Progrès du Saguenay, 12 janvier 1899, jeudi 12 janvier 1899
2eme annee Chicoutimi, 12 Janvier 1399 Saguenay Ïdit.-Prop.: La Cie d’Impriraerin GDAY-G0DB0ÜT.Rédacteur : J 0.GUAY VICTOIRE JUJNIÜIPALE Nos élections municipales,qui ont attiré l’attention de bien des gens depuis quelque temps, 8e sont heureusement terminées lundi par l’élection unanime des sept conseillers avec lesquels nous sympathisions.C’est la première fois depuis une dizaine d’années quo nous réussissons à éviter dans notre ville ces luttes acharnées dont on garde toujours un souvenir plus ou moins agréable et «’est pour célébrer joyeusement le triomphe de la paix et de la bonne entente qui ont existé en cette circonstance que nous intitulons cet article VICTOIRE MUNICIPALE.Lundi matiu, la salle publique de notre ville était remplie paT au moin» 200 contribuables.Tous, sans une seule exception, émettaient l’espoir que les élections so feraient unanimement Le Président, M Jos.-E.Cloutier, après Us formalités légales, a donné lecture des bulletins de présentation des candidats.Celui du quartier Centre proposait MM.J-D.G-uay, Ludger Alain et François Larouche st était signé par Messieurs P.*V.Mitnrd F.-X.Oon»elin Alex.Blair Kd.L«*mionx Thp-Z.C-outior P.À.Guay K Morin I).Maltais .7 8.Gagnon Mérou Treiublny pirri© Gauthier pierre bouchard Ferdinand Jean Edm Savnrd M.D.C.P.Humais Télesphoro Boily Roger Bu* «oron David Warren Ovide C» ii a y Johnny Fortin, et autres.Pour lr quartier Ouest, MM.P -Y.Savard, M.P., et Alexander Blair ont été proposés par Messieurs David Blair Geo.W.Boa*y R -K.Mwo/ey Wilfrid Godin Alfred Bilodeau Léatidrc Fortin Georges Hi vérin Sèrupliiu Ménard Joseph Uarv y Thomas Gilbert Johnny Gilbert Ihftï Jotiiii Georges Bilodeau W ni Litvoio bonis Robin Augu te Leclerc Jércmie Oagnon Abel Guuducuiilt Joseph Gilbert Alfred Lciuicux et nombre d’autres.Pour le quartier Est, MM.Edouard Lemieux et Louis ( la veau ont été proposés par Mes sieurs J.-D.Guay Honoré Martel David Maltais J.-A.Liibrio Jeun Simard Aloxandro Harual Thomas C6t6 Antoine llamol Cns Hamel Churl* b St-Laurent J.-A.Côte Pierre Lamarre tl une centaine d'autres éltctours du quartier.À onze heures, aucun autre candidat n’étant mis en nomi aeillers les messieurs proposés.Des applaudissements répétés ont accueilli la nouvelle et on a eu ensuite quelques discours.M.J.-D.Guay dit qu’il reçoit un témoignage bien flatteur en' étant élu pour la troisième foi9 conseiller du quartier Centre.Cependant, jamais encore il n’a éprouvé un plaisir aussi sensible et aussi sincère pareeque chaque fois, il a fallu faire des luttes acharnées et rencontrer une opposition très forte.Les résultats de ces luttes municipale» ont toujours été suivies d’autres difficultés qui ont été malheureuses à tous les points de vue.Aujourd'hui, il augure beaucoup pour l’avenir de la ville de cette élection par acclamation, présage heureux d’une nouvelle ère de paix et de concorde.Il voit avec plaisir entrer au conseil des hommes nouveaux et qui occupent déjà des postes enviables dans notre ville.Il MM.Ed Lemieux et Fus La-RCUCllE ont remercié les électeurs de l’honneur qu’ils leur ont fait en les appelant à la direction des affaires municipales.M.David Blair n’a pu refur à rassemblée d'adresser 8er quelques mots.II a exprimé toute la satisfaction qu’il éprouve de l'heureux résultat d*s élections municipales et il se déclare bien disposé à favoriser de toutes ses forces la bonne entente et l'harmonie qui s’éta blisaent dans la ville.M.L J Latour, représentant de la “ Patrie,” de passage dans notre ville a répondu aux désirs de l’assemblée et a dit quelques liions agréables à l’adresse du nouveau Conseil.II se ré-servede plus longs commentaires dans le journal qu’il représente.M.Armand TEssiEH.aussi ap pelé, dit qu’il a été heureux, après avoir semé la tempête pendant quelque temps, ch» pré parer parson journal le “Protec- - - * - — -.w — — - — — * I — - | J ^ % I il II I AV *• i U tv V.a confiance qu’ils contribueront leur,” l’heureuse solution dont pour beaucoup à faire prospérer1, « .