Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Prêtres et laïcs
Le mensuel Prêtres et laïcs fait suite à L'Action catholique ouvrière et se veut un instrument de travail pour les prêtres et les laïcs soucieux de l'évolution de la société québécoise. Il traite principalement de pastorale populaire et d'apostolat laïque.
Éditeur :
  • Montréal, :[Prêtres et laïcs],1967-1973
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Prêtre aujourd'hui
  • Successeur :
  • Dossiers "Vie ouvrière"
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Prêtres et laïcs, 1967-10, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" OCTOBRE \u2014 VOL XVII PRÊTRES ET LAICS FEVUE D'APOSTOLAT LAÏC ET DE PASTORALE POPULAIRE LE PRETRE DANS UNE SOCIETE EN EVOLUTION \u2022\tLe visage du prêtre Rosaire Fafard \u2022\tLe prêtre est-il un étranger dans la cité Bernard Favreau \u2022\tLes nouveaux rôles du prêtre d\u2019aujourd\u2019hui Paul Déry \u2022\tLe statut social des prêtres Claude Gagnon \u2022\tL\u2019Eglise du Québec a-t-elle pris le tournant postconciliaire Bernard Lambert DUSTBANE Service moderne d'entretien des immeubles maisons canadiennes produits et matériaux d\u2019entretien des édifices ainsi que les contrats à forfait.465, RUE MARCONI,\t2068, 55e AVENUE QUEBEC 8, Qué.\tDORVAL, Que.683-3760\t631-5521 LOISELLE PETROLEUM LTEE s r MONTREAL SERVICE JOUR ET NUIT LIVRAISON AUTOMATIQUE WE.3-6774 \u2014 i \u2014 Continuation de ceux qui ont contribué à la publication d'août-septembre 1967 MAISON DE RETRAITES FERMEES.ROUYN PAROISSE NOTRE-DAME.HULL PAROISSE VILLE-MARIE, TEMISCAMINGUE Paroisse de l\u2019Assomption, Granby Paroisse Notre-Dame de Lourdes, Mont-Joli Maisons de Retraites Fermées, Mont-Joli Maison de Retraites Fermées, Québec Un cordial merci à tous nos souscripteurs spéciaux de la publication d'août-septembre 1967.Le Publiciste.\u2014 II \u2014 Tél.653-7229 LOUIS-P.COUTURE INGENIEUR-CONSEIL ! 1090, AVENUE LOUIS RIEL\tSAINTE-FOY, QUE.j F.-X.DROLET INC.Atelier de mécanique et fonderie Spécialité: ascenseurs Québec 245, rue Du Pont Tél.: 522-5262\t\tMontréal 4853, ParthenaU Tél.524-1838 Huiles\tELIECO\tGazolines 4135 ROUEN\tMONTREAL 4\tCL.4-7141 Les Equipements de Bureau Richelieu Liée\t\t \tJ.L.Charette, prés.\t \t268, Champlain\t24, Chemin de la Baie Montréal\tSaint-Jean\tValleyflald 866 4117\t346 5159\t373-3121 LA CONSTRUCTION DAMASE MORIN LTEE ENTREPRENEUR GENERAL Spécialité: briques et pierre 10210, Ave.Bruchési, Montréal 12\tTél.389-2244 \u2022 622-7225 OVERNITE EXPRESS LIMITED OTTAWA - HULL PB.7-1301 Montréal\tHawkesbury\tManiwâki Toronto\tBuckingham\tShawvllle Hamilton\tSt-Jérôme\tPembroke -LARGE OR SMALL W* HAUT IT ALL\" Y £ A î LL4 RG EON -XTMÏTÉg Les plus grands fabricants de chandelles et bougies au Canada SAINT-CONSTANT,\t105 est, St-Paul Cté Laprairie, Que.\tTél.866-6913\tMONTREAL PRETRES et LAICS Revue d'apostolat laïc et de pastorale populaire Direction: Paul-E.Pelletier, o.m.i Publicité: Paul-E Deschênes, o.m.l.Secrétariat: Christiane Savard Equipe de rédaction: Jean-Marc Lebeau de St-Jean Gilbert Laçasse d\u2019Ottawa Jacques Bissonnette, ptre de Montréal Rita Maurice du M.T.C.Roger Poirier, o.m.l.Marie-Paule Lemieux du S.P.M.Prêtres et laïcs veut être un carrefour et un Instrument de travail des prêtres et des laïcs préoccupés de pastorale populaire et d\u2019apostolat laïc, soit dans Tes mouvements d\u2019action catholique ouvrière, d\u2019action familiale ou sociale.Avec la permission de l\u2019Ordinaire: Abonnement: $3.00 pour un an $5.00 pour deux ans $5.00 de soutien Rédaction et administration: 1201, rue Visitation, Montréal 24, Qué.Canada.Téléphone: 522-6524 524-1188 \"Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication\u201d.\"Frais de port garantis si non-livrable\u201d.SDMMA1REI Octobre 1967 Vol.XVII Editorial Le prêtre dans une société en évolution P.-E.Charland, o.m.i.\t360 Dossier Le visage du prêtre Rosaire Fafard, ptre .362 Le prêtre est-il un étranger dans la cité Bernard Favreau, ptre.365 Les nouveaux rôles du prêtre d\u2019aujourd\u2019hui Paul Déry, ptre .369 Sociologie Le statut social des prêtres Claude Gendron\t 373 Pastorale L\u2019Eglise du Québec a-t-elle pris le tournant postconciliaire Bernard Lambert, o.p.377 Voix de l'épiscopat La situation économique de la famille .393 Témoignage La grande pauvreté: la non-participation Georges Briand, f.c.389 Expériences pastorales Récollection aux fiancés avec les chansonniers Jules Beaulac, ptre .391 Cellule de recherche en sciences religieuses André Dallaire .401 L\u2019Agir en action catholique Paul Déry, ptre\t404 A travers les revues L'Eglise, peuple de Dieu P.-E.Charland, o.m.i.408 Imprimerie L'Action populaire Ltée, Joliette, Qué. Editorial Le prêtre dans une société en évolution Le présent travail est le fruit d\u2018une recherche poursuivie durant plusieurs mois par une équipe de prêtres du diocèse de St-Hyacinthe.Ces prêtres, au nombre de six, sont tous aumôniers à plein temps.Ils animent, au plan diocésain, trois secteurs de la pastorale.MM.les abbés Paul Déry, Rosaire Fafard.Jean-Gilles Freniêre, André Gaudreau s\u2019occupent surtout d'action catholique et d\u2019apostolat laïc, M.l\u2019abbé Pierre-Paul Beauregard de mouvements sociaux, M.l\u2019abbé Bernard Favreau d\u2019action caritative et de bien-être social.Ils demeurent tous au Grand Séminaire dans la ville épiscopale à l\u2019exception de l\u2019abbé Favreau qui habite l\u2019évêché.Ces prêtres se réunissent chaque semaine pour reviser leur travail, alimenter leur vie spirituelle, approfondir certains points de doctrine d\u2019intérêt commun, réaliser des projets nettement communautaires.A l\u2019été 1966, après un sérieux retour sur le travail de l\u2019année, l\u2019équipe décide d\u2019intensifier l\u2019aspect missionnaire de son action apostolique pour être davantage présente aux centres nerveux où se bâtit le monde d\u2019aujourd\u2019hui.Les tâches de suppléance furent réduites au minimum; les préoccupations et les contacts s\u2019orientèrent définitivement vers le service du milieu sans négliger la vie des mouvements.C\u2019est ainsi qu\u2019ils ont été amenés à susciter un dialogue prêtres-laïcs dans les principaux clubs sociaux de la ville de St-Hyacinthe afin de définir ensemble le nouveau rôle du prêtre dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.Le sujet avait été dicté par un sondage effectué en octobre et en novembre dans les villes de Sorel, Granbv, St-Hyacinthe.Cette consultation s\u2019est réalisée par interview auprès d\u2019une cinquantaine de laïcs de tout âge et de toute condition.Des questions furent posées, ouvertes sur les aspirations et les attentes de l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui face à l\u2019Eglise, un peu dans la veine du thème qui sera traité cet automne au congrès mondial du laïcat: \u201cLe Peuple de Dieu dans l\u2019itinéraire des hommes\u201d.360 11 ressortait clairement de ces témoignages que le prêtre qui veut entrer en contact avec les laïcs doit commencer par se définir.Pour la plupart des laïcs, le rôle de l\u2019Eglise se confond avec celui du prêtre.A la suite de ce sondage, l\u2019équipe des aumôniers à poursuivi une double recherche.L\u2019une pour replacer le rôle du prêtre dans le contexte d\u2019une société en transition; beaucoup de critiques perdent alors de leur virulence.L\u2019autre pour éclairer à la lumière de Vatican II, ce nouveau signe des Temps.Les exposés qui amorçaient l\u2019échange avec les laïcs comportaient les trois aspects suivants: 1\u2014\tUne série d\u2019opinions tentant de définir la perception et les attentes que les gens ont du prêtre; 2\u2014\tUn travail sociologique expliquant que dans une société en transition s\u2019élabore une nouvelle échelle de références qui conditionne la perception que les gens ont du prêtre; 3\u2014\tQuelques-unes des conditions susceptibles de créer au prêtre des nouvelles chances de jouer efficacement son rôle dans ce monde nouveau.A la suggestion de plusieurs prêtres, la même expérience fut reprise avec quelque 175 prêtres du clergé régulier et séculier lors des rencontres effectuées dans les huit vicariats forains du diocèse.C\u2019est ce projet initial quelque peu transformé que nous vous présentons dans les pages qui suivent.Nous y avons joint deux textes d\u2019actualité pouvant contribuer à la recherche du rôle du prêtre dans notre société.Claude Gendron, journaliste à La Presse résume les débats de la 9e Conférence internationale de sociologie religieuse tenue à Pierrefonds à la fin de juillet.Le Père Bernard Lambert, o.p., expert au Concile, analyse la situation postconciliaire dans l\u2019Eglise du Québec.Ce dossier sur le prêtre aux écoutes du monde moderne nous semble heureusement illustré par l\u2019expérience que nous livre l\u2019abbé Jules Beaulac d\u2019une récollection aux fiancés faite avec les chansonniers.P.