Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

La revue trimestrielle canadienne, 1936, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
e année Texte détérioré /K MONTRÉ.Décembre 1 *jiX Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts-Finances—Transports.Pages 337— 342— 359— 373— 394— 402— 426— 444— SOMMAIRE I.“L’Énergie et le Progrès social”.Arthur surveyer II.Les Origines de la Race et de la Mentalité françaises depuis la Préhistoire jusqu à ' l’Établissement du Christianisme.A.LAQUERRIERE , Louis BOURGOUIN III.Étude des Charbons de Bois canadiens.PauI beaudoin IV.À la Recherche de notre Personnalité.Jean saucier V.André-Marie Ampère.Léon LORTIE VI.Aperçu sur nos Connaissances en Plasticité MFRCIOT des Matériaux de Construction.Albert MERCIOI VII.Du Contrat de Travail (suite).Léon-Mercier gouin VIII.Revue des Livres.1936 /A-' ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES QVJP V.ÉCOLE POLYTECHNIQUE V - Nl/sra'?'.MONTRÉAL " 7 -J COMITE DE DIRECTION résident: M.Olivier Maurault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.’ Membres: MM.Augustin Frigon, Principal de l’Ecole Polytechnique.A.Mailhiot, Directeur de l’Ecole Polytechnique.Aurélien Boyer, Principal honoraire de l’Ecole Polytechnique Armand Circé, Assistant-Directeur de l’Ecole Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Elèves.Victor Doré, Président de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’Ecole Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes._ Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal._ .Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Adhémar Mailhiot.‘ Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Rame Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la sour ci d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura ili envoyé un exemplaire à la Rédaction.AdreasT toute communication pour leB abonnements, publicité, collaboration etc.directement ù: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-Denis.MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE-?JAM ‘- 0 ]f3/I A- omcE CF THE om TOUT LE MONDE A BESQtët.:4 D’ARGENT k dup: Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances,vacates,a'V souscriptions, cadeaux Alais il y a aussi des dépenses imprévues, maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Ne vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Ne dissippez pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de 8126,000,000 553 BUREAUX AU CANADA 'JrUST HeNKPAL OU (a N ADA I Capital versé: $1,105,000.00 Biens en régie, plus de $46,500,000.00 I President: Hon.J.-M.Wilson Vice-Président: Hon.D.-O.L’Espérance Vice-Président : Beaudry Leman Directeur Central: René Morin, X.P.EXÉCUTEUR TESTAMENTAIRE FIDUCIAIRE ADMINISTRATEUR— PROCUREUR AGENT FINANCIER, ETC.112, rue St-Jacques Ouest Montréal 71, rue St-Pierre Québec II BEVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITE de MONTREAL Comprend les facultés et écoles suivantes: • FACULTÉS THEOLOGIE * DROIT MEDECINE ' PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE '¦y*/ ÉCCLES PHARMACIE - SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D'OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE - MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME ?Pour tous renseignements, s'adresser au Secrétariat général 1265, rue St-Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III — Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l'Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l’Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Viger et rue St-Hubert, MONTREAL IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Épargnez régulièrement Notre banque a foi dans son expansion et dans le succès de ses clients.Elle recommande l’ouverture d’un compte en dépôt à l’une quelconque de ses multiples succursales.Elle suggère même aux déposants du département d’épargne d'ajouter à leurs dépôts l’intérêt semi-annuel que la banque consent à la clientèle de ce Service.E LA RÉGULARITÉ DANS L’ÉPARGNE CONDUIT AU SUCCÈS.U BANQUE PROVINCIALE DU CANADA OUVRAGE DE BOIS DE TOUTES MANUFACTURE SORTES Finissage général d'intérieur Portes, Châssis, Moulures, Etc.BENOITS MATHIEU 1215, rue Saint-Timothée Montréal HArbour 6243 Agents tendeurs des produits D U R A L I T H Perfectionnés par les architectes pour façonner les murs Planche murale " BEAVER BOARD ’’ 22ème année \o 88 MONTRÉAI.Décembre IWh Revue Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur —Economie politique et sociale— Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.VOLUME XXII Mars Juin—Septembre—Décembre 1936 ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL TABLE DES MATIERES VOLUME XXI Art de l’ingénieur.La Physionomie de l'ancienne Ecole Polytechnique, par Paul Béique 12 Note sur la Résolution algébrique des Equations, par Jules Poivcrt 40 Principes de Similitude - Loi de Froudc, par Raymond Boucher 51 Du Contrat de Travail, par Léon-Mercier Collin 09, 300 et 426 Exploitation d'un Gisement d'Amiante, par Léo Brossard 146 L'Energie et le Progrès social, par Arthur Surveyor 337 Etude des Charbons de Bois canadiens, par Louis Bourgoin et Paul Beaudoin .3.59 Aperçu sur nos Connaissances en Plasticité des Matériaux de Construction, par Albert Merciot 102 Biographie.l'n grand savant français, Jean-Baptiste Dumas, par Albert Ranc 62 André-Marie Ampère, par Léon Lortie - .394 Economie politique et sociale.Aux Marches de l'Est Québécois, par le chanoine Emile Chartier 1 Economie complexe et Organisation économique mondiale, par Charles Hérisson.20 et 171 Xéo-eorporati me et Association professionnelle, par Arthur Saint-Pierre 4.5 L'Ecole d'Hygiène sociale, par Dr Joseph Baudouin 193 Plus de Liberté dans le Domaine économique, par Benoît Brouillette 271 L'Energie et le Progrès social, par Arthur Surveyor .337 Les Origines rie la Race et de la Mentalité françaises, depuis la Préhistoire jusqu'il l'Etablissement du Christianisme, pat le docteur A.Laquerrière 342 Enseignement.L'Enseignement supérieur à Montréal, par Olivier Maurault, p.s.s.113 La Science et l'Art des Jardins, par Henri Prat 2.5S Histoire.Aux Marches de l'Est Québécois, par le chanoine Emile Chartier 1 La Physionomie de l'ancienne Ecole Polytechnique, par Paul Béique 12 L'Enseignement supérieur à Montréal, par Olivier Maurault, p.s.s.113 Un Manuscrit botanique prélinnéen, par Fr.Marie-V'ictorin, f.e.c.22.5 Au temps où l'on faisait la guerre en famille, par Mme Charles Biéler 2S7 Les Origines de la Race et de la Mentalité françaises, depuis la Préhistoire jusqu'à F Etablissement du Christianisme, par le Dr A.Laquerrière 342 IV TABLE DES MATIERES Hygiène.L’École d’ilvgiène sociale, par le Dr Joseph Baudouin 193 Législation.Du Contrat de Travail, par Léon-Mercier Gouin 69, 300 et 120 Mathématiques Note sur la Résolution algébrique des liquations, par Jules Poivert tu Principes de Similitude et Loi de Froude, par Raymond Boucher ôl Médecine A la Recherche de notre Personnalité, par Dr Jean Saucier.373 Psychologie.A la Recherche de notre Personnalité, par Dr Jean Saucier .373 Sciences.Principe- de Similitude et Loi de Froude, par Raymond Boucher ôl I n grand savant français, Jean-Baptiste Dumas, par Albert Ranc 62 Comment et pourquoi se développe un embryon, par Ernest Van f umpenhout .123 Fn Manuscrit botanique prélinnécn, par Marie-Yictorin, f.e.c .22ô Le Spectre continu moléculaire de l'Hydrogène, par Cl.Déjardin .23s La Science et l'Art des Jardins, par Henri Prat .2ôS Etude des Charbons de Bois canadiens par Louis Bourgoin et Paul Beaudoin 3ô(l André-Marie Ampère, par Léon Lortie.393 Aperçu sur nos ( 'onnaissances en Plasticité des Matériaux de Construction, par Albert Merciot.302 Revue des Livres.Vie de l’Ecole et de l’Association.Page- 100, 227 M.AURÉLIEN BOYER Au nom du Conseil d'administration et des collaborateurs de la Revue trimestrielle canadienne, j'apporte un dernier hommage à M.Aurélien /loyer, décédé le novembre.I)’autres apprécieront sa carrière d'ingénieur, modèle (le rayonnement.Son initiative s'est répondue dans plusieurs domaines, de Vindustrie à la construction.Il apportait à scs oeuvres une énergie souriants’ où l'on croyait surprendre une sorte de résignation, presque de la douceur, mais qui cachait une volonté de fer.l)c gw lie ténacité, faite d'audace et di patience, il a marqué sa ne.En IS9S, il installe le télégraphe en Colombie britanique, peu apres la course vers l'or, h piétinement dans la lunaire du nord dont ma génération garde le souvenir.Il était lancé.La suite de sa vie le relient dans l'industrie.En cela, il est un précurseur, un de ces “capitaines'' tant réclamés, même en France.Il ne reculait pas devant le risque où l’entraînait son imagination.S'il ne réussissait pas du premier coup, il mettait dans l'attenU une confiance presque joyeuse.Il m'a souvent parlé de ses projets: chaque fois j'ai eu Vimpression qu’il jouait avec la chance ii la manière d'un gentilhomme.Il tenait de famille son esprit di ‘‘civilité".Lorsqu'il revint à l’Ecole polytechnique pour la diriger, il assuma sa tâche comme un devoir social.Son intelligence réaliste s'ouvrait d elle-même au progrès: sous son impulsion, l' icole s'est engagée dans une voie nouvelle où, plus tard, M.Augustin Frigon, collaborateur averti de M.Boyer, devait la maintenir.J’ai entendu, raconter les commencements de l’i.colc par mon frère, b’ docteur Ludger Monlpetit qui fut de cette période héroïque.Quille poussée depuis, et, somme toute, en peu de temps, des hommes coinnu M.Boyer lui ont donnée ! Et quelle preuve (le progrès par l'enseignement, qui devrait être noir» premien préoccupation : M.Boyer, avec Arthur Surveyor et quelques autres, lirait contribué à la fondation de la Revue trimestrielle canadienne.Notre oeuvre lui U nuit à coeur et, si j'ose in exprimer ainsi, nous perdons en lui quelque chose de l’âme qui nous a soutenus ilans l'ingratitude d'une entreprise île cette sorte.Sans doute le souvenir de M.Boyer nous reste et nous incite à poursuivre notre tâche.Comment oublierons-nous les dernières seances du ( onseil i les Humains apportaient un appoint important à notre mentalité, ils ne nous fournirent que peu de sang.Les soldats de César paraissent n'avoir jamais été plus de 50,000; la conquête ache\oc, les legions qui restèrent en Gaule furent cantonnées aux frontières du Htiin.11 vint certainement des administrateurs et des marchands, d'anciens soldats s’établirent parce qu’on leur donnait dos terres.Mais il est bien probable que marchands et militaires retraites étaient pour une lionne part originaires de la Gaule Cisalpine et de la Xarbonnaise.D'autre part les Gaulois étaient déjà commerçants, puis ils furent bien vite assez assimilés P(,ur former les lonctionnaires.On n eut floue* pas besoin (h* beaucoup de Humains.< )n ne peut donner aucun chiffre mais on peut être certain que ce chiffre fut très faible comparativement avec plusieurs millions (certains disent 10 millions) auxquels on fixe le nombre ties ( laulois au moment de la conquête.L apport intellectuel des Humains fut ce qu its avaient appris ties (trees: la sensibilité, le sens tie la Pitié, le sens de l'Humanité et la philosophie grecque; toutes choses que les disciples fies Druides LES ORIGINES DE LA RACE FRANÇAISE :{.)ô étaient tout prêts à recevoir.Puis ce l'ut ce qui caractérisait le génie latin et avait fait la grandeur de Home; le culte de l’ordre et de la logique qui se traduisent en pratique par l’amour de la convention claire, du texte précis et aussi la passion du raisonnement et de la discussion, le besoin d’organiser, le désir de faire grand et durable.Ils nous fournirent peut-être, de plus, la sensation que la discipline, bien que contraire à notre tempérament, était parfois nécessaire.Mais ils ne nous firent pas cesser d’être individualistes: à la condition de payer les impôts et de rendre le culte public prescrit envers l’empereur, les Gaulois pouvaient penser ce qu’ils voulaient et choisir à leur fantaisie parmi les différentes sectes philosophiques.La prospérité de l'État permettait à chacun d'agir à sa convenance: les bavards exerçaient leur éloquence dans les luttes du Forum, les belliqueux trouvaient dans l’état militaire le moyen de satisfaire leur penchant, les aventuriers avaient la faculté de courir d’un bout à l’autre de l’empire, les commerçants rencontraient des débouchés insoupçonnés, les artistes écoulaient facilement leurs œuvres.Tous travaillaient sans être ni gênés, ni brimés.11 y avait des routes, une police, une administration et le nouveau peuple, les Gallo-Romains, était heureux sous l’égide de la grande, de la majestueuse paix romaine.Mais à propos du Gallo-Romain je voudrais faire une remarque toute personnelle.Quand on dit que les Français sont des Latins, il me semble qu’il ne faudrait pas prendre au pied de la lettre cette affirmation.Les Romains nous ont donné très peu de sang et anthropologiquement nous ne sommes pas plus des Latins que les Italiens ne sauraient être traités de Gaulois, sous le prétexte que les Celto-Ligures ont pendant longtemps occupé une part notable de leur pays.Cérébralement le sommes-nous davantage?Oui évidemment car la mentalité italienne est certainement très près de la nôtre, car d’autre part notre civilisation a continué celle de Rome.Mais il me semble injuste d’oublier cpie dans ce que les Latins nous ont apportés, nous avions pris bien des choses qui venaient des Grecs, comme l’humanité qui n’était pas le fort de nos conquérants; que d’autre part nous avons tout de même des qualités avant leur arrivée.Henri Hubert n’hésite pas à écrire que les Gallo-Romains n’étaient que des Celtes déguisés.Il est probable que si nous avions accepté d’enthousiasme la civilisation latine au point d’oublier notre langue et nos traditions, c’est que nous hi: \ti: thi.m ksthikllk can a dikn v i- •i 56 étions déjà très évolués et évolués dans le même sens s exemples de cette catégorie d’humains ne manquent pas.Rappelez-vous l’ami ou le parent (pii aime trop son argent, et qui ne s’en départit, momentanément du reste, (pie pour l’échanger contre des valeurs excellentes payant de gros dividendes ou encore, qui donne, le moins possible en général, et à la condition (pie l’on en parle beaucoup et longtemps, à moins qu’on ne le décore.Il aime à être entouré de prévenances et de respect : il l’exige presque de ses subalternes.Il tolère mal la discussion et il ne peut pas admet tre qu’il ait tort.Quand il est intelligent tout va bien, surtout s’il est le moindrement actif et bon, car il peut être fort utile aux siens et, par extension, à son pays, Richelieu, Xapoléon, Mussolini ont tiré bon parti de leur avidité; ils ont communiqué à leurs sujets l’orgueil de la patrie et leur ont infusé le goût du prestige national.Chez Henri VIII, qui était par ailleurs indolent, pervers et instable, l’avidité orgueilleuse a abouti au schisme et a ébranlé la couronne britannique, heureusement raffermie par Elisabeth, cette autre ambitieuse et perfide, mais, par son activité bien ordonnée, brillante organisatrice du royaume.Les avides, que ce soit d’argent ou d’honneurs, sont en général d’assez désagréables compagnons.Ils ont ce (pie l’on nomme communément “mauvais caractère”; leur critique n’épargne personne.Ils ont toujours raison.Ils monopolisent la vérité.Avec cela, ils sont méfiants, jaloux, querelleurs, volontiers tyranniques.Ils font des amoureux insupportables, — le cas d’Henri VIII est assez démonstratif bien que, chez lui, l’instabilité hyperémotive fût aussi responsable de ses répudiations successives (pie son orgueil.S’ils sont en même temps très émotifs, les avides sont susceptibles et prompts à l’invective.Ils se brouillent avec tout le monde et ils se plaigent de l’injust iee d’autrui.Ils adorent les procès et le tapage autour de leur personne.Ils revendiquent pour eux la vérité, la droiture, la bonne foi.S’ils sont peu pourvus d’intelligence, leur prétention devient de la fatuité et de la sottise.11 ne faut pas confondre le légitime orgueil avec la vanité.La vanité, a dit fort adroitement un psychiatre français, Chaslin, est l’orgueil des sots.Vous avez tous connu quelques spécimens de nullités solennelles.Ils n’impressionnent jamais longtemps! A.LA RECHERCHE DE NOTRE PERSONNALITÉ 381 J,R diminution de l’avidité crée les désintéressés, les humbles et les modestes.Ils sont moins tapageurs et moins brillants que les premiers, mais ils sont infiniment moins dangereux.Ils sont aussi moins intéressants.Ils suivent l’élan des chefs, non pas tant par conviction que par soumission et par absence d’ambition.Ils ne visent pas à très haut, l'ne paisible médiocrité leur suffit.Ils ne cherchent pas à se distinguer.Ils font partie intégrale du troupeau.Ils ont, dirais-je, en utilisant une terminologie qui plaît aux Anglais, l’esprit foncièrement grégaire.Ils n’ont même pas l’ambition (pie l’on reconnaisse leurs justes mérites.La richesse et les honneurs ne les intéressent point.Leur essence est d’être anonymes.L’atrophie de l’avidité ne donne lieu à aucun conflit et l’on n’a pas décrit de constitution pathologique correspondant à une humilité et à un désintéressement morbides.Ces dispositions sont, en effet, bien rares, car l’avidité est presque essentiellement humaine.On s’est occupé davantage des premiers, des déviés dans le sens hypertrophique.Les omnipotents ombrageux, les méfiants ont tous une tendance, de par leur sentiment d’indéfectibilité, à raisonner un peu à côté.On appelle ces individus des paranoia-ques.( ette appellation est un peu cocasse et n’est pas très agréable à l’oreille.enfin, elle est admise.Elle provient de deux mots grecs qui signifient raisonner à côté, raisonner faussement.L’aboutissant pathologique tie ces tendances se manifeste par d’absurdes idées de grandeur ou de persécution.* * * Nous avons dit tantôt que la bonté était la possibilité de s’oublier au service d’autrui.Le défaut par excès de cette belle disposition ne nous retiendra pas très longtemps.Les trop bons, les débonnaires et les bonasses ne sont pas très intéressants; du reste, à l’exception des très grands saints, du Job biblique par exemple, ils sont assez rares.La plupart du temps, leur excessive bonté est un peu sotte et s’explique partiellement par une déficience intellectuelle.L’éternel mari trompé, qui pardonne toujours à sa femme adroitement repentante ou menteuse, est bien bon, certes, mais comme il est bête! D’autres fois, cette sotte sollicitude est déterminée par des débordements hyperémotifs: c’est le cas de ce brave père (loriot de Balzac.