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Titre :
Revue du Québec industriel /
Publiée par la compagnie Northern Electric de 1936 à 1941, la Revue du Québec industriel accorde une place centrale à la question de la production électrique et traite du développement industriel et commercial québécois sans pour autant négliger l'aspect historique du sujet.
Éditeur :
  • Montréal ; Québec :la Compagnie,1936-1940
Contenu spécifique :
Juin - Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Revue du Québec
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Revue du Québec industriel /, 1936, Collections de BAnQ.

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Revue du Montréal lère partie Québec Industriel Juin-Juillet 1936 ’SP**4***—- «8F ïî.-aai ¦mtarn^.snBsmi'f**1 La ville de Montréal, telle qu’elle apparaissait du sommet du Mont-Royal vers 1852 Reproduction autorisée Par te musee McCord de l L ntverstte McGill, à Montreal.•Publiée par la Compagnie NorthQCtl EtQCtfic Limitée Montréal et Québec 9 JUIN-JUILLET, 1936 Gracieuseté du Pacifique Canadien Cette photographie du Montréal actuel fait voir à peu près la même partie de la ville que celle représentée sur la couverture.La comparaison ne manque pas d'être très intéressante., «J"-'' •A'j- - r ïJPBÉ: MÉ rasL : 1 ¦ ¦ 3Str " -C V'Nil Avant-propos ¦ Le domaine industriel n’est nulle part ailleurs, en cette province, plus vaste et plus complexe qu’à Montréal, ville qui fait le sujet de cette livraison de La Revue.Il serait ridicule de prétendre résumer en un seul numéro de cette publication une étude, même superficielle, du Montréal industriel.A vrai dire, il faudrait toute une série de numéros pour présenter un exposé quelque peu détaillé des industries montréalaises.C’est pourquoi nous avons décidé de partager en trois parties ce travail, auquel nous affecterons autant de numéros.Dans cette première partie, nous parlons de l’industrie du tabac, des brasseries, de l’industrie de la chaussure et des cuirs, de l’imprimerie et de la reliure.Ces diverses branches de l’activité industrielle, bien que sans relations apparentes, ont toutefois ceci de commun que leurs marchés à toutes sont presque exclusivement domestiques.Nous traiterons plus tard des industries d’exportation, c’est-à-dire de celles qui se rattachent au développement du port de Montréal, ainsi que de celles qui forment le groupe important des textiles et des produits textiles.C’est à dessein que nous omettons de parler de la Northern Electric dans ces études sur les industries de Montréal.Cependant, nous croyons que les brefs aperçus que nous donnons, à la fin de chaque livraison de La Revue, de l’histoire et des progrès de notre compagnie, permettront à nos lecteurs de mieux comprendre et apprécier le rôle important que joue chez nous cette grande entreprise de Montréal, dont la croissance marche d?pair avec celle du pays qu’elle sert.S, y ft J**'' ' Président Droits réservés, 1936 REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL 3 Le Montréal Industriel Tabac, chaussures, brasseries, imprimeries se placent au premier rang.Far Yvon-K.Tassé, I.C.g II n’est peut-être pas d’autre ville en Amérique qui puisse être comparée à Montréal pour la diversité de ses industries.On y trouve, il est vrai, plus de deux mille deux cents manufactures, mais elles représentent au moins cent industries différentes; on y trouve des groupes dominants, tel celui du tabac, mais sa production à Montréal, quoique 73% de celle de tout le Dominion, ne constitue pas même un dixième de la production de toutes les manufactures de la cité; on y trouve d’autres groupes importants, mais malgré un choix minutieux pour n’inclure que les plus considérables, il faut en compter sept, totalisant plus de cent établissements, avant que leur production atteigne un tiers de celle de la cité.C’est dire quel champ d’activité il nous faudra couvrir pour donner, des industries de Montréal, un aperçu qui soit un tant soit peu représentatif.Deux mille manufactures ! il nous sera impossible de toutes les mentionner.Cent différentes industries! Nous ne pourrons jamais donner à chacune d’elles une place, si petite soit-elle, et il nous faudra, en plus de diviser notre étude entre plusieurs numéros, négliger plusieurs groupes qui mériteraient la première place dans toute autre ville que Montréal.Afin d’éviter tout soupçon de parti pris, disons tout de suite que nous laissons délibérément de côté cette fois plusieurs groupes importants, pour n’en considérer que quelques-uns.Nous avons choisi des industries se ressemblant fort peu, si ce n’est par le fait qu’elles produisent presque exclusivement pour la consommation domestique, laissant à un prochain numéro les industries dont l’emplacement et l’activité sont en grande partie dus au port, et pour un autre toutes celles qui se rapportent à la branche des textiles, filature, mercerie, confection, etc.Montréal possède les bureaux chefs de six banques canadiennes; Montréal est le centre des deux plus grands réseaux ferroviaires du monde pour la longueur de leurs voies; Montréal compte plus d’un million de population, dont près des trois quarts sont d’origine française, et son influence immédiate s’étend à plus de deux millions de personnes; Montréal manutentionne le tiers du commerce de tout le Canada.Voilà pourquoi il est permis de dire que Montréal est la plus grande ville française après Paris, et qu’elle est la cinquième en importance sur cette terre d’Amérique.Etudiée en comparaison avec les autres villes de la province de Québec, Montréal les dépasse aisément sous maints aspects.Cependant, ce n’est pas la ville la plus industrialisée de la province; loin de là, puisqu’elle n’a qu’un citoyen sur dix employé dans une manufacture, alors que d’autres en comptent jusqu’à un sur deux.Cela ne l’empêche pas de tenir la tête de la production dans la plupart des industries.