-E.C.361 Le visage du prêtre Rosaire Fajard, pire Résumé d\u2019un sondage effectué auprès de diverses couches sociales dans la diocèse de St-Hyadnthe en 1966-67 et portant sur la perception du prêtre d\u2019aujourd\u2019hui.Nous ne voulons ici que rapporter quelques-unes des principales conclusions qui ont pu être tirées des contacts et entrevues effectués auprès de laïcs et de prêtres.LES LAICS D\u2019une façon générale, le laïc voit le prêtre comme un personnage distant, \u201cil ne se mêle pas aux gens\u201d, qui joue \u201c au père\u2019\u2019, qui est autoritaire, \u201cil parle comme s\u2019il était spécialiste en tout\u201d, dont le rôle est mal défini, \u201con ne sait pas ce qu\u2019il fait\u201d.Plus particulièrement, les adultes d'âge moyen et ceux qui sont plus âgés (40 ans et plus), s\u2019accommodent encore en bonne partie du prêtre tel qu\u2019il apparaît aujourd\u2019hui.Les griefs qu\u2019on adresse à son endroit ne sont pas moins l\u2019indice d\u2019un changement de perception.Ils attendraient que le prêtre, surtout celui qui oeuvre dans le ministère paroissial, participe davantage et à titre individuel, \u201cpas toujours au nom de l\u2019Eglise\u201d, aux organisations qu\u2019ils mettent sur pied.Sur le plan du renouveau liturgique, les changements viennent, comme imposés d\u2019autorité, sans que la participation des paroissiens ait été requise.Le statut du prêtre est vu comme étant de tout repos: \u201cil n\u2019est pas soumis au suffrage, son logement et sa nourriture sont assurés, il est libre de charges familiales, il s\u2019accommode bien des premières places lorsqu\u2019il vient aux démonstrations publiques.\u201d Ces quelques remarques exprimées dans des formes \u201ccorrectes\u201d laissent voir que la situation n\u2019est pas encore trop mauvaise.Le prêtre est consulté et invité avec joie, plus particulièrement chez les ouvriers et les paroissiens qui vivent en dehors des agglomérations urbaines.Les jeunes adultes, (moins de 25 ans) sont plus directs et plus virulents dans l\u2019expression de leur perception et de leurs attentes.Pour eux.le prêtre ne peut comprendre le monde d\u2019aujourd\u2019hui.Il devient 362 un type d\u2019homme dépassé, dont on tient de moins en moins compte.S'il veut avoir de la considération, \u201cqu'il la gagne\u201d en devenant un \u201cégal\u201d, un \"ami\u201d, qu'il accepte d'être \u201cdiscuté\u201d, qu\u2019il \u201cparticipe comme les autres aux organisations sociales\u201d sans \u201cprendre la première place s\u2019il ne l'a pas méritée par son travail ou sa compétence\u201d.La vie du prêtre leur apparaît se rapprocher plus de celle des \u201cbourgeois\u201d que de celle des travailleurs.L\u2019on s\u2019étonne qu\u2019il se dise pauvre et qu\u2019il réussisse à posséder une voiture habituellement récente et luxueuse.Les jeunes reconnaissent moins au prêtre le droit de traiter des sujets comme \u201cla finance, la femme, l'éducation des enfants.\" Par contre, ils attendent qu\u2019il apporte une attention à être plus compétent sur le plan des problèmes humains, qu\u2019il parle avec des \u201cmots de tout le monde\u201d de la religion, qu'il soit plus \u201cauthentique\u201d dans sa vie, qu\u2019il se spécialise dans un domaine s\u2019il veut ensuite être écouté et considéré.Il est à noter que les jeunes ont paru moins intéressés au problème de la perception du prêtre que les plus âgés.LES PRETRES Il était un peu difficile pour les prêtres de s\u2019exprimer sur l\u2019image qu\u2019ils croyaient représenter pour les laïcs.Emotionnellement engagés, ils avaient fortement tendance à être subjectifs et sur la défensive.Us avaient tendance à chercher à identifier des coupables.La note dominante semble être l\u2019inquiétude et le besoin de trouver des \u201crecettes\u201d pour remédier aux problèmes des changements qui s\u2019effectuent.Chez les prêtres plus âgés (50 ans et plus) le passé semble être le critère le plus important pour apprécier les phénomènes actuels.Pour eux, les adultes seraient plus religieux, apprécieraient plus le prêtre., en somme ne poseraient pas de problème.L\u2019isolement et la condamnation sont le plus souvent la solution apportée aux problèmes qui se posent.Si \"ça va mal\u201d, c\u2019est la faute des moyens de communications modernes \u201ctélévision, radio, journaux, cinéma\u201d.Les jeunes \u201csont de fortes têtes\u201d.Pour eux, les paroissiens attendent que leurs prêtres soient \u201cpieux\u201d, aient une \u201cconduite rangée\u201d (habit ecclésiastique, pas trop de sorties le soir aux heures tardives), administrent bien les sacrements, soient au presbytère lorsqu\u2019ils veulent les consulter, en somme qu\u2019ils s\u2019occupent bien de leur paroisse comme le \u201cbon pasteur\u201d, le \u201cgardien du troupeau\u201d.Les prêtres plus jeunes semblent plus sensibilisés aux changements qui s\u2019opèrent dans la société.Us mettent en doute la façon traditionnelle de remplir leur ministère.Us croient que les laïcs attendent du prêtre 363 une présence plus inconditionnelle (non comme représentant de la hiérarchie) au monde.Leur opposition est plus dirigée contre les structures institutionnelles de l\u2019Eglise que contre des catégories de laïcs.Ils souffrent difficilement d\u2019être placés dans des situations où ils n\u2019ont pas l\u2019impression de répondre aux attentes du laïcat.Ils croient que l'on attend d\u2019eux des engagements concrets dans des clubs sociaux par exemple, au même titre que les membres laïcs.Ils se sentent plus près des jeune;, même s\u2019ils ne sont pas certains d\u2019être acceptés par eux.Les rôles du prêtre, pour eux, seraient plus axés sur l\u2019animation sociale (sans savoir au juste ce que c\u2019est) que sur l\u2019organisation sociale (type prêtre leader social).CONCLUSION Le problème a d\u2019abord été posé en terme de perception du prêtre, mais il faut peut-être le situer à un niveau plus global, soit celui de la façon dont est vue la religion elle-même.Comme la religion doit informer toute la vie de la personne sans pour autant la diriger, ainsi le prêtre est invité à animer le milieu social par sa présence engagée sans pour autant la commander au nom d\u2019une autorité qu\u2019on ne lui reconnaît plus.Il est apparu aussi que l\u2019organisation paroissiale n\u2019est plus considérée comme le pôle d\u2019intégration sociale qu\u2019il a déjà été.Pour les jeunes surtout, le presbytère n\u2019est plus le centre où se prennent les grandes décisions dans la vie, tant sociale qu\u2019individuelle.Face à cela, l\u2019isolement du prêtre n\u2019est pas une réponse aux problèmes que pose la pastorale dans notre société en changement.Une vision courageuse du monde actuel peut seule être à la base d\u2019une action pastorale adéquate.364 Le prêtre est-il un étranger dans la cité Bernard Favreau, ptre, sociologue La perception du prêtre qui nous a été présentée ne peut être comprise sans être située dans le contexte d\u2019une société en transition.Le passage d'une société de type traditionnel à une société de type urbain provoque nécessairement des brissures, des éclatements, des bouleversements même dans l\u2019ordre qui existait antérieurement.Ce phénomène ne peut qu\u2019avoir des répercussions sérieuses sur le prêtre, comme d\u2019ailleurs sur tous les autres hommes d\u2019aujourd\u2019hui.La société traditionnelle, pré-technique, nous pourrions même dire rurale que nous avons connue autrefois chez-nous, se caractérise par sa simplicité, sa stabilité, son isolement, le contrôle social sévère qu\u2019elle entretient, l\u2019importance qu\u2019elle attache à la coutume, le folklore qu\u2019elle conserve, le système de parenté qu\u2019elle privilégie dans la plupart de ses rapports sociaux et par la place importante qu\u2019elle fait à la religion.Cette dernière devient l\u2019institution clef de défense et de maintien de l\u2019ordre social établi.Etre sans religion, dans une telle société, équivaut pratiquement à être sans moeurs et sans loi.Dans cette société, tout ce qui contribue au maintien de la religion, en particulier le prêtre, bénéficie d\u2019un prestige et d\u2019un statut social qui le place au rang des personnages les plus importants du milieu.La société de type urbain idéal, technique, celle vers laquelle nous nous acheminons, comporte la présence d\u2019une multitude de mondes sociaux juxtaposés.Elle est mouvante, mobile et sa stabilité bien relative ne tient qu\u2019à un équilibre de forces dont la valeur sous-jacente est la démocratie, le droit égal de tous et chacun à participer au pouvoir.Dans cette société, les rôles sont changeants et multiples, les statuts sociaux doivent s\u2019acquérir et se maintenir par le travail soutenu, l\u2019étude sans cesse renouvelée et souvent par l\u2019exercice d\u2019une occupation ou d\u2019une fonction de plus en plus spécialisée.Le pluralisme, chez elle, est accepté et même valorisé parce que considéré comme un moyen d\u2019accélérer son renouvellement.Dans une telle société, une distinction marquée se fait entre contacts directs et contacts personnels; les premiers sont de type commercial et les seconds sont de type amical.Autant, dans cette société, est encouragée la tendance à se grouper pour toutes sortes de raisons (forme de socialisation) autant est défendu le respect de la personne et la sauvegarde de ses droits (personnalisation).365 Plus concrètement, énumérons quelques-unes des répercussions de cette société en transition sur la vie paroissiale: Autrefois \u2014 A \u2014 Le milieu de travail s\u2019identifiait pratiquement au milieu de résidence, de sorte que la paroisse constituait un monde à elle seule où la personne vivait, travaillait, se récréait, recevait son éducation et mourait.