La vigie : journal de critique et d'opinion, 31 mars 1909, mercredi 31 mars 1909
atteignez le comble BU 'CHIC, FUMEZ : : : Dixie et Camille - A 10 Cents — fhe Miller À Lock well Co.Ltd.JOUR N AL DE CRITIQUE ET D’OPINION Choisissez le meilleur GARCIA MORENO a 5 Cents.The Miller 6.Lockwell Co.Ltd.Vol.3-No.71—Québec, 31 Mars 1909 Abonnement : $1.00 par an.1 cent le numéro.Titrff tl' Aittiwirr* : lcrr.mnrtton 16c.la ligne, tcme Intrrlfw^ 10c.la Uffne.t la C'i Vigie, 8 rue Collins, Haute-Ville m u IVIIUW Chronique d’Ottawa La v.ix puissante de l'homme d’Ktat Mardi, 30 mars 1000.Nmi,s sommes encore plus ou moins sous le coup do l'émotion un peu violente causée par l’attente de l'expression de la politique du gouvernement, quant à ce qui concerne la contribution du Canada au maintien de la suprématie de la flotte anglaise.Il s'agissait d harmoniser les sentiments des diverses provinces qui composent notre immense pays, et cette entreprise paraissait difficile.Grâce ii la ; , ¦ antérieure du parti libéral depuis l'accession au pouvoir de sir Wilfrid Laurier, grâce surtout aux déclarations faites à ce sujet par le chef du gouvernement .déclarat ions reconnues suffisantes et acceptées par le gouvernement anglais, le premier ministre n'a eu qu'à tirer les conclusions des prémisses déjà posées pour satisfaire les deux côtés de la Chambre et faire adopter unanimement une résolution qui, sa us compromettre les intérêts matériels du Canada, est la reconnaissance formelle de notre condition de colonie autonome dans 1" Km pire dont nous faisons partie intégrante et dont, l'existence ne saurait être menacée sans que notre propre sécurité nationale fût compromise.Le débat, en somme, a été ce qu'il devait être.Le discours de 1 lion.M.Foster, “sous-chef de 1 opposition”, comme la spirituellement désigné le député de Xicolcl, NI.G.-A.Turcotte, a été un ell'ort oratoire de belle envergure, mais dont les conclusions ont été d'une désespérante indécision.Voici le langage dont il s es(.servi : "Si, après sérieuse considération, le premier ministre propose ce parlement un moyen pratique de faire face au danger, que ce soit par le cadeau de quelques Dreadnoughts ou une contribution en argent, l'opposition sera à ses côtés pour appuyer cette mesure”.Comme on le voit, il n’est pas possible d'être plus vague et plus nébuleux.D'un autre côté,comme nul des membres de la gauche ne s'est levé pour contredire ces paroles, nous avons raison de croire que toute l’opposition n objectait pas à l'offre formelle de vaisseaux de.guerre ou de quelques millions faite par le Canada à la mère-patrie.Disons tout, de suite que la pu- sition prise par le gouvernement est autrement virile et, nationale.Sir Wilfrid Laurier, qui Va fait connaître à la Chambre et au monde, n’a jamais peut-être prononcé un discours plus vibrant, et plus patriotique," plus respectueux de la tradition,plus conforme aux principes constitutionnels, plus empreint de sentiments humanitaires.C’est le langage de l’homme d’Klat mûri par l’expérience e(, par l’étude, parlant au nom de son pays, trouvant dans son esprit et dans son coeur la formule définitive pour exprimer la nature et l'étendue de notre solidarité avec l'Angleterre.La résolution adoptée unanimement par la Chambre, après quelques modifications suggérées par l’honorable chef de l’opposition, se lit comme suit : “Cette Chambre reconnaît pleinement.l'obligation dans laquelle se trouve le peuple du Canada d'assumer une part de plus en plus grande de responsabilité dans la défense nationale au furet à mesure de l'augmentation de sa richesse et de sa , , dation.“Dans les conditions actuelles des relations constitutionnelles entre la mère-patrie et les colonies autonomes, le versement de contributions régulières et périodiques au trésor impérial, pour fins navales et militaires, ne serait.pas, en ce qui concerne le Canada, la solution la plus satisfaisante de la question de défense nationale.“La Chambre approuvera cordialement toute dépense nécessaire destinée à promouvoir l'organisai ion rapide d'une marine canadienne qui agira en coopération avec la marine impériale et se tiendra avec elle en relations étroites, d'après les suggestions de I amirauté lors de la dernière conférence impériale, dans la conviction que la suprématie des flottes anglaises est essentielle à la sécurité du commerce, à la sauvegarde de l'Empire et de la paix du monde.“La Chambre exprime sa ferme confiance que, s’il en est besoin, le peuple du Canada sera prêt à tous les sacrifices pour donner au gouvernement impérial l'appui le.plus loyal et 1(> plus cordial pour maintenir ! intégrité de l'Empire.” Les députés suivants ont pris part à ce mémorable débat : Sir Wilfrid Laurier, l'hon.L.-P.Brodeur.F.-T.Congdon, député du Yukon, Alexander B.Warburton, député de Queens, fi.-A.Turcotte, député de Nieo-let.Ernest Boy.député de Dorchester.A.-NI.Beauparlant, député de Saint-Hyacinthe, du cote du gouvernement: el 1 lion.(ion.F.Foster,député de North Toronto.H.-L.Borden, chef de l'opposition, W.-S.Ni iddlebro, député de North-fircy.Geo.-11.Barnard, député de N ictoria.J.-A.( un ie, de la part dc la gauche.NI NI.Ernest Boy et A-NI.Beauparlant ont fait d excellents discours en français.NI.fi.-A.Turcotte, députe de Nicole!, a fait un bijou de harangue en anglais.n • * • Je n'ai pas le temps de vous parler d'autres choses, bien intéressantes pourtant.On discute actuellement, le p=ét de fjvl(UHM),-001), par le gouvernement au ürand-Tronc-Paeifiquc.