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Titre :
La musique
Éditeur :
  • Québec :[La musique],1919-1924
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La musique, 1921, Collections de BAnQ.

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e Année — No 27 Mars 1921 La Musique Revue mensuelle SOMMAIRE : Ephémérides musicales.Les “ Béatitudes ” de César Franck.Alfred POULIN Musique et Musiciens à Québec.Souvenirs d’un amateur .N.LeVASSEUR Musique d’église, C.-H.LEFEBVRE, s.J.Conférences grégoriennes, (3e entretien) FR.raymondien, e.c.Le Chant.Le Quatuor Flonzaley, Octave BOURDON Lettre de Montréal.Fred.PELLETIER Echos et Nouvelles.— Concerts.Variétés.Abonnement : $1.50 par année Le numéro, 12 sous Parait le 15 de chaque mois LA MUSIQUE Revue mensuelle Publiée sous la direction de Orner Létourneau et Hector Faber COLLABORATEURS : M.Jean Attbois M.J.-Arthur Bernier R.P.Louis Bonvin, s.j.M.Octave Bourdon R.P.J.Béricot, s.m.m.Mademoiselle Victoria Cartier M.Gustave Comte M.Auguste Descarries M.l’abbé Joseph Desmet R.P.Emile Fontaine, s.j.Mademoiselle Blanche Gagnon M.Henri Gagnon M.J.-A.Gilbert Madame Maria Lagacé-Girard R.P.C.-H.Lefebvre, s.j.M.Arthur Letondal M.N.LeVasseur M.l’abbé Olivier Maurault, p.s.s M.Xavier Mercier M.le docteur J.-G.Paradis M.le chanoine J.-R.Pelletier M.Fréd.Pelletier M.Alfred Poulin Rév.Fr.Raymondien, e.c.S.AI.de S.AI.M.E.Stiévenard M.Robert Talbot M.Edm.-J.Trudel Administration : 20, Côte de la Montagne, Québec Téléphone 6349 Adresser toute correspondance à l'administration.$1.50 .2.00 ABONNEMENTS : Canada et États-Unis, un an Etranger, un an.L'abonnement part de janvier et est payable d’avance.Les numéros parus sont envoyés aussiWl inscription.La collection des années 1919 et 19a» se vend §1.50 (par la poste, §1.60) chacune.Prière de faire remise par mandat-poste ou chèque payable au pair à Uuébec.LA MUSIQUE est en vente chez les marchands de musique et dans les principaux dépôts de journaux.la Banque Provinciale du Canada SDLF1GF-MANUEL Dl CHANT GKG08HK par F*r.Raymondien, E.C.Capital et réserve.§ 43,000.000.Actif au-delà de.40,000.000 Plus haut intérêt alloué sur les dépôts à l’épargne «Je souhaite que votre superbe ouvrage épande largement sa bonne doctrine ».Dom J.Pothier, abbé de Saint-Wandrille.«Vos principes sont clairs et simples.présentés avec une rigueur pédagogique abso-ue.Votre enseignement est intuitif et bien i agissant ».Dom Lucien David, nrieur de Saint-Wandrille.Succursale Basse-Ville : J.-Alph.Fugère “ Boul.-Langelier : J.-A.Foster En vente à la «Procure», 44, rue Côte, Montréal.Prix : 50 sous la douz., $3.00 O.JHcUsmt J5l j\rcliambau(t La maison ARCHAMBAULT, sise au centre de la métropole, est l’endroit tout indiqué pour vos achats de musique vocale et instrumentale.Vous y trouverez un choix complet des œuvres des maîtres classiques et des compositeurs modernes.Cette maison fait en outre un commerce considérable de pianos et de phonographes les plus recherchés des artistes et des amateurs de musique.C’est également dans cette maison qu’est établi le comptoir de musique religieuse du BUREAU D’ÉDITION de la SCOHLA CANTORUM de .Montréal; rendez-vous habituel des organistes et dès maîtres de chapelle.o *¦ 312 a 310-est, rue j^te-QJailjmne ^Montreal | t-$asepl] Tïl.4626 QUEBEC.142, rue J§i-,|can Tel.4345 Lavigueur & Hutchison SEULS REPRÉSENTANTS DES CÉLÈBRES PIANOS HEINTZMAN & CO.(LE FAVORI DES ARTISTES) Distributeurs des Grafonolas COLUMBIA et des merveilleux BRUNSWICK, reproduisant à la perfection tous les disques de n’importe quelle marque CONDITIONS DE PAIEMENT LES PLUS FACILES 81, RUE ST-JEAN Succursale : 54, rue St-Joseph. Sème année — No 27 LA MUSIQUE Mars 1921 N Ephémérides musicales -| OMBREUX sont les musiciens de toute catégorie que mars vit apparaître au monde artistique.Citons parmi les compositeurs : Alfred Bruneau, Paul Lacôme, Victor Massé, J.Brahms, Léoncavallo, Johann Strauss, Halévy, Rimsky-Korsakow, Bach, Lulli, Vincent d’Indy et autres ; parmi les pianistes Francis Planté ; chez les violonistes, Alard, de Sarasate, César Thompson : parmi les rois du pédalier : Bach, déjà mentionné, Guilmant, Gigout et Dallier.Le chant lui doit l’éblouissante Malibran, fille et sœur de Manuel Garcia père et fils, et Lamperti, l’éminent professeur italien qui forma tant de brillantes divas, entre autres notre incomparable Albani.3 ma ru Zimmermann (Pierre-)os.-Guillaume), 1785-1853 Fils d’un facteur de pianos, il se livre à l’étude de cet instrument et entra de bonne au Conservatoire.Remarqué par Cherubini et dirigé par lui, il y devint professeur de 1817 à 1848.Outre de nombreuses pièces, il publia durant cette période des sonates, des concertos et des fantaisies pour piano.Il s’essaya même dans la musique dramatique en composant un opéra, Y Enlèvement, qui fut joué avecjun certain succès et un autre, Nansicaa, resté manuscrit.Gounod devint son gendre en 1847.César Franck fut son élève.7 mar?Maillart (Louis dit AiméJ, 1817-1871 Compositeur français, grand prix de Rome en 1841, doué d’un talent vtgouieux, personnel et d’inspiration savoureuse.Son début dans le monde musical, avec Gasti-hclza, opéra-comique en trois actes, fut un succès éclatant.Après quelques échecs, il triomphait avec les Dra'jone de Villars, l’ouvr .ge charmant resté depuis au répertoire de l’Opéra-Comique et qui a fait la célébrité de Maillart 10 mars Sarasate (Pablo-Martin-Meliton), 1844-1908 Né à Pampelune, le 10 mars.Déjà virtuose habile, il en rait à 12 ans dans la classe d'Alard au Conservatoire de Paris et décrochait au bout de dix-huit mois le premier prix de violon, après un concours remarquable.Il est proprement de l’école française qu’il représente avec éclat.Bel homme, bel artiste, il eut rapidement les plus beaux succès.Il atteignait les sommets de l'art par sa fougue, l’ampleur de son style, la majestueuse grandeur de son exécution, et surtout par sa haute compréhension des œuvres des grands maîtres./.?mars Guilmant (Alexandre), 1837-1911 Ce célèbre organiste français est un des rares maître français de l’orgue qui aient osé traverser l’océan.Il vint au Canada donner des concerts d’inauguration et des récitals d’orgue où son entente de l’orgue, son P géniosité de registration, sa facilité d’improvisation servie par une incontestable virtuosité, rendaient ses exécutions intéressantes au suprême degré.Il a contribué puissamment par ses œuvres, son enseignement e ses concerts à la diffusion du bon goût et de la bonne musique en ce genre ingrat et pénible.ÿJi mars Malibran (Marie-Félicité-Garcia), 1808-1836 Espagnole, née à Paris le 24 mars, cette femme est restée comme un type à peu près unique des dons les plus heureux, des talents les plus divers et d’une carrière artistique exceptionnellement glorieuse bien que très brève.Cantatrice de premier ordre, douée d’un organe dont le timbre et l’étendue étaient extraordinaire, actrice consommée et d’une souplesse incroyable, également supérieure dans le genre dramatique, où la fougue de son tempérament passionnel arrachaient les larmes, et dans le genre bouffe, où sa gaieté prodigieuse lui inspirait des trouvailles inattendueset leseffets les plus amusants, elle avait à vingt-huit ans connu tous les honneurs et les triomphes, et s’était fait acclamer sur toutes les scènes du continent Elle pouvait chanter avec un égale facilité en cinq langues (le français, l'anglais, l’allemand, l’italien et l’espagnol) qu’elle parlait couramment.Elle dessinait habilement, composait d’intéressante façon; elle était une pianiste exercée, audacieuse écuyère, ce fut même ce qui lui causa un accident mortel; à part cela, adroite à tous les travaux de femme.Sa perte fut un deuil européen. 