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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Automne
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1946, Collections de BAnQ.

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Mention incorrecte : Numéro 32ème année No 126 MONTRÉAL Automne 1946 MB* Art de l'Ingénieur — Mathématiques — Sciences — Architecture Industrie — Économie politique et sociale — Finances Histoire — Statistique — Hygiène — Législation SOMMAIRE L’économie de la France : nécessité d’exporter.Henry MHUN.243 Les règles de l’annexion et la politique russe.Thomas GREENWOOD.249 Le problème des passages à niveau sur le réseau des chemins de fer belges.c.F.B.lemaire.262 Edgar Quimet, historien.Roger picard.272 Masse et peuple en démocratie moderne.Louis-B.Raymond.277 Theoritical analysis of combustion gases-Boieslaw szczeniowski.294 Note sur l’état comparatif des destructions de guerre du réseau des chemins de fer belges c.F.b.lemaire.328 Vie de l’Association.335 Vie de l’École.344 Revue des livres.348 ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Publiée par les soins de l’École Polytechnique de Montréal, et avec le concours de l’Association des Diplômés de Polytechnique COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, C.M.G., P.D., P.S.S., recteur de l’Université de Montréal.# Secrétaire: Ignace Brouillet, ingénieur, Directeur de l’École Polytechnique.Membres: Victor Doré, surintendant de l’Instruction publique de la province de Québec.Augustin Frigon, ingénieur, président de la Corporation de l’École Polytechnique._ , Henri Gaudefroy, ingénieur, secrétaire de l’Association des Diplômés de Polytechnique.Hon.Léon-Mercier Gouin, avocat, sénateur, professeur à l’Université de Montréal.Théo.-J.Lafrenière, ingénieur, professeur à Polytechnique.Édouard Montpetit, avocat, Secrétaire général de l’Université de Montréal., , Antonio Perrault, avocat, professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, ingénieur, président de Surveyer & Cie.Ivan-E.Vallée, ingénieur, sous-ministre des Travaux publics de la Province de Québec.Camille-R.Godin, ingénieur, professeur à Polytechnique.COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chej: Édouard Montpetit, Secrétaire général de l’Université de Montréal.Secrétaire de la Rédaction: Camille-R.Godin, professeur à Polytechnique.Membres: Mgr Olivier Maurault, Hon.Léon-Mercier Gouin, Dr Ing’r Arthur Surveyer, Ing’r Arthur Duperron, Ing’r Maurice Gérin, et messieurs Louis Bourgoin, Henri Gaudefroy, Théo.-J.Lafrenière, Paul-Louis Pouliot, et Ludger Venne, professeurs à Polytechnique.Les auteurs des articles publiés dans la Revue Trimestrielle Canadienne conservent l'entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.La Revue publie des articles en français et en anglais._ Les manuscrits doivent parvenir à la Rédaction au moins un mois avant la date de publication.Ils ne sont pas retournés.La reproduction des gravures et du texte des articles parus dans la Revue est permise à la condition d’en indiquer la source et de faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication les reproduisant._., .Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra & la Rédaction.La Revue parait en mare, juin, septembre et décembre.Le prix de l’abonnement est $3.00 par année pour le Canada et les Etats-Unis, $4.00 pour les autres pays.„ , .Toute communication pour abonnements, publicité, collaboration, etc., doit être adressée au siège de la Rédaction et administration: ÉCOLE POLYTECHNIQUE 1430, rue Saint-Denis, Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I Employez ClthhtAfl£ • La consolidation de surface des routes de gravier • La stabilisation des bases des revêtements • Abattre la poussière • Contrôler la glace O Accélération de la prise du béton • Contrôler la poussière du charbon 9 Le remplissage des pneumatiques de tracteurs • Solution réfrigérante • Antigel dans les solutions pour barils de prévention d'incendies Le service technique de Brunner, Mond Canada Sales, Limited a à sa disposition un personnel d’ingénieurs qui peuvent être consultés sans obligation.Si des problèmes particuliers se présentent par rapport avec n’importe lequel des différents usages du chlo- rure de calcium, et que notre littérature ne couvre pas le sujet dans tous ses détails, nos ingénieurs se feront un plaisir de coopérer avec vous.Vous êtes donc cordialement invités à nous soumettre vos problèmes.• BRUNNER, MOND CANADA SALES, LIMITED MONTREAL II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE CHIMIE • PHYSIQUE • BACTÉRIOLOGIE Verrerie Pyrex.Outillage Précision.Étuves Freas et Thelco.Balances de précision Creusets et coupelles Battersea et D.F.C.Concasseurs, pulvérisateurs, fours Braun pour Laboratoires de Mines.Canadian Laboratory Supplies Ltd.296, RUE SAINT-PAUL OUEST, MONTRÉAL Les lampes Solex — de fabrication canadienne et de qualité éprouvée — sont traditionnellement sûres et de fonctionnement nettement économique.Elles sont faites essentiellement pour donner un bon service et plus d'heures de lumière par dollar.THE SOLEX COMPANY.LIMITED Montréal Toronto Winnipeg Vancouver WALLACE & TIERNAN LTD FABRICANTS D’APPAREILS DE CHLORATION ET D’ALIMENTATION CHIMIQUE HALIFAX MONTRÉAL • TORONTO • WINNIPEG VANCOUVER PURIFICATION DES APPROVISIONNEMENTS D’EAU ASSAINISSEMENT DES EAUX D’ECOUT DESINFECTION DES PISCINES Gérant à Montréal : JACQUES BENOIT.I.C. revue trimestrielle canadienne III U K x Un journal honnête k________ ^ et bien fa it.£ LE DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit {Achetez et liiez LE DEVOIR tous le* Jour* Jl e*t intéreiâant, bien informé, impartial, propre.ADM ISTRATION ET RÉDACTION; 430 est, rue NOTRE-DAME MONTRÉAL IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L'Ecole des Hautes Etudes Commerciales (affiliée A l’Université Je Montréal et subventionnée par le Secrétariat provincial) Facilite l’accès aux carrières économiques et prépare au succès par la compétence COURS DU JOUR a) Section comptable conduisant à la licence en sciences commerciales, à la licence en sciences comptables, qui donne droit à l’admission dans les associations d’experts-comptables (C.A., L.I.G., C.P.A.); b) Section des affaires préparant à la vie des affaires en général et donnant droit à la licence en sciences commerciales.Ouverture des cours: le deuxième lundi de septembre COURS DU SOIR a) Cours régulier, menant à un diplôme commercial; b) Section comptable, préparant aux examens d’admission dans les associations d’experts-comptables; c) Cours scientifique, couronné par un certificat d’études.Ouverture des cours: le premier lundi d’octobre BOURSES DU GOUVERNEMENT COURS SPÉCIAUX POUR LES AUX COURS DU JOUR AVOCATS, LES INGÉNIEURS ET LES AGRONOMES BIBLIOTHÈQUE ÉCONOMIQUE — MUSÉE COMMERCIAL ET INDUSTRIEL ouverts au public L’École publie aussi un périodique L’ACTUALITÉ ÉCONOMIQUE revue mensuelle de 100 pages étudiant les problèmes économiques sous l’angle canadien Demandez notre prospectus gratuit au Directeur 535, Avenue Viger.Montréal RB VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE V L* UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL COMPREND LES FACULTES ET ÉCOLES SUIVANTES — FACULTÉS — Théologie — Droit — Médecine — Philosophie — Lettres — Sciences — Chirurgie dentaire — Pharmacie — Sciences sociales, économiques et politiques — ÉCOLES AFFILIÉES — Polytechnique — Institut agricole d'Oka — Ecole de Médecine vétérinaire — Ecole des Hautes Etudes commerciales — Ecole d'Optométrie — Institut Marguerite d'Youville — Ecole normale secondaire Pour tout renseignement, s'adresser au SECRÉTARIAT GÉNÉRAL 2900, boulevard du Mont-Royal Montréal ."ET QUI PAR DES PIEDS TOUCHE À L'EMPIRE DES MORTS» (L.