La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1937, Juin
e année MONTRÉAL Juin 1937 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 119— 1.Les Monuments de Montréal.Mgr o.maurault, p.s.s.137— IL Le Rôle des Mathématiques dans la Formation de l’Ingénieur.v.-E.beaupré 149— III.Le Développement de la Race française à partir de la Prédication chrétienne.Dr A.LAQUERRIÊRE 168— IV.Le Rôle de l’Hydraulique dans la Formation de l’Ingénieur.A.circé 174— V.Les Problèmes de la Propriété foncière.V.Morin 182— VI.L’Enseignement de l’Hydraulique à l’École Polytechnique.R.BOUCHER 188— VII.Colonies et Mandats.A.rousseau 203—VIII.L’École d’Hygiène sociale appliquée de l’Université de Montréal.Dr J.-A.Baudouin 223— IX.Revue des Livres.234— V.Vie de l’École et de l’Association.1937 ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITE DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maubault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Membre»: MM.Augustin Fbigon, Principal de l’Ecole Polytechnique.A.Mailhiot, Directeur de l'Ecole Polytechnique.Armand Cibcé, Assistant-Directeur de l’École Polytechnique.Victor Dobê, Président de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal.Léon-Mercier Godin, Avocat.Théo-J.Lafbenièbe, Professeur à l'École Polytechnique.Olivier Lefebvbe, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal.Antonio Pebbault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Subveyeb, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Bbunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Subveyeb Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Fbigon, Olivier Maubault, Théo-J.Lafbenièbe, Antonio Pebbault, Olivier Lefebvbe., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Générai: Adhémar Mailhiot.Trésorier: Lorenzo Brunotto PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL L« Canada et les États-Unis $3.M — Le numéro .79 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro ll.tO La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, Juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura ité envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-Denia.MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Xe vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Xe dissippez pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE Actif, plus de 8126,000,000 553 BUREAUX AU CANADA Trust (Général nu Canada r II “ VO“ —• Président: Hon.J.-M.Wilson 1 Vice-Président: Hon.D.-O.L’Espérance II Vice-Président: Beaudry Léman Capital versé: Directeur Général: René Morin, N.P.$1,105,000.00 • Biens en régie, plus de EXÉCUTEUR TESTAMENTAIRE $46,500,000.00 ¦in FIDUCIAIRE ADMINISTRATEUR—PROCUREUR AGENT FINANCIER, ETC.lui • 112, rue St-Jacques Ouest 71, rue St-Pierre Montréal Québec 0996 Il REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITE de MONTREAL Comprend les facultés et écoles suivantes : FACULTES THEOLOGIE - DROIT MEDECINE ' PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ÉCCLES PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE * INSTITUT AGRICOLE D’OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE - MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME T Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St-Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III École des Hautes Études Commerciales Affiliée a l’Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l'Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Yiger et rue St-Hubert.MONTREAL IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE OUVRAGE DE ROIS DE TOUTES MANUFACTURE SORTES Finissage général Portes, Châssis, d'intérieur Moulures, Etc.BENOIT & 1 MATHIEU 1215, rue Saint-Timothée Montréal HArbour 6243 Agents vendeurs des produits D U R A L I T H I Perfectionnés par les architectes Planche murale 1 pour façonner les murs “BEAVER BOARD" 1 RISQUES ELIMINES SECURITE ASSUREE Les mandats de banque éliminent les risques d’envoi d’argent et vous procurent un reçu pour chaque remise.Les frais d’émission de ces mandats sont minimes: jusqu'à 82.50 82.50 à 85.00 , 85.00 à 810.00 810.00 à 830.00 .05 830.00 à 850.00 .15 .07 850.00 à 800.00 .18 .10 860.00 à 880.00 .20 .12 880.00 à 8100.00 .24 le timbre en plus.Pour de plus fortes sommes on utilisera plusieurs mandats.Consultez notre gérant.L’une de nos succursales se trouve à proximité de votre domicile.La BANQUE PROVINCIALE du CANADA .114 bureaux en Canada 2,S succursales à Montréal Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL JUIN 1937 LES MONUMENTS DE MONTRÉAL1 Les monuments de Montréal! Dois-je prendre le terme dans son sens large, et vous entretenir des édifiées qui par leur ancienneté, ou leurs dimensions ou leur beauté, embellissent ou défigurent notre ville?S'agira-t-il de nos élévateurs à grain ou de l’immeuble Sun Life, de l’église Notre-Dame ou de la Manque de Montréal, de la maison-mère des Dames de la Congrégation ou des entrepôts du Pied du Courant, du Monument National ou du Forum, du vieux Séminaire ou du château de Ramezay ?Il y aurait beaucoup à dire, je le reconnais, bien que mes propos courraient le risque de n’être pas souvent élogieux.Mais je pense (pie, en me fixant mon sujet, vous aviez plutôt en vue nos monuments commémoratifs, les stèles ou les statues qui ornent nos places publiques et nos jardins, et qui rappellent quelque événement ou quelque personnage de notre histoire.Ces monuments sont assez nombreux à Montréal.Bon nombre d’entre eux ne méritent qu’une mention; d’autres ont une valeur d’art ou de souvenir (pie je voudrais rapidement vous signaler.* * * Éliminons, tout d’abord.Vous ne vous attendez pas à ce (pie, vous ayant conduits dans nos deux ou trois cimetières, je vous y fasse séjourner bien longtemps.Cependant, il y aurait une étude intéressante à faire des monuments funéraires qui y abondent, du caveau familial de sir liippolytc LaFontaine à la croix de granit de sir Lorner (lotiin.Je me bornerai à vous en signaler quelques-uns seulement.1 ( >n trouvera de plus amples détails sur beaucoup cFs monuments qui seront nviiionncs, duns "/.es monuments commémoratifs de la i’ronnrr He Quéhet'”, par MM.P.-G.Koy et E.-Z.Massicotte, t vol.I92.'i. 1 • 120 REVI K TRIMESTRIELLE CANADIENNE r S li Dans l’ancien cimetière militaire de la rue Papineau au sud-est de la rue LaFontaine, voici le mausolée du lieutenant Weir, tué à St-Charles en 1837; voici l’obélisque de sir Benjamin d’Urban, commandant des armées britanniques au Canada, décédé en 1849.Dans les deux cimetières de la Montagne, nous rencontrons les deux colonnes érigées à la mémoire des pompiers catholiques et des pompiers protestants, l’une en 1S75, l’autre en 1S7G, de même que le monument (1875) d’Alexander Bertram, l’organisateur de notre brigade des incendies, de signale egalement le monument élevé en 188G en l’honneur de J.ett llackett, imprudent orangiste qui, en 1S77, fut assassiné dans la rue: une ligne de l’inscription, injurieuse pour les Canadiens catholiques, fut etïacec depuis.Ici, la colonne tronquée de .John Samuel, qui trouva une mort accidentelle, en 1885, lors de l’agitation provoquée par l’imposition du vaccin contre la petite vérole.\ oici aussi le buste, vivant, de Louis Archambault, fondateur de la Société des Artisans, œuvre élégante d’Alfred Laliberté, dévoilée en 1909.Il y a encore, près de la ligne frontière des deux cimetières, le très joli monument des Marins catholiques, surmonté d’un navire et de la Vierge.Mais j’ai hâte d’arriver aux deux grands obélisques de Ludger Duvernay, érigé en 1855, et des Patriotes de la Rébellion, érigé en 1858.Mous reviendrons sur ce dernier, un peu plus tard.Examinons pour le moment celui île Duvernay.Nous le devons a la munificence de la Société Saint-.Iean-Baptiste: les inscriptions rappellent la carrière de Duvernay, la fondation de la Société, le nom des présidents (pii ont succédé au fondateur.On y lit également que ce monument fut le premier érigé en ce cimetière.1 Éliminons encore, si vous le voulez bien, les monuments que j’appellerai semi-publics, ceux qui ornent des façades, ou des jardins privés, ou même des intérieurs.Je mets dans cette triple catégorie les saints patrons qui surmontent le fronton de la cathédrale, statues du sculpteur J.-O.Oratton, en bois recouvert de bronze, placées là au début du XXe siècle; et les quatre gigantesques allégories de la façade de la Banque Provinciale, rue Saint-Jacques: quatre femmes représentant la Justice, l'Agriculture, les Chemins de fer et les Transports marit imes, sculptées par Augustus Lukeman, de Xcw-York, en 1908; et le groupe de M.Alfred Laliberté sur la façade de la piscine municipale de Maisonneuve (1914): deux 1 Une colonne cannelée élevée à la mémoire de l’explorateur David Ihomp-son, inaugurée après 1920, a pour auteur M.Henri Hébert.«HWanmPMMenRiHe LKS MOXl'MKXTS DK M0NTHKAL 121 frères qui jouent au bord de l’eau.Il faudrait sans doute ajouter le dessus de porte de l’immeuble du Petit Journal, où l’on voit le buste allé de Louis-Joseph Papineau jeune, et de chaque côté, deux femmes, la Peinture et la Sculpture, essayant de reproduire ses traits.L’œuvre est de Napoléon Bourassa.1 Dans les jardins ou les parterres, nous trouvons, à Notre-Dame, derrière le Séminaire, dans un bosquet de lilas, la statue de pierre de M.Olier, érigée en 1SG4.M.(Hier, on le sait, a été une des chevilles ouvrières de la fondation de Ville-Marie.Aussi l’a-t-on fait figurer dans un des bas-reliefs du monument de Maisonneuve.Sur le flanc de la montagne, en cherchant bien, nous trouverons à la lisière de la propriété de Havens ( rag, une colonne à la mémoire de Simon McTavish, "bourgeois” de la Compagnie du Nord-Ouest, érigée après 1804.par ses neveux MacCillivray: c’est le plus ancien monument commémoratif de la ville.Plus bas, sur le campus de l’Université McGill, on voit, depuis 1875, le mausolée de James McGill, fondateur de l’I niversité, transporté de l’ancien cimetière protestant, où il était depuis 1813.2 En descendant toujours vers le fictive, nous apercevrons sur les pelouses de la cathédrale anglicane, rue Union, la svelte pyramide gothique, élevée en 1870 par l’architecte C.-P.Thomas, à la mémoire de Francis Uulford, premier évêque anglican de Montréal et constructeur de la cathédrale.A deux pas du fleuve, à l’endroit où nous avons connu jadis la maison-mère de la Congrégation de Notre-Dame, la compagnie de thé “Saluda" a voulu commémorer Marguerite Bourgeoys.Elle l’a fait discrètement par un bas-relief qui orne un des angles de son immeuble.Tout a disparu depuis 1911, de la chapelle Notre-Dame des Victoires, de Notre-Dame de Pitié, du vieux jardin fermé, des antiques façades de pierre et des toitures en pente, pour faire place à des parcs de stationnement.On dirait qu’un mauvais sort a été jeté sur ce coin de la ville: le bas-relief de “ Salaria" est un commencement de réparation.En bordure du jardin Vigor, devant l’immeuble de l’Union Nationale française, voici deux belles statues de bronze, celle de 1 Faut-il signaler les quatre cariatides du 3e étage du Bureau de Poste, et le groupe qui orne le fronton de la Banque de Montréal ?C’est une urne funéraire posée sur une base massive.2m mm " -¦ _________________________ 122 RK VUE TRIMESTRIE LL K C A N ADI K N N E Jeanne d’Arc, du sculpteur Vermare, dévoilée en 1912, et celle de la France, du sculpteur Chevré, inaugurée en 1913.A l’extrémité est de la ville, dans le jardin du presbytère de l’ancienne Longue-Pointe, une stèle ornée d'un bas-relief rappelle que le Collège de Montréal fut fondé en cet endroit, en 1767.Au Collège même, dans la cour des grands, sous les arbres qui restent de l’antique bois sacré, se dresse une belle statue en bronze de la Vierge entourée de quatre angelots: don récent des anciens élèves du Collège de Montréal; c’est une réplique de la statue qui orne la cour intérieure du Séminaire de Paris.Sur l’autre versant de la montagne, au pied de l’Oratoire Saint-Joseph, on peut admirer depuis 1923 le beau monument du saint Patriarche, œuvre bien équilibrée et pieuse, que nous devons à M.Alfred Laliberté.Les calendriers de l’Oratoire en ont popularisé l’image.Quatre grands anges debout occupent les angles du piédestal et semblent port or en triomphe le ( 'hef de la sainte famille.Placée à l’entrée de l'enclos des