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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1950-03, Collections de BAnQ.

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ares /7-A Revue mensuelle Je bibliograpkie critique SOMMAIRE Page 385 393 395 398 IDÉAL ET PRINCIPES Littérature canadienne-française Pierre Courtines ÉTUDES CRITIQUES Double tribut à la beauté Propos d'un bâtisseur du bon Dieu de Dom Paul Bellot, o.s.b.Poésie et versification de Roger Rolland Jean-Paul Beausoleil Autour de /’ Afrique de Jacques Hébert Reine Malouin Europe unie, 1949-1950.Rodolphe Laplante La Résurrection des corps d’André Brugel Théophile Bertrand DOCUMENTS La nouvelle loi sur les « comics » Paul Gay, c.s.sp.Pourquoi pas un « label » pour le livre honnête ?.Livres et lectures.FAITS ET COMMENTAIRES Projet de censure des périodiques.T.B.NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvrages.407 Ouvrages (Voir liste des auteurs, p.2 de la couverture).407 BIBLIOTHECA La Vie de l’Association.441 Projet d’un catalogue collectif de vedettes-matières .Bernard Vinet 442 Rédaction des catalogues Marie-Claire Daveluy 444 Nos membres nous écrivent.447 401 403 405 Tome VI - no 7 MARS 1950 jMLontréal lectures REVUE MENSUELLE DE _ ___ _ _ _ BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE rmhlîée nar le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l'Action catholique du diocese de Montres Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c., aumônier du Service des Lectures Rédaction : Théophile BERTRAND, président du Service des Lectures Technique bibliographique : Cécile MARTIN 1 I a revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de lWe constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traites ainsi qu une ta alphabétique des ouvrages recensés pendant l annce., 2 Les références bibliographiques sont rédigées d'apres les regies de la catalo-graphie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : Mauvais Appehé^des réserves plus ou moins graves, c’est-à-dme à cléfendre d’une façon générale aux gens non formes (intellectuellement et moralement).B Pour adultes., Un ouvrage dont le titre n’est suivi d’aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.Publication autorl«ée par l’Ordinaire CANADA : ÉTRANGER : le numéro.$0.35 abonnement annuel.abonnement annuel.$3.50 FTDES — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 PLateau 8335 FRANCE : Abonnent a„nue,.«00 f, CCP PARIS 7^60 Société FIDES, 58, Notre-Dame-des-Champs - Pans (Vie) Odeon 9 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS M D B?$3.75 ACREMANT (Germaine), 425 \IMERY (Christiane), 426 ALBERT AS (Sylvia d’), 438 AMBROISE-THOMAS (Josy), 435 A.M.C., 415 ANDRE (Marie), 438 ARQUILLIERE (H.-X.), 416 AURENCHE (Dr H ), 438 BARABE (Paul-Henri), o.m.i., 410, 417 N BARON (Chan.Roger), 438 BASTIN (R.), o.m.i., 438 BELLOT (Dom Paul), o.s.b., 387 BERNANOS (Georges), 407, 424 BERTHON (Maurice), 438 BLOND (Georges), 426 BOHLER (P.-L.), o.f.m., 439 BOITEAU (Georges), 423 BORDIER (Pierre), 439 BOUVEIGNES (Olivier de), 427 BOVAL (.Dom Marcel), o.s.b., 439 BRUGEL (André), 398 CANADEL (Marc), 428 CARMELITE (Une) DE MONTREAL, 439 CAZAMIAN (Louis), 420 CHARLES (Pierre), s.j., 439 CHARPENTIER (C.-M.), 436 DARDEL (Geneviève), 436 DESROCHERS (Alfred), 386 DION-LEVESQUE (Rosaire), 386 DUNN (Raymond), s.j., 411 ENGLEBERT (Orner), 432 E.S.P., 439 *** Espagne 1948, 439 *** Europe unie, 395 *** Evangile (L’) de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 409 FAY (Dr H.-M.), 420 FILLOUX (H.), 436 FINANCE (J.de), s.j., 439 GARREAU (Albert), 439 GIRAUD (Victor), 433 GORCE (Dr Denys), 433 GUERIN-DES.! ARDINS (J.), 439 GUILLEMIN (J.), 428 HAYWARD (Fernand), 414 HEBERT (Jacques), 393 LAISNEY (Pierre), 439 LAPERLE-BERNIER (Alber-tine), 428 *** Laval théologique et philnso-phique, 439 LA VARENDE, 423 LA VILLEON (Ombline P.de), 434 .v ^ LE BAS (Chan.Maurice), 440 LEDIT (Joseph), s.j., 440 LEGRIX (François), 430 LEMESLE (G.), p.s.s., 440 LE PRESBYTRE (Jean), 416 LEVACK (D.), c.ss.r., 419 *** Livre d’or des Congrégations françaises, 417 *** L-O C.{La) canadienne,A12 MAGET (Dr A.), 408 MAHIEU (Chan.J.), v.g., 440 MANRESIEN, 415 MARTIN (Abbé F.), 409 MARTIN (Louis de Gonzague), a.a-, 434 MARTIN (Marie-Madeleine), 437 MASSON (J.), 440 MOREAU (Fr.Agnello), o.f.m., 407 NOGUES (Dom Dominique), 440 , X .O, O’LEARY (Dostaler), 431 ORI.EANS (Jean d’), 411 PERINELLE (R.P.), o.p., 440 PERROY (Marguerite), 434 PIE XII, 440 POELMAN (Abbé R.), 440 RAMI (René), 429 RICHOMME (Agnès), 440 ROLLAND (Roger), 387 ROSCHINI (Gabriel-M.), 410 S.(Madeleine-Louise de), 435 SOLHAC (Claude), 437 TIBERGHIEN (Chan.Pierre), 413 VALLERAND (Jean), 421 VÉRITÉ (Marcelle), 438 *** Vie (La) franco-américaine, 419 VIEUJEAN ([Chan.] Jean), 418 YVER (Colette), 429, 430 Autorisé comme envoi postal de la deuxieme classe.Ministère des Postes, Of ta a IDÉAL ET PRINCIPES Littérature canadienne-française1 Il est un jeu qui, à des intervalles assez fréquents, passionne certains critiques canadiens ou étatsuniens de langue française.Il consiste à poser la question que voici : Y a-t-il une littérature canadienne-française ?ou encore : avons-nous de bons écrivains français nés aux Etats-Unis ?Inutile de dire que, dans la majorité des cas, ces critiques, s’ils étaient capables de faire œuvre littéraire, ne perdraient pas leur temps à dénigrer leurs compatriotes.Il suffit de posséder quelques notions solides en matière d'histoire littéraire pour se garder des comparaisons odieuses entre littérateurs d’ici et de là-bas.Quand on considère les siècles qui se sont écoulés avant que la Grèce, créatrice de tous les arts, atteigne sa pleine maturité, et ceux qui ont suivi avant que les grandes nations européennes sortent de leur enfance littéraire, après s’être mises à l'école d'Athènes pour l'imiter sinon l’égaler, l'on ne peut qu'admirer les réalisations actuelles des écrivains français du Nouveau Monde.A ce propos, nous nous permettrons de signaler à nos lecteurs l’œuvre remarquable de M.Nicolas Ségur, Grec de langue française, consacrée à Y Histoire de la litléralure européenne.Elle comprend cinq volumes dont le premier a paru récemment sous le titre de : le Monde antique (Editions Victor Attinger, Paris et Neuchâtel, 1948, 339 pages, préface d'André Chevrillon, de l'Académie française).Depuis quelques années les Editions Fides publient dans la Collection du Nénuphar, des ouvrages marquants de la jeune littérature canadienne.En voici la liste : Menaud, maîlre-draveur, de Félix-Antoine Savard ; Poéoie*, d'Emile Nelligan ; Eoreoher* et voyageur*, de Joseph-Charles Taché ; le* Engagé* du grand Portage, de Léo-Paul Desrosiers ; Jlaria Chapdelaine, .de Louis Hémon ; Né à Québec, d'Alain Grandbois et le Rêve de hamal-mouk, de Marius Barbeau.Le sixième volume de la série, dû à la plume de M.Alfred DesRochers, s'intitule : A l’ombre de l'Orjord (Fides, Montréal, 1948, 116 pages).C’est une réédition de l’œuvre lvrique de l’auteur publiée pour la première fois en 1930.C'est 1 Nous avons cueilli dans le Droit du 4 janvier dernier ces réflexions de Pierre Courtines, Ph.D., piofesseur de langues romanes à Queens College, Flushing, L.I., N.Y.; elles s’intitulaient : Poètes Jrançais d’Amérique.Nous estimons que cet article témoigne de façon des plus appréciables de l’existence de notre littérature et c’est pourquoi nous l'avons intitulé : Littérature canadiennc-jrançatse.MARS 1950 385 donc une œuvre de jeunesse dans laquelle l'écrivain a déversé le trop plein de son cœur de poète.Dégoûté de la ville, il s'était lancé à la conquête des pays du Nord canadien.Ses sonnets, qui sont autant d images condensées et précises de la vie des pionniers, sont consacrés aux clôtures, aux labours, à la chasse, à labattage et au flottage du bois, c est-à-dire aux mille et un travaux de Ta vie des colons.Il a consacré au vent du Nord un bel hymne d'où se dégage le parfum capiteux des larges horizons.Ailleurs, l'auteur décrit les petits métiers du village de ses pères.Ce qui est certain, c’est que l’œuvre de M.Alfred DesRochers n'a pas vieilli d’un jour.Les émotions qu’il a si joliment exprimées, sont celles que ressentiront toujours les hommes forts au contact de la nature et des dangers de la forêt.Il a su donner a ses souvenirs d enfance et de jeunesse un tour personnel, un accent qui lui est propre avec la sincérité des vrais lyriques, qui savent certes leur métier de poète mais doivent très peu à leurs réminiscences livresques.A l’ombre de l’Orjord est donc une œuvre de plus à faire figurer au tableau sans cesse élargi de la véritable littérature canadienne-française.En 1928,^ au temps de sa prime jeunesse, M.Rosaire Dion-Levesque, poète étatsunien de langue française, publiait son premier recueil de poèmes.Il nous donna ensuite les Oaoio (1930), JPait lf bitman (1953) et / ila (1939).On pouvait croire qu'il avait brisé les cordes de sa lyre.Il n’en était rien.Aujourd hui, qu il est arrive à l’âge où les ardeurs poétiques sont plutôt tièdes, il nous surprend et nous émerveille par son recueil de nouveaux poèmes intitulé : Solitudes (Editions Chante-cler, Montreal, 1949, 94 pages).Il est cette fois en pleine possession de ses facultés créatrices.Il s'inspire moins de ses lectures.Il est davantage lui-même.Il puise largement dans les richesses philosophiques, lyriques et morales qu'il a amassées au cours des années.Sa langue s est faite plus souple, son style plus personnel encore qu autrefois.Il livre a notre méditation ses pensées sur 1 amour, la solitude, la lutte éternelle entre le corps et l'esprit, la nature, les regrets du passé, les craintes que lui inspire l'avenir.Voyons plutôt : TESTAMENT Posséderons-nous jamais le présent ?Les hiers ou les demains?(Hiers qui ne fûtes jamais assez Demains toujours en route !) Je te lègue, ô mon amour.Toutes Tes merveilles Dont je rêvai un jour.Voici pour toi le voyage dont l'arrêt Est un asile parfait.ie te lègue les ciels sans nuages )e tous mes désirs, Et de mon livret d'heures Toutes les images.Je t'offre le bonheur sans trêve Puisque je te lègue mon rêve.386 LECTURES En somme, l'œuvre lyrique de M.Rosaire Dion-Lévesque le place aisément au tout premier rang des poètes français d'Amérique.Dion-Lévestjue, Alfred DesRochers et leurs semblables suffisent amplement a prouver l’existence, en terre américaine, d’une littérature française bien vivante, dont on peut espérer des œuvres destinées à trouver des admirateurs partout où il y a des hommes capables d’apprécier les lettres françaises.Pierie COURTINES ETUDES CRITIQUES Double tribut à la beauté Ce que sont vraiment l’art et le beau Nous ne sommes pas gâtés au Canada français par les livres bien faits.En beaucoup de milieux on semble croire que la valeur d’un écrit se juge à la publicité tapageuse des maîtres de la réclame et du profit mercantile.Le lecteur abusé en tire une étrange théorie du bon et du beau.Heureusement, des maisons d'éditions, soucieuses avant tout de la morale et de l’art, servent une nourriture savoureuse et saine à leurs clients sérieux en quête d’un complément de formation et de joies fécondes.Propos d’un bâtiaoeur du bon Dieu1 de dom Paul Bellot, o.s.b., et Poéoie el versification'1 de Roger Rolland répondent, dans leur domaine respectif, aux exigences des plus difficiles.Dom Bellot n’a pas à être présenté.Un maître ne se présente pas.Le « dieu de la brique )) jouit d’une réputation incontestable que confirme le magnifique témoignage d’Henri Charlier en tête de ce quatrième Cahier d’Art Area.Roger Rolland n'a pas, comme dom Bellot, une renommée internationale et vingt-six ans de méditation monastique à son crédit ; mais ce qui n'est pas moins remarquable, il joint à un jugement sûr et pondéré la ferveur et l'enthousiasme 1 BELLOT (Dom Paul), o.s.b.Propos d.’un bâtisseur du bon Dieu.Montréal, Fides (1949).128p.h.-t.23cm.{Cahiers d’Art Area, no 4) $1.75 ($1.85 par la poste).* ROLLAND (Roger), Poésie et versification.Essai sur la liberté du vers.Montréal, bides, 1949.I89p.21cm.$1.25 ($1.35 par la poste).MARS 1950 387 de la jeunesse.Son Essai sur la liberté Du vert, — c'est là le sous-titre de Poésie et versification, révèle un sens très personnel de la mesure et du rythme intérieur, malgré les nombreuses références aux ouvrages des grands théoriciens de la poésie.Rolland garde un juste milieu entre la versification classique, dont il blâme les soucis techniques excessifs, et le surréalisme, dont il fustige justement le culte tie l’image pour l’image.En dépit de la distance qui sépare les deux auteurs et leur œuvre, nous croyons légitime d’unir en un seul texte la critique des deux présents ouvrages : ils servent l’un et l'autre le beau avec force et sagesse, grâce au réalisme sain de leurs théories artistiques, à la priorité qu’ils accordent à la vie et au concret sur la fantaisie et le rêve.Dom Bellot est plus puissant et s’é ève sans effort au sommet de la philosophie et de la mystique ; cependant, Roger Rolland nous invite avec grande conviction à une contemplation toujours plus haute, plus hardie du « fondamental )) ; car « il importe, écrit-il, que la poésie s’adresse à l’homme tout entier et ne néglige aucune de ses forces vives ».D’ailleurs, Rolland est un admirateur passionné et intelligent de Claudel : nous ne pouvons plus douter de la hauteur de sa pensée.Propos D’un bâtisseur Du bon Dieu renferme huit conférences données par c^om Bellot au Canada, en 1954.Elles sont précédées d’une courte préface du Père Henri-Paul Bergeron, c.s.c., et d'une remarquable introduction d’Henri Charlier.Le Père Bergeron relate en quelques lignes les faits principaux de la vie de dom Bellot au Canada.Le célèbre Bénédictin y vint en 1934 pour un bref séjour.En 1936, il s’installe définitivement chez nous.Il meurt le 5 juillet 1944, à Saint-Benoît-du-Lac, « la seule œuvre canadienne qui soit entièrement de lui ».Henri Charlier, « ami intime » de dom Bellot, nous esquisse avec chaleur la biographie et le portrait de « ce glorieux ambassadeur de la culture artistique française ».Le père de dom Bellot était architecte ; le fils le devint lui-même avant d’entrer chez les Bénédictins, au tout début du siècle.Ces derniers durent s'exiler de France et se construire des monastères provisoires à l'étranger.Les supérieurs de dom Bellot « lui demandèrent d’élever rapidement des monastères économiques.Il se trouva que ce jeune profes était un homme de génie et que ces monastères provisoires turent des chefs-d'œuvre ».« Les artistes, continue Charlier, ont rarement l'occasion de faire faire à l'art un pareil sau'c dans l’histoire.» Le secret de dom Bellot reposait dans la contemplation intérieure de son œuvre.