La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1944, Septembre
30ème année No 119 MONTRÉAL Septembre 1944 if •T Revue Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur — Mathématiques — Sciences — Architecture Industrie —> Économie politique et sociale- — Finances Histoire — Statistique — Hygiène — Législation SOMMAIRE! L’arme économique allemande.René ristelhuebek.227 Les hypothèses de Copernic.Thomas GREENWOOD.240 La guerre et la métamorphose de l’économie Sud-Africaine.Dr Charles-D.HÉRISSON.250 L’universalité du savoir.Ray atherton.266 Solution pratique et économique à notre problême de circulation^ Montréal.Adrien GENEST.275 Synchronisation et réglage automatique du voltage des alternateurs au moyen de tubes .électroniques.Julien RICARD.294 Revue des livres.~.—.332 ASSOCIATION DES INGÉNIEURS DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Publiée par les soins de l’Ecole Polytechnique de Montréal, et avec le ooncours de l’Association des Ingénieurs diplômés de Polytechnique COMITÉ DE DIRECTION PréeidenL Monseigneur Olivier Maubault, C.M.G., P.D., P.S.S., recteur de l’Université de Montréal.Secrétaire: Armand Circé, ingénieur, Directeur de l’Ecole Polytechnique.Membrek Victor Doré, surintendant de l’Instruction publique de la province de Québec.Augustin Frison, ingénieur, président de la Corporation de l’Ecole Polytechnique.Henri Gaudefrot, ingénieur, secrétaire de l’Association des Diplômés de Polytechnique.Hon.Léon-Mercier Gouin, avocat, sénateur, professeur à l’Université de Montréal.Théo.-J.Lafbenière, ingénieur, professeur à Polytechnique.Edouard Montfetit, avocat, Secrétaire général de l’Université de Montréal.¦ Antonio Perrault, avocat, professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveteb, ingénieur, président de Surveyer à Cie.Ivan-E.Vallée, ingénieur, sous-ministre des Travaux publics de la Province de Québec.COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chef: Edouard Montfbtit, Secrétaire général de l’Université - de MontréaL Secrétaire de la Rédaction: Camille-R.Godin, professeur A Polytechnique.Membre»: Mgr Olivier Maubault, Hon.Léon-Mercier Gouin, Dr Ing’r Arthur Surveteb, Ing’r Arthur Dufehron, Ing’r Maurice Géruc, et messieurs Louis Boubqoin, Henri Gaudefrot, Théo.-J.Lafreniére, Paul-Louis Pouliot, Marc Trudeau et Ludger Venu», professeurs à Polytechnique.Les auteurs des article* publiés dans la Rmm TrimcMrûU* CmmHemu conservent l’entière responmbilité dea théorise ou des opiaioai émises pur eux.La Revue publie des articles eu français et en anglais.Les manuscrits doivent parvenir à la Rédaction au moins un mois avant la data de publication.Ils ne sont pas retournés., La reproduction des gravures et du texte des articles parue dans la Revus est pennies à la condition d’ea indiquer la source et de faire tenir A la Rédaction un exemplaire ds la publication les reproduisant.D sera rendu compta ds tout ouvrage dont un exemplaire parviendra A la Rédaction.La R$m* parait en mare, juin, septembre et décembre.-Le prix de rationnement est g&OO par année pour le Canada et ica Etats-Unis, $4.00 pour Ire astna pays.' Toute eeamuuiratkm pour abonnements, publicité, esiaboratran, ete, doit être adressée su siège de lu Rédaction et adailnistmtioai .| ECOLE POLYTECHNIQUE 1490, n»8oint Dmtt, JlsMI H K VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I Employez L Calcic 4 ClthHiAh£ • La consolidation de surface des routes de gravier • La stabilisation des bases des revêtements • Abattre la poussière • Contrôler la glace • Accélération de la prise du béton • Contrôler la poussière du charbon '• Le remplissage des pneumatiques de tracteurs • Solution réfrigérante • Antigel dans les solutions pour barils de prévention d'incendies Le service technique de Brunner, Mond Canada Sales, Limited a à sa disposition un personnel d’ingénieurs qui peuvent être consultés sans obligation.Si des problèmes particuliers se présentent par rapport avec n’importe lequel des différents usages du chlo- rure de calcium, et que notre littérature ne couvre pas le sujet dans tous ses détails, nos ingénieurs se feront un plaisir de coopérer avec vous.Vous êtes donc cordialement invités à nous soumettre vos problèmes.• BRUNNER, MOND CANADA SALES, LIMITED MONTREAL 1! H K vu: Tli I MKSTH 1KI.I.K l'AN A IMKXXK SAINE ALIMENTATION JUSTE RÉPARTITION DU SALAIRE SAGE ÉCONOMIE Tel est le credo de tout Homme, marié ou célibataire, qui compte sur lui-même et veut réussir dans la vie.Nos deux brochures gratuites: “Savoir dépenser pour mieux vivre" et “La santé par les aliments" vous y aideront.Fondée en 1889 1405, rue Peel, MONTRÉAL EMILE DAOUST A.J.PINARD PAUL BABY Gérant provincial Gérants adjoints Tel.FAIkirk 2848 : Off.c-v v-, j, RF.tsiGvr.' r*(7H£2 or-1 lv Fondée en 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d’appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré Bureau et Atelier: 984 Rachel Est K 1 : Y r K TH IM ESTKIE 1.1.K CA X ADI E N X E Les lampes Solex — de fabrication cana- Le t*£ dienne et de quailté éprouvée — sont traditionnellement sûres et de fonctionnement nettement économique.Elles sont faites essentiellement pour donner un bon service et plus d'heures de lumière par dollar.THE SOLEX COMPANY, LIMITED Montreal - Toronto - Winnipeg - Vancouver IV H K VUE (AXA 1)1 K XX K TKIMKSTIÎ IELLE La BANQUE CANADIENNE est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque et de placement Actif, plus de S200,000,000.00 541 bureaux au Canada ?ON TROUVE TOUJOURS A LA LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaires ou sur grand papier, d'une sélection d'auteurs contemporains.:: : :: 1247 RUE ST-DEMS TÉLÉPHONE: IIA.2320 MONTRÉAL 0966 KKVtK 'HMMK'TItl F.M.K C ' S \IMK\\K L’UNIVERSITÉ DE MONTREAL COMPREND LES FACULTES ET ÉCOLES SUIVANTES — FACULTÉS — Théologie — Droit — Médecine — Philosophie — Lettres — Sciences — Chirurgie dentaire — Pharmacie — Sciences sociales, économiques et politiques — ÉCOLES AFFILIÉES — Polytechnique — Institut agricole d'Oka — / Ecole de Médecine vétérinaire — Ecole des Hautes Etudes commerciales — Ecole d'Optométrie — Institut Marguerite d'Youville — Ecole normale secondaire Pour tout renseignement, s'adresser au SECRÉTARIAT GÉNÉRAL 2900, boulevard du Mont-Royal Montréal Du Président et des directeurs de 0 M ma MARINE INDUSTRIES LIMITED S L'ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL JOSEPH SIMARD, président — DIRECTEURS — |.-Edouard Simard Colonel H.-S.Tobin Wo.Ecr Lambert E.de C.Power A.-Ludgcr Simard P.-A.Lavallce CREUSAGE CONSTRUCTION MARITIME — TRAVAUX DE GENIE Bureau-chef : 1405, RUE PEEL — MONTREAL SOREL Chantiers à : QUEBEC — VANCOUVER Réduisez votre compte de chauffage en installant un FOYER MECANIQUE A CHARBON FAIRBANKS-HORSE ¦ri,' v- ¦¦ mmrn mmm Bien lies églises, couvents, collèges ou autres institutions, ont éliminé les ennuis du chauffage, en installant un Foyer Mécanique à Charbon Fairbanks-Morse.Au poste 24 heures par jour, tous les jours, il maintient une température toujours constante, dans les petites pièces comme dans les grandes salles.Mais ce qu’il y a de mieux, le Foyer Mécanique à Charbon Fairbanks-Morse réduit votre compte de combustible jusqu’à 40',.des lettres dans nos dossiers le prouvent.Permettez-nous de vous expliquer combien il est facile et économique d’installer un Foyer Mécanique à Charbon Fairbanks-Morse, dans vos bouilloires actuelles.c^uKfbixbanks -Morse 297, Boulevard Charest Québec, Que.ta 980, rue Saint-Antoine Montreal.Que.266, rue Sparks Ottawa, Ont. VOUS ÊTES UN MANIAQUE ’ Li- I )ialdc Rouge de lu Forêt" déteste les maniaques.Il préfère une personne aeeonunodante.insouciante, ipii va gaiement de l'avant sans songer un instant au feu qui couve qu'elle vient de laisser derrière.Soyez un maniaque—restez un maniaqui—restez Failli de vos concitoyens et ayez de la considération pour la forêt qui vous procure tant de plaisirs.Quand nous Routines dans les Fois nous lie sommes pas pressés.Une minute de notre temps est liien peu de chose en comparaison avec les millions de dollars de perte - qu'un seul feu de forêt peut provoquer.ETEINDRE ., r.voire feu de camp, I letmez jusqu au dernier tison de votre feu de c'e5t le premier camp — ensuite détisez — puis aspergez d’eau pas Pour jusqu à ce que Hotte la poussière de cendre.ELIMINER les feux de forêts.THE SHAWiNIGAN WATEP S POWER CO.• SHAWINIGAN CHEMICALS LIMITED .QUEBEC POWER COMPANY liliales et subsidiaires Ceci est lu tinntrihne cl une sérié cl'unnnncvs sur lu Conservution forestière, 30ème année No 119 MO NTRÉAL Septembre 1944 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur — Mathématiques — Sciences — Architecture Industrie — Économie politique et sociale — Finances Histoire — Statistique — Hygiène — Législation SOMMAIRE I.armee économique allemande .I.es hypothèses de Copernic.l a guerre el la métamorphose de Sud-Africaine , .I 'universalité du savoir .René RISTELIIUEBER Thomas OREENVVOOI).l'économie .Dr Charles*!).HÉRISSON .Ray ATHERTON.227 240 250 266 Solution pratique et économique a blême de circulation’ll Montréal.notre pro.Adrien CENEST.Synchronisation et réglage voltage des alternateurs au électroniques automatique du moyen de tubes ___ .Julien RICARD.Revue des livres.294 332 ASSOCIATION DES INGÉNIEURS DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL SEPTEMBRE 1944 L’ARME ECONOMIQUE ALLEMANDE Que le désarmement de l'Allemagne - impose pour empêcher un É(at.candidat perpétuel à la domination universelle, de venir troubler encore la Faix, tout le inonde est d'accord.Qu'entend-on par là?Question oiseuse, dira-t-on, la réponse allant de soi.11 s'agit de faire en sorte que l'Allemagne ne soit plus en mesure de renouveler le coup d'audace qu'elle a exécuté en reconstituant ses forces d’agression au mépris des Traités.Petite armée de métier dissimulant une armée de cadres, augmentation du personnel de police couvrant l'accroissement des hommes de troupe, développement de l’aviation commerciale masquant la renaissance de l'armée de l’air, intensification de l'effort industriel préparant les usines de matériel de guerre jalonnent, on le sait, la série des artifices qui lui ont permis de camouffler ses préparatifs militaires jusqu’au moment où, se jugeant assez forte, elle a levé le masque pour les poursuivre ouvertement.Empêcher le retour de ces tragiques mystifications ne suffirait cependant pas.Le désarmement moral est encore plus indispensable.L'outil n'est rien sans l'esprit qui l’anime.Aussi est-il essentiel d’exorciser l'Allemand: abolir chez lui le dogme de sa supériorité, défanatiser la jeunesse, substituer le sens de la solidarité humaine aux excitations de la haine et du mépris, lut désarmer les cerveaux est certes œuvre plus malaisée, plus longue et plus complexe que désarmer les mains.11 est une autre arme dont les Allemands ont su se servir avec maîtrise et qui s'est révélée singulièrement efficace, c’est l'arme économique.Dans le programme de désarmement envisagé par le- Nations Enies, elle n’a pas été oubliée.Cependant, au milieu du fracas des batailles et des discours excitant au combat, on est 22S H K VIF.TI{ IM ES Tl( IEI.I.E CAN A DI INNE tente de sous-estimer l'importance de ce procédé insidieux, sans caractère spectaculaire.Manié d’une façon haliile et sans scrupule, il n’en a pas moins réussi à renforcer la puissance de l'Allemagne et à immoler sans bruit scs victimes.I.a conception de l'État totalitaire, imaginée et mise en pratique par le Troisième Keieli a inspiré la création d'une armature économique à la fois solide et agressive.Concentrant tous les pouvoirs entre ses mains volontaires.l'État, là comme ailleurs, commande en exigeant un absolue soumission, l'n petit nombre dexpeits examinant les problèmes financiers et commerciaux, en discutent et arrêtent des decisions.Aucun contrôle ni aucun frein.Le.