Le journal de la rue, 1 janvier 1997, Septembre - Octobre
5ième anniversaire 1992 -1997 \OURNAL Dp PEE BNQ oumal de la Se sensibiliser pour mieux vivre Vol.4 n° 4 • septembre / octobre 1997 2 $ permet de poursuivre notre but: être présent et soutenir ceux qui en ont besoin Montréal Ville Internationale du graffiti Des Ados au Casino Editorial Raymond Viger MONTREAL: Ville internationale du graffiti Un besoin de “triper” pour certains, de montrer qu’ils existent pour d’autres ou encore d’exprimer une révolte, un non conformisme, un refus d’adhérer à une société qui n’est pas la leur, les graffiteurs s’approprient les murs de la ville.RÉACTIONS D’ADULTES La Ville de Montréal recense de plus en plus de graffiti sur ses murs.Plusieurs réactions surgissent; certains vont prôner la tolérance zéro et partir à la chasse aux graffiteurs, d’autres vont tenter de créer des espaces autorisés pour le graffiti.Les émissions à sensation, profitant de cette nouvelle mode, présentent de plus en plus les graffiteurs.Insistant sur le côté illégal et le “thrill” de se faire poursuivre par la police, certaines de ces émissions ne couvrent les événements qu’en montrant une seule facette de ce monde en ébullition, celle qui fait leur affaire pour augmenter la cote d’écoute.Ces médias, qui ne font que valoriser l’illégalité du graffiti, sont-ils conscients qu’ils deviennent des promoteurs et des complices de l’illégalité?Sont-ils conscients qu’ils font réagir les graffiteurs et la population?Nous sommes loin de l’intégrité journalistique.Les graffiteurs deviennent-ils du "cheap labor" pour ces émissions?ACTIONS DU MILIEU Le Journal de la rue a décidé de se mouiller.Par notre présence dans différents milieux de vie, nous côtoyons des graffiteurs.Question de mieux les connaître, mais aussi d’être un acteur significatif pour ce monde qui ne demande qu’à prendre sa place, l’équipe du Journal de la rue a créé son «projet graffiti» pour amener une nouvelle couleur dans son intervention sociale.Notre position est d’identifier les besoins des jeunes graffiteurs et de les aider à les satisfaire.La direction exacte de ce projet n’est connue de personne puisque ce sont les jeunes qui en maîtrisent l’orientation.En créant une relation privilégiée avec des graffiteurs, nous devenons des adultes significatifs qui peuvent les aider à structurer leurs besoins.Pour certains de ces jeunes, nous sommes les premiers adultes responsables et significatifs qu’ils rencontrent.Comme dans tout phénomène social, le graffiti représente une énergie qui ne demande qu’à être libérée.Par la créativité et l’échange, le graffiti peut prendre sa place au soleil et se canaliser positivement.L’énergie que représente le monde du graffiti est énorme.Elle peut changer la couleur d’une ville, d’un pays.Aucune ville n’est assez grosse pour la contenir à elle seule.Pour lui donner sa place, elle aura à déborder les frontières de Montréal.En canalisant positivement cette énergie, nous aurons droit à un déluge de créativité.TÉMOIN DU FUTUR L’avenir d’une société passe par les jeunes.Le Journal de la rue profitera de sa présence auprès des jeunes pour vous ramener, dans ses écrits, quelques-uns des chapitres qui s’inscrivent à tout jamais dans l’histoire de notre société.2 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ Volume 4 numéro 4 Septembre-octobre 1997 Tiré à 5000 exemplaires Publication bimestrielle Coordination et rédaction Raymond Viger Design et infographie Danielle Simard Révision et correction Lorraine Pominville Collaboration Manon Boutet Luc Dalpé Gaston Rennhart Daniel Roy Francis Ennis Martin Roger Lisette Forget Julie Sirois Serge Daigneault Christian L’Archevesque Denis Marquette Le groupe Etchetera Merci à tous nos bénévoles La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécunier des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins apparaissant dans Le Journal de la rue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous aimerions recevoir vos commentaires, votre vécu.Ne vous gênez pas pour nous écrire: textes, dessins pour une publication éventuelle.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Ail Associa «on des AMECQ:~ Dùtri/bution AssejVmontée A@DA SOMMAIRE Editorial Femme au travail: Poser ses limites Sa maîtresse: la cocaïne La dépendance affective Lettre à mon enfant Claude Turcotte en direct Un jeune parmi les jeunes: François Blais Rhythm and Poesy L’histoire D’ETCHETERA Le gambling et les jeunes Des ados au casino Les vidéo poker Quand un spécialiste devient un généraliste Maison de jeunes Vers le Centre-Ville de Montréal Une feuille à la fois Artothèque de Montréal La polution sonore Courrier de Jo-Ananda Moyima 2 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 17 18 19 20 21 22 23 ÊTRE JEUNE, ORIGINAL ET DYNAMIQUE C’EST APPUYER LE JOURNAL ABONNEZ-VOUS! 6 NUMÉROS PAR AN POUR 20$ Nom:___________________________________________ Adresse:_______________________________________ Ville:____________________Code Postal:_________ Téléphone:________________Fax:_________________ Nom de l’organisme:____________________________ Chèque ou mandat à l’ordre du Journal de la rue C.P.180, Suce.Beaubien Montréal, (Québec) H2G 3C9 Tél: (514) 728-6392 Fax: (514) 728-0411 Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail est bienvenue Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 3 Femme au travail: Poser ses limites Manon Boutet I Savoir poser ses limites, pas toujours facile, ni évident J’ai dit oui toute ma vie, à tout le monde.Je me suis pliée aux exigences de tous et chacun.Trop souvent, j’ai dit oui alors que j’avais envie de dire non.Trop souvent, j’aurais voulu dire non mais j’en étais incapable par peur de décevoir.Pourquoi poser mes limites?Pour être respectée au travail, dans mes relations avec les autres, avec mon conjoint.Quand je ne pose pas mes limites, je joue le jeu de la performance et ne me respecte pas.Mon besoin d’être en harmonie avec moi-même et de prendre ma vie en main m’a poussée à me respecter davantage et ce, dans tous les domaines de ma vie.Mais le jour où je me suis réveillée avec la ferme intention de poser certaines limites, mon entourage a eu tout un choc.J’ai perdu beaucoup d’amis, même mon employeur ne me reconnaissait plus.Tellement habitués de me voir faire tout ce qu’ils voulaient, les gens pensaient que j’étais en pleine dépression.Il est tout à fait normal que mon entourage se sente perdu face à ma nouvelle façon de vivre.Plusieurs personnes trouvent agressant de se faire dire non.D’autres me tournent le dos, mais je ne lâche pas.J’affirme mon besoin, j’explique que je n’ai pas envie de faire ceci ou cela.Je réexplique que ce n’est pas par manque d’énergie ou de bonne volonté si je dis non.Tout simplement, je n’ai plus envie de me faire imposer des choses.Je ne cesse de répéter que je ne suis ni dépressive, ni agressive.Pour être bien avec moi-même et les autres, j’ai tout simplement décidé de me respecter.Si j’ai envie de dire non, alors je dis non; si je n’ai pas envie de voir une telle personne, alors je ne la vois pas.Ceux qui ne m’acceptent pas dans mes choix, je les respecte quand même dans les leur.Respectons nos limites et acceptons les réactions des autres.100 \ LIMITE RME DES POUPÉES» Sont ah Ontario (jàr) SHIRLEY TEMPLE BARBARA-ANN SCOTT RENSEIGNEMENTS : (514) 252 8687 4 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ Mélissa SA MAITRESSE: LA COCAINE Une histoire de mensonge, de trahison, d’infidélité et de manipulation, ou quand l’amour fait place à la dépendance.Celui que j’aime abuse de ma confiance, il me ment, invente des histoires à dormir debout, trahit ses propres valeurs.Il me délaisse pour sa maîtresse, la cocaïne, celle qui prend toute la place.Quand il revient après trois ou quatre jours sans signe de vie, ni téléphone, aux petites heures du matin, les yeux hagards, il me regarde, s’excuse, promet de ne plus recommencer.Et moi qui l’aime tellement et veut lui venir en aide, je lui pardonne et continue à croire en lui.