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Titre :
La musique
Éditeur :
  • Québec :[La musique],1919-1924
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La musique, 1922, Collections de BAnQ.

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Février 1922 Année — rïo 38 La Musique ÜWM SOMMAIRE : Gloire au 22e ! Chanson-Marche Theodore BOTREL Glazounow.J.de VALDOR Musique et Musiciens à Québec : Joseph Vézina.N.LeVASSELR Musique d’église : La musique liturgique.CHANOINE MATHIAS (2e article) Le Concert Botrel.G DUCHAMP Louis Graveure.G.DUCHAMP La Vie musicale à Paris.J.DE VALDOR Echos et Nouvelles.— Concerts.Variétés.Abonnement : $2.00 par année Le numéro 15 sons â Parait le 15 de chaque mois LA MUSIQUE Revue mensuelle Publiée sous la direction de Orner Létourneau et Hector Faber Secrétaire de la rédaction: Jos F.de Belleval COLLABORATEURS : M.Jean Aubois M.J.-Arthur Bernier R.P.Louis Bonvin, s.j.M.Octave Bourdon R.P.J.Bérioot, s, m.m.Mademoiselle Victoria Cartier M.Gustave Comte M.Auguste Descarries M.Henri Gagnon M.l’abbé Placide Gagnon.M.J.-A.Gilbert Madame Maria Lagacé-Girard R.P.C.-H.Lefebvre, s.j.M.Arthur Letondal M.N.LeVasseur M.l’abbé Olivier Maurault, p.s.s M.Xavier Mercier M.le docteur J.-G.Paradis M.le chanoine J.-R.Pelletier M.Fréd.Pelletier M.Alfred Poulin S.M.de S.M.M E.Stiévenabd M.Robert Talbot M.Edm.-J.Trudel M.Joseph de Valdor Administration : 20, Côte de la Montagne, Québec Téléphone 6349 Adresser toute correspondance à l'administration* Musique en feuilles Instruments de musique Assortiment des plus complet BEAUDRY FRERES ENR.263, rue St-Jean Tél.833 Photographie d’art Photographie commerciale.ABONNEMENTS : , Un an .$2.00 (Canada, Etats-Unis et Union Postale) L’abonnement part de janvier et est payable d’avance.Les numéros parus sont envoyés aussitôt inscription.La collection des années 1919 à 1921 se vend $1.50 (par la poste, $1.60) chacune.Prière de faire remise par mandat-poste ou chèque payable au pair à Québec.VIENT DE PARAITRE: Recueil d’Exercices sur la Théorie Musicale (complète) de S.M.de S.M.Format 7 x 10, 64 pages.Ce nouvel ouvrage complète la série des devoirs théoriques faisant suite au 1er Recueil d’ex, qui est celui du « Précis» du même auteur.Il comprend 200 questions de revision théorique et .10 exercices préparés sur la mesure, la tonalité, les intervalles, les armements, etc., etc.Prix : $0.40.S’adresser chez les principaux libraires et mnr chands de musique de Québec et de Montréal “»»***¦*¦*»** I 11ÀÀAAAAAAAAAAAAAAAAA* - ' I i-Hatsnn JSl JVrclrambault La maison, ARCHAMBAULT, sise au centre de la métropole, est l’endroit tout indiqué pour vos achats de musique vocale et instrumentale.Vous y trouverez un choix complet des œuvres des maîtres classiques et des compositeurs modernes.Cette maison fait en outre un commerce considérable de pianos et de phonographes les plus recherchés des artistes et des amateurs de musique C’est également dans cette maison qu’est établi le comptoir de musique religieuse du BUREAU D’ÉDITION de là SCOHLA CANTORUM de Montréal, rendez vous habi tuel des organistes et des maîtres de chapelle.312 a 316-esl, rue j?ie-(£a%rme iîlnntrral.¦ îEélépljone 3299 ei 1842 .rrer““.*«a****aàaaààaaa*a«aaa*aaaàààaaaaàaaaa^ 1861-1922 61ème anniversaire de la MAISON A.-J.BOUCHER 28-Est, rue Notre-Dame, MONTRÉAL.Chants religieux et profanes, pour fêtes et distributions de prix.Spécialité pour Maisons d'éducation, Conservatoires et Académies du Canada.mmm l Il vmMmm r i lire (©rgues (î’aaaèatit SONT CÉLÈBRES # Au delà de 900 ont été construites par la ' MAISON CASAVANT FRÈRES.Liée dont 65 à quatre claviers, 197 à trois claviers, 5 38 à deux claviers, etc.y CASAVANT FRÈRES, Ltée FACTEURS D’ORGUES SAINT-HYACINTHE, Que.QUEBEC FRUIT & FISH EXCHANGE ltée IMPORTATION — EXPORTATION Vente en gros : Fruits.Légumes, Poissons frais, gelé, salé, fumé, Huîtres, Tabac, Amandes, etc.Fabrique de Limonades gazeuses 116, rue Dalhousie Québec. # Religieuse exécutée pour la première fols bu Canada, dans nos Mitions de Musique française H.Chrétien, Je crois en Dieu, cantiqie A l’unisson .10.40 Je vous salue, “ “ .0.50 Notre Père “ “ .0.50 Darros Cantate, pour une première messe à 2 voix égales .0.65 H.Du parc Benedicat Vobis, Motet latin à 3 voix .0.55 C.Franck Psaume 160, à 5 voix mixtes .0.60 Schotte A Jésus pour toujours, cantique à l’unisson .0.35 lotissez venir à Moi.“ “ .0.&5 Moisson d'Ame ’* “ .0.36 de la Tombelle, f Motets, à 2 voix égales .0.65 V.d’Indy O Sainte Croix, cantique à 4 voix mixtes .0,45 Pentecosten, recueil de 24 cantiques grégoriens .1.35 Recueils cle 6 motets classiques,à 2 voix 0.60 “ fJ “ “ 3 voix .0.85 RAOUL VENNAT 642, rue St-Denis, Montréal - Tel.Est 3065 —- Tous les morceaux profanes exécutés auxfmêmes auditions se trouvent à Québec, chez M.J.F, de Belleva'l, 17, rue Crémazie, qui les tiendra à la disposition de tous ceux qui s’intéressent à l’Art Français., Les Prévoyants du Canada ASSURANCE FONDS DE PENSION Capital autorisé.S 500,000.00 Actif du Fonds de Pension le 31 mars 1921 .2,131,986.33 $2,131,986.33 Progression de la Compagnie jusqu’au131 mars 1921 Années Sections Sociétaires actifs Pensions Actif 31 déc.1909 45 1,880 5,205 16,461.94 31 “ 1912 294 19,326 39 211 284,355.82 31 “ 1915 455 32.155 61,468 772,698.99 31 “ 191S 560 41,259 77,419 1.463,440.43 31 mars 1921 623 55,408 104,431 2,131,986.33 Continuez cette progression pendant vingt ans, vou^ aurez une idée des sommes énormes dont disposeront les Prévoyants du Canada, lorsque le temps de payèr les rentes sera venu.ANTONI LESAGE, Gérant-Général Siège social : Edifice «Dominion», 126, rue St-Pierre, Québec.Bureau à Montréal : Ch.22.Edifice " La Patrie".X.Lesage.Gérant Téléphone 1163j Maison fondée en 1822 ROCH LYONNAIS Fils LUTHIER Réparation d’instruments de musique en bois et en cuivre 11, rue des Fossés, OUVRAGE GARANTI St-Roch, Québec. Hermann ©ourclrtene ^-'Albert daulnn Sc (Umtrdjesne Pianos — Orgues — Violons — Musique en Feuilles — Victor-Victrolas i Disques “Victor” —Musique Classique et Populaire — Musique Religieuse ! Editions Européennes et Américaines 252, rue jSl-HJoeeplî 142, rue jst-HJean QUEBEC.T»L.4626 T*14345 Lavigueur & Hutchison SEULS REPRÉSENTANTS DES CÉLÈBRES PIANOS HEINTZMAN & CO.(LE FAVORI DES ARTISTES) Distributeurs des Grafonolas COLUMBIA et des merveilleux BRUNSWICK, reproduisant ¦ à la perfection tous les disques de n’importe quelle marque CONDITIONS DE PAIEMENT LES PLUS FACILES 81, RUE ST-EAN Succursale : 54, rue St-JosepH 1 4ème année — No 38 LA MUSIQUE Février 1922 A «us avons la bonne fortune de publier une chanson inédite de Théodore Botrel, le barde breton, actuellement parmi nous.Nos lecteurs lui sauront gré d'avoir bien voulu leur réserver cette primeur.GLOIRE AU 22e! Chanson-Marche de Théodore BOTREL Harmonisation de Orner Letourneau En apprenant les malheurs de la Fran - ce \_^c Ca-na* dresse frémis • sant ; De doux appels, de longs cris de souf-Fran ce Vers lui Raient à ua* vers l’O — cè — an.Puis d autres voix, tout au long du grand Fieu — ve, (Voix de Car — LA MUSIQUE tier, de Champlain, de Lé-vi; Voix de Montcalm et voix de Maison — neu Ensui-vant les conseils et la tra si : Debout, nos meilleurs fils ! ce Des eux vous menant au suc - cès, Pour sau-ver le berceau de la Ra En "i - vant, les Ca nadiens-Frai»- çais I vant, les Ca - nadiens-Fran - çais ! LA MUSIQUE 23 II Huit mois plus tard, le vaillant “Vingt-Deuxième” Mettait le cap sur l’Immortalité Et débarquait pour la lutte suprême Dans un vieux port du Pays dévasté.Lancés bientôt dans l'ardente fournaise Entre l’Yser et la Lys et l’Artois, Combien sont morts sur la terre française De ses Héros.,, redisant à mi-voix : < En suivant les conseils et la trace Des Aïeux nous menant au succès, Pour sauver le berceau de la