^.throMau) H */.a fcn/ncu Pour le "Diable Rouge de la Forêt” la fable de La Fontaine est le chef d’oeuvre de la littérature.Le Diable Rouge de la Forêt” est ce génie malfaisant qui suggère l'imprudence et la négligence dont résulte ce sabotage inutile—les feux de forêt.Pour l’ainour du Canada, pour vous-même, n’oubliez jamais ces vers de La Fontaine—"Et qui par scs pieds touche à l’empire des morts”.Constituez-vous le gardien de la forêt et des créatures qui y habitent.ETEINDRE votre feu de camp, e'eit le premier , po« pour ELIMINER les feux de forlts.eSh water a POWER co.H SIIVIIICII CHEMICALS UB,TII\^2^ OIEICC lililltl «I labtitfiiirti Ceci ni fa dixième uis (1305-1309), para.137 ed.X.de Wailly. LES RÈGLES DE l'ANNEXION ET LA POLITIQUE RUSSE 251 vérité qui explique ce désir fondamental des nations saines7 de renoncer à la guerre comme un instrument de politique nationale ou comme un moyen normal de solution de conflits internationaux.D’ailleurs, ce ne sont pas des ajustements territoriaux qui élimineraient les misères inévitables de la guerre.Kn se faisant l'écho des principes profonds du Pacte de la Société des Nations, la Charte de l’Atlantique précise solennellement le désir des signataires de ne point chercher d’agrandissement pour leurs pays respectifs (Art.1 ) et de ne point accepter de changements territoriaux en désaccord avec les sentiments librement exprimés des peuples intéressés (Art.II).C’est dans la perspective de ces principes que la plupart des chefs des Nations Unies avaient affirmé leurs espoirs sur l’avenir pacifique de leurs pays.Ainsi, dès le 9 novembre 11)40, AI.Churchill proclamait que la Grande-Bretagne avait tiré l’épée pour l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Norvège, la Hollande, la Belgique, la Grèce et la France; et qu’elle n’aurait pas de repos avant de leur rendre toute leur liberté.De leur côté, les États-Unis faisaient des déclarations analogues, comme lorsque le président Roosevelt disait le 1 septembre 1941 que son pays ne convoitait pas même un pouce carré du territoire d’une autre nation.Les déclarations des pays dont les territoires étaient alors occupés par l’ennemi, étaient toutes dans le sens de la libération exclusive de leur sol national.Ainsi le 24 juin 1942, le général de Gaulle demandait seulement la restauration de la France comme grande puissance.Le président Raezkiewicz de la Pologne (1 mars 1941), le président Benes de Tchécoslovaquie (12 mai 1942), le roi Pierre de Yougoslavie (1S décembre 1941), et les chefs politiques de Belgique, de Hollande, de Norvège et des autres pays alliés, ne posaient à cette époque aucune aspiration territoriale en dehors de leur sol national.Même la Russie n’osait pas annoncer des visées d’annexion pendant ces mois angoissants où elle sc battait pour sa survivance adossée à la Volga devant la pression gigantesque des armées allemandes.7.Parte liriand-Kellog, signé le 27 août 192.S à Paris; ainsi que l’art.I île la Charte de l’Atlantique. 252 BEVUE TIU.MESTKIKI.LK CANADIENNE Mais si toutes ces proclamations sont opposées à (les visées annexionnistes dans le sens d’une extension injustifiable des territoires nationaux, par contre, elles ne s’opposent pas a des ajustements proposés par des traités ou des accords, ht il va sans dire que ces modifications se rapportent aussi bien à des pays adversaires qu’à îles pays amis: dans leur réalisation, elles ne de\ raient présenter qu’une différence de degré entre les uns et les autres.Il est normal, par exemple, qu’un pays vainqueur dans une guerre puisse exiger avec plus de force des compensations territoriales a son adversaire, si cette réclamation est par ailleurs justifiable en elle-même.Dans la pratique des deux cas, cependant, on ne saurait guère éviter complètement des abus: le politique prudent essayera donc de diminuer ou d'atténuer ceux-ci pour préparer un plus grand bien.% Kn vertu de ces considérations, on pouvait s’attendre à ce que la face de certaines régions de notre planète subisse des modifications territoriales.Hâtons-nous de dire cependant, que la melce d’autorités, d’administrations, et de souverainetés que provoque le va-et-vient d'armées opposées sur la face du globe, est évidemment incompatible avec l’ordre qu’exige la paix: ce n est pas dans cette confusion qu’il faudrait chercher les principes directeurs des solutions désirables.D’autre part il faudra bien que ces mouvements et ces changements soient provisoires et que leurs conséquences finissent par s’harmoniser avec le bien des peuples.Pour cela, il serait nécessaire que les grandes puissances s’entendent sur une politique commune à cet égard.* * * Devant les conflits positifs provoqués par de lausses interpretations au besoin d’ajustements territoriaux, il convient donc de préciser les principes justificatifs qui doivent guider toute opération de ce genre1, quel que soit le pays qui aura à faire des sacrifices.Il n’est pas besoin de rappeler encore que des changements de frontières doivent être faits par des traités réguliers et avec l’adhésion de tous les intéressés en tenant compte de leur situation juridique.Nous insisterons surtout sur les sept motifs principaux pouvant justifier de telles opérations, en allant du plus faible au plus fort: ce sont ceux de punition, de compensation, de stratégie, d'histoire, de race, d’économie et de bien commun.Bien que ce LES RÈGLES DE L’ANNEXION’ ET LA POLITIQUE RUSSE 253 dernier motif soutcndo tous les mitres, nous tenons ;i le mentionnci pour lui-même.Une modification territoriale motivée par la punition ne saurait être imposée qu’à une nation vaincue dans la guerre.Idle serait injuste, si elle vise à la permanence et si elle n a pas d autre justification plus fondamentale.On peut l'accepter comme provisoire, si elle favorise la sécurité générale d'une région et si elle fait réfléchir le peuple qu’elle affecte sur les conséquences de ses actes de guerre, dans l'hypothèse où les torts seraient surtout de son côté.Le motif de compensation peut être justifié pour la nation qui en profite, par le redressement de torts autrement inajustables, et pourvu qu'il puisse également s’appuyer sur d’autres hases sérieuses.Le motif stratégique ne saurait se justifier dans le cadre d’un système de sécurité collective: en attendant qu'un tel système puisse être établi, il pourrait être toléré, pourvu qu'il soit provisoire et que la puissance qui en profit!' procure à l’autre quelques compensations mineures dans d’autres domaines.Le motif historique ne saurait avoir de valeur que si l’état actuel du problème peut l’appuyer et le renforcer.C est donc un motif supplémentaire plutôt qu’une considération de base.Bien plus fondamental est le motif radical ou national: mais ici encore, une telle raison n’est plus suffisante à elle seule pour déterminer une solution.Même dans le cas d’un territoire racialement homogène.il n’est pas nécessaire qu’il soit rattaché à un Etat mené par la même race, si cette action n’est pas approuvée par sa population ou si elle va contre le bien commun.Et dans le cas de territoires ra-cialemcnt hétérogènes, les décisions à prendre à leur égard, ne sauraient se prévaloir de considérations de race.Or, on sait que ce sont des territoires de ce genre qui provoquent d’habitude des conflits entre nations voisines.L’entremelement de nationalités de la Baltique à la Méditerranée, entre le Bug et l’Oder, est telle qu a moins de briser en une foule de petits Etats les cent millions d’habitants qui occupent cette vaste région, on ne saurait baser sur des considérations raciales l’établissement d Etats viables et justes.Dans cette partie du monde, on ne saurait donc éviter la coexistence de plusieurs nationalités dans un même pays et sous un meme gouvernement.Il nous semble donc que des considérations économiques s'allient étroitement aux circonstances géographiques qui les supportent, fournissant les éléments les plus forts pour justifier le 254 REVUE TRIM EST KI ELL K CANADIENNE maintien ou la modification de certaines situations territoriales.Si la définition d'un fitat exige normalement la réalité d’un territoire qui lui serve d’assiette, c’est que les traits physiques de ce territoire conditionnent sa viabilité matérielle, en permettant à la population d’en exploiter les richesses pour la consommation intérieure et pour les échanges avec l'extérieur.I.a terre est un élément impératif et indispensable à la vie: mais elle ne sent pas et ne pense pas.Aux hommes qui habitent un territoire déterminé d’organiser leur pensée et de guider leurs sentiments de manière à profiter justement et fraternellement des munificences de la création.Kn d'autre termes, on peut faire une raison à des hommes de nationalités et de races différentes vivant sur un territoire qu'ils peuvent modifier à leur guise: mais on ne peut pas demander à la terre de distribuer ses richesses et de les partager géographiquement de manière à satisfaire les désirs de peuples soucieux de vivre tout seuls chez eux.C'est pourquoi nous accepterions l’ajustement de frontières sur une base qui donne une primauté à l'économique, sans que cette primauté heurte foncièrement et exclusivement d’autres considérations opérantes.C’est ce qui revient à dire que les dispositions territoriales qu'on devra prendre au règlement de la paix, doivent viser à favoriser et à maintenir le bien commun, dans le cadre bien précis des nécessités de tout ordre imposées par les problèmes et par le climat général de l’époque.On pourrait ainsi penser raisonnablement à des dispositions idéalement plus justes: mais dans le monde imparfait où nous vivons, ce sont des bien inférieurs que le politique prudent est forcé de réaliser.Il est impossible, en effet, de tirer une composante unique et universellement acceptable des données géographiques, des passions humaines, des intérêts de groupe et de- aspirations légitimes des peuples.