( ’est le cas de tous ceux qui pardonnent toujours et qui ne sévissent jamais.Si elle devient excessive et injustifiée, la bonté est imbécile ou sénile. R K V I' I ; TRIM KSTKIK LL K CAN'A IM K .VN K 3S2 Les individus chez cjui la bonté est très affaiblie ou absente sont fort à plaindre.Je vous surprendrai peut-être en affirmant qu’ils sont des demi-malades, mais c’est exact.Ils n’ont pas choisi délibérément leur lot.Ils sont nés ainsi.Maurice de Fleury dit d’eux qu’ils sont inaptes à la tendresse et à l’amitié, indifférents aux caresses, aux éloges, aux récompenses, aux punitions, voire aux châtiments les plus rudes.On les reconnaît dès l’enfance.Ils se montrent déjà désobéissants, querelleurs et rancuniers.D’abord fléaux du mobilier et des fleurs, ils s’en prennent bientôt aux animaux quand ce n’est à leurs compagnons de jeux.Ils sont avides de douleur et de sang.A l’âge adulte, ces petits pervers peuvent en demeurer aux délits mineurs si le sens moral n’est pas chez eux complètement atrophié, mais si par contre ils sont dépourvus de toute bonté, ils glissent graduellement vers les crimes les plus effroyables.S’ils sont intelligents et un peu actifs, ils sont une menace pour la sécurité publique: on se souvient encore de Landru, cette brute sanguinaire qui tuait par plaisir.Les annales judiciaires de notre ville contiennent des récits tout aussi peu rassurants.Les gangsters, les kidnappers, — il faut employer ces mots nouveaux tels qu’ils sont afin de leur conserver le plus longtemps possible leur origine étrangère, tous ces racketeers sont des pervers cpti ne reculent devant rien et qui tuent avec la plus grande aisance.Les plus illustres parmi eux sont fort intelligents et il faut procéder avec beaucoup de tact et de stratégie pour les arrêter.Le plus grand nombre des pervers, fort heureusement, sont en même temps des débiles mentaux.Ils sont, en général, une proie facile pour la sûreté, mais combien de mal n’ont-ils pas fait avant qu’on les coffre! Sur ces bourreaux fermés à la tendresse et au repentir, les punitions restent sans effet.Ils récidivent toujours: ils ne s’adaptent à aucune situation; ils ne s’amendent jamais.C’est afin de résoudre partiellement l’énorme problème de leur maniement que l’on édifie un peu partout des asiles-prisons, cette excellente formule (pii allie à la notion d’état maladif celle de sanction judiciaire.* * * Nous en arrivons enfin aux déviations de la sociabilité, que je définissais tantôt: l’amabilité, la simple bienséance des individus sincères.L’exagération maladive de cette disposition aboutit à un singulier état que Delmas définit: “une tendance native, près- À LA RECHERCHE DE NOTRE PERSONNALITE 383 que impulsive à créer des mensonges, des fabulations, des mythes, dans les paroles, les attitudes et les actes”.Le menteur purement verbal s’appelle un mythomane.Le menteur dans les attitudes et les actes se nomme un pithiatique, — plus communément, • un hystérique.La simple tendance à la mythomanie est caractérisée par le besoin de se rendre intéressant, de plaire, d’étonner, d’émerveiller, d’altérer plus ou moins consciemment la vérité.Comme le trop avide, le trop sociable est fort occupé de sa personne, mais il s’en distingue pourtant assez aisément: le premier est.content de lui, il est orgueilleux et méfiant; le second n’est pas tant satisfait de lui-même qu’il veut plaire à tout prix, se faire admirer et susciter l’étonnement.11 est plus vain qu’orgueilleux.Il n’est [tas essentiellement méfiant.Vauvenargues, qui n’était pas psychiatre, mais qui savait bien observer, disait fort a propos; Le désir de plaire est déjà un mensonge! L’observation quotidienne paraît confirmer le fait que les tendances a la mythomanie sont plus fréquentes et plus prononcées chez la femme que chez l’homme, ce qui ne veut, en rien dire que les hommes soient complètement indifférents au désir de plaire! Admettons si vous le voulez bien, avec la majorité des observateurs, (pie les femmes sont plus mythomanes (pie les hommes; par conséquent, sans jouer sur les mots, ce n’est pas mentir que d’affirmer que les femmes sont naturellement plus menteuses que les hommes.Peu importent, du reste, ces tendances lorsqu'elles ne demeurent qu’a l’état de tendances, à l’état de tout petits travers, que nous tolérons presque avec plaisir.Il n’est pas anormal de désirer plaire à autrui.Ce désir ne s’entache de morbidité que lorsque nous voulons plaire pour attirer, pour étonner, et l’admiration recherchée s’obtient rarement sans quelques sacrifices à la vérité, ne serait-ce que l’habile maniement des cosmétiques.Kn somme, lorsque l’on cesse d’etre naturel, on est un peu un autre individu, par conséquent, on ment.Diderot a dit fort habilement qu’on ne ment plus guère quand on s’est départi de la prétention d’occuper les autres de soi.Les relations mondaines quotidiennes comportent un peu, parfois beaucoup de flatterie, et la flatterie est un mensonge, tellement que les destinataires de compliments trop enguirlandés se disent spontanément: 11 faut en prendre et en laisser! Ht cependant, on se laisse facilement prendre aux filets du menteur quand il est intelligent et beau parleur, quand il sait nuancer son récit et 384 RK VI ' K TRIM K STR IK LL K CANARI K N N K lui laisser, au moins, les apparences du vraisemblable.Avez-vous déjà entendu une histoire de chasse ou de pêche où le conteur n’était pas, ou très chanceux ou très habile?S’il raconte finement et sait bien ménager ses effets, on sait qu’il ment mais on le tolère; on l’estime presque.On méprise par ailleurs le vantard verbeux qui débite des sottises et on le fait taire.On a dit avec emphase que la vérité sortait de la bouche des enfants.Cet aphorisme a encore cours, si je ne me trompe.Rien n’est plus faux.Le psychiatre français Dupré a montré, observations nombreuses à l’appui, (pie l’enfant était naturellement mythomane et que ce n’était qu’avec l’âge (pie s’établissait chez lui le degré de sociabilité qu’il aura plus tard.Les enfants sont à peu près tous menteurs parce (pie leur besoin de mériter des friandises, des congés, des caresses, les pousse à se montrer sous leur aspect le plus éclatant, dussent-ils, bien inconsciemment, trahir la vérité.Chez les normaux, le développement de l’intelligence a vite fait de corriger ces mineurs égarements tandis (pie les véri-bles mythomanes continueront dans l’adolescence et dans l’âge adulte leurs éternelles déformations des faits.Les hypocrites, les onctueux, les individus aux manières oléagineuses, à la poignée de mains trop adhérente sont encore des menteurs; ce sont pour la plupart des arrivistes.Lorsque les menteurs mentent avec leur corps, ils simulent habituellement des maladies: ce sont des aphonies subites, des paralysies, des abolitions de la sensibilité, des surdités, enfin, toute la pathologie y passe.On les dépiste aisément en recherchant chez eux la signature organique, la lésion anatomique qui fait toujours défaut.Ces individus, étonnamment plastiques, guérissent le plus souvent par la simple persuasion, soit verbale, soit manuelle, soit électrique.C’est pour cette raison qu’on appelle cette manifestation du mensonge corporel le pithiatisme, signifiant: guérissable par la persuasion.L’antithèse du mythomane c’est I’invididu qui est peu sociable, qui n’a aucun souci de plaire, qui même fait presque effort pour ne pas altérer la vérité: c’est le cynique, celui qui dit tout, même si ce qu’il a à dire est fort désagréable.Molière l’a décrit admirablement dans le Misanthrope, personnage détestable, certes, mais tout de même plus recommandable (pie le fourbe qui trame A LA UK CH K H CI IK DK N'OTHK P K HS O N N" A LIT K 385 aimablement quelque perfidie ou le dissimulé qui travestit In sincérité.* * * L’ensemble de ces cinq dispositions affectives: activité, émotivité, avidité, bonté et sociabilité constitue le tempérament, sur lequel viendront se greffer les fruits de l’expérience, véritables éléments acquis, qui n’influencent que bien superficiellement, et jamais de façon durable, la force quasi aveugle (pie représentent les dispositions innées de l’affectivité.Vous allez sans doute vous demander où se trouve l’état normal parmi tant de déviations éventuelles.L’opposition que le langage a créée entre les épithètes normal et pathologique ne peut rendre parfaitement compte de tous les cas; en réalité, cette opposition trop intransigeante a été remplacée par une dégradation à peine perceptible du normal au moins normal, du morbide au plus morbide.(’es constitutions psychopathiques dont j’ai exagéré à dessein les reliefs ne sont pas des psychoses, mais des virtualité.s de maladies mentales.Lorsque nous parlons du cas léger, du très peu dévié, de celui que nous appelons un petit cyclothymique, un petit émotif, un petit mythomane, nous parlons en vérité d’individus normaux ou presque normaux.Je suis parfaitement de l’avis de Maurice de Fleury lorsqu’il affirme (pie même chez les personnes d’excellente santé mentale, le parfait équilibre se rencontre assez rarement.On est pratiquement normal et c’est l’essentiel.Une analyse un peu serrée, dit-il encore, montre chez presque tous, un léger excès ou bien un petit déficit d’une de nos dispositions affectives normales.Je puis vous le prouver assez facilement.Vous tous qui m’écoutez ce soir n’êtes ni maniaques ni mélancoliques, et pourtant, vous avez bien parfois vos petits moments d’agitation ou de lassitude; vous n’êtes certainement pas en ce moment, en proie à une très grande anxiété,—-sauf ma femme peut-être, — mais vous avez sûrement, à l’occasion, la réaction un peu vive; vous n’êtes pas, je l’espère, des paranoïaques, et cependant, il ne vous est pas désagréable que l’on signale vos qualités, comme du reste, vous n’êtes pas totalement indifférents à l’argent; R K Vf K T RI M K ST KIE L LE ( ' A X A I) IE X X E 386 je suis assuré que vous n’êtes ni pervers ni cruels, mais qui n’a pas commis, de temps en temps, une petite méchanceté, ne fût-elle que verbale?non, vous n’êtes pas des mythomanes ni des hystériques, mais la vie vous met tous, assez souvent, dans des circonstances où il faut mentir! En vérité, la normale intrinsèque, absolue, n’existe pas dans la vie affective.Et voilà que nous avons fait un grand pas dans la recherche de notre personnalité.En somme, où en sommes-nous exactement ?Si vous voulez bien, nous allons faire le point.Je répète: notre personnalité totale est faite de nos trois aptitudes intellectuelles: mémoire, imagination, jugement; et de nos cinq dispositions affectives: activité, émotivité, avidité, bonté, sociabilité, tous éléments inconscients, innés, irréductibles, fondamentaux, héréditaires; elle est faite également de nos acquisitions en cours de vie: nos goûts, habitudes et croyances, éléments acquis, conscients, superficiels, d’importance toute relative.Et maintenant, il est relativement aisé d’imaginer l’immense variété de types différents que peuvent déterminer les combinaisons de ces trois aptitudes et de ces cinq dispositions.Si nous représentons par zéro l’état normal, par moins un, moins deux, moins trois les diminutions, et par plus un, plus deux, plus trois les augmentations de ces trois aptitudes et de ces cinq dispositions, soit par sept degrés différents, nous aurons un nombre de réalisations possibles égal à sept élevé à la huitième puissance, c'est-à-dire à 5,704,801.Ce chiffre est encore bien loin de la vérité puisque même en supposant (pie deux individus eussent les mêmes caractéristiques intellectuelles et affectives, nous pourrions trouver dans les éléments de leur personnalité acquise des distinctions innombrables, et nous n’avons cependant rien dit de l’influence corporelle ou physique sur notre personnalité.Nous pouvons bien croire, sans crainte d’erreur, qu’il y a autant de personnalités que d’individus.Il n’y a pas plus de personnalités identiques qu’il n’y a de visages parfaitement superposables.Vous avez jusqu’à présent, Mesdames et .Messieurs, écouté avec beaucoup de bienveillance et d’attention.Vous êtes sans doute un peu las de mes énoncés presque entièrement statiques.Nous allons donner un peu do mouvement à cet ensemble.Nous allons essayer de reconnaître, à l’occasion de quelques manifestations de l’âme humaine, quelles sont les dispositions qui entrent en jeu et dans quel sens elles opèrent. A LA REÇUKRC'HK DE NOTRE PERSONNALITE 387 Une dizaine d’exemples suffiront.Qu’est-ce donc qu’un enthousiaste?C’est un hyperémotif actif.Un indécis?(’’est encore un hyperémotif, mais déprimé.Un égoïste?C’est un avide sans bonté.Un ambitieux?("est un avide excessivement sociable.Un compatissant?("est un hyperémotif bien pourvu de bonté.Un avare?("est un avide, déprimé et hyperémotif.Un intrigant?("est un avide sans bonté, assez actif et très sociable.I n jaloux?("est un avide hyperémotif.Je pourrais con tinuer encore longtemps, mais au point où nous en sommes, je n’ai plus rien à vous apprendre, car vous êtes maintenant suffisamment renseignés, .l’aurais fait œuvre utile si ces aperçus sur notre vie intérieure vous amenaient à croire en l’importance de ces mécanismes par lesquels nous agissons tous.Les tests modernes d’orientation professionnelle sont basés sur l’appréciation de notre comportement intellectuel et affectif.Pour nous en tenir aux applications d’ordre pratique, ne croyez-vous pas qu’un avocat, qu’un ingénieur, qu’un financier qui songe à s’adjoindre un assistant ou un associé, ne devrait pas faire plus qu’une enquête strictement technique, ne devrait pas s’en tenir à plus qu’aux banales recommandations d’amis complaisants au sujet du jeune homme en qui il vu mettre sa confiance?Ces renseignements ont une valeur bien négligeable et ne sont pas comparables à la lumière qui jaillit spontanément d’un examen un peu attentif de la personnalité innée du candidat.Et que ne fait-on pas lorsqu’il s’agit de marier sa fille?Il est de bonne tradition de s’enquérir de la fortune du futur conjoint, de sa situation mondaine, de ses manières, de sa bonne mine physique, parfois de ses idées politiques et même de sa religion.Son bilan intellectuel est souvent assez hâtivement apprécié.Quant à ses qualités affectives, à son caractère, cela est dans l’immense majorité des cas tout à fait sans importance.Les défauts sont, attribués aux égarements transitoires de la jeunesse.Il faut que jeunesse se passe, proclame-t-on dans un gargarisme bien aveugle, et l’on prépare pour sa fille un avenir charmant! Les éleveurs de chevaux et de chiens sont plus perspicaces.11 est vrai que leur tâche est moins délicate et moins compliquée, mais toutes proportions gardées, ils se renseignent plus complètement lorsqu’il s’agit de leurs bêtes que ces excellents parents lorsqu’ils permettent que leur enfant affronte pour la vie une personnalité étrangère qu’ils n’ont même pas songé à mettre à l’épreuve. H K V ! : K TRIMESTRIKLL K CAXADIK N X K 3SS La connaissance de nos trois aptitudes intellectuelles et de nos cinq dispositions affectives ne permet pas seulement d’apprécier un individu à une époque donnée de son existence, elle permet encore de prévoir le comportement futur.t ’est ainsi, nous dit Maurice de Fleury que l’on peut prédire un heureux avenir à un enfant qui manifeste, de manière éclatante, une certaine hyperactivité, une émotivité vive, une avidité suffisante, une grande bonté et un désir de plaire tempéré.Lucien Homier, parlant des mœurs collectives et des caractères nouveaux de l’existence sociale, déplore avec raison la difficulté croissante d’analyser les individus.Jadis, dit-il, l’on ne traitait guère qu’avec des gens connus, fût-ce le marchand qui achetait votre récolte, l’on ne se confiait qu’à des hommes dont on savait les références passées et présentes, depuis le domestique qui vous servait jusqu’au voiturier qui vous transportait.A plus forte raison n’admet-tnit-on dans sa maison et à sa table que des personnes sures.Aujourd’hui on ne se soucie plus du caractère propre de l'individu.on prend garde seulement à la situation, a la fonction ou aux relations momentanées que lui attribue l’attitude collective.Tout devient d’une certaine manière anonyme: l'administration, les affaires, le travail, les plaisirs, le "monde” même.Qui connaît le vrai nom, l’origine et le passé de tous les gens qu’invite à sa table ou à ses soirées une femme du monde?.