La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1954, Automne
-s mm MW â (r Mi mW.*• IIP »' J.a 111 " w': I»§1 ,.- ¦ 8ÜÉ ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ÉCOLE POLYTECHNIQUE ÉCOLE D'INGÉNIEURS — FONDÉE EN 1873 Le programme d'études prévoit la formation générale dans toutes les branches du génie et l'orientation dans les spécialités suivantes : TRAVAUX PUBLICS et BÂTIMENTS MÉCANIQUE et ÉLECTRICITÉ MINES et GÉOLOGIE GÉNIE CHIMIQUE et MÉTALLURGIE Les éièves reçoivent à la fin du cours les diplômes d'ingénieur et de Bachelier ès Sciences Appliquées avec mention de l'option choisie.Des études post-universitaires peuvent être entreprises à la fin du cours régulier et conduire aux grades universitaires de Maître et de Docteur és Sciences Appliquées.CENTRE DE RECHERCHES ET LABORATOIRES D'ANALYSES Prospectus et renseignements sur demande 1430, rue SAINT-DENIS, MONTRÉAL ££\sio £ctntna/re L'aménagement de la Bersimis René Dupuis Pompes à vide élevé J.-C.Bernier, R.-P.Langlois, P.-L.Piché La Cybernétique Bernard Thibault L'étude dynamique des tarifs d'électricité René Laplante PUBLICATION CONSACRÉE À L'ART DE L'INGÉNIEUR La revision constitutionnelle au Danemark Kay Heckscher Vie de l’école Vie de l'Association Revue des livres 40e année no 159 ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE - 7 11 19 27 39 47 49 53 MONTREAL '}ch4a 4u 75ème ANNIVERSAIRE SOUSCRIVONS GÉNÉREUSEMENT "Qui Jmnr ./JluJinnh LABORATOIRE • Verrerie • Réactifs CANADIAN LABORATORY SUPPLIES LIMITED 403 ouest, rue St-Paul Montréal, P.Q.3701 Dundas St.West Toronto, Ont. LE PONT ARTHUR SAUVÉ au-dessus de la rivière des Mille-Iles à St-Eustache m ~%ë Construit pour le Ministère des Travaux Publics de la Province de Québec par DUFRESNE ENGINEERING CO.LTD.Les sondages pour cette construction furent exécutés par NATIONAL BORING & SOUNDING INC.Édifice Canada Cement, Montréal Au service des architectes, ingénieurs et constructeurs depuis 17 ans.Sondages exécutés sous la direction d'ingénieurs professionnels de la province de Québec, pouvant fournir une interprétation pratique des résultats.Les sondages sont nécessaires : • Avant l'achat du terrain — afin d'établir le coût des fondations.• Pour l'étude des fondations de bâtiments et les travaux en sous-oeuvre.• Pour l'élaboration des plans, la détermination du coût et la construction des : Routes • Ponts • Tunnels • Viaducs Barrages • Quais • Jetées • Usines hydro-électriques Egouts • Emissaires • Aqueducs • Prises d'eau _ .r ,N, rt;r D IJ2E DEVANT PARAÎTRE DAN, LA REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE.AUTOMNE 1954 — 3 A.AIRD & ASSOCIATES INC 5186 Côte des Neiges, Montréal IMMEUBLE INDUSTRIEL EVALUATION ADMINISTRATION PLACEMENT INGÉNIEURS-CONSEILS /A.AIRD, LP.Tel.RE.8-4724 President Tél.DE.0941 JEAN DOUCET, !.c.sec.-/rés.AUGUSTE DOUCET UIJUEET fi IJUUEET LiMi ï t: i: ENTREPRENEURS PLOMBERIE — CHAUFFAGE 1640 rue North, coin Rockland GR.9364 UN MERVEILLEUX NOUVEAU MATÉRIAU POUR LES CONSTRUCTEURS! ,001 usages P'°blab'eS ' ' Tous les jours des milliers de constructeurs utilisent le POLYRlilN sous toutes sortes de façons nouvelles et étonnantes.POLYRlilN est plus letter que l'aluminium ' et.à poids éttui.plus fort que l’acier I POLYRlilN est à l'épreuve des fissures, de l'éclatement et du gauchissement.Achetez le POLYRlilN en larges feuilles plates ou gondolées.Vous pouvez le scier et v enfoncer des clous.Certains constructeurs utilisent le POLYRlilN comme matériau plus letter, plus fort et de plus belle apparence pour le lambrissage et le cloisonnage intérieurs.D'autres emploient des feuilles de POLYRlilN translucides, au lieu de verre, pour les puits de lumière et les fenêtres industrielles à l'épreuve de 1 éclatement.Le POLYRlilN de couleur vert-jour tlitre les rayons du soleil et donne un éclairage intérieur plus Irais et plus diffusé.Que cous lanciez des pierres sur le POLYRlilN ou que vous y échappiez de-lourds outils, il ne se fêlera même pas ! 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L AMÉNAGEMENT de la BERSIMIS par RENÉ DUPUIS Pourquoi aménage-t-on la Bersimis et corn ;nt s'y prend-on 7 Le 11 décembre 1950 Centrale de Beauharnois a tribution a notre réseau é 1953, la douzième et derr même partie de la Centrale fonctionnait à pleine charge sur le réseau.Près de trois quarts de millions de chevaux en moins de trois ans — voila d'une certaine façon la mesure de l’appétit du réseau ' Cette expansion n'a pas pris au dépourvu la Commission hydroélectrique de Québec, mais elle nous a imposé un problème de prévoyance qu'il fallait résoudre sous peine de manquer à notre mission.C'est un fait : notre réseau ne se contente plus d'augmentations faciles a satisfaire, comme celles qui ont pris tout près de vinat ans pour absorber les deux tiers de la puissance de la première Centrale de Beauharnois à peine supérieure à la seconde pendant que l'autre tiers se fait absorber par l'Ontario.la deuxième partie de la pportait sa première con-ectrique, le 26 novembre ière génératrice de cette René Dupuis commissaire de l Hydro-Quêbec est en même temps ingénieur-surintendant de I Exploitation de Beauharnois.Il est °ussi chargé de l'administration et de l'exploitation de toutes les propriétés de I Hydro-Québec en dehors du réseau de Montréal proprement dit, y compris les vastes projets d aménagement de la Bersimis sur la côte nord.Bachelier ês arts de l'Université Laval (promotion de 1919).il étudia le génie à McGill, puis s’en lut poursuivre ses études à l'Université de Nancy, où il obtint deux certificats d'études supérieures en mécanique et en physique, avant d obtenir son diplôme en génie électrique, en 1924.Revenu au Canada, le nouvel ingénieur va passer deux ans au service de la Canadian Westinghouse Company, à Hamilton.Puis, c'est la Shawinigan qui Iappelle à son emploi, et, durant cinq ans, on le trouve au service des réparations électriques de cette compagnie, à Trois-Rivières.On le retrouve ensuite à la Quebec Power Company ou il est successivement ingénieur chargé de la d ist ri button, surintendant adjoint de la division de la force motrice, et surintendant général adjoint de toute la compagnie et de ses subsidiaires.En 1942.il est charqé par l'Université Laval de fonder une Ecole de génie électrique.L'Ecole solidement établie il revient à l'industrie en 1947 comme ingénieur-surintendant de l'Exploitation à la centrale de Beauharnois.En décembre 1948.M.Dupuis devenait commissaire de l'Hydro-Québec tout en gardant la direction de la Beauharnois.Membre de la Corporation des Ingénieurs Professionnels de la Province de Québec, de l'Engineering Institute of Canada et de la Canadian Electrical Association, il est aussi membre du Congrès international des grands réseaux électriques (CIGP.E).Auteur d'un ouvrage bien connu et souvent consulté De l'anglais au français en électrotechnique", M.Dupuis se voit décerner les Palmes d Académie par le Gouvernement de la République française.De son côté.l'Université Laval, voulant reconnaître les services qu'il avait rendus à cette institution de haut savoir, lui décernait, le titre de Professor Emeritus".Le 20 janvier 1954.le même université lui remettait un doctorat d honneur.Enfin, le Gouvernement du Canada o appelé M.Dupuis à siéger au Conseil d'administration de la Société nucléaire, entreprise de la Couronne, mieux connue sous le nom d usine d énergie atomique de Chalk River.Autour de Montréal, les réserves d'énergie primaire, qu on considérait autrefois pratiquement illimitées : Lachine, avec un peu plus d un million de chevaux le reste de Beauharnois, avec environ un tiers d'un million de chevaux.Carillon, avec un peu plus d'un quart de million ne deviennent que dçs réserves pour peu d années au rythme toujours croissant d’absorption de puissance par le réseau appelé métropolitain ' Fallait-il abandonner Montréal a ces réserves dont on voyait facilement la fin pour la forcer à se rabattre dans un avenir peu éloigné sur des centrales à vapeur fournissant de l'électricité a des prix presque prohibitifs -ou s'il fallait plutôt essayer de repérer d'autres sources d'énergie hydrauliques 7 Poser la question détermine déjà la réponse 1 Vous savez d ailleurs que nous n'avons pas de charbon dans la province.Je devine que quelques-uns d'entre vous songent à l’énergie atomique ou nucléaire pour fournir ces réserves.Personnellement, je ne vois rien actuellement, ou dans un avenir rapproché, qui