Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
La musique
Éditeur :
  • Québec :[La musique],1919-1924
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

La musique, 1919, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
JANVIER 1919 La Musique Revue mensuelle ANTOINE DESSANE (1828-1878) Abonnement : $1.00 par année Le numéro, 10 so mvm SOMMAIRE -î- En guise de prélude.Musique L’Orchestre Symphonique de Boston .Albertino Musiciens d’aujourd'hui : Henri Rabaud.Musique et musiciens à Québec .N.LeVasseur Echos et nouvelles.— Concerts.k 90U1AÛM Parait le 15 de chaque mois.LA MUSIQUE Administration : 20.Côte de la Montagne, QUÉBEC AdministrateurHector Fahrk LA MUSIQUE eut en rente chez : Gauvin & Courchesnk, Auditorium.Beaudry, 263, rue St-Jeim.Robitaille, :61, rue St-Joseph.Gosselin, 247, rue St-Joseph.(dépositaire pour la ville detj'iébee) et chez les principaux marchands de journaux.ABONNEMENTS : Canada, un an.$1.00 Etranoer, un an.1.50 I,abonnement part de janvier et est payable d’avance.Les numéros parus sont envoyés aussitôt inscription.Prière de faire remise par inamlat-postu ou chèque payable au ixiir il Québec.Musique et Broderie Française Nous avons tout ce qui est joli en musique Française, tous les opéras qui se chantent à Montréal : Mireille, Mignon, Le Caïd, Carmen, Jean de Nivelle, etc.Nous faisons toutes les broderies pour Robes, Chemisettes, Linge de Maison, Trousseaux, Layettes, Rideaux, etc.Broderie Religieuse et pour Uniforme civil et militaire.CAtteaux de Fête utiles et agréables RAOUL VENNAT 642, rue St-Denis, Montréal.j - Tel.Est 306S - Agent pour le Canada du Courrier Musical de Paris.Le Magasin de l’Homme Chapeaux, Merceries, Confection dernier style pour Hommes BANQUE DKHELAGA Capital payé $4,UOO,OOÜ Fonds de réserve .3,800,000 OPÉRATIONS GÉNÉRALES I)E BANQUE Notre service de correspondants étrangers nous permet d’émettre, aux moi Hours taux, des chèques et mandats payables dans tous les pavs.406, rue St-Jean Québec Caisse d’épargnz à toutes les Succursales VOUS TROUVEREZ CHEZ - JOS.PAQUOT LIBRAIRE ET IMPORTATEUR 299 ,, rue St-Joseph, Québec i Tel.3378 (Vis-A-vis du Palais Impérial! Tabacs, Cigares.Cigarettes et articles pour fumeurs Livres de lectures.Romans, Voyages.Aventures, Chansons • Le plus grand choix de Cartes Postales Illustrées Cameras, films et articles pour photographie d’amateurs Parfums, Lotions et articles de toilette pour Hommes et pour Dames Albums, Livres de Messes.Articles Religieux Atelier Spécial pour Développement et Impression des Films -Chocolats, Liqueurs Douces, Jeux de Cartes, Articles de fantaisie, etc., etc.Pour les taux d’annonce, s’adresser à L’Imprimerie Modèle, 20, Côte de la Montagne. Lavigueur & Hutchison SEULS REPRÉSENTANTS DES CÉLÉBRÉS PIANOS HEINTZMAN & CO.(LE FAVORI DES AKTISTKSI Distributeurs des Grafonolas COLUMBIA et seuls agents des merveilleux IMPÉRIAL, reproduisant tous les records de n’importe quelle marque CONDITIONS DK PAIEMENT LES PLUS FACILES 8!, RUE ST-JEAN Succursale : 54, rue St-Joseph.Professeurs et Amateurs de Musique MEZ DES INSTRUMENTS DE PREMIER EODT Que pense/,-vous des marques de piano CHIOKERING — PRATTE — BELL — DOMINION — WISEMAN — ROSSINI.Vous qui êtes connaisseurs ne pourrez dire autre chose que chacune de ces marques comparées aux prix que nous les vendrons sont réellement supérieures.Nous avons aussi une collection complète d’instruments de toutes sortes tel que Violons, Flûtes, Clarinettes, Cornets, etc., etc.Un choix très varié de musique en feuilles, profane ou sacrée, ainsi que méthodes pour instruments., Nous gardons toujours en magasin les derniers records parus et avons une sélection de au-delà de 10,000.UNE ATTENTION TOUTE SPÉCIALE EST APPORTÉE AUX COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ET AUX PROFESSEURS MUSIQUE 197, rue St*Joseph MEUBLES Angle St-Joseph et St-Valier.V 1230, rue Valler, ^Hermann dourcljcsnc S.-Jklbert flSaufau (laulitn Sc Qlonrciîesne Pianos — Orgues — Violons — Musique en Feuilles Victor-Victrolas — Disques “Victor’ Musique Classique et Populaire — Musique Religieuse Editions Européennes et Américaines (AUDITORIUM) Tau 4345 Em.Larochelle J.-A.Larochelle Au Quincy E„- CHAUSSURES de luxe et de fantaisie Toujours en magasin les plus récents modèles pour hommmes, femmes et enfants PRIX RAISONNABLES 246, rue St-Joseph.(Edifice de l’Hôtel St-Roch) lljjiirjn Prière en faisant vos achats de mentionner l’annonce lue dans “ La Musiqük ” a.Musique Revue paraissant le 15 de chaque mois _____________________________Directeur : Orner Lélourueau Administration : 20, Côte de la Montagne, Québec.Abonnement i $1.00 par année ¦adresser toute correspondance à l'Administration.Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.Première année — No 1 Québec, I 5 Janvier 1919 En guise de prélude A Vépanouissement normal et progressif des arts, le l’art musical surtout, il faut une atmosphère, une tminance favorable.Répandre les connaissances musicales, affiner le goût, U'iairer le jugement, bref former une opinion saine en musique, c’est créer ou sustenter ce milieu artistique indispensable aux progrès de l’art musical ; c’est mettre >ai valeur les compétences réelles et les véritables talen ts ; l’est favoriser l’éclosion d’œuvres de mérite et stimuler '.es tempéraments bien doués, en un mot c’est favoriser l'essor de la musique.Or, rien ne contribue plus à ces heureux résultats que la publication d’une revue exclusivement consacrée à explorer les diverses parties du domaine de la musique.Outre la diffusion de la science musicale, une revue fournit aux musiciens un point de contact, elle les mets en relation, stimule leur énergie, intéresse le public aux Aïoses de l’art ; elle coordonne leurs efforts, et prévient le gaspillage des forces et du talent.Aux quelques excellents professeurs qui s'adonnaient à l’enseignement est venue se joindre une pléiade de jeunes artistes dont plusieurs ont reçu leur formation des maîtres français.Ils s’efforcent de propager la bonne doctrine et d'inculquer à leurs élèves, avec la véritable formation, l'amour de leur art.Mais, isolés qu'ils sont dans leurs efforts, leur enseignement est par là notablement privé de Vefficacité qu’ils en attendaien t à bon droit. LA MUSIQl’E Ils trouveront (tans la présente revue une aide, ui\ soutien, et, nous l'espérons, un réconfort.Faut-il ajouter ici tout de suite, à l’adresse des must ci eus d'église, que la musique religieuse aura sa larg\ part en notre revue et qu’une rubrique spéciale y serti" consacrée ?Les instructions ecclésiastiques, codifiées ei\ ce point dans le Motu proprio dit vénéré Pie X seront l\ guide sûr et toujours obéi.Une publication da genre de celle-ci ne fera son oeuvreI et n’atteindra son but (pie moyennant une diffusion) considérable.Aux fervents de l’art musical, la nôtreI coupe son sort et met son avenir entre leurs mains.Qu’ils ne disent donc pas, coin nie il arrive souvent “ J’admire votre œuvre ; mais avant de m’engager, je veu.xî “voir comment elle ira.” Quelle entreprise pourrait réussir avec un tel procédé ?.Montrez votre sympathie del façon tangible ; si, par la suite, les choses ne vont pas ni votre gré, il vous est toujours loisible de retirer votreI concours.C’est donc avec conpance que notre revue se présent e\ au public musicien.Elle espère pouvoir s’attribuer le versl bien connu de Chénier : Ma bienvenue au jour, me rit dans tous les yeux.MUSIQUE (Sonnet écrit pour La Musique) Musique des doigts blancs sur les claviers d’ivoire.Musique des clochers perdus à l’horizon, Qui chantent au ciel clair leur pieuse chanson, Musique du canon déchirant la nuit noire.Musique des clairons annonçant la victoire.Musique du tonnerre en cascade de sons.Musique du ruisseau, des bois et des moissons, Dieu vous écoute-t-Il au sommet de sa gloire?Musique des démons et des purs séraphins, Musique des grands vents et des brises plaintives Qui captez les accents des gouffres et des rives, Vous dotez l’univers d’un vibrement sans fin, Vous mêlez vos accords au tremblement des ailes.Vous aidez à mourir, musiques éternelles.Louis-Joseph DOUCET. LA MUSIQUE 3 L’Orchestre Symphonique de Boston NE belle salle de concert, un public fidèle et attentif, une société artistique riche et intelligente ; voilà à mon sens de quoi faire du Symphony Hall de Boston un “ Temple de Beauté Boston est déjà le centre musical des Etats-Unis mais dans un avenir prochain son influence peut rayonner plus largement.Tout dépendra de la hauteur de vue de la direction et de sa persévérance dans l'effort artistique.Amis Français ! cette année pour la première fois la porte vous est grande ouverte, entrez et agréez l’acceuil chaleureux qui vous est fait par les Américains.Prouvez au public des concerts que le Boche est remplacé avantageusement par le Latin.Apportez ici toutes les délicatesses de votre race et faites connaître les artistes et les innombrables chefs-d’œuvre de votre art.Un grand pas vient d’être fait par la venue de deux chefs d’orchestre français : MM.Monteux et Rabaud.M.Monteux a dirigé les deux premiers concerts, mais appelé par un engagement antérieur au Métropolitain de New-York il n’a pu continuer.Son départ est surtout regrettable en ce que les changements de directeurs de l’orchestre provoquent généralement chez le public une bouderie qui se manifeste par une hésitation à venir régulièrement au concert et aussi à donner sa confiance au nouveau-venu.Les abonnés s habituent très vite à un directeur et n aiment pas à en changer ; c’est, là un fait de tous les temps et de tous les pays.Cependant M.Monteux a fait preuve de beaucoup de valeur, autant par son brio au pupitre que par sa sûreté dans la direction de l'orchestre.C’est comme on dit : “un enfant de la balle", son apprentissage de chef a été fait dans l'orchestre, c’est pourquoi il en connaît tous les rouages et sait en tirer parti.Avec ses deux concerts, dirigés par cœur, il a laissé à Boston une excellente impression.M.Rabaud lui a succédé et la saison se poursuit avec intérêt.Ce double début a été une bataille entre une coutume établie depuis trente ans et l’évidence d’un fait nouveau.En effet, la plupart des abonnés étaient persuadés qu’il n’y avait de chefs d'orchestre de talent qu’en Allemagne.Par conséquent il n’y a rien d’éton-nant à ce que le public ait été méfiant et partant disposé à la critique.Il fallait vaincre ce préjugé.La chose est faite.L’expérience est concluante : MM.Monteux et Rabaud ont prouvé qu’ils obtenaient plus de rendement de l'orchestre et que les exécutions étaient supérieures à celles du tristement célèbre Dr Muck pour ne parler que du dernier boche.Néanmoins si la bataille est gagnée, il y a encore beaucoup à faire pour garder le terrain acquis.On ne saurait trop répéter que l’ennemi, plus ou moins masqué, est à la porte.Que dis-je, à la porte ?il est partout.Il est dans une pai'tie du public où depuis trop longtemps l’esprit allemand a fait des adeptes convaincus.Il est