Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Lectures, 1950-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
SOMMAIRE IDÉAL ET PRINCIPES ^ Au seuil d'une nouvelle année — Bilan et réflexions Paul-Aimé Martin, c.s.c.3 ÉTUDES CRITIQUES Les stigmates de Luc Estang et Le Devoir Théophile Bertrand 7 Histoire de la Littérature jrançaise d'Élie Decahors Rol.-M.Charland, c.s.c.9 DOCUMENTS Le directeur du « Quillet )) nous écrit.11 FAITS ET COMMENTAIRES Fides à Paris — Allocution du Dr Georges Durand.17 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages.24 Ouvrages (Voir liste des auteurs, p.2 de la couverture) 24 Revues.37 BIBLIOTHECA Message du Président.Ravmond Tanghe 41 La bibliothèque, témoin et agent de culture (Sixième assemblée générale de l'A.C.B.F.).42 Les anciens élèves de l'École de Bibliothécaires Paul-Aimé Martin, c.s.c.44 Les bibliothèques d’hôpitaux.Paul-Aimé Martin, c.s.c.46 .' - jSouveautéâ .¦ - — ¦_ PARTIMES par les Equipiers de Saint-Michel Préface du R.P.Paul DONCOEUR, S.J.L’œuvre est une contribution de première valeur à l’humanisme.La première partie rappelle « Comment se cultiver » de Thibergien, mais un « Comment se cultiver » aux cadres élargis, baigné d’atmosphère canadienne.La deuxième partie relate les missions culturelles des « Equipiers de Saint-Michel », accomplies dans les différents centres français de l’Amérique du Nord.209 pages, 8 hors-texte : $1.50 (fr.: $1.65) RACINES par Françoise GAUDET-SMET Racines présente une magnifique galerie de portraits canadiens.Rares sont les écrivains qui en ont fait une peinture aussi vivante, aussi naturelle, dans une langue aussi riche malgré sa sobriété.15 illustrations de Rodolphe Duguay.176 pages : $1.50 (franco : $1.60) AFFAIRE DE FAMILLE par Françoise GAUDET-SMET Trois cours aux Semaines d’études sociales du Canada.96 pages : $0.50 (fr : $0.55) ____________________ En vente partout et à __________________ FIDES - 25 est, rue Saint-Jacques - MONTRÉAL - PL.8335* TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS ADAM (Karl), 25.*** L’année sociale dans le diocèse de Namur: 35.AVISSEAU (P.), 28.BASILE (Frère), s.c., 27.BASSEVILLE (Chan.G.), 35.BECK (L.Adams), 29.BERNAGE (Berthe), 30.BESSIÈRES (Albert), s.;., 35.BOUSQUET (Jean), o.p., 31.BRIEN (Roger), 35.*** Bulletin bibliographique de la Société des Ecrivains canadiens: 35.BUSSAC (L.de), 35.*** Le Canada et les Nations Unis 1949: 35.CHARTON (J.), c.ss.r., 26.COMTOIS (Abbé), 35.CONAN (Laure), 32.DARDENNES (Rose), 36.DECAHORS (Elie), 9.DEPARTMENT OF EXTERNAL AFFAIRS, OTTAWA, 36.DESMARAIS (Marcel-Marie), o.p., 27.DOCTEUR (Amiral), 33.DORYS (Dominique), 36.DUHAMELET (Geneviève), 36.ESTANG (Luc), 7.FERRAN (André) et DECAHORS (Elie), 28.GABRIEL DE SAINTE-MAR IE-MADELEI-NE (P ), o.c.d., 36.*** La Grande Nouvelle qui apporte le bonheur: 36.HALNA (J.), 36.JEROME (Jean), 36.LAMARRE (Lise), 32.LAMBRY (Robert), 27.LEFEBVRE (Eugène), c.ss.r., 36.LELIEVRE (P.), 36.LEON (Frère), 36.LOCHET (Louis), 27.LYONNET (Abbé), 36.MALOUIN (Reine), 30.MARION (Séraphin), 30.MARTIN (Brother David), c.s.c., 36.MAUROIS (André), 33.MIGNEAUX (Marie) et SIMON (Louis), 36.MONNIER (R.P.André), 36.PARROT (C.-E.), 36.PERINELLE (J.), o.p., 25.PI HAN (Abbé Jean), 36.PLUS (Raoul), 36.RAHNER (Hugo), s.j., 34.RIDEAU (Emile), 24.RUGER (Abbé L.), 36.SPICHT (Joseph), c.ss.r., 36.TOUPIN (Paul), 35.VERDIER (Jean), 37.*** La Vie paroissiale et l’Action Catholique: 37.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.K LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de Fides Tome VII Septembre 1950 — juin 1951 FIDES 25 est, rue Saint-Jacques Montréal LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée car le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l’Action catholique du diocèse de Montréal : aum?nier du Service des Lectures Rédaction : Théophile BERT RAND, président du Service des Lectures Conseillers : Mme Marie-Paule Vinay, Mlle Isabelle Pépin et M.Benoît Baril, respectivement présidente, secrétaire et trésorier du Service des Lectures.COMITÉS CONSULTATIFS Doctrine et Droit canonique Mgr Valérien BÉLANGER, P.D.(Val.), L.Ph., D.D.C., official (archevêché de Montréal).Jean-François BÉRUBÉ, s.s.s., L.Ph., projesseur de Théologie au Scolasticat des Pires du T.-S.-Sacrement, à Montréal.Jean-Marie GABOURY, c.s.c., projesseur de Philosophie au Collige de Saint-Laurent.Paul GAY, c.s.sp., projesseur de Rhétorique au Collige Saint-Alexandre.Jacques TREMBLAY, s.;., projesseur de Philosophie au Collige Jean-de-BréheuJ.I echnique bibliographique Roméo BOILEAU, c.s.c., Projesseur de Classification systématique à l Lcole de Bibliothécaires de // Université de Montréal.Marie-Claire DAVELUY, projesseur de Bibliographie à l'Ecole de Bibliothécaires.Laurette TOUPIN et G.KARCH, projesseurs de Catalographie à l'Ecole de Bibliothécaires.Cécile MARTIN, diplômée de l’Ecole de Bibliothécaires, responsable du Service des Bibliothèques de Fides.Publication autorisés par l’Ordinalra NOTES : 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de I année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de ;u,n) comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant Tannée.2.Les références bibliographiques sont rédigées d’après les règles de la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : D Dangereux B?Appelle des reserves plus ou moins graves, c'est-à-dire à défendre d une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement).B Pour adultes.Un ouvrage dont le titre n’est suivi d'aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut etre lu par tous.CANADA : FRANCE : lenuméro.$0.35 abonnement annuel.abonnement annuel.$3.50 C.C.P.PARIS 7262.50 ÉTRANGER : Abonnement annuel.$3.75 900 fr.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 120, boulevard Raspail — Paris (Vie) PLateau 8335 Littré 73-85 IDÉAL ET PRINCIPES Au seuil d'une nouvelle année Bilan et réflexions Avec le présent numéro, la revue Lectures entre dans sa cinquième année.Lors de sa fondation, en 1946, plusieurs Critiques ont déclaré qu'elle comblait heureusement un vide regrettable dans l'ensemble des publications périodiques au Canada français.Il convient de rappeler qu'aujourd’hui encore Lectured ne double aucune autre revue chez nous, car elle est la seule publication spécifiquement consacrée à la critique littéraire, à l'orientation des lectures et aux problèmes des bibliothèques.L'opportunité de cette initiative ne ressort d'ailleurs pas uniquement d’une telle considération matérielle, mais aussi de l'étude des besoins culturels des nôtres, au stade présent de leur évolution.Notre littérature accède à une plus grande maturité, c’est devenu un lieu commun de le dire ; il arrive pourtant que ce progrès soit parasité par des tentatives (( émancipatrices )) qui font fi des réglés élémentaires de sagesse qui doivent présider à la vie littéraire comme à toute vie intellectuelle en général.Il n’est que de feuilleter l'année de Lectured qui vient de se