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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1949-01, Collections de BAnQ.

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1/^S- V 7 •> tires Revue mensuelle de bibliographie critique SOMMAIRE PAGE IDEAL ET PRINCIPES Gaiconnade ou prudhommerie! Théophile Bertrand 257 ETUDES CRITIQUE8 « Les classiques de la spiritualité » L'Imitation de Jésus-Christ.Traduction de Lamennais Introduction à Ui rie dévote de S.François de Sales .Jacques Tremblay, s.j.250 « Un poète moraliste » Antoine de Saint-Exupéry, poète et aviateur.de Maria de Crisenoy Citadelle de Antoine de Saint-Exupéry J.-M.Gaboury, c.s.c.263 « Contraste » Uranus de Marcel Aymé Marie-Louise des champs de Pierre de Grnndpré .Théophile Bertrand 268 DOCUMENTS La Galerie des Auteurs catholiques rivants Sœur Mary-Joseph, S.L.275 FAITS ET COMMENTAIRES A travers les diocèses.Trois-Rivières .270 Glanes .283 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvrages .286 Ouvrages (Voir liste, p.2 de la couverture) 286 Revues.310 BIBLIOTHECA Message du président .Raymond Tanghe 313 La vie de l’Association .315 La nouvelle constitution de l’Association .31'» Texte îles vœux adoptés lors de l’assemblée annuelle du 13 novembre 1948 .319 Tome V, no 5 JANVIER 1949 Montréol F l DLS LECTURES RL VUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES Direction: Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Théophile BERTRAND Technique bibliographique: Cécile MARTIN Publication autorisée par l'Ordinaire.NOTES: 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l'année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l'annce.2.Les références bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la «atalogra-phie.Les cotes morales en usage sont les suivantes: M Mauvais D Dangereux B?Appelle des réserves plus ou moins graves, c'est-à-dire à défendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement) .B Pour adultes.Un ouvrage dont le titre n'est suivi d'aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.CANADA: ETRANGER: le numéro $0.33 abonnement annuel 3.50 abonnement annuel $3.75 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS ACHARD (E.), 306.••• Annale» de l'ACFAS, 807.ARCHAMBAULT (J.-P.), 807.••• Avec Jésus »ur le chemin du Ciel, 307.AYME (M.), 268.BARBEAU (M ).296.BARDY (G.).296.BARON (H.-M.), 302.BAYART (P.).807.BENOIT-GUYOD (G.), 308.BERNAGE (B.), 298.BLOY (L.), 287.BOULANGER (T.), 808.BOUTET (J.).292.BRAUN (P.-M.), 808.BUFFIER (C.).802.CERBELAUD-SALAGNAC (G.), 306.CHATEL (L.), 808.CHENIER (A.), 297.CLARAC (P.), 808.CLAUDEL (P.), 298.••• Corps mystique et Action catholique, 294.CRISENOY (M.de), 268.DAUJAT (J.), 308.DECOUT (A.).291.DELACOLLETTE (E.l.304.D1ETEREN (R.), 308.DUFRAISSE (Mère M l.308.ENGLEBERT (O.), 298.EUSÈBE (Frère), 308.••• La Forêt champenoise et ses mythes, 308.FRANÇOIS DE SALES (S.), 269.GRANDPRE (P.de), 268.GUITTON (J.), 286.HEMMERLE (J.).808.JEAN EUDES (S.), 308.JEROME (O.F.), 297.••• Jeunesse qui chante, 309.LAG ACE (C.), 307.LAMENNAIS, 269.LE GUAY (M.-S.), 296.LEMESLÈ (G.).309.LE MOIGN-KLIPFFEL (M.-Th.).809.LEON (Frère), 296.LOPEZ (A.), 806.MAETERLINCK (M.), 800.••• Ma Journée avec JésuB, 809.MARGUERITE-MARIE ALACOQUE (Stei.303.MAUCLERE (J.).299.MAURY (L.).292.PARVILLEZ (A.de).309.PÉRISSAS (M.).309.PIGUET (Mur G.).301.RELIGIEUSES DU CENACLE, 809.ROCHELEAU-ROUI.EAU (C.).809.ROMAIN (N.), 306.SAINT-EXUPERY (A.de).268 SAINT-IGNACE DE LOYOLA (Sr).308.SALABERRY (T.de).301.SEILLER (L.).288.SYLVAIN (C.), 309.••• Symphonie, 809.THIBON (G.), 299.TIBERGHIEN (Chan.P.), 293.TREMBLAY (J.).291.••• Vers le domine de 1 Assomption, 289.WEIL (S.).299.WILCZKOWSKI (C.).802.FIDES — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — ?PLateau 8335 IDÉAL ET PRINCIPES Çaâconnade ou ptudhommexie ?Dans Lectures de novembre (p.153), je présentais quelques réflexions en marge des propos du Dr Adrien Plouffe à la Société Royale du Canada, le 2 octobre dernier, ainsi que sur les commentaires que ces propos avaient suscités de la part d’un reporter emballé.Je n’ai pas encore eu l’avantage de lire le texte officiel du laïus qu’on attribue au Docteur mais, quels que soient les reproches qu’on puisse lui faire, on doit lui reconnaître le mérite d’avoir éveillé des échos significatifs.La revue Liaison (octobre 1948, p.497) entonne à son tour les mêmes propos sur les « bethléemmades » et les « sagehom-meries » « qui étouffent chez nous l’enseignement des belles-lettres », qui sont « la négation même » de la culture.C’est à rigoler.L’auteur du poulet nous avertit qu’il prend bien garde de « ne pas réveiller les oies du Capitole » ; il se contente, en sus des jugements péremptoires signalés à l’instant, de faire allusion à « la table d’hôte des patronages », à « la candeur », à « l’étroitesse d’esprit », à « tous les préjugés », aux « hypocrisies », aux « jansénismes », aux « puritanismes » et à « toutes les conceptions rigides, austères, morbides » qui rendent irrespirable l’atmosphère québécoise.Nouvelle charge donquichottesque — on s’en doute un peu devant ce malstrom lo-gomachique — et dont les sophismes grossiers l’emportent sur l’innocent pédantisme.Quoi qu’il en soit de toutes ces diatribes dépuratives, le Dr Plouffe lui-même ne se laisse pas toujours aller à des propos aventureux et parle encore plus souvent d’or.Ainsi fit-il lors de sa causerie à « Votre auteur préféré » le 2 novembre dernier.Les journaux du lendemain lui prêtaient ces paroles : L’homme est friand de sa liberté et que la chaîne ait des anneaux de fer, d’acier, d'or ou de platine, c’est toujours une chaîne.Et l’homme qui adore sa liberté a bien raison de ne pas vouloir être attaché, mais tout compté, tout pesé, quand il s’arrête à penser — ce qui est un luxe aujourd’hui — il peut arriver à la conclusion suivante: Il vaut mieux être lié à la santé qu’à la maladie.Et s’il est intelligent — cela arrive — l’homme finira par comprendre les vertus de l’hygiène et de la médecine préventive, sciences dont les règles d’or nous éloignent de mille et un maux indésirables.et des médecins.Oui, « il vaut mieux être lié à la santé qu’à la maladie ».Et tous ceux qui défendent avec réalisme la liberté humaine, non pas JANVIER 1949 257 un individualisme vaniteux et frondeur qui mène au suicide même de la liberté, n’ont jamais rien prétendu d’autre.La liberté vraiment humaine n’est pas l’indépendance absolue, la licence, la fièvre de l’arbitraire.Toute fin supérieure, tout objectif élevé, tout idéal s’obtient au prix d’une ascèse, donc grâce au choix des moyens appropriés et au sacrifice, par conséquent grâce à une discipline de la liberté.En littérature comme ailleurs.La vraie liberté se distingue par l’élan spontané du coeur vers les biens véritables et non pas par la faiblesse ou l’aveuglement qui engluent aux petitesses ou aux pièges de la route.Nous venons de le constater: lorsqu’il tombe dans son domaine propre, celui de la médecine, dans le champ de la profession qu’il exerce avec tant d’amour et de dévouement, de talent et de succès, le Docteur Plouffe soutient des principes analogues aux nôtres dans le domaine des lettres.Ajoutons que même ceux qui pratiquent les « bethléemma-des » et les « sagehommeries » préféreraient sans doute que la plupart des hommes, surtout eux-mêmes, n’en soient pas encore qu’à la « liberté initiale », mais jouissent déjà de la « liberté terminale », de la « liberté d’exultation et d’autonomie ».Hélas, les hommes sont ce qu’ils sont, et il relève de l’idéalisme le plus chimérique de rêver de les catapulter sans plus « par-dessus » la loi, « au delà » de la morale, sous prétexte qu’ils sont « libres », qu’ils sont d’abord faits pour la beauté et l’amour.Les partisans candides de la liberté absolue oublient, entre autres choses, que même dans les lettres, pour transcender tout à fait la morale, il faut en quelque sorte s’être si bien identifié avec elle qu’on en soit venu à ne plus voir ses apparences négatives, ses limitations immédiates, son extérieur desséchant, mais son aspect positif, son rôle de guide désintéressé, son âme, qui est amour condescendant, charité.On est alors plus « lié » que jamais, mais à la « santé », à la liberté authentique.Théophile BERTRAND ¦ ¦ ¦ Simplifiez vos affaires, économisez votre temps et votre argent! Confiez TOUS vos abonnements à TOUTES publications périodiques du CANADA et de l'ÉTRANGER au benoit service général d'abonnement 777, avenue Stuart, Outremont, MONTRÉAL-8, Canada Listes adressées gratuitement sur demande.258 lectures ËTUDES CRITIQUES jÇeâ classiques de la Spiritualité ° L’Imitation de Jésus-Christ ~ par Thomas a Kempis et Introduction à la vie dévote3 par saint François de Sales: tels sont les deux chefs-d’œuvre qui inaugurent la nouvelle collection des Classiques de la spiritualité chrétienne que vient de lancer la maison Fides.Ouvrir une collection aussi importante en présentant d’abord au public ces deux œuvres toujours vives, c’est faire preuve à la fois de sagesse surnaturelle, de sens pratique et aussi de bon goût.ce qui ne gâte jamais rien.Vous vous sentez sur le point de me dire, avec un sourire peut-être narquois : « Mais, mon Père, ajoutez donc encore, puisque vous êtes en veine d’éloges, que ce sont deux ouvrages d’une piquante nouveauté.Le premier date du XVe siècle et le second du début du XVIIe.» Qu’à cela ne tienne, mon bon ami! Les ans ne sont rien pour les chefs-d’œuvre.Je pense et j’affirme, ne vous en déplaise, que l’Imitation de Jésus-Christ et l’Introduction à la vie dévote vous apporteront les joies authentiques de la découverte si vous tentez sérieusement soit d’y entrer, soit d’y rentrer.Alors, vous vous prendrez, j’en suis sûr, à penser avec Péguy qu’ « Homère est plus jeune que le journal du matin ».Homère, pourtant, approche ses trois mille ans.Ce n’est pas la jeunesse des chefs-d’œuvre qui nous manque; c’est nous qui lui manquons.Pour une fois, essayons de ne point y manquer.