Ça dure trois jours, parfois plus, puis ça recommence.Il repart sans donner de ses nouvelles.Il finit toujours par revenir, mais cette fois il y a dans ses poches des factures de motels.Il me jure qu’il était seul, trop «gelé» pour être capable de rentrer.Je le prends encore en pitié parce que je veux qu’il s’en sorte, parce que je l’aime.Je suis prête à tout pour continuer cette relation.Plus j’accepte ses mensonges, plus je deviens dépendante de sa maladie.Prise au piège, je m’enfonce dans les ténèbres, ne dort plus, ne fait que pleurer.Mais, il ment tellement bien que l’espace de quelques instants, je crois qu’il veut vraiment s’en sortir.Tout ceci n’est qu’illusion, il se fout de moi, je ne suis pour lui qu’une béquille.S’il m’aimait vraiment, il aurait envie d’être avec moi, sans me mentir ni abuser de ma confiance.Il aurait un comportement qui me sécuriserait au lieu de me mettre dans tous mes états au point que je me retrouve seule dans un déséquilibre émotionnel.Pourquoi jouer au sauveteur ou au thérapeute avec un homme qui ne me respecte pas?Comment pourrait-il me respecter, alors qu’il ne se respecte pas lui-même, qu’il est devenu un parfait manipulateur?Je devrais plutôt partir loin, le plus loin possible et tenter de refaire ma vie.Dans mes rêves les plus fous, je me vois refaire ma vie avec un homme honnête, franc et disponible.Pourquoi ai-je besoin d’aller plus loin dans cette relation, c’est peut-être ce que je mérite.Mais des gars comme lui, je peux en trouver à tous les coins de rue.Je mérite certainement mieux qu’un homme qui préfère son petit tas de poudre blanche, sa maîtresse, sa cocaïne.Les premières semaines, je sais que ce sera difficile de me sortir de cette relation à sens unique.Mais il faut que je prenne ma vie en main, que je tourne la page pour poursuivre mon chemin.Sa maîtresse, la cocaïne, c’est le chemin que lui a choisi; à moi maintenant de choisir le mien.SENS UNIQUE RIMOUSKI Domaine entrée libre au coeur de l ’action où dans le champ terrestre pleut des étoiles de mer Maison itinérance vision de Terre promise sur le sol des idées je dors dans la rue dans ce chantier où une fente appelle à la naissance du monde sourire du macadam dans une complainte de rues dormir sur cette Terre promise à la pensée perdue sortir de l’anonymat quand je vois surgir du béton usuel un paysage urbain amoureux de sa frontière Ma chambre dans la maison cherche un espace où résider je vais naissant de ma propre mort j’ai peur je ne comprends pas je suis créateur je vais naître au présent accoucher de moi-même et renaître à la vie Chaise mariage voile d’une blanche vague où je m’installe confort able ment Louise Brouillet 6 juillet 1997 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 5 La dépendance affective WÈÈÊiÊÊÈÊÊËÊÊÊ Lisette Forget Cette lettre est dédiée: À tous les dépendants quelque soit votre consommation je vous aime et je comprends votre souffrance.Bonjour, je m’appelle Lisette.Je suis une femme qui aime trop, je suis dépendante affective.J’ai voulu mourir à cause d’une séparation, j’ai cru que la cause de ma souffrance était la séparation.Je croyais que je n’avais pas de problèmes, je ne buvais pas, je ne prenais pas de drogue.J’ai tout de même cherché de l’aide auprès d’une psychologue.À un moment, je lui ai demandé à quel jeu je jouais, je voulais revenir avec mon mari, je repartais, je ne comprenais pas; c’était bien beau de dire que je l’aimais, mais je savais très bien que je n’acceptais plus cette relation qui me faisait souffrir.Elle m’a dit de lire Ces femmes qui aiment trop, de Robin Norwood.Dans ce livre, je me suis reconnue.J’ai vécu dans une famille dysfonctionnelle, j’avais très peu d’estime de moi, je refaisais le même “pattern” que mes parents et j’aurais tout fait pour garder vivante la relation avec un homme.J’ai peur des hommes, mais j’ai aussi peur de moi.Sans un homme, je ne suis rien comme si je n’existe pas; j’ai besoin d’un homme pour me sentir bien, être quelqu’un, me sentir aimée, protégée et en sécurité, me sentir femme et digne.Je ne vis que pour lui et s’il a un problème, je veux le changer et le sauver.Etre en relation avec un homme est devenue ma drogue, ma consommation, mon obsession.Je vis dans la passion, l’attente, le rêve, l’espoir, l’illusion et je prends les autres en pitié.Je ne me trouve pas belle, je me laisse contrôler, abaisser, je ne m’affirme pas, je n’ai pas confiance en moi et je me sens coupable de tout et de rien.J’ai peur du rejet et sans m’en rendre compte j’achète l’amour, tout cela dans le seul but qu’on m’aime.J’ai voulu laisser une autre relation dans laquelle je n’étais plus bien mais j’avais de la difficulté, alors j’ai demandé à Dieu de m’aider et j’ai ressenti ce grand vide affectif.J’ai lu le livre, Apprenez à rompre sans difficulté, de Halpem Howard, qui m’a beaucoup aidé.J’ai réalisé que je suis portée à m’engager à fond ou à m’isoler jusqu’à ce que ça fasse tellement mal que je ne puisse plus le supporter.Aujourd’hui, j’ai changé et je n’attire plus le même genre d’homme, j’ai appris à combler mes besoins et à faire des choix.Aujourd’hui, j’ai laissé monter vers moi les émotions de mon enfance que j’avais refoulées.J’ai pleuré, j’ai pardonné à moi et aux autres et je m’en suis libérée.J’ai appris à me connaître et à m’aimer.Aujourd’hui, je me sens être une belle femme et je me sens en paix et heureuse dans un équilibre affectif.Je ne ressens plus ce grand vide affectif qui me faisait tant souffrir.Merci à moi, Lisette, qui a eu beaucoup de courage.Merci à ma psychologue, Céline Drolet, qui m’a toujours supportée dans mes moments les plus difficiles.Merci à ma soeur, Ginette, qui a cheminé avec moi pendant sept ans et qui m’a beaucoup aidée avec ses forces.Merci à toi, Seigneur, qui m’a toujours envoyé là bonne personne au bon moment pour m’aider à me connaître et à m’aimer.6 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ Le groupe d’entraide aux Pères et de soutien à l’Enfant Danielle Simard p||» ; .I118IIII Lettre à mon enfant Un flot de souvenirs remonte en moi, tel une vague de fond qui cherche à évacuer la pression accumulée.Je me souviens des repas que nous avons partagés ensemble dans des élans de joies et de fou rire.Je nous revois inventer de nouveaux jeux pour agrémenter les après-midi tristes et ternes.Malgré ton jeune âge, nous avons su développer une complicité qui nous unissait, un sourire, un regard échangé nous permettaient de vivre des instants privilégiés.Plein de questions remontent en moi depuis que ta mère et moi sommes séparés et que la société m’interdit de t’approcher et de te parler.Est-ce que l’éloignement que nous vivons présentement te fera oublier qui je suis?Lorsque viendra le temps où nous pourrons être réunis à nouveau comment se passera cette rencontre?Serais-je pour toi un étranger qui te fera peur?Devrais-je à nouveau reconquérir ton amour et ta confiance?Comment me percevras-tu, moi ton père?Penseras-tu que je t’ai abandonné, que j’ai coupé les ponts parce que je ne t’aimais plus?Autant de questions qui restent présentement sans réponse puisque je ne peux partager avec toi les angoisses qui m’habitent.J’attends anxieusement le jour où l’on se retrouvera et où nous pourrons échanger ce que nous avons vécu durant ce temps d’absence.Je conserverai cette lettre et toutes les autres que je prendrai le temps de t’écrire pour qu’elles soient le témoin vivant de tout l’attachement que j’ai pour toi.Lorsque le temps viendra, je te transmettrai ces lettres