terminer, pour se rendre compte de l'objectivité ae ces remarques.Le lancement d'une revue de ce genre était donc des plus motivés du point de vue de la culture, et des incidents significatifs, dans le cours de notre vie littéraire, viennent régulièrement confirmer le bien-fondé de cette assertion.Ce sont sans doute de telles préoccupations qui animaient le regretté cardinal Villeneuve lorsqu'il disait, dans son allocution du 28 mai 1946 à l'occasion de la bénédiction de l’immeuble Fides, au moment même où il allait approuver officiellement la fondation de Lectures : Nous sommes heureux île le constater : depuis quelques années, nos gens lisent beaucoup plus qu'on ne se plaît à le répandre et, par conséquent, il importe davantage que les prêtres, les éducateurs et les catholiques militants se soucient de la saine orientation des lectures et de leur choix judicieux chez tous ceux sur qui ils exercent une influence.Les audaces du libéralisme intellectuel sont de plus en plus prononcé es ; il nous vient de milieux ouvertement hostiles a notre pensée religie use, .et aussi d'autres milieux dont on penserait avoir moins lieu de se méfier et qui semblent fort s'offusquer que l’îlot québécois se soit jus qu’ici montré imperméable à sa déliquescence.Voilà des raisons qui requi erent une vigilance mieux avertie.1 1 VILLENEUVE (Card.J.-M.-R.), o m.i.Le problème des lectures.Montréal, Fides, 1946.27p.18.5cm.p.21.SEPTEMBRE 1950 3 , Vette vigilance, Lectured continue a en faire preuve, et des témoignages nombreux et distingués, — comme ceux de YEnaei-gnemenl secondaire au Canada de mai 1949 (p.339), de Relationd de jinllet de la meme annee (p.174), pour ne mentionner que des publications canadiennes, — nous encouragent à poursuivre un labeur souvent ingrat.L'année dernière, Lectured a connu, d'autre part, la joie la p us grande de sa courte carrière : celle de sa reconnaissance par 1 Action catholique de notre diocèse comme organe officiel du Service des Lectures récemment fondé2.Une collaboration de plus en plus étroite3 avec le Comité diocésain d'Action catholique était de;a pour nous des plus appréciables : n'ayant pour but que de servir, nous considérions comme un honneur d'etre toujours a la disposition de (Action catholique, dans la mesure où ses directeurs jugeraient à propos de mettre nos services à contribution.Le Comité diocésain, qui poursuit depuis longtemps une campagne vigoureuse contre les imprimés corrupteurs, a voulu reconnaître I utilité de notre labeur et accroître le rayonnement de notre apostolat culturel en le plaçant en quelque sorte sous son îaut patronage.Nous profitons de l'occasion pour le remercier de sa bienveillance, de son témoignage autorise, de ses encoura-gements, et pour lui reitérer en même temps l'assurance de notre lilial respect et de notre entier dévouement.Mentionnons, entre bien d'autres fruits de cette collaboration avec J Actum catholique, la série de 10 cours donnés à l'Institut .)e, ^ Par notre rédacteur, M.Théophile Bertrand, sur ta moralité ded lectured* .Devant le succès de ces cours, 1e Comité diocésain et la Direction des etudes de l’Institut Pic XI ont décidé de poursuivre une telle initiative et M.Bertrand donnera cette annee, a 1 Institut, 28 leçons sous le titre général : ta culture par la lecture.On ne saurait surestimer la portée d'un pareil enseignement.Cet apostolat de la lecture, de la bonne presse, est donc de plus en plus a 1 ordre du jour au Canada français comme dans tous les milieux catholiques du monde, en France en particulier.Quelles que soient les contingences des luttes quotidiennes en ce domaine, il importe que les catholiques agissent méthodiquement, seneusement, dans le respect de toutes les exigences de 1 apostolat intellectuel.Ils doivent avoir le souci du vrai, du réel, e a competence.Ce n est pas le fait d être catholique et de 1949, pLm%" KvrlS&.t UC* 1"'’ '“°' P 6M‘ranchc aurait insisté : référence à l'éternité ! Et deux écrivains se seraient ainsi* rencontrés dans une objectivité fervente pour chacun : celle d’un religieux, celle d'un laïque.Objectivité de rigueur pour un ouvrage s'adressant au grand public : une objectivité qui est la nôtre, qui a été celle de nos nombreux collaborateurs, les uns et les autres ayant fait abstraction de leurs opinions politiques ou confessionnelles.Objectivité exprimée, d'ailleurs, dès la première page de notre Avant-propos : « Il ne nous est plus permis, non plus, de choisir (au sujet d’études encyclopédiques) dans le sens qu'exigerait un combat à me- SEPTEMBRE 1950 11 ner ».Quant à la sincérité de nos intentions, nous sollicitions, dans notre conclusion, les observations des lecteurs « pour un ouvrage qui leur est destiné », comme nous les avions avertis, — honnêtement, loyalement, — dans l’aveu qui précède : « Mais les dictionnaires et les encyclopédies sont des ouvrages qui procurent à leurs auteurs plus de critiques que de gloire.Quelque soin que nous ayons mis, les uns et les autres, au choix des matières, à la rédaction des articles, il est impossible que, dans une pareille réunion de documents ne se soient glissés des erreurs, des oublis.» Votre rédacteur, M.Théophile Bertrand, a bien voulu noter « ce parti Eris de neutralité (le nôtre) dans un ut généreux et bien compréhensible en raison du public auquel s’adressent les auteurs ».11 me permettra de regretter qu’il ait réservé au Dictionnaire Encyclopédique Quillet sa seule sévérité.Ne voyez, je vous prie, dans l’expression de ce regret, nulle amertume, nul ressentiment.Nous avons, en effet, l’intention de reproduire, intégralement, les critiques de Lectures, dans l’Avant-propos de notre prochaine édition, comme nous avons tenu à soumettre à nos lecteurs (P.S.de l’Avant-propos du Supplément) celles qui avaient été prodiguées à notre Dictionnaire par une revue le dénonçant comme une sorte de conjuration de l’esprit primaire, ce qui lui aurait valu son succès « foudroyant ».