La presse, 26 novembre 2013, T. Supplément publicitaire. Le syndicalisme au Québec
[" Le syndicalisme au Québec Illustration du haut de la page : Le syndicat des débardeurs du port de Québec a marqué les esprits dans les années 1870.Au point où en 1879, un affrontement armé dans les rues de Québec a fait deux morts et une trentaine de blessés (lire en page 4).Ci-contre : Le 6 mai 2005 au Saguenay, 600 personnes se mobilisent contre la fermeture d\u2019un grand magasin.La photo de la grimace allait faire du chemin: 8 ans plus tard, on se rappelle encore de ce clin d\u2019oeil particulièrement éloquent.AU FIL DES DEUX DERNIERS SIÈCLES, LE SYNDICALISME QUÉBÉCOIS A ÉVOLUÉ JUSQU\u2019À DEVENIR UNE FORCE VIVE ET INCONTOURNABLE DE LA SOCIÉTÉ.MÊME SI SON HISTOIRE N\u2019EST PLUS MARQUÉE AUJOURD\u2019HUI PAR LES COMBATS ÉPIQUES D\u2019AUTREFOIS ET LE RADICALISME QUI L\u2019A CARACTÉRISÉ À UNE CERTAINE ÉPOQUE, LE MOUVEMENT SYNDICAL AU QUÉBEC DEMEURE PLUS QUE JAMAIS HABITÉ PAR SA MISSION D\u2019ÉQUITÉ, DE PROGRÈS ET DE JUSTICE SOCIALE.LE MONDE DU TRAVAIL A ÉVOLUÉ, MAIS L\u2019ACTION SYNDICALE DEMEURE TOUJOURS AUSSI PERTINENTE.PROMOTION 2 Le syndicalisme au Québec PROMOTION POUR UN SYSTÈME DE SANTÉ PLUS HUMAIN FÉDÉRATION INTERPROFESSIONNELLE DE LA SANTÉ DU QUÉBEC \u2022 FIQ En 2013, le système de santé québécois fait face à des défis majeurs: problème d\u2019accès à un médecin de famille, pénurie de main-d\u2019oeuvre, listes d\u2019attente pour recevoir certains services.Au cours des dernières années, il a connu plusieurs réformes et bouleversements qui ont touché directement les professionnels du secteur.« Nous faisons partie de la solution.Nous avons des propositions concrètes pour améliorer les services de santé et mieux utiliser l\u2019expertise de nos membres », indique Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ.Née en 1987, la Fédération des infirmiers et infirmières du Québec voit grossir ses rangs et accueille de nouvelles catégories de personnel - infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionistes - en 2005.La FIQ représente maintenant plus de 62 000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires (92 % de femmes), regroupées dans 59 syndicats et employées dans 151 établissements de santé au Québec.Humaniser les soins est une des grandes préoccupations de la Fédération, dans un système public de santé soumis à une forte pression : il se doit d\u2019évoluer avec la diversité des pathologies et les restrictions budgétaires, en même temps qu\u2019un système privé à but lucratif se développe.Lors de son dernier congrès, en juin 2011, la FIQ, a choisi de faire partie de la solution et d\u2019amener des propositions concrètes.La réflexion amorcée à cette occasion a débouché sur plusieurs projets qui pourraient améliorer les soins aux aînés et faciliter l\u2019accès de la population aux services de santé de première ligne.« Nous privilégions des projets qui émergent des communautés afin que les citoyens soient réellement au coeur des services qu\u2019ils reçoivent et que les professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires puissent jouer pleinement leur rôle et faire valoir leur contribution », souligne Régine Laurent.La FIQ propose ainsi la mise sur pied de maisons pour aîné-e-s, des milieux d\u2019hébergement sans but lucratif pour les personnes en perte d\u2019autonomie où il ferait bon vieillir.Des lieux à l\u2019échelle humaine qui permettraient aux personnes de vivre sans être déracinée et de participer activement au choix des services et des loisirs ainsi qu\u2019aux décisions qui régissent leur quotidien.Ces maisons proposeraient également une offre de soins globale, adaptée à l\u2019évolution de l\u2019état de santé des patients.Parallèlement, la FIQ propose la mise en oeuvre de soins de première ligne selon un modèle de dispensaire, des centres de santé multisciplinaires où on pourra avoir accès à une panoplie de services : consultation d\u2019un médecin en urgence, suivi de grossesse, soins à domicile, etc.Cette approche permettrait, selon la FIQ, de donner des services qui répondent vraiment aux besoins de la population et qui mettront en valeur le plein potentiel professionnel de celles qui soignent.Nous avons des propositions concrètes pour améliorer les services de santé et mieux utiliser l\u2019expertise de nos membres » Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ LA FIQ VEILLE SUR LA SANTÉ SYNDICALE DE SES 62 000 MEMBRES.COMMENT VA LA VÔTRE ?fiqsante.qc.ca PROMOTION Le syndicalisme au Québec 3 LE MOUVEMENT SYNDICAL AU QUÉBEC DEUX SIÈCLES D\u2019INFLUENCE BIEN DES GENS CROIENT QUE L\u2019AVÈNEMENT DU MOUVEMENT SYNDICAL AU QUÉBEC EST UNE AFFAIRE RELATIVEMENT RÉCENTE, QUI REMONTE PLUS OU MOINS À LA GRÈVE DE L\u2019AMIANTE EN 1949.MAIS LA RÉALITÉ EST TOUTE AUTRE.DÈS 1818, UN REGROUPEMENT DE CHARPENTIERS ET MENUISIERS OFFRAIT LES SERVICES DE SES MEMBRES, VIA UNE \u201cFRIENDLY SOCIETY\u201d, TEL QU\u2019ON PEUT LE VOIR DANS UNE PETITE ANNONCE DIFFUSÉE DANS LE CANADIAN COURANT.Quelques années plus tard, une association de tailleurs de vêtements était créée, puis une autre de compagnons imprimeurs.« La plupart de ces embryons de syndicats, fondés avant 1880, étaient des organisations plutôt faibles dont l\u2019existence était brève, rappelle Jacques Rouillard, professeur à l\u2019Université de Montréal et auteur de l\u2019ouvrage Le Syndicalisme québécois : deux siècles d\u2019histoire.Il faut savoir qu\u2019avant 1872, le syndicalisme était une institution illégale.» Les premières décennies du 20e siècle seront marquées par la naissance de nombreuses organisations syndicales et certaines grèves longues et mémorables, notamment celle des ouvriers de la chaussure dans la ville de Québec en 1926 et celle des employés de la Dominion Textile dans l\u2019ensemble du Québec en 1937.Mais la législation demeure alors peu favorable aux syndicats et il faudra attendre 1944 pour que le gouvernement d\u2019Adélard Godbout fasse adopter la Loi des relations ouvrières.