pèlerinages, la statue souhaite la bienvenue aux fidèles innombrables qui vont porter leurs peines et leurs espoirs à la basilique.Je ne dirais rien des nombreuses statues du Sacré-Cœur qui s’adossent aux églises ou prétendent orner les jardins de presbytères, si je ne voulais vous signaler celle que le sculpteur Henri Hébert a faite pour Saint-Henri.Xotre-Seignour, les bras tendus en un geste accueillant, semble venir vers nous en marchant sur le gazon.Pourquoi, au lieu de commander en Lurope des modèles stéréotypés, n’a-t-on pas fait partout comme ici.1 lênfin, nous possédons quelques monuments cachés dans des intérieurs, que seuls les habitués connaissent.Mais qui ne connaît pas la gare Windsor?Dans la grande salle des guichets, tout le monde a vu le statue de lord Mount Stephen, fondateur du C.P.R., œuvre du sculpteur Lessore, dévoilée en 1913.Qui donc encore, en se rendant prendre son train, n’a aperçu, à l’extrémité sud de la salle des pas perdus, le monument, d’un mouvement ascensionnel si prononcé, qui représente un ange portant au ciel un soldat mort pour la patrie ?C "est l'o uvre du sculpteur ( 'œur-de-Lion Met ’arthy, élevée à la mémoire des 1,115 employés du Pacifique Canadien : Je -inutile encore la statue de -aint .!ean-H:iptiste” le la’Salle, devant le Collège de Saint-Henri. BHfl LES MONUMENTS DE -MONTREAL 123 morts au champ d'honneur: elle fut inaugurée par lord Byng de \'imy, en 1023.Moins chrétienne sans doute, mais d'une grande beauté, est la haute statue de la Patrie, femme casquée portant une épée et des lauriers, en marbre blanc, que les hommes d'affaires admirent quotidiennement dans la galerie qui conduit du grand vestibule de la Banque de Montréal à la salle des guichets.De chaque côté, sur les murs de marbre, se lisent les noms des 230 employés de la banque tués à la guerre.La sereine image de la Patrie garde leur souvenir.1 Éliminons encore les fontaines.Ce ne sont pas des fleuves qui y jaillissent, comme à Rome ou à Washington.Pourtant le Saint-Laurent vaut bien le Tibre ou le Potomac! Mais il y a l'hiver.Kn tout cas, nos fontaines sont maigres, et les bassins peu profonds qui recueillent leurs eaux.N ous vous rappelez la fontaine de Neptune, entre le Palais de Justice et l’IIôtel de Ville.On l’a transportée au Parc Jeanne-Mance pour faire place à la statue de Vauquelin.Y est-elle encore?J’en doute.Vous connaissez la fontaine du jardin Vigor: un filet cl'eau qui sort d'un bec d’oiseau et s’éparpille en gouttelettes, hors de la première vasque.Neptune et l'oiseau sont des ouvrages de fonte; nous avons des fontaines de pierre: celles-là sont des abreuvoirs.Au parc Jeanne-Mance, la jolie fontaine Leigh Gregor, surmontée de trois dauphins, a été érigée sur les plans d'Henri Hébert pour rappeler le souvenir d’un ancien professeur de McGill, ami de la langue française et des enfants.Place Victoria, un tas de cailloux, dont le faîte reproduit un castor, signé Paul ( credo, recèle une source.Place Dominion, la fontaine du lion, sculptée par G.-W.Hill, porte sur ses flancs toute une série de statistiques fort instructives.La compagnie d’assurance Sun Life qui l'a donnée à la ville, lors du jubilé de diamant de la reine Victoria, a voulu fixer sur la pierre les événements et le nom des hommes qui ont marqué l’ère victorienne.Sur les deux faces latérales, des écussons portent donc les renseignements suivants: le télégraphe, 1S37 le timbre-poste, 1S40 le câble océanique, 1866 1 [.’Université McGill possède dans Moyse Hall, vingt-trois bas-reliefs en plâtre de M.Henri Hébert, et un médaillon en bronze de Dean Moyse, du même sculpteur, datant de 1926-1930. 124 RE VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE le téléphone, 1S7S la lumière électrique, 1878 le tramway électrique, 1882 le premier cuirassé anglais, 1S60 le chloroforme utilisé pour la chirurgie, 1847 les antiseptiques, 1878 les rayons Rœntgen, 1895 la première exposition universelle, 1851 le jubilé de diamant, 1897 puis les noms de Thackeray, ( 'arlyle, Dickens, Macaulay, Tennyson, Browning, Faraday, Huxley, Ilerschell, Darwin, Dawson, Livingstone, Shaftesbury.Voilà pour la face île droite.Sur celle de gauche: Reel, Cobden, Palmerston, O’Connell, Gladstone, Bright.Beaconsfield, Salisbury, Chamberlain, Macdonald, Laurier.Et les faits suivants: le premier navire à hélice, 1838 le pont Victoria, 1860 le canal de Suez, 1870 le chemin de fer canadien, 1885 la confédération, 1867 l’expansion du commerce britannique, etc.Bref une leçon d’histoire politique, littéraire, industrielle et commerciale sur l’Empire.Moins ambitieuse par ses visées pédagogiques, mais beaucoup plus artistique et d’une magnifique allure, est la fontaine monumentale du Marché de Maisonneuve.Au centre d’un très vaste bassin circulaire, s’élève un socle à trois degrés.Sur celui du sommet, une maraîchère coiffée d’un large chapeau de paille ploie la hanche sous le poids d’un panier plein de légumes; au-dessous d’elle, des tortues; en bas, trois groupes de jeunes gens portant des animaux: dindon, veau, poisson.Cette belle fontaine d’Alfred I.aliberté, trop peu connue, date de 1914.* * * Nos éliminations terminées, et ça n’a pas été un court travail, abordons les principaux monuments commémoratifs de notre ville.Commençons par le plus ancien et le plus agaçant: la colonne Nelson.Cette colonne dorique, dessinée par l’architecte Mitchell, de Londres, haute de 50 pieds, et large de 5, repose sur son piédestal LES MONUMENTS DE MONTREAL 125 depuis 1809.J.a hauteur totale du monument est de G8 pieds.Sur le piédestal, deux bas-reliefs et des inscriptions rappellent Aboukir, Copenhague et Trafalgar.Sur la face antérieure une couronne encadre une autre inscription d’un sens plus général.En haut, l’amiral, couvert de médailles, appuyé sur un tronçon de mât, regarde.la montagne.Pourquoi, dès 1809, avons-nous tenu à glorifier si rapidement,— Trafalgar et la mort du héros dataient de 1805,— un homme qui n’avait fait que passer au Canada ?Etions-nous à ce point britanniques après 40 ans de régime?On se l'est souvent demandé depuis.Ils se le demandèrent, ces jeunes gens, qui, dans les années '80, résolurent de faire sauter la colonne à la dynamite: une dénonciation arrêta leur exploit.I.e sort, heureusement, nous ménage parfois des revanches savoureuses.Depuis 1930, un autre marin, appuyé lui aussi sur un tronçon de mât, regarde d’en bas lord Nelson et semble l'inviter à descendre: c’est le lieutenant de vaisseau Jean Vauquelin, le héros de YAréthuse, à Louisbourg, en 1758, et de VAtalante, à Québec, en 1700.Le sculpteur dieppois Eugène Bénet nous le montre, refusant d'“amener ses couleurs", type presque légendaire de ténacité dans la résistance.L'inauguration de 1930 fut une manifestation assez piquante d’entente cordiale.Nos concitoyens anglais furent aimables; et le Canada donna une réplique du monument à la ville de Dieppe.Continuons le dénombrement de nos statues de guerriers.Je garde pour la fin celles qui commémorent notre âge héroïque.Arrêtons-nous à la Rébellion.Le premier monument élevé par Montréal à la gloire des héros de 1S37-38 est celui du cimetière: obélisque de belle allure, de l'architecte Fahrland, placé en 1S58 près de la chapelle funéraire.C’est toute une leçon d'histoire que l’on peut lire sur la base de cette aiguille de pierre; le rappel des 92 résolutions en 1S34, le refus de voter les subsides en 1836, la conduite inhabile de lord Gosford ; le nom des victimes de St-Charles, de St-Eustache, d’Odelltown; la liste des patriotes exécutés à Montréal, en 1838 et 1839; la liste des exilés aux Bermudes et aux Terres Australes.Nous devons à l'Institut Canadien de Montréal cet émouvant mémorial.Près d'un demi-siècle après ce premier acte de pieuse gratitude, un autre fut posé en 1887, puis en 1893, par la population de Montréal.On voulut glorifier le Dr Chénier à l’occasion du transport de ses restes.Ce ne fut pas sans difficultés.On finit cependant par I i m 126 REVEE TRIMESTRIELLE CANADIENNE s'entendre, et la .statue de Chénier, du sculpteur Peltzer, roulée à Salem, (Mass.fut inaugurée, au jardin Viger, en 1895.Trente-cinq ans plus tard, les citoyens de la ville voulurent, faire davantage, l it comité entreprit l'érection d'un monument a tous les Patriotes, à l'endroit même où douze d'entre eux périrent sut 1 échafaud.I.es maquettes mises au concours, le monument lut adjuge a M.Alfred Lalibcrté.Sur un socle triangulaire, très élancé, dont les trois faces portent, dans des médaillons de bronze, lis piofds eu relie! de Xelson, de Papineau, de DcLorimier, et l'inscription: "Vaincus dans la lutte, ils ont triomphé dans Phis-toii• 128 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE enfants de la ville.On plaça le monument à l'extrémité sud du parc d’Outremont et on l'inaugura en 1925.Enfin la colonie française de Montréal, décimée elle aussi par la guerre, tint à montrer qu’elle n’oubliait pas ses fils tombés au champ d’honneur.Un concours institué à l'École des Beaux-Arts de Montréal donna un excellent résultat.Le mémorial français, signé de deux jeunes artistes canadiens, MM.Jean-Baptiste Soucy et Aimé Normandeau, orna bientôt de sa silhouette mesurée et élégante les pelouses du Parc LaFontaine: c'était à l'été de 1931.Laissons les luttes sanglantes des champs de bataille et passons aux joutes parlementaires.Montréal n'a pas multiplié les monuments à la gloire politique: il n’en a en somme que trois.Le plus ancien est celui de sir John Macdonald, place Dominion.Le sculpteur écossais George Wade et son architecte ont adopté une formule assez inaccoutumée.Est-ce laid, est-ce beau ?En tout cas, sir John est assez haut placé et assez bien protégé par son baldaquin, pour braver les inondations et les tempêtes de neige.L'homme d'État, fort ressemblant, apparaît en habit de cour.Au-dessus du baldaquin, quatre lions supportent une sorte de pyramide à laquelle s’adossent sept figures d’enfants,— les provinces du Canada à la fin du XIXe siècle.Au sommet se dresse le Canada lui-même sous les traits d’une femme appuyée sur un bouclier.Lord Aberdeen inaugura ce monument en 1895.Il fallut attendre vingt-quatre ans avant de pouvoir glorifier à son tour le collaborateur de Macdonald dans l'organisation de la Confédération canadienne.Cet énorme pilier de pierre au haut duquel une renommée, ailes déployées, se tient en équilibre sur une petite boule, est-ce le monument de la Confédération ou celui de Georges-Étienne Cartier?L’un et l'autre, sans doute, l’homme d’État étant inséparable de son œuvre.Les provinces sont là, elles aussi.Filles ont grandi; elles sont même deux de plus depuis le temps du monument Macdonald; ce sont maintenant de grandes jeunes filles: les demoiselles Cartier, a prétendu un loustic.Elles se tiennent debout sur le premier palier du monument, en avant et en arrière.Aux façades de côté s'adossent deux groupes assis: la Léijislalion et VEducation.Au second étage du piédestal se trouve enfin Georges-Étienne Cartier, debout dans l’attitude d’un orateur.Ce monument, du sculpteur Hill, a cent pieds de hauteur.Reposant sur une vaste esplanade, gardé par des lions, il ne produit pas l’effet qu’on pourrait attendre de ses dimensions; c’est qu’il a pour arrière-plan la montagne, et tout autour le vide du parc.On I.!> MONUMENTS DE MONTREAL 129 a ajouté récemment, à une centaine de pieds de chaque côté de ce monument, deux blocs de granit ornés de plaques, commémorant l’une le jubilé d'argent de Georges Y, l’autre le couronnement de Georges VI.Dans un autre parc, un vaste jardin, face à la bibliothèque publique, se dresse la statue de Louis-Hippolyte LaFontaine.Je me souviens du jour où l’on nous convia à juger, avant 1930, les maquettes du concours, dans le sous-sol de la Bibliothèque.Notre choix tomba sur une composition fort simple, mais noble et harmonieuse, qui se trouva être de M.Henri Hébert.Avouerai-je que, sur la maquette, LaFontaine no paraissait pas 'trapu' comme il semble l'être maintenant sur son socle vu d'un certain angle.