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Titre :
MusiCanada
La revue mensuelle MusiCanada aspire à contribuer à l'essor et à la démocratisation des arts à Montréal et plus largement au Québec. Elle traite principalement de musique et de littérature.
Éditeur :
  • Montréal :MusiCanada,1922-1923
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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MusiCanada, 1922, Collections de BAnQ.

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! j>ej?M -38b Postal 2304 MONTREAL — OCTOBRE 1922 y** *•*+¦*¦'******?****?t^***+******tj,-**'jt't"t'******'t****ir*+***-+>f t % t LES ARTS AU CANADA D’ABORD 5 ¦i* * fa 4$» 1ère Année No 1 rTÏZgi' ?:*' •Si.*'"" ¦v- •>; ; tr ¦ î 3&S.VV?¦ufl l’Hon.Athanase David et les Beaux-Arts.•> l’Hon.Juge Ed.Fabre-Surveÿer et le centenaire de César Franck.?M.Arthur Letondal et l’interprétation musicale.1 ’ Opéramanie, ( feuilleton musical), par Jean Ri donc Concours de valse “MusiCanada” Nouvelles, anecdotes, etc.Petits Chagrins ( Valse chantée) Emiliano Renaud ?Menuet a l’Antique (Violon et Piano) Luigi Catelli O Salutaris Ernest Langlois Valse-problème Emiliano Renaud •> Toinon (Chant de marche aux héros du Sème canadim-jrançais) Emiliano Renaud jffiugique PADEREWSKI Ce numéro contient pour une valeur d’au moina $3.00 de musique absolument nouvelle, ne pouvant être obtenue ailleurs.ABONNEMENT-PAR AN $3.50 L’EXEMPLAIRE - 35 sous — * ^ ' - - , FÊTE DU TRAVAIL 1922 En ce jour de la Fête du Travail nous saluons fièrement ces hommes de devoir et d’honneur.Nous leur offrons nos hommages et nos meilleurs souhaits de bonheur.f, [IHl ’Mmcê \N l'HûHnï' ‘S® vm.l'v.^ mm.K.21, & Vl LA BANQUE D’EPARGNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTREAL La Grande Banque des Travailleurs A P I ESPERANCE BUREAU PRINCIPAL ET SEIZE *' LDOrLRrtnLL, SUCCURSALES À MONTRÉAL Gerant-General. j Nos Collaborateurs I L’Hon.ATHANASE DAVID, secrétaire de la province de Québec, MONTREAL L’Hon.RAOUL DANDURAND, «énaceur-mlnistre.président de France-Amérique, MONTRÉAL L’Hon.Juge EDOUARD FABRE-SURVEYER, vice-président de T Alliance française, MONTRÉAL L’hon.Juge LOUIS LORANGER, conférencier.M.EDOUARD MONTPETIT, secrétaire général de l'université de Montréal, professeur d’économie politique aux Hautes Études, conférencier, littérateur, auteur - MONTRÉAL M.FERNAND RINFRET, député de Saint-Jacques au parlement du Canada, journaliste et critique d’art, MONTRÉAL M.IRÉNÉE VAUTRIN, député de Saint-Jacques à la législature provinciale, architecte, conférencier, auteur, MONTRÉAL M.JULES EDOUARD PRÉVOST, député de Terrebonne au parlement du „ „ Canada, iournaliste, ST-JÊROME M.LEON TREPANIER, échevin de Montréal, journaliste, MONTRÉAL M.GONZALVE DESAULNIERS, chevalier de la légion d’honneur, président de l’Alliance française, conférencier, poète, MONTRÉAL M.l’Abbé J.-A.-M.BROSSEAU, littérateur, curé à ST-JÉRÔME M.R.OCT.PELLETIER, doyen des musiciens canadiens, organiste à la Basilique, ccmpositeur, musicologue.MONTRÉAL M.l’Abbé Elie Auclair, journaliste, directeur de la “Revue Canadienne, MONTRÉAL Dr EUGÈNE LATREILLE, professeur à l’université de Montréal, clinicien à l’Hôtel-Dieu, des hôpitaux de Paris, MONTRÉAL M.JEAN CHARBONNEAU, littérateur, poète lauréat de l’Académie française, MONTRÉAL M.ACHILLE FORTIER, compositeur, auteur et musicographe, OTTAWA M.ARTHUR LETONDAL, compositeur, organiste au Gésu, musicographe, MONTRÉAL M.RENÉ CHOPIN, poète et littérateur, MONTRÉAL M.B.F.POIRIER, compositeur et organiste à Notre-Dame, MONTRÉAL M.ALFRED LALIBERTÉ, R.C.A., sculpteur, Montréal M.CLAUDE ADONAÏ CHAMPAGNE, compositeur, PARIS M.SUZOR COTÉ, R.C.A.artiste peintre, Montréal M.AEGIDIUS FAUTEUX, littérateur, bibliothécaire de Salnt-Sulpice, MONTRÉAL M.ERNEST LANGLOIS, compositeur et organiste au Saint-Enfant Jésus, MONTRÉAL M.HENRI HEBERT, R.C.A.sculpteur, Montréal M.RAOUL PAQUET, compositeur et organiste à St-Jean-Baptiste, MONTRÉAL M.J.-J.GAGNIER, chef d’orchestre, directeur des Grenadiers, compositeur, MONTRÉAL M.P.-B.de CRÈVECOEUR, secrétaire de l’Alllancc française, bibliothécaire de l’Institut Fraser, MONTRÉAL M.AMÉDÉE TREMBLAY, compositeur et organiste, SALT LAKE CITY M, LÉON LORRAIN, auteur et journaliste, MONTRÉAL M.LÉO ROY, compositeur et musicographe, QUÉBEC M.HECTOR GARNEAU, littérateur, directeur de la bibliothèque municipale de Montréal, MONTRÉAL Mlle VICTORIA CARTIER, organiste, musicographe, directrice de l’Ecole de piano Paris-Montréal, MONTRÉAL M.ARTHUR LAURENDEAU, maître de chapelle à la Basilique et musicographe, MONTRÉAL M.J.-P.-L.BÉRUBÉ, secrétaire du Conseil des Arts, MONTRÉAL Mme BERTHE ROY, pianiste et musicographe, QUÉBEC M.JOSEPH SAINT-CHARLES, R.C.A.artiste-peintre, MONTRÉAL MADELEINE (Mme W.-A.HUGUENIN) auteur, directrice de “La Revue Moderne".MONTRÉAL M.LOUVIGNY de MONTIGNY, auteur, littérateur, représentant de la Société des gens de lettres de Paris, OTTAWA Mme ALYS MICHOT, artiste lyrique, correspondante, SAN FRANCISCO M.F.-X.Le NOBLET Du PLESSIS, auteur et correspondant, PARIS M.L.-J.DOUCET, littérateur, poète-chansonnier, QUÉBEC M.CHS.MARCHAND, chanteur folkloriste, conférencier, MONTRÉAL M.OSCAR O’BRIEN, planiste, compositeur, MONTRÉAL M.W.-A.BAKER, littérateur-poète, MONTRÉAL COLOMBINE (Mme CIRCÉ COTÉ) auteur, femme de lettres, bibliothécaire, MONTRÉAL M.GUSTAVE LABELLE violoncelliste, compositeur, MONTRÉAL M.JOSEPH F.de BELLEVAL, journaliste, correspondant, QUÉBEC M.JOSEPH FORTIER, auteur, professeur à l'université de Shanghaï, correspondant, SHANGHAÏ, Chine Docteur JULES JEHIN de PRUME, auteur et correspondant, NEW-YORK M.MAURICE MORRISSETTE, poète-chansonnier, OTTAWA M.ERNEST TREMBLAY, journaliste et chansonnier, MONTRÉAL Mme J.MAUBOURG ROBERVAL, de l’union des maîtres du chant français, MONTRÉAL M.SALVATOR ISSAUREL, professeur de chant et musicographe, MONTRÉAL M.S.-MORGAN POWELL, courriériste de théâtre au “Star”, MONTRÉAL M.JOSEPH SAUCIER, artiste lyrique, MONTRÉAL Dr FRED.PELLETIER, compositeur, musicographe, MONTRÉAL M.PHILIP A.-H.KING, critique musical au “Star”, MONTRÉAL M.P.-M.BERNARD, chroniqueur et chansonnier, MONTRÉAL M.ALBERT LABERGE, critique d’art et salonnlcr, MONTRÉAL M.NARCISSE ARCAND, Journaliste, chroniqueur, MONTRÉAL M.J.