Le journal de la rue, 1 janvier 2003, Décembre - Janvier 2004
DOSSIER: La famille de l'an 2000 Frais bancaires Une grande bataille Les Médias: drogue de l'an 2000 Le mal du temps des fêtes et la zoothérapie EDITIONSTNT mu Journal de la Rue Se sensibiliser pour mieux vivre Vol 12, No.3, décembre / janvier 2004 r i 77831301041103 Réflexions Une musique jeune tout en étant universelle, des messages qui ont quelque chose à dire sur la vie et l'espoir à se donner.Le rappeur B.U The Knowledgist est accompagné par les rappeurs OLIKu (France), HD (N.Y), L'Queb (QC) et DJ Crowd.Distribué ou Canada chez tous les bons disquaires par Distributions Select.TéL- (514) 256-9000 Pour les puristes du Hip Hop underground, 29 artistes de la scène locale se sont réunis polir vous offrir une collaboration complète.Dj ManqJllaiwpmorDîltrSnji, Shades of Culture, SP, Traumaturges, Muzion ef-bien d'autres.Voyez le vidéo clip à Musique Plus.Distribué au Conoda chez tous les bons disquaires par Outside Musique.Tél.:{4âfi) 446-0299 L'tllIEH Il L 1K II ILL LEGAL - CHILLY 1) * v:; c iajjft-pôste au Journal de la Rue 4277, rue Ste-Catherine Est Montréal, (QC) HIV 1X7 TéL (514) 256-9000 Ou Commander directemenfSOrmteflet sur www.cafeqraffiti.net w ••***^*v, I La famille de l’an 200 JL Editor Raymond Vi ial ger Un dossier sur la famille, en pleine période des Fêtes.Pour certains, les Fêtes sont une période de l’année où l’on se rapproche les uns des autres, on revoit des membres de la '"famille que l’on n’avait pas vus depuis longtemps.Pour d’autres, le souvenir des derniers disparus.C’est peut-être le premier Noël à passer après une rupture douloureuse, ou encore le suicide d’un être cher.Nous n’avons pas voulu tomber dans le mélodrame, ni dans des clichés trop faciles.Les Fêtes apportent toutes sortes d’émotions que l’on ne peut banaliser.De son côté, la vie en famille peut être une source de réconfort, de solidarité, de soutien, autant qu’elle R^ut avoir été aussi un lieu de blessures intenses et très intimes.La famille de l’an 2000 reste encore à être défini.Pour notre organisme, nous formons une famille reconstituée, une famille sociale.Autour de notre grande table de conférence, ce sont les émotions d’une quarantaine de jeunes qui entrent en relation avec autant de parents, de grands-frères et de grandes sœurs.Pour nous, la famille n’est pas un lien biologique, mais une relation que nous vivons dans un milieu de vie qui nous est propre.Longtemps, Danielle et moi avons été considérés comme les parents de cette grande famille qu’est le Café-Graffiti.Depuis, le local a été emprunté pour les baptêmes des enfants de ceux qui sont passés chez nous.Même ceux qui fréquentent encore le local nous présentent leurs enfants.Nous avons à nous assumer maintenant dans un rôle de grands-parents! Pas évident pour moi qui me sens encore un adolescent rebelle et révolutionaire.Non, ce ne sont pas des cheveux gris que vous voyez sur mes tempes.Ce sont sûrement le reflet des lumières ou encore un peu de neige qui est demeuré dans mes cheveux.L’être humain est fait pour vivre en collectivité, en famille.Lorsque la famille conventionnelle ne réussit plus à pourvoir à ce rôle, nous pouvons nous créer une nouvelle famille, une micro-société dans laquelle nous pourrons évoluer et grandir.Les enfants de notre société sont la responsabilité de tout le monde.Nous avons tous à nous assumer dans un rôle de citoyens impliqués dans l’ensemble de nos jeunes.Nous avons voulu traiter de ce sujet avec un angle différent et original.Nous avons tracé le portrait de trois familles bien ordinaires, mais qui font et vivent des choses spéciales et qui sortent de l’ordinaire.Ce qui ressort de ces entrevues intimistes, c’est la capacité de se développer un réseau pour nous aider et nous soutenir dans l’éducation des enfants.Peu importe les rêves que nous avons, peu importe les objectifs que nous avons, il y a moyen de trouver un équilibre dans nos vies et de faire une place importante pour nos jeunes, une place qui leur revient de droit parce qu’eux aussi sont des citoyens de ce monde.Lorsqu’un enfant vient au monde, il est entouré de milliards de parents qui vont influencer sa vie, son devenir.Nous avons une responsabilité individuelle et sociale envers ces jeunes, nos enfants qui font autant partie de nos vies, que nous faisons partie de la leur.Erratum.Dans le dernier numéro du Journal de la Rue, nous avons présenté un dossier spécial sur « les dessous du Festival Juste pour rire.» Le texte a été travaillé et retravaillé à maintes reprises.Neuf maquettes ont été préparées avant d'en arriver à la version finale qui a su s'améliorer et traiter le sujet avec une grande intégrité.Nous voulons cependant nous excuser auprès de nos lecteurs pour la présentation qui en a été faite.L'infographie, les illustrations et les encadrés choisis ne reflétaient pas l'essence du texte et pouvaient porter à confusion.Nous voulons aussi nous excuser auprès du Festival Juste pour rire et de sa digne représentante, Madame Constance Rozon.La rédaction d'un magazine communautaire qui couvre le Québec n'est pas une mince affaire.C'est en acceptant humblement de faire des erreurs et d'apprendre à travers celles-ci, que nous pouvons nous remettre en question et nous améliorer.Merci à tous pour votre aide, votre soutien et vos commentaires.amunautaires A NE Pi lIlL'li Décembre/Janvier 20041 Vol.12.3 < Journal de la rue | Visiter le: www.journaldelarue.com Sommaire Volume 12 numéro 3 déc-jan.2004 70 000 exemplaires / 217 000 lecteurs Publication bimestrielle Le Journal de la Rue et le Café-Graffiti 4265 Ste-Catherine Est, Montréal HIV 1X5 Tél.: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 E.: |ournal@journaldelarue.ca W.: www.journaldelarue.com Abonnement (514) 256-9000____ Lyne Déry, Steve Bouchard Rédaction (514) 