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Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Février - Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
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Reflet de société /, 2009, Collections de BAnQ.

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Un regard différent sur notre société BAnQ mm aimai mmm twhouw îmonaia m\ m Vil 5033* SON 3t 9M S 0 OT U 1ZZ OSISZQOWd ! ¦ 1 Vol.17 N°2 Février / Mars 2009 Gambling püe.ffis 'l'intervention de crise auprès dune personne suicidaire Pour nous aider à les aider.Total($) Abonnement | GUIDE sur le suicide DVD / Bénévolat DVD/Hip Hop T-Shirt (Grandeur® ) Contribution supplémentaire Au Café Graffiti 4233 Ste.Catherine est Montréal,(Québec) H1V 1X4 www.refletdesociete.com (514) 256-9000 EDITION 13,50 $ BLANC Taxes et livraison incluses pour tous ces items Guide sur le suicide 7,50$ DVD Spectacle Hip-Hop et orgues classiques 25$ net Documentaire sur le bénévolat 25$ Des témoignages, des partages.Ce qu’ils ont vécu.Comment ils s’en sont sortis.Des organismes pouvant aider et intervenir.Ce qu’ils font, leur coordonnées, un carnet d’adresses.Des textes accessibles à tous.Une meilleure compréhension des enjeux sociaux.Favoriser l’éveil d’une conscience citoyenne.Susciter une réflexion avec les jeunes.Participer à un débat de société.Faciliter le dialogue.LA RÉCOMPENSE REGARD SUR DES GENS DE COEUR Prénom:_____ Adresse: ___ Ville:______ Code Postal: Courriel: __ Carte no.: .Signature: ?visa ?1 an - 6 nos.34,25$ ?2 ans - 12 nos.59,95$ ?3 ans - 18 nos.79,95$ International - 39,00$ Cad.1 an Province: __________ .Tél-: ( ) Exp.: ?MASTER CARD ?AMEX Nouvelle édition Raymond] Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail, est la bienvenue.Oui Je m'abonne RefletcSociété «Un regard différent sur notre société» S’abonner à Reflet de Société: c’est a la fois s’informer sur les > problématiques contemporaines et m** % .contribuer à les atténuer Lire c’est déjà agir.Votre abonnement à gjf Reflet de Société est important.C’est la base de l’autonomie de l’organisme et de ses différents projets d’intervention.UOUS îc POOQ.VOt>tte etivoîfteîft j j J IBp« Wmbbw S'aôoHhcr à Ref letdeSociété Permet de soutenir des projets novateurs pour les jeunes et un organisme d’intervention et de prévention.Le Café-Graffiti •Un milieu de vie pour les jeunes •Un lieu de diffusion et de création artistique Reflet de Société: 4233, Sainte Catherine Est Montréal, Qc H1V 1X4 Téléphoné: (514) 256-9000, Télec.: 256-9444 journal@journaldelarue.ca ISSN 1615-4774 iÉÉÉPlMÉHÉHHHHÉi É?| j j ’• • ¦ ¦ ¦ m - 11 B ________ jjimüÜ MM Raymond Viger www.raymondviger.wordpress.cxim La crise économique va demander un gros effort de la part de tout le monde.Le gouvernement, on s’en doute, aura besoin de tout l’argent qu’il peut aller chercher.Ce qui risque d’augmenter la pression sur ses vaches à lait que sont la SAQ, Hydro-Québec et Loto-Québec.Qui va payer?Beaucoup trop de gens qui n’en n’ont pas les moyens.Je questionne régulièrement Loto-Québec et son impact sur la population.Ce n’est pas d’hier que le sort des joueurs pathologiques me tient à cœur.Celui de leurs proches également.Mais j’ai l’étrange impression que Loto-Québec, malgré ses belles publicités, ne s’en préoccupe pas tellement.Dans ce numéro, notre journaliste Dominic Desmarais fait un bref récapitulatif du recours collectif de joueurs pathologiques contre notre vénérable institution du jeu.Je dis bref, car comment transposer en quelques pages 6 ans et demi de procédures judiciaires?Et nous n’en sommes qu’au début! Le recours, qui a débuté en 2001, est devenu un procès depuis octobre dernier seulement.Il s’agit d’une première mondiale.C’est la toute première fois qu’un tribunal est appelé à se prononcer quant à la responsabilité d’une telle institution sur le jeu pathologique.Une première mondiale qui, si elle fait jurisprudence, aura un impact.mondial! Malgré l’ampleur des enjeux, êtes-vous au courant?Très peu de médias en parlent.Après tout, cette maladie, qui touche directement plus de 100 000 personnes, qui à leur tour touchent directement leur entourage, n’est pas aussi croustillante que le gangstérisme et les procès reliés aux Hells Angels.Alors on en parle peu.D’autant plus que le procès se déroule à Québec, un village pour le nombril montréalais des médias.On en parle peu, de ce premier recours mondial mais, étrangement, on voit beaucoup, depuis l’automne, les publicités de Loto-Québec qui vantent son jeu responsable.La télé et les journaux en sont bien nourris.Loto-Québec, si elle ne peut acheter un jugement, a tout de même les moyens de s’acheter une belle personnalité.On en parle peu, aussi, en raison du droit.C’est que le juge qui entend la cause, Gratien Duchesne, ne veut pas qu’on en parle.Cette cause lui appartient, il peut décider de tout.Les procès sont ouverts au public?Pas de problème.Mais ce public