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Titre :
La musique
Éditeur :
  • Québec :[La musique],1919-1924
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La musique, 1920, Collections de BAnQ.

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2e Année — No 22 Octobre 1920 La Musique smm SOMMAIRE : Mais quel rêve !.Jean AUBOIS Rodolphe Plamondon.Gustave COMTE (Illè article) Musique et Musiciens à Québec.Souvenirs d’un amateur .N.LeVASSEUR Musique d’église, C.-H.LEFEBVRE, s.J.Ch.Gounod.— Ses dernières messes.Michel BRENET Mise au point .C.-H.LEFEBVRE, S.J.Lettre de Montréal.Fred.PELLETIER Echos et Nouvelles.— Concerts.Variétés.Abonnement : $1.00 par année Le numéro, lO sous Parait le 15 de chaque mois LA MUSIQUE Revue mensuelle Publiée sous la direction de Orner Létourneau et Hector Faber COLLABORATEURS : M.Jean Aubois M.J.-Arthur Bernier R.P.Louis Bonvin, s.j.M.Octave Bourdon R.P.J.Béricot, s.m.m.Mademoiselle Victoria Cartier M.Gustave Comte M.Auguste Descarries M.l’abbé Joseph Desmet M.Louis-Joseph Doucet R.P.Emile Fontaine, s.j.Mademoiselle Blanche Gagnon M.Henri Gagnon M.J.-A.Gilbert Madame Maria Lagacé-Girard R.P.C.-H.Lefebvre, s.j.M.Arthur Letondal M.N.LeVasseur M.l'abbé Olivier Maurault, p.s.s.M.Xavier Mercier M.le docteur J.-G.Paradis M.le chanoine J.-R.Pelletier M.Fréd.Pelletier Rév.Fr.Raymondien, e.c.S.M.de S.M.M.E.Stiévenard M.Robert Talbot M.Edm.-J.Trudel Administration : 20, Côte de la Montagne, Québec Téléphone 6349 Adresser toute correspondance à l’administration.ABONNM N TS : Canada et États-Unis, un an.$1.50 Etranger, un an.2.00 L’abonnement part de janvier et est payable d’avance.Les numéros parus sont envoyés aussitôt inscription.La collection de l'année 1919 se vend $1.50 (par la postte, $1.60) Prière de faire remise par mandat-poste ou chèque payable au pair à Québec.LA MUSIQUE est en vente chez les marchands de musique et dans les principaux dépôts de journaux.La Banque Provinciale du Canada JEncantcurs JCiccncica Capital et réserve $ 3,000.000 Actif au-delà de 35,000.000 MœttmScMz Plus haut intérêt alloué sur les dépôts à l'épargne >¦— V, j ,Jïtarcljattï>0 be fiïlteubles Succursale Basse-Ville : J.-Alph.Fugère Boul.-Langelier : J.-A.Dubois 288, rue Jii-^loseplj, - Courbet ülélcpljone 2453 0, AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAÀAAAAAAAAAAAAAAAAO iH cris on ÿb.^rcbambanlt La maison ARCHAMBAULT, sise au centre de la métropole, est l’endroit tout indiqué pour vos achats de musique vocale et instrumentale.Vous y trouverez un choix complet des œuvres des maîtres classiques et des compositeurs modernes.Cette maison fait en outre un commerce considérable de pianos et de phonographes les plus recherchés des artistes et des amateurs de musique.C’est également dans cette maison qu’est établi le comptoir de musique religieuse du BUREAU D’ÉDITION de la SCHO A OANTORUM de Montréal, rendez-vous habituel des organistes et des maîtres de chapelle.312 a rm (JHtmtrcaL Œéléplpne ÿ*t 3299 et 1842 0* ‘ VYYY¥¥¥YYY¥Y¥YY¥VYYYYYYYYYV¥¥YY¥ YY¥¥¥Y¥YVYYyYYYVW*VYYY¥ VYYYYYYYWYYYYO Musique et Broderie Françaises Nous avons tout ce qui est nouveau et joli en musique vocale, instrumentale, musique d’ensemble, d’orchestre et de fanfare, opéras, opérettes, libretti, littérature musicale.Musique Religieuse d’apuès le Motu proprio Célèbre méthode de piano de Schmôll, en 5 parties, chacune.SU.90 Ua méthode des méthodes de piano, de Strub .l.UÜ Hanon, Le Pianiste virtuo«c, les 60 exercices .1.75 Théories et solfèges les plus renommés de Ai'nofld, Danhauser, La vigne c, Reuschel.Nous brodons, nous étâmpons, nous perlons Patrftus perforé».Nous vendons le meilleur coton il broderie : le M.F.A.RAOUL VENNAT * 642, rue St-Denis, Montréal.- Tel.Est 306S - Professeurs et Amateurs de Musique AVEZ DIS INSTRUMENTS DE PREMIER GGDT Que pensez-vous des marques de piano UHICKEftlNG — PHAT’fK — BFLL — DOMINION — WISKMAN — ROSSINI ?Vous qui êtes connaisseurs devrez avouer que chacune de ces marques est bien supérieure aux prix auxquels nous les vendons.Nous avons aussi une Collection complète d’instruments de toutes sortes tels que Violons, Flûtes, Clarinettes, Cornets, etc., etc.Un choix très varié de musiqûe en feuilles, profane ou sacrée, ainsi que de méthodes pour instruments.Nous gardons toujours en magasin les derniers records parus et nous en avons un choix de plus de '0.U00.UNE ATTENTION TOUTE SPÉCIALE EST APPORTÉE AUX COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ET AUX PROFESSEURS MUSIQUE 197, rue St-Joseph QUÉBEC MEUBLES Angle St-Joseph St-Valier.1230, rue St-Valier. 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Hermann Courcltcsnc î.