Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Novembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Reflet de société /, 2008, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
m ^ PER efletdeSociété BAnQ Vol.17 n°1, nov./déc.2008 ill Hi : c ier Breaker 3ZH 38 K^IHGU mmw imm 30B3HiQraia m\ im i'll 31338 SON It M 5 Q Of &m) on u vszse 38SIQÜ OSISSJQMd Province: Signature: ?visa ?AMEX auprès d'une personne suicidaire Guide sur le suicide 7,50$ EDITION 13,50 $ RefletdeSociété Un regard différent sur notre société Taxes et livraison incluses pour tous ces items Des témoignages, des partages.Ce qu’ils ont vécu.Comment ils s’en sont sortis.Des organismes pouvant aider et intervenir.Ce qu’ils font, leur coordonnées, un carnet d’adresses.L Des textes accessibles à tous.Ak Une meilleure compréhension des enjeux sociaux.Favoriser l’éveil d’une conscience citoyenne.VSusciter une réflexion avec les jeunes.Y Participer à un débat de société.\ Faciliter le dialogue.La Recompense Regard sur des gens de cœur Pour nous aider à les aider.Total($) Abonnement GUIDE sur le suicide DVD / Bénévolat DVD/HipHop T-Shirt (Grandeur® ) Contribution supplémentaire Documentaire sur le bénévolat 25$ Oui Total: Je m'abonne Au Cafe Graffiti 4233 Ste.Catherine est Montréal,(Québec) H1V 1X4 www.refletdesociete.com (514) 256-9000 ?1 an - 6 nos.34,95$ SA.?2 ans - 12 nos.59.95$ \ ?3 ans - 18 nos.79.95$ Taxes incluses International 39,00$ Cad.1 a TÊÊWlà; r • ?/ / Prénom Adresse DVD Spectacle Hip-Hop et orgues classiques 25$ Code Postal Courriel Carte no Æfàflïf .not ?MASTER CARD Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail, est la bienvenue.BLANC S Photos: Patrick Landry mi S’abonner à Reflet de Société Permet de soutenir: des projets novateurs pour les jeunes et un organisme d'intervention et de prévention.Café-Graffiti - Un milieu de vie pour les jeunes - Un lieu de diffusion - De création artistique - Un lieu d'appartenance Votre abonnement à Reflet de Société est important.C'est la base de l'autonomie de l'organisme et de ses différents projets d'intervention.S'abonner à Reflet de Société: c'est à la fois s'informer sur les problématiques contemporaines et contribuer à les atténuer.Lire c'est déjà agir.Nous vous remercions pour votre présence et votre implication.www.refletdesociete.comwww.cafegraffiti.net Reflet de Société Téléphone: (514) 256-9000 4233, Sainte-Catherine Est Télec.: (514)256-9444 Montréal, Qc journal@journaldelarue.ca H1V 1X4 ISSN 1615-4774 Reflet de Société.corn 3 EDITORIAL Les actions culturelles en chute libre RAYMOND VIGER Depuis 16 ans, par l’entremise de notre projet Éditions TNT, nous publions des livres de cheminement personnel, des guides d’intervention, des recueils de poésie.Par l’écriture, notre organisme partage son expertise et intervient auprès de jeunes artistes urbains qui éprouvent le besoin de s’exprimer.L’écriture a un effet très thérapeutique pour certains jeunes.De plus, lorsque nos auteurs s’arrachent les cheveux pour mener à terme leur projet d’écriture, ils éprouvent un fort sentiment de fierté une fois l’exercice terminé et qu’ils ont LEUR produit final entre les mains.Mais voilà qu’une tuile supplémentaire vient de s’abattre sur notre organisme.Notre distributeur de livres, Diffusions Raffïn, vient d’être avalé par Messageries Benjamin, spécialisé dans les magazines.Malgré un communiqué de Messageries Benjamin spécifiant que le nouveau propriétaire respecterait tous les contrats de Raffïn, je reçois une lettre m’avisant que Messageries Benjamin ne représenteront pas les Éditions TNT.Il faut savoir qu’un distributeur, c’est un peu comme la courroie de transmission dans le domaine du livre.C’est lui qui représente les auteurs des maisons d’éditions qui font affaire avec lui.C’est le distributeur qui rencontre les libraires et leur propose les livres qu’il représente.Un libraire n’a pas le temps de rencontrer un à un tous les auteurs.C’est le distributeur qui transige avec les 700 libraires du Québec et leur envoie, par caisse, plusieurs livres de différents auteurs dont il a besoin.Notre projet Éditions TNT est tout petit.Comme nous ne sommes pas une machine à vendre, Benjamin nous a laissé tomber.C’est le Journal de la Rue, qui devra prendre le relais et devenir distributeur pour les livres que nous publions.Contacter les libraires, préparer les envois, vérifier le crédit, faire des longues distances si le libraire oublie de nous payer.cela nécessite beaucoup d’efforts.Sans compter que les frais de livraison pour envoyer quelques livres sont plus élevés pour chacun de ces livres que pour un gros distributeur qui en envoie 50 en même temps.Afin d’aider nos jeunes qui cheminent grâce à l’écriture, je suis prêt à faire ces efforts additionnels.Non pas que ça me plaise, mais ma mission est plus importante.Tous ces auteurs, jeunes et moins jeunes, qui ont ce besoin d’écrire et aussi d’être lus, que vont-ils faire?Se déplacer à la grandeur de la province pour convaincre un libraire de prendre quelques exemplaires de leur création?Ont-ils l’énergie, le temps et l’argent pour vendre un recueil qui, une fois vendu, leur rapportera 10% du prix du livre?Et ça, dans l’hypothèse où le libraire accepte de les rencontrer.En perdant un distributeur comme Diffusions Raffin, qui représentait des petites maisons d’éditions, je me demande quel sera l’impact sur les auteurs qui sont boudés par les grosses maisons d’édition.Ceux qui ont des choses à dire et qui vont à contrecourant de notre société, que vont-ils faire?Ce qui est certain, c’est que la perte de notre distributeur ne va pas faciliter notre travail.Les Éditions TNT vont s’auto-distribuer pour rendre disponible ses livres dans les librairies.Je laisse les coordonnées aux libraires qui nous cherchent.Elles sont les mêmes pour le public qui souhaite commander nos livres: Éditions TNT 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc.HIV 1X4 Tél.(514) 256-9000 Région: 1-877-256-9009 Fax: (514) 256-9444 Mail: journal@journaldelarue.ca BLOGUE OU RÉDACTEUR : ARCHIVES OU MAGAZINE WWW.RAYMONDVIGER.WORDPRESS.COM ; WWW.REFLETDESOCIETE.COM Reflet de Société.corn 8 DÉCEMBRE 2008 ÉLECTIONS GÉNÉRALES DATES IMPORTANTES Vous recevrez par la poste un avis indiquant le nom des personnes inscrites sur la liste électorale ainsi que le Manuel de rélecteur.Conservez ces documents, vous y trouverez l’information nécessaire à l’exercice de votre droit de vote.Révision de la liste électorale : 17 au 25 novembre Pour voter, vous devez être bien inscrit sur la liste électorale.Pour vous inscrire ou corriger votre inscription, présentez-vous à votre bureau de révision et n’oubliez pas d’apporter deux pièces d’identité.Vote par anticipation : 30 novembre et 1er décembre de 9 h 30 à 20 h Vous pouvez voter par anticipation à l’adresse indiquée sur votre avis.Apportez une des cinq pièces d’identité requises pour exercer votre droit de vote.Vote le jour de l’élection : 8 décembre de 9 h 30 à 20 h Vous recevrez à votre domicile la carte de rappel vous indiquant l’adresse de votre bureau de vote ainsi que le nom des candidats en lice dans votre circonscription.Apportez une des cinq pièces d’identité requises pour exercer votre droit de vote.Pour en savoir davantage : * www.electionsquebec.qc.ca * 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846) * info@electionsquebec.qc.ca LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent composer sans frais le 1 800 537-0644 Parce qu’un vote, ça compte Courrier ou lecteur REFLET DE SOCIÉTÉ Service aux abonnés Changement d’adresse (514) 256-9000 Editeur/rédacteur en chef Raymond Viger (514) 