34 LA MUSIQUE Les “ Béatitudes de César Franck UN auditoire nombreux et distingué se pressait dans la salle du monument National, à Montréal, le 24 février dernier au soir, pour entendre un des chefs-d’œuvre de l’oratorio, Lts Béatitudes de César Franck, donné par la chorale Brassard, sous la direction autorisée de son chef M.J.A.Brassard.C'est la troisième fois que cette œuvre célèbre est interprétée intégralement au Canada.L’Union Musicale de Québec en donna deux auditions en 1915 : la première le 21 novembre, à l'occasion de son cinquantenaire, la deuxième le 13 décembre de la même année.Le maître Franck avait depuis longtemps caressé l'espoir de faire la musique du poème des Béatitudes ; c’était le rêve de sa vie.Se défiant de ses capacités littéraires, il confia à Madame Colomb, femme d un professeur au Lycée de Versailles, le soin d’en faire le livret.Celui-ci se divise en un prologue et huit chants; chaque partie présente trois tableaux : l'un qui expose les vices et les maux de l’humanité, 1 autre montre l'expiation de ces vices et le remède a ces maux, enfin le troisième représente le Christ en montrant la béatitude comme suprême consolation aux misères humaines.César Franck, doué d’une nature sensible et bonne, a été heureux à traiter le sujet évangélique, traduisant en musique, avec les ressources de son génie fécond, les précieux enseignements qui y sont renfermés.Il y a mis toute son âme de croyant et aussi cette oeuvre est-elfe le digne couronnement de sa vie.Cependant, quant à la personnification de l’esprit du mal, l’on voit moins de réussite et cela à cause de sa conception moins exacte du mal, étant donné sa nature essentiellement bonne.De là le rôle de Satan en général, par le ton et l’allure, parait un peu empathique.Par contre, le rôle du Christ est traité sobrement et d’une manière mystique.Après chaque béatitude, pour traduire la parole divine, le thème favori sur lequel est construit l’oeuvre entière revient et se développe parfois en d’heureuses modulations, faisant ressortir la vanité et le néant des choses de ce monde que les choeurs terrestres viennent de chanter et amenant une heureuse conclusion au bonheur et à la quiétude de l’âme en harmonie avec les principes de l’évangile, commentés par les choeurs célestes d’une façon remarquable.Parmi ces choeurs il faut mentionner « Heureux l’homme » à la première Béatitude, « A jamais heureux les miséricordieux » à la cinquième, « De l’enfant la sainte ignorance » à la sixième, le choeur des Justes et « Hosanna, paix sur terre » à la dernière.Comme on le voit, cet oratorio doit être envisagé surtout comme oeuvre chorale d’une facture savante et distinguée.Les solis du coté des dames, ont été chantés par Mlles B.Mousseau, LA MUSIQUE 35 A.Véronneau, L.Beaudoin et Madame A.Saucier-Roy, Elles se sont très bien acquittées de leur tâche.Quant aux hommes, M.Fernando Langlois, baryton, personnifiait le Christ et a phrasé comme il convenait ce rôle important malgré une certaine indécision dans la première partie.M.Henri Prieur, ténor, a détaillé le prologue d’une voix bien posée.M.A.Label le a chanté correctement la quatrième Béatitude ; sa voix de ténor léger a manquée un peu d’ampleur pour rendre le caractère spécial de cette pièce.Le quatuor des Pharisiens a été rendu avec l'emphrase voulue par MM.Labelle, Prieur, A.Gauthier et J.Saint-Jean.La quintette des Pacifiques, si pleine d’onction, a eu pour interprètes Madame Saucier-Roy.Mlle Rousseau et MM.Labelle, St-Jean et Lafontaine.M.A.Gauthier a tenu d’une voix vigoureuse le rôle de Satan.Les choeurs, composés de voix mixtes au nombre de 170 environ, étaient bien balancés si ce n’est la partie de basse, qui a parue un peu faible par moments.Les attaques ont été justes et bonnes.L’orchestre a passé aisément à travers cette partition difficile, bien que les cuivres aient eu une tendance à dominer dans certains passages.En somme il convient de féliciter M.Brassard et ses chanteurs d’avoir débutés si bien et de nous avoir montré les beautés insoupçonnées que renferme l’oeuvre de l’illustre maître.Le succès a couronné leurs efforts et il est à souhaiter qu’ils continuent à marcher dans cette voie.Alfred POULIN. 36 LA MUSIQUE Musique et Musiciens à Québec Souvenirs d’un amateur PAR N.LcVASSEUR ( suite ) Dans sa tournée avec la compagnie de Max Strakosch, Gottschalk prit part à onze cents concerts.En 1864-1865, il fit l’Amérique du Sud La guerre de la sécession étant finie.Il visita toutes les Antilles, les républiques de l'Amérique méridionale jusqu’au Chili et au -Brésil où il arriva en 1S65.A Rio Janeiro, comme dans toutes les grandes villes d'Europe et d’Amérique, acceuil délirant et réceptions des plus brillantes.Cette existance de constante ovation, de témoignages d'admiration de la part des femmes qui, en tout pays, lui adressaient des fleurs avec perles et diamants, d’invitations multiples, enfin d’intense surexcitation ne pouvait manquer de déséquilibrer la constitution la plus robuste.C’est ce qui arriva à Gottschalk à Rio Janeiro.Il fut atteint de la fièvre jaune.Il la combattit avec une énergie extraordinaire et parvint à se remettre sur pied.Quoique affaibli il réussit à donner plusieurs concerts.L’un d’eux, qu’il donna au Grand-Théâtre le 21 novembre, fut un éclatant triomphe.Ce fut comme une apothéose.En effet ce fut aussi le chant du cygne.Enivré par ce succès, il en voulut avoir un autre.Le 26 novembre il se rendait donc de nouveau au Grand-Théâtre.Au moment ou, assis au piano, il attaquait les premières mesures de sa fantaisie Ah ! Che la morte ! il s’évanouit et glissa de son siège.On s'empressa autour de lui ; on le rele- Golliye fragmenta ne pereant I va et on le transporta à sa chambre.Trois semaines après, le 18 décembre 1865, il succombait.La presse mondiale fut unanime à vivement déplorer la mort prématurée du grand artiste.Ce fut un deuil universel dans Rio de Janeiro et la population lui fit d’imposantes funérailles.La dépouille mortelle du grand pianiste fut plus tnrd transportée à New- York et inhumée à (roté décollé de son frère Edouard dans le cimetière Greenwood.Gottschalk n’avait que 36 ans, 7 mois et 10 jours.Son passage a été celui d’un météore.D’après mes notes, les journaux de Québec et probablementd’ailleurs, publiaient trois ans après la nouvelle de sa mort au Brésil, en 1868, une dépêche qui annonçait qu’au cours d’une promenade dans une rue de la Havane, Gottschalk avait été assommé par un petit sac de sable très dense qu’on lui avait lancé à la tête.La dépêche ne fut jamais confirmée.Lors de son passage à Québec, Gottschalk, se sentant en plein centre de langue française, avait dit: «Tiens, il me ferait grand plaisir de demeurer ici.mais pour le moment je ne suis pas libre, et noblesse oblige ».Mais son vœu par excellence était d’aller faire un long séjour en France, patrie de tous les intellectuels.La plus grand partie de ce qui précède était écrit lorsque j’ai eu la LA MUSIQUE 37 bonne fortune de tomber sur certains articles biographique concernant Gottschalk.Je suis heureux vraiment d'y avoir trouvé corroborées et même amplifiées les quelques appréciations que j’ai osé faire du génie de Gottschalk.On connaît déjà l'opinion de Chopin à son sujet.Hector Berlioz, cet impitoyable critique musical, qui ne pardonnait ni n’excusait rien.« M.Gottschalk, écrivait-il au feuilleton du Journal des Débats, est un du très petit nombre de ceux qui possède tous les éléments qui font la souveraine puissance, qui constituent le véritable prestige.C’est un musicien accompli, etc.» J’abrège la citation.Les grands maîtres du temps comparaient Gottschalk à Chopin, Mendelssohn, Listz, Heller, Thalberg.Marmontel, dans les « Pianistes célèbres», après avoir causé des illustres psychologues pianistes que je viens de nommer, dit ceci: Gottschalk mérite une place à part dans cette école, par son individualité, sa distinction, l’originalité de ses compositions et sa virtuosité exceptionelle.Gottschalk tenait surtout de Mendelsohn, de Chopin, de Stephen Heller.» Plus loin, Marmontel le décrit au point de vue de la physionomie.« Nature élégante », dit-il, « distinguée, tout à fait aristocratique, Gottschalk jeune, avait une grande analogie avec Chopin : traits fins et réguliers, ovale allongé de la figure, regard doux,rêveur, cachet de mélancolie.Le moral répondait égale- ment à cette ressemblance physique : impressionabilité extrême, presque maladive, nature de sensitive, organisation d’élite, Gottschalk avait reçu une excellente éducation, parlait plusieurs langues et avait fortifié ses premières connaissances par des études sérieuses faites avec conscience.Tout en s’élevant et en agrandissant le cadre de ses inspirations, il avait conservé une individualité très prononcée et, malgré son intimité avec Chopin, il puisait à des sources différentes.» Tel fut l’artiste que la masse du peuple, faute de n’avoir pas atteint un certain degré d’instruction, n’a pas vu, et dont les générations présentes ignorent les œuvres, le nom, l’existence.Il est vrai qu'il ne frôla Québec que du bout de l’aile, mais pour tous ceux qui sont allés le saluer à sa venue, il a buriné son nom à jamais sur le portique, du moins ce qui en reste, de notre pauvre vieille salle de musique, et dans tous les cœurs de ceux qu’enthousiasmaient ses ravissantes élégies, ses poèmes entraînants.Comme, par des fils invisibles, tout se tient entre ici-bas et outretombe, pour souffrance et jouissance, j’espère que ses mânes tressailleront d’aise en constatant l’hommage d’affectueuse admiration que je m’efforce de porter à sa mémoire, au nom de tous ceux qui l’ont connu et que, papillon d’un jour, il a si brusquement quittés.