* * * Il y a, dans la foret, dans toutes les forêts, des arbres gigantesques ; il en est d’autres moins magnifiques, qui ont pourtant leurs racines dans la même terre.Une forêt ne peut pas être composée seulement d’arbres géants : elle n'en est pas moins belle.Ainsi les œuvres de nos grands écrivains ; celles du moins qui ne sont pas encore périmées, révèlent volontiers, en y ajoutant, les lacunes, les faiblesses ou les défauts de l'esprit français, que nous connaissons bien tous, que nous pouvons aimer mais dont nous ne pouvons ignorer les caractères et les effets lorsque nous les retrouvons dans ces Maîtres, mis en relief et en lumière par les prestiges même de leur art.Or, lorsqu’on mesure la place que ces défauts tiennent dans leurs écrits, l'état subalterne où ils sont réduits par leur génie, leur invitation à concilier les instincts et les plans parfois destructifs de ces mêmes Français avec leur grande capacité d’accommodation et de réadaptation, que renforcent d’étonnantes ressources de sentimentalisme et d’idéalisme, d’héroïsme et de grandeur, on les admire, et l'on comprend leur exemple.Ce que Peuvent, dans la littérature, le génie.art porté à sa plus haute puissance ou à son raffinement le plus subtil, le sens social et la conscience du devoir national, ne le peuvent-ils pas dans la société?Ne peuvent-ils faire pour la réforme ou tout au moins pour la meilleure utilisation du caractère national, ce que font l’art et le génie, épurer, élever, discipliner, harmoniser?A l’une ou l'autre de ces écoles, celle de l’écrivain et celle du citoyen, le relâchement peut se corriger en souplesse, l’irréalisme en fantaisie, l'insolence en liberté d'esprit ; et ainsi de tous les vices de l’esprit et du caractère.Nos grands écrivains, qui sont déjà si grands, ne se sont-ils pas grandis encore par la magnifique leçon que leur art, bien compris, tient en réserve pour notre nation?Par cette espèce de transfiguration, due à l’effort d une pensée qui a su, souvent, ne point s’épargner elle-même, et grâce à la culture qui en dérive, la France n’a-t-clle point occupé, dans un long passé, un des plus hauts rangs parmi les nations ?Les lignes qui précèdent, — est-il besoin a’insist^r?— n’ont point la prétention ridicule, plus exactement ne sauraient admettre l’audace d'une transition possible permettant de comparer, — même de très loin — une œuvre aussi modeste que la nôtre, avec la vaste et puissante floraison qu est la littérature française.La comparaison, — si le terme pouvait être admis ou retenu, — ne saurait valoir que par l'affirmation d’une inquiétude salutaire identique à celle de nos maîtres.Inquiétude d’ailleurs plus grave, plus angoissante, pour nous, qui devons parler de tout, satisfaire l'incessant désir ou besoin d'acquisition, d’assimilation, d'un savoir toujours plus abondant, — trop abondant même, — depuis l'époque où l’homme apprenait à penser, bien avant la lointaine sagesse des Grecs, jusqu’aux expériences plus ou moins osées, dont quelques-uns d'entre nous s'émerveillent volontiers, du pragmatisme con- 12 LECTURES temporain.C'est assez dire qu'aucun ouvrage de ce genre ne saurait impunément solliciter une approbation sans réserve, conscient d'avance de la vanité de ses efforts, mais aussi de ses devoirs et de ses responsabilités, en raison de sa large diffusion.Ces devoirs, ces responsabilités, les aurions-nous donc méconnus ?Pour cette réponse, qui n'entend point réfuter, paragraphe par paragraphe, les critiques ou objections de M.Théophile Bertrand, je m'expliquerai sommairement sur les articles philosophiques ou théologiques : Dieu, Eglise, Philosophie, Religions, Sciences, voire olitiques : Pétain, — mais moins rièvement sur des intentions que nous n'avons pas eues, celles d un parti pris de neutralité, voulue ou tendancieuse, de pharisaïsme même, au sujet de la spiritualité.* * * Dieu.— Notre nouvelle édition reprend l'article de l’édition précédente, suivi de l'article du regretté R.P.Ser-lillanges, dont vous trouverez, ci-joint, une épreuve.N'est-ce pas là une preuve évidente de notre désir, de notre souci constant de neutralité — de neutralité obligatoire lorsqu'on s'adresse à un public nombreux, d’opinions diverses?Il ne s’agit pas du pour et du contre, car l'ancien article n'était point rédigé contre la notion de Dieu, mais plutôt de la rédaction d’un laïque et de celle d’un éminent théologien, faisant bénéficier le lecteur de toute une vie d'exégète catholique.Eglise.— M.Théophile Bertrand ne ménage pas ses éloges à ce tableau, regrettant, toutefois, l'allusion aux faits que l’histoire détaille sous la rubrique : Querelle des Indulgences.Nombre d'ouvrages — non condamnés par l'Eglise — en ont parlé librement.Tout récemment, un journal, qui rappelait à M.François iMauriac * les crimes des Inquisiteurs #, s’est attiré cette réponse de l’écrivain catholique : « Il est vrai que nous devrions avoir présent à l’esprit dans nos réquisitoires contre un adversaire politique l’Evangile de la paille et de la poutre.Aux .temps où la tolérance était une vertu pratiquée par quelques esprits isolés, et où toutes les Eglises, toutes les religions traitaient en criminels leurs hérétiques, elles péchaient contre la loi d'amour que le Christ est venu enseigner aux hommes de bonne volonté.» Philosophie, religions, sciences.— Sans doute, nous sommes-nous moins attardés, — volontiers, faute de place, — au prestige dont se couvrent tant de doctrines, systèmes, initiations ou modes philosophiques, — à l’exclusion des plus notoires, — qui sont plutôt du domaine des « sages et des prudents », ou des examens scolaires, et qui exigeraient de longs développements, des développements spéciaux, si l’on .oulait impartialement tenir compte du brouhaha des controverses : affirmations ou dénégations, qu'ils ont suscitées, certains ayant eu en leur temps une signification et une valeur, d’autres vieillis et dépassés, voire des envoûtements passagers, explicables par le mirage nostalgique d'un monde meilleur.A ces objections nous répondons par l’excuse de nos préoccupations des connaissances générales autodidactiques, qui demeurent l'objectif principal de notre ouvrage, et d'actualité : réalisations, mouvements et idées, problèmes nouveaux, anticipations, que le lecteur désire connaître, au premier rang desquels, aujourd'hui, incontestablement, figurent la science et les techniques.La science, cette science nouvelle, surtout, celle de l’ère de l'atome, divulguant le rôle étonnant de l’onde lumineuse, bouleverse, — et dépasse, — toutes les données du savoir : hier B'iysique mathématique, « inimagina-e » au sens littéral du mot, aujourd’hui, réalité approchée, « impensable » dans le langage courant, et qui nous échappe ; cette science, nous sommes dans l’obligation de la « repenser ».N’avons-nous pas, dès avant 1939, — vous l’avez d ailleurs noté, — pris position, quant aux limites de discussions, de colloques ultérieurs, en disant qu’entre la science et la foi il ne saurait v avoir ni contradiction, ni désaccord ?Et d’admettre, par suite, que les chants merveilleux du vieux psalmiste : Cceli enarranl.pourront encore, demain comme hier, réchauffer le cœur du croyant, ou enchanter les dures générations à venir?Notre « parti pris systématique de neutralité » n’a-t-il pas, ici et là, dans nos Avant-propos, {Dictionnaire, 1934 ; Religions, 1935-1938-1947 ; Supplément, 1948, — et ailleurs), établi la distinction entre la science au service de la conscience : la part certaine du bien ; la science au SEPTEMBRE 1950 13 service de la puissance : la part possible du mal, la bombe atomique, susceptible de perfectionnements, dont la presse mondiale se fait volontiers l'écho : une bombe nouvelle est née, et combien plus puissante oue la précédente ! l’effroi des mères, l’inquiétude du savant ?.N'avons-nous pas regretté que, sur la terre nouvelle, façonnée par la science, jamais peut-être les hommes ne se sont sentis plus loin des hommes?De ces conclusions ne se dégage-t-il pas cette constatation que, si nous craignons, aujourd'hui, I accomplissement d'un des versets de l’Evangile, l’anéantissement de notre Planète, nous semblons parfois oublier anéantissement du moi : sauver son corps ou sauver son âme ?Vous me permettrez d’ajouter — avec quelque satisfaction — que ces rappels ont rencontré la faveur de plusieurs examinateurs, soit dans des dictées de Certificat d'Etudes, soit comme sujet de composition française pour le concours d'entrée (juin 1949) d’une de nos plus grandes écoles scientifiques (Ecole supérieure de physique et chimie industrielles, où professa Curie) : M.Raoul Mortier écrit dans l'avant-propos du Dictionnaire encyclopédique Quillet : « La sérénité du savant.est aujourd’hui remplacée par son anyoïsse.; le sentiment que le savant a d’avoir rendu possible le pire-.U risque d’atteindre sa volonté et de paralyser son pouvoir de découverte ».Discuter cette pensée.La philosophie?S'agit-il, par exemple, de Kant, de son impératif catégorique?