pour que tu puisses savoir que malgré tout jamais je ne t’ai abandonné, il n’y a pas une journée qui passe sans que je ne regarde ta photo, ou que je ne pense à toi.Ton père qui t’aime.Il arrive parfois que les séparations, un déchirement entre deux adultes, deviennent un mur infranchissable entre le père et son enfant.Malgré le conflit et les différences entre ces deux parents, l’enfant a-t-il le droit et le besoin de garder un contact avec son père?Dans certains cas, se sert-on de l’enfant comme bouc émissaire ou comme monnaie d’échange?Avons-nous à transposer nos problèmes d’adultes et à faire porter le prix de nos décisions sur les frêles épaules d’un enfant?Pour vous aider à répondre à ces questions et aborder une réflexion personnelle, il existe une ressource pouvant vous aider.Le groupe d’entraide aux Pères et de soutien à l’Enfant (514) 281-0176 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 7 Claude Turcotte en direct Raymond Viger Le Journal de la rue a eu la chance d’être présent lors d’une intervention que Claude Turcotte a faite auprès d’un groupe de jeunes.La magie et l’adresse de cet intervenant d’expérience ne pourraient être rapportées intégralement dans ce texte, nous avons voulu vous en faire partager quelques extraits.Claude Turcotte entre dans la pièce.Un intervenant est assis dans le fond, entouré de quelques jeunes.Ces jeunes se sont investis dans un projet de réinsertion et se trouvent tout près d’un succès bien mérité.Une odeur de marijuana flotte dans la pièce.Sans aucune gêne, franc, direct et honnête, Claude Turcotte questionne directement les faits: «Comme ça, les gars, vous êtes en route pour le succès! Sans la moindre hésitation, une réponse affirmative fait écho de toutes parts.«Comme ça, vous recevez des fonctionnaires, des journalistes et des gens qui peuvent vous aider et vous supporter dans votre nouvel avenir.» Ce fut le silence, la consternation devant tant de franchise.«Je ne suis pas ici pour vous conter fleurettes, mais pour vous parler des vraies affaires.Le succès, ce n’est pas les autres qui nous l’enlèvent, c’est nous qui pouvons passer à côté.Vous êtes à deux pouces du succès, mais peut-être que vous avez peur de réussir.C’est quoi un petit joint de temps en temps?Je n’ai pas à vous juger dans le geste que vous posez.Mais prenez le temps de considérer l’impact de votre geste devant votre public, les médias et devant les personnes qui vous supportent dans vos projets.A vous de décider quelle direction vous voulez prendre.Mais, si jamais le succès vous glisse entre les doigts, vous ne pourrez pas blâmer personne.Vous êtes les seuls maîtres d’oeuvre de vos succès et de vos échecs.» Le même écho affirmatif résonne du tac au tac.«Eh bien, laissez-moi vous dire qu’ils ne voudront plus faire affaires avec vous et vous tourneront le dos en entrant dans votre atelier.parce que ça sent le pot.» La rencontre a duré à peine une heure.Le groupe est sorti de cette réunion plus fort, plus uni et surtout plus conscient qu’avec le succès vient la responsabilité.Une visite de Claude Turcotte qui a replacé, recentré le groupe sur ses vrais objectifs: le succès.FONDATION CLAUDE TURCOTTE Thérapie auprès des toxicomanes Intervention psycholégale Suivi individuel Conférences Cassettes et vidéos Relation d’aide Encadrement complet 2700, Boulevard Lévesque, Duvemay, Laval (Québec) H7N 2N5, Secrétariat (514) 325-5343 Tél.: (514)723-0562 Téléavertisseur (514) 936-2038 Pavillon du nouveau point de vue (514)252-1901 Portage (514)939-0202 Centre Jean Lapointe pour adolescents (514)640-1218 ton expérience.8 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ Un jeune parmi les jeunes: François Blais Raymond Viger Ruban en Route Prévenir, Démystifier, Comprendre.La prévention nous concerne tous.a en Root Chaque jour au Québec, quatre nouvelles personnes deviennent séropositives.Le sida est la première cause de mortalité chez les jeunes hommes au Québec.Le sida frappe maintenant tous les groupes de la société: hommes, femmes, homosexuels et hétérosexuels de tous les groupes d’âge.RUBAN EN ROUTE est offert à toutes les écoles du Québec, le programme rejoint annuellement plus de 30 000jeunes, enseignants et parents de toutes les régions du Québec.TÉMOIGNAGES On a plus appris dans ce spectacle qu’en quatre ans d’éducation sexuelle scolaire! Parce qu’il se fait très peu de prévention contre le VIH-sida.Parce que notre société véhicule encore trop de préjugés.Parce qu’il importe que les jeunes soient sensibilisés aux problèmes du VIH-sida et en connaissent les véritables enjeux.Le programme Ruban en Route existe et connaît un succès remarquable dans tout le Québec.Conçu et animé par François Blais, un jeune homme de 27 ans devenu séropositif à l’âge de 22 ans, Ruban en Route rencontre annuellement des milliers de jeunes de toutes les régions du Québec pour les aider à démystifier le VIH-sida, combattre les préjugés face aux personnes séropositives et apprendre aux jeunes comment prévenir la transmission du VIH-sida.C’est curieux, quand tu sais que tu vas mourir tu touches à un regain de vie.Diane D, à l'annonce qu'elle est séropositive.J’espère que ces conférences vont durer longtemps car moi-même, c’était la première fois que je comprenais vraiment l’importance de se protéger lors de relations sexuelles.Nous pouvons vous aider PREMIÈRE CONSULTATION GRATUITE PIERRE LABERGE & ASSOCIES Montréal 521-5188 Repentigny 657-2573 DIFFICULTES FINANCIERES RUBAN EN ROUTE C.P.476 Succursale C Montréal, H2L 4K4 Tél.: (514) 525-1470 Vol.4, N" 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 9 DA STORY Francis Ennis Paprazzi liiiiisil Francis a dix-sept ans et fait partie du groupe ETCHETERA, le premier groupe de graffiteurs sur toiles du Journal de la rue.Rhythm and Poesy R.A.P., Rhythm and Poesy, c’est l’essence même du rap.Originaire de l’Afrique, du son des tam tam et des rimes habituelles de toute musique.Parfois brutale, parfois amicale, le but c’est de parler du présent pour l’avenir.le but c'est de parler du présent pour l'avenir Tout a commencé vers la fin des années 70.Il y avait les Beatles, ensuite les Bee Gees avec le disco et, de l’autre côté, Bob Marley avec le reggae.Un des premiers groupes rap fut Grandmaster Flash and the Furious Five avec leur succès, The message, en 78, qui n’a pas marqué notre culture.Au Québec, c’est le rock qui primait Ici, on a déjà six ans ds retard sur nos voisins du Sud avec The Eagles.Peur de la nouveauté ou peur de la réalité, ça ralentit le mouvement rap.En 1980, l’afro-américain Kurds Blow fait connaître le rap avec The Breaks, à travers les Etats-Unis.Au Québec, on ignore même son existence.Nous écoutons encore le pop rock de David Lee Roth à la radio.1986, la bombe américaine, Beastie Boys, décrochait la palme avec Licensed to III qui prend d’assaut le numéro 1.Le rap sort au grand jour aux Etats-Unis.Ici, on a déjà six ans de retard sur nos voisins du Sud.1989, le film Oncle Buck arrive sur nos écrans et nous fait entendre quelques secondes de Wild Thing de Jimi Hendrix repris par Tone Loc.Environ dix ans sont passés et on reçoit quelques échos du rap déjà bien installé aux États.L’écho devient voix en 1990, le rappeur McHammer est numéro un dans tout l’Amérique du Nord, même au Québec, U Can !t Touch This, est écouté sur toutes les radios.