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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1941, Collections de BAnQ.

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27ème année o 105 MONTRÉAL mars 1941 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 1— I.La Conservation des Monuments historiques dans la province de Québec.Ramsey TRAQUAIR Mftr Olivier MAURAULTp.s.s.Antoine Gordon NEILSON 24— II.Lois statistiques, Causalité et Miracle.R.P.Lucien MATTE, S.J.34— III.Le Découvreur du Corpuscule électronique : sir Joseph John Thomson.André-V.WENDLING 52— IV.L’Imperméabilisation des Sols stabilisés Jacques HURTUBISE Léonard CARTIER 63— V.Le Dualisme canadien.Marcel CADIEUX Paul TRFMBLAY 76— VI.L’Institut botanique: vingt ans au service de la science (suite et fin).Frère MARIE-VICTORIN E.C.91— VII.Revue des livres.94— VIII.Vie de l'Association et de l’Ecole.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL I COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Augustin Frigon, Président de la Corporation de l’École Polytechnique._ Armand Circé, Directeur de l’École Polytechnique de Montréal.> Victor Doré, Surintendant de l’Instruction Publique L’hon.fjéon-Mercier Gouin, Professeur à l’Université de Montréal.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Régisseur, Régie Provinciale de l’électricité.Édouard Montpetit, Secrétaire général de l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec._ L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: Mgr Olivier Maurault, MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., L'hon.Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire: Armand Circé Trésorier: Lorenzo Brunotto PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, ft la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura ilé envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208 1430, rue Saint-Denis.MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I LA Banque D’Epargne .DE LA CITÉ liT DU DISTRICT DE MON TRÉAL .„ lo46 iv™ Quatre-vingt-quatorzieme Rapport Annuel Aux Actionnaires.Montréal, le 10 Février, 19il.Messieurs, V.s administrateur?ont !•-• plaisir de vous soumettre le quatre-vingt-quatorzième rapport annuel des affaires île la Banque et !e résultat île ses opérations durant l'année expirée le :l décen l.re.191".1/ -• profits net' de l'année ont été de 5391.852 13.auxquels il faut ajouter I- solde reporté du compte des Prop's de anr.é.- «1ermere - -it >251.Ci il est Lauréat du Prix Nobel de Physique — Sept de scs Hires, dont son fils, obtiendront par la suite cette même récompense si prisée: Rutherford, 1008; W.L.Bragg, 1915; Barkla, 1917: Aston, 1922; C.T.R.Wilson, 1927; O AV.Richardson, 1928; et CLP.Thomson, 1937.Quelle école que celle de Thomson! — En 190S il est anobli par son Roi; en 1909 il est Président de la British Association; en 1912 membre de 1 Ordre du M élite et, en 1914, il reçoit la Médaille Copley.En 1915 il est Président de la Société Pay ale et en 191S Master of Trinity College; en 1925 il reçoit la Médaille de Faraday; en 1931 il est Président de la Section de Physique de la British Association: en 193S il reçoit la Médaille Kelvin.Il a reçu une vingtaine de doctorats honorifiques et nombre de décorations étrangères; enfin, le 30 août 1940, après avoir eu la douleur de voir sa Patrie incessamment bombardée, il expire à Cambridge, universellement regretté.Il déplorait, disait-il peu LE DÉCOUVREUR DU CORPUSCULE ÉLECTRONIQUE 39 auparavant, d’être obligé de se reposer de ses travaux in the midst of so much work undone, lui qui publiait depuis soixante ans! Ses restes ont été transportés au Panthéon britannique, l’Abbaye de Westminster, où il se trouve avec Newton et les gloires les plus pures de l’Empire.Espérons que son tombeau ne sera ni détruit ni souillé, et, qu’en reprenant le chemin du Cavendish, les physiciens britanniques pourront se rendre en pèlerinage au tombeau du « J.J.» de leurs aînés, l’âme du Cavendish pendant trente-quatre ans, qui a su créer une unité d’esprit remarquable dans la grande famille des physiciens britanniques.IV Ses publications principales 1SS0 « Stabilité des anneaux de corpuscules électrisés, dans une sphère chargée d’électricité du signe opposé » (c’est la première esquisse de ce qui deviendra: le modèle d’atome, destiné à expliquer l’immuable édifice atomique).« Applications de la dynamique en Physique et Chimie.» 18S1 « Mémoire montrant que la charge électrique n’a de masse d’inertie qu’en vertu de sa vitesse » (on pressent déjà la variation de la masse, l’inertie de l’énergie et l’origine électrique de la masse d’inertie).1885 « Exposé des Théories Électriques.» 1893 « Recherches récentes en Électricité et Magnétisme.» 1897 « La décharge électrique à travers les gaz.» 1903 « La conductibilité de l’électricité à travers les gaz.» 1904 « Électricité et Matière.» 1904 « Modèle d’atome.» 1907 « Structure de la lumière et théorie corpusculaire de la matière.» 1913 « Rayons d’électricité positive» (première méthode donnant les isotopes, distinguant des corps de mêmes propriétés chimiques mais de masses différentes, catalogués à la même place « iso — topes » dans la table de Mendéléjeff.) 1930 « Recollections and Reflections.» Y L’homme et le professeur Ses disciples nous dépeignent J.J.Thomson comme professeur: juste, encourageant, enthousiaste, « camarade » avec tous.— Personnalité vivante, conférencier merveilleux, cerveau puissant aux idées hardies, imagination féconde pour varier l’appareillage avec 40 RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE rare élégance, et flair quasi « miraculeux » pour déceler les défauts d’un appareil et y porter remède; bref, Thomson a le caractère propre à faire partager son enthousiasme et Vintelligence voulue pour surmonter toute difficulté technique.Ses écrits, surtout le dernier, nous montrent de plus un pédagogue et philanthrope, cherchant à éveiller la personnalité de l'élève et à assurer la tranquillité des humbles lors de leurs loisirs.Nous verrons dans le prochain paragraphe le jugement de lîutherford sur la hardiesse de ses vues; réunissons d'abord ce qu’ont dit de lui ceux qui lui ont survécu: Rayleigh, W.H.Bragg, O.W.Richardson, Aston et un grand savant qui ne l'a précédé cpie de quelques jours dans la tombe: Sir Oliver Lodge; le lecteur verra que l’ébauche du portrait proposé n’est pas trop élogieuse.Thomson possédait la qualité indispensable au professeur qui veut mériter le respect et l'estime de ses élèves: il était juste « Thomson did not overlook merit wherever it was to be found » (Lord Rayleigh fils.)- Et ses actes sont conformes à ce jugement; considérons le cas de Rutherford, qui intéresse tant les Montréalais: Ce jeune boursier, né aux antipodes (Nouvelle-Zélande), faisait bonne impression au Cavendish Laboratory.Il demande le renouvellement de sa bourse; Thomson va-t-il écarter un talent ?(comme les faibles le tentent parfois, pour couper les ailes à un rival de demain); Thomson appuie fortement la demande de Rutherford, déclarant sans ambiguïté: « He is quite in the first rank of physicists ».Si Rutherford est venu plus tard à Me Gill, c’est de sa propre initiative et non pas sur le conseil de Thomson.Et, quand Rutherford se sentira seul et isolé de tout à Mc Gill, Thomson ne cessera de l'encourager, puis, finalement, l’aidera à revenir décupler son rendement en réintégrant le bercail du Cavendish.Lauréat du prix Nobel deux ans après son maître, Rutherford devenant l'égal de son maître en renommée va-t-il cette fois susciter l'envie de Thomson, puisque, comme le remarquait déjà Froissart, « Onques envie ne morut » ?Bien au contraire, cette récompense provoque une joie débordante dans le cœur du professeur et Thomson n’a pas l'ombre d'une réticence: « It is indeed splendid news.; no one ever deserved it more and I am sure the award will meet with universal approbation.» Ayant envisagé la droiture du caractère, voyons ensemble les qualités du professeur: I.K I) K ( OC V KKI'li or (OKPt/srri.i; KI.KCTHO.V I (it ¦ K 41 11 ('(‘tait ntt tirand |h» ¦ assurea- la st abilité de l't'ilificc atomique, masquaient à distance l'électricité de l'atome en interférant dans leurs effets.D) h'é*ultut* ih l éliuli i/i* muh/llti¦' il ih - riiiffirn ni* ili dïff un un i/i * lull* 1/iIZi u.V.I.’ion positif est plus inerte que l'ion négatif; vm ion est plus inerte qu'une molécule neutre; la charge moyenne des ions gazeux négatifs est la même que celle des ions monovalents des solutions électrolytiques: enfin, la charge moyenne des ions gazeux positifs est loin d’être la même que celle des ions monovalents des solutions.K ttésultut* /h * déviation* éh rtrn*tutiqui il muij nét it/in tli * i iiijon* vuthodiqm *.Xn/i : Le corpuscule négatif a tendance à s'accoler rapidement à tout atome ou molécule, qu'il rencontre toujours aux pressions ordinaires, autrement les mobilités et eoetlieients de diffusion des ions négatifs ne seraient pas du même ordre que ceux, des ions positifs puisque le petit corpuscule négatif est tout petit à lui seul comparé aux atome- .("i*l ntt< U nyiinn qui nhhf/i ù étudiir h* mu* ilim* n qin Cruolci* appelait h « qualrti nu ctul e/e lu malien » : dun* i/i * tube* ù riilr In* pou*.sc.où le libre parcours moyen est plus long que le tube, ce qui fait que la chance pour l'ion d'y rencontrer une molécule est négligeable; alors seulement on peut obtenir des résultats concernant un même ion.( 'ombiuant la déviation électrostatique des rayons cathodiques et leur déviation magnétique, l liomson mesura leur charge spécifique e/m i et trouva une valeur environ mille fois plus grande (pie n s I.K lIKt'Of Vl(t |{ 1)1 CORIM'SCCI.E KI.KI TKO NI QUE 47 pour l'ion hydrogène do l'électroiyse.II remarqua do plus 1(110 ootto charge spécifique do' ions négatifs c*t; 1 it toujours la mémo, i/urtli i/iii suit In nutun iln (/a: risitluil iluns b tub' ii riih ii doit donc s'agir d'uu ooustituaut commun aux divers atomes).(pliant à hi charge spécifique des ions positifs elle n'est jamais plus grande que pour l'ion hydrogène de l'électrolyse.Fi Nous voici préparés, par ce qui précède, à comprendre le premier texte de riiomsot! qui montre l'criilinn* expéri mentale 1 tie* (des couleurs): après avoir raturé un livre, plusieurs années apres et sans consulter aucune note, il pouvait indiquer le rayon, la couleur de la couverture, la pape.J.J.a beaucoup plus écrit que Hutherford; il y a plus d'a priori chez J.J., (pii était à la lois mathématicien et expérimentateur.J J.ressemblerait un peu à Ampère (même s'il s'apissait des distractions amusantes et des confusions répétées), tandis (pie Hutherford ressemblerait à Faraday, prince des expérimentateurs.J.J.a toujours considéré Frnest Hutherford comme son plus penial élève.J.l.avait conserve le « Lancashire man's accent ».Il était amateur de golf et sa curiosité était universelle: l'aprieiilture et l'élevape de l’Ouest canadien, p.e., l'intriguaient, comme tout ce qu'il entendait, lisait ou pouvait intéresser ses visiteurs ; mais il a toujours cru (pie Me ( iill était à Toronto!.au prund scandale des Montréalais.Avec un etudiant décourage, J.J était aimable, mais rien de plus; avec ceux qui étaient heureux, il devenait enthousiaste et les visitait jusqu'à (leux fois par jour.J oils les etudiants étaient les bienvenus chez I.adv Thomson qui les recevait à l'heure du thé.J.J.était conférencier inspirant surtout les étudiants très avancés, qui avaient I occasion de saisir comment on attaque un problème; J.J.était cependant “brillant conférencier » de haute vulparisation pour le public éclairé delà Hoyal Institution (fondée a Londres par Benjamin Ihotnson, américain créé Comte Humford pour sa fidélité à la Couronne).J.J.pouvait penser à plusieurs sujets différents à la fois.Même apparemment absorbe par la lecture d un mémoire pendant qu'un conférencier » planchait » (désespéré de ne pouvoir intéresser J J.), J.J.étonnait tout le monde en toriiiulant une critique tic- appropriée a ce qui avait été exprimé par celui qu'il n’avait guère semblé écouter.\ oihi quelques traits, mentionnons maintenant quatre publications: BIO( “ I extbook of Physics » (en collaboration avec Poy.xti.m;, dont les électriciens connaissent bien le vecteur).1023 « l’he electron in Chemistry ».192s « Beyond the electron ».Les électriciens de l'école française seront surpris, eux qui ne connaissent que les tomes I et II des Déments de la théorie mathématique de l'électricité et du 1 U.DK 11H *.' '' ' ri t - par ( 1 « * l’k Maxwell ).• gaz.Aymit meut inline queh|ue- trait' et publications rjui ne figuraient pas dans l*‘ ,,n,lr> ‘1'* l'îirtirle, voyons ce qu'il faut penser des jugements opposés d’Aston rI 'l‘‘ 1 ¦* t a ltlt (William): Aston nous «lit en effet cju* • : parmi les expérimentateurs df la pl i \ >i( J U c *, le wau(fi/t tl habilite manuclL chez 7 honison • st pnsgut unupo, alors xpérimentateue.('nmme Aston a été longtemps son assistant et «•«•lui «!«* ses élèves qui a continué et prolongé les rayons positifs, • I.I.est vraisemblablement mieux connu (l'Alton gut et tft math é mat igue (hirant sa jeunesse (à une ép< kjuc où les laboratoires étaient peu «level*»ppes).Aussi, lorsqu il s y ¦"T t i ||l T 1 ||| k L i 1 1 ! 1 1 -TT Nf t || i [ 1 7^7 T n 1 / t , t —T '—r v/ i —.—-—i 1— — /|s comprennent la granulométrie, la grosseur maximum, les proper-tions et les propriétés îles divers agrégats, la densité l'indice !M11:i tu: jm.’ssi: "il HKVI'K TIIIMKSTniKI.I.K ( AX A 1)1 KXXI- de plasticité (lu mélange, l'influence de la nature et des piffportions des audits hydrofuges sur les qualités du liant argile ainsi que sur la résistance et l’absorption du mélange1.l ai raison de la valeur du procédé et de l'abondance, au ( 'anada, des matériaux essentiels a la stabilisât ion mécanique, puis afin (le considérer tous les aspects du problème et de déterminer les données d utilisation pratique, un programme de recherches conjointes sut la stabilisation des s()|s a été organisé récemment, auxquelles prirent part les laboratoires routiers des provinces de Québec et d ( )n-tario 1 l niversité Queen à Kingston, les laboratoires de recberebes de I Imperial mil a Sarnia, et le laboratoire de géotechnique de I l'.cole Polytechnique de Montréal l.e travail fait jusqu ici à notre laboratoire a porté sur l’impcr-meabilisation des couches de fondation stabilisées mécaniquement, au moyen d'as; haltes Ii!• — utilisés en faibles proportions.• hi a ainsi déterminé quel type et quelle proportion d’asphalte donnent le meilleur résultat tant pour l'imperméabilisation que pour J:i rc'istance à réerasenii'i nt, le- autres facteurs nu •nt ion nés ri-dessu s demeurant constants d ans ti ms les cas ét udiés.1 o\ DJTIOXS UKX KKATJ •> m;s ks.-ai.- 1 .es i ¦ssais ont |inrté1 sur les a- - p 11 a 111 es liquides suivants : 1, >( 2, \e i .MC 2, lit 1, lit 2, provenant tous de la même I*;: i (linerie Nous avons pr éparé' dix-huit mélanges stabilisés mécaniquement , incorporant ch: icun d e ces bit unies dans les pro- port ions de il,.à t • 1 ( ' - f en poids: trois autres mélangcs sans au< •une mil lition d'asphalt.>ei*vil ¦eut de cont rôle.L’i ¦nsemble du gros : igrégat et du mort ier ton •eil.X et irrespondait à la composition granulome) riqiu définie par la liiruo médiane entre les eourl »e- limite- •labile- pour les mélange s sial» ilisés mécaniquement fig.1 ), soit : 10O' , pa — ant au tamis 1" :.v, ' n 1 il' ' n lit 2-s' , n tu 1.7 , ' n 2il(l la s matériaux, gravier, piern ¦ piiiic: isséc, sa blés et a rgil e prove- liaient d e menu s sources et av: lient t îles propriétés phys nues et t.'lMI K KM K ABU.ISA Tl ON l)KS SOI.S STA III I.ISKS ÔÔ mécaniques bien définies.(.'indice de plasticité de Candle était de 22 et celui du mélange de 7.La t eneur en eau opt i nui in, dot enninée par la tnét h ode de l’roct or variait entre CC , et fi.V , du poids de matériaux secs, t )n a cependant dû réduire le pourcentage d'eau à ô.n lorsqu'on employait 2', d'asphalte, afin de conserver à lotis ces mélanges la même plasticité, fixant ainsi à 7,ô le pourcentage total maximum de liquide.L'addition de cette quantité d'eau, en plus de permettra la consolidât ion retplise, assura it la dispersion complet e de l’asphalte.De chaque mélange l'on a tiré trois éprouvettes cylindriques de (i po.de diamètre par 12 po.de hauteur pour Cessai à l'écrasement, et deux autres de même diamètre par aration des éprme < tt< ni-:vri: rttiMi.si hiki.i.k c \ \ \ dik.vnk Pour n emploie pour la fabrication des éprouvettes cinq moules d acier de ti po.de diamètre, dont t rois de 1 1 po.de hauteur et deux de S po.( )n a suiii de recouvrir la surface intérieure d'un papier paraffiné pour (pie le mélange n’adhère pas aux parois, t'es moules sont emplis par couches de deux pouces, tassées au pilon Proctor au taux d environ 10(1 coups par couche.