< hacun de nous confie son logis, scs enfants, ses secrets à des domestiques de passage, remet sa vie à un conducteur de tramway ou de taxi, etc.Et cependant, si l’on procède comme nous l’ont enseigné Delmas et Boll, et depuis eux, leurs vulgarisateurs, en tête desquels il faut placer Maurice de Fleury, il n’y a pas de raison pour (pie, même au sein d’une collectivité de plus en plus uniforme, nous ne puissions pas voir les saillies individuelles ni observer les mouvements du tempérament d’autrui.Nous pouvons faire davantage.Xous pouvons arriver a comprendre certains phénomènes exceptionnels comme, par exemple, le génie.Je ne dirai pas que nous pouvons suivre les humains de génie dans tout ce qu’ils expriment, que nous pouvons évoluer sur le même plan qu’eux, mais je crois en toute sincérité, en nous basant sur les principes qui précèdent, (pie nous pouvons, assez aisément, A LA RECHERCHE DE NOTRE PERSONNALITE 389 reconstituer les éléments dont l’ensemble crée la combinaison géniale.Que faut-il donc posséder pour avoir du génie?Il faut, de toute évidence, une intelligence exceptionnelle, c’est-à-dire une mémoire heureuse, une imagination excessivement vive, variée et nuancée et un jugement de la meilleure qualité.Mais cela n’est pas suffisant, car l’intelligence, considérée isolément, n’est pas une force active; elle n’est (pie lumière, lumière éclatante, certes, quand elle est si brillamment parée, mais splendeur statique, et partant stérile.J.es exemples sont nombreux d’esprits merveilleux qui n’ont jamais rien produit.Mais enfin, que faut-il encore?Il faut que cette magnifique combinaison intellectuelle ait l’élan que seules les forces irrésistibles d’une vie affective, elle aussi bien spécialement dosée, peuvent donner.L’affectivité des hommes de génie nécessite essentiellement une excitation voisine de la pathologie, et une émotivité (pii confine à l’angoisse.Les variations de la bonté, de l’avidité et de la sociablité sont très secondaires, car il existe des génies de perversité comme il s’en trouve (pii sont désintéressés et peu sociables.La véritable impulsion créatrice est déterminée en définitive par le besoin effréné d’agir, tempéré par un jugement de grande envergure, puis sollicité par une émotivité de belle qualité et guidé par une imagination bien ordonnée.On m’objectera qu’au cours de leur existence certains génies, dont l’authenticité ni1 peut être mise en doute, ont présenté un comportement tout à fait puéril, sinon stupide.On raconte sur Napoléon des histoires bien cocasses; on connaît les emportements et les dépressions de Schumann; la vie privée de Victor Hugo est remplie de petites anecdotes assez grossières, enfin, on a écrit une thèse sur le déséquilibre mental de Beethoven.C'es arguments n’infirment en rien les conditions du génie, et d’ailleurs, le génie n’est pas un attribut permanent.Il ne s’extériorise parfois qu’une seule fois dans la vie d’un homme.Au cours de ses longs mois de mélancolie, Schumann ne produisait absolument rien.Léonard de Vinci n’a pas fait plusieurs Jocondes.En vérité, les travers que l’on remarque tant et qui surprennent toujours auprès de ces individus proviennent de dérèglements momentanés de leur affectivité, et cela n’est pas fait pour nous surprendre, car ils sont , pour ainsi dire par définition, des déséquilibrés.L’élan frénétique qui déclanche le mouvement créateur est excessif.La transe émotive est angoissante.L’imagination défie la description.Seul, dans cette UK VI’K TH I.M KSTRIKTjLK can ADI K.VVK effervescence morbide, Id jugement discrimine, opéré la synthèse, et crée la formule inédite, définitive, géniale.S’il est vrai que la plupart des hommes de génie sont dos déséquilibrés, ils atteignent cependant, lorsqu'ils sont sous le charme de la bonne fée un équilibre extraordinaire qui dépasse nos moyens de comprendre.Certains parmi eux, ils sont très rares ('(‘pendant, ont mené une existence parfaitement normale.C'est le cas de Jean Sébastien Bach, un génie (pii correspond pourtant à notre classification, mais chez (pii l’apport intellectuel prima de beaucoup celui de la sphère affective, chez (pii, plus exactement, l’effervescence affective fut si parfaitement coordonnée qu’elle passa inaperçue.L’histoire elle-même a progressé depuis qu’elle collabore avec la médecine psychologique.Rognes de fursac, un psychiatre français contemporain, consacrait récemment un mémoire a la pathologie dans l’histoire.Voici un paragraphe assez explicatif: .Des fluctuations et des variations déconcertantes dans la politique d’une époque, des drames obscurs, des cruautés en apparence sans mobile et sans but ont reçu une explication satisfaisante le jour où l’on a mis en évidence, chez celui (pii en porte la responsabilité, une constitution cyclothymique, une perversion, un état dépressif ou toute autre anomalie mentale.L’effroyable carrière d’Ivan le Terrible ne peut se comprendre sans le sadisme.Le comportement étrange de Philippe-Auguste vis-à-vis de sa femme Ingeburge restera une énigme pour quiconque ignore les phobies sexuelles.Comme l’histoire serait plus logique, plus limpide si nous possédions en [dus des archives politiques des pays, les dossiers medicaux des individus qui les ont gouvernés! Je voudrais, Mesdames et Messieurs, avoir suffisamment démembré les parties constituantes de la personnalité humaine pour que vous puissiez maintenant apprécier assez correctement le comportement de votre prochain,.et pourquoi pas aussi le vôtre! Ces observations, en même temps qu’elles seront pour vous un amusant délassement, vous rendront parfois les plus grands services.Il s’agit de savoir bien regarder.C’est, comme tout ici-bas, affaire d’habitude et d’entraînement.( )n a beaucoup parlé de dédoublement de la personnalité.La littérature, le théâtre et le cinéma ont adroitement exploité ce pro- À LA H K CH K UC IIK DK NOTRE PERSONNALITÉ •SOI (.¦('dé commode de créer de nouvelles intrigues et de distribuer aux avides d’émotions du mystère d’assez commune essence.Les avatars du Procureur Hallers, les mystifications du Dr.Jckyll et de Mr.Hyde n’impressionnent vraiment que les novices ou les petits anxieux.En réalité, deux personnalités ne peuvent pas agir simultanément chez une même personne.Lorsque le fait se présente, — car il se présente, du moins, apparemment, — il ne s’agit pas d’une seconde personnalité qui se détache de la première mais de l’action automatique et inconsciente d’une seule et même personnalité.Le cas se rencontre en pathologie au cours de la fugue épileptique et au cours du somnambulisme.A l’état normal, il y a des pseudodédoublements de ce genre.Par exemple, lorsque l’ivrogne s’enivre tout en se désapprouvant sincèrement, on pourrait croire qu’il se dédouble, mais il ne s’agit alors (pie de deux attitudes de sa personnalité.Notre corps, nous dit Kibot, peut prendre coup sur coup deux attitudes contraires sans cesser d’être le même corps.Il en est de même pour notre personnalité.L’intelligence et l’affectivité, ces deux moules où se modèle notre personnalité, ont été assez diversement appréciés depuis le début de ce siècle.La plupart des éducateurs, sociologues et pédagogues ont négligé à peu près totalement l’aspect affectif des hommes pour ne s’occuper surtout (pie de leurs facultés intellectuelles.En conséquence, la société moderne est composée en grande partie d’individus peut-être encore intelligents,—-les tests psychométriques nous l’assurent, — mais fort mal doués dans le domaine affectif, dans le domaine des facultés de l’âme.Carrel a fort bien vu cela, fteoutez plutôt comment il décrit les citadins modernes: .Ils produisent, ils consomment, ils satisfont leurs appétits physiologiques.Ils prennent également plaisir à assister en grandes foules aux spectacles sportifs, à contempler des films cinématographiques grossiers et puérils, à se mouvoir rapidement sans effort, ou à regarder un objet qui se meut rapidement.Ils sont mous, émotifs, lâches, lascifs et violents.Ils n’ont ni sens moral, ni sens esthétique, ni sens religieux.Leur nombre est considérable.Ils ont engendré un vaste troupeau d’enfants dont l’intelligence reste rudimentaire.A tout considérer, il n’exagère pas beaucoup! 392 REVUE TRIMESTRIELLE C AX A DIE NX E Il est évident que l’intelligence, fût-elle magnifique, serait absolument inutile, à l’homme qui ne posséderait que cette froide lumière.L’observation nous enseigne que l’individu qui pense, raisonne, analyse, déduit et comprend ne peut s’empêcher en même temps d’être riche ou pauvre, triste ou gai, calme ou obsédé, heureux ou malheureux, autrement dit, d’être sollicité par les forces incessantes, inconscientes de ses états affectifs.,J’ai dit tantôt, au tout début de cet exposé, que les manifestations humaines étaient encore influencées par nos réactions physiologiques et physico-chimiques.Je n’entreprendrai pas de vous faire dans le détail la démonstration de ce théorème de géométrie humaine.Je ne suis, du reste, pas assez familier avec la physique et la chimie pour me hasarder sur un terrain aussi glissant.Je veux cependant signaler l’influence indubitable que peuvent avoir sur notre comportement nos silencieuses, nos modestes activités physiologiques, et à tel point, qu’il n’est peut-être pas exagéré de dire, poussant le paradoxe jusqu’aux limites du vraisemblable, ((lie nous pensons et sentons avec notre cerveau et avec tous nos organes.On nous enseigne (pie le cerveau est le substrat um de nos activités psychiques.11 n’y a rien (pie de vrai et d’exact dans cet enseignement puisque les maladies du cerveau altèrent profondément les processus psychiques, mais il faut aussi admettre (pie la plupart de nos organes interviennent dans l’extériorisation de notre vie intellectuelle et affective.L’insuffisance de la glande thyroïde engendre une déchéance physique et psychique pouvant aller jusqu'au crétinisme, et inversement, son trop actif fonctionnement déclanche de l’excitation nerveuse et mentale.Les dérèglements fonctionnels des glandes sexuelles amènent des changements trop connus pour (pie j’insiste davantage.Il est d’expérience courante, enfin, (pie les troubles digestifs rendent morose, qu’une surdité progressive inquiète, qu’un mal de dents rend impatient,.mais je ne veux pas faire une revue de pathologie.* * * Rechercher les mécanismes de notre personnalité, voyez-vous maintenant, représente une enquête très complexe.On était satisfait autrefois d’explications hâtives et peu compromettantes.Rappelez-vous l’époque où l’on croyait avoit tout dit en classant les tempéraments en bilieux, nerveux, lymphatiques et sanguins.Nous avons fait depuis ce temps un pas immense mais le dernier mot n’est a À LA RECHERCHE DE NOTRE PERSONNALITÉ 393 pas dit.Il ne le sera probablement jamais, parce (pic dans son ensemble, la personnalité est et sera toujours rebelle à l’expérimentation.La distinction que l'on a faite entre la vie intellectuelle et la vie affective a grandement facilité le classement des individus, et à l’heure actuelle, il semble bien (pie c’est en abordant le problème sous cet angle que la recherche sera la plus fructueuse.Les manifestations physiques, chimiques et physiologiques de l’homme sont relativement bien connues.Xos successeurs, mieux renseignés que nous, auront la tâche de faire la synthèse de tous les mécanismes qui déterminent nos pensées et nos actes, mais encore faudra-t-il (pi'assiégés par tant de systèmes et de méthodes de recherche, ils ne perdent pas la notion d’ensemble.Il est certain, en attendant, qu’il est des acquisitions qui ne peuvent disparaître, notamment les notions de personnalité innée et acquise.Nous connaîtrons de mieux en mieux notre prochain tandis (pie nous serons toujours assez mal éclairés au sujet de nous-mêmes.Dans le domaine de la personnalité acquise, les variations continueront au cours des siècles et s’inspireront des habitudes, goûts et modes en cours.La recherche instinctive du bonheur rendra la vie peut-être meilleure en modifiant son décor et son organisation mais l’âme humaine demeurera ce que l’ont faite ses hérédités.Pour modifier son âme, les méthodes strictement psychologiques seront toujours insuffisantes.Et je termine en affirmant, sans trop m’illusionner, (pie nous pouvons désormais convenablement situer la personnalité humaine et en isoler les principaux éléments constitutifs.Dr Jean Saucier Fwfesseur à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal ANDRÉ-MARIE AMPÈRE (1775-1836) ( oïnoidonce, cette année 1936, nous rappelle le centenaire de la mort d’Ampère et le deuxième centenaire de la naissance del Anglais James Watt.Watt et Ampère, deux noms bien connus des électriciens, sont les grands responsables «lu machinisme moderne, le premier par les perfectionnements qu'il apporta a la machine à vapeur, le second par la synthèse «ju'il fit de l’élcctromagnétismc.Le premier, technicien habile, le second, un pur génie que 1 on serait tenté de comparer, pour l'ampleur de ses conceptions et la diversité de ses aspects, à ce grand nom de la Renaissance italienne, Leonard de Vinci, ("est à lui que nous devons, en dernière analyse, la télégraphie électrique, les moteurs, la radio, enfin toute 1 électricité.Il est donc tout naturel que l’on rappelle la vie, la physionomie et l’ceuvre de ce créateur qui, malgré ses titres à notre reconnaissance, est pourtant pour plusieurs un illustre inconnu.André-Marie Ampère s’éteignit à Marseille le 10 juin 1836, terrassé par la pneumonie «pi il avait contractée au cours d une tournee qu il faisait en sa qualité d'inspecteur général de lTnivcrsité.Parler d’Ampère c'est, pour plusieurs, évoquer la physionomie sèche d’un aride mathématicien que viendrait seul égayer le récit de quelques distractions célèbres.Rien n'est moins vrai.Et c’est l’heureuse surprise de celui qui lit la vie d'Ampère de trouver un homme chez «pii le sentiment, la passion, la sensibilité étaient développés à un très haut degré, un homme qui ressentit les joies les plus pures et qui souffrit des douleurs cruelles, qui connut des amitiés solides non seulement chez les savants mais encore chez les philosophes et les littérateurs de son époque.La fécondité de ses aperçus géniaux domine la science et la philosophie de son temps.Et quel temps?Il suffira de mentionner quelques-uns des hommes les plus célèbres qui furent ses contemporains pour se rendre compte de ce qu’était alors lit science française: Arago, Laplace, Lagrange, Carnot, Berthollet, Gay-Lussac, Cuvier, Ilaüy, Geoffroy Saint-Hilaire, Fresnel, Riot, Laënnec et Monge sont des noms dont chacun évoque une des découvertes fondamentales de la science moderne. AX DH É-M A KIE AM P È R K 395 Pour bien comprendre quelle place occupe Ampère au milieu de tant d’hommes remarquables il faut savoir quel esprit était le sien, comment il avait acquis ces connaissances encyclopédiques dont son entourage ne cessait d’être surpris, comment il abordait un sujet et de quelle façon il se mettait à l’œuvre et n’avait de cesse que tout fût clarifié, démontré, expliqué.André-Marie Ampère naquit à Lyon le 22 janvier 1/75.Son père, négociant en soie, était un homme d’esprit large, libéral et très cultivé.Admirateur, sans doute, malgré son catholicisme, des théories de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation des enfants, il voulut s’occuper lui-même de l’instruction de son fils.C ’est dans la propriété que possédait sa famille à Poleymieux, non loin de Lyon, que se passa l’enfance travailleuse d’André-Marie.Dans ce cadre agreste son plus grand plaisir était d’entendre des morceaux de l’Histoire naturelle de Buffon.Dans son autobiographie, Ampère nous dit que c’est en s’exerçant seul à comprendre VHistoire des Oiseaux qu’il apprit à lira* couramment.L’histoire passionne ensuite cet enfant de huit ans.11 s’amuse encore a assembler des cailloux et des haricots pour effectuer des calculs d’arithmétique fort compliqués.Puis ce sont les vingt volumes de la Orande Encyclopédie de Diderot et d’Alembert qu’il se met en train non seulement do lire, mais d’assimiler jusqu’à en savoir par cœur des passages qu’il se plaît, dans son âge mûr, à réciter pour le plus grand étonnement de ses amis.Il avait douze ans lorsqu’il voulut entreprendre de lire les œuvres d’Euler et de Bernoulli.La bibliothèque paternelle ne suffisait plus à le satisfaire.Son père le conduisit chez l’abbé Dabu-ron, bibliothécaire du collège de Lyon.L’excellent abbe se montra fort surpris de la demande de ce gamin qui devait pourtant devenir son collègue comme inspecteur général.Il lui fit remarquer (pie ces ouvrages étaient parmi les plus difficiles.L’enfant ne fut pas démonté: “J’espère néanmoins, dit-il, être en état de les comprendre”.Mais pour cela il fallait savoir le latin et le calcul intégral, choses qu’il ignorait.Son père lui apprit le latin et 1 abbé l’initia aux secrets du calcul ce qui lui permit de lire Bernoulli.A dix-huit ans, il avait refait tous les calculs de Lagrange et il avoua plus tard qu’“il savait alors autant de mathématiques qu’il n’en a jamais su”.C’est à ce moment que se place le premier des deuils qui devaient assombrir sa vie.Nous nous trouvons en effet en 1793, RE VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE 396 sous la Terreur.On cacha longtemps au jeune homme le sort néfaste de son père qui, juge de paix à Lyon, fut guillotiné.Avant de monter sur l’échafaud, celui-ci écrit une lettre d’adieu à sa femme, lui souhaitant une partie du courage qui l’anime et disant: “Quant à mon fils, il n’y a rien que je n’attende de lui”.Cette prophétie faillit ne pas se réaliser car la nouvelle de cette mort injuste plongea le futur savant dans une prostration, une hébétude où l’on craignit de voir sombrer son génie.Plus d’un an il fut, dit-il, “dans un état touchant presque l’imbécillité”.Mais il doit à l’étude de la botanique et îles auteurs classiques de se ressaisir.Il fait même, dans les années qui suivent, des poésies et des chansons qu’on est curieux de lire quand on sait qu’elles sont de lui.Il commence même une épopée.Alors qu’il herborisait au bord d’un ruisseau, il rencontra .Julie Carron pour (pii il conçut un grand amour et qu’il épousa en 1799.Il avait commencé, trois ans plus tôt, à donner des leçons privées de chimie, de physique et de mathématiques et, lors de son mariage, il fut nommé professeur à 1’ Picole centrale de Bourg.La séparation pesa fort aux jeunes époux, d’autant plus que la naissance d’un fds, Jean-Jacques, qui devint un historien distingué, laissa la jeune femme fort affaiblie.Lorsqu’un peu plus tard le ménage est réuni par la nomination d’Ampère au Lycée de Lyon ce n’est pas pour longtemps car Julie meurt le 13 juillet 1803.C’est un coup terrible pour cet homme dont la sensibilité est mise à nu dans une prière poignante et sublime écrite quelques jours avant la mort de sa femme.“Mon Dieu, je vous remercie de m’avoir créé, racheté et “éclairé de votre divine lumière en me faisant naître dans le “sein de l’Lglise catholique.Je vous remercie de m’avoir “rappelé à vous après mes égarements, je vous remercie de me “les avoir pardonnés; je sens que vous voulez que je ne vive “que pour vous, afin que tous mes moments vous soient con-“sacrés.M’ôterez-vous tout mon bonheur sur cette terre?“Vous êtes le maître, ô mon Dieu! mes crimes m’ont mérité “ces châtiments.Mais peut-être écouterez-vous encore la “voix de vos miséricordes: Multa flagella peccaloris, sperantem “autem in Domino misericordia circumbabit.Finnabo super “te oculos meos et instruam te in via bac qua graderis.J’espère “en vous, ô mon Dieu, mais je serai soumis à votre arrêt quel A N DR K-M A KIE A M I> È H K 397 “qu’il soit.J’eusse préféré la mort, mais je ne méritais pas “le ciel et vous n’avez pas voulu me plonger dans l’enfer.Dai-“gnez me secourir pour qu’une vie passée dans la douleur me “mérite une bonne mort dont je me suis rendu indigne.O “Seigneur, Dieu de miséricorde, daignez me réunir dans le ciel “à ce que vous m’aviez permis d’aimer sur la terre”.Faut-il parler ici de l’inconstance humaine ?Deux ans plus tard, Ampère se remariait.Cette union, qui lui donna une fille, ne fut pas heureuse et fut suivie bientôt d'une séparation.Pendant son stage à Bourg, Ampère s’était fait remarquer par quelques travaux scientifiques qui le classaient déjà parmi les plus habiles mathématiciens, entre autres, La Théorie mathématique du jeu, qui est un des classiques du calcul des probabilités.Il en disait lui-même sans fausse modestie, car il eut toujours conscience de sa valeur, que “dans l’état où il est à présent, il n’y a guère de mathématiciens en France capables d’en faire un pareil”.Chose remarquable, Ampère s’attacha toujours aux mathématiques non pour elles-mêmes mais en vue de leur application.Ses plus grandes découvertes dans ce domaine furent faites à l’occasion de ses recherches physiques.La renommée du jeune savant gagna bientôt Paris où il fut) en 1804, nommé répétiteur d’analyse à l’École Polytechnique-Quatre ans plus tard, on le désignait comme inspecteur généra* de l’L'niversité, puis en 1814, il est élu membre de l’Institut de France et, dix ans plus tard, professeur de Physique expérimentale au Collège de France.Fntre temps, il avait occupé d’autres postes: professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres et d’Astronomie à la Faculté des Sciences de Paris.11 continuait quand même à fuir*» les tournées d’inspection que lui imposait sa charge d’inspecteur général de l’Université.Ses travaux de physique et de philosophie ne l’absorbaient pas tout entier ou, plutôt, lui permettaient d’établir de vastes synthèses où l’apport de plusieurs sciences se fondait en un tout harmonieux mais difficile d’accès même pour les initiés.La publication des lois de (îay-Lussac sur les combinaisons gazeuses lui fournit une occasion rie ramasser les résultats épars de la chimie, de la physique et de la cristallographie et de les cimenter par la théorie atomique à laquelle il était resté attaché depuis ses lectures d’adolescent.Pour lui les atonies et les molécules étaient 39S K i: v f K T KIM K ST KIKLL K ( ' A N" ADI I : X X K plus quo dos êtres de raison.11 los voyait so mouvoir, se choquer, s’attirer, so repousser, s’unir, se disjoindre.Il applique à leurs chocs et à leurs trajectoires le calcul des probabilités et démontre que la densité des gaz est proportionnelle à leurs poids moléculaires et si, d’après Bernoulli, des volumes égaux de gaz contiennent le même nombre de molécules, la loi de Mariotte s’explique, de même que celle de Gay-Lussae sur la dilatation des gaz.Mais cette molécule de Bernoulli ne s’accorde pas avec la loi des combinaisons gazeuses; Ampère montrera qu’elle est elle-même composée d’atomes, plus petits que la molécule.Il montrera comment ces atomes peuvent se placer dans la molécule.Dès 1811, ces considérations sont écrites mais notre physicien ne voit pas la nécessité d’en informer le public.Il faudra que Ber-thollet, trois ans plus tard, insiste pour qu’il le fasse.Mais entre temps un érudit italien, le comte Avogadro, avait publié, dès 1811, une explication moins complète, mais plus simple, des lois de Gay-Lussae.Ampère n’en était pas au courant.