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Titre :
Le journal de la rue
Le Journal de la rue regroupe des textes d'information et des témoignages touchant des sujets souvent occultés par la société tels la toxicomanie, la prostitution, la violence et la criminalité, tout en proposant des ressources utiles.
Éditeur :
  • Montréal, Qç :[Le journal de la rue],1993-2003
Contenu spécifique :
Avril - Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Lien :

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Références

Le journal de la rue, 2003, Collections de BAnQ.

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Graffiti qui voyagent: trains et métros >Vol 11 No3, Avril-Mai 03 Journal de la Rue Se sensibiliser pour mieux vivre.ART OU VANDALISME?Claude Poirier L'homme derrière les nouvelles Sommes-nous tous fous?ANONYMES j- Des prisonniers s'expriment i 01041 CISM 77831301041103 fsilllS Vraiment tout sur le show-business Voyez les meilleures bandes-annonces de films, consultez un moteur de recherche puissant sur le cinéma et la musique, et apprenez avant tout le monde les derniers potins croustillants du monde artistique.MUMOUI • f INI MA • MUIIIMfDIA • IIUMOUII • fONCUUlU Sympatico.ca une- marque de- commerce «-nN’ijhtree dr {i*ill Canada h uHIHatn lit en» >• Se désintoxiquer pendant une semaine.Je vous défie d’éteindre votre télé Du 22 au 28 avril, c'est "The international TV turnoff week" (la semaine internationale des téléviseurs fermés).Raymond Viger Pendant une semaine complète, il est proposé par AdBusters de changer ses habitudes et de ne pas écouter la télévision.Cet organisme canadien regroupe des professionnels de la commercialisation qui dénoncent les abus commis par la pub et les entreprises qui ne pensent qu’à leur portefeuille.Cela est un bon exercice pour voir si nous sommes télé-dépendants et une bonne occasion de vivre une relation différente avec nos proches.Au lieu de regarder la télévision, profitez-en pour jouer aux cartes ou à des jeux de société, rire entre amis, vous défouler différemment et pourquoi pas, allez jouer dehors et profitez de la vie! Si votre semaine de sevrage de la télévision vous apporte des effets secondaires, vous êtes peut-être dûs f u danger i *" Vusage Contenu t \ Violence- Obés>*e , Sexisme' La télévision peut, pour certaines personnes, être une façon de vivre ses émotions par procuration.Pratiquez-vous à les vivre en direct avec les gens que vous aimez.Pourquoi pas?Bonne semaine de sevrage.IcWtfesn pour une cure de désintoxication plus complète de la télévision.Massages, chatouilles entre amis, bains thérapeutiques, marche au grand air, lecture, écriture.sont des façons de vous aider à vivre autre chose que la télévision.À vous de trouver la vôtre.La télévision peut être une façon de vivre ses émotions par procuration.Pratiquez-vous à les vivre en direct avec les gens que vous aimez.Bon anniversaire au Journal de la Rue, qui aide depuis 10 ans les jeunes exclus.COLE LÉGER y \y o Ministre déléguée à la Lutte contre la pauvreté et l'exclusion Responsable de l'action communautaire et de l'action bénévole Québec h h Journal de la Rue/Vol.11 -3/Avril-mai/2003 3 ÉDITORIAL Rien ne va plus dans le monde du graffiti Le monde du graffiti vit une période de transition qui risque de faire mal à beaucoup de monde.Certains graffiteurs ont choisi la voie artistique, d'autres, trop souvent, celle du vandalisme.Une tension de plus en plus palpable se fait sentir dans nos milieux.Raymond Viger Un marchand du centre-ville en a attrapé un sur son toit en train de graffiter.Il l’a suspendu par les pieds au-dessus du troisième étage et lui a dit: “Si je te laisse tomber, tout le monde va penser que t’as manqué le pied en faisant ton barbouillage”.Heureusement il l’a redéposé sans passer à l’acte.L’impuissance, la frustration ou la colère de certains commerçants ne légitiment pas cette violence.Nous cherchons comment éviter cette escalade.Hop fait son entrée à Montréal avec les Timer, Flow, Seaz, Stack.La culture Hip Hop apporte ses règles, son éthique et le respect: on ne graffite pas sur les églises ni les oeuvres d’un autre artiste.Il y a une hiérarchie à respecter et des consignes pas nécessairement faciles à comprendre: on peut faire du bombing sur un tag, du graffiti sur un bombing.On ne passe par-dessus un graffiteur qui est plus fort ou plus connu que soi.On ne graffe pas un petit commerçant qui tente de gagner sa vie.Les règles de l’art sont enseignées par les plus anciens aux nouveaux qui forment la relève.Après 1997, on espère, on fantasme, on rêve de pouvoir canaliser tous ces artistes dans un cheminement artistique et culturel.Le Café-Graffiti À partir de 1998, nous assistons à une explosion de jeunes qui se disent graffiteurs, sans connaître la culture du milieu.Confus, les anciens se disent: “Ce sont des graffiteurs, il faut les soutenir”.Cependant, ces jeunes ne suivent pas les règles de l’art.Pour plusieurs, ils ne les ont même pas apprises.Trop de nouveaux qui sont dénoncés par plusieurs graffiteurs.Rebelles parmi les rebelles, certains adoptent le vandalisme.Est-ce vraiment de l’art?Le graffiti dérive vers le scratchfitti (graffignage des vitres) et vers l’acide dans les vitres, des moyens de plus en plus destructeurs.Le graffiti, qui se voulait un art urbain pour donner de nouvelles couleurs à des lieux délabrés, passe maintenant à la destruction des lieux.Nous constatons les conséquences.Pendant que les marchands demandent plus de répression et accumulent les plaintes, les parents sont dépassés et certains ont tout simplement renié leur progéniture.Certains de ces pseudo-graffiteurs sont recherchés par toutes sortes de personnes, même par d’autres graffiteurs.Des jeunes deviendront peut-être les victimes de gens qui veulent se faire justice eux-mêmes.Gardons notre calme, l’heure est au dialogue.Certains graffiteurs ont choisi la voie artistique, d’autres celle du vandalisme.Une tension de plus en plus palpable se fait sentir dans différents milieux Depuis presque sept ans, notre organisme travaille avec les graffiteurs et la culture Hip Hop.Le dossier spécial que nous présentons dans ce numéro nous a permis de réfléchir à l’évolution des dernières années en matière de graffiti.Nous avons rencontré des parents de graffiteurs, des graffiteurs reconnus par leur milieu, les plus jeunes qui les ont pris en exemple, des policiers, des marchands.C’est une histoire qui est loin d’être terminée.Début des années 80, un artiste, Zïlon, se bute aux portes fermées des galeries.Il décide de graffiter sa créativité sur les murs de la ville.Début des années 90, la culture Hip va s’y investir.Avec la Ville de Montréal, on dispose de murs autorisés pour permettre la libre expression des jeunes.C’est l’ère des projets novateurs, sous-financés, qui tentent de survivre malgré tout et d’être significatifs.Un certain nombre de graffiteurs deviennent des artistes connus et respectés.Parce que la violence attire la violence et que le vandalisme est une forme de violence, nous voulons partager nos préoccupations.Ce dossier graffiti est une occasion d’ouvrir la discussion.Dossier à suivre, qui continuera dans le prochain numéro avec vos commentaires.DANS LE PROCHAIN NUMÉRO: La violence vue par les jeunes 4 Journal de la Rue/Vol.1 1 -3/Avril-mai/2003 Volume 11 numéro 3 Avril-Mai 2003 55 000 exemplaires /155 000 lecteurs Publication bimestrielle Le Journal de la Rue et le Café-Graffiti 4265 Ste-Catherine Est Montréal H1V 1X5 Tél.:(514) 256-9000 Fax:(514) 256-9444 Rédaction (256-4467) Raymond Viger, Martin Ouellet Coordination Danielle Simard Service aux abonnés (256-9000) Lyne Déry, Steve Bouchard Conception graphique Jean-Loïc Rodriguez Relations publiques (259-4926) Sylwia Skibinska, Lassaad Gharbi Correction Martin Ouellet, Jean-Claude Leclerc, Publicité (450) 227-8414 Mélanie Crouzatier, Jean Thibault Café-Graffiti (259-6900) Dj Big Rodz, DJ Naes Collaboration Julien Cloutier, La Belle au Bois Dormant, Claire Lévesque, Louise Gagné, Nicole-Sophie Viau, Julie Drouin, Mathieu Thériault, Christiane Bolduc, Benson Deverze, Wendy Isson Mission: Favoriser, supporter et développer des projets novateurs permettant au milieu de retrouver son pouvoir d’action et son autonomie.Aider et favoriser le développement et l’autonomie des jeunes souvent marginalisés en leur offrant des activités créatrices et formatrices.Défendre et promouvoir les intérêts des jeunes en sensibilisant, informant et éduquant la population sur les besoins de nos jeunes et sur la façon d’être un adulte responsable et significatif.Promouvoir le développement d’une société plus humaine, sensibiliser aux différents phénomènes sociaux et faciliter les relations entre les différents acteurs et partenaires.Nous sommes membres: Association québécoise en suicidologie Association des intervenants en toxicomanie du Québec Fédération professionnelle des journalistes du Québec Bureau de vérification de la distribution Association des médias écrits communautaires du Québec Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone Fonds Jeunesse Québec Le Journal de la Rue a un fonds de réserve pour l’argent provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les journaux vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fonds.Une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes et de vous garantir la livraison de votre Journal de la Rue.La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécuniaire des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins apparaissant dans le Journal de la Rue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous aimerions recevoir vos commentaires.Ne vous gênez pas pour nous envoyer vos textes et/ou dessins pour une publication éventuelle.La rédaction se réserve le droit d’abréger les lettre reçues.Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme d’aide aux Publications (PAP), pour nos dépenses d’envoi postal, no.d’enregistrement - 07638 - AQS AITQ FPJQ rmil AMECQ SoPREF horoscope/sommaire Sagittaire: Plus sélectif, vous privilégiez des rencontres exceptionnelles et des amitiés solides.