À cause de notre esprit conservateur, on l’oublie vite et on revient au rock de Bon Jovi et au hit de Michael Jackson.1992, on “jump”, nom du premier extrait de Totally Krossed Out, le premier album de Kriss Kross et le rap fait ses vrais débuts.Plusieurs groupes comme Naughty by Nature et Digital Underground arrivent chez nos disquaires et quelques groupes rap se forment dans nos rues.Le rap a maintenant plusieurs styles tels le hip hop, qui a un rythme lourd et Peur de la nouveauté ou peur de la réalité, ça ralentit le mouvement rap des paroles dégageant les dessous de la société; le funk, avec un goût plus enjoué et des mots plus encourageants et d’autres styles moins définis.A la prochaine pour un autre Da Story 10 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ L’Histoire D’ETCHETERA Francis Ennis Premier groupe de graffiteurs du Journal de la rue.L’art, la peinture, etchetera.Luc Dalpé, alias Luciole, la mouche éclaireure, éclaireur du chemin de l’art, art de la peinture, de l’écriture, de vivre ou survivre.Il découvre le nouveau mouvement graph, le hip hop et s’y colle et racole les morceaux pour l’équipe Etchetera.Martin Rogers, dit Hemar, qui signifie M.R., les initiales de son nom: hem pour M et ar pour R., le bras droit de Luciole met tout en oeuvre pour réussir, de 9h à minuit, sans relâche, s’exécute pour l’art et l’or.Parce qu’il ne faut pas se le cacher, «l’argent est le but ultime de tous les crimes, pourquoi ne serait-il pas le but ultime de la réinsertion?» Etchetera c’est Ethnie, Tagger, Crew.l’équipe formée de Luciole, Hemar, Siri et Rick.Il y a aussi les “outsiders”, tous ceux qui ne font pas parties d’Etchetera comme Soof et Cuzak, qui peignent dans un autre style.Il y a moi, Paprazzi a.k.a.Francis Ennis, qui écrit pour le Journal de la rue sur l’histoire du rap, la culture hip hop et sur Etchetera.L’idée est partie d’une discussion entre Luciole et Raymond, directeur du Journal et ami de Luc, qui avait vu des graph, le vendredi 11 avril sur le boulevard Pie-IX.Au début, Hemar, Siri et Rick croyaient que Luc et Raymond faisaient parties de la police.Après peu de temps un lien de confiance se crée, le groupe se met à l’oeuvre et crée un premier début de murale.Suite à de mûres réflexions, c’est un mauvais départ.On recouvre tout de blanc et on recommence.Le thème, «le Fou» c’est l’art et le hasard, le pinceau et le cerveau.Le 8 juillet 1997, toute l’équipe est invitée à une rencontre de 30 minutes avec les 15 surintendants et des conseillers de la Ville de Montréal.La démonstration se déroule bien, même très bien.Nous sommes restés une heure et demie à la place d’une demi-heure et la rencontre s’est terminée par des applaudissements.Nous nous souviendrons longtemps des premiers applaudissements publics du groupe ETCHETERA.Nous étions tous très fiers, nous avons pris confiance en nous et continuons notre travail.À la prochaine.Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ U Le gambling et les jeunes 1 i —I m H 1 PMPIPi HP ' i Julie Sirois Lorsque l'interdit n’est plus interdit Il peut être facile aujourd’hui pour un jeune d’accéder au gambling.Une fois essayé, certains préfèrent investir dans d’autres domaines, d’autres restent accrochés.La situation est simple, lorsqu’un parent interdit une chose, peu importe laquelle, l’enfant ferait n’importe quoi pour le défier.En ce qui concerne le gambling, c’est un peu similaire.Maintenant, dans les arcades, les petits restos, enfin, tout lieu public, les machines, communément appelées “vidéo poker” sont admises.Il doit seulement y avoir une indication qui rappelle que ces jeux sont interdits aux moins de 18 ans.«Pas touche le jeune! C’est interdit.».Comme l’enfant, le moins de 18 ans voudra défier la ligne rouge sur le plancher qui délimite le terrain défendu.Parfois le défi sera payant mais attention car la chance n’est pas étemelle et le gambling est une drogue.C’est-à-dire que dans l’espoir de gagner de l’argent, une personne peut perdre plus que ce qu’elle détient.Donc, il arrive qu’on joue, on joue et on joue.et on n’a plus d’argent.On veut jouer encore mais il faut des sous.Vite! Vite! On trouve de l’argent, comment?Tous les moyens sont bons, peu importe les conséquences.Oh oh.on ne trouve rien.L’argent ne fait pas le bonheur mais quand on en n’a plus, on est triste, on peut même aller jusqu’à déprimer.Merci beaucoup! Deux maladies au prix d’une.Le gambling et la dépression.Un gambler en est vraiment malade lorsqu’il n’arrive plus à faire quelque chose sans gager.Par exemple, il pourrait dire: «Combien gages-tu que le ciel est bleu?» Lorsqu’on est rendu à ce point, le ciel devient plutôt gris voire noir.Pour ne pas arriver à l’orage, il vaut mieux demander de l’aide.Un ami existe pour nous aider ou si encore on ne veut pas mêler ceux-là qui nous tiennent à coeur à nos problèmes, certains organismes tels que Gamblers Anonymes sont là exprès pour ça.Le gambling chez les jeunes est fréquent à cause de la facilité d’accès.Plusieurs conséquences peuvent être rattachées à ce cas, parfois même à la maladie.Mais il ne s’agit pas d’une maladie incurable donc il est possible de guérir.Il n’existe pas de problèmes, que des solutions.Gamblers Anonymes Montréal (514)484-6666 Chicoutimi (418)693-5978 Hull (613) 567-3271 Sherbrooke (819) 564-4544 Valleyfield 1-800-575-7575 ext.: 62772 Francis Ennis, 17 ans 12 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ DES ADOS AU CASINO Raymond Viger Le Journal de la rue a pris avantage de ses contacts privilégiés pour faire une entrevue avec des adolescents de 16 et 17 ans qui ont joué au Casino de Montréal.Pour une question évidente de confidentialité, nous cachons l’identité de ces jeunes.En leur demandant combien de fois ils sont allés au Casino de Montréal, les jeunes nous ont répondu y être allés entre une et trois fois dans les derniers mois.Le premier affirme avoir gagné 900$ la première fois.Les yeux tout excités, il mentionne qu’il n’a jamais perdu.Son copain le rappelle cependant à l’ordre et lui remémore ses déboires lors de sa deuxième visite.JDLR: C’est difficile d’entrer au Casino pour des adolescents?i «Pas vraiment, moi il ne me questionne jamais, de toute façon j’ai mes fausses cartes».«Moi, je me fais questionner, il me demande mon âge ensuite ma date de naissance et me laisse ensuite passer sans même me demander mes cartes; je sais quoi répondre».La sécurité du Casino met-elle les efforts nécessaires pour vraiment empêcher les moins de 18 ans d’entrer au Casino?JDLR: Quels jeux vous attirent?«Seulement les tables de poker, le jeu est plus intéressant.Il y a du monde tout autour de la table.C’est pas comme les machines à sous où tu es seul face à ta machine à lui faire gober ton argent.C’est au poker qu’on a les meilleures chances de gagner.A la table de poker, les autres joueurs sont habitués de jouer.Il ne faut pas avoir l’air d’un débutant et hésiter sinon ils vont te demander de faire de l’air».JDLR: D’où provient l’argent avec laquelle vous jouez?«On fait des piaules».Expression qui veut dire ici, voler une automobile, défoncer une maison et vendre le stock qu’on y trouve.JDLR: Qu’est-ce qui vous attire au Casino?«Faire du “cash”, c’est payant».JDLR: Êtes-vous intéressés à y retourner?«Aussitôt que: j’ai le “cash” de disponible».Compte tenu de l’évolution rapide et constante des phénomènes sociaux, l’intervention sociale doit être flexible et s’adapter aux milieux, aux conditions, à la réalité et aux besoins des gens rencontrés.Il est essentiel sur le terrain de demeurer des généralistes de l’intervention, prêt à intervenir globalement.On ne peut être pertinent et efficace à partir d’une lunette de spécialistes.Je suis venu, j’ai vu et j’ai été déçu.F.E.Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 13 Les vidéo poker Raymond Viger Le gouvernement agit-il en bon père de famille?Devant la prolifération des machines à poker, voici quelques questions auxquelles un père de famille doit répondre à ses jeunes enfants: «Ça marche comment les machines là-bas?Pourquoi il faut avoir 18 ans pour jouer dans ces machines?Ça semble facile à comprendre et à jouer, pourquoi je ne peux pas jouer?