La musique, 1 janvier 1919, novembre
No 11 — Novembre 1919 Mi M.HENRI GAGNON Organiste À la Basilique de Quebec SOMMAIRE M.Henri Gagnon.Musique et musiciens à Québec .N.LeVasseur .Causerie musicale (IX).Blanche Gagnon Les Chanteurs romains et la culture vocale .Octave Bourdon Musique d’Église.».C.-H.Lefebvre, S.J.Classement et pose de la voix .Xavier Mercier Lettre de Montréal.Fréd.Pelletier Variétés.— Concerts.— Echos et nouvelles.Abonnement : $1.00 par annte Le numéro, lO sous Parait le 15 de chaque mois LA MUSIQUE Revue mensuelle Publiée sous la direction de O mer Létourneau et Hector Faber COLLABORATEURS : M.J.-Arthur Bernier R.P.Louis Bonvin, -s.j.Mademoiselle Victoria Cartier M.Louis-Joseph Doucet R.P.Emile Fontaine, s.j.Mademoiselle Blanche Gagnon MM.Henri Gagnon J.-A.Gilbert Madame Maria Lagacé-Girard R.P.C.-H.Lefebvre, s.j.Administration : 20, Côte de la Montagne, Québec Téléphone 6349 Adresser toute correspondance à l’administration.LA MUSIQUE est en vente chez les marchands M.N.LeVasseur • M.l’abbé Olivier Maurault, p.s.s.M.Xavier Mercier M.le docteur J.-G.Paradis M.le chanoine J.-R.Pelletier M.Fréd.Pelletier Madame Berthe Roy S.M.de S.M.MM.E.Stiévenard Edm.-J.Trudel ABONNEMENTS : Canada, un an.$1.00 Etranger, un an.1.50 L’abonnement part de janvier et est payable d'avance.Les numéros parus sont envoyés aussitôt inscription.Prière de faire remise par mandat-poste ou chèque payable au pair à Wuébec.mûsique et dans les principaux dépôts de journaux.Le Magasin de l’Homme Chapeaux, Merceries, Confection dernier style pour Hommes ÎkL %, pjpülatt 406, rue St-Jean Québec ^Eitcantcnrs lüicruciés çiMarcIjatiiïs î»e (JReubks 288, rue ^t-^losepl], - (Québec.®élrpl]0ite 2453 ^aaaaaaaaaaa ;,i,fcÀÀAAAAAA**AAAAAAAAAAÀÀAAAÀÀAAAAAAAAAAAÀAÀAÀAAAAAAAA*A,»AAA±AAÀA fit (Eottserfrataur Rational ht JHustqite 312-est, rue Sainte-Catherine MONTREAL J.-H.CHARBONNEAU, directeur.Téléphone : Est 3299 Le Conservatoire National est une institution musicale qui a pour but de travailler a la diffusion de la musique classique dans notre pays.Ses deux principaux moyens d’action sont : I.LES EXAMENS Les examens sur toutes les branches de l’enseignement musical ont lieu à 1 Université Laval, aux mois de janvier et juin.1 our obtenir un certificat d’étude ou un diplôme, l’aspirant doit Conserver 70/ des points ;.80% donne droit à la mention “ distinction ” et 90% à celle de “ grande distinction.” Le titre de “ Professeur Licencié du Conservatoire National ” est conféré au candidat qui a subi avec succès les deux examens du Brevetd'enseignement.II.LES COURS GRATUITS Le Conseil de direction a établi des cours gratuits de théorie’ solfège, dictée musicale et harmonie, qui ont reçu du public un accueil très favorable.Quatre autres cours ont été adjoints, ce sont : la pose de la voix, l’histoire de la musique, l’orgue et l’harmonie pratique au clavier.Les leçons se donnent à l’Université Laval et un droit d’inscription est exigé à la rentrée des classes.PERSONNEL ENSEIGNANT Théorie et solfège : Antonio Letourneau et Orpha-F.Devaux.Pose de la voix : Joseph Saucier.Histoire de la musique : Fréd.Pelletier.Orgue et harmonie pratique au clavier : Arthur Letondal.Dictee musicale et harmonie écrite : Ernest Langlois et J.-N.Ciiaruonneau.Les demandes do prospectus, de formules d’inscription ou d’informations doivent être adressées au Directeur du Conservatoire, •U2-est, rue Sanite-Catherine, Montréal.^ vyy vywyyyyy Musique et Broderie Fra.nea.ise Nous avons tout ce qui est joli en musique Française, tous les opéras qui se chantent à Montréal : Mireille, Mignon, Le Caïd, Carmen, Jean de Nivelle, etc.Nous faisons toutes les broderies pour Robes, Chemisettes, Linge de Maison, Trousseaux, .ayettes, Rideaux, etc.Broderie Religieuse et pour Uniformes civils et militaires.RAOUL VENNAT 642, rue St-Denis, Montréal.BEAUDRY Cadeaux de Fête utiles et agréables - Tel.Est 3065 - A^ent pour le Canada d\\ Courrier Musical do Paris.Üü^^l i-.y.i fies ©rgues (Casaliant CASAVANT FRÈRES SAINT-HYACINTHE, Qyé.fl Au delà de 800 ont été construites par la MAISON CASAVANT FRÈRES,, dont 65 à quatre claviers, 197 à trois daviers, 538 à deux claviers, etc.V V FACTEURS D’ORGUES SONT CÉLÈBRES MUSIQUE EN FEUILLES INSTRUMENTS DE MUSIQUE ASSORTIMENT DES PLUS COMPLETS 263, RUE SAINT-JEAN Tél.833 PHOTOGRAPHIE D’ART PHOTOGRAPHIE COMMERCIALE Pour les taux d’annonce, «’adresser à L’IhPKIMErik Modèle, 20, Côte de la Montagne, La vigueur & Hutchison SEULS REPRÉSENTANTS DES CÉLÈBRES PIANOS IIEINTZMAN & CO.