Reflet de société /, 1 janvier 2011, Printemps - Été
BAnQ Bad News Br< Hommage a Mantiste de l’amour Un Rouge en taule La détermination de Cindy Taxes et livraison incluses ^^lurrul 2,90S* f HtP *1pp icb /oui :LEXI0NS ! Cl) MîP hpp JLL LEGAL'' Merci pour votre abonnement Cher lecteur, Je profite de cette occasion pour vous remercier de votre aide et de votre soutien à notre mission auprès des jeunes.C’est grâce à votre implication et à votre abonnement que nous pouvons continuer à offrir des services attrayants.Écrire est aussi une contribution importante.Dans Reflet de Société, tout citoyen peut prendre sa place et livrer son témoignage.Par la poste ou directement sur le forum de notre site Internet, vos commentaires contribuent à la richesse de nos débats de société.Lire Reflet de Société, c’est déjà agir.] Abonnement G Operation Graffiti 23,55$ G CD Musique RÉFLEXIONS 12,90$ G CD Musique ILL LEGAL 12,90$ G DVD Le Choc des Cultures 25,00$ taxes et transport inclus TOTAL ?1 an - 6 nos.37,95$ D 2 ans -12 nos.65,99$ ?3 ans - 18 nos.89,95$ P.S.Abonnez-vous en ligne au www.editionstnt.com Quelques clics de souris suffiront pour nous apporter votre soutien! taxes incluses Nom:.Ville:______________________________________________.________Province:______________________ Code Postal:___________________________________________________Tél.:__________________________ Courriel:____________________________________________________________Date:____________________ No.Carte ;______________________________________________________________Date d’expiration:.Signature: ?visa ?MASTER CARD OAMEX International 39,00$ Cad.1 an Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail est la bienvenue. c xVBg Le citoyen au cœur de notre mission Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expériences et faire progresser les débats Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Le Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.Merci de vous abonner à Reflet de Société et de soutenir notre mission.4233 Ste-Catherine Est.Montréal, Qc H1V 1X4 Tél : (514) 256-9000 ISNN 1615-4774 Sans frais : 1-877-256-9009 Fax : (514) 256-9444 Internet : www.refletdesociete.com ReffetdeSociété Magazine de l'année Prix de l'association des éditeurs de magazine du Québec (AQEM) Editürial___________________ Graffiti à Montréal: une histoire à écrire RAYMOND VIGER www.ray mondviger.wordpress .com Quand nous avons offert en 1996 aux taggers et aux graffiteurs de faire des toiles, de les exposer et de les vendre, plusieurs artisans puristes de la culture Hip hop nous ont montré du doigt.Un graffiti ne va pas sur une toile.Un graffiti ne se vend pas.On ne montre pas au grand public l’identité des graffiteurs.Aujourd’hui, il reste très peu d’artistes urbains qui n’acceptent pas de faire une toile et de se faire payer.Nous leur avions proposé de fabriquer des reproductions.Cette idée ne passait pas à l’époque.Avec la sortie de films du graffiteur anglais Banksy et avec tous les produits dérivés qu’il a commencé à vendre, voilà qu’une euphorie s’empare de la culture urbaine.Le prix des toiles a augmenté depuis les débuts.Il y a une demande pour de tels produits.Banksy a su calmer la «conscience» puriste des artisans de la rue.Ils sont maintenant prêts à passer à l’étape des reproductions et des produits dérivés.DK a une belle réflexion sur ce sujet.Depuis 2 ans, il vend des toiles à la Collection Colart, une fondation qui achète des toiles d’artistes canadiens de la relève.Ses toiles se vendent maintenant à plus de 2 000$.Mais des toiles de ce prix, on n’en vend pas tous les jours.Et les fins de mois arrivent parfois vite.L’artiste a donc un choix qui s’offre à lui: faire des toiles qu’il peut créer rapidement et vendre moins cher.Un travail moins créatif cependant.Ou encore il continue son cheminement artistique avec des toiles de plus en plus difficiles à faire et exigeant de plus en plus de temps.Ces toiles devant se vendre plus cher, en attendant de trouver un acheteur, DK est maintenant intéressé à vendre des produits dérivés et continuer son travail de moine sur des toiles haut de gamme.Les reproductions de toiles permettent de garder l’art accessible tout en permettant à l’artiste de continuer son cheminement artistique.Pour répondre à ce nouveau besoin des jeunes de prendre leur place dans ce monde compétitif des produits dérivés, le Café-Graffiti entreprend la construction d’une énorme galerie virtuelle qui présentera les artistes et l’ensemble de leurs produits.Pour éviter que l’histoire du graffiti ne se perde, nous en profiterons pour archiver et documenter l’épopée complète du graffiti à Montréal, des débuts à aujourd’hui.Nous y présenteront les endroits qui ont vu des rassemblements de cette culture urbaine (Redpath Sugar, Jenkins, TA Wall.), les événements marquants de son histoire, les artisans qui l’ont fait rayonner.Un travail colossal qui nous demandera trois années de labeur.Le Fond régional d’investissement jeunesse (FRIJ) sera un de nos partenaires pour soutenir cette nouvelle démarche.Nous remercions le FRIJ de nous faire confiance et de voir l’importance d’un tel projet pour la jeunesse.Nous invitons les lecteurs à venir visiter le site www.cafegraffiti.net.Celui-ci prendra de nouvelles couleurs tous les mois.Gang de rue Dans le numéro de février dernier, nous vous avons présenté un premier article sur Général, un ex-membre de gang de rue.Nous publions dans ce numéro la deuxième partie de son histoire.Au fil des numéros, vous pourrez suivre Général dans son ascension comme membre actif et imposant ainsi que sa sortie des gangs de rue.Général a un important message de prévention à livrer aux jeunes pour leur faire découvrir la dure réalité des gangs de rue.Départs pour la France Pendant 3 semaines, à l’occasion du Forum de la Jeunesse France-Québec qui a débuté en mai, cinq danseurs, un slammer et un graffiteur ont donné des ateliers et des spectacles de leur culture urbaine.Notre journaliste Dominic Desmarais les a accompagné pour vous faire vivre leurs péripéties.Arpi était du voyage pour, en plus, réaliser une murale avec la Société Nationale des chemins de fer (SNCF).En juin, 4 autres graffiteurs partiront pour représenter le Québec lors de la convention internationale graffiti Kosmopolite à Bagnolet, en France: Scan, Stare, Axe et Fléo.La culture urbaine de Montréal continue de rayonner partout à travers le monde.WWW.refletdesociete.com Félicitations ÉGALITÉ aux organisations lauréates! La quatrième édition du Prix Égalité a eu lieu le 15 mars 2011 au Capitole de Québec.Cet événement découlant de la politique gouvernementale Pour que l'égalité de droit devienne une égalité de fait vise à récompenser les initiatives ayant fait progresser Légalité entre les femmes et les hommes dans notre société.Cette année encore le Prix égalité a suscité beaucoup d'enthousiasme.Le succès de participation en témoigne.En effet, ce sont plus de quarante dossiers de candidatures qui ont été soumis au comité de sélection, et ce, en provenance de quatorze des dix-sept régions du Québec.Je me permets de saluer et applaudir les organisations lauréates et de vous inviter, toutes et tous, à promouvoir l'égalité dans votre quotidien, dans votre localité, dans votre entreprise ou dans vos associations.Félicitations! La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre Les organisations lauréates 2011 sont : Catégorie Modèles et comportements égalitaires Femmes et production industrielle, Bécancour La Mini-trousse d’Ella Laflamme www.projetfpi.com Catégorie Conciliation travail-famille Syndicat des agricultrices du Bas-Saint-Laurent, Rimouski Coopérative d’utilisation de main-d’œuvre agricole -Conciliation travail-famille Catégorie Prévention de la violence La Traversée - Saint-Lambert Prévention de la violence et philosophie pour enfants www.latraversee-pvphie.com Catégorie Égalité économique Centre d’intégration au marché de l’emploi (CIME), Sherbrooke La compétence n’a pas de sexe : guide pour l’intégration et le maintien des femmes en formation et en milieu de travail traditionnellement masculin www.cime-emploi.com Catégorie Santé Fondation de la visite, Montréal Briser l’isolement des familles immigrantes www.delavisite.org Catégorie Pouvoir et régions Femmes et politique municipale de l’Estrie, Sherbrooke La Caravane municipale www.electionsmunicipalesestrie.org Le nouveau prix « Coup de cœur » du public a été déterminé par le vote en ligne qui s’est tenu entre le 14 février et le 10 mars 2011.La légende d’Aigle-Doré Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, Wendake Projet finaliste dans la catégorie Modèles et comportements égalitaires Pour obtenir plus ample information au sujet du Prix Égalité, consultez le site Web du Secrétariat à la condition féminine à l’adresse www.scf.gouv.qc.ca.Culture, Communications et Condition féminine Québec BU ES ES BS RefletdeSociété .com SERVICES AUX ABONNÉS Changement d'adresse (514) 256-9000 abonnes@refletdesociete.com ÉDITEUR / RÉDACTEUR EN CHEF Raymond Viger (514)256-4467 raymondviger@hotmail.com PUBLICITÉ ET COMMANDITE DIRECTRICE ADMINISTRATIVE Danielle Simard (514) 256-9000 journal@journaldelarue.ca JOURNALISTES Dominic Desmarais COLLABORATEURS Jean-Pierre Bellemare, Louise Gagné, Nicole Viau, Jean-Claude Leclerc, Colin McGregor, AS Bidault Didier Tremblay i___d PUPITRE Gabriel Alexandre Gosselin GRAPHISME Ju@n Carlos Sanchez Lôpez PHOTOGRAPHES François Laplante-Delagrave, Urban Element, Patrick Saint-Arnaud ILLUSTRATIONS ^ Mabi CORRECTION Marie Kabel CAFÉ-GRAFFITI (514) 259-6900 ABONNEMENT VOIR P.33 Y NE ME \ JETTE PAS, passe-moi à un ami 6,95$ \ l'unité j Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non lucratif qui a comme principale mission d'aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est autorisée à condition d'en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Reflet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Reflet de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques: drogue, prostitution, suicide, violence et santé.On y propose des solutions et des ressources.Reflet de Société dispose d'un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l'organisme récupère les frais dans ce fonds.C'est une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d'édition.Canada RefletdeSociété société* SB?aÂféCffl-4! C Courrier du lecteur La vie d’un Bipod, en Général m Système carcéral ET MALADIE MENTALE Ça ressemble à ce que le gouvernement a l’habitude de faire : pelleter dans la cour du voisin.La Santé désinstitutionnalisé les gens pris avec des problèmes de santé mentale et on les retrouve en prison.Pas grave, il fallait couper dans les budgets de la Santé et là c’est la Justice qui est prise avec eux! Martin, Trois-Rivières DU GRAFFITI AU TRAVAIL SOCIAL Je suis contente de voir que les graf-fiteurs ne sont pas que des vandales, mais des citoyens à part entière qui peuvent s’impliquer et devenir des exemples sociaux.Berthe Ricard, Rock Forest Journaliste français L’article de Patrick Juan, journaliste français (février 2011), pas besoin de ça.On n’a rien à apprendre des Français en matière de prostitution.Où voulez-vous en venir avec cet article ?Nous