-A.MORENCY, chanteur, chroniqueur, (tableaux, oeuvres d’art) MONTRÉAL Dr JEAN SAUCIER, correspondant, WORCESTER, Mass.M.HENRI HAINS, avocat et publiciste, MONTRÉAL M.YVES le ROUZÈS, éducateur et pionnier du chant à l’école, MONTRÉAL “MUSICANADA” est imprimé par La Compagnie d’imprimerie Moderne, No 39, rue Dowd, Montréal. £ cJWusiCanada Octobre 1922 Un noble Exemple à suivre.Il y a quelques années, un ancien maire de Montréal, un jour qu’il parlait en sa qualité de membre de la commission scolaire, déclara que l’enseignement du solfège aux enfants des écoles primaires, était du superflus et du temps perdu.Si les échevins passés et actuels n’ont pas dit la même chose que lui, il est certain que la musique les intéresse fort peu, de même que les autres arts, et c’est regrettable, car Montréal n’est tout de même plus un simple village.Or, il appert qu’on pense d’une manière bien différente à Saint-Louis, Missouri, où l’on fondait, il y a quelques années à peine la Société civique de musique, dont firent bientôt partie tous ceux que la musique intéressait, professionnels comme amateurs.Ce fut un très grand succès.La Société resta si peu inactive que grâce à ses efforts, l’opéra municipal de Saint-Louis était fondé, et que l’on construisait un théâtre municipal dans Forest Park.La saison lyrique municipale, la quatrième depuis la fondation, va commencer sous peu, avec “The Highwayman’’, de De Koven, avec Mme Sophie Brandt, une enfant de Saint-Louis, dans le premier rôle.Le chœur se compose de jeunes gens et de jeunes filles de Saint-Louis, et cette ville artitisque se vante d’être la première du continent américain à avoir une troupe d’opéra soutenue par la municipalité.Le théâtre municipal a une capacité d’un peu moins de 10,000 sièges, dont environ 1,700 sont complimentaires.De plus, la saison lyrique dure huit semaines, et il suffit de quelques jours avant l’ouverture pour que la vente des fauteuils atteigne la somme de $100,000.Et, chose vraiment prodigieuse, les bénéfices de la dernière saison ont été de $24,000.Avec une partie des bénéfices on a fondé la Municipal Opera Chorus School, la seule du genre en Amérique, dans laquelle 250 jeunes gens et jeunes filles de Saint-Louis étudient le solfège et reçoivent tout l’entrainement nécessaire à l’art lyrique.On en choisit 100 chaque année pour former le chœur de l’opéra municipal.L’an prochain on veut que cette école soit également en mesure de former des interprètes solistes et non seulement des choristes.Or, si une telle entreprise réussit si bien à Saint-Louis, Missouri, pourquoi ne réussirait-elle pas autant à Montréal ?Ah, oui, pourquoi?Mais, il faudrait commencer par faire l’éducation de tous nos gouvernants, et bien les convaincre qu’à Montréal on possède plus de belles voix, de talent et de dispositions que partout ailleurs.Cette besogne n’est pas facile.G.C.I j l l l l l l l i i \ \ Argent Facile à Gagner Nous payons la prime la plus libérale à tous ceux et j à toutes celles qui désirent solliciter des abonnements à i “MusiCanada.” i La chose est facile avec un magazine dont la toilette j et le fonds excluent toute idée de comparaison.I S’abonner à “MusiCanada” c’est participer au déve- \ loppemenl du mouvement artistique chez nous.j Nous ouvrons, avec ce premier numéro, un concours i d'abonnement dont nous publierons prochainement les détails.\ Il suffit de dire pour le moment, qu'il y aura des surprises j et de bien beaux prix.l Venez nous voir, demandez nous des livrets et vous \ gagnerez, sans effort, beaucoup d’argent.\ \ Robert Louis Stevenson a dit: “Il faut à l’homme qui veut fonder un foyer, la matière première, savoir: une femme, des enfants, une couple d'amis et une maison.Dans cette maison deux choses sont nécessaires: du feu et de l’harmonie, de la musique.Mais comme pour une bonne partie de l’année il est facile de se passer de feu, il s’en suit que la musique est réellement la seule chose indispensable.” LIVRES Les nombreux étrangers qui visitent notre maison sont frappés par la quantité de livres qu’ils aperçoivent.C'est pour eux une révélation.Nous vous invitons à profiter des grandes facilités que nous mettons à la portée de tous, en groupant dans nos rayons les meilleurs ouvrages connus.Noire fonds de librairie est constamment augmenté des dernières nouveautés.La disposition pratique de notre étalage vous permet de “bouquiner” tout à votre aise.RAYON DES LIVRES FRANÇAIS Nouveautés, Romans, Littérature, Poésie, Critiques, Auteurs Classiques, Sciences, Histoire, Géographie, Beaux-Arts, Livre d'utilité pratique, Cartes et guides pour automobilistes, Mécanique Automobile, Livres spécialemnet destinés aux Bibliothèques Paroissiales et Scolaires.Albums et livres d'images pour enfants; Grands Ouvrages de Bibliothèque, Collections de Livres Reliés, Editions de luxe.RAYON DES LIVRES CANADIENS Toutes les nouveautés du terroir ainsi que les meilleurs ouvrages de fonds.RAYON DES PIÈCES DE THÉÂTRE Drames, Comédies, Monologues, pour hommes, jeunes gens, dames, jeunes filles.Pièces pour les deux sexes.DEMANDEZ NOS CATALOGUES GRANGER FRÈRES LtbRNiRes, P^petieRS.lmpoRhvleuRS 4> Noltte DàmeXhiest.’Kontaé^l s CIGARETTES PLAYER* NAVY CUT Quelle Satisfaction! 10pour 20* su s si en paquets Je 20 et en bottes métalliques Je 50 et Je 100 Octobre 1922 zyidusiCanada s dfflugtCanafra Revue mensuelle des Beaux-Arts Paderewski SHHi Publiée à Montréal par “MUSICANADA, Incorporée" EMILIANO RENAUD, Président GUSTAVE COMTE, Rédacteur en Chef.[CANADA - - $3.50 par an ABONNEMENTS •! ETATS-UNIS - - 4.00 “ (ETRANGER - - 5.00 “ • Strictement payable d'avance.Adresser toutes correspondances à Casier Postal 2304, Montréal, Can.ADMINISTRATION:—928, rue St-Hubert, Montréal Téléphone Est 395w.l W Bonjour au Lecteur W I______________________________________________________________{ Eh, oui! Bonjour! C'est moi.Mes parrains prétendent que je suis né viable.En tout cas, je me sens vigoureux et bien décidé à faire parler de moi, même à me rendre agréable et utile, — surtout utile.Mes parrains prétendent de plus que j’arrive à mon heure, et c’est aussi l'opinion d'un grand nombre de ceux qui ont parlé de moi avant ma naissance.Tant mieux.On m'a appelé MusiCanada.Vous trouvez ça étrange?On s'appelle comme on peut; puis MusiCanada ça signifie qu'on s’occupe de musique et de la musique au Canada.Il y a plus.Les anciens Grecs, — on commît ses classiques, — appelaient musique l'ensemble de tous les arts.Ils avaient raison, les ancêtres, et il n’y a pas de mal à les imiter, même si l’on arrive quelques trente siècles après eux.Du reste, la liste de mes collaborateurs qu’on trouvera encadrée ailleurs, — “Some” liste, comme on dit à l'Académie française, — prouve à l’évidence, que la peinture, l'architecture, la sculpture, le théâtre, la littérature, trouveront une juste