\u2014 B \u2014 On accordait une importance telle au milieu familial qu\u2019il devenait le modèle privilégié de tout groupement et l'on avait tendance à modeler la vie paroissiale sur le modèle de la vie familiale.\u2014 C \u2014 La femme jouait un rôle de première importance dans le maintien de la vie religieuse familiale et paroissiale.C\u2019est elle qui déterminait le temps et la fréquence des sacrements pour sa famille.On l\u2019appelait l\u2019âme de la famille, la gardienne des vocations.\u2014 D \u2014 Le rythme de vie, même religieuse des gens, était collé à celui de la nature.Les changements de saisons et les événements importants de la vie quotidienne coïncidaient souvent avec des fêtes religieuses, ce qui contribuait à soutenir la vie religieuse paroissiale.Aujourd'hui \u2014 A \u2014- Ces deux milieux de travail et de résidence coïncident de moins en moins, pour de larges tranches de la population, de sorte que la paroisse n\u2019est souvent que le dortoir à l\u2019extérieur duquel presque toute la vie se passe.\u2014 B \u2014 L\u2019importance prédominante est accordée aux différents milieux de vie suivants: école, milieu de travail, lieu de loisirs, etc.Aussi, il devient difficile de concevoir la pastorale paroissiale sur la base des modèles familiaux.\u2014 C \u2014 La femme ne se considère pas plus responsable que l\u2019homme du maintien de la vie religieuse, d\u2019où répercussion aussi sur la vie religieuse paroissiale et peut-être aussi l'importance de revaloriser la participation religieuse de l\u2019homme.\u2014 D \u2014 Le rythme de vie des gens est de plus en plus marqué par d\u2019autres impératifs: travail, vacances.les fêtes liturgiques paroissiales deviennent ainsi pratiquement des entraves à la vie.au repos, aux amusements, etc.366 \u2014 E \u2014 Les grands événements de la vie.naissance, mariage et sépulture étaient étroitement reliés à la famille, de sorte que les sacrements qui les accompagnaient constituaient des cérémonies à caractère plus familial que paroissial.ex: les paroissiens non invités qui s'avisaient d\u2019assister à un mariage étaient considérés comme des \"senteux\u201d.\u2014 F \u2014 La paroisse, cadre de vie des gens, constituait aussi une forme de point d\u2019arrivée pour les chrétiens.Elle risquait de faire perdre de vue le diocèse qui constitue la cellule de base de l\u2019Eglise.\u2014 G \u2014 La paroisse était quasi autonome, homogène et sentait moins le besoin de coopérer avec les autres paroisses dans la plupart des domaines.ex: charité était organisée sur une base paroissiale.\u2014 E \u2014 Les grands événements de la vie prennent maintenant un caractère plus communautaire.La naissance et la mort ont le plus souvent lieu à l\u2019hôpital.Aussi les sacrements qui accompagnent ces événements peuvent plus facilement prendre un caractère paroissial.\u2014 F \u2014 L\u2019Eglise, signe d\u2019unité et de respect inconditionnel, peut maintenant difficilement accepter, comme telles, les différentes catégories élaborées par la société civile.D\u2019où plus grande difficulté à se situer par rapport à une distinction plus nette entre les deux sociétés.\u2014 G \u2014 La paroisse ne peut que devenir une cellule de coopération et d\u2019entraide pastorale avec les autres paroisses, elle n\u2019est plus homogène elle-même.Elle comporte en elle-même des groupes formant pratiquement des \"quasi-paroisses\u201d.ex: les grands mouvements de charité ne peuvent qu\u2019être organisés sur une base diocésaine même mondiale, d\u2019où une façon d\u2019être plus catholique en même temps que citoyen du monde.367 Quelques répercussions de notre société sur la vie du prêtre: Dans cette société en transition, le statut du prêtre devient moins dépendant de sa fonction ou de son état que de sa valeur personnelle.La remise en question générale des rôles sociaux ne l'épargne pas et fait même que ses rôles traditionnels deviennent confus, incertains et risquent même de décevoir: \u2014\tson travail apparaît peu précis: \u2014\tson pouvoir et son autorité ne lui viennent pas de la collectivité d\u2019une façon aussi évidente que chez la plupart des autres ¦\"leaders\u201d sociaux.\u2014\tson état de célibataire contribue de moins en moins, à lui seul, à lui donner une considération privilégiée; il y aurait peut-être lieu de le restituer dans un contexte plus clair de service et de témoignage.\u2014\tla sanction de sa compétence, qui lui vient peut-être trop exclusivement sur une base juridique (ordination, nomination, âge.) se perçoit moins facilement qu\u2019un statut acquis graduellement et sur d\u2019autres bases.\u2014\tson statut tient aussi beaucoup à la façon dont est vue la religion dans son milieu.\u2014\tenfin, à plusieurs titres, le prêtre apparaît comme un signe de contradiction, pour ne pas dire une personne marginale, si on le confronte à l\u2019échelle de valeur prônée par notre collectivité: \u2014\til est célibataire \u2014\tpossède habituellement assez peu d\u2019argent \u2014\tsa fonction le met plus au service des autres que d\u2019une entreprise personnelle.\u2014\til travaille le plus souvent à des heures peu fixes et alors que les autres sont en période de loisirs.\u2014\tsouvent il dérange les possédants en demandant le partage de leurs biens.\u2014\tdu moins quant à l\u2019orientation de sa vie, ses choix sont plus globaux que chez les autres personnes.En somme à un moment où l\u2019Eglise apparaît, plus que jamais en transition, un bouleversement profond risque d\u2019affecter le prêtre dans ses rôles et le situe souvent au centre de tiraillements qui suscitent parfois chez lui des hésitations, pour ne pas dire plus.La société nouvelle qui s\u2019élabore appelle des fonctions plus spécialisées, des rôles moins polyvalents, chez le prêtre; par le fait même, je crois que son influence auprès des hommes n\u2019en peut que s\u2019accroître en profondeur. Les nouveaux rôles du prêtre d'aujourd'hui Paul Déry, pire Les défis posés à l\u2019Eglise par ce nouveau type de société urbaine lui offrent de nouvelles chances capables de rendre efficace sa mission.Dans cette société en transition que vient de nous décrire M.l\u2019abbé Fa-vreau, le prêtre devra continuer à révéler aux hommes les secrets de l\u2019amour de Dieu, les rassembler pour la célébration eucharistique, orienter vers le bien commun l\u2019exploitation maximum des talents de chacun.Pour être fidèle à Vatican II, l\u2019Eglise devra opérer un déplacement des pôles d\u2019attraction dans l\u2019exercice de sa pastorale.Nous avions mis l\u2019accent sur le sacerdoce ministériel, le sacramentalisme, l\u2019institution, la hiérarchie.Vatican II, met l\u2019accent sur le Presbytérat, le Peuple de Dieu, la mission de l\u2019Eglise.Les gestes que nous posons pour d\u2019autres de par notre sacerdoce ministériel devraient de plus en plus être posés avec d\u2019autres.Cette façon nouvelle de concevoir notre rôle dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui nous obligera à un dialogue permanent entre nous, prêtres, entre prêtres et laïcs, enfin entre l\u2019Eglise et le monde.A\u2014Et d'abord le dialogue entre nous, prêtres, est indispensable.Le ministère de type traditionnel s\u2019est déjà considérablement modifié.Présentement, seulement un prêtre sur deux exercerait des fonctions strictement paroissiales.Sur 149 prêtres résidant dans la ville épiscopale, seulement 24 exercent des fonctions paroissiales en permanence.Qu\u2019une moitié des prêtres puisse difficilement justifier l\u2019emploi du temps de l\u2019autre moitié est assez symptomatique du manque de dialogue qui existe trop souvent entre les différents secteurs de la pastorale.Qui dans le diocèse remplit la fonction la plus profitable polar le Peuple de Dieu?Les apôtres eux aussi interrogeaient Notre-Seigneur pour savoir qui était le plus grand dans le royaume de Dieu.C\u2019est une question stérile à laquelle je me garde bien de répondre.369 Chose certaine, nous ne manquons pas de prêtres mais nous souffrons d'une utilisation maxima des possibilités de chacun.Seul l'exercice d\u2019un sacerdoce vécu d\u2019une façon presbytérale permettra une utilisation maxima des possibilités de chacun.Liturgie, action musicale liturgique, éducation, catéchèse, apostolat.action catholique, oeuvres de charité, missions, oecuménisme: voilà des secteurs de notre pastorale diocésaine déjà en marche ou en voie de s\u2019organiser La diversité et la spécialisation dans les tâches exigent que l'on découvre de mieux en mieux cette fraternité sacramentelle qui nous unit tous dans un sacerdoce unique.