Le journal de la rue, 1 janvier 2003, Août - Septembre
SSIER: Le décrochage scolaire et social Æ\Dao TOXICOMANIE ÆÊÈP' La drogue du viol SOCIÉTÉ Le décrochage, histoire de sexe?ENTREVU! André Boisclair www.cafegraffiti.net Se sensibiliser pour mieux vivre de la Rue .Vol 1 2, No.1, août/septembre 03 KTCîhafité selon Stanké ippir 77831301041101 Economisez 35% sur le prix en kiosque sur un abonnement de 3 ans Vraiment tout sur ie show-business Voyez les meilleures bandes-annonces de films, consultez un moteur de recherche puissant sur le cinéma et la musique, et apprenez avant tout le monde les derniers potins croustillants du monde artistique.Sympatic® MUSIQUE • CINÉMA • MULTIMEDIA • HUMOUR • CONCOURS Bell Sympatico.ca est une marque de commerce enregistrée de Bell Canada et utilisée sous licence. Les multiples facettes du décrochage Quand on parle de décrochage, on pense facilement au décrochage scolaire.Et pourtant, il y a tellement plus.Editorial Oui, il y a le décrochage scolaire, mais il y a aussi ceux qui ne peuvent décrocher de leur boulot, de leurs jugements et des stéréotypes de toutes sortes, de leurs habitudes, bonnes ou mauvaises.11 ne faut pas oublier ceux qui décrochent de toutes relations, incapables de s’y investir ou d’y être naturel.Il y a le décrochage volontaire tel une année sabbatique.Le décrochage que l’on subit ou lorsqu’il n’y a plus d’autres choix.11 y a ceux qui décrochent et qui deviennent rebelles, mais il y a aussi ceux qui demeurent invisibles dans le système, qui passent inaperçus.Nous pouvons assumer notre décrochage, faire un changement, prendre une nouvelle route ou encore devenir une victime, souvent avec un réseau trop faible pour nous aider et nous soutenir.POURQUOI COM IN UER?On peut décrocher parce que l’objectif devant soi est trop gros, trop ardu, trop rigide ou encore le contraire, l’objectif est trop facile à atteindre, cela ne mérite pas que je m’y investisse.S’il n’y a rien à gagner en avançant, je risque de décrocher.Si je ne me sens pas aimé, reconnu, apprécié, récompensé.alors pourquoi continuer?On peut décrocher parce qu’on a le coeur trop plein et qu’il faut se faire de la place pour continuer notre route.La violence du décrochage Quand des groupes ne se sentent pas entendus, ils peuvent devenir des terroristes.Le terrorisme n’est-il pas une forme de décrochage?Des jeunes qui ne se sentent pas entendus risquent aussi de décrocher.Face au décrochage, les réactions peuvent être multiples, en passant par le terrorisme, la violence, le suicide, le sabotage, l’inertie totale ou partielle, la dépression.Quelle est notre responsabilité en tant que société face à ces groupes et à ces jeunes qui ont besoin d’être entendus et de prendre leur place?Les plaisirs Il y a toutes sortes de moyens que l’on peut se donner pour rester dans la course.Des jeux tels que le Scrabble peuvent nous aider à apprendre notre français tout en jouant.Correspondre par courrier avec nos enfants peut être une façon de les inciter à l’écriture et à la lecture tout en apprenant à communiquer différemment avec eux.On peut apprendre nos mathématiques avec une boussole lors d’une promenade en forêt tout en profitant de l’occasion pour parler d’environnement et d’écologie.Pourquoi ne pas prendre un peu de temps pour lire un journal avec les jeunes ou écouter les nouvelles télévisées avec eux?C’est peut-être une nouvelle façon de philosopher et de socialiser à partir de ce qui nous entoure, d’apprendre à découvrir ce qui touche notre entourage.On peut décrocher pour mieux se raccrocher tel que décrocher de la télévision pour commencer à faire du sport, de la lecture.Un parent qui travaille trop peut décrocher de son travail pour jouer avec ses enfants.Quand je décroche de quelque chose, je retrouve autre chose de différent.Pourquoi ne pas évaluer ce que je perds et qu’est-ce que je gagne quand je décroche : Raymond Vigen Est-ce que je le fais par choix ou par manque de choix?Est-ce que par mon décrochage je veux me punir ou punir quelqu’un dans mon entourage?Est-ce que mon décrochage est une incapacité de m’engager et de me responsabiliser?Est-ce une façon de tenter de régler un problème?Ai-je identifié le problème qui me touche?Ai-je fait l’inventaire des solutions qui pourraient résoudre mon problème?Avec qui je peux en parler pour mieux me positionner?Finalement, il y a plus de questions que de réponses quand j’aborde un thème tel que le décrochage.Si ce thème vous fait réagir ou vous allume quelques lumières, n’hésitez pas à nous les faire partager.I Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 20031 Vol.12.1 < Journal de la rue I Horoscope / Sommaire Volume 12 numéro 1 août-sept.2003 60 000 exemplaires /186 000 lecteurs Publication bimestrielle Le Journal de la Rue et le Café-Graffiti 4265 Ste-Catherine Est, Montréal H1V 1X5 Tél.: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 Rédaction (514) 256-4477 Raymond Viger Publicité (450) 227-8414 Catherine Levasseur, Jean Thibault Coordination (514) 259-1763 Danielle Simard Abonnement (514) 256-9000 Lyne Déry, Steve Bouchard Graphisme / Infographie_________ Duy Tran, adjoint à la rédaction Jean-Loïc Rodriguez Éric Gagné Relations publiques (514) 259-4926 Vincent Guimond Café-Graffiti (259-6900)________ Francis Rodrigue, Julien Cloutier Photographie page couverture Heidi Hallinger Collaborateurs_______________ Sylvain Masse Témoin Pikajo Jacques Lee Alain Martel Guillaume Quéruel Conrad Claire Lévesque Martin Ouellet Jean-Claude Leclerc Mission: Favoriser, supporter et développer des projets novateurs permettant au milieu de retrouver son pouvoir d’action et son autonomie.Aider et favoriser le développement et l’autonomie des jeunes souvent marginalisés en leur offrant des activités créatrices et formatrices.Défendre et promouvoir les intérêts des jeunes en sensibilisant, informant et éduquant la population sur les besoins de nos jeunes et sur la façon d’être un adulte responsable et significatif.Promouvoir le développement d’une société plus humaine, sensibiliser aux différents phénomènes sociaux et faciliter les relations entre les différents acteurs et partenaires.Nous SOMMES membres: AQS Association québécoise en suicidologie AITQ Association des intervenants en toxicomanie du Québec FPJQ Fédération professionnelle des journalistes du Québec H£L-] Bureau de vérification de la distribution AMECQ Association des médias écrits communautaires du Québec SoPREF Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone Fonds Jeunesse Québec 4 Le Journal de la Rue a un fonds de réserve pour l’argent provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les journaux vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fonds.Une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes et de vous garantir la livraison de votre Journal de la Rue.La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécuniaire des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins apparaissant dans le Journal de la Rue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous aimerions recevoir vos commentaires.Ne vous gênez pas pour nous envoyer vos textes et/ou dessins pour une publication éventuelle.La rédaction se réserve le droit d’abréger les lettres reçues.Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme d’aide aux Publications (PAP), pour nos dépenses d’envoi postal, no.d’enregistrement - 07638 - SAGITTAIRE: Grande période de réflexion sur le décrochage.Un dossier qui questionne, différentes positions des astres.Page 3, 5 et 6 CAPRICORNE: On veut bien soutenir des étudiants avec l'aide aux devoirs, mais il y a des exclus.Page 7 VERSEAU: Période de trouble profond.Black out sur la vie de Témoin, un ancien qui nous réécrit.Page 8 POISSON: Réflexion sur la rage au volant et les contraventions.Un nouveau mode de vie vous interpelle.Sylvain Masse en Page 9 VIERGE: C'est le temps de partager avec nos lecteurs et collaborateurs avec le retour de Duy, l'enfant prodigue Page 10, Pikajo Page 11 et Conrad de Roberval en Page 12 et 13 CANCER: C'est le temps de vous divertir.Une entrevue avec l'homme qui nous a tant fait rire.Alain Stanké nous partage sa vision de la vie.Page 16 et 17 BALANCE: Libérez-vous! Exprimez-vous! André Boisclair visite les Souverains Anonymes à la prison de Bordeaux.Page 18 et 19 TAUREAU: C'est le temps d'écrire à vos proches et à vos amis.Vous pouvez aussi utiliser internet pour le courrier des lecteurs Page 20 et 21 BÉLIER: On parle de sexualité, mais surtout d'abus avec la drogue du viol.Alain Martel, travailleur de rue.Page 22 GÉMEAUX! C’est le temps de prendre votre place avec la chronique de Droit de Réplique.Page 23 Lion: On rugit comme un lion avec un texte de réflexion sur la colère et la façon de la vivre positivement.Page 24 SCORPION: Pour un temps de repos et de vacances, rien de mieux que quelques livres de références.Page 26 Textes de notre horoscopologue de la rue/Dessins par Naes I Journal de la Rue > Vol.12.1 ] Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net Le décrochage, histoire de sexe?Dossier Raymond Viger J farci Certains diront que le décrochage semble être une affaire essentiellement masculine.11 n’y a pas assez de modèles masculins pour impliquer et intéresser les garçons dit-on.On peut se poser la question à savoir si les garçons ont besoin de bouger plus, d’une discipline plus rigoureuse, d’une école différente de celle qu’on leur propose.La mixité des classes représente la vraie vie, ce à quoi nous sommes confrontés à tous les jours, la cohabitation des sexes.En dépit des différences de race, de religion ou de sexe, nous devons apprendre le plus tôt possible à vivre ensemble.Cependant, pour certain, la non-mixité peut être une solution.Certains diront aussi que nous avons donné beaucoup aux filles en faisant la promotion de celles-ci face aux différents débouchés possibles.Mais nous ne sommes pas dans des vases clos.Ce que l’on donne aux filles n’enlève rien aux garçons.Un métier ou un diplôme?La réalité c’est qu’il y a vingt ou trente ans, ceux qui avaient de la difficulté à réussir à l’école pouvaient tout de même gagner honorablement leur vie.Il y a de bonnes