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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1974-04-03, Collections de BAnQ.

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[" Pompidou mort, Alain Poher assume l intérim L'état de santé du président Pompidou était devenu un sujet constant de préoccupation depuis la rencontre qu\u2019il eut en Islande, l\u2019an dernier, avec le président Nixon.Le président français est mort hier ù 15 heures, heure de Montréal.II était originaire de l\u2019Auvergne, une des régions pauvres de la France.Son père était instituteur et sou grand-père paysan.Son association avec le général de Gaulle le mena aux plus hautes instances du pouvoir.Premier ministre du général de Gaulle, il lui succéda à la présidence lorsque ce dernier se retira de la vie politique.Héritier du gaullisme et du parti gaulliste (UDR), la présidence de M.Pompidou se distingua pendant les premières années par l\u2019absence de controverse majeure avec les Etats-Unis.Ce n\u2019est que depuis la guerre d\u2019octobre au Moyen-Orient que l\u2019on assistera à un regain des animosités entre Washington et Paris.Quant à l'élection présidentielle que le décès de M.Pompidou va inévitablement entraîner, tout indique que ce sera une lutte entre les forces de la droite groupées autour du parti gaulliste et les forces de gauche (communistes et socialistes).Pour être élu au premier tour, un candidat doit réunir 51 p.cent des suffrages.Lors du ballottage (deuxième tour) la majorité simple suffit.Quelques jours avant sa mort, M.Pompidou avait réduit ses activités officielles au minimum.Il avait annulé un voyage au Japon.L\u2019Elysée avait également annoncé le report possible du voyage prévu à Bonn.Sa rencontre avec le chancelier Brandt était considérée très importante puisque le traité d\u2019amitié franco-allemand prévoit des conférences périodiques au sommet.Le message do M.Messmer M.Pompidou est décédé à son do- PARIS (PA, PC, UPI, AFP) - Le président Georges Pompidou, un des personnages clés dans le maintien de la stabilité en France, est mort hier à l\u2019âge de 62 ans.On n\u2019a pas encore révélé la nature de la maladie qui a entraîné la mort, bien que l\u2019on sût plus ou moins depuis longtemps que le chef de l\u2019Etat français était souffrant.L\u2019Elysée n\u2019a jamais révélé la nature de la maladie de M.Pompidou et se montrait d\u2019ailleurs fort discret sur ce sujet.Sur le plan de la succession, le décès de M.Pompidou a entraîné la désignation du président du Sénat, M.Alain Poher, chargé provisoirement d\u2019exercer les fonctions de chef de l\u2019Etat.Dans un délai de 20 à 35 jours doit avoir lieu une élection présidentielle pour pourvoir le poste présidentiel d\u2019un titulaire élu (au suffrage universel à deux tours).M.Poher avait déjà exercé les fonctions présidentielles après la démission du général de Gaulle.micile particulier du quai de Béthume, à l'ile du Saint-Louis.Lu décès du président français a été annoncé par un communiqué signé par le professeur Jean Vignalou, le médecin personnel du défunt.Dans un message à la population, le premier ministre français, M.Pierre Messmer, a déclaré avoir appris avec douleur le décès du président de la République.Au nom du gouvernement, M.Mes=mer, a adressé ses condoléances à la famille du défunt.Le premier ministre a en outre affirmé qu\u2019il réunira aujourd\u2019hui le conseil des ministres.A peine la nouvelle du décès du président français avait-elle été diffusée par les radios et la télévision que des groupes d\u2019hommes et de femmes Voir POMPIDOU, page A 6 * Autres informations et commentaires en pages A 4-5-8 et H 1 m |h^\t- HH1 / I f 1, * ** : Y ¦ i ¦ 1 e*w m*MI is ft\tf '' ii i - 4 m i \"««ECU m 1 l -'em.:, m 4h a m A K w& .-%: ' : y: ; .-v Georges POMPIDOU Alain POHER 6 MONTREAL-METRO.15c Œ PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE MONTREAL MERCREDI 3 AVRIL 197A, 90e ANNEE.No 79, 142 PAGES, 9 CAHIERS.ABITIBI/CÔTE-NORD 20c m METEO @ m Aujourd'hui : généralement ensoleille Demain : passages nuageux et venteux par moments.\u2014 Max.: 45° - Min.: 35° Voir détails en page A 2 HBBg - ¦' Paragon et les Simard '\u2022y mam 1 m ¦ ¦ .m r % iM* I fi Bourassa is -y y # : S ¦ L.H WÊSÊÈ^^m r ' ¦ 2 i mm w.¦ T & ' WÊ ¦ s 'm n \\\\ % ^ j La apprete la réalité ¦y;.:: ï m - .ec/> BeLLE-sco.uA I À MCA MON CNC ' ET DONC LE I Ne/ev/ifaancine, cccs/ne pap I ALLIANCE A TBAN-MA&E LU! / MÈNE COUS/N GEëNAtW CE LA GAANOE TANTE VAN/èlE I ACAejOe PeT/teFele NE , ' / ucr/SE PfiûPÆ Aïeul /\t/ * .ON EST CCLLS/Ws) MCA/ *?o£o / t PAUL DESMARAIS président du conseil d\u2019administration ROGER LEMELIN président et éditeur é )V) / î( \u2022 \u2022 \u2022 Le CRTC en demande-t-il trop?Quelque peu émotive dans sa conception, la décision du Conseil de la radio-télévision canadienne (CRTC) d'affranchir Radio-Canada de toute publicité d'ici 1983 a suscité un peu partout des réactions non moins émotives.\u201cDécision irréaliste, prématurée, insensée\u201d, chuchote-t-on dans les coulisses de la Société d\u2019Etat et dans les officines des agences de publicité, et Ton a un peu raison.lion de la payer deux fois.La première fois, pour la publicité qui ne passera désormais que sur les postes privés, et la deuxième, pour celle qui ne passera plus sur le réseau d\u2019Etat, mais qu\u2019il faudra compenser par un budget de production doublé et peut-être triplé.Que veut le CRTC?Forcer le gouvernement à doter la Société Radio-Canada d\u2019un budget plus généreux ?M.Juneau se défend bien d\u2019avoir de telles visées, mais les mesures qu\u2019il propose pour \u201clibérer\u201d cet organisme du \u201ccarcan\u201d de la société de consommation placent le gouvernement devant cette obligation.Si Ottawa allait faire des difficultés, que se passera-t-il?