259-4926 Journalistes Robin Drevet Marie-Sophie Trudeau Murielle Chatelier Marie-Claude Marsolais Geneviève Boivin Directrice administrative Danielle Simard (514) 256-9000 Correction Marie Kabel Pupitre Robin Drevet Le Journal de la Rue dispose d’un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fonds.Une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes et de vous garantir la livraison de votre Reflet de Société.La reproduction totale ou partielle des articles, pour un usage non pécuniaire, est autorisée, à condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Reflet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme sans but lucratif qui a comme principale mission d’aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socio-économique en favorisant leur autonomie.Le Journal de la Rue, c’est aussi un magazine, Reflet de Société, qui traite de multiples thématiques: drogue, prostitution, suicide, violence et santé.On y propose des solutions et des ressources.Nous reconnaissons l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos dépenses d’envoi postal et nos coûts rédactionnels par l’entremise du Programme d’aide aux publications (PAP) et du Fonds du Canada pour les magazines.Convention de la poste-publications n° 40025160, n° d’enregistrement 07638.Canada NE ME JETTE PAS, PASSE-MOI À UN AMI $6,95 l’unité Publicité et commandite Lyne Déry (514) 256-9000 journal@journaldelarue.ca Page couverture Photo: Charles Mathieu Audet Café-Graffiti (514) 259-6900 Collaborateurs Jean-Pierre Bellemare, Mabi, Marilou, Annie Mathieu, Benny, Nicole Viau, Louise Gagné, Patrick Landry, Jean-Claude Leclerc, Sylvie Daneau, Gavin.Reflet Société Médecin Innu Université pour la Paix Site d’injection supervisée Écriture du coeur Le vrai visage des Voilant, Bouchard, Bellemare, Bérubé, Maline est tellement plus beau que tout ce que la télévision nous présente actuellement.Beaucoup plus vrai.Surtout sans humour.Aujourd’hui, pour se montrer, il faut avoir une «joke» en bouche, une nouvelle carte de crédit en main, conduire un certain type d’automobile, etc.Par l’écriture vraie qui nous montre le visage caché du courage, vous annoncez le vrai monde.Merci.Jean-Maurice Huard, Laval.Lettre à mon agresseur, volume 16 no 6, sept.Oh mon dieu.Je viens de recevoir mon magazine, et je ne sais quoi vous dire d’autre que MERCI! La page couverture est tout simplement superbe.Je ne m’attendais pas à ça du tout, j’en ai pleuré un bon coup en voyant ça! Continuez votre beau travail, c’est un magazine merveilleux.Merci mille fois! Maline.6 Reflet de Société.corn Courrier du lecteur Schizophrénie Réponse à la publication du commentaire de Georges Parent, volume 16 no 6 de septembre: On ne doit pas généraliser! Est-ce que toutes les personnes médicamentées et atteintes de maladie mentale ont l’air de maringouins frappés par un 2 X 4?Difficile à croire, surtout de la part d’une personne œuvrant dans le domaine des maladies mentales.Depuis 18 ans, diagnostiquée schizo-affectif, j’ai le traitement adéquat.Et je peux vous dire que rien n’y paraît.Sans médicaments, une personne peut être dangereuse pour elle-même ou pour les autres.Ce sont des maladies graves nécessitant des soins.Je lève mon chapeau à tous les chercheurs et médecins qui travaillent dans le domaine de la santé mentale.Et surtout, merci car je peux vivre normalement.C.G.Chicoutimi.Sunny Boy et le suicide J’ai lu l’article de Sunny Boy et j’aimerais lui dire que son article est très bien écrit, que je le trouve extrêmement courageux.J’admire sa persévérance à se faire soigner.Dominique Rivest.Spiritualité Je suis un musulman non pratiquant.J’ai 32 ans.Pour moi, la spiritualité c’est de croire en une force extrême, extérieure, et plus forte que l’homme.La spiritualité m’a apporté tranquillité d’esprit, honnêteté, paix et confiance en moi.Dans les moments durs, ma spiritualité m’aide à m’exprimer, avoir un savoir-vivre et préserve mon équilibre.Elle améliore ma condition de vie et me permet d’être en communication avec moi-même.Dans tous mes chagrins elle est source de guérison, de bien-être.Elle me guide vers mes valeurs propres.Dans tous les moments de ma vie, la spiritualité est présente.Elle fait partie de moi.Samir Abounouar Mamy à plein temps Merci pour la belle re nie.Les articles me touchent beaucoup.Je suis une maman de 3 garçons.Mon aîné s’est fait assassiner avec sa conjointe en 2004.Il me reste un jeune adulte et un adolescent qui vit des choses difficiles dans sa vie.J’espère qu’il va bien s’en sortir.Vivre avec les préjugés des autres n’est pas toujours facile pour un adolescent.Je suis aussi une grand-maman à plein temps car j’élève les 2 filles de mon garçon décédé.Merci pour tout, Mamy Johanne.Des solutions Je voulais vous féliciter pour vos merveilleux articles, enfin une revue qui a quelque chose à dire.Des sujets tabous ou courants qui informent et touchent les gens.Des articles qui montrent des problèmes sous leur vrai jour avec des solutions pour les régler.Sylvie Malboeuf Le deuil par suicide J’ai traversé 2 ans de deuil souffrant.Mon frère s’est suicidé en décembre 2005.Je l’avais vu chez moi pendant 3 jours dans son désespoir juste une semaine avant son départ.Je me sentais coupable et impuissant.Je suis venu quelques fois partager sur votre site l’hiver dernier.Aujourd’hui, ça va mieux.J’ai retrouvé des intérêts aux choses de ce monde.Vous avez été pendant quelques mois le seul soutien à mon profond désespoir.Période creuse où je ne voyais qu’une seule issue possible.Maintenant je souffre moins.Merci Raymond et à vous tous.Je VIS.Denis G.Inquiétude J’ai vécu une période difficile avec mon fils qui songeait au suicide.J’ai fait appel à un psychiatre qui nous a suggéré une psychothérapie.Aujourd’hui, mon fils me remercie de l’avoir aidé.Il ne pense plus au suicide mais je demeure inquiète à l’idée qu’il pourrait retomber dans un état dépressif.Le taux de suicide au Québec est très élevé chez les jeunes.Que font les gouvernements pour les aider à s’en sortir?Nos élus devraient s’attaquer aux vrais problèmes de notre société: pauvreté, suicide, éducation, santé etc.et j’en passe! Nous sommes la province avec le plus haut taux de suicide.C’est lamentable et inquiétant.Et pourtant, nos enfants sont l’avenir de notre pays.Lucie Prostitution de luxe C’est quoi la différence entre une danseuse qui accepte 10$ pour danser nue ou une comédienne qui accepte un gros cachet pour se montrer nue dans un film?Est-ce que les comédiennes qui se montrent nues au cinéma font de la prostitution de luxe?Pierre Henry Aider les gens à s’aider eux-mêmes Pourquoi pas réellement de l’aide - sans troupes et sans armes -pour que l’Afghanistan, mais aussi plusieurs autres pays, puissent reconstruire leur propre agriculture pour faire face à la crise alimentaire en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine?Cette aide serait perçue comme étant beaucoup plus utile.et honnête.Bruno Marquis Reflet de Société.corn 7 UEPILEPSIE : une maladie invisible A l’âge de neuf ans, lorsque les médecins m’ont déclarée atteinte d’épilepsie, je me suis sentie condamnée à vie par une maladie dont j’ignorais tout, jusqu’à son nom.N’acceptant pas leur «verdict», je me suis isolée de plus en plus en grandissant.Souvent j’ai songé à la mort.Mais en même temps, je souhaitais de toutes mes forces une guérison miracle.J’ai résumé ici les étapes de ma vie qu’Elle a le plus marquées.Je me suis souvent demandé quelle aurait été ma vie si je n’avais pas fait ma maternelle à l’âge de quatre ans et ma première année, à cinq ans.Mais cela, je ne pourrai jamais l’imaginer.La réalité - ma réalité - est que j’ai fait toutes mes classes du primaire, en étant la plus jeune.Et probablement, l’une des plus stressées.Côté santé tout va bien jusqu’à la quatrième année.Environ deux mois avant la fin de l’année, l’institutrice m’envoie au tableau pour faire le calcul d’une multiplication compliquée.Elle sait que j’en suis capable.N’arrivant pas à me concentrer, je serre le bas de ma jupe nerveusement.Elle me parle, mais je ne l’entends plus.Je ressens une douleur au cerveau.Il me semble que ma tête va éclater.Subitement, ma main droite s’agite: j’ai une première crise d’épilepsie.