faire peur ?Nous culpabiliser ?Ginette ( WWW.refletdesociete.com"! - Articles de qualité Mes félicitations à tous les membres de l’équipe de rédaction de la revue Reflet de Société.Le prix décerné par l’Association québécoise des éditeurs de magazines est bien mérité.Tous les articles du numéro de février 2011 sont intéressants, édifiants, clairs et bien rédigés.Bravo pour la grande qualité rédactionnelle de la revue.Ne lâchez pas! Lucie Martineau Coup de pouce Merci de nous faire connaître un peu mieux et apprendre à apprécier ces jeunes qui sont l’avenir.La lecture de votre revue est très intéressante.A tous les jeunes qui font leur possible, ne lâchez pas.On est là pour vous donner un coup de pouce.Annette Des Lauriers, fidèle lectrice, Mascouche Jeunes et taxage Le taxage c’est un crime qui ne changera pas.Quoi faire pour que ça change?Les jeunes ne méritent pas ça.Où est le système pour les protéger?Michel Andreino Dignité humaine Continuez votre formidable travail.Vous redonnez aux jeunes toutes leur dignité qui est le moteur de tous les humains.Merci infiniment de la part de cette jeunesse qui ne demande qu’à s’en sortir.Belle continuité.Odette Imbeault, Matane Un super magazine Une revue qui aide et profite à tous ceux qui prennent le temps de lire et d’analyser les termes proposés par tous et chacun.Félicitations à toute l’équipe.Continuez à informer les gens de ce qui les entoure afin d’éviter d’être dans la rue.Je vous remercie encore et ça aide les gens.Francis Létourneau, Grosses-Roches Murales graffiti J’aime beaucoup les fresques réalisées à la canette.Je tire mon chapeau à ces artistes qui réalisent des fresques de plusieurs mètres de haut, perchés sur une nacelle, le nez collé à leur oeuvre et n’ayant pas la liberté de pouvoir prendre à tout instant le recul que la réalisation de telles peintures demande.Franchement: bravo ! Carolanne Un travail essentiel On ne prend pas toujours le temps pour signifier aux gens que ce qu’ils font en vaut le coup! Alors je vous écris pour vous dire que je trouve que vous faites un boulot de grande qualité et essentiel! Vos articles sont TOUS très intéressants.Je vous souhaite longue vie à vous et votre équipe! Continuez votre bon travail! Karine Côté, Lac-St-Jean Général, la suite La vie d’un Blood en Général (Février 2011) C’est avec beaucoup de déception que je viens de terminer la lecture de votre article sur les gangs de rue.Je croyais que vous vouliez démontrer le parcours difficile d’un jeune qui avait fréquenté un gang de rue et qui s’en était sorti.Quelle ne fût pas ma surprise en terminant cet article que le dénommé Général est encore membre et qu’en plus il a remplacé son ancien chef assassiné devant lui.Cet article manque complètement de nuance et fait l’apologie des gangs de rue.Je ne comprends pas du tout votre point de vue et je m’inquiète de ce que ferons plusieurs jeunes après la lecture de cet article.L’analyse sociologique de ce phénomène n’est pas abordée, pas plus que les solutions qui existent pour enrayer ce phénomène.Je pense que votre organisation a à coeur la réinsertion des jeunes dans la société, mais cette fois-ci vous avez manqué le bateau en publiant un article qui ne donne qu’un point de vue.Paul Bibeau L’avenir de Général Je voulais savoir ce qu’était devenu Général.L’information n’est pas donnée dans l’article.Je suis sûr que plusieurs lecteurs comme moi se demandent ce qu’il fait maintenant.Friederik Geertsen NDLR L’histoire de Général qui a été publiée en février est le premier article d'une série.Au fil des numéros, nous pourrons vivre, à travers les yeux de cet ancien membre de gang de rue, son adhésion à un gang, son ascension, sa relation avec son frère, sa sortie du gang et sa nouvelle vie.Le rappeur Général débute des conférences de prévention dans les écoles et un spectacle Rap de prévention des gangs de rue est en préparation.(www , refletdesociete.com Prisons pleines Occupation double COLIN MCGREGOR, PRISON DE COWANSVILLE Toujour* regarder le bon côté des choses.La nuit, j’aime m’étendre sur le lit de fer de ma cellule.Je ferme les yeux et j’écoute la radio.J’écoute des émissions américaines, à des kilomètres de moi: du Vermont, de Detroit, de Buffalo, de New York et, certaines nuits, de Chicago.J’ai brisé plus d’une paire d’écouteurs en me retournant sur mon oreiller alors que je m’endormais au son de discussions sur la politique à Washington, du baseball ou des ovnis.En 2004, un prêtre catholique renégat, Andrew Wingate, qui se décrit comme un mystique possédant un site Internet suivi par des millions de fidèles, donnait une entrevue à la radio.Il annonçait une nouvelle incroyable.Il proclamait que le Christ revenait sur terre, que le Sauveur apparaîtrait à Cowansville, au Québec, vers le 15 septembre de la même année.J’écoutais fébrilement.A ce moment, j’ai fait le tour de mon unité pour trouver le fameux candidat.Après tout, la première fois qu’il est venu sur terre, Jésus a été condamné.Il est parti comme un criminel.Peut-être qu’à son retour, il reviendrait sous les habits d’un prisonnier.Au bout du couloir, il y avait un gentilhomme qui cuisinait parfois des biscuits.Il en donnait aux autres prisonniers gratuitement.Mais ses biscuits étaient faits avec de la pâte à biscuit.Pas avec de la mie ou du poisson.J’ai arrêté de chercher.Personne n’a remarqué de Messie à la prison en 2004.Et le pape n’a pas été enlevé, une autre prédiction d’Andrew Wingate.Mais si les Américains s’attendent à ce que Jésus débarque dans une prison, ils n’ont pas besoin de chercher si loin.Aujourd’hui, un Américain sur 100 est derrière les barreaux.Si on ajoute ceux qui sont en probation ou sous conditions, pas moins d’un adulte sur 31 est sous supervision correctionnelle aux Etats-Unis.Notre prison n’est qu’à quelques kilomètres du Vermont.Puisqu’il semble que notre système pénal se rapproche de celui des Américains, il serait utile de comprendre comment le système carcéral fonctionne au sud de notre frontière.On recense plus de 4000 crimes fédéraux aux Etats-Unis par année.Dans l’Etat de la Californie seulement, 3700 détenus purgent des peines à vie pour des crimes qui ne sont pas violents ou sérieux.C’est plus que le nombre de prisonniers condamnés à perpétuité que compte le Canada.En Alabama, Jerald Sanders restera derrière les barreaux toute sa vie pour avoir volé une bicyclette.Un fleuriste du Texas a été emprisonné pour avoir possédé des orchidées sans avoir 8 WWW.refletdesociete.com obtenu le permis approprié.Des Américains sont en prison pour avoir empaqueté des queues de homard dans un sac plutôt que dans une boîte.C’est une place merveilleuse pour travailler, en prison.On ne perd jamais son emploi! Des études démontrent que si un jeune de 18 ans, arrêté pour agression, sort de prison à l’âge de 22 ans, ses risques de récidives ne sont pas plus grandes que pour une autre personne dans la population en général.La société y gagne en dépensant moins pour garder des prisonniers.Le système américain, lui, règle ce problème en ne laissant jamais ses jeunes sortir de prison.Des économistes disent que la société peut dépenser son argent dans la coercition ou dans les services sociaux.C’est un choix.La façon de combattre le crime, bien sûr, est d’investir en éducation, en santé et en sécurité sociale.Le désespoir et la faim peuvent être des moteurs qui appellent à des comportements extrêmes.En étant nourris et éduqués, les gens seront moins portés à voler ou à devenir violents.C’est facile de critiquer les Américains de ne pas dépenser d’argent pour arrêter le crime avant qu’il ne soit commis.Mais ils ne peuvent tout simplement pas.Selon la Constitution, la sécurité sociale, l’éducation et la santé tombent sous la responsabilité de chaque Etat.Ici, ce sont des domaines de juridiction provinciale.Quand le Québec a besoin de plus d’argent, il peut emprunter ou faire un déficit.On est très bon pour ça! Mais 49 des 50 Etats américains ne sont pas autorisés à être déficitaires selon leur constitution (chaque Etat a sa propre constitution).Quand on entend que la Californie a un manque à gagner de 30 milliards, leur gouverneur doit trouver l’argent aussitôt ou fermer boutique.Ils ne peuvent pas augmenter l’assistance sociale même s’ils le désirent.Seul le petit Vermont, tout près de Cowansville, peut être en déficit.Peut-être est-ce la raison pour laquelle le Vermont est paisible et gai, l’Etat hippie.Le reste des États-Unis doit construire des prisons.C’est la loi.Ma prison enfle et s’agrandit.Us vont entasser deux hommes dans la même cellule de 7 X 10 pieds, meublée avec deux lits superposés, une toilette et un lavabo.Ils construisent de nouvelles unités pour rajouter des cellules.Les gens qui travaillent ici nous demandent toujours de regarder le côté positif des choses.Voici un avantage: je suis très seul, peut-être qu’ils vont m’emmener un pêcheur de homard ou un fleuriste qui fait pousser des orchidées avec qui je pourrais échanger! Un jour, tous les pauvres seront en prison.Et nous pourrons alors regarder Occupation Double tous ensemble à partir de nos cellules à lits superposés.Je ne me sentirai plus seul.+ 5$ (taxes et frais l de transport) DVD Gambling La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes.Le documentaire explore différents aspects du jeu compulsif: tentation, perte de jugement, perte de ses moyens financiers, relations détruites par le mensonge.Le DVD se prête parfaitement au cadre scolaire ou à un groupe de discussion.Voyez Biz de Loco Locass, Éléonore Mainguy, ancienne croupière et Did Tafari Bélizaire, joueur compulsif devenu paraplégique après une tentative de suicide, s’exprimer sur le gambling.Raymond Viger _ _ _ A k flft 4,95* + 2$ taxe et transport Simple d'approche et accessible Pour apprendre à: •Détecter les signes avant-coureurs •Survivre au suicide d'un proche 4233 Sainte-Catherine Est, Montréal QC, H1V 1X4 www.editionstnt.com (514)256-9000 ou 1-877-256-9009 editMsuSD ( WWW.refletdesociete.com ^ 9 ¦¦ Cindy a quitté son Angleterre natale pour le Canada sans se retourner.En s’établissant au Québec, la jeune femme fermait le livre d’une enfance difficile.Une famille violente et sans amour, une ville terne et dure et une vie de souffre-douleur.PHOTOS: Urban Element I ¦Nr ' ¦ Cindy : un exemple de détermination L’enfance à la dure à *:r DOMINIC DESMARAÏS Cindy vit au Québec depuis plus de 10 ans.Sous son air chaleureux et sympathique, la jeune femme dissimule un lourd vécu qui ne semble plus la hanter.Elle a refait sa vie à Montréal et tourné la page sur son passé avec beauté, sans animosité.Cindy a grandi à Peterborough, une ville anglaise morne où le chômage est élevé, la violence omniprésente.«Quand je suis arrivée au Québec, je me demandais s’il y avait quelqu’un la nuit pour surveiller les fleurs en bordure des rues! Je n’en revenais pas de la sécurité, ici.Chez moi, c’est normal de voir une voiture en feu sur la route», dit-elle, encore incrédule.Son patelin, où chacun doit se battre pour vivre, est fait pour les durs.Il n’y a pas d’université et ceux qui aspirent à sortir de la misère quittent Peterborough.