n’aura pas le droit d’ouvrir la bouche pour en parler.Le juge Gratien Duchesne a émis une ordonnance de non publication pour les citoyens qui ne sont pas des journalistes reconnus.Le citoyen serait-il trop con pour rendre compte de ce qu’il pourrait entendre et voir lors de ce procès?Je n’ai pas de réponse.Le juge ne s’est jamais expliqué.Il est seul à le savoir.Loto-Québec n’aurait pu demander mieux.Quelle image aurait-on d’elle, après avoir entendu les témoignages de détresse de ces joueurs-pathologiques?Je me questionne sérieusement.Peut-on débattre, en société, de ce problème qui nous interpelle tous?Ne sommes-nous pas tous concernés par ce phénomène qui met en cause non seulement Loto-Québec, mais surtout celui qui tire les ficelles, le grand boss, c’est-à-dire le gouvernement?Ils veulent des joueurs responsables?Je leur propose à la place des citoyens responsables! On réglerait bien d’autres problèmes ainsi.En matière de jeu pathologique, la première mesure à prendre est d’informer.Les gens doivent savoir qu’il est possible de développer une dépendance au jeu.Et qui de mieux pour nous informer que ceux-là mêmes qui vivent cette détresse?Le juge Duchesne réalise-t-il l’ampleur du jeu pathologique, l’ampleur de la détresse des gens qui témoignent devant lui?Même la Régie des alcools, des courses et des jeux (RAC J) qui délivre les permis pour les appareils de loterie vidéo reconnaît le problème relié au jeu.Elle reconnaît l’importance d’informer et de sensibiliser les gens et s’inquiète de l’impact de ces joueurs sur leurs enfants.En 2004, son président reconnaissait dans une allocution que «ce sont les comportements de jeu des parents qui influencent le plus les comportements de jeu des jeunes.» C’était il y a 4 ans! Et aujourd’hui, alors qu’il se présente une occasion en or de sensibiliser TOUT le monde, particulièrement nos enfants, on préfère balayer le problème sous le tapis.Faudra-t-il attendre que 500 000 de nos jeunes développent des habitudes de jeu pathologique, pour agir?Pourquoi attendre?Pour de l’argent?Nous n’en avons pas les moyens.Mais pour le savoir, il faudrait entendre parler de ce recours.( WWW.refletdesociete.com EPARGNE PLACEMENTS QUEBEC C’est pour épargner.Avec des placements.Garantis par le gouvernement du Québec.Découvrez nos produits d’épargne et de retraite: • Obligations à taux progressif • Obligations à taux fixe • Obligations à escompte • Obligations Sécuri+ • Obligations boursières • Obligations d’épargne • Épargne Flexi-Plus • Plan Épargne Périodique par prélèvements la première année pour les nouveaux fonds REER + Capital garanti à 100 % par le gouvernement du Québec.+ Aucuns frais de gestion et d’administration.w EPARGNE PLACEMENTS QUEBEC VOTRE REER GARANTI À100% 1 800 463-5229 I www.epq.gouv.qc.ca Épargne Placements Québec ES ES ES ES Reflet Société J SERVICES AUX ABONNÉS Changement d'adresse (514)256-9000 PUPITRE Juan Carlos Sanchez Lôpez ÉDITEUR / RÉDACTEUR EN CHEF Raymond Viger (514) 251-4709 PUBLICITE ET COMMANDITE DIRECTRICE ADMINISTRATIVE Danielle Simard (514)256-9000 journal@journaldelarue.ca JOURNALISTES Dominic Desmarais Geneviève Boivin Marie-Sophie Trudeau Robin Drevet Benjamin Boullier Claudine Douaire CORRECTION Marie Kabel PAGE COUVERTURE Photo: Charles Mathieu Audet Eventus 7 CAFE-GRAFFITI (514) 259-6900 COLLABORATEURS Jean-Pierre Bellemare, Mabi, Rox-Ann, J.Star, Nicole Viau, Louise Gagné, Jean-Claude Leclerc Jimmy St-Gelais passe-moi a un ami ABONNEMENT VOIR P.32 ilefletdeSoçjété Métier Breaker T.x#; Une maison pour le petit Samuel Profilage Courrier du lecteur- Espoir Reflet de Société donne espoir à ma génération d’aînés qui a vécu une toute autre réalité et qui se désespère de voir la jeunesse se débattre dans un système qui dévalorise tout ce en quoi nous avons cru et croyons encore: respect de la vie, fidélité dans l’amour, valeurs familiales, solidarités, coopération et foi en Dieu.Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non lucratif qui a comme principale mission d'aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socio-économique en favorisant leur autonomie.La reproduction totale ou partielle des articles, pour un usage non pécuniaire, est aurotisée à la condition d'en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Reflet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Reflet de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiple thématique: drogue, prostitution, suicide, violence et santé.On y propose des solutions et des ressources.Reflet de Société dispose d'un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l'organisme récupère les frais dans ce fonds.C'est une façon de protéger votre investissement dans la cause de jeunes.Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos dépenses d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP) et du Fonds du Canada pour les magazines.Convention de la poste-publications n° 40025160, n° d'enregistrement 07638.CanadS Tous les témoignages, les articles, le vécu social de tous les intervenants prouvent que la jeunesse trouve un écho inspirant, motivateur et valorisant grâce à la réflexion que votre journal suscite.Bravo à vous, instigateurs de cet outil de conscience collective, bravo aux jeunes pour ce qu’ils deviennent grâce à leur implication, à leur savoir-être dans un monde instable et périlleux.Avec toute mon admiration, Normande Dallaire Dépression post-partum La dépression post-partum frappe de plus en plus de femmes.Les facteurs de stress de la vie moderne s’ajoutent au déséquilibre hormonal.Les cas sont de plus en ^ WWW.refletdesociete.com j|[ plus lourds.Les demandes d’aide augmentent en même temps.Malheureusement, les ressources elles, ne vont pas en augmentant.Les gouvernements font de superbes programmes de «boni-bébé» et congés parentaux, promettent des places en garderie et une meilleure éducation, mais les parents sont à bout de souffle parce que sans ressources pour eux-mêmes.L’accès à un pédiatre, à un médecin de famille et pire encore à une ressource en santé mentale pour le cas de la dépression post-partum relève presque de la chance.Tant que le parent n’est pas un danger pour son enfant, il n’y a pas d’urgence à l’épauler.Santé Ontario a fait une étude récemment, et il semble que l’homme puisse être, lui aussi, touché par la dépression post-partum.Bien que ce ne soit pas hormonal pour lui, c’est le poids psychologique qui influe.Ester Chenard l’humain, de l’enfant et de l’espoir.Elle permet d’aider nos jeunes à mieux se connaître pour se prendre en main.Béatrice P.Amyot, Sorel-Tracy Mot d’encouragement Je trouve que votre dévouement pour les personnes en détresse est remarquable! Je suis tombé accidentellement sur votre site et je m’y suis arrêté quelques temps pour lire quelques articles.Après de nombreux commentaires, je vous envoie ce message simplement pour, en quelque sorte, vous remercier, vous féliciter pour votre travail si noble et angélique.Oni Mousy.Suicide Bravo pour votre blogue dans son ensemble et en particulier pour vos articles sur le suicide.Cela démontre la puissance du Web 2.0 au service d’une bonne cause.C’est tout à votre honneur! Je crois que ce que vous faites est très utile.Art du blogue Nouveau visage Poésie urbaine Votre revue a changé pour le bien À chaque obstacle l’homme de tous.Elle a pris le visage de apprend, il en acquiert leçon et Lettre à mon agresseur, Vol 16 no 6 septembre.Très dure la lecture de cet article, mais très éclairante.Je vous remercie de l’effort fait pour partager des sentiments aussi intimes.J’ose espérer que votre témoignage sera utile à d’autres qui pourraient se retrouver dans un état d’âme similaire.Des revues comme Reflet de Société, avec un contenu d’une telle qualité et des valeurs aussi positives pour l’amélioration de notre société, sont trop rares.Félicitations! Martin Goyette J’ai été très touchée par cette lettre.J’ai 2 petites-filles de 12 ans et je vais la leur lire.Grand merci, j’apprécie votre beau travail et vous souhaite le succès que vous méritez.Longue vie à votre œuvre.Lucie St-Cyr, Boucherville Juste un petit mot pour dire que j’ai beaucoup aimé ce texte.Un écrit sensible rédigé avec le coeur.Merci à cette jeune femme qui a pris le temps de nous livrer ce témoignage.Arlène Gaudreault, Association québécoise Plaidoyer-Victimes raison.La connaissance de soi vient de l’appréciation de soi-même.La véritable quête de la vie est de vivre simplement.Il n’y a point de signe qui ne se manifeste sans raison valable.Nous ne sommes pas victimes de notre réalité mais les porteurs de notre destinée.Il est bon à l’homme de vivre en harmonie avec lui-même.Jean-Simon Brisebois, Montréal.Salon du livre du Saguenay Bravo aux groupes de jeunes journalistes revenus du Costa Rica et à celui se préparant pour le Vietnam.J’ai vu votre présentation au Salon du livre du Saguenay.Vous êtes un groupe fort intéressant et motivé.J’ai parcouru votre numéro spécial sur le Costa Rica et j’ai adoré lire votre expérience.J’ai bien hâte de lire celui que vous publierez sur le Vietnam.Hughette, Jonquière.Libération Je n’ai pu être présent au Salon du livre de Montréal pour vous y rencontrer, M.Bellemare.Je voulais vous souhaiter que votre libération puisse se vivre dans la sérénité.Sachez qu’un jour à la fois, les étapes nous permettent de vivre ces changements.Prenez soin de vous.Paul Un magazine du cœur J’ai eu l’occasion de vous entendre en atelier.' J’ai eu la chance de pouvoir lire certains de vos écrits.Je suis allée sur votre blogue pour y voir des milliers de commentaires de gens souffrants qui y trouvent une place pour s’exprimer grâce à vous.Je ne sais quoi dire devant tant de travail et tant de souffrance.Merci, félicitations et continuer encore longtemps votre bon travail.