permette d’espérer que l'énergie atomique puisse concurrencer économiquement l'énergie hydraulique même très éloignée des centres de consommation! La recherche d'une autre source importante d eneraie hydraulique pour le district de Montréal a donc été une question imposée à la Commission.Les grandes rivières de la province ne sont peut-être pas connues dans tous leurs détails, mais Texte d'une causerie prononcée au Club Kiwanis, le 27 janvier 1954 AUTOMNE 1754 les exploitants des ressources hydrauliques sont au courant de l'importance et des caractéristiques re nérales de chacune de ces rivières.Le rivière Bersimis avait depuis longtemps un dossier dans les classeurs surtout d’un des membres de notre Commission, elle n était pas ignorée non plus par des intérêts privés qui avaient, soit déjà parlé d'elle, ou qui la convoitaient pour l'exploiter 1 Les études accumulées furent poussées un peu plus et elles ne tardèrent pas à démontrer que son aménagement pouvait simultanément procurer, non seu lement à Montréal, mais a toute la province, des avantages des plus précieux.La Commission, avec les bonnes grâces du gouvernement provincial, se porta donc acquéreur des forces hydrauliques de la rivière Bersimis, en démontrant que son aménagement s'avérait, non seulement relativement praticable, mais éminemment pratique à tous points de vue.Malgré les développements prometteurs de la Côte Nord, qui exiaeront sûrement beaucoup d'électricité, il a été considéré que pour établir une distribution bien équilibrée des ressources hydrauliques de la province, le aroupe de rivières Bersimis - - Mar.icouagan et Aux Outardes devait fournir à la partie Ouest de la province une partie de l'électricite au on peut en tirer.La réalisation de ce projet, non seulement créera une interconnexion entre cette nouvelle source d'énergie et Montréal, mais grâce aux nouvelles lianes, elle renforcera les liens qui existent présentement entre le réseau Shawinigan et le réseau de Montréal Sachez bien que la connexion actuelle entre ces deux derniers réseaux ne permet qu'un échange limité de puissance : les croissances récentes des charges et des consommations d électricité rendent bien vite les réseaux inadéquats.Avec Bersimis et ses lignes complétées, les ressources hydrauliques aménagées dans la province seront, pour toutes fins pratiques, disponibles pour le réseau de Montréal, non seulement pour combler ses besoins ordinaires, mais meme pour le porter presque complètement, en cas de détresse extrême.Le reste de la province bénéficiera du même avantage en étant raccordé au réseau métropolitain Ces interconnexions de réseaux permettent des économies précieuses bien connues, tant à cause des réaimes différents des rivières exploitées, au à cause des variations des pointes et des creux des consommations d'un réseau à l'autre.Montréal, dont l'alimentation principale viendra des centrales de Beauharnois et, plus tard, de La chine — centrales qu'on appelle au fil de l'eau parce qu'elles doivent suivre le régime du débit du fleuve, sans possibilité d'accumulation ou de relâ chement d'eau bénéficiera particulièrement d'in terconnexions avec des systèmes où U y a des réservoirs qu'on peut remplir ou vider - comme seront 'relui de la Bersimis ou d'autres similaires 11 faut ajouter que ces centrales au fil de l’eau offrent elles-mêmes des avantages aux autres centrales qui sont raccordées à des réservoirs de retenue : les deux genres se complètent et retirent des bénéfices réciproques de l'interconnexion.La Bersimis est une des quelques rivières de la rive Nord qui se prêtent particulièrement à l'aménagement des forces hydrauliques : rivières a vastes bassins versants, dont la plus grande partie est située a la tête de la rivière, avec cascades, soit concentrées en points ou échelonnées entre des rives escarpées.Vous pourriez représenter ces rivières par des poires ou même des champignons avec leurs tiges se dirigeant vers le fleuve Saint-Laurent, Les exemples les mieux connus sont l'Ou-taouais avec ses lacs Dozois et Témiscamingue; la Saint-Maurice, avec son lac artificiel, le réservoir Gouin; la Saguenay, avec son lac naturel, le lac Saint-lean; la rivière Bersimis, avec son lac Pip-muacan, et d autres rivières encore sur la même rive.Vous rendez-vous compte que les bassins Outaouais, Saint-Maurice.Saguenay, Bersimis sont successivement voisins a la hauteur des terres " Profitant de ces avantages à la rivière Bersimis le projet actuel comporte un barrage et une retenue des eaux dans le haut de la rivière, au lac Pipmuacan soit 90 milles en amont de l’embouchure.La retenue dans ce lac est de l'ordre de grandeur de celles qui sont faites au lac Saint-Jean et au réservoir Gouin.Tous ces travaux sont bien loin de Montréal en effet la distance entre Montréal et les points du harnachement est approximativement de 450 milles: 165 - Montreal-Québec, 135 - Québec-Ta-doussac, 60 ¦ Tadoussac-Forestville, et enfin, 85 milles, Forestville a Labrieville.Ces distances ne doivent pas trop nous effrayer au point de vue économique.La conformation du bassin versant de la Bersimis avec son lac naturel, qu'on peut facilement aqrandii en acquérant des terrains ni cultivés, ni peuplés, ni bâtis, la concentration des chutes qui n'exigent qu'un seul barraae aboutiront a des coûts qui compenseront si bien le coût du transport de l'électricité, à longue distance, qu'en fin de compte, l'électricité arrivera à Montréal à des prix bien abordables Certes, les coûts seront toujours assez élevés mais il ne faut pas croire que l'électricité de Lachine et de Carillon sera de l'électricité gratuite 1 Meus sommes assurés que l'électricité de Bersimis ne coûtera probablement pas plus cher d Montréal, que l'électricité produite aux sites qu'il reste à aménager près de Montréal.Ici, e fais allusion directe aux aménagements futurs de Lachine et de Carillon.AUTOMNE I95< P o.* • Trime, trio Ho Canadienne Une autre circonstance favorable contribuera a "anomie de notre projet de Bersimis.L’aména-aement d'un site hydraulique exige la plus grande r arf.e des mises de fonds, dès le début de l’installa-t.cn électrique La mise en place des génératrices, craar.es du produit fini, peut être retardée d'après les besoins de la progression de la charge, mais les travaux d'art en hydraulique, toujours très importants doivent être complétés pour l'installation même du premier croupe.Cette situation crée fréquemment un r roblème pour les bailleurs de fonds de l'entreprise : Nous avons vu tout près de nous des illustrations tragiques de ces problèmes.Vers 1915, la Société Cedars Rapids, aux Cèdres, s'est vue acculée a vendre une partie de sa production a un prix ridiculement bas, pour un terme quasi-illimité à une compaanie d'aluminium de Massena Plus tard, la Compagnie Beauharnois et d'autres sociétés ont dû se plier a des exiaences prononcées de la part de l'Ontario, pour éviter peut-être un désastre financier considérable.Pour Bersimis, la Commission vendra dans notre province, a Québec, une bonne auantité d'éneraie électrique a des conditions bien convenables, ce qui permettra de rémunérer, depuis le debut de l'installation, les coûts de premier établissement Dour empêcher des intérêts sur capitaux, partiellement improductifs, de s'accumulei pour être remboursés plus tard L'amc-naaement de Bersimis aura une série de caractéristiques qu'on ne rencontre pas fréquemment dans la province, ou même ailleurs D'abord, la hauteur de chute exploitée sera de 875 pieds ce qui est plus du double de la hauteur de chute de la Centrale des Scpt-Chutes, sur la rivière Sainte-Anne qui tenait la tète de la province avec ses 410 pieds.L'eau sera amenée à la centrale par un tunnel creusé en-dessous des montaanes.Ce tunnel aura un diamètre, avant revêtement, de près de trente-cinq pieds et une longueur de près de huit milles, au delà d'un million et demi de verges cubes de roc devra être excavé pour faire ce tunnel La centrale sera complètement souterraine en-dessous d'une montagne.Elle contiendra huit aroupes de production de 150,000 che vaux chacun ils seront les plus puissants aroupes hydrauliques individuels qui existent Les lianes de transport d'énergie auront une tension de 300,000 volts, ce qui les placera parmi les lianes aux plus hautes tensions industrielles Un peu plus tard, la Centrale alimentera notre câble sous-marin qui ira sur la rive sud Ce câble sera le pionnier du qenre dans le monde, si