même dans la maison, car l’orchestre est encore infesté de SES» 4 LA MUSIQUE Boches qui se cramponnent à leurs premiers papiers de pitoyens américains, mais quLen réalité reste Rru*-siens autant que ceux qui ont brûlé la Belgique.L’ennemi est enfin dans-, les timorés, les éternellement neutres qui cachent dans leur armoire la photographie de l'indésirable Muck.Certes, les Alsaciens-Lorrains ont caché pendant 47 ans des emblèmes et des drapeaux dans leurs caves, mais ceux-là l’ont fait pour une cause loyale, légitime et héroïque entre toutes.En disant, plus haut, que l’orchestre était infesté d'allemands je n'ai dit qu’une partie la vérité, je dois ajouter qu’il en est même parfois “ infecté Ce vocable ne paraîtra pas excessif si on veut bien s’imaginer un foyer d’artistes transformé en “ Marché de volailles et de charcuterie ” au moment de commencer le concert ! Oui, tous les samedis soirs on peut voir le violon-solo insister pour l’accord auprès d’instrumentistes qui n'en finissent pas avec le marchandage des rognons de porc.Voilà ce qui se passe au foyer du Symphony Hall en l'an 1918.Et savez-vous qui est le marchand charcutier ambulant ?un boche que la loi américaine a fait chasser de la maison.Savez-vous qui forme la clientèle du boche ?d’autres boches plus ou moins maquillés en demi-américains.Il suffit, j’aime à croire, de signaler ce fait au manager pour le voir cesser.Les artistes musiciens de Boston se doivent à plus de respect de leur art.Je reviens à la musique et je termine en disant «jeux mots de M, Baba^jg^fîpqO JT A mon sens c'est le plus français des chefs d'orchestre.Je ne dis pas cela parce qu’il me rappelle physiquement le président de la République Sadi-Carnot, ni parce qu'il me fait penser à Vincent d’Indy par sa distinction et sa probité artistique, mais bien parce que sa façon de comprendre et d'interpréter les œuvres (et jusqu'à sa manière de battre la mesure) est particulièrement française.M.Rabaud possède au plus haut degré la qualité primordiale du du chef d’orchestre, je veux parler du “bras".Il faut avoir fait de l’orchestre pour savoir que le bras du chef est une “baguette magique" qui parle à l’entendement des exécutants et qui, par ce fait, obtient un résultat variant de 1 à 1000 suivant son degré d’éloquence.La qualité des ensembles, la précision des attaques, les nuances, l’expression, la puissance enfin de l’orchestre, dépendent en grande partie du bras directeur.Tant qu’à M.Rabaud,compositeur, c’est une longue étude qu’il en faudrait faire pour démontrer comment et pourquoi il est une gloire présente et une des plus belles espérances de l’Ecole Française.J’espère avoir l’occasion d’écrire cette étude quelque jour.Albertino.(>l Boston, 14 décembre 1918.(*) Sous ce pseudonyme se dérobe un musicien français de grand talent, venu en Anié-rique avec la “ Musique militaire française", et maintenant tixé à Boston où il a accepté un brillant engagement.(N.de la K.). LA MUSIQUE 5 MUSICIENS D'AUJOURD'HUI Henri Rabaud 3 m L n’est pas de personnalité plus symphatique que celle de M.Henri Kabaud et pour qui la musique soit plus un don de naissance.Son père fut un violoncelliste réputé qui professa au Conservatoire jusqu’en 1910 ; son grand-père maternel fut le célèbre flûtiste Dorus iont la sœur, Mme Dorus-Gras, fut la créatrice d’Alice dans Robert le Diable et de nombreux grands rôles de Meyerbeer et d'Halévy.Que de souvenirs on trouverait en feuilletant jour par jour le passé de cette grande famille d’artistes.Henri Rabaud naquit à Paris en 1878.Tout en recevant une solide instruction musicale dans sa famille, il fit ses études au lycée Condorcet et y obtint son baccalau-réat-ès-lettres avant d'entrer au Conservatoire.Là il travailla la composition avec Massenet et Gedalge et en 1894, à 21 ans, l’Institut lui décerna le grand prix de Rome.La carrière musicale d'Henri Rabaud se partage entre celle du compositeur et celle du chef d’orchestre.Comme compositeur, il a donné deux Symphonie ; \& Procession Nocturne, poème symphonique d’après Nicolas Lenau, dont l'universel succès établit sa réputation ; Eglogue, poème virgilien ; Divertissement, pour orchestre, sur des chansons russes ; Job, oratorio, qui figura dans ses envois de Rome et pour lequel C.Saint-Saëns ne cacha pas sa grande admiration ; Psaume IV, pour soli, chœurs, orchestre et orgue ; la Fille de Roland, tragédie musicale représentée à l’Opéra-Comique ; le Prem ier Glaive, écrit pour les Arènes de Béziers ; un 2e poème lyrique sur le Livre de Job, pour baryton et orchestre ; un quatuor, un trio, des mélo- dies enfin M.HENRI RABAUD étincelant Marouf, représenté à l’Opéra-Comique le 15 mai 1914.Sans s’être tenu à l'avant-garde du mouvement musical, H.Rabaud ne s'en trouve pas moins aujourd'hui une des têtes les plus marquantes.Le développement de sa personnalité ne se laissa influencer ni par le wagnérisme, ni par le debussysme et il est resté attaché à l'art classique, auquel il a apporté la force de ses pensées, la maîtrise de sa technique et son besoin de franchise et de clarté.Comme chef d’orchestre, H.Rabaud eut d’abord l’occasion de diriger au Châtelet sa Symphonie, puis, après son stage à la Villa Médicis, il entreprit en 1899 avec son ami Max d’Olloue, une série de concerts symphoniques à Rome et à Vienne.En 1907, pendant la maladie de M.C.Chevillard, l’orchestre Lamoureux lui demanda de diriger plusieurs de ses concerts.Enfin, en 1908, il entra à l’Opéra, dont il fut 1er chef d’orchestre.