« Agis de telle manière que la maxime de ton action puisse devenir un principe de législation universelle.» Il faut bien admettre que cette morale laïque a longtemps eu, — et a encore, — dans l’enseignement de plusieurs pays, un caractère officiel.Sans doute a-t-on opposé à la morale kantienne, dépouillée de tout caractère transcendant ou religieux, donc singulièrement restreinte, cette interrogation : Mais qui jugera si mon action remplit cette condition?Sans prendre parti, n'avons-nous pas inséré, dans le tanleau consacré à ce philosophe, des réfutations de Jaurès et de Bergson ?La Religion ?Notre Avant-Propos avait pour but d'indiquer au lecteur l'état d’esprit respectueux nécessaire qu’il convenait d’avoir pour aborder l'étude d'un sujet aussi grave ; puis l'exposé du problème des religions, et des conclusions personnelles, — j’insiste sur cet adjectif, — dont vous avez bien voulu citer divers extraits, notamment l'affirmation « que les problèmes posés par les Religions ont fait le désespoir des penseurs.lorsqu'ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent les résoudre avec la seule raison.» Ces lignes sont-elles de nature à « faire sourciller le croyant cultivé?» Vous me permettrez, relisant attentivement son texte, de ne point partager cet avis.N'y dénonce-t-on pas le malentendu entre l’âme moderne et la foi spirituelle du passé?Et d'ajouter la nécessité des poignants retours sur soi, de cette « désent rave » dont parlait Péguy ; et d'opposer l'abondance de vie intérieure aux forces impersonnelles qui régissent notre vie intérieure, et la rendent esclaves des circonstances ; et de conclure par l'évocation des jeunes, étrangers à leur propre vie, parce qu’ils sont entraînés vers des doctrines impérieuses d’exaltation de groupes, de « masses », faisant bon marché de la vieille tradition, qui avait du moins l'avantage de nous laisser vérifier nos querelles avec nous-mêmes ?Nous refusera-t-on d’avoir été parmi les premiers à dire ce que des voix plus autorisées devaient proclamer depuis ia dernière guerre sur le respect dû à l’homme en tant que personne humaine?Sur ce postulat, qui ne saurait jamais être mis en question, des affirmations peuvent prêter à des interprétations contradictoires.S’en-suit-i), par exemple, que pour combler l'abîme qui s’est ouvert sous nos pas, à une heure où le monde désespéré, désenchanté, un monde étroit et fermé, parait sombrer dans la nuit, on doive ramener l’homme à lui-même, sans possibilité d'être dépassé?Avons-nous apporté des arguments au moindre des comportements humains en dehors d’une référence à un absolu transcendant ?Avons-nous donné la préférence au \ erbe de l’homme?Avons-nous attribué à l'Etatisme croissant des fonctions providentielles?Nous ne l’avons point dit, — ni même sous-entendu.Evoquant le désespoir des temps présents, nos angoisses quotidiennes' en Europe surtout, cette sorte de défaitisme moral de tant de gens possédés par la désolation intérieure, par la 14 LECTURES passive tranquillité de consciences assoupies, par la misère du cœur, de tant d'âmes mutilées, avons-nous méconnu les joies de la profondeur de la vie intérieure?Avons-nous demandé aux croyants d’alxiiquer leurs exigences spirituelles?Ou, plus simplement, de ne point s’en remettre aux lois de la conscience pour essaver de déterminer le partage entre le froment et l’ivraie confondus ?On ne saurait trop nettoyer sa conscience, avait jeté notre grande Jeanne à la face de ses juges, — eux, qui, la condamnant, affirmaient qu’aucune créature humaine n’avait aperçu, tracés sur la terre, des signes célestes.N’avons-nous pas admis, en revanche, ue c’est leur donner l'existence que e croire aux choses de l’esprit?Et qu'il n'y a pas de souffrances et de sacrifices qui n'aient une signification et une valeur?Notre Avant-propos du Supplément ne convie-t-il pas le lecteur à parcourir l’humble route terrestre avec des regards d'autrefois, des regards chargés d'espérances?Et combien émouvant ce rappel de la citation de Jaurès : « Que le monde sera beau lorsque, en regardant à l’extrémité de la prairie le soleil mourir, l’homme sentira soudain à un attendrissement étrange de son cœur et de ses yeux, qu'un reflet de la douce lampe de Jésus est mêlé à la douce lumière apaisée du soir 1 » De Jésus, dont il est dit à la page précédente : « Nous connaissons les immenses répercussions de la sublime leçon de renoncement et d’amour de Celui qui, après avoir adressé le Message sur la Montagne, prodiguait (à l’heure de sa mort) sa propre souffrance, sans vouloir offrir celle des autres.» Et de ce grand Message, n’avons-nous pas affirmé, ici et là, qu’il était d’un poids autrement lourd que les lois des diverses souverainetés nationales, impersonnelles et irréductibles, soulignant ainsi la carence de la justice des hommes qui, trop souvent, ont une pierre dans leur main crispée ?Tous ces textes ne sont-ils pas la justification — voulue — de la première page de notre Avant-propos du Dictionnaire : « Il ne nous est plus permis de choisir dans le sens qu exi- f;erait un combat à mener.# N est-ce à qu'une simple vue de l'esprit ?Où irouve-t-on, dans les ouvrages similaires des différents pays, l'affirmation d’une « neutralité » religieuse, dénuée de rigorisme, d’intégrisme, sans doute, mais aussi peu obscure?Certains reprocheront : aussi bienveillante?