Êtes-vous télé-dépendant?Faites-le test, fermez votre téléviseur pendant une semaine et faites-nous parvenir vos commentaires.Page 3 Capricorne: Les sentiments partagés sont authentiques.Vous arrivez à vous dire les vraies choses.Dans un dossier mitigé tel que le graffiti, il serait préférable de commencer votre lecture par l’éditorial.Page 4 Verseau: Vous visez l’épanouissement et la sérénité.Découvrez la vraie personnalité de Claude Poirier, dans une entrevue exclusive et originale avec la Belle au Bois Dormant.Page 6.Poisson: Vous accordez vos temps libres à de belles activités solitaires ou collectives.Découvrez le témoignage de jeunes graffit eurs qui ont choisi un cheminement artistique et d’autres le vandalisme.Page 8 Vierge: Tout en exprimant votre créativité, cimentez vos liens utiles.Ils peuvent vous servir au moment où vous vous y attendez le moins.Entrevue avec la Société de Transport de Montréal sur les coûts du graffiti dans le métro.Page 13 Cancer: Les dépenses sont à la hausse.Vous devez diminuer votre train de vie ou encore chercher un moyen de gagner plus.Pourquoi ne pas recycler le graffiti et le mettre au service de la protection de l’environnement?Page 14 Balance: Vous dites des choses que vous n’avez peut-être pas dites auparavant, comme votre désir de vous exprimer.Profitez de la nouvelle chronique des Souverains Anonymes et découvrez le potentiel qui s’y cache.Page 16 Taureau: Vous envez envie de profiter de la vie, mais en même temps vous avez de la difficulté à vivre pleinement le bonheur.Profitez de cette entrevue de l’organisme La Réplique pour découvrir un jeune créateur talentueux.Page 18 Bélier: Vous avez besoin de vivre une petite journée relaxante.Vous n’êtes pas fou et n’avez pas besoin de vous noyer sous des tonnes de pilules et de prescriptions.Un témoignage sur la santé mentale à ne pas manquer.Page 20 Gémeaux: Attention aux maladresses! Certaines activités vous demandent plus de vigilance et de prévoyance.Témoignage sur le perçage corporel et les précautions à prendre.Page 22 Lion: Vous appréhendez vos activités de la journée, vous vous sentez créatif, mais ne vous laissez pas berner.Avis sur des fraudes excercées contre les auteurs.Page 24 Scorpion: Vos sens sont en action.Vous voulez vous détendre.Profitez de cette chronique de livres pour vous choisir un nouveau titre, allongez votre chaise longue dans votre sous-sol, allumez une lampe solaire et lisez! Page 26 Textes de notre horoscopologue de la rue/Dessins par Naes Ce périodique est fièrement imprimé chez Hebdo-Litho Journal de la Rue/Vol.11-3/Avril-mai/2003 5 COUP DE COEUR CLAUDE POIRIER.l’homme derrière les nouvelles Été 1975, j'ai douze ans.Ma famille vit un drame épouvantable.Ma petite sœur, treize ans, vient de décéder, victime d'un horrible meurtre.C'est ma première rencontre avec Claude Poirier.La Belle au Bois Dormant 27 ans ont passé.Je ne l’ai jamais revu depuis.Le matin, j’écoute son émission où il fait une capsule d’information.Il a toujours été présent dans mes pensées.Une journée d’automne, je le rencontre par hasard.Il sort d’un magasin.Ma première réaction spontanée est de l’interpeller: «M.Claude Poirier».Il répond simplement: «Oui».Je perds mon assurance, je ne sais plus quoi dire ou quoi faire.Il me demande gentiment ce que je voulais.Surprise totale, je m’entends dire que j’aimerais faire une entrevue avec lui! Moi qui ne suis pas journaliste, qui écrit seulement avec mon cœur et qui ne cherche jamais la “bébitte” noire chez les gens! Je lui explique que je travaille au Journal de la Rue, un journal qui, par sa mission, vient en aide aux jeunes qui ont des problèmes divers et que j’ai une chronique peu conventionnelle.Ça ne sera pas une entrevue comme il peut avoir l’habitude de faire.Claude Poirier m’offre sa carte pour prendre un rendez-vous lorsque je serai prête.Déchirée entre la fierté et l’inquiétude, je rencontre mon rédacteur en chef et lui raconte ce qui m’arrive.Je ne sais pas pourquoi, mais Raymond Viger est toujours optimiste face à ma capacité d’offrir un papier d’une sensibilité et d’une franchise propres à mon style.Il trouve que c’est une bonne idée et une belle expérience pour moi de faire une entrevue.Ma première entrevue! Avec son encouragement et la curiosité aidant, je garde les coordonnées de Claude Poirier.La torture mentale commence.Presque trois mois s’écoulent avant que je n’ose appeler ce monsieur si populaire qui ne donne aucune entrevue.Difficile de l’oublier, il est partout; à la radio, à la télé, je vois sa “bette” presque tous les jour.Une journée, je l’appelle et lui demande un rendez-vous.En attendant son rappel, j’appelle ma maman pour lui raconter mon histoire.Elle me demande pourquoi je veux le passer en entrevue.Je lui réponds qu’il a toujours l’air fâché contre Jean-René Dufort, qu’il a toujours l’air sérieux et enragé lorsqu’il fait les nouvelles.Je me suis fait remettre à ma place par ma mère.Elle me dit d’abord que c’est un homme profondément humain qui a un grand cœur et à la bonne place à part ça.Elle me raconte, qu’au moment où ma petite sœur a été retrouvée sans vie, elle était dans son auto.Fidèle à son habitude d’être le premier arrivé sur les lieux du crime, Claude Poirier est venu chercher ma mère, il l’a fait sortir gentiment et a pris grand soin d’elle, avec beaucoup de compassion.Ma mère était durement atteinte par la mort de sa toute petite jeune fille.Claude Poirier l’a prise dans ses bras pour lui annoncer la nouvelle.Il l’a gardé un long moment dans ses bras, essayant de la consoler et de calmer son cœur de mère déchiré avant de la remettre aux soins des ambulanciers.Au début de l’entrevue, je voulais savoir s’il garde souvenir de ce qu’il voit, jour après jour, depuis presque 40 ans de métier.Il a dû en voir des choses horribles, des moment où le cœur veut te sortir de la poitrine, un métier qu’il exerce dans une ville où presque tous les jours il arrive des choses atroces, autant aux person- nes âgées qu’aux enfants, aux gens sans histoire qui, du jour au lendemain, se retrouvent avec une blessure irréparable au cœur.Je lui demande s’il se souvient de notre blessure à nous, celle de la disparition tragique de ma petite sœur.Eh bien, sans hésitation, ce monsieur Poirier me répond que oui.Il se souvient de ma mère, assise dans sa voiture lorsqu’ils ont trouvé ma petite sœur.Il a eu la gentillesse de ne pas Claude Poirier est venu chercher ma mère, il l’a fait sortir gentiment et a pris grand soin d’elle, avec beaucoup de compassion.Ma mère était durement atteinte par la mort de sa toute petite jeune fille.Claude Poirier l’a prise dans ses bras pour lui annoncer la nouvelle.6 Journal de la Rue/Vol.11-3/Avril-mai/2003 COUP DE COEUR I me raconter certains détails.Avec humilité, il m’a seulement dit que cela avait été difficile pour tous les gens présents.Cet instant de relation me permet de vous certifier qu’il n’a pas un cœur de pierre.Il n’y a pas longtemps on lui a offert de faire carrière en politique.Il a refusé.Il ne veut pas dire des mots ou des discours qui ne sont pas de lui.Lorsqu’il commente une nouvelle, on lui propose un sujet mais tout ce qu’il dit au petit écran vient de ses tripes, il dit ce qu’il pense, que cela fasse l’affaire ou non des autres n’a aucune importance.Il croit en ce qu’il dit et personne ne peut lui faire dire autre chose que ce qu’il pense.Il ne lit pas les nouvelles, il les commente et cela demande une explication claire et précise.Moi qui pensais qu’après avoir vu autant de meurtres, de misère, de souffrance et de violence, on pouvait s’y habituer.Pourtant non, cela continue de le toucher.Il réussit à départager les choses.Ce n’est pas une machine, il a des sentiments nobles.Quand il a l’air enragé, c’est qu’il est choqué de ce qu’il voit et entend, il se donne le droit de partager cette émotion avec son public.C’est un homme qui aime son métier, intègre, qui ne camoufle rien et qui n’est pas achetable.Il a souvent une expression sarcastique quand il parle des jeunes; les jeunes-incompris-de-la-société.Ce n’est pas plus pardonnable qu’un jeune assassine ses parents que de voir des parents battre à mort leurs enfants.Ça le choque aussi de voir des jeunes briser les biens publics, faire du vandalisme, car il trouve qu’ils ne réfléchissent pas assez aux conséquences de leurs gestes.J’ai été privilégié d’avoir cette entrevue avec cet homme et je le remercie.Poème d’une lectrice Gagnant du tirage d’une toile réalisée par un jeune artiste du Café-Graffiti: Sylvain Gauthier, Longueuil Tant d’amour donné Tant de larmes versées Tout ce passé, Il me reste à espérer Que nos enfants déchaînés Puissent enfin se libérer Pour toujours se laisser aimer Par cette maman passionnée Tu resteras toujours son bébé PS: N’oublie jamais que l’amour d’une mère est inconditionnel Qu’importe qui tu es, ce que tu fais Elle t’aimera toujours, jusqu’à la fin de ses jours Elle te tend les bras, surtout ne la repousse pas.Nicole, de Québec Témoignage d’un lecteur .mIÎtT.iffl.ri.Bonjour les ami(e)s de la rue, c’est pour vous dire que j’ai bien aimé Le Journal de la Rue, que ma belle-mère m’a prêté et je vous dis félicitations! Je suis un père de famille de 3 enfants (adolescents) que j’aime beaucoup et en lisant votre revue, je prends conscience qu’il y a toujours place à amélioration.Félicitations à tout le monde et apprenons à se dire « je t’aime » et à travailler sur nos défauts.Un père de la région de Beauport Louise Harel Présidente de l’Assemblée nationale Deputee de Hochelaga-Maisonneuve Québec Journal de la Rue/Vol.1 1 -3/Avril-mai/2003 7 i *€• VANDALISME Sherbrooke • \ *• V Un g raffiteuf* réagit Dans la nuit du dimanche au lundi 1er septembre 2002, un groupe de graffi-teurs a couvert de grattifis, de tags et de personnages les murs de la station de métro Sherbrooke.Martin Ouellet D’après la porte-parole de la Société de Transport de Montréal (STM), Odile Paradis, les artistes de l’illégal se seraient laissés enfermer dans la station à la fermeture, afin de tapisser