• • • NI.Sam Desrochers, gérant de la Vigie, est a Ottawa depuis hier soir.Votre correspondant a eu le plaisir de dîner avec lui aujourd'hui même.Dernier mot à la Vérité La Vérité nous informe qu'elle n'entend pas entretenir une polémique avec nous : c’est une confession de jugement dont nous prenons acte.Nous ne tenons pas, de notre côté, à chicaner avec une feuille d’une mauvaise foi aussi révoltante.Cette fois, le brave “Antonio" s’est effacé, mais la rédaction elle-même nllirme des choses que nous ne voulons pas laisser passer sans en faire voir toute l’insanité et la fausseté.Ainsi, par exemple, le journal de NI.Tardive! allirme r.r eatlic-,lni que la loi du gouvernement de Bom lier vil le concernant Vin-fluence indue “ne visait nullement le clergé, mais seulement les personnes et les choses de l’ordre civil, les seules soumises à la juridiction des législateurs.” Voilà, certes, une découverte que son auteur devrait se hâter de faire breveter de crainte que quelqu’un ne lui vole son invention.C’est tout simplement prétendre que si des ecclésiastiques violent les lois civiles qui s’appliquent à tous les citoyens, ils ne devront pas être recherchés en justice! Lors même que des curés auraient fait perdre l’élection à un candidat en intimidant, les électeurs au nom de la religion, ce malheureux candidat, devrait être privé de son recours devant les tribunaux.En d'autres termes, ces prêtres, après avoir violé la loi civile, seraient au-dessus de celle-ci, et la main de la justice ne pourrait pas les atteindre.Si cette stupide prétention était admise, nous en verrions de belles, vraiment.Le plus amusant de tout, c’est que la Vérité, dans son ignorance, s’imagine (pie notre loi, en ce qui touche l'influence indue, est de pure invention canadienne.Or, cette législation est tout simplement empruntée à l’Angleterre, ou elle existe depuis bien longtemps.Ceux qui sont familiers avec la loi des élections contestées savent qu’en Angleterre il y a eu une foule de procès d élections dans lesquels des curés ont été impliqués et punis : qu’il nous suffise de mentionner la célèbre cause de Galway en Irlande.Mgr l’archevêque Taselicreau, dont l’autorité vaut bien celle de la Vérité, l’avait bien compris lorsque dans son mémoire à ltome il disait : "Les évêques peuvent bien imposer des peines canoniques aux prêtres désobéissants, mais toutes les censures du monde seront ini-fiuisstintes à réparer le mal cause à un candidat qui a perdu son élection par la faute des curés." N'est-ce pas là la reconnaissance formelle par ce haut dignitaire ecclésiastique du droit des candidats à se protéger devant les tribunaux civils contre l'influence induc exercée par les curés ?Du reste, a-t-il jamais condamné ceux (pii s’étaient servis, dans pareils cas, des moyens que leur fournissait la loi civile?Non assurément, et nous mettons la 1 é-rité en demeure d’établir le contraire.Niais il y a plus encore, le Pape lui-même a cru, dans sa suprême sagesse, devoir intervenir pour faire cesser les abus dont les libéraux avaient été victimes depuis tant d’années.Nous l’avons établi dans un article précédent.Pour tenter une justification, la Vérité cite le mémoire de Mgr I,allèche à Borne, auquel Mgr l'archevêque Taschereau répondit d'une façon victorieuse.La Vérité ment effrontément quand elle dit que tous les évêques, y compris Mgr Taschereau.“ont énergiquement protesté contre le jugement de la Cour Suprême.dans l’élection de Charlevoix, qui déqualifia sept curés.” Ce jugement a été rendu par feu le juge Taschereau lui-même, le frère du cardinal Et, pour le punir, sans doute, le Pape le nomma Commandeur de l’Ordre de St-Grégoire le Grand! ! ! On le voit, l'écrivain de la Vérité patauge et ses idées moyenâgeuses n’ont plus cours à l’époque éclairée où nous vivons.Il fait mieux de hangarer ses vieux fantômes qui ne font plus peur et qui ne font que rendre ridicules ceux qui cherchent encore à s’en servir pour epeurer les populations.BON A RAPPELER Du 1er juillet 1808 au .31 mars 1908, c'est-à-dire en onze ans moins trois mois, le Canada n importé de Grande-Bretagne des marchandises pour une valeur do $012,919,759 Du 1er juillet 1888 au 31 juin 1898, en onze pleines années, nos importations de même provenance s'élevaient a.$-1(19,811,52-1 Excédent $143,188,235 En chiffres ronds, pour périodes égales, le tarif préférentiel, graduellement porté de 12% pour cent à 25, puis à 33 pour cent, a donc fait vendre aux marchands anglais 150 millions de dollars de plus.Le bénéfice qu’ils ont réalisé sur cet excédent seul représente au moins la valeur de deux ou trois Dreadnought.11 est vrai que la préférence a aussi eu pour effet de grossir nos exportations en Angleterre,et par suite nos propres bénéfices.Mais, d’après la théorie économique chère à la libre-échangisto Angleterre qui consiste à vendre sur le marché qui paie le plus haut prix et à acheter sur le marché qui vend le moins cher, tout accroissement d’échanges représente un profit, pour l’acheteur comme pour le vendeur.Le tarif préférentiel que le gouvernement.taurier a donné it l’Angleterre est assurément une meilleure preuve de loyalisme que la soi-disant "politique nationale” de feir John-A.Macdonald, qui taxait lourdement les marchandises anglaises.Ce sont des choses bonnes à rappeler en ces temps de jingoisme.IL FAUDRA CHANGER DE TON .Tusques à quand, û Bourassa, cesserez-vous de faire le petit maître d’école ?Nous l’avertissons que le ton de pédant qu’il prend lorsqu’il -s’adresse aux ministres devient décidément agaçant.On le savait déjà, que c’est lui qui connaît tout et que