«Sinon tu te trouves un emploi à 16 ans et tu arrêtes l’école à cet âge car ça ne donne rien de continuer.Toute la ville est comme ça.» Les meilleurs éléments se sauvent et ceux qui restent ne sortent pas.«Ils ne vont pas voir ailleurs.Même pas Londres!» FAMILLE DYSFONCTIONNELLE Cindy est la plus jeune d’une famille de cinq enfants qui se fond bien dans le décor de Peterborough.Son père, militaire dans un régiment de parachutistes, s’absente régulièrement.Homme de peu de mots, il est sévère avec ses enfants.Le grand frère de Cindy s’est lié avec les Hells Angels avant de fuir le pays pour éviter d’être assassiné par son clan.Un autre de ses frères a fait de la prison pour fraude et trafic de drogue.Après la naissance du deuxième de la famille, sa mère est devenue WWW.refletdesodete.com Cindy.dépressive.«Elle a rejoint sa famille qui était dans les témoins de Jéhovah.Mon père ne voulait rien savoir.Il ne nous laissait pas aller à ces réunions ou être présents quand d’autres témoins étaient à la maison.C’était un sujet tabou, on n’en parlait jamais.» Alors qu’elle était très jeune, un de ses frères a eu un accident de voiture à l’âge de 17 ans.Sa mère, première arrivée à l’hôpital, a refusé la transfusion sanguine, en vertu de ses principes religieux.«Mon père n’en revenait pas qu’elle refuse de le sauver.Les enfants non plus.A partir de ce moment-là, mon père n’était plus capable de la comprendre.» Cindy assiste alors à des disputes quotidiennes à la maison.Il n’y a plus d’amour entre ses parents.«Ils sont nés pendant la Deuxième Guerre mondiale.À cette époque, tu te mariais pour la vie.Que tu sois en amour ou pas.Ils se battaient sans arrêt mais ne voulaient pas se séparer pour les enfants.» Son père demandera finalement le divorce alors qu’elle a 12 ans et que tous ses frères et sœurs ont quitté le domicile familial.«Il a fallu que je vienne m’établir au Québec pour avoir du recul et comprendre que ce n’était pas un milieu familial normal», avoue la jeune femme sans rancune.Souffre-douleur à l’école Très jeune, Cindy est victime des sarcasmes des autres élèves à son école.Toutes les raisons sont bonnes pour l’accabler.«Je n’avais pas confiance en moi.Je ne parlais pas.Je ne prenais pas ma place.On me ridiculisait à l’école à cause de ma mère qui faisait partie des témoins de Jéhovah.Elle partait chaque fin de semaine mais je ne savais pas ce qu’elle faisait.Alors quand elle rencontrait les familles des autres élèves chez elles, on se moquait de moi la semaine suivante.Mais je ne comprenais pas pourquoi.Je ne pouvais pas me défendre car je n’avais aucune idée de ce que c’était.Et mon père nous empêchait d’en parler à la maison.» On la laissait, elle la plus jeune, dans l’ignorance.Ses aînés et ses parents discutaient sans jamais lui expliquer les sujets abordés.Ce qu’elle vivait à la maison se reproduisait à l’école, amplifiant son malaise.La jeune Cindy est prise dans un cercle vicieux d’incompréhension.Elle se fait intimider à l’école à cause de sa mère et elle ne peut en parler car le sujet est tabou à la maison.Elle doit vivre avec son mal.Et quand ce n’était pas à cause des croyances de sa mère, on se moquait de son apparence physique.«On n’avait pas beaucoup d’argent donc je devais porter les vêtements des plus vieux.Je n’avais vraiment rien de nouveau à porter et, en plus, c’était du linge de garçon, trop grand pour moi.J’avais l’air grosse.Et mon prénom, c’est celui d’une marque de poupée, comme Barbie.On m’appelait Cindy Doll: Tu es supposée être Cindy Doll mais tu n’es même pas belle et tu es grosse.Je voulais mourir.» Peu importe ce qu’elle faisait, tout se retournait contre elle.«Ma mère est devenue surveillante à l’école.Ça n’a pas aidé.Si elle chicanait quelqu’un, c’était de ma faute.Je me sentais toujours mal.J’avais peur dès qu’elle parlait à un élève.» Malgré son statut de souffre-douleur, Cindy avait des amis.Ou croyait en avoir.«Moi, je voulais me tenir avec les plus cool.Ils me gardaient parce que je faisais tout pour eux.J’ai donné beaucoup pour obtenir leur amitié, pour leur faire plaisir.Mais je n’étais pas leur amie.J’étais leur servante.Dès qu’ils avaient un problème, c’est moi qu’ils envoyaient pour manger la claque.Ou ils pouvaient décider de tous se liguer contre moi.» Cindy marche continuellement sur des œufs.Elle n’apprend pas à se connaître mais essaie de répondre aux attentes des autres qui changent continuellement.Elle passe son temps à se questionner pour tenter de comprendre ce qu’elle fait de mal.De l’intimidation À LA VIOLENCE Enfant, Cindy n’a pas seulement connu la violence psychologique.A l’extérieur de l’école, une foule d’élèves s’était massée autour d’elle.Une pseudo amie lui en voulait.Cindy, du haut de ses 7 ans, devait subir la hargne d’une foule qui voulait du sang.Son sang.«Tout le monde l’encourageait à me frapper.Elle m’a donné juste un coup de poing.Je suis tombée dans la rue.Les voitures ont dû s’arrêter pour ne pas me frapper.J’étais en état de choc.» Déjà, à cet âge, elle sait que dénoncer n’aidera pas sa cause.Mais la direction de l’école n’a pas écouté ses doléances.Les parents de son agresseur ont été avertis.«Ça n’a fait qu’empirer la situation.Le lendemain, on m’a traitée de faible, de snitch.Moi je n’ai rien dit à la maison.Sinon mes frères seraient allés la voir avec un batte.Et mon père, «Tout le monde l'encourageait à me frapper.Elle m'a donné juste un coup de poing.Je suis tombée dans la rue.Les voitures ont dû s'arrêter pour ne pas me frapper.J'étais en état de choc.» - Cindy 12 ( WWW.refletdesociete.com^ ^." >«»¦ un exemple de détermination **V»'***Ii en vrai militaire, tu ne peux pas montrer une faiblesse devant lui.Tu ne peux pas pleurer.Il n’a aucune sympathie.» Cindy devait ravaler son mal dans son petit corps d’enfant de 7 ans et espérer des jours meilleurs.A 10 ans, ses amis cool se liguent contre elle par pur plaisir.«Demain, on va te battre.» La petite est apeurée.Elle se sent seule avec son mal.Personne vers qui se tourner.De retour à la maison où on ne s’occupe pas d’elle, Cindy s’effondre en larmes sur son lit.Sa grande sœur, qui a près du double de son âge et qu’elle connaît peu, s’informe de son état.Cindy s’ouvre à elle avec la promesse de ne pas en glisser un mot au paternel.L’histoire se rend cependant jusqu’aux oreilles de ses frères.«Ils ont agi comme je l’avais pensé.Ils m’ont emmené avec eux et sont allés voir mes amis armés de battes.Ils les ont menacés.Mes amis ont eu peur et m’ont laissé tranquille.» Cindy a perdu ses amis.Les seuls qu’elle avait.Même si, au fond, elle reconnaît qu’ils n’avaient rien de gentils.Autodéfense Son père a pris connaissance de cet épisode.Le militaire en lui a inscrit sa plus jeune à des cours de judo et de Taekwondo pour qu’elle apprenne à se défendre.«Là, je sortais mes émotions refoulées.Je suis devenue championne du comté.Je battais tous mes adversaires en laissant sortir toutes mes frustrations! Mais ça n’a pas réglé mes problèmes.» Cindy se met à sourire.Son passé lui paraît soudain si loin.Elle se replonge dans ses souvenirs d’après l’école primaire.«A 12 ans, je suis sortie au centre-ville avec des amis.Des gitans sont venus.Ils m’ont poussé par terre et rué de coups de pieds pour me voler.J’étais pleine de sang.C’était une agression sau- f WWW.refletdesociete.com'l -vr.vage.Quand mon père est arrivé, il s’est senti mal de me voir salement amochée.Mais son émotion est mal sortie.Il l’a virée contre moi.Il a réagit avec colère.Il ne comprenait pas qu’avec mes cours de judo j’avais été incapable de me défendre.» Cindy, qui espérait se refaire une nouvelle vie en quittant son école pour le secondaire a vu ses vieux démons réapparaître.«L’histoire a fait le tour de l’école.Les gens qui me connaissaient depuis le primaire me niaisaient: tu vas me battre, Cindy ?» Pour la jeune adolescente, le retour à la réalité a été dur.Championne d’une discipline, c’est une chose.Mais réagir à la violence en est une autre.Ses cours, et ses succès, l’avaient aidé à se bâtir un début de confiance qui s’avérait bien fragile. PHOTOS: Gracieuseté de Cindy McAuliffe Cindy.L’aventurière DOMINIC DESMARAIS Le passage du primaire au secondaire devait être une bouffée d’air frais pour Cindy.Un nouvel environnement scolaire, un nouveau départ où elle pourrait prendre sa place.Mais la crise d’adolescence a pris le pas sur l’espoir.«La rage intérieure de ma jeunesse est sortie.Mes parents divorçaient juste au moment où j’avais vraiment besoin de leur aide.» Son père a gardé la maison, sa mère est partie rejoindre sa famille.Les frères et la sœur de Cindy avaient quitté le domicile familial.Elle se retrouvait seule avec son militaire à la retraite de père.Elle accepte un emploi dans un café pour soutenir son père financièrement.«Il ne me voyait plus comme sa fille mais comme une coloc.Très jeune, il a fallu que je prenne des responsabilités.» Alors qu’elle doit tenir la maison, se préparer à manger, voir elle-même à ses études, la jeune fille ne connaît rien de la vie.«Je ne savais rien à propos des menstruations, des garçons.» Elle doit tout apprendre par elle-même du haut de ses 12 ans.Et ne pas montrer ses faiblesses à son père.Cindy doit devenir une adulte avant le temps.Son chemin croise celui d’une autre fille qui vit la même situation.«On a commencé à fumer jeunes, à se CINDY (à droite) FAIT SES PREMIERS PAS DE DANSE DANS DES SOIRÉES CABARET EN TUNISIE.saouler la gueule.Je faisais mes propres piercings.Parce que je venais d’une famille extrême, je faisais moi aussi des choses extrêmes!» La Cindy souffre-douleur du primaire disparaît peu à peu.A la place, une punk en crise d’adolescence partage sa vie avec une ado plus vieille que son âge qui travaille.D’un côté elle ressemblait à ses confrères de classe, de l’autre à ses collègues de travail.Une vie en deux temps.Nouvelle passion Cindy n’échappe pas à la tradition familiale qui veut qu’à 16 ans, tous les enfants, encouragés par le paternel, sautent en parachute.Elle se découvre une passion dès sa première descente.L’ardeur qu’elle a mis dans ses cours d’autodéfense se retrouve dans les sauts qu’elle exécute toutes les fins de semaine.A 17 ans, elle devient la plus jeune à obtenir sa qualification.Elle partage son temps entre l’école, le travail et le parachute.Son père est fier.Il l’attend après chaque saut pour aller savourer une pinte de bière avec elle.«Il me traitait comme une adulte!» Le temps de quitter la maison approche pour Cindy.Son père se décide à vendre le domicile familial.Les deux décident de se quitter en beauté.Ils partent pour la Tunisie avec leurs sacs à dos.«On ne fêtait pas Noël, chez moi.A la place, mon père et moi on voyageait.Nous sommes allés au Maroc, en Tunisie, on a fait le tour de l’Europe ensemble en backpack.» Cette fois, en guise d’adieu, le père et la fille se dirigent vers le désert du Sahara.«On ne faisait pas du tourisme! Mais la dernière soirée, pour fêter la fin du voyage, on est allé 14 ( WWW.refletdesociete.com - .un exemple de détermination LA TRADITION FAMILIALE L’EXIGEANT, CINDY FAIT SON PREMIER SAUT EN PARACHUTE À 16 ANS dans un hôtel.Et là, j’ai rencontré mon premier vrai chum.» Le jeune garçon est un serveur tunisien.Cindy a le coup de foudre.Mais elle doit rentrer en Angleterre.Le cœur en Tunisie De retour chez elle, Cindy termine l’équivalent du cégep.Comme son père a vendu la maison, elle va rejoindre sa mère qu’elle a peu vu depuis cinq ans.