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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1940, Collections de BAnQ.

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!me année No 103 MONTRÉAL Septembre 1940 ï" ^ Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.Pages 229 — 274 — 294 — 305 — 320 — 335 — 340 — SOMMAIRE I.L’Enseignement supérieur est-il américanisé?.II.L’Institut botanique: vingt ans au service de la science et du pays.III.De la Production de l’Électricité à sa Distribution.IV.L’“Équation personnelle” du Proies- seur dans la Cotation des Rédactions.V.L’École d’Hygiène sociale appliquée.VI.Revue des Livres.VII.Vie de l'École et de l’Association.Edouard MONTPETIT Frire MARIE-VICTORIN E.C.René DUPUIS Tréfilé BOULANGER Dr.J.-A BAUDOIN ASSOCIATION DES ANCIENS ELEVES ECOLE POLYTECHNIQUE MONTREAL 'À À COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Membre»: MM.Augustin Friqon, Président de la Corporation de l’École Polytechnique.Armand Circé, Directeur de l’École Polytechnique de Montréal.Victor Doré, Surintendant de l’Instruction Publique Léon-Mercier Gouin, Professeur à l’Université de Montréal.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Régisseur, Régie Provinciale de l’électricité.Édouard Montpetit, Secrétaire général do l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brünotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: Mgr Olivier Maurault, MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire: Armand Circé Trésorier: Lorenzo Brünotto PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.04 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays 14.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mare, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l'insertion des nrticles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit & une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura itt envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: LAncaater 9208 La Revue Trimestrielle Canadienne 1430, rue Saint-Denio.MONTREAL ———maBBmmmm iiiwimi REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I MARTINEAU FILS LIMITEE OPÉRANT MORRISON QUARRY CO.reû’d PIERRE DE TAILLE PIERRE CONCASSEE Bureau chef: 517 EST, RUE MARIE-ANNE FRONTENAC 8181 Bureau des ventes: LANCASTER 3144 ' ' .- ii REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L'UNIVERSITE de MONTREAL Comprend les facultés et écoles suivantes : FACULTÉS THÉOLOGIE * DROIT MÉDECINE ' PHILOSOPHIE LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE CCCLCS PHARMACIE - SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D'OKA ECOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE ' MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St.Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE École des Hautes Études Commerciales Affiliée à l’Université de.Préparant aux situations supérieures du commerce, de l’industrie et de la finance Bibliothèque économique.Musée commercial et industriel Décerne les diplômes de bachelier en sciences commerciales, licencié en sciences commerciales, de docteur en sciences commerciales et licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR: comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux préparatoires la licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur.535, avenue Viger, Montréal 0133 IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Appareils #> =de== Laboratoire PRIX MODÉRÉS et LIVRAISON PROMPTE Nous avons toujours en magasin un assortiment complet d’appareils de laboratoire pour renseignement des sciences.Une commande initiale vous convaincra de la haute qualité de notre marchandise.Fisher Scientific Company Limited il 904-910, rue Saint-Jacques MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE V Les travaux delectricité de la nouvelle aile de a l’Ecole Polytechnique ont été exécutés par WILLIAM ROCHON ENTREPRENEUR ÉLECTRICIEN Spécialités: CHAMBRES DE TRANSFORMATEURS SYSTÈMES DE HAUT-PARLEURS OUVRAGE GÉNÉRAL 1031, Parc LaFontaine :: :: MONTRÉAL FAlkirk 2121 William Rochon Pointe-aux-Trembles D.-W.ROCHON 100 - sonnez 6 LAncaster 5559 CANADIAN GENERAL ELECTRIC Il I ; V l' E TH IM ESTHIE LLE C A X A 1)11 ; X N E “Oh, si Paul voyait ceci./ .il réduirait sûrement mon allocation ! .le ne songerais jamais aujourd'hui à payer les pris marqués sur ces vieilles factures!'’ 1 ous rappelez-vous les choses que vous achetiez il y a une dizaine d’années — comme elles étaient inférieures en apparence, qualité et service?Mais vous rappelez-vous aussi comme ces objets manufacturés coûtaient alors beaucoup jdus cher?Depuis 1920, le prix moyen des réfrigérateurs a diminué de .*390 à $209; celui des laveuses électriques, de S155 à $S0; celui d’une lampe de 100 watts de -1S cents à 20 cents.Et comme des centaines d’autres articles et appareils, ces choses donnent aujourd’hui un meilleur service et coûtent moins cher de fonctionnement que les modèles plus anciens et plus coûteux.Pourquoi?C’est parce qu’aux cours des dix dernières années, l’industrie canadienne a su améliorer ses produits et les offrir à prix moins élevés, afin que tous puissent en bénéficier.C’est pour cela que le salaire véritable de l’ouvrier canadien est maintenant plus élevé qu'il l’était en 1929 et qu’il peut acheter les choses dont il a besoin.Toute réduction dans le coût des produits qu’il achète est en vérité une «augmentation» pour chaque acheteur.Les techniciens de la Canadian General Electric, en découvrant des moyens nouveaux de faire servir l’électricité aux fins de l’industrie, aident à mettre PLUS DE PRODUITS A LA DISPOSITION DE PLUS DE GENS ET A MEILLEUR MARCHÉ.Le service des Recherches G-E épargne chaque année des milliers de dollars au public canadien. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE VII lî» «\v« CIE MATERIAUX J -E.BERTRAND, I.C.ROGER BROCHU Tél.ATIantic 3619 CLairval 5137 Bureau et atelier : CLairval 3643 Canadian Structural Steel Works Co.—- = LIMITED - — ¦ - - = FABRICANTS ET POSEURS DE CHARPENTES D’ACIER Dealers, Makers and Erectors of Steel Structures 4600, 17c Avenue (Rosemont) MONTREAL, P.Q. VIII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE MONTREAL DUAL MIXED CONCRETE LIMITED BÉTON PRÉPARÉ Contrôle technique garanti mokTVCi wât mita com«n Dosage scientifique des matériaux TÉLÉPHONES : Bureau : DOlIard 3515 Centrale rue Beaubien: CResccnt 2384 Centrale rue Ottawa: FItzroy 5132 NATIONAL QUARRIES LIMITED Pierre Calcaire de Qualité Supérieure TÉLÉPHONES : Bureau : DOlIard 3515 -— ¦¦ Carrière, Côte St-Michel : DUpont 5731-2 LIVRAISON RAPIDE Grosse Production m ¦MMHnnrani Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL SEPTEMBRE 1940 L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EST-IL AMÉRICANISÉ ?L'université eanadienne-françaiso est libre, même si, comme aux États-Unis et au Canada anglais, elle a recouru à l’assistance financière de l'État.En cela, elle se rapproche, si l'on veut, de l’université américaine, largement pourvue, surtout aux États-Unis, où les institutions d’enseignement supérieur relèvent de l’électorat et doivent satisfaire celui-ci par toute sorte de fondations.Pour mettre l’université au service du peu pie, le Canada français s’est inspiré de la politique américaine et a fait valoir comme un argument son exemple.Cette influence a jailli du milieu immédiat, du voisinage; mais si on creuse un peu la question par des comparaisons avec les tendances européennes, on reconnaît la présence d’une pratique universelle à laquelle se plie l’enseignement supérieur, comme nous avons vu l’école primaire se rallier dans le monde à des réformes identiques.Conçue sur le type européen, l’université canadienne-française a d’abord réuni les quatre facultés fondamentales de théologie, de droit, de médecine et des arts.Puis, elle a fondé, ou affilié si elles existaient déjà, des écoles professionnelles destinées à la pharmacie, à l’art dentaire, à l’agriculture, au commerce, à la médecine vétérinaire.Enfin, elle a étendu son action aux métiers ou aux occupations qui ne relevaient pas autrefois de l’université proprement dite: optométrie, art ménager, hygiène appliquée, tourisme, sans compter la musique et l’élocution.Tout cela est spécifiquement américain, mais on trouve dans les universités 230 HKVUE THIMESTHIEU.K CANADIENNE françaises nu belges, ou rattachées à elles par le truchement des instituts, que l’Amérique connaît aussi, des écoles pratiques ou des enseignements consacrés aux techniques manuelles, à l'herboristerie, à l'hôtellerie, à l’optique, à la brasserie, à l’accouchement, tandis que de grandes écoles d’enseignement supérieur restent en dehors de l’université, Peut-être le groupement résolu de ces disciplines sous la surveillance de l'unjvcrsité est-il un indice d'américanisation.La centralisation est pourtant une tendance universelle qui se retrouve à Paris, à Londres, même à Oxford, mais qui s’épanouit avec plus de ressources et de réclame aux États-Unis.Ce qui est nettement américain c’est la désignation des diplômes à laquelle le Canada français est de plus en plus entraîné à se conformer.Aux États-L nis et au Canada anglais, il existe une véritable floraison de grades universitaires, de baccalauréats en particulier, car l’Amérique ignore la licence, à quoi l’on pourrait comparer sa maîtrise si celle-ci n’était attachée à une idée de spécialisation; et ne fait pas abus du doctorat dont le Ph.D., qui y équivaut à peu près, tient souvent lieu.Quant au diplôme qui couronne en France des études de tout premier ordre, ce mot ne signifie rien aux États-Unis, même s’il se rapporte à un haut enseignement.La France limite les grades universitaires à un très petit nombre de sciences: on ne devient guère que licencié en droit, en lettres, en sciences, en théologie; docteur en médecine, en pharmacie, en droit, en lettres, en sciences, en théologie; le titre de bachelier s’emploie sans qu’on le détermine car chacun sait qu'il s’agit du grade qui sanctionne les études secondaires.A peine existe-t-il un baccalauréat en droit et un baccalauréat en théologie.Sans y être allés aussi largement que les États-Unis où l’on devient aussi bien bachelière en cuisine que bachelier ès arts, le Canada français a institué les grades universitaires de bachelier, de licencié et de docteur dans ses facultés et dans ses écoles professionnelles aussi bien que dans ses facultés de culture, y compris la musique; et le désir qu'il a de rendre justice à scs citoyens qui vont aux États-Unis l’a poussé à étendre le mouvement et à créer d’autre part quelques maîtrises et même des Ph.D.L'universalité se retrouve si l’on compare l’administration des universités, ou leur gestion financière.Confessionnelle, l'université canadienne-française est dirigée par un conseil, moitié élu moitié désigné par l’autorité religieuse, ce qui existe aussi aux L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EST-IL AMÉRICANISÉ?23] États-U ni."'.Récemment, l'Université de Montréal, régie d'ailleurs en vertu d une bulle pontificale et d une charte civile, a vu ses destinées financières confiées à une société d’administration, où l'on reconnaît le board of trustees si répandu dans la République américaine.Pour un Européen, les constructions, l’installation matérielle des laboratoires ou des bibliothèques, la disposition des immeubles sur un large campus, paraîtront le signe suprême de la rutilance américaine.Sous cet aspect, les universités du Canada français sont longtemps restées européennes, faisant feu et lieu de tout, tassées dans des locaux d’occasion ou des immeubles engorgés.Il est certain que les mouvements récents d'expansion, les bâtiments plus vastes, l'enrichissement des laboratoires, la modernisation (les hôpitaux, l’acquisition de terrains étendus, sont d'inspiration américaine.Tout de même, ces améliorations ne .-ont pas étrangères à l'Europe où les Américains et les Canadiens sont parfois surpris de trouver le summum du progrès dans des écoles admirablement conçues, fût-ce matériellement.Un Européen, toujours, peu au courant de l'organisation universitaire, aurait peine à distinguer les institutions d’enseignement supérieur du Canada français des universités distribuées dans l'immense territoire américain.II y parviendrait cependant s’il pénétrait dans chaque faculté et dans chaque école pour y saisir les éléments — les mêmes — d’une résistance à l'absorption qui s’accomplit parmi des difficultés de toute sorte surgies de l’ambiance, imposées par la nécessité ou l’à-propos, et qui diffèrent selon qu’il s’agit des facultés de culture ou des facultés professionnelles.Une université catholique ne remplirait pas son rôle si, au delà des vérités naturelles, elle ne pénétrait par sa faculté de théologie dans le domaine des vérités révélées.Aussi ces facultés sont-elles les premières que les universités du Canada français ont organisées sous l’inspiration et l’autorité du Saint-Siège, qui, après leur avoir donné leur constitution, a approuvé leurs statuts.La faculté de théologie est une institution pontificale dans les cadres de l’université. 232 R K V U K TRIM K STKIKI.L K C A N ADI K N N K Les cours s’ordonnent tous vers le sacerdoce et son rayonnement: théologie, Écriture sainte, droit canonique, histoire ecclésiastique, histoire des dogmes, liturgie, prédication, hébreu, grec biblique, chant ecclésiastique, art religieux, archéologie.On chercherait en vain la moindre pénétration américaine dans renseignement et meme les programmes: nous sommes ici au cœur de la fidélité et de la résistance religieuse, et à la source de l’action catholique dont la pureté ne souffre pas d’écarts.La parole et l'esprit des pontifes romains, la plus pure tradition thomiste, animent l’institution d’une discipline absolue.Les facultés de théologie ne sont pas pour cela figées dans l’irréalité: elles s'intéressent à la vie nationale, où elles entendent faire pénétrer l'apostolat des prêtres, et même des laïcs.L’Institut Pie XI, annexé à la Faculté de théologie de Montréal, la Faculté de droit canonique, à Québec et à Ottawa, étudient, par exemple, les intérêts temporels de l’Église, son influence sociale, et les devoirs du chrétien, soit dans le domaine constitutionnel, soit dans le champ plus large de l’action catholique, ce qui les conduit à dégager certains aspects de la politique ou de l’économie; mais cet enseignement se borne au relevé des faits et s’arrête à l’énoncé des principes.Tout au plus donne-t-il lieu à une évocation, à une description des grands courants économiques, politiques ou sociaux qui marquent et caractérisent en profondeur la vie américaine, et qui réagissent même sur la tendance religieuse, comme cela s’est vu à propos de Vamêricanismi dénoncé par Rome.C'est la part nécessaire de la réalité, féconde d’ailleurs en enseignements de toute sorte; mais on ne la découvre, on ne l’observe que dans l’intention de fortifier l’attitude doctrinale.Il n’en reste que le souvenir d’un problème résolu.Kn dehors de l'université, on relève dans le domaine para-religieux deux influences américaines qui se précisent dès le séminaire pour rayonner ensuite dans la fonction sacerdotale: la présence d’étudiants américains dans la Faculté de théologie et l'installation aux États-Unis d’un nombreux clergé séculier.Le premier de ces deux phénomènes, très accentué il y a quelques années, tend à se restreindre, à disparaître même, parce que des séminaires ont été organisés dans certains diocèses des États-Unis qui gardent naturellement leurs jeunes gens.Des professeurs français ou canadiens-français furent d’abord délégués par leurs supérieurs vers ces séminaires américains: ce mouvement .¦ .' ' 'W '"¦ y.-k.-, ,-.v.—;— L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EST-IL AMÉRICANISÉ?233 aussi s’atténue, quoiqu’on en retrouve quelque chose, ici ou là, selon les obédiences.Quant à la présence aux Etats-Unis, à la tête des paroisses et des œuvres, de prêtres canadiens-français, elle constitue une véritable conquête apostolique; mais ici encore l’élan est moindre, le clergé franco-américain se recrutant maintenant sur place.Quel que soit I avenir de ces relations qui se relâchent, on ne laisse pas d’être frappé par l'apport considérable, les appuis de toute sorte, que l’Eglise canadienne-française, en fondant des paroisses, en ouvrant des écoles, des hôpitaux et des asiles, a fournis à nos «compatriotes d’outre quarante-cinquième», comme nous les appelons.Si ce n’était déplacer plus encore le sujet, je signalerais enfin l’œuvre admirable des communautés enseignantes et hospitalières— d’hommes et surtout de femmes - - accomplie aux Etats-Unis par les catholiques canadiens-français ou leurs descendants.Cette fois encore, c’est une influence canadienne que l’on enregistre, une action en retour: qu’elle s’accomplisse au prix de grands sacrifices, parfois de déceptions ou de défaites, il n’importe; elle prolonge aux États-Unis l’emprise de l’esprit français et de la foi catholique.* * * Longtemps confinée dans l’enseignement secondaire, la philosophie fut plus ou moins vivante selon les époques: solide et même brillante dans les débuts de la colonie, elle subit plus tard une éclipse pour renaître dans un élan de ferveur vers le thomisme.Aujourd’hui, elle a gagné l’enseignement supérieur d’où elle s’efforce de capter l'attention de l’élite laïque.Sous sa forme primitive, elle s’est bornée à la théorie, si l’on peut s’exprimer ainsi à son propos, elle qui ne peut être, par nature, que la théorie des choses, scicntia rerum per ultimas causas; et elle garde ce fondement d'absolu qui se retrouve dans les leçons de logique, de psychologie ou de cosmologie, voire de morale, formulées depuis un profond passé sous l’inspiration de saint Thomas d’Aquin et fécondées par la pensée de saint Augustin ou de saint Bonaventure.Cette partie de la philosophie demeure intacte comme la théologie; et son renouvellement récent, sa reprise de vie puisée 2.34 HEV IK TRIMESTRIELLE CANADIENNE (lan.'- une fidélité renouée aux sources moyenâgeuses n’ont fait qu accentuer son caractère traditionnel.De ce côté, aucune influence américaine; à moins que l’on ne fasse état de l’engouement de 1 Amérique pour la scholastique, mais ce n’est pas une influence des f.tats-I nis si c’est tout le contraire: une conquête du thomisme sur les écoles américaines, conquête conduite brillamment par Etienne Cdlson et qui, il est vrai, a singulièrement confirmé le Canada français dans sa volonté de réveil manifestée à la suite de la création de l’Institut médiéval d’Ottawa.Dans le domaine de la spéculation pure, des hommes comme .Mgr Paquet ou le R.P.hphrem Longpré, ont même rayonné au delà des limites tie notre pays.Ainsi 1 enseignement de la philosophie tend à faire pénétrer dans les milieux universitaires ou sociaux les principes qui sont à la base de toute civilisation.Les grands mouvements qui, périodiquement, transforment la société ont une origine philosophique: les idées que le philosophe élabore dans le silence de son cabinet et consigne dans des ouvrages réservés à une élite, n’y restent guère que pour un temps.L’heure vient toujours où un homme d’action s’en empare relations des deux pays — le traité d’Ash-burton, par exemple; il esquisse une vue d’ensemble du panaméricanisme, mouvement qui au delà des universités ne retient guère le Canada français; il prend, à titre* d'exemple concret, le mariage d’un Canadien avec une Américaine, pour en indiquer les conséquences d’ordre civil.Mais de vue d’ensemble distincte, en profondeur, point; rien au programme des facultés de droit qui soit réservé exclusivement aux relations canado-américaines.Ce n’est pas manque d'intérêt; ce serait plutôt faute de temps, les cours étant, je le répète, établis en fonction du droit civil qui est fondamental, omniprésent.Les spécialités, si utiles qu’elles soient, ne jouent jamais que le rôle de satellites; pour un peu on y verrait de simples appoints, plus ou moins nécessaires à la formation du jurisconsulte.Et cela n’est pas étranger, on l’imagine, à la force de résistance tenace et jalouse que le droit d’origine française et d'adaptation canadienne apporte au groupe français.Depuis 190G, les facultés de droit ont inscrit à leur programme l’économie politique, suivant l’exemple, d’ailleurs récent, des facultés de droit françaises.L’économie politique est fidèle aussi l’école française, utilisant — ainsi que font plusieurs universités américaines — le manuel de Charles Gide ou celui du II.P.Charles- 242 UK VU K TIUMKSTIUKU.K CANADIKNNK Antoine; mais le professeur, tout en respectant ce cadre théorique, s’arrête à l'application des principes qu’il énonce et considère les faits qui ont marqué l’évolution économique aux États-Unis et au Canada.Il y a donc là une pénétration américaine qui ne modifie pas nécessairement la doctrine fondamentale mais qui l’éclaire ou la justifie.Cet enseignement de l’économie politique, nous allons d’ailleurs le voir s'épanouir dans les écoles de sciences sociales, économiques et politiques qui ont été organisées au Canada français depuis quelques années.$ * ’ * I.'tenir ih s sciences politiques, économiques et sociales est d’origine et de type français.Envoyé en Europe par le Gouvernement de la province de Québec, en 1907, je m’inscrivis à l’Ecole des Sciences politiques de Paris.J'étais le premier Canadien à tenter une carrière dont je ne savais pas moi-même où elle me conduirait.Quelques autorités, consultées avant mon départ, m’avaient remis à la direction de leurs amis français.Trois ans plus tard, je revenais au pays enseigner l’économie politique et les sciences connexes.Durant les années qui suivirent, quelques-uns de mes élèves obtinrent à leur tour des bourses d’étude en Europe et suivirent les cours de l'Ecole de la nie Saint-Guillaume dont la renommée est universelle.A leur retour, je n'eus pas de peine à les persuader des avantages qu'une école de sciences politiques apporterait au Canada français et, avec leur aide et l'assentiment des autorités universitaires, je formai le corps enseignant d’une école où, à côté des diplômés de Paris, j’avais, selon l’exemple d’Emile Boutrny, réuni des spécialistes ou même des hommes qui, sans s’être spécialisés, avaient tenu une fonction sociale et réfléchi sur leurs responsabilités.Il y avait, certes, trois grands modèles, mais inatteignables: la London School of Economics, la Graduate School of Business Administration de Harvard et l’Ecole des Sciences politiques de Paris.Après avoir étudié les programmes de ces trois institutions et tenu compte de leurs tendances, nous avons fondé une école canadienne qui se rapproche plutôt des écoles similaires organisées par les universités catholiques de France, mais qui n’est pas la grande école.Plus tard, l’Université Laval de Québec et l'Université d’Ottawa suivirent.Québec insiste sur la sociologie et l'enseignement supérieur est-il américanisé ?243 Ottawa sur la diplomatie; Montréal a gardé un caractère plus général.Mais les trois enseignements tiennent compte des réactions américaines.Au fond, les programmes se comparent.Les uns et les autres comportent les sciences économiques et les sciences sociales, la politique et la géographie, les finances, le droit et quelques disciplines qui, ici ou là, selon les régions, ont paru nécessaires, la comptabilité par exemple et l’hygiène.Comme une base essentielle, la philosophie: philosophie sociale consacrée à la société, à l’État, à la famille; philosophie économique qui porte sur la propriété envisagée du point de vue économique, social, culturel, international.Ces programmes distinguent les écoles de sciences politiques, économiques et sociales des écoles de hautes études commerciales où, naturellement, on insiste sur la finance et le négoce.Ce sont fies écoles de culture qui réservent une place assez considérable au fait américain.Les sciences économiques - économie politique, économie sociale, finances privées, gestions financières - ne peuvent guère ignorer l’évolution de l’économie américaine.Il est impossible, par exemple, d’étudier la concentration industrielle, la standardisation.les modes de rémunération du travail, les grèves et les mouvements syndicaux, le commerce ou les problèmes monétaires et même bancaires, le change, la gestion financière en général, sans tenir compte des procédés américains, sans les expliquer et sans montrer leurs répercussions.De même les sciences politiques—science politique proprement dite, politique extérieure du Canada et des principaux pays étrangers, politique économique rencontrent nécessairement des manifestations d’origine américaine.Mlles s’y arrêtent et c’est ce qu’elles ont apporté de nouveau dans l’enseignement supérieur du Canada français.Mlles dégagent, par exemple, la Constitution des États-Unis, la politique économique du Canada et des États-Unis, ou, en politique extérieure, le rôle des États-Unis dans l’Amérique.Elles consacrent même quelques leçons à l’Amérique latine.Dans le domaine social, l’expérience américaine est telle qu’on ne saurait l’ignorer, ne fût-ce que pour révéler les réflexes de la vie économique.Les œuvres sociales, par exemple — qu’on appelle en France initiatives sociales — puisent des comparaisons sinon des inspirations aux États-Unis: assistance, prévoyance, misère, charité, placement familial, assistance institutionnelle, Family Welfare Societies, œuvres complémentaires de la famille, 244 RE VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE tribunaux, mères nécessiteuses, assistance publique, fédération des œuvres de charité, prévoyance, coopératives, hygiène individuelle, publique, scolaire.De même h* droit industriel, l’hygiène, enseignée d’ailleurs à Montréal par un Canadien français diplômé de Hopkins, ou la géographie humaine.Des cours de culture générale, comme l'histoire des doctrines économiques, fondés sur l'évolution européenne, source, ne l'oublions pas, de l'essor et même de la pensée des Etats-Unis, signalent quelques-uns des enseignements de l’école américaine, jeune encore mais vigoureuse.Il y a donc contact avec les faits et avec les idées qui lèvent du vaste mouvement américain; mais on se tromperait si on y voyait l’abandon d’une doctrine fondée sur la philosophie thomiste ou encore un renoncement aux institutions du Canada français dont les valeurs constructives sont dégagées dans un cours sur les institutions du Canada, correspondant au civisme des Américains ou à la civilité du XVIIIe siècle.Cet enseignement, inspiré par les États-Unis et la France, mais ramené au Canada français, porte sur le territoire, la Constitution, la province, la municipalité, l’école, la paroisse, l’association, les classes sociales, la famille et l’individu considéré dans son milieu, à la fois français, anglais et américain.La base philosophique ou nationale préserve les écoles des infiltrations trop poussées, les ramène et les maintient dans l’intention positive de préconiser une culture qui, au milieu de l’ambiance américaine, permettra des adaptations heureuses.Mais ce sont là des conclusions d’ordre général sur lesquelles je reviendrai.Bref, ainsi que me le dit un correspondant, «nos écoles de sciences s ne peuvent ignorer les problèmes américains.La recherche d’une solution canadienne à ces problèmes demeure de plus en plus l’une de nos préoccupations dominantes».Les écoles des sciences sociales, économiques et politiques ne conduisent à rien et peuvent mener à tout: à la vie publique, à l’action sociale, voire à l’activité économique; et les anciens élèves en sont la preuve; mais ces institutions se proclament écoles de culture et entendent bien le demeurer.Dr, il est intéressant de noter que c’est dans ce domaine de la culture que nous voyons pénétrer pour la première fois les préoccupations et les réflexes de l’Amérique.Une section de l’École de Montréal est réservée au journalisme, 7159 I,' ENSEIGNEMENT SUI’ÉIUEIK EST-II.AM ÉKI CAN IS K ?245 seul enseignement de ce, 'genre au Canada français.Ici encore, il a fallu refréner bien des ambitions et parer au plus pressé.Un cours fondamental est consacré à l’administration et à la rédaction du journal.Un cours porte sur l’histoire du journalisme et en particulier de la presse au Canada; un autre sur la législation.Cette section n’a rien d'américain, et même les points de contact qui existent ailleurs y sont réduits de beaucoup.L’enseignement porte plutôt sur l’histoire et sur la constitution d’une presse nationale opposée aux procédés américains.Sur ce point, AI.Georges Pelletier s’explique dans le chapitre de ce volume intitulé lu Presse canadicnnt -française.* * * La faculté dis sciences forme charnière entre les facultés de culture et les facultés ou les écoles professionnelles, et c'est ici qu'apparaît, sous la poussée de la pratique, un mouvement qui va s'épanouir dans les facultés ou les écoles professionnelles.La première, l'I niversité de Montréal a organisé une faculté des sciences.C’était en 1920: ii s'agissait, disaient les fondateurs, de répandre la connaissance scientifique, de former des professeurs pour les écoles normales, les écoles techniques et les collèges classiques et de contribuer, par la recherche, au progrès scientifique.Il avait paru nécessaire, à l'exemple des grandes universités, d’ajouter aux écoles de science i ” *e un centre où ceux qui étaient curieux do physique, de chimie, de mathématiques ou de sciences naturelles pussent recevoir un enseignement sans se plier à un cours professionnel.«On crut, remarque le doyen actuel, Arthur Léveillé, que la Faculté des sciences de l’Université de France pouvait servir de modèle, et l’on osa bien se proposer de faire comme à Paris.» Paris, c’est beaucoup dire; mais, si on compare les prospectus des universités disséminées dans les provinces françaises avec celui de l'Université de Montréal, on se rend compte d’une similitude voulue.La Faculté de Montréal est française parses cadres, ses diplômes et son enseignement, au moins pour ce qui est des disciplines fondamentales.Les programmes et l’organisation interne de la faculté ainsi calquée sur les universités françaises la distinguent nettement des institutions similaires du Canada anglais ou des États-Unis: ainsi, le P.C.X., année préparatoire 1462 246 H K V r K TH IM E ST HIK M.F; CANADIENNE I à la médecine; le système des certificats dont trois sont exigés pour la licence; la dénomination même de ces certificats -on en compte une vingtaine—; tout cela rappelle bien la conception française.Tout au plus signalerais-je la maîtrise, institution anglo-américaine, à laquelle la Faculté des sciences s’est résolue pour donner certaines facilités à scs diplômés.«Mais — continue le doyen I.