(LE FAVORI DES ARTISTES) Distributeurs des Grafonolas COLUMBIA et seuls agents des merveilleux IMPÉRIAL, reproduisant tous les records de n’importe quelle marque CONDITIONS DE PAIEMENT LES PLUS FACILES 81, RUE ST-JE AN Succursale : 54, rue St-Joseph.Professeurs et Amateurs de Musique AYEZ DES INSTRUMENTS DE PREMIER GDUT Que pensez-vous des marques de piano CHICK BRING — PRATTE — BELL — DOMINION — WISEMAN — ROSSINI.Vous qui êtes connaisseurs ne pourrez dire autre chose que chacune de ces marques comparées aux 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1900, à l’éminent organiste anglais W.Reed, dont il devint en peu de temps le plus habile élève.A quatorze ans, il débutait comme organiste en un récital sur le grand instrument du “ Temple de la musique ” à l’exposition de Buffalo, et il y donnait, de mémoire, un program-meélaboré, tiré de Bach, de Guilmant et d’autres maîtres, qui lui valut les plus élogieux pronostics de la presse américaine d’alors.En 1903, il alla poursuivre à Montréal ses études musicales avec M.Arthur Letondal au piano, et feu Guillaume Couture pour l’harmonie.Vers ce temps-là parut le Motuproprio sur la musique sacrée, et il sut bénéficier de l’évolution marquée qui en résulta dans l’art religieux.Déjà ses goûts et ses préférences pour la musique vrai- ment sérieuse étaient manifestes, et se traduisaient dans les compositions qu’il écrivit vers ce temps-là.De 1907 à 1909, il vécut à Paris, travaillant simultanément le piano avec Philipp, et l’orgue avec Widor et Gigout.A l’occasion, il suppléa ce dernier aux grandes orgues de St-Augustin.Incidemment il put suivre les cours de chant grégorien que donnait Amédée Gastoué à l’Institut Catholique.De même il eut l’avantage d'étudier avec l’auteur les fameuses symphonies de Widor pour orgue.M.Gagnon fut soliste aux concerts Touche, à Paris, en 1908 et en 1909.Depuis il fut invité à plusieurs inaugurations d’orgue, au pays, notamment à Hochelaga, à la cathédrale de Joliette, à Ottawa, à Beau-port, au “ Convocation Hall ” de Toronto, et, tout récemment, à l’église des Jésuites de Guelph, Ontario.Succédant à son père, comme titulaire de l’orgue à la Basilique, en 1915, M.Gagnon se livre également au professorat.Il enseigne au Séminaire et à l’École Normale Laval.C’est un musicien d’une conscience artistique qui n’a d’égale que sa modestie et son horreur de toute réclame.Ses nombreuses occupations privent le public de compositions remarquables qui nous viendraient de sa plume distinguée. 126 LA MUSIQUE Musique et Musiciens à Québec Souvenirs d’un amateur - PAR - N.LcVASSEUR (suite) Mais ici, il me faut revenir en arrière pour reprendre la trame de cet historique.En 1848, l'abbé P.Bouchy, arrivé à Québec, venant de France, passait du séminaire des Missions Etrangères à Québec, au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, pour y enseigner les lettres, et aussi pour y aider au développement de l'instruction musicale des élèves.“ C’était, dit Mgr Têtu, dans ses Impressions Musicales, un esprit d élite, d’une formation absolument distinguée, et un musicien.C’est à lui que l’on doit la savante édition du Chant Grégorien,, publiée sous l’administration de Mgr Baillargeon.Son histoire du chant ecclésiastique, qui remplit une partie du Processional, indique une forte science musicale et un beau talent d’écrivain.Pendant quatre ans au collège, l’abbé Bouchy se montra excellent professeur, au double point de vue de la musique et des lettres.” En 1848, Théodore Molt, organiste à la cathédrale catholique de Québec, devait quitter son poste.On se mit donc en quête d’un nouvel organiste, quand, le 24 décembre de cette année-là, l’abbé Bouchy écrivit du collège de Sainte-Anne au curé de Notre-Dame de Québec, que la fabrique pouvait faire venir do Paris un bon organiste qui se contenterait de cent louis, chiffre des émoluments du sieur Théodore Molt.Les négociations s’ouvrirent et l’engagement fut conclu.Antoine Dessane arriva à Québec en 1849, avec