La presse, 23 février 2013, P. Enjeux
[" M O N T R É A L S A M E D I 2 3 F É V R I E R 2013 ENJEUX LES VENTES D'ARMES RECULENT.UN PEU! PAGE 8 ZOOM CANNABISINC.PHOTO REUTERS 31 MARS 2014.C'EST LA DATE À LAQUELLE SANTÉ CANADA DEVRAIT SE RETIRER COMPLÈTEMENT DU CONTRÔLE DE LA PRODUCTION ET DE LA DISTRIBUTION DE LA MARIJUANA MÉDICALE.DES DIZAINES D'ENTREPRISES SE PRÉPARENT À SE PARTAGER UN MARCHÉ DE PLUSIEURS MILLIARDS DE DOLLARS.PAGES 2 ET 3 PSYCHOLOGIE RADIOGRAPHIE DU MENSONGE PAGES 4 ET 5 POLITIQUE CANADIENNE LE POUVOIR AUX FEMMES PAGES 6 ET 7 MAIN EN LI TENANT BRAI et su r libr R airie.l apres IE s e.ca L'HISTOIRE OFFICIELLE 129 \f 2 ENJEUX LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 FÉVRIER 2013 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll MARIJUANA MÉDICALE DES REVENDEURS AUX PME La Cour d'appel de l'Ontario (affaire Parker) juge que l'illégalité de la possession de marijuana viole la Charte des droits et libertés pour ceux qui en ont besoin à des fins médicales.2000 Le Règlement sur l'accès à la marijuana à des fins médicales entre en vigueur et établit un cadre pour permettre l'accès à de la marijuana séchée avec l'autorisation d'un médecin.2001 En réponse à une décision judiciaire, qui dénonce le manque d'accès raisonnable à un approvisionnement légal, Santé Canada a recours à une entreprise des Prairies pour en faire pousser pour le gouvernement.2003 LA NAISSANCE D'UNE INDUSTRIE Un nouveau règlement sur la marijuana médicale doit entrer en vigueur au printemps.Dans tout le Canada, des entreprises se préparent à la création de la «nouvelle» industrie, tandis que des avocats planifient une autre offensive constitutionnelle.Le nombre de détenteurs de permis de possession de marijuana médicale pourrait passer de 30 000 à 300 000 personnes d'ici 10 ans.PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE HUGO DE GR ANDPRÉ comme prévu, d'ici un an, Sam Mellace prévoit être à la tête d'une société lucrative, inscrite en Bourse et qui se consacre à la production et la distribution de marijuana médicale à des dizaines, des centaines, voire des milliers de patients au Québec, au Canada et dans le monde entier.L'homme de la ColombieBritannique se prépare depuis 10 a n s au x c h a n ge m e n t s annoncés en décembre par Santé Canada, qui propose de créer une «nouvelle industrie» légale de la marijuana médicale.Son entreprise, New Age Medical Solutions, possède déjà des installations à Laval et en Ontario.C 'e s t à M i s sion , à u ne centa ine de kilomètres de VANCOUVER - Si tout se passe Vancouver, que se trouve le gros de ses activités.Le complexe au milieu des montagnes ressemble à une forteresse, protégé par des clôtures barbelées, des chiens de garde, une porte d'entrée fortifiée et des caméras de surveillance.Dans un long bâtiment blanc poussent quelque 300 plants de marijuana, qui laissent s'échapper une puissante odeur de mouffette.Un autre bâtiment, un peu plus petit, abrite un laboratoire: c'est là qu'on transforme une partie de la récolte en onguents, en biscuits, en beurre ou en d'autres produits de consommation.Sous le régime actuel, l'entreprise de M.Mellace ne produit que pour un maximum de quatre patients par site, dont pour lui-même ce qui lui donne quand même une possibilité de production de près de 200 g par jour, rien qu'en Colombie-Britannique.«On ne fait pas de profits de la manière dont les choses sont structurées à l'heure actuelle», déplore malgré tout celui qui a déjà allumé un joint dans la Chambre des communes pour protester contre les règles fédérales.« C'est pour cela que je me bats pour la création d'un secteu r privé depuis aussi longtemps.» «Dieu merci, c'est arrivé!» Partout au Canada, des entrepreneurs se préparent en vue de la création de l'industrie de la marijuana médicale.Les changements annoncés prévoient entre autres qu'Ottawa donnera d'ici un an le contrôle total de la production et de la distribution à des petites et moyennes entreprises (PME).À l'heure actuelle, les quelque 30 000 personnes autorisées à posséder du cannabis ont trois options pour s'approvisionner : ils peuvent le faire auprès d'un sous-traitant du gouvernement, par l'entremise de Santé Canada, ils peuvent faire pousser eux-mêmes la quantité prescrite par un médecin ou ils peuvent demander à un tiers de la produire pour eux.Virage privé lucratif À un prix anticipé de 8 $ le gramme, et à une moyenne de 10 grammes par jour par personne, les ventes annuelles pourraient atteindre des milliards de dollars.Le règlement proposé, qui fait l'objet de consultations jusqu'à jeudi, doit entrer en vigueur au printemps.Si rien ne change, Santé Canada se retirera totalement de l'équation à partir du 31 mars 2014.Le terrain sera alors laissé à des PME qui se partageront un marché qui pourrait être très lucratif.D'ici 10 a ns, le nombre de détenteurs de permis de possession pourrait passer de 30 000 à 300 000 personnes, selon Santé Canada.