«Pas plus qu’on ne sait quand une brique peut nous tomber sur la tête, l’épilepsie ne prévient pas non plus» Du jour au lendemain, plus rien n’a été pareil.Dans les années 1960, l’épilepsie est un sujet tabou.Peu à peu, et sans le vouloir, médecins, famille et amis me cantonnent dans un petit univers où ma «maladie invisible» devient le personnage principal.On s’informe plus d’elle que de moi.Je ne comprends pas ce qui m’arrive.Un neurologue m’a dit: «L’épilepsie c’est comme porter un âne sur ses épaules.» Oui, l’épilepsie c’est lourd à porter, ça c’est vrai! Lorsque j’ai quinze ans, un autre neurologue compare cette fois l’épilepsie à «une brique que l’on reçoit sur la tête».Pas plus qu’on ne sait quand une brique peut nous tomber sur la tête, l’épilepsie ne prévient pas, elle non plus.Apprendre à vivre avec Elle Dans les années qui ont suivi, je n’acceptais pas d’avoir des crises tonico-cloniques (ce qu’on appelle «le grand mal»).Lorsque cette maladie invisible survient sans crier gare, mes jambes se dérobent sous moi et je me retrouve par terre, en m’agitant.La nuit, pendant mon sommeil, les crises me font tomber de mon lit.Je voulais vivre normalement.Ne plus tomber et ne plus avoir à prendre des médicaments.Les spécialistes que je vois disent tous que j’en prendrai toute ma vie.Alors, à l’âge de 16 ans, je fais une tentative de suicide.En pleurant, seule dans la salle de bains, j’avale tous les comprimés de mysoline et de phénobarbital.Je ne sais pas comment ma mère me découvre.Lorsque j’ouvre les yeux, je suis à l’urgence et deux infirmiers me forcent à boire une grande quantité d’eau.Ma mère, qui se culpabilise déjà parce que les neurologues ont établi que l’utilisation des forceps à ma naissance est responsable de mon état, me reproche le lendemain de ne pas avoir pensé à ma famille en posant ce geste.Puis, les années passent.8 Reflet de Société.corn Le cerveau s’emballe En 1992, me voilà enfin de retour à l’Institut neurologique de Montréal.Je dis «enfin», car je suis allée environ 40 fois au Centre hospitalier de l’université de Sherbrooke en moins d’un an pour être candidate à une opération au cerveau, les docteurs devant d’abord prouver que l’on ne peut pas me guérir.Et de «retour», car j’y suis hospitalisée une première fois en 1991 pendant sept semaines.Lesoirdemon admission, on me coupe les cheveux au rasoir.Pendant que mes cheveux tombent sur le plancher, je pleure.Le lendemain, je suis sous anesthésie locale, lorsque le Dr André Olivier, neurochirurgien, me perce trois petits trous dans le crâne.Peu de temps après, un «frame» est fixé à la hauteur du haut de mon front avec trois petites tiges de métal, pour passer un scanner.L’enregistrement intracrânien a lieu quelques jours après.Peu de temps avant la chirurgie, on me tond à nouveau les cheveux, mais cette fois à ras le crâne.Pendant l’opération qui dure environ sept heures, le Dr Olivier, perce plus de 30 petits trous dans mon crâne et insère autant d’électrodes dans mon cerveau.Durant un mois, la tête recouverte de pansements, les électrodes attachées au câble branché dans le mur, je vis en permanence dans mon lit.Braquée sur moi, une caméra vidéo enregistre mes crises lorsqu’elles se produisent.L’enregistrement intracrânien permet de déterminer que mon centre épileptique est frontal et temporal.Une opération serait trop risquée.Pour moi, c’est une grande déception.La vie continue.Si c’était à refaire, je referais le même cheminement qui m’a conduite à l’Institut neurologique de Montréal.Car suite à cette implantation d’électrodes, mon neurologue a procédé plusieurs fois à des changements de médicaments.Et sept ans plus tard, j’ai complètement cessé d’avoir des crises de jour et de nuit.Réapprendre à vivre sans Elle Autant il m’avait fallu m’habituer à vivre avec l’épilepsie, autant j’ai dû m’habituer à vivre sans elle.Cela n’a pas été facile contrairement à ce que l’on pourrait croire.Car dans les premiers temps où je n’ai plus eu de convulsions, la crainte d’en avoir à nouveau m’accompagnait tous les jours.Réapprendre à vivre sans l’épilepsie est une étape très importante, à la fois pour la santé mentale et physique.Je me suis efforcée de la chasser de mes pensées et de mes conversations.Car la vie, pour chacun et chacune d’entre nous, c’estbeaucoup plus que l’épilepsie, l’asthme, ou le diabète.Le temps m’a appris qu’il ne faut pas laisser trop de place dans notre vie à nos problèmes de santé.Nous avons une identité personnelle avec de multiples facettes.À nous d’en développer quelques-unes.«Autant il m’avait fallu m’habituer à vivre avec l’épilepsie, autant j’ai dû m’habituer à vivre sans elle» Enregistrement intracrânien Il enregistre l’activité cérébrale au moyen d’électrodes en profondeur.Ces électrodes sont des fils très fins placés à l’intérieur du cerveau ou à la surface du cerveau pour enregistrer l’activité électrique.Raymond Viger L'intervention de crise auprès d'une personne suicidaire DISPONIBLE AU JOURNAL DE LA RUE et en ligne au www.editionstnt.com TEL: (514)-256-9000 Sans Frais: 1-877-256-9009 4,95* + 2$ taxe et transport Reflet de Société.corn 9 m m w* w VrtVu'U ‘ tn-iovetf U' SC "ll • >^esSV "îvtbT»0 «l* Lsé les a acaH\aété dont «;a M°rs d*S, Photos : Charles Mathieu Audet DANSER POUR SURVIVRE Mathieu a subi bien des violences dans son enfance: verbales, physiques et sexuelles.Aujourd’hui, à 30 ans, il pose un regard serein sur ses malheurs d’autrefois.«C’est vrai que j’ai été abusé dans mon jeune âge, raconte-t-il d’une voix paisible, sans aucune trace d’amertume ou de rancœur.A un moment, j’avais beaucoup d’agressivité à sortir.Et c’est là que j’ai commencé à danser.» C’est au cœur de ces virées dansantes qu’il rencontre David, un danseur professionnel qui l’«accroche carrément» avec ses mouvements et qui fait naître en lui le désir d’apprendre à danser.A 11 ans, ses amis plus âgés lui enseignent le breakdance.En une semaine, il maîtrise déjà les techniques de cette danse urbaine.Depuis, Mathieu n’a jamais cessé de «breakdanser».Il canalise maintenant son énergie dans la transmission de son art aux jeunes, tout en leur délivrant un message d’espoir.Prof au passé trouble A travers les ateliers de danse hip hop qu’il donne partout — dans les écoles, dans les maisons de jeunes, dans les studios de danse — le breaker incite particulièrement les jeunes enfants issus de milieux défavorisés à apprendre Reflet de Société.corn à communiquer, à développer leur créativité et à croire en leur potentiel.Son expérience de vie lui a fait saisir l’importance de motiver les jeunes à suivre un droit chemin.«Le but de mes cours n’est pas d’apprendre aux jeunes enfants à danser professionnellement, explique l’enseignant.Je souhaite plutôt faire de la prévention, et la danse est un excellent moyen de les détourner des dangers d’une vie dans la rue.» que c’était cool.Mais la drogue m’a plutôt ralenti dans mon processus d’épanouissement.» Suivent les mauvais coups, comme les vols de vélos pour avoir un peu plus d’argent de poche.Mais jamais pour consommer.