( 'e socle est demeuré la hello chose que nous avions admirée dans l’esquisse, avec ses trois délicats bas-reliefs en marbre; deux figures de femme: la Législation et la Liberté; une figure d'homme: le Courage.Malgré l’effet d'optique un peu désagréable que nous venons de signaler, le talent très racé du sculpteur s’affirme dans ce monument solide et bien mesuré.De la politique à la littérature, il y a parfois un abîme.Nous allons le franchir sans façon pour parler maintenant des littérateurs qui ont, chez nous, leurs statues.Parmi les très grands, de réputation universelle et séculaire, nous ne possédons, chose curieuse, que Dante Alighieri.Inutile de vous dire que c’est la colonie italienne qui en fit cadeau à la ville en 1923.Ce buste, du sculpteur Carlo Balboni, posé sur un socle assez grêle, orne le Parc LaFontaine, en bordure de ia rue Sherbrooke.Puis, par ordre de notoriété, vient Robert Burns, l'auteur de .1 uld Lang Syne et de Tan o' Shanter que nos concitoyens écossais ont planté, en 1930, face à l'hôtel Windsor, bon cinquième parmi les monuments de la Place Dominion.La statue est une réplique venue de Londres.Le seul littérateur canadien que nous ayons statufié, et encore est-ce bustifié que je devrais dire, est Octave Crémazie.Nous avons là un bon exemple de monument gracieux et proportionné, qui n’écrase pas la réputation du héros qu’il célèbre.Philippe Hébert a placé sur une fine stèle le buste du poète; au-dessous une lyre; plus bas sur le piédestal, le soldat de Carillon serrant sur son cœur les couleurs de la France, et le vers: Pour mon drapeau, je viens ici mourir! C’est bien, et c’est assez.Le 24 juin 1906, jour du dévoilement, Louis Fréchette, président du comité promoteur, prononça un discours.Us.______________ 130 K K V r K TR IM K S T RIK L L.K CAN A DI EN XK Mais quand donc, lui aussi, aura-t-il son monument ?et quand donc, Calixa Lavallée?Et nous tombons maintenant de la poésie dans le commerce.Sur ce point encore Montréal s'est montré discret.Je ne vois guère à signaler ici que l'honorable John Young dont la statue orne l'angle sud-ouest de la Place Royale.John Voting a été le principal promoteur des améliorations du chenal du Saint-Laurent entre Québec et Montréal et a fait ainsi fie notre t ille le port national du Canada.Philippe Hébert a revêtu son héros d'une ample redingote et l'a tourné du côté du port qu'il peut voir de haut de son socle.Au bas un homme nu, appuyé sur une urne renversée, le fleuve Saint-Laurent pour le nommer, trempe ses pieds dans l'eau d’un bassin.Erigé en 1 DOS, le monument fut inauguré en 1911 par lord (îrey.11 nous reste à parler des évêques et des souverains.Un songea jadis à élever un monument à Mgr Lartigue, premier évêque de Montréal, mais le projet n’eut pas de suite.Mgr Bourget fut plus heureux: il faut dire que ses œuvres innombrables et fécondes, et le souvenir profond qu’il a laissé parmi nous, lui donnent des titres particuliers à notre gratitude.Philippe Hébert fut invité à préparer son monument au début de ce siècle.En 1903, l'œuvre achevée était inaugurée en présence de Mgr Sbaretti, maintenant cardinal, alors délégué apostolique au Canada.Deux beaux groupes, de la Religion et de la Charité, arc-bout eut le piédestal.Sur les faces antérieure et postérieure deux bas-reliefs rappellent le départ des Zouaves pontificaux et la construction de la Cathédrale.La statue elle-même représente le pontife adressant la parole à son peuple.I n critique s'est demandé si ce monument ne valait pas, du point de vue de l’art, celui de Maisonneuve.Nous ne le croyons pas, mais nous lui reconnaissons de hautes qualités.1 Philippe Hébert fut encore appelé à glorifier dans le bronze le roi Edouard \ 11.Ce monument est beaucoup plus fastueux, comme il convient.Le piédestal, dessiné par l’architecte Umbden-stock, manque de simplicité.Tout un peuple de statues s’y attache, ("est d’abord, au pied du Souverain, la Paix armée; puis un groupe de femmes qui symbolisent les nationalités du Canada: l'anglaise, la française, l'écossaise et l’irlandaise; puis d'autres symboles: V Abondance, répandue par Y Agriculture, l’Industrie et l'Etude; enfin, derrière le piédestal, un génie aux ailes déployées, brisant une 1 Une autre statue de Mgr Bourget se trouve dans la chapelle des évêques, dans la cathédrale, statue gisante, en bronze, du sculpteur italien Barberi, inaugurée récemment. ¦ ¦ HKMMMMMHMhi EES MONUMENTS I)h MONTREAL 131 lourde chaîne, qui représente les préjugés et les persécutions.Le roi, drapé dans son manteau royal, domine tout cela, la main gauche posée sur la couronne et la droite portant le sceptre.Je ne sais pourquoi j'ai toujours pensé que l'artiste aurait dû coiffer le souverain de sa couronne: il était chauve, en effet, et la calvitie n'a rien de sculptural.Quoi qu’il en soit, le duc de Connaught, qui présida le dévoilement, en 11)14, dut bien reconnaître son frère, car il est fort ressemblant.Un ne sera pas étonné que nous ayons deux statues de Victoria I.Elle a régné assez longtemps pour cela.Le monument que lord Alinto inaugura, en 1900, orne le perron du Royal Victoria College de l'Université McGill, rue Sherbrooke.Étant donné la date, on s’attendrait à contempler les traits d'une souveraine déjà vieille; or, c’est une reine encore jeune qui nous apparaît, le cou droit, nerveuse et svelte.C’est que la princesse Louise, sa fille, épouse du marquis de Lome, gouverneur du Canada, avait sculpté cette statue au temps où elle habitait Rideau Hall, entre 1878 et 18.83.Plusieurs années avant que la Princesse eût donné la statue de sa mère à l'Université McGill nous possédions un monument de Victoria.Lord Dufferin l'avait inauguré en 1872.11 avait profité de son discours pour rendre hommage aux Canadiens français.Le piédestal de ce monument n'est pas un ornement pour la Place Victoria où il s’élève.Mais la statue, qui est du sculpteur anglais Marshall Wood, ne manque pas de beauté.La reine, très jeune malgré ses cinquante ans, est drapée à l’antique.Le front ceint de la couronne royale, elle porte dans sa main droite le sceptre et dans sa gauche une couronne de lauriers.Mais j’ai hâte d'arriver aux géants de nos origines, à Jacques Cartier, à Maisonneuve, à Dollard, à Jeanne Mance, à Iberville.Le premier blanc qui ait vu notre île, qui ait promené ses yeux, du haut du Mont-Royal nommé par lui, sur la vaste campagne laurentienne, qui ait prononcé une parole divine sur la peuplade païenne d'1 fochelaga, a été Jacques Cartier.Chose curieuse, ce fut l'ancienne ville de Saint-Henri, maintenant englobée dans Montréal, qui prit l'initiative d’élever au découvreur du Canada le premier monument que l’on connaisse.La statue du navigateur, par le sculpteur Vincent, le bras levé vers les terres nouvelles, domine une construction bizarre en fonte, d’un style de fantaisie.11 y a là quatre pinacles en forme de cierge pascal et quatre vasques très * * * ¦ H5 132 REVUE TRIM ESTRI KI.LE C AN A DIENN E ornées reposant sur des pieds non moins ornés: le tout, sur une base où s'étalent des roseaux et qui trempe dans l’eau d’un vaste bassin.L’œuvre date de 1893.Près d'un demi siècle plus tard, à l’occasion du ivc centenaire de la découverte du Canada, la France devait nous faire cadeau d’un autre .Jacques Cartier, réplique de celui qui orne à Paris l'ancienne Place François 1er, au bord de la Seine.Ce beau buste, du sculpteur Léon Drivier, fut placé sur le nouveau pont du havre, à qui il donna du même coup son nom.On se rappelle la pittoresque cérémonie de 1934, sur l’esplanade de File Sainte-Hélène, le discours de M.Henri Bordeaux, les colombes aux trois couleurs qui s'envolèrent au moment du dévoilement du monument, le vent qui claquait dans les drapeaux.La célébration de ce quatrième centenaire souleva une ardente controverse.Était-ce Cartier ou Cabot qui avait découvert le Canada?Si j’ouvre le Petit Larousse illustré, qui est entre toutes les mains, je lis que Jean et Sébastien Cabot découvrirent Terre-neuve et le Canada en 1497.Si ensuite je me reporte à l’article Cartier, je vois que le navigateur malouin n’a fait qu’explorer ces parages en 1534, et en a pris possession au nom de François 1er.Nous savons ce qu’il faut penser des Cabots: le livre de l’abbé Groulx sur Jacques ( 'artier nous l'a appris.Mais les Italiens de Montréal, sachant que les Cabot étaient des \ énitiens au service de l'Angleterre, ne furent pas fâchés de réclamer pour eux la gloire de la découverte de leur pays d'adoption.Ils projetèrent d'élever un monument à leurs deux compatriotes.Ils en confièrent l’exécution au sculpteur Guido < asini.Les Canadiens français furent abasourdis de tant d'audace.Ils protestèrent et ayant eu connaissance de l'inscription qui devait paraître sur le monument, exigèrent qu’on en changeât la rédaction avant le dévoilement.L'inscription fut changée et le monument dévoilé au parc Atwater, en 1935.Les villes cosmopolites sont exposées aux incidents de ce genre.Je m’empresse d'ajouter que nos concitoyens italiens n’étaient, dans toute l'affaire, animés d’aucune acrimonie.Je suis sûr qu'ils admirent comme nous nos héros nationaux, surtout ceux qui ont du panache, et par exemple Adam-Dollard des Ormeaux, le héros par excellence de notre jeunesse.Au milieu des arbres et des fleurs du Parc Lafontaine se dresse son monument, un des plus beaux de la ville.Cette œuvre de M.Alfred Laliberté a quelque chose de nerveux, d’élaricé, d'enthousiaste, LES MONUMENTS DE MONTREAL 133 qui convient parfaitement au héros du Long-Sault.D'une large base horizontale où l’on peut lire les noms des compagnons de Dollard et où s’inscrivent deux bas-reliefs en bronze représentant le départ des héros et leur serment, une haute stèle se dresse, terminée par vine tête de femme symbolisant la patrie.Au centre de la stèle, un admirable groupe: Dollard écoutant la voix du devoir (une femme qui lui montre le visage de la patrie), s’apprête à donner sa vie, alors qu'un de ses compagnons a déjà succombé.AI.Paillon, l’auteur de l'histoire de la Colonie française au Canada avait, dès le milieu du xixe siècle, formulé le vœu de voir s'élever un monument splendide aux héros du Long-Sault.Ce n'est qu'en 1910 qu’un gentilhomme irlandais, AI.Walsh, rappela le vœu de Paillon et provoqua la création du comité du monument.AI AI.Jean-Baptiste Lagaeé et Emile A'aillancourt furent l'âme du mouvement, qui aboutit avec un parfait succès au dévoilement de la statue, le 24 juin 1920.Pierre LeAIovne d'Iberville naissait une année après la mort de Dollard.Il a sa statue dans le quartier de Ste-Cunégonde.Est-ce parce que St-IIenri avait son Jacques-Cartier depuis 1893 que Ste-Cunégonde voulut avoir son d’Iberville en 1894?Noble émulation dans l'embellissement urbain dont nous avons perdu l’habitude! On confia la statue de Pierre LeAIovne d’Iberville au sculpteur J.