La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1943, Décembre
29ème année .No 116 MONTRÉAL Décembre 1943 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 345 — I.Lorenzo Brunotto.LA RÉDACTION 347 — IL Nation et Nationalité.Arthur ARCAND 358 — III.La Photométrie des Tubes fluorescents.J.PAWLIKOWSKI et Fernand LEBLANC 380 — IV.Nos Curés.Marius BARBEAU 386 — V.Importance d’un laboratoire de haute tension dans une école d’ingénieurs- J.PAWLIKOWSKI 394— VI.Some Technical Aspects on the Operation of Modern Aero Engines.André michaud 406 — VII.Les Chemins de Fer de l’Afrique du Sud.Charles D.HERISSON 425 — VIII.La Parfumerie.Oviia Rolland 435 — IX.État actuel de nos Connaissances sur la Physique des Comètes.Pol SWINGS 440 — X.Revue des Livres.445— XI.Vie de l’Association.ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, P.S.S., recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Augustin Frigon, président de la Corporation de l’École Polytechnique.Armand Circé, directeur de l’École Polytechnique Victor Doré, surintendant de l’Instruction publique.L’hon.Léon-Mercier Gouin, professeur à l’Université de Montréal.Théo.-J.Lafrenière, professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, vice-président, Commission des Eaux courantes.Édouard Montpetit, secrétaire général de l’Université de Montréal.Antonio Perrault, professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, ingénieur conseil.Ivan-E.Vallée, sous-ministre, département des Travaux publics de la province de Québec.Henri Gàudefroy, secrétaire de l’Association des Diplômés de Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: Mgr Olivier Maurault, MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Théo.-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre, Hon.Léon-Mercier Gouin Rédacteur en chef: Édouard Montpetit Secrétaire: Armand Circé PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession: mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit & une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration, etc.directement & — La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208 1430, rue Saint-Denis MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I Appareils ?.^de - Laboratoire PRIX MODÉRÉS et LIVRAISON PROMPTE Nous avons toujours en magasin un assortiment complet d’appareils de laboratoire pour l’enseignement des sciences.Une commande initiale vous convaincra de la haute qualité de notre marchandise.Fisher Scientific Company Limited I! 904-910, rue Saint-Jacques MONTRÉAL il m:\TK THI.M KSTif ! KI.I.K ( ' A \ A DIK.WK U UNIVERSITÉ DE MONTREAL COMPREND LES FACULTES ET ÉCOLES SUIVANTES — FACULTÉS — Théologie - Droit - - Médecine — Philosophie — Lettres - Pharmaci Sciences — Chirurgie dentaire * Sciences sociales, économiques ji et politiques e — ÉCOLES — Ecole polytechnique - - Institut agricole cl'Oka - Ecole de Médecine vétérinaire - Ecole les Hautes / / Etu es commerciales Ecole cl Optométrie • - Institut Marguerite d'Youville - Ecole normale secondaire Pour tout renseignement, s'adresser au SECRÉTARIAT GENERAL 2900, boulevard du Mont-Royal Montreal RF.VU K TRI M KSTRIK U.K ( ' A X ADI E X X K III TOIT CE QU’IL FAUT AU QUÉBEC ITS industries de la province de J Québec travaillent de concert pour produire les énormes quantités de machinerie, de matériaux et d’équipement que requièrent les armées des Nations l’nies.L’énergie électrique qui alimente l’industrie est le nerf de la production de guerre du Québec.Aux postes de contrôle des centrales d’énergie et des usines de transmission, des surveillants sans cesse sur le qui-vive assurent aux industries de guerre du Québec une production constante d’énergie électrique.C’est grâce à cette surveillance inlassable que, dans des milliers d’usines, la nuit se transforme en jour Les hommes fourbus ont besoin de sommeil; les équipes succèdent aux équipes, mais jamais la production ne doit s’arrêter.A toute heure du jour et de la nuit, un personnel entraîné est prêt à rétablir le service électrique en un clin d’oeil, en dépit des tempêtes, des inondations, des accidents.La province de Québec joue un rôle de premier plan dans l’effort de guerre du Canada et la Shawinigan W ater «S: Power Company aide Québec à jouer ce rôle.Chaque jour en nombre croissant, tanks, canons, vaisseaux, avions, bombes et obus sortent des usines du Québec qui comptent sur la Shawinigan pour donner à leurs fourneaux et à leurs machines, l’énergie électrique requise.THE SHAWINIGAN WATER AND POWER CO.De m é c que Québec sort les Nations Unies, la Shawinigan sert le Québec REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ¦^U niversité de Montréal École POLYTECHNIQUE P Ecole d’ingénieurs — Fondée en 1873 Le programme defudes prévoit la formation générale dans toutes les branches du Génie et l'orientation dans les spécialités suivantes : Mécanique-Electricité Travaux Publics-Batiments Mines-Métallurgie Aéronautique Chimie industrielle Les élèves reçoivent à la fin du cours les diplômes d Ingénieur et de Bachelier ès Sciences appliquées avec mention de l'option choisie.LABORATOIRES D’ANALYSES, DE RECHERCHES ET D’ESSAIS, LABORATOIRE PROVINCIAL DES MINES.• Prospectus et Renseignements sur demande.1 4 3 0, RUE S A I N T - D E N I S - M O N T R E AL revue trimestrielle canadienne VOLCANO O D U I T • La fournaise à eau chaude Eureka est connue depuis près d'un quart de siècle.Ses multiples avantages la font adopter par les propriétaires de grands immeubles, les institutions, conciergeries, etc.542 • La ‘ disposition des tuyaux permet une circulation rapide avec volume d'eau réduit, c’est ce qui fait sa grande efficacité.Une partie de notre production reste encore disponible pour les besoins civils.• Consultez nos ingénieurs.Demandez nos devis et estimés, à titre gracieux.Bureau chef 1106.Côte Beaver Hall • Montréal Plat 8531* • Agences dans les principales villes du pays VOLCANILLIMITÉE FABRICANTS DE FOYERS MÉCANIQUES CHAUDIERES À VAPEUR FOURNAISES, RÉCHAUDS.ETC VI UK V r K T H IM I : STH IKU.K (’ A X A DT K X X K L’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (aflilitre à l'I'niversite do Montréal et subventionnée par le Secrétariat provincial) Facilite l’accès aux carrières économiques et prépare au succès par la compétence COURS DU JOUR ai Section comptable conduisant à la licence en sciences commerciales, à la licence en sciences comptables, (pii donne droit à l’admission dans les associations d'experts-comptables (C.A., L.I.C.C.P.A.); bi Section des affaires préparant à la vie des affaires en général °' donnant droit à la licence en sciences commerciales.Ouverture des cours: le deuxième lundi de septembre COURS DU SOIR a) Cours régulier, menant à un diplôme commercial; b) Section comptable, préparant aux examens d'admission dans les associât ions d'experts-comptables; c) Coins scientifique, couronné par un certificat d’études.Ouverture des cours: le premier lundi d'octobre BOURSES 1)1’ GOUVERNEMENT COI RS SPÉCIAUX POUR I I S AUX COURS DU JOUR AVOCATS, LES INGÉNIEURS ET LES AGRONOMES BlRI.IOTHÈOl I ÉCONOMIQUE MI SÉE COMMERCIAL I I INDUSTRIEL ouverts au public L’Ecole public aussi un périodique L’ACTUALITÉ ÉGONOMIQUE revue mensuelle de 100 pages étudiant les problèmes économiques sous l’angle canadien Demandez notre prospectus gratuit au Directeur 535, Avenue \ iger.Montréal n K V T K T» IM EST HIEI.EE CA X AIME X X E VII U \ Un jouïnal honnête ^ ^ et bien fait.LE DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit.cAclielez et liiez LE DEVOIR toui lei Jouri 31 eit intéreiiant, bien informé, impartial, propre.ADMISTRATION ET RÉDACTION: 430, rue NOTRE-DAME EST MONTRÉAL VIII H K V r K TU IM KSTKI Kl.UK CA N ADI K N N K H ® Du Président et des directeurs de \ MARINE INDUSTRIES LIMITED c à E S L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL JOSEPH SIMARD, président — DIRECTEURS — J.-Edou ard Simard E.de C.Power Colonel H.-S.Tobin A.-Ludger Simard Walter Lambert P.-A.Lavallée CREUSAGE CONSTRUCTION MARITIME — TRAVAUX DE GENIE Bureau-chef : 1405, RUE PEEL — MONTREAL SOREL Chantiers à : QUEBEC — VANCOUVER Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.VOLUME XXIX Mars — Juin — Septembre — Décembre 194 3 ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL TABLE DES MATIÈRES VOLUME XXIX Art de l’Ingénieur.Les Nappes aquifères souterraines et leur Utilisation, par Joseph-W._ Simard.] Etude analytique et graphique île la Poutre continue, par René Fortin.57,210 Chauffage des Habitations, par Huet Massue .132 Les Mathématiques et la Courbe de Transition routière pratique, par .C.-E.Lamarche.155 Equation généralisée de la Combustion, par Boleslaw Szczeniowski.197 La Pipe-Line de Portland à Montréal, par Paul I.ebel.259 Le Lancement des Navires, par Paul-E.Salvas.317 La Photométrie des Tubes fluorescents, par Joseph Pawliskowski et Fernand Leblanc.358 Importance d’un Laboratoire de haute Tension à Polytechnique, par Joseph Pawliskowski .'.3S6 Some technical Aspects of the Operation of Modem Aero Engines, par _ André Michaud 394 Etat actuel de nos Connaissances sur la Physique des Comètes, par Pol Swings .435 Les Chemins de Fer de l’Afrique du Sud, par Charles D.Hérisson 400 Astronomie.Etat actuel de nos Connaissances sur la Physique des Comètes par Pol Swings.' .435 Divers.Notre Géographie en Peinture, par Marius Barbeau .37 Le Génie et l’Esprit de l’Homme, par A.