La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1944, Mars
• 30ème année MONTRÉAL 117 Mars 1944 Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur — Mathématiques — Sciences — Architecture Industrie — Économie politique et sociale — Finances Histoire — Statistique •— Hygiène — Législation V BS8i mm SOMMAIRE Méthodes de propulsion des allons.B.szczeniqwski.1 Honoré PARENT.13 .Mftr OUrlcr MAURAULT, p.s.s., 36 Léon LORT1E.37 .Louis BOURGOIN.53 .Dr Gsorftes BARIL.63 Les grandes étapes de l’algologle américaine.Jules brunel.71 Revue des livres.93 Vie de l'association.96 ASSOCIATION DES INGÉNIEURS DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL L’Urbanisme et la Loi.Antoine-Laurent Lavoisier Présentation.Lavoisier, savant moderne, Les fonctions officielles du chimiste Lavoisier.Lavoisier et la physiologie. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Publiée par les soins de l’École Polytechnique de Montréal, ' et avec le concours de l’Association des Ingénieurs diplômés de Polytechnique COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, C.M.G., P.D., P.S.S., recteur de l’Université de Montréal.Secrétaire: Armand Circé, ingénieur, Directeur de l’École Polytechnique.Membres: Victor Doré, surintendant dé l’Instruction publique de la province de Québec.Augustin Frigon, ingénieur, président de la Corporation de l’École Polytechnique.Henri Gàudefroy, ingénieur, secrétaire de l’Association des Diplômés de Polytechnique.Hon.Léon-Mercier Goüin, avocat, sénateur, professeur à l’Université de Montréal.Théo.-J.Làfrenière, ingénieur, professeur à Polytechnique.Olivier Lefebvre, ingénieur, vice-président de la Commission des Eaux Courantes de la Province de Québec.Édouard Montpetit, avocat, Secrétaire général de l’UDiversité de Montréal.Antonio Perrault, avocat, professeur à l’Université de Montréal.Arthur Sürveyer, ingénieur, président de Surveyer & Cie.Ivan-E.Vallée, ingénieur, sous-ministre des Travaux publics de la Province de Québec.COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chef: Édouard Montpetit, Secrétaire général de l’Université de Montréal.Secrétaire de la Rédaction: Camille R.Godin, professeur à Polytechnique.Membres: Mgr Olivier Maurault, Hon.Léon-Mercier Gouin, Dr Ing’r Arthur Surveyer, Ing’r Arthur Duperron, Ing’r Maurice Gérin, et messieurs Louis Bourgoin, Henri Gàudefroy, Théo.-J.Làfrenière, Paul-Louis, Pouliot, Marc Trudeau et Ludger Venne, professeurs & Polytechnique.Les auteurs des articles publiés dans la Revus Tnmeetmüe Canadienne conservent l’entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.La Revue publie des articles en français et en anglais Les manuscrits doivent parvenir i la Rédaction au moins un mois avant la date de publication.Ils ne sont pas retournés.- La reproduction des gravures et du texte des articles parus dans la Revue est permise à la condition d’en indiquer la source et de faire tenir $ la Rédaction un exemplaire de la publication les reproduisant.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra à la Rédaction.La Revue parait en mars, juin, septembre et décembre.Le prix de l’abonnement est $3.00 par année pour le Canada et les Etats-Unis, $4.00 pour les autres pays.Toute communication pour abonnements, publicité, collaboration, etc., doit être adressée au siège de la Rédaction et administration; ÉCOLE POLYTECHNIQUE 1430, rue Saini-Denie, - Montréal K K V l ' K TI {FM EST RIKEEE (AN A 1)1 E X X E I LA Banque D’Epargne 1846 Di.LA CITÉ LT DU DISTRICT DF.MONTRÉAL 1943 Quatre-vingt-dix-septième Rapport Annuel Montée u.u.Il iCvuimi, 1911.Arx Ai tiovn vines.'• • ¦ rateurs ont lo j ' soumettre I t t ¦ .innucl • ¦ résultat • • ¦ ' : ¦ • 191 ¦ 1.* - p'-*.* - E< •-•!¦ I arni’i i 11-17! .' •!:.' •••'¦¦ i i>- ».r > r*.‘ .i • - ¦ : • • \ ; .> .i • »ü» la • •¦•ut uni' une ir.sjHction fréquente et ¦ >•::•.• !•'•.•(! - et ! .t.t if « aii.iili' ii!» - d'utilités puMiques Pré?:• :.I.- .t mûrie éi lié;»:.- •• garantis par des valeur ou i: iu- I •¦: : •:•- , t h é sur *>1 üeatior.- du Gouvernement Féd-'r il h .-.i ij’t.Ii»•_’> canadienne-, approuvée- par le Gunu r:.- - tnt Et Fédéral .x '» r ¦ -¦ : i ; :.| 70 11.71 à :r,'.: :i 22 w IS 1.00 :i7.! JE tu-.ill) ooo.uo • '".I-1,1 |M 1,000 00 pie (Bureau print ipal et succursales) ?M.M>2,910.S7 i (ion (mk) no 37.m.i> Pourleeons.il d'admini trallon, l.t JV.sidtht: D.A.HINGSTON I,037,n.VIS .xv.oiN).:Miio:.t.-taggakt smyth Il REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Une xéponâe immédiate âeta donnée à toutes les demandes concernant LA PRODUCTION ou L’ENTRETIEN DU MATÉRIEL Moteurs Diesel F-M Balances Fairbanks Alimentateurs de charbon Matériel de Transmission Machines-outils Chariots d’usine Pompes et Moteurs Matériaux réfractaires Accessoires d’automobile Matériel d’atelier Equipement pour les entrepreneurs Soupapes et accessoires pour systèmes de chauffage Appareils pour la manutention des matériaux Equipement de soudure et élecirodes Fous pouvez toujours recourir au service Fair-banks-Morse, car il fonctionne dans tout le Canada.Quinze succursales situées aux points stratégiques entre Halifax et Victoria ainsi que des entrepôts établis aux endroits les plus commodes garantissant F efficacité de notre service.oSt.ANFairbanks Morse sas* 297, Boulevard Charest 980, rue Saint-Antoine 266, rue Sparks Québec, Que.Montréal, Qué.Ottawa, Ont. II! KK VL' K T KIM K.STH IK 1.1.K r A N A I ) I K N N K Voyons Grand lorsque nous pensons à l’avenir du Canada KM Après la guerre, le Canada pourra donner libre cours à son esprit d’initiative.Il y aura de nombreux besoins à satisfaire, 1 heure sera venue de réaliser de nouveaux et d immenses développements.Il y aura des lésions d'ouvriers ne demandant qu'à travailler; il y aura des richesses (l'accumulées; il y aura les ressources nationales à faire fructifier et les moyens de les utiliser pour le bien publie.Knvisageons cette situation avec courage, l’avenir du ('anada en dépend.Préparons l'aménagement de foyers attrayants où le travail sera simplifié; l'érection de belles et spacieuses cités; la construction de nouvelles routes: larges, sûres, bien nivelées et bien éclairées, avec des intersections en “feuilles de trèfle” et de nouveaux ponts; l’installation de chemins de fer modernisés; la répartition plus adéquate de l'énergie électrique; l'extension des réseaux d’électrification rurale pour que fermes et hameaux puissent en bénéficier.Traçons le- grandes lignes d une vie intellectuelle plus intense en établissant de nouveaux centres scientifiques et artistiques, des collèges, des laboratoires, des cercles dramatiques, des galeries d'art.Songeons à moderniser nos usines, nos bureaux et nos magasins, en modernisant l’aménagement et 1 organisation.Prévoyons les moyens d augmenter la production en diminuant l’effort.Préparons-nous de meilleurs jours, un plus brillant avenir, une plus grande sécurité économique.Nous ne devons diminuer en rien notre effort pour gagner la guerre, cependant nous pouvons commencer dès maintenant a tracer nos projets d’apiès-guerre.C’est en déterminant dès aujourd’hui le travail à accomplir, que nous préparerons les marchés de demain, (pli fourniront à tous un emploi rémunérateur en absorbant tout ce (pie nous polirions produire.CANADIAN GENERAL ELECTRIC CO.LIMITED IV h K v ri: trim estriei.le c a va »i en ne ?In ietvice Spécial de RENSEIGNEMENTS Depuis déjà plusieurs années, nous maintenons, pour l’information de nos clients, un service complet de renseignements comprenant une bibliothèque dans laquelle figurent un grand nombre de magazines techniques et ouvrages traitant du béton et du béton armé, publiés au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne.Xos clients peuvent aussi obtenir, par l'intermédiaire de ce service, d’utiles renseignements sur les méthodes de construction, les plans d’après-guerre et divers autres sujets portant sur l’emploi de béton.Nous tenons enfin à la disposition des ingénieurs, architectes et entrepreneurs les publications de notre compagnie, ainsi (pie celles de la Portland Cement Association.Porn TOUTE INFORMATION, ÉCRIVEZ À NOTRE SERVICE DE RENSEIGNEMENTS CANADA CEMENT COMPANY LIMITED IMMEUBLE CANADA CEMENT COMPANY SQUARE: PHILLIPS - MONTRÉAL Bureaux de vente à Québec Montréal Toronto Winnipeg Calgary REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Les lampes Solex — de fabrication canadienne et de qualité éprouvée — sont traditionnellement sûres et de fonctionnement nettement économique.Elles sont faites essentiellement pour donner un bon service et plus d heures de lumière par dollar.THE SOLEX COMPANY, LIMITED Montréal - Toronto - Winnipeg - Vancouver VI I ¦44.- :Aÿ's.- h K v i ' >•: 'nu m tk 11 : u.ic c a n a di k n n k H 0 M M A Du Président et des directeurs de MARINE INDUSTRIES LIMITED L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL JOSEPH SIMARD, président — DIRECTEURS — J.-Edouard Simard E.de C.Power Colonel H.-S.Tobin A.-Ludger Simard Walter Lambert P.