* * * Ce petit livre que voici, dont la reliure est douce à toucher autant que sa couleur bleu marine est plaisante à voir, de format si commode qu’il se peut glisser dans toute poche, ouvrons-le.Pour cette collection, on a choisi un papier très beau à teinte légèrement parcheminée; sa matité fait ressortir les élégantes romaines du titre: TImitation de Jésus-Christ, Traduction Lamennais avec réflexions à la fin de chaque chapitre.Nous sommes donc en pré- 1 Texte d’une causerie donnée à la Revue des lectures de Radio-Collège.2 Lamennais, L’Imitation de Jésus-Christ.Traduction Lamennais, avec des réflexions à la fin de chaque chapitre.Montréal, Fides, 1946.383p.16cm.$1.25 ($1.35 par la poste).248 1 3 François de Sales (Saint), Introduction à la vie dévote.Montreal, Fides, 1947.319p.16cm.Reliure simili-cuir: $1.25 ($1.35 par la poste).248.1 JANVIER 1949 259 sence non seulement d’un classique de la spiritualité par le fonds original de l’œuvre latine du XVe siècle; mais la traduction qui nous le transmet jouit elle-même, tant par sa perfection littéraire que par sa fidélité, — sans omettre le traditionnel et constant usage qui l’a consacrée depuis un siècle, — du prestige des œuvres classiques.Mais ce n’est évidemment ni la bonne qualité de la présentation matérielle que nous offre la nouvelle collection, ni la traduction Lamennais qu’on a jugée susceptible de rallier le plus grand nombre de suffrages qui nous faisait dire tantôt que le choix de cet ouvrage comme tête de collection témoignait de sagesse surnaturelle et de sens pratique.Ce qui nous fait porter ce jugement, c’est la valeur même — sans égale après celle des livres inspirés, particulièrement du Nouveau Testament — de la doctrine de ce traité compact, dense, de la pratique de la vie chrétienne.Dans ses quatre livres: I — Avis utiles pour entrer dans la vie intérieure; II — Instruction pour avancer dans la vie intérieure; XII — De la vie intérieure; IV — Du sacrement de l’Eucharistie, se développe progressivement, selon une marche ascendante et rectiligne, l’itinéraire de toute âme chrétienne qui, répondant avec fidélité aux invites de la grâce, entreprend de devenir actuellement ce qu’elle est virtuellement depuis son baptême: une liberté concrète par laquelle le Fils incarné de Dieu trouve issue pour continuer d’agir sur cette terre.Et si l’on voulait, choisissant parmi beaucoup d’autres traits importants, désigner le caractère le plus marqué de cette œuvre, caractère qui la rend à la fois si suave et si forte, à la fois si théorique et si dynamiquement efficace, il nous faudrait dire que c’est une œuvre qui, depuis sa première ligne jusqu’à sa dernière, engage son lecteur dans l’exisfence.Rien de moins platonicien, rien de moins platonique que l’Imitation.Livre totalement chrétien, collé qu’il est de bout en bout à la Révélation et au texte de l’Ecriture qui en constitue d’ailleurs toute la trame.Là, aucun relent, aucune trace des variétés si nombreuses de mysticisme néo-platonicien si prenant pour certaines âmes à qui la répulsion du charnel, du concret, du terrestre, fait souvent désirer — illusoirement parce qu’en avance sur les authentiques invitations de la grâce — la « quiétude » des états mystiques.Là, tout au contraire, Jésus est vraiment ce qu’il est: le Dieu vivant qui parle au coeur, invite à l’action, prévient, aide et parfait l’exécution humble, charnelle, existentielle.Rien là encore qui ressemble à une spiritualité qui ne soit qu’une esthétique de la vie.Ce qu’on y trouve, c’est la demande du don total de la créature au créateur qui l’appelle, par et à travers Jésus-Christ, à l’exécution d’abord en soi-même et d’abord terrestre, efforcée, difficile, bien réelle, de Sa Gloire.C’est sans doute cette insatisfaction de la pure spéculation, cette aversion de tout ce qui n’est pas douloureux amour, — par- 260 LECTURES tant authentique — de tout ce qui est amour de tête ou de sens; et cette recherche de l’amour de zèle, de labeur, d’efficace et d’exécution dans l’ordre même de l’existence qui faisait dire à Claudel, pariant du jeune esthète nouvellement converti qu’il était: « L’Imitation appartenait à une sphère trop élevée pour moi et ses deux premiers livres m’avaient paru d’une dureté terrible ».Envisagée sous cet angle, la doctrine de l’Imitation de Jésus-Christ revêt un aspect tout moderne, à mesure que nous prenons mieux conscience du fait que ce sont les profondeurs de l’être réel et d’existence que nous sommes qui sont engagées dans le développement concret du Corps Mystique de Jésus-Christ, et au moment où nous découvrons que l’action vraie ne peut être que le rayonnement existentiel de la grâce, d’abord et en premier lieu existentiellement possédée et cultivée.* * * Vous vous récriez: «Mon Père, vos considérations sur l’existentialisme de l’Imitation m’expliquent pourquoi j’ai toujours préféré ce livre à tout autre, et pourquoi, si souvent, au milieu de mes mille tracas, quelques lignes seulement de l’Imitation suffisaient à me donner l’impression tonifiante d’une piqûre de courage.Toutefois, je vous avouerai que pour comprendre tout à fait bien ce que vous dites sur l’existence et sur l’existentialité de la vie spirituelle, il me faudrait.— pardonnez-moi, ce n’est pas pure malice — sortir quelque peu de l’existence.m’accorder le doux loisir de la spéculation, de la réflexion, bref, m’exprimer à moi-même ce que précisément l’Imitation me dit qu’il vaut mieux vivre qu’exprimer: « J’aime mieux éprouver la componction que d’en savoir la définition ».Et encore: « Oh! s’ils avaient autant d’ardeur pour extirper leurs vices et pour cultiver la vertu que pour remuer de vaines questions ».Je suis, moi, à tel point dans l’existence que j’y suis pris — ou prise — de l’aube à la nuit, et j’éprouve moins le besoin qu’on m’en fasse sortir pour en juger, que celui d’une aide qui me conduise à travers les « sinuosités du réel quotidien » jusque dans mes nécessités sociales, où j’entends bien que ne me quitte pas ma volonté d’être chrétien fervent et même dévot — prenant ce mot, bien entendu, dans son vrai sens, qui veut dire dévoué au service du Royaume de Dieu.» Alors, je vous réponds que le guide qui saura vous conduire très sérieusement, sans pour autant quitter de vous charmer, c’est François de Sales dans son Introduction à la vie dévote.Et l’édition que vous en présente la nouvelle collection Fides est toute semblable, sous sa cuirette bleue, à celle que nous décrivions tantôt de l’Imitation de Jésus-Christ, et elle vous offre le miel de cette pure écriture française en un texte d’une lisibilité parfaite.Il ne s’agit plus ici d’une traduction mais d’un texte né en français, et pour ainsi dire, né en même temps que la langue classique française.Ce n'est plus un moine qui écrit, mais l’évêque hu- JANVIER 1949 261 maniste le plus charmeur de la Renaissance, et qui met au service de la doctrine évangélique toute la subtilité d’un fin lettré, tout l’enjouement, le délicat humour, toute la tendresse que peut donner l’habitude de la prière et la conversation avec Jésus-Christ et les saints.Aussi, s’il était un danger à signaler au sujet de Y Introduction à la vie dévote, ce serait que le lecteur se laissât prendre à l’exactitude de l’expression, à la richesse royale des images, des comparaisons et des allégories, et très particulièrement à ce don toujours si étonnant, si rare, si précieux et si attachant et que possède éminemment saint François de Sales, je veux dire: le style; et sous l’emprise de ce charme oubliât d’assimiler la substance nourricière de la doctrine spirituelle que l’évêque de Genève entend bien lui servir sous cette couche de miel.Qu’on en juge : Vous aspirez à la dévotion, Philothée, parce qu’étant chrétienne, vous savez que c’est une vertu extrêmement agréable à la divine Majesté: mais, comme les petites fautes que l’on commet au commencement de quelque affaire s’agrandissent à mesure que Ion avance et sont presque irréparables à la fin, il faut avant tout que vous sachiez ce qu’est la vertu de dévotion; car, comme il nj en a qu’une vraie, et qu’il y en a une quantité de fausses, si vous ne connaissez quelle est la vraie, vous pourrez vous tromper et vous amuser à suivre quelque dévotion impertinente ou supersti-lieuse.Arélius peignait toutes les faces des images qu’il faisait, à la ressemblance des femmes qu’il aimait, ainsi chacun peint la dévotion selon sa passion et sa fantaisie.Celui qui est adonné au jeûne se tiendra pour bien dévot pourvu qu’il jeûne, quoique son cœur soit plein de rancune; et n’osant point tremper sa langue dans le vin ni même dans l’eau, par sobriété, ne se fera pas scrupule de la plonger dans le sang du prochain par médisance et calomnie.Un autre s’estimera dévot parce qu’il dit une multitude d’oraisons tous les jours, quoiqu’après cela sa langue profère des paroles fâcheuses, arrogantes et injurieuses en présence de ses domestiques et des voisins.[.] Tous ces gens-là sont vulgairement tenus pour dévots, et ne le sont pourtant pas.Les gens de Saül cherchaient David dans sa maison; Michol ayant mis une statue dans un lit et l’ayant couverte des habillements de David, leur fit croire que c’était David malade, qui dormait: ainsi, beaucoup de personnes se couvrent de certaines actions extérieures appartenant à la sainte dévotion, et le monde croit que ce sont des gens vraiment dévots et spirituels; mais en vérité ce ne sont que des statues et des fantômes de dévotion.[.] Si la charité est un lait, la (vraie) dévotion en est la creme; si elle est une plante, la dévotion en est la fleur; si elle est une pierre précieuse, la dévotion en est l’éclat; si elle est un baume précieux, la dévotion en est l’odeur, et l’odeur de suavité qui réconforté les hommes et réjouit les anges.Comme on le voit, il y a là une abondance d’imagination, de sensations visuelles, tactiles, olfactives ou gustatives, mise en œuvre pour faire passer en douceur l’austérité de la doctrine spirituelle.262 lectures Sa longue expérience des hommes a appris à l’évêque d’un caractère jadis redoutable que, selon sa très jolie parole, « on prend plus de mouches avec une cuillerée de miel qu’avec un tonneau de vinaigre ».