\u201cDu fait de leur ordination, qui les fait entrer dans l\u2019Ordre du Presbytérat, les prêtres sont tous intimement liés entre eux par la fraternité sacramentelle; mais du fait de leur affectation au service d\u2019un diocèse en dépendance de l\u2019évêque local, ils forment tout spécialement à ce niveau un Presbytérium unique\u201d.(No 8 du décret \u201cVie et ministère des Prêtres\u201d) B\u2014Le dialogue entre prêtres et la'cs est non moins nécessaire.C\u2019est tout le peuple chrétien qui est sacerdotal.\u201cIl n\u2019y a donc aucun membre qui n\u2019ait sa part dans la mission du corps tout entier\u201d.Le texte conciliaire nous rappelle cette vérité avant même de donner la nature du Presbytérat.Le sacerdoce ministériel est ordonné à la croissance et à la mise en valeur de chacun des membres du Peuple de Dieu.Ce sacerdoce ne nous met pas à la remorque des laïcs pas plus qu\u2019il ne met les laïcs à notre service.Il nous met tous, prêtres et laïcs, au service du corps tout entier dans un rôle de complémentarité.Il serait faux de vouloir transposer au niveau du laïcat ce lien de subordination qui rattache dans l\u2019Eglise le prêtre à l'évêque.Ce serait aller contre le travail de l\u2019Esprit qui a voulu que les laïcs travaillent à leur façon à la construction du Royaume.Cette vision nouvelle de notre rôle dans l\u2019Eglise va nous amener à dresser l'inventaire de tous nos canaux de dialogue avec le laïcat et à reviser continuellement nos mécanismes de travail avec eux.370 Quand nous parlons de dialogue, U ne s'agit pas d\u2019un simple canal d\u2019expression qui relie deux êtres humains.II s\u2019agit d\u2019une mentalité et d\u2019une culture commune, basée sur un respect des possibilités de chacun, sur une relation en profondeur et sur une capacité intérieure d\u2019accueil pour l\u2019autre.Lors de rencontres dans les clubs sociaux, nous avons été vivement frappés de constater que la plupart des malaises qui existent au sein du laïcat à l\u2019heure actuelle proviennent d\u2019un manque de dialogue entre prêtres et laïcs.\u201cSi nous disons c\u2019est à prendre ou à laisser, les gens laissent.Et si nous nous contentons de dire de toutes façons nous avons prêché l\u2019Evangile, qu\u2019ils l\u2019entendent ou qu'ils la repoussent nous éprouvons de plus en plus de difficultés à emporter la conviction, même la nôtre\u201d.(P.Liégé) C\u2014Le prêtre sera attentif à toutes les valeurs humaines.Le rôle du prêtre devra dépasser le cadre de l\u2019institution ecclésiale et inscrire davantage son action au coeur des valeurs humaines.Le prêtre doit évaluer le contenu de son ministère à la lumière de la mission effective du Peuple de Dieu dans le monde de ce temps.\u201cCe qui est demandé maintenant à l\u2019Eglise, disait Jean XXIII en convoquant le Concile, c\u2019est d\u2019infuser l\u2019Evangile dans les veines du monde moderne\u201d.(1961) L\u2019Eglise, comme institution, ne porte pas en elle-même sa finalité propre.Elle est avant tout au service de toutes les valeurs humaines qu\u2019elle veut consacrer, ordonner à Dieu par l\u2019homme.L\u2019Eglise non seulement ne condamne pas les valeurs humaines, mais elle les reconnaît même si elles sont nées hors d\u2019elle-même.Elle les purifie, les partage, les reçoit selon les expressions du texte conciliaire.Beaucoup d\u2019hommes de bonne volonté posent à leur insu des gestes de fraternité humaine qui ne peuvent avoir leur source qu\u2019en Dieu seul.Notre rôle alors sera moins de donner le Christ aux âmes, selon une expression souvent employée, que de révéler aux hommes sa présence déjà agissante au coeur de toutes les activités humaines mêmes celles qui seraient peccamineuses.L\u2019exigence qu\u2019entraîne ce rôle sera celle d\u2019être à l\u2019écoute de la vie, interpeller la vie, interpréter les signes des temps.371 C\u2019est le premier geste que Yahvé pose envers l'homme quand il dit à Adam, dans le paradis terrestre: Où es-tu?\u2014 à Eve: Qu'as-tu fait là?Dieu interpelle la vie, amène le premier homme et la première femme à saisir la portée spirituelle de l\u2019acte de désobéissance qu\u2019ils viennent de poser.Aujourd'hui, il n\u2019est plus suffisant d'éviter le scandale par des sorties douteuses; on peut surprendre davantage par notre absence habituelle de tous ces centres de vie où se bâtit le monde.Nous devons témoigner de notre foi aux valeurs temporelles par notre présence aux organismes temporels ou aux mouvements apostoliques qui veulent animer le temporel.Dégagés des responsabilités d\u2019organisation que nous devions assumer jadis, notre présence n\u2019en sera que plus appréciée parce qu\u2019elle pourra mieux se situer dans la ligne de notre sacerdoce.Le service, le témoignage, le dialogue, telles sont les valeurs que le monde d\u2019aujourd\u2019hui attend du prêtre.(Suite de la page 376) Prêtres et laïcs dans une perspective ecclésiale.Mais si on a à l\u2019occasion mentionné le rôle du laïcat dans l'action sociale de l\u2019Eglise, on n\u2019a pas envisagé le problème sacerdotal dans un contexte vraiment ecclésial.La place sociale du prêtre dans l\u2019Eglise et la société ne sera-t-elle pas vraiment définie lorsqu\u2019on aura en même temps défini celle du laïc et du religieux?Le prêtre doit-il être le seul à se préoccuper du recrutement?Le laïcat n\u2019a-t-il pas une responsabilité autre que celle de procurer les fonds nécessaires à l\u2019oeuvre des vocations?N\u2019est-ce pas à une responsabilité de la communauté entière?Les conclusions que les participants eux-mêmes ont tirées à la fin de la Conférence indiquent une orientation en ce sens: nécessité d\u2019étudier l\u2019évolution du rôle de l\u2019évêque et les relations entre le prophétisme et l\u2019institution, nécessité de tenir compte de tous les intéressés \u2014 prêtres, laïcs et religieux -\u2014 dans la réforme des diocèses, etc.Les participants concluent aussi qu\u2019il est possible et nécessaire de redéfinir le rôle sacerdotal et sont enclins à donner à leurs recherches une orientation qui conduirait vers une \u201cprofessionnalisation du sacerdoce\u201d.Le prêtre serait un spécialiste dans son rôle propre.(fin) 372 Le statut social des prêtres Claude Gendron, journaliste à La Presse Rapport de la 9e Conférence internationale de sociologie religieuse.Il apparaît encore très difficile de définir le statut social des prêtres.Un prophète, un représentant de l\u2019Eglise, un administrateur des sacrements (présider l\u2019action liturgique), un animateur, un formateur, un professionnel, un travailleur social, un \u201cleader\u201d, un homme d\u2019espérance, un homme de changement social.Voilà autant d\u2019expressions qui, d'une façon ou d\u2019une autre, peuvent décrire sociologiquement ce que c\u2019est qu\u2019un prêtre.Mais souvent on considère qu\u2019une seule de ces expressions lui appartient en propre, celle d\u2019\u201cadministrateur de sacrements\u201d, qui découle de son caractère sacerdotal.Les autres peuvent aussi s\u2019appliquer aux laïcs.La différence est \u201cmince\u201d.Selon les données de la science sociologique, il apparaît très difficile encore de situer le prêtre dans une Eglise et une société en pleine évolution, sinon en révolution.On devra donc poursuivre les études et accumuler un plus grand éventail d\u2019expériences pour situer le prêtre tant au sein de l\u2019Eglise que dans la société.Voilà l\u2019impression qu\u2019un observateur, non initié aux disciplines de la sociologie, peut tirer de la 9e Conférence internationale de sociologie religieuse qui s\u2019est déroulée cette semaine à l\u2019ermitage des religieuses de Ste-Croix à Pierrefonds, en banlieue de Montréal, et dont le thème était \u201cLe clergé dans l\u2019Eglise et la société\u201d.Y participèrent plus de 200 sociologues, la presque totalité des prêtres, venus de 18 pays des divers continents.On comptait aussi quelques laïcs ainsi que quelque* prêtres anglicans et ministres protestants, selon une nouvelle politique de cette association d\u2019origine catholique d\u2019accepter dans ses rangs des spécialistes d\u2019autres Eglises chrétiennes.373 Un statut dans une société monarchique ou démocratique?La difficulté qu'éprouvent ces sociologues religieux de situer le prêtre dans la société contemporaine viendrait-elle du fait qu'ils considèrent encore la question dans l\u2019optique d\u2019une société religieuse traditionnelle?C'est du moins ce qui ressort d\u2019une remarque d\u2019un sociologue belge, le père Jan Kerkhofs, au moment où on s\u2019interrogeait sur les attitudes envers le prêtre et le sacerdoce et sur le recrutement des vocations \u201cAyons le courage de mettre en question tout le système\u201d, dit-il.Système qu\u2019il caractérise lui-même par la tendance de \u201crecruter des enfants pour en faire des chefs de communauté\u201d et l\u2019acceptation sans discussion au départ d\u2019une \u201csociété religieuse