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Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Été
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
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Reflet de société /, 2009, Collections de BAnQ.

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JNE DE L'ANNEE - PR1XDES MAGAZINES DU QUÊ BAnQ Société Vol.17 n° 4 Eté 2009 regard différent sur notre société ^§neacontrovérse qui pique^ Trisha Baptie: .Chronique d’une prostituée Taxes et livraison incluses Cher lecteur, ion du Costa Rica Projet journalistique à l’international oliku réflexions LE HIP HOP RENCONTRE LE CLASSIQUE ?1 an - 6 nos.34,95$ 0 2 ans -12 nos.59,95$ D 3 ans - 18 nos.79,95$ Taxes incluses P.S.Abonnez-vous en ligne au www.refletdesociete.com Quelques clics de souris suffiront pour nous apporter votre soutien! Signature DVISA D MASTER CARD 0 AMEX International 39,00$ Cad.Ian Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail est la bienvenue.Hpp Joui et LEXIONS Écrire est aussi une contribution importante.Dans Reflet de Société, tout citoyen peut prendre sa place et livrer son témoignage.Par la poste ou directement sur le forum de notre site Internet, vos commentaires contribuent à la richesse de nos débats de société.Lire Reflet de Société, c’est déjà agir.fâsufmatdtyty&i Oui Je m'abonne Prénom:______ Adresse:_____ Ville:_______ Code Postal: Courriel:____ No.Carte : ________Nom:_______________________________ _______________Province:___________________ _____________Tél.:_________________________ ____________________Date:__________________ ________________________Date d'expiration: Merci pour votre abonnement Je profite de cette occasion pour vous remercier de votre aide et de votre soutien à notre mission auprès des jeunes.C’est grâce à votre implication et à votre abonnement que nous pouvons continuer à offrir des services attrayants.n!P NPP DVD Spectacle Hip-Hop et orgues classiques ] Abonnement G EnDIRECTion du Costa Rica 6,95$ ?CD Musique RÉFLEXIONS 12,90$ ?CD Musique ILL LEGAL 12,90$ G DVD Le Choc des Cultures 25$ Taxes et transport inclus TOTAL RefletdeSociété htpnrip/cxuàlibe Éco1* l'ÉrabU % .*5* Le citoyen au cœur de notre mission Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expériences et faire progresser les débats Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Le Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.Merci de vous abonner à Reflet de Société et de soutenir notre mission.4233 Ste-Catherine Est.Montréal, Qc H1V1X4 Tél : (514) 256-9000 Sans frais : 1-877-256-9009 Fax : (514) 256-9444 Internet : www.refletdesociete.com RefletdeSociété Magazine de l'année Prix de l'association des éditeurs de magazine du Québec (AQEM) É d Raymond Viger www.raymondviger.wordpress.com Magazine de l’année! Reflet de Société a remporté ce prix remis par l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM).Félicitations à toute l’équipe, membres, bénévoles et artisans.Remporter un tel prix nécessite un travail collectif.Merci à tous les abonnés qui nous lisent et nous soutiennent dans notre mission.Sans votre présence, il ne pourrait y avoir de magazine, encore moins de magazine de l’année.SpectArc Des étudiants de l’UQAM ont organisé un spectacle bénéfice au profit du Café-Graffiti.L’événement s’est déroulé le 9 avril dernier à Montréal.Un vernissage conjoint entre les artistes de l’UQAM et ceux du Café-Graffiti a ouvert la soirée.Merci à tous ces étudiants du baccalauréat en animation et recherche culturelle qui s’impliquent dans leur communauté.Du Costa Rica au Vietnam L’an dernier, nous soutenions un stage en journalisme international au Costa Rica de finissants du Cégep de Jonquière.Cette année, i t o r i a I 9 finissants sont au Vietnam pour leur stage.Us travailleront cet été à la réalisation d’un numéro spécial: En DIRECTion du Vietnam.Vous pouvez commander dès maintenant votre exemplaire de ce numéro spécial.En guise de soutien à leur travail, vous obtiendrez au coût de 5$ un souvenir de voyage instructif et divertissant.Où sont les médecins québécois?Dans ce numéro, vous trouverez un reportage qui questionne le tourisme médical à Cuba.Je demeure avec une interrogation.Pourquoi les médecins québécois n’ont-ils pas rencontré le médecin cubain Barrientos Castano, venu à Montréal pour justifier le travail réalisé à Cuba?Ont-ils raté une belle occasion de faire la lumière sur ce dossier épineux?Vaccination au Gardasil En mars 2008, j’ai écrit sur mon blogue une mise en garde contre la campagne de vaccination au Gardasil prévue en septembre 2008.En février dernier, six mois après le début de la vaccination, les effets secondaires du vaccin de Merck Frosst, lié à 29 décès à travers le monde, commencent à être connus.J’ai demandé à Lisa Melia d’en faire un reportage.La presse communautaire Un débat fait présentement rage.On parle beaucoup des journaux qui sont en difficulté.Augmentation du prix du papier et diminution des ventes publicitaires accablent les médias conventionnels qui se cherchent une porte de sortie.Les artisans des médias écrits communautaires n’échappent pas à cette crise existentielle.Y aura-t-il une relève pour la presse communautaire?Comment se financera-t-elle?Comment l’Internet va-t-il la toucher?De plus, les artisans de la presse communautaire sont agressés par les pouvoirs politiques et les gros commanditaires.Réussirons-nous à les protéger adéquatement pour que la liberté de presse puisse survivre au Québec?Le débat se déroule sur mon blogue dans la catégorie Presse communautaire.Une nouvelle chronique Le chroniqueur économique Jean Gagnon fait son entrée dans notre magazine.Notre nouveau collaborateur réfléchira sur l’état de l’économie et tentera de répondre à nos interrogations sur son avenir.Bienvenue dans l’équipe M.Gagnon et au plaisir de vous lire dans cette chronique ainsi que sur votre blogue: jeangagnon.refletdesociete.com GAGNANT Magaxinks do Qtü-.m c C WWWi refletdesociete.com -^- ) Des félicitations sont de mise! L'équipe du Club des petits déjeuners du Québec et ses enfants lèvent bien haut leur verre de jus à la santé du magazine Reflet de Société qui a remporté le prix Magazine de l'année (tirage de moins de 50 000 copies) de la 11e édition du Concours des Grands Prix 2009 de Magazines du Québec.Jour après jour, Reflet de Société informe, sensibilise et offre des ressources afin de jeter un regard différent sur le monde.Son expertise en fait un acteur actif de la lutte contre la pauvreté, tout comme le Club des petits déjeuners qui travaille quotidiennement au mieux-être des enfants du Québec.BRAVO et FELICITATIONS à toute l'équipe! CLUB DES PETITS DÉJEUNERS DU QUÉBEC www.clubdejeuners.org Reflet Société SERVICES AUX ABONNÉS Changement d'adresse (514) 256-9000 ÉDITEUR / RÉDACTEUR EN CHEF Raymond Viger (514)251-4709 PUBLICITÉ ET COMMANDITE DIRECTRICE ADMINISTRATIVE Danielle Simard (514)256-9000 journal@journaldelarue.ca ADJOINT A LA RÉDACTION François Richard JOURNALISTES Trisha Baptie, Dominic Desmarais, Luc Dupont, Jean Gagnon, Gabriel A.Gosselin, Lisa Melia.COLLABORATEURS Jean-Pierre Bellemare, Amélie Drobey-Robert, Lyne Déry, Louise Gagné, Etienne Gervais, Kevin, Jean-Claude Leclerc, Marie-Pier, Patricia Turcotte, Nicole Viau.PUPITRE Gabriel Alexandre Gosselin Ju@n Carlos Sanchez Lôpez PHOTO COUVERTURE François Laplante-Delagrave PHOTOGRAPHES Marie-Dominique Asselin François Laplante-Delagrave ILLUSTRATIONS Ekzil, Mabi, Zeck CORRECTION Marie Kabel CAFÉ-GRAFFITI (514) 259-6900 ABONNEMENT VOIR P.32 Z NE ME \ JETTE PAS, passe-moi à un ami v 6,95$ \ l'unité J Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non lucratif qui a comme principale mission d'aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est autorisée à condition d'en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Reflet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Reflet de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques: drogue, prostitution, suicide, violence et santé.On y propose des solutions et des ressources.Reflet de Société dispose d'un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l'organisme récupère les frais dans ce fonds.C'est une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes.Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos dépenses d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP) et du Fonds du Canada pour les magazines.Convention de la poste-publications n° 40025160, n° d'enregistrement 07638.CanadS Combat sdciai CCourrier "Vx; il du lecteur______Z La prostitution n’est pas un choix Du viol à la prostitution Vol.16 no.l, octobre 2007 Merci à cette femme d’avoir témoignée.Elle n’est pas la seule à vivre une telle situation.On réalise à quel point l’entourage est important.Qui sait ce qui aurait pu être évité si elle avait été sensibilisée plus tôt, à l’école par exemple.Il n’y a pas d’autres solutions que d’apporter de l’aide à ces femmes, faire de la prévention dans les écoles, condamner les clients et réhabiliter les victimes.Ces femmes n’offrent pas leurs services par choix mais plutôt par absence de choix.Emily Les homos sont normaux Hip-hop et homosexualité Vol.17 no.2, février 2009 Je désapprouve l’homophobie à l’instar de toutes les discriminations idiotes.Les homos font partie des gens normaux, pas les homophobes.L’homophobie n’est pas une opinion, mais un délit.Reuillois 6 ( www , refletdesociete.comj tüiÉ 'wêé^ y^gip idSÊtA tÿÉtëÊm 'êsêéê éüéb ^Éwi wmk y^É» Prostitution masculine Passages nuageux sur ciel ensoleillé Vol.16 no.6, septembre 2008 Pourquoi ne parle-t-on jamais des jeunes garçons qui se font exploiter par des clients homosexuels?Est-ce plus acceptable de voir un jeune homme, ou pire, un jeune garçon, vivre la prostitution?Jeff Ces paroles me touchent particulièrement.Nous avons beaucoup de points communs, sans avoir exactement la même expérience.C’est comme si tu avais lu dans ma tête pour écrire tout cela.Je suis à la fois horrifié et réconforté de savoir que je ne suis pas le seul à penser de la sorte.Nous avons cette grosse différence qui est que je n’ai jamais tenté de me pendre.Mais mon petit frère l’a fait.J’aurais préféré être à sa place.Rémi Gambling Recours collectif contre Loto-Québec Vol.17 no.2, février 2009 J’ai travaillé dans les milieux du jeu: loteries, casinos, etc.Je n’ai jamais joué un sou au casino.Trop dangereux! Même pas un petit deux dans une slot machine! Ça fait dix ans que j’ai quitté ce monde et je n’ai même pas acheté UN billet de 6/49 depuis ce temps.Pensez-y: une chance sur des millions! Le jeu est la pire des drogues.Garamond Académie de Roberval Une école qui raccroche les gangs Vol.17 no.l, novembre 2008 Je tenais tout simplement à dire que cet article est un reflet exact de M.Jeune et je sais de quoi je parle puisque j’ai fait mon secondaire à l’Académie de Roberval.Je fais partie de la première génération qui a passé l’examen d’admission.J’étudie maintenant en communication-télévision à l’université et je tiens à signifier que mon expérience dans cette école m’a beaucoup influencée et inspirée.Je souhaite rendre hommage à tous ces professeurs, amis, et surtout à M.Jeune, pour leur dévouement envers nous les élèves.Et je ne suis pas la seule! Nous sommes au moins une bonne centaine à vouloir le remercier.Janie Janvier Douleur d’une mère Soupirs d’amour.Vol.17 no.3, avril 2009 Bel article sur la détresse d’une femme! J’ai connu une situation semblable: dépendance affective, manipulation perverse, violence conjugale, incompréhension dans la famille et manque de support.Le père de mes enfants les a montés contre moi: il a créé en eux un climat de peur tel qu’ils se sont mis à me craindre, à se méfier de ma nourriture, de mes soins et de mon attention.J’ai perdu ma fille de vue pendant cinq longues années! Comme vous, pour la protéger d’une manipulation, j’ai laissé ma fille avec son père parce que je la voyais souffrir dans son déchirement entre papa et maman.Je restais néanmoins en contact avec mon fils.J’ai, moi aussi, eu peur de porter plainte mais je l’ai fait quand même, malgré la désapprobation de ma famille.Je me sentais seule: pas d’amies pour me supporter ou m’écouter, mes frères et sœurs ne m’appuyaient pas et j’ai été confrontée à des policiers qui ne comprenaient pas.Une chance pour moi, j’ai réussi à conserver mon emploi.De plus, j’ai bénéficié d’un programme d’aide aux employés.