Reflet de société /, 1 janvier 2008, Juin - Juillet
f letdeSociété Vol.16 n°5, été 2008 PER BAnQ Transformation extrême à la Mission Bon Accueil Afghanistan - Une société à rebâtir 9GVWjf!\ on U 3S83S mm ooîrauioi ™ m suz TfticiiUK nmonaa toi m su sna sn si sw s o «t I Wi Q3IS3G0Hd gS^® 9 pet'* de^'e |jiFlïT©$MIÉlÉ Taxes et livraison incluses pour tous ces items l'intervention de crise !S d'une personne suicidaire Total Au Café Graffiti 4233 Ste.Catherine est Montréal,(Québec) H1V 1X4 www.refletdesociete.com (514) 256-9000 €ÊSffli, r Journal de la rue EDITION DVD Spectacle Hip-Hop et orgues classiques 25$ 13,50 $ BLANC Guide sur le suicide 7,50$ Pour nous aider à les aider.Documentaire sur le bénévolat 25$ net Un regard différent sur notre société Des témoignages, des partages.Ce qu’ils ont vécu.Comment ils s’en sont sortis.Des organismes pouvant aider et intervenir.Ce qu’ils font, leur coordonnées, un carnet d’adresses.V Des textes accessibles à tous.Une meilleure compréhension des enjeux sociaux.Favoriser l’éveil d’une conscience citoyenne.Susciter une réflexion avec les jeunes.Abonnement GUIDE sur le suicide DVD / Bénévolat DVD/HipHop T-Shirt (GrandeurH ) Contribution supplémentaire Total ($) Participer à un débat de société.Faciliter le dialogue.Courriel: _________ Carte no.Nouvelle édition Raymond Viger C’a Signature: ?VISA ?MASTER CARD ?AMEX Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail, est la bienvenue.LA RECOMPENSE REGARD SUR DES GENS DE COEUR Je m'abonne Taxes incluses ?1 an - 6 nos.34,16$ ?2 ans - 12 nos.54,92$ ?3 ans - 18 nos.74,70$ International - 39,00$ Cad.1 an Prénom: Adresse: Ville:___ .Province: Tél.: Photo: Patrick Landry Le Café-Graffiti fait boule de neige Les artistes du Café-Graffiti n’ont pas chômé cet hiver.Ils sont plutôt allés jouer dans la neige à Saint-Sauveur, à Sainte-Anne-de-Beaupré et même dans l’Ouest canadien.Représentant le Café-Graffiti au mont Saint-Sauveur pour l’événement Shakedown, ainsi qu’au mont Sainte-Anne et à Lac Louise pour le compte de Volkswagen, les graffers ne se sont pas laissés impressionner par le froid.Ils en ont mis plein la vue aux adeptes de la descente hivernale.Zeck fait le bonheur d’un jeune.À Lac Louise, Zeck, Fluke et Axe ont réussi à faire monter l’adrénaline dans la foule qui se massait devant leur kiosque.\ Encore une fois, les artistes du / Café-Graffiti ont laissé leur marque.Une marque qui reste, même une fois la neige fondue! Zeck et Fluke à l’oeuvre au Mont Sainte-Anne ?JA ï\ BD ET du rédacteur en chef : www.ray dvigerywo larue.worc lpress.com ress.com ives de l'organisme : www._______.Reflet de Société Téléphone: (514) 256-9000 4233, Sainte-Catherine Est Télec.: (514) 256-9444 Montréal, Qc journal@journaldelarue.ca H1V1X4 ISSN 1615-4774 Reflet de Société.corn 3 Photo: Patrick Landry EDITORIAL Plan de vol RAYMOND VIGER www.raymondviger.wordpress.com Danielle et moi partons 15 jours en vacances à Vancouver.Une belle occasion de faire la tournée des communautés francophones qui vivent dans un monde anglophone.Je vais préparer un reportage pour le numéro de septembre.Pour satisfaire votre curiosité, vous pouvez suivre le développement de ce reportage sur mon blogue.Paul de la Riva, directeur 'des communications pour le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique m’invite à l’école de Surrey.Parmi les 40 écoles francophones de la Colombie-Britannique, celle de Surrey est la plus importante de cette province: autour de 500 élèves du primaire à la 12e année, une moyenne de 38 étudiants par niveau! Tout un contraste avec nos polyvalentes de 3 000 étudiants.Avec