* * * Vérité en deçà., dit-on souvent.J’ai pris connaissance du récent message publié par l’Episcopat américain, lors de la clôture de ses travaux : « Le monde occidental proclame toujours le respect de la dignité humaine, mais il menace l’homme physiquement, par son évolution vers la société matérialiste et mécanique.Sur le plan social, il tend de plus en plus à considérer l’homme comme l'instrument de l’Etat ou d’organismes de contrôle gouvernementaux.Par ses actes et scs initiatives, le monde occidental marche rapidement vers la dislocation de la vie familiale et la destruction du foyer # : acceptation de mariages multiples, protection et encouragement de la fécondation artificielle, désintéressement total de ceux qui veulent se marier et fonder un foyer.Bref, par sa culpabilité collective, l’Occident revivrait un nouveau drame d’Ugolin.Tout en admettant l’indignation de l’Episcopat américain, d’aucuns, dont nous sommes, regretteront l'absence d’une distinction nécessaire à ce terme général : « Monde Occidental », auquel appartient la France.Ce n’est pas en France, en effet, terre des ruines accumulées et des deuils répétés, que l’après-guerre a mis à jour tant de documents accablants pour la conscience humaine, ou d’actes s'appropriant des décisions 2ui n'appartiennent pas aux hommes.'est ailleurs qu’en France, où tout de l’homme et de sa dignité est resté un idéal commun, à l’abri des injures et de la dégradation, qu'on trouve plus d’ombres que de lumière.Ce message d’un lointain pays heureux, ne saurait donc troubler la tranquillité des consciences françaises pour lesquelles n'a pas encore sonné le glas : il ne s'adresse pas à nous.Le matérialisme — athée, dialectique.— n’est pas toute la France, encore moins la mécanisation.Oui : vérité en deçà., car l’esprit de dialogue aidant, on objectora que les Etats-Unis eux aussi se sentent aujourd’hui menacés et atteints dans toute leur civilisation, par l’asservissement de plus en plus étendu au mécanisme, où l'homme se trouve intégré comme rouage impersonnel de l'organisation collective, où la spécialisation est adaptée au travail à fa chaîne, et le rendement à l’unité.On note, d'ailleurs, SEPTEMBRE 1950 15 avec la plus vive sympathie pour ce grand pavs ami, que la réaction morale, intellectuelle, puis politique, sociale, économique, contre les excès du machinisme, de la mécanisation, de la super-technique, tels qu’ils ont éclaté chez lui, se développe, s'étend, se précise ; que son élite ne montre pas le moins de zèle dans cette œuvre de redressement, de défense de l’humanisme et de l’humanité, non seulement sur son territoire, où sont mises en honneur et chaleureusement recommandées les institutions propres à l’accomplir, mais dans tous les pays du monde où les Etats-Unis ont de l’influence, et notamment dans ces pays arriérés et déshérités auxquels ils s’intéressent d'une manière spéciale.Une revue Measure, fondée récemment par les professeurs de l’Université de Chicago, vient même défendre l'humanisme et ses applications au monde actuel.Mesure .D’emblée, ces professeurs reprennent, aujourd’hui, le mot d'ordre de Platon, pour qui la mesure était, en effet, la condition de toute économie comme de toute politique, de toute sagesse et de tout équilibre.Nous sommes parmi les premiers à nous réjouir d’un retour à cette sagesse qui est la condition de la durée du développement de l’économie moderne.Notre préface des Religions — rédigée avant la dernière guerre, — ne soulignait-elle pas déjà, avec force, que la technique, nécessaire au développement de l’humanité est menacée si la conscience de l'homme n’est pas défendue et restaurée dans sa primauté?• * * Vérité en deçà.Mais laissons-là ce proverbe.J'ai lu, ces jours derniers, l'émouvant, le bouleversant ouvrage : Les Cent ans de /' Institut canadien de Québec, qui retrace l'effort de tous ceux de chez vous, ayant peiné vers la même étoile.Ainsi s'explique, se justifie, la longueur des digressions disproportionnées de cette lettre.Ce qui me permet, comme conclusion, d’aborder, entre nous, sans passion, le cas Pétain.La sévérité du jugement emprunté à Bernanos?Il v a eu des jugements plus sévères, si 1 on se reporte, notamment, à l'interview — non démentie — de son Eminence le Cardinal Tisserant, accordée à un rédacteur du journal Y /lube (20 déc.1944), au lendemain de la libération : « Pour moi, j’avais gardé de mon passage à l’état-major pendant l’autre guerre, un souvenir très précis : Pétain était déjà défaitiste et par ailleurs c’était un homme sans aucune conviction morale ni religieuse.Je ne pouvais donc pas avoir confiance en lui.» 11 faut avoir entendu, à la radio, aux heures lourdes de notre occupation, à une époque où, pour certains tout était possiol >, les paroles suivantes d’un premier ministre de Vichy, auxquelles l’immense majorité ties Français ne pouvaient souscrire : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne ! » Votre Gouvernement, d’ailleurs, en août 1943, reconnaissait le Comité Français de libération nationale comme seul chargé de la défense des intérêts français à travers le monde.A l'autre guerre, à ses débuts, quand la France, seule, — ou presque seule, — opposait à la barbarie le tranquille courage de ses fils, l'histoire recueillait, pour l’avenir, les dernières paroles des meilleurs d’entre eux, celles de Péguy, par exemple, ou celles d’un Ernest Psichari, petit-fils de Renan : « Si vous le voulez.Seigneur Dieu, donnez-moi la grâce de mourir dans une victoire, et que je voie au Ciel votre splendeur ! » Ainsi sont tombés des millions de Français, pour sauver tout ce qui pou\ait être sauvé du passé, et permettre à tant d'autres de jouir des printemps qu'ils ne connaîtraient plus.Nos frères de Vimv, j’ose l'affirmer, ont récité, avant Je mourir pour la rédemption de la vieille terre de France, la même prière fervente.Je vous prie de croire.Monsieur le Directeur et Révérend Père, avec l'expression de ma haute considération, à mes sentiments les meilleurs, Raoul MORTIER 16 LECTURES FAITS ET COMMENTAIRES Fides à Paris L’inauguration de ta nouvelle installation en France des Editions Fides de Montréal et celle du nouveau siège social de l'Association FRANCE-CANADA ont eu lieu à la même heure et au même endroit, en présence de Son Excellence le Général VAN 1ER, Ambassadeur du Canada et de Al.RAYAIOND-LAUREN T, secrétaire d’Etat à ta Marine, du gouvernement démissionnaire, Président de FRANCE-CANADA.L’édition canadienne a maintenant pignon sur rue, comme l’a jail remarquer le ministre.Elle a, en jait, pignon sur boulevard, un des plus beaux de Paris, puisque son magasin de vente est situé 120, boulevard Raspail, sur la rive gauche, dans le quartier oà on compte le plus grand nombre d'importantes maisons jrançaises d'édition.La double inauguration a eu lieu en présence de beaucoup de notabilités jrançaises et canadiennes.On remarquait notamment Al.Francisque GA Y, ancien Ambassadeur de France au Canada et Aladame GAY, Algr TOU VET, représentant de t’Archevêque de Paris, le R.P.GAGNON, Canadien jrançais, curé au Alans et les membres du bureau directeur de FRANCE-CANADA.C’est le Dr DU RAN D qui a eu /’ heureuse idée de réunir, dans un même local, les Editions FIDES, dont il est le représentant en France et le siège de FRANCE-CANADA, dont il est le Secrétaire général adjoint.En qualité de représentant de FIDES, le Dr DURAND a expliqué le caractère de celte maison d’édition et le but quelle poursuit en France.Il a jail remarquer que les efforts séparément tentés jusqu’à présent pour mieux faire connaître les livres canadiens en France n’avaient pas suffisamment abouti.