- vieux des organismes économiques, les désirs des intéressés, le goût de- consommateurs n'entrent pas en ligne de compte.La niison d l.tat domine.’ inutile d essayer de taire entendre une autre voix à côté du tonnerre de la sienne.Ainsi est née « l’économie dirigée» dont les résultats ont été tels que, mus par une réaction de deieiise.d autre- pays se sont engagés dans la même voie, autant du moins que leurs institutions et l'état d’esprit des populations le pet met taient.Le mal ne a .Berlin, est devenu contagieux.Il a fortement contribué à ébranler la construction de l'économie < uiopecnne en taisant ele\er les barrières douanières, adopter une politique de « contingentement » des produits qui limitait leur circulation jusqu a aboutir a des prohibitions, en soumettant la sortie des moyens de paiements à de rigoureuse- prescriptions, bref en multipliant les entraves a 1 échange des marchandises comme au transfert des monnaies.Bientôt l'Kurope, à peine convalescente d'une crise commerciale sans précédent et cloisSnnée en un trop grand nombre de pays d'importance très inégale, voyait tous ceux-ci repliés sur eux-mêmes dans une semblable méfiance et prompts à user de représailles quand ils croyaient leurs intérêts menacés.( e lut le cercle infernal de 1 autarcie.Au nationalisme exacerbé qui dressait déjà 1 un contre 1 autre les peuples du vieux continent, venait s ajouter une forme nouvelle de ce sentiment, le nationalisme économique.Grâce à son régime dictatorial, l’Allemagne était à ce jeu sans rivale.Lotis ses efforts convergeaient vers le même but, la [(réparation à la guerre.D'où l'organisation méthodique du pays de façon à lui permettre, dès le temps de paix, de se suffire autant (pie possible à lui-même aussi bien au moyen d’une production intensifiée que d'un sévère rationnement.Pour ce qui est des objets fabriqués, l’arme ÉCONOMIQUE ALLEMANDE -¦* ](.vigoureux essor industrie] du Reieh ouvrait des purportives favorables.Il en allait autrement pour les denrees alimentaires (pie .-on sol.relativement ingrat surtout vers l’hst.iournit en quantité insuffisante pour sa nombreuse population.Afin de parer à ce damier.l’Allemagne -V-t ingéniée à pratiquer une politique destinée à transformer en satellites un certain ‘ de petits états agricoles en liant peu à peu leur sort au sien.( (instituer un groupe compact de nations entraînées dans son sillage de façon à former, hors de ses frontières, le prolongement d'un territoire organisé en vue d’uni' économie de guerre, tel a etc le dessein du Troisième Reieh.Placés dans la dépendance de Berlin, ces pays n’étaient plus en mesure de pratiquer librement leur commerce.Tous les fils du vaste organisme dont ils faisaient partie venaient se rejoindre dans les mains du Docteur Walter lunch.Mini-tic du (’ommerce et de Plndustrie du Reieh, en réalité dictateur économique d’une partie de l’Furopo.Son œuvre était complétée par celle d un dictateur finaneiet, le Docteur If.Sehaehl, Président de la Reiehsbank.luxp-¦ rt en matière de monnaie, il en était le grand manipulateur.Apre- avoir, ]a suite de la catastrophe inflationniste, largement contribue a stabiliser le Mark, il avait acquis une maîtrise incomparable dans l’art de le faire tour à tour apparaître, disparaître, de le transformer ou d’en produire une infinie variété, à la manière d un prestidigitateur, tant et si bien que le Mark était devenu une monnaie ficii\e.Il n’existait plus guère qu’en théorie.Des appellations dix erses, affectées d'un coefficient de va leu r different.recou vrai eu t le .-v-t ème monétaire compliqué mis sur pied par sa fertile imagination.Comme il était rigoureusement interdit de taire tranchir le- tion-tières ce Mark, dépourvu de toute base solide, sa parité avec les signes monétaires étrangers était fixés d'une façon arbitraire.De p ri me abord, en se rend compte d" 1 intériorité dans laque, io les pays jouissant encore d'une certaine liberté se trouvaient à l'égard de cette formidable machine autoritaire, dont les rouages savamment construits (‘t agencés en vue d’une même fonction, entraient tous en mouvement sous une impulsion unique.A bonfires, i\ Paris, comme à Prague ou à \ a rs< ivie.les questions économiques -e discutaient entre plusieurs Départements Ministériels.I ne entente devait être établie entre les Administrations du ( ommerce, des Finances, de l’Agriculture et des Affaires étrangères qui avaient à prendre en considération les désirs des intéressés qu un Couver- 99 230 REVUE TRIMESTRIEl.r.E CANADIENNE ncrnent démocratique ne pouvait négliger.Ces consultations nécessitaient des délais pour mettre tout le monde d'accord sur une solution qui exigeait ensuite une modification des reglements ou même la consultation du Parlement.A Berlin, sur un coup de sifflet du maître, la machine s'ébranlait aussitôt.\ eut-on un fait concret?Prenons l'exemple du tabac, denrée essentielle chez les pays balkaniques.Pour les envois destinés à I Amérique, a I Angleterre ou à la Prance, les acheteurs devaient naturellement satisfaire avant tout le goût de leur clientèle.Habituée à un mélange dans lequel le tabac (l'Orient n'entrait que pour une proportion déterminée, celle-ci aurait rapidement délaissé une marque ne répondant plus à ses désirs.« Impossible de vous faire des commandes plus importantes, disaient ces acheteurs aux producteurs grecs, turcs ou bulgares; cela changerait le parfum de nos cigarettes d une façon nuisible à nos intérêts.» f/acheteur allemand, lui, prenait tout ce qui lui était offert sans autre préoccupation que les intérêts de 1 Etat.Le tabac était réparti entre les maisons allemandes, qui n'avaient pas à discuter l'opportunité du choix.Avec ce produit, elles fabriquaient des cigarettes que le public, de son côte, fumait sans protester, trop heureux encore de pouvoir continuer à fumer ! Grâce à une double dictature, commerciale et financière, le Reich maîtrisait toute la matière économique sur son propre territoire.Il la modelait à sa convenance en préparant ses belliqueux desseins.Bien plus, il pouvait aussi se lancer à la conquête d’autres régions par une politique d'asservissement des petits pays agricoles.Amputé de ses colonies, il a cherché, et a en part if réussi, à en compenser la perte par la colonisation d'une partie de l'Europe.Un livre paru à Londres peu avant la guerre a fort justement dénoncé le péril de cette invasion pacifique.1 Continuation du fameux « Draw nach Ostcn », cette poussée vers 1 Est d'une forme nouvelle visait surtout la vallée du Danube et la péninsule balkanique.Ce choix était dicté par la nature, 1 économie de ces contrées, presque uniquement agricoles, sc trouvant a souhait complémentaire de celle de 1 Allemagne, puissamment industrialisée.I)e là l'idée, à la fois simple et redoutable, d'une association inscrite dans l'ordre même des choses entre deux parties dont 1 une serait le ravitailleur en denrées alimentaires et l'autre le 1.Paul Kinzii'.Hl/jodle- Ini'i.dt/n. I.'ARME ÉCONOMIQUE ALLEMANDE 231 fournisseur en produit?fabriques.Le paysan nourrissant 1 ou\ rier ot celui-ci équipant le paysan, c’était en principe un parfait exemple de combinaison à la fois logique et pratique d'intérêts solidaires.A condition toutefois que 1 association fonctionnât sur tin pied d’égalité.Or, entre une forte Allemagne centralisée fie SO millions d'habitants et un groupe de cinq ou six petits f.tats déjà faibles par eux-mêmes, divisés entre eux et dont la population variait de 6 à 17 millions, rien de tel n'était a envisager.La politique du Reich consistait à acheter la production de ces pays dans la plus grande mesure possible.Les besoins de sa population offraient un débouché à peu près illimité a des pays généralement pauvres pour lesquels la vente de leurs récoltes était une question vitale.Déjà considérable par lui-même, le marché allemand s'était encore agrandi à la suite île 1 annexion de 1 Autriche, puis de la région des Sudètes, de façon a constituer une masse sans rivale au point de vue de la capacité d absorption.Hongrie, Roumanie, Yougoslavie, Bulgarie, Grèce voyaient assuré l'écoulement de leurs produits, service pour eux inappiéfbible.Ils étaient ainsi mis à 1 "abri de la mévente; leur économie était stabilisée.C'était la sécurité.- mais la sécurité dans le servage, car l’énorme supériorité de sa population mettait entre les mains du Reich une arme contre laquelle les petits pays n étaient pas en mesure de se défendre.Au début, n’envisageant que leur intérêt immédiat, paysans et commerçants balkaniques se félicitaient d'avoir trouvé un client idéal, toujours disposé à leur passer des commandes.Soucieux d'assurer son approvisionnement et de constituer des stocks de denrées alimentaires, Berlin les encourageait à produire plus encore.Qu'il s'agit de blé, de bétail, de légumes ou de fruits, il était sans cesse preneur, ne tendant à rien moins qu'à s'assurer un monopole dans ces régions.Non seulement il achetait pour son propre compte, mais il s’offrait à placer les marchandises qu il n absorberait pas lui-même.La puissance et l’ampleur de son organisation commerciale lui permettaient, moyennant un honnête courtage, découler ses produits dans le monde entier avec beaucoup plus de facilité que des petits pays livrés à eux-mêmes.Aussi les intéressés se montraient fort reconnaissants envers le dispensateur de leur relative prospérité.Aveuglés par leurs profits, ils se faisaient inconsciemment les agents de l’Allemagne en proclamant leur admiration pour ses méthodes, son organisation et sa force, sans se rendre 232 ItEVTK CANADIENNE BIMESTRIELLE compto que, devenus les obligés d’un grand pays à poigne de fer, ils allaient être bientôt matés par lui.