* * * L Imitation de Jésus-Christ et Introduction à la vie dévote ouvrent la marche d’une collection nouvelle de classiques de la spiritualité qui promet des oeuvres sagement choisies, collection qui fera honneur à l’édition canadienne.Jacques TREMBLAY, s.j.Un poète rnotaliâte 0) « La vie de la plupart des hommes », écrivit jadis Mauriac, « est un chemin mort et ne mène à rien.» Le compte est-il exact, la proportion juste?Il nous est impossible de vérifier.Toutefois, l’expérience nous apprend vite qu’un nombre considérable d’humains laissent en friche le champ de leurs possibilités et s’abandonnent sur la pente douce du moindre effort et de la facilité.Les mécanismes de la volonté s’enrouillent faute de servir, les passions généreuses s’éteignent, les armes s’émoussent; à la vie ardente se substitue l’existence pure, avec sa durée ralentie comme dans le sommeil.De temps à autre, des écrivains surgissent qui osent secouer la torpeur de leurs contemporains.Les méthodes parfois sont directes: un Bloy, un Bernanos dirigent une tenace attaque frontale sur la médiocrité satisfaite et odieuse; d’autres préfèrent, comme Claudel ou Malraux, peindre en couleurs éclatantes les gestes de l’héroïsme.Peu importent d’ailleurs les procédés, qui tous, dans ce domaine, tendent à la récupération des énergies perdues, à l’édification d’un art vigoureux et qui ne perd pas en valeur pour avoir assumé une fonction d’utilité, car, le rappelle Saint-Exupéry, « seul est beau le chant du clairon qui t’arrache au sommeil ».Ce culte de l’action et de la volonté, qui apparente de si près Saint-Exupéry à Nietzsche et à Kipling, tous les livres du poète-aviateur l’imposent aux âmes susceptibles encore de répondre à l’aiguillon de la grandeur morale.Vous souriez sans doute à l’audition de la formule: tous les livres du poète-aviateur.En effet l’expression se précise par un chiffre lamentablement peu élevé: quand on regarde sur ses rayons les sept volumes parus, 1 Texte d’une causerie donnée à la Revue des lectures de Radio-Collège.JANVIER 1949 263 on trouve décidément bien restreintes les dimensions de l’espace qu’ils occupent; et l’on souhaite prochaine l’édition des lettres, des reportages dans les journaux de France, de tous les inédits enfin qui viendraient un jour enrichir nos collections.Cependant, il reste encore à posséder un livre de Saint-Exupéry, le plus important peut-être, sûrement le plus significatif, le livre qu’il n’a pas écrit, mais qu’il a vécu.Malgré toute la publicité dont on entoura, il y a quelques années, la personne de Saint-Exupéry, nous sommes pauvres en renseignements authentiques sur sa vie.Nous le demeurerons sans doute un peu de temps encore: plusieurs chercheurs, plusieurs biographes — Maurois y mettra-t-il la main?— devront nous fournir la diversité multiple de leurs points de vue, les richesses particulières de leur documentation avant que nous puissions nous constituer de l’écrivain disparu une image suffisamment ressemblante et complète.Le travail déjà est commencé: en juillet 48, les presses des Editions Spes achevaient d’imprimer le Saint-Exupéry, poète et aviateur2, de Maria de Crisenoy.Le héros de Mme de Crisenoy nous rappelle ces lignes d’André Maurois: Aviateur, pilote de ligne et de guerre, essayiste et poète, Antoine de Saint-Exupéry est, après Vigny, Stendhal, Vauvenargues et quelques soldats ou marins, l’un des rares romanciers et philosophes de l’action qu’ait produits notre pays.Il n’a pas été seulement, comme Kipling, un admirateur des hommes d’action; il a comme Conrad, participé lui-même aux actions qu’il décrit.Pendant six ans, il a survolé tantôt le Rio del Oro, tantôt la Cordillère des Andes; il a été perdu dans le désert et sauvé par les seigneurs des sables; il est tombé du ciel dans la Méditerranée et sur les montagnes du Guatémala; il s’est battu dans les airs en 1940, et de nouveau en 1944.Les conquérants de l’Atlantique-Sud, Mermoz, Guillaumet, ont été ses amis.De là une authenticité qui sonne dans chaque mot; de là aussi un stoïcisme vivant, car l’action met au jour le meilleur de l'homme.Au moment où je corrige les epreu-ves de cette étude, les journaux annoncent qu’il a été porte « disparu » au cours d’une reconnaissance.Nous espérons ardemmen qu’il a pu se parachuter en quelque plaine de Provence.Mais tel que je l’ai connu, je le vois trop bien, à court d’essence et peut-etre d’espoir, monter, comme l’un de ses héros, vers quelque champ celeste, tout balisé d’étoiles.Le texte de Mme de Crisenoy, comme celui d’André Maurois, plaît par l’habile conjugaison de la sobriété et de l’admiration.Sauf les quelques pages initiales consacrées à l’enfance de Tonio, le livre ne rapporte de l’homme que sa carrière d’aviateur.Tout détail domestique et intime est soigneusement évité; Madame de Saint-Exupéry n’est même pas mentionnée.On doit le regretter; on doit aussi admirer cette délicatesse toute féminine qui refuse de s’aventurer sur un terrain privé et de dévoiler des sen- 2 Crisenoy (Maria de), Antoine de Snint-Exupery, poète et aviateur.Paris, Spes [cl948].222p.20.5cm.92:8 264 lectures timents qui sont de droit la propriété inviolable d’une personne encore vivante.Si Madame de Crisenoy a laissé incomplet son livre en sacrifiant des révélations prématurées, elle a en revanche souligné — sans lourdeur — le caractère entier, l’incroyable énergie, l’audace tranquille et souriante de l’aviateur qui, sa vie durant, a mis toute sa fierté dans sa condition d’homme accompli, c’est-à-dire responsable.De plus l’auteur a su, malgré les évidentes facilités de la thèse, éviter un écueil parfois désastreux: l’annexion du héros au christianisme.Ici encore, la tentative risquait d’être prématurée: si légitimes qu’elles soient, les préoccupations d’apologétique exigent une documentation complète et mûrie, le concours favorable des circonstances et un esprit armé pour la discussion philosophique et théologique.Tel que l’indique le sous-titre, le poète comme l’aviateur reçoit sa part de considérations, toujours adéquates et perspicaces, sinon toujours illuminatrices et originales.Aucune des oeuvres de Saint-Exupéry n’est oubliée, pas même^ Citadelle, que l’auteur avoue n’avoir connu que par une lecture hâtive, trop tard pour en pouvoir rendre un compte satisfaisant.Félicitons en conséquence Madame de Crisenoy d’avoir atteint un objectif sagement limité, d’avoir réalisé une oeuvre pas transcendante mais plus qu’honnête, une oeuvre intéressante, de belle tenue, mettant en valeur l’héroïsme qui, de l’aveu de Gide, « est ce qui manque le plus à notre littérature d’aujourd hui ».Et nous prenons congé de cette charmante dame en lui empruntant les quelques lignes où s’exprime le jugement sur Citadelle' : «Un grand livre, mais non point fruit mûr à repaître et dont faire provision, mais arbre en croissance et portant promesse ».L’oeuvre justifie-t-elle le jugement?Pour répondre à la question, il faut de toute évidence exposer la facture et le contenu de Citadelle.Et cet exposé même se heurte à toutes sortes de difficultés.A ce point que nous devrons, pour procéder avec ordre et clarté, nous arrêter même sur l’aspect matériel du livre., Citadelle est un livre de cinq cent vingt pages, imprime en petits caractères, divisé en deux cent dix-neuf chapitres dont aucun ne porte un titre.En dépit de sa longueur, c’est un livre inachevé, commence en 1936, écrit à intervalles assez irréguliers.Saint-Exupéry comptait en travailler la seule composition pendant dix ans; il devait, à le revoir, en consacrer trois ou quatre autres.Quelques chapitres seulement avaient reçu par la correction une forme presque définitive; la grande majorité des neuf cent quatre-vingts pages du manuscrit n a jamais ete relue.Aucun travail 3 Saint-Exupéry (Antoine de), Citadelle.Gallimard (N.R.F.) [cl9-!8].531p.21cm.$4.50 ($4.65 par la poste).* 84-4 JANVIER 1949 265 d’élimination, de recoupement, de classification.Aucune indication préliminaire d’un sujet général, servant de fil conducteur, autre que le titre, en lui-même assez vague.Quelques éléments parviennent à effectuer une unité plutôt précaire.Une ville et le désert environnant composent un cadre permanent.Un même personnage, de la première page à la dernière, remplit la fonction de narrateur: ce personnage central, c est un jeune chef qui d’abord « s’instruit auprès de son père, maître de l’empire, du maniement des hommes; maître à son tour, il observe ce qui grandit ou avilit son peuple, ce qui fortifie ou décompose son empire ».Unité de ton: un monologue presque constant exprime, sous la forme poétique de l’apologue, de profondes méditations d’ordre moral dans un style imagé, « orienta-lisant », toujours noble et grave — a peine y pouvons-nous relever quelques rares traces d’humour.Enfin, la récurrence fréquente de quelques thèmes fondamentaux permet aux lecteurs attentifs de dégager les principales lignes de force et de les fondre dans une résultante a peu près satisfaisante pour notre esprit toujours avide de synthèse.Parmi ces thèmes se classent: un mépris profond pour l’intelligence discursive, à jamais déshonorée par les stupides logiciens, géomètres, généraux et policiers; la primauté de la vie, source intarissable du jaillissement créateur; la nécessité de l’action énergique et constructive: il faut fonder l’empire, édifier la citadelle de pierre, symbole de la citadelle intérieure; l’inestimable valeur de la liberté, mais conditionnée par un devoir et une discipline; l’amour, l’amitié, la tolérance au sein de la communauté des hommes; l’accord de toute aspiration, de toute