-J.Durelli .285 Onomastique laurentienne, par Maurice Danloux-Dumesnils.278 Economie politique et sociale.Démocratie canadienne, par Marcel C’adieu.x et Paul Tremblay.41 Nation, Nationalité, par Arthur Arcand.347 Les Chemins de Fer de l’Afrique du Sud, par Charles D.Hérisson .406 Enseignement.La Géologie, matière d’Enseignement supérieur, par Maurice Danloux- Dumesnils.165 Géologie.Les Nappes aquifères souterraines et leur Utilisation, par Joseph-W.Simard.1 Cent ans de Géologie au Canada, par R.P.Léo-G.Morin, c.s.c.19 La Géologie, matière d’Enseignement supérieur, par Maurice Danloux- Dumesnils.165 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE IV Histoire.Cent uns de Géologie tut Canada, par K.I’.I.éo-G.Morin, c.s.e.Histoire dns Techniques de Guerre, pur I.nuis Bourpiin l.cs Mathématiques en I’ranee au X IXe siècle, par S.Mandelhrojt Nos Curés, par Marius Barbeau 1!) 22!) 253 3 SU Imiustrie.La Parfumerie, par Ovila Holland.¦125 Législation.Démocratie canadienne, par Marcel Cadieux et Paul J rcmblay .II Mathématiques.La Valeur dos Géométries non-euclidiennes, par Thomas Greenwood U3 Les Mathématiques et la Courbe de Transition routière pratique, par __ ( ' -la Lamarche • *'’ Les Mat liématiriucs en Prttnee au \L\esii-ele, pars.Mandelbrojt La Géométrie de l'I'invers, par Thomas ( îreenwood (O 2U5 Nécrologie.Lorenzo Brunotto, par la Redaction 345 Philosophie.La Valeur des ( léométrie.- non-euclidiennes, par Thomas (Ireenwood La ( léométrie de P U ni vers, par Thomas ( Ireenwoc id 1 13 295 Sciences.Les Nappes aquifères souterraine .Simard .' ( eut ans de Géologie au < anuda, par H.P.I.én-( i.Morin, c.s.c.1 •’ La Géologie, matière d'Lnscignement supérieur, par Maurice Danloux-1 lumesnils , .!!i- l".quation généralisée de la Combustion, par Boleslaw szczcniow.-ki Ui Ktat actuel de nos connaissances sur la Physique des Comètes, par loi Swinus .“jijj?ics et leur l'tilisation, par Joseph-W .La Parfumerie, par Ovila Holland Revue ties Livres.Revue des Livres.SS, 225, 329, 440 N ie de l'Association.Vie de l'Association.91,333, 445 Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL DECEMBRE 1943 NÉCCCLCGIE JÇoxenzo (Bxunotto La mort soudaine de M.Lorenzo Brunotto a jetc la consternation dans la grande famille de L Kcole Polytechnique et de la Revue Tiu.nîkstiukei.e ( 'axa DiK.wi:.Sans doute, notre and ne paraissait pas d'un tempérament robuste, mais il ne donnait aucun signe d une fin aussi prématurée.Xé à Philadelphie, en LS97, d'un jière italien et d'une mère eanadienne-franeaise, il était venu à Montréal à l’âge de dix ans.Elève d’abord du Collège Xotre-Dame, puis du Collège Saint-Laurent, il entra à Polytechnique en 1915.Il en sortit en BUS, muni de ses diplômes d'ingénieur civil et de bachelier ès sciences appliquées, avec très grande distinction.Tout de suite il exerce sa profession en compagnie de l’Ingénieur Conrad Manseau, puis à la compagnie ('nuailimi \ irl;crs.Ln 1925, la direction de Polytechnique retient ses sendees et lui confie la bibliothèque de l'Ecole.Cette bibliothèque qui comptait alors 4,000 volumes et une cinquantaine d'abonnements à des revues, est maintenant riche de 40,000 volumes et reçoit 500 périodiques.Pendant (pie s'accomplissaient ces grands progrès, M.Brunotto restait modeste, dévoué et consciencieux jusque dans les moindres détails. 346 REVr K TRIMEsTRIELI.E VAN A DIKNNE A cette tâche qu'il aimait, ou lui lit ajouter, en 1936, celle de trésorier de la Revue Trimestrielle: il prit bientôt une part importante à la rédaction de cette revue, au succès de laquelle il contribua largement en ces dernières années.Sa disparition creuse deux vides difficiles à combler.Mais surtout il laisse le souvenir d'un homme très bon, toujours serviable, d'un ami fidèle, d'un spécialiste entièrement voué à son œuvre.Sa vie simple et nette est un exemple.Lors de son assemblée du 1!) octobre, la Corporation de l'Ecole a exprimé ses regrets de perdre un collaborateur aussi précieux: elle a loué sa compétence de bibliothécaire et les soins qu'il a su donner à la Revue Trimestrielle pour lui assurer des annonces, des articles et des abonnés.Elle a prié Mme Brunotto et sa fille d'agréer les condoléances du personnel de l'Ecole, ba Revue Trimestrielle se fait un devoir de gratitude d'y joindre fis* siennes.La Rédaction NATION - NATIONALITE Depuis fort longtemps, l’on considère qu’une nation est un groupe d’hommes vivant en communauté, ayant les mêmes mœurs, les mêmes lois, le même langage et la même origine.A son point de départ, l'histoire des nations se confond avec celle des familles; primitivement, une nation fut une famille, une lignée d’hommes descendant d’un père commun: c’est 1 age patriarcal.Quand une famille s’était considérablement multipliée, après un grand nombre de générations, elle devenait une tribu ou une horde, suivant qu'elle avait des mœurs douces ou s adonnait au brigandage.De l’état de tribu à celui de nation, la transition fut lente nécessairement, car le titre de nation ne s’applique historiquement qu'aux communautés humaines ayant acquis déjà un certain degré de civilisation.Kst-il possible d'assigner une époque à laquelle les nations auraient commencé de se constituer?Évidemment non.La tradition est muette sur ce sujet, ou bien elle ne peut fournir (pie des renseignements très obscurs.Toutefois, on devine comment les choses se passèrent, par l’exemple de ce qui se passe dans les contrées restées vierges où l’homme n’est venu que tard, mais on n'a aucune donnée précise.Les anciens n'écrivaient pas.Les langues ont dû mettre un temps infini à se former.11 se peut même qu’avant d’arriver à la conscience d’elle-même, l’humanité ait vécu des milliers d'années dans les bois, à la façon des bêtes fauves, sans idées rationnelles, n’ayant que des rudiments de facultés, trop préoccupés, enfin, de défendre son existence contre la nature entière, et de pourvoir à sa nourriture, pour songer à autre chose.Ht néanmoins, l'existence positive des nations remonte à une antiquité très reculée.Lorsqu’on lit dans les légendes, les chroniques et les livres sacrés de l’(Irient que les peuples de cette région s’attribuent un passé qui effraye nos imaginations modernes parson étendue, on est frappé de l’uniformité de certaines assertions contradictoires en quelques points certes, mais qui sont toutes les mêmes au fond de leur diversité. 348 H K V r F.T Ii IM E ST HIK 1.1.K (' A X A DI E X X E D'autre part, nous avons pris en Occident l’habitude de rejeter hors de l'histoire tout ce cjui est antérieur à l'établissement de la civilisation dans nos contrées.Or, à une période relativement peu reculée, on voit la civilisation commencer presque simultanément dans la plupart des régions (pii forment le bassin de la Méditerranée.( 'es civilisations ne sont pas écloses seules sous le souille de quelque législateur, fondateur de culte ou d'empire.On a dû les importer de quoique part et ce quelque part est indubitablement la Haute Asie qui avait, suivant toute probabilité, regu de l'Inde cette lumière.Cette migration des idées et des inours, qui ont fondé la vie commune en Kurope, a exigé on ne sait quelle série de générations, puisqu'il a fallu que le cerveau de l'homme s'élaborât, l.n effet, on ne sème pas des idées dans une âme sauvage comme on sème du blé dans un champ.! ne longue culture préliminaire est indispensable.Qu’on songe alors à ce qu'il a fallu de temps au berceau du genre humain, pour que l'homme naquît à la raison par son propre effort, sans secours étranger, puisque, d'après l'hypothèse initiale, il n'y avait de civilisation nulle part.L'homme étant né, comme les abeilles, [tour vivre en commun, l'idée de patrie, qui résume tous les intérêts de la communauté, est contemporaine de la formation des nations.Moins les nations primitives étaient nombreuse-, plu.- l'idée de patrie devait être grande: plus la patrie devient grande, moins on l'aime, car l'amour partagé s'affaiblit.Le plus ardent amour de l'homme est l'amour de lui-même; finis, vient celui de la famille, et, à l'origine, la famille c’était la nation: après l’amour de la famille, vient l’amour du lieu natal et de ceux qui l'habitent.A mesure que les sociétés se sont développées, l'amour de la patrie s'est amoindri.De nos jours, il n'est plus l’ombre de ce qu'il était, par exemple, en Clrèce et dans la Rome républicaine; on ne sacrifie plus sa vie (pie rarement pour être utile à la nation: on ne brave plus chaque jour la mort comme dans les cités grecques, dans l'intérêt public.Les héros et les martyrs sont considérés actuellement par le gros de la populace comme des visionnaires.Depuis que les nations se sont rapprochées par la diffusion des langues, le commerce, les voies de communication, les idées communes, d'aucuns parlent, au nom de la fraternité universelle, de la disparition prochaine de l’esprit national.Ce jour-là, dit-on, NATION ET NATIONALITE 349 il n’y aura plus do patrio ni do nation, ("est un avenir bien p'"t probable, en tout cas encore bien loin de nous.La civilisation a vaincu une partie des forces qui faisaient obstacle à notre développement, et par suite, le sentiment religieux a diminué chez certaines nations sans toutefois disparaître; pour qu’il disparût, il aurait fallu que l’homme vainquît entièrement la nature, ou qu’elle n’eût plus de secrets pour son intelligence.Les premier.' hommes étaient dans une impuissance presque absolue vis-à-vis de la nature, aussi, les interprètes de cette nature, les théologiens, furent-ils les premiers maîtres, et toutes les nations s’organisèrent sous leur direction.