( WWW .refletdesociete corn^ ILLUSTRATION: JuOnCa LE rn^m m • • • • > i Fermons-nous les yeux sur une réalité?ROX-ANN Jouer Franc Jeu Intervenante auprès des joueurs excessifs, j’en ai vu des personnes en détresse.avec l’envie de s’en sortir.Parce qu’elles étaient vraiment rendues dans le «fond du baril».Inversement, il y en avait d’autres avec de la motivation, du bon vouloir et tout ce que vous voudrez.jusqu’à ce que le chèque du premier arrive pour quelques-uns ou la paye pour les autres.Parmi eux, il y en a qui ont suivi une thérapie juste pour dire qu’ils la faisaient.d’autres voulaient vraiment la vivre.Deux contextes complètement différents qui influent grandement sur le résultat final.Toutes les raisons sont bonnes pour jouer mais les bonnes raisons pour arrêter sont plus rares.Avec la petite bière ou la ligne de coke, viennent les «gratteux» ou la machine.Ils sont les héros du jeu, capables de battre le hasard parce qu’ils ont tellement perdu la veille «que ça ne se peut pas que ça ne paye pas»! Prendre un verre pour se donner encore plus de chance de gagner avant et pendant le jeu.et prendre encore un verre pour oublier l’argent du loyer, des comptes et de l’épicerie qui vient de passer dans la machine.J’en ai vu qui ont perdu des condos, des maisons et qui ont vendu leur char sur un coup de tête pour aller jouer.Si ce n’était que le matériel qu’ils risquaient de se faire saisir.Mais finalement, la famille, les amis et les collègues de travail s’en vont.Ça aussi, je l’ai vu.Trois, quatre thérapies pour certains! Des rechutes.et même des idées suicidaires, jusqu’aux tentatives.La honte, le désespoir, l’endettement, la solitude «même plus une larme pour pouvoir pleurer.» C’est la réalité, et ce n’est sans doute pas un hasard que tout cela vienne avec le jeu.La question que je me pose c’est: pourquoi attendre d’être seul avec plus rien au monde pour penser peut-être suivre une thérapie, aller chercher de l’aide?C’est sûr qu’avec toute la tentation, «ce n’est pas un cadeau»! En allant au dépanneur pour acheter une pinte de lait, il y a un beau gros «pad de gratteux», n’est-ce pas tentant?Maintenant, il y a même des moniteurs qui présentent les gagnants, les lots à gagner, etc.A la pharmacie, la caissière qui demande «une petite loto avec ça?» Les publicités à la télévision, les affiches.tout ce qui nous entoure publicise etbanalise le jeu.Combien de bars dans votre région possèdent des machines à loterie vidéo?Dans certaines villes, on organise même des voyages au casino! Une cinquantaine de dollars et voilà le voyage payé, dîner compris! Dans bien des endroits, je me suis fait refuser d’apposer de la publicité pour l’organisme pour lequel je travaille.Pourquoi ?Peut-être par peur de perdre de la clientèle et de l’argent?On donne des «gratteux» aux enfants, on crée l’illusion du gain facile dès le très jeune âge.J’ai déjà entendu, dans les groupes de thérapie, qu’on cache les cigarettes dans les dépanneurs mais pas la loterie.On parle d’une question de santé physique parce que la fumée c’est cancérigène.Mais que fait-on de la santé mentale des joueurs ?C’est à se demander, «si on ne cherche pas le trouble.» Posez-vous des questions! Essayez de trouver les réponses.Le hasard, on ne peut rien y changer.Vaut mieux prévenir que guérir.8 ( www.refletdesociete.com Lettre d’un jeune à sa consommation J.Star, garçon de 16 ans, Laurentides.Ça fait environ un mois que je n’ai pas fumé de crack, d’héroïne (smack) ou bu de l’alcool.Depuis que je suis entré en traitement au centre Jellinek,je ne veux plus consommer.Mais je suis inquiet Je ne sais pas si mes barrières sont assez puissantes.Voici une lettre que j’ai écrite à ma consommation pour lui dire comment elle m’a fait me sentir, alors que je pensais qu’elle m’aidait.Chère consommation, À nos débuts, je n’avais pas beaucoup besoin de toi.Tu me soulageais de mes blessures et tu changeais mes pensées.Du moins, je le croyais.Jusqu’au jour où mon système s’est habitué à toi.Il m’a donc fallu augmenter les doses pour être bien dans ma peau.Je me suis rendu compte que j’étais encore le même: peu importe la quantité que j’ingérais, je ne ressentais aucun changement bénéfique.Ça m’a donc poussé à fumer du crack et de l’héroïne (smack).J’ai plongé dans un monde obscur où mes pensées sont devenues irréelles et destructrices.Je me sentais vulnérable comme un mollusque sans coquille.Je continuais à noyer mes souffrances dans cette eau trouble.Je marchais dans le long couloir de l’enfer où la spiritualité et le rétablissement sont absents.Cette brume dispendieuse m’avait attaché dans le fond du néant.Je creusais inconsciemment ma tombe dans les ténèbres.Un jour, une petite lueur d’espoir est sortie de mon trou: Dieu m’a pris par le fond du cœur.J’ai décidé de prendre mon peu de courage et la foi qu’il me restait pour investir mon énergie dans quelque chose de positif pour mon rétablissement.Je savais que je valais mieux que ça.Aujourd’hui, je suis conscient que j’aurai toujours un lien de dépendance et d’attirance envers vous, crack, héroïne et alcool.En thérapie, j’ai réalisé que vous vous foutiez de moi.Je suis maintenant prêt à vous dire: «je ne veux plus de vous trois dans ma vie.Trouvez-vous d’autres victimes que moi.Car je suis un winner!» PLACE FLEUR DE 552, boul.Wilfrid-Hamel Québec (Qc) (418)524-9909 GALERIES RIVE-NORD 100, bvd.Brien Repentigny (Qc) (450) 581-9892 LIBRAIRIE CENTROPOLIS A A 1820, av.Pierre-Péladeau Laval (Qc) 682-0636 PLACE VERSAILLES 7275, Sherbrooke Est Montréal (Qc) (514)354-1001 PLAZA ST-HUBERT £ 7 6330, rue St-Hubert Montréal (Qc) fU.514 274-2870 (WWW.refletdesociete.com S?ILLUSTRATION; Ju@nCa sur ni (er ^ AM*, jeffeuig N/ÇprA ¦¦¦¦¦¦¦¦ BUSH jUSpAUX e crif»t:ol rMunavîk oo7^ 5r>!