et large hospitalité dans ces colonnes, à côté de la musique proprement dite, la divine musique, la seule langue universelle, la plus parfaite de toutes.Comme unique revue en français, de mon format et de mon espèce, dans toute l’Amérique du nord, j’espère, en peu de temps, me faire un grand nombre d'amis.On m’a dit que le meilleur moyen de se faire des amis, c’était de montrer toujours un visage souriant et tolérant.Donc, au diable la pose, la prétention, la boursouflure.Dans le texte, beaucoup d'anecdotes, de brefs articles, des nouvelles, de la fantaisie, voire des réponses pour tous ceux qui nous demanderont des renseignements.De la musique, toujours inédite, souvent enlevante, mais pas trop compliquée.De la musique de danse?Oui, sans doute.La jeunesse aime danser et elle fait bien, c’est de son âge; puis la danse n'est-elle pas l'harmonie et la grâce dans le geste et le maintien?Mais la danse qui restera de la musique sans aller jusqu'au jazz, cette horreur.Puis des pièces plus sérieuses, les unes chantées, les autres pour instrument, certains succès profanes et des compositions religieuses, car je tiens à ma réputation, malgré mon allure jeune et gaie.Et, si parfois, de parti pris, on m'écrase un peu trop les pieds, vite, une bonne gifle au bon endroit, puis, de nouveau le sourire et la confiance en la vie.Et, afin de cultiver l'amitié si précieuse de mes lecteurs, je leur promets des primes, des concours, des concerts gratuits, des fêtes mondaines, voire des voyages, toutes choses corollaires de T augmentation de ma circulation, et bien d’autres choses encore.Me voilà donc tel que je suis et veux être.Mesdemoiselles, mesdames, messieurs, dites-le à vos amis, et.Salut, bonjour, serviteur! MusiCanada.O US devons nous réjouir du retour de Paderewski à la vie musicale, et plus particulièrement les fervents de l'art pianis-lique à Montréal, puisque dans quelques semaines, le maître reconnu du piano sera au milieu de nous.Il n'y a pas de doute que Paderewski retrouvera au concert l'enthousiasme et les acclamations de jadis; car ce très grand artiste, aujourd’hui âgé d'un peu plus de soixante ans, est demeuré un homme véritablement extraordinaire.Il y a maintenant cinq ans que Paderewski se retirait du concert et annonçait au monde que jamais plus il ne toucherait à un piano, voulant consacrer le reste de sa vie à la cause de sa chère Pologne.Vous savez tous que quelques temps plus tard, il devenait premier ministre à Varsovie, et vous savez également, par les dépêches du temps que ses compatriotes l'acclamèrent lors de sa nomination comme chef de cabinet.Ils lui devaient bien celte ovation, les Polonais, puisque le grand pianiste avait donné aux siens au moins vingt millions de dollars recueillis par lui et qu'il y avait ajouté la plus grande partie de sa fortune personnelle.Ces détails, je les ai entendus de la bouche même de M.Jusserand, l'ambassadeur de France à Washington, à un dîner que les sommités américaines offraient à Paderewski, à New-York.Mais, vous savez également qu’en 1920, Paderewski revînt en Californie pour s'occuper de l'immense ranch qu'il y possède.Il avait constaté que malgré tout son patriotisme et sa bonne volonté, il était impossible de mettre d'accord les différentes factions qui luttaient pour la suprématie, en Pologne.On a aussi répété qu’il avait décidé de vendre son magnifique ranch californien, mais que n'en ayant pu trouver un prix en rapport avec sa valeur, il le retira du marché.Que Paderewski ait aujourd'hui changé d'idée et ait décidé de revenir au concert après avoir cru s'en être retiré pour toujours; qu’il l'ait fait sous l'impulsion de l'emprise de l'art, ou qu'il l'ait fait même par besoin de refaire quelque peu sa fortune ébréchée par ses générosités patriotiques, la chose importe peu.Ce qu'il importe de savoir c'est que Paderewski, encore en pleine force et en plein talent, est resté l'incomparable pianiste que nous avons tous entendu et acclamé, alors que son génie nous remuait jusque dans nos fibres les plus profondes.J’ai le bonheur de connaître le maître admiré de tous qu’est Paderewski et je puis dire librement quel homme supérieur il est en toutes choses.Causeur charmant, il possède à fond 22 langues modernes, et parle le français le plus pur.Les questions politiques, astronomiques, économiques ou artistiques ne lui sont pas étrangères; c’est un cerveau qui a lu, qui a vu, qui a retenu et qui a pesé les hommes et les événements.C’est, je le répète, un cerveau puissant et complet, et en art, son jeu est intense de vérité et de magnétisme.Lorsqu'on parla de la formation du royaume de Pologne, après la guerre, plusieurs de ses concitoyens avaient cru qu'en retour des énormes sacrifices accomplis pour son pays, on l’élirait premier roi de Pologne.Ils croyaient que leur patrie pourrait être heureuse et prospère sous un gouvernement dans le genre de celui de l'Angleterre, c'est-à-dire une monarchie constitutionnelle ou démocratique.Mais les événements leur furent un très grand désappointement.Que Paderewski ait partagé toutes ces opinions sous ce rapport, c'est une autre affaire, et je ne crois pas qu’il aurait accepté un tel honneur seulement par pure vanité ou ambition personnelle.Il n aurait accepté le sceptre que s'il avait réellement cru rendre service à sa chère Pologne.Chez quelques-uns, cela peut paraître extraordinaire, voire déraisonnable qu'un grand musicien puisse être un roi.Cependant, un homme comme Paderewski, un homme d'étal de sa culture, de son expérience, un savant et un artiste aussi accompli que lui, est certainement bien plus désigné pour le trône et le sceptre que tant de princes nés dans la dégénérescence, imbus de préjugés moyenâgeux et voués aux pires désastres, dans ces jours où les peuples ont soif de liberté.En tout cas, il est un sceptre qu'on ne saurait enlever à Ignace Jean Paderewski c’est celui du talent et du génie en art, et “MusiCanada” est heureux de saluer en lui, ce qu'il a toujours été, le “roi du piano”.Emiliano Renaud.?