« C’est afin de répandre la littérature canadienne que le Centre FIDES a été créé.En effet, a-t-il assuré, nous ne voulons pas nous substituer aux éditions catholiques existant en France, mais représenter spécifiquement le Canada.Aussi trouvera-t-on chez nous les livres religieux et projanes de toutes les maisons canadiennes d’édition, en nous souvenant que le Canada est un pays bilingue.Nous espérons que les éditeurs nous jeronl confiance et accepteront de déposer aussi sur nos rayons de vente revues et hebdomadaires.Illustrant d’un geste sa pensée, le Dr DURAND montra qu effectivement on pouvait apercevoir sur les rayons couvrant les murs de la salle de vente, où se déroulait la cérémonie, Bonheur d'occasion de Gabrielle ROY, le dernier livre de Al.Jean BRUCHESI sur le Canada et bien d’autres.SEPTEMBRE 1950 17 Enfin le Dr DURAND a dpécifié que FIDES vendrait auddi le a livred écrit a par Ocd Français dur le Canada.AI.RA Y MOND-LA UREA T a prid ensuite la parole en qualité de Président de FRANCE-CANADA.Apréa avoir rendu hommage à l’Ambaooadeur, il a mid au courant oeo auditeurs du développement de touteo lev oociétéo qui o occupent en France deo relatione jranco-canadiennee doue l'égide de l’aodociation qu’il dirige.Puio il a remercié le Dr DURAND « pour avoir créé un centre vivant jranco-canadien, un joger intellectuel et opirituel qui aidera Canadiend et Françaid à mieux oe connaître.Tâche Jacile et difficile à la Joie. du Canada sont devenus richesses minières inestimables : cuivre, nickel, amiante, fer, voire pétrole et ura- nium.Il est vrai surtout que par deux fois en moins de 30 ans, les Canadiens sont venus sur nos rives défendre ou libérer un patrimoine qui demeure en grande partie le leur.Ils sont venus simplement, bravement ; beaucoup ont versé tout leur sang, à Vimy, a Dieppe, un peu partout où l'on s'est battu ; d’autres, portent les marques indélébiles et douloureuses de leur généreuse ollrande.Non, bien sûr, le Canada ne peut plus être ignoré.Les éléments d’information ne manquent pas, mais nous aurions voulu qu'il fût plus facile d’entrer en contact direct avec les Canadiens « pure laine », — que mes amis canadiens me pardonnent cette expression familière où je ne mets aucune ironie et beaucoup d'amitié, — nous étions notamment avides de connaître mieux la littérature canadienne.Je n'étonnerai certainement aucun des.Canadiens présents dans cette salle, en affirmant que bien des gens de France ignorent encore que le français est la langue maternelle, utilisée à l’exclusion de toute autre, par l'ensemble des Canadiens de descendance française.Bien des gens de France, et nous en avons tous rencontre, s'imaginent que le français a été conservé un peu comme une pièce de musée, que l'on garde soigneusement cachée et dont on ne fait usage que dans les grandes occasions.Encore s'agit-il, dans leur esprit, d'un français archaïque, bâtard, à SEPTEMBRE 1950 19 peine compréhensible.Je sais qu’il y a du progrès et que d'une Façon générale, malgré Fenimore Cooper, on s'accorde désormais à admettre en France que les Canadiens ne portent pas de plumes sur la tête.Je me reprocherais de traiter de tels lieux communs si mon expérience journalière ne me mettait à même de mesurer tout ce qui reste d ignorance à ce sujet.Nous pensions, naïfs, que dès la libération, nous pourrions facilement nous procurer les œuvres de ces écrivains canadiens, dont nous connaissions, au moins quelques-uns, les noms, ilélas, à ce large fossé Atlantique, vint s’ajouter un triple rang de barrières administratives, politiques, économiques, et cet ensemble d’obstacles était si merveilleusement compliqué qu'aucun cheval de Troie n’avait jusqu’ici réussi à le forcer.Si vous allez à la Bibliothèque Nationale, vous éprouverez une pénible surprise en constatant avec quelle unanimité les écrivains canadiens de ces 30 dernières années en sont absents, et je prendrai volontiers à témoins plusieurs savants et minutieux chercheurs, qui sont dans cette salle.Désiriez-vous tel ou tel livre canadien récent ?Vous pouviez courir toutes les librairies de Paris et de province avec la quasi certitude de ne rien trouver.Si par bonheur, vous aviez la chance de posséder avec précision l’adresse de l’éditeur canadien, vous pouviez lui écrire, mais les difficultés de règlement étaient telles que votre commande avait les plus grandes chances de rester sans effet.Certes, ici et là, on trouvait quelques dépôts de livres canadiens, les Editions FI DES en avaient un depuis 1946, les Editions V ARIETES depuis 1949.Des éditeurs français s’étaient remis à publier quelques œuvres canadiennes ; c'est ainsi nue Mme Germaine GUEVREMONT obtint, en 1947, le prix Sully Olivier de Serres, tandis que la même année Mme Gabrielle ROY se voyait couronnée par le Jury du Fémina pour son Bonheur & occasion.L'an dernier enfin, on pouvait voir apparaître aux vitrines des librairies, le livre où M.Jean BRUCHESI a réuni les conférences remarquables qu’il lit en Sorbonne en 1948.Mais les efforts isolés, accomplis ici et là, n’atteignaient pas leur but et il demeurait difficile de se procurer en France le livre canadien — précisément celui que l'on cherchait.Plusieurs amis canadiens et français, inquiets de cette situation, se préoccupaient d'y porter remède, et le cheminement d’abord parallèle, puis convergent, de leurs efforts et surtout de leur amicale et mutuelle compréhension, a enfin abouti à la création à Paris de cette « Maison du Livre canadien », que vous me voyez aujourd'hui heureux et honoré de vous présenter.A ceux qui le pourraient penser, je tiens tout de suite à affirmer que notre fondation n'a pas le lucre pour objet.Certes, comme toute entreprise saine, elle doit avoir le souci d’équilibrer son budget et ceci sera sa meilleure garantie de survie.Mais il est permis de dire, ;e pense, qu’il y a eu à l’origine un concours de désintéressements confiants et audacieux.20 LECTURES On me permettra de rendre ici hommage à ceux dont la bienveillante compréhension et la généreuse confiance ont permis la création de cette maison, je veux parler notamment du F.R.P.Albert COUSINEAU, Supérieur Général tie la Congrégation de Sainte-Croix, du R.P.Emile DEGUIRE, Supérieur de l'Oratoire du Mont-Royal, du R.P.Paul-A.MARTIN, Fondateur et Directeur général des Editions FI DES et de ses collaborateurs immédiats religieux et laïcs.La plupart des personnes qui sont ici assemblées, connaissntc le travail accompli par FI DES à Montréal, œuvre encore jeune, mais riche de l'enthousiasme, de la persévérance, du désintéressement de ses collaborateurs, et qui ne s'appuie pas seulement sur des espérances, mais sur des réalisations.En feuilletant son catalogue, vous pouvez trouver plusieurs centaines de titres d’ouvrages appartenant aux branches les plus variées de la culture humaine, tie la Spiritualité à la Littérature, sans oublier les Sciences et les