Ça m’a beaucoup aidée.Ce service m’a dirigée vers des soins à long terme.Ça m’a pris beaucoup de temps pour réussir à reprendre contact avec ma fille.Elle avait alors 17 ans.Très graduellement, j’ai réussi à la revoir, à l’approcher sans qu’elle ait peur de moi et à partager quelques moments avec elle, des occasions trop rares à mon goût.Cela fait 10 ans maintenant que je peux appeler ma fille, lui écrire et la serrer dans mes bras, pour mon plus grand bonheur.Mais comme j’ai souffert de cette longue absence et ressenti de la culpabilité! Comme j’ai travaillé sur moi-même! J’en ai consulté des experts de toutes sortes pour comprendre et changer des comportements et évoluer.Malgré tout cela, notre relation est plutôt superficielle encore et très fragile.Pourra-t-on l’approfondir réellement un jour?Je garde espoir.J’ai beaucoup aimé votre témoignage.Il explique très bien la situation.Je m’y suis reconnue dans la souffrance, la détresse et la solitude.Je suis de tout cœur avec vous.Diane Letellier WWW.refletdesociete.com -^- 7 Chronique du prisonnier Abonnés aux barreaux JEAN-PIERRE BELLEMARE, prison de Cowansville Pourquoi un homme commet-il un second crime après une condamnation?La détention n’a-t-elle pas été dissuasive?Dans le système judiciaire, on qualifie sarcastiquement les récidivistes d’abonnés, de revenants ou de réguliers.Cette catégorie de détenus est principalement composée d’hommes ayant des problèmes à répétition qu’il s’agisse de violence conjugale, de conduite avec facultés affaiblies, de vol à l’étalage ou de vagabondage.Ils ont tous un point commun: un sévère problème de dépendance.Leur lieu de rassemblement est le Palais de justice et leur cri de ralliement ressemble à celui d’un animal blessé, perdu.années, tant et aussi longtemps qu’un évènement spectaculaire ne vienne renverser ces hommes comme un décès, un traumatisme, l’atteinte du fond du baril, etc.Les drogués sont les plus nombreux.A peine sortis de prison, ils partent en chasse armés de leur désespoir pour trouver n’importe quelle drogue qui pourra arrêter momentanément leurs angoisses.Ils sont à risque de revenir rapidement derrière les barreaux.Le manque les pousse à commettre un délit sans préparation.Une poule encagée trop longtemps perd ses réflexes naturels comme rechercher sa nourriture, prendre soin de ses petits et marcher.Le même phénomène se produit chez l’homme.par un passé non réglé, sont incapables de tourner la page.Certains d’entre eux ont été élevés dans un environnement familial criminalisé.Leur perception du crime n’a aucune connotation négative.Pour eux, il s’agit simplement d’un mode de vie qui se transmet d’une génération à l’autre.Ce n’est pas une recherche de plaisir qui les motive, mais le mal dans leur corps qu’ils tentent de combattre.Pour eux, la récidive est aussi certaine que la venue du soleil après la pluie.Ils sont aux prises avec un problème si fort que la peur d’une seconde détention leur semble superflue en comparaison.Le cercle vicieux se perpétue durant des Récidivistes volontaires Une deuxième catégorie d’hommes reviendra à coup sûr au pénitencier: ceux qui se nourrissent d’un ressentiment contre l’injustice ou qui se «victimisent».La rancœur constitue pour eux un moyen fréquemment utilisé pour éviter de se remettre en question et surtout d’avoir à reconnaître leurs torts.D’autres, hantés Il y a ceux qui reviennent en prison après avoir espéré réussir un bon coup grâce à des renseignements obtenus au pénitencier.Avant même d’être libérés, ils se préparent à revenir s’ils se font prendre.Le pénitencier est considéré comme l’école du crime.Tous ceux qui s’y trouvent se sont pourtant plantés lamentablement, même s’ils se permettent de donner des leçons aux autres.Ces futurs récidivistes croient naïvement que ceux qui les ont renseignés voulaient leur réussite.La réalité est que quand un détenu possède une information «payante», il la garde pour lui.Les informations partagées en prison 8 Ç WWW, refletdesociete.com sont habituellement une forme de manipulation que les gars utilisent pour en piéger un autre.Ce sont presque toujours des jeunes criminels qui tombent dans le panneau.Il existe des détenus qui, bien qu’ils n’aient aucune ressource monétaire ou familiale, n’acceptent pas de partir du bas de l’échelle.D’autres sont des gens qui, vu la gravité de leurs crimes (pédophilie, infanticide, viol) ont été isolés de ceux qui auraient pu leur venir en aide.Quelquefois des sans-abris ou des gens aux prises avec des problèmes psychiatriques reviendront au pénitencier.Le milieu carcéral est le seul qu’ils connaissent véritablement.Le fait de connaître un environnement le rend sécurisant, aussi incroyable que cela puisse paraître parfois.Des hommes mal équipés socialement pour affronter des problèmes simples deviennent ainsi une clientèle permanente des prisons, un résultat de la désinstitutionnalisation des services psychiatriques.La peur de la liberté D’autres prisonniers qui ont purgé une très longue peine deviennent «institutionnalisés».Une poule en-cagée trop longtemps perd ses réflexes naturels comme rechercher sa nourriture, prendre soin de ses petits et marcher.Le même phénomène se produit chez l’homme.Après plus de dix ans d’incarcération, ses réflexes, sa débrouillardise et ses autres capacités sont fréquemment hypothéqués.Des choses simples comme prendre le métro entouré d’inconnus, s’avèrent des épreuves difficiles.Le contact avec les étrangers l’épuise sans raison apparente.À l’extérieur des murs, la vitesse des voitures et le flux incessant des gens qui vont et viennent créent de l’angoisse.Même les relations avec les femmes deviennent une source de stress énorme.Elles impliquent des façons de faire et de vivre qui n’existent pas en prison.Regarder une personne dans les yeux est généralement considéré comme une provocation au pénitencier.Effleurer la fesse d’une agente correctionnelle peut entraîner un transfert dans un établissement à sécurité maximale.Ces aspects de la vie carcérale nécessitent des adaptations qui ne sont pas naturelles et le prisonnier, lorsqu’il retourne dans la société, doit tenter de s’en déprogrammer.C’est parfois impossible ou trop difficile et cela peut le mener de la dépression jusqu’au suicide.Se sentir incapable de vivre ce qui est attendu depuis si longtemps frappe de plein fouet.Plus d’un détenu libéré est devenu fou.Le rêve de la liberté devient parfois un cauchemar éveillé.Comment l’expliquer aux autres alors qu’on ne comprend pas vraiment sa propre incapacité à satisfaire ses désirs?Une minorité de ces personnes, malgré leur bonne foi et, surtout, une envie certaine de liberté, reviendront gonfler les rangs des prisonniers bien malgré eux.Voilà une description des différents types de récidivistes avec lesquels j’ai pu m’entretenir durant mes longues années d’incarcération.La liste n’est pas exhaustive, mais elle est représentative.Je m’inclus, naturellement, dans le groupe.J’ai appris quelque chose d’extraordinaire en psychologie qui m’a permis de me rendre où j’en suis intérieurement: on peut juger un geste, mais pas une personne.Car une personne ne se limite pas à un seul geste.Regarder une personne dans les yeux est généralement considéré comme une provocation au pénitencier.Effleurer la fesse d’une agente correctionnelle peut entraîner un transfert dans un établissement à sécurité maximale.So L‘Aue DISPONIBLE AUPRÈS DES ÉDITIONS TNT WWW.EDITIONSTNT.COM, PAR TÉLÉPHONE: (514)256-9000, EN RÉGION: 1-877-256-9009 PAR LA POSTE REFLET DE SOCIÉTÉ 4233 STE-CATHERINE EST MONTRÉAL, QC.H1V 1X4 4,95$ chaque (ajouter 2$ par livre pour la taxe et les frais de manutention) f WWW.refletdesociete.com % 9 Témoignage Agressée par mon frère AMÉLIE DROBEY-ROBERT Toute petite, tu es arrivé dans ma vie en étant un grand frère.Fils de mon beau-père alcoolique, tu étais tout à mes yeux.Le temps passé avec toi, quand tu me gardais, étais précieux.Tu étais un ami et un confident.Le seul ami que j’avais dans ce temps-là, le seul en qui j’avais totalement confiance.Mais tu m’as trop manipulée.Moi, je t’aurais donné la lune, avec mon cœur de p’tite fille.peut-être même l’heure qui suivait.Je sais que tu ne voyais pas le chagrin qu’il y avait au fond de moi.J’aimerais tout oublier, mais la cicatrice est toujours là.cris me fait mal.Mais quand je te regardais faire, mon âme, elle, rêvait d’être ailleurs, de se perdre dans la mort.Qu’est-ce que j’avais fait de mal?Pendant le temps que tu profitais de moi, tu m’as massacrée! Quand je te disais non, tu m'ignorais, tu pensais seulement à ton plaisir.Sans défense, je ne pouvais rien contre toi.L’inexistence C’est dur à comprendre, mais je ne me souviens plus de la première fois où tu m’as utilisée.Je ne peux te dire ce que tu m’as fait pendant les deux ans où tu as joui de mon corps d’enfant.Quand je te disais non, tu m’ignorais, tu pensais seulement à ton plaisir.Sans défense, je ne pouvais rien contre toi.Je ne sentais plus rien à ton touché, je n’entendais rien de ce que tu me disais et je ne pensais plus en ta présence.Je n’existais plus pendant les cinq, quinze minutes ou La souffrance La douleur des nuits remplies de cauchemars, je m’étouffe dans mes draps pour ne plus en souffrir.Mon âme existe encore, mais mon cœur est incapable d’y survivre.Offrir son cœur à quelqu’un est précieux, mais le forcer est impensable, intenable, épouvantable.Penser que je t’ai laissé une partie de mon cœur en toute confiance, que j’ai pu me laisser faire, que j’ai pu étouffer mes Je pourrais passer ma vie à subir la torture des souvenirs, des traces que tu as laissées.Je pourrais passer ma vie à chercher pourquoi tu m’as choisie.Ma colère envers toi, le regret de mon enfance blessée, la honte d’avoir été impuissante, tout ça me détruit.Comment pourrais-je accepter?Comment pourrais-je seulement te pardonner?Pour l’instant, j’en suis incapable.Mais je me suis pardonnée pour retrouver ma paix intérieure.Ce n’était pas de ma faute, je ne t’ai rien demandé.Je ne suis plus une victime et je m’accroche à la vie.Désormais je peux vivre, tu es rendu loin de moi, loin de mon âme.Jamais plus personne ne m’atteindra! Tél.: 514.256.9000 W Tél.s 1.877.256.90 .GRANDEUR: S • M • L • XL Prix: 9,95$ taxes: 1,54$ frais de transport: 2,01$ journal@journaldelarue.ca www.refletdesociete.com 10 (www .refletdesociete.comj^ y Le skateboard, le BMX et le patin à roues alignées sont des noms de sports extrêmes auxquels s'associe volontiers une bonne partie des adolescents québécois.«¦H «uü*.Photo: François Laplante-Delagrave Modèle: Simon Wallap Au printemps dernier, les jeunes de la province ont pu assister au dévoilement d'un espace consacré à toutes ces activités.LeTAZ, plus important centre intérieur du genre au Québec, si ce n'est au Canada, officialisait sa réouverture.»