réalité dans l’infini de Dieu.Quelques lumières disséminées ne suffisent pas à éclairer un paysage; les quelques fils vivement colorés ne parviennent pas, dans.Citadelle, à réchauffer la grisaille dominante de plusieurs chapitres.La gravité sans sourire, la répétition obstinée des motifs, la constance de la parabole engendrent assez vite une fâcheuse monotonie.On ne peut étouffer le sentiment que l’auteur, s’il eût vécu, aurait taillé sans merci dans cette végétation trop luxuriante, où la densité du feuillage et l’accumulation des parasites masquent 1 essentielle architecture.Les éditeurs nous avertissent d’ailleurs en toute loyauté des lacunes de l’ouvrage: « Le lecteur trouvera au cours de sa lecture bien des phrases d’un sens obscur ainsi que des chapitres qui ne sont que des versions différentes d’un même thème.Nous n’avons pas considéré possible de nous substituer à Saint-Exupéry pour effectuer le choix des chapitres ou corriger le sens ou la rédaction de certaines phrases ».Nous comprenons bien cette confession d’impuissance.Il nous semble toutefois pro-bable que, dans sa forme présente, Citadelle décevra un.nombre sérieux de lecteurs et restera pour la majorité un jardin fermé.A moins qu’un homme de lettres hardi ne réduise un jour ce livre à des proportions plus humaines et n’en redispose les chapitres 268 LECTURES conservés selon un plan intelligible, ou encore qu'un critique averti ne publie un fort travail d’exégèse analogue aux explorations de Madaule chez Claudel.Ce caractère d’« inachevé » nous embarrasse encore lorsqu il s’agit d’apprécier le contenu de certaines formules.On aurait quelques réserves à exprimer sur la pensée de 1 auteur de Citadelle.Mais comment juger équitablement les nuances d’une oeuvre que l’auteur n’a pu retoucher?Ne nous exposons-nous pas aussi à blâmer des propositions que le texte définitif aurait éliminées?Nous devrons bien admettre que la défiance à 1 égard des démonstrations rationnelles n’aurait rien perdu de sa vigueur, — et c est dommage, car le mépris de l’intelligence a toujours produit plus de scepticisme que d’action — par contre rien ne nous assure que la dénonciation de la tendance au bonheur aurait comporté la^ même intransigeance.On peut en dire autant de certaines tolérances sensuahstes.Mais ces détails s’estompent devant les perspectives de l’oeuvre, « la signification du poème ».La signification du poème?On serait porté à dire qu’elle tombe sous le sens, tant elle s impose avec netteté.Jetant un coup d’oeil sur la succession des livres de Saint-Exupéry, nous le voyons d’abord jouer avec la fiction, une fiction voisine du vécu et déjà mêlée d’un certain moralisme.Les considérations d’ordre éthique envahissent victorieusement les^ récits suivants jusqu’à constituer le fond, le sujet, la matière meme de Citadelle.Le destin de l’homme, l’évolution progressive d’un caractère fort et dominateur, maître de soi plus encore que du monde extérieur, a fini par mobiliser tous les dons de 1 homme et de l’écrivain.Une fois de plus, nous songeons à rapprocher Saint-Exupéry et Nietzsche.L’auteur d'Ainsi parla Zarathoustra manifeste plus de violence, s’exprime dans une forme plus hiératique, plus conforme à l’idée que nous nous fabriquons de 1 exotisme, î se montre surtout plus poète que moraliste.Chez Saint-Exupéry, le moraliste prime le poète, sans le gêner, Sa pensée s’enrichit de plus de nuances, s’affirme plus humaine, plus compréhensive sans affaiblir aucun des ressorts de sa mystique de l’effort.On y sent davantage l’équilibre du tempérament latin.Et les blasphèmes éloquents du théoricien du Surhomme perdent de leur puissance troublante lorsqu’on les confronte avec l’admirable prière qui couronne l’oeuvre de Saint-Exupéry.L aviateur avait dû s’avancer assez loin sur la voie de la transcendance pour écrire avec une telle conviction ces lignes sereines: «Mais lui et moi, par des chemins contraires, nous suivons de nos paumes les lignes de force du même feu.En toi seul, Seigneur, elles se retrouvent.Car tu es, Seigneur, comme la mesure de 1 un et l’autre.Tu es le nœud essentiel d’actes divers ».J.-M.GABOURY, c.s.c.JANVIER 1949 267 Contxaâte 0) URANUS 2 MARIE-LOUISE DES CHAMPS1 2 3 Uranus! Titre déconcertant, auquel il est assez facile cependant de trouver un sens symbolique après lecture des quelque deux cent quatre-vingts pages qu’il coiffe de façon énigmatique.Uranus, « astre sombre roulant aux marches de l’infini », au « firmament froid » duquel « le soleil n’est qu’un point », est un signe admirablement choisi pour présider au carnaval hallucinatoire, au tourbillon de haine et de vengeance qui semble avoir souillé certaines régions de France après la Libération.Le • géant aveugle » dont la « solitude obscure ne se reflète pas au miroir de la vie », « monstrueux poids de mort (.) dans l’espace interplanétaire », symbolise on ne peut mieux ce monde de l’absurde, de la peur et du désespoir que seraient devenus des villes et des villages français aux mains des meneurs communistes qui, sous le couvert de la Résistance, auraient réussi à faire de gens ordinairement fiers et dignes une tourbe poltronne et impuissante.Ce tableau hypothétique serait-il trop noir?Le documentaire romanesque de Marcel Aymé laisserait croire, au contraire, que je ne viens qu’esquisser une pastorale par rapport à l’horreur de la réalité.Et dans la mesure où l’on accorderait foi aux précisions qui nous parviennent de temps à autre, l’on pourrait se demander si le documentaire ne l’emporte pas ici sur le romanesque.Il convient d’autant plus d’analyser ce roman de Marcel Aymé que, outre le vigoureux et fécond talent de l’auteur, l’intérêt toujours actuel du sujet et la diffusion de l’ouvrage au Canada par le Cercle du Livre de France, la critique canadienne a escamoté son nihilisme déprimant et accepté son cynisme pour de l’humour, 1 humour « d un homme facilement heureux et inaltérablement optimiste ».Le directeur technique d’une usine, Edmond Archambaud, qui, comme tous les Archambaud de la ville de Blémont, « tous les nobles cœurs et les belles consciences avait assisté, le cœur un peu mou, mais le menton approbateur, à la mort de ce petit salaud de Laignel, un dénonciateur, celui-là, que les F.FJ.avaient 1 Texte d’une causerie donnée à la Revue des lectures de Radio-Collège.2 Aymé (Marcel), Uraniut.Paris, Editions de la Nouvelle Revue Française (Librairie Gallimard) [cl948].277p.21.5cm.(Le Cercle du Livre de France).84-3 , Mauvais '* Grandpré (Pierre de), Marie-Louise des champs.Roman.Montréal, Fides, 1948.173p.19.5cm.$1.00 ($1.10 par la poste).C84-3 Pour adultes 268 LECTURES collé au mur en présence de ses père et mère, après lui avoir crevé les yeux et fait faire à genoux le tour de Blémont », Archam-baud, dis-je, se décide à cacher chez lui le fugitif Maxime Loin, un antidémocrate convaincu.Les Archambaud ont un fils et une fille.En raison de la pénurie des logements, ils partagent en outre leur demeure avec la famille Gaigneux et le professeur Watrin.Gaigneux est un communiste militant.On devine un peu les difficultés et les complications qui découlent d’une telle promiscuité.Il faut ajouter que Blémont offre le spectacle de la plus repoussante ménagerie qu’on puisse imaginer.Toute la population vit dans un état de terreur folle, dans la peur permanente de la délation.Les hommes sont hypocrites et lâches, vindicatifs et mouchards; seuls le lunatique Watrin et l’alcoolique Léopold montrent quelques réactions d’humanité normale au cours de cette épopée de la frousse et du déchaînement des instincts les plus bestiaux.Les femmes sont toutes des plus faciles, des guenipes méprisables.Monglat, le roi du marché noir, enrichi par son commerce avec les Allemands, règne en maître, grâce à son argent, dans ce royaume du cauchemar.Les honnêtes gens, s’il en reste, se terrent.Point n’est besoin de rapporter ici quelques-uns des nombreux épisodes tragiques qu’engendrent les relations de tels personnages, au moment de la toute-puissance à Blémont de forcenés: il suffit d’avoir pris connaissance de ce qui se passerait encore actuellement dans des prisons françaises, d’après des articles sensationnels comme celui de M.J.Fabrègues dans la France catholique du 22 octobre dernier; il suffit de connaître quelques-uns des noms des victimes de la « justice » d’après-guerre en France, d’avoir lu quelques témoignages4 sérieux de témoins dignes de foi sur certains événements et certaines infamies, pour imaginer ce que peuvent être plusieurs des scènes de la triste époque dépeinte dans ces pages.Marcel Aymé mérite sans doute d’être loué pour le courage avec lequel il fustige — implicitement — des lâchetés, des vilenies, des crimes incroyables, la stupidité d’une populace désemparée après de si terribles épreuves.Je dis implicitement, car l’auteur ne semble pas s’engager lui-même, grâce à l’usage exceptionnellement réussi de la recette littéraire qui consiste à « créer » des personnages et à les faire évoluer ensuite sans couper leurs actions ou leurs paroles d’interventions personnelles.Cette recette * Citons, entre autres: Montoire, Verdun diplomatique par L.-D.Girard; Lettre à François Mauriac par Maurice Bardèche; Pourquoi je n’ai pas défendu Laval par Albert Naud; le Procès de Pucheu par Paul Buttin; le Procès de Charles Maurras par Georges London.J’espère bien que le fait de citer ces ouvrages ne portera pas des lecteurs à me classer naïvement dans un clan idéologique quelconque.La vérité, la justice et la charité ont déjà assez d’importance et d’attraits pour qu’on puisse s’en contenter.JANVIER 1949 269 « créatrice » ne peut être cependant, de soi, et quoi qu’on prétende, à ce point objective et désintéressée qu’il ne soit pas permis de reprocher à un auteur la bassesse générale et la dégradation universelle de ses créatures.Surtout elle n’exige nullement ces touches réalistes à la Zola qui aggravent encore le cas d'Uranus.Il se dégage donc de cette eau-forte une odeur idéologique rance, une impression de pessimisme définitif.Pas un sourire, pas le moindre rayon d’espoir dans cet enfer.La « sagesse » de Watrin qui porte, durant ses nuits, « le fardeau de l’astre obscur », n’est qu’un illuminisme béat.Uranus ne lui a appris qu’« à se méfier des au-delà et des infinis », à s’accommoder des lâchetés et des hypocrisies.Ce qui importe, ce sont les apparences, c’est « la vitrine », comme dit le bonhomme.