Race, En avant ! les Canadiens-Français ! » (bii) III Quel Crémazie ou quel nouveau Fréchette Nous chanteront les Héros de Vimy, De Saint-Eloi, d’Ypres, de Courcelette, Ceux de Cambrai, de Lens et Chérésy ?Qui chantera ceux qui marchaient en tête (1) Et devant qui l’ennemi s’affolait ?Car il sentait s’avancer la Défaite Quant il tremblait au seul nom de Tremblay ! En suivant les conseils et la trace Des Aïeux les menant au succès, Ils sauvaient le berceau de la Race.Gloire à vous, les Canadiens-Français ! (bin) IV Ton “Colonel” — ô phalange héroïque ! — Foch, est venu te “bonjourer” ici : Il a voulu, traversant l’Atlantique, Au nom des Chefs te crier son merci ! Mais, aujourd’hui, témoin de sa vaillance.Un humble barde, à son tour, a voulu Venir vers Toi de la lointaine France Pour t’apporter le baiser du Poilu ! En suivant les conseils et la trace Des Aïeux te menant au succès, Tu sauvas le berceau de ta Race : Gloire à Toi, fier Canada Français ! (bis) (1) Tremblay, Gaudet, Dubuc, Chassé, Roy, Desrosiers, Dupuis^ etc. 24 LA MUSIQUE GLÂZOUNOW Le renommé compositeur, sorti de Russie, nous révèle le progrès de la musique sous le régime des Soviets.N de mes amis, journaliste en Russie, a eu la belle pensée de m’envoyer un journal, paraissant à Riga, contenant un interview authentique avec le célèbre musicien russe.Je pense qu’il est assez intéressant pour l’insérer dans les pages de notre publication et j’espère bien que les lecteurs de la MUSIQUE apprécieront la traduction del’interview et également les faits que le compositeur russe nous révèle sur la musique sous le régime des Soviets.Le journal commence d’abord avec une description de la condition phy- ique de Glazounow.Il y a certainement un changement dans la physionomie du musicien, car il parait maigri, vieilli, blanchi, suite de la souffrance, du froid et de la famine.(1) “J’ai très peu travaillé parce que pendant de longs mois j’étais incapable de toute activité; après la conclusion de la guerre j’étais tout à fait déprimé; quand la Révolution éclata, mes misères commencèrent à m’accabler, mon inactivité fut due en grande partie au manque d’argent.J’avais surtout la possibilité de travailler chaque année pendant l’été et l’automne, dans ma maison de campagne près de Prétrograd, sur la route de Finlande.Quand la neige faisait son apparition je rejoignais le Conservatoire où j’occupais ma chaire de professeur, (1.) Nous espérons que legrand musicien saura retrouver les forces épuisées depuis 1917 avec la souscription faite en sa faveur par les musiciens d'Amérique et de France, suite à un appel qui surgit de la Russie il y a quelques mois mais voilà trois ans écoulés depuis que je m’absente de là-bas.Sachez que ce conservatoire est devenu aujourd’hui l’asile des enfants pauvres.«Le voyage, malheureusement, est devenu chose impossible, les wagons sont comblés par une foule qui ressemble aux troupeaux d’animaux.Votre vie est en péril à chaque instant.Les vivres manquaient complètement, ceux qui avaient le bonheur d’acheter quoi que ce soit payaient un prix fabuleux pour se le procurer.Malgré les privations je n’ai pas quitté Prétrograd.«Si j’avais un désir pour le travail c’était parce que je voulais prendre contact avec la technique que je possédais Le résultat de mes labeurs consiste dans quatre fugues de styles avec Variations très compliquées.Mon plus longtravail est une fantaisie commencé le 27 décembre 1919 et achevé le 10 octobre 1920 «Ma vie personnelle a été très dure e?cela se voit bien dans mes compositions «En dehors des privations j’ai eu la douleur de perdre une amie trèsdévouée.Madame Scriabine, la femme de mon collègue musicien, qui habitait avec nous et que nous adorions La pauvre femme est morte des suites d’une méningite, dont tant de gens ont péris Quelle terrible maladie ! la fièvre d’abord, le délire après, et à la fin une brusque perte de connaissance.Je me rappellerai toujours la course nocturne au médecin dans lanuit d’une température sibérie î-ne, l’isolement à l’hôpital, une longue agonie où les souffrances atroces alter- LA MUSIQUE raient parfois avec des améliorations malheureusement insignifiantes pour sauver la vie de Mme Scriabine, morte le 27 novembre 1920- «Je reviens encore aux activité musicales.J’ai composé deux préludes pour le piano et un quatuor à cordes.Je n’ai pas négligé le chant.Un soir, quand je me trouvais dans une tristesse profonde, j'ai écris En descendant la Petite Mère Volga, dédié à l’Académie chorale, l’ancienne Capella de la cour.Voici en ce qui concerne mes compositions.«Le moment le plus pénible des dernières quatres années fut la fin de l’hiver 1918 Le froid qui régnait à Prétro-grad fut plus terrible que la faim Toutes les maisons pendant les trois mois d'hiver furent glacées.Je voulais partir pour l'étranger pour échapper l’hiver insupportable, mais la permission me fut refusée.Suite aux démarches continuelles, j’ai réussi à partir sans penser d’abandonner la Russie pour toujours.La nourriture est très rare et très mauvaise.A tout malheur on y trouve la récompense :j avais grossi jusqu’au point d’attrapper l’asthme.Je ne pouvais plus monter un escalier, mais le régime dur m’a servi à quelque chose et je commence à manger normalement tout en craignant de grossir à nouveau.«Que c’était dur de diriger les classes d’Opéra et les classes d’ensemble dans des petites salles sans chauffageet presque mortelles II m’était impossible de conduire les classes avant l’arrivée du dégel.Avec la température glacée les élèves ne se découragaient pas, car ils travaillaient avec un zèle inconnu pour moi II me semble quele travail nous faisait oublier notre vie douloureuse.Ayant souffert du froid,beaucoup de professeur faisant leur cours dans leur apartement.«Un grand nombre d’étudiantsse sont sauvés après la Révolution dans tous les coins du monde.Au début je comptais 200 élèves mais ils diminuèrent pendant les quatres années.J’ajouterais qu’avant de partir pour Riga les élèves commencèrent à faire apparition car plus de 150 sont actuellement, à leur travail.Chose remarquable, mes meilleurs élèves furent de simples ouvriers, mais j’ajoute encore que, malgré leur zèle et l’intelligence, je n’ai pas découvert de sujets exceptionnels.Parmi mes élèves, je comptais des soldats de l’armée Rouge dont beaucoup d’eux possédaient de belles voix avec une culture musicale insuffisante.«Avant la Révolution les cours du Conservatoire étaient payants Bien entendu nous accordions quelques bourses aux plus talentueux.Quand les bolcheviks sont arrivés, les cours sont devenus gratuits et même une indemnité continue à être versée aux élèves, 3200 roubles par mois (une somme assez suffisante pour affranchir une lettre).Il n’y eût pas de comité d’élèves qui intervenaient dans la direction Dans l’année de 1921 d’ailleurs, ils assistèrent aux conseils artistiques ou prirent part aux facultés de théorie, de composition, orchestration, piano et chant.Il était défendu aux comités d’élèves de participer à nos conseils privés.Le gouvernement trouva le moyen de donner des pouvoirs plus étendu certainement dans le but de pénétrer davantage duns notre vie.Pendant quelques temps les élèves délégués payaient aux professeurs leur enseignement, aux élèves leur indemnité.A la fin tout cela était supprimé.Nous n’avons pas eu d anarchie.