-fAlbcrt (Sautiîu (Ictitûrn 8c (iïuurcljesne Pianos — Orgues — Violons — Musique en Feuilles Victor-Victrolas — Disques “Victor” Musique Classique et Populaire — Musique Religieuse Editions Européennes et Américaines 252, rue 142, rue ^t-ilean QUEBEC Québec et Montréal (Elje American Jasljinn lieuse COSTUMES, ROBES ET MANTEAUX MODÈLES AUTOMNE 1920 Les dames sont cordialement invitées à venir examiner nos dernières créations.69, RUE BUADE, - - QUEBEC Téléphone 4975 2ème année — No 22 LA MUSIQUE Octobre 1920 Mais quel rêve !~ï l’AIR était limpide et parfumé! L- La campagne joyeuse et fleurie ! m Je passais près d’une école.De ses fenêtres entr’ouvertes débordait le gracieux gazouillement des récitations.Soudain les voix s’élèvent, douces, justes, avec un joli timbre de flûte que corse un léger mordant de clarinette : voix de fillettes et de garçonnets ! Les mélodies coulantes montaient et descendaient en flots purs, avec une impeccable fixité de ton.Chaque strophe était immédiatement suivie de sa solmisation ! Puis c’était une dictée musicale que chantait à vue chaque série d’élèves, au signal convenu.Nulle hésitation dans la lecture, point de flou dans l’attaque du son : les merveilleux lecteurs ! El des enfants de sept à huit ans ! *** J’entre au foyer ! C’est le soir ! La maisonnée est au complet.Pris le souper, et apprises les leçons ! C’est « une soirée en famille » ! Peste et terreur : un gramophone !.Où est la sortie?En retraite !.Mais, non ! Qu’entends-je ?Une délicieuse symphonie, délicieusement rendue par un orchestre de marque ! Puis un grand air de Bach rendu par un génial artiste : Rodolphe Plamon-don.«Toute-puissance» de Schubert par l'éminente contralto, Schumann-Heink.Une gentille déclamation de fable du bon Lafontaine : quel régal au prix de cet infecte Ladébauche et ses grossièretés ! Oui, le gramophone peut rendre des services, si l’on sait s’en servir, et ne servir que des choses de choix ! * * * Nous voici, je ne sais comment, assis dans un cinéma ! Fi ! quelle idée saugrenue ! Mais que vois-je ?Nous voici en Espagne : ses villes (pardon), Séville, Madrid, Barcelone ; que de vues intéressantes! Ses costumes pittoresques, ses champs d’oliviers et de dattiers.Nous passons d’une province à l’autre: c’est une promenade à peu de frais, —du moins pour nous qui sommes confortablement assis.Un piano automatique nous égrène, et gentiment, ma foi, des sérénades et des boléros, les seguedilles et les villan-cicos de la vieille Espagne, si personnelle encore et si affriolante ! Et puis les belles montagnes et les plaisants châteaux ! La grave politesse et les belles manières des paysans ! Tout cela défile sous nos yeux ravis ! Quel e source puissante d’instruction, si seulement.*** C’est une chapelle de couvent ! « Que de richesse en cette propreté » ! « En ce réduit que de félicité » ! Trêve aux réminiscences d’opéra. 166 LA MUSIQUE Avec Siebel trempons nos doigts dans l’eau bénite !.Et maintenant recueillons-nous : le prodige va s’opérer.Le chant commence : < Gaudeamus.> O le beau motif, et combien pieusement déroulé par le legato sinueux des voix ! Déjà le Kyrie !.à trois voix de femmes !.La belle fusion des timbres de chaque partie ! Aucune voix ne dépasse en franges prétentieuses sur la voisine ! Toutes concourent au même but : la louange divine.Le divin compositeur! Où donc a-t-il puisé l’ambroisie de ces cantilènes ondulantes et pleines d’une stimulante agilité ?Est-ce bien le Sancius ?Comme les voix s’échelonnent et se superposent!.Elles s’élèvent soudain puis soudain s’infléchissent en une sonore soumission ! Oh ! les couvents qui chantent en priant, qui prient en chantant, quelle aubaine bénie ! *** La nuit descend sur nous ! C’est le soir d’un grand jour.Tout un peuple rassemblé va clamer sa joie, ses traditions.Un grand concert national et religieux va réunir les voix en un faisceau lumineux, symbole de l’union des coeurs ! Chants d’espoir et d’abandon, escaladez les cieux en rapides envols ! Ah! les belles voix, les traits brillants, l’émission pure, l’articulation franche et la noble culture ! Rien n’approche des organes de nos chanteurs une fois bien formés ! Et l’on sait les prendre dès le jeune âge !.* * Mais quoi ?Je m’éveille ?.Comment ?.Etait-ce un rêve ?Hélas !.Pourtant, c’était si beau !.Eh oui ! ce n’était qu’un rêve !.Mais quel rêve !.Jean AUBOIS.Les grandes orgues du monde * (C) Eglise Emmanuel, Boston.137 jeux Town Hall, Sydney.128 “ Cathédrale, Riga .124 “ Eglise S.Sulpice, Paris.118 “ Albert Hall, Londres.114 “ Notre-Dame, Paris.110 “ __ Auditorium, Chicago .109 “ (C) Eglise S.Paul, Toronto .107 “ Eglise S.Georges, Liverpool.100 " Eglise paroissiale, Doncaster .94 ‘‘ Hôtel de ville, Leeds .93 “ (C) Maisonneuve, Montréal.90 “ Cathédrale, Anvers.90 “ (C) Eaton Memorial, Toronto .89 “ Alexander Palace, Londres.88 “ (C) Eglise « First Congr.», Détroit .87 “ (C) Eglise Notre-Dame, Montréal .85 “ (C) S.Andrew and S.Paul, Montréal.83 “ (C) Eglise St-Jean-Baptiste, Montréal .77 “ (C) Université de Toronto.75 “ ° Ces statistiques, qui datent de quelques années, ne comprennent pas les orgues construites récemment aux Etats-Unis, où, comme on sait, le « Kolos-sal » affecte de s’étaler.