•.• la ville.M.Guay, en termi nant, a fait allusion à ceux qui ont contribué à Ph-»ureux résultat do cotte élection et il les remercie tout particulièrement.M.P.-Y.Savard dit qu’il a accepté d’être conseiller dans le but de fa voriaer do toutes ses forces le règlement des difficultés que l’on a tant regrettées depuis quelques années.Il veut que tontes les industries soient florissantes dans notre ville et ii espère que.la maison Price, qui a tant fait pour le développement do la ville de Chicoutimi, s’entendra parfaitement à ____________ r„%% w II1U l’avenir avec les industriesjce qui s’est p issé lundi matin naissantes Nous nous réjouissons à tous 11 félicite le maire Guay sur les points de vue du résultat des le travail qu’il a fait depuis élections de lundi.Elles dé quelques années et il déclare montrent ce que nous avons qu’il entre au conseil avec l’in- soutenu depuis quelques mois tention bien arrêtée de le rééli-icontre certains de nos adversaire aux importantes fonctions de res, à savoir que la population maire de la ville, M.Guay'de notre ville est satisfaite, très ayant toutes les conditions re- satisfaite môme de l’administra- tous se réjouissent aujourd’hui.M.Guay termine en invitant tous les électeurs présents è aller prendre un verre de vin au Château.On re naît de procéder dan» 1 autre côté de la salle publique à l'élection de trois conseili»-r-> pour la paroisse, MM.Ursin Go-boil, Richard Gagnon et Fran çois Blackburn.Ces messieurs et un ceitain nombre de leur-amis se sont joints à leurs frères de la vjlle et tous ont pris ensemble un verre de vin au progrès et à la prospérité de la ville de Chicoutimi.Voilà en peu de mois quises pour bien remplir cette, charge.M.Savard lait allusion aux visite» des ministres depuis quelques animes et à la manière d’agir du maire en ces circonstances.Il ajoute que tiou municipale et que.ceux qui nous font la guerre >ont mus par la jalousie et la rancune Nous pourrions en dire bien davantage sur ce suj »t et profiter de cette heureuse circons- quelques amis lui ont demande tance pour nous venger des in- ^ Tous les nouveaux conseillera étaient présents ot ont prêté serment d’office.Après lou-vert ure de la séance et l’accomplissement des formalités requises, M.le conseiller P.-V.Savard s’est levé et a proposé, secondé ]>ar ses collègues MM.les conseilles Blair, Claveau, Larcu-che, Alain et Lemieux la réélection de M.J.-D.Guay au poite de maire qu’il occupe depuis quatre ans.M.le conseiller Alain a proposé, appuyé par le major Lemieux la nomination de monsieur Alex.Blair comme promaire, en remplacement de M.