on considère sa lor.aueur et sa puissance : plus de trente milles de longueur avec une puissance de 100 000 chevaux Une ville Labrieville - créée en pleine forêt, avec une population d'environ !50 familles, est en voie de construction il y a déià une cinquantaine de maisons permanentes, construites et habitées.Cette petite ville sera des plus modernes et devra se suffire a elle-même, car elle sera très éloignée de ses voisins, je dirais, surtout en hiver 11 y aura paroisse, école de huit classes, hôpital, hôtel, centrale téléphonique, centre commercial et administratif, centre récréatif, etc.La disposition de la ville et tous les détails de ses constructions ont été l'objet d'études poussées de la part de nos architectes, dont l'un d'eux est un urbaniste, élève de monsieur Gréber.La ville sera soigneusement aménagée, plutôt originale.le suis assuré qu'elle suscitera des commentaires élogieux de la part des architectes et des constructeurs Qu’il suffise de dire que la porte d’entrée principale de chacune des maisons s'ouvrira sur un parc.Actuellement, il y a près de 4,000 hommes qui travaillent au projet; il y aura bientôt une centaine de familles rendues la, La plupart des gens vivent dans des camps de construction qui sont très bien oraanisés Dans un des cinq cafeterias, on peut servir 3,000 repas en 40 minutes II est inutile de vous dire que la nourriture est ce qu'on peut désirer de mieux D'ailleurs, les cafeterias de l'Hydro ont une réputation très enviable à ce point de vue Les moyens d’accès à Labrieville sont limités Sur la rive Nord, la voie ferrée la plus rapprochée est à La Malbaie, à peine 25 milles au delà de la mi-chemin entre Montréal et Labrieville La voie carrossable est coupée à Tadoussac, où il faut traverser le Saguenay sur un bateau passeur.Sur la rive Sud, l'Océan Limitée passe bien à Rimouski, mais il reste à traverser le fleuve qui, à cet endroit, a près de trente milles.La principale voie de transport est évidemment l'eau, mais pendant l'été seulement.Nous avons dû construire nous-mêmes, à Forestville, un quai au coût de plus d'un demi-million de dollars; il est en exploitation depuis les derniers jours de la navigation.L'autre quai déjà employé était insuffisant pour nos besoins nouveaux il n'aurait pas permis de décharger les nombreux bateaux assez rapidement.L'avion, soit de Montréal ou de Rimouski, à Forestville, joue un rôle très important dans notre projet Les compagnies de navigation aérienne se rendent bien facilement aux exigences de la construction, en ajoutant des envolées a leur cédule régulière, quand le besoin se manifeste.Une route large et gravelée de 85 milles de lonaueur a été en partie reconstruite et en partie construite, pour relier Forestville à Labrieville.Il a aussi fallu ouvrir une trentaine de milles de route pour relier les différentes parties du chantier.R,;.r- T r.rr, f* ' AUTOMNE 1954 — 9 11 est bien entendu que les ressources locales n'apporter.t qu'une contribution minime à la •construction : c'est donc de Montréal que se 'ont les achats, les approvisionnements et le ravitaillement Au cours de l'année.70 bateaux ou goolettes ont quitté le port de Montréal avec pleins chargements et 25 avec des cargaisons partielles, peur Fcrest-ville.Il y a éqalement beaucoup de matériel et d équipement expédiés de Montréal, soit car camions, soit par avions ou par voies ferrées, de la rive Sud et même de la rive Nord Vous amuserait-il de savoir quels aenres et quantités de certaines provisions ont dû être acheminés vers Labrieville pour les quelques mois d'hiver 7 16,000 sacs de pommes de terre; l'équivalent de 600 boeuls; 1,000 veaux, 500 agneaux 2,000 ' chons; 40 tonnes de dindes, une dizaine de tonnes de saucisses; 60,000 douzaines d oeufs, et le reste.Le transport de Fc rest ville a Labrieville p-ur nourriture, équipement, matériel de construction, ciment, acier, machines, etc , est tout un problème Nous estimons qu'il y aura près de 5 tonnes de matériel à transporter, sans tenir compte de la liane de transmission.Vu que nous nous proposons de faire une livraison d'électricité à Québec en 1956 - donc en moins de trois ans - cela veut dire qu il y a encore au delà de 150,000 tonnes do matériel a transporter chaque année; il y a déjà eu du transport de fait En comptant sur sept mois de transport intensif, or arrive à un chiffre de 20,000 termes par mois, 800 tonnes par jour ouvrable.lomm* v is v .er rendez mpt< Factivit* ne manauera cas dans ce coin de pays.Presque tous les travaux se font a l'électricité.A.la fin de )f ¦ is avons pris à St-Tin thé* pr* le Beau harneis, et transporté er.pleine forêt deux génératrices de 7gHC chevaux; nous les avons installées d'une façon sommaire a la dé-m.arae d un petit lac .Bersirr elle-mém* L'installat r ; ces génératrices cour servir le chantier durant la construction, s'est faite en moins de neuf mois.C’est un fait quasi - incroyable que cette installation si rapide er un endroit si éloigné dans les circonstances ou ell° s'est faite La vie est rapide a Labrieville mais elle est ordonnée II y existe depuis quelques jours un bureau de poste Depuis 1er.'temps déjà, soit au irs de l'été 1953, il s'est ouvert une succursale de banque c'«*st la Banque Provinciale qui a pris :ett< initiativ* Les employés sont t is payés à la .naturellement encourage ses clients : écor miser ¦ :omptes d épargne et rn< ¦ .; : nés de comptes commerciaux sont : : îverts J* s ris assuré qu'il y a au delà d’un millier, de dollars en dépôts, dont la plus grande cartie représente les économies des employés.Un système de communications par fils et sans fils fonctionne assez parfaitement depuis quelques mois Ce système, construit partie par nous, partie par la Compagnie de téléphone opérant a Rimouski, .sera exploité d'ici quelques jours rar le personnel expérimenté do cette dernière.?r-.T rirrv* * r ' ' AUTOMNE 1954 19 en lanaaae mathématique.Toute collaboration conçue en ce sens ne saurait porter fruit.Fusion des sciences et des techniques, la cybernétique participe de chacune.Elle marque le point terminal de l'évolution scier.tilique et technique.Les anciens ingénieurs s adonnèrent à 1 arpen-taqe, a l'astronomie, aux problèmes de la navigation.Ceux du dix-septième et du commencement du dix-huitième, a la fabrication des montres, au polissage des lentilles.Les découvertes de Newton et de Huyaens en mécanique rationnelle passèrent dans l'artisanat.Huyaens, par sa decouverte du centre de percussion, par son invention du ressort a spirale, perfectionna l'horloae au point d'en faire un sûr instrument de référence.La précision relative du calcul des longitudes transforma la navigation qui, d'aventureuse qu'elle était, devint régulière et facile.Ce fut l'âge du génie mercantile.Au mercantilisme succéda l'industrialisme : l'engin à vapeur supplanta la montre.L'étude de la force motrice, de l'engin de Newcomen jusqu a nos jours, devint le premier souci de 1 ingénieur L'énergie de rotation, de translation, prenant sa source dans la chaleur, la physique de Rumford, Carnot et Joule remplaça celle de Newton.Non pas d’une manière brusque, mais d'une manière insidieuse pour ainsi dire.Les esprits formés a la pensée de Newton ne reconnurent pas la pensée et l'originalité du mémoire de Carnot.Habitués a penser masses, actions et réactions, les savants avaient l'intuition, au sens kantien du mot, de la réversibilité du temps.Le temps négatif du système astronomique de Newton, dans lequel il est possible de retrouver un phénomène passé, tout comme le temps négatif de la mécanique rationnelle, détournait les esprits d'une science où l'élément chaleur coule toujours dans le même sens, du plus chaud au moins chaud.Pour la première fois dans la science le temps devenait irréversible.Et Bergson, considérant l'évolution biologique, mettra l'accent sur le temps créateur.Science biologique et thermique s'accordent a considérer un temps irréversible, tandis qu'en astronomie et en mécanique le temps est réversible.Les deux notions se comprennent peut-être mieux dans leurs implications physiques que dans leurs expressions philosophiques.11 est inutile d'ajouter que le temps irréversible répugne à la pensée philosophique.Il empêche la rationalisation et il s'oppose au système déductif ideal.La se trouve peut-être l'explication de la difficulté des sciences de la vie : elles ne sont pas rationnelles.Mais au point de vue purement physique l'union entre la