raisons pour que le ministère de l’Education exige un Secondaire III pour apprendre un métier.Mais ne pourrait-on pas faire quelques cas d’exceptions?Je connais d’excellents contracteurs, très habiles de leurs mains, qui n’ont qu’une deuxième année! D’une part, nous avons un haut taux de décrochage.D’autre part, nous commençons à manquer de main-d’oeuvre dans les métiers conventionnels.Ma réflexion est sûrement simpliste, mais si le ministère permettait d’offrir des métiers à des jeunes qui ne réussissent pas leur Secondaire III, nous aurions sûrement des jeunes plus impliqués dans notre société, des jeunes qui seraient fiers d’avoir un métier, qui pourraient gagner leur vie et être indépendants.Est-ce que le Ministère de l’Éducation fait une obsession de ses diplômes?Le but dans la vie est-il d’avoir un diplôme ou d’être heureux dans sa peau avec un métier?L’école n’enseigne pas tout, nous avons besoin d’aller chercher des connaissances et des expériences ailleurs.Violence Plus d’un million d’enfants canadiens ont été témoins d’actes de violences familiales.Les enfants témoins de violence ressentent souvent des signes de stress et voient leurs habiletés sociales et scolaires diminuées.De plus, on ne peut passer sous silence les attouchements sexuels envers les enfants, ce qui est un autre facteur qui trouble la performance scolaire.Certaines statistiques parlent de 25%, d’autres près de 50% des jeunes qui ont subi des attouchements avant l’âge de 16 ans! Les solutions Plusieurs idées peuvent aider nos jeunes à créer une relation autant avec l’école que notre société.Le respect du rythme d’apprentissage.L’enseignement individualisé.Le soutien aux jeunes pour s’approprier des projets personnels.L’aide qui tient compte de l’ensemble de la situation, autant à l’école, dans la famille que dans le milieu de vie du jeune.Les tourments scolaires peuvent être un signe que quelque chose ne va pas.Il faut aider le jeune à pouvoir en parler, identifier et nommer les obstacles.Histoire de sexe Une grande question demeure sans réponse.Si on dit que les filles réussissent mieux à l’école que les garçons, qu’elles complètent en plus grand nombre les différents diplômes que nous pouvons leur offrir, pourquoi y a-t-il encore plus d’hommes dans les différents postes de contrôle?Pourquoi les hommes sont-ils encore mieux payés que les femmes?Épineuse question.Certains disent que les hommes sont en poste depuis plus longtemps.Bientôt le balancier va se renverser malgré les résistances rencontrées.Certaines études reflètent que pour un secteur de travail donné, à travail égal et expérience égale, les femmes et les hommes gagnent le même Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 20031 Vol.12.1 < Journal de la rue | fl ,lE DÉCROCHAGE.HISTOIRE DE SEXE?v-J Dossier .suite Raymond Viger E JOURNAL DE mntenant en Abonnement e Forum de É ¦ î ! www.cafegraffiti.net Le Journal En Ligne Équipe du Journal Vous venez de vous abonner au Journal de la rue?Vous voudriez lire les articles des parutions précédentes?Il existe maintenant une version pour les internautes.Rendez-vous sur www.cafegraf-fiti.net pour vous renseigner, s’abonner au journal, acheter des produits tels que des toiles, des cassettes, des disques compacts, des cartes postales et beaucoup d’autres produits.Également, un forum de discussion a été installé afin de recueillir ou même partager votre opinion parmi d’autres internautes.Alors, à votre souris, partez! salaire.La moyenne des salaires des femmes est moins grande que celle des hommes en partie à cause des emplois précaires qui sont encore trop souvent le lot des femmes.Panique dans le cerveau Certains neurologues ont découvert que les gens n’ont pas tous la même capacité pour la lecture.Dans notre évolution, l’écriture est beaucoup plus récente que le parler.Nous sommes bien adaptés pour le langage.Ces neurologues ont déterminé que les zones de notre cerveau qui sont utilisées pour la lecture varient d’une personne à l’autre.Pour certains, la lecture amène le cerveau presqu’au bord d’une panique totale.On attend impatiemment vos commentaires, sur le web: www.cafegraffiti.net.par la poste ou le fax.Ne vous gênez pas, tous les moyens de communications sont bons pour nous rejoindre.I Toujours vivant_____________________________ Crazy Tellement petit, tellement nouveau Et pourtant, il est si beau Chaque fois que je le prends pour l’endormir, Du coup, je n’ai plus envie de mourir.Là je n’ai pas le choix de porter ma croix, Je l’appellerais mon petit roi.Toute ma vie, je vais payer le prix.De mes erreurs impardonnables.Je voudrais t’avoir à mes côtés Pour te montrer c’est quoi aimer.J’ai tout gâché pour te protéger De mes démons enfouis dans mon passé.J’en ai trop vu, trop entendu.Me pardonnes-tu d’être ton père?Je sais que tu ne m’as jamais rien demandé Mais je te le demande, me pardonnes-tu?Toute ma vie, je vais payer le prix.De mes erreurs impardonnables.Je voudrais t’avoir à mes côtés Pour te montrer c’est quoi aimer.Un jour peut-être, tu auras des enfants.Un jour peut-être, tu comprendras.Je ne te souhaite pas de vivre ce que je vis, Séparé loin de mon enfant.Mais dans mon cœur, tu es toujours vivant.CARTES D’AFFAIRES 1000/69$ 6000 /199$ illimitées fsMüicgj&injgsj Minimum 2000 idiAX'i'lA 4816 Avenue du Parc (514) Z74~1616 Montréal Qc i Journal de la Rue > Vol.12.1 I Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net Jeunes hyperacties Dossier Ce texte reflète une réflexion DU COMITÉ DE RÉDACTION SUR LE DÉCROCHAGE.L’école Henri-Bourassa est composée de 63 communautés culturelles dont plusieurs ne parlaient pas français à leur arrivée au Québec.Et pourtant, cette école arrive dans les premières pour ses résultats dans les tests de français du ministère.Sa recette: l’aide au devoir, autant à l’école qu’en milieu familial.L’exclusion Malgré les succès frappants que l’on peut observer avec l’aide au devoir dans cette école, dans d’autres écoles, certains jeunes qui en auraient besoin en sont exclus: ceux qui ont un trouble de comportement.C’est-à-dire ceux qui sont plus turbulents que la moyenne, ceux que l’on étiquette comme hyperactifs et qui parfois se retrouvent abusivement avec du ritalin.Pour ces jeunes qui ont besoin d’être aidés différemment, que leur reste-t-il à part de décrocher?Certains de ces jeunes, malgré toute leur différence, arrivent parfois à trouver une activité qui les passionne, qui les intéresse et dans laquelle ils vont pouvoir s’investir.Trop souvent des personnes en autorité se servent de cette passion pour faire du chantage avec le jeune.« Si tu ne t’appliques pas dans tes cours, je vais te couper cette activité».Et qu’arrive-t-il lorsque ce jeune fait une bêtise?On lui enlève la seule activité qui lui donnait une raison de se présenter à l’école.Des besoins différents Yo man, ça chill dan3 l'Ghetto?hit Certains jeunes ont des besoins différents qu’il n’est pas toujours facile de satisfaire dans nos écoles bondées.Certains ont besoin d’être touchés pour mieux apprendre ou encore de toucher à des choses concrètes, d’autres ont besoin d’établir une relation particulière avec l’enseignant, de se sentir aimés, appréciés, écoutés.Et que penser de ces jeunes qui ont besoin de bouger pour apprendre?Le Hip Hop à l’école Nous avons déjà proposé au ministère de l’Éducation d’inclure la culture Hip Hop dans les écoles.Quoi de mieux que le break-dancing pour faire bouger nos jeunes, les intéresser à l’entraînement et à l’effort physique?Que dire du Rap, cette poésie de l’âme qui s’exprime par des rimes rythmées et intenses?N’est-ce pas une façon originale d’apprendre son français et un moyen de communication?Combien de jeunes voudraient apprendre le maniement des tables et du mixer des DJ?Et pour les arts plastiques, le graffiti est un art visuel qui peut même favoriser l’apprentissage de certaines notions de mathématiques.Les gens de marketing ont compris que la culture Hip Hop rejoint les jeunes et les stimule.Ces gens de communication de masse utilisent de plus en plus les services de la culture Hip Hop dans leur publicité, dans leur discours.Si la culture Hip Hop peut servir à vendre l’idée d’utiliser tel ou tel service d’une entreprise, ne peut-elle pas aider les jeunes à se faire une place dans notre société?Certains professeurs aiment bien avoir des classes bien tranquilles.Cependant je vois souvent des jeunes, ceux qui ont décroché de l’école conventionnelle, écrire pendant des heures et des heures, au rythme d’une musique endiablée, se dandinant sur leur chaise pendant que le crayon valse sur le papier.Ces jeunes, souvent étiquetés hyperactifs, verbo-moteur, à trouble de comportement ou tout simplement différents des autres et qui ne trouvent pas facilement leur place comme étudiants dans une école, sont les artisans d’une culture et sont souvent demandés pour animer ces mêmes écoles où ils se sont font exclure.Cherchez à comprendre! I À NE PAS MANQUER DANS LE PROCHAIN NUMÉRO «NOUVEAU REGARD SUR LA PAUVRETÉ.» Les dessous du Festival Juste p>our Rire Les enfants pauvres de l'Amérique du Sud Histoire d'horreur pour l'eau potable Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 2003 j Vol.12.1 < Journal de la rue r Black-out sur ma vie Lj V Dossier Témoin Tout de suite après m’être fait mettre à la porte, c’est là que s’est fait le déclic.Mon cœur vomit des ordures.En même temps, je lis des livres spirituels.Je cherche un maître à tout prix.J’ai perdu le contrôle de mon esprit.Je suis persuadé que je suis possédé.Mes actions sont menées par ma confusion.Une chance que je suis resté «J’aurais pu l’aider, me semble.» docile, ça me permet d’éviter les effusions de sang.Je pense que les gens pouvaient jouer dans ma tête.J’ai complètement perdu le contrôle de mon être.25 septembre 2000.Arrivé à l’hôpital, droppé d’urgence par ma mère infirmière.J’ai perdu toute vision d’une future carrière en tant que maître du micro.De force, il a fallu que je plonge dans le monde des songes.Un mensonge devant le doc aurait servi à rien, c’est pour ça que j’ai écouté les conseils de maman: «Fais tout ce qu’ils te disent sans question, peu importe ce que ça prend.Ce qu’ils te demandent, c’est pour ton bien.» Quand t’as plus de bouée sur laquelle t’appuyer, crois-moi que t’es mieux d’écouter.Perdre un ami est une dure épreuve, à plus forte raison lorsque son départ est brutal et ses motifs incompréhensibles.Un touchant éloge de l’amitié.