| Au premier rang vient celle du tabac.Source de bien des disputes au cours des siècles, source même d’excommunications, à ce qu’on rapporte, la cigarette et son frère, le cigare, sont actuellement la plus belle source individuelle de revenus pour notre gouvernement.En 1934, un dixième des taxes et impôts versés au fédéral l’a été par l’industrie du tabac.De l’énorme quantité de cigares, cigarettes, tabac, que consomme le Canadien, depuis l’Atlantique jusqu’au Photo Canadian A irways Cette vue de Montréal, prise d’un avion, montre une partie industrielle de la métropole.On voit au premier plan, à gauche, le gigantesque établissement de l'Imperial Tobacco.Au fond, on distingue plusieurs grands immeubles publics.: = =scr = r»i ; -—-SCfoSfitT.?—— •¦ft- ¦ JM[ il 4 JUIN-JUILLET, 1936 —r'TT ¦ “r^2- A •?* Une batterie de machines à étiqueter dans l’un des départements de la National Breweries Limited.Chacune de ces machines applique sur des centaines de bouteilles à la minute la marque protectrice d'un breuvage de qualité.Les bouteilles défilent ensuite, dans un ordre parfait, vers les caisses qui doivent servir à leur expédition.sur le marché américain lors de l’abolition de la prohibition dans la république voisine.¦ L’industrie de la chaussure occupe à Montréal une position qui n’est pas négligeable.On a eu beau appeler la ville de Québec le (Suite à la page T) Pacifique, 73% vient de Montréal, c’est dire à quel taux la production doit être établie.Se figure-t-on qu’une seule firme, l’Imperial Tobacco Co.of Canada Ltd., produit plus de 63,000 cigarettes à l’heure ?La matière première vient d’un peu partout, Québec, Ontario, Etats-Unis, mais les produits canadiens sont en majorité, formant plus des deux tiers.Des 45 établissements de tabac que compte Montréal, nous n’en mentionnerons que cinq: l'impérial Tobacco, dont les quelque trois mille employés sont l’objet de toutes sortes d’attentions, tels cafétérias, service de santé, assurance, dividende de service, etc.; c’est sans contredit l’unité la plus considérable, sa contribution au gouvernement fédéral ayant dépassé $26 millions en 1935.Vient ensuite L.O.Grothé Ltée, firme indépendante canadienne-française, qui s’était limitée pendant longtemps à la production de cigares, mais qui a fait irruption non sans succès, il y a quelques années, dans le champ de la cigarette, avec ses marques Roxy, Duchesse et Grads.Un autre producteur important de cigarettes et tabac est la firme W.C.Macdonald Inc.Puis H.Simon & Sons Ltd., ainsi que Benson & Hedges Ltd., renommés surtout pour leurs cigares.Quelle raison peut-on donner à la centralisation presque totale de l’industrie du tabac dans l’île de Montréal?Nous exportons peu et importons encore moins; le port est donc hors de cause.Les usines de traitement du tabac sont localisées dans l’Ontario, à proximité des champs de production, plutôt que dans le Québec; cette raison ne vaut donc pas.Il semble que l’accès immédiat au plus grand marché du Canada, Montréal, et l’accès facile, par voie ferrée, en deçà de quelques centaines de milles, à environ la moitié de la population du Canada, soit l’argument le plus logique à invoquer.¦ Des huit brasseries que possède la province de Québec et qui produisent près de la moitié de la bière du Canada, Montréal en compte six; on peut se faire une idée des proportions de ces établissements lorsqu’on sait que pour produire l’autre moitié de la bière canadienne, il faut 65 brasseries.Cependant, on ne peut dire que la production soit accaparée par un seul ou deux établis- sements.Au contraire, elle est assez bien répartie.Il est sans doute fort peu utile de mentionner des noms que tous connaissent.A titre de rappel cependant: National Breweries Ltd., dont l’arbre généalogique remonte à l’intendant Talon et s’est ramifié depuis entre les marques Ekers, Dow, Dawes, Boswell et Frontenac; Molson’s Brewery Ltd., dont les 570 employés célèbrent cette année le 150e anniversaire et dont le fondateur fut aussi banquier, constructeur de bateaux (dont le deuxième à vapeur du monde), philanthrope,etc.Dans une classe différente, mais voisine sous plusieurs aspects, se place la distillerie de Ville LaSalle, connue sous le nom de Distillers Corporation Ltd.C’est une des plus vastes du monde, la plus grande de l’Empire Britannique, à ce qu’on dit.Ses administrateurs sont fort soucieux de maintenir la qualité de ses produits et, dans ce but, ils ont été jusqu’à importer tout le personnel d’une distillerie anglaise.C’est sans doute ce souci de la qualité qui a permis à cette firme de faire avec succès son entrée La ramasseuse et relieuse combinée Youngst, en usage dans l’établissement de la Ronalds Company Limited, est un appareil d’une grande