« [.] cloîtres, réfectoires, escaliers sont des abris pour l’oraison où est manifeste la présence de Dieu » ; « [.] la technique de l’artiste n’est pas affaire de pure spéculation ; elle tend à la direction d’une activité engagée dans le concret, pour produire de l’utile et du beau et signifier des valeurs humaines », fait dire encore Charlier à dom Bellot.Ce qui est dit de l’architecture peut s’appliquer à la poésie.Le beau est indivisible et on ne l’apprécie véritablement que 388 LECTURES grâce au concours harmonieux de toutes les facultés humaines.Voici ce qu’écrit Roger Rolland en condamnant le surréalisme : « Limiter l’opération poétique à un champ défini et restreint de l’activité humaine, c’est limiter la poésie elle-même et la compromettre dangereusement.(.] La poésie doit pouvoir nous recevoir tout entier.(.J il serait dommage qu’une fois parvenus chez elle, nous ne fussions pas chez nous.» Tous les arts et tous les états d’âme élevés communient au beau de quelque façon.Les différentes espèces de beaux esthétiques se rattachent à la source commune du beau transcendantal.Aussi la plupart des conférences de dom Bcllot peuvent-elles se rapporter à la poésie et à la littérature en général presque sans retouches.Dans la première, il s'agit du Renouveau de l’art el du goût.Il faut fuir « l’nvmne au vide et à la mort dans le désespoir.(.) l’art n’est qu’une résultante, il est un fruit de la civilisation, et, si l’on veut, un appareil enregistreur des hauts et des bas dans la vie d’un peuple.» Ainsi, le faux humanisme issu de la Renaissance et de la Réforme qui, « ici comme partout, a fait faillite » ; le scientisme, l’exagération de l'abstraction, le surréalisme et l’académisme, continuerait l’auteur tie Poénie et versification, voilà autant de critères de civilisation.Dom Bellot cite le Corbusier : « L’art est d’essence hypnotique, et aucune force n’est davantage capable de préparer les révolutions politiques et sociales, de servir, en les infusant lentement mais sûrement dans la masse, les théories philosophiques ».C’est pour cela qu’un style doit être « un état de penser » ; l’artiste doit s’adresser à l’âme de l’homme pour le conduire et le maintenir sur les sommets où l’on rencontre Dieu ».Pour atteindre cet idéal, l’artiste doit avoir le sens du beau, cet instinct du nombre, du poids et de la mesure qu’on appelle le goût.Le bâtisseur, qui regrette notre éloignement « de l’incomparable valeur de vie des doctrines du Moyen Age », sait nous parler avec vigueur de cette qualité de l’artiste : « Mais quant au goût, au bon goût, c’est-à-dire à cette connaissance exacte des besoins, des idées, du génie de notre civilisation, à cette expression vraie et tempérée de ce qu elle a droit de nous demander, il faut chercher longtemps pour le trouver ; et si, par aventure, ce goût du vrai se fait jour, il étonne la foule et excite la censure, sinon les colères, de ceux qui se donnent comme les seuls dépositaires ties saines doctrines.» hncore un coup : « Ce ne sont pas tant les formes d’art qu’il faut enseigner à la jeunesse que leurs principes invariables, c'est-à-dire : leur raison d’être, leur structure, leurs méthodes, leurs transformations suivant les besoins et les mœurs ».Il est très clair, d’après ces lignes de dom Paul Bellot, qu’il ne faut pas qualifier indistinctement d’aventureux tous ceux qui, en art, ont horreur des sentiers battus et fuient les ornières d’une tradition la plupart du temps sclérosée.Si l’homme, un jour, a su créer le beau, c’est qu’il a su y enfermer tout l’humain tel que « intelligé » en son temps et lieu.L’architecture et la poésie qu'il MARS 1950 389 a engendrées alors, représentaient le compendium, la réflexion esthétique de la pensée de son siècle.Ce que nous aimons dans ces beautés d un autre age, c est par-dessus tout le reflet d’une civilisation, d un art consomme par une intelligence affinée, soucieuse d universel, et qui nous transporte dans un monde relativement parfait.Nous jouissons de ces œuvres sans avoir subi le moindrement les peines de leur édification lente et difficile à travers les siècles.Imitons-Ies sans les copier ; c’est-à-dire : efforçons-nous de refaire le même travail d'intelligence, de pénétrer toute la vie de notre temps, de 1 assimiler et d’en éterniser la mémoire dans une œuvre d’art durable, au bénéfice des époques futures.Roger Rolland applique magistralement à la poésie ces pensées profondes.Après nous avoir défini les caractéristiques de la poésie, dont la principale est d'accaparer l'homme tout entier ; apres nous avoir inities aux moyens d’expression poétique, qui sont les propriétés du langage : rythme de timbres, rythme tonique et rythme arithmétique, il écrit : (( Le poète a maintenant accompli son miracle, et de chaque mot est jailli la présence de la chose.L homme a retrouvé son humanité, et reconquis cet univers qui lui échappait de tous côtés.Pouvons-nous exiger davantage ?Le poète nous a comblés ; de quel droit le forcerions-nous à nous rendre des comptes ?Et que nous importent ses recettes puisque maintenant nous avons son cœur.» L auteur de Poésie et versification dit encore : « Le poète sait que 1 art n est jamais libre ; aussi surveille-t-il constamment, règle-t-il sans complaisance le débit enthousiaste de son cœur.[.] pourquoi maintenant établir des règles fixes quand il s’agit du rythme, en ce moment le plus mystérieux, le plus irrationnel de toute l’élaboration poétique ?Pourquoi ne pas laisser l'inspiration proposer son rythme ; et la raison vigilante, le corriger, le parfaire ?)) Et a la dernière page de l’ouvrage : « Le poète moderne a de moins en moins le goût des précautions inutiles.La versification classique exige trop de lenteurs pour une pensée déjà pleine et débordante.[.].Lme prosodie difficile répondait admirablement a des sentiments faciles, mais lorsque ceux-ci commencent de nouer entre eux de grandes et difficiles relations, c’est à la prosodie de se simplifier, d’acquérir souplesse et désintéressement, et de laisser le cœur édifier lui-même les réseaux de ses palais.» Les théories du vénérable Bénédictin et du jeune chevalier de la poésie rejoignent celle du beau de saint Thomas, théorie reprise et commentée par Jacques Maritain dans Art et Scolastique, et par dom Bellot même dans sa troisième conférence.« Le beau consiste dans une juste proportion des choses », répète maintes fois le moine architecte.Il requiert trois conditions : l’intégrité de la perfection, la proportion harmonieuse et la clarté ou l'éclat.« [.] que ce [.] soit justement ce qu’il faut [.].Voilà l'intégrité de la perfection comme fondement du beau.» Puis dom Bellot continue un peu plus loin : « La juste proportion est la condition la plus fondamentale, car les deux autres [.] s’y ramènent, et n'en 390 LECTURES sont pour ainsi dire, que les déterminations ».« L'ordre est fait f>our satisfaire éminemment l’intelligence, [.].Notez que, dans a nature, (.) toute chose est ordonnée en soi et par rapport au reste de l'univers ».« Tout ordre et toute proportion est œuvre d’intelligence » (Jacques Maritain, cité par dom Bellot).Certes, les sens jouent un rôle important mais secondaire : « Le beau ne s’adresse aux sens que parce qu’ils sont eux-mêmes sous notre intelligence et que celle-ci juge de leur objet ».De cette magnifique théorie, nous en arrivons à cette sage définition de l'art : « L'art véritable c’est l’union harmonieuse de l'idéal et de la nature.L'art exprime la réalité transfigurée par l'idéal.L'art exprime l’idéal, mais l’idéal réalisé dans un type de la nature.» Pour réussir une œuvre d'art, il faut employer les deux techniques à la fois : celle de la matière employée, ou technique matérielle, et celle du « choix de la disposition et de l'ordonnance à introduire dans les matériaux pour leur faire signifier quelque chose », ou technique intellectuelle.« La technique intellectuelle se superpose à la technique matérielle pour l’informer, l'achever.» Peu à peu se dessinent davantage, pour le lecteur des deux ouvrages que nous analysons, les relations intimes de l'architecture à la poésie, ces deux servantes de la beauté, relations d’ailleurs communes à tous les arts.« (.) ils (les arts) se rejoignent intimement par les principes qui les régissent et commandent leurs techniques.» Or, la grande loi, nous l'avons vu, c'est la proportion, la mesure.C’est le sens de la proportion, de la mesure qui qualifie l’artiste.Mesure, rythme ; architecture, poésie.« La mesure est l'élément formel de l'art », insiste dom Bellot ; « (.) aussi bien dans l'architecture que dans la musique, l’art doit exprimer une pensée.(.) ; c’est la formation de celui-ci (le maître d’œuvre) qui est l ame de la réussite et du beau travail ».La forme de l’œuvre reflète la formation humaniste de l’artiste, qui n’a plus qu’à lui ajouter « son complément naturel » : la couleur.Mais il faut bien comprendre que « ce n’est pas la couleur qui fait l’unité de l'ouvrage ; c’est la composition, c’est la forme.La couleur (.) ne vise qu'à manifester l’unité de l'œuvre.» Ces notions du beau authentique s'appliquent intégralement à tous les arts, à la poésie et à la prose elle-même, justement apparentée à la poésie.« Le vers libre, écrit Rolland, n’est (.) pas autre chose que la prose simplifiée, débarrassée de ses rouages syntaxiques et qui se sert de blancs pour fndiquer les rythmes ainsi retrouves.» L’auteur cite ici Henri Brémond: «J’oppose non pas les vers à la prose opposition qui me paraît techniquement fausse — mais uniquement la poésie au prosaïsme ».La grande différence vient surtout de ce que la prose « ne s'adressant qu'à des facultés rationnelles, (.) s'est développée selon un plan rationnel à l'extrême », souligne Rolland.L A ni mua et Y Anima de Claudel.Partout l'homme doit s'attester entièrement homme.Sa loi fondamentale, comme celle de tout être, c’est sa forme, sa raison, mars 1950 391 son intelligence.Plus cette intelligence est saine et protégée contre les faiblesses d'une nature déchue, plus elle a de chance d’approcher de la perfection dans tous les ordres.D’où l’incontestable supériorité de l'artiste chrétien.L’homme sans religion se dépense dans la vanité.L’homme libre, c’est-à-dire qui a accepté de discipliner sa liberté, est au-dessus de la loi, en ce sens que l’âme même de la loi est devenue son âme.Ilélas! cet homme idéal ne se trouve pas facilement.Copier est s’asservir ; recréer est s'élever.L'alexandrin a immortalisé Racine, remarque Roger Rolland, mais il a étouffé Crémazie et Fréchette ; le premier rythmait naturellement ; les deux autres, non.Pour Racine, l’alexandrin était en quelque sorte un vers libre : il lui convenait parfaitement ; il l’aurait peut-être créé s'il n’eût pas existé.Pour Crémazie et Fréchette, c’était un vers d’école, qui ne correspondait pas du tout à l’atmosphère particulière dans laquelle vivaient ces deux poètes ; et Rolland ne manque pas de prouver ce qu’il avance à leur sujet.Il conclut que « le vers libre ne représente [.] rien d’autre que la recherche d'un rythme qui soit en accord avec la vie ».C'est toujours une question de mesure et de proportion : « Notre émotion gouverne l'ordre de la parole, comme le cœur, suivant la nature de ses contractions, sa systole ».Roger Rolland avait précédemment écrit : « Le rythme est plus qu'une convention : il modèle à chaque instant le visage de nos songes, il est la mesure de notre mystère, il est l’hésitation et la hâte, l’attente et la délivrance, il est la quête et la découverte, la marche immatérielle de l’homme au milieu de sa destinée ».Voilà, brièvement esquissées, quelques-unes des réflexions que m’ont inspirées ces deux livres, qui nous rappellent tous les deux à leur manière ce que sont véritablement l’art et le beau, son objet.Ce sont deux ouvrages de premier ordre et qu’on ne saurait trop recommander à la méditation des artistes et des écrivains.J.-P.BEAUSOLEIL SIMPLIFIEZ vos affaires Abonnez-vous aux Revues et journaux du monde entier en vous adressant au SERVICE GÉNÉRAL D'ABONNEMENT Mettait Partit 4234, rue DeLaroche — Montréal 34 Exposition permanente de REVUES CATALOGUE SUR DEMANDE FR.7383 392 LECTURES Autour de l’Afrique* 1 2 S’exalter à la beauté du monde 1 Découvrir cette beauté sur les mains, les visages des hommes.Chercher la manifestation de la vie dans les gestes étrangers, dans l’éclat de regards habitués à d’autres paysages, à d’autres horizons, dans l’inclinaison d’é-paulês courbées sous d’autres fardeaux que les nôtres.Aller à la recherche d’un bonheur que notre raison de civilisé voudrait nier, mais que confirme notre esprit d’observation.Embellir de toute notre ferveur silencieuse, des images neuves qui rendent les choses plus vivantes et font qu’elles prennent un sens et une couleur.Traverser vingt-cinq pays, obéir à la foi secrète qui renverse toute logique et fait la rupture avec les routines habituelles : voilà la grande, la merveilleuse aventure vécue par deux jeunes Canadiens.Aventure invraisemblable, qui semble un défi au bon sens ; aventure admirable à force d’imprévoyance, d’enthousiasme et de sincérité.Avec Jacques Hébert et son inséparable ami, Jacques Dupire, nous avons fait un voyage extraordinaire Autour de /’Afrique, en passant par la Route du déoert, et la Roule noire.Nous avons appris que plus il y a d’obstacles à franchir, plus il y a de portes à déverrouiller, et plus la liberté a de prix.Ce récit attachant, qui nous donne l’impression d’être libre et loin de notre monde, ne ressemble nullement à un reportage, et c’est plus qu’un journal.Autrement, est-ce que nous aurions ressenti si profondément les émotions de nos imprudents voyageurs?Est-ce que notre vision se serait agrandie au point de devenir aussi vaste que la leur?Est-ce que nous aurions offert notre visage au vent chaud du désert et goûté l’âcreté du sable saharien ?Aurions-nous si bien respiré la pureté des nuits d’étoiles?Est-ce que, comme eux, nous aurions pesé le poids de la vie d’un homme?Après une telle communion aux imprévus de la route, en (fépannant l'Alouette, en la tirant de ses nombreux ensablements, nous avons aussi compris qu’il était souhaitable d’oublier l’heure, de nous reposer dans la paix du risque généreux, de nous griser de couleurs et d’harmonie.Et cela, parce que nous ne lisons pas simplement un livre, mais que nous vivons aussi une aventure.En parcourant avec nos amis les régions sauvages de l’Afrique noire, où vivent dans une affreuse misère tant de primitifs incultes et superstitieux, nous prenons mieux conscience de notre privilège de chrétien et de civilisé.Jacques Hébert nous donne une magnifique leçon d’optimisme ; c’est un artiste qui nous révèle la beauté du monde, d’une 1 HÉBERT (Jacques), Autour de /’AJriquc.Montréal, Fidcs, 1950.2v.h.-t.20cm.$5.00 ($5.15 par la poste).1.— La Route du désert.2.