-A.Lavallce CREUSAGE CONSTRUCTION MARITIME — TRAVAUX DE GENIE Bureau-chef : 1405, RUE PEEL MONTREAL Chantiers à : SOREL — QUEBEC — VANCOUVER I! K V r r.Till M KSTIl I K 1.1.1 : (WAI)I K \ \ I ; L’UNIVERSITE DE MONTREAL COMPREND LES FACULTES ET ÉCOLES SUIVANTES — FACULTÉS — Théologie — Droit — Médecine — Philosophie — Lettres — Pharmacie - Sciences — Chirurgie dentaire — Sciences sociales, économiques et politiques — ÉCOLES — Ecole polytechnique — Institut agricole d'Oka — Ecole de Médecine vétérinaire — Ecole des Hautes Etudes commerciales — Ecole d'Optométrie — Institut Marguerite d'Youville — Ecole normale secondaire Pour tout renseignement, s'adresser au SECRÉTARIAT GÉNÉRAL 2900, boulevard du Mont-Royal Montreal VIII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Employez Mo*® pour ® La consolidation de surface des routes de gravier 9 La stabilisation des bases des revêtements • Abattre la poussière • Contrôler la glace © Accélération de la prise du béton • Contrôler la poussière du charbon ® Le remplissage des pneumatiques de tracteurs 9 Solution réfrigérante ® Antigel dans les solutions pour barils de prévention d'incendies Le service technique de Brunner, Mond Canada Sales, Limited a à sa disposition un personnel d’ingénieurs qui peuvent être consultés sans obligation.Si des problèmes particuliers se présentent par rapport avec n’importe lequel des différents usages du chlo- rure de calcium, et que notre littérature ne couvre pas le sujet dans tous ses détails, nos ingénieurs se feront un plaisir de coopérer avec vous.Vous êtes donc cordialement invités à nous soumettre vos problèmes.BRUNNER, MOND CANADA SALES, LIMITED MONTREAL Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL MARS J 944 DÉVELOPPEMENT FUTUR DES MÉTHODES DE PROPULSION DES AVIONS I — Introduction Nous nous proposons d’étudier, dans cet article, tous les moyens de propulsion d’avions en vue de leur développement possible: moteurs ordinaires, propulsion dynamique, etc.Mailin' leur diversité de principes de fonctionnement, ces différents moyens de propulsion présentent une propriété commune, à savoir: que la propulsion dans un milieu liquide ou gazeux, qu’il s’agisse de propulsion d’avion ou de bateau, est toujours ramenée à la réaction dynamique.II -— Qr ALITÉS IiEQUISES Les caractéristiques d’un moteur propulseur, ou de tout autre moyen de propulsion, varient suivant les qualités de l’avion.Parmi les finalités requises pour l’avion militaire moderne qui influencent celles du moteur, mentionnons: 1) Un long rayon d’action d’au moins 15,000 milles, et qu’on cherche à augmenter jusqu'il 25,000 milles.2) Une lourde charge utile qui doit être d’au moins 200 tonnes.3) Une grande vitesse, surtout pour les avions de chasse, puisqu’elle doit surpasser d'au moins 25 milles à l’heure celle des avions chasseurs ennemis.4) Un plafond élevé, plus particulièrement pour les avions de combat, celui-ci devant atteindre au moins 50,000 pieds.Avant de passer à l’étude des moyens de propulsion qui peuvent remplir les conditions ci-haut mentionnées, signalons que le niveau de perfectionnement des moteurs actuels ne suit pas d’assez près celui de l’avion même.•Conférence prononcée devant l’Association des Diplômés de Polytechnique, à l’Ecole Polytechnique, le 29 octobre 1943. 2 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III — Hayon d’action et charge utile Les qualités requises d’un avion, à savoir: le long rayon d'action, la lourde charge utile, la grande vitesse et le plafond élevé, ne peuvent être obtenues simultanément; car l’amélioration de l’une d’elles ne peut être obtenue qu’au détriment d'une autre; le résultat de nos recherches est donc une solution d’équilibre raisonnable entre ces différentes qualités suivant leurs avantages respectifs pour l'avion considéré.Ainsi pour un avion dont le moteur possède des qualités déterminées, la charge utile, par exemple, ne peut être augmentée qu’aux dépens du rayon d'action, de la vitesse ou du plafond, et viee-versa.Une chose est cependant certaine: le rayon d’action et la charge utile, exprimés en pourcentage du poids brut, sont en fonctions directes des dimensions de l’avion, et croissent avec le poids brut de l’avion jusqu’à une certaine limite donnée par la formule big.1.tile LC as but W W1/* ]/Q Fig.1 METHODES DE PROPULSION DES AVIONS 3 Dans cette formula, n, b\.h2.sont des constantes déterminées par le rayon d’action, la vitesse et le plafond, et c désigne le rapport de la largeur de l'aile à sa longueur.Ce rapport ne doit pas être trop grand pour ne pas entraver les propriétés aérodynamiques de l’avion actuel.La valeur optimum de LC est atteinte lorsque le poids brut 11 est d'environ 500 tonnes; les récents développements dans la const ruction d'avions nous approchent de plus en plus de ce chiffre.L'avantage d’un avion à grand tonnage semble donc incontestable.mais à condition d'améliorer le rendement du moteur.La puissance possible d’un moteur étant actuellement limitée et souvent insuffisante, il faut en multiplier les unités en vue de la puissance à atteindre.Son nombre croîtra donc avec le tonnage et ici s'amène le problème de leur disposition pour ne pas augmenter la traînée de l'avion par rapport à la portance.Il serait donc avantageux de pouvoir augmenter la puissance des moteurs sans en multiplier les unités.On sait que la puissance réalisable dans le moteur unique croît sans cesse.I n moteur de SOHO C'Y, par exemple, est en état d’essai aux Etats-Unis.Mais là encore apparaît une autre grande difficulté: celle des dimensions de l’hélice pour un tel moteur.Nous savons qu'un moteur de 1000 C'Y exige une hélice dont le diamètre est d au moins 10 pieds.On peut facilement en déduire que pour un moteur de SÜ00 C\ , le diamètre de l’hélice sera beaucoup plus grand.La vitesse périphérique des extrémités des pales d'hélice étant limitée (elle doit être intérieure à la vitesse du son, laquelle diminue avec l'altitude croissante) doit diminuer avec le diamètre croissant, ce qui augmente davantage les dimensions et le poids de l’hélice pour une puissance donnée.De plus les dimensions et le poids du train il atterrissage augmentent aussi.Pour remédier à cet inconvénient, tous les établissements les plus importants de l’industrie aéronautique sont actuellement en train d’essayer le système des hélices multiples animées par un moteur, au moyen d’une transmission mécanique ou autre.Les plus grandes difficultés cpti se rencontrent ici sont le poids et les vibrations de la transmission.Il faut aussi remarquer que pour une puissance donnée la surface t otale décrite par la série des hélices multiples est plus grande que celle décrite par une hélice unique, ce qui diminue la visibilité et le champ de tir et augmente la vulnérabilité de l’avion au feu de l'ennemi.11 semble donc que la néces- RE WE T1:1M E STR I Kl.L E CANADIE X X E 4 site de trouver des solutions nouvelles dans le domaine des hélices ou, généralement, dans le domaine de la propulsion s’accroît avec le développement de la construction des avions à grand tonnage.IV — La vitesse ije vol La vitesse de l'avion dépend non seulement de ses propriétés aérodynamiques, mais aussi des qualités du moteur et notamment de la puissance spécifique HP (nombre de chevaux par livre de K poids du moteur) et du rendement ou de la consommation spécifique du combustible (consommation par cheval-vapeur et par heure).Pour améliorer la vitesse de l’avion, il faut augmenter la puissance du moteur, ce qui entraîne l’augmentation de son poids et du poids de combustible, pour un rayon d'action donné, aux dépens de la valeur de la charge utile.La nécessité d'une amélioration de la puissance spécifique et du rendement du moteur est donc ici évidente.Y Le plafond Le plafond de l’avion, c’est-à-dire la plus grande altitude de vol possible à réaliser avec une vitesse suffisante et une charge utile donnée, dépend avant tout des qualités de compresseur du suralimentation.à savoir: de son rendement et de la valeur de son taux de compression.Ces qualités du compresseur ont une influence remarquable sur les caractéristiques du moteur: on réalise donc l’utilité de les améliorer.L’autre possibilité est d'utiliser un turbocompresseur.Le turbocompresseur présente plusieurs avantages dont le plus important est un certain autoréglage avec l’altitude variable.Le turbocompresseur n’est pas lié mécaniquement au moteur dont la vitesse ne change que peu, il peut donc librement changer sa vitesse de rotation, suivant l’état de l’atmosphère; c’est pourquoi la courbe de son rendement en fonction de l’altitude montre que près du sol et à des altitudes peu élevées, il est plus efficace que le compresseur ordinaire.Il faut cependant remarquer que les qualités attribuées au turbocompresseur utilisé aujourd’hui sont en général bien exagérées.Il est faux de dire que « le travail du turbocompresseur est gratuit parce qu’il est fait par les gaz d’échappement ».Pour que la turbine METHODES DE PROPULSION DES AVIONS O puisse travailler, il faut prévoir une chute de pression dans cet appareil.C est autant d’efficacité enlevée au moteur puisqu’on enlève une partie au has de son diagramme d’Otto.Cela diminue aussi son rendement volumétrique.Le rendement thermodynamique du turbocompresseur est aujourd’hui relativement très has, ne dépassant guère 40e, et il ne peut être amélioré avant qu’on ne trouve un matériel pour les pales du rotor qui puisse supporter des températures beaucoup plus élevées, l.a limite de cette température est aujourd'hui d’environ 1200°F et elle ne peut être déliassée qu'en appliquant des dispositifs spéciaux servant à refroidir le rotor.La dépense d’énergie pour entraîner ces dispositifs, réduit en pratique à zéro le gain sur le rendement dû à l'augmentation de la température.Les caractéristiques du moteur suralimenté par un turbocompresseur ne diffèrent que peu de celles du moteur alimenté par un compresseur ordinaire, ha différence se manifeste surtout dans la tendance de la tourbe de puissance en fonction de l’altitude qui est ascendante pour le compresseur et descendante pour le turbocompresseur.Les gains sont les suivants: 1 ) une amélioration du rendement de .suralimentât ion près du sol et aux altitudes peu élevées ; -) probablement une légère diminution de la consommation spécifique du combustible.théoriquement le turbocompresseur a un grand avenir.Les caractéristiques du moteur pourront s’améliorer sensiblement par I application du turbocompresseur, dès qu’on pourra se servir de gaz a l’entrée de la turbine à des températures d’au moins 1050°F.L évolution du turbocompresseur dépend donc de la.découverte soit d un matériel, pour les pales du rotor, cpii serait assez résistant et libre de la « reptation » à des températures plus élevées, soit d’un matériel, résistant à la température et possédant de hautes qualités isolantes, qui pourrait servir à créer une couche isolante a la surface des pales du rotor les empêchant ainsi de se chauffer au-dessus de 12ll()°l .Ces deux découvertes sont possibles et même attendues.