«Ma mère n’avait pas d’opinion, elle ne prenait jamais position.Comme si rien ne la dérangeait.Moi, j’étais toujours fâchée contre elle.Je voyais qu’elle m’avait abandonnée, qu’elle ne s’était pas battue pour moi, pour me garder.C’est là que j’ai appris qu’elle avait été abusée sexuellement par son père.Je ne le savais pas.Je me suis sentie bien poche.J’ai commencée à la voir différemment.» Cindy passait son temps entre les études, son travail dans un bar et les sauts en parachute.Son corps était en Angleterre mais son cœur se trouvait en Tunisie.Comme toujours, elle gardait ses sentiments pour elle.Personne dans sa famille ne connaissait l’existence de cet amoureux qu’elle appelait constamment.Refusée à l’université, elle quitte le pays pour retrouver l’élu de son cœur.Elle trouve un emploi au centre de villégiature où travaille son amoureux.«J’étais animatrice pour les touristes.Je donnais des cours de volley-ball et de planche à voile.Et je dansais pour les soirées cabaret.Du country pour la danse en ligne, des remake de Thriller de Michael Jackson ou de Grease.» Cindy faisait ses premiers pas de danse, loin de s’imaginer que cette passion la ferait vivre des années plus tard.Au contact d’une des danseuses de l’hôtel, Cindy explore sa féminité.«C’était vraiment une poupée.Elle savait utiliser ses atouts.C’est elle qui m’a fait devenir femme, qui m’a appris à me maquiller, m’habiller.Je n’avais aucun style, avant.Moi, personne ne me connaissait.Je pouvais former mon image comme je le voulais.J’y ai trouvé ma confiance.» En Tunisie, la blancheur de sa peau et la blondeur de ses cheveux font tourner les têtes.Les «Cindy Doll t’es même pas belle» sont très loin.Elle se sent renaître.Amour interdit La jeune femme retourne une fois de plus en Angleterre après un séjour de trois mois à travailler au resort.Elle communique sans cesse avec son amoureux.Dans ses rapports avec sa famille, on la sent ailleurs, la tête dans les nuages.Elle ne peut plus cacher son secret.«Ma famille est assez raciste.Ils étaient sur mon cas quand ils ont appris que je sortais avec un Tunisien.Et moi je ne voulais pas dire la vérité: oui, il était très possessif.J’étais en amour, à 17 ans je ne voyais pas que c’était un problème.» Sa famille, qui l’avait abandonné à son sort toute son enfance, fait pression.Elle a peur que le jour de ses 18 ans, Cindy reparte pour la Tunisie.«Ils se sont cotisés pour me donner de l’argent pour que j’aille passer cinq semaines avec ma sœur, au Québec.Ils étaient unanimes: si je retournais voir mon chum, je perdrais leur respect.C’était ma dernière chance de sauver ma relation familiale;» Cindy préférerait retourner dans les bras de son Tunisien.Elle connaît peu sa grande sœur qui a quitté le foyer alors qu’elle n’avait que 10 ans.Elle est intimidée par celle qui lui envoyait des cartes postales et des cadeaux d’un peu partout dans le monde dans son enfance.Le seul lien qui les relie.Malgré tout, Cindy accepte.Sans se douter une seconde qu’elle laissera toute sa vie, et sa famille dysfonctionnelle, derrière elle pour fonder la sienne.( WWWirefletdesociete.com 15 Cindy.Québec, terre promise DOMINIC DESMARAIS Poussée par sa famille anglaise qui veut l’empêcher de poursuivre sa relation avec un musulman en Tunisie, Cindy débarque au Québec pour 5 semaines.Elle y rejoint sa grande sœur qu’elle n’a pas vue depuis 10 ans.Le cœur gros de ne pas retourner voir son amoureux, désemparée par l’incompréhension de sa famille, la jeune fille de 18 ans voit sa vie s’écrouler alors qu’elle débarque en territoire inconnu.Cindy a accepté la suggestion de sa famille.Elle ira visiter sa sœur, qui a quitté la maison familiale lorsqu’elle avait 8 ans.Elle la connaît si peu, cette grande sœur qui a eu le cran de quitter un foyer trouble et violent.Sa grande sœur, qui a voyagé partout, seule.Qui a traversé les Etats-Unis et qui a trouvé mari au Québec, à Roxton Falls.Une toute petite ville de 1300 habitants dans la Montérégie toute francophone.Cindy ne connaît rien de l’endroit, de la langue.Elle n’a jamais habité la campagne.Elle est en crise et amoureuse.Sa rencontre avec sa sœur, devenue une étrangère, l’apaisera.ment de bien de pouvoir me confier.Je n’avais jamais eu de conseils sur la sexualité, sur les relations amoureuses.Ça m’a encouragé à m’ouvrir encore plus avec elle.» Pour la première fois de sa vie, Cindy se sent écoutée, respectée.Sa relation avec sa sœur se raffermit alors qu’elle commence à s’intégrer à la vie de campagne de Roxton Falls.Avec son beau-frère, un maréchal ferrant, elle fabrique des affiches de bienvenue à poser sur les maisons et des bijoux.Elle peint aussi des remorques de chevaux.Elle fait le tour des foires avec le mari de sa sœur.«Quand on roulait sur le pont Champlain, mon cœur s’est mis à battre.Montréal m’apparaissait tellement belle.Je ne suis pas quelqu’un de la campagne.J’ai besoin que ça bouge.Ça été un coup de foudre.Je voulais rester sur l’île!» - Cindy Les retrouvailles «J’avais peur d’aller la voir.Je ne la connaissais pas et elle m’intimidait.Mais j’ai beaucoup parlé avec elle de ma relation amoureuse.Elle m’a écouté.Je lui ai raconté que mon petit ami était possessif.Que je n’avais pas eu de plaisir sexuellement, que les relations intimes ne m’avaient pas plu.Je pensais que faire l’amour, c’était faire plaisir à son partenaire.Elle m’a fait comprendre que ce n’est pas ça, une relation.Ça m’a fait telle- Une immersion totale qui la force à apprendre le français.Sa timidité s’effrite.Elle s’épanouit.«J’y suis resté 6 mois.Mais quand l’hiver est arrivé, la grange où j’habitais est devenue trop froide.J’avais le choix entre rentrer en Angleterre ou de quitter Roxton Falls.» La Cindy nouvelle version, plus à l’aise dans sa peau, n’a aucune envie de retourner vers son passé, sa ville natale, sa famille.Elle profite d’une courte visite du père de son beau-frère à Montréal pour l’accompagner.«C’était la première fois que je voyais une telle ville.Pour moi, ça me faisait penser à ce que j’avais imaginé de New York.Des gros immeubles, des tours, des gens partout! Quand on roulait sur le pont Champlain, mon cœur s’est mis à battre.Montréal m’apparaissait tellement belle.Je ne suis pas quelqu’un de la campagne.J’ai besoin que ça bouge.Ça été un coup de foudre.Je voulais rester sur l’île!» Montréal, mon amour Cindy veut s’établir sur sa terre promise, la métropole de la province.Sur les conseils de sa sœur, qui a été gardienne d’enfant à son arrivée aux États-Unis, la jeune femme déniche la perle rare dès son arrivée à Montréal.Une médecin, paniquée de ne trouver personne pour s’occuper de ses enfants, l’embauche à la première rencontre.Cindy est hébergée et bien rémunérée pour garder les enfants, leur préparer à manger, faire du ménage.Elle dispose de peu de temps libre pour explorer la ville.Ses seuls amis sont les petits dont elle a la charge.Pour s’émanciper de ce rôle exigeant, Cindy suit des cours d’aérobie dans un YMCA.Elle y rencontre Angelo, un professeur de danse hip-hop originaire de Madagascar.C’est le coup de foudre.Us s’amourachent l’un de l’autre très rapidement.Elle a 19 ans, il vient de célébrer son 31ème anniversaire.Elle habite chez le docteur pour qui elle travaille.Il dort chez des amis.«Quand je l’ai rencontré, il dormait dans le métro, dans la rue.Il avait épuisé toutes ses options.Ses amis ne voulaient plus l’héberger.16 ( WWW.refletdesodete.com —.Il- Il prenait sa douche au YMCA où il donnait ses cours de danse.» Cindy suit les cours d’Angelo.Leur amour s’affirme.Cindy tombe enceinte.Mais leurs conditions de vie sont trop instables.«On voulait le garder.Mais il a fallu que j’avorte.Ça m’a fait mal.» C’était en 1999.La pire année de sa jeune existence.Puis, le coup fatal: elle doit quitter Angelo car elle est déportée.Son visa de touriste est périmé.L’âme en peine, elle retourne en Angleterre.«J’y suis restée 4 jours.Je me suis fait insulter sans raison, dans la rue, trois fois.Ce qui ne m’était jamais arrivé au Québec.J’ai réalisé que je ne pouvais pas vivre chez moi.» Cindy prend le risque de revenir à Montréal et d’être refoulée.Après une longue discussion avec des agents d’immigration à son arrivée, elle respire mieux.Les portes du Canada lui sont ouvertes pourvu qu’elle se marie avec son amour d’Angelo.La danse, nouvelle passion Les nouveaux époux emménagent dans un appartement.Cindy suit son amoureux partout.Elle assiste à tous les cours qu’il donne.«Je voyais son talent.Et comme j’étais sa blonde, je voulais qu’il ne regarde que moi.C’était le meilleur pour donner un cours de danse.Un artiste, un vrai! Mais Angelo n’a rien d’un entrepreneur.Il n’était pas bon pour le business.Plusieurs de ses élèves s’en plaignaient.J’ai commencé à m’occuper de la partie administrative.» Cindy s’abandonne dans la danse et l’organisation d’Angelo Dance Productions.Elle s’y investit comme, plus jeune, elle l’a fait pour ses cours de judo et de tækwondo et, plus tard, pour le parachute.Au début, seul Angelo enseigne.Mais Cindy est à l’écoute des autres danseurs.«Je m’entraînais avec d’autres WWW.refletdesociete.com -^- .un exemple de détermination personnes.J’ai commencé à voir le mélange des styles dans le hip-hop.Ce n’était pas clair que tous les mouvements venaient de ce style.J’ai commencé à faire d’autres danses de rue.Et j’ai eu un déclic.Si moi j’ai envie d’apprendre différents styles, d’autres aussi ont ce désir.» Elle demande à d’autres danseurs d’enseigner des styles différents de celui d’Angelo.«C’est là que j’ai réalisé le problème: le nom de la compagnie.Si tu ne t’entends pas avec Angelo, tu ne veux pas représenter sa compagnie.» En 2000, Angelo Dance Productions se mû en Urban Element.La nouvelle compagnie offre cinq styles de danse à une centaine d’élèves.La vie lui souriait finalement.Mariée, un toit bien à elle et une entreprise qui tourne rondement.Une école d’élite L’école de danse s’agrandit.Aujourd’hui, elle offre une douzaine de styles de danse de rue offerts par 20 professeurs.Des gens qui ont grandi au sein d’Urban Element.Pour le plus grand plaisir de quelque 400 étudiants de tous âges.En 2003, une troupe de l’école gagne le Hip-Hop Forever, une grosse compétition à Montréal.«Et grâce à ça, nous sommes allés faire des prestations au Mexique!» Cette victoire donne de la renommée à Urban Element.En 2006,2007,2009 et 2010, la troupe de danseurs élite de l’école remporte les championnats canadiens de hip-hop et représente le pays aux mondiaux à Las Vegas.A l’image de Cindy, Urban Element ne se contente pas de peu.«Le but, c’est d’avoir les meilleurs de chaque style de danse.Je les veux pour qu’ils donnent des cours afin qu’Urban Element soit une école de qualité.Un endroit où tu peux te développer et enseigner.Si ta carrière n’a pas avancé ailleurs, tu peux rester avec nous.Et on offre des locaux gratuitement pour pratiquer.Mais les gens le prennent parfois pour acquis.On a été volés, les murs sont taggés», résume-t-elle avec dépit.Une école communautaire L’école a vécu sa part de difficultés financières.Le local est gigantesque et le payer est un exploit.