256-4467_____ Raymond Viger Coordination (514) 259-1763 Danielle Simard Graphisme / Infographie______ Duy Tran, adjoint à la rédaction Agent de développement Mario St-Pierre (819) 373-6668 Café-Graffiti (259-6900)_____ Francis Rodrigue Photographie page couverture Duy Tran Collaborateurs Sylvie Dumont Marie-Hélène Proulx Alexandre Brunet Louise Hébert Belle au Bois Dormant Alain Martel Louise Gagné Nicole Sophie Viau Claire Lévesque Martin Ouellet Jean-Claude Leclerc Noémie Stauffer Anne Guicherd Conrad Girard Mission: Favoriser, supporter et développer des projets novateurs permettant au milieu de retrouver son pouvoir d’action et son autonomie.AIDER ET favoriser le développement et l’autonomie des jeunes souvent marginalisés en leur offrant des activités créatrices et formatrices.Défendre et promouvoir les intérêts des jeunes en sensibilisant, informant et éduquant la population sur les besoins de nos jeunes et sur la façon d’être un adulte responsable et significatif.Promouvoir le développement d’une société plus humaine, sensibiliser aux différents phénomènes sociaux et faciliter les relations entre les différents acteurs et partenaires.Nous SOMMES membres: Association québécoise en suicidologie Association des intervenants en toxicomanie du Québec Fédération professionnelle des journalistes du Québec Bureau de vérification de la distribution Association des médias écrits communautaires du Québec Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone Fonds Jeunesse Québec AQS AITQ FPJQ HSi] AMECQ SoPREF m Le Journal de la Rue a un fonds de réserve pour l’argent provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les journaux vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fonds.Une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes et de vous garantir la livraison de votre Journal de la Rue.La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécuniaire des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins apparaissant dans le Journal de la Rue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous aimerions recevoir vos commentaires.Ne vous gênez pas pour nous envoyer vos textes et/ou dessins pour une publication éventuelle.La rédaction se réserve le droit d’abréger les lettres reçues.Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme d’aide aux Publications (PAP), pour nos dépenses d’envoi postal, no.d’enregistrement - 07638 - fit èôe//e Marlène, une mère monoparentale qui s'implique auprès de ses filles championnes de danse Hip-Hop, suivi d'un reportage sur la passion de la danse de ses deux filles, Kim et Marie-Ève.Page 5 à 7 Un bel exemple d'une famille communautaire et interculturelle: Kalunda et Louise.Un reportage sur une famille reconstituée qui s'implique à travers le monde.Page 8 et 9 Le courrier du lecteur, vos commentaires, vos textes, vos opinions sur différents sujets.Merci à vous tous de nous écrire d'un peu partout à travers le Québec.Page W et 11 Sylvie Dumont, nous parle du mal du temps des Fêtes.Pendant que plusieurs profitent de cette période de réjouissance, d'autres ont le cafard.Page 12 Pourquoi ne pas adopter un animal pour briser l'isolement?Il est question de zoothérapie, une façon de créer des contacts, de se sentir moins seul.Page 13 Le papier de toilette est-il garanti?Un commerce a le culot de faire payer les consommateurs pour une garantie prolongée sur le papier de toilette.Page 16 On n’a pas encore fini de parler des banques et de leurs frais.Mario St-Pierre, un spécialiste de la question, nous donne des trucs pour sauver de l'argent.Page 17 Un touchant témoignage d'une démarche en désintoxication.Les amis peuvent nous aider à nous à reprendre contact avec la vie.Page 19 Une entreprise privée peut-être, mais avec une sensibilité communautaire.Promotion d'auteurs québécois, café-équitable et des sourds.Lubu livres-cafés.Page 20 Le retour de la Belle au Bois Dormant.Elle nous entretient sur les médias, la drogue de l'an 2000.Fermez vos téléviseurs quelques instants.Page 21 La chronique des Souverains Anonymes.Une entrevue avec Manspino, le DJ de Sans Pression qui en est à sa troisième visite à l'émission.Page 22 et 23 Un bébé qa change pas le monde, sauf que.ça chamboule complètement l'univers des nouveaux parents.Des ressources qui peuvent aider.Page 24 ISSN 1615-4774 Visiter le: www.journaldelarue.com I Journal de la Rue > Vol.12.3 i Décembre/Janvier 2004 Marlène Roy, mère de deux championnes Entrevue Sylvie Dumont /% Etre une mère monoparentale et travailler à temps plein.C’est déjà un exploit.Mais encourager les rêves de ses enfants en plus d’y prendre part, c’est bien plus qu’un exploit.C’est ce que Marlène Roy, mère de 4 enfants de 6 à 22 ans, est fière de réaliser.J’ai rencontré Marlène avec deux de ses filles, championnes internationales de danse Hip Hop aux compétitions de Miami.Marie-Ève 12 ans, Kim 18 ans accompagnée de leur maman Selon nos deux championnes, Kim et Marie-Ève Gingras, les rêves sont importants dans la vie, mais le support qu’elles ont reçu de leur mère l’est encore plus.