sa femme et un bébé d’un an, une fillette baptisée Marie, née le 6 • Collige fragmenta ne pereant / février 1848, qui plus tard, en 1866, prit l’habit religieux au couvent de Jésus-Marie, à Saint-Joseph de Lévis, puis devint presqu’aussitôt professeur de musique à l’Académie de .Jésus-Marie, à Sillery, et occupa ce poste jusqu’à sa mort, en août 1916.Marie-Hyppolite-Antoine Dessane, le nouvel organiste, était né le 14 décembre 1826 à Forcalquier, le forum Neronis des Romains, le forum calcarium du moyen-âge, situé sur l’Argne, au pied d'une colline, à environ dix-huit lieues de Digne.Il était le deuxième fils d'une famille de six garçons, dont trois se destinaient à la musique et trois à la carrière militaire.Ce fut presqu’à sa naissance que son père, artiste-musicien, fut appelé comme professeur au collège des Jésuites, à Billon, en Auvergne, et que, dans l’endroit, sous la direction paternelle, à l’âge de sept ans, il se mit à étudier la musique, avec des heures de travail sévèrement réglées.Depuis l'âge de dix ans surtout, jusqu’à sa seizième année, il étudia régulièrement neuf heures par jour.Il est à présumer que son père lui découvrit des aptitudes exceptionnelles pour la.musique, puisqu’il se mit en frais de lui donner des professeurs qu’il estimait supérieurs à lui-même dans l’enseignement.C'était avec orgueil qu’il citait comme phénoménal le fait de son fils d’avoir en quarante jours parcouru tout le solfège de Rodolphe.En 1837, père et fils quittait l’Auvergne pour aller habiter Paris où le père réussit de suite à faire LA MUSIQUE 127 admettre son fils comme élève au Conservatoire National de musique et de déclamation.Le jeune Antoine avait alors dix ans et demi.A cette époque le Conservatoire était sous la direction ou, plus exactement, sous la férule do Cherubini, car le maestro traitait bien rudement les élèves.Ses brusqueries capricieuses et pas toujours de bon goût étaient bien connues dans le monde des musiciens.Pour peu que l'on se reporte ailleurs, il paraît que c’était le régime à la mode alors dans l’enseignement.Cependant, le jeune DesSane n’eut pas, comme ses condisciples, trop à souffrir du caractère excentrique et maussade de Cherubini qui, s’il était sévère et bourru avec les autres élèves, se montrait d’une étrange bienveillance envers le jeune Dessa-ne, particulièrement aux examens.Il alla même jusqu’à le désigner comme son Benjamin.Si Cherubini se relâcha de sa sévérité envers Antoine Dessane, celui-ci la reprit tout de même plus tard dans le professorat au Canada.Un jour, dans la classe de violoncelle, au Conservatoire, il y eut deux places mises au concours.Trente-trois élèves s’inscrivent comme concurrents.Le jeune Dessane en décrocha une.Peu de temps après, autre concours dans la classe de piano.Le seul admis sur huit concurrents fut le jeune Dessane.Cherubini voulut bien honorer aussi le père d’Antoine en acceptant la dédicace d’une méthode théorique et pratique de musique qu’il avait écrite.Un jour, Cherubini gravissait péniblement les escaliers du Conservatoire, pour se rendre à son bureau, où on le trouvait régulièrement à neuf heures du matin ; c’était aussi justement 1 heure de la classe de violoncelle qu Antoine Dessane suivait.Le vieux directeur de l’institution tenait la rampe de son bras droit semi-ankylosé par l’âge, et, de la main gauche, s’appuyait sur une canne.Antoine Dessane, comme la plupart des enfants de son âge, grimpait les escaliers au pas de course, sans compter les marches.Dans son élan, il sentit qu’il avait frôlé quelqu’un ou quelque chose au passage.Quelle fut pas sa stupeur, en se retournant, d’apercevoir devant lui Cherubini, son directeur ! A la mine effarée et déconfite du jeune garçon, le vieux Cherubini se prit à sourire.Antoine se sentit sauvé.