* * Pourquoi tant se casser la tête à la recherche d’une langue universelle, lorsque la musique, la plus sublime et la plus parfaite des langues, est là à la portée de tous. 4 ^yVlusiCanada Octobre 1922 Quest-ce que la Musique?j QUI donc nous délivrera des amis maladroits?Dans la plupart des cas, ce sont des dévoués et des zélés, mais ce sont aussi des ignorants inconscients, ayant la manie de parler de choses qu’ils croient connaître, et parfois, ils vont jusqu'à écrire leur opinion sur des sujets qu’ils ont négligé d'approfondir.N’ai-je pas lu dernièrement, dans un journal quotidien de Montréal, un article où il était dit que le gouvernement de la province, avant de songer à fonder un conservatoire, avant de songer à encourager les arts d’agrément, devait d'abord commencer par prendre les moyens de développer l’agriculture et l'industrie locales.Voilà un argument qu’on vous répète depuis cinquante ans et plus, mais il me fait plaisir de constater, informations prises, que M.Athanase David, le secrétaire provincial, et en quelque sorte, notre ministre des beaux-arts, n'a pas du tout inspiré cette déclaration.Quant à l’auteur de cet article, ne se doutant même pas qu'il essayait de paralyser un mouvement des plus louables vers notre développement intellectuel, il a fait cause commune avec les milliers de profanes qui nous entourent, et il a traité la musique d’art d’agrément.Il ne sait pas ce que c’est que la musique, et il ose en parler.Mais, il est évident qu’il croit savoir au moins ce qu’est la musique.Peut-être a-t-il lu dans certains abécédaires, fort mal faits du reste, même dans Larousse, cette définition de la musique qu'on fait apprendre, hélas, à notre jeunesse des écoles primaires, voire de plusieurs de nos collèges: “La musique est l'art de combiner les sons de manière à les rendre agréables à l'oreille”.Il est bien évident que si la musique n'était que cela, ce ne serait en effet qu'un art d’agrément pour lequel il ne serait pas nécessaire de songer à bouleverser tous les programmes d'études.Il importe donc de dire une fois pour toutes ce que c’est que la musique, pour ceux qui ne le savent pas encore.La musique est avant tout la langue universelle par excellence et la plus grande source d’émotivité chez les peuples et les individus.Il n'est pas besoin de parler la langue d’un pays pour comprendre sa musique, et, si l'on entend un pur chef-d'œuvre, on est malgré soi ému, gai, enthousiasmé et conquis.C’est le sublime langage que tous comprennent; il a passé par l’oreille, mais il s’est adressé immédiatement au cœur et à l’intelligence, et a semé dans les âmes d’auditeurs de nationalités et de mentalités différentes, des émotions identiques, des impressions ineffaçables.Si nous remontons aux premiers âges de la terre, nous constaterons que l’homme des cavernes, avant que de pouvoir exprimer ses sensations et états d'âme à l'aide de syllabes articulées, a commencé par rire, pleurer ou chanter.L’homme primitif a chanté lorsqu'il était triste et il a chanté lorsqu’il était gai.Et son chant, — en passant, le chant c’est de la musique, n'en déplaise à ceux qui persistent encore à écrire “le chant et la musique”, comme s’il s'agissait de deux choses différentes, — et son chant, dis-je, bien que rude, et n’étant autre chose qu'une vague mélopée, était en somme une manière d’apprendre à ses semblables et de se convaincre lui-même, que des sentiments divers se succédaient dans son âme.La musique est la plus ancienne des langues humaines et elle est même si parfaite quelle a échappé à la grande confusion de Babel.Chez les peuples de l’antiquité, la musique était autre chose qu’un art d’agrément et le moins que peuvent faire les peuples modernes, s'ils ne veulent pas passer pour des barbares ou des sauvages c’est de se montrer aussi cultivés que les anciens.Les récits de la Bible, les peintures des tombeaux égyptiens, les bas-reliefs de Nimrond et de Khorsebad où l’on voit des chanteurs et instrumentistes nous montrent en quelle estime on tenait alors la musique.Les anciens Grecs ne donnaient-ils pas à la musique un sens beaucoup plus étendu que les modernes?Tout commerce avec les muses, et selon Platon lui-même, toute l’éducation de l’âme, c’était la musique.La musique pour eux était tout un ensemble d’arts: l’harmonique, l’organique ou fabrication des instruments, l’orches-lique ou la danse, la rythmique, la métrique, etc.La musique se mêlait à toutes les manifestations de la vie hellénique: guerres, fêles, cérémonies religieuses, épopée, lyrisme, théâtre, poésie, etc.Depuis la période archaïque, remontant aux origines de la Thrace et de la Phrygie, et la période Spartiate, 700 et 800 ans av.J.-C.avec toute une pléiade d’illustres musiciens, dont Sapho, jusqu’à la période athénienne ou classique, alors que la musique atteint son apogée (500 ans av.J.-C.) avec les grandes odes de Slésichore de Simonïde, de Pindare, les chansons d'Anacréon, les chœurs des tragédies et comédies, et la période hellénistique (400 ans av.J.-C.) alors que la musique s'affranchit de la poésie, inaugure les concerts, ou théâtres demusique “Odéons”.avec le célèbre Timothée, contemporain d'Alexandre; depuis ces époques reculées jusqu'aux premiers siècles de l’ère chrétienne, toute une littérature musicale avait été établie par les traités d’Aristote, Aristoxène, Euclide, Théon, Nicomarque, Alypdas, Plutarque, Bacchus, Aristide, Quintilien, Vitruve, Martiamus, Capella, Boêce, et tant d'autres.Les Romains emboîtèrent le pas à leur tour, puis l’Eglise au Moyen-Age, ayant en sa possession les antiques manuscrits, simplifia certains procédés essentiels, d’où nos plains chants, et la notation qui est la base de la nôtre.Dans le genre profane, il y eut d’abord les ménestrels et les trouvères, avec Hans Sachs, Adam de la Halle et Monteverde, ce dernier, le père des dissonances doubles et triples, avec accords diminués et altérés.Ce fut alors le commencement du contrepoint et de l'harmonie, puis ce fut toute la pléiade des génies immortels qui apportèrent leur effort et firent de la musique la plus haute école de beauté et d’émotions sublimes.Citons au hasard les noms de Galilée, Scarlatti, Rameau, Pergolese, Lulli, Bach, Gluck, Mozart, Haendel, Schubert, Beethoven, Mendelssohn, Chopin, Schumann, Liszt, Wagner, Berlioz, Gounod, Cesar Franzk, Saint-Saëns, Fauré, Vincent d’Indy, Debussy, Richard Strauss.Tous ceux qui ont entendu les chefs-d'œuvre impérissables de ces illustres compositeurs, — nous n'avons même pas parlé de l'école russe, si descriptive, si caractéristique, — et qui ont eu le bonheur d'en goûter les beautés émotives, savent bien que la musique est un art aussi essentiel à la formation intellectuelle complète de l'individu que l'est le soleil à la germination des blés et des plantes.Et, dire, après tout ça, qu'il se trouve aujourd'hui, des gens à l'esprit assez obtus et borné pour assimiler à un art secondaire ou d’agrément, ce moyen d’expression unique au monde, ce facteur primordial de progrès et de développement des races fortes et de haute intellectualité.Et, c'est précisément parce qu'il sait qu’on a trop longtemps négligé les études musicales chez nous, que le secrétaire de la province a fondé des bourses d’encouragement et d'étude, et qu'il a compris la nécessité d'un conservatoire sérieux, corollaire obligatoire de l'institution de l’école des Beaux-Arts chez-nous.Développons sans doute notre industrie et notre agriculture, mais n'allons pas pour cela ajourner aux calendes grecques notre développement intellectuel dans une de ses formes les plus belles.Nos voisins, les Américains sont en train de nous dépasser de mille coudées, et la France ainsi que les autres pays avancés nous invitent à nous engager dans la voie lumineuse et consolante qu'ils ont tracée.La musique est un art essentiel et non un art d’agrément et nous faisons des vœux pour que toutes nos maisons d’éducation le comprennent au plus tôt.Gustave Comte.