\u201cNous aurions alors à trouver un compromis honorable, mais la loi sur la radiodiffusion continuerait à ne pas être honorée\u201d, répond diplomatiquement M.Juneau.Alors quoi, la directive du CRTC n\u2019est-elle qu\u2019un ballon d\u2019essai, comme le soupçonne l\u2019industrie de la publicité?ê t L#* 1 TCuis su fi çue to Auras un beau geste fbufi.Ton CouSi'N CfJë\u2019JSi /.7 U St N?./9 # L'idée du CRTC soulève divers problèmes techniques et financiers qu\u2019on ne peut analyser en deux traits de plume.Qu\u2019il suffise pour le moment de poser quelques questions.Côté technique: la Société Radio-Canada distribue ses émissions à 44 stations, ce qui donne à son réseau une envergure nationale.Mais sur ces 44 stations, onze seulement lui appartiennent en propre, les 33 autres étant des postes privés affiliés qui dépendent de l'annonce commerciale pour survivre.-7 \\ (Droits réservés) # Relever la qualité et la quantité de la production télévisuelle canadienne; satisfaire davantage au droit du public à l'information par l\u2019application de normes d\u2019éthique plus rigoureuses; éviter les interruptions publicitaires qui dérangent le déroulement d\u2019une émission ou vont \u201cà l\u2019encontre de son esprit\u201d: tels sont les buts louables que poursuit le CRTC et que Radio-Canada tente d\u2019atteindre dans la limite de ses moyens.Ne pourrait-on pas atteindre ces buts-là sans aller jusqu'à supprimer complètement la publicité à la radio et à la télévision?Si Radio-Canada cesse de diffuser des commerciaux, ces 33 postes devront voir à s\u2019alimenter autrement, et alors, comment la Société pourra-t-elle demeurer réseau national avec seulement onze postes?Comment pourra-t-elle rivaliser avec un réseau privé revigoré par un surcroît de publicité et qui, plus qu\u2019elle, pourra désormais jouir d'un rayonnement national?En effet, n\u2019y a-t-il pas lieu de craindre que Radio-Canada reste isolée avec une clientèle d\u2019intellectuels, le grand public passant en masse au réseau national privé?Côté financier: pour fonctionner.Radio-Canada dispose actuellement d'un budget annuel de S225 millions, plus S80 millions de revenus en publicité, et malgré cela le CRTC ne trouve guère \u201cvargeux\u201d le rendement: production domestique trop grêle, formules usées, information à repenser.Si la Société se voit privée de $80 millions, de quel pourcentage faudra-t-il majorer les budgets annuels de l\u2019avenir?Du double?Du triple?En avons-nous les moyens?Est-ce même la peine?De Gaulle aimait la France, Pompidou aimait les Français Améliorer la production sans augmenter le fardeau du contribuable supposerait un juste milieu entre excès et absence complète de publicité.Pour soulager le payeur de taxes déjà surchargé, ' ne serait-il pas préférable de réglementer la publicité de manière à en conserver les appoints tout en en dégageant davantage les émissions de prestige?rapports d\u2019amitié établis par de Gaulle, d'avoir réaffirmé la politique d'indépendance nationale établie par son prédécesseur notamment à l\u2019endroit des Etats-Unis, Georges Pompidou a eu le mérite d'avoir placé son pays à la tête du peloton au chapitre de la prospérité et de la croissance économique, le situant au troisième ou quatrième rang des pays industrialisés.Soulignons également que c\u2019est sous Georges Pompidou que le Canada et la France ont resserré leurs liens, après l'éclat du général de Gaulle, en 1967, qui les avait dangereusement distendus.Héritier de la querelle de son prédécesseur avec le Canada, le président Pompidou n'a pu immédiatement la liquider, d'autant moins que le premier ministre canadien ne lui facilitait pas les choses.Mais le replâtrage s\u2019est fait discrètement, sans que, malheureusement, la réconciliation ait pu se consommer au sommet avant sa mort Il faut souligner que si le président Pompidou ne manifestait pas aussi ostensiblement que de Gaulle son attachement au Québec, il en a néanmoins fait la preuve, sans éclat, de mille et une manières, mais toujours avec le souci de respecter la volonté du Québec de demeurer dans la confédération canadienne.En cela il ne voulait pas se montrer plus Québécois \u2014 ou plus autonomiste \u2014 que les Québécois eux-mêmes.Si de Gaulle a été l'homme exceptionnel surgi en des circonstan-c e s exceptionnelles, Pompidou aura été un président beaucoup plus près des Français, auxquels il s'identifiait plus facilement par ses origines, ses goûts, son mode de vie.On a dit de De Gaulle qu'il aimait la France mais non les Français.On pourra peut-être dire de Pompidou que s\u2019il aimait moins la France selon l\u2019idée que s\u2019en faisait de Gaulle, il en aimait davantage les Français.que de la part de ses adversaires politiques.Différent à tous égards du général de Gaulle, Georges Pompidou fut lent à s\u2019imposer et à trouver son style propre.Moins attiré par les grands jeux de la politique internationale et moins soucieux de se tailler une niche historique prestigieuse, Georges Pompidou s'attacha davantage à mettre de l\u2019ordre dans les affaires intérieures de la nation, dont il connaissait d\u2019ailleurs mieux les dossiers que son prédécesseur.Préoccupé de moderniser et de rendre plus compétitive l'industrie française, de débloquer la structure sociale et administrative de son pays, Georges Pompidou avait le souci de ménager le plus possible aux Français les heures et douleurs des mutations trop brutales, ce que ses adversaires interprétèrent souvent comme de l\u2019hésitation, de l'Indécision et même parfois de l\u2019indifférence.Il faut dire également que son action politique fut contrainte par la lourdeur sociologique d\u2019un régime qui avait une usure de onze ans quand II en hérita, une usure qui se manifesta notamment par une série de cas retentissants de corruption qui atteignirent les plus hauts échelons de son gouvernement.Durant les quelque cinq années de son mandat