— Allez, montez à votre classe, fit Cherubini, sur un ton de bienveillance qu’il avait coutume de prendre à l’égard du jeune Dessane.Naturellement, les camarades du jeune délinquant le félicitèrent, mais, à partir de ce moment-là, Cherubini changea le titre de Benjamin qu’il donnait à son élève, en celui moins flatteur de “mon jeune étourdi.” Le père d’Antoine Dessane faisait aussi le commerce de musique à Paris.Il lui arriva d’avoir besoin des services de son fils aîné et du je\ine Antoine pour faire connaître sa maison en Amérique.Il se décida donc à demander pour ses fils un congé de neuf mois, qui lui fut immédiatement accordé.Malheureusement on prit sur soi d’allonger tellement le congé, que l’on jugea absolument inutile de formuler une demande de rentrée au Conservatoire, vu la sévérité des règlements relativement aux congés.Antoine Dessane laissa le Conservatoire le 5 octobre 1841.Le père Dessane était allé aux Etats-Unis ; à son retour, il fit entreprendre à ses fils, dans l’intérêt de sa maison, une tournée de concerts en Italie et en Allemagne.Cette tournée dura un 128 LA MUSIQUE an et demi.Succès artistique brillant, succès financier assez pâle.Voici quel fut l’itinéraire de cette tournée.De Paris, les musiciens se rendirent à Troyes, en Champagne, où ils rencontrèrent deux riches boyards russes qui voulurent les emmener avec eux en Russie.Malgré la généreuse hospitalité de ces deux seigneurs moscovites, le père Des-sane ne put se décider à se rendre à leurs désirs.De Troyes, tous se dirigèrent successivement sur Lyon, Châlons, Mà-eonet Dijon.Chemin faisant, le père Dessane conçut le projet d’aller visiter sa famille à Apt, département de Vaucluse, où les voyageurs furent reçus par toute une smala d’oncles, tantes, cousins et cousines, assez nombreuse pour former à elle seule tout un faubourg.D’Apt, les Dessane filèrent sur Forcalquier.ville natale d’Antoine, comme on l’a vu, où ils se trouvèrent au milieu de la famille Dessane.Us furent hospitalisés dans la maison même où Antoine était venu au monde ; elle leur avait paru être la plus convenable de Forcalquier.Sa mère en était la propriétaire.Madame Dessane, mère d’Antoine, appartenait à l’une des meilleures famille de l’endroit.Née Maurel, elle tenait de très près à la famille du maréchal Soult, duc de Dalmatie, le principal auteur de la victoire d’Austerlitz, ministre de la guerre et des affaires étrangères sous Louis-Philippe.De Forcalquier, les musiciens se dirigèrent sur Toulon et Marseilles.De là, ils entrèrent en Italie par Gênes, puis visitèrent Turin, Milan, Vérone, Padoue, Venise, Trieste et Goritz, où ils furent reçus par la duchesse d’Angoulème.Ce fut en ce dernier endroit qu’un soir, Antoine Dessane, exténué parla chaleur intense qu’il faisait dans les chambres de la résidence, crut devoir sortir et s’installer sur le perron de la porte du chateau, afin d immer un peu d’air.La porte était gardée par deux sentinelles allemandes.Tout à coup, l'une des sentinelles s’avança vers Dessane en lui disant brusquement : Ici on sort ou l’on rentre ! Ne comprenant pas l’allemand, Antoine Dessane ne bougea pas.La “Kolossale Kultur’’ germanique date de plus loin qu’on ne le pense : le rustaud teuton, voulant démontrer l'autorité de son état et de son emploi, se prépara à frapper Dessane de la crosse de sa carabine.Ce que voyant, notre futur organiste, qui n’avait aucun moyen de défense contre la brute, déguerpit.Le disciple de la “kultur”, en un mot, le Boche, ne pouvant quitter son poste de gardien, et voyant Dessane lui échapper, lui lança sa carabine de toute la force qu il put y mettre.Dessane fut atteint au bras droit et crut pendant quelques moments avoir le bras cassé, si douleureux avait été le coup.Ce soir-là, il ne put prendre part au concert qui se donnait au château de la duchesse.Celle-ci ayant été mise au courant des faits et gestes du distingué Teuton, envoyait dès le lendemain son secrétaire à Antoine Dessane pour l’informer qu’il était nommé officiellement son pianiste et son violoncelliste ; mais ce qui causa grande satisfaction à Antoine Dessane fut d’apprendre que le soulard allemand avait reçu le matin meme vingt coups de sh.ela(j, en récompense de son zèle intempestif et surtout outré.