Être comprises dans leur rêve, leur passion, être encouragées et accompagnées aux compétitions, se faire remonter le moral lors des défaites, c’est sûrement ce qui les a fait gagner! LA COMMUNICATION La communication est la clé de tout, selon Marlène: «On négocie ensemble, on prend des ententes.Tout le monde s’implique dans une relation donnant-donnant.On s’organise, on se structure, on discute.Il faut être ouvert d’esprit, il faut voir toujours le bon côté des choses, être positif dans tout et partout».C’est un peu la raison pour laquelle elle en est là.Sinon, le temps aurait tôt fait de l’achever.Il ne faut pas s’arrêter sur ce qu’on a à faire, mais seulement le faire.Marlène se trouve choyée aujourd’hui d’être entourée de quatre belles fdles heureuses.Elle avoue que tout ceci est un choix qu’elle a fait dans cial de sa vie: celui d’accepter ses deux divorces.Elle aurait eu de bonnes raisons pour partir en guerre, mais elle a choisi de garder des rapports sains avec ses ex-con-joints.LE BOULOT Elle travaille encore pour la compagnie de sa belle-famille, et a gardé des liens étroits avec elle.Tout ceci aurait pu être détruit si elle avait choisi la haine au lieu de comprendre et de vivre son divorce de façon positive, acceptant bien les conséquences de ses décisions: « Lors de mon divorce, j’aurais eu de bonnes raisons de partir en guerre.J’ai choisi de ne pas le faire.Le négatif me détruit, prend toute mon énergie et ça ne donne rien.C’est une expérience de la vie qui est là pour m’aider.Malheureusement, trop d’enfants sont des outils de combat entre deux parents qui s’entre-déchirent.Les enfants n’ont pas à devenir des otages même si le couple se divorce.Les enfants n’ont rien à voir avec cela.On devient ce qu’on est en fonction des expériences qu’on a eues.Mes filles «Élever des enfants ce n’est pas la responsabilité de la mère seulement.C’est la responsabilité d’un réseau, d’une communauté» sortent grandies de mes propres expériences.Elles ont la chance de pouvoir avoir accès à mon réseau, à de bons amis, d’avoir des discussions avec toutes sortes de personnes différentes».UN RÉSEAU C’est pourquoi aujourd’hui, elle est fière des gens autour d’elle, du réseau social qui la supporte, elle et sa famille: les beaux-parents, le père des enfants et sa nouvelle conjointe, les tantes et les oncles, les amis.«Élever des enfants ce n’est pas la responsabilité de la mère seulement.C’est la responsabilité d’un réseau, d’une communauté.Employeurs, parents, amis, tous ensemble nous formons un réseau d’entraide pour se soutenir l’un l’autre.Leur message peut avoir un impact plus grand que celui de leur mère.L’amour de mes enfants est acquis et est infini.On peut le partager avec d’autres sans problème.Notre famille, ce n’est pas un cercle fermé.Autant pour elles que pour moi, on laisse entrer de nouvelles personnes dans notre cercle intime, d’autres en repartent.».C’est important d’être bien entouré, d’avoir de bons amis, dit-elle.«Ce sont nos influences, nos piliers pour grandir».Décembre/Janvier 2004 Vol.12.3 < Journal de la rue i Visiter le: www.journaldelarue.com «Extreme» composée de Melissa, Kim, Marie-Christine, Kristen, Melissa Barbusci, Christine ainsi que Thien-Linh.Et elle est contente que ses filles aient de très bons amis aussi.Ça fait une grande différence dans la vie des ados.«Les enfants ont aussi leurs problèmes et si la connection ne se fait pas avec le parent, ça devient important d’avoir un réseau qui peut aider et être présent.Il ne faut pas jouer à l’autruche.Si on veut qu’ils viennent nous voir lorsqu’il y a des problèmes, il faut ouvrir la porte avant, établir une relation.Si on veut qu’ils puissent se confier, il faut être ouvert à recevoir leurs commentaires, leurs critiques.Nous ne sommes pas parfaits».Le travail qu’elle occupe à temps plein dans la compagnie de ses beaux-parents est la job idéale pour elle.«J’ai fait ma place en tant qu’individu dans leur entreprise.Lors de mon divorce, mes beaux-parents ont voulu me garder.L’entraide est présente des deux bords.Quand j’ai besoin d’un jour ou deux de congé pour ma famille ou pour n’importe quelle autre raison personnelle, il y a toujours une façon de s’arranger.Je m’occupe des urgences et à mon retour, je reprends le temps perdu.C’est une entreprise très soutenante pour l’ensemble de ses employés.Tout le monde donne son 200% dans un environnement de travail humain qui respecte le besoin des autres ».Voilà une autre valeur à laquelle Marlène tient beaucoup.LES BESOINS ET LES LIMITES Même si ce n’est pas toujours facile pour chacun, il faut respecter les besoins de tous.Quand ses filles ont besoin de temps pour elles, elle le respecte.Elle leur prête la maison quelquefois pour qu’elles y invitent leurs amis, mais tout doit être rangé, tout doit être propre après.Si elle fait tout ça, c’est parce qu’elle sait que ses enfants la respectent en retour.Là encore, c’est du donnant-donnant.Il y a un équilibre à respecter.Chacun doit participer et donner autant.Il y a aussi des limites qu’il faut définir: «Je suis une mère, mais aussi une femme.J’ai mes propres besoins.J’ai aussi besoin de me retrouver avec moi-même.Et ça, mes filles le comprennent et l’acceptent.Chacun notre tour, nous avons nos priorités et nos limites.On en discute et on trouve des compromis ».LA FAMILLE: UNE ÉQUIPE Être mère de famille dès le début de la vingtaine, ça coupe une vie de jeunesse un peu vite.Mais elle ne le regrette pour rien au monde.Et avec raison ! Quand je vois ces belles filles et l’esprit d’équipe qu’elles ont entre elles, il n’y aucun doute qu’elles forment une des meilleures équipes, prête à affronter encore bien d’autres combats dans la vie.Car la famille, ce sont les gens avec qui on grandit, avec qui on vit la vie.Et, avec le futur projet des jeunes filles d’ouvrir une école de danse familiale, il reste encore bien du travail à faire.Mais le travail, il ne faut pas y penser, il faut juste le faire.Et il faut le faire en équipe.Voilà toute la force de cette famille de l’an 2000.Est-ce que Marlène va quitter son emploi pour travailler dans l’école de ses filles?«Je ne quitterais pas mon emploi pour les aider à réaliser leurs rêves.Elles doivent montrer leur sérieux, leur implication, s’approprier leur rêve.Je vais les supporter, en parallèle, tout en conservant mon travail.C’est comme ça pour tous les rêves que tu as.Tu travailles deux fois plus fort, tu conserves tes acquis et quand ton rêve est assez solide, assez structuré et que tu n’as plus le temps de faire les deux en même temps, là tu peux laisser tomber ce que tu avais.Rien n’est gratuit.Ton rêve doit commencer à grandir, à faire ses racines avant d’y plonger tête baissée».1 Journal de la Rue > Vol.12.3 j 0[cembrë/Janvier 2004 La danse, une passion FAMILIALE.