thermodynamique de Carnot et la dynamique de Newton ne tarda pas a se réaliser.L'explication statistique engloba l’une et l'autre Si le dix-septième siècle et le commencement du dix-huitième furent les siècles de la montre, la deuxième partie du dix-huitième et le dix-neuvième les siècles de l'en un à vapeur, le nôtre est celui des communications et des appareils de contrôle.Il s'intéresse a la reproduction exacte d'un signal beaucoup plus qu'a la production de l'énergie.La transmission du son a travers l'espace comme en radio-communications, la transmission des longues et des brèves dans un télégraphe électrique, la transmission de la voix dans un appareil téléphonique, voilà son domaine.Mais notre siècle pousse plus loin encore, il fabrique des automates qui répondent au signal dont nous parlions plus haut.Les cellules nhoto-électriques, si aisément comparables au sens de la vue, émettent le courant qui ouvre et ferme des portes, qui actionne le haut-parleur du cinéma.Les ondes réfléchies du radar, grâce a un mécanisme approprié, pointent les canons sur un avion en vol.Mieux encore, les tubes a vide des grosses machines à calculer trouvent, après une recherche comparable à celle du mathématicien, mais combien plus rapide, la solution d'une équation différentielle.Les savants et les techniciens contemporains en sont donc arrivés, au moyen de machines, a reproduire des actions humaines.Il vaudrait mieux dire des réactions humaines, car la machine répond a une incitation, a un signal.Elle ne pose pas d'acte libre au sens philosophique du mot.L'étude des machines automatiques a éclairé, par un retournement assez étrange, le comportement de l'homme lui-même.C'est un peu comme si Limitation donnait des lumières sur le modèle.Le corps humain, bien éloigné d'etre un système conservateur, n'emploie qu'une faible partie de l'énergie de son milieu.Tout système semblable au tube électronique, c'est-a-dire utilisant une source extérieure d'énergie dont la majeure partie est perdue, peut devenir un agent effectif dans l'accomplissement d'opérations désirées, surtout s'il opère a un bas niveau d'énergie.Les neurones, ces atomes de notre système nerveux, travaillent dans les mêmes conditions qu'un tube à vide.Leur altération, qui se manifeste ordinairement par des troubles nerveux, provoque des troubles comparables à ceux des machines a calculer.Les phénomènes d'ataxie, incapacité de marcher sans tenir les yeux fixés sur ses jambes et sans procéder par petits sauts, ou mouvements oscillants de la main qui veut saisir un objet, s'expliquent par un arrêt du message" d'équilibre et de mouvement au centre nerveux.Pour connaître sa position ou son geste, le malade ne possède plus que l'organe de la vision ou les organes d'équilibre de l'oreille interne.En cybernétique ses feed-back", ses messages de retour, sont coupés.2C AUTOMNE 1954 Revue ’ • •• • e Criradlunno Les récepteurs dans les joints et les tendons de ses muscles n'émettent plus leur signal".Les méthodes d'aiguillage des courants dans les machines a calculer ultra-rapides représentent donc un modèle idéal pour l'étude du système nerveux.Le choix d'un chiffre dans la table de multiplication binaire est l'équivalent de la mise ou de la non-mise en branle du courant nerveux dans un neurone.Le synapse n'est pas autre chose qu'un mécanisme chargé de la transmission ou de l'arrêt du courant d'un neurone à l'autre, et il a son exact équivalent dans la machine à calculer.L'interprétation de la nature et des variétés de la mémoire dans l'animal trouve son pendant dans le problème de la construction de mémoires artificielles pour la machine.Nous voici autorisés, par la nature même de la recherche cybernéticienne, a placer sur le même plan l’homme et la machine, ou plutôt l'homme et l'automate, puisqu’en définitive il s'agit de poser un geste, de répondre à un signal, de connaître un résultat.Le vocabulaire des sciences de l'homme s'applique sans changement de sens a la science mécanique.C'est pourquoi nous pouvons répondre en termes physiologiques a cette question : qu'est-ce qu'un automate 7 C'est un système nerveux artificiel créé en vue d'un contrôle automatique d'activité.On l'explique malaisément par l'énergétique, c'est-a-dire avec nos notions de thermodynamique.Les nombres, les diagrammes ne s'y adaptent pas.Comme la thermodynamique apportait une conception des sciences autre que celle de la dynamique newtonienne, ainsi la cybernétique, en considérant moins l'énergie que le "renseignement" ou la réponse" à un signal, marque une nouvelle étape sur la voie de la connaissance.Ce changement de perspective, équivalant a un changement d'unités, est le plus sûr garant de la valeur d’une science ou d'une technique.Si la cybernétique ne relève pas de l'énergétique, de quoi relève-t-elle 7 Ce serait surtout de la lecture d'organes des sens artificiels, tels que cellules photo-électriques, thermomètres, instruments mé-sureurs de vitesse ou de tension, thermostats, etc.Accouplés à des moteurs ou à des solénoïdes ces organes" sont capables de lire" leur performance, de la rapporter (feed-back) au système central considéré comme un sens cinesthésique artificiel, et, selon la nature de ce rapport", de changer la marche ou le comportement de ces solénoïdes et de ces moteurs.Ainsi l'homme construira des machines pour des besognes précises.La manufacture automatique, la ligne d'assemblage sans ouvriers, sont du domaine du possible.Nul doute que bientôt l’homme abandonnera sa besogne à des automates, du moins pour ses activités inférieures.Si les nouvelles machines automatiques ressemblent à l'homme par leur action sur le réel, elles ont surtout beaucoup de points communs avec le système nerveux.On peut dire que les automates agissent au mu'/en d'impresions reçues et d'actions conséquentes.Ils possèdent des organes sensitifs, des membres, et l'équivalent d'un système nerveux pour prendre connaissance des impressions et agir.Cette relation a permis de nouvelles découvertes.Ainsi le système nerveux central n'apparaît plus comme un organe à sens unique recevant une impulsion des sens et répondant au moyen des muscles.Bien au contraire, un processus circulaire expliquerait mieux ses plus importantes activités.La décharge nerveuse passe du système nerveux dans les muscles pour revenir au système nerveux lui-même à travers les organes des sens.C'est le "feedback", auquel nous viendrons bientôt.Cette notion marque une étape en neuro-physiologie qui comprend non pas uniquement l'étude des neurones et des synapses, mais l'étude du comportement du système nerveux dans son ensemble.C'est par ce biais que la cybernétique a clarifié les idées sur les maladies mentales.Elles ne consistent pas tant dans une altération des neurones et des synapses que dans une surcharge temporaire de courant.La répétition exagérée d'un message" (inquiétudes, tension nerveuse ou intellectuelle chagrins violents) a créé une surcharge telle que le nombre de neurones concernés a été toujours en augmentant.Il se produit alors ce que les cyberné-ticiens appellent des 'mémoires circulantes", c'est-à-dire une perméabilité de plus en plus grande des neurones et des synapses à ce courant.A mesure que le nombre de neurones touchés augmente, les troubles deviennent plus prononcés et finissent par altérer complètement le système.Les méthodes de choc et la lobotomie visent à changer la direction du courant nerveux à tendance circulaire, à l'éloigner des synapses et des neurones surchargés par son passage.Toutes les maladies mentales sont ainsi ramenées à des troubles de la mémoire.Il est curieux de remarquer que ces désordres fonctionnels contredisent le matérialisme moderne, lequel affirme que tout désordre a sa cause dans une perturbation physiologique.Nous avons parlé déjà du "feed-back" dans l’automate et dans le système nerveux lui-même C'est peut-être la notion la plus révolutionnaire de la cybernétique.Difficile a définir dans sa généralité, elle se comprendra mieux au moyen d'exemples.Supposons que j'exécute un geste avec un dessein précis, celui de saisir un crayon sur une table.L'écart entre la main et le crayon est utilisé comme une impulsion nouvelle pour rapprocher la main du crayon.Dans le cas considéré, c'est le sens R f;.»