•Tos.Gagnon, ancien conseiller.Lîs deux propositions ont été adoptées unanimement* Le maire a alors prêté serment d’office et a remercié ses collègues dans les termes suivants : Je suis très sonsiblo X la mirquo do con-flAiico quo l'on nio tôniuluno et» soir en m'élisant pour la troisième fois au poste important de premier magistrat de cette ville do Chicoutimi.Go témoignage m'honore grandement comme il m’a honoré lorsque j’ai été élu pour lo premier ot lo deuxième tertio*.Parmi mus roi lègues, il en est qui «ont [dus digne* que m »i d occuper cotte position mais je Comprends parfaitement quo i'il« «•ont en droit d’aspirer à monter sur lo banc, co c’est pas sur celui quo {'occupa comma maire de cell • v il lo.Un h un me qui s'occupe d’affaires publiques est exposé et ou butte i\ bien des attaques, à bien des (lltlnMiltés, à dos rancunes, A dos jalousies s’il réussit et mémo à des von-gfuuccs.Je n'ai pus été exempt do toutes ces misères mais fort hotirouscmont, elles no me fatiguent guère.J'ai pour principe do fair»» mon devoir d’abord et de nu» soumet tio fa i'om ujt aux conséquences.Fais ce qu* •lois, advienne que pourra.Ait mi ieu de toutes cos difficulté.*, inévitable* je crois on affaires publiques, i| est des circonstances qui vi-nmoit nous encourager.Ce qui s’est passe hier aux élections •les conseillers, ce qui se passn ce soir ici est bien do nutum ;\ me rciouir.J ni i< i, parmi m s collègues du conseil, des amis qui m' >nt toujours support et quo j’ai supportés moi-memo, mtis il en est d autres que j’ai combattus et qui m’out comb ittu bien des foi*.Lu courtoisie) dont uum amis fout prouva, la loyauté* quo j’almiro elle/, m * nouveaux collègues tu'impressionnent profondément cl j'en rcm-rcio et le- unset lea autres* Les élections d'hier ont changé passablement lu composition du conseil.Quatre les aucicus cou-io il lors, qui pendant leur mm-dut ont travaillé* d** toutes leurs f ne s au progrès de n*i»i« ville, son' remplacés par d'autres.J'ai touj iurs é'.é on trè bonne in-tcl.igonc© avec mes un iens collègues, ot jo ne doute» pas que e**s b mues rotations continueront à exiftt •*• au soin do co cou cil.lime fait plaisir q'i* b s cinMustniiccM limit permis à mes colb gués d'urqioler aux important»*- «bue îo.isdo proonaire de c*iüq vil lu un citoyen, Itommu d’affaire, du natio-:» dite iitigîabe.Xotro villa eut presque exelusivement enmposéo du ca uidiein*ftau»;iib mais il no faut pas u ibli* r qu'elle doit ses premiers développements A des ang'als qui aujourd'hui • near.* contribuent à son développement.Nos cmciioyms anglais no A I t tua ri *, mais il s’ils n’aspirait pas à la mairie jures gratuites dont nous avons!}^^ *' 1,1,1 ""* 1,111H 1 mai» qu’il leur a répondu qu’il|»*té l’objet." — u avait ni le* dispositions ni les Avec la modération,dont nous noua fl * t tons d’user en toutes nous ne ferons la moyens de faire honneur a position.M.L.Alain a vivement égayé son monde pendant un quart d’heure.Parlant plus sérieusement, il a dit quelques mots des procès que la ville a eu à subir et de la confiance qu’il reposait dans le règlement de tou tes ces difficult» a, grâce au bon vouloir de M.Blair l’agent de.la maison Price.M.Alex.Blair a remercié les électeurs de sa réélection et a dit qu’il continuerait à faire tout circonstances, que nous réjouir au point de vue public de runaniuiité qui règne dans notre ville.nation, le président a proclaméjen son pouvoir pour favoriser le élus unanimement comme con- développement de notre ville.LA MAIRIE Le nouveau conseil a siégé pour la première fois mardi soii afin de procéder de suite à l’élection du maire, et du pro-rnaire Quoique la chose fut peu connue, une centaine de personnes assistaient à cotte séance.