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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Perspectives
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1977-09-03, Collections de BAnQ.

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Déjà je me vois châtelaine, disposant des bouquets de roses avant que nos invités arrivent.Nous sommes si impressionnés qu'il n'y a plus d'hésitation, d'autant moins que les propriétaires nous sont très sympathiques.Mon mari, n'étant pas lié par ses affaires ici, se trouvera un mandat de travail en France et en profitera pour se reposer et voyager.Quant à moi je demanderai un congé sans solde pour études à l'université de Poitiers; les enfants n'auront qu'à changer d'école, et nous voilà partis! L'été se passe en préparatifs pour la grande aventure.Mon fils de 17 ans n'apprécie pas tellement le changement scolaire juste avant d'entrer au cégep.Ma fille de 20 ans fréquentera l'université avec moi et en est très heureuse.Poitiers n'est qu'à une demi-heure de train du château, nous dit le propriétaire._________ Le château de Pompirain, à Châtillon-sur-Thouet, département des Deux-Sèvres, en France.1 : r-Y?Æ»! I / ÉJ * ; .¦CT Cl 11 !l F* T.T -i-T T SI Il ^ lï II I «r ra \t il ri.h , P-U r :f \u2022J*.* 1** | fin- ir Faa TBt T k ¦ 1 ¦% & ' .\"\u2022AV r* 1/.-y 2 - 3 septembre 1977 Lézards et souris O surprise! O déception! Quelle ville grise que Parthenay! De plus, le ciel est couvert, le temps est sombre, et nous sommes tristes.Des maisons sales, alignées sans goût, sans souci des fleurs.Quelques personnes vêtues de noir marchent dans ces rues de béton.Elles sont courtes et trapues, le visage rougi par le vent.Nous sommes à 100 kilomètres de l'océan; il règne donc ici un climat maritime et je ne retrouve pas la douceur des paysages de Balzac que j'imaginais depuis toujours.Bientôt nous trouvons l'allée du château.Comme c'est différent de la photo! La grille est rouillée, le chemin cahoteux.Une vieille maison abandonnée nous fait de plus en plus redouter la découverte du château.Après 800 mètres, nous l'apercevons enfin, se jfj dressant dans une splendeur majestueuse et semblant nous attendre.Il est adossé à une montagne.Nous devons traverser un petit pont qui nous conduit à la porte centrale, où Roger et Marcelle nous attendent avec une certaine appréhension.Ils sont là depuis vingt ans.Ils habitent à côté, dans les communs, sans l'eau courante.Tous les matins, Marcelle part avec ses deux seaux et va chercher sa provision à la source.\"Mais pourquoi ne pas la prendre au château?lui demandai-je un matin.\u2014 Jamais que madame n'aurait permis!\" Qu'on est loin du Québec! Cette charmante femme deviendra mon amie et presque ma confidente.Je lui confie que je n'aime ni lézards, ni souris, ni rats, ni chauves-souris.Elle s'en amuse beaucoup.Elle et Roger sont habitués, tandis que je manque m'évanouir à la seule vue d'un lézard.Hier soir, il y avait une chauve-souris dans la chambre des filles; c'est Jean, vêtu de son imper, d'un chapeau et de lunettes qui est parti à la chasse.Là, c'était vraiment drôle! Déplus il n'y a pas de moustiquaires, seulement des mouches! Nous essayons de prendre le petit déjeuner dehors; peine perdue! Les abeilles envahissent le pot de confiture et les lézards nous passent entre les jambes, ce qui me fait frissonner.Mais on s'habitue.Ah, j'oubliais; il ne fait pas chaud dans ce château, même si Roger coupe tout le bois qu'il faut pour les deux cheminées qui chauffent presque 24 heures par jour, en plus des petites chaufferettes au gaz; malheureusement celles-ci brûlent tout l'oxygène et nous sommes très mal à l'aise pour dormir.Mais ce n'est pas grave, on va s'habituer.Car enfin il est magnifique, ce château! Les murs de la salle à manger sont recouverts de cuir de Cordoue, les meubles d'époque sont splendides, les lustres sont de cristal.Attention, il ne faut pas les allumer tous à la fois, ça fait sauter les plombs! Le salon est joliment décoré; de grands miroirs, des plafonds à la française, un piano Pleyel, un stéréo, une table de jeux pour nos longues soirées qui s'écouleront lentement, surtout pour Jean qui commence à tourner en rond.Il n'aime ni jardiner ni cuisiner.Il lit beaucoup et parle d'aller à Paris pour ses affaires.Mais Paris est loin.Ça va pour une fois mais, chaque semaine, ce serait long et fatigant.D'autant plus que nous serions privés de l'auto.Les filles et moi décidons d'aller confirmer notre entrée à l'université.Mais voilà! Pour nous rendre au train, nous en avons pour une demi-heure et, à Poitiers, une autre heure et demie de car, ce qui fait près de deux heures matin et soir.Ce n'est pas ce qu'on nous avait dit.Maxime est ravi de s'acheter une mobylette pour le lycée et commence à s'habituer à cette école, où les enfants s'émerveillent quand on allume l'éclairage.1 1 i rwt ¦ .