('e premier damage I.'l.MI’KK.M KAMUSATIO.V DKs S< )I.S STAHII.ISKS à 7 ne donnant pas la compacité requise, Il* tassement est complété sou> mu* pn ¦ssi¦ jusqu à ce que toute b eau ell excès soit chassée et que le rebondis scnieilt III* ( lé pas se pas les hauteurs fixées.La près- sion l'e quise est 1 en moyenne de 70 livres par pu.ca.et n'atteint dût) liv ri- par | )().CM.i Ijllr dans quelques cas parti» ailiers.Les cinq é|)l'ouv et tes de cliaqtK ¦ me lange sont retirées des moules au bout il' I liourr-, séchée» Ici111'11H-iit à l'air durant au moins «11i.at"• ,oiil' ajourne dont les bords sont collés i, |:l |)an,j hatéraie.On (^‘ 't’1" filK's ouvertures dans (enveloppe supérieure, n- ipp ll,',in|'t a I air de s échapper mais enipéclie toute évaporation l'ineiii: à l-ssai à l'nlisnrptma.J-.es éprouve! tes sont tenir d'eau constante de 'lu 1.2.d, ô, 7, Kl, 14.21 plus de 22ô jmir> I les (|( corriger | alisorjjti< n du lace exposée.I l|| déduit i l'usés sur le poids d'an placers dans des plats contenant une han't P" hit.o .et les pesées faites :l|| bout jours, puis de semaine en semaine jusqu'à eterminations préliminaires permettent de papier filtre et de la toile recouvrant la I" ces pesées les pou reçu t a lies d'absorption Iféïats secs. I.’lMI'KHMKAHII.ISATIOX DK S SDKS ST A HI DISKS 59 H KSUETATS ET COXCU'SlnXS Los résultats 1n pourrait attrihiter cet aeeroissenient de résistance à la force de liaison des hit tunes plus lourds.Ku effet le- asphaltes IK' I et Id -out une I tase asplial t iijtie ])| us duri'et donnent un résidu de plus grande consistance, car le solvant utilisé est très volatil.I.allure régulière et prévue de 1a courbe MC I diffère tota-l'"ieot de toutes les autres courbes ipii montrent un point bas prononcé pour la valeur de 1 ', d'asphalte.! ne explicat ion possible reside dans un équilibre qui pourrait s'établir entre les effet- île lubrification et de cohésion variant, avec le type et la proportion d asphalt e.I-1'- courbes d'absorption fig.7 démontrent (pie l'addition , d asphalte est inefficace.I, absorption maximum pour les mélanges à ]', d'asphalte varie entre 2.V ,' et soil la moi- tié de la valeur ((absorption pour les mélanges de contrôle.La resistance est ainsi diminuée sensiblement par rapport à ha ré-sistancc a sec, mais il est possible (pl'elle puisse suflire, e|| P rat iiple, dans de Imimes condit ions.Ions les asphaltes utilisés dans la proportion de 2réduisent I absorption de lir; à moins de I ' ;.et dans le cas de |;c 2.MC !• \l' -, el SC I à moins de ll.ti' , , Il semble d'après ees essais (pie chacun de ces asphaltes, dans la proportion de 2' ,, imperméabilisera suffisamment un mélange stabilisé mécaniquement pour conserver pratiquement toute la résistance qu'un tel mélange aurait dans les meilleures conditions de mise en leiivre.< e pendant, si I on se base à la fois sur les essais à la résistance e* mu les essai' a I absorption, I on peut recommander surtout I utilisation de He I.l’e 2 et probablement MC 2.La comparaison de ha résistance à l'écrasement des différents type- de melanges nest valable jusqu'ici (pie pour des mélanges parfaitement séchés.Afin de connaitrc approximativement la valeur de cette resistance lorsque I absorption maximum e.-t atteinte.I on soumit a I essai à l'écrasement chacune des petites éprouvettes cylindrique.- des mélanges à 2', d'asphalte dès ha dernière pe.-ée opérée.Les résistances furent multipliées par le ('(efficient (l.sô.(pie 1 A.>.I .M.recommande pour réduire à ha normale les valeurs Absorption d'enu en GRANULOMETRIE MEDIANE PL 7 PDS UNIT MSLB PlCU Figure 7 — Courbes d’absorption d’eau par capillarité.'IMPERMEABILISATION DES SOLS STABILISÉS 62 REVUE TRIMESTRIEI.EE CANADIENNE de résistance du béton obtenues à partir d'éprouvettes dont la hauteur est égale au diamètre.TABLEAU I Mélanges à 2% d’asphalte Type Résistance sec (moyenne de 3 éprouvettes 6” Absorption maximum Résistance à l’absorption maximum (moyenne de d’asphalte RC - 1 diam.x 12" hauteur) livres par po.ca.•174 pourcentage o.ss 2 éprouvettes 6" diam.x 0" hauteur) livres par po.ca.315 RC - 2 413 0,53 330 .MC - 2 301 0,42 2S1 SC -2 210 0,98 95 SC - 1 206 0,59 101 MC - 1 176 0,52 107 Le tableau I présente ces résultats comparés des éprouvettes à sec et humides.Il en ressort que les mélanges à 2% de RC - 1 et de RC-2 ont encore, à leur absorption maximum, une résistance supérieure à celle des mélanges stabilisés mécaniquement et parfaitement séchés qui servirent de contrôle et ne furent pas imperméabilisés.On doit remarquer que les conditions dans lesquelles furent faits les essais d’absorption sont totalement défavorables.L’on peut présumer sans crainte que l’absorption sur le terrain est généralement inférieure aux valeurs données par les courbes.Kn conclusion de cette étude au laboratoire, on peut recommander l’emploi des asphaltes liquides RC - 1 et RC - 2 comme agents hydrofuges pour les couches de fondation stabilisées mécaniquement.La proportion d’asphalte variera entre 1% et 2% suivant les conditions du terrain et de la région.Jacques Hurtubise, B.Sc.A.Léonard Cartier, B.Sc.A.Laboratoire de géotechnique, Ecole Polytechnique de Montréal. LE DUALISME CANADIEN Il suffit de songer, un moment, que les provinces-mères du Canada ont été, jusqu’au milieu du XIXe siècle, des colonies indépendantes ayant eu chacune son évolution politique distincte, pour apprécier jusqu’à quel point les intérêts peuvent être divergents et les particularismes accusés dans notre pays.Cette diversité trouve son expression politique dans la formule fédérale.Celui qui veut comprendre notre politique doit d’abord la transposer en termes fédéraux.Avant cela, il n’a rien fait.Mais alors, un écueil l’attend.Il pourra penser réussir à pénétrer totalement nos problèmes en faisant appel aux principes ordinaires applicables au système connu sous le nom de fédéralisme.Pourtant, s’il est un observateur sincère, il s’avouera qu'il existe, dans notre pays, une foule de problèmes politiques que le caractère fédéraliste de l’État ne suffit pas à expliquer: par exemple, les revendications scolaires des Canadiens français en Ontario, au Manitoba ou encore les luttes pour la reconnaissance du français dans les autres provinces.C’est qu’en réalité, un autre facteur vient à son tour qualifier le fédéralisme canadien.Le pays a été fondé, colonisé et continue d’être développé par l’effort commun des races française et anglaise.Ceci implique, notamment, (pie l’élément français croit pouvoir réclamer des droits égaux à ceux de son associé dans tout le pays.Ce qui explique le genre de revendications signalées plus haut, bien propres à rendre perplexe un observateur pressé.En vérité, l’Etat canadien, en plus d’être fédéral, doit s’efforcer de revêtir un caractère bicéphale ou dyarchique.C’est ce que veulent dire nos écrivains quand ils parlent — faute d’un terme plus juste — de dualisme canadien.Dans quelle mesure notre État est-il vraiment dualiste?Les deux races sont-elles placées, dans tout le pays, sur un pied d’absolue égalité comme le veulent les Canadiens français en invoquant leurs droits de fondateurs et leurs contributions importantes à la vie canadienne?(Cf.Roger Brassard, Can.Journ.of Econ.and Pol.Science: The Working of Confederation, 1937, p.337.) Ou bien, les Anglais ont-ils raison de vouloir réduire le status Ü5H i HUUM Bgü an 64 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE politique de l’élément français à celui d’une minorité cantonnée dans la province de Québec ?(Cf.P.F.Morley, Bridging the Chasm, p.73.) Voilà, en fait, presque tout l’essentiel du problème politique soulevé par la présence des deux races au Canada.Nous voudrions voir sur quoi sont fondées les prétentions des Canadiens français qui veulent faire de l'État canadien un état dualiste et, ensuite, si notre constitution consacre bien l’égalité de status entre les deux races.Si notre analyse révèle un déséquilibre entre certains droits historiques des Canadiens français et leur reconnaissance légale, la question se posera, alors, de savoir si cette situation est susceptible d'être améliorée.Les Canadiens français réclament des droits égaux à ceux de leurs compatriotes anglais! Laissons de côté, un moment, les arguments légaux qu’ils peuvent invoquer et demandons-nous en vertu de quels droits historiques ils prétendent que l'État canadien n’est pas uniquement le résultat de l’activité anglo-saxonne.Nos compatriotes, quand ils ont à déterminer la somme des droits du groupe français, oublient volontiers — ou feignent d’oublier — que le pays a été fondé par des hommes de notre race.Comme disait un humoriste, c’est peut-être un détail, mais que nous avons la mauvaise grâce de considérer comme assez important.Nous ne prétendons point, certes, que les Anglais n’auraient pas pu faire le travail dur et ingrat des défricheurs; mais qu’au moins, ils nous concèdent quelque mérite d’avoir ouvert ce pays à la civilisation chrétienne.En toute justice, le droit du fondateur peut se mesurer avec le droit du conquérant.Occupé premièrement par nos ancêtres, le territoire canadien a été sans cesse étendu grâce à nos infatigables explorateurs.Dans une conférence, prononcée sous les auspices de la fondation C.Webster, M.E.Montpetit, après une évocation émue comme il en a le secret de l’expansion de la Nouvelle-France, concluait de la façon suivante: «Ainsi, l’inspiration française a conquis les Provinces Maritimes, Québec, l’Ontario, les Grands Lacs, l’Extrême Ouest et même une large partie des États-Unis».(Voir aussi les belles pages de J.Finley: Les Français au coeur de VAmérique), Bases historiques du dualisme canadien I.K DUALISME CANADIEN 65 A notre titre de fondateurs, nous pouvons ajouter celui d’explorateurs et de découvreurs du pays.Ces deux titres importants ne sont toutefois pas les seuls.Nous avons le droit d’affirmer que nous avons conservé le Canada à l'Angleterre.Lorsque les Américains eurent déclaré la guerre en 1812.ceux-là mêmes, que les officiels qualifiaient de French and had subjects, appuyèrent unanimement le gouverneur et autorisèrent l'émission de papier-monnaie pour une valeur de six millions, montant énorme pour l’époque.Au surplus, la victoire d’un officier canadion-français, de Salabcrry, eut une influence décisive sur la tournure des événements.En sorte qu’il est indiscutablement établi aujourd'hui que n’eût été le loyal appui accordé par l’élément français à la métropole, en cette occasion, le Canada serait très probablement devenu terre américaine.(Cf.Ch.Bracq: Evol.of French Canada, p.72, éd.1924.) La contribution canadienne-française à l'Etat canadien n’est en nulle occasion aussi apparente que lors de la passation de l’Acte d’Union.On sait que par cette loi constitutionnelle, les deux Canadas devenaient assujettis à un seul gouvernement.Sans tenir compte de ce que la population canadienne-française dépassait de deux cent mille celle du Haut-Canada, chaque section du pays était représentée au gouvernement par un même nombre de députés.Mais surtout, l’Acte d’Union a été pour nous une occasion do contribuer financièrement à l’édification de l'État canadien.A cette époque, la dette du Bas-Canada ne s'élevait qu’à £95,000 tandis que celle du Haut-Canada, à cause des dépenses encourues pour la construction des canaux Welland et Cornwall et pour la fondation de l'université de Toronto, s’élevait à la somme fantasticpic de £1,200,000.Nous étions appelés à partager cette dette par une disposition de l’Acte qui stipulait expressément la rétroactivité.Voilà une contribution (pii peut s’évaluer en argent et que notre plus ou moins bonne humeur à payer n’empêche pas le Haut-Canada d’en avoir bénéficié.{Cf.Ch.Bracq: Id., p.104.) Le Canada est souvent qualifié de «laboratoire constitutionnel» de l'Empire.Notre pays a été, en effet, le premier à soutenir que le self government était compatible avec une collaboration impériale intelligente.Tous les auteurs se plaisent aujourd’hui à rendre hommage à la clairvoyance des hommes d’État canadiens qui ont pressenti la formule impérialiste moderne, extrêmement audacieuse.Or n’oublions pas que les Canadiens français ont été GG REVEE TRIMESTHIEI.LE CANADIENNE les premiers champions du gouvernement responsable en terre canadienne.Leurs luttes pour son obtention remontent à Papineau.Leurs hommes politiques sous l’Union sont inspirés presque uniquement par cet idéal et les part is allèrent même jusqu’à oublier leurs justes ressentiments pour s’allier aux Anglais du Haut-Canada et obtenir cette concession fondamentale.Sir L.-H.La Fontaine a justement été surnommé le «père du gouvernement responsable» au Canada.Les Anglais doivent ainsi, en partie, à l’esprit logique des Canadiens français l’invention d’une formule constitutionnelle qui sert de base à leur empire.(Cf.Chester Martin: Empire and Commonwealth, surtout les chapitres III et IV.) C’est aussi un point historique indiscutable que le projet confédératif de 1SG5 n’a pu être réalisé que grâce à la collaboration des Canadiens français.Mais dira-t-on, une union fédérale exigeant le consentement de chaque État contractant, toutes les parties peuvent revendiquer le mérite d’avoir rendu la fédération possible! Il ne faut pas oublier que le Canada-Uni a été l’initiateur du projet tandis que les Maritimes n’ont fait qu’emboîter le pas, avec assez de mauvaise grâce d’ailleurs.Or justement, si le Bas-Canada avait été réfractaire à toute idée d’union fédérale, le projet n’aurait jamais vu le jour.Brown, qui était loin d'être un ami des Canadiens français, concédait lui-même: «Que nous demandions une réforme parlementaire pour le Canada seul ou une union avec les Provinces Maritimes, il faut consulter les vues des Franco-Canadiens aussi bien que les nôtres.Ce projet peut être adopté, mais nul autre qui n’aurait pas l’assentiment des deux sections ne pourrait l’être»».(Cf.Débats sur la Confédération, p.SG.) (Sur ce point, voir M.J.Bruchési, Revue trim.can.1939, p.118.) Ainsi donc, si l’on admet que les trois éléments essentiels de l’État sont le territoire, la population, la souveraineté, nous sommes en mesure, après cette brève analyse, de dire que sur chacun de ces points les Canadiens français ont fait plus que leur part.Ils ont donné à l’État canadien une bonne partie de son territoire et le lui ont conservé.Ils constituent par leur population le tiers du peuple canadien et, à ce titre, ils ont contribué financièrement, intellectuellement au progrès de l’État.Enfin, les politiques canadiens-français ont affirmé la souveraineté de l’État canadien en se faisant les artisans du gouvernement responsable. LE DUALISME CANADIEN 67 Bases légales du dualisme Lorsque les Canadiens français se présentèrent à ia conférence de Québec, pour jeter les bases d’un nouvel État, ils n’entendaient pas être traités en parents pauvres ni en valets.Ils étaient chez eux dans le pays; ils savaient que leur collaboration était indispensable à la réussite du projet qu’on allait discuter.Leur intention manifeste était d’obtenir la consécration de leurs droits et la reconnaissance de leur qualité d’associés dans ce nouvel état qu’ils édifiaient de concert avec leurs collègues anglais.En un certain sens, l’acte de 1S67 est un traité entre les races française et anglaise, traité qui devait garantir à notre groupe sa permanence.M.H.A.Smith, dans son livre Federalism in North America, reconnaît que: «In part the Canadian scheme was, like the American, an agreement between political units or colonies.But it had this further element that it was also, in substance if not in form, a treaty between two races».(P.20.) Et de fait, les témoignages ne manquent pas pour montrer que telle était bien l’intention des «Pères constituants».On connaît l’aveu célèbre de Macdonald: «Il n’y a ici ni vainqueurs ni vaincus.nous avons maintenant une constitution sous l'égide de laquelle tous les sujets britanniques sont à l’heure actuelle dans une condition d’absolue égalité, jouissant de droits égaux en tous domaines: langue, religion, propriété, droits personnels».(Voir un autre texte de Macdonald encore plus explicite dans Morley, id.p.71.) Parlant de la forme fédérative de l’État canadien, Macdonald fait encore remarquer que toute autre forme d’État était impossible parce que les Canadiens français y auraient vu une menace pour leur nationalité.La conclusion implicite est que la Confédération fut acceptée par les Canadiens français parce qu’elle reconnaissait leurs droits ethniques.Le 10 février 1SG7, lord Carnarvon disait à la Chambre des Lords: «Le Bas-Canada est jaloux et fier à bon droit de ses coutumes et de ses traditions ancestrales: il est attaché à ses institutions particulières et n’entrera dans l’Union qu’avec la claire entente qu’il les conservera».Le témoignage est précieux à retenir.Telle était donc l’intention des chefs politiques.En réalité, ont-ils réussi à faire consigner leur grande idée dans le texte même de notre constitution 1 6S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Influence politique Le caractère fédératif de l’État avait pour but primordial, aux yeux des Canadiens français, d’assurer leur survivance nationale.Ils avaient repoussé la forme d’État unitaire qui aurait pu devenir dangereuse pour leurs droits et opté d’emblée pour l’État fédéral, parce que celui-ci leur assurait, par la maîtrise du gouvernement local de Québec, le contrôle de leurs problèmes particuliers.Les pouvoirs de taxation concédés à la province étaient en somme suffisants — à cette époque — pour permettre un gouvernement efficace.L’État provincial assumait aussi la gestion du domaine public et des institutions municipales.Surtout, l’article 92, par.13, reconnaissait en bloc la propriété et les droits civils tels que réglementés par le droit français.Ceci impliquait le respect de notre organisation sociale et de nos traditions.