La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1945, Hiver
Ilème année No 124 A MONTRk>L Hiver 1945 A .*> , ' ;-y2%V .B Revue Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur — Mathématiques — Sciences — Architecture Industrie — Économie politique et sociale — Finances Histoire —- Statistique — Hygiène — Législation SOMMAIRE Aventure Rpné RT5STRT.HTTFRP.fi 303 I.’énergie atomique .Jules GUERON .327 La pensée profonde du Cardinal Newman .Paul MARTIN .342 Orientation vers la carrière de l’ingénieur .Henri GAUDEFROY .353 Hommage de la Normandie au soldat canadien.France LEBAILLY Revue des livres Vie de l’association ASSOCIATION DBS DIPLÔMÉS DE MONTREAL POLYTECHNIQUE REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Publiée par les soins de l’Ecole Polytechnique de Montréal, et avec le concours de l’Association des Diplômés de Polytechnique COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, C.M.G., P.D., P.S.S., recteur de l’Université de Montréal.Secrétaire: Ignace Brouillet, ingénieur, Directeur de l’École Polytechnique.Membres: Victor Doré, surintendant de l’Instruction publique de la province de Québec.Augustin Frigon, ingénieur, président de la Corporation de l’École Polytechnique.Henri Gaudefroy, ingénieur, secrétaire de l’Association de3 Diplômés de Polytechnique.Hon.Léon-Mercier Gouin, avocat, sénateur, professeur à l’Université de Montréal.Théo.-J.Lafrenière, ingénieur, professeur à Polytechnique.Édouard Montpetit, avocat, Secrétaire général de l’Université de Montréal.Antonio Perrault, avocat, professeur & l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, ingénieur, président de Surveyer & Cie.Ivan-E.Vallée, ingénieur, sous-ministre des Travaux publics de la Province de Québec.Camille-R.Godin, ingénieur, professeur à Polytechnique.COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chej: Édouard Montpetit, Secrétaire général de (’Université de Montréal.Secrétaire de la Rédaction: Camille-R.Godin, professeur à Polytechnique.Membres: Mgr Olivier Maurault, Hon.Léon-Mercier Gouin, Dr Ing’r Arthur Surveyer, Ing’r Arthur Duperron, Ing’r Maurice Gérin, et messieurs Louis Bourgoin, Henri Gaudefroy, Théo.-J.Lafrenière, Paul-Louis Pouliot, et Ludger Venne, professeurs à Polytechnique.Les auteurs des articles publiés dans la Revue Trimestrielle Canadienne conaenrent l’entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.La Revue publie des articles en français et en anglais.Les manuscrits doivent parvenir à la Rédaction au moins un mois avant la date de publication, lis ne sont pas retournés.La reproduction des gravures et du texte des articles parus dans la Revue est permise à la condition d’en indiquer la source et de faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication les reproduisant.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra à la Rédaction.La Revue parait en mars, juin, septembre et décembre.Le prix de l’abonnement est $3.00 par année pour le Canada et les Etats-Unis, $4.00 pour les autres pays.Toute communication rour abonnements, publicité, collaboration, etc., doit être adressée au siège de la Rédaction et administration: ÉCOLE POLYTECHNIQUE USO, rue Saint-Denie, Montréal ji iK>u®i hr?- Æ3 ww lei mot eux à DIESEL FAIRBANKS-MORSE pour pluâ d*économie plui d efficacité Les Moteurs Diesel Fairbanks-Morse ont établi un record exceptionnel d’économie et d’efficacité dans la production de l’énergie électrique.De très nombreux moteurs de ce type, dont la force totale se chiffre par millions de chevaux-vapeur, sont constamment en opération dans les centrales électriques, les établissements industriels, manufactures, frigorifiques, meuneries, moulins pour le broyage de la pierre, mines, stations de pompage et d’irrigation, ainsi que dans nombre d’autres installations pour la production de l’électricité.¦ 10 cyl.Modèle 38D8-I 8 O.P.Diesel Engine-Control Side D.DD.Fairbanks-Morse & Co.«Euzbanks -Morse “ïx?HALIFAX ST-JEAN, N.B.QUÉBEC MONTRÉAL OTTAWA TORONTO WINDSOR FORT WILLIAM WINNIPEG RÉGINA SASKATOON CALGARY EDMONTON VANCOUVER VICTORIA Usine à Sherbrooke, P.Q, II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE k Un fouinai honnête k____ ^et bien lait,.£ LE DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit cachetez et liiez LE DEVOIR toui lei jouri Jl est intéressant, bien informé, impartial, propre.ADMISTRATION ET RÉDACTION: 430 est, rue NOTRE-DAME MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III niversité de Montréal École POLYTECHNIQUE * Ecole d’ingénieurs — Fondée en 1873 Le programme d'études prévoit la formation générale dans toutes les branches du Génie et l'orientation dans les spécialités suivantes : Mécanique-Electricité Travaux Publics-Batiments Mines-Métallurgie Aéronautique Chimie industrielle V Les élèves reçoivent à la fin du cours les diplômes d'ingénieur et de Bachelier ès Sciences appliquées avec mention de l'option choisie.LABORATOIRES D’ANALYSES, DE RECHERCHES ET D’ESSAIS, LABORATOIRE PROVINCIAL DES MINES.Prospectus et Renseignements sur demande.1 4 3 0, RUE S A I N T - D E N I S — M O N T R E AL IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Téléphone: 3-6736 GEO.DEMERS INGÉNIEUR-CONSEIL 126, rue ST-PIERRE, QUÉBEC ON TROUVE TOUJOURS LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaires ou sur grand papier, d'une sélection d'auteurs contemporains.:: :: :: •: 1247 RUE ST-DENIS TÉLÉPHONE: HA.2320 MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE H 9 Du Président et des directeurs de \ MARINE INDUSTRIES LIMITED C il E S L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL lofonde du < 'ardu : I Newman, par Pari Martin Statistiques Applications des statistiques au génie, par Roger Lessard Revue des livres Revue des livres 1S1.2,SS, 3S9 Vie de l’Iicole et de l’Association Vie de F Ecole et de F Association DO, 193, 297), 101 Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL HIVER 1945 “AVENTURE” Disco hs Prononcé par Fridijof Nansen a l’Univehsité Saint Andrews le 8 octobre, 192t> i Traduction tic René Ristolhtiebor) Kn octobre 1926, le grand norvégien Fridtjof Nansen,— Fau-daeieux explorateur arctique de 1893 devenu en 1922 un intrépide philanthrope,—avait été choisi comme « Recteur » par les étudiants de l'Université écossaise de Saint Andrews.C’était pour eux une façon de placer sous le patronage d'une personnalité de leur choix l'année scolaire qui débutait.L’année précédente cet honneur avait été conféré à R.Kipling.C’est dans ces conditions que le S octobre 102(5.F.Nansen fut amené à prononcer le discours dont la traduction suit.Il nous a semblé que cet éloquent et fervent appel à l’esprit d’aventure dans ce qu'il a de plus noble et cette affirmation de la primauté des forces spirituelles était de nature à intéresser les lecteurs de notre Revue, surtout à un moment où le monde chaotique est en quête de motifs d’espérer.On dit que, parlant du peuple de la mer, Salomon a comparé les orateurs au vent, parce que la mer est calme si le vent ne l’agite pas.F.n ce moment, j’ose vous appeler la mer, et je suis bien sûr que vous êtes déjà assez agités sans le secours d’aucun orateur.Cependant, bien que je n'aie jusqu'ici jamais éprouvé aucun besoin de 304 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE « cultiver le vent oratoire », j’espère que je pourrai vous produire l'effet d'une tempête, pour vous donner satisfaction.Cependant les vents, qu’ils soient violents ou faibles, peuvent souffler de bien des directions.D’où attendez-vous que je souflle?Et surtout, je me demande comment vous avez jamais pu penser à faire de moi votre Recteur.Est-ce parce que, il y a longtemps,— longtemps avant votre naissance, je suppose — un jeune homme portant mon nom a effectué quelques voyages à travers les régions glaciales?Il se peut que vous en ayez entendu parler quand vous étiez enfants.Ou bien serait-ce parce que, au cours de ces quelques dernières années, il est arrivé que ce même nom soit lié à des entreprises tentées pour alléger les souffrances de créatures malheureuses ?Je n'ai pu le découvrir, ("est regrettable, car cela m’aurait donné une indication pour le ton de ce discours, qui doit être, à ce que je comprends, ma tâche essentielle en finalité de Recteur.Après tout, pourquoi me tourmenterais-je?De toute façon, vous ne vous souviendrez bientôt plus de quoi il était question.Vous ne devez pas croire que nous autres, vieilles gens, soyons aussi satisfaits de nous-mêmes que nous le paraissons.Pour être tout à fait sincères, nous savons fort bien que, tout en étant extrêmement gentils pour nous, et aimant évidemment nous voir — au moins de temps en tern]).* — vous nous trouvez souvent d'intolérables raseurs avec notre pesant savoir et nos bons conseils.Du moins, je me souviens que, quand j’avais votre âge, c'était là mon opinion,— peut-être non sans raison.11 y a longtemps que Ea Rochefoucauld a dit: « les vieillards aiment donner de sages avis pour se consoler de n’être plus en mesure de donner de mauvais exemples ».Je ne sais si nous pouvons accepter cet aphorisme dans son ensemble, bien qu'il puisse contenir beaucoup plus de vérité qu’on ne peut le penser, .le suis sûr d'ailleurs, que nous partagerons tous l'avis du même sage quand il dit que: « nous n'estimons intelligents que ceux qui partagent nos opinions ».Généralement c’est seulement par une pénible expérience (pie nous nous trouvons à même de vérifier la justesse d’opinions qui diffèrent des nôtres.Combien la vie serait plus facile si elle pouvait nous être enseignée par les autres ! Mais c’est avec nos propres yeux que nous avons à découvrir la véritable sagesse.« L’expérience, en vérité, se paye un prix terriblement élevé », dit votre immortel Carlyle; mais elle sait enseigner comme personne. AVENTURE 305 Tenez-vous-en à cela me; jeunes amis ! Écoutez l'autorité et l’âge; vous pouvez apprendre beaucoup de ceux qui sont plus âgés que vous, mais ayez plus de confiance encore dans vos propres yeux et ouvrez-les bien.Une vérité acquise de vos propres yeux, même si elle est imparfaite, vaut dix vérités enseignées par les autres, parce (pie non seulement elle augmente vos connaissances, mais elle perfectionne encore votre capacité de voir.J'en suis bien persuadé, comme vous tous.Cependant, je n'en suis pas moins ici, moi votre Recteur, plutôt un vieillard, j’ai peine à le dire.Et j'ai à vous adresser un discours édifiant, à vous qui commencez votre voyage à travers la vie.Que vous dirai-je?Je suppose qu’un discours rectorial doit débuter par quelques bonnes paroles à propos de l'océan de la vie sur lequel vous avez à naviguer.Mais je crains de ne pouvoir vous rendre plus sages â cet égard; la mer est si agitée en ce moment, la brume si dense qu'il est difficile de voir devant soi.Une mer dangereuse à traverser pour les jeunes, dit-on.J'inclinerai pourtant à penser que ce sera un voyage remarquablement intéressant.Un acte de la pièce est terminé; un nouvel acte commence.Il y ii des ferments partout.Des vérités anciennes sont jetées par-dessus bord; c’est à vous d’en découvrir de nouvelles.Oui, certes, la mer est difficile.Beaucoup feront naufrage peut-être, mais il n’y aura que davantage à faire pour ceux d'entre vous qui en auront l'énergie.Mon ami Amundsen remarquait ces jours-ci qu’il était heureux de n'être pas né plus tard, car il n'aurait plus rien eu à explorer que la lune.( ela me fait évoquer le souvenir de Martin Frobisher cpii, il y :i 350 ans, « se résolut à partir pour effectuer la traversée du Passage Nord-Est » afin d'apporter un authentique témoignage de la vérité ou, sinon, de ne pas revenir.Il estimait que c'était la seule chose au monde qui fût encore restée inaccomplie et grâce à laquelle un esprit distingué pouvait devenir heureux et célèbre.C'e n'est pas le but et la fin de la vie que de devenir heureux et célèbre.Ce n’est pas si facile.Vous êtes venus ici pour jouer votre rôle et pour bien le jouer où que vous soyez placé, il y a encore bien des choses dignes d’être faites depuis l’époque de Frobisher et il y en aura plus qu’assez pour vous mes ami-: i Passons en revue quelques-unes d'entre elles.Nous avons beaucoup entendu parler ces temps-ci du déclin de la civilisation européenne.Elle a atteint la vieillesse, dit-on, et est en train de descendre la colline. 306 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Entre autres, on signale le manque d'originalité et une certaine stérilité alarmante dans la capacité de production des cerveaux européens d'aujourd'hui, qui se manifeste peut-être spécialement dans l'art contemporain par l'absence de personnalités marquantes.Ne vous laissez pas aller au pessimisme.Ces histoires de décadence n’ont rien de nouveau.Plaçons-nous dans une juste perspective.Nous aimons naturellement à penser que l'humanité est constamment en progrès; c'est une belle idée réconfortante.Mais est-elle juste?Le progrès implique que nous savons où nous allons et nous pouvons seulement avancer vers un point déterminé.Mais justement c'est de ce but que nous manquons.Rappelez-vous qu'il y a bien longtemps Archimède disait déjà, dans d'autres circonstances, il est vrai: « Donnez-moi un point d'appui et je soulèverai la terre ».( e serait curieux si quelques-uns des anciens chefs de la pensée, — Bouddha.Socrate — revenaient vers nous et que nous leur montrions toutes nos merveilleuses inventions et nos découvertes scientifiques, bref le résultat des grands progrès accomplis depuis leur époque.Ne nous souriraient-ils pas avec indulgence,— tout comme nous sourions à nos enfants quand ils nous montrent leurs jouets favoris?J’imagine que le dialogue suivant aurait lieu entre Socrate et Marconi: Socrate, après avoir vu toutes ces inventions, dirait: «Tout cela est très intéressant, mais qu'avez-vous appris sur vous-même ?» Marconi: « Ne voyez-vous pas de quelle importance considérable est pour toute la vie humaine, pour les affaires, pour le développement économique, cette invention qui permet de transmettre rapidement des informations.» Socrate: « Oui ! mais en quoi cela vous a-t-il améliorés vous-mêmes ?En êtes-vous devenus meilleurs ?Si cela rend service à quelques uns, peut-être d’autres en souffrent-ils ».Marconi: « Pensez donc à la T.S.F.qui apporte de la belle musique et de bonnes conférences à des milliers, à des millions d’individus ».Socrate: « Quel temps leur reste alors pour quelque chose d'infiniment plus important,— de penser par eux-mêmes »?Non ! nous n’avons pas de raisons de nous vanter d’être meilleurs que nos pères.Existe-t-il une preuve de la supériorité du soi-disant « homme civilisé» sur son ancêtre «non civilisé»?