À un prix anticipé de 8 $ le gramme, et à une moyenne actuelle de 10 grammes autorisés par jour par personne, les ventes annuelles pourraient rapidement atteindre des milliards de dollars.C'est sans parler des possibilités qu'offre le marché de l'exportation vers les États (américains) ou les pays qui le permettent.« Si on se tourne vers l'extérieur, on envisage un marché bien au-delà de 100 millions de personnes », estime Sam Mellace.\f LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 FÉVRIER 2013 ENJEUX llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3 MARIJUANA MÉDICALE Une série de décisions invalide certaines des limites au nombre de patients qu'un producteur peut desservir.2009 2012 C'est le nombre d'autorisations de possession de marijuana médicale qui avaient été accordées au Québec en décembre dernier.C'est peu, comparativement à la ColombieBritannique (13 362), à l'Ontario (8617) et même à la Nouvelle-Écosse (1864).Santé Canada n'a pu expliquer le phénomène.Mais selon Adam Greenblatt, directeur général de la Société pour l'accès au cannabis médical à Montréal, l'écart pourrait être causé par la réticence des médecins québécois à prescrire un produit thérapeutique non homologué.« Le Collège des médecins du Québec est peut-être le collège le plus réticent sur cette question », dit-il.Au terme d'une consultation amorcée l'année précédente, Santé Canada présente sa proposition de réforme règlementaire.Le nouveau programme doit entrer en vigueur au printemps.2013 À partir de la fin du mois de mars, seules les sociétés autorisées pourront faire pousser de la marijuana à des fins médicales.2014 884 Les dispensaires toujours dans une zone grise Adam Greenblatt HUGO DE GR ANDPRÉ PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE Le Canada n'est pas seul à avoir revu sa réglementation sur la production de la marijuana médicale.Au Colorado, où le cannabis thérapeutique est permis depuis 2000, un système de traçabilité est entré en vigueur en 2011.PHOTO ASSOCIATED PRESS C'est le nombre de demandes envoyées à Santé Canada jusqu'ici par des personnes qui souhaitent mener des activités de recherche et développement pour se préparer aux nouvelles règles.Ceux qui sont autorisés à le faire ne pourront pas automatiquement participer au nouveau programme, précise toutefois le gouvernement.Les prévisions incluses dans la proposition de règlement parlaient de 50 à 60 entreprises.33 De l'extérieur, le dispensaire montréalais d'Adam Greenblatt a l'air d'un simple appartement.Pas de vitrine, pas d'enseigne.Seulement une note à peine visible qui précise les heures d'ouverture.La Société pour l'accès au cannabis médical sert pourtant à partir d'ici près de 3000 patients que ce soit des brownies qu'elle cuit dans la cuisine et distribue à des dispensaires d'ailleurs au pays ou du cannabis qu'elle vend sur place, à quelque 200 patients.Or, malgré le projet de réforme du programme de marijuana médicale canadien, qui propose de créer une nouvelle industrie légale de production et de distribution, M.Greenblatt n'est pas près d'installer un néon clignotant au-dessus de sa porte.Selon les règles envisagées, les seuls moyens de distribuer de la marijuana séchée seraient par courrier sécurisé ou dans les pharmacies (qui sont ellesmêmes réticentes à s'engager dans cette voie).Rien n'a été prévu pour les dispensaires.Puisqu'il souhaite continuer à aider ses patients, Adam Greenblatt a le choix: «Je peux m'engager dans la voie pleinement légale ou continuer sur cette route de désobéissance civile qui devient de plus en plus risquée chaque jour», dit-il.«Ce serait avantageux pour nous de faire une demande et de recevoir un de ces permis, parce que j'ai hâte d'apporter des changements à ces règlements de l'intérieur du système», dit le directeur général de la Société.Le jeune Montréalais n'est pas le seul: plusieurs exploitants de dispensaire à qui La Presse a parlé au cours des dernières semaines songent eux aussi à faire le saut dans l'industrie que propose de créer le gouvernement d'ici au printemps.Ce qui ne veut pas dire qu'ils trouvent que le système proposé est parfait, au contraire.Plusieurs critiquent le fait que seule la marijuana séchée demeure permise.Les produits comestibles ou les onguents restent en effet exclus du régime de marijuana médicale canadien.Certains jugent qu'il est illogique de forcer certains patients, comme des cancéreux en phase terminale, à fumer ou à inhaler du cannabis.L'Association canadienne des dispensaires de cannabis médical travaille aussi pour convaincre les gouvernements provinciaux de changer leurs règles afin de permettre aux dispensaires d'agir en quelque sorte comme des pharmacies, et d'ainsi pouvoir distribuer de la marijuana médicale dans le cadre du nouveau régime.Enfin, les exigences quant aux antécédents judiciaires des dirigeants de société dans la nouvelle industrie en font hésiter certains.