\ 1 - I.E hex DEMENT DE MOTET K ET US UE AIUTES DE ( OMBESTIBI.E Jusqu a présent nous avons constaté que: 1) la charge utile, le rayon d action et la vitesse du vol dépendent des qualités du moteur, surtout de son poids par cheval-vapeur pour les distances (i UK VI'K TH 1M K STR IK U, K CAN AUI K N N K courtes, et de son rendement pour les distiinees longues; 2) le plafond de l'avion dépend surtout des qualités du compresseur de suralimentation.11 faut maintenant nous porter à l'étude des possibilités d’amélioration des qualités du moteur ou de la propulsion d’avion en général.11 s'agit en fin de compte, en négligeant le côté économique du problème qui ne joue pas un rôle essentiel en temps de guerre, rie lu plus grande diminution possible dans le poids du moteur et du combustible.Deux solutions possibles se présentent: 1) l’amélioration du rendement du moteur, soit par l’amélioration de la construction, soit par l'amélioration des qualités du combustible; 2) augmentation du pouvoir calorifique, donné par le ' > de b.t.u.par livre d'essence, et.par consé- quent diminution du poids du combustible à transporter pour couvrir une distance donnée.A — Moteur Diesel Parmi les moteurs à haut rendement la première place appartient au moteur Junkers-Diesel, appliqué à l’avion allemand Focke-Wulf.Ce moteur, il est vrai, est assez lourd, comme tous les Diesels d’ailleurs, mais ce fait n’a pas d’importance s'il s'agit de grands rayons d'action.La consommation de ce moteur bat tous les records, ne dépassant pas 0.h."> lb/('\ heure de « gas oil ».Malgré toutes ses qualités le moteur Diesel ne semble cependant pas recommandable dans les r " ' s existantes sur ce continent.La société allemande Junkers a travaillé au moins 2C ans au développement et à l’amélioration de ce moteur.Ce laps «le temps pourrait être certainement raccourci de beaucoup aux Ktats-I.’nis, mais pas assez pour qu’on puisse en obtenir des résultats satisfaisants avant la fin de la guerre.Il faut aussi souligner que, contrairement à une opinion assez répandue, le moteur Diesel est au moins aussi sensible à la qualité du combustible qu'un moteur à gazoline.11 est donc faux de prétendre que le Diesel puisse fonctionner avantageusement avec n’importe quel combustible lourd.Il requiert du « gas oil » de qualité spéciale (grand nombre de eétanes).Remarquons que les « gas oils » constituent seulement turn fraction très faible du pétrole brut.Leur production peut donc facilement devenir insuffisante avec un développement plus marqué de la production des Diesels.59 0501 M KTHODES DE PROI’T'l.SIOX DES AVIONS i 11 — Ij nombre d'arlaru s L’amélioration du moteur d'avion actual, sans introduira dc changements essentiels dans sa construction et dans ses principes d’action, est possible avant tout par l’augmentation du nombre d’octanes de gazoline, qui permet d’augmenter 1 et celle de l’hydrogène 01.000 b.t.u./IL.Tous les hydrocarbures disponibles doivent done avoir uni chaleur de combustion comprise entre ce- limite-.Plus h- contenu de 1 hxdro-gène est grand, plus la chaleur de conii ustion est elevee.La gazo-line d’aviation comporte plus d’hydrogène que la gazoline ordinaire, son poids par b.t.u.e-t donc moindre.1 h confinement, le plus a\ an-tagettx est l'hydrogène, qui est plus léger que la gazoline dans la proportion de ço 3.Malheureusement, c'est un gaz tb s léger et son volume spécifique énorme nous empêche de 1 appliquer aux avions.La compression de l'hydrogène dans de- bouteilles n est pas plus pratique à cause du poids de ces bouteilles qui dépassé de beaucoup le poids de l'hydrogène même.D'ailleurs l’hydrogène, même très comprimé, occupe encore un très vaste espace, sa température critique étant tris basse.11 nous reste l’autre possibilité théorique; l'hydrogène à l'état liquide contenu dans fies recipients thermiquement isolés.Pour maintenir la température très basse, nécessaire surtout aux escales où l'utilisation fie la chaleur de vaporisation d’hydrogène n'entre pas en jeu, il nous faudrait une installation frigorifique très compliquée, lourde et coûteuse.Il va de soi qu’un tel dispositif serait très dangereux.Le pourcentage le plus élevé d'hydrogène combine au carbone est de 25% en poids, formant méthane (ClU).C ’est un gaz huit fois plus lourd que l’hydrogène, mais encore trop léger pour qu il soit pratique comme combustible d'avion.Sa chaleur de conduis- 0336 12 I < I : V r I.TIilM KSTRIKLI.K ( A N A I ) I K N X I : tion est de 23,900 b.t.u./lh, ce qui domic par rapport à la gazoline On pourra ainsi examiner tous les hydrocarbures.Au fur et à mesure que le pourcentage d’hydrogène diminue, nous passons par les gaz de plus en plus lourds, jusqu’aux liquides.A la limite des gaz se trouvent le propane et le butane.Ces gaz n’exigent qu’une très faible compression pour se liquéfier et leur chaleur de combustion est un peu supérieure à celle de la gazoline.Une soigneuse étude pourrait peut-être démontrer l’utilité de l’application de ces gaz au moteur d’avion.Parmi tous les éléments chimiques, seulement le carbone et l'hydrogène ont une valeur pratique comme combustibles, ils ont en effet les plus grandes valeurs connues comme chaleur de combustion.Il semble donc fort improbable qu'on puisse prochainement découvrir un combustible dont le pouvoir calorifique permettrait une diminution de poids par b.t.u.Chaque addition d’un autre élément chimique aux hydrocarbures ne peut que diminuer la chaleur de combustion.A ce point de vue les matériaux explosifs n’ont également aucune valeur pratique, malgré les rumeurs qui reviennent périodiquement sur ce sujet.On peut donc affirmer (pie dans le domaine de la chimie une découverte révolutionnaire concernant notre problème est fort improbable.Kilo est plus probable dans le domaine de la physique (les éléments radioactifs: changement de la masse en énergie) tout en restant une possibilité purement théorique.Cet article avait pour but d’étudier le problème d’amélioration des moteurs d’avions et les méthodes de propulsion d’avions en général.Je me suis efforcé de: a) démontrer le manque de fondement de certaines prétentions et de dissiper ainsi les illusions inutiles, b) souligner l’importance et l'utilité d’autres avancés qui semblent être justes et dont on attend la réalisation.Dans la construction des moteurs d’avion, la technique n’a pas encore dit son dernier mot.Quoique le moteur d’avion moderne constitue déjà aujourd'hui un mécanisme magnifique, il attend toujours d'autres améliorations, car son développement final est loin d’être atteint.23900 VII — Contusion Boleslau Sz< zi:\iowski, Professeur agrégé à l’Ecole Polytechnique L’URBANISME ET LA LOI * Il est bien inutile de dresser des plans d'ensemble, de tout agencer en vue d’assurer une circulation ordonnée et rapide sur les voies publiques, et d'élaborer de vastes aménagements urbains et régionaux, s'il n'y a pas une lui pour appuyer ces projets qui ne sauraient être, sans cela, que spéculation vaine.11 appartient au législateur seul de donner la vie à ces conceptions et d'animer ces théories.Sans loi, tout ce qui précède demeure illusoire.I.a loi joue donc un rôle essentiel dans la préparation d’un plan directeur.On répète souvent que, dans la Province de Québec, nous n’avons pas de législation sur l’urbanisme, comme il en existe ailleurs.On tente d’excuser ainsi le désordre qui règne dans certaines de nos municipalités.Sans doute, il serait infiniment préférable que nous ayons une loi générale sur l'aménagement de nos municipalités, et sur les projets régionaux d’urbanisme.Cependant, rien ne nous empêche de parer au plus pressé, dès maintenant.Nous pouvons toujours apprendre à user des textes ou des outils si l’on veut, (pie nous avons déjà entre les mains.C’est le but du travail qui va suivre.I — Pouvoirs généraux relatifs à l'urbanisme Sans avoir de loi générale sur l'urbanisme, comme il en existe dans certains pays d'Europe et aux Etats-Lnis, nous trouvons dans nos lois municipales des dispositions qui permettent à nos villes d’adopter des plans d’ensemble.Il ne faut pas conclure de la que notre code municipal interdise aux municipalités de moindre importance, de s’aménager selon les données les plus modernes de l'urbanisme.Loin de là.Nous constatons que nos villages ont au contraire, la compétence nécessaire pour aller de 1 avant dans ce domaine, grâce à des textes (pii traitent de 1 hygiène, des services publics, de la voirie, des règlements de construction, de l'expropriation, du « zoning » et d’autres sujets que nous étudierons en détail.