• Trimo'.tr ieüo Canadien AUTOMNE 1954 - - 21 de la vision qui rapporte lecart au sens cinesthé-sique.Un aveugle, par exemple, procédera par tâtonnements, et le sens du toucher rapportera que la main n'a pas encore saisi le crayon.A la suite de ce "messaae", la main continuera la recherche du crayon et à chaque essai négatif on aura ie processus circulaire : sens du toucher, sens cinesthesique, sens du toucher .jusqu'à ce que, par une série de rapprochements, la main saisisse enfin le crayon.La manière de conduire une automobile sur une route alissante illustre bien aussi le processus du feed-back".Notre comportement en semblable circonstance dépend uniquement de notre connaissance de la nature glissante de la route Si nous procédions de façon ordinaire, par coups de volant plutôt brusques, nous risquerions un dérapage dangereux.Nous imprimons alors au volant une série de coups d'essai inoffensifs, pas assez prononces pour provoquer un accident, mais suffisants pour renseigner notre sens cinesthésique sur la nature de la route.Nous retrouvons encore le processus circulaire sens cinesthésique, mouvements des muscles au volant, rapport au sens cinesthésique, nouvelle impulsion aux muscles .Le contrôleur à boules de Watt fournit un autre exemple de "feed-back".Il n'est pas nouveau puisqu'il date de la fin du dix-huitième siècle.Il consiste en deux sphères de métal fixées à des tiges pendulaires, et en rotation autour d'un axe que nous ferons horizontal pour les besoins de la démonstration.La force centrifuge tendra à éloigner les sphères de l’axe, tandis que des ressorts tendront a ramener les sphères vers l'axe.Nous aurons ainsi une position d'équilibre Supposons maintenant qu'un ingénieur ait calculé la vitesse angulaire de son moteur à essence de façon à obtenir un rendement maximum Connaissant la pesanteur des sphères et la force de tension des ressorts il peut déterminer la position d'équilibre en régime permanent.Le moteur, pour une raison ou pour une autre, subit une surcharge.Il ralentit forcément.La vitesse angulaire de l'axe décroît elle aussi, et la force centrifuge qui s'exerçait sur les sphères perd de son intensité.Elles se rapprochent donc de l'axe, attirées par les ressorts auxquels s'oppose une force moindre Dans leurs mouvements pour se rapprocher de l'axe elles ouvrent, au moyen de tiges appropriées, les valves d'entrée du combustible.La consommation plus grande de combustible augmente la vitesse et par conséquent l'énergie, de façon à passer le moment critique de la surcharge.Cette dernière enlevée brusquement, le moteur tend a s'emballer Les sphères tendent alors à s'éloigner de l'axe et, dans ce mouvement, elles ferment les valves d'entrée du combustible de manière à revenir au régime permanent.Nous touchons ici du dnjgt ]q fonction néaative du feed-back" Quand le système ralentit son mouvement, le "feed-back 1 accélère; quand le système accélère, le "feed-back" tend à ralentir La notion de feed-back" se retrouve en physiologie La cybernétique, comme nous l'avons vu, transpose volontiers dans les sciences de la vie le vocabulaire et les notions de la mécanique.Ainsi l'homoeostasie s'explique par une série de feedback” Les conditions favorables à la vie sur la terre sont très limitées Une auamentation de quelques dearés dans la température du corps indique la maladie.Un écart permanent de cinq degrés est incompatible avec la vie.De strictes quantités mesurent la pression osmotique du sang et sa concentration en ions hydrogène.Le corps élimine à mesure les produits de la digestion et de la combustion.Toute variation trop grande en ce domaine amène l'intoxication.Nos leucocytes et nos défenses chimiques contre les microbes doivent être maintenus à des niveaux adéquats.Le rhthme de notre coeur, notre pression artérielle, ont des limitations assez rigides.Le métabolisme du calcium ne doit pas amollir nos os, ni les pétrifier.Un ensemble de thermostats, de contrôleurs automatiques de la concentration en ions hydrogène, des Gouverneurs et leurs semblables diriaent notre économie interne Il était presque fatal qu'une science calquée sur des opérations humaines débordât sur la philosophie.Dans le cas de la cybernétique l'intérêt se porta sur les universaux Par quel processus intellectuel reconnait-on une personne, de face, de pro fil ou autrement 7 Comment reconnait-on un cercle; petit ou grand, suivant un angle droit avec son plan alors qu'il nous apparaît comme cercle, suivant un angle oblique alors qu'il nous apparaît comme ellipse ?Les exemples choisis ici mettent en cause le sens de la vision Le même problème surgit pour tous les autres sens.Ainsi l'ouïe reconnaît un motif quelconque, que ce motif soit joué par un piano, un violon, une clarinette Pour la perception par la vision, voici comment la cybernétique l'explique.Nous tendons à placer l'objet dans une position et une orientation standard, de façon telle que l'image visuelle que nous nous en formons en varie de la plus faible marge Chaque étape de la sensation visuelle a tendance a diminuer le nombre de neurones employés dans la transmission, et amène l'information de plus en plus près de celle qui s'est conservée dans la mémoire Nous centrons nos images autour du foyer d'attention et nous les réduisons plus ou moins à des contours, à un schème Nous comparons ces images une a une, avec celle qui s’est conservée dans la mémoire sous le nom de cercle" ou de 'carré" Nous avons là une façon grossière de mécaniser la notion de Locke, de continuité dans l'association 22 — h UTOMtJE 1954 tr - 4?orrn Et quant aux possibilités d'mtellinericè et de raison nement des machines, je trouve curieux de rapporter ici une phrase de Kant L'analogie lait réver Quand je place à la suite les uns des autres cinq points , c'est là une image du nombre cinq Au contraire, quand je ne fais que penser un nombre en général, qui peut être ou cinq ou cent, cette pensée représente une méthode" pour présenter dans une imaae" conformément à un certain concept un ensemble, par exemple mille, plutôt que '••ette imaae elle-même, difficile à parcourir des yeux et à comparer avec un concept.C'est cette représentation d'un procédé aénéral de l'imagination pour fournir a un concept son imaae que j'appelle schème pour ce concept.La notion de nombre n'est donc pas à proprement parler un concept, elle est un monogramme de l'imagination pure à priori un schème.Rien ne s'oppose en théorie à ce qu'une machine soit capable de schème", ou image schématique d'un concept Quoi qu'il en soit du futur, c’est par l'étude du problème des universaux que la cybernétique réalisa ses plus belles découvertes Au printemps de 1947, le docteur McCulloch et le mathématicien Pitts construisirent un appareil permettant à un aveugle de lire par oreille", c'est-à-dire de lire à haute voix un texte imprimé.Le lecteur habituel devenait machine.La production de tons variables au moyen de cellules photo-électriques n'est pas nouvelle Les sons que nous entendons au cinéma parlant dérivent en somme d’une variation de courant (variation amplifiée) d’une cellule photo-électrique La bande dite sonore sur le film lui-même contrôle l'éclairage de la cellule, et partant la voix ou la musique entendue.La difficulté, dans le cas de l'appareil de McCulloch, résidait en ceci .produire le même son pour toutes les formes de lettres, ou, ce qui revient au même, produire le son "a" pa-exemple, quelle que soit la typographie.D'une édition à l'autre la forme du a", et de toutes les lettres, varie considérablement en hauteur (songeons aux majuscules), en largeur, en épaisseur du trait.L'appareil, tout comme le sens central de la vision, devait pouvoir reconnaître le a" universel, si l'on peut dire.La réussite reposa, en fin de compte, sur une imitation" de la quatrième enveloppe du cortex visuel du cerveau Le cycle de performance se rapprochait de celui du rayonnement alpha qui, comme on l’a démontré par d'autres méthodes, est lui-même d'origine visuelle.Voilà certes une trouvaille qui justifie les grands espoirs de la cybernétique.Mais ce n'est pas tout.Appliquant au corps humain la technique des ingénieurs servo-mécani-ciens, Wiener et Rosenblueth ont cherché la période de vibration clonique, c'est-a-dire la contraction périodique d'un muscle sous une charge assez forte.Ils l'ont trouvée égale a 13.9 vibrations par seconde La découverte est importante au point de vue pratique et théorique.Le muscle, semblable à un circuit de résonance, possède une période de vibra tion qui lui est propre, et possède donc des analo-aies avec une machine, surtout avec les machines à calculer