(C) Eglise du Mile-End, Montréal.75 (C) Eglise « First Baptist » Syracuse .75 (C) Eglise presbytérienne.Orillia.75 (C) Eglise S.F.-Xavier, New-York .70 Armley, près de Leeds.70 Palais de Cristal, Londres .68 Hôtel de ville, Birmingham.68 Cathédrale, Fribourg .68 (C) Eglise « Knox », Calgary .66 Palais du Trocadéro, Paris .66 Brooklyn, New-York.66 Hôtel de ville.Melbourne .66 (C) Ste-Anne de Beaupré, Québec.65 (C) Basilique, Ottawa.65 Albert Hall, Sheffield .64 (C) Eglise S Charles, Montréal .63 Sinai Temple, Chicago .63 Eglise Sainte-Marie, Bratford.60 (C) Eglise Saint-Pierre, Montréal.60 Les orgues précédées du signe (C) sont l'oeuvre de nos éminents facteurs, les frères Cnsavnnt, do S.Hyacinthe, dont la réputation s'étend partout, cl fait le plus grand honneur à in nationalité Cane dicnnc française. LA MLSIQUE 1G7 RODOLPHE PLAMONDON ESQUISSE BIOGRAPHIQUE E fut quelque temps après son mariage, que Rodolphe Plamondon fut invité à débuter dans l’opéra, dans des premiers rôles.M.Gunsbourg, directeur de l’opéra de Monte-Carlo, engagea notre compatriote pour aller chanter à son theatre les trois Faust : celui de Gounod celui de Berlioz et celui de Boïto.Je fus engagé de la manière la plus bizarre, par «directeur, dit Plamondon.11 me demanda si je pouvais chanter l’opéra, et sur ma réponse a ff irma-tive, il médit : Eh bien, chantez, jouez! Je cherchais le piano, mais il n’y en avait pas dans la pièce où nous nous trouvions.— Ça ne fait rien, ditGunsbourg, allez-y tout de meme.Je chantai, alors, la Cavatine de Faust, en faisant quelques gestes appropriés.Il m'engagea séance tenante à raison de 1,800 frans par mois.Plamondon se prépara très sérieusement et se rendit à Monte-Carlo.Cependant, il fut victime d'une criante injustice, - ces choses-là arrivent partout, même en France,—malgré son engagement, on confia son rôle au ténor Rousselière, et il ne pût chanter aucun de ces trois grands rôles qu'il avait si soigneusement préparés et qui l’eussent inévitablement lancé sur la scène lyrique, puisque tous les membres de l’orchestre l’avait acclamé aux répétitions.Son contrat fut cependant respecté quant aux émoluments.Des paroles acerbes furent échangées entre Plamondon et M.Gunsbourg, au cours desquelles le chanteur promit au directeur qu’il saurait bien prendre une légitime revanche.Voici comment cette occasion lui fut fournie un peu plus tard.Les auditions éminemment artistiques de la comtesse Gréfuhle faisaient grand bruit et attiraient de partout en France et de l’étranger, des milliers et des milliers de spectateurs enthousiastes.Au théâtre antique d’Orange.vaste amphitheatre en plein-air, dans ce ciel si ra-dieusement pur du Midi, on préparait « Les Troyens », de Berlioz, et la représentât ion devait avoir des proportions telles que la foule pouvait se croire transportée comme par magie dans 'un de ces immenses cotisées de l’antiquité romaine la cruauté et la terreur en moins.Donc, tandis qu'il était dans son jardin, en train de cultiver ses fleurs et ses légumes, — di' t’uir 'ai Musique, N ° 20 et 21.] sons en passant que Plamondon adore le jardinage et que cet été même, à Vaudreuil, c’est dans le jardinet de son frère Lucien qu’il passe de longues et agréables heures, qui lui rappellent celles de là-bas à cultiver sur sa vaste propriété de Champagne-sur-Oise, — or, alors qu’il était en sabots, Plamondon vit descendre d’un auto devant sa porte, M.Gunsbourg lui-même, et quelques autres personnages.M.Gunsbourg lui dit : — Comme vous êtes l’interprète des oeuvres de Berlioz le plus autorisé en France, nous avons pensé à vous pour « Les Troyens » que nous montons au théâtre d’Orange .— Inutile, monsieur, répondit Plamondon, je n’ai pasencore oublié l’incident de Monte-Carlo.J’en suis désolé, mais cherchez ailleurs — M.Gunsbourg insista, dit qu’il n'y avait pas, en France, d’autres interprètes de sa compétence pour le rôle qu’il voulait lui confier, et il partit en disant qu’il reviendrait tout de même le lendemain, espérant bien que Plamondon voudrait reconsidérer sa décision Le lendemain, en effet, notre compatriote était convaincu que c’était réellement là une occasion magnifique de prendre une éclatante revanche.Il accepta l’offre du directeur, mais à des conditions excessivement avatangeuses pour lui.Le soir de la grande représentation, à Orange, dix mille spectateurs remplissaient l’immense amphithéâtre construit sous les étoiles, et l’on était anxieux d’entendre des artistes aussi talentueux que Mme Litvinne, la grande chanteuse russe, le ténor français Rousselière et le ténor canadien, — eh