„ b Allemagne achetait donc beaucoup.Avec quoi payait-elle?Xon pas en monnaie, puisque le Mark n était pas exportable.Pour y remédier, un ingénieux système avait été élaboré qui a contribué à renforcer encore la position du Peicli.La valeur des marchandises était estimée en Mark à une parité arbitrairement fixée, on l’a vu, et ce montant était inscrit à la Reiehsbank au crédit des vendeurs.Ceux-ci avaient à leur disposition un nombre considérable de Marks dont ils pouvaient théoriquement taire ce que bon leur semblait, — sauf les sortir d'Allemagne ! La seule solution était donc d'acheter des produits allemands pour un montant égal.I .n plein vingtième siècle, on revenait au procédé primitif du troc, avec ce perfectionnement toutefois que comme régulateur des échanges était choisie — ou mieux imposée — une monnaie inexistante à valeur arbitraire.Kt c'est ainsi (pie blés de Hongrie et de Roumanie, porcs et prunes de Yougoslavie, volailles et œufs de Bulgarie, tabac et raisin de Bulgarie et de Grèce étaient échangés contre des produits chimiques ou pharmaceutiques, des appareils d’optique, des thermomètres, des fournitures d appareillage électrique, de la quincaillerie, et des machines de tout genre.Le rêve du Reich, pour tenir davantage encore ses créanciers à sa merci, eût été de les payer en grande partie en matériel de guerre, avions, tanks et canons, de façon à faire dépendre de son industrie les besoins de leurs armées.Mais sur ce terrain, le jeu était si clair et si dangereux qu'il rencontrait de sérieux obstacles, sans compter la concurrence des autres pays.Si la Bulgarie s'était montrée enclin*' à écouter ces voix tentatrices, la Yougoslavie y était restée farouchement sourde.Le Mark étantjfostimé à un taux élevé, le pays danubien ou balkanique avait l'agréable illusion de vendre ses récoltes et son beiail a tort bon prix, sans se rendre compte qu’il achetait également fort cher les produits manufacturés dont il avait besoin.Le fonctionnement du système liait en effet les deux opérations de vente et d’achat: plus le Sud-Kst exportait, plus il devait fatalement importer, par le jeu naturel de la balance des comptes.Malgré Jeurjmasse,[les exportations allemandes étaient parfois insuffisantes pour utiliser tou.- les Marks portés au crédit de tel ou tel pays.Que faire tierce ^reliquat ?« Rien de plus simple, disaient l’arme économique allemande 233 les Allemands à leurs clients.Venez le dépenser dans notre pays.Il offre une grande variété d aspcets et toutes sortes d agréments, centres de tourisme dans les montagnes de Bavière ou sur les bords du Rhin, villes d'art comme Munich, Dresde et Berlin avec leurs nombreux Musées, partout d'excellents hotels, hntre un concert et une excursion, vous pourrez visiter non seulement nos magasins, mais aussi des usines en vous rendant compte sur place de notre production et vous ferez du coup un voyage d’affaires en même temps qu’un voyage de plaisir ».Le meilleur accueil était en effet réservé à ces touristes dont la venue favorisait l’industrie hôtelière et remplissait les carnets de commandes.On leur suggérait également: « Pourquoi n enverriez-vous pas vos fi 1s et vos tilles terminer chez nous leurs études ?Nous comptons un gr: ’ ’ ' dTniversitës dont les professeurs jouis- sent d'une réputation mondiale et une foule d instituts techniques qui forment les meilleurs ingénieurs.» Ainsi l'arme économique, habilement employée, servait également l’influence intellectuelle.Comme les propriétaires fonciers et les commerçants balkaniques possédaient des Marks en effet, et non des francs ou des livres, ou des couronnes tchèques ou des zlotis, ils envoyaient de préférence en Allemagne leurs enfants qui commençaient peu à peu à déserter les Universités françaises, anglaises, tchèques ou polonaises, où ils se rendaient jusque-là.Les affaires se traitant de plus en plus avec le Reich, la langue allemande prenait une imfmr-tance accrue.Dans une région où le français avait toujours régné en maître incontesté, il commençait à perdre sérieusement du terrain au bénéfice de ce rival arrive dans les colfies des commis-voyageurs.Le « Mark gelé » devenait un excellent moyen de propaganda II facilitait l’achat de livres, de revues et de journaux allemands, de préférence aux autres, et qui parvenaient rapidement grâce à un excellent service de poste aérienne.\ oulait-on inviter un professeur, un conférencier, un artiste, un musicien et, plus encore, un orchestre?On s’adressait aux Allemands.Il était si commode do les payer avec des Marks dont personne ne voulait.La marchandise intellectuelle s’écoulait tout comme la marchandise ordinaire.Le commerce germano-balkanique s’intensifiait ainsi a la satisfaction apparente des intéressés.Les proportions qu il axait prises justifiaient l'installation sur place d’organismes chargés du contrôle des achats et des ventes.Offices commerciaux et touris- 2^5014 234 revue TRIMESTRIELLE CANADIENNE tiques luxueusement installés nécessitaient la présence d'un nombreux personnel.Le Reich n'en était pas avare: il expédiait une nuée de ses ressortissants de tout ordre et de toute condition, depuis de modestes comptables jusqu'à des grands chef d’entreprise Avant de trouver une installation, ils encombraient les hôtels où J on entendait plus parler que l’allemand.Là où la France et 1 Angleterre entretenaient un agent, les Allemands en envoyaient une dizaine.D'où des nliées et venues continuelles entre le Reich et les pays de la Péninsule, excellent moyen pour transmettre d’une façon rapide et sûre des informations d’ordre économique, mais aussi politique et même militaire.Non seulement le contact entre Berlin et le Sud-Est était établi de la façon la plus directe, mais J importance des intérêts engagés nécessitait que fut de temps à autre délégué quelque grand personnage du Reich dont la réception solennelle contribuait à rehausser encore le prestige de son pays tandis que les autres États n’avaient guère de motifs pour multiplier de pareilles visites.Le sentiment d'euphonie éprouvé par les nations balkaniques es empêchait tout d’abord de s’apercevoir quelles forgeaient elles-memes leurs propres chaînes.Elles s’étaient tellement mises sous la dépendance de l’Allemagne quelles avaient progressivement perdu toute liberté d action.Un petit pays qui vend presque toute sa production à un État puissant et lui achète en contre partie une fraction de la sienne, a infiniment plus besoin de celui-ci que celui-ci n a besoin de lui.En général, les États balkaniques expédiaient plu- de la moitié de leurs denrées vers le Reich tandis qu’ils absorbaient un dixième environ de ses produits manufacturés.Pour eux, le débouché allemand était indispensable; pour le Reich, le marché balkanique était relativement négligeable.S'il venait à se fermer.J lui était assez facile de placer ailleurs les marchandises devenues disponibles.La prospérité factice qu'avait value aux pays de la énmsule ] aide du Reich allait se retourner contre eux d’une façon tragique.Ils devaient bientôt se trouver à sa merci.L'Allemagne jugeait-elle que ces États faisaient preuve de trop d'indépendance, qu ils risquaient de contrecarrer sa politique, elle disposait d un puissant moyen de pression pour les assouplir.Il lui suffisait pour leur imposer sa volonté, de faire peser la menace de ne plus leur acheter tel ou tel produit.C’eût été la ruine pour une partie de la population qui, endormie dans une trompeuse sécurité, était incapable de trouver rapidement une autre voie d'écoulement. l’arme économique allemande 235 Affolé (lovant la perspective du mécontentent populaire, le Gouvernement s’empressait de donner satisfaction et il ne poux ait guère faire autrement tant il s’était laissé entrainer dans l’orbite Reich.Celui-ci ne se fit pas faute d'exercer ce chantage.De la dépendance économique, les Balkans passaient peu à peu sous la dépendance politique de l'Allemagne.Quand son emprise économique était suffisamment efficace, elle tordait le cou aux Gouvernements, sans danger pour elle et sans pitié pour eux.Ce système n’avait d’ailleurs rien de nouveau.L’Empire Austro-Hongrois l’avait utilisé dans ses rapports avec la Serbie avant la guerre de 1(U4.Quand il jugeait son petit voisin insuffisamment docile, il fermait sa frontière à l'importation des pores et la Serbie cédait: c’est ce que l'on a pittoresquement appelé la « guerre des porcs >t.Procédé aussi pratique qu efficace et peu bruyant.L’Allemagne en était arrivée à dicter à -es tributaires les conditions de leur propre structure économique.La prospérité de ces pays lui importait, bien entendu, assez peu.( e qu elle voulait, c’était utiliser leurs territoires en vue de la réalisation de ses projets d'économie fermée.Aussi imposait-elle les productions auxquelles son propre sol se refusait.Elle en faisait intensifier la culture et, afin d'être bien servie, elle expédiait ses agronomes pour surveiller les plantations et ses commerçants pour vérifier la qualité.C'est ainsi que sa crainte d'être à court de matières grasses lui fit favoriser la culture des plantes oléagineuses en invitant les pays balkaniques à faire porter leur effort sur la culture du soja et du tournesol, dont la graine produit de l'huile.Elle entendait en revanche se réserver le marché industriel pour la conquête duquel elle était organisée.Aussi s ingéniait-elle a mettre des entraves au déxeloppement industriel de ces pavs en décourageant les initiatix os dans ce sens, en rachetant les entreprises pour les laisser végéter et en mettant une évidente mauvaise volonté à fournir le matériel nécessaire à l'équipement industriel.Elle évitait par là la création dune concurrence et se reservait un quasi monopole.(Jn sait que tel est le sort que le Reich cherche a imposer a la France depuis l’occupation en encourageant le développement de son agriculture et en entraxant toute production industrielle non susceptible de servir à l'industrie de guerre.Tentative de « balkanisation )) de la France pour la maintenir en tutelle, lui rafler ses produits agricoles et déverser chez elle les fabrications de ses usines. 