«Ce qui est difficile, c’est que la danse hip-hop, sa raison d’être, ce n’est pas un business.Tu peux faire de la danse plus commerciale, des vidéoclips, tu seras bien payé, mais la danse de rue, ce n’est pas pour faire de l’argent.A Urban Element, on a gardé le côté rue, un genre de centre communautaire pour jeunes.Donc si on a des étudiants qui ont besoin des cours dans leur vie et qu’ils n’ont pas d’argent pour les payer, on les garde.Us ne paient pas tous.Alors on est fauchés depuis 10 ans!» Les élèves d’Urban Element arrivent bien avant leurs cours.Vers 16h, à la fin des classes, ils débarquent au studio.Ils y font leurs devoirs, socialisent.Comme dans une maison de jeunes.«Nous sommes devenus une petite communauté.Si on ferme, on va affecter beaucoup de monde», considère Cindy qui a dû envisager à cette éventualité.Mais après s’être battue tout au long de sa vie, elle a la sagesse de reconnaître qu’elle saura bien trouver en elle l’énergie pour survivre.17 PHOTO: Urban Element HOMMAGE A 3dH .J» ~ j V -Vfy PHOTOS: Patrick St-Arnaud Hommage à Bad News Brown Le 11 FÉVRIER, LE RAPPER HARMONICISTE BAD NEWS BROWN A ÉTÉ ASSASSINÉ.SOUS LE CHOC, DES MEMBRES DE LA COMMUNAUTÉ HlP-HOP ONT TENU À RENDRE HOMMAGE À CET ARTISTE HORS DU COMMUN QUI A VOUÉ SA VIE À SON ART.COBNA, DlCE-B, GÉNÉRAL, SA Majesté l’Intrus et Sans-Pression ont voulu témoigner de leur ATTACHEMENT À CET ÊTRE RASSEMBLEUR QUI VIENT DE LES QUITTER.L’idée de rendre hommage à cet artiste inclassable est venue de Général, bon ami de Bad News Brown (BNB).Il a rassemblé quelques artistes hip-hop qui ne se sont pas fait prier pour saluer leur frère musicien.Alors que le milieu hip-hop est constitué d’egos où chacun se perçoit comme étant meilleur que les autres, le respect de ces 5 artistes pour l’homme qu’était BNB est marquant.A l’image de la courte vie du défunt.Artiste respecté Rares sont les musiciens qui font l’unanimité dans le hip-hop au Québec.Bad News Brown est un cas à part.«Il a commencé à jouer au début des années 1990.Il jouait de l’harmonica ou tapait sur des sceaux au métro Lionel-Groulx.C’était impressionnant.C’était la première fois que je voyais un jeune noir jouer dans le métro.Tout un contraste avec les bums, les gens plus âgés ou les étudiants qui pratiquent leur violon pour l’école.Il avait un beat hip-hop.Je trouvais ça cool», se souvient Dice-B.«A part jouer dans le métro, il ne faisait rien.Mais il était très respecté parce qu’avec son harmonica, il faisait de la musique qu’on avait jamais entendue.Je ne connais pas de rapper qui aurait osé jouer dans le métro», ajoute Cobna.Le respect de ses pairs, Bad News Brown le recevait avant même que sa carrière ne débute officiellement.«Bad News avait quelque chose de spécial.Une personnalité sympathique.Il n’était pas menaçant pour les autres artistes.Le concept du rap, c’est l’ego trip : “c’est moi le meilleur.” C’est pour ça qu’il n’y a pas beaucoup de collaborations entre rappers ici comme aux Etats-Unis ou en France.C’est très jaloux ici.On a encore peur que l’autre nous vole la vedette.Mais Bad News, avec son harmonica, ne prenait la place de personne.Le milieu du hip-hop le voyait davantage comme un musicien, ce qui lui permettait de collaborer avec tous les artistes du hip-hop québécois.La majorité des rappers ont chanté avec lui ou prévoyaient de le faire.Et je n’en ai entendu aucun se plaindre que Bad News ait exigé de l’argent pour sa collaboration.Il était généreux avec sa musique, son temps, sa personne», explique Dice-B.Artiste de l’amour «Je ne me souviens pas d’un moment négatif.Il manquait quelque chose sur une chanson de mon album “Réplique aux offusqués Ti-Moune”.Je n’allais pas la mettre sur mon CD.Quand il s’est pointé avec son harmonica, il a fait lever la chanson», explique Sans-Pression.«Il n’a pas de barrière de langue.Son harmonica, c’était son langage.Peu importe d’où tu viens, tu n’as pas besoin de comprendre.Tu écoutes et tu comprends», ajoute le musicien.«Ce n’est jamais arrivé qu’on dise “ouache!” de sa musique.Tout le monde, peu importe la foule, vibrait d’amour au son de l’harmonica.Il montrait toujours du lovel C’est pour ça qu’on est choqués par son assassinat.Il ne cherchait pas le trouble», dit Cobna.Les problèmes, Bad News ne les créait pas.Il les réglait.«J’ai eu une altercation dans un club avec quelqu’un qui s’énervait.Sorti de nulle part, alors que je ne savais même pas qu’il était là, Bad News est arrivé pour calmer les choses.Ce n’est pas mon meilleur ami, je ne l’ai pas vu si souvent que ça mais à chaque fois, il s’arrangeait «Bad News allait être le premier artiste hip-hop du Québec à débloquer.Il a commencé dans le métro et il allait entamer une carrière internationale.Et il finit assassiné.C’est injuste.» - Général WWW.refletdesociete.com -^- 19 dommage à.Une vedette QUI PENSE AUX AUTRES «Il a donné un rôle à 40 jeunes noirs dans le film.Peu importe le sujet de Bumrush, c’est lui qui a placé les jeunes.Pas de vrais acteurs.Il y avait beaucoup de belles choses qui se présentaient à lui mais il n’a pas eu le temps de les mettre dans sa bouche, de les savourer.Tout ce qu’il a fait, c’est dresser la table pour qu’il puisse manger et offrir le repas aux autres.C’est pour ça que sa mort est triste.On doit s’assurer de ne jamais l’oublier.C’est un des nôtres.Pas juste un noir, un haïtien.C’était un gars du milieu.Dès qu’un nous quitte, il ne faut pas l’oublier.Et sa mort est violente.C’est un «Le plus dommage, c’est qu’il a un enfant.Même si on parle d’un artiste, d’une bonne personne, avant tout il a donné la vie à un être humain qui ne connaîtra pas son père.» - Sa Majesté l’Intrus pour me mettre à l’aise.Lors d’un show avec des artistes européens, on m’a avisé qu’on allait réduire le temps de ma prestation.Je me prenais la tête avec les organisateurs.Après 30 minutes d’intenses ostinations, il est apparu et a tout réglé.C’est comme ça que je le connais, comme un gars qui veut faire régner l’harmonie.Je ne connais personne qui aurait fait ça pour quelqu’un d’autre», raconte Sa Majesté l’Intrus.DU MÉTRO À L’INTERNATIONAL L’assassinat de Bad News Brown demeure nébuleux.On ne lui connaissait pas d’ennemis.Il ne frayait pas avec le milieu criminel.Pour Général, qui a quitté les gangs de rue pour se consacrer à la musique, la mort de son ami est un rappel à l’ordre.«Je viens de Montréal-Nord.J’essaie, comme les autres rappers, de représenter un groupe de gens, leur réalité.Mais il y a de la jalousie.Les gens se disent : “je suis comme lui, je chante mieux, je suis meilleur.” C’est un problème dans la communauté.Aussitôt qu’il y en a un qui réussit, les autres sont jaloux.Bad News allait être le premier artiste hip-hop du Québec à débloquer.Il a commencé dans le métro et il allait entamer une carrière internationale.Et il finit assassiné.C’est injuste.» Avec son harmonica et son entregent, Bad News Brown voyait les portes de la scène musicale mondiale s’ouvrir à lui.Il avait fait des premières parties de vedettes comme Nase et devait collaborer avec les Black Eyed Peas.Il se préparait à partir en tournée aux Etats-Unis et en France.Il jouait un rôle de premier plan dans Bumrush, un film autour des gangs de rue.Il est décédé avant la sortie du film.«Il voulait m’emmener avec lui en France.Et je le connais depuis moins de 3 ans.S’il n’était pas mort, il m’aurait ouvert tellement de portes.C’est lui qui a fait en sorte que les artistes américains s’intéressent au hip-hop québécois.Le film et ses contacts avec des rappers de partout dans le monde auraient amené la scène locale à un autre niveau.Il était engagé dans la communauté.Il ne pensait pas qu’à lui.Pour Bumrush, il est allé chercher des gars du hip-hop.J’ai un grand respect pour ça.Il aimait le rap québécois», explique Général.20 WWW.refletdesociete.com Bad News Brown meurtre.BNB assassiné?Ça vient de nulle part.Il n’était pas associé à la violence.Le seul côté fâché de lui que j’ai vu, c’est dans le film! Et j’étais déçu qu’il participe à une promotion où il a l’air violent.Ce n’était pas lui», résume Dice-B.«Qu’on le connaisse ou pas, on partage l’amour de la musique.Car c’est un rêve, la musique.On partage ce rêve de se faire entendre.De réussir à passer des messages, à s’exprimer.Il allait le faire.Le film, ses collaborations internationales, il était en train de réaliser le rêve de tout artiste», affirme Cobna.«Le plus dommage, c’est qu’il a un enfant.Même si on parle d’un artiste, d’une bonne personne, avant tout il a donné la vie à un être humain qui ne connaîtra pas son père.Fuck la musique, le plus dommage, c’est son fils.Sa vie ne sera plus pareille.Il faut penser à sa famille.C’est dur pour le milieu du rap.Mais ça l’est encore plus pour sa famille», conclut Sa Majesté l’Intrus.Le hip-hop québécois est en deuil.Son rayon de soleil s’est éteint.Celui qui voulait rassembler le milieu et lui offrir une vitrine mondiale n’est plus.La communauté du rap poursuivra-t-elle dans la voie que Bad News Brown a tracée ou persistera-t-elle à s’entredéchirer?» a L’essence de Bad News Brown survit Le 8 mai dernier a eu lieu a Montréal un spectacle hommage à Bad News Brown.Plusieurs artistes de la scène hip-hop et en provenance d’autres horizons se sont alors rassemblés au Metropolis pour un dernier coup de chapeau à cet homme qui en a marqué plusieurs.A coup de 20$ et 25$ le billet, les profits amassés au cours de la soirée ont été remis à une fondation au nom de Paul Frappier, alias Bad News Brown.Cette fondation vient en aide aux jeunes défavorisés vivant dans la rue et veut leur révéler des alternatives de vie à travers la musique.Aussi, l’argent amassé lors du spectacle permettra de produire les derniers enregistrements de Bad News Brown.Une façon pour plusieurs de garder en vie l’essence de Bad News Brown, de poursuivre dans la voie empruntée par Paul Frappier.WWW.refletdesociete.com 21 Prostitution La jungle DOMINIC DESMARAIS Britanny s’est prostituée de différentes façons.Elle a accueilli des hommes à son domicile en offrant ses services dans les journaux.Elle s’est déplacée chez des clients lorsqu’elle offrait son corps par l’entremise d’une agence d’escorte.Mais elle a commencé dans la rue.C’est sur la Sainte-Catherine et la rue Ontario qu’elle a fait ses premiers pas dans ce qu’elle nomme la jungle.Avant d’en faire son gagne-pain officiel, Britanny avait goûté au sexe contre rémunération à 17 ans, alors qu’elle vivait dans un centre jeunesse.En sortie les fins de semaines, des amis lui présentaient des hommes intéressés à coucher avec elle.Britanny, en lorgnant les bénéfices - des vêtements, du rouge à lèvre -n’y voyait que des bons côtés.Quand elle quitte le centre jeunesse, à 18 ans, elle est confrontée à la dure réalité d’une vie autonome.Le loyer ne se paie pas tout seul, l’électricité et la nourriture non plus.Encore moins le linge et les sorties.Un luxe, pour une jeune femme sans ressources qui aspirait à une vie de star.Elle voulait de l’argent facile, vite fait.Ce que la prostitution lui permettait.Ses quelques expériences, à l’adolescence, ne l’avaient pas rebutée, au contraire.Britanny n’a pas commencé dans la rue de force, poussée par le désespoir.La jeune femme, forte de caractère, avait choisi ce moyen pour satisfaire ses besoins de vivre dans le faste.