« On ne sait pas si les règlements sont écrits pour nous, pour faciliter notre légalité, ou s'ils seront utilisés pour nous combattre davantage», lance Adam Greenblatt.Il demeure cependant convaincu qu'Ottawa serait fou de se passer de l'expertise, du leadership et de l'engagement communautaire que détiennent ses collègues et lui.Failles, inquiétudes et occasions PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE D'autres poursuites en vue Santé Canada n'avance pas de chiffres quant aux revenus potentiels des nouvelles entreprises.Mais le Ministère ne semble pas douter non plus de la viabilité du marché.« Dans la première à la deuxième année suivant la création de l'industrie, les producteurs autorisés devraient, d'après les prévisions, ne plus se définir comme de \"petites entreprises\" », peut-on lire dans la proposition règlementaire.Or, plusieurs soulignent qu'il existe déjà une industrie de la marijuana médicale, quoi qu'en dise le gouvernement.Maureen (nom fictif) loue sa grange et sa maison d'invités en Colombie-Britannique à deux personnes.En plus de leur loyer, ces dernières paient une certaine somme à quatre détenteurs d'une autorisation de possession de marijuana médicale, pour agir à titre de producteurs désignés.Au gré de leur récolte de quelques centaines de plants, ils leur remettent les quelques dizaines de grammes sur lesquels ils se sont entendus au préalable.Le reste est écoulé sur le marché noir.« C'est pour ça que les gens le font légalement.Oui, on aide les patients.Mais on peut aller chercher un revenu pour nous aussi », explique Maureen.Ce risque de diversion, que Maureen évalue « à la moitié ou aux trois quarts de la production de marijuana médicale », a été l'une des raisons évoquées par le gouvernement pour justifier les changements.On espère qu'un marché plus petit, plus contrôlé et aux normes de sécurité plus strictes sera plus facile à surveiller.« Un simple règlement ne peut pas arrêter 10 0 % des a bu s , c o nv i e n t J e a n n i n e Ritchot, directrice des réformes règlementaires de la marijuana médicale à Santé Canada.Mais nous croyons qu'on a vraiment présenté un cadre qui pourra beaucoup plus réduire ces risques-là.» HUGO DE GR ANDPRÉ L'appel du marché noir de marijuana médicale risque de se heurter encore une fois à des poursuites judiciaires de la part d'utilisateurs et de producteurs mécontents.L'avocat de Colombie-Britannique John Conroy évalue actuellement la possibilité de réunir un groupe de patients pour contester la validité constitutionnelle des nouvelles règles.Celles-ci prévoient entre autres qu'à partir de l'an prochain, seules des entreprises pourront produire et distribuer de la marijuana médicale.À l'heure actuelle, des patients ou des producteurs désignés par des patients sont autorisés à le faire.« Tous ceux qui produisent de la marijuana sous le programme actuel vont devoir détruire leu r pla n le 31 ma rs 2014 », précise Jea n nine Ritchot, directrice des réformes règlementaires de la marijuana médicale à Santé Canada.M e Conroy croit que cette approche, doublée des peines plus sévères OTTAWA - La réforme du programme adoptées par le gouvernement Harper l'an dernier pour contrer la production et le trafic, est injuste.« Il y a des gens qui, pour éviter les coûts élevés des médicaments, ont commencé à faire pousser leur propre marijuana, et qui le font pour 2 $ le gramme.Or, voilà que le gouvernement prévoit leur enlever cette possibilité et les forcer à acheter du cannabis d'un producteur autorisé pour une somme évaluée à 8 $ le gramme », explique l'avocat.Il a donc demandé à des confrères de préparer un avis juridique sur la constitutionnalité et « la possibilité de faire invalider des portions de la nouvelle règlementation, dans la mesure où elles limitent l'accès au cannabis médical de manière déraisonnable ».À Santé Canada, on se dit conscient de ces risques de litiges qui, à terme, pourraient menacer la survie du nouveau modèle proposé.« Nous croyons avoir mis une bonne proposition sur la table, affirme néanmoins M me Ritchot.Sûrement, il y aura des gens qui ne seront pas contents.Mais ça ne sera pas la première poursuite au Canada.» \f 4 ENJEUX LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 FÉVRIER 2013 PSYCHOLOGIE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll DANSLATÊTE DU MENTEUR ILLUSTRATIONS DAVID LAMBERT CINQ FAÇONS DE DÉJOUER LE MENSONGE Un croquis Celui de la scène du crime ou d'un moment-clé de l'enquête.Simple, rapide, efficace.Les dessins des sujets honnêtes contiennent généralement beaucoup plus de détails que ceux des menteurs.«Et le sujet honnête décrit la scène à partir de l'endroit où il se situait dans la pièce, dit Michel St-Yves.Celui qui ment a tendance à faire un croquis avec une vue aérienne.» À l'envers Pour compliquer la tâche au sujet, on peut lui demander de relater sa version dans l'ordre chronologique inverse.