* * * Si cette entente ne s’est malheureusement pas encore réalisée, c’est parce que les conceptions territoriales de la Russie séparent complètement le sens obvie des déclarations gouvernementales, des actions ordonnées par le Kremlin.Ainsi, les Russes ont bien souscrit à la Charte de l’Atlantique et à la Charte Mondiale; et l’on peut même ajouter qu’en le faisant, ils étaient motivés par un sincère désir de paix.Mais au lieu de prendre les termes de ces docu- LES REGLES DF.L ANNEXION ET I,A POLITIQUE RUSSE 255 monts oommc dos retries d’action immédiate, ils les mettent en réserve pour le jour où ils auraient atteint un nombre d'objectifs incompatibles avec l’esprit de ces chartes.Ainsi, sans même attendre les préliminaires de la paix et sans demander l’opinion de personne, ils ont pris i'i eux seuls «le nombreuses dispositions territoriales en leur faveur.En effet, ils ont annexé la Bessarabie et la Bukovine, ainsi «pie les Etats Baltes et toute la Pologne Orientale; ils ont façonné la Pologne nouvelle en taillant à loisir dans les territoires allemands, et tout en la maintenant effectivement sous leur coupe; ils ont imposé et maintenu par les armes leur influence dans les Balkans et en Europe Orientale; et enfin, ils font une pression militaire dans les Etats limitrophes de leur immense empire asiatique, au risque de compromettre l’union des alliés.Nous ne saurions justifier le pragmatisme polit mue que manifestent tous ces actes et «qui affaiblit les principes du droit des gens et l’obligation des traités au détriment du bien commun.Nous pouvons du moins l’expli«iuer, en analysant quelques-unes de ses applications prises au hasard.On sait qu’à plusieurs reprises le maréchal Staline et d’autres chefs soviétiques s’étaient prononcés en faveur de la libération des pays occupés par les Nazis.Ainsi, dans le discours prononcé à Moscou le 23 février 1942, le maréchal Staline disait: «Le jour n’est pas loin quand les coups puissants de l’armée rouge vont délivrer Léningrad, nettoyer les Allemands des villes et des villages de la Russie Blanche, de l’Ukraine, de la Lithuanie, de la Lettonie, de l’Esthonie et de la Carélie, reprendre la Crimée soviétique, et quand la bannière rouge va flotter victorieusement sur tout le territoire soviétique».Mais la délivrance de l’ennemi pour ces pays n«> signifie pas le retour au statu quo d’avant-guerre, ou même l’indépendance complète.Dans la plupart des cas, les Russes avaient fait miroiter à leurs voisins la fascination de la libération, pour les tenter à lier leur sort au leur, comme on l’a bien vu par la suite.De même, aucune des nombreuses déclarations russes au sujet de la Pologne qu’on voulait délivrer du joug allemand, n’avait spécifié que la Pologne rentrerait en souveraine dans ses territoires.Au contraire, nous savons maintenant que les Soviets étaient décidés depuis toujours à retenir la partie orientale de l’ancienne Pologne, n garnison.Malgré tous les efforts de Moscou pour donner à ses déclarations 256 HE VUE TIUMKSTIUEI.LE CANADIENNE et à ses attitudes au sujet de la Pologne un certain souci de justice, celles-ci restent malheureusement dans cette pénombre où la dose du mal est plus grande que celle du bien.Kt ce qui aggrave l'injustice dans ce cas, c'est qu’elle se fait au détriment d’un vaillant allié qui a sacrifié bien plus que tout autre nation pour la défense de la cause commune.Il faut espérer que la Russie n’appliquera pas ces pratiques expansionnistes brutales dans les autres pays (pie ses armées occupent encore, comme la Finlande, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, l’Autriche, la Perse, la Mongolie et la Mandchourie.On ne saurait dire d'ailleurs que l'attitude du Kremlin envers tous ces pays soit une attitude de conquête, même s'il peut avoir des revendications territoriales ou politiques envers eux.Ainsi, le 2 avril 1944 le gouvernement soviétique déclarait officiellement que l’entrée des troupes russes en Roumanie n’était pas un geste de conquête ou d'imposition d’une volonté ou d’un régime politique étrangers aux Roumains; mais bien un acte provisoire visant à briser la résistance de l’adversaire.Si pour des motifs historieo-stratégiques la Russie avait annexé la Bessarabie et la Bukovine, on devait croire qu’elle ne comptait pas influencer sa voisine, et que ses armées quitteraient son territoire dès que les événements militaires le permettraient.Bien que Moscou n'ait pas tenu toutes ces promesses, il n est pas question d'englober la Roumanie dans la grande union des républiques soviétiques.On sait que les intentions russes sont plus obscures au sujet des territoires asiatiques qu'elle occupe encore en ce moment.Non seulement elle n'a pas retiré ses armées de la Perse le 2 mars 1946 comme elle Pavait promis; mais encore elle avait continué sa pression sur ce pays en menaçant de marcher sur Téhéran et les frontières de la Turquie et de l'Irak.D’autre part, malgré le traité sino-russe d'août 1945, les divisions russes se trouvent encore en Mandchourie et ne font rien pour décourager les troupes communistes qui font obstacle à l'armée nationale chinoise.La mauvaise volonté du Kremlin dans ces régions fait peser plus lourdement sur le monde entier un malaise profond qui gêne l'organisation de la paix.* * * Kn regardant les choses de plus près, il est facile de remarquer que du côté de l'Kst, on a d’abord le cas de la Pologne.Il s’agirait LES RÈGLES DE I.’ANNEXION ET LA POLITIQUE RUSSE -J.\>( non seulement de compenser les torts causés à ce pays, par l’invasion allemande, mais encore de prévoir les ajustements que le gouvernement polonais pourrait exiger à l'ouest pour les modifications de ses frontières orientales.Kn effet, le gouvernement soviétique a déjà réalisé à sa façon les exigences qu'il exprimait en janvier 1044 au sujet de l'incorporation de certains territoires que le traité de Riga (1021) avait cédés à la Pologne: il a poussé ainsi ses frontières à peu près jusqu’à la ligne Curzon, englobant la région de Lwou et celle de Wilno dans la grande Russie.Mais en même temps, Moscou avait laissé entendre qu'il soutiendrait des réclamations polonaises contre l’Allemagne: ainsi, les Russes avaient hissé le drapeau polonais à Danzig, quand ils occupèrent cette ville; et dès la fin de leur campagne, ils désignent un gouvernement militaire ' Mis pour la région silésienne.Des cartes publiées à cette époque par les autorités polo naises présentaient déjà leurs revendications sur une partie de la Prusse Orientale et de la Silésie et sur des territoires à l’intérieur d’une ligne qui part irait de Stettin, passant par Francfort-sur-l’Oder et Breslau pour aboutir à la frontière tchécoslovaques.Pour stabiliser ces annexions on réaliserait l’exode en masse des populations irrédentes allemandes vers le Reich.Nous nous souviendrons toujours de cette conversation que nous eûmes il y a plus de vingt ans avec M.Thadée Romer, (pii fut ministre des Affaires Étrangères de la Pologne, pendant cette guerre et (pii commençait alors sa carrière officielle à Varsovie.Fn nous mettant devant une grande carte de la Pologne et en montrant du doigt la Prusse Orientale il nous dit solennellement: «D’ici 25 ans, ou bien la Pologne devra prendre toute cette région ou bien nous n’existerons plus comme puissance importante ».Il est vrai (pie plusieurs répugnent à envisager des solutions aussi radicales.S'ils admettent tout au plus quelques rectifications de frontière en faveur des provinces occidentales de la Pologne, ils n’osent pas aller plus loin que la consolidation d’un corridor polonais vers la Mer Baltique, ou même la concession