___ , oii« «l'.ippclur l'un «le» L unx a occuper la de memo position dan* co conseil Ceci sera de n:*ture.je n'e» doute pis, A accentuer les hcurcus-s disposition* quo I ou remarqu- de paît et d'autres po »r quo lu paix ot l’barmouio régnent dans notre ville.En terminant,je rmnercio encoro une lois rues collègues do l'honneur qu'ils mu font et jo m’offorcoiui do pr hide aux affilies do la ville pour b* plus grand bien do tout lo monde.Ce discours a été applaudi vivement.M.bavard a alors demandé un état des alla ires de.ih ville k être produit eu février prochain.Lo Conseil s’est ujourii* et tous les conseillers et contribuables présents sont allés prendre un verre de vin au Chftteau à la santé du maire, du pro-maire et du nouveau Conseil. LE PROGRES DU SAGUENAT L’industrie dans solve, région Il n’est pas sans intérêt de parcourir de ce temps-ci cette partie de la région de Québec que traversent les chemins de fer Grand Nord et du Lac St-Jean ; vous constaterez à droite et à gauche des preuves tangibles d’activité et de prospérité.En partant de Québec, ce sont d’abord les travaux de la Jac ques-Cartier Power Company que vous remarquerez à St-Ga briel sur la rivière Jacques-Car tier.On est en voie do cous truire ici une écluse qui four nira le pouvoir d’eau nécenaai re aux grandes usines quo la compagnie se propose d’ériger bientôt dans le voisinage.Une soixantaine d’hommes sont employés à la construction de cet te écluse dont l’exécution a été entreprise par la maiaon Barrie, Itoss et McRae, de Toronto.Un peu plus loin, vous remarquez, nu Lac St Joseph, une scierie en pleine activité.Il doit en sortir cinquante mille billots cet hiver.La paroisse St- Raymond est peut ê‘ro la paroisse la plus active et la plus prospère qu’il y ail de ce temps ci dans le district do Québec.Tout homme qui a une hache et un cheval à sa disposition est employé à faire du bois carré et à le char* royer à lastation.Cotte activité inusité est due à ce que la Commission du Havre de Qué bec a donné à l’entreprise la fabrication de 200,000 pieds cubes de bois carré et de son coté la Jacques-Cartier Tower Company en fait faire autant au menu1 endroit pour sa nouvelle écluse et autres travaux en voie de construction St Gabriel.A Perthuis, la succession Sewell fait faire environ 00,000 billots.îtnlt de l'église».Propriété trixmi ordre »t oflïant beaucoup d'avautogo*.S'adresser sur la» lieux à Fus 11* initt».20 act fi3—2 lus.\ VENDRE—Poux bon* choraa* ,*\ disns «le ohantisr.aussi do» loin A hlslr dans le aeutrs do la ville à des uonditior» t aTantu(uD.ra«.S'adresser X Bdojaro LkUiiux ou J.-D.tJuaY.27, 11, W.A VENDEE OD A LOUE&.—Une malaou, situes lilr lu Ruo Kaciiis, dans l»déto«r R»siin, avec suipUoe'&snt, écuries r,t tqngar.M'adresser À A iaxis Iiélangtr.1er déc.lüfi.4 J f* / jN DEVIANDE—Un apprenti.S’adn-fet ' V PxxauB Bocojiaxi*.‘27, 4, i*.DfcNTISTE Le Dr Lantier, Dentiste de Québec, sera à Chicoutimi, à rhô!el Claveau, les 10, 17, 18 et 1!) du mois do Janvier.Extraction des dents par 1 e* procédés les plus modernes.Plombages en or, platine, argent, émail.Dentiers avec ou suns palais (garantis).| Les personnes désirant se faire faire un dentier voudront bien se présenter immédiatement apres l'arrivée du dent is te ou au moins les premiers jours, pour lui permettre de livrer son ouvrage avant son départ.Les premiers rendus, leu premiers servi*.AMBRE A LOU EI2.—Uur bonue ch au».1 bro mou blé» ou non meubiéo an choix du locataire.fine ftalahsrry.Prb do la manufacture rte laine S'udrouor à M.Eigèno (may, les Houx.VENDUS —Une maison, avec solago en pierre, -ituée sur la rue Trio**.$4 # Richard devint livide.Il lui sembla qu’il venait de commet Ire une lâcheté.