Ça exigera un plus grand effort de concentration à celui qui ment.L'avocat du diable Le sujet est invité à fournir des arguments en faveur du point de vue qu'il défend, puis à présenter des arguments en sa défaveur.La différence apparaît clairement: les sujets honnêtes ont beaucoup plus de mal à jouer l'avocat du diable.Les menteurs, eux, y arrivent sans trop de mal.parce qu'ils exposent ainsi leurs propres convictions.Le corps figé Si le comportement non verbal du menteur n'est pas une mesure très fiable pour le débusquer, il donne certains indices.Ainsi, quand le sujet doit faire un effort important pour réfléchir, son corps se paralyse.«Si je vous pose des questions simples en marchant, vous allez y répondre sans problème et sans ralentir, dit Michel St-Yves.Mais si je vous demande de multiplier 42 par 3, vous allez arrêter de marcher pour réfléchir.» Raconter encore et encore «Si vous racontez vos vacances à différents collègues, vous n'utiliserez pas toujours les mêmes mots», dit Michel St-Yves.Même chose dans le cadre d'un interrogatoire.Si un sujet raconte toujours exactement la même chose, en utilisant les mêmes mots, c'est un indice.«Au cours d'un interrogatoire, la personne honnête se souviendra de nouveaux détails», dit Michel Comeau.\f LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 FÉVRIER 2013 ENJEUX llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 5 PSYCHOLOGIE La commission Charbonneau offre un fascinant laboratoire en direct pour observer des témoins déballer leur sac.Comment savoir s'ils disent juste la vérité, toute la vérité ?Longtemps, les scientifiques ont cru que, comme Pinocchio, le corps trahissait le menteur.Mais le mensonge, ça se passe dans la tête, pas dans le nez.Aimer le mensonge Après avoir épluché le portrait psychologique du menteur en répondant à toutes les questions de la journaliste, Rose-Marie Charest a, à son tour, posé une simple question.«Pourquoi croit-on les menteurs?» Parce qu'on aime le mensonge, aurait pu lui répondre le réalisateur britannique Peter Brooke.Dans les années 60, il s'est inspiré de la rhétorique autour de la guerre du Vietnam pour son film Tell Me Lies (Dis-moi des mensonges).Cinquante ans plus tard, le propos est toujours d'actualité, a affirmé l'automne dernier le réalisateur, aujourd'hui âgé de 88 ans.Le monde d'aujourd'hui serait «si pénible que le soulagement, la petite piqûre, la meilleure des drogues pour nous soulager, c'est le mensonge», a-t-il dit à la radio française France Culture.Certaines personnes sont particulièrement sensibles aux attentes et moduleront leur récit pour s'y conformer.Un survivant du cancer remporte «naturellement» des championnats cyclistes.Un ancien organisateur politique jure avoir vu des tas de billets de banque dans le local d'un parti réputé corrompu.L'effet est immédiat: non seulement l'histoire se tient, mais elle correspond aussi tout à fait à ce que l'auditoire veut entendre.«Ça prend du temps avant d'avoir un doute, observe la psychologue Rose-Marie Charest.On préfère croire les gens, sinon ça deviendrait invivable d'avoir des doutes sur tout le monde.» Peter Brooke, dans son film Tell Me Lies, en appelle à une plus grande responsabilité sociale, «à ne pas être complètement dupes».Les journalistes anglophones ont d'ailleurs un dicton pour ça: «If your mother says she loves you, check it out» (Si votre mère dit qu'elle vous aime, vérifiez-le).Le mensonge, plus doux que la vérité.Interviewé en même temps que Peter Brooke, le réalisateur iranien Abbas Kiarostami a appelé à la clémence.«Le mensonge, ce n'est pas simplement un acte gratuit, c'est peut-être une façon de souhaiter un autre monde.» Judith Lachapelle JUDITH LACHAPELLE L e témoin bafouille.Il regarde le mur, le tapis, le plafonnier, les plantes vertes, mais pas son interlocuteur.Il a chaud.Il ronge ses ongles et se gratte nerveusement la joue, le nez, l'oreille.Il parle tout bas ou trop vite.Il a envie d'être ailleurs.Alors?Il ment?«Foutaise», répond le polygraphiste et ancien policier Jacques Landry.«Il y a des milliers de raisons d'être mal à l'aise.Juste le sujet d'une conversation peut nous rendre mal à l'aise, rappelle-t-il.Le comportement non verbal, la neurolinguistique, la synergologie.Quand je vois ça, je fais presque de l'urticaire.Il n'y a aucune étude scientifique pour accréditer ça.» Des décennies de recherches scientifiques sur le comportement non verbal des menteurs sont à jeter à la poubelle.Ou presque.Après près de 40 ans d'interrogatoires, l'ancien policier Jacques Landry en est toujours au même point: il n'y a rien comme une bonne conversation franche et respectueuse entre deux personnes pour espérer s'approcher de la vérité.Pourtant, l'homme a longtemps cru que la science lui fournirait une machine presque impossible à déjouer pour débusquer le mensonge.Jacques Landry est un polygraphiste qui a une expérience de 38 années à interroger des gens qui ont des choses à lui cacher.Le polygraphe?«C'est juste un outil.Et ce n'est pas la panacée.» Il sait que son bidule peut être trompé par la prise de médicaments, par exemple.Ou par l'état d'esprit du sujet.Même chose pour les autres pistes de recherche, comme l'analyse des ondes cérébrales.