présidentiel, il eut également à affronter les tensions occasionnées par l'élargissement de la Communauté économique européenne et notamment par l'adhésion de la Grande-Bretagne, difficultés compliquées d une crise monétaire et d\u2019une crise pétrolière de grandes dimensions, cependant que durant les derniers quinze mois il dut gouverner atteint d\u2019une grave maladie qui devait précipiter sa fin.Outre d'avoir été le grand artis a n du rapprochement de la France avec la Grande-Bretagne, d\u2019avoir poursuivi avec l\u2019Allemagne, l'Europe de l'Est et la Chine les m : MARCEL ADAM ; La mort du chef de la mère-patrie ne peut laisser indifférents les Français canadiens que nous sommes, comme persistait à nous appeler le général de Gaulle.Même si le président Georges Pompidou n\u2019a pas eu pour nous des attentions aussi éclatantes que celles que nous vouait son illustre prédécesseur à la fin de sa vie \u2014 elles furent pourtant constantes quoique plus discrètes \u2014, il était le chef du pays de nos ancêtres et tout Canadien français bien né n\u2019est jamais sentimentalement étranger aux malheurs qui frappent le pays de ses origines.Georges Pompidou n'aura pas marqué l\u2019Histoire de son pays comme l'a fait son prédécesseur.Il n\u2019avait, pour ce faire, ni le calibre, ni le tempérament, ni le goût, et les circonstances ne s'y sont pas non plus prêtées.Il aurait peut-être pu être Jean XXIII succédant à Pie XII, il aura été Paul VI; et sans transition, c\u2019est-à-dire le collaborateur patient et discret succédant au maître d'universelle renommée.C\u2019est ingrat et Insurmontable.Ingrat à cause de la comparaison constante et toujours défavorable, insurmontable à cause de l\u2019héritage à préserver et qui laisse peu de marge pour la nouveauté et le réaménagement.Héritier, conservateur et promoteur du gaullisme, Georges Pompidou n'avait pas la liberté, sous peine de paraître trahir, d'être totalement lui-même et de gouverner salon son tempérament et ses idées; mais comme il n'était pas l'autre et agissait parfois différemment à cause de circonstances différentes, il eut à subir les censures des gaullistes inconditionnels, purs et durs, et son action subit presque autant de contraintes à l'intérieur de son parti Qui trouverait indécent d\u2019apprendre, au début et à la fin d\u2019une émission que cette dernière a été commanditée par X ou Y?Cela ne dérangerait personne non plus si, chaque soir, en début de soirée, on présentait une heure de publicité \u2014 rien que des commerciaux \u2014 comme cela se fait en France et en Italie.On dit que ces programmes de commerciaux ont beaucoup de succès et ont l\u2019heur de placer les publicitaires dans une situation d\u2019émulation fort bienfaisante, chacun voulant faire mieux que l\u2019autre et visant à se renouveler le plus fréquemment possible.L'expérience vaudrait certes d\u2019être tentée.La publicité est un problème: une bête indomptée du système: le cheval de bataille de Madison Avenue.C\u2019est vrai.Mais elle est dans la place.On n\u2019y peut rien.Elle est payée par tout le monde, quoi qu\u2019on fasse.Elle entre dans le calcul du prix de toutes les marchandises que nous achetons.Quand cette publicité va à une entreprise d'Etat comme Radio-Canada, elle contribue à réduire un peu le coût de production.Si on l\u2019élimine, elle ira enrichir l\u2019entreprise privée et le contribuable se trouvera ainsi dans l\u2019obliga- Jean PELLERIN Toujours Sa même rengaine On s\u2019étonnait déjà en mars de ce qu'une grève \u201cpuisse durer pendant presque 6 semaines\u201d, sans qu\u2019il soit permis de savoir où exactement se situe le problème.Il s\u2019agit de la grève du transport en commun à Laval.Hier encore, cet arrêt de travail, qui a commencé le 14 février, se prolongeait.Peut-être apprendrons-nous ce matin que la situation a évolué.La mauvaise humeur de 300 manifestants qui sont allés crier à l\u2019hôtel de ville qu\u2019ils en ont assez aura peut-être eu un impact suffisant pour mettre un terme à l\u2019impasse.On peut être d'avance certain que le bilan complet de l\u2019opération ne réservera aucune surprise de taille.Les grèves dans les services publics sont toujours un jeu à trois, et ses règles ne varient guère.Il y a d'abord la partie revendicative, appelée aussi partie syndicale, qui refuse de travailler à des conditions jugées par elle inacceptables.Les syndicats sont seuls juges de leur action (dans les limites du raisonnable) et des résultats de cette action.Si la lutte se termine par une \u201cgrande victoire\u201d (tous les conflits se terminent invariablement par une \u201cgrande victoire\u201d, même si les combattants ont leur opinion là-dessus) le public, lui.n\u2019a nullement l\u2019impression d'une \u201cgrande v i c t o i r e\u201d.Il écope d\u2019une double défaite: comme usager d\u2019abord, comme contribuable ensuite.Il est pénalisé par l\u2019arrêt du service.Il jugerait probablement tolérable un arrêt d\u2019une journée.Mais lorsqu\u2019il doit marcher ou se débrouiller avec des moyens de fortune pour atteindre le lieu de son travail, et qu\u2019il fait le compte de tous ses déboires, il se convainc rapidement que le jeu n\u2019en vaut pas la chandelle.Et il a raison dans toute la mesure où sa personne n\u2019a pas été créée et mise au monde pour servir d\u2019otage à des groupes de pression.La troisième partie au conflit, c\u2019est l\u2019administration publique.Dans la grève de Laval, on a supposé que l\u2019état des relations entre le maire Paiement et le président de la Commission de Transport, A.Lagarde, n\u2019avait rien pour faciliter un règlement.Ces péripéties d\u2019intérêt purement local n\u2019ont pas empêché les 300 manifestants de se tourner résolument vers l\u2019hôtel de ville, pour réclamer à grands cris une intervention décisive.C\u2019est à bon droit qu\u2019ils ont agi