[i i i \u2022 V m w Des cieux plus cléments \\ Je n'ai pas parlé de mes journées, qui sont bien remplies.Oh! je ne m'ennuie pas! J'adore cette vie à la campagne.Le château est situé dans un grand parc, au milieu de fleurs variées et d'arbres splendides.Le potager, en plus de centaines de poiriers, est rempli de légumes savoureux.La serre abrite des grappes qui fournissent six variétés de raisins, un vrai régal pour la famille.En m'éveillant, je descends préparer le petit déjeuner.Le feu flambe dans les cheminées.Dès 7 heures 30, Roger ouvre les volets et prépare les feux, que nous alimenterons toute la journée.Avec mon café je m'installe devant la fenêtre pour écrire.Vers 11 heures, je vais chercher les légumes qui serviront au déjeuner, que nous prenons vers 13 heures, après l'apéro, bien sûr.L'après-midi se passe à faire des courses, jardiner ou lire, et c'est bientôt l'heure du dîner, qui fait toujours l'objet de longs préparatifs.Le soir, nous passons presque deux heures à table.Comme c'est agréable! Tout est bon, et toujours accompagné de vin du pays.Il est maintenant 21 heures.Que faire seuls dans notre château?Roger et Marcelle sont déjà couchés.Il fait noir à ne pas mettre le pied dehors! Nous n'avons pas d'amis, nous ne connaissons encore personne.C'est long et compliqué, établir des relations en France.Alors, nous jouons aux cartes et écoutons de la musique.Tous les soirs c'est pareil: face à face tous les cinq, cinq adultes condamnés à vivre ensemble pendant une année.Nous ne voyagerons que pendant les vacances scolaires, ce qui nous rend très sédentaires.Corne je me couche tôt, je ne souffre pas des longues soirées, mais Jean ne tiendra pas longtemps à ce régime, je le sens.Au bout de trois semaines, il m'annonce qu'il aimerait passer cette année sous des cieux plus cléments.Comme nous avons des amis canadiens à Cannes, il m'invite à quitter Parthenay, où il pleut tous les jours, pour cette ville ensoleillée.Les sentiments qui m'envahissent alors sont confus.J'adore la Côte d'Azur, mais je sens que je n'ai pas encore exploité à fond la vie austère et presque contemplative que nous menons ici.En serai-je capable pendant toute une longue année, sous un climat gris, humide et froid?Je suis entourée de belles choses et ne me lasse pas d'admirer ce paysage, où cependant mon regard se bute toujours à la montagne.J'aimerais voir un peu plus d'horizon.Le vague à l'âme m'angoisse aussi quelquefois, et l'idée du soleil et de la Méditerrannée me réjouit.Nous partirons donc la semaine prochaine, au grand désespoir de Marcelle qui s'était déjà attachée à nous.Maxime devra changer de lycée et Madeleine, Suzanne et moi fréquenterons l'université de Nice.Les cours commenceront que fin octobre.Suite page 4 Vie de famille sur la terrasse du château Les aléas du voyage i Donc, le 1er septembre, départ à bord d'un 747.J'ai invité une cousine, amie de ma fille, à nous accompagner car le château est grand: 22 pièces.Le bagage est complet: vêtements pour chaque saison, guitare, disques, livres; nous croyons avoir pensé à tout.Le vol se fait sans histoire.A vrai dire, l'histoire commence en arrivant à Orly.De Montréal nous avions réservé une voiture mais, là-bas, pas de voiture! Il pleut et il fait froid.Ça commence mal.C'est drôle, les années précédentes, quand nous venions en France, il faisait toujours beau et chaud; il est vrai que c'était l'été.Dans le garage où l'on nous fait attendre, pas de chauffage.Il doit faire au plus 60°F et c'est très humide.On nous dit que nous n'aurons pas la voiture avant demain soir parce que.les papiers.Cependant l'on consent à nous en prêter une pour la journée.Nous reviendrons chercher les bagages demain.Chacun est un peu inquiet car nous n'avons pas vu le fameux château, et nous appréhendons une déception.Mais personne n'en parle.Le lendemain soir, départ pour Parthenay, ville du Poitou.Après une centaine de kilomètres, nous arrêtons pour manger avant de poursuivre la route jusqu'à Orléans, où nous coucherons.Nous sommes cinq dans la voiture, plus les bagages et la guitare, et il fait froid.Mais oui, il fait froid parce que la portière arrière de la familiale est ouverte! Nous sommes si tassés dans la voiture que personne ne s'en est aperçu, et nous constatons maintenant la perte de deux valises! Nous faisons demi-tour.Il est 22 heures 30.Peine perdue, nous devons retourner vers Orléans, deux valises en moins.Vers 2 heures du matin nous arrivons.Pas une chambre à louer; tout est complet.Vraiment, ce n'est , pas notre journée (ou notre année)! Cependant, un gendarme nous permet de coucher dans la voiture près du poste.Nous sommes écrasés comme des sardines, et il faut dormir car on a besoin de forces pour demain (l'arrivée au château).* Après deux heures de positions inconfortables, nous décidons de poursuivre la route et arrivons à Parthenay le matin, vers 8 heures 30.