La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1936, Septembre
1111 1 MONTRÉAL ime Année No 87 ssjfesi 'ssZ&S£%Mai OCL/ICIUUIC i7JU T rimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 225— I.Un Manuscrit botanique prélinéen.MARIE-VICTORIN, f.e.c.238— II.Le Spectre continu moléculaire de l’Hydrogène G.déjardin 258— III.La Science et l’Art des Jardins.Henri prat 271— IV.Plus de liberté dans le domaine économique Benoit BROUILLETTE 287— V.Au temps où l’on faisait la guerre en famille Mme Charles biêler 300— VI.Du Contrat de Travail (suite).Léon-Mercier GOUIN 327—VII.Revue des Livres.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLXJ^TO^y 0fr W|NN|pEQ MONTRÉAL LIBRARY 515 PORTAGE AVENUE .-WWNtëfa,.MAN.R38 268 COMITE DE DIRECTION Président: M.Olivier Maubault, p.s.s., Recteur de l’Umversité de Montréal.Membres: MM.Augustin Fhigon, Principal de l’Ecole Polytechnique.A.Mailhiot, Directeur de l’Ecole Polytechnique._ Aurélien Boyer, Principal honoraire de l’Ecole Polytechnique Armand Cibcé, Assistant-Directeur de l’Ecole Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Elèves.Victor Doeê, Présidént de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal.Léon-Mercier Gouin, Avocat.- .Théo-J.Lapbenièbe, Professeur à l’Ecole Polytechnique.Olivier Lefebvbe, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Mont- rga|.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Sübveyeb, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec._ L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Sübveyeb Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Fbigon, Olivier Maubault, Théo-J.Lafbenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Adhémar Mailhiot.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L'ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre._ _ La Revue est accessible à la collaboration de tous les publieistcs, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée oü de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, â la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Réilaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement &: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-Denis.MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT Il y :i des dépenses prévues: instruction, assurances, vacantes, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Xe vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Xe dissippez.pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de $120,000,000 55i BUREAUX AU CANADA D'HIER A AUIOURD'HUI Hier, en se servait de la plume d'oie et on s'éclairait à la chandelle, on mettait son argent dans un bas.Le monde moderne a fait disparaitre ces procédés désuets.N'y a-t-il pas encore, cependant, un grand nombre de personnes qui ont conservé la vieille habitude de garder leur argent dans un tiroir ou dans un endroit exposé au vol, au feu, etc.?Pourquoi ne pas déposer votre argent à la succursale la plus rapprochée de LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA CHS.A.ROY, Président.J.-U.BOYER Gérant Général. II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITÉ de MONTRÉAL Comprend les facultés et écoles f4CLLTES THEOLOGIE ' DROIT MEDECINE * PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE * INSTITUT AGRICOLE D’OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE - MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME ?suivantes : ECOLES Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St-Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l'Université de ' ‘ Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l’Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s'adresser au directeur: Coin avenue Viger et rue St-Hubert.MONTREAL 7079 IV UE VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE D E M O N T R É A L • FONDÉE EN 1873 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS:— Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques ( .'onstructions Civiles