(à suivre) n.Levasseur. LA MUSIQUE 129 Causerie musicale IX Le plain-chant doit généralement être chanté à l'unisson.Lorsqu’il est harmonisé, il est de rigueur que les voix suivent exactement la note écrite.Il n'est pas superflu d’insister sur pareille recommandation au sujet du chant en musique moderne.Un organiste est sur les épines lorsqu’il s’aperçoit qu’on se mêle d’improviser des parties intermédiaires qui gênent singulièrement la marche de sa propre harmonisation.Il y a différentes manières d’accompagner correctement un morceau : or, si un amateur qui a “de l’oreille” risque, néanmoins, en faisant sa partie, d’aller à l’encontre de certains accords de l’organiste, qu’est-ce donc lorsqu’un chanteur ignare s’avise de suivre “à la tierce’’ jusqu’au bout ! A moins d’avoir sous les yeux une partie écrite, correspondant à la copie de l’organiste, ou à l'accompagnement qu’il joue de mémoire, il est plus sûr de chanter à l'unisson.Le Purer Domine en plain-chant et le Panern de cœlo devraient toujours être chantés en chœur.Une règle invariable sur ce point mettrait à l’écart, sails que personne ne songe à s'en formaliser, les voix médiocres ou désagréables auxquelles on abandonne trop souvent ces versets familiers, faute de pouvoir leur confier de solos plus importants.Les chœurs composés de peu de voix devraient chanter de préférence à l’unisson, ou, tout au plus, ne chanter que des motets et des cantiques à deux voix ; les morceaux à trois ou à quatre voix ne conviennent qu’à des chœurs assez nombreux : car ce sont des morceaux à trois ou quatre parties (dont cha- cune peut être chantée par plusieurs voix), et non pas toujours, comme le croient certaines gens non initiés aux termes de la musique vocale, de simples duos, trios ou quatuors.A ce propos, je me souviens d’avoir entendu, il y a plusieurs années, des chants canadiens exécutés par un quatuor qui jie pouvait les rendre avec le même effet qu’un chœur puissant et bien entraîné.Le ténor, enrhumé, étouffait sa voix dans son mouchoir, tandis que ses partenaires hésitaient à poursuivre.L’auteur, qui était présent, demanda au directeur de circonstance (ce n’était pas un professionnel, je me hâte de le dire) : “Pourquoi n’avez-vous pas fait chanter cela par un chœur nombreux ?’’— Et celui-ci de répondre, tout naïvement : “C’est écrit à quatre voix : est-ce qu’on peut en ajouter ?”.Je n’expliquerai pas ce que sont les chœurs à voir égales et à voix inégales, quoique ces termes puissent prêter aussi à équivoque : on ne sait jamais !.Je rappellerai seulement que les chœurs exclusivement féminins doivent laisser aux chœurs mixtes la partie de ténor, qui convient uniquement à des voix d’hommes.La voix de soprano correspond à la voix de ténor, mais à l’octave aigu : par conséquent, elle n’a pas les mêmes relations harmoniques dans une partie chantée.Voilà que ma causerie s’achève comme une leçon.Je réserve des pages moins austères pour le mois de Noël.(à mù're) Blanche GAGNON 130 LA MUSIQUE Les Chanteurs romains et la culture vocale OMME leur fameux ancêtre César, ils sont venus, ils ont chanté, ils ont triomphé ! Serait-ce tout ?Faudra-t-il se borner à admirer de ces voix d’or le lumineux sillage en notre firmament artistique?De cet événement musical, sans précédent jusqu’ici, dont la portée possible fut si fâcheusement restreinte, n'y aurait-il pas, au profit de l’art musical, tant profane que religieux, de fructueuses instructions à dégager ?Il semble bien que cette échappée passagère, mais inoubliable, sur une portion à peu près inexplorée chez nous du royaume des sons, comporte des enseignements qu’il ne faudrait pas laisser se perdre ; et c’est pour les résumer brièvement que nous traçons ces quelques lignes où sont consignées les réflexions qu’a inspirées le passage au milieu de nous de la Sorieia polifonica romana.Avant tout, il faut déplorer la maladresse delà réclame et l’insuffisance de l’information touchant la nature et la valeur de cette belle association chorale ; le succès du concert en a été compromis de regrettable façon.Il eût fallu que, dès le début, elle eût été présentée au public sous son vrai jour, sans équivoque, avec ses mérites réels, son admirable programme tout spécialisé dans la polyphonie classique.Il eut été opportun que, sur ce genre si différent de notre musique moderne, le public eût été préalablement instruit et mis au courant de ce qui constitue le caractère propre de ces chefs-d'oeuvre de l’art vocal et leur beauté reconnue de tous les vrais musiciens.Il aurait été bon de mettre à l’avance en vedette les qualités de son éminent directeur, Mtrr Casimiri, dont la réputation n’était établie qu’auprès d'un petit nombre de connaisseurs, mais