«Je pensais que c'était ce qui s'en venait de mieux», dit M.Landry.Ses espoirs se sont effrités au cours des deux dernières années.«Quand j'ai vu comment les médicaments ou la fabrication d'images mentales peuvent fausser les résultats, je me suis dit qu'on venait peut-être de balayer 30 ans de travail.» Retour au point de départ, donc.Il n'y a pas d'« effet Pinocchio », répètent le psychologue judiciaire Michel St-Yves et le polygraphiste Michel Comeau, de la Sûreté du Québec.Les menteurs n'ont pas le nez qui allonge, ne se grattent pas plus l'oreille ou ne suent pas nécessairement plus que les autres.« La seule constante qu'on observe chez les menteurs, c'est la surcharge cognitive, dit Michel St-Yves.Mentir est plus exigeant que de dire la vérité.Il faut construire le mensonge et l'insérer dans une vérité.Ça demande beaucoup d'effort.» Le menteur doit activer beaucoup plus de neurones pour garder la maîtrise de son humeur, ont noté des chercheurs, photographies de cerveaux à l'appui.La faille, c'est l'imprévu.Une question anodine, un exercice de concentration supplémentaire, et voilà le cerveau du menteur qui surchauffe et qu'apparaissent des indices qui peuvent laisser croire que le sujet ment.Et encore.Ce n'est pas suffisant pour tirer des conclusions.En observant la gestuelle, les enquêteurs les plus aiguisés arrivent peut-être à départager les menteurs des honnêtes avec 60 % de succès.Michel St-Yves sort une pièce de monnaie de sa poche avant de la lancer.« Pile, il ment.Face, il dit la vérité.Ça revient souvent à ça.» Le polygraphe peut aider à détecter les changements physiologiques, mais il n'est pas infaillible.Les dernières technologies étudient la dilatation de l'iris de l'oeil d'un sujet interrogé.« Ils en sont à un taux de réussite de 90 %, la même chose que la polygraphie, dit Michel Comeau.En l'ajoutant avec d'autres éléments, ça peut être très intéressant.» Mais ces outils restent utilisés seulement si les sujets sont d'accord.Et ils comportent toujours une marge d'erreur préoccupante.« La seule façon de savoir si quelqu'un ment, c'est de savoir la vérité , dit Michel St-Yves.Et la vérité avec un grand V, on ne la connaît pas toujours, même quand on a des preuves.Pourquoi le crime a-t-il été commis ?Qu'est-ce qui se passait dans sa tête ?On a toujours un doute.» Parler, toujours parler Petit mensonge deviendra gros « Mentir a un effet très positif à court terme, dit la psychologue Rose-Marie Charest.Nous avons beaucoup de pouvoir quand nous mentons.Nous décidons ce que sera la vérité, ce que sera la perception.Ce n'est pas rien ! » Mais l'effet ne dure pas et le mensonge devient de plus en plus lourd à porter.« À moyen et à long terme, ça nous enlève tout pouvoir, poursuit-elle.Le jour où nous perdons notre crédibilité, nous n'avons plus de pouvoir.» « Je dirais que le mensonge le plus fréquent est celui où une personne tente de faire porter à d'autres la responsabilité de sa propre contribution au problème.C'est la première chose que disent les enfants : ce n'est pas moi, c'est lui, dit Mme Charest.Mentir pour obtenir un gain ou pour se cacher, ce n'est pas une pathologie.Le menteur pathologique ment même quand il n'a pas d'avantage à le faire.» Jacques Landry renchérit.« Les preuves sont là, on ment tous plusieurs fois par jour, dit-il.Un vrai menteur, c'est quelqu'un qui ment sur toute la ligne.Quelqu'un qui a enjolivé une histoire n'est pas un menteur.» Judith Lachapelle CINQ FAÇONS DE S'APPROCHER DE LA VÉRITÉ Écouter avant de regarder Les études le prouvent : rien ne sert de guetter le nombre de fois où un sujet se gratte l'oreille.Au mieux, on n'apprendra rien.Au pire, on sera tellement distrait qu'on oubliera d'écouter ce qu'il dit.Poser les bonnes questions Si, dans le cadre d'une commission, il est acceptable pour des procureurs de «suggérer» une réponse au témoin, ça ne l'est pas en salle d'interrogatoire, ni devant un tribunal.«Il ne faut pas influencer la réponse», rappelle Michel St-Yves.Les questions doivent être neutres et ouvertes.Par exemple: «Où étiez-vous le soir du 12?», plutôt qu'« Étiez-vous chez la victime le soir du 12?» ou, encore pire, «Et si je vous suggérais que vous étiez au lit avec la victime le soir du 12?».Balayer ses préjugés « C'est l'ennemi numéro 1 », dit Michel St-Yves.Si l'interrogateur est convaincu que le témoin est coupable, il interprétera chacun de ses gestes et paroles en ce sens.L'interrogateur doit d'abord se méfier de lui-même.Savoir à qui l'on parle Quel est l'état « normal » de la personne qui est devant l'enquêteur ?S'agit-il de quelqu'un qui est naturellement timide ?Anxieux ?Vient-il d'une culture où il est irrespectueux de regarder l'autre dans les yeux ?Est-il assailli par l'angoisse ?Est-il en train de jouer sa vie ou celle de ses proches ?