________________ 3 septembre 1977 - 3 ILawie de château! Un Gancia pour moi.Gancia.le vermouth rouge italien qui vous met le mieux en appétit.De Cannes.Nous avons communiqué par téléphone avec nos amis, qui nous trouvent un petit appartement à 800 francs par mois, ce qui ne déséquilibrera pas trop notre budget.Ledépart se fait à la pluie, avec les bagages et la mobylette sur le toit de la voiture.Déjà dans la vallée du Rhône il y a du soleil et le ciel est bleu.Tout le monde est heureux, sauf Maxime, angoissé à l'idée d'un nouveau lycée.Nous arrivons à Cannes par une pluie torrentielle.Je n'ai jamais vu le ciel aussi noir et bas; mauvais présage peut-être?L'appartement est situé dans un immeuble magnifique, mais c'est une résidence pour gens âgés.Cannes est une ville de retraités, de touristes, et ne possède ___ pas le caractère marqué d'un village français.C'est un endroit de passage, et les gens ne semblent pas intéressés à se lier d'amitié.Le climat est cependant agréable.Nous allons tous les jours marcher sur la plage ou explorer l'arrière-pays, qui est bourré de villages pittoresques.Beaucoup d'hôtels sont fermés en novembre et l'on ne retrouve pas l'atmosphère de vacances des jours d'été.Ce qui m'amuse le plus à Cannes, c'est d'aller au marché.Tous les matins, je pars avec panier et filet à provisions.Je reviens tellement chargée que je dois m'arrêter, chemin faisant, prendre un café sur la Croisette.Comme c'est agréable de s'asseoir et regarder passer les gens! Jamais plus ne reviendra ce temps, et pourtant, que c'est difficile la vie à cinq dans ce petit logement! Que de discussions inutiles! Nous couchons dans le salon, Maxime dans la salle à manger.Il n'y qu'une salle de bains.Chacun doit attendre son tour.Et l'eau chaude qui est au compteur! La concierge nous apprend que le montant à notre compteur est si élevé qu elle n'a encore jamais vu ça.Ah! ces Canadiens! Nous voyons beaucoup nos amis et commençons ensemble à nous demander ce que nous sommes venus faire rei.Surtout les hommes! On a voulu \"décrocher\"; c'est pénible pour un homme de 45 ans dans la force de l'âge.Jean se sent inutile, sans rien ni personne pour le valoriser.Voilà que mon mari vient faire les courses avec moi.C'est si peu son genre! Il a nouédes contacts à Cannes, mais les Français ne sont pas curieux, et le Québec, c'est loin; en somme, ce qui les intéresse, c'est la France.Un jour, je demande à Jean de m'accompagner à une conférence sur l'Espagne, afin de préparer voyage que nous y ferons à Noël.La salle ne contient que des gens du troisième âge, des têtes blanches.Personne de notre âge.Où sont donc les parents des enfants qui fréquentent le lycée de Maxime?Il y a pourtant 2 000 élèves au lycée Carnot! Alors Jean éclate: il perd son temps, il n'a plus rien à faire ici.La France, il la connaît bien, et enfin, vive l'Amérique! Vive le Québec! Il veut y retourner pour travailler, pour avoir de l'eau chaude, pour téléphoner, pour regarder la télé, pour avoir chaud dans sa maison.Il découvre qu'il est bourgeois et qu'il ne peut vivre sans son confort.Il découvre soudainement tous les avantages de vivre en Amérique du Nord.Il veut retourner et c'est tout! Qu'est-ce que je peux faire?Si je reste, je serai séparée de ma famille, car les enfants ont choisi de rentrer, eux aussi.Je m'incline amèrement, je reviens à reculons.Je ressens une impression d'échec, mes rêves s'évanouissent.Je n'ai pas eu le temps d'absorber le coup que c'est déjà le retour.Gancia \u2022v wni; V ÏJ'JJt ïl w Ip I- Jp L i I 1.11 .».\u2019 VERMOUTH HOSSO -L_ bo raaocs® DEPUIS - SINCE 1850 1 1 liWClAjl F LU .GANCIA & C SAVAS-SPA CANELU ITALIE Et comparez son prix.S3.25 35.20 onces S A Q.559B Au Québec.John de Kuyper est maintenant agent exclusif des 3 grands vins italiens Gancia: Vermouth\".Asti Spum'ante et Americano.à Saint-Sauveur Comme il est impossible de retourner vivre dans notre maison de Préville puisqu'elle est habitée par les châtelains de Pompirain, Jean me propose de louer une maison dans les Laurentides pour y passer l'hiver Donc, de Parthenay, téléphone et réservation d'un chalet à Saint-Sauveur-des-Monts.Nouveau départ pour Paris fin décembre.Vente de la mobylette, de l'auto, achat des billets d'avion, enfin c'est le retour un peu amer d'un séjour trop court.Aussi incroyable que cela puisse paraître, après deux heures et demie de vol, l'avion fait demi-tour vers Paris, à cause d'un moteur en panne! Il faut tout recommencer: sortir les bagages, la guitare, les disques.et attendre plusieurs heures avant de monter à bord d'un nouvel appareil, qui prendra huit heures pour atteindre Montréal.Mais la fin nous réserve des surprises.Pendant que nous nous installons à Saint-Sauveur, Jean se rend à Préville s'expliquer avec le propriétaire et négocier une entente.(Depuis six semaines il y a grève des postes en France.) \"Pas question! Les affaires sont les affaires \".Il quittera notre maison mais exige une somme compensatoire pour avoir abandonné le château: petite clause anodine dans le contrat passé à l'amiable au-dessus d'une bouteille de champagne en juin dernier, le 16 exactement.PS.Au moment décrire ces dernières lignes, j'aperçois, dans mon journal du matin, la jolie photo d'un joli château dans la vallée de la Loire.Cette fois, il est à louer.Idéal pour une année sabbatique.Eh bien, mes amis.je vous le laisse! La vie de château, c'est pas fait pour nous.