permanente d’une zone franche dans un ou plusieurs ports allemands.Un contrôle international de ces ports et leur demilitarisation per- S.Cf.The 1‘ulish-Gerinan /'’routier, (Su.II Polish Facts and Figures) Nov.5, 1944.12 UEVl'K TIUMHSTrUKI.LK CAXADIKN'N'E 25S manente, suffiraient pour donner à la Pologne bien plus que les avantages économiques qu’elle avait avec le régime précédent.Sans avoir a discuter les implications historiques ou militaires de tous ces [joints de vue, nous nous bornerons à dire que les compensations que la Pologne exigerait au détriment de l'Allemagne pourraient lui être difficilement refusées.Car il serait injuste que la Pologne qui a tout donné [jour la cause alliée, s rte de cette guerre moins forte et moins viable qu'elle ne l’était au début.Les injustice's que cette situation provoquerait au détriment des Allemands, seraient moindres que celles (pii condamneraient la Pologne à une mort lente.Ajoutons, cependant, que si de tels ajustements se réalisent et sont confirmés à la paix finale, il faudrait que le principe ries nationalités soit solennellement respecté dans ];- const jtu.ion et l'administration du futur fitat polonais pour enlever des causas de friction possibles avec ses voisins, et pour rendre moins douloureuses à l'Allemagne les amputations qu'elle devra subir.Tout aussi douloureuse pour le Reich doit être la porte du territoire de Memel et d'une partie de la Prusse Orientale, y compris la ville de Konigsberg la capitale, au profit de la Russie.Notre alliée de l’est a clairement indiqué son intention d'annexer ces régions; comme aussi les trois iitats Baltes de la Lithuanie, de la Lettonie et de l'Ksthonie.On se souvient que la libération de ces trois pays était accompagnée de plébiscites organisés par Moscou, lesquels eurent pour résultat d’incorporer ces pays comme autonomes dans l'Union Soviétique.De ce côté, nous serions ramenés à la situation territoriale précédant la première guerre mondiale.Plus grave apparaît cependant, le changement des frontières russo-polonaises, non seulement en raison de la matière même de ces changements, mais surtout de leur forme et des circonstances politiques de ces deux puissances qui comptent parmi les Nations Unies.On sait que l’accord Molotov-Ribbentrop du 28 septembre 1939 avait consacré le quatrième partage de la Pologne, qui laissait à la Russie un territoire de 77,600 milles carrés avec 13,200,000 habitants, suivant une ligne qui longe le Bug dans sa partie centrale, et qui englobait au nord les provinces de W'ilno et de Bialystock, et au sud la riche Ukraine polonaise avec Lwow sa capitale.Avec l'entrée en guerre de la Russie à nos côtés, on pouvait espérer que ce partage aurait été considéré par cette dernière comme provisoire.Kt d’autant plus que la Russie elle-même su- LES RÈGLES DE I>’ANNEXION ET LA POLITIQUE RUSSE 259 hissait de grands revers au début de sa guerre, et se voyait mémo acculée à la Volga: cette situation de fait éliminait pratiquement et légalement la valeur de l'accord de septembre 1939 entre Moscou et Berlin.11 est vrai qu'entretemps, les Russes avaient organisé dans les territoires polonais sous leur juridiction un «plébiscite» qui leur aurait donné un vote «unanime» presque.Mais l'organisation et la légitimité de ce plébiscite étaient loin de satisfaire les règles du droit des gens9.Ce n’est donc pas l’accord de 1939 ou l’administration de ces provinces polonaises, qui donnent au gouvernement soviétique un droit quelconque à s’annexer ces territoires.La déclaration russe du 11 janvier 1944 à cet effet10 peut donc bien être un fait historique, mais elle ne consacre pas un droit.De plus, les expropriations de Polonais et le transfert de ces malheureux en Sibérie, ne constitue pas pour les Russes un droit ethnographique sur ces provinces de l'Ukraine Occidentale et la Russie Blanche occidentale.Ici encore, nous avons simplement un fait qu’on pourrait utiliser tout au plus comme tel dans une négociation convenu! île.La Russie aurait eu un meilleur cas pragmatique si elle reliait ses revendications à la situation qu’on lui fit après la première guerre mondiale.Après que les traités de paix eurent donné à la Pologne alors une assiette bien déterminée, celle-ci réussit à étendre ses frontières orientales à la suite du coup do Wilno et d’une guerre avec les Soviets.Il est vrai que depuis ceux-ci avaient accepté leur situation par le traité de Riga (1921) avec la Pologne, et par leur acceptation de 1” ’ 'ance des trois fttats Baltes.De plus, la Conférence des Ambassadeurs avait également fini par reconnaître la situation de fait des nouvelles frontières de la Pologne, qui avait réussi sa double guerre contre la Lithuanie d'une part, et la Russie de l’autre.On sait qu’à cette époque, la Russie venait de subir une grave défaite militaire de la part de l’Allemagne et une sanglante révolution intérieure: elle ne put résister victorieusement à la Pologne ou s’opposer militairement à l’indépendance des fttats Baltes.Mais aujourd’hui, la situation est changée: sa puissance militaire lui permet d’exiger le retour des provinces perdues après 0.Cf.Poland, pur F.A.Voigt, Xinetcrnth Century Review.Fév.1944.10.Cf.RolUh-Russian ('outrun t• / (No.2 Polish Facts it Figures) March A3:D KKVnc THIMESTHIELLE CANADIENNE 260 le règlement do la première guerre mondiale, en employant des procédés qui lui permettent d’arriver à cette fin.On peut critiquer les procédés; mais il reste le fait pour eux, et c’est ce fait qui suffira en pratique à déterminer les nouvelles frontières de la Russie en Europe orientale.En comprenant bien les intentions plus ou moins déclarées du Kremlin, celles-ci comprendraient quelques enclaves de la Finlande selon le premier traité russo-finlandais de 1940, les trois États Baltes, une partie de la l’russe orientale y compris Memol et le port de Kônisberg, toute la Pologne orientale avec Wilno et Lwow, en suivant au centre une ligne approximativement semblable à la Ligne Curzon, enfin la Russie Subcarpathique, la Bukovine et la Bessarabie.Ainsi en Europe orientale, la Russie Soviétique aurait reconstitué le territoire de la Russie Impériale, avec quelques légères additions en Prusse orientale, en Ukraine, en Rutliénie et en Bukovine.Reste à savoir si le Kremlin pourra garder tous ces territoires intégralement à la Conférence finale de la paix et à la face du monde.Notons ici que ce n’est pas uniquement le fait de ces conquêtes qui est répréhensible, surtout si on le voit en face des besoins de chaque nation intéressée, mais plutôt la méthode de procéder, t )n peut bien reconnaître a la Russie un droit à chercher des frontières qui conviennent à sa politique de sécurité.Mais ce droit ne justifie pas tous les moyens possibles qu’elle pourrait ’ 1 pour le faire valoir, surtout quand ces moyens heurtent non seulement le bien materiel fondamental de ses voisins, mais encore les principes de procédure convenus en justice pour de pareils ajustements.En insistant sur 1 accord des intéressés potir légitimer des changements territoriaux, la Charte de l'Atlantique veut rappeler les droits d’égalité de toutes les nations devant la loi naturelle, et du respect à la parole donnée.Par implication, elle rejette le principe de la primauté de la force sur le droit, et vise à la protection des petites nations ou des peuples plus faibles que d’autres.En passant mitre aux injonctions de l’esprit de la Charte de l'Atlantique, la Russie donne ouvertement l'impression de fonder ses actes politiques sur ces mauvaises règles, ciue les nations éprises de justice veulent remplacer par des procédures convenant à la dignité des hommes et des nations.Et c’est pourquoi, plusieurs se 1046 l.i:s UKGI.ES de i.'annexion et i.a politique russe 261 refusent a donner leur confiance à la Russie soviétique.Celle-ci gagnerait bien plus sur tous les fronts, si elle suivait le minimum des exigences de la justice internationale.Mais en fait nous venons de voir qu’elle trouve plus à son avantage direct de suivre une politique territoriale plus réaliste.Est-ce qu il faut nécessairement opposer celle-ci sur tous les points au risque de provoquer des ruptures dangereuses clans l'entente précaire qui préserve la paix?Nous pensons que dans la grande sagesse politique, le bien commun des nations peut exiger l’adoption d un moindre mal dans les ajustements territoriaux.Plutôt que de provoquer des haines perpétuelles et