tous les autres sont de parfaits ignorants : il l’a assez crié sur les hustings depuis que’quo.s années.Mais à la Chambre.il devra changer de ton.Ses théories sur le régime forestier d'Allemagne, de Suisse et de France peuvent émerveiller des élèves de troisième.Mais les grandes personnes savent la différence à faire entre l’Europe où l'on est obligé de vivre entassés les uns sur les autres, à raison de 5.0, 100.201) habit.in'.s au kilomètre carré, et notre immense Canada, où il n'y a encore qu’un seul grand homme, est-il besoin de le nommer ?LA MESURE DU GOUVERNEMENT SUR LES ACCIDENTS DU TRAVAIL Yu I"intérêt exceptionnel (pie provoque la proposition de loi soumise par Thon.NI.Tasche-reau.nous en donnons le texte presque au complet : 1.Les accidents survenus par le fait du travail, aux ouvriers, apprentis et employés occupés dans l'industrie du bâtiment, dans les usines, manufactures et ateliers, et dans les chantiers de pierre, de bois ou de charbon ; dans les entreprises de transport par terre ou par eau, de chargement ou de déchargement, dans celles de gaz ou d'électricité, de construction, de réparation ou d entretien de chemins de fer ou tramways, d’aqueducs, d’égouts, de canaux, de digues, dp quais, de docks, d'élévateurs et de ponts : dans les mines, minières, carrières, et, en outre, dans toute exploitation industrielle.sauf 1 industrie agricole, dans laquelle sont fabriquées ou mises en oeuvre des matières explosives, ou dans laquelle il est fait usage d'une machine mue par une force autre que celle de l'homme ou des animaux, donnent droit, au profit de la victime ou de ses représentants, à une indemnité réglée conformément aux dispositions ci-après.2.Dans les cas prévus par Varticle 1 de la présente loi, la victime a droit : a.Pour l’incapacité absolue et permanente, à une rente égale à cinquante pour cent de son salaire annuel, à compter du jour de, 1 "accident ou de celui où, suit pur l'accord des parties, soit par le jugement définitif, il est constaté que l’incapacité présente le caractère de la permanence : h.Pour l’incapacité partielle et, nermanente, à une rente égale à h: moitié de la réduction que l’accident fait subir au salaire ; •\ Pour l'incapacité temporaire.à une indemnité journalière égale à la moitié du salaire touché au moment ilp 1 accident.si l'incapacité de travail a duré ni us de sept jours et à partir du huitième jour.Le capital des rentes ne doit eenendant.dans aucun cas.sauf celui mentionné à l'article 5, excéder deux mille piastres.3.Lorsque l’accident a causé la mort, l’indemnité comprend une somme égale à quatre fois le salaire moyen annuel du défunt au moment de l’accident, ne devant, dans aucun cas, sauf le cas mentionné à l'article 5, être moindre que mille piastres ni excéder deux mille piastres.Il est en outre payé une somme n’excédant pas vingt-cinq piastres pour les frais de médecin et de funérailles, à moins que la victime ne soit membre d'une association tenue d’y pourvoir et qui y pourvoit.5.Aucune indemnité n’est accordée dans le cas où l’accident a été causé par la faute intentionnelle de la victime.Le tribunal peut diminuer l’indemnité si l’accident est dû à la faute inexcusable de l’ouvrier, ou l’augmenter s’il est dû à la faute inexcusable du patron.fi.Si le salaire annuel de l'ouvrier dépasse six cents piastres, il n’est pris en conisdération quo jusqu’à concurrence de ce montant.Pour le surplus, et jusqu’à mille piastres, il ne donne droit qu’au quart des indemnités susdites.Dans le cas d’un salaire annuel d’au-delà de mille piastres, la présente loi ne s’applique pas.9.Dès que la permanence de l’incapacité du travail est constatée, ou, en cas de mort de la victime, dans le mois dp l’accord entre le chef d’entreprise et les intéressés, et, à défaut d’accord, dans le mois du jugement définitif qui le condamne, le chef d’entreprise doit payer, suivant le cas, le montant de l’indemnité à la victime ou à ses représentants,ou le capital des rentes à une coinpa-irniee d "assurance agréée à cette fin par arrêté du lieutenant-gouverneur en conseil.10.Les rentes créées en vertu de la présente loi sont payables par trimestre.Los indemnités pour les cas d'incapacité temporaire sont payables aux mêmes époques que le< salaires des autres employés, ne devant, en aucun cas, excéder seize jours.12.Toutes le.s indemnités prévues par la présente loi sont incessibles et insaisissables.13.I es indemnités déterminées aux articles qui précèdent sont à la charge exclusive du chef de l'entreprise, lequel ne peut faire aucune retenue sur les salaires, de ce chef, même avec le consentement.du salarié.17.Los ouvriers qui travaillent seuls d’ordinaire ne peuvent être assujettis à la présente loi par le fait de la collaboration accidentelle d'un ou de plusieurs autres ouvriers.18.La victime est tenue, si le "bof d'entreprise l’exige par écrit,de subir un examen fait par un médecin pratiquant, choisi et payé par le chef d'entreprise, et, si elle refuse dp se soumettre, à cet examen ou s’y oppose en aucune façon, son droit à l’indemnité, ainsi que tout recours pour le mettre à effet, reste suspendu jusqu’à ce que l’examen ail lieu.19.Toute convention contraire aux dispositions de la présente loi est nulle de plein droit.21.La Cour Supérieure et la Cour de Circuit connaissent de toute demande et de toute contestation résultant de la présente loi, conformément à la juridiction qui leur est attribuée respectivement par le Code de procédure civile.22.L'appel et la revision des jugements qui en .sont, suceepti-blcs doivent