très hiérarchisée, monarchique, pour ne pas dire féodale et médiévale\u201d.Après avoir souligné qu\u2019à l'intérieur de ce système, \u201con a peur d'aborder certains problèmes\u201d \u2014 il n\u2019y a encore aucune étude sérieuse sur les anciens séminaristes qui n\u2019ont pas atteint le sacerdoce et les prêtres qui ont quitté leurs fonctions sacerdotale \u2014, le père Kerkhofs demande si on de devrait pas s\u2019attendre à l\u2019avènement d\u2019une société religieuse plus démocratique qui réponde aux besoins de notre temps et atteigne tous les croyants, ceux qui ont une mentalité traditionnelle, ceux qui évoluent plus rapidement, comme ceux qui n\u2019acceptant plus l\u2019institution se classent dans la catégorie du \u201ctroisième homme\u201d.Le père Kerkhofs apparente le système religieux actuel à un système de \u201clavage de cerveaux\u201d et reproche aux \u201cresponsables du système\" de juger comme si tout était uniforme alors que la société mondiale est pluriforme.11 propose une collaboration plus étroite dans l\u2019étude des phénomènes religieux qui varient considérablement dans les divers pays.Définir la religion avant de situer le prêtre.Un autre participant, le chanoine Jacques Vercheure, de France, soulignant qu\u2019on avait considéré le prêtre comme un homme d\u2019espérance.un homme de changement social, et notant qu\u2019une forte majorité des participants insistait pour donner au prêtre un rôle prophétique, demanda, pour sa part, qu\u2019on définisse d\u2019abord ce que c\u2019est que la religion et son contenu, et quelle est la mutation de ce contenu.\u201cAprès, dit-il, nous tenterons d\u2019établir ce qui différencie sociologiquement le prêtre du laïc\u201d.C\u2019est sur des interventions de ce genre que se terminèrent deux des principales séances d\u2019études au cours desquelles plusieurs sociologues avaient présenté des travaux sur différents aspects de la question.374 Avantages culturels et non économiques.Certes, sociologiquement, le statut du prêtre apparaît comme une anomalie.L\u2019abbé Blanc de la Fontaine, de France, le décrit comme un personnage \"qui a les avantages culturels d'une position sociale sans en avoir les avantages économiques\u201d, qui n\u2019est plus un notable et dont le travail s\u2019apparenterait à celui d\u2019un travailleur social.Le cas du prêtre qui a une profession ou un métier, professeur d\u2019université, est différent cependant.Si le premier reçoit une pitance assez maigre pour vivre, l\u2019autre reçoit parfois un salaire supérieur à la moyenne des salariés.Réduire le rôle du prêtre à ses seules fonctions culturelles équivaudrait à le reléguer à la sacristie; mais sociologiquement il apparaît comme un homme public à qui la société demande des services particuliers (comme celui des aumôniers militaires, dira un participant des USA, d\u2019animateur social ou de leadership) mais qu\u2019elle ne reconnaît pas comme un service professionnel au même titre que les autres.\u201cReprésentants d'une profession supérieure\".Décrivant les différents types de prêtres, le père Osmund Schreu-der, de l'université de Nimègue, en Hollande, énumérera le \u201cgardien de la morale et des valeurs\", le \u201creprésentant de l\u2019Eglise\u201d dévoué à l\u2019institution, stratège, gérant, administrateur, le \u201cprophète\u201d qui juge plus important d'annoncer la Bonne nouvelle que de servir les intérêts de l\u2019institution, le \u201ctravailleurs socio-religieux\u201d qui fait jouer à l'Eglise un rôle de suppléance là où les institutions sociales ou civiles sont déficientes ou n'existent pas.Le père Schreuder soutient que les prêtres, comme \u201creprésentants d'une profession supérieure\" doivent résoudre leurs problèmes eux-mêmes, en formant des organisations professionnelles, en demandant qu\u2019on réforme les structures ecclésiastiques comme l\u2019enseignement dans les séminaires, etc.M.Paul-Emile Boité, de Montréal, ancien aumônier syndical, a souligné que le prêtre doit être un animateur et un formateur des esprits, un éveilleur de conscience, et laisser aux laïcs le rôle qui leur revient.L\u2019abbé Norbert Lacoste, sociologue et curé de St-Germain d\u2019Outremont, a dit que le prêtre doit être un \u201ctémoin d\u2019espérance\" qui fait voir des solutions possibles aux problèmes auxquels l\u2019homme est confronté, \"pas des solutions de révolté, mais des solutions positives\u201d.M.Lacoste fut celui qui avait suggéré la tenue de cette conférence de sociologie religieuse à Montréal, à l\u2019occasion de l\u2019Expo.375 Théologie de la révolution, sociologie de la violence.Le prêtre doit-il par ailleurs s\u2019engager dans l\u2019action sociale directe où se cacher derrière le paravant des laïcs qu\u2019il anime?C\u2019est une question qu\u2019un jésuite d\u2019Amérique latine a soulevée en soulignant qu'en certains milieux d\u2019Amérique latine la révolution, même violente, apparaît aux yeux de plusieurs comme la solution aux problèmes des populations.\u201c11 manque d\u2019études théologiques sur le sujet comparativement à l\u2019avancement de la sociologie\u201d, dit-il.Par ailleurs, ne pourrait-on pas élaborer une théologie de la révolution?\u201d.La question provoqua certes un remous.On se demanda si c\u2019était là le rôle du prêtre.On rappela que Pie XII avait déjà souligné que le prêtre n\u2019était pas un réformateur.La question posa le problème de la \u201csociologie de la violence\u201d, de l\u2019étude du conflit, une manifestation qui pour certains peut avoir une valeur positive.\u201cOn compare la révolution à la destruction de la vie, nota le jésuite, mais n\u2019y aurait-il pas une autre forme de destruction de la vie par la tyrannie politique ou économique?demanda-t-il.Un autre participant se demanda si la réalité n\u2019était pas tout autre et s\u2019il n\u2019y avait pas place à la coopération.Mais s\u2019il n\u2019y avait aucune coopération possible dans une situation sociale bien précise et bien concrète?La question demeura sans réponse; mais on avait posé deux problèmes: l\u2019un à la théologie et l\u2019autre à la sociologie.Les vocations se maintiennent dans quatre pays seulement.Quant au recrutement des prêtres, les sociologues religieux manifestent une certaine inquiétude.Il baisse partout, ou presque.Un participant notera qu\u2019il ne baisse pas dans quatre pays seulement: le Mexique, la Hongrie, la Pologne et la Tchécoslovaquie! Faut-il alors, devant les transformations sociales, que les prêtres ferment leurs collèges et délaissent l\u2019enseignement pour se consacrer à d\u2019autres tâches?Si, aux Etats-Unis, les vocations se recrutent en général à l\u2019école privée et confessionnelle, en France, par contre, 90% des vocations viennent de l\u2019école publique et des milieux ruraux en majorité.On a parlé aussi du rôle du milieu familial dans l\u2019éclosion des vocations sacerdotales, mais certains disent que ce rôle peut être ambivalent; un jeune homme peut aspirer à la prêtrise à cause de la vie religieuse familiale et aussi par réaction contre un milieu familial non religieux.La fortune des parents, qui permet aux enfants d\u2019étudier dans des collèges, n\u2019est pas un facteur à ignorer en certains milieux, a-t-on aussi souligné.(Suite à la page 372) 376 L'Eglise du Québec a-t-elle pris le tournant postconciliaire ?Bernard Lambert, o.p.(1) Nous ferions bien, pour en juger, de nous garder de toute réaction émotive dans un sens ou dans l'autre.Aucun d\u2019entre nous ne serait disposé à affirmer que l'Eglise au Québec est exactement la même qu\u2019avant le Concile.Mais jusqu\u2019à quel point a-t-elle changé?L\u2019a-t-elle fait dans la bonne direction?Et si elle est sur la bonne voie, que lui manque-t-il encore pour affermir son orientation?Il ne se passe pas une semaine sans que la question revienne sous une forme ou sous une autre dans les journaux.Cet article pourrait être une pièce de plus au dossier.11 y a quelque temps, \u201cNewsweek\u201d livrait le résultat d\u2019une vaste enquête sur les changements dans l\u2019Eglise catholique aux Etats-Unis.Les faits semblent bien observés; mais je ferais noter qu\u2019ils se situent tous au plan du comportement moral et pratique: mariage (divorce); famille (régulation des naissances, avortement); relations sociales (ségrégation); relations internationales (politique américaine au Vietnam); célibat ecclésiastique; abstinence; directives du clergé; langue liturgique.