« Cette loi représentait une grande conquête syndicale, puisque pour la première fois elle obligeait un patron à négocier avec ses employés dès que ceux-ci formaient un syndicat », explique Jacques Rouillard.La loi de 1944, qui introduisait dès lors un nouveau rapport de force dans les relations de travail, aura un effet considérable sur les effectifs syndicaux au Québec, qui augmenteront de plus de 100 000 membres entre 1945 et 1953.Nous assistons à ce moment au début de ce qu\u2019on pourrait appeler l\u2019âge d\u2019or du syndicalisme au Québec, qui s\u2019étend de 1940 à 1980, qui jouera un grand rôle dans l\u2019accroissement du pouvoir d\u2019achat des citoyens.« Les syndicats ont contribué à ce que les travailleurs salariés puissent participer à la société de consommation, en comptant sur des revenus appréciables.De plus, l\u2019assurance maladie, la pension de vieillesse, les prestations de chômage, le droit à l\u2019éducation pour tous, la loi sur l\u2019équité salariale, c\u2019est en grande partie aux syndicats qu\u2019on doit ces progrès sociaux.» D\u2019ailleurs, durant toutes ces décennies, les salaires horaires réels moyens ont augmenté de 50 % entre 1900 et 1940, pour bondir ensuite de près de 150 % de 1940 à 1980, souligne le professeur Rouillard.Après le fort mouvement de radicalisation des années 70, le syndicalisme s\u2019est retrouvé un peu plus sur la défensive au début des années 1980.Aujourd\u2019hui, le taux de syndicalisation, qui a déjà été de 40 %, se situe à 36 %.Pour le professeur Rouillard, ce n\u2019est probablement qu\u2019une étape, et le mouvement syndical pourrait connaître un second souffle.« Il faut cependant que les syndicats pénètrent le secteur tertiaire privé.C\u2019est là que se créent actuellement une grande partie des nouveaux emplois.Sans cela, les syndicats risquent de perdre une partie de leur influence et d\u2019apporter une contribution moindre à l\u2019évolution de la société.» Il rappelle qu\u2019on retient souvent les grands conflits lorsqu\u2019on parle de syndicalisme, mais qu\u2019on oublie volontiers que d\u2019immenses progrès sociaux ont été réalisés au Québec à la suite de grèves et de représentations auprès des gouvernements.« Il faut savoir qu\u2019avant 1872, le syndicalisme était une institution illégale.» Jacques Rouillard 1.La grève de l\u2019amiante, un moment marquant de l\u2019histoire du syndicalisme au Québec.2.Des ouvrières dans une usine de guerre, durant la période 1914-1918.3.En 1902, les journaux soulignaient à pleine page la Fête du travail, qui était à l\u2019époque accompagnée d\u2019un grand défilé des corps de métiers dans les rues de Montréal.4.En 1903, on salue la présence à Montréal de Samuel Gompers, un ancien cigarier qui rend visite à l\u2019Union locale.5.En 1894, des ouvriers déclenchent la grève et le font savoir de belle façon, devant une manufacture de chaussures à Québec.Pour plus d\u2019informations sur les publications de Jacques Rouillard en rapport avec le syndicalisme québécois, voir : http://histoire.umontreal.ca/uploads/tx_lbocours/cv_Rouillard_Jacques.pdf Le Canadian Courant, 16 mai 1818, p.3.défi lé Courant 1 2 5 3 4 4 Le syndicalisme au Québec PROMOTION UN TOURNANT AU CANADA, LA LÉGALISATION DU DROIT À LA SYNDICALISATION En 1872, le gouvernement fédéral de John A.Macdonald adopte une loi qui rend légale le droit pour les syndicats de négocier avec les employeurs les conditions de travail de leurs membres.Auparavant, les syndicats risquaient des poursuites, car on considérait comme liberté de travail le droit des employeurs de convenir avec chaque ouvrier de son salaire et de ses conditions de travail.La nouvelle loi marque un tournant dans les relations de travail au Canada, même si les employeurs peuvent toujours refuser de négocier avec les représentants de leurs salariés.LES CHEVALIERS DU TRAVA IL Issue des États-Unis dans les années 1880, cette organisation ouvrière combine les objectifs traditionnels des syndicats et ceux d\u2019un mouvement de réforme sociale.Les Chevaliers font appel à la solidarité de tous les travailleurs et à la collaboration de toutes les classes de la société pour améliorer le sort des travailleurs.Ils misent sur l\u2019éducation du public, la formation de coopératives et une action de représentation auprès des gouvernements pour acheminer les revendications de la « classe laborieuse ».Les assemblées disparaissent au début du 20e siècle, victimes, comme Le Québec au temps de l\u2019époque des Chevaliers du travail aux États-Unis, de la concurrence des syndicats internationaux.LES DÉBARDEURS DE QUÉBEC Au XIXe siècle, le syndicat des débardeurs du port de Québec, surtout composé d\u2019Irlandais, se distingue par sa vigueur.Fondé au départ pour secourir ses membres en cas de maladie et leur assurer des funérailles convenables, il s\u2019applique par la suite à relever les salaires et à améliorer les conditions de travail.Trois dures grèves en 1866, 1867 et 1869, permettent d\u2019obtenir des normes de travail très avantageuses pour l\u2019époque, dont la journée de travail de huit heures.Des débardeurs canadiens-français à la recherche de travail forment un syndicat concurrent en 1879.Un affrontement armé entre les deux groupes dans les rues de Québec fait deux morts et une trentaine de blessés.Le conflit est fi nalement résolu quand le syndicat consent à faire une meilleure place aux Canadiens français.DE 1900 À 1920, LE SYNDICALISME CONNAÎTRA UNE EXPANSION REMARQUABLE : LES EFFECTIFS SYNDICAUX PASSENT DE 10 000 ENVIRON À PRÈS DE 100 000.Représentant quelque 200 000 travailleurs des secteurs de l\u2019éducation, de la santé, des services sociaux et des services de garde, la CSQ est au coeur de bien des débats de société au Québec.