fierté, ils crient haut et fort que la réussite scolaire est une affaire communautaire, une occasion de se parler.Utilisant les nouvelles technologies, la mission du Conseil scolaire francophone est présentée sur You Tube.Pour cette communauté, la culture francophone, surtout dans un milieu anglophone, est une opportunité dont ils sont très fiers.Les liens se tissent autour de l’école.La fierté francophone de cette communauté de Vancouver résonne en moi.Peut-être parce que Montréal est une ville bilingue où la culture américaine envahit notre plaisir d’être francophone.Peut-être parce que je travaille depuis 16 ans auprès de jeunes de la culture Hip Hop.Une culture bilingue où les Américains ont plus influencé les Montréalais que les Français n’ont réussi à le faire.Peut-être aussi parce que je suis contre les méga-polyvalentes anonymes qui comptent 2 000 à 3 000 étudiants.A suivre dans le reportage de septembre.Gaspésiens hors Gaspésie Dans la rubrique À la découverte des magazines d’ici, vous aurez l’occasion de découvrir le magazine Graffiti dans le prochain numéro.Ce magazine, qui couvre la Gaspésie, est à la recherche de Gaspésiens qui vivent en dehors de la région.Pour un retour aux sources et pour garder contact avec la Gaspésie, faites-nous parvenir vos coordonnés.Prix de journalisme L’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) a remis le prix dans la catégorie Chronique à notre chroniqueur Jean-Pierre Bellemare.Annie Mathieu a remporté le prix de la meilleure entrevue pour son texte sur Réjean Thomas, Le Sida tue encore.Dominic Desmarais a remporté une 2e place pour son reportage Le vin québécois fait son chemin.Félicitations à tous! M.Bellemare a aussi été finaliste dans cette catégorie lors de la remise des Grands Prix de l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM).L’équipe de Reflet de Société est très fière du travail et de l’implication de M.Bellemare.Costa Rica Notre fidèle journaliste et pupitreur, Gabriel Alexandre Gosselin, est présentement au Costa Rica avec 5 étudiantes du Cegep de Jonquière pour un stage en journalisme international.En attendant son reportage qui sera publié dans le prochain numéro, en septembre, vous pourrez suivre quelques anecdotes du voyage sur son blogue.Gabriel prend ensuite une année sabbatique et part à l’aventure autour de la planète.Itinéraire inconnu.Blogue à suivre.Rentrée scolaire Le magazine prend relâche pour la saison estivale.Le prochain numéro sera publié le 1er septembre au lieu du 1er août.Recherché N’entre pas qui veut pour l’achat de publicité dans Reflet de Société.Les entreprises sélectionnées doivent avoir à cœur le développement social.La vente de publicité permet d’augmenter la qualité de notre travail journalistique et soutien notre intervention auprès des jeunes.Si vous connaissez une entreprise qui mériterait de s’afficher chez nous, n’hésitez pas à parler de nous.Pour plus d’informations, contacter MnK' Lyne Déry, (514) 259-6900.4 Reflet de Société.corn Profils du meurtrier JEAN-PIERRE BELLEMARE Prison de Cowansville Après avoir côtoyé autant de meurtriers pendant plusieurs années, je me suis fait une bonne idée sur ce qui les a entraînés à commettre l’irréparable.Les meurtriers que je connais ne réagissent pas de la même manière ni pour les mêmes motifs.Il est important de les différencier.Celui qui a tué pour une dette d’argent ou pour un affront ne ressemble en rien à celui qui a sauté les plombs à cause de son divorce.Le drame passionnel Une souffrance constante combinée à une douleur lancinante nous dirige vers le blackout (la personne ne voit