2.36 H K VUE THIMESTKIKU.E CA.VADIKWK , , PoUr "° flui est d,‘ pay'" d«‘ la Péninsule, l’Allemagne s'ôtait (‘Râlement efforcée de resserrer ses liens avec eux en abrégeant les 1 i-> par une amelioration des (-oies de communication et des moyens de transport.L’annexion de l'Autriche avait merveilleusement servi ses desseins en lui faisant faire un important bond vers ivst.Mais cela ne 1 empêchait pas fie perfectionner et d'accélérer la f',rCUlatl?11 s,,r k>* voies terrées.A la veille «le la guerre, elle commençait meme la mise à exécution d'un vaste réseau de canaux .le façon a multipheret à intensifier ses voies d’accès vers le réservoir .denrées alimentaires qu’elle entendait intégrer dans autres Puissances une avance considérable.Quand celles-ci hnm,,‘t p!lr •"«'¦mouvoir de cet état de choses, leur tentative de riposte se révéla tanlive.A côté des achats massifs de Berlin, les " tS df; P;ln< de ‘-ondres pour s'intéresser, à la dernière heure aux produit',1,.s Balhans n'apparaissaient guère ,,ue comme des ("Hene.'.L Angleterre réussit cependant à soulager la pression n„i commençait a s’exercer également sur la Turquie en consentant à celle-ci un emprunt important et en lui fournissant du matériel de guerre.De meme, elle se décida à demander à la Roumanie des envois tic céréales.De son côté, pour essayer de reprendre à V \lle-magne un champ ,l'action dans lequel elle ne lui avait laissé “ |.rop d" lll,er,é- ,il à la veille de la guerre,'voulu, P'Uter .1 inaugurer en Yougoslavie e, en Bulgarie une politique ,1e piets et d achats de produits agricoles.Deux exemples prise sur le vif dans .les pays situés, l'un au • on .autre au Nid de l'Kurope, serviront d'illustrations aux méthodes allemandes e, à leur efficacité.Hygion assez négligée de l'ancien Lmpire «les tzars, la l.ithua- l">f|uVn l9l!)- pays ,1e forêts, ,1e blé et fie lin «loin le sol se trouvait morcelé entre les vastes propriétés ,1e seigneurs russes ou polonais.Le pays une fois devenu indépendant !" 'ouvernenien,, après avoir effectué une réforme agraire destinée a repartir la terre entre les paysans, «lécida ,1e transformer l'éeo-nomie generale ,1e la contrée afin de mieux assurer la subsistance des nouveaux petits propriétaires.Aux cultures précédente- fut subsume,, une intensification de l'élevage du bétail et de la volaille .' " produm' du 'les œufs, du lard, des jambons et des viandes en conserve.L'Allemagne se porta immédiatement parmi I.'ARME ÉCONOMIQUE ALLEMANDE 237 les principaux acheteurs, ses transactions étant facilitées par l’existence d’une longue frontière commune.Pareil voisinage comportait (le sérieux inconvénients.Sur les rives de la Baltique, le petit territoire de Mémcl avait été enlevé a l’Allemagne pour être attribué à la Lithuanie, sous la réserve d une administration autonome de façon à sauvegarder les droits d une importante minorité germanique.C’était là un continuel sujet de friction entre Berlin et Kovno.Encouragée par les progrès de 1 hitlérisme.la représentation allemande a la dicte de Memel haussait de plus en plus le ton jusqu’à finir par entrer en lutte ouverte avec le Gouverneur du territoire.Vers la fin de 1934, le conflit prit un caractère aigu.Que fit Berlin, pour tenter d’amener le Cabinet Lithuanien à récipiseenco ?D’un trait de plume, il décréta subitement l'interdiction d'entrée des jambons et des oies en provenance de Lithuanie.C’était là un coup dur pour des producteurs qui avaient l’habitude d’intensifier leurs expéditions à la veille des iêtes de Noël.Le Gouvernement lithuanien ne céda cependant pas.11 évita la catastrophe en prenant, lui aussi, une mesure énergique que lui permettait son régime dictatorial.Il se rendit acquéreur des denrées laissées en souffrance et, suivant un barême établi d'après l’importance de leur traitement, il imposa à tous ses fonctionnaires d'être pendant quelques mois payés en partit' en denrées alimentaires afin d enrouler les stocks et d’éviter de plonger les paysans dans la misère.fn jeune Britannique était alors professeur de littérature anglaise à l’Université de Kovno.Quand, a la fin du mois, il remit, tout souriant, à la personne chez qui il prenait pension le jambon et les oies qui lui avaient été attribués.« Que voulez-vous que j en fasse ».lui répliqua la dame.Mon mari aussi est fonctionnaire et j’ai déjà bien assez des victuailles qu’il m’a apportées.» Kn faisant toucher du doigt à la Lithuanie le danger de compter sur un client trop important, ce sérieux avertissement 1 engagea a accélérer les mesures qu’elle avait déjà prises pour se procurer d’autres débouchés.La Grande-Bretagne lui vint fortement en aide en lui achetant des quantités considérables de beurre et de bacon qui commençaient à rivaliser sur le marché de Londres, avec les produits danois.Le second exemple est emprunté à un pays situé à 1 autre extrémité de l’Europe, vers le Sud, la Bulgarie.Alors que vers li)30, l’Allemagne ne figurait que pour 25% environ dans son 23S RKVUK TRIMESTRIELLE CANADIENNE commerce e l,.avait réussi.,!, lî)2ô à 1939, à tripler ses échange, 7 du "*ux-ei "^sentaient déjà un peu' a mo,,'.p tlrs 1 ransaction.- totale.importations et exportions.Cette situation anormale était aggravée par deux faits H un note, la moyenne d'ael.at déjà impressionnante était portée J ’> c.pollr certain.- produits comme les volailles, les œufs le- p()n.•A, ™’r l)T lr tabu,‘ A ,a ^ l'annexion de Autriche et de la region des Sudètes, il était facile de prévoir que ette part se monterait bientôt à 7ô%.D'un autre côté la Puis, sanee qui se classait immédiatement après l'Allemagne, la Grande-Bretagne, ne participait que pour s',' au commerce bulgare H v ÏZ ! °tlC dans 1 a:,onüm,e ,l" l,a-v' «» déséquilil.re qui faisait d’un mdd nn‘g- m"1 Un ,naitn‘ ,lu ,na,'c,‘c sans aucun contre I • ¦ '1 n allait pa- tarder a en constater les néfastes effets Hans le courant de 193,8 la France, dont l'influence avait tou' • h, i gra.nd?r B,‘IUrari"’ S',rt0,,t UU P»*»» 'le vue intellectuel ns, ut de remu er a cette situation.Une mission fut envoyée à Sofia composée de financiers et d'industriels ayant à leur tête le Idirecteur des Accords Commerciaux.Les journaux firent grand ktu au cours de receptions et de banquets.A la suite de labo-rnuses négociations, un nouveau traité de commerce fut s,',né qui augmentau les contingents d'importation de certains produits mlgares, dans une mesure bien timide toutefois, en raison de la rés, tauce des agriculteurs français qui redoutaient la concurrence ¦ bu.s le résultat le plus important était l'offre par un groupe d’éta-ms-ements inaneiers d un emprunt de près de 400,000,090 de francs «Ion le montant devait servir à l’achat à l'industrie française ¦materiel de chemin de fer.d’équipement industriel, et même d,t-on, de materiel de guerre.Discutées par les journaux bulgares’ «propositions furent critiquées par toute la partie de la presse inféodée a 1 Allemagne.Des voix s’élevèrent même au Parlement Pour estimer trop onéreuses les conditions de l'emprunt eTop eleves les prix offerts par les firmes françaises.Peu après le tou puissant Docteur Funck fit un rapide voyage à Sofia, sins apparat dit simplement au Gouvernement bulgare: «« Je suis en mesure de vous acheter tout ce que vous produisez et de vous vendre tout ce dont vous avez besoin.Vous adresser à une autre Pui sai f ' “e Peut venir en aide que d'une façon très imparfaite' serait un acte inamical envers le Reich.Je vous engage vivement à i.'arme économique allemande 239 décliner cos offres, sinon mon Gouvernement se verrait à son grand regret dans l’obligation d’annuler toutes ses commandes.» Complètement enlisé dans l'ornière allemande où il -'était laissé gloser à peu.le Cabinet bulgare, pris à la gorge, ne put que s'incliner devant la menace.Sous un prétexte quelconque, il lit poliment savoir au Gouvernement français que le projet, pourtant parfaitement mis au point, ne 1 intéressait pas ! Tel- sont le- faits dont il importe d'éviter le retour pour que l,,s petits Etats ne se trouvent plus victimes de la terrible arme économique allemande qui a joué un rôle si important dans la préparation de la guerre.Il est urgent de faire en sorte (pie de vastes courants commerciaux s’établissent librement dans le monde, particulièrement dans toute l'Europe délivrée d'un compartimentage excessif, que les nations puissent se faire une entière et salutaire concurrence afin d'éviter qu'une Puissance use de méthodes dictatoriales imposées chez elle pour prétendre dicter également la loi à de petits pays réduits à sa merci.René Ristelhueber.Ancien Ministre de France au Canada LES HYPOTHÈSES DE COPERNIC C est a tm, de la m.hsat.on tout entière qu'est ins,rit 1, non, Tn,n rn,K‘' N( >MIQl’K NOTRE PR( >BI.f-i.M R DR CIRCRRATION A MONTREAL I.Théoru il Principes Rappelons d'abord, aussi brièviunenl que ])ossible., la théorie des frictions de McClintock qui définit très bien les éléments de base de notre problème, et les principes qu'il s'agit d'appliquer pour le résoudre.La congestion et tous les accidents de circulation proviennent toujours de causes identiques que M.McClintock appelle frictions et divise en quat re genres : I ' La friction médiane qui se produit généralement près du centre de la route ou de la rue entre deux véhicules venant de sens opposés.Elle peut se produire parfois à une intersection, même si la route est à voies di\ isées, entre deux véhicules île sens opposés exécutant chacun un virage à gauche.0236 NOTRE PROBLÈME DE CIRCULATION a MONTRÉAL 277 2 e La friction marginale qui a lieu sur le Lord ou en marge du chemin entre un véhicule et un obstacle: véhicule stationné, matériaux déposés, piéton, etc.3 ° La friction interseetionnelle, qui a lieu à une intersection à niveau, entre véhicules dont les trajectoires se coupent, ou entre véhicule et piéton.4 3 La friction interne, entre deux véhicules de vitesses différentes circulant dans le même sens.La connaissance de ces quatre éléments est indispensable à 1 analyse de tout problème de circulation, car ils nous conduisent d abord au principe du Chemin libre (Freeway principle) dont l’application intégrale exige: 1 ° t ne route ou artère à voies divisées éliminant ainsi presque totalement la friction médiane.2° Des voies de Largeur convenable et bien protégées, bien délimitées et marquées par joints du pavage ou lignes de circulation, par une signalisation adécpiate, pour prévenir les risques de friction interne.3° Des pavages d’une largeur suffisante et d'un alignement convenable pour permettre le dépassement sûr des véhicules lents par les plus rapides; autre moyen d'éviter la friction interne.4 Accès limité de chaque côté de la route pour empêcher la réduction de sa vitesse normale ou « vitesse de régime >> (design speed) et diminuer, sinon éliminer, aux endroits prohibés les risques de frictions marginale, interseetionnelle et interne.0 ° Des voies de ralentissement pour les sorties et d'accéléra- tion pour les entrées, points d’accès.On réduit ainsi, également, les risques de frictions marginale, intersec ’ " et interne.