-A.Vincent.Le marin qui ravagea Terreneuve, conquit la baie d’Hudson et fonda la Louisiane, nous apparaît cuirassé et l’épée au poing, mais un peu petit, juché sur un baldaquin fantaisiste qui recouvre une fontaine.N'importe, il ne fut pas complètement oublié des siens, et nous pourrons le dire, cette année, aux fêtes de la Louisiane.La loi des contrastes nous amène à parler maintenant d’une femme, la seule, avec Victoria I, qui ait son monument à Montréal: Jeanne Alance.Cette douce et noble figure de nos origines méritait éminemment d’être immortalisée dans le bronze.C’est grâce à la délicatesse et à la générosité d'un archevêque que nous trouvons son accueillante image dans la cour d’honneur de notre Hôtel-Dieu.Elle l'a fondé et elle y a dépensé sa vie.Le sculpteur Philippe Hébert, se rendant à l’invitation de Aîgr Paul Bruchési, a su entrer parfaitement dans les intentions du donateur et il a fait ainsi une œuvre de goût, pleine de simplicité et d’émotion.Il faut admirer sans réserve ce beau groupe de la célèbre hospitalière penchée sur un blessé, et la base de granit gris, aux lignes calmes, — 134 Kl : V UK TRIM K ST KI K LL K CANARI K N N K qui le porte.Sous trois fleurs-de-lys on lit ces simples lignes: Jeanne Mance - 1606-1673 - Avec l’aide généreuse de Mme de Bullion -Elle fonda cet Hôtel-Dieu - Asile des pauvres malades - Et lui donna - Sa tendre charité - Son inlassable dévouement - Toute l’énergie de son âme d'élite.On dévoila cette émouvante statue en 1009, à l’occasion du 250e anniversaire de l’arrivée des Hospitalières de La Flèche.Nous retrouvons Jeanne Mance, Place d'Armes, à l’un des angles du monument de Paul-C’homedey de Maisonneuve.Voilà l’œuvre capitale de notre sculpteur national, Philippe Hébert, et sans doute le plus parfait de nos monuments montréalais.Sous la présidence du maire McShane, une assemblée de citoyens s'était réunie en 1891, à l'effet de trouver les moyens fie glorifier Maisonneuve.La première pierre du monument fut posée en 1892 et l’inauguration, honorée de la présence de sir Adolphe C'hapleau, lieutenant-gouverneur de la province, eut lieu le 1er juillet 1S95.Ce fut un grand déploiement d’éloquence.En ce temps-là, la Place d'Armes était un jardin entouré d'une haute grille de fonte.Le monument remplaçait un gracieux jet d’eau tombant dans une vasque.11 y avait des lianes en bordure des allées; il y avait des arbres.Et les constructions d'alentour, encore à l'échelle humaine, ne donnaient pas à la Place l'aspect d’un puits.Surtout, il n’y avait pas ces ventilateurs, en forme de salières, qui déshonorent maintenant un des endroits les plus sacrés de la ville.La Place d'Armes primitive était beaucoup plus étroite.1 Avant 1S3U, elle s'étendait entre la rue Saint-Jacques et l'ancienne église paroissiale, posée au beau milieu de la rue Notre-Dame.Après la démolition de celle-ci on ne s’avisa pas tout de suite de niveler cet espace libre.Ce n'est que vers 1844, si je ne me trompe, que l'on se mit à paver la Place.L'entreprise traîna en longueur: rien (bétonnant ; on se plaignait, en 1849, de ne voir qu'un seul maçon travailler à cette tâche, depuis cinq ans.Malgré la disparition de la verdure d'autan, le monument a toujours belle allure.Ses trente pieds d'élévation lui permettent de ne pas paraître complètement aplati par l'immeuble Aldred.1 Un buste du roi George III, le premier monument commémoratif de la ville ornait déjà cette Place, au début du siècle.Il occupait une niche au 1er étage de la maison remplacée par la banque Canadienne Nationale. I.KS MONUMENTS DE MONTRÉAI, Le gentilhomme champenois qui fondu notre ville, homme de guerre prudent et j>i z z -bdz.On a donc pour le moment des forces intérieures: z 2bdz plx p.x (1 —x) 9 cl -y cl x - — (1—x).Si on néglige —, on a: 2 dx (l-.x) 24 D’où: y = 1 plx3 _ px4 pl3 _ e i LIT T ~~ TTx «A- _____________a*—____________ — constate que x est une solution; il ne peut y en avoir d’autre d -y 1 w px ., car —- = — X — (1 -x ) est po- dx2 El 2 sitive, d’où — ne peut passer qu’une fois par zéro dans cet inter- .= £L4f 5Y Si 1 = 16 El \3S4/ IG pieds = 192 pes, p = 16 lbs par pouce E = 600 000 b = 8 pouces h = 12 pouces, 4096 RE VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE Un point bas de la courbe existe pour —- = 0, dx dans l'intervalle x 0 à x Pour x = v mm ïmiii, - 0,4 pouce.24 El Comme — augmente constamment algébriquement, il est à sa plus dx grande valeur absolue aux deux extrémités: pour x = 0, dy = _ j»l_^ _-512_ =_0iü07 Ce petit exemple montre bien combien nombreuses sont les connaissances en mathématiques auxquelles il faut faire appel pour traiter un problème relativement simple.Il y a lieu de se demander si nos exigences au point de vue mathématiques sont suffisantes ou exagérées.Notre programme est-il trop ambitieux pour notre milieu ?Devrait-il au contraire être poussé plus loin ?Remarquons tout d’abord que notre programme se compare fort bien avec celui des écoles d’ingénieurs américaines; sans compter qu’à notre École Polytechnique le cours régulier est de cinq ans, alors qu’il est de quatre dans les écoles américaines en général.Mais il faut admettre que le programme des écoles américaines est sensiblement inférieur à celui des écoles du continent européen, et en particulier à celui des grandes écoles françaises.91 LK RÔLK RES MATH KM ATIQUES ET LINGENIEUR 143 Les autorités américaines reconnaissent les insuffisances qui en résultent pour la science professionnelle chez elles.Le rapport de la Commission d’investigation déclare que le rôle principal des écoles d’ingénieurs aux Etats-Unis a été de fournir en quantité suffisante les hommes requis pour les besoins ordinaires de l'industrie au point de vue technique, commercial ou de la surintendance.Les efforts pour créer des écoles de choix visant à maintenir un niveau scientifique réellement supérieur n’ont pas eu beaucoup de succès règle générale.Une des conséquences c’est que les industries constructives en Amérique ont dû se reposer sur les hommes formés à l’étranger pour toutes les choses exigeant une grande puissance d’analyse ou de conception.La recherche technique a dépendu dans une large mesure des hommes formés en Europe ou des hommes ayant eu un entraînement en science pure.Ces conditions, ajoute le rapport, sont corrigées graduellement, mais la profession d'ingénieur américaine est encore loin de se suffire à elle-même dans son niveau intellectuel le plus élevé.Pour déterminer jusqu'à quel point la formation mathématique doit entrer dans la formation générale de l’ingénieur, je ne crois mieux faire que de faire appel à l’opinion du Dr \Y.E.Wickenden, président de la société “for the Promotion of Engineering Education”, qui.au mois d’avril 1934, s'exprimait à peu plis en ces termes.Je suis invité à vous faire quelques observations au sujet de la façon d’ajuster le cours d’étude des ingénieurs à la préparation que possèdent au point tic vue mathématiques les étudiants actuels en génie civil.Ce thème est l’un de ceux qui font l’objet de nos discussions perpétuelles.Depuis qu'il y a des ingénieurs et qu’on a songé à les éduquer, ce problème existe.Un système spécial d’éducation pour l’ingénieur est né du désir de se débarrasser de la règle du pouce chère à l'homme qui s'est éduqué lui-même et qui prétend suivre les leçons de sa propre expérience, et on a cherché au contraire à établir une science sur laquelle on puisse se reposer en toute sécurité.Mais la lutte pour y arriver n’est pas encore finie.Nous entendons encore îles diplômés qui se vantent de n’avoir jamais utilisé le calcul depuis qu’ils ont quitté le collège et qui suggèrent qu’on le retranche du cours d’étude.Je ne doute pas que l’on pourrait donner quelque sorte d’éducation d’ingénieur convenablement effective, sans autres mathématiques que l’arithmétique et l’algèbre simple.Les pyramides d'Egypte ont été construites sans l'em- __________¦ -¦¦¦ — 144 RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ploi des grues mécaniques, je crois, mais cela a pris beaucoup de temps dans un âge où le travail comptait peu.Au risque de paraître bien catégorique, je me permets de déclarer que la clef à l’économie de temps et d’effort dans l’éducation de l’ingénieur, c’est un entraînemet supérieur en mathématiques.Toutefois, nos écoles d’ingénieurs reconnaissent qu’elles doivent accepter les produits actuels des “high-schools” accrédités, et que ces produits ne peuvent être que légèrement passés au tamis et ajustés à nos exigences spéciales.Lorsqu’il s’agit de juger de la préparation suffisante d’un étudiant, les mathématiques sont le point important île l'affaire et nous faisons bien de nous concentrer sur lui.Après tout, nous ne nous appuyons que légèrement sur l’éducation préparatoire dans les autres sciences.Ce que l’étudiant a pu apprendre de physique, de chimie ou de biologie au “high-school” n’est pas d’importance vitale pour nous.Les mathématiques, d’un autre côté, sont la fondation même sur laquelle nous bâtissons directement.Elles se rattachent d’une façon essentielle aux instruments de travail de l'ingénieur et à ses façons de penser.L’ingénieur est presque le seul homme qui dans les détails pratiques de la vie considère des relations quantitatives dépassant les limites de la simple arithmétique.De plus, il est presque seul à s’intéresser aux relations de fonctions qui existent entre les choses, au lieu de les considérer simplement comme des amas d’objets ou d’argent.Ce que nous avons en vue par l’étude des mathématiques au high-school, c’est non seulement la préparation technique de l'étudiant à certaines études supérieures, mais c’est aussi la sélection qui résulte de cet entraînement particulier.Dans presque toutes les enquêtes qui ont été faites sur la valeur des prévisions que l’on peut établir quant au succès futur d’un élève dans ses études d’ingénieur, en se basant sur son record de “high-school”, les mathématiques se classent au premier rang comme valeurs d’indication.C’est dans les mathématiques que tout d’abord et souvent uniquement l’élève se sent dans un domaine où les méthodes sont plus importantes que les faits, et où la ligne de démarcation s’établit clairement entre la maîtrise véritable d’un sujet et un simple à peu près.Lincoln, rappelons-le, s’est mis à l’étude de la géométrie afin de saisir la pleine signification du mot “démontrer”.D’après l’arrangement actuel des cours dans nos écoles, les mathématiques sont à peu près la seule matière comportant une étude cumulative; LE RÔLE DES MATHÉMATIQUES ET L'INGÉNIEUR 145 pour elles, un défaut de maîtrise du sujet dans un terme demeure comme un fléau pour l’étudiant dans le terme suivant, et la simple mémoire ou le verbiage facile sont sûrs d'être pris en défaut tôt ou tard.Ce sont ces qualités intellectuelles et morales tout autant que la matière même du cours, qui font que les mathématiques ont une haute valeur pour opérer une sélection parmi les élèves des “high-schools” d’Amérique, au point de vue des aptitudes pour le génie civil, même si ces mathématiques sont souvent enseignées d’une façon médiocre.Quand nous avons fait tout ce qui est possible pour conserver ou gagner du terrain au point de vue de la préparation mathématique dans les high-schools, nous sommes bien obligés d’accepter les élèves qu’ils produisent tels qu'ils sont.Une partie d’entre eux toutefois ne peut être acceptée par nous que provisoirement, si même nous l’acceptons.Quel que soit le niveau où nous placions la ligne de démarcation, nous pouvons nous attendre à enseigner nous-mêmes quantité de mathématiques plutôt élémentaires.Tout le sujet des mathématiques a besoin d’être revu et réappris d’une façon plus parfaite durant la première année, et le temps ainsi dépensé est plus que regagné par le progrès rapide accompli par la suite dans la partie plus avancée du cours.La maîtrise du sujet est ce que nous cherchons plutôt qu’une connaissance quelconque, et elle ne s’obtient qu’en réapprenant les choses plusieurs fois de suite.Après ces déclarations du Dr Wickenden, je rappellerai brièvement les opinions exprimées par plusieurs professeurs et ingénieurs éminents, au cours de conférences tenues à l’Université Cornell, en juin 1934, et portant sur les sujets de mathématiques, au delà du cours élémentaire de calcul, qu’il semblerait nécessaire d’inclure, dans l’équipement scientifique de l’ingénieur d’aujourd’hui.A ces conférences prirent part en particulier le Dr Théodore Thodorssen de Langley Field, Virginia, centre d’aviation américaine, AI.W.R.Griswold.de la Packard Motor Company, M.Dudley, de la Westinghouse, S.Dushman et P.L.Alger, de la General Electric Company, et J.B.Scarborough, de la U.S.Naval Academy.Le sentiment de ces messieurs peut se résumer comme suit: les mathématiques actuellement enseignées dans les écoles d’ingénieurs, aux Etats-Unis, peuvent suffire pour environ 75% des ingénieurs, mais il y a 25% d’entre eux qui auront à traiter des problèmes de nature ou de difficultés telles qu’ils auraient grand avantage 146 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE à pouvoir suivre des cours sur les équations aux dérivées partielles, sur la théorie des fonctions d’une variable complexe, sur les séries de Fourrier, la théorie des vibrations, les fonctions elliptiques, la théorie du potentiel, l'hydrodynamique, la théorie de l’élasticité, etc.Cette petite énumération suffit à montrer la grande variété de sujets d’ordre mathématique qu’il peut être utile à un ingénieur de connaître sans compter la multitude de questions dans d’autres domaines avec lesquelles il doit être familier.11 ne faut pas s’étonner si la tendance depuis un certain nombre d’années a été vers la concentration sur les sujets fondamentaux.Ce sentiment est exprimé par exemple par C.F.Hirshfeld, chef des recherches a la Detroit Edison Company, dans la conférence qu’il prononçait en mai 1933, sous le titre: “C’e que l’Industrie attend fie l'Education technique dans la prochaine décade.Si l’étudiant, dit-il, a compris une fois les concepts importants