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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1940, Collections de BAnQ.

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MONTRÉAL Mars 1940 ÿ.j.v ie année i 101 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.* SOMMAIRE Pages 1 — I.Vers le Texas.27 — II.L’Europe et la Paix.44 — III.L’École primaire est-elle américanisée ?_ 71 — IV.Résolution algébrique d’une importante classe d’équations.79— V.De Bonald et sa machine a diagnostiquer la tuberculose.92 — VI.Revue des livres.96 — VII.Vie de l’École et de l’Association.M«r O.MAURAULT Étienne GILSON Édouard MONTPETIT iule* FOIVERT Gabriel NADEAU ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Augustin Frigos, Président de la Corporation de l’École Polytechnique.Armand Circé, Directeur de l’École Polytechnique de Montréal.Victor Doré, Surintendant de l’Instruction Publique Léon-Mercier Gouin, Professeur à l’Université de Montréal.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’Ê :ole Polytechnique.Olivier Lefebvre, Régisseur, Régie Provinciale de l’électricité.Édouard Montpetit, Secrétaire général de l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET PE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire: Armand Circé Trésorier: Lorenzo Brunotto PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.09 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l'an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout outrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne 1430, rue Saint-Denis.LAncaster 9208 MONTREAL R K VU K T RIM K ST RIK LL L C A \ ADI E N N E I MARTINEAU FILS LIMITEE OPÉRANT MORRISON QUARRY CO.rectd PIERRE DE TAILLE PIERRE CONCASSEE Bureau chef: 517 EST, RUE MARIE-ANNE FRONTENAC 8181 Bureau des ventes: LANCASTER 3144 n REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITE de MONTREAL Comprend les facultés et écoles suivantes : FACULTES THÉOLOGIE * DROIT MÉDECINE ' PHILOSOPHIE * LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE 'VO ECCLES PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE * INSTITUT AGRICOLE D’OKA ECOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES OPTOMETRIE * MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME T Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St'Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE École des Hautes Études Commerciales Affiliée à l’Université de Montréal Préparant aux situations supérieures du commerce, de l’industrie et de la finance Bibliothèque économique.Musée commercial et industriel Décerne le-; diplômes de bachelier en sciences commerciales, licencié en sciences commerciales, de docteur en sciences commerciales et licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d'admission dans l'Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l'Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU OOUYERNEMENT ( 'ours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR: comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux préparatoires à la licence en sciences comptables.('OURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur.535, avenue Niger, Montréal I V REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Appareils de= = Laboratoire Nous avons toujours en magasin un assortiment complet d’appareils de laboratoire pour Fensen gnement des sciences.• Une commande initiale vous convaincra de la haute qualité de notre Fisher Scientific Company Limited 904-910, rue Saint-Jacques MONTRÉAL LIVRAISON PROMPTE marchandise REVEE TRIM ESTE IEEE E C A X ADI EX X E Les travaux delectricité de la nouvelle aile de l’École Polytechnique ont été exécutés par WILLIAM ROCHON ENTREPRENEUR ÉLECTRICIEN Spécialités: CHAMBRES DE TRANSFORMATEURS SYSTÈMES DE HAUT-PARLEURS OUVRAGE GÉNÉRAL 1031, Parc LaFontaine :: :: MONTRÉAL FAlkirk 2121 William Rochon Pointe-aux-Tretnbles D.-W.ROCHON 100-sonnez 6 LAncaster 5559 It K V t K TH IM KSTKIK U.K CA N A DI MX X K A».-''-*-.W9SL iî:î®3 '¦.Il loge les collections accumulées par M.Folger, un fervent de Shakespeare.Manuscrits, imprimés de toute sorte, tableaux, gravures, statues et bibelots occupent la grande galerie.Derrière celle-ci.à une extrémité, s'étend une bibliothèque considérable des œuvres du grand poète ou des livres relatifs a ses œuvres.A l'autre extrémité s’ouvre une salle qui est la reproduction exacte du théâtre de Londres où les pièces de Shakespeare furent créées.Je ne connais rien de mieux agencé que ce musée.La dernière fois que j’y pénétrai, la déclaration de guerre était imminente.Je m’arrêtai devant la gracieuse statue de Pack, qui orne la fontaine de la façade latérale.Puck, les bras levés en un geste de découragement, se mire dans l’eau du bassin.Sur le socle, on peut lire ces paroles tirées fin Songe d'une nuit d été: «Lord, what fooles these mortals be.» C'était bien là la réflexion que les événements pouvaient m’inspirer! Du nouveau à Washington?Oui.Le long de la grandiose avenue de la Constitution s’élève le vaste bâtiment qui abritera la collection Mellon.Mellon, comme Frick, a légué ses trésors à son pays, avec une somme d’argent qui suffira a les conserver et à les entretenir.La galerie Mellon, en granit blanc rosé, sera une des merveilles des États-Unis.Le soir, tour de voiture en amont du Potomac, en pleine campagne, dans le parfum des chèvrefeuilles et la lueur des mouches à feu.Clair de lune! Retour par le Mail, l’obélisque de Washington et le dôme du Capitole illuminés.Splendeur et immensité! Un peuple de 130 millions d’habitants peut seul entreprendre un ensemble de cette envergure.Ma dernière image de Washington?Elle date du mois d’août.Quatre-vingts étudiantes et étudiants de Quebec, de Montreal et d’Ottawa, groupés sur les degrés du perron monumental du Capitole, et chantant en français «O Canada!» C'était ahurissant et drôle.Tout est permis aux étudiants.Des touristes américains demandaient: «Qu’est-ce que c’est?» et ne comprenaient pas. s H K VIE TH 1M ESTRI EL I.E C A.V AUI EN NI : Premier juin En route pour Memphis.Wagon: Mountain King.Dans le train, je feuillette un album de la Louisiane.J’y vois la statue d’un nègre qui salue gentiment en enlevant son chapeau.C'ette statue fut érigée en 1929.par la ville de Natchitoches «in grateful récognition of the arduous and faithful services of the good darkies of Louisiana”.— C’est mieux que rien, mais cela va-t-il très loin ?Toute la journée se passe en Virginie, partie montagneuse.Pas un toit plat dans la campagne; quelques-uns dans les bourgs; pas un panneau-réclame le long des routes; pas une pierre dans les champs.Beaucoup de verdure, mais un peu sombre.Un groupe d’Américains est à bord.Une Anglaise les accompagne.Sa prononciation et la mélodie de son parler la mettent tout de suite à part.Il y a aussi avec nous des étudiants de Knoxville et de Chattanooga: sous toutes les latitudes, ils se ressemblent: bruyants et bons enfants.L’un d’eux, un petit blond rieur, me tape sur l’épaule.Je tue le temps en consultant cartes et revues.Je note une fantaisie géographique: pour me rendre à Memphis, je dois passer à Athens (Tennessee) et à Corinth (Mississipi); Rome n’est pas loin, en Géorgie.Je feuillette Life, du 29 mai.Cette livraison contient la bourde sur l'automobile à l’épreuve des balles, utilisée par le Roi, à Québec et à Montréal, tandis qu’à Ottawa, carrosse ouvert.Une photo montre aussi la Reine signant le livre d’or d’une de nos grandes villes.Le maire se tient tout auprès.«A preposterous local jingo,» dit la revue.Aïe! aïe! Cela manque d’aménité.La Virginie, c’est déjà le Sud.Les trains du Sud professent une aimable indifférence à l’exactitude.“Pourquoi êtes-vous en retard d’une demi-heure?” «A cause de la poste et de l’express!» Comme si la poste et l’express n’existaient nulle part ailleurs! * * * 2 juin: M emplis Memphis, métropole du coton.Je me rends de la gare à l’hôtel Peabody par une Main Street en grande partie dans le to fieri.Je me fais conduire à un jardin et VERS LE TEXAS 9 à une route qui dominent le Mississipi.D’un endroit, on a une belle vue en enfilade du fleuve.Il est jaune et boueux.On y fait maintenant beaucoup moins de navigation qu’autrefois, à cause du camionnage.Je me promène en ville.Beau palais de justice et belle prison! J’aperçois l’Auditorium déjà ancien, de 7000 places.Je traverse aussi le Bureau de poste, sur la rive du fleuve.Je m’arrête un moment à l’église St-Pierre, la première église catholique établie à Memphis, en 1840.L’église actuelle, gothique (naturellement!) fortifiée de créneaux, date de 1852.Pendant que je lis une plaque commémorative, une dame s'approche et parle; elle est rie Denver maintenant, mais native de .s.«Les montagnes, c’est beau, mais ça ne se mange pas.», dit-elle, comme si la famine régnait à Denver.Au cours d’une tournée en voiture, je visite le Parc De Soto-Il contient un mound indien, au bord du fleuve.C’est là que Fernand De Soto aurait découvert le Mississipi, en 1541.Une plaque de bronze rappelle l’événement; on érigera plus tard un monument.Memphis possède un zoo, une petite galerie de peinture, un terrain d’exposition.Je me fais conduire à l’Université Southwestern (presbytérienne).Les bâtiments sont fort cossus, gothiques (évidemment!) en pierre teintée de jaune.Il y a plusieurs dormitories dans les arbres, mais un seul bâtiment académique, semble-t-il.Je me demande si ce n’est pas une université du genre de «Bishop’s».Le campus est très vaste, en grande partie consacré à l’athlétisme.Sur le chemin du retour, nous apercevons les bâtiments d’une autre université, celle du Tennessee, en pleine ville.Plusieurs pavillons sont assez anciens.On dirait que l'institution gravite autour d’un immense hôpital «baptiste» et d'un vaste hôpital civique.Le tout est en brique rouge, disparate, mais considérable.Au lunch, la musique joue God save the King.Je m’informe: «Y a-t-il, en ville, un groupe d’Anglais?» — Non, ce sont les Kiwa-niens qui donnent ce dîner.On sait que les Kiwanicns chantent un cantique sur cet air.J’aurais dû me rappeler que j’avais eu le même étonnement à leur dîner de La Fayette, en 1937.