«J’étais très en contrôle, soutient Mathieu, toujours avec le même ton calme.C’est ma tête qui de chacun en favorisant la prise de conscience des mouvements de son corps.«Avec cette méthode, j’amène les jeunes à jouer pour se débloquer physiquement et psychologiquement.Je leur montre le lien intime qui existe entre leur esprit et leur corps.En plus, ajoute le jeune homme avec un sourire en coin, ces jeux font bouger les enfants.» A 10 ans, Mathieu fumait son premier joint.À 12 ans, c’était l’acide.Après, ce fut la ronde des autres drogues dures: cocaïne, juicy, roche, free base.Tout cela sans jamais arrêter de danser, notamment au sein de 2 groupes, qui n’existent plus, Hard Crew et Fast Step Troop.«J’ai commencé à me droguer parce que je croyais «Quand je m’adresse aux jeunes, je me mets à leur place et j’évite d’employer un ton autoritaire» ?V :vK^ s ./-yvo» Vidéo de bpeetkdeatee Pour commander visiter le: www.cafegraffiti.net ou 514-256-9000 seulement 9.99 $ plus 3.55$ (livraison et taxes).prenait de la drogue, et non la drogue qui prenait ma tête.» Grandir dans un milieu défavorisé, il connaît.Mathieu est donc tout naturellement attiré par les jeunes qui sont moins entendus, moins écoutés, moins regardés et moins aimés que les autres.Des jeunes qui, comme lui à une certaine époque, sont livrés à eux-mêmes.Pour dialoguer avec eux, il leur fait d’abord comprendre qu’il ne les juge pas, et il les approche ensuite en les initiant à des jeux d’éducation somatique.Stimuler les jeunes L’éducation somatique regroupe plusieurs approches qui ont pour objectif d’améliorer le bien-être Au cours de son atelier, Dansons Élément, qui dure de 1 à 5 heures, les enfants apprennent à mieux se connaître en s’exprimant avec leur corps.C’est sur les bancs de l’Université du Québec à Montréal que Mathieu a découvert les principes de l’éducation somatique.«Je n’ai jamais aimé l’école, précise celui qui n’a pas terminé son secondaire 5.Mais à un moment de ma vie, je me suis senti prêt pour l’université, et je me suis inscrit au bac en danse contemporaine à titre d’adulte.L’éducation somatique a été une véritable révélation pour moi.» Le breaker a trouvé son compte à l’université.Depuis septembre 2007, il donne quelques ateliers dans les écoles, primaires surtout, pour enseigner le hip hop.Il profite de ces occasions pour parler de son parcours, une ir'uji?*.)!* m» • :?Le Choc des Cultures Du jamais vu! Le Hip-Hop rencontre le classique break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.25.00 $ chaque et ajouter 5.77 pour les taxes et la livraison Commander votre DVD au www.cafegraffiti.net ou au 514 256-9000 12 Reflet de Société.com Un jeu d’éducation somatique Deux jeunes se font face et se tiennent par les doigts.L’un a les yeux ouverts et l’autre, les yeux fermés.Celui qui voit dirige son partenaire à l’aide de ses doigts.Il peut ainsi l’amener à se coucher sur le sol, à se rouler par terre, à se hisser sur la pointe des pieds.Le but?Eveiller les sens et rendre conscient de l’espace.En même temps, la personne aveuglée doit être à l’écoute de son partenaire et lui témoigner une certaine confiance.Une façon, aussi, d’apprendre à communiquer.façon de rester proche des jeunes.Avec son passé collé à la peau, Mathieu se souvient aussi très bien de son refus de l’autorité.«J’ai toujours eu un peu de misère avec l’autorité, dit-il.Quand je m’adresse aux jeunes, je me mets à leur place et j’évite d’employer un ton autoritaire, comme le font souvent les adultes.» Dans certains de ses cours, il doit composer avec des «cas graves», comme des enfants de 8 ans en possession d’armes blanches.«Beaucoup des jeunes que je côtoie cherchent à combler un manque.Je n’ai jamais eu de problèmes avec eux, parce qu’avant tout, je les écoute.Il faut les comprendre.» Selon lui, ces jeunes communiquent difficilement avec leurs parents.Alors, il leur tend l’oreille.La danse prend la route Pour l’année scolaire 2008-2009, le jeune danseur prévoit tisser des liens encore plus étroits avec les jeunes, grâce à son projet de tournée dans les écoles.Une idée qui lui est venue.en faisant le ménage! «C’est en balayant chez moi que j’ai eu ce flash de partir en tournée avec mon atelier Dansons Élément», s’amuse-t-il à souligner.Il se rendra ainsi dans plusieurs écoles primaires et secondaires avec son atelier de breakdance et de danse urbaine, un projet beaucoup plus élaboré et structuré que ses visites ponctuelles durant l’année scolaire précédente.A ses débuts, Mathieu Brunei dansait pour se défouler.Au fil des ans, il a fait de la danse son métier.Pour ce jeune homme solitaire et «très dans sa tête», la danse est le meilleur moyen d’expression qui soit.Et rien ne semble vouloir le faire évoluer ailleurs que dans son élément.Reflet de Société.corn 13 Photos: Patrick Landry Académie de Roberval Une école qui raccroche les gangs MURIELLE CHATELIER Le phénomène des gangs de rue n’a rien de nouveau pour le directeur d’une école publique du quartier Villeray.Au début de son mandat à l’école De Roberval, en 1992, Gérard Jeune a du composer avec plusieurs jeunes provenant de ce milieu criminalisé.Avec humilité, il raconte comment il a fait le pari de développer chez ses élèves un véritable sentiment d’appartenance et de doter son école d’une meilleure réputation.En arrivant à l’école secondaire De Roberval, Gérard Jeune savait qu’il y aurait beaucoup de travail à faire.Les actes de violence perpétrés dans cet établissement avaient trouvé écho dans le milieu scolaire, et plusieurs membres de gangs de rue se trouvaient parmi ses élèves.«Ce que j’ai trouvé à De Roberval, ce sont des jeunes issus en majo- M.Gérard Jeune, directeur de l’académie de Roberval S rité de ma communauté (haïtienne) qui avaient besoin d’un modèle, d’une raison de se comporter comme il faut», dit posément Gérard Jeune, le directeur de l’école du quartier Villeray, qui se nomme aujourd’hui Académie De Roberval.SOUS HAUTE SURVEILLANCE Quelques mois avant son arrivée à De Roberval, un affrontement sanglant entre deux bandes rivales d’étudiants avait retenu l’attention de tout le personnel de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et des comités de liaison de la communauté haïtienne.Cinq jeunes avaient été blessés lors de ce violent affrontement, à la machette, orchestré dans un wagon du métro, entre les stations Fabre et Jean-Talon.L’un des jeunes avait même sombré dans le coma.«On m’a pressenti comme étant l’homme de la situation, se rappelle le directeur.Avec mon poste de directeur adjoint pendant 3 ans à l’Académie Dunton, j’ai fait la preuve que je n’ai pas froid aux yeux et que je n’hésiterai pas à brasser les choses.» Sans baisser la tête, il a entrepris sa première action comme directeur De Roberval: changer tous les cadenas.«Je savais que certains élèves avaient des armes.Avec un cadenas fourni par l’école, je détenais toutes les combinaisons et je pouvais vérifier le contenu de chacun des casiers.» Implacable, il suspendait chaque élève armé.«J’avais des étudiants à l’œil.Je fouillais leurs casiers avant d’aller les chercher en classe pour qu’ils viennent eux-mêmes les ouvrir devant moi.Je ne me suis jamais contenté d’être un directeur présent, mais un directeur visible.» Et il se faisait voir jusque dans le métro Fabre, situé à 2 pas de l’école, où il suivait ses élèves pour s’assurer qu’ils ne s’attroupaient pas et qu’ils quittaient bien le territoire de l’école.