« Au-delà des négociations et des conditions de travail, nous avons un rôle à jouer dans des secteurs névralgiques de la société québécoise, explique la présidente, Louise Chabot.Nous voulons des services publics forts, accessibles et de qualité qui puissent répondre aux besoins de la population, partout au Québec.Il nous faut investir en éducation, en santé et en services sociaux pour créer un tissu social fort.» Du côté de la santé, les soins de fin de vie ont fait la manchette encore tout récemment.En enseignement, les défis sont nombreux : salubrité des bâtiments, persévérance scolaire, précarité grandissante de l\u2019emploi.Autant de dossiers où la CSQ veille au grain.« Nous sommes contents de voir que le gouvernement élabore une politique nationale de lutte contre le décrochage et entendons participer à son élaboration», note la présidente.La CSQ a aussi participé à la formation de la Coalition québécoise contre la réforme de l\u2019assurance-emploi, s\u2019opposant aux modifications qui fragilisent certains secteurs d\u2019activité et régions du Québec.« Nous avons pu réunir des acteurs différents, des syndicats, l\u2019UPA, les groupes de défense des droits des chômeurs, les municipalités, du jamais vu! » La CSQ compte bien d\u2019ailleurs « renforcer sa pertinence et sa légitimité » et revoit ses pratiques et modèles pour continuer de représenter efficacement ses membres et de travailler à l\u2019avancement de la société québécoise.UN INTERVENANT MAJEUR DANS LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE Il peut sembler bien loin le temps où Laure Gaudreault, scandalisée par les conditions de travail et les salaires des institutrices, a créé en 1936 l\u2019Association catholique des institutrices rurales, qui allait devenir en 2000 la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).19E ET DÉBUT 20E SIÈCLE NAISSANCE ET AFFIRMATION DU SYNDICALISME BIEN QU\u2019ELLE AIT EU UN IMMENSE IMPACT ET ENTRAÎNÉ DES CHANGEMENTS DURABLES DANS L\u2019ÉQUILIBRE DES RELATIONS PATRONALES-SYNDICALES, LA GRÈVE DE L\u2019AMIANTE DE 1949 N\u2019EST PAS LE VÉRITABLE POINT DE DÉPART DU SYNDICALISME AU QUÉBEC.En effet, de 1900 à 1960, les niveaux de syndicalisation étaient identiques au Québec à ceux de l\u2019Ontario et des États- Unis : la propension à la grève se comparait à la province voisine, et les syndicats internationaux venus des États-Unis dominaient au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord.Dès la fin du 19e siècle, les syndicats exerçaient une influence significative sur les politiques gouvernementales.Déjà dans les années 1880, on peut parler de mouvement syndical avec l\u2019implantation d\u2019organisations venues des États-Unis.Ce sont les assemblées des Chevaliers du travail et les syndicats de métiers affiliés aux unions internationales.Ces deux organisations se dotent également, dès la fin du 19e siècle, d\u2019une structure d\u2019intervention spécifique auprès des trois niveaux de gouvernement.La forte expansion des syndicats internationaux incite alors le clergé québécois à fonder des syndicats catholiques pour faire contrepoids aux pressions de l\u2019extérieur et transmettre des valeurs conformes à la société de l\u2019époque.De 1900 à 1920, le syndicalisme connaît une expansion remarquable : les effectifs syndicaux passent de 10 000 environ à près de 100 000.« Nous sommes contents de voir que le gouvernement élabore une politique nationale de lutte contre le décrochage et entendons participer à son élaboration» Louise Chabot, présidente de la CSQ 1860-1880 CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC \u2022 CSQ PROMOTION Le syndicalisme au Québec 5 BRAQUER LES PROJECTEURS SUR LES TRAVAILLEURS DE L\u2019OMBRE SYNDICAT QUÉBÉCOIS DES EMPLOYÉES ET EMPLOYÉS DE SERVICE \u2022 SQEES Ils sont plombiers, électriciens, comptables, employés administratifs, préposés à l\u2019entretien, infirmières ou préposés aux bénéficiaires.Ils sont moins visibles que les médecins, pourtant, leur travail est tout aussi essentiel.Faire en sorte qu\u2019on ne manque pas d\u2019eau courante ou que le chauffage fonctionne dans un établissement de santé contribue à la qualité du service à la population au même titre que les soins dispensés par d\u2019autres professionnels.Ces métiers qui restent dans l\u2019ombre dans le réseau de la santé et des services sociaux gagneraient donc à être davantage reconnus.C\u2019est l\u2019objectif du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES), qui lancera une grande campagne de valorisation de leur travail en janvier prochain.« Tous ces employés jouent un rôle indispensable pour que les services de santé fonctionnent.Or, avec la formation de mégastructures comme les CSSS, ils ne sentent pas que la nature de leur travail est reconnue à sa juste valeur.Au lieu de se rapprocher du terrain, les centres de décision s\u2019en éloignent.Cela a un impact important sur la motivation.On assiste à du découragement, de la démotivation qui peuvent se traduire en absences et en arrêts maladie », estime Richard Belhumeur, vice-président aux membres du syndicat.La SQEES, créée en 1946, regroupe près de 25 000 membres travaillant en majorité dans le secteur public, dans les hôpitaux, les CLSC, les CHSLD, mais aussi dans les résidences privées pour aînés, les Centres de la petite enfance ou encore les coopératives de soins à domicile.Cette campagne vise à rassembler des témoignages de collègues, d\u2019usagers, de familles, qui seront diffusés sur un site Internet créée spécialement pour l\u2019occasion afin de partager la reconnaissance du travail de ces employés.L\u2019enjeu est important alors que le réseau public de la santé et des services sociaux fait face à une pénurie de main-d\u2019oeuvre et à la concurrence du privé.