^593 10 H E VI ' E TH 1M ESTRI EU.E C A N ADI E .V \ 1 ; 3 juin Dans la nuit du 2 au 3 juin, notre train a franchi le Missis-¦sipi et a pénétré dans l’Arkansas.Ce matin, on a accroché au convoi un Lounge car espagnol, ou dans le goût espagnol: parquet de tuiles, poutrelles au plafond, vieux fauteuils.Il y a d'abord le salon ordinaire, un petit bar et magasin, un fumoir séparé, une salle de bain, un valet-service.Nous ]lassons par Overton, Jacksonville: pays ondulé et agréablement boisé.Tout û l’heure, un gros village; je vois un puits, dehors, à chaque maison.Entre Palestine et Trinity, un petit coin est connu sous le nom poétique de Lovclariy.A la gare de Houston, M.Marcel Moraud, directeur de l'enseignement du français à Rice, s’empare de mon bagage et de moi et nous conduit à l'hôtel Warwick, où l’on nous a réservé de belles pièces, au âe.L'air y est très bon.J'y passe l'après-midi dans la tranquillité et dans le parfum des roses que le Recteur de l’Université, M.Lovett, a cueillies pour moi, au jardin du campus.Il pleut abondamment, ce qui est assez extraordinaire en juin au Texas.[ Hier, près de Trinity, c’était à croire à une inondation.).* * * 4 juin: Rice Institute: Ce matin, mon discours, ce discours que je suis venu faire du Canada! Dieu soit loué! Je l’ai prononcé sans trop de fatigue et sans trop d'accrocs à l'accentuation.Ce ne fut pas parfait: j’ai eu quelques distractions.Mais enfin, c’est fini! J'ai eu l’impression d'être un peu austère, un peu abstrait.Les auditeurs se sont montré' très polis et ont bien écouté.M.Blaffer, un des Trustees, qui était chargé de moi et du Dr Vincent, ce matin, me dit que mon discours fera penser.Je n'ai pas voulu composer un sermon, mais j'ai assez parlé de philosophie, de théologie, d’action catholique et de religion pour que mes auditeurs n’aient pas perdu leur matinée de dimanche.Us ont chanté des hymnes et écouté des invocations comme à un de leurs services.Il me reste encore à prononcer des invocations à deux ou trois dîners et à assister à un garden-party. V K HS I.K TKXAS Il fait maintenant un temps splendide.Nous allons déjeuner au Country Club, avec un M.Rice, âgé de 82 ans, qui en a été le premier président.En route, nous admirons les maisons exquises, construites par la P.W.A.Elles sont de toutes les formes et de tous les prix.Le Country Club possède un immense et beau domaine.La verdure y est constante.En été, c’est une herbe venue des îles de Bahama, en hiver, une herbe spéciale, plus résistante.Le déjeuner a réuni un bon nombre de professeurs et leurs femmes.Mme Baker, fille du président Lovett, préside la table.Elle m'invite à dire l’invocation.Heureusement, je l'ai écrite au cours de la matinée.Ma voisine est une dame Wilson, de Montréal, dont le mari a été professeur à McGill.Sur la table, en face de nous, se déploient d’énormes fleurs de magnolia qu’on dirait en cire et dont je ne puis détacher mes yeux.Content de rentrer dans mes quartiers de l'hôtel Warwick, j'y attends le Dr Morand, qui va me conduire, vers 4 h.30, voir l’évêque, de passage en ville.Nous nous y rendons en faisant des méandres.Le Dr Morand me raconte la vio curieuse et mouvementée de Rice, le fondateur de l’Institut.Il me dit que la v ille vient d'ouvrir assez inutilement et par vanité une Université de Houston, alors qu'il aurait mieux valu encourager l'Institut Rice.Il me parle de l’Université d’Austin, université d’Etat, qui a des ennuis avec l’Etat.Celui-ci voudrait voter, non pas seulement le budget annuel, mais toutes les nominations de professeurs.Les députés sont des primaires dans ces régions.Nous trouvons Mgr Byrne à l’église du Sacré-Cœur, où vient de se terminer une cérémonie de confirmation.Il y faisait une chaleur vraiment texanne.J’aperçois, dans un banc de la nef, ties éventails.J’en cueille un: il représente Pie XI, en couleurs, avec l’invitation: «Pray for the soul of His Holiness Pope Pius XI.» Au verso, court une brève biographie du pape défunt, qui s’achève par les mots: «Compliments of Perry Foley Funeral Home».C’est simple, mais il fallait y penser.Après la visite à Mgr Byrne, il est déjà temps de se préparer au dîner d’hommes, convoqué au Faculty Club.Nous le commençons dehors, sur la terrasse, mais la pluie se mettant à tomber, nous rentrons.Je rencontre les professeurs du matin, un évêque méthodiste, quelques catholiques et un Français, M.Seydoux, qui après notre croisière de 1937, s'est établi à Houston. 12 Ii K V f K TRIM ESTRI ELLE C AX A DIE X X E Le Dr Moraud mo parle des etudes qu'il a entreprises sur I œuvre de la trance au lexas, et de la lutte qu'il doit faire aux Allemands, assez vantards et oublieux de ce qu’ont fait les autres.II vient d'inaugurer un monument de l.a Salle, à Port Lavaca (Fort Louis).Ce monument de 22 pieds de liant (14 pour la statue) se dresse sur la rive de la Laie de Matagorda.C'est une belle statue de granit, dont la maquette, par Raoul Josset, a été sculptée par Ugo Lavaggi.sur les plans de l’architecte Donald Nelson.Le héros (tête héroïque et triste) se tient debout, les deux mains appuyées sur sa forte épée.Il est à demi tourné vers la mer.«Pourquoi avez-vous choisi Port Lavaca et non pas la rivière Garcitas?» ai-je demandé au Dr Moraud; c’est lui qui a obtenu les crédits (•?10.000) et fixé l’endroit.—-«Parce qu’il y a autant d’arguments pour l'un et pour l’autre site», me répond-il.Celui qu il a choisi est celui de l’ancienne bourgade d'Indianola, détruite en 1SS6, et non rétablie depuis.Voici l’inscription du monument: Sur la face: Rexe Robert Cavelier Sieur de la Salle Born in Rouen, !• rance, November 22, 1643.Came to Canada 1666.Founded a first settlement near Montreal.Led several expeditions on the great Lakes and the Ohio and the Illinois Rivers.Completed the exploration of the Mississippi 16S2.On July 24.16S4, La Salle sailed from France to establish a colony at the mouth oj the Mississippi.Landed at Matagorda Bay, February 15, 16Sô.I here, established Fort St.Louis.While on his way to Canada, he was murdered near the Trinity River, March 19, 16S7.4 limite: A gentleman but not a courtier.A proud, independent yet timid nature.An explorer of bold vision and untiring energy.Lu arrière La Salle s colony on the Matagorda Bay gave the l nited States its first claim to Texas as a part of the Lousiana Purchase.4 gauche: «America owes him an enduring memory for, in this masculine figure, she sees the pioneer who guided her to the possession of her richest heritage».Francis Parkmax o juin: Il pleut.La cérémonie de la collation des grades se fait sous la tente.Il y a beaucoup de inonde.Je prononce les deux invocations du début et de la fin.Le Dr Vincent, ancien président de la Rockefeller Foundation et invité d’honneur avec moi, prononce l’adresse, comme on dit.Il n’a devant lui qu’une feuille de papier, sur laquelle il a écrit quelques titres de paragraphes, en grosses lettres.Mais il connaît son auditoire américain; il a beaucoup d’expérience (75 ans): il parle d’abondance, fait rire, force les applaudissements.Bref, il transforme cette réunion sous la pluie en une assemblée ensoleillée._ Je remarque que les étudiants sourient avec charme et jeunesse quand ils reçoivent leur diplôme.Pour des fils de cow-boys, ils sont joliment affinés! Bien peu sont mornes ou renfrognés; aucun n’a l’air rude et primitif.Photo, J mis déjeuner à l'hôtel Lamar, hôtes de la Community Chest.Le président y avait invité des ecclésiastiques pour me rencontrer.Le Dr Vincent prononça l’aftcr-dinner speech (sur le boosting), fort humoristique et aussi fort sérieux par moments.Il peut dire ce qu’il veut: il a la manière.Il pleut encore.Je vais jeter un coup d’œil sur la galerie de peintures.Le bâtiment est beau ; la collection ne fait que commencer.On y voit de l’espagnol et du mexicain.La dernière acquisition, cependant, est du Français Derrain, une nature morte.De 5 à 7.garden-party en l’honneur du Dr \ incent et de moi.A cause du temps, nous restons au salon du Faculty ( lui).Beaucoup de professeurs et d’élèves, gradués du matin, accompagnés de leur famille, défilent devant nous.Plusieurs ont la bonté de faire allusion à mon discours.Mme Baker, fille du président Lo\ett, me dit: «There was an old-world touch about it, etc.» Après cette réception, M.Marcel Morand met le comble à son obligeance en me conduisant voir le monument de S.Jacinthe, érigé sur le champ de bataille où Sam Houston a battu les Mexicains en 1S36.Ce monument, une haute tour de marbre jaune, est d’une couleur magnifique.Il est précédé d un «reflecting pool», de terrasses et d’escaliers.Des lumières rouges le signalent au loin.< Le soir même, je quitte Houston absolument émerveillé de son hospitalité. Il UE VT'10 TKIM ESTHI El.LE CANA DIENNE 6 juin (mardi): Le wagon «Desgroseilliers» me dépose* en gare de la Nouvelle-Orléans, le matin du (> juin.Après ma messe à la cathédrale, je me rends au bureau do M.André Lafarguc et, avec ce dernier, chez M.Paid Yilleré, à la banque Hibernia.Nous prenons rendezvous pour déjeuner chez le fameux Gallatoire.En attendant, nous allons visiter l’agréable galerie des Beaux-Arts Delgado, au milieu d’un jardin de palmiers.Le déjeuner chez Gallatoire fut excellent, long et gai, c’est-à-dire parfait.Gallatoire lui-même l'avait ordonné.Le reste de l'après-midi se passa dans le Vieux-Carré, aux rues étroites portant des noms français.Il y a pas mal de magasins d’antiquités et de curiosités.Dans un magasin mexicain de la rue Royale, je vis des bijoux en argent, des poteries et des paniers d'un dessin original.Mon hôte.M.Lafarguc, demeure près du Bayou St-Jean.De ce côté s'élèvent quelques anciennes maisons entourées de vérandas à deux étages.Des buissons en fleurs, lauriers-roses, lilas roses, etc.les entourent.Mme Lafarguc, une descendante du premier Villeray, à la 7e génération, nous attend; elle nous a préparé un repas créole; cela veut dire: du riz aux tomates avec saucissons et fèves au beurre.Je rentre assez tôt à l’hôtel, conduit par M.Marcel Lafarguc, junior.Les rues sont éclairées comme à Montréal.Ce n'est pas encore parfait ; mais, c’est mieux qu’à Houston, où, en dehors des grandes rues du centre, éclairées à giorno, la municipalité compte sur les lumières des magasins ou des maisons.Hier, un automobiliste qui nous doublait nous a envoyé, par la portière, une vague de boue et d’eau.M.Morand et moi en avions dans les cheveux, les yeux, la bouche et les habits.