plus rien).La réalité devient floue.Les alternatives semblent inexistantes.On en vient sérieusement à désirer la mort de quelqu’un.Poussé dans nos derniers retranchements, le bouchon saute, la soupape éclate.Une réponse à une accumulation incroyable de tourments et de malheurs.L’erreur ou l’accident Les criminels de quartier se forgent des réputations de durs et seront éventuellement mis à l’é-preuve dans des circonstances inattendues.Pour ne pas perdre la face, ils commettront l’irréparable à leur grand dam.Un cas typique: croire qu’en menaçant d’une arme sa victime, l’agresseur obtiendra ce qu’il veut sans que celle-ci ne se défendent.L’imprévisible brouille les cartes.La victime se débat et réagit sans réfléchir, attaque ou crie.L’agresseur, dépassé par les événements, tire, frappe ou poignarde.Mauvais réflexe.Le tueur n’a jamais eu l’intention de tuer.Il lui sera pratiquement impossible d’en convaincre un jury.L’utilisation d’une arme est considérée comme une admission de culpabilité.Les gars que je connais et qui ont été pris dans ces circonstances regrettent amèrement ce manque de jugement ainsi que la perte d’une vie humaine.Ils n’ont jamais souhaité la mort de l’autre.Leur maladresse dans le maniement d’une arme mêlée au stress intense qu’ils vivent pendant un vol provoque ce genre de meurtre.Ce sont des accidents impardonnables parce qu’ils auraient pu être évités.Pour le meurtrier qui vit avec les autres détenus, admettre que ce n’était pas le but recherché reviendrait à reconnaître son étourderie.Il tente de minimiser la gravité des événements.En prison, les autres détenus admirent avec crainte et respect ceux qui ont déjà tué.Le tueur à gages Le meurtre étant réservé à une élite de confiance, les erreurs probables sont inadmissibles.Elles entraînent des sentences à perpétuité ou purement l’élimination du tueur, ce qui justifie une méticulosité presque paranoïaque dans ce milieu.Ceux qui travaillent pour les organisations criminelles doivent passer différentes épreuves avant d’être engagés comme tueur.Celui qui a le désir d’accéder à un rang supérieur devra participer automatiquement à des actes répréhensibles.Tueur à gage En vingt ans, j’en ai connu trois ou quatre au maximum.Si je me fie à ce qu’on me raconte, il devrait y en avoir au minimum une centaine.Au pénitencier, le mensonge est une chose commune.Les véritables professionnels n’attirent pas l’attention et sont d’une discrétion totale.Ils ne cherchent pas la renommée.C’est considéré comme un vilain défaut par ceux qui octroient les contrats.Les hommes avec qui j’ai pu échanger ont renversé plusieurs de mes propres croyances.La plupart du temps, les gens qu’ils doivent exécuter ne sont pas des enfants de chœur.On donne systématiquement tort à celui qui mange une correction en prison.Pourtant, les meilleurs batailleurs n’ont pas nécessairement raison.C’est souvent à tort que nous pensons ainsi.Pour les exécutants, peu importe qui a raison ou tort, c’est celui qui paie qui décide, point final.Passionnel Illustrations: Arpi Certains criminels auraient fait d’excellents soldats car ils ont cette rare capacité d’obéir froidement aux ordres donnés, sans questionner l’autorité.Ils n’ont pas choisi le bon groupe.Reflet de Société.corn 5 COURRIER OU LECTEUR REFLET DE SOCIÉTÉ Service aux abonnés Changement d’adresse (514) 256-9000 Editeur/rédacteur en chef Raymond Viger (514) 256-4467 Journalistes Gabriel Alexandre Gosselin Guillaume Brodeur Olivier Bachand Luc Dupont Directrice administrative Danielle Simard (514) 256-9000 Correction Léa Roboam Publicité et commandite Lyne Déry (514) 