loui, — Rodolphe Plamondon.Or dès début de la représentation .pour une cause inconnue, Rousselière fit des couacs énormes, et cela jeta un froid dans toute la foule Plamondon, au contraire, se sentait plus dispos que jamais, et dans l’atmosphère si tiède de ces nuits chaudes et divines du Midi, sa voix monta,pure, cristalline, vibrante et passionnée.Et il en fut ainsi pour toute la durée du rôle.Si bien qu’une fois l’acte terminé, ce fut une indescriptibleovation qui accueillit notre compatriote; on se levait, on applaudissait, on criait bravo, et des fleurs étaient jetées sur la scène, voire des bijoux.Pourtant, sur les affiches, le nom de Plamondon paraissait à peine à côté de celui de Rousselière. LA MUSIQUE 16S Furieux d’un tel triomphe pour Plamondon, Rousselière refusa carrément de continuer son rôle, disant qu'il ne pouvait plus chanter.Grand émoi à la direction.Gunsbourg vint supplier Plamondon de bien vouloir remplacer Rousselière.au pied levé, en lisant la partition, puisqu’il avait fini son rôle.Et c'est ici, vraiment, que Plamondon eut sa pleine revanche.— Non, monsieur, dit-il, j’ai fini.Payez-moi et débrouillez-vous ! Je ne suis pas assez simple pour aller compromettre l’éclatant succès que je viens d’obtenir en entreprenant de chanter au pied levé un rôle que je n’ai pas travaillé.Du reste, les artistes vraiment soucieux de leur art et de réputation n’acceptent pas de chanter des rôles d’opéra au pied levé.Le lendemain, tous les grands journaux de France, et même de l'étranger, signalaient avec enthousiasme cet éclatant début de notre compatriote au théâtre d’Orange.Cette fois, Plamondon était noblement vengé des injustices passées.Les concerts Colonne sont, chacun le sait, les manifestations les plus hautement artistiques de Paris, et les œuvres qui y sont créées acquièrent vite une renommée universelle.Or, comme Rodolphe Plamondon est un soliste attitré de ces auditions transcendantes, il n’est pas déplacé de renconterici ses débutschez Colonne.Rousselière devait chanter « Les Troyens », mais il tomba malade au dernier moment.On songea alors à notre compatriote, qui remporta.un tel succès’ à la répétition, que Mme Litvinne et M.Colon" ne lui-même ahèrent serrer chaleureusement la main du jeune interprète, et le célèbre chef d’orchestre ne put s’empêcher de lui dire : « Mais, monsieur, savez-vous que vous êtes un très bon musicien!» Plamondon n’était pas encore habitué à de telles félicitations, mais il lui fallut bien se rendre compte de leur sincérité lorsque, à l’audition publique, des milliers d’auditeurs lui firent l’accueil le plus enthousiaste, et, surtout, lorsqu’à partir de ce moment M.Colonne l’invita chez lui, lui demandant parfois conseil au sujet de ses engagements, et le faisant chanter très fréquemment à ses concerts.Le fait est que, de tous les chanteurs qui ont passé chez Colonne, Plamondon est un de ceux qui ont eu le plus vif succès.Il n’en fallait pas davantage pour devenir soliste attitré de ces grands concerts parisiens.A l'Opera de Paris Ce n’était pas la première fois que Rodolphe Plamondon y chantait,mais ce fut bien l’occasion décisive qui consacra à jamais la renommée de notre artiste.On donnait la « Damnation de Faust ».de Berlioz, et, cette fois, c’était le ténor Van Dyck qui devait chanter le rôle.Weingartner dirigeait, et il y avait au programme, à part Van Dyck, desnoms célèbres comme Bréval et Delmas.Le théâtre débordait de la foule la plus élégante.Au dernier moment on vint annoncer au public que M .Van Dyck,ne pouvant chanter, serait remplacé par M.Rodolphe Plamondon.Le public, mécontent de ce changement, commença par siffler notre compatriote dès qu’il parut.De là cette légende idiote répandue par quelques-uns, à l’effet que Plamondon avait déjà été sifflé à l'Opéra ; mais attendez la fin de ce récit : « Ce fut d’abord terrible, dit Plamondon.ce concert de trépignements et de sifflets, et je dus prendre sur moi, pendant plusieurs minutes, afin de lais ser se calmer l’orage.Je vous garantis qu’il faut du nerf dans ces moments-là ! » Mais Plamondon n’abandonna pas la partie.Il attendit le temps qu’il fallut, puis profitant d’un moment d’accalmie, il lança ses premières notes, très pures et à pleine voix.(Je résume ces détails d’après un compte-rendu du temps) L'effet fut magique et le silence se produisit presque instantanément.Puis ce furent des applaudissements bien nourris.Enfin, la représentation se termina dans un délire.On criait bravo, et afin de bien faire oublier à Plamondon l’accueil terrible du début, on le porta en triomphe, à sa sortie de l’Opéra.Telle est la version exacte de l’interprétation delà « Damnation de Faust » par Rodolphe Plamondon.