«C’était difficile pour moi de donner des concerts parceque je ne suis pas pianiste; plutôt accompagneur, j’ai dirigé très peu les concerts où mes compositions occupaient le programme.J’ai eu la rare joie de diriger l’orchestre de la Société LA MUSIQUE 26 philharmonique consistant en des débris de l’orchestre du tzar, du choeur de la cour Impériale et du choeur Arkangel-sky.A cette occasion on a joué deux de mes compositions : Chant du destin et la Huitième symphonie.J’ai dirigé les petits orchestre de plusieurs écoles militaires parce que il me fallait un peu d’argent pour manger.Les musiques militaires jouaient mal, faute de répétitions rendues impossible par le froid terrible.Quand l’été survenait nous reprenions le travail.Pour la première fois le peuple apprécia la musique, c’était le 14 septembre-à l’occasion du sixième centenaire de Dante, quand on joua la Divina Comedia de Listz.Le souvenir d’un concert au cercle Lénine à Prétograd restera gravé à jamais dans ma mémoire.En arrivant dans la salle j'ai compté neuf personnes, mais grâce à un tambour frappé par un gendarme, la salle s’est remplie d’un public curieux mais j’ai dû attendre deux bonnes heures pour commencer le concert.«A ce concert participèrent des vieux des femmes, même des mendiants qui y trouvèrent un abri contre le froid.La salle même était glacée ; au piano, mes doigts raidis ne marchaient pas.Je suis heureux d’avoir quitté pour un moment ma patrie, que j’adore malgré toutes les privations- J’espère revoir Paris et l’Europe, mais je retournerai au printemps au moment où la vie commencera à ressusciter.» Ainsi conclu l’interview deM.Glazou-now.Je me demande si à son retour le gouvernement des Soviets restera indifférent à certaines déclarations du compositeur russe.Nous sommes heureux que le musicien qui était séparé du monde civilisé soit toujours vivant.Les souscriptions faites en sa faveur le soulageront et contribueront peut-être à le faire reprendre saplume à la satisfaction des amateurs de musique et pour l’amour de l’art musical.Joseph de VALDOR./ LA MUSIQUE 27 Musique et Musiciens à Québec Souvenirs d’un amateur - PAR - N.LeVASSEUR Collige fragmenta ne pereant En 1878, dans la troisième semaine de juin, grand concoure de corps de musique à Montréal sous la direction de Calixa Lavallée.Joseph Vézina y prend part avec le corps de musique de Notre-Dame de Beauport, et y remporte le premier prix de sa classe.Dans un essai historique sur la musique, les musiciens et les artistes à Québec, il n est pas inopportun au cours d’une biographie, de faire une digression et raconter aussi exactement que possible un événement musical dans notre monde, surtout quand le sujet de la biographie y a figuré.Voici donc une narration du jubilé musical de 1878 à Montréal.Le Franc Parleur, de Montréal, du 30 avril 1878, annonçait qu’il y avait eu une assemblée du comité d’organisation le vendredi précédent à l'Hôtel Windsor.Etaient présents M.C.Mal larky, vice-président, MM.Leduc, Perrault, Carmel, Dorval, Homier, Daulme, Arsène, Bernard, des journalistes, etc.La date de clôture des inscriptions des corps de musique désirant prendre part au concours, avait été fixée au 20 mars précédent.Il y en avait alors dix-neuf d’inscrits : Ottawa.— Corps de musique des Gardes du gouv rnement général.Corps de musique de la Société Ste-Cécile.Kingston.— Corps de musique de la Batterie A.Hamilton.— Corps de musique de 13e Bataillon.The Hamilton Orange Band of Music.London.- Corps de musique du 7e bataillon Stratford.- The Stratford Town Band.\rnprior The Temperance Association Brass Band.Québec.— Corps de musique de la Batterie B.Corps de musique Indépendant de St-Roch.Corps de musique de N.-D.de Beauport.Waterloo.— The Hubbard’s Brass Band.Longueuil.— Musique Nationale de Longueuil.Montréal.— Musique de la cité.The Victoria Band.La Fanfare Jacques-Cartier.Musique Hardy.Musique Ville-Marie.La Citoyenne de Montréal.Ce qui faisait six corps de musique réguliers, cinq corps de musique indépendants de Ire classe et onze corps de.musique indépendants de 2e classe.Les dates du jubilé furent fixées aux 21, 22 et 24 juin suivant.Les officiers du conseil d’organisation du jubilé étaient l’hon.juge Coursol, président ; M.W.Ogilvie, 1er vice-président; M.C.Mullarky, 2e vice-président ; M.Leduc, trésorier ; M.Daulne, 1er maréchal ; MM.Dorval et Homier, secrétaires ; MM.Perrault et Carmel, membres du comité.On s’occupa d'abord de l’insigne ou cocarde et 1 on décida d’adopter le drapeau Canadien avec la désignation en lettres d'or, au-dessus de l’Union Jack, de la classe, du prix et de l’état civil du corps de musique, régulier ou volontaire.La maison Conn et Dupont, fabricants d’instruments de musique d Elkhart, dans l'Indiana, avait offert comme prix, à titré gracieux, des instruments de musique delà valeur de $350.00 à $400.00.Le comité décida d’offrir deux prix de $200.00 et $300.00 chacun, non 28 LA MLSIQUE seulement aux concurrents canadiens, mais aussi aux américains.Jeudi, le 20 juin au soir, il y eut line séance des maréchaux au Windsor.Dès le début de l’organisation du jubilé, il avait été convenu avec le juge Coursol, Mullarky et Ogilvie, que des maréchaux seraient inscrits pour chaque nationalité, Français, Irlandais, Anglais et Ecossais.Seul M.Ogilvie 11e s’occupa pas, soit par négligence ou maladie, de sa mission, et l’élément anglais resta dans l’ombre.Quand on notifia les anglais, il était trop tard pour leur permettre de se préparer pour l’occasion.Finalement M.Fred Hamilton accepta l’invitation d’agir comme maréchal anglais, et MM.J.P.Kidner, A.A.Boaker et F.J.Hamilton furent inscrits connue membres du comité de réception.Le 21 juin au matin, sur les neuf heures et demie, il y avait foule énorme dans les rues avoisinant le Champ de Mars.Tous les corps de musique prirent régulièrement place du côté nord de Champ de Mars en faisant face au Palais de Justice.Sur les dix heures, les agents de police eurent à se faire un chemin à travers la foule compacte, pour laisser passer les carosses, et les juges firent leur entrée du côté de la rue Saint-Gabriel.Les maréchaux, en tenue civile, rosette à la boutonnière, aidèrent à la police à contenir la foule, mais sans beaucoup de succès.Le 1er corps de musique passé en revue par les juges, fut celui des Gardes de pied du gouverneur général (Lord Duflferin) d'Ottawa.Costume écarlate, voyant, orné d’aigrettes, soutaches lourdes en or.Ils étaient environ 40 musiciens.2°.Le corps de musique de la Batterie A, de Kingston, avec son uniforme bleu foncé et parements rouges.3°.Le corps de musique du 7e bataillon d’infanterie de ligne de London, Ontario, aux tuniques blanches ornées de parements écarlates.4°.La musique de la cité de Montréal, avec son uniforme bleuet écarlate et coiffure solennelle.5°.Le corps de musique du 13e bataillon d’Hamilton, uniforme blanc et bleu, les hommes de taille au-dessus de la moyenne.0°.La musique de la Batterie B, de Québec, uniforme noir, parements rouges.7°.La fanfare Jacques-Cartier, de Montréal, avec un costume très voyant.8°.Ensuite, à droite, la Loyal Orange Band d’Hamilton, uniforme noir et orange ; nombre 22 hommes.9°.La Citoyenne, de Montréal.10°.Le corps de musique (le Notre-Dame de Beauport, costume gris, sans prétention.11°.La musique Hardy, de Montréal.12°.Le corps de musique National de Longueuil.13°.Le corps de musique indépendant de Saint-Roch.14°.Le corps de musique Sainte-Cécile du collège des Oblats, Ottawa, costume noir, parements écarlates.L’inspection faite, les musiciens défilèrent en ordre inverse, conduits par leurs porte-drapeaux, portant deux bannières dest inées à être présentées en prix.Entre les corps de musique marchaient les maréchaux.Le défilé, à partir du Champ de Mars, se fit par la rue Gosford, la/ rue Notre-Dame, puis à l’ouest du côté de la rue McGill, et au retour pai la rue St-Jacques jusqu à la cote St-Lambert.puis par la rue Saint-Laurent jusqu’à la rue Sainte Catheri- LA MUSIQUE 29 ne et de là enfin jusqu’au Windsor.Les musiques se rangèrent dans la rue Peel, en face de l’entrée principale du Windsor.Les juges arrivèrent et l’hon.juge Coursol, président du jubilé, adressa la parole aux musiciens.Il fit allu-! gjon aux célébrités musicales cana-[ diennes du temps, la cantatrice Madame Albani (Emma Lajeunesse), le violoniste Alfred Desève.Puis la musique de la cité de Montréal et i celle des gai des du Gouverneur général jouèrent le God Save the Queen.Le programme du concours s’effectua dans l’ordre suivant : Le 21 juin, après-midi et soirée, les corps du musique indépendants, 2edasse, concoururent.Le 22 juin, dans la matinée et j l’après-midi, fut le tour des corps de musique indépendants de 1ère classe.Et la soirée fut réservée aux corps de musique réguliers ainsi que les | corps indépendants désireux de se mesurer.Les juges du concours étaient Calixa Lavallée, Montréal, Ernest Gagnon, Québec, I).C.Hall, Boston (Mass.), C.J.Conn, Elkhart, (Indiana), Dr.Crozier, Belleville, (Ontario).Concoururent dans la 2e classe : La Loyal Orange Band d’Hamilton, la musique Sainte-Cécile d’Ottawa, la musique de N.