(à suivre) N.LeVASSEUR 38 LA MUSIQUE MUSIQUE D’EGLISE Instruction de S.S.Pie X sur lu musique sacrée SOMMAIRE : Musique dans les grands Séminaires ; obligations des autorités; nécessité d’un enseignement régulier et complet.— Paroles vigoureuse et situations piquantes à ce sujet.— Ce qui reste à faire et qui devient de plus en plus urgent.26a.—Dans les leçons habituelles de liturgie, de morale, de droit canonique, données aux étudiants de théologie, que les professeurs n’omettent pas de toucher aux points qui plus particulièrement concernent les principes de la musique sacrée ; COMMENTAIRE Pour qu’ils soient en mesure de faire observer les prescriptions liturgiques qui régissent le chant d’église, les curés et vicaires doivent au préalable en être bien correctement instruits.Naturellement c’est au Séminaiie que cet enseignement devra être donné, au cours des diverses leçons qui se divisent leur temps et leurs études.Dans un subtantiel article sur les Séminaires et la réforme de la musique d’église, l’abbé Nasoni écrivait : « Jamais nous « n’aurons une réforme entière, parfaite, si « le clergé ne s’empare de l’art musical; si « comme autrefois, la science et la pratique « de la musique sacrée ne deviennent, de « même que les autres branches de la science «ecclésiastique, l’affaire absolument propre « du clergé, au moins en ce qui regarde la « direction.En droit, l’étude du chant sacré constitue une partie essentielle de l’éducation et de la formation intégrale de tout prêtre ; l’histoire de la musique d’église montre que l’art musical sacré loin d'être inconvenant pour un prêtre, est au contraire un bel ornement et constitue son apanage presque exclusif.«C’est pour le prêtre un devoir sacré « de tenir en honneur la liturgie, cette « magnifique œuvre d’art de l’église ; il est « obligé de s’exercer consciencieusement à « bien s’acquitter de la partie dont il est « chargé, non seulement pour ce qui regarde «les cérémonies.(1) mais aussi pour ce «qui concerne le chant liturgique.« Quelle profonde impression le chant du « prêtre à l’autel, bien exécuté, ne fait-il «pas déjà sur le peuple! En l’entendant, « ne doit-on pas se dire : Voilà comment « chante l'église, voilà comment elle veut « qu'on chante : ce chant est le modèle et ta « règle de toute bonne et vraie musique « d'église.» ( Abbé Schenk, le goût et sa formation).Il est clair que l’on ne saurait exiger des prêtres que tous aient une belle voix.Mais par contre on est en droit d'attendre d'eux une émission convenable, de la justesse dans les intonations, une prononciation nette et soignée, un phraser intelligent ; autant de points qui rendront intéressante et surtout édifiante l’assistance aux offices religieux.C’est au temps du Séminaire, en cette période de formation, qi/e les futurs prêtres doivent être imbus de la réelle importance du chant religieux, du temps et des soins à lui consacrer dès leurs études, afin de pouvoir plus tard, au temps opportun, savoir ce qu’il faut faire pour rendre à cette partie des fonctions liturgiques leur splendeur native telle que l’église autrefois s’y employait.Il y a, sauf erreur, toute une modification à opérer dans la mentalité de certains prêtres à ce sujet.« On dépense souvent et assez aisément, disait le chanoine Witt, fondateur de l’admirable « Cécilien verein », de grosses som-« mes pour des ornements, des étendards, « etc.: pourquoi est-on si avare envers le « corps des chantres 1 Le bon Dieu, à mon «avis, se complaît beaucoup plus aux «chants pieux d’un cœur animé de son «esprit qu’à un ornement tout chamarré « d’or.(1) Lch ornements sacerdotaux, les vases sacrés, la récitation des prières, etc. LA MUSIQUE 39 26b—Qu’ils (les professeurs) s’efforcent de compléter cet exposé par quelques détails spéciaux sur l’esthétique de l’art sacré, que les clercs ne quittent pas le séminaire dépourvus de toutes ces notions, nécessaires cependant à la parfaite culture ecclésiastique.COHMENTAIHK Le meilleur commentaire à donner de ces augustes recommandations serait de reproduire en entier la substantielle conférence de M.le Chanoine Mathias, au congrès de Tourcoing, 1919 Le titre en est « La musique liturgique dans le cadre de l’enseignement supérieur.» Je demande à la direction de « La Musique » de vouloir bien nous donner, dans ses numéros prochains, ce beau travail d’une grande élévation et d’une haute portée.Il est urgent que notre clergé, dans l’ensemble, prennent une connaissance plus complète du rôle de la lituigie musicale, de l’influence qu’elle exerce directement sur la piété des fidèles, sur l’importance que le prêtre doit attacher à cette partie de ses fonctions, la diligence avec laquelle il doit, soit par lui-même, soit généralement par des intermédiaires compétents, veiller à l’exécution satisfaisante des lois ecclésiastiques en cette portion vitale de son ministère auprès des âmes.Qu’on nous permette de citer le magistral début où se trouve, avec l’appréciation admirable du Motu proprio de Pie X sur la musique d’église, un aperçu des obstacles à la restauration demandée.« Plus de quinze ans nous séparent de la « promulgation du nouveau code juridique « de la musique liturgique.« De grands efforts ont été faits dans « l’accomplissement de sa volonté, de beaux « succès ont été obtenu dans la réalisation « de ses idées.Mais nous déplorons toujours «la triple barrière qui s’élève, grande, près I « que insurmontable, entre le but à attein-« dre et le travail fourni, jusqu’à l’heure « présente : c’est V indifférence, le découra-« gement, la désunion.«C’est d’abord V indifférence de la gran-« de masse des fidèles pour tout ce qui « touche à la musique liturgique, indifférence * qui, chez une certaine catégorie d’intel-« lectuels, frise souvent le dégoût, le mépris, « le dédain.« C’est ensuite le découragement de ceux « qui auraient mission de cultiver, de propa-« ger, de porter à sa perfection la musique « liturgique.Dans un moment d’inspiration « et de saint enthousiasme tel que le pro-« duit l’assistance à un congrès, à un couis « ou à une conférence, ou encore la lectuie «d’un article ou d’un livre traitant de la « musique sacrée, ils font, pendant un cer-« tain temps, des efforts inouïs, et voyant « leui peine et leur labeur couronné d’in-« succès, ils abandonnent le champ du «travail pour ne plus y retourner.« C’est enfin la désunion de ceux qui, « avec les meilleures dispositions, avec un « zèle, un esprit de sacrifice et une patience « à toute épreuve, travaillent à la réalisa-« tion du grand idéal de Pie X.Une diffé-« rence de vue et de conception, quelquefois « une différence de succès, le plus souvent “ une série de malentendus les a désunis.“ C’est la fameuse “ désharmonie des artis-“ tes ’ qui, plus que tout le reste, décourage “ les uns, scandalise les autres, en multi-“ pliant ainsi le nombre et des découragés “ et des indifférente.“ Voilà trois grandes barrières qui, com-“ me d’immenses glaciers se mettent entre “ l’ardeur de nos aspirations et la sublimité “ lumineuse de l'objet de nos désirs.Il “ faudrait précisément toute la puissance “ des splendeurs du soleil de notre musique “ liturgique pour faire fondre ces monceaux “ de glace et frayer à tous le chemin vers “ les sommets éternels de la beauté litur-“ gique.“ Des routines invétérées, comme d’épais “ nuages couvrent encore le soleil et l’em-11 pêchent d’envoyerses rayons jusqu’à ces “glaciers pour les faire fondre.Le contenu “du Motu Proprio n’a pas encore trouvé “toute la largeur du chemin qui conduit de “ la vérité, de la bonté et de la beauté d’en “ haut dans les intelligences, les volontés “ et les coeurs d’ici bas.’’ A grand traits, l’auteur montre dans le .1 fagisterium ordinarium de l’Eglise, “ce chemin large, ce passage lumineux.’’ C’est par l’enseignement religieux, primaire, secondaire, et supérieur que s’exerce ce magistère.— Suivent les réponses aux quelques objections maintes fois réduites à néant et toujours mises en avant pour se dispenser de l'effort et s’éviter la peine de sortir de 1' ornière.C.-H.Lefebvre, S.J. 40 LA MUSIQUE Conférences Grégoriennes Troisième entretien : Les dénominations du Chant Liturgique (unite) II.— Le Plain-chant, c’est le grégorien décadant.OUS l’avons constaté dans le deuxième entretien, dénommer « plain-chant » la mélodie sacrée, ce n’est point la couronner de gloire ; c’est lui rappeler des s iècles d’une décadence qu’elle a voulu oublier.Pour oublier comme elle, pour se relever, il faudrait que les « plain-chantistes » comprennent la leçon de l’histoire, et écoutent les décisions de de sainte Eglise.Leur hésitation à se soumettre n’est pas défaut de bonne volonté, disent-ils; mais des objections retardent leur pleine adhésion, Attaquons leurs doutes, non sans avoir formulé, à l’intention de ces fantômes, la prière des complies : « Procul recedant somnia, Et noctium phantasmata.» La première objection part d’une bouche instruite.