ainsi.L\u2019ennui vient de ce que le pouvoir d\u2019une simple municipalité n\u2019est pas souverain et que ses ressources sont encore plus limitées.A Laval, on estime à $6 millions la somme additionnelle qu\u2019il faudra pouvoir trouver.Où la trouver?Sous la \u201ccasquette\u201d du contribuable naturellement, que porte également l\u2019usager, pour les besoins de la cause.Tout le monde en ce moment achète sa paix, à n\u2019importe quel prix.Les prix du beurre, du lait, du pain, de l\u2019essence, etc.augmentent.Les prix de la paix sociale aussi.ce que pense LE LECTEUR bonne partie de la santé culturelle du Montréal anglophone est due à ces modifications.Progrès du français chez les anglophones On n\u2019entend parler d\u2019aucune discussion, négociation, conciliation .ceci depuis plus d\u2019un mois.C\u2019est un cri d\u2019alarme que je veux ici lancer.Gens de Laval, nous nous faisons proprement \u201carranger\u201d, et nous attendons passivement et gentiment que les parties se mettent sérieusement au travail.Nous n\u2019avons même pas droit à l\u2019information.Appelez à la Commission de transport de Laval : \"Aucune nouvelle, en grève.\u201d Téléphonez à l\u2019Hôtel de Ville : \u201cAucune nouvelle.\u201d Les media d\u2019information, non alertés, se désintéressent de la question.11 est reconnu que les taxes à Laval sont très élevées; n\u2019a-t-on pas droit à ce service essentiel qu\u2019est le transport ?Est-ce que la guerre Tétreault-Paic-ment va continuer longtemps sur notre dos ?On chuchote, parfois assez haut, que les personnes à la tête de la CTL, nommées par l\u2019ex-maire, M.Té-treault, sont en conflit ouvert avec l\u2019Hôtel de Ville.On parle d\u2019incompétence à la CTL.Les problèmes surgissent dès lors au niveau des structures de l\u2019école élémentaire.Le jeune immigrant, qui se débat pour maîtriser une seconde langue, requiert plus de temps et d\u2019effort dans l\u2019enseignement de l\u2019anglais diminuant ainsi d\u2019autant le temps nécessaire aux anglophones pour perfectionner la langue française.Chacun peut profiter des actions prises par le gouvernement provincial.Les écoles de langue française s\u2019enrichiront de la culture des immigrants tandis que les écoles de langue anglaise pourront développer davantage le bilinguisme en accord avec l\u2019implantation accrue de la langue française dans la province.11 ne faudrait pas enlever cependant aux anglophones le droit d\u2019être éduqués en français, si tel est leur désir.C\u2019est un secteur où la négociation est possible.11 faut espérer que la sagesse des gouvernants les amènera à reconnaître l\u2019importance de permettre aux anglophones de maîtriser la langue officielle de la province.Je ne suis pas bilingue et je suis devenu montréalais de ma propre volonté.J\u2019apprécie hautement l\u2019atmosphère et le dynamisme de ma ville d'adoption.J\u2019ai, de plus, la plus haute considération pour mes compatriotes de langue française.Educateur de carrière, j\u2019ai assisté à la croissance de la culture française dans les écoles anglophones.Le temps consacré par les étudiants à l\u2019apprentissage du français a doublé durant les quinze dernières années.Nos finissants ne sont peut-être pas totalement bilingues mais ils possèdent un vocabulaire suffisamment élaboré et les éléments de base de la grammaire française leur permettent de parfaire leur bilinguisme après un mois ou deux sur le marché du travail.Les anglophones s\u2019accommodent volontiers de la philosophie du bilinguisme.Plus de 40% des étudiants du Protestant School Board of Greater Montreal ont reçu un an ou plus de formation exclusivement française à l\u2019élémentaire.Le problème des immigrants est réel mais sa solution dépendra des lois qui seront proclamées.Actuellement l\u2019Immigrant, pour concilier sa culture avec celle de son pays d\u2019adoption, essaie d\u2019apprendre l\u2019anglais comme langue seconde et le français comme troisième langue.A la fin de ses études, il joint les rangs de la communauté anglophone et lui apporte quelques-uns des traits de sa culture d\u2019origine.La culture anglaise s\u2019en trouve modifiée et enrichie.Une Guy CORMIER Un voisinage difficile j Les ententes entre gouvernements sont toujours précédées de multiples rencontres entre groupes et entre individus.Il est, en effet, dans la logique des pays civilisés, surtout quand ils sont voisins, d\u2019échanger des pbints de vue.au moins avant d\u2019en venir aux poings.C\u2019est dans cet esprit que le service économique de LA PRESSE en collaboration avec le consulat américain a tenu hier un colloque sur les relations économiques canado-américaincs.Tout le monde sait depuis longtemps que les USA sont de plus en plus économiquement à l'étroit dans leurs frontières.Leur soif de matières premières est insatiable.Mais il y avait les immenses richesses du Canada qui ont été, jusqu\u2019ici, \u201ctrès accessibles\u201d et à portée de la main.Or, depuis une décennie le Canada a pris conscience des exigences de son avenir économique.Et ses velléités d\u2019autonomie en matières économiques ont d\u2019abord surpris les Américains, habitués à une telle docilité qu\u2019ils considéraient le Canada, pour toutes fins utiles, comme leur 51e Etat.Les pressants besoins des USA en ressources naturelles les rendent actuellement peu disposés à voir le Canada prendre des attitudes qui leur semblent \u201cséparatistes\u201d.M.Willis Armstrong, sous-secrétaire sortant pour les Affaires économiques au département d\u2019E t a t américain, qui était le conférencier invité au colloque de LA PRESSE, l\u2019a subtilement laissé entendre.Cependant, les sociétés multinationales ont transformé l\u2019économie mondiale et il est illusoire de tenter de revenir aux rapports économiques du 19e siècle, où une métropole transformait seule les matières premières de ses