(Voir Y Action nationale: Enquête sur l’amendement, en particulier l’étude de M.Pelland.) Le fédéralisme canadien repose sur l’admission du fait primordial de la division de notre population en deux groupes distincts: un groupe français qui est assuré du contrôle de la province de Québec, un groupe anglo-saxon qui, de fait, a la prédominance dans les autres provinces.La structure fédérale de l'État canadien est donc la meilleure preuve de son dualisme.Dans l’État central, le groupe français est assuré de sa part d’influence.Il a d’abord droit au nombre fixe de 65 députés dans la Chambre des Communes.De plus, la population de Québec sert à déterminer, par une simple règle de trois, la représentation du reste du pays.Ce qui signifie que le gouvernement central s’oblige à respecter l’influence française et se trouve dans l'impossibilité de l’annuler en augmentant arbitrairement le nombre des députés.(Note.On sait cependant que le nombre des représentants des territoires non constitués en provinces peut être augmenté facultativement par le gouvernement fédéral en vertu de la loi impériale de 1SS6.Ce qui peut constituer un danger éventuel pour l’influence française à Ottawa.) Au sénat, la province de Québec est assurée d’un nombre déterminé de représentants.Il fut en effet convenu que le pays serait divisé en trois sections pour ce qui est de la composition du sénat.Québec, Ontario et les Provinces Maritimes, chacune représentée par 24 sénateurs.(En 1916, 24 sénateurs, représentant les quatre provinces de l’Ouest, furent ajoutés au sénat.) Québec obtenait ainsi le droit de surveiller la I.K DUALISME CANADIEN 69 législation du pays ot d’empêcher son orientation dans un sens qui pourrait lui être préjudiciable.Les députés et les sénateurs canadiens-français affirment par leur présence au sein du gouvernement central l’existence d’un dualisme canadien.Le français Peut-on aussi invoquer la situation juridique faite à la langue française au Canada pour parler de dualisme?Autrement dit, le français est-il reconnu légalement dans tout le pays?Rappelons brièvement les principes posés par l’Acte constitutionnel de 1S67 et par son interprétation officielle, relativement au français.Disons d'abord qu’il n’y a que deux Etats qui doivent nécessairement être bilingues au Canada: l’Etat fédéral et l’Etat québoc-quois.Tout ce qui émane de ces deux gouvernements, archives, procès-verbaux, doit être bilingue.De plus, les députés ont droit de parler l'une ou l’autre des deux langues aux séances des chambres.L’appareil judiciaire de ces deux Etats reconnaît aussi l’emploi facultatif du français ou de l’anglais.Pour ce qui est des autres États, c’est-à-dire des huit législatures, il est reconnu aujourd’hui que le droit de décider quelle langue va être officielle revient au gouvernement provincial.En sorte que dans ces autres provinces le sort du français comme langue officielle, dépend exclusivement du désir de la majorité.Si dure que la chose paraisse, il n’existe aucun fondement légal aux revendications en faveur du français dans le reste du pays.(Sauf quelques dissidences comme celle du juge Prudhomme, du Manitoba.Cf.Premier Congrès de la Langue française 1912, section scientifique.) Il y a bien ceci que le français étant reconnu comme langue officielle à Ottawa, cela montre que l’intention des «Pères» était de faire des deux races, des associées dans la grande tâche qui s’ouvrait à elles.Et nous pouvons arguer (pie méconnaître les droits du français dans quoique partie du pays, c’est aller à l’encontre de l’esprit de la constitution.L'on voit cependant la précarité de l’argument au point de vue légal.En somme, le dualisme qui existe au Canada, en matière linguistique, est boiteux; il y a un commencement de reconnaissance mais elle est loin d’être parfaite ou explicite.Nous devons donc 70 revue trimestriei.ee canadienne inscrire ici une défaite dans notre recherche de fondements légaux solides au dualisme canadien.L’école Les Canadiens français ont souvent imaginé que l’article 93 garantissait leurs droits linguistiques en matière scolaire.(Cf.Arthur St-Pierre: «Ce que je pense sur.»).Il leur semblait que si l’Acte britannique du Nord reconnaissait le caractère officiel de leur langue, il devait être logique pour eux de posséder un système d’écoles nationales et de se prévaloir de 1 article 93 pour que l'enseignement y fût donné en français et catholiquement dans tout le pays.Seulement, 93 a été si mal rédigé que 1 interprétation aujourd’hui reconnue en est (pic les seuls droits que les Canadiens français peuvent invoquer, sous cet article, sont tout au plus relatifs à la dissidence religieuse.La «classe» de personnes (pie la loi protège n’est pas constituée par un groupe linguistique mais par une communauté religieuse.(\ illc d Ottawa vs.Mackell, 1917, A.C.p.62; Barrett vs.Ville de Winnipeg, 5, Cartwright ]).IIS.) En sorte que si l’on a présent a l’esprit: a) que 1 éducation est une matière de juridiction provinciale; b) (pie la langue officielle dans une province est celle qui veut déterminer la majorité, il suit que cette majorité décidera quelle langue sera employée dans les écoles avec la seule exception qu’elle devra respecter les droits religieux du groupe minoritaire (si tels droits tombent sous le coup de 93, par.1).La conséquence en est que la situation de l’enseignement du français dans les autres provinces reste à 1 entière discrétion de la majorité anglaise.On voit que l'article 93 est, lui aussi, une note discordante dans le plan confédératif qui aurait voulu établir le dualisme.Qui ne voit, en effet, que l’égalité entre les deux races aurait postulé nécessairement le droit pour tous les C anadiens français d instruire, dans tout le pays, leurs enfants dans leur propre langue?Cartier a présumé de l’esprit de tolérance de nos compatriotes et il se trouve — ô ironie — que seul Québec a traité les minorités a\ec justice sur ce point.La religion Le catholicisme, religion des Canadiens français, est-il au regard de la loi —sur un pied d’égalité avec le protestantisme, LE 1)1'ALISME CANADIEN 71 religion des Anglais, au Canada ?Disons tout d’abord que le principe de tolérance religieuse étant admis chez nous, aucune espèce de distinction ne s’impose relativement au statut de ces deux religions dans l'État.Mais, ne l’oublions pas, ces religions ont une situation spéciale, situation plus avantageuse par exemple que celle dans laquelle se trouve la religion des Juifs ou des Quakers.Elle est le résultat de la facture de 93 et de l’interprétation qu’on lui a donnée.Cet article, en effet, décide de la chose la plus importante pour perpétuer et reconnaître une religion, c’est-à-dire du droit de l’enseigner dans les écoles publiques.C’est donc cet article — et surtout son interprétation — qu’il faut consulter pour connaître la position respective des deux religions au Canada.Si cet article eût voulu établir le dualisme intégral en matière religieuse, il eût dit que les catholiques, aussi bien que les protestants du Canada, pourraient établir des écoles confessionnelles et cela dans toutes les provinces de l’Union.En fait 93 ne dit pas cela.Il ne reconnaît, actuellement, les droits de la minorité protestante ou catholique que dans les deux seules provinces de Québec et d’Ontario, droits qui doivent avoir été incontestés au moment de l’Union ou reconnus légalement depuis.Cet article établit donc le droitde ne perpétuer et de n'enseigner les deux grandes religions — par l’école subventionnée — que dans deux des provinces canadiennes.Il laisse aux autres provinces le soin d’adopter ou de rejeter le système d’écoles confessionnelles.Or nous savons que les autres provinces, en dehors d’Ontario et de Québec, s’en tiennent à l’école neutre, c’est-à-dire, indifférente au point de vue religieux.Actuellement dans deux provinces, et virtuellement dans tout le pays, 93 établit donc une sorte de dualisme entre le catholicisme et le protestantisme.Cependant, comme le dualisme linguistique, le dualisme religieux est imparfait.Il est plutôt à la mesure de la situation en 1867 qu’à celle de 1940.Sa réalisation intégrale dépend, elle aussi, du bon vouloir anglais.En somme, notre situation légale ne correspond pas à nos droits historiques.Tandis que ceux-ci nous justifient amplement de réclamer, par tout le Canada, un traitement égal à celui de la majorité, la lettre même de la loi ne nous le permet pas.Sans doute, elle comporte des éléments en notre faveur mais de là à reconnaître intégralement le dualisme, il y a marge. msBssmm 79 REVIT.TRIMESTRIELLE CANADIENNE En premier lieu, la langue française est officielle à Québec et à Ottawa.Point dans les autres provinces.Il y a là assez pour dire que le Canada est un pays bilingue; pas assez pour soutenir qu'il l'est parfaitement.Pour ce qui est des écoles, nous l’avons vu, il est impossible aux Canadiens français d’instruire leurs enfants dans leur langue en dehors de Québec, s’ils veulent compter sur l’appui de l'Etat.En matière de religion, les Canadiens français dépendent, en dehors de Québec et d’Ontario, de l'école confessionnelle et celle-ci ne leur est accordée que si la majorité anglaise le veut bien.Ce qui revient à dire que notre race n'a pas de statut provincial officiel en dehors de Québec.I.a situation des deux races n'est donc pas égale au Canada.S’il est vrai de dire que l'Etat canadien est dualiste, il ne faut pas oublier de bien interpréter cette allégation et surtout ne pas se faire illusion sur son apparente justice.L’incompréhension des deux éléments ethniques principaux du Canada provient donc, pour une bonne part, d’une divergence de point de vue quand il s’agit d’évaluer leurs status politiques respectifs.Voilà le fait brutal! Est-ce à dire que cette situation soit sans issue et qu'il faille renoncer, à jamais, à établir un véritable dualisme canadien ?Nous ne le croyons pas! Il y a, en effet, deux façons d’envisager la solution du problème particulier soulevé par la présence des deux races dans notre fédération.On peut soutenir qu'il n'y aura rien de réglé, à ce sujet, aussi longtemps qu’il existera une disparité entre la loi et les revendications historiques canadiennes-françaises; que, par conséquent, la grande lutte que nous devons entreprendre est une lutte pour la reconnaissance légale de nos droits au moyen de l'amendement de notre constitution.Ou bien, l’autre solution: ne pas trop attacher d’importance à la loi, se contenter d’une reconnaissance de fait, résultat de précédents constitutionnels et d’une compréhension plus grande de la part de nos compatriotes.Situation de fait qui finira, un jour, par se traduire en langage juridique.Autrement dit, le dualisme canadien s’établira soit sur une base légale soit sur une base psychologique.(Note.Nous ne parlons pas ici de la solution suggérée par le K.P.Hudon, S.J., celle d’une victoire biologique due à BASES I’SVCHOLOGIQl'HS DU DUALISME LE DI'ALISME CANADIEN 73 l'accroissement normal de la population: il s'agit là d’une question de fait qui peut se produire ou non mais qu'il n’est pas en notre pouvoir d'influencer).(Cf.«Est-ce la fin de la Confédération ?»).Solution légale L’amendement de l'Acte de l’Amérique britannique du Nord en notre faveur serait évidemment la solution la plus élégante et la plus satisfaisante.Mais toute la question est de savoir si elle est possible.D’abord, comment procéder?Par amendement de la constitution fédérale?N'oublions pas qu’il s’agirait ici de toucher aux droits minoritaires.Or c’est un principe pratiquement reconnu qu’un amendement de l’Acte de l’Amérique du Nord sur ces questions exige le consentement de toutes les autres provinces.(Cf.M.Ollivier, L'Avenir constitutionnel du Canada, pp.142 et s.) Il est de toute évidence que les provinces ne consentiront à augmenter la somme de nos droits que moyennant compensations et contre-valeurs.Et qu avons-nous à offrir d’assez aguichant pour les faire s’engager dans la voie du sacrifice?De plus, 1 amélioration de notre sort, par l’amendement de la constitution fédérale, ne pourrait porter que sur ce qui a trait à l'influence politique des Canadiens français, à savoir, augmenter le nombre de nos représentants à Ottawa.(Les articles 51 et 51a.) Ceci découle de ce que les autres questions qui nous intéressent: langue, école, enseignement de la religion, sont du ressort exclusif des législatures provinciales.Or, -ur le point particulier de l’expansion île notre influence politique, la même difficulté signalée plus haut réapparaît.De quel bargaining power disposons-nous vis-à-vis des aut res provinces ?Puisque ce sont les législatures provinciales qui disposent du redoutable pouvoir de modifier, chez elles, nos droits relatifs à la langue, l’école, la religion, il vient naturellement à l’esprit de s'adresser à elles pour obtenir justice.On sait, en effet, que le pouvoir d’amender leur constitution est concédé aux provinces par 1 article 92, par.1.Ici encore, la chose ne paraît pas facile.D’abord, Québec n’a aucun moyen de saisir légalement les autres provinces de ces questions puisqu'elles sont de leur ressort exclusif.Considérons ensuite, que sur chacun des points au sujet desquels nous faisons entendre des réclamations (langue, école, religion), 74 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE les autres provinces ont toujours eu plein pouvoir de nous donner justice.Aucun obstacle ne les empêchait, jusqu’ici, de se montrer plus tolérantes.Or elles ne l’ont point fait! Pourquoi penser qu’elles s’empresseraient d’amender leur constitution en notre faveur parce que demande en serait faite par Québec à toutes les provinces à la fois ?Solution psychologique De ce que nous venons de dire, il apparaît assez que le dualisme ne pourra s’établir au Canada, à coup de textes législatifs.I.a partie n’est cependant pas perdue.11 reste à montrer à nos compatriotes anglais que l’établissement d’un dualisme véritable est une nécessité politique.Rien moins que la condition sine qua non de l’existence d’un esprit national vivifiant, de l’unité canadienne si ardemment souhaitée.Plus que jamais, la question de l’unité canadienne est à l'ordre du jour.Nos publicistes l’ont discutée sous tous ses angles et se sont efforcés de montrer l’urgence d’un esprit national assez compréhensif pour rallier les divers éléments du pays et seul capable de faire accéder tous les Canadiens à la notion d’une grande patrie commune.Ils insistent sur la gravité de la situation: le Canada est actuellement un grand corps sans âme.Tout le monde est assez d’accord jusqu’ici.Mais comment réaliser cet état d’esprit prometteur?C’est là tout le problème.Certains tiennent qu'il est uniquement d'ordre matériel et sera résolu le jour où l’on aura annulé les effets dissociants des facteurs géographiques.Ceux-ci, en conséquence, encouragent la création de meilleurs moyens de transport et de communication à travers le pays.A ce titre, des entreprises comme Radio-Canada, les lignes aériennes, la canalisation du Saint-Laurent, une route transcanadienne, des échanges intellectuels fréquents entre universités, un tourisme interne plus intense, tout cela leur apparaît urgent.D’autres croient que le grand obstacle à l’unité réside dans notre perméabilité à l’influence américaine et dans la persistance de sentiments coloniaux à l’égard de l’Angleterre.Ils reconnaissent, à cou]> sûr, qu’il faut compter avec l'influence dégagée par la grande République voisine.Mais ils tiennent cependant que nos gouvernants doivent s’efforcer de la contrecarrer sur certains points essentiels.Ainsi, ils devraient voir à filtrer soigneusement le flot envahissant de journaux, magazines, films, de même qu'à limiter LE DUALISME CANADIEN 75 l’appropriation pacifique de nos ressources naturelles par le capital américain.D’autre part, il leur semble indispensable que nous sachions nous débarrasser du vieil esprit colonialiste qui fait penser britannique avant que de penser canadien.Le Canada devrait savoir mettre ses propres intérêts au-dessus des politiques du cabinet anglais.Cela est plein de sens et il ne se trouve personne — ou presque — pour y objecter.Mais il nous semble que nos amis anglais vont chercher beaucoup trop loin les véritables bases de l’unité canadienne.Celle-ci suppose une certaine unité psychologique de la population canadienne et cette unité postule l’admission du fait inéluctable que le Canada est habité par deux races.Il est parfaitement oiseux de parler d’unité sans chercher à reconcilier ces deux races, sans essayer de promouvoir leur collaboration harmonieuse.La Constitution de 1867 ne reconnaît pas intégralement le dualisme.Si nos compatriotes s’en tiennent à la lettre de la loi et persistent à nous créer un lot inégal au leur dans certaines parties du Canada, il est facile de prévoir que l’attachement des Canadiens français se bornera au coin de terre qui leur est hospitalier et qu’une collaboration pancanadienne ne pourra jamais s’établir.Mais le jour où les deux grandes races coopéreront franchement et sur un pied d’égalité, le problème de l’unité sera devenu académique.Il existera alors un désir de collaboration fondé sur l’attachement à la patrie canadienne.Pour tout dire, l’unité canadienne ne peut reposer que sur la reconnaissance du dualisme intégral au Canada.En ce qui nous concerne, nous croyons que pour assurer cette reconnaissance, il n’est pas de meilleure attitude à prendre que de la demander à nos compatriotes comme une condition essentielle de rétablissement d’un esprit national canadien.Si nous parvenons à faire passer cette vérité à l’état d’axiome de notre politique, les lois viendront naturellement sanctionner un état de fait que tous les esprits seront disposés à consacrer.Le dualisme canadien, semble-t-il, s’établira sur une base psychologique.ou bien il n’existera jamais entièrement.Marcel Cadiecx, Paul Tremblay, Avocats. 