# I 62b un La semaine prochaine Nous vous parlerons du moulin Denison qui a retrouvé sa jeunesse malgré ses 127 ans; de SIAL , une entreprise de vaissellerie montréalaise; de l'écrivain Roger Fournier qui s'interviewe lui-même et de l'Escadron de la mort, cette brigade policière qui fait la chasse aux hors-la-loi les plus dangereux.4 ¦ 3 septembre 1977 Si #3 igS m r : r ; j .\\ 0 BpSII m sg ¦ mm ¦ g ¦ *:-g ¦ ¦ ¦'J Nous comptons sur Luc Clément parce que vous comptez pour lui.mains répondent à nos normes de qualité.Et il prend le temps de nous signaler la moindre imperfection et de faire valoir son point de vue, parce que c\u2019est aussi le vôtre.\"J\u2019ai toujours été considéré comme un haïssable\", dit-il fièrement.Et c\u2019est justement ce que nous aimons chez lui.\"P\u2019tit train va loin\".c\u2019est ainsi que Luc perfectionné, l'assemblage des pneus Clément, assembleur de pneus radiaux est toujours confié à des spécialistes qualifiés comme Luc Clément.Avec ses 10 ans d'expérience, Luc peut faire ce qu\u2019aucune machine ne peut faire: penser, poser des questions, se soucier des gens qui rouleront sur nos pneus.C\u2019est pourquoi il prend le temps qu'il faut pour accomplir la centaine de gestes qu\u2019exige l\u2019assemblage de chaque pneu radial.Il peut ainsi s'assurer que les matériaux qui lui passent entre les à l\u2019usine Firestone de Joliette, résume son attitude au travail.En effet, Luc Clément sait que son travail constitue une étape cruciale de la fabrication des pneus radiaux.Il faut de la précision, de la dextérité et du savoir-faire pour réunir les différents éléments d\u2019un pneu avant que le tout passe à la vulcanisation.Et même dans une usine ultra-moderne comme celle de Joliette, où on utilise l\u2019équipement le plus firestone On aime le bel ouvrage.^Marque de commerce déposée.Firestone Canada Liée usager inscrit 1 ET _ ¦ î tel 1 i «mv/vVÜT: \" ' f % I 1 J Ci-dessus.Yves Saint-Vincent ramène ses veaux de race dans l'enclos, pour le sevrage d'automne; ci-contre Yves au volant de son tracteur.s \u2022 Zf ï 9» j œLACASERNE A LA FERME i Après avoir couru les feux pendant onze ans, \\iesSairt~Vinœnt_______________________________________ s\u2019est lancé, avec un succès étonnant,dans l\u2019élevage des bovins de reproduction d'assez cuisants souvenirs: par exemple, plusieurs quasi-asphyxies par la fumée, et surtout une assez grave faillit le condamner à la chaise roulante à perpétuité.Comment peut-on, sans préparation spéciale, après avoir mené la vie de sapeur-pompier pendant onze ans, se lancer en agriculture et y réussir en peu d'années, dans un secteur aussi spécialisé et concurrentiel que l'élevage des bovins pour la reproduction?De l'avis d'Yves Saint-Vincent, qui a passé toutes les épreuves, il faut d'abord, pour foncer, une certaine dose d'inconscience propre à la jeunesse, mais, par la suite, beaucoup de courage, une motivation et une détermination acres avec un cheptel de 200 magnifi- sans pareilles, une santé de fer, une ques bêtes de race \"Shorthorn\".\tfemme aussi forte et aussi motivée que Il y a six ou sept ans à peine, cet vous, un esprit toujours en éveil, homme courait les incendies dans l'Est certaines facilités de crédit, mais partie Montréal, à une époque où ce dessus tout du travail, encore du travail, secteur de la métropole passa bien près toujours du travail.d'être rasé par ce qu'on appelle encore Chose étrange, c'est l'amour des parfois, dans les gazettes, \"l'élément chevaux qui l'a poussé, insensiblement, destructeur\".Malgré les tâches haras- à s'intéresser aux bovins.Vers l'âge de santés que lui impose son nouveau 20 ans, après des études plus ou moins métier, notre ex-sapeur n'éprouve aucu- suivies à l'école Christophe-Colomb et ne nostalgie pour sa vie antérieure, au Mont-Saint-Louis, le jeune Yves peut-être parce qu elle lui a laissé prend la route de l'Ouest canadien et loue une petite ferme à Lanoraie sur laquelle il entend se livrer à l'élevage des bovins de boucherie.Il commence PAR CYRILLE FELTEAU Que peut faire un pompier de profession qui, passé la trentaine, décide tout à coup d'abandonner le boyau et la hache pour se lancer en agriculture, plus spécialement dans l'élevage des bovins de race?Il ne peut qu'échouer.ou réussir.J'en connais au moins un qui a réussi: Yves Saint-Vincent, 38 ans, qui, dans le rang nord de Saint-Cuthbert, comté de Berthier, règne maintenant en maître sur une bonne et belle terre de 300 par acheter deux veaux, qu'avec sa femme il couvre, pendant des mois, de petits soins.Enhardi tout à coup, et malgré les mises en garde de l'agronome du coin qui lui conseille fortement de s'orienter vers l'industrie laitière, américain où il s'engage comme cow- Yves Saint-Vincent opte pour l'élevage boy dans les ranchs