( e sont les brahmanes, qui commencèrent a gouverner les nations hindoues, les mages celles de la Perse.Lu f.gypte, la théocratie, après avoir fondé l’état social, en resta le premier pouvoir jusqu’au démembrement de l’empire.1 )a ns 11 ont ère, les dieux président à t out es les act ions humaines : à Rome, la religion était toute puissante, et lorsque 1 Lmpire Romain se fût écroulé, et qu’une autre civilisation entreprit de bâtir sur les ruines du monde classique, elle eut le christianisme pour organe.Kn C ¦ an le, les druides exerçaient le même prestige que les prêtres en général chez les peuples anciens.1.’ère théocratique fut pour les nations une période initiale durant laquelle une paix relative et une existence moins précaire, dues aux bienfaits de la vie commune, permirent à la raison de poindre et de grandir.Risque là, il n'y a que des coutumes et des légendes; tout à l’heure vont venir les lois, ("est la période des législateurs, qu’il faut soigneusement distinguer des fondateurs de cultes.Pendant (pie ces derniers sont les interprètes de la volonté divine, le législateur raisonne, il corrige les coutumes, règle les intérêts généraux on ce qu'ils peuvent avoir de politique.A côté de lui, la théocratie continue de vivre, mais dans une sphère à part, très large et ossontielleinent spirituelle.A cette période, les nations sont toujours très peu nombreuses, composées chacune de quelques milliers de citoyens, isolées, hostiles, n'ayant de rapport entre elles que par la guerre.Au surplus, à part les Grecs et les Juifs, on est le plus souvent obligé de procéder par induction; on ne possède, en effet, (pie dos données vagues sur ce qui se passe ailleurs à l’époque correspondant à l’épanouissement de la civilisation classique. 350 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ("est à l’avènement d’une troisième ère, celle de la philosophie ou de la raison émancipée, que se caractérisent la création du bien-être, la multiplication des hommes de valeur et des rapports internationaux; l'idée d’une destinée commune à toute l'espèce humaine commence à se dégager, et les nations cessent de s'enfermer mi elles-mêmes comme elles le faisaient auparavant.Désormais, elles vont se rapprocher, s’associer, jusqu'à ce qu'elles soient toutes englouties dans l’Kmpire Romain, lequel ne se serait pas emparé du bassin méditerranéen, si les idées grecques n’avaient pas frayé la voie à cette vaste unité, qui, malgré ses défauts, a eu l'avantage de formuler enfin le sentiment de l’union du sort général de l'humanité.Dette idée végétait, à l'état de rêve, dans quelques cerveaux philosophiques, mais, si la conquête romaine n'était pas venue lui donner un corps, il aurait fallu bien des siècles pour la mettre en évidence.( 'e sont donc les sectes grecques qui, pur leur antagonisme, ont créé l'idée générale de la solidarité humaine, une solidarité qui excluait tout esprit particulier dérivant de la race, du langage, des croyances, dos formes politiques du gouvernement.Le fait est fort ancien en ( Irèce, comme en témoigne cet exorde des lois de Zaleueus, législateur des Locrions,et nous citons: li-ul:dr>- à in ,-urf.icu du tube) à l’intensité lumineuse d'un rectangle 2 K x I.ayant la même brillance H, que la surface du tube.L’intensité lumineuse 1 d'une source non-ponctuelle peut donc être exprimée par la formule suivante: B est la brillance d'un point particulier de la surface, a est l'angle entre la normale à la surface du plan éclairé et la direction du rayonnement.JL est l'angle entre la normale à la surface de la source et la direction du rayonnement.dT est l'élément de surface de la source (Fig.1).L'intégrale est prise pour toute la surface T de la source vue par l’observateur.Cependant, dans le cas d'une source tubulaire lorsque D est infiniment grand: Tandis que cos JL et dT peuvent s’exprimer (Fig.1): 2RLB ¦(3) dans laquelle: B cos JL cos a d T .(•0 B ______L > Fio uni; ] COS a = 1 (5) cos ^ = sin 7 dT= LRd7. I.A l'IIOTO.MKTHIK DK S TUBES FLUORESCENT- ainsi : I = LR I sin 7 CI7 (8j O ou si R est constant : O sin7 d7 = BLR (—cos 7) = 2RLB .(9) O Pour détenir une mesure de l’intensité lumineuse du tube à une distance I) plus petite, ce qui est essentiel en pratique, on partage le tube en plusieurs parties par exemple en «n» partit s) et on calcule l'intensité lumineuse totale du tube comme la somme (T'.) des intensités des éléments particuliers: Dans cette formule Bj est la brillance d’un élément particulier i du tube.Si on prend comme base des mesures, la brillance B trouvée au centre du tube, dans une direction perpendiculaire à la surface, on peut simplifier la formule (10) par l’introduction d’un coefficient ! cellule, on répétait chaque mesure au moins 5 ou 6 fois, jusqu’au moment où on obtenait la même valeur pour trois mesures successives.D'autre part, on revenait de temps en temps aux mêmes conditions de mesures et on répétait celles-ci 5 ou G fois.Les résultats donnés dans tous les tableaux et sur toutes les courbes de cet article représentent toujours les valeurs moyennes de toutes les mesures correspondant à des conditions données.La cellule photo-électrique fut étalonnée à l'aide d'une lampe photométrique standard No 5S85 provenant de Electrical Testing Laboratory, New York, N.Y.— 114 Y.870 A, 94 bougies, 960 lumens.Toutes les mesures ont un caractère relatif qui ne permet que de calculer les coefficients Ki, K2 et K,, mais ne peut pas donner la valeur exacte de la brillance même, parce que les sources lumineuses employées n'ont pas la même fonction spectroradiométrique.l'iGCHE f> HE VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 36(3 Pour obtenir les valeurs en bougies par pouce carré et lumens par pied carré (bougies-pieds) il faudrait utiliser, avec la cellule, un filtre tel que le filtre Vigor, qui a la même courbe de sensibilité relative que l’oeil humain moyen, d après la ( ommission internationale d'éclairage.Aussi pendant l’étalonnage de la cellule, on ne cherchait (pie les limites de la proportionnalité du courant de la cellule photoélectrique.On a trouvé qu’une proportionnalité exacte existe pour toutes les valeurs des éclairemonts rodais pendant les recherches et que pour la lampe “Photometric Standard”, une division de 1 échelle de galvanomètre correspond à un éclairement égal a 0.0141 f.c.(bougies-pieds) (Fig.u).On a aussi vérifié la position du zéro du galvanomètre et on a pris chaque mesure, comme la différence de deux valeurs: la première de ces valeurs correspondait aux mesures de la brillance de la partie du tube considérée et la seconde correspondait a x 2 ainsi Ic =1 i2\2xcos70°52'.5 = 0.984 B.(31) [.'intensité lumineuse qui correspond à chacune de ces ouvertures peut être exprimée par la brillance de la surface du tube c’est-à-dire par les formules (23) — (31).Les résultats des mesures de It) prises au centre du tube sont donnés au tableau 1 Y.Us représentent les valeurs relatives calculées en pourcentage de l’intensité prise dans une direction perpendiculaire à l’axe longitudinal de la lampe.Le tableau Ydonne les relations entre les valeurs des intensités lumineuses Ia, It,, Ic mesurées pour chacune des ouvertures (a), (b) et (c).Les angles dans la première colonne des tableaux i\ et \ sont mesurés entre l'axe vertical du tube Tableau et la direction considérée.IV A ngles b, I^h = Imax COS /3 0° ISO 0 00% 0.0% 5 175 2.4 8.7 10 170 7.0 17 4 15 JG5 14.0 25.9 20 1G0 19.1 34.2 25 155 30.2 42.3 30 150 39.2 50.0 35 145 4 G.5 57.4 40 140 54.0 G4.3 45 135 G4.0 70.7 50 130 72.0 76.0 55 125 76.0 SI .9 G0 120 84.0 86.6 65 115 88.9 90.6 70 110 93.5 94.0 75 105 96.5 96.6 80 100 97.7 98.5 85 95 9S .5 99.6 90 90 100.0 100.0 374 REVU E TR IM ESTRIK LI.H C A N AI)I E N N1 : Dans la dernière colonne du tableau IV sont données les valeurs I calculées selon la loi de Lambert à l’aide de la formule 32 — {Fig.2).1 b I mai COS ^ (32) Tableau Y Angles la Calculée : Ib : le Obtenue par mesures 90 e 1 : 1.23 : 1.31 1 : 1.27 : 1.32 60° 120° >> 1 : 1.28 : 1.34 30° 150° > J 1 : 1.29 : 1.36 0° 180° 0:0:0 0:0:0 On voit que les différences entre les valeurs calculées et les valeurs mesurées ne déliassent pas 4 Ce c'est-à-dire que les mesures de l'intensité en fonction de l’angle de rayonnement donnent pratiquement les mêmes résultats pour toutes les formes d’ouvertures.( es mesures ont été faites pour plusieurs tubes et à différents endroits sur un même tube.On a toujours obtenu les mêmes résultats, sauf dans les bouts des tubes où la forme des courbes polaires n’est pas semblable à celle des courbes trouvées dans la partie centrale de la lampe.Les résultats de ces mesures sont donnés au tableau VI.Les courbes polaires correspondant au tableau 1V et au tableau VI apparaissent à la Fig.10 ai à la Fig.11. LA I’HOTO.MLTKIK DES TUBES FLUOKKSCENT." Tableau VI 375 Angle Ib en % Angle >b '“il % 0° 0 95° 103 5 0 3 105 ° 103 15° 7 115° 98 25° 17 125° 92 35° 32 135° 79 45° 43 145° 59 55° 61 155° 39 65° 74 165° 22 75 0 S6 175° 10 85° 95 180° 5 90° 10Ü I K E V ! ' I : TH IM KSTKIK U.E C A X A DI F.N N K Figure 11 I.A PHOTOMETKIE DES TU B ES FLUORESCENT: Tableau VII 7 00 Ul.It, 5 et 1 75 2,4% 0.10 0.24 15 165 14,0 0.28 3.91 25 155 30,2 0.46 13.80 35 145 46,5 0.63 29.40 45 135 64,0 0.77 49.40 55 125 76,0 0 90 68.30 65 115 88,9 0.99 87.9 77) 105 96,5 1 06 103.0 85 95 98,5 1 09 107 5 46.3 45 V 9 4v = 926.90 Tableau VI 11 7 J b 00 CO X • j, 5 10% 0 10 1 15 22 0.2S 6 25 39 0 46 18 35 59 0.63 37 45 79 0 77 61 55 92 0.90 82 65 9S 0 99 97 75 103 1 06 109 85 103 1 .09 112 95 95 1 09 103 105 86 1 06 91 115 74 0 99 74 125 61 0.90 55 135 43 0.77 33 145 32 0.63 20 155 17 0.46 8 165 / 0 28 2 175 3 0.10 0.3 378 R K Y l • K TR I.MKSTIII KM.K C A NAM K N N K Le flux lumineux peut être calculé à 1 aide de la méthode des coefficients.En employant cette méthode, on trouve: 1.Le flux lumineux bc correspondant à la partie centrale du tube.2.Le flux lumineux 4>t,n correspondant à la partie prise au bout du tube.Tandis cpie le flux lumineux l pour un tu^‘ avec surface obéissant à la loi de Lambert serait : 1>, = -P = x 100 = 987 - (33) Le coefficient Kt pour le tube de L pouces de longueur sera: 908.3 x 2 + 926,9 (21, — 2) 987 x L x 2 .