(iJ L’élimination totale de la friction interseetionnelle par la séparation ou l etagement des trajectoires qui se coupent.1 ° Aucun obstacle sur les bords afin d'évHer la friction marginale.5 ° Des courbes de transition, spirales ou autres, partout où elles sont nécessaires ou simplement utiles pour empêcher un véhicule dans un virage d’empiéter sur la trajectoire d’un autre véhicule.risquant ainsi de causer de la friction interne.!t“ ( ne signalisation simple, standard et adéquate comportant en particulier, en plus des signaux de réglementation et de destination (regulatory and guide signs), des signaux d’avertissement ( warning signs) à distance convenable avant les intersections, bifur- 4800 ¦VTVfi •JM***'* Planche 2 Autre :ip|)lie;itiuM du prim-ifK- «(II.» miiiitruut le- 1 tunnels disposes purullMc-m tend à se généraliser) de rues que nous avons pris l’habitude d’appeler boulevards.La figure montre donc, se croisant en A.deux rues de communication non encore aménagées en artères mais qui servent tout de même à la grande circulation (through traffic).Assumons de plus le fait, de plus en plus fréquent, cpte le contrôle, la règlementation de la circulation est faite par système de lumières (Stop & Go control) avec interdiction simultanée des virages à gauche.A défaut d'une solution adéquate, ce genre de règlementation s’est jusqu’ici avéré nécessaire, voire même indispensable.Il est évident toutefois que notre problème de circulation ne sera pas résolu seulement avec le système de lumières, du moins tel qu’utilisé, et si notre étude réussit à convaincre de ce fait, son but sera partiellement atteint.Les autres rues complétant les quatre quadrilatères de la figure sont îles rues locales servant surtout à la circulation locale, mais aussi à la grande circulation pour deux raisons: d’abord par suite de l'interdiction des virages à gauche en A.et par le fait qu’un certain nombre d’automobilistes emploient les rues locales comme voies de communication pour gagner du temps, croient-ils, en évitant quelques systèmes de lumières.Nous avons tracé tous les circuits usuels et normalement possibles, sans tenir compte cependant des trajectoires que décrivent les conducteurs indécis, ou ceux qui changent leurs réflexes d’une manière intempestive, dans l’espace 2S4 HKVl'K TMME8TRIEI.I.E CANADIENNE (1 >nio traction do seconde.La figure représente donc un minimum do lignes ot do nœuds.I n tronçon do rue locale (côté extérieur quelconque de l'un de~ 4 quadrilatères do l'ensemble) comporte 18 nœuds do friction interne.Los 4 tronçon- dos doux « boulevards » que montre la figure n'en indiquent chacun que s.Mais ceci n’est dû qu’à l’interdiction îles viragos a gauche, et tous les tronçons suivants (que no montre pas la figure) en comportent 2(1.Il va sans dire que le petit nombre de nœuds sur ces 4 premiers tronçons est loin de compenser l'inconvénient, malcommode et très coûteux, des allongements nécessaire- aux virages à gauche.Il est à remarquer également que sur les LS nœuds de friction interne indiqués sur f des s tronçons de rues locales, il y a 4 nœuds qui symbolisent des risques beaucoup plus graves que les 14 autres.Ils -ont la résultante du croisement de 4 circuits locaux sur chacun de ces 4 tronçons, par chacun des circuits principaux 1.4.« et 10 qui se sont allongés pour aller à gauche par suite de l'interdiction de ce virage à l'intersection A.A défaut de statistiques, si nous supposons par exemple qu'un circuit local représente un volume moyen de 200 véhicules par jour et un circuit principal 2000 véhicules par jour, il est facile d'imaginer la perturbation qtu peut résulter du croisement de ce dernier avec 4 circuits locaux, surtout aux endroits où un tel volume serait mal réparti, ou trop concentré durant de courte- périodes de la journée.Passons maintenant aux intersections.L'intersection de deux rues locales comporte 16 nœuds de friction intersectionnelle.Celle de deux «boulevards», également 10.Mais l'intersection d'un « boulevard » avec chaque rue locale en comporte 2S.C’est ce qui explique la difficulté, l'opération souvent risquée que constitue la traversée d'un « boulevard » par un véhicule émergeant d'une rue locale, ou même le virage à gauche -ur ce « boulevard ».Remarquons de plus que l'interdiction des virages à gauche en A ne supprime aucun nœud à cette intersection et ajoute à la gravité do 0 des 28 nœuds de friction intersectionnelle à chacune des intersections suivantes avec le- rues locales où s’effectuent les virages à gauche, y causant en même temps des retards, de la congestion, une icelle perturbation en un mot, situation qui ira s’aggravant avec 1 augmentation ’ ' > de la circulation.De même à chacun des 4 coins de la figure, intersection de deux rues locales, la situation de 4 nœuds de friction intersectionnelle sur l(i est aggravée.0644 NOTRE PROBLEME DE CIRCULATION A MONTREAL 285 Résumons donc les inconvénients inhérents à notre régime actuel de circulation urbaine, en ce qui concerne plus spécialement les « boulevards » ou futures artères.Ce sont: Ie I.o nombre de circuits, trop grand même pour une rue de 60 pieds de pavage, comme l'indique la figure qui ne montre pas d'espace pour le stationhement.2° Le nombre de nœuds de friction intorsect'onnelle à chaque intersection.3° Le nombre de nœuds de friction interne sur chaque tronçon de rue et surtout de « boulevard ».1° Los risques de friction médiane représentés par le nombre des circuits ou la « densité » des lignes.5° Le.» risques de friction marginale, résultat de la réduction des ( spaces libres due encore au nombre de circuits.6° Les allongements causés par l'interdiction des virages à gauche en A.7° Les retards résultants de ces allongements.8° Les retards dus au système de lumières (pii doit accommoder un trop grand nombre de circuits et de véhicules.‘.l° Les retards dus aux croisements de circuits tournants ailleurs qu'en A.10° Les retards causés par la congestion.Ajoutons que les retards et les allongements se traduisent par une dépense continuelle d'argent, des centaines de milliers de dollars annuellement, en pure perte, que l'appl’cation des trois principes expliqués au chapitre précédent permettrait de changer en résultats positifs, d'utiliser, en définitive, à la réalisation adéquat** de la vraie solut ion à not n* problème.Constatons en passant que l'analyse qui précède nous fournit un nouveau concept explicatif propre à la compréhension immédiate de ce problème par simple comparaison graphique.Ce nouvel élément qu'on peut définir « Densité des Risques » résumé les périphrases: réduction des espaces libres, nombre de lignes, nombre de circuits, nombre de nœuds.III.Agencement et aménagement lugtguia c nos grandes l vus circulatoires ("est à l'urbaniste et à l’ingénieur en circulation conjointement qu’il incombe d’abord de localiser et déterminer h* parcours de nos 286 KI.\I K THJMKSTlilEI.I.E C'AXA DI EN .Y K artères.Cellcs-ei devront ensuite être aménagées pour le moins suivant les principes éprouvés appliqués ailleurs, surtout aux fitats-I nis ou ils ont déjà eomineneé de faire leurs preuves.Des artères modernes seront au moins à voies divisées et d’ac-rès limité, de façon à mettre en pratique le principe du Chemin 1‘ ,r,“ * l't'eeway principle).Mais il y a moyen d’obtenir des résultats '¦'"•ore meilleurs en faisant davantage à moindres frais.Si.par exemple.nous décidions que nos artères seront à voies non seulement divisées mais plutôt séparées, c’est-à-dire que chaque artère serait composée de deux branches parallèles de sens contraires, chacune a .sells unique, nous pourrions appliquer aussi et de la manière la plus efficace le principe du Flux constant (Steady Flow principle).Fa ville de .Moscou nous donne un bel exemple de ce genre d aménagement.Son programme de construction d’artères, déjà a moitié réalisé avant la guerre actuelle, comporte 20 artères radiales 'voies ,1e pénétration) et artères de ceinture concentriques (ro-eailles, ou voies de distribution).Or, toutes ces artères sont à deux branches parallèles, dans le but évident de doubler leur capacité de circulation et d'appliquer intégralement le principe du flux constant .Ce genre d’aménagement permet également d’appliquer le principe «GF» aux intersections.Ou, réciproquement, ce dernier principe implique logiquement et naturellement l'application intégrale de celui du flux constant.Démontrons maintenant que la disposition actuelle de nos rues est en général convenable pour l’application économique et relativement facile des trois principes énoncés.Notre résille circulatoire généralement quadrangulaire est formé de rues constituant des quadrilatères plus longs que larges.Fa distance er.tr.deux rues montantes ou sud-nord varie de 175 à 350 pieds environ; celle comprise entre deux rues transversales ou ouest-est, 400 à 1000 pieds environ.Or, le principe «GF.» prévoit la construction future de tunnels demi-largeur dont les deux rampes nécessitent chacune une longueur d’environ 300 pieds.Nos rues montantes seraient donc, apparemment, trop rapprochées dans certains cas.Or, il n’y a pas d inconvénient sérieux à laisser une rue locale entre les deux branches d une artère (Planche 1) et, en général, il n’v aurait pas d’expropriation coûteuse à faire pour les besoins présents.F ne ligne d’homologation, d’ailleurs, tiendrait compte des besoins futurs." NOTRE PROBLÈME DE CIRCULATION A MONTRÉAL 2.87 Quant à nos rues transversales qui sont trop espacées, il n’y aurait qu'à en ouvrir une nouvelle à 300 pieds environ de celle qu’on aura choisie, et l'expropriation nécessaire ne coûtera pas plus cher, généralement moins cher que l’élargissement d’une seule rue pour obtenir la même capacité de circulation.Prenons par exemple le cas de la rue Sherbrooke.Son élargissement à 100 pieds (trottoirs inclus) entre les rues Union et Amherst nécessiterait la démolition de S0 maisons en général cossues et bien construites tandis que l'omerture d'une nouvelle rue à 300 pieds au nord ne ferait disparaître que 50 maisons et moins dispendieuses que les premières, C'e genre d'aménagement a par ailleurs d’autres avantages économiques importants dont il sera traité plus loin.Au surplus, il y aurait avantage à l’ouverture de nouvelles rues, car le nombre des rues actuelles