("est douteux.Regardons quelque cinq ou six mille ans en arrière vers les Egyptiens de l'âge de pierre.Quand nous voyons ce qu'ils AVENTURE 307 faisaient avec leurs moyens, pouvons-nous dire honnêtement que nous nous sentons supérieurs?Kt si nous reculons de 12 ou 15 siècles, voyons le peuple de Cro-Magnon, une race à nul égard inférieure à aucun d'entre nous, avec une stature magnifique, plus grande (pie la nôtre, six pieds trois pouces et quel crâne ! Regardez cette splendide et haute voûte d’intelligence depuis le beau front jusqu’à la nuque 1 — un crâne avec un sixième de cerveau de plus que celui de b l.uropéen moderne.( oserait curieux si un tel homme avait pu posséder les connaissances d un etudiant de nos jouis.Que n’aurait-il pas pu tirer de la vie s il avait été placé dans les mêmes conditions que nous?11 aurait certainement fait au moins aussi bien (pie quiconque d’entre nous.Non ' mes amis, soyons modestes.I.e mouvement montant de l'évolution qui a porté nos ancêtres du niveau du singe a celui du peuple de Cro-Magnon s'est arrêté il y a des milliers d'années, en raison des conditions de la vie sociale moderne, en particulier de l'attirance des villes, qui s'opposent à 11 la survivance du plus apte « et (pii fait (pie le< éléments inférieurs de l'humanité sont les plus prolifiques.La race humaine est certainement encore en train de changer et même de changer rapidement; mais « rien ne sert de galoper si l’on part dans une fausse direction ».Ce sont des questions de la plus grave importance, qui doivent être étudiées seiieu-sement par ceux d'entre vous appelés a devenir les réformateuis que nous attendons si anxieusement.Il est certain que même si la race n'a pas progressé physiquement, nos idées ont progressé.Xotie éthique et notre moralité se sont développées bien au-dessus du stade primitif, du moins pour les individus et encore pas autant (pic beaucoup le pensent,—mais certainement pas pour les groupements d'indix idus.bncorc aujourd'hui, on peut à peine dire (pic les nations commencent à avoir réellement une moralité.Idles sont tout juste un peu plus qu'une réunion de bêtes de proie.Los vertus privées de l’homme, telles (pie la modestie, l’altruisme, la charité, l'amour du prochain, le sentiment de solidarité ne leur apparaissent trop souvent (pie comme de ridicules folios si elles sont obligées de les piatiquer dans leur politique.Ceci peut sembler un jugement brutal; peut-être est-il trop brutal.Laissez-moi vous donner un exemple qui aurait dû choquer la conscience humaine beaucoup plus profondément que cela n’a été le cas.Je pense à l’attitude de l’Assemblée de la Société des nations en mars dernier.Cette Société est une 308 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE grande et remarquable aventure.C’est un nouveau navire faisant voile sur de nouvelles routes avec l'espoir et l’avenir de l’humanité à son bord.Cette institution marque, je crois, le commencement d’une ère nouvelle dans l’histoire du monde, en s’efforçant d'introduire dans les différends entre nations un certain respect pour les vertus dont je parlais tout à l'heure, de créer un sentiment de solidarité, d’établir une réelle collaboration entre elles pour l'amélioration du monde.Nous en attendons beaucoup.Mais hélas, un nouvel esprit ne peut être créé en un jour et parmi l'équipage de ce navire, on compte encore trop de marins qui n’ont pas oublié leurs vieilles habitudes.Les nations du monde se sont donc rencontrées en mars à Ccnève pour un seul objet que chacun croyait être non seulement désirable, mais même essentiel pour l'avenir de l'Europe,— l’admission de l’Allemagne dans la Société.Chacun s'imaginait (pic la voie était libre.Après les réunions de Locarno, après les nobles discours respirant la fraternité internationale et l'amour, nous pensions réellement que les peuples avaient enfin tourné une nouvelle page.Nous pouvons encore espérer, depuis les événements de septembre, que Locarno est le commencement de quelque chose de nouveau et de meilleur.Mais en mars, nombre de nos premiers et larges espoirs furent tragiquement déçus.Nous avons alors vu les obstacles dressés par une nation après l’autre pour empêcher la réalisation du projet, avec un mépris de toute décence tel que personne n'eût pu l'imaginer.Finalement, vous vous en souvenez, il a fallu quitter Genève défaits et effrayés, parce que certains Etats étaient encore résolus de n’envisager que leurs seuls intérêts au lieu de penser largement à ceux du monde.En septembre, le désastre a été réparé en partie.Nous sommes profondément reconnaissants pour beaucoup de ce qui a été dit et fait, mais nous nous souvenons avoir vu les perfides et occultes puissances du mal qui étaient à l’œuvre en mars.A cause de ce souvenir, nous ne pouvons nous empêcher d’être convaincus qu’il y a quelque chose de pourri ailleurs que dans le Royaume de Danemark.Voici un autre exemple: celui de la famine russe de 1921-22, quand la région de la Volga et les plus fertiles parties de la Russie furent ravagées par une terrible sécheresse,— quand environ 30 millions d'hommes, ou même davantage, mouraient de faim, mouraient par milliers. AVENTURE 309 Un déchirant appel fut lancé au monde entier.Bien des personnes, dans votre pays et dans d’autres y ont répondu et sont venues généreusement au secours.Mais un bien plus grand nombre se préoccupèrent d'abord de rechercher la cause du mal.Etait-ce la sécheresse?Était-ce le régime politique de la Russie?Comme si cela pouvait diminuer les terribles souffrances ou causer la moindre différence pour ceux qui mouraient de faim.Ce qui était pire encore, c’est qu'il cette même époque, dans plusieurs pays d’outre-mer, il y avait une telle abondance de blé que les cultivateurs ne savaient plus comment s'en débarrasser avant la nouvelle récolte si bien qu'ils le brûlaient dans les locomotives.A ce même moment, aussi, en Europe, les bateaux étaient inutilisés et désarmés faute de fret.Et toujours à la même époque, on y comptait des milliers et même des millions de chômeurs.Tout cela parce qu’on laissait affamer trente millions d’individus dans la région de la Volga,— qui n’était pas si éloignée et que les bateaux auraient pu facilement atteindre.Mais les politiciens du monde entier, sauf ceux des États-Unis, cherchaient à trouver une excuse à leur inaction en prétextant que ce n’était là que la propre faute de la Russie, c’est-à-dire la conséquence du régime bolchevique.Imaginez que les chômeurs aient été embarqués à bord des bateaux vides, envoyés en Amérique du Sud, et aient apporté le blé (Ui Mer Noire, ils auraient sauvé des millions de victimes.Que de souffrances n’auraient-ils pas soulagées?Ne croyez-vous pas aussi que le monde en eût été rendu meilleur?Je vous le dis: quelque chose est pourri dans les conditions du monde.Il y a encore une large place pour le progrès.La pierre de touche de la vraie civilisation devrait être le sentiment de la solidarité et de la continuité.Vous, votre famille, votre classe sociale, votre pays, ne sont (pic des parties d’un tout qui se passent la torche à travers l’espace et le temps.Malheureusement, ce sentiment semble encore inexistant entre nations et bien fragile entre « classes sociales ».Dans ces rapports-là, nous avons conservé la moralité du sauvage qui ne considère (pie son propre intérêt.N’est-il pas étrange que nous n’ayons pas encore réussi à bannir ces perpétuelles discussions et luttes entre les différentes « classes » d’un même peuple, que nous n'ayons pas d’autres moyens de les régler (pie la force brutale, les grèves et les lock-out ?Et l’on emploie 310 REVUE T RIM ESTRI EL L E C A X ADI I: \ N K cos armos ot 1 on arrête le travail, même en cas do chômage et do misère ! Je me demande souvent avec étonnement ce qu’un habitant d un autre monde dirait s il pouvait voir l'organisation de notre petite planète.C roirait-il vraiment que dos êtres intelligents y vivent ! Bernard Shaw disait il y a quelques temps, qu'il ne savait pas ce (pie les habitants des autres mondes faisaient, mais qu'il était fermement convaincu qu'ils traitaient notre terre d'asile de lunatiques.Nul doute qu'un nationalisme outraneier et que la guerre des classes sont des dangers, il est vrai qu’il existe peut-être aussi des dangers dans l'autre sens.Comme l’a montré Lord ( oeil a la dernière Assemblée de la Société des Nations, n'oublions pas que le patriotisme est un stimulant nécessaire pour le développement du monde.Méfiez-vous de la tendance à l'uniformité, à la création dune grande famille humaine semblable.A certains égards, cela peut être souhaitable.Je ne puis cependant m’empêcher il y voir un grand danger.Le développement < roissant de villes, 1 uniformité de l’éducation, les rapides progrès des movons de transport et de communication tendent à abolir les distances et à effacer ces differences essentielles entre les caractères et les civilisations qui rendaient la vie intéressante et belle, qui agissaient comme un stimulant pour créer de nouvelles formes de pensée.Si certaines idées à la mode aujourd'hui se réalisaient, elles nous mèneraient vers une dangereuse monotonie, une uniforme grisaille au milieu de laquelle il serait difficile de développer notre personnalité.( e courant est malaisé à remonter, mais nous ne devons pas fermer les yeux.Mitre Recteur ne vous a pas brossé là un tableau très encourageant de la mer sur laquelle vous aurez à naviguer, de la scène sur laquelle vous devrez jouer votre rôle dans la vie.11 l'a fait pour le mieux a la lumière de son expérience, bien convaincu qu'il est inutile de le peindre avec de multiples couleurs quand vous serez bientôt surpris par le déconcertant brouillard gris des réalités Mais vous avez l'éclatante vigueur de la jeunesse, et quand on vous dira que la civilisation est en décadence, souvenez-vous qu'il y a déjà eu bien des mauvaises périodes dans l'histoire.Malgré son age, le monde est jeune.Ayons confiance dans le printemps quand un nouvel été naîtra: AVENTURE 311 C’est Avril quo je préfère à tout, Avec lui, oc qui est vieux disparaît, Avec lui, c’est la fraîcheur des choses nouvelles; Cela produit un puissant mugissement.En Avril, c’est l’été qui pointe1.Ce que nous appelons progrès monte et descend comme de grandes vagues.Pi vous êtes dans le creux, vous avez toujours la possibilité de monter sur la crête qui est devant vous.L’important dans la vie n’est pas tant le point où l’on se trouve que la direction dans laquelle on marche.Songcz-y; ce n'est pas la scène qui rendra vos actions grandes ou petites.Ce sera vous même de créer votre rôle sur la scène: « Les hommes sont parfois maîtres de leurs destins, « La faute, cher Brutus, n’est pas à notre étoile « Mais à nous-mêmes, si nous nous montrons inférieurs.» A vous de remettre de l'ordre dans un monde détraqué et à en faire un endroit où il soit meilleur de vivre, chacun au mieux de ses capacités.Comme je vous le disais, un vaste champ reste ouvert aux progrès.Les vieux sentiers battus ne nous conduisent plus au but.Il est temps de commencer à explorer de nouveaux pays.Nous avons besoin de vous, jeunes amis, de vos yeux neufs, capables de voir les choses simples et élémentaires, capables de tenter de nouvelles épreuves, de courir des risques et d’oser l’inconnu.Nos distingués prédécesseurs, Barrie et Kipling, vous ont parlé du Courage et de l’Indépendance, deux qualités données par le ciel pour ce voyage de la vie et dont on n’a jamais eu tant besoin qu'au-jourd'hui.Elles sont infiniment plus précieuses que toutes les T.S.F., les Radio et tout le reste.Mais un troisième génie est nécessaire pour compléter ce groupe de divinités, c’est l’Esprit d’aventure.C’est de lui que je voudrais vous dire quelques mots aujourd'hui.Qu’est-il?Rien moins que l'esprit qui pousse l'humanité en avant sur le chemin de la connaissance, la mystérieuse impulsion de l’âme â remplir les espaces vides, quelque chose d’analogue à « l'horreur du vide » dans la nature.1, B.Bjoernson 312 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Vous souvenez-vous comment, étant enfants, quand quelque pièce de la maison était fermée et vaguement soupçonnée d'être hantée, vous vous sentiez terriblement effrayés et cependant ardemment attirés vers cet endroit à l'idée de ces mystérieux fantômes.I.e risque augmentait le charme.Un beau jour que vous étiez seuls, vous trouviez moyen d’v pénétrer.Combien vous étiez déçus en ne voyant pas l’ombre d’un fantôme ! C'était l'éveil de votre esprit d'aventure.11 existe en chacun de nous, ("est notre mystérieux besoin de faire quelque chose, de remplir la vie avec quelque chose qui soit plus que notre promenade quotidienne de la maison au bureau pour retourner du bureau à la maison.C'est notre perpétuel désir de surmonter des difficultés et des dangers, de voir des choses défendues, de pénétrer dans des régions hors des sentiers battus.— e e.