(’ette hypothèse a maintenant force de loi et c’est sur elle qu’est fondée toute la physique moléculaire de notre temps.On voit, par la diversité des emplois où il figura et des travaux qu’il entreprit, que ses connaissances étaient véritablement encyclopédiques.Dans chacun il se montrait original, dominant et débordant son sujet, à tel point qu’il lui arriva maintes fois de se laisser entraîner dans des digressions où l’auditoire avait peine à le suivre.Sainte-Beuve en témoigne dans les termes suivants: -‘La quantité “de remarques neuves et ingénieuses, de points profonds et piquants “d’observation qui remplissaient une leçon de M.Ampère dis-“trayaient aisément l’auditeur de l’ensemble du plan, que le maître “oubliait aussi quelquefois, mais qu’il retrouvait tôt ou tard à tra-“vers ces détours”.Arago affirmait plus tard que la vocation d’Ampère “était de ne pas être professeur.Cependant, c’est au professorat qu'on l’a forcé de consacrer la plus belle partie de sa vie”.La généreuse amitié d’Arago ajoutait encore: “Libre de tous soins, de toute inquiétude, débarrassé d’une multitude d’occupations assujettissantes, de détails mesquins, de servitudes minutieuses, notre ami aurait poursuivi avec ardeur, avec amour, avec persévérance les mille idées ingénieuses qui traversaient journellement sa vaste tête”.De ces idées nous en connaissons plusieurs qui ont dû rester en plan.Ne serait-ce que sa magistrale synthèse de la elassifiea- ANDRE- M A R r E A M P K R K 399 tion des sciences demeurée inachevée.Mais nous pouvons voir, dans la découverte qui, entre toutes, l’a rendu à jamais illustre, le mouvement même de son génie et comment, lorsqu’il s’appliquait à une œuvre, aucune difficulté ne pouvait le rebuter.Les circonstances qui entourent la gestation de cette œuvre tiennent vraiment du merveilleux.L’électricité est une science relativement jeune.En 1819, on n'avait encore que des idées bien vagues à son sujet.Il manquait un lil directeur.Cette année-là, un savant danois Christian Oersted fit une découverte dont les conséquences étaient incalculables.Il constate que l’aiguille aimantée est déviée dans le voisinage d’un fil que parcourt un courant électrique et se met en croix avec lui.J.es physiciens du temps supposent que le fil est devenu un aimant.C’était la voie, semble-t-il, la plus logique.Le mémoire d’Oersted fut connu à Paris en juillet de l’année suivante.Ampère était alors en tournée d’inspection dans les départements du Nord.Il n’en eut connaissance que lors de la séance de l’Académie des Sciences de Paris, le 1 1 septembre 1820 alors qu’Arago répéta devant l’assemblée les expériences du professeur de Copenhague.Jusque là, Ampère ne s’était guère occupé des phénomènes galvaniques.Pourtant, dès la séance suivante, le 18 septembre, il élabore, avec des expériences à l’appui, toute la théorie que l’on accepte encore aujourd’hui.Pour lui, le fil n’est pas un aimant, mais l’aimant doit ses propriétés à des courants électriques moléculaires (encore Bernoulli), et il réduit tous les phénomènes magnétiques à des effets purement électriques.Il imagine, appuyé sur les mathématiques, les appareils et les expériences dont il prédit les résultats.Le 25 septembre, il fait part d’une autre découverte issue de ses calculs: deux courants électriques, sans l’intermédiaire d’un aimant, s’attirent ou se repoussent suivant les sens respectifs des deux courants.En moins de deux semaines, donc, l’essentiel de cette vaste synthèse de l’électromagnétisme et de l’électrodynamique est posé, quitte ensuite à en développer les parties, ce qui l’occupera pendant près de cinq années.Il consacrera à ce grand œuvre toutes ses maigres ressources, il vend son bien et s’endette pour pourvoir a la construction des divers appareils qui sont d’une ingénieuse simplicité.Il n’y avait pas d’instruments de mesure, au sens moderne du mot, à ce moment, le système de mesures n’étant même pas inventé, mais toutes ses expériences sont d’une rigueur qui désarme 400 R K Y 1 ' K TR IM EST RI ELL E C A X A I) I E X X E la critique et fait l’admiration du génie qui devait continuer l’œuvre d’Ampère, l’Anglais Clerk-Maxwell.Toujours pratique, Ampère imagine déjà un système de télégraphe électrique fondé sur ses découvertes.Lorsque Arago constate qu’un fil de cuivre, parcouru par un courant électrique, retient la limaille de fer dans laquelle il est plongé, Ampère suggère aussitôt d’enrouler le fil en spirale autour d’un noyau d’acier.Conformément à ses théories, sa prévision se vérifie et l’électro-aimant était pratiquement inventé.Ampère fit aussi construire un des premiers moteurs électriques par Pixii, fabricant d’instruments d’électricité, ("est un ancêtre de la dynamo, inventée par Zénobe ( i ram me.Et tout cela n’était (pie la mise en œuvre d’une idée qui jaillit un jour dans son esprit et qu’il extériorisa, preuves à l’appui, en moins d’un mois.Et cette idée, révolutionnaire alors, (pie bien peu de ses contemporains furent à même de comprendre et d’apprécier, n’a pas cessé d’être féconde, i.es théories actuelles de l’électricité sont encore, en somme, celles qu’il a énoncées.On n’a fait que donner de nouveaux noms, nécessités par les découvertes récentes, aux conceptions qu’il proposa il y a plus d’un siècle.Quel est donc le secret d’une telle réussite ?C’est dans la méthode qu’il appliqua et dans sa personnalité même qu’on le trouvera.J.aissons-le nous exposer su méthode: “Observer d’abord les faits, en varier les circonstances autant qu’il est possible, accompagner ce premier travail de mesures précises pour en conclure les lois générales uniquement fondées sur l’expérience, et déduire des lois ainsi obtenues, indépendamment de toute hypothèse sur la nature des forces qui produisent les phénomènes, la valeur mathématique de ces forces, c’est-à-dire la formule qui les représente, telle est la marche qu’a suivie Newton”, ("est la marche rationnelle du savant, dirions-nous.Pourtant, tout en s’inspirant, comme d’autres, de Newton, Ampère développa une théorie qui s’affranchissait des dogmes newtoniens alors (pie les autres ne faisaient que s’y enfoncer davantage.C’est là qu’intervient le caractère même d’Ampère.Nul mieux que M.Mailloux, président de la Commission électro-technique internationale, n’a synthétisé cet aspect du génie: “Ce qui frappe dans la vie d’Ampère, c’est la diversité, “la généralité et la profondeur de ses connaissances, de ses A X DUE-M A RI K AM PE RK 401 ‘'aptitudes et de ses talents.< )n reconnaît en lui un génie “capable de tout, parce qu’il est doué de toutes les qualités "dont l’esprit humain a besoin pour se frayer un passage à “travers la vie et pour arriver au sommet de la distinction par "n’importe quelle route que le hasard lui aurait montrée.On "admire l’une après l’autre, chez Ampère, ces belles qualités: “imagination, fécondité d’idées, perspicacité, application, “énergie, ténacité, précision, justesse de jugement, sympathie, “tendresse, bonté, simplicité, générosité et probité, en un mot “toutes les forces du cerveau le plus instruit, jointes à celles "du cœur le plus tendre et le plus affectueux”.Bientôt, Faraday découvrira l’induction, Maxwell développera la théorie électromagnétique de la lumière, Hertz, mettant à profit les travaux de Faraday et de Kumhkorf, posera les bases de la télégraphie sans fil, Gramme fabriquera des dynamos, Bell inventera le téléphone, Edison créera l’ampoule électrique, Branly et Marconi nous donneront la T.S.F.et Rœntgen fera connaître les propriétés des rayons X.La civilisation moderne, basée et blasée sur tant de merveilles, oublie facilement qu’à l’origine de toutes et de chacune il y eut un éclair de génie dont l’idée d’Ampère est la source.Léon J,ortie, Docteur ês sciences, Professeur agrégé à la Faculté des Sciences¦ Université de Montreal. APERÇU SUR NOS CONNAISSANCES EN PLASTICITÉ DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION La plasticité qui fait l'objet de la présente étude, n’est autre que cette remarquable propriété de la matière d’accuser, dans certaines conditions de charge et tant que la cohésion interne n’est pas dctuite, des déformations qui ne sont plus réversibles, restant en partie ou en totalité permanentes, lorsque les charges n’agissent plus; augmentant sous charge constante avec le temps et conservant enfin, durant tous ces phénomènes, un volume constant.Loin de moi, cependant, l'intention de faire ici un Cours sur la plasticité.Le sujet dont je me propose de vous parler est tellement vaste; il a déjà donné lieu, malgré son jeune âge et l’incertitude des hypothèses sur lesquelles s’étayent encore les bases de ses principes et de ses lois, à de si nombreuses, si laborieuses et si précieuses recherches, que dans le cadre limité dont je puis disposer, il ne peut être question que d'une très succincte compilation de ce qui fut fait par les savants qui, dans ce domaine encore mal défriché de la Résistance des Matériaux, so sont acquis droit tic cité en y posant les premiers jalons de l'analyse expérimentale.Les efforts de ces pionniers de la science ont déjà donné lieu à de si remarquables découvertes démontrant de toute évidence qu’à l’état de développement de la construction moderne la plasticité des matériaux de construction ne pouvait plus être mésestimée comme une parente pauvre, que mon but, en écrivant cet article, est de vulgariser parmi les ingénieurs la connaissance de ces découvertes, afin qu'ils puissent en tenir compte dans l’étude de leurs constructions.La plasticité des matérieux ne peut être classée sous la rubrique de la mécanique rationnelle, dont l’étude ne vise que les relations d'équilibre entre les forces extérieures sollicitant les corps, ceux-ci étant supposés indéformables, ce qui, du reste, n’est jamais le cas dans la réalité, Mlle fait partie intégrante de la Résistance des Matériaux, mais restant, toutefois, absolument distincte de la Théorie de LLlasticité, dont l'objectif exclusif est l’étude des efforts internes qui ne provoquent que des déformations rêiwraibh-K, autrement dit, APERÇU SUR NOS CONNAISSANCES EN PLASTICITÉ 403 des déformations qui disparaissent pour ainsi dire entièrement, dès que cessent les sollicitations qui les provoquent.La plasticité fait suite, cependant, à l’élasticité puisque, sous l’action de charges croissantes, la matière se déforme d’abord élastiquement pour n'entrer dans la zone des déformations plastiques qu’après avoir franchi les limites apparentes de l’élasticité.Elle appartient, enfin, à cette partie de la Physique atomique au moyen de laquelle on cherche à expliquer aujourd’hui la plupart des phénomènes de déformations des corps solides, et il est à prévoir que ce sera justement cette science là qui nous dévoilera un jour les véritables causes de la plasticité, que nous ne nous expliquons encore que tant bien que mal.Les principaux ’ * 'mes par lesquels se manifeste la plasticité, ceux qui sont, si j’ose m’exprimer ainsi, vus à l’œil nu, sont connus depuis très longtemps, surtout en ce qui concerne les métaux.Mais on faisait peu de cas de ces phénomènes autrefois et on cherchait encore moins à en expliquer les causes, à tel point était-on persuadé qu’à l'état plastique, les matériaux en général et les métaux en particulier, ne présentaient plus aucune sécurité, n’étaient plus propres à aucun emploi pratique.On commettait là, évidemment, une grave erreur.La connaissance de certains phénomènes apparents ne prouve nullement que ces phénomènes sont seuls et qu’il ne peut en exister d’autres, insoupçonnés: par contre, la connaissance des causes de ces phénomènes et des lois qui les régissent nous conduit presque toujours au discernement certain et complet des effets que ces causes et ces lois peuvent produire, ce qui, suivant le cas, nous permet de nous en préserver ou d’en tirer profit.Parmi les raisons qui incitèrent les techniciens, surtout en ces dernières années, à scruter avec plus d’attention les arcanes mystérieuses du domaine de la Résistance des Matériaux, situées au delà de la barrière élastique, la dominante fut, incontestablement, la raison économique.Les conditions constructives d'aujourd’hui sont loin d’être celles d'hier et bien plus loin encore, celles du siècle dernier, époque à laquelle une construction était, avant tout, subordonnée aux possibilités techniques de sa réalisation.Celles-ci sont, pour ainsi dire, complètement vaincues dans les limites de nos besoins présents, grâce aux prodigieux progrès accomplis par la science et l'industrie.Par contre, le facteur économique intervient d'une façon de 435 404 K 1C VU K TRIM K ST HIK L L E C A X ADI E X X E plus en plus impérative dans chaque entreprise et en toute circonstance.Son rôle est devenu même si puissant, surtout depuis la Grande Guerre, qu'en bien des cas, c'est sous son impulsion seule que la technique et la construction modernes évoluent vers de nouveaux progrès.En fait, le facteur économique s’impose aujourd'hui au même titre que le facteur de sécurité.Certains prétendent que ces deux facteurs s'opposent l'un à l'autre, se contrarient en quelque sorte.Il est heureux qu’en réalité, il n'en soit nullement ainsi.Autrefois, on construisait lourd et cher, mais cela ne signifie nullement que l'on construisait mieux.Un construisait dans les limites des connaissances que l'on possédait alors sur les propriétés des matériaux employés et ces limites ainsi que la variété des matériaux en usage étaient alors encore assez restreintes.Aujourd'hui, on construit léger et à bon marché et il est indéniable que l’on construit beaucoup mieux et plus solide.Ce sont d’abord nos connaissances sur les propriétés et l’emploi des matériaux qui sont infiniment plus vastes, nous permettant l'adoption de coefficients de sécurité plus normaux, ni trop faibles, ni en excès, nous donnant, cependant, toute certitude que la sécurité réelle sera bien près de celle qui aura été présumée.Ce sont ensuite nos constructions qui sont corn,aies, calculées et exécutées d'une façon bien plus rationnelle qu’autrefois, permettant une bien meilleure utilisation de la matière, en suffisance partout et en excès en le moins d’endroits possible.Jusqu'à maintenant, c'est encore le critérium de la théorie de l'élasticité qui sert pour l'appréciation de la résistance des pièces ayant à subir des efforts sous l’action de sollicitations extérieures quelconques.En sera-t-il toujours ainsi ?C’est peu probable.Les quelques notions que nous avons déjà sur la plasticité nous laissent au contraire entrevoir que, le voulions nous ou non, nous sommes déjà dès maintenant tenus d’admettre le travail de la matière en plasticité dans certaines parties de constructions même les plus simples; a fortiori le serons-nous dans les constructions complexes comme le sont les hyper.statiques, de plus en plus à l’ordre du jour actuellement.Cela ne veut nullement dire que la théorie de l’élasticité aura vécu et sera remplacée par celle de la plasticité: autrement dit, APERÇU .SUR VOS CONNAISSANCES EN PLASTICITE 405 que nos constructions futures travailleront toutes et entièrement à l’état plastique.Nullement, mais cela veut dire qu’en certains points où les lois de l'élasticité seront en défaut, nous aurons la ressource de celles de la plasticité au lieu de condamner l’ouvrage, comme nous le faisions auparavant.Je n’ai pas à revenir ici sur les hypothèques fondamentales de l’élasticité qui sont connues de tout le monde.Mais comme la plasticité est un état de la matière successif à son état élastique, qu’il me soit permis de faire le point avant de m’engager dans le vif du sujet qui nous préoccupe.Si nous soumettons une barre d’acier doux à une traction ou à une compression axiale et lentement croissante, la barre subit, suivant le cas, des allongements ou des raccourcissements que l’on désigne communément sous le nom de déformations.En portant les charges ou tensions équivalentes en ordonnées et les déformations accusées en abscisses, on obtient la courbe n présentalive des déformations successives de la barre.limite de la proportionnalité Cette courbe nous indique (fig.1), que les déformations sont d'abord très petites et de toute façon proportionnelles aux charges.("est cette petitesse des déformations de la barre qui permet à la Mécanique Rationnelle d’établir ses notions d’équilibre des forces extérieures, agissant sur les corps solides, dans l'hypothèse d’indéformabilité de ceux-ci, hypothèse que la Résistance des Matériaux nous démontre comme étant inexacte. •106 H K V C K TKIME.