______________________ Entrevue de Raymond Eiger Pour Marie-Ève 12 ans et Kim 18 ans, cette passion pour la danse, elles l’ont héritée de leur mère Marlène.D’aussi loin qu’elles se souviennent, elles ont toujours dansé.Kim et Marie-Ève ont fait plusieurs années de gymnastique suivi d’un entraînement dans différents styles de danse: jazz, classiques, salsa.Elles sont des passionnées de la danse et veulent faire carrière comme danseuses.Marlène, leur mère, apporte une précision importante: «Il faut encourager les enfants à faire des activités.Mais il ne faut pas leur imposer nos propres rêves d’enfants.11 faut les laisser développer leur propre rêve, les encourager dans leur passion ».Kim et Marie-Ève ont décidé d’élargir leurs horizons et d’apprendre différents styles de danse.Les deux sœurs sont inscrites dans une école qui travaille les chorégraphies de groupe.Chacune, dans sa catégorie, s’initie à la danse Hip Hop pendant trois années.Cette danse s’inspire du courant Hip Hop de la vieille école, c’est-à-dire de mouvements appartenant aux années 80 (par exemple : Michael Jackson et son Moon walk).La danse demeure une chorégraphie d’équipe, un mélange de plusieurs styles pour le plaisir visuel du public.Leur école de danse participe à plusieurs compétitions dont celle de Miami, le World Hip Hop Championship.Les deux sœurs, à cause de leur différence d’âge, se retrouvent dans des catégories différentes.Leurs équipes respectives ont gagné la première place, devant les Américains et Européens.: Comment te sens-tu d’avoir remporté un championnat international?Kim : Faut pas que cela nous monte à la tête.Nous avons été les meilleures pour Visiter le: www.journaldeiarue.com cette compétition-là avec les règlements en place.Cela ne prouve rien pour une autre compétition avec des règles différentes.Quand tu travailles avec un groupe, chaque changement remet tout en question.Le départ d’une danseuse, l’arrivée d’une autre et on doit tout remettre en question, cela change toute la dynamique du groupe.Kim : Hip Hop 4 Ever est moins bien structuré que les autres compétitions et j’y ai vécu beaucoup d’injustice.Tu ne peux pas avoir de commentaires des juges pour connaître tes forces et tes faiblesses.De plus, certains juges n’avaient rien à voir avec le Hip Hop.À Miami, les juges sont de vrais artistes du Hip Hop et ont été très généreux de leurs commentaires pour fa flfil L'équipe «GROOVE» de Marie-Eve i5L2W"' .L'équipe « Extreme» de Kim : Comment ça se passe entre participants pendant une telle compétition?Kim : Dans ce genre de compétition, tout le monde t’encourage.Personne ne va huer, même si tu viens d’un autre pays.Nous nous retrouvons autour de l’amour de la danse et nous fraternisons ensemble.: Vous avez fait d’autres compétitions dont le Hip Hop 4 Ever à Montréal.Quels souvenirs gardes-tu de cette compétition?nous aider à nous améliorer.Tu dois être ouvert à la critique, c’est ce qui te permet de t’améliorer.Parfois ça peut faire mal, mais c’est avec ces commentaires que tu peux aller plus loin.: Ht toi, Marie-Ève, comment expliques-tu votre succès?Marie-Ève : 11 faut s’amuser à poursuivre son rêve, ne jamais s’arrêter.Si tu ne t’amuses plus, si tu n’es pas satisfaite à faire ce que tu fais, cherche une autre façon de le faire.Tu dois aimer ce que tu fais.Marie-Ève entourée de son équipe, Katrina, Patricia, Patrick, Jasmin, Caroline et Audrey : Comment as-tu réussi à atteindre tes buts dans la danse?Kim : Peu importe la pression, il faut persévérer, être motivé, poursuivre son rêve.Personne ne peut t’en empêcher.J’y crois tellement que j’ai sur J ~m moi un tatouage qui ?signifie «RÊVE» en chinois.C’est un tra- vail d’équipe, le soutien de la famille est important.: Puisqu’on parle de soutien de la famille, Marlène, comment avez-vous réagi quand vos filles ont décidé de s’initier à la danse Hip Hop?Marlène : J’avais des préjugés envers le Hip Hop, mais j’ai été agréablement surprise.Avec ce que j’avais entendu du Rap, j’imaginais un monde rude et de gang.Il ne faut pas s’arrêter à l’habillement, à la couleur de la peau.Les préjugés sont une barrière à la relation et à la communication.Il faut prendre le temps de vérifier nos perceptions, ce qui nous fait réagir.Et cela est bon dans toutes les sphères de notre vie : enfants, amis, conjoint, travail.! Visiter te: www.journaldelarue.com Décembre/Janvier 20041 Vol.12.3 < Journal de la rue 1 Xe Vieux Kalunda Dossier Raymond Viger HISTOIRE D’UNE FAMILLE RECONSTITUÉE "W l^alunda avait trois enfants.Louise en avait un.Ensemble, ils en ont eu un autre.À sept personnes dans une maison, il devient important de bien JL.jXplanifier l’utilisation de la douche.Aujourd’hui, les quatre plus vieux volent de leurs propres ailes tandis que le dernier est encore à la maison.Leur bonheur est de garder leurs petits-enfants ou encore leurs filleuls.La mère de ces derniers, monoparentale, travaille à l’étranger.Lorsqu’elle fait garder ses enfants, ce n’est pas juste pour une soirée ou deux.C’est parfois plusieurs semaines! Être prêt, disponible, faire en sorte que l’enfant se sente soutenu et désiré.Ce n’est pas quantifiable et ça n’a pas de prix.« La disponibilité est un investissement majeur», affirme Kalunda, venu du Congo.Il a été élevé presque exclusivement par son grand-père maternel.Celui-ci a pris toutes les décisions importantes.