— La Route noire.MARS 1950 395 touche légère, mais avec sûreté et enthousiasme.Une malchance s'oublie vite en sa compagnie, pour laisser apercevoir ce qu'il y a de bleu autour.La nature est une pourvoyeuse de bonheur.Un peu de ciel qui passe à travers les arbres ; l'or du soleil qui flambe sur les minarets et leur fait une parure ardente, plus tranchante et plus impérieuse que partout ailleurs ; l'ombre qui s'ébrèche sur les dunes qui se rapprochent et grandissent avec la nuit ; quatre pétales blancs aperçus en plein Sahara et dont l'apparition fait luir 1 anxiété de se croire perdu et mourant de soif ; des croupes de montagnes dont la liane harmonieuse stabilise l’espace ; de petits villages qui s'échelonnent le long des rives d'un fleuve et semblent à l’œil, des tas de fleurs ; et le Nil — songez-y, de l’eau dans un désert ! — ce miracle de l'Egypte si éblouissante sous ses couleurs chimiques : jaune-soufre, vert de chlore ou de sulfate, avec ses pyramides toujours mystérieuses, toujours émouvantes ! Ce sont la autant de victoires poétiques, ailées, gagnées sur l'étendue et 1 espace, par une âme possédant le sens de la véritable beauté.Qui donc resterait indifférent à la lecture d’Autour de Cdjri-que / Personne, j'en suis persuadée.Car cet ouvrage n'est pas un froid documentaire : c est une œuvre pleine de vie chaleureuse, de jeunesse entraînante.A sa lecture, on songe malgré soi à tous ces jeunes blasés qui cultivent comme une plante rare, leur égors-me, leur goût morbide du désespoir et de la nausée, dans le mépris orgueilleux non seulement des sentiments religieux, mais de tout ce qui,^ de près ou de loin, tend a la pure joie de vivre sainement, intensément, courageusement.Jacques Hébert est un créateur d'air libre, et nombre de jeunes gens se laisseront peut-être prendre à cette magie et rêveront de routes étrangères et de lointaines randonnées.Pourtant, cette aventure magnifique ne saurait se répéter avec le même bonheur.Pour réussir un tel tour de force, i! fallait être un Jacques Hébert et un Jacques Dupire : bohèmes intelligents, avant de 1 initiative, du discernement, du savoir et du cœur, possédant, en face du danger, ce calme puissant qui est la marque indéniable de caractère ferme et d’équilibre moral.Certes, ils ont été imprévoyants ; mais ils 1 ont ete délibérément, avec sagesse, avec une foi a transporter les montagnes.Il ne faut pas pourtant imaginer un conte de fée, car rien n en est plus éloigné que cette odvssée magnifique.La prodigieuse Afrique nous est révélée avec une objectivité alimentée de détails vivants et pittoresques sur l'histoire, le comportement des hommes, les mœurs ; ce souci du réel, du positif, se complète d'aperçus philosophiques et de tentatives d'analyses sociologiques fort pertinentes.Jacques Hébert a le coup d’œil sûr, l’essentiel ne lui échappe jamais ; il a le sens de l'humour et du paradoxe, et sait d’un mot incisif stigmatiser la betise.Il ignore les voies obliques et menteuses : son style est direct, vivant, distingué ; ses images sont saisissantes de réalisme, son vocabulaire est riche et toujours précis.Puis, pour couronner 394 LECTURES le tout, une vie spirituelle profonde, le besoin de lire, de prier, de se recueillir.C’est beau ! Autour de C AJrique, ouvrage en deux tomes, avec deux cartes, des gravures hors-texte, des bandeaux et des culs-de-lampe du plus bel effet, est présenté chins une toilette typographique soignée qui fait honneur aux Editions FIDES.Nous ne pouvons que recommander la lecture de ce séduisant ouvrage, dont chaque page est marquée de la riche personnalité de l'auteur.Reine MALOUIN Europe unie iç4ç-içjo' Le développement des armes de guerre moderne, l’affaiblissement du sens des valeurs morales et le mépris de l’autorité font fîlaner sur le monde la menace de la guerre et du chaos.Entrevoir a possibilité d’une guerre avec les engins de destruction modernes fait frémir quiconque est apte à réfléchir quelque peu.En certains milieux, on a beaucoup espéré de l'union des Latins ; mais les affinités ethniques ne concordent pas nécessairement avec les possibilités économiques des différents pays désireux de s'unir, mus par un idéal commun.C’est ainsi, par exemple, que la France, l’Italie, l'Espagne, le Portugal, le Brésil et l'Argentine, tout en étant d'affinité latine et de soiiche catholique, peuvent avoir parfois des intérêts économiques ou politiques opposés, ou tout au moins divergents.On voulait, au lendemain des deux grandes guerres, unir le monde, au moins celui dit civilisé, en un grand mouvement d'entente, de compréhension mutuelle.On projetait un fédéralisme mondial.Utopie ! On se replia vers une union morale de l’Europe menacée dans son existence même, car on eut tôt fait de s'apercevoir que même le continent européen se refusait à être un.L'émigration des organismes internationaux vers le Nouveau Monde donna davantage à réfléchir aux tenants de l'ordre : ou a unir ou périr, telle fut l'alternative brutale qui se posa aux vieilles nations du Vieux Alonde.Depuis, le monde continue d'être divisé en trois ou quatre clans, dont deux antagonistes avoués.Europe unie est une publication annuelle.L'édition 1949-1950 constitue un fort volume, présenté avec goût, avec art.C'est 1 *** Europe unie, 1949-1950.Études pour la formation d’une conscience européenne.Paris, Alsatia [1949J.186p.h.-t.26 5cm.MARS 1950 595 une série d’études pour la formation d’une conscience européenne.Cet ouvrage splendide est le fruit du travail du Comité créé en 1949 et qui vise à refaire une conscience commune aux pays d'Europe jusqu’ici divisés par un nationalisme exacerbé.C'est à Strasbourg que ce Comité de l'Europe unie a son siège permanent.Strasbourg, ville frontière, ne pouvait être mieux choisie pour devenir le centre de cet organisme voué au rapprochement des peuples chrétiens tie l'Europe occidentale.M.Robert Schuman disait, le 16 mai 1948, à Strasbourg même : Je suis convaincu que la population strasbourgeoise comprendra nos efforts et voutlra s’associer à l’inauguration d’une politique nouvelle qui constituera probablement la suprême tentative de sauver notre continent et de préserver le monde du suicide.On sait que l’Europe unie ne comprend pas les pays de l’Europe orientale soumis à la Russie, mais comprend par contre la Grande-Bretagne qui, cette fois, veut s’intégrer à ce mouvement d union morale des nations qui veulent vivre dans le respect mutuel de leur originalité nationale, mais en groupant moralement leurs forces.Europe unie 1949-1950, imprimé en Alsace, résume la pensée des dirigeants de diverses nations qui, tout en désirant légitimement garder leur individualité propre, vfculent ensemble conserver ce qui peut l'être du trésor hérité des siècles passés : culture, arts, lettres, sciences, mode de vie, etc.C es sortes de groupements font habituellement sourire, en raison du caractère utopique qu’ils revêtent si souvent.Mais il n’y a rien ici des idéologies humanitaires qui vicie régulièrement ce genre d’associations.S'il ne s'agit pas d’un mouvement confessionnel, un idéal chrétien authentique meut cependant toutes ces nations, un idéal noble les entraîne vers 1 entr aide, la compréhension mutuelle.C’est là l’ultime espoir de 1’ Europe, si elle ne veut pas sombrer dans le chaos.Chimère ?Non certes ! Grand rêve difficilement réalisable?Soit, mais pas impossible à atteindre.Ce mouvement, comme on cl it de nos jours, a un programme a longue portée.Les promoteurs veulent en arriver tout d’abord à une Europe vraiment unie, pour embrasser ensuite l’univers tout entier.Ambitieux programme qui prendra trente, quarante, cinquante ans ou davantage, mais qui mérite tous les encouragements.Pourvu que d’ici là une nouvelle guerre n’éclate pas.Un long article intitulé Perspective.) européennes synthétise la pensée des promoteurs de ce programme.Il est opportun, croyons-nous, d’en citer la conclusion.Il s’agit de donner la parole à des Européens de partout qui diront leurs idées, leurs suggestions, leurs voyait es ou leurs aventures.Il s'agit de penser le mouvement européen et de i intégrer dans la philosophie, la théqlog ie.le droit public, et de donner les résultats de celle pensée.Il s agit d illustrer l'idée européenne de deux manières, d’abord en taisant connaître les plus belles pages qu'elle a inspirées, puis en publiant des documents photographiques unissant l'art et la science, et pour lesquels 396 LECTURES nous faisons appel à nos lecteurs voyageurs.Enfin, il s'agit de rendre service, en donnant les renseignements pratiques les plus nombreux et les plus utiles possibles, qui faciliteront les échanges et les rencontres en Europe sur tous les terrains.Pour donner à cette publication un caractère européen plus prononcé, on aurait voulu la taire paraître en trois langues majeures de l’Occident-La difficulté des temps ne le permet point.Nous croyons que la langue française reste assez universelle pour que cet inconvénient soit petit.Celle longue citation expose bien les buts de l’organisme de l’Europe unie, comme ceux de la publication que nous présentons à nos lecteurs.On aura remarqué en passant la prépondérance accordée au français, langue jusqu’ici reconnue comme internationale, comme le moyen de communication par excellence des diplomates, mais qui a subi une diminution de prestige depuis le transfert du siège des Nations-Unies à Lake Success, New York.Europe unie 1949-50 est, de plus, imprégné d’un esprit chrétien authentique.L’article de M.André D.Toledano, intitulé Vers l’unification de iEurope, explique le plan de rapprochement politique ; il contient le récit de toutes les tentatives de collaboration des peuples depuis quelques années ; il conclut en rappelant que seize nations ont adhéré au plan Marshall alors que la Russie et ses satellites l’ont repoussé.Le chapitre Par dessus des frontières nous apporte des lettres de Romain Rolland ; un article extrêmement puissant, écrit par un Allemand, sur les œuvres françaises et sur l’idée européenne ; puis, pour clore, le texte remarquable : Une émule de Bernanos.L’Europe dans les textes fera aussi les délices des lecteurs.Un dernier chapitre, Etal actuel de l’Europe, situe l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Irlande, le territoire de la Sarre, le tout bourré de statistiques démographiques et religieuses du plus haut intérêt.Une bibliographie européenne de 1919 à 1950 complète le volume ; elle est également d'un grand intérêt.Suit une documentation fort utile pour ceux qui songent à voyager d’un pays à l’autre, notamment une nomenclature d’associations et de groupements dont les préoccupations sont du même ordre que celles des instigateurs du mouvement de l’Europe unie.Et ce n’est pas tout.Des illustrations magnifiques ornent cet ouvrage supérieurement écrit et animé du meilleur esprit.Tant par sa présentation que par les textes cjui la composent, Europe unie 1949-50 est une œuvre qui contribuera à cimenter l’amitié de la meilleure partie de l’Europe, celle qui garde les trésors de la civilisation chrétienne occidentale dont nous nous flattons d’être les continuateurs.Quel succès connaîtra une telle entreprise?En tout cas, l'effort vaut d’être tenté et par d’autres que par des apatrides, des socialistes d’extrême gauche, ou des idéologues qui veulent supprimer le passé chrétien (le l’Europe pour y substituer de vagues et fumeux droits de la personne humaine.Ce volume n'est que le premier de la série qui inaugure le mars 1950 397 mouvement de l'Europe unie.Souhaitons que ceux qui suivront soient aussi bien inspirés, aussi respectueux des particularismes nationaux, dans le souci d'éliminer ce qui divise les nations et les peuples de l’Ouest de l’Europe, en attendant que les nations de l’Est communient au même idéal.Le problème de la paix est toujours à l’ordre du jour et rien ne doit être épargné pour faire disparaître les obstacles à son avènement.Europe unie et le mouvement dont elle est l'organe méritent tous les encouragements.Véritable compendium de la pensée européenne, c'est un ouvrage qui a sa place dans la bibliothèque de tout homme cultivé.Rodolphe LAPLANTE La Résurrection des corps1 En raison de travaux imprévus, j’avais dû, après une première lecture, négliger la critique du roman d’André Brugel : la Résurrection des corps.Avant donc de rédiger cette critique, j'ai relu une deuxième fois l’ouvrage et je fus aavantage conquis par l'intérêt du récit, la vie des personnages, la noblesse d’une œuvre qui révèle, sous le pseudonyme, un fin humaniste, préoccupé d’art et de culture, pour lequel (( rien d'humain n'est étranger » et qui est surtout profondément chrétien.Brugel m'a d'abord conquis par la santé de son sujet.Son audace à lui, et qui est bien plus authentique que celle de tous les romanciers jaunes ou noirs, c'est de bâtir une intrigue tout à fait propre, et qui ne manque pas cependant de réalisme puisqu'il trouve, entre autres, l'occasion d’exploiter les connaissances évidentes qu'il possède de la psychiatrie et de ses moyens thérapeutiques.Vraiment, on dirait qu’André Brugel n’est pas au courant de la clef de certains succès en littérature : il a écrit un roman complètement net, un roman où l'amour et le mariage sont exaltés jusqu’aux nues.A moins qu'il méprise cette sorte de succès 1 En tout cas, quel téméraire auteur pour nous présenter des « créatures » qui croient à la réalité et aux exigences de la vie de foi, qui estiment que la terre n'est qu'un passage qui conduit à Dieu ! Il sermonne même : « Nous vivons trop dans la matérialité des choses ; nous n'avons pas assez de vie intérieure chrétienne ».Qui peut bien être cet André Brugel?Ce doit être un pharisien.Pourtant, il faut bien admettre que notre romancier sait conter et qu'il conquerra tous les lecteurs que n'ont pas encore trop contaminés les préjugés à la mode.D'ailleurs, il ne nous livre pas qu'une pochade à l'eau de rose.Pour imaginer l'assassinat 1 BRUGEL (André), La Résurrection des corps.Roman.Montréal, Chan-tccler (cl949].259p.19cm.$1.25 ($1.35 par la poste).398 LECTURES de la mère de Marthe par son mari, qui se suicide aussitôt après son crime, pour si bien décrire la jalousie de Jean envers son frère Jacques qui doit se marier avec Marthe, il faut nécessairement une bonne expérience de l’humain.Mais la maîtrise de l'auteur le garde des excès.Meme dans la peinture d'atroces scènes de jalousie, dans les aveux spontanés de natures passionnées, on ne le prend pas en défaut : il n’est jamais tenté d'exploiter la veine du risqué, du sensuel, du sous-entendu suggestif, des allusions complaisantes.Au contraire ; et les pauvres jaloux, par exemple, font grandement pitié, alors que leurs victimes sortent grandies de l'épreuve.Enfin, une vie chrétienne véritable inspire ces pages ; la vertu y joue un rôle de premier plan.Sa foi [la foi de Jacques La vigueur] s’appuyait sur des certitudes.Ces certitudes s’appuyaient sur des textes et des mots prononcés par le Christ lui-même.