colonies.Des ententes bilatérales où chacun des partenaires y voit son profit sont maintenant à l\u2019ordre du jour.Mais il y a encore loin avant que la mentalité cryptocolonialiste soit transformée.Comme le disait le premier ministre Trudeau, lors de son voyage à Washington en 1972: quand on est dans le même lit qu\u2019un éléphant, ses moindres mouvements nous empêchent de dormir.Les Canadiens doivent donc empêcher l\u2019éléphant américain de trop bouger! L.HUTTON, Montréal Quoiqu\u2019il en soit, M.le Maire, il est temps que ce conflit soit réglé; la main énergique annoncée par l'équipe Paiement, lors des dernières élections, tarde à se faire sentir ! ! ! Cri d'alarme aux Lavallois ! Il se passe des choses curieuses à Laval, depuis plus de quatre semaines; la grève des conducteurs d\u2019autobus et employés de soutien dure et dure .dans le silence et le mutisme le plus complet.Suzanne Cummings, étudiante.N B.: Je prends note aujourd\u2019hui qu\u2019il y a eu la tenue d\u2019un vote à 98 p.cent pour la continuation de la grève.La première information que l\u2019on daigne nous transmettre.Ivan GUAY V LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 3 AVRIL 1974 A 5 pleins feux sur l'actualité Pompidou a gaulliste d'un mis en veilleuse le reve Québec indépendant y\\ par Pierre SAINT-GERMAIN L\u2019élection de M.Georges Pompidou à la présidence de la Ve République, le 15 juin 1969, aura pesé lourd dans l\u2019histoire des relations franco-québécoises: elle marqua la fin de la politique gaulliste en faveur d\u2019un Québec souverain et, du même coup, mit un terme à la guerre Paris-Ottawa déclanchée ouvertement par le général sur le balcon de l\u2019hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967.Bien entendu, M.Pompidou n\u2019a jamais avoué publiquement qu\u2019il avait résolument éteint ce que certains intimes du général, à l\u2019époque, appelaient \u201cla flamme de la libération du Québec allumée par de Gaulle\u2019\u2019.Cependant, des milieux proches de M.Pompidou m\u2019avaient confié, peu après son élection, qu\u2019il allait enterrer la hache de guerre brandie par le général contre Ottawa et mettre en veilleuse le rêve gaulliste d\u2019un Québec indépendant, allié de la France.Tout au long de la campagne pour l\u2019élection présidentielle, j\u2019avais tenté d\u2019interroger M.Pompidou sur la politique qu'il entendait mettre en application, advenant sa victoire, à l\u2019égard du Québec.Il ne répondit jamais aux questions que je lui avais soumises.Ce n\u2019est qu\u2019à sa première conférence de presse, en sa qualité de président, le 10 juillet 1969, qu\u2019il indiqua, en termes bien pesés, ses intentions à cet égard: \u201cLa France, qui n\u2019entend pas annexer le Québec, maintiendra avec les Français du Québec des relations étroites et très amicales, et il dépend du gouvernement d\u2019Ottawa considéré à l\u2019Elysée comme un tiède.Dans l'entourage de De Gaulle, on ne m\u2019avait pas caché la déception du général lorsque M.Bertrand succéda à M.Johnson.On espérait que M.Jean-Guy Cardinal, favori de De Gaulle, finirait par déloger M.Bertrand et reprendrait, avec l\u2019appui de Paris, la lutte pour la souveraineté du Québec.L\u2019espoir gaulliste fut déçu lors que M.Bertrand l'emporta, de justesse, sur M.Cardinal au congrès pour l\u2019élection du chef de l\u2019Union nationale.Ce jour-là, l\u2019un des gaullistes choisi par le général pour suivre le dossier Paris-Québec \u2014 il avait été maintenu à ce poste par M.Pompidou \u2014 médit: \u2014 Avec Bertrand, homme mou,\u2019 profondément fédéraliste, le gouvernement québécois ne s\u2019appuiera plus ¦ sur Paris dans son conflit avec Ottawa, ce qui va être bien accueilli par Pompidou.Et mon confident d'ajouter: \u2014 Mais le général ne désespère pas: il considère que les mouve- que ces rapports ne lui paraissent pas préjudiciables aux bonnes relations la France et Ottawa\u201d, avait-il déclaré en substance.Effectivement, la Ve république pompidolicnne poursuivit et, dans certains secteurs, élargit les relations franco-québécoises dont les assises avaient été établies sous de Gaulle dans la première moitié de \u2022 la décennie 1960-70.Mais, parallèlement.M.Pompidou manoeuvra discrètement pour éviter tout nouveau heurt entre Paris et le gouvernement canadien.Sauvé par Bertrand Il faut dire que la situation nouvelle dans laquelle se trouvait le Québec, après la mort de M.Daniel Johnson, aida le successeur de de Gaulle à aplanir le contentieux Paris-Ottawa.M.Jean-Jacques Bertrand, qui avait accédé au poste de premier ministre du Québec à l'automne de 1963 et était devenu chef de l\u2019Union nationale en juin 1969, peu après l\u2019élection de M.Pompidou à la présidence de la Ve République, était meats indépendantistes ont des chances de faire l\u2019unité, sous la direction de René Lévesque, qui peut lever plus haut encore que Johnson le flambeau de la souveraineté du Québec.Domaine réservé Alors qu\u2019il était premier ministre, donc exécutant de la politique conçue par le président de Gaulle, j\u2019avais été reçu par M.Pompidou, à l\u2019Hôtel Matignon, en compagnie du bureau de l\u2019Association de la presse étrangère à Paris, dont j'étais secrétaire général.Charmant, rieur, fin causeur, M.Pompidou \u2014 qui fumait autant que M.René Lévesque \u2014 avait fait avec ses interlocuteurs un tour d\u2019horizon de la politique intérieure française et des relations de Paris avec l\u2019étranger.Mais, sur la question du Québec, il s'était montré extrêmement discret.On sentait que cette question était le domaii, réservé du général et que même son premier ministre ne pouvai.l'aborder qu'en termes généraux.Lorsqu\u2019il prit la relève du général.M.Pompidou n\u2019écarta pas tous ceux que de Gaulle avait chargés de conseiller l'Elysée pour ce qui est des relations Paris-Québec, mais