(Le Monde Mturicah Paris). 6 LA MUSIQUE Musique et Musiciens à Québec Souvenirs d’un amateur - FAR - N.Le VASSEUR ES souvenirs de musique !.Hélas ! pour ce que j’ai personnellement pu voir, entendre, exécuter, diriger, admirer et savourer, il me serait bien difficile de remonter plus loin que la moitié du 19e siècle.J'avais six ans en 1854.Antoine Dessane,1 11’cinquième organiste de la cathédrale de Québec, était arrivé en cette ville en 1849.Il avait apporté avec lui les traditions de l'enseignement classique du Conservatoire national de musique de Paris.Sous l'influence de cet enseignement, la musique commença à cette époque à prendre un notable essor dans sa direction la plus juste et la plus saine.Cet heureux progrès se manifesta non seulement à Québec, mais aussi dans un rayon très étendu autour de la vieille capitale.Ajoutons que Québec resta pendant bien des années, sur le continent, la figure centrale de ce progrès.Quand les artistes européens songeaient à traverser l’Atlantique du côté du Nouveau-Monde, ils prenaient un voilier en droite ligne pour Québec, Nous eûmes ainsi la visite de Nagel, violoniste, Nourrit, ténor, de brillants pianistes et compositeurs comme Thalberg et Moreau-Gott-schalk, Ole Bull et Camille Urso, violonistes.Celle-ci parut en scène à la Salle de Musique, accompagnée par (1) Non* publierons bientôt une biographie de ce musicien distingué.Collige fragmenta ne pereant ! son père ; elle n’avait que dix-sept ans.Le fait est qu'alors et durant bien des années, il fallait se faire sacrer artiste à Québec avant d’aller à New-York.Quantum mutatus ab illo ! A l’arrivée de Jacques-Cartier au Canada, le seul conservatoire de musique qu’il y eût dans le pays était la forêt et la plaine, le chant des rossignols, les piaillements des corneilles et des oiseaux de basse-cour, les cris et grognements des fauves et les chants des peuplades sauvages : Abénakis, Algonquins, Chinouks, Cris, Dakotas, Gros-Ventres, Hurons, Iroquois, Micmacs, Otchipoués, Pieds-Noirs, Sioux, etc., qui célébraient leurs fêtes religieuses et nationales, désignées sous le nom de danses : danse des semences, danse du soleil ou consécration des braves, etc.Plusieurs de leurs chants ont été recueillis au Canada, entre autres par le P.Choné, le P.Chaumonot, le frère Gabriel Sagard, l’abbé Lionel Saint-George Lindsay, dans son ouvrage intitulé Notre-Daine-de-Lorettc en la Nouvelle-France.Aux Etats-Unis, on en trouve des collections très intéressantes dans les publications du Smithsonian Institute, de Washington, D.C.L’un des plus primitifs, que j’ai entendu en 1885 et que j’ai pu recueillir chez les Pieds-Noirs, lors d’une paslca, danse ou fête religieuse des semences, correspondant à nos Rogations, est le suivant : mm LA MUSIQUE \m : * * * :i" —h rf-1—t-—I 0- I :=&:^=:U=:r= 4 :h$=t=2=jft ^ ±- -fp-r— i -i—p-i*2-"— Haie! Haïe Haïe Haïe Haïe— Haïe Haïe Haïe Haïa— Haïe Haïe Haïe Haïe— Haïe Haie Haïe Haïe— i^i^SÜsüül -y _ — Haïe Haïe Haïe Haïe— Haie Haïe Haïe Haïe— Haïe Haïe Haïa Haïe h.h.h.Haïe- Haïe h h H— — Haïe h h Haie— Haïe h h H— Haïe h h Haïe— h h h Haïe— h h h Haïe— Haïe h h Haie— -=l-=l==f5p:=ùq_q=q-=F51 ¦ï-J-fl 000 =q-$ _ i j i rr# * 9~9~ * ¦ Haïe h h Haïe— h h h Haïe— h h h Haïe— h h h Haïe— h h h Haïe Haïa Haïe Haïe Les Pieds-Noirs chantaient cet air-là avec accompagnement de petites gourdes de peau remplies de cailloux et des mirlitons, petites flûtes ou sifflets confectionnés avec des os.Dans ses Feuilles volantes et Pages d’histoire, feu M.Ernest Gagnon a reproduit, paroles et musique, plusieurs chants sauvages, entre autres un chant des Otchipoués, noté en 1844 par le Père Choné, S.J., missionnaire aux îles Manitoulines.Ces sauvages chantaient en s’accompagnant d'une flûte appelée papigouane, tout comme les Hurons d’une corne de hœuf appelée çhic.higouane.Voici ce chant : tribus de la prairie, les lettres / et r manquent.Du temps des voyageurs et des coureurs de bois, au cours des portages, les sauvages entendaient souvent les blancs parler “de la farine”.Tout en sachant parfaitement ce que le mot désignait, ne pouvant articuler l’/ni IV, ils disaient tout simplement d’là paiUvne.Or, que l'on fréquente les Otchipoués, les Cris, les Pieds-Noirs ou les Sioux, le mot français, phonétiquement détérioré, d'là pailline, est parfaitement compris : il désigne toutes les céréales réduites à l’état de farine.Quand un jour le P.Choné eut Ga-aran-firo- nia — ian- Che - ne- ni- mi-ian, kin.— kit — khit — na Ma- ni - a Wit ok- ka-we tram 9 - 9 ni-mich.chin, tehi cha-we-ni— mit- Je- «os Knia-tos.Je- 90s— Knis - tos Kig - wiss.$1111111 0-0 &- (traduction) Toi qui est Vierge, toi qui me fuis charité, toi Sainte Marie, aide-moi dans mon esprit, afin qu’il me fasse charité, Jésus-Christ, Jésus-Christ, tou Fils.En lisant le texte sauvage on remarquera que les Otchipoués prononcent Mania au lieu de Marie, et Knisios tut lieu de Kristos.C’est que, dans leur idiome ainsi que ceux des Cris, des Pieds-Noirs et autres noté le chant susdit des Otchipoués, et qu aussitôt, en lisant son manuscrit, il se mit à le chanter comme eux, avec le rythme et les inflexions voulus, ils ne purent revenir de leur étonnement.Le papier, avec ses lignes et ses points noirs, demeura longtemps pour eux un mystère impénétrable, qui recélait un esprit qui conjurait les voix. 8 LA MUSIQUE M.Gagnon a reproduit plusieurs autres chants sauvages recueillis dans la tribu huronne.Dans son ouvrage, Noëls anciens de la Nouvelle-France, M.Ernest