5 * L INSTITUT BOTANIQUE: VINGT ANS AU SERVICE DE LA SCIENCE ET DU PAYS (suite) IX.Le Jardin botanique Vous voyez où je veux en venir.Je ne fais pas ce soir l’histoire du Jardin botanique.Mais est-il possible de fêter la mère sans raconter un peu son fils le plus glorieux?Il faut revenir six ans en arrière pour saisir les commencements de l’œuvre du Jardin botanique.En 1929, j’avais rapporté d’un long voyage dans le vieux monde, le projet de fonder un jardin botanique à Montréal.Le 14 décembre 1929, la S.C.II.X.lançait officiellement le projet par le truchement du discours présidentiel.Il s’ensuivit une vigoureuse campagne par la presse, la radio, par l'intervention des sociétés de tout ordre.Il y eut unanimité parfaite dans l'opinion, et aucune voix discordante ne s’éleva.Cette année-là, durant sa campagne à la mairie, Son Honneur le maire de Montréal, Camillien Iioude, dans un discours au marché de Maisonneuve, promit de doter d’un jardin botanique la métropole du Canada.Le S avril 1931, j’étais chargé par M.Honoré Parent, directeur des services municipaux, de préparer un rapport et d’établir les grandes lignes de l’organisation et de l’exécution.Ce rapport fut présenté au conseil exécutif de la ville de Montréal, le 9 juin 1931.Le 4 mars 1932, ce comité affectait une somme de cent mille dollars, tirée des fonds de chômage, pour commencer un jardin botanique, et réservait à cette fin le parc de Maisonneuve.La première manche était gagnée.Mais, quelques jours seulement après la résolution du 4 mars 1932, l’administration Iioude était renversée aux urnes.La nouvelle administration donna suite à la résolution.Le transfert de l’entreprise fut une opération délicate, mais tout s’accomplit sans encombre.Il fut procédé au parc de Maisonneuve à des travaux préliminaires de canalisation et de nivellement; l'on construisit la première serre et un petit pavillon pour l’administration.Le Jardin botanique de Montréal était dès ce moment une réalité.Le cheval rie Troie avait passé la muraille.Mais, il faut le dire, après cette première construction, tout s’arrêta brusquement.On abandonna les travaux de chômage pour m l'institut botanique: vingt ans au service de la science 77 les secours directs.Et le silence tomba sur le parc de Maisonneuve.L'herbe à poux monta autour du pavillon désert, et dans la serre quelqu’un éleva des lapins des ! land res! Cela devait durer quatre années entières.Je ne perdais cependant pas courage, continuant, avec l’aide de tous les journaux de la métropole, d’entretenir désespérément le feu sacré.Nous en étions là quand eut lieu, à l’hôtel Viger, le baptême de la Flore.Je voulus profiter de la présence du Maire de Montréal pour essayer de remettre en train le projet du Jardin botanique et, entre la poire et le fromage, je demandai au professeur Lloyd de rompre une lance.Il le fit avec une férocité qui amusa fort l’auditoire.La substance de ses paroles nous a été conservée dans 1 '«Actualité» du Devoir du 2 avril 1935! «—Quand j’arrivai au Canada, il y a quelque trente ans, dit le professeur Lloyd, on me pressa de proposer l’aménagement d’un jardin botanique.Je répondis que c’était impraticable dans un pays sans été.Songez que je venais du sud des États-Lnis, et que le lendemain de mon arrivée, le 20 septembre, je vis, à mon lever, la terre couverte de neige.Et puis, je savais quelle tâche était la constitution d'un jardin botanique.Je préférais rester tranquillement, égoïstement, dans mon laboratoire, suivre mon petit bonhomme de chemin en me fichant du bien commun.Je tiens à vous dire, M.le Maire, que mes idées ont changé au contact du frère Marie-Victoria.Je suis aujourd’hui pour un jardin botanique.Je comprends que l’égoïste est non seulement l’ennemi de la société, mais son propre ennemi.Si nous voulons que la société nous fasse vivre, nous autres hommes de science, il n'est que juste que nous collaborions à son œuvre, sans cela le chômage devient vite le lot des dilettantes.Je suis donc d’avis, M.le Maire, que vous devez reconnaître le travail énorme et intelligent fait par l’auteur de ce bouquin considérable, en lui donnant son jardin botanique.Et je suis aussi d’avis que nous bloquions les portes pour vous empêcher de sortir, tant que vous n’aurez pas accédé à ma requête!)) «— Combien île milliers de dollars vous faut-il ?demande Lloyd en se penchant vers le frère Marie-Victoria.«—Oh! certainement plusieurs dizaines! répond celui-ci, sans rire! «—Eh bien! le Maire n’a qu’à vous les donner, reprend M.Lloyd, mais je ne me soucie pas de lui dire où il les prendra! 78 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE «Monsieur Houde s’agrippe à cette boutade.II est difficile de savoir où prendre des milliers de dollars de ce temps-ci.Mais il retourne bientôt à Québec et il promet de faire son possible pour persuader le gouvernement de mettre à l'œuvre, en collaboration avec la ville, quelques centaines de chômeurs qui achèveront les travaux de terrassement au parc de Maisonneuve.» Lorsque ce fut à moi de parler, j’entrai à mon tour dans la bataille.M’adressant au Maire je lui dis quelque chose comme ceci: «Bientôt on célébrera le troisième centenaire de Montréal.A la ville, votre ville, il vous faudra faire un cadeau, un royal cadeau.Mais Montréal, c'est Ville-Marie! C’est une femme, et je suis sûr que cela vous émeut déjà! Vous ne pouvez tout de même pas être pot-au-feu au point de lui offrir, à cette occasion, un égout collecteur ou un poste de police!.Alors, pardieu! mettez des fleurs à son corsage! Jetez dans ses bras toutes les roses, et tous les lis des champs! * * * 1 n an après cette mémorable soirée, le 24 avril 193G, la Commission municipale du Jardin botanique est créée, et votre serviteur est nommé directeur.M.Honoré Parent à (pii le Jardin Botanique doit d a\ oir survécu a tant de tempêtes, trouve quelque part vingt mille dollars.Le 1er mai, M.Henry Teuschcr arrive à Montréal, 1 Institut botanique commence à essaimer, et René Meilleur quitte la ruche pour servir d’assistant à M.Touscher.Le 7 mai 193G, le premier coup de charrue! Une excellente photo faite par le journal Le Canada en conserve le souvenir.Il n’y a que le premier sillon qui coûte.Et voilà que les malheurs des temps font instituer à nouveau des travaux de chômage.Le Jardin botanique est inscrit au tableau.Tout le monde connaît les réalisations gigantesques opérées en trois ans par la collaboration du gouvernement provincial et du gouvernement fédéral, a\(*c la cité de Montreal: le vaste édifice avec ses salles, ses bureaux et ses laboratoires; les serres de service, les jardins d’ornement, les jardins scientifiques.Aujourd’hui, le projet est déjà aux trois quarts en voie d’exécution.Le reste viendra graduellement.L'inauguration officielle du Jardin botanique en 1942, sera l'un des événements remarquables du programme des fêtes du II le centenaire de Montréal. l’institut botanique: vingt ans au service de la science 79 X.L’Institut botanique et le mouvement scientifique CANADIEN-FRANÇAIS En mentionnant, tout à l’heure, les manifestations extrauniversitaires de 1 Institut, j ai à dessein omis la société canadienne d’Histoire naturelle, les Cercles des Jeunes Naturalistes et l'Association canadienne-française pour l’Avancement des sciences.Notre part dans la fondation et le rayonnement de ces sociétés est cependant notre contribution essentielle au mouvement scientifique canadien-français.Je ne veux pas essayer de faire ici, même d'une façon très résumée, l’histoire de la Société canadienne d’Histoire naturelle dont j’ai d’ailleurs esquissé la première période décennale dans un discours présidentiel, en 1934.Rappelions seulement que c’est l’Institut botanique qui prit l’initiative de cette fondation, le 10 juin 1923, et que depuis quinze ans, notre personnel n a cessé de travailler à son maintien et à l’extension de son champ d action.Rappelons également que la Société canadienne d’Histoire naturelle fut fondée spécifiquement pour être l’une des filiales de la fédération connue sous le nom d AGI1 AS, qui naquit en même temps et dont il me faut maintenant parler.C’est Louis-Janvier Dallas, Léo Fariseau et Edouard Mont-petit qui eurent l’idée de la fondation de l’ACFAS.Dans l’esprit de Dallas, il s’agissait d’une succursale de l’A.F.A.S.Mais ce projet d’affiliation fut vite abandonné.L’ACF AS fut fondée le 15 mai 1923.J’en fus le premier secrétaire, et l’Institut botanique prit une part active aux premiers développements.Il n’est pas question de faire l’historique de l’ACFAS, mais je veux dire d’un mot qu’après un départ brillant, il arriva ce (pii arrive presque toujours chez nous et ailleurs.La fondation de l'Institut Scientifique franco-canadien vint diviser nos forces et nos ressources, et l’ACFAS connut une période de dénument qui dura dix ans.En 1930, Jacques Rousseau devint secrétaire général et consacra son énergie à relever cette nécessaire œuvre nationale.On sait jusqu’à quel point il y réussit.Sans méconnaître le rôle très important que jouèrent les présidents successifs, le trésorier perpétuel Victor Duré, et des hommes tels qu’Adrien SS I m 80 m:vn: tiîimesthiku.k canadienne Pouliot, Georges Préfontaine, Jean Bruchési, Joseph Risi, Georges Maheux, Jules Labarre, Léon Lortie et nombre d’autres, on peut bien dire rpie l’extension de l’Association et la série de ses congrès sont largement l'œuvre de Jacques Rousseau.Durant les dix-dernières années donc, c’est dans les étroits bureaux de l’Institut botanique que s’administra l’ACFAS.C’est là que se rencontrait la jeune élite de nos hommes de science, tant de Montréal que de Québec.L’Institut botanique n’aurait que ce sauvetage à son actif, que ce serait déjà beaucoup.Nous voici amenés à un moment où notre aventure prend l’allure d’un conte de fées.L’histoire, la petite comme la grande, est faite du jeu des impondérables qui décident à chaque croisée des chemins, de quoi demain sera fait.Les événements les plus importants ont parfois leur source dans les circonstances les plus banales.Des généraux ont perdu des batailles qui ont changé le cours de l’histoire à cause d’un déjeuner qui ne passait pas.Le Canada a perdu le Maine parce qu’un plénipotentiaire britannique avait trop bu.Le baril de poudre de Dollard, tombant d’un côté plutôt que de l’autre, a créé un grand symbole de notre histoire.Dollard victorieux serait oublié.Ainsi va la vie! Écoutez!.Un jour, c’était en avril 1930, un financier-philanthrope canadien-français, Oscar Dufresne, envoya discrètement cinquante dollars au journal Le Devoir pour faire organiser un concours de botanique parmi les écoliers.Il avait sans doute suivi avec intérêt, au coin du feu, les efforts que faisait l'Institut botanique pour apprendre aux Canadiens français à se pencher sur la flore de leur pays.Qui aurait cru que cet homme modeste et un peu mystérieux eût de semblables préoccupations?Le journal frappa à la seule porte possible — l’Institut botanique — pour l’organisation de ce concours, offrant en même temps le secours d’une large publicité dans les milieux de l’enseignement.Le succès dépassa toute attente.L’exposition des travaux à la salle Saint-Sulpice, en octobre 1930, fut tout un événement.De toutes parts on s’étonna et on applaudit.LTnc voie pédagogique nouvelle s’ouvrait.Cette manifestation, signal d'un mouvement de retour à la saine nature, fut l’impondérable qui déclencha la croisade des l’institut botanique: vingt ans au service de la science SI C.J.X., agrandit l'influence de la S.C.H.X.amena graduellement la création du secrétariat permanent et, suivant la formule saisissante de l’un de nos amis, rendit le pays botany-minded.Les grandes expositions de C.J.X.du Mont-Saint-Louis, du Collège Xotre-Dame, de l'Académie Commerciale de Québec, et les multiples expositions régionales (Trois-Rivières, Ilimouski, Sorel, Eeauceville, Ottawa, etc.) montrèrent aux moins attentifs qu’il y avait quelque chose de changé dans le monde de l’enseignement.Il est puéril de rechercher qui a créé les C.J.X*.Ce fut une entreprise collective, un fruit qui commença sa vie comme tous les fruits dans l’invisible retraite d'une cellule, et aucun d’entre nous ne voudrait s’en attribuer le mérite exclusif.Il faut toutefois rendre un hommage ému au frère Adrien, C.S.C., a Jacques Rousseau, à Jules Brunei, au docteur Georges Préfontaine qui, a des titres divers, portèrent le fragile enfant à travers les années, ainsi qu'aux dévoués chroniqueurs et secrétaires, frère Xarcisse-Dems, E.C., Roger Gauthier, Marcelle Gauvreau, qui ont assuré aux cercles l'assistance technique et le travail administratif dont ils avaient besoin.C’est ici le moment de dire quelle vigueur a imprimée au recrutement la campagne de propagande menée dans toute la province durant de longues années par le dynamique directeur général des Cercles, le frère Adrien, C.S.C.De dire aussi que tout cela n aurait pas été possible sans le geste posé par le ministère de la Chasse et des Pêcheries, présidé alors par l'honorable M.Rochette, qui reconnut les Cercles d’utilité publique et leur accorda la subvention qui leur permit de subsister.La date de fondation des C.J.X.peut être fixée au 27 février 1931.Il y a aujourd’hui S50 cercles et environ 25,000 jeunes naturalistes.Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.* * * La suite des enchaînements est désormais claire.Par le succès de toutes ces œuvres fécondes, sorties pour une part au moins de l’Institut botanique de PL niversité de Montréal, le terrain était préparé pour une grande entreprise nationale: le Jardin botanique de Montréal.Une fois créé, le Jardin botanique de Montréal offrait un milieu nouveau où pouvait s'épanouir et prendre un nouvel essor l'Institut botanique de l'Université de Montréal. S2 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Le cercle est ainsi bouclé.That which the fountain sends forth, returns again to the fountain.(Longfellow).XL Les .ioies et les peines Parce que les institutions humaines, fruit de l’organisation, sont des êtres vivants, ou ont au moins en propre la plupart des caractéristiques des êtres vivants, leur histoire est généralement une courbe, une alternance de dépressions et de sommets, un enchaînement de joies et d’épreuves.Les joies de l’Institut botanique furent simples et intenses: la joie de défricher des domaines nouveaux, la joie de semer, la joie de voir grandir la plante et mûrir le fruit.De temps à autre il s’y ajouta des encouragements venus du pays ou de l’étranger.Dans ce résumé objectif de l’histoire de l’Institut botanique, il n’est pas possible d’omettre les honneurs conférés à ses professeurs et élèves: cinq doctorats (F.Marie-Victorin, Jacques Rousseau, F.Cléonique-Joseph, F.I.C., F.Irénée-Marie, F.I.C., René Pomer-leau); trois prix David (deux au F.Marie-Victorin, un à Jacques Rousseau); prix Gandoger de la Société botanique de France; prix de Coincy de l’Académie des Sciences de Paris; présidence de la section biologique de la Société royale du Canada; médaille d’honneur de la Société Provaneher; rosette d'officier de l’Ordre «Honneur et Mérite» de la république d’Haïti; cravate de commandeur de l’Ordre du Mérite agricole de la province de Québec; election à l’Académie des Sciences de Bogota.L’Institut botanique fut aussi honoré de plusieurs délégations importantes: du Gouvernement du Canada à deux Congrès du Pacifique, à Vancouver (1933), à San Francisco (1939); de l’Université de Montréal au congrès de la British Association for the Advancement of Science, à Capetown (1929); de la Société royale du Canada au congrès de la British Association for the Advancement of Science (1934); invitation à titre d’hôte d’honneur canadien au congrès de la British Association for the Advancement of Science à Leicester, Angleterre (1933); nomination comme membre du Comité international de la Nomenclature botanique à Cambridge (1930).