-D.de Beau port, la musique indépendante de Saint-Koch, Québec, la musique Hardy et la Citoyenne de Montréal, la musique de Ville-Marie et la musique de Longueuil.La première au programme fut celle d’Hamilton qui exécuta une fantaisie sur Attila de Verdi, morceau choisi par les juges.C’étaient de bons instrumentistes, mais ac-I cusant faiblesse de rhytme.Le deuxième morceau, de leur choix, bit une ouverture de Brooks sur R'P Van Winclelc.L’auditoire était moyen, à raison du prix élevé des cartes.Le soir, avec une entrée à 25 sous, l’assistance fut nombreuse.On reprocha aux auditeurs de montrer de la partialité dans leurs applaudissements à outrance des musiques de Montréal, surtout de la City Band dans une séance ultérieure.Le 22 juin, un programme uniforme de concours fut la règle pour les corps de musique de 1ère classe et les corps de musique réguliers.Chaque corps joua l’ouverture du Maçon d’Auber, une pièce de son choix et une marche à première vue intitulée Old Friends.Le premier à concourir dans l’après-midi fut celui du 7e bataillon de London, 31 musiciens.Reminiscence# of Mozart fut la pièce choisie.Excellente interprétation, surtout les clarinettes.Le morceau à première vue fut moins bien rendu.Suivit la musique des Gardes à pied, chef, A.Clappe, 32 exécutants.L'ouverture fut tolérablement exécutée.Le morceau choisi fut un potpourri de chansons sans j avales de Mendelssohn.La pièce à première vue fut remarquablement exécutée.La musique de Jacques-Cartier, 4(5 musiciens, S.David, chef, obtint un bon succès et comptait un excellent cornet.La musique de la Cité de Montréal, 30 exécutants, Ernest Lavigne, chef, fit très bonne figure.L’ouverture fut bien jouée et le morceau choisi, Maritana de Wallace, remarquablement exécuté.Aussi, bonne lecture du morceau à première vue.Le 13e bataillon d’Hamilton, 45 musiciens.Geo.Robinson, chef, exécutèrent d’une manière remarquable l'ouverture obligatoire et la pièce de leur choix, l’ouverture de Guillaume Tell.Et la lecture à pre- 30 LA MUSIQUE mière vue fut supérieure à toutes les autres jusque-là.A la séance du soir, la Batterie B.remporta un franc succès daus 1 ouverture ainsi que dans la pièce de son choix.La lecture à première vue fut moins bonne.Ou put constater la différence entre les musiques qui sont tous les jours à la besogne.Le corps de musique Victoria, chef, Ernest Lavigne, était le même que la City Band, qui avait concouru dans l’après-midi.Le résultat en fut non moins flatteur.La musique du 7e régiment de London suivit.Ouverture, bien exécutée ; la pièce choisie, selections de Weber, aussi très bien rendue, avec d’excellents effets par les instruments à anches.Le 13e bataillon d’Hamilton remporta des succès comme dans l'après-midi.La Batterie A eut alors son tour ; les cuivres, l’exécution, l'interprétation furent remarquable.A noter aussi la précision d'attaque et l’excellence de la lecture à première vue.Chef, Rockett.La musique du gouverneur général s’en tira avec une bonne moyenne et termina la soirée.Le 24 juin eut lieu le dernier concert, donné par tous les corps de musique réunis, à l’occasion de la présentation des prix.Il y avait une assistance de 8000 personnes.Les prix avaient été adjugés comme suit : Première classe des corps de musique indépendants.1er prix, $600.00 et une bannière, décerné à la musique de la cité de Montréal.2e prix, $400 et une bannière à la musique du 13e bataillon d’Hamilton.Ire mention honorable, corbeille à fruits en argent, au 7e bataillon de London.2e mention honorable, beurrier en argent, à la musique des Gardes à pied du gouverneur général.Corps de musique militaires de ire classe.1er prix, $600.avec bannière, la musique des Carabiniers Victoria Ire mention honorable, aiguière et coupe en argent, le 13e bataillon d Hamilton.2e mention honorable, aiguière en argent, les Gardes à pied du gouverneur général.Corps de musique indépendant de 8e classe.1er prix, $300.avec bannière, la musique de N.D.de Beauport, Joseph Vézina, chef.2e prix, $100.et une bannière, le corps de musique Hardy de Montréal.Pendant l'annonce des prix, l'auditoire fit entendre des murmures, des sifflets de tous les coins de la salle.Le juge Coursol se leva et déclara que les juges avaient été unanimes dans leurs décisions relativement à l’octroi des prix.Cette déclaration fut accueillie par des sifflets et dos huées des trois quarts de la foule.Les musiques du 13e bataillon d’Hamilton, des gardes du gouverneur général du 7e bataillon de London et de la Batterie B de Québec, remirent leurs prix et bannières en présence de l’auditoire, comme protêt contre la décision des juges Les spectateurs se retirèrent alors au milieu de la plus grande confusion.Dans son compte rendu sur le jubilé l’un des juges, le Dr Crozier exposa ses griefs sur la façon dont les prix avaient été décernés.Il prétendit que la musique de la cité de Montréal avait obtenu plus que le nombre maximum des points, LA MUSIQUE 36 et que c’était la première fois qu’on avait entendu un pareil verdict.Les points accordés aux divers corps de musique militaires dans le concours, paraissaient avoir été repartis comme suit ; Batterie B - 568 Batterie A - 569 Gardes à pied du Gouverneur général — 569 _ 13e bataillon d’Hamilton — 575 Carabiniers Victoria — 610 Ces points furent accordés d’après l’échelle suivante fixée par les ju- ges : 1 — Qualité de sonorité.20 points.2—Style.40 “ 3 _ Mouvement.20 ‘ 4 — Attaque, précision, fermeté.20 “ 5 — Lecture à vue.20 “ Total, décisions par juges.120 points — — par 5 juges .600 “ Par conséquent, le nombre maximum de points ne pouvait dépasser 600, comme dans le cas de la musique des Carabiniers Victoria à qui furent accordés 610 points.Ou avait eu croire, dès le concours, que prix était déjà certaines raisons de commencement du l’octroi de certains chose convenue.Ce que voyant, le Dr Crozier décida de rester à l’écart des décisions déjà cuites de jury.On avait protesté contre l’admission de la musique des Carabiniers Victoria au concours, attendu qu’elle y avait déjà pris part le même jour sous le vocable de musique de la cité de Montréal.Le jury s’obstina à vouloir faire voter le Dr Crozier, qui alors laissa la séance en donnant 120 points à chaque corps rendant ainsi son vote absolument nul.Le docteur donnait le premier prix au 7o bataillon de London et le deuxième au 13e bataillon d’Hamil-ton.La musique de la Batterie A étant une fanfare, ne pouvait entrer en compétition avec une musique de cuivres et d'instruments à anches, mais elle était excellente.La musique des Carabiniers Victoria n’avait pas de place dans l'ordre des prix, et ce prix qu elle reçut, dit le Dr Crozier, était un défi porté au sens commun.