-t 1 app< 1 de 1 inconnu, 1 aspiration vers le pays au-delà, la force divine, profondément enracinée dans l'âme humaine qui a poussé les premiers chasseurs vers de nouvelles régions, peut être la cause première de nos plus grandes actions, qui met des ailes à la pensée humaine, qui ne connaît pas de limite à la liberté.La vie des hommes qui ont fait quelque chose, ceux que nous appelons de grands hommes, révèle cet esprit d'aventure.C ’est l’appel de l’inconnu qui les a attirés et les a conduits tout le long de leur route.Kipling dit dans « Kim »: « Dieu a fait naître les hommes.qui ont soif d’aller au loin au risque de leur vie et de découvrir du nouveau.Aujourd’hui, ce peut être des choses lointaines,— demain quelque montagne cachée,— et le jour suivant quelque chose de tout proche.» De tels esprits sont rares et de ceux-là pas plus de dix sont parmi les meilleurs.Mes jeunes amis, bien cpie la modestie soit devenue une vertu, croyons toujours (pie nous sommes de ces dix-là ! Pour la plupart d’entre nous, gens ordinaires, la vie est un voyage de port en port le long d’une côte parfaitement sûre.Nous ne courons pas grand risque.Sans doute il existe de nombreux haut-fonds, des rochers cachés, mais nous avons des cartes dignes de confiance et des directives de navigation.Si par hasard arrive l’imprévu, nous pouvons toujours nous réfugier pour la nuit dans le port le plus proche.Une existence parfaitement c» nfortable en somme et pas très excitante.Mais qu’y a-t-il qui soit digne d'être accompli, quoi exploit ?quel but pour vivre et mourir? AVENTURE 313 Eh bien non ! Quoique tant d’entre nous y soient destinés, la navigation côtière n’est certes pas l’idéal de notre race.Vos ancêtres et les miens — les hommes du Xord,— ne longeaient pas les côtes.Avec leur indomptable esprit d’aventure, ils hissaient leurs voiles vers des rivages lointains; nulle crainte de danger ne pouvait les retenir; l’appel de l'inconnu les convoquait à travers les mers.Ce sont eux qui frayèrent les chemins à travers les Océans.Si notre race n’avait pas eu cet esprit d’aventure, combien différente serait aujourd’hui l’histoire et, à mon avis, la différence ne serait pas pour le mieux.J.aissez-moi vous rappeler un exemple de l’éveil de l'esprit d'aventure dans l’histoire de l’Empire britannique, et comment il a conduit d'une part à un désastre, mais de l’autre à la grandeur.Au milieu du XVIe siècle, la puissance de l’Angleterre sur mer était très modeste.En 15-10, à l'exception de la flotte royale, Londres n’avait que quatre navires de plus de 120 tonnes.C’est alors (pie germa l'idée qu'on pouvait trouver une route plus courte vers les richesses de la Chine par le nord do la Norvège et de la Russie.Cela semblait une aventure pleine de promesses.Les marchands de Londres, constitués en une Société appelée « The Mystery and Company of the Merchant Adventures », équipèrent trois navires et placèrent l’expédition sous le commandement du brave général Sir Hugh Willoughby, séduits par sa haute taille, sa belle allure et ses talents militaires.Les navires appareillèrent en mai 1553 au milieu de grands espoirs et de nombreuses réjouissances.Willoughby, ses deux navires et 02 hommes hivernèrent sur la côté de la péninsule do Kola.Au printemps suivant, des pécheurs russes passant par là trouvèrent les deux bateaux, mais tous les hommes étaient morts du scorbut.Par la suite, les deux navires furent équipés de façon à rentrer en Angleterre.L’un d’eux fit naufrage sur les côtes de Norvège en engloutissant tout son nouvel équipage.L’autre, avec 24 hommes à son bord, disparut sans que l’on eût plus jamais de ses nouvelles.Tel fut leur triste sort en dépit de leurs noms: « Eona Espéra nza » et « Eona Confidentia ».Mais le troisième bateau « Edouard Bonaventurc », sous le commandement de l’habile Richard Chancellor, séparé des deux autres au cours d’une tempête au nord de la Norvège, arriva à Yardôe.Chancellor y entendit parler d’une route vers la Mer Blanche et du trafic existant depuis longtemps entre Norvégiens et Russes.Ceci était une nouvelle 314 REVUE trimestrielle canadienne aventure, et comme les autres navires ne venaient pas, il décida de tenter seul cette route.Il rencontra d'ailleurs quelques Ecossais (pii ne parurent pas aussi entreprenants que leurs compatriotes ont la réputation de l’être.Ceux-ci lui signalèrent avec insistance les très graves dangers du voyage.Il se mit tout de même en route, décidé, ainsi qu il 1 a dit, soit à passer comme il y était déterminé, soit a mourir.Ils arrivèrent ainsi à la Mer Blanche et à la Dvina.Chancellor se rendit à Moscou où i! fut reçu par le Tsar Ivan le Terrible.L’été suivant, il retourna avec son bateau en Angleterre, porteur d’un° lettre du Tsar.Ce voyage, et la découverte qu'il croyait avoir faite de cette vieille route du Nord ver- la Russie à travers la Mer Blanche, marquent un tournant dans le développement du commerce et de la navigation en Angleterre.( 'est l'ouverture d'un grand marché nouveau pour h s produits anglais, l'n commerce plein de pref.ts se développa rapidement avec la Russie et la « ( ompagnie Moscovite », qui reçut de- privilège- spéciaux, devint si riche et si puissante qu'elle put sans tarder soutenir d'importante- entreprises dans d’autres parties du monde.D'où un rapide développement de la marine marchande anglaise.Bientôt 1 Angleterre lut en mesure de lutter même dan- d'autres régions contre les Puissances maritimes les plus fortes.Tel est en réalité le début de la domination de la Crande Bretagne sur mer.Cette anecdote montre combien des faits en apparence insignifiants peuvent se révéler décisifs pour l'id-toire d'un peuple.H ces navires n'avaient pas été séparés, les événements auraient pu tourner d'une façon toute différente.Bien plus, si ce seul Richard < han-cellor n'avait pas été animé de l'e-prit d'aventure, s'il n’avait pas été de ce type d’hommes qui -avent saisir 1 occasion, il nauiait pas pénétré dans la .Mer Blanche.L’important commerce de l'Angleterre avec la Russie n’aurait pas commencé à cette époque, le développement de sa marine eut été tout difieient et 1 histoin du monde eût évolué d une autre façon.,Ie suis persuadé (pie l’avenir de votre nation comme celle de l'humanité dépend de l’un d'entre vous, jeunes gens, qui s'élancerait hardiment dans des voies nouvelles.Je suis sûr que les grands événements survenant dans le monde dépendent toujours de l’esprit d’aventure témoigné par certains individus qui saisissent AVENTURE 315 les occasions so présentant à eux.N’en est-il pas d'ailleurs ainsi dans la vie privée de chacun de nous ?Permettez-moi de vous parler un peu de moi-même, non que ce « moi » soit un personnage bien important ni un bon exemple, mais simplement parce que c’est le seul que je connaisse bien et que chacun doit juger la vie d’après sa propre expérience.Or, quand je jette un regard en arrière sur ma vie, je suis frappé de ceci: si dans son cours tortueux et irrégulier, j’ai jamais pu faire quoi que ce soit de bien, cela a été uniquement dû à un certain esprit d’aventure agissant d’ailleurs d'une façon sporadique et imparfaite.Dans son brillant discours, Barrie a suggéré qu’un excellent sujet à traiter par son successeur au Rectorat pourrait être: « Comment j'ai gâché ma vie ».Il ne se doutait pas à quel point ce sujet conviendrait à votre Recteur actuel.Barrie vous a mis en garde contre « Maeconachie », son double imaginaire qui volètc sans cesse d'une seule aile et qui l'entraîne.Rue pouvons-nous dire, nous autres pauvres mortels, dont les « Macconachies » n'écrivent pas pour nous de charmantes pièces, comme celles de Barrie, mais ne font que nous emmener à la dérive?Combien de mauvais tours ce vilain animal ne m'a-t-il pas joués?Quand j'étais jeune et que je marchais sur une route bordée de belles promesses, il bondissait brusquement d'un chemin de traverse inattendu et il me fallait le suivre en tâchant de m'en tirer pour le mieux.Ne confondez pas ce lutin avec l’esprit d'aventure.Lui, n'est, tout bonnement que « l’Irresponsable », une personne émotive, impulsive, querelleuse qui se fatigue facilement et se lasse vite de persévérer dans la même voie.Aussi est elle toujours aux aguets attendant du nouveau comme un enfant à la recherche d’un jouet neuf.Mais l’esprit d’aventure petit sauver la situation et vous sortir d'affaire quanti vous êtes aiguillé sur une voie nouvelle.Sa nature n'est pas de désirer un perpétuel changement, mais au contraire de voir la (in des choses.Une fois que vous vous êtes lancé dans une entreprise, l’esprit d’aventure ne cédera plus,— que vous surnagiez ou que vous couliez,- avant que l'œuvre ne soit faite et bien faite.Ne pensez pas que l'aventure soit un jeu d’enfant ni que ses sommets soient atteints en un jour.Vous souhaitez vous élever et devenir quelqu’un, mais souvenez-vous: 316 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE « Los sommets qui ont été atteints par les grands hommes n'ont pas été eonquis d'un coup d’aile.« Alors que la nuit leurs compagnons dormaient, ils peinaient vers la eîme ».La véritable grandeur n'a jamais été atteinte sans patience ni effort.« Le génie est une capacité inépuisable de se donner de la peine », a dit Carlyle.« Patience est puissance », ajoute un proverbe oriental ; « avec du temps et de la patience, la feuille du mûrier devient du satin ».Contrôlez votre « Irresponsable ».Réfléchissez avant d'agir.Faites soigneusement vos préparatifs; ils ne seront jamais trop minutieux.La route est longue.Pas d'improvisations; pas d'approximations.Mais quand vous démarrerez, donnez-vous tout entier à l'entreprise.Faites voiles dehors.Pas d'hésitations, car « la confiance en soi est le premier secret du succès », Xe vérifiez pas votre bateau en cours de navigation.Nous passons au cours de la vie à travers de nombreux carrefours et le critérium d'un homme est sa façon de se comporter à chaque carrefour.Certains ne peuvent so décider; ils hésitent, désirant garder toutes les voies, et regardant sans cesse en arrière.Ils finissent par n'arriver nulle part.Le voyageur bien trempé doit peser le pour et le contre, mais dès qu’il a choisi un chemin, il s'y tient et il arrive toujours quelque part.Pour lui, la seule route est celle qui est devant lui: il n’y a pas de route de retour.l’ai toujours pensé que les « ligne* fie retraite » tant vantées ne sont qu’un piège pour ceux qui désirent vraiment atteindre le but.le vais vous dire un secret de certains de mes prétendus succès et je suis convaincu de vous donner un bon conseil, ("était v n; oée( \ rir m ;.x : : ".- ;ia; 11 le m .t ; i • n.< e iamil r doit n tenir notre attention.roii m, on née depuis P 30.de istence du neutron tut établie par Chadwick en H 32.Le .ni ron : e orte pas de charge ei mi masse est égale à celle du proton.( ’est un projectile idéal pour l’é i transmutât» ¦ ni léaires.Lin et :, les réactions nucléaires art i; ri lè - dont nous avons parlé plus haut et dont l’étude i ut si féconde en résultats scientiliques, sVkectuent toutes a n ment < tremi mt faible.< cia \ i nt de ce que pnrticuhs i" i in- urovoq: en; sont des particules chargées.( omme nous l’avons vu, la matière est essentiellement constituée de vide.J.a probabilité est infime pour qu’un proton ou une particule alpha frappe un noyau atomique axant d'avoir perdu tout ou partie de son énergie dans des collisions avec les électrons, beaucoup plus 332 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE nombreux que les noyaux.En outre, même lorsqu’une particule chargée positivement passe au voisinage d’un noyau atomique, chargé, lui aussi, positivement, il s'exerce entre les deux charges une répulsion intense qui atténue encore les chances d’une collision efficace.( "est pourquoi les réactions nucléaires artificielles produites nar des particules chargées exigeaient la dépense de quantités totales d énergie bien supérieures à celles qu'elles pouvaient libérer elles-mêmes.Au contraire, le neutron, dépourvu de charge, se déplace parmi les électrons comme si ceux-ci n’existaient pas, ou presque, et il est insensible a la répulsion électrique des novatix; d’où son efficacité en chimie nucléaire.Cependant les neutrons eux-mêmes étant généralement produits par réaction entre particules chargées et noyaux atomiques, la difficulté se trouvait simplement reportée au stade de la formation des neutrons.On avait assez vite découvert certaines réactions nucléaires dans lesquelles un neutron, frappant un noyau atomique, donne naissance à deux neutrons.On voit clairement que si ces réactions pouvaient être maîtrisées, le problème de la production de neutrons serait résolu puisque chacun d’eux en produirait plus d'un en moyenne.Mais il se trouve que ces réactions sont relativement rares, difficiles à provoquer et que, le plus souvent, elles absorbent de l’énergie, bien loin d’en produire.En général lorsqu'un neutron rencontre un noyau atomique, il rebondit en perdant de l’énergie, ou bien il est simplement capturé, absorbé dans le noyau.Ce dernier ne change pas d identité chimique puisque sa charge n’est pas modifiée, mais sa masse augmente d’une unité.Très souvent, le nouveau noyau est radioactif (Fermi).* lel était l’état des connaissances lorsque fut découverte au début de 1939 une réaction nucléaire nouvelle.Cette réaction consiste en l’absorption du neutron par le noyau de l’uranium, suivie de la cassure du nouveau noyau en deux fragments à peu près égaux.Ce phénomène, nommé bipartition ou fission de l'uranium, libère par unité de masse 10 à 100 fois plus d’énergie que les réactions nucléaires connues jusqu’alors (mais 1000 fois moins que l’annihilation de la matière).t ’D’autres reactions fréquentes sont l’absorption d’un neutron suivie de l’expulsion d’un proton ou d'une particule alpha.On ne peut entrer ici dans le détail des réactions possibles et des conditions qui favorisent l’une ou l’autre. l’énergie atomique 333 Cette découverte couronnait des travaux poursuivis depuis 1930 en Allemagne, en France et en Italie sur la réaction très complexe entre neutrons et uranium.Des considérations théoriques simples firent immédiatement supposer que cette fission devait s’accompagner de la libération d’un certa'n nombre de neutrons.Quelques semaines après la première publication, le nouveau phénomène était confirmé et ses conséquences immédiates découvertes presque simultanément dans tous les grands pays qui poursuivaient des recherches scientifiques, à savoir, par ordre alphabétique: l'Allemagne, l'Angleterre, le Danemark, les Etats-Unis, la France et le Japon.Dans cette floraison de résultats et d'expériences il serait vain de chercher à établir de précises priorités.Il faut plutôt admirer les effets de la liberté de pensée et d’expression, grâce à laquelle, d’un bout à l'autre du monde, les savants étaient capables de se comprendre, de s'aider et de se contrôler mutuellement dans leur course rapide à la poursuite du savoir.Néanmoins il est juste de citer, pêle-mêle, les noms de Bohr, Fermi, Frisch, Hahn, Joliot, pour se borner aux chefs de file.Peu de mois plus tard, la guerre éclatait et, même dans le« pays qui n'y participaient pas encore, transformait les conditions du travail scientifique.11 est sans exemple qu’une forme d’énergie se prête exclusivement soit à des entreprises constructives, soit à des fins des-t met rices.Une explosion n’est jamais autre chose que la libération extrêmement rapide et étroitement localisée d’une énergie considérable.Celle-ci, transmise à la matière environnante par la projection d'éclats ou par la propagation d'une onde de choc, d'un souffle, produit les effets destructeurs connus.Plus grande est l’énergie libérée, [Jus soudaine sa libération, et plus l’explosion est intense, plus ses effets se font sentir au loin.Dans la paix comme dans la guerre, il n'est pas d'instruments de destruction plus puissants que les phénomènes explosifs.Et, dans la guerre, peu de secrets sont plus jalousement gardés par les divers belligérants que ceux des mélanges explosifs.( 'omment la fission de l’uranium peut-elle fournir une explosion ? H K VCK T!ÎIMl->THi K U, K C \.\ \ : Nous avons dit que.provoquée par un i citron, la • >.'in lihèn de nouveaux neutrons.< cox-ei, à leur tour, peuvent provoquer des l'.-sions, et ainsi de suite.I.a fission de l'uranium est donc suseept idle de se propager sponta liens ut.( )r nous 'avons eue n : te fission libère par unité de masse, prés d'un million de mis plus d'énergie que It s ex; h s ifs le- ]-lus puusant s eomms.Mai- i armi les noya i.x d'uranium, tou- re M m ' : (•; .*¦.d ; par les neutrons ave (.1:!îr ,' ¦ n ; .ri t • : ii -es avant d’avoir -en i.1 cl: ne.s fait eonu-n : dr 1 < ¦.i : ¦ ' • - condi -t-, ne ¦ • •!