Myrand cite l’un d’eux Iésos Ahatonhia (Jésus est né), cantique pour la fête des Rois, que feu l'abbé Ph.Vincent, un de mes anciens confrères du Séminaire de Québec, doué d’une jolie voix de ténor, me chanta en plusieurs circonstances.On retrouve les paroles de ce cautique dans un manuscrit du P.Chaumonot, et l’on croit devoir attribuer le cantique au P.de Brébeuf ; quelques-uns le mettent au crédit du P.Ragueneau.Quoiqu’il en puisse être, le P.de Brébeuf le chantait à la fête de Noël aux néophytes sur les bords de la baie Géorgienne.Je crois devoir le reproduire ici tel que je l’entendis et crus devoir l’écrire alors, il y a bien une trentaine d'années : d’un de ces radieux peintres en I musique que furent Félicien David, 9 Charles Gounod et Camille Saint I Saëns.Ce chant pied-noir a un caractère I beaucoup plus primitif que les autres fl chants sauvages qui ont déjà été I publiés au Canada et qui sont de I facture plutôt contemporaine ; mais I il ne fut pas facile à saisir en plein 1 air.Les battements du tambourin et I la syncope de la mesure qui se heur- 1 taient, me déconcertèrent.Je finis 1 par apprendre le chant d’une squaw j (jui avait une voix de soprano, lors fl d'une paska ou soirée dans une tente.1 Un musicien pied-noir frappait son J tambourin au premier et au troisième temps d'une mesure à quatre temps.J'étais fixé.M’en rapportant aux recherches -de M.Ernest Gagnon sur les débuts de la musique au Canada, je ne puis faire mieux que de citer ce qu’il en a ’ "é dans Feuilles volantes (page mê\ Es - te - i«- Ion d« tson—oué, le - sos a - h*— 0- - ton - hia On na- oua- té oua ki n’on - ouan da-akoua - an- tak En nonehien skouat-chi ho - ' * • tak n'on- ouan-di-Ion- ra ^ .*_ ¦ i _ ______ .l.1____________________ cha —' ta - - ha ton- hia.le - sos ha- ton- hia.le - sos a - ha- ton- hia.Dans leur ensemble, ces mélopées sauvages sont dans le mode mineur, ont une profonde teinte de mélancolie, comme d’ailleurs la plupart des mélodies nationales chez tous les peuples.On dirait l’humanité regrettant, pleurant d’instinct sa déchéance dans cette vallée de larmes.Mais que d’éloquence dans cette expression mélodique de la douleur humaine ! Le seul chant de la tribu des Pieds-Noirs, chant que l’on retrouve à peu près le même chez les Dakotas, est de nature à favoriser une broderie des plus exquises, à la manière 163) et Pages choisies (page 282).Remontant au premier évêque de ï la Nouvelle-France, Monseigneur François de Montmorency Laval, voici ce qu’il dit.Le premier évêque de la Nouvelle-France écrivait à Rome dans l’automne de 1664 : Il y a ici (à Québec) une basiliqueconstruite en pierre ; elle est grande et magnifique.L’office divin s’y célèbre suivant le cérémonial des évêques ; nos prêtres, nos séminaris- jj tes ainsi que dix ou douze enfants de chceur y assistent régulièrement.Dans les grandes | fêt-s, la messe, les vêpres et le salut du soir | se chantent en musique, avec orchestre, et nos orgues mêlent leurs voix harmonieuses à celles des chantres.5 LA MUSIQUE 9 1 L'orchestre alors était loin d’avoir l’envergure et la variété de timbres des orchestres d’aujourd’hui, et M.Gagnon fait les remarques suivantes: “Au dix-septième siècle, le mot orchestre désignait la réunion des instruments qui, avec l’orgue à l’église, ou le clavecin au théâtre, servaient surtout à soutenir les voix.Dans les églises, un petit nombre d’instruments composaient ordinairement tout l'orchestre.C’étaient les violons, les violes (quintes ou altos), les violoncelles, les contrebasses, les flûtes, les hautbois, les clarinettes et les clairons.” Mgr François de Montmorency-Laval naquit en 1623 et décéda en 1708.En 1658, il fut sacré à Paris premierévêque de laNouvelle-Franee où il arrivait en 1659.Y avait-il exactement des violons à cette époque-là dans la colonie ?I! y a lieu d'en douter.On utilisait surtout les violes.Le violon est le pardessus de la viole.Il ne prit sa forme définitive, celle qu'il a aujourd’hui, qu’au déclin du dix-septième siècle, entre les mains des célèbres luthiers de Crémone, en Italie, Guar-neri ou Guarnerius et Stradivarius.Comme je viens de le dire, on fabriquait surtout des violes, des violes d’ainour, qui tonaient le milieu entre l’alto et le violoncelle et portaient six doubles cordes, des basses de viole qui, appuyées sur une haute cheville, se tenaient entre les jambes.Cet instrument, qui n’avait pas la taille du violoncelle moderne, portait tout de même sept cordes.Les Italiens l appellaient violet- digamba, viole de jambe.C'était alors, comme sonorité, le plus profond des instruments il cordes.Quant aux contrebasses, il ne devait certainement pas en exister dans la colonie.Le plus ancien des instruments de basse devait être le serpent, instrument à vent présentant trois spirales allongées ou, vulgairement, en forme de tire-bouchon bien étendu, creux dans toute sa longueur, ouvert aux deux bouts, percé de six trous, comme la flûte, et se jouant de la main gauche à la partie supérieure et de la main droite à l’inférieure.On ne voit la contrebasse à trois et à quatre cordes qu’à partir de 1703, au début du 18e siècle, et ce ne fut qu’en 1707 qu’elle fit son apparition à l’orchestre de l’Opéra à Paris.Jusque-là on ne l’avait utilisée que dans les églises.Le fameux contrebassiste Dragonetti, se servait, dans ses pérégrinations, d’une contrebasse qui aurait été fabriquée pour l’église de Saint-Marc, à Venise.Etait-elle à trois, quatre ou cinq cordes ?On ne le dit