«Il faut prendre soin de gens qui travaillent dans le réseau pour ne pas les perdre, en leur offrant des conditions de travail adéquates, mais on doit aussi attirer des jeunes.Pour cela, ils doivent percevoir que ces emplois sont motivants, qu\u2019ils sont nobles et qu\u2019il sont importants pour la société québécoise », affirme Richard Belhumeur.Richard Belhumeur, vice-président aux membres du syndicat QUELQUES DATES CLÉS : 16 avril 1946 : Un groupe de 12 préposés à l\u2019entretien ménager fonde le « Building Service Employees Union ».1960 : Le syndicat compte 4000 membres.1970 : Il devient l\u2019Union des employés de service, et recrute dans les hôpitaux, les centres privés et les commissions scolaires 1993 : Il prend le nom de Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298 (FTQ).2000 : Le conseil général regroupe jusqu\u2019à 300 personnes qui représentent les 25 000 membres.2003 : Adoption de la loi 30 sur la fusion des accréditations syndicales dans le secteur de la santé et des services.SQEES-Santé/services sociaux 6 Le syndicalisme au Québec PROMOTION NAISSANCE DU SYNDICALISME CATHOLIQUE Le syndicalisme québécois s\u2019enracine dans deux familles syndicales, les syndicats internationaux venus des États-Unis et le syndicalisme catholique sous le modèle de syndicats confessionnels formés en Europe.Ces derniers forment en 1921 la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui deviendra la CSN en 1960.Les syndicats catholiques misent sur l\u2019esprit de justice des employeurs et la bonne entente pour parvenir à améliorer le sort des travailleurs.Mais ce modèle s\u2019avère vite utopique.Le mouvement est relancé sur de nouvelles bases qui mettront de l\u2019avant la défense des intérêts professionnels des travailleurs.En 1940, la CSN compte alors 46 000 membres, soit le tiers des effectifs syndicaux totaux au Québec.1937 LA FONDATION DE LA DU TRAVAIL DU QUÉBEC À l\u2019été 1937, les syndicats internationaux fondent la FPTQ, une fédération qui a deux objectifs principaux : défendre le syndicalisme international et adopter en congrès des résolutions au profit de « la classe ouvrière » qui seront acheminées au gouvernement du Québec.La fédération veut faire contrepoids au glissement de la société québécoise vers la droite à la faveur de la crise économique.Les syndicats internationaux sont accusés d\u2019être noyautés par des communistes et le gouvernement Duplessis adopte la « loi du cadenas » et plusieurs lois antisyndicales.L\u2019 arrestation de leaders de la grève des ouvrières du vêtement en 1937 renforce leur volonté de former une fédération.La FPTQ, qui regroupe les syndicats affiliés à la Fédération américaine du travail, se joint à ceux affiliés à Fédération des unions industrielles née en 1952 pour former la FTQ en 1957.LA FÊTE TRAVAIL, DE SEPTEMBRE Il fut une époque où le premier lundi de septembre était célébré avec faste par les syndicats affiliés aux unions internationales venues des États-Unis.À Montréal, la fête comporte un défilé dans les rues qui s\u2019ébranle pour la première fois en 1886.Empruntant les rues commerciales de l\u2019Est de la métropole, les syndiqués marchent selon leur syndicat, parfois avec leur costume de travail, et dans un ordre précis, presque militaire.Les syndiqués accompagnés de fanfares et chars allégoriques, arborant drapeaux et bannières, défilent en nombre imposant : entre 10 et 20 000 syndiqués avant la Première Guerre mondiale et de 25 à 30 000 syndiqués de 1918 à 1925.Ils veulent manifester symboliquement la fi erté de leur travail, la force du syndicalisme et leur identité comme classe sociale.Cependant, la participation au défilé s\u2019étiole pendant la Deuxième Guerre pour fi nalement disparaître en 1953.« Je souhaite faire en sorte que les Québécois connaissent mieux et soient fiers de leur milieu agricole.» Marcel Groleau, président de l\u2019UPA « Face à l\u2019imminence de l\u2019accord de libre-échange avec l\u2019Union européenne, il nous faudra nous démarquer si nous voulons demeurer compétitifs sur les marchés mondiaux.Nous pourrions miser sur la qualité de l\u2019environnement dans lequel sont produits nos aliments », dit d\u2019entrée de jeu Marcel Groleau.Par ailleurs, le Québec a clairement mis le cap sur la souveraineté alimentaire.« Les énoncés d\u2019intention du gouvernement devront se traduire en actions concrètes.Par exemple, la protection du territoire agricole en zone périurbaine et la densification des villes constituent des défis collectifs sur lesquels il nous faut agir dès maintenant.La pression sur nos terres agricoles est de plus en plus forte.» Acheter localement devra impérativement devenir un véritable credo.« Certification Aliments du Québec, politique québécoise d\u2019achat institutionnel : il faudra poursuivre sur cette voie et initier d\u2019autres moyens pour sensibiliser la population à l\u2019importance de consommer des produits d\u2019ici », enchaîne Marcel Groleau.Le défi de la relève « Sur ce plan, nous devons nous doter d\u2019une politique jeunesse », ce qui passe par la valorisation de la profession, la formation en agriculture et un plan d\u2019action en matière de financement et d\u2019aide au démarrage d\u2019entreprise.Parmi les objectifs personnels du président de l\u2019UPA?