— Mais celle de notre mariage !.Cher Richard, répondit Angèle, dont chaque parole s’enfonçait comme un poignard dans lo cœur du jeune homme, soir, ajouta-t-il.Marguerite s’attendait si peu I —Déjà ! pensa Richard; et à unoj telle révélation, que la s'efforçant d’être calme : surprise et l’émotion la firent se laisser « hoir sur un siège en murmurant : • I madame nouveau mon l’expliquer ?Et pourtant, si je pleurais ainsi, ce n’est que parce qué je croyais être injustement accusée par vous.Richard se retourna, et vit paraître Angèle au haut de Tes cftlier de la serre.qu’il importe de définir.•N’est-ce pas ?reprit Henri, L’émotion de Marguerite en Puis, changeant de ton : était une dos causes, mais laj —Savez-vous, mademoiselle, larme tombée de ses yeux sur loi que votre père se ruine pour visage d’Angèle n'était point le vous ! continua-t-il.Mon fils va principal motif du retour inopiné que Richard faisait sur lui-Elle ! se dit-il avec effroi, meme malgré l’engagement for- Oh ! Je l’avais oubliée ! Mademoiselle Ferrand était radisuse.A son retour, son père avait appris la demande de Richard, et le bonheur qu’elle avait éprouvé à cette nouvelle espérée, quoique inattendue, avait mel qu’il avait pris vis-à-vis de son père ainsi qu’onvers Ferrand et sa fille.L’accent avec lequol cette dernière avait engagé sa cousine à poser ses lèvres sur son visage, accent d’uno émotion remplie de tendresse, avait été si grand, qu’elle s’était sau-été droit au cœur de Richard.vous trouver trop riche.Angele lui répondit par un sourire rempli do malice, et lui tendant la main ; —La charité, s’il vous plaît ! demanda-t-ello.Celte boutade en méritait une autre.—On vous a déjà donné ce matin, répliqua Renaud en.riant.Marguerite avait gagné la 8 LE PROGRES DC SAGUENAY croisée qui se trouvait ouverte.Une briso légère et parfumée l’avait aidé à reprendre son calme.Angèle alla vers elle : —Yeux-tu que nous allions surveiller les apprêts ?proposa t-ellc.—Volontiers, répondit Marguerite, qui ne demandait qu’un prétexte plausible pour quitter la place.—C’est cela, reprit Renaud et faites pour lo mieux.Je veux un vrai festin ce soir ; car, moi aussi, mignonne, je suis heureux do vous voir épouser Richard.Disant ces mots, il embrassa Angèle et Marguerite, qui se dirigèrent aussitôt vers l’office, où Ursule surveillait les allées et venues des autres domesti ques.Resté seul, Henri ohercha vainement Richard, et le voyant pas dans le jardin, il se mit à la lecture d’un journal qu’il avait acheté à la gare Saint-Lazare, au moment de reprendre le train do Chatou Le retour de Ferrand huer, rompit bientôt cotte occupation Le brave homme, l'air radieux, entra dans le salon de la villa, portant deux énormes bouquets dont il avait fait l’acquisition boulevard des Capucines.—Ah ! c’est vous ! qu’êtes-vous donc devenu ?lui dit Renaud ; je vous ai attendu à la gare : vous n’avez donc pas manqué le train ?—Non ; mais je suis arrivé nu dernier moment, la bouquetière n’en finissait.—Comment, vous apportez des fleurs à la campagne ! —Vos serres n’en produisent pas de pareilles, répliqua-t-il sans démonter par cette juste observation.Et pour appuyer son dire : —Sont-ils beaux, mes bouquets ?ajouta-t-il.—Oh ! superbes, je le reconnais.—A la bonne heure ! Sur ces mots, Ferrand déposa ses bouquets sur la table, en tirant un écrin de sa poche / après l’avoir ouvert, il le présenta à Henri en lui disant • —.Et ceci, mon neveu.Sur leur lit de velours pourpre, resplendissantes d’éclat, deux dormeuses énormes s’offraient aux regards de l'architecte.—Des diamants ! —Oui, mon ami, des diamants de premier choix ; rien que cela, des diamants poui madame Richard Renaud.Je les ajouterai à la corbeille.—Est-ce tout au moins, pro digue ?