« Notre plain-chant, dont vous avez dépeint la caducité, a pourtant produit beaucoup de bien.Et même, au point de vue artistique, n’a-t-il pas été loué par Mozart, qui écrivait : « Pour moi, je donnerais toutes mes œuvres pour avoir été l’auteur de la Préface.» ?Cet énoncé contient deux objections.Elles proviennent toutes deux d’une estime déplacée qui attribue au plain-chant la fécondité du bien moral et celle du bien artistique.Par bien moral, nous entendons l’édification des fidèles.Par bien artistique, nous désignons la réalisation effective de l’art.Or l’observation et l’histoire dénient ces résultats au plain-chant.Le plain-chant a produit l’édification : n’est-ce pas une affirmation gratuite ?Dès lors, nous aurions le droit de lui opposer une négation tout aussi gratuite.Mais nous préférons étayer notre avancé d’une preuve formelle.Quelle n’est pas la soif de musique mesurée chez les fidèles ! Comme elle se témoigne par leur approbation à toute polyphonie, fut-elle indigne pourvu qu’elle les délivre de l’ennuyeux olain-chant ! Depuis deux siècles surtout, quel a été le menu de nos offices : une brique de lard plain-chantal et force tartes de « mince-pie » polyphonique.Pour parer à la nullité artistique du rocailleux plain-chant, on a fait appel à l’opéra, soit par des extraits à peine voilés de paroles « fourrées d’amour divin », soit par des caricatures non moins lamentables.Merca-dante, Lambillotte, Rossini, Battmann.et consorts, sont encore à l'affiche.On pleure à l'idée seule d’abandonner la « Messe de Sainte-Thérèse, » cette honte musicale de La Hache, qui pousse le cynisme hérétique jusqu'à supprimer trois articles du Credo! «On s’afflige de penser que, dans les grandes occasions, on ne pourra plus chanter le « Requiem » de Cherubini, la « Messe de Sainte-Cécile » de Gounod, ou le « Pie Jesu » de Stradella » (F J.Kelly, Mus.D.) «Hélas ! la musique « merca-dantile » règne encore ! Sous une autre éti quette, c’est la même pacotille qui persiste à pervertir le goût et à paralyser la dévotion durant les offices ! Quand donc sera-t-elle évincée du temple à coups de fouet ?” (La Mimique, mars 1920).Avec plus de! raison que dans la fable, faut il s’écrier ; “ Harro sur le baudet ! ” Et ne craignons pas d’ajouter, avec l’Eglise et l’art : « Il faut dévouer à la disparition le plain-chant, Ce pelé, ce galeux, de qui vient tout le mal." C’est une constatation unanime parmi les artistes religieux : le plain-chant appelle autant la mauvaise polyphonie que l’art grégorien l’exclut.Là où le plaint-chant a été remplacé par le grégorien dignement exécuté, les appéti’s ” polyphoneux ” du peuple se sont promptement restreints.Le P.Lefebvre en notait l'expérience personnelle dans le numéro 25 de ”La Musique” (Art.Musique d’Eglise).Avec lui, nous concluons : ” Par l’initiation au chant grégorien.l’assainissement du goût se fait insensiblement et comme par enchantement.” Autre brevet d'infirmité décerné au plain-chant, c’est l'intérêt que lui témoignent les chantres surtout Dans l’estime de beaucoup, c’est un importun qu’on ferait bien de mettre au rancart.Ils ne se privent pas d’exécuter le verdict.Ce “ pelé ”, ils l’évincent de la liturgie, et cela jusqu’à se permettre la suppression des Graduels, Offertoires.Communions., etc.qu’ils remplacent volontiers par des cantiques en langue vulgaire.Oh! la plaie de ces cantiques! LA musique: 41 “Celui qui mettra un terme à cet abus aura beaucoup fait pour l’honneur du service divin et le bien des âmes.” (Dom Besse, La Vie et les Arts liturgiques).Que dire devant ces faits, sinon que le plain-chant n’est pas générateur d’édification.Avec lui et par lui, la musique d’église en est venue à trahir sa mission.“Elle semble avoir pour seul but de distraire les fidèles, de détourner leur attention du vrai sens des mots, en faisant passer au second plan les sublimes offices de l’autel et rendant l’âme incapable de tout pieux sentiment: en un mot, elle frustre de sa mission et de sa noble fin l’institution elle-même.» (F.J.Kelly, Mus.D ) Concluons encore : revenons au grégorien dont le plain-chant n’est que la malheureuse contrefaçon.Serait-il permis de creuser davantage l’objection avancée plus haut?Sous son couvert, n’est-il pas à craindre que se cache le mal moderne, l’obstacle vrai, celui que dénonçait dernièrement F.J.Kelly, dans la “Revue Grégorienne”?Pour longue, nous ne regretterons pas la citation ; elle traduit un état d’esprit trop réel.Il suffira au lecteur de muer “Etats-Unis” en notre pays, et nous redoutons que, toutes proportions gardées dans la comparaison, il soit trop proche de la vérité.“ Dix-sept années se sont écoulées depuis que le saint pontife le pape Pie X a donné au monde son fameux “Motu Proprio” sur la musique d’église Que peut-on dire de l’état présent de la musique d’église aux Etats-Unis?Avons-nous fait dix-sept ans de progrès dans la réforme de cet important moyen de “ restaurer tout dans le Christ”?Est-ce que le sublime chart grégorien, cett; glorieuse institution de la sainte Eglise, a gagné aujourd’hui plus d’amis dévoués qu’il n’en avait en cette mémorable fête de sainte Cécile où le "Motu Proprio” a été promulgué?En ce qui regarde les Etats-Unis, la réponse à toutes et à chacune de ces questions est négative.Quelle en est donc la raison?Le manque d’esprit d'obéissance à l’autorité de l’Eglise est la cause fondamentale à laquelle il faut attribuer l’éch c en ce pays de la réforme de Pie X.Aussi longtemps que tous, sans exception, n’auront pas appris cet esprit d’obéissance, les efforts de tous ceux qui travaillent à cette réforme nécessaire srront réduits à néant.Et les conditions lamentables qui ont été et sont encore aux Etats-Unis celles de la musique d’église ne cesseront pas tant que de fortes mesures n’auront pas été prises par ceux qui ont l’autorité dans l’Eglise.Il peut y avoir, et il y a certainement, d’autres raisons : mais celle-ci est la principale! .Pie X reconnut que ce serait une lourde tache que d’amener les musiciens à l’étude du chant grégorien.Il prévit aussi l’oposition du goût public qu’il savait habitué à la musique d’opéra de notre époque.Et il comprit qu’une ferme législation pouvait seule donner de la force à la réforme : et en ceci il donna un exemple à tous les évêques du monde.“ J’agirai suaviter ”, a déclaré, dit-on.le Saint-Père, “ mais aussi, fortiter.” En Amérique la réforme ne sera accomplie qu’après un dur travail qui surmontera les nombreuses difficultés et la résistance injustifiée qu’elle rencontre de tous côtés, aussi bien dans le clergé que dans les fidèles.Ceux-ci ne prennent pas part aux offices liturgiques : il faut leur apprendre qu’ils y doivent participer.” (Revue Grégorienne, no 2, 1920).Le remède est indiqué à côté du mal.Appliquons-le courageusement.Le plain-chant n’a pas procuré l’édification des fidèles : il n’a pas non plus réalisé l’art.A simple vue, il y a chance de vérité à cette seconde proposition : le plain-chant n’est-il pas une décadence de l’art.La vérité seule est féconde.Quelle a été la fécondité du plain-chant ?Il a tué la mélodie et le rythme grégoriens où l’art religieux des siècles de foi avait comme incarné le beau.En arrachant à la monodie liturgique sa couronne de perles, il en fit un art lépreux.Il a tué la musique sacrée en provoquant l’irruption du théâtre dans nos temples.“ L’opéra, c’est de l’art ”, dit quelqu’un.Au théâtre, oui ; à l’église, jamais.