^THI ELLE ' M donne la valeur du moment sur l’appui, dans le cas où tout se passerait suivant les lois de la proportionnalité élastique.Si la courbe O M' est celle des déformations réelles — élastiques et plastiques — l'ordonnée p'M' donnera le moment sous la charge p', en tenant compte de la plasticité.Connaissant le moment d’appui, il est facile de tracer la courbe représentative des moments, en retranchant du moment élastique sur appui la valeur M M' (fig.11).Kiockk i l Trait continu — méthode tenant compte de la plasticité.Trait interrompit - méthode habituelle.I/'s ordonnées donnent les tensions.Plus les charges augmentent, plus les moments admissibles diminuent sur l’appui et les moments en travées croissent, jusqu’à atteindre une valeur qui met la section entière en plasticité.C’est pour cette charge limite que l’on choisit le coefficient de sécurité et que l’on détermine ainsi la charge utile admissible sur l’ouvrage, critérium tout différent à celui de Marré de Saint Venant puisqu’à l’état de charge qui se produit réellement, mais qu’en fait on ne connaît jamais, on substitue un état limite, par lequel la construction doit indubitablement passer, avant d’être en danger ou d’accuser des déformations inacceptables.Cet état-limite qui est, pour ainsi dire arbitraire quant au choix de la charge p’, à incité certains ingénieurs à préconiser différentes méthodes pour son application.Le professeur hollandais Kist propose simplement et purement, d’égaliser les moments en travées et sur appuis, l’adaptation de la matière devant pourvoir automatiquement à Légalisation réelle.L’ingénieur allemand Félix Kann est plus prudent et, donnant la solution pratique d’un certain nombre de cas de poutres continues APERÇU SUR NOS CONNAISSANCES EN PLASTICITE 417 et de portiques, il recommande de ne pas faire un appel abusif à l'adaptation de la matière et de n’avoir recours à la plasticité que si la distribution des moments en élasticité ne s’écarte pas trop de l'unité.M.Jovkoef met en garde contre le danger de flambage ou de voilement des parties comprimées des pièces et conseille de ne fixer le coefficient de sécurité qu’en tenant compte de ces facteurs.Il attire également l’attention sur les questions de fatigue et d’endurance, en cas de charges répétées ou alternées.L'ingénieur autrichien Blkicii attache, enfin, une très grande importance sur le jeu combiné des déformations permanentes et des tensions résiduelles, ces tensions résultant de la superposition d’un état de charge (+1) qui provoque la formation d’une partie plastique et d'un état de charge (— F), qui suppose (pie tout se passe en élasticité.Le rôle important que joue la plasticité des pièces de charpentes s’observe en comparant les résultats de calculs effectués suivant les anciens principes de la seule élasticité, avec les résultats d’essais de ces mêmes charpentes.Ayant ainsi calculé suivant les lois de l’élasticité une poutre continue, sur trois appuis, en acier dont la tension de rupture était de 4000 kg/cm -, l’ingénieur allemand Suhaim trouva, sous certaines conditions de charge et en certains points, des tensions atteignant 5450 kg/cm2.Théoriquement, la poutre aurait dû se rompre bien avant que la charge appliquée n’atteigne la valeur relevée.Or, comme il n’en fut rien et que la valeur de la tension de rupture ne peut, évidemment, être contestée, il en ressort que ee ne peuvent être que les calculs appliqués qui ne sont pas exacts, puisque leurs résultats ne coïncident pas avec la réalité accusée par des essais.Mais si des calculs, reconnus universellement comme classiques, accusent de si flagrantes inexactitudes, on est bien forcé d’en conclure que c’est toute la théorie dont ils dérivent qui est, sinon fausse, du moins incomplète.Cette lacune, dont souffrent les anciennes conceptions, conduit la plupart du temps à des excès de sécurité qui affectent considérablement.le facteur économique; mais il n’est nullement impossible qu’il ne se produise le cas contraire et que ce soit la sécurité qui se trouve en défaillance.Kn effet, si dans la même poutre continue déjà considérée les tensions sur appuis s’accusent, en tenant compte de la plasticité, 418 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE beaucoup plus faillies qu’en calculant suivant les méthodes classiques, les tensions en travées sont, par contre, beaucoup plus fortes.Ix>s règlements allemands de 1925 pour le calcul et l'exécution des constructions métalliques ont donné une première consécration officielle à la plasticité en tenant compte des résultats fournis par une série d’essais effectués sous les auspices du professeur Sieg-mund Muller par l’Association Allemande des Constructeurs d’Edifices en Acier (Deutscher Stahlbau-Vcrband) ; cette chartre n’a pas été sans donner une grande impulsion à l’étude plus poussée des problèmes qui se rapportent à la plasticité des aciers et à l’emploi plus rationnel des profilés.C’est d'abord le célèbre mémoire du professeur Greening de Hanovre, où, tenant compte des qualités de l’acier et principalement de sa plasticité, il résout! toute une série de problèmes sur la sécurité des constructions hyperstatiques.Dans le domaine pratique, ce sont, en 1927, plusieurs bâtiments à ossature métallique qui surgissent du sol et où, en s’inspirant des règlements de 1925.les notions de plasticité furent introduites dans les calculs.Ce sont les travaux remarquables du docteur-ingénieur et professeur allemand Xadai; ceux de M.W.Ceiiler, présentés au Congrès International des Ponts et Charpentes en 1928 à Vienne; ceux de l'ingénieur hongrois G.V.Kazvnsky et de l’ingénieur tchécoslovaque M.Fiutsche; ceux du professeur allemand M aver Leibnitz publiés en 1928.Ce sont enfin, plus récemment, les remarquables études sur la plasticité faites à F Université de Bruxelles par le professeur L.B a es et le Maître-Conférencier Arthémy Joukoee et ceux de M.( 'aquot, professeur et membre de l’Institut en France, sans parler de bien d’autres, dont la liste est déjà longue et glorieuse, quoique de date relativement récente.Malgré cela, le critérium de la plasticité est une conception s' nouvelle et si révolutionnaire des lois de la résistance des matériaux; que nous pensons que de laborieuses études et recherches seront encore nécessaires, avant que son application dans la construction métallique ne soit définitivement généralisée, comme l'est le critérium de l’élasticité.De toute façon, les premiers jalons de la théorie de la plasticité des aciers sont actuellement posés et si la science n’avance que pas à pas, elle n’en arrive que plus certainement à ses buts. APKRÇU SUR NOS CONN AISSANCKS KN i’LA-TI CITE 119 J’ai dit au début de cet article que la plasticité était une propriété commune à tous les matériaux, mais dont les phénomènes se présentent souvent sous des apparences fort distinctes.Le béton n’échappe pas à cette propriété commune, malgré la difficulté infiniment plus grande d'en constater et d’en définir les phénomènes, à cause du très grand nombre d’influences qui agissent sur la plasticité du béton et la petitesse des déformations, imperceptibles avec les instruments de vision et de mesure dont nous pouvons disposer dans ce but.C’est ainsi que la courbe des déformations du béton, élastiques et plastiques, est, d'une façon générale, fort difficile à établir; en ce qui concerne particulièrement la zone essentiellement plastique, peu d’essais ont été faits jusqu’à ce jour, pouvant renseigner de façon exacte sur ce qui se passe réellement.Mentionnons cependant, les essais du professeur Saligeu, de l’École Technique Supérieure de Vienne, qui permettent d’établir une courbe des déformations, dont l’allure est représentée à la fig.12.i r»* o ^>7as //C?Fiqühk 12 déformations Cette courbe est très caractéristique.Elle nous montre d’abord que la zone de proportion!, alité, sur laquelle reposent cependant toutes les théories de calcul des constructions en béton armé, n’existe pour ainsi dire pas, du fait que le module d’élasticité du béton, contrairement à celui des métaux, n’est pas constant, mais varie suivant la charge; il n’est pas seule- 420 H K vr 1.TH IM KM'It I K LL K CA N A IM K .VN K ment fonction des tensions produites par la charge, mais dépend encore de la façon dont la charge est appliquée, de l'action de celle-ci et enfin, des sollicitations que la matière aurait pu subir auparavant.Sous des charges relativement très petites, il se développe déjà dans le béton des états simultanément élastiques et plastiques, qui sont fonction de la composition du béton, des influences extérieures qui agissent sur lui et du degré de son durcissement.Comme dans l’acier, les déformations dites élastiques se définissent comme étant réversibles et les déformations plastiques comme ne l’étant pas.Le retrait serait, dans ces conditions de définition, à considérer comme déformation plastique, nous enseigne le professeur Probst, puisque après humidification du béton, celui-ci ne retrouve son état primitif que partiellement.Par contre, les variations de température et d'humidité provoquent des déformations qui pourraient être considérées comme élastiques, dès que le phénomène de retrait cesse, mais qu'il est d’usage de ne pas considérer comme telles, car il est, pour ainsi dire, impossible de dissocier les déformations qui se produisent sous l’action des charges, de celles qui ont lieu simultanément par suite du retrait, des variations de température et d’humidité.La totalité des déformations du béton dans la zone communément considérée comme élastique constitue donc la superposition des déformations dues aux charges, déformations réellement élastiques et des déformations plastiques dues aux autres influences que nous venons de citer — et c'est ce cumul de déformations de natures si différentes qui, au lieu de se traduire sur le diagramme de Saliokh pai une droite, ce qui justifierait comme dans l'acier la validité de la loi de Hookk, lui donne au contraire, dès l’origine des déformations, l’allure d'une courbe.Par analogie avec l’acier, il se produit aussi dans le béton un écoulement des molécules et, comme suite de ce que nous venons de dire plus haut, cet écoulement se prochdt déjà sous de très faibles tensions, quoique dans une très faible mesure, à peine perceptible avec les instruments les plus sensibles et dont nous ne pouvons affirmer l'existence que par voie de raisonnement.Un écoulement plus apparent ne se manifeste que lorsque h* béton subit des tensions d’environ la moitié de celle de la rupture. AT K KO U SU K NOS CONNAISSANCES EN PLASTICITE 421 A partir de ce moment, nous constatons aussi des déformations sans augmentation des tensions, car la courbe des déformations reste pour ainsi dire droite, parallèle aux déformations (fig.12); il se forme comme dans la plasticité parfaite de l'acier — un palier -dont l’ordonnée qui représente les charges ou tensions équivalentes, reste à peu près constante.Ce palier dépend, comme l'a démontré par voie expérimentale l’ingénieur américain Davis de ( 'alifornie ( 1925-1930), d’une quantité de facteurs conditionnant le béton, dont les principaux sont: le dosage en ciment, la granulation des matières inertes, les conditions de conservation du béton (à l'air ou à l’eau), la durée de charge et la valeur des tensions de compression.C’est ainsi qu'il fut établi qu’à granulation égale, un mélange moins riche en ciment provoque un écoulement plus accentué qu’un mélange plus riche.D’autre part, à égalité de dosage en ciment, l'écoulement le plus fort a lieu lorsque les matières inertes fines sont en surabondance; de même quand le durcissement du béton s'est effectué à l'air sec et non dans l'eau, surtout dans l’eau sous pression.En ce qui concerne l’influence de la durée de charge sur la plasticité du béton, un des premiers ingénieurs qui en constata les effets fut M.Eugène Eheyssinet, gloire française dans le domaine des sciences.Sans y mettre aucune vanité, je ne puis taire la fierté d’avoir collaboré avec cet éminent ingénieur, lors de l’étude de la construction des ponts du Veurdre et de Boutiron sur l’Ailier, ouvrages qui donnèrent justement lieu à la constatation pour la première fois du phénomène des déformations plastiques du béton sans augmentation des charges (1909-1911).Elus tard, de mêmes phénomènes furent observés par les ingénieurs allemands Geiileu et Ambros, ainsi que par l’ingénieur anglais Glanville et l’ingénieur américain Davis.Plus récemment encore, il fut reconnu par le professeur japonais Yoschida de l’Université de Tokyo (Uber das elastische Ver-fahren von Béton, mit Burueksichtigung der Querdehnung.1930) que le facteur temps provoque des phénomènes d’écoulement de la matière béton, plus perceptibles au bout de 7 jours qu’au bout des trois mois suivants.D'où on peut conclure qu’au plus grand module d'élasticité correspond le plus faible écoulement avec le temps.Par voie de conséquence, un béton jeune, n’avant que peu durci, accuse sous basses contraintes une bien plus grande compressibilité 422 RE V UK TRIM KSTRIELL E CAN* A DI K N X K qu'un béton plus vieux: autrement dit, il s'écoule plus fortement.Toutefois, cette compressibilité du béton décroît lorsque les tensions augmentent, à une allure beaucoup plus rapide dans ce béton jeune que dans le béton plus vieux.Un phénomène tie plasticité et non d’élasticité, comme on le suppose souvent, mérite d’être signalé.On le désigne souvent mais faussement, comme rétroactivité élastique.Supposons qu’un corps en béton soit chargé et que les tensions, supposées élastiques, dues à cette sollicitation, se manifestent de zéro à une valeur déterminée.Les déformations sont enregistrées successivement, suivant les accroissements de charge.En maintenant la charge déterminée à une valeur constante, on constate (pie les déformations continuent à progesser, malgré que les tensions relatives à cette charge n’aient pas encore atteint le palier de la plasticité.Il est donc incontestable (pic nous sommes là, faisant suite à une déformation supposée élastique, en présence d’un écoulement de la matière, autrement dit, d’un phénoèmne qui n’est plus élastique, mais essentiellement plastique.Cette rétroactivité de la matière est fonction du temps, c’est-à-dire de la durée de charge ou de l’amplitude des alternances entre des charges successives.Une alternance de courte durée ne permet pas à cet écoulement de la matière de disparaître complètement et il en résulte que la répétition des charges affecte plus intensément le corps que si la charge restait permanente.On peut en conclure, comme le fait le professeur Proust, que la déformation plastique du béton n’est pas, par rapport aux sollicitations extérieures, une propriété constante de la matière, mais une propriété qui dépend aussi des conditions dans lesquelles se produisent ces sollicitations.Nous avons vu par ailleurs, qu’aucun doute ne peut subsister aujourd’hui, concernant l’influence du facteur temps sur les propriétés plastiques de la matière.L’importance de la plasticité du béton n’est, en réalité, reconnue que depuis peu, depuis, pourrions-nous dire, qu’est connue sa répercussion sur le travail des aciers dans les pièces comprimées en béton armé.L’étude des phénomènes de la plasticité du béton et des conséquences qui en dérivent, est encore loin d’être achevée; elle n’est, en réalité, qu’à ses débuts et les causes qui provoquent les phéno- Al KHi,'l SIR NOS rONNAI.'.'A.NCKS MX PLASTICITE 423 mènes plastiques du béton sont encore moins bien connues que celles qui concernent les métaux en général et l’acier en particulier.Du peu que nous en savons, nous pouvons cependant déjà dégager le fait irréfutable (pie, en béton armé, la plasticité du béton joue un rôle considérable.lx's déformations plastiques du béton se manifestent dans le travail d’ensemble du béton et de l’acier, de façon fort diverse, suivant que la section est soumise à des sollicitations normales, (traction ou compression), tangentielles (cisaillement) ou à des flexions.La façon dont s'effectue le chargement joue aussi un rôle des plus importants.Rappelons, à ce propos, ce que nous avons déjà dit: Kn principe, le béton subit dans toutes ses phases de déformations, des déformations plastiques, mais dans la phase dite élastique, les déformations plastiques sont en quelque sorte superposées aux déformations élastiques.C’est cette superposition qui fait dévier la courbe représentative des déformations élastiques de la ligne droite et met la loi de proportionnalité de Hooke et, par voie de conséquence, celles de Xavier et de Rernouilli, en défaut.Or, tous les principes de calculs du béton armé étant basés sur ces lois, il en ressort que dès leur point de départ ces calculs sont erronés, ce qui nous oblige à y introduire des coefficients correctifs de sécurité exagérément élevés, au détriment, cela va sans dire, de l’économie.La connaissance plus parfaite des lois et phénomènes de la plasticité du béton aussi bien que de l’acier et la répercussion de ces lois et phénomènes sur le béton armé apporteront certainement aux principes île calculs des postulats nouveaux qui combleront plus d’une lacune, éviteront plus d’une imprécision.L’influence des déformations plastiques du béton sur le travail d’ensemble du béton et de l’acier, sous charge persistante ainsi que sous alternance de charges, a été étudiée en ces toutes dernières années, tout particulièrement par les ingénieurs américains (W.A.Slater et Lylc de lTniversité de Lehigh: F.JL Richakt et (J.C.Staeiile, de lTniversité de l’Illinois, et par l’éminent ingénieur anglais (Ilax ville, de Londres, dont le mémoire publié, dans le Bulletin de la Building Research Technical Râper en 1930, fait loi aujourd’hui.Ces essais confirment avant tout le fait bien connu dont dérive le retrait: que le béton de corps non chargés en béton armé subit 424 KK WE ’['RIM KSTHI ELLE CAN A DIKNNK des tensions de traction lorsque le béton est conservé à l’air sec et des tensions de compressions, lorsqu’il est conservé dans l’eau.Des poteaux non chargés, conservés à 1 air sec, accusèrent ainsi au bout des 12 premières semaines, un retrait progressif, mais au bout de ce temps les déformations furent bien moins accentuées.Conservés sous l’eau, ces poteaux se comportèrent de façon analogue, mais avec moins d intensité.Sous charge persistante, la plasticité et le retrait du béton provoquèrent, avec le temps, une répartition tout à fait particulière des tensions à la compression, où celle qui devait être attribuée au béton tomba au-dessous de zéro, autrement dit, devint une tension de traction, tandis que les aciers eurent à subir jusqu’à trois fois la valeur de leurs tensions des débuts de charge.L’influence des barres longitudinales sur le retrait ne fut perceptible qu’au bout de quatre semaines.Au bout de 20 semaines, les retraits de poteaux armés longitudinalement à 0.3%, 4.2% et 1.0%, se rapportaient les unes aux autres, suivant la proportion: 1: 1.20: 1.58: ce qui indique que le retrait diminue suivant le pourcentage des armatures longitudinales.Les tensions des aciers croissent considérablement sous charge persistante durant les premiers mois, tandis que les tensions du béton diminuent, quoique relativement moins rapidement.Cette transposition des tensions, qui est en grande partie la conséquence des déformations plastiques du béton, est d’autant plus importante, que le rapport de la section des barres longitudinales à la section du béton est plus petit et que le poteau a été conservé au sec.Avec l’âge, les déformations plastiques diminuent, tandis que les élastiques augmentent, autrement dit, les propriétés élastiques du poteau deviennent finalement prépondérantes.Lors de ces essais, dont l’importance n’échappera à personne, une colonne ronde de 21 cm, de diamètre et de 1 m.52 de hauteur, armée à 1.0%, conservée à sec, accusa au bout de 5 mois de sur-eharge persistante normale un accroissement de tension des aciers d’environ 840 kg/cm-.La fatigue de l’acier atteignit ainsi 2100 kg/cm 2.Sept mois plus tard, les tensions des aciers s’accrurent de 140kg/cm 2 et deux ans plus tard, elles s’accrurent encore de 140 kg/cm 2, ce (pii porta la fatigue, à cette époque, à 2380 kg/cm -, soit près du double de la tension primitive.