\u201cNewsweek\u201d avait le droit de choisir ses points de vue.On ne peut affirmer toutefois qu\u2019ils suffisent à juger de l\u2019orientation spirituelle de toute l\u2019Eglise.En les appliquant au Québec nous aurions des indications utiles, certes, mais partielles puisque la vie d\u2019une Eglise ne s\u2019épuise pas toute dans sa morale.Il y a une vie de la foi et celle-ci peut être également repérée.Il y a le dogme.Il y a la morale.Les espoirs suscités par Vatican II, aussi bien que le malaise actuel, qui selon les lieux et les objets prend le nom de crise postconciliaire, sont la manifestation d\u2019options nouvelles prises ou à prendre par l\u2019Eglise.Quiconque a tant soit peu fréquenté l\u2019histoire de l\u2019Eglise sait qu\u2019à chaque seuil de l\u2019histoire du monde, l\u2019Eglise, mise en présence de nouveaux \u201csignes des temps\u201d, prend une direction nouvelle, les accents se déplacent, d\u2019autres équilibres apparaissent, une intégration différente se (1) Le père Lambert, dominicain, est professeur de théologie à l\u2019université Laval.Expert au concile et auteur de plusieurs ouvrages, il dirige actuellement un important ouvrage en collaboration sur \u201cla nouvelle image de l\u2019Eglise\u201d après Vatican IL 377 cherche.A Vatican II, cela s\u2019est appelé une connaissance et une conscience nouvelles de l\u2019Eglise.le demande qu\u2019on me fasse confiance si je passe sous silence la démonstration à partir des textes conciliaires des options nouvelles prises par l\u2019Eglise.Les jalons que je propose ici se situent en direction des points essentiels de l\u2019ecclésiologie.Ils sont offerts comme des points stratégiques de vérification de l\u2019évolution de l\u2019Eglise au Québec.Les exemples concrets qui les accompagnent sont limités par la nature même de cet article.Si l\u2019on veut que Vatican II ne demeure pas lettre morte, il faut que ses options majeures passent dans toutes les Eglises de la Communion catholique.I ) De l'Institut à l'Evénement.Il s'agit là d\u2019une réorientation fondamentale.La contre-réforme avait amené l\u2019Eglise à souligner le caractère visible et institutionnel de l\u2019Eglise.Ce faisant, on renforçait la relation historique qui rattache l\u2019Eglise à ses origines, mais on laissait dans l\u2019ombre la relation transhistorique.ou eschatologique qui maintient actuellement l\u2019Eglise en dépendance de son Seigneur.Dans le protestantisme, au contraire, l\u2019insistance a porté presque exclusivement sur la relation eschatologique au détriment de l\u2019autre.La détente causée par le climat oecuménique a permis aux catholiques et aux réformés de réexaminer leurs positions sous le signe de l\u2019intégrité.Le Québec est né au sein de la contre-réforme et au milieu du grand siècle classique français.Nous avons été profondément marqués par l\u2019aspect institutionnel de l\u2019Eglise.Les villes du Québec révèlent au visiteur une abondance surprenante d\u2019institutions religieuses de toutes sortes.Mais, si l\u2019Eglise est essentiellement institution, elle est tout aussi essentiellement événement.Elle est très précisément un événement, ou un ordre d\u2019événements (les mystères du Seigneur) qui nous instituent en un nouvel ordre de relations entre nous, avec Dieu et avec le monde de la création.La rentrée de fait de l\u2019Ecriture dans la conscience de l\u2019Eglise, dans la formation des chrétiens, des séminaristes, des religieux et religieuses, dans la vie et le ministère des prêtres, dans l\u2019apostolat des laïcs, dans la liturgie, est un test décisif pour juger de l'assimilation de l\u2019esprit de Vatican II, c'est-à-dire de la volonté de bien manquer que l\u2019Eglise est d\u2019abord et avant tout l\u2019événement de la parole qui retentit dans les coeurs et y fait jaillir une réponse dans la liberté.Si l\u2019on peut répondre positivement à la question: l\u2019Eglise de Québec vit-elle davantage de la parole de Dieu depuis les dernières années?Il faudra inscrire cette acquisition à l\u2019actif.378 2)\tDu juridisme à l'amour.L'amour, dans le christianisme, est plus qu\u2019une attitude, un sentiment ou un supplément que l\u2019on verse dans les structures pour qu\u2019elles fonctionnent bien.L\u2019Amour est lui-même un principe structurant, car qu\u2019est-ce que l\u2019Eglise sinon le prolongement de l\u2019amour rédempteur qui vient du Père par le Christ dans l\u2019Esprit Saint?On a sans doute trop accentué au cours des derniers siècles le droit au détriment de l\u2019amour.L'Eglise était construite sur l'Autorité.La société profane n\u2019avait pas d'autre modèle.Mais cette autorité apparaissait surtout juridique, disciplinaire, punitive.Ces aspects ont leur valeur, mais à la condition d\u2019être situés en premier lieu en fonction d\u2019une autorité conçue comme un principe de croissance en maturité spirituelle.Qui dit Eucharistie dit communion et qui dit communion dit amour; et c\u2019est ainsi que dans l\u2019Eglise l\u2019amour fonde le droit à diriger les fidèles.A Vatican II, l\u2019Eglise a opté pour une ecclésiologie eucharistique au plan de l\u2019Eglise particulière ou diocésaine, tout comme au plan de la communion des Eglises entre elles pour former l\u2019Eglise universelle.Nous poserons la question: dans l\u2019Eglise du Québec, les hommes qui détiennent l\u2019autorité dans les communautés religieuses, les paroisses, les diocèses, manifestent-ils la suprématie de l\u2019amour sur le droit?l\u2019enracinement du droit dans l\u2019amour?Y a-t-il dans les communautés religieuses une redécouverte de la fraternité de base et de la modalité spécifique d\u2019autorité qui doit y régner, ou retrouve-t-on inchangée le transposition des structures épiscopales dans les structures d\u2019autorité religieuse?Et jusqu'à quel point, d\u2019autre part, l\u2019évêque apparaît-il comme le Père et la Frère de tous en chaque lieu?3)\tD'une Eglise \"arrivée\" à une Eglise qui se remet en marche.En termes de sociologie, l\u2019Eglise du Québec présentait, au cours des dernières années, tous les signes que l\u2019on reconnaît aux sociétés \u201carrrivées\u201d: des institutions stables, puissantes, indiscutées, un statut social, des privilèges acquis, la confiance dans des formules éprouvées.Cette Eglise n\u2019était pas inquiète.Un indice le manifeste; quand elle construisait, c\u2019était encore pour des siècles et dans la perspective d\u2019une croissance uniforme et assurée.Je ne dévoile aucun secret en disant que très rares sont les institutions d\u2019Eglise au Québec qui ne se sont pas senties très rapidement et très profondément remises en cause au cours des toutes der- 379 nières années.Il n\u2019existe plus d\u2019Eglisc \u201carrêtée\" ou d'Eglise \u201carrivée\u201d au Québec.Une enquête sur les dispositions spirituelles intérieures des responsables ecclésiastiques dans le Québec serait délicate: quelle politique entendent-ils adopter?quels objectifs vont-ils poursuivre?Nous ne leur reprocherons pas que leurs pensées ne soient pas définitives, c'est le signe qu\u2019ils ont accepté la nécessité que notre Eglise se remette en marche.Nous ne sommes pas, du reste, les seuls.Toute l\u2019Eglise au Concile s\u2019est redécouverte pérégrinale.Serai-je trop optimiste?Je crois découvrir dans la nouvelle attention au social (justice et paix, pauvreté), dans la recherche de structures nouvelles de dialogue à l\u2019intérieur de l\u2019Eglise, comme avec le monde, des indices d\u2019une revalorisation chez nous du caractère pérégrinal de l\u2019Eglise.Nous savions que nous pouvions vivre sur des formules arrêtées.Nous expérimentons que nous pouvons également vivre en marchand au milieu de réalités montantes.4)\tDe l'individualisme au sens communautaire.Nous avons vu au cours des dernières années s\u2019estomper des frontières trop strictes entre communautés religieuses, entre prêtres diocésains et religieux, entre clercs et laïcs, entre paroisses, entre diocèses.Les choses se sont faites de la meilleure manière, c\u2019est-à-dire de bas en haut.En bien des cas, les expériences ont précédé les déclarations conciliaires sur l\u2019unité de la Mission du Peuple de Dieu, sur le christianisme comme fraternité de base, sur la solidarité qui doit exister entre l\u2019Eglise et le monde.Plusieurs exemples se présentent à nos yeux de la collaboration entre clercs et laïcs dans les hôpitaux, les maisons d\u2019enseignement comme au plan des rapports entre institutions.L\u2019Eglise est une communion.Voilà en principe un test excellent pour juger de son état: la communion existe-t-elle ou pas?Et pourquoi?Et par là nous saurons quoi faire pour la promouvoir.5)\tDu dirigisme à l'engagement total du Peuple de Dieu.Au siècle passé, Mohler, le grand théologien de Tübingen, en Allemagne, disait: le principe du déisme traduit au plan ecclésiastique donne ceci: le Christ a institué la hiérarchie et cela suffit à l\u2019Eglise jusqu\u2019à la fin du monde.380 Aujourd\u2019hui la structure hiérarchique passe d\u2019un style pyramidal à celui d\u2019un réseau.La structure n\u2019est pas moins importante dans un réseau que dans une pyramide.Le style ancien ne passe plus.Il correspondait à l\u2019ère de la féodalité et de la monarchie.Comment l\u2019autorité conçue comme se situant au coeur de l\u2019Eglise, comme dans un réseau d\u2019énergies divines ne verrait-elle pas son influence infiniment plus accrue que lorsqu\u2019elle se tenait au sommet d\u2019une pyramide?Le schème féodal qui faisait équivaloir les laïcs aux serfs s\u2019est effrité par la base.L\u2019autorité s\u2019est retrouvée au milieu