«Il n’y a d’art, dit Saint-Saëns, que dans ce qui est à sa place.” La décadence a produit un seul fruit positif, le plain-chant musical que nous avons jugé précédemment, Par ce fruit, connaissez l’arbre.Ce n’était certes pas celui-là que Mozart louait.Et, remarquons-le, il parle de l’unique Préface.Conclure de la Préface au plain-chant, c’est brûler les étapes du raisonnement, c’est aller trop vite du particulier au général.D’ailleurs, cette œuvre syllabique a subi moins de mutilations que ses compagnes mélismatiques II est aussi probable que l’audition qu’en eut le grand compositeur ou fut grégorienne, ou fut restituée parson esprit dans le rythme idéal.Supposer le contraire serait méconnaitre son bon sens artistique.La parole de Mozart se retourne donc contre le plain-chant, puisqu’elle ne peut s’entendre que du grégorien.Nous en connaissons de plus explicitement en faveur du plain-chant.Au risque de fournir une arme à l’objection, nous citerons Gounod, qui dit:” Je ne sache pas une seule œu- 42 LA MUSIQUE vre sortie du cerveau d’un grand maître qui puisse affronter le parallèle avec la majesté redoutable de ces chants sublimes que nous entendons chaque jour dans nos temples, dans nos cérémonies funèbres : le Dies Irae, le De profundis .! (Quelqu’un connait-il ce dernier chant de “ chaque jour dans nos temples ” ?Voilà qui permet un doute sur la compétence de Gounod en matières de monodie ecclésiastique).Rien n’atteint à cette hauteur ni à cette puissance d’expression et d'impression.” Flatteur vraiment; mieux que cela pourtant.Ecoutez le juif Halévy: ‘‘Le plain-chant est la plus belle musique religieuse qui existe sur la terre.” On ne peut souhaiter plus catégorique et plus enthousiaste, “ Comme il est grand!” murmura Henri III devant lecadavre du duc de Guise.Il y a quelque chose de ce sentiment devant la relique de l’ancien grégorien.Il faut reconnaître que, dans les pièces les moins martyrisées, le plain-chant a gardé un air de noblesse.La “Vénus de Milo" mutilée, conserveson expression de majesté.Cela n’en fait-il pas davantage désirer la restauration?Sous le titre “ Déchéance et Grandeur”, dans son dernier receuil de vers, “méditatifs ou angoissés” l’abbé A.Laçasse a stylé ce quatrain senti : Que de grandeur en l'homme, et que de petitesse.Coupable, il garde encor la majesté d'un roi ; Aveugle, il a besoin, si grande est sa détresse.Des clartés pures de la foi.Cette pensée, vécue par l’humanité déchue, peut intégralement s’exprimer de l’aventure du grégorien tombé.Il reste majestueux, ce plain-chant, tout imparfait qu’il est ; alors, que sera-ce du parfait, du modèle déformé ! Le principe philosophique ne veut-il pas que l’on remonte du non-être, de l’imparfait, à l’être, au parfait ?L’histoire ici appuie la philosophie.Et enfin d’où vient au plain-chant ce reste de beauté qu’ont admiré Mozart, Gounod, Halévy.,.,etc, sinon que le dégénéré tient encore de race, sinon du sang princier qui coule encore sous ses joues pâles.Alors sans barguigner, reconnaissons la vérité, ” et revertimini ad fontes sancti Grego-rii.’’ (Charlemagne.) Retournons à la source grégorienne.Le conseil en est bon ; sa pratique est urgente en beaucoup trop d’églises.Notre voix est faible à le répéter : celle du vicaire de Jésus-Christ saura mieux s’imposer.Nous transcrivons longuement sa parole, car nous sommes expérimentalement renseigné que beaucoup n’ont pas lu les prescriptions du Motu Proprio du 23 novembre 1903 Lisons av c le désir de la lumière et la volonté de l’ordre : “ Ces qualités (celles de la musique sacrée) se rencontrent au plus haut degré dans le chant grégorien, qui est, par conséquent, le chant propre de l’église romaine, le seul chant qu’elle a hérité des anciens Pères, qu’elle a gardé jalousement au cours des siècles dans ses manuscrits liturgiques, qu'elle propose directement aux fidèles comme sien, que dans certaines parties d“ la liturgie elle prescrit exclusivement , et que lesétudes plus récentes ont si heureusement rétabli dans son intégrité et dans sa pureté.Pour ces motifs, le chant grégorien fut toujours considéré comme le modèle suprême de la musique sacrée.L’antique chant grégorien traditionnel devra donc être largement rétabli dans les fonctions du culte, tous devant tenir pour certain qu’une fonction ecclésiastique ne perd rien de sa solennité, quand elle n’est accompagnée d’aucune autre musique que de celle-ci.En particulier qu'on prenne soin de rétablir le chant grégorien dans l’usage du peuple afin que de nouveau les fidèles prennent une part plus active aux offices de l’Eglise suivant l ancienne coutume.”Et quelle portée de tels ordres ont-ils reçue, en sorte qu’ils s’imposent à la conscience de ceux qui ont charge d'âmes ?Pie X l’a marquée en termes clairs : “ Ce Motu Proprio est le code juridique de la musique sacrée.Et nous voulons par la plénitude de notre autorité apostolique, qu’il lui soit donné force de loi, et nous en imposons à tous l’accomplissement le plus scrupuleux.» A l’oeuvre donc.Craignons, à tarder notre filiale soumission, que se vérifie encore, après la cruelle “ Guerre des Nations ” la menace prophétique du saint pontife : “ Il est vain d’espérer que l’abondante bénédiction du ciel descende sur nous, quand notre hommage au Très-Haut, loin de monter en odeur de suavité, ramène au contraire dans la main du Seigneur le fouet avec lequel autrefois le divin Rédempteur chassa du temple les profanateurs indignes.” (Motu Proprio, 1903.) Fr.Raymondien, E.C. LA MUSIQUE 43 =0 LE CHANT (sh =0 DE LA CULTURE DE LA VOIX 4» Une voix non cultivée est presque toujours dure, inégale, parfois même chevrotante.Seul un perfectionnement rationel peut faire disparaître tous ces défauts certainement si tous les organes vocaux se trouvent dans un état normal.Les exercices donnent aux muscles et aux ligaments du larynx de la flexibilité et de l’élasticité ; ils agissent, pour ainsi dire, comme la gymnastique sur les muscles de l'acrobate.Beaucoup de personnes qui possède une certaine voix et qui ne l’ont pas encore cultivée.se figurent que pour devenir chanteur et même artiste, il suffit d’étudier 1 e chant pendant quelques mois.Dans ce but, elles s’adressent à un professeur spécialiste et commencent à étudier.Puis, voulant atteindre le but désiré le plus vite possible, elles s’exercent parfois pendant plusieurs heures par jour, forcent, la voix, la fatiguent en s’imaginant que, plus fort elles chanteront et plus longtemps elles s’exerceront, plus vite elles atteindront leur but.Elles commettent donc ainsi une grande erreur.Tous ceux qui possède une voix qui vaut la peine d’être travaillée, ainsi qu’uu talent musical, ne doivent pas oublier que le larynx n’est pas un instrument musical inanimé, et que tous les muscles et spécialement les , cordes vocales doivent s’habituer au travail progressivement.Bien des voix sont gâtées pendant les études simplement à cause du trop grand zèle, du travail démesuré des élèves.Dans de telles conditions les muscles du larynx, au lieu de s’assouplir peu à peu, se fatiguent outre mesute, et la voix disparait.Il est à propos de citer ici le proverbe italien “Chi va piano, va sano.” (Qui veut aller loin ménage sa monture.) Ainsi donc, dès le commencement des études, il est nuisible de chanter plus d’une iemi-henre par jour et cela en se reposant toutes les dix minutes.Au bout de'quelque temps on peut augmenter la durée des exercices, tout en ayant soin de ne pas oublier qu’il faut toujours chercher la qualité et non la quantité du son.Une voix fatiguée dès le commencement des études perd son timbre naturel et sa fraîcheur pour toujours ; et aucun professeur ne peut lui rendre ces qualités.Il est vrai que des exercices spéciaux bien appliqués développent, entre autres qualités, la force de la voix ; mais lesétudes systématiques ne sont pas basées sur l’abus et la fatigue de l’organe vocal.Ces observations s’adressent tout aussi bien aux artistes qu’aux élèves.Il faut chanter et non crier ; le cri est l’ennemi naturel du chant.Un chanteur doit se préoccuper davantage de l’effet qu'il peut produire avec le piano qu’avec le forte ; le piano est la base du chant, et sans lui il est impossible de faire aucune nuance, par conséquant.le chant devient monotone.Très souvent les personnes qui ont les notes aigues fortes et sonores en abusent et les emploie même là ou le compositeur ne l’exigent nullement, en tâchant toujours de donner le plus de son possible.C’est une grande erreur.Un son aigu, fort et sonore, ne produit de l’effet que s’il est employé dans certains moments nécessaires ; mais entendu trop fréquemment, il ne produit pas l’effet qu’on pourrait en attendre.Puis, l’emploi fréquent des sous aigus, en tendant énormément les muscles du larynx, produit en général une très mauvaise influence sur la voix.C’est une grande faute de travailler les notes aigues dès le commencement des études, et il peut en résulter de très fâcheuses conséquences.Dans le commencement des études, les notes élevées ne doivent être prises que de temps à autre dans les passages.