« Faire en sorte que les Québécois connaissent mieux et soient fiers de leur milieu agricole.» FÉDÉRATION PROVINCIALE DU LE PREMIER LUNDI 1900-1940 REVENDICATIONS SOCIALES Les syndicats constatent que la négociation collective en entreprise n\u2019est pas suffisante pour assurer la promotion des intérêts des salariés.Petit à petit, leurs réclamations touchent un large éventail de questions qui débordent le milieu de travail.Parmi les enjeux sociaux qui les préoccupent, on note le transport en commun, les politiques d\u2019immigration, la démocratisation du processus politique, la nationalisation des entreprises de services publics, l\u2019éducation publique et la mise en place de mesures de protection sociale.CAP SUR LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE L\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) c\u2019est une voix pour 42 000 agriculteurs et agricultrices du Québec.Mondialisation des marchés, souveraineté alimentaire, relève\u2026 À la veille de son congrès annuel qui réunira 400 délégués début décembre, Marcel Groleau, la tête dirigeante de l\u2019UPA depuis deux ans, fait le point sur les dossiers chauds.L\u2019UNION DES PRODUCTEURS AGRICOLES \u2022 UPA NAISSANCE ET AFFIRMATION DU SYNDICALISME DÉBUT DU 20E SIÈCLE Action collective Démocratie \u2013 Équité EnsEmblE on bâtit l\u2019avEnir dEpuis près dE 90 ans Justice sociale Respect \u2013 Solidarité PROMOTION Le syndicalisme au Québec 7 « Ils ont parfois l\u2019impression d\u2019être devenus de simples exécutants », confie Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE), qui regroupe 35 syndicats et représente plus de 60 000 enseignants, du préscolaire à la formation professionnelle.Elle explique que les enseignants ont souvent le sentiment de ne pas être écoutés par leur établissement.Ils doivent faire toujours plus avec des moyens limités et affronter des critiques publiques souvent nourries de préjugés.« Pourtant, les enseignants font partie des dix professions les plus appréciées des Québécois.La population les aime, mais la «machine» ne leur donne pas le sentiment d\u2019être valorisés », indique Josée Scalabrini.Pour redonner à la profession ses lettres de noblesse, la FSE a décidé de faire de la valorisation de ses membres une priorité en agissant dans plusieurs lieux pour changer les attitudes.De plus, le concours Prof, ma fierté ! lancé l\u2019an dernier, a permis de recueillir de nombreux témoignages auprès d\u2019étudiants sur les enseignants qui les ont marqués et de les diffuser sur le site Web créé pour l\u2019occasion.Cette année encore, élèves, collègues, parents et gens du public sont invités à rendre hommage à une enseignante ou à un enseignant de leur entourage qui fait la différence dans son milieu.Le but : redonner toute leur fierté d\u2019enseigner aux membres de la profession et rappeler à la population le rôle essentiel que ceuxci jouent pour l\u2019avenir de la société.Car faire une différence au quotidien dans la vie des élèves favorise la progression et la réussite du plus grand nombre.« Cette campagne suscite des témoignages extraordinaires et mérités qui font beaucoup de bien aux enseignants.Mais il nous faudra aller plus loin comme société pour reconnaître leur apport.Il faut aussi donner aux experts de l\u2019enseignement les conditions nécessaires pour leur permettre de faire leur travail, au plus grand bénéfice des élèves », de conclure Josée Scalabrini.DES ENSEIGNANTS QUI FONT PARTIE DE LA SOLUTION FÉDÉRATION DES SYNDICATS DE L\u2019ENSEIGNEMENT \u2022 FSE Depuis plusieurs années, les enseignants vivent une forme d\u2019usure morale face à leur travail.Les nombreux changements et réformes imposées par les différents gouvernements ont en partie contribué à les faire se sentir dépossédés de leur mission, tout comme l\u2019intégration des élèves en difficulté sans les ressources nécessaires, le manque de temps, la précarité d\u2019emploi et la gestion bureaucratique et comptable.« Les enseignants font partie des dix professions les plus appréciées des Québécois.La population les aime, mais la «machine» ne leur donne pas le sentiment d\u2019être valorisés » Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement LA FSE \u2022 Véritablement à l\u2019écoute de ses membres sur le terrain \u2022 Moteur infatigable de la valorisation de la profession enseignante \u2022 En lutte sur tous les fronts : tâche, précarité, élèves en difficulté, etc.\u2022 Présente à toutes les tables de négociation Seuls, les grands principes ne suffisent pas.Il faut faire plus que dénoncer.À la FSE, l\u2019opinion et l\u2019expertise des profs font partie de la solution ! fse.qc.net | profmafierte.com 8 Le syndicalisme au Québec PROMOTION CRÉATION DE LA CIC La Corporation des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec (CIC) devient le premier syndicat national regroupant l\u2019ensemble des enseignants.Issu de la fusion de trois syndicats \u2013 l\u2019Association catholique des institutrices rurales, la Fédération provinciale des instituteurs ruraux et la Fédération des instituteurs et institutrices des cités et villes \u2013 la nouvelle centrale abandonnera en 1967 son caractère confessionnel pour devenir la Corporation des enseignants du Québec.L\u2019Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) n\u2019a pas baissé les bras et connait au contraire depuis dix ans une vague de syndicalisation, ayant grossi ses rangs de quelque 25 000 travailleurs partout au Québec.De nouveaux syndiqués qui font démentir bien des préjugés à propos des syndicats.« Il s\u2019agit en bonne partie de jeunes de moins de 30 ans dans des emplois non traditionnels, c\u2019est-à-dire des emplois contractuels, à temps partiel et précaires », explique Jérôme Messier, conseiller syndical à l\u2019AFPCQuébec.Pour ce faire, l\u2019Alliance les a rencontrés individuellement afin de les convaincre de ce qu\u2019un syndicat pouvait leur apporter en termes concrets.« Ces auxiliaires d\u2019enseignement et professionnels de recherche dans des universités et des centres de recherche en milieu hospitalier affichent un taux de roulement élevé et nous avons constaté des pressions à la baisse sur les salaires », poursuit le conseiller.Les traditionnels mantras des syndicats - sécurité d\u2019emploi, ancienneté, fonds de retraite - ne pouvaient les intéresser.