les murs des deux côtés de la voie.En tout, la STM estime à près de 50 000$ la facture pour le nettoyage de cette seule station, ce qui a dû se faire dans un délai extrêmement rapide, vu le caractère obscène de certains graffitis.En effet, le règlement de la STM stipule que tout graffiti de nature sexuelle ou raciste doit être effacé dans un délai de 24 à 48 heures.Parmi les signatures reconnaissables, on retrouve celle de Lison, un graffiteur très actif et déjà recherché par les autorités pour d’autres actes de vandalisme.Les œuvres les plus dérangeantes représentaient d’immenses vibra-teurs, portant la signature de Lison, accompagnés du slogan «dans l’cul» et d’autres messages de provocation envers les usagers du métro et les autorités, comme «allô la poliss», «rien à foutre» et «find me».Les enquêteurs du service de police de la Ville de Montréal étudient les bandes vidéo des caméras de surveillance pour tenter d’obtenir des indices, mais jusqu’à maintenant aucun suspect n’a été appréhendé.Le Café-Graffiti se bat depuis sa création pour combattre les préjugés liés au graffiti, favoriser son acceptation dans la société et négocier l’obtention de murs légaux à Montréal.Le Journal de la Rue a interrogé le directeur des arts visuels du Café-Graffiti, Julien Cloutier, afin de connaître ses impressions sur cette histoire.Journal de la Rue: Quelle a été ta réaction quand tu as entendu parler de ce qui s’était passé au métro Sherbrooke?Julien: J’ai eu une réaction assez partagée.Sur le coup, je me suis dit: «Ils sont courageux, ils ont du guts d’avoir fait ça!».Quand un graffiteur ou un crew fait un coup d’éclat de cette ampleur-là, ça provoque l’admiration des autres graffiteurs parce qu’à l’origine, c’est comme ça que se pratique le graft, de façon clandestine, illégale.Personnellement, je n’oserais pas faire ça.Mais je comprends que d’autres aient envie de le faire, même si mon rôle est d’encou- 8 Journal de la Rue/Vol.1 1 -3/Avril-mai/2003 DOSSIER nages, de style bédé, très beaux aussi.Ce ne sont pas les œuvres les plus réussies que j’ai vues dans ma vie parce qu’on sent qu’ils étaient pressés de travailler, qu’ils se dépêchaient de finir, mais c’est définitivement un travail de pros.JDLR: Qu’as-tu pensé de la couverture médiatique?J: En général, les médias ont trop insisté sur le côté scandaleux des œuvres, ils sont tombés dans le sensationnalisme.Les journalistes se disent choqués par les grafts à connotation sexuelle, mais ce sont toujours ceux-là qu’ils montrent, au lieu de montrer les plus artistiques, ceux moins controversés.C’est paradoxal, parce que le règlement de la STM les oblige à nettoyer dans les 48 heures pour pas exposer les grafts aux usagers, mais on les voit à la une de tous les journaux et aux infos télé! En plus, ils impressionne, des actes comme ceux-là.Il faut transgresser les interdits.Plus le danger est grand, plus c’est spectaculaire, plus t’es admiré.JDLR: Est-ce que des inci-dents comme ça peu- vent nuire à la réputation du graffiti dans l’opinion publique?J: Je ne crois pas.Ceux qui aiment le graffiti ont “trippé” et ceux que ça dérange savent très bien que le lendemain, la STM va avoir tout effacé.Les gens se Journal de la Rue/Vol.11-3/Avril-mai/2003 rager les artistes à travailler dans la légalité.JDLR: D’après toi, ce qu’ils ont fait, c’est de l’art ou du vandalisme?J: C’est sûr que c’est du vandalisme, mais ça n’empêche pas que ça puisse être artistique en même temps.Les pièces que j’ai vues dans les journaux et aux nouvelles télé démontraient une maîtrise, un talent, qui prouvent qu’on n’a pas affaire à des débutants.Les lettrages étaient bien tracés, complexes et les person- jouent exactement le jeu des graffiteurs, qui, en défiant les autorités et en bombant des affaires obscènes, ne cherchent qu’à attirer l’attention, à avoir leur minute de gloire.Ils l’ont eue.JDLR: Qu’ont voulu exprimer ces graffiteurs?J: C’est juste un coup d’éclat, pour se faire remarquer, pour la réputation.Le graffiti, c’est quelque chose de très égocentrique.Les artistes se connaissent entre eux, ils connaissent les signatures des autres.Alors, ça «Les médias jouent exactement le jeu des graffiteurs qui ne cherchent qu'à attirer Yattention, à avoir leur minute de gloire.Ils l'ont eue.» sentent moins concernés quand ça arrive pas chez eux, quand c’est dans un endroit public.Après tout, il y a de nouveaux grafts chaque jour un peu partout à Montréal, sans qu’on en entende parler, sauf que là, vu l’endroit et l’achalandage, ça a fait un scandale.En temps normal, le public a même pas le temps de voir les graffitis dans le métro avant qu’ils soient enlevés.D’ailleurs, j’ai trouvé ça bien sympathique de lire dans La Gazette qu’un employé (anonyme) de la STM avait déclaré: «Je dois avouer que c’est très artistique.Ce n’est peut-être pas la place pour le faire, et je suis sûr que la STM n’est pas contente, mais j’aime mieux ça que » DOSSIER les murs blancs très ennuyants.».Un usager du métro a aussi affirmé: «C’est bien mieux que la publicité qu’ils nous mettent partout à la station Berri ou ailleurs.JDLR: Pourquoi certains artistes du graffiti préfèrent-ils travailler dans l’illégalité?J: Pour le défi, l’excitation de transgresser les règles.Pour plusieurs graffiteurs, se faire offrir un mur légal, ce n’est plus un défi car il n’y a plus de danger.Ils peuvent y aller quand même, mais ce n’est pas pareil.C’est pour ça que beaucoup de graffiteurs qui travaillent sur les murs légaux font aussi du graffiti illégal en parallèle.JDLR: La STM et les médias ont répété à plusieurs reprises que les frais de nettoyage s’élevaient à plus de 50 000$ et que cet argent aurait pu être mieux utilisé.Qu’en penses-tu?J: C’est sûr qu’il y a des coûts.La STM dit que cet argent aurait pu servir à autre chose.Sauf qu’à chaque année, la société de transport augmente le prix des billets et des passes de métro, par contre, on ne voit pas vraiment d’amélioration dans le service.Au contraire: le nombre des wagons diminue, la fréquence des trains aussi, il y a souvent des pannes, etc.C’est facile de jeter le blâme sur quelques graffiteurs pour justifier qu’on n’a pas de fonds pour faire des rénovations et de l’entretien, mais je me «Pour plusieurs graffiteurs, se faire offrir un mur légal, ce n’est plus un défi car il n’y a plus de danger.Ils peuvent y aller quand même, mais ce n’est pas pareil.» JDLR: En tant qu’employé du Café-Graffiti, tu fais la promotion des murs légaux à Montréal.Crois-tu que ce qui est arrivé au métro peut nuire à tes négociations avec la Ville?J: Pas vraiment.Les clients, que ce soient des commerçants ou des particuliers, qui veulent une murale, sont prêts à payer.Alors, ils vont engager des graffiteurs quand même.Les représentants de la Ville avec qui nous faisons affaire savent très bien que les murs légaux ne vont pas enrayer complètement l’illégal.Nous voulons réduire le vandalisme, mais nous n’avons jamais eu l’illusion que nous pouvions l’éliminer complètement, ce serait utopique.Éduquer et sensibiliser les gens, ça ne se fait pas du jour au lendemain.demande si ça correspond à la réalité.Est-ce que les graffiteurs ne serviraient pas de boucs émissaires pour justifier l’inaction de la STM?Une dernière question me vient en tête: si les graffiteurs avaient peinturé des fleurs et des câlinours au lieu de dildos et de tags, est-ce que le public et la STM auraient autant protesté?Pourtant, le nettoyage aurait coûté aussi cher.JDLR: Les journalistes se sont demandé comment les graffiteurs avaient déjoué la surveillance du métro pour commettre leur geste.Penses-tu que la STM prend les bons moyens pour décourager les vandales?J: Je ne pense pas que la sécurité soit aussi présente qu’ils le prétendent.À la station Sherbrooke, justement, la seule caméra de surveillance est braquée.sur la cabine du changeur! En plus, durant la nuit, il n’y a pas de personnel de sécurité, alors.difficile de dire si les graffiteurs se sont laissés enfermer après la fermeture ou s’ils ont trouvé un moyen de pénétrer dans la station.Encore là, per-mettez-moi de m’interroger: si la STM ne juge pas nécessaire d’avoir de la sécurité la nuit, est-ce parce que c’est moins coûteux d’effacer les traces de vandalisme que de le prévenir?I 10 Journal de la Rue/Vol.1 1 -3/Avril-mai/2003 DIOS, recherché pour crimes contre les murs Un des vandales du métro Sherbrooke s’exprime Dios est un jeune homme calme, timide, articulé et sympathique.Il ne correspond pas du tout à l'idée qu'on se fait d'un vandale ou d'un criminel.Et pourtant.Martin Ouellet Dios était un des quatre graffiteurs qui ont repeinturé illégalement la station de métro Sherbrooke, à Montréal, le 1er septembre 2002.Il est toujours recherché pour ce méfait.Malgré cela, Le Journal de la Rue a voulu recueillir ses commentaires sous son identité de graffiteur.À la conquête du métro Dios fait du graffiti, depuis 1994.Il est de la première génération de graffiteurs montréalais.Influencé par les premiers tags qui sont apparus, il a lui-même commencé à laisser sa trace sur les murs de la ville, avec quelques amis.Ce qui n’était au départ qu’un passe-temps s’est rapidement changé en passion.Il n’a jamais arrêté depuis, raffinant ses techniques et créant son propre style, sous différents noms d’artiste.Comme beaucoup de ses collègues graffiteurs, Dios est fasciné par les trains et les métros.«Le wagon, c’est mythique», dit-il en souriant avant d’ajouter: «Le métro, c’est le roi des trains.Sa surface se prête bien au graff et les œuvres voyagent, se déplacent.» Dios fait aussi du graffiti aux murs légaux, même si sa préférence va à la clandestinité.En fait, il va aux endroits autorisés surtout quand la température permet de travailler de nombreuses heures sur une pièce, à ciel ouvert et sans avoir à se cacher.Durant l’hiver, par contre, il estime qu’environ 80% de sa production est illégale, en raison du froid qui l’incite à se réfugier à l’intérieur.Peut-on supposer que si on offrait des murs intérieurs pour graffiter l’hiver on diminuerait d’autant le vandalisme et l’illégalité?Par contre, cela pourrait représenter un danger pour la santé des graffiteurs, à cause des vapeurs toxiques de peinture dans un endroit clos.La facture Dios doute beaucoup qu’il ait fallu 50 000$ pour nettoyer la station.