être interjetés dans les quinze jours de la date do leur reddition, à peine de déchéance.Ces appels ont pré-séace sur les autres.23.Le tribunal ou le juge peut, à toute phase de la procédure, avant jugement, ou pendant l’instance en appel, accorder, sur requête, une provision à la victime ou à ses ayants cause sous forme d’allocation journalière.24.Le procès par jury est aboli dans toute cause en vertu de la présente loi ; mais les procédures sont sommaires et soumises aux dispositions du code de procédure civile relatives à ces matières.25.L’action en recouvrement des indemnités prévues par cette loi se prescrit contre toutes personnes par un an.2G.Une demande en revision des indemnités, fondée sur une aggravation ou une atténuation de l’infirmité de la victime, est ouverte pendant quatre années à dater de l’accord survenu entra les parties, ou du jugement définitif.Cette demande est faite par action.27.Avant d’avoir recours aux dispositions de la présente loi, l'ouvrier doit y être autorisé par un juge de la Cour Supérieure, sur requête signifiée au patron.I>e juge peut, ayant d’accorder cette requête, l’ajourner ou employer tels moyens qu’il croit utiles pour amener une' entente entre les parties.Si elles s’accordent, il peut rendre jugement conformément à cette entente,sur la requête même et ce jugement n le même effet qu’un jugement final de la cour de juridiction compétente.28.La présente loi entrera en vigueur le premier janvier 1910, et ne s’appliquera ni aux causes pendantes ni aux accidents arrivés avant sa mise en vigueur.(Les paragraphes omis concernent la distribution des indemnités aux survivants ; !'exclusion des ouvriers étrangers non résidents dans le pays, dos privilèges de la loi, et autres détails secondaires.) OPINION DE LA PRESSE (De la “Patrie”) Le bill présenté à VA.',semblée Législative par l'honorable NI.Taschereau a été bien reçu par l’opinion publique.Les défauts de détail qu’on y trouvera, comme dans toute mesure de cette nature, seront corrigés au fur et à mesure que l expérience les fera découvrir : mais le but canit.d de ce bill qui est la reconnaissance du risque professionnel et la réparation prompte et sans frais de ses conséquences fait désirer qu’il devienne loi le plus promptement.possible, qu’on en corrige ou non les défauts à cette session.Ce bill ne fait qu’inscrire dans nos statuts les excellentes conclusions du rapport de la commission nommée en 19117, par le gouvernement de Québec “pour étudier les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail." Avant de signaler les articles de la loi Taschereau qui gagneraient à être élucidés, expliqués, il nous faut exprimer le regret, que l'assurance obligatoire ne figure pas dans cette loi à côté de la reconnaissance du risque professionnel, dont elle est le complément.Cette loi établit l'indemnité à laquelle ont droit le travailleur, ou ses héritiers, en cas de blessures ou de mort au cours du travail.mais elle n'assure nullement le paiement de cette indemnité qui.bien que constituant une dette très privilégiée, n’en est pas moins un»» dette dont le paiement dépend de la solvabilité du patron.L'inscription du risque professionnel dans nos statuts aurait dû être accompagnée de celle de l'assurance obligatoire, laquelle y figurera au lendemain de.la première indemnité qui ne sera pas payée.Pourquoi ne pas l’y mettre tout de suite ?Avec l’assurance obligatoire, le patron sait “où il en est", combien lui coûte la protection do ses ouvriers et est toujours en mesure de faire face aux obligations que la loi lui impose.L’assurance obligatoire mot.le patron à l’abri de tout cataclysme financier pouvant suivre une catastrophe industrielle.Ils sont nombreux les petits patrons qu’une explosion de chaudière.l’éclatement d’une meule entraînant la mort ou l'incapacité de travail de plusieurs ouvriers ruineraient, en les mettant dans 1 impossibilité de remplir complètement les obligations que la loi leur impose ou profit de leurs ouvriers et de leur famille.Et cette assurance est loin d'être onéreuse : les commissaires nous apprennent par leur excellent rapport qu'en Angleterre les patrons sont appelés à payer des primes annuelles variant, de Y, de 1 p.c.à 2 u.c., des salaires.suivant les industries.Ils citent, prenant les prime,s les pins élevées pour l’exemple, le cas d'un fabricant d’ouvrages de fonte payant $10,090 de salaires par an et dont la prime globale d'assurance contre les accidents serait, de $50 à $200 selon le genre d'ouvrage qu’il exécuterait.Ils citent également le vas d'un fabricant de machiner à coudre, et d’autres ouvrages semblables, navant également $10.000 de salaires par an dont la prime varierait de $17.50 à $25.11 n’y a pas là.on le voit, de quoi ruiner un industriel, encore moins de quoi légitimer la prétention des adversaires du risque professionnel et de l’assurance obligatoire, affirmant, que l’application de ces deux principes mettrait les industriels qui v sont soumis dans l'impossibilité de lutter contre leurs concurrents étrangers qui n'y sont pas assujettis.Or, a dit encore que l'assurance obligatoire rendait les patrons insouciants de la sécurité de leurs employés et qu’elle était une cause d’augmentation des accidents.Cette prétention est.erronée et.démentie par les statistiques.Doux causes tendent, au contraire, à faire diminuer le nombre des accidents.Tin première, inscritq dans la loi Taschereau.est que l’indemnité que le patron doit payer est beaucoup plus forte si l’accident peut être imputé à une faute volontaire et inexcusable du patron—tel le défaut de protection des machines.La seconde, que les compagnies d'assurance abaissent le taux de leurs primes pour les ateliers adoptant le moyens de protection qu’elle in- «1 iqlient et souvent qu’elles imposent.Nous ne voulons aujourd’hui que signaler ce qui est une grave lacune dans l’importante loi quo la Législature va être appelée à discuter, remettant à un autre jour 1 étude de quelques articles qui demandent d'être rédigés en termes plus positifs pour éviter toute erreur d'interprétation.Le “Montreal Star” du 2(1 mars publiait ce qui suit : Le nouveau bill Taschereau bon en principe.