* Les pages qui suivent sont la reproduction, avec quelques légères modifications et la mise à jour des textes légistatifs qui y sont cités, d’un article publié dans notre revue, en septembre, 1926. 14 hkyi k tuimkstiuei.i.e canadienne Cependant on est encore loin en der;à de la loi française de 1919 qui contraint toute municipalité de 1(1,900 habitants ou plus a adopter un plan «d'ensemble relativement à la largeur et au caractère des rues à percer ou à modifier, aux espaces libres, aux monuments et édifices publies, plan d’ensemble qui doit être accompagné d'un programme de mesures d hygiène et d esthétique, llel.is .Mous n’avons rien de comparable aux decrets-lois de 1 ‘.*35 relatits à l'aménagement de la région parisienne, texte dont on a étendu plus tard le bénéfice à toute- les communes isolées, non comprises dans un plan régional: aux lotissements-jardins, et aux plans régionaux.Il faut bien avouer (pie nous n'avons pas meme sur ce sujet, de législation comparable aux dispositions de la charte de la tille de New-York adoptée en 1930.cuti créent une commission d'urbanisme dont la plupart d( - recommandations ne peuvent etre rejetons que par un vote de-t rois quart s d-s membres du « Board of Intimâtes », lequel en réalité administre cette ville.Mous n’avons pas.non plus, dans le Québec, de lois habilitantes (Enabling Acts), ainsi qu'il en existe dans certaines provinces canadiennes, et dans quelques uns (les états de la république américaine.Ces textes sont fondés, en grande, partie, sur deux lois modèles arrêtées, en 1920.par un comité spécial nommé par Herbert Hoover, lorsqu’il était secrétaire du commerce aux Ktats-l nis.Elles sont intitulées «A Standard City Planning Enabling Act », et « A Standard Zoning Enabling Act ».Elles donnent aux municipalités qui s’en prévalent 1 autorité nécessaire pour dresser des plans directeurs et réglementer le « zoning ».1 Chez nos voisins, la législation sur ce sujet se trouve dans des lois générales qui atteignent toutes les municipalités ou certaines catégories d’entre elles ou les » counties »*, dans des lois qui ne s’appliquent qu’à des municipalités ou à des « counties » nommément désignés, ou encore dans des chartes particulières.En 11*40, trente-cinq états avaient ainsi des loi- d’aménagement urbain, et vingt en avaient sur l'aménagement di s « counties ».1 « The Law of City Planning & Zoning » by Williams, pp.529 et ss.et 581 et s.au sujet des lois antérieures à 1926.La revue s Urbanisme Paris — octobre-novembre 1935.Cf.The New York City Charter— 1930— ch.8.k City & regional planning — summer conference at the Massachusetts Institute of Technology—sept.7 to sept.18-43. 1.'U KB AN I SM K ET I.A LOI 1Ô Notons en passant que la N illo de Montreal est autorisée (en vertu de 5 Geo.VI.c.73, s.67), à créer un service administratif désigné sous le nom de « Service d'urbanisme (le la cité de Montréal », dont le chef prend rang parmi ses directeurs de services.Le conseil détermine par règlement les attributions de ce service et lui adjoint un comité consultatif composé d’au moins sept membres et n n'a qu’à se référer à l’article 426 de la « Loi des cités et villes ", ou à l'article 392o du code municipal, pour s’en convaincre.Ces articles de date assez récente, sont très importants et il convient de les souligner d'une façon toute particulière.12 Ce qu’il faut regretter cependant, avec M.Emile Morin, le sous-ministre des affaires municipales, qui s’est déjà prononcé sur • « Loi des cités et villes », art.428, par.6 et 429, par.15.Charte de la ville de Montréal, art.300, par.7, 9, 10, 78.10 Code municipal, art.407, 414, 417, 419.— « Loi des cités et villes », art-420-429.— Charte de la ville de Montréal, art.300, par.44-14a-15-4f5-91a-109.12G-144.11 k I/)i des cités et villes, art.427, par.18.— Code municipal, 404, par.2.— 414-119, par.11.— «Loi des cités et villes », art.426, par.1 et 29; 427, par.16, et 468.— Charte de la cité de Montréal, art.300, par.44a, 53, 90, 95, 96.— Cf.« Loi de la sécurité dans les édifices publies, S.R.Q.1941, c.170.— « Loi des établissements industriels », S.li.Q.1941, c.175.11 « Loi des cités et villes », S.R.Q.1941, ch.233, art.426, par.1; Code municipal, art.392a (20 Geo.V, c.103; 4 Geo.VI, c.72; 5 Geo.VI, c.69, art.13). 20 I ! K Vt'K T HIM K ST HIE 1.I.E ( ' A N A DIE X X E ce point, c’est que, dans ces municipalités, le conseil se voit refuser la faculté de modifier une ordonnance rendue sur les sujets qui précèdent, sans l’assentiment « de la majorité, en nombre et en valeur, des électeurs-propriétaires d’immeubles situés dans chaque zone ou arrondissement auquel s'applique la modification ou l’abrogation proposée ».Cette précaution semble excessive.Mlle deviendrait inutile, si la loi substituait l’approbation du service provincial d’urbanisme que nous recommandons, à celle des électeurs-propriétaires.Peut-être serait-il prudent dans l’élaboration d’un programme d’urbanisme, de connaître ces dispositions de notre code civil au sujet des vues sur la propriété du voisin.Mlles interdisent entre autres choses d’avoir « vues et fenêtres d'aspect, ni galeries, balcons ou autres semblables saillies sur l'héritage clos ou non clos de son voisin, si ce n’est à la distance de six pieds de cet héritage ».(C.C., art.533 et s.).Voilà le patrimoine législatif qui nous a été légué, en ce qui regarde les pouvoirs des conseils municipaux, de réglementer la propriété privée, au triple point de vue de la sécurité, de 1 hygiène et de l’esthétique.La suite logic] ue de ce t ru va il serait maint (‘liant de nous rendre compte de ce qu’on a accompli en vertu de ces lois.Cela cependant nous condamnerait à un travail peu intéressant, sauf pour le spécialiste, et interminable.Kn ce qui concerne Montréal en particulier, les règlements de construction y sont innombrables et diffèrent avec les quartiers, avec les rues.Paraphrasant la réflexion fameuse de Pascal, on peut en dire: « Vérité d'un côté de la rue, erreur de l’autre ».II faut insister sur une réglementation de la construction des bâtiments qui soit claire, pratique et non dépourvue de certaines règles de symétrie architecturale.Souhaitons qu’elle tende à un aménagement plus rationnel de notre surface bâtWable.Puisse-t-elle seulement promulguer un décret irrémédiable de mort contre les plain-pieds à deux logements sur une largeur de vingt-cinq pieds, et contre les escaliers extérieurs.Notons, avant de terminer, que le Conseil National des Recherches a publié un code national du bâtiment, préparé en collaboration avec des représentants de chaque province.Le service d’urbanisme de Montréal est présentement en train de rédiger un code du bâtiment pour cette dernière ville. l’urbanisme et la loi 21 IV— Dk la VOIE PUBLIQUE, des parcs, terrains de JEU ET MARCHÉS Une législation d’ensemble serait incomplète, si elle ne permettait pas d’assurer des rues commodes et d’aspect agréable; si elle n’autorisait pas dans certains cas l’administration municipale, à acquérir les immeubles requis, avec le moins de Irais possible et d’une façon rapide, pour percer des voies nouvelles ou élargir les anciennes.Des espaces libres sont nécessaires à tout le monde et surtout aux petits.Il faut des marchés pour assurer le ravitaillement de la collectivité.("est ce qu’on a compris partout.Ht l’on peut affirmer que tout cela va de pair avec la civilisation.Il incombe donc aux municipalités de faire des plan- généraux des parties de leur territoire non encore développées, et d’acquérir les immeubles dont elles ont immédiatement besoin.Les cités et villes ont des pouvoirs assez amples sur ce point.Dans les notes qui vont suivre nous ne tiendrons aucun compte de la loi provinciale sur la voirie, pour ne nous occuper que des rues des cités et villes.18 C'es dernières ont la faculté d'adopter des plans d ensemble dans les termes suivants: D’après l’article 413 de la charte de Montréal: « Le conseil pourra donner instruction à l’inspecteur de «la Cité de tracer.sur des plans ou cartes, toutes les « rues, voies publiques, places et squares.avec leurs li" mites et dimensions, pour charpie quartier séparément.i< de manière rpie les dits plans ou cartes correspondent « les uns avec les autres, et forment une fois complétés et a confirmés par la Cour supérieure de la manière ci-après « prescrite.« Le Plan général de la Cité rie Montréal ».« pourvu toutefois que la présente clause ne s’applique a qu’aux continuations du plan de la cité tel qu'homologué a et actuellement en vigueur.» Kt l’article 41S ajoute: « 418.- La cité ne sera pas tenue de payer une indemnité « ou des dommages-intérêts pour un bâtiment construit ou 13 « Loi de la voirie », S.R.Q.1941, c.141. 22 REVUE TH 1M F.STR IK I.L E (' A N A DI E N N E « pour dos améliorations effectuées sur un terrain ou sur « une propriété, ni à raison de baux ou contrats passés « relativement à un terrain ou à une propriété après la « confirmation d'un plan ou carte quelconque, ou de quelle quos modification ou addition qui y sera faite ».Le conseil pourra encore: « Réglementer la subdivision ou rue- de tout terrain situé « dans les limit< s de la cité, prohiber telles subdivisions « lorsqu'elles ne coincident pas avec le plan général.ci «obliger les propriétaires de rues et de ruelles privées a « indiquer que les dites rues et ruelle.- n'appartiennent pas « à la cité.