pas.Bottesini, ce grand virtuose de la contrebasse, se servait d’un instrument à trois cordes.Quoiqu'il en puisse être, au commencement de la colonie de la Nouvelle-France, dans les envois de marchandise», de cadeaux, d'effets de secours qui lui arrivaient par les voiliers, figurèrent des instruments de musique, comme le démontre le fait suivant, qui n’est pas généralement connu, dont j'ai pu personnellement vérifier l’authenticité, et que, pour cette raison, je crois devoir relater ici.A une vente aux enchères, rue d'Aiguillon, chez un vieux célibataire, un M.O'Connor, connaisseur et grand amateur et collectionneur de musique, peintures, gravures, sculptures et antiquités, il y avait un instrument de musique, qui occupait l’intermédiaire entre le violoncelle et la contrebasse et par conséquent, tout joli instrument qu’il fût, n'était ni l’un ni l’autre.Je l'achetai et décidai de le faire rafraîchir pour l’utiliser, à l’occasion, à l’orchestre.(à suivre) 10 LA MUSIQUE ÉCHOS ET NOUVELLES Jacques Thibaud Le violoniste Jacques Thibaud viendra à Québec en janvier.C’est un très grand artiste, qu’il ne faut pas manquer d’aller entendre.Au Cons rvatoire, Jacques Thibaud remporta, aux applaudissements de la salle entière, le premier prix.Il avait 16 ans.C’était en juillet 1696—-la même année que Alfred Cortot, dont il est resté l’ami, obtint son premier prix de piano.Jacques Thibaud est né à Bordeaux.Son père était professeur de piano et de violon, et il lit apprendre à son fils les deux instruments.L’enfant du r este montrait d’excellentes dispositions puisqu’il jouait déjà en public à l’âge de cinq ans ;mais M Thibaud père ne visa qu'à en faire un excellent musicien.Il fallait pourtant opter pour le piano ou le violon, et ce fut Eugène Ysaye qui décida la question : il conseilla le violon.Dès ce jour, Jacques Thibaud devint l’élève d’Ysaye.Au Conservatoire, tout en suivant les conseils de Marsick, dont il était l’élève préféré, il prenait des levons d’Ysaye ; et de renseignement de ces deux maîtres, de la réunion rie leurs qualités diverses, devait résulter le violoniste si complet, si sûr, qu’est aujourd’hui Jacques Thibaud.Tandis que certains virtuoses ne se préoccupent que de la technique de leur art, il met son impeccable mécanisme au service de la grande musique, mais il n’en fait pas parade.Jacques Thibaud n’a jamais voulu transiger avec le style pur qu’exige l’interprétation des maîtres ; il n’a jamais voulu descendre aux foules ; il les a toujours, au contraire, élevées jusqu’à lui.Et c’est ainsi qu’il s’est fait un nom.Les chefs d’orchestre français Us s’en vont tous, déplore le Courrier Musical.MM.Messager, Rabaud, Monteux, Cortot, Gaubert, Hasselmans se partagent l’Amérique et M.Rhené-Baton monopolise U Hollande.Une école s’impose, dit-il, pour former des chefs d’orchestre.Le Cinéma envahisseur Une compagnie américaine de cinéma vient de louer le théâtre de l’Auditorium.Pour une période de cinq ans elle a le contrôle absolu du théâtre, où se donneront des représentations cinématographiques à l’exclusion de toute autre.Notre Auditorium a connu de meilleurs moments.Ah ! les belles soirées passées à entendre Henri Marteau, Gérardy,Marchesi, Clément, Ysaye ou Casais, et l’Orchestre russe ! La Société Symphonique Notre orchestre symphonique n’a plus de I salle de répétitions.L’édifice de l’Ecole des I arts, rue St-Joachim, où depuis 16 ans se 1 faisait ces répétitions, a été désaffecté.Il sera reconstruit et le gouvernement y J installera son musée d histoire naturelle, f lequel était relégué dans les combles du Palais législatif.L'idée est fort bonne en -soi ; mais la musique?il lui faut un autre ; local.Le “Musical” Le “ Ladies’ Morning Musical Club ” a tenu son assemblée générale le 26 novembre dernier.Madame Placide Morency a été élue présidente, et Mrs.W.Sharpies, vice-présidente.On a décidé d’organiser cette saison huit | concerts.Ils seront donnés à la Salle J Colomb aux dates suivantes : 18 décembre, 22 janvier, 5 et 19 février, 5 et 19 mars, 2 et 16 avril.Le prix des cartes a été fixé à $2.00 pour les huit concerts.*** Mariage Le 7 de ce mois, Mademoiselle Maria Delisle, la charmante cantatrice québécoise, épousait M Emilien Mignault, ingénieurdu chemin de fer Transcontinental.Toutes nos félicitations et tous nos vœux. LA MUSIQUE 11 Inauguration d’orgue M.Arthur Bernier a été inaugurer, le dimanche 15 décembre, l’orgue de l’église du Cap Saint-Ignace.MM.Alfred Poulin, J.-A.Savard et Georges Gravel, de Québec, ont aussi prit part au concert donné en cette circonstance.M.Maurice Bernier a joué Y Adagio pathétique, pour violoncelle, de B.Godard.*** Informations __M Georges-Emile Tanguay est venu passer la Noël dans sa famille.Il est aussitôt retourné à New-York, où il continue ses études.M.Tanguay étudie la composition sous la direction de Pietro J.Yon et l’orgue avec Gaston Dethier.__Il nous fait plaisir de saluer le retour d’un ancien québécois, M.Léo Roy, établi depuis plusieurs années aux Etats-Unis.M.Roy a son studio rue Ste-Ursule, n° 47.— Madame Fafard-Drolet s’est fait entendre à la Basilique, le 17 décembre, à une réunion des Dames de la Sainte-Famille de Notre-Dame de Québec.Elle a chanté un Salve Regina.— Plusieurs musiciens Québécois ont fait le voyage à Montréal pour entendre l’Orchestre de la Société des Concerts : M.et Mme Placide Morency, Mlle Ida Donohue, MM.Fernand Choquette, Ed.-J.Trudel, Art.Savard, Eug.Simard, R.Dionne, G.Morency, H.Coulombe, etc.