à l'Opéra de Paris.C'était vraiment un succès, un triomphe dont fort peu de grands artistes peuvent se vanter Quant à Plamondon.il fut sans doute heureux et satisfait, mais il ne s'en montra pas plus fier pour cela.Le lendemain,toute la presse parisienne lui était des plus favorable.Ces détails suffiraient pour établir solidement la réputation de notre compatriote, en France et même à l’étranger, mais ce n'est que le commencement et une très faible partie de ses triomphes artistiques.Donnons donc quelques autres des titres de Plamondon à notre admiration, mais allons-y plus brièvement, cette fois afin de ne pas allonger démesurément cette biographie.Partout où il passa, Rodolphe Plamondon recueillit des applaudissements, des bravos et des ff'lita-tions.Il était désormais lancé, connu, choyé, ai mé; les engagements venaient de partout, même de l’étranger, et l'on accourut de fort loin cher cher le seul ténor d’oratorio de toute l'Europe occidentale.Voilà qui résume ce que nous aurions à répéter tant de fois encore, et qu; nous LA MUSIQUE u;y permet, afin de ne pas abuser des lecteurs, de ne faire qu'une énumération des principales étapes de notre grand artiste canadien vers la gloire.Voici donc quelques-uns des principaux titres de Plamondon à la renommée universelle, surtout à l’admiration de tous ceux, trop nombreux chez nous, qui ne le connaissaient pas encore.Mon seul regret, c’est d’être obligé de résumer, de ne pouvoir tout publier ce que m’apprennent des centaines de programmes, d'articles de journaux et de lettres portant les signatures les plus célèbres.— Soliste attitré des Concerts Colonne, La-moureux et du Conservatoire; — Soliste de toutes les grandes oeuvres du répertoire, depuis 1904, à la Schola Cantorum, direction Vincent d’Indy; — Soliste attitré des Sociétés Bach et Haendel à la Sorbonne; — Seul interprète, depuis 1835, de la version originale A’Orphie, de Gluck; — Créateur du Démon, de Rubinstein, en italien, à Monte-Carlo, direction Chaliapine ; — Créateur du rôle de Dardanu», à Dijon, lors du bi-centenaire de Rameau direction Vincent d’Indy: — Créateur du Sonye eut dîner à l’archevêché, un peu en l’honneur des prélats, un peu en l’honneur de Gounod, à qui fut offerte en présent une réduction en bronze du monument d’Urbain II A ce moment et dans cette compagnie, l’artiste dut éprouver une vive sensation de retour vers le passé ; une bouffée d’atmosphère pieuse, effaçant pour un instant d’autres souvenirs,put lui donner l’illusion d’une carrière épiscopale ; on le sacrait grand pontife de la musique d’église ; et de la main qui venait de battre la mesure, il semblait que désormais il dût bénir ou tendre l'anneau à baiser.Mais en se rapprochant de l'Eglise, il se trouva tout naturellement que Gounod s’était éloigné du public.Les beautés de l’oeuvre nouvelle étaient cette fois tellement « d’église », qu’il devenait impossible de les transporter au concert.Le prélude même, quoique extra-liturgique, avait besoin pour faire valoir en leur vrai jour ses sonores et majestueuses fanfares, d'être exécuté dans une cathédrale les huit trompettes et les trois trombones montés dans la tribune du grand orgue, et les «voix» de la vision de Jeanne entendues dans un éloignement mystérieux.On ne pourrait pas jurer que cette disposition matérielle des instruments et des voix ne fut précisément encore «théâtrale » ; elle était en tous cas indispensable à l'effet musical du morceau, et l’on s’en aperçut bien quand, à Paris, on exécuta la même œuvre en plaçant tout simplement les instrumentistes à terre,dans le chœur de l’église.La messe proprement dite comprend cinq morceaux : Kyrie ; Kl in terra ; Sancliin ; Benedict u.i , (Il Procédé d'inspiration qui «ont son théAtre et In réclame ! Aguiu Dei.Dans le Bened.rtim seulement interviennent des haroes; pour tout le reste, le grand orgue et l’orgue d’accompagnement soutiennent seuls les voix ; encore est-il prescrit deux fois, au Kyrie et au verset Domine Fiti Unigenile du Gloria, de ne recourir à l’accompagnement d'orgue qu’en cas d’absolue nécessité.Toute la construction de cette messe est très visiblement un essai d’adaptation moderne des formes de l’ancienne musique religieuse, de cette école palestrinienne dont jadis, à Rome, Gounod trouvait les oeuvres t sévères, ascétiques, monotones, antisensuelles».Depuis ce temps, il s’était aperçu peu à peu, par sa propre expérience et ses propres tâtonnements, qu’aucun maître ni aucune école n’avaient depuis inventé ni créé pour l’Eglise un style plus véritablement religieux, mieux approprié à l’esprit et aux besoins du culte catholique.Et cependant, en même temps, Gounod sentait très bien qu’en essayant de faire renaître sous sa plume ce style inimitable, il parlerait une langue morte ; qu'il n’apporterait du génie des anciens maîtres qu’un écho affaibli : que, de gré ou de force, il faut être de son temps et que Santeuil n’a pas ressuscité Virgile.