«Un enfant qui naît chez nous, n’appartient pas seulement aux parents biologiques.C’est un cadeau que les parents offrent à leurs parents.Un enfant n’appartient pas juste a son grand-père, mais à tous les «vieux» de la place».Kalunda raconte la vie du village: «Nos maisons ne sont jamais fermées.Mon voisin garde ma maison, je garde la sienne.Je vais éduquer l’enfant de mon voisin et lui éduque le mien.Si une maison prend en feu, tout le monde vient la reconstruire.C’est notre façon de vivre notre esprit familial».pour l’agriculture: «Si c’est une ferme commerciale, c’est une responsabilité individuelle.Mais si je travaille ma terre pour les besoins de ma famille, tout le monde va venir m’aider.Ensuite on va tous aider un autre voisin.Partager ce qu’on a à manger est une responsabilité de la communauté.On est disponible les uns les autres.» Et cette philosophie d’entraide communautaire et familiale, Kalunda la partage avec sa conjointe Louise.«Mes enfants sont aussi ses enfants et vice versa.Cela nous amène a développer, tous ensemble, une complémentarité, une solidarité.» Avec Énoch, le dernier enfant de la famille, Kalunda explique que c’est la même chose c’est différent.Il est arrivé au moment où ses frères et sœurs quittaient la maison.Kalunda ajoute: «Mes disponibilités sont plus grandes.Parce qu’il est seul à la maison, j’ai décidé d’être un frère aîné, tout en étant un papa pour lui.Malgré mon travail, dans mon agenda, ma première préoccupation, ce sont les activités d’Énoch.Les activités professionnelles arrivent après.En ce qui concerne les finances, c’est la même chose.On planifie les activités d’Énoch, ensuite on voit ce qui reste».On voit de grandes étincelles dans les yeux de Kalunda quand il nous parle des activités d’Énoch: «C’est moi qui l’ai initié au soccer.Il a aimé et veut y participer régulièrement.Aujourd’hui, c’est trois pratiques par semaine en plus d’un match.Les matchs se déroulent souvent à l’extérieur, aussi loin que New-York ou encore le Bas du Fleuve, Sherbrooke, Gatineau! Et c’est comme cela douze mois par année.L’équipe d’Énoch pratique tout l’hiver sur un terrain intérieur.Comme je dit souvent, je ne suis pas seulement son père, mais aussi son porteur d’eau.» Malgré la grande complicité que Kalunda a développé avec Énoch, tout le monde se divise les différentes tâches.« Si je ne peux aller le chercher, Louise va s’en charger.Et si elle non plus ne peut le faire, nous allons demander au grand frère.Et ce dernier fait de même avec son enfant quand il a besoin d’aide.C’est l’entraide à tous les niveaux».La sœur de Louise, Thérèse, est une célibataire qui a adopté deux enfants malgaches.Jusque là, rien d’exceptionnel, sauf qu’elle est régulièrement partie pour travailler en Afrique ou en Asie.Qui s’occupe de ses enfants lors de ses séjours à l’étranger?Vous l’avez deviné, c’est le Vieux Kalunda! Les enfants ne sont pas dépaysés, ils vivent dans le même immeuble.Les activités de ses deux jeunes se superposent à celles d’Énoch.Kalunda considère que c’est normal pour lui.I Journal de la Rue > Vol.12.31 Décembre/Janvier 2004 Visiter le: www.journaldelarue.com Ici le terme «le vieux» est approprié.En Afrique, l’expression a un sens honorable.C’est le sage, la personne référence, celui sur qui on peut compter.C’est par l’exemple, le propos tenu, le comportement social et familial et la disponibilité qu’on peut hériter de ce compliment.Et ce n’est pas tout le monde qui devient «le vieux».C’est un titre, une forme de noblesse que l’on reçoit.C’est un titre qu’on ne peut s’approprier soi-même.Kalunda se sent investi d’un rôle spécial quand on lui donne ce qualificatif.Il ne veut pas décevoir les gens qui l’interpellent.Comme s’il n’y avait pas assez de monde chez le bon vieux Kalunda, la famille est restée en lien avec un organisme de Madagascar depuis presque vingt ans.Ils reçoivent régulièrement à la maison des gens qui viennent au Québec pour faire des études ou des stages.Il est aussi vrai que cet organisme reçoit des Québécois qui Visiter le: www.journaldelarue.com vont les visiter ou y travailler.Malgré tout, la famille de Kalunda n’est pas un organisme communautaire.C’est une famille qui appartient a la communauté, avec un sens du devoir, de l’entraide et de la solidarité.Une famille qui est « citoyenne du monde ».Lorsque Louise sera à la retraite et qu’Énoch volera de ses propres ailes, il est probable que Kalunda et Louise se retrouveront au Congo ou ailleurs où ils pourront être utiles.! La casserole du Vieux Kalunda Les enfants adorent venir manger la cuisine de papa Kalunda.Avec les conjoints et les petits-enfants, c’est la fête à chaque fois qu’ils se retrouvent autour de la table, avec la casserole de Kalunda plantée au centre de la table.Cette casserole est le repas national congolais : la moambe.Fait à base de poulet et de l’huile de palme, nous n’avons pas réussi à percer le secret de cette recette unique et bien cachée.La tradition au Congo veut que les hommes ne touchent pas à la cuisine.Strictement défendu d’y goûter avant qu’elle ne soit au centre de la table, encore moins d’oser participer à sa préparation.Au Congo, c’est réservé aux femmes! Pour Kalunda, en arrivant au Québec, autre pays, autre mœurs: «Je travaille, ma femme travaille aussi, les jeunes sont aux études.Nous devons tous apprendre à tout faire.J’ai tout appris ici.J’ai observé des amis, je me suis informé».Aujourd’hui, Kalunda est fier de l’effet que produit sa casserole.Lorsque la mère de Kalunda est venue « au pays de l’homme blanc », quelle ne fût pas sa surprise de voir son fils Kalunda préparer les repas et laver la vaisselle! Elle s’est demandée pourquoi ce n’est pas comme ça au Congo! Pour Kalunda: « C’est un plaisir et un privilège d’être apprécié ».Note de l’éditeur.Nous connaissions Louise Gagné * pour son implication au Journal de la rue depuis presque 10 ans.Nous la savions très engagée auprès des organismes communautaires et pour les grandes causes de ce monde.Nous avons eu la chance de la connaître encore un peu plus, et de rencontrer son conjoint.Nous avons constaté que la solidarité