«Ce beau roman apportera une contribution positive, fen suis sûr, à la noble cause de ia prévention du suicide chez les jeunes.» (Le juge Michael Sheehan, Prix Justice 2001) Mon séjour a duré trois mois et deux semaines à rester entre le rêve et la réalité.Je suis en état de coma éveillé.Ils me donnent une dose de pilules dans le but de faire un ménage, pour que je tourne la page.Je ne comprends pas, mais c’est un mal nécessaire.Mes rêves me permettent de revenir lentement mais sûrement vers ma carrière, dans le but de pouvoir voir plus clair.Je suis resté à l’hôpital sans pouvoir sortir.Quand j’ai eu mon ok, ça a été difficile.J’ai dû réaffionter mes peurs une par une.Entre autres, celles de me promener seul dans le métro, de prendre le bus.Au début, je suis accompagné par ma famille ou mes amis.Puis tranquillement, je reprends confiance.Mon désir d’écrire redevient plus intense.Je dois réapprendre petit à petit à me fixer des objectifs.Ensuite je pourrais relever de plus gros défis.JCCY CORNU ÉDITEUR Une couveuse pour les auteurs de 14 à 24 ans Disponible en librairie et auprès de l’éditeur: tél.: (450)621-2265 www.joeycornuediteur.com Septembre 2000.C’est là que tout a commencé.Ou plutôt, que tout s’est arrêté.Black-out sur ma vie.Ça fait au moins 2 semaines que je suis complètement déconnecté, totalement parti.Depuis un certain temps au travail, je commence à paranoyer.Un paquet de scénarios remplit mon cerveau.Je me nourris de culture hardcore.Il y a une fissure dans ma logique.Rien n’est impossible à celui qui croit, peu importe ce qu’on voit pour l’instant.J’ai vu le temps s’effriter devant mes yeux, puis, juste derrière mes pensées s’est présenté Dieu.I I Journal de la Rue > Vol.12.1 I Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net Intickette-toi PAS l Zfy Société Je n’ai rien contre le fait de se détendre puis de prendre ça cool, mais quand tu te ramasses avec une couple de tickets dans le fond de la boîte à gants pis qu’après des années, les sirènes et les gyrophares t’interceptent encore.là, tu te dis: «Tabarbip! Pas encore! » Quand les répliques du genre: «Je pesais à peine sur le gaz» ou «T’es sûr que ton radar fonctionne?», enfin, n’importe quelle raison pour ne pas avouer que tu roulais trop vite et être responsable de son propre pied! Il est grand temps de se questionner.Je me suis rendu compte avec les années que j’aime ça rouler vite mais que l’endroit que je choisissais n’était peut-être pas approprié.Je me suis rendu compte d’une autre chose aussi: je suis stressé! Vlan! Dans le mille! Quelqu’un a fait une remarque un jour et mes oreilles étaient là pour entendre, même si cela ne m’était pas adressé directement.Cette phrase ressemblait à: « Je ne comprends pas le monde qui roule vite.non seulement tu risques de tuer quelqu’un, mais tu risques de te tuer toi-même.Pis à part de ça, ces temps-ci, le monde va tellement vite.Le temps que tu passes au volant est à toi alors prend le temps de vivre.C’est un moment gratuit, qui t’appartient, musique d’ambiance, café, pis let’s go mollo sur la pédale.» J’ai trouvé ça pas si bête, c’est vrai! Je me suis fait confisquer mon permis, j’ai eu deux fois des points de démérite, j’ai été Sylvain Masse pendant de longs mois à prendre l’autobus, moi qui habite dans le fin fond de la banlieue.Un moment donné, un gars se réveille! Maintenant, je prends mon temps pis j’y pense.La vitesse à haute intensité ne paraît pas quand tu es dans ta voiture, mais quand tu es immobile pis que tu la vois arriver, la réaction peut être mortelle! Pensez-y!l Les AA réussiront-ils avec TOUS?Message à réflexion des Alcooliques Anonymes Nous croyons que le programme de rétablissement proposé par les Alcooliques Anonymes agit positivement sur tous ceux qui ont le désir d’arrêter de boire.Peu importe la condition de l’alcoolique, qu’il soit clochard, bien nanti, ou élevé dans l’échelle sociale, ce sont l’observation et l’expérience qui nous confirment que les AA lui offrent une porte de sortie réellement efficace pour se libérer de la prison qu’est son alcoolisme.La plupart d’entre nous ont trouvé la voie facile! J.-P.E, responsable Information Publique AA Région 87, Montréal L’information, le traitement, l’entraide: c’est gratuit.et nous sommes tous passés par là.// Pour nous rejoindre, consultez le bottin téléphonique de votre ville, pages blanches, section affaires, sous la rubrique «Alcooliques Anonymes.» Informez-vous! Chaque membre des AA se dit : «Si quelqu’un, quelque part, tend la main en quête d’aide, je veux que celle des AA soit là, et de cela, je suis responsable ».Secrétariat programmes jeunesse du gouvernement du Québec Dertoir Québec SS modère aux études Recherche d’emploi Démarrage d’entreprise Stage à l’étranger ¦¦¦ Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 20031 Vol.12.1 < Journal de la rue | E RETOUR DE L’ENFANT PRODIGUE Dossier Duy Tran 4 ""P ! Vfl J n* fi rts w $c ' ' h'/ Syr O-, ' ' ^ M ff V ous ne me reconnaissez peut-être V/ pas, puisque je suis un «nouveau» parmi l’équipe du journal.Et pourtant, pour ceux qui sont abonnés depuis plus de 6 ans, vous vous souviendrez peut-être du petit gars qui a mis des virus dans l’ordinateur de Danielle! Quand Raymond Viger m’a offert d’écrire pour le Journal de la Rue, j’étais confus et mal à l’aise.Comment raconter des anecdotes de ma vie (qui est loin d’être achevée) sans que le texte soit trop monotone ou sans se faire traiter de fanfaron.Réflexion par-dessus réflexion, pour m’inspirer, je parcours les dessins que j’ai réalisés dans les six dernières années.Des souvenirs lointains remontent en moi.Tout a commencé en 1996.J’ai 14 ans.Ma famille aménage dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Tout le monde connaît la réputation de ce quartier.Je souffre d’un manque d’attention.La gang est très importante pour moi.H est vital pour moi que j’appartienne à un groupe.J’ai commencé par fréquenter Jeunesse 2000, un centre pour les jeunes de 1-3-17 ans.Un an plus tard, en voyant mon intérêt pour l’art ils m’ont fait découvrir le Café-Graffiti.Danielle Simard, Raymond Viger et Luc Dalpé m’ont accueilli avec un grand sourire dans la face.J’ai tout de suite su que c’était ma place.En effet, le Café m’a donné une chance de m’exprimer et de me laisser faire ce que j’aime, c’est-à-dire dessiner.Mes parents n’étaient pas du tout en accord avec l’idée que je sois un artiste.Ils auraient préféré un travail plus sécurisant tel un doc- On dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur, mais maudit qu’on est heureux d’en recevoir quand on en a besoin.On dit aussi que ça ne prend pas grand-chose pour changer une vie.teur ou un médecin.Le refus de mes parents n’a pas réussi à changer mon objectif.A l’école, j’obtenais toujours la meilleure note.J’accepte très mal l’échec.Même que parfois j’essayais d’en mettre trop.Avec l’aide de Danielle, Raymond et Luc, j’ai vu, pour la première fois mes œuvres dans le Journal de la Rue (vol.5.1), également dans le Soi-disant, le journal Chomedey.J’ai même eu la chance de faire commenter mes dessins par Pierre Foglia de La Presse qui m’a surnommé le super bédéiste.J’étais fier.Cela m’a donné des ailes et un grand élan dans ma carrière artistique.Pendant ces trois longues belles années, le Café-Graffiti et le Journal de la Rue demeuraient mes lieux d’appartenance, la gang que j’avais tant besoin, mon deuxième foyer.Cette chimie entre l’art, l’école et les amis m’a beaucoup aidé.J’ai été élu élève modèle de la ville de Montréal à l’école Chomedey-de-Maisonneuve.J’ai obtenu le prix du Gouverneur Général pour mon implication au niveau scolaire et dans la société, sans compter plusieurs bourses.Je serais une personne différente aujourd’hui si je n’avais pas eu la chance de m’exprimer et d’avoir un groupe d’appartenance qui m’a soutenu pendant toutes ces années.Je n’aurai jamais cru à ça.J’ai gradué en l’an 2000.Indécis, vers quelle branche m’orienter?Et en plus, rares sont mes amis qui continuent leurs études après le secondaire.Je peux les compter sur mes doigts.J’écoutais mon eœur et mes collègues.Partout où j’allais, j’entendais le mot «graphisme».Le papillon est finalement sorti de son cocon.Je m’envole vers le Cégep.Un tout nouveau monde s’ouvre devant mes yeux.Le chemin de la réussite ne dépend plus que de moi.Je cesse de fréquenter le local pen- dant trois ans.Je consacre tout mon temps pour les études et le travail.J’oublie mes anciens collègues de classe et même ma famille.Outre l’école, j’ai aussi 3 boulots à temps partiel afin de payer mes études.Aujourd’hui, c’est le retour au bercail.Un mois avant de terminer mon diplôme, je reçois un appel de Raymond qui m’offre un poste à temps plein.J’accepte.Vous allez me dire que j’avais besoin d’être diplômé pour retourner au Café-Graffiti?Bien sûr que non.J’ai eu plusieurs offres de studios.J’ai refusé pour prendre le poste au Journal de la Rue.Dans une grosse entreprise, tu es spécialisé et tu ne fais qu’une seule chose.Au Journal de la Rue, il y a beaucoup de travail, de responsabilités et tu touches à tout.C’est motivant et stimulant.Ils ont fait de moi quelqu’un de responsable, mature, avec un bagage rempli d’expériences.Ils m’ont élevé dans ce métier.J’ai grandi avec un environnement que j’aimais.Ils m’offrent aujourd’hui l’opportunité de travailler dans un milieu où je peux continuer à développer ma créativité et à m’exprimer.Maintenant je suis graphiste et assistant rédacteur.Le Café-Graffiti et le Journal de la Rue sont comparables à une fàmille, tu peux t’en éloigner, mais tu finis toujours par revenir.Un gros MERCI, vous savez qui! ANECDOTE Pour nos anciens lecteurs, vous vous souvenez sûrement du jeune qui a infecté de virus nos ordinateurs en 1998?Vous l’avez deviné.C’est bien lui : Duy Tran! Faites attention aux virus.Protégez-vous! I Journal de la Rue > Vol.12.1 I Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafedfaffiti.net