Ça paye combien quand on a trois fois les 7 dans cette machine?» Ou pire, celle-ci que jyai dû affronter, posée par mon fils de 11 ans, voyant un jeune de 8 ans installé devant une machine et faisant semblant déjouer: «Mais pourquoi lui il a le droit?Je vais faire comme lui, je vais juste faire semblant».Illfc.iiÉ ¦ Loto-Québec a été l’hôte d’une conférence internationale sur les loteries vidéo les 27 et 28 août dernier, pour échanger leurs trucs et leurs méthodes pour attirer plus de personnes à jouer dans leurs machines.Avec toutes les machines qu’ils ont déjà installées un peu partout, est-il vraiment nécessaire de trouver encore plus de trucs?Certaines statistiques nous révèlent que déjà 24% des adolescents sont “gamblers”, en est-on rendu à voir des machines vidéo dans les pharmacies?Vous me direz que non, car il faut un permis de vente d’alcool.Ça peut toujours s’arranger car les pharmacies vendent de l’alcool à friction, de l’alcool dans les produits de beauté, etc.Aux mains des groupes criminalisés, les machines à sous étaient illégales.Le gouvernement les a légalisées et en a pris le contrôle.A-t-il réussi à nous prouver sa capacité de les gérer en bon père de famille?Est-il moral d’autoriser Loto-Québec àpubliciser et à vendre l’illusion du jeu?Entre la prohibition et la légalisation, il existe la décriminalisation.Un exemple de décriminalisation servant à aider la société: Amsterdam en Hollande et la drogue.Comment agira le gouvernement s’il légalise un jour le "pot", comme un “pusher” en cravate ou en bon père de famille?pSitfO /fia ¦ ¦ -joo> Certaines personnes nous onf rapporté que certaines machines à sous produisent des sons similaires à certains appareils téléphoniques.D’autres ont reconnu des bruits similaires entre certains jeux disponibles pour les enfants sur Vidébway et les machines à poker.Est-ce le fruit du hasard?Le jeu est une maladie qui se propage et qui fait des ravages.Avons-nous besoin d’en vendre les avantages?Mais quels en sont les avantages?Puisque le gouvernement tente d’empêcher la publicité des compagnies de cigarettes pour protéger la santé des citoyens, est-il en conflit d’intérêt lorsqu’il fait la publicité et la promotion des jeux et des loteries?14 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ Les vidéo poker —.——i .: __.I Si vous allez au Casino de Montréal, vous pourriez rencontrer un enfant de 6 ans se promenant dans les allées des machines à sous.L’enfant sera sous escorte d’un agent de la sécurité pour s’assurer qu’il ne jouera pas dans les machines et il pourra traverser le Casino pour se rendre avec ses parents au restaurant, qui se situe dans le fond.Un peu comme les dépanneurs placent leur lait dans le fond de leur magasin pour tenter le client, il était à prévoir qu’un organisme, qui se préoccupe davantage d’augmenter ses gains que de la santé publique, place son restaurant et sa salle de spectacle dans le fond du Casino pour s’assurer de tenter ses clients à consommer.Un règlement empêche le Casino de restreindre l’entrée aux moins de 18 ans à son restaurant, certains clients ont débattu ce point pour faire accepter leurs enfants.Serions-nous en présence de deux règlements contradictoires?D’un côté, ne pas admettre les moins de 18 ans au Casino et de l’autre, l’obligation de laisser passer les enfants qui vont au restaurant.Est-ce que, dans un tel cas, nous aurions pu décréter que le restaurant du Casino n’est pas compatible avec les différents règlements en cours et que nous devrions fermer ce restaurant?Au lieu d’accompagner les enfants dans des sections où ils ne peuvent pénétrer, le Casino devrait-il prévoir un passage par l’arrière pour les enfants?Devrions-nous suggérer d’avoir une garderie au Casino?Est-ce que les propriétaires de club de danseuses pourraient laisser entrer les enfants dans les clubs de danseuses sous prétexte qu’ils ont un restaurant dans le fond de leur établissement?Est-ce que le Casino de Montréal se permet d’interpréter les règlements plus largement, que tout autre citoyen ne serait autorisé à le faire?A noter que chacune des administrations de Casino est indépendante l’une de l’autre.Le Casino de Charlevoix est formel: aucun enfant dans leur Casino, celui de Montréal est plus permissif.Ce qui m’amène à me poser la question suivante: le salaire des administrateurs est-il à pourcentage ou ont-ils des bonifications par rapport aux objectifs à atteindre?On sait que les groupes criminalisés profitent des avantages des loteries et du Casino pour blanchir leur argent, mais saviez-vous que des groupes de jeunes de 16 17 ans défoncent des maisons, vendent le butin et si leur récolte ne répond pas à leurs attentes, ils vont au Casino de Montréal pour tenter d’arrondir leur magot! 18 ans et plus, vous disiez.?o n n o a n n o o n n BS Les Casinos et les lieux où l’on retrouve les machines vidéo poker vous donnent accès à l’argent sur votre carte de crédit pour vous permettre de vous endetter pour jouer.Cependant, il est surprenant qu’un règlement nous empêche de pouvoir acheter notre épicerie à crédit.Il est donc plus facile d’obtenir de l’argent pour jouer que pour manger.Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 15 Les vidéo poker ËlbÉM Les dépanneurs ne peuvent plus vendre de boissons alcoolisées après 23 heures; les clubs doivent fermer à 3 heures du matin.Ce ne sont que quelques exemples de règlements qui ont été mis en place pour restreindre la disponibilité de l’alcool et espérer ainsi diminuer les effets de l’abus d’alcool.Aux petites heures du matin, lorsque les clubs ferment, il existe un réseau d’établissements clandestins qui reçoivent les derniers clients des clubs et ceux qui y travaillent pour continuer la soirée.Des descentes de police permettent de fermer, de temps à autre, certains de ces établissements.Pourquoi le Casino de Montréal se permet-il d’ouvrir ses portes 24 heures sur 24?Le “gambling” causant plus de ravages que l’alcool et ce, dans toutes les couches d’âge de notre société, ne devrions-nous pas avoir une réglementation plus sévère envers le Casino qu’envers l’alcool?m Nous tenons d’un employé du Casino, que les chances de gagner de l’argent dans les machines à sous ont été diminuées après l’ouverture de l’établissement.En tentant d’avoir une confirmation des faits au siège social du Casino de Montréal, nous avons eu comme réponse: «À ma connaissance, les chances n’ont pas été diminuées depuis l’ouverture».Je vous laisse interpréter le sens des mots «À ma connaissance».Je porte cependant à votre attention que lorsque j’ai demandé, à deux reprises, de me donner les pourcentages de retour sur l’argent d’un client, qui irait au Casino de Montréal pour jouer dans ces machines, après vérifications (j’entendais les personnes tourner les pages d’un rapport pour me donner les bons chiffres) ils m’ont transmit deux réponses différentes.Est-ce à dire qu’une des personnes interrogées a vérifié dans le mauvais classeur et sorti les chiffres des archives?Est-ce que je peux conclure «qu’à ma connaissance» c’est suffisant pour me laisser supposer que l’employé du Casino, qui m’a transmis l’information de la baisse des chances de gain dans les machines du Casino de Montréal, avait raison?CASîKO RESSOURCES Le jeu peut devenir une maladie et ce, plus rapidement, plus sournoisement que vous ne pouvez l’imaginer.Si vous entrez au bureau, le lendemain d’un cuite, votre patron, vos collègues de travail ou vos amis vont pouvoir vous confronter et vous questionner, à savoir si vous avez un problème.Certains vont vous offrir leur aide avant qu’il ne soit trop tard.Si vous vous engouffrez dans le jeu, c’est plus discret.Plusieurs chefs d’entreprises prennent conscience qu’ils ont un problème de jeu lorsqu’ils se retrouvent devant le syndic pour une faillite, après avoir dilapidé tout le crédit du commerce.Plus vite vous pouvez prendre conscience du problème, plus vite vous serez remis sur pied.Il existe des ressources pouvant vous aider.Gamblers Anonymes Montréal (514) 484-6666 Chicoutimi (418) 693-5978 Hull (613)567-3271 Sherbrooke (819)564-4544 Valleyfield 1-800-575-7575 ext.: 62772 - Vous pouvez vous faire auto -exclure du Casino.Vous n’avez qu’à demander à la sécurité.Ils vont vous offrir des autoexclusions pour la durée de votre choix.