«Les sauvages!» n’avait pu s’empêcher de dire mon ami.Un jeune Louisianais de famille française, interrogé par moi, me confesse qu'il est ardemment Américain, et que les jeunes d’ascendance française ou espagnole le sont peut-être plus que ceux d’ascendance anglaise.Au moment de payer ma note à l’hôtel, je me fais la réflexion que ma signature se lit évidemment très bien! A Memphis, la facture de l’hôtel l’eabody portait : Dr Oliver Mancanlt; à la VERS LE TEXAS 15 Nouvelle-Orléans, à l’hôtel Jung, on me connaît sous le nom de Oliver McMrault.* * * J’arrive à Bâton-llouge à midi, le 7 juin.Un M.Parker, du bureau de l’attorney, est venu m’accueillir.Il m’a été envoyé par le juge Gaston Porterie, docteur de l’Université de Montréal.Sur mon désir, il me conduit à l’Université de la Louisiane.J'y admire les très beaux quartiers de l’aéronautique; tout au bout, le nouveau coliseum (couvert), la nouvelle « Loche School of Laws», des dormitories pour jeunes filles.Puis, nous voyons au bord du fleuve l’ancienne université, déchue au rang de maison à appartements, et nous montons dans les bureaux du Capitole.J’aperçois là une photo des membres d'un Cercle qui s’intitule en français: «Qu’est-ce que dit Bâton-Rouge?» Du haut de la tour du Capitole se déploie une vue splendide sur les jardins, sur la ville, le Mississipi, l’immensité du pays.M.Parker a demandé à un jeune avocat, M.Major, de descendance française, de m’accompagner à Natchez avec un policier de l’État.Nous partons et nous faisons le chemin en moins de deux heures.* * * Natchez, ville tranquille, est située sur une falaise, à 200 pieds au-dessus du Mississipi.J’aperçois un commencement de basse-ville à l’endroit du ferry qui conduit à Yidalia, en face.De vieilles maisons coloniales, très belles, au milieu de propriétés magnifiques.L’une porte le nom de Rosalie.Le fort Rosalie ainsi baptisé (en l’honneur de Madame de Pontchartrain) fut fondé en 1700 par Iberville.Il n’en reste rien.Un mât en marque la place.Le premier évêque, Mgr Chanche, un sulpicien, arriva à Natchez en 1837.Il avait 2 prêtres avec lui.C'était tout le clergé de son diocèse.Mgr Chanche repose maintenant à Baltimore, dans notre petit cimetière sulpicien de la rue Paca.Derrière la gare de Natchez un parc exigu, d’où l'on a une vue superbe sur le «Père des Eaux», en aval, vue plus belle qu’à Memphis.Dans ce parc, un monument porte l’effigie d’un Indien.De là partait le Natchez Trail, qui allait jusqu’à Nashville.Entre Natchez et Vicksburg, l'Etat du Mississipi apparaît vallonncux, boisé, extrêmement agréable à regarder.Dans les petits bourgs, de fort jolies maisons et la Main St.accoutumée. K K V l • i : TUI M ESTKI BU.K C A N' A DI K X X K 16 A la campagne, ici et là, des maisons très soignées, peintes, surprenantes d'élégance; la plupart du temps, cependant, des cabanes sans peinture et négligées.Sont-ce toujours des Nègres qui habitent ces dernières?J’en doute.Des Nègres, comme il y en a! Je n’arrive pas à comprendre leur anglais.Il est vrai que l’anglais des Américain.- diffère aussi du nôtre, au moins quant à la prononciation.Si l’anglais varie de région à région, rien d’étonnant à ce que le français non plus ne se parle pas partout chez nous avec la même perfection! Vicksburg, grand cimetière national et ville de province, possède une gare endormie.Quand l’autobus m’y déposa, il n’y avait personne.Je dus me promener en ville, avec mes bagages, en attendant le train de nuit.Le lendemain, j’étais de nouveau à Memphis.J’en repartis sans m’attarder.Mon nouveau train se nomme «77m Volunteer)).L’autre jour, à la Nouvelle-Orléans, un rapide, aérodynamique, s’appelait « T lu IiebcV.» Le Sud reste courtois.Ce matin, on retient le convoi en gare de Memphis pendant 10 minutes, pour attendre une dame.On n’a pas l’air de s’en faire.Sur la ligne de «Dixieland» qui va de Memphis à Nashville» on a inventé un wagon à tout faire.On y retient sa place et l'on paie un extra comme s’il s’agissait d’un pullman.Or, ce n’est qu’une voiture avec place individuelle.Il y a, au bout, un petit salon d’une douzaine de fauteuils avec radio.A l’autre extrémité du wagon, une cuisine et deux tables, placées parmi les voyageurs, pour les repas.C’est commode, mais un peu trop compact.11 y a, parmi les voyageurs, des messieurs qui aiment à parler et qui s’adressent à vous volontiers.Ils veulent savoir qui vous êtes?Quand je leur dis que je suis Canadien, ils di-ent: «I thought so».De même, quand ils apprennent que je suis prêtre catholique.Nous atteignons ainsi Nashville.Cette cité de 205,000 âmes occupe plusieurs petites collines, entourées elles-mêmes pur des sommets plus élevés.De là son surnom de «Rock City».Je demande à mon chauffeur si ce sont les Alleghany.-?«No, me dit-il, they are the Rocky Mountains!» Ce savant guide me montre, selon mon désir, les grandes institutions d’enseignement supérieur pour les Nègres.Fiske University est déjà ancienne et fort belle. V'KHS LK TKXAS Une nouvelle fondation d’industrial Arts, très vaste, étale ses beaux dormitories, une école d’équitation, un stade, etc.La P.W .A.(Public Works Administration) construit pour elle.Nous jetons ensuite un coup d’œil sur le campus et sur les bâtiments de la Vanderbilt University, dont les bâtiments de la médecine et l'hôpital attenant sont énormes.Les arbres sont aussi d’une taille extraordinaire.Ici encore, on a reconstruit les anciens bâtiments, dont le style avait vieilli.C’est surtout de la brique.Près de là, le beau lycée pour jeunes filles qui porte le nom de Belmont: une sorte de Villa-Maria protestante, composé d’un agréable campus, entouré de halls avec une salle académique.Nous traversons le Parc du Centenaire (Centennial Park) qui a servi jadis d'exposition.On a conservé de ce temps une splendide réplique du Parthénon, en pierre jaune de Tennessee.A l’intérieur, rien que des moulages rie statues antiques, deux rangées de colonnes superposées et un plafond à caissons, percés et laissant voir de la lumière.Le parc lui-même est fort beau, rempli de la riche végétation des états du Sud: mimosas, magnolias, etc.Un revenant vers la ville, nous montons sur une colline, qui commande tous les environs.On y a reconstitué des fortifications en pierre.C’est le lieu où se livra la bataille de Xashville, lors de la Guerre Civile.Sur le chemin du Capitole, nous longeons la rivière Cumberland, aux rives élevées, qui traverse lu ville.Nous voyons en route le très riche «Palais de justice-Hôtel-de-ville», en marbre blanc, décoré de splendides fontaines.Le Capitole, assez ancien, a le mérite d’être en pierre du haut en bas, à l'intérieur comme à l’extérieur, et de se terminer par une tour agréable, et non par une monotone coupole.On est à le rafraîchir.La bibliothèque, avec ses portraits, m’a paru fort sympathique.Les livres s’étagent, s’empilent très haut.Le Capitole domine la ville du haut de sa colline.A ses pieds, on a élevé un Mémorial aux soldats de toutes les guerres.Kntre deux vastes ailes, dont l’une sert de salle de convention, un atrium à colonnes entoure une statue héroïque.je ne sais de qui.Une autre fort belle et très moderne construction est le bureau de poste en marbre blanc et métal monel, voisin de la gare monumentale.L’ancien bureau de poste, nettoyé, fait bonne figure encore, bien que d’un style vieilli, comme celui de la gare.Des 18 HE VU K Till MESTK1 ELLE CANADIENNE tour.s, d’une agréable silhouette, couronnent res deux masses de pierre.* * * Et me voici de nouveau en chemin de 1er, en route pour Cave City.Ah! la fantaisie des menus de wagon-restaurant! Hier, sur l’Illinois et Mississippi, petit déjeuner (moitié de pamplemousse, toast avec marmelade et café): 25c.Aujourd'hui, sur le Louisville-Nashvillc, même déjeuner: 75c.11 est vrai que cette fois la marmelade était individuelle (un petit pot).J'ai modifié mon itinéraire.Je devais ine rendre à Vincennes, où Mgr Bruté de Ilémur, sulpieien, fut évêque.Mais la chaleur, l’incommodité des horaires, surtout l’attirance de la Mammoth Cave du Kentucky, me font changer de direction.L'histoire va céder la place à la géologie, et je vais explorer les entrailles de la terre.En route, je lis dans les journaux de Nashville les comptes rendus de la visite du Roi et de la Reine d’Angleterre à Washington.C’est un mélange de sympathie, d’indiscrétion, de minutie, d’enfantillage et de gaffe.Bar exemple: un Congressman télégraphie au Roi pour lui demander si l’Angleterre va payer ses dettes de guerre un versement est dû le 15.* * * Et maintenant, la merveilleuse visite de la caverne Mammoth! Comme j’avais la journée à moi.je choisis la tournée dite De Luxe, qui dure sept heures de temps et couvre huit ou dix milles de voyage souterrain.Nous étions sept, un guide patenté, d’un accent anglais un peu difficile mais plein d'humour; un apprenti-guide, futur étudiant à l’Université Vanderbilt: un autre, étudiant de la même institution; trois dames et moi.Ce long circuit souterrain est assez fatigant, étourdissant même, dans la première partie.Nous devons, en effet, parcourir la moitié de la distance, armés de lanternes.Le guide porte des fusées qu’il lance, de temps en temps, du bras gauche, avec une extrême habileté, dans des niches ou des cavernes inaccessibles, connues de lui seul.Les fusées continuent à brûler, rendues à leur destination, et produisent une illumination fantastique.Nous sommes parfois dans d’immenses couloirs aux plafonds V K HS I.K TKXAS 19 plats, bordés d’éeroulcrnents chaotiques ou do galeries superposées, formées par les strates inégalement érodées.D'autres fois, nous nous faufilons dans des passages étroits, bas et capricieux, comme celui (pii se nomme à bon droit Fat man's misery.On nous montre des gouffres sans fond et des coupoles dont le faîte se perd dans l’obscurité.11 y a même des vestiges d’industrie: on y a fabriqué du salpêtre en 1S12 et en 1863.Puis, nous naviguons sur la rivière souterraine de l'Echo.Quelques notes, doucement chantées, forment un accord qui se prolonge à l’infini.Vers 1 heure, lunch dans une vaste salle, illuminée à l’électricité, pourvue de tables, de réchauds, de radio et de téléphone.Nous y mangeons gaîment un repas apporté ch* l’hôtel par un raccourci connu seulement des indigènes.L’excursion reprend, cette fois, dans des cavernes éclairées à l’électricité.Le guide éteint et allume des lumières à mesure que nous passons.Il s’amuse, à un endroit de repos, à nous laisser dans une complète obscurité.Il fait noir comme dans un four.Puis, les salles se font, semble-t-il, de plus en plus énormes.La route est plus large, mais monte et descend sans