« En somme la vitrine doit être ce que les passants veulent qu’elle soit.» C’est la leçon du roman, leçon cueillie sur les lèvres mêmes de Watrin et confirmée sur le champ par la panique d’Archambaud à la nouvelle de l’arrestation de Maxime Loin.Nous sommes dans un monde irrémédiablement pourri, voué au grégarisme et au triomphe des psychoses collectives.J’ai écrit « nous ».bien intentionnellement, car il relèverait du pharisaïsme le plus candide de plastronner de notre «santé» et de notre « flegme » en face des misères et des fièvres d’un peuple saigné par deux guerres successives, travaillé par les loges depuis si longtemps et déchiré par les factions.Il suffit de scruter les misères de l’humaine nature et, en même temps, de méditer sérieusement sur nos vies à nous, sur les événements de notre propre pays, pour nous rappeler que les mêmes causes peuvent produire ici un jour, dans des circonstances semblables, les mêmes effets.Mais ce n’est pas là une raison pour assister avec complaisance et sans réagir au spectacle des pires turpitudes, surtout chez un peuple qui nous est cher, et je me réjouis pour ma part du soufflet retentissant appliqué par Uranus sur la trogne enluminée d’une certaine « Résistance ».Il me sera permis de regretter alors davantage que ce roman soit décidément à rejeter en raison de la corruption intellectuelle et de la déchéance morale absolue de la triste humanité qu’il nous présente; il me sera permis de souhaiter à un talent aussi robuste, aussi vert que celui de Marcel Aymé, des oeuvres vraiment constructives, des livres que l’on referme avec de l’espoir au coeur et la nostalgie de types humains qui offrent au moins quelques possibilités de Rédemption.Au milieu de ses bouleversements, la France n’a jamais manqué de ces types même dans la Résistance, hommes dignes et chrétiens véritables, et je me demande pourquoi des partisans de « la gratuité de l’art » élimineraient systématiquement de leurs oeuvres cette humanité respectable.Ajoutons, pour répondre à certaines objections, que par ses mordantes satires, ses tableaux vivants des moeurs actuelles, par la grande vérité de ses caractères, Aymé pourrait prétendre au 270 LECTURES rôle de moraliste.Son réalisme serait un témoignage, un exercice de la pitié.On peut douter en tout cas de la légitimité et de l’efficacité de la formule qu’il a choisie.L’auteur de la Jument verte oublie que la connaissance seule de leurs laideurs et de leurs faiblesses ne suffit pas à inciter les hommes à s’amender, surtout lorsque cette connaissance leur parvient à travers le prisme des lettres.Son humour macabre, qu’on retrouve dans ses oeuvres les plus récentes, le Chemin des écoliers, le Vin de Paris, Lucienne et le boucher, joue trop volontiers dans le registre de la salacité.Aussi, l’on ne s’étonne guère de rencontrer dans la Gazette des Lettres du 2 octobre, un pastiche fort significatif d'Uranus, sous la forme d’un « après-dernier chapitre ».En voici un aperçu.La journée, chez les Archambaud, a été féconde en privautés de toutes sortes, en accrocs aux bonnes moeurs.Archambaud rapporte à Watrin les divers exploits amoureux de la journée: — « On pourrait presque mettre une lanterne rouge sur la maison, constatait-il, mi-figue, mi-raisin.» Et le vieux professeur de répondre, « avec un sourire adorable » : — « Vraiment, mon cher ami, je ne vois pas bien ce qu’il pourrait y avoir de grotesque en tout cela.» Pour moi, je vois bien que les hommes ont besoin d’une autre I qualité de bienveillance et d’optimisme, et qu’il vaut mieux pour eux être aimés comme « des créatures de Dieu »r> que comme des occasions de romans polissons.* * * Il vous est certainement déjà arrivé, chers auditeurs, au sortir de la représentation cinématographique d’une histoire détestable, aux personnages vulgaires évoluant dans une atmosphère « sophistiquée », d’aspirer avec plus de satisfaction que jamais une bouffée d’air pur.C’est là une expérience que je viens de vivre littérairement, en ouvrant, à la suite d'Uranus, le savoureux roman de Pierre de Grand pré, Marie-Louise des champs.Deux romans, deux mondes, deux miroirs, deux états d’âme artistiques, et quel contraste! Vous allez constater vous-mêmes à l’instant.Marie-Louise habite un joli coin des Laurentides.Elle est l’aînée d’une famille de cultivateurs prospères.Elle a fait de bonnes études et reçu une solide formation au couvent, ce qui ajoute à sa distinction et à son charme naturels.Depuis cinq ans qu’elle est revenue chez elle, rien n’a troublé sa vie paisible et bien remplie 6 Dans une déclaration pour se défendre de certains reproches, Marcel Aymé a écrit: « [.] je n’ai pas besoin pour [que les hommes] me soient chers de voir en eux des prétextes philosophiques ou des créatures de Dieu ou des matériaux d’un édifice idéologique; [.] ».Ce texte a été exploité de façon bien malheureuse par Jean-Pierre Houle dans la page littéraire du Devoir du 2 octobre dernier.JANVIER 1949 271 par le travail, les livres, la musique, et.les rêves.Comme dit si bien l’auteur, « son âme était semblable aux eaux profondes de ces lacs perdus au fond de nos montagnes, qui n’ont jamais reflété que la verdure, les troncs immaculés des jeunes bouleaux et tout le bleu du ciel ».Marie-Louise a vingt-trois ans lorsqu’elle rencontre, au cours de vacances, Georges Simon, jeune et brillant avocat de Montréal qui passe l’été dans les Laurentides.Elle est prise aussitôt pour le jeune homme d’un amour entier et fort, mais sain et pur comme le milieu qui l’a façonnée.Georges Simon apprécie vraiment les qualités de la jeune fille.Il l’aime lui aussi, c’est évident, tout en s’ingéniant à tenir leurs relations dans les limites d’une amitié sentimentale ; on perçoit comme un mystère dans sa vie.Après les vacances, avec le consentement de son père, Marie-Louise vient travailler à Montréal, où Georges, à sa demande, lui a trouvé un emploi.Leurs relations demeurent suivies et sérieuses, l’amour grandit dans leur cœur.La jeune fille découvre cependant peu à peu bien des petitesses sous la façade brillante de la société qu’elle fréquente ; elle s’initie aux particularités de son nouveau milieu tout en gardant sa simplicité et sa droiture.Pourtant ce commerce tendre et équivoque ne peut durer indéfiniment entre deux jeunes personnes qui s’estiment, qui communient spontanément aux mêmes pensées, aux mêmes joies intellectuelles et esthétiques, et la jeune fille, après un assaut infructueux aux mains d’un patron trop entreprenant qui lui révèle que Georges Simon est à peu près fiancé à une autre, accule ce dernier à l’aveu de son secret.L’imbroglio s’éclaircit: malgré son amour, l’avocat s’obstinait à ne parler que de camaraderie, à ne pas se déclarer, parce qu’il escomptait un mariage qui devait l’aider à parvenir à une situation brillante.Son ambition corrodait son amour, une ambition froide et réfléchie, dont il a honte devant la dignité et la souffrance de sa victime, et qu’il est cependant impuissant à vaincre.On devine, devant ce calcul, la désillusion d’un cœur fier qui s’était donné sans retour.Après une explication pénible tout à son honneur, Marie-Louise revient chez elle, où l’attendent la tendresse des siens et l’amour fidèle de Côme Germain, un brave paysan.Elle semble blessée à jamais, mais la fruste sagesse de Côme laisse espérer la reconquête du bonheur.En dépit de ce résumé banal d’une intrigue des mieux conduites et des plus captivantes, je dois avouer que l’ouvrage de Pierre de Grandpré fut pour moi une vraie découverte.Il s’agit en effet d’un roman de réelle valeur, qui met aux prises deux âmes ardentes, dont l’une se donne tout entière et dont l’autre est tiraillée entre sa tendresse réelle et son ambition encore plus forte.Les caractères des deux héros, la naissance, l’évolution et les progrès de leurs sentiments réciproques, la tension graduée qui 272 LECTURES amène le dénouement, tout atteste une connaissance profonde et fine du cœur humain, une maturité certaine, une maîtrise incontestable.Pierre de Grandpré se révèle sans contredit un romancier de qualité et son premier ouvrage, malgré le silence qui a accompagné sa parution, me semble présenter infiniment plus d intérêt que beaucoup d’autres au succès tapageur.En refermant Marie-Louise des champs, j’ai aussitôt songé à un autre roman de chez nous, qui n’a guère fait de bruit non plus et également remarquable : le Verger de Claude Dablon, dont nous devons regretter la mort prématurée.Même qualité ici de mesure et d’ordonnance, de vigueur discrète, de classicisme vivant.Il s agit là d’œuvres bien françaises, soigneusement travaillées et bien écrites.Et ce sont des œuvres tout à fait saines, sans rien du faisandage plus ou moins calculé des auteurs à la mode.Marie-Louise des champs demeure cependant un livre pour adultes, comme tous les romans d’amour, — même les meilleurs — reflets de la vie avec ses hauts et ses bas, ses élans vers la grandeur et ses mesquineries.Mais, sans être prude, grâce au contraire à un réalisme dont la clairvoyance sait voir les véritables valeurs de l’existence, sa surface souvent tumultueuse et ses grands fonds aux réserves insoupçonnées, le roman de Pierre de Grandpré est net, et cest ce qui ajoute à sa force.Je me donne le plaisir, avant de terminer, de vous citer quelques passages qui illustrent mes réflexions.Je n’ai que 1 embarras du choix.Ainsi, je vous présente Lucille, sœur de Georges, pour 1 occasion que vous aurez d’y reconnaître sûrement plusieurs des snobs de vos connaissances.Lucille était une jeune fille quelque peu « sophistiquée », éprise de tout ce qu’il y avait de plus résolument esoterique en art.Un peut l’être de bonne foi et conformément aux plus nobles poursuites, mais c’est une tout autre histoire; Lucille, justement, manquait absolument de bonne foi.Elle avait fait une riche moisson de for-mules et de théories.La dépense mesurée et fine de ce petit trésor lui donnait d’emblée ses entrées dans les franc-maçonneries Procure générale du Clergé, 1947.] 