«Cherchez et vous trouverez» dit l’Ecriture.Il est beau, il est digne d’un grand artiste de ne pas s’endormir dans les délices de la gloire acquise, mais de s’interroger sur soi-même et sur son art, de fixer haut son idéal, très haut, plus haut encore à mesure qu’on l’entrevoit mieux.Dans l’art aussi, il y a de nobles défaites ; et il faut louer celui qui cherche, quand même il n’a pas trouvé.La messe que Gounod composa, en 1888, pour la solennité de la béatification de Jean-Baptiste delà Salle.se rapproche encore davantage,par un détail essentiel de sa facture, de la technique des anciens ma’tres.Ce n'est pas qu’elle borne strictement aux seules voix ses moyens d’action, comme certains fragments de la messe de Jeanne d’Arc; les deux orgues y remplissent, au contraire, un rôle assez considérable.Mais elle est basée tout entière sur un thème de huit notes, emprunté au chant liturgique (5), et dont les fréquents retours au milieu du tissu harmonique sont indiqués dans la partition par des astérisques.Gardons-nous de voir ici un emploi du leitmotiv : quiconque a lu seulement une messe de l’école néerlandaise ou de l’école italienne du (5) L’intonation du Credo «sol, mi, fa, mi, ré, sol, la» 178 LA MUSIQUE quinzième et du seizième siècle,connaît la source où cette fois a puisé Gounod.Il n’est en ces sortes de choses si petit détail qui n’aît son importance.Dans ses messes d’autrefois, celles qu’on pourrait appeler ses messes de concert (6), Gounod intitulait le second morceau O/oria in excelsis ; et le troisième Credo, et ces morceaux commençaient, en effet sur le mot même qui leur servait de titre.Dans ses dernières messes, celles d'éylise, le maître a soin de (6) Appellation joliment trouvée.laisser au prêtre qui officie l’intonation liturgique: le chœur qui lui répond commence sur les mots Et in terra pax, pour le second morceau, Palrem omnipotentem pour le troisième (7) ; et ces morceaux prennent pour titre les mots par lesquels le chœur débute : en cela aussi Gounod se trouve d’accord avec les anciens compositeurs qui écrivaient pour t'é'/tise « toute » leur musique d’église.(à suivre) (7) Théodore Dubois, dans ses messes récentes, s'est conformé A ces prescriptions de la liturgie.ÉCHOS ET NOUVELLES La t Revue Musicale » C’est le titre d’une revue mensuelle que vient de fonder à Paris M.Henry Prunière, l’éminent musicographe.Ce sera, nous dit l’article-programme, «une revue internationale de musique où l’on ne trouvera pas de photographies d’artistes, ni d’articles de réclame, ni de comptes-rendus de concerts insignifiants ; une revue assez volumineuse pour pouvoir accueillir des études importantes sur l’histoire et l’esthétique musicales rédigées par des hommes compétents, mais soucieux de se mettre à la portée d’un vaste public cultivé ; une revue qui chaque mois donnera des notes précises sur l’activité musicale de tous les pays du monde, sur les œuvres nouvelles.en un mot une revue où il sera avant tout question de la divine Musique elle-même et non plus seulement de ses pontifs et de ses serviteurs.» La France ne comptait guère jusqu’ici que des revues d’actualité, destinées à renseigner le public sur les menus faits de la vie musicale et théâtrale.La nouvelle revue comblera donc une lacune et contribuera sûrement à faire mieux connaître l’activité musicale de la France à l’étranger.En France — Paul Ferrier, l’auteur dramatique, vient de mourir à l’âge de 77 ans.Il avait écrit, seul ou en collaboration, plus de cent pièces ou livrets.Citons parmi ceux-ci : Les .1/o us quel erres an Couvent, Riquet à la Houppe, Madame Butterfly, la T ose a.— Le Conservatoire, dont M.Henri Rabaud vient d’être nommé directeur, existe depuis 125 ans.Il n’a eu que six directeurs: Sarrette, Che- rubini, Auber, Ambroise Thomas, Th.Dubois et G.Fauré ; ces deux derniers vivent toujours.M.Rabaud est donc le septième directeur de la célèbre institution.— La ville de Tournai a inauguré le buste du baryton Noté, qui a pu assister à sa propre glorification.Noté est un enfant de Tournai: il est adulé de ses concitoyens qui le considèrent comme un grand artiste et un brave homme.— Les musiciens, les choristes et les metteurs en scène de "Opéra de Paris sont en grève.M.Jacques Rouché, le directeur de l’Opéra, dit que ses employés ont agi de la sorte parce qu’il refusait de modifier les règlements concernant les chœurs et ne voulait pas faire venir plus qu’un artiste étranger tous les trois mois.— Mme Alice Verlet, de l’Opéra-Comique, est actuellement en tournée aux Etats-Unis.— On annonce une série de représentations par la «New-York Grand Opera Company».Parmi les œuvres projetées, on mentionne le dernier opéra de Leoncavallo, Œdipo Be ; l’Oracolo de Leoni et le tryptique de Puccini.Parmi les interprètes : Titta Ruffo, Maria Barrientos et Mary Garden.Le chef d’orchestre serait Toscanini En Angleterre — Il est rumeur que Sir Thomas Beecham quitte la direction du Covenl Garden et que M.Harry Higgins la reprenne à nouveau.