«Ça n’a pris que 12 heures et tout était parti.Ils ont des produits à vaporiser très puissants.Ils ne remplacent pas les murs, quand même!» Le graffiteur se souvient d’un reportage à Infoman où Jean-René Dufort enquêtait sur les coûts réels de nettoyage pour un graffiti, par rapport au montant réclamé.Il concluait en démontrant que les chiffres avaient été effrontément gonflés.Les journalistes n’ont-ils pas la responsabilité de confronter leurs sources et de vérifier la véracité de ce qui est avancé?D’après Serge Savard, de la STM, l’Infoman ne sait pas de quoi il parle et soutient que chaque sou va à l’enlèvement des graffitis.Graffiti, fils de pub?D’après Dios, tout est une question de perception.Le graffiti est encore perçu comme du vandalisme gratuit, mais pas reconnu comme un art.Et pourtant, rappelle-t-il, le tag (la signature) n’est qu’un aspect du graff, mais il y a aussi des artistes capables d’accomplir des fresques incroyables.«Le graffiti est né un peu en réaction à l’envahissement de la pub.C’est une façon de se réapproprier l’espace urbain, de faire un pied-de-nez à la pub.Au fond, le graff est l’enfant illégitime de la pub», croit-il.«J’ai déjà lu dans un livre sur le graff une interview avec un graffeur qui disait: Quand tu fous un graffiti dans la face du monde, ils appellent 9-1-1.Quand tu leur mets une pub de Coke, ils vont s’en acheter un! Je trouve que ça s’applique bien à ce qui s’est passé.» Pas d’éthique chez les graffiteurs?Il y a une mosaïque sur les murs du métro Sherbrooke.Les graffiteurs n’y ont pas mis la moindre goutte de peinture.«Un des gars avec nous a hésité, il voulait la couvrir.On lui a dit de laisser tomber.On ne veut pas vandaliser les œuvres d’art.En général, cette éthique est respectée, du moins chez les plus vieux graffiteurs.» Y a-t-il d’autres surfaces à bannir?«Les maisons privées, les monuments historiques, tes automobiles, » «Le métro, c’est le roi des trains.Sa surface se prête bien au graff et les œuvres voyagent, se déplacent» Journal de la Rue/Vol.Il-3/Avri|-mai/2003 11 les œuvres d’art en général et les belles pièces faites d’autres graffi-teurs.Ce sont mes règles, pas forcément celles de tout le monde, par contre.» Le Café-Graffiti Que pense Dios du travail que le Café-Graffiti fait auprès des jeunes artistes de la canette, en les incitant à se servir des murs légaux?«C’est bon pour les jeunes.Ça crée des liens, ça permet de rencontrer d’autres personnes qui partagent leur passion.Sauf que ça leur permet de se pratiquer, de s’améliorer et de faire moins d’illégal, donc, des plus belles pièces, sur lesquelles ils peuvent passer plus de temps.Mais ça n’enrayera pas le graffiti illégal pour autant.» 12 Journal de la Rue/Vo1.11-3/AvriI-mai/2003 Le vandalisme dans les transports en commun Entrevue avec Serge Savard de la Société de Transport de Montréal Martin Ouellet La Société de transport de Montréal (STM) consacre annuellement 1,3 million de dollars à l’enlèvement des graffitis dans son réseau.Ça peut sembler énorme et pourtant, c’est encore insuffisant.En effet, une évaluation faite en 1999 a révélé qu’il aurait coûté 5 millions pour nettoyer complètement l’intérieur de toutes les stations du métro de Montréal.C’est sans compter ce qu’il aurait fallu débourser pour remettre à neuf tous les autobus de la flotte, la surface extérieure des stations ainsi que les abribus.Où frappent les vandales?Le vandalisme est généralisé à l’ensemble du réseau.Même les œuvres d’art ne sont plus respectées par la nouvelle vague de graffiteurs, qui les trouvent démodées.Certains produits chimiques très puissants utilisés pour enlever les graffitis risquent de dégrader la surface des murales ou autres pièces de notre patrimoine artistique.À la station Snowdon, entre autres, les murales représentant les quatre saisons ont été très abîmées par l’enlèvement de graffitis à répétition.% Les conséquences?Toute personne surprise à souiller une station de métro est passible d’une amende de 75 à 500$.Depuis peu, il faut savoir également que la STM poursuit systématiquement au civil les graffiteurs pris sur le fait pour leur réclamer le montant total qu’aura coûté la réparation de leur vandalisme.Comment évaluer les coûts?Pour déterminer à combien s’élève la facture pour les dommages subis, la Société de transport prend en considération différents facteurs: le type de matériel utilisé pour le graffiti, la nature de la surface à nettoyer multiplié par la superficie en pouces carrés et finalement le salaire de la main-d’œuvre chargée de l’effacement.Il existe d’autres pertes reliées au graffiti, impossibles à récupérer.Par exemple, lorsque des voitures de métro sont graffités, on les retire de la circulation jusqu’à ce qu’elles soient nettoyées ou repeintes, ce qui cause une perte de productivité.Serge Savard affirme que les sommes réclamées par la STM aux vandales sont toujours évaluées de cette façon.Ceux qui prétendent que les chiffres sont gonflés font fausse route car la méthode de calcul est approuvée par l’industrie.Verra-t-on la fin de la guerre au graffiti un jour?«Depuis longtemps, notre objectif n’est pas d’éliminer le graffiti, ce qui est utopique, mais de le réduire.Il faut contenir le problème, ne pas laisser déborder la situation.Une grande partie de notre clientèle n’apprécie pas le graffiti et est intimidée par sa présence dans les transports.Cela donne l’impression que le service est négljgé et ça crée un sentiment d’insécurité chez la population.» La prévention?La STM organise des activités de sensibilisation auprès des jeunes dans les milieux scolaires et produit des brochures pour responsabiliser les citoyens.La Société de transport a également des représentants qui siègent à la table de concertation Alliance Métropolitaine Graffiti et Affichage, où elle travaille en partenariat avec entre autres la Ville de Montréal et le Café-Graffiti.Un message pour les graffiteurs?«Vous faites partie de la société vous aussi, vous payez pour vos propres méfaits» «On ne porte pas de jugement artistique sur les graffitis.Si Picasso avait été surpris à peinturer sur les murs du métro, nous l’aurions arrêté.Il faut enlever les graffs, même si certains sont beaux.De tous temps, il y a eu des artistes incompris, rejetés.Ils n’ont pas nécessairement imposé leurs œuvres à tout le monde pour autant.Dites-vous bien que nous n’arrêterons jamais de nettoyer.» Graffiti et scratchfitti Comment démêler l’art urbain du vandalisme?Rqymond Viger Si vous pensez que toutes tes formes d’expression sont tes mêmes, détrompez-vous! Même à l’intérieur du graffiti, les définitions demeurent confuses.Le scratchfitti est te “graffignage” des vitres que certains font avec des objets durs.Ce vandalisme est dénoncé et décrié par la culture hip-hop et les puristes du graffiti.«Du vandalisme à l’état pur», «Y’a rien d’artistique là-dedans», «Ça nuit à notre culture» ou encore «Il faudrait qu’on puisse les dénoncer, leur chauffer les oreilles!», peut-on entendre de la part de certains graffiteurs et représentants du milieu hip-hop.Un graffîteur de trains s’interroge: «Est-ce que faire du scratchffiti ou brûler des vitrines à l’acide, c’est encore du graffiti?Si on croit que la définition du graffiti, c’est d’écrire son nom avec différents moyens sur une surface quelconque, on peut dire que oui.Mais ce n’est pas de l’art comme je pratique.» Dans une culture, il y a une éthique à suivre, une reconnaissance du milieu tout en faisant un cheminement artistique, un respect de la création entre les membres.Les graffiteurs demandent d’avoir plus de murs autorisés: «L’exemple de Duro, à Toronto, est intéressant, 11 ne fait que des murs autorisés.Les gens voient ses œuvres et l’engagent pour réaliser des murales.» Le message est clair: les graffiteurs veulent des murs légaux dans le centre-ville, bien à la vue de tous! Fini l’anonymat.Les paroles s’envolent, mais les écrits restent.*»*«*' *?' # *' Art ou vandalisme?Pendant que vous y pensez les usagers du métro de Rome doivent affronter chaque jours les graffitis qui recouvrent de la tête aux pieds les wagons de la «Metropolitana».Journal de la Rue/Vol.11 -3/Avril-mai/2003 13 GRAFFITI et recyclage font bon ménage! Le Centre d'expertise sur les matières résiduelles, un organisme voué à la promotion d'une gestion durable et responsable des déchets, a inauguré le 30 octobre dernier une imposante murale de 19 pieds par 23 pieds, réalisée par le jeune graffiteur Monk-E.Christiane Bolduc Collaboration spéciale Pour réaliser sa murale, Monk-E s’est inspiré du dessin lauréat d’un concours que le Centre a lancé au début de 2002, auprès des écoles de l’arrondissement Villeray/St-Michel /Parc-Extension.On avait alors demandé aux élèves de dessiner ce que leur inspirait le thème des «3RV et ma communauté», à savoir le réemploi, le recyclage, la récupération et la valorisation des déchets.Au total, 178 dessins provenant de plusieurs écoles de l’arrondissement ont été évalués par un jury composé des partenaires de ce projet : la Ville de Montréal, Recyc-Québec, la Cité des arts du cirque, Pact de rue et le Centre d’expertise sur les matières résiduelles.La murale représente une scène de la nature pleine d’insectes et elle intègre un élément du dessin gagnant : une bouteille de plastique recyclée en mangeoire pour oiseaux qu’a dessinée Kamal Gignac-lsmail, de l’école secondaire Georges-Vanier.Monk-E a également reproduit dans sa murale le slogan qui a valu une mention spéciale à Alex Marchisio, de l’école secondaire Louis-Joseph Papineau : «Recycler, c’est notre avenir».Pour peindre cette impressionnante murale, Monk-E a dû travailler dans un échafaudage de trente pieds, muni du matériel de sécurité nécessaire, dont un harnais et un casque protecteur.Il a fallu plus d’une quarantaine d’heures pour terminer l’œuvre, souvent dans des conditions