(à Attitré ) N.LeVASSEUR LA MUSIQUE :i2 IM -IK"— £SL ——~-| MUSIQUE 1VEUEISK M üHH——-¦—IK ¦¦ 3BI—— La musique liturgique et l’enseignement supérieur "> il Union intime entre la liturgie et la musique sacrée Cela n'est que la répétition explicite de ce qui implicitement est prôné dès le premier chapitre mofu proprio avec l’envergure et la puissance qui caractérisent tout ce document : * La musique sacrée est une partie intégrante du culte catholique.» Elle en est aussi inséparable de l'univers tout entier, que la voix de l’homme et son oreille sont inséparables de sa constitution physique et physiologique, que la faculté de faire de la musique et le désir, le besoin d’en jouir sont inséparables de l’âme humaine.Cette inséparabilité a été mise en relief par le Dieu Révélateur Lui-même, sur tout le parcours de la révélation, et avec une insistance particulière à tous les grands tournants de l’histoire sainte.C’est Moyse qui dut la chanter au moment de la libération définitive du peuple élu, la veille même de l'établissement de la théocratie avec son culte majestueux, C’est David qui la chanta en érigeant le Saint Tabernacle au Mont Sion.et en organisant le culte chanté.C’est Salomon qui la fit chanter avec toute la pompe du roi sage.Mais c’est surtout le vrai Moyse et David et Salomon qui fit chanter cette inséparabilité à sa Mère, la Vierge Immaculée, peu aprèsson Incarnation.Il la fit chanter par Zacharie au moment de la nativité de son grand précurseur, il la fit chanter par les Anges du Ciel au moment de sa propre nativité et par Siméon au début de son culte public au Temple de Jérusalem II l’a chantée lui-même durant toute sa vie cachée et publique, il l’a chantée enfin lors de l’inauguration définitive du nouveau et vrai culte Dar son sacrifice non sanglant et sanglant, la Passion et l’Eucharistie.Nécessité d’un enseignement supérieur pour la liturgie et, par suite, pour la musique sacrée Or, ce qui est tellement ancréet enraciné dans la liturgie, ne saurait être compris sans la liturgie.Et ce qui ne peut être compris sans la liturgie, ne (1) Voir La Musicncê N° 37.peut non plus être enseigné en dehors de la litur gie.Mais tout le monde convient que la liturgie réclame absolument l'enseignement supérieur pour ceux qui doivent la- diriger, la conserver pure, en assumer lesfonctions principales et l’enseigner aux fidèles.Pourquoi persiste-t-on à ex.dure de cette nécessité absolue la partie la plus saisissante, la plus ravissante, la partie à l’efficacité la plus surprenante et la plus permanente ?Disons le mot : Pourquoi exclure de l’enseignement supérieur l’explication, l’interprétation et l’exaltation du souffle même du Saint.Esprit sortant du cœur du Christ et de son épouse mystique pour porter au cœur du Père éternel l’hommage de l’adoration divine et universelle due à sa Majesté Souveraine, et rapportant du coeur du Père au cœur du Christ et de son épouse sur terre et suus la terre l’abondance des grâces et des bénédictions.Réponse à une observation Que l’on ne dise pas que le souffle du Saint Esprit réside dans le texte sacré, texte qui est suffisamment expliqué dans les cours de dogme et d’exégèse, que par conséquent, toute explication ultérieure est superflue.Cetteargumentation est tout ce qu’il y a de plus faux.Car: 1 le souffle du Saint Esprit est dans l’ensemble du drame liturgique et non pas seulement dans le texte.2 dans le texte de l’Ecriture Sainte qui est chanté ou récité à l’office liturgique, le souffle du Saint-Esprit est bien plus puissant que dans le même texte pris séparément, en dehors de la liturgie.Et même 33, ce souffle du Saint-Esprit n’y manque pas d’un support d'ordre naturel, support artistique qui échappe absolument aux investigations ordinaires des professeurs de do me et d’exégèse.Ce support naturel de la grâce c’est avant tou1 : 1 — La fécondité esthétique des paroles chantées tout ce monde de sentiments qui se berce dans ces paroles, ce monde de joie ou de tristesse, l’exubérance de la conviction et persuasion qui souligne et met en relief l’importance de chaque vérité ; voilà bien une entité, une vérité nouvelle que le texte à lui seul ne nous révèle point LA MUSIQUE 33 rvst ensuite : nln fécondité musicale de ces memes paroles -nouissant dans l’ensemble des possibilités S.JJression musicale dont est susceptible d’une rf,, beauté des mystères et des vérités énoncés dans ce texte, d’autre part la beauté des .ma.et des sentiments que 1 association des idées L„ère à l’âme qui médite ces mystères.£,est 3» _ L'action Sainte, la cérémonie que épare qu’accompagne ou suit ce texte sacré dans l'ensemble du drame liturgique ; s); j _Cet ensemble, lai-même pris Comme unité dramatique et finalement.5 — Cette unité dramatique dans l'ensemble de a saison de l’annee liturgique qui donne à ce texte une teinte, une nuance esthétique, nettement déterminée.Voilà rien que pour le texte, 7 entites nouvelles qui ne rentrent ni dans le cours ordinaire du dogme, ni dans celui de l'exégèse, qui réclame donc impérieusement une chaire de dogme et d'exégèse particulière, une chaire de théologie mu-«We pouvant transmettre aux futurs prêtres, aux futurs chefs de paroisses, chefs de chœurs et organistes, l’ensemble des entités et des vérités particulières à la musique sacrée.Autres entités théologiques et musicales de la liturgie Et quelle foule d’entités théologiques et musi-ca'es n’offre pas le reste Je la liturgie, cette va - riété de cérémonies, cette multitude et cette va riété d’actions et d’objets symboliques représentant le commerce intime entre le ciel et la terre et tendant incessamment à l’union vitale entre Dieu et le monde.Les leçons ordinaires de liturgie ne suffisent point pour mettre au clair tous ces détails Il en est de même pour l’enseignement de la morale et du droit canonique.Impossible de se borner aux principe généraux pour taxer la valeur, la force et l’efficacité morales inhérentes à la musique liturgique et pour en déduire toutes les responsabilités qu'elles entraînent pour les liturgistes.Impossible d’évaluer toute son importance au point de vue ascétique et Dédagogique sans la connaissance parfaite de la physiologie et de la psychologie musicale.Inutile d’en relever le côté apologétique.Quel vaste terrain donc à cultiver et à parcourir avant même d’arriver à la partie centrale de la musique liturgique : l’aptitude des différentes formes musicales à la mise en relief du contenu esthétique et artistique de notre culte , cette aptitude étudiée d’abord dans la norme vivante de toute musique liturgique, le chant grégorien, étudiée après dans les différents styles que le développement des formes musicales a présentés à notre culte dans le courant des siècles.(fit suivre) F.-X.Mathias.LE CONCERT BOTREL (SaUe du Manette Militaire, *11 janvier) Ce n’est pas sans émotion que nous avons revu le barde breton, notre cousin de France comme il se plait à se nommer lui-même.Depuis que les journaux nous avaient annoncé sa venue nous avions sur les lèvres ses refrains que nos mères nous ont appris et que nous avions hâte d’entendre de la bouche inême de l'auteur.Nous n’avons pas été désappointés.Malgré le froid et le manque de confort ch* cet te salle trop vaste, le chanteur n'eut pas de peine à conquérir son auditoire, en nous parlant de son pays, qui est un peu 1«* nôtre, et de notre «2èmc.Nous aurions préféré,cependant-, l’entendre dans une salle comme l'Auditorium ou la Salle Colomb.Il débuta par ses vieilles chansons : La Paimpolaise.le Fil cassé le Petit Grégoire, etc.Puis vinrent les chants de bataille : Rosalie, Jean-Baptiste le Canadien, les G qs d’or, le Défilé de la Victoire, et ensuite les chansons du retour : Reprends ta Mouse et res sabots, la Üorentine, les Frères d’armes, etc.M.Bot.rel était accompagné du chanteur montmartrois Lucien de Gerlor, qui nous donna comme intermède «les chansons humoristiques des compositeurs Dominique Bonnaud, Vincent Hyspa.etc.Nous souhaitons a Botrel le succès le plus complet dans sa tournée à travers le continent.G.DUCHAMP. 