est relativement petit pour la densité de circulation qu'elles portent, surtout dans le bas de la ville, principalement le quartier des affaires, où on a déjà atteint le point de saturation.D'après un récent rapport de M.R.X.Watt, président de la Compagnie des Tramways de Montréal, au Comité Économique Métropolitain, le réseau actuel de nos rues ne peut absorber les augmentations normales de la population et des véhicules moteurs, et le résultat inévitable est la ruine des centres d’affaires établis à cause des difficultés d’accès.Artères surélevées Comme complément à notre réseau artériel, il y aurait certes lieu de prévoir l'addition de voies élevées pour l’avenir.La construction de telles artères serait sans doute prématurée pour les besoins présents mais, pour être complète, notre étude devrait inclure la considération de leur probabilité ou possibilité future.Tramway et Métro C'ette étude serait encore incomplète et la solution proposée inefficace si nous omettions la question du tramway.Celui-ci constitue le principal et le plus efficace agent du transport en commun, indispensable dans un grand centre de l’importance de Montréal.On peut dire que son utilité, sa nécessité n'a d'égal que l’embarras qu’il cause à la circulation.Il ne constitue pas seulement une utilité publique mars également une nuisance publique.C’est le véhicule le plus encombrant tant par sa masse que par son manque de mania- 2SS H K Vf K TR IMESTR I KI.I.H CAX A DIKXXK liilité.11 mc luit aucun doute que le tramway doit disparaître graduellement de la surface de nos futures artères.Par ailleurs, il est certes illogique et dangereux de laisser le public voyageur monter et descendre de voiture au milieu de la rue.D aptes les chiffres cités par M.Watt dans le rapport mentionne plus haut, le temps serait venu pour Montréal d'entreprendre la construction d'un métro en profitant pour cela des conditions d après-guerre où il faudra eréei du travail afin de pallier le chû-mage.Or, comme c'est le public cpti.en définitive, défrayera les dépensés nécessaires, j| est juste (pie l'argent dépensé favorise le Pins grand nombre.La question du transport des masses ou tran-poit en commun devra donc être solutionnée en même temps (pie le problème de la circulation en général dont il est un élément important.1 ne commission d'ingénieurs a d'ailleurs été formée récemment pour faire suite au rapport préliminaire (le M.Watt.I\ .( iimpurfli.'ifiH rnlrr l vcçjiims il< nvi'uUttinn Supposons maintenant qu'une étude générale et complète de la circulation dans la ville de Montréal a été faite.Supposons en outre (pie nos artères -ont localisées, débarrassées du tramway, et composées de deux branches parallèles en vue de l'application la plus efficace du principe du flux constant et de l'aménagement des intersections suivant le principe « CIL ».La construction des systèmes « CIL » par étapes serait logique et avantageuse, lit ceci s'explique par le fait que l'intersection de deux altère.- ainsi aménagées est quadruple et constitue en réalité d intersection simplifiées et en quelque sorte indépendantes.M:ds il y a lieu d analyser la nouvelle situation créée à chacune de (•(¦s intersections partielles avant que son demi-tunnel soit construit.A I aide des diagramme- des circuit- que non- allons comparer, non.- verrons que ht circulation .-era non seulement améliorée d'une façon considérable, mais que.-an- tunnels, notre problème peut tout de meme être résolu pour plusieurs années à venir, ht ceci se comprend même à priori à l'examen des diagramme- par le fait (pie les difficultés de notre problème se trouvent divisées par t et mieux encore comme nous allons le constater.Kepienons d abord le cas (le I intersection en « X » ordinaire sans restriction quant aux directions et aux virages.La figure I (coin supérieur droit de la Planche 3) nous indique lü nœuds de fric- NOTRE PROBLÈME DE CIRCULATION A MONTREAL 289 tion intcrscetionnelle.Si, pour un instant, nous ajoutions à cotte intersection un îlot central (fin.2), nous aurions 4 nœuds de plus, soit 20 nœuds de friction intcrscctionnellc.C’est exactement le cas du rond-point (fis.3, 4 chemins convergents) quant au nombre de nœuds.Ici, cependant, les 20 nœuds sont de friction interne, les croisements, obliques, sont de ce fait facilités et les risques atténués parce que décentralisés.Dans le système « GI.» (fin.4), nous avons également un îlot central qui est qttadrangulnire et autour duquel les 20 nœuds sont ainsi répartis: 4 de friction interne, chacun d’eux étant situé le long de chaque côté < 111 quadrilatère, et 16 de friction intcrscctionnellc, c’est-à-dire 4 à chaque coin.Lt c'est ici le lieu de comparer chacun de ces coins qui est tout de même une intersection en « X » avec l'intersection en « X » ordinaire.Cette comparaison donne les résultats suivants à l’avantage du nouveau régime: 1 ° 4 nœuds de friction intcrscctionnellc au lieu de 16.2° Demi-volume de circulation chevauchée1 et 1/6 do volume à croiser (2 circuits sur 12), résultat de la séparation de chaque artère en 2 branches.3° Aucun croisement de circuits tournants entre eux, ni de c ireuits rectilignes avec des circuits tournants.4° Le conducteur d’un véhicule émergeant à l’un quelconque des quatre coins n'a qu’une seule direction à surveiller, au lieu de trois, celle indiquée par la flèche « DIRHCTIOX .5° Friction * "ane totalement éliminée, ce que réassure pas l’intersection de deux routes ou artères à voies simplement divisées où les virages à gauche sont permis.6° Fblouissemcnt nul.7° L’ordre numérique des circuits est sauvegardé.Ceci veut dire que, normalement, les véhicules sont à leur place avant de pénétrer dans l'intersection, et y restent ensuite, assurant à celle-ci un meilleur fonctionnement.Cette situation désirable tend en effet à supprimer les hésitations, atténuant ainsi la congestion et les risques de friction toujours possibles.Si, maintenant, nous ne sommes pas prêts à construire le demi-tunnel à l'une de ces intersections partielles, le système de lumières est alors tout indiqué, et c’est la plus efficace application qu’on en peut faire pour les raisons suivantes: 1 290 REVUE thimestrieu.e canadienne 1 0 L'inconvénient du retard est bien atténué puisque la moitié seulement du volume d'une artère rencontre moins que la moitié du volume de l'autre artère.Ce retard est encore diminué par le fait de l'absence de croisements de circuits tournants.2e Les possibilités de congestion sont réduites des %, pour le moins.3“ Les allongements, compensés par des raccourcis éouiva lents.' ‘ 4° Avantages d'un virage unique à chaque coin, situation qu'on peut assimiler à l'interdiction du virage à gauche habituelle sans ses inconvénients.5° Le virage unique en A », A A s et A 4 ne comporte que des avantages, tandis que le virage à gain lie interdit en A, allonge 4 eiicuits, complique la situation et cause une réelle perturbation: a) A 4 intersections des 2 «boulevards» avec chaque rue locale suivante; b) A 4 intersections de rues locales entre elles; c) Sur 4 tronçons de rues locales.(i .L installation même du système dans le nouveau régime e.-t plus simple et ne nécessité que 2 lampadaires par coin au lieu de 4.pour accommoder deux directions seulement.Nous avons vu (fig.]) qu'une intersection de « boulevard » a\ec une rue locale comporte 2s nœuds de friction intersection-ndlc (B, fig.1).1 ne intersection correspondante du nouveau régime (B1 ou B*’, fig.4), c’est-à-dire l'intersection Demi-artère- Hue locale n'en montre aucun.Ceci s’explique par le fait que cette intersection, en « X » dans le premier cas, n'est plus qu’apparemment en « X » dans le second.Cette dernière épouse plutôt la forme de 2 « 1 » opposés tête à tête dont l'un, le « T » supérieur, est lu à l'en-v°rs.Aucun contact n étant possible à cet endroit d'un côté à l'autre de la demi-artère, chaque « T » peut être considéré séparément.Nous avons donc une intersection en « T » simplifiée en ce sens que le jambage horizontal du « T » étant à sens unique, les 3 noeuds de friction intorsectionnelle communs à toute intersection en « T » ordinaire sont supprimés.La conséquence de cette absence de nœuds de friction intersectionnelle est l'élimination de tout système de lumières aux intersections des artères avec les rues locales.D’où, suppression d’un grand nombre de retards et d’arrêts, maintien de la constance du courant de grande circulation et de sa NOTH K PR O HI.K.MK DF: (TH CTI.ATION A MONTH K AI.291 K vitesse do régime » (design speed), augmentation de la capacité, et diminution de la congestion.l'n tronçon de « boulevard » adjacent à 1 intersection A (fig.I) comporte S nœuds de friction interne.Nous avons vu que ceci est une exception due à 1 interdiction du virago à gauche, restriction qu'on no petit décemment établir à toutes les intersections, lotis les tronçons suivants comporteront 21) nœuds de friction interne, et il en sera ainsi iusqu'à la prochaine intersection ou la même restriction existe.Par contre, tous les tronçons analogues du régime proposé (fig.4) ne comportent normalement que (i ou 7 nœuds de friction interne.Il n'est donc aucunement exagéré de dire que de la decentralisation des risques résulte une simplification considerable du pro-I lime et que c'est le principe « CIL » (pii permet et la dite cette décentralisation.Les conséquences découlant de l’application intégrale de ce principe sont donc: 1° La subdivision des artères en deux branches à sens unique permettant de doubler leur capacité de circulation à nv'iib'ur compte que par des élargissements coûteux, en certains cas peut-être prohibitifs.2° La facilité d’application intégrale la plus efficace du principe du flux constant qui: a) Augmentera encore la capacité par suite du maintien de la constance du courant et de la « vitesse de régime ", et de la suppression d'un grand nombre de retards et d'arrêts: b) Réglementera efficacement la cin illation: e) épargnera des sommes considéra! les en éliminant tous les systèmes de lumières aux intersections des artères avec les rues locales.3° L'avantage de l'utilisation la plus efficace du système de lumières, dans des r " ' s spéciales réduisant au minimum ses inconvénients; également le tait que ce système peut ainsi constituer une solution durable dans plusieurs cas au lieu d être uniquement un palliatif.4° L'opportunité de prolonger do plusieurs années lorsque jugé opportun grâce à cette utilisation plus efficace du sjstème de ' " res la période durant laquelle on peut répartir I amena- gement par étapes des intersections.5 2051 292 H K VIE TUIMESTRIEU.E CANADIENNE •5 La perspective d’application économique delà subdivision d artères en deux branches pour une agglomération moyenne, par exemple pour une petite ville que traverse une route ou deux routes qui se croisent, où il peut y avoir congestion par suite de l'afflux de la circulation extérieure (Cette considération peut avoir son importance pour les municipalités suburbaines d’une grande ville).6° L elimination totale de l'éblouissement mieux que par une artère à voies simplement divisées.