«Je voulais goûter aux de la rue grands plaisirs: les bons restos, les bijoux, les beaux vêtements.J’avais un énorme besoin d’affection que je comblais avec de l’argent.C’était une solution temporaire à un problème permanent», dit-elle avec lucidité.La jeune femme recherchait la grande vie et s’affichait «J’ai toujours apporté une attention particulière à mon apparence.C’était important pour moi.Pas juste pour racoler les clients.» Britanny est fidèle à ses priorités.Elle a commencé à se prostituer pour s’offrir des grandes marques, pour se faire belle.Les visites au salon de coiffure, la manucure et le linge passent avant tout le reste.Ensuite viennent l’épicerie, les comptes et pour finir, la drogue.«C’est sûr que j’avais un budget pour la drogue.J’en avais besoin.C’était mon carburant.J’étais gelée mais ça ne paraissait pas.Je n’avais pas l’air d’une morte.» •r/ ,y Quand elle se prostitue sur la rue, Britanny consomme un peu de tout.Cocaïne, mescaline, speed, pot ou alcool.Elle en a besoin pour enlever une partie de son stress.Mais elle fait attention de ne pas trop consommer car elle veut rester alerte et ne pas attirer l’attention des policiers ni tomber sur de mauvais clients.Peu lui importe que les gens du quartier, ses voisins, la remarquent sur le trottoir.«C’est sûr que je croisais des gens que je connaissais.J’allais quand même plusieurs rues plus loin de chez moi.Et je ne restais pas plantée à un coin de rue, immobile.Je marchais beaucoup.Ça passait mieux.Ma préoccupation, c’était la police et les clients sur qui j’allais 22 WWW.refletdesociete.com tomber.Être reconnue par les gens, je n’y pensais même pas», assure la jeune femme.«Ça ne m’a jamais scandalisée d’être une prostituée.J’en étais une! Sauf que j’avais de la classe.Je n’étais pas un déchet.» Une rose parmi des épines Dans les quartiers crades d’Hoche-laga et du Centre-Sud de Montréal, Britanny détonait avec son style glamour.Au milieu de filles abusées, aux prises avec des maladies mentales, de gros problèmes de drogues, elle se sent comme une rose entourée d’épines.«Beaucoup de clients m’ont dit qu’ils ne m’auraient jamais embarquée si j’avais été une junkie, si j’avais eu l’air d’une morte.On m’a aussi demandé à plusieurs reprises si j’étais dans la police! J’étais trop belle dans le secteur.» choisissais.Je voulais gagner de l’argent.Pas me payer ma dose.» La cohabitation avec les autres prostituées n’a pas toujours été facile mais Britanny ne semble pas en avoir été troublée.«Je n’ai jamais eu de gros problèmes avec les autres filles.Je ne me mêlais pas, ne leur parlais pas.Il est arrivé qu’elles me crient après pour que je change de coin de rue.J’étais une menace à leurs yeux.Elles sont sur le crack et voient une fille qui pogne plus vite», raconte la jeune femme en soulignant que la rue est une jungle où chacune doit prendre sa place pour survivre.Britanny ne se gênait pas pour leur répondre.Mais comme elle préférait marcher, elle poursuivait son chemin ou les abandonnait en montant dans une voiture.ressenti le besoin d’être protégée.Aucun souteneur n’est venu l’aborder pour la forcer à travailler pour lui.«Je n’en ai jamais vu.Je ne sais pas comment ils fonctionnent.» L’art du racolage Britanny se déhanche en marchant jusqu’à ce qu’une voiture s’immobilise à sa hauteur.En s’approchant, elle demande au conducteur si elle peut l’aider.Elle attend qu’il aborde le sujet, lui demande ses tarifs pour telle ou telle faveur sexuelle.Si elle soupçonne qu’elle est en présence d’un policier ou si le client ne lui dit rien de bon, elle prend ses distances en prétextant ne pas être une prostituée.Sinon, elle l’informe de ses exigences monétaires et demande à être payée d’avance.Si le client est d’accord, Britanny monte dans la voiture.Ils se dirigent soit chez elle, soit vers un endroit isolé dans un secteur industriel, soit ils restent à l’intérieur du véhicule.«La plupart des clients refusaient de venir chez moi, ils disaient s’être fait faire les poches par d’autres filles, alors le plus souvent, ça se passait dans leur auto», explique la jeune femme qui faisait la rue uniquement de nuit.«C’était plus discret.Le jour, tu vois des femmes se promener avec leurs enfants.Je n’aurais pas pu supporter leur regard méprisant.» Britanny voit les autres filles à moitié nues marcher au beau milieu de la rue pour accoster les conducteurs.Elle les entend offrir leurs services sans discrétion.«J’en ai vu qui obligeaient les voitures à s’arrêter.Ouvrir la portière côté passager puis la refermer violemment avec un coup de pied rageur parce que le chauffeur ne voulait rien savoir.Une fille en manque, tout ce qui l’intéresse c’est de faire un client pour aller aussitôt chercher son crack.Elle va prendre n’importe qui et pour presque rien.Moi, mes clients, je les «Je n'avais pas le temps pour l'amour.Pour moi, le sexe, c’était pour faire de l'argent, pas pour le plaisir.» - Britanny Britanny se faisait sa place sans l’aide de personne.Elle n’avait pas de souteneur.«Moi, donner mon argent et dire merci, ça ne m’intéressait pas.» Grande de taille et dotée d’un tempérament volcanique, elle n’a jamais Tél.: 514.256.9000 1-877 256 9009 www.editionstnt.com •intervention Opération Graffiti L'histoire de la création du Café-Graffiti.Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d'aide et de soutien aux jeunes.Prix: 20,00$ plus 3,55$ taxes et transport L'Intervention de crise auprès d'une personne suicidaire Raymond Viger Les bases d'une intervention accessible à tous et des références utiles.Prix: 4,95$ plus 2$ taxes et transport ^ WWW.refletdesociete.com 23 Dans la rue, la clientèle est bien différente de celle qui a recours aux services d’une escorte.«C’est beaucoup plus dégueulasse», juge Britanny, sans préciser davantage.Les prostituées qui acceptent n’importe quoi attirent des clients aussi désespérés et ringards qu’elles.C’est pourquoi Britanny refusait plusieurs clients et préférait les plus âgés.«Les 50, 60, 70 ans.C’est moins excitant que des jeunes mais plus sécurisant.En général, ils ont plus de respect.Les jeunes ne veulent pas payer, ils négocient sans arrêt, demandent des extras.Les personnes âgées s’en tiennent au contrat passé.» Quand elle faisait la rue, Britanny s’arrêtait parfois prendre un verre dans un club.Elle y racolait d’autres clients.«Je m’assoyais au bar, dansais un peu.Quand un homme m’approchait, m’offrait un verre, je lui faisais comprendre que je tra- vaillais.Je ne prenais pas le temps de flirter.S’il n’était pas intéressé je ne m’attardais pas.J’étais en quête d’argent.J’avais toujours en tête: client, client, client.» Une vie sans amour A cette époque, Britanny ne pense pas vraiment à l’amour.Elle veut de l’argent.«C’est dommage parce que je suis passée à côté de bons gars qui auraient pu être mes chums.J’ai perdu plusieurs occasions.Mais je n’étais pas dans ce mood là.Je n’avais pas le temps pour l’amour.Pour moi, le sexe, c’était pour faire de l’argent, pas pour le plaisir.Quand je n’étais pas avec un client, c’était du temps que je prenais pour moi.» Son besoin d’affection, elle le comble avec les billets qui remplissent son portefeuille et lui permettent de dépenser son bonheur.Et Britanny a le regard de nombreux hommes pour sentir qu’elle est belle.«Oui, ça me remontait le moral.Ça me rassurait dans mes insécurités de savoir qu’on me trouvait belle.Plusieurs clients sont d’ailleurs tombés en amour avec moi», dit-elle amusée.Avec les moyens financiers de se gâter et les regards admiratifs.des hommes, Britanny s’est enfermée dans ses illusions: elle avait tout ce qu’elle désirait, elle vivait son conte de fée.Mais aujourd’hui, Britanny reconnaît que sa sexualité est fuckée.Elle doit réapprendre à vivre une relation saine, dans un cadre sain, «Avec quelqu’un de normal, pas pour de l’argent», assure-t-elle.Le défi est de taille.Après avoir rencontré autant d’hommes avec des exigences à satisfaire moyennant de l’argent, sans égard pour celle qui leur offrait ses services sexuels, elle doit aussi apprendre à faire confiance.férencer Référencer son blogue RAYMOND VIGER formateur agréé par la cpmt Comment assurer d’être bien référencé pour votre blogue?Comment fidéliser les internautes?Comment augmenter son trafic?Comment interagir avec les internautes qui commentent votre blogue?Le référencement d’un blogue répond à quelques règles de base très simples.Ce guide les vulgarise et vous présente des outils simples et gratuits pour vous permettre d’être vu et lu sans avoir à vous casser la tête avec de lourdes méthodes de référencement.9Q I?d* (+ 2.50$ TAXES a J/ O ^ ET TRANSPORT) Disponible aux Éditions TNT.4233 Ste-Catherine Est, Mtl.Qc.H1V 1X4.(514) 256-9000.Sur Internet sur www.editionstnt.com 24 f WWW, refletdesociete.com^ -$ Chronique du prisonnier Mon propre ennemi JEAN-PIERRE BELLEMARE, PRISON DE COWANSVILLE Je suis en prison depuis si longtemps que ma montre n’a pas assez de chiffres pour indiquer le nombre d’années.J’y suis pour plusieurs crimes.Le pire d’entre tous, c’est celui d’avoir déversé ma souffrance sur les autres alors qu’elle m’appartenait.Mon second crime, tout aussi grave, fut de ne pas avoir demandé de l’aide quand on me faisait mal ou quand je me sentais seul, triste, pas bon, pas aimé.Mon troisième crime ne laisse pas sa place non plus.C’est d’avoir désobéi à des gens qui voulaient mon bien.J’étais persuadé que personne ne pouvait comprendre mes problèmes ou mon malheur.Aujourd’hui, quand j’y réfléchis, je réalise qu’on ne pouvait me comprendre parce que je gardais tout ça au fond de mon cœur.C’est ainsi que j’ai abouti dans ma première prison.Chaque problème que j’ai caché ou ignoré s’est transformé en barreaux d’acier.Je me suis renfermé sur moi-même en croyant innocemment que si je jouais au dur, à l’insensible, je le deviendrais vraiment.Grave erreur.J’ai passé le trois quart de ma vie enfermé avec mes problèmes.Privé de mes amis, de ma famille, plus personne pour m’aimer.Ma dure leçon doit servir d’exemple pour aider les autres à demander de l’aide, de l’amour ou simplement du soutien lorsqu’ils en ressentent le besoin.Les pires prisons se trouvent dans le cœur de ceux qui souffrent et qui sont incapables de se libérer de leurs problèmes.Comme la plupart des prisonniers, j’ai abandonné l’école parce que je me croyais plus fin que les autres.J’ai pris de la drogue et de l’alcool pour oublier mes faiblesses au lieu de les affronter et les corriger.J’ai compris qu’à chaque fois que j’ai humilié quelqu’un en le rabaissant, c’était uniquement pour me détourner de mes propres bobos, de ma jalousie.Jusqu’au jour où j’ai décidé de réparer mes erreurs en évitant aussi de les répéter.Cela m’a fait grandir.Je respire plus facilement.J’apprécie maintenant les cadeaux que mes efforts me procurent.J’ai découvert de bien belles choses après avoir appris à demander de l’aide.Que la vie est véritablement jolie lorsqu’on prend le temps de sentir les fleurs sans les arracher car elles ne nous appartiennent pas.Qu’un sourire remplit un cœur mieux qu’un billet de banque.Que la gentillesse et la bonté adoucissent le malheur de ceux qui souffrent et embellissent le bonheur de ceux qui aiment.Je vous salue tous et vous invite à devenir des personnes heureuses.C’est ainsi que les parfums naissent, que les yeux s’illuminent et que les sourires se partagent.WWW.refletdesociete.com 25 GeIVERAHÈSMMEMBRE DE^lQl!lGES|DE|MOIVTRÉAL-NORD.IL A FAIT SON CHEMIN, PAR LA VIOLENCE.ETJLE CRIME.VALORISE RAUiRSlROJÜR SENE SEÎIOJîJRIDERRIiEREIRES BARREAUX b TyROmVÆIIfA%ViOIfON®EIDEBmçeNXîERDETCrE X .PHOTOS: FRANÇOIS LAPLANTE-DELAGRAVE Quand le gang débarque en prison Journal intime d’un membre de gang de rue qui veut s’en sortir; Général, membre très actif d’un gang de rue, change son fusil d’épaule et quitte le gang, À travers l’histoire de Général, Reflet de Société raconte la vie dans un gang de rue.La vie d’un Blood en Général Un Rouge en taule DOMINIC DESMARAIS Général célébrait son 18ème anniversaire en grand.Lui, le caïd sans peur et au portefeuille sans fond, méritait une fête digne des rois.Dans un hôtel loué pour l’occasion, ses amis et lui se promettaient un party qu’aucun n’oublierait.Il a reçu son gâteau par l’entremise de gens qu’il n’avait pas invité : le SWAT, l’unité policière spécialisée dans les interventions risquées.