(S.Sonky, Tliiorie de la Pose de la voix.) U LA MLSIQUE Lettre de Montreal E Carême ne semble pas toujours être un temps bien favorable aux concerts.Pourquoi, quand les théâtres et les -1 cinémas regorgent de monde ?Est-ce que la musique serait l’art dont on doit sur.tout faire pénitence et que la fréquentation des autres soit péché véniel ?Il se peut bien aussi qu’après l’effort donné en décembre et janvier, les imprésarios soufflent un peu avant de remettre le collier pour le dernier coup avant la saison estivale.De musique en février je choisirai la crème : Thibaud, la musiquedes Grenadiers, le Qua-tuor'Chamberland et Moïsewitsch.Sur le prestigieux Jacques Thibaud lui-même, tout ou presque a été dit.Mais c’est surtout du miracle de l’art français qu’il faut parler.Comme pour Cortot, qui joua d’abord devant des salles vides, pour enfin prendre la place quislui appartient, mais plus lentement parce que nous étions plus gâtés par les virtuoses pour la virtuosité de la fabrique auérienne, Thibaud est enfn entré dans le cœur de ses auditeurs sansen forcer la porte, mais tout simplement par la force magique de son génie.On a vu les récalcitrants, ceux pour qui il n’y a de bon que ce qui arrive de Jérusalem en passant par la Russie ou de Naples via New-York, forcés de se courber dans l’hommage d’une admiration que tentait de refuser leur parti-pris.On a bien essayé de regimber parla suite, mais les velléités de révolte se sont étouffées.Un nouveau groupement del musique de chambre a fait des débutson ne peutplus heureux: le Quatuor Chamberland.Cette société ne fixe pas à l’avance ses séances : elle joue quand elle est prête, ce qui lui permet de ne seprésenterqu’avecdesœuvres bien en main-Sa première séance avait pour programme le quatuor op.59, N° 1, de Beethoven, le quatuor op.2 de Debussy, Top.2 de Glière et le Septuor de Saint-Saëns.Elle a obtenu un succès mérité.Le quatuor Chamberland est composé de MM.Albert Chamberland, Norman Hers- chorn, Eugène Chartier et Raoul Duquette.Pour le Septuor de Saint-Saëns, il c’était adjoint MM.Joseph Saucier, que j’aime autant comme pianiste que comme chanteur, Joseph Gariépy, une trompette aux sonorités bien coulées, et Henri Delcellier.La musique des Grenadiers a terminé sa brillante saison sur deux concerts donnés avec le fini et le brio qui ont caractérisé les autres.Elle a eu l’honneur de nous donner, la première, du Wagner, qu’un patriotisme tapageur avait mis au rancart pendant tant d’années: l’ouverture de Tannhaüser, la Chevauchée des Walkyries, la scène du Feu, et l’on a vu un peuple bien farouchement anti allemand applaudir à tout rompre le plus grand représentant de l’art allemand.Le dernier concert du mois a été donné par Benno Moïsewitsch, jeune et ardent, fougueux comme un jeune cheval indompté, à la manière de Levitzki, qu’il rappelle par son jeu excessivement brillant, trop même puisqu’il le résout souvent en de stridentes sonorités qui font craindre pour les cordes du piano.C’est tout de même un talent remarquable qui a le défaut, commun à ceux de sa race, de courir après l’effet quand même, fut-ce au dépend du goût.Le mois de février a vu naître une tentative qui, si elle réussit, donnera à Montréal cettechose jamaisvu : des concerts d’orchestre gratuits.Je veux parler de l’offre faite par M.J.-J.Gagnier au bureau de direction de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui a immédiatement saisi, il l’a même suggérée, cette façon de faire l’éducation artistique du peuple.L’organisation s’en poursuit maintenant et marche admirablement.Les concerts, donnés en matinée le dimanche, serait au nombre de quatre, un par mois de la fin de mars â la fin de juin.C’est là une initiative dont on ne peut penser trop de bien, puisqu’elle est une prédication artistique par l’exemple.Fréd.PELLETIER. 45 LA MUSIQUE Le Quatuor Flonzaley la grande joie des « dilettantes » cette glorieuse phalange d’artistes est réapparue parmi nous, et nous a régalés d’une exécution délectable au suprême degré.Programme en grande partie [renouvelé, impeccable exécution, comme à l’ordinaire, interprétation fouillée, admirable sonorité, variété désirable dans le choix des œuvres, souplesse de style, fusion tout ensemble et contraste des timbres : tout contribuait à intensifier l’intérêt de ce beau concert, qu’on aurait voulu voir plus fréquenté par ce qu’il y a de musiciens dignes de ce nom.Trop de places libres à une pareille fête artistique ! Est-ce dû à l’élévation des prix d’entrée, ou à l’attirance moindre sur les foules de la musique de chambre, de soi peu à la portée du vulgaire comme en faisaient foi quelques conversations intermittentes et toujours malencontreuses de couples égarés là pour conter fleurette ?Qui le dira, et qui le saura ?N’empêche que le concert en était un de premier ordre.Le quatuor de Mozart en ouvrait le programme, avec quel intérêt! Le divin Mozart—comme il est devenu classique et quasi banal de l’appeler—est toujours un peu là quand il s’agit de musique gaie, nerveuse, spirituelle et pleine d'entrain.Conversation de bon aloi, dialogue piquant de grâce et d’imprévu qu'ont rendu les vaillants artistes du Flonzaley.“ Musique de chambre, ” dit-on ; mieux vaudrait “musique de salon,” de ces salons de haut ton où la politesse exquise côtoie la noblesse des manières, le tact de la conversation et l’esprit du meilleur aloi ! Jamais ne faiblit l’intérêt, quelque soit l’inter locuteur, et du premierjviolon gazouilleur au grave violoncelle, du second violon plein d’apropos à l’alto rêveur et méditatif, les idées passent renouvelées, les thèmes rajeunis et l’attention toujours récompensée.Un moderne (et combien!), Victor Vreuil, tranchait par ses sonorités recherchées, parfois d’une bizarrerie voulue, sur les grâces naïves et la phy-sonomie poudrée de l’œuvre mozartienne.Et l’on pouvait mesurer le chemin parcouru par l’art musical depuis plus d’un siècle.Schumann, le profond et maladif Schumann, parait moins austère et plus abordable, par comparaison, et combien musical ! Bonnet, le bel organiste entendu plusieurs fois, l’avait inscrit à l’un de ses programmes et interprété avec quelle maëstria ! Plutôt pianistique, cette pièce avait tout de même, sous les doigts du virtuose, une saveur inoubliable.Telle nous est apparue l’autre soir la musique à la fois pleine, savoureuse, puissante et souverainement prenante du Quatuor.Et quel sérieux des artistes aux prises avec une œuvre de si haute envergure! Quelle conscience dansl’interpréta-tion! Quel souci de la mise en relief des moindres détails ! Quel charme des sonorités particulières à chaque instrument ! Il faut entendre, il faut entendre ! De telles exécutions défient toute analyse et toutes les descriptions, il faut entendre! Ceux qui se privent de pareilles auditions se punissent inconsciemment sans doute, mais cruellement : ils s’interdisent une charmante excursion dans un des domaines les plus intimes et les plus agréables de l’art musical- Octave BOURDON ÉCHOS ET NOUVELLES Toscanini et son orchestre maestro d'Italie et l’une des plus fortes person-L’orchestre de la Scala de Milan, sous la con- nalités de notre époque dans le domaine de duite de Toscanini, jouera à l’Auditorium lundi l’orchestre.Toscanini a réalisé le rêve de sa vie: prochain.C’est une aubaine inespérée pour grouper des éléments de son choix et avoir son Québec.Arturo Toscanini est le plus grand orchestre à lui avec lequel il ferait des tournées 46 LA MUSIQUE de concerts.Il a bien réussi et son orchestre, composé d’instrumentistes de tout premier ordre, est un organisme qui touche à la perfection.Toscanini donnera à Québec le même programme qu’à son concert d’adieu à New-York le 19 du courant : la première partie est consacrée aux compositeurs italiens et la seconde à Wagner.Les nôtres à Paris Nous sommes heureux de mettre sous les yeux de nos lecteurs le beau témoignage donné par M Edmond Clément, le célèbre ténor, à M.Victor Brault, après l’avoir enterdu chanter : «C’est avec grande satisfaction que j’ai constaté les réels progrès que vous venez de faire pendant ces derniers mois, et je me plais à vous prédire une prochaine réussite due à vos efforts constants et à votre travail intelligent.«Espérant vous revoir bientôt, et vous souhaitant bon courage, je vous exprime, cher Mon-sieui Brault, mes sentiments les meilleurs.» Edmond Clément.Paris, Boulevard Péreire, 61.M.Brault, depuis le départ de son professeur M.Riddès, étudie le chant avec Albers, baryton de l’Opéra-Comique.Il a chanté le dimanche 13 février comme soliste au Concert de l’American Club Society.En France — Un Congrès internationnal d’histoire de l’Art se tiendra à Paris à l’automme.— Le ténor MacCormack s’est fait entendre à Paris, d'abord à la Société des Concerts du Conservatoire puis en récital.La critique française est fort élogieuse pour le chanteur irlandais.— Au cours d’un récent discours à la Chambre française, M.Léon Bérard, le ministre des beaux-arts, a déclaré qu’à l’Opéra de Paris deux œuvres seulement faisaient une recette dépassant la dépense: "Faust” de Gounod et la ‘‘Wal-kyrie” de Wagner, qu’on vient Je reprendre.— On annonce la mort presque subite du pianiste Roger de Francmesnil.Brillant virtuose, professeur remarquable, compositeur estimé, R.de Francmesnil n’avait que 36 ans.I! laisse outre de nombreuses mélodies et pièces pour piano, un Quatuor à cordes, une Sonate pour violon et piano et une Evocation symphonique encore inédite.