dont le nom aurait donné plus de sécurité et rassuré les hésitants.Au point de vue de la diffusion d’une musique recommandée par l’Eglise pour sa valeur liturgique et ne rencontrant pas toujours la juste appréciation qu’elle mérite, il était désirable que le plus grand nombre d’intéressés pussent bénéficier d’une audition de si rare occurrence et d’une leçon de chose de très haute valeur.Quel modèle et quel enseignement ?Dans une vaste salle, après un long voyage toujours fatigant, des chanteurs, hommes et enfants, ont accompli ce tour de force d’exécuter sans accompagnement et sans fléchissement dans le ton, un lourd programme de pièces à quatre ou cinq parties ! Ce superbe résultat à quoi l’attribuer ?Sans nul doute à l’excellent entraînement vocal reçu de leur directeur : première leçon ! Il ne suffit pas, en effet, d’avoir de la voix, si l’on est chanteur ; il faut s’entrainer et se laisser entraîner.Il ne suffit pas d’avoir des voix, si l'on est directeur, il faut les entraîner, les cultiver, les discipliner.Dans notre pays le matériel vocal abonde, et de bonne étoffe, ainsi que les plus heureuses aptitudes musicales ; mais de culture vocale un peu sérieuse et suivie, peu ou point.L’on a une j«r bleue du solfège, et, pour les études vocales, une répugnance instinctive.On se croit atteint dans sa dignité, quand on s’entend conseiller le travail, ce travail opiniâtre qui seul est fécond, qui donne les grands artistes, Faure, Albani, etc., et sans lequel les plus beaux organes et les plus brillantes aptitudes n'aboutissent à rien de durable ni de supérieur.Avoir de la voix diffère absolument de savoir chanter.Le possesseur fortuné d’une belle voix, tout comme le propriétaire d'une luxueuse automobile, peut ne pas savoir la conduire.Par contre, on pourrait être un chauffeur de premier ordre et n’avoir à sa disposition qu’une piètre machine ; de même, un chanteur peut n’avoir qu’un organe assez ordinaire, mais en tirer un admirable parti.Dans ses " Notes et Conseils ” que Faure dédie aux jtuies chanteurs et qui sont le fruit des observations de sa longue expérience, il y trace ces lignes à méditer : “ Combien de chan-“ teurs, ayant à lutter avecdes artistes infiniment “ mieux doués sous le rapport de la voix, les ont “ néanmoins surpassés par le charme, la douceur “ et l’expression de leur talent ”.Il faut donc cultiver, sans le forcer, l’organe que le Ciel nous a départi, en visant à le développer dans ce qui existe, sans ambitionner ce qui ne saurait vous advenir.Avant tout cultivez le terrain vous avez, non pas ce que votre voisin possède, tel tenor envie les résonnances graves du baryton : il y perdra la qualité de ses notes aigues ; tel baryton force LA MUSIQUE 131 son registre aigu par d'imprudentes incursions, il , erdra la rondeur de ses bonnes notes graves : toute extravagance contient en elle-même son propre châtiment.Il importe donc d'atteindre un développement normal satisfaisant de la voix et pour cela il faut une culture musicale assez avancée.Elle est le fruit de l'étude du solfège, si négligée pourtant, et que rien ne peut suppléer, sinon peut-être la musique instrumentale, laquelle, du reste, la présuppose à sa base.Il est remarquable que nos chanteurs les plus éminents étaient allés en Europe en vue de se perfectionner dans l’étude de quelque instrument : Albani, pour le piano et l’orgue ; Rodolphe Plamondon, le ténor si réputé en concert et dans l’oratorio, allait étudier le violoncelle ; Béatrice Lapalme s’adonna d'abord au violon, pour lequel elle avait de réelles aptitudes.Leurs connaissances musicales préalables les mirent en état de pousser activement leurs études vocales et d’émerger rapidement aux premières places.Nous avons malheureusement au pays, à un degré lamentable, l’engouement des voix fortes et des timbres vigoureux.Un chanteur est par là dispensé de tout fini artistique et, partant, de toute culture.La consommation considérable de denrées musicales, de qualité parfois très infé-rieere, qui se fait aux cffi:es sous forme de solos h» contribue pour une large part à aggraver le fléau.Soyons-en convaincus, l’ignorance du solfège et des lois du chant sur la respiration, l’articulation, la bonne émission de la voix, etc., paralysent absolument