[.J Telles pages d'Evangile, inertes autrefois, revivaient en lui, brûlantes de vérité.Résumons l'intrigue.Marthe Varin, une orpheline dont le père s’est suicidé après avoir tué sa femme dans une crise de jalousie injustifiée, passe ses vacances à la maison de campagne des Lavigueur, une famille accueillante et sympathique.Amie d'Eva, la fille des Lavigueur, Marthe est traitée comme une enfant de la maison.Jean, le fils cadet, qui finit son droit, aime Marthe en silence, alors que l'aîné, Jacques, un médecin plein d'avenir, ne manifeste que les sentiments d'une franche camaraderie.Mais Marthe aime Jacques, qui s'éprend bientôt d'elle à son tour.Tous les deux de caractère très noble, ils voient grandir chaque jour leur amour dans la pureté, les distractions supérieures et surtout une piété vivante.le te veux pour l'éternité, car je crois à la résurrection de la chair.Là-bas, je te retrouverai sûrement et tu me retrouveras.Pour moi, le bonheur parfait sur cette terre doit inclure cette pensée à chaque instant de la vie.C'est ma formule.Y crois-tu?[.].Je crois à la résurrection des corps, de nos deux corps et de nos deux âmes.[.].Je t'aime pour toujours et par delà la vie.On comprend sans doute déjà le titre : ta Résurrection des corps.Il s'agit de deux jeunes gens promis l'un à l'autre, qui s'aiment ardemment, corps et âme, dans un respect mutuel d’autant plus grand qu'ils savent que leur chair, grâce à l'Eucharistie, est promise à l'immortalité.Hélas ! le rêve se brise en plein essor.Marthe meurt d'un triste accident et Jacques est cruellement atteint par l'épreuve.C'est l'occasion, chez fui, d’une profonde dépression à laquelle le prédisposait son tempérament de cyclothymique ; il sera sauvé par l'amitié et la compétence de son maître, le docteur Baron, un neurologue, un psychiatre de première valeur.La petite fiancee est morte, mais son influence bienfaisante se continue par delà la tombe.Jacques retrouve son dynamisme et toutes les promesses d'un fécond avenir.Il est d’autant plus MARS 1960 399 libre, même pour de nouvelles et légitimes tendresses humaines, que les prémices de son cœur furent plus généreuses, intégralement chrétiennes.Pas de vain romantisme ici, mais le réalisme serein de la foi.Et l’ouvrage se ferme sur l'enthousiasme retrouvé du « héros » : Je oemi de (’être en moi pour une éternité.Malgré quelques faiblesses, l’ouvrage est de la meilleure venue.Il est écrit simplement, de façon directe, vécue.Certaines scènes, comme celle tie la rencontre tie Marthe avec le petit Luc Lamirande, sont vraiment filmées.De même les descriptions de l’intérieur du docteur Baron et celle de la petite église hongroise.Qui n’apprécierait également des réflexions digressives, mais si à propos, comme celles que nous offrent quelques pages sur les bienfaits du téléphone?Certains reprocheraient peut-être à l’auteur un vocabulaire à l’occasion ésotérique ?Le reproche porte à faux et il faut, au contraire, louer An tiré Brugel pour son souci du terme propre et, en même temps, pour le soin qu’il apporte «à ne pas dépasser la mesure.Après tout, puisqu’il nous présente des médecins, des psychiatres, une société d’une réelle culture, il est tout à fait normal qu’il nous plonge dans l’atmosphère du milieu et il le fait d’ailleurs avec beaucoup de discrétion.C’est une joie véritable tie fréquenter ces membres d’une bourgeoisie respectable qui goûte sincèrement les concerts et les conférences sérieuses, qui aime la littérature, la musique et la peinture et qui, en ces divers domaines, est à la page dans le bon sens de l’expression.Enfin, ce qu'il convient surtout de louer, et ce qui domine ces pages, c’est le surnaturel vécu.C’est là un livre que marquent la foi et l'amour des âmes.On est conquis par le caractère sacerdotal de ce bon abbé Brémard, l’ancien professeur de Jacques au collège, qui personnifie si bien tant de dignes prêtres de nos maisons d’éducation.Ce solide roman psychologique a su joindre, dans une seule perspective, la réalité de ces deux extrêmes : le monde du subconscient et celui du surnaturel.Ce réalisme intégral est promis à de belles réussites, si l’auteur continue à travailler avec ferveur.Théophile BERTRAND SERVICE UNIVERSEL Répertoire de 3000 Revue», Journaux, Encyclopédie» du monde entier — 2000 en françalt* Revues décrites et classées, 132 pages, format 4 x 814.Prix 0.25 — Par la poste : 0.30, en mandat, bon de poste ou timbres.Une publication indispensable à tous les lecteurs, aux bibliothécaires, à tous ceux qu'intéresse le problème des lectures.ABONNEMENTS POUR TOUS, 77, rue d’Aiguillon, QUÉBEC Directeur : Prof.P.-E.BELLEAU Tel.: 3-3754 400 LECTURES DOCUMENTS La nouvelle loi sur les “comics” Le iléluit si important soulevé par M.E.I).Fulton (Kamloops) le 4 octobre 1Q49 à la chambre des Communes au sujet des crime comics s'est terminé le 5 décembre suivant par une profonde modification île l'art.207 du Code Criminel.L'Ecole sociale populaire de Montréal a publié, d'après le compte rendu officiel des Débats, les trois principaux discours suivis tics déclarations les plus importantes du ministre de la Justice.Nous y renvoyons le lecteur'.Ces* Messieurs ont été effrayés (le mot n’est pas trop fort et il est tout à leur honneur) des millions de comtes qui s’impriment par année : le dernier calcul sérieux parle de 720 millions par an aux Etats-Unis.Souvent.* ces récits illustrés de crimes représentent la loi, l’administration de la justice et l’honnêteté comme lentes, boiteuses et stupides, tandis que le gangster, le violent, y est décrit comme un nomme d'action immédiate, directe et énergique.C’est ainsi qu’ils dirigent du mauvais côté la sympathie de la jeunesse # (M.Fulton).Le mal est d’autant plus grand que beaucoup d’hommes faits ne s’en aperçoivent pas.Ces inondations de comtes sont en effet assez récentes : elles datent d’une douzaine d’années environ.Pour remédier à leur nocivité, M.E.D.Fulton s’oppose absolument à une censure préalable des éditions visées ; il demande qu’on crée un délit nouveau à inclure dans l’art.207 du Code criminel.L’hon.Stuart S.Garson, ministre de la Justice, remarque à son tour que « l’influence des livres et tics revues obscènes doit être plus néfaste encore que celle des romans policiers en ima-cs )».« L’amendement que nous étu-ions ne vise, dit-il, que les romans 1 Actualitf en tracts.No 58.Institut social populaire, 8100 boul.Saint-Laurent, Montréal-14.policiers en images, mais nous pouvons ajouter que la discussion a démontré bien nettement que les publications pornographiques qui inondent de plus en plus les étalages île livres sont au moins aussi répréhensibles et aussi nuisibles aux mœurs île notre jeunesse que les premiers.» L’ancienne loi prévoyait déjà une peine pour la vente d’imprimés obscènes, mais seulement si ce délit avait lieu « avec connaissance de cause et sans justification ni excuse légitime ».« A mon sens », dit l'hon.Garson, « ce sont ces termes qui rendent apparemment les condamnations si difficiles et vouent les rares poursuites à l’insuccès ».Et l’hon.Garson demande l’avis des I>rocureurs généraux des provinces pour la suppression de celte clause.On verra immédiatement, à la lecture île la nouvelle loi, qu’après avis des Procureurs généraux, l’ignorance ne constitue une défense que chez le vendeur détaillant (retailer).Voici maintenant la Loi modifiant le Code criminel.« Sa Majesté, sur l’avis et du consentement du Sénat et de la Chambre des Communes du Canada, décrète : L’article 207 du Code criminel est abrogé et remplacé par ce qui suit : Art.207 du code criminel 1.Est coupable d’un acte criminel et passible de deux ans d’emprisonnement, quiconque a) Produit, imprime, publie, distribue, met en circulation, ou a en sa possession à l’une de ces fins, quelque écrit, image, modèle ou autre chose obscène ; ou b) Produit, imprime, publie, distribue, vend, ou a en sa possession à l’une île ces fins, une histoire illustrée de crime ou aime comic.2.Est coupable d’un acte criminel et passible de deux ans d’emprisonnement, quiconque, sciemment et sans justification ni excuse légitime, a) Vend, expose à la vue du public, ou a en sa possession à l'une de ces MARS 1950 401 fins, quelque écrit, image, modèle ou autre chose obscène ; b) Expose publiquement un objet révoltant ou montre un spectacle indécent ; ou c) Offre en vente, annonce ou a pour le vendre ou en disposer, quelque moyen, indication, médicament, drogue ou article destiné ou représenté comme servant à prévenir la conception ou à causer un avortement ou une fausse couche, ou en publie une annonce ; ou annonce quelque moyen, indication, médicament, drogue ou article pour rétablir la virilité sexuelle, ou guérir des maladies vénériennes ou maladies des organes générateurs, ou en publie une annonce.3.Dans le présent article, l’expression « histoire illustrée de crime » ou « crime comics » signifie tout magazine, périodique ou livre comprenant, exclusivement ou pour une grande part, de la matière qui représente, au moyen d’illustrations, la perpétration de crimes réels ou fictifs.4.Nul ne doit être reconnu coupable d'une infraction mentionnée au présent article, s'il prouve que les actes présumés avoir été accomplis ont servi le bien public et qu’il n’y avait, dans les actes allégués, aucun excès sur ce qu’exigeait le bien public.5.Il appartient au juge de décider si ces actes sont tels qu’ils pourraient être pour le bien public et s’il y a preuve d'excès sur ce que le bien public exigeait ; mais la question de déterminer s’il y a ou non un tel excès ressortit au jury.6.Les motifs de l’accusé sont toujours hors de cause.7.Le fait que l’adcusé ignorait la nature ou la présence de la matière, de l'image, du modèle, de l’histoire illustrée de crime ou crime comic ou de l’autre chose, ne constitue pas une défense contre une accusation visée par le paragraphe premier.Voici les remarques et les commentaires qu'un document aussi capital peut suggérer.Les crimes comics.L'art.207 du Code criminel a bien défini le terme crime comic.Il s'agit de « tout magazine, périodique ou livre comprenant, exclusivement ou pour une grande part, de la matière qui représente, au moyen d'illustrations, la perpétration de crimes réels ou fictifs ».Et ces crime comics, il est interdit de les produire, de les imprimer, de les publier, de les distribuer, ou de les avoir en sa possession à l’une de ces fins.Les comiques obscènes.Il est également prohibé de produire, d’imprimer, de publier, de distribuer, de mettre en circulation, de vendre, d’exposer à la vue du public, quelque écrit, image, modèle ou autre chose obscène.Le mot « sciemment » enlevé pour la vente des crime comics.L’ignorance ne constitue pas une défense pour la vente des crime comics.De plus, l'ignorance ne constitue pas une défense pour l'impression et la distribution d’ouvrages ou revues obscènes.Seul, le vendeur au détail d’écrits obscènes peut, pour éviter la condamnation, prouver qu'il n’a pas agi « sciemment ».On comprend qu’il soit difficile au détaillant de connaître le contenu exact de chaque livre ou périodique.Rôle du jury Dès le premier discours, M.E.D.Fulton s’est opposé formellement à la censure : « Je m’oppose absolument à toute idée de confier la censure de la presse au Gouvernement sous quelque forme que ce soit en temps de paix.Ce genre de solution comporte trop de dangers.» M.bulton a sans doute de bonnes raisons de repousser la censure.Sans parler de la liberté de la presse, qui serait atteinte par cette mesure préventive, il y a le grand danger que la politique ne s'en mêle.La nouvelle loi a donc préféré créer un nouveau délit.Ce sera au jury de déterminer dans chaque cas s'il y a faute ou non.Remarquons ici que le rôle des juges sera relativement facile s’il s’agit de crime comics.Mais il n’en ira pas de même s’il s'agit de revues obscènes.D'ailleurs la loi contre l'obscénité existe depuis toujours.Il n'est pas exagéré d’affirmer qu'elle n'a pas eu les effets qu'on en attendait.On comprend alors la pointe d’humour du Saturday Night du 3 janvier dernier qui, après avoir déclaré qu'il est virtuellement impossible, au terme de la loi canadienne, de savoir si une revue est obscène ou non.signale que le livre Ulysse de Joyce, jusqu’alors obscène, ne l'est plus maintenant grâce à la bienveillance d'un douanier obscur d’un petit port canadien.Au fait, regardez la dernière liste (liste de déc.1949) des magazines et 402 LECTURES comics condamnes par la Legion of Decency de Toronto.On y trouve 101 magazines et 104 comics ; la plupart sont prohibés pour obscénité : ce qui montre à l'évidence que jamais l’ancien article 207 du Code criminel n’a beaucoup inquiété personne.Comité national Je presse En sera-t-il de même des histoires illustrées de crimes?Nous espérons que non ! La loi, qui ne définit pas le mot obscène, (nous avouons qu'il est fort difficile de le faire), a expliqué clairement ce qu'il fallait entendre par crime comics.A l'aide de cette précision, nous croyons qu’il sera possible de créer un cas type qui servira, selon la méthode anglaise, aux procès subséquents.On constate actuellement, à Hull et à Ottawa, une véritable diminution de comics.Certains étalages font enser à ceux de boulangers européens urant la guerre : il n’y a plus grand'-chose ! Cette victoire durera-t-elle?Les producteurs n'arrivpront-ils pas, tôt ou tard, à contourner la loi?Le moment n'est-il pas venu pour tous les gens bien pensants d'appuyer fortement une loi qui veut parer à un grand danger?En particulier, n’est-il pas opportun de fonder un Comité national d’Action catholique de Presse qui étudierait en détail les moyens de préserver notre jeunesse de l’abrutissement des comics et de leur corruption ?Ce n’est pas parce que la question est vaste et difficile qu’il faut éviter de l'envisager ! Car nous avons l'appui moral des plus hautes autorités du pays.Nous remercions et nous félicitons encore une fois M.E.D.Fulton de sa magnifique intervention : qu'il soit catholi- Îue nous remplit d'une légitime fierté ! vec M.E.D.Fulton, nous avons entendu les autres orateurs s’effrayer de l’effet nocif des comics.Il n’y a qu’à relire les discours préliminaires à la loi pour connaître l'esprit des législateurs.Le temps est venu pour nous, catholiques, d’une lutte très ferme contre l'immoralité et l’obscénité des comtes, ou plutôt contre les comics immoraux et obscènes.On ne détruit que ce qu’on remplace.Il faut bien le noter en effet : il s'agit de détruire le côté mauvais des histoires illustrées.Il ne s'agit pas d'anéantir totalement un genre qui a du bon et nui plaît tant à la jeunesse et aux adultes non cultivés.C’est ici qu’il faut insister : le rôle des catholiques ne doit pas être uniquement un rôle négatij : il doit être absolument positij ! Ce qu’on doit faire surtout, c'est de propager les bons « comics », de les amplifier, d’en multiplier les numéros, de les rendre attrayants, hebdomadaires, voire quotidiens (pour- J[Uoi pas?).Ce qui importe, c’est de aire connaître Hérauts (Editions Fides, 25 est, rue St-Jacques.Montréal), François, 430 est, Sherbrooke, Montréal), A la page, Spirou, Coeurs caillants (trois comics français qu’on peut facilement trouver au Canada3.Que la voix des bons finisse enfin par couvrir celle des méchants ! Paul GA Y, c.s.sp., Président du Service de Presse du diocèse d'Ottawa.3 Pour l’abonnement à ces revues, s’adresser à Montréal à Benoit Baril, 4234 Delaroche, — et à Québec, à P.