leur rôle devint de moins en moins important à cet égard.Il n'en reste pas moins que, sous le règne de M.Pompidou, le chef du gouvernement canadien n\u2019a jamais été accueilli à Paris.Peut-on croire que, sous la pression des fidèles du général, M.Pompidou n\u2019a pas voulu poser un tel geste, qui aurait sans doute été considéré par certains comme une trahison de la politique québécoise de De Gaulle ?Sur ce point, en tout cas, M.Pompidou aura tenu parole: mettre en oeuvre une politique de changement dans la continuité.Politique étrangère axée sur l'Europe La fin d'une grande époque pour la France .il 4 i quelques jours, le chef de la diplomatie britannique, M.James Callaghan, convaincu que les rapports personnels noués entre Georges Pompidou et Edward Heath appartenaient au passé, mais soucieux également de maintenir une entente qui est l'héritage commun des deux peuples, et qui a été scellé par la fraternité des armes.Avec Bonn, Georges Pompidou restait dans le droit fil de la politique gaulliste: considérer la réconciliation franco-allemande, sanctionné par le traité de coopération de 1963, comme la pierre angulaire de la construction européenne, même si la République fédérale allemande devenue puissante se sentait parfois à l\u2019étroit dans le corset européen.Crise de l'énergie Georges Pompidou avait prévu la crise énergétique, bien avant le dernier conflit du Moyen-Orient.Il confiait volontiers à ses familiers, alors qu\u2019aucune menace ne pesait sur les ressources énergétiques du vieux continent, que l\u2019ère de l\u2019énergie à bon marché était terminée, qu\u2019il en était de même des matières premières, et que, sauf à définir au plus vite une politique énergétique commune, l\u2019Europe industrielle était menacée d\u2019appauvrissement, et dans son plein emploi.Sa politique à l\u2019égard du Tiers monde, à l\u2019égard du monde arabe, son souci d\u2019assurer à l\u2019Europe et à la France des ressources énergétiques propres, s\u2019inspiraient pour une bonne part de ces considérations.Jusqu\u2019au dernier jour, les télégrammes diplomatiques lui ont été acheminés quai de Béthune, dans son appartement parisien des bords de la Seine.L\u2019homme est mort à la tâche.C\u2019est un mérite que ses adversaires étrangers lui concéderont.PARIS (AFP) \u2014 Jusqu\u2019au dernier jour, le président Georges Pompidou aura donné à son homme-lige, le ministre des Affaires étrangères Michel Jobert, les instructions qui avaient dominé sa ligne de conduite lors de son entrée à la présidence, en juin 1969: faire l\u2019Europe, une Europe des Etats, devant un jour déboucher sur une union, une confédération d\u2019Etats, garder un strict équilibre entre les super-grands, tout en proclamant la vocation occidentale de la France.& i s g El que la France contemporaine ait connu et produit.Du haut de sa stature de géant, il se plaçait tout naturellement à la hauteur des grands événements qu\u2019il eut à affronter, de la débâcle de 1940 aux troubles de mai 1963 en passant par le calvaire de la guerre d\u2019Algérie.A côté de l\u2019homme du 18 juin 1940.véritable héraut de l\u2019âme et du destin français, Georges Pompidou symbolisait le Français moyen un peu rondouillard, pratique, rusé, souvent matois, une sorte de paysan de l\u2019Auvergne qui connaît bien la valeur de l\u2019argent et retombe toujours sur des deux pieds.Gros bon sens Il était loin d\u2019avoir le panache de son prédécesseur.En fait, il manquait de couleur et le gros bon sens qui sortait de sa bouche était presque trop rassurant.Autant, sinon plus que les autres, le Français a besoin de sécurité; à tort ou à raison, il voyait en Georges Pompidou l\u2019illustration et la garantie de ce sentiment.A maintes reprises pendant sa dernière conférence de presse, il m\u2019est apparu comme le R am inagrobis du Bonhomme La Fontaine, un modèle réduit de sagesse concrète qui ne laisse jamais rien au hasard et sait suser à merveille des mois et des formules qui rassurent.Les Français se souvenaient encore qu\u2019en, mai 1968, il avait conjuré Vanarchie et avait eu raison contre de Gaulle.Dans les années qui avaient suivi, il avait mené se barque politique d\u2019une main aussi habile que ferme.Avec lui.l\u2019après-gaullisme possédait encore des promesses de durée.Lui parti de façon aussi sou daine, comment s\u2019organisera la succession et surtout comment se prolongera le régime qui donnait depuis quelque temps déjà des signes d\u2019essoufflement?La disparitio : de Georges Pompidou pourrait fort bien signifier pour la France la fin d\u2019une grande époque politique.par Cyrille FELTEAU Des hasards heureux ont permis que j\u2019assiste à la dernière conférence de presse du Président Pompidou à l\u2019Elysée, le 27 septembre 1973.Depuis des mois déjà, toutes sortes de rumeurs sombres couraient sur son état de santé dans les cercles diplomatiques, les salles de rédaction à Paris et en province.On le disait atteint d\u2019une maladie qui pardonne rarement, le cancer des os.Très bien placé aux tout premiers rangs de la.foule des journalistes qui se pressaient dans la salle des fêtes du palais présidentiel, je fus comme plusieurs autres agréablement surpris par son apparence de bonne santé ' de même que par la performance autant physique qu\u2019intellectuelle qu\u2019il donna ce jour-là pendant mie heure et quarante d\u2019horloge devant l\u2019oeil implacable des caméras de télévision.Pour l\u2019observateur profane, et homme à l'oeil vif, au teint coloré, qui paraissait en pleine possession de ses facultés, constituait une sorte de démenti vivant de toutes les rumeurs qui avaient couru sur lui.Et pourtant.Savait-il ou soupçonnait-il, à ce moment-là, que c\u2019était sa dernière conférence de presse télévisée et qu\u2019il ne lui restait que quelques mois à vivre?De Gaulle-Pompidou Ayant déjà vu son illustre prédécesseur, le général de Gaulle, en conférence de presse (à l\u2019été de 1955.en pleine \u201ctraversée du désert\u201d), j\u2019avais assisté, à l'hôtel d\u2019Orsay, à une rencontre du futur président avec la presse, sa dernière avant les événements de mai 1953), je ne pus m\u2019empêcher d'établir certaines comparaisons entre les deux hommes, extrêmement différents l\u2019un de l\u2019autre.Consacré monument historique de son vivant, Charles de Gaulle fut, sans conteste, le plus grand acteur, le plus grand tragédien politique 11 : .iBS > y _____.K 1 - , ; ¦¦ *¦ 1! ¦ Hf: .A | I a 11 : a i 'M .