* * * II vaut mieux pour un professeur d’avoir des élèves lui donnant de bonnes leçons que de bonnes excuses; les meilleures des excuses ne valent rien comparées à un bon travail.Tel.Plateau 1464.Dr Consultation 9 A.M.À 9 P.M PREFONTAINE ED.CHIRURGIEN DENTISTE 324, BLEURY, près Ste-Catherine Examen de la bouche gratis, extraction des dents sans douleur, prix modérés, satisfaction garantie.MUSICIENS n’hésitez pas, allez directement chez Raoul.Vennat 642, St-Denis Tél.Est 3065 452, Ste-Catherine Est {Bouvier Liée.) Tél.Est 1752 Vous y trouverez (’ASSORTIMENT,et les PRIX Octobre 1922 oJWusiCanada 5 De l’Interprétation Musicale Par M.Arthur Letondal AU temps où les compositeurs jouaient eux-mêmes leurs œuvres, où la légion des simples virtuoses n’existait pas, la question de l’interprétation des œuvres musicales ne présentait guère de matière à discussion.Les maîtres qui exécutaient leurs œuvres savaient sans doute parfaitement ce qu’ils voulaient dire, et leurs rares disciples, en passe de devenir maîtres à leur tour, recueillaient des traditions de style qu’ils léguaient ensuite à leurs successeurs.Aujourd’hui, la musique est devenue un art plus complexe.Les compositeurs se contentent de produire, — ce qui est déjà beaucoup!—, laissant aux spécialistes de la virtuosité le soin de traduire leur pensée et de présenter leurs œuvres au public.Ajoutons à cela, par suite du développement extraordinaire qu’a pris l'enseignement instrumental dans presque tous les pays, le nombre prodigieux d’amateurs de tout rang et de tout calibre, et l’on comprendra sans peine que le caractère des œuvres soit exposé à de fâcheuses déformations.Aussi bien les compositeurs, pour leurs œuvres, et les éditeurs, pour les œuvres classiques, prennent-ils un soin extrême d’indiquer toutes les variétés possibles de mouvement, de nuances et de phrasé.Et cela est bien.Si l’on voulait les observer,on éviterait au moins de grosses erreurs: ce serait déjà quelque chose — Mais tout n’est pas là, et ces indications, toutes précieuses quelles soient, ne sauraient à elles seules produire une interprétation vivante.Ce n’est pas tout d’avoir sous les yeux des éléments bien ordonnés; il faut de plus en dégager l’esprit, le sens caractéristique, en traduire l’émotion — cela s’appelle interpréter.Interpréter une œuvre musicale, c’est donc rendre la pensée de son auteur; c’est non seulement reproduire par la voix ou par les instruments l'œuvre telle quelle a été écrite, mais aussi telle quelle a été pensée, sentie, avec le caractère qui lui est propre, avec les moyens techniques qui puissent la parer de toutes les séductions.Pour cela l’interprète doit aimer ce qu’il exécute; et tout en respectant le texte, la tradition, il ne lui est pas interdit, croyons-nous, d’y mettre un peu de sa personnalité.Dans quelle mesure cette collaboration de l’interprète doit-elle exister; dans quelle mesure mettra-t-il son tempérament, sa sensibilité au service de l’auteur ?Dans la mesure où l’autoriseront son goût, son développement musical, ses connaissances de la tradition et du style propres à tel genre de composition, à tel auteur, à telle époque.+ * * Il faut d’abord, pour bien interpréter, en plus de la technique instrumentale, être musicien.Il est pourtant des exécutants habiles qui n’ont guère autre chose que des doigts.Etre musicien, — faut-il le rappeler ici ?— c’est connaître, en outre des signes graphiques, les lois de la tonalité et du rythme, les différents modes d’accentuation; être musicien c’est pouvoir saisir les dessins, les membres de phrase, les phrases dont se compose le discours musical; c’est connaître le rôle que jouent les cadences harmoniques par leur sens appellatif ou de conclusion.Le musicien doit être assez familier avec la science des accords pour reconnaître facilement les changements de tonalité, c’est-à-dire les modulations, et mettre en relief les notes qui les provoquent et les caractérisent.Enfin il doit être familier avec les artifices du contre-point et du développement thématique.C’est ce qui lui permettra de distinguer, de mettre en valeur les divers éléments qui donnent à une composition de la forme, de la logique, de l’intérêt, en un mot du style.* * * Mais savoir tout cela ce n’est pas encore être artiste.On peut bien en effet s'intéresser à cet organisme qu’est une symphonie ou une sonate, le disséquer avec précision et méthode, comme un anatomiste ferait d’un cadavre: mais tant que la musique, s’appuyant uniquement sur la science et sur le style ne fera pas jaillir en nous l’émotion, l’admiration, l'enthousiasme, tant quelle ne nous élèvera pas dans la région de l’idéal, elle restera sûrement un corps sans âme.Il faut donc, pour- l’animer, s’élever soi-même à la connaissance esthétique, posséder ce mens divinior, ce don de Dieu qu’on apporte en naissant.Le sens esthétique est, à vrai dire, chose innée.Néanmoins, il peut exister à divers degrés; il peut exister à l’état latent et se développer plus tard sous l’influence de la culture et du milieu.Les écoles ne le donnent pas, mais peuvent seulement le développer, s’il existe.