Génie Sanitaire Hygiène Physique Descriptive Mécanique I lydraulique Géologie ( îéodésie Métallurgie Travaux Publics ( ’hemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.T ÉL ÊPB ONES :— Administration:— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines: — LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DE M AN D E VOYEZ LA LISTE DE NOS ANNONCEURS A LA PAGE X Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL SEPTEMBRE J936 UN MANUSCRIT BOTANIQUE PRÉLINNÉEN' L’“Histoire des Plantes de Canada” Aussi fatalement que chaque jour ramène l’obligation d’accueillir la nuit, chaque nouvelle année impose au président de la Société canadienne d’Hi.stoire naturelle le devoir d’entretenir la société sur un sujet de son choix.Une espèce de tradition, de loi non écrite, dont votre serviteur est d’ailleurs tout le premier responsable, veut que ce discours présidentiel touche des idées générales ou des situations d’ensemble, propose des directives qui se rapportent à la croisade scientifique entreprise depuis quinze ans par notre société, et par l’Association canadienne-française pour l’Avancement des Sciences dont cette société fait partie intégrante.Nous avons beaucoup bataillé récemment dans notre champ clos habituel, et quoique nous entendions bien garder la poudre sèche, i ai résolu de commencer cette année dans une atmosphère d’un rose il’aurore, de suspendre le mousquet aux deux clous au-dessus de la cheminée, et de chercher dans les trésors de l’antique maison canadienne-française quelque vieux papier que nous pourrions lire ensemble sous la lampe tout en gardant, évidemment, le mousquet à portée de la main.t>r, j’ai précisément la bonne fortune de posséder un document botanique inédit de tout premier ordre, un papier rie famille dont, depuis vingt ans, mes collaborateurs et moi avons tourné les pages avec le respect que l’on doit aux voix qui se sont tues, à ces voix du passé si pleines d’humaine fragrance, et que rie périssables feuillets jaunis ont réussi à porter jusqu’à nous.Ce document, c’est l’Histoire des Plantes ilr Canada, manuscrit précieux que je veux vous faire connaître ce soir.1 Discours présidentiel prononcé devant la Société Canadienne il Histoire Sa-lurclle.le mercredi, gt) janvier 10.'tti. 226 UK VC K TRIMESTRIELLE CANADIENNE Il m'est d’abord très agréable de m’acquitter tout de suite d’un impérieux devoir qui est do remercier Mgr ( t hoquette, du Séminaire de Saint-Hyacinthe, le distingué savant à qui nous devons la révélation de ce trésor, et qui a bien voulu s en remettre a moi pour le faire connaître au monde scientifique; le Dr Dcorges Préfontaine, qui s’est donné beaucoup de mal pour aider a mes recherches en l'Europe; mademoiselle Marcelle ( îauvreau, bibliographe de 1 Institut botanique, qui a fait sur les sources possibles de ce document une patiente étude critique comparative, dont je me suis largement aidé dans ce travail.Je ne veux pas non plus oublier de remercier ici d autre-personnes qui m’ont aidé de diverses manières: MM.Jacques Rousseau et Jules Brunei, de l’Institut Botanique; M.Ægidius Fauteux, directeur de la Bibliothèque municipale de Montréal; MM.Gustave Lanctôt et F.-J.Audet, des Archives d’Ottawa; M.Pierre-Georges Roy, archiviste provincial; M.Henri Humbert, directeur de la Phané-rogamie au Muséum d Histoire naturelle de Paris.( omme ces recherches sont en cours depuis près de vingt ans, la mort a fauché quelques-uns de ceux envers qui j'ai de 1 obligation en cette matière: M.Henri Lecomte, du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, et 1 historien Benjamin Suite.Ix's quelque cent cinquante années d histoire coloniale qui forment ce que l'on appelle la domination française au Canada apparaissent généralement aux ( 'anadiens français d aujourd hui comme une période d’action violente et héroïque, période de gloire militaire poursuivie par de petites armées engagées sur un pays immense, période de création, de marche a 1 