•* Photos: François Laplante-Delagrave Modèle: Renaud Poirier Saint-Pierre Le sport extrême reprend sa place GABRIEL ALEXANDRE GOSSELIN En mars 2001, le Tazmahal, situé au centre-ville de Montréal, doit fermer ses portes pour faire place à la construction de la Bibliothèque nationale du Québec.La mairie promet au centre sportif - reconnu pour son skatepark, son roulodôme et son approche collée à la réalité des jeunes - de tout faire en son pouvoir pour relocaliser l’endroit le plus vite possible.Le 28 mars dernier, soit huit ans plus tard, le cofondateur et directeur général du Tazmahal, Michel Comeau, a pu lâcher un soupir de soulagement.Enfin, Le TAZ reprenait vie, physiquement et au service des jeunes! Désormais situé dans le Complexe environnemental de Saint-Michel, le nouveau TAZ, rebaptisé ainsi «parce que les jeunes le surnommaient comme MM ça avant», a, à première vue, des allures de manufacture.Une fois à l’intérieur, on se rend vite compte qu’il n’en est rien.Unique et multidisciplinaire Trois mots viennent aux lèvres de Michel Comeau lorsqu’on lui demande de réagir à ces huit années d’attente: «Tout est relatif!» Le délai, selon lui, valait la peine pour remettre sur la carte «une des sept merveilles du monde du skate.Nos installations sont écœurantes et Le TAZ va être unique sur la planète.» De fait, le nouveau TAZ a de quoi charmer les adeptes de sports extrêmes.Un immense skatepark, pensé et divisé selon la pratique sportive (skateboard, BMX ou roller-blade) et le niveau de l’athlète (débutant, intermédiaire ou professionnel) se présente d’abord comme tête d’affiche du centre.«On a avec nous Dany Vézina, le meilleur concepteur de skateparks au Québec.Si Le TAZ était et sera une réussite, c’est qu’on est à l’écoute des milieux», note Michel Comeau.Stéphane Julien, ancien utilisateur du TAZ, où il a également enseigné le roller-blade, ajoute: «Je note des problèmes dans les skateparks extérieurs à Montréal.Quand je les observe, je remarque qu’ils ne sont pas faits pour le développement de l’athlète.On dirait que la Ville engage des sous-contractants qui ne connaissent rien en la matière.La mairie n’est pas à l’écoute du milieu, et ça, c’est décevant.» Pour la conception du skatepark du TAZ, Michel Comeau a tenu à consulter les gens concernés avant de se mettre à l’œuvre.«Ça a été une soirée de discussion vraiment fructueuse», explique Stéphane.«Quand j’ai vu le nouveau TAZ, j’ai tout de suite constaté sa pertinence.On voit qu’il est lié directement à l’industrie et tout le monde dans la ville reprend le buzz actuellement!» ajoute-t-il, en référence à l’ambiance qui régnait à Montréal à l’époque de l’ancien Tazmahal.Plus de possibilités Connexe au skatepark intérieur, le fameux roulodôme est de retour.Le patinage libre aura donc toujours sa place au TAZ.Seulement, la grande salle est conçue pour beaucoup plus.On souhaite mettre à profit les dimensions du roulodôme pour importer le roller-basket et le roller-soccer, des sports encore inconnus au Canada.«On a ce qu’il faut pour organiser des tournois internationaux, et on serait les premiers à le faire au pays», souligne le directeur général, qui ne cache pas ses ambitions pour l’immense local.Le TAZ s’est équipé d’un matériel de son et lumière qui lui permettra de recevoir spectacles, conférences et congrès en tout genre dans son roulodôme.Ayant comme cour arrière la carrière Miron, ancien dépotoir de la métropole destiné à devenir le deuxième parc en importance de Montréal, Le TAZ compte bien tirer avantage de sa situation géographique.Des pistes pour vélos de 12 WWW.refletdesociete.com -^- • *** LE TAZ VU DE L’EXTÉRIEUR.montagne, un Skate Et Bike Plaza, ainsi que des parois d’escalade naturelles seront éventuellement aménagées.Encore une fois, Michel Comeau voit grand.«Des compétitions internationales sont également à envisager pour certaines de ces disciplines.» Les différentes instances gouvernementales ont accepté d’investir dans la construction du TAZ.A partir de son ouverture, le complexe sportif doit toutefois assurer lui-même sa survie économique.En réalité, les entrées d’utilisateurs n’y suffiront pas.Les installations, pouvant désormais accueillir des compétitions d’importance ainsi que des spectacles d’envergure, devraient permettre au TAZ de s’attirer des commanditaires et de faire déplacer de gros noms du sport extrême dans son enceinte.Emplacement controversé Plusieurs s’entendent pour dire, employés comme utilisateurs, que s’il est un point négatif au nouveau TAZ, c’est son emplacement.Stéphane Julien se souvient qu’au Taz-mahal du centre-ville, quelques-uns de ses amis provenaient de la rive sud de Montréal.Ceux-ci pouvaient débarquer directement dans le Tazmahal à partir de la station de métro Berri-UQAM.Aujourd’hui situé dans le Complexe environnemental de Saint-Michel, accessible seulement par autobus, les déplacements des athlètes et des amateurs pour se rendre au TAZ se compliquent.Des conseillers municipaux se sont opposés à cet emplacement et les médias l’ont critiqué.Pour Stéphane Julien, il ne s’agit que d’un détail.«En construisant la Bibliothèque nationale où il a décidé de la construire, le gouvernement a tué le cœur du milieu du sport extrême à Montréal.Il est d’abord responsable de cette situation», lance-t-il, en précisant toutefois ne pas être un expert en la matière.«Mais quand je vois tout le travail effectué par Michel Comeau et son équipe depuis des années pour reconstruire Le TAZ à Montréal, j’ai confiance qu’ils vont s’arranger pour que les gens aient envie de venir chez eux.» Michel Comeau précise qu’il travaille déjà auprès de la Ville et de la Société de transport de Montréal.Le directeur général du TAZ espère convaincre les dirigeants municipaux de l’importance d’un système d’autobus plus efficace dans Saint-Michel, le quartier de la métropole où le temple du sport extrême a repris vie.www.TAZ.ca .ET DE L'INTÉRIEUR Des mesures écologiques non négligeables Tout comme l’a fait l’école de cirque La TOHU lors de sa construction dans l’enceinte du Complexe environnemental de Saint-Michel, le TAZ a tenté de réduire son empreinte écologique au cours des différentes étapes de construction de son nouveau centre.«La première chose qu’on a faite en arrivant sur les lieux, c’est de déplacer tous les arbres qui seraient dans le chemin.On a créé une sorte de pépinière en vue de les replanter par la suite», explique Michel Comeau.Ce dernier reste tout de même modeste par rapport aux efforts fournis à ce chapitre: «On a fait tout ce qui était possible, mais avec les moyens qu’on avait.Ce n’est pas si compliqué.Il faut juste se donner le temps.» Par exemple, au lieu de déplacer par gros camions les immenses morceaux de roche trouvés sous terre, ils ont fait venir une concasseuse.Du coup, ils ont évité des déplacements inutiles et ont récupéré ce qui aurait pu être voué à la poubelle sur un autre chantier.( WWW.refletdesociete.comf -^-^ Photos: François Laplante-Delagrave Pas juste un skatepark GABRIEL ALEXANDRE GOSSELIN Plus qu’un formidable terrain de jeu pour les adeptes de sports extrêmes, Le TAZ est aussi un organisme à but non lucratif (OBNL) créé en 1996 dont la mission citoyenne se poursuit encore aujourd’hui.Un skatepark peut-il être socialement responsable et engagé?Marianne Villandré-Côté faisait de la gymnastique jusqu’à son adolescence.Fatiguée de la compétition, mais toujours avide de sensations fortes, elle se convertit au roller-blade grâce au TAZ.Lors de sa fermeture en 2001, elle y donnait des cours.Elle vient de compléter une technique en éducation spécialisée et s’implique «à 100%», comme elle aime le dire, dans la réouverture du centre.Marianne occupe désormais le poste d’intervenante.«Nous nous retrouvons avec un nouveau TAZ entre les mains et surtout, nous sommes 8 ans plus tard.Tout est à revoir du côté de l’intervention», explique-t-elle d’entrée de jeu.Un seul aspect de l’ancien Tazma-hal s’est, selon elle, transmis vers sa réplique actuelle située dans le Complexe environnemental de Saint-Michel.«On vise toujours la cohabitation entre les différentes pratiques, ainsi que la cohabitation entre l’esprit jeune du sport extrême et les familles qui viennent dans notre édifice.» Marianne mentionne la différence entre Le TAZ et d’autres ska-teparks qui donnent des plages horaires fixes selon chaque pratique sportive (skateboard, patins, BMX).Cette façon de faire a ses avantages, comme par exemple d’éviter les confrontations entre athlètes de sports différents, «une guerre qui a toujours existé.Mais c’est justement le genre de défi qu’on recherche au TAZ.On veut créer une communauté plus large, favoriser le respect.» Ainsi, dans le skatepark, environ six surveillants, techniciens et intervenants sont à l’affût en tout temps.La plupart d’entre eux patrouillent en patins ou en skateboard, une façon de se fondre dans le décor.( WWW.refletdesociete.com^ -1 14 Leur travail consiste à assurer la sécurité (port d’équipements de protection, circulation) et de gérer les conflits qui peuvent survenir sur les plateformes: les skateboarders et les patineurs qui trouvent que les BMX prennent trop de place et vice versa, les débutants qui ne savent pas circuler dans le skatepark, les plus expérimentés qui prennent trop d’espace et circulent dangereusement se croyant tout permis, des jeunes qui se frustrent parce qu’ils peinent à réussir un truc.«Notre but est de ramener le calme, sans prétendre que l’incident n’a jamais eu lieu.On veut générer la bonne humeur et l’ouverture d’esprit de la part de tout le monde.» Approcher l’autre A ce travail général s’ajoute une intervention plus personnalisée.Marianne Vilandré-Côté dit porter une grande attention à cet aspect de son travail.«Je me sens portée vers ceux considérés comme des “cas à problèmes”.Dans mes expériences antérieures comme intervenante, j’ai tellement appris d’eux.» Elle souligne le défi de créer un lien de confiance avec certains de ces jeunes.«Ces cas-là ne se règlent pas en claquant des doigts.Ça implique un travail à long terme.Ce que je préconise, c’est de leur donner des objectifs pour les faire revenir.Un jeune peut manquer de motivation à l’école, mais être vraiment branché dans un skatepark.Si venir ici le valorise, tant mieux!» À ce chapitre, Marianne se donne un premier mandat: la rédaction d’un guide d’intervention efficace pour tout le personnel du TAZ.«Sur place, on est deux qui ont la formation comme intervenant, mais toute l’équipe est consciente des Milieu communautaire au TAZ De nombreux organismes se sont associés au TAZ afin de profiter des installations et de la clientèle.PACT de Rue (Projet d’action communautaire en travail de rue): organisme qui se concentre sur les jeunes de 12 à 25 ans qui vivent des situations problématiques telles que la pauvreté, la violence, la toxicomanie, etc.Production Jeun’Est: organisme de réinsertion sociale par le travail dans le domaine de la production scénique, éclairage et sonorisation.Service d’entretien Pro-Prêt: organisme de réinsertion professionnelle qui sera responsable de l’entretien du TAZ.Cybercap: organisme qui ouvre au TAZTme nouvelle salle de formation pour donner des cours sur les rudiments de la vidéo, du montage et du son.Love (Vivre sans violence): organisme de prévention de la violence chez les jeunes.Il se fera voir au TAZ en y exposant photos et vidéos.Carrefour Jeunesse Emploi -Montréal Centre-Nord: organisation qui favorise l’insertion socioéconomiq lie.réalités du milieu, des situations qui peuvent arriver.J’aimerais les aider à aborder chaque individu avec une approche adaptée.» Une méthode qui roule Les méthodes d’intervention ne sont pas établies de façon systématique au TAZ.Elles ne l’ont jamais vraiment été d’ailleurs.Le personnel du centre cherche plutôt à utiliser la force du milieu du sport extrême et l’intérêt qu’il suscite chez les utilisateurs pour intervenir.«A l’époque, ma drogue, c’était Le TAZ! L’endroit a vraiment changé ma vie.Il m’a permis de m’épanouir dans le bon sens du terme.