% ü : ;.S\u2019 , ' A Nous sommes des Occidentaux et entendons le rester, disait-il à ses hôtes soviétiques, à l\u2019occasion de son voyage officiel en URSS en octobre 1970.De la même manière, il se défendait devant ses familiers de tout anti-américanisme systématique et refusait de porter le chapeau, comme il disait, d\u2019une politique européenne qui fut hostile à Washington, convaincu que lui-même, ou son ministre des Affaires étrangères, disaient souvent tout haut ce que les partenaires européens de la France pensaient tout e H - M % rts m y 1 B»  ¦m bas.mi Scs instructions à M.Michel Jo-bert, lors du difficile débat de Luxembourg qui s\u2019achève, portent sa marque pour la dernière fois.Ne pas céder devant les péripéties d\u2019un changement de pouvoir en Grande-Bretagne, l\u2019alliée traditionnelle, refuser la remise en cause d\u2019un traité international, demander franchement, ouvertement, au nouveau gouvernement de Londres ses intentions à l'égard d\u2019une construction européenne entamée il y a vingt ans, et qui pouvait se passer de la Grande-Bretagne, à la condition que cela fût dit clairement.C'est dans ces conditions difficiles que Paris devait recevoir, dans I i El K.m ¦- $ \u2022:a îélôphoto UPI Georges Pompidou et Pierre Messmer, premier ministre de la France.Collaborateur de De Gaulle pendant 25 ans Collaborateur pendant près de 25 ans du général de Gaulle, Georges Pompidou a joué dans la vie politique française un rôle capital d\u2019abord comme premier ministre à partir d\u2019avril 1962, puis comme président de la république depuis le 15 juin 1969.Descendant de paysans auvergnats, il est né en 1911 à Montbou-dif, dans le Cantal.Fils d\u2019une institutrice et d\u2019un instituteur devenu professeur de lettres, il entre après des éludes secondaires très brillantes à l\u2019Ecole normale supérieure de la rue d\u2019Ulm, avant d\u2019être reçu à l\u2019agrégation ès-Iettres et à l\u2019Institut d\u2019études politiques.En 1935, il épouse Claude Cahour, jeune étudiante à la faculté de droit.De l'enseignement.Professeur au lycée Saint-Charles à Marseille de 1935 à 1938, il enseigne au lycée Henri IV à Paris lors-qu\u2019éclate la Deuxième guerre mondiale.Officier de renseignements du lltème régiment d\u2019infanterie, il est démobilisé en juin 1940 au sud-ouest de Limoges après avoir fait toute la retraite.Après quatre années de professorat à Henri IV, son ami René Brouillet le présente en septembre 1944 au général de Gaulle, qui lui confie une mission de liaison entre le ministère de l\u2019Information et son cabinet.Lorsque de Gaulle quitte le pouvoir en 1946, Georges Pompidou devient adjoint au commissaire général au tourisme et maître des requêtes au Conseil d\u2019Etat (section du contentieux).Simultanément, il donne des cours à l\u2019Ecole nationale d\u2019administration, pépinière des futurs cadres du régime, et surtout il devient un des collaborateurs de confiance, une sorte d\u2019éminence grise du général de Gaulle.Après l\u2019échec électoral de mai 1953, le RPF est mis en sommeil cl Georges Pompidou devient directeur d\u2019une des cent dix sociétés contrôlées par la banque Roth- PARIS I AFP I ! schild.Après des débuts difficiles, car la filiale qu\u2019il dirige lui parait sans avenir, il est admis en 1966 dans le sanctuaire de la rue Laffitte (siège de la banque des frères Rothschild).à la politique Pendant quelques mois, de mai à décembre 1958, M.Pompidou est directeur de cabinet du général de Gaulle, qui, en abandonnant Matignon pour l\u2019Elysée, le nomme membre du conseil constitutionnel.Au début de 1961, il est chargé par le chef de l\u2019Etat de sonder les dirigeants du FLN, préparant ainsi la négociation qui devait aboutir en 1962 à l\u2019indépendance de l\u2019Algérie.Mais sa véritable carrière d\u2019homme d\u2019Etat ne commence que le 14 avril 1962, lorsque, à la surprise générale, il est appelé par le général de Gaulle à la tête du gouvernement pour remplacer M.Michel Debré.Dès le 5 octobre 1962, malgré son inexpérience des débats parlementaires, il fait preuve d\u2019éloquence et d\u2019autorité lors de la bataille sur la motion de censure.Battu et démissionnaire, il est maintenu en fonction par le général de Gaulle.Elu en 1965 conseiller municipal de Carjarc, dans le Lot, où il a acheté et aménagé une petite ferme, il forme son troisième gouvernement après les élections présidentielles de janvier 1966.Lorsqu\u2019éclatent les émeutes de mai 1968, M.Pompidou est en voyage officiel en Iran, Dès son retour impatiemment attendu, il annonce la réouverture des facultés et des mesures d\u2019amnistie.Il signe en outre les accords de Grenelle avec les représentants des grandes centrales syndicales et du patronat.Mais la situation continue à se détériorer et il faudra toute l\u2019autorité du général de Gaulle pour rétablir l\u2019ordre dans le pays.Aussi, malgré le succès sans pré- cédent remporté par l\u2019UDR aux élections de juin 1968, M.Pompidou est remplacé le 17 juillet 1968 par M.Couve de Murville et mis par le général de Gaulle en réserve de la républiquepour quelques mois .Après le départ du général de Gaulle consécutif à l\u2019échec du referendum d\u2019avril 1969, M.Pompidou est élu le 15 juin 1969 au 2ème tour des élections