34 LA MUSIQUE La Vie musicale à Paris ES obsèques de Camille Saint-Saëns ont été célébrés en l’église de la Madeleine, où le défunt musicien fonctionna pendant vingt ans comme organiste.La So:iété des concerts du Conservatoire, sous la direction de M.Philippe Gaubert, a exécuté le Requiem, le Pie Jesu, VAdagio de la Symphonie en ut mineur, Libera me et la Marche Héroïque.L’inhumation a eu lieu au cimetière Montparnasse, où des discours ont été prononcés par MM.Joubert, Robert le Fiers.Edmond Harau-court, Injalbert, Alfred Bruneau et Léon Bernard, le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.* * * Parmi les instruments de musique figurant dans la succession du chef d'orchestre bien connu Lamoureux, mort en 1919, se trouve un Stradivarius portant la date de 1735.Un amateur en a offert aux héritiers, Mme Lamoureux et Mme Chevillard, 100 000 francs.La succession n étant pas liquidée, afin de prévenir toute difficulté, le précieux instrument sera mis aux enchères, en vertu d’une autorisation du tribunal.* * * Je considère la reprise de Hêrodiade à l’Opéra, un évènement musical.Pourquoi cette oeuvre délicieuse de Massenet, représentée presque sur toutes les scènes lyriques, fut négligée par les directeurs de la Salle Garnier est une énigme pour moi.Hêrodiade procure d’abord aux interprètes de déployer non seulement leur voix, mais aussi leur jeu, s’ils le possèdent.Monsi»ur Rouché afficha l’œuvre de Massenet et le résultat fut une belle recette de 65,000 francs pour la première représentation (le 22 décembre).Il est vrai qu’elle fut donnée au profit du monument du grand maître.Une vraie représentation de gala ; elle fut .honorée par la présence de M, et Mme Millerand et les personnalités marquantes de la société parisienne.Il y avait un enthousiasme justifié par les belles interprétations de Mlle Fanny Heldy (Salomé), Mme Lyse Charny (Hêrodiade) MM.Franz (Jean), Rouart (Hérode) et Journet (Phanuel) M.Philippe Gaubert dirigea avec beaucoup d’élan.Le glorieux auteur de «Louise,» M.Gustave Charpentier, dirigea L’Hyménée et L’Esclar-monde.Le génial compositeur reçut des ovations prolongées.M.Florent Schmitt, le bien connu compos, teur, vient d’être nommé directeur du Conserva" toire de Lyon.Suite à cette nomination, |e je J" musicien dut abandonner sa tournée dans I-Etats-Unis.M.Cheveau est engagé régisseur général à l’Opéra.* * * La vie a augmenté, c’est pourquoi les artistes reçoivent depuis 1912 des doubles rétributions S’il est vrai que la profession a bénéficiée d’une augmentation pécunière il est aussi vrai que le dilettante vivait mieux dans les années passées qu’aujourd’hui, car tout est hors de prix dans la Capitale.Va-t’on augmenter le budget de l’Opéra.Est-ce que les sénateurs vont aprécier les efforts de M.Rouché, qui se fait toujours un devoir de soutenir notre école musicale lyrique ?Attendons.Pour le moment, nous nous con tenterons d’ajouter que les frais pour monter nos oeuvres augmentent aux cieux.Antnr coûta plus de 150,000 francs, Les Troyens, 250 000 francs, et Daphnie et Chloé, 100 000 francs Vous voyez donc que les charges pèsent sur la Salle Gai nier.En 1912, le directeur de l’Opéra payait à ses artistes la somme de 650.000 francs, aujourd’hui on paye 1.500.0.0 francs Les musiciens de l’Opéra recevaient 230.000 francs, aujoi rd’hui ils en reçoivent 1 500.000, une augmentation assez sensible.Notez que le musicien de l’orchestre est mieux rétribué que l’artiste.* * * L’Opéra-Comique a fait une recette de 8 000 000 francs pendant l’année de 1921.Ces chiffres sont éloquents.# * * On lête en ce moment i ¦ tricentenaire de Molière, dans tous les théâtres de Paris.C’est l’événement le plus important du mois de janvier.* * » Parmi les concerts récents notons ceux de Edouard Risler.pianiste (rétabli de sa récente maladie), La Cantoria, assoc:ation des concerts artistiques, Francis Coye, pianiste, concert Ga-leotti-Poulet et le concert de l’Heure musicale.Je ne veux pas vous lasser avec des statistiques, mais comme elles paraissent une fois par an, je tiens à ajouter les recettes d’une seule soirée, celle du réveillon, Paris s’amuse de toute 35 LA MUSIQUE façon chacun à son goût.Donc l’Opéra toucha uns '|a sirée du 24 décembre 64,000 francs, La Gaieté Lyrique, 30.000, mais ne parlons pas des recettes avalées par les Music halls, Variétés, >tc Elles dépassent de beaucoup celles des théâtres prétentieux.* * * Qui remplira le fauteuil du regretté Saint-Saëns à l’Académie des Beaux-Arts ?Les vents favorisent MM.Messager, Vidal, Pierné, Maréchal D’autre part, quelqu’un proposera M.D’In-d\, malgré l’opinion averse du décédé pour le le distingué musicien.* # * M.Henri P.abaud, qu’une opération d’apendi.cite empêcha de remplir ses fonctions du Con.servatoire, sera de retour bientôt à son poste * « * Lesd rniers souhaits du maître Saint-Saëns désigne comme légataire universelle sa nièce, comme exécuteur testamentaire son dévoué secrétaire, M Jean Bonnerot.Je vous ai signalé souvent la situation pénible de;artistes, au point de vue pécuniaire.Saint-Saëns, malgré sa réputation universelle, et la popularité de Samson et üalila, mourût sans laisser une fortune importante.Il est vrai que le produit de ses oeuvres lui permettait de vivre comfortablement, mais bien souvent il fut obligé, à son âge avancé, de paraitre dans les concerts afin de pouvoir briser les obstacles de la vie chère.Jusqu’au dernier jour de sa vie le grand maître travailla constamment, tandrs que les ignorants amassaient des fortunes non méritées.La vie du musicien n'est pas enviable.Il contribue à la joie générale tandis que lui-méme ne reçoit pas la récompense de son génie.L’activité de Saint-Saëns fut proverbiale et prodigieuse Suite à une demande de la danseuse Russe, Mme Napierkowska, le grand maître s’est mis à orchestrer, dans les derniers jours de sa vie, une valse nonchalante que la danseuse de propose de donner prochainement.* * * Je ne vois pas aucun danger en avouant mes faiblesses, — qui ne les possèdent pas ?J'ai une admiration pour Wagner surtout pour les passages ou le maître de Bayreuth cesse de faire du bruit, mais pour Mozart j’ai une adoration.Elle est toujours jeune, fraîche, la musique du grand Viennois Je ne pense pas que l’amateur musical aurait à se plaindre de monotonie ou d'ennui.Toutes les partitions mozartiennes constituent des pages gaies, vivaces, inspirées.De l’Opéra, où on joua VEnlèvement au Sèr de Angelise dirige cette intéressante publication où figurent déjà u' e excellente hi-toire de l’évolution du drame musical de S.-A Luciani ; un “Luigi Manci-nelli” par Giacomo Orofice ; “L’Anima musicale d’Italia’’ par Giulio Fara ; “Angelo Mariani” par Tancredi Mantovani : deux ouvrages deCi-no Monaldi et un “Gaetano Coronaro'1 par Elisa betta Oddona.— La prochaine œuvre du maestro Fielro Mascagni aura pour titre Veslilia.Le livret tn est écrit par les poèt;s Giovanni Targiotti ïoz-zelli et Guido Menasci, les auteurs d ¦ Candltrin liusticana, des Hantzau et du Silrano Ils ont cette fois emprunté leur sujet à un épisodede la Rome impériale et païenne.Suisse — La Suis e vient de perdre un de ses musiciens les plus completsen la personne de Hans Hubert, décédé à l’âge de soixante dix an* Esprit cultivé.H.Hubert .s’était adonné à la musique et laisse plusieurs compositions qui témoigne d’un talent vigoureux et d’une solide technique. LA MUSIQUE 37 AUX ETATS - UNIS 8= New York __ Le Metropolitan verra encore un “Caruso Memorial Concert" dimanche prochain.Y prendront part : Lucrezia Bori, Geraldine Farrar.Amelita Galli Curci, Jeanne Gordon.Margeret Matzanauer.Rosa Ponselle, Mario Chamlee, Giuseppe Danise, Giuseppe De Luca.Adamo Didur, Beniamino Gigli.Orville Harrold, José Mardones, Giovanni Martinelli et Léon Rothier.