- Il existe des thérapeutes qui peuvent vous aider, parlez-en à votre CLSC ou à un Casino, ils ont des noms à vous référer.16 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ Quand un spécialiste devient un généraliste Raymond Viger M.Pierre Morissette, professeur au collège de Sherbrooke et auteur du livre Le suicide, démystification, intervention, prévention nous pose une question intéressante.Raymond Viger lui répond.«Comment faire pour dépister et rejoindre les individus à risque élevé de suicide sachant qu’ils sont peu portés à consulter et à utiliser les services d’aide ou de prévention mis en place?» Puisque les individus à risque élevé de suicide sont peu portés à consulter et à utiliser les services d’aide ou de prévention mis en place, il apparaît donc essentiel qu’une partie de nos énergies investies dans les services d’aide soit intégrés aux communautés que nous desservons.Historiquement, le service aux personnes suicidaires était offert par le curé du village.Il faisait partie de la communauté et avait un lien de confiance avec ses paroissiens.En plus de faire une relation d’aide naturelle, ce généraliste des problèmes personnels travaillait avec une approche systémique.Tout en gardant contact avec le paroissien en difficulté, il visitait son milieu de vie, sa famille, les autres personnes pouvant aider et supporter la personne en détresse.Il avait aussi la possibilité de créer rapidement des réseaux d’aide pour briser l’isolement et apporter un secours efficace et pertinent.Faire partie de la communauté et avoir un lien de confiance avec la clientèle à risque, avant même que la situation de crise débute, n’est-ce pas là l’idéal à atteindre en prévention?Prévenir les événements suppose qu’on ne les connaisse pas encore, que nous aurons peut-être à intervenir dans un problème de toxicomanie, de crise suicidaire, de violence conjugale, etc.La notion de spécialistes n’est-elle pas contradictoire avec celle de prévention?Avons-nous à réorienter notre travail, notre approche?Un spécialiste de la prévention ne doit-il pas commencer par être une personne significative pour le milieu concerné?Notre relation d’aide ne devrait-elle pas débuter avant même d’en être rendu à la conclusion?La vie est une série de crise que nous avons à traverser pour nous aider à grandir.Le suicide est une conclusion à une série de crises non résolues.Accompagnons les gens et enseignons-leur à assumer positivement leurs crises, aussi petite soit-elle.Chaque résolution de crise deviendrait un enseignement pour la vie et non plus une bataille contre le suicide.Pour briser l’isolement, soyons présent et pour bâtir un réseau d’aide dans un milieu donné, faisons partie de ce milieu.En remplaçant le curé de village par des structures spécialisées en suicidologie, en toxicomanie et autres, avons-nous perdu contact avec le milieu?Maintenant pour les rejoindre aurions-nous à faire l’inverse?Guide d’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire frais d’envoi.Pour les aidants naturels, parents et intervenants.Un guide simple et pratique pour démystifier le suicide, les deuils, les signes précurseurs, la crise et le processus suicidaire, notre rôle et notre responsabilité dans l’intervention et les limites de celle-ci.Succursale Beaubien Montréal, Québec H2G 3C9 TéL: (514) 728-6392 Communiquez avec Le Journal de la rue Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 17 Maisons de jeunes Serge Daigneault Dynamo pour une qualité de vie des jeunes Au mois de mai dernier, j’ai eu le privilège de participer à l’assemblée générale annuelle 1997 du Regroupement des maisons de jeunes du Québec (R.M.J.Q.).11 s’agit d’une association qui regroupe 83 maisons de jeunes (M.D.J.) dans lesquelles travaillent quelque 400 animateurs et animatrices pour le plaisir et le bénéfice de plus de 30 000 jeunes québécois et québécoises.Toute une organisation, n’est-ce pas?Comme personne-ressource pour le Journal La Grande Gueule, organe officiel de l’événement, j’étais bien placé pour observer les allées et venues des personnes participantes.Cela se passait au Camp Notre-Dame de St-Liguori dans la charmante région de Lanaudière sur les bords de la rivière Ouareau.S’organiser Dès le départ, l’ampleur et l’efficacité de l’organisation de cet événement est remarquable.Trois mois ont été consacrés à la préparation dont prévoir des lits et de la nourriture pour plus de 250 personnes.Chapeau à qui de droit! Les jeunes y ont mis du leur et chacune des régions représentées ont eu la responsabilité de réaliser une ou plusieurs tâches: la Région du Bas St-Laurent s’est occupée de la distribution des collations et du matériel informatique alors que la Région de l’Estrie a concentré son action sur la mise en place des activités sociales du vendredi et du samedi.Les représentants et les représentantes des 11 régions participantes ont tous eu quelque chose d’important à assumer.Mission accomplie, c’est le moins que je puisse écrire.Se regrouper Le R.M.J.Q.est une association à but non lucratif qui voit à promouvoir l’idée de «Maisons de jeunes», mais pas à n’importe quel prix.Il est important que les M.D.J.soient autonomes et que les jeunes y aient leur place à tous les niveaux autant dans la gestion de la maison que dans la participation aux activités.D’ailleurs, ce principe est appliqué dans toute sa mesure lors de l’assemblée générale annuelle qui est l’instance décisionnelle et souveraine du regroupement.Le droit de vote de chaque Maison-membre active est assumé par une délégation formée de trois personnes comprenant au moins deux jeunes.Se consulter L’assemblée générale de 1997 a été dynamique et ponctuée de réflexions qui surprendraient beaucoup d’adultes qui pensent que les jeunes n’ont aucun intérêt pour les sujets dit sérieux.La première partie de l’événement fut celle des ateliers, six en tout dont voici les thèmes: 1) La base de revendication commune.Où en sommes-nous?; 2) Promotion du R.M.J.Q.et des M.D.J.; 3) La cigarette en M.D.J., impact d’une éventuelle interdiction; 4) Autofinancement d’activités: des exemples; 5) Comment travailler les préjugés entre jeunes?; 6) Les orientations du R.M.J.Q.en l’an 2000.Décider Quand il s’agit de leur avenir, les jeunes du R.M.J.Q.s’impliquent et prennent leur place à l’intérieur de procédures décisionnelles qui souvent rebutent les adultes.Ils et elles ont voté sur des propositions faites en ateliers et ces désisions feront tourner les dynamos que sont le R.M.J.Q.et les M.D.J.avec le modus vivendi de faire progresser les intérêts des jeunes.Réussir A une époque où beaucoup d’adultes refusent de croire dans les habiletés et le potentiel des jeunes, les M.D.J.leur disent: «qu’ils sont les principaux acteurs de leur développement et de leur intégration à la société et qu’ils doivent d’abord et avant tout compter sur leurs forces individuelles et collectives pour se réaliser.» Il m’a suffit d’observer simplement ceux présents à l’assemblée générale 1997 du R.M.J.Q.pour constater qu’il y avait devant moi des citoyennes et des citoyens critiques, actifs et responsables.Il ne faudrait pas penser que l’atmosphère est toujours aussi sérieuse dans une M.D.J.que lors de l’assemblée générale annuelle.D’ailleurs, le soir venu, les jeunes n’ont pas hésité à lâcher leur