~° L’élimination totale également de la friction médiane.t' I.a diminution sans frais additionnels de la friction marginale par suite d’augmentation do la capacité.9 3 Lnfin.la certitude d obtenir de chaque gallon de gazoline dépensé un rendement efficace maximum.\.Conclusions Nous avons publié antérieurement dans quelques journaux certains < hiffres démontrant à l’évidence la grande importance do n peut ajouter au système, différents appareils de mesure qui permettront de contrôler le fonctionnement de l'appareil automatique et rendront l'opérateur il même d'effectuer manuellement la synchronisation si le système venait à faire défaut, comme dans le cas de tubes brûlés.Le système proposé dans ce projet sera calculé pour une machine du laboratoire d'électricité.Les caractéristiques de cette machine sont les suivantes: Westinghouse 5 K\ A GO cycles 110-220 volts 1200 T.P.M.20-13 ampères 0.9 Facteur de puissance 1-3-6 Phases Fxcitateur: 3.1 ampères 125 volts CHAPITRE II Le contrôle du voltage des machines productrices d'énergie électrique a préoccupé les ingénieurs depuis le début de l’ère électrique.Un contrôle électronique, dont la souplesse est illimitée et qui ne comporte aucune inertie, semblait le « nec plus ultra » à atteindre.Les différents systèmes, décrits dans l’appendice I, semblent jalonner la route qui conduisit au régulateur électronique à tube unique lequel sert de base à l’appareil proposé.Le premier de ces régulateurs fut proposé comme contrôle pour les générateurs à courant continu.Il se compose de deux tubes 296 hevue trimestrielle canadienne électroniques dont le premier regie "output du second.Le tube d output sert à alimenter les inducteurs de la machine.Cette caractéristique entraîne donc deux désavantages: A - venir à la sous de la Le champ de la machine doit résistance d'anode du tube, courbe rie saturation.être enroulé de façon à content en n'opérant qu’en des- B — Le système n'est pas applicable aux machines d'une grande puissance, puisqu'il n'existe aucun tube pouvant porter le courant nécessaire aux inducteuis.I.C deuxième régulateur fut dessiné pour régulariser le voltage des alternateurs.11 employait trois tubes à vide.Le tube d'output sert encore à alimenter les inducteurs de la machine.Les filaments du premier tube opèrent à basse température.L’anode de ce tube est à haut voltage, l.c courant d'anode est donc saturé et ne dépend, pratiquement, que de la température des filaments et, par conséquent, du potentiel du transformateur.Ce régulateur comporte les mêmes désavantages que le précédent.De plus, comme le premier tube opère à basse température de filaments, la régulation devient précaire lorsque le tube vieillit.Ln effet, l'émission des électrons est moins copieuse et il faut une plus grande fluctuation du voltage de ligne pour obtenir une augmentation du voltage de l'excitateur.Le premier régulateur électronique, commercial, employait ouatre tubes a vide.( ependant le tube d’output ne sert qu'à fournir une portion du champ de l’excitateur.C’est donc une amélioration sur les deux précédents.Cependant le tube de contrôle opère à basse température de filaments et à haut voltage d'anode.Il comporte le même désavantage (pie le précédent, à ce point de vue.De plus, comme il nécessite quatre tubes, il y a quatre possibilités de défectuosités dans le fonctionnement.Il n existe que peu de mécanisme- de synchronisation commerciaux.Ces mécanismes sont tous basés sur le même principe.Des tubes électroniques, dont la polarisation est déterminée par la différence de phase et la différence de fréquence entre les deux systèmes, commandent la fermeture des relais.Ces relais, à leur tour, contrôlent le relai principal qui ferme le circuit entre les deux sys-t èmes.J ‘ Ces mécanismes ne réalisent pas la synchronisation.Ils ne servent qu’à fermer le circuit entre les deux machines, lorsque la heglage automatique du voltage 297 synchronisation a ('¦te réalisée par les méthodes ordinaires, c'est-à-dire, manuellement.jHAI’ITRK III Des» kii’tion' géxlkai.e du système Si l'on se reporte à la figure XIX.on voit cpie le système coin plet se compose des différentes parties énumérées ci-contre: : ' ».1 - , —, ! 1 P *- 1 • •, J l_ .R fe Ü J A — ]) un relai principal à fermeture retardée, (pii sert à connecter la machine arrivante sur le réseau lorsque la synchronisation e-t réalisée.Le retard, dans la fermeture du relai principal, est nécessaire afin ,| empêcher le branchement de l’alternateur pour une difference instantanée de fréquence et d'angle de phase, égale à zc'ro; B — D'un mécanisme tenant compte de la différence d'angle do phase.(V mécanisme empêche la synchronisation lorsqu'il existe une différence d’angle de phase entre les deux systèmes; D’un mécanisme tenant compte de la différence de fréquence.Ce mécanisme corrige la fréquence de la machine arrivante HEVt'E TRIMESTRIELLE CANADIENNE jusqu’à oo que ootto fréquence soit Lorsque ootto opération ost réalisée, moturo du rolai principal; la mémo que colle du un mécanisme permet réseau, la for- I) — D'un système redresseur à tube qui fournit tout le courant continu nécessaire à l'opération des relais; K—D'un régulateur de voltage électronique qui maintient constant le voltage de la machine arrivante.Ce voltage doit être cirai à celui du réseau.CHAPITRE IV Notes exiu.icatives du fonctionnement des thyratrons Comme le système proposé emploie trois thyratrons, il est bon d'expliquer les caractéristiques de ce genre de tube.Les thyratrons sont di s redresseurs dont le \ ido est remplacé par une légère quantité de gaz.habituellement de la vapeur de mercure.Ce sont des tubes à trois électrodes: anode, grille, cathode.L'introduction du gaz leur confère certaines caractéristiques dont les principales sont énumérées ci-contre: A — Le courant de circulation s’amorce brusquement lorsque l'ionisation du gaz est assez avancée; H — La polarisation de la grille du tube détermine le potentiel d’anode pour lequel la conduction du tube commence; C — Lorsque le courant circule entre l’anode et la cathode du tube, la grille et la cathode sont pratiquement en court-circuit: D— Lorsque le tube est amorcé, la grille perd tout contrôle.Le seul moyen tie bloquer le thyratron est de rendre l’anode négative.( IIA PITRE Y RÉGULATEUR de voltage La régularisation du voltage des alternateurs consiste à maintenir constant le voltage aux bornes de la machine, lorsque la charge augmente.Jusqu’à ces derniers temps les régulateurs employés étaient tous du type à relais et à contacts.Tous ces systèmes offrent le désavantage de dépendre des oscillations d'un rolai entre deux séries de contacts. K ÈGI.AGK AUTOM ATI QUE DT VOLTAGE 290 Dernièrement, un régulateur électronique.employant un seul thyratron, a été proposé.Ce régulateur sert de hase à l'appareil propose et sera calculé pour convenir à un alternateur bien déterminé.Il est bon de noter que le système est applicable à n'importe quel alternateur.Il n’y a qu'à choisir un thyratron pour convenir à la machine.Si 1 on se reporte à la figure \ , on voit que l'appareil comprend un transformateur d alimentation, un montage en pont de quatre lampes, un thyratron et un circuit à couplage par réaction inverse et un relai.REGULATEUR DE VOLTAGE ELECTRONIQUE POUR ALTERNATEUR FIGURE V ECOLE POlVTECmNIOuE BS JULIENRlCARO Le fonctionnement de l'appareil est le suivant: Le rhéostat des inducteurs de la machine (R 14), est ajusté de façon à ce que 1 alternateur produise son voltage normal pour une charge nulle.On voit donc que.pour toute charge imposée à la machine, le thyratron devra fournir aux inducteurs le supplément de courant nécessaire pour rétablir à sa valeur normale, le voltage aux bornes de 1 alternateur.Comme le thyratron ne doit rien fournir à charge 300 KKVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE nulle, il faut que le voltage de polarisation de la grille du thyratron soit assez négatif pour empêcher le fonctionnement du tube.Cette polarisation de grille est fournie par un montage en pont de quatre lampes It 1, K 2.K .5, H 4.Les résistances R 1 et R'2 sont deux lampes Mazda de 7ô watts à filaments de tungstène alors que les résistances R 3 et R 1 sont des lampes de 120 watts à filaments de carbone.L explication du choix de ces deux types de lampes ainsi que les calculs du régulateur sont décrits dans l'appendice II.I.anode du thyratron est alimentée en courant alternatif de façon a permettre a la grille de reprendre le contrôle des opérations à chaque cycle.Le cycle des opérations du régulateur de voltage est le suivant.La machine est mise en mouvement et produit son voltage normal.Après deux minutes d operation, le relai se terme et l'alternateur peut alors prendre soin de la charge.Cette charge produit une chute de potentiel aux bornes de la machine.Cette chute de potentiel détruit l’équilibre du montage en pont.La grille du thyratron devient moins négative, permettant au courant de circuler dans le circuit d anode.( e courant, lourni par le tube, s'ajoute à celui qui circule dans les inducteurs de la machine.L'augmentation du champ remonte le voltage aux bornes de l'alternateur jusqu'à sa valeur originale.L alimentation des inducteurs de la machine peut être fournie par une source continue séparée ou par un excitateur.CHAPITRE VI Mécanisme de svnciihonisation (Section: difference de i/angle de i hase) Si les deux machines tournent à la même vitesse, c'est-à-dire, produisent un voltage ayant exactement la même fréquence, cela n eut laine pas nécessairement que les deux voltages ont exactement le même angle de phase, comme le mont re le diagramme de la figure A (a et b).( )n voit de plus, d après ces courbes, qu'une différence de voltage se maiiitcstera entre les bornes correspondantes des deux machines pour toute différence d'angle de phase.Les deux machines sont opposées au moyen de transformateurs.L output des transformateurs est appliqué aux bornes d’un RÉGI.A GE AUTOMATIQUE DU VOLTAGE 301 EIGURE X V.AihlhE A PRIVANTE COURBE DONNANT UA DIFFERENCE OE potentiel poor due difference d'un certain angle de .Pn AS E FIGURE X b .CCvRêE f/ONTRANT i.A QiFFCRENCE OE POTENT,Cl POUR UNE DIFFERENCE DE ______ 13 0* D'ANiLE de _ Ecole polïtecrmsue 19+» JULIEN RICARD nir u oxyde.A la sortie du redresseur, on recueille fou rant eoutiim pulsatil.