()n voit ainsi que la plasticité du béton, sous la seule influence du facteur temps, conduisit des aciers, calculés suivant les lois usuelles Al’EUÇl' .'I K NOS CONNAISSANCES EN PLASTICITÉ 42 5 de l'élasticité seule, d'un taux de travail normal à des tensions proches de la limite de proportionnalité, alors que les tensions du béton ne diminuèrent relativement que peu.La cause de ce phénomène est que les aciers durent suivre les déformations plastiques du béton et prirent, si j’ose m’exprimer ainsi, en charge une partie des efforts qui les provoquèrent.Si la limite de proportionnalité de l’acier avait été dépassée, la répartition des tensions entre l’acier et le béton se serait modifiée du tout au tout, car le béton n’aurait plus été soulagé par des aciers à l’état élastique, mais à l’état plastique, donc dans une bien plus faible mesure.A remarquer que ces mêmes colonnes, chargées jusqu’à rupture, accusèrent la même charge de rupture que d’autres colonnes identiques, qui n'avaient pas subi d’essais préalables.D’où la conclusion, que la capacité portante des colonnes était restée inchangée et que ce ne fut que la repartition des tensions de la section, entre le béton et l’acier, qui s’était modifiée avec le temps, suivant les déformations plastiques du béton.CONCLUSIONS De tout ce que je viens d’exposer, on peut facilement conclure que si la théorie de la plasticité, autant pour l’acier que pour le béton et le béton armé, n’en est qu'à ses débuts, il n’en ressort pas moins que cette propriété des matériaux de construction ouvre des horizons tout nouveaux, quant à leur utilisation plus rationnelle et plus économique, tout en assurant une sécurité bien plus certaine que celle qui se base exclusivement sur les lois incomplètes et fort discutables de la seule élasticité.Albert Merciot, / ngénieur-Conseil.Pans, juillet WS6. DU CONTRAT DE TRAVAIL (Suite et fin) 231° 8ir F.-X.Lemieux cite les extraits suivants de Baudry-Lacantinerie: “L’employé n’est pas tenu de servir le successeur du patron".“La cession de l’entreprise met fin au contrat de plein droit".(Voir Baudry-Lacantinerie: Droit Civil, 3ô éd.Vol.XXI, no 2900 - Voir aussi Xos 2905 à 2911 inc.et notes).Sir F.-X.Lemieux (p.470) formule ainsi le principe qui régit cette matière: “Los engagements d'employés ne sont pas de plein droit imposés au cessionnaire de l’entreprise, car le cessionnaire n’est qu’un successeur à titre particulier et les engagements ne se transmettent qu’au successeur à titre universel.Le cédant qui, par son fait, a causé la rupture du contrat qu'il avait passé avec ses préposés méconnaît scs obligations et il n’est pas à l’abri de l’action de ces derniers s’il n’a pas pris soin d'imposer à son successeur la continuation du contrat qu'il a passé avec eux’’.Sir F’.-X.Lemieux ajoute plus loin (p.478): “Il a été soutenu, et des arrêts confirment cette prétention, que l’ouvrier congédié ou dont les services ont été cédés ne peut réclamer des dommages du patron ou du cédant, si le cessionnaire lui a offert un travail identique et des gages aussi rémunérateurs.Ces opinions et arrêts s’appuient sur un motif juridique incontestable.Kn effet, le recours en dommages-intérêts s'autorise d’un préjudice éprouvé: perte de gain, de bénéfice, etc.Or, il n’y a pas lieu à tel recours en l’absence de semblable préjudice, c’est-à-dire si le gain ou le bénéfice a été fait ou aurait pu l'être”.232° Quand le cessionnaire s'est obligé de garder les employés de son prédécesseur, le cessionnaire sera responsable des dommages qu’il causera en rompant son contrat.(V.Paris, 4 août 1896, I).97.2.170).Le cédant sera-t-il tenu aussi de ces dommages-intérêts?Baudry-Lacantinerie (loe.cit.Xo 2907) enseigne qu'“on admet la négative (Voir Paris, 4 août 1890 précité), à moins sans doute que le cédant se soit personnellement engagé en ce sens.Le motif de Du CONTRAT DE TRAVAIL 427 cette solution est probablement que l'intervention du cédant a été de se dégager; mais ce n’est pas là une considération suffisante; nul ne peut se décharger de ses obligations sans le consentement du créancier; par suite le cédant, qui est personnellement engagé, est responsable des actes de son cessionnaire”.233° Le patron qui s'est engagé envers son employé à faire agréer ce dernier par son successeur est-il dégagé de son obligation par sa faillite ou sa mise en liquidation judiciaire?Baudry-Lacantinerie (loe.fit.Xo 2903) déclare que non en s’appuyant sur la décision suivante: Trib.corn.Seine, 1er déc.1S93, .lourn.trib.comm.1894, p.(12.De plus le patron qui a cédé son établissement est tenu de dommages-intérêts aussi bien si le successeur ne prend pas l'employé que s'il ne consent pas à lui donner le salaire promis par le patron.Dans ce dernier cas, l’ex-patron doit verser la différence.(Voir Trib.coin.Lyon, 25 oct.1904, Gaz.com.Lyon, 17 oct.1904).234° Passons maintenant au cas où le contrat de louage de services stipule que le cessionnaire de l'entreprise devra en respecter les clauses.Nous avons sur ce point la décision de l’honorable Juge Martineau dans la cause de X.Fortin Shoe Go.Ltd., v.< hatelle (27 ILL.n.s.311): ‘‘Un contrat de louage de service signé par un commis-voyageur contenant la clause suivante: ‘'Si M.Fortin vendait son commerce de manufacturier de chaussures, l'acheteur serait forcé de respecter les conventions stipulées" crée des obligations réciproques.De sorte que non seulement celui qui a acheté doit retenir les services de ce commis-voyageur, mais celui-ci est également tenu de continuer son engagement avec lui”.Quels sont les effets de cet engagement de l'employé?Le cessionnaire a-t-il une action directe contre l’employé pour le contraindre à exécuter son engagement?"Non, dit Baudry-Lacantinerie (loe.cit.Xo 2911): car, l’engagement de l’employé a été pris envers le cédant; ce dernier n'a pu stipuler au nom de son cessionnaire, la stipulation pour autrui n’étant valable qu'à la condition d’être faite au profit d'un tiers déterminé et le cessionnaire n’étant pas déterminé (sauf de rares hypothèses, et.dans ces hypothèses, c'est la solution contraire qui, nous le convenons, doit l'emporter).Mais, comme le cessionnaire a eu le droit de compter sur la continuation des services employés, il a un recours à raison de la cessation de ces 428 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE services, contre le cédant, et ce dernier à son tour recourra contre l’employé”."Le cessionnaire peut-il, à raison de son recours contre le cédant, c est-à-dire comme créancier du cédant, agir lui-même contre l’employé?Ceci dépend d'une question plus générale, celle de savoir si le créancier peut intenter contre les débiteurs de son débiteur une action qui n appartiendrait à ce dernier que dans I hypothèse ou le créancier intenterait sa propre action contre lui,” (V.sur ce point Wahl Note S.90.1.353).235° De la dissolution de la société.D’après Baudry-Lacantinerie (Droit Civil, 3è éd.Vol.XXI, Xo 2912) la dissolution de la société qui a engagé l’ouvrier ou employé met fin au contrat”, (Voir Rennes, 24 mars 1886, Rec.Nantes, 89.127, p Paris 20 nov.1888, Gaz.Trib.12 déc.1888.-Bordeaux, 21 juil.1890, Rec.Bordeaux, 90.1.455.- Trib.coin.Marseille, 23 no\.188/, Rec.Marseille 88.70.- Trib.corn.Marseille, 14 janv.1896, Rec.Marseille 90.1.94 (employé intéressé).- Liège, 23 oct, 1879, Pasicr.80.2.97.- Contra Rennes, 24 nov.1885, Rec.Nantes, 87.20.- Rouen, 12 janv.1889 précité.- Trib.coin.Marseille, 21 janv.1887, Rec.Marseille, 87.104.- Trib.coin.Toulouse, 27 avril 1897, Gaz.Pal.98.2.129, Loi, 1er juil.1898.- Cpr.Hue.X, n.390; cet auteur, après avoir admis la négative, décide cependant que 1 employé se trouve, par le fait, délié do ses engagements).230 n.Contrat a durée indéterminée.Nous avons étudié les modes d’extinction du contrat à terme fixe.Nous passons maintenant au contrat à durée indéterminée, c'est-à-dire au louage de services (pii est fait à tant par jour, par semaine, par mois ou par année sans qu’une date soit fixée pour la fin de l’engagement.Comme nous l’avons déjà vu (No 129) le contrat de louage de service à durée indéterminée prend fin de la même façon que le contrat a terme fixe moins, évidemment, par l’arrivée du terme.Mais lorsque la durée de l’engagement est indéterminée, il y a une cause de rupture qui est spéciale à ce contrat; c’est le préavis.Ln effet, l’une ou l'autre des parties peut mettre fin au contrat à durée indéterminée par sa seule volonté et en donnant avis à 1 autre partie.Suivant l'honorable Juge Rinfret (Asbestos Corporation Ltd.v.Cook, 1933 C.S.C.R.à p.91), quand il s'agit d'un Du CONTRAT DE TRAVAIL 429 contrat de ce genre, l’une des parties peut s’en libérer en donnant un avis de congé raisonnable.C’est là aussi l’enseignement de l'honorable .luge Mignault (Droit Civil Canadien, Vol.7, p.375, note A) qui cite en ce sens le jugement rendu dans la cause de Faquin v.Cité de Hull (11, L.N.p.355).Un peu plus loin (loc.cit.; l’honorable Juge Mignault continue ainsi : “Je m’empresse d’ajouter que, dans certains cas réglés spécialement par la loi ou par les règlements municipaux, l'avis requis pour mettre fin à l’engagement doit être donné dans un délai expressément fixé (voy.par exemple l’article 5015 S.R.Q.maintenant l’article 3 du chapitre 271, des S.Q.R., 1925 et l’article 223 de la Loi de l’Instruction .02 Yict.Ch.2S - maintenant l’arti- cle 232 des S.R.Q., 1925, chapitre 133).Dans certains cas prévus par la loi des maîtres et serviteurs (S.R.Q.1925, ch.271) ou par les règlements municipaux, l’employé qui quitte son service, sans donner avis requis, se rend passible d’amende, et même d'emprisonnement à défaut de payer l’amende.237° Voyons maintenant quel est ce préavis.Sur ce point, reproduisons tout d’abord les remarques suivantes de Maître Edouard Montpetit.En lui, je suis heureux de saluer le fondateur de l’enseignement du droit industriel dans la Province de Québec et je ne saurai jamais trop reconnaître l’immense dette de reconnaissance dont je suis redevable en cette matière.Ce passage est emprunté à l’excellent cours publié dans Le Canada (livraison du 9 janvier 1919).“Quel est ce préavis?Est-il déterminé par une loi?Xou; aucun texte uniforme; mais une variété de textes: règlements municipaux, statuts provinciaux, code civil.Pourquoi ne pas unifier tout cela?Le préavis doit être donné dans un délai raisonnable et suivant l’usage.On peut difficilement préciser davantage dans l'état actuel de notre législation.Le règlement de Montréal décide qu’un ouvrier engagé au mois doit donner un préavis de quinze jours avant de quitter le service.Les statuts provinciaux déterminent les préavis suivants: une semaine si l’engagement est à la semaine, deux semaines si l’engagement est au mois et un mois si l’engagement est à l’année.Cette loi provinciale ne s’applique pas aux cités de Montréal et de Québec; on peut cependant en géné- 2610 43(J REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE raliser le principe, sauf en ce qui concerne l’engagement fait à l’année où la Cour d’appel a exigé un avis de trois mois.On ne donne pas de préavis lorsque le renvoi est motivé; l’ouvrier n'a droit dans ce cas qu’au salaire échu lors de son départ de l’usine.Une convention, déterminant d’avance le délai-congé que se donneront les parties advenant rupture, est toujours possible et légale; et serait avantageusement arrêtée dans un règlement d’atelier.” 238° Nous avons déjà traité de la Loi des Maîtres et Serviteurs (Nos 112 et 113) et nous avons signalé que cette loi s'applique dans la Cité de Montréal aux artistes lyriques et dramatiques “engagés à la journée, à la semaine, au mois ou à la saison”.Un mot maintenant du chapitre XX des règlements municipaux de Montréal qui régit les “Maîtres et Serviteurs”.Ce règlement a été passé le 10 mai 1865.A qui s'applique notre règlement municipal ?L’Article premier s’applique à “tout apprenti ou serviteur des deux sexes, ou compagnon lié par brevet, ou par acte, ou marché par écrit, et tout serviteur des deux sexes ou compagnon verbalement engagé devant un ou plusieurs témoins pour un mois ou pour un temps plus long ou plus court.Cet article premier édicte “sur conviction devant la Cour du Recorder” une pénalité n’excédant pas $20.00 et un emprisonnement n’excédant pas trente jours contre “tout apprenti, serviteur ou “compagnon” ci-dessus mentionné qui sera coupable de mauvaise conduite, d'opiniâtreté dans sa conduite, de paresse, ou d’abandonner son service ou scs devoirs, ou de s’absenter, de jour ou de nuit, sans permission, de son dit service, ou de la maison, ou résidence de son bourgeois; ou qui refusera ou négligera de remplir ses justes devoirs, ou d’obéir aux ordres légitimes qui lui seront donnés par son maître ou maîtresse; ou qui sera coupable d’aucune faute ou délit dans le service de son maître ou maîtresse, ou d’aucun acte illicite qui peut affecter l'intérêt ou troubler les affaires domestiques de son maître ou maîtresse; ou qui sera coupable de dissiper la propriété ou les effets de son maître ou maîtresse”.239° Les articles 2 et 3 tie notre règlement déterminent le préavis qui doit être donné par tout domestique, serviteur, compagnon ou journalier, engagé pour un temps fixé, au mois ou pour un plus long espace de temps, et non à la pièce ou à l’entreprise”.Tout domestique, serviteur, compagnon ou journalier en dernier lieu mentionné “qui aura dessein de laisser le service dans Du CONTRAT DE TRAVAIL 431 lequel il ou elle sera engagé durant ce temps, en donnera ou fera donner avis quinze jours au moins avant l’expiration de telle convention à son maître ou maîtres, maîtresse ou maîtresses ou bourgeois, et si aucune desdites personnes ne quit te le service de son maître ou maîtres, maîtresse ou maîtresses ou bourgeois, sans en donner tel avis (quoique le temps en soit expiré), elle sera considérée avoir déserté ledit service, et sera punie en conséquence; et tout maître, maîtresse ou bourgeois donnera à ses serviteurs, compagnons ou journaliers un semblable avis de son intention de ne plus les garder ou employer après l’expiration de leur temps de service’’.La fin de l’article 2 ajoute que ‘“tout domestique, serviteur, compagnon et journalier, engagé pour un temps, pourra être déchargé par sou maître, maîtresse ou bourgeois, à ou avant l'expiration de son engagement, sans avis, en recevant le paiement en entier des gages qu'il aurait reçus pour tout le temps de ses services; si le temps est expiré, la personne ainsi déchargée sans avis aura droit à quinze jours de gages additionnels, c'est-à-dire, pour la période de temps qu’elle aurait dû recevoir avis”.L’article 3 édicte les pénalités déjà indiquées contre “tout domestique, serviteur, compagnon ou journalier, engagé comme susdit, au mois ou pour un plus long espace de temps, ou à la pièce ou à l’entreprise qui désertera ou abandonnera le service pour lequel il aura été engagé, avant que le temps convenu soit expiré et sans avoir donné quinze jours d’avis comme susdit, ou qui quittera ou abandonnera ladite pièce ou entreprise avant de l'avoir parachevée”.210° Notons maintenant que dans la cause de Dakley v.Normon (9 L.N.213) notre Cour de Revision a jugé que “lorsqu’aucun terme d’engagement n’est fixé entre le maître et son serviteur, mais que ce dernier est payé tant par semaine, l’engagement doit être considéré fait à la semaine.Dans ce cas, le règlement de la cité de Montréal concernant les maîtres et serviteurs ne s'applique pas”.Sur l’interprétation de notre règlement municipal, on peut aussi consulter les décisions suivantes: Lamothe v.Bissonnette, 12 It.L.195; Sommer v.Waldman, 12 R.J.94.L’article 11142 du f’ode Civil s’applique-t-il en louage de ser- vices 432 KF.VU K TRIMESTRIELLE CAN A DIEN.V F.241° Si un contrat est fait à tant par semaine, par mois ou par année, sans que ni le contrat ni l'usage détermine la durée de l’engagement, d’après l’honorable Juge Mignault (Droit Civil Canadien \ol.\ II, p.371) l'employé sera censé être engagé pour une semaine, un mois ou une année suivant que l'employé est payé tant par semaine, par mois ou par année.< )n appliquerait la disposition de l'article 1042 du Code Civil qui règle la durée du bail d’une maison quand le terme n’en a pas été fixé par la convention.(\ oir Daklev v.X'ormon (( .R.) 9 L.X.213 et autorités ci-après analysées Xo 243).242° Dans la cause d’Asbestos Corporation Ltd.v.Cook (1933 < .S.C .R.p.S0) la majorité des juges de la Cour Suprême ont rejeté ce système.Voici un extrait du jugé de cette décision: (traduction) “Suivant sa signification littérale, un contrat de louage de services personnels à tant par année est un contrat non pas pour un terme fixe mais pour une durée indéterminée; et il n’y a pas de disposition dans le ( ode Civil à l'effet qu’un contrat de louage de services personnels dont la durée n'a pas été convenue, sera censé être fait pour une année quand le salaire a été fixé à tant par an.L’article 1042 du Code Civil concernant le bail des maisons ne s’applique pas au louage do services personnels.” (Les honorables Juges Anglin et Cannon étaient dissidents).243° On lira avec beaucoup d’intérêt les notes de l'honorable Juge Rinfret.Le savant Magistrat s’appuie tout d’abord sur une décision antérieure au Code Civil: Lennan v.The St.Lawrence & Atlantic R.R.Co.(1853 5 L.C.R.91).Il cite ensuite les causes de I be City of Montreal v.Dudgale (18S0-2.5 L.O.J.149) et Commissaires des Chemins à Barrière v.Rielle ( 1890, M.L.R.0 Q.B.53).Mais au lieu d’accepter ces deux décisions, l'honorable Juge Rinfret préfère “se ranger du côté de l'avis de la Cour du Banc du Roi dans la Cité de Montréal v.Davis (1869-0 B.R.177).Quant à la cause de McCreevy v.Les Commissaires du Havre de Québec (1897-7 B.R.17J l’honorable Juge Rinfret estime “qu’il s agit d un cas d espèce .11 note ensuite les causes de Charbon- neau v.Publishers Press Ltd (1912-18 R L.n.s.4 10) et de Couture Di' CONTRAT DK TRAVAIL 433 v.La < ité do Montréal (1913 IL de J.458), puis celles de Bessette v.La Société Anonyme d’imprimerie Le Pays (1920-59 C.S.9) et d’Iverson v.Chicoutimi Pulp Co.