Les derniers jours de Picajo Témoignage Picajo Je vous ai écrit voilà un bout de temps.J’étais tellement mêlée que je ne sais plus quand.C’est Aline, ma fidèle amie qui m’a proposé d’écrire à nouveau au Journal de la Rue.Vous m’avez aidé par vos écrits, vous m’avez donné la force de continuer en m’inspirant de votre vécu, vous m’avez redonné courage.Alors, à mon tour de vous raconter.Je suis une toxicomane atteinte de l’hépatite C.Mon conjoint était un alcoolique qui a cessé de boire.Je me suis gelé de 11 à 24 ans, avec toute sorte de drogue, surtout la cocaïne par intraveineuse, d’où probablement ma maladie.Peut-être est-ce dû à mon tatouage?J’ai arrêté de consommer quand j’ai fait la connaissance de mon chum.Il m’avait dit: « Tu vaux mieux que ça ma belle ».Il m’a aidé et j’ai réussi quand j’ai su que j’avais l’hépatite C.Ensemble on a commencé à fumer du pot en vacance.Les occasions ont été de plus en plus nombreuses, jusqu’à devenir une habitude de tous les jours.Mon conjoint ne travaillait presque plus.Le pot rend passif.Moi je faisais mes semaines de peine et de misère.En plus de ma propre toxicomanie, de ma maladie, je voyais mon chum s’enfoncer.Pour certain on peut dire que ce n’est que du pot.C’est ce que nous pensions nous aussi.Mais les conséquences reliées à la consommation arrivent quand même: manque d’argent, manque d’entrain, déception d’être devenu dépendant, isolement, mensonges et cachotteries.La déprime s’installe confortablement dans notre foyer, un grand malaise dans notre vie de couple, car on était comme deux épaves qui se retenaient l’un à l’autre.J’ai décidé de prendre du recul sur notre vie de couple pour briser le cycle de consommation.Il n’a pas supporté mon départ, ou plutôt sa solitude, se retrouver seul avec lui-même.Il a décidé de mettre fin à ses jours.Ça m’a démoli au point de vouloir le suivre dans la mort.Quand j’ai vu tous ces gens de notre entourage, sa famille, la mienne, nos amis, tous ceux qu’on ne voyait plus et que je les ai vus aussi démolis sinon plus, tous si inquiets pour moi, je me suis dit que je devais me battre pour eux mais surtout pour moi.J’ai toujours cru que j’étais faible parce que je consommais depuis mon jeune âge et que j’avais horreur des responsabilités.Malgré ma grande souffrance intérieure, je suis en train de passer au travers et j’en suis que plus forte.J’ai l’intention de bien vivre ma vie, un jour à la fois sans drogue.De voir la vie autrement, pour moi, prendre contact avec les gens qui m’entoure, tous ceux-là que j’avais mis de côté pour fumer mon pot en pensant qu’ils ne voyaient rien.Oui, ceux-là qui ont été aux petits soins pour moi.Se sentir aussi aimé, c’est meilleur que n’importe quel high.Je fais attention à moi et à mon entourage.Moi qui avais peur des responsabilités, je suis devenue travailleur autonome! Je suis sereine grâce à des psys de S.O.S.Suicide qui m’ont aidée à voir clair en dedans de moi.Quand tu es bien dans ta peau, on dirait que le beau arrive tout seul.Il ne reste qu’à le cueillir à maturité.J’ai fait beaucoup de lecture de livres de motivation.Je crois que c’est ce qui m’a aidé à mieux vivre mon deuil de mon chum et de ma belle-famille.Le suicide d’un proche ça change tellement les gens.Je ne juge personne car ils ont perdu beaucoup eux aussi.C’est la prière de la sérénité qui m’a fait comprendre qu’on ne peut changer que ce qui est en notre pouvoir et d’accepter ce qu’on ne peut changer.Dans le doute, jour après jour, je reviens à cette prière.C’est la dernière fois que je signe Picajo.Elle est morte, c’est maintenant Johanne qui revit, en toute amitié et complicité.I Il existe 35 centres de prévention du suicide au Québec.Le 411 peut vous référer le numéro de téléphone du centre le plus près de chez vous.Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 2003 ! Vol.12.1 < Journal de la rue | Si ça peut t’aider Conrad (Rooerval) J’ai quitté l’école dès l’âge de 13 ans.Ma première bière, je l’ai prise à 14 ans.Tout de suite, je me suis aperçu qu’elle serait ma grande amie.m La quantité de bière que je prenais augmentait très rapidement.Après deux ans de consommation, le problème d’alcool était là.C’était maintenant un besoin, une nécessité de boire.Je ne pouvais plus m’en passer.Je me suis marié.Le mariage n’a eu aucun effet de diminution sur mes habitudes de consommation.Cela continuait de plus bel, même que ça augmentait de plus en plus.Mes présences à la maison étaient de plus en plus inexistantes, justes le strict minimum.Les policiers étaient devenus mes pires ennemis.J’ai perdu mon permis de conduire à deux reprises, sans compter plusieurs arrestations.J’ai eu deux enfants.Cela n’a rien eu ¦« r comme effet pour modifier mon comportement.Même que je les emmenais à la taverne avec moi.C’était évident que mon problème s’aggravait, et très rapidement.J’ai commencé à manquer des journées de travail à cause de la boisson, j’étais obligé de consommer.J’étais très pauvre et j’avais le dégoût de moi-même en plus d’avoir honte de consommer.Mon médecin m’a référé à quelqu’un.Une personne très calme qui a pris le temps de m’expliquer que, pour arrêter de boire, j’avais besoin d’un séjour à l’hôpital et d’une thérapie.Après avoir cessé de boire, j’ai réalisé qu’une partie de mes rêves et de mes ambitions était déjà là mais que j’en avais pas vraiment pris conscience: ma femme ainsi que mes deux enfants que j’adore.J’ai commencé à penser à Dieu plus profondément.Je me suis abandonné à Dieu en qui j’ai énormément confiance.J’en suis même venu à avoir trop confiance en lui.Ça me jouait des tours.Il a fallu que je mette de la sobriété dans tous les domaines de ma vie.J’avais un besoin de savoir.Je m’enrichissais à écouter les autres et à partager mes expériences.Avec un peu d’aide, je grandissais dans ma sobriété.Je vivais un bonheur que je n’avais jamais vécu auparavant.Je participais à plusieurs assemblées de mon groupe d’entraide.C’était ma planche de salut.C’est grâce à ce mouvement que ma vie a été très belle.J’espère que cela va continuer encore longtemps.J’ai appris à accepter les choses qui nous arrivent.Surtout celles que nous ne pouvons pas changer.Je dis un gros merci à Dieu de m’avoir prêté la vie.Ce que nous avons autour de nous nous est prêté.Il n’y a rien qui nous appartient.Dans toutes ces années passées, j’ai appris à donner sans penser recevoir.Si je donne quelque chose à quelqu’un, il ne m’appartient plus, c’est à la personne qui le reçoit d’en disposer à sa guise.Je ne peux pas me permettre de faire du ressentiment envers quelqu’un.C’est un luxe qui est trop coûteux.On se fait du mal plus qu’autre chose.Savoir écouter c’est de l’or.Le plus beau qui m’est arrivé dans ma vie, c’est d’avoir réussi à apprendre à vivre une journée à la fois et dans cette journée, il y a aussi un moment présent qui est important à savourer.Si je le vis pleinement, mon avenir est assuré.Si j’en profite quand il passe bien, il y a seulement ce moment qui m’appar- I Journal de la Rue > Vol.12.11 Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net .suite Si CA PEUT t’aider Témoignage tient.J’ai compris une chose importante.Il ne faut jamais remettre à demain ce que nous pouvons faire aujourd’hui.Si j’ai écrit ce témoignage, c’est dans l’unique but de pouvoir aider quelqu’un.Si tu penses que tu as un problème de boisson ou de drogue, appelle vite une personne-ressource.Ne te gêne pas.Demande de l’aide.Accroche-toi à ces gens.Toi aussi tu as droit au bonheur.Fais confiance à Dieu et à toi-même.Demande de l’aide dès aujourd’hui.Je vous aime.I £ ommentalre d’un ami ^ Il y a tant de belles choses que Conrad a accomplies avec beaucoup de personnes grâce à son abstinence.Après avoir arrêté de consommer, il n’a semé que du bien autour de lui.E a fait réfléchir des centaines et des centaines de gens rencontrés lors d’allocutions dans différentes fraternités.Sans oublier toutes les personnes qui se présentaient chez lui à toutes heures du jour et de la nuit pour trouver soutien et réconfort.Il n’a jamais compté ni ses heures, ni ses nombreux déplacements.Conrad nous reviendra pour d’autres articles./ N’hésitez pas à lui envoyer vos commentaires ou pour parler de votre cheminement.Merci Conrad pour ton beau travail.Innocente existence Je tiens à féliciter toutes celles et tous ceux qui participent de près ou de loin au Journal de la Rue et son oeuvre auprès des jeunes.Ce que vous faites requiert un grand détachement du matérialisme, ce qui vous honore, et a peu d’exemple comparable dans la société actuelle, vouée au très court terme.Je vous fais parvenir ce petit poème que j’ai écrit quelques jours avant la dernière affreuse guerre.Imaginez-vous prisonnier Un instant, innocent.Imaginez-vous dans l’attente Un dernier instant Innocent avant le dénouement Visiter le: www.cafegraffiti.net Menant sans pitié à la fin.Le coucher du soleil Adouci ta frayeur La nuit froide Exaspère ton esprit L’aurore te transperce Comme un glaive Effroyable et froid Imaginez-vous cet enfant Un instant, innocent.Dans une ruelle Une cour d’école À son pupitre Qui ne comprend pas Mais qui sait que Roger Audet (Sorel-Tracyj Les soldats approchent.Enfant qui a peur De tout son petit être De la suite impitoyable De la folie des hommes.Les gens sensés sensibles gémissent Le temps se fait lourd Comme le poids d’une vie meurtrie.Enfant saches que Tu seras malgré toi un homme Sois mieux que ces hommes Effroyables et impitoyables.Août/Septembre 20031 Vol.12.1 < Journal de la rue | pa fx ‘kÊéèèèUàiià VIÏÏiïTnW IN THE Ml THE MIX 6 8cWuStème»"e cô JS?SS cafe- -AfcÀFPrn '/» Vofri^ rorf^ MIXTAPES DES MEILLEURS OJ DE MONTREAL ^ k fT POUR SEULEMENT 10$ CHAQUE DJ NAES DJ KOBAL AYESHA SHEIKH sans litre sans titre le dégât 20X28 225$ 20X24 90$ 20X16; 100$ »i DINAIS Di KOBAL ¦HL DJ STRESS ] DJ MINI ROD2 green thugs poussière sans titre 10X 8 50$ 10 X 14 75$ 21 X 48 450$ LJj manzo DJ MAYSR DJ MAYSR L.t B-5 DISTRESS & MINI RQOI B-4 D! MAN10 Ddln cochons .60X40 500$ I gold star 24 X 30 250$ SARAH HALL carne diem 36X 18 300$ ^#1NNdi ÿtÊf.BON DE COMMANDE Nom: (Visa, Master Card, ou envoyez un chèque) Prix Code Quantité Total Adresse: Toile Ville: CP; T-S h 1 ft (blanc seulement) 20$ je|.page (plastifiée) 5$ ?Visa ?Mastercard Cassette mixtape 10$ EXP.: / / + taxes Abonnement au Journal: 1 an(6 no.) 27,61 $ (tx.incluses) Q Grandeur du T-shirt: I I TOTAL: 1 ¦% m i v ®L ¦\ ' -:"rWÈ A * |te m) - IB JrfAu i 'îl‘Jp S yt S f : 'S ®?