tout progrès et engendreront le marasme où nous nous débattons, aussi longtemps qu’elle sévira.Tel chanteur ou chanteuse, à voix retentissante mais inculte, qui colporte un peu partout quelques pièces apprises de mémoire, restera perpétuellement cantonné dans son répertoire fruste et limité, et se montrera l’adversaire irréductible de tout progrès.Tel autre, au contraire, moins doué de la nature, mais ami du travail et de l’étude verra s’étendre simultanément son organe et son répertoire et les deux s’enrichir graduellement, l’un, de sonorités nouvelles, l'autre des plus intéressantes primeurs musicales.Mais allez donc essayer de faire entendre à la plupart de nos chanteurs d’église, ces vérités bien élémentaires pourtant : la nécessité du solfège pour obtenir la sécurité dans l’exécution, de la culture vocale qui rendra possible les nuan- ces nécessaires à toute interprétation de quelque valeur ; ils vous planteront là, où il n’assisteront que de façon très irrégulière aux répétitions.En résumé, on ne veut pas apprendre parce qu’on est rempli de suffisance, et l’on n’est suffisant que parce que l’on ignore.Des exécutions comme celles des Chanteurs Romains, en montrant réunies un ensemble de qualités insoupçonnées, devaient ouvrir les yeux d’un bon nombre et faire voir avec évidence à quoi l’on arrive avec le travail assidu, la bonne volonté persévérante et de la voix.De la voix, certes, il y en a, et d’excellente qualité et en abondance, mais de la culture, de la persévérance et de l’assiduité?Demandez aux forçats de la musique qui s’appellent les maîtres de chapelle et les directeurs de chant.Ce qui fait défaut, quand on remonte d’une cause à l’autre, c'est l'enseignement musical bien ordonné et commencé dès la tendre enfance.Graduer les notions de façon à rendre attrayante et facile l’étude de la lecture musicale, et la mettre à la portée de .tous afin de commencer dès le tout jeune âge : voilà le but à atteindre.Avec le matériel abondant que nous avons au pays en fait de voix, avec les aptitudes surprenantes qui se rencontrent chez la plupart des enfants et leur grande facilité, de véritables merveilles s’opéreraient et une rénovation totale se produirait dans le domaine musical.Pour cela, il faudrait organiser l’enseignement musical dans les écoles ; et tout d’abord mettre entre les mains des enfants un manuel court, bien gradué, procédant avec méthode, et couvrant tout le terrain de la musique vocale : intonation, rhytme, prononciation, nuances, interprétation, non pas successivement, mais simultanément, à doses bien graduées, unissant le minimum de théorie au maximum de pratique, et donnant au début le pas à celle-ci sur la théorie, peu attrayante pour les tout petits.Les manuels en usage courant laissent à désirer sous plusieurs aspects : ils ne commencent pas par le vrai début ; ils donnent à la fois toutes les notions de même genre ; les exercices ne sont pas mesurés d’après les capacités vocales des voix et leur tessiture : beaucoup ne donnent aucune indication sur l’émission correcte du son, la respiration, l’articulation nette et la juste prononciation.(à siuwre) Octave BOURDON (1) Spécialement aux funérailles, qui dégénèrent souvent en champ clos où se livronl ios plus féroces duels vocaux. i:52 LA MUSIQUE (suite) MUSIQUE D’ÉOI.ISI Instruction de S.S.Pie X sur lu musique sucrée mu mmm 10.(a) — Les diverses parties de la messe doivent conserver, même musicalement, l’esprit et la forme que leur a donnés la tradition ecclésiastique, et qui se trouvent fort bien rendus dans le chant grégorien.(b) — C'est donc de diverse façon qu'il faut composer un introït, un graduel, une antienne, un psaume, une hymne, un Gloria in excelsia, etc.COMMENTAIRE Sur tout cet article quatrième, nous voudrions attirer l’attention des compositeuis et surtout des maîtres de chapelle et direc teursou directrices de chant dans les couvents et les maisons d’éducation.Les compositeurs y trouveront des directions suffisamment nettes et précises, très autorisées surtout, qui les guideront dans la facture de leurs oeuvres de musique d’église, pour qu’elles soient vraiment et strictement d’église.Qu’ils considèrent bien plutôt ce qui doit être fait, d’après ces instructions du Pasteur