Montréal qui chante, 1 décembre 1909, vendredi 10 décembre 1909
j.-' 2me Année 10 Décembre 1909 No 1 (Jj%jtréal (iMi (Sank it Revue Musicale Illustrée Paraissant le 10, le 20, et le 30 de Chaque mois.V s ! 1 g RAOUL COLLET Editeur-Propriétaire 20 3 rue St-Christoph* Montréal Téléphone Hell Kst 5781 ABONNEMENTS: PAR I.A MAI.I.I' i An 6 Mois 3 Mois ! f A/o /3 SOMMAIRE : La chanson da Marinette Au Revoir Le petit Panier La Valse Universelle La Brouette Le sapin et le Pantalon La Veillée Rien à vous dire Le Théâtre d'Autrefois Cazeneuve dans ses Créations Montréal sur scène Ml" Moderato AU REVOIR Chansonnette Comique Interprêtée par HARMANT au Nationoscope i La vie passe vite On se voit, on s'quitte On a son copain Ktant tout gamin Qu'plus tard on r'voit sur son chemin S'il est riche on l'féte Mais si %z toilette lndiqu' le besoin On dit : tendant la main 1er Rei rain Au r'voir Quand *st' c' qu'on se r'verra Ah ! ah I—au r'voir J'te quitte et tu t'en vas Ah ! ah ! J'voudrais bien t'emmener chez Maire, Dîner comme (Uni frères Mais j'ai rendez vous, mon banquier Au r'voir ! au r'voir ! [m'attend J'ai pas l'temps II Au bal de barrière Prés d'une rosière U'n monsieur s'trouvait Pas très guilleret A caus' du froid qu'il faisait C'était pas la peine Lui dit la sirène De fair' tant l'malin Pour m'poser un lapin Rkirain Au r'voir Quand est'c' qu'on se r'verra Ah ! ah 1—Au r'voir J'te quitte et tu t'en vas Ahlah! J'aim' pas un amant qui m'gèle L'pigeon a du plomb dans l'aile Tu m'téléphon'ras quand tu s'rasdég'lé Au r'voir, Au r'voir Je r'passerai L'âme désolée La prunell' mouillée L'neveu rigolo Avec des sanglots Suit son oncle an champ d'repos Dans la nécropole Son cœur se désole Et l'cœur plein d'amour Il lui fait un discours Retrain Au r'voir Quand est c' qu'on se r'verra Ah ! ah !—Au r'voir Le plus tard au'on pourra Ah ! ah ! Pauvre oncle, va r'trouver ma tante Dis lui que j'prends soin d'ses rentes Mais un long dhcours pourrait t'éveiller Adieu, Adieu J'vais palper VI C'est pas que j'mennuie Mais ma p'iite amie M'attend loin de vous Et comm' j'en suis fou l'aut qu'j'aille à son rendez vous Pardon m'sieurs, mesdames J'vais près d'ia chère âme Maisd'mainje r'viendraii Vous dit' c' qui s'est passé Rei rain Au r'voir J'vous quitte et je m'en vas Ah 1 ah 1—Au r'voir J'suis dans tous mes états Ah ! ah ! Auprès des femm'shrun's oi blondes 11 n'faut pas perdre une seconde Si j'arrive en r'tard j'seraip'têtr rempla-Au r'voir, Au r'voir [cé C'est pressé ! PlkSU _ On se voit, on s'quit te On a son co .paio Etant tout g».min Qu'plus tard oa r'voit sur s'oneh'aun- S il est riche on Vtr te HARMANT III Pour faire des Alliances Prèsd'notr' Présidence Beaucoup d'Souveiains Vienn'nt tendre la main Comme de bons Républicains Cela leur profite Et quand ils se quittent A notr' Président Ils dis'ent en l'embrassant : Rei rain Au r'voir Quand est c' qu'on se r'verra Ah 1 ah !—Au r'voir J'te quitte et tu t'en vas Ah ! ah ! Il n'est encor que la France Où l'on trouve des finances Lorsque nous aurons besoin de quéqu's Au r'voir, Au r'voir [millions Nous r'viendrons IV Nos pauvr's ministères L'année tout entière Sont bien critiqués Et bien attaqués Par les partis opposés Lorsqu'on les renverse Ils subiss'nt l'averse Et courbant l'dos Au brav' populo Nous viendrons sur l'eau _ Mais si sa loi let .te lndiqu' le be .soin On ait ten.• I • v s - * r j .dui< la main Au r'voir' quand est-c'quon sp Ait .ra ?Ah ! *.u r'voir'j'te quittent tu t'en vas \h ' ah' Dis'nt Ri.i rain Au r'voir Quand est-c' qu'on se r'verra Ah ! ah !—Au r'voir On vous quitte on s'en va Ah ! ah ! Pour nous çi n'change pas d'systèm' bientôt y aura les mêmes Après la prochaine interpellation Au r'voir, Au r'voir Nou« r'viendrons •iVoudrais bim temm .ner ehez Mai.re, Di - lier comme deux vienx frè.res -s- Mais j'ai rVndez-\ous, mon ban .quier mat.tend Au r'voir! Au r'voir' J'ai pas I temps All.gll lh.llln.llT.il" La Chanson 4 7^1 —1> /Tri i—.1 * 0 * ritcn.S"V> £E EfE r.