— Jacques Thibaud, le grand violoniste français, donne une série de concerts en Angleterre cet automne — Il est question que les Chanteurs romains donnent quelques concerts en Angleterre après leur tournée américaine. LA MUSIQUE 179 Aux Etats-Unis — On a récemment vendu, à Chicago, un violon de Ruggieri qui avait appartenu à Johann Strauss et sur lequel celui qu’on appelait le roi de la valse jouait lorsque Vienne était la ville la plus gaie d’Europe.— Le « Chicago Symphony Orchestra » donne cette année des « matinées enfantines » dont les programmes ne durent qu’une heure et sont spécialement combinés pour l'entendement des petits et leur éducation.— Dans une série de concerts spéciaux, la < Boston Symphony, » sous la direction de Pierre Monteux, jouera cet hiver dés œuvres inédites de jeunes compositeurs américains.— C’est vers la mi-décembre que l’Orchestre de la Scala de Milan, sous la direction de Toscanini, commencera sa tournée américaine.Auparavant, le célèbre chef italien dirigera une série de concerts dans les principales villes d'Italie.A Montréal — Montréal entendra le mois prochain le violoniste Kubelik, les pianistes Rachmaninoff et Cyril Scott, Alma Simpson, soprano, l'orchestre russe de Zeidel Rowner et, en janvier, celui de la Scala de Milan.— Jean Riddez, le grand baryton français, chantera à Montréal dans les premiers jours de novembre.On sait que le célèbre chanteur dirige depuis quelques années une école de chant à Paris et a pour élève quelques-uns de nos compatriotes, dont M.Victor Brault.— M.Hector Dansereau partira bientôt en tournée avec le fameux baryton américain Oscar Seagle.— L’excellente musique des Grenadiers, que dirige avec tant d’autorité M.J -J.Gagnier, reprendra ses concerts le 7 novembre.Le soliste sera M.Hippolito Lazaro, le ténor espagnol.— M Albert Chamberland, premier violon du Quatuor Dubois, vient de former un nouveau quatuor avec MM.Norman Herchon, second violon, Eugène Chartier, viola, Raoul Duquette, violoncelle.Le nouveau quatuor débutera le 18 octobre.— Le chœur du Saint-Sacrement, sous la direction de M.Brassard, donnera cet hiver une audition des Réatitudia de César Franck.— Le chœur de Saint-Jacques répète actuellement pour la donner en concert, la messe de Requiem de notre distingué collaborateur M.Fréd.Pelletier.Informations — M.J.-Robert Talbot, violoniste, est retourné à New-York reprendre ses cours au Conservatoire.Ceux qui s’intéressent à ce jeune musicien apprendront avec plaisir qu’il a remporté le premier prix d Harmonie dans un concours auquel prirent part 150 concurrents.— M.V.Brault vient d’être nommé soliste intérimaire à la Madeleine, sous la direction de M.Runère,maître de chapelle, et de M.Dallier, organiste.On sait que M.Brault étudie le chant avec Léon Riddez, le fameux baryton qui a chanté il y a quelques années avec l’Opéra de Montréal.— Notre compatriote, M.Wilfrid Pelletier, fait la tournée avec la troupe d’opéra Scotti en qualité d'assistant chef d'orchestre.— Comme nous l’avons annoncé déjà, les séances du «Ladies’ Musical Club» auront lieu cette année l’après-midi à trois heures et demie.C’est une excellente innovation.Le «Musical» donnera huit concerts.de quinzaine en quinzaine, à partir du 16 novembre.On nous promet une saison brillante ; disons tout de suite que nous y entendrons M.Hector Dansereau, l’éminent pianiste, dont ce sera la première apparition chez nous depuis son retour d’Europe.— C'est le 26 octobre que M.Edmond Trudel donnera, en la salle Colomb, son récital de piano.II aura le concours de Mlle Blanche Gonthier, soprano, et de Mme Goodday, violoniste.— Un théâtre de films, le « Allen », a confié à M.Xavier Mercier l'organisation d’intermèdes musicaux.Ces spectacles, très courts, consistent en scènes d’opéras ou d’opéras-comiques joués en costumes dans de frais décors.MM.A.Bla-quière, basse, et Ernest Lavoie, ténor, y ont obtenu grand succès.— L'importante fabrique canadienne des pianos Pratte vient de confier la représentation de ses réputés instruments au « Studio Musical », le nouveau magasin de musique de la rue Saint-Jean.Nécrologie — Nous apprenons avec regret le décès, survenu le 12 de ce mois, de Irénée Plamondon, un des mieux doués parmi nos jeunes musiciens.Elève de M.Gilbert.il s’était rendu à Paris pour y recevoir les conseils du célèbre violoniste Mar-sick.Frappé là-bas par une maladie qui ne pardonne pas, il est venu mourir au milieu des siens, deux semaines à peine après son arrivée.Il n’avait que 26 ans. ISO LA MUSIQUE Lettre de Montréal -> E mois de septembre a inauguré d’une façon brillante la saison musicale de Montréal.Nous eûmes d’abord une