offert par la 50e Promotion de i/École Polytechnique a l'élève qui a SOUMIS LA MEILLEURE THÈSE INDUSTRIELLE DE FIN D'ÉTUDES M.Ls-Pll.COUSINEAU Prix d'Architecture—Ernest Cormier M.Denis Lemieux Prix du Engineering Institute of Canada M.Yvon Cousineau Médaille d’Or de l’Institut Scientifique Franco-Canadien M.J.-P.Lecavalier Prix d’Ordre de la Banque ü‘Épargne de la Cité et du District de MM.Yvon DeGuisi: Montréal et J.-P.Lecavalier Prix Paul Béique—pour application au TRAVAIL ET SUCCÈS DANS LES ÉTUDES M.JacqUCS LAURENCE R K V U K T RIM EST RI K LL K C A X A I) IK X X K Signez et envoyez cet avis! SI VOUS ETES: a) Détenteurs d'actions d'une ou de plusieurs compagnies ayant des intérêts dans l’Ontario telles que les banques, les compagnies industrielles, commerciales, minières, etc.; b! Sociétaires ou membres d'entreprises commerciales ou industrielles, de compagnies d'assurances mutuelles, etc., opérant dans I Ontario, ENVOYEZ L'AVIS CI-DESSOUS AU SECRETAIRE DE CHACUNE DE CES COMPAGNIES — ENVOYEZ-LE AVANT LE 30 JUIN: FORM 14 Notice from Shareholder or Member of a Corporation (Section 33c of the Assessment Act) To the Secretary of I nom de la compagnie I (adresse) ., Ontario.|,.(nom et adresse du sociétaire ou de l'actionnaire)., a shareholder in or member of the above corporation and being a Roman Catholic and separate school supporter require that all shares of or membership in the corporation which I may held on the 1st day of january in this and any succeeding years according to the registers of the corporation shall be deemed to be shares of or membership in the corporation held by a Reman Catholic and separate school supporter for the purposes of section 33a of The Assessment Act.Dated this .day of June, 1936.Witness: iSignature de l'actionnaire ou du sociétaire! Les catholiques canadiens-françals sont pliés de venir en aide à l'Association Canadlenne-française d'Educatlon d'Ontario en envoyant aux compagnies ontariennes dont ils sont actionnaires, l’avis ci-haut.Public par l’Association Canadicnnc-française d'Education d'Ontario. VI REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE APPAREILS PE LABCRAECIPE CHIMIE, — BIOLOGIE, — MÉTALLURGIE — PHYSIQUE ARTICLES DE PREMIERE QUALITÉ A DES PRIX TRÈS AVANTAGEUX FISHER SCIENTIFIC CO., LIMITED 898.RIE SAINT-JACQUES MONTRÉAL Les Publications de l’Ecole Polytechnique Dernier volume paru :— LES EAUX — par L.BOURGOIN Vol.in-8 de 520 pages — Prix: $2.50 Le NOTAIRE FARIBAULT Tel.Falkirk 1252 Successeur de Leclerc & Faribault S.A.BAULNE Edifice Versailles, No 90 rue INGENIEUR CIVIL St-Jacques, MONTREAL.Professeur à l’Ecole Polytechnique Tel.Main 678.750 Boulevard St-Joseph Est ON TROUVE TOUJOURS A LA LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaires ou sur grand papier, d'une sélection d'auteurs contemporains.:: :: :: ¦; 1247 RUE ST-DENIS TÉLÉPHONE: IIA.2520 MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE VII Un journal honnête et bien fait.Le DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit.ACHETEZ ET LISEZ LE DEVOIR TOUS LES JOURS Il est intéressant, bien informé, impartial, propre.Administration et rédaction, 430 Notre-Dame est, Montréal.mmm. VIII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Telephone: LAncasfcr 4236 MAISON FONDEE EN 1842 LIBRAIRIE BEAUCHEMIN, Limitée Libraires-Editeurs, Imprimeurs, Relieurs, Papetiers en gros et Importateurs 430, RUE ST-CABRIEL - - MONTREAL, Canada., Nous faisons bénéficier les auteurs de qui nous imprimons les ouvrages de tous les avantages que peut leur procurer la publicité faite dans nos publications telles que l’ALMANACH DU PEUPLE, LE CANADA KCCLÉ.'