— 35 , 4 ~4f de Marinette Interprétée par GODEAU au National - Un jour je fis une chanson,.Une chanson pour Maiineite, Les vers avaient bonn< façon La musique fut bientôt f-ile, J'avais d'abord.d'un rossignol Pus pour motif.de ritournelle Une roulade en si bémol Autant que je me la rappelle.Un jour je lis une chanson.Une chanson pour Maiine'.te Les vers avaieni boni e façon La musique la musique en fut bientôt faite Puis dans les plaintes du ruisseau lii.ice aux caresses, aux caretseï de la brise, Jedécouvris.un chant nouveau Doublé d'une harmonie exquise; Souille embaumé.du gai printemps Echo divin de la nature Seuls de noscceurs les battement!.Devaient en marquer la mesure Oh ! la chanson, .de nos amours Comme elle fit vibrer.nos âmes ! De la chanter toujours, toujours Avec transport nous nous juiâmes 1 Mais les chansons ont leurs destins.Un soir que fredonnant la nôtie Sous sa fenêtre je revins Marinette, Marinette en chantait une autre O O U K A U F LE PETIT PANIER Chansonnette interprétée par Melle MALOUE au National et Mme NOZIERES aux Variétés (Québec) i Ninett', ma Ninette Viens donc vendanger Prends ta p'tit' serpette Ton gentil pxnier Vois le soleil brille Sous les échalas Partons ai* gentille Oui ne tard >ns pas Rkirain Oh ! l'envi' me démange D'aller en vendange D'aller en vendange "E: de grapill>nner Dans ton p'tit panier Dans ton p'tit panier I Sous la mousseline De ton bonnet blanc Mon amour devine Un trésor charmant Viens ¦MM la coudrette Tous deux, aimons-nous Nous aurons, Ninette Un pl xi si r bien doux Au Refrain III Ninett', ma Ninette L'aspect du chass'lai Depuis bell' lurette N'Iut tentant comme çà Vois, la vigne penche Sous un' tell' foison Kt bientôt la branche Frôlera l'sillon Au Refrain IV Ninett', ma Ninette Vois ce beau raisin "Ohî fit la fillette V en a plein la main Que la grappe est belle Qu'Ies grains sont noirs Le bon vin, dit elle Coul'ra du pressoir Au Refrain MALOUE Ail11* moto di fannJola é piano Ninett, ma Ni not .f«', Viens donc vendait rcH Prends ta p'tit's«r pet le.Ton gpn.til pa .nier! Vois If so.leil brij_.I< -^-^i—./S j NOZIERES L Avez-vous pensé à votre Pardessus d'Hiver?Voyez pour cela J.A.Cusson, rue Amherst coin Dorchester JL»m PETIT PANIER Sult< RKPIU1N Tempo 1 ».u.lol.GEORGES COLLIN Le Sapin et le Pantalon Monologue Comique Interprété par GEORGES COLLIN an National Deux Méridionaux sont à la table d'hôte, Kt chacun d'affirmer, verbe haut, tête haute, Qtti tout ce que produit leur terre est colossal Que le soleil gascon, que le ciel provençal, Ont des ardeurs, aux autres pays inconnues, Qui fécondent les champs et desséchent les nues, Ils en ont tant conté qu'ils n'ont plus rien du tout Dans leur sac Leur faconde amusante se calme Pourtant, chacun d'eux sent que pour avoir la palme Devant la galerie, il faut chercher un coup Qui tombe le rival, sans espoir de revanche Le Gascon croit l'avoir trouvé :—"Hon 1 j'oubliais Un fait encor bien plus étonnant.Un dimanche, C'était, je m'en souviens, le cinq août.je péchais Dans la Garonne, cet incomparable fleuve ! Et.tout en sifïbtant un vieil air de chanson, J'avais pris, à peu près vingt livres de poisson.Une misère ! .rien qui jusqu'alors m'émeuve, Pour m'en aller, j'allume un cigare de choix, Un havane excellent.de Cuba.puis je jette Au hasard, devant moi, le restant d'allumette.