ingéniosité qui démontre le degré d’efficacité mécanique que l’on a atteint dans les grandes imprimeries de la province de Québec.Cette machine ramasse les feuilles détachées, les place dans l’orclre voulu et les relie ensemble avec leur couverture, de manière à former un livre.Tout le travail se fait mécaniquement. REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL 5 Montréal Métropole du Canada et confluent des civilisations du monde contemporain.deux plus grandes % % « 11 bfw SS», «5» si*I La Place d’Armes de Montréal, à la fin du dix-huitième siècle.Au centre, la vieille église paroissiale gui fut démolie pour faire place à l’église Notre-Dame actuelle.Cette curieuse gravure est tirée de l’ouvrage très rare “Travels through Canada” par le voyageur anglais John Lambert, qui séjourna en notre pays de 1806 à 1808.|>»r •Iran Limoges ¦ “Montréal, avec son million et quart de population, est aujourd’hui la seconde ville française du monde.Le grain jeté en terre, il y a trois siècles, est devenu un grand arbre, portant un splendide feuillage et des fruits magnifiques.1 Terre fertile, semence féconde.l'homme surtout fit bien son métier.Il est peu d’exemples dans les animales du monde d’une ville dont les origines soient aussi héroïquement religieuses.Les fondateurs de Ville-Marie paraissent n’avoir eu qu’un but: établir dans l’île de Montréal un centre de civilisation française catholique.On doit dire qu’ils ont pleinement réalisé leur idéal, au travers des plus grandes difficultés matérielles et en dépit des multiples contradictions humaines.” Ainsi débute l’histoire de Montréal, telle que nous la raconte M.Camille Bertrand dont l’ouvrage, édité l’an dernier, fait aujourd’hui autorité.Il est en effet assez singulier que la métropole du Canada, la plus grande cité industrielle et commerciale du pays, ait eu des débuts aussi empreints de mysticisme.J Ces débuts furent d’ailleurs difficiles.On s’y prit à trois fois pour fonder Montréal, Jacques Cartier et Samuel de Champlain n’ayant fait que reconnaître l’emplacement sur lequel M.de Maisonneuve devait beaucoup plus tard édifier Ville-Marie.A son deuxième voyage au Canada, Jacques Cartier, accompagné de quelques gentilhommes et d’une vingtaine de mariniers bretons, débarquait, le 2 octobre 1535, à Hochelaga.Les sauvages de la race huronne-iroquoise ou algonquine, accueillirent le navigateur malouin et ses compagnons avec beaucoup de joie et la journée, car Cartier ne resta qu’une journée à Hochelaga, se passa dans des réjouissances et des fêtes de toutes sortes.En signe d’amitié, les sauvages offrirent à leurs hôtes du poisson et du maïs et ceux-ci leur donnèrent en échange des croix, des miroirs, des couteaux et toutes ces babioles colorées que les explorateurs et les trafiquants offrent encore de nos jours aux indigènes des îles.Hochelaga, bâti au pied de la montagne que Cartier nomma mont Royal, était alors une grosse bourgade formée d’une cinquantaine de grandes cabanes où vivaient en commun quelques milliers de personnes.Montréal reçut donc son nom, sous la forme de “Mont-Royal” ou Réal, comme on disait alors, plus d’un siècle avant sa fondation, bien que la ville ait porté pendant quelque temps le nom que lui donna M.de Maisonneuve: celui de Ville-Marie.Quand en 1609, soixante-quinze ans plus tard, Samuel de Champlain vint à son tour à Montréal, le village de Hochelaga avait complètement disparu, rasé sans doute par des tribus ennemies.Lors de son premier voyage, le fondateur de Québec débarqua dans une île qu’il nomma Sainte-Hélène; à son second, il descendit à la Place Royale, laquelle porte encore ce nom, dont il eut sans doute, à ce moment, le dessein de faire un comptoir ou un petit poste avancé.Cela se passait en 1611, soit trente ans avant qu’un troisième gentilhomme français, M.de Maisonneuve, fondât enfin Montréal.Le fondateur de Montréal, M.Paul de Chomedey de Maisonneuve, gentil- homme champenois, était à la fois un saint homme et un vaillant militaire.C’est le 15 octobre 1641 qu’il prit possession de File au nom de la Compagnie de Montréal, fondée à Paris par M.de La Dauversière.M.de Maisonneuve et ses premiers colons ne s’y établirent toutefois qu’au printemps suivant, le 17 mai 1642.Dix ans après sa fondation, Montréal n’était encore qu’un petit fort de palissades bastionnées aux quatre coins.Construit sur un point entre la rivière Saint-Pierre et le fleuve, il était relié par des sentiers à un moulin, à l’ouest, et à l’est, à la maison de M.de Maisonneuve et à l’Hôtel-Dieu, habitations également fortifiées.En 1672, la ville compte un millier d’habitants.Elle eut alors, grâce à Bénigne Basset, notaire et urbaniste par surcroît, son premier plan d’ensemble.C’est lui qui traça les rues de la ville, parallèlement et perpendiculairement au fleuve.Le vieux Montréal, (aujourd’hui la Cité, quartier du haut commerce et de la bourse) comprenait les rues Saint-Paul, Notre-Dame et Saint-Jacques, toutes trois parallèles au fleuve.Puis croisant celles-ci, les rues Saint-Charles, Saint-Gabriel, Saint-Lau- 6 JUIN-JUILLET, lü;(6 ¦gw*- 'iS2%0êi Une relique d’une autre époque.Le cadran du vieux séminaire de St-Sulpice, qui indiquait déjà l’heure aux passants, rue Notre-Dame, sous œ régime français.Attenant à l’église Notre-Dame, cet immeuble ancien, qui sert encore de résidence