Beaux-Arts.Mentionnons aussi plusieurs publications périodiques, qui toutes ont pour but d organiser, d'orienter, de faciliter les lectures, et de les rendre efficaces et enrichissantes.Mais je ne m'étendrai pas davantage sur le rôle de FI DES au Canada.Je dirai seulement que nous sommes décidés à poursuivre les mêmes buts generaux en France : ITDES en France comme au Canada, est une maison d'éditions, canadienne-fran-çaise et catholique.Là-bas, comme ici, ces deux termes sont synonymes.Je déclarerai volontiers — bien que ceci ne soit pas usuel — qu’à l’origine de notre fondation, il y a eu beaucoup de prières.Ceci posé — ^e préciserai que 1 esprit étant le meme, l'objectif immédiat devient en France légèrement différent puisqu’il ne s’agit pas de se substituer aux maisons d Editions catholiques françaises déjà existantes, mais d ajouter a leur effort celui d’une œuvre canadien ne-française.La voix que nous apportons demeurera spécifiquement canadienne, et elle s efforcera de presenter /oui le Canada.C’est dire qu’à côté des ouvrages religieux, on trouvera en cette maison des œuvres profanes ; a cote des publications FI DES, les publications d’autres maisons d editions canadiennes.Déjà vous pouvez voir sur les différents rayons de cette bibliothèque — à côté des auteurs édites par h IDES, le C ardinal VILLENEUVE, Félix-Antoine SAVARD, Léo-Paul DESROSIERS, Emile NELLIGAN.Alain GRANDBOIS, Marius BARBEAU etc., — des écrivains dont les ouvrages sont publies par d’autres maisons : Jean BRUCHESI, RINGUEI, Gabrielle ROY etc.; nous avons même le plus récent livre du R.P.DES-MARAIS, o.p.L’amour à l’âge atomique, qui vient de connaître le prodigieux succès, rarement vu au Canada, de 100,000 exemplaires vendus en 15 jours.SEPTEMBRE 1950 21 Nous espérons que les éditeurs canadiens voudront nous faire la confiance de déposer chez nous leurs ouvrages de fond et leurs nouveautés ; déjà d'ailleurs nous sommes en mesure de procurer sur commande assez rapidement n’importe quel livre canadien.Mais nos ambitions ne se limitent pas à la seule diffusion des livres.Nous voudrions contribuer à répandre les revues et journaux canadiens.A côté des revues éditées par FI DES, Aies Fiches, Lectures, Hérauts, nous sommes spécialement chargés de faire connaître les Annates de l’Oratoire Saint-Joseph du Jlonl-Royal et déjà nous sommes habilités à recueillir les abonnements à divers journaux et revues : Revue de l’Université d'Ottawa, La Terre de chez nous.Fie française et bientôt, nous l'espérons, l’excellent hebdomadaire culturel et social Moire Temps ; la liste n’est d’ailleurs pas close.Nous aurons ici également en dépôt tous les livres publiés en France traitant du Canada et vous pouvez déjà en voir un certain nombre.Nous aurons aussi, mais oui, ce délicieux chef-d'œuvre qu'est JIaria Cbapdeieine, qui a fait, quoi qu’on ait pu en penser, tant connaître et aimer le Canada en France.Nous n’oublierons pas non plus que, nation bilingue, le Canada nous intéresse tout entier et nous sommes disposés à voir s’aligner, quelque jour, dans nos vitrines, les meilleurs ouvrages des auteurs canadiens de langue anglaise.Nous ne nous arrêterons cependant pas là.Si notre but premier est de faire connaître le Canada aux Français, nous nous proposons bien d’aider les Canadiens à mieux connaître la France, en les aidant notamment à se procurer les livres français.Je n'insiste pas aujourd’hui sur tous les services que nous pourrons rendre dans cet ordre d'idée.Nous voudrions seulement que les Canadiens de passage en France, prennent l’habitude de venir nous voir et de nous demander nos services : ce sera pour eux et pour nous l'occasion de « piquer une jase )), et d’avance nous leur répétons de tout cœur ce mot d’accueil que j’ai si souvent entendu au Canada : « Bienvenue ».Et voici que tout naturellement, notre maison devient un centre vivant où se rencontreront Français et Canadiens, désireux de se mieux connaître.Tout naturellement aussi notre Maison se devait de recevoir en ses murs cette Jeune Association Generale FRANCE-CANADA, qui vient à son heure coordonner les efforts, jusejue là dispersés, de tous les organismes suscités, ici et là, par le désir de développer l'amitié franco-canadienne.Je laisserai à une voix plus autorisée le soin de présenter notre Association ; qu'il me soit permis ici de remercier respectueusement M.RAYMOND-LAURENT d'avoir bien voulu accepter la présidence effective de FRANCE-CANADA, maigre les multiples et lourdes charges qu'il assume et malgré les préoccupations qui ne manquent pas d assaillir ceux qui ont reçu en ces 22 LECTURES temps difficiles, la délicate mission de veiller aux destinées de la France.En terminant cette présentation peut-être trop longue, je tiens à remercier toutes les personnes qui ont voulu, en venant ce soir, nous apporter le témoignage de leur sympathie.Vous me permettrez, Monsieur l’Ambassadeur, de vous exprimer tout spécialement ainsi qu'à Mme la Générale VANIER toute notre reconnaissance.Depuis 1946, à maintes reprises vous avez bien voulu nous apporter vos bienveillants encouragements.Je suis tout particulièrement heureux de vous présenter aujourd’hui cette realisation.Ne la considérez pas comme une fin, c’est seulement une nouvelle étape dans la poursuite d’un long rêve, un rêve qui à force d’intensité et de persévérance, finit par prendre des formes concrètes.Il n’est pas un Français qui ne parcoure, au moins une fois dans l’année, le boulevard Raspail.Chaque fois qu'il passera devant cette large façade que nous maintiendrons accueillante, c’est un peu une bouffée d’air du Canada qu’il recevra.Ainsi peu à peu, nous l’espérons, grâce à cette entreprise encore modeste, votre pays déjà tant aimé en France sera mieux connu.Une meilleure connaissance n’est-elle pas le gage le plus sûr d’une plus grande amitié ?Dr Georges DURAND ABONNEMENTS POUR TOUS 77, RUE D’AIGUILLON, QUÉBEC s’occupera GRATUITEMENT de tous vos abonnements aux revues et journaux du monde entier.Exposition permanente de revues — Vente au numéro LIBRAIRIE UNIVERSELLE 77, RUE D’AIGUILLON, QUÉBEC vous procurera TOUS les bons ouvrages même un seul, au plus bas prix.CATALOGUES GRATUITS de revues et de livres DIRECTEUR : Prof.P.