et les rodéos.Cette des bovins de reproduction, domaine vie aventureuse, qui l'attirait irrésisti- qui l'attire d'instinct mais dont il n'a blement, aura une influence détermi- tout au plus qu'une connaissance fort nante sur sa vie et son orientation théorique, future.De retour de ces expéditions au long cours toutes accomplies grâce à l'auto-stop, il entre chez les pompiers et, déjà hanté par ses souvenirs de ranch, il achète une petite ferme sur laquelle il entretient quelques chevaux de selle qu'il loue à des amateurs.Ce deux vaches, ce qui porte son cheptel à n'est évidemment pas le Pérou, loin de .quatre têtes! Se croyant déjà éleveur là;mais il continue, en grande partie attitré, l'été suivant il se hasarde à les grâce à la compréhension et à l'appui\tprésenter à l'exposition régionale de la de sa femme, Lise, qui partage avec lui\tMauricie et remporte.le premier prix! un fort penchant pour les chevaux.Sans le savoir, il était lancé.Ce premier Après s'être renseigné à diverses sources, avoir beaucoup lu et observé, il AGRICULTURE SCLEROSEE Après les deux veaux vient l'achat de succès inespéré lui injecte une forte Suite page 8 6 \u2022 3 septembre 1977 - * #\u2022 V ¦ / .¦if.¦ V ¦ÿ V ¦ .: *¦* >56 >= >% j mi % xi :'/K \u2018 & i 3 % .Z \u2022ss ; P -\u2022 SSB üü% 'Ùt A Nr- :4l r« 2\" * ^ .iBei ?5E?\u201dX mm* :-\"r -> - il 4 z * -'Vi 1S|1|S@E1M ' -\"M -^-.?» .-.«** \" mïïë\t- ¦ El \u2022 * vm&n: X e* 'V sa» *41,\"net ^ - msm.Mi S3 ' illmm 2^3 mmgm mm \u2014\u2022' \u2014¦ '\u2022 M ».'\"\u2019m ,?I5 une douceur qui se coûte ° *\tJ , Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l\u2019usage\u2014éviter d'inhaler.Moyenne par cigarette-Format King Size: \"goudron\" 12 mg, nicotine 0.8 mg.Régulier: \"goudron\" 8 mg, nicotine 0.5 mg. I_____ \u2022 - r i .¦;.* ^ y?1 -, 5?i & _ m WTOr alasii; \u20221*t>i WW\u2019 ?II, V mai î» V4* >r Là mmiSiM r-.- t '4 , B.v \u2019V I y : i t J -VJ s?f.k, i.B & 1 > : ¦T*' u M : % M fc- m t P m Ses» V' [g; r I «y v ' r X> f/.r- * tes* t tv fl !-£ 'SJ g f m a E WM «\u2022 \u2022 jtf* m 5e- fjej yj -éàâ - H w mm ' r- 'T.1 4?PM0Ê- \\ & m .>.m, ¦ \u2022 \u2022 >1 I - ?Ü / i S if ~k ¦ mm mmm \\ PAR JOHANNE TREMBLAY Sur les bancs de l'école, un beau matin, ils fabriquent des bateaux de papier.Plus tard, sur le bord d'un étang, sur le rivage d'un lac, ils construisent consciencieusement des radeaux de branchages puis voguent doucement et imaginent quelque voyage.Lentement le rêve prend forme dans leur tête.Les magazines, les revues de bateaux s'empilent sur les étagères de leur bibl iothèque, ils se mettent à dévorer des bouquins d'histoires vécues, d'histoires d'océan, puis des livres techniques.Un jour, la décision est prise: ils construiront un bateau, un vrai, le leur.Suite page 16 14 ¦ 3 septembre 1977 Le goût naturellement léa K m & i.v k ' iffii a L#@ ||Ef ; m « a - vr La légèreté de la nouvelle TL n\u2019a rien de commun avec la douceur f - des cigarettes actuelles.>rK-iÿ'\tFaite d'un mélange nouveau de tabacs légers, cueillisau moment V même où ils sont à leur plus ti/ond, c'est la première ciga-:%&\trette à vous offrir cette quali- tèexceptionnelle.ungoùt naturellement léger! Pour les fabricants de la nouvelle TL, l'important ce n\u2019est pas le filtre.c'est le tabac.Et c'est bien naturel! .: m n ¦4 n I I F'.'i .A .oM 1 ' à il Y '¦«Eprfflg .y k» ik m il -;r*vy.%* 7 TABAC LÉGER \u2022j ÊÈàêàmà 'JBK DE MarkTen 25 CIGARETTES FILTRE KING SIZE La nouvelle \"TL\u201d .RÉGULIER ET KING SIZE Avis- Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croit avec l'usage-éviter d'inhaler.Moy.par cigarette.Régulier;goudrons 12mg, nicotine 0.8mg.King: goudrons 14mg, nicotine 0.8mg. Rêves en chantier après jour, leur gigantesque rêve.Jean le dit, les autres le diront aussi: \"Un bateau n'est jamais tout à fait terminé.\" Après huit ans de travail pour voir aboutir son rêve, Jean a ce regard tranquille du sage qui sait.La certitude du départ s'est gravée doucement, profondément, au fil des années.Son rêve de voyage est devenu plus fort que tout.Si fort que, confronté, il y a huit ans, à son épouse qui lui demande de choisir entre elle ou le bateau, Jean choisit le bateau.Il divorce.Lorsque Jean rencontre Christine deux ans plus tard, il lui fait visiter l'ébauche de son oeuvre.Christine se souvient en souriant des paroles de Jean: \"Toi, tu as l'air d'avoir de bon bras pour mon bateau.\" Depuis ce temps, Christine travaille aux côtés de Jean sur le voilier.Elle n'avait pourtant jamais rêvé auparavant de voyages ou de bateau: \"C'était son rêve, pas le mien.\" Puis, doucement, tout doucement, elle se fait à l'idée du départ, elle partage le rêve, elle a soudain envie de prendre le large; comme Jean, elle a hâte de partir.Pour Jean et Christine, les moments difficiles de toutes ces années semblent oubliés.Christine a vu longtemps dans cette embarcation une rivale exigeante.La jalousie s'était installée: \"C'est pire qu'une maîtresse, et ça coûte plus cher! Et encore, une maîtresse, i! aurait pu la laisser là, mais le bateau!.