— Le jury qui doit juger le concours entre les “Glee Clubs" des Universités américaines vient d'être formé, Il se compose de MM.Walter Damrosch, chef de la New York Symphony, Henri Hadley, compositeur.et George Chawick.directeur du New- England Conservatory of Music.On sait que ce concours aura lieu le 4 mars.Jusqu'ici les chorales inscrites sont celles des Universités d’Amherst, Columbia, Dartmouth.Harvard, New York, Ptnn State, Princeton, Pennsylvanie, Wesleyan et Yale.— Percy Grainger a donné un récital de piano àl’Aeolian Hall le II février — Le même jour, Joseph Hoffmann, le fameux pianiste russe, se faisait entendre au Carnegie Hall.r- Le Metropolitan a monté pour la première fois Snegourothka, l’opéra dt Rimsky Korsakoff.L’œuvre a été chantée par Mme» Lucrezia Bori.Telva, Delaunois, MM.Harrold.Rothier, Laurenti.d’Angelo.M.Bodanzky dirigeait.Les décors, fort beaux, ont été peints par un artiste russe, Boris Anisfeld.D but à New Yorkd’un nouveau violoniste russe, Mishel Piastro, dont le programme était uniquement composé d’œuvres de Wieniawski.—Alexandre Siloti, le distingué pianiste russe a joué en soliste avec le New York Symphony — Albert Coates, le chef anglais venu diriger une série de concerts symphoniques, retournera en Angleterre au commencement de mars.— Une association newyorkaise, la People Music Lea ;ue, a donné un concert entièrement composé d’œuvres de Jan Sibelius.Trois grands orchestres symphoniques américains se fusionnent pour donner un grand concert de gala en la Salle Carnegie le 27 février pour fêter le cinquantenaire de l’arrivée au pays de Walter Damrosch.Le New-York Symphony, le Philadelphia Orchestra et le New-York Philharmonie forment un ensemble de près de 250 musiciens que dirigeront à tour de rô'e Bodanzky, Coates, Mengelberg, Stokowsky et J.Stransky.— Le concours pour le “Prix Coolidge” accordé pour la meilleure œuvre de musique de chambre sera clos le 15 avril.Le jury qui doit déterminer l’œuvre primée se compose de MM.Ch.Lœffler, Palbo Casais, H.Letz, L.Gilman et H.Eicheim — Le violoniste Jan Hambourg, qui est le frère du célèbre pianiste, se prépare à faire une tournée européenne.La troupe d'Opéra de Chicago à New-York La troupe d’opéra de Chicago poursuit toujours sa saison à New York.Elle a donné ces dernières semaines : Louis- avec Mary Garden, Maria Claescens, MM.Lappas et Blakanofï.Gabriel Grovlez était au pupitre.Tannhanf.tr avec Mmes Raisa, Gordon, MM.Schubert.Wolf, Ritch.Dua.L'amour pour tes Trois oranges, l’opéra de Prokofieff.interprété par Mmes Koshetz.Pawloska Falco, MM.Mojica, Oliviero,Nicolay, A’é/o/fi/o avec Mme Edith Mason, Pavloska, MM.Pattiera, Lazzari, Blakanofï.Üniomé, l’œuvre de Richard Strauss, jouée par Mary Gardenet MM.Dufranne.Martin.Defrère, Cotreuil Le* joyaux (le la Madone, l'opera de Wolff Ferrari.avec Rosa Raisa et MM.Lamont,Rimini, Oliviero.Let coules d’Hofmann avec Mmes Ivogun, Mason, MM Ed.Johnson.Schwartz.La Bohème avec Edith Mason,et MM.Rimini, Lazzari.Trevisan.Oiiviera Thaïs avec Mary Garden dans le rôle-titre.MM.Martin, Dufranne, Nicolay.La saison de New-York doit se clore le 25 de ce mois.La troupe partira ensuite en tournée dans les Etats. LA MUSIQUE 38 ÉCHOS ET Le testament de Christine Nilsson On vient de dépouiller à Londres le testament de la Comtesse Casa de Miranda, mieux connue sous le nom de Christine Nilsson.La fameuse cantatrice a légué près de 120,000 livres en Angleterre.La valeur de sa succession en Suède, que l'on dit considérable, n’est pas encore connue.La presse suédoise, cependant, affirme que la somme de $15,000,000 à laquelle fut évaluée sa fortune par des journaux étrangers est beaucoup trop exagérée.La cantatrice se fit remarquer par sa générosité et le total de ses cadeaux pourrait former une grosse fortune.La comtesse a légué 3.000 livres à l’Académie Royale de Stockolm et 2,000 livres au Conservatoire de Musique de Paris, sommes qui constitueront des bourses.Le testament lègue différentes sommes formant un total de 17,000 livres à plusieurs amis.Le reste de ses biens revient à sa bru, la comtesse Rose Casa de Miranda.Ses objets d’art .peintures, etc., sont légués à quatre musées suédois.Le délai apporté à l’ouverture du testament de la cantatrice aurait été occasionné par le fait que Christine Nilsson était sujette frança'se.Muratore subit une opération Lucien Muratore, premier ténor de la troupe d Opéra de Chicago, a subi une opération pour appendicite aiguë à l’hôpital Audubon le 30 janvier Il fut transporté de l’hôtel Ritz Carlton à midi et mis sur la table d’opération un peu avant une heure.L opération a très bien réussi et le chanteur est en bonne voie de rétablissement.On doute tort cependant qu'il puisse reprendre son poste avant la fin de l’hiver dans la troupe de Chicago.Informations — La tournée canadienne de la célèbre musique des Scots Guards commencera à Québec où sera donné son premier concert le 2 mai.M.P.A.Asselin, le ténor montréalais, a chanté pour les Chevaliers de Colomb en leur salle de la Grande Allée,Mlle Yvette Lamontagne violoncelliste, et Madame Genest.flûtiste, étaient également au programme, NOUVELLES — Germaine Malépart, la pianiste canadien ne, qui remporta le prix d’Europe et poursuit actuellement ses études à Paris, a donné ,1 récital à la Salle Gaveau.— La soirée des poètes organisée par M.Joseph Dumais a permis à nos musiciens de faire entendre quelques unes de leurs mélodies Figuraient au programme des œuvres de MAI Xavier Mercier, Arthur Bernier, O.Létourneau L.Roy et Alfred Richard.— Mlle Lucille Dompierre, la brillante pianiste québécoise, jouera à la salle de l’Académie Jacques-Cartier les 22 et 23 de ce mois.— Joseph Bonnet donnera un récital d’orgue en l’église Saint Jean Baptiste, le 22 de ce mois" Le R.P.Lefebvre victime d’un accident Nos lecteurs apprendront avec peine que notre dévoué collaborateur a eu le malheur de se fracturer la jambe en tombant sur un trottoir glacé.Nous formons des vœux pour le prompt rétablissement du distingué religieux.A Montréal — Une nouvelle association de musique de chambre vient de se former.Elle réunit Mlles Jeanne Labrecque, violoniste, Yvette Lamontagne, violoncelliste, et Madame A.Morin-Labrecque, pianiste.— Le Quatuor Dubois, qui en est à sa douzième saison, donnera ses concerts à la salle Windsor aux dates suivantes : 13 et 28 février, 13 et 27 mars, 10 et 24 avril : Ce quatuor se compose maintenant de MM.A.Bradi, premier violon, L.Sicotte, second violon, J.Mastrocola alto, J.-B.Dubois, violoncelle.— Le Quatuor Chamberland, de son côté, donne toujours régulièrement ses séances.— Léopol Morin est de retour.Il donnera son premier concert le 3 mars.— ¦'Véronique” l’œuvre charmante de Messager, sera donnée par un groupe d’amateurs le 27 avril.C’est M.Albert Roberval qui en a assumé la direction.— La musique desGrenadiers termine, diman-manche après-midi, sa troisième saison de concerts.La musique des Grenadiers, par l’autorité de son chef, M.J J.Gagnier, nar l’excellence de ses programmes et le choix judicieux, de ses solistes, s’est acquis à juste titre une réputation des plus enviables. LA MUSIQUE 9 _ La Chorale Brassard, qui donna l’an dernier avec tant d'éclat les Béatitudes de Franck, prépare Résurrection, oratorio de Georges Hue._ M.Fréd.Pelletier monte en ce moment Samson et Dalila.le chef-d oeuvre de Saint-Saëns, pour le donner en concert.— M Jean Goulet, avec les élèves de son cours de solfège, prépare pour le mardi de Pâques Notre-Dame de Lourdes d’Alexandre Goerges.— Ün annonce la formation d’un nouveau quatuor vocal.Il se compose de Mme Blanche Gonthier, Mlle M - A.Asselin, MM.Emile Gour et Germain Lefebvre.— Rachmaninoff jouera à Montréal au commencement de mars.