électriques.Une des conséquences de cette expérience fut de ramener les phénomènes d’inhibition a la mesure mathématique.Une inhibition complète signifie une multiplication par zéro, une inhibition partielle une multiplication par une faible quantité.La cybernétique ouvre de nouveaux horizons a la fois dans les sciences de l'homme et dans les sciences physiques.Des découvertes comme celles dont nous venons de parler, des réalisations comme la machine à intégrer des équations différentielles, l'établissent au premier rang de la recherche moderne.Son avenir est imprévisible.Son but est de remplacer l'homme par la machine.Aussi est-il opportun de se poser la question suivante : quels sont actuellement les avantages respectifs de la machine et de l'homme 7 D'abord, la machine est faite pour des opérations indéfiniment répétées, opérations presque sans rapport les unes avec les autres.La machine "oublie” à volonté toutes ses opérations antérieures, tandis que l'esprit humain n'oublie jamais complètement.Ensuite, l'esprit n'est pas semblable à la machine à calculer, mais plutôt comparable à une "opération” sur la machine.Nous avons vu plus haut que cette remarque a éclairé beaucoup de problèmes en psychopathologie et en psychiatrie.Les troubles naissent parce que un circuit a été trop de fois utilisé dans le cerveau.La machine n'a pas de ces faiblesses.Cependant, une grosse machine à calculer mécanique ou électrique consomme sous forme de chaleur une grande quantité d'énergie.L'augmentation de la température du sang, dans son passage a travers le cerveau, n'est que d'une fraction de degré.Aucune machine à calculer ne rivalise, même de loin, avec le cerveau au point de vue économie de l'énergie.Ainsi les appareils Eniac et Edvac utilisent, dans les filaments de leurs tubes électroniques, une énergie appréciable en kilowatts.Sans ventilation et sans refroidissement l'ensemble courrait à la ruine.Le cerveau mécanique ne secrète pas la pensée comme le foie secrète la bile, pour employer une expression chère aux premiers matérialistes, et il ne la transforme pas en énergie comme le muscle la transforme en activité.Nous demandons un renseignement à la machine à calculer, non pas de l'énergie.Au point de vue dimension, l'avantage est du côté de l'homme.Les machines à calculer sont énormes, et il est aujourd'hui impossible de réduire leur o Ir,mr.- o n Canadienne AUTOMNE 1954 — 23 dimension.Les mécanismes vivants tendent a occuper un espace moindre que leurs imitations mécaniques ou électriques.Ajoutons, pour être justes, que les mécanismes électriques conservent un grand avantage au point de vue vitesse.Nul ne contestera l'intérêt et l'utilité de la cybernétique.Les pilotes robots, les régulateurs de vitesse, les machines à calculer ultra-rapides, les ap pareils semblables à celui de McCulloch, tous les appareils de prothèse déjà possibles sont d'un grand intérêt pratique.Les esprits se divisent, comme toujours lorsqu'il y a extrapolation trop grande, sur la partie proprement philosophique.Une machine qui pense nous semble impossible.Pascal trouvait pénible pour l'entendement la théorie de Descartes sur l'animal, machine recomposable.La théorie de Descartes demeure toujours pénible.Si l'on parle de réaction intelligente et appropriée à une situation, ou encore d'un comportement intelligent dans un grand nombre de situations, on peut s'entendre.Mais de là à concevoir une machine aussi versatile, aussi apte à réagir intelligemment à toutes les situations, aussi universelle que l’homme, il y a une marge.Sans doute des tortues mécaniques peuvent chercher d'elles-mêmes un certain de-aré d’intensité lumineuse.Elles peuvent aller se nourrir, une fois la charge de leurs accumulateurs épuisée, à une source de lumière.Leur comportement est imprévisible, car l'homme ordinaire n'a pas une aussi grande sensibilité aux intensités lumineuses.Sans aucun doute on parviendra bientôt à les rendra sensibles au bruit, au degré d'humidité, etc Plus on auamentera le nombre de leurs sensibili-nous persévérons, malaré la fatigue, dans un travail pénible.Nous résistons en vue d'un but lointain, à la faim, à un mal physique ou moral, à des incitations comme la colère, le désir, etc.A moins rons-nous pour autant un être humain, un animal même ?11 est permis d'en douter.Dans l'homme existe un principe qui veille à contrôler nos réactions instinctives, à réagir contre elles au besoin.Ainsi tés" plus leur comportement deviendra imprévisible Mais elles réagiront toujours à un excitant extérieur, à des milliers d'excitants extérieurs si l'on veut.Au-d'admettre un déterminisme un peu trop simple, on ne peut considérer l'homme comme une machine qui "compense" ses réactions.On peut comparer l'automate à une courbe asymptote qui tend à se rapprocher de plus en plus de l’homme, mais ne l'atteindra jamais complètement.La machine à calculer, nous dit-on, opère comme le cerveau.Les cybernéticiens espèrent, par des coupures de courant, la faire penser".Veillons à ne pas abuser des mots.Je suppose qu'un problème aux données très nombreuses est soumis à la machine.Elle donne une réponse.Mais cette réponse, en supposant que les cheminements intermédiaires soient impossibles au seul cerveau humain, qui l'interprétera, qui l'utilisera sinon l'homme lui-même 7 Certes, en ce sens, la machine peut penser.Cette pensée sera toujours soumise à celle de son créateur : l'homme.2< AUTOMNE 1954 Re/gQ Tnme$tri-r* 4*85*i fan.[I s % j !v J .de l'est à l'ouest.dans toute l’étendue de OC vaste pavs (|u‘est le nôtre, un spectacle grandiose s’offrira à nos yeux.Mien que des millions de personnes en seront témoins, personne n y prêtera aucune attention, (l’est un miracle aujourd hui oublié, comme la plupart des merveilles de notre siècle.Il s’agit de la lumière électrique.hile brillera de millier- de lenêlres de ms villes, créant dans la nuit un décor fabuleux comme celui que présente ci-de-siis cette vue du port de \aneouver.hile sortira a Ilots par le- portes ouvertes de- batiments de ferme- de nos centres ruraux .sillonnera le ciel de nos aérodromes .et.partout, mm- permettra île terminer agréablement la journée par quelques heures de récréaiimi.ans.(lette compagnie a été une de- première- a apporter une suite de perfectionnements qui ont améliore nos svslèmes d'éclairage- v compris I ampoule au verre dépoli à l’intérieur, la nouvelle ampoule blanche au rendement supérieur qui diffuse une lumière plus douce et l’étonnante lampe fluorescente, économique et de longue durée, qui a entièrement révolutionné le sv-lème d éclairage de- u-ines.des établissements commerciaux et des bureaux.Notre compagnie a largement contribué a la baisse constante du coût de I éclairage d année en année.Il n’y a pas si longtemps, une ampoule de 60 watts coûtait bien près d un dollar, \ujnurd hui elle ne coûte ou environ le cinquième de ce prix et donne une lumière beaucoup supérieure.\ujourd hui.nous n'éelairons plus nos habitat ions dans le seul but de pouvoir vaquer à nos occupations: nous créons pour chaque pièce un svstème d éclairage qui mettra en valeur I élégance de notre ameublement.Nous avons intensifié I éclairage extérieur à un point oii les activités du jour peuvent être poursuivies sans encombre a toute heure de la nuit—qu il - agisse d’une partie de baseball ou du chargement des wagons-mari bandises.Canadian (.encrai hlceirie -e consacre à la fabrication d ampoule- électriques depuis plu- de soixante Dans l’intérêt du public.(’.encrai hlectrie a établi un In-stilut de l’éclairage où les autorités de l’industrie, des hôpitaux.îles hôtels et des municipalité:—et de tous les établissements où l’éclairage est particulièremenl impur tant—peuvent prendre connaissance des derniers per feetionnementsetdesmeillcurssystèmesd éclairage I n des pionniers des recherches en matière d'éclairage.Canadian General hlectrie ne man que jamais l'occasion de paver le chemin du progrès qui apportera au Canada un éclairage toujours plus abondant et plus efficace.CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED Siège social: Toronto Le plus finrirri et le plus important friltriennt d appareils électriques du Canada Re.¦ fi At IT 'MMf 1954 2b VOYEZ LES cJJppareilô de ^laboratoire O FISHER SCIENTIFIC COMPANY LIMITED 904-910, rue ST-JACQUES, MONTRÉAL Nous avons toujours en magasin un assortiment complet d'appareils de laboratoire pour l'enseignement des sciences.Une commande initiale vous convaincra de la haute qualité de notre marchandise.Prix modérés et livraison prompte .