inconnu, ou la France, alors souveraine dans le domaine de l’esprit, manifestait par surcroît un esprit pionnier qu’elle ne s'était pas encore connu.Dans ce tableau vivant et coloré, où le raccourci de 1 histoire nous montre toujours au pas de course le découvreur et le colon, le soldat et le missionnaire, l'historien ne perçoit généralement pain présence plus effacée de l’homme de science, de la science du temps encore balbutiante, un peu grandiloquente et toute d’observation et de spéculation.Or, il y a une correction à apporter à ce tableau par trop conventionnel.Kn tant que la science botanique est concernée, je ne saurais mieux faire que de résumer ici la synthèse que j esquissais aux premières pages de la Flore laurcntiennc.On peut dire, sans trop solliciter les faits, que la botanique américaine est née chez les t anadiens français et que le premiet yV:._a UN MANUSCRIT BOTANIQUE PRELINNÉEN 227 botaniste de l'Amérique l'ut lands Hébert, l’apothicaire-herboriste de Paris, devenu le premier colon de Stadaconé.Les récits de voyage de Jacques Cartier, de Champlain, de Lescarbot, du frère Sagard et de plusieurs autres, les lettres de missionnaires connues sous le nom de Relations des Jésuites, et quelques autres documents encore, intéressent l’histoire de la botanique.Peut-être faut-il joindre aux écrits parascientifiques que nous venons de citer P Histoire veritable et naturelle de la Nouvelle-France (1664), où la plume naïve de Pierre Houchcr détaille, pour le bénéfice des cousins restés en France, les particularités frappantes de la faune et de la flore du pays.Dans le domaine des travaux botaniques proprement dits, nous trouvons que, dès 1635, Jacques Cornuti, de Paris, publiait son Canadensium Plantariun Historia, dont la majeure partie traitait de plantes canadiennes au moyen de textes descriptifs et de gravures excellentes pour le temps Dans cet ouvrage sont décrites et figurées pour la première fois certaines de nos espèces les plus remarquables: les Actées (Actaea alba, Aclaea rubra,) l’Apios (Apion americana), l’Herbe à la puce (R hue Toxicodendron), PAneolie (Aquilegia canadensis), l’Asarct (Asarum canadensé), etc.f.e livre de Cornuti est le premier ouvrage imprimé sur la flore de l'Amérique extra-tropicale.Le dernier quart du xvne siècle semble avoir été une période de grande activité botanique en Nouvelle-France.< "est le moment épique de la grande aventure coloniale de la France.Missionnaires, traiteurs et soldats poussent les canots d’écorce jusqu’au cœur du continent, ouvrent les routes, jalonnent l'immense empire.Partout, depuis la baie d'Hudson jusqu’au golfe du Mexique, des hommes instruits interrogent l'inconnu et sont jetés dans l’étonnement par la révélation d’une nature opulente et nouvelle.Là-bas, en France, dans la tranquillité du Jardin du Roi, Tourncfort règne sur la botanique.Il a des correspondants au ( 'anada et tous les navires lui apportent des matériaux nouveaux.Michel Sarrazin (1659-1735), médecin du Roi à Québec, le plus connu de ces correspondants, est en rapports constants avec Tourncfort et lui envoie les plantes les plus remarquables du pays, dont la plus célèbre, la Sarracénie, a immortalisé son nom.Fn autre de ses correspondants visite la côte de l’Amérique en 1706.Tourncfort lègue son nom à la postérité en lui dédiant le genre Diervilla.("est d’ailleurs à ce moment (1700) que l’illustre botaniste français publie ses /nstitutiones lia llerbariac où la notion du genre 22.^ U K V l ' K T Kl M KSTH11:1,L K < ' A N A DI K N N K est définitivement établie, ('et ouvrage est intimement associé à l'histoire de la botanique laurentienne, car il porte de nombreuses traces des travaux botaniques qui se poursuivaient alors en Nouvelle-France.