pitié.Il y a des étagements de cavernes au-dessus et au-dessous de nous, éclairées elles aussi sur le passage d’autres caravanes qui suivent un itinéraire différent du nôtre.Knfin arrive le bouquet.Nous avons admiré depuis le matin, ici ou là, des floraisons de gypse, mais rien ne nous avait préparé à ce (pie nous allons voir.Le Frozen Niagara est un rideau de tubes s’échappant d’une masse blanche semblable à un fleuve qui se courbe avant de tomber.Le guide parle de «chute américaine» très régulière, et de «chute canadienne», où les stalactites et les stalagmites se mêlent, avec des candélabres et des cactus.Mais levons la tête.Là est la merveille des merveilles.C’est un amoncellement de draperies que le vent parait avoir agitées, dans un caprice de formes, (pie les Maures ont peut-être imitées dans leurs voûtes en ruches.Notre guide s’amuse à jouer un air en frappant doucement ces rideaux de pierre.Puis nous passons au Crystal Lake.Il faut descendre 60 marches pour y atteindre.Mais du haut on l’illumine et il nous apparaît d’un bleu de rêve, dans les profondeurs.Au bout de ce petit lac s’ouvre une niche et devant la niche se dresse une sorte de statue d’un blanc d’albâtre, qu’on appelle September Morn.Le lac, une fois atteint, nous montons en barque, passons sous une 20 UK VIE TIMMKSTRIKU.K CANADIENNE arche en nous écrasant, et nous voilà dans une autre pièce.On a, dans cette pièce, la même impression, ou une impression qui rappelle celle de la grotte d'azur de Capri.Le guide fait la lumière et nous apercevons le fond d'une large cheminée dont le sommet s’élève à 94 pieds.Au tiers de sa hauteur, s’avance une sorte de chaire, The Pulpit.Le plus extraordinaire est que le lac où nous sommes s’arrête ici, bloqué par un mur de pierre et comme suspendu, car la cheminée s'enfonce au delà à 63 pieds (h1 profondeur, oubliette de cauchemar.Pour terminer cet enchantement, nous remontons les 60 marches et pénétrons dans la salle des colonnes d’onyx; les stalactites et stalagmites abondent, silhouettes de châteaux d’Orient, etc.La lumière projetée sur ces formes chatoyantes fait songer à quelque trésor des Mille et une Nuits.Fourbus et muets d'admiration, nous revenons à la surface du sol.Les caves ont une température de 54" ; dehors, il fait du 00°.L’hôtel, un hôtel frais et sans prétention, blanc avec jalousies vertes, meublé de meubles du Kentucky, dans un grand parc tranquille, tout plein d’arbres, l'hôtel, dis-je, nous attend.Le propriétaire mot une vaste chambre à ma disposition et j'y repasse mes impressions dans un repos délicieux: repos qui se prolonge toute la soirée, .jusqu’à l’arrivée du train pour Cincinnati, que je vais prendre à Cave City (10 milles).J’arrive à Cincinnati le matin et je n’ai que le temps de faire le tour de la nouvelle gare monumentale et d'admirer ses approches.Un a bien fait les choses: l'immense avenue gazonnée qui y conduit.les fontaines en gradins devant la façade, la façade elle-même en demi-cercle, ornée d'une fenêtre gigantesque, le hall d'entrée sous la demi-coupole, la salle des pas perdus (ces deux dernières pièces décorées de fresques) sont autant de traits que Montréal pourrait imiter.< )n rencontre des Canadiens partout, même en Afrique, chez les lions, comme on sait.Aussi ne suis-je pas étonné, dans le train, de reconnaître le H.I*.Farley, supérieur des Clercs de Saint-\ dateur.qui est arrivé d'Kurope, il y a deux jours, et se rend à Bourbonnais.* " * Kt me voici à Indianapolis.Grandi1 gare déjà ancienne: rues larges, vivantes, d'une architecture quelconque, mais où certains VERS I.E TEXAS 21 édifices modernes, très bien venus, jettent une note de beauté.L'État et la ville font d’ailleurs un grand effort d'embellissement.L'immense quadrilatère qui va de l’Hôtel des postes à la Bibliothèque en est une preuve splendide.L'un et l’autre de ces bâtiments de style classique ont de vastes dimensions.Kntre les deux s’élève le colossal mémorial de la Guerre, édifice carré, placé sur une haute base en (‘.scalier et terminé en pyramide a gradins.L'intérieur contient des salles d'exposition, une salle de concert et un sanctuaire patriotique.Du côté du Bureau de poste, au milieu du perron, s’élève la statue d'un jeune homme symbolisant la défense de la patrie.De ce côté, un jardin, dit University Park, contient ch* beaux arbres et l'élégante fontaine De Pew, composée de danseurs autour de Terpsychore.sans doute.De l’autre coté du Mémorial des Guerres s’étend une immense esplanade, ornée d’abord d’un obélisque noir entouré d’un bassin, puis de jardins dessinés à la française qui se terminent par le mausolée du premier soldat américain tué à la guerre de 1914, un soldat de 1 Indiana.Ce mausolée en plein air est marqué aux quatre* coins de colonnes de marbre noir, couronnées d’aigles dorés.A gauche s élèvent les bureaux de la Légion américaine, à qui un autre bâtiment fera, un jour, pendant.Fermant la perspective, s’élève la Bibliothèque municipale.Une autre bibliothèque avoisine le Capitole: bibliothèque de l’État, bibliothèque d’histoire de 1 Indiana.Je n'ai rien dit de ce capitole, (pii ressemble a la plupart des autres, avec sa coupole verte.De chaque côté de la rotonde, a l’intérieur, trois étages de colonnes de marbre entourent deux salles de pas perdus, comme en possédait notre ancien hôtel de ville.Je n'ai rien dit non plus de cet autre monument aux Soldats et aux Marins (Bruno Schmitz, de Berlin, fecit en LS93) en forme de tour, dominée par une statue et flanquée de groupes de sculptures et d'escaliers.Ce monument, d’un clinquant héroïque, forme le centre d’un cercle, peuplé maintenant de façades un peu disparates, mais qui devaient avoir belle allure autrefois, si j en juge par le bâtiment (pii a survécu.Seize rues rayonnent autour do ce monument.( )n sent (pie ces villes américaines veulent vraiment créer chez elles de la beauté.Sans doute, elles ne pourront pas se transformer entièrement; elles réussissent du moins à ouvrir de grands espaces, à y mettre de la verdure et des fontaines: et elles invitent UKVrK TKIMKSTIUKI.I.K ANA I)IK.WU les citoyens à construire, en bordure de beaux bâtiments.Ici, à Indianapolis, les francs-maçons ont entendu l'appel, et ils ont érigé un château gothique avec tour, qui s'appelle* Scottish Rite Cathedral.* * * l.o soir, j'étais à Cleveland, et je rejoignais ainsi le Saint-Laurent.Des fenêtres de l’hôtel du terminus, j’aperçus tout de suite* le eemtre civique.Il donne* sur h* lac R ri 6.Du côté eh* la ville, la Bibliothèque municipale et le Palais de Justice, servent de fond.Devant eux s’étend un jardin entre deux rues latérales.A droite, h* eeBureau of Education», puis, le colossal auditorium, enfin, l'Hôtel-do-Ville, placé sur une terrasse qui domine des voies de chemins de fer et les quais.Faisant pendant à l’Hôtel-do*-Ville, un édifice à peu près semblables loge les bureaux du comté.Entre les deux, une esplanade au-dessous de laquelle s'étendent des salles d’exposition.J.es bureaux du Comté dominent avec peine un énorme stade au bord du lac.De ce côté, en direction de la ville, le centre civique n’est pas terminé.Le plan me paraîtrait sans reproche, si le grand stade, placé où il est, sans doute pour des raisons de commodité, ne détruisait l’harmonie de l'enfilade vers le lac.Si, en manière de divertissement, il m’était permis de faire quelque allusion à la cuisine américaine, je dirais que ce sont ses salades qui la représentent au mieux.Le Coral (labiés Salad est-un excellent terrain d’entente, où se rencontrent harmonieusement la poire avocado, l’orange plébéienne, l’ambitieux pamplemousse et la vaniteuse laitue toute frisée.Servie froide, avec un «French dressing», cette mixture est délectable.Je me faisais ces réflexions dans la belle salle de l’hôtel Cleveland, au son de la musique.Voyageur solitaire, je* compris l’utilité de l’orchestre pendant les repas.Pour qui ne peut causer, la musique est une compagnie charmante.Une harpiste* jouait seule.Sa harpe dorée se détachait sur un rideau bleu de tulle transparent.Les sons, dans la lumière tamisée, m’arrivaient comme une confidence.On me prit, je crois, pour un mélomane.[.’après-midi avait été très différente de cette* heure de méditation.Avec les évêques et les prélats en manteau d’apparat, avec les Chevaliers de Colomb en haut-de-forme, j'assistais sous une tente, au milieu de l’arène île l’énorme stade rempli de monde, à VERS LE TEXAS 23 l'hommage rendu par l’État et la Ville, à Mgr Schrembs, l’évêque devenu archevêque.Tout eût été parfait, si juste derrière moi ne s’était établie demeure une fanfare.J’avais les cuivres à portée de la main, que dis-je?dans les oreilles mêmes.Malgré la richesse des bassons, la situation fut bientôt intenable: je dus retraiter.Cela ne m’empêcha pas cependant de jouir du spectacle.Mgr Schrembs s’étant, toute sa vie, occupé d’éducation, on s’était avisé de greffer à sa fête jubilaire une collation de grades et une distribution de prix.Salut au drapeau, chants patriotiques ou pieux, musique instrumentale, discours, tout y passa.Cela dura rie 3 heures à 6 heures 30.Au retour, je suis entré dans un de ces extraordinaires Drug Stores dont les États-Unis ont la spécialité.J’ai acheté des vues de la ville.On me les a remises dans une enveloppe sur laquelle j’ai lu: «Some one would welcome your greetings to-day!» Et j’ai lu, plus loin, que le magasin Schroeder a en stock des «Greeting cards in a wide selection of beautiful sentiments for all occasions».C’est ce qu’on nomme de Inefficiency»! 12 juin: Ce matin, dans le Clcvclaml Plain Dealer, éclate ce titre en première page: «Hot-dog knighted by King and Queen».Dans un autre titre de la page 2, on revient sur le sujet.C’est que le Roi et la Reine ont prit part à un pique-nique au bord de l'Hudson.Ils ont goûté à des hot-dogs et autres trucs du même genre.«King and Queen put O.K.on hot-dogs», dit le journal.Je me fais conduire à la Western Reserve University, qui est l’Université de Cleveland.D’où vient ce nom?On avait autrefois promis au Connecticut une Réserve sur la mer du Sud: c’est ici qu’on la localisa assez étrangement.Et M.Cleveland vint pour l’administrer.L’Université conserve le souvenir de cette promesse.Elle possède un immense hôpital entouré des divers départements de la faculté de médecine, qui communiquent avec lui.Il y a aussi une faculté de droit qui s’est fait un nom, et maintes autres écoles couvertes de lierre et tassées parmi les arbres.En face de l’Université est la belle salle de concert Severance et un parc magnifique, orné d’une pièce d’eau où se reflète la blanche et classique façade de la Galerie de Peinture. 