éveillé dont le témoignage est précieux à cause de l’autorité dont il est revêtu et parce qu'il indique que les dirigeants de la Faculté des sciences de Montréal se sont préoccupés de l’influence américaine — nous ne pouvions pas oublier que le Canada est pays d'Amérique, ni échapper à l’influence, souvent heureuse, de nos voisins et de nos compatriotes de langue anglaise.Leurs méthodes scientifiques sont donc connues et utilisées chez nous, comme les manuels écrits en anglais; mais, en général, les auteurs sont français et la méthode vient de France» — sinon même, le professeur.Il est vrai que, avec l’aide de l'État provincial ou de la Rockefeller Foundation, plusieurs membres du personnel enseignant ont étudié, soit en Angleterre, soit aux États-L'nis.Le doyen Réveillé résume bien le caractère de la Faculté des sciences: française par la langue et, le plus souvent, par la doctrine fondée sur un manuel français, elle sait se conformer au milieu et tenir compte des théories ou des pratiques intéressantes qui se répandent et s’imposent en Amérique.Prenons, par exemple, le large domaine des sciences naturelles où se rencontrent les meilleures conditions d’une adaptation nécessaire et qui ont une tendance à se rapprocher de l’école américaine et à utiliser ses procédés et ses conclusions chaque fois que les circonstances de milieu y invitent.Il y a une géologie, une paléontologie, une minéralogie, une botanique canadiennes — et américaines par rayonnement.L’important, quant à la culture, c’est que ces phénomènes américains soient définis, expliqués, classifiés même, selon une méthode française, quoiqu’il soit impossible, dans bien ries cas, de ne pas recourir à des auteurs anglais ou américains si l’on veut pousser à fond les études.Je ne saurais donner meilleur exemple de cette façon de faire que les admirables travaux du R.F.Marie-Victorin qui a su exalter dans un style remarquable de couleur les richesses de la flore canado-américaine.Il en va rie même de la physique et de la chimie, fondées toutes deux sur des données françaises, enseignées toutes I 'enseignement supérieur kst-ie américanisé?deux en français sinon par des Français de France, mais ; " _ ‘es à l'ambiance canadienne ou américaine, enrichies de toute l’expérience du nouveau monde.A Québec, la Faculté des sciences, d'abord conçue sur le type européen, vient de subir d'importantes transformations dans le sens américain.Si les aspirants à la licence d’enseignement restent soumis à l'ancien régime, les élèves qui se destinent à la pratique bénéficient désormais des privilèges qui, jusqu'ici, étaient l’apanage des étudiants inscrits dans les universités de caractère anglo-américain, savoir: division du cours en unit.s ou par matières, choix libre de la plupart de ces matières, institution d'un baccalauréat ès sciences et d’une maîtrise, organisation d’une école des gradués dont font partie «tous ceux qui préparent des thèses de doctorat ou de maîtrise ou qui font des travaux de recherche, que ce soit en théologie, en philosophie, en droit, en médecine, en sciences, en lettres ou en agriculture».Voilà un coup de barre qui ne laisse pas de doute, et qui est bien une adaptation au milieu anglo-américain.Québec a osé, dans l’enseignement supérieur, instituer un régime qui permet à ses élèves de faire valoir des titres semblables en tout aux titres anglo-américains, alors que l’enseignement secondaire dans toute la province s’est refusé jusqu'ici à pareil mouvement.A l'Université de Montréal, Mgr le chanoine Émile Chartier avait proposé dès 1!)20 la création d’une « École de culture supérieure» qui eût réuni les élèves de la Faculté de philosophie, de la Faculté des lettres, de la Faculté des sciences pures, de l’École des Hautes Études commerciales et de l’École des sciences sociales désireux de pousser jusqu’à la maîtrise et au doctorat.Il serait vain de prévoir ce que l’Université de Montréal fera à la suite de l'initiative intéressante que prend l’Université Laval.Jusqu’ici, elle a ' " son caractère français et cherché plutôt à en imposer la reconnaissance aux universités anglo-américaines en faisant valoir la similitude d'un enseignement dont le tort, aux yeux de certaines personnes, est d’être réparti autrement le long des années du cours et de comprendre des disciplines traditionnelles.Si les universités canadiennes-françaises s’engagent dans ces voies nouvelles, elles devront, pour conserver leur caractère, fortifier la culture française.Nul doute qu’elles y arriveront.Ce n’est pas parce qu'on aura adopté, par exemple, le système des 1472 77603 24S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE «units» quo renseignement sera changé.On peut en dire autant de l’enseignement classique où un mode différent de disposition des matières laisserait intact l’esprit de l'institution.Mais si l’on ajoute à la nouvelle répartition des matières les sources bibliographiques anglo-américaines, abondantes surtout en sciences, on se demande si l’élève ne subira pas une orientation nouvelle.Non pas néfaste, nécessairement, mais sensible, lin économie politique, le texte de base répandu dans les écoles américaines est celui de Charles Gide traduit sous le titre Principles of Political Economy L’étudiant subit la méthode et la façon d’envisager la vie économique que Gide propose.Il en garde quelque chose.De même celui qui aura compulsé un manuel purement américain emportera de l’école des exemples ou des procédés américains.Cela peut influer sur ses attitudes.Adaptation intéressante, nécessaire sans doute, mais qui, répétons-le, impose aux institutions canadiennes-françaises qui s'y prêteront, de dresser, comme une résistance profonde, toutes les ressources de la civilisation française.La faculté d< médecine est la première faculté professionnelle que nous ayons à étudier puisque nous avons considéré la faculté de droit comme une faculté de culture.On remarque, tout de suite, une forte différence entre elles.Le droit est une tradition profonde; la médecine est un art qui a sa tradition mais qui est surtout une pratique, sans attaches essentielles, transformée par l’évolution de son propre progrès, sans cesse préoccupée de s’adapter aux découvertes de l’esprit et d’appliquer la science à ses thérapeutiques.On peut donc s’attendre à des pénétrations, américaines ou autres, dans le champ médical où le souci de guérir et de prévenir domine et s’impose.Jusqu’au moment où elle décida de s’adresser à la France pour lui demander un renouveau, la médecine, au Canada français, avait suivi les procédés en cours en Amérique.Ce fut comme on le pense, une période héroïque, que les autres pays américains connurent.Je ne me rappelle pas sans émotion une conversation avec deux présidents d’universités américaines qui me racontaient leurs débuts.Cette conversation s'était engagée à propos du choix des professeurs dans les facultés professionnelles du Canada fran- l’enseignement supérieur est-il américanisé?249 çai.s.J’avais expliqué comment, dans les premières années, le conseil de la faculté choisissait les professeurs parmi les hommes qui semblaient le mieux réussir dans leur profession, sans exiger d'eux des qualités de pédagogues; bref, comment on faisait appel à l’expérience et au talent , en consacrant le succès.« The dear old wuy», .-'écrièrent mes deux interlocuteurs.«J'ai été nommé professeur de mathématiques, ajouta l'un d'eux, sans que j'en connusse rien de précis.» Je ne veux pas dire que les professeurs de cette époque étaient désignés surtout s’ils ne savaient rien de la science qu'on leur confiait d'enseigner, mais bien qu’aucune méthode de recrutement, qu’aucune préparation particulière ne présidaient au choix des maîtres.Le Canada et les Ctats-Unis ont couru là les mêmes chances.Et ce serait une première similitude, d’ailleurs fort explicable dans des pays neufs.En médecine, certaines théories avaient cours qui ne présentaient rien de spécifiquement américain.On ignorait encore les bienfaits de l'antisepsie et, lorsqu'ils furent loués à la suite des travaux de Lister et de Pasteur, on hésita à les accepter, encore plus a les répandre.Il est intéressant de relever les réflexions d'un médecin de Montréal, ancien doyen de la Faculté de médecine, sur cette période héroïque de la médecine et de la chirurgie, période du «pus louable» et du défi à la désinfection.«Dépêchez-vous de profiter des méthodes nouvelles pendant qu’elles sont bonnes», disait en souriant un homme de l'art.On en profite encore, et ces méthodes font l’admiration du monde et son inestimable profit.("est vers 1897 qu'tm mouvement intense se dessina vers la France.Plusieurs Canadiens français, étudiarits et médecins, s’inscrivirent dans les universités ou les hôpitaux de France.Revenus au pays après plusieurs années d’étude, parfois avec des titres conquis de haute lutte, ils imprimèrent à l’enseignement un caractère nettement français qui persiste.La faculté de médecine, à Montréal et à Québec, est une faculté française: Renseignement s’y donne en français; les auteurs français y sont commentés et suivis; les méthodes françaises, préconisées.On perçoit mieux ce caractère si l'on considère certaines initiatives para-universitaires: l'Institut scientifique franco-canadien, organisme mi-canadien mi-français, accueille d’éminents professeurs de France, dont beaucoup de médecins, qui séjournent plusieurs mois au Canada Lançais et rayonnent parfois vers les provinces anglaises et les Etats-l nis.L’Association des médecins de langue française 250 I! 1 : VI • K T ! < IM KST II IKI.I.K C A X A DIK X X K de l’Amérique du Nord entretient le feu sacré et garde les traditions.Les facultés de médecine sont d’ailleurs calquées sur le type français.La faculté rie Montréal en particulier, par son année prémédicale, dite P.C'.X.L’enseignement comprend la théorie, la technique et la clinique.Les matières ont des désignations françaises.Beaucoup des professeurs ont poursuivi des études en France et ont ainsi accentué la formation qu’ils avaient reçue, soit à Québec, soit à Montréal.Les hôpitaux où se donne l’enseignement clinique ont aussi une physionomie française que renforce leur caractère catholique: la plupart sont confiés à des communautés religieuses qui veillent sur les malades, et même, en certains cas, administrent l'hôpital.Le corps médical, évidemment, garde la direction scientifique.Mais la vie des hôpitaux en fait des œuvres à part en Amérique, même si les installations s'inspirent ries £tats-L”nis.L'installation matérielle, en effet, décèle une influence américaine ou.si l’on préfère, nord-américaine, marquée.Curieuse adaptation qui fait que les médecins français de passage au Canada et rpii visitent les hôpitaux canadiens-français.s'étonnent d’un déploiement technique auquel ils ne sont pas toujours habitués; et constatent du même coup combien, dans ce décor qu'ils considèrent américain, leur esprit s’adapte et persiste, l'n tel fait, courant au Canada français, vaut qu’on s'y arrête.Je viens d’écrire le mot adaptation ; c’est une adaptation en effet, et qui se retrouve dans la plupart rie nos institutions: elle tient à la résistance même des Canadiens français: rattachés par leurs origines à la France, aux provinces de France, détachés par ailleurs de ces origines et placés dans un milieu nouveau et éloigné, ils sont contraints de vivre de leurs traditions s'ils désirent garder leur caractère, mais sont forcés tout de même d’emprunter quelque chose du milieu qui les entoure, fût-ce aux forces qui les menacent.La formation des garde-malades, assurée par les hôpitaux affiliés à la Faculté de médecine et contrôlée par une commission universitaire, et à un degré plus élevé l’enseignement supérieur des garde-malades donné à Montréal par l’Institut Marguerite d’Youville, semblent bien des initiatives d’origine américaine ou anglaise, l’université française ne se préoccupant flans un domaine connexe que des études de sage-femme que l’Amérique ignore d’ailleurs.Quant à l’hygiène elle n’est pas l’apanage de l’Amérique, si l'enseignement supérieur est-il américanisé?251 l’école européenne renseigne dès l’école primaire.Pourtant, le cours post-universitaire qui spécialise les médecins en hygiène publique et l’Ecole d’hygiène sociale appliquée de Montréal qui forme des infirmières hygiénistes ont suivi des exemples américains.Dans certaines circonstances les Etats-Unis ont participé directement au progrès des installations médicales comme d'ailleurs ils l’ont fait en France et en Belgique.La Fondation Rockefeller a invité une délégation de l’Université de Montréal qui allait ériger un nouvel immeuble sur le Mont-Royal, à visiter les facultés de médecine et les hôpitaux des États de l’est.Cette visite a eu une influence marquée sur la construction de l'université et.en particulier, sur la disposition des locaux réservés à l’hôpital universitaire rattaché à l’université même, selon une formule qui n’est pas, comme toujours, spécifiquement américaine mais qui.quelle que soit son origine, est pratiquée largement aux États-Unis.* * * L’aventure de la pharmacie résulte de l’évolution économique et marque l'influence de la pratique sur le caractère et l’orientation d’une profession.Quelle différence entre le «potard» d’autrefois et le pharmacien d’aujourd’hui; et même entre la pharmacie française actuelle et la pharmacie américaine.La transformation, au Canada, s’est produite en quelques années: ma génération a connu le pharmacien uniquement occupé à remplir des prescriptions et à vendre des drogues.Son officine avait un aspect sévère: les produits distribués dans des jarres; la montre simplement ornée de deux énormes bocaux rouges et verts et, parfois d’un mortier et d’un pilon; un laboratoire qui était toute la pharmacie et où l’homme de l’art, conscient d’exercer une profession, distribuait des herbes, des racines, des simples, réduisait des mélanges, combinait des formules.Le médecin prescrivait sous une forme brève, cabalistique, un remède ignoré, encore inexistant, et le pharmacien prenait la responsabilité de son exécution.Aujourd'hui, ce n’est pas un changement que l’on observe, c’est une métamorphose: méthode, attitudes, procédés, sont profondément transformés.Certains commerces prennent, sous l’action de la concurrence, une figure analogue: l’uni-prix, les succursales multiples, le grand magasin où l’on retrouve d'ailleurs ?_____________________ 1 I 9n9 K E XVK TRIM KSTRI HI.I.E C AN A DIEXN E la pharmacie, et la pharmacie même où Ton vend de tout, depuis le médicament breveté jusqu’à de nombreux articles de toilette et même dos jouets: de omni rc vendibili.Ce commerce — car c’en est un, et on a recommandé avec raison aux pharmaciens de se plier aux méthodes commerciales tient de la parfumerie, du débit de tabac, de la papeterie et de la confiserie.Rien de désagréable.une atmosphère active et fraie.Ht quel «service», pour employer un mot désormais consacré, de jour et de nuit, avec livraison à domicile; et réveil par téléphone, organisé et garanti! Tout cela est américain: rapide, empressé, bourdonnant.Il n'y a guère de différence entre line pharmacie de New-York ou d'Atlan-tic-City et une pharmacie de Montréal.Si quelques entreprises résistent, c’est au prix d'indispensables concessions.Le pharmacien persiste: il a toujours un laboratoire ou une officine, mais ce laboratoire a été chassé à barrière du magasin où il se blottit comme un souvenir de ce qu’il était autrefois, comme un musée des procédés antiques.Le médecin prescrit de moins en moins selon les formules anciennes; j] trouve commode et tout aussi bon d'indiquer le remède commercialisé, le produit qu’on appelle «pharmaceutique)) et qui correspond d’ailleurs à une formule reconnue, éprouvée, mais désormais standardisée et offerte en série.Ce commerce, conduit à coups de publicité dans les journaux, par la radio, par le prospectus distribué aux médecins et même au public, subit une double influence qui vient des fournisseurs: elle est pour une part européenne et pour une part américaine.Quelques produits pharmaceutiques viennent d’Allemagne ou d’Angleterre, mais la plupart sont importés de France et des États-Unis.Il s’établit ainsi deux courants qui alimentent deux marchés assez distincts, le marché canadien-unglais et le marché eanadien-français.Ce dernier importe de France une quantité de produits pharmaceutiques et de produits fie luxe: parfums, eaux de toilette, poudres, savons, fards.Les produits pharmaceutiques ont ici suivi le médecin: formé à la pharmacopée française, il terni à à prescrire des produits français.Mais le produit français est cher, s'il porte le poids des droits de douane et d'accise et, de surcroît, les frais de transport.Le produit américain supporte de moins lourdes charges et pénètre plus aisément.11 bénéficie aussi des facilités (l'ordre économique (pie lui apporte le vaste marché — le sien propre auquel il doit pourvoir et qui représente une l’enseignement supérieur est-il américanisé?253 énorme clientèle habituée à ne pas discuter le produit en série.Si le prix des marchandises exotiques monte à l’excès, ou si l’on se rend compte que les conditions économiques s’y prêtent, on a la ressource de fabriquer un produit canadien, fût-ce sur une formule à peu près identique, et de l’écouler à meilleur compte.Ainsi s'est constitué peu à peu une industrie canadienne, canadicnne-franeaiso même, du produit pharmaceutique, qui tente d'écarter du marché le produit français et le produit américain.Les manufacturiers ont d’ailleurs la ressource de se «canadianiser», de se transporter eu territoire canadien et d’y installer des usines.De ces mouvements il résulte que l’industrie pharmaceutique est aujourd'hui internationalisée, comme d'ailleurs sur une moindre échelle les pharmacies dans les grandes capitales; mais les origines subsistent, elles résistent: il y a un marché français et un marché américain au sein même du marché canadien qui se constitue.Quel sera dans de semblables conditions le rôle de l’école canadienne-française de pharmacie?Garder en Amérique le caractère français de la profession de pharmacien, malgré le formidable assaut qu’elle subit.«Notre École, disait naguère AI.Joseph Contant, directeur de l'École de pharmacie de Montréal, est.à proprement parler, la seule école de pharmacie de langue française en Amérique; et, à ce titre, elle croit qu'il lui incombe de jouer dans cette partie du monde, un rôle de tout premier ordre.Elle s’est donné pour mission le relèvement et le progrès scientifique et professionnel de la pharmacie chez nous.Soucieuse d’occuper une place (pii ne soit inférieure à aucune sur ce continent, elle s'inspire des meilleures méthodes, particulièrement des méthodes suivies en France où l’enseignement de la pharmacie est le plus avancé et fait école».La pharmacie, devenue une industrie et un commerce, exige un enseignement renouvelé qui la sauve, une solide formation.Autrement, le pharmacien ne sera plus qu’un négociant sans rôle spécifique, sans intervention professionnelle, un pharmaeopole.La pharmacie française tient à ce refuge scientifique par toutes scs fibres et c’est bien dans cet esprit, dans ce souci de la profes-sionnalité que se maintient l’École de Montréal.Pour y atteindre, elle accentue le caractère scientifique de ses enseignements.Elle désire former un producteur.«Le grand souci de l’École de pharmacie, disait encore AL Joseph Contant, le but vers lequel elle tend de toute son énergie, est de former des 254 KEVUE TKIMESTIilELLE CANADIENNE compétences professionnelles capables de reconnaître les matières premières, d’en déterminer l’identité et la valeur, de contrôler par l’analyse et le dosage la valeur médicinale des préparations et des produits qui lui sont offerts par l’industrie; des compétences aptes à créer de nouveaux produits, à produire par elles-mêmes ou à assumer la direction technique et scientifique de laboratoires pharmaceutiques industriels».Produire et contrôler.L’École fortifie son caractère scientifique: chimie et physique, pharmacodynamie, biologie, botanique, matière médicale, hygiène, pharmacie chimique et galénique, pharmacie magistrale.La chimie est confiée à un Français et à îles Canadiens français formés à Paris.La pharmacie est enseignée par des anciens élèves de l'École, comme la matière médicale, la botanique, l'hygiène.Bref, l'enseignement de la pharmacie est dressé en réaction contre la pratique.Il se ressent de l’évolution que cette profession a subie.Il veut sauver l’homme de l’art, malgré les atteintes, les envahissements de la vie économique.L'Université de Montréal n’a pas cédé; l’Université Mc Gill, si; il n’ y a pas d’école de pharmacie à Québec.L’École de Montréal est donc la seule, pour tout le Canada français.Œuvre de salut d’une très vieille institution française, et très recherchée, très sérieuse, elle tâche de garder son type.La profession elle-même tient, malgré tout, grâce à l’école.Lille est jeune, cette profession, dans notre pays neuf où tout est jeune.Nous avons presque assisté à sa naissance sous la forme corporative d’abord, encore liée à la médecine, subjuguée par elle; puis luttant pour l’organisation de ses cadres, la libre disposition de ses intérêts, la conduite exclusive de son activité.Il n’y a guère que soixante ans qu’elle a pignon sur rue et le droit de réglementer le «commerce de chimiste-pharmacien, ou de chimiste et droguiste, et la vente des poisons».Que ces mots ont aujourd’hui un air vieillot! L'important, c’est que la pharmacie existe, qu'elle ait une vie indépendante et reconnue, qu’elle fixe les conditions d’entrée dans le corps qu’elle forme, et qu'elle institue et dispense un enseignement approprié à ses fins.Par l'école, elle peut garder ce que représente encore de français ce commerce imprégné d’idées sociales, de service, cette profession qui se rapproche de la médecine et s'associe à la grande mission de l'hygiène.Parlant de ceux qui ont fondé l’École de Montréal, le directeur I.ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EST-IL AMERICANISE .actuel, M.A.-J.Laurence, indique cette œuvre de salut accomplie malgré tout, parmi les difficultés et les tendances du monde moderne: «Ces hommes avaient un idéal, une haute et juste conception de leur rôle, de leur responsabilité, de l'importance et de la dignité de la profession.Aussi se préoccupaient-ils de son progrès moral et scientifique.Il incombe à la génération actuelle, si elle ne veut ni démériter ni déchoir, de s'inspirer d’un même idéal, d’opposer aux tendances et aux entraînements contraires dont nous sommes assaillis, d’effectives et salutaires réactions.Qu’une avidité exagérée du gain non plus qu’un esprit de lucre sordide no nous détournent pas de notre objet.Il doit être possible de concilier la dignité professionnelle avec les nécessités pratiques de l’heure présente, sans verser dans un commercialisme outré, où les rôles sont renversés, où l’accessoire submerge le principal, où le professionnel cède ou plutôt livre la place au commerçant.» On ne saurait exprimer mieux la pensée profonde qui continue d’inspirer, dans la marée montante des procédés commerciaux qui l’assaillent, la pharmacie française.Üs ! : Avec Y École polytechnique, nous entrons en plein dans la pratique ou dans l’art entendu comme application des données de la science.L’ambiance exerce ici une influence directe, et l’on doit s’attendre à une adaptation de l’esprit français aux méthodes et aux procédés qui ont cours en Amérique, sur toute la terre nord-américaine, et qui sont déterminés par le milieu: terre et climat.Les exigences de la pratique, la volonté aussi de donner aux Canadiens français les facilités nécessaires à l'exercice de certaines professions, ont provoqué la naissance d’écoles orientées vers la formation de spécialistes et de praticiens.Ce mouvement récent — il compte à peine cinquante ans, et encore! — s’est précisé assez vigoureusement avec le vingtième siècle.L’une des premières préoccupations fut de former des ingénieurs afin de permettre aux jeunes Canadiens français de participer à l’essor industriel et à l'expansion économique qui s'accentuait dans notre pays.Commencée modestement sous la forme d’une école primaire supérieure, Polytechnique de Montréal s’est orientée rapidement vers le type de l’École centrale des Arts et Manufactures de Paris.Cette transformation s’accomplit sous la direction et avec le concours de HE VUE THI.MESTRIELLE CA.VADIKWE 256 profe—curs 'onus do trance.Do fait, les premiers prospectus portent la trace vivo do ces influences européennes; les programmes aussi qui marquent une tendance vers les sciences mathématiques et physiques.L’École polytechnique a gardé beaucoup de ce premier caractère, de cette formation générale et théorique, mais elle s'est aussi adaptée au milieu canado-américain.Idle a conservé sa structure mathématique et les disciplines scientifiques empruntée- au domaine de la physique- ou de la chimie, qui persistent d autant plus que ces sciences sont encore enseignées en partie pardes Européens qui.d ailleurs, loin de repousser ou de négliger les méthodes américaines, le.- préconisent au besoin.Le personnel actuel de l'École fournit une autre indication sur l'orientation de 1 enseignement: des professeurs se sont perfectionnés à Paris, à Londres, et plusieurs aux États-Unis.Des anciens élèves ont complété leurs études au Massachusetts Institute of Technology.Longtemps la direction fut confiée à des Européens, Français ou Belge-, mai-, depuis quelques années, ce sont des Canadiens français qui a.-.-urent la conduite de l’École: le principal a pris ses degrés supérieur- en I-rance et aux États-Unis; le directeur est passé par Londres.Ce dernier, dans un article sur la Carrière d’ingénieur, insiste sur le «vaste champ» où rayonne le génie civil: travaux publics, industrie, administration.L’ingénieur, somme toute, assume 1 installation et le fonctionnement de l’outillage économique.il est partout, il conçoit et dirige tout.C’est un bâtisseur.Naguère, Paul Adam et le marquis de Vogué- ont dressé, dans des romans qui eurent un grand succès, la silhouette énergique de ce conquérant des pays neufs, au service d'une finance audacieuse et tenace.Ce n’est sans doute pas une idée américaine que de confier à l’ingénieur un rôle de premier plan, fie lui ouvrir les a-pirations les [tins diverses.Depuis longtemps, l’Europe s’est engagée dans cette- voie : il suffit de se reporter à la formation qu’il reçoit en France pour reconnaître que, bien ailleurs qu’en Amérique, 1 ingénieur est le type du producteur.Mais cela est peut-être plus sensible sur notre continent où tout est à faire, où l’horizon vide accueille tous les espoirs, conseille toutes les audaces.«Il est le spécialiste des réalisations matérielles, écrit le directeur de l’École polytechnique de Montréal, M.Armand Circé.Le savant fait une découverte; c'est le rôle de l’ingénieur d’en assurer la mise en production.Dans tous ses travaux, études d’avant-projets, préparation de plans, contrôle et direction technique, etc., il applique l’enseignement supérieur est-il américanisé?257 la méthode scientifique à l’utilisation et à la mise en valeur de forces naturelles.Sa profession est aussi un art et une science, puisqu’on même temps qu'il fait appel aux calculs et aux disciplines scientifiques, il doit recourir aux règles de pratique établies et à l’expérimentation, et posséder les connaissances générales et les facultés de l’esprit le préparant à prendre les initiatives qui feront de lui un dirigeant et un chef, faute de quoi il ne sera jamais qu’un homme de métier, quelle que soit l’étendue de ses connaissances techniques.» Les Américains reviennent à cette culture générale qu’on exige aujourd'hui de plus en plus dans les écoles de génie disséminées sur le territoire des États-Unis.11 y a donc accord sur ce [joint capital: donner à l'ingénieur un ensemble de connaissances fondamentales et compter sur l’expérience pour assurer sa spécialisation.Retour inattendu qui confirme l’attitude à laquelle s’est toujours attachée l’Ecole polytechnique de Montréal.Et si on se demande à quel point les méthodes américaines ont influé sur l'enseignement du génie au Canada français, on trouvera — si curieux que cela paraisse — que ce sont plutôt les méthodes en honneur à l’Ecole de Montréal qui ont fini par s’imposer dans les universités américaines.Il n’y a pas, il va sans dire, de répercussion directe, et les États-Unis ne sont pas venus chercher un modèle au Canada français, mais la similitude d’orientation à laquelle on est re^té ici fidèle et vers laquelle on est retourné ailleurs prouve que les institutions d’enseignement destinées aux ingénieurs obéissent dans les deux pays à des principes identiques.La culture générale ainsi préconisée et sauvegardée à Montréal exige des études secondaires solides et des connaissances d’ordre administratif et social.Quant à la formation professionnelle, elle résulte aussi, et d’abord, d’études poussées dans le domaine des sciences; puis, des enseignements nécessaires qui jaillissent de la pratique.Le domaine des sciences, le domaine théorique si l’on veut, reste d’inspiration européenne; mais la pratique entraîne un appel constant aux procédés américains ou — je le répète, car il est parfois bien difficile d’établir des distinctions nettes — nord-américains.Il ne peut pas en être autrement: les mesures, les matériaux, la mécanique, imposent leur fait à l’ingénieur: et c’est tout le vaste domaine de l’exécution qui contraint le génie jusque dans le moindre détail de mise en œuvre.Construire un pont, une route, installer une usine ou une It K V U K TR IM II.STItI Kl.I.K CA N A DI K N N K 25S mine, exécuter des travaux d'art, tout cela exige un outillage et une série de procédés que l'ingénieur trouve dans le champ même où il exerce ses fonctions et auxquels il se plie; mais il reste l'esprit conduit par la culture générale et qui sauve son originalité.Cet esprit, l’école canadienne-française le préserve et le fortifie par un enseignement fondé sur la connaissance et le culte des traditions artistiques venues de la Méditerranée, enrichies au souffle des grands siècles français.Mais -j'y reviens les choses sont ainsi ordonnées dans le monde: à la suite des pénétrations économiques ou des réactions sociales, on ne reconnaît plus guère l'inspiration d’une vie qui tend à s’uniformiser.C’est ici le lieu de mentionner une intéressante école, rattachée à lTniversité Laval sous le nom d'Ecole d'arpentage et de génie forestier.Le génie forestier, quel joli mot! Et, pour le Canada, plein de promesses.L’Ecole donne des cours théoriques de mathématiques pures ou appliquées, de chimie, de sciences naturelles, de géographie et d'histoire, de législation et de dessin.Le tout en français, évidemment, et selon les principes que nous connaissons, mais avec ce que ces matières peuvent emprunter, le cas échéant, aux données américaines.L’influence des Etats-Unis qui ont, de ce côté, fait d'importants progrès, se manifeste surtout dans l’application, dans ce que le programme appelle «les sciences forestières proprement dites»: dendrologie, reboisement, sols, exploitation des forêts, sylviculture, dendrométrie, industrie forestière, protection des forêts, technologie forestière, aménagement des forêts, économie forestière et ce dernier sujet qui étonne les profanes, mais si précieux, presque humain: «la chirurgie arboricole».Tout cela obéit à la formidable exigence du milieu, et il n’est pas étonnant que les méthodes américaines — j’entends toujours, du continent nord-américain — soient étudiées et appliquées.De fait, ceux qui ont organisé l’enseignement forestier sont deux anciens élèves de Yale, qui se sont aussi inspirés des méthodes de Nancy, d’Italie et de Suède qu'ils ont étudiées sur place.On sait que l'exploitation de la forêt est, en Europe, un art véritable.Que de fois ne me suis-je pas perdu dans la forêt française, surveillée, sans cesse renouvelée, 259 l’enseignement supérieur est-il américanisé?ratissée, soignée avec minutie, au sol balayé, où les branches mortes sont réunies en fagots, les troncs cordés — en songeant au délabrement de nos bois où la nature amortie par l’insouciance humaine amoncelle de misérables débris qui la déparent et l'étouffent.En somme, nous retrouvons dans l'Écoleforestière une double action, française et américaine.Cette action, j’ai voulu la poursuivre jusque dans le domaine administratif, dans les services d’entomologie et de botanique du Gouvernement de la province.Elle ne varie pas, mais elle se précise dans la pratique.Les textes de base sont français pour la physique et la chimie; les autres, américains.Dans la bibliothèque, les auteurs américains dominent: près de quatre-vingt-huit pour cent pour dix français et deux canadiens.Peut-être y a-t-il, pour l’arboriculture, un peu plus de français.Les instruments de précision, souvent de marque allemande, viennent des États-Unis.Parmi les fonctionnaires, îles anciens de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, d’Oka ou de Cornell.Et la conclusion reste la même: le milieu commande, il impose la méthode, le procédé du plus fort ou du plus nombreux, riche déjà d’expérience, et merveilleusement organisé.