n’est pas une notion théorique pour Kalunda et Louise, c’est un mode de vie.Nous voulons profiter de cette occasion qui nous est offerte pour vous remercier et vous féliciter pour les exemples d’entraide que vous avez su enseigner et faire rayonner tout autour de vous.Décembre/Janvier 2004 ; Vol.12.3 < Journal de la rue 1 Courier du lecteur Félicitations pour votre beau et intéressant Journal de la Rue.Monique Choquette Bravo à tous ceux qui ont eu l'idée de le faire partager, afin d'aider ceux qui n'ont rien dans les bras que des battements tristes et gratuits.Dont les yeux brillent de toutes les larmes retenues, Dont le front résonne de coups atroces et silencieux, Dont les paroles ne traduisent plus les pensées parce qu'elles sont trop douloureuses et qui redressent le dos pour cacher leur peine.Qui marchent seuls pour marcher droit, mais qui marchent.Merci de penser à tous les humains brisés.À tous ces jeunes, je leur souhaite des rêves à n’en plus finir.Félicitations! Claire Bélanger, St-Romuald.__________ Bravo pour ces beaux bouquets de témoignages et ces articles d'information! Lâchez pas, continuez, vous êtes une bonne source d'information! Les toi rnmems Un lecteur anonyme Nous avons des ennuis, des tourments, c’est le signe que quelque chose doit être changé ou corrigé.Ce que nous voyons est le reflet de notre propre conception.Il est tellement plus facile de surmonter une difficulté qui vient de surgir que d'attendre qu'elle ait fait son œuvre destructrice dans notre esprit.Bon et heureux avenir! Lecteur Anonyme.______ Tout va de plus en plus vite.Bientôt, chaque famille va s'asseoir et faire le ménage de son passé.Ressortir les choses transmises de génération en génération, les bonnes et les mauvaises.On va chercher des solutions afin d'abolir les mauvais comportements et apprendre à être heureux.Chaque personne va rechercher la paix et partager ses expériences d'apprentissage.Écrivez vos pensées constructives, ayez-les sous les yeux le plus souvent possible.Regardez tous les petits miracles autour de vous.Cherchez-les.Ils sont tellement nombreux qu'on ne les voyait plus.Écoutez et regardez.Depuis quelques années, j'ai vécu des choses très difficiles, mais j'ai aussi vécu des moments fantastiques.Ayez confiance! Une fleur m'a dit: «T'es capable».Nicole St-Amour, lectrice.C'est jamais trop dur.C'est dur, oui, mais pas trop.Ne force pas, écoute ta nature.Tu as tout ce qu’il faut pour grandir.Aie confiance en toi.Toi aussi, tu es capable.J'ai une grande famille.Je m'appelle pissenlit.Moi, je pousse à travers le béton.J'ai des sœurs qui poussent dans le sable, d'autres dans les gazons et un peu partout.Nous sommes tenaces.Je t'aime.Lâche pas! Toi aussi, tu es une fleur.Il Y A PRÈS DE DIX ANS, JE VOULAIS mourir! Pat____________________________ J'ai essayé de me suicider en m'ouvrant les veines.Heureusement, je me suis manqué.Pendant que je flottais dans le néant, attendant que la mort vienne me chercher, une lumière est venue me parler.Je ne comprenais rien à son langage, mais je trouvais que le son était beau, alors je l'ai écoutée.C'était comme un chant.Aujourd'hui, je comprends mieux ce que me disait la lumière.Les sons se sont changés en images et en mots, toujours plus clairs.Puis en religion.Ma religion.Et celle, je m'en rends compte, de plus en plus d'autres gens aussi.Elle n'a pas de nom spécifique comme catholique ou musulmane.Elle a plusieurs noms: Amour, Justice, Rire, Plaisir, Souffrance et Désir.Gros Bon Sens et Devoir.Grande Joie et Responsabilité.Réincarnation jusqu'au Nirvana.La Vie.J'encourage toutes les religions qui donnent envie d'aimer.Je ne suis pas devenu un ange.Loin de là.Sauf que je ne suis plus jamais seul.Même quand je le suis.Mes yeux voient de la vie partout et en tout.Je suis chanceux de vivre ici et maintenant, au centre de mon univers.Je ne suis plus seul mais unique.Je suis un homme simple et j'écris comme je suis, simplement.À méditer: «C'est aux gens du présent que revient le devoir de comprendre le passé, puis de refaçonner maintenant l'imparfait, avec l'image d'un meilleur futur en tête.» Bravo! J'aime lire votre journal, le relire est meilleur.Plus je le lis, plus je l'aime.Positivement vôtre, Pat, un abonné de Bois-des-Filions.Au Journal de la Rue, Solange Dion, In veines Que j'accueille dans l'enthousiasme, bonjour! J’apprécie, je lis, je souris, je retrouve ici un bulletin d'information EXTRA.Tous et toutes travaillent et la beauté s'épanouit.Chez vous, le Beau, le Bien font leur chemin; quelle extraordinaire capsule de VIE.Vous exposez la Beauté du monde; pourquoi ne pas nous offrir un temps d'antenne à la télé et le coût demandé par l'entreprise (R-C ou TVA) en serait la monnaie du Bien, du Beau; une monnaie universelle et que tous nous possédons en abondance.Note: J'achemine cette invitation à Mme Sophie Thibault, du bulletin d'information de TVA, qui sera sensible à ce besoin 1 Journal de la Rue > Vol.12.31 Décembre/Janvier 2004 Visiter le: www.journaldelarue.com et qui saura modifier le bulletin d'information afin d'équilibrer l'information POSITIVE à l'information négative.Affichons à l'avant-scène la BEAUTÉ du monde, de NOTRE monde.À toute l'équipe du Journal de la Rue Marthe Garneau, Longueil.