—Cette- responsabilité personnelle ferait disparaître bien des abus.Les dispositifs du bill de l’hon.M.Taschereau sur la responsabilité des accidents que subissent les ouvriers dans l’accomplissement de leur travail ne paraissent pas être du goût, de tous les avocats de cette province.Quelques-uns, et parmi eux les meilleurs juristes de Montréal, sont d’opinion que cette législation va réduire le nombre de procès pour cause d’accidents de travail, en facilitant le.règlement dans la plupart des cas.Et c’est là justement ce qui déplaît à d’autres membres de la profession.M.T.-G'.C'asgrain, O.K., interrogé à ce sujet, dit : “Le principe de la loi est bon, et sans avoir devant moi tous les détails de la législation projetée, je crois qu'elle devrait être passée dans 1 intérêt bien entendu, et des patrons et dis employés.Il existe une loi semblable en Angleterre et en plusieurs autres pays d Europe, et je ne vois pas pourquoi il en serait autrement ici.“11 y a quelques années, lorsque l’ancien procureur-général l’hon.juge Arehambault présenta un bill semblable au Conseil législatif, ¦> 1 étudiai à fond et, vins à la c< ichmon que le principe de la loi est excellent.Te ne crois pas que le barreau de cette province s'oppose à cette législation : tous loi avocats devraient être en faveur de son adoption.“La nouvelle loi, si elle passe, aura le bon effet de mettre fin à certains abus.La majorité des actions intentées aux compagnies au nom des victimes d’accidents ouvriers, ou par les parents de ceux qui .se font tuer à l’ouvrage, ne leur donnent pas satisfaction aux réclamants.De fait,ils en souffrent souvent plus après le procès qu’avant.T1 est bon do dire que nombre de ces actions ne sont pus de l initiative les victimes elles-mêmes, mais sont, l'oeuvre de spéculateurs qui battent monnaie avec ces droits d’action”.La “Montreal Gazette" consacrait vendredi dernier un long article au projet de loi Taschereau.“Le bill définissant la responsabilité des employeurs, dit.l’organe conservateur, dans les cas d accidents dont leurs employés sont victimes, est soumis à la législature comme mesure du gouvernement ; il ne propose 1 introduction d’aucun nouveau principe.C'est déjà la pratique des tribunaux d’accorder compensation pour tout dommage souffert par les travailleurs par la faute ou la négligence du patron ou de son représentant ou même d’un camarade de travail : en pratique, l’unique mitigation arrive lorsque, par sa propre insouciance ou sa négligence, la victime a contribué à l’accident.Lorsque l’adjudication des dommages est, laissée au jury, elle paraît assez souvent basée sur ce que le patron est capable de payer plutôt que sur ce que la victime peut raisonnablement réclamer comme compensation pour sa perte réelle, ("est une question qui a fait l’objet de sérieuses études en maints pays.” La “Gazette" établit ensuite que la coutume et la jurisprudence tendaient déjà à régler le montant de la compensation uniquement sur l’étendue et la gravité du dommage souffert.Suit une rapide analyse du projet de loi, puis l'article conclut en ces termes : “Le bill est important sur plusieurs points.C’est en quelque, sorte la reconnaissance de l’inévitabilité des accidents dans l'industrie moderne; l’idée est que, s'il est de bonne politique d’obliger le patron de payer compensation aux victimes, il est bon aussi de fixer cette compensation d’après' une échelle équitable, de sorte que le patron, au moyen de l’assurance, puisse se protéger raisonnablement contre des jugements ruineux, et ainsi assurer qu'il sera en mesure de payer toutes telles compensations auxquelles il peut être exposé.La proposition dans son ensemble mérite la plus sérieuse attention de la Législature et de tous ceux oui sont intéressés dans le progrès industriel de cette province.” ^ 0716 LA VIGIE Mercredi, 31 mais 1000.UN LIVRE D’HISTOIRE CANADIENNE M.le sénateur Poirier vient de publier duns le “Journal de Françoise” un article supérieurement.troussé, que nous nous permettons d'emprunter en entier.Ces belles pages lui sont inspirées par la lecture d'un livre publié l'an dernier par un de nos concitoyens, et qui n'a eu qu un malheur : celui d’arriver au beau milieu de nos batailles électorales.11 semble avoir été enterré sous une montagne de ces brochures politiques que les deux partis, semblables aux belliqueux héros de “Lutrin”, se lancèrent par la tête presque sans interruption, de mai à la Toussaint dernière.Dans ce brouhaha, l'ouvrage en qcutsion avait passé presqu'inaperçu ; mais les oeuvres solides sont impérissables, et une fois le tremblement de terre passé, on finit par retrouver dans les décombres le livre de M.Ludovic Bru-net, pour le remettre sur les rayons de sa bibliothèque.Nous laissons la parole au distingué collaborateur de l'excellent “Journal de Françoise” : “La Province dit Canada de 184(1 à 1807 (typ.La flamme & Proulx, Québec).C’est un prix Monty