• AUTOMNE IW P T C a r a d: * n n 9 mrJ L'ÉTUDE DYNAMIQUE DES TARIFS D ÉLECTRICITÉ ET DE LEURS RÉSULTATS par René Laplante, Ing.prof.Pour préparer des tarifs, on calcule ordinaire ment leur effet sur une population statique tant de consommateurs, telle période de facturation, telle consommation moyenne, telle répartition de la consommation.On assiste par contre, surtout depuis 1945, à une ascension constante des consommations moyennes par abonné si bien qu'il suffit de garder le même tarif pendant plusieurs années pour constater un accroissement réaulier du revenu par abonné et une baisse correspondante du revenu par kilowattheure (Fiaure 1) Nous appellerons revenu MOYEN, le revenu par abonné, et revenu UNITAIRE, le revenu par kilowattheure.Cette influence de la consommation moyenne est connue de ceux qui étudient les tarifs d'électricité mais d'une manière plutôt imprécise.Avant d'en chercher une description plus explicite, con sidérons deux formes extrêmes de tarifs qui nous serviront de points de repère.Premier tarif : Tous les kilowattheures au même prix unitaire, pas de prime fixe ni de montant minimum.Avec un tel tarif, une hausse de 10 - dans 'a consommation moyenne accroîtera de 10% le revenu moyen par abonné mais n'aura aucun effet sur le revenu unitaire.Deuxième tarif : Un montant fixe par mois quelle que soit la consommation.Avec ce deuxième tarif, dit forfaitaire, le revenu moyen reste insensible à toute hausse de consommation mais le revenu unitaire sera réduit de 9,1 % pour une hausse de 10% dans la consommation moyenne.$ 3,00 SANS CHANGEMENT DES TARIFS DOMESTIQUES 79 50 1949 1948 1947 CONSOMMATION DOMESTIQUE MOYENNE en kWh par MOIS 3,0 * 2,5 2,0 1,5 IFig.I — Influence de la consommation moyenne de kilowattheures I AUTOMNE 1954 — 2" REVENU UNITAIRE par kWh REVENU MOYEN en DOLLARS par MOIS Nos tarifs domestiques se situent entre ces deux extrêmes; après une hausse de 10e- dans la consommation moyenne, le revenu moyen sera augmenté d une fraction de 10% et le revenu unitaire sera réduit d'une fraction de 9,1 Suivant la structure du tarif, l'INFLUENCE de la consommation sera plus ou moins grande.LE DEGRÉ D'INFLUENCE Prenons le tarif de l'Hydro-Québec a Montréal pour le service domestique Service domestique : prix net par mois.15 kWh ou moins .60 cents les 45 kWh suivants à 2,0 cents le kWh les 140 kV/h suivants à 1,3 cents le kWh le surplus des kWh à 0,8 cents le kWh Appliquons ce tarif à une population hypothétique d’abonnés comprenant une proportion de 10% de gros usagers et dont la consommation moyenne varie.Consommation Revenu Logarithme Logarithme Moyenne Moyen de la Consommation d u Revenu 7,1 kWh/mois $0,63 0.850 1,800 14,1 $0,69 1,150 1,839 28,3 $0,86 1,450 1,935 56,6 $1,27 1,750 2,103 113,1 $1,98 2,050 2,297 226,2 $3,19 2,350 2,504 452,5 $5,23 2,650 2,719 En prenant un graphique dont les échelles sont le logarithme du revenu moyen et celui de la consommation moyenne, on constate au à partir d une consommation moyenne de 50 kV/h la pente de la courbe est presque constante sur une grande distance, cette pente de valeur k sera appelée le FACTEUR D'INFLUENCE de la consommation moyenne sur le revenu moyen (Figure 2) ' .consommation moyenne initiale C' .consommation moyenne accrue R- .revenu moyen initial Ri revenu moyen accru Pour une pente constante, on aura la relation loa Ri loa R- k (log Ci loa C«) dont on tire : Ri R- (Cl C% La valeur la plus pratique de k, dans 1 ensemble, est celle qui correspond à 150 kWh par mois; elle est de 0,68 pour le tarif domestique de Montréal.On pourrait obtenir un résultat semblable en prenant le revenu unitaire en fonction de la consommation moyenne; la pente de la courbe logarithmique serait alors négative et égale à (k - 1), dans sa partie constante.LE FACTEUR D1INFLUENCE Zone utile 10 20 50 100 200 500 CONSOMMATION MOYENNE en kWh par MOIS /Fig.2 — Le facteur d'influence I mp-trio > e Cnnndienm ?» AUTOMNE 1954 COMPARAISON DYNAMIQUE CONSOMMATION MOYENNE en kWh par MOIS (Fig.3 — Comparaison dynamique de deux tarifsI r- .revenu unitaire initial ri .revenu unitaire réduit ri/r.(C.G.)K Un même facteur k peut donc servir à exprimer en même temps l'influence de la consommation moyenne aussi bien sur le revenu unitaire que sur le revenu moyen.COMPARAISON DES TARIFS ENTRE EUX Veut-on comparer deux tarifs a tranches, il faut multiplier les points de comparaison et, dans le tableau des montants facturés pour diverses consommations individuelles, il se peut fort bien que chaque tarif dépasse l'autre à tour de rôle.Il y a cependant un tarif qui rapportera plus de revenu au distributeur.Non seulement nous voudrions savoir lequel mais nous voudrions savoir dans quelle mesure.Connaissant le facteur d'influence k de chaque tarif, nous pouvons comparer les revenus moyens des deux tarifs à partir d'un seul point de comparaison; le facteur d'influence révèle ce qui arrive quand on s éloigne du point de comparaison (Figure 3).Le point de comparaison standard sera une consommation moyenne de 100 kWh par abonné par mois dans un groupe qui renferme 10% de gros usagers.On obtiendra ainsi un revenu moyen par abonné qui sera le REVENU STANDARD du tarif.Voyons maintenant comment calculer un revenu moyen à partir d'une consommation moyenne.Tout le monde sait que la consommation moyenne est la consommation totale divisée par le nombre de factures mensuelles; si l'on ne prenait que les kilowattheures dans les tranches inférieures à 200 kWh par mois pour les diviser par le nombre de factures, on obtiendrait une moyenne évidemment inférieure a la consommation par abonné; nous appellerons cette moyenne la DISPONIBILITE des tranches inférieures a 200 kWh.Le tableau suivant donne la disponibilité de différentes tran ches usuelles pour le point de comparaison standard.Disponibilité des tranches cumulatives Pour le point de comparaison standard; 100 kWh; 10% de gros usagers.Tranches Disponibilité Tranches Disponibilité 0- 10 kWh 10,0 kWh 0- 140 kWh 70,0 kWh 0- 20 19,6 0- 160 72.5 0- 30 28,4 0- 180 74,3 0- 40 36,5 0- 200 76,0 0- 50 43,4 0- 250 80,3 0- 60 49,0 0- 300 83,7 0- 70 53,6 0- 400 89,1 0- 80 57,4 0- 800 98,4 0-100 63,2 0-1000 99,9 0-120 67,1 Total 100.0 kWh t r I e H e C d r a di e < r e Revue Trime AUTOMNE 1954 29 REVENU UNITAIRE en CENTS par kWh 178,8 (C 100) abonne On trouve la disponibilité d'une tranche intermédiaire, soit celle de 60 - 200 kWh, en soustrayant la disponibilité de 0-60 kWh de celle de 0 - 200 kWh.Disponibilité de 0-200 kWh .76,0 kWL Disponibilité de 0- 60 kWh .49,0 Disponibilité 60-200 kWh .27,0 kWh A partir de ces données, on peut maintenant calculer le revenu standard du tarif domestique de Montréal Tranches Disponibilité Prix Revenu moyen 0- 15 kWl 1 14,9 kWh minimum 60,0 cents 15- 60 34,1 2,0 cents 68,2 60-200 27,0 1,3 35,1 surplus 24,0 0,8 19,2 100,0 kWh 182,5 cents H' .revenu standard .182,5 cents par abonné par mois.R .revenu moyen pour une consommation moyenne C.R R’(C 100)k 182,5 (C 100)':* cents par abonné.R.jure 3) h î la Le rapport des deux revenus sera formule R, R 0,98 (C 100)-°23 donne par Le revenu STANDARD du deuxième tarif est de 2\ plus bas que celui du tarif de Montreal Dans une révision de tarif ordinaire, la comparaison des revenus standard est souvent suffisante parce que la différence entre les facteurs d'influence est de l’ordre de 0,01 à 0,02.Dans l'exemple actuel, la différence de 0,23 accentue l'effet de la consommation.En bas de 92 kWh par mois, le tarif de Montréal donne moins de revenu, en haut de 92 kWh, il donne plus de revenu que le deuxième.Pour la comparaison des tarifs, on peut utiliser indifféremment le revenu moyen et le revenu unitaire.r .revenu standard unitaire (1,825 cents a Montréal) r .revenu unitaire pour une consommation moyenne C Supposons maintenant un autre tarif a comparer, dont la formule dynamique serait r r (C 100) k = 1,825 (C 100) ' ;I cents par kWh.COMPARAISON DES REVENUS - UNITAIRES 1,825 cents CONSOMMATION MOYENNE en kWh par MOIS (Fig.4 — Comparaison des revenus unitairesI 1C — r U TOM N F.; 95* Revije Cdnâdier ' e Trime: POURCENT du REVENU STANDARD d un TARIF 220% 200% -INFLUENCE- - DE LA - CONSOMMATION MOYENNE Standard 250 300 70 80 90 100 CONSOMMATION MOYENNE en kWh par ABONNE par MOIS (F/g.4a — Les formules du revenu moyen et du revenu unitairel Ceci est la formule du revenu unitaire pour le tarif de Montréal, pour le tarif qui lui est comparé, nous aurions .ri - 1,788 (C 10Q) " cents par kWh.