________________ Je suis fière d'être une de vos fans.Je lis le journal d'un bout à l'autre.Il est plein d'amour et de bon sens.Il me garde le cœur jeune et l'esprit en alerte devant mes petits-enfants qui sont déjà ados.Je laisse le journal traîner bien à la vue en espérant qu'ils le feuillettent.Les séquelles S.Trot lier, Victoriaville.En tant que lectrice de votre journal, je me suis questionnée sur les valeurs de notre société.Je lis des témoignages de jeunes qui, dans leur désespoir, recherchent le bonheur dans un monde qui semble n'offrir qu'illusion et déception.On dénonce fréquemment l'injustice, l'immoralité, l'inégalité, ia violence, la drogue, la pornographie, mais que fait-on en prévention?Certains jeunes, plus vulnérables à cause de carences affectives, succombent et tombent dans les pièges malsains de la dépendance.Je dis « bravo » à ceux et celles qui réussissent à s'en sortir, à se libérer de leurs chaînes car je réalise, par leurs témoignages, à quel prix d'effort ils le font.Mais, malheureusement, comme plusieurs l'ont déjà écrit dans votre revue, ce genre de vie laisse des séquelles.Lettre à tous les responsables du Journal de la Rue Christiane, Le Gardeur.______________ Quel merveilleux travail vous accomplissez! Ce journal est si intéressant, je l'ai parcouru du début à la fin.Il m'a fait voir un autre côté de la vraie vie.Le côté moins rose mais non sans espoir.J'ai adoré le poème d'une lectrice, l'entrevue avec Alex Chassagne, alias Ace.Je suis la mère de deux garçons de 18 et 12 ans et notre relation est bonne.Les jeunes de la rue n'ont pas, je pense, la vie facile.Je ne sais pas trop comment cela se passe pour eux, par contre, on sent à la lecture du journal que c'est dur.Heureusement, vous êtes là pour les aider.Merci d'être là! Cher Seigneur Par Noémi Stauffer, 15 ans, Sillery Cher Seigneur, J'ai décidé de vous ouvrir mon cœur Et de vous faire part de toutes ces choses Pour que vous preniez soin de ma triste cause Très cher personnel du Journal de la Rue, Noémi Stauffer, 15 ans, Sillery.Je suis abonnée depuis peu à votre journal, et je le trouve intéressant puisqu'en parcourant ses pages, nous pouvons lire les poèmes et témoignages de lecteurs.Votre journal est probablement l’un des seuls que je connais qui offre encore une liberté d'expression, en plus de reportages et d'interviews sur des sujets qui nous touchent vraiment.Moi qui adore écrire et qui rêve de publier un jour mon propre recueil de poèmes, j'ai particulièrement apprécié votre article «Écrivains, attention aux éditeurs frauduleux! » dans le numéro d'avril-mai 2003.Félicitations de publier, chaque deux mois, un journal qui est toujours plus intéressant à lire.Bonjour, Juddy Rhéaume, Blainville.J'adore votre journal, c'est mon préféré (de tous les journaux que je connais).Bravo pour votre journal et à l'équipe.Ah! Et aussi bravo pour le courage des gens qui publient leurs affaires personnelles! Il y a dû avoir une faille quelque part Sinon j'aurais pu être une jeune fille heureuse Mais je ne suis qu'une enfant triste, pourtant bien pieuse Et c'est de cela dont j'ai décidé de vous faire part Je n'ai jamais exactement compris À quoi se résumait cette vie Je n'y vois que douleur et mépris Sinon ces quelques instants épris Je n'ai jamais vraiment compris La raison de ma présence ici Et pourquoi dans mon esprit Les choses ne sont pas aussi claires que pour autrui J'aurais voulu savoir Si c'est une malédiction Ou alors un don De ne pas pouvoir Penser ou voir Comme les autres le font J'aurais voulu connaître Pourquoi mon passé est si terrible Alors que je ne suis qu'un être Si frêle et si sensible Et c'est pourquoi mes doigts reposent contre la Bible Histoire VRAIE! Un jeune de 9 ans voulait écouter Loft Story.Paraîtrait que c'est une émission porno! Ce qu'on entend après les émissions de Télé-Réalité: « Les os-Pj vu dans le SPA.» « Deux filles qui s'embrassent.» « Le pénis d'un policier.» Finalement, c'est 8leu Nuit à l'heure avancée! Visiter le: www.journaldelarue.com Décembre/Janvier 2004 ; Vol.12.3 < Journal de la rue | Le mal du temps des fêtes Dossier Sylvie Dumont ui n’a pas eu le mal du temps des Fêtes?Célébrer la Noël | peut être réjouissant lorsque la famille, la vie se portent bien.Mais qa peut aussi être un enfer.Mes parents récemment séparés, il fallait choisir avec qui passer Noël ou le Jour de l’an.J’avais toujours le cœur brisé à l’approche des vacances de Noël.Je ressentais la peine et la haine encore plus fort à ce temps de l’année.Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres : la mort d’un proche, la maladie, les querelles familiales interminables, les souvenirs qui font mal à l’intérieur.Toutes ces choses qui nous bousculent durant l’année et qui, aux temps des Fêtes, nous rendent tellement fragiles, vulnérables.Les cicatrices sont mises à nues.Nos difficultés, nos problèmes semblent sortir de leur emballage, ceux que l’on ne voudrait pas développer.J’en suis donc venue à penser que même si ma famille n’allait pas, il y a tout de même des choses qui vont bien.Les gens que j’aime sont près de moi et ils m’aiment plus que tout.J’ai un toit, je suis en santé.Ces petites choses acquises, auxquelles on ne pense pas souvent, sinon lorsqu’on les perd.Au fond, je vis un malaise, une tristesse, en voyant cette joie amplifiée par les publicités, les idéaux de la société qui montrent la famille parfaite et heureuse, les grosses réunions familiales joyeuses et tout le tralala, alors que ce que je vis est tout le contraire.Et même si je sais bien que la famille qui sem- ble la plus parfaite a ses problèmes, c’est bien facile de chercher à s’associer à cette image de perfection.Je ne suis pas la seule.On a tous nos problèmes qui refont surface, et nous devons les surmonter à ce temps de l’année où l’on semble le plus dépourvu du monde, où le flot des émotions prépare sa tempête.Se sentir seul, mal aimé, rejeté, perdre le sens de sa vie, manquer de force pour surmonter ces épreuves quelquefois lourdes que nous amène la vie.Je crois que le mal du temps des Fêtes provient de la contradiction entre l’idéal projeté par une société de consommation, cette vie parfaite dont nous rêvons tous et notre réalité de tous les jours, parfois difficile à assumer.lY h.A : ir .