* * * Il y a deux écoles supérieures d'agriculture dans la province de Québec.La plus ancienne, l’École de Sainte-Anne-de-la-Poea-tière, fut fondée en 1859.Celle d’Oka remonte à 1893.La culture du sol est une industrie disséminée.Les agronomes, formés dans des écoles professionnelles et placés au centre d une circonscription, guident les individus, c’est-a-dire le grand nombre des cultivateurs.L’école, dans ces conditions, rayonne sur l’ensemble du pays et reflète, en les suscitant au besoin, les tendances et les caractères de la production.D’un autre côté, plusieurs diplômés font valoir leurs terres ou entreprennent des cultures spécialisées.On s’attend donc il ce que l’enseignement agricole tienne compte des influences multiples qui font pression sur les êtres et qui résultent, soit de leur position géographique, soit de leur voisinage humain, soit même de leurs traditions.1 raditionnel-lement, le cultivateur canadien-français a gardé beaucoup des façons de faire de ses ancêtres; puis, il a subi au cours des cinquante dernières années les incitations du progrès nord-américain, qu’elles lui soient venues de son compatriote anglo-saxon des Provinces U K V l • K TH IM K S T HIKI.I.K C A.\ A DI K N N K 260 maritimes ou do l’Ontario ou, plus directement, des Etats-Unis.Je songe, par exemple, aux instruments agricoles, aux procédés de la grande culture, à l'amélioration du bétail, à l'installation de certaines industries, aux méthodes de vente.L’école d'agriculture tient compte de ces sources et les utilise.Son programme comporte les matières que l'industrie, c’est-à-dire la pratique, lui impose, et ses méthodes se reportent, soit à la Franco, soit au Canada anglais, soit aux Etats-Unis, selon qu’elles paraissent gagner à ces emprunts.Si bien que nous rencontrons ici un exemple typique d’adaptation aux nécessités du milieu et à l’orientation de l'activité dans une sphère importante de l’économie.Fxemple que nous fournit l’Ecole polytechnique et même, bien qu'à un moindre degré, l’Ecole des Hautes Etudes commerciales ou l'Ecole de pharmacie, mais qui prend plus d'ampleur et révèle plus de variété à cause de l’étendue et de la multiplicité des entreprises agricoles.Le haut enseignement agricole dans la province de Québec est français par la langue et par son objet même qui est de diffuser et d’affermir les connaissances (pie réclament, pour réussir, les producteurs du sol dont le succès et l’enrichissement assureront la survie.Cet enseignement est aussi français dans ses origines et dans ses aspirations.Voilà ce qu’il faut établir d’abord, tout en notant que l’école d’agriculture n’a pas du tout l’intention de formuler des disciplines qui seraient exclusivement canadiennes non plus que canadiennes-françaises.On distinguera, ici comme ailleurs, les sciences fondamentales des sciences purement pratiques ou d’application.Les sciences fondamentales — botanique, minéralogie, zoologie sont de source canadienne-française, en raison du milieu; les mathématiques, la physique et la chimie, la géologie générale, puisent aux sources françaises; l’économie politique aussi.Quant aux sciences appliquées— économie rurale, grande culture, horticulture, pomologie phytopathologie et entomologie, l'action de la pensée et des méthodes américaines y est beaucoup plus sensible.Si, en économie rurale, quelques données restent françaises, le farm management ou le farm survey sont surtout de type américain ou canadien.La grande culture obéit aussi à ces trois impulsions.En horticulture— distinction que nous retrouvons dans les ministères — on s’inspire d’auteurs français pour la théorie, en partie du moins et, pour la pratique, d’auteurs américains «tout en adaptant le L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EST-IL américanisé ?tout, ajoute mon .correspondant, à nos conditions étiologiques)).Par contre, la pomologie est exclusivement d'inspiration américaine pour la théorie et pour la pratique; de même, ou à peu près, la phytopathologic et l'entomologie.Primons, à titre d exemple des «sources d'inspiration» de 1 enseignement, celui de la zootechnie, une des principales sciences inscrites au programme des écoles d'agriculture: A - Alimentation rationnelle îles animaux rie la ferme: 1 ' Criinh théorique.La théorie alimentaire est entièrement d'inspiration française: les maîtres français sont les sources où l’on puise presque exclusivement.Un seul auteur anglais.d’Oxford, fait exception.Les théories américaines seraient incomplètes.2 Guide des recherches.Les sources d’inspiration en ce qui concerne les méthodes de recherches sont américaines, mais elles sont complétées et adaptées aux conditions où se trouve le Canada français.3" Guide pratique.La pratique est à la fois canadienne (non pas canadicnne-française exclusivement) et américaine.On tend de plus en plus à faire œuvre personnelle: ainsi on a, dans le Québec, schématisé déjà toutes les rations alimentaires.B — Appréciation des animaux de la ferme par leur aspect extérieur.La théorie de cet enseignement est française, la pratique est américaine: les expériences du laboratoire américain sont «adaptées à nos conditions».Ainsi: pour la production ovine, sources d'information canadiennes et américaines; pour la production porcine, plutôt canadiennes-anglaises; pour la production chevaline, françaises et américaines; pour la production bovine, américaines d’abord, puis canadiennes et françaises «un peu».Les principes d’élevage sont d’inspiration française; l’étude des races, plutôt de source anglaise ou américaine.C — Iiygicne: La théorie générale est toujours, ou presque, d’inspiration française «d’abord», mais l’hygiène spéciale et son application, sont canadiennes ou américaines.À- 262 HKVt'E TRIM ESTRIKI.I, K IAN" A DIEN'N'E Ajoutons que le cours de l’École d’Oka, comme celui’^de l’École de Sainte-Anne-do-la-Pocatière, comporte des années "de formation générale et une année de spécialisation.Le programme prévoit huit spécialités vers lesquelles les élèves peuvent se diriger.Chaque spécialisation exige des études théoriques réparties par heure ou units avec, dans l’après-midi, des «périodes de laboratoire».( )ka s’est donc engagé dans la voie américaine sans renoncer pour cela à son caractère.Les instruments de laboratoire viennent, comme l’enseignement, d’Europe ou des États-Unis.Les livres des bibliothèques et les revues sont en grande partie de provenance américaine: soixante-dix et quatre-vingts pour cent.Les proportions de la France sont respectivement de vingt-cinq et de cinq pour cent.Tous les journaux sont canadiens.Quoiqu’il en soit, une résistance à l’absorption se manifeste.Qu'il faille subir des contacts, même des pénétrations, on n’en disconvient pas.On s’inspire quand il le faut, et surtout dans la pratique, des méthodes américaines; mais, même en ce qui concerne les procédés, les ouvrages ou les manuels, on évite si on le peut d’y recourir et, de toute façon, «on se sert de son jugement pour améliorer l'enseignement».On reconnaît qu'il y a avantage à emprunter aux États-l'nis, «dans une certaine mesure»; mais on préférerait que les élèves qui poursuivent des études de perfectionnement fréquentent moins les universités américaines, et davantage celles de France, de Suisse, ou même celles du Canada français, parce (pie, dans ces institutions.la formation générale est plus complète et parce que la spécialisation à outrance est déplorable.Xous rejoignons ainsi une pensée qui s’est déjà exprimée à propos d’autres professions et un courant d’idées qui se fait jour, nous le savons, même aux États-Unis.La tradition finirait par triompher, ce qui serait loin rie déplaire au Canada français, ce qui le justifierait même de fidélités dont il a porté le reproche en même temps qu’il y trouvait sa survivance.* * * Ces caractères, indiqués par le directeur de l’École d’agriculture d’Oka, sont aussi bien ceux de l’école vétérinaire qui lui est aujourd’hui rattachée: même base scientifique, même orientation.On en a jugé par le programme de la zootechnie.L’École 2G3 l’enseignement supérieur est-il américanisé?vétérinaire, fondée—-comme d'ailleurs l’École d’agriculture — par un français, est restée fidèle à l’école française vers laquelle elle s’est tournée des le début et, plus tard, le moment venu de renouveler son enseignement.Les programmes se ressemblent comme deux frères.Sous des adaptations américaines, la tradition d'Alfort demeure, entretenue par les professeurs do France, au moins pour la culture scientifique, La formation professionnelle, me dit,-on, «se ressent beaucoup plus de la proximité des États-Unis, du prestige des universités américaines, de raisons commerciales (instruments, médicaments), de certains règlements qui ne laissent pas le choix des méthodes, des publications américaines, enfin.Néanmoins, dans nombre de cas, l’École vétérinaire s'efforce d’utiliser et de faire connaître les méthodes françaises ignorées dans les milieux anglo-saxons ».Voilà encore une réaction intéressante du Canada français.* * * I.'Ecole des Hautes Etudes commerciales, installée à Montréal dans un immeuble construit sur les plans d'un architecte français, est d'inspiration européenne.An moment de sa fondation, vers 1907, l’enseignement supérieur du commerce avait pris en France, en Belgique et en Allemagne une orientation à laquelle l’Angleterre se ralliait.L’école de Montréal fut confiée à un directeur de nationalité belge, assisté de quelques Furopéens et de Canadiens français.Le programme porte encore la marque européenne, celle de l'école d’Anvers sans doute, mais aussi de l’École des Hautes Études commerciales de Paris: même désignation des cours, même répartition des matières, même orientation; la disposition physique même, surtout celle du musée commercial, ressemble à celle d'Anvers.La comparaison est révélatrice.L’école de Montréal a de tout temps entretenu avec.s écoles d’amicales relations intensifiées par la collaboration de spécialistes de1 France ou de Belgique à sa revue: la Revue économique canadienne, devenue Y Actualité économique.L’École n’ignore pas les États-Unis.La direction s’est toujour- préoccupée des tendances de l’enseignement dans lies universités américaines.Par l’entremise de l’Institut scientifique franco-canadien, des cours sur l’organisation des entreprises furent donnés 2(14 REV C E TR IM ESTIi IE LL E C A \ A DIE X X E à Montréal par un expert français rattaché à une grande école américaine.1/École des Hautes Études commerciales tenta même d'instituer, sur le type américain, le case work, où l’élève, par des monographies comptables, devait se familiariser avec le rouage interne des grandes inst i tut ions des États-Unis; mais ce mouvement fut abandonné parce qu'il ne cadrait pas avec le genre d'activité auquel se destinaient les diplômés canadiens-français.A 1 École des Hautes Études commerciales de Montréal — et il en est ainsi à l’école de Québec -, le cours, si l'on fait al >st ract ion des études préparât oi res.est de t rois ans et ne comport e point d'options; du moins en a-t-il été ainsi depuis le début de l'École.On le modifie aujourd'hui dans le sens de la spécialisation; mais, pendant trente ans.il a répondu à une idée très nette: donner aux élèves une préparation générale aux affaires, sans orientation particulière, sauf en ce qui concerne la comptabilité.Le cours comprenait les sciences économiques, les sciences juridiques, les langues modernes, les mathématiques, la technologie et les matières commerciales.Le régime s'appliquait à tous, sans distinction essentielle.L'École formait bloc: on préparait les étudiants à une profession ou à un métier qu'ils exerceraient selon les tendances qui seraient les leurs, par tempérament ou par chance; on escomptait qu'ils se plieraient plus vite, ainsi avertis, aux leçons de l'expérience.Or.dans des universités anglo-canadiennes ou américaines le régime est différent: l'élève fait un an de culture générale qui l’initie à des connaissances fondamentales; puis, trois ans de spécialisation où on lui impose un groupe de matières parmi lesquelles il reste libre de choisir celles qui, à son idée, sont de nature à compléter sa formation et à la fortifier.C’est la spécialisation dès l’école, principe tout différent de la conception à tout faire.Ce régime n est pas nouveau, il n’est pas même spécifiquement américain: je l’ai connu à l'École des Sciences politiques de Paris où les cours, répartis par sections, comprenaient des enseignements dits fondamentaux qui étaient obligatoires et des enseignements réguliers que nous choisissions dans une liste arrêtée d'avance, retenant les sujets qui nous attiraient davantage ou nous paraissaient utiles.La direction de l'École des Hautes Études commerciales vient de tenter quelque chose en ce sens: elle inaugure deux années de formation générale et une année, non pas tout à fait de spécia- : ' J.!»• - • .¦.L: 1.ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EST-IL AMERICANISE?lisation, mais plutôt d’orientation; elle ne va pas jusqu’aux options qui, dans les universités américaines, permettent de disposer d’un programme établi selon lies besoins ou les goûts individuels.Elle ira sans doute plus loin en instituant un cours post-universitaire où les diplômés se spécialiseront.s que ce soit là des mouvements d'inspiration américaine.Pour le reste — et c’est presque pour le tout—-l’École des Hautes Études commerciales de Montréal demeure une institution de type européen à tendance canadienne.Les sciences juridiques, l'histoire et les langues gardent des disciplines essentielles et dressent des cadres rigides qui doublent, dans le domaine du négoce et de la finance, les préoccupations auxquelles répondent la Faculté de droit et la Faculté des lettres.Les sciences économiques, augmentées de la géographie, empruntent au milieu des traits américains ou anglo-canadiens: impossible d’étudier la concentration industrielle ou commerciale, la production du blé, du maïs ou du coton, de l'acier ou de l’automobile, sans signaler les conditions et les progrès de l’industrie américaine ou américanisée; mais rien n’empêche, à côté de ces faits, d’établir les chances d’une économie nationalisée qui viendrait à l’appui des résistances françaises au Canada.Les sciences physiques ou chimiques, la technologie, les mathématiques enseignées par des Français ou par des Canadiens français retour de France, à l'aide de manuels français —- fût-ce avec des appareils ou des instruments américains -conservent une allure française, une orientation et une ambiance françaises, mais peuvent à l'occasion, doivent même, tirer de l’essor américain, de l’actualité américaine, des exemples ou des modèles, sinon des conseils de prudence, de modération.Restent les méthodes comptables qui palpent le pouls de la grande production.Elles sont françaises.En comptabilité, me confiait un collègue, notre base est française parce que la théorie française est excellente.On commence même par un traité français et on habitue l'élève au vocabulaire de France — difficile adaptation mais discipline précieuse—, puis on passe aux procédés américains assouplis aux grands organismes de la vie économique.La complexité de cet enseignement, français d’essence, d'attitude, d’expression, et anglo-canadien ou américain par raison pratique, obligé de trouver son propre vocabulaire, préoccupé à la fois de tradition et de réalité, poursuivi dans des laboratoires installés par des fournisseurs américains pour la plupart, appuyé LL H K V C K T HIM K ST H11:1,1.K CA \ A D11 : N .V K 2 sur une bibliothèque mi-française mi-américaine, nous est apparue sitôt que nous avons pénétré dans les écoles professionnelles.Ces écoles se préservent par l’esprit.Un visiteur européen ne s'y trompera pas: l'École des Hautes Études commerciales de .Montréal, moderne, attirée par l'évolution américaine, attentive au progrès qui l'entoure, qui la sollicite, sait conserver les traits qui la distinguent et qui la rattachent à ses origines: elle nous offre un merveilleux exemple de l’adaptation à laquelle les Canadiens français se sont prêtés, quand ils l'ont voulu, pour tirer, fût-ce d’un milieu hostile ou simplement dangereux, un moyen, un gage de survie.* * * L'Ecole d’uptomêlrie est récente: fondée en 1910.elle s'affilia à l’Université de Montréal en 1925.Les études durent deux ans; mais les aspirants font à la 1'.acuité des sciences nue année préparatoire qui porte sur les mathématiques, la physique, la biologie, la chimie, le dessin et la philosophie et reçoivent un certificat qui les admet à l'École d'optométrie.Pour les disciplines scientifiques, ce que nous savons de la Faculté des sciences s’applique donc en partie à ces jeunes gens.Pour la formation professionnelle, l'École d’optométrie est une école de type nettement américain, calquée sur Columbia.D’ailleurs, toutes ces écoles ont été classées et on leur a tracé des États-1 nis un programme semblable.L'École de Montréal donne évidemment son enseignement en français et utilise des manuels français en physique, en chimie et en ophtalmologie.En optique physiologique, elle recourt à des manuels américains, de même qu’en optométrie où les Américains excellent.Tous les appareils, à cinq pour cent près, viennent des États-Unis et, dans la bibliothèque, les rayons sont chargés de livres américains.J’ai gardé pour la fin de ces monographies comparatives la Faculté de chirurgie dentaire presque totalement américaine, et qui se fait gloire de l’être.Mieux encore, cette faculté rayonne, à titre d’institution américaine, sur l’Europe et sur l’Amérique.Sans doute, comme toutes nos facultés et nos écoles, la Faculté I.'ENSEIGNEMENT supérieur est-il américanisé?267 de chirurgie dentaire de Montréal est une institution française, la seule qui existe en Amérique.Française par la langue, par l’esprit et le caractère, l’atmosphère qui l’enveloppe et l’anime est particulièrement vivante.Il suffit, pour s’en rendre compte, d’assister à l'une des manifestations qui réunissent chaque année les élèves et les professeurs, ou de participer aux congrès et aux réunions d’études qui groupent les praticiens, aujourd’hui nombreux, formés à la Faculté de chirurgie dentaire.Ce sont joyeuses agapes et discussions vives à quoi l’on reconnaît le tempérament français.Mais l’enseignement même, et la disposition de l’école, l'installation des services et des laboratoires, sont de type américain.La corporation des dentistes compte deux tiers de siècle.De 1869 à 1893, il n'existait pas d’école de chirurgie dentaire: l'aspirant procédait comme avait fait jadis l’apprenti des corporations anciennes, l’étudiant en droit ou en médecine: il s’inscrivait chez un patron, apprenait les éléments de l’art par la pratique, suivait, à la Faculté de médecine, des cours sur l’anatomie, la physiologie et la chimie, faisait même de la dissection et, ainsi muni, subissait un examen final qui l’admettait parmi les dentistes.L'établissement d’une école de chirurgie dentaire mit fin à ce régime.D’abord bilingue et destinée aux étudiants anglo-canadiens et franco-canadiens — les premiers aussi nombreux que les derniers—, elle fut dans ses débuts plutôt ((rudimentaire».Puis elle s'affilia à l’Université et s’installa, en 1907, dans l'immeuble qu’elle occupe aujourd’hui.Les Anglo-Canadiens poursuivirent, de leur côté, une entreprise distincte.Institution américaine, la Faculté de Montréal l’est par plusieurs aspects.Physiquement même: l'immeuble où elle se trouve a été érigé «après des visites faites par les londateurs, en compagnie d'un architecte, aux meilleures écoles dentaires américaines».Harvard et Philadelphie ont été les modèles.La disposition des amphithéâtres et des salles de clinique, l’installation des laboratoires de prothèse, de technique avancée, de céramique, des pièces affectées à la chirurgie, l’outillage — celui qui sert à l’enseignement et celui qui appartient aux élèves—, la bibliothèque: tout est d’inspiration et de réalisation américaine.Si la langue et certains reflets du laboratoire de morphologie «à l’aspect d’un atelier d’artiste», parent la Faculté d’un caractère français, c’est dans une ambiance que reconnaissent tout de suite les spécialistes des États-Unis. RK Vt.'E TRIMESTRIELLE CANA DIEN'N E 21 is I) ailleurs, la l'acuité est fusionnée à 1 Association of American and Canadian Dental Faculties qui réunit trento-huit institutions des I\i t at s-1 nis et eiii(| du C anada.Les membres de ee groupement professionnel se rencontrent tous les ans et discutent leurs intérêts communs.Les règlements de cette association exigeaient un enseignement en anglais pour qu’une école fût affiliée: par un vote unanime, il- furent modifiés et la faculté de .Montréal admise dans les cadres.Le programme d'études de ces institutions, ainsi rendues officielles en quelque sorte, a été arrêté, à la suite d’une initiative de 1 Institut ( arnegie, par une commission réunie à Toronto et dont faisait partie le docteur Kudorc Dubeau, doyen de la faculté de Montréal.A la suite d’une enquête ^conduite par la Carnegie Foundation, la Faculté de Montréal a été classée dans la catégorie A.c’est-à-dire, au rang des meilleures écoles d’Amérique.L’enseignement est à la fois médical, scientifique et technique.La partie médicale est considérable: anatomie, histologie, matière médicale et thérapeutique, physiologie, auscultation, séméiologie, anatomie pratique.Pourtant, plusieurs estiment que les élèves trouveraient avantage à faire trois ans de médecine et deux ans de spécialisation.Pour cette section du programme, il suffit de rappeler ci* que j ai dit de la médecine: la base est française.Les sciences comme la chimie, la physique et les sciences appliquées: électricité, métallurgie ou radiologie, sont aussi d’inspiration française.Ce qu il y a de spécifiquement américain se rapporte a 1 exercice de la profession proprement dite, à la pratique dentaire: dentisterie opératoire, anesthésie, anatomie et physiologie dentaire, couronnes et ponts, prothèse, orthodontie, pyorrhée.Les auteurs, les procédés, les instruments, sont américains; de même les installations.Une des difficultés, qui se retrouve ailleurs nous le savons, est d établir un vocabulaire pour cet enseignement américain fpii se donne en français avec l’aide de manuels anglais.Fnfin, comment ne pas signaler le rayonnement de la Faculté de (hiturgie dentaire de .Montréal en f.urope, en France et en Belgique1 notamment.La première école dentaire de ce continent fut fondée en 1839 à Baltimore par des Français qui ont formé le- fameux dentistes américains dont on connaît le succès en Kurope.Aujourd’hui, par un curieux retour, les dentistes de France ou d’ailleurs, d’Asie même, viennent chercher au Canada l’ensei- l’enseignement supérieur est-il américanisé?209 K ne mont français qui s’y donne et des élèves de Paris et de Haïti reçoivent des bourses d'études pour la Faculté de Montréal.* * * J’ai recherché, jusqu’ici, en quoi les principales facultés et écoles du Canada français sont entraînées dans le sillon américain.Je n’ai pa.- épuisé la liste des institutions rattachées aux universités: il reste la musique, l’élocution, les beaux-arts et le dessin, le tourisme, la bibliothéconomie, sans compter certains enseignements techniques.Cet accueil, ce groupement des fonctions et des métiers les plus divers dans le giron universitaire, n’est-il pas en soi la marque de l’américanisme qui veut être utile au grand nombre, à la masse des électeurs dont la générosité est sans cesse sollicitée en faveur du budget de l’enseignement?Ainsi considérés, ces services largement proposés seraient la rançon du progrès, un impôt au profit de 1 ’efficiency.On le croirait, tellement tout cela paraît «américain» au premier coup d'œil.Il n'en est rien pourtant.Nous le savons, on trouve en Europe les mêmes écoles spécialisées, destinées au tourisme, à la cuisine, à l’hôtellerie, aussi bien qu'à la musique, à l'élocution ou à la bibliothéconomie.Une seule différence: si ces institutions d’ordre plus pratique ou plus terre à terre, plus immédiat si l'on veut, sont inscrites en Europe dans les prospectus officiels de F «Enseignement supérieur», elles ne font pas pour cela partie de l’université; tandis que en Amérique — et au Canada français en particulier — elles sont affiliées ou annexées à l’université.Et cela indique quelle idée on se fait sur ce continent du rôle d’une université et, ch1 surcroît, que le Canada français s’engage dans cette voie puisque, s'il n’a pas relié jusqu’ici à scs universités les écoles de beaux-arts, ou de métiers, il a du moins accueilli, à l’exemple des États-Unis, la musique sacrée et profane, le tourisme, l’élocution, la bibliothéconomie, les pêcheries, l’éducation familiale et sociale et la pratique ménagère.Sur cette dernière, je me suis expliqué suffisamment, et je ne vois guère ce que j’ajouterais à ce que j’en ai dit à propos de l’enseignement primaire: le degré, ici, ne change rien et les écoles supérieures obéissent aux mêmes tendances que les écoles inférieures si (dies inspirent celles-ci et les fournissent en professeurs et en idées.Mais il reste la musique, le tourisme, la bibliothéconomie et l’élocution.* * * 270 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE S il est un art universel, c’est bien la musique.Sous toutes les latitudes, fût-ce dans le décor le plus banal, on retrouve l’identique sensation, l’emprise du même rythme.Certes, il y a des nuances! L Afrique, 1 Asie, les Amériques, l’Europe même, rendent chacune une harmonie troublante et offrent des transpositions inattendues; et 1 on a vu les modulations noires, par des voies obscures, atteindre les palaces des capitales les plus civilisées.Mais la musique classique garde dans le monde son unifiante domination.Dans ce rayon, le Canada français réagit à peine: il subit l’influence française ou belge, sinon celle de Berlin ou de \ ienne.Des compositeurs se réclament de \ incent d Indy, de Théodore Dubois, de Gabriel l'auré, surtout de César T ranck.de quelques Allemands et de quelques Russes.Quant à l'enseignement supérieur, qui nous intéresse surtout et qui se donne dans plusieurs institutions annexées à 1 L Diversité de Montréal et a 1 Ecole de musique de l’Université Laval, il n emprunte rien à l’Américain non plus d'ailleurs qu’à 1 Anglais que 1 on juge trop savant.Reste l’exécution, qui dépasse l’école si elle en jaillit.L’ensemble symphonique est une entreprise coûteuse et de réalisation assez complexe: il exige un public et des artistes.Les Etats-fins y appliquent leur puissance de nombre et d argent.Ils rayonnent sur le Canada par la radio.11 faudrait, pour les imiter au ( anada français, former des groupes: on s’y est essayé depuis quelques années avec l’assistance du Metropolitan Optra, où réussissent plusieurs ( .'anadiens français qui se sont faits avec un admirable dévouement les propagandistes de la musique classique.Pour fixer ce mouvement, il n’y a que 1 école mais a la condition qu elle ne s'attache pas plus au métier qua la culture.\ oila pourquoi la formule universitaire préconise l’art d’abord.Le champ du folklore intéresse davantage l’ensemble des ( anadiens trançais: il s élargit d'ailleurs et le Conservatoire de Montreal lui a consacré une section.Cela représente plutôt une reaction contre 1 américanisme: conquis comme le monde entier par 1 e jaz?, les Canadiens français tentent d'éveiller le sentiment populaire a 1 endroit des chants «nationaux» venus ou repris des provinces de France.C e qui ( tonne, e est 1 influence inverse, celle du Canada français sur les Etats-Ums, du moins sur certains Etats de l’est, et particulièrement en ce qui touche la musique religieuse.Cette influence s exerce par I enseignement de plusieurs professeurs de l’e.VSKIGNEMKNT SUPÉlUEUH EST-11.AMERICANISE ?271 Montréal et par des jurys d’examens.A Burlington, me dit-on, l’enseignement du plain-chant est «tout à fait canadien-français ».Les Américains se tournent vers la province de Québec dont «les méthodes sont plus claires».Ainsi pour le rituel: l’expert de Hollywood, par exemple, est un Canadien français d’origine qui fait autorité dans les scènes d’église accompagnées de musique.Il y aurait bien des choses à dire, poursuit mon correspondant, sur un sujet qui m a toujours tenté: les évêques américains et les musiciens d’église canadiens-français.On compte une quarantaine de ces musiciens fini, aux Etats-Unis, ont exercé leur art et occupé d’importantes fonctions, attirés et retenus par les chefs diocésains.C’est qu’ils avaient pour eux la tradition.Avant que le plain-chant ne fût réformé, les manuels canadiens-français étaient «ce qu’il y avait de mieux» en Amérique.Au Conservatoire de Montréal on a greffé la composition sur la théorie grégorienne et, «si le Conservatoire était mieux organisé, il attirerait des élèves de New-York et de Boston.» Une foule de gens viendraient des Etats-Unis cultiver la musique et apprendre en même temps le français: toujours cet espoir de rayonnement du Canada français par ses disciplines philosophiques, ses théories sociales, ses lettres et ses arts! Combien il s’imposerait mieux en Amérique si seulement il s’y décidait.Mais qui facilitera cette expansion, jaillie des valeurs profondes de la population?* * * Sur YÊcole de tourisme, il y a peu à dire sinon que son enseignement est dirigé dans le sens des traditions, des coutumes et des institutions du Canada.C’est l’objet .même de son programme.Il s’adresse aussi à l’étranger, indirectement, puisqu'il le sollicite; mais l’École même n’est guère américaine, elle est plutôt européenne d’inspiration: au fond, je la crois canadienne-française, tout simplement.1 .'École d’éducation familiale et sociale répond à l’idée de répandre parmi le peuple les principes de l’action catholique et de développer les initiatives sociales.C’est une école canadienne.Dans le large domaine qui fait l’objet de ses études, elle rencontre nécessairement les institutions américaines dont, à l’occasion, elle tire un exemple; mais elle demeure, dans son enseignement et dans KKVCE TK1MKSTKIEI.I.K CANADIENNE ses preoccupations, un centre canadien-français d’action et rie ray o n ne m e n tca t h ol i q u e.L’élocution double la langue.On peut dire, par exemple, du Conservatoire Lassalle de Montréal ce que j’ai dit de la Faculté des lettres: institution de culture, il se dresse contre les pénétrations américaines.La bibhothècononuc est, de naissance, américaine et canadienne-anglaise: elle a doté Montréal d'une institution semblable, au moins d'intention sinon de cadre et d'atmosphère, à celles qui existent chez nos voisins anglo-saxons.Plusieurs professeurs ont fréquenté les cours de Columbia ou de McGill.La directrice applique à la bibliothéconomie, à la recherche et à l'histoire du livre, les méthodes de l'École des Chartes de Paris.Il est curieux d’observer, en passant, que la Vaticane accueille les procédés américain."