* * * Faut-il parler de nos épreuves?Elles furent celles mêmes de l’Université: la pauvreté sordide; les longs mois sans pain, la défi- l'institut botanique: vingt ans au service de la science 83 ance du public et l’abandon de presque tous; le «drame de la montagne».On connaît la tragédie de ce grand bâtiment qui depuis dix ans, aux flancs du Mont-Royal, crie notre misère et nos divisions, tandis que s'éteint lentement mais sûrement, au fond des âmes de toute une génération de jeunes professeurs, l’enthousiasme rénovateur qui les avait soulevés durant la période qui va de 1920 à 1930.Cet écroulement moral est infiniment plus pathétique que le premier parce que plus irréparable! L'un et 1 autre d ailleurs ressortissant aux mêmes causes: incompréhension de la valeur de la culture en général et de la culture scientifique en particulier; fausse conception de la nature de l’Université.Se renvoyer la balle d’un gouvernement à l’autre, des laïques au clergé et du clergé aux laïques, n’avance à rien.Gouvernants et gouvernés, laïques et clercs, nous sommes, au fond, tous les mêmes, et portons ensemble, avec circonstances atténuantes sans doute, la responsabilité des deux «grandes pitiés» conjuguées: celle de l’école du rang et celle de l’université.Il serait temps d’v mettre fin si nous ne voulons pas, à brève échéance, aller prendre place au cimetière des nationalités disparues.Pourquoi, au lieu de nous décrier réciproquement derrière des portes closes, ne pas nous rencontrer une bonne fois, et mettre à exécution, suivant des modalités soigneusement étudiées, le projet des Etats généraux de l’Enseignement qu’émettait naguère devant la section Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste, notre concitoyen Louis Francceur ?En ce qui concerne l’Institut botanique, le «drame de la montagne» se ramène aux points suivants.En 1926, on commençait à parler de la reconstruction de l’Université de Montréal, et on nous demandait d’exposer nos besoins.Le projet que nous soumettions en avril 1926, notre idéal pour le temps, était bien modeste à côté de ce que la Providence nous a accordé en l’an de grâce 1939.Bien que le plan rudimentaire conservé à nos archives ne soit pas coté, il ne devait pas couvrir plus de 4,500 pieds carrés.L’année suivante, en 1927, nous demandions 9,390 p.c.Enfin, lorsque l’édifice de la montagne fut construit, on nous y accorda 17,000 p.c.Nous héritions, de plus, de deux grandes salles abandonnées par un collègue que cela n’intéressait pas.Ges locaux sont construits depuis longtemps.Ils viendront à point pour décongestionner l’Institut de zoologie qui pourra y installer ses services de recherche d’entomologie et d’hydrobiologie, ou pour taire place à la géologie grandissante. - - • ¦ wssssÊÊmm m S4 R E V U E T RIM E STR IEI.r.E ( ' A X ADI E X X E Notre situation particulière d'institution vouée uniquement à la science pure nous a exposés durant ces vingt années à l'incompréhension et aux entreprises des gens pratiques pour qui l'université est une industrie comme une autre, qui doit régler ses dépenses sur ses bénéfices, qui doit vendre du «cours» et du «diplôme», comme ailleurs on vend de la salaison, du «char» et de 1 assurance! Par deux fois, nous dûmes défendre notre existence même.On nous en a voulu de nous être défendus! Méchant agneau qui crie quand on le veut écorcher! On nous a fait aussi — et Dieu sait avec quelle vivacité! — deux reproches (pie je n’accepte pas et auxquels je veux répondre brièvement une fois pour toutes, sur d être compris par toutes les gens de bonne foi.Publicité excessive, a-t-on dit, pour une science de vingtième ordre! Je réponds que du point de vue des applications pratiques, la biologie végétale est la moitié de l'agriculture et sa base même.Mais de grâce, élevons-nous tout de suite! Sur le plan culturel, le problème de la plante est aussi la moitié du problème de la vie, et la vie, tout au fond, n’est-elle pas la première des préoccupations humaines?Et puis en quoi, dans un monde dont la publicité est le grand levier, la publicité honnête, basée sur le réel, serait-elle condamnable?Le missionnaire aussi est un publiciste, et l’historien, et 1 apologiste.Ne serait-il pas plutôt à propos que chacun dans sa sphère fit de même?L'Université comme telle a manqué de publicité, de celle qui met périodiquement devant le public les idéals, les travaux, le rayonnement intellectuel de scs facultés et instituts.On a regretté — et moi plus que personne — de voir le Jardin botanique se construire tandis que l’Université de Montréal, à la montagne, devenait ce que vous savez.Tous ceux qui connaissent les affaires publiques savent que l'argent affecté au Jardin botanique provenait des fonds de chômage et ne pouvait pas être appliqué à l'Université.Pourquoi feindre d’ignorer cela?Il s'est aussi bâti des écoles durant ce temps, et des ponts, et des routes, et des églises! La vie ne pouvait pas s’arrêter net, même quand une institution fondamentale comme l'Université souffrait.Et d’ailleurs, loin de s’opposer à l'œuvre de l’Université, le Jardin botanique qui a reçu — on peut bien dire hospitalisé—-run des instituts universitaires, en est un rouage virtuel et un très nécessaire complément. l’institut botanique: vingt ans au service de la science 85 Un dernier mot.Nous n’en voulons pas à ceux qui ont pu parfois mal nous comprendre.Nous n’aimons pas la bataille et nous n’avons vraiment qu’un désir: c’est que l’on s’habitue à nous laisser tranquille! XII.Le transfert de l’Institut au Jardin botanique Le dernier événement en date dans la vie de l'Institut est le transfert au Jardin botanique.Ceux qui, connaissant la raison d’être de l’Institut et ses travaux, voyaient se construire le Jardin botanique, apercevaient peut-être un certain danger de dresser ainsi église contre église.Ils se disaient aussi au fond d’eux-mêmes que ce serait là un milieu idéal pour les services botaniques de la Faculté des sciences de l’Université de Montréal.Aussi fut-on heureux d’apprendre que, grâce à la bonne volonté des parties concernées, tout l’étage supérieur de l'édifice du Jardin avait été aménagé en vue de recevoir les divers services do l'Institut botanique, que les deux institutions demeureraient distinctes, mais qu’une étroite collaboration s’établirait entre elles en vue d’augmenter l’efficacité de chacune, et d’éviter les doubles emplois aux divers points de vue: laboratoires, herbier, bibliothèque, publications, etc.Sous le régime de la centralisation de résidence, le standard du Jardin botanique serait relevé devant l’univers scientifique, et d’autre part l’Institut botanique verrait ses moyens d’enseignement et de recherche décuplés.On obtiendrait aussi par ce moyen une meilleure et plus intense atmosphère scientifique.Plus on est de fous et plus on rit, dit irrespectueusement la sagesse populaire, exprimant ainsi une caractéristique très nette de la psychologie des foules.Le groupement qui favorise les ajustements complémentaires, est par lui-même générateur d’énergies nouvelles.Pour que du choc des idées jaillisse la lumière, il importe qu'il y ait diversité dans les sources des idées aussi bien que dans les idées elles-mêmes.Et quel bénéfice réciproque ne retirerait-on pas de ces contacts journaliers, de ces consultations, des visites de savants étrangers que cette centralisation ne manquerait pas d’attirer! Le 19 décembre 193S, le Gouvernement de la province de Québec exprimait le désir que l’Institut botanique de l'Université de Montréal fût logé dans l’immeuble du Jardin botanique.Quelques mois plus tard, le 31 mars 1939, la Commission municipale du SG REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Jardin botanique soumettait à l’exécutif et au conseil de la ville de Montréal une résolution autorisant le directeur du Jardin à traiter, en son nom, avec les intéressés, en vue de l’occupation par l'Institut botanique des locaux qui lui avaient été destinés, avec l’agrément du gouvernement, dans la nouvelle construction.Le 19 avril 1939, le Comité exécutif de la cité de Montréal ratifiait cette résolution.Quelques jours avant cette ratification, et sous réserve de cette ratification, le Comité exécutif de l’Université de Montréal autorisait l’Institut botanique à prendre possession de ses nouveaux locaux au Jardin botanique.Cette autorisation fut ratifiée par la Commission d’administration de l’Université de Montréal, le 8 juin 1939.L’échange des instruments était terminé, et le dossier complet.Depuis quelque temps déjà, le déménagement était préparé: d’abord l’herbier, puis la bibliothèque, puis le reste.Ce reste, vu à la lumière du soleil, était quelque chose de magnifiquement miteux! Un par un, les membres du personnel prirent possession des bureaux qui leur étaient assignés.Parce qu’ils étaient jeunes, et tournés vers l’avenir, nul d’entre eux ne parut regretter l’héroïcité des catacombes.Comme il y avait encore des formalités à remplir, je restai le dernier à la rue Saint-Denis.Faut-il le dire ?J’étais dès longtemps habitué à la misère, à la poussière, à la vie bruissante de ce rez-de-chaussée où s’étouffaient les centaines d’étudiants.J’étais adapté à la lumière artificielle et aux aîtres de ce sombre bureau, lieu de labeur et de peines, mais aussi de douces joies au milieu d’amis sincères et d’un personnel qui n’était pas une escouade de mercenaires, mais un admirable cercle de famille! Enfin, lorsque sur les murs furent enlevées mes icônes favorites: le Christ de Léonard de Vinci, et Léonard lui-même, Akhanaton et Néfertiti; lorsque fit défaut la douce intimité des livres que l’on a à portée de la main, et qu’apparut en leur lieu et place la lèpre ignoble des murs, je pris mon chapeau.La porte de la ruelle se referma brutalement comme elle le fait mille fois par jour.C était le 29 juin 1939.L’Institut botanique venait de terminer le premier chapitre d’une histoire commencée en 1920.* * * C’est en souriant de toutes ses fleurs printanières que le Jardin botanique nous reçut.Nous y vécûmes d’abord dans le chaos I.’lNSTITI'T BOTANIQUE: VINGT ANS AU SERVICE DE LA SCIENCE S7 ordinaire des déménagements.Mais le soleil entrait à flots, et l'air pur, et l’œil se reposait sur des gazons tendres où les petites épinettes essayaient en vain de paraître sévères au milieu de toute cette joie.Les premiers jours nous fûmes comme hiboux au soleil, un peu effarés et vacillants sous cette avalanche do rayons.La joie fait peur, dit-on! Mais on se fait à tout, même au bien-être et au bonheur.Les vacances nous dispersèrent un peu.Puis en septembre, Mgr Olivier Maurault, P.S.S., recteur de l’Université, vint très simplement bénir les locaux d’enseignement.A cette occasion, il écrivit dans le grand livre de raison quelques lignes aussi sobres qu’expressives: «Je, soussigné, Recteur de l’Université de Montréal, certifie avoir béni, en cet après-midi du 10 octobre 1939, l'Institut botanique de l’Université de Montréal, installé dans ses nouveaux quartiers de Maisonneuve.Puisse cette bénédiction attirer sur cet institut, sur son directeur-fondateur et sur ses collaborateurs, toutes les prospérités.» Je ne m’étendrai pas sur ces premiers six mois de l’Institut botanique à Maisonneuve, sinon pour dire, sans y insister,qu'ils faillirent être un chant du cygne.On entendit tout à coup le bruit cadencé des régiments en marche.Une menace de mort plana sur cette œuvre de vingt années que je viens de résumer devant vous.Il y eut quelques jours de vive émotion et de haute lutte pour la vie.Mais le bruit s’éloigna, se fit lointain, puis cessa tout à fait.L’histoire dira plus tard à qui nous devons cette victoire du bon sens et du fair play.Mais ceci, aurait dit Kipling, est une autre histoire! C’est la première page du second volume.XIII.En avant ! La nature nous enseigne que la vie est un tourbillon où la forme est plus importante que la matière, et que la vie construit sans cesse sur la mort.Elle proclame encore, par la désinvolture même avec laquelle elle le détruit, que le passé, qui n’est jamais qu'un tas de cendre, n'est pas vénérable en soi.Il ne vaut qu’en tant qu’il peut être notre maître, un maître véridique capable de donner sans mentir des leçons de redressement, de fierté et d'énergie.Je viens de passer une heure à porter en terre le passé de l’Institut botanique.11 est d’autant plus définitivement enterré que nous avons quitté les lieux où nous l’avons vécu.Nous avons 8S REVUE TRIMESTRIHU.E CANA DIKN.VK recueilli son héritage, l’horizon est libre devant nous.Qu’allons-nous faire maintenant ?«Vingt ans au service de la science et du pays» ai-je inscrit en tête de ces lignes.Le programme pour les vingt années qui commencent est bien simple: Encore vingt ans au service de la science et du pays! Au seuil de ce nouveau palier, de cet avenir qui s’ouvre, recueillons-nous un peu, et à l’instar de ceux qui revisent périodiquement leurs buts de guerre, affermissons s’il en est besoin, la ligne droite de nos idéals et de nos labeurs.Le rôle d’un organisme comme l'Institut botanique n’est pas seulement, et même principalement, de donner un enseignement honnête et de distribuer chaque année quelques diplômes honorablement gagnés.Ce n’est pas non plus uniquement de faire avancer la science de quelques pas, et de publier occasionnellement Quelques travaux techniques.Toutes ces choses sont excellentes et indispensables.Mais dans les conditions culturelles spéciales des Canadiens français, un autre objectif s’avère plus important que tout cela: tenir grande ouverte une «maison de la science des végétaux» où se rejoignent, sont discutés et s’agencent mille informations et travaux de détail facilement méconnus et perdus s’il n’y a pas un cadre pour les recevoir, les ordonner et les rendre utilisables.Tel fait banal pour presque tous prend souvent une importance inattendue s’il s’insère dans un schéma organisé.Telle observation de détail devient la clé qui donne accès à un domaine totalement ignoré.Pensez à Priestley qui, observant les bulles de gaz sur le fond verdâtre de l’abreuvoir de Harwich, soupçonne du même coup l’oxygène et la photosynthèse! Je conçois l’Institut botanique comme une maison de continuité où se transmet l’héritage, un milieu où brûle sans cesse, constamment alimenté par les gardiens qui s’y succèdent, le flambeau particulier qui définit le caractère de la maison.Cela est vrai de l’Institut botanique, de tous les instituts similaires, et des foyers de culture en général.Ceux qui ont la redoutable mission de diriger les universités ne doivent pas l’oublier, et doivent se défendre de tout mesurer à l’aune du nombre des élèves et de leurs besoins immédiats.Car dans l’histoire du monde, seuls les individus exceptionnels comptent.Que serait l’humanité sans Aristote et Thomas d’Aquin, sans Léonard de Vinci et Pascal, l’institut botanique: vingt ans au service de la science 89 sans Newton et Pasteur, pour ne parler que de ceux-là?Le rôle des universités est de passer au crible les alluvions où se cache la pépite précieuse, de traiter les tonnes de pechblende pour concentrer le centigramme de radium.Mais je blasphème! Les universités ne sont pas des usines, mais bien plutôt des temples.Et ce qui fait le temple, ce n’est pas le nombre des bancs, c’est la lampe du sanctuaire, point de convergence des lignes de la pierre et des pensées des fidèles.Dans La Guerre du feu, roman préhistorique de J.-H.Rosny que l'on aime toujours à relire bien qu’il soit aujourd’hui un peu désuet, les Paléolithiques au front bas défilent, emportant dans leurs longues migrations la corbeille de pierre qui contient le feu ravi au ciel un jour d’orage, le feu, trésor suprême de la horde! De génération en génération, les hommes se succèdent, mais le feu demeure qui les défend contre l’ours des cavernes et le félin géant, le feu pour lequel on se bat jusqu’au dernier homme.Est-il image plus saisissante du rôle des universités, du rôle des universitaires qui se succèdent dans une maison où, toute droite et inextinguible, doit demeurer la flamme.* * * Mes chers collaborateurs, je pourrais peut-être terminer ici, mais je serais indigne d'être votre chef si, ayant placé devant vos yeux le faisceau de vos propres réalisations, ayant défini à nouveau le rôle que doit jouer l’Institut dans la cité spirituelle, je ne vous rappelais pas cette élémentaire vérité que cette institution ne sera jamais rien de plus que la somme totale de la valeur de ses membres.Je n’entends pas ici seulement la valeur professionnelle, mais cette valeur supérieure qui émane de la possession d’un haut idéal moral.Universitaires catholiques, notre devoir nous fut tracé naguère par ce grand universitaire que fut le cardinal Mercier: avoir l’âme haute, très haute; exceller dans l’art de chercher la vérité; ne pas prêcher mais rayonner; imposer le christianisme vrai par la valeur de ceux qui le professent.Et, passant à un domaine encore plus intime, j’ajoute, moi qui vous parle: établir dans nos âmes la ferme conviction que la connaissance, la science, la nature, l’amour, la foi — tout cela est un! Brandir humblement mais courageusement, d’une seule main, les deux flambeaux divins SSSMPf 90 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE de la connaissance et de l’amour, et essayer de les passer aux autres hommes.Devant la confrontation inattendue du riche héritage spirituel venu du fond des âges chrétiens, et de la révélation en un court siècle d’une perspective effarante de profondeur: la science,— que nos âmes modernes ne se troublent point! Le monde en gésine se tord aujourd’hui dans la douleur, pour enfanter un ordre social nouveau.La même recherche d’équilibre désaxe le monde intérieur, le monde de la pensée où tout est remis en question, et où les raisons de la science n’ont pas encore complètement opéré leur jonction avec ces raisons que la raison ne connaît pas! Mais il viendra, soyez-en sûrs, celui qui sera à la fois François d'Assise et François Bacon.Il réunira en la forte matrice de son âme les deux pensées, les deux sagesses, et de cette puissante fécondation naîtra le salut par la communion à la Vérité totale, à l’Unité, c’est-à-dire au Divin! Frère M arie-Victorin, directeur, Institut botanique de Vl'niversité de Montréal. REVUE DES LIVRES LA PRÉHISTOIRE, par A.Vayson de Pradenne, directeur à l’École des Hautes Études.Un vol.in-10, 220 pages, 47 figures.Collection Armand Colin Paris.Broché 15 fr.Ceux qui s’intéressent à la préhistoire et qui désirent connaître les principaux résultats de cette science encore hésitante, liront avec profit ce petit livre abondamment illustré et facilement accessible.Ils y trouveront, condensés d’une façon claire et précise, une foule de renseignements et des idées nouvelles que l’on doit à l’auteur.L’ouvrage se divise en trois parties.La première est une introduction aux études préhistoriques; elle est consacrée aux définitions, h la méthode, aux procédés de recherche et d’interprétation des documents.La seconde se rapporte à la préhistoire en Europe occidentale, où l’état des recherches est beaucoup plus avancées qu’ailleurs.La troisième examine successivement chacun des grands continents.THÉORIE MATHÉMATIQUE DU BRIDGE A LA PORTÉE DE TOUS, par Émile Borel, membre de l'Institut et André Chéson, rédacteur du bridge aux journaux.In-So de .492 pages avec 134 tableaux.Publié par Gauthier-Villars, üô Quai des Grands-Augustin», Paris, 1940.Cet ouvrage fait partie de la Collection des Monographies des Phoba-lités.Ce n’est pas un traité de bridge; les auteurs n’entrent que très rarement dans le détail des règles du jeu et ils supposent également connues du lecteur les doctrines classiques sur les déclarations, les impasses, les invites, etc.Une connaissance de la théorie élémentaire des probabilités est nécessaire à celui qui désire lire ce document.En le rédigeant les auteurs ont voulu fournir aux intéressés une méthode et un grand nombre de résultats numériques en facilitant l’application.Les théories et les calculs sont entièrement indépendants des règles particulières du bridge et peuvent servir pour tous les jeux analogues tels que le whist et le boston.Le plan de l’ouvrage est très simple: les auteurs ont appliqué successivement le calcul des probabilités aux diverses phases d'une partie de bridge telles qu’elles se déroulent.Le premier chapitre constitue l’étude la plus approfondie qu’on ait encore faite, aux points de théorique et pratique, du problème du battage des cartes.Le deuxième chapitre est consacré à la probabilité des diverses catégories de distribution des cartes après la donne.L’objet du troisième chapitre est de montrer de quelle façon les facteurs psychologiques viennent modifier les probabilités, étudiées au deuxième chapitre, dès que le joueur connaît son jeu.Le quatrième chapitre considère les modifications apportées aux probabilités subjectives par l’étalage du mort.Enfin, les auteurs montrent comment les règles de la marque des points permettent, en fonction des probabilités déjà calculées, d estimer l'espérance mathématique de chaque joueur. I -.