(34) OU Iv3 = Dtis,3 + 926.9 < L — 2) 987 (34a) pour le tube de longueur de 22.5" on a: K.= 908.3 x 2 + 926.9 (45 987 x 45 = 0.939 (35) pour le tube de longueur de 46.5", on a: _ 908.3 X 2 + «jae.it m - 2, _ ,36) 1187 s 93 En prenant la brillance du premier tube, égale à 3.49 -p.c.et la brillance du second tube, égale à 3.87 'p.c.(Ch.Amick—"H.Lighting Manual”.), on trouve pour les flux lumineux de ces tubes.= 9.87 x 1.5 x 22.5 x 3.49 x 0.91 x 1.0 x 0.939 = 980 lumens.(37) 4>46.5 9.97 x 1.5 x 46.5 x 3.87 x 0.95 x 1.0 x 0.94 = 23S0 lumens.(38) I,A l'HOTOMKTR1E DES TI DES FLUORESCENTS 379 Conclusions Pour trouver le flux lumineux d’un tube fluorescent donné il faut : 1.Mesurer à l’aide d'un luxmètre, l’intensité lumineuse pour une partie du tube d une longueur de ç pouce dans la direction perpendiculaire a 1 axe longitudinal du tube, en plaçant le luxmètre à une distance de 2.00 m.du tube.2.< alculer la brillance du tube, selon la formule (39): H K d-2 R L (39) dans laquelle, E est l'éclairement en bougies-pieds lue sur l’échelle du luxmètre.d — distance en pieds.2R-—le diamètre du tube en pouces.L —la longueur de la partie du tube égale à ç pouce.3.Calculer le coefficient Ki, K2 et Ka selon les formules (21a), (22) et (34a).4.Calculer le flux lumineux selon la formule (17).4> = 2 x2 R L B Ki Kj K, .(17) Dr Ing'r Joseph Pawlikowski, Professeur agrégé à l'École Polytechnique.Ing'r Fernand Leblanc, Chargé de cours à l’École Polytechnique. NOS CURÉS ("est en tant que personnes et que représentants «le I église dans les paroisses du Saint-Laurent que nos curés sont aujouid Lui l'objet d’un court entretien.Tout < anadien, de 1 enfance a la vieillesse, a connu les curés qui ont régi sa paroisse, 1 ont baptisé, 1 ont marié, lui ont administré les sacrements, ont perçu sa dime, 1 ont quelquefois avisé ou l’ont sermonné du haut de la chaire.Ils 1 ont vu à l'église, sur la route, portant le vint iqtte aux malades, ou encote à la visite pastorale l'ont reçu de cérémonie dans leur salon il ordinaire fermé.Les relations entre un curé et ses paroissiens sont d'usage celles d’un supérieur à ses subordonnés, d un homme instruit venant d'ailleurs à des habitants, des ouvriers et des \ illageois, d’un administrateur des biens de la fabrique a des marguilliets souvent timides et passifs.I.t la connaissance qtt un paroissien a de son curé varie suivant les circonstances, le cure n ayant pas l’habitude de fréquenter ses ouailles à leur domicile.Il n y a donc jamais entre eux d amicale familiarité.Si je m’arrête d’abord aux souvenirs de mon premier cure a la Bounce, M.Chape.ron, c’est qtt ils sont typiques: ils feront image, puis il v a bien quelque chose a dire de ceux que j ai connus dans mes études de vieilles paroisses et d églises; enfin, s il y axait le temps, le chant]) le plus vaste serait celui du passé, cesl-a-dire des curés d'autrefois qui ont laissé leur marque au delà de lent temps.Le sujet mérite plus qu’un petit quart d heure: il laiidra donc aller vite.D'abord parlons de M.Chaperon, curé de Sainte-Marie de la Beattce, il v a plus de quarante tins; ceci à titre d exemple.A moi qui étais alors petit servant de messe, il me paraissait grand, solennel et imposant.Parlant pou, distant et peut-être hautain, il icgat-dait de haut les enfants et même les adultes que sa presence gênait et qui lui préféraient ses vicaires.Il devait être la bonté même, il était incapable de vraie sévérité, lout le monde le respectait et l'estimait, mais personne ne le connaissait tissez bien pour avoir de l'affection pour lui.Il devait être un faible administrateur: la terre de la fabrique était négligée, même le potager; les revenus étaient en baisse dans les coffres; et les marguilliets signaient an- NOS t'I'HÉs 381 nuellemcnt les comptes et délibérations de toute confiance, sans presque les lire.Il montait en chaire, le dimanche, et prêchait fort longuement; ses sermons duraient au delà d'une heure.C’est là qu'il se faisait le mieux connaître, du moins que, sans s'en rendre compte, il montrait ses faibles.Il ne semblait pas avoir grand chose à dire, mais il s y exerçait avec grande emphase.\ isant à l'éloquence, il cherchait toujours a prendre son envolée, mais le souffle lui manquait au milieu d'une phrase ronflante, et puis il faisait une sorte de pirouette oratoire.L instant d'après, il cherchait à se reprendre, et la chose recommençait.( e qui faisait rire les paroissiens, qui chuchotaient: «Pauvre monsieur Chaperon!» Lorsqu il lui arrivait de chanter la grand'messe, il donnait de I ampleur aux cérémonies par sa belle prestance.Sa grande voix qui ne manquait pas de timbre ne l'empêchait pus de chanter arehi-1 aux.Il faisait détonner les chantres, et l'organiste lui-même se mêlait dans ses anches et dans ses flûtes.Il avait la langue un peu raide et il se servait de quelques mots étranges dans la parlance rurale.()n croyait peut-être que ça venait (le ce qu'il était plus instruit que les autres.Cela n'était pas complètement vrai.Par exemple, un jour que je servais sa messe, il m'appeila à lui d'un signe et murmura: «Va à la sacristie chercher le tomblcur.» ( e mot «tombleur» était incompréhensible pour moi, niais, intimidé, je ne me rendis pas moins à la sacristie pour chercher cet objet inconnu, ht comme mon embarras se prolongeait a la sacristie, le prêtre vint lui-même chercher un gros verre, dont le nom anglais «tumbler» signifie «faire tomber dans le gosier» — «to tumble»; donc un anglicisme frisant 1 auberge.C'est ainsi, souvent, (pie l'anglicisme pénètre dans les vieilles paroisses françaises du ( anada — par l'étranger, même les gens de quelque education, par le commerce, par le chemin de fer ou la navigation.Ce AI.( haperon, j'ai récemment découvert, était d'une famille qui diffère de la plupart, chez nous; il n’était pas d’extraction rurale, mais de la cité; et peut-être se rattachait-il un tant soit peu à 1 élément anglais, ce qui expliquerait sa tournure de langue.Les ( haperon sont rares dans Québec; il n'en reste guère, sinon aucun.Le premier ( haperon était commis, à Québec, d'un marchand anglais nommé Lester, il y a plus de cent ans.Ce Chaperon devait bien parler 1 anglais.Lui ou son fils, je ne sais, fut plus tard libraire près la basilique, après avoir acheté le fonds de la librairie 3S2 RK Vf K TRIMESTRIELLE CANADIENNE ( 'rémazie.Son commerce passa ensuite, il semble, a un fils qui, à son tour, l'aliéna; il devint la Librairie Carneau, que nous connaissons.La vieille sour du < uré ( haperon, a ."-ainte-Marie, tenait elle-même un petit commerce de librairie au presbytère; c est d elle que les enfants achetaient leurs premiers livres de contes illustrés, qui les enchantaient.Ln matin, après la messe, un vicaire m'amena au presbytère, à fa chambre du curé < haperon, qui était malade.Le vieux prêtre était au lit gisant, pâle, silencieux, les yeux fermés.Plus que jamais il était imposant.Autour de lui on s'agenouilla, puis on commença à faire une prière, bientôt il respira plus lentement, plus péniblement : enfin il poussa un long soupir, le dernier, et la mâchoire se détendit.11 resta la bouche ouverte; on se hâta de lui fermer les yeux, qui s'étaient ouverts au dernier moment.Alors on me dit: « Il est mort! » C’était la première fois que j'envisageais la mort, et je ne l'ai jamais oublié.C'était quelque chose de mémorable à apprendre de son curé, un curé qui en bien des points ressemble à beaucoup d'autres.» 'n l'enterra avec pompe dans un massif tombeau sous l'autel où il avait longtemps dit la messe.Par la on témoignait du grand respect que tout paroissien porte à son pasteur, qui est le symbole de l'autorité auprès de lui.\ oila de ce digne curé une image qui en évoquera de plus ou moins semblables, puisqu elle est typique.1 tepuis mon enfance, j'ai quitté comme bien d autres la paroisse natale, pour me faire instruire.Depuis nombre d'années, au cours de mes études de tradition et d'histoire dans lis vieilles paroisses, je ne manque pas d’aller aux presbytères et d'y rencontrer les curés.Ils me laissent gracieusement consulter leurs vieux registres, qui contiennent bien des renseignements; ou bien examiner et photographier les reliques d’art ancien que contient leur église: boiseries, sculptures, argenterie et ornements depuis longtemps conservés, qui autrefois furent façonnés par nos artisans: reliques d art souvent admirables méritant l'étude.Les régistros de paroisse, les comptes et délibérations, et les vieilles églises elles-mêmes quand elles n'ont pas été détruites, constituent une des sources les plus fertiles de notre histoire; mais ils ont été jusqu'ici négligés, méprisés ou même en partie détruits.Les curés en ont été de tout temps les dépositaires et les gardiens.Au cours de mes perquisitions dans les paroisses, pour des études d'art et de folklore, j'ai eu l’occasion do me rendre compte de leurs caractéristiques, qui peuvent se .VOS CURES MS 3 généraliser.Le curé au Canada est un type bien établi dans l’imagination populaire, même aux yeux de l’étranger.Le curé canadien ressemble beaucoup à scs ouailles; il est d’ailleurs de même extraction qu’elles.11 est d’ordinaire de souche terrienne, ses parents étant des habitants