— Le harpiste Salvi reviendra en avril pour un nouveau concert.Au “ Musical " Le "Ladies’ Musical Club a repris la série de ses séances, — interrompues par les fêtes du premier de l’an, — le 18 janvier.Concert des plus intéressant avec Mlle Mariette Gauthier, la très jeune et talentueuse pianiste de Montréal.Elle fit entendre la sonate op.81 de Bee- thoven et des pièces de Rameau, Scarlatti, Schlozer, puis joua une de ses compositions : Randonnée, d’une belle venue.Son succès fut très vif.M.Merlin Davies, baryton à la voix adroitement conduite, chanta le Prologue d“ Pagliacci, Bois épais, de Lully, l’Heure exquise de R Hahn et plusieurs compositions anglaises, lesquelles conviennent mieux à son tempérament.C’est Mrs.Thorn qui accompagnait le chanteur.* * * Au concert du 8 février nous eûmes l’avantage d’entendre M.Joseph Saucier, l’excellent baryton montréalais.Son programme comportait Aimons-nous (Saint-Saëns), Beau soir (Debussy), An tossignol (Gedalge), Heureux ceux qui sont morts de J.de la Presle, La procession de Franck et trois mélodies anglaises.Madame Saucier était au piano Madame H.Delaney fit valoir un organe superbe dans Triste est /e .Steppe de Gretchaninow» Sylvia de Speaks et une pièce de Bizet.Au piano, Mrs.Prower.La partie instrumentale était remplie par Mlle Berthe O’Sullivan, qui joua fort bien le Nocture op.27 de Chopin, la Sonate en sot mineur de Schumann et Clair de Lune de Debussy.* * * Au prochain concert, le "Ladies’ Musical Club’’ nous convie d'entendre William Glean, garçon soprane de la AU Angels Church de New-York.On en dit beaucoup de bien.LOUIS GRAVEÜRE (Auditorium, 5février) Le baryton Louis Graveure a remporté un grand succès il son concert du 5 février.L’Auditorium était rempli comme aux beaux jours et les applaudissements n’ont pas été ménagés au chanteur.M.Graveure, qui est un des barytons de concert les plus cemarquab'es, excelle dans In demi-teinte.11 en usa peut-être un peu trop cependant au cours de la soirée et quelquefois à tort.M.Graveure, qui n’a de belgequeson pseudonyme puisque son véritable nom est Wilfrid Douthitt, n’est visiblement pas à son aise lorsqu’il chante en français.Malgré que sa diction soit assez satisfaisante, il est évident qu’il ne saisi pas tout le sens des paroles françaises qu’il prononce.A preuve son interprétation de Vision fugitive, de 1.1 ir du Toréador et de VElégie de Massenet qu’il termine par un pianissimo.Par contre, il chante les pièces anglaises à la perfection, .le dirais même que je n’ai jamais entendu chanter aussi bien en anglais, .l’ai goûté tout spécialement le Largo de Xerxes d- Handel,Nocturne de Frank et II neige, de Bemberg.En somme, concert très intéressant; quand ça ne serait que par la leçon de pose de voix qu’il nous donne.G DUCHAMP. 40 LA MUSIQUE VARIÉTÉS Saint-Saëns Une absurde légende prétend que la famille Saint-Saëns s’était indûment approprié ee nom qu elle aurait emprunté à une petite localité des environs de Dieppe.Cela est faux.Entre mes mains, à diverses reprises, j ai tenu le bulletin de naissance du maître.Ce document olüciel atteste que Charles-Camille Saint-Saëns naquit le 9 octobre 1835, à Pa ris, au No 3 de la rue du Jardinet,de Jean-Joseph-Victor Saint-Saëns sous-chef de bureau au ministère de l'intérieur, et de Clémence Co.lin, jeune fille élevée à Vassy, en Champagne, par une tante et un oncle sans enfants, M.et Mme Masson, qui l’avaient adoptée et fait venir près d’eux, à Paris.Le petit Camille ne connut ni son oncle ni son père Le premier mourut quelques mois avant sa naissance, le second quelques jours après.Le bambin fut donc élevé paisa mère et sa tante.La grand’tante Masson — familièrement appelée “bonne maman” par le marmot — discerna vite les merveilleuses aptitudes mu sicales de son neveu.Elle lui appris ses notes et lui donna sa première leçon de piano.Au bout d’un mois de travail l’enfant connaissait par cœur la méthode Le Carpentier ; il se pei fectionna avec Stamaty qui, à son tour, le confia à Madelen.pour les études de fugue et de contrepoint.En octobre 1848, il entre au Conservatoire dans la classe de Benoit et dans celle de composition de Halévy.A la fin de l’annéescolaiie de 1852, Saint-Saëns se présente au Concours de Rome.On lui préfère Léon Cohen, un fort en thème, que deux piécettes — “Jeanne”, représentée aux Bouffes-Parisiens, et “Bettina” aux Fantaisies-Parisiennes — ne parvinrent pas à doter d’une célébrité même obscure.Pour dédommager Saint-Saëns de son échec, on le nomme organiste à Saint-Mercy.Jusqu’en 1858, il occupe ce poste.Le curé de la Madeleine, l’abbé Deguerry - que la Commune fusillera en 1971, à là Roquette- lui offre alors la place de titulaire du «,.anc| orgue de sa paroisse devenu vacante par |a démision de Lefébure Wély.Deux ans .¦ passent.Niedermeyei meurt .Saint-Saëns accepte de le remplacer comme professeur de composition à l’Ecole fondée par lui.ges nouvelles fondions le passionnent L'excellence de son enseignement prend une telle notoriété, ses élèves se signalent par des ¦succès si marquants, qu’en 1864 il pense être capable, à smi tour, de remporter, lui aussi, le prix de Rome.Après douze années d’abstention, il se risque donc une seconde fois.La for tune ne lui sourit pas mieux qu’en 1852.Le jury fixe son choix sur le docte Victor Sieg, mort en 1890, inspecteur du chant dans les écoles de musique de Paise, après avoir assez longtemps tenu la tribune de N.- D.de Clignancourt.C’est à la suite de ce verdict qu’Hector Berlioz, parlant du candidat évincé,lança sa terrible, boutade ; Il sait tout mais il manque d’inexpérience !” Sa renommée de.virtuose l’appelant sans cesse à l’étranger, Saint-Saëns résigne alors ses fonctions d’organiste à la Madeleine, en 1877 M.Théodore Dubois lui succède.Alors commence à travers l’Europe une randonnée triomphale dont ne souffrent aucunement ses travaux de compositeur.Cette existence fébrile paraît, au «n-traire, stimuler son inspiration.A chacun de ses retours à Paris il apporte une œuvre inédite, symphonique ou théâtrale.Entre temps, la littérature et l'astronomie l'accaparent.Avec frénésie, i] se consacre à cet art et à cette science.L’imagination en éveil continuel, il écrivit, jusqu’en 1913, 302 œuvres musicales et 13 littéraires.Ce bagage considérable ne peut s’analyser en quelques ligues.Dans un fascicule détaillé, M.J ean Montargis les étudie une à une et donne la double nomenclature de leur date d’exécution et d’édition.Antoine Banüs AVIS Ceux de nos abonnés qui ne sont pas en règle avec P Administration voudront bien se rappeler que l’abonnement à LA MUSIQUE est payable d’avance et sont priés de nous en fciire parvenir le montant sans retard afin que leur service ne souffre pas d’interruption.« LA PIUSI UK ” ne rendra, compte que des concerts pour lesquels elle reçoit le service de presse.L'Harmonie de Québec (35 musiciens) Accepte engagements pour concerts, réceptions, parades, etc.S’adresser au Directeur, J.-Robert Talbot, 81, rue d’Artigny.Inc.Tél.1834 OSCAR HAMKL Rod.-E.MacKAY ETUDE DE HAMEL «fc MACKAY NOTAIRES Représentants de Versailles, Vidrioaiue.Boulais, Ltke, pour la vente des Obligations municipales.Bureaux : 80, rue St-Pierre, Québec.— Téléphone 4455 — Echange privé.PAUL DROUIN, c.r.AVOCAT Edifice Quebec Railway Tel.466 ADRIEN FALARDEAU AVOCAT Edifice Quebec Railway Tél.2307 L’imprimerie Modèle Programmes de Concerts Pancartes, etc.Impressions en tous genres Demandez nos prix.Travail rapide et soigné 2D, Cote de la Montagne Téléphone 6349 COURS ET LEÇONS INSTITUT DE L’ART XAVIER MERCIER de l’Opéra-Comique de Paris et du Covent Garden de Londres.13, RUE STE-URSULE - Tél 4341 VOCAL DE QUÉBEC Mme ISA JEYNEVALD 1er prix d9 Chant et d’Opéra du Conservatoire [fôr~ioir—r3||cnoE=5V|fc3==ipi jl|cnoi=D|fôll(-toi :.::>11c=3oe=5]|ôi L/lMPKIM kRIk Moi»EIJî.‘2U.< « »i «¦ « 1 • • I.• Mont atrrnî.
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