aux Sulpi-ciens, fut commencé vers 1685.rent, Saint-Joseph, Saint-François et Saint-Pierre, larges de vingt à trente pieds.La petite agglomération montréalaise allait donc de la rue Saint-Pierre, légèrement à l’ouest du fort de Ville-Marie, au moulin de la butte, tout près d’une grenouillère qui, asséchée, devint le square Viger.A la suite de fréquents incendies, on commença à construire en pierre vers 1725, ce matériau incombustible étant aussi commun sur File que le bois.Défense fut alors faite de couvrir les toitures en bardeaux.Ces toitures devaient être en pente douce, à deux égouts, et assez fortes pour résister aux pluies et à la neige.Du Montréal de cette époque, l’historien Charlevoix nous donne la description suivante: “Cette ville a un aspect attrayant.Elle est bien située, bien percée et bien bâtie.L’agrément de ses environs et de ses rues inspire une certaine gaieté dont tout le monde se ressent.Elle n’est point fortifiée.Une simple palissade bastionnée et assez mal entretenue fait toute la défense avec une assez méchante redoute sur un petit tertre”.¦ Les fortifications de Montréal, commencées en 1722, furent terminées vers 1747 et démolies en 1808.Elles furent toujours impopulaires.On traîna les travaux en longueur, si bien qu’il fallut vingt-cinq ans pour les exécuter.Les “Montré-alistes” ne tenaient aucunement à faire les frais de ces ouvrages, disant que leur poitrine était encore le meilleur rempart contre l’envahisseur! Ils durent toutefois régler la note: un demi-million de livres, soit environ la même somme en dollars.Et la démolition de ces travaux fut presque aussi lente que leur reconstruction! Ses murs tombés, la ville alla rejoindre par delà la Petite Rivière, par delà la place Dalhousie et la rue Sherbrooke, les villages, les faubourgs et les côtes qui se soudèrent ainsi en un tout compact; escalada la montagne (qui est d’ailleurs beaucoup plus une colline boisée qu’une montagne) et la contourna pour s’étendre enfin jusqu’au fleuve et aux lacs qui la bordent à l’est, au nord et à l’ouest.Ainsi s’est formé, peu à peu, le Montréal d’aujourd’hui.A ses débuts, Ville-Marie eut à subir de rudes assauts, les Iroquois ayant juré sa perte.Raconter les premières cinquante années de son existence, qui constituent pour ainsi dire les temps héroïques de Ville-Marie, c’est parler surtout des combats qu’engagèrent les colons et les troupes avec les sauvages.Le plus grand honneur de la ville naissante fut de sauver la colonie tout entière en 1660.Cette année-là, Dollard des Ormeaux, seize jeunes colons français et quelques indiens, firent héroïquement le sacrifice de leur vie pour arrêter, au Long Sault, les partis d’Iroquois qui s’acheminaient vers Montréal dans l’intention de le détruire.Si le courage des premiers colons et soldats fut grand, celui des missionnaires et des religieuses ne le fut pas moins.Aidée de quelques compagnes, Marguerite Bourgeoys, venue de France avec M.de Maisonneuve en 1653, fonda à Montréal la Congrégation de Notre-Dame, qui possède aujourd’hui dans toute la région de nombreux couvents où l’enseignement est remarquable.De leur côté, les Sulpiciens, à qui la Compagnie de Montréal avait concédé File, jouèrent un rôle de premier plan dans l’histoire de la ville.Mais la guerre, connue dans l'histoire sous le nom de Guerre de Sept Ans, ayant éclaté entre la France et l’Angleterre, la ville de Québec ayant capitulé après la bataille des plaines d’Abraham, les troupes françaises durent se replier sur Montréal qui, à son tour, le 5 septembre 1760, ouvrit ses portes aux troupes anglaises.Le gouverneur, l’intendant, tous les fonctionnaires de l’administration, des milliers de soldats et de bourgeois quittèrent la colonie et Montréal devint une ville anglaise.¦ Le recensement de 1861 donne à Montréal une population de 91,169 âmes.C’est de cette même année que datent l’établissement, d’un service de tramways, appelés vulgairement petits chars à chevaux, et l’incorporation de deux banques canadiennes françaises: la Banque des Marchands et la Banque Jacques Cartier.En 1870, Mgr Bourget vit enfin réalisé le rêve qu’il caressait depuis longtemps, celui d’une cathédrale construite à l’image, réduite évidemment, de la basilique de Saint-Pierre de Rome.La première pierre en fut posée cette année-là, mais les travaux, suspendus pendant plusieurs années, ne furent complètement terminés que vingt-quatre ans plus tard.A la demande de Mgr Bourget, le Souverain Pontife autorisa, en 1876, la création à Montréal d’une succursale de l’Université Laval de Québec.Notre Université de Montréal date donc de cette époque.Le vingt et unième Congrès eucharistique se tint à Montréal, en 1910, présidé par le cardinal Vannutelli, légat du Pape Pie X.Cent évêques et trois mille prêtres et religieux y prirent part.Pour clore cette monographie de la métropole du Canada, nous empruntons à un autre historien de Montréal, M.Leblond de Brumath, les lignes Gracieuseté du Pacifique Canadien Le blockhaus de Vile Ste-Hélène.Cette curieuse bâtisse, que l’on a appelée “Fenian Post”, se dresse au sommet du monticule le plus élevé de V île, le mont Boulé.Il est assez difficile de préciser la date de sa construction, mais il semble qu’elle remonte au milieu du siècle dernier.Il ne reste aujourd'hui, sur Vile Ste-Hélène, aucune des fortifications élevées au temps du régime français au Canada.