«Je n’avais aucun contrôle sur ce que faisaient mes jeunes en dehors de l’école.Mais tant qu’ils étaient sur mon territoire, et le métro en faisait partie en raison de sa proximité avec l’école, je ne tolérais aucun écart de conduite, et chacun le savait.» Fini aussi les va-et-vient de jeunes qui ne fréquentaient pas l’école.Le mot était passé à l’extérieur.Et personne n’a osé se pointer pour défier l’autorité de ce directeur à la'poigne de fer.Un régime de la peur?« Le fait d’être haïtien a beaucoup joué pour me faire accepter et surtout pour que les jeunes ne me considèrent pas comme leur ennemi.Ils me respectaient, même ceux qui ne fréquentaient pas l’école.Je pense que mon approche humaine a fait toute la différence.» Un directeur à l’écoute «Si vous saviez le nombre de problèmes personnels que j’ai réglés dans ce bureau », dit M.Jeune, une lueur 14 Reflet de Société,corn d’amusement dans les yeux à l’évocation de cet aspect de son rapport avec les jeunes.Toutes les tactiques étaient bonnes pour se rapprocher de ses ouailles.«Parfois, je convoquais l’ami d’un élève en difficulté pour lui parler.Je sais que certains jeunes sont plus enclins à écouter des jeunes de leur âge.Comme ça, je m’assurais au moins que le message passe de façon efficace.» Dans cette petite école de 500 âmes, aucun élève n’était un numéro.«L’un d’eux est arrivé ici avec le risque d’être emprisonné pour une accumulation de contraventions.Pour tenter de trouver une solution, je suis allé voir ses parents - en conduisant si vite pour être à l’heure que j’ai moi-même eu une contravention! Ils étaient dans l’impossibilité de payer cette dette et s’étaient résignés à laisser leur enfant se faire emprisonner.Une chose m’apparaissait évidente: cet élève serait mieux à l’école que derrière les barreaux.Alors, j’ai payé de ma poche pour régler ce problème.» Ces confidences dans le bureau du directeur n’étaient certainement pas le fruit du hasard.«J’ai été sévère avec les élèves de cette génération, mais je les aimais, et je suis persuadé qu’ils le savaient.Je voulais qu’ils réussissent leur vie, et je suis allé chercher tous les appuis possibles, autant auprès des enseignants que des élèves.Nous avons tous travaillé très fort.» Vie étudiante bien remplie Pendant un instant, ses yeux quittent les miens pour fixer un écran derrière moi.Avec un léger sourire, il me dit: «Vous voyez, ces jeunes-là, je vais devoir les faire sortir de l’école pour qu’ils rentrent chez eux.Ils aiment ça être ici.» Je me retourne pour constater, sur l’écran de surveillance, plus d’une heure et quart après le dernier son de cloche, que des élèves se disputent joyeusement une partie de air-hockey dans le «foyer» de l’école.«Si un étudiant n’a pas de sentiment d’appartenance, il n’aura aucune motivation pour venir à l’école.Et c’est pour ça que j’ai instauré une vie étudiante diversifiée au sein de mon école.» Une table de ping-pong installée en plein cœur du lieu de rencontre des étudiants a servi de premier pont entre ce directeur et ses élèves.Aujourd’hui, ils jouissent de cinq tables de jeu, ping-pong, baby-foot et air-hockey, d’une radio étudiante et d’une salle de cinéma qui se transforme en mini auditorium pour les danses du vendredi.Un technicien en loisirs a été embauché à temps partiel pour superviser ces activités.Il ne se passe presque pas une semaine sans qu’un des anciens élèves de Gérard Jeune ne lui rende visite.Et comme pour lui donner raison, deux étudiants de la promotion 1994-1995 font le pied de grue devant le secrétariat de l’école.L’un d’eux, un banquier qui vit à Vancou- ver, était prêt à attendre M.Jeune des heures s’il le fallait.Une nouvelle réputation Depuis l’implantation en 1996 d’un projet éducatif qui consiste à sélectionner les meilleurs étudiants en les soumettant à un examen d’entrée, les perceptions envers cette école publique ont changé.«En plus de sélectionner les étudiants, l’Académie De Roberval s’est aussi dotée d’un code vestimentaire.Ces initiatives ont nettement contribué à notre notoriété.» Dans les classements des écoles publiques, l’académie fait bonne figure et se positionne parmi les établissements les plus performants.«Depuis deux ans, on reçoit tellement de demandes qu’on est obligés de tenir deux soirées de portes ouvertes, et le gymnase se remplit à craquer à chaque fois.Quand c’est le moment des inscriptions, les files d’attente s’étirent jusqu’à l’extérieur du bâtiment.Je dois l’avouer, ça me fait vraiment plaisir ce succès», raconte Gérard Jeune en savourant les efforts qu’il a mis pour redorer le blason de son école.i ' • Fresque située dans l’Académie de Roberval Reflet de Société.corn 15 Les agressions sexuelles, une réalité mineure?MARIE-CLAUDE MARSOLAIS Bruno Sioui Jeux interdits Ces adolescents accusés d'agression sexuelle •H * X3 Jeux interdits, Ces adolescents accusés d’agression sexuelle de Bruno Sioui, VLB éditeur, 2008.Les agressions sexuelles, ce n’est pas qu’une histoire d’adultes dépravés.Des adolescents aussi s’en rendent coupables.Le quart de ces types d’abus est commis par des jeunes.C’est entre autres ce que nous révèle Bruno Sioui, dans son livre Jeux interdits.Auteur de ce premier essai de la collection «Sexualités et sociétés» dirigée par Michel Dorais, chez VLB éditeur, Bruno Sioui est professeur en psychoéducation à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamin-gue.Il a aussi passé 20 ans dans des Centres jeunesse en tant qu’éduca- 16 teur.Les ados, il connaît.Il avoue toutefois que de tous les types de délinquance auxquels il a été confronté, les agressions sexuelles étaient loin d’être au premier plan.«Le phénomène a toujours existé, mais il n’était pas mis en évidence.Par contre, au début des années 1990, les tribunaux de la jeunesse ont commencé à nous envoyer de plus en plus d’ados qui avaient commis une ou plusieurs agressions sexuelles», se rappelle M.Sioui.» Nouvelle loi, plus de cas Comment expliquer cette recrudescence?L’auteur a son hypothèse.Il l’associe au virage à droite qui a sévit au Canada dans les années 1980 et à l’entrée en vigueur en 1984 de la Loi sur les jeunes contrevenants.Cette nouvelle loi, par ses articles insistants sur la procédure criminelle, a marqué le début d’une époque dans le traitement des adolescents délinquants.«On a arrêté de dire que les parents étaient les seuls responsables des actes de leurs enfants, les jeunes aussi l’étaient.Dès lors, la société est devenue plus intolérante par rapport aux délinquants et on a commencé à mettre l’accent sur les victimes», soutient-il., Problématique méconnue Il va sans dire que cette nouvelle vague de cas liés aux abus sexuels a révélé une carence majeure en termes de ressources dans les Centres jeunesse.«Nous avions un sen- timent d’impuissance quant à cette problématique, affirme M.Sioui.Il n’existait aucun programme relié à ce sujet.Ici, comme ailleurs, il n’y avait que très peu d’études auxquelles se référer.C’est ce qui m’a amené à m’intéresser au phénomène.» Aujourd’hui encore, selon M.Sioui, les intervenants qui travaillent auprès des jeunes en difficulté ne sont pas formés pour ce type de situation.Sorti en août dernier, son livre, qui est en fait sa thèse de doctorat retravaillée, est un outil précieux qui en réjouit plus d’un.L’auteur s’en rend bien compte.«Je donne parfois des conférences.A chaque fois, les intervenants sont nombreux à venir me voir.Ils me remercient de leur donner des pistes concrètes.Ils sont démunis face au manque de ressources.» La preuve indéniable de l’importance que l’on doit accorder au phénomène?Les études démontrent que le taux moyen de récidive est de 7 % lorsque les adolescents agresseurs sont traités.Cette donnée en surprend plusieurs, à commencer par M.Sioui.