fou.Dans une M.D.J., c’est plaisant, ça swingue, ça pète le feu et on apprend à le faire entre gens civilisés pour ainsi dire.Tous étaient libres de participer ou non à cet important événement, personne ne s’est ennuyé et tous sont repartis riches d’une expérience qui les aidera sûrement à quelque part dans leur existence.En ces temps d’incertitudes, si vous désirez un tuyau pour investir, les M.D.J.et les jeunes sont le placement que je vous recommande! Les gens passionnés font ce qu’ils aiment et n’abandonnent jamais.Danielle Kennedy 18 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ VERS LE CENTRE-VILLE DE MONTREAL Raymond Viger LE TOURISME ESTIVAL DES JEUNES DES RÉGIONS L’été, nous retrouvons plein de jeunes de la rue sur la rue Sainte-Catherine, au square Berri, entre autre.Certaines évaluations parlent de 5 000 jeunes de la rue à Montréal.Certains s’amusent à “squatter” un peu partout dans différents lieux de Montréal, d’autres utilisent les différentes ressources d’hébergement et d’accueil qui leur sont réservées tandis que certains se débrouillent avec les appartements des autres.Certains de ces appartements ressemblent presque à des auberges de jeunesse.Le prix de son séjour ne se monnaie pas toujours en argent liquide.D’où proviennent ces jeunes et où sont-ils pendant la saison hivernale?Une petite enquête sur le terrain nous amène des chiffres surprenants.Plus de la moitié de ces jeunes proviennent des régions éloignées.Ils sont attirés par Montréal, ville majestueuse et pleine de mythes à découvrir.Montréal, la grande ville qui offre l’anonymat et des activités de toutes sortes, originales et marginales, parfois légales mais souvent illégales.Un tourisme estival qui correspond aux caractères de cette jeunesse en manque d’intensité, d’activités et de points d’intérêts.Des jeunes des régions qui salivent à entendre les histoires de rue des autres jeunes qui sont passés avant eux ou qui ont été attirés par un mythe amplifié par les médias.Sans argent et sans trop de contacts, on peut se débrouiller facilement dans les rues de Montréal.Ces jeunes projettent de “tripper” tout l’été, se faire des amis, un nouveau style de vie et de retourner dans leur région pour la rentrée scolaire en septembre.Certains manqueront à l’appel en septembre prochain, comme à tous les septembre.Un nouveau mode de vie s’est installé.Certains amis ou contacts, qu’on ne s’attendait pas de faire, font dévier notre conte de fée.De touristes d’été, certains deviendront des résidents permanents des rues de Montréal.L’attrait des blocs de la rue Sainte-Catherine, du square Berri, des parcs et de ces lieux de consommation, des innombrables activités nous cachent certaines réalités parfois difficiles à assumer.Certains chercheurs de tête vous attendent même au terminus d’autobus dès votre arrivée et commencent à vous séduire, à prendre contact.Le merveilleux monde de Disney est parfois rempli d’illusions.Pour un hébergement à prix modique vous pouvez prendre avantage de l’auberge de jeunesse de Montréal à 16$ la nuit pour les membres, située au 1030 rue Mackay, tél.843-3317.Pour un hébergement de dernier recours vous avez le «Bunker» au 524-0029 et «En Marge» au 849-7117 (fermé pour l’hébergement les vendredi et samedi).Pour une assistance de jour «le Roc» au 1448 rue Beaudry 523-6456 ou tout C.L.S.C.Cet espace publicitaire a été mis à la disposition du Journal de la rue par TOURISME QUÉBEC, soucieux de contribuer à la vie communautaire de Montréal.Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 19 Lorraine Pominville Livres Une feuille à la fois, Daniel Laguitton Il y a des livres qui passent entre nos mains sans trop nous toucher; des livres que l’on traverse, d’un couvert à l’autre, que l’on replace sur les rayons de notre bibliothèque et qu’on finit par oublier.Heureusement, il y en a qui traversent notre vie, font leui marque en nous accompagnant jour après jour.Le livre de Daniel Laguitton est de ceux-là.Dans sa forme comme dans son propos, ce recueil de pensées est conçu pour accompagner, jour après jour, ceux et celles qui ont «grandi en milieu où l’on réprimait les émotions».À partir de plusieurs thèmes tels que l’estime de soi, l’amour et la dépendance, le lâcher prise, etc., l’auteur nous invite à réfléchir, une feuille à la fois, faisant référence aux douze étapes et traditions des alcooliques anonymes.Dans sa préface, l’auteur rappelle l'influence qu’a eu sur lui Le petit prince, de Saint-Exupéry, reliant cette influence à l’objectif de son texte qui est un changement de mode de vie égocentrique, centré sur soi vers une ouverture à une harmonie universelle pour retrouver l’enfant en soi.Il met l’accent sur le fait que nous sommes tous humain, imparfait et limité et l’importance de l’accepter pour pouvoir mieux vivre.Chaque page, qui correspond à un jour de l’année, comporte une réflexion portant sur un thème rappelant les grands types d’égocentrisme, une citation choisie en fonction de sa résonance avec le texte et une formule d’affirmation de soi.Daniel Laguitton propose un texte profond et dense à tous ceux et celles qui veulent briser l’isolement et le «cercle vicieux des troubles compulsifs» et retrouver cet enfant qui attend d’être découvert.Le livre peut être commandé dans toutes bonnes librairies.ÜI Quand un homme accouche.Torn Un roman humonstique.une façon de dédramatiser les événements de la vie Torn devient un ami.mats aussi un thérapeute qui me ramène constamment à la réalité Une communication authentique traitant de la’ relation à soi et à autrui VENDUS EN LIBRAIRIE ou par Le Journal de la rue En téléphonant au : Tél.: (514) 728-6392 ou en écrivant au : Le Journal de la rue C.P.180, Suce.Beaubien Montréal, Qué.H2G 3C9 :un ^ 1,50$ Commandez votre exemplaire ! Le beau temps Après la pluie.le beau temps Textes à méditer seul ou à discuter en groupe.Derrière chacun des textes sè retrouvent des émotions que j’avais oubliées de vivre, que j avais refoulées Si un jour de pluie, une seule de ces petites phrases remonte en toi, elle aura mérité d être lue JUUlFUjU Galeries Rive-Nord 100, boul.Brien Repentigny (Québec) 581-9892 Plaza St-Hubert 6722, St-Hubert Montréal (Québec) 274-2870 Tours Triomphe 2512, Daniel-Johnson Laval (Québec) 682-0636 Nou vel Aq e 1707, St-Denis Montréal (Québec) 844-1719 20 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ Artothèque de Montréal Lorraine Pominville Des livres à la bibliothèque, des tableaux à F Artothèque Avez-vous déjà désiré avoir dans votre salon une oeuvre d’art authentique d’un artiste québécois, sans débourser une fortune?Un organisme, qui existe depuis quelques années, l’Artothèque de Montréal, répond à la demande en prêtant des oeuvres d’art au grand public.Chapeautée par la Fondation des arts et métiers d’art du Québec, organisme qui oeuvre à des fins purement sociales et éducatives, l’Artothèque a comme objectif de rendre l’art accessible tout en faisant connaître les artistes, et ceci à un coût minime ( 1.50$ par mois pour une reproduction).Egalement, la Fondation a comme mission d’aider les artistes de toutes disciplines, qui trop souvent connaissent la pauvreté, à être davantage connus et reconnus.L’Artothèque fonctionne sous le même principe que les bibliothèques.Un grand nombre d’oeuvres sont déposées en consignation par les artistes et les organismes de bienfaisance.Quand une oeuvre est louée ou vendue, une quote-part retourne à l’artiste et à l’organisme.L’Artothèque possède une collection de plus de 1400 oeuvres représentée par presque 200 artistes.A travers ses activités, l’Artothèque offre des ateliers et des cours, un espace interactif et multidisciplinaire, ainsi qu’une boutique et un magasin où l’on trouve différents objets d’art originaux et produits