— M.Ernest Lavigne, l'excellent violoncelliste, et Mlle Lucile Dompierre, pianiste, prendront part au prochain concert du “ Musical”.*** Nomination M.Joseph Fortier, de Beauport, vient d’être nommé organiste à l’église de Saint-Roch et entrera en fonction le premier dimanche de février.Mariage d’artistes M.Alfred Laliberté, le brillant pianiste canadien, vient d’épouser Mlle Lucienne Boucher, de Montréal, et autrefois de Paris.La Société des Concerts du Conservatoire de Paris Les deux concerts symphoniques donnés les 4 et 5 janvier, au théâtre Loew de Montréal, par la Société des Concerts du Conservatoire de Paris, sous la direction de l’habile stratège qu’est André Messager, ont enthousiasmé 1 auditoire.Plus de sept mille musiciens sont accourus de toutes les parties de la province pour entendre cette géniale phalange orchestrale.Les deux programmes, admirablement composés, ont fait valoir les qualités de tinesse, de pondération et d’expression juste de cette musique au charme pénétrant et éminemment française.Que dire de l’interprétation donnée par l’artiste sincère qu’est Messager et ses musiciens ; en plus d’une sonorité merveilleuse, quelle légèreté d'attaque, quel fondu et quel style impeccable dans ses mille nuances diversifiées.Mlle Madeleine Brard, pianiste, mignonne artiste de quinze ans, au talent déjà mûri, a joué du Fauré et du Saint-Saëns accompagnée par l’orchestre.Elle est digne de son illustre professeur, Alfred Cortot, qu’elle remplaçait en cette circonstance.Voici les deux programmes : PROGRAMME : (Ajanvier) 1.Le Camp de Wallenstein .Vincent d’Indy 2.Symphonie en la mineur .C.Saint-Saëns 3.L'Apprenti Son ier .Paul Dukas 4.(a) Ballade .G.Fauré (b) Gâteau de noce.C.Saint-Saëns Mlle Madeleine Brard 5.Rapsodie Norvégienne .Edouard Lalo PROGRAMME : (5 janvier) 1.Ouverture de Patrie .G.Bizet 2.Symphonie en ré mineur.César Franck 3.Prélude à l'après-midi d’un Faune.C.Debussy 4.Le Rouet d’Omphale.C.Saint-Saëns 5.Mlle Heard a répété les pièces du précédent concert.6.Ouverture du Carnaval Romain .H.Berlioz Il est fort regrettable que la ville de Québec ne possède pas une salle de concert ou théâtre pouvant contenir deux à trois milles personnes ; car cela rendrait possible l’organisation de pareilles fêtes d’art, ce qui serait pour le plus grand bien intellectuel de tous.% Edmond-J.Trudel 12 LA MUSIQUE CONCERTS M.J.Saucier et Mlle Ruth Pryce Salle du Y.M.C.A., 17 décembre M.Saucier n’était pas inconnu à Québec où notre public avait déjà ru l’occasion de l’apprécier.Aussi a-t-il attiré un auditoire nombreux, tpii était en même temps un auditoire d’élite.AI.Saucier n’a rien perdu de sa belle voix.Elle est toujours souple, ample et forte.Elle sait tour à tour se charger d’émotion vive et de gaieté riante, et s'adapte aisément à tous les morceaux et à tous les genres AI.Saucier dit toujours bien, interprète fidèlement.chante avec précision, et toujours agréablement.Alais si Ai.Saucier sait jouer artistiquement avec sa voix, Mlle Ruth Pryce chante admirablement avec son violon.Sa musique et fine, délicate et gracieuse, charmante comme sa personne, la musique c’est.la femme.Mlle Pryce a un coup d’archet sûr ; son jeu, fait de nuances, d’intonations subtiles et prenantes, communique à chacun une émotion qu'il appartient aux seuls vrais artistes de créer.Ajoutons que Mlle Pryce, jeune encore, exécute avec une égale maîtrise la musique classique et la musique moderne.Quand à madame Saucier, elle remplissait le rôle d’accompagnatrice avec tout le succès que l’on peut espérer.Elle est au piano ce que M.Saucier est au chant, et cela nous paraît être à l’éloge des deux.Concert du L.M.C.Salle Colomb, 18 décembre Le “Ladies’ Musical Club” a repris cette année la série de ses séances de musique.M"c Sarah Fischer, que l’on avait le plaisir d’entendre pour la première fois à Québec, a obtenu le plus franc succès avec des mélodies de Blumenfeld, Moskowski, Rimski-Korsa-kow, Phillips.Hændel, et dans l’air de Micaëla de la Carmen de G.Bizet.Bien que d’origine juive, MUe Fischer, qui a passé son enfance à Paris, prononce délicieusement le français.Mh® L.Frenette, une brillante élève de Mme Berthe Rov, a joué une Etude de concert de Liszt et, en rappel.Tarentelle en la mineur de Leschetizki.MM.Ed.Trudel, R.Talbot et Ern.Lavigne ont exécuté avec un bel ensemble le Trio en ré majeur op.711 (n I) de Beethoven, pour piano, violon et violoncelle.Une innovation qu’il convient de signaler: les programmes, cette année, sont imprimés dans les deux langues.Et c’est justice.O.L.Musique de chambre Par une judicieuse innovation, un pianiste de Québec, AI.Fdmond-.T.Trudel a inaugure, le 2 novembre dernier, à sa résidence, une série d’auditions intimes consacrées à la musique de chambre.Assisté de MM.Orner Letourneau, pianiste, Ernest Lavigne, violoncelliste, et Robert Talbot, violoniste, M.Trudel obtint, un beau succès dans les pièces suivantes : deux Nocturnes de Bizet et Fauré, la Symphonie en ut majeur de Beethoven, la majestueuse Sonate de Vierne pour violoncelle et.piano, et un Trio.op.70, n° 1, de Beethoven.La seconde audition, donnée le 14 décembre.incluait un Concerto Italien pour piano de .1.S.Bach, une réduction à quatre mains de la Deuxième Symphonie de Beethoven, la sonate de César Franck pour violon et piano, et un brillant Trio (op.32) de Anton Arensky.Comme l’indique le programme, où chaque pièce est brièvement analysée, le but de ces auditions est, moins de faire de l'art, pour l’art que de préparer logiquement les amis de la musique sérieuse à comprendre et goûter davantage les chefs-d’œuvre anciens ou modernes de la musique de chambre.Pour leur noble entreprise, M.Trudel et ses dévoués collaborateurs méritent tout nos éloges.Espérons qu’en un avenir prochain les circonstances permettront, de rendre publiques ces intéressantes soirées musicales.F.