Ça aurait été tellement facile de déraper avec les tendances que j’avais», se souvient l’ancienne rebelle devenue intervenante.Même son de cloche chez Stéphane Julien, utilisateur de longue date du TAZ et aujourd’hui patineur professionnel: «Le temps que je passais ici quand j’étais jeune, c’est du temps que je passais à ne pas faire de conneries.Ou du moins, des conneries qui auraient pu me coûter cher!» Ces deux personnes sont la preuve vivante que l’intervention, ce n’est pas tout.Seule la force d’un milieu bien exploitée peut faire la différence.WWW.refletdesociete.com Risquer sa réussite GABRIEL ALEXANDRE GOSSELIN En 2000, Stéphane Julien, pro du roller-blade à 17 ans, s’apprête à s’envoler pour la Chine où il sera rémunéré à titre de performeur.Le Tazmahal lui avait permis de perfectionner ses techniques et le Café Graffiti avait amassé des fonds pour son départ.Depuis, Stéphane est retourné en Chine, a cofondé une entreprise qu’il partage avec ses meilleurs amis et a voyagé aux quatre coins du monde.Si Stéphane est aujourd’hui père d’un garçon de 6 mois et gère son portefeuille en fonction de l’avenir de sa petite famille, il n’en a pas toujours été ainsi.Lors de son premier voyage d’une durée de 6 mois en Chine, et dans les années suivant son retour, «la débauche était de mise», admet-il.A son retour d’Asie, Stéphane figure comme cascadeur dans Roller-ball, un film hollywoodien tourné à Montréal.Avec la bonne cagnotte que ce contrat lui octroie, Stéphane se paie la vraie vie de party.«Pendant quelques mois, je me tenais avec ma petite gang hip-hop.J’avais de l’argent, on crui-sait, on sortait.C’était la belle vie.Mais je me suis vite rendu compte que l’argent n’est pas éternel.» C’est en procédant à ce que Stéphane appelle un reality check qu’il a décidé de se «touner de bord».«J’avais juste envie de faire le party.Ce n’était pas nécessairement mauvais pour moi, j’avais vraiment du fun là-dedans.Mais je me tenais avec des gens qui n’étaient pas là pour les bonnes raisons, je négligeais mon patin aussi», avoue-t-il avec lucidité.La Chine de Stéphane Stéphane s’envole alors pour un nouveau voyage en Chine: «le premier mois a vraiment été difficile.Ça faisait trop longtemps que je n’avais pas patiné.Ça m’a pris au moins un mois pour reprendre mes habiletés!» Au cours de sa première visite dans ce pays, Stéphane a pratiqué son anglais pour la première fois de sa vie.Cette fois, c’est la profonde découverte de la Chine et de sa langue, le mandarin, qui attend le jeune désillusionné.Il y restera 3 ans! Dans ce deuxième périple en terre asiatique, le jeune homme travaille ses façons de dépenser.Ce n’est cependant pas uniquement pour changer ses mauvaises habitudes qu’il a entamé ce voyage.Il veut également comprendre ses impulsions: «Moi, j’ai grandi dans Hochelaga.Je n’enlève aucun crédit aux gens de là-bas, je suis très attaché à ce quartier, mais je me souviens qu’avec mes amis, on devenait facilement agressif.C’était ça ma réalité.» L’aventure et les rencontres permettront à Stéphane de se faire une nouvelle idée de tout ce qu’il apprécie dans la vie.Grâce à sa deuxième figuration importante comme cascadeur dans un film tourné en Chine avec Jackie Chan en tête d’affiche, Stéphane Julien revient au Québec l’esprit déterminé.«Ce tournage a vraiment confirmé mes aspirations de cascadeur.» Fun professionnel De retour à Montréal en 2004, Stéphane ne perd pas de temps pour tout mettre en œuvre afin de réaliser son rêve.Un rêve qu’il n’est pas seul à partager.Avec 3 de ses amis adeptes du sport extrême, il crée l’entreprise de cascadeurs Fast Motion.Pourtant, Stéphane mentionne que le travail de cascadeur est très individuel et demande beaucoup de sacrifices personnels.«Parce qu’on était 4 gars qui se connaissaient très bien et qu’on voulait tous faire le même métier, on s’est rassemblé sous une même bannière.Quatre énergies qui poussent dans le même sens, ça peut juste valoir mieux qu’une seule!» Aujourd’hui, Fast Motion fait du cinéma, de la télé, des performances live, des publicités, des conférences dans les écoles et de la production vidéo.A 28 ans, Stéphane Julien peut se vanter d’avoir voyagé dans l’Ouest canadien, en Russie, en Argentine, en Afrique et en Asie.Tout ça pour le compte de l’entreprise qu’il a créée avec ses quatre meilleurs chums.«On a gagné une certaine notoriété avec les années.On peut considérer que notre réputation est bien bâtie», explique Stéphane.«C’est là et nous on s’amuse tant que ça dure.Pis c’est de ça dont je suis le plus fier: j’ai réussi dans la vie en m’appliquant dans un job basé sur le plaisir!» 16 ( WWW.refletdesociete.com^ Témoignage Les soubresauts de ma vie PATRICIA TURCOTTE Au début des années 1980, je menais une vie de rêve.Courtier d’assuran-ce-vie, j’étais mariée et l’heureuse mère d’un magnifique garçon.Nous habitions un splendide condo dans ma ville natale.Ma vie idyllique a toutefois pris une tournure dramatique quand un accident d’automobile m’a laissée avec des douleurs chroniques pour le reste de mes jours.Les séquelles de mon accident m’ont obligé à déclarer faillite.Je me suis effondrée.Moi, le pilier financier de la famille, je ne savais plus quel sens donner à ma vie.Avec gêne, j’ai dû joindre les rangs des assistés sociaux et des personnes invalides.Excédée par ce qui m’arrivait, j’ai senti le besoin d’aller à l’hôpital psychiatrique.J’ai mentionné à un médecin mon intention de tuer mon époux et mon garçon.Les personnes que j’af- i?'* n -i .i eues, meme si j ai pu i fectionne le plus au monde! Ma ^ 6V10T OU.J RVR13.1 Û6 ITlUltlplCS sa peine et sa déception.place se trouvait réellement en «remèdes» pour en finir avec milieu psychiatrique.r la souffrance.et isolé.Ce rêve m’a déroutée et incitée à demander de l’aide.J’ai confié au médecin mes pensées suicidaires.Sur sa recommandation, je me suis rendue à l’hôpital.Peu de temps après ma sortie, je suis allée déjeuner avec mes deux amours.Ces moments chaleureux ont toujours représenté pour moi un grand réconfort et ils me permettent de poursuivre ma thérapie.En nous séparant, j’ai regardé mon garçon.Il m’a dit au revoir, accompagné d’un triste sourire.Le souvenir de Serge a alors émergé avec une force exceptionnelle.Ma fragilité émotive et psychologique ajoutée à une douleur chronique «qui rend fou», m’a poussée à tirer ma révérence.Mon cercueil temporaire fut la baignoire à côté de Ma tentative Les conséquences de mon geste furent catastrophiques.La situation a de plus évoqué chez mes proches le suicide de Serge.Certains se sont éloignés de moi à tout jamais.Ils m’ont fait leurs adieux dans la chambre d’hôpital.Un de mes frères a attendu quelques années pour me quitter.«Tu n’es qu’une schizophrène!» m’a-t-il crié devant une dizaine de personnes de la famille, qui sont toutes parties avec lui.Mon ex-conjoint et mon fils sont demeurés mes vrais amis, au-delà de leurs peines.Le père de mon enfant, qui m’avait retrouvée dans la baignoire, ne m’a jamais fait de reproches.Quelques années plus tard, j’ai eu la possibilité d’établir de nouveaux liens d’amitié avec mon fils.Jamais il ne m’a fait de reproches, même si j’ai pu constater En sortant de l’hôpital, j’ai quitté le nid familial afin de réapprendre à vivre à mon rythme.Ce fut douloureux de l’annoncer aux miens.Le remords de les laisser me rongeait le cœur.Us comprenaient l’importance pour moi de quitter le foyer.Suicide de mon frère J’ai commencé à penser à mon frère Serge, qui s’est suicidé à l’âge de 22 ans.À cette époque, je n’avais que 15 ans.En rêve, j’ai vu Serge se tenant debout devant son cadavre dans une mare de sang.Il semblait désemparé À mon retour, je me suis préparée pour une très longue nuit.Mon cercueil temporaire fut la baignoire à côté du lavabo où j’avalai de multiples «remèdes» pour en finir avec la souffrance.Le souvenir de ce tragique instant restera toujours dans ma mémoire.Puis, dans un semi-coma aux soins intensifs, j’ai entrevu ma famille à mon chevet.J’ai entendu à deux reprises une douce et apaisante voix intérieure.Je me suis dit: «Merci mon Dieu, tu me laisses une deuxième chance.» Redécouverte Dès mon réveil du semi-coma, la joie de vivre m’est revenue malgré les épreuves traversées: mes douleurs, la peine causée à mes proches et ma perte d’autonomie.Ma tentative de suicide a eu un tel impact positif sur ma personne que je pourrais écrire des millions de pages pour raconter mon bonheur de vivre depuis ce jour où la vie m’a donné une seconde chance.A mon avis, il faut demander de l’aide dès que l’on commence à ressentir ce découragement et frapper à toutes les portes, jusqu’à ce que des gens capables d’aider nous répondent.r WWW.refletdesociete.comT ^2!=^-' 17 Photos: Courtoisie de l’ONF Alanis Obomsawin, cinéaste abénakise Voix autochtones à l’écran LUC DUPONT ALANIS OBOMSAWIN Il existe au Québec une cinéaste abénakise de 76 ans méconnue du grand public.Elle a consacré 35 films et sa vie à la reconnaissance, à l’expression et à l’autonomie des siens.Dans ses œuvres, Alanis Obomsawin traite de la vie et de l’histoire des Autochtones canadiens pour transmettre une beauté et un espoir qui sont universels.J’ai découvert Alanis Obomsawin au printemps 2008, dans le cadre du grand hommage que lui rendait le Musée d’art moderne de New York.L’institution présentait alors, pendant deux semaines, une quinzaine de ses films.Je me suis demandé, comment se fait-il que je ne la connaisse pas?J’ai donc pris rendez-vous avec celle que tout le monde appelle simplement Alanis.Je l’ai rencontrée durant une heu- re dans les locaux montréalais de l’Office national du film.En entrant dans son bureau, le visiteur est impressionné par les grands voiles bleus qui recouvrent en partie sa bibliothèque, et qui, avec le fauteuil de style «Vieille France», humanisent son espace.Sa voix, ses yeux, son sourire et ses silences sont aussi intenses que touchants.Ces deux qualités s’appliquent au film tourné en 1988 qui lui est particulièrement cher, Richard Cardinal: le cri d’un enfant métis.«De tous mes films, dit-elle, c’est celui qui m’a le plus marquée.» Destin tragique Dans ce documentaire d’une trentaine de minutes, Alanis Obomsawin raconte la très triste histoire de Richard Cardinal, un jeune Métis de 17 ans.Ballotté dès l’âge de quatre ans Alanis Obomsawin est née en 1932 au New Hampshire, en territoire abénakis.A l’âge de six mois, elle déménage avec sa mère dans la communauté abénakise d’Odanak, située non loin de Sorel, où elle a grandi et habite encore.Dans le film WABAN-AKI: peuple du soleil levant, paru en 2006, la cinéaste raconte l’histoire de son village.dans 28 foyers différents, l’adolescent s’est pendu en 1984 dans la cour arrière de sa dernière famille d’accueil.La cinéaste illustre le calvaire de Richard en interviewant son frère Charlie et certains de ses parents nourriciers, mais surtout, en faisant revivre la mémoire du jeune garçon par la citation d’extraits de son journal intime.«J’avais quatre ans, écrit Richard, lorsque j’ai été obligé de quitter ma famille et mes amis.Une travailleuse sociale nous a dit que c’était parce que nos parents étaient alcooliques.Comme ma sœur Linda et Charlie étaient à l’école, je suis allé dans ma chambre et j’ai pris mon vieil harmonica.Je suis descendu dans la cour de la ferme et je me suis assis sur la clôture.J’ai commencé à jouer très lentement.J’étais très triste à ce moment-là.Au milieu de ma chanson, mes lèvres se sont mises à trembler.Je savais que j’allais commencer à pleurer et j’étais content que ça sorte enfin.Je n’ai même pas essayé de me retenir.18 WWW.refletdesociete.com «En arrivant dans ma famille d’accueil, on m’a montré où j’allais dormir.La chambre était au sous-sol et le plancher était couvert d’un pouce et demi d’eau.Je ne pouvais pas en croire mes yeux.Il fallait marcher sur des planches pour ne pas se mouiller les pieds (.) Le plafond n’était même pas fini, il y avait une ampoule de 40 watts qu’on allumait en tirant sur une corde.Ça ressemblait à quelque chose que l’on voit dans les films d’horreur.J’étais vraiment déprimé et j’ai commencé à penser au suicide.» d’un placement dans une famille d’accueil afin de leur éviter un sentiment d’isolement qui peut mener à la dépression.La cinéaste se rappelle encore avec beaucoup d’émotions ce qui s’est passé une fois le film terminé.Des larmes font d’ailleurs encore briller ses yeux quand elle en parle.