( c (mirant esi filtré au moyen d'un condensateur.I.'output du redresseur circule à travers une résistance Il se produit donc une chute de potentiel dans cette résistance.Cette difference de potentiel est appliquée sur la Etrille d'une triode de 302 IfEVri: TKIMHSTKIEI.I.K ('ANADIKNNK façon à empêcher le passage du courant dans le circuit d’anode du tube.Nous a|ipli(|iions.sur la grille du tube, un voltage de polarisation juste suffisant pour permettre le fonctionnement du relai.La chute de potentiel à travers la résistance est appliquée sur la grille du tube dans le même sens.Dans ces conditions, pour permettre 1 opération du relai, il faut donc que l’ont put du redresseur soit nul, e est-à-diro.qu il n’y ait aucune différence d’angle de phase entre les deux machines ou pratiquement aucune.Du peut synchroniser certaines machines pour une différence dangle de phase qui n’est pas zéro.Cette différence permise peut même aller jusqu'à 2 degrés.Il est facile de prévoir cette condition.Si la polarisation constante sur la grille’du tube, est rendue plus positive, les ( ' s d’opération du relai seront atteintes pour un output du redresseur différent de zéro.I n potentiomètre, placé en dérivation sur le diviseur de voltage, permet de réaliser la synchronisation pour une différence d'angle de phase allant jusqu'à 2 degrés.Les calculs se rapportant à cette section du mécanisme sont décrits dans l'appendice III.Il s'agit maintenant de réaliser le phasage des deux machines, lorsque Légalité de fréquence des deux mai bines, est réalisée.Pour cela, il tant faire glisser la machine arrivante vers le réseau.Cette opération est réalisée au moyen du relai 3.Ce relai [dace momentanément dans le circuit des inducteurs du moteur entraîneur, une resistance H 8.Ceci a pour effet de faire retarder la machine.Cet effet est momentané et ne donne pas le temps nécessaire* au différentiateur de fréquence d’effectuer une correction.Donc, lorsque* ex* relai ouvre ses contacts l'équilibre est rétabli et la différence d’angle de phase* entre* les deux machines a diminué.Lorsepie cette diffé-renee el angle de phase est celle choisie, le* relai I, ferme* ses cemtacts e*t la synchronisation est possible*.Cette* partie élu mécanisme est décrite dans l'appendice IV.CHAPITKK VII M f.e A.MSMK DK SYN'e HltONISATlO.N (Sue tion: Difféhk.nti: of.fuKep’KNce) < e*tte partie* du mécanisme se*rt à régler In vitesse* de la machine* arrivante de* façon à ce cjue notes en lisant « L art de se former 1 esprit ».I .t lire une plume à la main c est déjà lire avec intelligence, ('est déjà comprendre, se former l'esprit.Bien que» s’adressant directement à des jeunes, le P.Charmot touche ou aborde tant de questions -i simple- et si profondes, si concrètes que les B.A., ou les p)arents encore devraient lire ce volume, (’es derniers y trouveront des raisons sérieuses de veiller a 1 éducation de leurs enfants.Plusieurs saisiront jH'ut-etre {jour la première fois, de vifs problèmes de presque tous les jours, l’essence de la lutte entre l’esprit et la matière.HORIZONS D ADRLS-d! ERRE, pur .Jean-Marie Nadeau, 319 pages.Fditeur, Lucien Parizeau A Compagnie, 2027 rue Peel, Montréal.S il était passible de grouper les économistes en deux catégories, suivant QU il.** sont de 1 ecole dite littéraire (déduction) ou de l’école scientifique (observation), c’est sans contredit à ce dernier groupe qu'appartiendrait M.Jean-Marie Nadeau.Pas de doctrine, p>as d idées préconçues, en apparence tout au moins, libre de préjugés, M.Nadeau s’applique à observer des faits; il s’efforce d’expliquer les phénomènes «le l’activité économique et «le conclure avec réalisme, d'une manière impersonnelle et.évidemment objective.Telle est sa méthode.C’est aussi celle des américains et anglo-saxons, en général, que vient parfois informer si utilement la faculté de déduction des français.( et ouvrage concerne le Canada et.les canadiens sans distinction de race ni de religion comme sans préoccupations ayant un caractère régional.C’est à Ottawa que l’auteur a choisi son poste d’observation.Aussi, commence-t-il dans une 1ère partie par instruire le lecteur des facteurs principaux de la politique économique d’un pays.Muni de ces connaissances, le lecteur comprendra mieux la description, les conséquences et l’appréciation de la politique économique du temps de guerre au Canada qui fait l’objet de la deuxième partie.Knfin dans une troisième et dernière partie, l’auteur examine les problèmes qui naîtront de la guerre et les solutions «pu’il conviendra de leur apporter dans l’après-guerre. I(EVUE DES LIVRES 333 « Je ne puis, écrit M.Edouard Montpetit, dans une courte introduction, que vous féliciter de tout cœur du sérieux de votre étude, de la précision de votre méthode et de l’art que vous savez mettre à traduire l’évolution de notre politique et a révéler les importants problèmes que nous réserve un avenir prochain ».De lecture facile et agréable, malgré l’ampleur et la complexité des problèmes étudiés, «Horizons d'après-guerre » est un ouvrage qui a valu à son auteur le témoignage élogieux des spécialistes les plus réputés.MOS 7 Rf .11.fJ OSOMIQI E, rédigé en collaboration par un groupe de professeurs de 1 Ecole des Hautes Etudes Commerciales auxquels se sont joints des spécialistes distingués comme messieurs Jean Bruchési, Honor'- Parent, Raymond Tangbe et Marcel Parizeau.Etude préparée à l’occasion du troisième centenaire de la ville.Éditions tides, Montréal, 130 pages.Prix S 1.50 Ce livre est divisé en neuf chapitres qui se présentent dans l’ordre suivant: 1 histoire economique, le milieu physique, la population, le port et les transports, 1 industrie manufacturière, le commerce, la finance, l’administration municipale et l’urbanisme.Six apjiendices qui contiennent des tableaux statistiques originaux et éminemment instructifs complètent cet ouvrage.Rédigé en une langue correcte ce documentaire n’est pas une pièce de littérature meme si a maints endroits le style y atteint une tonne qu’on rencontre rarement dans ce domaine.I.a diversité même des auteurs explique la diversité de 1 expression.Voilà aussi un livre qui fait [Jus que renseigner; il enseigne.A notre avis, étant donné l’importance relative de Montréal dans l’activité économique de la Province, il n est peut-être pas un homme soucieux de l’intérêt public du pays qui ne puisse tirer de cette étude une large part de profit.Il y trouvera en même temps qu une synthèse remarquable de Montréal, une explication intéressante de ses progrès ainsi qu’une description et une analyse fouillée de chacun des aspects étudiés.« Montréal Economique » est un out rage dont la valeur s’accroîtra avec le temps et la distance parce qu’il s’avérera indispensable aux chercheurs de demain et de l’étranger qui porteront leur attention sur la métropole d’aujourd’hui.STALINE ET PIE XI.I.a personne humaine devant le communisme et le catholicisme, par P.-E.Boité, P.S.S.Publications de la faculté de théologie de l’universitc de Montréal.103 pages.Prix: SI.00.« Bien peu de personnes, dit Pie XI, ont su pénétrer la vraie nature du communisme ».\ oilà une citation que nous retrouvons dans l’introduction de cet ouvrage.C’est pour cette raison surtout que nous ne saurions trop en recommander la diffusion.L’auteur, se basant sur une solide documentation, traite les aspects philosophique, social et antireligieux du communismé.Il met en parallèle, le communisme et la doctrine catholique à ce triple point de vue.Cela permet de très bien suivre le raisonnement de l’auteur.En lisant ces pages, nous sentons la lumière se faire sur cette question que nous ne connaissons réellement pas.Elles s’appuient sur l’encyclique Divini Redemptoris, dont elles en sont un commentaire qui nous montre, à l’aide surtout d’un ouvrage rédigé par Staline et édité à Moscou en 1939, le bien-fondé de 334 REVUE TH 1.MESTIiIEI.EE CANADIENNE l'affirmation que la doctrine actuelle du communisme est fondamentalement la même que celle de Marx, d’F.ngels et de I/mine, selon les mots mêmes de l’auteur.lx> travail «le M.Boité, est d’un très vif intérêt.Il est une magistrale contribution l'action sociale et catholique dont tout le monde a tant besoin.M.Boité doit en être remercié et félicite.Avec S.K.Mgr Émile Telle, nous souhaitons fortement n Que votre ouvrage soit lu, médité, compris ».M EX Al'H, MA ITRE-DRA VEI'R, par Félix-Antoine Savard, 153 pages.Éditions h ides.Voici, l'édition définitive de « Menaud Maitre-I traveur », la première édition avant paru en 1037.t'e livre de l'abbé Félix-Antoine Savard est un beau poème, chantant 1 attachement profond au sol canudi n.Des personnages, comme Menaud, sa fille Marie, son fils .loson et le Fin,-on sont de cette race forte qui mais a conservé notre héritage français.Il- nous .lent une belle leçon «le patriotisme.I a lecture de ce livre laisse une impress on de récomfo t.M.B.HIGHER MATHEMATICS.By R.S.Burington fc C.C.Torrance.Un vol.S44 pp.New York (cinquième impression 1943) McGraw-Hill Co.I.'art de l’ingénieur bénéfiiic généreusement des découvertes faites dans la vaste domaine des mathématiques pures.Nous n’en sommes plus au temps où les mathématiques classiques, celles du dix-huitième siècle habillées de notations récentes, suffisaient pour assurer l'armature théorique des sciences appliquées aux arts.C’est peut-être la réalisation pratique de grandes vitesses, qui exige des méthodes «le calcul plus affinées, aussi bien dans la construction des machines (jue dans celle «les outils.Avec cela, toutes les autres parties «le Fart de l'ingénieur ont profité des méthodes nouvelles.Depuis quelque temps, les ouvrages de mathématiques supérieures destines aux physiciens et aux ingénieurs, s’efforcent d’annexer avec facilité «es techniques mathématiques nouvelles.Il suffit de comparer deux ouvrages du même genre publiés à trente ans d'intervalle, pour se rendre compte «les besoins plus vastes «le l’ingénieur contemporain et de ceux qui consacrent à l.‘i vie des laboratoires.C’est pour répondre à ces besoins que MM.Burington et Torrance, profes seurs à la Case S.hool of Applied Science, une «les meilleures écoles polytechniques «le la république voisine, ont préparé leur bel ouvrage Higher Mathematics avec applications aux sciences et au génie civil.Ce traité c«jmprcn«l neuf partie-
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