24 H K VU K TltlM KSTKI Kl.l.K CANADIKNXK Au-delà se succèdent les Cultural Gardons, dont le Maire rie Cleveland m’avait parlé, la veille.Je tenais à les voir.Mon chauffeur, qui est juif, me conduit au Hebrew Culture Garden, d’abord.11 y a là une jolie fontaine de marbre jaune, au milieu d'un bassin entouré de fleurs et d’arbustes.Aux quatre coins du jardin, s’élèvent des stèles, ornées d’effigies de bronze, qui représentent Maimonide, Baruch-Spinoza, Moses Mendelssohn et Aehad Hayam, «Father of Cultural Zionism.» C’est un charmant Shakespeare, Garden, tout près de là, qui a donné l’idée de cet ensemble de jardins de culture.intellectuelle et nationale.Les Lithuaniens ont le leur, avec une fontaine dédiée à Ei-ruta, grande duchesse de Lithuanie, vestale de Perkunas, décédée en 1416; avec un buste du Dr Kudvika.auteur du chant national; avec aussi une construction de pierre qui représente les piliers de Gediminas auprès d’un buste de Joints Basanavicus.Les Allemands, naturellement, n’ont pas négligé d’avoir leur jardin.Il est orné d’un groupe de bronze de Goethe et de Schiller, et de deux bustes de Heine et de Lessing.Dans leur jardin en contrebas, les Grecs ont érigé un mur sur lequel ils ont inscrit de grands noms, de celui de Solon à celui du Greco.Les 1 chèques, les Polonais, les Hongrois possèdent aussi leur sanctuaire fleuri.Ceux de l’Italie et de l’Irlande sont en voie de construction.Chaque société nationale y va de sa contribution; la ville, le comté et la W.P.A.font le reste.Un architecte paysagiste voit à y mêler harmonieusement les monuments, les fontaines, les belvédères, les arbustes, les gazons et les fleurs.Vraiment, l’idée est bonne et très évocatrice.Indianapolis brille par ses mausolées militaires.Cleveland par ses mémorials intellectuels.Nous revenons au centre par les bords du lac Erié, où se trouvent les réserves domiciliaires, genre Outremont, enclavées dans la ville et très fermées.Puis vient un boulevard riverain que l’on est en train d’aménager.J’entre, en passant, dans la vieille et bien modeste cathédrale St-.lean, écrasée par les hauts bâtiments environnants.Avant de me rendre au Congrès d’Action Catholique, qui s ouvre, cet après-midi, a 1 auditorium, je porte mes pas ver- un autre jardin (pie le Maire m’a recommandé.Entre le Stade et le lac, il y avait une bande de terrain en pente à utiliser.La ville y V EUS I.K l'KXAS 25 a établi un Jardin d’horticulture, si l'un peut traduire ainsi.Touchant au parapet (pii donne sur l’eau, des allées bordées d’arbres; sur la pente, des fleurs et des buissons de toutes sortes; au sommet, une longue pergole à colonnes rondes où grimpent lierres et vignes: et de là, vue magnifique sur l’immense horizon du lac Êrié.A l’Auditorium, avant d’assister, dans une des nombreuses salles du sous-sol, à une conférence sur l'enseignement de la sociologie dans les High Schools, je jette un coup d’œil sur la salle principale.Elle peut loger 13,000 personnes.Aucune colonne ne gêne la vue.C’est à faire sécher d’envie un Montréalais qui, lui, doit se contenter de son Forum-Patinoire.* * * Dernière étape: Cleveland-Montréal.Le train m’enlève à travers les campagnes [dates du sud du lac Erié; une sorte de somnolence m’envahit.Dans mon rêve éveillé, un visage m’apparaît, et c’est un visage de Noir.Que de Nègres j’ai vus au cours de mon voyage! Même à Cleveland, mon chauffeur juif m’a dit qu’ils forment le dixième de la population.Partout, ils se multiplient.Auront-ils toujours peur de celui qu'ils appellent: «Mister the White Man»?Auront-ils toujours le même respect pour lui, sinon la même crainte?* * * Au cours de ces pérégrinations à travers les Etats américains, je me suis efforcé, dans chaque ville, de découvrir et d’étudier certains traits de l’urbanisme moderne, à savoir, le centre civique, l’auditorium, la gare.Comme Montréal, plusieurs des grandes villes américaines: Nashville, Nouvelle-Orléans, Houston, Indianapolis possèdent de vastes gares, qu’on a modernisées tant bien que mal, mais qu’il faudra reconstruire tôt ou tard.En revanche,—sans parler de New York, les villes de Washington, de Cleveland, de Buffalo ont des gares modernes parfaitement aménagées.La dernière en date, je crois, celle de Cincinnati mériterait à elle seule une étude: étude facile à faire, car on peut se procurer sur le sujet une très belle publication remplie de photos et de renseignements.Par son architecture et par l’ampleur de l’avenue d’accès, elle est une digne porte d’entrée à une grande métropole. RK VL’K TRIMESTRIELLE CANADIENNE 26 Quant aux auditoriums, on on trouve partout, dans les villes jeunes comme dans les anciennes, à Houston aussi bien qu'à la Nouvelle-Orléans, à Memphis comme à Cleveland; et ce sont de superbes bâtiments de pierre, aux proportions grandioses.Souvent, ces amphithéâtres font partie du centre civique: ainsi à Cleveland et à San Francisco.Dans ce centre se voient aussi des memorials aux morts de la guerre: c’est le cas de Saint-Louis, de Nashville et d’Indianapolis.La bibliothèque publique et l’Hôtel des postes complètent parfois l’ensemble et, quand la chose est possible, l’Hôtel de ville et le Capitole.Il est sans doute superflu d’ajouter que toujours, en visitant ces villes, j’ai porté l’image de Montréal devant mes yeux.Comment se fait-il que notre métropole, qui atteindra bientôt le chiffre d'un million et demi de population; n’ait à peu près rien des aménagements dont nous avons parlé ou qu'elle se soit comme efforcée de disperser ses grands services publics aux quatre vents?Il faut toujours en revenir au plan d’ensemble: une rengaine pour quelques-uns; mais, pour ceux qui ont voyagé, une urgente nécessité, un gage de beauté et d’efficacité.Olivier Maluault p.s.s. L’EUROPE ET LA PAIX CONFERENCE FAITH At CERCLE l'.NI VERSIT AI II K DF.MONTREAL, I.E il DÉCEMBRE 1939 Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, J’éprouverais quelques scrupules a vous parler de l Europe et la Paix si je n’étais si sûr, en le faisant, de n’engager d’autre responsabilité que la mienne, et si fermement résolu à n’usurper ni la compétence du militaire pour vous parler de la guerre, ni celle du diplomate pour vous parler de la paix.Je m’en tiendrai a certains aspects du problème qui s’imposent irrésistiblement à l'attention du moraliste soucieux de raisonner son attitude, surtout s'il est un catholique et s’il suit la bataille cl idées qui, depuis le début cle la guerre, fait rage- sur ce continent.La controverse américaine sur la neutralité est une affaire purement américaine.Que l’opinion publique des États-Unis soit divisée sur un problème aussi grave, rien n’est plus naturel.Ce qui Post moins, c’est que, dans cette division d opinions, la masse de l’opinion catholique aux États-Unis semble laire bloc d un seul côté, et que ce côté soit celui de la neutralité.Comme le constate The Social Forum de décembre 1939 (p.1): «Les catholiques américains sont, dans l'ensemble, violemment contre la participation de leur pays ù la guerre actuelle».Voici d'ailleurs un fait à l’appui de cette; assertion.Je n'ignore pas ce que les scrutins officieux ont toujours d incomplet et peuvent avoir parfois de trompeur.C est pourtant un fait-important que le scrutin privé organisé par 1 hebdomadaire catholique America parmi les étudiants catholiques ait donné le résultat qu’on nous annonce.1 A la question: «Êtes-vous person- 1 II n’est pas question ici de soutenir que tous les catholiques américains soient neutralistes: certains d entre eux ont même déjà marqué quelque surprise de l’attitude de leurs compatriotes catholiques sur cette question.Le fait demeure pourtant que la lecture des hebdomadaires et des revues catholiques des Etats-Unis laisse l’impression irrésistible qu’un bloc catholique neutraliste s est spontanément formé dans ce pays.Ce bloc même, je n’en conteste pas un instant la légitimité; mais comme les justifications qu il se donne en abondance impliquent souvent que la guerre des Alliés, ou même la guerre tout court, est moralement 28 REVKE TUIMESTIUELEE CANADIENNE iicllemoiit cn favour tic l'entrée de l'Amérique dans la guerre européenne»?la réponse fut: 2.4%, oui; 1)4.8%, non; douteux 2.8% (voir 77c Michigan Catholic, Nov.23.1939, p.i).Un catholique belligérant qui lit ces chiffres ne songe aucunement à critiquer cette réponse, mais on comprendra qu’il se pose des questions.11 s'en pose encore bien davantage s’il entreprend de lire les explications de leur attitude cpte lui donnent ses frères des États-Unis.Tout se passe comme si les catholiques américains ne pouvaient justifier leur neutralité sans condamner notre guerre.Ce sont pourtant là deux problèmes distincts, ou qui devraient le rester, et dont la discussion aurait tout avantage à se poursuivre, aussi fermement certes qu’on le voudra, mais non point violently.Ici comme ailleurs, la violence dans l’expression couvre souvent, et même parfois favorise, la confusion dans les idées.Car ce n'est pas dans la résolution légitime des neutres de rester neutres qu’est la violence, c'est dans les justifications de leur attitude que nous la trouvons.! Si l’on nous dit: les États-Unis n’ont aucun intérêt matériel ni moral dans cette guerre, donc elle ne nous intéresse pas, c’est parfait.- Ou si l'on nous dit: les États-Unis ont peut-être quelque et religieusement condamnable, un catholique belligérant se dort d'en examiner la valeur.I.e scrutin en question couvrait 03 collèges de garçons avec un vote total de 23932 (onze collèges, représentant 1090 votes, n'ont pus répondu); et 93 collèges de jeunes filles avec 17299 votes (quinze collèges, représentant 4900 votes n’ont pas répondu.) Ainsi, 83% des élèves de ces écoles catholiques ont pris part au Xational Catholic College Poll.Il va sans dire que cette consultation n'exprime pas nécessairement l’opinion catholique des Ktats-Cnis dans son ensemble; nous ne citons ici ces chiffres que comme suggestifs d’une situation que confirme amplement la lecture des journaux.2 On trouvera cette position de la question fort bien définie dans les paroles de Mgr .1.T.Mc Nicholas, ( archevêque de Cincinnati, telles que les rapporte The Social Forum, Déc.1939, vol.IV, n.12: «Non seulement nous devons nous tenir à l'écart de la présente guerre, mais il ne semble y avoir aucune justification morale à ce (pie nous y participions.