des conflits sanglants qui frappent plus d innocents que de coupables, la morale chrétienne n hésite pas à recommander et à conseiller une telle ligne d’action.Mais encore faut-il que ses conséquences ne soient pas vraiment intolérables ou complètement et malicieusement injustes.Ce qui convient à la morale individuelle et à la morale sociale peut convenir également à la morale internationale.C’est à la lumière de ees distinctions et sur la base de la justice et de la prudence exigibles entre les nations, qu’on devrait essayer de déterminer les ajustements territoriaux probables qui liquideront le récent conflit et qui ramèneront la paix dans les consciences nationales.Thomas Greenwood Professeur à l’Université de Montréal LE PROBLÈME DES PASSAGES À NIVEAU SUR LE RÉSEAU DES CHEMINS DE FER BELGES* Considerations générales Lorsque l'exploitation du réseau ferré de l'État a été confiée il la Société Nationale des Chemins de fer belges (S.N.C.F.IL), en 1926, la situation au point de vue du régime des passages à niveau était la suivante: 2.09S passages ù niveau étaient gardés sur place; 533 étaient gardés à distance; 3.795 étaient non gardés.Parmi les passages à niveau de cette dernière catégorie, 2.097 intéressaient des chemins carrosables, 619 des sentiers et 1.079 constituaient des passages privés.Fn 1939 dernier exercice normal avant la guerre — la situation était la suivante: 1.711 passages gardés; 419 mmys de barrières manœuvrées à distance; 3.905 ouverts et non surveillés.Parmi ces derniers (voir tableau), il convient de distinguer: 282 munis d'une signalisation automatique au gaz ou à l’électricité; 239 situés sur des lignes à exploitation simplifiée et où des mesures spéciales de sécurité ont été prises; 1.628 situés sur des chemins carrossables; 516 situés sur des sentiers publics et 1.240 privés (voir le tableau ci-après).Quelles sont les mesures prises par la S.N.C.F.B.— dans un certain nombre de cas avec la coopération des administrations publiques — pour améliorer la sécurité des passages à niveau?La S.N.s’est surtout appliquée à améliorer les conditions de visibilité aux abords des passages à niveau, afin de permettre aux usagers de sauvegarder leur sécurité.Ces améliorations de visibilité ont été obtenues soit par abatage d’arbres, acquisition de bande.-de terrain, établissement de clôtures à claire-voie, etc.La S.N.a supprimé, par détournement, plus de 110 passages à niveau avant 1940.Kxtrnit des « Annales des Travaux Publies de Belgique », juin 191”) PASSAGES À MVKAU : 1913 1920 1927 I 92 s 1929 1030 1031 1932 1933 193-1 1935 1930 I 1937 ! 193S 1939 1910 I ) Munis de barrières mamru-vrées sur place 3.277 2.09S 2.001 2.0S2 2071 2.073 2.001 2.033 2.0-10 2.009 2.025 1.950 1.893 1.S0N 1.71 1 1.805 2) munis de barrières mamcu-vrées distance 979 533 532 519 510 520 523 525 -195 •179 -101 •1-15 •J 33 -121 119 •too 3) Ouverts et non surveillés 2.05N 3.795 3.SOS 3 .M3 3.SON 3.SOU 3.S31 3.S21 3.70-1 3.7-13 3.709 3.7S0 3.7S7 3.831 3.905 3.751 3 bis) Total 11.31 I 0.120 0.101 0.1 11 0.395 0.102 0.115 0.3S2 0.299 0.239 0.19S 0.175 0.113 0.003 0.035 0.022 •1) 1’.il n.munis d'une signalisation automatique — — — — — — —¦ 133 210 270 282 203 f>) I*.à n.sur des lignes exploitation simple où des mesures sjxViales ont été prises 139 102 ISO 239 210 t») P.à n.non gardés sur chemins carrossables.2.097 2.039 1.991 1.959 1.90S 1.752 1.090 1 .(Hi 7 1.02S 1.-195 7) P.il n.sur sentiers publies.Cl 9 — 071 00-1 507 •10-1 •1S3 -ION •109 510 551 S) P.à n.privés .— 1.079 — 1.150 1.170 ! .277 1.277 1.273 1.251 1.23S 1.2-10 1.199 to CT- LE PROBLEME DES PASSAGES A NIVEAU REVUE TRIMKSTRIKI.EE CANADIENNE 264 Idle a supprimé, par la construction d’ouvragos d’art, environ 40 passages à niveau très importants et qui constituaient une entrave grave à la circulation routière.Certaines de ces suppressions ont entraîné de grosses dépenses.Exemple: la suppression du passage à niveau de Cornillon — et par voie de conséquence de celui voisin de la rue de \ isé - à Liège a coûté 10 millions en francs de l'époque.Tous les passages à niveau de la ligne électrique de Bruxelles-Nord à Anvers-Central ont été supprimés.Toutes les lignes nouvelles (Bruxelles-Midi à Gand-St-Pierre, Sehaarbeek-Hal, Fexhe-le-Haut Clocher à Kinkempois, les lignes du bassin de la Campine, le détournement aux abords de la nouvelle gare de Bruges, le nouveau tronçon de Snaaskerke à ( )stende-Quai.les voies d'accès d’Anvers vers Anvers-Nord et vers la Hollande) sont construites sans passages à niveau.Il en sera de même lors de l'électrification des lignes dénommées de « La Petite £ toi le », c’est-à-dire: Bruxelles-Charleroi ; Bruxelles-Louvain : Bru.xelles-Braine-le-C'omte; Bruxelles-( )tt ignies ; Bruxelles-Alost.De plus, la reconstruction des grandes gares détruites et la modernisation d’anciennes stations importantes entraîneront vraisemblablement la suppression des passages à niveau qui entravent ta circulation routière en aval et en amont de leurs installations et nuisent à la réalisation de programmes d'urbanisation d'un intérêt général pour le pays.On se trouve donc en présence d'un ancien mais très gros problème à résoudre.Il ne peut pas être question de supprimer systématiquement en peu d’années deux ou trois milliers de passages à niveau; des raisons financières s'y opposent, en dehors de toute autre considération; il s’agit là, en effet, d'une dépense totale de 1 ordre d un à deux milliards de francs suivant l’ampleur que l’on donnerait aux solutions à adopter.Parmi les nombreuses études qui ont été poursuivies avant 11140, tant par les Pouvoirs publics que par la S.N.et qui devraient définitivement aboutir au cours des prochaines années, dans le programme de la restaurât ion du pays, citons celles de la suppression des passages à niveau de: Saint-Ghislain, Houdeng-Gocgnies, Marcinelle, Hauchies, La Bouvière, Grammont, Diest, Eeveren-Waass, Boom, Mortsel, Genappe, Otti-gnies, Braine-l’AIleud, Wetterem, Deynze, Courtrai, Audenarde, Holders, Heyst, Dînant, Hasselt, indépendamment des passages à niveau situés sur les lignes à électrifier si l’on veut y intensifier le I.K PROBLEME DES PASSAGES A NIVEAl 265 trafic et atteindre des vitesses maxima de 120 à 150 km.à l’heure pour les trains de voyageurs.I.A PROTECTION DES PASSAGES A NIVEAU Les récriminations qui se font jour à l'occasion de chaque accident de passage à niveau, semblent faire croire que le public pense que le chemin de fer agit de sa propre initiative en matière de protection des passages à niveau et n'est soumis à aucune obligation.C’est une erreur profonde.La sécurité des passages à niveau est régie par la loi.Un Arrêté royal a été promulgué le 26 mars 1036 pour réglementer, d'une façon précise, les dispositions obligatoires applicables aux traversées à niveau du chemin de fer et de la route.Lotir assurer la sécurité du publie à la traversée des passages à niveau, la S.\.a pris toute une série de mesures de protection nouvelles.Passages a niveau gardés l.n 1034.tous les passages à niveau gardés ont été reliés par téléphone à un poste île block voisin, afin de permettre l’annonce systématique de l’approche des trains aux agents préposés au gardiennage.Ce travail important (1) et coûteux a accru sensiblement la sécurité du public à la traversée du chemin de fer, ainsi qu’en témoigne la réduction — allant jusque 50 p.e.— du nombre des accidents survenus aux passages à niveau gardés, depuis l’application de cette mesure et malgré l'augmentation, toujours croissante, :1e l’intensité du trafic routier.Aux passages à niveau gardés à distance, des signaux acoustiques (cloches) et lumineux (feux), annonçant la fermeture imminente des barrières, sont installés progressivement, en commençant par les plus dangereux.Avant 1940, plus de cent passages à niveau ont été munis de cloches d'annonce de fermeture.En outre, la S.N.poursuit le remplacement systématique des barrières roulantes par des barrières basculantes, qui permettent de réduire la durée des rétentions de la circulation routière et d’améliorer la signalisation de la traverse.L’éclairage des passages à 1.Il il été exécuté à environ 1.200 passages à niveau 266 UK VUE TKIM ESTIUEKKE CAN’ADIENNK niveau n'est pas négligé et la institution de l’éclairage électrique à l'éclairage au pétrole a été poursuivie sur tout le réseau.Passages a niveau nox-gakdés Kn ce qui concerne les passages à niveau non gardés, l'amélioration de leur protection a fait l'objet d'études systématiques.lotis ces passages sont caractérisés suivant l’importance de: la circulation routière et la nature de celle-ci.la circulation ferroviaire, la vitesse des trains, les conditions de visibilité, la fréquentation par les enfants, etc.Ces passages ont été alors l'objet d une classification rationnelle et systématique, afin d’appliquer les premières mesures d’amélioration aux traverses les plus dangereuses.Les mesures d’amelioration consistent dans : 1 ° l’extension du gardiennage; c'est ainsi que depuis 1934.le gardiennage a été étendu à une quarantaine de passages à niveau importants; 2° l’installation de signaux automatiques, lumineux et acoustiques, annonçant l'approche des trains.Environ 300 installations ont été réalisées avant 1940, dont quelques-unes complètement électriques.Ce nombre est le même que celui îles installations similaires, appliquées a l'ensemble des chemins de fer allemands.Seule la Suède avait passe ce total, au moyen de -100 installât ions au l’iiz.