> è”J fAitE?IE PtBÎM DE 1 DECOU VRJI JScierïce Energies > bifurquer dé* maintenant /V, www.magazinesdesdevKe.com 32** l 13.99 1 ÏMq.m'ta'MM bïfæ Us Explorateurs ( 3W.95 1 Quatre Temps | 30,00 ] Québec Oiseaux I 5033 I Spectre 1 31 ATI jWl Débrouillards Nature sauvage f j^£J l Nature www.mQgazinesdescience.com S9b scfeijjCS scfensi ÉDITIONS*^ multiMo Nous recomassons le soutien financier du gouvernement du Canada, par l'entremise du Fonds du Canada pour les magazines, du ministère du Patrimoine canacken pour les coûts rebès à ce protêt.Canada Magazines du Québec IP-HOP & OMOSEXUALITE & 0 imp ' ILLUSTRATION: Ju@nCa ROBIN DREVET On pourrait penser qu’à l’âge de 30 ans notre vie commence à être stable et arrive à une certaine maturité, pourtant le jeune rappeur Éric Pelletier dont le nom de scène est «Lunatique», recommence la sienne.Il y a trois ans, Eric a fait son coming-out auprès de ses amis, de sa famille et du milieu artistique dans lequel il évolue, le Hip-Hop.Cet artiste québécois est sur la route depuis plus de 10 ans.Il a commencé sa carrière dans l’organisation d’événements, avant de se lancer lui-même dans la vie de rappeur.Il compte actuellement à son actif deux albums et deux vidéoclips.À côté de sa vie d’artiste il anime une émission de radio sur CHOQ.FM, Trinité radio.Ces textes reflètent souvent un rejet du système et de la société dans laquelle il vit tout en affirmant «même si le monde te juge, faut pas que ça t’empêche d’avancer.» Parcours du combattant Conscient de son homosexualité depuis son enfance, son parcours pour s’assumer et s’affirmer a été laborieux et parsemé d’embûches.Elevé dans une famille qui possède un point de vue répandu, «ils tolèrent mais faut pas trop que j’en parle», Éric s’est longtemps senti dégoûté par sa propre orientation sexuelle jusqu’à même ressentir de la culpabilité lors de ses premières relations avec des hommes.Il y a trois ans, il a osé s’affirmer et, depuis, sa manière d’appréhender la vie, de voir les gens, a beaucoup changé.Il se sent même investi d’une mission.«Les gens ne le réalisent pas.Les hétérosexuels n’ont pas besoin de dire qui ils sont, ils le sont», confie le rappeur.Éric estime de son devoir de personne publique de sensibiliser les gens autour de lui.C’est sa mission.Il veut donner des conseils aux jeunes pour faire leur coming-out.«Montrer aux gens que je m’accepte, cela peut les aider», explique-t-il.Pour arriver à ses fins, il a pris contact avec l’association GRIS-Montréal, qui travaille dans les écoles, pour parler de ces sujets trop peu souvent abordés dans les cours d’éducation sexuelle.«Il y a encore beaucoup de préjugés, alors que chacun a au moins une personne dans son entourage qui est homosexuelle», s’exclame t-il.Malheureusement, ce genre d’organisation existe surtout en ville, mais peu dans les régions où, par expérience, Éric s’est aperçu que l’homosexualité était bien plus «Il aimerait s’attaquer aux préjugés avec son prochain album.Montrer que l’on peut être un rappeur identifié Hip-Hop et homosexuel.» dure à vivre.Encore que souvent, en ville, les écoles refusent d’ouvrir leur porte à ce type d’activité présentée par GRIS.«On a envie de le dire à tout le monde, de ne plus Le Choc des Cultures Qujmiïs Le Hip-Hop recontre le classique, un spectacle original mettant en vedette organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs 25.00$ chaque et ajouter 5.77$ pour les taxes et la livraison COMMANDER VOTRE DVD AU www.editionstnt.com ou 514-256-9000 j 12 ( WWW.refletdesodete.com avoir peur des autres, de se sentir bien», se désole le jeune homme.L’homophobie du Hip-Hop: Lunatique a aussi un projet artistique.Il aimerait s’attaquer aux préjugés avec son prochain album.Montrer que Ton peut être un rappeur identifié Hip-Hop et homosexuel.«Je ne fréquente pas beaucoup le milieu homosexuel.Le Village n’est pas le meilleur moyen de s’intégrer.Mais on s’y sent comme dans une famille car on a besoin de partager avec des gens qui peuvent nous comprendre.» C’est au sein de son milieu artistique, le Rap, qu’il a ressenti le plus de difficultés avec son coming-out.