-E.Belleau, 77 rue d’Aiguillon.Pourquoi pas un “label” pour le livre honnête ?Dans cette lutte contre l'immoralité des magazines, des comicg et des revues en général, n'y aurait-il pas possibilité d'entreprendre une action vraiment décisive, d'eflîcacité permanente ?A la lecture du texte qui suit, tiré de Livreo et lectures de décembre dernier (p.482), nous nous sommes demandés si la formule des « labels » ne serait pas désignée dans le domaine des périodiques.C’est, en tout cas, un problème à étudier.MARS 1950 403 Deux maisons d'édition (voir le Courrier ties Abonnés du Xo 28, p.441), signalent à leur catalogue les ouvrages gui peuvent être nus entre toutes les mains : la Librairie Plon par une étoile, les éditions Dumas par l’absence d’une étoile.Avec ou sans étoile, peu importe.Liais il serait souhaitable gue l’on s’entende pour adopter la même signalisation.I\l nous ajoutons : « Au Jail, pourguoi pas un « label » d’une couleur déterminée, gui, apposé sur les ouvrages pour tous, donnerait toute garantie ?Ainsi se distinguent déjà les bons et vrais jromages de Normandie.Bien U moins gu on en Jasse autant pour te livre honnête et sain.» La combinaison suivante, nous écrit un abonni, permettrait, semole-t-il, tie lutter indirectement contre la littérature indésirable et d'en épurer progressivement, en partie du moins, les Bibliothèques et les Kiosques.Un organisme intellectuel spécialement constitué, comprenant dirigeants, écrivains, spécialistes, etc.(académiciens même), groupés sous l’égide d'un large mouvement tel que, par exemple, la Fédération Nationale des Familles nombreuses ou tout autre, entrerait en relations avec les éditeurs honnêtes et leur proposerait d’apposer sur leurs volumes nouveaux et sur leurs périodiques un « label # spécial, qui constituerait pour la clientèle sérieuse une sorte de garantie de moralité, de brevet d’honnêteté des imprimés qui en seraient revêtus.Ce « label », toujours identique quant à sa forme principale, serait orné d’un chiffre ou d’une lettre (ou imprimé d’une couleur spéciale), variable selon les catégories de lecteurs.Une importante publicité serait faite, avec le concours de la presse, des autorités, des ligues de moralité, auprès du grand public, afin que, partout, soit incessamment redit le mot d’ordre : « N’achetez, dans les gares et kiosques, Îue les volumes marqués du signe.» es journaux et revues catholiques, les Semaines religieuses et bulletins paroissiaux, etc-, indiqueraient fréquemment la garantie nouvelle.On tâcherait de créer, sur ce point, une mentalité.L’entraînement suivrait, et bientôt les éditeurs eux-mêmes, poussés par la concurrence, demande- raient le « label ».La crainte des méventes ou le désir «le ventes plus fortes deviendrait pour eux le commencement «le la sagesse.Pour obtenir le « label », ils devraient soumettre au Comité de lecture un exemplaire des « Ixmncs feuilles » de chaque livre, «lesquels, naturellement, ils auraient «lu éliminer d’eux-mêmes ce «pii pourrait être matière à r« !• .Pour les périodiques, l’auit nsation serait donnée pour un temps, contre l’engagement pris par contrat de respecter les clauses morale.; édictées par le Comité.Le renouvellement de l’autorisation se ferait par tacite reconduction, étant entendu que tout manquement aux clauses morales du contrat entraînerait ipso facto sa rupture, sans préjudice «le dommages intérêts pour les éditions irrégulières.On pourrait concevoir aussi un système de « rappels à l’ordre ».Pratiquement, le Comité remettrait un cliché typographique du « label » aux éditeurs adhérents, afin de leur permettre l’impression de ce type sans frais spéciaux, au recto ou au verso de leurs couvertures.Une taxe ou droit, très minime (pi«>-portionnel au chiffre des tirages et au firix «le vente), pourrait être perçu par c Comité, en échangé de l'octroi du « label », pour couvrir scs frais «l’atlmi-nistration, «le surveillance, «le propagande, etc.Taxe justifiée par la publicité dont bénéficierait le livre.Un Bulletin périodique de publicité pourrait faire connaître aux personnes intéressées les noms des adhérents et les titres d’actualité revêtus du « label ».Ce projet1, cjui n’a pas été réalisé, nous a paru intéressant à signaler.Et nous le signalons bien volontiers, souhaitant vivement gue des bonnes volontés (la nôtre est aeguise) reprennent ce projet, le mettent au point et le jassent aboutir, tant il est urgent de jaire barrage à l’immoralité et à la corruption gui ne connaissent plus de limites.LIVRES ET LECTURES 1 Cf.Comment propager nos idées.(Bloud et Gay, 1932, p.161.) 404 LECTURES FAITS F.T COMMENTAIRES Projet de censure des périodiques Alors que nous avons raison de nous réjouir de la récente loi fédérale sur les « comics », voici que les journaux nous annoncent une loi prochaine de la législature de Québec sur les périodiques.Nous lisions les commentaires suivants de Pierre Laporte, en marge de ce projet, dans le Devoir du 25 février dernier : On a obtenu, hier ties précisions sur la censure que le gouvernement entend exercer sur « les publications et la morale publique », dans la province.Heureusement, elles dissipent certaines craintes, nées des explications incomplètes données par le premier ministre, la semaine dernière, quand il avait annoncé l’inscription du projet de loi.M.Duplessis avait déclaré que le gouvernement s'occuperait désormais de censurer les « publications ».Immédiatement on a pensé que le secrétaire de la province donnait suite à une vieille rumeur, vieille de quelques années au moins, et s’aviserait de créer une censure provinciale des livres, imprimés au Canada ou importés de France ou d’ailleurs.Il est évident que telle censure, en soi.est nécessaire.N'importe qui ne peut lire n’importe quoi, mais c’est à l’Eglise que revient le rôle de faire le triage, non à l'autorité publique.Qu'un gouvernement interdise les livres qui attentent à la sécurité de l’Etat, très bien ; il est directement intéressé.Mais il n’a pas charge d'âmes.Qu’un livre soit bon ou mauvais du point de vue moral, c’est a l'autorité religieuse de (’approuver et de le condamner.Elle le fait d’ailleurs et avec assez, de succès- Quant à ceux qui ne se réclament pas de l’Eglise, ils ont leur conscience pour les guider.Le bill 37, intitulé : « Loi concernant les publications et la morale publique », rassure tout le monde à ce sujet.Il ne vise que les périodiques, les revues, ceux et celles qui exploitent les penchants les moins avouables de la nature humaine.Ilesues, magazines Dans le préambule du bill, on définit ainsi le mot « publication » : « Toute revue, magazine ou autre écrit publié périodiquement et offert au public, sauf les journaux et autres écrits régis par la loi des journaux et autres publications » (statuts refondus, 1941.chapitre 53).Ce texte est clair : ne tomlient sous le coup de la loi que les publications à caractère périodique.Cela exclut automatiquement toutes les œuvres littéraires de nos écrivains ou d’écrivains étrangers : aucune crainte de ce côté.Le projet de loi, dans son esprit, est excellent.Trop de kiosques à journaux, trop de librairies étalent des douzaines de revues obscènes, qui attirent l’œil et se vendent par milliers chaque semaine.On les retrouve ensuite chez le coiffeur, chez le cireur de bottes, parfois même dans les salles d’attente des médecins et des dentistes.Des gens de tous âges, de toutes formations, de tous tempéraments, les voient, les feuillettent.On imagine un peu le ravage que ces images provocantes peuvent faire.Sur demande Pour mettre fin à cet étalage de nudités, le gouvernement décrète que « nul ne doit dans la province, imprimer, publier, distribuer ou offrir au public une publication, ni la faire imprimer, publier, distribuer ou offrir au public, avant qu’il ait été déposé au secrétariat provincial une déclaration ainsi que les noms et adresses de son éditeur et de toute personne MARS 1950 405 agissant comme agent de ce dernier pour la distribuer aux dépositaires chargés de la vente dans la province.# Une fois inscrites, les publications, sur demande du procureur général, pourront être soumises au bureau de censure du cinéma, qui décidera si elles sont oui ou non immorales.Attention à ta politique l Voilà le principe de la loi ; il est bon.Il faudra voir, évidemment, à ce que la politique n intervienne pas dans l affaire et à ce que le gouvernement ne se serve nas de la loi pour brimer des adversaires ; quand le bill sera discuté en Chambre nous verrons quelle sera la réaction de 1 opposition et l’attitude du gouvernement en présence de ce danger.Nous ne surprendrons sûrement personne en affirmant qu une telle censure s’impose.Au moment meme ou j écris ces lignes, ) ai par devers moi une dizaine de publications périodiques, cueillies dans divers kiosques du centre de la ville.Je me défends de décrire la vulgarité de ces publications, qui sont vraiment des moyens > diaboliques d’exploiter la faiblesse humaine, avec leurs photos multiples de semi-nudites dans toutes sortes de poses suggestives ou provocantes.La plupart de ces images sont immorales, lascives, obscènes.Elles sont nombreuses et il n'est pas besoin de signaler les légendes qui les accompagnent ordinairement.Voici la liste de ces périodiques achetés dans quelques kiosques, au hasard de promenades.Je cite sans ordre : 1.— Enquire, the magazine for men (Febr.1950).Apparemment, le sous-titre et la fille de la couverture sont des attrape-nigauds : pas d'autres grues à l’intérieur.Je n'ai pourtant pas eu le courage de m’aventurer dans les textes.2.— Police Gazelle (Febr.).3.— Glance (March et April).4.— Between Un (March).5.— Collier n (Febr.).6.— Minier.a man's magazine (March).7.— Man lo man (April-May).g _ Pack O* F un (December et March).Vraiment incroyable! 9.— Nifty (March).Aussi incroyable ! 10.— Grin (Canadian edition, no 5).Aussi incroyable ! Plusieurs de ces publications, qui ne sont évidemment pas toutes de même calibre, sont proscrites par la N.O.D.L.des Etats-Unis.Ajoutez à ce dévergondage en images, les photos de couverture de bien des pocket-bookn, les séries de périodiques à la façade aussi affriolante pour le badaud que leur contenu est stupide : Romance Talen, Love Affair, Love and Romance, My Pant— Thrilling Conjennionn, My Denire- Intimate Conjenmon, Romantic Adventuren, etc., et vous avez une idée de certaines richesses littéraires et artistiques de la moyenne de nos kiosques à journaux.Vraiment, la censure provinciale va trouver à s'employer.Théophile BERTRAND 406 LECTURES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvrages Det ouvraget critiquée t)an.i le présent numéio, no ut mentionnant, tout celte rubrique, quelquet-unt de ceux qui tonl let plut tutcepliblet de ditlrairc tainement, d’instruire ou d’élever let lecleurt auxquelt Ht conviennent.Le jail de tignaler ainti cet livret ne veut pat dire quilt peuvent être conteillét à lotit inditlinclemenl, comme on peut le contlaler en te réjéranl à la critique et à la cote morale.RELIGION Martin (Abbé F.), //Evangile de Xolre-Seigneur Jctut-Cbritl.Moreau (Fr.Agnello), o.f.m., Viet de Jétut.ACTION CATHOLIQUE *** La L.O.C.canadienne.Tiberghien (Chan.Pierre), L’Action catholique.MUSIQUE Vallerand (Jean), Introduction à la mutique.THÉÂTRE Bernanos (Jacques), Dialogued det Carmélilet.BIOGRAPHIES Giraud (Victor), Patcal.Gorce (Dr Denys), Le Martyre de Newman.POUR LES JEUNES Martin (Marie-Madeleine), Conlet de chevalerie.Martin (Marie-Madeleine), Petite hitloire de l’Empire jran-çait.Ouvrages GÉNÉRALITÉS Bibliograpbiet Moreau (Fr.Agnello), o.f.m.Viet de Jétut.Répertoire bibliographique.Montréal, Editions Franciscaines, 1949.83p.22.5cm.$0.60 ($0.65 par la poste).Retracer dans le domaine de la littérature tous les auteurs MARS 1950 407 qui ont consacré leur plume à écrire une vie de Jésus est une tâche ardue ; aussi l’auteur nous indique-t-il, dans son introduction, une bonne documentation où chacun peut puiser.D’autre part, la production d’ouvrages nouveaux impose sans cesse de reprendre ce travail ; le Fr.Agnello Moreau a voulu faire sa part en prenant « pour point de départ la date de la publication de la / te de Jésus tie Renan, qui tut l’occasion du grand mouvement scientifique des études bibliques modernes ».Ce travail considérable se divise en quatre parties : les Biographies, les Evangiles, les Etudes et les Albums.Pour aider le lecteur, il divise les Biographies en Alaîtres-livrts, travaux scientifiques d’érudition, et en Solides reconstitutions, œuvres vulgarisées.Il y a aussi les Présentations populaires et les Regards et élévations, qui présentent des vies édifiantes, d’une façon complète ou par fragments.Enfin, les Témoignages et tableaux s'adressent surtout aux gens désireux de textes plus littéraires, tandis que les Leçons enjantines prouvent que meme les petits n’ont pas été oubliés.La partie qui traite des Evangiles sera fort utile à ceux qui désirent connaître les Textes harmonisés.Dans les Eludes, on trouvera des Synthèses doctrinales et des Esquisses et orientations.Les Albums feront connaître des Images et documents.L'ouvrage se termine par deux appendices, dont le premier donne la liste des / tes de Jésus non orthodoxes, en tenant compte surtout des « principaux chefs d’écoles, protestants ou rationalistes )) : c'est là une documentation précieuse pour mettre en garde contre les doctrines erronées ; le deuxième indique « d’autres ouvrages à tournure apologétique, dogmatique ou mystique, qui ne sont pas à proprement parler des biographies de Notre-Seigneur, mais dont la lecture peut contribuer efficacement à parfaire notre connaissance de Jésus ».Voilà donc un livre qui rendra de précieux services à tous ceux qui désirent avoir sous la main un guide dans leurs lectures sur la vie du Christ.Roland GERMAIN PHILOSOPHIE AL o raie Maget (Dr A.).Alédecine et mariage.Paris, Librairie Universelle de France [cl947].187p.19cm.Le Dr Maget aborde, en médecin catholique, le grave problème des difficultés qui peuvent exister entre la morale et la médecine à propos de la vie conjugale.Ce livre vient donc s'ajouter à bien d’autres parus en ces dernières années sur le meme sujet.