< ' ’ rrc.m ne ] .fmn':' ; -, .•< !.!•;' ci - a cat ion Io qui, pour l'instant est produite tempe ratum troj 1 .-.sse ; our i'ui en;] ioyre industriellement, ma:s que des re< hcrclcs sérier.-'» s j ermettront sans nul n nomme le 1 )1111 < • IM1 ’ ni 90 n Les tran-1 Mii lai ioii; < j : roi les ()l • artifa os ' irait nt jamais P< rmC (ji i de ] 'Vr},i:u-y < If': - isc )t O î ( S 1:0 i ’ vca i i m : ( ( p • c Vm ont f exi an t s.JV u:r : prend ,( !'(» fois, ar 1 ra I .-Il ’ tat ion a rt ! il ( de!; c.r Comme a ol : '-ru, et i n ( JM.lit il CS : ( ( il!.** id ci , nn ¦ i .la réaction i-.-t !».*¦< par de- nrutrons pui.-eue I on cherche a obtenir le plus i -ibb d'énergie en le moins de temps possible.Les neuînms *ie fi.—inu sont rapi*ii s (environ I !(i de la vitesse de la lumière), eomnie t u:* - les jiartiiules iép'-ir.- engendrées dans les réactions nucléaires < xeéneiL'étiqu* s.Lors des i’Iiocs qu'ils su lussent contre les no\au:; les neutrons sont capturés, ou se r:di-a' i -i i : t at teiçimiit finalement l'é: *-rtri«* moyen: e (l'agi tilt ion tliermique a la temperature du milieu où ils évoluent.A tcmpcraUm ordinaire cette énergie correspond a une vitesse de 100 m/s seulement.Ce s ut ns neutrons « lents 11 is ellii a* es dans la fission de 2 Pô et ai-' nui t rapt tirés | ,a r 2.'*s, qui pnq mo m la cliaine dans les machin) s nucléaires.( 'est leur relative lenteur c;ui, pour une part, permet de discipliner la réaction.Pour ralentir eflicaci ment les neutrons on utilise des noyaux légers choisis parmi ceux qui ne capturent pas aisément les neutrons.Aux Ktats-l'nis on s'est surtout servi du carbone, sous forme de graphie très pur.L’usine canadienne utilisera, sous forme d'eau lourde, le deutérium, isotope de l’hydrogène. 339 l’éxebgie atomique Nous avons négligé jusqu’ici les gros fragments formés par la fission de l'uranium .Ils ont été l'objet d'études détaillées, t'es produits de fission, comme on les nomme, renferment de nombreux éléments, du brome aux terres rares.Mais ce ne sont pas, en général, les formes habituelles de ces éléments bien connus.( c sont des isotopes radioactifs, dont beaucoup sont ainsi formés pour la première fois, et qui tous sont produits en quantités considérables, ('est là un bien et un mal, ou du moins un ennui.( est un bien en ce (pie les chimistes et les biologistes aiment à se servir d'éléments radioactifs artificiels pour suivre le sort des isotopes inactifs dont ils poursuivent l’étude.11 est absolument hors de doute que l'intelligence et la connaissance des phénomènes chimiques et biologiques fera de rapides et considérables progrès grace aux intenses radioactivités artificielles fournies par les machines nucléaires.La médecine bénéficiera des progrès que nous venons d'escompter en biologie, et même, sans les attendre,.elle utilisera les radiations des produits de fission au lieu, ou en plus, de celles du radium, dans les divers cas où le traitement par le radium était jusqu'ici seul possible.Mais l'ennui est que les radiations de produits de fission, tout comme celles du radium, présentent des dangers d'autant plus sérieux que tes intensités mises en jeu dans les machines nucléaires sont considérables.Aussi faut-il prendre des mesures de protection rigoureuses dans toutes les usines nucléaires.Les machines fonctionnent derrière d épaisses murailles protectrices.Les opérations chimiques par lesquelles on sépare le plutonium de l’uranium et des produits de fission sont commandées à distance ou se font automatiquement dans des chambres fortes.Lt si la loi doit déjà protéger le publie contre les malhonnêtes et les ignorants qui tenteraient de se servir à tort et à travers du radium, combien plus vigilante, intelligente et sévère doit-elle devenir pour éviter que l'on ne mésuse des énormes radio-activités disponibles sous forme de produits de fission.Ce fait seul vous montre qu’il est impossible de laisser l'énergie nucléaire échapper au strict contrôle des gouvernements responsables.En outre, il y a les bombes.De tous ces problèmes les journaux vous entretiennent.Mais sans vouloir discuter en détail avec vous la politique de l’énergie nucléaire, je voudrais vous présenter quelques remarques. 340 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE On a déjà dit bien dos sottises sur l'énergie nucléaire.On lui a reproché d’avoir été employée pour la première fois au service de la force brutale.Puis-je vous demander si 1 histoire parle de 1 invention de la poudre à canon ou de l'invention de la poudre a débiter la pierre de taille?Refusez-vous avec horreur de conduire une automobile parce que les coups de grisou ont fait tant de victimes dans les charbonnages d l-.u rope et d’Amérique ?Nous l’avons déjà dit, il n'est pas de forme d’énergie que l'homme ne parvienne soit à déchaîner, «oit à asservir.L'énergie nucléaire, déchaînée dans la bombe, est déjà asservie dans les machines qui produisent le plutonium.Il a été très difficile de fabriquer les bombes atomiques, et l'on aura du mal à domestiquer l’énergie nucléaire pour en tirer de la puissance motrice.Mais cela se fera: simple affaire de travail et de temps.Il est essentiel que les citoyens de toutes les nations réfléchissent aux possibilités considérables, constructives et destructrices, dont l'Humanité vient de se doter.le dis l’Humanité, car, nous l’avons vu, toutes les connaissances fondamentales qui ont conduit a la bombe nucléaire étaient acquises en principe en 1940.( eci ne diminue en rien la valeur et la difficulté des recherches et des réalisations effectuées depuis lors.Mais c'est un fait que les découvertes profondes datent de 1939 et 1940.Les connaissances scientifiques et techniques se répandront nécessairement partout.Là encore les monopoles ou les cartels ne peuvent mener qu’à des luttes, stériles dans le meilleur des cas, et, dans le pire, fratricides.C’est une organisation mondiale de contrôle qu’il faut édifier au plus vite.Je voudrais, en terminant, dire quelques mots au nom des scientifiques qui, comme moi, ont été associés aux recherches sur l’énergie nucléaire.L’effet sensationnel provoqué par l’aboutissement des travaux rejaillit quelque peu sur nous, et nous confère, pour un temps, une responsabilité réelle et une renommée factice.La responsabilité, je viens de l’assumer en appelant votre attention sur les problèmes que pose l’avènement de l’ère nucléaire.C ette responsabilité, nos collègues américains la revendiquent avec courage et ténacité en tentant d’éclairer leurs représentants et leur gouvernement, qui se préparent à légiférer sur la question. l'énergie atomique 341 La renommée factice, c’est elle qui m’amène ici ce soir.C’est elle qui, depuis quelques semaines, dans tout le Canada, a amené devant de multiples audiences, un grand nombre de mes collègues.A la solution des problèmes passionnants qui nous étaient posés nous avons consacré avec joie le meilleur de nos forces.Mais nombreux sont nos confrères qui, au cours d’autres recherches, moins spectaculaires dans leurs résultats, mais aussi efficaces et non moins difficiles, ont fait preuve d’autant, ou plus, de dévouement et d’habileté professionnelle, sans être touchés par la notoriété passagère qui échoit à notre groupe.Aussi nous appartient-il de veiller à ce (pie vous soyiez avertis des efforts déployés et des résultats obtenus par tous les scientifiques qui ont servi nos pays avant et depuis la guerre.Il est nécessaire que l'ensemble des citoyens en ait connaissance et, le sachant, mette les scientifiques à même de poursuivre leurs travaux avec efficacité, dans des conditions dignes de leur pays et d’eux-mêmes.J’oubliais quelque chose.L’énergie nucléaire, ce n’est pas nouveau du tout.Le soleil, les étoiles, sont des machines nucléaires stables dont la masse critique est bien plus grande cpie celle de la bombe à uranium, et qui ne fonctionnent pas par fission, mais selon un mécanisme qui était connu dès avant la guerre.Mais ceci est une autre histoire.Dr Jules Gueron LA PENSEE PROFONDE DU CARDINAL NEWMAN* L'amitié d’un grand homme est un don des dieux, dit un proverbe français.Or un pareil don se trouve à la portée de chacun de nous, car nous pouvons lire des auteurs illustres et méditer sur leurs idées.Quand il s'agii de Newman surtout, le profit à tirer d’une telle étude réunit tous les avantages de la qualité: avantages religieux, philosophique, social et littéraire, que résume un seul mot, l’humanisme, envisagé dans sa plus haute conception.Depuis plusieurs années déjà, je n’ai pas eu le bonheur d'être en relations directes avec le Xewmanisme, mais j'avoue qu'il m’arrive bien souvent d'évoquer mon temps d’étudiant et de me reporter par la pensée au Newman Hall de l’Université de Toronto.Je ne prétends vous faire aujourd'hui une conférence ni sur la doctrine générale ni sur l'excellence littéraire du réputé Prince de l’Église dont se glorifie Oxford.En réponse à voire aimable invitation, je viens plutôt indiquer que Newman a élucidé pour nous des leçons de vie qu’il serait précieux de rappeler en ce moment.Vous me permettrez toutefois de faire observer, entre parenthèses, que j'ai déjà eu la tâche de rédiger une thèse sur l'ouvrage -i illuminé et si humain de Newman qui s’intitule à ’ Université de Montréal à l’occasion du centenaire de la conversion de New inan. LA PKXSEE PHOFOXDE DU PAR DIX AL XEWMAX 343 diales, c'est ce que .j'aimerais appeler l’actualité de Newman et du Newman isme, c'est-à-dire la parfaite adaptabilité à notre époque qu’ont conservée et que continuent d’offrir la philosophie et l'expérience encloses dans les principaux traités du maître.Je me crois autorisé à déclarer qu’aujourd’hui l'humanité souffre d’une conception surfaite et d'un souci exagéré de la liberté.Nous avons montré tant d’empressement au service de la liberté dans toutes les sphères de la pensée qu’une grande partie de l'humanité est en train de devenir à peu près agnostique, dans la crainte que toute manifestation de principes, de sentiments ou même d’idéal religieux ne soit considérée comme une contrainte infligée à ceux des hommes qui nourrissent des vu os differentes.( et état d esprit a déjà trouvé à s exprimer dans les lois (pii régissent notre enseignement depuis l’école publique jusqu’à l'université, et où le mot d’ordre est prescpie une abstention totale de toute allusion aux choses de la religion.Kt de là découle aussi le fait que les sujets religieux ont disparu de presque tous les programmes d’instruction publique.Il appert donc que, dans l'univers en général, les deux grandes nations anglophones, dont les parlements continuent d’ouvrir leurs séances par une prière, se sont effectivement gardées de reconnaître d’aucune façon l’existence d'un Être suprême en dressant la charte qui ouvrait à l’humanité, âme et chair, un monde nouveau fondé sur l’espoir et la liberté, et en niant par là la soif éternelle et insatiable des esprits en marche vers le but sublime que représentent l'espoir, la charité et la fraternité évangéliques.( e subtil danger de l'agnosticisme pratique s’accompagne, ou devrais-je dire profite, de l'étrange vogue dont jouit l’utilitarisme, bous les dehors trompeurs d'un réalisme pratique, un grand nombre d’hommes se sont laissé hypnotiser par les succès d’ordre matériel, sans tenir compte ni des moyens ni de la morale.Plus ou moins consciemment, l’esprit humain en est venu à priser au-dessus de toutes les vertus celle de la réussite, reléguant dans l’oubli total les valeurs éthiques et permanentes.Le premier, Mussolini a posé 1 exemple de l’État qui cherche en soi ses propres fins, et Hitler a renchéri dans la même voie en abolissant les droits individuels et en sacrant la race dieu du llcich.1 tes lors, rien n importait plus que la volonté du chef temporel, à laquelle aucune des vérités éternelles ne devait taire obstacle.( ar le totalitarisme renvoie aux vieilles lunes les conceptions et les principes qui sont en conflit avec les revendications du suprême nationalisme. 344 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE La menace au surnaturalisme et à l’existentialisme n'a pas disparu avec la chute de l’hitlérisme barbare.Contre eux montait depuis longtemps la vague grandissante d’une mystique agressive qui avait envahi plusieurs pays, visant partout à l'hégémonie prolétarienne par la diffusion des doctrines économiques et des luttes entre les classes.Après une période d'hostilités collectives pour détruire l’initiative privée et les manifestations spirituelles, cette conception marxiste, instaurée par une minorité autocratique, est sortie triomphante de la guerre sous la forme d'une grande puissance industrielle et militaire, et les gens de peu de foi ont été portés à conclure que la marche au progrès pouvait s’accomplir en l'absence de toute activité spirituelle ou même morale dans la vie nationale et la géopolitique.A tous ces points de vue — agnosticisme public, nécessités ethniques et suprématie économique -— l'idéal humain a été et reste aujourd’hui dangereusement relégué à l'arrière-plan.Ajoutons les événements catastrophiques qui se sont produits en ces dernières années, et une pareille attitude, trop répandue, nous paraîtra imposer aux disciples de Newman et du Xewmanisme, qu'ils soient nettement ou vaguement conscients de la portée de l'enseignement puisé chez le maître, le devoir de rappeler et de disséminer les vérités simples mais profondes qu’a énoncées l'éminent écrivain restaurateur de la foi et du catholicisme dans la littérature anglaise.Par l’application de cet enseignement à la crise et aux problèmes de l’heure, le laïcisme contemporain pourrait être élevé à une sphère supérieure d’effort et de responsabilité, si l'on revenait à deux principes que Newman a soutenus avec tant de flamme, « la liberté et la dignité de l'esprit, et le sentiment de la réalité suprême de Dieu et de l’âme qui existe en chacun de nous ».Il incombe donc aux hommes de bonne foi, par leur conduite privée et leur activité publique, de rendre à ces idées newmanistes l'importance et la vie qu'elles méritent.Il ne doit pas y avoir de divorce entre le dimanche et les jours de semaine, entre la conscience et les affaires, entre la religion et l’administration.Chacun de nous doit répondre coneuremment aux exigences civiques et à l'appel du sentiment religieux: aucun ne doit laisser sa religion au foyer quand il part pour le forum ou la cité.Encore une fois, Newman nous offre en ces matières un modèle et une inspiration.Newman ne s’isolait pas de son entourage.11 avait affirmé la révélation chrétienne, mais les événements du jour ne provoquaient LA PENSÉE PROFONDE DU CARDINAL NEWMAN 345 pas moins son intérêt et ses inquiétudes.Il connaissait les problèmes de son