-X.C.La Mmique publiera dans son prochain numéro un article de M.le docteur Paradis sur le concert donné à la Salle Colomb par M.Léo-Pol Morin.MUSIQUE D’ÉOEISE Dans son prochain numéro LA MUSIQUE inaugurera une rubrique pour les musiciens d'église.Le R.P.IL Lefebvre, S.J., dont la compétence en cette matière fait autorité, a bien voulu se charger d'en faire la rédaction. COURS ET LEÇONS INSTITUT DE L’ART XAVIER MERCIER de l’Opéra-Comique de Paris et du Covent Garden de Londres.13.RUE STK-URSULE - Tel.4341 ^ VOCAL DE QUÉBEC Mme ISA JEYNEVALD 1er prix de Chant et d'Opéra du Conservatoire de Lyon, France, de- grands théâtres, Lyon, Toulouse, et des Concerts Colonne de Paris.J.-A.GILBERT PROFESSEUR DE VIOLON 33t.rue St-Jean Tél.3156 LÉON-J.DESSANE PIANO CHANT ORGUE 128.rue d’Aiguillon Tél.826 J.-ARTHUR BERNIER Ex-élève de Alexandre Guilmant et F.Fourdrain Membre de la Société des Auteurs et Compositeurs de Paris.PIANO - ORGUE - HARMONIE IL rue de Salaberry Tél.2134 HENRI GAGNON Organiste de la Basilique (Ex-élève de MM.Philipp, Gigout et Widor du Conservatoire de Paris PIANO, ORGUE, HARMONIE Studio : 8, rue St-Flavien TéL 1035 EDMOND-J.TRUDEL PIANO - HARMONIE - COMPOSITION 131.Avenue Cartier Tél.6340 OMER LÉTOURNEAU Prix d’Europe Elève de Louis Vierne et F.Fourdrain Organiste à Saint-Sauveur 55, rue Boisseau Tél.1461 BERTHE ROY PROFESSEUR DE PIANO ET DE CHANT Elève de Mnrmontel.Paris, de Joseffy et Dethier, New-York.Studio : 47, rue Ste-Ursulc TéL 7396 LÉO ROY Compositeur, Virtuose, critique et directeur musical.Cours d’harmonie, de composition, d’instrumentation, etc.Studio : 47, rue Ste-Ursule Tél.739B GEORGES E.CHOUINARD Organiste et Professeur de Musique Enseignement théorique, méthode Danhauser 17L rue Ste-Famille Tél.844 A.PARADIS Lauréat de l’Académie de Musique de Québec.LEÇONS DE VIOLON Studio : f63, rue d’Aiguillon Tél.6820 Bernadette Létourneau ORGANISTE IS3Î, rue Dorohcster Tél.140 Mlle MAY LEGARÊ professseur:de piano 663.rue St-Valier Tél.3452 BERTHE JOBIN PROCESSEUR DE PIANO 38n, rue du Roi.Mlle B.ST-PIERRE PROFESSEUR DK PIANO 43.rue Morin St-Sauveur.Ouvrage recommandé : Traité du Principes de la Musique par E.StiÉvenard.Pour les taux d’annonce, s’adresser à L’Imprimerie Modèle, 20, Côte de la Montagne. RICHARD FRÈRES DEMANDEZ — LK8 — El r • Agents de Manufactures et Marchands de Matériaux de Construction Ginger Ale, Cream Soda, Ginger Beet, Cidre Champagne, Iron Brew, Lemon Soda, etc.Toujours en magasin Neponset Wall Board, Papier à couverture et à lambris.Bois à plancher et portes.SPÉCIALITÉS : Plancher en tuile, en marbre et terrazo, Tableaux d'ardoise pour écoles, Feuilhu'd en cuivre pour portes et chassis contre le froid, la poussière et l’eau.Etc.MARQUE Ed.Coulombe Echantillons et prix sur demande # 553, RUE ST-VALIER, QUÉBEC.Tel.4928 Tél.2708 54 56, rue Morin, Québec.Messieurs TEncanteiu's licenciés Avant de faire vos achats, veuillez rendre visite à NAP.JACQUES MAGASIN SPÉCIAL POUR HOMMES Le plu» complet du genre (i Québec 128-132, rue St-Joseph, - Québec.iHam'ait Sc Jfils JNarcf|a«Ï!s îre ^Weitbles 288, rue jS’t-jJoseph, - (Québec.SIélépl|one 2453 Tél.2939 Jos.Ruel & Frère Mut M.-1.G VI Spécialités pour Dames et Enfants LINGERIE SUR COMMANDE ET r.Horlogers, Bijoutiers, Opiiciens 448, rue St-Joseph 741, rue St-Valier Québec.ËÜP MUSIQUE EN FEUILLES INSTRUMENTS DE MUSIQUE ASSORTIMENT DES PLUS COMPLETS BEAUDRY f • 263, RUE SAINT-JEAN Tél.833 PHOTOGRAPHIE DART PHOTOGRAPHIE COMMERCIALE Prière en faisant vos achats de mentionner l’annonce lue dans “La Musique”. CARTES PROFESSIONNELLES 'OSC A K HAMEL ÉTUDE DE Rod.E.MacKAY HAMEL & MACKAY ( NOTAIRES Kcprésûntiuitu de V»na*H.iAtH.ViiMtiCAiHK, Boulais,-Lt«k, pour la vente desObligationroiunicipales.Bureaux : 108, rue St-Jean, Québec.— Téléphone 4455 — Echange privée.AIMÉ PLAMONDON NOTAIRE 98.rue St-Joseph Tél.6536 OSCAR BEAULÉ ARCHITECTE 21, rue d’Aiguillon Tél.1684 PAUL DROUIN AVOCAT Edifice Quebec Railway Tél.466 LOUIS-A.TALBOT • AVOCAT 81, rue St-Pierre Tél.7413 HENRI POULIOT NOTAIRE Edifice Quebec Railway Tél.91)2 CHARLES MORIN NOTAIRE 26, rue Massue Tél.4893 I)r ALPHONSE DION DENTISTE 24.Côte du Palais Tél.2153 Dr A.Rajottk Dr O.Turgeon La Compagnie Dentaire 195, rue St-Joseph Tél.5525 VICTOR MATHIEU NOTAIRE Bureau : “Caisse d’Eoonomie”, St-Rocli, Tél.3337 ARTHUR-E.SIMARD NOTAIRE 64, rue St-Joseph Tél.2126 ADRIEN FALARDEAU AVOCAT Edifice Quebec Railway Tél.2307 POUR VOS TRAVAUX D IMPRESSIONS .ADRESSEZ-VOUS A I/ IMPRIMERIE MODELE Imprimeurs tic La Musique LES PAPILLONS, mélodie, musique de Orner Létourneau.— Prix : 50sous.LE CONSERVATOIRE ROYaL Bureau : 936.rue St-Denis, Montréal.Les examen# ont lieu deux foi# par année, en janvier et en juin, à Montréal et à Québec.PROSPECTUS SUR DEMANDE., Pour les taux d’annonce, s’adresser à L'Impkimkrik Modèle, 20, Côte de la Montagne. IOL- €=301=511 C'—;.=301 Pianos KNABE Pianos KNABE G ROBITAILLE 320, rue St-Joseph — — Téléphone 2291 Québec.^ic - .-ioi;.;;:.j|fcrzi3ot.:."illct.ioe-?||cz=ioi-¦>!!< loenr^l L/1mprîmerie Modei.k, 20, Côte de la Montagne.IQi ===>l|C=IOifË51|c ~—IOE
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.