«On a organisé une séance de vi-sionnement, dit-elle, à laquelle assistaient des psychologues et des travailleurs sociaux, mais aussi d’autres adolescents qui, comme Richard, vivaient à ce moment-là dans des centres de détention pour jeunes de l’Alberta.Charlie, le frère de Richard, était avec moi ce jour-là.Après la projection, les jeunes se sont approchés de lui et l’ont touché.Ils étaient comme magnétisés.Ils n’arrêtaient pas de lui dire: “C’est moi Richard.Richard, c’est moi.” Ils se reconnaissaient dans l’histoire de Richard.» Ce documentaire fut ensuite projeté aux quatre coins du Canada, notamment en Alberta, la province natale de Richard Cardinal.Les pouvoirs publics ont été suffisamment alertés et sensibilisés pour que s’enclenchent des changements dans les lois touchant les jeunes Autochtones et Métis.On allait entre autres s’efforcer désormais de ne pas séparer les enfants d’une même fratrie lors «On n’a jamais demandé aux Blancs d’être comme nous autres, alors qu’eux, bien souvent, et dans bien des choses, ils nous ont forcés.Alors, je vais vous dire: chez nous, l’intégration, personne ne pense à ça.» n’ont pas un ton accusatoire et agressif dirigé contre les Blancs et les injustices qu’ils ont commises envers les Amérindiens.La fermeté de son discours n’exclut pas la douceur et la beauté présente dans ses œuvres.Une critique de cinéma a dit de ses documentaires qu’ils «ont fondamentalement modifié la façon de sensibiliser les non-Autochtones à la cause des Premières nations.» Refus de s’intégrer Avec le film en tête, j’ai demandé à la réalisatrice, «mais par où commencer madame Obomsawin?Quel geste poser, quelle attitude adopter, si on souhaite sincèrement aider les Amérindiens à s’intégrer?» La dame a gardé le silence pendant quelques secondes et, quand elle a ouvert la bouche pour répondre, il y avait un soupçon de colère dans sa voix.«Vous parlez d’intégrer mais être intégré, ce n’est pas du tout dans la pensée de nos gens, dit-elle sèchement.On est ce que l’on est, on n’a besoin de s’intégrer à personne.On n’a jamais demandé aux Blancs d’être comme nous autres, alors qu’eux, bien souvent et dans bien des choses, ils nous ont forcés.Alors, je vais vous dire: chez nous, l’intégration, personne ne pense à ça.Nous, on veut être capable de vivre ce que l’on est, de se faire respecter pour ce que l’on est.C’est à cause de cette absence de respect qu’il y a eu tellement de ravages dans nos communautés.» Alanis Obomsawin sait être ferme quand il s’agit de remettre les pendules à l’heure.Ses films, pourtant, Une heure passée avec cette grande artiste, c’est bien court.Une chose est sûre: l’hommage que lui a rendu l’an dernier le Musée d’art moderne de New York ne devrait étonner personne.En effet, les films qu’elle a réalisés tout au long de sa vie, même s’ils traduisent les réalités amérindiennes du Québec et du Canada, parlent avant tout de l’âme et de la survie des Autochtones à l’échelle planétaire.Il est possible de visionner en tout temps à la CinéRobothèque de Montréal vingt-et-une des œuvres d’Alanis Obomsawin.Les films peuvent aussi être visionnés sur le site Internet de l’Office national du film du Canada: www.onf.ca JÉÈÊ RICHARD cardinal ( WWW.refletdesociete.com -^- ) 19 Photo: Courtoisie de Julie Laçasse Tourisme médical Hôpital sous les tropiques FRANCOIS RICHARD L’entreprise Service Santé International (SSI), située en Beauce, offre à ses clients d’aller faire soigner à Cuba leur rétinite pigmentaire, une maladie de l’œil rendant aveugle et considérée comme incurable.Le coût du voyage est de 10 000$.Les patients se disent satisfaits des soins reçus, alors que les médecins québécois crient à l’imposture.«Les médecins québécois n’avaient aucun traitement à m’offrir», se désole-t-elle.Résignée à perdre la vue, Julie Laçasse approche l’organisme Le Bouclier, qui offre du soutien aux personnes non-voyantes.C’est une employée du Bouclier qui lui parle du traitement offert à Cuba.Julie Laçasse contacte alors SSI et entreprend des démarches pour aller s’y faire traiter.«L’autre jour au petit-déjeuner, j’ai dit à mon mari: “Yvon, mes mains, je peux les voir sur la table.”» Julie Laçasse est soulagée.Quelques semaines après un voyage médical à Cuba organisé par SSI en janvier 2009, la femme de 42 ans retrouve progressivement une vision qui avait gravement décliné au cours des derniers mois.L’ancienne infirmière à l’hôpital montréalais Royal-Victoria a reçu un diagnostic de rétinite pigmentaire (RP) il y a six ans.La maladie est d’origine génétique et cause la destruction progressive des cellules photosensibles de l’œil (c’est-à-dire celles captant la lumière).Le verdict était sans appel: elle deviendrait aveugle.«Je n’ai rien de scientifique à apporter à ce débat.J’apporte plutôt du réel, j’apporte des gens.» -Lucie Vermette, présidente de Service Santé International (SSI) de la vue subséquentes à l’opération.Le coût du traitement annuel est en moyenne de 4 900$.Selon SSI, des patients provenant de 35 pays se rendraient à la clinique chaque année pour s’y faire soigner.Le traitement cubain ne prétend pas guérir la RP.Il en stopperait plutôt la progression, permettant d’éviter la cécité complète mais non de recouvrer une bonne vision.Sur les quelque 200 Québécois qui se sont rendus à Cuba par l’entremise de SSI, une trentaine a effectué le déplacement pour soigner une RP.Une minorité de patients s’est fait refuser les soins, les médecins cubains jugeant l’état de leur maladie trop avancé.JULIE LAÇASSE ET VIRGINIE SAVARIA À CUBA, TOUT JUSTE APRÈS LEUR OPÉRATION.Les clients de SSI atteints de RP sont traités au Centre international de rétinite pigmentaire Camilo Cienfuegos à La Havane.L’hospitalisation dure trois semaines et coûte un peu plus de 10 000$.Le traitement se décline en trois phases.La première est une opération au cours de laquelle la membrane située dans le bas du globe oculaire est déplacée vers le centre de l’œil afin de renforcer les tissus affaiblis.Le patient reçoit ensuite deux autres traitements d’ozone et d’électrostimulation afin de renforcer l’activité cellulaire réduite par la RP.Les patients doivent ensuite retourner au Centre tous les ans pour y recevoir un traitement à l’ozone afin de préserver les améliorations L’avis des médecins québécois Julie Laçasse a payé de sa poche le traitement.Virginie Savaria, qui a aussi fait le voyage en janvier 2009, ne pouvait se le permettre.La mère de trois enfants, propriétaire d’une boutique de scrapbooking à Saint-Jean-sur-Richelieu, a organisé une levée de fonds auprès de son entourage pour pouvoir se permettre le déplacement.En plus d’être atteinte de RP, Virginie Savaria est sourde depuis sa naissance.La perspective de devenir aveugle était pour elle effrayante.Son médecin a tout de même tenté de la dissuader de se rendre à Cuba.«Mon docteur m’a dit que c’était dangereux, que ça pourrait me rendre aveugle.L’ironie, c’est que l’inaction m’aurait rendue WWW.refletdesociete.com 20 aveugle à coup sûr.» Les deux femmes s’expliquent mal l’hostilité des médecins québécois à l’égard du traitement offert à Cuba.Elles croient que les liens tendus entre le gouvernement de La Havane et ceux d’Amérique du Nord y seraient peut-être pour quelque chose.Selon le président de l’Association des médecins ophtalmologistes du Québec, Jean-Daniel Arbour, cette analyse ne tient pas la route.Il affirme n’avoir aucun problème avec le fait que des gens aillent se faire traiter à Cuba pour certaines afflictions.Le médecin est toutefois convaincu que dans le cas de la RP, les Cubains se trompent.«Les prétentions scientifiques à la base du traitement sont erronées», explique-t-il.L’ophtalmologiste donne en exemple le fait que, selon la documentation de SSI, le déplacement de la membrane du bas de l’œil vers le centre serait effectué pour favoriser la circulation sanguine.«Or, la RP n’a rien à voir avec la circulation sanguine.Il s’agit d’une maladie cellulaire.» Jean-Daniel Arbour dénonce aussi l’aspect secret de la clinique cubaine, dont l’efficacité des traitements n’aurait jamais été prouvée par des études médicales valables.Le site Internet de SSI annonce d’ailleurs, en parlant de Cuba, «des traitements uniques au monde.» Le poids des témoignages La présidente et fondatrice de SSI, Lucie Vermette, n’a pas d’arguments médicaux à opposer à ceux du Dr.Arbour.«Je n’ai aucune formation médicale», admet-elle.Elle s’insurge toutefois contre le fait que les médecins québécois dénoncent l’opacité des conditions dans lesquelles est pratiqué le traitement.Selon elle, la clinique cubaine ferait preuve de la plus grande transparence.Elle souligne la venue de son chef des opérations, le Dr.Barrientos Castano, à Montréal en octobre 2008 afin de présenter sa technique aux spécialistes québécois.«Aucun médecin ne s’y est présenté», déplore-t-elle.Lucie Vermette accuse le Dr.Arbour de répandre des faussetés à propos du traitement cubain, notamment que les patients seraient traités avec des pierres et des aimants.«Il a parlé d’ozone appliqué directement sur les yeux, c’est complètement faux.L’ozone est plutôt administré par voie intraveineuse.» Elle affirme s’en remettre aux témoignages de ses clients afin de juger de l’efficacité de l’opération.«Je n’ai rien de scientifique à apporter à ce débat.J’apporte plutôt du réel, j’apporte des gens.» Elle soutient que ses clients disposent de toute l’information nécessaire quant au traitement avant de se rendre à Cuba.«Il s’agit d’une sortie de secours, rien n’est garanti.Ces personnes sont désespérées.Au Québec, elles se font donner cavalièrement une tape dans le dos par un médecin qui leur dit qu’elles devront se rendre à la Fondation Louis-Braille pour s’y faire donner une canne.» JULIE LAÇASSE DIT POUVOIR BIEN LIRE DEPUIS SON OPÉRATION.Jean-Daniel Arbour croit que SSI joue justement sur le désespoir de patients craignant de devenir aveugles pour leur proposer des traitements inefficaces, voire dangereux.«L’ozonothérapie n’est pas du tout utile pour l’œil, soutient-il.Ce qui est offert à Cuba est n’importe quoi.Ici, nous serions poursuivis en justice si nous offrions des traitements sans justifications comme ils le font.» A chacun sa décision.et sa machine Julie Laçasse et Virginie Sa-varia ont décidé d’ignorer ces critiques et mises en garde du corps médical québécois.Elles ont pris en charge le traitement de leur RP.Les deux femmes se sont en effet procuré chacune une machine d’ozonothérapie et vont ainsi pouvoir s’administrer elles-mêmes leur traitement à domicile plutôt que de se rendre à Cuba chaque année.A 2 500$ l’unité, ces appareils représentent une alternative avantageuse au déplacement annuel à Cuba.Jusqu’ici, quatorze Québécois ont entrepris des démarches pour s’en procurer une.Bien qu’elle n’en ait pas la confirmation médicale, Julie Laçasse soutient que sa vue s’est bel et bien améliorée.Elle compte poursuivre la démarche entamée à Cuba.«Ici, nous serions poursuivis en justice si nous offrions des traitements sans justification comme ils le font.» -Jean-Daniel Arbour, président de l’Association des médecins ophtalmologistes du Québec (AMOQ) WWW.refletdesociete.com -^- 21 Photo: Marie-Dominique Asselin Campagne de vaccination Gardasil Une controverse qui pique LISA MELIA Depuis septembre 2008, les jeunes Québécoises sont vaccinées en 4e année et en 3e secondaire contre le cancer du col de l’utérus.Or, plusieurs, dont des professionnels de la santé, remettent en cause le bien-fondé d’une campagne de vaccination qui a le soutien financier des gouvernements québécois et canadien.Annabelle Morin avait 14 ans, vivait à Laval et était en parfaite santé.Le 24 octobre 2008, elle est sortie de sa chambre complètement perdue, incapable de parler ni de se souvenir de son nom ou de sa date de naissance.Ses parents s’inquiètent: «Ma première réaction a été de lui demander si elle avait pris des médicaments.On aurait dit une overdose.Ma fille ne prenait pas de drogues, mais, à 14 ans, on ne sait jamais», raconte Linda Morin, la mère d’Annabelle.A l’hôpital, elle passe des tests et reste une nuit en observation.Les médecins concluent à une migraine basilaire (induisant des problèmes de coordination des mouvements).Ses parents doutent du diagnostic.La mère d’Annabelle insiste alors pour faire passer un scanner à sa fille, sans résultat concluant.Six semaines après, Annabelle rentre chez elle et va prendre son bain.Linda Morin retrouve le corps sans vie de sa fille dans la baignoire trente minutes plus tard.La première autopsie montre qu’elle ne s’est pas noyée, mais n’identifie pas la cause du décès.Les parents attendent encore la seconde autopsie.