temps comme Coleridge et comme Carlyle.Contrairement à eux, il soulignait que «la pensée moderne avait besoin d’une réforme opérée à la lumière de la révélation chrétienne».Que personne ne dise que Newman est resté insensible à la réforme parlementaire, à l’abrogation des lois du mais, au mouvement chartiste, à la rénovation de l’enseignement, à l'expansion des gouvernements locaux, à l’adoption des grandes lois d'usines, aux premiers progrès de la technologie, de l’industrialisme et de la démocratie.Va-t-il pas écrit sur plusieurs de ces choses, par exemple, dans « The Rise and Progress of Universities »?Peut-être ne s’est-il pas laissé accaparer par ces grands problèmes sociaux, mais il comprenait, et il comprenait avec beaucoup de perspicacité, leurs applications.Il serait plus exact d’avancer que, s’intéressant et s’appliquant à toutes choses, Newman projetait plus haut ses aspirations.Son premier but, tel qu'il le comprit, était de voir à ce que ne se répandît pas la théorie, implantée depuis, d’« une conception purement laïque de l'homme et de la société ».11 lutta pour instituer un ordre d'où la foi chrétienne ne disparût point comme facteur dirigeant de la société.Telle fut sa première préoccupation.Un passant en revue l’état actuel de la société humaine, quel Xewmaniste n’admettra que dans le monde nouveau dont on veut courageusement jeter les bases, il ne faut pas perdre de vue les vraies perspectives et oublier le danger qu'offrirait pour nous une emprise de la doctrine séculariste sur notre génération et nos problèmes?Tout n’a pas été bien pour nous: la récente guerre, où nous n'étions certainement pour rien, n’en offre pas moins un reflet de nos temps.Quiconque se respecte voudra que ses lendemains soient marqués de grandes réformes, telles que de meilleures conditions de logement et d'alimentation, la plénitude de l'emploi et un commerce paisible entre les nations.Niais l’idéologie que nous sommes désireux de voir triompher en ces matières ne doit pas donner prise à la conviction que la satisfaction des besoins sociaux et économiques est le seul moyen pour l'homme de réaliser sa destinée.Le laïcisme est à la source d’une grande partie des plans tirés.11 n'y a pas conflit entre ces réformes nécessaires et le mode de vie chrétienne, ("est au mode de vie chrétienne seulement que doivent être adaptées et ordonnées les réformes en question.NIar.x et ses disciples ne jouissent d’aucun droit préemptif dans ces développements.N "est-ce pas Notre-Seigneur qui a dit: « Bienheureux les 346 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE pauvres » ?Jésus n’a-t-il pas autant le droit d’être acclamé dans les collèges que Dewey ?Voilà quelles vues Newman professait comme étant à la hase de sa mission.Le scepticisme et le rationalisme éclatèrent au moment où Newman, dans sa toge universitaire, rompait avec le collège d'Oriel.Pour enrayer leur progrès, il se consacra à la diffusion de la doctrine religieuse, au problème de la crédulité ou de la foi, en un âge où l’on ne reconnaissait que la raison, et au problème de l’enseignement humaniste, à une époque où la science régnait en souveraine.Pour lui, le christianisme n’avait rien perdu de sa puissance; il conservait la même vigueur et la même vitalité que Hegel attribue à l’incarnation graduelle de l'idée de Liberté.Les enseignements du Christ restaient pour Newman vivants et vibrants.Ils communiquaient une nouvelle sève aux générations nouvelles.Aussi Newman déclare-t-il, dans son « Développement de la doctrine chrétienne », que « le christianisme traverse d'étranges terres, que des points de controverse modifient sa portée; les champions de doctrines naissent et meurent; les menaces et les espoirs se succèdent en des rapports différents, et les vieux principes ressuscitent sous de nouvelles formes.Le christianisme évolue avec ce qui l’entoure pour rester mieux indéfectible.11 en est autrement dans un monde supérieur, mais ici-bas vivre, c’est évoluer, et être parfait, c’est avoir beaucoup changé.» La société n’est pas immuable.Chaque période suscite de nouveaux problèmes et de nouvelles solutions à ces problèmes.Au cours des siècles, à mesure que l’homme se retrouve toujours soucieux d’améliorer son sort, il n'y a pas nécessairement conflit avec la religion.Le progrès social n’est pas tout simplement un progrès sans religion.L'importance d.i Newmanisme apparaît plus grande aujourd’hui que jamais, en face de problèmes aussi plus grands que jamais.« Le monde intérieur, physique et historique, écrivait l’illustre cardinal, n'est que la manifestation à nos sens de réalités plus grandes que lui.» Comme à toute époque de crise, il faut de nouveau affirmer ces réalités chrétiennes, avec leur éternel esprit toujours dynamique et plein de progrès, toujours contemporain de l’âme humaine et des besoins de l’humanité.La doctrine est là, encore une fois, pour conduire les hommes hors de la vallée que constituent la faiblesse humaine, la cupidité égoïste et les satisfactions matérielles, vers cette hauteur évangélique où a été révélé à l’humanité le message de la -hanté samaritaine, de la justice sociale et de la fraternité individuelle. LA PENSÉE PROFONDE DU CARDINAL NEWMAN 347 C'e n'est pas seulement par des chartes et dis législations que le problème de la vie sera résolu, et les fins d’un monde meilleur accomplies, mais par la haute institution d'une morale chrétienne faite de bonté humaine, d’équité collective et d’abnégation personnelle.La charte mondiale devrait être interprétée à la lumière de l’Évangile.Le Xewmanisme donne aussi une autre leçon aux hommes soucieux de l’édification de l'avenir.Cette deuxième leçon n’est qu’un corollaire de la première; toutes les deux procèdent du fond même de la doctrine Xewmaniste, c’est-à-dire la primauté du spirituel dans la vie humaine.Permettez-moi de répéter ici que si Dewey a droit d'être étudié au collège comme dispensateur de savoir, pour des motifs analogues et naturellement supérieurs, l'enseignement de Jésus mérite l’analyse et la réflexion.Ln autre thème cher à Xcwman fut donc de voir instituer 1 instruction religieuse comme complément tic l'instruction laïque proprement dite.J’aime le libéralisme de Xcwman à ce propos.Il lui fallait du courage pour voir dans l'instruction une arme dont 1 homme de foi peut combattre le danger.Après avoir montré que 1 instruction religieuse était nécessaire, il soutint la liberté de la recherche scientifique et s’éleva contre les barrières infligées à la « conception de la littérature ».11 n’apercevait rien d'étroit dans les relations complémentaires établies entre l’instruction laïque et l’enseignement religieux.Dans « Christianity and Scientific Investigation », il déclarait qu’aucun choc n'a besoin de se produire entre la théologie chrétienne, qui adopte une logique déductive, et la science, qui procède par induction.11 refusa de reconnaître (pie le fait scientifique abolit la nécessité de la foi en matière de croyances.Il maintint que la formation religieuse, comme la science et la littérature, devait être donnée pour « adapter les hommes du monde à la vie du monde ».Aujourd’hui, plusieurs mettent en doute le prix de ! instruction libérale, et insistent pour n'y attacher qu’une valeur utilitaire exprimée en termes de professionnalisme, f eux-la n ont qu’a relire « Idea of a University » de Xcwman.Déployant dans cet ouvrage une grande acuité de pensée, et une heureuse facilité de style jointe à une verve profonde et pleine de fusées, 1 auteur revendique brillamment les droits et l’importance de la religion dans l’enseignement.On peut dire que le besoin s’en fait plus sentir encore de nos jours.Je le répète, l’avènement et le succès du totalitarisme, ainsi que la 348 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE diffusion des idées marxistes, ont naturellement tendu à un laïcisme plus grand en matière d enseignement, domaine où régnaient suprêmes, autrefois, la science et la spécialisation professionnelles.Mais cette influence semble s être épuisée et commence à décroître.Avant les désastreuses calamités qui ont fondu sur le monde avec la guerre totalitaire, et davantage encore avant la perversion extraordinaire qui a infecté les idées politiques, la moralité publique, les méthodes scientifiques et le sadisme individuel, autant de conséquences d'un matérialisme à tous crins et d’un Marxisme intransigeant, les éducateurs avaient mis une sourdine à haïr programme d’enseignement agnostique.Ils avaient été frappés des logiques et funestes suites du système scolaire sans Dieu et sans âme qui prévalait en Allemagne.Ils comprenaient tout à coup dans quels abîmes de barbarie primitive l’homme peut déchoir quand il abandonne la planche de salut que sont pour lui la foi religieuse et la discipline spirituelle.( est alors qu'une campagne de redressement commença de restituer dans les écoles publiques la saine et noble influence des croyances.( 'ette dernière gagne peu à peu du terrain: Toronto est revenu à renseignement religieux, et même Yale, foyer d agnosticisme, en ressent la nostalgie et songe actuellement à rouv iir les fenêtres fie ses écoles sur le ciel de la spiritualité.( e retour aux vieux principes de l'enseignement est une revanche pour le catholicisme tel que l’exposait le grand recteur de Dublin, et il est bien de nature a inspirer comme nous tous les romanistes et les Ncwmanistes.Il y a un autre point à garder en vue comme le fit Newman.Idéaliste, ce dernier le fut certainement quand il formulait un enseignement universitaire fondé sur les valeurs spirituelles.A ce titre sans doute, et à cause de cette doctrine générale, un grand Jésuite allemand qui a étudié 1 o uvre de Newman a justifié le mot dont un ami de Newman désignait l'illustre cardinal: « My Oxford Plato », Platon d'Oxford.Lui-même écrivait pourtant, dans « Idea of a University »: « Quiconque est homme ne peut s'empêcher d’être, dans une grande mesure, aristotélicien.» Le platonicien Newman fut un aristotélicien, parce qu'en luttant pour son idéal, il n’oublia pas 1 opportunité de plans sages gouvernant l’ordre humain.II voyait effectivement l'importance d’organiser l’instruction libérale en fonction de l’enseignement idéal.Pour fonder une société où tout \a bien, nous croyons avec Newman devoir former ries hommes qui puissent la faire fonctionner.Le cardinal répétait que « s’il faut LA PENSÉE PROFONDE DU CARDINAL NEWMAN 349 assigner un but pratique à l’enseignement universitaire, ce but doit être de former de bons membres de la Société.L’art universitaire est l’art de la vie sociale, et sa fin de rendre apte à vivre dans le monde.» On nous jette actuellement à la tête beaucoup de choses.Jamais les gens n’ont écrit davantage.Jamais l’occasion n’a été plus impérieuse qu’aujourd’hui de passer au crible les propositions faites.Plusieurs de ces projets, qui impliquent de grands changements pour la société, sont exacts dans leur diagnostic.Plusieurs pêchent.Quiconque a de la culture ne saurait accepter ces théories sans enquête.Pas plus que l’étroitesse d’esprit qui refuse d admettre le changement, les doctrinaires qui réclament à grands cris le changement n’ont de place au soleil.Et voilà comment, a vous et a moi, il incombe, en notre qualité de Xewmanistes, de fournir aux esprits curieux l’occasion d’acquérir une instruction libérale.C omme l’avançait Newman, la valeur de l’enseignement libéral réside dans le fait qu’il montre « à aller droit au but, a démêler les éeheveaux du discours, à déceler le sophisme et à mettre le doigt sur ce qui est hors de propos ».Notre très grand maître a posé pour nous la règle par excellence: il ne suffit pas d’indiquer aux hommes la plus haute fin de la vie, qui est la spiritualité, mais il faut leur donner le moyen d'y atteindre, qui est l’instruction.Si votre patience m’y autorise, je pense qu il ne sera ni inopportun ni dénué d’intérêt d’illustrer un autre aspect de l’actualité de Newman, en montrant très brièvement comment les écrits d’un éminent philosophe de la France contemporaine, Jacques Maritain, font pendant aux exposés de 1 immortel C ardinal.Ious deux ont grandi au milieu des fluctuations de croyances, Newman dans une atmosphère d’anglicanisme tourmenté, et Maritain, dans celle d’un protestantisme libéral.Mais 1 un et 1 autre, dès leurs débuts dans la vie, étaient des assoiffés de la vérité suprême, le premier suivant la Via Media, le second la voie du Bergsonisme.Lentement mais sûrement, chacun revint île très loin au bercail du Bon Pasteur, aiguillonné sans cesse en avant par la pure logique et la curiosité religieuse.Tous deux prirent des chemins île Damas différents, l’un montant la voie ascensionnelle de la continuité théologique de la foi, l’autre escaladant la pente philosophique de la spiritualité suprasubstantielle, pour émerger enfin l’un et l’autre sur le plateau serein et sans nuage qu’est la certitude plénière de 1 actualité accablante de Dieu. •ioU REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Sans relâche après que la « Lumière bienfaisante » se fut révélée à la curiosité de leurs esprits, tous deux revêtirent leur nouveau bouclier de chrétiens et ne quittèrent plus jamais le champ des croisades, la seule différence entre eux résidant dans le choix des armes, puisque l'un recourut au raisonnement direct et au pouvoir de la divination, 1 autre à 1 attrait séculaire de la métaphysique de controverse.Animés d'un courage indomptable et rie profondes convictions, ni 1 un ni 1 autre ne dévièrent jamais du sentier étroit de la droiture, de la sincérité et de la franchise dans l'expression claire et ouverte de leurs vues, au point même d’être une source de doconfort et de malaise pour leurs amis ou leurs frères en religion.Même devant une accusation possible d’inconséquence ou de teméiité, ils n hésitèrent pas a confesser ce qu’ils avaient une première fois fouillé, puis enfin accepté, comme une vérité établie.Ce sens de dévouement à leurs convictions personnelles aux dépens des sentiments d autrui n'a pas été mieux exprimé que par Newman dans cet aveu: loi s.Votre choix est de ce fait plu.- mtreint (t probablement aussi moins compliqué.A ou s pouvez songer a 1 apprcn’i.