—S’il est inexistant, inutile d’insister: il vaut mieux faire autre chose.Observons cependant que, lorsqu’il s’agit de tout jeunes sujets, d’élèves encore enfants, il serait téméraire de conclure parfois à l’absence totale de ce don.On a vu des cas où il ne s’est manifesté qu’à l’âge adulte, mais alors avec toutes les caractéristiques d’une véritable vocation.A la connaissance de la théorie de la musique, au sens esthétique qui nous fait percevoir quelque chose au-delà des notes, si je peux dire, il faut aussi cette culture qui affine le goût, qui éclaire le sens critique.Le style repose en outre sur des conventions qu’il n’est pas permis d’ignorer, et en dehors desquelles on est exposé à dénaturer les œuvres, faute d’en pouvoir saisir le véritable caractère.C’est ainsi qu’il serait vraiment fâcheux d’interpréter les vieux clavecinistes: Conperin Rameau, Scarlatti.Bach, avec le romantisme que l’on met dans les œuvres de Chopin et de Schumann.La musique, jusqu’à Beethoven exclusivement, peut assez bien justifier cette définition qu’on trouve dans les anciens solfèges: “l’art de combiner le son d’une manière agréable à l’oreille.” Elle n’avait d’autre but que de charmer par la beauté de ses thèmes, par leur agencement harmonieux et logique.Elle révélait sans doute l’âme du compositeur comme en un miroir d’eau limpide, et si elle arrivait jusqu’à l’émotion, c’était presque à son insu: c’est que l’âme en quelque sorte débordait.Qui sait si cette musique, sans visées symboliques ou philosophiques, n’exprimait pas bien au-delà de ses modestes prétentions, et si elle ne parvenait pas à dire autant et plus que la musique à programme que l’on écrit de nos jours, merveilleuse certes dans sa tendance à sonder les mystères de l’inconnu?Ce qui reste acquis, c’est qu’elle demande un style sobre, une clarté parfaite, une grande précision rythmique.Par cela même elle est éminemment éducatrice.Et ce n’est qu’après l’avoir étudiée, s’être soumis à sa discipline, qu'on pourra aborder les compositions de l’école romantique, où les libertés de style, l’allure plus élastique des mouvements s’appuieront alors sur une compréhension plus nette du fonds même duquel se dégagent ces libertés.Comme dans le dessin on ne saurait bien réussir le flou que si l’on sait dessiner avec présicion, de même en musique, dans Chopin par exemple le tempo rubato ne sera bien réalisé que si l’on a une formation rythmique bien disciplinée.Mais ceci posé, combien il faudra se placer dans une autre sphère de sentiments pour interpréter l'âme de Chopin dans ses nocturnes, (rêveries d'un amant crépusculaire), ou dans ses polonaises, où le souvenir des grandeurs de la Pologne éclate en accords héroïques ! — Comme il faudra pénétrer l’âme bien allemande de Schumann, pour rendre tantôt ce sentiment intime, discret, tantôt ces élans d’un cœur pur débordant d’ardeur et de jeunesse! Il est généralement admis que la connaissance des circonstances qui ont entouré la création d’une œuvre, et qui en sont en quelque sorte la génèse, aident à comprendre certaines pages — à la condition toutefois qu’elles soient d’abord perçues musicalement.J’ai connu des gens qui savaient beaucoup d’histoires de ce genre et qui interprétaient fort mal.Tout ce bagage de littérature, — au reste très abondant de nos jours, — ne parvenait pas à les sauver.Prenons par exemple le légendaire prélude de Chopin, le quinzième, en si bémol.Il a toute une histoire.Dans l’île de Majorque, où Chopin était allé chercher un climat plus doux pour sa santé, en compagnie de Madame George Sand, il advint que celle-ci partit une après-midi seule avec ses enfants et fut prise par l’orage.Chopin, en proie à une inquiétude mortelle, vécut des heures d'angoisse indicible, et, ne pouvant faire mieux dans la circonstance, les confia au piano.Voilà, en peu de mots, l’origine légendaire du fameux prélude.J’ai connu des gens qui ne savaient pas cette anecdote et qui avaient parfaitement saisi le sens du prélude.Les notes martelées de l’accompagnement, avec leur persistance monotone et fatale, donnent à cette pièce un accent de tristesse désespérée — La première phrase, d’une mélancolie profonde, est suivie en effet du thème en mineur, où il n’est pas nécessaire de connaître les mémoires de Madame George Sand pour distinguer les affres d’un pressentiment funèbre.Le sens musical seul suffit, à la rigueur.Mais celui-ci existant, je ne vois pas d’inconvénient, il y a même peut-être quelque avantage, à connaître tous ces récits, encore que leur authenticité soit parfois douteuse.A ce propos, disons en passant que Gutman, élève de Chopin, qui vécut dans l’intimité du Maître, a affirmé que tous ces préludes sont antérieurs au voyage de Majorque, qu’ils existaient depuis longtemps à l’état d'esquisses.Chopin aurait tout simplement profité de ses loisirs là-bas poulies classer et les mettre au point pour la publication.Voilà qui parait être de la vie réelle.Mais on préférera toujours la légende.* * * Quoi qu’il en soit, tous ces éléments d'inspiration, toutes ces visions poétiques pourront élargir le sentiment.Il appartiendra ensuite au goût de proportionner le sentiment au style, et c’est le goût qui présidera à cette loi d’équilibre.Style et sentiment sont donc deux éléments parfaitement conciliables, et c’est volontairement que le sentiment devra se renfermer dans le style pour ensuite en émaner avec splendeur.Nous avons vu que le style dépend de la forme, de l’époque, de l’auteur; c’est lui qui ordonne les détails et les proportionne au tout.D’ordre intel- 6 cyUusiCanada Octobre 1922 lectuel, il est néanmoins la base de l’interprétation.Cette base étant posée, c’est alors que le sentiment peut librement intervenir, ou plutôt c’est à ce moment que le sentiment s’empare de l’artiste.Devant cette splendeur de la forme, devant cette expression si juste de la pensée, devant cette révélation si parfaite de la Beauté, son âme se dilate, l’émotion le pénètre, l’enthousiasme au vrai sens du mot le saisit.Alors, s’il est exécutant ou chanteur, il éprouve le besoin impérieux de communiquer aux autres la pensée sublime qui vient de lui être révélée et de forcer leur admiration.* * * En résumé, l'Art serait fait à la fois de réflexion, de fantaisie et d’émotion.La réflexion, c’est-à-dire le goût raisonné, tempère et stylise la fantaisie.Il résulte de tout cela que l’interprétation, de même que toute forme de production artistique, reste en définitive assujettie à une certaine contrainte.O la contrainte! Je sais quelle a des ennemis, et qu’on l’accuse de couper les ailes.Mais justement, puisqu’il s’agit ici de planer plus ou moins haut, et que nous voilà dans l’azur, laissez-moi vous rappeler, en terminant cette causerie, le mot d’André Gide, quand il dit avec infiniment d’esprit: “Croire que l’artiste s’élève d’autant plus haut qu'il est plus libre de toute discipline, c’est croire que ce qui retient le cerf-volant de monter, c’est sa corde.” La musique de Chopin, Des musiciens ultra modernes, de même que certains critiques qui veulent le faire à la pose, prétendent que la musique de Chopin manque d’ampleur, est sans portée, et même efféminée.Il est vrai que Chopin n’a pas écrit de messes, d’opéras, de symphonies.