« C’est en médecin, dit le préjacier, qu’il entend traiter du mariage entre chrétiens.Il a simplement désiré éclairer les époux sur des problèmes qui sont de tous les temps «t qui font l'objet de cons- 408 LECTURES tantes controverses : la limitation volontaire des naissances par des manœuvres anticonceptionnelles, l’avortement dit thérapeutique et la stérilisation ».S'adressant « exclusivement aux honnêtes gens et aux chrétiens mariés en difficulté », « il oppose les principes intangibles de la morale naturelle qui sont également ceux de l'Eglise aux opinions médicales actuelles.Certes, il est des cas où le médecin se trouve en face de situations difficiles et tragiques ; mais dans la pratique courante, ces cas sont exceptionnels et ne sauraient justifier les interventions fréquentes exécutées par ceux qui préfèrent les solutions faciles et expéditives aux efforts soutenus qu’exige le respect des règles de la morale naturelle.» Sans s’appuyer sur les données de la théologie dont il rappelle cependant les principes en citant bien à propos des extraits de l’Encyclique Caati connubii — mais en observant les faits en médecin et en biologiste, le Dr Maget constate les méfaits engendrés par la morale relâchée, ou mieux, par l’immoralité actuelle.Par l'exposition de ces méfaits, il voudrait décourager les honnêtes gens d’employer les divers moyens de trahir la nature.Il insiste sur les inconvénients fâcheux qui peuvent survenir chez la femme à la suite de pratiques frauduleuses, tout en laissant dans l’ombre ceux qui compromettent l'équilibre de l’homme, surtout dans l’ordre moral et psychologique.L’un ou l’autre passage sur l’avortement étonne à première vue.On peut dire cependant que le contexte, malheureusement un peu éloigné des passages litigieux, corrige ces exposés médicaux ; et l’auteur aurait bien pu rappeler, en passant, le jugement moral de l'Eglise sur des cas difficiles.En somme, excellent livre pour aider « les chrétiens mariés en difficulté » et pour les stimuler à conformer leur conduite aux exigences de la morale.Eugène KITTLER, c.s.sp.RELIGION Livret tain ta Martin (Abbé F.), trad.L'Evangile de X.S.J.C.[Traduction sur le grec des quatre Evangiles, par M.l’abbé F.Martin ; revue par un groupe d exégètes sous la direction de Mgr J.Calvet.] 141 grav.en helio de Gérard A mbroselli.Paris, Alsatia, 1948.315p.ill.27cm.* * * L’Evangile de Xotre-Seigneur Jéaua-C hrial.[Traduction, sur le grec, des quatre Evangiles, par Al.1 abbe h.Martin.] Paris, Alsatia, 1948.315p.ill.21.5cm.Ces éditions de l'Evangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ de la Maison Alsatia se sont vraiment fait longtemps attendre.La traduction, sur le grec, des quatre Evangiles par M.l’abbé F.Martin, revue par un groupe d’exégètes, sous la savante MARS 1950 409 direction de Mgr J.Calvet, nous apporte le message divin dans toute sa simple grandeur et son adorable beauté.Habitués depuis une vingtaine d’années à lire le texte sacré imprimé à prix populaire, c’est avec une immense joie que nous le retrouvons dans un livre où la plus grande attention a été apportée au choix du papier et des caractères, à la disposition de la topographie, à l'illustration qui revêt un cachet d'art à la fois chrétien et moderne.La grande édition, sur papier Fur fil des papeteries Johannot, est vraiment magnifique.La mise en ^ages et les illustrations sont de Gérard Ambro-selli, qui a grave pour l’édition originale 141 gravures sur cuivre reproduites en héliogravure dans les éditions subséquentes.Ces gravures, par leur grande valeur artistique et religieuse, contribuent pour une bonne part à éclairer le texte déjà si limpide.Ces nouvelles productions d'AIsatia contribueront assurément beaucoup à mieux faire connaître et aimer notre Divin Modèle et par suite à l imiter davantage.E.LAROCIIELLE Doctrine Barabé (Paul-Henri), o.m.i.Jéôunotre Sauveur.Ottawa, les Editions de l’Université d’Ottawa, 1949.312p.19.5cm.$1.25 ($1.35 par la poste).Le supérieur des Gardiens du sanctuaire national du Cap-de-la-Madeleine, le R.P.Paul-Henri Barabé, nous présente un érudit commentaire sur la personne de notre Divin Sauveur.Il le fait selon son accoutumée, en s’appuyant sur le texte de l'Evangile et sur les meilleurs exégètes.Vingt-huit courts chapitres, intitulés Jêoue, oa venue ; Jéoua notre eatut, etc., pour se clore par Jéoua et ta royauté, feront les délices des âmes mystiques.Bien entendu, le but religieux à atteindre transcende les mérites littéraires de ces pa^es qui, cependant, sont écrites en une langue correcte et agréable.R.L.Roschini (Gabriel M.).Qui eot Marie ?Catéchisme marial.Montréal, Editions Servir, 1949.142p.ill.16.5cm.$0.75 ($0.85 par la poste).Bien des Pères, des Docteurs et des écrivains ont écrit sur la Madone, établissant, pour la plupart, le principe central, essentiel de la dévotion mariale : « la maternité universelle de Marie )) ; mais jamais personne n'avait encore su concentrer avec tant d'ordre et de clarté, l’étude, l’histoire, le dogme et le culte de la doctrine mariale, dans un catéchisme, c'est-à-dire, dans un exposé précis, ordonné, synthétique.Le Père Gabriel Roschini, de l'Ordre des Servîtes de Marie, qualificateur de la Congrégation du S.Office, se dévoue depuis plus de vingt ans à l'étude de la 410 LECTURES mariolo^ie.Son catéchisme est une synthèse de ses œuvres solides et plus élaborées sur la Vierge, écrites antérieurement.Ce Docteur était donc absolument qualifié pour faire ce triage concis de questions et de réponses, mettant ainsi son travail profond et persévérant à la portée de tous.L’esprit inquiet de l'homme moderne, qui a soif ae certitudes et de forte tendresse, trouvera près de Marie médiatrice la réponse à ses craintes, des motifs toujours nouveaux de consolation et d’espoir.Reine MALOUIN Spiritualité Orléans (Jean d’).Notre-Dame du Cap, ménagère de Dieu.Montréal, Fides, 1949.20op.h.-t.20cm.$1.25 ($1.55 par la poste).Nous avions eu le bonheur d’entendre, dans un pays lointain, quelques échos bien vivants des chants, des acclamations, de la jubilation des villes et des villages favorisés par le passage de 1’ « Arche d'Alliance )) de Notre-Dame du Cap, en route vers Ottawa, lors du Congrès Marial National du mois de juin 1947.Aujourd'hui, c’est à une reproduction de ce triomphe, que nous assistons, en lisant Notre-Dame du Cap, Jleooagère de Dieu.L'auteur, tout en manifestant discrètement sa dilection pour la Vierge, reconstitue avec fidélité le pèlerinage de Notre-Dame du Canada.Il comprend et exprime d’une maniéré très heureuse les sentiments des populations emues et enthousiasmées au passage de la Madone.Il profite de l’occasion pour louer, en termes sobres, le zèle des Pères gardiens du sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine, de même que celui des missionnaires qui ont contribué si efficacement à la diff usion du culte de la Sainte Vierge au Canada.On ne peut qu’apprécier cet ouvrage fort bien présenté et illustré de nombreuses gravures qui rendent plus vivants encore de pieux et glorieux souvenirs.G.SAINT-GERMAIN, o.s.m.Action catholique Dunn (Raymond), s.j.La Paroiojc moderne et ïAction catholique.Manuel du dirigeant laïque.Montréal, Centrale Indépendante Catholique [1948].142p.20cm.$1.00 ($1.10 par la poste).Le R.P.Dunn, s.j., n'est pas un inconnu dans l'Action catholique canadienne : il a déjà fait ses preuves comme aumônier-fondateur de la J.I.C.et il est encore aumônier de la L.I.C.De plus, ceux qui ont été en contact avec lui reconnaissent qu’il est bien au courant de toute la doctrine de l'Action catholique et qu’il sait s'adapter aux mille difficultés de la réalité.En cet ouvrage, l'auteur s’est appliqué à prouver que la paroisse moderne est le cadre normal où les militants doivent déployer leurs forces pour la rechristianisation de la société.Deux parties divisent le volume : la Jtgotique de la paroieoe et l'Orga- MARS 1960 411 ni.ml ion de l' A.C.Sami la paroioee.C’est donc dire que tous y trouveront une base solide pour comprendre la nécessité de l’action sur le plan paroissial et les moyens pour parvenir à leur but.Dans la Alyotique de la paroi00e, le R.P.Dunn explique en premier lieu ce qu’est la paroisse ; puis, il part de ces idées maîtresses pour montrer qu elle est un « organisme vivant )) et une « communauté chrétienne » ; enfin il conclut en prouvant qu’elle est avant tout un « centre d’opérations missionnaires ».Dans la deuxième partie, il aborde le problème de l’organisation paroissiale, en donnant les principes généraux et en rappelant que ce qui importe c’est le bien de tout le diocèse ; il montre alors que le moyen pratique d’arriver à un bon résultat c’est l’établissement d'un conseil paroissial.De là, il entre dans les rouages qui permettront de faire fonctionner ce conseil et il insiste pour affirmer que le comité paroissial en est l’Ame.C’est alors l’occasion de définir ce comité, de traiter tie sa formation, tie la périodicité de son mandat et du programme qu’il doit suivre.II éclaire ensuite les militants sur leurs devoirs de justice et de charité et il leur apprend le rôle du comité en regard de la paroisse, de la spécialisation, de la famille et de la jeunesse.Voilà certes un livre bien écrit, dans une langue accessible à tous, avec des subdivisions qui permettront d’y référer avec facilité aussi souvent que ce sera nécessaire.Roland GERMAIN * * * La L.O.C.canadienne.Mystique et technique.Collaborateurs: Mme Aubin, Mlles St-Onge, d’Arsignv, Gaudet, MM.Carbon-neau, Leurv, Gauthier et Turcotte.Montréal, Fides, 1947.286p.19.5cm.$1.00 ($1.10 par la poste).Cet ouvrage est consacré aux dirigeants et aux militants de la L.O.C.et de la L.O.C.F.Puisque la L.O.C.est le prolongement normal de l’œuvre de la J.O.C., les divers membres de ce dernier mouvement éprouveront sans doute aussi une joie profonde à méditer ces pages.La L.O.C.canadienne compte maintenant une dizaine d’années d’existence ; elle est née, comme sa sœur la J.O.C., de la nécessité urgente où se trouvait la famille ouvrière d’être secourue et dirigée dans les droits sentiers de la justice et de la charité.Au point de vue économique, social et moral, la famille ouvrière est dans un état de déséquilibre et d’instabilité lamentables.On étudie ici les divers aspects de la société ouvrière actuelle en face des problèmes créés par l’action conjointe et néfaste du matérialisme capitaliste, du socialisme et du collectivisme.Les principaux points en cause sont : la question du juste salaire, le travail féminin et ses conséquences, la dénatalité, le mariage ouvrier et ses obligations.La L.O.C., mouvement familial par excellence, a prévu le danger qui menace la classe ouvrière : le désordre social fomenté 412 LECTURES HMMm par les communistes en vue d’une déchristianisation totale, et dont l’apostasie des masses laborieuses est l'aboutissement.La mystique de la L.O.C.est fortement appuyée sur les enseignements de Fie XI et de Fie XII, sur les sages recommandations de S.Fxc.Mgr Charbonneau.File veut sauver la masse ouvrière par les ouvriers.I.es apôtres du momie industriel seront des industriels, les apôtres des ouvriers seront des ouvriers.C’est pourquoi elle lait appel à toutes les bonnes volontés afin que ses efforts ne demeurent pas vains et que refleurisse l’esprit chrétien dans la famille ; alin que renaisse le bonheur dans les foyers, dans les relations sociales et dans le labeur de l’ouvrier ; alin qu’on libère enfin la classe ouvrière des multiples servitudes qui l’enchaînent à un système économique et social anarchique.Tel est l’objectif île la L.O.C., dont la poursuite seule peut sauver la famille ouvrière et, par le fait même, la société tout entière.Henri LEVESQUE Tibfrgmen (Chan.Fierrc).L'Action catholique.Précisions nouvelles.(Paris, Secrétariat national de la J.E.C.F.des Enseignements moderne et technique, 1948.] 111p.h.-t.27cm.$1.75 ($1.85 par la poste).Le Chanoine Tiberghien avait déjà publié t’Action catholique.Expériences passées — / lies d’avenir ; une édition canadienne en avait été laite par Fides en 1947.Ce volume a connu et connaît encore une popularité méritée.Car l’Action catholique, étant fidèle à la vie, se doit d’adapter constamment sa structure et son organisation aux besoins et problèmes de l’heure.Far ailleurs, son esprit et sa spiritualité se sont précisés à travers ce travail et ces efforts pour pénétrer le réel du cnristianisme.Le livre du Chanoine Tiberghien codifiait cette adaptation, cet esprit et cette spiritualité.Mais l’Action catholique, de par son évolution, a obligé à repenser certains aspects doctrinaux de sa notion même.Ceux qui suivent quelque peu les mouvements d’Action catholique français, connaissent les diverses controverses suscitées par des audaces de pénétration et des initiatives d’adaptation.Dans les notes de son volume, le Chanoine Tiberghien esquissait ses opinions personnelles en ce qui regarde ces aspects doctrinaux, opinions qui ne furent pas toujours bien interprétées ou comprises.Aussi le Chanoine reprend-il dans Y Action catholique.Précisions nouvelles l’exposition claire et documentée de son opinion en matières controversées.Il s’appuie sur des travaux doctrinaux récents qui auront contribué énormément à l’élaboration d’une théologie du laïcat ; citons surtout les études des Pères Congar, o.p., et Varillon, s.j., les déclarations importantes de l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de France (1946 et 1947).Nous pensons que ce sont ces nouveaux aperçus doctrinaux qui donnent de la valeur et île l’originalité aux positions de Tiberghien.mars 1950 413 En définitive, le problème doctrinal de fond mis en cause par la plupart des controverses courantes, repose sur la déficience relative d une théologie du laïcat : ce qu’est l’Eglise, médiation du Christ, de l’Eglise, du prêtre ; notion du laïcat, sa responsabilité et sa place dans l’Eglise, sa dépendance et son autonomie.Préci-oiono nouvelle a n’est pas un traité doctrinal sur ce point mais il utilise les aperçus doctrinaux récents pour solutionner plusieurs objections ou controverses qui s’v rattachent : l’Action catholique est-elle avant tout la chose des laïcs ?L’A.C.engage-t-elle l’Eglise ! Qu’est-ce que le mandat ?L’A.C.doit-elle s’incarner dans le temporel et l’organiser?L’A.C.est-il un apostolat « ex missione )) ou « ex splritu » ?Nous acceptons pour notre compte la réponse de Tibergnien à ces questions, encore que sur le dernier point son opinion soit faible et discutable.D’autres questions disputées circulent dans les milieux catholiques et qui se rattachent moins immédiatement à la théologie du laïcat : les incidences doctrinales et apostoliques d’un mouvement neuf comme le Al.P.F.; la notion dynamique d’apostolat : conquête, témoignage ; A.C.générale et A.C.spécialisée ; la vraie nature du scoutisme ; le Réarmement moral.Les vues du Chanoine s’affirment ici avec justesse et ouverture.Au sujet du Réarmement moral, le Chanoine expose clairement les services et les dangers du R.Al., services davantage possibles en France qu’au Canada, croyons-nous.Le R.Al.a pu rendre service à certaines personnes de la bourgci ink- ou de la classe instruite, et nous le reconnaissons.Alais une extrême prudence s’impose, car les dangers dépassent de beaucoup les avantages possibles.En conclusion, notons qu’un souffle puissant est sous-jacent à ces pages : une foi inébranlable dans la mission irremplaçable de l’A.C.Toile et lege ! La I.E.C.F.a réussi une magnifique édition en deux couleurs et seize hors-texte en héliogravure.Si le format est peu commode, la propreté artistique de ces pages oblige à la lecture attentive.Maurice LA FOND, c.s.c.Eglise catholique Hayward (Fernand).Le Pape et la Cité pontificale.Paris, Durassié [1949].123p.h.