—'I.92 HE VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE LEXIQUE BILINGUE DE LA RADIO, par J.-Lucien Iludon.In-12 de Cl pages.Publié sous les auspices de l’Association technologique de Langue française du Canada, à Ottawa.Ce document contient les termes français correspondant à ceux employés en langue anglaise par les spécialistes de la radiophonie, la radiotélégraphie, l’électricité et la télévision.L’auteur est traducteur au bureau des Brevets d’inventions à Ottawa et il a déjà publié, en 1925, un lexique technique sur l’automobilisme et la radio.11 n’y a nul doute que son nouveau travail sera autant apprécié que le premier.L’IXG EXILER ET L’EXSEIGXEMEXT TECHXIQUE FRAXÇAIS, par André-V .lAendling, Ph.D., Mémorial de l’Artillerie française, 4e fascicule in S-vo, pp.921 à 935.Imprimerie Nationale, juin, 1938.La Direction du Mémorial de l’Artillerie française, en reproduisant le mémoire de M.Wendling, s’excuse d’avoir dû insérer ce «mémoire original» dans les «traductions», bien que l’article ait été publié en français et par un Français (tout ce qui a d’abord figuré dans une autre revue est rangé parmi les traductions).«Xos lecteurs trouveront un excellent article qui traite de l’historique de la formation de l’ingénieur et qui complète les divers travaux sur la réforme de l’enseignement publiés par le Mémorial», ainsi était présenté l’article de notre collaborateur.Deux grandes divisions: I — L'ingénieur français.II — L’enseignement technique en France.Les points particulièrement intéressants de cette étude concernent la protection du titre d’ingénieur et la classification rationnelle des disciplines classiques de l’enseignement technique supérieur.L’importance croissante du Taylorisme, commencé par Augustin Coulomb et le rôle social de l’ingénieur à la lumière de l’histoire sont traités avec bonheur.Le style est sobre mais imagé, le mot propre toujours trouvé et l’ingénieur défini algébriquement: ingénieur actuel = (chef + savant + conducteur -f-économiste).t ASSOMPTION' SA8IT, by Marins Barbeau.Department of Mines and Resources* National Museum of Canada.Bulletin 93.Anthropological scries No.24 Price, 25 cents.Dans cette brochure de quelque 50 pages in-So, abondamment illustrée, M.Barbeau, amateur infatigable des sujets rares, fait revivre l’histoire de la petite, et autrefois prospère, industrie de la « ceinture fléchée », industrie particulièrement en honneur à l’Assomption (d’où le titre) et à St-Jaeques-l’Achigan.Le lecteur curieux trouvera là de quoi nourrir sa documentation.LEI 1 ERS IX CAN ADA 1939, edited by A S.P.Woodhouse.Reprinted from The University of Toronto Quarterly, Vol.IX, No.3, April 1940—pp.2S2 to 395.Les lecteurs de la Revue Trimestrielle connaissent cette publication annuelle du Toronto Quarterly.Cette revue des lettres canadiennes devient un guide presque indispensable, et nous avons déjà regretté de n’avoir rien de semblable en français.Nos journaux et nos revues font sans doute de la critique 93 REVUE DES LIVRES littéraire et même, certains jours, à pleines pages, mais on ne trouve nulle part un compendium aussi complet que Letters in Canada.La marche adoptée est la même que les années précédentes: lettres anglo-canadiennes, lettres canadiennes-françaises, lettres néo-canadiennes.Je n’ai nullement l'intention de chercher querelle à M.Felix Walker, qui s’occupe de la production canadienne-française et dont les jugements sont généralement assez objectifs.Mais j’ai déjà dit et je me permets de le répéter, que je ne comprends pas qu’il soit si attaché à certains journaux de gauche que je ne nommerai pas.Si l’on croit à Toronto que cette presse-là est l’expression de la pensée franco-canadienne, il n’est pas étonnant que nous ayons tant de peine à nous comprendre.LA PSYCHOLOGIE ANIMALE, par Paul Guillaume, professeur à la faculté des Lettres de Paris.Un volume in-10, avec 21 figures (Collection Armand Colin, 103, boulevard Saint-Michel, Paris Ve).Broché, 15 fr.Relié, 17 fr.50.Considérée comme méthode d’investigation, cette science (encore jeune) qui a les animaux pour sujets, peut fournir les moyens de résoudre les problèmes de psychologie générale.L’auteur montre, par une série d’exemples concrets, la fécondité de ces recherches, et comment elles peuvent servir à la psychologie humaine.Si cet ouvrage s’adresse d’abord aux philosophes et aux hommes de science, il satisfera aussi les personnes curieuses des questions d’intelligence, d’instinct, etc., pourvu qu’elles ne se laissent pas rebuter par une langue technique un peu ardue.MAURICE RAT : a Le participe et ses règles d’accord ».Définition, règles, exercices d’application et corrigés explicatifs.— « Le verbe ».Définitions et généralités.Conjugaisons, Tableaux des verbes irréguliers.Valeur et emploi des verbes.Modes et temps.Liste des verbes qu’il ne faut pas employer les uns pour les autres.— Deux petits volumes (70 et 110 pages.) Librairie Garnier Frères, Paris.Collection « le Français facile pour tous.» i.d Deux petits volumes qui s’adressent à tous et que les professeurs de français et les grammairiens feront bien de posséder.Ce sont deux chapitres importants de la grammaire française.Maintes fois, l’auteur fait des incursions dans le domaine de la grammaire historique, ce qui n’est pas pour diminuer l’intérêt de la matière.Il faut accorder à l’auteur deux qualités: il est clair et, pour les personnes à qui il s’adresse, complet.Et j’ajouterai autre chose qui fait plaisir chez M.Maurice Rat: sa fidélité aux règles traditionnelles, nonobstant certains arrêtés ministériels, surtout à l’endroit du participe, fidélité qui réjouira sans doute M.Abel Hermaut et tous ceux qui connaissent et aiment les luttes de M.Lancelot pour la défense de la langue française.Fidélité aussi qui n’est pas sans courage devant le débraillé et l’ignorance trop répandus de nos jours et qui ne sont que le fruit de la paresse. rmm mmm VIE DE L’ÉCOLE ET DE L’ASSOCIATION EXTRAIT DE RAPPORT DU COXSEIL DK 1/ASSOCIATION' DKS AXCIEXS ELEVES DK L’ECOLE POLYTECIIXIQUE POUR L’AXXÉE 1940 Messieurs les membres de l'Association des Anciens Elèves de l’Ecole Polytechnique, Montréal.Messieurs, \ otre conseil a 1 honneur de vous transmettre le rapport de ses activités pour l’année 1940.Il a etc tenu onze assemblées du Conseil durant l’exercice rjui se termine présentement.La moyenne1 des assistances ù ces diverses réunions fut de 9, le nombre des membres du conseil étant de 21, dont 0 demeurent en dehors de la ville et n ont pu assister régulièrement aux assemblées.Le rapport financier accuse pour l’année 1940 un déficit de 814.21.Il faut remarquer que les dépenses se sont élevées à environ S388.00 de plus que l’année précédente.L’équilibre de notre budget en regard de dépenses plus élevées que de coutume est dû en grande partie à la précieuse collaboration de nos membres, les recettes des cotisations étant en effet supérieure d’environ 8186.00 à celles de 1 année 1039.II est aussi attribuable a 1 aide donnée à l’Association par la direction de l’Ecole Polytechnique au cours de cet exercice.Votre conseil désire l’en remercier publiquement.Grâce à cette collaboration, celui-ci a pu, sans grever son budget, prendre contact avec les membres de l’Association plus fréquemment quo par le passé, le résultat direct étant une augmentation des cotisations versées.Au 31 décembre dernier, notre association comptait 508 membres titulaires répartis comme suit: 427 avaient payé leur cotisation de 1940 50 “ “ celle de 1939.18 .“1938.23 “ “ “ “ 1937.Parmi ces 508 membres titulaires il faut compter 2 membres d’honneur et 4 des nôtres en service actif outremer qui sont exemptés VIE DE I,’ASSOCIATION ET DE I.'ÉCOLE 95 do cotisations.Le nombre des membres titulaires a augmenté de 47 au cours de l’année.Il y avait, au 31 décembre 1940, 780 diplômés de rEcole Polytechnique encore vivants.La proportion de ceux qui sont membres de l'Association est de 65.2e/,.L'Association comptait au 31 décembre dernier 5 membres d’honneur et 5 membres adhérents.Votre conseil a continué la pratique de confier à des comités l'étude des questions particulières.Le Comité de Placement avise que l'année 1940 a été une ries plus actives connue pour nos membres: 107 situations ont été acceptées par eux dont 97 ayant un caractère permanent.De ces 107 postes acceptés, 16 sont des promotions.Sur ce total, 00 ont été offertes par des entreprises privées et 47 par les services administratifs des gouvernements.32 de ces positions sont directement dues aux démarches faites par le comité durant cette année.Le placement des élèves au cours des dernières vacances a été des plus satisfaisant.142 élèves ont travaillé, dont 41 dans 1 industrie et 97 dans les services des gouvernements fédéral et provincial.Malgré ces succès, l'Association compte actuellement 15 de ses membres sans emploi: ceci e>t du a un ralenti dans les travaux entrepris par le gouvernement provincial.Le comité a confiance que tous auront trouvé un emploi d'ici au printemps.La demande pour les services d’ingénieurs spécialisés pour 1 industrie est assez grande et il faut compter que c’est de ce coté qu il faudra diriger nos efforts durant l’année qui commence pour placer nos sans-emploi et la promotion de 1941.Le comité de secours n’ayant pas eu de demande au cours de l’année 1940, n’a eu aucun déboursé à faire.Le Comité des Conférences s’est occupé de trouver des articles pour la Revue Trimestrielle Canadienne et d’organiser des conférences ou des visites industrielles.Les conférences eurent lieu les 28 février, 15 avril, 3 juin et 13 décembre.AI.L.Logan Lewis, président de la compagnie “Carrier Corporation” nous parla de l’air climatisé.Sa contérence était organisée conjointement avec la “Society ol ( hemical I ndustry” et le “Canadian Institute of Physical Chemistry”.M.Huet Massue, promotion 1913, ingénieur et statisticien de la "Shawi-nigan W ater & Power Co”, nous parla de l’industrie hvdro-élec-trique de l’Ontario et du Québec.M.A.-O.Dufresne, promotion 1911, nous décrivit les méthodes de transport de 1 industrie minière. 9G REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Enfin, M.J.-P.D’Aragon, promotion 1929, nous parla de l’Abitibi au point de vue colonisation, industrie et mines.Deux visites industrielles furent organisées cette année: la première, au mois de mai, aux usines d’orgues Casavant et Frères de St-Hyacinthe et à l'usine génératrice d’électricité de cette ville.La deuxième, en octobre, fut l’inspection des travaux de construction du boulevard métropolitain sous la direction de M.Alphonse Gratton, promotion 1912, assistant-ingénieur en chef au Ministère de la Voirie.Durant l’année qui vient de s’écouler, trois de nos membres ont contribué par leurs articles à la publication de la Revue Trimestrielle Canadienne.Le Comité des conférences désire remercier tous ceux qui ont prêté leur concours aux activités de l'année écoulée, soit en acceptant de donner des conférences, en publiant des articles dans notre revue ou en collaborant à l’organisation de visites d’industries.11 regrette que le nombre d’industries visitées soit aussi restreint et attribue le fait aux difficultés d'obtenir les permissions nécessaires des industriels.Beaucoup d’usines ont été fermées au public pour la durée de la guerre.Le Comité de Recrutement rapporte que la campagne de recrutement lancée au printemps a rapporté un brillant succès.Les chiffres donnés au début du présent rapport en font foi.Il désire remercier tout particulièrement les délégués de promotion de la collaboration précieuse qu’ils ont apportée au comité dans cette campagne.Votre conseil a procédé à l'installation de délégués de promotion lors de la première réunion de ceux-ci le S avril 1940.Cette assemblée était une réunion conjointe des délégués de promotion et des trois comités permanents de l’Association: Placement, Conférences et Recrutement.Tous les diplômés de l’Ecole Polytechnique ont été avertis de la nomination de ces délégués.Une deuxième réunion eut lieu le 27 novembre.De nombreuses questions furent discutées et des suggestions importantes et très intéressantes furent faites.Votre conseil remercie sincèrement tous les délégués de promotion, qui ont par leur présence à ces réunions, leur participation aux discussions et aussi par le travail qu’ils ont fait au cours de l’année, contribué à reserrer les liens qui unissent déjà l'Association et ses membres.Il espère que tous les membres et anciens ont approuvé cette initiative du Conseil et qu’ils montreront leur VIE DE I.'ASSOCIATION ET DE l/ÉCOEE 97 appréciation en considérant ces délégués comme leur représentant au sein de T Association.11 estime que les suggestions, remarques et même les griefs seront ainsi plus facilement canalisés et portés à la connaissance des membres du conseil afin que ceux-ci puissent agir de plus en plus à la satisfaction de tous.Votre conseil a jugé à propos au cours de 1 année de rénover son système de dossiers.Le secrétaire vous a fait parvenir, dans ce but, une formule de renseignements.A l’aide des informations fpie vous lui avez ainsi fournies, nos dossiers sont maintenant presque complétés.Knviron 200 diplômés sur un total possible de 7S0 n’ont cependant pas encore rempli la formule de renseignements mais nous espérons qu ils no nous refuseront pas leur collaboration.Le conseil remercie tous ceux qui ont fait diligence pour répondre aux demandes du secrétaire, t es nouveaux dossiers seront de grande utilité pour le bureau de placement et nous vous prions, afin de les maintenir à date, de faire parvenir au secrétaire ou à votre délégué de promotion toutes les nouvelles tel que changement d emploi, promotion, changements d'adresse, etc.qui seront portées a votre connaissance.Pour faire suite aux recommandations de votre dernière assemblée, le conseil a formé deux comités: le premier pour étudier les possibilités de former un organisme au sein de l’Association, ayant pour but de créer un fonds d'aide aux anciens élèves qui désirent poursuivre leurs études ou aux élèves de 1 École en difficulté financière, ce fonds servant aussi à subventionner des travaux de recherche faits ici ; le deuxième pour étudier les possibilités d enrayer les abus dans l’emploi du mot ingénieur et choisir un qualificatif qui serait à l’usage des ingénieurs diplômés seulement.Ces deux comités vous feront rapport au cours de la présente assemblée.En conformité avec les suggestions (pie vous lui faisiez lors de votre dernière assemblée, le conseil, à votre demande, a prié la direction de l’École Polytechnique de publier annuellement un rapport sur les activités de l’École au cours de 1 année écoulée.Celle-ci a gracieusement consenti et en juillet dernier Monsieur Armand Circé a fait parvenir à tous les diplômés une lettre circulaire contenant la publication demandée.Notre conseil na pas jugé à propos de faire parvenir aux membres de l’Association copie de son rapport annuel, celui-ci étant publie dans le numéro de mars de la Revue Trimestrielle Canadienne.Il eût été inutile 7S55BH5 m IF! 98 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE d'encourir des dépenses dans ce but puisque la Revue parvient à 94'£ de nos membres titulaires.Désireux de souligner l’événement de l’inauguration de la nouvelle aile del Ecole Polytechnique et en conformité avec le vœu que vous exprimiez l’année dernière à l'effet de faire un don à l’École Polytechnique, votre conseil a voté les crédits nécessaires pour offrir à l'École Polytechnique, au nom de l’Association, une plaque commémorative en bronze, en hommage à ses fondateurs et à son premier directeur.Ce mémorial qui sera dévoilé demain après-midi porte en plus de l’écusson de l'École et des dates 1,873-1941, l’inscription suivante: « Aux fondateurs de l’École Polytechnique, P Honorable Gédéon Ouimet, Urgel-Eugène Archambault, Charles Pfister, et à son premier directeur, le Colonel Émile Halète.Hommage reconnaissant de 1 Association des Anciens Élèves ».