— (était-ce vraiment indispensable à son génie ?) — mais il est, qu’on le veuille ou non, au nombre des dix ou douze compositeurs immortels qui ont le plus contribué à augmenter la paissance et le charme de l’expression musicale, dans la littérature du piano.Il est vrai que la polonaise, la valse, et la mazurka, qui forment la majeure partie des œuvres de Chopin, ne sont que des danses, et que ses nocturnes sont des chants sans paroles.Mais ces danses sont les danses de la Mort et de la Vie, et ses chants sont les élans de l’âme éperdue.Un de nos collaborateurs porte le nom du maître romantique et plusieurs de ses vers sont à la poésie ce que les mélodies de Chopin furent à la musique.Sachons reconnaître la véritable inspiration partout où elle se trouve.C’est encore plus rare qu’on le croit, de nos jours.L’Impopularité des “Orgues” de Cinéma.Plusieurs cinémas, aux Etats-Unis aussi bien qu'au Canada, ont jadis fait installer des orgues dans leur local, dans le but de supprimer les orchestres.Dans la plupart des cas, ce ne fut pas un succès, et afin de conserver la clientèle, on dût revenir aux orchestres, l’orgue ne servant plus à combler les vides qu’aux heures de repos des instrumentistes.Disons tout de suite que ces sortes d’instruments qu’on baptise du nom pompeux d'orgues, sont loin d’être parfaits.Un organiste d’expérience ne peut y faire de régistration convenable, et la sonorité est souvent détestable.Ce sont plutôt de pâles imitations d’orchestres, avec cloches, triangles, voire cymbales et grosse caisse, dans certains cas.Le public prouve après tout qu’il n’a pas mauvais goût en préférant l’article original, c’est-à-dire l’orchestre même, à une imitation défectueuse et “ennuyeuse”.A part, dans quelques théâtres de luxe, où il y a vraiment d’assez grandes orgues, ces instruments de cinéma n’offrent guère d’attrait.Plusieurs directeurs regrettent la dépense investie dans une telle entreprise.Première firme de radio du Canada Nous avons le plus grand assortiment d’appareils et d’accessoires de radio, de tout le pays.Ecrivez pour notre intéressante littérature et liste de prix.The Scientific Experimenter Ltd.93, King St.E., 33, Me Gill College Av.TORONTO MONTREAL I Gare aux Voleurs! j LE vol littéraire est tout aussi malhonnête que le vol de grand chemin, le coup monté du financier véreux, ou l'acte audacieux du nocturne cambrioleur.Et cette malhonnêteté comme les autres ne doit pas rester impunie.Les pays civilisés ont institué des législations pour la sauvegarde des droits d'auteur, parce qu'ils ont considéré qu'il était tout aussi criminel de priver son prochain d'un profit légitime que de le dépouiller des biens qu'il possède.Le Canada a la prétention d'être un pays civilisé; c'est pourquoi nous avons notre loi des Copyrights qui pourvoit à faire rembourser les auteurs qui ont pris leurs précautions pour vendre légitimement leur marchandise intellectuelle à ceux qui peuvent en avoir besoin.Jusqu'ici, la Société des gens de lettres de France, par son représentant au Canada, a su faire efficacement protéger les droits de ses membres, en ce qui concernait la propriété littéraire proprement dite: romans, pièces de théâtre, etc.Mais, lorsqu'il s'est agi de musique, — est-ce faute de documentation ou inertie, — on a toléré des abus flagrants, et cette tolérance a été un encouragement aux éditeurs peu scrupuleux qui ont pillé tant qu’ils ont voulu le riche et vaste répertoire français.Des journaux, que nous ne nommerons pas aujourd'hui, mais que nous désignerons et poursuivrons à la première récidive, n'ont subsisté chez nous que grâce au pillage des meilleurs auteurs de France et même d'autres pays.Leurs éditeurs ont eu d'abord le toupet d'emprunter, sans permission et sans le moindre désir d'indemniser, des œuvres entières ou des fragments d'œuvres lyriques, même en y laissant paraître le nom de l’auteur.Plus lard, réalisant que leur sans-gêne, leur audace et leur banditisme allaient tout de même un peu loin, et qu il y avait pour eux grand danger de se faire pincer, ces gens absolument sans conscience, ont imaginé une canaillerie qui devrait être punie avec toute la sévérité imaginable.Ils ont continué à emprunter aux auteurs les plus en vogue, leurs plus grands succès, mais en prenant soin de gratter le nom de l'auteur en tête du morceau volé.Ils se sont sans doute dit, que comme on ne semblait pas très ferré sur les auteurs de musique, à Ottawa, ils pourraient quand même réaliser certains bénéfices, sans indiquer la provenance de leur produit.Qu'on dise ce qu'on voudra, mais c’est là du vol et du vol honteux, digne des pires châtiments.Et, il faut que cela cesse, et cela cessera; “MusiCanada” ne veut pas voler la propriété d'autrui, et si nous avons pu nous assurer la libre collaboration d'auteurs du terroir et autres; si même, il nous faut faire plus tard des sacrifices pour toujours maintenir cette attitude et cette ligne de conduite, nous ne permettrons pas à des voisins malhonnêtes d'essayer de nous faire concurrence en volant des pièces à succès que seule notre conscience nous interdirait de publier.Nous avons la ferme intention de nous protéger et nous ouvrirons l'œil, et le bon.Malheur aux voleurs de musique de l'avenir, ils pourraient bien être appelés à payer d'un seul coup toutes leurs canailleries passées.Nous les désignerons impitoyablement à la première offense, et nous les poursuivrons.Les lecteurs de notre journal nous approuveront sans doute dans cette campagne d'équité et de justice, et nous espérons qu'ils nous sauront d'autant plus gré de leur servir de la musique intéressante, inédite et toujours autorisée.Ha $âtt$s;erie jfrançatëe Sa cuisine, ses Vins fins, ses Produits Le rendez-vous idéal Pjestaurant — Salle de Thé Salon privé pour banquets KERHULU étODIAU Limitée 172-184, rue S.