256-9000 j ournal@j ournaldelarue.ca NE ME JETTE PAS, PASSE-MOI À UN AMI $6,95 l’unité Abonnement voir p.32 Pupitre Gabriel Alexandre Gosselin Page couverture Photo: Charles Mathieu Audet Modèle: Marianne Marion Café-Graffiti (514) 259-6900 Collaborateurs Jean-Pierre Bellemare, Mabi, sBùONe, Marilou, Aldo Parise, Annie Mathieu, Zeck, Benny, Nicole Viau, Louise Gagné, Christian Bergeron, Patrick Landry, Jean-Claude Leclerc, Dominic Desmarais.Le Journal de la Rue dispose d’un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fonds.Une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes et de vous garantir la livraison de votre Reflet de Société.La reproduction totale ou partielle des articles, pour un usage non pécuniaire, est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Reflet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Notre mission: Le Journal de la Rue est.un organisme sans but lucratif qui a comme principale mission d’aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socio-économique en favorisant leur autonomie.Le Journal de la Rue, c’est aussi un magazine, Reflet de Société, qui traite de multiples thématiques: drogue, prostitution, suicide, violence et santé.On y propose des solutions et des ressources.Nous reconnaissons l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos dépenses d’envoi postal et nos coûts rédactionnels par l’entremise du Programme d’aide aux publications (PAP) et du Fonds du Canada pour les magazines.Convention de la poste-publications n° 40025160, n° d’enregistrement 07638.Canada Jongler avec ses choix Vol.16, n° 4, Avril-Mai 08, p.15 Une mère, Brigitte Fafard, nous parle des difficultés qu’éprouve son fils de 15 ans à faire des choix de cours au secondaire.Elle déplore qu’on exige de la part du jeune homme des décisions aussi importantes dès le secondaire TV.Quelques lecteurs ont réagi à l’article.S’ouvrir des portes J’essaie de répondre du mieux que je peux aux questions auxquelles est confronté votre fils.Je pense que votre fils doit prendre le meilleur de l’école.S’il est vraiment bon en mathématiques, je lui suggère de prendre toutes ses mathématiques.Ainsi, s’il veut continuer en techniques, il aura ce qu’il lui faut sur le plan des pré-requis.Cela ne l’empêchera nullement de se diriger en sciences humaines ensuite.S’il se dirige dans un programme qui exclut les maths, il lui sera plus difficile de revenir vers une science ou une technique qui exigera les maths.Cela lui prendra plus de temps, en tous cas.L’idée est de ne pas se fermer de portes.Je vous signale que les maths de secondaire, c’est de la base, mais de la bonne base.Georges Parent, ancien conseiller en emploi, Longueuil Aider dans le choix Des choix pour nos enfants, nous en faisons à tous les jours et ce dès leur naissance.J’ai eu à choisir une garderie en milieu familial ou publique.J’ai eu à choisir mes heures de travail: faire du temps supplémentaire pour plus de confort matériel ou finir tôt pour les chercher tôt à la garderie?Les laisser écouter la TV, jouer à l’ordi.les inscrire à des activités.Cette année j’ai discuté avec mon fils sur les différents cours de maths 6 Reflet de Société.corn Courrier du lecteur qu’on lui offre.Il m’a expliqué ce qui les différencie.Il m’a parlé de ses différents champs d’intérêt bien vastes.Je lui ai donné mon opinion.C’est lui qui fera le choix final du cours de maths qui lui convient.J’ai choisi de l’aider à choisir.Il y a 30 ans, c’est moi qui choisissais les cours de physique et chimie pour le sec IV et V, afin d’avoir accès à un maximum d’option au Cégep.Christiane Jasmin Site