! toujours la meme complexité, le même entre-croisement, jusque dans la moindre initiative! Les écoles des braux-arts conservent la tradition française, saut à 1 adapter dans la pratique aux facilités américaines, dans le domaine des arts décoratifs, par exemple.L'école technique, a un degré de culture moins élevé, offre peu près les mêmes caractéristiques, plus prononcées encore dans la pratique, que Polytechnique.J'.lle a installé Montréal I f.cole du meuble dont 1 origine est française et qui tente avec succès une remarquable adaptation canadienne.Cette enquête sur l’enseignement au Canada français nous a donné des précisions et indiqué des attitudes.L’école reste vivante si elle garde profondément sa fidélité française au milieu des forces (pii l’assaillent.L’école élémentaire et le collège classique ne sont pas touchés, ou à peine.Leur organisme se fortifiera par la culture.C est 1 enseignement supérieur qui cède, (pii est contraint de céder; et encore, pas tout l'enseignement supérieur: les facultés de culture résistent, elles réagissent au sein de I université comme réagissent, au sein de la nation, l’école primaire et le collège classique.Mais les facultés et les écoles professionnelles doivent compter avec la formidable réalité, avec la pratique qui les presse.Enfin, nous avons senti dans certains domaines: théologie, philosophie, droit, lettres, sciences sociales, musique, une sorte de contre-attaque, LKNSKIGN KM K N'T S UP KKIK l'H EST-IL AM KH IC AXIS K ?273 do conquête accomplie par le Canada frança saillants du territoire américain où la race franç: par le nombre et par l'esprit.Précieuse indic survivre simplement, plus ou moins tapi dans groupe ethnique, vraiment conscient de sa eiv promesses, verra-t-il, par la rénovation de ses jour et rayonner sa destinée française?C’est compte, la seule assurance (pie reçoivent nos qui ne se sent pas, qui ne se lacère pas.se brise contre la matière.is sur des points lise compte encore ¦ation: au lieu de le souvenir, notre ilisation et de ses forces, grandir un le seul avenir qui traditions.La foi un jour ou l'autre Edouard Moxtpetit DISCOURS PRÉSIDENTIEL A LA S.C.H.N’., LE 1er FÉVRIER 1 940 L’INSTITUT BOTANIQUE: VINGT ANS AU SERVICE DE LA SCIENCE ET DU PAYS Mesdames, messieurs.La fin de l'année officielle de la Société canadienne d'IIistoire naturelle me ramène encore une fois à cette tribune pour offrir suivant l’usage, à nos membres, et au public qui suit avec sympathie notre marche et nos travaux, quelques pensées stimulantes ou réconfortantes, propres à affirmer, devant un monde retourné à la folie de la guerre, la valeur et l’absolue nécessité des œuvres de l’esprit, des œuvres de la paix, des œuvres de l’esprit de paix.A chaque renversement du sablier, durant les longues années où j'ai occupé le plus consciencieusement que je l’ai pu le fauteuil présidentiel de notre société, j’ai examiné devant vous des questions diverses, mais dont le leit-motiv restait essentiellement le même.Me permettez-vous d’en rappeler quelques-unes ?La Science et noua (1920) était un inventaire assez humiliant de nos déficiences et de nos attitudes par rapport à la Science; Le Jardin botanique de Montreal é 1929), portait en terre une humble graine devenue aujourd’hui un grand arbre; Les Sciences naturelles dans VEnseignement supérieur (1930), proposait des directives aux techniciens de l’enseignement, et un cadre logique pour les études d’une Faculté des sciences en terre canadienne-française; Les Cercles des Jeunes Naturalistes; leur raison d'être (1932), prêchait une nouvelle croisade des enfants, croisade qui, vous le savez, a merveilleusement atteint ses objectifs; Dix ans après (1934), analysait les résultats des dix premières années de la S.C.H.X.; La tâche des Naturalistes canadicns-français (1935), indiquait les domaines vierges, dressait l’inventaire de l’outillage intellectuel et matériel dont nous disposons, proposait une méthode de travail, et cherchait à organiser l’avenir; Pour un Institut de Géologie (1937), demandait avec insistance de combler une lacune grave dans la cité de notre culture; enfin, La Science et notre Vie nationale (1938), reprenait vigoureusement le thème de La Science et nous pour marquer le chemin parcouru et jalonner l’avenir.Tous ces travaux n’avaient qu’un but, ne faisaient que répéter obstinément, pour les rendre percutantes, les mêmes idées élémen- L INSTITUT BOTANIQUE: VINGT ANS AU SERVICE DE LA SCIENCE 275 taires: il faut d’abord aimer la science pour elle-même; il faut la cultiver parce qu’elle est le ressort principal de notre civilisation matérielle; il faut susciter des institutions propres à créer un milieu scientifique canadien-français, sans quoi nous ne serons jamais un peuple digne de ce nom et nous resterons à jamais une tribu de tâcherons et de domestiques, une caste d'insexués dans la ruche de l’humanité civilisée.Je me suis demandé quel pourrait être le sujet des ultima verba que je dois prononcer ce soir en quittant définitivement la présidence, pour reprendre avec joie ma place de simple membre à vie de la S.C.H.X.Certains événements récents, certaine épée de Damoclès suspendue sur cette maison durant ces dernières semaines m’ont engagé à me rendre aux désirs des amis de nos œuvres et à choisir un sujet qui pourra paraître d’une extrême actualité.* * * 1920, 1940! En regardant en arrière, en déroulant à rebours le film de ces vingt années écoulées depuis la fondation de l’Université de Montréal comme telle, je trouve tout un ensemble de travaux, de réformes, d’œuvres, d’entreprises qui reconnaissent l’Institut botanique et son cercle d’influence comme la source première ou principale de leur inspiration.De ces œuvres, de ces entreprises, quelques-unes ont périclité; certaines, au fil des années, se sont développées et petit à petit sont devenues imposantes; d’autres, à peine sorties du germe, ont tout de suite pris des proportions colossales, tellement était criante la nécessité qui les appelait à la vie.I.a Société canadienne d’Histoire naturelle, fondée le 10 juin 1923.doit son existence à l’Institut botanique.Elle doit aussi largement à la ténacité du personnel de l’Institut, aidé du groupe de l’Institut de zoologie, d’avoir pu passer à travers vingt années qui ne furent pas sans vicissitudes.Notre Société ne peut et ne devra jamais l’oublier.De plus, l’Institut botanique est l’un des foyers sur lesquels les naturalistes canadiens-français devront toujours compter pour maintenir notre groupe ethnique, dans un domaine important, à un niveau culturel convenable.En ces temps troublés où tout est remis en question, où les institutions les plus essentielles ne sont jamais sûres du lendemain et sont sans cesse obligées de justifier leur existence, j’ai cru utile de prendre date, en faisant une rétrospective des vingt années 1 27 G H K V U K TH I M KSTHI KM.K C AN A DI KN N K d’histoire que termine cette année l’Institut botanique de ]'(J ni-versité de .Montréal.Vous pensez bien que je n’ignore pas tout à fait ce qu’il y a de délicat, ou plutôt d’indélicat, à se raconter soi-même, puisqu’aussi bien je ne puis, durant cette période, séparer ma vie et ma personnalité de la vie de l’Institut botanique.J’essaierai d’être objectif et impartial, de mettre à l’échelle toutes ces modestes choses dont je connais, mieux que personne, l'imperfection et la fragilité.Cette chronique que j’écris pour mes frères d’armes n’a qu’un but, et ce but, désintéressé: donner du courage à tous, dans la lutte qui s’avère très dure pour la défense des droits de l’intelligence et de la culture, dans un monde où tout conspire pour les étouffer.Vous pensez bien aussi que je ne cherche pas à minimiser, encore moins à faire oublier l'admirable travail qu’ont accompli, à côté de nous, nos confrères des sciences physiques.Dans le monde de la physique, de la chimie, des mathématiques, il est difficile aujourd’hui de se tailler place au soleil.Mais en raison de la valeur culturelle intrinsèque de la physico-chimie et des répercussions dans le domaine économique, nos amis n'ont pas le droit, malgré leur pathétique pénurie de moyens matériels, de jeter la cognée.Ils ont au contraire le devoir de dominer leur misère de toute la force de leur énergie inemployée; de frapper aux portes jusqu'à les ébranler; d’exiger, au nom de l'intelligence, et aussi au nom de leur désintéressement, ce qu’aucun peuple civilisé ne refuse à ses hommes de science: un toit, des outils, des livres et un croûton de pain ! Encore moins peut-être, parce qu'ils sont plus près de nous, ne puis-je oublier le grand mérite et les réalisations de premier ordre de nos très chers amis de l’Institut de zoologie et de l’Institut de géologie.L’Institut de géologie vient de naître.J’ai eu la joie d’aider à sa création.J’ai eu la plus grande joie d’assister, dans le court espace de quinze mois, à son rapide développement et à son incontestable succès.Je veux lui rendre ici un témoignage préliminaire: notre Institut de géologie qui détient le record de la pauvreté universitaire pour l’Amérique du Nord, semble aussi détenir celui de l’enthousiasme! Que de richesse en cette pauvreté! De l’Institut de zoologie, je ne dirai ce soir que peu de chose, car l’an prochain, notre collègue le docteur Georges Préfontaine, — cpie, usant de mon droit de membre, je vous propose d’élire comme président,— vous fera lui-même la rétrospective de cette institution qui est si largement son œuvre propre.Qu’il me suffise de l’institut botanique: vingt ans au service ni: la science 277 dire ici combien la culture raffinée et la riche personnalité du directeur de l'Institut de zoologie, sa générosité et son désintéressement personnel, ont été générateurs de vie et de différenciation pour l’institution qu'il dirige.Préfontaine, se distinguant en cela de tant de petits Hérodes, ne craint pas les talents qui peuvent naître à Bethléem, je veux dire qu’il ne craint pas de s'entourer de fortes personnalités et d’hommes de valeur.C’est une virile qualité de chef.Le développement des services de la biologie générale, de l’entomologie, de l’ichtyologie, sont le résultat des conceptions claires, ries démarches et des intelligentes directives du maître de l’Institut de zoologie.I.La « PU ÉHISTOIKE » DE l’I.NSTITUT Provancher, publiant en 1SG2 sa Flore canadienne, avait éveillé la curiosité des Canadiens français à l’endroit de la Cité des plantes.A la même époque l’abbé Ovide Brunet, qui avait étudié en Europe en vue de l’établissement d’un jardin botanique à Québec, enseignait la botanique dans la chaire de l’Université Laval.L’ne certaine atmosphère était ainsi créée, fini, dans un milieu moins hostile à la science que celui de la bourgeoisie ch' cette époque, eût pu engendrer les foyers d’enseignement supérieur des sciences naturelles que possédaient déjà tous les peuples convenablement civilisés.Vers 1900, la Flore de Provancher était devenue curiosité de bibliophile, un «Canadiana» recherché, mais le mouvement botanique s’était éteint.Il n’y avait plus chez nous aucun botaniste professionnel, et à peine une douzaine de Canadiens français connaissaient un peu les plantes du pays: l’abbé H.Dupret, S.S.S., D.-X.Saint-Cyr, E.-Z.Massicotte, le Père J.-C.Carrier, C.S.C., le docteur L.-D.Mignault.E.-R.Faribault, l’abbé P.Lemay, Sœur Sainte-Amélie, C.S.C., Arthur Pelletier, le Père G.Ducharmc, C.S.V., le chanoine Y.-A.Huard, l’abbé F.-X.Burque et quelques entomologistes comme le Frère Jos.Ouellet, C.S.V., Germain Beaulieu, Gustave Ghagnon, l’abbé Jos.Mignault.Il n’y avait pas de véritable enseignement de la botanique, pas de laboratoires, pas d’herbiers publics importants.C’est à ce moment que, mordu au poumon gauche par un ennemi qui ne m’a jamais pardonné complètement, je partis, ordre de la Faculté, mon Provancher sous le bras, à la conquête d’un monde, le monde innombrable et muet de la flore laurentienne dont aucune tribu n’était encore entièrement soumise.J’avais vingt ans! On ne doute 27S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE de rien à cet âge.Et la foi qui transporte la montagne voulait ici seulement au lirin d'herbe arracher son secret! Dans l’érablière du Collège de Saint-Jérôme il faisait ce matin-là un beau soleil de mai.Air pur et frisquet.De toutes parts, dans les feuilles mortes, pointaient des feuilles luisantes, maculées de pourpre, et par-ci par-là une clochette jaune inclinée sur sa hampe.Assis sur un erratique moussu, je demandais au livre ouvert sur mes genoux de me dire le nom de cette plante.Comme il arrive à tous les débutants, je n’arrivais pas à manier les clés analytiques! D'ailleurs, les clés des flores ne sont là que par tradition! Elles ne servent guère qu’à ceux qui connaissent les plantes! \ int à passer France Bastion, sa hache sur l'épaule, h rance Bastion est un pur produit de l’environnement du gneiss laurentien: petit, épaules voûtées, bon comme la vie, et doué d'un bon sens (pie jamais livre n’entama.— Qu’est-ce que vous cherchez, mon frère?- Le nom de cet herbage à fleur jaune! — Comment ! Vous connaissez pas ça! Bénite! C est 1 Ail-douce, mon frère, c’est F Ail-douce! Vite, je cours à la table des matières.«Ail-doux» me renvoie à «Erythrono d'Amérique».C’était bien cela! Sans France Bastion, je me serais peut-être dégoûté là, sur cette pierre.Je la revois parfois cette pierre dont la mousse n’a pas grandi,et je rencontre parfois le vieux France.J'ai voulu lui faire entendre qu'il est responsable de ma carrière de botaniste.Il n'a jamais compris complètement.Il a retenu seulement que je ne suis pas bien connaissant dans les «racinages».Un an plus tard,— c'était en 1904—-j’eus le très grand avantage de rencontrer celui qui devait être, en même temps que mon ami et mon conseiller, un collaborateur très compétent et très dévoué.Le F.Rolland-Germain ne m’a quitté que pendant un séjour de dix années à Ottawa, circonstance qui d'ailleurs ne réussit pas à nous séparer.Ensemble nous avons exploré notre grand pays, du Témiscamingue aux Iles-dc-la-Madeleine, et de l’Abitibi aux Cantons de l'Est.Il est encore là aujourd'hui.S’il avait eu le loisir d écrire, sa contribution à la connaissance de notre flore eut été considérable.I! a vieilli lui aussi, il a épousé une canne; mais son esprit est encore aussi alerte et sa collaboration aussi précieuse.De 1908 à 1920, dans un isolement presque complet, mais dirigé et encouragé par le professeur M.-L.Fernald de l’Université l'institut botanique: vingt ans ait service de la science 27!) Harvard, dont nous publierons quelque jour la volumineuse et très importante correspondance, je poursuivis sans défaillance l’étude de la flore laurentienne.Sans défaillance?Je dois cependant avouer qu'en 11112, pris par le soin d’œuvres de jeunesse qui m'étaient très chères, je faillis tourner le dos à l’étude de la Botanique.Cette année-là, la composition et l’exécution d'un drame historique canadien,— drame de collège qui vaut ce que valent ces choses-là,— m'accapara tout entier.Charles L< Moynr fut une naïve tentation, qui fîti 11 it détourner mon humble vocation scientifique, et peut-être retarder indéfiniment la fondation de l'Institut botanique.Mais cela passa.()h! la tentation revint bien parfois agiter ses grelots, et j'eus des velléités littéraires qui se firent jour dans les Récits laurenticns et les Croquis laurentiens, deux petits livres de jeunesse qui ont fait leur chemin tout seuls, et auxquels je ne pense plus que pour relire, à certaines heures pénibles, Us dernières lignes du «Renchaussage»! Malgré ces escapades passagères, je demeurai fidèle à mon étude favorite, car c'est durant cette période que je fis mes études floristiques sur le Témiscouata, le Témis-eamingue, les Iles-de-la-Madeleine et autres lieux.II La période héroïque Je n’étais ni d'Athènes ni de Rome, et à cette époque je n'avais jamais eu l’idée de mettre les pieds à l'Université.Lu ce temps-là, la filiale montréalaise de l’Université Laval fabriquait tranquillement des séries de tabellions, de savants confrères et de maîtres mires.En dehors de ces «utilités publiques», l'Université ne s’occupait de personne et personne non plus ne s’occupait d'elle, sauf les messieurs de Saint-Sulpico, qui fort obligeamment lui baillaient un conférencier de lettres, le couvert, le feu et la chandelle.Une nuit d’automne,— c’était le 22 novembre 1919,— l’Université flamba dans le ciel, et au matin, il ne restait que les murs.Ce fut le signal, ou l'occasion, de l'émancipation des facultés montréalaises et de la constitution de l’Université de Montréal.On s’avisa qu'une université ne se conçoit pas sans une Faculté de sciences.On la fonda.Quelqu’un fit ensuite remarquer qu’une faculté de sciences ne se conçoit pas sans une chaire de Botanique.Comme on avait pourvu à d’autres chaires en cherchant si quelqu'un n’avait pas écrit quelque chose sur la matière dans les journaux ou revues, on pensa que celui qui, de 1908 à 1920, avait écrit trente-neuf notes ou articles sur la flore canadienne devait être un peu botaniste, ou au moins que, dans ce royaume des aveugles, 2S0 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE cc borgne serait roi.Mes supérieurs religieux furent approchés, et en septembre 1920, j'ouvrais le cours île botanique avec trois élèves, comme par hasard trois de mes confrères en religion! Qui donc a dit que nul n’est prophète en son pays?L’un de ces étudiants n’était autre que le F.Alexandre qui devait collaborer plus tard à l’une des grandes entreprises de l’Institut, en illustrant, avec la maîtrise que l’on sait, la Flore laurentiennr.Ce furent des temps héroïques! Xi local, ni matériel! ( oinme seule richesse, du vent dans la voile.Nous errions de la Physique à l'Ecole Dentaire.Les élèves s'asseyaient sur des boîtes vides, le professeur s’adossait au mur.Pas de cartes murales, pas de clichés, pas d’appareils.On m’avait bien assigné, en sus des cours, pour un traitement de six cents dollars, je ne sais combien d heures de travaux pratiques, mais on avait oublié de me donner un laboratoire.Xe parlons pas des microscopes, microtomes et autres joujoux coûteux.Xe parlons pas non plus des livres.Lu ce temps-là, on croyait dur que les manuels usités par nos pères sont partie intégrale de nos traditions nationales et que les plus vieux, comme les vins, sont les meilleurs.Encore aujourd’hui d’ailleurs on n’a pas encore compris tout à fait l'importance primordiale des bibliothèques universitaires, ni admis la célèbre définition de Carlyle: .4 true university is a collection of books.Pour couper court aux objections possibles, complétons la pensée de l’historien: A collection of books mastered by half a dozen good brains.Cette première année se passa donc dans le plus pur dénuement, situation qui cependant était acceptable, l'avenir étant, à ce moment, plein de promesses.Durant l’été de 1921, pendant que j’herborisais au lac Saint-Jean, l’embryon de bibliothèque1 médicale de l'Universite émigra quelque part dans la ville,— il n’est jamais revenu! —et on affecta la salie qui le logeait au service de la botanique.En ce temps-là on disait: département de Botanique, laboratoire de Botanique.Ce fut beaucoup plus tard, vers 1931, que, pour de très justes raisons, nous adoptâmes le nom d’institut botanique.Depuis ce temps, nos collègues de la Faculté dos sciences ont presque tous suivi ce bon exemple Le 1er juillet 1921, Jules Brunei me fut adjoint comme assistant.En septembre, les cours commencèrent pendant que l'on aménageait l'unique pièce qui nous était assignée.Je me trompe, il y avait aussi mon bureau privé, étroite alvéole, dangereusement située au-dessous du portique! On y gelait l’hiver, on y cuisait l’institut botanique: vingt ans au service de la science 281 l’été, et au printemps comme à l’automne l’eau de neige fondue qui ruisselait sur le balcon, passait à travers les dalles et nous dégoulinait sur la tête.Un supplice des quatre-saisons! L’aménagement de la salle était assez rudimentaire.Deux tables de laboratoire avec plomberie pour travaux pratiques: une robuste table centrale, qualifiée «table de Monseigneur», autour de laquelle se donnaient les cours; deux guéridons, dits «tables du Droit» et qui faisaient retour à cette faculté à la fin de chaque année durant la période des examens.Quand, après vingt ans, nous quittâmes la rue Saint-Denis, Thémis se présenta, louchant sous son bandeau, et les «tables du Droit» restèrent dans l'arche.Cette année-là, il y avait six élèves en botanique.Dans les loisirs que nous laissaient les cours, nous jetâmes les bases de nos collections d’enseignement: collection de matériaux formolés, dont le nucléus fut une grande collection de fruits, rhizomes, racines, etc., rassemblée à Ottawa par le F.Rolland-Germain; collection de diapositives; bibliothèque.A ce moment la bibliothèque tenait tout entière sur deux rayons de bois derrière la porte.C’est-à-dire que quand la porte était ouverte la bibliothèque était fermée! A la fin de cette seconde année, il me fut suggéré de présenter une thèse de doctorat.Il me fallait une étiquette universitaire.Je présentai un très modeste travail sur les «Filicinées du Québec».Peu de chose, en vérité! Néanmoins personne n’avait encore mis au point ce que nous connaissions alors sur les Fougères de la province.Vers le même temps, avril 1922.l’Institut botanique collabora aux cours de perfectionnement organisés par la Faculté des sciences, et qui se donnaient le jeudi aux professeurs des collèges.Ces cours, à la fois théoriques et pratiques, rendirent de grands services.On peut se demander pourquoi ils furent si vite abandonnés.Troisième année.En septembre j'écrivais comme publicité pour la Faculté des sciences, le premier de ces articles et discours que je me propose de grouper un jour, si l’on croit qu'ils ne datent pas trop, et qu'ils peuvent être utiles, sous le titre général de Pour une idée.Cet article s'intitulait «Vers la haute culture scientifique».J’y passais en revue des résultats obtenus depuis deux ans à la Faculté des sciences, faisant observer que cette fondation, qui avait paru à quelques-uns une redoutable équipée, donnait déjà des résultats suffisants pour que l’on pût ranger cette initiative parmi les plus fécondes de la génération présente. 2s2 RL VU K TRIM ESTRI ELI.K CANADIENNE * * * Or donc, tout semblait aller bien, la petite barque avait le vent en poupe et l'Institut botanique, dans toute lu fraîcheur de sa jeunesse, oubliait sa pauvreté dans l’allégresse de créer, de défricher, de servir.Et tout d’un coup, nouveau malheur! Dans la nuit du 13 au 14 novembre 1922, l’effort des deux dernières années était de nouveau réduit en cendres.C’était désespérant! Tout à refaire encore! Et le comble fut que ce second malheur fut suivi d’un troisième: quinze jours après, l’École Dentaire flambait à son tour.Chez nous, je vois encore la scène.Un ami m’avait prévenu par téléphone.J'accourus en hâte vers huit heures du matin pour essayer de sauver au moins mes papiers personnels.L’incendie qui avait commencé dans les étages supérieurs de l’édifice était maîtrisé.Nous pouvions pénétrer dans notre laboratoire qui se trouvait au rez-de-chaussée.Des toiles imperméables recouvraient nos rayons, les tables d’expérimentation et l’armoire aux instruments.Les pompiers avaient percé le plafond en plusieurs endroits, et les torrents d’eau déversés aux étages en flammes tombaient en cataractes.Sur un coin de table, la veille au soir, nous avions installé un humble appareil de Dutrochet destiné à faire admirer aux étudiants les malices de l’osmose.Indifférent à ce (pii se passait-autour de lui, le tube gradué, sans se hâter, élevait l’eau sucrée qui débordait goutte à goutte, en sorte que la classique vessie de cochon faisait sa petite part pour aider la brigade! Ainsi la nature impassible, pour qui tout est normal, va toujours son petit bonhomme de chemin sans se soucier de nos vaines révoltes contre ce qui doit être.Il fallut se remettre à l'ouvrage.Notre département avait, au fond, peu souffert.En réalité, par le jeu des compensations d’assurances sur d’équivoques microscopes d’étudiants appartenant à la Physique, nous y gagnâmes un bon microscope de recherches.Rendons justice â la Physique, qui fut toujours, à la Faculté des sciences, la providence des petites gens, je veux dire des gens des «petites sciences»! Les dégâts réparés, la vie universitaire reprit son cours.Je voudrais bien dire que la période héroïque finit ici, mais les éprouves toujours renouvelées de l'université l’ont en réalité prolongée jusqu’à ce jour. l’institut botanique: vingt ans au service de la science 283 III.Développement du personnel A ce point de l'histoire de notre maison, il semble maintenant préférable d’abandonner quelque peu l’ordre chronologique, pour envisager l’une après l’autre les phases diverses de notre développement et les principales manifestations de notre activité: développement du personnel, de l’enseignement et du matériel; publications et relations internationales; extension universitaire; explorations et voyages d'étude; distinctions et honneurs conférés; rôle joué par l’Institut dans le mouvement scientifique canadien-français; nos joies et nos épreuves; le transfert de l’Institut au Jardin botanique.* * * Nous sommes en 1923.L’Institut botanique est encore quelque chose de bien embryonnaire, tout juste un nom, une tentative.Nous n’étions toujours que deux.Un lion matin, j’aperçus parmi les étudiants quelqu’un que je ne connaissais pas.Du fond de son patelin de Montmagnv, il avait suivi par les journaux la naissance et les débuts tic notre entreprise.Il entendit l’appel: «Je serai botaniste»! Et, avec une rapidité de décision qui est bien dans sa manière, il prit le train pour Montréal.Jacques Rousseau fut successivement timide auditeur au dernier banc, étudiant, assistant bénévole (1926), démonstrateur (1927), enfin chargé de cours (1928) et professeur agrégé (1935).L’Institut botanique sous sa forme actuelle lui doit beaucoup, beaucoup plus même qu'il n’est possible de le dire ici.Maintenant qu’il est passé (1938) à la sous-direction du Jardin botanique, l’Institut, pour ne pas oublier, et en échange de services continués et très précieux, le maintient dans son personnel avec son titre universitaire.Jacques Rousseau, durant ses années d’institut, fit de nombreuses explorations botaniques.Il a publié de nombreux écrits, soit dans nos Contributions, soit dans les Rapports du Ministère fédéral des mines, le Naturaliste canadien et maintes revues ou journaux.Ce fut Jacques Rousseau qui continua et développa à l’Institut botanique l’enseignement de la génétique que j’avais inauguré dès te début.Pour s’y préparer, il alla étudier sur place l’organisation des cours de Cornell.Ce fut lui aussi qui inaugura l’enseignement de la botanique économique et de la paléobotanique, deux développements sur lesquels je reviendrai plus loin. ÊÊÊÊÊamtm 2S4 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Je pense avoir été le premier à introduire la notion et renseignement de la génétique élémentaire chez les Canadiens français.La grande découverte du moine tchèque Mendel, restée trente-cinq ans dans l’oubli, avait, comme l’on sait, servi de base en 1900 à la science nouvelle de l’hérédité.A l'époque tic la fondation de l'Institut, en 1020, la génétique, encore très jeune, ne faisait pas encore grand bruit.La science française l'écartait résolument, et je crois qu'il n’y avait encore aucun traité ou ouvrage d’ensemble en cette langue.C’est le professeur F.E.Lloyd qui.vers 1912, me montra un ouvrage de Davenport, Plant Breeding, où, pour la première fois, je lus avec étonnement l'énoncé de la loi de Mendel.En ce temps-là, le département de botanique de McGill logeait sous les combles du vieux collège McGill d'avant la restauration.On y accédait par un long escalier en zigzag.Je pouvais encore gravir les escaliers à cette époque, mais je me souviens fort bien cependant qu’arrivé au haut, je reprenais mon souffle avant de frapper.Ce jour-là, en me prêtant l’ouvrage de Davenport, sans rien inscrire, Lloyd me dit: Oh ! take it ! Books are like umbrellas, they art' everybody’s.J’utilisai ces fraîches et primitives notions de génétique — je pense que le mot n’était pas encore en usage! —en écrivant, en 1913, dans le Naturaliste canadien, un court article intitulé: «Notes sur deux cas d’hybridisme naturel», article où il était question du Nymphaca rubrodisca et du Lysùnacliia terrestris X Lysimachia thyrsiflora.Je n’avais pas trente ans, et j'étais tout pénétré d'une certaine apologétique à la manque que j’enseignais d’ailleurs avec ferveur.Impressionné plus que de raison par la notion du retour au type des hétérozygotes, j’y pourfendais l'évolution avec un brio digne de don Quichotte.Il est assez amusant de relire ces pages aujourd’hui.Je ne veux pas prendre la chose au tragique et m’écrier avec Chaucer mourant : UN is me! IFo is me! that I cannot recall those things which I have ivrittcn! Je pense seulement en souriant que si jamais le fixisme revient à la mode — tout arrive!