«A l’époque, on croyait tous que ces jeunes allaient récidiver à coup sûr», se rappelle-t-il.Une perception faussée Cette surprise face au taux de récidive n’est pas la seule à avoir pris de court le chercheur.Parmi les 15 jeunes qu’il a interviewés dans le cadre de ses recherches, l’ancien éducateur avoue avoir été ébranlé Reflet de Société.corn par l’absence de regret de ceux-ci.«Je m’attendais à ce que ces jeunes se disent désolés du tort qu’ils ont causé.Ce n’est pas le cas.Ils ont un manque d’empathie flagrant pour leurs victimes.Ils sont conscients de leur geste, mais mettent l’accent sur les conséquences de ce geste pour eux-mêmes.Certains sont même allés jusqu’à dire que les victimes le méritaient.» Cela dit, si les remords des jeunes agresseurs sont nuis, ils ne tentent pas de nier la gravité de leurs gestes pour autant.«Le manque de ressentiment contre les instances judiciaires m’a réellement surpris, raconte M.Sioui.En règle générale, les délinquants qui passent dans les Centres jeunesse ont une dent contre la justice.Mais ces jeunes-là, qui sont allés au poste de police, devant les tribunaux et dans des bureaux d’avocats, ont réalisé, à travers le processus judiciaire, qu’ils avaient commis une faute grave et ont accepté le fait de devoir payer une dette.Je crois qu’en acceptant la gravité de leurs actes, ils désirent oublier leur geste, tourner la page.Ils sont loin de se vanter de leurs comportements.» Des jeunes mal socialisés Ainsi, cette problématique n’est aucunement liée à l’accessibilité sans borne de la pornographie sur le web, ni au phénomène de l’hy-persexualisation.Ce type de délit en est un parmi tant d’autres que commettent ces jeunes, selon M.Sioui.Ils commencent avec des petits larcins, des vols à l’étalage et après ils commettent d’autres délits, plus graves.À l’instar de la plupart des jeunes délinquants, les adolescents agresseurs sexuels ont tous un point commun: ils sont mal socialisés.«L’agression sexuelle commise par ces jeunes est, plus souvent qu’autrement, un acte de pouvoir.Beaucoup de ces jeunes, pour plusieurs raisons, sont rejetés.Ils ne savent pas comment se faire des amis, ils ont beaucoup de rage et ils s’en prennent à des plus jeunes», affirme l’auteur, qui espère que son livre contribuera à humaniser le problème.«Nous ne sommes pas face à des agresseurs adultes dont la déviance sexuelle est cristallisée.Ce qu’il faut éviter, c’est de les marginaliser encore plus.Si on les isole, ils ne s’en sortiront pas.» Bruno Sioui sera de passage au Salon du Livre de Montréal, qui aura lieu du 19 au 24 novembre 2008 à la Place Bonaventure.LA RECOMPENSE REGARD SUR DES GENS DE COEUR DOCUMENTAIRE SUR LE BÉNÉVOLAT Découvrir sa communauté Donner un sens à sa vie Prendre part à la vie sociale et de quartier Expérimenter et mieux se connaître Disponible en ligne au www.refletdesociete.com ou par la poste auprès du Journal de la Rue 25$ + 5,77$ ( taxes et frais de livraison ) 4233 Rue Sainte-Catherine E Montréal, Qc H1V 1X4 commande par télécopie: 514 256-9444 Par téléphone: 514 256-9000 ou 1-877-256-9009 Reflet de Société.corn 17 Pour l’Amour d’un enfant MARIE-SOPHIE TRUDEAU À 26 mois, Samuel est atteint de paralysie cérébrale.Il aurait pu ne jamais sortir de l’hôpital.Mais grâce à des travailleurs de la construction de La Plaine, dans les Basses-Laurentides, la maison du petit garçon a été adaptée afin de lui permettre de jouir d’une vie meilleure.Yvon Gardner sort de l’hôpital anéanti.Sa femme, Josée Lacom-be, vient de mettre au monde des jumeaux, Mathieu et Samuel.Par malchance, Samuel manque d’air à la naissance.Il est atteint d’une paralysie cérébrale qui engendre de graves problèmes de motricité.De plus, il est épileptique et il fait des pneumonies à répétition.«Les médecins ont gardé notre garçon pendant cinq semaines aux soins palliatifs.Vu son état, ils pensaient qu’il ne sortirait jamais vivant de l’hôpital.Josée et moi, nous l’avons ramené à la maison.Nous l’avons tellement bien soigné qu’il est encore en vie», raconte le père de la famille.Le couple peut se vanter d’avoir réussi l’impossible, mais ce n’est pas sans expérience dans le domaine de la santé qu’ils ont pris soin de leur fils.Josée a travaillé pendant 13 ans comme infirmière auxiliaire et Yvon a été préposé aux bénéficiaires durant 20 ans.Yvon écrit une lettre qu’il envoie à une trentaine d’entrepreneurs pour expliquer sa situation.La maison du couple n’est pas adaptée pour un enfant souffrant d’un handicap majeur.«Mon fils ne marchera pas, ne mangera pas et ne parlera jamais.Il devra vivre dans un fauteuil roulant.Il faut un ascenseur dans la maison, une chambre de bain adaptée et 18& JWV Yvon Gardner savoure la vie avec Mathieu et Samuel 18 Reflet de Société.corn La communauté se mobilise La famille Gardner s’est installée en septembre dernier après trois mois de rénovation.ajouter un deuxième étage pour notre chambre auparavant au rez-de-chaussée», écrit le père de famille.Benoît Tousignant, un collègue d’Yvon, est touché par l’histoire et remet la lettre au président du syndicat des métiers de l’acier, Jacques Dubois.Ce dernier prend contact avec la famille Gardner.Une belle histoire de solidarité prend vie.Le président du syndicat s’occupe de l’aide financière au projet.«Au départ, la famille a reçu 20 000$ du Choix du Président puis 10 000$ de la Caisse Desjardins.Mais 150.000$ sont nécessaires pour mener à bien le projet», explique M.Dubois.Réaménager la maison des Gardner nécessite des matériaux et une main-d’oeuvre spécialisée.Plomberie, électricité et ascenseur demandent une expertise que ne possèdent pas les bénévoles venus prêter main forte aux parents de Samuel.«Il y a aussi plusieurs entreprises qui ont donné des matériaux et qui ont également fourni la main-d’œuvre.Tous voulaient aider.C’est la survie d’un enfant infirme et des parents qui vont tout faire pour le sauver qui était en jeu», affirme le président du syndicat.C’est la première fois que le Syndicat des métiers de l’acier répond à une demande du genre.«C’est sûr qu’il est possible que nous recevions beaucoup de demandes dans l’avenir; et qu’il nous sera impossible d’y répondre.C’est une roue que nous voulons commencer à faire tourner.Nous voulons activer l’esprit de famille et favoriser le bénévolat», déclare Jacques Dubois.Un membre du syndicat, Michel Landry, se sent interpellé par cette histoire.«Ce qui arrive à la famille Gardner m’a beaucoup touché, je suis moi-même père de famille.J’ai été pendant 15 ans menuisier, j’étais alors capable d’entreprendre ce projet», raconte ce poseur d’acier qui a demandé l’aide de son garçon pour exécuter les travaux.«C’était beau à voir, j’ai passé une fin de semaine à faire des rénovations avec mon propre fils, pour aider un père à sauver le sien!», s’exclame Michel.Hautement reconnaissant envers toutes les personnes qui se sont mobilisées pour la cause, Yvon Gardner sait qu’il est chanceux d’avoir eu l’aide du syndicat.«Sans cette aide, nous aurions été dans le pétrin, lance le père de Samuel qui doit toutefois dénicher les quelques 110 000$ manquants pour payer les rénovations.C’est un cercle vicieux, trouver des dons.Pour moi, c’est difficile car je suis le père.J’ai l’air d’un quêteux.» La famille Gardner s’est malgré tout installée dans sa maison le 19 septembre dernier.Après trois mois de rénovation, elle va enfin vivre normalement.«C’est un travail à temps plein qui nous attend.Josée va rester à la maison pour prendre soin de Samuel.Nous allons tout faire pour qu’il puisse s’épanouir.C’est ça être parent, on est prêts à tout pour nos enfants!», conclut le père de Samuel.