( "est avec beauei>up de prudence, d ailleurs, que la plupart des pays progressent dans l'applè ation des signeimx automat iques.On peut dire que la Suède a été un pionnier en matière de signalisation routière.Nulle part on a tenté autant d'expériences; dès litlô, on imagina la sonnerie éleitrique par le contact des rails.Les signaux lumineux actuel sont subi de continuels perfectionnements; au point de vue technique on peut les considérer comme presque parfaits.Ils sont basés sur deux principes, lout d’abord, il faut que le signal donne toujours des indications positives (exemple: feu rouge— danger, feu bleuâtre — voie libre, feu éteint — dérangement).En second lieu, le signal doit pouvoir fonctionner d’une manière indépendante.Il ne peut pas dépendre de conduites électriques ni de canalisations de gaz du dehors.Le sys-rème fonctionne exclusivement à l'aide de batteries et de recipients ii gaz acétylène.Ces deux principes ont beaucoup augmenté la confiance dans les signaux.Ceux-ci sont appelés automatiques I.K PROBI.KME DES PASSAGES A NIVEAU 2Ô7 parce qu’ils sont actionnés par les trains eux-mêmes à l’approche du passage à niveau.I.’efficacité de ces signaux perfectionnés ne sera atteinte que pour autant que le public et particulièrement les enfants, se seront familiarisés avec leur signification.La S.N.a publié, et répandu dans ce but, une brochure, dans nos deux langues nationales, expliquant cette signification et rappelant les précautions élémentaires que le public doit prendre avant de s'engager sur le chemin de fer.Formule de classification des passages non-cardes.Résultats Chaque passage non gardé est caractérisé par uni1 formule qui comprend les quatre lettres V.F.R, 11, relatives respectivement à la visibilité, à la circulation ferroviaire, à la circulation routière et à la fréquentation du passage par les enfants.Chacune de ce s lettres est affectée d'un indice qui précise, de la manière suivante, les éléments qui ont été choisis comme base de la classification: V i: visibilité non satisfaisante; V »: visibilité satisfaisante (suivant une définition admise); F,: circulation ferroviaire de plus de 00 trains par jour; F 3 : id.pour 30 à (10 trains par jour; ! 3: pour moins de 30 trains par jour; H circulation routière de plus de 150 véhicules par jour; H s: id.pour 75 à 150 véhicules par jour; It 3: id.pour moins de 75 véhicules par jour; bu fréquentation de plus de 100 enfants pur jour; b .: id.de 50 à 100 enfants; b3: id.pour moins de 50 enfants par jour.En vertu de cette convention, une formule dont les indices sont les plus bas caractérise un passage à niveau dangereux.D’autre part, l’emploi de cette formule conventionnelle a permis d’utiliser les procédés mécanographiques pour obtenir toutes les classifications nécessaires des passages à niveau.b'i certains passages à niveau répondaient à la caractéristique \’ , .F | .]{ |, E ,, ce serait évidemment à ces passages qu'il conviendrait d'appliquer les premières améliorations (gardiennage ou signaux automatiques).L’examen des relevés montre qu’il n’existe sur le réseau de la S.X.aucun passage répondant à ces caractéristiques, ni à celle: Y , .F , .R i .(E2ou E3), à cause des nombreuses mesures déjà prises avant le début de cette étude systématique, c'est-à-dire avant 1934.Il convient, dès lors, d'envisager les passages se trouvant dans des conditions défavorables à deux des points de vue d’ensemble 26S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE seulement, c’est-à-dire ceux répondant aux caractéristiques: V i F , .— V , .R , .-— F i R i, ainsi que les passages à niveau du type V j .F 2 .R i où la circulation ferroviaire et la circulation routière sont d’importance moyenne, mais où la visibilité n est pas satisfaisante.Or, l’examen des relevés permet de constater qu’il n'existe pas de passages à niveau non-gardés répondant à la cara-téristique F , .R Finalement, les passages où les premières améliorations ont été apportées appartiennent aux trois catégories : V , .F ,.— V i .R i .et V , .F 2 .R 2 • Le produit F.R.a été appelé: produit de circulation.Le coefficient Fi doit attirer spécialement l’attention : la valeur K j, entraîne la nécessité du gardiennage; la valeur F 2 exige parfois le gardiennage; le plus souvent, on a pu recourir à la signalisation automatique lumineuse.Le facteur K 3 peut aussi conduire à la pose de signaux acoustiques et optiques, ou à des améliorations de la visibilité locale.J,'attention des enfants est facilement distraite; quand ils sont nombreux, il faut craindre qu'ils ne s'attardent en jouant sur la traverse même et l’on ne peut se fier, dans ce cas, à la seule protection des signaux automatiques.On peut donc énoncer le principe suivant : non seulement il y a lieu de donner la préférence au gardiennage plutôt qu’aux signaux automatiques lorsque la circulation routière est important/e, mais aussi lorsque la fréquentation d'enfants est intense.Enfin, la formule de « visibilité satisfaisante » qui a été définie dès 1934, ne fait pas intervenir l'obliquité de la route par rapport à la voie ferrée.Cet élément peut avoir une réelle influence sur les conditions de visibilité, surtout quand il s'agit de conducteurs d’autos.Un relevé des passages à niveau où la traversée des voies se fait sous un angle inférieur à 45° et où le produit de circulation F.R.est supérieur à 1.500, a été dressé pour en tenir compte dans l’étude de leur suppression, de l’amélioration de leur signalisation ou des mesures de protection supplémentaire à leur apporter.Influence de l'intensité de la circulation, de i.a vitesse DES TRAINS ET DE LA VISIBILITÉ SUR LA VOIE FOUR i/USAGER L'examen de statistiques établies en 1934-1935 fait apparaître Je danger particulier que présentent les passages à niveau à grand LE PROBLEME DES PASSAGES A NIVEAU 26!) produit de circulation F.H., même lorsque la visibilité est satisfaisante d’après la formule admise.Sept accidents se sont produits à des passages à niveau dont le produit de circulation est supérieur fi 5.000, alors que ces passages à niveau ne sont qu’au nombre de 1!) pour tout le réseau.D’autre part, 31 accidents sont survenus à des passages à niveau dont Je produit est inférieur à 1.000, alors que ces passages sont au nombre de 1.602.Ceci prouve cpie l’efficacité des mesures de protection est d’autant plus grande que ces mesures s'appliquent à des passages à niveau de circulation plus intense.Les statistiques ont montré aussi (pie, dans l’intérêt de l’efficacité des mesures de protection, il convient de tenir compte de la vitesse des trains.Ainsi, l’usager qui, en s'approchant du passage à niveau, aperçoit un train à 500 migres, ne se rend pas toujours compte de la vitesse avec laquelle ce train avance.S'il s’agit d'un train circulant à 120 km.à l’heure, soit 33 m.à la seconde, il atteindra le passage en 15 secondes environ.Si l’usager s’est aventuré sur la voie avec un attelage, il sera certainement surpris.Il se produit relativement trois fois plus d’accidents aux passages situés sur les lignes à grande vitesse.D'autre part, l’élément « visibilité sur la voie » ne peut cependant pas être négligé.Afin de tenir compte à la fois de ce dernier élément et de l’importance du produit de la circulation, une formule nouvelle a été recherchée dans le but d'équiper des passages à niveau de produit de circulation plus important que ceux envisagés jadis.Suivant la formule nouvelle, seraient classés dans la catégorie de visibilité satisfaisante, les passages à niveau où les conditions suivantes seraient remplies : n) le conducteur d'un attelage, placé à 10 m.du rail et avançant à 4 km.