— M.Julien Tiersot, bibliothécaire du Conservatoire, vient de prendre sa retraite.Il était au service de la Bibliothèque d’puis 1SS3.M.Tiersot est bien connu au Canada où il a donné des conférences.— Jascha Heifetz a fait ses débuts à Paris.Le jeune disciple de Leopold Auer a étonné par sa technique étourdissante, mais on lui dénie un tempérament artistique.Un critique écrit : “ Il faut tenir compte que l’artiste n’a pas encore vingt ans.Le temps est là qui fera son œuvre si le jeune Heifetz sait mûrir sa pensée et ne pas se laisser griser par le succès.” — A ses Concerts classiques de Monte-Carlo, M.Léon Jéhin a révélé une œuvre posthume de XavierjLeroux, Pour la Victoire, pour chœurs, orgue et orchestre.En Belgique — M.Lunssens succède à Paul Lebrun, récemment décédé, au poste de directeur du Conservatoire de Louvain.En Allemagne — L’Opéra de Berlin doit monter un ouvrage de jeunesse de Richard Wagner : Défense d’aimer.— D’après de récentes statistiques, l'œuvre musicale la plus populaire en Allemagne serait les Dragons de Villars.— L’Opéra de Hambourg vient de jouer un nouvel opéra de M.Korngold : la Ville morte Ce compositeur, déjà célèbre en Allemagne, n’a pas vingt-cinq ans.En Angleterre — Les troubles en Irlande ne sont pas un obstacle à la musique.A Cork même on donne des repésentations d’opéra, Faust, le Trouvère, les Contes d'Hoffmann, Rigoletto, Tannhauser y ont été joués par la "Carl Rosa Opera ”, Aux Etats-Unis — Une toute jeune pianiste française, Yvonne Dienne, obtient un vif succès cette saison aux Etats-Unis.Soulignons aussi le succès du violoniste Raoul Vidas ( Roumain de naissance, mais Français par son éducation musicale) à son apparition avec le New-York Symphony.— Le succès du chef d’orchestre français Henri Morin est des plus vifs à l’Opéra de Chicago.Le public et l’orchestre l’acclament à chaque représentation.— M.Joseph Bonnet fera prochainement une tournée en Italie. LA MUSIQUE 47 ____L’avènement de Mary Garden à la direction de l’Opéra de Chicago a été marqué par une réduction notable des salaires payés au personnel.Les cachets de tous les artistes ont subi une baisse substantielle, sauf ceux de Muratore, Galli-Curci, et.Mary Garden.— Un groupe de riches citoyens va doter San Francisco d’un Opéra permanent.—On a représenté récemmentdans un théâtre de New-York, une opérette intitulée Honeydew qui a pour auteur le violoniste Ephrern Zimbalist.Notes brèves — C’est le riche mélomane André de Coppet qui patronne financièrement la tournée de l’orchestre de la Scala de Milan.C’est le fils du fondateur du Quatuor Flonzaley.— Durant le séjour de M.Mangelberg aux Etats-Unis, c’est M.Carl Muck, l’ancien chef du “Boston Symphony”, qui dirige les concerts d’Amsterdam.— La plus charmante attraction des réunions aristocratiques de Madrid est un petit pianiste de 3 ans, Uroff Corma, de la Catalogue, qui, paraît-il, joue cet instrument avec une habileté extraordinaire.Le petit prodige est placé sur le tabouret par sa bonne, et commence à jouer sans plus d’énervement.— Madame Nellie Melba, la célèbre cantatrice, est gravement malade à Nice.— Un compositeur anglais, Alick Maclean, vient de mettre en musique un livret tiré du Luthier de Crémone de François Coppée par M.H.Durand.— Le salaire minimum des instrumentistes du « Metropolitan » était pour cette saison de cent dollars par semaine.L’orchestre de ce théâtre comprend en moyenne quatre-vingt-dix exécutants.Informations — Le concert de Madame Galli-Curci, la grande prima-donna italienne, est fixé au lundi 23 mai.— L’Union Musicale prépare un grand concert qui aura lieu à la salle Colomb le mardi 39 mars prochain.Elle s’est assuré le concours de MU Blauche Gonthier, soprano, de MM.E.Gour, ténor, et Joseph Saucier, baryton.— M.Louis Gravel, le distingué baryton, donnera un concert à Sainte-Anne-de-Beau-pré, sa place natale, le 2 avril.— La Société Symphonique de Québec, sous la direction de son vaillant chef, M.Joseph Vézina, était chargée du programme musical de Séance publique annuelle de la Société du Parler français.Notre grand orchestre a été fort admiré.Il est à souhaiter que la saison ne s’achève pas sans qu’il lui soit donné de reparaître en public.— M.Edmond Trudel.l’excellent, pianiste québécois, se fera entendre à Montréal le 17 de ce mois.Il donnera un récital de musique moderne en compagnie de M.Jean Riddez, baryton.M.Trudel jouera du Debussy, du Ravel, G.Dupont, Guy Ropartz et d’Al-beniz.— Le concours pour le Prix d’Europe de de l’A'-atlemie de Musique aura lieu â Québec le 18 juin.T La Soirée des Chevaliers de Colomb Fort captivante la soirée offerte par les Chevaliers de Colomb à leurs membres, le vendredi 4 mars, en leur salle de la Grande-Allée.Programme varié : Musique, comédie, opérette.La soirée s’ouvrit par le Prologue de Paillasse, chanté d’une voix ample et sonore par M J.de Belleval, un de nos meilleurs bandons.M.Arthur Leblanc, jeune violoniste étonnamment doué dont nous avons déjà souligné la valeur, joua le premier mouvement du troisème Concerto de Bériot et une Danse hongroise de Brahms.Au piano d'accompagnement, Madame de Belleval et M.Charles Renaud.Une fine comédie, l'Eté de la Saint-Martin, de Meilhac et Halévy, jouée avec entrain par Mlles Duhamel, Drolet, MM.Edgar Dion et J.Dussault, fut fort goûtée.La soirée se termina par une charmante opérette de Lecocq, Hase d'amour, qui permit à M.de Belleval de faire valoir la sûreté de son chant et la clarté de sa articulation et à Mlle Marguerite Parent de déployer, outre le charme d’une jolie voix, une diction nuancée et un art de phraser qu’on rencontre rarement chez les amateurs.H.F. 48 LA MUSIQUE CONCERTS Au « Musical » Mardi le 22 février a eu lieu le septième concert du « Ladies’ Musical Club.» C’eit Mlle Camille Bernard, soprano léger, de Montréal, qui avait la vedette.Après avoir chanté l’ariette de Richard Cœur de Lion et la valse de Mireille, Mlle Bernard interpréta de façon bien vivante deux groupes de chansons anciennes.L’attrait de forts jolis costumes donnait encore plus de charme à ses interprétations.Au piano d’accom pagnement, Madame Placide Morency,consciencieuse comme toujours.MM.Ernest Lavigne et Edmond Trudel nous ont servi une magnifique primeur: la très belle Sonate en *»' mineur de Louis Vierne pnur violoncelle et piano.M.William Ross joua avec une belle sonorité, au piano, trois pièces: Ballade de Reinecke, Berceuse de Paul Juon et le Tambourin de Rameau.Elles lui valurent un rappel.revient après un long séjour en Angleterre où elle a fait de solides études.Pianiste de premier ordre, Madame Plouffe-Stopes se distingue par un jeu souple, nuancé, expressif.Elle joua avec une sonorité moelleuse et chantante s’alliant à une parfaite compréhension musicale un groupe de pièces de Chopin et des œuvres de Listz, Brahms, Saint-Saëns, Debussy.L’auditoire, enthousiasmé, lui fit une véritable ovation.Mlle Diane Plouffe et M.E.Lavoie Le récitai donné par Mademoiselle Diane Plouffe en la Salle Loyola' mardi dernier avait attiré — était-ce dû à la tempête qui sévissait au dehors ?—un auditoire peu nombreux ; on remarquait au premier rang Madame Taschereau, l’épouse distinguée de notr premier-ministre, sous les auspices duquel le concert était placé.Selon sa coutume, le Ladies’ Musical Club a clôturé sa saison par un concert donné le soir, Un public nombreux s’était rendu à la salle Colomb pour entendre M.Jean Riddez, baryton.Madame Berthe Roy, pianiste, annoncée avec M.Riddez, n’a pas pris part au concert à la suite d’un différend survenuJa veille de l'audition.Elle fut remplacée par Madame Eva Plouffe-Stopes, pianiste également.M.Jean Riddez, entendu ici il y a quelque dix ans lors des représentations données par la Compagnie d’opéra de Montréal, a plutôt déçu son auditoire.Visiblement sur le déclin, la voix usée, la respiration sifflante, — peut-être était-il par surcroît mal disposé, — l’artiste n’a pas paru donner toute sa mesure.Chanteur de théâtre, M.Riddez apporte au concert les mêmes procédés d'extériorisation et une mimique qui détourne l’attention de l’auditeur.Son programme allait du grand air d’opéra à la chanson.Signalons l’air d'Henri VIII et celui d’ Hérodiade, bien interprétés, une mélodie de Levadé, les Vieilles de chez notes, finement dite, le prologue de Paillasse, donné en rappel à la fin du concert, détaillé avec adresse.Au piano d’accompagnement, Madame Placide Morency seconda très bien le chanteur.Le succès de la soirée fut pour Madame Eva Plouffe-Stopes, pianiste montréalaise, qui nous Arrivée d’Ottawa il y a quelques mois, Mlle Plouffe faisait ses débuts devant un auditoire québécois.Cette jeune cantatrice possède les dons les plus heureux : une belle grande voix de soprano, ample et richement timbrée, une articulation nette qui ne laisse pas perdre un mot à l’auditeur.Son chant est prenant, mais un peu monotone ; cela est dû au manque de variété dans l’accent.Les notes graves manquent d’assurance ; une tendance au chevrotement est à surveiller.Mlle Plouffe devra travailler, sa science duchrnt est encore trop sommaire, si elle veut parvenir au premier plan ; elle pourra certainement se faire une belle carrière.Son programme comportait l’air d’Hérodiade, des mélodies de Duparc, Bemberg, Massenet, Tchaîkowsky, des extraits de Manon (l'adieu) et de Werther (les larmes).Mlle Plouffe avait obtenu le concours de M.Ernest Lavoie, ténor, dont l’organe, — qui accuse de la fatigue,—est agréable dans la finesse et la douceur et qui met de l’expression dans son chant.Il a donné plusieurs airs anciens et de fines mélodies.Avec Mlle Plouffe il chanta le beau duo de Marie-Madeleine et le grand duo du dernier acte de Sigurd.Au piano, Mademoiselle Cécile Mathieu a joué les accompagnements avec toute la discré- tion voulue.osqjnJ) ap sduiaojj V3 30 S3AIH0MV A lire dans le prochain numéro : Emmanuel Blain de Saint-Aubin, par M.N.LeVasseur.tes scolæ cantorum paroissiales, par le R.P.C.