Internet Je tenais à vous dire un grand bravo pour votre site, j’ai beaucoup apprécié votre contenu, fort intéressant ! Nicolas Lemay, http://www.Danger-Sante.org/ Aider les jeunes à l’école Je suis un bénévole qui fait l’aide aux devoirs auprès des enfants du primaire.Je trouve ça super et indispensable.J’invite tout le monde à aider nos enfants.Pour les parents, parlez beaucoup plus avec vos enfants et demandez-leur ce qui ne va pas à l’école.Mohamed Désespoir et décrochage Je travaille avec des jeunes décro-cheurs pour les aider et les stabiliser dans leur parcours difficile.Les jeunes viennent vers moi, pleurent, crient: «Je suis un adolescent, mon père n’est plus là.Ma mère travaille.Je n’ai pas confiance en mes profs.Ma mère est trop occupée pour comprendre.A quoi ça sert d’aller à l’école?» Les parents m’interpellent régulièrement.On ne peut pas dire que les parents se foutent du fait que leurs enfants ne font pas confiance aux adultes.Il faut éviter d’enfermer les jeunes et de croire que tout est fini pour eux.K&KffiL Radio-Enfant Défi enidii Les missionna?nouveau genre Vivre avec l’auti: m a* La scolarité en France s’intéresse à l’élite.Un décrocheur peut aussi faire partie de l’élite de demain.Comment aider encore plus ces jeunes?Vos textes m’apportent des réponses.Je crois que je devrais faire un tour chez vous.Armelle Charles, assistante sociale, Lyon Gambling Le jeu est une drogue autorisée aux plus de 18 ans.Qu’il y ait des suicides ne me surprend pas.Qu’on ne fasse rien est choquant.Nicolas Lebrun.Un cerveau emprisonné?Vol.16, n° 3, Février-Mars 08, p.16-17 Témoignage de Yan qui partage son vécu de personne vivant avec une maladie mentale.Un échange entre lui et quelques lecteurs a eu lieu sur le blogue d’archives.En voici une partie: Pierre Merci Jan de partager cette belle histoire.Une histoire de courage contée avec calme.Tu mentionnes que tu as eu la chance d’avoir une famille pour te soutenir et que tu réussis à avoir un emploi qui te convient.Mais plusieurs se retrouvent à la rue.Quelle est la responsabilité du gouvernement dans tout cela?Yan Le gouvernement avait promis aux organismes communautaires de leur distribuer les budgets qu’ils avaient coupés en psychiatrie.Cela n’a pas eu lieu et je peux vous dire que les organismes en santé mentale, pour en avoir discuté avec eux, sont très déçus de cela.Le résultat est qu’une bonne partie des malades mentaux n’ont pas d’appartements supervisés ni de foyer de groupes.Ils vivent dans une extrême pauvreté (j’en connais qui ne peuvent même pas se payer le téléphone!).Ils n’ont souvent que leur famille pour veiller sur eux.C’est sûr que le gouvernement a une responsabilité puisque les budgets n’ont pas suivi.Les malades mentaux ne représentent pas un groupe de pression important face aux autres départements de santé qui sont, eux, beaucoup mieux traités.Reflet de Société.corn 7 Illustration: Zeck Rencontre avec une ex-prostituée «Toi, meurs pas avant d’avoir écrit ton livre!» LUC DUPONT «Ce livre, je le vois comme un message transporté, un coup de poing dans la face dont tout le monde pourra bénéficier.» A 16 heures, comme convenue, à la Grande Bibliothèque, lieu du rendez-vous, Sylvie se présente à moi.Je l’invite à me suivre au fond du bâtiment, jusqu’au petit café-resto qui jouxte l’auditorium, où nous serons à l’aise pour discuter.Voyant que les tables de la section café sont presque toutes occupées, elle émet une réserve: «Les gens sont beaucoup trop près de nous», dit-elle.Elle vise alors la section restaurant, plus luxueuse mais vide à cette heure.Elle entre hardiment dans l’espace, interpelle la serveuse, commande un café et, rapidement, se lance.