-' .-Ht-'V-, "WML'. REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL 7 SPliS.-".¦ a® Ss- s jMrjQi centre de la chaussure, il n’en demeure pas moins que Montréal en produit presque deux fois plus.Et, fait remarquable, la majeure partie des établissements est aux mains de Canadiens-français.Nous importons et nous exportons à peine.Des quelque soixante producteurs de chaussures, nous n’en mentionnerons que quelques-uns: Corbeil Ltée, fondée dès 1858, produisant un choix de chaussures pour dames et messieurs; Aird &Son Ltd., qui se limite plutôt aux pantoufles et bottes de dames; Daoust, Lalonde & Cie Ltée qui se spécialise dans les bottines de sport; Dufresne & Locke Ltd., qui contrôle plusieurs autres petits établissements.Une mention spéciale doit être faite de La Giaconda Shoe Mfg.Co.Son chiffre d’affaires est loin d’être celui des firmes déjà énumérées, mais ses produits se placent au premier rang sur le marché mondial.Des médailles et des diplômes ont prouvé leur qualité et leur chic, mais l’argument le plus convaincant est d’être mis au courant des prix de leurs souliers.Un fait extraordinaire: la Selby Shoes Ltd., est la seule filiale canadienne d’une fabrique américaine.Il n’y a guère d’autre industrie qui puisse afficher une telle indépendance de l’étranger Pour fournir le cuir nécessaire aux dix millions de chaussures du Québec, à peine quelques tanneries ; Montréal en compte cinq, la plus considérable étant Galibert & Son Co.¦ L’impression, l’édition et la reliure se placent également aux premiers rangs des industries montréalaises.Le nombre des établissements dépasse les deux cent et un annuaire seul pourrait tous les énumérer.Leur production, qui atteint un cinquième de toute celle du Canada, doit sans doute une bonne partie de son importance aux grands quotidiens de la métropole : La Presse, La Patrie, Le Canada, Le Devoir, le Star, la Gazette, etc.Nous pourrions sans doute énumérer encore une trentaine de groupes d’industries qui se conformeraient aux cadres de ce premier article sur Montréal, et plusieurs groupes pourraient afficher une production annuelle dépassant le million.Laissons aux annuaires le soin d’épuiser le sujet; nous avons voulu montrer combien les industries de Montréal étaient diversifiées malgré le volume énorme de la production de certains groupes ; nous avons voulu montrer qu’il y a encore, malgré la concurrence américaine, japonaise, allemande, etc., des industries qui suffisent à la consommation domestique.Puissions-nous y avoir réussi.Plus tard nous reviendrons sur le sujet pour montrer qu’il y a encore d’autres industries montréalaises qui battent la marche sur le marché canadien, d’autres industries qui, celles-là, ne se sont établies à Montréal que pour une raison: son port magnifique.I En 1782, un jeune homme de 18 ans vint d’Angleterre au Canada.En 1786, il décida de fonder une brasserie à Montréal, qui ne comptait alors que 8,000 âmes de population.Ce jeune homme était John Molson.La gravure ci-contre représente le site original de la Brasserie Molson, trois quarts de mille à l'est des anciennes fortifications, sur la route de la poste de Québec.A cette époque, George III était roi d’Angleterre, Louis XVI occupait le trône de France et il devait s’écouler encore 29 ans avant la mémorable bataille de Waterloo.Par la suite, la ville de Montréal se développa jusqu'à la brasserie, puis finit par l’englober entièrement dans ses limites; le paisible chemin de campagne devint la route Ste-Marie et, plus tard, prit le nom de rue Notre-Dame; la brasserie fut modifiée, agrandie, modernisée.Aujourd’hui, du premier établissement, il ne reste plus guère que les vieilles caves voûtées, mais les affaires se continuent toujours sous l’habile direction des descendants du fondateur.La seconde gravure fait voir la brasserie actuelle et donne une idée de son expansion devant la demande croissante dont ses produits n’ont cessé d’être l’objet.suivantes: “Les premiers colons de Montréal, par leurs brillants faits d’armes, leur persévérante résistance, dans les conditions les plus défavorables et leur triomphe définitif sur les premiers occupants du sol, dont la valeur était pourtant légendaire, prennent place à la suite des plus célèbres guerriers de l’antiquité et des temps modernes.Plus tard, chaque fois que l’invasion étrangère vint menacer son existence ou troubler la paix de ses habitants, Montréal trouva parmi ses enfants des soldats et des héros.Tels ils furent à Carillon, tels sous les murs de Québec, tels enfin à Châteauguay et ailleurs; partout couverts de gloire, sinon partout vainqueurs.Depuis longtemps, il est vrai, les Montréalais se reposent à l’ombre des lauriers de leurs anciennes victoires, mais que le feu de la guerre s’allume de nouveau sur nos rives et les enfants des braves montreront qu’ils n’ont pas dégénéré, qu’ils sont dignes de leurs ancêtres et que bon sang ne peut mentir.Montréal, cité guerrière quand ses besoins l’ont réclamé, peut revendiquer avec plus de droits encore le titre de ville industrielle et commer-c'a.lei dont la prospérité matérielle déjà si remarquable à tous égards ne peut que grandir avec le temps.” Le Montréal Imlustriol (Suite de la page Jj) 8 JUIN-JUILLET, 19.16 Premiers magistrats «les gramles agglomérations urbaines «le nie «le Montréal Montréal, Outremont, Westmount et Verdun.M.Camillien Hou«le Maire de Montréal ¦ M.Camillien Houde, maire de Montréal, est l’une des figures les plus intéressantes de notre époque au Canada français.Il a joué depuis quelques années, à l’hôtel de ville de la métropole, ainsi que sur la scèns de la politique provinciale, des rôles qui l’ont constamment tenu en évidence devant le public.Personnalité dynamique et puissante, intelligence pétillante, caractère ardent et travailleur infatigable, M.Houde, bien qu’il soit encore assez jeune, a déjà à son actif une carrière extraordinairement remplie.Ses succès et ses échecs, dans les sphères diverses où il a exercé son inlassable activité, en ont fait l’un des personnages publics les plus discutés du Canada, et il serait difficile, à l’heure actuelle, de prévoir jusqu’où le conduira son étoile.C’est un “self-made man” dans toute l’acception du terme.Il doit sa réussite dans la vie publique à ses seuls efforts, à son énergie et à son optimisme.Camillien Houde naquit à Montréal le 13 août 1889.Orphelin à l’âge de onze ans, il dut commencer à travailler et, pendant cinq ans, il alterna entre l’usine et l’école.A seize ans, il obtint son diplôme commercial au collège de Longueur! et entra peu après à la Banque d’Hochelaga.A 23 ans, il était inspecteur-adjoint; à 26 ans, il dirigeait une succursale de cette banque à titre de gérant et, à 29 ans, il se lançait dans les affaires pour son propre compte.A 33 ans, M.Houde était élu député conservateur à l’Assemblée Législative pour représenter la populeuse circonscription de Sainte-Marie.A 38 ans, en 1928, il se fit élire maire de Montréal pour la première fois, battant M.Médéric Martin par une majorité de 22,000 voix.L’année suivante, il était choisi à l’unanimité comme chef du parti conservateur provincial de Québec.En 1930, il était réélu à la mairie de Montréal par plus de 42,000 voix de majorité.Deux ans plus tard, il se porta à l’attaque du gouvernement Taschereau, mais subit avec son parti une défaite presque générale à travers la province.Quelques mois après, il était de nouveau battu à la mairie de Montréal.En avril 1934, à la suite de deux années de retraite de la vie publique, M.Houde brigua de nouveau les suffrages à la mairie de Montréal et, cette fois, écrasa littéralement ses adversaires en obtenant près de 100,000 votes favorables, soit la moitié plus qu’avaient pu en réunir les trois candidats qui lui faisaient la lutte.M.Camillien Houde Depuis lors, M.Houde confine son action aux affaires municipales.Dans la haute situation qu’il occupe à l’hôtel de ville de la métropole il rend de grands services et s’efforce de tirer Montréal des difficultés que lui ont créées les pénibles années de crise que nous venons de traverser.Il s’est attelé à cette tâche avec son énergie coutumière et ne néglige aucun effort pour réussir.M.«lohn Jenkins Maire de Westmount ¦ M.John Jenkins, premier magistrat de la ville de Westmount, est un homme d’affaires d’expérience, en même temps qu’un spécialiste de l’assurance, une branche dans laquelle il a su, par ses aptitudes particulières et son ardeur au travail, se créer une carrière des plus brillantes.Elu maire de Westmount en 1933, il a fait preuve, dans cette charge de haute responsabilité, de qualités qui lui ont valu d’être main- tenu depuis lors à la direction des affaires municipales de la prospère cité-sœur de Montréal.M.Jenkins est gérant général, pour le Canada et Terre-Neuve, de la Employers Liability Assurance Corporation, Ltd., de Londres, Angleterre, et de la Merchants Marine Insurance Co.Ltd.Il est aussi vice-président de la Crown Trust Company.Il naquit à Montréal, le 25 mars 1875, et fit ses études au High School de cette ville.En 1890, il entrait chez Hampson & Sons comme employé de bureau, puis fut promu inspecteur.Il accepta en 1911 le poste de gérant adjoint de la Employers Liability Assurance Corporation Ltd, dont il fut nommé gérant quelques années plus tard.Le 1er juillet 1931, il était promu gérant général de cette compagnie pour le Canada et l’fie de Terre-Neuve. 9 M.John Jenkins M.Joseph Beaubien .M.Jenkins s’est toujours intéressé, depuis de nombreuses années, à l’importante question de l’enseignement dans les écoles.Il servit comme commissaire des Ecoles de West-mount de 1915 à 1933 et fut membre de la Commission Centrale des Ecoles Protestantes de Montréal de 1926 à 1933.Il épousa en 1899 Florence Clark, dont il a eu un fils et deux filles.Il est membre des clubs St.James, Montréal, Royal Montreal Golf, Kanawaki Golf, Royal Montreal Curling, Rotary et M.A.A.A.M.Joseph Beaubien Maire d’Outremont ^ M.Joseph Beaubien, qui, depuis plus d’un quart de siècle, préside au conseil municipal d’Outremont, appartient à l’une de nos familles canadiennes-françaises les plus éminentes, une famille qui s’est distinguée dans les domaines politique, industriel et social de la province de Québec.M.Beaubien est le fils de feu l’honorable Louis Beaubien, qui fut autrefois ministre de l’Agriculture dans le cabinet provincial de Québec.Il naquit le 28 février 1865.Maire d’Outremont depuis 1900, M.Beaubien n’a cessé, au cours de ce long stage à la direction du conseil de cette ville, de se dévouer pour assurer son développement et sa