«On a entendu un hélicoptère.Puis les forces spéciales ont pointé leurs lasers sur nous.» En dehors de l’hôtel, Général est accueilli par une troupe de curieux.Les journalistes de TVA, TQS et d’autres médias sont là pour marquer la postérité.Général et ses amis deviennent des stars dans leur milieu.Un Rouge parmi les Bleus Général est arrêté pour un vol à main armée en 2002.Il passera 3 ans en prison.En attente de son procès, il est envoyé à Bordeaux.Il cohabite avec des criminels de tous les horizons.Mais les gens de son clan sont rares.Il est en territoire ennemi, chez les Bleus.«J’étais toujours sur le qui-vive.Je n’arrivais pas à bien dormir.Ce n’était pas Ç WWW.refletdesociete.com jj^ mon monde qui avait le contrôle.» Général est chanceux.Son cousin, un Bleu qui habite Saint-Michel, est aussi à Bordeaux.Avec ses comparses d’origine africaine, il prend Général sous son aile malgré son affiliation ennemie.«C’est ce qui m’a sauvé.Mon cousin et les Africains des Crips.» Bien que sur ses gardes, Général laisse sa nature s’exprimer.Lui, leader à l’extérieur, observe qui exerce le pouvoir dans le secteur de 180 criminels.Il remarque le président du comité des détenus, l’organe décisionnel après les gardiens, et rentre dans ses bonnes grâces.«Quand je suis arrivé, j’ai fait mes preuves avec le président.Quand il y avait un problème avec des prisonniers, j’étais avec lui, derrière lui.» Général s’intégre à ce point qu’il est élu sur le comité.Il en reçoit des avantages qui valorisent sa nature de chef.«Comme j’étais dans le comité, tout allait bien pour moi.On me donnait des cigarettes, je pouvais me servir en premier à la cafétéria.S’il y avait un événement, une friction, je m’en mêlais.Une fois, j’ai organisé une réunion.Tous les gars sont venus.Les skinheads, les Noirs, les motards, les Italiens.J’avais une chanson.Nous on danse le disco! Je les ai tous fait chanter.Les 180 gars!» Mais les jours paisibles de Général à Bordeaux s’achèvent.Un de ses frères, un Blood, vient le rejoindre en prison.Cette fois, le cousin et les autres Africains des Bleus ne veulent pas le protéger.Ils veulent sa peau.«Les Crips ont voulu le passer.Mais c’était un de mes amis.Je n’ai pas voulu.Alors je me suis battu contre eux pour l’aider.J’avais les Bleus et les blancs contre moi.Les skinheads étaient bien contents de voir des Noirs s’entre-tuer.Ils le disaient ouvertement.Et les Italiens, eux, s’en foutaient.La prison, c’est la prison.Un criminel, ça reste un criminel.» Général se retrouve seul contre la majorité.Son instinct de survie l’exhorte à la violence.Ce qui lui vaut un passage de cinq jours en isolation.Le trou, comme Général le surnomme.«Le plus dur, c’est quand ma mère me visitait.Elle pleurait tout le temps.Pourquoi tu m’as fait ça?» - Général Quand le gang Un blood parmi les siens Le jeune criminel est transféré au pénitencier de Rivières-des-Prai-ries, un établissement à sécurité maximum.Général est mis dans une aile, une wing, de Bogars: huit hommes de son clan.«J’étais avec mes gars, chez moi.Sauf qu’on est en prison.Il y a toujours un stress.Même s’il y avait des problèmes entre nous, je savais qu’ils représentaient Montréal-Nord, les Blood.Alors parce qu’on fait partie de la même famille, on réglait nos chicanes plus facilement.Mais si un détenu arrivait et qu’il n’était pas un membre, c’était plus difficile pour lui.Il devait faire le ménage le matin, nettoyer les tables.Sinon, on le tabassait.» peux pas quand tu es isolé, avec des Bogars.Il y en a un, super musclé, qui a voulu montrer qu’il ne se laisserait pas intimider.Qu’il n’avait peur de personne.Il s’en est pris au plus petit de la wing.Mais c’était un des nôtres.Il s’attaquait à nous! On lui est tous tombés dessus.Il avait beau être grand et fort, il n’as pas pu faire sa place.Plusieurs se sont fait rosser pour ça.» Après les entretiens avec sa mère, Général retournait à la cellule le coeur déchiré.Sur le coup, il ne réalise pas quel impact les larmes de sa mère ont sur lui et sa volonté de changer de vie.n’est pas parce que tu es un membre influent d’un gang que tu ne te feras pas corriger.En prison, c’est la loi du plus fort.Et le plus fort, c’est le groupe le plus nombreux.» La vie en prison est régie par des règles.Ceux qui les transgressent se font rappeler à l’ordre sévèrement.«Certains entrent en prison sans en avoir la mentalité.Ils pensent qu’ils doivent faire leur place.Mais tu ne Ce qui est vrai en territoire des Bogars l’est aussi chez les Bleus, les motards, les maffieux.«En dedans, les motards se font taper.Ce n’est pas parce que tu es patché que tu ne te feras pas tabasser.Tout comme ce L’air frais Général sort toutes les semaines de son univers carcéral.Quatre fois par semaine, il reçoit des visiteurs pendant une heure: ses parents et ses grandes sœurs ainsi que ses copines.«J’avais beaucoup de copines! C’est elles qui venaient me voir.En prison, c’est juste les filles qui viennent.Tu peux compter sur les doigts de ta main le nombre de gens qui sont là pour toi.Ça me faisait sortir de la wing.C’est ce que j’appréciais le plus.Surtout quand mes copines venaient.Le plus dur, c’est quand ma mère me visitait.Elle pleurait tout le temps.Pourquoi tu m’as fait ça?» Après les entretiens avec sa mère, Général retournait à la cellule le L r.1 à,V ! 28 WWW .refletdesociete.com débarque en prison cœur déchiré.Sur le coup, il ne réalise pas quel impact les larmes de sa mère ont sur lui et sa volonté de changer de vie.Malgré les moments pénibles qu’il vit en sa compagnie, il se considère privilégié d’avoir une famille qui tient à lui.Il compare sa situation avec celle de ses co-détenus qui ne reçoivent aucune visite.«Dans le milieu des gangs, il y en a beaucoup qui n’ont pas de famille.C’est pour ça que le phénomène est difficile à arrêter.Les jeunes y trouvent la famille qu’ils n’ont jamais eue.A Montréal-Nord, on était un bon groupe.Au moins une trentaine des gars n’avaient pas de famille ou avaient été reniés par leurs parents.Ils dorment dans la rue ou squattent chez des amis.Ils n’ont pas une cenne.Tout ce qu’ils recherchent, c’est un lien d’appartenance.Ils vont être les premiers à descendre quelqu’un qui cause problème.Ils sont plus dangereux parce qu’ils n’ont rien à perdre.Pour eux, faire de la prison, ça leur donne un break.» Le magouilleur Si les visites de sa famille font naître chez lui un début de questionnement, Général n’est pas encore au stade du changement.Il est aussi business en dedans qu’au dehors.«Je vendais, en prison.J’ai essayé de faire entrer du stock par une copine.Je le faisais mettre par un ami dans des chaussures que je lui avais demandé de m’apporter.Elle s’est fait prendre.et elle ne le savait pas! Elle m’en veux encore pour ça! J’ai tout admis.Elle n’a pas eu de conséquences.Ce n’était pas la première à qui ça arrivait.Les gardiens sont habitués!» Ses copines sont surveillées, Général développe une autre stratégie pour fournir les autres détenus en WWW.refletdesociete.com -^- pot.«J’allais voir d’autres prisonniers qui n’avaient rien à manger, qui n’avaient pas d’argent.Je passais par eux pour qu’ils reçoivent des gens qui leur apportaient mon stock.Et si jamais ils se faisaient prendre, ils me devaient la valeur de ce qui était saisi!» Général devient plus fort.Les autres détenus lui doivent leur niveau de vie amélioré.Et s’ils ne veulent pas le perdre, ils doivent répondre aux demandes du jeune caïd.Général écoule sa drogue contre des cigarettes qui remplacent le dollar, à l’intérieur.Ou le détenu demande à un ami à l’extérieur de déposer de l’argent dans le compte du jeune Blood.«Je fumais beaucoup! Mais je faisais pas mal d’argent! Je faisais fumer toute la wing\» Avec cet argent et les cigarettes, Général s’offre de la nourriture au marché noir de la cantine, comme on l’appelle: du riz, des nouilles gattuso et du thon.Le soir, Général et ses amis se regroupent pour une bouffe collective.«Même les motards mangeaient leur riz et leur gattuso avec nous! J’ai fait beaucoup de contacts, en prison.Surtout avec les patches.On les protégeait, dans notre wing.Ils sont devenus des frères.Et ça m’a aidé, une fois sorti de prison.Quand mon monde avait des problèmes d’approvisionnement, qu’on ne trouvait pas de fournisseurs, j’allais voir mes contacts personnellement.C’est sûr que tu as plus confiance quand tu as passé du temps avec quelqu’un en dedans.» Enfin libre Arrive le jour tant attendu.Après trois années, Général est libéré.Il a 21 ans.Il ne connaît rien d’autre que la dure réalité de la rue.«Je suis revenu assez vite à ma vie.Dès queje suis sorti, dix de mes gars m’attendaient.On a fêté ça! Mais on a failli être arrêtés parce qu’on faisait trop de bruit!» Général retournait dans sa famille.Mais insidieusement, l’expérience de la vie carcérale venait de le changer à jamais.Il ne le comprenait pas encore.Avec le recul, il réalise que c’est de là que son questionnement sur son mode de vie a pris naissance.C’est la prison qui lui aura fait quitter les Blood.Même s’il lui a fallu des années pour y parvenir.29 Témoignage d’un survivant Les cascades de la vie DIDIER TREMBLAY Yanick ne devrait pas être en vie.Victime d’un sévère accident de voiture à 17 ans, les médecins ne lui donnaient pas 24 heures à vivre.Vingt ans plus tard, il regarde tous les obstacles qu’il a eu à franchir après avoir vaincu la mort.Rien ne distinguait Yanick des autres adolescents.Doué à l’école au début du secondaire, le divorce de ses parents l’amène à vivre une crise d’adolescence mouvementée qu’il noie dans l’alcool.Sensible comme bien des jeunes de son âge.10 JOURS DE COMA Yanick est emmené à l’hôpital d’urgence.Son état est critique.