\" Les amis d'autrefois disparaissent peu à peu.Les copains d'hier ne comprennent pas cette vie que Jean et Christine ont choisie.Les amis, deyenus agents d'assurance, ingénieurs ou avocats, travaillent derrière un bureau, possèdent une maison, la voiture de l'année.Ils n'ont plus beaucoup de choses en commun avec Jean et Christine.Les ponts se sont coupés d'eux-mêmes.Jean travaille ici et là, prend des contrats de construction, enseigne la menuiserie.Il achète une voiture de cent dollars, ne possède aucun meuble.Tout l'argent gagné va à l'achat du matériel de navigation.Les seules dépenses extérieures sont réservées à la nourriture et à la location du terrain où se trouve le bateau-maison.Si les parents craignent pour eux, si les amis d'hier les ont traités de fous parfois, Jean et Christine ont vécu pour eux seuls une expérience émouvante.Ils ont enfanté doucement, souvent dans la douleur, un magnifique rêve.Un jour, la Polynésie, les îles du Pacifique les verront peut-être oublier tout à fait ces huit années d'attente.Henri croit que la plupart des rêveurs ne connaissent pas la quantité de travail, de sacrifices et d'argent qu'exige la construction d'un bateau.Beaucoup de voiliers échouent avant même d'avoir touché l'eau.La Cinquième Saison sera de ceux qui partent.Destination: Antilles, puis Pacifique.Ils se nomment Jean, Henri ou Yvon, Christine, Lorraine ou Lrancyne, Jimmy ou Léo.Ils ont dans le sang ou dans le ventre un goût du voyage, une envie de partance, un rêve d'eau! Chez ces gens-là, on n'achète pas le rêve, on le fait! Ils construisent de leurs mains des bateaux à la convenance de leur rêve.Ils y mettent le temps, ils y mettent l'argent.Ils sont ici ou là sur les bords du Saint-Laurent, sur une rive ou l'autre du grand fleuve, dans ces terrains vagues, loués ou achetés pour l'ébauche de leur rêve.Devant eux, des bateaux à moteur, des \"cruisers\" de luxe brillant, bien astiqués, amarrés aux quais des ports de plaisance.Tout un monde les sépare; les uns et les autres se côtoient sans se voir, ils ne se ressemblent pas.il flotte toujours un peu de poésie dans l'air lorsque l'on parle de bateaux, lorsque l'on évoque les voiliers.Pourtant les gens qui construisent des voiliers rencontrent des réalités moins poétiques.Les problèmes d'argent, le découragement, les contraintes familiales ou sociales font souvent du rêve un cauchemar.Le temps d'exécution se prolonge généralement au-delà de l'échéance espérée, la date du grand départ recule de mois en mois, d'année en année.Le rêve s'étiole parfois en chemin.Cela signifie pour certains l'abandon du bateau Des rêves à moitié achevés gisent alors sur les chantiers au bord du fleuve, avec, inscrit sur la coque: \"A vendre\".Pourtant, certains rêves résistent contre vents et marées.Des hommes, des femmes tiennent le coup, veulent aller jusqu\u2019au bout.Un jour, ils terminent leur voilier, ils prennent le large.Ceux-là refont, à rebrousse-temps, à contre-courant, les voyages des ancêtres; ils empruntent la route des héros et des pirates des livres de leur enfance.AVENTURE ET AFFAIRES posséder un bateau, le sien.Il veut le construire de ses mains.Un jour, il décide qu'il est temps de mettre son rêve à exécution.Des Antilles où il se trouve à l'époque, il vient vivre au Québec.C'est ici qu'il compte gagner l'argent voulu pour construire son voilier.Lorsqu'il arrive à Montréal, en 1974, Henri trouve du travail comme camionneur puis comme instructeur de navigation de plaisance avant de se faire embaucher pour divers contrats de travail plus ou moins importants.Tout ce temps il économise, avec toujours la même idée en tête, il rencontre un jour une Québécoise, Lorraine, qui comme lui rêve de voyages et économise pour partir vers un ailleurs imprécis.Un jour de 1976, Henri aperçoit, dans un port de plaisance, une coque nue portant l'écriteau \"A vendre\".Il a le coup de foudre et achète, avec, une partie de ses épargnes, le rêve inachevé d'un autre.Puis, de concert avec Lorraine, il fixe une date: dans un an, le bateau doit être terminé.Le départ doit se faire à l'automne 1977.Pour Henri, pour Lorraine, il n'y a pas de temps à perdre.Le rêve ne doit pas traîner en longueur.\"Sinon, on ne part jamais.