de température peu clémentes.Rappelons que Monk-E s’est distingué en août dernier, au Brésil, à l’occasion d’une convention internationale de graffiti, qui s’est tenue à Santo Andre, en banlieue de Sao Paulo.Ce jeune artiste utilise la technique de l’aérosol depuis environ cinq ans et il est l’auteur d’une quarantaine de murales à travers le Québec.Le Centre d’expertise sur les matières résiduelles est fier de s’être associé à Monk-E pour sensibiliser les jeunes à l’importance du recyclage et de la récupération, par le biais d’une murale.1 4.lournal de la Rue/Vol.11 -3/Avril-mai/2003 ' tp, et d'eau fraîche heart tt ïwy«'°r I % & ®è:w% 3tjf\ ; ^ F gg®f Après la pluie .le beau temps 9,95$ Par Raymond Viger Recueil de textes à méditer, seul ou en ¦B groupe.On l'ouvre, au hasard d’une lecture *\ et on laisse le texte nous déclencher.Une aide lorsque nous traversons une période i\ de crise, un soutien vers l’expression de nos & emotions.128 pages, 9,95S J ISBN2-9803768-0-0 SOCIÉTÉ Une nouvelle page pour «les hommes de passage» Bienvenue aux SOUVERAINS ANONYMES Selon Mohamed Lofti, le créateur et l'animateur de Souverains Anonymes, l'émission est «une démarche d'ouverture des personnes incarcérées à la communauté».L'émission de radio Souverains Anonymes, créée en 1990, a la particularité d'être enregistrée à la prison de Bordeaux et de donner la parole a des détenus qui y purgent une peine.Martin Ouellet L’émission est retransmise non seulement en ses murs, mais également sur les ondes de CIBL, CKRL et Radio Centre-Ville.Souverains Anonymes, c’est donc une fenêtre où communiquent le monde carcéral et le monde extérieur.C’est également une façon pour les détenus de s’évader par la poésie, la musique, le pouvoir libérateur de la parole.En plus, ils ont l’occasion de recevoir la visite d’invités spéciaux, chaque semaine, des artistes pour la plupart, mais aussi des ministres, des athlètes, des scientifiques, etc.Ainsi réunis, prisonniers et visiteurs philosophent, créent, rêvent, devenant ainsi des Souverains, le temps d’une émission.À ce jour, plus de 7000 détenus de Bordeaux ont pris la parole devant le micro et plus de 350 invités ont vécu cette expérience unique.À chaque numéro, le Journal de la Rue vous présentera de nouveaux poèmes de Souverains Anonymes, vous ouvrant ainsi une fenêtre sur leur réalité mais aussi sur leurs rêves et leur créativité.Nous rencontrerons également des invités qui ont participé à Souverains Anonymes pour qu’ils témoignent de leurs souvenirs auprès de ces «hommes de passage».Pour en connaître davantage sur Souverains Anonymes, consultez ces différentes sources d’information: Évidemment, l’émission de radio Souverains Anonymes, diffusée à CIBL (101,5 FM) les jeudis à 18h, à CKRL (89,1 FM) les vendredis à 9h, ainsi qu’à Radio Centre-ville, (CINQ FM 102,3) les mardis à 15h.Site internet des Souverains Anonymes: www.souverains.qc.ca Libre à vous, un album de chansons enregistré à Bordeaux d’après les textes de détenus avec la participation d’une cinquantaine d’artistes et musiciens.Documentaire Des hommes de passage, réalisé par Bruno Boulianne, distribué par l’ONF.«Ils sont déjà là pour purger une peine, ils n’ont pas besoin qu’on y rajoute une autre peine.» -Christine Burtin."Souverains Anonymes c'est une démarche d'ouverture des personnes incarcérées à la communauté." -Mohamed Lofti."La présence d'une prison dans une ville est la preuve que quelque chose ne va pas dans la citation toute entière.", -Albert Jacquard, invité des Souverains Anonymes.Littérature des Souverains___________________ Fatigué et las Je suis fatigué et las d’être ici ; J’y ai passé une partie de ma vie!?! Je n’ai plus rien à apprendre ; Quoique, j’ai de nombreuses choses à te faire comprendre ! Ça va faire 8 ans que je suis à Bordeaux ; Si je suis en train d’y laisser ma peau ! ?! Alors, je scierai mes propres barreaux; Pour connaître le renouveau ! J’ai tout donné, Pour me faire apprécier et aimer Maintenant, je suis très respecté ; Je n’ai plus rien à prouver ! ! ! J’ai tellement vu de détenus au téléphone bleu ; Dire à leur blonde adieu ! ! ! J’ai vu la vraie misère noire ; Ce n’est pas beau à voir ! ?! J’ai vu des détenus se couper les veines ; Ils avaient trop de misère et de peines ! ! ! J’ai moi-même coupé les miennes ; Alors, pense au futur, aux tiennes ! ?! Je suis fatigué et las d’être ici ; J’y ai passé une partie de ma vie ! ?! Je n’ai plus rien à apprendre ; Quoique, j’ai de nombreuse choses à te faire comprendre ! Jean-Pierre Lizotte L’homme caché J’ai peur lorsque, parfois je vois Cet homme caché au fond de moi Mais où se cache t-il ?Je ne le saurai jamais Soudain, après quelques bières, le voilà qu’il apparaît Lorsque, petit à petit j’accélère la cadence Bière après bière, rien n’a plus d’importance Mon cerveau s’enivre et tout à coup, pris de rage, L’homme caché fait le beau temps et l’orage Est-ce que les gens le savent?Peuvent-ils le voir?Cet homme caché en moi, est-il mon miroir?Lorsque la nuit se transforme graduellement en lumière, L’homme caché se calme et disparaît dans son univers Soudain le matin, pensant à sa femme et a tous ses problèmes Il a la tête pris dans l’étau et la voix qui hurle des blasphèmes De nouveau, l’homme sombre Il fuit, il a peur de son ombre Où est-il passé?Je ne sais guère Est-il encore en moi?ou perdu à jamais derrière ces barreaux de fer?Jean-Paul Catellier.décembre 1999 16 Journal de la Rue/Vol.11-3/Avril-mai/2003 .E&HZ41 Un MC en prison C-Drik parmi les Souverains Anonymes Martin Ouellet En septembre 1998, la formation hip-hop Complys, alors formée de C-Drik, DBG, L’Queb et DJ Org a offert une prestation à l’intérieur des murs de la prison de Bordeaux, dans le cadre de l’émission Souverains Anonymes.Le Journal de la Rue a rencontré C-Drik, MC (maître de cérémonie) du défunt groupe Complys, afin de savoir quel souvenir il garde de sa rencontre avec les Souverains.C-Drik et son groupe ont été très bien accueillis par les prisonniers.La discussion précédant le spectacle s’est déroulée dans une atmosphère très détendue, très relaxe.Comme plusieurs détenus avaient déjà un certain bagage comme rappers et poètes, l’entretien a porté principalement sur la musique et les messages véhiculés par le groupe Complys dans ses textes Ensuite, un détenu a récité un poème de son crû avant la partie musicale.C-Drik se dit prêt à y retourner n’importe quand.Par contre, il apportera peut-être son lunch, parce que, dit-il en riant, «la bouffe est dégueu à Bordeaux!».niers n’était pas vraiment une expérience dépaysante, ils ne se sentaient pas intimidés le moins du monde.«Si j’avais eu des préjugés envers les prisonniers, ça m’aurait sûrement fait réfléchir davantage.Mais ce sont des gars comme j’en rencontre souvent dans ma vie personnelle.J’ai même reconnu du monde que je connaissais en- dedans!», raconte le MC.«C’est sûr que je me suis souvent demandé comment ce serait d’être à leur place et je comprends leur réalité.Mais en même temps, à Souverains Anonymes, les gars ont tellement de fun, qu’ils n’ont plus l’air d’être prisonniers pendant l’émission.On sent que ça leur fait du bien de parler, d’échanger avec nous autres.» même les plus vieux détenus et les gars qui n’étaient pas de style hip-hop ont embarqué à fond!».Selon C-Drik, l’ambiance était pas mal la même que dans un spectacle normal, ça s’est passé de façon très naturelle.Après avoir interprété quelques pièces, Complys a partagé le micro avec les prisonniers qui y sont allés de leur freestyle, leurs improvisations poétiques rap-pées.C-Drik a vraiment bien aimé Pour C-Drik et les membres de Complys, côtoyer les prison- Complys a offert une prestation d’environ une demi-heure, très appréciée des Souverains.«Ce qui était vraiment chill, c’était de voir que être l’invité de Mohamed Lofti et ses Souverains Anonymes.Il se dit prêt à y retourner n’importe quand.Par contre, il apportera peut-être son lunch, parce que, dit-il en riant, «la bouffe est dégueu à Bordeaux!».Journal de la Rue/Vol.1 1-3/Avril-mai/2003 17 Wkismum Retour à la rue Aider, pour mieux s’aider Alex Chassagne, alias Ace, est un ancien participant du stage de La Réplique.Il est également DJ, MC, musicien et graffiteur, en plus de travailler pour les Pairs Aidants, au Bon Dieu dans la Rue.A: Malgré les difficultés que je vivais moi-même, j’ai toujours essayé d’aider les autres.En me retrouvant dans la rue, j’ai été surpris de constater l’étendue des ressources disponibles pour les jeunes.La plupart des jeunes de la rue recherchent d’autres modèles à suivre que des intervenants.Ils cherchent quelqu’un qui a vécu ce qu’ils vivent, qui est passé par le même chemin qu’eux, et qui s’en est sorti.Benson Deverze et Wendy Isson Droit de Réplique Comme si ce n’était pas suffisant, il est aussi un des organisateurs du Festival Expressions de la Rue, qui a lieu chaque année à Montréal, Place Pasteur, en plus d’en assurer l’animation.L’équipe Droit de Réplique rencontre Ace, un jeune impliqué socialement, artiste dans le milieu hip-hop, et pour qui la vie semble être un tourbillon de motivations.Journal de la Rue: Ace, t es toujours impliqué dans un paquet de I Alex à la base projets créatifs.Qu’est-ce qui se passe dans ta vie artistique?Ace: Plein de bonnes choses! J’ai longtemps parlé de monter mon propre studio.C’est presque fini; j’ai mon ordinateur, ma console, etc.Je travaille sur un démo hip-hop avec un de mes amis.Je fais beaucoup d’art, des graffs surtout, ici dans le cadre de l’atelier d’art avec les jeunes du Bon Dieu dans la rue, où je suis Pair Aidant.J’ai aussi travaillé pour La Conscienza; j’ai créé un logo pour eux.Ils ont bien aimé et veulent me donner d’autres contrats.En plus, je suis DJ de temps en temps dans des bars au centre-ville.JDLR: Parle-nous un peu de ton travail avec les Pairs Aidants?A: Le projet des Pairs aidants a commencé en 1996.On forme des anciens jeunes de la rue pour faire de l’intervention et de la sensibilisation auprès d’autres jeunes qui vivent présentement cette réalité.Dans le fond, il s’agit de faire le lien entre les services offerts par les organismes et les jeunes de la rue.C’est le CLSC des Faubourgs, dans Centre-Sud, qui a lancé l’initiative.JDLR: Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’impliquer auprès des jeunes de la rue?JDLR: Y a-t-il un lien entre ta vie créative et ton intervention communautaire?A: Les deux vont super bien ensemble.Ma culture, c’est le hip-hop et j’ai toujours été quelqu’un qui rappait pour dénoncer.Vu que je baigne dans la pauvreté toute la journée, ça sert à m’inspirer et ça me donne des sujets à développer pour ma musique.C’est la base du mouvement hip-hop: dénoncer la pauvreté et les injustices de la société; le fait qu’il y ait des gens coincés en bas et ceux au-dessus qui profitent d’eux.Aussi, pour être un artiste, il faut avoir l’esprit ouvert.D’être ainsi exposé à toutes sortes de monde: punks, gais, hippies, etc, ça m’amène à mieux les connaître et à faire tomber les préjugés.autant les leurs que les miens! Les jeunes que je rencontre sont eux aussi confrontés à mon style.On m’étiquette fresh, avec tous les préjugés qui viennent avec.En m’approchant, ils voient que j’ai une conscience, ça ouvre leur esprit au mouvement hip-hop.C’est ce que j’aime de mon travail.