-H.Lefebvre, s.j.Conférences grégoriennes (quatrième entretien), par Fr.Raymondien E C Notre rubrique : L-C PIANO.' ' Nos Éphémérides musicales.Prochainement : On article de M.Fréd.Pelletier.“ LA Ile11re"tlr» compte que des concerts pour lesquels elle reçoit le service de presse.Jésus Seul Par un malentendu encore inexpliqué le cantique “JESUS SEUL” offert en prime à nos lecteurs ne nous est pas encore parvenu.Ceux de nos abonnés qui ont choisi cette prime recevront, par lettre, l’offre d’un nouveau choix de pièces de musique religieuse.GRAINS DE SABLE .PAR ' BLANCHE GAGNON Œuvres de XAVIER MERCIER France 40c.O Canada, mon pays, mes amours .40c.Le Saint-Laurent 30c.Ce que je chante 25c.Mourir c’est partir un peu 35c.Si 1‘houre qui sonne 25c.Musique de ISA JEYNEVALD En vente chez tous les marchands de musique En vente au profit de l’Apostolat des Bons Livres et dans les principales librairies de Quebec et Montréal.Prix: ' 75 sous l’exemplaire, plus 5 sous pour frais de poste.Ouvrages de S.M.de S.M.En vente chez les principaux libraires et marchands de musique Théorie Musicale spécialement dédiée aux jeunes pianistes.yrc Précis de la Théorie Musicale.35c.Recueil d'exercices sur le Précis de la T.M.35c.English Editions Musical Theory especially dedicated to young pianists.7jC_ Abridgment of the Musical Theory .35c.Exercises based on the Abrigment of the Musical Theory.35,, L’Harmonie de Québec (35 musiciens) me.EDMOND-J.TRUDEL, Directeur Accepte engagements pour concerts, réceptions, parades, etc.S’adresser A: 131, Avenue Cartier.Tél.6640 Programmes de Concerts Pancartes, etc.Demandez nos prix.L’Imprimerie Modèle 20, Cote de la Montagne Téléphone 6349 Impressions en tous genres Travail rapide et soigné / • ; * : \ COURS ET LEÇONS INSTITUT DE L’ART XAVIER MERCIER de l’Opéra-Comique de Paris et du Covent Garden de Londres.13, RUE STE-URSULE - Tél 4341 VOCAL DE QUÉBEC Mme ISA JEYNEVALD 1er prix de Chant et d'Opéra du Conservatoire de Lyon, France, des grands théâtres, Lyon, Toulouse, et des Concerts Colonne de Paris.J.-A.GILBERT PROFESSEUR DE VIOLON 334, rue St-Jean Tél.3156 LOUIS GRAVEL Ex-Élève du Conservatoire de New-York "Institute of Musical Art CHANT Studio : 320, rue St Joseph Tél.6608 (Rés 5302-j) J.-ARTHUR BERNIER Ex-élève de Alexandre Guilmant et F.Fourdrain HENRI GAGNON Compositeurs de Paris.Organiste de la Basilique PIANO — ORGUE — HARMONIE IL rue de Salaberry Tél.2134 Studio : 8, rue St-Flavien Tél.103C GEORGES E.CHOUINARD Organiste et Professeur de Musique Enseignement théorique, méthode Danhauser 17è, rue Ste*Famille Tél.844 A.PARADIS Lauréat de l'Académie do Musique de Québec.LEÇONS DE VIOLON Studio : 163, rue d'Aiguillon Tél.6205-J v TERMINE J—1 ijqoN Soprano lyrique Mlle B.ST-PIERRE 1 , Opéra — Concerts.— (Français, anglais, italien.) PROFESSEUR DE PIANQ 59, rue Ste-Ursule Tél.7846 43, rue Morin Tél.3298 ERNEST LAVOIE TÉNOR Prendra engagement pour Opéra-comiques, opérettes, concerts et récitals.Français et anglais.Tél.5115j 31.rue Crémazie.Germaine Lavigne Élève de Mme Berthe Roy.Lauréat de l'Académie de Musique Prendra un nombre limité d‘élèves à son domicile et en dehors, pour Renseignement du piano et de la théorie musicale.Tél.1241 Résidence: 272, rue St-Cyrille.J.- ANDRÉ- JACQUES J.-Edouard OUELLET Organiste à 1‘église St-Patrice PROFESSEUR DE PIANO, CHANT, ORGUE Lauréat de Piano et d’Orgue h l’Académie de Musique de Québec.7, rue St-Luc Tél.1298 Old Lake Road Co.Témiscouata.LES PAPILLONS, mélodie, musique de Orner Létonrneau.— Prix: 50 sous._ EDMOND-J.TRUDEL, pianiste Ex-Elève de Félix Fourdrain et Alfred Casella, Paris CONCERTS — TOURNEES — RÉCITALS — MUSIQUE DE CHAMBRE REPERTOIRE CLASSIQUE ET MODERNE .Leçons de piano, solfège, harmonie et orchestration.- Arrangements d’orchestre et d’harmonie.Studio: 131, Avenue Cartier.Tél.664o Pour les taux d’anuonce, s’ 'adresser à L’Imprimerie Modèle, 20, Côte de la Montagne LES INSTRUMENTS ALL PH0N00.9APMS /NCNE PRATTE sont les favoris des artistes français Les phonographes PRATTE, COlUPIBIA et WINDSOR sont les meilleurs et les moins dispendieux.Une visite à notre studio vous convaincra Studio Musical limitée 106, rue St-Jean, Québec.QUEBEC FRUIT & FISH EXCHANGE ltée IMPORTATION — EXPORTATION Vente en gros : Fruits, Légumes, Poissons frais, gelé, salé, fumé, Huîtres, Tabac, Amandes, etc.Fabrique de Limonades gazeuses Le Célèbre Reproduit A la perfection TOUS LES DISQUES > Grâce à son , merveilleux Reproducteur SEULS REPRÉSENTANTS MARCEAU & FILS 121, RUE ST-JOSEPH QUEBEC.116, rue Dalhousie Québec. Rod.-E.MacKAY OSCAR HAMEL ÉTUDE DE HAMEL & MACK AY NOTAIRES Représentants de Vkrsailt.es.Viuuioatrk, Boulais, Ltiîœ, pour la vente des Obligations municipales.Bureaux : 198, rue St-Jean, Québec.— Téléphone 4455 — Echange privé.PAUL DROUIN, c.r.AVOCAT Edifice Quebec Railway Tel.466 OSCAR BEAULÉ ARCHITECTE , 21, rue d Aiguillon Tél.16S| HENRI POULIOT NOTAIRE Edifice Quebec Railway Tél.992 ADRIEN FALAEDEAU AVOCAT Edifice Quebec Railway Tél.23117 Les Prévoyants du Canada ASSURANCE FONDS DE PENSION Capital Autorisé.$ 500,000.00 Actif du Fonds de Pension le 31 décembre 1919 .1,719,152.71 $1,719,152.71 Progression de la Compagnie jusqu’au 31 décembre 1919 Années Sections Sociétaires actifs Pensions Actif 31 déc.1909 45 1,880 ' 5,205 16,461.94 31 “ 1911 224 14,228 30.910 170,670.80 31 “ 1913 249 24,492 47,957 423,745.31 31 “ 1915 455 32,155 61,468 772,698.90 31 “ 1919 600 46,753 87,931 1,719,152.71 Continuez cette progression pendant vingt ans, vous auréz une idée des sommes énormes dont disposeront les Prévoyants du Canada, lorsque le temps de payer les rentes sera venu.ANTONI LESAGE, Gérant-Général Siège social : Edifice (Dominion», 126, rue St-Pierre, Québec.Bureau à Montréal : Ch.22, Edifice " La Patrie ", X.Lesage.Gérant Téléphone 1163j Maison fondée on 1822 ROCH LYONNAIS Fils 'v LUTHIER N Réparation d’instruments de musique en bois et en cuivre OUVRAGE GARANTI 110, rue des Fossés, St-Roch, Québec. « •SÇfftCE EST CANDÎAC 55 Bonbons Canadiens pour les Canadiens d'une pureté et d'une supériorité incontestables.La Compagnie de Bonbons Candiac Canada, Limitée, a été fondée par des capitalistes de Québec, dans le but d'introduire dans la fabrication et le commerce du chocolat et des bonbons en général des réformes et des perfectionnements depuis longtemps désirés; elle a voulu fournir aux Canadiens des chocolats et des sucreries d’un goût exquis, d’une saveur incomparable tout en leur conservant toutes les propriétés bienfaisantes dont ces précieux aliments sont susceptibles.Les Chocolats Candiac composés seulement de cacao pur et de sucre, d’extraits purs de fruits, de vanille, de menthe, de fruits et de noix, et sont ce qu’il y a de plus savoureux et de plus sain sur le marché.Les Bonbons Candiac au sucre et aux extraits de fruits, sont incomparables quant à la saveur, à l’arome et à l'apparence appétissante et attrayante.Les Bonbons Candiac de Luxe représentent en un mot la perfection dans l’art du confiseur.Tout, d’ailleurs, contribue à cette perfection: un édifice spacieux et moderne spécialement construit pour cette fabrication, où pénètrent en abondance l’air pur et la lumière du jour, le choix des matières premières des meilleures provenances, autant d’éléments essentiels à la production de bonbons réellement délicieux.Goutez-y, exigez-les de votre fournisseur.S’il ne les a pas en magasin il se fera un plaisir de vous les procurer.Bonbons Candiac (Canada) Limitée Québec, Qué. 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