« Je serais capable de mentir pour sauver mes enfants, dit Michel St-Yves.Je n'aurais même pas de sentiment de culpabilité.» Écouter.Encore.Est-ce que le débit ralentit lorsque le sujet répond à certaines questions ?Est-ce qu'il tente de gagner du temps en répétant la question qui vient de lui être posée ?Est-ce qu'il a toujours une raison à invoquer qui empêche de vérifier certaines informations ?C'est à ces détails, plutôt qu'à la gestuelle du sujet, auxquels l'enquêteur portera attention.\f 6 ENJEUX LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 FÉVRIER 2013 POLITIQUE CANADIENNE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SIX FEMMES AU POUVOIR LOUISE LEDUC Cinq provinces et un territoire dont les quatre plus grandes économies provinciales du pays sont maintenant dirigés par des femmes.Qui sont ces pionnières qui nous gouvernent ?Des femmes aux parcours souvent romanesques qui rendent bien compte des réalités si distinctes d'un bout à l'autre du pays.PREMIÈRE MINISTRE DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE CHRISTY CLARK Une mère au sommet ALISON REDFORD PREMIÈRE MINISTRE DE L'ALBERTA L'intello qui a battu la droite radicale Un peu à l'image de Pauline Marois qui a dû ranger ses beaux bijoux pour éviter de paraître précieuse, la nouvelle première ministre de l'Alberta a eu fort à faire pour prouver que son parcours de haut vol d'avocate spécialisée dans la défense des droits de la personne ne l'empêcherait pas de se préoccuper du sort de l'Albertain rural.M me Redford a notamment travaillé en Afrique du Sud, un pays dont elle a essayé d'obtenir la citoyenneté.En 2005, son expertise a aussi été retenue pour l'organisation des premières élections parlementaires afghanes.M me Redford, qui parle le français, a gagné l'investiture conservatrice en 2011 après avoir été notamment ministre de la Justice sous Ed Stemlach.En 2012, elle fait mentir les sondages en l'emportant contre le Wildrose Party de Danielle Smith.M me Redford se retrouve alors à la tête d'une province qui broie du noir.Les revenus tirés du pétrole et du gaz chuteront de 6 milliards cette année, soit de plus de 50 %.Le budget de mars risque donc de faire mal dans une Alberta plus habituée à l'opulence qu'à l'austérité et qui ne veut toujours rien savoir d'une taxe de vente provinciale.L'Alberta bataille ferme pour trouver de nouveaux marchés.Son projet de pipeline Northern Gateway, qui lui don nera it accès au Pacifique et à l'Asie, de même que le parachèvement du pipeline Keystone XL, vers les États-Unis, se sont heurtés à une vive opposition des groupes écologistes.M me Redford travaille aussi sur un front vers l'est, qui permettrait d'acheminer le pétrole albertain jusqu'au NouveauBrunswick.Pour ce dernier projet, Mme Redford espère obtenir le soutien du gouvernement Marois.Élue députée pour la première fois en 1996 à l'âge de 30 ans, M me Clark gagne de nouveau les suffrages en 2001.Trois ans plus tard, elle devient ministre de l'Éducation, avant d'abandonner la politique en 2005 pour rester auprès de son nouveau-né et pour occuper des fonctions moins prenantes, celles de chroniqueuse et d'animatrice d'une populaire émission de radio.En 2010, après la démission de Gordon Campbell, M me Clark remporte l'investiture libérale en promettant notamment des jours meilleurs aux familles.Elle se retrouve alors à la tête d'un gouvernement à la popularité minée par l'introduction d'u ne ta xe de vente qui est très mal passée.Le fait d'être une femme lui vaudra d'être l'objet d'une question vulgaire d'un animateur de radio qui lui demande ce que cela lui fait d'être une MILF (mother I'd like to f***, une mère avec laquelle on voudrait baiser).Ne prenant pas ombrage du commentaire, M me Clark répond en badinant, en disant que c'est quand même mieux d'être vue comme une MILF que comme une femme couga r.L'a f fa i re fa it g ra nd bruit, et plusieu rs com mentateurs jugent que M me Clark aurait plutôt dû envoyer paître l'animateur pour sa question, sinon sexiste, à tout le moins très déplacée.M me C l a r k d o i t t o u j o u r s convaincre du bien-fondé du Northern Gateway, projet de pipeline entre l'Alberta et la Colombie-Britannique.PREMIÈRE MINISTRE DU NUNAVUT EVA AARIAK La pasionaria de l'inuktitut et de l'éducation La vie d'Eva Aariak est un roman.Fille biologique d'un joueur de cornemuse écossais et d'une mère courage qui aura deux fois la tuberculose, M me Aariak naît en 1955 dans un Nunavut qui n'existait pas encore.Comme il n'y a pas d'école secondaire chez elle, elle part étudier au Manitoba et à Ottawa, un éloignement qui lui vaudra de perdre une bonne partie de sa culture et de sa langue.De retour chez elle avant de terminer son éducation postsecondaire, elle a trois enfants et élève, de plus, l'enfant de sa soeur, morte à la suite d'un anévrisme.Cet enfant a lui-même perdu un frère, tué accidentellement par un autre frère par une arme mal entreposée au retour d'un voyage de chasse.Avant de devenir ministre en 2008, puis première ministre d'un gouvernement sans parti qui fonctionne par consensus, Eva Aariak fera tout : fonctionnaire, professeure, journaliste, traductrice, copropriétaire d'une boutique d'artisanat.Sa grande passion ?La préservation de