«Il ne s’est rien passé entre les deux incidents, explique sa mère.Quand je l’ai vue dans la baignoire, ça a été un choc.» Linda Morin a ensuite pris connaissance du retrait d’un lot de Gardasil en Espagne, en février dernier, suite au malaise de deux jeunes filles ayant reçu le vaccin contre le papillomavirus humain.Elle s’est renseignée et a appris qu’Annabelle avait été vaccinée à l’école.A partir de 14 ans, les élèves sont en effet libres d’accepter ou non un traitement médical, incluant la vaccination.Les premiers troubles et la mort sont survenus à chaque fois deux semaines après l’administration d’une dose de vaccin.Janelle Marquis, l’infirmière qui a suivi la famille pendant plusieurs années, croit que le lien est plausible.Une réaction allergique suite à l’administration d’un vaccin peut prendre deux semaines avant d’atteindre son pic.«Je ne peux pas totalement exclure le vaccin comme cause du décès, mais je ne suis sûre de rien», dit pour sa part Linda Morin.La famille d’Annabelle tente maintenant de prévenir les autres jeunes filles des dangers potentiels de la vaccination.Selon Mme Morin, celles qui auraient voulu refuser le vaccin ont été convaincues par les médecins et les infirmières scolaires de la nécessité de l’accepter.Un virus qui fait peu de victimes Le papillomavirus humain (PVH) est une maladie transmissible sexuellement (MTS) qui peut pro- fi.ufè voquer un cancer du col de l’utérus.Abby Lippman, chercheure au département d’épidémiologie de l’Université McGill, explique que le PVH est l’une des MTS qui s’attrapent le plus facilement: à peu près toutes les femmes ont été infectées au moins une fois.La probabilité d’être touchée par les souches de la maladie qui provoquent des cancers est cependant de moins de 3 %.De plus, cette infection est l’une de celles WWW, refletdesociete.com - 22 Illustration: dont on guérit le plus facilement.«Dans 90 % des cas, même pour les formes les plus dangereuses, le système immunitaire élimine spontanément la maladie», explique Abby Lippman.Le gynéco-oncologue Philippe Sauthier explique que le nombre de cancers du col de l’utérus est stable dans les pays développés, voire en baisse, grâce au frottis (test Pap), un examen gynécologique généralement pratiqué.Toutefois, une situation de pauvreté et un système immunitaire affaibli augmentent considérablement les risques que l’infection aboutisse à un cancer.«Le problème en est un de conditions socioéconomiques, expli-que-t-il.C’est le deuxième tueur dans le tiers-monde.Si l’on cessait tout ce qui existe maintenant, du vaccin au dépistage, il reviendrait au premier plan.» D’où l’intérêt du vaccin, car c’est le moyen de prévention susceptible de toucher le plus grand nombre de femmes.Le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes estime au contraire que le vaccin peut s’avérer nuisible car celles qui le reçoivent peuvent avoir un faux sentiment de sécurité.Les jeunes filles qui ont reçu une dose de Gardasil penseraient alors pouvoir cesser de se protéger lors de relations sexuelles.Or, le vaccin ne protège que contre 70 % des formes du virus pouvant causer un cancer et n’est d’aucune utilité contre d’autres MTS ou une grossesse non désirée.Effets secondaires controversés Par ailleurs, les effets secondaires du vaccin soulèvent des questions: un rapport du National Vaccine Information Center américain estime que plus de 5 000 vaccinées ont dû consulter en urgence à cause de troubles cardiaques, convulsions ou ^ WWW.refletdesociete.com ^ vertiges.À ce jour, 29 décès de jeunes filles dans le monde pourraient être reliés au Gardasil.Jointe par Reflet de Société, Merck Frosst, la firme qui commercialise le vaccin, s’en tient à la décision de Santé Canada, en juillet 2006, d’autoriser le Gardasil et refuse de faire davantage de commentaires.«Que le vaccin entraîne des discussions et des controverses, c’est normal.Ça a été le cas pour tous les vaccins.Mais il n’y a pas d’effets secondaires graves», affirme Philippe Sauthier, qui est membre de l’Association des gynécologues du Québec, une organisation dont le «partenaire officiel» est la firme Merck Frosst.Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec appuie cette affirmation et rappelle que la décision de mener une campagne de vaccination n’a pas été prise à la légère mais dans un but de prévention.Abby Lippman souligne la nécessité d’une «collecte de données fiables pour évaluer les risques liés au Gardasil».Elle estime que pour réduire la transmission du VPH, il faut considérer d’autres solutions que le vaccin et travailler sur la prévention et l’éducation sexuelle.«Le vaccin peut jouer un rôle, mais il ne peut pas être le seul acteur.» Silence, on vaccine Devant la caméra de Lina B.Moreco, réalisatrice du documentaire Silence, on vaccine (2008), plusieurs médecins s’interrogent sur les impacts négatifs potentiels des 48 doses de vaccins que reçoivent, avant l’âge de six ans, les enfants nord-américains.Des éléments chimiques comme le thimérosal et l’aluminium auraient des effets néfastes très importants sur la santé.Serge Rivest, chercheur au CHU de Québec, explique que la réponse à un vaccin est différente selon les personnes.Il faudrait donc prendre systématiquement en compte l’historique médical des vaccinés.Lina B.Moreco ne rejette pas les aspects positifs de la vaccination mais met en garde contre la fermeture du milieu médical à reconnaître leurs dangers.Une situation accentuée par l’influence des firmes pharmaceutiques.Le député américain Dan Burton, qui a enquêté sur les vaccins, affirme que «c’est probablement le groupe de pression le plus puissant à Washington.» Compagnies omniprésentes La multinationale Merck Frosst, qui commercialise le Gardasil, dirige toute la chaîne d’informations, de la rémunération des experts à la tenue des colloques, selon Lina B.Moreco, et empêche les chercheurs indépendants de mener des recherches.Ken Boessenkool, lobbyiste de Merck Frosst, est l’ancien conseiller à la santé du premier ministre canadien Stephen Harper, dont le gouvernement a débloqué 300 millions de dollars pour la campagne de Gardasil.70 millions$ ont été alloués au Québec.Pour Lina B.Moreco, les pharmaceutiques ont fabriqué une peur sociale de mourir si l’on n’a pas été vacciné, en plus de renvoyer une image d’irresponsable à ceux qui refusent un vaccin.23 Témoignage Drogue du viol MARIE-PIER Si je vous dis GHB, à quoi pensez-vous?Probablement que vous savez que c’est une drogue et qu’elle est aussi appelée drogue du viol mais, à part ca, qu’en savez-vous?Le GHB est un dépresseur du système nerveux central qui provoque un peu le même effet que l’alcool.La substance cause de la somnolence qui peut aller jusqu’à la perte de conscience si elle est absorbée avec de l’alcool ou à dose élevée.En grande quantité, le GHB peut occasionner des vertiges, des nausées, des vomissements, de l’hypothermie, une diminution de la pression sanguine, de l’amnésie, une dépression respiratoire, des crises épileptiques, le coma et la mort.On retrouve le GHB en liquide, en poudre, en capsules ou en granulés à dissoudre dans l’eau.Mélangé à une boisson alcoolisée, il n’a ni odeur, ni saveur.Ça, le saviez-vous?Moi non, pas avant d’en être victime! A ce moment-là, j’ai 19 ans et je vis en région dans un petit village tranquille.Je travaille à plein temps et vois mes amis.Je ne sors que très rarement au bar depuis mon arrivée dans ce village.Un gars avec qui je travaille, Benoit (nom fictif), me plaît bien.Nous nous parlons sur MSN, mais sans plus.Un soir, mon «coloc» et moi recevons la visite de quatre amis.Comme tout le monde, je m’ouvre une bière.Il est 19h.Benoit m’appelle alors et me dit qu’il veut que j’aille le rejoindre au bar vers 23h pour prendre une bière tranquille, question de ja- ser.Je trouve l’idée charmante et je convaincs la gang de venir avec moi.U est maintenant 23h et nous sommes tous au bar, j’ai bu quatre bières en quatre heures.J’étais loin d’être saoule.J’ai toute ma tête lorsque, en arrivant, je vois Benoit au fond du bar.Je dis à ma gang que je vais le rejoindre et nous voilà, lui et moi, jasant de tout et de rien: «Dis-moi Marie, tu bois quoi comme bière?» «Hum, Molson Dry, s’il-te-plaît, merci.» A ce moment-là, j’aurais dû me méfier mais je suis naïve et je ne pense pas du tout à ça.Je le trouve charmant, tout simplement.Je bois le quart de ma bière et je suis prise d’une envie pressante.J’ai un mal fou à me diriger vers la salle de bain.Tout est flou et j’ai la tête qui tourne.Je me réveille nue et je ne suis pas chez moi.Ma tête me fait mal et je n’arrive pas à éclaircir mes idées.Tout tourne encore et je vois à peine.Un homme m’habille et essaye de me mettre debout mais mon corps est trop lourd, je suis incapable de dire quoi que ce soit.Je me réveille de nouveau.Je suis maintenant dans son auto et je le reconnais, même s’il est flou.C’est Benoit.Il détache ma ceinture de sécurité et me pousse hors de l’auto.Je réussis à me mettre debout, chancelante, et je rentre chez moi comme un automate.Il est 7h du matin.24 Lendemain de veille Je me réveille de nouveau.Il est 15h.J’ai mal au cœur et l’impression que ma tête va exploser.Je me fais un café et dis bonjour à Simon, mon «coloc».Il est enragé et je ne sais pas pourquoi: «Simon, que s’est-il passé hier?Et pourquoi es-tu comme ça avec moi?» «Tu vas me faire croire que tu ne t’en souviens pas?Tu as agis en vrai garce avec moi.Je ne te t’avais jamais vue comme ça!» Je ne me souviens vraiment de rien, pas de flash, rien, le noir total.Je décide d’aller prendre une douche, afin de me remettre sur pied.C’est en me regardant dans le miroir que la panique s’empare de moi.Je crie à Simon de venir me voir.J’avais une serviette autour du corps.Simon me regarde, horrifié.J’ai des bleus dans le cou, sur la poitrine et sur les hanches.J’appelle Info-Santé et je raconte ce dont je me souviens de la veille.L’infirmière me dit que j’ai les symptômes d’une victime de la drogue du viol et que je dois me dépêcher d’aller passer des tests à l’hôpital.J’ai 19 ans, je suis perdue et je ne comprends rien.Durant trois heures, je passe une série de tests, que ce soit pour la police ou pour moi.Méprisée J’ai honte.Je suis nue devant un médecin, une infirmière et un stagiaire.Je pleure et bouillonne de rage.U faut ensuite attendre les résultats: 48 heures avant de savoir si j’ai contracté quelque chose.Je n’ai heureusement rien, mais je n’ai aucune preuve contre Benoit.J’appelle la police mais, sans rien de concret à leur présenter, je me fais rire au nez! Il n’y a rien de plus insultant que de se faire rire en plein visage par un policier quand tu portes plainte pour viol! Je me croyais forte, mais cette épreuve me bouleverse.Y a-t-il une justice?Comment faire confiance à quelqu’un?Pourquoi c’est à moi que c’est arrivé?Pourquoi ne pas me croire?Les policiers ont le temps de donner une contravention à un jeune parce que son moteur d’auto fait trop de bruit mais pas d’emprisonner un individu dangereux! Benoit s’en est lavé les mains et j’aurai toujours cette expérience sur la conscience.Mais lui aussi! Ça ne sert à rien de ruminer tout ça.Il faut aller de l’avant et puis, vous savez, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.Nous ne pensons pas que quelque chose comme ça puisse nous arriver.On se dit que ça n’arrive qu’aux autres.C’est faux, le GHB est de plus en plus utilisé.C’est pourquoi il faut toujours surveiller son verre et ne pas accepter quoi que ce soit d’une personne inconnue.Je ne changerai pas le monde en écrivant cet article mais si ça peut sensibiliser certaines personnes et les inciter à en parler, j’aurai déjà fait beaucoup! Simple d'approche et accessible Raymond Viger + 2$ taxa et transport L intervention de crise auprès d'une personne suicidaire Pour apprendre à: -Détecter les signes avant-coureurs - Survivre au suicide d'un proche Disponible au www.editionstnt.com Tel.: (514)256-9000 ou 1-877-256-9009 25 Photos: Marie-Dominique Asselin Entretien avec Sophie Chiasson Les (MMI de Sophie DOMINIC DESMARAIS Victime d’un animateur de radio, l’ancienne présentatrice météo Sophie Chiasson renaît.Après une bataille juridique qui l’a menée au bord de l’épuisement, elle prépare son retour à la vie professionnelle.Reflet de Société l’a rencontrée pour faire le point sur l’impact du harcèlement dont elle a été victime.Sophie Chiasson n’aime guère revenir sur son affrontement contre la défunte station de radio de Québec CHOI FM et son animateur Jean-François Fillion.Pendant 6 ans, elle n’a existé dans l’opinion publique qu’en tant que victime de ce média.Elle veut désormais être reconnue pour ce qu’elle est et ce qu’elle fait.Son début de carrière à la télévision avait bien commencé.Diplômée de l’Université Laval en relations publiques, le hasard l’amène à entamer une carrière de présentatrice à Météomédia et à TVA en 1999.Dès le début, elle est prise à partie par CHOI FM et Jeff Fillion.Les commentaires portent sur son intelligence et son physique.On dénigre ses faits et gestes vus à la télévision.