prospérité.Sa précieuse expérience des affaires municipales, ses qualités d’administrateur et sa personnalité sympathique lui ont valu, de la part de ses commettants, une confiance qui s’est traduite par de continuels renouvellements de mandat.M.Joseph Beaubien est président de l’Union des Municipalités de la province de Québec depuis 1918, membre de la Commission Métropolitaine de Montréal depuis 1921, président de la T.S.R.of Lyons, Ltd., président de la Canadian Research Corporation, directeur de la Banque du Canada et directeur de la Yorkshire Insurance Co.C’est lui qui fonda la Brasserie Frontenac, dont il fut longtemps le président.M.11.Ferlant! Maire de Verdun m M.Hervé Ferland, maire de Verdun, naquit le 10 avril 1889 à St-Tite-des-Caps, comté de Montmorency.Son père, marchand de bois et cultivateur, éleva une famille nombreuse dont onze enfants sont encore vivants.M.Ferland fit ses études classiques chez les Pères Rédemptoristes de Ste - Anne - de -Beaupré.Son cours terminé, il alla se fixer à Québec, mais quelques années plus tard, il vint à Montréal, puis s’installa définitivement à Verdun, obtenant un emploi chez M.J.A.Gagnon, marchand, dont il fut gérant pendant plusieurs années.M.Ferland se mêla bientôt aux différentes associations de jeunes gens de Verdun; il organisa divers clubs sociaux et de bienfaisance, puis fut l’un des membres fondateurs de la Chambre de Commerce de Verdun.Il s’occupa toujours activement des questions politiques, tant municipales que provinciales et fédérales.Il brigua d’abord les suffrages au poste d’échevin, mais fut défait par M.P.A.Lafleur.Deux ans plus tard, il se présenta de nouveau contre M.Lafleur, mais à la mairie cette fois, et il réussit à vaincre son adversaire.Il se présenta aussi deux fois contre M.Lafleur comme député à l’Assemblée Législative de Québec, mais sans succès.Avec M.T.O.Massé, M.Ferland fonda, avenue de l’Eglise, une importante maison de confections pour dames, dont il devint plus tard le seul propriétaire et à laquelle il donna le nom de “Ferland Corset Ltée”.Cet établissement jouit d’une excellente réputation et fait d’importantes affaires.M.Hervé Ferland dirige les affaires municipales de Verdun depuis trois ans.Efficacement secondé par les membres de son conseil, il a réussi, en dépit des conditions difficiles que nous traversons, à améliorer sensiblement la situation financière de la ville-sœur de Montréal.M.Ferland est marié et père de sept enfants.M.Hervé Ferland 10 JUIN-JUILLET, 1936 Un grand bienfait pour riiuinanité C’est à un citoyen du Canada que revient /'honneur d'avoir inventé le téléphone.l*ar Jean Limoges g Comme c’est au Canada, à Brantford, Ontario, que fut conçue l’invention du téléphone, il est tout naturel que les Canadiens se soient toujours intéressés à son histoire et à son expansion.A tel point que le Canada, malgré sa faible population, compte plus de téléphones que la France, par exemple, dont la population est quatre fois plus grande.Son inventeur, iUexander Graham Bell, naquit à Edimbourg, Ecosse, en mars 1847.Il vint au Canada avec ses parents, en 1870.Coïncidence assez ^étrange, à l’époque où Bell débarqua au pays où il devait bientôt réaliser une des inventions les plus utiles aux grandes agglomérations urbaines et les plus propres à simplifier les relations entre citoyens, il n’était question à Montréal, à Québec comme à Toronto, que de chemins de fer, canaux, boulevards, etc.C’est ainsi qu’à Montréal, par exemple, le conseil municipal venait d’emprunter la somme de $200,000 pour l’élargissement et le pavage des rues.La métropole du Canada comptait alors 170,000 habitants et Québec, 60,000.De Québec, la famille Bell se rendit à Paris, Ontario, et de là à Tutelo Heights, près de Brantford, où elle s’établit.Graham avait alors vingt-quatre ans.C’est pendant l’été de 1874 qu’il conçut l’idée du téléphone.Enfin, en mars 1876, dans son laboratoire de la Place Exeter, à Boston, où Graham Bell était devenu professeur dans un institut de sourds, il réussit à transmettre distinctement le son de la voix humaine sur un fil.Pendant l’été suivant, son téléphone fonctionnait si bien qu’on pouvait se faire comprendre, si peu que les Bureau des ventes et magasins généraux de la Northern Electric à Montréal, situés rue Notre-Dame ouest, près de la rue Guy.i:ff ?t ff f?i .! » ¦ • f'.'lL phrases fussent simples, sans avoir à se répéter.Bell avait baptisé son appareil: le “téléphone parlant électrique”, de deux mots grecs qui signifient “loin” et “voix”, mais les gens eurent tôt fait de le désigner d’un seul mot.La première conversation téléphonique sur fil fut tenue, le 9 octobre 1876, entre Graham Bell, installé à Boston, et son assistant, aux écoutes à Cambridge.Quant à la première ligne téléphonique régulière, elle fut inaugurée, en avril 1877, par un manufacturier de Boston.Cette ligne allait de son usine à sa maison, soit une distance d’environ deux milles et demi.En 1879, c’est-à-dire deux ans avant la fusion des compagnies Edison et Bell, on comptait environ 800 téléphones dans tout le Canada.Il y en avait si peu à Montréal que les abonnés demandaient au téléphoniste, non pas le numéro mais le nom de la personne à qui ils voulaient parler.C’est qu’on ne considérait encore le téléphone que comme une sorte de jouet.Il en avait, un peu