\" L'échéance fixée doit être tenue et elle tient.Si Henri a imaginé, en son adolescence, construire un voilier en entier, s'il a aussi pensé, au départ, à un bateau beaucoup plus grand que la Cinquième Saison, il se résigne aujourd'hui à un rêve plus réaliste.Son idéal était trop vaste pour ses moyens réels; alors il se contente d'un bateau plus petit, qui lui permettra de voir venir plus vite l'échéance d'un rêve qui ne pouvait plus attendre.Henri ne s'est pas embarqué dans une galère.Pourtant, un bateau, même la coque déjà faite, demande encore beaucoup de travail.C'est ce que fait Henri depuis un an.Au début, il ne travaille que soirs et week-ends puis, en Plus loin, sur le même chantier que février, lui et Lorraine se mettent à Jean et Christine, Henri et Lorraine ont l'oeuvre à plein temps.En juin, ils mis quatre saisons à construire leur quittent leur appartement, donnent aux voilier.Ils espèrent partir à la cinquiè- parents et amis les choses qu'ils consi-me saison.Leur rêve jaune se nomme dèrent dorénavant inutiles.Ils s'installent sur leur bateau en chantier.Ici, ils Henri, né en Bretagne, connaît la n'ont plus ni téléphone, ni électricité, ni mer, les bateaux des amis.Les voiliers logement à payer.Ils n'ont de débourdes autres, il s'en contente un temps, ses à faire que pour la nourriture et la Mais, depuis l'enfance, il rêve de location du terrain au port de plaisance.Jimmy ne s'en cache pas: il construit un voilier en vue d'en faire une affaire.Il compte promener dans le Sud des touristes en mal de partance, il veut faire du \"charter\".Jimmy ne mêle pas sentiments et voilier, il est réaliste et rationnel: \"Avec du sentiment, t'auras jamais de bateau.Il y a des tas de sentiments à vendre sur le bord du fleuve.\" Jimmy a justement acheté l'année dernière un de ces sentiments, une de ces coques abandonnées.ii a obtenu d'un rêveur dépité une coque gigantesque, pour le tiers de son prix normal.Il prolonge le rêve d'un autre et en fait son affaire.Tandis que son frère noue déjà contact avec des agences de voyages pour trouver les clients du charter, Jimmy, lui, construit et aménage le bateau.En attendant le départ, prévu pour le printemps prochain, il travaille, mange et dort à bord: \"C'est plus commode.\" Même si, à part la coque, ce qu'il reste à construire coûte très cher, limmy ne semble pas connaître de réels problèmes financiers.Pour arriver au bout de son projet, il doit pourtant faire des compromis, laisser tomber des tas de choses.Il sacrifie vêtements, sorties et femmes.Plus tard il dira: \"75 p.c.des fausses couches de bateaux sont dues à des femmes.\" Si froidement déterminé semble-t-il être dans ce projet de charter, Jimmy rêve pourtant de faire un jour le tour du monde.Pour le moment il cherche tout simplement à concilier son besoin de faire de l'argent et son goût de.l'aventu- re.UNE FEMME OU UN BATEAU EN LIBERTE SUR LE FLEUVE LA CINQUIÈME SAISON Jean et Christine sont de ceux qui s'accrochent.Ils ont 40 et 30 ans.En 1968, Jean commence la construction de son bateau.En 1977, il est toujours à le construire mais espère pour bientôt, pour très bientôt, le grand départ.L'Exocet se dresse, énorme, presque effrayant de grandeur, ancré, peut-être enraciné après tant d'années, sur de solides piliers de bois.Jean et Christine vivent sur ce bateau, ils y dorment, ils y mangent.Tous deux fignolent, jour Petit garçon, Léo habitait derrière le port de Montréal.Il traversait le pont pour se baigner sur l'autre rive du fleuve.De là, il voyait mieux les bateaux.Plus tard, durant la guerre, il s'engage dans la Marine.Lorsqu'il revient, son goût de la mer et de l'aventure est disparu.Il ne lui reste qu'un intérêt toujours plus vif pour les bateaux.Il en construit un, le garde cinq ans, puis le vend.Il s'occupe ensuite d'un club nautique.d'ailleurs la Cinquième Saison.16 ¦ 3 septembre 1977 Native de Saint-Pierre-et-Miquelon, l'épouse de Léo ne peut concevoir la nécessité d'un bateau que pour le travail en mer.Elle a vu son père, ses frères, oncles et cousins partir pour la pêche.Là-bas, le bateau sert au travail et non à la navigation de plaisance.Pour l'épouse de Léo, le bateau est dangereux: ces mêmes père, frères, oncles et cousins sont sortis, un jour, en mer et ne sont jamais revenus.Pourtant, Léo a baptisé son voilier le Béarn, du même nom que le bateau du père de son épouse.Léo semble tranquille, il connaît la vie sur la mer, il n'a plus besoin d'aller voir.Le fleuve le contente.Sa satisfaction, il la trouve dans la fabrication du voilier et non dans le voyage.chose qui doit arriver\".Alors tous les cinq partiront vers l'Australie.Le grand départ se fera bientôt.Peu importe que ces voiliers soient de bois, d'acier ou de ferro-ciment, ils appartiennent déjà à un monde différent de celui que l'on touche avec ses mains.Ceux qui les construisent bâtissent des rêves.Sans même être partis, tous ceux-là et bien d'autres ont déjà largué les amarres.Se mettre à construire un rêve, aussi dispendieux que puisse l'être un voilier, c'est déjà se couper de la vie à térre, c'est vivre autrement.Ceux-là qui ont construit des voiliers se sont engagés totalement, souvent durant plusieurs années, dans un rêve qui, au bout du compte, s'avère incertain.Certains d'entre eux reviendront peut-être, après une première tempête en mer, désillusionnés.Car, malheureusement, ce n'est pas parce qu'on construit un bateau que l'on devient marin.La merest aussi exigeante que la terre, à sa manière.Elle ne demande pas de payer le rêve en argent mais en force d'âme et de corps.Pour ceux qui passeront l'épreuve sans cauchemar insurmontable, le rêve, alors, deviendra réalité* voilier.Il croit que c'est le