nécessaires aux artistes.Le projet «Parrainez une oeuvre d’art», mis sur pied par la Fondation des arts et métiers d’art du Québec, consiste à placer des oeuvres provenant de la banque de l’Artothèque dans différentes résidences dans le but d’apporter une aide morale aux gens qui y vivent.Les entreprises, les regroupements sociaux, les fondations et le grand public peuvent parrainer, durant un an, une oeuvre d’art à un coût intéressant.Seuls les organismes sans but lucratif peuvent bénéficier de cette activité.Cette initiative recouvre déjà 16 résidences pour personnes atteintes du Sida et d’autres regroupements pourront en bénéficier, tels que des maisons de convalescence, des résidences pour personnes âgées et des écoles.Un lancement officiel de cette activité avait lieu, le 14 août dernier.Vous pouvez dès aujourd’hui parrainer une oeuvre d’art soit en appelant à l’Artothèque ou en composant le 1-900-565-ARTS (parrainage de deux mois).Des frais de 40 $ seront portés à votre compte de téléphone et les reçus pour fins d’impôt sur les dons vous seront expédiés dans un délai de huit semaines.L’Artothèque de Montréal est située au 5720, rue St-André à Montréal.Vous pouvez les rejoindre au numéro suivant: 278-8181.Gouvernement du Québec Monsieur Pierre Bélanger Ministre de la Sécurité publique et député d’Anjou 8150, boul.Métropolitain Est Bureau 210 Anjou (Québec) H1K1A1 Tél.: (514) 356-3333 L’art est une vision du ciel.Anthony Burgess Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ 21 La pollution sonore Johanne Beaudoin Nous vivons dans une société où le silence n ’a pas de place.Que nous soyons au super marché’, à raéroport, dans une toilette publique ou sur la rue, on nous fait entendre contre notre gré des musiques sirupeuses ou dyinfluencer nos comportements.Chez votre médecin, la ligne est occupée ?Vous voilà branché automatiquement sur le délire d’un chanteur qui crie à tue-tête : «Je suis malade, je suis malade, je suis malade.» Fasciné par cette lancinante rengaine, vous oubliez ce que vous vouliez demander au médecin, et vous raccrochez.C’est peut-être mieux ainsi car se concentrer sur ce qui ne va pas c’est y mettre de l’énergie, donc lui donner plus d’ampleur.Les recherches en psychologie montrent bien comment il est facile de manipuler le subconscient par la répétition d’images et de phrases (lues ou entendues) faisant appel à des émotions et convictions particulières.Cette technique induit subtilement le mental conscient à agir selon des stimuli subconscients.Pensez aux images et aux slogans qui nous bombardent de tous côtés et vous aurez froid dans le dos (les slogans des paquets de cigarettes n’étant pas des moins funestes).Toujours est-il que cette pollution sonore bien orchestrée fait en sorte que certaines personnes développent inconsciemment la phobie du silence.Pour le meubler, quoi de plus simple qu’ouvrir une radio.Tout en vaquant à ses occupations, on écoute distraitement babillage publicitaire et musiques, pendant des heures.Voilà le hic, on ne choisit pas, primo, parce qu’on n’écoute pas vraiment, et secundo, parce qu’on ignore totalement l’impact qu’aura cette pizza sonore apparemment digeste.En fait, la question n’est pas tant de savoir si on préfère Bach ou Céline Dion, mais plutôt avec quel genre de musique on est réellement en résonance.Et, on l’ignorera tant qu’on n’aura pas écouté attentivement les sons environnants et ressenti consciemment leur portée sur le plan physique, émotionnel, mental, voire spirituel.Il ne s’agit pas de se limiter à un genre de musique particulier.On peut parfois avoir besoin de musique «rouge» et énergique pour se stimuler, ou de musique «rose nanan» et paisible pour Que ce soit en avion, dans les ascenceurs ou les restaurants, on nous force à absorber beaucoup trop de musique.Je souhaiterais que la musique soit comme une bouffée d’air frais.Arthur Fiedler “heavey métal” dans le but évident rêvasser.Il s’agit de se mettre à l’écoute des besoins de l’âme d’instant en instant, et idéalement appliquer ce principe à tous les domaines de la vie courante.Déterminez la qualité sonore de votre environnement Je vous suggère de pratiquer l’écoute active.Choisissez diverses pièces musicales et chansons.Entre chaque écoute, en silence, prenez le temps de ressentir ce qui se passe dans votre corps physique, vos émotions et votre mental conscient.Notez et comparez la variation des effets.Il se peut qu’au début vous ayez de la difficulté à identifier vos réactions, mais avec la pratique vos perceptions se raffineront.Recherchez et écoutez le silence; prêtez attention aux sons de la nature lorsque vous êtes troublé par des émotions intenses.Ces sources naturelles de guérison apaiseront les turbulences cérébrales et émotionnelles.Créez-vous une «discothèque» personnelle d’enregistrements qui «parlent» réellement à votre âme.Ce choix doit être spontané et intuitif.Ne tenez aucun compte des modes, suivez les élans de votre cœur.Nos états émotifs s’articulent au gré de l’énergie ambiante et nous pouvons y répondre, non pas impulsivement, mais en toute conscience.Cette excellente habitude a l’avantage d’augmenter le degré d’équilibre, de cohérence et d’harmonie dans la vie de tous les jours.Savoir et comprendre, c’est retrouver son pouvoir.Francis Ennis 17 ans 22 Vol.4, N° 4 • 3 sept.97 • Le Journal de la rue • C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 • Abonnement 20$ COURRIER DE JO-ANANDA MOYI MA Chère Jo-Ananda, Quand je vois tous ces meutres et suicides qui se multiplient à cause de gourous sans scrupules qui profitent de pauvres innocents, je suis vraiment révolté.Que pouvons-nous faire pour éliminer cette panique universelle reliée à l’idée que la fin du monde approche?Avez-vous des suggestions?Robert Freakish St-Perspicace, Qc Cher Robert Je suis toujours étonnée du tapage médiatique dont bénéficient ces suicides collectifs alors que des milliers de personnes se suicident tous les jours pour une simple peine d’amour et que des millions d’autres meurent de faim.Enfin, pour répondre à votre question, il est effectivement dommage de voir tant de gens s’affoler pour une fin de siècle qui ne s’annonce pas comme «la» fin du monde, mais comme la fin d’«un» monde.En fait, il s’agit d’un revirement de conscience collectif qui nous permettra de modifier notre façon de vivre.Le malheur, voyez-vous, c’est que les prophéties symboliques sont toujours interprétées de travers.Voyons donc, cette planète ne vas pas exploser du jour au lendemain! Pourtant, à l’approche de l’an 2000 on verra sûrement la peur que l’humanité disparaisse augmenter.Aucune grande calamité ne se produisant, on reportera l’événement à 2002, puis à 2012, pour la même raison.Par la suite, cette peur reliée aux changements terrestres va commencer à se dissoudre.Les gens vont être rassurés quant à la perpétuation de la race, et réaliser que les catastrophes ou prise en charge de la part d’agents extraterrestres ne «sauvera» l’humanité de sa responsabilité, soit changer elle-même sa qualité de vie.Les nombreux problèmes auxquels l’humanité sera confrontée créeront une nouvelle conscience de groupe, ouvrant à plus de coopération et de compassion.Ce seront des catalyseurs aidant l’humanité à faire la transition d’une conscience séparatiste et individualiste vers une conscience d’ unité.Dès maintenant, la meilleure chose à faire est de laisser tomber la peur du futur, d’entretenir des visions positives par rapport à l’avenir de l’humanité et de se concentrer sur ce qui va bien au lieu de ce qui va mal.Car plus vous vous concentrez sur une chose (bonne ou mauvaise) plus vous en créez.Répandez cette idée autour de vous et laissez à chacun la liberté de vivre ses choix.
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