-Denis, Commandes: près de la rue Sainte-Catherine Téléphone Est 2140 Octobre 1922 oyfylusiCanada .: ;% g Photo Dupras et Colas Emiliano Renaud 8 c^MusiCanada Octobre 1922 | ^ Notre Musique W j LE lecteur remarquera que, fidèle au but que nous nous sommes proposé, nous ne publions que de la musique absolument inédite et la plupart du temps canadienne.Nous voulons prouver par là qu’il existait chez nous une production latente d’une richesse insoupçonnée.Nous espérons que tous les amis de “Musi-Canada” nous sauront gré de l’effort qui s’imposait et que nous avons osé tenter.Les pièces qui inaugurent notre journal n’ont rien du genre pompeux ou trop sévère et elles ne présentent pas de grandes difficultés d’exécution, mais elles ont chacune leur côté original et elles sont susceptibles de plaire.Nous osons croire qu’elles auront quelque succès au salon, même au concert.O SALUTARIS Ce morceau religieux est aussi une œuvre de jeunesse de M.Ernest Langlois, le distingué pianiste et organiste de l’Eglise du Saint-Enfant Jésus.Ecrite dans un style sobre et profondément religieux, cette composition arrive à son heure, alors que nombre de maîtrises et maisons d’éducation semblent décidées à faire entendre de la musique des nôtres et d’encourager les productions de nos compositeurs du terroir.Nous sommes reconnaissant à M.Langlois de nous avoir autorisé à publier cet “O Salu-taris” inédit, qui se recommande, tant par son inspiration que par la dignité de sa toilette harmonique.PROBLÈME MUSICAL (Des primes) Ah! Ah! voilà qui vous intéresse et vous intrigue.C’est un genre nouveau que nous avons l'intention de continuer, si ça vous amuse.Emiliano Renaud s’est contenté de prendre une mélodie fort populaire dans tous les pays, et tout en en gardant fidèlement la note, il a, dans le but de dérouter le lecteur, dénaturé le mouvement, en en faisant une valse de concert.Un peu d’attention seulement de la part de ceux qui connaissent leurs auteurs, et la solution est vite trouvée.Etudiez soigneusement ce petit problème et dites-nous si c’est du Chopin, du Schumann, du Saint-Saëns ou du “ce que vous croyez”.Ecrivez-nous tout simplement d’où vient le thème de ce problème, mentionnez l’œuvre et l’auteur, et signez votre nom.UN AN D’ABONNEMENT A “MUSICANADA”, GRATUITE MEN T AUX TROIS PREMIERES REPONSES JUSTES.C’est amusant, tout de même, n’est-ce pas?Si cela vous plaît, nous récidiverons.Et, si toutefois vous ne trouvez pas la solution, le morceau en vaut tout de même la peine.TOINON (Chant de marche) Rythme carré, très martial, mélodie bien enlevante et facile, se chante admirablement en marchant, pour une voix ou pour chœur.La véritable chanson-marche chère au soldat.Chanson de guerre?Non, chanson d’après-guerre et pour longtemps d’actualité.Un héros, même s’il est Canadien, est un homme comme les autres; il lui est permis d’aimer sa promise, de songer à fonder un foyer, et de raconter tout ça dans une langue imagée, où le juron obligatoire est d’assez bonne compagnie pour ne pas choquer les oreilles.Le poilu français a eu et a encore sa MADELON, pourquoi notre Poil-aux-pattes n’aurait-il pas sa TOINON?Cette chanson, chantée par une voix robuste et reprise en chœur ne manquera pas de produire un certain effet.Il se pourrait même, qu’un de ces jours, M.J.-J.Gagnier, — cet excellent chef d’orchestre ne sait rien refuser, — nous la servit avec ses admirables Grenadiers.En attendant, étudiez-la un peu et tant mieux si elle vous plaît.MENUET A L’ANTIQUE Les amateurs de violon sont maintenant beaucoup plus nombreux que jadis, et “MusiCanada” a cru séant d’avoir pour eux une attention spéciale.Ce “Menuet à l’antique”, de Luigi Catelli, n’est pas d’une exécution trop difficile, mais il est appelé à plaire par le charme de sa mélodie et par la grâce de son rythme bien marqué.Joué avec délicatesse, bien en mesure et avec une bonne sonorité, il ne manquera pas de nous transporter aux temps poudrés et gracieux de Louis XV.Son auteur, mieux connu en Europe, a promis à notre directeur d’autres compositions du même genre.“MusiCanada” lui souhaite la bienvenue.PETITS CHAGRINS Sur ces vers qu’un grand nombre savent par cœur Emiliano Renaud a déposé une musique complètement différente de celle qu’on a encore dans l’oreille.Cette Valse chantée est entraînante avec un accompagnement très simple.DE LA DANSE AU PROCHAIN NUMÉRO Eh ! oui, de la danse et de la bonne.Il en faut, puis c’est agréable et gracieux.Donc, nous vous offrirons, dans notre prochain numéro, un certain Fox Trot absolument inédit.Ne manquez pas le deuxième numéro de “MusiCanada”.N.-B.—Notre imprimeur de musique n’ayant pu remplir son contrat jusqu’au bout, nous avons été obligé de faire photographier le manuscrit de “Toinon”, heureusement fort lisible et net.Nous osons croire que nos lecteurs comprendront et excuseront ce léger contre-temps.Les Studios, La Santé, Les Bruits et le “Jazz”.Un professeur de musique de Tampa, Floride, se plaignait dernièrement du fait qu’un magistrat de police, écoutant les plaintes de quelques voisins, avait décidé de faire fermer son studio, à cause des "bruits nuisibles à la santé” qui en sortaient constamment.Diable, voilà qui est grave.Ce monsieur Homer Moore, — c’est le nom de ce professeur, — devait enseigner une “musique” à coup sûr "puissante” et “volumineuse”, ou bien les citoyens de Tampa ont une santé bien délicate et ont grand besoin du médecin.En Floride, il doit pourtant y avoir des orchestres de “jazz”, mais s’il n’y en avait pas, ce magistrat de police pourrait venir piquer une petite promenade jusqu’à Montréal.Nous pourrions alors lui montrer ce que c’est vraiment que le bruit, voire le vacarme, et il serait édifié de la santé des jeunes Montréalaises, qui, non seulement endurent ces sortes de charivaris antimusicaux, mais encore trouvent le moyen de danser en souriant, sur des syncopes assourdissantes, stridentes et fracas-sières.Il faut des nerfs solides pour endurer le "jazz”, mais il appert que nous sommes admirablement doués, sous ce rapport.ERRATA—Page 16, 3me mesure, partie du violon, au lieu de 4 croches, lire 4 doubles croches.y— J / A tous les Lecteurs de “MusiCanada” \ l I i Les personnes chargées de solliciter des abonnements 5 j à notre journal doivent avoir un livret de reçus perforé j ! et portant notre signature ainsi que celle de l'agent.Exigez I qu'on vous montre ce livret, et voyez à ce que votre reçu porte l l bien la même signature d'agent que celle que vous verrez } I sur la face du livret.\ J.D.ARCHAMBAULT PIANISTE Enseignement du piano; technique, interprétation et harmonie.— Studio chez BOUVIER Ltée, 452.Stc-Catherlne.Est Morency Frères Ltée.Superbe Collection de PEINTURES FRANÇAISES Tél.Eat 3202 346, STE-CATHERINE E.t Octobre 1922 çyVtusiCanada 9 O SALUTARIS TÉNOR OU SOPRANO Dédit à M.P.Gleason, Chicago, III.ERNEST LANGLOIS Moderato -A- $ n -r- s Hos ti - a Qu.æ cœ pan dis r i É « =fc WCJJ.EÈ g*' pre • muni O Salutarla— 1 Copyright 1922 by MualCanada.Eprrgi.trr eonl
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