* - m â,.A 9 I?r t hM s ' V- ÎNTBEVUE AVEC ALAIN SïANKÉ ntrevue Raymond Viger Personne ne l’appelle M.Stanké.Tout le monde l’approche en lui disant «Alain».C’est comme cela que j’ai le goût de vous présenter quelques-unes de ses idées.Télévision Sans Frontière.Dans oette entrevue, Alain n’a pu s’empêcher de me parler de Télévision Sans Frontière, son bébé qu’il a mis au monde pour l’organisme Travail Sans Frontière.Offrir des caméras à des jeunes marginalisés pour leur permettre de s’exprimer.Trop souvent ce sont les psy-machin-truc qui parlent pour les jeunes.Avec leurs caméras, ces jeunes peuvent tout critiquer, tout remettre en question.Une seule condition importante, il faut suggérer des remèdes.C’est avec grande émotion qu’il me témoigne des victoires qu’ils ont vécu.Offrir 25$ pour avoir la chance de gagner une Mercedes, ce n ’estpas de la charité, c ’est une loterie.Comme, par exemple, Mari-Lou qui faisait la quête à la station de métro Berri.Puce, avec sa caméra de Télévision Sans Frontière, lui demande: « Tu n ’as pas le goût de faire du documentaire au lieu de quêter?».Mari-Lou a saisi l’opportunité qui lui était offerte.Elle a immédiatement été emballée.Elle s’y sent revalorisée, elle y trouve un nouvel espoir.Le décrochage Et c’est cela la définition d’Alain du décrochage: « Quand il n’y a plus d’espoir en rien, quand on ne voit pas d’avenir, plus rien à espérer, on décroche».«Le système est drôlement fait».Alain a rencontré une femme sur l’aide sociale.«Si elle travaille, après avoir payé pours ’habiller, sa carte d’autobus, la gardienne et tous les autres frais, il lui en reste moins que si elle restait pour la maison à s’occuper de ses enfants.Il y a des inégalités qui font décrocher bien des gens.Le système est mal foutu» «Les gens de l’aide sociale survivent.Mais quand tu es dévalorisé, que tu n ’as rien à faire, peut-on être heureux?» La charité sociale Les téléthons le dérangent.C’est le rôle du gouvernement de s’occuper des soins et de la recherche.Est-ce qu’on fait des téléthons pour remplacer les hélicoptères ou les sous-marins de l’armée canadienne?Alain n’apprécie pas ses gros chèques de 4 pieds de haut par 8 pieds de large qu’on dandine devant la caméra.Ce n’est pas une action charitable, c’est une opération de visibilité, de mise en marché.Je donne parce qu’on me voit.Alain est aussi irrité par les loteries charitables.Offrir 25$ pour avoir la chance de gagner une Mercedes, ce n’est pas de la charité, c’est une loterie.Et que dire des soirées gastronomiques! Il se souvient de Mme Mila Mulroney qui avait organisé un souper au caviar à 75$ pour le financement des pauvres.Après avoir payé tous les frais, que reste-il pour la cause?Alain lui avait lancé un message: «S’il reste quelques biscuits soda de votre souper, on va les prendre pour l’Accueil Bonneau! ».Alain a été plus loin.Il a organisé un souper bénéfice pour l’Accueil Bonneau au même prix, 75$ par personne.Et les gens venaient manger la même chose que les itinérants et dans les mêmes conditions.Les donateurs ont apprécié ce geste et l’ont félicité: «Ça c’est correct!».La charité est vraie quand elle est anonyme.«A une période de ma vie, j’ai bénéficié de la charité des autres.C’est réconfortant.Mais quand tu connais le donateur, j’ai été gêné.Tu ne sais pas si tu remercies assez.J’ai reçu des choses par des étrangers, sans les connaître.Il n’y a pas d’attente».Le monde communautaire «C’est trop facile de juger ceux qui s’investissent dans le communautaire.Alain revient à la règle de base de Télévision Sans Frontière.Si tu veux critiquer, alors propose des solutions.On cherche tous du travail.Les salaires des directeurs d’entreprise privée sont indécents.L’écart est trop grand.Un professeur, une infirmière ou un intervenant, ils sont tous importants.Ils forment notre jeunesse, prennent soin de notre société de demain et ce n ’est pas toujours facile! «J’en connais qui s’implique à 300%, c ’est quasiment du missionnariat.Mais j’applaudis quand je vois l’entreprise privée qui retourne aux plus démunis de notre société».Message pour les jeunes I Journal de la Rue > Vol.12.11 Août/Septembre 2003 «C’est vrai que nous vivons dans un monde qui peut-être indécent.Je ne savais pas ce qu’était une pension.Je reçois Visiter le: www.cafegraffiti.net 7 000$ par année.On ne va pas loin avec cela.Il faut compter sur soi-même.On en demande peut-être trop à l’état.Il faut s’ajuster sur les deux côtés.Personne ne veut changer, perdre ses acquis.Par exemple en France, les chemineaux ont eu de bonnes conditions de travail.A l’époque vraiment de l'esclavage.Si on ne s’arrête pas, on perd ses valeurs.C ’est un cercle sans fin dans lequel on crée la pauvreté.Notre système est pourri à la base.On a perdu le vrai sens des valeurs.Cette pression de consommation nous amène à décrocher.Fumer du pot pour les jeunes peut être une façon d’enlever cette Trente ans plus tard, il reçoit un coup de téléphone.C’était ce robineux.«Est-ce que vous vous souvenez de moi?Je voulais vous casser la gueule.Deux jours après, j’ai été chez les Alcooliques Anonymes.J’ai complété mes études.J’ai payé mes dettes.J’ai remboursé tout le monde.Je suis maintenant psychologue et je dirige une équipe de crise.Merci M.Stanké! ».« Certains jeunes vont jusqu ’à taxer ou voler leurs parents pour être comme tout le monde.» ils avaient à mettre deux tonnes de charbon par jour dans la chaudière! Aujourd’hui ils n ’ont qu ’àpeser sur deux boutons et ils ne veulent pas renégocier leur gros acquis.Il faut être raisonnable ».Société de consommation_____________ «Notre société s’est développée tellement vite, trop vite, sans savoir où on s’en va.Toutes ces inventions qui nous sortent des dernières 50 années.Télévision, ordinateur, CD, jeux vidéos.Il y a une pression sur la consommation.Ce que tu achètes aujourd’hui est vite désuet et il faut que tu changes encore.Ça t’oblige à gagner plus d’argent.En travaillant plus tu as moins de temps.Ce qui est le plus important c ’est la famille.C’est anormal de voir cette pression de consommation sur les enfants.Ça prend telle marque de T-shirt ou telle autre marque de souliers.Il faut avoir son cellulaire, même moi j’en ai un_J’ai vu un homme sur le bol de toilette recevoir un appel.Il a répondu pour dire qu ’il va rappeler dans deux minutes qu’il était occupé! D’où vient cette urgence à être rejoint partout et n ’importe quand?Cela crée une pression énorme sur les parents.Certains jeunes vontjusqu ’à taxer ou voler leurs parents pour être comme tout le monde.On travaille pour se payer tout cela.On ne se voit plus vivre.C’est angoisse.Ça peut être dramatique avec d’autres drogues.Quand nous avions une église plus présente dans nos vies, il y avait une moralité.Peut-être trop exagéré et qui pouvait amener à la culpabilité.Mais au moins on croyait en quelque chose.Maintenant on croit en quoi?» Anecdote Au début de sa carrière de journaliste, Alain voulait comprendre ce que c’était d’être un robineux.Il s’est rendu avec de vieux vêtements au refuge Murling.Il a reçu des confidences plus facilement, sans crayon, sans enregistreuse.«Il en avait un qui détonnait dans le coin.J’ai tenté de l’ap procher.Je lui ai dit qu ’il ne sem blait pas être à la bonne place».Ce robineux de lui répondre: «Je suis ici parce que j’ai un problème d’alcool».Alain venait de découvrir le mouvement des Alcooliques Anonymes et lui donne la référence.«Si tu veux t’en sortir va donc les voir».C’est tout juste s’il ne l’a pas envoyé balader « Et voilà ce que peut faire une parole.Sur le coup, elle peut faire mal.Mais elle peut aussi changer le monde ».Et comme une image vaut mille mots, c’est avec les caméras de Télévision Sans Frontière que les jeunes vont maintenant pouvoir s’exprimer.Merci Alain pour ta générosité et ton implication.! Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 2003 ! Vol.12.1 < Journal de la rue | Visite d’André Boisclair J V » Le 26 février 98, M.André Boisclair, à titre de Ministre des Relations avec les Citoyens est invité à participer à une émission des Souverains Anonymes.Une haie d’honneur lui est réservée pour son accueil à titre de 8e politicien à participer à cette émission dans les murs de Bordeaux.Jè quitte ma cellule Je traverse les couloirs Je salue mes amis Je leur dis «à plus tard».Je n’quitte pas Bordeaux Du moins pas encore Je m’évade dans les mots Et la musique des noirs.Ma vie est un roman Ma vie est une chanson Qui en est l’auteur C’est toute la question Des questions que je me pose En vers et en proses Je te salue Çitoyen Et je plaide ma cause.* ' André Boisclair Ministre des Relations avec les Citoyens Bienvenuè parmi les Souverains Anonymes Dès le début de l’entrevue, M.Boisclair m’apprend que Souverains Anonymes a un livre d’or de tous les invités qui ont passé à l’émission.D’un simple clic sur internet, on peut y lire les commentaires et les questions que les Souverains ont échangés avec leurs différents invités.Et cela depuis le tout début de l’émission.Un vrai trayaîl de moine qui mérite d’être contemplé.' L’entrevue téléphonique que j’ai eue avec M.Boisclair lui permet d’être face à son ordinateur, le nez dans ce livre d’or et de me commenter ses souvenirs, ses anecdotes.Je peux ressentir tout le plaisir qu’il a eu à participer à ce débat, à cette rencontre magique avec les Souverains.M.Boisclair a rencontré des gens qui se questionnent sur leur réinsertion, qui cherche à dialoguer, qui s’interroge sur leur capacité réelle, au-delà de la sentence du juge, de trouver le pardon du citoyen.Il a appris que plusieurs participent à des travaux communautaires à l’intérieur des murs.Ces gens ne cherchent pas la pitié, ils demandent à être respectés.C’est en parlant de responsabilité qu’on peut apprendre à vivre ensemble.Tous ces gens ont des histoires, des familles.Notre société doit tendre vers un objectif de réhabilitation.Mais ce qui a frappé M.Boisclair, c’est de voir tant de jeunes adultes en prison.Est-ce qu’on a échoué en tant que parent, en tant que société?A tous ces jeunes, il y a une vie après ces moments difficiles et le plus bel espoir réside dans le fait de fonder une famille qui va réussir.L’émission de radio est comme une main tendue pour que l’on voit autre chose qu’un numéro de détenu, leur idéal, leur passion, leur talent.Des gens qui ont d’excellentes plumes, un dialogue intelligent et qui ont des craintes, des espoirs.Tant mieux si on peut voir autre chose, faire vivre une réhabilitation peut devenir concret.Tout geste qui porte à réfléchir est une bonne action.?V On ne parle pas de ce qu’ils ont fait.