du Peuple de Dieu.Je connais tel diocèse au Canada où le pasteur, pour s\u2019être admirablement mis à l\u2019école du Concile, a découvert des dimensions de son Eglise qu\u2019il ne connaissait pas.Mais je ne suis pas sûr qu\u2019en d\u2019autres endroits la nouvelle attitude ait dépassé le stade d\u2019un flirt avec le laïcat.6) De la seigneurie à la diaconie.Voici également un test excellent de l\u2019entrée de l\u2019Eglise du Québec dans l\u2019esprit conciliaire.Par seigneurie j\u2019entends l\u2019attitude d\u2019institutions tournées vers elles-mêmes ou tournant les hommes vers elles.Par diaconie, j\u2019entends une attitude fondamentale de service; l\u2019objectif de l\u2019Eglise de tous les temps est telle chose; les objectifs de l\u2019Eglise post-conciliaire sont telles choses, quelles structures de service l\u2019Eglise du Québec va-t-elle adopter, supprimer, transformer pour y répondre?Nous serions profondément injustes si nous affirmions que l\u2019esprit de service est une nouveauté dans l\u2019Eglise du Québec.L\u2019histoire est là pour en témoigner.Mais, ce que je veux dire ici avant tout c\u2019est une intégration plus poussée de la dimension diaconale dans la structure et la vie de l\u2019Eglise au Québec.Rendre service, c\u2019est là quelque chose de marginal, presque d\u2019optionnel.Mais, \u201cêtre de service\u201d va infiniment plus loin.Il y a dans la diaconie un critère fondamental de référence, un principe très important qui peut permettre de sélectionner les nouvelles formes de service ou d\u2019éliminer celles qui ne passent plus.Et cela vaut pour les communautés religieuses comme pour les diocèses.Il y a donc lieu de voir si au Québec nous avons une nouvelle manière d\u2019enseigner et de prêcher l\u2019élément diaconal dans l\u2019existence chrétienne, d\u2019intégrer la diaconie dans le culte paroissial, dans ses prières, ses aumônes, dans les structures paroissiales et diocésaines, les programmes d\u2019éducation chrétienne, la formation des candidats au ministère pastoral.Pouvons-nous donner une réponse positive dans tous les cas?381 7)\tD\u2019uen pastorale institutionnelle à une pastorale événementielle.Les agents d\u2019une pastorale institutionnelle peuvent être comparés aux acteurs d\u2019un théâtre bien formé qui jouent la même pièce de siècles en siècles pendant que la salle (entendez l\u2019Eglise) se remplit et se vide au gré des naissances, des morts, des défections ou des conversions.On peut aussi les comparer au personnel d\u2019une hôtellerie vaste et célèbre qui sert le même menu, de la même manière et de génération en génération.Quelqu\u2019un objectera: qu\u2019est-ce que cela peut faire si le menu est bon?Mais ce qui caractérise une pastorale événementielle, c\u2019est la présence première, reconnue, acceptée,, désirée, interrogée, des Trois Personnes divines que l\u2019on sait à l\u2019oeuvre au milieu des événements qui surgissent sans cesse de la vie humaine et chaque fois cherchent, avec le concours du ministère des hommes, à les tourner en événements de salut.Trois choses sont requises à une telle pastorale: une connaissance de l\u2019Eglise (car on a toujours la pastorale de son ecclésiologie); une exégèse du monde où l\u2019on vit (on a toujours la pastorale de sa connaissance du monde); et enfin la communication entre le mystère du Christ total et le monde tel que présent (on a toujours la pastorale effective de ses moyens de communication).Jusqu\u2019où se rend notre connaissance du mystère de l\u2019Eglise dans le clergé et dans le laïcat?Quelle connaissance avons-nous pour permettre à cette Eglise et à ce monde du Québec de se rencontrer d\u2019une nouvelle manière?8)\tDe l'opposition à la racination réciproque.Nous n\u2019avons pas souffert au Québec des oppositions qu\u2019ont connues de nombreux pays sous forme de tensions entre l\u2019Eglise et le monde, l\u2019Eglise et l\u2019Etat.Mais avec la sécularisation rapide de la province de Québec nous sommes en présence d\u2019une donnée inédite de notre histoire spirituelle.Il nous faudra en prendre les dimensions exactes, car c\u2019est dans ce nouveau terroir que devra s\u2019effectuer la racination nouvelle de l\u2019Eglise chez nous, tout comme ce devra être en fonction d\u2019une nouvelle présentation de l\u2019Eglise que la sécurité devra pousser ses racines et chercher un épanouissement chrétien.Il nous est difficile d\u2019aller plus vite que les événements, mais il y a dans ce problème un point de cristallisation majeur, un test de notre entrée dans l\u2019esprit post-conciliaire dont la Constitution pastorale sur l\u2019Eglise dans le monde de ce temps a si heureusement posé les jalons.382 (Suite à la page 403) ^Ooix Je Nbpiscobat La situation économique de la famille\" Message de l\u2019Episcopat canadien pour la Fête du Travail 1967 1\u2014\tLa tenue, en notre pays, de la Conférence internationale de la Famille nous invite à présenter à nos concitoyens dans notre Message annuel de la Fête du Travail quelques réflexions sur l\u2019important sujet de la situation économique de la famille.2\u2014\tDernièrement, nous présentions des mémoires à des comités gouvernementaux (1).Nous y demandions alors que tous les moyens soient pris pour affermir l\u2019institution de base de la société qu'est la famille.Les conditions économiques dans lesquelles vivent les foyers favorisent ou compromettent, selon le cas, l'équilibre et la stabilité de la vie familiale, condition d\u2019épanouissement de l\u2019homme.Intérêt de l'Eglise pour les problèmes économiques de la famille.3\u2014\tL\u2019Eglise, qui veut être au service de l\u2019homme et de sa destinée, s\u2019intéresse au problème économique de la famille.Instituée par le Christ pour réaliser le plan de la Rédemption et mener les hommes au Salut, elle se préoccupe de tout ce qui peut aider ou entraver ce dessein.Elle constate comment les familles privées de ressources forment un milieu peu favorable au progrès spirituel des individus et au bon ordre de la société.4\u2014\tAu sein de la famille, premier lieu de relations humaines, le père la mère, les enfants ont à vivre continuellement une vie d\u2019échanges.Comment ces relations peuvent-elles être harmonieuses, si le manque de ressources financières crée un climat de tensions?La famille est aussi un lieu privilégié qui permet à chacun de devenir ce qu\u2019il doit être et.suivant les étapes de la vie \u2014 enfance, adolescence, âge mur, vieillesse \u2014 de remplir son rôle propre.Comment la famille dépourvue pourra-t-elle aider ses membres dans ce double devoir?C\u2019est avant tout par la famille qu'on entre dans la société; mais si la famille est économiquement défavorisée, incapable de participer pleinement à la vie sociale, elle 383 risque de préparer des citoyens de seconde zone ou en marge des autres.Elément de stabilité au sein d\u2019une société changeante, la famille ne saurait l'être si elle est ballotée par les remous des tracas financiers.Revenu et utilisation du revenu.6\u2014\tLe principal indice révélateur de la situation économique de la famille est son revenu.Un bref coup d'oeil dans ce domaine permettra de saisir l\u2019importance du problème.7\u2014\tD'après les statistiques du dernier recensement général du Canada, près de 50% des chefs de famille salariés ne gagnaient pas $4.000.par an (2).Si l\u2019on considère le revenu total des familles canadiennes non agricoles, on s\u2019aperçoit que 12.73% de ces familles vivaient dans la misère avec une revenu inférieur à $2,000.: 10.45% étaient considérées comme pauvres, avec un revenu se situant entre $2,000.et $2,999; 15.24% vivaient dans la privation avec un revenu inférieur à $4,000.(3).Misère, pauvreté, privation: voilà encore aujourd'hui le lot d\u2019une grande partie d\u2019une population qui vit dans un monde d'abondance.Et que dire de bien des familles du milieu agricole! 