-t.19cm.Le Pape et la Cilépontificate de Fernand Hayward arrive juste à son heure, à l’aurore de l’Année sainte.L’auteur, historien catholique remarquable, a déployé tout son talent pour mettre en pleine lumière le centre de la chrétienté.Après quelques détails sur l’origine et le but de l’Année sainte, un limpide exposé de la question romaine prépare le lecteur à suivre avec grand intérêt tout ce qui a trait au nouvel Etat pontifical.414 LECTURES En compagnie de l'auteur, il est agréable de visiter la Cité Vaticane avec son organisation propre, ses palais, ses trésors.Le pape actuel et ceux qui ont vécu sur le trône de Pierre depuis un siècle sont dépeints sous des traits bien caractéristiques.La lecture de ce beau livre de AL Hayward donne à ceux qui ont déjà vécu près du Vatican la nostalgie de Rome et à tous le brûlant désir de se rendre dans la Ville Eternelle, afin de gagner les indulgences du jubilé et de retremper sa foi au cœur de la chrétienté.E.LAROCIIELLE Man r ési en.Autour de Alanrèse.Histoire et monographies.Impressions et souvenirs.Québec [Villa ManrèseJ, 1948.288p.ill.22cm.Album-souvenir qui raconte l'histoire de la Villa Alanrèse, maison de retraites fermées dirigée par les RR.PP.Jésuites, à Québec.Le sous-titre de cette brochure, Hi Moire et Monographies.Impressions et Souvenirs, est réalisé à souhait par un auteur anonyme qui signe humblement Manrésien.Il est difficile de dire tout ce que cet ouvrage contient d'intéressant et d'attrayant, tant il est riche d’aperçus divers.En plus de nous livrer dans ses détails l’histoire de la Villa Alanrèse depuis ses premiers débuts jusqu’à nos jours, l’auteur nous fait faire un pieux et affectueux pèlerinage dans cette maison de retraite.Nous y admirons la tenue artistique extérieure et intérieure de la Villa ; nous faisons connaissance de nombreux membres de la Compagnie de Jésus ; nous coudoyons des âmes d'élite, des artistes canadiens ; nous entendons des sermons de circonstance, les paroles vibrantes de certains de nos compatriotes ; nous assistons à des fêtes jubilaires splendides.Il y a là toute une foule de détails et d'aperçus aussi savoureux qu'édifiants et qu'on ne lira pas sans émotion.Huit appendices fournissent des notes intéressantes : te Chemin Saint-Jean, Jlonlplaiéant, Ville Frontenac-Ville Montcalm, la Légende des biens des Jésuites, etc., etc.En parcourant ces pages, nous rencontrons des gravures multipliées à profusion ; elles contribuent largement à faire de ce volume un album vraiment révélateur et artistique.Les « anciens » de Alanrèse éprouveront sûrement un plaisir exceptionnel à voir défiler ces souvenirs, et tous communieront avec joie à ce si sympathique recueil.G.SA INT-GER Al AI N, o.s.m.Mariage - Jeunes A.A1.C.Jeunesse, mariage, éducation.Plans de cercles d'études par un groupe d'éducateurs.Paris, Editions Familiales de France [1947J.127p.23cm.A une époque comme la nôtre, où l'on se préoccupe de plus en plus de former les jeunes à leur mission de demain par la multiplication de foyers où rayonneront à la fois le bonheur et la paix, mars 1950 415 où surtout se préparent des hommes et des femmes désireux de se sanctifier dans le mariage, le problème de la formation tie la jeunesse en est un de première importance.L’Association du Mariage chrétien a bien compris ce souci des éducateurs et îles dirigeants d’œuvres de toutes sortes ; aussi nous oflre-t-elle ce « guide qui traite tour à tour les questions essentielles relatives à la préparation au mariage, à la morale et à la bonne entente conjugales, à l’éducation des enfants ».Cet ouvrage est divisé en deux parties : Jeune sse et mariage.Mariage et éducation ; chacune présente au delà de vingt-cinq plans de cercles d’études présentes tie telle sorte qu’ils peuvent être donnés en causeries ou être travaillés en commun, sous la direction d’une personne qui se sera préparée à cette tâche en utilisant par exemple l'importante bibliographie qui suit chaque plan.Formulons donc le vœu que tous ceux qui ont une responsabilité dans l’éducation de la jeunesse prennent connaissance de cet ouvrage et s’en inspirent dans l’élaboration de leurs programmes.Roland GERMAIN Le Presbytre (Jean).Toi qui deviens homme! Tournai, Casterman, 1949.242p.h.-t.20cm.$1.75 ($1.85 par la poste).Jean le Prcsbvtre est un de ces heureux auteurs qui ont reçu d’en-haut le don de parler aux jeunes.Dans ce iivre, comme dans A la croisée des chemins déjà recensé ici (t.VI, no 5, p.150), il en use avec mesure, en un stvle familier, chaud, imagé, sans verbiage.Le jeune étudiant « de quinze à dix-huit ans » qui ferme ce livre après une lecture réfléchie, possède, clairs et fermes, les principes nécessaires à l’épanouissement de ses vies spirituelle, morale, sentimentale, intellectuelle, corporelle même, c’est-à-dire les principes nécessaires pour « devenir un homme )) dans le plein sens du mot.Serait-ce trop affirmer ?Il me semble que la lecture de ce livre est de nature à charmer les jeunes autant que tel ou tel livre de Mgr Toth et à leur donner plus clairement une ligne de conduite généreuse.Cependant, l’auteur ne dit pas tout, il laisse sa place au directeur de conscience et au contact individuel avec le prêtre.Bref, Toi qui deviens homme est un de ces livres dont notre jeunesse a besoin pour prévenir le gaspillage de ses forces vives, et apprendre l’art d’en faire une économie fructueuse en vue des tâches à venir.P.MARIE-ANTOINE, o.f.m.cap.Histoire de l’Eglise Arquillière (II.-X.).Histoire de l’Eglise.Edition revue et améliorée.Paris, Editions de l’Ecole.519p.ill.cartes 21.5cm.(Manuels d’Histoire de i En st igné men t seconda ire).416 LECTURES Encore un beau livre qui fait honneur à son auteur.Ce manuel est le résultat, mis à la portée de tous, de plus de vingt ans d’enseignement supérieur.Il a pour caractéristique de placer l’Eglise dans le cadre de 1'IIistoirc générale, sur laquelle elle réagit et dont elle subit l'influence.Qualités maîtresses : clarté, brièveté, vues synthétiques.Quand ce n'est pas un principe, l'auteur met en relief un fait important ; il l’explique depuis la cause jusqu'à ses conséquences ultimes, mais passe rapidement sur les détails ; il s'adresse à l’intelligence et au jugement plus qu’à la mémoire : c'est le genre historique auquel nous accordons actuellement nos suffrages.Le livre est intitulé Histoire de /’Eglise ; en réalité, c'est l'histoire de l'Eglise dans son centre et l’histoire de l'Eglise de France : l'histoire de l'Eglise dans les autres pays est laissée dans l’ombre ; ce n'est donc pas précisément une histoire universelle de l'Eglise.Cette réserve faite, le livre est très recommandable pour des étudiants déjà formés et des esprits mûrs.Il fera honneur à la bibliothèque de quiconque veut entretenir sa culture.Bon papier, impression claire, illustrations très nombreuses et très judicieusement choisies.Eugène KITTLER, c.s.sp.BarabÉ (Paul-Henri), o.m.i.Un Siècle dt miséricorde.Montréal, les Sœurs de Miséricorde ; Ottawa, Editions de l’Université, 1948.415p.h.-t.19.5cm.Ce livre intéressera tout particulièrement les nombreux amis et admirateurs des Sœurs de la Miséricorde.On y suit, presque au jour le jour, le développement rapide et bienfaisant de cette institution au but infiniment appréciable en notre siècle matérialiste.Les deux chapitres où il est question des protégées et des madeleines apportent des renseignements et des statistiques qui font réfléchir.Au dernier chapitre, le Père Barabé nous raconte les derniers jours de Son Em.le Cardinal J.-M.-R.Villeneuve.A maintes reprises aussi, il est question de Leurs Exc.Mgr Bourget et Mgr Bruchési, de Mgr Cnartier, ainsi que d'autres personnages ecclésiastiques éminents.Un Siècle de miséricorde se présente fort bien avec sa couverture bleu sur blanc représentant Jésus et la Samaritaine.Il fera certes époque dans l’histoire des Sœurs de la Miséricorde et prendra place dans l'histoire régionale de Montréal.J.-P.BEAUSOLEIL • * * Livre d’or des Congrégations françaises, 1939-1945.Prcf.de Mgr Théas.Paris, D.R.A.C.(cl948].499p.25.5cm.Ce gros livre de 500 pages aue vient d'éditer la D.R.A.C.est la meilleure réponse à toutes les calomnies dont le cierge de mars 1950 417 France était victime au printemps de 1947, lorsqu’on l'accusait de collaboration avec l’ennemi.Une première partie montre l’attitude des Congrégations religieuses pendant la guerre et sous l'occupation ; la deuxième assemble quelques récits plus frappants et plus intéressants sur tel ou tel couvent, sur tel ou tel religieux, sur le dévouement de telle ou telle religieuse.La conclusion, on la tire avec l’auteur : Les Religieux, pendant la guerre, sous l’occupation, dans la Résistance, en Europe et sur les terres lointaines, ont joué leur rôle, tenu leur place.Ils étaient avec les autres Français, partageant leur vie et leurs souffrances, tombant souvent à leurs cotés.En 1914, ils étaient revenus de l’exil où les avaient envoyés les odieuses lois d’exception de 1901 et 1904- Cette fois-ci, ils étaient sur place pour servir à nouveau la Patrie passionnément aimée.Cela, il ne faut jamais l’oublier.Paul CHATELAIN Christianisme VieujeAN ([Chan.] Jean).L’Essence du Christianisme et de /’esprit chrétien.Louvain, A.C.J.B.[1949].79p.18.5cm.(Coll.Religion et oie, 1ère série, no 2).VlEUJEAN ([Chan.] Jean).Les Défigurations de la religion chrétienne.Louvain, A.C.J.B.[1949].78p.18.5cm.(Coll.Religion et oie, 1ère série, no 3).Le signalement suivant dans une revue belge1 avait attiré mon attention sur ces ouvrages : « [Certains] laïques adultes se {daignent de ne pas avoir à leur disposition des livres qui exposent a religion d’une manière adaptée a leur âge, leur culture et leur vie.La collection Religion et oie voudrait essaver de combler, au moins en partie, cette lacune.» La connaissance de la vaste et solide culture de l'auteur, de même que de son sens de l'adaptation au temps présent, acheva de me décider à entreprendre cette lecture.Ma satisfaction a dépassé tous mes espoirs, car j'ai tiré un exceptionnel prolit de ces pages substantielles et conquérantes.M.le Chan.Jean Vieujean, maître de conférence à l’Université de Louvain, nous livre son message, sa haute pensée, en un style choisi mais en meme temps si lucide et si d»rect qu’il est impossible de ne pas le comprendre.La Religion, reine des aclioités humaines (mars 1949) montrait la place que n'occupe pas notre religion dans ces activités, mais qu'elle devrait tenir, tant pour assurer leur épanouissement complet (fussent-elles d'ordre scientifique, technique, artistique ou moral) que pour rechristianiser nos vies elles-mêmes.L'Essence du christianisme et de l’esprit chrétien (juin 1949), que nous pré- 1 La Femme, la vie, le monde, revue mensuelle de la Fédération des Femmes catholiques belges (19, rue du Marteau, Bruxelles, Belgique) à laquelle collaborent, entre autres, J.-M.de Buck, Jean Vieujean, Henri de Visscher.418 LECTURES sentons en ce moment avec la troisième brochure de cette première série, souligne les traits caractéristiques du catholicisme, en quoi il se distingue des autres religions et quelles sont les « composantes » d'une âme vraiment chrétienne.Les Défigurationa de ta religion chrétienne (septembre 1949) démontrent que, par faiblesse, par égoïsme conscient ou non, l’homme incline à donner aux choses la figure qu'il voudrait leur voir, surtout dans l'ordre moral.Le remède est ensuite indiqué pour « tendre vers une religion de plus en plus pure et authentique ».Si, dans ces trois opuscules bien présentés et faciles à lire, l’auteur tient bien compte de nos exigences modernes légitimes, il ne lait cependant aucune concession sur les principes fondamentaux, et c’est sans ménagements qu’il rappelle les conditions de la réintégration authentique du divin dans l'humain.Plusieurs auteurs ont déjà sérieusement étudié ce problème ; mais on n'v insistera jamais assez.Il importe surtout de dénoncer les erreurs propres à chaque génération.Sans doute ont-elles toujours les memes sources : désir de jouir, égoïsme, répugnance à l’effort moral, etc.; mais elles se présentent à chaque époque sous des masques diflérents qu’il iaul chaque fois jeter bas, sous peine de ne pas toucher les esprits et les cœurs.M.le Chan.Vieujean réussit à merveille dans cette tâche apostolique.Marthe BERTRAND SCIENCES SOCIALES Questions nationales * * * La D te franco-américaine, 1946 [9e rapport annuel].[Manchester] Le Comité permanent de la survivance française en Amérique, 1947.402p.24.5cm.On peut être sujet loyal et dévoué des Etats-Unis sans pour autant renoncer à la religion ancestrale et à la culture française.Ce volumineux rapport sur la vie de nos frères franco-américains en est une preuve manifeste.Il stimulera tous les Canadiens français désireux de garder intact le patrimoine des aïeux ; il continuera leur intérêt et leur admiration jiour la lidélité et les luttes de leurs amis d’outre-quarante-cinquieme.J.M.Qu est ion s écon om iublié sous le patronage de l’Association des Bibliothécaires de angue française.Nous avons tout le matériel nécessaire pour ce catalogue.Il est un peu dispersé, il est vrai, mais il s’agit de le grouper, de le compiler.A quoi bon attendre ?Evidemment, il y a certaines difficultés à contourner, le travail peut sembler gigantesque, mais je crois qu’il est temps d'attaquer une fois pour toutes ce problème et d’y apporter une solution définitive.Ce que je veux proposer brièvement ici, n'est ni plus ni moins que l’ébauche d’un programme qui nous conduirait vers la réalisation d’un catalogue uniforme et complet de vedettes-matières.Tout d'abord, la base du travail, je dirais même la plus grande partie du travail, a déjà été accomplie par Mademoiselle Juliette Chabot dans son volume Vedelleo-matièree.Il s'agirait tout simplement de compléter ce travail afin qu'il puisse répondre aux besoins de toutes les bibliothèques, qu’elles soient publiques ou privées, de collèges ou d'universités, et même spécialisées.Pour ce faire, la collaboration de chaque bibliothèque est requise.Il suffirait que les bibliothécaires intéressés au projet (espérons qu'ils le softt tous) fassent parvenir à l'Association les ve- 1 Ce travail a été présenté lors de l'Asscmblcc annuelle du 5 novembre 1949.442 LECTURES dettes-matières qu’ils ont créées pour répondre au besoin de leur institution.Afin d’éviter le plus possible les répétitions et de hâter par le fait même la réalisation d’un projet qui nous est cher, le travail pourrait se partager par classes selon la classification décimale Dewey.Par exemple, nous avons ici à Montréal la bibliothèque de l'Institut des Etudes Médiévales qui pourrait nous fournir un grand nombre de vedettes sur la philosophie ; la bibliothèque des Hautes Etudes Commerciales, pour le commerce ; la bibliothèque des Relations Industrielles de l'Université de Montréal, pour les Relations industrielles et le travail ; la bibliothèque du Plateau, pour l’éducation ; la bibliothèque du Droit de 1 université