«Des gens ne me parlent plus à cause de ça.Certains n’osent même pas me dire que ce que je fais leur plaît.» Ses relations ont changé: «Dès que tu parles à un gars, il pense que tu es en train de le cruiser», déclare t-il.Mais Éric demeure optimiste.«Le temps fera que ça ira mieux.» Il pense aussi aux opportunités artistiques que cela peut lui donner, par exemple participer à des festivals homosexuels.Lorsqu’on lui demande s’il va collaborer avec des personnes qui évoluent dans le rap plus contestataire, comme la française Keny Arkana, il reste conscient que toutes les causes sont bien distinctes.«Pour aider les autres, il faut d’abord s’aider soi-même.» Les deux communautés dans lesquelles Lunatique évolue sont diamétralement opposées et pourtant les deux sont victimes de profilage et de stéréotypes souvent abusifs.On peut espérer qu’Éric arrivera à faire le pont entre les minorités qui ont tout à gagner dans l’entraide plutôt que dans le dénigrement.Son nom de scène le présente comme ayant la tête dans les étoiles mais il a les pieds bien sur terre.GRIS-Montréal GRIS-Montréal est le plus important organisme de démystification de l’homosexualité en milieu scolaire au Québec.Ses 130 bénévoles sont invités par des écoles, principalement de niveaux secondaire et collégial, pour témoigner de ce qu’ils ont vécu et de ce qu’ils vivent encore aujourd’hui comme gais ou lesbiennes et pour répondre aux différentes questions des jeunes sur l’homosexualité.L’organisme effectue aussi des travaux de recherche sur l’homophobie en milieu scolaire.Contact : http://www.gris.ca WWW.refIetdesociete.com 13 Photos: Charles Mathieu Audet - Eventus 7 ILLUSTRATION: JuOnCa DOMINIC DESMARAIS Les jeunes membres de gang sont présentés comme des voyous violents.Et si derrière cette façade de tough se cachait un être en détresse, en proie aux idées suicidaires?Et si le gang offrait ce refuge pervers qui permet au délinquant de ne pas s’enlever la vie?Comment, alors, le sortir de son enfer?Reflet de Société vous présente les gangs de rue sous un angle différent: celui de la détresse, de la désorganisation.Conversation avec Claude Hallé, l’âme dirigeante de la Fondation québécoise des jeunes contrevenants (FQJC).Fusillade dans un bar entre deux gangs rivaux.Meurtre d’un jeune lors d’une transaction de drogue.Enlèvement, séquestration pouvant mener à la torture, l’ombre des gangs se profile.La gravité des gestes commis par les jeunes membres de gangs, des adolescents de 14, 15, 16 ans, fait froid dans le dos.Cette violence est difficile à justifier.Pourtant, certains de ces jeunes sont aux prises avec le désespoir lorsqu’ils s’engouffrent dans cette violence.«Les jeunes qui ont des idées suicidaires, souffrent d’une dépression, présentent des problèmes de santé mentale, ce «Les jeunes qui ont des idées suicidaires, souffrent d’une dépression, présentent des problèmes de santé mentale, ce sont eux qui se font ramasser par les gangs.» sont eux qui se font ramasser par les gangs.Ce sont des personnes à risque.Ils sont vulnérables» explique Claude Hallé, coordo-nateur à la FQJC.Ce jeune, qui n’a pu être signalé par l’école, la famille et la communauté, trouve un réconfort auprès de sa famille d’adoption, son gang.En y comblant ses besoins, par l’estime et la compréhension de ses pairs délinquants, le jeune tisse des liens qui forment une toile d’araignée.Une toile qui le sécurise et étouffe ses idées suicidaires.Une toile qui rend ses amis de plus en plus indispensables.Le gang, centre de la vie «Le gang peut sauver temporairement le jeune du suicide», confirme M.Hallé.La jeune cinquantaine, l’homme s’exprime davantage comme un intervenant qui a passé sa carrière sur le terrain, avec des contrevenants.Son propos est imagé, comme s’il s’adressait à un adolescent.«Pour certains jeunes, la vie c’est 14 f WWW.refletdesociete.com I .‘ % . comme passer à l’épicerie.Dans le chariot, tu mets l’amour, l’église, le travail, les partys, le sport, etc.Moi, quand je remplis mon panier, je vais prendre un peu de travail, d’amour, de loisir, de party, un peu de spiritualité.Nos gars, ils sont tellement fackés, déséquilibrés, qu’ils remplissent leur chariot d’une seule chose: le gang.Le problème, c’est la violence qui y est très présente.Si tu es en dépression, tu risques d’être enrôlé par le gang.Et le gang a un impact externe.Tu vas rebondir sur les gens autour.Comme, dans un cas extrême, tirer sur quelqu’un dans la rue», explique le coordonnateur de la FQJC.Ces jeunes, déséquilibrés, ont de la difficulté à quitter la famille qu’ils se sont créée.«Ils se sont bâti une société en soi, le gang.Quand on désaffilie un jeune, il faut le réinsérer socialement.C’est la même chose quand tu sors quelqu’un d’une secte.» Des jeunes fragiles A l’arrestation du délinquant, le centre jeunesse prend le relais du gang.Sa jeune clientèle souffre de problèmes multiples: consommation, signes précurseurs maniaco-dépressifs ou schizophrènes, idées suicidaires.Plusieurs ont subis des abus ou vivent des situations familiales difficiles.