-sagc (t a la pratique d'un métier, ou vous vous déciderez à chercher un emploi au sein même du domaine des alu ire- ou du commerce.Les circonstances vous guideront dans le choix judicieux d'une occupation, peu permanente au début, mai- devenant plus stable avec ! acquisition de l'expérience dans l’e\erciec de vos fonctions.!o laisse a d’autres le -oin de vous diriger et de vous conseiller dans ce domaine.Si, par contre, vous songez à poursuivre des études spécialisées nécessitant un séjour plus ou moins prolongé à l’I niversité, le problème se complique.On n’entreprend pas un cours universitaire sans savoir où l'on va.Le séjour à l’Université dure trois, quatre, cinq ou six ans et ce n'est pas à la fin, ou même pendant cette 356 RF.VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE période, qu'il est bon de s’apercevoir que la route choisie n’est pas la bonne.Recommencer alors demande beaucoup d’efforts, à un âge où, normalement, l'appât du gain l’emporte sur le désir de l'étude préférée.Si donc vous désirez devenir étudiant :i l’Université, votre enquête personnelle doit porter un peu plus loin que dans le premier cas.II vous faut définir le choix de votre profession.Bien des routes s'offrent à vous à l'Université: les grandes artères de la cité universitaire partent toutes du même point: l’entrée à l’Université, ('’est là leur seul point commun car elles sont divergentes.Il est d’autant plus difficile de passer de l’une tie ces artères dans une autre qu’on est plus éloigné du point tic départ.Bonne raison, semble-t-il pour s’engager dans la bonne au point de départ.Ut quels sont les noms de ces grandes avenues du savoir?Un commençant par les plus anciennes et pour ne citer que les principales, notons: 1 avenue du droit, celle de la médecine, celle de la chirurgie dentaire, celle des sciences pures, celle des sciences appliquées, qui s'appelle aussi avenue du génie, et, enfin, l’avenue du commerce.Un voici donc six.Laquelle choisir?("est là le grand problème.Je vous rappelle que, dans ce choix, jeune homme, vous êtes le juge suprême.Avant même de faire comparaître les témoins, il faut vous renseigner vous-même et faire un examen sérieux de VOS aptitudes, des résultats de vos études passées, de votre personnalité et de votre tempérament.( 'eci vous permettra habituellement de faire une première élimination et limitera vos hésitations entre peut-être fieux des six avenues mentionnées.Il est bon de faire remarquer tout de suite que pour ceux d’entre vous qui n’ont pas eu 1 avantage d’étudier au collège et d’obtenir le baccalauréat ès arts, les avenues du droit, de la médecine et de la chirurgie dentaire sont difficiles d’accès.Les études préparatoires supplémentaires qu’il leur faut poursuivre sont souvent de nature à leur faire négliger ces professions et le problème du choix de leur carrière se trouve par le fait même moins ardu.("est après ce stage de la première élimination que vous pouvez faire comparaître vos témoins.Vos parents d’abord.Mettcz-les au courant de vos projets, discutcz-les avec eux.Un bon père et une bonne mère ne s’en désintéressent pas.Peut-être n'ont-ils pas eu de formation intellectuelle et scientifique et vous répondront-ils tout franchement: « Mais mon pauvre enfant, je n’y connais rien là-dedans, c’est du grec pour moi les grandes études ».Le fait n’est pas rare et il vaut la peine d’être mentionné.Il est d’ailleurs très ORIENTATION VERS LA CARRIÈRE DE l’INGÉNIEUR 357 explicable, surtout dans notre province où tant de nos bons chefs de famille ont été élevés sur la ferme avec des rudiments d'instruction.Quelle que soit leur réponse, ils ont l’expérience de la vie et leurs conseils ne peuvent que vous être très précieux dans le choix de la route à suivre.Consultez vos professeurs qui, par leurs rapports avec les grandes écoles et l'Université et avec les hommes de profession, sont aptes à vous donner des conseils de caractère plutôt général dans l'orientation de votre vie.N'hésitez pas et j insiste sur ce « n'hésitez pas » car notre jeunesse ne semble pas puiser ses renseignements à la source la plus abondante, celle des professionnels.N'hésitez donc pas à demander une entrevue avec les hommes de profession eux-mêmes, pas seulement avec un, mais avec plusieurs.Si vous voulez des renseignements sur la carrière du droit, adressez-vous à des avocats; sur la médecine, à des médecins; sur les sciences, à des hommes de sciences ou à des ingénieurs.Informez-vous auprès des professeurs des facultés universitaires.Puis, orientez vos lectures.Les témoins que vous faites comparaître dans votre cause vous suggéreront des manuels, publications de toutes sortes qui décrivent les bienfaits et les aléas de toutes les professions.Prenez le temps d’aller au fond des choses, ne brûlez pas les étapes, faites confirmer vos renseignements en les puisant à plusieurs sources; confrontez-lcs.S il y a obscurité dans votre esprit, faites-y de la lumière en poursuivant votre enquête.Ne faites pas le choix de votre carrière avant d'avoir la conviction d’être prêt à le faire.Dans notre prochaine causerie, la semaine prochaine, nous reprendrons ensemble avec plus d ampleur quelques-uns des points soulevés ce soir en insistant surtout sur les méthodes d'orientation vers la carrière de l'ingénieur.IL—L’orientation professionnelle vers la CARRIÈRE DE L’INGÉNIEUR Nous avons vu la semaine dernière que le choix de votre carrière professionnelle pouvait sc simplifier considérablement après un examen assez rapide, mais sérieux tout de même, de votre personnalité et se réduire à une hésitation entre deux ou trois possibilités d’avenir, ("est à ce point que je vous conseillais de faire comparaître vos témoins, c’est-à-dire vos parents, vos maîtres et surtout 35S BEVUE THIMF.'TKIKU.I CANADIENNE les prof es 'ion; ne ls eu X-I l ! < mes (•î de eompléti r vot re documci nt n t ion par la lec dure Le cl lioix final de voi re profes.- ion doit ( ire fait av ee 1 ie; iiucoup « it- soin.i \ ou* s liés: i U • Z C ntre la me b .'ci ine et le génie.] ar ex temple, von S lie •< I ( ' ét ud: lands uni verdi s.sont join u- • - i joppements «k stème éducatif : ! -ation nos ri .-i a : rees m : - r ¦1 !, - ou 1 e ] *if-i ' .< r lie/ nous - in- ’ -1 ri- s : or- ¦¦ u : f.dos nds < "es l’e j'orn ia1 i< nu i'é-joiirnemor.t de la t ie plus grami n» > d i î re ; onait Is- ai ' -ravant le perd - TU 1 t de nos et tu i rimantes tel ¦ - - -|il - / et l'i - : ; i.-se; ni* < • i lu •ont ri! né- à donner à notre i de l’ét: :< le, 1 u ; - r son nh i-au socia 1 l ( ; 0 coût ril ut ‘]\ î Il'ld 11 oi au même tii re -n - ; do riffine ani liaise, a la.Aie devenue pb s intense et ppe- HK'IH tie notre ( anada.Pou: r ce: s raisons, li • 1ÎC unbre d*a«j i rants i rot- - i (n (!e- venu te] que ¦ les iioniiv le profession oir inné e ii de ;jeci iper t i (*i ’ v d une manière |.éei ale.J.os - , i; ns de \ t !( • dé'VC- loppem- nt lie a - i' m *e n o-i ,-dte la n ri - once u c q »ert quai ifiés dans toi, * ]< ^ domaine^ - < ; < I’aeti\ ité liumaine.( e 1 )0S( )in est tel qu’il a fi ilhi senrer è c a lia lis- r.je dirais, les indh i : : Il qu'ils occupent au sein de notre s o iété ia ; lace qui !- - r - t norma 'ornent dévolue.t 't, st là le luit i le l’orientation professio nnel 1! faut r< marque ¦r qu’il est rorl •le: la profession tente d'attiri r \ ers elii ?les sujets les plu s qualiliés, oui deviendront des eompétt liées da ns leur spécialité' ¦ et contribueront ainsi à élever le niveau proies- ¦ion mol.1 t elle .a in ¦ ( n même temps éloigner u'ede ceux qui in >nt lut.- 5 les qualités ’ voulues alin qu ;e c haeun soit dans son éîén lient .»ropr- e et trouve joie et l.onlieur tout le long de sa vie dans l’areonij lissement de son devoir quotidien.Chaque profession, pour atteindre ce but, a établi des méthodes basées sur l’expérience, propres à déterminer 360 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE le standard des qualités des aspirants quelle désire.Il va sans dire, par conséquent, que ces critères doivent lui permettre aussi bien de décourager lo« sujets qui ne semblent pas qualifiés que d'encourager ceux qui sont les mieux doués.Il ne faut pas s’en étonner.Vous ne devez donc pas vous sentir blessé si un homme de profession.après avoir convenablement poursuivi son enquête en causant avec vous, vous apprend que vous devriez chercher ailleurs la solution de votre avenir.Vous pouvez certes très bien réussir dans la vie hors de toute profession.Mieux vaut pour vous, connaître dès maintenant les écueils de la route que vous aviez tantôt décidé de suivre.Le professionnel a peut-être certains avantages sur ses concitoyens mais il a des responsabilités et des devoirs qu’ils n’ont pas.Les premiers ne doivent pas vous éblouir au point de vous cacher l’existence des derniers.Ainsi, quand vous faites comparaître les professionnels comme témoins dans la cause du choix de votre carrière, vous vous rendez compte qu'ils ont des dépositions très sérieuses à faire et des renseignements précieux à vous donner.X’hésitez donc pas à vous adresser à eux.Faites-leur confiance, ils no vous décevront pas.L'orientation professionnelle est un grand mot.Ce n’est une grande chose cependant que si elle est pratiquée par un lion psychologue.L'orienteur a une double personnalité: il est professionnel et psychologue, lit pour être efficace, il est nécessaire qu’il restreigne scs activités au domaine dans lequel il s’est spécialisé.Certaines gens se piquent de faire non seulement de l’orientation professionnelle mais de l'orientation tout court, ou, si vous préférez, de l'orientation universelle, c’est-à-dire dans tous les domaines, ("est tout au plus de l'orientation générale, basée sur les grands principes standards et non de l’orientation professionnelle dans le vrai sens du mot.Leur œuvre est certainement très utile dans le but de faire la première élimination dans le choix des carrières possibles.Ils ne peuvent naturellement pas donner des renseignements précis sur toutes les professions et ils se doivent de référer les cas qui leur sont soumis, aux hommes de profession qui, à cause de leur compétence, ont été choisis pour faire les enquêtes d'orientation vraiment professionnelle.A qui donc vous adresserez-vous pour obtenir des renseignements sur la profession qui semble vous intéresser?A vos maîtres sûrement, qui vous dirigeront vers les hommes de profession dont les fonctions sont reconnues comme orienteurs par les associations ORIENTATION VERS LA CARRIÈRE DE l'iNGÉNIECR 361 professionnelles.Ces orienteurs professionnels sont appelés en France « Conseillers des vocations » et aux États-Unis « Vocational counsellors ».Fn existe-t-il dans toute profession de tels amis de la jeunesse ?Les méthodes d'orientation professionnelle ont été surtout développées en droit, en médecine et en génie.Files ont pour luit de prédire, de façon assez précise, les chances de succès dans les études universitaires do chaque spécialité.Files ne sont pas infaillibles mais 1 experience acquise depuis qu on les utilise a suffi à démontrer leur valeur.Files peuvent donner, en même temps, quand le conseiller des vocations est un bon psychologue, un aperçu des chances de succès dans l'exercice de la profession.Disons quelques mots de ce qui s'est fait à ce point de vue dans la profession de l’ingénieur.Les premières études faites aux États-Unis datent de la fin de la première Grande Guerre.Au ( anada, on s est occupé du problème, il y a à peine sept ou huit ans, en prenant pour acquit les conclusions alors tirées des études américaines.Les promoteurs furent, dans les deux pays, les associations professionnelles auxquelles le concours des universitaires était entièrement acquis.Fn général, les deux associations américaines qui ont toujours patronné les mises en œuvre des méthodes d'orientation «ont: « rl lie Society for the Promotion of Fngineering Education » et l'«Fngineer’s Council for Professional Development».Jusqu en 1930, les méthodes de mesure des aptitudes ont eu pour but de déterminer un critère permettant d'établir les chances de succès d un jeune homme durant les études universitaires.Les méthodes utilisées consistaient en un examen d'admission portant principalement sur les mathématiques et les sciences.Cet examen était contrôlé par les universités elles-mêmes.Ceci évidemment n a pas été jugé suffisant et, depuis une décade, on tente d'établir des méthodes permettant de dire au postulant quelles sont ses chances de succès dans l’exercice même de la profession.Celles-ci, toutefois, dépendent de tellement d’impondérables qui sont caractéristiques de chaque individu, qu'il semble encore pour le moment difficile, sinon impossible, de les soumettre à une mesure objective susceptible de permettre des prédictions intéressantes.Il semble encore de nos jours, que l'appréciation des chances d'avenir dans la profession doive être laissé entre les mains du candidat lui-même.L’« engineer's Council for Professional Development » a toutefois pris des mesures efficaces pour aider les jeunes à s’analyser HE VI ¦ ! : T RIM EST IU K U .E r A X A I)! K X 11 302 ot :‘i tirer les conclusion» qui s'imposent.Après avoir formé un comité d’orientation proïessionnel’e, il a encouragé la formation .le sous-comités locaux en s‘adrcssar.l aux ' aises associations d'ingénieurs aux Ktats-L'nis et eu ( 'miaou.! t ] our en venir ¦ •< intéresse part ieulièn ment.disons qu'au ( anada.l’Tnst it ut de« Im.'cnieui's du < anada, notre unique association vraiment nation: 'c a forme des comiié: < e ce genre dans presoi o t*>-.'¦ s ien < mend' .qui .-ont Men vrs -t (-:inu's de îei r entoi ra;:e me i ont ton jours montré 1 n •rend il i.’ ]¦ i i i., •- i : a •• lies - .a ! ¦ ¦ •* u ' les • on si u 1 !' - ce : t ion.Il- :u dirigés (i;o - ! ci v travail ; nr l'organisme centra! ana’rii ain.laie, eu - la cause dn ci oix de , 1 ;.carrière.de tenie rc - diront n ¦ ¦¦¦¦ i ¦ •nnenr-p at at ifU; - : (' cm c ] n; r ( ut l'c) ri lu e 'U pour-: i- r.Cl.¦ le.- été.i1 vols.William Frederick 1)1 RAND, ed —California Institute of Technology, 1943.Aircraft Lofting, 2nd ed.Emile Pierre GRENIER — E.P.GRENIER — University Club, Buffalo, 1942.Molesworth’s Aeronautical Engineers’ Pocket Book — Albert P.I HI RS-TON and W.O.MANNING—Spoil, London, 1942.Analysis of the Messeschmitt MK-110 Airplane — Report No.2150-2."' 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REVUE DES LIVRES 397 Treatment of Experimental Data — A.C.WORTHING and J.GEFFNER — John Wiley & Sons, N.Y., 19-13.Railways and Organized Labor — P.Harvey MIDDLETON — Railway Rusiness Association, Chicago, 1941.Industrial Production Survey Manual — Commercial Department of American Cas and Electric Service Corporation, 19-12.1944 Book of A.S.T.M.Standards and Tentative Standards Part III —¦ American Society for Testing Materials — A.S.T.M.Baltimore, 1945.ÉLECTRICITÉ Automotive Armature Winding, 2nd ed.— Jack BEATER — Automobile Digest, Cincinnati, 1941.Cathede-Ray Oscillographs, 2nd ed.J.H.REYNER — Pitman, London, 1943.Electrical Transmission and Distribution Reference Book, 2nd ed.