-dASTltR'K et nos catalogues distribués partout où on parle français.THE HUGHES-OWENS CO., Limited 1440 McGill College — MONTREAL OTTAWA, TORONTO & WINNIPEC INSTRUMENTS D’OPTIQUE— APPAREILS DE PROJECTION MICROSCOPES ZEISS — FOURNITURES DE LABORATOIRE INSTRUMENTS DE DESSIN — ARTICLES POUR ARTISTES CRescent 9250 - 9455 PAUL GAGNON, Président BRULEURS D'HUILE ET SOUFFLEURS — HUILE A CHAUFFAGE CHARBON Nu-Way fuel OIL service Limited COAL FUEL OIL — OIL BURNERS AND COAL BLOWERS 5704, AVE DU PARC MONTRÉAL Cenciif Publishing Ce.1433 AVE McGILL COLLEGE MONTREAL Agents de JOHN WILEY & SONS, New-York, qui ont publié récemment une édition nouvelle de l’ouvrage intitulé: “Architectural Graphie Standards” par MM.RAMSAY & SLEEPER Ecrivez-nous pour vous renseigner sur les livres techniques de tous genres .REVUE trimestrielle canadienne IX Revue des Questions Scientifiques publiée par la Société Scientifique de Bruxelles (19e année) Revue belge de haute vulgarisation scientifique Par ses “Articles originaux”, ses “Revues des Publications périodiques”, sa “Bibliographie scientifique”, elle tient ses lecteurs au courant des principales questions scientifiques d’actualité.Parait G fois par an, en fascicules de 1G0 à 180 pages.Prix de l'abonnement : Belgique et Luxembourg : 80 francs belges.France : 75 francs français.Autres pays : 20 belgas.LE NUMERO 12 FRANCS.Numéros spécimens sur demande.ADMINISTRATION: 11, RUE DES RECOLLETS, 11, LOUVAIN.Tel.FAIkirk 2848 Fondée en 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d'appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré.Bureau et Atelier: 984 Rachel Est Al X REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Index de nés annonceurs Association des Anciens Elèves do l’École Polytechnique.XII Association Canadienne Française d’Education d'Ontario.Y Baulne, S.-A.VI Banque Canadienne Nationale.I Banque Provinciale.I Canadian Laboratory Supplies.XI Devoir — Le.VII Dupuis Frères (4e page de la couverture) École Polytechnique.IV École des Hautes Etudes Commère.III Faribault — Le notaire.VI Fisher Scientific Co.VI Ilughes-Owens Co.VIII Librairie Beauchemin.VIII Librairie Déom.VI Ministère des Mines (3e page de la Couverture) Montreal Steam Toilet Supply.XI Pageau, W.IX Polybiblion.X Iîenouf Publishing Co.VIII Revue des Questions Scientifiques XI Université de Montréal.II PCLrEICLICN REVUE BIBLIOGRAPHIQUE UNIVERSELLE 5, rue de Saint-Simon, 5, - - PARIS, VII Le "Polybiblion”, qui est entré dans sa 63e année, parait chaque mois, eu deux parties distinctes.I.— Une "Partie littéraire*’ (2 vol.par an), comprend: lo des "Articles d'ensemble" sur les différentes branches de la science et de la littérature; 2o des "Comptes rendus" des principaux ouvrages publiés en France et à l’Etranger; 3o une "Chronique”, résumant tous les faits se rattachant à la spécialité du Recueil.— Depuis la fin de 1914, le "Polybiblion" donne des comptes rendus en nombre considérable relatifs à la guerre européenne.II.— Une "Partie technique" (1 vol.par an), contient: lo une "Bibliographie méthodique” des ouvrages publiés en France et à l’Etranger, "avec Indication des prix"; 2o les "Sommaires" de nombreuses Revues françaises et étrangères; les "Sommaires" des grands Journaux de Paris (articles littéraires, historiques, scientifiques et artistiques, et articles se rapportant de près ou de loin à la guerre européenne).Envol de spécimen : 1 franc 50.PRIX DE L’ABONNEMENT Partie littéraire France, 36 fr.Etranger.Partie technique — 31 — — Les 2 parties réunies — 48 — — 45 fr.37 — 60 — REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XI CANADIAN LABORATORY SUPPLIES , Limited ?APPAREILS ET PRODUITS CHIMIQUES DE LABORATOIRES Physique Minéralogie Chimie Bactériologie Essais de Matériaux ?296 RUE SAINT-PAUL OUEST - MONTREAL Téléphone: DQIIard 2900 Montreal Steam Toilet Supply D.ROBB, Prop.SERVICE COMPLET ET EFFICACE POUR BUREAU OU USINE w 2214 BOULEVARD ROSEMONT - - MONTRÉAL XII revue trimestrielle canadienne industriels: LES INGÉNIEURS DIPLÔMÉS DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE PEUVENT S'ADAPTER FACILEMENT ET RAPIDEMENT AUX FONCTIONS TECHNIQUES SPÉCIALES DE L'INDUSTRIE, GRÂCE À LEUR FORMATION GÉNÉRALE BASÉE SUR UNE ÉTUDE APPROFONDIE DES SCIENCES ET UNE CONNAISSANCE PRATIQUE ET THÉORIQUE DE TOUTES LES BRANCHES IMPORTANTES DU GÉNIE.?Consultez-nous pour le recrutement de votre personnel technique LE COMITE DE PLACEMENT «*
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