—-on brandira peut-être telle phrase naïvement belliqueuse de cet obscur article longtemps enseveli dans le sarcophage du Naturaliste canadien ! Au long de ces quelques pages j’ai voulu rendre justice à Jules Brunei et à Jacques Rousseau qui furent durant la première période mes principaux collaborateurs.Je ne veux pas oublier ceux qui furent successivement ajoutés au personnel, et qui, à l'institut botanique: vingt ans au .service de la science 285 leur tour, et avec leurs aptitudes et tempérament particuliers, servirent les idéals de l’Institut avec intelligence et fidélité: Émile Jacques, René Meilleur.Marcelle Gauvreau, Claire Brunei, Dolores Dubreuil, Cécile Lanouette.Je les classerais volontiers comme membres de la deuxième équipe.A un certain moment, l’Institut dut essaimer et fournir au Jardin botanique le nucléus de son personnel scientifique.Ce fut d'abord René Meilleur qui durant la première année porta seul avec M.Teuscher tout le poids des difficultés du début.Je suis sûr qu'il n’oubliera facilement ni le premier jour, ni la première année de sa nouvelle carrière.Puis Émile Jacques, aidé par le Ministère de l'agriculture, partit pour l’Université Cornell pour se préparer à sa tâche de phvtopathologisto du Jardin botanique.Knfin.le Jardin botanique étant devenu ce que vous savez, Jacques Rousseau, bien préparé par quinze années d’institut, passa à la sous-direction de cette institution.Je me hâte de dire que Jacques Rousseau.René Meilleur et Émile Jacques retiennent leur rang universitaire et restent professeurs ou chargés de cours à l’Institut botanique au salaire nominal d'un dollar par année.Le recrutement du personnel scientifique du Jardin botanique eût été difficile, peut-être impossible, sans cette ressource de puiser à l’Institut, dont la vitalité était assez grande pour ne pas trop souffrir de ces amputations successives.L’Institut put trouver dans les étudiants formés par lui de quoi remplir les vides.Roger Gauthier.Marcel Cailloux et Ernest Rouleau sont trois récentes et précieuses additions au personnel enseignant.Avec eux, de nouvelles recrues, Bernard Boivin et James Kucyniak, s’entraînent pour les besoins de demain.IV.Développement de l’enseignement En 1030.il y avait dix ans que la faculté des Sciences avait fondé son Institut botanique.Il n’y eut pas de banquet, il n’y eut pas de discours.On crut que la meilleure façon de marquer utilement l’achèvement de cette première décade était de profiter de l’expérience accumulée, do la maturation du personnel et du développement du matériel pour refondre les programmes, mettre à point le nombre, l'objet et la portée des cours.Il fut donc décidé que l’enseignement comprendrait deux «certificats» indépendants.Les cours du certificat de botanique générale s’échelonneraient sur deux ans; il en serait de même des cours du certificat de botanique systématique.Ce cadre nouveau 2S6 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE et plus large, favorisait les développements qui ont peu à peu amené nos certificats à inclure au moins une initiation aux disciplines botaniques les plus modernes.Durant le terme 1929-30, Jules Brunei avait déjà donné un cours abrégé d’algologie.En 1930, il fit un séjour à la Station biologique de Woods Hole, .Mass., où, sous la direction du professeur William Randolph Taylor, l'un des algologues et cytologistes les plus réputés d’Amérique, il prit contact avec les Algues marines d’une part, et les Algues d’eau douce d’autre part, et prépara une série de trente leçons et de trente séances de laboratoire qui furent données durant l'année académique 1930-31 aux élèves du certificat de botanique systématique.En 1931, Brunei fit des études de mycologie à l’Université Cornell, sous le professeur H.M.Fitzpatrick, et en 1931-32 il donnait pour la première fois une série de trente leçons de mycologie et de trente séances de laboratoire à nos étudiants de systématique.Bien que ne s’adressant pas à de futurs spécialistes, ces leçons de cryptogamie ont porté leurs fruits.Elles ont agrandi l'horizon biologique de nos étudiants.Plusieurs, frappés des domaines vierges qui s’ouvraient devant eux, ont entrepris des recherches qui ont abouti par exemple aux thèses de maîtrise ès sciences de Gabriel Lefebvre sur les Polyporacées du Québec; d'Emile Jacques sur les ( rêdinales du Québec; de Marcelle Gauvrcau sur les Algues marines du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent, et surtout à la thèse de doctorat ès sciences du F.Irénée-Marie sur la Flore Desmidialc de la région de Montréal, thèse magistrale que l’Institut botanique ne put malheureusement, faute d’argent, publier dans ses Contributions et qui fut éditée par la congrégation de l’auteur.Comme corollaire à l’enseignement de la cryptogamie, des collections algologiqucs et mycologiques se sont accumulées, dont la classification et l’étude complète ne purent, faute de temps et d’espace, être entreprises sérieusement avant l’installation de l’Institut botanique dans son nouveau local.Citons, parmi ces collections, une série de plus de huit cents prélèvements d’Algues d’eau douce faits dans des régions variées du Québec, par Jules Brunei et d’autres, et dont certains sont si riches qu'un seul pourrait occuper un chercheur pendant plusieurs semaines; les collections l’institut botanique: vingt ans au service de la science 2S7 importantes d’Algues marines rapportées de la région du gode Saint-Laurent par Marcelle Gauvreau, etc.Moi-même au début de ma carrière de botaniste, j’avais accumulé d’importants matériaux bryologiques qui formeront la base de nos collections dans ce domaine.* * * La cryptogamie désormais mise sur pied, l’on songea à de nouveaux développements.Sans doute, on ne peut faire de morphologie et de taxonomie, sans descendre dans les entrailles de la terre pour interroger ce maître qui s’appelle le Passé.Mais un enseignement de la paléobotanique comme telle fut inauguré durant l’année académique 1932-33 par Jacques Rousseau.La paléobotanique est la lanterne qui éclaire les obscures galeries de la morphologie.Groupant les faits structuraux autour du facteur t, elle fait apparaître les tendances de l’évolution et permet l'établissement de légitimes schémas phylogéniques.Aujourd’hui que nous avons à la Faculté des sciences un Institut de géologie, ses élèves bénéficieront des cours de paléobotanique de l’Institut botanique, donnés maintenant par Roger Gauthier.* * * Un autre perfectionnement fut apporté à notre édifice d’enseignement par la création du «Séminar» le 8 novembre 1934.Le «Séminar», qui existe dans la plupart des universités anglaises, allemandes et américaines, est un cercle d’études où les étudiants confèrent sur les matières de leurs cours, et se communiquent le résultat de leurs recherches personnelles.Le «Séminar» de botanique a fonctionné régulièrement depuis cinq ans et son utilité est maintenant reconnue.On projette pour un avenir prochain un «Séminar» de professeurs qui réunirait le personnel de l’Institut botanique, du Jardin botanique, du département de botanique de McGill, et les techniciens intéressés du Ministère de l’agriculture.Le Jardin botanique est un milieu admirable pour une telle organisation.créatrice d’atmosphère, — l’atmosphère, c’est presque tout, — et génératrice de progrès. REVUE trimestrielle canadienne 2SS L’innovation principale de l’année 1935-36, au point de vue enseignement, fut la création d’un cours dit de «Floristique lauren-tienne».La Hure laurentienne venait de paraître.Nous avions enfin en main un instrument approprié à nos besoins pour aborder l’étude de la flore du pays.Je conçus alors l’idée d’établir un cours public destiné a notre propre personnel enseignant, à nos étudiants actuels et nos anciens étudiants désireux de se maintenir dans l'atmosphère botanique, aux professeurs de l’enseignement secondaire et primaire supérieur, et à l'intéressant public des amateurs herborisants._( e cour' à cycle ouvert se continuera durant un nombre indéfini d’années.11 consiste essentiellement en un commentaire détaillé de la llurc laurentienne, commentaire qui constituera, à la longue, la matière d’un ouvrage de plus grande envergure! dont la Flore laurentienne, malgré ses neuf cents pages, n’est que le nucléus.Les plantes indigènes du pays y sont étudiées d’une façon exhaustive, sous tous les aspects pouvant présenter un intérêt théorique ou pratique, culturel ou économique.On y utilise, sous tonne de diapositives, l’abondante documentation photographique amassée à l'Institut durant trente-cinq années de travaux sur le terrain.Le cours de «Floristique laurentienne» n’a guère d’analogue dans les autres universités.Celui qui lui ressemble le plus, le cours du professeur Fernald, à l’Université Harvard, est à cycle annuel, et donc nécessairement schématisé et très condensé." J ai conçu ce cours un peu a la façon des Commentaires sur Dioscoride que faisaient les botanistes dans les universités du moyen âge et de la Renaissance.Tenant lieu du vétuste Dios-coride.c’est ici l’expérience amassée par les générations de botanistes des deux mondes, par cet homme universel de Pascal qui apprend toujours.Les étudiants n’écrivent plus sur des tablettes, et le flou des descriptions se précise par la présence même des plantes étudiées, ou de leur image photographique.Le cours de Floristique est mon cours favori.J’éprouve toujours un intense plaisir à voir rassemblée pour cette heure hebdomadaire, pour cette espèce de catéchisme de persévérance, une fidèle famille botanique qui s’accroît toujours, et qui répandra la connaissance individuelle des plantes parmi notre génération. l’institut botanique: vingt ans au service de la science 2S9 Depuis cinq ans qu'il existe, le cours de Floristique n’a disposé que de cent quatre-vingt-dix pages de la Flore laurenlienne.A ce compte, si je ferme le livre avant que l’on me ferme les yeux, ce sera en 1955.* jk af: On avait toujours à cœur, en notre maison, de perfectionner les études de telle sorte que les étudiants fussent amenés au moins à l’entrée des diverses avenues du grand Pays des Plantes.Pour les humains qui dépendent cependant si étroitement du monde des plantes, l’importance de la botanique appliquée, admise en théorie, est assez méconnue dans la pratique.On oublie que les civilisations primitives sont généralement nées autour d’une plante précieuse qui les a marquées distinctement et profondément.Songez à la civilisation du blé, à la civilisation du riz, à la civilisation du maïs! Faire entrer le plus de plantes possible dans l’orbite de l’homme; les adapter étroitement à ses besoins et à ses plaisirs; constituer ainsi une biocénose humaine plus vaste, plus compliquée et plus parfaite: tel est l'objet de la botanique économique.File est distincte de l’agriculture qui, elle, s’occupe de domestiquer, de propager des unités choisies de cette biocénose artificielle.Malgré son incontestable importance, la botanique économique, comme telle, n’était enseignée nulle part dans notre pays.C’est en janvier 1937 que Jacques Rousseau créa ce cours à l'Institut botanique, cours qui s’est développé depuis, et a reçu une puissante impulsion par la création du Jardin économique à Maisonneuve.Le jour n’est pas loin où les élèves de notre École des Hautes Études commerciales pourront être invités à suivre ce cours, qui est pour eux d'une importance théorique et pratique immédiate.V.Développement du matériel d’enseignement Parler de l’évolution du personnel et de l'enseignement amène tout naturellement à marquer les progrès du développement du matériel d’enseignement.La pauvreté est le lot des universités canadiennes-françaises, et plus particulièrement de l’Université de Montréal.Cendrillons du monde de l’enseignement au Canada et dans l’Amérique du Nord, nous sommes encore à découvrir les souliers magiques! 290 REVUE TRIMESTRIEI.I.E CANADIENNE Ni l’enseignement secondaire, ni l'enseignement primaire n'accepteraient des conditions aussi misérables.C’est à force d'ingéniosité et de travail que l’on a pu ici constituer une bibliothèque élémentaire, des collections de photographies et de diapositives, et un herbier général.En 1925, notre bibliothèque, depuis le temps qu’elle logeait sur une planche, avait fait quelque progrès.Sur une suggestion orale du directeur des études de la Faculté, qui avait alors carte blanche, un groupe important de périodiques avait été acheté à Londres, sans réquisition, au coût de près d'un millier de dollars.L’habitude des réquisitions n’était pas encore prise en ce temps-là.Il y eut un peu de potin, mais devant le fait accompli, et l’intérêt intrinsèque de cet achat, le Recteur du temps avait, en souriant, donné ordre au trésorier de payer.Que les temps sont changés! Mais nous étions bien pauvres, et nos désirs très grands.I.e 10 décembre 1925, je tentais d’intéresser le public à notre bibliothèque, au moyen d’une lettre circulaire largement distribuée.Le coup de filet ne rapporta que quelques souscriptions, mais la première était de bonne taille.L’honorable sénateur Marcellin Wilson envoyait un chèque de cinq cents dollars; M.Léo-J.Ryan donnait cent dollars.Les autres souscriptions substantielles furent celles de l’honorable sénateur Raoul Dandurand, M.Fernand Fafard, M.P., M.Henri Geoffrion et sir Hormisdas Laporte.Il y eut des lettres sympathiques et de courageuses lettres anonymes! L’n anglophone catholique qui se distingua plus tard en faisant la lutte au Jardin botanique, renvoya la circulaire au trésorier de l’Université, griffonnant en travers: ris long as your University is entirely French, I am not interested in it.Je dois dire que, à l’article bibliothèque, l’administration de l’Université se montrait relativement généreuse, et que chaque année, jusqu’à la période de grande misère, nous pûmes consacrer une moyenne de sept à huit cents dollars aux abonnements et à l’achat de nouveaux livres.Le baron Louis Empain, un ami de notre œuvre, et qui fréquenta nos cours pendant toute une année, nous fit un don généreux (pii nous permit d'acquérir un certain nombre d’importantes collections qui nous manquaient.Mais la croissance de notre bibliothèque est surtout le résultat de notre service d’échanges dont je vais maintenant dire un mot. l'institut botanique: vingt ans au service de la SCIENCE 291 A peine sorti de ses langes, l’Institut manifesta une vitalité pleine de promesses en entrant sans délai dans la voie de la production scientifique.Jules Brunei, en voyant naître la première Contribution, crut en cette marchandise (peut-être plus que son auteur lui-même!) et entreprit de l’exporter sur une grande échelle, espérant recevoir de la sorte, en échange, des publications botaniques dont nous avions grand besoin et que notre maigre budget ne nous permettait pas d’acheter.Il ne fut pas déçu, et bientôt quelques centaines d’institutions commencèrent à nous adresser leurs propres travaux.Encouragé par ce succès, mon jeune collègue entreprit, dans divers pays, des campagnes systématiques de pénétration pacifique: ce fut d’abord la France, puis l’Angleterre, les États-Unis, l’Allemagne, la Scandinavie, la Pologne, le Japon, la Chine, la Russie soviétique, l’Afrique du Sud, l’Australie, l’Amérique du Sud, etc.Le choix des institutions fut apparemment assez judicieux, car en vingt ans, nos offres d’échange n’essuyèrent qu’un seul refus, et ce, de la part du Département d’agriculture d’une obscure petite colonie anglaise.Bref, des centaines, puis des milliers de publications diverses nous sont parvenues de cette façon, et voilà comment il se fait que, recevant à l’heure actuelle près de six cents périodiques venant de vingt ou vingt-cinq pays différents, nous ne payons que pour environ cinquante d’entre eux.Voilà aussi comment s’est édifiée cette précieuse collection de brochures, de tirés-à-part ou reprints, classée par noms d’auteurs, et qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers de numéros.Les résultats obtenus par ce service d’échanges furent d’autant plus encourageants que les grandes institutions de l’étranger ne nous marchandèrent pas leur bienveillance, et ne songèrent jamais à échanger page pour page.Veut-on quelques exemples ?Lui jour, avec un sans-gêne inqualifiable, Brunei offre sa modeste marchandise au vice-amiral Amdrup, président de la Commission danoise pour l’Étude scientifique du Groenland, et lui demande en retour quelques volumes récents des Meddelelscr om Gronland (ou Mémoires sur te Groenland).Résultat: une série quasi complète de près de cent volumes de ce précieux périodique nous arrive un beau matin.II se trouve qu’à part le Geological Survey d'Ottawa, nous sommes la seule bibliothèque au Canada à posséder cette collection. K K VI' K TRI M KSTIil EI.I.E C A X A DI K N X K 2! 12 Deuxième exemple.Nous voulions ajouter à notre collection de périodiques l'important Journal of Agricultural Research publié par le Département de l’agriculture de Washington.Mon collègue envoie tout simplement une requête au plus haut personnage de ce département, le ‘Secretary of Agriculture” (un échelon plus haut, et il s’adressait au Président des Etats-Unis!), lui rappelant que son département est sur notre liste de distribution.Résultat: depuis 1923 ou à peu près, nous recevons tous les mois ce Journal, qui forme chaque année un gros volume de plus de mille pages, et qui est en Amérique le principal recueil technique de l'Agriculture scientifique.Au cours des dernières années vécues dans nos obscurs locaux de la rue Saint-Denis, il fallut freiner et cesser les campagnes de diffusion, car plus un pouce de mur n’était libre, et notre tablettage touchait au plafond.Mais il reste encore beaucoup à faire dans la voie féconde des échanges, et lorsque notre bibliothèque sera définitivement installée dans scs nouveaux meubles, et que l’Université nous aura enfin permis d’employer une bibliothécaire qualifiée pour la garde de ce trésor, les plans de campagne sont tout prêts pour de nouvelles «conquêtes».* * * Dès le début une collection de photographies avait été mise sur pied, montée sur des cartons SX 10.Grâce aux explorations et aux voyages d’études du personnel, cette collection est devenue fort importante et renferme environ vingt mille sujets.La collection de diapositives, qui compte environ douze mille numéros, en grande partie coloriée à la main, est une de nos grandes richesses.11 s’y est ajouté depuis deux ans une collection de diapositives kodachromes qui compte déjà plus de mille numéros.Les deux collections: photographies et diapositives sont pourvues d'un index sur fiches remarquablement détaillé.Ces matériaux d'illustration sont uniques.Ils font de l’Institut un véritable centre d’information pour tout ce qui concerne la floristique et la géographie botanique, non seulement pour le Québec, mais pour le Canada, et dans une certaine mesure pour le monde entier.Notre herbier naquit en même temps que l’institution.Il s’est développé rapidement grâce aux matériaux rapportés dans iMMmsncnmMi MM» L INSTITUT BOTANIQUE: VINGT ANS AU SERVICE DE LA SCIENCE 293 lus explorations botaniques des membres du personnel, et par les échanges avec les institutions étrangères.Bien que cette comptabilité d’échange n’ait pas été complètement tenue, nous avons dû distribuer de par le monde en vingt ans plus de cent mille parts d herbier, recevant en échange au moins l'équivalent.Les principale.- institutions avec lesquelles nous sommes en rapport d'échanges sont, pour l'Kurope: le Jardin botanique de Kew, le Muséum de Paris, les instituts de ( openhague, Oslo, Goteborg, Disko (Groenland), Leningrad, Berlin, Prague, Brno,— et pour l'Amérique: le Jardin botanique de New-York, le Gray Herbarium, l'Academy of Natural Sciences de Philadelphie, le Field Museum de Chicago, le Jardin botanique de Saint-Louis, l'Academy of Natural Sciences de San-I'raneisco, le National Herbarium de Washington, l'IIerbier national d'()tta\va.Notre herbier comprend aujourd'hui plusieurs centaines de mille spécimens.A la rue Saint-Denis, on les logeait dans des boîtes de carton sans cesse attaquées par les rats.A un moment donné la situation devint dangereuse.Les journalistes s en mêlèrent pour demander qu on se hâtât d'aller habiter le nouvel immeuble de la montagne.Cela déplut à quelques-uns de nos collègues! Les mangés ont toujours tort! Mais passons! Aujourd'hui notre herbier est logé dans des armoires d’acier et à l'abri de tous les avatars.Les deux salles qu il occupe permettent de n'avoir aucune inquiétude pour l’avenir.Le directeur de 1 Institut botanique commence à vieillir.Les pensées du soir lui viennent.11 n'attend que la stabilisation des conditions actuelles pour transporter ici, dans une salle aménagée à cet effet, son herbier personnel qui compte plus de cent mille spécimens, et qui est particulièrement riche en plantes du Québec.(à .suivre) Frère Marie-Victorin, directeur, Institut botanique de l’Université de Montréal. DE LA PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ À SA DISTRIBUTION M.le Président,— Messieurs, .Mon premier mot est pour vous remercier tous, confrères ingénieurs de I École Polytechnique, pour la cordialité avec laquelle \oii" m avez traité depuis que je suis avec vous à Québec.M élevant au-dessus de ma personne, je vois dans cette façon de traiter un collègue fl une autre école un témoignage de largeur d esprit qui est le propre du vrai ingénieur.Le fait d'une école est tin accident dans ht vie de l'ingénieur; ce qui domine, c’est la profession avec son esprit caractéristique.Aussi longtemps que cet esprit se maintiendra, vous verrez de la solidarité chez 1 ingénieur et cette solidarité entraînera le respect du public.J our faire suite à un projet que votre Association a inauguré, ¦votre secrétaire, M.Paré, m’a demandé de vous parler d’électricité.Je réalise qu il est un peu intimidant de parler d'un sujet technique devant un groupe d’ingénieurs; cependant je reprends un peu courage en pensant que vous auriez pu oublier bien des choses que vous avez apprises à l’École; mais d'un autre côté, je suis moi-même dans ce cas-là et je me vois dans l’impossibilité de faire une causerie très technique.J’aurais alors l’intention de faire un court sommaire de la production de l’électricité à sa distribution.Vous entendrez bien des choses que vous savez déjà mais ce sera une revision rapide et succincte que nous ferons ensemble.Je m attarderai à des problèmes d’exploitation tels que ceux que nous rencontrons en cours de route dans un système de l’ordre de grandeur de celui avec lequel je suis le plus familier.Bien que le sujet que je vous trace soit vague, je ne veux même pas vous assurer à l'avance que je resterai dans ses limites.D'abord, vous savez tous quelles sont les conditions générales qui déterminent 1 emplacement des centrales de production: chutes, accès à la rivière, conditions de submersion des terrains, etc., etc.Le genre de barrages, la construction de l'usine dépendent ' Causerie prononcée devant la Section do Québec de l’Association des Anciens l'.leves de 1 f.cole Polytechnique de Montréal, le 13 mai 1910. DK LA PRODUCTION DK I.T I.BCTIil i TTK À SA DIST RIBUTION 295 eux-mêmes d’une foule de considerations, objet d’études spéciales et longues que nous laissons de côté.Les barrages une fois établis doivent être entretenus.Ce n’est pas une tâche facile avec les bétons employés autrefois.Ceux parmi vous qui s’occupent de ponts et de travaux de soutènement connaissent les problèmes auxquels je fais allusion.Il semble que l’opinion acceptée du public n’est pas juste pour ce qui se rapporte aux ouvrages de béton.< hi a en effet l’impression qu'un ouvrage d’art fait en béton dure indéfiniment, ce qui comme vous le savez est complètement faux.Des barrages en béton exigent fréquemment des réparations coûteuses tant à cause de l’étendue des travaux à faire que de la difficulté à les exécuter surtout avec une usine en marche.Les barrages n’ont pour but que de conserver l’eau, mais malheureusement ils ramassent bien d’autres choses.Assez fréquemment les prises d’eau sont obstruées surtout dans les rivières où il se fait du flottage.Lu pratique, tous les deux ou trois ans il faut que des scaphandriers fassent un nettoyage complet pour libérer les entrées des tuyaux d’amenée.Une autre cause d’obstruction bien ennuyeuse est le frazil.A la suite d'un abaissement de température, à l’automne surtout, ou quelquefois au printemps, il se forme de la glace en aiguillettes sur les bords des rivières ou près des brindilles d’herbe.Si une légère augmentation de température se produit ces paillettes se détachent et circulent dans la rivière dont l’eau est encore trop froide pour les faire fondre.Ces paillettes se ramassent en boules — ou mieux comme un nuage dans l’eau; dès que cela vient en contact avec les grilles de fer à l'entrée des tuyaux d’amenée tout adhère aux barres et dans un rien de temps le tuyau peut être obstrué complètement.Il y a bien une couple de moyens de prévenir cet ennui ou de s'en débarrasser: l’un d’eux consiste à racler les grilles avec un rateau ou un grattoir quelconque pour empêcher l’accumulation de la glace, et la faire passer dans les turbines.Ce moyen est assez efficace si on est prévenu à temps de la formation ou de la descente du frazil.L'n autre moyen est d’isoler les grilles et de faire circuler dans les barres de fer un courant électrique assez fort pour élever leur température, ce qui empêche la glace d’adhérer; ce moyen est des plus efficaces mais il exige de fortes quantités de courant et une installation dispendieuse. 296 HEVl'E Tltl.MESTIUKLLK CANA DIENNE I ?_ Los tu-va,lx (l'amenée ne sont pas une cause d’ennui trop fréquente, quand il.- sont en fer; ils exigent de ht peinture et c’est a peu près tout.S’ils sont en bois ils demandent peu d’entretien mais leur durée se limite à 15 .ni 20 ans après quoi il faut les refaire complètement.Notre compagnie est en train de refaire un de ses tuyaux d’une longueur de 7000 pieds avec un diamètre de 6 pieds.Le coût total de cette réfection est de $80,000, soit $11 à §]2 du pied courant.Je vous ferai remarquer que toute cette dépense se lait A une centrale de moins de 4000 chevaux.A 1 extrémité inférieure d’un tuyau d’amenéc se place une valve papillon à l’entrée de la turbine.Ce genre de valve s’impose ù cause de ses caractéristiques de fonctionnement qui la rendent apte aux commandes des gouverneurs ou régulateurs de débit.!. turbines elles-mêmes exigent des nettoyages assez fréquent.-' surtout quand elles sont dans des rivières aux eaux chargées de bois et d’écorce.De plus, les palettes ou les aubes s’usent par le .-.able et les petits cailloux qui passent dans la turbine avec une vélocité c} une I'",v" considérables.Périodiquement il faut les remettre à neuf.La soudure autogène facilite énormément l’eutre-tien des turbines; on parvient aujourd’hui à rebâtir complètement une palette usée ou cassée.Non- en arrivons finalement aux génératrices qui, elles, sont exposées a brûler a cause de surcharges ou de surtensions.Les surcharges arrivent accidentellement par les courts-circuits; les surtensions sont produites par la foudre ou les manœuvres d’ouverture et de fermeture des lignes.Les systèmes de protections par relais employés de nos jours parviennent à protéger les génératrices d’une façon assez efficaces.h ne autre cause d’usure à la longue des génératrices est le vieillissement de l’isolation sur les barres ou sur les fils de cuivre du bobinage.1 otite isolation faite de matériel organique tel que coton, soie, fibre de bois se détériore graduellement avec le temps Cette détérioration est également fonction de la température.Plus la température est élevée plus la détérioration est rapide.Kn somme dans les meilleures ( 1 s de fonctionnement, une quin- zaine d'années est une très bonne durée.Il est évident que plus 1 isolation est vieillie, plus elle devient sensible aux surtensions, -isolation peut être de matériel incombustible ou imputrescible tel cfue lf‘ I111(’a.mais malheureusement le mica doit être lié par des composés organiques qui eux sont affectés par la température -A- 4769 DE LA PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ À SA DISTRIBUTION 297 comme je l’ai dit plus haut.L'industrie vient de développer fier rubans de verre très flexible qui parviendra probablement à améliorer les conditions de l’isolant des machines électriques.Les génératrices produisent l’électricité à une tension impropre à la transmission à longue distance.Il devient nécessaire de transformer le courant qu’elles produisent au moyen d'appareils que vous connaissez tous et qui s’appellent des transformateurs.Ces transformateurs prennent des proportions considérables; la limite de leur grosseur est pratiquement déterminée par les moyens de transport.Ils exigent une construction très soignée surtout quand il s'agit des grosses intensités et des tensions élevées.Ils sont habituellement remplis d'huile qui sert d’isolant et de véhicule de la chaleur.Les transformateurs ont une efficacité de l'ordre de grandeur de 96% à 99%.Leurs pertes sont des pertes de chaleur.Pour les grosses unités, disons de 10,000 K.W.et plus, une perte de 13d> à 2% met en jeu au delà de 1 ôt) K.W.de chaleur qu'il faut dissiper si on ne veut pas que la température s'élève au delà des limites tolérables soit 60 à S0° centigrades.Pour arriver à dissiper cette chaleur il faut soit augmenter la surface radiante, ce qui rend le transformateur bien encombrant soit faire circuler de Peau dans des serpentins plongés dans l'huile.Des transformateurs, nous passons aux lignes de transport d’énergie que vous connaissez tous.Montées sur des pylônes d'acier de telle ou telle forme ou sur des poteaux de bois simple ou en structure elles transportent, à des distances de l’ordre tie grandeur d’un mille par mille volts de tension, l’électricité à l’endroit où elle est requise*.Ainsi une ligne de 100,000 volts aura généralement une portée de 100 milles, de même qu’une distance de 25 milles exigera une ligne de 25,000 volts.L'industrie électrique a cependant adopté un certain nombre de tensions standards dont on ne s'éloigne )>as.On choisit parmi ces tensions celle qui convient à la distance.Les ennemis naturels des lignes sont le verglas en hiver et la foudre en été, ce qui.comme vous le voyez, ne laisse aucun répit aux opérateurs.Les lignes sont calculées mécaniquement pour supporter une épaisseur de glace de }/% pouce à une poussée de vent de S livres à une température 0° F.Malheureusement il arrive à la suite des verglas que des arbres se cassent et tombent sur les lignes et les brisent.Les lignes teintes par leur chute.11 arrive néanmoins que les conditions de verglas sont encore plus 298 HE VUE TH IM ESTIME I.LE CANADIENNE sévères que celles f)iio j ai mentionnées plus haut et il se produit tout de même sur ces lignes quelques rares bris de fils.L’autre ennemi des lignes est la foudre; celui-là est électrique.Pour se protéger contre la foudre ou la décharge d’électricité atmosphérique sur les lignes il faut trouver un moyen d’écouler le surplus de tension au sul en lui procurant un passage convenable de la ligne à la terre.11 faut en somme une espèce de trappe qui s’ouvre pour écouler l'électricité de la foudre à la terre et qui se referme pour ne pas mettre la ligne a la terre d une façon permanente.Si vous réalisez bien le problème vous verrez la difficulté qu'il y a à le résoudre.Imaginez-vous qu’on vous demande de faire un projet d'une valve pour laisser passer une surpression dont vous ne connaissez pas la grandeur et que cette valve doive se refermer pour l'exploitation ordinaire et être prête a fonctionner de nouveau pour une autre surpression.Les parafoudres ont été créés pour faire ce travail, mais hélas! les résultats n ont pas encore correspondu aux efforts des inventeurs.Même si on réussit à trouver la trappe on se rend compte que quelquefois le sol n est pas réceptif.Souvent il n'a pas la conductivité nécessaire pour écouler lui-même la charge qui lui est offerte.I.n certains endroits rocailleux, sablonneux, il est pratiquement impossible de trouver un sol qui absorbera les charges ou mieux les déchargés atmosphériques.Il faut suppléer à ces cas et créer un sol artificiel ou une conductivité artificielle avec des treillis de fil enfouis couvrant ou embrassant une surface aussi grande que possible.On améliore également la qualité du sol par des solutions salines renouvelées périodiquement.L'ne des façons les plus efficaces de protéger les lignes a haute tension contre la foudre est pour ainsi dire de les envelopper.Se basant sur l'expérience qu'aucune trace d électricité ne se porte à l'intérieur d’un corps conducteur électrisé en équilibre, les constructeurs de lignes ont fait un cylindre simplifié au minimum pour entourer à distance les fils électriques.Ce cylindre se compose d'un fil ou deux au-dessus des lignes, reliés directement aux pylônes.Cette protection a donné de très bons résultats à date; son seul inconvénient est d’être très dispendieuse.L’électricité, une fois transportée à l’endroit où elle sera consommée, doit être distribuée.La distribution est la fin ultime DE LA PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ À SA DISTRIBUTION 299 de la production et l’organisme qui sert à la distribution doit être bien agencé.L’électricité n'est plus aujourd’hui comme autrefois une industrie de luxe qui ne sert qu’à l’éclairage des plus fortunés; en ce temps-là quand il survenait une interruption de quelques heures ou même rie quelques jours, cela n’avait aucun inconvénient le jour; le soir, les quelques abonnés à l’éclairage électrique n’avaient qu’à retourner à leurs lampes à pétrole abandonnées depuis peu.C’était tout.Quelle différence avec aujourd’hui où une interruption de quelques minutes soulève toute uni* clameur de détresse ou de protestations.Il est indéniable qu’un arrêt prolongé de l’électricité causerait beaucoup d’ennuis dont quelques-uns seraient très sérieux: chauffage, cuisson impossible dans plusieurs maisons; tramways paralysés dans les rues; établissements industriels fermés; magasins, restaurants, théâtres, résidences sans lumière, rues obscures, postes de radio silencieux et même plusieurs horloges arrêtées.Cette liste déjà longue sera probablement plus longue dans dix ans.Plus les applications de l’électricité s'accroissent, plus devient impérieux le problème de diminuer en nombre et en durée les interruptions du service et d’assurer en tous points la (qualité de sa production.Il n'y a qu’un moyen de diminuer la durée des interruptions causées par les ennemis des appareils électriques: c’est de faire en sorte qu’aucune partie, qu’aucun chaînon de la chaîne fournissant l’électricité au consommateur ne soit indispensable au service.Pour cela, il est nécessaire qu’à peu près tout soit doublé ou encore que le courant puisse venir de source différente par des chemins différents; souvent ce n’est pas encore suffisant.Après avoir fait le doublage de pratiquement chacune des parties d’un réseau d’électricité, il faut établir des moyens rapides d’élimination des appareils défectueux sur une ligne et de mise en service de leur substitut.Cela nécessite un appareillage assez compliqué dont d’ailleurs nous faisons usage fréquent pour enlever de la ligne les appareils qui doivent être examinés, nettoyés et vérifiés périodiquement.A la suite de ces remarques générales, étudions davantage les détails de l’organisation d’un réseau de distribution dans un centre assez populeux. 