à l'aise qui ont pu le faire instruire; ou bien ils étaient artisans, ce qui n’est pas très loin du terroir.Si le curé diffère un peu de ses paroissiens, c’est surtout parce qu’il a fait des études, qu'il s’applique aux fonctions particulières (pi'il remplit, et que sa cure est d'usage différente de sa paroisse natale.11 n'y a vraiment pas chez nous de haut et de bas clergé, comme on l’a déjà prétendu.Il y a tout simplement des prêtres distingués, intelligents, instruits et versés dans l'administration des affaires ; et il y en a d'autres qui le sont moins.Les meilleurs occupent d'ordinaire le poste cpti convient le mieux à leurs qualités et à leurs aptitudes; il n'y a guère de corporation qui puisse se comparer en excellence à celle du clergé canadien.Les curés partagent en somme les qualités et les défauts de leur race, et comme la race, surtout celle qui tient du sol, est saine, frugale et robuste, ils méritent l’estime qu'on leur a de tout temps et partout accordé, chez soi et à l’étranger.Le curé de la paroisse laurentienne a toujours été la principale, sinon la seule, autorité active et pratiquante depuis la fondation de la Nouvelle-France.On avait rarement recours à la justice civile.Et la haute direction politique a de tout temps été lointaine, indifférente quand elle n’était pas vexatoire.La paroisse dirigée par le curé et servie par le soigneur qui y trouvait son profit est la seule unité sociale dont la durée et la consistance soient reconnaissables dans notre histoire.La croissance du régime parlementaire, avec ses cabales électorales et son patronage, ne l’a sûrement pas supplantée; elle n’a fait qu’en troubler la paix et en violer le caractère.Le curé reste encore aujourd'hui la principale force directrice ou gouvernementale au pays.( omme il s'attache surtout aux choses spirituelles, il en résulte que le pays est assez faiblement administré dans ses affaires civiles; et il ne s’en porte pas plus mal.L’indépendance relative du Canadien, surtout rie l’habitant, est proverbiale; elle n’est nulle part ailleurs surpassée sous le soleil.Et le curé n'est pas enclin à empiéter sur les prérogatives de ses paroissiens.Dans le domaine des arts et de l’esprit, il ne manque pas de curés qui soient cultivés, qui aient le discernement du beau, qui se plaisent à la lecture, même à l’histoire et à la littérature et cpti 3S4 H K V r K TU ! M EST KI K El.E C A X A DI E X X E aient le goût des voyages et de la belle compagnie.Mais la moyenne abandonne l'étude sitôt que les cours sont Unis.I n grand nombre de curés, comme aussi ue leurs vicaires, ont le cci\eau indolent en quoi ils n ssemblent à la plupart de ceux (pii, chez nous, ont fait des cours classiques.Ils n'achètent pas de livres, nous disent les libraires, et il.- ne s'adonnent pas à la lecture, non plus qu'à l'étude originale.Mais il y a des exceptions, surtout parmi la nouvelle générât ion.Autrefois, avant 1850, les curés étaient plus cultivés et plus français qu'ils ne le sont aujourd hui.Il est facile de le constat* r dans leurs propres registres de paroisse et dans leurs œuvres.Peut-être se sont-ils relâchés à la suite de la décadence universelle de la tradition française au pays, toujours est-il (pie depths soixnnle-et-quin/.e ans la plupart font preuve de mauvais goût dans la construction et la décoration de leurs églises.Hans I achat des fouiui-turcs, ils sont portés comme tout le monde à l'incurie et a la banalité.Us se sont prêtés à l’envahissement de la pacotille étrangère, du faux brillant, du trompe-l'œil et du gigantesque.Plusieurs ont consenti à la destruction de beaux vieux temples pour les faire remplacer par des horreurs coûteuses qui défigurent aujourd'hui le paysage rural et (pii ont endetté les fabriques au-delà de leurs moyens.Avec leur concours, notre architecture a cessé d'etre traditionnelle et française : et la décoration ecclésiastique est déchue de sa grâce et de son inspiration premières.Par la nouveauté se sont instroduits partout Pengoûment du plâtre, de l'imitation, de la marbrure, du t ernis.Ainsi est venue la déchéance et la ruine de nos arts traditionnels, comme la sculpture sur bois, l'architecture, la broderie, la ferronnerie et l'orfèvrerie.( )n a quitté le sentier battu mais sûr pour se mettre à la remorque d'une exploitation sans vergogne.Après la chute de nos arts et de nos métiers, notre ancienne culture française est en voie de disparaître, au cœur même de Québec.Les jeunes gens de la ville, même les étudiants, mêlent beaucoup de mots anglais à leur discours; le langage se corrompt avant de disparaître, ou de de\ cnit un vrai jargon.11 se produit aussi dans Quebec des mou\emcnts politiques nouveaux, des élans sociaux, (pii révèlent de profonds changements; on les nomme fascistes, communistes, séparatistes ou révolutionnaires; et la mauvaise humeur des ou\iieis fait d(ju poindre sa menace à l'horizon.Pue fois la porte ouverte a la non- NOS CURÉ 38 ô veauté on ne sait où le Canadien s’arrêtera lui qui a plus le goût de l'aventure qu’on ne le croit.Heureusement qu'on distingue déjà chez nous le retour à la terre, à la petite industrie à domicile, à l’initiative personnelle, à l’équilibre social qui est de bonne augure.Mais on se grise trop de rhétorique et de discours.( ! rands parleurs sont petits faiseurs; la sincérité leur faisant le plus souvent défaut.11 n'en reste pas moins que l’ancienne culture française au Canada ne se refuse pas au progrès; loin de là.Ht elle n'est pas hostile à celle des éléments étrangers qui l'entourent.Hile a de tout temps progressé en s’adaptant à ce nouveau milieux.Mais progrès et révolution ne sont pas la même chose; l’un même exclut l’autre.Le Canadien, s’il veut rester français, doit choisir le progrès qui repose sur son passé et ses propres traditions.Comme le curé a toujours été chez nous l’autorité la plus immédiate, et* curé pourrait, au tournant de notre histoire, exercer sur le peuple une saine influence en l'aidant à sauvegarder le goût du beau, du vrai, du durable, et de la fine mesure qui sont la fleur même cle la civilisation française par le monde.Marins Marbkau, Munie National, Ottawa IMPORTANCE D’UN LABORATOIRE DE HAUTE TENSION DANS UNE ÉCOLE D’INGÉNIEURS Le ( nada pout être considéré comme un enfant de la technique moderne.I.e développement des moyens de transport sur terre, sur mer et dans l’air, et surtout l'utilisation des forces hydro-électriques durant les dernières années, en ont fait un des pays les plus riches et les plus industriels du monde entier.Il est bien naturel qu’à ce progrès de la technique et de l'industrie soit lié intimement le développement des études et des recherches scientifiques dans ces domaines.Les universités du Canada établissent de nouvelles branches de génie civil, on organise d’autres écoles de sciences appliquées et dans un court délai des ingénieurs canadiens plus nombreux prendront une plus large part à l’avancement de la vie technique de leur patrie.Il est bien évident que le plus grand intérêt doit être accordé à la science électrotechnique, qui fut une des bases principales du développement de ce pays.Lue attention particulière sera apportée à tout ce (pii concerne la construction et l’organisation des usines hydro-électriques et des lignes de transmission, ("est ce qu'on peut appeler la technique de la haute tension en électricité, technique qui a une si grande importance pratiquent théorique dans le vaste domaine de l'électro-techniquc générale.A l’École Polytechnique de Montréal, où depuis trois quarts de siècle, on forme des ingénieurs dont les connaissances ont rendu de si grands services à la province de Québec du Canada, aussi bien qu’à toute l'Amérique, le problème de la spécialisation dans les différentes branches des sciences appliquées est devenu une question d’actualité.La solution de cette question permet maintenant aux élèves de cinquième année de l’École de choisir une option bien définie comme « Travaux Publics-Bâtiments », « Mécanique-Électricité », « Mines-Métallurgie», «Aéronautique » et «Chimie Industrielle ».Mais la question se pose de savoir si c'est à l’École Polytechnique même, ou dans une autre école de sciences appliquées, au niveau universitaire au Canada, que l'on pourra dans l’avenir trouver la spécialisation dans les domaines plus étroitement liés à la technique, à la technique de la haute tension de l’électricité par exemple. IMPORTA N CK ILI X LABORATOIRE DE HALTE TENSION 387 ( 'es spécialistes pourraient prendre part à l'exploitation et à la construction des nombreux réseaux électriqtes au Canada, entrer dans l'industrie électrique liée aux installations électriques de la haute tension au pays,— l'industrie productrice des transformateurs, des isolateurs, des câbles, des interrupteurs, etc., etc.— très florissantes en ces dernières années.Le premier pas vers ce but détruit être l'installation d'un laboratoire consacré à la haute tension.Dans ce laboratoire les élèves pourraient ,se familiariser avec les phénomènes électriques à différentes tensions, faire des essais et des expériences, et les plus intéressés, préparer leur projet de thèse basé sur cette intéressante branche de la science électrotechnique.< c laboratoire pourrait aussi servir comme cent re de recherches générales, en collaboration avec les autre s institutions canadiennes, consacrées aux recherche .