# Charte, art.300, par.8 1 .Bien plus, la ville a l’autorité requise: « Pour tracer di - plans de nu s - étondant.aux confins ou « à un endroit quelconque do Pile de Montréal, afin d'avoir un plan général des ne - dans toute Plie ¦.( liarto, art.« 300, par.119).« ( 'cpendant cet article ne .-'applique pas « aux municipalités qui ont déjà fait filin' et homologuer un plan de leurs rues à moins qu’elles n’y couse ntent «.La « Loi de- cité.- et ville.- 1 contient des dispositions identiques aux article.- 113 et !1S que je viens de citer.14 RL n de seniLlahh n’existe dan.- le code municipal, Lien qu’on v pttis.se trouver toute la matière requise pour l’execution d’un programme élémentaire d'urbanisme, ainsi que nous le verrons.( )n a pensé qu’il ne fallait pas laisser aux individus, ni aux municipalités i xehisivemont le soin de fixer la largeur de - rues.La Législature a donc décrété que: « 5.Dans les cités, les villes et les municipalités de « village, quelle que soit la loi qui les régit, les chemins « et les rues doivent avoir une large tir d’au moins soixante1-II six pieds anglais.> 15 >< Art.430 et s., 429, sous-par.8 de la « I/>i des cités et villes », S.R.Q.1941.1 s Ix)i relative aux rues publiques, S.K.Q.1941, c.242, art.5.— cf.Au sujet des chemins clans les campagnes.— Code municipal, art.468, 469.— « Loi des cités et villes », 1941, art.429 et s. I.’urbanisme et la loi 2.3 Le lieutenant-gouverneur en conseil peut cependant dans certains cas exceptionnels tolérer des rues de moindre largeur.*® .Nous avons vu que, dans les cités et villes, l'administration était libre de projeter sur un territoire quelconque une espèce de t reillis imaginaire, et interdire ensuite aux propriétaires de const ruire entre telle maille et telle autre, alin plus tard d y établir une rue, ou entre telle et telle autre, en vue d'en réserver l'espace pour une place publique.J'ai oublié de dire que, si l’individu qui construit sur ces parcelles n'est pas indemnisé de ses améliorations quand l'expropriation a lieu, la municipalité d'un autre côté, n’est pas exposée au paiement de dommages-intérêts, -i elle décide a un moment donné de renoncer à son projet.Mlle a tu plus le moyen d'augmenter gratuitement la largeur de ses rues, en établissant un alignement ou une ligne homologuée.On confond souvent ces deux servitudes, Lien qu elles diffèrent considérablement l'une de l'autre.11 y h un alignement lorsqu'un reglement décrète que Its maisons devront être à une certaine distance du domaine public.La ville de Montréal peut imposer rie cette façon une servitude d’utilité publique sur la propriété privée jusqu'à vingt-cinq pieds de profondeur.(( harte, art.300, par.-Mu).* >n dit alors que la ligne d construction ou l’alignement est à vingt-cinq pieds île la voie puolique.Ces restrictions demeurent tant qu’elles n ont pas été abrogés.17 II en est ainsi d'ailleurs des règlements de eons-t met ion.La ligne homologuée est imposée, lorsque la municipalité a l'intention d'acquérir plus tard, le terrain ainsi affecté.1.11" a le même effet que le plan général dont nous avons déjà parlé.Mlle diffère de la ligne de const met ion en ce qu'elle n'est pas toujours tirée le long d'une me: on trace des lignes homologuées à travers des terri - non loties.Le propriétaire ainsi gêné dans l'exercice de son droit n’a aucun recours.La ville de Montréal, avec son consentement peut toujours acheter la parcelle de terrain affectée par cette ligne, au montant de l’évaluation municipale du terrain plus 20% s’il est bâti, et de l’évaluation municipale si ulc s'il ne l'est pas.Autrefois, l’administration était tenue de procéder à cette acquisition, selon le- termes qm précèdent, si le propriétaire l’exigeait.*• Art.7 S.It.Q.1941, c.242.— Charte de la ville de Montréal, art.420a." Morgan v.La cité de Montréal, 00 C.Suprême, 393. 24 UKVn: TRIMESTRIELLE CANADIENNE Maintenant qu'elle est devenue faeultative.cette clause n'est d'aucune utilité.Knfin.le propriétaire n’est pas astreint au paiement détaxés municipales pour ce qui est ainsi séparé du reste de sa propriété, lorsqu’aucune construction n'y est érigée et lorsqu i1 n’en retire aucun revenu.Cette dernière disposition devrait être reproduite dans la « Loi des cités et villes » qui est muette sur ce point.L’homologation se prescrit par trente ans.ce qui ri a pas lieu pour la ligne de construction.Le code municipal ne permet pas l'établissement de lignes homologuées.18 Les lignes de rues marquent les homes du domaine public.1* Knfin.il nous reste à apprendre ce qu’est une ligne d’expropriation.Mlle sert à indiquer l'espace compris dans le projet d’acquisition.Kl le a le même effet que la ligne homologuée, en ce sens que, dès son établissement, les fieux doivent demeurer dans le même état: autrement aucune indemnité n'est payée pour ce qui y a été édifié, ou par suite des baux consentis, après la décision de 1 autorité municipale.Kn ce qui regarde la ville de Montréal, cette servitude se prescrit par un an « après qu'avis de la resolution concernant cette expropriation a été donné dans le conseil ».Le temps expire le propriétaire peut disposer de sa propriété en toute lit>ert• ¦.-° Rien de semblable n’existe pour les autres municipalités.Ces restrictions favorisent la fibre expansion des ville-, ( e sont aussi autant d'entraves à la libre jouissance du droit de propriété.Les alignements constituent des servitudes que l’on supporte mal en certains cas.Les procédures en expropriation longues et compliquées d autrefois, ont été considérablement simplifiées, en ce qui concerne du moins la ville de Montréal.Mais les administrations municipales ne sont pas toujours tenues d'adopter ces procédés, hiles ont divers autres moyens d’acquérir la propriété privée.Avant de s’engager dans cette étude cependant, il faut rappeler le grand principe formulé par l’article 107 du code civil a 1 effet « que nul ne peut être contraint de céder sa propriété, sans une >< C.C.2242 — Charte do la ville, art.300, par.44a.— art.413-417-418-419a-419c-420-452.Cité de Montréal & Succession Smith, 54 C.S., 124.Cité de Montréal v.Tiffin et vir, 17 R.L., n.s.472.18 Code municipal, art.417.— Charte, art.300, par.91.« Loi des cités et villes », art.429, par.5.80 Charte de la ville de Montréal, art.428, 437. I.'URBANISME ET LA !.0I 25 juste et préalable indemnité.)) Voyons maintenant comment une municipalité peut devenir propriétaire.Mlle est autorisée d’abord à s'approprier la propriété privée pour fins d'utilité publique, par achat de irré à gré.selon les dispositions du code civil relatives la vente.21 ( est le moyen de droit commun.Idle peut aussi recourir aux procédures en expropriation qui lui sont propre.-.Ainsi selon le code municipal la compensation à payer est d'abord estimée par les évaluateurs municipaux, aptes audition des intéressés et tic leurs témoins.Leur decision est definitive, si la partie expropriée nd n appelle pas dans les trente jours de l’avis qu’ils ont donné qu'elle était déposée au bureau de la municipalité.S'il y a appel, trois arl it res sont alors nommes: 1 un par l'administration: l'autre par l’exproprié, et le troisième par les deux arbitres déjà choisis.11 procèdent de la même façon que les estimateurs, et rendent un décret qui est huai et sans appel, f'es dispositions s'appliquent aussi aux corporations de comté.22 Depuis l’année 1922, la Commission des Sendees Publics de la province d< Québec a charge de taire les expropriations décret! es par les cités et villes, y compris Montréal.Sa décision est sans appel.23 J.es pouvoirs de la ville de Montréal présentent cependant certaines particularités qu'il n'est peut-être pas inutile de souligner.D’abord, non seulement peut-elle exproprier dans les limites de son territoire, mais il lui est permis de « prolonger des nu s a travers le territoire d’une autre municipalité ».Kn deuxième lieu son droit d'expropriation est sans limite, en ce sens qu’elle peut acquérir toutes sortes d'immeubles et de terrains, « par toutes fins municipales quelconques ».Sa charte l'autorise même à exproprier plus que les immeubles requis pour les fins proposées afin de revendre 1 excédent, « pourvu que les propriétaires ne soient pas appelés a payer « le prix d’achat de ces immeubles » et que ce soit avec leur consentement, (art.421).! 1 Art.1472 et a.— Code municipal, art.794-795.— « Loi des cités et villes », art.605.— Charte de la ville de Montréal, art.421.Code municipal, art.356, 7S9, 790, 792, 795, 796.L’article 790 a été reproduit dans la « Loi des cités et villes », art.607.Loi relative ù l’expropriation, 4 Geo.VI, c.71.« Loi des cités et villes », art.429 et 605 & s.Charte de la ville de Montréal, art.421. 20 lu-: v i i : trim ]-:sth 11; !.i.k t : a n a di k x n k Kn plus: « Dans tous les cas où il n'est exproprié qu’une partie « d’un immeuble qui se trouverait réduit par cette expro-« priation, à moins, de quarante pieds en profondeur " ou de vingt-quatre pieds en largeur, le président ou le « président-suppléant de la Commission des services pu-ii hlies de Québec décide si la cité doit acquérir le lot u « les lots en entier.Lorsqu'il s'agit de l'expropriation a totale ou partielle d’un bâtiment ou d’une construction « quelconque, il décide également et de façon à réduire « le plus possible le coût de l’expropriation, si la cité doit ac-« quérir le dit bâtiment ou construction en totalité ou en «partie, ou si l'exproprié devra transporter sur le reste «de son terrain, le dit bâtiment ou construction, dans « un délai qu'il fixe, et moyennant une juste et préalable «indemnité.