on, ou tout comme.Le gouvernement de M.Marchand avait ouvert, en 1898.un concours, et offert, un prix de.400 dollars,pour la meilleure étude sur la période de notre histoire s'étendant de 1840 à 1807.Ou ne.sait pas combien il y eut de concurrents.11 n'est pas dit.non plus, quels furent les juges.En tout cas.ce ne fut pas la section française de la Société 11 ovale.M.Ludovic Brunet, de Québec, décrocha la timbale.Comme ce n'était qu'un événement littéraire, les journaux et les revues ne s'occupèrent guère de la chose banale qu'un premier ministre faisant concurrence à Nobel et à Montyon.Concours et lauréat valent, certes, la peine qu'on en parle dans les gazettes, quoique tardivement.Qui sail si le phénomène lip se renouvellera pas, quelque beau jour : si l'on ne verra pas, à défaut de plein iers-ministres suffisamment patriotes.quelques-uns de nos riches banquiers se constituer les Mécènes des lettres canadiennes, et employer le surplus de leur fortune à fonder des prix de vertu.Quelle aubaine pour l'Académie que l'on projette de fonder, ou pour la section française de celle qui existe déjà, et que l'on se propose, paraît-il.de démolir.si quelqu'un songeait à l'une d'elles pour en faire.comme la chose se pratique à l'Institut de France, un tribunal permanent d'arbitres de ces sortes de tournois littéraires ! La période choisie pour le concours est, sous un certain point de vue, la plus fondamentale de toute notre histoire.Sous l'ancien régime, le roi, la noblesse ci le clergé étaient tout.Le “bon plaisir " régnait de droit divin.Le peuple allait où on le poussait : à la guérie le plus souvent ; et cette guerre se faisait rarement à son profit ou dans son intérêt.quoiqu'il en portât tout le fardeau.Le peuple, politiquement et civilement, n'était rien : l'abbé Sieyès l'a dit avant moi.De 17G3 à 1834, le Canada français est un homme gisant par terre, qui fait de vains efforts pour se relever.Le vainqueur ne s'en embarrasse guère, parce qu'il le croit frappé à mort.Mais voici que dans le clairon-nement des résolution,;, l'An gleterre l'entend, tout à coup, qui demande à vivre, au Canada, 11 vie intégrale du libre citoyen anglais ; et.aux lueurs de la torche révolutionnaire promenée par Papineau, elle s'aperçoit que le jeune athlète s'est relevé, en force, comme on dit dans le langage du sport.Afin de se rendre compte d’un état de fermentation qui ne laisse pas de lui inspirer certaines inquiétudes, à cause du voisinage des Etats-Unis, elle députe lord Durham au Canada, pour s'enquérir des causes du malaise et voir aux remèdes à y apporter.Après cinq mois de séjour, le noble lord s'en retourne et présente son mémorable rapport,dans lequel nous voyons la largeur de vues d’un homme (l’Etat anglais s’alliant aux cauteleux—machiavélisme d’un diplomate italien du moyen-âge.11 n’y a, d’après lord Durham, aucune raison sérieuse de s'alarmer.Pour tout faire rentrer dans l’ordre et servir, en même temps, les intérêts britanniques,pas n’est besoin de recourir aux moyens violents.Qu’on lie, sous le même joug, la province française du Bas-Canada, - et la province anglaise d'Ontario, et celle-ci, plus forte, quoique moins populeuse, 450,000 contre 050,000, mieux constituée, plus intelligente, plus “british”, en un mot,ne tardera pas à avoir raison de sa campagne, à la dominer, et, fi-nclement, à lui casser les reins, si l’on a soin .surtout de la surcharger de cinq milions de dettes de la "province soeur”.Il ne restera plus, ensuite qu’à l’angliciser.“Les Cnn ad i en s-f ra n ça is, nous dit M.Ludovic Brunet, étaient jusqu'à l’époque de.l'union, malgré leur supériorité numérique, dans un état certain d'infériorité vis-à-vis des Anglais.Nous assisterons à leurs luttes dans les assemblées législatives ; nous verrons comment,peu à peu.ils prendront l’ascendant ; comment, rapidement, ils s’assimileront les institutions parlementaires an glaises, et comme ils apprendront vite à se servir à leur avantage, mais sans injustice, de celte arme redoutable, le gouvernement responsable.En même temps.on verra que dans toutes les questions, inévitablement, surgira la rivalité des deux races.” Le développement de ces propositions et l'exposé, dans un ordre strictement chronologique, des faits saillants de cette période de notre histoire, font le sujet et la matière du livre de M.Bru-net.On , Ouvrage d’Actualité LA PRISE DE ÇÜEBEG TRADUIT DES ŒUVRES DE FRANCIS PARKMAN — PAR — ULRIC.BARTHE Un beau volume, avec illustrations de prix En librarie : Broché $ tabac-ruMERûommm -aw- " v • .‘ •- 1-* , s a.I ¦’.2- v>.^ock en y TABAcmmm/iffmf s r Feuilleton littéraire de la Vigie JOURNAL ZDTJ- Marquis de Montcalm Durant ses campagnes en Canada de 1756 à 1759 No.41 La milice de Montréal est arrivée a quatre heu-» du soir, faisant trois cents homines; ils campent soir ici et se rendront demain au Portage.11 y a lintenant cent soixante bateaux passés sur le lac iut-Sacrement ; il en faut au moins deux cent cillante.Les pluies continuelles ont tort gâté le che-n.Il est aussi arrivé une centaine de sauvages, nt.quatre-vingts l‘outéotamis.Le ‘20 juillet 1757.Les sauvages ne partent pas aujourd Oui ; on les 'demis, en leur donnant deux bum Is.Mais connue les ont trouvés maigres, iis en ont tué deux autres.On continue les charrois du portage.M.Dumas, lc-major des troupes de la colonie, travaille actucl-neiit.