«On ne les a pas placés en centre jeunesse pour rien», s’exclame M.Hallé pour qui le problème criant survient lors du retour à la maison.Quand il ressort du centre jeunesse, il retrouve le même environnement qu’il a quitté pour quelques mois.«Le jeune va être confronté avec SA réalité.Nous, au centre jeunesse, on va lui dire où trouver un emploi, des amis, des loisirs.Mais il part déjà avec un handicap social: terminer son secondaire et travailler sur son comportement.Et ce double défi va l’amener à commettre des gestes nuisibles», raconte M.Hallé.«Lorsque le jeune retourne chez lui, dans son milieu, il est laissé à lui-même, avec ses défis et ses réalités.Ça augmente la possibilité de suicide.Souvent, la famille n’est pas ouverte à sa réintégration.On parle de jeunes qui ont commis un délit.C’est un constat d’échec important, au sein de la famille.Les parents se sentent coupables et ils ne veulent pas nécessairement le prendre sur leurs épaules», précise l’ancien intervenant.M.Hallé considère qu’on demande beaucoup à ces jeunes délinquants dont la vie se résume à quelques années.«Moi, j’ai 51 années d’expérience de vie.Eux, ils en ont 14, 15, 16.C’est peu d’ancienneté pour leur faire porter le poids de leurs choix.Il faut les guider, mieux les appuyer.» On peut bien aider nos jeunes délinquants pour les réinsérer dans la vie, mais les laisser seuls, sans appui à 14 , 15, 16 ans, lorsqu’ils quittent le centre jeunesse, c’est les renvoyer à leur ancienne vie.BMOKWa Patrick et Raymond en Chine 4.95$ Conte illustré de Patrick Viger, 15 ans.Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: www.editionstnt.com Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc.HIV 1X4 (rajouter 2$ par livre pour la taxe et les frais de manutention) chaque oeéte 'tmw Jean-Simon Brisebois DISPONIBLE AUPRÈS DES ÉDITIONS TNT WWW.EDITIONSTNT.COM, PAR TÉLÉPHONE: (514)256-9000, EN RÉGION: 1-877-256-9009, PAR LA POSTE REFLET DE SOCIÉTÉ 4233 STE-CATHERINE EST MONTRÉAL, QC.H1V 1X4 WWW.refletdesociete.com -^- 15 ILLUSTRATION: JuOnCa IMPACT SUICID FAMILLE Un être en détresse s’enlève la vie.Il laisse DOMINIC DESMARAIS derrière lui sa famille, ses amis.Pour eux, la vie continue.U faut préparer les funérailles du défunt.Reflet de Société vous propose le regard de ceux qui sont en première ligne après l’acte fatidique, l’entreprise funéraire.La mort, Claude Poirier connaît.Depuis 50 ans, il travaille pour l’entreprise familiale Magnus Poirier qui offre des services funéraires.Un demi-siècle à vivre avec la mort sous toutes ses formes.Aujourd’hui directeur général, il a fait le tour du jardin.De son entreprise comme de la mort.S’il vit de la mort, il ne la banalise pas pour autant.L’homme est sensible au désarroi des autres.Il a appris, avec le poids des années, qu’il vaut mieux exprimer sa douleur que la conserver pour soi.Sujet Tabou «Il y a quelques années, le suicide était un sujet tabou.Les familles disaient que le défunt était mort d’une maladie.Aujourd’hui, on voit que les gens sont un peu plus ouverts» affirme M.Poirier, calé dans son fauteuil.L’homme a la verve facile.Il s’ouvre sans se faire prier.Il en a tant à dire qu’il reprend son souffle tout en parlant.C’est que des gens éprouvés par le suicide d’un proche, il en rencontre fréquemment.Beaucoup plus que ce que laissent croire les médias.«Le suicide est une cause de décès des plus fréquentes» raconte-t-il avec compassion.Si les gens ont tendance à s’ouvrir un peu plus qu’hier, c’est peut-être «Le pire pour la famille, c'est de ne pas savoir pourquoi.Les gens culpabilisent.Ils se sentent responsables» en raison de la place moins grande qu’occupe la religion, croit le directeur général de l’entreprise funéraire.«Autrefois, lorsqu’il s’agissait d’un suicide, les curés ne se dépla- çaient même pas.Ce n’était pas accepté.Le défunt pouvait même ne pas recevoir de service religieux pour son enterrement.C’est dire la frustration vécue par les familles.Aujourd’hui, il manque de curés.Les salons funéraires ont pris leur place.Et nous, on a commencé à s’informer pour aider les familles.» Culpabilité Les causes du suicide ne regardent pas M.Poirier.Ce sont les victimes collatérales qu’il rencontre.«Le pire pour la famille, c’est de ne pas savoir pourquoi.Les gens culpabilisent.Ils se sentent responsables, dit-il.C’est évident qu’ils ont besoin d’un support psychologique.Il faut éviter qu’ils s’isolent», considère le directeur général qui, dans ses temps libres, est président fondateur de Réseau Ado, un organisme qui fait de la prévention du suicide auprès des jeunes.Si chaque funéraille a son histoire, M.Poirier est catégorique: celle touchant la mort par suicide est bien différente.