( 'liaqile citoyen catholique doit peser sérieusement la question de savoir s’il peut, en conscience, participer à une guerre qui n’est aucunement nécessaire pour nous autres américains et qu’il regarde comme moralement mauvaise».Il va dr soi que si, du point de vue de l’Amérique, cette guerre n’a ni nécessité nationale ni justification morale, elle est «mauvaise».Mais la même guerre peut avoir une justification morale et être une nécessité, c’est-à-dire, être «juste», pour des pays dont l'histoire et la situation sont autres que celles des Ktats-l.nis.La Hiérarchie des Ktats-Cnis peut donc condamner à bon droit comme injuste une guerre que la Hiérarchie des pays alliés déclare à bon droit être juste.Nous demandons simplement aux journalistes catholiques de- Ltats-l ni- de ne pas condamner la guerre des Alliés ci,mine «mauvaise» L KfltOPK HT LA PAIX 29 intérêt à ce que les Alliés l'emportent, mais comme nous espérons qu'ils vaincront sans nous, nous serions bien sots de nous jeter dans la bagarre, tout le monde comprend sans peine.Ce que l’on comprend moins, c'est que ces gens (pii semblent vivre dans une terreur morbide de la Propagande de Guerre, soient en train de lancer une propagande de la neutralité dont les méthodes ne diffèrent en rien de celles dont ils se plaignent d'être victimes.I.a seule différence est que, cette fois, c’est nous qui sommes les victimes.Comme un véritable mythe qu'il est, ce Neutralisme se cherche des justifications, et la principale qu’il ait trouvée jusqu’ici, celle (pii revient comme un thème conducteur dans les éditoriaux, articles, lettres à l'IÎMiteur, de tant de revues catholiques américaines, c’est que, dans la pureté de sa conscience, le catholique américain a pesé les Alliés, les a jugés, et les a trouvés trop légers.Bref, nous ne méritons pas d'être aidés, parce (pie notre cause n'est pas plus juste que celle de l’Allemagne.Non seulement un lecteur d’America l’affirme (25 nov.1939, p.1S5): «Si quelqu'un croit, comme je crois fermement, (pie, dans ce conflit, les deux côtés ont tort.», mais, dans la même page du même hebdomadaire catholique, un deuxième lecteur déclare sans ambages que «la parole de l'Angleterre et de la France ne mérite pas plus confiance que la parole de l’Allemagne», tandis qu’un troisième écrit: «1,'Angleterre et la France sont les plus grands pillards des temps modernes».Si nous ne devenons pas modestes, ce ne sera certainement pas la faute des Américains! Depuis combien de siècles sont-ils donc eux-mêmes en Amérique?Cet heureux pou pie a si complètement oublié scs prédécesseurs sur le territoire qu’il occupe, qu’il ne se souvient même plus de les avoir éliminés.Mais ce ne sont pas là nos affaires.Si cette attitude nous intéresse, c'est uniquement pour la condamnation radicale des pays Alliés qu'elle entraîne, comme si.pour se mieux garder contre toute tentation de nous vous prétexte qu'elle le serait pour eux, s'ils s'y engageaient.Ils n’ont pas plus le limit de résoudre notre problème d'après les données du leur que nous n avons le droit de résoudre le leur d’après les données du nôtre.Que nui catholique étranger ne se mêle done de discuter les paroles des Kvêques américains traçant leur devoir aux Catholiques américains, mats il est a souhaiter (pie, de leur coté, les ( 'atholiques amét icains cessent de critiquer les paroles des | .veques de t rance traçant leur devoir aux Catholiques français (par exemple, The Tidings, 24 Nov.11130; p.1, col.1).Ou ne voit pas en quoi la critique, par un journal diocésain des ! tats-l'nis, de parole- prononcées par Son Kmincnce le cardinal Berlier, archevêque de Lyon et primat des Gaule-, peut consolider la neutralité américaine, mais on voit bien en quoi elles créent le désordre et menacent la paix de la ( fhrétienté. UKVUK THI.MESTltlKI.I.K CAN A DI EXN K 30 aider, ces catholiques américains devaient d’abord nous déshonorer, et nous déshonorer au nom des principes de la morale catholique, de la théologie catholique.Peut-être estimera-t-on qu’un Français qui ne se désintéresse ni de l'Eglise catholique, ni de sa théologie, ni de sa morale, n’outrepasse pas ses droits en discutant fies arguments qui, s’ils étaient valides, transformeraient en crime la cause pour laquelle se battent les Alliés.Ce qui me semble le plus frappant dans ce Neutralisme, c’est sa position même de la question.Il argumente toujours comme si le problème était de savoir si les Etats-Unis pourraient avoir à se battre, non pas simplement avec nous, mais pour nous.Qu’un pays doive ou non entrer en guerre et, s’il y entre, jusqu’à quel point il doit s’y engager, c’est une question qui relève exclusivement fie sa souveraineté nationale et qui ne regarde que lui.La fin dernière d’une société est le bien commun de ses membres.11 n'y a donc aucune raison pour qu’un pays entre en guerre si le bien commun de ses membres n’exige pas cet affreux sacrifice.Les Alliés font la guerre pour leur propre bien commun, qui se trouve être en ce moment le même que celui de la Tehéco-Slovaquie et de la Pologne.S’il se trouvait que le bien commun des Etats-Unis coïncidât avec le nôtre, c’est à leur Gouvernement qu'il appartiendrait de le dire et de choisir les méthodes les plus favorables pour l’assurer.S'il se trouve au contraire que le bien commun des Etats-Unis ne soit pas le même (pie le nôtre, il n'y a aucune raison pour que ce grand pays s'engage dans des sacrifices consentis en vue d’une fin qui n’est pas la sienne; il a même le devoir strict de ne pas s’y engager.Pensons donc, et disons clairement, (pie nul ne demande à l’Amérique d'entreprendre aucune sorte de croisade pour une cause sacrée des Alliés.Si elle doit jamais se battre, que ce soit pour sa propre cause, non pour la nôtre.S’il se trouvait que sa propre cause fût la même que notre propre cause, nul n’en serait plus heureux que nous, et pour nous, et pour cette cause; sinon qu’elle reste neutre, et qu’elle le reste obstinément, farouchement, cela vaudra mieux pour elle, et beaucoup mieux encore pour nous.Car je ne sais rien de plus dangereux pour les Alliés que ce mythe créé depuis la dernière guerre, et plus soigneusement entretenu que jamais depuis le début de la nouvelle, d’une \mé-rique prête au suprême sacrifice pour des intérêts qui ne sont pas les siens.Pour lui avoir permis de croître, nous avons laissé se l’europe et la paix 31 poser comme elle s’est posée cette question des dettes de guerre qui it empoisonné l’amitié franco-américaine.Si nous le laissons croître à nouveau, si nous ne définissons pas le sens de la guerre, et de cette guerre, avec une lucidité telle que nul ne puisse s’y tromper, soyons sûrs do nous trouver un jour devant une Amérique qui, s’étant peut-être enfin battue parce que sa cause était la même que la nôtre, parlera et agira comme si elle s'était simplement battue pour nous.Commettre cette erreur, c’est s'exposer à deux conséquences graves.La première est qu’on nous chargera d’une dette de gratitude dont, parce (pie nous n’en aurons pas conscience, on sera surpris que nous ne songions pas à nous acquitter.Ce petit jeu a déjà commencé à propos du rejet rie l’embargo sur les armes.Écoutons seulement cet éditorial d’.-l wicricfl (2n nov.1939, p.171): «Ceux d’entre nous qui attendent la reconnaissance anglaise et française pour notre acte amical en levant l’embargo vont au-devant d’un dur désappointement».America nous permettra peut-être de dire, que, engagés dans une cause que nous croyons juste, nous sommes infiniment reconnaissants à ceux qui, estimant qu’elle l’est en effet, ont eu la perspicacité de le comprendre, le courage de le dire et la fermeté d’agir en conséquence.En nous vendant des armes, comme ils en ont d’ailleurs vendu au Japon et.à la Russie, ces Américains font une chose sage pour eux et utile pour nous.L’opération est donc bonne, mais elle est bonne des deux côtés.Nous ne marchanderons pas notre reconnaissance pour le service que l’on nous rend; nous demandons simplement que l’on ne charge pas notre côté de l’ardoise d’une surtaxe de reconnaissance pour le service que l’Amérique se rend à elle-même en nous le rendant.C”est un aspect de la question qu’il importe de préciser pour le présent, mais surtout pour l'avenir.La politique cash and carry implique l'existence de deux bénéficiaires; qu’on ne nous reproche pas d’avance de ne pas nous comporter plus tard comme si, au lieu d’être cash and carry, le contrat des Alliés avec l’Amérique avait été: Carry and be grateful.Une deuxième conséquence fâcheuse de ce mythe, et elle est plus grave que la première, est cette conviction, qui s’exprime un peu partout en Amérique, que les États-Unis doivent rester les spectateurs impartiaux de cette guerre pour devenir plus tard les arbitres impartiaux de la paix.Ainsi, pour avoir fait sans intérêt personnel cette guerre de 1914 dont ils ont refusé de faire la paix, H K Vf K THIMESTRIELI.E CANADIENNE 32 ils auraient cette fois-ci le droit de dicter la paix parce qu’ils n’auraient pas fait la guerre.Voilà des arbitres bien pressés de s'offrir! Ce qui fait (pie nous hésiterons peut-être à demander leurs bons offices, c’est que.même comme simples spectateurs de la guerre, ils semblent avoir une notion curieuse de l'impartialité.Elle revient en somme à proclamer que les Alliés aussi sont des menteurs et des pillards.La tâche à laquelle se prépare ainsi notre futur arbitre, c’est, quand la lutte sera finie, de protéger l’Allemagne contre la rapacité des Alliés.Telle est la thèse explicitement soutenue par notre catholique confrère le Commonweal, dans un article du 24 novembre 103'J.La fin de la guerre devrait être une entente entre les peuples, mais comment espérer qu’une guerre puisse y conduire?