Ça ne s’arrête pas à de l’intervention, je peux aller plus loin que ça.c’est un partage.JDLR: Qu’est-ce que tu retires du «La plupart des jeunes de la rue recherchent d’autres mo-dèles à suivre que des intervenants.Ils cherchent quel-qu’un qui a vécu ce qu’ils vivent, qui est passé par le même chemin qu’eux, et qui s’en est sorti.» 18 Journal de la Rue/Vol.11 -3/Avril-mai/2003 ENTREVUE contact avec ies jeunes marginaux?A: Ça amène à grandir, man.Ça m’ouvre les yeux sur la vie, sur d’autres vies.Ça m’amène à être reconnaissant, aussi, parce que j’ai passé par ce chemin-là, et je peux voir mon évolution à travers les autres.Certains des jeunes auprès de qui j’interviens étaient dans la rue quand j’étais moi-même dans la rue.Ça m’aide à voir où j’en suis et où je m’en vais.En connaissant mieux les autres, je me rends compte que peu importe quel style on a, on vit tous les mêmes problèmes! JDLR: C’est quoi ta première source de motivation dans la vie?Qu’est-ce qui te booste?A: Ce qui me motive le plus, c’est de rencontrer du monde bien, faire de la musique avec des nouveaux musiciens, partager avec les autres.Si ma vie était basée sur une routine, toujours avec le même monde, je ne ferais même pas de musique, au fond.JDLR: Où tu espères être rendu dans une dizaine d’années?A: J’espère pouvoir vivre de ma musique, de mon art, de mes peintures, de ce que j’aime faire.L’intervention, ça me pose des difficultés parce que je vis tout le temps avec les problèmes des autres.Je passe ma journée à donner de l’énergie.C’est bien, mais à la fin de la journée, si les autres sont boostés, moi, je suis vidé! Pour intervenir auprès du plus grand nombre possible, je dois le faire à travers la musique.Droit De Réplique 6300 avenue Du Parc bureau 603 droîtderepllque@aira.qc.ca 514-276-9556 poste 35 La Solitude Je ne sais pas pourquoi, mais ce thème aboutit sur ma feuille.Peut-être parce que je suis seul que ce titre est apparu.Seul face à cette solitude, qui suis-je?De temps à autre, cette solitude est mon amie, je la cherche, je la désire.Je me laisse bercer par elle sans me questionner sur sa présence ou l’absence de vie autour de moi.Elle me pénètre comme un rayon de soleil et je me sens fleurir en elle.En d’autres temps, je voudrais fuir cette solitude, je me cherche, je me questionne.Je me demande pourquoi elle me colle au corps encore.Je me sens envahi par elle, bousculé dans le vide.Elle me pénètre comme une vague qui se déchire le long du rivage.Le visage ruisselant, elle vient me darder sans cesse, sans remords.Et quel est le contraire de cette solitude?Une présence! Mais quelle présence?Une personne pour remplir le vide que je veux fuir?Une personne qui se trouve là mais qui voudrait être ailleurs?Une autre qui veut tourner à droite quand je veux aller à gauche?C’est au moment où je remplis ce vide que déjà je voudrais que cette solitude revienne.Et c’est au moment où je me sens bien dans cette solitude que je peux apprécier la présence d’un autre autour de moi.Quel paradoxe! Je n’ose l’expliquer car je ne peux le comprendre, la réalité est cependant là, du moins la mienne.C’est au moment où deux personnes se retrouvent heureuses et libres dans leur solitude qu’elles peuvent se trouver et s’apprécier.Tom.Profitons du temps qui passe parce que chaque minute qui passe ne revient plus jamais.Il faut vivre les moments présents, ce sont les seuls qui nous appar-tiennent.Conrad Girard, Roberval.Je me demande comment les remercier, les fondateurs du Café-Graffiti?Pour toute l’attention qu’ils m’ont portée.Je suis arrivée un premier octobre, assez maganée, et surtout pas très sobre.Avec eux, j’ai découvert que mon gazon n’était pas très vert.Mais ils m’ont acceptée.Ils ne m’ont jamais jugée.Je me demande comment les remercier, Danielle Simard, Raymond Viger et toute cette belle équipe qui ont su m’aider, un par un, m’ont analysée, raisonnée, du moins ont essayé! Merci, Isabelle, qui vous aime.Journal de la Rue/Vol.11-3/Avril-mai/2003 19 SANTE Ils sont FOUS ces romains ! Êtes-vous obsédé par votre apparence physique et le regard des autres?Passez-vous des heures à vous demander si votre poids est proportionnel à votre taille?Avez-vous envie de dépenser compulsivement dès que vous avez du fric?Sortez-vous avec l'air de bœuf chaque lundi matin en partant travailler?Vivez-vous une engueulade de couple au moins une fois par deux semaines?Mathieu Thérkwft du Comité Logement Bordeaux-Cartierville Si vous répondez oui à l’une de ces questions, c’est probablement que vous souffrez d’une maladie mentale répertoriée et cataloguée en bonne et due forme.Du moins, c’est ce que prétendent les «spécialistes» de la santé mentale qui tour à tour «découvrent» le syndrome du magasinage compulsif, du trouble relationnel ou d’une activité cérébrale excessive probablement à la source de votre air bête.D’ailleurs, il se ne serait pas très surprenant qu’une bande de freudiens trouve une nouvelle maladie mentale associée aux graffiteurs, du genre «syndrome-de-la-répression-parentale-sur-les-enfants-désireux-de-s’ex-primer-sur-les-murs» ou encore «syndrome de l’artiste à tendance exhibitionniste somnambu-lesque».Vous serez probablement fort heureux d’apprendre quelle maladie mentale vous convient le mieux si vous mettez la main sur le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), la référence ultime dans le domaine de la psychiatrie.Un domaine de recherche où on ne niaise pas avec la puck.La psychiatrie, en effet, est une discipline qui produit, puisqu’entre 1987 et 1994, ce guide scientifique a répertorié 77 nouvelles catégories de maladies mentales, ce qui revient à dire qu’on a découvert à chaque mois une nouvelle façon de devenir cinglé! Décidément, les maladies mentales ont la cote.Il ne fait aucun doute que les gens n’ont jamais autant “pété les plombs” que présentement et que des milliers de personnes souffrent profondément.Il s’agit d’une réalité tragique qui ne doit pas être prise à la légère.Ceci étant dit, il ne faut pas oublier qu’il y a toujours quelqu’un, quelque part, pour profiter du malheur des autres et qu’il y a forcément un aspect marketing dans le fait que pratiquement tout le monde consultent un psy pour tout et n’importe quoi.Si vous vous sentez mal dans votre peau, malheureusement, on va trop souvent chercher à vous culpabiliser, à vous infantiliser ou vous hospitaliser, mais surtout, tout faire en sorte pour geler votre souffrance plutôt qu’analyser ses causes.Ce n’est pas la pauvreté chronique, le stress permanent relié au boulot ou la pression sociale pour fonctionner comme une machine qui sont en cause.Non, surtout pas.Une bonne dose de prozac semble tout indiquer pour vous remonter.Il n’y a pas que les psy pour profiter de cette business de la santé mentale.L’industrie pharmaceu- tique, grande productrice de pilules devant l’Éternel, s’en met aussi plein les poches.La vente de médicaments, depuis 25 ans, a augmenté de 1300% et rapporte des milliards aux compagnies.Même si tous les médicaments vendus ne concernent pas directement les maladies mentales, il n’en reste pas moins que les anti-dépresseurs, lés cal- La psychiatrie est une discipline qui produit, puisqu'entre 1987 et 1994, on a répertorié 77 nouvelles catégories de maladies mentales, ce qui revient à dire qu’on a découvert à chaque mois une nouvelle façon de devenir cinglé! 20 Journal de la Rue/Vol.1 1 -3/Avril-mai/2003 SANTE ¦*«« mode en même temps que l’ère hippie et on hospitalise des femmes toujours plus isolées à tour de bras.