l'inuktitut.Elle a d'ailleurs été pendant cinq ans commissaire aux langues du Nunavut et elle a aussi, dans une autre vie, contribué à la création d'une version de Windows Microsoft en inuktitut.Au Nunavut, tout reste à faire.Le taux de chômage flirte avec les 14 % et le territoire est presque totalement dépendant des paiements de transfert fédéraux.La violence est omniprésente.L'alcoolisme brise de nombreuses vies.Le taux de décrochage est élevé et les diplômés, si rares que le quart des postes de fonctionnaires sont vacants, sans compter qu'il manque aussi 300 professeurs d'inuktitut.Et la question là-bas n'est pas tant de savoir si l'on pourra prendre en charge les personnes âgées dont l'espérance de vie est de 10 ans moindre qu'ailleurs au pays , mais bien de réfléchir à la prise en charge d'une natalité presque deux fois plus élevée que dans le reste du pays.Pour tirer le Nunavut d'affaire, Eva Aariak fait la promotion de l'éducation et elle milite pour que le territoire obtienne le contrôle de ses nombreuses ressources naturelles.\f LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 FÉVRIER 2013 ENJEUX llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 7 POLITIQUE CANADIENNE LE CANADA AU FÉMININ NOMBRE DE FEMMES DÉPUTÉES AU QUÉBEC 41 29 8 1981 1998 2012 33,6%, un record LES TEMPS CHANGENT des Canadiens ont une femme pour premier ministre.87 % Il y a 33 ans.Alexa McDonough est devenue la première femme à la tête d'un parti politique d'importance au pays en NouvelleÉcosse (NPD) Il y a 28 ans.John Crosbie a lancé à Sheila Copps : « Quiet down, baby.» (Ferme-la, bébé), ce à quoi elle a répliqué : « Je ne suis le \"bébé\" de personne.» Il y a 22 ans.Margaret Johnston est devenue la première femme à diriger une province la Colombie-Britannique.Il y a 20 ans.Kim Campbell est devenue la première femme à occuper le poste de première ministre du Canada.PREMIÈRE MINISTRE DE L'ONTARIO KATHLEEN WYNNE PAULINE MAROIS PREMIÈRE MINISTRE DU QUÉBEC La battante de centre gauche Dans une autre vie, Kathleen Wy n ne ét a it mère de t rois en fa nt s , fe m me au foyer et épou se d 'u n compt able.Aujourd'hui, elle est première ministre de l'Ontario et mariée à une consultante depuis 1991.Le fait que l'Ontario soit gouverné par une femme pour la première fois a été largement éclipsé par son homosexualité très affirmée.C 'est son opposition au x fusions à Toronto et sa colère contre le régime minceur de Mike Harris qui ont propulsé M me Wyn ne da ns la sphère publique.Elle a été élue députée en 20 03 dans le gouvernement libéra l qu i regag na it a lors Queen's Park.M me Wynne a détenu quatre portefeuilles et elle s'est particulièrement illustrée comme ministre de l'Éducation de 2006 à 2010.Dans la course à l'investiture libérale, rendue nécessaire pa r la démission de Dalton McGuinty, elle a affronté une autre femme, Sandra Pupatello.À ceux qui pourraient douter que les Ontariens soient prêts à élire une première ministre homosexuelle, la première ministre désignée répond que c'est ce qu'on racontait déjà en 2003 quand elle a été élue députée.E t en réponse au monde r u ra l qu i voit en el le u ne autre Torontoise qui n'en a que pour la métropole, elle a pris la surprenante décision de se réserver le ministère de l'Agriculture.Outre la survie de son gouvernement minoritaire, le principal défi pour M me Wynne sera de composer avec un déficit budgétaire qui atteint presque les 12 milliards.La dame de fer Diplômée en service social et en administration des affaires de l'Université Laval, M me Marois dev ient , à 32 a ns , m i n istre dans le gouvernement de René Lévesque, après avoir été élue en 1981.La petite histoire veut même qu'elle ait été la première femme en Occident à accoucher en étant titulaire d'un ministère.Avec son mari Claude Blanchet financier très en vue , elle aura quatre enfants tout en menant sa carrière tambour battant.Au fil de son parcours politique, elle décrochera les portefeuilles les plus importants Finances, Éducation, Santé, etc.On lui reconnaît notamment l'implantation des centres de la petite enfance à 5$.Sa carrière n'est pas un long fleuve tranquille : elle connaît la défaite dans La Peltrie en 1985 et elle perd deux courses à la direction de son parti, en 1985 et surtout en 2005.En 2006, elle se retire, en disant que le coeur n'y est plus.La raclée subie par le Parti québécois en 2007, suivie par la démission d'André Boisclair, la ramène en politique.