- scie ntii.ep.es.L'organisation d'un laboratoire de* haute tension peut trouver la solution de beaucoup de* problèmes.Quand en dans la capitale de l'ancienne Russie des Tsars, à St-l’etersbourg, l'Kcole Polytechnique* fut organisée, son fondateur, le Ministre eh* W'ittè voulut que le département électroteehni-que de cette Ecolo rendit les plus grands services aux problèmes d’électrification en Russie.Des f ransformateurs fuie nt installés dans ce* laboratoire pour fournir du courant alternatif triphasé à 11U,000 \ .1 ne* ligne* expérimentale eh* 1000m.de longueur, alimentée par ces transformateurs, fut construite dans les vastes jardins entourant l'Ecole.Pour mieux apprécier la valeur de la tension choisie pour les laboratoires eh* Piccolo Polytechnique de St-Petorsbourg, il faut se* rappeler quelques faits sur l'histoire de l'électricité à cette époque, tant au point de vue du développement de la technique de la transmission d’énergie électrique que de la grandeur des tensions utilisées.En 1S58 — On entreprend le premier transport de la force électrique sur une distance de quelques centaines de mètres, pour les ateliers d’artillerie à St-Thomas d’Aquin en France.En 1882 — Marcel Deprés, ingénieur français, construit la première ligne de transmission du Mierbach à Munich HE VU E TRI M EUT HI H 1.1.H C A X ADI E X X I ; 388 en Bavière, f'ette ligne était alimentée par un courant continu a 2400\ .et ne servait que pour les expériences et les démonstrations.En 1S86 — La première ligne de transmission électrique à courant alternatif à 2000V.est construite entre Hélie en Tivoli et Rome («Cerchi Tivoli-Rome»).Cette ligne était destinée à transporter l’énergie électrique produite par deux génératrices de de Oantz de 150 II.P.chacune, qui étaient raccordées à deux transformateurs ayant un rapport 1:1 S.Cette ligne avait 17 milles de longueur.En 1889 — Etait construite la première ligne à courant alternatif sous 4000\ reliée à une installation hydroélectrique.( "était la ligne ont re ( )regon ( ity et Port land < tregon).Elle avait 13 milles de longueur.A partir de ce moment la tension employée sur les lignes de transmission s'accroît très rapidement.En 1S91 — Un a déjà une ligne à une tension de 30,000V.Cette ligne était construite entre la station hydro-électrique de I.aufïen et la ville de Francfort en Rhénanie, soit une distance de 100 milles.Elle fut mise en sendee pendant l’exposition universelle qui eut lieu à cette époque a Francfort.Malgré l’opposition de certains milieux scientifiques contemporains qui préconisaient les installations monophasées, cette ligne fut construite pour du courant triphasé.En 1901 La tension atteint 00,000\ .La première ligne de transmission a porter cette tension fut la ligne construite pour la Bay (.'ountries Power Company entre la ( ’olgate Power House sur la rivière Yonke et Oakland.La longueur de cette ligne était de 142 milles.On voit donc que la tension de la ligne expérimentale et rie démonstration de 1 Ecolo Polytechnique de M-Petersbourg était de presque 40'c plus élevée* que la tension alors utilisée commercialement sur les lignes de transmission.Si nous voulions garder la même proportion dans le choix de ht tension pour un laboratoire nouveau, il faudrait prendre une tension d'environ 400,000V., parce qu’il existe depuis 1933 des transformateurs industriels donnant importance d'i n laboratoire de haute tension 389 une tension do 280,000V.et depuis 1940 des lignes transportant l’énergie électrique à ce même voltage.Il ne faut pas oublier non plus que dans les grands laboratoires d'Kurope et d'Amérique du Nord, existent maintenant des tensions beaucoup plus élevées.Kn 1941, à Pittsfield.Mass., b.S.A., on a construit un générateur impulse generator¦ de 3,000,000\ .qu on utilise pour les essais sur les t ransformateurs.l’n art ieie paru dans G‘< ne rai Electric Review (.Janvier 1943 No 1) nous apprend que dans les laboratoires de la < Paierai Klectric Company on a commencé à installer un accélérateur des électrons à induction (induction electron accelerator) qui produit une tension de 1()0,000,000\ .(cent millions de volts!).Ce serait à date la plus haute tension utilisée par l'homme clans l'univers.Cet accélérateur qui est destiné à produire des rayons X donnera à l'humanité un nouvel instrument scientifique d une très grande puissance, l.e luit de la construction de cette machine est la détermination des limites de profondeurs pour lesquelles on peut pratiquement employer les rayons X dans 1 examen des plaques métalliques.Avec les rayons X actuellement employés dans 1 industrie fonctionnant sur une tension d'un million de volts, on peut examiner des plaques ayant jusqu'à 8 pouces d épaisseur.Mais le but d'un laboratoire à haute tension dans une ecole d’ingénieurs au Canada peut être plus modeste.11 ne faut pas oublier que l'électrification au ( anada peut bénéficier des essais laits dans les grands laboratoires des fitats-l'nis d'Amérique du Nord; ceux-ci installés au coût de plusieurs millions de dollars, disposent pour les recherches des services dj s meille urs collaborateurs.I n tel laboratoire à Polytechnique devrait être, comme nous l'avons dit au commencement de cet article, un endroit ou les élèves pendant les dernières années de leur cours pourraient travailler, et y apprendre à connaître 1 essentiel sur la haute tension en électricité, ce qui est très important dans ce pays.Il serait donc suffisant d’avoir comme tension au laboratoire de 100-120 K\., puisque cette tension permet d'observer tous les phénomènes caractéristiques de la haute tension.De plus, comme cette tension est d'usage courant dans l'industrie depuis plus de 2! ans -toutes les difficultés d'installation et les dangers sont réduits au minimum.II ne faut pas oublier qu'on a commencé à faire des expériences sur une tension de 100,000V.avant 1900, et (pie la première ligne 390 KKVUE TKIMESTKIELLK CANA DIE.VNE do transmission do oo voltage date do 1008.("était la ligne d'une longuctu do 155 milles entre la P»ig Hond Plant à Pas Plumas sur Feather Hiver et Oakland.Kile transportait l'énergie électrique provenant de quatre turbines hydrauliques de 10,000 K WA.chacune.( ette tension de 100,000V.nous permet aussi de faire une installation qui offre des conditions de sécurité excellentes pour les jeunes étudiants.Pes conducteurs alimentes par la haute tension doivent être protégés par les grilles de métal placées du côté des élèves de telle façon que 1 ouverture des portes dans ces grilles doit en même temps ouvrir momentanément les interrupteurs du courant dans les installations de la haute tension au moyen de relais et blocages mécaniques.Ions les endroits où les élèves peuvent toucher aux leviers destinés à changer les conditions du travail dans l'installation à haute tension, doivent être très soigneusement isolés de la terre et séparés de tous les objets qui peuvent être mis en contact direct avec cette dernière, afin qu il n y ait pas de danger pour quelqu'un qui toucherait pur accident aux leviers d'un appareil à haute tension.Au contraire, toutes les pièces métalliques qui ne sont pas sous tension dans le laboratoire doivent être reliées à la terre de façon que leur potentiel soit toujours zéro.Tout le réseau électrique du laboratoire doit avoir une protection très sensible et positive contre une prise de terre.Il nous reste encore a énumérer les expériences qui peuvent être faites par les élevés dans ce laboratoire, c est-à-dire à élaborer un programme d'études.\oici une liste provisoire des expériences.( ette liste naturellement peut être changée suivant les circonstances: 11 ) Étude des longueurs et des formes d’étincelle des décharges dans I air pour différentes formes d'électrodes (sphères, disques, pointes).( ette étude montrera aux élèves les intensités de la force dans le champ électrique, quand on change les formes des électrodes.Les élèves pourront comprendre les principes suivant lesquels on construit les condensateurs et les isolateurs dans les installations à la haute tension. IMPORTANCE D’UN LABORATOIRE DE HAUTE TENSION 391 ('cri leur permettra aussi d'étudier les phénomènes d’étincelles électriques et de se familiariser avec les mesures des tensions électriques au moyen de longueurs d étincelles électriques entre des électrodes d'une forme donnée.< et te méthode directe de mesurer la haute tension peut être employée au cours des autres travaux du laboratoire.(2) fitude des isolants solides et liquides: huile pour transformateurs, caoutchouc, verre, papier imprégné, paraffine, mica, etc.Les élèves verraient comment le courant électrique peut traverser les isolants.Ils étudieraient les qualités des isolants, 1 in fluence de leur épaisseur et de leur forme.Ils pourraient par exemple faire îles essais spéciaux sur l'huile à transformateurs mêlée avec de l'eau dans des proportions bien définies.Des travaux très intéressants liés à cette étude sont les épreuves chimiques et physiques de 1 huile a transformateurs.1res souvent ces épreuves sont faites par les ingénieurs électriciens dans les usines électriques et les grandes sous-stations, bien que cela soit plutôt du domaine des ingénieurs-chimistes.(31 fitude des champs électriques: les élèves pourraient trouver la disposition du champ électrique autour des isolateurs au moyen d'anneaux métalliques spéciaux posés sur ces isolateurs.