\ otre conseil a reçu au cours du mois de novembre une requête demandant la nomination au titre de membre d’honneur de Messieurs L.-S.Pariseau (1,877), O.-.J.Desbarat.s (1879; et Monsieur Arthur Pelletier, ancien professeur à l’École Polytechnique et membre adherent de notre association.Les membres du conseil ont été unanimes a accepter cette requête.Il y a, par conséquent, cette année, en plus des élections habituelles des officiers et directeurs de 1 Association, élection de membres d'honneur.Le résultat de votre vote sera connu plus tard, au cours de la présente assemblée.Le ( onseil désire signaler ici les noms des nôtres qui sont actuellement sur la ligne de feu avec leurs régiments en Europe: Le Major Réal Relancer (1925) Le Major Guy Montpetit (1929) Le Capitaine Alexandre Dur,as (1933) Jean Flaiiault (1938), qui après avoir combattu avec les armées françaises et avoir été fait prisonnier de guerre en Allemagne, a pu regagner la France puis le Maroc où il est présentement mobilisé.Nous leur souhaitons, ainsi qu'a ceux, plus nombreux, qui font aussi leur part en service actif au pays, le triomphe de leurs armes et le retour prochain dans leur famille.1 1 II apparait ici dans la copie originale du rapport du Conseil une énumération des promotions et positions obtenues par les membres de l’Association durant 1 exercice écoulé.Cette liste n’est pas reproduite, toutes ces nouvelles ayant déjà été annoncées dans les numéros précédents de cette revue. VIE DE L’ASSOCIATION ET DE i/ÉCOLE 99 En terminant, le conseil a le triste devoir de rappeler la disparition, au cours du dernier exercice, des anciens élèves dont les noms suivent : M.Georges Ouimet de la promotion M.G.-A.Ménard “ “ “ M.Jean Laloxde M.A.-G.Saboürin M.E.Loignox M.B.Brault 1904, en mai dernier 1913, le 11 avril 1939, le 15 juillet 1902, le 25 septembre 1SS8, le 1S janvier 1907, le 24 janvier Monsieur Loignon a toujours porté un grand intérêt à notre association.11 fut directeur de 1920 à 1923 et devint président en 1924.La plupart d'entre nous l'ont connu et ont pu apprécier sa haute valeur et son attachement à tout ce (pii lui rappelait son Alma Mater.En reconnaissance de tout son dévouement à l'Ecole Polytechnique et à sa profession, l’Université de Montréal lui a décerné le titre de Docteur ès Sciences, honoris causa, le 30 janvier 1932.Nombreux sont les services qu'il a rendus à ses confrères plus jeunes, et nombreux aussi sont ceux qui ne l’oublieront pas.11 était âgé de 75 ans.Faisons mention aussi d'une manière spéciale du nom de Jean Lalonde, le fis de notre dévoué président.Jean a trouvé une mort tragique alors que l'avion qu'il pilotait s’écrasa dans le port d Halifax.Il était entré au service de son pays dans le corps d’Aviation canadien, sitôt ses études terminées ici, et avait reçu son grade d’officier pilote en octobre 1939.En mai 1940, il recevait celui de lieutenant d’aviation.Jean est mort au devoir.Il s'est sacrifié pour son pays et son sacrifice n’aura pas été fait en vain.Messieurs Brault et Saboürin ont toujours participé avec intérêt aux activités de notre association et furent membres du conseil pendant quelques années.Sur la tombe de ces disparus l’Association dépose l’hommage de son pieux souvenir.Henri Gaudefroy, Secrétaire 100 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE RAPPORT ni' TRESORIER DE L’ASSOCIATION* DES ANCIENS ÉLÈVES DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE POUR L’ANNÉE 1940 En caisse le 31 décembre 1939 81,207.59 Recettes: Cotisations 81,912.13 Banquet du 3 février 1940.4SI.95 Intérêts sur obligations 37.50 Intérêts sur dépôts 13.25 Prime sur achat d’obligations 21.24 2,466.07 Tôt ai 83,673.66 Déboursés : Banquet du 3 février 1940 8 516.39 Abonnements Revue Trimestrielle 804.00 Remise section de Québec 166.00 Remise section d’Ottawa 22.00 Papeterie et impressions 170.1S I rais de vovagcs 20 35 Téléphones et télégraphes 10.10 Collections sur chèques S.10 Timbres de correspondances 165 84 Fleurs 27 25 Indemnité ann.Sec.du bur.de Plac.150 00 Indemnité ann.secrétaire général 200.00 Dépenses pour dossiers 93 62 Élections du 3 février 1940 55.14 Réunions de délégués de promotion .46.56 Divers 24.75 $2,480.28 Placements effectués.660.00 En causse au 31 décembre 1940.533.38 Total.83,673.66 Henri Gaüdefroy, Trésorier VIE DE L’ASSOCIATION ET DE L’ÉCOLE 101 FONDS DE SECOURS Montant total souscrit depuis 1934—.8305.00 En caisse au 31 décembre 1939.S 59.00 Recettes: Intérêts sur dépôts.0.29 S 59.S9 Déboursés: S 00.00 En caisse au 31 décembre 1940.8 59.S9 Henri Gaudefroy, Trésorier RAPPORT DES VÉRIFICATEURS DES COMPTES Nous, soussignés, nommés vérificateurs des comptes en vertu d'une résolution adoptée à Rassemblée générale du 3 février 1940, déclarons avoir examiné les livres du Secrétaire-Trésorier de l'Association des Anciens Élèves de l'École Polytechnique de Montréal et les avoir trouvés satisfaisants.I.a somme des recettes pour l’année 1940 s’élève à 82,466.07 et celle des dépenses à 82,480.28, soit un excédent des dépenses sur les recettes de 814.21.L’actif au 31 décembre 1940 se composait comme suit: En caisse.S 6.03 En banque.527.35 Obligations du Dominion du Canada.500.00 “ ville Greenfield Park.500.00 “ École Polytechnique.500.00 Certificats d’Épargne de guerre.160.00 Total.82,193.38 L’actif au 31 décembre 1939 était de 82,207.59, soit une diminution de 814.21 au cours de l'exercice 1940.Un rapport spécial attaché au bilan régulier accuse un actif de 859.89 au compte de fonds de secours de l'Association, soit une augmentation de 80.29 au cours de l’exercice 1940.J.-A.Beauchemin' X.Dozoïs. mmmm TSSBESssmsm, m 102 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE CONSEIL DE L’ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE POUR L'ANNÉE 1940 Président: Cousineau, Aimé (1909) T’ice-PrcsidenlLARiviÈRE, Alexandre (1913) Secrétaire-Trésorier:G au dekroy, i lenri ( 1933) Directeurs pour le district de Montréal: Directeur de la province de Québec: Lafontaine, Maurice (1936) Directeur pour la province d'Ontario: Laferiuère, Rosaire (1928) Directeur pour les districts extérieurs: Lefebvre,Jean-A.(1934) Directeurs Ex Officio: Duperron, Arthur (1911) Représentant de la section de Québec: Lavigne, Ernest (1916) Représentant de la section Ottawa-Hull: Laferri ère, Rosaire (1928) Beaupré, Y.-Elzéar (1906) Jette, J.-Arthur (1908) Beaupré, Hcctor-F., (1921) De( îüise, Paul (1923) Leblanc, Fernand (1929) Fleury, Maurice (1934) Gratton, Alphonse (1912) Massue, Huet (1913) Trudel, Louis (1936) Circé, Armand (1916) Lalonde, J.-Antonio (1912) Représentant de la Corporation de VÉcole Polytechnique: Frigon, Augustin (1909) Représentant des étudiants: Lefebvre, Gérard. VIE DE L’ASSOCIATION ET DE L’ÉCOLE 103 EXTRAIT DU RAPPORT DU CONSEIL DE LA SECTION DE QUÉBEC POUR L'ANNÉE 1940 Québec, le 15 janvier, 1941.Monsieur le Président, Messieurs les Membres du Conseil de l’Association des Anciens Élèves de l'École Polytechnique de Montréal.Messieurs, Le Conseil de la Section de Québec a l’honneur de vous soumetre le rapport suivant concernant ses activités pour l’année 1940.Il y eut 9 réunions du Conseil pendant l’année.Le banquet annuel de notre section eut lieu le 10 février sous la présidence de M.Alfred Marois.M.Antonio Lalonde y représentait l’Association générale et M.Augustin Frigon y représentait la Corporation de l'École.Son Honneur le Maire, M.Lucien Borne, était invité d’honneur, de même que M.A.-R Décary, ancien président de la Corporation des Ingénieurs Professionnels et président honoraire de la section de Québec de l'Engineering Institute of Canada.La Corporation des Ingénieurs Professionnels était représentée en outre par M.A.-B.Normandin, vice-président, et l’Engineering Institute of Canada était aussi représenté par M.L.-P.Méthé, président de la section de Québec.Notre section a maintenant 25 années d’existence.A cause de l’état de guerre qui existe au pays il fut décidé de ne pas célébrer, pour le moment du moins, cet événement d’une façon spéciale.La campagne de recrutement, commencée il y a deux ans, a été continuée pendant l’année.Le nombre des Anciens qui résident actuellement dans le territoire de la section de Québec est de 135, comparativement à 140 pour l’année dernière.Actuellement G4% des Anciens de notre section sont membres en règle comparativement à 50/c pour l’année dernière.Il y a deux ans 137 Anciens faisaient partie de notre section et 44% d'entre eux étaient membres en règle.Au mois de mai M.René Dupuis, assistant-surintendant général de la Quebec Power Company, eut l'amabilité de nous donner 104 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE une conférence sur la production et la distribution de 1 électricité.Cette conférence a paru dans le numéro de septembre dernier de la Revue Trimestrielle Canadienne.Pendant l'année le Conseil central a formé un comité pour faire l’étude d’une suggestion à l’effet que le nom officiel de l’Association soit changé de façon à y inclure le mot ingénieur et a demandé à notre section de nommer un représentant sur ce comité.M.Adrien Pouliot (1920) a été nommé à cette fin.Un Comité de la Protection civile a été formé dans la ville de Québec, sous les auspices du Comité provincial, pour assurer a la population le maximum de sécurité possible en cas de raids aériens ou d’actes de sabotage.M.Hector Cimon 1910i a été chargé d’organiser la (larde de la Défense civile de ce < omite.Sur invitation de M.Hector Cimon, le Conseil a délégué MM.Alfred Marois (1914) et Adhémar Laframboise (1911) pour représenter notre association aux assemblées des principaux corps publics et associations de la ( ité de Québec en rapport avec cette question de protection civile.Plusieurs des nôtres ont été choisis pour prendre charge de diverses sections de ce Comité île Protection civile ayant trait aux services d’utilités publiques ou aux abris.La grande majorité de nos membres ont donné leur nom pour faire partie de ces sections.Pendant l’été le Conseil a nommé un < 'omité, composé de MM.P.-A.Dupuis (1921), Lucien Martin (1931) et Léo Roy (1930) pour organiser un tournoi de golf qui a obtenu un franc succès.Nos élections eurent lieu le 15 janvier 1941.Notre < onseil pour 1941 sera formé comme suit : Président.Laframboise, Adhémar (1911) Vice-président.Larochelle, Eugène (1910) Secrétaire-trésorier.Paré, A.-Euclidc (1931) Conseillers (élus en 1940): Cimon, Hector (1910) Vincent, Paul (1934) Molleur, Gérald (1924) 1 II apparaît ici dans la copie originale du rapport du C onseil une énumération des promotions obtenues par les membres de la section au cours du dernier exercice.Cette liste n’est pas reproduite ici, toutes ces nouvelles ayant déjà été annoncées dans les numéros précédents de cette revue. - _ :"SSL VIE DE L ASSOCIATION’ ET DE L ECOLE Conseillers élus par le présent tour de scrutin pour 2 ans: Bourget, Maurice (1932) Picard, Stanislas (1927) Lemieux, Rolland-A.(1937) Représentant à Montreal:!,avigne, Ernest (1916) Président sortant île charge: Marois, Alfred (1914) Ancien Président: Royer, Maurice (1925) Ex-Officio: Larivière, Alex.(1913) M.Alphonse Gratton (1912) ferait aussi partie du Conseil, à titre d’ancien président s’il résidait encore dans le territoire de notre section.Alfred Marois, A.-Euclide Paré, Président Secrétaire-trésorier RAPPORT DU TRÉSORIER DE LA SECTION DE QUÉBEC POUR L’ANNÉE 1940 Québec, le 15 janvier 1941.Rapport financier pour l’année finissant le 31 décembre 1940 En caisse le 31 décembre 1939.$416.26 Recettes: Banquet du 10 février.$ 165.00 Cocktail du 24 avril.40.00 Tournoi de golf du 14 août.83.68 Intérêts sur dépôt.6.40 Cotisations pour 1940.160.00 461.08 Total: $ 877.34 ]06 RE VUE THIMESTRIEI.EE CANADIENNE Déboursés: Banquet du 10 février.•?171.30 Cocktail du 24 avril.47.00 Tournoi de golf du 14 août.120.99 Conférence.o 00 Impressions, timbres, divers.44 -u Tributs mortuaires.30.00 Sténographe.10.00 42C s6 En caisse le 31 décembre 1940.445.48 Total.S 877.34 A.-Euclide Paré, Trésorier RAPPORT DES VÉRIFICATEURS DES COMPTES DE LA SECTION DE QUÉBEC POUR L’ANNÉE 1940 Québec, 10 janvier 1941.Nous, soussignés, nommés vérificateurs en vertu d une resolution adoptée à l'assemblée générale tenue le 17 janvier 1940, avons examiné les livres du secrétaire-trésorier.La somme des recettes pour l’année 1940 s’est élevée a 8401 .OS et la somme des déboursés à 8425.SG, soit un excédent des recettes sur les dépenses de 832.22.L’argent en banque le 31 décembre 1940 s’élevait a 844S.4S.Robert Sauvage J.-.M.Paquet RAPPORT DU CONSEIL DE LA SECTION OTTAWA-IIULL POUR L'ANNÉE 1940 La section Ottawa-I lull a l'honneur de soumettre à l'assemblée générale des Anciens de Polytechnique l’exposé suivant de ses activités durant l’année 1940.Au mois d’octobre, les membres du conseil recevaient MM.A.Cireé et J.-A.Lalonde pour discuter certains détails relativement * J VIE DE L'ASSOCIATION ET DE L’ÉCOLE 107 au bon fonctionnement de la section.Les diverses explications données par ces messieurs au sujet des quelques difficultés qui avaient jusqu’à ce moment semblé paralyser les activités de la section et leur encouragement à continuer la poursuite du but pour lequel la section avait été fondée ont induit les membres du conseil à se remettre au travail.Deux assemblées successives furent tenues le 12 novembre et le 20 décembre.11 fut alors décidé que l’assemblée et le dîner annuels aient lieu simultanément au Château Laurier le 11 janvier 1941.Cette assemblée et ce dîner eurent un succès tel que les espérances des plus optimistes furent dépassées.En l’absence du président, M.Amédée Langlois, retenu à la maison par la maladie, M.Théo.Lanctôt fut appelé à présider.Un télégramme de sympathie et des souhaits de prompt rétablissement furent adressés à M.Langlois.A l'issue de l’assemblée générale un nouveau conseil fut élu comme suit : Président:Lax ctôt, Théo.Vice-président:Bute au, Amédée.Conseillers:Bi,Ai*, Robert.Payfer, Roméo.Secréta ire: Mack ay , Léon.Président sortant de charge: Langlois, Axiédée.< onseiller provincial:Lafekuière, Rosario.Notre président invita M.Armand Circé, directeur de l'École Polytechnique, à prendre la parole.( 'elui-ci passa brièvement en revue les progrès de l'École depuis vingt-cinq années.Il nous lit part de ses espérances et projets pour un avenir très rapproché.M.Antonio Lalonde, président général de l’Association, nous parla des progrès, de la valeur et des avantages de l’Association.Il passa en revue le travail exécuté par le conseil général pour l’année 1940.M.Henri Gaudcfroy, secrétaire-général, nous fit remarquer son plaisir de rencontrer les anciens de la région Ottawa-Hull.Il nous lit remarquer que l’Association allait toujours en grandissant dû aux efforts de tous les membres, des comités et des délégués de promotion.Comme trésorier, il nous félicita en nous assurant que la proportion des membres en règle dans notre section était plus élevée qu’ailleurs.¦¦P 108 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE M.G.-J.Desbarats, président honoraire de la section, en faisant allusion au discours du directeur de l’École fît un parallèle entre l’École actuelle et celle de son temps (3ème promotion, 1S79).Il conseilla à tous à ne pas borner leurs activités à leur travail quotidien, mais de s’occuper de plus en plus d’œuvres extérieures.M.Henri Lefebvre, vice-président honoraire, collabora les bons conseils donnés par M.Desbarats.Le président remercia tour à tour chacun des orateurs et fit remarquer tout spécialement combien notre section est redevable aux efforts de MM.Circé, Lalonde et Gaudefroy.Avant de clore l’assemblée on observa une minute de silence en la mémoire de nos membres disparus durant le cours l’année 1940, MM.A.-G.Sabourin, C.-A.Ménard et Jean Lalonde.Il est aussi à noter qu’en plus des activités déjà mentionnées, la section a tenu l’Association générale au courant des diverses positions vacantes que certains des nôtres seraient aptes à remplir.L.F.Mackar, Le 30 janvier 1941.Secrétaire 11 APPORT FIXA\( TER SECTION OTTAWA-ITULL POUR 1940 Recettes: En banque le 20 décembre 1940, d'après rapport soumis et approuvé.?46.94 BiUets de banquet du 11 janvier 1941.21.00 Tôt ai.