47o.17.5cm.(Coll, les Belles Prières).Périssas (Madeleine).De Tircis a Bonaparte.50 chansons de la Cour et de la Ville “h!?,et harm°msées par M.Périssas.Préf.de M.l’abbé Maille r™' ' Le premier cahier renferme d’abord des textes de Péguy sur Pascal, présentés par Jules Riby, camarade de Péguy au lycée, collaborateur de la première équipe.C’est à l’occasion d’une grippe (Cahiers « de la grippe ») que Péguy a surtout étudié Pascal.Cette rencontre du Pascal chrétien et du jeune révolutionnaire socialiste a laissé une trace profonde dans l’âme de Péguy.Même si, a ce moment, celui-ci n’accepte pas toutes les conclusions du « Mystère de Jésus », il restera marqué toujours par la « foi si utilement fidele et si pratiquement confiante » de Pascal.Le débat est engage et il se terminera par l’adhésion que l’on sait au christianisme.Ces textes font assister à cette lutte intérieure.Et l’introduction nous la présente magnifiquement.Des Notes actuelles font suite, dont un court texte d’André Rousseaux.Enfin commence « la publication d une importante bibliographie qui portera sur toutes les éditions de Péguy publiées depuis 1940 et analysera les nombreux volumes et articles écrits sur lui depuis cette époque ».Le deuxième cahier contient une importante étude sur l’Art de Péguy.C’est une des premières sur le sujet.L’auteur, Bernard Guyon, est loin d’épuiser la matière, mais il aborde franchement un problème qui paraît avoir été écarté par beaucoup de critiques de Péguy.Voici les titres de chapitres: Destin de Péguy; Vocation; Un art conscient et volontaire; les Premières œuvres de prose ou le Péguy inconnu; le Tournant de notre Patrie ou le problème de la composition chez Péguy; les Répétitions; A la recherche d’un instrument poétique; Eve, tentative grandiose et réussite supreme.Je ne crois pas qu’on y contredise beaucoup.Ce cahier continue la bibliographie.P.ETIENNE, o.f.m.cap.310 LECTURES REVUES CANADIENNES * * * Marie [revue bimestrielle].Le Magazine marial du jour.Ni-colet, le Centre Marial canadien.64p.ill.26cm.Rédacteur: Roger Brien.b Vol.2, no 4; nov.-déc.1948.No spécial de Noël, 128p.Depuis quelques années, plusieurs revues ont vu le jour en notre pays, mais il n’en est aucune qui ait atteint si rapidement une valeur aussi grande et un rayonnement aussi universel que Marie, « le magazine marial du jour ».Dans les numéros précédents de Lectures, nous avons déjà donné un bref aperçu des articles si bien documentés et des photographies artistiques qui remplissent les pages de Marie; aujour-d hui, à 1 occasion de ce numéro spécial de Noël, nous ne pouvons nous empêcher de redire bien haut notre admiration.Remarquons d’abord que nous avons cette fois cent vingt-huit pages au lieu de soixante-quatre; c’est là certes une garantie nouvelle que les lecteurs ont chance d’être encore plus intéressés.Mais cette augmentation du nombre de pages n’est rien en regard de la variété d’articles remarquables, signés par des collaborateurs de renom.A des Canadiens bien connus, comme le R.P.Adrien Malo, o.f.m., M.Auguste Ferland, p.s.s., le R.P.Joseph-Papin Archambault, s.j., M.Clément Morin, p.s.s., viennent s’ajouter des personnalités européennes tels le R.P.Gabriele-M.Roschini, o.s.m., le R.P.Alphonse de Parvillez, s.j., le R.P.Eugène Druwé, s.j., le R.P.Jean-Fr.Bonnefoy, o.f.m., MM.Maurice Vloberg et Henri Brochet, et nombre d’autres.Pour une revue comme Lectures, il est impossible de passer sous silence trois articles qui se rapportent plus spécialement au domaine du livre.La Galerie des auteurs catholiques vivants par Soeur Mary Joseph, S.L., mérite plus qu’une analyse sommaire* aussi nos lecteurs en trouveront-ils le texte intégral dans la section documentaire du présent numéro.Nouvelles études et recherches de manologie par le R.P.Hubert du Manoir, s.j, professeur à 1 Institut catholique de Paris, est une présentation des quatre livres qui composent le tome premier de Maria.Maria est un « recueil de recherches » qui nous fournit « une doctrine mariale relativement complète et une documentation nouvelle sur le culte officiel ?u renc*u à Notre-Dame, sur la place tenue par la dévotion a la Mere du Christ dans le Catholicisme contemporain ».La Bibliothèque mariale de Banneux — Notre-Dame par M.l’abbé L.Arendt nous apprend l’existence d’une bibliothèque fondée en 1942 dans le but de « réurir et mettre à la disposition du public intellectuel international tout ce qui a paru et paraîtra sur la Sainte Vierge dans toutes les langues et dans tous les domaines ».JANVIER 1949 311 Marie doit donc continuer avec ardeur son bel apostolat marial et préparer ainsi les peuples de la terre à la reconnaissance officielle de celle que nous espérons voir proclamée bientôt Reine de l’univers.Roland GERMAIN * * * Vie Française.Revue mensuelle du Comité de la Survivance française en Amérique.Québec, Université Laval.54p.19.5cm.Directeur: Abbé Paul-E.Gosselin.Vol.3, no 1; août-sept.1948.Vol.3, no 2; octobre 1948.Vol.3, no 3; novembre 1948.Vie française continue toujours sa noble mission et ces trois premiers numéros de sa troisième année prouvent abondamment qu’elle constitue une merveilleuse messagère du Comité de la Survivance française en Amérique.Cette revue se propose des fms patriotiques des plus louables et l’on ne peut que féliciter le directeur et le secrétaire de la rédaction, M.labbe Paul-Emile Gosselin et le R.F.Antoine Bernard, c.s.v., de leur ténacité a poursuivre leur idéal.Parmi les textes qui attirent particulièrement 1 attention dans ces dernières livraisons, il convient de souligner, et meme de mettre en évidence partout, les paroles de S.Exc.Mgr Ildebrando Antoniutti, prononcées le 12 juillet 1948.Vous avez une double mission, disait-il aux Pèlerins de la Survivance à Ottawa: 1) la mission de conserver intact-votre héritage religieux et national; 2) la mission de répandre cet heritage^ J’ajoute que c’est votre droit de garder votre heritage et votre devoir de le répandre.Les témoignages semblables se multiplient et il n’y a pas eu lieu d’être surpris d’entendre, lors du dixième anniversaire du Comité, S.Exc.Mgr Garant, évêque auxiliaire de Quebec, s eerier à son tour: Nous avons donc non seulement le droit jnfijs encore ^ devoir de conserver notre héritage français, puisque cest ainsi que nous protégerons, que nous garderons notre heritage spirituel.Ces paroles d’ailleurs ne sont qu’un écho de la bienveillance de S S Pie XII.Il est intéressant de retrouver ici le texte de la lettre adressée le 28 avril 1948 à M.Georges Lecomte, secret taire perpétuel de l’Académie française, et d y recueillir cet elog convaincu de la langue française: L’un des plus riches idiomes que Dieu ait donné aux hommes de narler En effet, on ne louera jamais assez la lqngue française pour sa clarté, sa précision et sa distinction qui en firent par excellence lo langage de la diplomatie et des sciences spéculatives.Roland GERMAIN 312 LECTURES BIBLIOTHECA Section de l'Association Canadienne des Bibliothécaires de langue française Siège social: Université de Montréal, Bibliothèque, 2900, boul.Mont-Royal, Montréal 1.Membres du Conseil: Président: M.Raymond Tanghe; vice-president: M.Joseph Brunet: secrétaire: le R.P.Fernand Guilbault, c.s.v.; trésorier: M.Irénée Sauvé, p.s.s.; conseillers: le R.P.Pad-A.Maitin, c.sx:., Me Damien jasmin, le R.P.Auguste Morisset, o.m.i., M.William Mi-lette et Me Lucien Lortie.A titre de membres fondateurs, ont aussi voix consultative au Conseil: les RR.PP.Paul-A Martin, c.s.c., P-A.Trudeau, c.s.v., G.Houle, s.j., Mlle Marie-Claire Daveluy et M.Benoit Baril.^Meââaye du Ptéâident Le congrès tenu le 13 novembre à l’Université de Montréal marque une étape importante dans la vie de notre association.Les points saillants de cette journée ont été: la refonte de la constitution, la présentation de travaux originaux très intéressants par leur caractère pratique et la valeur de leur information.Les congressistes ont noté la ponctualité de l’horaire suivi; ils ont adresse leurs félicitations aux artisans du succès de crctte joumee, a ceux qui en élaborèrent le programme, au président, le K.K Martin, qui dirigea toutes les séances, à M.W.Milette, 1 actif secretaire qui ne ménagea ni son temps ni ses peines pour assurer la réussite du congrès.TtAoon Notre association porte désormais un nouveau nom : L, AbbU- CIATION CANADIENNE DES BIBLIOTHEQUES DE LANGUE FRANÇAISE, l’A.C.B.F.Ce changement implique un élargissement des cadres du recrutement de nos membres et une orientation plus précise de nos activités.On trouve des bibliothécaires de langue française, non seulement dans le Québec, mais encore dans des maisons d’enseignement ou des associations de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, voire des Etats-Unis.Nous pouvons recueillir leur adhesion à notre groupe en leur offrant des avantages.Le premier de ces avantages, c’est de dissiper l’impression d’isolement que pourraient ressentir ceux qui, dans un milieu indifférent, incompréhensif ou parfois hostile, travaillant a la diffusion de la culture française.Le second, c’est de leur fournir 1 aide technique, le concours généreux de l’expérience collective, par le JANVIER 1949 313 truchement de la section Bibliotheca de la revue Lectures.Le troisième avantage dont se prévaudront tous nos membres, c’est d amener une amélioration progressive des conditions de travail et de la remuneration des bibliothécaires.Le quatrième avantage découlé du vœu déposé lors du congrès, que l’A.C.B.F.obtienne pour ses membres, de la part d’éditeurs, de libraires, de fournis-seurs particles pour bibliothèques, des remises et des conditions spéciales.Au peuple du Canada, qui a le rare privilège d’hériter d’in-uences^ diverses, 1 association offre le meilleur moyen de sauvegarder 1 apport français.Pauvres, bien pauvres sont ceux qui, faute de ne connaître qu’une langue, n’ont accès qu’à un nombre limité des sources du savoir et de la vie de l’esprit.Les bibliothécaires canadiens de langue française, conscients de la valeur de la double culture, veulent en maintenir l’influence en assurant la permanence de la pensée française au sein d’une collectivité de 130 millions d individus qui font de l’anglais leur langue usuelle.Ce devoir, les bibliothécaires de langue française auront pour le remplir, une occasion magnifique lors de la création de la Bibliothèque nationale du Canada.Il faudra qu’ils soient là, aux postes de commande.On a besoin d’eux.Dès maintenant, ils doivent s y préparer.L’A.C.B.F.les y aidera.Comment?En améliorant, en développant leurs connaissances professionnelles par des lectures, des échanges de vues, des journées d’études.En constituant un groupement homogène, au sein duquel règne l’émulation et non l’envie, la jalousie et la méfiance.