«Avec un certificat de décès indiquant un suicide - c’est aussi vrai pour le sida et le VIH - on sait que la cérémonie sera très émotive.Les esprits sont échauffés, très tendus.Que ce soit un jeune ado ou un homme de 50 ans, il y a deux côtés à la famille.Il 16 www.refletdesocietexom) y a des frictions entre eux.La famille du défunt pointe du doigt le conjoint.Elle veut même l’exclure du salon funéraire.On l’a vécu à quelques reprises.Une famille qui engage une compagnie de sécurité pour empêcher l’autre côté de la famille d’avoir accès au salon.» Tristesse L’approche du salon funéraire est différente dans les cas de mort par suicide.«Avec ces gens, l’écoute prime, explique François Vézi-na, directeur de succursale chez Magnus Poirier.On ne commence pas à parler de cercueil.S’il faut prendre 3 ou 4 heures pour la rencontre, nous allons le faire.On se fie à la famille, on s’adapte.J’ai déjà eu une rencontre de 5 heures.Que puis-je faire quand la famille pleure?Je les laisse.Ils ont besoin d’être seuls.Je me retire et les attends dans une pièce à côté.C’est de la chaleur humaine que ça prend.» Ce jeune homme, aux allures de professionnel avec ses cheveux bien taillés en brosse et ses lunettes stylisées, est lui-même passé par l’emploi de conseiller auprès des familles pour organiser les funérailles.Il affiche une maturité et une ouverture d’esprit peu communes.«C’est la famille qui décide de la tournure de la rencontre.S’ils sont | Vous pensez au suicide?j | Vous êtes déprimé?J | Besoin d’en savoir plus { sur le suicide Partout au Québec f 1-866 APPELLE (1-866-277-3553) froids, je n’ai pas à les juger.Je ne connais rien d’eux.Je n’ai pas le mort devant moi.J’ai la famille qui reste.Mon fils s’est suicidé à la suite d’une rupture amoureuse.Il y a l’émotion, là.Il peut y avoir de la rancune, comme si c’était la faute de l’ex, si leur fils est mort.Mais il faut leur faire comprendre que la petite amie a peut-être besoin d’aide elle aussi.On ne peut plus rien pour le défunt.Sauf qu’il y a son entourage.C’est de ces gens qu’il faut s’occuper.Tout ce qui touche la mort subite, c’est de voir comment les gens sont dépourvus.Ils n’ont plus de moyens.Peu importe leur statut social.» Préjugés François replonge dans ses souvenirs, pas si lointains, de conseiller.Il se souvient des difficultés - et des préjugés - vécus par les familles dont un membre s’est enlevé la vie.«Voulez-vous une annonce pour offrir des dons pour la prévention du suicide?» Bien non, ils ne veulent pas dire à tout le monde que leur enfant s’est suicidé.C’est pire encore s’il s’agit d’une personne âgée.C’est une honte.Et si le conjoint se suicide, immaqua-blement, ils vont se demander si c’est de leur faute.» La culpabilité de ne pas avoir su, de n’avoir rien fait, d’être la cause du départ de l’être aimé, de ne pas en avoir parlé.Une culpabilité qui n’a pas d’âge.«Ce que nous avons remarqué, reprend François, c’est que le suicide touche toutes les catégories d’âge.Parfois, les familles n’ont aucune idée.Tout allait bien.Elles ne l’ont pas vu venir.» Pour se protéger de la détresse qu’il côtoie au quotidien, François se met une barrière, une protection.«Moi, je me dis qu’ils vivent un deuil, comme j’en ai vécu et que j’en vivrai encore.Tu prends conscience que la vie est fragile.» Les gens planifient pour plus tard, pour la retraite.Moi, quand j’ai envie de faire telle chose maintenant, je le fais.J’en ai trop entendu des mon mari est parti travaillé, il n’est jamais revenu.» et intervenir! Détecter les signes - Survivre suite EDITIONSTNT L'intervention de crise auprès d'une personne suie Un livre simple d'approche et accessible Pour apprendre à: avant-coureurs suite au suicide d'un 2$ TAXE ET DISPONIBLE AU JOURNAL DE LA RUE J (514)256-9000 sansfrâisTl877256-9009 - proche ( WWW.refletdesociete.com^ '-tr.17 Être sa propre victime JEAN-PIERRE BELLEMARE, prison de Cowansville Pourquoi me suis-je attaqué à moi-même, à mon bien-être?Quelle est la déchirure intérieure qui m’empêche de faire ma paix?Quel dilemme me pousse au sabotage de mes propres aspirations?Quel souvenir ou traumatisme fait en sorte que ma propre destiné semble me glisser entre les mains?Chercher à l’intérieur de soi plutôt qu’à l’extérieur m’apparaît comme la meilleure piste a suivre pour découvrir l’énigme.Qu’est-ce que je vaux à mes propres yeux?Quelle est l’importance que j’accorde à mes véritables besoins?Est-ce que j’essaie de plaire à tous parce que sans eux je me sentirais inutile?Est-ce que je laisse les En autres me juger parce que c’est ce que je crois mériter?Si mes questions sont exactes, quelles sont les réponses pour circonscrire mon malheur?Qui suis-je?Reconnaître avant tout ma vulnérabilité et surtout ma fragilité pour trouver un équilibre entre les attentes des autres et mes propres limites.Ne pas percevoir mes limites comme une incapacité mais plutôt comme une part qui défini ma personnalité serait un bon début.Trouver un entourage alerte et sensible à ma différence me permettra d’être authentique plutôt que de jouer une comédie risible, voire ridicule.Ü
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