(C'était, je vous préviens, une allumette en bois) Elle tombe en un champ n'ayant rien que de l'herbe, Sans arbres, mais chauffé par un soleil superbe.L'an d'âpre?, je reviens pêcher au même bord, Et tout en arrivant, stupéfait, je me cogne Le ne/, dans un sapin.un grand sapin du Nord !.Vous avez deviné C'était, bonté du sort ! L'allumette poussée au soleil de Gascogne ! " Et le Gascon se tut, vivement applaudi, Le Provençal haussa les épaules et dit : —"Pas mal ! mais votre sol est encore en enfance, Comme fécondité.Vous prenez sa défense, Vous faites bien, c'est d'un bon fils ; mais, moins d'orgueil! Je vais, en quelques mots, vous en boucher un œil ! Un jour, que je chassais du côlé des Martigues, J'avais longtemps couru, sans souci des fatigues, Mon carnier archiplein, bondé, mais cependant Tirant, tirant toujours.ma foi ! j'étais en nage, Bouillant d'ardeur encor, mais lassé de carnage.Je dépose mon arme à mes pieds—imprudent ! Sous un grand olivier, tranquille, je me couche Et me repose un peu.mais le soleil ardent, Tapant sur mon fusil, enflamme la cartouche.Le coup part.Je bondis !.pas ému, mais surpris.En passant tout au ras de ma jambe, la charge Enlevait une poche à mon pantalon gris.Je la cherche partout.rien., rien.Je prends le large Et m'éloigne avec mes soixante huit perdrix Or, vous aller juger si tout ce que j'avance Sur la fécondité du sol de la Provence Est une blague, l'an suivant, dans cet endroit, Mon chien tombe en arrêt, tremblant.Je pique droit Vers un buisson touffu.flairant quelque mystère, Et vois un phénomène, étonnant, en effet : Où ma poche enlevée était entrée en terre Avait poussé, messieurs, un pantalon complet "! LE THEATRE D'AUTREFOIS Une scène de la piece "LE PRETRE" au Théâtre National en 1900 année de sa fondation A.fi OR/TA II.LE rGéi.n.t) EL/.HAMEL (réritmtrï Jt7.LEIV DAOUST 'Dir.¦ Arthti.jue) G.GAUVRE 4 U, ( Dir.- prof > i/ta ire , LA BROU] PAUL MARCEL TVJ un prince héritier qui se déguise et rôde, Afin de découvrir l'injustice et la fraude, A travers les Etats du roi son père, tel Jésus reprend, parfois, son jeune front mortel, «Juitte^en secret le firmament de Duu son père, Kt, blond, s'en vient un peu voyager sur la terre.—Teléniaque divin que, comme un vieux Mentor Le bon saint Pierre, ôtant son auréole d'or Pour n'être pas trahi par ses feux, accompagne.Un jour, ayant battu longuement la campagne.Le .-«eigneur et le saint,—on était en hiver,— Firent halte en un bois dont le feuillage veit N'était plus, sur le *ol, que de l'humus rougeâtre Saint Pierre eût bien voulu s'asseoir au coin d'un âtre Et chamfer ses vieux doigts ; mais la seule maison Qui levât son chapeau de chaume à l'horizon Ne penchait pas au vent la plume de fumée Qui fait rêver bou gîte tt soupe parfumée.Donc, ce bois valait mieux, d'autant que le soleil Y donnait, un soleil timidement vermeil.Un soleil pas bien chaud, c'est vrai, mais tout de mêi Point trop à dédaigner en ce matin >i blême; Kt Pierre, tout fourbu d'aller par les chemins, S'étant assis, tendait vers le soleil ses mains, Kt les dégourdissait dans sa lumière rose.Cependant que Jésus rêvait à quelque chose, Debout, et ne sentant ni fa.igue, ni froid.Pierre cria soudain : Maître ' Fils de mon roi ! Regardez, regardez par ici, cette femme ! N'est-elle pas itupide ou folle?Sur mon Ame, Elle veut ramasser du soleil.Voyez-là ! " Jésus leva les yeux Une vieille était là.De ces vieilles des champs au dur profil de chouette.Et c:tte vieille, avec une énorme brouette, Sî tenait au milieu du sentier, à l'endroit Qu'éclairait un rayon de soleil tombant droit, Et, sitôt qu'il venait dorer son véh'cule, Cette femme tentait la chose ridicule D'emporter le rayon, et poussait aux brancards Bien vite.Mais toujours, au moindre des écarts O PIANO O Extrait de l'Opérette "THE MERRY WIDOW jg VALSE INTERMEZZO ht OT" 2 ^—r «-p-: 'S i a 1 -9 4==\ v 1 j | g —- .- »|t —i w ' .g g_ f-è-è- '•/*-.- O CODA Pour finir T T E Poésie de EDMOND ROSTAND Interprêtée à l'Académie par M.PAUL MARCEL Qu'elle fixait du point frappé parla lumière.Le soleil s'échappait de la brouette.kl Pierre Se divertissait fort * regarder ce jeu : L* capture, d'abord, du beau rayon de feu Kntie les lis boueux et gris qu'il illumine, Puii sa fuite rapid; tt la pit
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