de Montréal de même que celle du Barreau de la province de Québec, pour le droit ; la bibliothèque de l’Université de Montréal et de Laval pour la sociologie, la philologie, les sciences pures et la médecine ; la bibliothèque du Polytechnique, pour les sciences appliquées ; la Bibliothèque Municipale, pour les généralités, les beaux-arts, la littérature, l’histoire et la géographie.Je ne mentionne que les principales bibliothèques, mais il v en a certainement d'autres qui accepteraient avec plaisir de collaborer à l'édification de ce catalogue collectif.J’oubliais la classe 200 et le Droit Canon.Les Editions Fides ou encore la Bibliothèque du Grand Séminaire de Montréal seraient en mesure de fournir beaucoup dans ce domaine.Chaque bibliothèque pourrait, sans déroger à ses fonctions ou habitudes, envoyer a l’Association les vedettes-matières qu’elle a créées.Là, un comité de spécialistes, nommé par l’Association, se chargerait de choisir ces vedettes, de les étudier, de les compiler, de les corriger au besoin avec explications à l'appui s’il le faut, afin d'en sortir un véritable code qui ferait loi dans toutes les bibliothèques du Canada français.Mais avant que ce catalogue soit definitivement accepté il faudrait, et je crois même que c'est indispensable, que les épreuves, c'est-à-dire le travail des spécialistes, circulent parmi tous les bibliothécaires afin que ces derniers puissent exprimer leur opinion, apporter leurs suggestions, relever les erreurs s'il y en a, etc.Une attention toute particulière serait portée aux vedettes-matières qui concernent le Canada en général, et la province de Québec en particulier.Le projet est assez simple, comme vous le voyez ; il s'agit maintenant de le réaliser et c'est loin d'être impossible.J'ai ici un exemple de catalogue collectif compilé grâce à la collaboration de neuf bibliothèques spécialisées en Relations Industrielles.La compilation est faite.Les bibliothécaires y vont de leurs suggestions.Un comité de bibliothécaires spécialistes en la matière doit se réunir prochainement pour étudier cette compilation tout en tenant compte des suggestions des bibliothécaires, et en sortir un véritable catalogue collectif de vedettes-matières.Les bibliothèques qui ont collaboré à ce catalogue sont celles de l'Université mars 1950 443 de Chicago, de Cornell, d'Illinois, de Michigan, de Princeton, de Queen s, de Stanford, de Californie et de Washington.Ce que ces bibliothèques ont fait dans le domaine des Relations Industrielles, est-ce qu’il ne serait pas possible que nous le fassions dans toutes les classes du savoir humain ?Que chaque bibliothèque concernée s’engage à faire parvenir à l'Association toutes les semaines, disons, une liste de quelques dizaines de vedettes-matières qu’elle a créées.Il n'y a la rien, il me semble, de quoi faire reculer même les moins audacieux.Si la chose demande quelques petits sacrifices, il ne faut pas oublier que nous n'aurons rien pour rien.Ce catalogue de vedettes-matières contribuerait à uniformiser toutes les bibliothèques de langue française du Canada et serait un grand pas vers la réalisation d’un centre de rédaction et de diffusion ties fiches.Non seulement nos bibliothèques françaises du pays en bénéficieraient, mais aussi celles de l'étranger.De plus, comment nourra-t-on ignorer le rôle joue par l’élément français dans le domaine des bibliothèques, le jour où la Bibliothèque nationale organisera son catalogue ?Notre association aura alors à son crédit une œuvre qui grandira son prestige aux yeux de tous.C’est donc à nos bibliothécaires de langue française du Canada de réaliser ce projet pour notre propre utilité d’abord, et aussi pour le bénéfice des autres.Bernard VINET (Rédaction de à catalogueà IV - LA FICHE PRINCIPALE C) DIRECTIONS GÉNÉRALES ET CONSEILS PRATIQUES CONCERNANT SA FACTURE XL Les sommaires.(suite) 6.— Cas particuliers.Quelquefois le sommaire fera partie du tif•— c’1 s’écrit lié au nom.Ainsi : Latour-d'Auvergne, Puv (le) » {Idem).Règle désuète.On tient ou ne tient pas compte de l’article avant les noms de lieux.Facultatif.« Inversement les noms de personnes s'inscrivent et se MARS 1950 445 classent en tenant toujours coftipte de l’article.Ainsi : Du Verdier (A.), La Bruyère (Jean de), etc.» {Idem).Illustrations.(Voir les notes précédentes concernant les illustrations.Ce paragraphe les complète ou les souligne davantage.) Dans un sens général, le mot illustration (en abrégé ill.) peut couvrir les différents genres de gravures inclus dans un ouvrage.La valeur des illustrations dans une œuvre est relative.Dans certains ouvrages, elles sont d’un caractère indispensable.Ainsi les livres d’art, les voyages, les albums de costumes, de portraits, les œuvres des géographes, des architectes, des mathématiciens, des ingénieurs, nécessitent de nombreuses illustrations pour rendre le texte clair et pratique.Cependant, il ne faut pas oublier que le mot illustration ne peut couvrir seul tous les genres de gravures d’un ouvrage que dans les catalogues des petites bibliothèques.Dès qu’un dépôt de livres prend de l’importance, il faut préciser.Le mot illustration reprend son sens ordinaire.Il désigne les illustrations dans le texte seulement.Les gravures hors-texte sont désignées par l’expression : Planches (en abrégé pl.).Si ces planches ne sont pas paginées, ajoutez h.-t.(hors-texte).Photographies.Le mot photographie (en abrégé photo.) ne s’inscrit que pour les photographies dans un album spécial de photos.Lans* tous les autres cas, on se sert soit du terme illustration (ill.) dans les petites bibliothèques, soit, dans les dépôts importants, des termes précis : portraits (portr.), frontispices (front, ou frontisp.comme en France), cartes, planches (pl ), etc.Livres précieux.« Il y a grand avantage à mettre à part.les livres les plus précieux d’une bibliothèque ; les incunables (livres publiés avant 1500), les éditions rares, les impressions sur vélin ou sur grand papier, les volumes ornés de gravures remarquables, ceux qui renferment des annotations manuscrites, ceux qui ont appartenu à des personnages illustres ou qui sont revêtus de reliures artistiques » (Léopold Delisle, Inslructions.pour la mise et le maintien en ordre d’une bibliothèque.Paris, Champion, 1909).Ces ouvrages demandent, on le conçoit, un catalogue fait avec soin, contenant plus de détails que dans le cas des livres ordinaires.Marie-Claire DAVELUY Il reste encore des collections complètes de la REVUE DES BIBLIOTHÈQUES l'organe de l’A.C.B.F.avant que paraisse « Bibliotheca » Prix : $1.00 (pour les deux années) S’adresser au trésorier de l'Association : Al.L’ABBÉ IRÉNÉE SAUVÉ, Grand Séminaire, 2065 ouest, rue Sherbrooke, Alontréal.446 LECTURES NOS MEMBRES NOUS ÉCRIVENT A la question adressée à nos membres : « Quels services attendez-vous de l'A.C.B.F.?)> nous avons reçu un bon nombre de réponses.En voici quelques extraits : En jaiaanl partie de CA.C.B.E., attende — au besoin — dea renseigne me nia pour la bonne tenue d une bibliothèque.Par t’enlre-nnae Je LECTURES, tea éducateura pourraient profiler de certainea expériencea pour javoriver chez noa je une a canadiena le goût dea oainea leclurea.Sr Marie-Anita de Jésus, Présentation de Marie, Ecole Supérieure d’Enseignement Ménager, Sutton (Brome).Me renaeigner aur tea nouvellea methodea en bibliothéconomie, etc.J’apprécie beaucoup la revue LECTURES, et porte un intérêt particulier a la aection Bibliotheca, qui rcnjerme lea écrila de Made moiaelie Daveluy.Rosario Houle, bibliothécaire, Hôpital des Anciens Combattants, 14, rue Gignac, Québec.Entre aulrea, éventuellement • 1 — un aervice d’achat (i.e.réduction auprèa dea librairea) ; 2 — un aervice de ficbea ; 3 — un aervice de réduction de tranaport par poate, pour fin de prêta entre bib/iothèquea.R.P.Philippe Leduc, S.J., Maison Saint-Joseph, 1800 est, boul.Gouin, Montréal-12.1 — Démarcbea jaileà auprèa de la Bibliothèque l al ica ne pour la publication d'une Haie de vedeltea-malièrea, jaile au point de vue catholique et utiliaable dana dea bibliotbèquea de moyenne importance {10,000 à 100,000 volume a).Cela rendrait grand aervice pour uni-jormiaer dana ce domaine et donner quelque choae de aûr.2 — Pareillement, jaire preaaion pour la publication d’un aya-tème de claaaification qui aoil meilleur que le ayalème décimal pour le domaine religieux, et particulièrement théologique, et cela toujoura au profil dea bibliotbèquea moyennea comme cellea dea Séminairea et Scolaaticala en général.Bibliothèque du Scolasticat St-Charles, 455, boul.Querbes, Joliette.mars 1950 447 La revue LECTURES esl fort appréciée.Quel dommage que les cotée décimales ne soient plus publiées depuis mars 1949 f Elles nous rendaient un immense service.Sr Maric-Esdras, s.s.a., Couvent des SS.de Sainte-Anne, 1300, rue St-Joseph, Lachine, Montréal-32.Des renseignements techniques en rapport avec tes exigences des ouvrages de langue jrançaise.M.Félix Desrochers, Bibliothécaire général, Bibliothèque du Parlement, Ottawa, Ont.MEMBRES de L'A.C.B.F.qui désirent des emplois de bibliothécaires M.Gratien Bineau, 3442, rue Dézerv, Montréal.Bachelier en Bibliothéconomie.M.Lucien Papillon, C.P.30, Donnacona, Qué.Bachelier en Bibliothéconomie.M.Bernard Léveillé, 161 ouest, rue Sherbrooke, app.2, Montréal.Bachelier en Bibliothéconomie.M.Pierre Matte, 1935, 5e Avenue, Ahnavillc-en-llaut, Qué.Bachelier en Bibliothéconomie.M.André Roy, 4321, rue Coolbrook, Montréal.Diplômé en Bibliothéconomie.CONGRÈS INTERNATIONAL DE BIBLIOTHÉCONOMIE La Fédération Internationale des Associations de Bibliothécaires (F.LA.B.) a décidé de réunir aux Etats-Unis, au.mois d’octobre 1950, le troisième Congrès international de Bibliothéconomie et de Bibliographie, qui sera organisé avec la coopération de la Fédération Internationale de Documentation.Ce sera la première réunion mondiale consacrée à ces problèmes depuis la guerre.DEUX OUVRAGES POUR BIBLIOTHÉCAIRES : BIBLIOTHEQUES POPULAIRES Plan d'organisaticn d'une bibliothèque paroissiale.Indications sur le choix du local, l’éouipement des livres, la classification, le catalogue, le système de prêt, l'administration de la bibliothèque.22 pages polycopiées : $0.25 ($0.30 par la poste) ESSAI D’UN CODE DE CLASSEMENT, par M.-Claire DAVELUY Rendra des services inappréciables aux bibliothécaires aux prises avec les difficultés du classement alphabétique des vedettes dans le catalogue-dictionnaire.51 pages polycopiées : $1.50 ($1.60 par la poste) Publiés chez F I D E S, 25 est, rue St-Jacques — MONTRÉAL-1 448 LECTURES 2>e beaux livid pout votre bibliothèque LA COLLECTION « SIGNE DE PISTE » : Robinsons scouts, par F.le Douarec.268p.Le Relais de la chance au Roy, par J.-L.Foneine.214p.La Ménagerie, par Georges Ferney.215p.Les fantômes de la chapelle Pol, par Raymond Baux.204p.La Châsse de Saint-Agapit, par Michel Bouts.198p.Pacifique-Nord, Louis-Charles Bouts.203p.Les Cent Camaratles, par Claude Ap-pell.206p.Les Trois Pastoureaux, par Moreau-Bellecroix.205p.Ij€ Jeu sans frontières, par J.-Ls Fon-cine et S.Daleas.217p.La Barque de la fortune, par G.Fan-ciulli.190p.Ciel de cuitre, par Henri Suquet.188p.Courait, par Pierre Labat.203p.Fort Carillon, par Georges Ferney.252p.Le Bracelet de vermeil, par Serge* Da-leas.219p.Le Prince Eric, par Serge Dalens.185p.IjC Tigre et sa panthère, par Guy de Iiarigaudie.157p.L'Etrange assemblée, par Victor-lierre.185p.La Mort d’Eric, par Serge Dalens.190p.Le Camée de l’Empereur, par Moreau-Bellecroix.215p.Le Paladin des Essarte, par Claude Vallet te.188p.Le Château perdu, par Georges Ferney.209p.Le Prince des Sables, par Georges Ferney.183p.7> Sceau du Prince Henri, par Georges Cerbelaud-Salagnac.198p.Chaque volume ; $1.00 LA COLLECTION « JOYEUSE : * Im Sierra d’Emeraude, par Marcel Artigues.197p., $1.00.La Forêt qui n’en finit pas, par Jean-Louis I'oncine.218p., $1.00.Hôtesse de l’air, par Maurice de Rojac.212p., $1.00.Mamie Soleil, par Berthe Bornage.198p., $0.50.La /torte ouverte.L'Année Sainte.224p., très illustré $1.75.Ajoutez 10% pour frais de poste.âr- S& BIBLIOTHÈQUES EN ACIER PROMPTE LIVRAISON Vous nous obligeriez en nous permettant de vous fournir gratuitement nos prix et dessins.Veuillez tout simplement nous dire le nombre de tablettes ou les dimensions de la salle.Manufacture d'appareils élactriques CASIER POSTAL 368 MONTMAGNY, QUÉ.ERRATUM.Une erreur s’est glissée dans notre texte d’annonce de la Revue Nouvelle, parue dans le numéro de janvier dernier.Au lieu de : Prix de l’abonnement : $8.00 par année (12 nos de 78 pages chacun), il aurait fallu imprimer : Prix de l’abonnement : $7.00 par année (12 nos de 112 pages chacun). 1 *• jÇeâ livre* du mois Rencontre avec ‘ Brunet par Paul TOUPIN Bert helot Brunet a été un écrivain remuant, pas toujours commode, un type énigmatique, « bizarre ».M.Paul Toupin, l’auteur de l’ouvrage, a fort bien traité le « cas » Brunet, l’homme, avec ses déformations et ses travers, l'écrivain original, le travailleur plus original encore.Une courte biographie que tous les amis de Bcrthelot Brunet liront avec beaucoup d’intérêt.43 pages : $0.60 (par la poste : $0.65) ' De Montbrun par Laure CONAN « Ce n’est pas un des moindres charmes de ce livre, que d’y trouver, venu de la Malbaie, comme un écho du Cayla.Insure Conan a repensé l’œuvre d’Eugénie de Guérin.Elle nous a donné ainsi le livre que tout écrivain ne peut faire qu’une fois, car il y a mis son âme, et tout entière.» (Préface) 192 pages : $1.50 (par la poste : $1.65) Le Cheval d'Or par Odette OLIGNY Madame Oligny, avec une audace dont on la louera, prête à un cheval, non seulement un langage humain, mais aussi des •sentiments dont beaucoup d’hommes pourraient s’honorer.On lira donc avec plaisir, parfois avec émotion, le récit des aventures de Palomino.136 pages, 7X9^ : $1.00 (par la poste : $1.10) LA MESSE MIEUX COMPRISE par le R.P.Alphonse MfiTIVIER, c.s.c.A la lecture de cet ouvrage, notre âme s’ouvre davantage sur le grand mystère de la messe, elle en pénètre toute la profondeur et la beauté.Le lecteur y trouve la substance même dont son esprit et son cœur ont besoin pour comprendre toute la grandeur et goûter tout le charme des textes sacrés .qui s'échelonnent de 1 Introït à 1 lie Missa Est.174 pages : $1.35 (par la poste : $1.40) LA VIE GRACIEUSE I)E CATHERINE TEKAKWITHA par Juliette LAVERGNE Les principaux événements de la vie la fous accidentée et calme de la jeune Iroquoise.Biographie romancée, fort jolie et édifiante.144 pages, ill.: $1.00 (par la poste : $1.10) L’UNION A DIEU, AME DE TOUT APOSTOLAT par Louis LOCHET Ce texte, paru d’abord dans des revues françaises d Action catholique, a suscite un vif intérêt dans tous les milieux.Plusieurs évêques en ont recommandé avec instance la lecture û tous leurs aumôniers et militants d’Action catholique.48 pages, format 494X7)^ : $0-45 (par la poste : $0.50) FIDES - 2i est, rue Saint-Jacques - MONTRÉAL - PL.8335 En vente partout et chez 0961 7363
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