("est au moyen de ce grand ouvrage, l'un des chefs-d’œuvre de la littérature botanique, que nous saisissons les processus gradués par quoi se sont élaborées nos connaissances sur la flore laurentienne.Tel est le cadre, le milieu historique où vient s’insérer l’Histoire des Plantes de Canada, manuscrit resté inédit, et qui est le document scientifique le plus important que nous ayons de la période prélin-néenne.Il sera peut-être intéressant de raconter en quelques mots comment Y Histoire des Plantes de Canada a été signalée à l’attention du groupe des botanistes montréalais, et quelles recherches ont été faites pour en élucider l’origine.L'analyse critique du contenu sera l'objet d’un autre travail qui sera publié en même temps que le manuscrit lui-même.Iœ 1!) novembre 1919, le chanoine Y.-A.Iluard, éducateur et naturaliste méritant, aujourd'hui décédé, à qui revient le mérite d’avoir gardé et entretenu chez nous la petite flamme scientifique allumée par l'abbé Léon l’rovancher, m'écrivait,—évidemment sous le coup d’une vive émotion,—ce qui suit: “Cher Frère Victoria, “Je viens vous parler de la chose la plus abracadabrante qui se pui&se voir.Imaginez que je suis en correspondance avec Mgr Choquette, du Séminaire de Saint-Hyacinthe, relativement à un manuscrit superbe de 300 pages qu’ 1 possède, qui est un Catalogue des plantes du Canada, fait par un contemporain et correspondant du Dr Sarrazin, qui à mon avis, ne peut être que Tournefort Mgr Choquette m’a envoyé la photographie d'une page, qui est d’une écriture ravissante.“Pour assurer la conservation d'un ouvrage unique et si précieux, j'ai proposé à Mgr Choquette de le publier dans le Naturaliste Canadien, avec des annotations appropriées que vous feriez.11 vous autorisera même à l’emporter chez vous pour faire ce travail, à condition que vous alliez le chercher; car il ne veut le confier ni à la poste ni à l'express, et il a bien raison.Après insertion dans le Naturaliste Canadien, nous pourrions en faire un tiré à part.Je compte, et avec moi la Science et l’Histoire nationales, que vous allez accepter la tâche glorieuse que je vous propose.Ma tâche à moi, ce sera de faire une copie pour l'imprimerie, et de corriger les épreuves avec une attention extraordinaire."Ce qu’il faut c'est que vous alliez chercher le manuscrit à Saint-Hyacinthe, qui n'est pas si loin de chez vous, et que vous voyiez ce qu’il y a A faire.Votre dévoué.Virtor-A.Huakd, /itrr "P.S.( e n'est pas tout: Il ne .suffit pas d'annoter et de publier le Catalogue eu question, il faut eu découvrir l’auteur! Je vous proposerais de vous faire donner par Mgr Choquette quelques pages photographiées, et de les envoyer à quelqu un de vos confrères de Paris qui irait confronter l'écriture de notre manuscrit avec UN MANUSCRIT BOTANIQUK l'RKI.INNKKN 229 celle qui doit pc trouver e des Sept et celui du Bcarer-l/all y ont puisé quelques-uns de leurs sujets et leur atmosphère.Ces pages sont un hymne à la neige et à la lumière magicienne.Sous les titres du Chanteur aveugle, du TU brillant da metier, de La cloche a sonné minuit, de Touque in cheek, d’Aleris le trotteur, l’auteur décrit de vieux-meubles de risle-aux-f oudres, nous présente des chanteurs et des conteurs populaires et nous raconte lui-même quelques légendes émouvantes ou gaies.La lecture du volume est d'autant plus agréable que des bois, gravés par d'excellents artistes, en rehaussent la belle typographie.Nous ne dirons pas que toutes ces images nous plaisent.Même en tenant compte du procédé, «pii ne permet évidemment pas toutes les finesses et toutes les souplesses, on peut ne pas les admirer toutes.< 'elles de Peter Haworth et de sa femme B.Cogill-Haworth, celles très différentes de Jackson et de George Pepper, sont cependant fort belles.Les en-têtes de chapitres de Marjorie Borden révèlent un sens très sûr de la décoration.—- < i.M. 328 KKVl'K TRIM KSTKI Kl.LK CANADIENNE I.KS LETTIUvS AT CANADA FRANÇAIS, (1ère série) par Maurice Hebert.Fn volume in-12, 2.50 pages.Prix: $1.00.Editions Albert Lévesque, Montréal.En publiant ce livre, M.Maurice Hébert a voulu servir la cause des lettres au Canada Français.Celles-ci ont un rôle de premier plan à remplir dans le drame de notre existence nationale 1 Cf.p.231 .Mais, pour être a la hauteur de la tâche, il faut que nos gens de lettres aient conscience de leur devoir et qu ils rencontrent dans le public l’encouragement auquel ils ont droit.