Ça serait déplacé.Mais j’ai compris que ces gens vont avoir une vie après et qu’ils ont du talent.On n’est pas là pour juger des actes qu’ils ont faits, un juge l’a déjà fait.On en sort avec une nouvelle vision.On y voit des individus plutôt que des incarcérés.Quelques commentaires et questions posées par les Souverains Anonymes: La visite d’un politicien à notre émission est toujours un événement particulier que nous prenons très au sérieux parce que nous croyons fondamentalement que les femmes et les hommes de pouvoir doivent servir à quelque chose.Est-ce qu’on peut faire de la politique sans vendre son âme au diable?Est-ce que les jeunes s’intéressent plus à la politique?Les employeurs sont des citoyens.Dans leurs relations avec nous en tant qu’exdétenus, ils sont très souvent très méfiants.Leurs réponses à nos demandes d’emploi sont poliment et gentiment catégoriques.Dossier criminel égal no job.Personnellement, j’ai fini par créer mon propre emploi pour ne plus subird’humiliation.Mais malheureusement, beaucoup d’ex-détenus, à force d’être humilié par des employeurs, I Journal de la Rue > Vol.12.1 I Août/Septembre 2003 .Visiter le: www.cafegraffiti.net reviennent au crime par désespoir et par revanche.Aujourd’hui, dans ma business, tous mes employés sont des ex-détenus.Faut-il être un employeur ex-détenu pour engager un ex-détenu comme employé?André, tu occupes un ministère très important.Les Relations avec les citoyens et entre les citoyens c’est ce qui devrait permettre à une société d’évoluer.Dans les pays pauvres il y a plus de solidarité entre les citoyens.Les Québécois doivent-ils s’appauvrir pour retrouver ses valeurs de solidarité?On dit que la musique adoucit les mœurs.A Bordeaux, la musique adoucit les âmes.La musique est notre plus belle évasion.I À L*OMBRE des murs_______________________ .toujours à cette même jeune femme extraordinaire qui pleure en silence Je vis à l’ombre des murs Quelque part en moi L’erreur fait mal, c’est sûr! Mais, ne suis-je que ça?Je vis à l’ombre des murs Quelque part en moi i Mon étoile brille, c’est sûr! Je suis ce que l’on ne voit pas Ce que l’on ne sait pas.Je suis le bon, je suis le vil Je vis à l’ombre des hommes et des villes Je suis ce que l’on cache L’indélébile qui tache.Je vis à l’ombre d’un cœur Dans sa lumière, sa noirceur t ' .J’entends vos rires, vos pleurs vos joies et vos peurs , Je vis à J’ombre des cœurs.AIME,, le Souverain (Nicodème Camatda) Mardi; 5 septembre 200Ô \, : S — ' - , 'V • * •*! m SB‘% .• ' < P- Visiter le: www.cafegraffiti.nçt* i \ i * • * • Intoxication et manque Pourquoi me suis-je caché de tout ton amour?* Tu m’as donné naissance et je suis ton fils; Tu as voulu m’aimer sans que je le puisse; Tu m’as donné des sens pour capter sans détour.Pourquoi suis-je J’amant de mon aveuglement?Je suis l’arrogance et la suffisance; L’orgueil a toujours su m’enchaîner prestement; Et j’ai toujours cru conserver ma prestance.Pourquoi n'ai-je rien vu, n’ai-je rien entendu?J'en avais le droit, j'ai agi comme il m’a plu; J'ai été séduit par ce qui paraissait beau: J'étais seul et je voulais flatter mon ego.Pourquoi trouvais-je vide mon existence?Mon orgueil avait choisi l'intolérance; Et elle a habité ma vie jusqu'à ce jour; Où j'ai vu et su que j’avais manqué d’amour.Pourquoi mon cœur fut-il ainsi intoxiqué?Ma vie devenait navrante futilité; Et sans doute en eut-il été ainsi toujours; Si tu ne m'avais éclairé pour voir l'amour.Pourquoi pas d'amour en ce bas monde imparfait?Je ne voyais pas qu'en donnant je recevrais; Et toi, lu me suppliais de tous les aimer; Infinitésimales pusillanimités.Pourquoi ai-je honte de te demander aide?J'ai tout perdu en admirant ce qui est faux; Je n'ai pas su profiter de ton entraide: Puisque l'argent m'empêchait de soigner mes maux.Pourquoi, pourquoi n'avais-je pas senti cela?Tu étais, tu es, et tu seras toujours là; Et maintenant je sais que j'ai à chaque jour; Toujours, trop d’argent, et jamais assez d'amour.PAUL MAC h t ) Août/Septembre 200i| Vbi.12.1 < Journal de la rue Courrier du lecteur Moins rose, mais non sans espoir Christiane Legardeur__________________ uel merveilleux travail vous accomplissez.Ce journal est si intéressant.Je l’ai parcouru du début jusqu’à la fin.Il m’a fait voir un autre côté de la vraie vie.Le côté moins rose, mais non sans espoir.J’ai adoré le poème d’une lectrice, l’entrevue avec Alex Chassagne, alias Ace.Je suis la mère de deux garçons de 12 et 18 ans et notre relation est bonne.Je pense que les jeunes de la rue n’ont pas eu la vie facile.Je ne sais pas trop comment cela se passe pour eux, par contre, on sent à la lecture du journal que c’est dur.Heureusement, vous êtes là pour les aider.Merci d’être là! Offrir ce qu’aimerait recevoir Jonathan Rouillard S~ ertaines personnes ont de la facilité à se confier à moi.Quand tu montres de l’intérêt à la personne, elle est plus à l’aise.J’aimerais bien que l’on fasse la même chose avec moi.Lettre à Jésus Nicole St-Amour Ç* eigneur Jésus, je te demande pardon de mon inaction.J’offre à Dieu le père mes peurs, mes émotions refoulées, ma tristesse, mon découragement, mon désespoir, ma rage, mon désir de mourir, mon inconscience, mon manque de foi en moi, ma maladresse à prier, mon sentiment d’être rien, mes blocages, mes larmes cachées.en échange de Ton Amour.Viens à mon aide, Seigneur.J’ai besoin de Toi dans ma tête, dans mon coeur, dans mes émotions.J’ai besoin de Toi.Délivre-moi de ma solitude, de mon désespoir.Sans l’aide d’une puissance supérieure à moi-même, je ne sens rien.Jésus, veux-tu être mon invité?Au-delà des apparences Texte internet fourni par Nathalie Rochefort un dîner bénéfice, le père d’un enfant 1% handicapé a prononcé un discours inoubliable.Le voici : On dit que Dieu fait tout avec perfection.Mais où est la perfection en Shay, mon fils?Mon fils ne peut pas comprendre les choses comme le peuvent les autres enfants.Mon fils ne peut pas se souvenir des faits ni des chiffres comme le peuvent les autres enfants.Où est donc la perfection de Dieu?Je crois, a-t-il poursuivi, qu’en créant un enfant handicapé comme mon fils, la perfection que cherche Dieu est comment on réagit à cet enfant.Voici une petite anecdote pour vous illustrer mes propos.Un après-midi, Shay et moi nous promenions près d’un parc où des garçons que Shay connaissait jouaient au base-bail.Shay me dit: «Penses-tu qu’ils me laisseront jouer?» Je savais que Shay n’est pas du tout le genre de coéquipier que les garçons recherchent d’habitude, mais j’espérais que l’on permette à Shay de jouer.Je demande donc à un des joueurs de champ si Shay pouvait participer.Le garçon y pense pour quelques instants et dit: « Nous perdons par six points et nous DURAYS I Journal de la Rue > Vol.12.1 Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net Courrier du lecteur doucement pour que Shay puisse au moins la toucher avec le bâton.n sommes à la huitième manche.Je suppose qu ’il peut faire partie de notre équipe et avoir l’occasion de frapper au neuvième tour.» Shay est le prochain à frapper.Est-ce que l’équipe va permettre à Shay de jouer, risquant de perdre le jeu?Shay poussa un sourire énorme.On dit à Shay de mettre le gant et de prendre sa position.À la fin de la huitième manche, l’équipe de Shay marque quelques points mais traîne toujours par trois points.À la neuvième manche, l’équipe de Shay gagne encore un point! On a deux sortants et les buts remplis, et une chance de gagner le jeu.Shay est le prochain à frapper.Est-ce que l’équipe va permettre à Shay de jouer, risquant de perdre le jeu?Chose étonnante, on lui donne le bâton.On sait sans doute que c’est presque impossible de gagner, car Shay ne sait ni comment tenir le bâton, ni comment frapper la balle.Cependant, quand Shay s’approche du marbre, le lanceur avance quelques pas pour lancer la balle assez Shay s’élance lourdement au premier lancer, sans succès.Un de ses équipiers vient à son aide et les deux prennent le bâton en attendant le prochain lancer.Le lanceur avance davantage et lance légèrement la balle à Shay.Avec son équipier, Shay frappe un roulant vers le lanceur.Il aurait pu facilement le lancer au premier but.Mais voilà, le lanceur jette la balle en arc au champ droit, loin au-delà du premier but.Tous se mettent à crier « Cours au premier, Shay! Cours au premier! » Jamais il n’a eu l’occasion de courir au premier but.Il s’élance, tout étonné.Quand il atteint le premier but, le voltigeur de droite a la balle en main; il peut facilement la lancer au deuxième but, mais il lance la balle en haut au-delà du troisième but et tous crient: « Cours au deuxième! Cours au deuxième! » Les coureurs devant Shay, transportés de joie, parcourent les buts en route au marbre.Lorsque Shay s’approche du deux- ième but, l’adversaire le dirige vers le troisième et s’exclame: « Cours au troisième! » Quand Shay passe par le troisième, les joueurs des deux équipes le suivent en s’écriant: «Fais un circuit Shay!» Shay complète le circuit, prend pied sur le marbre et tous les 18 garçons le soulèvent sur les épaules.Shay est le héros! Il vient de faire le grand chelem et de gagner le match pour l’équipe! Ce jour-là, continue son père, les larmes aux yeux, ces 18 garçons ont atteint leur propre niveau de la perfection de Dieu.Les nids de poules à Montréal Journal de la rue | Août/Septembre 2003 Vol.12.1 Visiter le: www.cafegraffiti.net La drogue de viol Alain