8\u2014\tNous ne voudrions pas manquer de souligner un problème connexe, celui de l\u2019utilisation des revenus; c\u2019est tout le procès de notre civilisation de consommation qu\u2019il faudrait faire ici.9\u2014\tAlors que l\u2019individu est considéré comme un facteur de production.la famille l\u2019est comme un élément de consommation.Aussi est-elle la proie d\u2019un milieu où prime l\u2019aspect économique de la vie, le souci exagéré du gain en particulier.Tout en reconnaissant l\u2019utilité sociale de la publicité, nous constatons que, parfois, une publicité tapageuse et pressante violente même les enfants, provoque une montée de désirs et de besoins nouveaux, souvent artificiels, et des modes de vie dispendieux: tout cela crée une mentalité d\u2019insatisfaction chronique, d\u2019égoïsme et de fermeture aux autres.Bien souvent, sous cette pression, les parents renonceront à leurs responsabilités et sacrifieront, pour des avantages trompeurs, l\u2019éducation de leurs enfants.10\u2014\tUne plus grande maîtrise de soi, un meilleur contrôle personnel de leur propre vie, un esprit critique plus averti, permettraient aux familles d'utiliser avec sagesse les revenus dont elle disposent.384 11\u2014\tCertains organismes et mouvements font un travail magnifique pour aider les familles dans ce domaine.Nous les encourageons à poursuivre leurs efforts.12\u2014\tNous suivons avec attention les démarches en cours pour l\u2019établissement de mesures destinées à protéger les intérêts des consommateurs et à donner aux Canadiens de meilleures politiques de consommation.Jugement et Responsabilités 13\u2014\tPour nous, nous jugeons inacceptable que dans une société dite d\u2019opulence, un si grand nombre de familles profitent si peu des avantages du progrès économique.Nous nous élevons contre une mentalité qui ne reconnaît pas la véritable hiérarchie des valeurs: \u201cLe but fondamental de la production, c\u2019est le service de l\u2019homme, de l\u2019homme tout entier, selon la hiérarchie de ses besoins matériels comme des exigences de sa vie intellectuelle, morale, spirituelle et religieuse\u201d (4).Nous estimons que la famille tient une place de premier plan dans l\u2019épanouissement de l\u2019homme et l\u2019équilibre de la société.14\u2014\tChacun doit faire sa part pour lui assurer les ressources économiques nécessaires à ses fins.15\u2014\tNous nous adressons d'abord à l'Etat.Service de la société et expression politique d\u2019un peuple dont les membres sont groupés en familles, l\u2019Etat doit avoir une politique qui soit vraiment familiale.La famille est un élément essentiel dans la structure sociale et toute politique sociale qui ne retient que l\u2019individu comme unité de base est radicalement faussée.16\u2014\tLes gouvernants ont à prévoir les conséquences familiales de toute législation.Ils doivent par des mesures spéciales aider les familles à affronter les rythmes nouveaux de vie qu\u2019un monde industrialisé et urbanisé leur impose.En effet, les modes de vie familiale sont changés.Les enfants restent à la charge des parents plus longtemps qu\u2019autrefois.Dans certains cas, la femme mariée n\u2019a pas le choix, elle est forcée de travailler hors du foyer pour maintenir le niveau de vie de la famille.Le coût de la vie est en hausse continuelle.Un grand nombre de chefs de famille n\u2019ont pu acquérir une instruction adéquate.385 17\u2014\tQui est responsable de ces problèmes?N\u2019est-ce pas, pour une large part, la société dans son ensemble?Si les familles préparent des citoyens à la société, la société ne doit-elle pas, en retour, assurer les conditions requises pour qu\u2019on retrouve une qualité de vie familiale dégagée le plus possible de tensions et empreinte à la fois de sécurité et de stabilité?18\u2014\tD'où la nécessité de législations qui aident à satisfaire les besoins de la famille aux diverses étapes de son évolution.Nous pensons ici aux problèmes de nouveaux ménages qui doivent encourir de trop lourdes dettes, à ceux des foyers brisés, à ceux des personnes âgées, etc.Nous apprécions les mesures déjà en vigueur et nous encourageons les pouvoirs publics à réaliser une politique familiale qui réponde aux exigences de notre temps.19\u2014\tNous voulons souligner que les responsables des développements et des transformations économiques et industriels doivent, dans leurs décisions, tenir compte des tensions qu\u2019ils pourraient imposer aux familles.20\u2014\tLes familles demeurent cependant les premiers artisans de leur promotion.Une voix isolée a bien peu de chances d\u2019être entendue.Une action individuelle n\u2019a pas tellement de poids.Dans notre siècle de socialisation, l\u2019action collective s\u2019avère le moyen indispensable pour affronter les problèmes et les résoudre.Nous invitons fortement les familles à former de solides organisations familiales; nous saluons celles qui existent déjà et les félicitons pour leur travail.Que ces organisations se sentent une responsabilité collective et collaborent entre elles.Elles doivent éviter l\u2019éparpillement, et, tout en respectant un sain pluralisme, se donner des institutions représentatives qui influeront sur les législations et participeront, comme tant d\u2019autres, aux structures du pouvoir.21\u2014\tBien qu\u2019ayant insisté sur le rôle de l\u2019Etat et sur l\u2019action collective, nous n\u2019en reconnaissons pas moins la part nécessaire que doit prendre l\u2019individu dans son développement familial.L\u2019individu adulte est responsable de ses actes.Même s\u2019il est fortement conditionné par le monde qui l\u2019entoure, il demeure libre.C\u2019est à lui qu\u2019incombe d\u2019abord la tâche de soutenir généreusement sa famille; qu\u2019il résiste aux pressions d\u2019une publicité qui orienterait mal l'usage de ses revenus et qu\u2019il ne cède pas à la tentation de sacrifier les valeurs familiales.386 Recommandations spéciales 22\u2014\tNous voudrions terminer en formulant quelques voeux dont la réalisation permettrait d\u2019améliorer le sort des familles économiquement faibles.23\u2014\tNous recommandons: 1\t\u2014 que soit favorisé le développement des associations et mou- vements familiaux; 2\t\u2014 que soient mises sur pied, au niveau gouvernemental, des institutions qui s\u2019occupent spécifiquement de la famille; les organismes familiaux représentatifs devraient être invités à participer à ces institutions; 3\t\u2014 que soit créé un système diversifié de prestations familiales adaptées aux besoins des familles; 4\t\u2014 que le montant actuel des allocations familiales soit aug- menté: 5\t\u2014 que l\u2019on améliore l\u2019équipement social qui relève le standard de vie des familles.Notamment dans les domaines de l\u2019éducation, des loisirs, de l\u2019habitation, de la santé, de la protection devant la loi, etc.24\u2014\tDe notre part, nous nous proposons de demander à un certain nombre de prêtres de se spécialiser dans l\u2019étude des problèmes de la famille.Ils pourront ainsi, dans les limites de leur compétence, collaborer plus efficacement avec tous ceux qui sont engagés dans l\u2019action familiale.Conclusion 25\u2014\tNous renouvelons l\u2019appel de Vatican II pour que les chrétiens \u2014 et nous pensons ici à toutes les Eglises de notre pays \u2014 travaillent activement tous ensemble à la promotion des valeurs du mariage et de la famille, par le témoignage de leur vie personnelle et par une action concertée avec tous les hommes de bonne volonté.\u201cAinsi, les difficultés écartées, ils pourvoieront aux besoins de la famille et lui assureront les avantages qui conviennent aux temps nouveaux.\u201d 26\u2014\tNous savons comment les travailleurs sont souvent victimes des situations qui viennent d\u2019être décrites.A l\u2019occasion de la Fête du Travail, nous souhaitons voir se former une opinion publique 387 toujours en alerte en faveur de la famille.Nous espérons que les individus, les responsables syndicaux et patronaux, les associations de familles et l\u2019Etat conjugueront leurs efforts pour une action fructueuse, face aux problèmes économiques des familles d\u2019aujourd\u2019hui.27\u2014 L\u2019Eglise, on le sait, a manifesté un intérêt constant pour la famille.Au lendemain du Concile, plus consciente que jamais de son devoir d'être présente au monde de ce temps, elle ne saurait se désintéresser de ce qui touche de si près la famille.C\u2019est la raison de ces réflexions.Puissent-elles aider les Canadiens à assumer leur pleine responsabilité dans le maintien d\u2019une vie familiale saine et heureuse et la construction d\u2019un monde meilleur.(1)\tDéclaration au Comité permanent de la Santé nationale et du Bien-Etre Social de la Chambre des Communes.(2)\tRecensement du Canada, 1961, revue générale \"familles canadiennes\u201d, p.26.(3)\t\"La Troisième solitude\u201d, étude sur la pauvreté dans la région de Montréal, présentée par le Conseil du Travail de Montréal, 1965, p.25.(4)\tConstitution conciliaire \"L\u2019Eglise dans le monde de ce temps\", no 64.(5)\tConstitution conciliaire \"L\u2019Eglise dans le monde de ce temps, no 52.Conférence Internationale de la famille \u201cDans l'édification de notre société, concentrons-nous davantage sur la cellule familiale.Il faut rétablir la famille au centre de notre conception de la nature de La société.\" M.Reuben C.Baetz, directeur général du Conseil canadien du bien-être.\u201cIl faut changer le climat psychologique, social et politique à l'égard des familles.Au lieu de considérer les foyers comme des êtres respectables mais passifs, il faut les traiter en adultes, les inciter à prendre en mains leur destinée et susciter avec eux un climat collectif de revalorisation de la famille.\u201d \"L'association familiale a besoin du concours éclairé des spécialistes.Mais la valorisation des familles et des nouvelles familles en particulier appelle le concours actif des foyers eux-mêmes à qui il appartient de prendre les grandes options et de contribuer collectivement à leur réalisation.\u201d M.Joseph Gilles, secrétaire général de la Ligue des jeunes foyers de la Belgique.3SS
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.