fpii dominent tous les autres, il possède les outils qui lui permettront d’obtenir les résultats dont il a besoin pour convenir à un cas quelconque.Parlant comme un employeur à l’esprit pratique qui a eu l’occasion d’engager des diplômés ingénieurs, je trouve qu un trop grand nombre d’entre eux ne peuvent résoudre un problème que dans la mesure où il cadre avec les conditions d’une formule apprise au collège ou trouvée dans un aide-mémoire d’ingénieur.Mettez-les en présence de quelque chose cpii ne se ramène pas a cette formule et ils sont perdus.Pourquoi?Parce qu’ils ne savent pas de c nielle façon ces formules ont été établies.Parce (pi ils ont appris une: collection de faits au lieu d’apprendre le procédé de raisonnement d’après lequel ces faits, et d’autres, peuvent être déduits de certains concepts généraux.Et plus loin il ajoute: “Nous avons besoin d un meilleur entraînement dans les études de base et fondamentales telles que les mathématiques, la physique, la chimie et la mécanique, et aussi nous devons établir une meilleure relation entre ces études et celles (pii reposent sur elles".Dans une conférence en 1934, sur le rajustement fie politifpie et de programme dans l’éducation des ingénieurs, des opinions analogues sont formulées par Robert E.Doherty, doyen de l’école fie génie civil tie l’Université \ale.Après avoir relaté comment il avait constaté chez lui et chez beaucoup d’autres ingénieurs certaines insuffisances de formation, une compréhension incomplète des principes fondamentaux et une inaptitude à rai- MB •çgb&üm .,r LE ROLE DE' MATHÉMATIQUES ET l’iNOÉXIEUR 1-17 sonner en partant de ces principes essentiels, comment sous la direction et l’enseignement de Steinmetz il avait appris à penser et à raisonner, il en vient à conclure que cette aptitude à raisonner et à appliquer les principes fondamentaux est l’objet principal qu’il faut rechercher dans renseignement.L’expérience, dit-il, a démontré qu’un esprit entraîné peut faire son chemin dans de nouvelles situations, même si le sujet particulier qu’il a à traiter et les techniques qui s’v rapportent n’ont pas été étudiées par lui au collège.X’importe qui peut se rappeler un grand nombre d’hommes qui ont réussi d’une façon éminente dans des champs d’activité pour lesquels ils ne s’étaient pas préparés spécialement au collège.Avec une connaissance de base appropriée, ces aspects spécialisés des choses peuvent être appris par un esprit entraîné avec une raisonnable facilité après le collège.Le contraire, toutefois, n’est pas aussi vrai.L’homme qui a dépensé des années de formation au collège en grande partie à acquérir ces renseignements et à apprendre des techniques spéciales se trouve placé dans une situation défavorable et extrêmement décourageante si plus tard, durant les heures encombrées de la pratique professionnelle, et sans une discipline pour le guider, il cherche à apprendre l’art de penser.Naturellement il y a du raisonnement à faire dans n’importe quel cours spécialisé, et les sujets d’étude et les techniques à apprendre peuvent être traités premièrement comme des disciplines intellectuelles.Mais le point délicat est celui-ci: sur lequel les deux le raisonnement ou le sujet lui-même et les techniques - faut-il appuyer davantage ?Ce doit être sur le procédé du raisonnement.Par exemple, une place proéminente doit être accordée aux mathématiques et à la physique, non pas comme simple préparation pour un futur travail théorique spécial qui suppose ces choses connues, mais plutôt comme une discipline rigoureuse dans l’art d’analyser et de penser.De ces déclarations d’hommes qui font autorité se dégage l’impression très nette qu’à leur avis, dans la formation de l’ingénieur comme en toute autre chose, il faut viser d’abord à la Qualité, il faut travailler en profondeur et non pas superficiellement, il faut accorder la première place aux sujets fondamentaux, même si cela force à abandonner certaines matières, intéressantes peut-être, mais moins primordiales.La complexité sans cesse croissante des problèmes soumis à l’ingénieur et les conditions nouvelles de l’industrie vont exiger une 148 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE formation théorique et .scientifique de plus en plus sérieuse chez l'ingénieur qui veut arriver en bonne place.Je n’en veux comme indication que ces déclarations de M.M.Boring de la General Electric, qui, au cours de conférences tenues à l'Université Cornell, en juin ]‘>34, disait qu’une des leçons que la dépression avait apprises aux compagnies employant des ingénieurs, c était la nécessité d’éliminer les médiocres de leur personnel, avant qu'ils n'y soient restés trop longtemps et qu’ils ne soient enfoncés dans une routine dont on ne peut pas les sortir sans un sérieux dommage pour eux-mêmes.A l’avenir il n’y aura fine les meilleurs des ingénieurs diplômés qui seront employés par les compagnies, et comme la demande pour les ingénieurs va être moins forte que dans le passé, les compagnies vont être en état d’exercer une sélection beaucoup plus grande, et ceux qu’elles engageront devront être réellement supérieurs au point de vue rie leur personalité, de leurs études professionnelles et de leur valeur intellectuelle.La conclusion à tirer de ceci c’est qu’à l'avenir plus que par le passé, 1 ingénieur qui ambitionnera d’occuper une position honorable dans sa profession devra posséder une formation scientifique sérieuse, ce qu’on ne peut guère concevoir aujourd’hui sans des connaissances mathématiques assez étendues.La tendance qui se manifeste un peu partout en Amérique, c’est d’orienter les études de façon à donner à l’étudiant une bonne formation de base.On se rend compte qu’il ne sert à rien de diminuer la part des choses essentielles, pour faire place à des matières nouvelles, quel qu en soit 1 intérêt: c’est diminuer les fondations de l'édifice, sous prétexte qu'il faut lui ajouter un étage.Ici a l’Ecole Polytechnique, nous n’avons qu’à demeurer fidèles a notre tradition ancienne, pour conserver à nos études l’orientation qui apparaît aujourd'hui la meilleure à la généralité des gens.Le programme a toujours réservé une place assez importante aux mathématiques, du moins pendant les premières années du cours, mais une place cpii n’est nullement exagérée si l’on veut que 1 élève fasse de ces matières une étude assez approfondie pour en bénéficier dans sa formation intellectuelle et pour être en état de les utiliser dans ses études subséquentes.Y.-E.Beaupré, Professeur titulaire à VEcole Polytechnique LE DÉVELOPPEMENT DE LA RACE FRANÇAISE À PARTIR DE LA PRÉDICATION CHRÉTIENNE.LE RÔLE DES ÉVÊQUES DANS LA FORMATION DE LA MENTALITÉ FRANÇAISE 1 Les Français, au moment où fut prêché l’Évangile, s’appelaient les Gallo-Romains.Physiquement ils étaient le résultat du croisement des anciens habitants du territoire, les Ligures, avec des Celtes, beaucoup moins nombreux et venus plus tard.Les Romains en conquérant la Gaule y apportèrent encore un peu de sang nouveau.Nous étions donc, comme tous les peuples depuis la préhistoire, les Allemands compris, non une vraie race, au sens anthropologique du mot, mais un métissage.Nos aïeux étaient vigoureux et bien bâtis, ils n’avaient cependant aucun caractère physique précis qui leur fût commun à tous; il y en avait des grands et des petits, des blonds et des bruns.Mais une race humaine c’est surtout une mentalité commune, et à ce point de vue les Gallo-Romains étaient vraiment une race.Examinons comment cette mentalité s’était formée.Les Ligures possédaient l’amour du travail, l’amour de la famille, l’amour du sol défriché par les ancêtres, le sens de la persévérance, le désir de cultiver en paix sans chercher à conquérir leurs voisins; ils n’étaient guerriers, et alors ils l’étaient bien, que quand leur terre était attaquée.Ils avaient toutes les qualités de nos paysans de France, ou des vieux habitants du Québec si bien décrits par Louis Ilémon dans “Maria Chapdelaine”.Les Celtes avaient apporté quelques défauts: l’amour du bavardage, de la vantardise, de l’aventure, des hauts faits militaires, mais aussi des qualités comme l’esprit d’entreprise, le don de l’éloquence, le sens artistique, l’habileté commerciale et industrielle, le goût de la philosophie et des spéculations élevées.Us étaient amoureux de beauté et d’idées générales; ils avaient un sentiment très prononcé de l’honneur.Par certains côtés ils faisaient prévoir les chevaliers et les mousquetaires.1 Conférence faite par le Dr Laquerrière au Cercle Universitaire en avril 1937.— Cette conférence est la suite de celle publiée dans la Revue trimestrielle canadienne en décembre 1930: “Les origines de la race et de la mentalité françaises’’. 150 REVUE TRIMESTRIELLE CAN'ADIE.WI De cet amalgame naquirent les Gaulois.Dne race artiste, industrielle, commerçante, travailleuse, de mentalité noble, mais ne sachant pas s’imposer une discipline collective, une race qui ignorait le patriotisme et dont la solidarité s’arrêtait à la famille ou au clan.Mlle était composée d’individualistes idéalistes et même sans la venue des Romains était capable de devenir un grand peuple.Les Romains,en faisant la conquête de la Gaule, y apportèrent d’abord ce qu’ils tenaient des ( îrecs: les arts, la littérature, les sciences et surtout la philosophie grecque avec son élévation, sa pitié, son humanité, ce qui n’était pas romain; les ( laulois acceptèrent ces dons avec enthousiasme et leur idéalisme s’en trouva accru, lin même temps les Romains leur apprenaient l’art d’agir (car dans son ensemble le peuple romain brilla plus par l’action que par la pensée), la science de l’organisation, la vénération pour l’ordre dans les choses et l’ordre dans l’esprit.Tout cela aussi fut accepté allègrement.J.e Gallo-Romain s’éprit de logique, devint raisonneur, se caractérisa par son bon sens et son besoin de clarté; mais il resta tout aussi individualiste, tout aussi idéaliste que les Gaulois.Son idéalisme d’ailleurs ne lui faisait pas mépriser le travail, le commerce et l’industrie et il forma vite un grand peuple instruit, artiste et prospère.La préfecture des Gaules devint la plus importante de l’empire.(’’est dans ce plein épanouissement matériel et spirituel que le catholicisme apparaît.J.a conquête des Gaules avait été terminée 50 ans avant Jésus-Christ.Très rapidement après l’établissement de S.Pierre à Rome, la prédication évangélique commença dans notre pays.Il est difficile de préciser les dates de son extension.Nous savons (pie S te Blandine et S.Pothin furent martyrisés à Lyon en 177; mais certains historiens placent le martyre de S.Denis, l’apôtre de la région parisienne, au premier siècle tandis que d’autres le reportent plus tard, parfois jusqu’au 3e siècle.Nous ne savons pas si, au début, le christianisme a atteint les campagnes ou si, après y avoir été prêché, il en avait disparu sous l’influence de la décadence et des invasions barbares; ce qui est certain, c’est que S.Martin, mort en 400, est considéré comme le grand évangélisateur des paysans, lin effet, alors que les villes étaient très prospères, très peuplées, possédaient des monuments magnifiques et étaient reliées par des routes, il y avait, dès qu’on s’écartait des voies romaines, des populations retirées qui vivaient d’une vie agricole primitive à l’abri des forêts et des marécages; DE DEVELOPPEMENT DE DA RATE FRANÇAISE 151 olios ôtaient cliflioilos à atteindre tandis que leur dispersion et le petit nombre dos habitants do chaque groupement rendaient problématique l’installation d’un clergé.Les ( lallo-Romains des villes, épris d’idéalisme, étaient un champ tout préparé pour recevoir la bonne semence de la prédication.D’autre part leur amour de l’ordre et de la logique les poussait à accepter un dogme précis à la place des philosophies diverses et une morale unique coordonnant les préceptes des différents systèmes.Mais le catholicisme, avec la confession et l’examen de conscience, avec ses principes de la connaissance de soi-même et de la recherche, de la perfection individuelle, s’il transformait en charité le sens de la pitié et de l’humanité que nos ancêtres possédaient par eux-mêmes et qui avait été accru par la culture grecque, ne fit pas cesser l’individualisme des Gallo-Romains.S ils aimaient l’ordre, ils ne s’etaient pas épris de discipline et de plus le catholicisme venait détruire la religion de Rome, il ne permettait plus de considérer l’empereur comme un dieu.Il faisait ainsi disparaître le lien qui unissait les innombrables peuples formant l’empire.On ne pouvait plus considérer cet empire, composé de tant d’éléments divers, comme une patrie.Les habitants de la (laule n’avaient jamais eu un nationalisme leur permettant de résister aux invasions.J.a dernière, celle des Romains, les avait englobés dans un assemblage de peuples dont ils étaient fiers de faire partie: mais quand ils n’ont plus de raison mystique de se grouper autour de la divinité que Rome voulait être, les Gallo-Romains catholiques sont aussi incapables que leurs ancêtres de défendre leur sol contre les incursions des voisins.Kt cette infériorité fut peut-être voulue par la Providence.Si le patriotisme avait empêché les invasions, nos ancêtres eussent formé un grand peuple catholique, mais ils n’auraient probablement pas été aussi imbus de mentalité chrétienne; ils auraient gardé beaucoup des mœurs et des habitudes dos Romains, beaucoup île leur manière de concevoir la vie.Surtout dans un État prospère, le prêtre eût pris facilement figure de fonctionnaire et n’eût pas conquis l’influence qu’il prit, comme nous le verrons tout à l’heure, quand tout ce qui constituait la civilisation s’écroula.Il faut en effet se rappeler que la période de prospérité ne dura pas longtemps, elle va disparaître devant la décadence de l’empire et devant l’invasion des barbares.