Martel, travailleur de rue a Longueuil Johanne, 32 ans, professionnelle, bon métier, bonne tête, personne sensée qui aime danser et s’amuser de temps en temps.Une personne bien ordinaire.n Elle décide, avec une copine, d’aller danser dans un bar pour passer le temps et en avoir du bon.Elle est consciente que son verre peut être une tentation pour certain.Elle y fait attention.Dans la soirée, son amie se rend compte qu’elle n’agit pas comme d’habitude.Elle semble un peu confuse.Elle semble être âttirée par le mâle de façon inhabituelle.Pas ordinaire.Elle disparaît.On la retrouve dans les toilettes.Elle y est depuis un certain temps mais personne lui accorde d’attention.Son amie quitte.La boisson a fait son oeuvre, rigole-t-elle.On se reverra demain.Quelques jours passent et les amies se reparlent.Johanne est changée.Emotive.Sensible.Puis elle raconte.L’autre soir, elle a perdu conscience et s’est réveillée dans une chambre d’un motel qu’elle ne connaissait pas.Elle se sentait sale.On dirait qu’un gros camion lui était passé sur le corps.Les douches répétitives ne lui faisaient aucun bien.Elle a eu le réflexe d’aller à l’hôpital.Verdict?Agression sexuelle.Comment?Pourquoi elle?Qu’est-ce qu’elle avait fait pour mériter cela?Elle a donc fait des recherches et découvert les drogues du viol.Quelqu’un a mis des substances dans son verre afin de lui faire perdre ses inhibitions et en profiter pour avoir des relations sexuelles sans son consentement.Elle ne se rappelle pas.Mais elle ressent.Quoi faire?Porter plainte?Contre qui?Pour quoi?Elle ne se sent pas bien.coupable.niaiseuse et n’ose pas en parler de peur du jugement.Elle ne sait pas que c’est normal.La question est de savoir pour chaque Johanne que l’on peut rencontrer, combien y en a-t-il réellement?Celles qui ne parleront pas par crainte de se faire niaiser.Celles qui souffriront en silence.Celles qui ne pourront plus vivre une vie normale parce que quelqu’un a abusé d’elles.C’est un phénomène de plus en plus présent.Comme ami qui reçoit les confidences?Quoi faire?.Comme ami, il est important de ne jamais mettre en doute l’histoire de la victime.Parce que ces histoires sont toujours abracadabrantes.Elles n’ont pas le sens habituel des histoires.On est mieux de passer pour un imbécile en croyant quelqu’un qui ment, que de prouver qu’on l’est en ne croyant pas quelqu’un qui dit la vérité.Accueillez cette personne.Puis, donnez les ressources appropriées à la victime.Même si porter plainte à la police est important pour éviter qu’il y ait d’autres victimes, ce n’est pas l’objectif premier.Le bien-être de la victime et son avenir sont plus importants au départ.Demandez l’aide de professionnels.Ils vous aideront.Si cette histoire vous sonne des cloches, si vous ressentez ou avez ressenti des sensations telles que celles décrites plus haut, trouvez quelqu’un en qui vous avez confiance et confiez-vous.Prenez le risque.Vous n’êtes pas coupable.Vous avez été victime.Si ça ne marche pas avec un, ne vous découragez pas, essayez avec un autre.Vous trouverez.Quelques symptômes: perte de mémoire, vomissements, perte d’inhibition (on est plus audacieuse que de coutume), confusion, perte de contrôle musculaire (la tête pense mais le corps ne répond plus).Si vous ressentez un ou des symptômes de ce genre, vous êtes peut-être victime des drogues du viol.Demandez à quelqu’un en qui vous avez confiance de vous ramener chez vous ou en lieu sûr.Ne laissez pas vos amies qui vivent ces conditions.Que chacun prenne soin de son amie.Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, il y a un nouvel organisme très peu connu qui s’appelle «Femmes qui sortent».Cet organisme est jeune.Il a été fondé par deux femmes victimes des drogues du viol et qui veulent faire connaître ce fléau.Téléphone: (514) 777-1754, ou par courriel: femmesquisortent@.vahoo.ca Ne soyez pas de ceux ou celles qui ferment les yeux.Soyez avertis.Les gars aussi, élevons-nous contre l’abus fait aux femmes.Disons-le haut et fort.Un vrai homme n’abuse pas des femmes.Si oui, il va chercher de l’aide.ligne d’écoute pour les agresseurs sexuels: 1-800-330-6461.Pas de jugement et un accueil inconditionnel.Si vous vous reconnaissez comme agresseur, appelez.Le centre d’aide aux victimes d’agressions sexuelles de Montréal: (514) 934-4504.24 heures/24,7 jours par semaine.Si vous voulez plus de renseignements, Carrefour Jeunesse Longueuil-Rive-Sud offre un atelier sur les drogues du viol et de l’assistance aux victimes ou aux agresseurs.Si vous voulez avoir plus de renseignements, vous pouvez appeler au: (450) 677-9021, poste 229, et demandez Élise.Ne vous gênez pas, chaque geste peut faire la différence dans la viç d’une femme.Peut-être votre épouse, votre fille, votre nièce, votre mère, votre petite-fille ou votre soeur.Valent-elles la peine?À vous d’y voir.Merci de me lire.Merci de me publier.m w‘ \ I Journal de la Rue > Vol.12.1 i Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net Droit de réplique Guillaume Quéruel ' WW0 I I i * Janvier 2000, je me les gelais solide! J’étais dehors depuis des heures, au centre ville de Montréal et il faisait vraiment froid.Mais ça ne me dérangeait pas vraiment, car c’était pour une bonne cause: je participais au tournage d’un film qui allait prendre une place très importante dans ma vie.Un bon exemple de ce qui m’accroche à la vie: le groupe 4-01 de l’école Des-Trois-Saisons, à Terrebonne, à la fin d’un atelier de sensibilisation.Ce film s’appelle « Toujours à part des autres!» du cinéaste Marcel Simard.Dans le cadre d’un stage de travail à La Réplique, y ai participé à la scénarisation et au tournage de ce film.Pendant sept mois, je me suis retrouvé parmi un groupe d’une dizaine de jeunes «marginaux» un peu perdus entre le désir de créer et l’envie d’aider les autres, de changer la société.Malgré toute notre bonne volonté, nous étions coincés entre le besoin de payer le loyer et la réalité d’un marché du travail qui ne valorise généralement ni la création, ni l’entraide.Avec le cinéaste, nous avons décidé d’explorer cette réalité à travers notre vécu et de scénariser notre film en se basant sur nos expériences de vie.Une fois le film terminé, nous avons pensé qu’il serait pertinent de le présenter à des jeunes ayant peut-être de la misère à trouver leur place dans la société.Si comme nous, ces jeunes (et moins jeunes) souffraient d’un sentiment d’exclusion les empêchant de concrétiser leurs projets, il serait intéressant d’échanger avec eux sur les réalités illustrées dans le film.Trois ans plus tard Me voici donc, trois ans plus tard, animateur des ateliers de sensibilisation Droit de Réplique.En effet, après la fin de mon stage à La Réplique, j’ai constaté que notre film provoquait de fortes réactions chez les gens et suscitait des débats enrichissants.En plus, les jeunes ayant vu le film me disaient que ça leur faisait du bien de parler de ce qu’ils vivaient, et peut-être même de se comparer avec les personnages du film.Le film « Toujours à part des autres! » se promène donc un peu partout (avec votre humble serviteur comme chauffeur privé) dans les écoles, les Carrefour Jeunesse Emploi, les entreprises d’insertion, etc.Avec mes collègues Benson et Wendy, nous avons la chance de rencontrer plein de jeunes intéressants qui, malgré tout leur potentiel, ont décidé à un moment donné de décrocher.Certains ont décroché de l’école ou du travail, d’autres ont abandonné leurs ambitions ou ont quitté leur famille.Plusieurs ont même tenté d’une façon ou d’une autre d’abandonner la vie.Mais tous ont un point en commun: malgré leurs déboires, ils s’accrochent.Une vérité profonde J’en retiens une chose: on sait ce qu’on vaut.Malgré toutes les histoires qu’on peut se raconter toute notre vie, je crois qu’au fond de tout individu sommeille une vérité profonde.Une fois qu’on arrête de se soucier de ce que les autres pensent de nous, on peut commencer à voir qui on est vraiment et découvrir son plein potentiel.Facile à dire.Je n’ai malheureusement pas les réponses.Par contre, j’ai cette page.Je profite donc de cette tribune pour lancer un appel à tous les Krishnas, Girdas, Rockers, Hippies, Ginos, Poils, Sado masos, Cravatés, Punks, Yo, Squeegees, Fresh, Drag Queens, Wannabes, Gothiques, Rockabillys, Raves, et autres tout-nus-dans-la-rue parmi les lecteurs et lectrices du Journal de la rue: écrivez-nous, racontez-nous ce qui vous raccroche.Qu’est-ce qui donne un sens à votre vie?Quels sont vos rêves?Vos ambitions?Se poser ces questions est peut-être un bon début.Et si le fait d’écrire nos réponses sur un bout de papier était un premier geste concret vers la réalisation de nos rêves?La Réplique est une entreprise à vocation sociale qui vise à stimuler et à soutenir la réussite de projets professionnels et sociaux chez des jeunes adultes qui ont des difficultés importantes dans leurs tentatives d’insertion.Tél.: (514) 276-9556 Courriel: droitdereplique@qc.aira.com Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 2003 J Vol.12.1 < Journal de la rue | La colère c’est quoi?Société Carrefour d’Alimentation et de Partage St-Barnabé La colère me dit: ° Qu’on me fait du mal; ° Qu’on viole mes droits; ° Que mes besoins et mes désirs ne sont pas satisfaits; 0 Ou simplement, que quelque chose ne va pas.°J’ai trop investi dans quelque chose; °Je suis brimé dans ma dignité et mon humanité; °Je ne ressens pas la solidarité; °Je ne me sens pas compris; °Je vis des injustices sociales.La colère est là parce que: ° J’ai un problème émotionnel non résolu; Les effets négatifs d’une colère non légitime: ° Me laisse désemparé et impuissant; ° Nourrit mon agressivité; 0 Me rend sur la défensive; 0 Ne résout pas forcément mes problèmes; ° Ne permet pas de changer l’autre.Une colère refoulée est destructrice et peut avoir des effets négatifs sur ma santé.Questions qui méritent d’être posées: °Après quoi ou après qui suis-je réellement en colère?°Où est le problème, et est-ce mon problème?