— Westinghouse Electric and Manufacturing Co., East Pittsburg, 1943.GÉOLOGIE ET MINES Annual Report on Mines 1944 — Nova Scotia Department of Mines, Halifax, N.S., 1945.48th Annual Report, Ontario Department of Mines, Vol.48, Part I, to IV, 1939 — Toronto, 1940.48th Annual Report, Ontario Department of Mines, Vol.48 Part V to XII, 1939 — Toronto, 1940.Report on the Ontario Royal Mining Commission, 1944 Part I — Royal Ontario Mining Commission, Toronto, 1944.The L'niversal Stage — R.C.EMMONS — Geological Society of America — Washington, 1943.Canadian Mines Handbook 1945 — Northern Miner Press, Toronto, 1945. 39S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE MÉTALLURGIE Vanadium Steels and Irons — Vanadium Corporation of America — Research Laboratories, Bridgeville, PA.Metallurgy ¦— Henry l ord Trade School — Darborn, Mich., 10-1-4.The Extrusion of Metals — Claude F.l’FARSON—Chapman A Hall, London, 19-14.MACHINES How to Run a Lathe — .1.1.O'RRIFN and M.W.O'BRIEN —South Rend Lathe Works, Indiana, 1943.Manuel pour l’usage du tour 37e ed.- South Rend Lathe Works — South Rend Lathe Works, Indiana, 1942.Thermodynamics applied to heat engines —3rd ed.- K.H.LKW1TT — Sir Isaac Pitman A Sons, London, 194n.Flexible Shaft Handbook — 2nd ed.— Published by S.S.White Dental Manufacturing Company, New York, 1944.MATHÉMATIQUES Notes sur la Trigonométrie — Ernest MACKAY Ecole Polytechnique, Montréal, 194ô.Mathematics for Technical Students, Parts I, II and III — A.GEARY, II.V.LOWRY and II.A.HAYDEN — Longmans, Greene, New York, 1944.Descriptive Geometry for Architects and Builders — Leslie A.LEE nnd Fraser R.REEKIE —E.Arnold, London, 194.".Modern Higher Plane Geometry — Arthur S.WINSOR — Christopher Publishing House, Boston, 1941.A Source Book of Mathematical Applications, 17th year Book — The National Council of Teachers of Mathematics, Teachers' College Columbia University, N.Y., 1942.Plane Geometry, rev.ed.— A.M.WELCHONS and W.R.KRICKEN-BERGER — Ginn & Co., Boston, 1940. REVUE DES LIVRES 399 Analytical Geometry of Three Dimensions — William H.McOREA — Oliver and Boyd, London, 1912.Infinite Series — James M.HY,SLOP — Oliver & Boyd, London, 1942.PHOTOGRAPHIE Exposure Meter Manual — General Electric Company, Schenectady, 1943.Photo Data Book — General Electric Company, Schenectady, 1943.The Year’s Photography 1943-1944 — Royal Photographic Society Publication.PHYSIQUE Physical Chemistry for College, 5th ed.— E.B.MILLARD — McGrawHill, X.Y., 1941.Heat and Thermodynamics, 2nd ed.— Mark W.ZEMAXSKY - McGrawHill, NY., 1943.Smoke Streams - Visualized Air Flow — Charles Townsend H'DIXGTOX — Coward-McCann, X.Y., 1943.College Physics - William 1.McXIlT — Fordham l niversitv Press — X.Y., 1942.Nuclear Physics — Enrico FERMI, G.BREIT, I I.RABBI, etc.— University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 1941.USINAGE Practical Design of Welded Steel Structures — Malcolm II.PRIEST — American Welding Society, New York, 1943.The Welding Encyclopedia, 11th ed.— L.B.MACKENZIE and T.B.JEFFERSON —The Welding Engineering Publication Company, Chicago, 1943.Codes, Standards, Specifications for Welding — American Welding Society, New York, 1942. 400 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Welding Handbook 1942 edition — American Welding Society, New York 1942.' Arc Welding — Shipyard Practice —A.L.DEANE — New York Shipbuilding Corporation, 1941.Welding Study Data (Reprints' - The James F.Lincoln Arc Welding Foundation, Cleveland, 1944.Procedure Handbook of Arc Welding Design.8th ed.The Lincoln Company of Canada, Montreal, 1945, Selected Papers on Resistance Welding 194.1 Resistance Welding Manufacturers Association, Philadelphia, PA.Grinding Wheels and their L'ses, 2nd ed.Johnson IIFYWOOD IVnton Publishing, Cleveland, 1942.Handbook of Welded Steel Tubing, rev.ed.Formed Steel Tube Institute Cleveland, 1943.Wire Splicing K.Scott SKIRTING — Frown, Son A Ferguson Glasgow 1942. VIE DE L’ASSOCIATION Le 20 novembre 194.5.Nous vous présentons ci-dessous un rapport des activités de notre Association depuis la dernière publication de la rubrique « \ie de l’Association», parue dans le numéro d’été 1945 de la Revue Trimestrielle Canadienne.4 sscmblées Depuis la fin du mois de mai, notre conseil s’est réuni trois fois: le .10 août, le 19 octobre et le 16 novembre.Admissions cl réadmissions Le- diplômes dont les noms suivent ont été admis membres de notre Association depuis le 31 mai dernier: Ce sont AIM.Olivier Quévillon, ’39, A.-J.Grenier, ’21, et Paul Dufresne, ’34.Ont été réadmis membres depuis cette date: AIM.L.-P.Couture, '24, A.Deschamps, MG, J.-A.Alorissette, M2, AI.Aubert, ’28, AI.Ricard, '21, René L’Heureux, ’30, et A.Lamontagne, ’12.Nous souhaitons a tous ces messieurs une cordiale bienvenue parmi nous.Démarches auprès des autorités gouvernementales Des instances ont été faites auprès du Premier Alinistre de la I rovince, de 1 Honorable .L-S.Bourque, ministre des terres et forêts, pour que des ingénieurs soient nommés membres des différentes commissions (Régie de 1 électricité, régie des transports, commission d'électrification rurale) et au poste de sous-ministre des terres et forêts.Nous sommes heureux d’annoncer que MAI.A.-B.Norinandin et Alex.Larivière ont été nommés, le premier à la régie de 1 électricité, le second a la régie des Transports.Alonsieur Jules Leblanc est ingénieur en chef de la Commission d électrification rurale. 402 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Salaires au Service Civil Provincial Un classier volumineux a été constitué par les correspondances échangées avec le Premier Ministre de la Province, la Commission du Service Civil, tous les ministres provinciaux, la Corporation des Ingénieurs Professionnels et L'Engineering Institute of Canada", relativement aux salaires offerts par le gouvernement aux diplômés de mai dernier.Après maintes instances, le gouvernement a décidé de fixer ces salaires à •'52,200 pur année en attendant cpie le comité chargé de reclassifier les employés civils provinciaux ait été nommé et ait pris une décision à ce sujet.Notre Association a aussi entrepris des démarches auprès du ministre de la Chasse et de la Pêche, le Dr.Camille Pouliot, en vue de faire reviser le salaire d’un de nos diplômés à l’emploi de ce ministère; le cas était frappant, les arguments bons, mais la décision du ministère est restée ce qu'elle était.Nous apprenions dernièrement que notre confrère a quitté le ministère pour un emploi plus rémunérateur et plus prometteur.La Corporation des Ingénieurs Professionnels a envoyé une délégation devant le Premier Ministre de la Province pour lui exposer les raisons qui portent les ingénieurs professionnels à se plaindre des traitements qui leur sont consentis par le gouvernement provincial et pour lui remettre un dossier complet à ce sujet.Les représentants de l’Association dans cette délégation étaient MM.Huet Massue et Henri Gaudefroy.L'entrevue a été des plus cordiales et le Premier Ministre a clairement admis que des améliorations seront apportées dans ce domaine lorsque le comité de reclassification aura terminé son travail.Notre association ne manquera pas de prêter son concours à la Corporation dans le luit d'obtenir justice pour nos confrères qui sont employés au service civil provincial.Nomination d'un directeur des études à l'École Technique de Québec Certaines démarches ont été faites auprès de l'IIonorable Orner Côté, secrétaire provincial, pour qu'un diplômé de Polytechnique soit nommé au poste de directeur des études de l’Ecole Technique de Québec.Nous sommes heureux d'annoncer que l'IIonorable ministre a bien voulu donner suite à notre demande et a nommé monsieur Marie-Louis Carrier, '33, au poste ci-haut mentionné. VIE DE L’ASSOCIATION 403 Polytechnique et VUniversité de Montreal Certaines rumeurs ont semblé s’accréditer à l’effet de faire passer l'École Polytechnique sous le contrôle financier, administratif et académique de l'Université de Montréal.Le conseil de l’Association, connaissant l’attitude qui serait prise par la très grande majorité des diplômés à ce sujet, a fait une enquête dans le but de se rendre compte de la véracité de ces rumeurs.Des démarches sont présentement en cours en vue de prévenir si possible des décisions qui ne seraient pas selon les vues des Polytechniciens.Brochure-souvenir Nous avons établi à $161.07 le déficit de la brochure-souvenir 1045.Cette brochure qui, sans nul doute, a créé un intérêt sans précédent dans les annales de l'Association et qui a fait une publicité tout à fait appropriée à l'École Polytechnique, ne nous a certes pas coûté bien cher.L’École Polytechnique, consciente du bien qu’elle a pu retirer d’une telle publication, a bien voulu combler ce déficit de façon à ce que l'Association ne subisse pas de déficit.Le conseil de l’Association l’en remercie bien sincèrement.Banquet annuel 1036 Le banquet annuel 11*40 aura lieu le 0 février, à l'Ilôtel Windsor, l'assemblée générale ayant lieu dans l’après-midi, comme d'habitude.L’invité d'honneur sera le Dr C.R.Young, doyen de la faculté de sciences appliquées et de génie de l'Université de Toronto.75c Anniversaire de Polytechnique École Polytechnique ayant été construite en 1S73, elle fêtera son 75e anniversaire en 1048.L’Association des diplômés a commencé à s’intéresser à cet anniversaire en formant un comité provisoire chargé d’étudier l’organisation de fêtes appropriées.Ce comité est composé de MM.A.Frigon, J.-A.Lalonde, Aimé Cousineau, Théo-J.Lafrenière et J.-X.Langelier, ce dernier agissant comme président.Publication d'une liste des diplômés Le conseil de l’Association a décidé de publier une liste des diplômés au début de l’année prochaine.Cette liste comprendra 404 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE des pages réservées à la publicité.Ceci est une innovation et a pour but de diminuer et d’annuler, si possible, le coût de la publication de la liste.Le comité chargé de la publication de cette liste est présidé par monsieur Jacques Laurence, qui s’était occupé très activement de publier la dernière édition en 1942.Réunion de délégués de promotion L'assemblée d'automne des délégués de promotion a eu lieu le 7 novembre dernier.Lnviron 3.5 personnes étaient présentes, compte tenu des invitations envoyées aux membres du conseil et à ceux des comités.Il a été suggéré au cours de cette assemblée que des règlements soient prévus pour la nomination des délégués de promotion et pour établir d'une manière plus définie la relation qui existe entre cet organisme et le conseil de l'Association.Congrès Technique International Nous sommes avisés de la tenue d'un Congrès Technique International à Paris, du 17 au 22 juin 1946.Ce Congrès technique réunira un grand nombre d'ingénieurs venant de tous les pays du monde.Le programme d'étude est très élaboré.Il comprend en effet toutes les questions à l’ordre du jour dans tous les domaines relevant du génie.Il serait intéressant que l'Association puisse y avoir son représentant.Les fonds ne permettent évidemment pas la réalisation d'un tel projet.Toutefois, certains de nos diplômés établis en Europe seront probablement désignés pour nous représenter.La question est présentement à l'étude par le conseil de l'Associât ion.Comité de recrutement Monsieur J.-A.Beauchemin, vice-président de l'Association et président du comité de recrutement nous a fait part des résultats très intéressants qui ont été obtenus au cours de la campagne de recrutement.Les espoirs ont certes été dépassés.En tel succès a des reflets très intéressants sur le budget du présent exercice et malgré certaines dépenses spéciales faites au cours de l'année le budget sera certainement bouclé avec un surplus assez important.Cet état de choses permet à notre Association de mettre de côté des fonds qui serviront probablement à défrayer le coût des fêtes VIE DE L’ASSOCIATION 405 qui seront organisées pour la célébration du 75ième anniversaire de Polytechnique.Comité de placement Malgré les conditions spéciales que nous traversons, le comité de placement ne remarque par l'existence d'une activité beaucoup plus grande que celle qui était coutumière avant la fin de la guerre.I ne très faible partie seulement de nos membres étaient dans les services armées ou à l'emploi d'usines de guerre, de sorte que la cessation des hostilités n’a pas eu un effet très marqué dans le placement de nos diplômé-.Les étudiants finissants se sont placés en grande partie dans l'industrie.La proportion de ceux-ci a en effet atteint un record et nous espérons que cette situation continuera d'exister dans l'avenir.Comité des conférences Le comité des conférences a organisé une réunion depuis le début de la saison.11 s'agit d'une assemblée conjointe avec L’At LAS et I Institut Scientifique Franco-Canadien au cours de laquelle le Dr Jules (itteron, savant français au service du Conseil Nat ional des Recherches à Montréal, a parlé de « l’énergie nucléaire.» Le comité, sous la direction de monsieur Maufïette, s'occupe présentement d organiser une fête aux huîtres des diplômés de Polytechnique pour le 30 novembre prochain.Xou veli.es M.Arthur Surveyor, '02, vient d’être créé membre d'honneur de ('«American Institute of ( 'ivil engineers ».M.Henri Goudron, '24, a quitté cet été la compagnie Sorel Industries pour entrer à l’emploi de la compagnie internationale « General Klectric », à New-York, où il est chargé du commerce international de la compagnie en ventilation et réfrigération.M.Gérald Molleur, '24, a quitté cet été la Régie des Services Publies pour entrer à l'emploi de la Commission Hydroélectrique de Québec à titre d’assistant de l’exécutif.M.Adrien Genest, '25, ingénieur civil à l’emploi du Service des Travaux Publics de la Ville de Montréal, fait actuellement un 400 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE séjour à l’Université Yalo comme boursier de l’« Automotive Safety Foundation ».Il fera une année d’études et de recherches sur la circulation routière et le transport.Cette bourse est attribuée par le « Committee on Transportation of Yale University ».M.Iules Leblanc, '2S, a été nommé ingénieur en chef de l’Office de l’Électrification Rurale, avec bureau à Québec.M.Jacques Brillon, ‘.‘11, qui vient d’être démobilisé du C.A.R.O.vient d’entrer au service de la Commission des Faux Courantes.M.Gérard Laçasse, '32, laisse le Ministère de la Yoirie pour entrer au service de la compagnie 1).Lamothe, entrepreneur général, à Noranda.M.Marie-Louis Carrier, '33, vient d'être nommé directeur des études de l'École Technique de Québec.M.Frnest Rinfrct, '33, a quitté la compagnie Southern Canada Power pour devenir ingénieur éclairagiste de la compagnie Solex Limited.M.Jos.Cartier, '3.5, qui avait quitté le service technique de la ville de Montréal pour devenir ingénieur de la ville de Rouvn, est maintenant A l’emploi du bureau Baulne et Léonard, ingénieurs conseils.M.Paul-Émile Gagnier, '35, a été nommé directeur de l’Ecole des Arts et Métiers, à Rouyn.M.René Carie, ’35, a abandonné son emploi au ministère fédéral dos Travaux Publics à Rimouski pour accepter un emploi au ministère provincial des 'travaux Publics de Québec.M.Philippe Cousineau, 36, vient de quitter la Cie Dufresne Engineering ( o.pour accepter le poste d'ingénieur de la ville d’Arvida.M.Gustave-F.St-Jacques, '36, a quitté la Régie des Services Publics à Québec pour entrer à l’emploi de la régie fédérale des Transports à Montréal.M.J.