“Dans notre intention, ces lignes ne doivent être que le cri d’alerte d'un simple veilleur répondant aux autres" p.247).Aussi bien, Maurice Hébert ne se comporte-t-il pas en critique outré qui découragerait les auteurs et leur aliénerait la sympathie du public.En guide averti, il trace soigneusement l'itinéraire d’une visite au royaume des lettres canadiennes-françaises, choisissant les auteurs et les oeuvres qui lui semblent avoir le plus de valeur.11 sait résumer avec clarté et exactitude, juger avec autant de vérité que de bienveillance.( >n le lira avec profit et avec plaisir pour mieux connaître et mieux servir “les lettres au Canada Français '.I APERCES GENERAEX : Critiques et critiqués.—U littérature de Dingue française au Canada.II ROMAN:— "La grande aventure de Lemoine d I-berville”.—“Né à Québec", “Louis Joliet".—“En homme et son péché".—“En romancier se raconte”.Ill 'l IIP.V1 RL: —“Le presbytère en fleurs .— Roules de neige".IV CRITIQEE LITTÉRAIRE:—“Sur les pas de nos littérateurs" -“Sous le Signe des muses .\ HIS10IRL El SOI VENIR: Histoire de la population canadienne-française"Le duel au Canada .I rente ans de Vie Nationale”.VI A LA RECHERCHE DES DISCIPLINES NATIONALES:—"En marge de la Politique".—En éditeur-auteur: Albert Lévesque.— “Les cordons de la Rourse".-—“Orientations".VII:—ENTRE NOUS: Le sort des écrivains et des Artistes au Canada français.MONCALM ET SES HISTORIENS, étude critique par l'abbé Georges Robi- taille.En volume in-12, 237 pages, douze illustrations hors texte.Editeurs: Granger Frères, Montréal.L’ouvrage tic l'abbé Robitaille est une excellente introduction à la lecture ¦ les historiens de Montcalm.L'auteur a enseigné vingt ans 1 histoire du < anada et c'est un chercheur.Rien documenté donc et doué, en outre, nous semble-t-il, du véritable sens critique il nous enseigne à lire judicieusement ce que nos historiens ont écrit de la vie de l'illustre marquis.La plupart, Carneau, Ferland, Casgrain étant, en ce qui concerne Montcalm, mal renseignés,ont commis bien des erreurs et des injustices.Le premier, M.Thomas Ghapais a fait, dans son beau livre “Le Marquis de Montcalm",oeuvre véritablement scientifique, et qui semble définitive, puisque, du moins, le- documents inédits publiés depuis n ont fait que consolider la thèse établie par le sénateur.- A son étude sur Montcalm, M.Robitaille a ajouté certains chapitres connexes, en vue de “désencombrer, comme il le dit, l'histoire de la guerre de Sept Ans et des héros canadiens de 1 e-poque, de légendes ou d opinions absolument insoutenables, et qui ont cours encore chez nous".Ce sont les chapitres.Vie: Madame de Pompadour est-elle la criminelle que Carneau et Casgrain nous montrent \ Il le: L alliance au- trichienne est-elle justifiable?.V Ille:— Les généraux français de la guerre de de Sept Ans méritent-ils le blâme dont on les couvre .’.IXe: ( e que la h rance a fait pour conserver le Canada de 17.5(1 à 1703. ReVI'K des livre: “l’AX NOSTRA", examen de conscience international.par Gaston Tessard.In-1 •>, 460 pages.Prix: 1S francs.Editeur: Bernard Grasset, (Il rue des Saint- Pères, Paris AT).Comment concilier l'amour de la paix avec l'amour de la patrie! Quelle position prendre en face ties théories contradictoires du pacifisme ou de 1 internationalisme d'une part et du nationalisme ou du racisme d'autre part ?La philosophie et la théologie chrétiennes fournissent-elles une solution sûre et précise à cet angoissant problème ?