—Non, répliqua Ferrand avec un sourire radieux, on tirant de la poche de sa redingote un voici lo bouquet de mes bouquets.—Qu’est-co cela ?—Vous no devineriez jamais.—.Parlez, alors ; qu’est-ce ?—Un brevet ! mon cher ami.—Un brevet, répéta Henri sans comprendre.« —Un brevet de chevalier de la Légion d’honneur.Henri était officier depuis cinq ans, Ferrand depuis quinze.—Un brevet adressé à.Mais non, lisez vous-mêmo.Et le peintre tendit lo pli à Renaud.A peine eut-il jeté les yeux sur la suscription.que ce dernier s’écria avec une surprise bien compréhensible : —A mon fils ?—Oui, è votre fils.Mon gendre est nommé ; vous lui remettrez ce brevet devant tous, à la “ belle conduite pendant la “ guerre, dont notamment à la “ bataillo de Coulmiers, où, sous le nom de Stephano.’’ Renaud s'arrêta sans comprendre encore, -/^Stephano ! répéta-t-il.Un éclair traversa sa pensée.—.Grand Dieu ! Et pendant quelques secondes il demeura immobile, foudroyé ; puis, recouvrant la forco d« penser, force qui pendant lo court espaco quo nous venons de signaler l’avait complètement abandonné : —Non, c’est impossible, ro-prit-il, Stephano !.Richard et Stephano 11e seraient donc.Ah ! je comprends, mon rival, ce héros à qui Marguerite a juré.c'était lui ! Et il l’airae ! il aimo ma femmo ! Lui, mon fils, mon sang, mon orgueil pour qui j’ai tant fait ! Oh ! le mal- signature du contrat ce soir.jheureux ! J’ai voulu vous ménager la joie' Au désespoir la colère succé de von s acquitter vous-même de da, colère jalouse, cruelle.ce joyeux message.Commencez-vous ù comprendre ?—Non.Comment, Richard ?—Que vous importe ?Est-ce qu’il ne mérite pas toutes les distinctions du monde, ce cher enfant ?—Mais expliquez-moi comment ce brevet.—Est entre mes mains ?in terrompit Renaud ; rien n’es» plus simple.J'étais allé à la chancellerie pour inviter mon vieil aini le général à assister ce soir à la signature du contrat de nos enfants ; ce brevet allait partir.Apprenant que Richard devenait mon gendre, il a bien voulu commettre une petite irrégularité en ma faveur en me le remettant ; je 11e lui en ai pas demandé davantage, car vous m'attendiez, et je devais encore passer chez l’orfèvre et chez la fleuriste.Et d’ailleurs, lorsque les alouettes me tombent toutes rôties, je lift demande pas pourquoi elles sont dans mon assiette.—Et vous avez raison.Venez dîner.— Un instant ; j’ai quelques ordres à donner au chalet pour la réception de ce soir.—C'est juste.Allez-y vite.—J’y cours et je reviens avec Lambert.— Allez, je vous attends.Dès qu’il fut seul, Renaud s’abandonna à la surprise bien naturelle que la remise du brevet avait provoquée en lui.—.Un brevet pour Richard, se dit-il.Voyons donc quel chef-d’œuvre a créé ce cher enfant sans me le dire.Et aussitôt il brisa le cachet rouge sur lequel l’empreinte officielle avait marqué la provenance de ce pli précieux.Les mots suivants tombèrent sous ses veux : “ Lo grand chancelier de la " Légion d’honneur confère à pli grand format cacheté ; etj“ M.Richard Renaud, pour sa Si je le chassais ! pensa-t-il.Mais un revirement s’opéra.—Non, non, pas cela ! ce serait horrible.t La douteur du mari égalait celle du père.