-René Desmarais, '37, vient d’être démobilisé du C.A.R.F.et il est entré au service de la compagnie Fashion Craft, comme gérant de la production à Yietoriaville.Le Commandant d’Escadre Baxter Richer, '37, a quitté l’aéroport de St-Hubert pour les quartiers généraux du C.A.R.C.à Ottawa.M.Jean-Marcel Simard, ’37, vient d’abandonner son poste d’assistant-professeur à l’Ecole Polytechnique pour s’occuper de construction A son propre compte. VIE DE D’ASSOCIATION 407 M.Maurice Gravel, ’38, est maintenant ingénieur divisionnaire du ministère de la Voirie à New Carlisle.M.Gérard-A.Lapointe, ’38, vient d’entrer au service du ministère fédéral des Travaux Publics où il agira comme assistant de monsieur Grébcr dans l’exécution des travaux d’embclissement de la ville d’Ottawa.M.Jean-Jules Lefebvre, ’38, vient d’abandonner son poste d’assistant professeur à Polytechnique pour reprendre son emploi antérieur à la Canadian Underwriters Association.M.IIorvé-T.St-Arnaud, '38, a quitté Defence Industries Limited à St-Paul l’Ermite pour entrer à la Mission Civile Française à Montréal.M.Maurice Bélanger, '39, a quitté Sorel Industries Limited pour entrer au Sendee Technique de la Ville de Montréal, division de l’Aqueduc.M.Roger Desjardins, '39, vient d'abandonner son emploi à la Régie des Services Publics pour entrer au service de la Commission Hydroélectrique de Québec.M.Olivier Quévillon, ’39, a quitté la compagnie Canadian Car & Foundry pour entrer à l'emploi de la Canadian Structural Steel Co.M.Raymond-A.Frigon, '40, vient do quitter la Dominion Engineering pour entrer au Service du Ministère de la Reconstruction comme représentant de ce département à Montréal où il agira comme agent de liaison entre le ministère d’une part et 1 industrie, les universités de la Province de Québec et des Provinces Maritimes d'autre part.M.Georges Gravel, '40, est maintenant à l’emploi du ministère de la Voirie Chicoutimi.M.Marcel Huot, '40, qui vient d'être démobilisé du C.A.R.C., est entré au service de la firme Colder A Dorais, ingénieurs conseils et arpenteurs.M.Marcel Papineau, ’40, qui a été démobilisé du C.A.R.C.il y a quelques mois, est maintenant assistant-inspecteur des Mines à Noranda.M.Armand Tétreault, ’40, vient d’abandonner son paste à la Mission Civile Française pour entrer à l’emploi de la Quebec North Shore Paper Co.Ltd, i\ Baie Comeau. 408 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE M.Marc Trudeau, ’40, a laissé son poste d’assistant professeur à Polytechnique; il est présentement à l'emploi de la firme Lalonde & Valois, ingénieurs conseils.M.François Valiquette, '40, a quitté la région de Shawinigan pour devenir ingénieur de la ville de Bourlamaque, Abitibi.M.Gérard Aubry, ’41, démobilisé il y a quelque temps du C.A.R.C., vient d’entrer au service du Ministère des Mines, à Québec.M.Bernard Beaupré, '41, est présentement à l'Fniversité Harvard où il poursuit un cours d’hygiène industrielle au « Graduate School of Kngincering », comme boursier de Rockfellcr Foundation.M.Paul-André < ! rot hé, '41, vient d'être démobilisé du C.A.R.C.et il est à l’emploi de la Commission Hydroélectrique de Québec.M.Bernard Lavigueur, '41, vient d’être licencié du C.A.R.C.et il est maintenant à l’emploi de la compagnie Sicard Limitée.M.Jean Dury, '42, a quitté cet été la compagnie Canadian ( 'ar & Foundry pour entrer au service d’« Fleet rie Tamper & Fquip-ment », à titre d’ingénieur conseil.M.Henri Audet, '48, est revenu cet été d'un séjour de deux ans au M.I.T., où il a obtenu son diplôme de Maîtrise en électronique.Il est maintenant à l'emploi de la Société Radio-Canada, à Montréal.M.Maurice Valiquette, '42, est maintenant à l’emploi de Concrete Construction Limited.M.Francis Boulva, ’43, a quitté dernièrement la Commission des Faux Courantes pour entrer au service de la \ il le de Montréal, division des égoûts.M.François Chadillon, '43, qui vient d’obtenir son diplôme de Master of Engineering, de l'Université McGill, et qui était à l'emploi du Ministère de la Chasse et de la Pêche, vient d’entrer a l’emploi de la compagnie Standard Brands.Il partira dans quelque temps pour l’Amérique du Sud où il agira comme assistant gérant de la production dans une des usines de eette compagnie.M.Marcel LeBel, '43, a quitté le Ministère de la Voirie pour devenir ingénieur de la ville de Rouyn, en Abitibi.M.Florian Leroux, ’43, est revenu cet été d’un séjour de deux ans au M.I.T., où il a obtenu son diplôme de Maîtrise en génie aéronautique.Il est maintenant à l'emploi de la Cie Canadair, à Montréal.M.Maurice Magnan, '43, a quitté Sinclair Corporation, de VIE DE L’ASSOCIATION 409 Sarnia, Ontario, et il est maintenant à l’emploi de Eagle Pencil Ltd, à Drummondville.M.Paul-Emile Salvas, '43, a quitté la United Shipyards pour entrer au service de la Mission Civile Française, à Montréal.M.Lucien Allaire, '44, vient d'accepter le poste d’assistant au laboratoire des analyses industrielles de l’Ecole Polytechnique.M.Charles-Edouard Aumont, '44, a quitté Canadian Car s T II I ( t i o > Gl\lt \ II.The i W AT I R A P O WER C O mit i.w.« I T ».PHOBI ITS < iiimiqi »:% Ceci ta la dixième d’une série d’annonces sur la Conservation Forestière.ETEINDRE votre feu de camp, c'est le premier , pas pour ELIMINER les feux de forêts. L’Ecole des Hautes Études Commerciales (affiliée à l’Université de Montréal et subventionnée par le Secrétariat provincial) Facilite l’accès aux carrières économiques et prépare au succès par la compétence COURS DU JOUR a) Section comptable conduisant à la licence en sciences commerciales, à la licence en sciences comptables, qui donne droit à l’admission dans les associations d’experts-comptables (C.A., L.I.C., C.P.A.) ; b) Section des affaires préparant à la vie des affaires en général et donnant droit à la licence en sciences commerciales.Ouverture des cours: le deuxieme lundi de septembre COURS DU SOIR a) Cours régulier, menant à un diplôme commercial; b) Section comptable, préparant aux examens d'admission dans les associations d’experts-comptables; c) Cours scientifique, couronné par un certificat d’études.Ouverture des cours: le premier lundi d’octobre BOURSES DU GOUVERNEMENT COURS SPÉCIAUX POUR.LES AUX COURS DU JOUR A\ RINGgjI.EURS ET BIBLIOTHÈQUE ÉCONOMIQUE — MUSÉE COMMERCIAL ET INDUSTRIEL ouverts au public L’École publie aussi un périodique L’ACTUALITÉ ÉCONOMIQUE revue mensuelle de 100 pages étudiant les problèmes économiques sous l’angle canadien Demandez notre prospectus gratuit au Directeur 535, Avenue Viger.Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XI mr Outils de précision "STARRETT" Outils à bois "STANLEY" "MILLERS FALLS" ASSORTIMENT COMPLET 1406, RUE ST-DENIS 6793, RUE ST-HUBERT Tél.FAIkirk 2848 Fondé* «n 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d'appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré.Bureau et Atelier: 984 Rachel Eat «TJ25* C-claiiage fluorescent GENERAL @ ELECTRIC L’éclairage fluorescent General Electric est d'un nouveau genre, très efficace et son usage se répand de plus en plus.Son service de guerre terminé il se met maintenant à la disposition de votre magasin, de votre bureau ou de votre usine et très prochainement vous pourrez vous le procurer pour votre domicile.Un pas de géant dans l’histoire de l'illumination, l’éclairage fluorescent donne une meilleure et plus abondante clarté.Voici quelques faits que vous devriez connaître à son sujet: Qu’estce que Y éclairais fluorescent?C'est un éclairage qui utilise un procédé nouveau, celui de rendre lumineuse au moyen de rayons ultra-violets, une matière fluorescente enduite à l’intérieur d'un tube de verre.Quelle apparence ont les lampes fluorescentes?Elles sont tubulaires—-droites ou circulaires — de longueurs, de diamètres et de couleurs variés.En quoi l’éclairage fluorescent diffère-t-il des autres?Il donne une clarté fraîche, sans éblouissement, sans ombre.Il facilite le travail visuel, diminue la tension et la fatigue nerveuses.Que coûte-t-il?L’éclairage fluorescent est économique.Bien que le coût initial en soit un peu plus élevé, il donne deux ou trois fois plus de lumière de meilleure qualité que l’éclairage incandescent, pour le même wattage.Qui peut l’installer?Votre marchand General Electric et votre entrepreneur électricien pourront fournir et installer tout ce qu’il vous faudra en fait d’éclairage fluorescent.Consultez-les dès aujourd'hui pour de plus amples informations.CANADIAN GENERAL ELECTRIC LIMITED SIEGE SOCIAL — TORONTO REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XIII CHIMIE * PHYSIQUE * BACTERIOLOGIE Verrerie Pyrex.Outillage Précision.Étuves Freas et Thelco.Balances de précision Creusets et coupelles Battersea et D.F.C.Concasseurs, pulvérisateurs, fours Braun pour Laboratoires de Mines.Canadian Laboratory Supplies Ltd.296, RUE SAINT-PAUL OUEST, MONTRÉAL WALLACE & TIERNAN LTD FABRICANTS D’APPAREILS DE CHLORATION ET D’ALIMENTATION CHIMIQUE HALIFAX MONTRÉAL • TORONTO • WINNIPEG VANCOUVER PURIFICATION DES APPROVISIONNEMENTS D'EAU ASSAINISSEMENT DES EAUX D’ECOUT DESINFECTION DES PISCINES Gérant à Montréal : JACQUES BENOIT.I.C.Les lampes Solex — de fabrication canadienne et de qualité éprouvée — sont traditionnellement sûres et de fonctionnement nettement économique.Elles sont faites essentiellement pour donner un bon service et plus d'heures de lumière par dollar.THE SOLEX COMPANY, LIMITED Montréal - Toronto - Winnipeg Vancouver XIV revue trimestrielle canadienne 1« SERVICE «RR» DOMINION LIFE?Tout simplement ceci: vous avez besoin d’un renseignement, vous voulez effectuer une transaction, vous cherchez l’homme de la situation, bref, vousétesaux prises avec un problème difficile, alors adressez-vous au SERVICE ‘RR’ Dominion Life, soit directement soit par l’entremise de notre agent.Exemple * • X .voulait avoir sa maison, mais il se butait à toutes sortes de difficultés.Eh bien, le SERVICE ‘RR’ Dominion Life a trouvé quelqu’un parmi nos assurés qui s’est intéressé à l’affaire.X .a promptement obtenu l’argent et les matériaux nécessaires.Le SERVICE 'RR' Dominion Life est unique.Gratuit à nos assurés.Profitez de ses avantages.Renseignez-vous auprès de l’un de nos agents, ou communiquez avec notre bureau, à l’adresse suivante: PAUL «AIT Fondée en 1889 1405, ni* Peel, MONTRÉAL MU DAOUCT A.A PINARD P R ÊTS Les demandes de prêts de tous ceux qui peuvent assurer le remboursement dans un délai raisonnable reçoivent toujours à nos succursales ce bon accueil qui est une tradition dans cette banque.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Siège social : 221 ouest, rue St-|acque*.— Montréal • 320 succursales et bureaux • XVI REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Ministère du secrétariat de la Province • Les fonctions du Secrétariat de la Province de Québec sont tout a fait d’ordre social.L’oeuvre qu’il accomplit est d’une importance capitale pour le développement de la Province.• Les compagnies de la Province, qui désirent bénéficier de la Loi des compagnies de Québec, doivent s'adresser au Secrétariat de la Province, afin d’obtenir leur charte d’incorporation; c’est ce minis* tere, également, qui émet les licences et permis autorisant les compagnies étrangères A exploiter quelque commerce ou industrie et à vendre ou autrement aliéner leur capital et leurs actions en cette Province.Les unes et les autres sont tenues de fournir au Secrétariat un rapport annuel de leur activité.9 Depuis quelques années, la population tout entière a compris 1 importance de 1 Instruction publique.Le Secrétariat de la Province n * n^*Egé pour répandre l’enseignement primaire et supérieur, afin d outiller notre jeunesse, dans la préparation de son avenir.Outre les allocations octroyées aux universités et aux collèges classiques, il assure, avec le Département de l’Instruction publique, le maintien de l’enseignement primaire, dans les villes, et surtout dans nos campagnes.• Il a la haute direction des principales écoles d’enseignement supérieur: l’Ecole Polytechnique, rEcole des Hautes Etudes Commerciales, les Ecoles des Beaux-Arts, les Ecoles Techniques, les Ecoles d’Arts et Métiers, directement subventionnées par lui, et qui visent a la formation d’une élite dans le monde de la finance, du commerce et de l’industrie.• Chaque année, des cours du soir sont donnés, qui permettent aux jeunes travailleurs sérieux de continuer leurs études et d’acquérir des connaissances nouvelles, souvent indispensables dans l’exercice de leurs devoirs journaliers.#' Le Secrétariat de la Province s’intéresse aussi au progrès des sciences, des lettres et des arts.Chaque année, des bourses d’études sont accordées A nombre de nos jeunes gens, pour permettre A ceux-ci de compléter leur formation A l’étranger.DéjA, plusieurs des nôtres ont fait honneur A la Province, dans les domaines scientifique, artistique ou littéraire.• Ce ministère a attaché une importance toute spéciale, cette année, au développement de l’art musical, dans cette province.Une enquête préliminaire a été conduite, sous son autorité, en vue de rendre possible la réorganisation de cet enseignement chez nous.De plus, une vive impulsion a été donnée récemment A l’enseignement du solfège, dans les écoles.• La vie d’un peuple dépend de son éducation nationale, et le Secrétariat de la Province de Québec ne veut rien épargner pour préparer la jeunesse au rôle prépondérant qu’elle devra jouer dans lavenir.‘ • Et voilà le résumé succinct des principales activités du Secrétariat.qui occupe sa place bien à lui dans le Gouvernement, et dont 1 importance primordiale ne peut être mise en doute.L'HONORABLE OMER CÔTÉ, JEAN BRUCHESI, Ministre.Sous-Ministre. ?UPUIS LA VIE DE PASTEU par René VALLERY-RADOT Livre impérissable traduit dans toutes les langues.Universel comme la gloire de Pasteur.L’oeuvre de Pasteur est admirable, elle montre son génie, mais il faut avoir vécu dans son intimité pour connaître toute la bonté de son coeur.Dr ROUX LE VOLUME 3.OO EN VENTE A LA GALERIE DES LIVRES DUPUIS — mezzanine (St-André) RAYMOND DUPUIS, président A.-J.DUCAL, T.p.et gér.gén.Imprimerie Populaire, Limitée — 430 est, rue Notre-Dame, Montréal bLYTf ôfsTo^ùs
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