« Art.427 amendé par 15 Geo.\ , c.92.« art.36).L’administration lie saurait être condamnée à payer des trais de témoins, d’experts ou d’avocats (Art.436).Les acquisitions d'immeubles de la ville de Montréal, pour le percement ou l’élargissement ries voies publiques, ou pour l’établissement d’espaces libres, sont ordinairement payées par les propriétaires riverains, ou par les contribuables d'un district.Ces cotisations s'échelonnent d’habitude sur une période de dix :\ vingt ans.Comparons cette façon de procéder au système de la ville de Paris.Ainsi pour la dernière percée du boulevard Ilaussmann qui a coûté environ x5 millions de francs, la municipalité ne supporta que ôte; des frais dans une certaine section, et 60L) dans une autre; la société à qui les résidus de terrains furent abandonnés, paya le reste, à charge de « démolir les immeubles expropriés et de reconstruire ou de faire reconstruire à l’alignement sur les parcelles restantes «.( >n évalue le coût de revient des terrains que ce syndicat eût ainsi à revendre, à 4,300 francs le mètre, et le chiffre de la revente à une somme variant eut re 1 1,000 et 25,000 francs le met re.54 Un tel système adopté ici, dans certains cas, contribuerait peut-être à soulager le contribuable.> * « L’Illustration », 4 juillet 1925 L'riiliAMSMF.ET LA LOI 27 | (> troisième mode mémoires expérimentaux ne so rapportaient qu'à un soul ordre d'idoo.Le public lui-même entendait bien parler do oos découvertes, au hasard d’une séance publique de l’Académie, mais se contentait d'admirer de loin un homme qui présentait dans un langage clair des théories qui respiraient le bon sens.Nous avons vu que Lavoisier était un réaliste.Les travaux qu'il a entrepris avaient toujours un aspect pratique et concret, les conclusions ne dépassant jamais les résultats immédiats de l'expérience.Mais ht somme de ces résultats formait un ensemble extrêmement cohérent sur lequel l’esprit généralisateur du chimiste pouvait édifier une théorie fini dépassait de beaucoup les bornes du pli logistique et du problème de la combustion.Lavoisier résuma, dans son célèbre 7 r (>S.Lavoisier m tut pas élu mais nomme comme adjt d abord, puis en 1S19-1S20.Au cours de son premier voyage, Baciiei.ot de i.a Pii.aie., alors âgé de trente ans, fit d’abondantes récoltes et de nombreuses observations, qu’il compléta dans son second voyage, de plus longue durée.* Voir bibliographie. 74 HEVI'K TRIMESTRIEI.I.E CANADIENNE l-ii 1S29, notre explorateur entreprit à Paris la publication de sa /¦ lore dr Terre-A1 cun < / den ilex St-Pi< rre < t Miclon (sic), une œuvre considérable et fort bien éditée par les soins de la maison Fihmin-Didot.Mais l’on imagine bien qu'à cette épocpie la flore de Terre-Neuve ne pouvait guère intéresser les foules! Même aujourd'hui je ne crois pas qu’il existe une seule flore de la grande île ! Kn tout cas, l’ouvrage do Bachelot réunit un nombre insuffisant de souscripteurs.et seul le premier fascicule v it le jour.Or, fort heureusement pour les algologuos, ce premier fascicule, de 100 et quelques pages, portait uniquement sur les Laminaires et les Fueux — l’introduction générale devant être publiée plus tard,- et il se trouve que ce fascicule qui n’eut pas de suite est le premier travail d’algo-logie américaine.Baehelot de i.a Pyi.aie était un dessinateur émérite (il avait même commencé par être lithographe), et il exécuta sur les plantes de I erro-Xeuvc une sérié de dessins admirables,- qui ne furent cependant jamais publiés, et qui devinrent après sa mort la propriété du Muséum National d’ITistoire Naturelle de Paris.Par suite de circonstances qu il serait trop long de décrire ici, quelques-uns de ces dessins originaux sont actuellement dans le- archives de not re Institut botanique.Il suffit de les examiner un inst ant pour se rendre compte que Bâche lot ni: i.a Pyi.aie était non seulement un grand savant mais aussi un grand artiste, et il est regrettable one les planche.- devant accompagner le premier fascicule «le la Finn di Terre-Neuve n’aient jamais été publiée.-.Malgré- sa t rès réelle valeur scientifique, le t ravail de Bachei.ot de i.a Pvi.aie,- étant donné son caractère fragmentaire, et le peu de diffusion (pi il a eu,— n'a aucunement contribué à l'éclosion de vocations d’algologues de ce côté-ci de l’Atlantique.11 est msté pratiquement inconnu, sauf de quelques spécialistes, ("est un ouvrage qui a toujours été rare, à cause de son faillie tirage, et qui prend de plus en plu- de valeur avec les années.I.'Université McGill en possède un excellent exemplaire, que l'on peut consulter à la bibliothèque du Département de Botanique.On ne connaît malheureusement aucun portrait de l'auteur.2.William Henry Harvey (INI 1-1866) 11 faut donc attendre vingt ans encore avant que naisse véritablement l'algologie américaine, à la suite du voyage que fit en LES GRANDI S ÉTAPES DE L AI.GOLOGIE AMÉRICAINE 75 Amérique en 1849-1850, un éminent botaniste irlandais de l'Université de Dublin, William Henry Harvey.Après avoir systématiquement exploré la côte de l'Atlantique depuis les Provinces Maritimes jusqu’aux caves de la Monde, et après avoir établi des relations avec plusieurs correspondants susceptibles de lui fournir des renseignements utiles, Harvey, après être retourné en Irlande, rédigea son A mis Boreali-A nuricana, nr Contributions to u history of tin Marine Algae of A orlh America.I,'ouvrage, dont le texte est entièrement en anglais, le titre seul étant en latin,- fut publié par la Smithsonian Institution de Washington, en trois parties, de 1S52 à 1858.De format in-quarto, il comporte 550 pages et 50 planche.- en couleurs dessinées par l’auteur lui-même, < )n y t rouve la description de 47 1 espèces d'algues, presque toutes marines, et représentant la flore, telle que connue à cette époque, de toutes les côtes de l'Amérique du Nord, depuis les Aléoutiennes jusqu’à Terre-Neuve, en passant par la Californie, le golfe du Mexique et les Antilles.11 va sans dire que l'inventaire de Harvey ne prétendait pas être complet, puisque,aujourd’hui encore, certaines parties des côtes nord-américaines,— autour du golfe du Mexique par exemple,— sont encore très mal connues.Les entités décrites dans le Nereis se répartissent comme suit entre les grands groupes d’Algues: Phéophycées.104 Khodophyeées .263 Chlorophycécs.84 Myxophycées.22 Chrysophycée- .1 1 otal .474 Si l’on songe à l’immense étendue du territoire considéré, et au peu de temps que Harvey put consacrer lui-même à la récolte des spécimens, ce résultat est vraiment extraordinaire.Harvey avait, paraît-il, la réputation de travailler non seulement très bien mais très vite aussi.En tout cas, son Nereis suscita bien des amis à l'algologie et lui fit faire de grands progrès en Amérique.Harvey n’était pas seulement algologue.J’allais dire: c’était aussi un botaniste,— tant on est habitué d’associer ce terme à l'idée de fleur! Disons que c’était un botaniste éminent, qui avait beaucoup voyagé, et qui a publié plusieurs ouvrages fondamentaux, 76 UK V V K TUI M KSTHI ELL 1 C A X A I) I K N N1 : non seulement sur les Cryptogames mais sur les Phanérogames aussi.C’est lui (pii, avec Sonder, a fait connaître la flore du cap de Bonne-Espérance, dans un Flora capensis aujourd’hui classique.hors de son premier départ pour F Afrique-sud se produisit un incident cocasse résultant de la résistance à la rupture du « red tape » anglais de l'époque.IIarvky avait fait application pour le poste de Colonial Treasurer à Capetown, fui demande est agréée, mais la nomination est faite par erreur au nom d'un de ses frères aînés.Le ministre intéressé ayant subitement permuté, impossible de faire rectifier avant le départ du navire, et c'est Joseph Harvey qui s’embarque pour les Antipodes, Colonial Treasurer malgré lui.Heureusement que Joseph, bon garçon, jugea convenable d’amener comme « assistant » son jeune frère le savant botaniste.Harvey avait un style très agréable, et il excellait à rédiger, pour ses traités techniques, des introductions attachantes visant à faire du lecteur bénévole un néophyte ardent.Dans un de ses ouvrages, il raconte une anecdote qui illustre bien la différence d'attitudes entre le savant (pii ne connaît pas et qui découvre, et l’ignare qui connaît tout mais ne découvre rien.Au cours d’un dragage dans Long Island Sound, en compagnie du professeur Baikey.dont nous reparlerons tout à l’heure, nos deux algologues sortent de la mer une magnifique récolte d’un Polysiphonia remarquable que Baii.ey avait dédié auparavant à Harvey, et qu’il avait hâte de lui faire voir.Devant les exclamations enthousiastes de ses passagers, le batelier s’approche, prend une poignée de la « chose » en question, puis la jette à la mer en disant: « Pooh! that’s what we call nigger-hair.» 3.William Gilson Earlow .( 1S44-1919) Celui rpii par la suite contribua le plus à l'avancement de l’algo-logie américaine est Ufclliam Gilson Eari.ow.disciple d’Asa Gray, et qui établit la bomfiique cryptogamique en Amérique sur des bases solides, tout comme son maître l'avait fait pour la botanique phanérogamique.Eaklow, après avoir complété ses études scientifiques et médicales à l’Université Harvard, fit un stage de quelques années en Allemagne, chez De Bary, l'un des grands maîtres d’alors, à l'époque où la réaction contre la botanique systématique, qui avait prévalu pendant un siècle, après la mort du grand Linné, était en pleine effervescence.Et comme dans toutes les effervescences, la LKS GH A N DIS ÉTAPES DE l'aI.GOLOGIE AMERICAINE I t mousse passait par-dessus bord.Le pendule, parti de trop liant, allait trop loin.