« Ils ont compris que ce sont eux qui formulent les revendications et qu\u2019ils sont partie prenante du processus de négociation », ajoute Jérôme Messier.Si l\u2019on songe que 40 % de la main-d\u2019oeuvre québécoise occupait en 2000 des emplois non traditionnels et que cette proportion a explosé, les syndicats ont là un tout nouveau rôle à jouer.DE NOUVEAUX SECTEURS À SYNDIQUER ALLIANCE DE LA FONCTION PUBLIQUE DU CANADA AFPC Coupes budgétaires, projets de loi spéciaux forçant le retour au travail, projets de loi attaquant les fondements mêmes du syndicalisme et l\u2019accès à la syndicalisation : les syndicats semblent attaqués de toutes parts.Depuis 2006, ce sont 35 000 postes qui ont été supprimés dans la fonction publique fédérale.GRÈVE DE L\u2019 AMIANTE Dans ce qui allait devenir le symbole de la lutte ouvrière contre le duplessisme, la grève de l\u2019amiante implique 5 000 travailleurs de la Canadian Johns-Manville et de trois autres compagnies des mines d\u2019Asbestos et de Thetford Mines.Les travailleurs, représentés par la CTCC (la future CSN) et appuyés par l\u2019archevêque de Montréal Mgr Joseph Charbonneau, réclament notamment l\u2019élimination de la poussière d\u2019amiante, une augmentation de 15 cents l\u2019heure et l\u2019instauration de la formule Rand.Cette grève illégale, qui durera quatre mois, est le théâtre de nombreux affrontements et suscite un vaste mouvement de solidarité à travers le Québec.LES ANNÉES 1940-1960 L\u2019INSTITUTIONNALISATION DU SYNDICALISME UNE DEUXIÈME VAGUE DE SYNDICALISATION SURVIENT DANS LES ANNÉES 1940 ET 1950, RÉSULTAT DU MILITANTISME SYNDICAL PENDANT LA DEUXIÈME GUERRE.EN ÉCHANGE DE L\u2019APPUI À L\u2019EFFORT DE GUERRE, LES SYNDICATS CANADIENS OBTIENNENT L\u2019ADOPTION DE LOIS FAVORISANT LA SYNDICALISATION.ELLES SONT INSPIRÉES DU WAGNER ACT VOTÉ AUX ÉTATS-UNIS EN 1935 QUI OBLIGE LES EMPLOYEURS À NÉGOCIER « DE BONNE FOI » AVEC LES REPRÉSENTANTS DE LEURS EMPLOYÉS LORSQU\u2019UNE MAJORITÉ D\u2019ENTRE EUX DÉSIRENT OBTENIR UN CONTRAT DE TRAVAIL.Le Québec emboite le pas en 1944 avec la loi des relations ouvrières dont les principes régissent encore le Code du travail.La stabilité organisationnelle des syndicats est renforcée dans les années 1950 par l\u2019obtention graduelle dans les conventions collectives de la retenue à la source de la cotisation syndicale (formule Rand).Le pouvoir d\u2019achat des salariés augmente considérablement et la semaine de travail recule de 48 à 40 heures.La semaine payée de vacances se répand graduellement et les conventions collectives comptent de nouveaux avantages comme les congés de maladie, des assurances collectives et un régime de retraite.Les syndiqués profitent de la prospérité des années 1950.Ils commencent à participer à la société de consommation en achetant des appareils électroménagers, une automobile et même une maison en banlieue.1946 1949 www.afpcquebec.com info-syndicalisation@psac-afpc.com Depuis 10 ans, l\u2019AFPC a contribué à améliorer les conditions de travail et de vie de 25 000 travailleuses et travailleurs nouvellement syndiqués dans le domaine de la recherche et de l\u2019enseignement.Joignez le mouvement! RESPECT RECHERCHÉ! PROMOTION Le syndicalisme au Québec 9 La centrale syndicale fondée en 1921 regroupe près de 2000 syndicats et compte près de 300 000 membres répartis dans plus de 4000 lieux de travail.Au Québec, si le taux de syndicalisation reste stable, à près de 40 %, le portrait est toutefois loin d\u2019être tout rose.« On fait face à une crise structurelle du travail.Environ 160 000 emplois ont été perdus au Québec dans le secteur manufacturier depuis 10 ans, des emplois en majorité syndiqués.L\u2019arrivée de grandes chaînes comme Walmart et Target a favorisé des conditions de travail atypiques, avec beaucoup de temps partiel », note Jacques Létourneau, président de la CSN.Ces transformations ont conduit la centrale à lancer un grand chantier de renouveau lors de son dernier congrès, en mai 2011.Un des grands axes : multiplier ses efforts auprès des travailleurs non syndiqués.« L\u2019exemple de ce qu\u2019on a fait avec Couche- Tard montre qu\u2019on peut faire preuve de souplesse et qu\u2019il est possible de s\u2019entendre avec un employeur.C\u2019est un tournant important qui ouvre des perspectives d\u2019avenir », dit M.Letourneau.Autre cheval de bataille : l\u2019avenir des régimes de retraite.Le président de la CSN redoute la perspective d\u2019un conflit générationnel entre les travailleurs plus anciens, qui bénéficient de régimes, et les jeunes, moins gâtés à cet égard.Les pistes de solution selon lui : « bonifier les régimes publics ou créer de nouveaux régimes complémentaires sectoriels, sur le modèle des centres de la petite enfance.» S\u2019ADAPTER À UN MONDE DU TRAVAIL EN ÉVOLUTION Le monde du travail change.La mondialisation de l\u2019économie, le vieillissement de la population, l\u2019arrivée d\u2019une nouvelle génération de travailleurs aux attentes différentes : tout cela conduit les syndicats à revoir leur approche.C\u2019est le cas de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).fi er « Ces transformations ont conduit la centrale à lancer un grand chantier de renouveau lors de son dernier congrès, en mai 2011.Un des grands axes : multiplier ses efforts auprès des travailleurs non syndiqués.» ADOPTION DU CODE DU TRAVAIL Le projet de loi 54, dont la version définitive est adoptée le 22 juillet 1964, réunit en un seul Code civil toutes les lois du Québec qui encadraient jusqu\u2019alors le droit d\u2019association, la négociation collective, la grève et le lock-out.Sous la pression des syndicats, le gouvernement Lesage réécrit trois fois son projet de loi pour fi nalement y inclure l\u2019élargissement du droit d\u2019association à de nouveaux corps professionnels et, surtout, la reconnaissance du droit de grève aux employés des hôpitaux, des commissions scolaires et des municipalités.CRÉATION DE LA CSN La Confédération des travailleurs catholiques du Canada, qui avait été créée en 1921 sous l\u2019inspiration de la doctrine sociale de l\u2019Église, abandonne définitivement son caractère confessionnel en devenant la Confédération des syndicats nationaux.Avec son président Gérard Picard et son secrétaire général Jean Marchand, la CSN accélère un virage idéologique annonciateur d\u2019une radicalisation qui se confirmera clairement au cours des années qui suivront.1960 1964 LA STABILITÉ ORGANISATIONNELLE DES SYNDICATS EST RENFORCÉE DANS LES ANNÉES 1950 PAR L\u2019OBTENTION GRADUELLE DANS LES CONVENTIONS COLLECTIVES DE LA RETENUE À LA SOURCE DE LA COTISATION SYNDICALE.CONFÉDÉRATION DES SYNDICATS NATIONAUX CSN LE PROGRÈS SOCIAL DÉPEND DE NOUS.facebook.com/LaCSN | twitter.com/LaCSN csn.qc.ca 10 Le syndicalisme au Québec PROMOTION Elle regroupe aujourd\u2019hui plus de 30 000 membres au Québec.Elle fait partie du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) qui en représente 285 000, dont la majorité provient des secteurs publics.Après 10 ans, la présidente de l\u2019APTS, Carolle Dubé, dresse le constat suivant de cette vaste réorganisation syndicale.