présidentielles avec 53.2% des suffrages exprimés contre 41.79% à M.Alain Poher.Devenu chef de l\u2019Etat, M.Pompidou choisit un premier ministre gaulliste, libéral et social, M.Jacques Chaban-Delmas.En politique extérieure, il joue la carte européenne au sommet de La Haye ( décembre 1969) et tente de ressusciter avec M.Edward Heath .la vieille entente cordiale (entretiens de mai 1971 et mars 1972).L\u2019accord Brandt-Pompidou de février 1972 sur l\u2019union monétaire et économique européenne est un succès pour le gouvernement français.Pourtant, quand le président Pompidou tente de faire plébisciter sa politique lors d\u2019un referendum sur l\u2019élargissement de l\u2019Europe (avril 1972), les abstentions dépassent les oui.Cet échec relatif n\u2019est pas sans influencer le sommet européen de Paris d\u2019octobre 1972, où la solution française d\u2019union européenne ne rencontre pas le succès escompté.Echecs relatifs La crise mondiale du pétrole achève de compromettre le résultat de la politique française.Proposée par M.Pompidou pour répliquer à l\u2019accord soviéto-américain du 23 juin, et faire sentir le poids de l\u2019Europe au Proche-Orient, la conférence au sommet de Copenhague de décembre 1973 est détournée de son objectif par les nouveaux problèmes énergétiques.Le 19 janvier 1974, le gouvernement français prend la décision de laisser flotter le franc et le 24, M.Pompidou indique que la France se donne les mains libres.L\u2019isolement du pays va s\u2019accentuer avec la prise de position de M.Jobert à la conférence de Washington des pays consommateurs de pétrole de février 1974.Le ministre français des Affaires étrangères se dissocie de ses collègues européens en s\u2019opposant au plan en sept points proposé par les Américains.Sur le plan intérieur, la politique contractuelle dont M.Chaban-Delmas s\u2019êst fait le protagoniste piétine et de nombreux conflits éclatent, au cours de l\u2019hiver 1972 alors que la gauche occupe le devant de la scène avec l\u2019adoption d\u2019un programme commun (juin 1972).Le 5 juillet 1972, M.Pompidou accroît son emprise sur les affaires en prenant pour premier ministre un fidèle du général ayant relativement peu d\u2019expérience politique, M.Pierre Messmer.Lors des élections législatives de mars 1973.la majorité parvient à rétablir une situation menaçante, mais la gauche double le nombre de ses voix.M.Pompidou maintient M.Pierre Messmer à son poste.Il le maintient également en février 1974, après la démission du gouvernement.Le remplacement à l\u2019intérieur de M.Marcellin par M.Chirac (UDR) est suivie d\u2019une refonte presque totale de la police française.Avec un gouvernement plus restreint et plus actif, M.Pompidou espère raviver la confiance des Français, profondément atteinte par la crise économique (progression nulle du pouvoir d\u2019achat pour 1974).Mais son action est gênée par l\u2019effervescence électorale qui agite les milieux politiques, depuis le début de l\u2019année 1973, et qui s\u2019amplifie après les communiqués officiels sur l\u2019état de santé du président de la république (février et mars 1974) et l\u2019ajournement de son séjour au Japon (prévu pour avril).ESTIMATION ET DEMONSTRATION À VOTRE DOMICILE LE JOUR OU LE SOIR \u2022a*» I % K ^NOUVEAU 3sr ¦ Évitez â vos enfants des blessures causées par des vitres cassées 12 S » 11 a FENÊTRES D\u2019ALUMINIUM ETE-HIVER MODELE 1974 EN COMME D'HABITUDE 6 COULEURS Wm Morns & Fils est toujours le premiers vous offrir de nouvelles ^améliorations dans ses produits, FINI ?B EMAIL CUIT % ! \\Xi fi ! / A I / i ;i % $ / i 5 * l A GARANTIE MORRIS DEPUIS PLUS DE 48 ANS \"MARCHANDISE SATISFAISANTE OU REMPLACÉE SANS FRAIS\u201d FENETRES X COULISSANTES CHOIX DE 6 COULEURS FINI ÉMAIL CUIT * MORRIS Estimations gratuites CfFILS mime.U PWS GUAD NOM MU U DOMAINE KS POITES ET FENÊÎKS' : 342-3800 Soirs, fetes et fins de semaine 737-1960 FACILITES DE PAIEMENT NE PAS CONFONDRE AVEC LES IMITATEURS Anciennement sur Cote-de-Liesse.Maintenant à un seul endroit.5479, avenue Royalmount, V.M.R.SUCCURSALE K QUÉBEC 263, rue Saint-Paul.Quebec Te!.: 692-2127 1 ' ?rue a l'ouest du bout.Dccarie et de La Savane I i / I LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 3 AVRIL 1974 A 6 se terminant justement au 31 mars 1973 \u2014 donc avant la période citée par le contrôleur.Version étirée En dépit de ces évidences, M.Bou-rassa, en déposant la lettre de M.Lc-faivre à l\u2019Assemblée nationale, suite aux questions de l\u2019Oppposition en rapport avec la Paragon, affirmait que ladite lettre disait que \u201ctout avait été fait parfaitement régulièrement, selon les exigences stipulées dans les règlements\u2019\u2019.Le premier ministre, il est vrai, n'avait eu que quelques instants pour prendre connaissance de la lettre avant de la déposer.1 Les dernières volontés de Georges Pompidou Je veux ce que je vaux, pas un cent de plus, pas un cent de moins\" \u2014 Ken Dryden ¦ ! Signé : \u201cGeorges Pompidou\u201d.Août 1972.C'est sur une simple feuille marquée de son nom, Georges Pompidou, que le président avait écrit il y a donc un an et demi, ses dernières volontés.Il avait confié la lettre au secrétaire général de la présidence de la République, M.Edouard Balladur, qui Va rendue publique.Orvilliers, au sud de Paris, est un village où Georges Pompidou possédait une maison de campagne.Voici le texte, écrit de sa main, des dernières volontés du président de la République Georges Pompidou : \u201cJe veux être enterré à Orvilliers.Je ne veux ni fleurs, ni couronnes, ni monument funéraire, bien sur.Une simple dalle de pierre de taille, avec mon nom et les dates de ma naissance et de ma mort.\u201cUne messe sera dite à Paris à St-Louis en File.Elle sera chantée en grégorien\u201d.PARIS (AFP) -it.wnt 1m meilleurs oui exis- Bk y ENA
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