à l’heure, et b) le conducteur d’un véhicule motorisé, placé à 15 mètres du rail et avançant à 10 km.à l’heure, doivent apercevoir le train assez tôt pour dégager à temps le passage niveau; l'influence de la vitesse se fait donc sentir.Doivent rentrer dans la catégorie de visibilité non satisfaisante les passages à niveau dont les routes d’accès sont de configuration telle que les usagers ne peuvent apercevoir le train qu’en se retournant.C’est le cas où les routes d’accès sont parallèles au chemin de fer ou le coupent sous un angle très aigu. 270 KKVrK TRIMESTRIELLE CAVADIENN'E En résume, les règles qui ont été admises, jusqu’à présent, pour l’amélioration de la protection des passages a niveau non gardés, sont doue basées sur les notions et considérations de : visibilité (V), de circulation ferroviaire (F), de circulation routière (II), voisinage d’école (H) et de vitesse maxima des trains (r) dans la zone de la traverse.Dans les cas les plus défavorables, le passage à niveau a été remplacé par un ouvrage d’art, ou la circulation routière a été détournée vers un pont voisin ou vers un passage voisin dont la protection est bien assurée.Les quatre coefficients V, F, II, K peuvent justifier les mesures prises, soit séparément, soit en combinaison avec ou sans le facteur v.Sur les lignes où la vitesse des trains est égale ou supérieure a 100 km.par heure, les mesures de sécurité nouvelles (gardiennage ou signaux automatiques) ont été appliquées à tous les passages a niveau, que la visibilité soit bonne ou mauvaise.Toutefois, les passages où la circulation routière est faible (nombre de véhicules par jour inférieur à 20) ont été éliminés.Sur les lignes où la vitesse des trains est inférieure à 100 km./heure, les mesures de sécurité nouvelles ne sont appliquées qu’aux passages a niveau où la visibilité est insuffisante, à l’exclusion des passages où la circulation routière est inférieure à 20.Dans le cas des passages a niveau biais, la visibilité a été jugée insuffisante lorsque 1 angle formé par la route avec le chemin de fer est inférieur à 50o.Précisons (pie les passages à niveau dont le produit de circulation, F.R., est supérieur à 10.000, sur les lignes où la vitesse des trains est inférieure ou égale à 100 km./heure, ainsi cpie ceux dont le produit de circulation est supérieur à 5.000, sur les lignes où la vitesse des trains est supérieure à 100 km./heure, sont pourvus d’un gardiennage.Les autres ont été munis de signaux automatiques et en 1930 déjà, on a été ainsi mené à équiper des passages à niveau dont la production de circulation descendant aux environs de 1.500.Toutefois, parmi les passages à niveau non gardes, ceux qui sont situés sur des lignes à exploitation simplifiée ou vieinalisée, ont été biffés et il a été décidé d’y renforcer la sécurité par l’application des mêmes mesures qu aux passages où 1 on supprime le gardiennage (placement de poteaux S.F.— sifflez - finit; ralentissement local à 5 km./heure et feux rouges). I.K PROBLÈME DES PASSAGES A N1VEAE 271 Les charges supportées par la S.N.pour l'amélioration de la sécurité aux passages à niveau, se sont montées avant 1940 à plusieurs millions pour chaque exercice (citons le chiffre de neuf millions, par exemple, pour 1937).Pour résoudre suffisamment et en peu d’années le problème tel qu’il est exposé ci-dessus, la coopération financière des Pouvoirs publics serait indispensable.C.F.B.Lemaire, Ingénieur de Constructions Civiles, (.1 .IM.) EDGAR QUINET HISTORIEN Edgar (Juinc), (1803 iS75), né à Bourg-en-Bresse, était issu d'une vieille famille de magistrats judiciaires et municipaux.Son père, rompant la tradition, était officier et c'est ainsi que le jeune Kdgar, à peine âgé de quatre ans.fut emmené à l'Armée du Rhin, où il recueillit d'ineffaçables impressions.Mlles le rendirent perméable à l'éducation que lui donnait un vieux capitaine do dragons, fanatique de l'Empereur.Xi l'influence de son père, qui n'aimait point Napoléon, ni celle, pourtant si grande, de sa mère qui, amie de .Mme de Staël, n'avait rien d'une bonapartiste, ne parvinrent à entamer l'idolâtrie du jeune Quinet pour son héros.Mais il assista aux deux invasions de 1S14 et tie 1815, réfléchit et comprit ce qu’est la vie publique d'un grand peuple et ce (pie peut lui coûter un chef assoiffé de conquêtes.Au Collège de Bourg, où il passe deux ans.Quinet vit dans une grande ferveur religieuse, (pii l'accapare tout entier et ce n'est qu'au Lycée de Lyon qu'il commence à s'instruire.Avide de savoir, il montre à la fois la passion de l’histoire et celle des mathématiques et dirige ses études d'une façon qui déconcerte un peu ses professeurs.Reçu à l’Ecole Polytechnique, il s'abstient d'y entrer, ne voulant pas devenir militaire et risquer de servir sous le drapeau blanc qu’il a vu revenir avec les envahisseurs.A Paris, il vient faire son droit, mais refuse d’entrer dans les affaires et, pour cela, se brouille pendant quelque temps avec sa famille.Il rentre en grâce, retourne chez ses parents, s’enfonce dans l’histoire et, après un bref séjour en Angleterre, il donne, à vingt-deux ans, son premier ouvrage, ("était Y Introduction à la philosophie de l'histoire, qui précédait sa traduction de Herder.L’opuscule fit sensation.Goethe le loua, Victor Cousin s'enthousiasma et Michelet vint faire la connaissance de Quinet, ce qui fut le début de «cinquante ans d'amitié».La vocation historique de Quinet allait se développer et ses allégeances intellectuelles se former ]>ar son séjour en Allemagne et en Italie.En 1827, il vient à Heidelberg, se lie avec les savants et les poètes du lieu, médite d’écrire un dénie des races allemandes, (qu’il ne fera jamais), part pour la Grèce comme membre de la J: DG AH QriMET HISTORIKN Mission scientifique de l'armée française qui allait coopérer à l'indépendance de ce pays et rentre en France juste pour y voir flotter le drapeau tricolore, après les «Trois Glorieuses» de 1830.Sa passion politique ne l’empêche pas de continuer ses études et ses travaux littéraires.Mais, après la mort de son père (1832), il va faire un séjour d’un an en Italie et ce n’est qu’en 1838 qu'il entrera dans l’enseignement.Il débute à la Faculté des Lettres de Lyon, faisant avec un immense succès sa leçon d’düverture sur «l’unité morale des peuples modernes.) et un cours, d'où il tirera plus tard son dénie des religions.Il y reste peu de temps, car Yillemain vient de créer pour lui, au Collette de France, en 1841, une chaire «l'Histoire des littératures méridionales.A Paris, il obtient un succès encore plus grand qu'en province et toute la jeunesse romantique se presse autour de sa chair , mais le pouvoir s'inquiète, censty'e le professeur, veut restreindre sa liberté de parole.Quinct s'en va et se remet a écrire, il ne rentre au Collège de France, dans l’enthousi; si e générai, qu'après la Révolution de 1848.Pour peu de temps, car il est exilé après le Deux Décembre.L’historien proscrit vit on Belgique, en Suisse, écrivant des ouvrages d'histoire, de philosophie, de politique, composant des poèmes, entretenant avec ses amis politiques une vaste correspondance.Comme Victor Hugo, il ne rentre en France qu’en 1S70; il est élu député à l’Assemblée Nationale et achève sa vie en continuant à donner des ouvrages importants, comme la Création,2 vol., l'Esprit nouveau, tout empreints du mysticisme le plus romantique.L’ ouvre de Quinet est multiple, à la fois savante et poétique, réaliste et prophétique.Il a écrit de grands poèmes en prose, comme Ahasvérus, Merlin l’Encahnleur, et en vers, comme Prométhêr, Napoléon, des ouvrages religieux, philosophiques, politiques, littéraires.Mais c'est comme historien seulement qu’il nous appartient ici.Quinet a quelquefois mélangé les genres; c'est ce qui fait que beaucoup ne l'ont pas compris et l'ont jugé étrange; c'est ce qui lui a valu, en revanche, chez d’autres, une admiration sans limites.Mais il s’est trouvé des critiques pour le déchirer sans aucun ménagement.Parmi ceux-ci, nous ne citerons «|Ue Peyrat et son livre sur La Révolution française (h M.Quinct (18ti(i).Il lui reproche de philosopher sans cesse en écrivant l’histoire et de dénaturer ainsi les choses, d'outrager les hommes les plus purs, de 274 K E V r K TH IM KSTlîI Kl.I.h ( ' A N ADI K N NI : porter des jugements insensés et tout cela, dans utile composition diffuse, prolixe où tout est confus et confondu.Tant tic sévérité est excessive et Peyrat a fait là de la polémique plus que de la critique, tout en rendant hommage à la pureté des intentions de Quinet et à la beauté de son caractère.Ces polémiques, aujourd’hui, sont éteintes, et il ne nous reste qu’à exposer rapidement quelle conception de l’histoire s'est faite Qui net.et sous quelles influences.