«La France et la Grande-Bretagne voudraient nous faire croire (pie h' moyen est d’écraser Hitler, de mettre l’Allemagne à genoux, et elles semblent avoir fort peu à dire sur la Russie.Mais une paix dictée est-elle une méthode qui promette d’inaugurer une saine fédération internationale?.Voilà pourquoi une offre bien conçue et faite au bon moment par les États-Unis pourrait épargner aux peuples d’Europe et au monde l’holocauste qui se prépare et marquer le commencement d'une ère nouvelle de collaboration internationale».Ce sont là de nobles paroles, mais dont certaines rendent un son assez troublant.La première condition pour qu’une entente entre les peuples soit possible, c’est qu'il y ait des peuples.L’Allemagne ne peut plus être fédérée avec l'Autriche, avec la Tchécoslovaquie ni avec la Pologne, parce (pie il n’y a plus ni Autriche, ni Pologne, ni Tchéco-Slovuquie.I, Angleterre et la France ne sont aujourd’hui en guerre que parce qu’elles ne sont pas encore mûres pour se laisser «fédérer» de la sorte.Le Commonweal excusera les Alliés de compter sur leurs armées plus que sur ses éditoriaux pour protéger leurs frontières et pour rétablir dans leur souveraineté de.- États (pie la violence a détruits.( et te fédération des Nations qu'il décrit comme son idéal, c est aussi le nôtre.Que l'Amérique doive ou non se battre pour cet ideal, c'est, je le répète, une question qui ne regarde qu'elle et je comprends que la réponse d’un Américain soit: Non.Mais ht question de savoir (pii fera la paix regarde directement ceux (pii font la guerre.Nous nous méfions de futurs arbitres qui réservent leurs inquiétudes pour l'avenir d’un peuple dont les armées occupent déjà le territoire de trois autres.Neutralité ne semble décidément I.EUROPE ET LA PAIX 33 pus synonyme d'impartiîilitt*.Mais nous admettons encore moins que des neutres nous laissent les cruautés de la guerre pour se parer de la .justice de la paix.S’il doit y avoir un jour une paix juste, c’est à la victoire des Alliés que sera due sa justice.Le jour ou 1 Allemagne lâchera les proies que [’hitlérisme a conquises, les articles du Coin monterai ni les médiations de l’Amérique n’y seront pour rien.Le- médiations les mieux conçues ne deviendront efficaces que lorsque l’hitlérisme aura plié les genoux et parce que les armées Alliées lui auront fait plier les genoux.La neutralité, c’est le droit absolu de garder sa propre paix, mais non celui de régler la paix des autres.Contentez-vous donc d’être heureux, chers amis neutres, et puisque vous nous laissez la guerre, laissez-nous la paix.Comme on vient de le voir, ce n’est malheureusement pas ce que font nos critiques, et leur prétention de nous juger ne serait qu'amusante si, pour s' r leur besogne, ils n’avaient décidé une fois pour toutes, au lieu d’arbitrer la querelle, de condamner en gros ce qu’ils nomment avec dégoût Y Europe, comme si l’Allemagne qui envahit la Pologne et la Pologne envahie par l’Allemagne ne formaient qu’un événement simple, passible d’un seul et meme jugement.Il semble que pour mieux se justifier à ses propres yeux, le Neutralisme ait décidé d’incriminer d’un seul coup tout le monde, en bloc et indivisément; mais comme, malgré tout, la guerre ne se présente pas tout à fait de la même manière du côté des Alliés et du côté de l’Allemagne, le Neutraliste se trouve conduit, pour trouver un point de vue d’où il puisse condamner tout le monde, à juger les adversaires en présence, non sur la cause prochaine et sur le but de cette guerre, mais au nom d’un idéal absolu de perfection et de sainteté.Pour ingénieux qu’il soit, ce sophisme n’en reste pas moins un sophisme.Dans un cambriolage, il se peut que le cambriolé ne vaille pas mieux que le cambrioleur; cela n’empêche pas qu’il y ait un cambrioleur et un cambriolé et c’est sur son cambriolage que le cambrioleur sera condamné.La mystique du Neutraliste exige une tout autre méthode.Les juges qu'elle inspire refusent de se prononcer contre tout agresseur à moins que sa victime ne soit un saint.Comment s'étonner qu’un arbitre aussi scrupuleux sur les conditions d'une alliance ne trouve personne d'assez pur pour mériter d'être son allié?Dans son éditorial du vendredi 22 septembre 193!), The Tidings, organe officiel de l'archidiocèse de Los Angeles, nous 04 34 H K V U K TRI M ESTRIE LI.E C A N ADI E N N E offre une expression particulièrement ferme de l'intransigeance morale qui règne au pays de Hollywood: «Si l'Europe est devenue folle (if Europ< luts (jonc crazy) notre devoir est de la réhabiliter, mais non pas en prenant parti dans la lutte et en reculant ainsi le jour d’une paix contestable (a questionable peace).C’est un fait prouvé (sic) qu’aucune des puissances en lutte n’est sans reproche.La propagande a fait des anges de la France, de l’Angleterre et de la Pologne: Chamberlain a tenu bon pour la paix jusqu'à ce qu’il fût certain de notre appui; alors, il est allé de l’avant.Si les Alliés ont déclaré la guerre à l'Allemagne, ils devraient aussi déclarer la guerre à la Russie; ce n’est que logique».Cette logique californienne est vraiment singulière! Quand nous ne nous battons pas trop, nous ne nous battons pas assez! Notre aimable confrère veut-il suggérer que, si nous déclarions la guerre à la Russie.l’Amérique se rangerait aussitôt à nos côtés?Que ne se charge-t-elle elle-même de la Russie?Los guerres viennent toutes seules, et quoique nous soyons prêts à tout, celle que nous avons nous occupe assez pour que nous ne courrions pas après d’autres.D'ailleurs, si nous cédions à ce conseil, sommes-nous surs que c’en serait assez pour nous gagner la faveur des Tidings?Notre vice capital, comme alliés éventuels, c'est que nous ne sommes pas des anges.Cela, je le crains, est irrémédiable.Les Polonais et les Tchèques sont écrasés?( est leur faute, puisqu’ils ne sont pas des anges! Comme son nom même l'exige, l’Archi-diocèse de Los Angeles n’accepte de s’allier qu’avec des Anges et ne se bat que pour des Anges.Consolons-nous-cn, car même si nous étions des Anges, l'Archidiocèse de Los Angeles y regarderait encore à deux fois avant de nous secourir.Après tout, même dans la seule guerre connue entre les Anges, il y avait de bons et de mauvais Anges.Cette fois-ci, il n'y en aurait plus que de mauvais, et pas plus que la dernière fois on ne verrait de troupes californiennes d’aucun côté.Les occasions de rire sont rares en temps de guerre, et comme rire est encore se défendre, il ne faut pas les manquer.Mais nous ne nous défendrons vraiment avec efficace que si, renonçant nous mêmes aux sophismes flatteurs dont nous protégeons notre cause, et qui la desservent au lieu de la servir, nous fixons le regard sur le but ultime des Alliés en cette guerre.Ce but est des plus simples, mais, précisément parce qu’il l'est, nous ne pouvons que l’atteindre juste ou complètement le manquer.Ce but se nomme la Paix. I.EUROPE ET I.A PAIX 35 Et plût au ciel que ceci fût de nos jours une platitude! Cela prouverait du moins que nous savons encore ce que veut dire ce mot «paix», dont, je le crains, nous oublions parfois les plus profondes implications.La première erreur que me semblent commettre les catholiques neutres qui nous condamnent, est de simplifier le problème au point de le réduire à cette antinomie simpliste: la paix, qui est toujours bonne; la guerre, (pii est toujours mauvaise.Ce pacifisme élémentaire n'oublie qu'une chose; c’est que par delà la paix et la guerre, il y a une réalité plus profonde: la justice.Lorsque je lis dans America (14 octobre, 1930, p.7): «Ce n’est pas seulement la victoire possible de Hitler qui menace la civilisation.C’est la guerre elle-même qui menace la civilisation».Je me demande où l'auteur de ces lignes a [iris ses principes.Il est vrai, comme l'enseigne saint Augustin La cité de Dieu, livre XIX, ch.15).que la guerre est une suite du péché.Elle est donc toujours un malheur et nous ne le savons (pie trop.Ce qu’il y a de tragique dans le péché originel, c’est que même les remèdes humains à ses suites en sont eux-mêmes des suites.Pourtant, ces remèdes doivent parfois être employés.De même que de cruelles chirurgies sont encore les seuls moyens connus de rétablir la santé et de prolonger des vies humaines, la guerre est le seul moyen connu de rétablir par la force un ordre rompu par une violence qui ne cédera qu’à la force.Ainsi conçue, la guerre ne menace pas plus la civilisation que la chirurgie ne menace la vie, elle la protège.Xon seulement elle n’est pas une faute, mais c’en serait une que de ne pas la faire: «Pour être innocent, il ne suffit pas de ne pas nuire à quelqu’un, nous devons encore l’empêcher de pécher punir sa faute, afin que celui même que l’on punit profite de son expérience, ou cpie d’autres soient avertis par son exemple.»:| J.a question n’est donc pas aujourd’hui de savoir, absolument parlant, si les alliés sont des saints sans reproche.Lorsqu’un juge condamne à cinq ans de prison un chauffeur ivre, il ne se demande pas si l’écrasé lui-même n’a jamais commis aucune faute.Quelles que soient leurs propres fautes, et quoi que l’on puisse dire contre eux, les Alliés ont souffert pendant vingt ans que des traités fussent 3 Suint Augustin, Ile Civitnh¦ Dri, livre XIX, ch.16.Cette thèse, formulée pur saint Augustin à propos de l’autorité et de l’ordre dans la famille, est étendue par lui-même ailleurs à l’ordre entre les peuples.On trouvera ses textes cités, et confirmés dans saint Thomas d’Aquin, Sitmma Theologica, Pars lia llae, qu.40, ¦ort.1, ad 2m. H K VI K TRIM KSTHIELL K C A N A DI EX N K 3G méprisés.quo l'Europe* vécût sous la menace d’une force plus insolente à mesure qu’elle devenait plus forte, que l'Autriche fût annexée, sans avoir été consultée, au nom d'une doctrine de la lîace proclamée par un dictateur; qu’une partie de la Tchécoslovaquie fût saisie en vertu de cette doctrine, puis tout le reste du pays en dépit de cette même doctrine et en violation du traité de Munich qui venait à peine d'être signé.I.'horreur de la guerre était telle, en Grande-Bretagne et en France, qu'elles ont souffert ce spectacle sans prendre les armes, mais non pas sans se demander ,-i elles ne >e rendaient pas complices de deux crimes, et non sans être accusées rie les commettre par ceux qui leur reprochent aujourd’hui de n’en avoir pas toléré un troisième.La menace allemande contre la Pologne a mis fin aux hésitations.Dire que la guerre des Alliés menace la civilisation, c'est oublier qu’il n’y a pas de civilisation, dans les États ni entre les Etats, là où la force n'est pas au service de la justice.Quelles que soient leurs autres fautes, les Alliés n'ont du moins pas commis celle-là.4 * .Je ne peux que siirnalcr ici lu tendance -i curieuse de certains catholiques américains à verser dans un Puciticisnie évangélique dont l'origine n'est pas catholique.