(4) Étude des isolateurs: cette étude est liée à la précédente.Les élèves, après avoir trouvé la disposition du champ é-lcctriquc autour des isolateurs, devraient étudier l’influence de la forme de ceux-ci sur les fuites entre la ligne électrique nue et la base métallique.Cette étude doit être faite dans le cas des isolateurs secs et celui des isolateurs mouillés.Dans ce dernier cas, il faudrait produire une pluie artificielle frappant les isolateurs sous différents angles, l.es élèves feraient aussi des essais sur les isolateurs simples, qui sont employés sur les réseaux télégraphiques ou téléphoniques, les lignes de transmission à basse tension, ainsi que sur les isolateurs à haute tension et les chaînes d’isolateurs employées dans les très hautes tensions, etc.Cette étude doit être faite dans une chambre noire afin de mieux voir l’effet des décharges électriques. 392 HKVt'K TRIM H.'THI KI.I.K ( ' A N A I ) I K N X K (5) Étude des électrodes cylindriques (fils).Pour cette étude il est nécessaire d'établir une ligne expérimentale.Cette ligne peut être très courte (20-30 pieds), b.Ile doit être construite de façon à pouvoir changer facilement la distance entre les fils et leur grosseur, ces derniers ayant dans ce but quatre ou cinq diamètres différents.J,es élèves pourraient étudier les relations de la distance entre les conducteurs et leur diamètre et l'influence sur les phénomènes électriques à haute tension (décharges sombres, décharges sous forme de lueur et en aigrette, décharges sous formes d'étincelles, arcs lumineux, etc., etc.).Comme la précédente, cette étude doit être faite dans une chambre noire.(6) Étude des mesures spéciales de la technique de la haute tension et des lignes électriques de transmission comme par exemple: l’étalonnage d'un «High potential meter», les recherches sur les surtensions et les ondes mobiles, les recherches sur les protections contre les surtensions (lighting arresters, corns, etc., etc.).< >n pourra aussi faire des essais sur les lignes de la transmission artificielle.Ces lignes de transmission artificielle donneraient aux élèves de l'École la possibilité d'observer en miniature tous les phénomènes qui se produisent dans de véritables lignes de transmission électrique sous liante tension, et de longueur de plusieurs centaines de milles de longueur.Un utilise maintenant les lignes électriques artificielles pour la construction de modèles de réseaux électriques existants pour étudier les changements de grandeurs électriques dans ces réseaux, dans le cas où l'on propose par exemple d'établir une nouvelle ligne électrique raccordée à ces réseaux.Au Canada une installation de ce genre fut établie par exemple par la llydro-Klcctric Power Commission of Ontario, parla Canadian Westinghouse Company au printemps de 1942, à Toronto.L’installation était nommée «Network Calculator» et elle a déjà rendu beaucoup de services aux ingénieurs de la Compagnie.(,’omme source d'énergie pour ces expériences, il faudra avoir un transformateur élect tique dans lequel on pourra changer la tension entre les limites de 2-110KY.< >ti y arrivera en appliquant un sys terne de résistance et de taps sur le côté de la basse tension du IMPORTANCE D I X LABORATOIRE DE IIAfTE TENSION A 93 transformateur.On changera la tension à l'aide d'un -ivomo-teur qui sera contrôlé par l'intermédiaire d'un relais.J.e transformateur pourrait être plus tard relié à un kénetron pour pouvoir obtenir dans le laboratoire du courant continu.< *n pourra aussi alimenter le transformateur par une génératrice spéciale, à fréquence variant entre des limites I 0-100 cycles sec.Pour alimenter les lianes artificielles il faudrait avoir un petit générateur indépendant à haute fréquence ,300 cycles).* >n pourrait faire construire tout le matériel de ces installations avec les relais nécessaires et appareils de n esttres par n'importe quelle grande compagnie d'appareils électriques du Canada ou des Ætats-Cnis.Mai- quelle- -ont les pu—ihilités de construction d'un tel laboratoire pondant la guerre '! Il ne faut pas oublier qu'on doit aménager pour ce laboratoire un local spécial, o e-t-à-dire qu'il faut lui consacrer des -allés d'assez grandes dimension- où l'on pourra installer le transformateur avec le kénetron, la ligne électrique de démonstration, les installations de pluie artificielle, le- tables avec les électrodes, etc., etc.I nc de ce- salles doit être au moin.- de 3â x 25 pieds et d'une hauteur de 30 pieds.Il faut ajouter aussi une peine salle pour le professeur et son assistant, et peut-être un endroit pour le- recherche- spéciales.I.a réponse a la question concernant la construction du ltd‘oratoire pendant la guerre est vraiment très d if lit i'e, mais pour la résoudre il faut premièrement faire connaître la nécessité du laboratoire pour une c.cole tl ingénieurs au Canada et en i rouver la «priorité».Dr.Ing'r J.I’avi.ikowski, Pi'ofe.ï.scu r iigi i gc à l'Ecole Polytechnique SOME TECHNICAL ASPECTS ON THE OPERATION OF MODERN AERO ENGINES Introduction The purpose of this paper is to briny forth some technical considerations related generally to the operation of modern aero engines, and to describe a number of technical points in a manner which may be of interest to engineers and at the same time, devoid of the most highly technical aspects.Low Fuel Consumption on one part, and Flexibility and Dependability on the other part are two desirable features of operation of acro-engincs.It is the intention to group the following discussions under these two main divisions.LOW IT'LL CONSUMPTION It is desirable to keep the fuel consumption of aero-engines to a minimum in order to obtain: (a) Economy of operation; (b) Maximum weight of useful load or maximum range of the aircraft.The comparison of overall efficiency of an actual aero engine with that of an ideal engine shows that an appreciable loss of energy is due to the following causes: (1) Mechanical losses; (2) Heat losses; ; (3) Imperfect combustion.It is obvious that in order to realize a lower fuel consumption, it would be necessary to find means of reducing those losses.Note de l'auteuk: Je regrette que cet article soit présenté aux lecteurs de la Revue Trimestrielle dans lu langue anglaise.Cependunpmes confrères de langue française comprendront que j’ai voulu offrir le texte original qui fut approu\é par le C.A.R.C.pour fins de publication.On comprendra également que la tâche n’eût pas été aisée de traduire certaines expressions techniques utilisées uniquement eu anglais dans le C.A.R.C.— F/L André Michaud. SOME TECHNICAL ASPECTS ON THE OPERATION .”95 .Mechanical losses Mpchanical losses can lie reduced l»v fin-' machining and polishing of parts, by assuring that the fits are kept scrupulously within tolerances established, and by using proper lubricant and lubrication systems.The importance of lubrication cannot be overstressed as it offers other advantages besides resulting in fuel economy.By preventing metal to metal contact, it reduces wear and damage giving a longer serviceable life to the parts.At the same time, lubrication provides a certain amount of cooling and ensures against seizing and overheating of moving parts.Another advantage of interest is the increase of maximum power that will result for the engine.The most common type, if not the only type, of lubrication system used on modern aero engines, is known as “Dry Sump” or “Dry Crankcase” lubrication, so named because the oil, upon its return cycle, is not allowed to accumulate in the crankcase.The oil drains to an oil sump where it is continually pumped back to the reservoir tank by the action of a scavenger pump whose capacity is larger than the pressure or feed pump.On the pressure cycle, a pressure pump will direct the oil from the reservoir and force it through hollowed engine shafts, cast-in ducts or drilled passages to the various parts requiring lubrication.Where necessary, the oil is caused to splash as it emerges from properly located holes, allowing lubrication where it would be inaccessible or impractical otherwise.Heat Losses Of all heat losses, some may be prevented by mechanical improvement or modification, or by bi tter operation on the part of the pilot; an appreciable quantity can be recuperated and the heat used for other purposes; but a great majority of the heat losses are unavoidable and moreover, they are sometimes necessary to avoid overheating of the engine.The distribution of the total energy deriving from the fuel may be given approximately as follows: 3 a used in Power Stroke; X dissipated as heat through radiation and conduction; 3qj ejected through exhaust. 