* * * i.orsquT.dgar Quinet commença d’écrire, .Michelet venait de redécouvrir Vico.Pour le vieil historien philosophe d’Italie, toute l’histoire s’expliquait par l’action de la Providence, agissant non par choix et par décrets soudains, (comme, plus tard, le pensera Bossuet), mais d’une façon constante et universelle.Quinet, comme \ ico, voit dans la religion, le fondement de toute la civilisation et construit une cité idéale sur le modèle de laquelle il juge les sociétés réelles.Mais, tandis que \ ico, enfermant toute la vie religieuse dans le catholicisme, ne voyait pour l’avenir du monde que des cycles revenant sans cesse au catholicisme, Quinet, lui, est un évolutionniste qui croit à des transformations indéfinies.Chaque peuple, à ses yeux, présente un aspect et fournit un témoignage de la vérité et la vie de l’humanité est «tm perpétuel mouvement pour sortir de Dieu et pour y rentrer».Le dieu de l'histoire «marche dans les événements et entraîné avec lui le monde moral vers des deux inconnus.«Quinet identifie si Lien l’histoire humaine avec les volontés divines qu’il écrit: «Si elle était complète, la philosophie de l'histoire universelle serait la manifestation de l'action divine dan-tontes les actions humaines, elle s’identifierait par là avec la religion universelle.» Quinet est surtout un disciple de Herder, lequel, au lieu de se poser la question des destinées de l'homme, essaie d’approfondir celle de ses origines.L’homme, pour lui, est le terme de l'évolution des êtres, le point culminant et l'abrégé des forces organiques.Ainsi, le cycle matériel de la création est achevé et désormais immuable.Quant à la création humaine, c’est-à-dire la vie sociale, elle ne fait que commencer, elle va se développer à travers les siècles et les civilisations réaliseront peu à peu les lois de l’huma- K DG AH Qui.MKT HISTOIÎIKN 275 nité, comme lit création a réalisé les lois de l’univers physique.Herder, dans ses développements, devance la géo-politique et la psychologie collective (liolker psychologue) de ses compatriotes du XXe siècle.Sa préoccupation constante est de montrer l’action de Dieu soutenant l'action humaine, apres lui avoir permis d'exister.Quinet n'en disconvient pas, mais ce qu’il montre à l’œuvre dans le cours des siècles, c'est surtout la volonté humaine et particulièrement celle des hommes épris de liberté, qui luttent à la fois contre les fatalités de la nature et les entreprises tyranniques des autres hommes.«J, histoire, dans son commencement comme dans sa fin, écrit-il, est le spectacle de la liberté, la protestation du genre humain contre le monde qui l’enchaîne, le triomphe de l'infini sur le fini, l'aflranchissement de l'esprit, le règne de l’âme.Le jour où la liberté manquerait au monde serait celui où l’histoire s'arrêterait.» L histoire, selon Quinet, c'est donc le développement du «moi humain».Chaque homme, en étudiant l'histoire, retrouve dans sa propre personnalité, les traces de ces acquisitions de l'humanité.Ainsi l’homme n'est pas seul, il se sent solidaire aussi bien de 1 avenir que du passé de 1 espèce, ce qui l’aide à supporter les vicissitudes du présent.11 sait que les formes politiques et sociales sont instables et, qu’à travers leurs changements, la justice se réalise.Grâce à l’histoire, l'individu prend conscience de la valeur de sa personne et de son action.Il vit de la vie universelle, se sent «protégé par l’autorité de tout le genre humain» et continue d’agir et de croire, même s'il sait qu'il ne verra pas les résultats de son action.Comme Michelet, Edgar Quinet ne se pique pas d’écrire1 une histoire impartiale et objective*; il prend parti: pour la justice, le droit, la tolérance*.Il n’y a chez lui aucun scepticisme, il est sûr eh* 1 évidence et de la vérité de sa philosophie* e*t l’ardeur ele ses convictions l’élève* e*t le* soutient.11 veut que* l’histoire* soit le tableau ele la purificatiem eh* l'homme, du progrès intellectuel et moral.L’historien doit juger le passé au nom de la cemseienee morale* e*t ne pas oublier epte* la liberté spirituelle* est le facteur elo-minant de l’évolution humaine*.Quinet concilie parfaitement cette doctrine avec le providentialisme, en s’appuyant sur lVnseignement théologique qui elé-montre epic Dieu a voulu tlouer l'homme* élu libre-arbitre.Quinet, 27(3 H K WE THIMESTHIEI.EE < ' AN A DI EN N E comme Michelet, ne s'incline pas devant tous les événements du passé, n’accepte pas le fait accompli, ni les résultats de la force.Il voit la justice, c’est-à-dire la volonté divine, se réalisant dans l’histoire, dont il a pu dire ainsi qu'elle était «le miroir de 1 âme.la conscience universelle.l'évangile éternel du dieu intérieure Roger Picard Prnj> '¦> ur à la Faculté ) CO»’) H A (4U where AC, according to I).It.I’ve6, represents the following function of temperature: .1100 lg i , A » = ! .2000 — - (45) with the understanding that T denotes an absolute temperature expressed in Kelvin’s degrees.We obtain therefrom: t “Cent.-273 15 50 1000 1500 2000 2500 3000 0000 moot) CO T °Kelv Zero 288 773 1273 1773 2273 2773 3273 6273 10273 CO A'ï Zero 0 0022,S3 i) t;07.'i 2 200 3.800 5 275 6 450 7.420|10.75 12.58 10.10 In order to express th" equation of equilibrium (44) by percentage contents of the constituents of combustion gases, we shall use equations (16), (17), (10) an 1 (20).We obtain: /îM/r,+/ra) Ux is 0ÎÔ5kh-• (4Q Equation (46) with equation (14) also applying in this case: -_________— is k*(k,+k2+0) » 04 THEOHITICAI.ANALYSIS OF COMBUSTION CASKS 295 as well as equation for combustion (21 ), equation (15), and equation MO) in which we assume that the excess air coefficient >.is given fully determine the chemical analysis of combustion gases at a certain given temperature, since we have here five equations with 5 unknowns.1 his is naturally a result of theoretical calculation deviating from actual practice results.If, for example, we should eliminate from the above-mentioned five equations k 2, /i, o, n, we shall obtain an algebraic equation of the 4th degree expressing ki in function of >.We may proceed with the remaining unknows along the same lines.As in chapter three, we shall assume here gasoline and the two most interesting temperatures of combustion t= 1500'’Centigrade and f = 2500° Centigrade.For f=1500°C, we have in practice K j = zero and A'2 = 3.86; consequently we obtain: i/a zero 0 2 j 0 -1 0 0 0 8 1 0 1 105 k i 7c zero 2 79 5 On 801 1 I .OS 1 1.82 12 00 k, 7c zero zero zero zero zero zero 5.31 h 7c zero zero zero zero zero zero 2 11 O 7c 21 on 17 On 13.00 S 78 •1 40 zero zero » 7c 70 00 80 10 81.35 S2.G1 S3 SO So IS 80.58 V % 21 00 21 10 21 00 2i no 21 00 21 00 17.02 1/A 1 284 1 434 1 020 1.800 2.208 3 000 *.% 10 8 0 4 2 zero *.% 9 04 12.70 10.23 19.38 22 00 2.5.40 h % 3 S3 0 42 9.71 13 78 19.44 20.90 o % zero zero zero zero zero zero a % 77 13 72.82 08.00 02.84 50.15 47.70 y 7c 14 18 11 35 8.51 5 07 2.84 zero 296 llEVl'E THEMESTElELLE CANADIENNE while for temperature 2500°C, wo have A'i=0.01S76 and h — 6.45, hence: 0 % zero 0 001 0 01 0 10 0 50 1 0 2 k 1% zero i 057 o so 0 39 9 1 1 0 94 10 43 k 2% 2 :>.tn 21 59 17 12 11 *:> i 2 s 5 52 4 11 h or /o 26.no IS 60 10 64 4 32 i 91 1 30 0 89 71 c* /o ¦17.70 7>S 39 69 43 71 34 81 17 \2 24 82 57 y ", zero 1 50 3 98 0 15 13 15 15 os 16 79 A 0 327 0 433 0 570 0 720 0 840 0 900 0.977 i/a 3 non 2 309 1 752 1 389 1 190 1 110 1 023 (> % 4 S 12 16 20 21 /:, 0/ /0 9 98 s 13 0 72 3 23 0 61 zero /•: % 2 so 1 66 0 98 0 49 0 08 zero h % 0 56 0 33 0 IS 0 09 0 015 zero n % 82 ()f> 81 SS SI 12 SO 19 79 295 79 00 y C7 Vo IS 14 19 52 20 10 20 58 20 86 21 00 A I 120 1 478 2 12s 3 800 IS 52 cc 1 7.0 894 0 07S 0 470 0 263 0 054 zero The values specified in the two tables above have been expressed graphically in Fig.!l in function of ^=1 At the same time, isotherms
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