•xütanf m w-yra ERECTEUR INTERNATIONAL 2333.rue St-Césaire.Marieviile Quebec Tel : 450-460-3546 Fax : 450-460-527 www.erecteur.ccm infoteecteur.com 1 - fl Reflet de Société.corn 19 salon du I ivre DEmontréal 19 AU 24 NOVEMBRE 2008 dram9?uï^e, la poésie, ^es esSâiS: les rOiîjaO >»* r ; Vehumainesy fl x.curutur cuis cczur cuis Cu>r& s.X'f '/'Mil P®é$ip Ves v cligvo^ >tis> / p°é$ie.jsciences humaines, imâtuïë^lles romat E BONAVENTURE www.salondulivredemontreal.com DI sodec „D SALON DUIIVAE DrMONTNtAl QjUébeC O O M #95,1 ^r-, 1M {«& Conseil des Arts Canada Council Canada et» duC*r*‘* te,,h*Am ¦ Desjardins Photos: Patrick Landry JNXPCPO Hip-Hop : Un style qui dérange MORTELLE CHATELIER Ils sont «yo».Ils rejettent les normes.Ils ont adopté la culture hip-hop.Ce sont parfois des Québécois d’origine haïtienne, latino-américaine, chinoise, parfois des Québécois dits de souche.Ils font des «fuck you» à la police.Ils ont l’air de petits truands.Ces jeunes sont-ils des membres de gangs de rue?Les adeptes de la culture hip-hop ne passent pas inaperçus.Panta- Reflet de Société.corn Ions au ras des fesses, chandails amples aussi longs que des robes, bijoux style «bling-bling», démarche trop cool pour être naturelle, avec en prime une attitude de hors-la-loi.Ils passent encore moins inaperçus quand ils sont impliqués dans des actes de nature criminelle et qu’ils font les manchettes.Mais ils trouvent que les médias les associent trop vite aux gangs de rue, comme lors de la mémora- ble émeute de Montréal-Nord, en août dernier.«Dès qu’on parle des jeunes qui adoptent le style hip-hop, tout est classe gang de rue», s’exapère Dub-D, un producteur de musique hip-hop qui vit dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Avec sa peau blanche et son style «yo» plutôt décent, il ne se sent pas moins opprimé que les jeunes issus de communautés culturelles.«On 21 est peut-être des jeunes de rue, mais pas nécessairement des membres de gangs de rue!» Tatoué de toutes parts, il revendique constamment haut et fort son statut de contribuable, mérité à la sueur de son front.Stéréotypes tenaces Charles Ali Nestor, le fondateur de l’école d’arts martiaux Ness Martial - et aussi personnage principal du premier documentaire de Dan Bigras, Le Ring intérieur - ne comprend pas non plus pourquoi on parle tant des membres de gangs de rue dans les médias.Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en a répertorié entre 300 et 500 sur toute l’île de Montréal.«Les événements de Montréal-Nord et les débats sur les gangs de rue sont un bon exemple du mauvais lien que font les gens avec les gangs de rue.» Ayant lui-même fait partie de gangs de rue dans son adolescence, le boxeur de 34 ans - son âge rappelle du même coup que le phénomène des gangs n’a rien de nouveau -en a ras le bol de ces équations.«Aujourd’hui, on ne peut plus associer la culture hip-hop aux gangs de rue.Quand il y a eu l’émeute, on a parlé de gangs et de Noirs, et ça n’avait rien à voir! Les jeunes qui ont fait de la casse étaient des frimeurs.Et le vandale qui transportait une grosse télé volée sur sa tête et qu’on a tous vu dans les médias n’était pas un Noir!» Pour se faire accepter par la société, Nestor s’est résolu à changer de style, à remonter ses pantalons et à couper ses cheveux.«Dans mon jeune temps, à la fin des années 80, je n’avais pas le choix de changer pour faire ma place.A cette époque, le hip-hop était un mouvement de rébellion des Noirs.Aujourd’hui, c’est une vaste culture urbaine qu’on retrouve dans le monde en- Dub-D, producteur de musique Hip-Hop, victime des stéréotypes kW< xYSÆ A"/yé?\ /V /ZSr ywm 'VyiV rVV: VI*'yA / / Z /V / ¦/ \/yw \LjLâ* tier.Il y a des groupes de Blancs qui adhèrent à la culture hip hop et qui ne se tiennent pas avec des Noirs.» PROFILAGE ET HIP-HOP Se faire arrêter constamment par la police, les jeunes au style hip-hop en ont marre.«Les policiers outrepassent leurs droits d’agents de la paix, estime Dub-D.On dirait qu’ils se croient tout permis.» Malgré son statut de personnalité publique, Charles Ali Nestor a déjà fait l’objet de profilage racial.«J’allais à un gala de boxe avec des jeunes, et je m’étais habillé comme eux pour la circonstance.Je conduis une Jeep de l’année, et on m’a arrêté sans raison.Un Noir avec des vêtements hip-hop au volant d’une belle voiture, c’est souvent suspect.Quand les policiers ont vu mon nom sur mes pièces d’identité, ils ont dit: Ah, vous êtes le boxeur.Et ils m’ont laissé aller, sans autre forme de procès.» Dub-D affirme avoir lui aussi été victime de ce genre de discrimination.«Le problème du profilage touche tous les jeunes, dans tous les quartiers.J’ai déjà été à un party dans un appartement situé sur la rue Mont-Royal, et les policiers sont arrivés sans aucune raison pour nous disperser.C’était pourtant une soirée «relax» bien ordinaire.» Charles Ali Nestor estime que les médias ont une part importante de responsabilité dans cette vision négative du hip-hop.«Souvent, les médias ne rapportent pas la bonne information.Ils sont les premiers à faire du profilage en associant continuellement les Noirs habillés selon le style hip-hop aux gangs de rue.Ce serait bien qu’ils commencent à parler plus des différents organismes qui sont là pour écouter ces jeunes qui vivent dans la marginalité.» Gangstérisme L’un des traits caractéristiques des «jeunes de la rue» est leur besoin de se masser en gang.Rencontré dans une pizzéria de Montréal-Nord, Général, un jeune rappeur d’origine africaine, ne voit rien de mal à se regrouper entre amis et à boire sur le coin d’une rue en fumant un joint.«Dans notre langage, on appelle ça un «chilling».C’est comme un 5 à 7, sauf que c’est dans la rue et que ça dure peut-être plus de 2 heures.» No Luv, un infographe rencontré au cours d’un de ces «chilling» dans le nord de la ville, croit que le style vestimentaire ne peut pas déterminer une personnalité.«Tu me vois là comme ça avec mon allure de «gangster», mais demain matin, je vais travailler de 9 à 5 comme tout le monde.» Propriétaire d’un condo, il dit avoir dû verser plusieurs mois d’acompte avant d’en prendre possession.«C’est à cause de mon apparence.» Tous des enfants de chœur et des travailleurs honnêtes alors?«Euh, non, peut-être pas, bafouille Général, mais ce n’est pas une raison pour nous associer inévitablement à un 22 Reflet de Société.corn gang.» Combines, trafic d’armes et de drogue sont des termes pourtant courants dans leur langage.Et les activités illicites semblent faire partie de leur quotidien.