Élue chef du Pa rti québécois sans opposition en juin 2007, elle est élue députée de Charlevoix l'automne suivant.Après les élections de 20 08, elle devient chef de l'opposition officielle.Même une fois bien en selle, d'intenses tiraillements au sein de son parti font croire qu'elle ne r é s i s te r a pa s au x ve n t s contraires.Elle ramène néanmoins son parti au pouvoir en 2012, en une victoire obscurcie par un attentat au Métropolis.Les premiers mois du gouvernement péquiste minoritaire sont marqués par maintes volte-face et controverses et par la démission obligée de son ministre de l'Environnement.Le débat sur les droits de scolarité s'annonce houleux et celui sur la souveraineté, hasardeux.Entre autres enjeux pour le gouvernement Marois: le contrôle de la dette et la mise en place du Plan Nord.PREMIÈRE MINISTRE DE TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR KATHY DUNDERDALE La politicienne atypique Née dans un petit village terreneuvien au sein d'une famille de 11 enfants, Kathy Dunderdale se décrit elle-même comme une femme au parcours atypique.Tout juste avant d'obtenir un diplôme universitaire, elle abandonne l'université pour épouser un capitaine britannique dont le navire avait dû être amarré à Terre-Neuve le temps d'une réparation.M me Dunderdale reste à la maison pour s'occuper de leurs deux enfants pendant que le capitaine parcourt le vaste monde.Au fil des ans, elle s'engage dans la vie scolaire, puis municipale.Il y a 20 ans, elle est devenue la première femme présidente de la Fédération des municipalités de Terre-Neuve.Devenue députée en 2003, elle sera l'une des ministres les plus en vue du gouvernement conservateur.Quand le coloré Danny Williams démissionne en 2010, elle devient première ministre.En avril 2011, elle remporte l'investiture de son parti et le mène à un gouvernement majoritaire en octobre.Perçue com me le dauphin du controversé Williams qui a mené la fronde contre le gouvernement conservateur fédéral pour une dispute de péréquation , M me Dunderdale cause la surprise aux élections fédérales de 2011 en donnant son appui à Stephen Harper.Cet appui sera conditionnel.En échange, M me Dunderdale se fera promettre une aide au financement du projet hydroélectrique terreneuvien de Muskrat Falls.Pauline Marois dénonce haut et fort l'affaire, car elle y voit une intrusion d'Ottawa dans une compétence provinciale.La question du gisement d'hydrocarbures Old Harry, situé à la frontière disputée entre le Québec et Terre-Neuve, est un autre sujet de dispute entre les deux provinces.PHOTOS LA PRESSE CANADIENNE \f LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 FÉVRIER 2013 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll DU PLOMB DANS L'AILE JUDITH LACHAPELLE Début du conflit au Darfour (Soudan) 2003 10 MARS FÉVRIER 9 15 DÉCEMBRE 16 DÉCEMBRE 17 18 19 FÉVRIER À DÉCEMBRE 2011 13 12 AVRIL 1 JANVIER 3 4 7 500 La crise économique touche aussi les fabricants d'armes : les 100 plus importants groupes d'armement du monde ont subi une (toute petite) baisse de leurs ventes en 2011, selon une étude du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) rendue publique lundi.La diminution des dépenses militaires par les gouvernements plombés par la crise, mais aussi le retrait des troupes occidentales d'Irak et d'Afghanistan et l'embargo sur les armes en Libye expliquent en bonne partie le recul.Une mauvaise année, en somme, pour une industrie qui a tout de même connu une croissance de 51 % depuis les attentats de septembre 2001.Chute de Grozny, en Tchétchénie.La guerre s'étend à tout le pays.1995 Frappes de l'OTAN après des exactions des Serbes au Kosovo 1999 MARS 11 SEPTEMBRE SEPTEMBRE Attentats à Crise politique Débarquement Opération New York et et militaire en américain de maintien Washington Côte d'Ivoire en Irak de la paix de l'ONU en Côte 8 11 5 d'Ivoire JUIN OCTOBRE DÉCEMBRE Reprise des Débarquement Fin de la relations américain en deuxième diplomatiques Afghanistan guerre en entre l'Inde République et le Pakistan démocratique après des 6 années de du Congo DÉCEMBRE conflit au Cachemire Raids israéliens sur les Territoires palestiniens 2001 2002 2003 2004 Offensive militaired'Israël auLibanet àGaza DÉCEMBRE 2006 ÉTÉ 14 Opération Le contingent «Plomb durci» américain d'Israël dans la compte bande de Gaza 100 000 soldats en Afghanistan, en plus des soldats de l'OTAN.2008 2009 Embargo de l'ONU sur la vente d'armes à la Libye MARS À OCTOBRE JUIN Offensive de l'OTAN en Libye Les États-Unis et les autres pays de l'OTAN amorcent le retrait de leurs soldats d'Afghanistan.OCTOBRE 20 2 400 NOVEMBRE 2001 2002 2003 Guerre entre l'Éthiopie et les combattants islamistes en Somalie 2006 Les États-Unis annoncent le retrait des 39 000 soldats encore présents en Irak avant la fin de l'année.Fin de la guerre en Bosnie et en Croatie 1995 2001 300 VENTES D'ARMES DES 100 PLUS IMPORTANTS GROUPES D'ARMEMENT DU MONDE $US 236 milliards 290 268 milliards milliards 315 milliards 347 milliards 385 milliards 401 411 410 milliards milliards milliards 200 156 156 156 155 157 158 milliards milliards milliards milliards milliards milliards 192 milliards ZOOM 100 8 ENJEUX Un grand acteur ne figure pas dans la compilation du SIPRI : la Chine.Sans données fiables en provenance des entreprises établies en Chine, l'organisme doit exclure le géant asiatique, deuxième puissance militaire du monde, de ses compilations annuelles.Sauf la Chine.N/D 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 \f "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.