universel, que ce qui a été fait, par le passé.Les errements inévitables qui se sont fâcheusement produits, pour ne pas avoir suivi les prescriptions de l’Eglise en cette matière, ne justifient rien, absolument rien sur ce point.Tl ne faut donc pas s'autoriser de l’exemple de tel musicien dans telle ou telle œuvre, longtemps réputée, mais à tort, pour uu modèle de musique sacrée, mais se bien pénétrer des volontés, clairement exprimées et souventes fois, sur le genre et le style des pièces religieuses.Pareillement les maîtres de chapelle, et de façon générale, tous ceux qui ont charge de choisir, préparer et diriger la musique des offices religieux, doivent parcourir attentivement les recommandations du Pape, basées, qu’on le remarque bien, sut les prescriptions antérieures de l’Eglise au cours des siècles.Puis, une fois bien informés, qu’ils n'hésitent pas à corriger en ce sens, en les modifiant si possible, sinon, à mettre au rancart tout œuvre 111 qui vient en contravention avec ces dispositifs, expression de la volonté ecclésiastique éclairée d’en Haut.Agir autrement, c’est préférer aux ordres supérieurs ses vues personnelles, et participer, inconsciemment sans doute mais réellement, à cette déplorable mentalité, qui n’admet les vues de l’autorité qu’à condi tion de les trouver conformes aux siennes propres.Pareille disposition indique l'absence ou du moins une diminution notable de l’esprit catholique, tout de soumission et d’obéissance, de respect et de dévouement.Phénomène assez curieux et nullement rare, il arrive que, sur le terrain musical, on revendique sa liberté de penser et d’agir en marge de l’autorité — quand ce n’est pas en opposition avec elle, — alors que dans d’autres domaines on se ferait scrupule, avec raison du reste, d'être en dissentiment avec la direction donnée.Pourquoi cette anomalie?Parce que se cantonnant dans leur compétence musicale, réelle ou prétendue, beau coup se refusent à considérer le côté liturgique de la question, lequel a bien son importance, et ne manquent pas d’invoquer les précédents, les coutumes locales, afin de continuer des abus que le sens religieux, pour peu qu’il soit mis en éveil, ne saurait s’empêcher de réprouver.Le Règlement parle de Y esprit et de la firme des compositions : deux parties qui correspondent, l’une à l’inspiration, l'autre au procédé d’écriture et au traitement du texte liturgique.Arrêtons-nous un instant à ces deux chefs.I.'esprit de toute composition sacrée doit se puiser, non pas dans les sentiments d’ordre privé, personnel (2), mais aux sources liturgiques elles-mêmes.(1) Quel* quo puissent dtre d'ailleurs, au point de vue musical, ici tout à fait secondaire, ses mérités et sa valeur.i2l A moins qu’ils soient eux-mêmes en accord avec l’esprit de la liturgie et tires a cette source. LA MUSIQUE 133 Avant tout, le compositeur doit viser à infuser dans son œuvre la véritable onction, la ferveur de la prière, non pas à surprendre par la nouveauté, l’éclat, l’inattendu de la mélodie ou de l’harmonie, encore qu’il s’applique à soigner l’une et l’autre, en écrivant d’après les lois de l’art véritable.De soi, le texte liturgique est la source naturelle de l’inspiration, puisque là sont exprimés officiellement les sentiments de l'Eglise en ses différentes prières.Pour les mettre en garde contre les errements du passé, le Pape rappelle les musiciens à la tradition ecclésiastique et leur met à nouveau sous les yeux le modèle suprême de la prière chantée : le chant grégorien, si simple de texture, et d’une si grande intensité et intimité de sentiments.La musique palestrinienne, qui en dérive, ne s’attache pas, elle non plus, à traduire graphiquement tel mot ou tel membre de phrase et à ,1e peindre musicalement, mais bien à nous inspirer les sentiments intérieurs qui doivent en résulter, augmentant par là leur efficacité: ce qui est justement la fin de la musique d’église, à l’église, en même temps qu’une manifestation supérieure et beaucoup plus noble d’art musical.ll(."I -~IOI lOE=3|j< C=IOE=D C 1 L -E PIANO c i ROBITAILLE t i % l » _ À C.ROBITAILLE O 320, rue St-Joseph o:l< :jqi.-iz^lfc .joi Téléphone 2291 L^Imphimicud: Modèle, 20, Côte do la MonUurno.
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