* * ¦ Dessin de Sylvie Dumont N’oubliez surtout pas que pour briser cette solitude, pour partager ce que des milliers gens vivent à l’approche du temps des Fêtes, il y a des ressources, et des activités organisées.Sachez qu’il y a du monde qui pense à vous.N’hésitez pas à appeler, à vous impliquer.! Exemples d’activités, de ressources Dans chaque quartier, dans chaque région, il existe des activités pour tous.Des dépouillements d'arbres de Noël, des soupers communautaires, des paniers de Noël, soirées échanges, danse communautaire.Toutes sortes d'activités, pour tout âge.Si vous ne connaissez pas encore les organismes de votre secteur et les activités proposées, vous pouvez contacter un organisateur communautaire de votre CLSC qui a accès à toutes ces informations et qui va pouvoir vous diriger au bon endroit.Vous pouvez participer pour le plaisir de rencontrer des gens.Vous pouvez aussi vous impliquer comme bénévole.Plusieurs projets ont besoin de votre implication.Que ce soit Opération Nez Rouge ou l'organisation d'un souper pour personnes démunies, il y a une place qui correspond à vos besoins et attentes.N'hésitez pas à appeler.Il ne manque que vous.À NE PAS MANQUER DANS LE PROCHAIN NUMERO art®*1 S ?LES RÉGIONS NOUS PARLENT ^ Spécial interculturel Envoyez-nous vos commentaires.Rendez-vous sur www.cafegraffiti.net I Journal de la Rue > Vol.12.3 ' Décembre/Janvier 2004 Visiter le: www.journaldelarue.com Les animaux et la famille Dossier Sylvie Dumont La rue Sainte-Catherine, un soir du temps des Fêtes.Des milliers de gens courent.Des dizaines de sacs en main: MEXX, BCBG, Gap, et j’en passe.La préparation du repas de la veille de Noël.Grand-mère qui ne peut pas manger trop gras, la nièce Katie qui est végétarienne.Ah! Les belles réunions familiales.à un confident c’est aussi une façon de vivre ses émotions.Il est même possible de bavarder avec des inconnus en promenant son animal.Les gens s’arrêtent, le regardent: «Oh qu’il est joli ! Il a quel âge.».C’est une façon d’entrer en relation avec les autres, de briser l’isolement.Dans la rue, les plus démunis brandissent leur casquette pour quelques sous.La triste réalité.En plus d’être pauvres, ils sont souvent seuls, très seuls.La famille est loin d’eux.Avez-vous remarqué que plusieurs jeunes marginaux possèdent des animaux de compagnie?Pas seulement des chiens, mais aussi toutes sortes de reptiles! Posséder un animal dans ces conditions, est-ce un luxe?Imaginez.Leur acheter de la nourriture même s’il est difficile d’en acheter pour soi.Quel refuge accepte les animaux?Cela rend la vie encore plus difficile.comme si elle ne l’était pas déjà assez! Un luxe?Peut-être pas.Les animaux de compagnie peuvent être essentiels à la survie de l’Homme.Les CLSC vont référer des gens du 3e âge en zoothérapie.Pour briser l’isolement, quoi de mieux qu’un animal de compagnie?Les animaux sont de parfaits compagnons de route.Ils sont toujours fidèles, toujours d’accord, ne critiquent jamais (ou presque), suivent partout, on peut se confier, exprimer nos peines sans crainte qu’on se moque ou qu’on révèle nos secrets.Parler « Les animaux de compagnie peuvent être essentiels à la survie de l'homme.» Les jeunes marginalisés ont déjà compris tout cela.Sans avoir eu de diplôme en zoothérapie, ils le font inconsciemment.Pour souligner leur marginalité et leur différence, au lieu d’un chat ou d’un chien, ils ont des furets, des souris, des boas ou des chiens qui paraissent méchants.Une autre façon de s’exprimer et de se protéger.Seul sur la rue, dans une société trop souvent anonyme, certains chiens ne sont pas que des amis, ils sont aussi des protecteurs pour leur maître.I Annie Bernatchez de Zoothérapie Québec nous mentionne: « Il y a de plus en plus de jeunes de la rue qui ont différents animaux.Ce qui est remarquable, lorsque je les ai rencontré à l’organisme Bon Dieu dans la rue, a été d’apprendre qu’ils prennent grand soin de leurs animaux».Pour plus d’informations sur la zoothérapie, vous pouvez contacter Zoothérapie Québec au (514) 279-4747 ou encore sur internet en recherchant zoothérapie, vous allez avoir une liste des différents centres professionnels à travers le Québec.fëSSç*, Ldtftte r Jêi.Tu veux travailler ?Le GIT peut t' G-IT-> Pour t'inscrire : (514) 526-1651 Services gratuits > Ateliers de groupe > Stages en entreprise > Suivis individualisés > Activités post-formation > Support dans la recherche d'emploi Tu es > Agé(e) de 16 ans et plus > Motivé(e) à intégrer ou réintégrer le marché du travail > Démuni(e) face à l'emploi Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec Québec S S Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K 4J6 > git@infotravail.net Visiter le: www.journaldelarue.com Décembre/Janvier 20041 Vol.12.3 < Journal de la rue | Mrnvf«* h«4 ft*** iûl toiX'fwni ft; ftftM* V iÆ'* t&ttmMimitoY, \ ***** t**#* ¦ &KM-, ftonl^af id#£«w»« 1 *U m mmttéVf MiMi »mW 24.00$ «4< VMMtAwito J On 44.itotiriWMM Jtfi iur W (U* *.4r vont 16t Owkr tEUwMrfMUCWfiMMwiliftny f*f.Aufft'A*.fee*** «4Mmm**» évnyi «m* 43.20$ *+.**> .w» 4«Mwnw» ****** tm» m» O** • O ' j3 49 -il / *“» ’*>*¦» la» LA BOUTIQUE EN LIGNE A ne pas manquer dans ce numéro.LA BOUTIQUE EN LIGNE GALERIES DISPONIBLE DES MAINTENANT?AHCER52 rV-1|T|; mW, ¦ BACK-175 DUB-VENTION www.JournaldelaRue.com Soyez au courant des derniers événements et découvrez nos artistes en vous rendant sur le site du Café-Graffiti.&M& .\- ___ /iËDii£?:sinT FORUM JÿO Journal de la rue BoutkjM W U(|M dciuiSCUSSiÛît Le forum en ligne est à votre dispostions en tout le temps afin de recueillir votre opinion, commentaire, pour partir un sujet de débat ou pour retrouver les archives des derniers numéros de Journal de la Rue.Il suffit de vous inscrire comme membre (gratuitement) ou en vous connectant comme invité.Dans cette section, vous retrouverez toutes les informations nécessaires pour mieux comprendre notre organisme.SoK/iqojÇOkbomiemgnt
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