« Ici, écrivait Farlow à son maître, la systématique ne compte plus, il n’y a que Ventwicldungsgeschichte,— l'histoire du développement-,— et l'anatomie microscopique.» Lt il ajoutait malicieusement: « Au train où vont les choses, dans 20 ans, il n j aura pas un botaniste en Allemagne qui connaisse quoi que ce soit à la flore du pays "3._ , l'ne autre fois, Faiu.ow écrivait à Asa Cray, qui lavait envoyé en Iiurope pour apprendre à connaître les Champignons, Algues, Lichens.Mousses et Hépatiques, aussi Lien que lui, Cray, connaissait les Phanérogames d'Amérique,— les lignes suivante.-.« As to the naming common toadstools, they are none the easier to name because they are common.You are certainly not very modest in your demand that 1 shall be able to name Fungi, Algae, and Lichens.When you consider that then is not a single botanist in Europe who can do that, it is not very likely at my age that 1 shall be able to do it »4.Homme d'un jugement sûr, Fahlow, tout en reconnaissant l’importance des études sur le développement ontogénique, reconnut toujours aussi la néces-ité de la botanique systématique.Lt un de ses premiers ouvrages, lorsque revenu en Amérique, et attaché t\ l'Université Harvard comme professeur de botanique cryptoga-inique, fm mie Flore des Algues marines de la Noueelle-Angleteiif, publiée en 1 SS 1, et qui jusqu’à ces dernières années resta le seul trueheman pour l'étude de la flore algologique de la cote de 1 Atlantique6., Au cours de sa longue et féconde carrière, F ahi.ow créa un herbier cryptogamiquc considérable et.une bibliothèque extrêmement riche, qu'il légua à l'Université Harvard, et qui, conservés à part, constituent aujourd’hui ce qu'on peut appeler officieusement le Endow Institute.11 forma aussi toute une pléiade de savants, dont un en particulier joua un rôle eminent dans 1 étude de 1 algo-1, ,gie américaine: le professeur William Albert Setchell.4.William Albert’ Setchell (1S64-1943) Setchell, qui fut pendant longtemps professeur à l'Université de Californie, entreprit, à compter de 1S9Ü, alors qu’il arriva », « et 5 Voir bibliographie. 78 REVEE TIilMESTRIELLE CANADIENNE à Berkeley, de non.- faire connaître dan- le détail la riche flore al-gologique de la côte du Pacifique.Nous savons, par exemple, aujourd’hui, que la côte ouest des Amériques,-—je dis des Amériques parce qu'elles constituent ensemble une seule région phytogéographique, au point de vue de l’algologie marine, d’après le maître japonais Ukamira,- compte 1185 espèces, dont, fait surprenant, 714 sont endémiques (soit 00.2%), avec 36 genres particuliers à cette côte6.I n exemple île ce que je viens fie dire au sujet de la similitude des (lores algalcs nord et sud-américaines, du moins dans le Pacifique, se trouve chez les Macrocystis, dont les deux mêmes espèces se trouvent à la fois dans les deux régions.Setciiell* et ses collaborateurs sont à publier, depuis 1919, un grand traité complet intitulé Marini Algae of the Pacific Const of North America, dont trois parties ont paru jusqu'à maintenant: 1° les Myxophycees AM espèces), en 1919; 2° les Chlorophycécs 129 espèces), en 1920; 3° le- Mélanophycées, ou Phéophycées, en 1925.Il reste a paraître les Rhodophycées, pour compléter ce magistral ouvrage, qui déjà est extrêmement utile, non seulement aux botanistes de l'ouest, mais à tous ceux qui s'intéressent à la géographie botanique et à la répartition des flores dans le monde.5.Frank Shirley Collins (1848-1920) Pendant les vingt premières années du XXe siècle, l’algologie du nord-est de l'Amérique fut complètement dominée par Frank Shipley Collins, qui devint graduellement le maître en algologie pendant que I'Aki.ow versait ch- plus en plus vers la mvcologie.Collins est un des meilleurs exemples qu’on puisse trouver du savant « amateur ».Bien qu'il n’ait pas eu l’avantage d’un entraînement universitaire, et malgré qu’il ait passé sa vie entière comme technicien dans une fabrique de chaussures, il a laissé une œuvre scientifique considérable, élaborée dans ses « loisirs », et qui ne le cède en rien,-—qui est même de beaucoup supérieure,-—-à celle de nombreux universitaires standardisés.W.R.Taylor écrit à ce sujet dans la préface de son traité de 1937: « The long • Voir bibliographie.* Il est décédé-, le 5 avril 1943, quelques mois après la ré-daction du présent travail.(Cf.Science, 97: 458/ 1943.) les GRANDES ÉTAPES DE l’ALGOLOGIE AMERICAINE 79 and fruit fui service which lie çave to the study of Algae as an a\ oca-tiun is one of the notable records in American amateur botanx .Né à Boston, Massachusetts, le (1 février 1S4N, Collins fut gradué d'un N< 'bl'SK ).\S Tels sont donc les inst ruments.d'origine américaine, dont nous disposons à l’heure actuelle pour l'étude de Falgologie sur notre continent.Je me suis intentionnellem» nt limité aux t ravaux t ri-s généraux, mais il est bien entendu que c'< st sans préjudice de la valeur scientifique, suivi nt t ri s grande, «le- n< ml reux t ravaux partiels ou monographiques de la plus haut' importance, indispensables à tout chercheur sérieux, et dont nous n'avons mentionné ni les auteurs ni les titres.J’ai dit aussi: «d'origine américaine», parce que je n’ai pas même fait allusion,— c'était en dehors de mon sujet,— à des ouvrages européens fondamentaux, qui nous sont d'autant plus nécossair< < que l'habitude se répand de plus en plus en Kurope d'intituler un ouvrage, par exemple, « Flore des eaux douces de IT.urope cent rai" », e* d'y inclure toutes les espèces du monde entier! Je pense en particulier à la Sü^wastrifloni de P ascii kr et aut re.-, dont la première édit ion e-u int it niée Sü^sirnssi rflnra l)i utsch-hnuls, Orxti rn ichs vint ih c Scitin iz, la seconde Süxxicasxt 'rflnra M’lldntroptis, mais où l'on trouve tout ce que l’on veut en fait d'algues d’eau douce, même des espèces qui iront jamais été trouvées ailleurs qu'en Amérique du Nord.Je songe aussi à la seconde édition de la Kruptngamcn-Flora de Rahknhorst, en cours de publication au début de la guerre actuelle, et dont la partie sur les Dosmidiécs.en trois ou quatre gros volumes, est une flore mondiale complète, avec clefs, diagnoses, synonymie, illustrations, de toutes les espèces de cette immense famille, (>t où on lit souvent ties observations comme celles-ci: « Xur ans Rrasilien bekannt »; « Xureinmal von Suringar in Japan gefun-den »; « Xur ans Kuba bekannt », etc.lit cependant l’ouvrage est intitulé (je traduis): « Flore des Cryptogames d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse ». S8 R K WE TIUMESTRIF.U.E CAN A D1ENNF Môme remarque pour les flores de Frkmy sur les Myxophycées de telle ou telle région.Dans les Myxophycées de l’Afrique équatoriale française (1930), sur MPI espèces décrites, 162 tso;t 41',) sont marquees «à rechercher» pour l’A.K.F.Dans les Cyanophy-ci’/s dis Côtes d'Europe (1934) du même auteur, qui devait primitivement s'appeler Cyanophyeées dis Côtes de France, I né.MY écrit dans son Introduction: « Pensant que toutes les espèces d'kurope qui n'ont pas encore été signalées sur le littoral français sont susceptibles d'y être rencont rées.il (hauteur) les a introduites dans cet ouvrage.» De sorte que sur 26ü espèces décrites, 122 '-oit 46 / ) sont marquées « à rechercher » pour les Côtes de France.Vous voyez donc quelles sont les tendances actuelles chez les algologues européens, sinon encore chez les américains: 1 décrire toutes les espèces connues, dans un groupe donné,— genre, famille, ordre ou classe,— sans attacher d’importance particulière aux régions où elles ont été effectivement trouvées, se disant quelles peuvent,— peut-être,— se rencontrer partout; 2° décrire dans une monographie régionale toutes les espèces susceptibles.— peut-être, — de s'y trouver; dans ce, ca- c'est le point de vue phytogéogra-phique qui l'emporte sur le point de vue systématique: 3° décrire, à propos de tel ou tel habitat, toutes les espèces qu’on peut raisonnablement s'attendre d'y rencontrer; ici enfin, c'est le point de vue écologique qui prend le pas sur le point de vue purement systématique.Cette attitude et ces tendances, de plus en plus répandues, présentent des avantages et des inconvénients.Les avantages I I.on n’a plus besoin de compulser huit ou dix mémoires, en trois ou quatre langues différentes, avant de trouver la diagnose cherchée: l'identification est beaucoup plus rapide, et jusqu’à un certain point, plus sûre, parce qu’on ne travaille plus avec des clefs partielles, mais avec des clefs complètes; il y a, de plus, moins de risque qu’une espèce rare, mais déjà connue et décrite (disons: de la Nouvelle-Zélande), soit prise pour une nouveauté par un nord-américain qui la trouve pour la première fois, et décrite de nouveau sous un autre nom, comme cela est arrivé maintes fois, à moi-même comme aux autres.Les inconvénients?Avec ce système, les auteurs doivent forcément parler, de temps en temps, peut-être plus souvent qu’il ne faudrait, de choses qu’ils ne connaissent pas tri-s bien, qu’ils n’ont jamais vues de leurs propres yeux, qu’ils décrivent d'après d’autres auteurs, ce qui les conduit inévitablement à errer dans certains cas. les grandes étapes de l’ai.goeogik américaine 89 Quoi fju’il en soit, il so pout quo, dans quelques années, on n'utilise plus, on algologic d'eau douce, et peut-être dans d autres domaines aussi,— la protozoologie par exemple,-—que dos « monographies universelles ».Dans quelle langue ces ouvrages se publieront-ils?Dans l'état chaotique où se trouve le monde aujourd’hui, il est impossible de donner une réponse à cette question.Jusqu'en HI39.ht plupart de- grands ouvrages généraux de botanique systématique étaient en langue allemande, après avoir été longtemps en langue latine, Kn tout cas, chose certaine, les traducteurs pourront .