300 H K V r K TKIMESTHIEI.LE CANADIENNE Les systèmes se retrouvent à peu près partout les mêmes.On établit d’abord à un endroit convenable d'une ville une centrale de distribution où on fait arriver les lignes à haute tension venant des centrales de production.Le courant subit alors une première transformation l'abaissant à une tension moyenne pour alimenter de gros conducteurs de cuivre appelés barres omnibus ou barres collectrices d’où partiront tous les «feeders)) de la ville, t fii divise ensuite la ville en districts d’égale importance au point de vue de consommation et on dirige, de la centrale au centre de chacun de ces districts, un ‘feeder- de distribution.Knfin on ramifie ce ‘feeder’ dans chacune des rues du di.-trict a desservir et on y branche des transformateurs qui abaissent de nouveau la tension comme les besoins de la distribution l’exigent.Ici à Québec, la ville est divisée en seize districts et il n’y a qu'une centrale.Quand les villes sont plus grandes que Québec et trop grandes pour être alimentées d un seul point central, on doit construire vers les limites de la ville d’autres sous-stations de distribution avec leurs réseaux qui forment comme une couronne autour du cercle déjà desservi par la centrale principale.C’est parce qu’une ville est alimentée par secteurs à limites bien déterminées, que vous voyez des fois un côte d une rue dans l’obscurité pendant que l'autre est bien éclairé.Chacun des ‘feeders' est complètement indépendant des autres dès qu'il a laissé la source commune à tous, les barres collectrices à l’usine; il a ses appareils propres de manœuvre, de contrôle, de réglage et de protection.Je dis de protection: en effet, chaque ‘feeder’ est protégé contre tout ce qui pourrait l’avarier sérieusement comme une surcharge, un contact au sol, un court-circuit.Dès que ces conditions se présentent son interrupteur déclenche automatiquement.L'électricien de la centrale le ferme de nouveau sans délai et il restera fermé si la cause de la panne a disparu.Une des causes fréquentes de déclenchement est le contact de branches d’arbres sur les fils à haute tension, pendant les tempêtes de vent.Ces branches peuvent amener les fils en contact les uns avec les autres et produire un court-circuit.Si le courant est enlevé immédiatement la branche pourra faire son oscillation ou passer à travers les fils sans causer d ennuis.Quand le courant sera remis, il est possible que tout soit revenu à la normale.De cette façon, une panne sérieuse sera évitée DE LA PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ À SA DISTRIBUTION 301 par une interruption de quelques secondes.Si le courant est remis quand il y a encore des perturbations, il s’enlèvera automatiquement grâce au mécanisme des interrupteurs à déclenchement libre.Ce système permet d’essayer de fermer un interrupteur même sur un court-circuit franc.Dès que les contacts s'établissent, avant même que la poignée de manœuvre que l’on tient à la main ait terminé sa course, l’interrupteur se déclenche et le reste de la course île la poignée de manœuvre se fait dans le vide.l.o sectionnement d’une ville en districts, indépendants les uns des autres limite la répercussion d’une panne de service et en même temps facilite sa localisation.Dès les premiers appels signalant une interruption, les ouvriers de lignes se rendent à l’endroit d’où viennent les plaintes, en longeant le parcours du ‘feeder’ qui alimente cette partie de la ville; la connaissance que ces hommes ont du réseau et leur habileté leur permettent de suivre les fils d’un circuit et de repérer pratiquement toute anomalie même en conduisant leur camionnette à vingt milles à l’heure.11 arrive d'ailleurs fréquemment que le contremaître du service des lignes puisse indiquer la nature et le lieu d’une perturbation par les trois ou quatre premiers appels des clients.Le problème de continuité du service est loin d’être le seul auquel la technique consacre ses efforts.Le maintien en bon état du réseau; le renouvellement de quelques-unes de ses parties; le changement de fils imposé par un usage plus intense de l’électricité, les tensions exigées par les développements de la ville; les modifications nécessitées par l’élargissement des rues, etc., voilà autant d’autres problèmes dont la solution demande à l’ingénieur l’usage de toutes ses connaissances techniques, de toute son expérience et de tout son jugement.Que ces travaux seraient donc simplifiés, et le coût d’un système abaissé, s’il était possible d’accumuler de l’électricité comme on accumule de l’eau par exemple.Nous laisserons de côté plusieurs points intéressants de tous ces travaux pour vous parler des conditions dans lesquelles ils se font généralement.Les ouvriers de lignes des réseaux de distribution doivent travailler la plupart du temps sur des lignes sous tension.Le voltage le plus élevé sur lequel la prudence tolère que les hommes travaillent est d’à peu près 4,500 volts.Mais ce n’est pas sans précautions qu’un ouvrier s’aventure à travers un treillis de fils chargés à 302 REVUE TRIMESTRIELLE CA.VADIENWE quelques milliers de volts quand on .sait que seulement 110 volts peuvent, dans certaines circonstances, causer la mort.Les habits et l’équipement d’un ouvrier de ligne font l’objet d’une attention très suivie.Les pièces métalliques sont réduites à un minimum; même les semelles de ses chaussures sont cousues ou posées avec des chevilles de bois; la ceinture de sûreté et les grimpettes dont il se sert subissent une inspection toutes les semaines; enfin ses gants de caoutchouc, fabriqués d'après des spécifications très rigides, sont soumis périodiquement à un essai sous 10,000 volts; s’ils n'y résistent pas, ils sont impitoyablement jetés; ils ne sont jamais réparés.De plus, chaque matin, l’ouvrier les soumet à « l'épreuve de l'air».Pour cela il les roule à partir du poignet et l’air qui est emprisonné dans le gant se comprime de plus en plus.Si le gant est perforé ou détérioré, l'air s’en échappera avec un sifflement facile à entendre; on le changera alors pour un neuf.Quoique les ouvriers de lignes soient exposés à un travail dangereux les accidents graves ne sont pas des plus nombreux.En plus des prescriptions pour assurer le bon état de l’équipement de leurs hommes, je crois pouvoir affirmer que toutes les compagnies d’électricité leur donnent également la meilleure éducation possible sur la sécurité ou la prévention des accidents.A peu près partout, tous les hommes entendent chaque semaine ou au moins chaque quinzaine des causeries sur ces sujets; pratiquement tous, d’ailleurs, sont diplômés du First Aid et ont des pratiques régulières de respiration artificielle et des autres premiers soins à donner aux blessés.Enfin une fois l’électricité distribuée, il s’agit de mesurer ce que chaque client consomme et de le facturer en conséquence.Je désire terminer cette causerie en vous disant un mot des tarifs d’électricité ou plus explicitement de leur établissement.Les tarifs ne sont ni plus ni moins qu’une échelle de prix établie pour assurer un revenu pour payer les dépenses d’exploitation et les profits raisonnables aux capitaux investis.Pour moi ce n’est rien autre chose.C’est en réalisant qu'il y a un problème d'exploitation et de capitaux investis qu’on voit immédiatement qu'il est impossible d’avoir des tarifs uniformes pour des consommations uniformes.La solution du problème exige une multiplicité de tarifs et beaucoup de complications.C’est alors évidemment un champ d’action attrayant pour l'ingénieur.Celui-ci n’a pas pu résister DE LA PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ A SA DISTRIBUTION 303 à l'attrait et il a pris la responsabilité de rétablissement des tarifs et de leur maintien.Kn fabriquant cos tarifs, il a tenu compte de la longueur des heures d’usage, du moment où 1 électricité était employée, de la quantité d’électricité employée.Dans un cas il a institué simplement un tarif dégressif comme le tarif domiciliaire où le prix du kilowatt-heure diminue à mesure que la consommation augmente.Ce tarif n’est peut-être pas des plus exacts mais les complications qu'une plus grande exactitude aurait demandées ne sont pas justifiables économiquement à cause des faibles quantités mises en jeu.Dans un autre cas où les usages de I électricité sont plus intenses, on fait intervenir le facteur d’utilisation avec encore un tarif dégressif pour le kwh.C’est le cas du tarif commercial où le client emploie de grosses quantités d’électricité pour éclairer son magasin par exemple, et cela seulement quelques heures du jour, et encore pas tous les mois de l’année.Le facteur d’utilisation dont je viens de parler est le rapport entre la quantité réellement fournie et la quantité qui aurait été fournie si la puissance maximum avait été maintenue constante.Il y a enfin comme autre tarif important le tarif de la force motrice pour l'industrie où le facteur d utilisation intervient mais où la consommation s'étale tout le long du jour et tous les jours ouvrables de l'année.Comme dans le cas précédent on facture d’abord sur la puissance maximum exigée et ensuite sur la quantité d’énergie consommée d'après un tarif dégressif.L’établissement des tarifs exige toute une série de considérants, mais je vous citerai seulement une couple de cas pour vous faire saisir la nécessité d’avoir des prix différents pour les mêmes quantités d’électricité.Supposons deux consommations d’électricité de 1000 kwh., par exemple.L’une s'est faite pour actionner un moteur de deux chevaux qui a fonctionné vingt-quatre heures par jour, tous les jours du mois; l’autre s’est faite pour actionner un moteur de cinquante chevaux qui fonctionne à différents intervalles tie une heure a une heure et demie par jour, pendant les jours ouvrables du mois.Les deux ont consommé 1000 kwh., la même chose.\ a-t-il un ingénieur (pii voudrait dire que ces deux moteurs devraient être facturés aux même prix? 304 IÎEVUE TKIMESTIUKI.I.E CANADIENNE l n second cas serait pour des moteurs de même puissance, disons dix chevaux.I.un travaille régulièrement dix heures et plus par jour.L’autre serait un moteur de pompe, installé pour besoins d urgence.11 fonctionne une heure à la fois au plus et pas tous les jours.Serait-il juste pu on le facture au même prix que l'autre ?( es exemples, je 1 espère, vous auront indique la nécessité de la complexité des tarifs si on veut faire payer à chacun ce qu’il doit payer mais pas plus ni moins.( omme je vous le disais plus haut, les ingénieurs ont établi les tarifs et ils ont travaillé dans ce domaine aussi consciencieusement que dans tout autre domaine.D’ailleurs, il est remarquable que tous les pays ont tous les mêmes formes de tarifs avec seulement des variantes de détails.Si j'ai insisté un peu sur ce point, c ost qu il semble moins bien compris par ceux qui croient payer Plus cher que leur voisin.Nous avons néanmoins une consolation pour nous récompenser de notre travail: c’est (pie ceux qui paient moins at tirent rarement not re at tention sur le fait et ne se plaignent jamais.René Dupuis, Assistant surintendant général.Quebec Power Co. L’“ ÉQUATION PERSONNELLE " - DU PROFESSEUR DANS LA COTATION DES RÉDACTIONS INTRODUCTION’ Depuis la création des instituts universitaires de pédagogie, un mouvement de recherches s'est déclenché ayant pour but de contrôler, du point de vue scientifique, le degré de confiance qu’il y a lieu d'accorder à notre système actuel de cotation des copies d’examens.En effet, ne vous est-il jamais arrivé, après avoir remis votre copie, d’éprouver ce qu’on pourrait appeler !'«anxiété du résultat», surtout si la matière n’exigeait pas des réponses d'une précision rigoureuse?Si oui, n’était-ce pas que vous sentiez — obscurément peut-être — que l’appréciation de votre travail serait davantage liée au caractère et à l’impression momentanée du correcteur qu’à la qualité de vos réponses ?L'expérimentation, au moyen d'un même produit scolaire, nous éclairera sur le degré de subjectivité dans l’appréciation du correcteur.Recherche Le procédé employé dans la présente recherche a consisté: 1° à recueillir les copies (23) d'un concours de rédaction française, dans une classe de huitième année (ancienne appellation) ; 2D à faire reproduire chacune de ces rédactions un certain nombre de fois, en respectant fidèlement la disposition, l'orthographe et la ponctuation; 3° à faire coter ces copies par quarante (40) instituteurs de huitième année: dix instituteurs laïques (groupe A), dix instituteurs religieux (groupe B), dix institutrices laïques (groupe C) et dix institutrices religieuses (groupe D).1 Edwin G.lionne, A History of Experimental Psychology, (Xew-Aork,, The Century Co., 1929). 306 REVUE THIMESTRIKM,K CANADIENNE Afin de conserver l’anonymat des concurrents et des correcteurs, nous avons procédé comme suit : 1e les noms des élèves ont été remplacés par des lettres de "a” à "w” inclusivement; 2° les noms des correcteurs ont été remplacés par des nombres-indices: A-l, A-2, puis B-l, B-2,.jusqu’au quarantième correcteur: D-10.11 fut demandé à chaque correcteur d'apprécier les vingt-trois (23) rédactions selon sa méthode habituelle et d’inscrire sur chacune une note d'appréciation globale [maximum de cent (100) points].I.'une des caractéristiques les plus frappantes du tableau des notes est 1 écart considérable dans les notes attribuées à une même copie par les quarante correcteurs.Tableau I ÉCARTS DANS LES NOTES St'R CHAQCE COPIE Élève Max.Min.Écart Élève Max.Min.Écart a S9 54 35 rn 91 40 45 b 74 42 32 n SO 12 38 c 91 52 39 0 85 39 46 (1 ,S0 44 36 p SO 46 34 e 74 35 39 q 76 28 48 t 70 38 32 r 71 38 33 K / 8 41 37 8 92 57 35 h so 42 38 t 75 43 32 i 91 53 38 U 76 39 37 j 71 32 39 V S7 45 12 k 92 41 51 w 02 57 35 1 S3 45 38 Moyenne de l'écart: 38 2 Les deux plus grands écarts apparaissent sur les copies ‘‘k’’ et “q"; les plus faibles, sur les copies “b", “f” et “t”.Les chiffres du tableau ci-dessus doivent être interprétés en regard de I écart maximum de cotation, c’est-à-dire en regard de la différence entre la note la plus forte et la note la plus faible à savoir: 92 (max: k) et 28 (min: q) soit 64.Voilà l’ampleur totale de 1 échelle d’appréciation employée par tous les correcteurs. l’équation personnelle du professeur dans la cotation 307 Ainsi les écarts 51 et 48 prennent une proportion considérable en comparaison de 04.Et surtout, l’écart moyen 38.2%.Dans la pratique, cet écart moyen veut dire (pie si vous subissiez un examen en composition française, aujourd hui même, et cpie votre copie fût appréciée par quarante examinateurs, le plus clément vous jugerait digne d'une bourse d'études en accordant à votre travail — disons 92% — pendant (pie vous vous verriez infliger un échec lamentable par le plus sévère qui vous accorderait 53.S%.Ce (pie peut signifier une telle différence en dollars ou encore en orientation pour la vie.jugez-en vous-même! Un autre point intéressant est la comparaison de la note maximum et de la note minimum données par chaque correcteur, autrement dit, la marge de cotation des correcteurs.Tableau II MARGE DE COTATION DES CORRECTEURS Corr.Max.Min.Marge Corr.Max.Min.Marge A-l 85 50 35 C-l 86 01 25 A-2 75 35 40 C-2 S3 50 33 A-3 75 02 13 G-3 73 47 20 A-4 6-1 41 23 C-t S4 55 29 A-5 81 58 23 C-5 SI 52 29 A-fi 91 58 33 C-0 85 35 50 A-7 76 48 28 C-7 87 41 46 A-S 78 52 20 C-8 75 50 25 A-9 82 59 23 C-9 85 42 43 A-10 81 50 31 C-10 90 40 50 IM 82 54 28 D-l 85 50 35 B-2 91 42 49 D-2 63 41 22 R-3 91 50 41 D-3 88 50 3S B-l 80 53 27 D-l 92 55 37 B-5 80 50 30 D-5 89 50 39 B-0 85 48 37 D-0 80 40 40 B-7 88 58 30 D-7 80 59 21 B-S 84 28 56 D-8 84 45 39 B-9 82 60 22 D-9 70 50 20 B-10 83 47 30 D-10 85 00 25 En ne retenant que les trois cas des professeurs C-10, D-2 et B-9, on obtient le tableau suivant qui illustre de façon parfaite les trois types d'examinateurs: le bon juge (C-10), et les extrêmes «tant pis» (D-2) et «tant mieux» (B-9). REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 308 DI.STI Tableau III tlBUTIOX DE,S POINTS Total Points 40-49 50-59 60-69 70-79 : S0-S9 ! 90-100 (les élèves C-10 3 3 3 / ; 1 23 D-2 9 10 1 23 15-9 ! — 12 10 i 23 I.un pourrait faire encore bien d'autres constatations en se livrant au jeu des comparaisons.Mais si révélateur que soit le tableau des notes, celui des rangs est non moins intéressant à étudier.En voici un résumé qui indique: a) les rangs extrêmes: le plus haut et le plus bas rangs obtenus par chaque élève; b) le rang moyen: la moyenne des rangs que l'élève a obtenus des quarante correcteurs; c) le rang absolu: la place qu’occupe l'élève, dans la classe, d'après son rang moyen.Tableau IV IUiSl'M É DE TABLEAU DES RANGS Élèves Plus Plus haut bas rang rang Rang moyen! Rang absolu Élèves Plus ha ut rang Plus > bas rang Iking moyen Rang absolu a 1 22 6.6 0 rn 1 23 u 9 b 4 23 10.4 21 n o 22 15.3 18 c 1 17 5.1 3 0 •) 23 15 1 17 d 3 20 8.4 p 4 20 12.2 12 e 5 ; 23 14 7 10 q 4 23 10 10 r 8 22 14.3 14 r 10 23 18.4 22 K 3 33 13.9 13 s 1 17 5.8 4 h 4 20 11.4 11 t ô 23 15.4 19 i 1 20 5 2 U 4 22 14.6 15 j 8 23 18.5 ' 23 V 1 20 9.5 8 k 1 22 5.S 4 w 1 14 3.3 1 1 4 22 11.3 ! 10 I,’EQUATION PERSONNELLE RU PROFESSEUR DANS LA COTATION 309 D’après le tableau ci-dessus, la variation des rangs est aussi considérable que celle des notes: à trois exceptions près, tous les élèves ont eu un «siège» dans le premier quart de la classe (1er à 5e inclusivement) et tous, moins trois également, ont connu 1 humiliation des quatre derniers rangs (20e à 23e inclusivement).Nous pourrions faire avec les rangs d'un élève des tableaux aussi frappants que ceux qui illustrent les écarts dans les notes, ceux-ci par exemple: Tableau V LKS IA.W.S DK l/El.K VE “in" Rang Fréquence Kang Fréquence Rang Fréquence Rang Fréquence 1 1 ( 0 13 •) 1(1 1 O s •) 14 1 JO 3 1 0 3 15 J1 1 4 in •) Hi 5 5 •) 1 ! 3 17 2 23 1 f) 1 U 3 IS i Les seuls rangs que cet élève ait «ratés» sont 2e, -le, 15e, 20e et 22e.Il a eu tous les autres.Il serait curieux d’examiner à fond cette copie qui a prêté à une telle divergence d’opinion.Tableau VI LES It A X LIS DK L'ÊLKVE “w” Rang Fréquence Rang Fréquence Rang Fréquence Rang Fréquence 1 14 7 13 .19 .2 .5 S 1 14 1 JO .3 7 9 J 15 21 .4 à 10 16 .2 11 .17 .23 .fi 3 IJ 18 Pour quels motifs le correcteur A-5 a-t-il placé ce premier de classe 14c?Il serait peut-être bien embarrassé d’avoir à nous le dire!.Inutile de multiplier les tableaux.De toutes façons, il y a de quoi rendre songeurs, même les plus optimistes, sur la validité Ifc,‘ "ffi HItiK~.Tableau VII CORRELATIONS A-l A-2 A-3 A-4 A-5 A-G A-7 A-8 A-9 A-10 H-l H-2 B-3 H-l H-5 H-0 117 H-s H-9 H-10 A-l ,37 .28 .4 1 13 25 .38 .45 .48 .37 49 .42 .44 .42 .44 .23 .50 .IS 54 .74 A-2 ,:i7 .20 .75 .33 53 .85 .47 .35 .58 .01 .39 .73 .55 .31 .03 .35 .38 .54 .45 A-3 .28 .20 .10 .29 .10 os .50 .44 24 .35 .20 22 23 .05 02 .48 .20 .19 .45 A-l .44 .75 18 .01 71 .83 .29 .34 .01 .55 50» .80 59 24 .70» .48 28 .70 .02 A-5 .13 .33 .29 .01 .35 .20 .23 .44 .57 .37 59 .49 29 .12 .28 .34 21 .58 13 A-G .25 53 10 .71 .35 .70 .15 19 .50 51 53 01 49 .35 52 22 23 .52 .52 A-7 .38 .85 .08 .83 .20 70 .37 24 .49 50 42 .70» 0)8 35 .0)8 .43 .85 .50 22 A-S .45 .47 .50 .29 .23 15 .37 .47 .89 02 35 .27 20 10 .10 .54 10 .18 .30 A-9 .48 .35 .44 34 44 19 .24 47 .43 10 50 .49 to ,37 24 .40 89 .0»7 ill A-10 .37 .58 .24 .04 .57 .50 .49 .39 43 .54 02 .58 49 .31 .53 .37 28 .78 .58 H-l .49 .61 .35 .55 .37 .51 .50 .02 40 .54 .•) / .08 40 .07 52 .54 .19 53 70 11-2 42 39 .20 .56 .59 53 .42 .35 .50 .02 .57 54 21 .19 .48 8*> .10 .00 .63 li-:i .44 .73 22 80 .49 .01 .70 .27 .49 .53 .08 54 70 34 70 00 .49 .0)5 .05 H-l .42 .55 .23 .59 .29 49 .08 20 .to 49 10 21 70 53 .50 .07 .01 30 .35 H-.r> .44 .31 .05 .24 12 .35 .35 .10 .37 31 07 19 34 53 .09 22 .39 57 .38 B-6 .23 .03 02 .70 .28 .52 .08 10 24 .53 52 •IS 70 50 .09 .31 •»•» 0)0 28 H-7 .m .35 IS .48 .34 22 .43 54 .40 .87 54 .82 .60 0)7 •»•) 31 .54 3 1 .04 H-S 18 .38 20 .28 21 23 35 10 39 28 19 10 .49 ni 39 •)» .51 05 .80 H-'.l .54 .54 .19 70 .58 .52 .50 .IS .07 .73 53 .00 .05 30 .37 .00 .34 .05 .09 11-10 .74 .45 45 .02 43 .52 •>•» .30 hi .58 72 .08 .0»5 .35 .38 28 .0)1 .80 .09 H— Tableau \r11 (suite) A-l A-2 A-3 A-4 A-S A-0 A-7 A-S A-9 A-10 15-1 11-2 11-3 B-4 11-5 11-6 11-7 11-8 H-9 11-10 C-l 40 72 05 81 33 61 .88 32 28 54 56 27 89 75 24 81 51 41 .57 47 C-2 46 79 50 75 39 .80 .83 32 39 54 55 49 .78 63 34 64 45 43 59 58 C-3 51 68 33 72 .30 44 62 16 40 37 53 45 64 43 25 55 49 28 55 70 C-4 56 14 38 10 07 01 04 33 53 06 31 04 .29 31 30 04 43 •17 19 45 C-5 65 20 .40 16 11 20 18 30 63 05 46 19 40 39 34 .06 51 30 54 C-6 49 63 21 .82 46 74 71 24 40 55 60 69 70 (H) 40 75 46 .24 66 64 C-7 64 65 24 43 10 42 57 11 69 45 70 42 65 47 31 49 49 26 60 63 C-8 58 83 26 .85 57 67 81 44 37 80 52 56 64 49 .28 72 .43 08 75 51 C-i) .60 54 52 39 35 .35 41 ,4S 55 44 55 69 49 30 39 .08 .49 49 49 74 c-io .65 .64 30 75 40 64 .65 42 57 .53 70 50 82 79 .48 71 70 46 68 70 D-l .34 60 31 62 11 57 62 39 S3 46 51 17 70 72 51 44 .58 44 43 57 D-2 .57 .60 24 59 42 49 58 40 62 75 56 61 73 49 •»•> 00 17 48 81 66 d-;î 52 70 47 72 67 59 55 28 55 .68 71 78 63 38 29 53 .48 .24 74 77 I)-t 43 51 .60 68 56 48 56 59 59 64 58 51 57 ¦67 66 57 75 41 .68 63 D-5 43 71 37 82 40 .76 72 29 33 50 6S .51 76 65 .28 6)7 .51 25 .63 70 I)-f.42 77 35 73 17 69 .82 34 .08 40 52 35 70 56 21 57 43 .28 39 .57 I)-7 .60 62 39 75 35 .62 .63 31 57 47 .56 10 73 .39 47 57 .45 21 80 75 D-8 .3H 80 12 78 II 67 76 .30 39 61 49 57 08 53 V) 58 37 34 00 55 D-9 .13 42 43 36 40 10 20 27 54 33 39 39 35 -.04 27 32 28 II 47 30 D-l U 53 .60 52 69 40 .58 51 15 55 39 57 .38 62 46 27 47 h .28 71 70 .CM C’-2 C-3 i [’-4 C-5 c-e C-7 C’-S A-l 40 10 51 50 05 10 0 1 5S A-2 72 79 OS n 20 03 05 S3 A-:{ 05 50 33 3S 10 21 21 20 A-l SI 75 72 10 10 32 13 S5 A-'» 3S 30 30 07 1 1 10 10 57 A-(i .(>1 SO II 01 20 71 12 07 A-7 .38 .83 02 01 IS 71 57 SI A-S .32 32 10 33 30 21 h 11 A-9 2S 39 10 53 .03 .10 09 .37 A-10 .54 54 37 00 05 .55 .15 SO B-l .50 .55 .53 .31 .10 00 70 52 B-2 27 49 15 .01 10 .09 12 50» Ii-a .SO .7S .01 .29 10 70 .05 01 B-4 .75 .03 13 .31 39 00 17 10 B-5 .21 3 1 25 .30 31 10 31 2S B-G SI .01 .55 10 .00 75 10 7* * B-7 .51 45 49 13 10 10 13 B-S .41 .43 2S 17 .51 .21 .20 OS H-'J .57 .59 .55 .10 .30 .00 00 75 B-10 .17 .5S .70 15 .51 til .03 .51 ; cafeHtMtHM alilcau \ 11 (suite) ; ’-o (MO ni l)-2 I )-3 D-4 1 >-5 1 )-0 1 >-7 D-S n-9 l>-10 00 05 31 .*7 .52 43 13 .12 (i() 38 .13 53 51 04 .o»o 00 70 51 .71 .i 1 02 .80 .42 .til) r.*) 30 31 24 17 40 .37 .1 39 12 43 .52 30 75 02 59 « — (iS S2 7.{ 75 7 8 30 .09 35 40 11 12 .07 50 40 17 .35 .41 .40 .40 35 til .•»< 10 59 IS .70 0)9 02 .07 .10 .58 11 05 02 5S .55 50 72 .s2 .03 70» .20 .51 IS 42 30 40 .28 59 .29 .34 .31 .30 .27 .15 .).» .57 .53 .02 .55 59 33 .00 57 39 .54 .55 11 .53 in .i 5 (iS 04 50 10 47 til .33 .39 .55 .70 51 .50 71 5S .08 52 50» .49 39 .57 09 50 .17 ni 7S .54 51 .35 .40 .57 39 38 r.i .S2 70 .13 03 57 70» 70 73 08 .35 .02 .30 70 7*> .10 3S .()7 05 .50 59 53 .04 40 39 is .51 • > » 29 .» iS .2S 21 .47 5»> • 27 .27 OS 71 1 1 00 .53 .57 .07 57 .57 .58 32 17 10 70 5S 17 is 75 51 .43 15 .37 2S .11 10 .40 11 IS 21 h * * "» 2S .21 .34 14 .2S 40 OS 13 s| 74 -a .49 .67 69 II .25 .7(5 46 07 50 70 40 72 1 )-1 (11 .75 04 20 37 .82 54 .65 33 70 .04 52 l >-5 75 .82 73 13 .20 .82 .51 73 37 80 05 57 1 )-0 02 S6 .78 18 .20 .73 .50 08 43 66 54 43 I )-7 .67 .77 .79 .39 .47 80 .78 .66 49 79 .78 02 D-S .54 .77 .67 17 21 73 .00 82 52 72 .58 44 1 )-«.» .29 .49 .57 .23 20 .51 II 39 40 34 18 35 D-10 r>2 73 .08 .54 50 70 02 .04 .55 74 72 40 n-3 D-4 1 )-5 1 Mi I >-7 D-S I )-9 D-10 49 01 75 (52 67 .54 29 52 C*7 .75 82 8(5 77 77 49 73 .(59 04 73 .78 .79 (57 .57 68 .14 .20 13 18 39 17 23 .54 25 37 20 2(5 47 21 .20 56 76 82 82 73 80 73 .51 70 40 54 51 .56 .7S 00 44 02 67 65 73 68 (5(5 82 39 04 50 33 .37 43 49 .52 40 .55 70 7(5 80 6(5 79 72 34 74 40 04 .(55 54 .78 .58 .18 .72 72 52 .57 .43 .02 .44 .35 40 03 • i .46 (56 .60 47 .08 .03 .77 .(50 .70 .05 49 89 77 .77 .S3 .80 .70 40 .80 40 00 S3 72 29 .27 09 (5(5 .70 .80 .72 .71 .38 .91 00 .65 7*5 29 .71 .40 05 47 49 40 27 38 .40 42 .(58 .09 SO 69 .91 .65 .42 314 U E V U E T HIM EST RIE U, K CA X A DI K X X K des notes attribuées en composition française par l’un ou l’autre correcteur.Les chiffres recueillis nous permettent encore d’étudier d'autres aspects du problème, entre autres celui de la concordance des notes entre deux correcteurs donnés, celui de la cohésion au sein d’un même groupe et celui des différences possibles entre groupes.L'es différentes comparaisons s'établissent au moyen du calcul des corrélations de rangs selon la formule de Spearman: p = 1 — o;d: N (N2—1) dont le résultat est facilement convertible en corrélations de points au moyen d’une table statisticpie.(Voir tableau VII).Pour connaître le degré de concordance dans la façon de corriger de deux correcteurs donnés, on n’a qu’à suivre la ligne horizontale du premier jusqu’au croisement de la colonne verticale du second.La corrélation ainsi trouvée ne peut pas s’interpréter de façon absolue.Son importance se juge en raison des coefficients minimum et maximum et surtout de l’indice de cohésion du groupe, (voir tableau VIII).A noter d'abord que pas deux correcteurs sur 40 n’ont jugé les 23 copies de la même façon puisqu’il n’y a pas de corrélation parfaite (1.00).Puis, nous trouvons à la croisée de la ligne C-4 et de la colonne C-8 une corrélation nulle (1.00); ce (pii veut dire que la façon de juger de C-4 ne* renseigne aucunement sur la façon de juger de C-8.Les deux méthodes d’appréciation sont tout à fait indépendantes.L’élève que C-4 loge au premier rang pourrait être placé par C-8 à n’importe lequel des 22 autres rangs.Si l'on savait que C-8 est un bon évaluateur, on en conclurait que C-4 est nul dans cet art.Mais la corrélation 0.00 n'exclut pas la possibilité que |e« deux correcteurs soient médiocres.En tout cas, ce qui ressort le plus clairement de ce chiffre, c’est qu'il n’y a rien de commun entre les barèmes d’évaluation de C-4 et de C-8.Par contre, les appréciations de C-4 et de C-5 sont remarquablement concordantes puisque la corrélation est presque parfaite (0.04).Cela signifie que ces deux professeurs jugent les mêmes copies à peu près de la même façon.Il serait intéressant de l'équation personnelle du professeur dans la cotation 315 les rencontrer séparément et de les questionner en vue de découvrir à quels facteurs précis tient cette correspondance.Relevons enfin dans ce tableau un troisième chiffre fort intéressant aussi.C'est la corrélation — .27 produite par les évaluations de B-5 et de D-9.Le caractère négatif de cette corrélation porte à croire que ce que B-5 trouve bon dans une rédaction, D-9 le trouve pauvre et vice-versa.Il ne faudrait pas, cependant, exagérer la portée de cette remarque, vu que la valeur absolue de cette corrélation n’est pas considérable.La cohésion au sein d'un même groupe apparaît dans le tableau suivant : Tableau VI11 IXDICKS DK COHÉSION Groupes j IMilices de cohésion A .41 + .01.Tl H ,4ô + .01U2 c .03 + .01.S3 1) .7X + .0212 Ce tableau révèle des différences assez sensibles entre groupes.Il faut les interpréter.Pour savoir si une différence est statistiquement significative, c’est-à-dire si elle correspond à une réalité et non pas à un hasard de mesure ou de choix de sujets, on compare cette différence avec l’erreur probable de la différence.Si le quotient, qu’on appelle rapport critique, est supérieur à 1 ou 5, la différence est significative.Le tableau suivant va nous l’indiquer: Tableau IX DIKKKREXCKS EXTRK GROUPES Groupements de comparaison Différence Erreur jprobable de la différence Rapport critique Probabilité A wr sus 15 ; .04 .02 10 1 .110 .1370 A • ( ’ 12 .0242 4.1)7 .0001 A ' ¦ I) .17 .0277 H.H .0000 H '* c ,0S .0207 3.02 .0207 15 ' ¦ D 13 ,02m; 1.77 .0011 c ' ¦ 1) .0.7 .02 S0 1 7s 1171 316 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Tableau X RAPPORTS CRITIQUAS A R c D A 1.00 1.95 0.11 H 1 .00 :i 02 •1.55 c 1.1).’, M.OU 1 .7' H b 11 1.55 1 7S Xotu constatons par le «rapport critique)) que quelques-unes de ces différences sont statistiquement significatives, e’est-à-ciire quelles ne tiennent pas du hasard: si nous renouvelions l’expérience, nous obtiendrions sensiblement les mêmes résultats.Kn effet, l'indice de probabilité nous montre que la différence obtenue entre le groupe A et le groupe O, par exemple, ne pourrait s'obtenir par pur hasard que dans 1 cas sur 10,000.Il faut en conclure que ces différences tiennent réellement à des facteurs dont il faut déterminer la nature.Quels seraient ces facteurs?Serait-ce l'état de vie ?— le sexe?Les différences d’«indice de cohésion» établies en groupant les correcteurs selon ces deux facteurs et interprétées en termes de «rapport critique» vont nous l’indiquer.Tableau XI INDICES DE COHÉSION: SEXES ET ÉTATS ( iroupes Indices de cohésion A et R (hommes) •13 + 0127 C et D 1 femmes 50 + 01 10 A et P (laïques 10 + .0137 R et D (religieux) 51 ± 0151 Tableau XII DIFFÉRENCES ENTRE SEXES ET ÉTATS Erreur pro- : ~ ( Iroupements Di (Té- bable de la Rapport Proba- de comparaison rence différence critique bilité A et R versus C et 1) .13 .0193 0.73 .0000 A et ( ' versus R et D .05 0202 2 17 .0475 l'équation personnelle du professeur dans la cotation 317 Quand les états sont différents (religieux vs laïques), la différence n'est pas significative bien que les religieux remportent dans les deux cas.Par contre, si les sexes sont différents (hommes vs femmes), la différence est significative.Ce qui veut dire que les religieuses et les institutrices apprécient davantage selon une même méthode que les instituteurs et les religieux.Ces chiffres cependant ne renseignent pas sur la valeur du mode d’appréciation: il peut être bon ou mauvais.Conclusions 1.Les professeurs savaient déjà qu’il existe entre eux des différences d’appréciation du travail des écoliers, mais j’imagine que leur notion de l’étendue de ces différences était assez vague.Le présent travail donne la preuve expérimentale de ces différences et surtout en démontre bien l’étendue, qui dépasse, je crois, les limites de toute expectative.2.L’interprétation statistique des différences entre groupes nous prouve que le sexe exerce une influence réelle dans l’appréciation des compositions françaises, alors que l’état de vie, sans être nul.prend moins d’importance.A quoi attribuer cet avantage réel chez les femmes?De prime abord, deux explications se présentent à l’esprit : a) ou bien les femmes ont un barème d’appréciation et les hommes n’en ont pas; b) ou bien les deux sexes ont un barème d’appréciation, et alors les femmes s’y conforment avec plus de conscience que les hommes.Seul un questionnaire détaillé et préparé avec soin auquel répondraient les quarante correcteurs en cause pourrait nous éclairer sur le premier point.Quant au second, un bon test d’attention dans l’appréciation des compositions françaises pourrait nous renseigner.Kn attendant d’avoir la preuve de l’une ou l’autre hypothèse, nous préférons nous rallier à la dernière, parce qu’il est presque absurde de penser que les hommes n’ont aucun barème, si élémentaire soit-il, sur lequel baser leur jugement. 