¦ ¦ 152 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE La décadence, qui permettra les invasions (car, si les Gallo-Romains ne sont pas patriotes, Rome a été une formidable machine de guerre), elle commence à se dessiner puis marche à pas de géant.Son aboutissement est le suivant : la Gaule est conquise depuis un peu plus de 400 ans, quand, en 395, l’empire se scinde en deux: Orient et Occident; moins de 100 ans plus tard, en 476, l’empire d’Occident, celui qui siège à Rome et dont dépend la Gaule, disparaît.Naturellement cette décadence s’est fait sentir partout; en Gaule elle s’est traduite par une crise telle que éje ne puis citer où j’ai puisé ce renseignement tiré d’un livre laissé en Europe) l’on ne peut plus payer les impôts, qu’on ne peut plus trouver à vendre les propriétés saisies pour non-paiement d’impôts et qu’on finit par décider de vendre comme esclaves les propriétaires redevables.Le résultat est qu’une partie de ceux qu’on considère comme riches dans la ville de Lutèce disparaissent et vont se cacher dans les forêts.C’est donc la misère, et une misère terrible, (pii se répand dans les villes.11 devient bien difficile d'entretenir les écoles, de faire de l'art ou de la philosophie.La vie quotidienne se borne à trouver le moyen de ne pas mourir de faim.En même temps les frontières ont craqué de toutes parts sans éveiller un sursaut d'esprit national.Si de temps à autre un reste d’organisation et de discipline romaines arrive à rassembler quelques énergies, comme cela se produisit quand Attila et ses Huns furent arrêtés aux champs catalauniques, en 451, les barbares se promènent en Gaule, la pillent ou s'y installent.Dès 250, Crocus, qui est resté dans la légende sous le nom de Croquemitaine, a fait une incursion; puis les envahissements se renouvellent et se multiplient.A partir de 407 c'est la période des grandes invasions: qu'on juge du nombre des envahisseurs par ces citations prises dans les poèmes de Sidoine Apollinaire, un évêque dont nous parlerons plus loin.“Soudain les peuples barbares déferlent sur la Gaule: le Géton accompagne le Ruge, vient ensuite le féroce Gépide; le Burgonde pousse le Sevras, le Hun le Bellatonus.” “Le Saxon aux yeux glauques, le Sicambre au crâne rasé, l’Hérule dont le teint verdâtre rappelle les profondeurs de l'Océan.” Je ne vous ferai pas une leçon d’histoire afin d'essayer de débrouiller devant vous les cahots de tous ces peuples qui errent à tort et à travers, rançonnant les cités, se battent entre eux et sèment I-K DEVELOPPEMENT DE LA RACE FRANÇAISE ] 53 partout le désordre et la ruine.Vous devez vous douter, et c'est tout ee que je désire, que la civilisation romaine, ou même toute espèce de civilisation, était menacée de disparaître et cela d’autant plus que la plupart de ces barbares n’étaient pas sortis de l'état de sauvagerie.Ils étaient certainement, en majorité, très inférieurs aux < cites qui, entre 600 et 300 avant le ( hrist, étaient venus se mêler aux Ligures.Puis les barbares s'installèrent et ee fut alors une ère de sauvagerie et d incohérence sociale et politique que l'on peut, au moins a ses heures les plus tristes, schématiser de la façon suivante: quand le roi meurt, ses fils divisent entre eux le royaume; mais chacun d'eux va s'efforcer, par des guerres ou par des assassinats, d’augmenter sa part et de reconstituer à son profit l'intégrité des possessions paternelles.Ce sont des pillages, des incendies, des massacres, des annexions: au cours d'une vie humaine la même ville change plusieurs fois de nationalité.Le très grand peuple que nous formions était donc logiquement destiné a disparaître avec toute sa mentalité, tout son idéalisme.Il est arrivé cependant qu'après, il est vrai, une éclipse qui va durer plusieurs siècles il s'est retrouvé lui-même.Quels furent les ouvriers qui permirent que, comme un feu caché sous la cendre, nos qualités demeurassent pour se remettre à briller dès que les barbares devinrent moins sauvages ?Ces ouvriers ce furent les évêques et eux seuls! ( et te affirmation surprendra peut-être ceux qui connaissent cette période de P histoire par les oeuvres de Fustel de Coulanges.Fustel est un très grand historien et il ne faut pas diminuer sa gloire.Mais Fustel n avait pas a sa disposition des documents qui n'ont été étudiés que plus récemment.I)'autrepart il était antireligieux, ee qui ne le prédisposait pas à apprécier l'œuvre des clercs.Surtout son seul culte était celui de la Patrie (il demanda à être enterré dans une église catholique, non par conviction religieuse, mais pour se conformer à la coût lime de ses ancêtres) : or, tandis qu’à son avis la “cité antique” s'est formée à partir du dieu de cette cité, il trouve dans l’Évangile qu il faut rendre a ( ésar, c est-à-dirc à la cité, ee qui est à César, et a Dieu ee qui < st a Dieu: il y a donc séparation entre la divinité et la nation; par cola même le christianisme ne peut pas être utile dans la formation d un État comme les États anciens, lin cela il a parlait*ment raison: mais il ne comprend pas que le triomphe de l’Église a bouleversé le monde et qu’à partir du Christ l’esprit ] 54 RK Vf K TRIMESTRIELLE CANADIENNE humain est profondément modifié.Los Gallo-Homains n'étaient pas patriotes, nous l'avons dit et nous verrons comment les Français le sont devenus, mais ils avaient une civilisation qui, précisément parce qu'elle pouvait être dégagée de l'idée nationale, fut capable de durer, au ralenti, sous la domination barbare.Je n'insiste pas et mécontente de vous renvoyer au très beau livre et magistral ouvrage cle M.Ciorce, professeur à 1 l niversité catholique de Toulouse: “La Franco au-dessus des Hacos”1 où vous trouverez et une critique des travaux de Fustel de C’oulonge et une étude définitive du rôle des évêques.Ces évêques furent en premier lieu le seul secours des populations en ces temps troublés.Quand il n’y eut plus d'argent, les divers fonctionnaires cessèrent leur service.Les campagnes retournèrent, si elles en étaient sorties, vers la barbarie; quant aux villes elles s'organisèrent tant bien que mal et plutôt mal que bien; mais partout il se trouva qu’une providence veillait en la personne de l’Evêque.11 fut tantôt le “défenseur", tantôt le "protecteur , titres officiels romains dont les titulaires avaient disparu, qu’on lui décerna bénévolement et qu’il prit à cœur de justifier.L évêque se sert en général de la part la plus grosse de son budget pour les travaux d’utilité publique: il est l'arbitre des cas difficiles, la haute cour de justice; il essaie d'entretenir l'instruction.Bref, c’est lui qui résume toute l'administration.Je ne puis ici me défendre de faire un rapprochement avec ce que s’est passé au Canada lors delà conquête anglaise et qui est exprimé en raccourci par l'historien Francis Parkmann, un protestant je crois, dans les termes suivants: “La conquête brisa d’un coup le rouage de l'administration civile tout en laissant intacte l'essence même de son organisation: la paroisse.Gouverneurs, intendants, conseillers, commerçants étaient partis.Les principaux seigneurs s’enfuirent à leur tour de la colonie.Le peuple, qui n’avait pas appris à gouverner, se vit abandonné à ses propres conseils.La confusion, sinon l’anarchie, s’en serait suivie sans les curés des paroisses qui, assumant une double paternité à la fois spirituelle et temporelle, devinrent plus que jamais les seuls gardiens de l’ordre dans tout le Canada”.Au Canada, comme en Gaule, le catholicisme prit une influence prépondérante, non pas seulement grâce à sa doctrine mais du fait 1 La France au-dessus des races qui l’ont formée et non au-dessus des autres races. LE DEVELOPPEMENT DE LA IIACE FRANÇAISE 1 55 .Martin, “dont il est impossible, dit le même auteur, de peindre la persévérance dans l’abstinence et les jeûnes, la puissance dans les veilles et les oraisons, les nuits consacrées comme les jours à la prière, tous les instants pris par l’œuvre de Dieu”, S.Martin trouve cependant le moyen d'administrer l'Église de Tours; mais, bien plus, il se lance dans l’œuvre de l’évangélisation des paysans: la Touraine, l’Anjou, la Saintonge, l’Angoumois, les campagnes des pays de Chartres, d’Autun, de Sens, de Paris reçoivent sa parole.Il \ multiplie les miracles et fait preuve d une foi, d’un courage et d’une majesté qui en imposent si bien (pie parfois on ne sait plus s il s agit d'un miracle ou de l’impression produite par son attitude: un jour des paysans païens consentent à abattre un arbre sacré s'il veut bien rester dessous pour être écrasé.Il y reste; mais les bûcherons ont mal calculé, car l'arbre tombe, non sur le saint, mais sur eux qui ont juste le temps de sauter de côté.Une autre fois, comme KI : V r K TiUMKSTHIKI.I.i: C A X A DIK X X E 158 il vient de faire détruire un temple, une multitude se précpite sur lui et 1 un des meneurs le menace de son épée; Martin écarte son manteau et offre sa gorge; furieux l'assaillant se renverse si bien en arrière, pour prendre plus d'élan, qu’il roule à terre et se relève épouvanté pour demander pardon de son geste."i plus tard les rois de France, parce qu'ils habitaient Paris, ont fait de S.Denis le saint national, Martin est resté durant des siècles le patron de toute la ( laide.Son sanctuaire fut un lieu de pèlerinage des plus fréquentés, où vinrent se rencontrer et les humbles qui voyagent à pieds et les somptueux cortèges des princes et des rois.Les pèlerins continuèrent à venir de toute la terre des Gaules quelle que fut momentanément la patrie que leur eût donnée le hasard des guerres ou des successions.s, Martin était surtout cher aux paysans; quoiqu'il soit assez oublié aujourd'hui pour des saints plus récent s, il garde encore sur le territoire de la France 3G75 églises qui lui sont dédiées.Le culte de S.Mart in, durant une longue période, sera la seule chose commune qui reliera les futurs Français, qu ils appartiennent provisoirement à une nationalité ou à une autre.Le culte de S.Martin est le premier vestige d’une mentalité nationale.Le deuxième évêque, dont je vous entretiendrai, est Sidoine Apollinaire, ne a Lyon et cpti vécut de 430 à 4Nft.( "est une curieuse figure que son abondante correspondance permet de suivre dans son évolution spirituelle et politique.Il appartenait à une famille illustre; son grand-père, le premier chrétien de cette famille, avait été préfet des Gaules.Sidoine lui-même s'était montré un dignitaire brillant, car sa statue figurait au Forum de Trajan.