meilleur moyen de concrétiser à peu de frais son goût du voyage.Après sept ans de travail, \"par bourrées\", il termine un Novynyk magnifique.Il résoud ainsi à la fois le problème du logement et celui du \"voyagement\".Le.bateau maintenant terminé, en instance de départ, ancré dans les eaux du fleuve, aura finalement été, selon les aveux mêmes d'Yvon, le choix de \"voyage à peu de frais\" le plus dispendieux.Malgré tout, Yvon et sa femme Francyne sont allés jusqu'au bout.Il y a un an, Luc, frère d'Yvon, et Louise, soeur de Francyne, décident de faire partie de l'équipage.Ils aident à l'appareillage et vivent sur le bateau avec Yvon et Francyne.Luc et Louise attendent un enfant mais partiront quand même avec le bébé.Pour Yvon, le départ, c'est \"quelque Aujourd'hui, Léo a une cinquantaine d\u2019années et six enfants, dont la plupart sont mariés.En 1971, son rêve de bateau est toujours aussi intense.Il se remet à la construction d'un voilier.Il s'isole et laisse tomber tous ses autres loisirs II fabrique tout de ses mains.Son bateau peut naviguer depuis trois ans; pourtant, Léo ne part pas vers l'océan.Il fait de petites promenades sur le fleuve et fignole sans cesse son oeuvre.Même amarré au quai du port de plaisance, Léo a cette impression de tranquillité et de liberté que donne le voyage.Au cours de ces longues années, son épouse trouve le bateau bien accaparant Léo concilie de son mieux le temps de travail sur le bateau et le temps de présence auprès de sa femme.BIENTÔT CINQ A BORD De quatre copains du début à avoir construit ensemble quatre coques, il ne reste qu'Yvon pour le grand départ.En cours de route, depuis sept ans, les autres ont vendu soit la coque seule, soit le bateau entier une fois terminé.A trente-trois ans, Yvon réalise un rêve vieux de dix ans Ce rêve, il n'est pas fait tant de bateaux ou d'océans que de voyages.Yvon ne connaît pas la mer et n'a jamais navigué.Un jour, il choisit pourtant de se construire un Consultez votre constructeur au sujet du Système de Super-Isolation.l\u2019économiseur permanent de chaleur et d\u2019argent! 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SUPER-ISOLÉE AVEC LE REVÊTEMENT ISOLANT STYROFOAM* DOW CHEMICAL OF CANADA, LIMITED * \u2022U*guedkw6idiTbiDoi.OwKUCom»«n, ¦'Si- Même les amateurs deviennent experts \u2014 Tout ce qu\u2019il vous faut savoir sur la culture des plantes d\u2019intérieur a Le grand départ ¦*5: .7 \" -X i i & $ E-* V\t\\ \\ v - ' __\t*4: t?-V.,A 4 I \u2014 # -, Bk ¦ ' m i .17 l V \u201cj ë l LE GUIDE COMPLET DES PLANTES D\u2019INTÉRIEUR il' Joan Lee Faust B Traduit de l'américain par Marc Meloche.Les plantes d\u2019intérieur donnent à votre foyer un aspect de chaleur et d\u2019hospitalité.Ce beau livre, débordant de renseignements pratiques, vous montrera comment mieux en prendre soin, comment entreprendre un jardin intérieur.y ¦ \u2022\tLe livre décrit en détail plus de 100 plantes diverses, leur lieu d\u2019origine, la manière de les faire pousser et de les soigner.Il identifie chacune par un dessin en couleur aux traits exacts.\u2022\tIl indique pas à pas comment préparer vous-même les mélanges appropriés d\u2019argile, sable et humus nutritif \u2014 les mêmes qu\u2019emploient les jardiniers professionnels.\u2022\tPlus de 150 vignettes hors-texte, dont plusieurs illustrent des procédés importants: interposition de couches d\u2019air, taille des racines de plantes nouvelles, procédure appropriée de mise en pot.\u2022\tTable alphabétique complète et glossaire explicatif des termes techniques employés.\u2022\tAu total, 262 pages regorgeant de tout ce qu\u2019il vous faut savoir pour faire pousser chez vous de belles plantes d\u2019intérieur.Si vous en cultiviez déjà ou si vous songiez à le faire, voici enfin le manuel que vous attendiez.LES EDITIONS OPTIMUM LTEE.C.P.4090, PLACES D'ARMES, MONTREAL, QUEBEC, H2Y 3M1 Envoyez-moi.s.v.p.exemplaire(s) du GUIDE COMPLET DES PLANTES D'INTERIEUR, à S7 95 Si je ne suis pas satisfait, je peux retourner le GUIDE dans les dix jours contre remboursement entier.?\tFacturez-moi plus tard (plus de légers frais d'expédition) ?\tChèque ou mandat ci-joint (à l'ordre de Perspectives) (L'éditeur acquittera les frais d'expédition) ?\tPortez à mon compte Chargez ou Master Charge (plus de légers frais d\u2019expédition) B X N'attendez plus, envoyez ce coupon sans tarder.A: Les Editions Optimum Ltée C.P.4090, Places d'Armes Montréal, Québec H2Y 3M1 Pour seulement $7.95 procurez-vous ce magnifique guide complet des plantes d'intérieur.Délai de 3 semaines pour la livraison.% M.Mme Mlle S Adresse .Ville.App .Code.Province.Signature P46JD97JL _J 18 - 3 septembre 1977 Mm WÈÈÊÊÊÈË \\ \\r \\ '¥6% % ^90 ¦ .i IV I * m , x a# R«b T ?» is# .i ( iik T < V# 19 r*\\ * U YfjcÀilUMz jouÂoufo de fflotfofCoirt/jfy'UHcüb'^Uùxam! m # Mé Mothercare.enceinte-pour votre nouveau-né et vos enfants Nous l'avons inventé rien que pour vous, votre jusqu'à l'âge de 10 ans! 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