(Quelques distinctions ne seraient pas inutiles.Puisqu'ils refusent de considérer cette guerre comme une «guerre sainte», ils ont raison.Pu notion de «guerre sainte» est musulmane, non catholique.Puisqu'ils refusent de la considérer comme une «croisade», ils ont encore raison, en ce sens du moins que seul le Pape a droit de décréter une croisade, c'est-à-dire une guerre entreprise par des pouvoirs temporels en vue des fins de l'Kglise.Pa présente guerre ne 1 est, pas.Pourtant, ifeic la i/n-'iri où les fito- temporelles pour su mes par 1rs Alliés rioncUlent aver rtlUs 'U lliijl ¦' ou U favori < lit, il est naturel que, vu tant que catholiques, des soldats engagés dans cette guerre la conduisent en vue d’une fin plus haute encore que celle de la Nation, celle de 1 Kglise.I n pretre et un laïc chrétiens qui meurent sur le champ de bataille apres avoir tait a Dieu le sacrifice de leur vie pour le- fins de l'Kglise.meurent personnellement en croises.Il est donc légitime que le- l.véque- de France, qui ont droit de parler a tous les catholiques de France, et de parler pour tous ces catholiques en tant que tels, les invitent à sanctifier leur sacrifice en le consentant, par delà la France même, à lT.ghsc.Ni le Pape ni la Hiérarchie française, ne.pressent les catholiques américains de participer à une croisade générale de !'Kglise, car cette croisade n’existe pas, mais les catholiques américains n'ont aucun droit dç critiquer les Kvcqucs de Fiance, lorsque, parlant en pasteurs de.- aines aux ( athoiiques français dont ils ont la charge, et non en représentants d'un Ktnt temporel qu’ils ne gouvernent pas, ces mêmes évêques invitent les Catholiques français a transfigurer en croisade la guerre qu'ils ont ¦) + ( ] — a 2)2 et.apres toutes transformations (14) x = a n - C - cl (l—+ cl n \ (l ~ / n CL 1 H ESOLUTION AI.G K B Kl Q UE U Or, si l’on fait a = cos a.on aura-— = tg - a.Donc: 15) cos — = (cos a) n c I t g •' a C 1_ tg 1 Q Cl t g ' a Nota.— La série ci-dessus n'est convergente que pour tg a $ 1, c'est à dire pour cou a $ ~—¦ Remarque Si, dans le système ait n = 3, b =- 3’ c = — q, on retombe sur le système utilisé, (dans la «note» antérieure), pour résoudre l’équation in empiète du 3e degré: x + pi + q = 0.Il est facile de voir, d'ailleurs, que la formule de résolution (5) s’identifie, dans ce cas, avec la formule de Cardan: \ \ Jules Loi vert, Professeur d'architecture à l'Ecole des Beaux-Arts de Montréal.Note 1.- Développement de la formule (-1): x x* 2~ \ T Tl C CetU.* égalité est de la forme: Or: (A + B)n + (.-1 — B)n c (.4 + B)n = An + Ci .D-1 B + Ci .t»-2 «2 + .(.1 — B)n = An C,1, .tn-1 B + Cj A»-l B - —.Donc: (A + B)n + (.-1 — B)n = 2 [A» + Ci An-2 B 2 + C4„ A-—»/?(•(¦.le 10 janvier, 1940.Rapport des Vérificateurs Nous, soussignés, nommés vérificateurs en vertu d'une résolution adoptée à l'assemblée générale tenue le lé janvier, 1939, avons examiné les livres du secrétaire-trésorier.La somme des recettes pour l'année 1939 s'est élevée à S351.68 et la somme des déboursés à S310.79, soit un excédent des recettes sur les dépenses de 840.89.L'argent en banque le 31 décembre, 1939, s'élevait à 841(3.26.Signé) Henri Kieffek, (Signé) Alex.Lakivikre. RK vr K TRIM KSTKI Kl.K K C AN A 1)1 K\ N K EMPLOYEZ LE CHLORURE de CALCIUM BRUNNER MONO POUR La consolidation de surface des routes de gravier La stabilisation des bases des revêtements Abattre la poussière • Contrôler la glace Accélération de la prise du béton “ 'A1 la poussière du charbon Le remplissage des pneumatiques de tracteurs Solution réfrigérante Antigel dans les solutions pour barils de prévention d’incendies Le service technique de Brunner, Mond Canada Sales, Limited a à sa disposition un personnel d’ingénieurs qui peuvent être consultés sans obligation.Si des problèmes particuliers se présentent par rapport avec n’importe lequel des différents usages du chlorure de calcium, et que notre littérature ne couvre pas le sujet dans tous ses détails, nos ingénieurs se feront un plaisir de coopérer avec vous.Vous êtes donc cordialement invités à nous soumettre vos problèmes.Brunner, Mond Canada Sales, Limited M O N T R E A L 68 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL) École d’ingénieurs Fondée en 1873 TRAVAUX PUBLICS • BATIMENTS • MINES ÉLECTRICITÉ • CHIMIE INDUSTRIELLE PRINCIPAUX COURS: # Mathématiques, Physique, Chimie, Dessin industriel, Géométrie descriptive, Arpentage.# Mécanique.Pésistance des Matériaux, Minéralogie, Géologie, Mines, Métallurgie.# Thermodynamique, Machines thermiques, Hydraulique, Electroteehniquo, Constructions civiles, Béton.# Ponts.Construct ions mécaniques, Voirie rurale et urhainc, Chimie industrielle.I.égislat ion industrielle, Finances.Laboratoires d’analyses, de recherches et d’essais.Laboratoire Provincial des Mines.1430, rue ST-DENIS, MONTREAL TÉLÉPHONES:— Administration:—- LAncaster 9207 Laboratoire Provincial ries Mines:— LAncaster 7S80 PROSPECTUS LT RENSEIGNEMENTS SCR DEMANDE REVUE TRIMESTRIEI.EE CANADIENNE XI Un journal honnête et bien fait.Le DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit.ACHETEZ ET LISEZ LE DEVOIR TOUS LES JOURS Il est intéressant, bien informé, impartial, propre Administration et rédaction: 4A0 est.rue Notre-Dame, Montréal XII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Ne vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Ne dissippez pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE Actif, plus de $146,000,000 537 BUREAUX AU CANADA CHIMIE • PHYSIQUE • BACTERIOLOGIE Verrerie Pyrex.Outillage Précision.Étuves Freas et Thelco.Balances de précision.Creusets et coupelles Battersea et D.F.C.Concasseurs, pulvérisateurs, fours Braun pour Laboratoires de Mines.Canadian Laboratory Supplies Ltd.296, RUE SAINT-PAUL OUEST, MONTRÉAL 0936 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XIII » -Ci! ?kfc*5v.X i>»v-:T' prriovE A SHE OAJtT Tel.FAIkirk 2848 Bureau et Fondée en 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d’appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré.Atelier: 984 Rachel Est ON TROUVE TOUJOURS A LA LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaires ou sur grand papier, d'une sélection d’auteurs contemporains.1247 RUE ST-DEMS TÉLÉPHONE: HA.2320 MONTREAL XIV h i ; v r i ; tk i m k s t h i k l u-: : Capital (souscrit $2,000,000 001.versé.$ 2.000.000.00 Fonds de Réserve.3,000,000.00 Solde des Profits, reporté .____251,610 10 $70,519.635.73 5.251.610.10 $75.771.245.83 ACTIF Espèces en caisse et dans les banques .Obligations des gouvernements fédéral et provinciaux .Obligations de municipalités canadiennes .Obligations de municipalités scolaires canadiennes .Obligations de corporations canadiennes d'utilités publiques Valeurs diverses.Prêts à demande et à courte échéance, garantis par des valeurs en nantissement .Fonds des Pauvres, placé sur obligations du Gouvernement Fédéral et de municipalités canadiennes, approuvées par le Gouvernement Fédéral.Immeubles de la Banque (bureau principal et succursales) Autres titres.» • $ 9.86.3.458 61 39.008.117.04 16.661.331 45 207.909.70 5.102.143.75 200.000.00 3,507.298.66 180.000.00 $74.730,^59.21 $ 1.000.000.00 40.9S6.62 1.040.9 V, f,2 $75,771.245 h3 Pour le conseil d'administration, L, p./lU.ni R.DANDURAND L« jl’ttlnt-gMtol T.-TAGGART SMYTH ! Ministère du Secrétariat 9 Les fonctions du Secrétariat de la Provint à fait d’ordre social.L’oeuvre qu’il accomplit capitale pour le développement de la Province.O Les compagnies de la Province, qui désirent des compagnies de Québec, doivent s’adresser i Province, afin d’obtenir leur charte d'incorporai tère, également, qui émet les licences et permis pagnies étrangères à exploiter quelque commerc vendre ou autrement aliéner leur capital et leurs, Province.Les unes et les autres sont tenues de fourn un rapport annuel de leur activité.• Depuis quelques années, la population tout entière l’importance de 1 Instruction publique.Le Secrétariat de i-n’a rien négligé pour répandre l’enseignement primaire et su, afin d’outiller notre jeunesse, dans la préparation de son a Outre les allocations octroyées aux universités et aux colleges » siques, il assure, avec le Département de l’Instruction Publique, .maintien de l’enseignement primaire, dans les villes, et surtout dans nos campagnes.• Il a la haute direction des principales écoles d’enseignement supérieur: l’Ecole Polytechnique, l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales, les Ecoles des Beaux-Arts, les Ecoles Techniques, les Ecoles d’Arts et Métiers, directement subventionnées par lui, et qui visent à la formation d’une élite dans le monde de la finance, du commerce et de l’industrie.• Chaque année, des cours du soir sont donnés, qui permettent aux jeunes travailleurs sérieux de continuer leurs études et d acquérir des connaissances nouvelles, souvent indispensables dans 1 exercice de leurs devoirs journaliers.• Le Secrétariat de la Province s’intéresse aussi au progrès des sciences, des lettres et des arts.Chaque année, des bourses d etudes sont accordées à nombre de nos jeunes gens, pour permettre a ceux-ci de compléter leur formation à l’etranger.Déjà, plusieurs des nôtres ont fait honneur à la Province, dans les domaines scientifique, artistique ou littéraire.• Ce ministère a attaché une importance toute spéciale, cette année, au développement de l’art musical, dans cette province.Une enouète préliminaire a été conduite, sous son autorité, en vue de rendre possible la réorganisation de cet enseignement chez nous.De plus, une vive impulsion a été donnée récemment a 1 enseignement du solfège, dans les écoles.m La vie d’un peuple dépend de son éducation nationale, et le Secrétariat de la Province de Québec ne veut rien épargner pour préparer la jeunesse au rôle prépondérant qu elle devra jouer dans l’avenir.A Et voilà le résumé succinct des principales activités du Secrétariat, qui occupe sa place bien à lui dans le Gouvernement, et dont l’importance primordiale ne peut être mise en doute.JEAN BRUCHESI.Sous-Ministre.HONORABLE HENRI GROULX, Ministre. Texte détérioré jous du confort ¦ .'//„&»r.!ifiV " ï?-'a,Æ -'WM ^l^ff Wwm Ces fauteuils "COGSWELL" sont confortables et de plus ils ont vraiment belle apparence et ils ne sont pas encombrants.Boiserie de fini noyer, riche couverture de diverses nuances.Prix spécial Dupuis.Rayon
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