semaine de la troupe San Carlo, avec tout le vieux répertoire habituel, puis une nouveauté, pour Montréal : le gros et grossier mélo, drame de Piave, mis en musique par Verdi : La Forza del Deslino.Si vous ne connaissez pas la musique que Verdi a faite pour ce ramassis de meurtres, de suicides, d’enlèvements, de tous les crimes enfln qu’on peut souder ensemble daus deux heures d’horloge, vous ne perdez pas grand chose.C’est du mauvais Verdi, de sa plus mauvaise époque.Ne le reprochons pas au génie qui a fait le Requiem et Falstaff, il ne pouvait pas mieux faire avec le livret exaspérément obscur de son fournisseur habituel Piave.Quant à la troupe, je ne l’ai pas entendue et je n’en ai aucun regret.Puis est venu Caruso et ce fut une soirée comme on n’en a jamais vu à Montréal, même aux jours lointains où l’on s’écrasait aux portes de la défunte Académie de musique pour voir Mme Albani dans les Huguenot».Il n’y a qu’au cirque qu’on voit des foules pareilles et seule la considération qu’on doit à la réputation de Caruso, empêche qu’on qualifie ce concert du nom de cirque.Le ténor italien n’annonçait que trois pièces à son programme, mais il fut plus que généreux de ses rappels et chanta à bouche que veux-tu.Là encore, la maladie m’a empêché d’aller et cette fois-ci je le regrette.Les uns disent que Carusos’estsurpàssé.lesautres affirment que ce fut très ordinaire.Il y a même des gens qui avaient apporté leur diapason et qui prenaient le ton à chaque note tant soit peu haute pour voir si le chanteur dépasserait le la.Laissons-les se chamailler.Il importe bien peu qu’un ténor donne un sol, un la, un si ou un ut, pourvu qu’il chante bien, et je crois qu'à ce point de vue Caruso a dû satisfaire ses auditeurs.Le mois s’est clos par six représentations de la troupe Creatore: encore du répertoire connu, à l'exception d’Othello, joué ici il y a une dizaine d’années.Les auditoires furent assez restreints, malgré la curiosité que suscitait Creatore, chef d’harmonie militaire, mué en Creatore, chef d’orchestre d’opéra.Le dernier soir cependant, il y eut une foule énorme pour entendre le ténor Lazaro dans le rôle du duc île Mantoue de Rigoletto.On peut se payer le luxe de toutes les épithètes pour louanger ce beau chanteur et, à défaut d’un Rigoletto vivant, il fallait bien qu’il y eut un duc vibrant pour faire passer cette vieille reu gaine.Drôle d’idée tout de même de remplir un théâtre jusqu’au faîte pour entendie un ténor gi imper aux notes suraiguës ou une basse descendre au sous-sol et d’exiger qu’il soit entouré, pour faire ses tours de force, d’un orchestre, d’un chœur, de décors et de costumes.On pourrait tout aussi bien se contenter d’un ténor en habit noir, qui, sans aucune espèce d’accompagm ment, se bornerait à chanter simplement les phrases où se trouvent des notes aiguës.Cela coûterait beaucoup moins cher.Ceux qui admirent Creatore pour ses acrobaties du Parc Dominion et qui espérait ut le voir encore se démener comme un pantin dans la salle du Saint-Denis, en ont été pour leurs frais.Comparé à ce qu’il est d’habitude, le maestro fut un modèle de sobriété directoriale.Il se laisse bien un peu empor ter par les-sonorités orchestrales au point de leur donner souvent une prédominance qui ne leur appartient pas toujours, maison ne peut nier qu’il connaisse fort bit n un métier dans lequel on ne le voyait pas trop il l’avance.La saison s’annonce bien.Octobre nous amène Gulb-Curci et la troupe Scott i.P'1*4 tard nous aurons.— du moins on nous le promet, — Arturo Toscanini et son or chestre; puis nous aurons des virtuoses de tous les poils.L’excellente musique des Grenadin* donnera une série de concerts.Ça va bien.Fréd.PELLETIER. A lire dan» le prochain numéro : Dominique Ducharme, par M.Arthur Letondal.m Le dernier chapitre de « Gounod et la musique sacrée», par Michel Brenet.La « Lettre de Montréal > de M.Fréd.Pelletier.Prochainement : On article de Mlle Blanche Gagnon.On article de M.E.Stiévenard."LA MDSIOOE” ne rendra compte que des concerts pour lesquels elle reçoit le service de presse.LÇS ANCIENS NUMÉROS DE «LA MUSIQUE> On peut se les procurer pour dix sous chacun, sauf les numéros 2 et 3 qui ne se vendent qu’avec la collection complète dont le prix est de $1.50 (par la poste, $1.60).La TABLE DES MATIÈRES pour 1919 est en vente au prix de 10 sous.isææ .?» -* RÉCITAL DE PIANO AVEC CHANT ET VIOLON SALLE COLOMB.LE 26 OCTOBRE Edmond-J.TRUDEL, pianiste Blanche GONTHIEU, soprano Madame GOOD DAY, violoniste SIEGES RÉSERVES, *1.00, TB ET 50 SOUS Caftes A échanger chez I Gauvin lfcuoci3|f^ ioi./lie.'-Tzioi flE^0t=>llô| i C.ROBITA1LLE 320, rue St-Joseph Enr.Québec.Téléphone 2291 I (-loi—3| ioi .¦¦_j)llcrmor 3llcrz=ioiiz==)|lc=rr3oi==511o L'Imprimerie Modèle.20, Côte de la Montagne.
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