«J’écris dans ma tête depuis six ans.Ça fait six ans que je me survole.Je cherche quelqu’un pour m’aider à faire un livre sur ma vie.» En 23 ans de journalisme, c’est la première fois que je rencontre une prostituée.Plutôt qu’un livre à vaste chantier, j’ai convenu avec elle de l’interviewer de façon exploratoire.Je suis un peu nerveux parce que je ne sais pas trop à quoi m’attendre.«C’est une fille à Tanguay qui m’a donné cette idée-là.À chaque fois qu’elle échangeait des mots avec moi, elle disait: «Je peux pas parler avec toi: t’es trop songeuse».Elle disait que mes mots la ramenaient continuellement à elle-même et que c’était trop douloureux.Elle m’a suggéré un jour: «Toi, faut pas que tu meurs avant d’avoir écrit ton livre».» «Plongeons au cœur du sujet: À 11 ans, mon père a eu des relations incestueuses avec moi.J’ai cependant vécu cet inceste de façon particulière, car il a été doux.Doux parce que mon père était quelqu’un qui aimait les femmes, qui aimait par-dessus tout faire l’amour; s’il a opté pour l’inceste, c’est parce que ma mère le punissait en l’abandonnant sexuellement.J’ai donc remplacé ma mère.Avec lui, j’ai connu le souper-au-chandelle-et-la-peau-d’ours-tout-le-kit.Il m’a éduquée en douceur au sexe; je pensais que c’était ça la sexualité.» «J’en veux beaucoup aux femmes qui abandonnent sexuellement leur mari, qui n’ont alors pas d’autres choix que de se tourner vers la prostitution.Les femmes devraient éduquer leur mari à bien faire l’amour.En général, les hommes sont ignorants de ce qui comble une femme sexuellement.Ça fait des hommes qui ne savent pas comment faire plaisir à une femme, des hommes qui veulent juste se vider la poche.» «Je me prostitue depuis 32 ans, mais je ne vis pas cette situation comme les autres.J’ai mon ancienneté.Je travaille selon les conditions que je me suis moi-même fixées.J’évite de mettre mon cœur dans mon travail.Il faut toujours que tu protèges ton coeur.On ne me le brise pas mon cœur.Il ne faut jamais briser le cœur d’une femme.» «Ce qui provoque l’excitation chez l’homme, ce sont les situations abusives.Il faut qu’il se mette en situation de dominer quelqu’un pour jouir.Les seuls hommes qui veulent être dominés, ce sont les très, très grands patrons, parce qu’ils passent leur vie à abuser des autres.Ils en viennent à se sentir 8 Reflet de Société.corn Illustration: Mabi tellement coupables que lorsqu’ils ont un rapport avec une prostituée, ils veulent absolument être dominés, être abusés.» «J’ai tout ce qu’il faut pour démolir la porno, la sale porno qui atteint aujourd’hui jusqu’aux petites filles.Leurs poupées sont rendues tellement sexy que les hommes peuvent se masturber dessus.» «Ce qui m’a le plus blessée au cours de toutes ces années, ce sont les tabous, les préjugés autour de moi.C’est le fait qu’on ne me reconnaisse pas comme une personne à part entière; je n’ai pas de voix, moi.Et pourtant j’ai des choses à dire qui seraient très utiles.Aux yeux de la société, je suis souterraine, je ne suis personne.Et, je suis mal outillée.Je n’ai pas d’éducation.On ne peut pas avoir d’éducation quand on commence à sucer des queues à 11 ans dans la ruelle.» «Malgré tout, je reste un beau résultat.Je veux dire que je suis un beau résultat à mes yeux.Parce que j’ai réussi à survivre dans ce monde-là.» «Une des choses que j’adore, c’est les spectacles de ballet.J’ai vu Casse-Noisette avant les Fêtes.J’irai voir bientôt Le lac des cygnes.C’est Kent Nagano qui va diriger l’orchestre pour ce spectacle.Je suis en amour avec lui.Je voudrais mourir à la Place des Arts.» «Je me suis, en partie, retirée du métier actuellement pour faire de la place à mon projet de livre.Je passe beaucoup de temps à la maison, je reste longtemps à l’ordinateur, je me gâte et ça me fait prendre du poids.