«S’ils avaient divagué sur quelqu’un qui a 25 ans de carrière, qui est inébranlable, peut-être.Mais moi, je commençais, j’étais jeune.C’était la première fois qu’on parlait de moi.Et voilà que je me retrouvais sur la sellette de cette façon là.» Sophie Chiasson tente de régler elle-même le problème.D’abord, en acceptant d’accorder une entrevue à son bourreau pour lui faire comprendre la gratuité de ses propos.Rien n’y change.Pendant trois ans, le cirque continue.«On est dans l’acharnement, le mensonge, la diffamation, l’attaque personnelle, le sexisme», explique-t-elle.Originaire de Québec, la jeune femme n’a plus le choix.Sa famille et ses proches sont affectés par les propos outranciers et mensongers qui se répandent dans leur ville.En 2002, elle entame une poursuite contre les gens qui la calomnient.Trois autres années passent.La jeune animatrice doit faire la navette entre Montréal et Québec pour préparer le procès.«J’avais peur.Plus ça allait, plus j’étouffais.Je vivais beaucoup d’anxiété.J’étais écœurée de porter ce fardeau.En plus, je devais tout oublier pour travailler.Pour bien animer, j’avais besoin de mon assurance et de mon estime.Il fallait que je redouble de vigilance.J’ai une émission le soir, qu’est-ce qui va être dit le lendemain?» Un procès médiatisé En arrivant au Palais de justice, Sophie Chiasson vit d’un espoir: mettre un terme à ces six dernières années d’enfer.«Moi, j’allais régler ma petite affaire.Mais c’était devenu un débat social, politique et psychologique.Mon espoir d’une conclusion s’est vite transformé en désillusion parce que ça continuait.» Faisant fi de l’ordonnance du juge, CHOI FM commente le procès et poursuit son travail de sape au nom de la liberté d’expression.A l’ouverture du procès, le 28 février 2005, CHOI FM est numéro un dans les cotes d’écoutes de Québec.La radio gagne en crédibilité auprès de ses fidèles.«J’étais effrayée parce que ça n’arrêtait pas, c’était partout! Ça faisait les manchettes alors même que le pape était sur le point de mourir.J’étais allée en cour pour reprendre le contrôle, mais c’est l’inverse qui se produisait.On faisait des émissions spéciales à la télé et à la radio sur le sujet», raconte celle qui affirme avoir maigri d’une vingtaine de livres durant les deux premières semaines du procès.Pendant tout le processus judiciaire, elle reçoit des propositions importantes pour régler hors cour.«Certains m’ont suggéré d’accepter, mais pour moi, il était trop tard.Ils étaient allés trop loin.J’étais peut-être fatiguée, mais je voulais y mettre un point final.Moi, la petite fille de 30 ans, sans argent, je mettais un stop là où personne d’autre n’avait osé le faire», dit-elle sans prétention.WWW.refletdesociete.com -^- 26 Élevée à la dure Sophie Chiasson tire sa force de caractère de son enfance.Elevée dans la Basse-Ville de Québec, dans un environnement défavorisé, elle a appris tôt à faire sa place.«Mes parents ne l’ont pas eu facile.Tu retrouves chez ces gens beaucoup de fierté.Tu ne peux pas les acheter facilement.Ils m’ont montré qu’il n’y avait pas de prix pour avoir le courage de ses convictions», explique la jeune femme qui se rappelle une anecdote qui en dit long sur les valeurs transmises par sa famille.«J’avais 6 ans, je rentre en pleurant parce que j’ai été intimidée par deux jeunes.Mon père me dit: “C’est quoi ça?” en parlant de mes pleurs.“Va te défendre, va te battre.” Il m’a sortie de la maison et a verrouillé la porte pour que je ne revienne pas», dit-elle en se souvenant du garçon manqué qu’elle était.Sophie Chiasson sort épuisée du procès.Le 11 avril 2005, elle peut enfin savourer sa victoire.La Cour supérieure du Québec, en plus de lui octroyer un montant record pour ce genre de cause, blanchit sa réputation.«Les propos visant Mme Chiasson sont sexistes, haineux, malicieux, non fondés, blessants et injurieux.Ils portent atteinte à la dignité, à l’honneur et à l’intégrité de l’être humain en général et de Mme Chiasson en particulier», peut-on lire dans la décision du juge.La jeune femme est aux anges.Elle se sent libérée.«Je l’ai tellement relu, le jugement! Il est venu apaiser une partie des souffrances de ces années-là», dit-elle avec un soulagement renouvelé.La bataille n’est pas encore terminée.La cause est portée en appel, avec le même résultat.Sophie Chiasson doit attendre jusqu’en juin 2006 pour être certaine que la station ne porte pas la cause devant la Cour suprême.«J’ai donné toute l’énergie dont je disposais.Il a fallu que je m’en aille.Je n’avais pas la force de répondre aux demandes d’entrevues.Il fallait que je me repose, que je change d’air.» Il lui faudra deux ans de travail sur elle-même pour se retrouver.«Est-ce possible que cette histoire m’ait enlevé les forces que j’avais?Je me suis posé la question.Deux ans, c’est long.C’est deux hivers, deux étés.Aujourd’hui, je me trouve pas mal complète, grâce à cette histoire.» Maintenant qu’elle va bien, elle n’a pas peur de l’avouer: elle a extrê- mement souffert.«Encore plus au moment d’en sortir.Le temps de me ramasser, ce fut le plus dur.Mais aujourd’hui, je me sens tellement bien! Je suis contente d’avoir vécu ça pour savourer mon bonheur!» Sophie Chiasson a tourné la page.Elle est prête pour un nouveau départ.La tête pleine d’idées, elle aimerait retourner à la télévision et écrire.Elle s’engage auprès d’Opé-ration Enfant Soleil et donne de son temps pour les personnes âgées.Bientôt, elle retournera au Mali pour y travailler sur l’émancipation de la femme.> » T WWW.refletdesociete.com Travail et maladie mentale Instable à temps partiel ÉTIENNE GERVAIS «Vous réalisez, Monsieur Gervais, que de vous afficher ouvertement comme atteint d’une maladie mentale vous interdit automatiquement l’accès à près de 75 % des emplois?» C’est ce que m’annonce gravement la conseillère en emploi que je suis venu rencontrer afin de discuter des mes récentes difficultés à dénicher un travail.J’échappe un petit rire nerveux.En fait, j’ignore si je dois éclater de rire ou fondre en larmes.J’en suis parfaitement conscient.Quand j’ai décidé d’écrire mon histoire, il y a deux ans, je savais que la terre entière apprendrait que je souffre d’une maladie mentale et que le mot «stabilité» n’est pas le qualificatif le plus approprié pour me définir.En parcourant mon CV, la conseillère ajoute, «croyez-vous qu’il soit absolument nécessaire de le mentionner dans votre curriculum?» Elle fait vraisemblablement référence à la mention de mon livre qu’on y retrouve.Bien sûr! Ne pas le faire serait en totale contradiction avec ce pour quoi je me bats, la raison d’être de mon livre: la démystification des maladies mentales.(Pas si fou le gars, hein?) La conseillère acquiesce mollement.N’empêche qu’elle a raison.Le peu de retours d’appel d’éventuels employeurs que je reçois est là pour le prouver.Un seul en près de quatre mois de recherche.Ce qui me donne envie de rire, c’est que depuis que j’ai décidé û de vivre ouvertement ma maladie mentale, je me sens nettement mieux et, par conséquent, cent fois plus apte à occuper un emploi stable qu’auparavant, du temps où je mentais et réussissais aisément à décrocher n’importe quel job.Préjugé à temps plein En contrepartie, ce qui me donne envie de pleurer, c’est que ce paradoxe confirme un état de fait que j’aimerais tant voir disparaître: l’accès au marché du travail est plus que limité pour les personnes atteintes de maladie mentale.Les statistiques sont d’ailleurs là pour le prouver: le taux de chômage chez ces personnes oscille entre 70 % et 90 %, selon le degré de sévérité de la déficience.Plus attristant encore, il semble que ce ne sont pas les limitations dues à la condition de santé qui diminuent [' \ les chances d’accéder à un emploi décent, mais bien les préjugés entretenus par les employeurs (comme par le reste de la société) à leur égard.La conseillère veut ensuite savoir en quoi consistent exactement les manifestations de ma maladie.Je lui parle alors des tentatives de suicide, de la souffrance au quotidien et des variations caustiques de mon humeur.«C’est étonnant, à vous voir, on ne le dirait pas!» s’exclame-t-elle.Non, ce n’est pas écrit sur mon visage, et c’est précisément ce qui me rend la tâche si ardue.En plus de fournir un rendement adéquat, je dois dépenser des quantités énormes d’énergie afin de préserver cette image de «normalité» aux yeux de mes collègues et patrons.Bien souvent, cela m’épuise tant que je finis par abandonner mon travail, alors que 28 C WWW.refletdesociete.com Illustration: Mabi si mes employeurs se montraient un tantinet plus accommodants, je pourrais fort bien garder à long terme un emploi.De nos jours, il est de plus en plus fréquent de voir des entreprises apporter des modifications à leurs installations afin d’accueillir des candidats souffrant d’handicaps physiques.A quand ce genre d’adaptation pour les handicaps sociaux?Emplois bas de gamme L’entrevue avec ma conseillère tire à sa fin.Elle semble plutôt découragée de constater qu’elle n’est guère en mesure de m’aider.En dernier recours, elle ajoute, «avez-vous pensé à participer à un programme de réinsertion?» Certainement que j’y ai pensé! J’ai même fait plusieurs appels à cet effet.Ces démarches m’ont appris que si je le désirais, je pouvais participer à un programme à temps plein d’une durée de huit semaines (non rémunérées), pendant lesquelles on m’apprendrait à composer avec un horaire ainsi que les rudiments de l’entretien ménager et à l’issue de cette formation, je pourrais décrocher un emploi dans une entreprise de nettoyage ou sur une chaîne de montage.Wow! Quel extraordinaire bond dans ma carrière! Mais ne concluons pas trop vite.Il est clair que ce type de programme répond aux besoins d’une clientèle particulière.Pour les gens souffrant de pathologies graves, un tel programme représente bien souvent l’unique porte d’accès au marché du travail et je ne peux que féliciter du fond du cœur les instigateurs de cette initiative porteuse d’espoir.Mais pour moi, comme pour tous ceux qui souffrent de problèmes mentaux moins envahissants, ce n’est qu’une autre feuille arrachée à notre arbre d’espoir, emportée par le courant d’un vent qui emmène avec lui une partie de notre amour propre.L’entrevue est maintenant terminée.«Alors, qu’est-ce que vous comptez faire, monsieur Gervais?» demande gentiment ma conseillère.