—Mais elle, Marguerite, continua Renaud, elle l’a aimé, elle l’aime encore peut-être ?Ah ! ce que je souffre est horrible! Que faire, que résoudre ?Mon Dien, donnez-moi le courage.Mon fils, c’est mon fils ! Et, fou de chagrin, Henri se laissa tomber dans un fauteuil !.XI Pendant que, foudroyé par la découverte qu’il venait de faire.Renaud s’abandonnait au plus affreux désespoir qui puisse ja mais navrer le cœur d’un père, Richard, morne et sombre, errait sur la route qui mène à l’île de Croissy, en proie à une sour de émotion, non moins poignante que celle du mari de Margue-le.Nous venons de désigner Henri ainsi, parce quo, ainsi qu’011 l’a vu, la jalousie le mordait au cœur ; plus époux que père, cet homme excellent dont Marguerite et Richard étaient toute la vie, n’avait pu s’empêcher non pas même do douter de sa femme, il l’estimait justement bien trop pour cela, mais de ressentir une.impression vague très douloureuso qui sapait l’édifice do ses rêves les plus caressés.Ce père, modèle de dévouement et do paternel amour n’avait pu se défendre d’un sentiment de haine véritable contre son fils, son rival 1 Henri 11e savait quel parti prendre ; et quant à Richard, bien résolu à ne pnB épouser Angèle, il 11e savait encore comment il opérerait sa brusque rupture.Quelques heures lo séparaient à peine de l’instant où lo notaire arriverait ainsi que les amis de Renaud et de Ferrand.Serait-il encore là ?attendrait-il le dernier instant pour refuser la main d’Angèle, d’Angèle, ce cœur d’or, cette virginité tendre qui, loyale et pure, s’était pour ainsi dire offerte à lui, heureuse d’aimer et ayant foi dans sa loyauté ?Cela était impossible.L’important était que nul ne pftt se douter de son projet.Reconnaissant la nécessité absolue de cet état de chose, il regagna la villa Renaud, monta dans sa chambre et écrivit quelques lignes qu’il mit sons enveloppe sans adresse, mais qu'il cacheta avec un soin tout particulier.La cloche se fit entendre.Le dîner allait être servi.Richard fit rapidement sa toilette, et quelques instants après, vêtu de noir et cravaté do blanc, il se donnait un dernier coup d’œil dans l’armoire à glace qui se trouvait dans ua chambre.—.Comme je suis pâle, se dit-il.A» V ] S MM.les marchand*, recrétai-rea de municipalités ei institu-teuis trouveront è notre mng.v sin l’asaortiment le plu* complet de livre» d’écoles.Aussi : Livres, Blanc» pour municipalités, Cartes géographiques et fournitures d’écoles en général.Correspondance sollicitée.La Librairie Güxy-Godbout- COMMUNIANT LUNDI, In 3 Ootobi» WJ, lo» trains voyageront tomme »uH > DÉFAUT I)H CIIIOOÜTIMI pour roues y a l nr qüemo 0.30 A tl.—Lundi, mercredi et va idiefli arrivant À K -berral à 10.40 A.U l Québec à 8.40 P.M.DÉPART I)K RODER VAL ron» OMJCODTIHI J ÙO A.il.—Le diraanelie ««oleinent, a»ri-Yaut A 3.00 A.M.POUR QOÉUBO 8.33 A.M.—Lundi, U fret Mi e4 You dt edi arrivant à H 40 P.M.POUR CIJIOOUTIilI 5.00 P.M.—Mardi et Jeudi arrivant â 9.U3 P.H.DÉPART DE yüÉIlHO rouit UOHKUVAf.RT OlltO«09Xm 7.30 A.M.—Mardi **t Jaudi, arrivant à frv>-be «val A 0 55 I».il.or \ Chicoutimi à 9.10 P.U.5 30 P.M.— Le .Samedi • enl**n»oul (uv-o ohat dortoir pour (lüovtitluti) arrfc* vaut A Koberrai ( U et A Chicoutimi A 8.00 le d iixaaohs rm,-tin.20 MINUTES nu lue Edouard poar pre*-dio le lunch.Lo fret ue sors pan reçu A Québoo nprèn 5 lieu res p.m.ExoollenUs terra* A vendre p*r le Ooaru*-nom* nt dans In vallée du Luc BV Jean à d* prix nominaux.Le chemin do 1er transportera le» non* veirax «dons et leurs famille», ofc uio quantité limitée do lours o flot s de ménage GRATIS.Avantage* apéolaux offerte A cen* qui établissent de* moulins ou aatres iuduntriea.Pour renuoiguoments uu mjot dm poix pour Ioh passager* ot pour 1« fr«t, *’ad reaver mix bureaux do la Compagnie au Terraiuot, ruo St-André A ALEXANDRE IIAUDf, agent général poar loi {«Ranger* et le frai.J.-G.SCOTT, Sooràtelre cl GWramh Québoo, 2S septembre 18R&
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