("était un érudit et un poète.11 nous a laissé des vers d’un latin correct et d'un souffle vraiment appréciable.Il était propriétaire et riche, il était marié et partageait sa vie entre Lyon et sa maison de campagne, à Avitacum, au bord d’un lac auquel il a consacré des poèmes.11 vivait heureux au milieu d'amis nobles et intellectuels.Mais v< rs lit), la population de Clermont le choisit comme évêque.Il accepte, abandonne la vie agréable et facile.Sa femme passe au rôle d intendant • - et il trompe son intendant en vendant à son insu, pour secourir les pauvres, l'argenterie de ce qui a été un ménage.Très rapidement c est la guerre; les \\ isigoths, qui occultent le sud cle la Gaule, veulent s'étendre au nord et viennent mettre le siège devant ( lerrnont.L'évêque est l'âme de la résistance, il lutte indéfiniment et ce n est que parce (pie I empereur de Rome abandonne l’Auvergne LI.OKVLI.OI’I’i.MI NT DU LA IIACi: FKANÇAISK 159 H aux envahisseurs qu’il se décide à les accepter.11 les accepte avec une grande peur car ils son; ariens et probablement plus disposés que des païens à persécuter 1< s catholique >.( 'ependant après Tétre désespéré sur la décadence de Hume et s'être écrié pathétiquement : "Nous avons soutenu l'ombre de l'empire”, Portavimus uml itnptrii, il trouve dans sa conscience de chrétien les motifs d'agir.".Je me prosternais, écrit-il, sur le seuil triomphal des Apôtres et je sentis tout à coup se dissiper la langueur qui accablait mes membres.J’éprouvais d’une manière toute miraculeuse l'assistance du ciel” I/figliso devient su seule patrie et il va s'éfforcer de convertir les hérétiques conquérants.S'il n'y réussit pas, il sait devenir leur ami; il canalise et endigue les menaces.Politique habile, sachant être ferme ou onctueux, il va jusqu’à faire construire des églises catholiques par le gouverneur Wisigoth.Bref il justifie l'épitaphe placée sur son tombeau, "11 a donné des lois à la fureur des barbares”.Nous venons de voir un évêque du début de l’invasion barbare, et un évêque au temps où cette invasion se réalisait.Nous allons maintenant en montrer un troisième, celui-là quand l'invasion est un fait accompli.S.Grégoire de Tours, né à Clermont en 539 (mort en 594), est le parent de plusieurs évêques célèbres et descend d'un sénateur de Bourges, Yettius Kpargatus, qui fut l'un des premiers martyrs gaulois.Kn 573 la ville de d'ours le choisit comme évêque.I.a ville à ce moment appartient à Sigebcrt I, roi d’Austrasie, et il n’y a aucun conflit avec les pouvoirs publics ; mais ITédégondc, femme du roi de Xcustrie, Chilpéric, ayant fait assassiner Sigebcrt en 575, c'est C'hilpéric qui gouverne à Tours.Il y met comme comte Leudaste, un ancien serviteur de ses cuisines.Kt Leudaste passe son temps à tourmenter l’évêque; il trouve, comme ruse finale, de persuader au roi que Grégoire raillait son honneur conjugal et accusait la reine d'être la maîtresse de Berthramm, évêque de Bordeaux, probablement un barbare mitré car nous arrivons à la période où, parmi le saint troupeau des évêques, vont se glisser des créatures du roi).Chilpéric réunit un concile afin de faire condamner Grégoire; mais le concile, à la grande confusion du monarque, décida de s'en remettre aux affirmations de l’accusé.Celui-ci par trois fois, à l'issue de trois messes célébrées par lui sur trois autels différents, proclama son innocence.Leudaste, qui ne s'était pas présenté, fut excommunié.Ce Chilpéric est le type du roi barbare.Grégoire nous le peint ainsi: ‘‘Grand dévastateur de provinces et incendiaire, il n’avait de ¦M 160 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE scs ravages aucune douleur, mais grande joie, comme jadis Néron chantant des tragédies parmi les incendies.11 punit beaucoup d'hommes injustement pour s’emparer de leurs biens’’.Il était de plus très fier de lui, un véritable mégalomane: il faisait des poèmes en vers boiteux, des messes et des hymnes inutilisables; il avait la prétention d'être théologien et cherchait à persuader les évêques de ne plus parler de Trinité mais d'un Dieu en une seule personne.La vie des évêques à ce moment est une lutte perpétuelle pour essayer d'endiguer la barbarie; c'est l'époque de la haine entre Brunehaut et l'rédégonde: des assassinats politiques, des guerres fratricides et le bon Grégoire écrit: "("est avec dégoût que je vais raconter les diverses guerres civiles.on y voit se lever le père contre le fils, le frère contre le frère, le proche contre le voisin".Les évêques, et Grégoire à leur tête, s'efforcent de faire la police morale.Leurs conciles les réunissent tous, malgré les divisions administratives, et constituent une unité spirituelle.Ils n'ont pas peur du roi (Prétextât, évêque de Rouen, proscrit, écrit fièrement à la reine Frédégonde: “En exil ou hors d'exil j'ai toujours été évêque et le serai toujours, tandis que toi tu seras précipitée dans l'abîme”) et ils usent de l'excommunication même contre la personne royale.Ils s’entremettent pour faire commuer la peine de mort , quand elle est prononcée, pour faire relâcher les prisonniers.Ils visitent ceux-ci et pourvoient aux besoins de leur existence.Tout accusé a dans l’évêque un avocat.Ils recommandent d'affranchir les esclaves et font interdire de les vendre hors de France.Ils font de certaines basiliques un asile inviolable, non pour soustraire les coupables à la justice, mais pour permettre au temps de laisser tomber les colères.Et Grégoire aura plus d'une fois à défendre pour sa basilique de Tours ce droit d'asile, en particulier quand Mérovée, fils de Chilpéric, qui avait épousé Brunehaut, sa tante et l’ennemie de sa belle-mère l'rédégonde, vint y chercher un refuge contre la fureur de cette dernière.Mais S.Grégoire ne fut pas seulement un saint, ce fut aussi un écrivain.Il nous a laissé, entre autres, une “Gloire des Martyrs", une “Gloire des Confesseurs”, une “Vie des Pères”, les “Miracles de S.Martin, de S.Julien, de S.André".Son plus bel ouvrage est “L’Histoire des Francs”.Il est le premier en date des historiens de la France; les “Récits des temps mérovingiens” d’Augustin Thierry ne sont en somme que la traduction en français moderne d’une partie de cette histoire. MHMH LE DEVELOPPEMENT DE LA RACE FRANÇAIS! Comme on le voit, les évêques eurent vraiment un rôle de premier ordre dans la création de la mentalité française.Certes ils n'arrivèrent pas du premier coup à civiliser les barbares; les horreurs vont continuer sous les Mérovingiens puis se prolongeront en s’atténuant sous les Carlovingiens et même sous les premiers Capétiens; mais si les dirigeants, les seigneurs vont persévérer dans la sauvagerie, si même les évêques vont parfois devenir eux-mêmes des seigneurs, s'il y en a parmi eux qui prendront les armes pour augmenter leur diocèse, si le roi donnera à l’occasion le titre épiscopal, non à la sainteté, mais pour reconnaître des services, il y aura cependant une mentalité chrétienne dans le peuple, il y aura les monastères, issus de ceux fondés par S.Martin, qui entretiendront cette mentalité.Aussi, quand, dans la deuxième moitié du Moyen Age, la barbarie se dissipera, le peuple de France sera tout prêt pour un admirable mouvement religieux qui précédera la Renaissance.Ce sera l'élan des Croisades, l'éclosion des universités, la construction des cathédrales.Ce sera la première Renaissance, celle du Xlle siècle.Si une telle résurrection fut possible, c’est que le fond de l'âme populaire était imprégné de catholicisme, baissez-moi encore ici citer Gorce.“Aux temps troublés des invasions, la philosophie elle-même sera oubliée pour des réalités plus graves et plus appropriées en des cas d'incendie ou de bataille.De philosophie il ne survivra que la sagesse vive de la morale qui pourra être maîtresse d’une vie intérieure que ne troublent ou ne distraient les batailles et les incendies.Avec les barbares le christianisme cesse d'être une philosophie et se réduit à la précieuse sagesse de la vie individuelle’-.Cette vie individuelle remplie de catholicisme, ce sont les évêques de France qui nous l’ont donnée et par là ils ont puissamment contribué à faire la civilisation moderne.Si cette chilisation est ce qu’elle est, c’est à eux que nous le devons, à eux qui ont ensemencé dans l’âme d’un peuple individualiste un christianisme profond.Remarquez en effet que durant toute une période, l’Italie n’a été occupée que de querelles intestines, que Byzance n’avait plus souci que des jeux du Cirque ou de discussions subtiles, que l’Afrique et l’Espagne étaient livrées aux Arabes.C’est donc bien le seul peuple de Gaule qui a transmis le flambeau et il a pu le transmettre précisément parce que chez lui l’idée religieuse a été au-dessus des races et des nationalités diverses, 9 S 102 lïK V l‘ K TRIM KSTRIEI.\.E C A X A I) IK X X E parce que les évêques nous avaient appris à être aussi bons catholiques en Xeustrie qu en Austrasie, en Bourgogne qu’en Aquitaine.I-idee de Patrie n était en effet pas encore née.I! importe de voir comment nous Pavons acquise.On ne peut dire qu'elle commence avec Charles Martel.La victoire de Poitiers 1732) est la défense du christianisme.contre l’Islamisme.Le premier balbutiement de cette idée est à Bouvines: Philippe Auguste se trouve en face dune coalition monnayée par l’or britannique.La vallée de la Loire est aux mains des Anglais.Los : lamands et les Allemands ont occupé le Nord de la France.< ’onime toujours, depuis la préhistoire, nous sommes envahis, l'avenir parait désespéré.Le roi fait appel aux Seigneur- des châteaux, aux bourgeois des villes, aux paysans des campagnes: le 27 juillet 1214 il remporte une éclatante .victoire qui est le fait de tous les Français et il devient véritablement le “roi de France”.Mais cette France n'a aucun chauvinisme.C'est l’époque où elle est le lieu, le rendez-vous de tous ceux qui pensent.File reçoit aussi bien F.Albert le < îrand 1193-12S01 né en Souabe que F.Thomas d'Aquin 1226-1274 1 né dans le royaume de Naples.Les universités attirent les étudiants de tous les peuples.File est vraiment le centre d une internationale catholique et intellectuelle.11 faut arriver a la guerre de cent ans 1337 à 1453) pour (pie s établisse la notion du patriotisme.Charles Vil n'a plus qu’un tout petit territoire : c est le roi de Bourges, cette fois il paraît bien que c’en est fait de la I rance.Jeanne d'Arc, fille du peuple, prend la direction des années pour bouter les ennemis hors du royaume, elle fait sacrer le roi à Heims et quand elle meurt sur le bûcher en 1431, le I ran ça is a le cuit e de la “doulce 1 rance".( 'e n'est que par des invasions perpétuelles- (pie nous avons pris conscience de notre nationalité, (pie nous avons compris que, quoique catholicisme ou quelque esprit d humanité- on loge en son ereur, il est indispensable TK 11:1.I.E C A N ADI L N NI ; NOUVEAUX ÉLÉMENTS D'ANALYSE.Tome I —Variables Réelles, par A.Bulil.In-S° de vu - 204 pages.Prix, broché: 60 francs.A la Librairie-imprimerie Gauthier-Villars, ûo Quai îles Grands-Augustins, Paris, (lYe), France.PJ37.Ce nouvel ouvrage, qui représente le développement de leçons faites depuis une vingtaine d'années, par l’auteur, à la Faculté des Sciences de Toulouse, dans la Chaire de Calcul différentiel et intégral, prolonge immédiatement le Cours de mathématiques générales.On ne sera pas étonné d’y trouver de la géométrie, ni même de 1a physique théorique, dont les équations fondamentales peuvent se révéler non pas précisément comme une application, mais comme une des formes mêmes des principes mathématiques.On trouvera dans ce premier tome deux grandes idées bien fécondes.D’une part la notion des intégrales d'un système différentiel, fonctions qui restent constantes en vertu du système, et d’autre part la notion des intégrales simples ou multiples qui restent également constantes lorsqu’on déforme les variétés d’équations.11 y a là deux constances fondamentales qui sont, au premier chef, objet de science au milieu des inextricables variations du monde phénoménal.Voici les en-têtes de chapitres: 1 — Ensembles.Mesures.Microstructures; 11 — Formes différentielles.Transformations intégrales; 111—Fonctions de lignes.Volumes.Aires; IV — Théorie des Surfaces; V ¦— Notions sur les transformations.Groupes; VI — Notions de calcul différentiel absolu; VII — Equations canoniques.Les exercices ajoutés à la fin des chapitres constituent de véritables sujets d’études à recommander aux candidats à l’agrégation.BIOLOGIE MATHEMATIQUE, par Y.A.Kostitzin, ancien Professeur à la Faculté des Sciences de Moscou, ancien Directeur de l'Institut géo-physique de Moscou, avec une préface de Vito-Volterra.Volume in-16 avec lü figures.Prix, broché: là fr.