À tous ceux aujourd’hui qui sont déprimés, j’aimerais vous dire une chose : vous n’êtes peut-être pas si malades et coupables qu’on voudrait vous le faire croire et la société l’est peut-être davantage qu’on le pense.mants, somnifères et autres exta-sys légalisés se vendent à la pelle.Au point où des sources anonyrpes rapportent que des médecins se feraient sermonner par des confrères parce qu’ils ne prescrivent pas suffisamment.On fait souvent la remarque que les femmes comptent parmi les victimes majoritaires de la dépression.Malgré tous les beaux discours sur l’égalité des sexes, une réalité demeure: les femmes ont plus que jamais une double journée de travail à la maison et au boulot tout e étant si-gnificativement plus pauvres que leurs confrères masculins.Après une journée de labeur mal payé, ce sont souvent elles qui doivent s’oc- cuper des enfants.Ajoutez à cela qu’elles sont encore les premières victimes de violence verbale et physique, de viols, de discrimination et de harcèlement et on a soudain une idée plus claire des raisons qui les poussent à l’épuisement.Il y a trente ans, face à cette double oppression, les femmes se révoltaient, revendiquaient, pour exiger justice et respect.Aujourd’hui, on dit que tout cela est passé de La vente de médicaments, depuis 25 ans, a augmenté de 1300% et rapporte des milliards aux compagnies: les anti-dépresseurs, les calmants, somnifères et autres exta-sys légalisés se vendent à la pelle.Journal de la Rue/Vol.11-3/Avril-mai/2003 21 Body piercing: Un trou par-ci, un trou par-là.Dans le passé, le perçage avait plusieurs significations, parfois, c'était pour démontrer la virilité, le courage, parfois c'était dans cadre d'un rite de purification ou pour indiquer le passage à la puberté.Sylwia Skibinska Aujourd’hui, dans notre culture occidentale, le perçage, ou body piercing est une pratique assez répandue, surtout chez les jeunes.Il s’agit généralement, d’un accessoire de mode, d’une affirmation personnelle d’esthétique ou encore d’audace.Il est rarement ou même jamais question de religion ou du tribalisme.Faites attention, car même si c’est devenu une pratique courante, il existe encore un certain nombre de risques et des dangers.Deux expérience douloureuses Martin, durant trois ans, a porté une labrette (boucle d’oreille pour la bouche) sur la langue et une autre sur la lèvre inférieure.Il a connu une grande frayeur lorsqu’il s’est réveillé pendant la nuit et s’est aperçu qu’il venait d’avaler une partie de la labrette.Quelque temps plus tard, il a mordu dans le bijou de sa lèvre et s’est cassé une dent.Après ces expériences fâcheuses, il a décidé d’enlever ses labrettes.Toutefois, il n’a aucun regret quant à son expérience de perçage, car il adore l’art corporel et il recommencera, mais sur des parties du visage moins risquées, comme le nez.Francis a été l’un des premiers au Québec à se faire percer la langue, au début des années 90.Il a vécu, lui aussi, une expérience désagréable.Il a eu la surprise de sa vie en se réveillant au milieu de la nuit, en s’étouffant.Il n’était plus capable de respirer, sa langue avait doublé de volume dans sa bouche et l’air traversait à peine.Il s’est rendu d’urgence à l’hôpital, où le médecin lui a dit qu’il avait une infection.Précautions à prendre Lorsqu’on prend la décision de se faire percer, il y a des sérieuses précautions à prendre.S’assurer que: ?Les gants ont été changés entre chaque client et cliente.?Le perceur s’est lavé les mains avant le perçage.?Tous les instruments et les surfaces de travail ont été désinfectés et stérilisés.?Les aiguilles ou les rasoirs utilisés pour la préparation de la peau seront jetés après chaque client.Tout perceur qui accepte de percer quelqu’un sous l’influence d’alcool, de drogue ou âgé de moins de 18 ans manque d’éthique dans l’exercice de ses fonctions.Il faut une bonne connaissance des endroits où percer et l’hygiène est un critère de premier plan à respecter! Informez-vous, visitez les salons de perçage, faites une recherche sur Internet, parlez avec vos amis et surtout restez vigilant, car une simple intervention peut tourner au drame.Vos histoires?Portez-vous du perçage corporel?Connaissez-vous des gens dans votre entourage, des proches, des membres de votre famille qui se sont fait percer?Ont-ils eu des difficultés?Comment ont-ils trouvé un perceur digne de confiance?Quelles sont les règles d’hygiène à respecter, les précautions à prendre?Envoyez-nous vos récits, partagez vos expériences avec nos autres lecteurs, il nous fera plaisir de publier vos commentaires et vos conseils dans le journal.Si vous avez besoin plus d’information n’hésitez pas à communiquer avec votre CLSC ou avec la direction de la santé publique de votre région.Vous pouvez également commander un dépliant gratuit, au numéro de téléphone suivant: 418.643.5573 ou par télécopieur 418.664.4574 Journal de la Rue/Vol.11 -3/Avril-mai/2003 Riches ou pauvres?Un jour, le père d'une très riche famille amène son fils a la campagne pour lui montrer comment les gens pauvres vivent: ils y passent quelques jours sur la ferme d'une famille qui n'a pas beaucoup à leur offrir.Au retour, le père demande à son fils: «As-tu aimé ton séjour?» Texte fourni par Annie Viaer «C’était fantastique, papa.» «As-tu vu comment les gens pauvres vivent?» demande encore le père.«Ah oui», répond le fils.«Alors, qu’as-tu appris?» Le fils lui répond: «J’ai vu que nous n’avions qu’un chien, alors qu’ils en ont quatre.Nous avons une piscine qui fait la moitié du jardin et ils ont une grande rivière.Nous avons des lanternes dans notre jardin et eux ont des étoiles partout dans le ciel.Nous avons une immense galerie à l’avant, et eux ont l’horizon.Nous avons un domaine, mais eux ont des champs à perte de vue.Nous avons des serviteurs alors qu’eux servent les autres.Nous achetons nos denrées et eux les cultivent.Nous avons des murs autour de la propriété pour nous protéger, eux ont des amis qui les protègent.» Le père resta muet.Le fils rajouta: «Merci, papa, de m’avoir montré tout ce que nous n’avons pas.» Trop souvent nous oublions ce qui nous est acquis pour nous morfondre sur ce que nous n’avons pas.Ce qui est un objet sans valeur pour un, peut très bien être un trésor pour un autre.Ce n’est qu’une question de perspective.C’est à se demander ce qui arriverait si on rendait grâce pour tout ce que nous avons, au lieu dans vouloir plus.Apprenez à apprécier ce que vous avez, y compris vos amis.Faites lire ce texte à vos amis et connais- sances pour qu’ils comprennent combien il est important d’apprécier ce qu’ils ont, plutôt que de se soucier de ce qu’ils n’ont pas.I * ! ; LA RESERVE DE L’ARMEE DE TERRE Défense National, nationale Defence DES FORCES CANADIENNES fcik DES POSSIBILITES DE CARRIERES A TEMPS PARTIEL Faites partie de l’équipe de la Réserve de l’Armée de terre.C’est avec dignité et fierté que nous sommes : • au service des Canadiens, autant au pays qu’à l’étranger • appelés à relever des défis passionnants • engagés à développer nos compétences en leadership Une carrière au sein de la Réserve de l’Armée de terre, c’est bien plus qu’un simple emploi.Nous vous offrons : • de nombreuses possibilités de carrières • l’occasion d’apprendre en travaillant • de vous aider à payer vos études • de participer à titre volontaire à des missions à l’étranger Emplois à temps plein pour l’été 2003 Pour plus de renseignements, contactez-nous au (514) 390-4999, poste 4994.DÉCOUVREZ VOS FORCES DANS LES FORCES CANADIENNES.Canada 1 800 856-8488 www.forces.gc.ca 23 Journal de la Rue/Vol.11 -3/Avril-mai/2003 Mise en garde Écrivains, attention aux éditeurs frauduleux! Certains escrocs débordent d'imagination quand vient le temps d'inventer de nouvelles façons de soutirer de l'argent aux personnes naïves.Récemment, l'Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQJ a fait circuler un communiqué de presse pour dénoncer une fraude dont sont victimes de nombreux écrivains, qui aspirent à publier une première oeuvre littéraire.Et qui sont même prêts à tout, même à payer, pour réaliser leur rêve.Voici comment fonctionne l'arnaque en question.Martin Ouellet Une société étrangère, le plus souvent française ou américaine, vous offre de publier votre premier livre.Cependant, vous devrez débourser entre 5 000 et 10 000$ pour couvrir différents frais, comme la révision du texte, la mise en page, la confection d’une page couverture, etc.Vous hésitez un peu, mais la société, qui ne possède pas d’autre adresse qu’une boîte postale, vous met l’eau à la bouche avec des pourcentages avantageux sur les ventes, mais uniquement sur les ventes en librairie.Vous signez, convaincu que votre chef-d’œuvre se vendra si bien que votre investissement sera vite récupéré.C’est là que vos ennuis commencent.En effet, tel que stipulé dans votre contrat, vous toucherez des redevances sur les ventes en librairie.Mais, la société avec qui vous avez signé vend votre œuvre seulement sur son site électronique, en version papier ou en version électronique téléchargeable sans que vous touchiez une “cenne”! Pas un exemplaire vendu en librairie donc rien pour vous, tout pour eux! Vous vérifiez votre contrat pour chercher une porte de sortie.Votre contrat stipule qu’en cas de litige, la cause devra être entendue devant les tribunaux français.Oups! Ça coûte cher d’entreprendre des procédures judiciaires à l’étranger et comme vous n’êtes pas certain de récupérer votre investissement ni une compensation pour les dommages, vous Restez vigilant face aux baissez les exploiteurs, qui profitent de bras.Vos bel-l’ignorance des gens pour leur les ambitions monter des beaux bateaux.littéraires viennent de partir en fumée.À noter que de plus en plus de sites québécois ont flairé la bonne affaire et commencent à imiter ces sociétés frauduleuses, alors méfiance! Ne signez aucun contrat sans consulter l’UNEQ ou un avocat.Pour information: Pierre Lavoie (514) 849-8540 Me Daniel Payette (514) 282-5200 Morale de cette histoire : l’UNEQ vous rappelle qu’il faut se méfier de quiconque vous demande de payer pour évaluer ou publier un ouvrage.Prenez le temps de consulter et de négocier.Si vous payez, vous devenez co-éditeur et augmentez ainsi votre marge de profit.D’ailleurs, si cette pratique a cours dans le domaine de l’édition littéraire, ne doutez pas que des cas semblables se produisent entre galeries d’arts et artistes visuels, entre musiciens et producteurs de musique, etc.Il faut toujours rester vigilant face aux exploiteurs, qui profitent de l’ignorance des gens et de leur désir d’être reconnus dans leur domaine pour monter des beaux bateaux.des Titanic qui coûtent cher et coulent à pic! N’oubliez pas que toute transaction effectuée sur internet par carte de crédit ou toute transmission d’informations personnelles en ligne comporte un risque, que ce soit pour acheter de la marchandise, réserver des billets de spectacles ou de voyages, etc.Assurez-vous de savoir à qui vous avez affaire avant de divulguer des infor-mations confidentielles vous concernant.Ce genre d’abus existait bien avant l’ère d’internet.De petits éditeurs sans scrupule font payer tous les frais d’édition à l’auteur.Ces coûts incluent des frais administratifs et certains services qui sont des sources de revenus pour ces semblants de maisons d’édition.De plus, ils n’ont souvent aucun distributeur pour rendre le livre disponible en librairie.Ils organisent un lancement (sur votre bras) où vous invitez vos parents et amis à acheter votre livre, sur lesquels l’éditeur prendra un fort pourcentage.Les seuls à faire de l’argent en bout de ligne, ce sont ces soi-disant éditeurs.24 Journal de la Rue/Vo1.11 -3/AvriI-mai/2003 RESSOURCES Général Centre de crise de Montréal Entraide logement Aide juridique Hochelaga (514)864-7313 Tracom (centre-ouest) (514) 483-3033 Hochelaga-Maisonneuve (514) 528-1634 DPJ 1-800-665-1414 Iris (nord) (514) 388-9233 Aide aux parents et amis de Centre de référence du Grand L’Entremise (est, centre-est) (514) 351-9592 consommateurs de drogues Montréal (514)527-1375 L’Autre-maison (sud-ouest) (514) 768-7225 Nar-anon Urgence-Santé 911 Centre de crise Québec (418)688-4240 Montréal (514) 725-9284 Info-Santé (514)253-2181 L’Ouest de l’île (514)684-6160 Quebec (418) 524-6229 Clinique des jeunes L’Accès (Longueuil) (450) 468-8080 Saguenay (514) 542-1758 au CLSC de ton quartier Archipel d’Entraide (418)649-9145 Décrochage scolaire Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de prévention du Éducation coup de fil (514) 525-2573 suicide inc.