31S H E V U K T RIM KSTRIE LL E C A N A DIK \ \ E APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES Pour obvier au degré trop prononcé de subjectivité dans la cotation des copies d’examens, il y a eu jusqu’ici plusieurs tentatives d’amélioration: 1c dans le mode d’examens qui tend de plus en plus à se rapprocher de la technique des tests, quand la matière s’y prête; 2 dans le mode de correction même, par la construction d’échelles objectives: entre autres, celles de Ayres, en orthographe; de Thorndike, en dessin; de Freeman, en écriture; etc.La rédaction française se prête peu à un examen selon la technique des tests.Il est également très difficile d’établir une échelle dont l’objectivité égalerait celle des échelles d’orthographe, de dessin ou d’écriture.L’effort de l'université d’Iowa, en ce sens, en est une preuve.Cependant, il y aurait avantage à déterminer d’une façon plus précise en quoi réside la véritable valeur d’une rédaction et comment exprimer quantitativement cette valeur pour que la cote finale soit plus équitable.Une fois ce barème bien établi, il serait avantageux d’exercer les professeurs et les aspirants-professeurs à s'y conformer.Mais quels que soient nos efforts vers une objectivité plus grande, au moyen de mesures ou d’échelles standardisées, il restera toujours une marge de subjectivité contre laquelle il faudra tenter de se prémunir pur toutes sortes de précautions.Chaque fois qu’il -'agit, pour le candidat, d'un travail qui comporte une sanction décisive: certificat d’études, diplôme d’enseignement, examens-concours, certificat d'inspecteur, thèse de licence ou de doctorat, attribution de bourses d'études, etc., on devra : 1° avoir toujours soin d’arrêter un barème de valeurs bien défini et en rapport avec le travail demandé; 2° ne jamais laisser le soin de l'appréciation à un seul correcteur, afin d’atténuer les écarts trop considérables; i/ÉQUATION PERSONNELLE DU PROFESSEUR DAN'S LA COTATION 319 3° engager les correcteurs à se rallier au barème arreté — ils auront été appelés à le discuter pour le mieux connaître — et à s'y conformer même s’il ne répond pas tout fait à leur opinion préalable.Ainsi, en attendant l’élaboration de méthodes d appréciation ou de correction plus scientifiquement objectives, ces précautions réduiront la marge de subjectivité qui.en ce moment, est tout au moins alarmante pour l'écolier ou l’étudiant et accablante pour les correcteurs.1 Tréfilé Boulanger, Diplômé en Psycholngii Pédagogique et Expérimentale.Institut Pédagogique Saint-Georges (Université de Montréal).1 L'auteur est redevable au frère Chrysostûme, E.C., professeur à l’Institut Pédagogique .Saint-Georges, de l’avoir dirigé pendant toute la durée de la présente recherche et d’avoir bien voulu relire son texte. RAPPORT DE L’ANNÉE 1939 DE L’ÉCOLE D'HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE DE LA FACT LTÉ DE MÉDECINE DE LENI VERSITÉ DE MONTRÉAL le l’Écol Le présent rapport est un complément île l'annuaire r publié séparément par la Faculté de médecine.En effet, c’est au cours de cette année que l'Ecole est devenue un département régulier de cette faculté.Cette décision, prise par la Commission des études, a été ratifiée parlaSociété d’administration de l’I Diversité.organisme nouveau créé en vertu d'une loi spéciale adoptée par le Gouvernement à sa session de 1939 pour régler définitivement la question de l’Université de Montréal.Qu'il me soit permis d’adresser l’expression de toute notre gratitude aux membres de laSociété d’administration ainsi qu’à tous ceux (pii ont contribué à réaliser cette solution heureuse du problème de notre École.C’est pour signaler comme il convient ce nouveau status de l'Ecole cpie son histoire a été écrite l'an dernier.Ces notes historiques ont été publiées dans le numéro de juin de la Revuc trimestrielle.Les autorités de l’Ecole Polytechnique, qui ont la responsabilité de cette publication, ont bien voulu m’en faire parvenir cinquante copies additionnelles, copies qui ont été adressées à autant d’amis intéressés à notre institution.Qu’elles veuillent bien en accepter l’expression de toute notre gratitude.Munie de toutes les autorisations nécessaires, l’Ecole fut en mesure, au mois de mai, de distribuer ses diplômes à vingt-trois infirmières hygiénistes qui avaient suivi nos cours et avaient subi leurs examens avec succès et à recevoir un nouveau groupe de vingt-cinq gardes-malades au mois de septembre.Au cours de l’année notre liste nécrologique s’est augmentée de deux pertes des plus sensibles, celles de Mlle L.Bérubé et du docteur J.-Edmond Dubé.Après s’être qualifiée en hygiène sociale à notre Ecolo même, mademoiselle Bérubé en devint la seconde assistante.Elle fut particulièrement chargée du travail de la rédaction des fiches des élèves ainsi que de la Ligue d’hygiène infantile.Elle s’est toujours acquittée de ses tâches avec un zèle cpii ne s’est jamais démenti l’école d'hygikxe sociale appliquée 321 et une rare compétence.Aussi son départ est-il particulièrement regretté.Parmi les multiples œuvres sociales auxquelles le docteur J.-Edmond Dubé s'est dévoué, l'Ecole occupe une place d’honneur.Il en fut un des premiers collaborateurs et sa contribution éclairée et enthousiaste ne connut jamais la moindre défaillance.Il a toujours été assidu à assister aux assemblées du comité de l’Ecole où ses suggestions étaient nombreuses et au point.Nous déposons sur sa tombe le tribut bien mérité de toute notre reconnaissance.La formation technique des infirmières visiteuses, conformément aux programmes les mieux établis, comprend essentiellement deux parties: la théorie et la pratique.Les deux couvrent tout le travail dévolu aux infirmières visiteuses dans le vaste champ de l'hygiène publique.Aussi, l'ambition de l’École n'est pas de faire de ses élèves des spécialistes dans toutes les matières, mais elle consiste plutôt à leur donner une formation générale.C'est pour arriver à cette fin que l’enseignement de l’École comprend non seulement l'hygiène mais aussi les questions sociales.L’enseignement pratique a une importance capitale et c’est à bon droit que le comité y a consacré les deux tiers du temps des élèves.11 consiste en un stage dans toutes les œuvres d'hygiène qui fonctionnent à Montréal, dans (les visites d’observation à toutes nos institutions sociales et de charité, dans la classification des fiches portant sur toutes les observations rédigées au cours des visites faites dans les familles et dans la rédaction de rapports portant sur tout le travail accompli.La lecture en est faite en classe sous forme de «séminaire» et donne lieu à des opinions qui s’échangent dans la plus grande cordialité.Les matières portées au programme sont inscrites dans l'annuaire régulier de l’École et il ni' paraît pas nécessaire de les reproduire ici.Nous nous contenterons de passer en revue les applications pratiques qu’en font les élèves.Ce travail, en effet, est tout autant à l'avantage de la population desservie qu’au profit des élèves.IIY GI È.V ! : Pli É N AT AI.E On sait toute l’importance que prennent sur le tableau de notre mortalité les décès maternels et les décès par débilité congénitale.Aussi, aux cours théoriques, convient-il d’ajouter les applications pratiques.Celles-ci sont faites à la clinique obstétricale de l’hôpital Notre-Dame dirigée par notre professeur, le docteur D.Marion. 322 H K V [¦ K T HI M KSTKIK U.K CA N ADI 11N N K Do plus, do concert avec la compagnie d’assurance-vie Métropolitaine, les élèves font dans les familles l’application des données acquises au cours.Leur contribution consiste à inscrire à domicile le plus grand nombre possible de mères expectantes pour leur recommander de se mettre sous la surveillance constante de leur médecin de famille si elles ne l’ont pas déjà fait.Ce travail donne le résultat suivant: TABLEAU I INSCRIPTIONS PR ENATALES Paroisses Naissances Inscriptions prénatales Pour cent, des naissances Notre-Dame-des-Neiges et St-Pascal- Bavlon 101 58 57.5 Saint-Laurent 101 56 55.5 Sacré-Cœur 270 48 17 4 Sainte-Catherine 200 12 20 4 Total 084 204 30 0 Après avoir été discontinué pendant plusieurs années, notre service a été repris cette année.Il a fonctionné trois mois dans la paroisse du Sacré-Cœur et six mois dans celle de Sainte-Catherine.Cette mise au point était nécessaire pour expliquer les faibles proportions obtenues dans ces deux paroisses.Elles ne devront pas manquer de s'augmenter dans les années à venir.Nos 204 mères expectantes ont reçu 398 visites, soit 1.9 par cas.De plus, on sait que, pour être effectives, les inscriptions doivent être faites aussi au début de la grossesse que possible.La régularité de nos inscriptions prénatales est démontrée par le tableau suivant: TABLEAU II RÉPARTITION DES INSCRIPTIONS PRÉNATALES SUIVANT L'AGE DE LA GROSSESSE Paroisses Inscriptions Inscriptions Pour cent Notre-Dame-des-Neiges et prénatales St-Pascal- avant 5e mois des inserip tions Bavlon 58 30 02.0 Saint-Laurent 50 2!) 51 7 Sacré-Cœur .48 22 40 0 Sainte-Catherine 42 ïs 43 0 Total 204 105 51.5 Nous constatons ainsi que la moitié de nos prénatales sont inscrites avant le cinquième mois de leur grossesse.Dans tous les cas, nous nous employons à maintenir en leur faveur la surveil- l’école d’hygiène sociale appliquée 32.3 lance médicale nécessaire.Ce travail nous a donné les résultats suivants: a) Prénatale.s .suivits par leurs médecins de famille: 110; pour cent du total des prénatales inscrites: 54.b) Prénatales suivies par !'Assistance maternelle ou autre consultation prénatale: 75; pour cent des prénatales inscrites: 37.e) Prénatales visitées à domicile seulement.19; pour cent du total des prénatales inscrites: 9.Plus de la moitié de nos prénatales sont suivies par leur médecin de famille.Les œuvres d’hygiène bien comprises sont donc à l’avantage à la fois de la population et de la profession médicale.Nous constatons, de plus, que neuf pour cent de nos prénatales sont privées de toute surveillance médicale.Il serait bien dans leur intérêt de tenir pour elles une consultation spéciale.Malheureusement, l’École ne dispose plus des ressources nécessaires pour le faire.Ce travail n’a pas été sans donner des résultats puisque nous avons la satisfaction de n’avoir enregistré aucun décès de cause puerpérale.Ajoutons qu’il est survenu dix-sept mort-nés, ce qui nous donne le taux de 2.5 par 100 naissances vivantes.Enfin, nous avons constaté douze fausses couches.Aucune de ces mères ne nous était connue.Hygiène des nourrissons et des enfants d’âge préscolaire La mortalité infantile constituant encore la principale cause de nos décès, les principes d’hygiène qui sont à la base de la prophylaxie qui s’impose à ce sujet, sont expliqués avec le plus grand soin et appliqués dans les œuvres auxquelles participe l’École.a) Service néo-natal.Sans parler des visites prénatales dont il a été question, l’École, en coopération avec la compagnie d’assurance-vie Métropolitaine, maintient un service néo-natal à domicile.Il est destiné aux mères après la naissance de leur enfant et avec l’autorisation du médecin de famille.Au cours de l’année 1939, il a fourni les chiffres suivants: TABLEAU III Paroisses Naissances Mères visitées Pourcent des naissances Notre-Dame-des-Neiges et St-Pascal- Baylon.101 19 18.8 Saint-Laurent 101 20 19.8 Total .202 39 19 3 324 RK VU F.TRIMESTRIELLE CANADIEN NE Drès du cinquième de nos mères bénéficient de ce service, soit notre proportion ordinaire.I'd les ont reçu 261 visites, soit 6.7 visites par cas.Aucun décès n’est survenu parmi ces mères privilégiées.b) Service des nouveau-nés.Il comprend des visites à domicile au cours du premier mois qui suit la naissance.Il répond à un besoin pressant puisque les statistiques démontrent partout que la principale cause de la mortalité infantile c’est la débilité congénitale.C’est dire toute l’importance qu'il faut donner à cette initiative.Notre service nous donne les chiffres suivants.Concurremment avec leur mère, 37 nouveau-nés ont bénéficié des soins prodigués par nos infirmières.Ces bébés ont reçu 246 visites au cours de leur première semaine, soit 6.6 visites par enfant.De plus.12s autres nouveau-nés ont reçu la visite de nos infirmières au cours des trois autres semaines.Le but proposé est de présevrer 1 enfant contre les multiples causes qui peuvent amener son décès dès le premier mois de son existence.Le nombre de ces décès s est élevé à sept, cette année, soit la proportion élevée de 5S.3 pour cent de tous les décès de la première année.Trois de ces enfants nous étaient connus, soit 25 pour cent de l'ensemble des décès de la première année, contre quatre décès parmi les enfants qui n avaient pas été visités et qui ont donné la proportion de 33 pour cent.On voit ainsi l'influence heureuse des visites faites aux nouveau-nés.Aussi nous efforçons-nous d'en connaître le plus grand nombre possible.e) Service des nourrissons.Les nourrissons comprennent les bébés d’un mois à la fin de la première année.Ce service est le complément nécessaire de renseignement donné par le professeur.La revue de nos fiches nous permet de dresser le tableau suivant: TABLEAU IV Ptiroi.sses Naissances Nourrissons Pour cent visités des naissances Notre-Darn e-des-Nei«es et St-Pascal- Baylon 101 8.5 8-1.5 Saint-Laurent 101 80 79 5 Sacré-Cœur.27G 92 33 4 Ste-Catherine 200 140 68.0 Total 681 397 58.2 Ces bébés ont reçu 2,126 visites, soit une moyenne de 5.4 par cas.Nous constatons de plus que 58 pour cent de ces enfants nous I.'ÉCOLE d'hYGIÈN'E SOCIALE APPLIQUÉE 325 sont connus et sont visités aussi souvent qu’il nous est possible de le faire.Les bébés de Saint-Laurent trouvés souffrant de quelque maladie sont invariablement référés à leur médecin de famille, puisqu’il n’existe dans la municipalité aucune consultation de nourrissons depuis que celle qui y a été maintenue par l’École a dû être fermée faute de ressources.Ceux des paroisses de Xotre-Dame-des-Neiges et de Saint-Pascal-Baylon sont dirigés vers leur médecin ou vers la consultation que tient à leur intention le service de Santé de Montréal, avec lequel l’École est toujours heureuse de collaborer.Quant aux enfants des paroisses du Sacré-Cœur et de Sainte-Catherine, on s’efforce de les inscrire aux consultations paroissiales qui y fonctionnent sous la direction de la Fédération d’hygiène infantile, à laquelle nous renouvelons l’expression de notre reconnaissance pour l’empressement qu’elle met à collaborer à notre œuvre.Nous remercions aussi vivement mademoiselle Marie Pelletier, dont le concours nous est si précieux.Les résultats ainsi obtenus pendant les neuf mois de nos opérations sont résumés dans le tableau suivant: TABLEAU V CONSULTATION DE NOURRISSONS Paroisses Inscriptions Assistance Assistance Assistance nouvelles totale par enfant par consulta- totales tion Sacré-Cœur .253 3301 15 3 20 Ste-Catherine 237 2911 12 3 20 Total .-190 0772 13.8 40 La participation de notre École à cette œuvre a été limitée ü trois mois dans la paroisse du Sacré-Cœur et à six mois dans celle de Sainte-Catherine.Les résultats démontrent que les inscriptions des nouveau-nés de l’année ont atteint 39 pour cent dans la paroisse du Sacré-Cœur et 50 pour cent dans celle île Sainte-Catherine, soit une moyenne de 43.7 pour cent.Comme cette dernière paroisse nous est maintenant attribuée et que le temps que les élèves pourront y passer sera plus étendu, nous comptons bien augmenter ces proportions l’an prochain.Le meilleur moyen de contrôler l’efficacité du travail exécuté en hygiène de l’enfance, et qui est admis partout, consiste ;\ calculer le taux de la mortalité infantile.La situation est actuellement la suivante dans le territoire qui nous est attribué. 326 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE TABLEAU VI MORTALITE INFANTILE, 1939 Paroi.-ses Naissances Décès Taux Notre-Dame-des-Neiges et Bavlon St-Pascal- 101 0-1 an ¦1 38.S Saint-Laurent 101 s 79.3 Sacré-Cœur 276 21 70 0 Sainte-Catherine 200 17 82.5 Total 084 50 73.4 Nous obtenons ici le même taux que l'an dernier.Ces premiers renseignements doivent être complétés par l’étude des causes de la mortalité infantile démontrée par le tableau suit ant : TABLEAU VU CAUSES DE LA MORTALITE INFANTILE Causes N.-D.-des- Saint- Sacré- Sainte- Total Neiges et I.auront CVrur C ’atherine St-Pascal- Bavlon Débilité congénitale .3 4 1 3 II Gastro-entérite .0 0 0 0 0 Voies respiratoires.0 4 0 3 13 Maladies contagieuses .0 0 2 2 4 Autres 1 0 12 9 22 Total .4 S 21 17 50 La gastro-entérite démontre une régression remarquable, Les autres causes nous donnent le nombre ordinaire de t lécès.Enfin, on doit porter une grande attention au mode d'alimentation des enfants de la première année.La revue de nos fiches nous permet de dresser le tableau suivant : TABLEAU VIII POUR CENT DES NOURRISSONS A L'ALIMENTATION MATERNELLE Paroisses 0-3 mois 0-0 mois 0-9 mois 0-12 mois N.-D.-des-Neiges et St- Pascal-Bavlon .56.0 38 0 18 0 ,8 Saint-Laurent .54 5 22.5 S.2 3 4 Sacré-Cœur 47 2 35.7 Sainte-Catherine 49 3 25.2 14.9 Total .48.7 30 2 14.2 5 9 L’alimentation maternelle ; t légèrement fléchi, excepté dans Saint-Laurent qui donne une notable augmentation dans le groupe des nourrissons de moins de trois mois.Grâce aux efforts tentés __________________________________ L ECOLE U HYGIENE SOCIALE APPLIQUEE 327 pour la maintenir et à l'amélioration constante dans la qualité du lait, la gastro-entérite a été complètement éliminée de notre tableau de la mortalité infantile.d) Service des enfants d'âge préscolaire.Ce groupe comprend les enfants de un à six ans inclusivement.C'est l’âge où commence trop souvent l'évolution de plusieurs des défectuosités physiques (pie l’on retrouve chez les écoliers; cet âge est aussi favorable à la propagation des maladies contagieuses.Ces enfants requièrent donc des soins particuliers.C’est pour répondre à ce besoin qu’existent maintenant des consultations qui leur sont particulièrement destinées.Nos fiches nous démontrent que nous en connaissons 1711 à Notre-Dame-des-Xeiges et à Saint-Pascal-Baylon ; Üi7 à Saint-Laurent, 36S au Sacré-Cœur et 352 à Sainte-Catherine, soit un total de 1,093.Ces enfants ont reçu un total de 4,516 visites, soit 4.1 visites par enfant, ou environ une visite tous les deux mois pendant la durée de notre service.Au cours de ces visites, chaque fois qu’une anormalité est reconnue, les parents sont pressés de consulter leur médecin de famille.Dans les paroisses où fonctionne une consultation, ces visites servent en plus à faire du recrutement.Dans les paroisses du Sacré-Cœur et de Sainte-Catherine, l’École a participé à la consultation paroissiale.Celle-ci a donné le résultat suivant : TABLEAU IX CONSULTATION PRKSCOLAIRK Paroisses Inscription Assistance Assistance Assistance nouvelles totales par enfant par consulta- totales tion Sacré-Cœur 2SG 980 3.4 7 Sainte-Catherine.232 605 2.G 5 Total 51S 1594 3 1 12 De plus, 1: i consultation sert de centre < l'immunisation contre la diphtérie en coopération avec h ¦ Service de santé.Cette activité a permis l’immunisation complète de 174 enfants.Parmi les enfants d’âge pré; scolaire, il est survenu dix-huit décès au cours de l’année.Les causes en ont été les suivantes, voies respiratoires, 7; maladies contagieuses, 4; méningite, 1; accidents, 2; opérations, 2; autres causes, 2.e) Ligue d'hygiène infantile.Enfin, les élèves font une revue complète de l’hygiène de l’enfance sous une forme éminemment — 32S REVUE TRIMESTRIELLE CANARIENNE pratique.Celle-ci consiste à collaborer à l’œuvre connue sous le nom de Ligue d’hygiène infantile.Elle cherche à recruter dans les écoles un nombre suffisant de jeunes filles des classes avancées pour leur donner, avec démonstrations, les dix leçons que comporte le cours élaboré parle Service de santé.Ce travail a dû être interrompu l'art dernier par suite de la maladie de Mlle L.Bérubé qui en était chargée.Mais il sera repris cette année sous la direction immédiate de Mlle A.Marchessault.Hygiène scolaire Le groupe scolaire comprend pratiquement le quart du chiffre total de notre population.C'est dire l'importance qu'il convient d’accorder à cette partie de l'enseignement qui se propose la protection de la santé des écoliers.Grâce à une heureuse entente entre l'Ecole et le Service de santé de Montréal, nos élèves font un stage d’observation dans le travail considérable de l'inspection médicale des écoles de la ville.Durant leur stage en hygiène scolaire, nos élèves assistent à l’examen médical des écoliers et font des visites au domicile des enfants trouvés porteurs de quelque défectuosité physique afin d'obtenir la coopération nécessaire des parents en vue du traitement à effectuer.Au cours de l’année dernière, le nombre de ces visites à domicile s’est élevé à 71).Hygiène buccale On sait la part sans cesse croissante que l’on accorde, et à bon droit, à la carie dentaire comme cause d’infection focale.Par conséquent, les soins qu'il faut apporter à la formation et à la conservation d’une saine dentition font nécessairement partie des connaissances que nos élèves doivent acquérir à l’École.Les notions qui leur sont données par le professeur reçoivent leur illustration à la clinique dentaire que maintient la Faculté de chirurgie dentaire et que nos élèves fréquentent régulièrement.Hygiène urbaine Toute collectivité pose nécessairement des problèmes en hygiène publique.Tels sont ceux de l'habitation, des drainages, de l'approvisionnement en eau d’alimentation, etc.Toutes ces questions sont étudiées au cours et sont illustrées par des visites faites sous la direction du professeur.Celles-ci comptent l’aqueduc de Montréal, une usine de pasteurisation du lait. l’école d’hygiène sociale appliquée 329 Tuberculose La tuberculose reste la principale de nos maladies contagieuses.A elle seule, elle nous cause près de la moitié de tous les décès qui sont attribués à l’ensemble des maladies contagieuses dans la pro\ inee de Québec.C'est dire toute l'importance qu’il faut accorder à cette maladie dans une Ecole comme la nôtre.Le problème est étudié sous toutes ses faces avec une insistance particulière accordée à sa prophylaxie, soit la vaccination, le dépistage des cas et la fréquentation du dispensaire de l'Institut Bruchési.a) Vaccination antituberculeuse.L'Ecole est h1 centre de l'étude de l’efficacité du vaccin BCG depuis l'inauguration de ce service en 1926.Les résultats obtenus peuvent se résumer comme suit: Le total des vaccinations dépasse le chiffre imposant de vingt mille.De tous les enfants qui ont été vaccinés, 10,250 ont été visités.De ce nombre, 9,063 n'ont aucun contact connu avec des tuberculeux.De ceux (pii vivent au contact de bacillifères, 793 sont vaccinés et 1,239 ne l’ont pas été.En éliminant les décès survenus au cours du premier mois, le taux de la mortalité générale des enfants de un à douze mois, vaccinés, a été de 33 contre celui de 67 chez les enfants non vaccinés, soit une différence de 51 pour cent en faveur des premiers.Le taux de la mortalité attribuée à la tuberculose est encore plus éloquent.Pour les enfants de la première année, il est de 6 chez les vaccinés et de 21 chez les non vaccinés, soit une différence de 71 pour cent en faveur des enfants vaccinés.Pour le groupe complet de tous le- ( niants jusqu’à l’âge de treize ans, il est de lô chez les enfants vaccinés et de 49 chez les autres qui -ervent de témoins, soit une différence de 69 pour cent en faveur des premiers.La morbidité tuberculeuse donne des résultats tout aussi encourageants.Les cas de tuberculose observés dans les deux groupes d’enfants vaccinés (17) et de témoins (1 lô) sont tous survenus chez des enfants donnant un résultat positif à l'épreuve de Mantoux.De plus, les cas de tuberculose pulmonaire (35 chez les vaccinés et 106 chez les témoins) n’ont été acceptés comme tels que sur le rapport d'un examen positif aux rayons X.Cette analyse, étendue à tous les enfants jusqu’à l’âge de treize ans, donne une différence de 47 pour cent en faveur des enfants vaccinés. 330 UK Vt'E TRIMKSTUIKLLE CAXADI 11XXE Toutes les conclusions qui se dégagent de ce travail sont largement mises à la disposition des élèves.b) Dépistage des cas, fait à l'Institut Bruclissi.Dans toute campagne antituberculeuse, le dépistage des cas est un élément essentiel de succès.Au cours de l'année écoulée, ce travail nous a donné 25 cas et 72 contacts.Le nombre des visites faites à ce sujet s’est élevé à 115.Il nous reste actuellement 3 tuberculeux et 15 contacts sous surveillance.Ceux-ci ont tous bénéficié d’un examen médical.Ils sont actuellement dans l’état de santé suivant: dénourris, 4; apparemment en bonne santé, 11.c) Stage à l'Institut Bruchési.Il est le complément nécessaire de l'enseignement donné par le professeur.Il a pour but de familiariser les élèves avec la routine de la tenue d’un dispensaire antituberculeux.Cette expérience leur est des plus précieuses par suite du grand nombre des malades qui s’y inscrivent et s’y présentent à chaque dispensaire et par les visites d’éducation faites au domicile des malades de l’Institut.Tout ce travail se fait sous la direction éclairée de Mlle Anysic Deland, Lit.K.Psychiatrie Vaste est le domaine de la psychiatrie puisque cette science intéresse non seulement l’école et l’industrie dont elle cherche à augmenter le rendement mais aussi tous les êtres humains pour la solution des problèmes qui se posent incessamment au cours de la vie.Le cours considère ces divers aspects de la question et s’attache particulièrement à l’examen psychométrique des enfants des écoles.Grâce à la Section d’hygiène mentale de la Division de l‘hygiène de l’enfance du Service de santé de Montréal, nos élèves reçoivent toutes les démonstrations voulues dans les écoles de la ville.Hygiène générale Ce cours constitue la synthèse de tout l’enseignement.Il comprend deux parties: l’hygiène individuelle et l’hygiène publique.Il tend à faire des graduées tie l’Lcole des instructrices en hygiène, ce qui constitue bien le rôle capital qu’elles sont appelées à remplir . L’ECOLE 1) HYGIENE SOCIALE APPLIQUEE 331 pour le bien de la société.Il est illustré par la démonstration à domicile du traitement et de l'isolement des malades contagieux, grâce à la collaboration empressée que l'École a toujours reçue de la compagnie d'assurance-vic .Métropolitaine ainsi que de la division des maladies contagieuses du Service de santé de Montréal.Ce travail est complété par une visite à l’hôpital Pasteur où les élèves constatent l'application idéale des éléments de la lutte contre les maladies contagieuses.Les élèves font aussi la visite des diverses divisions du Service de santé de Montréal.I.es chiffres ainsi obtenus en 1939 sont les suivants: Diphtérie.Varicelle.Scarlatine.Coqueluche.Rougeole.1 otal : « 78.Oreillons.Impétigo.Typhoïde.Méningite.Erysipèle.DJ, Soin des malades à domicile L’expérience démontre qu’une des meilleures entrées des infirmières dans les familles est bien celle qui se fait à l’occasion d'un malade à qui l’on vient prodiguer les soins que son état réclame.Grâce à une entente entre la compagnie d’assurance-vie Métropolitaine et l'École, nos élèves se rendent ainsi dans les familles pour faire l’application des traitements prescrits par les médecins.Ces cas ont donné tin total de 26 et les visites, celui de 70.Les diagnostics se répartissent comme suit: l Appendicectomie.Hémiplégie.Laryngite.Paralysie faciale.Bronchite.Broneho-pneumonit Diarrhée.Pneumonie.Total: 26.1 Brûlure.Néphrite.( 'ystitc.Amygdalite.I)iabète.Éruptions.Grippe.-, — - - ' 332 H K V I ' K TH IM KSTHI Kl.I ,K C A N A DIK \ N K H Y GIK V E IX DUSTRI ELL E On se.’ ' sociale de l’industrie de même i|uc i tuinnn.uuv i|uc peui lui fournir l'hygiène.Aussi le cours s'attache-t-il à étudier les divers problèmes rie l'industrie qui ressortissent à l'hygiène comme les suivants: le travail des femmes et des enfants, le travail de nuit, le repos hebdomadaire, la fatigue, les maladies professionnelles, la prévention des accidents.le choix des employés pour les diverses tâches, l’organisation scientifique du travail, la salubrité des usines, le service médical industriel, le bien-être des ouvriers.La part qui n ¦vient à l'infirmière dans ce programme d’hy- giène industrielle e st tri'S appréciable.C'est pourquoi nos élèves vont prendre ¦ leur i expérience ; i ce sujet dans îles industries pour- vues d'un s ( T vice d'infirmière ¦s.Les industries ainsi visitées au cours de 1939 sont les suivantes: Imperial Tobacco, American Can, Dominion Rubber, Sun Life Insurance Co„ Bell Telephone Co., Toilet Laundries Limitée 1.Northern L leetric Co ., National Breweries, Molsonè s Brewery.Pour ré sinner tout le travail pratique exécuté ] par l'Ecole au cours de P année 1939, on peut dresser les deux tableaux suivants: TABLEAU X XOMJili :k ni: cas Cos X.-D.-des- • Suint- Sacré- Sainte - Hors Total Neiges et Laurent Cœur Catherine St -Pascal Prénatales .58 56 4 S 42 0 204 Post-partum 19 20 0 0 0 39 Xouv e aux- nés .82 S3 0 0 0 105 Nourrissons.90 8 7 92 140 0 409 Préscolaire.".170 197 30S 352 0 1093 Ecoliers.3 ¦1 0 (l 79 86 Tuberculose (HCG) .047 047 (cas) .2 1 0 U 25 2 s (contacts) iî 4 0 0 72 S7 M a 1 a d i c o n t a - trieuses.o 3 0 0 77S 7S3 Ma 1 a dies diverses.10 10 0 0 0 20 H v g i è n e mentale .4 S 4 S Totaux .459 465 .70S 534 1049 3015 ¦IlIIIHI III IIIIICII¦MIIIMMIIM ^ i/école d’hygiène sociale appliquée 333 TABLEAU XI NOMBRE DE VISITES Cas N.-D.-des-Neiges et St-Pascnl-Bavlon Saint- Laurent Sacré- Cœur Sainte- Catherine Hors Total Prénatales .202 ltlti 101 148 .647 Post-partum Nouveaux- 128 133 0 0 .261 nés 184 190 0 0 .374 Nourrissons.725 696 ISO 525 .2126 Préscolaires.1318 1270 912 1016 .4516 Ecoliers.Tuberculose 3 4 0 79 Sü (BCD).647 647 (cas) 1(1 s 0 25 49 (contacts) Maladies c o n t a - S8 32 0 72 192 pieuses.Mal adies O 3 0 778 7S3 diverses.51 70 0 .0 121 Totaux .2653 2538 1193 16S9 1601 9S02 Not rc ¦ Picole n'est pas une in ~t it ut ion d’enseignement \'h i/Oil ne seulement, mais Bien de Vhi/'jiiiv sociale.Ce sont la doux termes que l’on ne saurait dissocier.La démonstration en est facile à faire.< )n affirme avec vérité que, pour être pratiquée, la vertu exige un minimum de bien-être.