à mettre de l’ordre dans les milices, a en ior-ir des brigades, à leur attacher des officiers ,il doit ssi, des compagnies de la marine, composer un ta il I011 de cinq cents hommes destiné a faire le sor-20 avec les troupes françoises.Les officiers qu on tache à ce bataillon, sont ceux qu on sait être les )ins propres à marcher avec les sauvages et a faire métier de partisans.Sur les dix heures, la berge que nous envoyons us les jours a la découverte, et qui étoit montée do uf Canadiens et d’un cadet, aux ordres de Al.de lint-Ours, lieutenant des troupes de la marine, a rencontré des berges angloiscs, par le travers de Vile à la Marque.Je ne sais ce qu’ont l'ait ou ce que n’ont pas fait ces Canadiens; ce qui est certain, c’est que notre berge est revenue, M.Gros-Bois, cadet, ayant été blessé à mort, M.de Saint-Ours l'ayant été legcrcnmt à la main, et deux miliciens assez dangereusement.Deux conseils avec les sauvages, l'un avec des Outaouais et des Sauteux, l'autre avec des Poutéolatnis.Les premiers sont décidés à partir demain soir, à partager leur troupe, partie sur la rive droite, partie sur la rive gauche du lac Saint-Sacrement, le reste sur le lac même, et à découvrir jusqu’au fort George, où ils tâcheront oc faire coup.J'ai dit qu’ils é toi eut décidés à partir: j'aimerais autant parier qu'ils ne partiront pas au jour qu’ils en sont convenus.Les Poutéotamis, les plus sages et les plus obéissants de tous les sauvages, iront demain au camp du Portage pour y rester, faire la volonté de M.de lligaud, et attendre le départ de M.de Yillicrs, sous la bannière duquel ils veulent marcher.Seulement, pour remplir leurs engagements avec les autres nations, ils envoient quelques-uns de leurs jeunes gens avec les Outaouais.Les chefs de ceux qui marchent en découvertes, sont venus apporter au marquis de Montcalm autant de bûchettes qu’il y a d’hommes dans le parti, cérémonie qu’ils observent toujours, quand ils vont frapper.C’est le contrôle du détachement.Ainsi, dans les premiers temps de la monarchie des Perses, lorsqu’on marchoit à la guerre, chaque guerrier déposait une flèche dans un lieu publie; au retour, chacun reprenait la sienne, et le nombre de celles qui restoient indiquoit la perte qu'on a voit faite.Je dirai ici une fois pour toutes, qu’indépendamment de l’obligation où l’on est d'être l’esclave de ces sauvages pour les -mtendre, jour et nuit, en conseils et en particulier, imsquc la fantaisie leur en prend, ou lorsqu’un rêve, un accès de vapeur et toujours l’objet de mendier de Veau-de-vie ou du vin les amènent, il leur manque toujours quelque chose relatif à leur équipement, leur armure ou leur toilette, et que c’est au général de l’armée à donner des billets pour la plus petite partie de ces distributions, détail éternel, minutieux, et dont on n'a pas l’idée en Europe.Le 21 juillet f 757.Les Outaouais sont venus ce matin, demander au marquis de Montcalm deux équipements qu’ils doivent offrir en sacrifice au manitou, au moment où ils partiront.Cette nuit, l'un d'eux a voit rêvé que le lac St-Saerement étoit couvert d"Anglois.Alerte dans le camp sauvage; il a fallu réveiller le marquis de Montcalm, (pii les a envoyés coucher en les assurant qu'il n'en étoit rien.Au reste, la religion de ces sauvages des pays d‘En-Haut est le paganisme brut et encore dans son enfance.Chacun d’eux se fait un dieu de l'objet qui le frappe, le soleil, la lune, les étoiles, un serpent, un orignal, enfin tous les êtres visibles, animés ou inanimés.Cependant, ils ont une façon de déterminer l’objet de leur culte.Ils jeûnent trois ou quatre jours; après cette préparation propre à faire rêver, le premier être qui, dans le sommeil, se présente à leur imagination échauffée, c'est la divinité à laquelle ils dévouent le reste de leurs jours; c'est leur manitou.Ils l’invoquent à la pêche, à la chasse,à la guerre; c'est à lui qu’ils sacrifient ; heureux, quand l'objet de ce rêve important est d'un petit volume, une mouche par exemple, car alors : ‘.‘Mon corps est une mouche, disent-ils, je suis invulnérable.Quel homme assez adroit pour attraper un point.” ?La croyance de deux esprits, l'un bon, l’autre mauvais, l'un habitant les deux, l’autre les entrailles de la terre, établie maintenant parmi eux, ne l’est (pic depuis qu'ils commercent avec les Européens.Originairement, ils ne reconnoisscnt que leur manitou.Au rest e, ils disent que le maître de la vie qui les a créés étoit brun et sans barbe, tandis celui qui a créé le François étoit blanc et barbu.Ils croient beaucoup aux sorciers,aux jongleurs, à toutes ces divinations que, cl’un terme général, on appelle chez eux faire la médecine.Ils n’admettent point de peines ni de récompenses après la mort ; seulement ,un état pareil à celui de la vie, un peu plus heureuse toutefois, car ils pensent que leurs morts habitent des villages situés au couchant ou ils ont le vermillon et le tabac en abondance.Avant que de les enterrer, ils les exposent trois ou quatre jours dans une cabane consacrée, les mata-chcnt, leur servent à manger ce qu’ils ont de meilleur, usage que nous observons en France pour la famille royale ; ils les enterrent ensuite avec des vivres, des équipements de leurs armes.Ils disent que, sur le passage est une grande fraise d’un contour immense, dont les morts prennent un morceau pour leur servir de nourriture en chemin; qu'au surplus, ils font plus ou moins bonne chère dans les Champs Elysées, suivant que leurs parents leur donnent plus ou moins de vivres tous les jours et surtout les jours de repos des morts.La façon de leur en donner csi de jeter dans le feu le premier massacre (sic), ainsi que les anciens faisaient des libations aux mânes au commencement des repas.Chez ces sauvages, il