°Comment exprimer ma colère?Les effets positifs de la colère bien canalisée: ° M’aide à préserver l’intégrité de ma personnalité; 0 Me pousse à dire NON aux définitions que les autres donnent de moi; ° M’aide à dire OUI à ce qui vient de mon intérieur; 0 Me donne le droit d’exprimer ce que j’éprouve; 0 Me met en garde, peut-être que les autres me couvent trop?0 Me rend capable d’exprimer ma solidarité avec les exclus.La colère mérite le respect, elle a sa raison d’être et elle peut être dune force de changement.| Tu veux travailler?Le GIT peut t'aider! ^0ÊÊ^ ¦ gqpm Services gratuits Tu es m ^ ^ ^ > Ateliers de groupe > Agé(e) de 16 ans et plus ^ I ^ 1 ^ > Stages en entreprise > Motivé(e) à intégrer ou ® ^ > Suivis individualisés réintégrer le marché du travail Pour t'inscrire : > Activités post-formation > Démuni(e) face à l'emploi (514) 526-1651 > Support dans la Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec recherche d'emploi Québec S S Emploi-Québec I Journal de la Rue > Vol.12.1 J Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net Général Aide juridique Hochelaga (514) 864-7313 DPJ 1-800-665-1414 Info-Santé (514) 253-2181 Centre antipoison 1-800-463-5060 MTS et sida C.O.C.Q.Sida (514)844-2477 Info-sida (514) 521-7432 ou (514) 281-6629 Miel (418)649-1720 Drogue et désintoxication Toxic-Action (Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090 Centre Jean-Lapointe Mtl (514) 381-1218 Québec (418) 523-1218 Pavillon du Nouveau point de vue (450) 887-2392 Urgence 24 hres (514) 288-1515 Portage (450) 224-2944 Centre Dollard-Cormier Jeunesse (514) 982-4531 Le Pharillon (514) 254-8560 Drogue aide et référence 1-800-265-2626 Centre Dollard-Cormier Adulte (514) 385-0046 Un Foyer pour toi (450) 964-7077 L’Anonyme (514) 236-6700 Cactus (514) 847-0067 Dopamine et préfix AITQ (Association des intervenants en toxicomanie (514) 251-8872 du Québec) (450) 646-3271 Escale Notre-Dame (514) 251-0805 FOBAST (418) 682-5515 Aianon & Alateen (418) 990-2666 Alcooliques Anonymes Québec (418) 529-0015 Montréal (514) 376-9230 Laval (450) 629-6635 Rive-Sud (450) 670-9480 Dianova (514) 528-5594 Famille Grands frères/grandes soeurs (Rob.)(418) 275-0483 Familles monoparentales Regroupement des (514) 729-6666 Maisons de jeunes (514) 725-2686 Grossesse secours (514) 274-3691 Chantiers jeunesses (514) 252-3015 Réseau Hommes Québec (514) 276-4545 Patro Roc-Amadour (418) 529-4996 Pignon Bleu (418) 648-0598 YMCA de Québec Armée du Salut (Centre (418)522-3033 communautaire et familial) (418) 524-6758 ou (418) 648-1079 Espoir et vie (418) 576-5092 La Marie Debout (Centre d’éducation des femmes) (514) 597-2311 Armée du salut (514) 288-7431 Centre de crise de Montréal Tracom (centre-ouest) (514) Iris (nord) (514) L’Entremise (est, centre-est) (514) L’Autre-maison (sud-ouest) (514) Centre de crise Québec (418) L’Ouest de l’île (514) L’Accès (Longueuil) (450) Archipel d’Entraide (418) Centre de prévention du suicide inc.(urgence) (418) 483-3033 388-9233 351-9592 768-7225 688-4240 684-6160 468-8080 649-9145 683-4588 Violence CALACS Montréal Chaudières-Appalaches CAVAC Montréal Québec Groupe d’aide et d’info.sur le harcèlement sexuel au travail SOS violence conjugale Centre national d’info.sur la violence dans la famille Trêve pour elles Centre pour les victimes d’agression sexuelle (24h) Armée du salut (514) 934-4504 (418) 227-6866 (514) 277-9860 (418) 648-2190 (514) 526-0789 (514) 363-9010 ou 1-800-363-9010 1-800-267-1291 (514) 251-0323 (514) 934-4505 (514) 934-5615 Lignes d’aide et d’écoute Gai Écoute Tel-jeunes ou Tel-aide et ami à l’écoute Jeunesse-j’écoute Suicide action Montréal Centre d’écoute téléphonique et de prévention du suicide « accueil-Amitié » (Il existe 35 centres de prévention du suicide au Québec.Le 411 (514) 866-0103 (514) 288-2266 1-800-263-2266 (514) 935-1101 1-800-668-6868 (514) 723-4000 (418) 228-0001 peut vous référer le numéro de téléphone du centre le plus près de chez vous.) Cocaïnomanes anonymes Déprimés anonymes Gamblers anonymes Narcotiques anonymes Outremangeurs anonymes Parents anonymes Nicotines anonymes Aianon et Alateen Ligne Océan (santé mentale) Sexoliques Anonymes ou ou ou (514) 527-9999 (514) 278-2130 (514) 484-6666 (514) 249-0555 (418) 649-0715 1-800-463-0162 (514)490-1939 (514) 288-5555 1-888-603-9100 (514) 849-0131 (514) 866-9803 (418) 522-3283 (514) 522-3283 Entraide logement Hochelaga-Maisonneuve (514) 528-1634 Aide aux parents et amis de consommateurs de drogues Nar-anon Montréal (514) 725-9284 Quebec (418) 524-6229 Saguenay (514) 542-1758 Décrochage scolaire Éducation coup de fil (514) 525-2573 Revdec (514) 259-0634 Carrefour Jeunesse (514) 253-3828 Association québécoise pour les troubles d'apprentissage (section de Québec) (418) 626-5146 Hébergement de dépannage et d’ur- gence Auberge de l’amitié pour femmes (418) 275-4574 Bunker (514) 524-0029 Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Chaînon (514) 845-0151 En marge (514) 849-7117 Passages (514) 875-8119 Regroupement des maisons d’hébergement jeunesse du Québec (514) 523-8559 Foyer des jeunes travailleurs (514) 522-3198 Auberge communautaire du sud-ouest (514) 768-4774 Mutant (514) 276-6299 Oxygène (514) 523-9283 L’Avenue (514) 254-2244 L'Escalier (514) 252-9886 Maison St-Dominique (514) 270-7793 Auberge de Montréal (514) 843-3317 Le Tournant (514)523-2157 La Casa (Longueuil) (450) 442-4777 Maison Dauphine (418) 694-9616 Armée du Salut pour homme (418) 692-3956 Mission Old Brewery (514) 866-6591 Mission Bon Accueil (514) 523-5288 La maison du Père (514) 845-0168 Alimentation Le Chic Resto-Pop (514) 521-4089 Jeunesse au Soleil (514) 842-6822 Café Rencontre (418) 640-0915 Café de l’Espoir (418) 648-1079 Ville:__________ Téléphone: OVisaOMastercard Exn./ / t on supplémentaire pour souten r notre travail est la bienvenue.NEZ-V0US! Prénom: AU JOURNAL DE Journal de la Montréal LARUE 1n°-4.95$+tx 1 an/6 nos- 24.00$ +tx 2 ans/12 nos- 43.20$ +tx 3 ans/18 nos- 58.50$ +tx International - 39.00$ Cad.1 an Chèque ou mandat à l'ordre du Rue, 4265, rue Ste.-Catherine Est , Qc, H1V 1X5 tél.: (514) 256-9000 Visiter le: www.cafegraffiti.net Août/Septembre 2003 J Vol.12.1 < Journal de la rue | LIVRES ^ Claire Lévesque Voici un livre qui s’adresse un peu plus aux intervenants qui ont la responsabilité des jeunes voulant améliorer leurs connaissances et bonifier leur mode d’intervention.Jeannine Guindon est une spécialiste réputée internationalement.Cette étude est tirée de son expérience au Centre pour jeunes délinquants de Boscoville.Un document d’une grande qualité! É /lN ÉTAPES de tu t ¦f Les étapes de la rééduca- I TI ON DES JEUNES DÉLINQUANTS ET DES AUTRES.Z Briser l’isolement entre JEUNES EN DIFFICULTÉ, ÉDUCATEURS ET PARENTS Gilles Gendreau et collaborateurs Éditions Sciences et Culture 330 pages fVOi.r.M K ** Jeannine Guindon Sciences et Culture 335 pages Vous trouverez dans ce livre des conseils et des techniques pour briser l’isolement et ainsi aider les jeunes à ne plus se sentir seuls avec leurs problèmes.Ceci dans le but de redonner espoir aux jeunes, de les aider à trouver les moyens de traverser des périodes de crise et de les aider aussi à reprendre confiance en eux et en ceux qui les forment et les éduquent.Aider nos jeunes à découvrir leurs compétences est un grand pas vers une société où le taux de violence reste bas.Un éducateur spécialisé raconte ses diverses expériences dans des milieux où tout n’est pas facile.Les jeunes adolescentes enceintes, le milieu des écoles secondaires, les jeunes en difficulté et les femmes de milieu socio-économique défavorisé.Un livre qui s’adresse à toute personne qui a à intervenir auprès d’une clientèle en difficulté.Un chuchotement d’espoir.4 L’adolescence AU QUOTIDIEN Maryse Vaillant Syros 220 pages moiiSCfHCI m QUOTIDIEN b* mntP mmw* m» ItwmmMms 3 Cris de détresse, chuchotements d’espoir Jean Chapleau Collection D’un risque à l'autre Editions Science et Cultures 140 pages JL Maryse Vaillant est une spécialiste de l’adolescence.Elle nous prévient en premier lieu que le rôle de parents est parfois difficile mais elle arrive à la rescousse avec un bagage impressionnant de connaissances qu’elle nous transmet généreusement.Mais surtout: elle nous dit qu’il ne faut pas désespérer.Un livre qui regarde les choses en face et qui tente de nous offrir diverses solutions ou explications.26 Si le jeu n'est plus un divertissement.MISE SUR TOI 1 866 SOS-JEUX 1 866 767 5389 I Journal de la Rue > Vol.12.1 j Août/Septembre 2003 Visiter le: www.cafegraffiti.net 1995$ ILL Legal CD Hip Hop Producteur Chilly D, directeur artistique DJ Mini Rodz Pour les puristes du Hip Hop underground, 29 artistes de la scène locale se sont réunis pour vous offrir une collaboration complète.DJ Mana, Manspino.01 Etranjj, Shades of Culture, SP, Traumaturges, Muzion et bien d'autres.Voyez le vidéo clip à Musique Plus Distribué au Canada chez tous les bons disquaires par Outside Musique.Tél.(450) 446-0299 Par la poste au Journal de la Rue 4277 Ste.-Catherine Est Montréal, (QC) HIV 1X7 Tél.: (514) 256-9000 , .iéflexions CD Hip Hop et Soul Directeur artistique B.U.The Knowledgist Une musique jeune tout en étant universelle, des messages qui ont quelque chose à dire sur la vie et l'espoir à se donner.Le rappeur B.U.The Knowledgist est accompagné par les rappeurs OL1KU (France), HD (New York), L'Queb (Québec) et DJ Crowd.Regardez les deux vidéoclips à Musique Plus.Distribué au Canada chez tous les bons disquaires par Distributions Select.Tél.(514) 333-6611 £-Boy Yogi Hip Hop Du doublement renuersent. L'amour en 3 dimensions 19,95| Par Raymond Yiger Roman de cheminement humoristique.Peut être Tu pour le plaisir du roman ou pour une croissance personnelle.Une façon de dédramatiser les événements qui nous bousculent et qui ont quelque chose à nous enseigner.320 pages, section de 16 pages couleurs, ISBN2-9803768-6-8 Disponible au Journal de la, Rue 4277 Ste-Catherine Est, Montréal, H1V1X7 Téléphone: (514) 256-9000 prèsPhae.t'e best h te, Après la pluie .le beau temps 9,95$ Par Raymond Viger Recueil de textes à méditer, seul ou en groupe.On l'ouvre, au hasard d’une lecture et on laisse le texte nous déclencher.Une aide lorsque nous traversons une période de crise, un soutien vers l'expression de nos émotions.128 pages, 9,95$ ISBN2-9803768-0-0 * *
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