(1924-30 ILL.ms.400).L'honorable .Juge Rinfrct s'appuie aussi sur la cause de Kids-ton v.Palmer (1925-40 B.H.198).Il cite enfin les causes do (lalla-gher v.Confer (1915-18 C.S.303), Caron v.Security Life Ins.Co.(1910-50 C.S.294) et Laçasse v.Tuckett Tobacco Co.(1921-30 B.H.321).244° Cette décision de la Cour Suprême règle définitivement la question de principe.Au point de vue pratique, dans chaque cas particulier, il continue à régner bien de l'incertitude quant à la longueur du préavis.Nous avons déjà analysé les dispositions de la Loi des Maîtres et Serviteurs et des règlements municipaux de Montréal, en matière de congé.Pour les cas cpii ne sont couverts ni par la loi, ni par les règlements municipaux, ni par l’usage, voyons maintenant quel préavis nos tribunaux ont exigé.Dans la cause déjà citée d’Asbestos Corporation Ltd.v.Cook (1933 C.S.C.R.à pp.99-100), l’honorable Juge Rinfret formule ainsi le principe général qui régit cette matière: “Si l’une des parties trouve le délai insuffisant, il reste au tribunal à apprécier les circonstances et à accorder des dommages-intérêts, s'il en arrive à la conclusion qu’en effet le délai n'a pas été suffisant.Kt, sur ce point, l’article 1057 du Code pose une règle qui peut servir de guide”.Notons que l’article 1057 C.C.réfère à l'article 1042 C.C.que le jugement de la Cour Suprême dans cette même cause de Cook déclare expressément ne pas s'appliquer quant à la durée présumée du louage de services.L’article 1042 C.C.pourrait donc cependant servir de guide quant au délai du préavis.1 .n appliquant l'article 1057 ( le délai du congé sera de trois mois si l’engagement à durée indéterminée est un engagement à trois mois ou plus par exemple, il Vannée.Quand l’engagement est à moins de hue* mois, en suivant l’article 1012 ( '.('.le délai de congé sera d'un mois pour un engagement au mois, d'une semaine pour un engagement à la semaine, etc.24 5 ° J U RI SP R U D E X C K.Pour un engagement à l'année, nos tribunaux ont exigé un préavis de trois mois avant la tin de l'année dans les causes ci-après mentionnées: 434 RK VL' K TRIM KSTRIKLLE CAN A DI K NX E McGreevy v.Commissaires du Havre de Québec, 7 B.R.17; Tardif v.La Ville de Maisonneuve, 58 C.S.170; Iverson v.Chicoutimi Pulp Co.XXX, R.L.n.s.460.Dans la cause de Laçasse v.Tuckett Tobacco Co.(36 B.R.321), la Cour d'Appel a exigé un avis d'un mois.Il s'agissait d'un engagement qui comportait un salaire fixé à l'origine à SI,800.00 par an et payable mensuellement.< e salaire fut plus tard augmenté à 82,000.00 et le contrat fut ensuite renouvelé “de mois en mois”.Dans la cause de Hanover Fire Insurance Co.v.Stuart (59 B.R.175), il s’agissait d'un contrat pour un an qui avait été renouvelé par tacite reconduction et le salaire était payé par quinzaine.La Cour d’Appel a jugé qu'un avis de plus de quinze jours avant l’expiration de terme était valable.Pour un engagement au mois, notre Cour de Revision a jugé qu'il y avait lieu de donner un avis d’un mois dans la cause de Garon v.Security Life Insurance Co.(50 CAS.p.295).Les employés du Canadien National dont l’engagement est pour une période indéterminée et qui sont payés au mois sont susceptibles d'être congédiés sans cause sur avis-congé d'un mois.(CAN.R.v.Lévesque, 39 B.R.105).Un concierge engagé au mois a droit à un avis d'un mois: Béland v.Patenaude, 03 ( AS.421.246° Dispense de préavis.L’une ou l’autre des parties n’est pas obligée de donner les préavis ci-dessus mentionnés quand cette partie serait justifiée de résilier le contrat s il était à terme fixe.Dans les causes suivantes, on a jugé que le patron avait le droit de congédier son employé sans avis: Pour grossièreté; Dakley v.Normon, 9 L.N.213, Bousquet v.Nellis, 35 CAS.209.Sur le droit d’expulser une servante pour injures, voir Thibault v Fraser, 3 CAS.330.Sur le renvoi d’un rédacteur qui attaque le parti politique que défend son journal: Bélanger v.Bélanger, 21 CAS.CA R.678, 18 L.N.354.Sur le renvoi pour fraude: Prévost v.Standard Fountain & Machinery Co., 21 R.L.n.s.433.Sur le renvoi d’employés du CAN.R.pour insubordination et ivresse: voir: Vaillancourt v.Le Roi, (4927), 1.x.CAR.21. Dü CONTRAT DE TRAVAIL CD Sur le renvoi sans avis d’employés civiques engagés par contrat à durée indéterminée, voir: Davis v.Cité do Montréal (27 C.S.C.R.539; (j B.R.177; 20 L.X.210).On ne peut congédier sans avis pour des raisons triviales, voir: Millan v.Dominion Carpet Co., 22 C.S.234.Dans cette cause, on a jugé que “pour qu’un employé soit congédié sans avis, sa conduite doit être telle qu’elle cause un préjudice à son patron ou lui donne une cause raisonnable de craindre qu’il souffrira un préjudice à raison des actes de son employé”.(Traduction).Ajoutons que notre Cour d’Appel a jugé que ne justifie pas le renvoi sans avis: l’abus par un employé de liqueurs alcooliques au cours d’un congrès auquel il avait été invité par le patron lui-même dans son intérêt.(Robin Hood Mills Ltd.v.Benoit, 1933, 54 B.R.387).247° Comment faut-il calculer le préavis?Si le congé doit être donné dans un certain délai, c’est avant le commencement de ce délai que le congé doit être donné.Supposons qu’un avis d’un mois doit être donné; cet avis d’un mois donné au cours d’un mois déjà commencé ne met fin au contrat qu’à l’expiration du mois suivant, tout comme si l’avis eût été donné le dernier jour du mois en cours.C’est ce qui a été décidé dans la cause de Laçasse v.Tuekett Tobacco < ’o.(3(3 B.11.à p.323).248.De la fin du contrat à durée indéterminée, en France.En France, l’article 1780 du Code Napoléon a été modifié par la loi du 27 décembre 1890.L’article correspondant de notre Code Civil (1007 C.C.) n’a pas subi de modifications et nous croyons important de résumer la législation française actuelle sur cette matière.Nous trouvons les dispositions qui nous intéressent à l’article 23 du Code du Travail tel que modifié par la Loi du 19 juillet 1928.Voici les premiers paragraphes du texte actuel de cet article: “Art.23.- Le louage de services fait sans détermination de durée peut toujours cesser par la volonté d’une des parties contractantes.“L’existence et la durée d’un délai-congé sont fixées en conformité des usages pratiqués dans la localité et la profession ou, K K V I ]•: TRIM KSTRIELLE CAN A DI K N NK 436 à défaut de ces usages, par des conventions collectives.11 peut être dérogé par des conventions collectives aux délais fixés par les usages.“Toute clause d'un contrat individuel ou d'un règlement d’atelier fixant un délai-congé inférieur à celui qui est établi par les usages ou par les conventions collectives est nulle de plein droit.“La résiliation du contrat par la volonté d’un seul des contractants jieut donner lieu à des dommages-intérêts.“Les dommages-intérêts qui peuvent être accordés pour inobservation du délai-congé ne se confondent pas avec ceux auxquels peut donner lieu, d'autre part, la résiliation abusive du contrat par la volonté d’une des parties contractantes,” etc.250 L’article 23 indique ensuite les diverses règles que doivent suivre les juges pour apprécier les dommages-intérêts, il décrète aussi que le contrat subsiste avec le nouvel entrepreneur au cas de vente et autres cessions de rcntrepri.se, etc.Les parties ne peuvent renoncer par avance au droit éventuel de demander des dommages-intérêts en vertu de cet article 23.Voir sur l'interprétation de cet article: Colin et Capitant -Cours Elémentaire de Droit < 'ivil Français - 7ème écl.No 719 ss.p.672 ss.251' De LA PRESCRIPTION' DES SALAIRES.( 'est aux articles 2260, 2261 et 2262 de notre ('ode < 'ivil que l’on trouve les dispositions concernant la prescription des salaires.Le 6ème paragraphe de l’article 2260 se lit comme suit: “L’action se prescrit par cinq ans dans les cas suivants: 6.Pour louage d’ouvrage et prix de travail, soit manuel, professionnel ou intellectuel, et matériaux fournis; sauf les exceptions contenues aux articles qui suivent,” c’est-à-dire aux articles 2261 et 2262.2261.-“L’action se prescrit pour deux ans dans les cas suivants: 3.“Pour salaire des employés non réputés domestiques et dont l’engagement est pour une année ou plus”.2262.-“L’action se prescrit pour un an dans les cas suivants: 3.“Pour gages des domestiques de maison ou de ferme; des commis de marchands et des autres employés dont l’engagement est à la journée, à la semaine, au mois ou pour moins d’une année”. Dr CONTRAT DE TRAVAIL 437 252 Comme le remarque l’honorable Juge Mignault (Droit Civil Canadien Vol.9, p.530), “le sixième paragraphe de l’article 2260 formule une règle générale qui s’applique à tout contrat de louage d’ouvrage, à moins que ce contrat ne tombe sous la disposition des articles 2261 et 2262.Donc, à cette exception près, le droit commun pour le louage d’ouvrage est la prescriptibilité par cinq ans-”.Voir à ce sujet: Genest-Labarre v.The King, 59 B.R.151; Fournier v.I.oranger et Cité de Montréal, 59 B.R.131; Duranceau v.Dodge, 57 B.R.147.Etudions maintenant chacune des différentes prescriptions qui s’appliquent aux salaires.253° Prescription d’un an.10 Domestiques cle maison ou de ferme: L’article 2262, par.3, que nous avons déjà cité décrète la prescription annale pour les gages des domestiques de maison ou de ferme.D'après Baudry-Lacantinerie (Traité de Droit Civil, 3ème éd.Vol.2N, Xo.727), “l’expression domestiques comprend tous ceux qui moyennant salaire sont attachés à la personne d’un maître et au service de sa maison, tels que cuisiniers, portiers, valets de chambre, cochers”.Quand il s’agit de domestiques de maison ou de ferme, il importe peu que leur engagement soit pour plus ou moins d’une année et c’est toujours la prescription d’un an qui régit leurs réclamations pour gages.(Voir Mignault loc.cit.p.541).Voir à ce sujet: Babin v.Caron, 2 R.de L.166; Léonard v.Jobin, 4 L.N.55; Gloutenay v.Lussier & Al., 14 R.J.R.Q.107.Dans deux autres causes (Leduc v.Desmarchais, I L.X.61S; < iosselin v.Aubé, 10 C.S.417), on a décidé que la réclamation d’une garde-malade pour ses gages se prescrivait par un an en l’assimilant à des domestiques, quoique, dans la première de ces causes, le savant juge émet un doute pour le cas où il s'agirait d’une garde-malade diplômée. 43S ni: vu: i himi:sth11:i.lk ca n a di i:xx k Dans une cause de .Mile Dubois v.National Waist ( o.(72 ( 102), il a été jugé que "la loi du salaire minimum des femmes ne déroge pas au droit civil touchant la prescription: le salaire d’une couturière engagée à la semaine se prescrit par un an”.254° 2.Employés à moins d'une année.L’article 2202, comme nous l’avons vu, impose la prescription d’un an à l’encontre des réclamations pour gages “des commis de marchands et autres employés dont l’engagement est à la journée, à la semaine, au mois ou pour moins d’une année”.( ette règle fut suivie dans la cause plus haut citée de Fournier v.Loranger et la < ité de Montréal (50 H.IL 134).Le “jugé" des honorables Juges Léoturneau et Ilall se lit comme suit : “La créance d’un ouvrier dont les services sont retenus à l’heure pour la construction de canaux d’égouts dont l’entreprise ne doit pas durer une année, est soumise à la prescription annale”.D’après l’honorable Juge Galipault: “La créance de l’ouvrier dont les services sont retenus à l’heure se prescrit par un an”.Dans cette cause l’honorable Juge Létourneau souligne que la question de prescription des salaires n’est pas sans difficulté (59 B.IL à p.LIS).“Tout en reconnaissant” dit-il, “(pie les articles 2201 et.2202 C.C.soient donnés comme exception à la règle que pose l’article 2200, j’hésiterais à admettre que la nature de l’ouvrage puisse être le critérium décisif de la distinction à faire; car bien que le terme manuel ne se retrouve que dans le paragraphe 2200, il est indéniable qu’il s’infère encore de certains des termes de 2201 et 2202: des “employés non réputés domestiques" et surtout des “domestiques de maison ou de ferme”, ne laissent pas de donner l’idée d’un travail manuel: il en est de même de certaines catégories “des autres employés dont l’engagement est à la journée, à la semaine, au mois ou pour moins d’une année”.“Je crois donc que le véritable critérium est plutôt celui (pii semble avoir prévalu dans C.N.R.v.Lévesque (39 B.R.105 et s.): un engagement et sa durée”.255° “Sans engagement, quelle que soit la nature de l’ouvrage ou du travail manuel, professionnel ou intellectuel, c’est la prescription de cinq ans qui devra s’appliquer.Un engagement implique ])U CONTRAT I)K TRAVAIL 439 exception à cette règle, et ce sera alors la prescription d'une année ou de deux années, selon que cet engagement aura été pour moins d’une année ou pour une année ou plus.“Il est vrai de dire qu’un engagement pour un temps indérini puisse n’être pas “pour moins d'une année”, bien que le paiement des gages soit à l’heure, à la journée, à la semaine ou au mois; mais si, comme dans l'espèce, il est pour une entreprise particulière, c'est la durée de cette entreprise qui déterminera celle d’une année ou pour une année ou plus”.“il ne saurait en être autrement, car je n'imagine pas que dans un cas, par exemple, de plâtriers appelés à travailler à tant de l'heure aux enduits d'une maison ordinaire, soit pour une entreprise de quelques semaines tout au plus, ils puissent être admis à prétendre que pour cela seul qu’ils auraient été employés pour un temps indéfini et à tant de l'heure, leur engagement dût être considéré “pour une année ou plus”.250° Prescription de deux ans.L’article 2201, paragraphe 3, que nous avons déjà cité, déclare que l’action se prescrit par deux ans “pour salaires des employés non réputés domestiques et dont l’engagement est pour une année ou plus”.Nous n'avons pas trouvé de jurisprudence sur ce point sauf la cause de C.X.1L v Lévesque (39 B.IL 165) où on a jugé qu’une réclamation d’un employé basée sur un contrat à durée indéterminée ne se prescrivait pas par deux ans, mais bien par cinq ans.257° Prescription de cinq ans.Cette prescription qui est la règle générale a été appliquée dans différentes causes.D’abord, dans celle de Duranceau v.Dodge (57 B.IL 147) où le Sème paragraphe du jugé se lit comme suit: “The right of action of carpenters is prescribed by five years”.Comme le remarque l'honorable Juge St-Jacques (p.154): “Un menuisier peut louer son travail seulement, mais il peut aussi s’engager à fournir son travail et les matériaux nécessaires à l’exécution de ce travail.Or, le paragraphe ti de l'article 2260 met sur le même pied, quant au délai de prescription, le travail manuel et la fourniture de matériaux.“Ce serait une disposition bien étrange de la loi que celle qui obligerait l’ouvrier à poursuivre dans le délai d’une année pour le a lu ; v r e nu m i : stri e lle c a x a d i e x x k 440 prix de son travail manuel, et lui permettrait d'attendre cinq années pour réclamer le prix des matériaux qu'il aurait fournis lorsqu'il a fait ce travail.Je ne puis me rendre à un tel raisonnement".Dans la cause de Genest-Labarre v.The King (59 B.It.151) la Cour d'Appel a jugé que le salaire d’un inspecteur d’école se prescrivait pas cinq ans.Nous avons déjà cité la cause de C.X.R.v.Lévesque (39 B.R.105).Notons aussi la cause de Young v.Rattray (12 Q.L.R.1(58) où notre Cour d'Appel a jugé que le salaire d’un gérant de succession se prescrit par cinq ans.25S° Signalons maintenant la cause de Bouthillier v.\\ ivell où l’honorable Juge Surveyor a jugé que: “Si un accord s'est formé tacitement entre le maître et le serviteur, en vertu duquel le maître a 1 habitude de payer le salaire à une certaine période, la prescription ne court qu’à partir de la date où le maître aurait dû scion son habitude payer le salaire".(31 K.L.ms.-182).Si les services se continuent pendant un certain temps, la prescription commence-t-elle à courir de la date du dernier sendee rendu?Non, enseigne l'honorable Juge I.angelier (Cours de Droit Civil Vol.(i, p.522).En effet, l'article 22(515 de notre Code Civil décrète que la continuation des services n’empêche pas la prescription; il faut qu’il y ait soit une reconnaissance de la part du débiteur, soit une autre cause interruptive de la prescription.259° Prescription- des RECLAMATION'S ex dommages.Notre Code < 'ivil, aux articles 22(51 et 22(52, traite cette question de prescription des actions en dommages à la suite de délit, quasi-délit et d’injures corporelles.< 'es articles sont d ordre général et s’appliquent à tous genres d’actions en dommages, y compris les réclamations pour dommages subis au cours d'un contrat de louage de services.D’après l'article 22(51 du ( 'ode Civil: L’action se prescrit par deux ans dans les cas suivants: 2.“Pour dommages résultant de délits et quasi délits à défaut d’autres dispositions applicables”. J)U CONTRAT DE TRAVAIL 441 Kt d’après l'article 22(12: L'action se prescrit par un an dans les cas suivants: 2.