«Et bien, je n’en sais trop rien.je crois que je vais écrire quelque chose là-dessus.» Etienne Gervais est l’auteur de L’ennemi en moi, histoire vraie d’une victime du trouble de la personnalité limite, publié chez Olographes en 2008.personnalitelimite@sympatico.ca ÆSiC «a 4»hrU i h m w DVD Gambling La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes.Le documentaire explore différents aspects du jeu compulsif: tentation, perte de jugement, perte de ses moyens financiers, relations détruites par le mensonge.Le DVD se prête parfaitement au cadre scolaire ou à un groupe de discussion.Voyez Biz de Loco Locass, Éléonore Mainguy, ancienne croupière et Did Tafari Bélizaire, paraplégique du jeu compulsif, s’exprimer sur le gambling.20$ + 5$ (taxes et frais de transport) www.editionstnt.com (514)256-9000 ou 1-877-256-9009 4233 Sainte-Catherine Est, Montréal QC, H1V 1X4 4S* WWW, refletdesociete.com 29 Chronique économique JEAN GAGNON Certains de ces travailleurs ne retrouveront pas leur emploi lorsque l’économie reprendra de la vigueur.Quand on perd son emploi, les mots récession économique prennent toute leur signification.Si vous êtes parmi les 48 800 Québécois qui ont connu ce sort au cours des trois premiers mois de l’année, vous pouvez sûrement en témoigner.La récession a finalement frappé le Québec durant cette période.«Alors que le marché du travail québécois avait résisté jusqu’à la fin de 2008, la situation s’est fortement détériorée au cours du premier trimestre de 2009», explique Joëlle Noreau, économiste principale à la Fédération des caisses populaires Desjardins.Ce n’est pas fini.D’autres rejoindront les sans-emplois d’ici l’automne, car plusieurs employeurs importants, tels Abitibi Bowater, Bombardier et Pratt et Whitney, ont annoncé des mises à pied.Cette tendance à la baisse va se poursuivre sûrement pendant six mois, craint Mme Noreau.Jusqu’à 70 000 travailleurs pourraient perdre leur emploi au Québec en 2009.Combien parmi ceux qui ont perdu leur emploi le retrouveront-ils?Pour ceux qui ont été mis à pied uniquement parce que l’économie connaît une récession sévère, il y a de l’espoir.Prenons les mises à pied chez Bombardier.La récession a entraîné une forte diminution de la demande d’avions d’affaires.L’entreprise a donc été forcée de réduire drastiquement sa cadence de production et sa force de travail.jeangagnon.L’effet boule de neige Les licenciements chez Bombardier se répercutent ailleurs.Les fournisseurs de pièces destinées à ces avions voient eux aussi la demande pour leurs produits baisser et licencient des travailleurs.Même les restaurants situés à proximité des usines de Bombardier et de ses fournisseurs doivent pour la plupart réduire leur personnel, compte tenu d’un achalandage forcément moins grand à l’heure du lunch.Mais il est probable que tous ces emplois pourront être recréés lorsque la récession sera terminée et que les commandes d’avions d’affaires reprendront.Toutefois, cette reprise n’est pas pour demain.Les premiers signes d’une relance n’apparaîtront pas avant, au mieux, le quatrième trimestre, soit tard cet automne selon les plus récentes prévisions de la Banque du Canada.Cette reprise sera très graduelle.Comme dans l’aéronautique, plusieurs secteurs ont effectué des compressions de personnel importantes à cause de la détérioration de la conjoncture économique.Pour les travailleurs de ces secteurs, l’espoir n’est pas perdu de retrouver un jour son emploi.D’abord, le secteur minier.Une diminution de la demande a fait chuter les prix et réduire la production.Mais une relance économique, principalement chez les pays émergents, permettra éventuellement une remontée.Puis dans le secteur de l’habitation, dont la contraction s’est accélérée en 2009, une réelle crise de la construction domiciliaire a pris naissance aux États-Unis et s’est propagée au Canada et au Québec.La construction reprendra un jour.Mais une reprise valable des mises en chantier au Québec n’est prévue qu’en 2010, selon Hélène Bégin, également économiste au Mouvement Desjardins.Enfin, les secteurs du commerce de détail et de la restauration encaissent le coup de la récession.Ces secteurs n’attendent qu’une relance de l’économie pour réembaucher.Industries en mutation Si le temps ramènera les emplois perdus à cause d’une conjoncture économique défavorable, on ne peut en dire autant des emplois éliminés par un changement fondamental de l’industrie.C’est le cas du secteur forestier, du textile et, dans une moindre mesure, de l’automobile.Pour les produits du bois conventionnels, l’industrie québécoise est de moins en moins concurrentielle à cause de sa trop petite taille, et du fait qu’il faille aller chercher le bois de plus en plus loin, explique Joëlle Moreau.Il est douteux que cette industrie retrouve sa vigueur d’antan.Pour l’industrie du textile, les pertes d’emplois risquent d’être permanentes, ce qui n’est pas un phénomène nouveau.De nombreux postes se déplacent vers la Chine ou vers d’autres économies émergentes et ne reviendront jamais.Pour ce qui est de l’automobile, certains travailleurs retrouveront leurs emplois mais devront peut-être accepter de changer d’employeur, l’industrie américaine risquant fort de ne jamais récupérer les parts de marché perdues durant la crise actuelle.WWW, refletdesociete.com -^- 30 Ce poème a été composé par Kevin, un jeune pensionnaire de 14 ans des Centres jeunesse de Montréal.Il a été lu devant des milliers de personnes dans I cadre d’un concert bénéfice au profit de l’organisation le 7 avril 2009 à Montréal.¦îôire.fais subir, excuse pour tout c que j « quand t’essayais d’me prevem tu faisais ça pour mon bien, j ’voulais t’parler d mon vraiment précieuse, J i’tu sois heureuse j’voulais t’dire Mom, J m j’t’ai traité d’eonne < Mais là j’ai compris, T’as toujours été la quand ] Sérieusement, pour La seule chose que j j’ai faite des gaffes à Sérieux j’me trouve T’as toute faite pour moi pis en i Mais saches que pour moi, Tracom (centre-ouest) (514) 483-3033 Iris (nord) (514) 388-9233 L’Entremise (est, centre-est) (514) 351-9592 Autre-maison (sud-ouest) (514) 768-7225 Centre de crise Québec (418)688-4240 L’Ouest de l’île (514) 684-6160 L’Accès (Longueuil) (450) 468-8080 rchipel d’Entraide (418)649-9145 révention du suicide (urgence) (418) 683-4588 Toxic-Action(Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090 entre Jean-Lapointe Mtl Adulte (514) 288-2611 Le grand chemin Québec Jeunesse (418) 523-1218 Pavillon du Nouveau point de vue (450) 887-2392 Urgence 24 hres (514)288-1515 Portage (450) 224-2944 'Centre Dollard-Cormier Jeunesse (514) 982-4531 entre Dollard-Cormier Adulte (514) 385-0046 e Pharillon (514)254-8560 rogue aide et référence 1 -800-265-2626 Un Foyer pour toi (450) 663-0111 _ L’Anonyme (514) 236-6700 ^Cactus (514) 847-0067 opamine et Préfix (514)251-8872 Intervenants en toxicomanie (450) 646-3271 Escale Notre-Dame (514) 251-0805 FOBAST (418)682-5515 Dianova (514) 875-7013 Centre CASA (418)871-8380 entre UBALD Villeneuve (418) 663-5008 Au seuil de L’Harmonie (418) 660-7900 ïmm»> Grands frères/grandes sœurs (418) 275-0483 Familles monoparentales (514) 729-6666 ¦ Regroupement maisons de jeunes (514) 725-2686 Grossesse secours (514) 271-0554 Chantiers jeunesses (514)252-3015 .Réseau Hommes Québec (514) 276-4545 Patro Roc-Amadour (418)529-4996 Pignon Bleu (418)648-0598 YMCA Mtl centre ville (514) 849-8393 ,YMCA Hochelaga-Maisonneuve (514) 255-4651 ''Armée du Salut (514) 932-2214 a Marie Debout (514) 597-2311 Code Postal: Courriel:_____ Carte no.:L_ LLL ±1 Date d'expirationl—1—1—1—1 ÜVISA ?MASTER CARD DaMEX Signature: TOUTE CC Date:.)»> CALACS Montréal Chaudière-Appalaches Lévis CAVAC Montréal Québec ' Groupe d’aide et d’info.sur le harcèlement sexuel au travail SOS violence conjugale o Centre national d’info.sur la ^violence dans la famille Trêve pour elles Centre pour les victimes d'agression sexuelle (24h) lArmée du salut œmB»> Gai Écoute Tel-jeunes Tel-aide et ami à l'écoute .Jeunesse-j’écoute Suicide action Montréal Prévention du suicide « accueil-Amitié » , Partout au Québec Secours-Amitié Estrie rCocaïnomanes anonymes * Déprimés anonymes Gamblers anonymes (514) 934-4504 (418) 227-6866 1-866-835-8342 (514) 277-9860 (418)648-2190 (514) 526-0789 (514) 363-9010 1-800-363-9010 1-800-267-1291 (514) 251-0323 (514) 934-4504 (514)934-5615 1-888-505-1010 (514) 288-2266 1-800-263-2266 (514) 935-1101 1-800-668-6868 (514) 723-4000 ?Gam-anon (proches du joueur) Narcotiques anonymes Outremangeurs anonymes rParents anonymes Jeu: aide et référence Alanon et Alateen Ligne Océan (santé mentale) Sexoliques Anonymes Prisme-Québec(soutien Masculin) Émotifs Anonymes Alanon & Alateen Alcooliques Anonymes Québec Montréal Laval Rive-Sud Mauri cie/Saguenay-Lac-St-Jean Rimouski NAR-ANON Montréal Saguenay (418)228-0001 1-866-APPELLE 1-800-667-3841 (514) 527-9999 (514) 278-2130 (514)484-6666 i 1-800-484 6664 (514) 484-6666 1-800-484-6664 (514) 249-0555 1-800-463-0162 1-800-879-0333 (514) 490-1939 1-800-361-5085 1-800-461-0140 (514) 866-9803 (418) 522-3283 (514) 254-8181 (418)649-1232 (514) 990-5886 (418) 990-2666 (418)529-0015 (514) 376-9230 (450) 629-6635 (450) 670-9480 (866) 376-6279 1-866-923-6224 (514) 725-9284 (514)542-1758 à Reflet de Société Étf M une façon originalepe >utenir notre actionfauptès desjeu1 .«>» C.O.C.Q.Sida (514) 844-2477 La Maison du Parc (514) 523-6467 NoPa MTSA/IH (514) 528-2464 Éducation coup de fil (514) 525-2573 Revdec (514) 259-0634 Carrefour Jeunesse (514) 253-3828 Troubles d’apprentissage Québec (418) 626-5146 Hébergement de dépannage et d'urgence Auberge de l’amitié pour femmes (418) Bunker (514) Le refuge des jeunes (514) ?Chaînon (514) En marge (514) Passages (514) Regroupement maisons d’hébergement »> jeunesse du Québec (514) Foyer des jeunes travailleurs (514) Auberge communautaire du sud-ouest (514) Maison le parcours (514) Oxygène (514) L’Avenue (514) L’Escalier (514) tMaison St-Dominique (514) Auberge de Montréal (514) Le Tournant (514) La Casa (Longueuil) (450) Armée du Salut pour hommes (418) Mission Old Brewery (514) Mission Bon Accueil (514) La Maison du Père (514) Auberge du cœur Estrie (819) La maison Tangente (514) .Hébergement St-Denis (514) L’Abris de la Rive-Sud, homme (450) Maison Élisabeth Bergeron, femme (450) 275- 4574 524-0029 849-4221 845-0151 849-7117 875-8119 523-8559 522- 3198 768-4774 276- 6299 523- 9283 254-2244 252-9886> 270-7793 843-3317 523-2157 442-4777 692-3956 866-6591 523-5288 845-0168 563-1387 252-8771 374-6673 ^ 646-78091 651-3591 h Le Chic Resto-Pop Jeunesse au Soleil Café Rencontre (514) 521-4089 (514) 842-6822 (418) 640-0915 www.re fl et de soci ete.com bayard |CHE^ entrE AU C iXcoovue WWW.bayarAje 18(Jo * 'y 5 ;^.' >* - * r ;.v: * •; ' ' .?, , .« ; -C" mk 11 I , | - Quand un homme accouche.RAYMOND VIGER À la suite de plusieurs expériences douloureuses, l'auteur présente ^ ^ \ l'accouchement de son enfant intéreur.En quête de sérénité, il se laisse guider par cet enfant Ce roman est le premier d'une trilogie présenté dans sa version originale, il a été réécrit pour être inclus jl* dans LAmour en 3 Dimensions qui présente la trilogie complète.9,95$ Après la pluie.le beau temps RAYMOND VIGER On ouvre ce recueil au hasard et on se laisse bercer par ses textes remplis d'émotions et de sagesse.Chaque histoire nous permet de découvrir les différentes émotions qui nous habitent Une aide lorsque nous traversons une période de crise, un soutien vers l'expression de nos émotions.^^^Wp^iodede crise, ur „ SU Æfr 'n ¦ppps^ '19,95$ ?‘HiJf Ç.L’Amour en 3 Dimensions - 'V/!fï.V> RAYMOND VIGER \\ .*.» * , /yV -J il ,v * •.; * » f .• » ' ,,.Par ce roman, l'auteur nous présente différentes facettes yde l'amour.Chaque événement qui nous bouscule apporte un petit cadeau qu'il nous faut découvrir.Tantôt humoristique, tantôt teinté d'émotions, ce roman nous enseigne quelque chose de magique.A, V àl ’ % f il ?ctv iHYâ'ivfoiit ! r 'h#
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