ïly a deux moyens pratiques d’atteindre ces objectifs: organiser d abord des groupes intéressés à telle ou telle phase de travail de bibliothèque, circulation, catalogue, administration, livres rares, etc.; provoquer ensuite des réunions fréquentes où chacun participe a la discussion que fait naître le sujet d’étude proposé.Lors d assemblées générales, l’ensemble des membres pourra être mis au courant des questions discutées à l’échelon des groupes.Ces reunions doivent etre simples, cordiales, libérées de tout formalisme guindé; elles doivent être agréables pour tous et toutes et s inspirer de notre mot d’ordre: Se connaître pour s'estimer, s estimer pour s?aider.Mettez-vous à l’œuvre dès maintenant.L’A.C.B.F.est votre association; c’est à vous d’en assurer le succès et d’en tirer les fruits.Votre président et les conseillers que vous avez élus font pour vous les meilleurs vœux en ce sens.Bonne et Heureuse Année! Raymond TANGHE, président 314 LECTURES °Ca vie de l cdssocia tion Le siège social de l’A.C.B.C.est fixé à la Bibliothèque de l’Université de Montréal (2900 Boulevard du Mont-Royal).La correspondance qui intéresse directement le trésorier, v.g.renouvellement de cotisations, abonnements, pourra être adressée directement à M.Irénée Sauvé, p.s.s., Séminaire de Théologie, 2065 ouest, rue Sherbrooke, Montréal.Si l’on veut correspondre avec le secrétaire, on écrira directement au R.P.Fernand Guilbault, c.s.v., 4290 rue Henri-Julien, Montréal.* * * Grâce à la bienveillante autorisation de Me Eugène Simard, président de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal, le Conseil tiendra ses séances à la Bibliothèque régionale Saint-Jean-Baptiste (4288, rue Henri-Julien, Montréal).* * * Pour être membre de l’A.C.B.F., il suffit d’en faire la demande et d’envoyer $1.00 au siège social de l’Association.Si l’on veut de plus recevoir Lectures — revue si utile aux bibliothécaires par ses cotes morales, ses articles littéraires et ses directives techniques — au lieu de $1.00, il faut envoyer $3.50 à la même adresse.Si l’on envoie $3.50 directement à Lectures, on reçoit cette revue, mais on n’est pas pour autant membre de l’A.C.B.F.* * * Le 2 décembre, sur la demande de Mlle Juliette Chabot, adjointe du conservateur de la Bibliothèque Municipale de Montréal, le R.P.Fernand Guilbault, c.s.v., a béni plusieurs crucifix destinés aux bureaux privés de la Bibliothèque.Nos félicitations pour ce geste si chrétien.jÇa nouvelle constitution de l ^Association HISTORIQUE Le 24 octobre 1947, un membre du Conseil de l’A.C.B.C.proposait la formation d’une commission chargée de la revision et de la refonte de la constitution.Cette commission, formée par le Conseil dans ses séances du 27 octobre 1947 et du 13 février 1948, se composait du R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., président de l’association, de M.Irénée Sauvé, p.s.s., de Mlle Marie-Claire Daveluy et du R.P.Fernand Guilbault, c.s.v., secrétaire.JANVIER 1949 315 .,, U 23 septembre 1948, le Conseil de l'Association approuvait unanimité le projet de constitution préparé par la commission au cours de ses séances, après avoir fait subir à ce projetâmes la'commission,'*111 ^ rencontraient Pleinement les vues de La nouvelle constitution fut votée au scrutin secret lors de 1 assemblée générale du 13 novembre, à l'Universké de Mont TEXTE DE LA NOUVELLE CONSTITUTION I.GÉNÉRALITÉS Nom Art.1 — Il est formé entre les membres adhérant à la nré- r^nV008*1!^10^!™6 société portant le nom de: «Association Canadienne des Bibliothécaires de langue française.(A.C.BF) Siège Art.2 — Son siège social est à Montréal.Patronne Art.3 —L’Association a pour patronne Notre Dame du Livre.A B*1* , ^’Association a pour but de s’occuper des intérêts es bibliothécaires et des bibliothèques, au triple point de vue professionnel, culturel et catholique.P Pouvoirs financiers cAA Ar*J 5 —Pourréahser ce but, l’Association peut acquérir, pos-bles ^fainTd fechf n,ger et vendre des biens meubles et immeu- des dons Pt **1 ****• emprunts» percevoir des cotisations et fonctionnement ®enera ’ ‘°- '« -«es financiers utiles à son Organe II.MEMBRES Membres ressees au progrès des bibliothèques.Personnes inte- ' a q Admission, suspension et exclusion tro A.rt 8~L’admission, la suspension ou l’exclusion d’un mem- des vo!x.pr°n0ncee Par 16 C°nseil dadmin'strat*on à la majorité Cotisation iAo’ 9~ILl,A5!so?iation perçoit une cotisation annuelle fixée F Association1 dadministrat,on et donnant droit aux privilèges de 316 LECTURES HI.ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Assemblée annuelle: sa composition Art.10 — Il y a tous les ans une assemblée générale convoquée par le Conseil et composée des membres en règle avec l’Association.Ses pouvoirs Art.11 —Le rapport financier et administratif de l’année précédente est soumis à l’approbation de l’assemblée.Elle procède ensuite à l’élection des nouveaux membres du Conseil et, s’il y a lieu, à la revision de la constitution et des règlements.Tout amendement doit être précédé d’un avis de motion, communiqué aux membres lors de la convocation de l’assemblée.IV.CONSEIL D’ADMINISTRATION Composition Art.12 — L’Association est régie par un Conseil d’administration composé de neuf membres avec voix délibérative et renouvelable par tiers chaque année.Les membres sortant de charge sont rééligibles.Officiers Art 13 — Après l’élection des nouveaux conseillers par l’assemblée générale, le Conseil, au scrutin secret, choisit ses officiers, Le.le président, le vice-président, le secrétaire et le trésorier.Quorum Art 14 — Les décisions du Conseil d’administration sont prises à la majorité des voix.Le quorum est de quatre membres.Séances Art.15 — En dehors de ses séances périodiques, le Conseil se réunit, sur convocation de deux de ses membres, toutes les fois que l’exige l’intérêt de l’Association.Membres à voix consultative Art.16 — Les fondateurs de l’Association sont de droit membres du Conseil où ils ont voix consultative.Le Conseil peut en tout temps s’adjoindre d’autres membres qui auront alors voix consultative.Commissions et sections Art.17 — Le Conseil peut constituer des commissions et des sections spécialisées, régionales ou autres, qui lui feront rapport et dont les suggestions n’auront leur effet que si elles sont acceptées par le Conseil.NOTES SUR LES MODIFICATIONS Ces notes sont extraites du rapport de la commission de la constitution présenté par son secrétaire, le R.P.F.Guilbault, c.s.v., JANVIER 1949 317 lors de rassemblée générale de VAssociation tenue à VUniversité de Montréal le 13 novembre.Certaines retouches à la constitution sont plutôt légères: on a voulu donner une expression plus française et plus concise, un ordre plus logique et une disposition plus claire à l’ensemble de la constitution.L’article 5 sur les pouvoirs financiers est entièrement nouveau.L article 12 établit que le conseil est renouvelé par tiers chaque année, ce qui lui donnera plus de stabilité.L’article 13 divise les pouvoirs du secrétaire et du trésorier.L’article 17 prévoit la création de sections spécialisées, régionales ou autres (on voudra bien noter ces trois derniers mots qui sont une ultime correction à la constitution).Les modifications essentielles sont dans les articles 1 et 4.Notre Association il va sans dire, demeure tout aussi catholique que précédemment: les articles 3 et 4 sur la patronne et le but de l’Association en sont une preuve évidente.Le changement de nom.