Ça me gêne un peu ces quelques kilos en trop d’ailleurs.» «L’écrivain qui travaillera avec moi mettra de l’ordre dans ce que je vais raconter.J’ai déjà moi-même écrit des choses qu’il pourra utiliser.Il organisera mon histoire pour que tout soit amené avec logique; pour qu’à la fin, tout devienne irréfutable; parce que les choses que j’ai à dire, ce sont des faits, rien que des faits.» «Ce livre, je le vois comme un message transporté, un coup de poing dans la face dont tout le monde pourra bénéficier.» «Grâce à ce livre, on m’écoutera et on reconnaîtra la justesse de ce que j’ai à dire.» Elle crache: «Et après ça, que je ne vois personne venir me dire que je ne suis pas un être humain!» Sylvie, ex-prostituée, cherche écrivain public.Pour informations: journal@joumaldelarue.ca Une première au Québec : Le gouvernement du Québec a adopté une stratégie d'intégration et de maintien en emploi des personnes handicapées afin d'assurer à ces personnes une réelle égalité des chances sur le marché du travail, La Stratégie comporte 61 mesures, gui seront mises en oeuvre au cours des cinq prochaines années.DES GESTES CONCRETS ?Aide financière accrue aux entreprises poor à 2 W personnes handicapées d'intègre It marché du travail au court dis cinq prochaines années, m plus des 4 000 travailleurs et travailleuses qui bénéficient actuellement d'un contrat d'intégration au travail, ?Création de 125 nouveaux emplois dans les entreprises adaptées d'ici 2013 pour les personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler dans un milieu de travail standard.Ces emplois s'ajouteront aux J 200 qui sont occupés aujourd'hui par des personnes handicapées dans le réseau, ?Nouvelle prime au travail pour les personnes handicapées ayant des contraintes sévères à l'emploi pour les encourager à demeurer sur le marché du travail POl P Jl Stratégie nationale pour l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées Supplément su revenu de travail peur b prestataires de tongue date qui se trouvent un emploi.Meilleure intégration scolaire et meilleure transition des jeunes handicapés de l'école au marché du travail, bonification du crédit d'impôt remboursable pour stage en milieu de travail afin d'encourager les entreprises a participer davantage à la formation de U main d'ceuvre handicapée, U taux passe de 30 à 40 % et les heures de supervision doublent, Augmentation graduelle du nombre de stagiaires handicapés dans la fonction publique québécoise dans le cadre du Programme de développement de l'employabilité â t'intention des personnes handicapées, / ?Développement et reconnaissance des compétences des adultes handicapés, en assurant une formation adaptée a leur réalité ?Nouveau service d'assistance de première ligne aux employeurs pour faciliter l'intégration d'une personne handicapée au milieu de travail : I m 640=3059 (numéro unique, sans frais) centre.assistance,ptacement@mess,g0uv,qc,ca POUR EN SAVOIR PLUS : Il PACTE POUR L'EMPLOI Le Québec Emploi et Solidarité sociale Québec «» Reflet de Société,corn 9 \v\> It w % I I FAITES UN W POURLAPIMi JOUR DE um UOMM m* * #*#> mmi %-atu 22 AVRIL ET TOUS LES JOURS ; WW> ” rv 4i A\ b«VlttWil*URM(K i* **»«*$ TAXES : 1.74$ FRAIS DE TRANSPORT : 2.50 IPH mimmmmmmMmwywmmMwtwmmGm % *%L f fl| b"^.al F .^ = £fj HT; 1 f mm ¦fVi
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