$ 67.94 Dépenses : Timbres-poste et télégrammes.?0.89 Divers.1.85 Banquet.35.00 Total.37.74 Balance en banque 14 janvier 1941.S 30.20 L.F.Mackay, Secrétaire-trésorier ME DE L ASSOCIATION' ET DE I, ECOLE 109 ACTIVITÉS DE 1/ECOLE ET DE L’ASSOCIATION Inauguration de la Nouvelle Aile de l'École Polytechnique Le 1er février 1941 restera une date historique dans les annales de notre Alma Mater.C’est à cette date, en effet, qu’eut lieu l’inauguration officielle d’un nouvel immeuble abritant notre bibliothèque, notre amphithéâtre et le nouveau laboratoire de chimie industrielle.Le nouvel édifice fut béni par Monseigneur Joseph C'harbonneau, archevêque de Montréal et chancelier de notre Université, en présence des autorités civiles et universitaires et d’un grand nombre d’invités et de diplômés de l’École Polytechnique.Au cours de la cérémonie officielle, qui eut lieu dans le nouvel amphithéâtre, des allocutions furent prononcées par M.Augustin Frigon, D.Sc., principal de l’École Polytechnique, M.Armand Circé, directeur des Études et M.Aimé Cousineau, président de notre association.Celui-ci, après avoir fait un court historique et rappelé certains souvenirs chers aux moins jeunes d’entre nous, présenta à l'École, au nom de l’Association, une plaque commémorative en bronze, en hommage à l’IIon.Gédéon Ouimet, MM.Urgel-Eugène Archambault, ( 'harles Pfister, tous trois fondateurs de l’École, et au Colonel Émile Halète, le premier directeur.Après cette présentation, les invités d’honneur assistèrent au dévoilement de la plaque située au rez-de-chaussée dans le grand corridor conduisant à la bibliothèque.Tous les laboratoires et la bibliothèque furent ensuite ouverts à nos invités pour l'après-midi et au public dans l’après-midi du lendemain.Le personnel enseignant de l’École s'est tenu à la disposition des visiteurs désireux d’obtenir des informations sur les expériences en cours aux laboratoires ainsi que sur l’aménagement de la bibliothèque.As.SE.UBL É K a N N U ELLE L’assemblée générale annuelle de nos membres eut lieu vendredi le 31 janvier, à S heures du soir dans la salle des Conférences de l’École Polytechnique.Environ 75 membres étaient présents.La séance fut ouverte à S heures et se termina vers 11.10 heures du soir.Le président, M.J.-A.Lalonde, dirigea les délibérations.Des extraits des rapports présentés à cette assemblée paraissent no REVUE TRIMESTRIELLE CA N'A 1)1 EX XL ailleurs dans le présent article.Le résultat des élections fut le suivant: Président, M.Aimé Cousineau, en remplacement de M.J.-A.I.alonde, sortant de charge; vice-président, M.V.-E.Beaupré; secrétaire-trésorier, Al.Henri Gaudcfroy; directeurs; AIAI.Alphonse Gratton, Huet Massue, Rosaire Laferrière, Jean-A.Lefebvre, Louis Trudcl et ALiuriee Lafontaine, ('es nouveaux directeurs se sont joints aux membres élus Lan dernier pour constituer le nouveau conseil dont la composition apparaît dans les pages précédentes.Le dépouillement du scrutin a sussi révélé la nomination à titre de membres d’honneur de AIAI.L.-S.Pariseau, G.-.l.Desbarats et Arthur Pelletier.Banquet annuel Le banquet annuel de notre Association eut lieu le 1er février dernier au Cercle Universitaire, sous la présidence de AI.Aimé Cousineau.Deux cent quatre-vingt-dix personnes étaient présentes dont 270 diplômés de l'École Polytechnique.Vingt-deux invités avaient pris place à la table d'honneur où les autorités civiles, religieuses et militaires étaient représentées.Mentionnons les Honorables P.-J.-A.Cardin, ministre fédéral des Travaux Publics et des Transports, P.-F.Casgrain, secrétaire d’état, Hector Perrier, secrétaire provincial, Monseigneur Olivier Alaurault, recteur de P [’Diversité, le Brigadier Général E.de B.Panet, C.M.G., D.S.O., le commodore de Pair C.AL AIcEwen, AI.< '., D.C., A.D.C.Nombre d'autres personnages de marque étaient aussi des nôtres à titre de représentants de P Université et de l’École Polytechnique, de l’industrie, des commissions gouvernementales et des compagnies d’utilités publiques.Des allocutions furent prononcées par notre président, AI.Aimé Cousineau, P Honorable P.-J.-A.Cardin, Monseigneur O.Alaurault, AI.Augustin Frigon, principal de l'École Polytechnique et directeur général adjoint de Radio-Canada, AI.Armand Circé, directeur des études et AI.Louis Joncas, président de la promotion 1941.extrait du discours du directeur de l’école polytechnique PRONONCÉ AU DÎNER ANNUEL DE l’ASSOCIATION DES ANCIENS élèves de l'école polytechnique, le 1er février 1941 Souvent dans le passé le Directeur de Polytechnique a profité du dîner annuel de l'Association des Anciens Élèves pour faire VIK DE [.'ASSOCIATION ET DE L’ÉCOLE 111 unp revue des aetivitéos de l'École au cours de l’année écoulee.Depuis l’année dernière, un rapport est préparé à la fin de l’année universitaire et vous est adressé au cours des vacances de 1 été, en conformité avec une suggestion de rassemblée générale de l’Association.Vous pouvez ainsi prendre connaissance dans le calme de votre bureau ou de votre demeure, du travail cpii s accomplit chaque année à Polytechnique, et cela est sans doute d un intérêt moins transitoire qu’un simple exposé oral de fin de banquet, puisqu’il vous est loisible d'y référer chaque fois que vous éprouvez le besoin de vous renseigner sur les activités de votre École.Il n'est donc pas essentiel d'y revenir ce soir, mais il n’est pas non plus sans objet de vous signaler que nous sommes arrivés à un point bien important dans le développement et l’orientation de notre programme d’enseignement.Notre cours comprend cinq années d'études et notre première année n'est plus une préparatoire, malgré la revue du début de l’année, puisqu’elle comprend les mathématiques supérieures, la Géométrie descriptive, la Géométrie analytique, le Calcul différentiel, le Dessin industriel, et les sciences physiques traitées sur le plan mathématique.Jusqu'à présent, ce cours a été commun à tous les élèves pendant cinq années; dès 1041-42.il est proposé d assurer la formation générale de nos futurs ingénieurs par quatre années d’études, et de garder la cinquième et dernière année du cours pour 1 etude plus approfondie de groupes de matières entre lesquelles les élèves pourront opter.Par cet arrangement, nous gardons les avantages, incontestables à notre point de vue, de la formation générale de l’ingénieur, et nous offrons en dernière année une orientation initiale dans une branche du génie, ce qui lui donnera une forte avance si, à sa sortie do 1 École, les circonstances permettent qu’il continue dans la pratique cette orientation première.Sinon, ses études des quatre premières années lui permettront, comme jusqu’à présent, d’appliquer ses connaissances à tout autre domaine du génie dans lequel il rencontrera 1 opportunité désirée.Nous ne voulons pas calquer l’organisation des programmes des universités anglaises ou américaines, alors que celles-ci semblent s’éloigner de l’idée de spécialisation; nous hésitons a appliquer ces programmes à des élèves dont la preparation secondaire est d esprit et de " ’ ' s tout différents de ceux dos high schools.On peut aisément établir des programmes s’inspirant exclusivement des 7019 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE méthodes américaines; il est très facile d'imprimer de beaux prospectus, mais il est une tâche infiniment plus complexe; c’est celle de l’application de ces programmes, et de leur application selon des méthodes qui orientent vers les carrières industrielles et qui donnent le goût de l’atmosphère de nos grandes industries.Ce n’est pas chose facile, car il n’est pas nécessaire de remonter bien loin pour retrouver nos origines terriennes.Deux générations suffisent.Nous sommes près du sol.L’arome des champs nous est naturellement plus familier que les senteurs de l’usine.Nous n’avons pas derrière nous cette lignée de commerçants et d’industriels qui donne à nos compatriotes de langue anglaise cet atavisme qui les porte naturellement vers l’industrie.C’est un travail de longue haleine que celui de donner le goût des applications industrielles à nos gens, mais ce n’est pas par l’imposition de programmes établis sans tenir compte de leurs réactions naturelles que nous y arriverons.Ainsi, nous devons éviter tout programme qui limite le champ d’action et réduit les possibilités d’adaptation, et offrir un cours général suffisant pour aborder avec avantage la pratique dans ses formes diverses, suivi d’options comme complément de préparation.Notre programme de cinq années nous permet maintenant cette formule, la spécialisation telle qu’entendue habituellement pouvant s’envisager seulement comme un cheminement parallèle au cours de génie général.En ce qui regarde les signes plus immédiats de nos activités, je vous signale brièvement la mise au point d’un cours de Géologie par AI.Danloux-Dumesnils, après celui de Minéralogie; le retour de M.Robinson parmi nous, après deux années d’études et une année en service actif.AI.Robinson a charge du cours de Théorie des Nombres et d’Analytique.AI.Jacques Laurence, après avoir passé deux années à Massachusetts Institute of Technology, où il a obtenu un grade de Maître ès Sciences Appliquées, est maintenant assistant au laboratoire d’Electricité et donne, avec AI.Gaudefroy, le cours d’Algèbre, et avec AI.Beaupré, celui de Calcul différentiel en première année.Comme assistant à AI.Danloux, nous avons choisi AI.Pierre Alauffette en remplacement de AI.Brossard.AI.Alauffette est un de nos diplômés do 1937 ; il a fait subséquemment deux années d’études postuniversitaires en Alines et Géologie, à l’Université VIE DE L’ASSOCIATION' ET I)E L’ÉCOLE 113 Queen's, et il continue présentement ses travaux vers la Maîtrise ès Sciences.L'un de nos vieux professeurs, M.Pelletier, ayant atteint la limite d'âge, a été mis à sa retraite1.Toutefois, afin de ne pas nous priver complètement de sa longue expérience et de son sens pédagogique vraiment remarquable, nous le gardons comme l’un de nos conseillers.Conseiller des jeunes professeurs, à qui il peut donner des indications fort utiles, conseiller des élèves qu’il aide très précieusement dans les difficultés rencontrées dans leurs études.Dans les laboratoires, je désire vous mentionner l’assistance que nous fournissons à Ottawa.Au début de la guerre, le Conseil National des Recherches nous a demandé notre coopération, qui se traduit par des recherches strictement secrètes entreprises par MM.Bourgoin et Brais.Nous savons seulement que M.Bour-goin étudie le gaz de combat appelé ypérite, et que le travail de M.Brais porte le numéro C1000 -10.Une recherche est aussi en cours sur les minerais de fer titanifères; les résultats préliminaires obtenus permettent d'entrevoir la mise au point d’une méthode de traitement économique île ces minerais.Les travaux entrepris par MM.Cartier et Hurtubise sur la stabilisation des sols au laboratoire d'Essais de Matériaux ont donné lieu à des communications au dernier congrès de l’Acfas et à celui de Canadian Coud Roads Association ainsi qu'à une publication dans les Proceedings de cette société.Deux de nos finissants ont cette année encore pris part au concours organisé au mois de novembre par la section junior de l'Institut des Ingénieurs.Et cette année encore, c’est l’un d’eux qui a remporté les honneurs de la soirée ptiique le premier prix lui a été décerné.Je félicite M.Bernard Beaupré, ici présent, dont le travail intitulé: Ctilization and Disposal of Cannery ]Yastcs a été ainsi primé.Quant à M.Roger Lessard, qui prenait également part au concours, son « Etude sur la Nomographic » a fait l’admiration étonnée du Jury par l’ampleur de ses abstractions mathématiques, mais le concours ayant lieu devant une société d'ingénieurs, e’est le travail de science appliquée de M.Beaupré qui a prévalu. 114 RKYI’K TRIM KSTR1KI.I.K CAN A DIKXNK Et si, après beaucoup d'autres, je donnais un dernier conseil à nos jeunes gens, je leur dirais: Allez vers l'industrie; c’est là qu’est l’avenir, c’est là qu'est la richesse, la richesse des nations et des individus.Pour s’en convaincre par exemple, il n’est pas nécessaire d'aller jusqu'en Angleterre, dont les industries ont édifié la puissance contre laquelle se briseront les attaques du nouvel Attila, comme ont échoué celles qui les ont précédées, il suffit de regarder à côté de soi, dans ce triangle d’Etats américains borné par la frontière canadienne, le lac Champlain et la rivière Hudson, et l'Océan Atlantique.Par elle-même, la Nouvelle-Angleterre est pauvre, très pauvre.Son sol est rocheux et stérile, plus propice au ski qu'à la culture.Son sous-sol ne renferme ni charbon, ni huile, ni fer, ni cuivre, aucune des matières premières associées au développement industriel.Ses deux seules ressources naturelles sont la forêt, qui ne produit que la moitié du bois nécessaire à ses propres besoins, et les pêcheries, qui donnent du travail à moins de un pour cent de ses travailleurs.Et pourtant la Nouvelle-Angleterre est très riche.Elle est riche parce que ses industries, grandes et surtout petites, puisque 88% d’entre elles emploient moins de 100 personnes, parce que ses industries sont nombreuses, variées, et donnent directement ou indirectement du travail à 85% de sa population de 8,700,000 âmes.L’industrie est la grande romance de notre époque.La chimie industrielle est une des fées (pii l'animent.Idle prend du charbon de Pair et de l’eau et en fait un produit qui remplace la soie.Le caoutchouc synthétique a passé le stage de l'expérimentation.Bientôt on fabriquera des tissus à partir du verre.La soie rayon et la laine sont tirées du lait, et la Viscose est maintenant considérée supérieure à la laine naturelle parce que plus uniforme.L'industrie des plastiques se développe à une rapidité accélérée par les possibilités entrevues pour les fuselages et les ailes d’avions.Le traitement de certains tissus par les résines les rend imperméables et ininflammables.Le papier de plus en plus remplace le bois, le cuir; il se fait aujourd'hui des tapis et des draperies en papier qui ont toutes les qualités voulues d'apparence et de résistance.La jeune et puissante industrie de la radio va peut-être être transformée par le nouveau système « modulation de fréquence », qui élimine tous les bruits parasites.La culture chimique, sans apport de sol, ouvre des aperçus de conséquence économique incalculable.Et ainsi de suite de tous ces développements prodigieux qui transforment notre milieu et nos modes de vie si rapidement. VIE DE L’ASSOCIATION ET DE L'ÉCOLE 115 Toute l’activité industrielle intense qui en résulte a besoin d’hommes actifs, débrouillards, intelligents, travailleurs, qu’elle récompense largement lorsqu’ils la servent bien.Et je vous dis: «Messieurs, allez vers l’industrie! » NOUVELLES M.Ernest Cormier (1906), ingénieur et architecte, a reçu dernièrement la médaille d'honneur de l'Association des Architectes de la province de Québec pour les services qu'il a rendus à cette profession.M.Edouard Ilamel (19US) a été nommé professeur à l’École des Mines de Québec.M.Augustin Erigon, D.Sc.(1909) vient de recevoir la médaille commémorative Julian C.Smith de l'"Hngineering Institute of Canada" en reconnaissance des services qu’il a rendus en vue du développement du Canada.MM.C.-J.Leblanc 1910) et C.-E.Gélinas (1911) ont été nommés directeurs adjoints du département des Travaux Publics de la ville de Montréal.M.J.-X.Langelier (1910) a quitté le poste de gérant de la ville de Montréal-Est pour devenir ingénieur en chef de la Commission Métropolitaine.M.A.-O.Dufresne (1911) a été nommé professeur à l’École des Mines et à la Faculté des Sciences de l’Université Laval.M.J.-A.Lalonde (1912) vient d’être élu vice-président de la branche de Montréal de 1'“Engineering Institute of Canada”.M.P.-E.Piché ( 1914) a été nommé surintendant des chantiers municipaux de la ville de Montréal.AI.Aurèle Bigonesse (1915) a été élu directeur de l’Association des Architectes de la rovince de Québec.M.IL Dupuis (1915) a été nommé conseiller de la ville de Montréal comme représentant de la ligue des Propriétaires de la ville de Montréal.AI.L.-P.Méthé (1915) a été élu président de l’Association de la petite industrie de la Province de Québec et 1er vice-président de la compagnie d’assurance « La Laurentienne ».AI.E.Larochelle (1916) a été chargé de cours à la faculté des Sciences de l’Université Laval.AL D.Clerk (1924) a été nommé chef du Service du génie rural au .Ministère de l’Agriculture.AI.\V.Alanning (1927) vient d’être transféré à Québec à titre d’ingénieur de district pour le ministère fédéral du Transport. 116 H K \T K TRI MKSTRI KI.I.K CAN'A DI K N XK AI.Jules Leblanc (1928) a été nommé ingénieur consultant du ministère du travail de la province de Québec.Al.A.-K.Paré ( 1931) a été promu au poste d’assistant-ingénieur en chef du service hydraulique du Ministère des 1 erres et Forets.MM.Jacques Brillon (1931), Jean-Itené Desmarais ( 1937) et André Aird (1938) font maintenant partie du Corps d Aviation Canadien (Aeronautical Engineering branch) à titre de Hying Officers (non flying list).AI.Léo Brossard (1936) vient de recevoir la médaille Phelps Johnson de l'Engineering Institute of Canada pour l’étude qu il a présentée sur la géologie de la mine Beaufor.M.R.-F.Leblanc (1937 vient de recevoir le titre de Maître ès Sciences Appliquées de I Ecole Polytechnique de Montréal.MM.J.-P.Lccavalicr 11937) et R.-A.Lemieux (1937) sont devenus assistants-ingénieurs de districts au Ministère de la \ oirie.AI.A'von det luise (1937) a été promu au grade d’ingénieur senior au Service Hydraulique du Minsitère des ferres et Forêts.Il a reçu le titre de Master ni Mming de 1 Université Queens au cours de l’année.AI.Marc Trudeau (1940) vient de recevoir le prix Ernest Marceau de Y Engineering Institute of Canada pour son étude:
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