< )n peut en dire autant de la santé.On ne saurait parler d'hvgiène dans un taudis où toute une famille croupit dans la misère.Dans ces cas, comme dans les nombreuses difficultés qui suruissent sans cesse, les infirmières visiteuses doivent s’employer à pourvoir au relèvement économique et moral de leurs protégés.Or, pour le faire avec efficacité, il leur faut connaître ces problèmes, leurs causes, à la lumière de quels principes on peut les résoudre, ("est à ce besoin que répond la s partie de notre enseignement.Les questions sociales mises au programme de nos études sont : la sociologie appliquée, le civisme, la psychologie et le droit social et l'économie sociale.I.es institutions qui ont été visitées à ces divers sujets sont les suivantes: l'Institut des Aveugles, l'Institut des Sourds-Muets, l'Institut Saint-Antoine, le Refuge Meurling, l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, l'hôpital du Sacré-Cieur, l’école \ ictor-Doré, la Dour juvénile.De plus, les élèves ont continuellement l’occasion de 99 RKVl'E TRIMESTRIEI.LE CAXÀDIEXXK 334 pourvoir à l'application de toutes ces données au cours des visites qu’elles font continuellement dans les familles.La brève relation du travail accompli démontre assez la part que l'Ecole a prise dans le grand mouvement de l’enseignement de l’hygiène dans la province de Québec.A tous ceux qui dont aidée à remplir sa mission dans le passé, elle offre l’expression de toute sa reconnaissance.A tous ceux qui pourront lui faciliter la tâche d'élargir davantage le cadre actuel de son travail, elle offre sa plus entière collaboration.Ht c'est ainsi que l'Ecole pourra répondre de mieux en mieux au besoin le plus pressant de l'heure en hygiène publique, celui de la formation de compétences.I» 1 'OMM.VX DATIONS Pour faire mieux honneur à ses obligations, l'Ecole a un besoin pressant des additions suivantes; h—Lue seconde assistante en travaux pratiques.Nous avons relaté tantôt la disparition prématurée de Mlle L.Bérubé qui n'a pas été remplacée.Or, sa contribution était indispensable et notre directrice actuelle des travaux pratiques ne peut absolument pas répondre à tous les besoins avec le nombre actuel de nos élèves.Nous recommandons de lui adjoindre une infirmière qui se démontrerait particulièrement qualifiée pour le haut poste de confiance qui lui serait confié.2.—L'addition d’un stage en hygiène rurale.Nous avons toujours caressé l’espoir d'adjoindre à notre Ecole une Lnité sanitaire de comté avec laquelle il nous aurait été possible de collaborer intimement.Cette question est actuellement à l'étude et nous formons des voeux pour qu’on lui apporte une solution heureuse dans un avenir rapproché.3.— L'addition d'un cours et d’un stage en service social.AL l'abbé Lucien Desmarais, gradué de lTniversité de Washington et professeur à l’Ecole d'Education familiale et sociale, est prêt à en assumer la direction.Notre Ecole se trouvera ainsi à combler une lacune et sera encore mieux en mesure de se comparer avec les autres institutions similaires.J.-A.Baudoix m.d REVUE DES LIVRES corns I)K MKTAKM’IKilK.Volume I, 72S page.-.fi x 9, avec 19G figures dans le texte et .'49 tableaux.Bibliographie.Index.1940.Publieation de 1 1 .cole Polytechnique de Montréal, 14140, rue* St-Denis, Montreal, P.Q., ( anada, par Louis Bour^oin, professeur à PFoie Polytechnique.Prix: 85.00.Ce livie vient à son heure.Il iioUs montre bien qüe les autorité de l’Fcole Polyteclinique de Montréal, où Pon forme des ingénieurs, se sont préoccupées «le donner à la métallurgie l'importance qu’elle mérite dans le bagage de s connaissances avec lequel un ingénieur moderne doit quitter 1 1 cole.La métallurgie, qui est une science appliquée, voire un chapitre de la chimie indu.-trielle, a tait tellement de progrès depuis le début du siècle qu'elle peut, grâce à ses techniques et a -a précision, fortin r un ensemble imposant dont l’étude peut absorber plusieurs années dans la vie d'un élève ingénieur métallurgiste.L'auteur n'a pas fait son livre pour l'éducation de spécialistes mais ils pourront trouver dans ce premier volume, l’exposé méthodique des théories modernes sur 1 état métallique que les physiciens cherchent heureusement à expliquer.Les autres ingénieurs, non spécialistes, les curieux de sciences exactes et de sciences industrielles pourront évaluer la somme des connaissances acquises dans le domaine des métaux jusqu a nos jours.Avant de tenter de rendre compte de la matière contenue darts cet important ouvrage, il convient, crovons-nous, de parler de quelques idées exprimées par monsieur Bourgoin dans son substantiel Avant-propos.Kn justifiant pourquoi il n’est pas inutile de taire des ouvrages d enseignement écrits en français «qui soit nt totalement adapté' à no* besoin# particulier#» dans la province de Québec, l’auteur s’est laissé entraîner heureusement il pousser sa pensée un peu plus loin et, parlant du rapprochement mie ces impondérablea d'une puissance merveilleuse le génie français élégant et mesuré, le génié anglais nbre et puissant, le génie américain audacn ux et mouvant», il en vient à exprimer comme un espoir légitime iule voir se faire un alliage magnifique qui pourrait être le génie canadien».Cette pensée, exprimée bien avant la capitulation des forces françaises armées, puisque h* livre est sorti de- presses canadiennes en janvier, prend aujourd'hui une valeur qu’on ne saurait surestimer.Car, si l’on peut être certain que le génie français est immortel et que la France redeviendra la L rance, les événements prouvent qu’il est né< os.-aire que le rameau de la culture française qui a poussé en Amérique non seulement vive, mais se développe hardiment afin d'être fort et incontestablement représentatif.Or, pourquoi nous priverions-nous de recourir au moyen si puissant «le la greffe ou, pour parler métallurgiquement, de l’alliage pour donner au génie français, que nous po.-.-édons en puissance, quelques appoints formant un tout et qui serait, un jour, comme le souhaite M.Bourgoin : le génie canadien ?Que cet espoir incite les jeunes au travail et 1 avenir est à eux.1 Le tome II traitera des metallurgies spéciales aux différents métaux. 336 KEVUE TRIMEST1UE1.1.E CAXADIEXXE Quittons Y Avant-propon et nous remarquons que l’ouvrage est consacré à ce qu’il convient de désigner la Métallurgie physique.1 Ces termes sont plus appropriés que le mot Mélallograplnt parfois employé en français pour désigner ce dont il s'agit.Tout imbu, en bon ingénieur, de l’importance des explications physiques aux propriétés de la matière, l’auteur débute par l'étude de la structure de la matière: celle de l’atome, celle de la molécule, celle des cristaux.Cet ordre logique étant écoulé, il est parlé de l'état métallique, puis dans un exposé aussi clarifié que possible, sont exposés les éléments de la théorie électronique des métaux qui nous amènent à coin ' les conductibilités électrique et thermique.Visant le but à atteindre, la formation de l'ingénieur, M Ihuirgnin n \ n nt sur les explications théoriques qui peuvent être données aux propriétés des métaux et de leurs alliages.Le chapitre de la Cohésion s’avère d'une importance capitale pour la compréhension de la résistance des matériaux; il est limité aux métaux, mais il ouvre la porte sur un domaine nouveau et important.Dans l’étude de la formation de l'état métallique solide, se trouvent les explications qui amènent à comprendre pourquoi les calculs basés sur l’évaluation des forces de résistance de cohésion ne «collent" pas encore avec les chiffres expérimentaux; nous ne savons pas tenir compte dis imperfections des cristaux, de l'influence des impuretés, etc.Ces notions sont utiles à connaître pour l'ingénieur qui veut savoir ce que la science pure peut apporter à son art.Dans un chapitre, long tout de même de ti2 pages, il est exposé les MMunits d'étude 'les métaux il allingi , -mis que cela fasse double emploi avec les cours particuliers de résistance des matériaux et île métallographie qui sont donnés à Nicole.L’auteur a ordonné là ce que l’on ne trouve que difficilement groupé: les notions de l’analyse thermique et l’étude des diagrammes d'équilibre des alliages binaires, ternaires, quaternaires même.L'on sait toute l'importance de ces diagrammes en métallurgie et beaucoup seront contents d'apprendre comment' en faire la lecture.Dans ce c hapitre si trouve aussi, .-ans que l’on s'y étende sur la technique, ce que les examens aux rayons .\ peuvent apporter de précisions dans l’étude des métaux.Il n'est .-ans doute pas superflu ici, de dire qu’il ne faut pas confondre l'examen radiographique des pièces métalliques avec la spectro-graphie aux rayons X qui until, i la structure fine des cristaux, montre leurs déformations sous les contrainte- les plus diverse-, nous donne (après bien des constructions géométrique- et calcul.- laborieux) l'image du cristal élémentaire ainsi que ses dimension-.Dans n chapitre de.- osais.traité du point de vue métallurgique, on trouve quelques considérations sut lis manifestations de la traction à température élevée, l'écoulr ment visqueux (creep test) et les effets du vieillissement.Pour ce dernier ms, du vieillissement, disons que tout un chapitre lui est consacré et que l'auteur n'a pas négligé de parler de- effets de fatigue si importants dan- toute- les pièce.- en mouvement ou soumises à des vibrations.Ceux, qui pensent encore que le- alliages de plusieurs métaux .-e font en fondant au petit bonheur dis quantités approximative.- de métaux différents, apprendront qu’il existe aujourd'hui des règles que l’on peut suivre avec avantage pour obtenir des alliages avec le minimum de tâtonnements et que la miscibilité des métaux est grandement fonction des dimensions d< - atomes qui les constituent.Le chapitre des alliage-, de leur.- structures, de leuis ; ropriétés en rapport juste- D1D RK VUE DES LIVRES 337 ment avec la structure, est particulièrement bien débrouillé dans ce Couru de métallurgie._ Comme introduction aux changements que subissent les métaux après les traitements mécaniques, thermiques, chimiques sont exposées les modifications qui .plissent dans l'état solide, c’est-à-dire sans que la masse métallique subisse une fusion.Il est à souhaiter que tous ceux,qui veulent comprendre les opérations de Trimpe, Rcnnu, léecuit, dmentalum au sens général du mot, lisent les pages claires de la «diffusion dans l’état solide» telle que l’expose M.Bourgoin.Lorsque l’on examine la table analytique des matières de 1 ouvrage, , |, se demande si l'est uni gageure que l'auteur à voulu tenir de ne rien oublier et dire l'essentiel sur tout, t'ette remarque est aussi valable pour le chapitre de 04 pages qui traite du Potentiel électrolytique et de la Corrosion.I.i - < hapitres importants étant t ujours précédés d'un lit.-tongue, on acquiert vite 1 impression qu'ils sont bien mis au point et marquent l’état actuel de la question.La connaissance historique n'est en rien nuisible à la précision et il nous semble plutôt quelle nous révèle l'évolution de no- idées et conceptions pour le plus grand bien de notre modestie, car on est amené à penser que rien n’est fini dans nos explications actuelles.S'il n’en était pas ainsi, la jeunesse n’aurait qua demeurer bouche liée en nous admirant, l.e Protes.-eur de nietalluigie de lol\-technique ne donne pas l’impression de vouloir que l’on s'arrête à lui, il n'a jamais manqué d'indiquer les approximations dont nous pouvons temporairement nous contenter mais auxquelles les jeunes devront apporter quelques décimales de plus dans le sens de la précision et de la prévoyance des phénomènes.L’auteur a prévu le reproche t|ue certains lui adresseront a propos de la première partie de son cours: Métallurgie physique; tout cela, c’est trop théorique.La belle excuse pour ne pas dire plus crûment: «nous autres on n'a pas besoin de se fatiguer la cervelle pour faire de l’argent.» (.’a peut se soutenir, mais il se pourrait bien que cela vienne à change r.M.B< urgoin n’ose pas le dire, il répond plutôt: «je n’ai pas fait un livre qui n .ntient ce que tout le mi aide sait.le me suis demandé quelles étaient les connaissances que devait posséder, de nos jours, un ingénieur ou un homme instruit., et il est alors beaucoup plus facile et avantageux de retenir quelques théories, règles ou principes généraux, qui permettront d étudier ou do résoudre n'importe quel problème plutôt que de tenter d apprendre tous les cas particuliers.I.a bonne pratique, pour l'ingénieur, n'c.-t que l'application de théories bien comprises.» Citation un peu longue, mais peut-on mieux dire.’ La deuxième partie du livre est consacrée à la Métallurg ¦ gkm ale.Il faut entendre par là le groupement d’un certain nombre de chapitres traitant de questions que l’on est obligé d’envisager dan- plusieurs métallurgie- spéciales, par exemple l’importante question des Matériaux réfracta re.% puis celle des Combustibles, des Fondants, du Vent, de l’Eau; ces derniers chapitres sont réduits au minimum car, pour les Combustibles, I l.au, deux volumes du touts de Chimie Industrielle de l’Ecole Polytechnique traitent de la matière.Bien plus développée est l’importante question de la Préparation mécanique des minerai* (Ore dressing).Dans ce vaste domaine, l’ingénieur,même non métallurgiste, peut trouver à s’employer utilement car les opérations de broyage, concassage, pulvérisation, classement, tamisage, séparation magnétique, flottage, séchage, briquetage lui sont faciles à réaliser du moment qu’il possède les principes directeurs qui sont en jeu dans les appareils.Naturellement, le Flottage est la 33S R K V V K TRIM ESTRIK h I, K C A\ A DI K S S E partir la plus développée, et sans avoir fait un Traita du Flottage, l'autour a donné l’essentiel.l.r ( ours do Métallurgie de M.Bourgoin so termine par l’énumération des Procédés généraux d'extraction i/o métau:r, puis jiar un important eliapitrc sur 1 hlcctrométallurgic, cette technique d’avenir pour le Canada.On devrait, selon nous, songer sérieusement a donner aux ingénieurs canadiens plus (pie des notions sur I I lertrochimie et 1 I leetrométallurgie puisque, dans la province de Québec tout particulièrement le jour n'est pas loin ou l’énergie électrique pourra se substituer a la coûteuse énergie thermique pour le traitement de beaucoup de minerais.Si l'on veut bien songer à l'avantage déjà apporté dans 1 exploitation de nos ressources par les procédés de concentration, lorsque l'élaboration des métaux pourra se faire économiquement dans les régions minières, se trouvera résolu le problème onéreux du transport de combustible et de gangues inutiles.Knfin, ce volume I se termine par une bibliographie assez copieuse.Un index facilite grandement les recherches et est de nature à piquer la curiosité de ceux qui voudraient se donner la peine de le parcourir.J .es figures, |cs diagrammes, les reproductions photographiques sont de bonnes sources et illustrent Utilement le texte qui n’est pas diflicile à lire car l'impression, chose jamais négligeable pour un ouvrage de ce genre, est bien venue et balancée harmonieusement.!'-n vérité, beaucoup de personnes peuvent entreprendre la lecture de ce Cours de Métallurgie, (pii n’a pas d'équivalent en langue française.Il faudrait plusieurs volumes en langue anglaise pour trouver toute la matière contenue dans cc^tome I et nous souhaitons vivement que l'ouvrage se répande en dehors de I l.cole Polytechnique de Montréal; il serait le témoignage que le Canada français i*t cajiable de quelque chose dans un domaine d’où on le croit absent.L.TRAIT fi C’iÛXKHAI.DUS ASSI ‘RAXCKS TURK FSTHK.S KX DROIT FRAXDAI.S.I orne 11 .1 -urance- de dommages.Règles générales, par Maurice Picard, professeur à la faculté de Droit de Paris, et André Besson, professeur à la faculté de Droit de Grenoble.In-So de 794 pages, publié par la Librairie générale de Droit et de Jurisprudence, 20, rue Soufflot, Paris, en 1910.Dans notre fascicule de mars 1939, nous avons indiqué, en faisant le compte rendu du premier volume de cette série de six, quel plan général l'auteur entendait suivre.Son premier volume était consacré aux généralités du sujet.Ce deuxième tome se rapporte aux règles générales qui régissent les assurances de dommage; il sera complété par le troisième où l’auteur traitera di règles spéciales intéressant ce genre d'assurances.Voici les principaux titres inscrits dans la table analytique des matières: Determination des dommages couverts; surassurance et assurances multiples; alienation de la chose assurée; les bénéficiaires de la garantie; l’indemnité d’assurance; la règle proportionnelle et les assurances aux premiers risques; recours de l’assureur et délaissement.VVV i .,1 ItEVUE DES LIVRES 339 F A BRI-: AND MATHEMATICS, AND OTHER ESSAYS, par Eao Genevra Simons, doyen du département des Mathématiques au El enter College of the City of New York.Iii-12o de 102 panes.Prix: relié, SI.00.Publié par Script a Mathf.matica, avenue Amsterdam à la cent-quatre-vingt-sixième rue, New-York.1939.Ce petit volume contient la réimpression de quatre articles déjà publiés dans des périodiques consacrés à l’histoire et à la philosophie des sciences.Certains de ces essais ont un caractère biographique et se rapportent à des savants.non mathématiciens, qui ont cependant su tirer profit tics mathématiques pour les disciplines qui h-s intéressaient.Les autres ont un caractère historique et racontent les débuts des mathématiques aux Etats-Enis.Le premier sur la liste a pour titre, Kabue and Mathematics.L’auteur, après avoir consulté toutes les grandes oeuvres île Fabre, en extrait les passages où ce dernier se servait avec maîtrise de -es connaissances mathématiques pour décrire la vie et les mœurs des animaux.Le deuxième article nous parle de l’intérêt que portait Alexandre de Humboldt aux questions mathématiques et de se- relations avec les grands mathématiciens de son temps.Le troisième mémoire e.-t consacré à l’influence des mathématiciens français, surtout Lagrange, Laplace et Legendre, sur l’enseignement des mathématiques aux Etats-Unis à la fin du dix-huitième siècle.Le dernier article a pour titre: Short Stories in Colonial Geometry.C’est l’historique de l’enseignement de la géométrie à Harvard, à ale, ( olumbia et à l’Université de Pennsylvanie.UN ASPECT DU PROBLEME FERROVIAIRE FRANÇAIS, par Henri Trucliy, membre de l’Institut de France, et Georges Harcouvi, ingénieur.ln-12o de ü2 pages.Publié par la Librairie du Recueil Sirey, Paris.19-10.Ce court mémoire est une contribution, de deux des principaux officiers de (’Institut scientifique d’études des communications et des transports, à l’étude du déficit des chemins de fer français.Dans leur Avant~prnpn*t les auteur- nous apprennent que la fonction de leur institut est double: office de documentation et organisme scientifique de recherches et d’études.Leur premier mémoire définit, dans ses grandes lignes, avec des statistiques comparatives, le problème ferroviaire français.On y projiose les remèdes jugés les plus nécessaires et les plu.- urgents. VIE DE L’ÉCOLE ET DE L’ASSOCIATION FIN DES COURS A L'ECOLE POLYTECHNIQUE REUNION DU CONSEIL DE PERFECTIONNEMENT Le Conseil de Perfectionnement de l'École Polytechnique s’est réuni vendredi, le 17 mai, à l’École Polytechnique pour examiner les travaux de fin d'études des élèves finissants de cette institution.A cette occasion, le Conseil agit comme jury d'examen.Chacun des élèves vient à tour de rôle devant le Conseil pour expliquer et commenter le travail soumis, quelque peu à la façon de la soutenance d’une thèse.Les travaux présentés ont été préparés au cours de la dernière année d'études.Ils doivent démontrer que l'auteur possède les qualités caractérisant l'ingénieur et ils sont examinés par le jury au point de vue valeur professionnelle, difficultés techniques, difficultés documentaires, originalité, valeur économique, etc.La liste ci-jointe montre la diversité des travaux présentés.Le Conseil de Perfectionnement était composé cette année comme suit: MM.Armand Circé, directeur des Études à l'École Polytechnique, Augustin Frigon, président de la Corporation de 1 École Polytechnique, Olivier Lefebvre, commissaire de la Régie provinciale de l'électricité, Horace C:gné, président de la Commission des eaux courantes, Osmund Graham, ingénieur en chef de la Commission des eaux courantes, Krnest Gohier, ingénieur en chef du Ministère rie la voirie, A.-< >.Dufresne, directeur du Service provincial des mines, J.-A.La prés, gérant des ventes de Canada Cernent Company, Henri Valiquette, gérant de la ville de Grand’Mère, Théo.-.J.Lafrcnière, ingénieur en chef du Ministère de la santé, Fred McHugh, ingénieur de la compagnie Dominion Bridge, Roméo Gauvreau, président de Sullivan Consolidated Mines Co., P.-IL Poitras, ingénieur de Steel Company of Canada, S.-A.Baulne, II.-A.Perreault, J.-Antonio Lalonde, président de l’Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, W.Yaillancourt, L.-A.Duehastel, Maxime Cailloux, Henri Gendron, Gabriel Hurtubi.se, Guy Lanctôt, gérant de lu compagnie Vian Ltée, Guillaume ( lin gras, président de la 50e promotion des diplômés, Maurice Archambault, chef division minéralogie et géologie, Service des mines et quelques professeurs de l’École. vie de l’école et de l’association 341 TRAVAUX DE FIN D'ETUDES DES ELEVES DE LA 64e PROMOTION Voici les titres des thèses soumises par les élèves de la 64e promotion : Romain Baril — Synchronisation automatique.Marcel Beaudry— études d’entrepôts frigorifiques à cases et par réfrigération rapide.Jos.-Aimé Boile au — Comparaisons des coût et d’efficacité entre un système d’éclairage avec lampes à filament et un système avec lampes fluorescentes.Claude Bourgeois — Étude d’une sucrerie de bettravcs.François Brien — Train électrique.Clément Caron — Élimination des poussières dans 1 industrie du granit.Paul Carrière - Installation d’un four à arc à l’École Technique de Montréal.Gilbert Couiuenne — Étude sur l’acoustique d’une salle de cinéma, en béton armé.C’hs-F.d.Deslauriers — La pré-fabrication des maisons d habitation et ses possibilités dans la province de Québec.Jean Dessaulles—Régularisation du voltage dans les systèmes do distribution à basse tension.Gaston Fréchette — Applications courantes de 1 illumination.Raymond-A.Frigon .Étude du rendement d’une usine (biscui- terie de la région de Montréal).Georges Gravel Usine de filtration pour la ville de Québec.Roger 11 Amelin - Transmission de l’électricité par courant continu à haut voltage.Marcel La.marciii: Éclairage d’un aéroport.Gabriel Leva varier — Installation de l’équipement mécanique dans un théâtre.Ls-I’li.L’Homme— Étude d’une station de pompage pour la mine Sullivan.Roger Lord — Chauffage à l’électricité sans augmentation des charges fixes. 342 I! K VI ' K TUI M KSTKI KI.I.K U A N A I) 11 : N V K Gérard M alo -— Silos à charbon.Fernand Marchand — Comparaison entre la soudure et le rivet dans la construction d'un petit pont de chemin de fer.Iules Mercikr — La signalisation électrique pour chemins de fer.Application à l’étude d’un problème simple.Yvon Nadeau Installation d'une laiterie dans une petite ville.Marcel Papineau Étude comparative des méthodes d’abatage par foreuses à diamant et par foreuses ordinaires, à la mine de Xoranda.Adrien Richaud— Étude d'un système d'air conditionné à l’auditorium du Plateau.Jean Sicottk — Érection et construction d'un pont en béton armé à dalles continues.Armand Tktreault — Récupération des poussières.Application du procédé Cottrell à l’usine de la Canada Cernent.Roger Thibodeau - Installation d’une usine pour la fabrication des chapeaux de feutre.Marc-R.Trudeau Démonstration appliquée à un pont, type poutre continue, de la flexibilité de la méthode des points fixes et des lignes d'influence pour le calcul des moments.J.-Louis Yaillancourt — Construction et aménagement d’une tour-réservoir.Francis Yaliquhtte — Installation d’un système de réfrigération pour un rond à patiner Arena de Grand .Mère.) DIPLOMES DECERNES AUX ELEVES DE LA 64e PROMOTION 1939-1940 Ingénieur avec grande distinction (SôCf des points sur l’ensemble des examens pour toute la durée des cours.) Trudeau, Marc-R.Monsieur Trudeau a aussi obtenu la médaille du Lieutenant-Gouverneur, offerte à l’élève classé le premier de sa promotion pour toute la durée des études; la médaille d'argent de l'Association des Anciens Élèves de l’École Polytechnique, attribuée à l’étudiant vie de l’école et de l’association 343 classe le 1er en dernière année d’études; le prix Augustin Frigon ($25.00), offert à l’élève ayant obtenu la moyenne la plus élevée aux cours de Physique et d'Électrotechnique, tant pour les cours théoriques que pour les travaux de laboratoires; et le prix Ernest Cormier, pour succès au cours d’Arehitecture.Ingénieurs avec distinction (80% des points sur l’ensemble des examens pour toute la durée du cours ) M arch an d ( Fernand) Hamelin (Roger) Carrière (Paul) Brien (François) Monsieur Brien a aussi obtenu la médaille de bronze de l'Association des Anciens Elèves de l’École Polytechnique.Deslackiers (Charles-Edouard) Monsieur Deslauriers a aussi obtenu l:t médaille d'or de l'Association ries Anciens Élèves de l’École Polytechnique, offerte à l’étudiant ayant présenté la meilleure thèse.Ingénieurs (60 à 79% des points sur l'ensemble des examens pour toute la durée du cours.) Mercier (Jules) V aile an court (Jean-Éouis) Baril ( Romain) Malo (Gérard) Lamarche (Marcel) Thibodeau (Roger) Xadeau (Yvon) Frigon (Raymond) I.ec a varier (Gabriel) Tétkeault (Armand) Fréchette (Gaston) L'homme (Louis-Philippe) Coupienne (Gilbert) Lord (Roger) SrcoTTE (Jean) Caron (Clément) Richard (Adrien) Bourgeois (Claude) Boileau (Joseph-Aimé) Dessaulles (Jean) Gravel (Georges) Beaudry (Marcel) Valiquette (Francis) Papineau (Marcel) 344 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Monsieur Papineau a aussi obtenu le prix de la Cinquantième Promotion de lflcole Polytechnique ($50.00), offert a 1 étudiant qui a présenté la meilleure thèse industrielle; et le prix Paul d Aragon, pour succès au cours de Mines.Prix décernés à des élèves non finissants PRIX DE L'ENGINEERING INSTITUTE OF CANADA (.$25.00) Aubry (Gérard) 4e année PRIX DE LA BANQUE D EPARGNE Lavigueur (Bernard) 4e année Melili.o (Vincent) 4e année PRIX DE l’association CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L AVANCEMENT DES SCIENCES t S10.00) Attribué à l’élève de troisième année ayant le mieux réussi en mathématiques, physique et chimie.Braze au (Lucien) BACHELIERS ES SCIENCES APPLIQUEES 1939-1940 Bachelier avec grande distinction Trudeau (Marc-H.) Bacheliers avec distinction Brien (François) Deslauriers (Charles-Edouard) Bacheliers Mai.o (Gérard) Lamarche (Marcel) Thibodeau (Roger) Nadeau ( Yvon) Frigon i Raymond) Lec a varier (Gabriel) Tétkeault (Armand) Fréchette (Gaston) L'homme (Louis-Philippe) Si cotte (Jean) Richard (Adrien) Bourgeois (Claude) Boileau (J.-Aimé) Dessauli.es (Jean) Beaudry (Marcel) Vali ;uette (Francis) Paiine.au .Marcel) H K V U K T1UMKSTRIKLL 1C C A X A I) IK X X E IX JOSEPH FILION Constructeur 464, Boulevard des Prairies LAVAL'DES'RAPIDES de la nouvelle aile de l’Ecole Polytechnique et de plusieurs autres édifices, tels que: l’Eglise St-Clément de Viauville, l’Ecole N.-D.du Saint-Rosaire.Entrepreneur Général Avec les complnnents flM am X K K VU K TR IM K STR I KI.LK C AX ADIKX X K Plomberie, posoge d'appareils de chauffage à eau chaude et à vapeur Ouvrage garanti — Spécialité: air conditionné L'installation du svstème de conditionne 37, rue Notre-Dame ouest Polytechnique a été confiée à notre maison.ENTREPRENEUR Tél.LAncaster 8380 MONTREAL H.LALONDE & FRERE Le linoléum de la nouvelle aile de l’Ecole Polytechnique a été fourni et posé par notre maison Les plus grands spécialistes du tapis et du linoléum au Canada Tél.DOIIord 3555 Limitée MONTREAL (¦¦¦¦Hi :.JiOAMSk',c.Æb^ ¦ -"i1» i REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL) École d’ingénieurs — Fondée en 1873 TRAVAUX PUBLICS • BATIMENTS • MINES ÉLECTRICITÉ • CHIMIE INDUSTRIELLE PRINCIPAUX COURS: • Mathématiques, Physique, Chimie, Dessin industriel, Géométrie descriptive, Arpentage.• Mécanique, Résistance des Matériaux, Minéralogie, Géologie, Mines, Métallurgie.• Thermodynamique, Machines thermiques, Hydraulique, Electrotechnique, Constructions civiles, Béton.• Ponts, Constructions mécaniques, Voirie ru- rale et urbaine, Chimie industrielle,Législation industrielle, Finances.I Laboratoires d’analyses, de recherches et d’essais.Laboratoire Provincial des Mines.1430, rue ST-DENIS, MONTREAL TÉLÉPHONES:— Administration:—- LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines; LAncaster /8S0 PROSPECTUS ET RENSEIGNEMENTS SUR DEMANDE - ' XII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Ne vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Ne dissippez pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE Actif, plus de S146.000.000 537 BUREAUX AU CANADA CHIMIE • PHYSIQUE • BACTÉRIOLOGIE Verrerie Pyrex.Outillage Précision.Étuves Freas et Thelco.Balances de précision.Creusets et coupelles Battersea et D.F.C.Concasseurs, pulvérisateurs, fours Braun pour Laboratoires de Mines.Canadian Laboratory Supplies Ltd.296, RUE SAINT-PAUL OUEST, MONTRÉAL 0966 F F VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XIII Tél.FAIkirk 2848 Fondée en 1912 .•v-^SBâSsr'" ! Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d’appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré.Bureau et Atelier: 984 Rachel Est ON TROUVE TOUJOURS A L.A LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaires ou sur grand papier, d'une sélection d'auteurs contemporains.:: :: :: •: 1247 RUE ST-DENIS TÉLÉPHONE: HA.2320 MONTRÉAL XIV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE A Montréal en 1882 Dans tout le Canada en 1940 Un service national électrique En 1882, la compagnie qui est actuellement la Northern Electric était fondée à Montréal.Aujourd'hui, une chaine de 22 entrepôts-succursales permet de se faire une idée du développement formidable de ce service national électrique.La Northern Electric maintient des services de fabrication et de distribution, vastes par l’étendue de leurs ramifications, variés par leur caractère et toujours parfaitement adaptés aux problèmes nouveaux qui ne cessent de se présenter.Qu’il s’agisse d’équipement requis pour produire, transformer, distribuer ou consommer de l'électricité — pour fins industrielles, commerciales, résidentielles ou autres — on trouve tout ce qu'il faut dans n’importe laquelle des vingt et une succursales de la compagne, toutes situées dans les centres les plus importants du Dominion.Machinerie Machines-outils et accessoires, Machines pour travailler le bois et le fer.Équipement pour transmission, Valves et accessoires pour la vapeur, Moteurs Diesel et à gazoline, Pompes, Balances, Alimenteurs automatiques pour chauffage de maisons privées et manufactures, Systèmes électriques et hydrauliques pour résidences, Réfrigérateurs, etc.Northern (P Electric COMPANY \JLIMITED SAINT JOHN.N.B.HALIFAX QUEBEC MONTREAL SHERBROOKE OTTAWA LONDON WINDSOR SUDBURY PORT ARTHUR CALGARY TORONTO HAMILTON VAL D’OR KIRKLAND LAKE TIMMINS WINNIPEG REGINA EDMONTON VERNON VANCOUVER VICTORIA Fairbanks -Morse COMPANY J2imiled CANADIAN 980, rue Saint-Antoine, Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XV QUALITÉ QUANTITÉ SERVICE G.A.GRIER & SONS LIMITED La plus grande a.a.a.a.a.jk a.a.a.a.COUR A BOIS DE CONSTRUCTION AAAAAAAAAAAcle Montréal Fondée en 1871 2120 OUEST, RUE NOTRE-DAME, MONTREAL, P.Q.Wllbank 6118 G.W.GRIER, président PHIL.PARE, vice-président Revue des Questions Scientifiques Revue belge de haute vulgarisation scientifique Par ses “Articles originaux”, ses “Revues des Publications périodiques”, sa “Bibliographie scientifique”, elle tient ses lecteurs au courant des principales questions scientifiques d’actualité.Paraîtra 4 fois en 1940, en fascicules de 160 à 180 pages.Prix de l’abonnement : Belgique et Luxembourg : 80 francs belges.France : 80 francs français.Autres pays : 26 belgas.LE NUMÉRO 20 FRANCS Numéros spécimens sur demande.ADMINISTRATION: 11, RUE DES RÉCOLLETS, LOUVAIN, BELGIQUE XVI REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE AVEC LES COMPLIMENTS DE La Maison Edouard Gohier Limitée Marchands de Bois de Construction et Manufacturiers de Portes, Châssis, etc.Bureaux à Ville St-Laurent et à Joliette.J.M.HARDY EDOUARD GOHIER Gérant Général.Président.“Où ïépargnant dépose ses économies” LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Siège social : 221, RUE ST-JACQUES OUEST :: :: MONTRÉAL 316 succursales et bureaux.LA TRADITION “K & E” La familière marnue de fabrique "K
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