n’ y a qu’une subordination volontaire ; chacun en particulier est Libre clc faire ce qui lui plaît.Les chefs de villages et de guerre peuvent avoir du crédit mais ils n’ont pas d'autorité; encore leur crédit sur les jeunes gens est plus ou mojns grand, suivant qu'ils donnent plus ou moins, qu'ils ont plus d attention à tenir chaudière ouverte, pour ainsi dire.A mesure que j'aurai occasion d’apprcnclrc quelque chose concernant leur religion, leurs usages ou leurs mœurs, je ne négligerai pas un 1 important aux yeux d'un philosophe et qui tient à i étude la plus essentielle, celle de l’homme.Les sauvages sont enfin passés cette après-midi au camp de M.Rigaud; ils font le portage de leurs canots, moyennant que ce transport leur sera payé.Le marquis de Montcalm a été cette après-midi au camp de la Chute, et de là, à celui du portage où il a donné ses ordres pour la formation du bataillon de la marine, grande opération fort difficile, et dont ceux qui eu sont charges ont beaucoup de peine à venir à bout.Ensuite il a été visiter les postes avancés.11 a fait cette traversée de Carillon à la Chute dans un canot de sauvages, seul avec eux.J’ai fait le même trajet pareillement dans un canot à sauvages; tant qu’il a duré,un chef de guerre debout dans le canot, le chichicoy à la main, a raconté pour ainsi dire en récitatif obligé, ses derniers rêves."Le manitou m'est apparu, chantoit-il, il m’a dit.De tous ces jeunes gens qui te suivent à la guerre, tu n’en perdras aucun ; ils réussiront, se couvriront de gloire, et tu les ramèneras tous sur leur natte.Des cris d’applaudissements Vinterrom-poient de temps en temps.Le père et le chef, vénérable vieillard assis derrière lui, dit alors à haute voix : "Mon (ils, a vois-je tort de t’exhorter à jeûner?Si, semblable aux autres, tu eusses passé le temps à manger, à sacrifier à ton ventre, tu ne te se roi s pas rendu le manitou favorable; et voilà qu’il t’a envoyé des rêves heureux et qui font la joie de tes guerriers.” L’on voit par là combien les chefs sont sans cesse occupés à se donner de la considération, et quelles choses sont capables de la leur procurer.Les bateaux du munitionnairc, arrivés hier,sont repartis ce soir.(A suivre) 63 LA VIGIE Causerie musicale QUEBEC • CENTRE UNE BELLE Itcvisiou «les Listes lîlect orales pour la Chambre «les Coiiiiiiu-nes et l’AsscmbhSe législative.bureau cl’inscription ouvert le jour et le aoir, nu No tiltl, rue Sl-Jean, magasin de >1.I/(liberté, (lu tfi au î>0 mars courant.Toutes personnes autres que les propriétaires et locataires doivent se faire inscrire de nouveau si elles veulent avoir droit de voter.REVISION DES LISTES ELECTORALES Pour la division cs Fossés Une de nos “EXPRESS” Couvertes C’est une aille efficace pour conserver vos clients, en leur livrant toujours vos marchandises dans de beaux paquets propres et attrayants.LE PRIX DU GAZ UNE NUIT BLANCHE EN PURE PERTE "(Jue si l'on veut organiser un enseignement technique vraiment profitable au pays, et non pas seulement faire du travail manuel au point de vue éducatif, il faut.en dehors d'un personnel .1 ', une direction générale compétente, des locaux convenu-hlcs, des laboratoires et de l'outillage.“(jtt'on ne peut actuellement qu’émettre le vmti (pie.lorsque les écoles projetées seront eu plein fonctionnement, les sujets qualifiées reçoivent dans les cours supérieurs des écoles primaires,avec quelques notions de travail manuel.un enseignement scientifique plu,s accentué, dirigé en vue de nos besoins."Mais que l'on ne saurait demander plus à l'Kcole primaire dont la tache, qui est de former avant tout, le coeur, la raison et I intelligence des enfants, est suffisamment vaste et suffisamment moue.Le '‘Boston Transci ipt ' annonce que la t ompagnie de (inz de Lynn, Mass, de son propre mouvement réduira encore soi, tarif le 1er juillet prochain de Soc i à Stic, les mille pieds.Le même journal dit que ces réductions -ont ! de tradition à Lyon.Tous les quatre ans, la Compagnie baisse j son prix de 5e.En lSlil, le prix du gaz à Lynn était de I .">() les mille pieds.Si la Compagnie de Lynn fait : d'elle-même ces réductions, c'est -ans doute qu'elle y trouve son compte.La population de cette ville américaine e-t moindre que celle de Québec, de sorte que I argument de ce chef tombe à plat.En Europe, où le gaz est à très bon marché, on l'utili e avec profit à la place du charbon pour chauffage à circulation d'eau.A Londres et à Paris, on vend des appareils à bon marché pour ; chauffer les petits appartements, ("est simple et peu dispendieux.Pour cela, il faut que le gaz soit à la portée de toutes le- bourses, et, il est établi que la fabrication du gaz même revient à 17 ou 18c.le- mille pieds : avec les frais de canalisation, le coût est porté au maximum à -hle.Ne semble-t-il pas qu'un profit de lit!) pour cent est bien raisonnable f C'est ce que rapporterait le gaz à Site., ci à ce prix la consommation se multiplierait de bien de- manières que rend aujourd'hui impossibles la cherté de ce produit.ST-MA 1.0 étant maintenant annexé A la cité de Québec, les électeurs de ce nouveau quartier doivent voir A ce que leurs noms soient sur les nouvelles listes.Pour toutes inscriptions ou plaintes, ils sont priés de s'adresser au COMITÉ LIBÉRAL de St Sauveur, 781 rue St Vallicr.Prouvent A vos clients que vous vies A la mode Nous en avons plusieurs styles diliérents.Ne craignez pas nos prix, ils sont satisfaisants.QUEBEC OUEST .XI A X l : 1A t T CH IKK HT IMPORTAT KV1 Révision
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