«Le premier diagnostic ne me donnait pas plus de 24 heures à vivre.Puis, à la fin de la journée, on me donnait 48 heures.Une fois ce délai passé, les médecins n’avaient plus aucune idée.Mais vu l’impact et les dommages à mon cervelet, ils prévoyaient 16 mois de coma.Et plus tu restes dans le coma, plus les séquelles sont graves.» Face à face avec la mort La journée s’annonçait joyeuse.Le 21 décembre 1990, à l’ap-pro-che de Noël, Yanick et deux de ses amis vont en auto faire leur magasinage des fêtes.Le jeune homme est à l’avant, côté passager.Son ami est à l’arrière.Martin, un de ses meilleurs amis, conduit.Les trois sont de bonne humeur.Ils ne sont pas sous l’effet de l’alcool ou de drogues.La voiture ne roule pas à pleine vitesse.Malgré tout, leur vie bascule en une fraction de seconde.«Mon médecin est venu me dire qu’il ne pensait pas que je serais capable de parler et de marcher.Il m’a énuméré plein de choses que je ne pourrais plus faire.Ma paupière droite était fermée, mon bras droit ne levait pas.Alors j’ai levé mon gauche et je lui ai présenté mon majeur.» - Yanick halluciné mes amis, mon accident.A travers la fenêtre de ma chambre, à l’hôpital, je voyais la neige.Mais je n’en avais pas conscience.Je ne savais pas qu’on était en hiver.» Réadaptation impossible Un malheur n’attend pas l’autre.Yanick doit subir une trachéotomie après que le tube qu’on lui mettait dans la bouche pour le nourrir ait touché ses cordes vocales qui ont enflé.Son traumatisme crânien paralyse tout son côté droit qu’il ne peut bouger.«Mon médecin est venu me dire qu’il ne pensait pas que je serais capable de parler et de marcher.Il m’a énuméré plein de choses que je ne pourrais plus faire.Ma paupière droite était fermée, mon bras droit ne levait pas.Alors j’ai levé mon gauche et je lui ai présenté mon majeur.» Ils sont victimes d’un face à face.Sous l’impact, le passager à l’arrière est projeté vers l’avant.«Il n’était pas attaché.Il m’est rentré dedans.» Le cervelet de Yanick, qui régule la fonction motrice de son corps, absorbe le choc.«Plus tard, le médecin m’a expliqué que c’est ce qui contrôle le cerveau et que, dans l’accident, c’est comme s’il avait été dans un malaxeur.» Le 31 décembre, soit 10 jours plus tard, Yanick émerge à la surprise générale et contre toutes les prévisions médicales.«Je ne reconnaissais pas ma mère, mes amis.J’ai reconnu le père d’un de mes amis mais lui, je ne l’ai pas reconnu!» Le jeune homme est confus, désorienté.«Le coma, je ne le souhaite à personne.C’est le néant total.Quand tu te réveilles, tu n’as aucune idée qui tu es.J’ai Yanick développe une volonté de vivre qu’il ne se connaissait pas.Il puise dans cette énergie pour se battre.«Ma mère était tout le temps avec moi, à l’hôpital.Il y avait souvent des amis qui venaient me visiter.Mais je me sentais seul parce qu’ils ne pouvaient pas se battre pour moi.Quand tu es dans un lit d’hôpital et que la moitié de ton corps ne bouge plus, tu ne sais pas ce qui se passe.J’ai dû me la poser, la question: est-ce que j’abandonne?La réponse la plus facile, c’est oui.Mais je me suis convaincu que je pouvais réussir.» 30 ( WWW.refletdesociete.com'ï —.1?.-.} Le jeune homme est déterminé.Il va faire mentir tous les médecins qui ne croient pas qu’il se relèvera un jour.Il travaille sur son attitude.«Quelqu’un est entré dans ma chambre et je l’ai entendu dire: “C’est dont de valeur, t’étais si fin.” Je l’ai mis dehors immédiatement.Je n’avais pas besoin de ça.D’autres me disaient: “tu dois être furieux contre Martin qui conduisait.” Ben non.Je ne pouvais pas me payer le luxe d’avoir de la haine envers qui que ce soit.Fallait que je me batte pour moi, pour ma survie.» A l’hôpital Charles-Lemoine, Ya-nick force son corps à lui répondre.Il doit réapprendre à parler et à marcher.«Je me fâchais souvent! Parce que réapprendre ces choses naturelles, à 17 ans, c’est dur.» Il parcourt inlassablement l’étage sur lequel il se trouve.«J’étais censé être avec une marchette.Mais je n’ai jamais voulu.» Quand il remarque que les infirmières le regardent, il s’accroche à la rampe pour qu’on ne lui impose pas de marchette.Après 3 mois et demi, il obtient son congé de l’hôpital.«Et je suis sorti sur mes deux jambes», dit-il fièrement.K: Un survivant Un an après son accident, la vie de Yanick reprend son cours.Il est en réadaptation pour rééduquer son côté droit, paralysé.Il est de retour à l’école, conduit sa voiture et joue même au rugby.«Je suis retourné voir mon médecin parce que j’avais un problème de crampe à la main.Ça me dérangeait, pour l’école.Le médecin, dès qu’il m’a vu, m’a dit de sortir tout de suite de son bureau : Yanick, tu ne devrais même pas être en vie.Tu devrais au mieux être un légume.Et tu marches, tu conduis, tu vas à l’école.Tu l’as fait tout seul.Alors fais la même chose pour ta main.» Lejeune homme sort revigoré de cette rencontre.Il réalise à quel point sa volonté est puissante.Il termine son secondaire puis s’inscrit aux HEC.Faute de moyens financiers, il doit quitter avant d’obtenir son diplôme.Ce qui déçoit l’un de ses professeurs qui appréciait sa présence et son implication.«Si ça n’avait pas été de mon accident, je ne sais pas ce que je ferais aujourd’hui.Mais depuis, je ne peux pas me contenter de juste être bon.Il faut que je me dépasse.C’est mental.C’est moi qui me mets cette pression.C’est ce qui m’a fait tripper, avec la réaction de mon prof aux HEC.Je pensais que j’étais juste bon.Mais quand il m’a demandé de ne pas abandonner son cours, j’ai compris que j’étais plus que bon.» Yanick sent que sa volonté peut lui permettre de faire ce qu’il désire.Et comme il a déjoué la mort, il savoure la vie à chaque instant.En chemin pour sa séance de réadaptation, il remarque une agence de casting.«Je me suis dit, tiens, je pourrais faire ça, moi.Alors je suis allé suivre des cours de cinéma.Quand on me voyait jouer, les gens disaient “wow!” J’ai fait une pièce de théâtre.J’avais le rôle principal.Oui, il fallait que je travaille plus fort pour mémoriser mes textes.Mais j’ai le caractère pour ça.» WWW.refletdesociete.com -^- 31 PHOTO: AS Bidault Yanick assure qu’il avait plusieurs contrats.Jusqu’au jour où il parle de son accident et de son traumatisme crânien.«J’ai été catalogué: inca-pable, handicapé.J’ai senti la dif-férence.Alors j’ai fait de la figuration et du doublage.» Yanick n’en veut à personne.Comme pour son accident, il ne dirige pas sa rage vers les autres.Il s’en sert pour se motiver.Il veut être membre de l’Union des Artistes (UDA).Personne ne va l’en empêcher.Plutôt que d’être acteur ou comédien, Yannick développe ses aptitudes de cascadeur.Et c’est au siège social de l’UDA qu’il croise celle qui est devenue sa femme.C’est aussi pour elle qu’il abandonne le métier de cascadeur.«Je n’en fais plus! Parce que, quand tu es cascadeur, ce n’est pas juste au cinéma.Tu le deviens dans la vie!» Yanick regarde le chemin parcouru ces 20 dernières années.Il n’est pas peu fier.«Qui aurait cru en 1990, alors que j’étais sur mon lit d’hôpital, que je serais devenu membre de l’UDA et marié avec un bijou de femme?Je ne devais même pas survivre! La vie m’a donné une deuxième chance.Et je l’en remercie.Mais j’ai eu des périodes difficiles.C’est fou de voir la réaction des gens une fois qu’ils savent ce qui m’est arrivé.Alors j’en parle rarement.Parce que les gens ne comprennent pas.Même les médecins ne comprennent pas.Je devrais être mort.Ou un légume.Et je veux plus que n’importe qui.Ça dérange.Ça fait chier.Mais ça ne fait que commencer.Je n’ai même pas 40 ans encore!» Yanick aime la vie.Il touche un peu à tout.Il a travaillé auprès d’handicapés, de gens qui ont vécu un traumatisme crânien.Il fait des conférences de motivation pour expliquer comme la vie est belle et ce que la volonté en chaque personne peut faire.Et il pense retourner aux HEC, pour terminer ce qu’il a commencé.Parce qu’il ne veut pas juste être bon.Il veut être le meilleur.«Quelqu’un est entré dans ma chambre et je l’ai entendu dire: “C’est dont de valeur, t’étais si fin.” Je l’ai mis dehors immédiatement.Je n’avais pas besoin de ça.» - Yanick ÇojBP*» 32 (www.refletdesociete.com I © Je m'abonne 1 an - 6 nos.37,95$ 2 ans - 12 nos.65,99$ 0 3 ans - 18 nos.89,95$' taxes incluses ?Membre privilégié 25$ et plus International 39$ Cad.1 an.Chèque ou mandat à l'ordre de Reflet de Société 4233, Ste-Catherine Est Montréal, QCH1V1X4 »> ’ Aide juridique Hochelaga t Protection de la jeunesse (DPJ) ! Info-Santé Centre antipoison (514) 864-7313 1-800-665-1414 811 1-800-463-5060 Centre de référence du grand MTL (514) 527-1375 '(smamsmm»» m ¦ Tracom (centre-ouest) Iris (nord) L’Entremise (est, centre-est) [’Autre-maison (sud-ouest) , Centre de crise Québec L’Ouest de l’île ’ L’Accès (Longueuil) Vchipel d’Entraide 3révention du suicide (urgence) (514) 483-3033 (514) 388-9233 (514) 351-9592 (514) 768-7225 (418) 688-4240 (514)684-6160 (450) 468-8080 (418)649-9145 (418) 683-4588 Toxic-Action(Dolbeau-Mistassini) (418) Centre Jean-Lapointe Mtl Adulte (514) [Le grand chemin Québec Jeunesse (418) Pavillon du Nouveau point de vue (450) Urgence 24 hres ' b Portage Centre Dollard-Cormier Jeunesse Centre Dollard-Cormier Adulte Le Pharillon Drogue aide et référence Un Foyer pour toi L’Anonyme (514) (450) (514) (514) (514) 1-800- (450) (514) (514) (514) (450) (514) (418) (514) (418) (418) (418) 276-2090 288-2611 523-1218 887-2392 288-1515 224-2944 982-4531 385-0046 254-8560 -265-2626 663-0111 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I#l21 GroUpeBaoraao,Xp^soc- LOJIQ appuie de jeunes adultes en démarche d'insertion socioprofessionnelle, comme les participants au projet d'initiation à la coopération internationale, Eldorado, au Guatemala, afin qu'ils puissent réaliser une expérience enrichissante à l'étranger et effectuer un retour aux études ou sur le marché de l'emploi.Les Offices jeunesse internationaux du Québec OFQJ • OQAJ • OQMJ • OQWBJ Quand un homme accouche.RAYMOND VIGER À la suite de plusieurs expériences douloureuses, l'auteur présente l'accouchement de son enfant intéreur.En quête de sérénité, il se laisse guider par cet enfant Ce roman est le premier d'une trilogie présenté dans sa version originale, il a été réécrit pour être inclus dans L'Amour en 3 Dimensions qui présente la trilogie complète.Après la pluie.le beau temps RAYMOND VIGER On ouvre ce recueil au hasard et on se laisse bercer par ses textes remplis d'émotions et de sagesse.Chaque histoire nous permet de découvrir les différentes émotions qui nous habitent Une aide lorsque nous traversons une période de crise, un soutien vers l'expression de nos émotions.L’Amour en 3 Dimensions RAYMOND VIGER il i , * * li k i ç #4 ¦ .* i, l'auteur nous présente différentes facettes Par ce roman, B1 l'amour.Chaque événement qui nous bouscule ap-rte un petit cadeau qu'il nous faut découvrir.Tantôt humoristique, tantôt teinté d'émotions, ce roman nous enseigne quelque chose de magique.jm son iardin inténeur ^q'TIO Ns Disponible dans toutes bonnes librairies.En ligne www.editionstntcom Par la poste 4233 Ste-Catherine Est Montréal.Qc H1V1X4 (514)256-9000 Ajouter 2,95$ pou r la taxe et les frais de livraison) .q\TIO/\^ là En achetant un T-Shirt ou un Sweat-shirt du Café-Graffiti, VOUS SOUTENEZ NOTRE INTERVENTION AUPRÈS DES JEUNES.GRANDEUR: S • M • L • XL ¦ riAi 9,95$ GRANDEUR: S • M • L • XL Prix: plus 6,95$ taxes et transport plus 3,55$ taxes et transport Merci de montrer vos couleurs ET POUR VOTRE SOUTIEN.Tél.: 1.877.256.9009 Tél.: 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