— L’ancien nom pouvait toutefois donner à entendre que notre Association excluait les fonctionnaires des bibliothèques publiques et se composait uniquement de bibliothèques paroissiales ou spécialisées.Or, en fait, notre Association veut grouper les bibliothécaires de langue française, qui ont des problèmes techniques et des buts culturels nettement particuliers.Nous voulons nous unir sur une base culturelle et agir tout comme l’ont fait en août dernier les éducateurs de langue française à Ottawa: à côté de la Canadian Education Association, ils ont créé une Association canadienne des Educateurs de langue française.Notre cas n’est pas identique à celui de la Catholic Library Association des Etats-Unis où l’unique langue officielle est l’anglais.Au Canada, la présence des deux langues et des deux cultures pose aux groupes français des problèmes particuliers que ne sauraient envisager à fond les Associations qui se placent uniquement sur le plan canadien.Les instruments bibliographiques, le choix des livres et périodiques, la rédaction du catalogue et des fiches-vedettes, le genre de censure et surtout l’orientation des bibliothèques en fonction de la culture française — et chez nous qui dit français, dit catholique —, voilà autant de choses qui nécessitent, croyons-nous, une association canadienne des bibliothécaires de langue française.L’article 4 vient préciser ces notions: « l’Association, y est-il dit, a pour but de s’occuper des intérêts des bibliothécaires et des bibliothèques au triple point de vue professionnel, culturel et catholique.» Ici le mot « culturel » est une addition nécessitée par notre nouveau nom; quant au terme « professionnel » il a semblé plus compréhensif que l’épithète « technique » de la rédaction antérieure.318 LECTURES TJexte deâ voeux adoptéà lotâ de l aââemblêe annuelle du 13 novembre 1948 1.Appel de l’A.C.B.F.aux bibliothécaires de langue française ATTENDU QUE dans tout le Canada la race française a des droits historiques et constitutionnels; QUE la culture française est un enrichissement pour le Canada tout entier; QUE les bibliothèques sont un excellent moyen de diffuser partout cette culture française; QUE les bibliothécaires pourront travailler plus efficacement à développer un climat français et catholique s’ils sont solidement groupés en association; L’A.C.B.F., réunie en assemblée générale, invite tous les bibliothécaires à entrer dans l’Association des Bibliothécaires de Langue Française.* * * 2.Demande d’une législation concernant les bibliothèques dans la province de Québec ATTENDU QUE c’est le rôle de l’Etat de promouvoir l’instruction de toutes les classes de la société; QUE dans notre province l’Etat s’acquitte de ce devoir par l’intermédiaire du Conseil de l’Instruction publique; QUE il importe de créer des bibliothèques dans toutes les régions de la province de Québec; QUE l’Ecole de Bibliothécaires a présenté un projet d’organisation générale des bibliothèques, projet qui a reçu l’approbation de plusieurs associations et personnalités civiles et ecclésiastiques; L’A.C.B.F.prie le Gouvernement provincial de recommander aux Comités du Conseil de l’Instruction publique de constituer dans leur sein des sous-comités de bibliothèques chargés entre autres: a) de préparer une législation de bibliothèque respectueuse des aspirations des divers groupes culturels de notre province et tenant compte des organisations existantes; b) de dresser un plan d’action s’étendant à toutes les ré- gions de la province dans le but de multiplier les bibliothèques.* * * JANVIER 1949 319 3.Invitation aux autorités scolaires de faciliter la vulgarisation de cours abrégés de pratique bibliothécaire ATTENDU QUE nos populations rurales sont assez souvent privées de bibliothèques; QU’IL convient de préparer dès maintenant les cadres d’une organisation de bibliothèques rurales; QUE les instituteurs et institutrices, par leur profession et leur dévouement, sont tout désignés pour gérer des dépôts de livres; L’A.C.B.F.a) invite la Direction des Ecoles normales à donner à leurs étudiants un cours abrégé de pratique bibliothécaire; b) et recommande aux Commissions scolaires rurales de fa- ciliter aux instituteurs et institutrices la participation à des cours de même nature durant les vacances.* * * 4.et 5.Vœux des membres de VA.CJI.F.relatifs à la régie interne de VAssociation ATTENDU QU’une association est puissante si elle a une situation légale et compte beaucoup de membres actifs et des sympathies extérieures; QU’un travail de recrutement s’impose; QU’il importe à l’A.C.B.F.de recevoir l’approbation de nos chefs religieux, civils et culturels; Les membres de 1’A.C.B.F.chargent le conseil a) de nommer un comité de recrutement pour l’Association; b) de faire paraître dans Bibliotheca la liste des membres de l’Association; c) de demander à Ottawa une charte fédérale pour notre Association; d) de prier nos chefs religieux, civils et culturels, d’accorder leur patronage à l’A.C.B.F.ATTENDU QUE les bibliothécaires adhéreront d’autant plus volontiers à l’A.C.B.F.s’ils en reçoivent des avantages culturels et économiques; les membres de l’AC.B.F.prient le conseil entrant en exercice: a) de constituer dans toute la mesure du possible des sec- tions spécialisées ou régionales où seraient discutés les problèmes professionnels; b) f'.e faire des démarches en vue d’obtenir des éditeurs, des libraires ou autres fournisseurs d’articles de bibliothèques, des conditions spéciales pour les membres de l’A.C.B.F.320 LECTURES (BiographieA Collection Les grands serviteurs de Dieu SAINT NOËL CHABANEL—1 R.P Alfred Raymond, s m."Jolie et pieuse biographie qui, malgré la pénurie relative de documents, fait bien revivre le martyr et le place adroitement dans les divers milieux où il s’est sanctifié.” Un Père Jésuite.144 pages: $0.75 (par la poste: $0.80) LA BIENHEUREUSE ANNA-MARIA TAÏGI—2 Son Em.le Cardinal C.Salotti, Préfet de la Sacrée Congrégation des Rites."Je ne sache point qu'il y ait une biographie de Servante de Dieu plus propre à apprendre aux épouses et aux mères à se sanctifier au milieu des embarras de la vie, à sauvegarder la paix au foyer, à élever chrétiennement une famille.Aussi je souhaite de ioui coeur que cet ouvrage pénètre dans les ménages chrétiens.” Son Em.le Cardinal J.-M.-R.Villeneuve, o.m.i., Lettre-Préface.292 pages: $1.25 (par la poste: $1.35) TROIS GUEUX DU SEIGNEUR—3 Elle Maire "Dans ce livre écrit avec une verve singulière et un talent prestigieux, l’horreur qu’inspire à la nature cette vie de miséreux volontaires, de chemineaux pour l’amour de Dieu, se transforme en admiration dans I apothéose de la sainteté.” Mgr Baudrillard.208 pages: $1.00 (par la poste: $1.10) (2" édition, 3H mille) LE PIRE MOREAU—4 André Legault, c.s.c.Le Père Moreau est le fondateur des Religieux et des Religieuses de Sainte-Croix.Il fut en outre un apôtre infatigable.On a présenté cette biographie comme l'une des plus belles qui soient après celles du saint Curé d Ars et de Don Bosco.Elle produira sûrement d'heureux fruits chez quiconque la parcourra 193 pages: $1.00 (par la poste: $1.10) LE COMTE LOUIS DE SALES—5 R.P.Claude Buffier, s.j.’’Cette vie est un de ces modèles capables de persuader aux personnes du monde qu’il leur est facile avec le secours de la grâce de Dieu, d allier la véritable piété avec leur état.” P.C.Buffier, s.j.192 pages: $1.00 (par la poste: $1.10) (2* édition, 60" mille) LE FRtRE ANDRÉ, c.s.c.—6 R.P.Henri-Paul Bergeron, c.s.c.“ACCIPE et LEGE, prends et lis, lecteur, c’est l’histoire des merveilles de la grâce de Dieu dans une âme qui s’est mise chaque jour inlassablement à son service, sous le patronage de saint Joseph.” R.P.Albert Cousineau, c.s.c.281 pages dont 16 hors-texte: $1.00 (par la poste: $1.10) relié: $2.00 (par la poste: $2.10) LES SAINTS MARTYRS CANADIENS—7 Chanoine Alphonse Fortin, Licencié ès Lettres-histoire de la Sorbonne.L’auteur évoque le zèle apostolique et le courage des saints martyrs canadiens qui sont une des gloires les plus pures de nos origines religieuses, et décrit le milieu géographique et psychologique où s’est exercé leur zèle.Un livre fermé, précis et traversé d’un bout à l’autre par un grand courant de discrète mais ardente charité., 146 pages: $0.90 (par la poste: $1.00) Fl DES 25 est, rue Saint-Jacques MONTRÉAL I—Pour votte bibliothèque-, Collection Philosophie et Problèmes contemporains.REGARDS SUR LE CONNAÎTRE | Julien Péghaire, C.S.Sp., D.Th., D.Ph.L’Auteur a voulu présenter dans cet ouvrage, des recherches plus appro-; fondies qu’elles ne le sont d’ordinaire, même dans les cours universitaires, sur des points touchant soit la valeur de vérité, soit le mécanisme psychologique du Connaître.C’est ainsi qu’il montre la faiblesse radicale du principe d’immanence, le lien intime qui rattache l'acte de foi naturel à l’évidence intrinsèque, la légitimité, compte tenu des progrès de la science, de la théorie thomiste des facultés de l’âme, le rôle joué par la ’’cogitative” dans la poétique du Docteur Angélique.480 pages: $3.00 Dans la même collection L’homme contemporain et le problème moral, G.Petit, 636 pages $2.00 La culture moderne est-elle en péril?A.Krzesinski, 212 pages $1.25 L’art vivant et nous, G.Petit, 410 pages .$2.50 La science et le scepticisme religieux, 144 pages $1.00 Collection Bibliothèque économique et sociale.INITIATION À L'ÉCONOMIE POLITIQUE François-Albert Angers, L.Sc.C.Comme son titre l’indique, il s’agit d’un ouvrage de portée générale où sont exposés, de la façon la plus claire possible et la plus sommaire, les éléments de la science économique.Il va droit à l’essentiel et laisse de côté toutes les complications qui embrouillent le paysage pour celui qui n’est pas initié aux disciplines scientifiques, sans verser pourtant dans une vulgarisation outrancière.Il possède sur les manuels et ouvrages étrangers d’économie politique, l’avantage d’appliquer les données de la science économique à des situations canadiennes.388 pages: $2.00 LE TYPE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DES CANADIENS Léon Gérin, D.L., D.S.Sc , ancien président de la Société royale du Canada.Monographie du paysan canadien-français de la vallée du Saint-Laurent.Cette étude valut à son auteur les critiques les plus élogieuses lors de sa parution.Nos sociologues la considèrent comme un ouvrage de base sur toutes les questions qui ont tra't à notre milieu agricole, à son histoire, à ses institutions, à ses caractères particuliers et à son évolution.224 pages: $1.50 Dans la même collection: Invitation à l'étude, Esdras Mmville, 176 pages $1.00 Le mouvement ouvrier canadien, J.-P.Després, 208 pages $150 Les doctrines économiques, Paul Hugon, 413 pages $2.75 Le citoyen Canadien-français, 618 pages $3.25 (Ajoutez 10% pour frais de poste > F I D E S — 25 est, rue Saint-Jacques — MONTRÉA! Imprimé mu C;tn:id;i.
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