396 HEVVK TRIMESTRIELLE CANADIENNE The power represented by the first fraction comprises the actual trust produced by the propellor, plus the mechanical losses and propellor losses.The second part refers to the heat energy which it is necessary to dissipate, otherwise the engine would become dangerously overheated.In order to render the engine safe and dependable, it is necessary here, to sacrifice fuel economy and to use a cooling system such as will be briefly described later.It might be noted that the design and material used in the construction of the engine will affect the rate with which the heat is released.Engineers who design aero engines may be guided by basic principles of efficiency and seek the fullest use of the energy available, but since important factors such as weight, size and prevention of overheating must be considered, a compromise must be made.If, therefore, a material such as aluminum is being used in the construction of pistons and cylinder heads, it is because aluminum is of light weight and particularly because it has a high heat transfer.Similarly, for a given volume, a greater heat transfer can be achieved by increasing the exposed surface or area of a cylinder.Such design requirements, it must be remembered, are always at the expense of some energy over that which is used solely for turning the propellor of the engine, and for that reason should be borne in mind when studying fuel < conomy.The heat or energy referred to as “being ejected through exhaust” represents a substantial loss, and every endeavour is made to make use of it.On some aircraft, by-pass pipes or other devices are designed to recuperate some of this heat and to use it for heating the cabin or cockpit or for heating the intake air and prevent icing at the carburettor throat, or again for de-icing of mainplanes and leading edge of airfoils generally.Imperfect ( 'omhcstion If an engine were using octane as fuel, the equation of combustion would be the following: 2n se rend compte (pie les compagnies privées aient dans ces conditions hésité à se lancer dans une entreprise aussi aléatoire.Ce fut donc le gouvernement de la < olonie du < ap qui prit en mains la construction de cette ligne d'autant que l'augmentation des revenus douanier,' était susceptible de compenser les dépenses.La ligne de ( ’apc Town à Kimberley, longue de 000 milles fut achetée en 1885.Pendant ce temps d'autres voies ferrées étaient établies à partir de la côte vers l'intérieur.Port Élisabeth et Last London étaient déjà reliés jusqu’à la frontière de l'Orange et Durban à la frontière du Transvaal.Des lignes côtières traversant les plantations de cannes à sucre avaient été construites au Natal.La découverte des mines d’or au Witwatersrand en 1SS6 et le transport de l’or (pii en fut la conséquence, pose un nouveau problème des chemins de fer.Les lignes existantes devaient être prolongées jusqu’aux mines.La concurrence des diverses lignes suscept ibles de relier les centres miniers aux ports allait se poser avec d'autant plus de gravité que Lourenço-Marquès en territoire portugais (Mozambique) était le port situé le plus près du Hand.Dès 1875 la république boer du Transvaal, hostile à l’Angleterre et soucieuse d’avoir un débouché maritime non britannique, avait signé un accord aux termes duquel les deux États devaient coopérer à la construction d’une voie ferrée entre le Hand et Loti- KK vit: TH IM KSTKIKI.I.K (AN A 1)1 KN N I- 408 renço-Marquès.Mais ce projet ne reçut pas de réalisation immédiate faute de capitaux.De longues tractations, où entrèrent toutes sortes de considérations et rie suspicions d'ordre politique et économique eurent lieu entre la Colonie du Cap et le Transvaal au sujet de la liaison Kimberley-Rand.Idles échouèrent et, entre temps, le gouvernement portugais fort réaliste avait entrepris la construction du chemin de fer sur son territoire.Kn 1889 la haie de Delagoa était reliée à la fruitière du Transvaal.La république boer refusait le passage à travers son territoire du chemin rie fer que ( ecil Rhodes voulait const mire vers la Rhodésie, amorce du fameux Cap au ( 'aire.Devant ce refus la ligne allait passer plus à l’ouest, par Mafeking et le protectorat anglais rie Bechuanaland, au détriment du Transvaal.Le Netherlands Railway Company, compagnie privée chargée par le Transvaal de relier le Rand à la voie ferrée portugaise du Rand manquait de fonds.Idle reçut un prêt de la Colonie du Cap contre l'engagement de construire une ligne rie Johannesburg et Pretoria jusqu’à la frontière Sud du Transvaal pour joindre la voie de l'((range descendant vers Port Élisabeth.La liaison fut assurée en 1S92.Presque tout le trafic du Rand passa par la ligne de Johannesburg à Port Élisabeth malgré 1 âpre concurrence de la ligne du Natal relié aussi à Johannesburg.Mais l'ouverture de la ligne de Pretoria à la baie de Delagoa en 1894 allait provoquer une guerre de trafic entre la Colonie du Cap et la République du Transvaal que les rivalités politiques n’adoucirent Pas.Grâce à des tarifs préférentiels la ligne par le Mozambique absorbait 60% de trafic, le Natal la plus grande partie de ce qui restait.Les lignes du Cap et de Port Élisabeth étaient sacrifiées.Après la guerre des Boers on aurait pu espérer que cette lutte tarifaire si dommageable allait disparaître.Il n'en fut rien, la ligne de Lourenço-Marquès continue à bénéficier de tarifs préférentiels car le Rand avait besoin pour la main-d'muvre des mines des indigènes du Mozambique.Il en résulta une chute du trafic pour les lignes au Cap.Ce sera seulement en 1908, avec la réunion d'une convention nationale des représentants des quatre territoires tous devenus colonies britanniques depuis 1902, qu'on aboutira enfin à une solution satisfaisante: Pi nion.Kn 1909 le Transvaal et le Mozambique signent un accord garantissant à ce dernier 50, 55% I.K S (Il KM I NS DK K K H DK I.AFKIQUK DK MD 40!) du trafic du Hand, ce qui laissait une part substantielle aux autres lignes et aux autres ports.Après la guerre des Boers une extension considérable du réseau rie chemin de fer eut pour but de remédier à cette anomalie.Dans l’espace de huit années de 1002 à 1000 sa longueur passa de 4,257 à f>,0Sü milles.Si les résultats atteints au début du XXe siècle étaient déjà remarquables, il n'existait guère alors que des lignes reliant les ports de ('ape Town, Port Elisabeth, Durban, Lourenço-Marqucs aux centres miniers du Rand et de Kimberley, l.es voies transversales Kst-Oiiest reliant ces voies longitudinales manquaient et notamment les communient ions eut re ( 'ape Town et la partie orientale du pays.Port Elisabeth, Past I.ondon et la région de l'élevage des moutons étaient inexistants ou fort précaires.Dette insuffisance handicapait évidemment la mise en exploitation du pays et notamment son développement agricole: sans débouchés et sans marché les produits agricoles n'ont pas de valeur.La constitution Sud-africaine de 190!) créant l'Tnion, c'est-à-dire la réunion des quatre colonies plaçait tous les chemins de for ainsi que les ports entre les mains de l’Etat sud-africain au Transvaal, c’était une compagnie privée* qui avail effectué leur const ruction et assuré leur administration jusqu'à son expropriation après la guerre des Boers.Les finances des chemins de fer étaient désormais séparées de celles du Gouvernement alors qu’auparavant elles étaient interdépendantes de celles des colonies.Désormais les chemins de fer devaient être gérés suivant des principes commerciaux .Après U nion la même politique de développement des voies ferrées, fut continuée avec plus d'ampleur et le réseau devint de plus (>n plus dense.Il s'étendait sur une longueur de 9.407 milles à la fin de 1910.La construction de ramifications et de lignes secondaires fut interrompue pendant la Grande Guerre et pondant quelques années après la guerre, mais elle fut reprise ensuite de 1922 à 1930 où 1937 milles furent ajoutés.Ln 19221e réseau du territoire du Kud-< ntest, ancienne colonie allemande sous mandat d’une longueur de 1330 milles était incorporé dans les chemins de fer sud-africains.Depuis 1931 la construction a été très limitée, elle a été inférieure à 200 milles.La crise de 1931-33 a diminué les revenus des chemins de fer et de I ’Etat, mais ce changement correspond à l'adop- 410 HE V V K T HIM ES1T UIK L T.K C A N A DIK N N E lion d’une nouvelle politique causée par le développement des transports.Kn 1937 la longueur du réseau sud-africain et des territoires du 8ud-( luest était de 13.020 milles.< e chiffre comprend 597 milles de voies ferrées appartenant aux Chemins de fer de Rhodésie, société privée, et le réseau du 1 erritoire du .Sud-Ouest long 1530 milles.L'Afrique du Sud a eu beaucoup dn chauffe et les vapeurs de cette eau entraînent les essences.b — Distillation au bain-marie.— Les opérations sont les mêmes que celles à feu nu, à l'exception que les tleurs et les plantes sont placées dans un vase d’eau pure.L’eau salée du vase extérieur réchauffe l’eau dans laquelle trempent les fleurs, et la vapeur de cette dernière entraîne l'essence.c — Distillation à la vapeur d'eau.— Dans ce cas les essences sont entraînées par de la vapeur introduite dans un alambic contenant les fleurs ou les plantes.d — Distillation dans le ride.— Avec cette distillation on obtient des meilleurs résultats, car les températures de vaporisation sont faibles et aucune action oxydante ne diminue l’arome des essences.2 — La macération ou l’enfleurage Ce procédé est basé sur la propriété qu’ont certains corps gras d’absorber très facilement les émanations parfumées des fleurs, sans interrompre complètement la vie de la fleur.Les fleurs peuvent se diviser en deux classes: a — Celles dont les cellules renferment du parfum, (la rose, la Heur d’oranger, la ca.ssie, etc.).b —- Celles qui n’en contiennent qu’une faible partie, se renouvelant constamment pendant la vie de la plante, (le jasmin, la jonquille, la tubéreuse, etc.).Pour cette catégorie, il faut respecter la vie de la fleur et éviter l’usage des produits chauds pour l'extraction du parfum.< )n emploie le procédé de l’enfleurage à froid. 42S REVUE TRIMESTRIELLE CANA 1)1 EN.\E Sur des plaques de verre, formant des fonds de châssis, on coule une mince couche de graisse purifiée, sur laquelle on étend soigneusement des fleurs fraîches.( >n superpose les châssis.Au bout de 24 heures on retire les fleurs épuisées et on les remplace par d'autres.On répète cette opération jusqu'à saturation de la graisse.On emploie, pour l'enfleurage, de la graisse de rognon de bœuf ou de mouton.L'enfleurage à chaud consiste à faire infuser les fleurs dans la graisse fondue ou dans l'huile d’olive.On ne doit pas chauffer au-dessus de 60-05° ( '.3 -— L’extraction par dissolvants volatils organiques On laisse les fleurs, en contact, pendant 24 heures, avec des dissolvants organiques, à point d'ébullition très bas.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.