(urgence) (418) 683-4588 Revdec (514) 259-0634 MTS et sida Carrefour Jeunesse (514) 253-3828 C.O.C.Q.Sida (514) 844-2477 Association québécoise Info-sida 521-7432 Violence pour les troubles ou 281-6629 CALACS d'apprentissage Miel (418)649-1720 Montréal (514) 934-4504 (section de Québec) (418)626-5146 Chaudières-Appalaches (418)227-6866 Drogue et désintoxication CAVAC Hébergement de dépannage et d’ur- Centre Jean-Lapointe Mtl (514) 381-1218 Montréal (514) 277-9860 gence Québec (418)523-1218 Québec (418)648-2190 Bunker (514) 524-0029 Pavillon du Nouveau point de vue (450) 887-2392 Groupe d’aide et d’info.sur le Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Urgence 24 hres (514) 288-1515 harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789 Chaînon (514) 845-0151 Portage (450) 224-2944 SOS violence conjugale (514) 363-9010 En marge (514) 849-7117 Centre Dollard-Cormier Jeunesse (514) 982-4531 ou 1-800-363-9010 Passages (514) 875-8119 Le Pharillon (514) 254-8560 Centre national d’info.sur la Regroupement des Drogue aide et référence 1-800-265-2626 violence dans la famille 1-800-267-1291 maisons d’hébergement Centre Dollard-Cormier Adulte (514) 385-0046 Trêve pour elles (514) 251-0323 jeunesse du Québec (514) 523-8559 Un Foyer pour toi (450) 964-7077 Centre pour les victimes Foyer des jeunes travailleurs (514) 522-3198 L’Anonyme (514) 236-6700 d’agression sexuelle (24h) (514) 934-4505 Auberge communautaire Cactus (514) 847-0067 du sud-ouest (514) 768-4774 Dopamine et préfix (514) 251-8872 Lignes d’aide et d’écoute Mutant (514) 276-6299 AITQ (Association des Tel-jeunes (514) 288-2266 Oxygène (514) 523-9283 intervenants en toxicomanie ou 1-800-263-2266 L’Avenue (514) 254-2244 du Québec) (450) 646-3271 Tel-aide et ami à l’écoute (514) 935-1101 L’Escalier (51D886 Escale Notre-Dame (514) 251-0805 Jeunesse-j’écoute 1-800-668-6868 Maison St-Dominique (514) 270-7793 FOBAST (418)682-5515 Suicide action Montréal (514) 723-4000 Auberge de Montréal (514)843-3317 Alanon & Alateen (418) 990-2666 Centre d’écoute téléphonique Le Tournant (514) 523-2157 Alcooliques Anonymes Québec (418) 529-0015 et de prévention du suicide La Casa (Longueuil) (450) 442-4777 Montréal (514) 376-9230 «accueil-Amitié» (418) 228-0001 Maison Duphine (418) 694-9616 Laval (450) 629-6635 (Il existe 35 centres de prévention Armée du Salut pour homme (418) 692D) 845-0168 Rive-Sud (450) 670-9480 du suicide au Québec.Le 411 Mission Old Brewey (514) 866-6591 Dianova (514) 528-5594 peut vous référer le numéro de Mission Bon Acceuil (514) 523-5288 téléphone du centre le plus près Famille de chez vous.) Alimentation Familles monoparentales (514) 729-6666 Cocaïnomanes anonymes (514) 527-9999 Le Chic Resto-Pop (514) 521-4089 Maisons de jeunes (514) 725-2686 Déprimés anonymes (514) 278-2130 Jeunesse au Soleil (514) 842-6822 Grossesse secours (514) 274-3691 Gamblers anonymes (514) 484-6666 Café Rencontre (418)640-0915 Chantiers jeunesses (514) 252-3015 Narcotiques anonymes (514) 249-0555 Café de l’Espoir (418) 648-1079 Réseau Hommes Québec (514) 276-4545 ou (418)649-0715 Patro Roc-Amadour (418) 529-4996 ou 1-800-463-0162 Pignon Bleu (418) 648-0598 Outremangeurs anonymes (514) 490-1939 YMCA de Québec (418) 522-3033 Parents anonymes (514) 288-5555 Armée du Salut (Centre communautaire et familial) Espoir et vie (418) 524-6758 ou (418)648-1079 (418) 576-5092 Nicotine anonyme Alanon et Alateen La Marie DeboutfCenfre d’éducation des femmes) Ligne Océan (santé mentale) ou 1-888-603-9100 (514) 849-0131 (514) 866-9803 (514) 597-2311 (418) 522-3283 Il y a un centre d’éducation des adultes près de chez vous.1-800-361-9142.Lire, écrire et compter c’est un minimum.Abonnez-vous! au Journal de la Rue Nom:_____Prénom: __ Adresse:.Ville: C.P: Téléphone: Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail est la bienvenue.1 numéro - 4,95$ + tx.1 an / 6 numéros - 24,00$ + tx.2 ans /12 numéros - 43,20$ + tx.3 ans /18 numéros - 58,50$ + tx.International -39$ Can.1 an Chèque ou mandat à l’ordre du Journal de la Rue, 4265, Ste-Catherine Est Mtl, Qc, H1V 1X5, (514) 256-9000.Journal de la Rue/Vol.11 -3/Avril-mai/2003 Claire Lévesque Critiques de livres faire un ménage vers le mieux-être.La puissance des émotions Michelle Larivey Les Éditions de l’Homme Aller bien Bruno Da Cruz Éditions Michel Lafon Michelle Larivey est psychologue.Elle nous explique dans cet ouvrage que les sentiments et les émotions sont con-tinuellement présents en nous, au même titre que les sensations.On y découvre le rôle des émotions, la nature de chacune d’entre elles et des indications sur les manières de s’en servir.Elle nous donne des explications sur la vie émotionnelle, nous apprend la différence entre les émotions simples, les émotions mixtes, les manifestations de résistance aux émotions ainsi que les pseudo-émotions et tout cela dans un langage accessible avec des exemples clairs.Le livre anti-fatigue Dr.Yann Rougier Éditions Michel Lafond Aller bien?C’est le projet de vie de la plupart d’entre nous! Cependant, la course constante contre la montre amène à négliger de prendre soin de soi et on « tourne les coins ronds ».Bruno Da Cruz a, pour notre plus grand bien, une liste exhaustive de divers moyens que chacun peut prendre afin d’aller mieux et de se sentir bien dans sa peau.Il fait le tour des divers aspects de notre vie: santé, loisirs, repos, sommeil, alimentation, travail, etc.Dans chaque cas, il donne des suggestions fort intéressantes et judicieuses.Ce sont des trucs auxquels on ne pense pas parce qu’on est aspiré par l’urgence de tout faire.La puissance des émotions ruz Tout ce qu’il faut savoir sur les drogues Un livre de références exhaustif conçu par le Comité permanent de lutte à la toxicomanie Le livre Drogues : Savoir plus, risquer moins offre toutes les informations aujourd’hui disponibles sur les drogues et les dépendances et vise à favoriser le dialogue entre les jeunes et les personnes qui les côtoient.C’est une mine de renseignements pratiques qui aident à mieux connaître les substances, leurs effets, les risques pour la santé ainsi que les traitements et les services spécialisés disponibles au Québec.Toutes les personnes intéressées à en savoir plus sur les substances psychotropes pourront se procurer le livre Drogues: Savoir plus, risquer moins au prix de 1,95$ dans toutes les librairies et les pharmacies du Québec ou auprès du Comité permanent pour les commandes de trente exemplaires et plus.Tél : (514) 389-6336, www.cplt.com Les vacances ne sont-elles pas faites pour recharger les batteries?Ce livre du Dr Rougier vous offre une magnifique occasion de vous remettre en forme et de mieux apprécier la vie.Ne vous laissez plus dévorer par la sensation constante de fatigue, la déprime et le stress.Le Dr Rougier donne également des conseils pour éviter les crises d’hypoglycémie, l’hypotension, les troubles digestifs.Il nous informe sur les causes du sommeil perturbé et de la mauvaise concentration.Un livre qui peut vous aider à i kXMifmRHX ! A une personne que j’apprécie Tu dois arrêter de boire Car tu vas retourner à tes déboires Quand tu étais au temps du désespoir.Ne reviens pas dans ton passé En pensant au temps désespéré Que tu as subi avec tes amis.Arrête de consommer Ce sera bon pour ta santé Car tout ça est en train de te tuer.Tommy Guay Labonté, 11 ans, Charlesbourg.Marc-André, 9 ans nmm 26 Journal de la Rue/Vol.11 -3/AvriI-mai/2003 Réflexions CD Hip Hoc 1095$ n ¦ ILL Legal CD Hip Hop Producteur Chilly D, directeur artistique DJ Mini Rodz Pour les puristes du Hip Hop underground, 29 artistes de la scène locale se sont réunis pour vous offrir une collaboration complète.DJ Mana, Manspino.01 Etranjj, Shades of Culture, SP, Traumaturges, Muzion et bien d'autres.Voyez le vidéo clip à Musique Plus Distribué au Canada chez tous les bons disquaires par Outside Musique.Tél.(450) 446-0299 Par la poste au Journal de la Rue 4277 Ste.-Catherine Est Mtl.,Qc., H1V1X7 (514) 256-9000 Directeur artistique B.U.The Knowledgist Une musique jeune tout en étant universelle, des messages qui ont quelque chose à dire sur la vie et l'espoir à se donner.Le rappeur B.U.The Knowledgist est accompagné par les rappeurs OL1KU (France), HD (New York), L'Queb (Québec) et DJ Crowd.Regardez les deux vidéoclips à Musique Plus.Distribué au Canada chez tous les bons disquaires par Distributions Select.Tél.(514) 333-6611 Solidaires face à l’itinérance Si on essayait de comprendre avant de préjuger www.itinerance.info ¦ I Pour plus d’informations sur les outils de sensibilisation (conférences, guides de réflexion, affiches, etc.) contactez Guy-Alexandre Morand au (514) 878-4289 ou à l’adresse suivante: gamorand@trigoneanimation.com Cette campagne est une initiative de Trigone Animation, en partenariat avec le RAPSIM, la maison de Lauberivière et avec la collaboration du RAIIQ.Canada fonds Jeunesse Québec Québec""
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