«Pourquoi veux-tu que je travaille pendant une semaine pour 500 $ si je peux faire le même montant en un jour», me questionne un «chilleur» du groupe.Bien que ces jeunes refusent obstinément d’être identifiés à des gangs de rue, ils correspondent aux profils dressés par le Service de police de la Ville de Montréal qui indique que «lorsque la violence et la criminalité prennent le dessus sur la vie de groupe, on s’approche, selon divers degrés, vers le profil d’un gang de rue».Les jeunes adeptes du hip-hop se sentent victimes de profilage par les policiers en raison de leur habillement, identique à celui des membres de gangs de rue qui font, eux aussi, partie de la même culture.Qu’en est-il des crimes commis par des gens vêtus de veston-cravate?Issus d’une culture qui implique le port du costume, les Vincent Lacroix de ce monde forcent-ils les policiers à arrêter tous les biens vêtus de la province?Y a-t-il profilage de la part des policiers dès qu’une personne bien habillée, conduisant une dispendieuse voiture, passe sur leur chemin?Les policiers, de même que la société, sont-ils en mesure de différencier les Vincent Lacroix des hommes d’affaires honnêtes?Les policiers débarquent-ils chez les fraudeurs à cravate, dont les dommages se comptent par centaines de millions, pour associer à leurs combines toutes les personnes qui gravitent autour d’eux?p- £v i m CJLTÜfit 1 200 SëImIIp >vV*jjÉsr'-‘ r V, mm*.Disponible auprès des Éditions TNT vvww.editionstnt.com, par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009, par la poste Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc.HIV 1X4 Jean-Simon Brisebois, trilogie de poésie urbaine M.Jean-Simon Brisebois sera au Salon du livre de Montréal du 19 au 24 novembre 2008 à la Place Bonaventure.Chacun de ces livres sont disponibles pour la modique somme de 4,95$ (rajouter 2$ par livre pour la taxe et les frais de manutention).L'ÂME DE L'AN6E L'Âme de l'ange Renaissance Entité Reflet de Société.corn 23 De Jonquière au Costa Rica IMMERSION EN JOURNALISME MARIE-SOPHIE TRUDEAU jCreo que si! (je crois que oui) C’est ce que nous avons dit quand nous avons foulé le sol bouillant du Costa Rica.Nous nous étions promis, lors d'une réunion de préparation, de crier haut et fort ces trois petits mots à notre arrivée au pays.C'était lorsque nous n’étions sûrs de rien.Il y a un an jour pour jour, notre groupe était assis autour d’une table au Cégep de Jonquière: quatre finissantes en journalisme, un ancien du programme et une accompagnatrice au projet.Un défi unissait notre groupe: partir en reportage à l’international.Tous les pays du monde s’offraient alors à nous, il ne restait plus qu’à choisir! Déterminés, curieux et étourdis par tant de diversité, notre choix s’est arrêté sur le Costa Rica.Le compte à rebours s’est enclenché.Nous avions moins de huit mois pour organiser un projet journalistique à l’étranger, avec tous les efforts que cela représente: recherche de commanditaires, activités de financement, mise en place du budget, élaboration de l’itinéraire, prise de contact à l’étranger, information sur le pays, formation pré-départ, choix des sujets et quoi encore.Le jour J a sonné à nos oreilles comme la plus grande des victoires.Pack-sac au dos, passeport dans les mains, papier et crayons en grand nombre, l’inconnu nous tendait la main.Durant un mois nous avons réalisé près de 40 entrevues dans divers domaines: environnement, santé, éducation, réalité autochtone, pauvreté et sur tout ce qui a piqué notre curiosité.Nous avons aussi dérogé de la simple entrevue pour nous laisser enivrer par la réalité du pays.Nous avons vécu dans des familles costariciennes, donné des ateliers de français à des jeunes, assisté à l’Assemblée nationale et servis des repas dans un bidonville.Nous nous sommes surpris à nous exprimer clairement en espagnol et à nous faire prendre au sérieux par les Costariciens, une de nos plus grandes peurs.Voyager comme journaliste est si différent du tourisme.Connaissez-vous beaucoup de touristes qui visitent la direction d’une école pour savoir comment fonctionne le système éducatif?Ou qui rencontrent un médecin du pays pour les mêmes raisons?Ou encore, qui logent trois jours dans une réserve autochtone?De retour au Québec, nous avons enclenché la troisième étape de notre projet : la réalisation de notre parution spéciale sur le Costa Rica, En DIRECTion du Costa Rica.Rédaction, alignement des textes dans le magazine, correction et montage, nous avons tout fait nous-mêmes.En DIRECTion du Costa Rica, c’est la concrétisation d’un projet qui aura duré un an.C’est la réalisation d’un rêve commun qui a bercé les cinq jeunes journalistes que nous sommes.La parution spéciale que nous avons créée, c’est le regard que nous portons maintenant sur ce pays de l’Amérique latine.Finalement, c’est la preuve matérielle que nous avons vécu cette expérience.Toutefois les souvenirs qui se bousculent dans notre tête sont d’autant plus inoubliables que, parfois, les mots ne sont pas toujours asSez forts pour tout dire.Du Costa Rica à Jonquière -.série Mil»] «Mia ¦ e.fil.e.tdeS6Eiétéliij4dllfë/ m im -i à l’international fM, vu # '• Santé • Éducation • Indigènes • Tourisme Les 5 journalistes viennent de faire le lancement de leur numéro spécial Costa Rica au Salon du Livre du Saguenay-Lac-St-Jean le 26 septembre dernier.Ils seront aussi présents au Salon du livre de Montréal pour présenter leur réalisation.Vous pourrez vous procurer leur magazine En DIRECTion du Costa Rica pour la modique somme de 5$.Un souvenir de leur expérience journalistique qui permettra le financement du stage 2009 pour une autre cohorte de journalistes.Commandes postales: (514) 256-9000 24 Reflet de Société.corn Libération œil, cet imposteur, s’est toujours pris pour ma fierté.Le temps que j'ai dû purger avant de réadser cette supercherie se compte en années.Ce fut Ce pCus grand obstacle à franchir pour accéder au honheur.Les efforts consacrés à défendre et poCir un orgueil inutile ressemé font à certaines campagnes publicitaires.Toutes [es diversions qu’utilisent Ca téCévision, Ca mode et la publicité visent un 6ut hienprécis -.nous confondre.Nous faire oublier que Ce vérita6Ce Sonheur ne coûte rien.Çrâce à des lectures judicieusement sélectionnées, je suis arrivé à me remettre sérieusement en question.Quand on se retrouve seul face à soi, nos besoins refont suiface, ridicuCisant nos caprices qui agissent exactement comme les publicités.(Des artifices éphémères qui n’ont qu’un but : aveugler notre discernement! Vn simple sourire glissé en présentoir sous des yeux accueillants peut vous éblouir totalement.Vn doigt caressant votre peau délicatement peut vous remplir dune tendresse enivrante.Vn mot gentilpeut vous faire oublier des chapelets entiers de bêtises.Ce, pour nous rappeler que le bonheur ne provient jamais dune chose qu ’on achète.Je retourne à la liberté physique, celle des obligations, celle des conventions.Si la prison n’est pas agréable, elle n ’en demeure pas moins une expérience riche en émotions fortes et intenses.Je crois avoir réussi à passer au travers sans trop de dommages mentaux Ce qui, en soi, est une belle démonstration de résilience.Je vais tenter, grâce auxmoyens qui sont mis à ma disposition, de produire un bilan constructif et utilisable pour (a société.(Pour y arriver, je dois dabord faire la paix avec moi-même.Ensuite, j’utiliserai adéquatement ce passé boiteux Ce cheminement en est un de longue haleine.Personne ne peut faire ce travail à ma place.Sachant que les mauvaises habitudes ont la vie dure, je reconnais la nécessité de rester vigilant.Pour les vindicatifs et les inquisiteurs, sachez que vous êtes une source de motivation nécessaire parfois lourde, parfois irritante mais, comme moi, vous devez sûrement servir une mission qui dépasse votre entendement.JLvec toute ma considération, Pierre Êel'errare Jean-Pierre Bellemare sera présent lors du Salon du livre de Montréal du 19 au 24 novembre prochain.Vous pouvez avoir de ces nouvelles et suivre ses écrits sur www.refletdesociete.com, section Chronique du prisonnier.Jean-Pierre Bellemare donne aussi maintenant des conférences dans les écoles.Reflet de Société.corn 25 LUr r, .TRADITIONNEL.TRADITIONNEL *LES MAGAZINES CANADIENS RENDENT VOS CHAMPS D'INTÉRÊT PLUS INTÉRESSANTS.3u'il s'agisse de questions féminines ou de voyages, tout le contenu reflète une optique originale out à fait canadienne qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.Recherchez le logo Magazine Canadien dans es kiosques à journaux ou visitez le site magazinescanada.ca pour y trouver ce qui vous intéresse. Photos: Conseil Scolaire Francophone de la Colombie-Britannique r
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.