« La création de l\u2019APTS a permis aux professionnels et aux techniciens du réseau de parler d\u2019une seule voix, ce qui leur donne une plus grande visibilité ainsi qu\u2019un bien meilleur rapport de force : ergothérapeutes, orthophonistes, technologistes médicales et autres professionnels bénéficient dorénavant d\u2019une plus grande écoute du gouvernement face à leurs revendications », note Carolle Dubé.Des défis à relever En tête de liste, vient l\u2019amélioration de l\u2019accessibilité aux soins de santé dans le réseau public (médecin de famille, examens réalisés plus rapidement, etc.).«Coûts plus élevés, qualité inégale des services, main-d\u2019oeuvre volatile : les tentatives des dernières années de faire appel au secteur privé ont été peu concluantes », analyse Carolle Dubé.«L\u2019amélioration des soins à domicile est également une priorité.Comme organisation, nous faisons les représentations nécessaires auprès du ministère de la Santé.Nous avons également participé aux consultations parlementaires pour nous assurer que le Québec disposera des ressources suffisantes, avec une main-d\u2019oeuvre bien formée et bien rémunérée pour répondre aux besoins de la clientèle aînée et en perte d\u2019autonomie de plus en plus nombreuse à vouloir demeurer à domicile le plus longtemps possible.» Carolle Dubé, présidente de l\u2019APTS LES ANNÉES 60 À AUJOURD\u2019HUI L\u2019ARRIVÉE DES EMPLOYÉS DES SERVICES PUBLICS ET PARAPUBLICS DANS LES ANNÉES 1960, LE SYNDICALISME FRANCHIT UNE NOUVELLE ÉTAPE EN REGROUPANT MASSIVEMENT LES EMPLOYÉS DES SERVICES PUBLICS ET PARAPUBLICS.ILS OBTIENNENT LE DROIT À LA LIBRE NÉGOCIATION ET À LA GRÈVE EN 1964 ET EN 1965, CE QUI PLACE LE QUÉBEC À L\u2019AVANT-GARDE DES LOIS DU TRAVAIL EN AMÉRIQUE DU NORD.L\u2019EFFECTIF SYNDICAL VOIT ARRIVER DE NOMBREUX COLS BLANCS ET UNE PLUS FORTE PROPORTION DE FEMMES.Depuis les années 1980, une croissance économique plus faible, un taux de chômage élevé, la forte concurrence liée à la mondialisation et la montée du courant néolibéral ralentissent la croissance syndicale.Moins en mesure de mobiliser leurs membres, les syndicats sont placés sur la défensive lors de la négociation collective et dans les débats sur les grands enjeux sociaux.Le taux de syndicalisation demeure assez élevé (36,3% en 2011), mais on note moins de grèves en général.Durant cette période, le discours syndical s\u2019adapte, les centrales modérant leur critique du système capitaliste et devenant sensibles à la santé économique des entreprises.FRONT COMMUN DES EMPLOYÉS DE L\u2019 ÉTAT À la veille des négociations entre l\u2019État québécois et ses 210 000 employés syndiqués, les trois grandes centrales syndicales \u2013 CSN, FTQ et CEQ \u2013 se regroupent pour créer un front commun face au gouvernement Bourassa.Leur principale revendication, pierre d\u2019achoppement des négociations : un salaire minimum hebdomadaire de 100 $ pour les employés du secteur public.Après 10 jours de grève, l\u2019Assemblée nationale adopte une loi de retour au travail.Pour avoir recommander de défier la loi spéciale, les chefs syndicaux Louis Laberge, Marcel Pépin et Yvon Charbonneau seront condamnés pour outrage au tribunal et passeront quatre mois en prison.Mais les syndiqués réaliseront quand même des gains substantiels.COMMISSION CLICHE Le 21 mars 1974, pour protester contre la présence de journaliers affiliés à une autre centrale que la leur, des ouvriers saccagent le chantier de LG-2 à la Baie James, causant des dommages estimés à quelques dizaines de millions de dollars.Une semaine plus tard, le gouvernement Bourassa met sur pied la Commission Cliche, qui se penchera pendant plusieurs mois sur les pratiques de violence, d\u2019intimidation, de chantage et d\u2019extorsion qui ont cours dans le milieu de la construction.En mai 1975, le gouvernement dépose une série de projets de lois inspirés des recommandations de la commission.10 ANS AU SERVICE DE LA SANTÉ DES QUÉBÉCOIS L\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) est une jeune organisation syndicale née en 2004 dans la foulée de la Loi 30.ALLIANCE DU PERSONNEL PROFESSIONNEL ET TECHNIQUE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX \u2022 APTS 1972 1974 PROMOTION Le syndicalisme au Québec 11 Les présidents des quatres syndicats qui composent le SISP, dans l\u2019ordre : Richard Perron, SPGQ, Lucie Martineau, SFPQ, Louise Chabot, CSQ, Carolle Dubé, APTS Sa raison d\u2019être?« Nous voulons prouver aux Québécois qu\u2019ils en ont pour leur argent avec leurs services publics, répond sans hésitation Carolle Dubé.L\u2019an dernier, une étude a démontré que plus de 60% des ménages québécois reçoivent plus en services publics (santé, éducation, fonction publique) que ce qu\u2019ils paient en impôts et en taxes.Par ailleurs, l\u2019accessibilité aux services publics pour les plus démunis permet de pallier les inégalités sociales.» Le SISP s\u2019emploie également à contrer les nombreux mythes qui sont véhiculés sur les finances publiques.