üO.Collection Armand Collin, 107 Boul.Saint-Michel, Paris (Ve) France.1937.Depuis quelque temps, on assiste à une vraie floraison de publications mathématiques consacrées aux problèmes biologiques.Cela est naturel puisque la mathématique n’est que le bon sens symbolisé.L’ouvrage de M.Y.A.Kostitzin permet au biologiste de prendre connaissance des services que la méthode mathématique peut lui rendre et donne au mathématicien une idée des problèmes biologiques qui attendent encore leur solution.L’auteur expose, en faisant participer à son argumentation un riche matériel biologique, un ensemble très vaste de faits: vie dans ses rapports avec le milieu, croissance d’une population homogène sous l’influence de facteurs naturels très variés, relations entre espèces, symbiose et parasitisme, croissance embryonnaire et post-embryonnaire, sélection naturelle, etc., etc.Une préface de M.Vito Volterra, l’éminent mathématicien italien, père spirituel de la biologie mathématique, sert d’introduction à l’ouvrage et montre comment on peut ramener à des formules les divers phénomènes de la vie.DISCOURS ET NOTICES, par Emile Picard, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences.In-8° de 304 pages.Prix, broché: ôü francs.Chez Gauthier-Villars, ôü Quai des Grands-Augustins, Paris (Vie) France.1937.' ." UK VU K DES LIVRE 233 Le présent volume fait suite aux livres pur l’auteur a publiés en 1022, 1021 et 1931, sous les titres suivants: Discours cl Mélanges, Mélanges de Mathématiques et de Physique et Eloges et Discours académiques.Il contient des discours, articles et notices, se rapportant ft des sujets variés, préparés pour des circonstances assez différentes: t\ l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, au Conseil International de Recherches à Bruxelles, aux Jubilés scientifiques d’Edouard Coursât et de M arcel Brillouin, etc.On y trouvera des remarques sur des questions préoccupant ceux qui s'intéressent ù la philosophie des Sciences.L’auteur nous signale comment les conceptions nouvelles, théorie de la relativité et théorie des quanta, ont amené la crise par laquelle passe la physique moderne.CODE CIVIL AXXOTE, Tome III (articles 1048 à 1314), par Ed.Fuzier-Herman, ancien Magistrat, revu et mis à jour par M.René Demoguc, Professeur de Droit Civil à la Faculté de Droit de Paris.In-8° de 758 pages.Librairie du Recueil Sirez, 22 rue Soufflot, Paris 1936.Cet ouvrage est consacré t\ deux titres importants:des donations entre vifs et des testaments; des contrats ou des obligations conventionnelles en général.LES ILLUSIOXS DU CR EDIT, par Louis Baudin, Professeur (l’Economie politique à la Faculté de Droit de Paris et à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Paris.In-lfi° de 320 pages.Prix, broché: 81.00.Aux Editions Albert Lévesque, 1735 rue St-Denis, Montréal.1937.Ce volume contient le texte des conférences faites par l'auteur, à l’automne de 1936 sous les auspices de l’Institut Scientifique Franco-Canadien, à l’Ecole des Hautes Etudes commerciales.Voici la liste des sujets traités: I - Le crédit, nouvel idole; Il - L’intérêt, prix du temps; III - La royauté de l’or et la révolte du crédit; IV - L’exemple de l’Allemagne; VI - Rationalisation bancaire; VII -Les grandes places de crédit; VIII-La situation du crédit en France; IX - Le crédit international; X - La leçon des faits, crédit et agriculture; XI - Les méfaits du crédit, les crises; XII -Le contrôle du crédit et ses limites.LA Cl X ÉMATIQFE A LA PORTÉE DE TOUS, par (’.Camichel, Membre de l’Institut, Directeur de l’Institut électrotechnique de Toulouse.In-S°, 80 pages avec 12 figures.Prix, broché: 20 francs.Gauthier-Villars, éditeur, 5à, Quai des Grands Augustins.Paris, 1936.La matière traitée (cinématique et statique) fait partie du programme de la classe de mathématiques élémentaires.L’auteur a toujours eu comme but de rester à la portée de tous.11 y est arrivé par les moyens suivants: Emploi de la méthode géométrique à l’exclusion de toute autre; démonstration des théorèmes les plus généraux en prenant des cas concrets dans la vie de tous les jours et utilisation d’un observateur lié à tout système de référence; justification de toutes les définitions en partant d'un fait très simple; emploi du langage ordinaire. ¦¦BBS -, .> .r >,5 VIE DE L’ÉCOLE ET DE L’ASSOCIATION TRAVAUX DE FIN D'ETUDES DES ELEVES DE LA 61c PROMOTION L(' Conseil de Perfect ionnemenl de P École Polytechnique, présidé par M.Armand C’ircé, Directeur adjoint rie l’École, a examiné les travaux d’application des élèves de la classe rie 193637, soixante et unième promotion, le 2!) avril dernier.baisaient partie du Conseil: Monseigneur Olivier Maurault, recteur tie 1 l niversité rie Montréal, l’honorable Cyrille-h'.Delage, Surintendant de 1 Instruction Publique; l’honorable François-.!.Leduc, Ministre de la \ oirie, Sir ( !.Garneau, Messieurs ( ).Lefebvre, D.Sc., A.-IL Décary, D.Se,, M.Archambault, P.-F.Bourbonnais, L.Bernardin, B.Brault, P.d’Aragon, P.Deguise, C.-L.Dufort, A.-O.Dufresne, IL Gauvreau, M.Gérin, G.Ilurtubise, K.Lacroix, C.-h.Lajoie, L.Larochelle, J.-X.Langelier, A.Larivière, L.-.I.Leroux, K.Loignon, IL Main, A.Marois, IL Massue, A.Paradis, G.Ranger, A.Sicotte, A.St-Laurcnt, C.-E, Tourigny.I.-IL Vallée, tous anciens élèves de l’École; Messieurs S.-A.Baulne, T.-.I.La-frenière, L.Bourgoin, .I.-A, Villeneuve, G.Landreau, L.Brunotto, P.-P.\ inet, A.I.alonde, A.(Iratton, A.Duperron, A.Cousineau, IL \ alois, L.Roy, R.Boucher, professeurs à l’École.Voici la liste des travaux soumis au Conseil: Jean-G.Archambault — Pistes d’atterrissage.Raymond-G.Archambault Etablissement d’une usine de distribution d eau et d’électricité pour une petite municipalité sur les bords d’une petite rivière.Louis Assit.in Étude do la dessiccation dos liquides et des solides en utilisant comme agent de transport un gaz autre que Pair.Roland-J.Beaulieu Etude comparative d’une machine à vapeur et d un moteur Diesel pour la production de 1 énergie électrique.Armand Bolduc Etablissement d’une usine métallurgique régionale ou centrale.timer Boucher Production de l’alcool pur à partir du mais.Gabriel Brière — Amélioration des conditions de Pair dans 1 annexe de l’École Polytechnique (Ventilation). vie de l’école et de l’association 235 Lucien Buteau— Étude comparative d'approvisionnement d’eau d'une municipalité de 5,00(1 âmes, située sur le bord d'une rivière.John ( o.woLLY — Conditions techniques d établissement d une conduite forcée.b.mile Cousineau ('sine de concentration de minerai.5 von Cousineau-La Mécanisation de l’industrie minière.Roland Daoust — Étude sur la pasteurisation du lait à haute température (flush process).5 von De Guise Protection des lignes de transmission.Lucien Delisli: Établissement d'une voûte de transformateurs dans un édifice nécessitant un pouvoir électrique de plus de 300 HP.Jean De Seve — Dessin d'une cheminée en béton armé.Jean-René Desmarais — Étude électrotechnique d'une sous-station.Dollard DksOrmkaux—Installation d’un groupe Turbo Alternateur de réserve dans un hôpital.Gaston Dufour — Conditionnement de Pair d’un wagon de chemin rie fer.Roland Fontaine Étude de la transmission souterraine (66000 v) Rosario Frigon Installation d’une usine d’extraction et étude de la machinerie d’extraction d'un puits de mine.Maurice Lahelle Projet d'un tunnel sous le canal de Chambly.Gérard Lajoie — ( onstruction d’un établissement pour le garage des véhicules-moteurs (dans le quartier commercial de .Montréal aux abords de l’hôtel de ville).Gilles Lapierre -L’établissement, à Montréal, d'un réseau de tubes pneumatiques pour le transport des dépêches.Raymond-b.Leblanc— Études sur l'extraction de l'or des minerais aurifères réfractaires par les méthodes modernes; applications spéciales à la cyanuration. BBSS Tm*tr 236 REVEE TRIMESTRIELLE CANARIENNE Jean-Paul Lecavalier ~~ Étude sur la protection automatique des machines électriques.Roland-A.Lemieux Étude comparative des principaux types de bouilloires marines et de leurs règlementation.René Lessard — Incinérateur municipal pour Ottawa.Gaston Mailhot — Installation d'un chantier pour la fabrication des mélanges asphaltiques.Joseph Matiiys — Développement d'une propriété minière à l’aide du forage au diamant.Avantages, résultats pratiques et économie du sujet.Pierre Mauffettk - Perforation et emplacement des trous de mine.Etude des fleurets (en particulier “fleurets à couteau détachable”).Gérald Millar -Climatisation de l'air au point de vue industriel.Calcul d'une installation complète de conditionnement de l’air dans une boulangerie.Jean-Paul Poirier Aménagement d’une usine hydro-électrique.Paul-Louis Pouliot — Construction d’un entrepôt frigorifique pour le poisson utilisant le système ' Artie cold Blast .Félix Racicot - Pont-Route en béton armé à arc sans articulation.Baxter Richer — Étude sur la filtration et son effet sur le rendement thermique d'un four rotatif.Paul-Émile Rose - L’établissement et l’aménagement d'une usine pour fabrication d’organes d'assemblage d’aeicr.Louis-Philippe Roy — Construction d’un viaduc biais, à poutre pleine et à tablier inférieur.Rosaire Saintonge — Comparaison entre le chauffage de district au charbon ou à l’électricité.Marcel Screen — Construction et opération d’un bain public.L.-Marcel Simard — Aménagement de l'énergie hydraulique du rapide No 13 de l’Outaouais supérieur pour l'alimentation en énergie électrique des mines avoisinantes.Barrage — Centrale. vie de l’école et de l’association 237 LISTE DES DIPLOMES DECERNES AUX ELEVES DÉ LA 61c PROMOTION 1936-37 Ingénieur Civil avec “Très grande distinction" M.Lecavalier (Jean-Paul).Ingénieurs Civils avec “Crandc distinction" M M.De Gris e (Yvon).Des Ormeaux (Dollard).Ingénieurs Civils avec "Distinction" MM.Simard (J.-Marcel) Prière (Gabriel) Pouliot (Paul-Louis) Ingénieurs Civils MM.Pute au (Lucien) Dklisle (Lucien) De Seve (Jean) Fontaine (Roland) Maufette (Pierre) Cousineau (Yvon) Poirier (Jean-Paul) Archambault (R.-G.) Leblanc (Raymond-F.) Beaulieu (Roland-J.) Frigon (Rosario) Screen (Marcel) Mailhot (Gaston) Matiiys (Joseph) Millar ((lérald) Rose (Paul-Emile) MM.Boucher (Orner) S a i nto n g e ( Rosa i r e) Lapiekrb (Gilles) MM.Racicot (Félix) Roy (Louis-Philippe) Bolduc(Armand) Daoust (Roland) Desm araïs (Jean-René) Connolly (John) A r c h a m b a u lt ( Jean - G.) Lessard (René) Lajoie (Gérard) Lemieux (Roland-A.) Labelle (Maurice) Richer (Baxter) Cousineau (Emile) Ass ELI N (Louis) Dufour (( laston) 238 K K VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE PRIX SPECIAUX Médaille d'ardent de Lieutenant- ‘ GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DE Jean-Paul Lecavalier Médaille d'or de l’Association des ANCIENS ÉLÈVES DE L'ÉCOLE Polytechnique Jean-Paul LkCavalier Médaille d'aruent de l’Association des Anciens Élèves de l’École Polytechnique ^ v,jn * ousineau Médaille de Bronze de l'Association des Anciens Élèves de l'École Yvon De Guise et Polytechnique Paul-Émile Pose Prix de la 50e Promotion de l'École Polytechnique offert à l elèye qui A SOUMIS LA MEILLEURE THÈSE INDUSTRIELLE de fin d'année Raymond-F.Leblanc Prix de l'honorable J.-II.-A.Paquette Secrétaire provincial, offert à l'élève finissant classé premier EN LANCEE FRANÇAISE Joseph MaTHVS Prix d’Architecture—Ernest Cormier Jean-Paul LeCavalier Prix Paul d'Araoon—Pour succès en Mines Prix du Fncineeri.no Institute of ( !ana da Médaille d'or de l’Institut Scientifique Franco-Canadien Jacques Laurence Yvon Cousineau et Pierre Maufette Guy Beaudet Prix d'Urüre de la Banque d’épargne de la Cité et du District de Jacques Laurence et Montréal Roger 1rudi.au REVEE TRIMESTRIELLE f AN.ARIENNE __________V HA.7121 The Canadian Fairbanks L I M I T E 1) Morse Co.POMPES POUR TOUS SERVICES MOTEURS DIESEL Trois polytechniciens à votre service 980 rue Saint-Antoine :: Montréal MONT-SAINT-LOUIS COLLEGE SCIENTIFIQUE préparant à toutes les carrières Le cours scientifique est de six ans et comprend l'étude du latin, du français, de l'anglais et des sciences en général.Les jeunes élèves peuvent se présenter au Mont-Saint-Louis dès leur troisième année.ENTREE LE 8 SEPTEMBRE R K V l ¦ I ; T RIM L STR 11 : LL I : (’AN A I) 11 ! 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