“Pour injures corporelles, sauf les dispositions spécialement contenues en l’art.1050: et les cas réglés par des lois spéciales”.200’ Prescription d'un an.D’après l’article 2262, une action en dommages basée sur des injures corporelles se prescrit par un an.Or, il est évident qu’une injure corporelle est causée la plupart du temps à la suite d’une faute délictuelle ou quasi délictuelle quelconque.La doctrine et la jurisprudence sont d’accord pour déclarer qu’une action en dommages à la suite de lésions corporelles se prescrit par un an suivant l’article 2262 indépendamment du fait (pie ces lésions résultent d’une faute délictuelle ou quasi délictuelle.Dans son Droit ( 'ivil Canadien (Vol.9, pp.539 et s.) l’honorable .luge Mignault enseigne cpie: "La disposition de notre article s’applique du reste à toutes les “injures corporelles” causées par un délit ou un quasi-délit, de sorte que, lorsqu’il résulte de ce délit ou quasi-délit des lésions de ce genre, la prescription est toujours d’un an et non de deux ans suivant l’article 2261”.Comme le remarque l’honorable .Juge Mignault “ce point est maintenant réglé par la décision du Conseil Privé”: Robinson v.The Canadian Pacific Ky.Co., 1S92 A.C.1S1.Voir aussi à ce sujet: Lavoie v.Reaudoin, 1 1 C.S.252; City ot Montreal v.McGee, 30 Can.S.C.R.582.En 1900, appliquant le principe au cas du louage de services personnels, la Cour de Revision a jugé que l’action d’un ouvrier contre son patron en recouvrement de dommages à la suite de lésions corporelles subies au cours de son travail, se prescrit par un an (Robillard v.Ward, 17 C.S.456).Voir aussi au même effet: Versailles v.The Dominion Cotton Co., 32 C.S.281; McKinstry v.Irvin, 12 R.P.214; Freeman v.Stanley Bagg Corp., 37 R.P.416 261° L'article 2262 pose une première exception (plant aux dispositions contenues en l’article 1056; cet article 1056 se lit comme suit : “Dans tous les cas où la partie contre qui le délit ou quasi-délit a été commis décède en conséquence, sans avoir obtenu indemnité ou satisfaction, son conjoint, ses (ascendants et ses descen- 442 H F V U K TRIM F.STR IK LL E C A N AD! F N N F dants.) ont, pendant l’année seulement à compter du décès, droit d ¦ poursuivre celui (pii en est l'auteur o i ses représentants, p > ir les dommages-intérêts résultant d1' tel décès .Comme le note l’honorable Juge Mignault Droit Civil Canadien, Vol.b, p.534) “on sait (pie l’action de ces personnes (conjoint, père et mère, enfants de la victime) est distincte de celle de la victime, et que le point de départ de la prescription dans le cas des personnes mentionnées à 1 article 10ô6, est le décès de la victime, de telle sorte que l’action de cette dernière peut être éteinte par la prescription, sans affecter l’action de son conjoint, de ses père et mère ou de ses enfants”.Ce principe a été applicpié dans la cause de Robinson v.Canadian Pacific Ry.Co., 1S92 (A.C.4SI), où la veuve d’un employé du C.P.R.poursuivit cette compagnie en dommages près de deux ans après un accident survenu à son mari, alors qu il était a 1 emploi de ladite compagnie.2P>2° L’article 22(i2 mentionne une seconde exception à la prescription d’un an au sujet d’actions en dommages à la suite d’injures corporelles: ce sont les cas réglés par des lois spéciales.Nous ne jugeons pas à propos de tenter l’énumération de ces lois spéciales qui sont assez nombreuses.Disons simplement, a titre d exemples, que toute réclamation en dommages contre les cités de Montréal et Québec, conformément à leur charte respective, se prescrit par six mois au lieu d’un an ou deux ans, suivant les cas.Notons enfin que la réclamation d’un ouvrier basée sur la Loi des Accidents du Travail (21 George V, chap.100, art.20) se prescrit en principe, par six mois de la date de 1 accident ou du décès si l’accident est suivi de mort, i.n certains cas, la loi laisse cependant discrétion à la ( ommission quant au délai en question.203° Prescription de deux ans.L’article 2201 que nous avons cité ci-dessus ne s applique qu a défaut d'autres dispositions.Les commentaires que nous avons faits sur l'article 2202 démontrent que la portée de 1 article 2201 est restreinte d’une façon considérable et qu’en pratique, on trouve de nombreuses dispositions (pii imposent une prescription inférieure à deux ans.Le principe reste là toutefois et il est évident que toute action en dommages basée sur un délit ou un quasi-délit et qui n’entre pas dans les cas d’exception (pic nous avons exposés ci- Dü CONTRAT DE TRAVAIL 443 dessus se prescrit par deux ans.Nous n’avons pas trouvé cependant de jurisprudence sur ce point qui se rapporte à un cas de louage de services.204° Nous terminons ainsi cette longue étude du “Contrat de Travail" et nous espérons que malgré ses lacunes elle sera utile à nos lecteurs.Nous nous efforcerons de soumettre un jour une œuvre moins imparfaite à ceux qui s’intéressent à ces problèmes d’ordre social et économique tout aussi bien que juridique.Correction: Dans notre livraison de mars 1935, à la page 30, paragraphe 9, première ligne de l'avant-dernier alinéa, on voudra bien substituer le mot “noter” au mot “suivre”.On voudra bien aussi intercaler avant le No 19, au bas de la page 30, le No suivant : 18a.Pour obvier aux conséquences de la décision rendue par la Cour d'appel (40 B.R.471), en 1929, la Loi des Architectes (S.R.Q.1925, c.220) a été modifiée en y ajoutant entre autres l’article suivant: 21.Le serment de l’architecte constitue une preuve du fait que les services qu’il a rendus ont été requis, et de la nature et de la durée de ces services, mais ce serment peut être contredit de la même manière que toute autre preuve 09 Cleo.\, c.07.1.5).Léon Mercier Gouin, Avocat el Docteur en Droit REVUE DES LIVRES |,H FRONT CONTRE LA VITRE par M.Edouard Mont pot it.In volume in-12, 2x0 pages, prix $1.2û.Editions Albert Lévesque.M.Montpetit se donne l'illusion d’être un voyageur.Le front contre la vitre du wagon, quand le crépuscule descend, que les lampes s allument, que les routes blanchissent, il revoit les paysages observés et analyses, son esprit les anime.Et bientôt, à l’occasion, il communique ses impressions en des discours et des conférences.Mais qu’on ne s’y méprenne pas.Quelles que soient les régions parcourues, c’est toujours notre vie nationale que M.Montpetit explore, directement ou par voie de comparaison.Il en suit l'évolution, note ses gloires et ses vicissitudes, scrute ses problèmes.Aussi bien, même ce qui semble d abord ne devoir être qu'un simple récit de touriste devient en réalité un enseignement vivant et concret de patriotisme.("est que M.Montpetit s est habitué, depuis longtemps, a voir et a juget les personnes et les choses de chez nous et de l'étranger «a /mini n peut être "optimiste, aimable, conciliant, .écrire des pages qui reflètent une grande bonté de jugement et cependant ne pas trahir la vérité.La vérité serait-elle d francs.A la Librairie de l'Enseignement Technique, 61 Boulevard St-Germain et 3 rue Thénard, Paris fie, 1936.Cet ouvrage est un exposé des découvertes capitales de l'auteur à la suite de ses recherches sur les propriétés des mortiers et bétons de ciments.Tous ceux qui ont participé à des recherches expérimentales sur les résistances mécaniques des bétons ont remarqué combien il était diflicile de trouver des lois permettant de relier, d une manière ' peu précise, les différents faits observés.Même en employant des machines de grande précision, si l'on fait par exemple vingt essais sur des éprouvettes que l’on s'est efforcé de rendre aussi identiques entre elles que possible en les confectionnant et en les conservant, on trouve des écarts souvent considérables ne paraissant suivre aucune loi.L'explication de ces résultats surprenants est fournie par la théorie de M.ITeyssinet.Les bétons sont des pseudo-solide- constitués de cristaux juxtaposés laissant entre eux des vides ou canaux de très faible dimension, dans lesquels se trouve île l’eau soumise aux lois de la capillarité.Cela explique l'irréversibilité de certains phénomènes, et éclaire, de manière pleinement satisfaisante, tout ce qui concerne le retrait des bétons.A$D 450 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Mais il y :t plus.Ces considérations théoriques, qui font appel il plusieurs chapitres importants de la physique, trouvent des applications concrètes particulièrement remarquables.Kilos fournissent les moyens d'obtenir des bétons de très haute résistance, acquise très rapidement: d'où la possibilité de diminuer le volume des bétons à employer pour la construction d'un ouvrage déterminé.Malheureusement les bétons à très haute résistance sont fragiles, d'où dif-culté de leur emploi.Four supprimer la fragilité, il suffit d utiliser, comme 1 auteur l'a fait de nombreuses fois, dans la construction d'ouvrages innombrables, auxquels son nom restera attaché, des anticontraintes convenablement choisies.Kne nouvelle difficulté surgit alors: les moules et coffrage-, permettant la création des anticontraintes, doivent être en nombre limité et réemployés à cadence très rapide, sinon le bénéfice de la méthode serait perdu en partie.Mais, justement la nouvelle théorie indique les mesures à prendre pour obtenir des bétons il durcissement quasi instantané, et réduit ainsi au minimum le temps pendant lequel le matériel se trouve immobilisé.L'ouvrage se termine par la description de deux applications des ces ingénieux procédés.Les résultats sont extrêmement intéressants; ils n auraient pu être acquis dans des conditions d’économie et de rapidité comparables avec la technique courante du béton armé.LES RACES IHMAINES, par Paul Lester, Sous-directeur du Laboratoire d'Anthropologie du Muséum d'IIistoire Naturelle, et Jacques Millot, Professeur il la Faculté des Sciences de Paris.1 n vol.in-10, figures.Prix, broché, lOfr.üt).Collection Armand Colin, lud, boulevard Saint-Michel, Paris.Jamais peut-être la notion de race ne fut aussi exaltéequ aujourd hui.On pretend voir en elle, non plus seulement l'explication du passé, mais la base scientifique d'une conception hiérarchisée de 1 humanité.Ivcc toute 1 ardeur d une religion nouvelle, le “racisme" a suscité dans certains pays une propagande politique ou sociale forcenée et, parfois, d'atroces persecut ions : il menace d un cataclysme l’Europe et peut-être le monde.Mais que représente en réalité la notion de race?Quels problèmes soulève-t-elle?Pour satisfaire notre curiosité inquiète, l'ouvrage de Lester et Millot arrive bien à son heure et comble fort heureusement une lacune dont se plaignait tout le public cultivé.Les races y sont d'abord étudiées dans leur morphologie, classées et sommairement décrites.Mais les êtres humains ne diffèrent pas seulement entre eux par In forme de leur crâne, la couleur de leur peau ou les détails de leur anatomie; ils lités durables?Que faut-il penser des métissages humains'.' A toutes ces questions brûlantes, les auteurs apportent, sous une forme claire et concise, les réponses qu’impose un examen objectif et rigoureusement scientifique des faits. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE V Bjjffjta iW*»* V.J» ¦ .*£.3s-.>v.-v • -£•" \r> && '• rKif* TT**"1 ON TROUVE TOUJOURS A LA LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaires ou sur grand papier, d'une sélection d'auteurs contemporains.:: :: :: 1247 RUE ST-DENIS TÉLÉPHONE: IIA.2320 MONTRÉAL Avec les compliments de The SHAWINIGAN WATER b POWER CO Vue d’une partie du développement de Shawinigan Falls. VI BEVUE TRIMESTRIELLE CANADIEN.VE Téléphone: LAncaster 4236 MAISON FONDEE EN 1842 LIBRAIRIE BEAUCHEMIN, Limitée Libraires-Editeurs, Imprimeurs, Relieurs, Papetiers en gros et Importateurs 430, RUE ST-CABRIEL - - MONTREAL, Canada.Nous faisons bénéficier les auteurs de qui nous imprimons les ouvrages de tous les avantages que peut leur procurer la publicité faite dans .nos publications telles que F ALMANACH DU PEUPLE, LE CANADA ECCLESIASTIQUE et nos catalogues distribués partout où on parle français.THE HUGHES'OWENS CO., Limited 1440 McGill College — MONTREAL OTTAWA, TORONTO Cr WINNIPEG INSTRUMENTS D’OPTIQUE— APPAREILS DE PROJECTION MICROSCOPES ZEISS — FOURNITURES DE LABORATOIRE INSTRUMENTS DE DESSIN — ARTICLES POUR ARTISTES “HANDBOOK OF ENGINEERING FUNDAMENTALS” Par O.VV.ESHBACH, rédacteur en chef, et 40 collaborateurs La publication du “Handbook of Engineering Fundamentals” d’Eshbach marque une date dans la littérature de l’ingénieur.Le besoin se faisait sentir d’un manuel de réelle valeur utile aux ingénieurs de toutes les spécialités; celui d’Eshbach y pourvoit avec un remarquable succès.Pencuf Publishing Ce.1433 AVE McGILL COLLEGE MONTRÉAL APPAREILS PC LACCP/ATCIPE CHIMIE, — BIOLOGIE, — MÉTALLURGIE — PHYSIQUE ARTICLES DE PREMIERE QUALITÉ A DES PRIX TRÈS AVANTAGEUX FISHER SCIENTIFIC CO., LIMITED 898, RUE SAINT-JACQUES MONTRÉAL VOYEZ I.A LISTE DE NOS ANNONCEURS A I.A RACE IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE VII Un journal honnête et bien fait.Le DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit.ACHETEZ ET LISEZ LE DEVOIR TOUS LES JOURS Il est intéressant, bien informé, impartial, propre.Administration et rédaction, 430 Notre-Dame est, Montréal. VIII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉA L FONDÉE EN 1873 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS:— Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques Constructions Civiles Génie Sanitaire Résistance des Matériaux Physique Descriptive Mécanique Hydraulique Géologie Géodésie Métallurgie Voirie Ponts Chimie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 143(1 rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 9201 Laboratoire Provincial des Mines:— LAncaster 7SS0 PROSPECTUS SUR DEMANDE REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE IX Revue des Questions Scientifiques publiée par la Société Scientifique de Bruxelles (49e année) Revue belge de haute vulgarisation scientifique Par ses “Articles originaux”, ses “Revues des Publications périodiques”, sa “Bibliographie scientifique”, elle tient ses lecteurs au courant des principales questions scientifiques d’actualité.Parait 6 fois par an, en fascicules de 1G0 à 180 pages.Prix de l’abonnement : Relgiciue et Luxembourg : 80 francs belges.France : 75 francs français.Autres pays : 2G belgas.LE NUMERO 12 FRANCS.Numéros spécimens sur demande.ADMINISTRATION : 11, IUJE DES RECOLLETS, 11, LOUVAIN.Tel.FAIkirk 2848 '-H* : ¦ LSSSaBBSSt ’ I s.N Aéitee.oaiùv I Fondée en 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d’appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré.Bureau et Atelier: 984 Rachel Est X RE \r U E TR IM ESTRI ELLE C A X A DIE XX E Industriels ! Consultez-nous pour le recrutement de votre personnel technique.LE COMITE DE PLACEMENT de l’Association des Anciens Élèves de l’École Polytechnique 1430, rue Saint-Denis, Montréal :: :: :: :: :: LA 9207 Le NOTAIRE FARIBAULT Successeur de Leclerc Æ Faribault I'difice Versailles, No 90 rue St-Jacques, MONTREAL.Tel.Main 678.Tel.Falkirk 1252 S.A.BAULNE INGENIEUR CIVIE Professeur à l’Ecole Polytechnique 750 Boulevard St-Joscph Est PCLYBIBLICN REVUE BIBLIOGRAPHIQUE UNIVERSELLE 5, rue de Saint-Simon, 5, - - - - Le "Polyblbllon”, qui est entré dans sa 63e année, parait chaque mois, en deux parties distinctes.I.—Une "Partie littéraire" (2 vol.par an), comprend: lo des "Articles d'ensemble" sur les différentes branches de la science et de la littérature, 2o des "Comptes rendus" des principaux ouvrages publiés en France et à 1 ger- 3o une "Chronique", résumant tous les faits se rattachant 6 la spéciallt du Recueil.— Depuis la fin de 1914, le "Polyblbllon" donne des comptes rendus en nombre considérable relatifs à la guerre européenne.II.—Une "Partie technique" (1 vol.par an), contient: lo une “Bibliographie méthodique” des ouvrages publiés en France et à l'Etranger, "avec Indication des prix"; 2o les "Sommaires" de nombreuses Revues françaises et étrangères- les "Sommaires” des grands Journaux de Paris (articles littéraires, historiques.scientifiques et artistiques, et articles se rapportant de près ou de loin à la guerre européenne).Envol de spécimen : 1 franc 50.Partie littéraire Partie technique Les 2 parties réunies PRIX DE L’ABONNEMENT France, 36 fr.— 31 — — 48 — Etranger.45 fr._ 37 — _ 60 — REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XI PUBLICATIONS DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE COURS DE CHIMIE INDUSTRIELLE, par Louis Bourgoin, professeur titulaire à l'Ecole Polytechnique.Fascicule No 1 — Eaux.— Origine.Composition.Correction.Utilisation.Analyses.Vol.in 80 de 518 pages.Prix: $2.50 Montréal 1934.Fascicule No 2 — Combustion.Combustibles.Contrôle de la combustion.‘ Vol.in 8o de 736 pages.Prix: $3.75 Montréal 1932.Fascicule No 3 — Frottement.Graissage.Lubrifiant.Analyses.Vol.in 8o de 180 pages.Prix: $1.25 Montréal 1930.COURS DE CHIMIE, par Louis Bourgoin.Métaux i parut Vol.in 8o de 660 pages avec figures.COURS DE PHYSIQUE, par André V.Wendlnig, professeur titulaire à l'Ecole Polytechnique.Tome I — Programme de tlérc année>.Vol.in 8o de 388 pages avec 182 figures.Prix: $3.00 Montréal 1933.Tome II — Programme de 2ème année.Vol.in 8o de 492 pages avec 261 figures.Prix: $3.50 Montréal 1934.Tome III — Programme de 3éme année.Vol.in 8o de 652 pages avec 357 figures.Prix: $4.50.Montréal 1935.COURS DE CHIMIE INDUSTRIELLE, par Ovila Rolland, professeur agrégé à l'Ecole Polytechnique.Fascicule No 2A — Combustibles liquides, solides et gazeux — Analyses.— Vol.in 8o de 80 pages.Prix: 75c.Montréal 1931.Fascicule No 5 — Minerais de Calcium et produits artificiels.'Ciments.Chaux, Plâtres> — Analyses.Vol.in 8o de 50 pages.Prix: 35c.Montréal 1935.a XII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE CANADIAN LABORATORY SUPPLIES , Limited ?APPAREILS ET PRODUITS CHIMIQUES DE LABORATOIRES Physique Minéralogie Chimie Bactériologie Essais de Matériaux ?296 RUE SAINT-PAUL OUEST - MONTREAL Téléphone: DOIIard 2900 Montreal Steam Toilet Supply D.ROBB, Prop, SERVICE COMPLET ET EFFICACE POUR BUREAU OU USINE w 2214 BOULEVARD ROSEMONT - - MONTRÉAL CANADA MINISTÈRE DES MINES ET DES RESSOURCES Honorable T.-A.Crerar, Ministre.Gherlee flemstill.Sous-Ministre PUBLICATIONS RECENTES EN FRANÇAIS MINISTÈRE DES MINES N° 2431 Rapport du ministère des Mines pour l’année se terminant le 31 mars 1936.L’avenir de l’industrie minière au Canada — Hon.T.-A.Crerar.Une envolée de 4,000 milles à travers le Nord-Ouest du Canada — Charles Camsell.COMMISSION GÉOLOGIQUE ET MUSÉE NATIONAL DU CANADA 2340 Série de la géologie appliquée, n° 7: La prospection au Canada — par le personnel technique de la Commission géologique (314 pages, 23 planches et 25 figures).Prix: S0.50.Mémoire 185 Etendue de la carte de Chibougamau (Québec) — J.-B.Mawds-ley et G.-W.-H.Norman.199 Région du lac Etchemin (Québec) — Cari Tolman.201 Géologie et gisements minéraux des régions de Ville-Marie et du lac Guillet (Mud), Québec — J.-F.Henderson.Rapports préliminaires: L’étendue de la carte de Waswanipi (Québec) — G.-W.-II.Norman.Zone de Cadillac, de Pandora à Pan-Canadian (Québec)—H.-C.Gunning Lac Guillet, comté de Témiscamingue (Québec) — J.-F.Henderson.Etendue d’Opawica - Chibougamau (Québec) — G.-W.-H.Norman.Bulletin: Moyen de préserver les spécimens anthropologiques dans les musées — D.Leechman.DIVISION DES MINES 752 Graviers de voirie dans la province de Québec — R.-H.Picher.758 Les calcaires du Canada, partie III, Québec — M.-F.Goudge.768 Les sables naturels de moulage au Canada — C.-H.Freeman.770 L’or au Canada, 1935 — A.-H.-A.Robinson.DIVISION DES EXPLOSIFS 40 Rapport annuel de la division des Explosifs, 1935.EN PRÉPARATION Les calcaires de construction au Canada — M.-F.Goudge.Gisements aurifères de l'Ontario à l’est du lac Supérieur — E.-D.Kindle.AVIS: On peut se procurer les publications ci-dessus en s’adressant au Directeur des Mines et de la Géologie, Ministère des Mines et des Ressources, Ottawa, Canada. 55.1.1 DANS l’engrenage d'une machine, la grande roue de commande est celle qui active toutes les autres et qui règle leur vitesse et toutes leurs fonctions.De même dans l’engrenage économique, notre ELITE joue un rôle prépondérant.Sa direction et son exemple ont des répercussions dans toutes les classes de la société.Il est donc important pour notre groupe ethnique d’obtenir la coopération agissante des hommes tels que VOUS et tous ceux qui reçoivent cette revue.C’est pourquoi nous vous invitons à favoriser nos entreprises canadiennes-françaises, en commençant par la nôtre, bien naturellement.^ftiipiiisSrères .Maison canadienne-française établie en 1868.IMPRIMERIE POPULAIRE) limitée, «N.rue Notre-Dame Eu, Montréal
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.