« On nous dit que nous n\u2019avons plus les moyens de se payer des services publics, que nous sommes pratiquement en faillite.Pourtant, des milliards de dollars dorment dans des paradis fiscaux et on accorde de généreuses baisses d\u2019impôts pour les contribuables les plus riches ainsi qu\u2019aux multinationales.Il faut se donner les moyens d\u2019aller chercher l\u2019argent là où il se trouve ! », avance Carolle Dubé.Le SISP regroupe 285 000 membres issus de quatre organisations syndicales : la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).On parle de personnel enseignant, de fonctionnaires, de techniciens du réseau de la santé, de statisticiens, etc.« La mission du SISP consiste aussi à véhiculer un message positif des services publics et aussi à valoriser le travail de ses membres », conclut Carolle Dubé.«LES QUÉBÉCOIS EN ONT POUR LEUR ARGENT AVEC LEURS SERVICES PUBLICS » SECRÉTARIAT INTERSYNDICAL DES SERVICES PUBLICS \u2022 SISP En 2005, l\u2019heure était aux partenariats publics privés (PPP) et à la privatisation des services.Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) a alors été fondé pour faire face à la musique et «contrer les attaques à l\u2019endroit des services publics », rappelle sa porte-parole Carolle Dubé.50 ANS DU CODE DU TRAVAIL Au cours de l\u2019année prochaine, le ministère du Travail soulignera de diverses façons le 50e anniversaire de l\u2019adoption du Code du travail, qui demeure la principale loi régissant les relations de travail au Québec.Dès le début de 2014, le ministère entend rappeler par plusieurs moyens, dont le web, l\u2019importance de cette loi dans l\u2019histoire du Québec.RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL Le gouvernement de René Lévesque, élu en 1976 notamment grâce à l\u2019appui des syndicats, avait promis de gouverner en ayant un préjugé favorable aux travailleurs.Dès le 29 juillet 1977, le ministre du Tr avail Pierre-Marc Johnson propose une série d\u2019amendements au Code du travail.La loi 45 interdit notamment aux employeurs le recours à des briseurs de grève, les oblige à appliquer la formule Rand et les force à redonner son emploi à un syndiqué à la suite d\u2019un conflit de travail, en plus de faciliter l\u2019accréditation syndicale.LOI SUR L\u2019 ÉQUITÉ SALARIALE Désireux de mettre fi n aux écarts de rémunération \u2013 de 30 % en moyenne \u2013 entre les hommes et les femmes dans les mêmes catégories d\u2019emploi, le gouvernement Parizeau fait adopter la loi 35.Déposée par la ministre de l\u2019Emploi, de la Solidarité et de la Condition féminine Louise Harel, la Loi sur l\u2019équité salariale impose aux employeurs de verser aux femmes et aux hommes un salaire égal pour des emplois différents, mais équivalents.Il en résulte une hausse substantielle de salaires pour de nombreuses femmes.DURANT CETTE PÉRIODE, LE DISCOURS SYNDICAL S\u2019ADAPTE, LES CENTRALES MODÉRANT LEUR CRITIQUE DU SYSTÈME CAPITALISTE ET DEVENANT SENSIBLES À LA SANTÉ ÉCONOMIQUE DES ENTREPRISES.2014 1996 1977 La force vive du secteur public Pour consulter toutes nos publications : www.sisp.qc.net 285 000 VOIX UNIES POUR DÉFENDRE LES SERVICES PUBLICS Les Québécoises et les Québécois obtiennent plus en services que ce qu\u2019ils paient en impôt.Les services publics, ça profite à tout le monde. 12 Le syndicalisme au Québec PROMOTION SQEES_ainés PRENDRE SOIN DE CEUX QUI S\u2019OCCUPENT DE NOS AÎNÉS Avec le vieillissement de la population, les résidences pour personnes âgées sont en pleine expansion.Le réseau public ne pouvant suffire à répondre à la demande, le secteur privé s\u2019est emparé depuis une dizaine d\u2019années de ce marché.Les petites résidences familiales accueillant une vingtaine de pensionnaires côtoient ainsi de grands groupes possédant plusieurs centaines d\u2019unités.Le personnel pour travailler auprès des aînés dans ces résidences est donc de plus en plus sollicité.Seulement, les conditions de travail offertes aux travailleurs dans les résidences privées sont bien éloignées de celles consenties dans le réseau public.On parle de 11,40 $ de l\u2019heure en moyenne dans le privé, soit à peine plus que le salaire minimum.«Or, les tâches que l\u2019on demande aux travailleuses - ce sont à plus de 80 % des femmes - sont de plus en plus lourdes.Elles doivent aider les pensionnaires à se laver, s\u2019habiller et se nourrir, bref, remplacer les familles auprès des aînés, tout cela avec des conditions de travail précaires », dénonce Danièle Legault, vice-présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service.Ces conditions difficiles entrainent un taux de roulement important du personnel, ce qui a un impact direct sur la qualité et la continuité des soins offerts aux patients.Depuis quelques années, la SQEES a entrepris la syndicalisation de ces employés, qui sont aujourd\u2019hui près de 7500 à faire partie de ses membres.Pour les sensibiliser, ainsi que le public, à la nécessité de mieux faire reconnaître leur apport à la société, le syndicat a lancé la campagne «Prendre soin de nous, c\u2019est aussi prendre soin de vous !» Déjà, de nouvelles normes et exigences ont été mises en place par le gouvernement du Québec pour uniformiser les pratiques, notamment de la formation obligatoire.Le syndicat veut pour sa part obtenir les même conditions de travail pour ces employées que celles offertes dans le réseau public.Pour cela, il vise à harmoniser les conventions collectives en vigueur dans les différents établissements privés afin d\u2019avoir plus de poids auprès des employeurs dans la négociation.Objectif : terminer les négociations en 2015 et obtenir 15 $ de l\u2019heure pour les travailleuses du secteur.Un autre objectif consiste à continuer à bien informer les employées des différents changements qui touchent leur secteur.Danièle Legault, vice-présidente SYNDICAT QUÉBÉCOIS DES EMPLOYÉES ET EMPLOYÉS DE SERVICE \u2022 SQEES "]
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