l’air, d’ailleurs.C’était, en effet, une simple petite boîte collée au mur et munie d’une seule ouverture qui tenait lieu à la fois de cornet et d’embouchure.On y appliquait les lèvres pour parler, puis l’oreille pour entendre la réponse de son interlocuteur.g Le téléphone fut organisé au Canada, sur une base nationale, par Charles Fleetford Sise qui resta pendant plus de vingt-cinq ans président de la Compagnie du Téléphone Bell.Dans le journal que tint M-Sise, de 1880 à 1915, se trouve toute l'histoire du téléphone chez nous. < \ 4>*'4 Lors de la triomphale cérémonie de clôture du Triduum commémoratif du 25ëme anniversaire du Congrès Eucharistique international de Montréal, qui eut lieu au Parc Jeanne - Mance le 16 septembre 1935, une foule de près de 250,000 personnes, qui s’était massée sur le flanc du Mont - Royal, put entendre les paroles prononcées par Mgr Georges Gauthier, archevêque-coadjuteur de Montréal, et autres membres distingués du clergé, grâce aux haut - parleurs installés par la Northern Electric.Cette installation, qui comportait les 24 haut-parleurs que l’on distingue sur cette photo, était la plus considérable et la plus puissante réalisée jusqu’alors dans l’est du Canada.La première mention qu’il fait de la -Northern Electric est datée du 1er janvier 1913.Elle se lit ainsi: “Le 1er janvier 1913, le service des fournitures est confié, en vertu d’un contrat, à la Northern Electric & Manufacturing Company.” La Northern Electric, cependant, comme nous l’avons dit dans de précédents numéros, fabriquait des appareils de téléphone depuis 188b, et c’est en 1914 qu’elle se fusionna avec l’Imperial Wire & Cable Company pour former la présente Compagnie Northern Electric, limitée, qui manufacture aujourd’hui tous les appareils de la Compagnie du Téléphone Bell, ij: Essayez un peu de vous représenter l’importance que devait avoir le téléphone, en 1880, dans une ville comme Montréal, la métropole du Canada, qui ignorait encore l’éclairage électrique, le tramway électrique, l’automobile, le cinéma, la machine à écrire, la radio et le phonographe! La rue Sainte - Catherine, aujourd’hui presque exclusivement commerçante, était alors, de la rue Bleury à l’ouest, une rue de résidence où se voyaient, par ci par là, quelques rares magasins.De magnifiques maisons particulières s’élevaient là où est aujourd’hui la gare Windsor.Les omnibus ne dépassaient pas la rue Guy et tout le monde, l’hiver, se promenait en traîneaux.On commençait à peine à paver les mes et la boue qui, aux jours de pluie, se formait rue Craig, devait faire ressembler cette rue à la grande artère d’Addis Abéba, capitale de l'Ethiopie.Les rues étaient éclairées au gaz par-un lampiste qui, armé d’une perche, allumait chaque soir les réverbères, un à un.Que de progrès et que de chemin parcouru depuis cette époque qui nous paraît si lointaine! On compte aujourd’hui, à Montréal, 165,000 téléphones en usage; 232,000 dans la Province de Québec et 1,200,000 dans tout le Canada! Charles Fleetford Sise, cet homme d’initiative à qui nous devons le lancement du téléphone au Canada, naquit en 1834 et mourut en 1918, après avoir consacré près de cinquante ans de sa vie à 1 industrie du téléphone.Un de ses fils, Charles Fleetford Sise, est actuellement président de la Compagnie du Téléphone Bell du Canada et l’autre, Paul Fleetford Sise, est président de la Northern Electric.Cette dernière compagnie s’enorgueillit de fabriquer, entre bien d’autres choses, l’appareil téléphonique national du Canada.| Continuant la pratique inaugurée dans notre second numéro (celui traitant de Québec et de la région), nous présentons dans cette livraison de “La Revue” une autre famille d’employés canadiens-français - la famille Deschênes.En 189S, M.Paul Deschênes entra au service d’Alexander Barrie, au numéro 654 de la rue St-Paul, à Montréal, l’un des premiers fabricants de fils électriques au Canada.En 1900, l’établissement de Barrie devint la Wire & Cable Company, et Paul Deschênes passa à l’emploi de la nouvelle firme.Quelques années plus tard, celle-ci se fusionna avec la Northern Electric and Manufacturing Company et devint finalement le département des fils et câbles de la Compagnie Northern plectric.M.Deschênes resta à son poste malgré tous ces changements et il célébrait récemment sa trente-huitième année de service.En 1904, M.Deschênes épousait Mlle A.Brunet, employée à la Wire & Cable Company.Aujourd’hui, deux de ses filles, Mlles Lucienne et Noêlla, font partie du personnel de la Northern Electric, ayant débuté dans le service, l’une en 1922 et l’autre en 1929.Son fils, Paul Armand, fut à l’emploi de la Compagnie pendant dix ans, dans le service de la comptabilité.Il détint même avec son père, pendant plusieurs saisons consécutives, le championnat des doubles au tennis, du Club Athlétique de la Northern Electric.Armand Deschênes fut aussi champion des simples et des doubles pour la province.Nous avons donc ici un autre bel exemple du rôle important qu’une grande compagnie de chez nous peut jouer dans la vie et le progrès matériel de toute une famille.M.Paul Deschênes avec ses deux filles: Mlle Lucienne à droite et Mlle Noëlla à gauche.m r M* #5 ce y 'O C +¦* 0> «3 3 ~ £ C n 3 i ~ 2 2 © ® JS F SJ- S ® IMPRIMÉ PAR LA PRESSE
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