( Figure 4).Le rapport des deux revenus unitaires est identique au rapport des deux revenus moyens.ri r 0,98 (C 100) ' Mises en graphique, les formules du revenu unitaire donnent des lignes ayant le même espacement que les lignes du revenu moyen.(Figure 4a).CALCUL DU FACTEUR D'INFLUENCE Pour trouver le facteur k d’un tarif, il faut connaître les revenus moyens correspondant a deux consommations moyennes nous connaissons déjà le revenu moyen pour 100 kWh, reste à calculer le revenu moyen pour une seconde consommation log R leg R' k (log C 100) Prenons C égal à 215,4 kWh par mois parce que le logarithme de 2,154 est Vs Pour calculer R , voici un tableau des disponibilités lorsque la consomma.ion moyenne est de 215,4 kWh dans un croup:- qui renferme 10 de gros usagers Disponibilité des tranches cumulatives : Consommation moyenne de 215,4 kWh 10°': x 51,4 480 pages Paris, Emmanuel Vitte éditeur, broché : 900 francs.Ce nouveau Manuel de Philosophie vise a satisfaire à deux exiaences qui apparaissent généralement comme difficiles à concilier d'une pad celle de s'adapter exactement au programme du baccalauréat et de faciliter la préparation immédiate de l'examen; d'autre part, celle de former R * • .o T ' m o t r ; esprit des étudiants et de leur donner le sens et le goût de la réflexion philosophique.De fait tout Manuel met en avant cette double exigence.Mais il arrive communément que tantôt ie souci prédominant de l'examen transforme le Manuel en instrument plus ou moins efficace d.e bachotaae et en compilation de recettes ou de plans" permettant (censément) à l'étudiant de faire toutes les dissertations possibles au moindre :isque tantôt que la préoccupation, plus valable et plus noble, d'initier vraiment à la recherche philosophique conduise à faire du Manuel pour jeunes étudiants un Traité pour philosophes déjà formés C'est le sort de tout Manuel de se heurter à ce double écueil.Il est cependant possible si c'est aussi dit-f:cile - de réaliser un équilibre entre les deux exiaences de la préparation pratique à l'examen et de la formation de l’esprit.Et c'est à quoi vise le Manuel que nous annonçons Acceptant le cadre dessiné par le programme officiel, il s'efforce de traiter les questions de ce programme dans un esprit à la fois philosophique et scolaire.Sous le premier aspect, les problèmes sont constamment replacés dans leur milieu historique, en vue d'en faire saisir le sens réel et la genèse nécessaire, par quoi les "théories" n'apparaissent plus comme de curieuses fantaisies de génies paradoxaux, mais comme des suites logiques de principes fondamentaux et d’authentiques expériences.- D'autre part, les arands courants contemporains, avec tout ce qu'ils apportent de nouveau dans la spéculation, sont constamment invoqués et confrontés aux thèmes traditionnels de la philosophie, afin de fonder chez l'étudiant ce sens critique sans lequel la philosophie n'est que pur psittacisme, et aussi de lui donner le sentiment fécond de la continuité qui s'affirme malgré tout sous les ruptures et les conflits de l'histoire.Du point de vue scolaire, les auteurs du Manuel veulent se tenir strictement dans les limites d'étendue qu'un Manuel ne saurait dépasser : s'il faut admettre une certaine ampleur pour dire tout ce qui est essentiel et le dire clairement et solidement, il faut aussi que l'étudiant soit capable, non simplement de lire en courant, mais detudier l'ouvrage mis entre ses.mains.C'est pourquoi les deux volumes ne dépasseront pas ensemble les 800 pages qui paraissent constituer le maximum possible pour le temps dont disposent les étudiants de la classe de philosophie.— De plus, pour aider le travail de l'étudiant, les auteurs se sont appliqués à marquer par tous les moyens typographiques possibles (mais en évitant les divisions trop menues, plutôt faites pour des estomacs indigents) les étapes successives des exposés et des discussions.On a enfin estimé qu'un souci de correction littéraire con- o!,e ad>•-0 AUTOMNE 1954 — 55 Connaissez-vous ENERGIE"?C'est une revue belge, publiée par l'Association îles C entrales Hlectriques Industrielles de Belgique.Ses rubriques techniques et d'intérêt général, telles que "Réflexes et Réflexions ."Science et Industrie ."Pages de l laonomie Générale" ont été conçues pour documenter ses lecteurs ingénieurs, techniciens, professeurs, étudiants sur tous les problèmes d'actualité.Rédigée en langue française, abondamment illustrée, ses livraisons bimestrielles auxquelles collaborent de nombreux spécialistes belges et étrangers, retiendront I attention du public canadien-!rançais, soucieux de se documenter sur I activité intellectuelle, économique ou technique du vieux continent, dans laquelle la Belgique joue un rôle hors de proposition avec sa superficie (30,000 km.carrés.S millions d'habitants).L'abonnement aux 6 numéros annuels: 180 francs belges (environ 4 dollars) Numéro-spécimen, sur demande, contre envoi de Si.00 par mandat-poste ou coupon-réponse Direction : Revue ENERGIE Rue du Truerenberg, 4, BRUXELLES, Belgique CEMEIVTO IL CEMENTO ARMATO — LE INDUSTRIE DEL CEMENTO —.Fondata nel 1904 dal Dott.G iovanni Morbelli Revue technique de la construction.Tous les mois elle vous offre : • les plus récentes études et expériences des savants italiens et étrangers les plus réputés • une description des oeuvres techniques les plus importantes et les plus intéressantes Abonnement : $5.00 RÉDACTION ET ADMINISTRATION Viale F.Testi, I - Milano 521 (Italia) Tél.: 278.040 56 — AUTOMNE 1954 Rev ,e Tri C-!- ad'gnne vaincrait les élèves sortant des classes de lettres 3ue parler français, même en philosophie, est a la lois un devoir et un plaisir, L'Analyse spectrale quantitative par la flamme, par R, MAVRODINEANU et H.BOITEUX.Un vol., éd 1954,, IG 9, 248 pages avec 218 figures.Paris, Masson 6 Cie.éditeurs, broché : 3,800 francs, cartonné 4,300 francs.La méthode d'analyse spectrale par la flamme, dit le Professeur Cabannes dans la Préface qu’il a rédigée pour cet ouvrage, est aujourd'hui une des méthodes les plus sensibles et les plus sûres dans une foule de domaines variés : bioloaie animaie et végétale, médecine, agronomie; analyse des eaux potables, des eaux minérales et des eaux industrielles, industrie des ciments, verres, porcelaines et iéfractaires; métalluraie du fer, du cobalt, du nickel, du chrome, du cuivre, du manganèse, du cadmium, de l'argent; composition des différents aciers et des alliages non ferreux, des laitiers; enarais naturels et artificiels; insecticides; vérification d^ la pureté des produits chimiques.De Rosmini à Lachelier : essai de philosophie comparée suivi de Antonio ROSMINI, L'Idée de la sagesse, traduction de Marie-Louise Roure.Un vol.: éd.1953, 7*/; x 5; 256 pages, Paris, Emmanuel Vitto éditeurs, broché : 800 francs.Le philosophe français qui a médité l'oeuvre de Lachelier et s'est familiarisé avec son style, ne peut manquer, quand il étudie Rosmini, d'être frappé par la similitude des problèmes que se posent ces deux arands esprits et par la parenté des solutions qu'ils en proposent, au point de s'exprimer souvent, sur les points essentiels, par les mêmes formules.C'est ce qu'on pourra vérifier, à la suite de M.Jolivet, par l’étude comparée des deux doctrines sur le problème de la connaissance, sur la question de l'être et sur celle de Dieu, d'où il ressort que le mérite de Lachelier a été de poser ces problèmes dans toute leur riaueur et que c'est sans doute obéir aux exi-aences de sa pensée que de la mener, sans en rien renier et au contraire en suivant son propre mouvement, jusqu'aux conclusions quelle appelait et dont l'oeuvre de Rosmini nous fournit, avec une richesse et une force admirables, les éléments essentiels.L'Idée de la Sagesse, de Rosmini, qui suit, en traduction française, la précédente étude, est l'un des plus beaux textes du grand penseur italien.Composée vers la fin de la carrière de Rosmini, elle est comme une synthèse de toute son oeuvre et en résume admirablement l'esprit.Livre du Centenaire de l'Institut Genèvois : Un siècle de vie Genèvoise 1853-1953.Un vol.éd.1953, ,-1/2 x 6, 250 pages.Genève, Institut National Genèvois, broché.Précis de Minéralogie, par F LAPADU - HAR-GUES.Un vol., éd.1954, 9 x 6V2, 312 pages, 69 figures, 4 planches hors-texte.Paris, Masson
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