“Pax nostra” de Gaston l essard recherche et trouve cette solution tant désirée.Parmi les nombreuses publication récentes, c’est un ouvrage vraiment remarquable.Le sujet est de la plus grande actualité.Il est traité avec profondeur et clarté.Par-dessus tout, l'esprit du Christ, pax nostra, qui seul peut ré-concillicr les hommes entre eux et avec Dieu ', inspire ces pages.Le rôle nécessaire de In Justice et il, la Chante, sur le plan international, voilà le thème général de cette étude.Elle s'impose à tous les esprits sérieux, qui sentent le besoin pressant d’éclairer et préciser leurs convictions troublées par le danger sans cesse renaissant de révolutions et de guerres mondiales.Pareil “examen de conscience international" implique la discussion de nombreuses questions particulières, qui offrent par elles-mêmes un vif intérêt et une importance considérable.Par example: La lettre d un traité suffit-elle a de- “terminer la justice d’une cause?A quelles conditions l'appel à l'esprit d’un pacte légitime-t-il les revendications contraires?-—Le problème juif.Le cas de-minorités nationales .Aussi bien, les ( anadiens français trouveront-ils dans “Pax nostra” un excellent exposé des principes nécessaires nécessaires pour résoudre plusieurs problèmes qui les intéressent tout particulièrement.LES NATIONS ANGLO-SAXONNES ET LA PAIX par Charles I).Hérisson.En vol.in-12, 206 pages.Librairie du Recueil Sirey, 22 rue Soufflot, Paris.“Ce livre est de circonstance: je l'ai écrit parce que j'ai été frappé de l’incompréhension dont font souvent preuve les Français à l'égard des peuples anglo-saxons” préface, p.15).Il sera également très utile à tous les lecteurs sérieux à une époque où la vie est, pour ainsi dire, à l’échelle internationale.Ixi méthode selon laquelle l'auteur a mené son enquête et en expose les résultats ajoute à l'intérêt du sujet lui-même, l in effet, il ne s’attarde pas outre mesure à analyser les déclarations ou les actes officiels des gouvernements.Pour comprendre et apprécier exactement l'attitude des nations anglo-saxonnes à l’égard degrands problèmes internationaux, il faut connaître l’état d'esprit du peuple et les réactions intimes fie l’opinion publique ainsi que les forces, plus ou moins occultes, qui agissent dans la coulisse.Charles Hérisson a donc beaucoup voyagé en Europe et dans le Nouveau-Monde.Mais, il était un voyageur sans mission officielle.Son expérience a été ainsi beaucoup plus riche et plus vraie.Il n'a pas eu entre lui et les pays qu'il visitait cette espèce d’écran qui borne et obscurcit la vision d'un personnage officiel.Il rapporte simplement ce qu'il a vu et entendu, laissant souvent parler les Américains et les Britanniques.Dans un esprit très impartial, très perspicace et très averti, il explique les paroles et les faits recueillis.“L’idéologie de la paix ¦— est une partie de la conscience nationale britannique" i p.29 !.Ce n'est pas tant la possession de gros armements qui peut être hi.vi i: trim i :s i uiki.i.i: can a dikn.nk 330 inquiétante pour la sécurité des Etats ¦ il paraît difficile de refuser cc droit a une nation souveraine mais la mentalité belliqueuse et 1 esprit de conquête qui.en dépit île déclarations officielles en faveur de la paix, sont soigneusement cultivés dans certains pays.Les armements dans les pays anglo-saxons ne -ont une menace contre aucune nation européenne.'' p.39 .Le prochain ouvrage de ( Hérisson aura pour t it re : \ isions et Méditât ions canadiennes".Nous l'attendons avec impatience et l'accueillerons avec sympathie.L'INTELLIGENCE AVANT LE LANGAGE, par le Docteur l'ierre Janet.I n vol.in-N.292 page.-.Prix: 12 franc-.Librairie Flammarion, 2t> rue Racine, Paris.Ce volume contient la seconde partie d'une étude sur 1 "intelligence élémentaire" par le Docteur P.Janet.La première partie a paru l'an dernier, dans la Bibliothèque de Philosophie Scientifique, sous le titre "Débuts de 1 intelligence .i ln y examinait les premiers actes intellectuels et les premiers objets intellectuels auxquels ils donnent naissance.( )n nous présente ici d autre- objets intellectuels qui ont joué un role considérable dans l'établissement des relations de
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