-'en donner à cœur joie, car les « monographies universelles » de l'avenir seront indispensables dans tous les pays, et donc devront être pré.-cntée.- aussi bien en français qu’en allemand, aussi bien en rus-e qu'cri anglais, aussi bien en japonais qu'en portugais, etc.* * * VOIE- vous demandez peut-être quelle a été notre part, à nous < anadmns-français, dans l’avancement en Amérique du Nord de nette spécialité botanique qu’est l'algologie.Mlle pourrait être nulle ou pre-que.et cela n'aurait rien d'étonnant.Kn effet, dims bien des disciplines scientifiques, sinon dam- toutes les disciplines, les Ktats-Knis ont emboîté le pas un demi-siècle ou un quart de siècle après l'Kurope.et nous, non- l'emboîtons un demi-siècle ou tin quart de -iècle après les Ktats-l'nis.Rappelez-vous la parole de l’abbé Lionel (irouix: 11 Nous somme- un peuple condamné à rattraper perpétuellement le temps perdu.» Mai- ce décalage assez humiliant, aussi bien pour les Ktats-Knis que pour notre pays, tend à disparaître, et no- institutions -oientifiques s'affirment tous les jours davantage ,-auf quelque-unos où, pour employer la formule imagée de notre ami ( 'vrias * tucllot, « l'on .-'obstine à couver des œufs qui ne demandent qu’à éclore .Dam- le domaine qui est le mien, je suis tier de pouvoir dire que nous avons commencé à faire honorablement notre part.Depuis 1930.les matériaux .-'accumulent, à l’Institut botanique, et les donnée- se précisent qui permettront dans quelques années de placer à côté de la l'Ion laun nhcnnr (sous-entendu'.vasculaire ).une l'Ion ci'uptogamique laurcnlicnnc comprenant les Champignons, Lichens, Algues et Mousses.Nous avons déjà comme contributions de base à cette œuvre importante de l'avenir: l’inventaire des Algues marines de Marcelle (iAi vitKAU.dont j’ai parlé déjà: la Flore ilr.wudmh- de la région de 90 nKVI'f: TniMKSTHI KM.]-: ( A\A DIK.V.N K Montréal, du Frère Iki'xkk-Mahik; les collections et publications du regretté Monsieur Dupn t.stilpicien.sur les Mousses: les collectons et travaux de Monsieur René Pomkkleai- sur les Champignons, particulièrement les parasites de nos arbres, etc.Il ne faut pas cependant se faire d’illusions sur la magnitude de ht tache.Rappelez-vous le mot de Fahi.ow à son maître Asti Ghav: h Not a botanist in Europe can do that ! » Dans la seule tourbière de Saint-Hubert, le Frère Ikkvkk-Maiuk a décelé 500 espèces de Desmidiées, et les Desrnidiées ne sont qu'wne famille d’Algues vertes.Que sera-ce rptanrl vingt tourbières auront été étudiées d’une façon aussi exhaustive, et que quarante familles auront été monograph iées ?t e.-t donc seulement par I accumulation d’un grand nombre de travaux d approche, et par la collaboration de plusieurs spécialistes que pourra se réaliser éventuellement ce grand projet d’une /• lore cryptogamifjue laurnitinmc.* * * .Vous avons surtout traité, dans ces pages, de botanique systé" matique.ce qui évidemment n’est qu’un angle sous lequel on puisse emis.iget I etude des Algues.1 n exposé complet devrait tenir compte de bien d’autres points de vue: morphologie, physiologie, écologie, géobotanique, etc.Mais, out re que ces points de vue n’ont été en vis,âgés que récemment en Amérique, et que le gros des recherches dans ces domaines a été effectué on Europe, il m'a paru qu’un exposé historique de la systématique des Algues devait avoir préséance sur tout autre aspect de la question, parce que c’est l’aspect le plus ancien, le plus fondamental, et que tous les autres présupposent celui-ci.I.e I ère 1 eii.hard i>k ( iiardin', s.j., a consacré il y a quelques années un magistral article dans « Scicntia » à la démonstration de ces élémentaires vérités, et nous voudrions avant de terminer en extraire quelques lignes significatives: « Entre la Systématique d’une part, et les autres Sciences biologiques d aut re part, la seule différence importante, au fond, est que celles-ci se limit» nt a l’étude d’unités organiques qui se trouvent être de même ordre que notre individualité humaine,— au lieu que celle-là dissèque les éléments, et équilibre les fonctions, d’une masse organisée infiniment plus considérable, à savoir la couche vivante r,,|i enveloppe la Terre, la « Biosphère» (Suess): objet immense, les ghandks étapes de i.’ai.goeogie américaine 91 et qui nous paraît vague parce que nous y sommes noyés comme dans une Voie lactée,— mais objet magnifique, qu’il est la gloire de la Systématique d’avoir, plus que toute autre Science, contribué à révéler et à analyser »16.Par ailleurs, l’importance de la systématique, ou plus spécialement de la taxonomie, a été mise en lumière d’une façon extrêmement originale par un autre auteur français17 cité tout récemment au texte par un savant anglais18, avec le commentaire suivant: T hr text must remain in the original I' reach; it could not hove been written by on .1 nglo-Saxon and will not bear translation: « La taxonomie est la science de l’Ordre.« Kt l’Ordre, qu’est-il?Il est la < " ' suprême du bien, de même que la confusion, le trouble, le chaos sont source de tout mal.« Découvrir la vraie place de chaque chose, et 1 y mettre si elle ne s'y trouve déjà.Voilà le souverain but de la science et de 1 art.et c’est la Taxonomie qui en ouvre le chemin.« La confusion et le désordre, ce sont les ténèbres, c est 1 impuissance.c'est la stérilité, c'est la misère, c'est la souffrance; c est la déperdition et le gaspillage des forces désorganisées se dépensant en frottements, contrecoups et entreehoquements douloureux.« L’Ordre, c’est l’organisation normale, c’est l'organisation parfaite, où toutes les parties sont agencées suivant leurs vrais rapports de nature, et fonctionnent librement.« L’Ordre, c'est la Liberté.« Il est la lumière, il est la force, il est l'harmonie, il est la beauté, il est le bonheur.« Honneur à la Science de i.Ordre! » * * * Voilà où peuvent nous conduire les Algues.et la Systématique.Jules Brunei, Sous-directeur de l'Institut botanique de VUniversité de Montréal.", "et 11 Voir bibliographie.2783 92 H K VIT.TH IM KSTIM KI.I.K CA NA DI EN N T BIBI.IOGRAPHIK 1.Singer, diaries, The Story of Living Thing*, p.xxviii-xxix.1931.(II existe aussi une édition française de cet ouvrage, publiée à Paris, chez Payot, en 193-4, sous le titre d'Histoire de la Biologie.) 2 On pourra consulter les travaux suivants concernant la vie et l'œuvre de ce savant naturaliste: H.\t Dot i.v, Marcel, I n granit hougerais, préhistorien de la premiere heure: Bachelot de la Pilait (sic), 1786-1S5G.31 pages.Fougères, 1936.Baudouin, Marcel, Les Manuscrits Bachelot de la Pylaie du Muséum d'flis-toirc naturelle de Pari*.Le Monde des Plantes.37e année (IVe série) No 221 • p.37.1936.Broyer, Ch., Bachelot de la Pylaie, naturaliste et archéologue (1786-1856).Bull.Soc.Nat.& Arch, de l’Ain, Xo 52: 277-285.Bourg, 193,s.d.Biddle, L.\\ ., K illîam Gilson Parloir.Rhodora, 22: 3.1920.4.Riddle, L.W., loc.rit.5.I a R low, \\.G., The marine Algae of Xew England.Rep.l'.S.Fish.Comm, for 1S79: 210 pp., 15 pi, issi.6 Okamcka, K., The distribution of marine Algai in Pacific waters.Proc.5th Pac.Sri.Congr.Canada 1933.1: 3135-3130.1931 Marine .1 Igae of tin A ortheastem Coast of A orth .-1 merica.7.Taylor, \V.R p.vi.1937.8.Okamfra, loc.cit., p.3134.9.Taylor, loc.cit., p.S.10 Taylor, loc.rit., p.22-23.^ ' h.iiRENRERO lui-même fit plusieurs voyages en Amérique, et explora les I.tat.—I nis, de | Atlantique au Pacifique.Les résultats de ses explorations sont consigné‘s dans son célèbre ouvrage, M ikrogeolngie, publié en 1854-50, donc plus de dix ans après que Bailey eut commencé à déblayer le terrain.Cf.Woi.i.e, Diatom.North Amer.p.v.1894.12 H ahsiimerger, John U ., Botanists of Philadelphia.310-319.1899.13 < e nombre comprend les espèces ajoutées dans le Supplément qui précède son traité de 1S87.14 IIARSIIHERGER, loc.rit.221-223.1.) Ne a Beloit, Wisconsin, le 6 janvier 18,85.Fit ses études à l'Université du Wisconsin, a Madison, où il fit ensuite de l’enseignement jusqu’en 1925, alors qu il devint professeur titulaire a l’t Diversité Stanford.Voyage d’études en Scandinavie.Ses principaux ouvrages sont: .1 Monograph of the algal genus Scenedes-mu*< ba*r(I >‘P°n culture studies (1917); Phytoplankton of the inland lakes of BT'.s-consin (1922 et 1926); Fresh-water Algae of the United Stalls (1933); Cryptogamie Botany (193,8).16 I eh.hard DE ( Hardin, P., L histoire naturelle du monde.Réflexions sur la valeur et l’avenir de la Systématique.Scicntia, 19: 5-24.1925.17 Durand, .1.P., Aperçus de Taxinomie générale,.1899.18.I t'RRii.l, W.P,., 7 axononn/ and Phytogeny.Bot.Rev.8:690.1942. REVUE DES LIVRES ET LA DANSE I par Gérard Petit, c.s.c.Collection Face au mariage, no 17.Tract de 29 pages.Kditions Fides.Prix: SO.10.PUIS-JE DIVORCER t par Gérard Petit, c.s.c.Collection Face au mariage, no 22.Tract de 32 pages.Kditions Fides.Prix: S0.10.BONHEUR ET TRAVAIL, par Gérard Petit, c.s.c.Premier numéro d’une nouvelle collection, » Questions Sociales ».Tract de 31 pages.Éditions Fides.La prière d’insérer qui accompagne ce dernier tract contient ce passage:
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