-E.Belleau SEPTEMBRE 1950 23 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvrages Dej ouvrages critiqués dans le présent numéro, nous mentionnons, sous celte rubrique, quelques-uns de ceux qui sont les plus susceptibles de distraire sainement, d’instruire ou d’élever les lecteurs auxquels ils conviennent.Le Jait de signaler ainsi ces livres ne veut pas dire qu ils peuvent être conseillés à tous indistinctement, comme on peut le constater en se référant à la critique et à la cote morale.PHILOSOPHIE Rideau (Emile), La pensée de Gustave Tbibon.RELIGION Adam (Karl), Jésus-Christ.Desmarais (Marcel-Marie), o.p., L’amour à l’âge atomique.Lochet (Louis), IJ union à Dieu, âme de tout apostolat.Périnelle (J.), o.p., Comment faire oraison.Rahner (Hugo), s.j., Saint Ignace de Loyola et la genèse des Exercices.LITTÉRATURE Decahors (Elie), Histoire de la Littérature jrançaise.T.I : Le Moyen Age.Marion (Séraphin), Les lettres canadiennes d'autrefois.T.VI.ROMAN Bousquet (Jean), o.p., Les tribulations du curé de Saint-Tristan.Conan (Laure), Angéline de Monlbrun.POUR LES JEUNES Olignv (Odette), Le cheval d’or.Robitaillie (Henriette), Olivier sur la roule.Ouvrages PHILOSOPHIE RIDEAU (Émile).La Pensée de Gustave T hi bon.Exposé et critique.Paris, Spes (1946).99p.19cm.Au terme d’un long itinéraire de silence et de réflexion, Gustave Thibon, en penseur et en clinicien des problèmes sociaux contemporains, nous a livré un message de réelle envergure.Jus- qu’aujourd’hui, aucune étude d'ensemble n'avait été élaborée sur sa pensée : ses quelques ouvrages, par leur présentation abstraite et serrée où l’aphorisme abonde trop, ont pu facilement rebuter ou du moins sélectionner les lecteurs.Le P.Rideau, par l’essai gu’il publie, nous rend ce service d opérer pour nous quelques trouées dans la forêt un peu touffue de cette philosophie, d'y situer de lumineuses clairières.24 LECTURES L’opuscule, dans un premier chapitre, condense par un exposé objeclij très logiquement mené la doctrine de Gustave I hibon : ses fondements métaphysiques, sa conception de l'homme (1 ).Suivent une analyse de la crise moderne et un « diagnostic » du mal contemporain (II).Cette analyse, à son tour, in‘roduit une critique qui oppose aux hérésies modernes un ideal de consentement et d’incarnation (III), ainsi qu’un plan rationnel d’organisation sociale (IV).Ces données constituent l'élément le plus original du système.Enfin, une exaltation des valeurs spirituelles du christianisme (V).Le second chapitre est une critique des théories proposées.Oeuvre intéressante mais discutable à la fois que celle de Gustave Thibon.Ce dernier s'affirme, semble-t-il, un traditionnalistc trop attaché à ce nasse dont il faut chercher l'image au Moyen Age.Il n’a pas senti, comme le souligne le P.Rideau, # la nouveauté décisive et disruptive des temps où nous sommes rentrés ».Son oeuvre, cependant, n’aura pas été inutile puisqu’elle dénonce les tares du monde moderne et leur oppose l’idéal d'une communauté organique, fondée sur l’exercice des vertus à la fois humaines et spirituelles.Magnifique effort de synthèse que cet essai du P.Rideau.11 sera indispensable à celui qui voudra aborder la pensée de Gustave Thibon et éclairer autrui sur les problèmes sociaux et politiques de notre XXe siècle.Rol.-M.CHARLAND, c.s.c.RELIGION Doctrine ADAM (Karl).Jésus le Christ.T red.de E.Ricard.7e édition revue et augmentée.Alul-house, Editions Salvator, 1948.434o.20cm.Karl Adam, professeur à l’Université de Tubingue, présente Jésus le Christ, ouvrage qui pourrait s'intituler : I.e vrai visage du Christ : Dieu et homme.Le livre contient neuf chapitres.Le premier décrit la réaction de la mentalité moderne en regard du message chrétien.Les chapitres deux et trois indiquent la collalxiration nécessaire entre la grâce et la raison et la valeur des sources historiques qui forcent fhomme du XXe siccle à accepter le Christ.Les trois chapitres suivants nous font entrer en contact avec la physionomie morale et spirituelle du Christ, sa vie intime cl ses lettres de créance : fils de l’Homme et fils de Dieu.Le chapitre sept expose clairement toute la question de la résurrection du Christ, avec examen serré de la valeur des récits évangéliques.Dans le chapitre huit, l'auteur determine la valeur de,la croix du Christ dans la vie de l’homme.Enfin, dans le dernier chapitre, c'est l’étude approfondie et assez abstraite de l'être humano-divin qu’est le Christ.L’auteur repasse toutes les hérésies anciennes sur la personne du Christ et il expose la doctrine chris-tologiquc.* Le Christ éternel est la réponse apportée du ciel à l’homme : voilà la conclusion de l'auteur.Le caractère rigoureusement scientifique de son ouvrage, l’immense érudition et les vastes connaissances théologiques qu’on y trouve contribueront fort à illuminer et à fortifier la foi des lecteurs.Ovila SAINT-JEAN, ptre Spiritualité PERINELLE (J.), o.p.Comment Jaire oraison.Conseils pratiques.Paris, Editions du Cerf [19481.247p.19.5cm.Pour des raisons de propagande, ou de simple amitié, on abuse tellement aujourd'hui des épithètes louangeuses quand il s’agit de faire la recension d’un volume, que nous éprouvons le besoin, au début tie cette critique, de souligner notre complète indépendance à l’égard de l'auteur et de toute librairie.Nous ne ménagerons pas notre approbation pour l’ouvrage du Père Périnelle, mais on est prié de croire qu’elle est entièrement libre et désintéressée, conformément au devoir du vrai critique.Parmi les nombreux ouvrages que la littérature spirituelle contemporaine a consacrés au thème de l’oraison mentale, il faut mettre au premier rang, avec celui du R.P.Eugène Boy land, o.c.r., sur les Etapes de l'Oraison mentale (traduit par le Père Jean Minery, s.j., aux Editions Alsaciennes, Paris, 1949), celui du Père J.Périnelle, o.p.: Comment jaire Oraison.Ce dernier ouvrage est, entre tous, recommandable par scs qualités exceptionnelles.Ecrit par un théologien remarquable, dont la science s’enrichit précieusement par une longue expérience dans le mi- SEPTEMBRE 1950 25 nistèrc sacerdotal, résumant les conclusions d'une enquête détaillée dont le questionnaire et les réponses ont été publiés dans la revue française la Vie Spirituelle (oct.1943, mai et octobre 1944) et ensuite dans le numéro des Cahiers de ta Vie Spiriluelte intitulé VOraison (1947), lui aussi une mine grécieuse sur le sujet, le volume du ère Périnelle s’adresse d'abord aux laïcs attirés à la vie intérieure ; mais il est à peine l>esoin de souligner que sa richesse doctrinale et le côté très pratique de ses conseils en font un ouvrage grandement utile pour l’initiation à 1 oraison ou le renouvellement de la 'de intérieure chez tous les religieux.-?n particulier chez les débutants.En étudiant la préparation, la structure ei le rayonnement de l’oraison, l’auteu" a démontré comment la vie spirituelle tout entière doit être pénétrée et informée par cet exercice, comment toute l’ascese chrétienne le prépare et comment la sainteté et la fécondité apostolique doivent en résulter.En somme, nous avons ainsi un traité spirituel presque complet, ou au moins, un aperçu d’ensemble sur toute la vie intérieure, un plan à peu près complet de sainteté.Un tel ouvrage se base assurément sur une utilisation abondante des enseignements de l’Ecriture sainte, de saint Thomas, et des meilleurs Maîtres spirituels, de même que des réponses très instructives apportées à l’enquête menée par la Vie Spirituelle et dont il est question plus haut.Cependant, malgré sa richesse doctrinale.la lecture de ce livre est loin d’être fastidieuse : pour peu qu'on ait le goût et l’inclination aux choses de l'âme, elle peut être non seulement agréable mais passionnante.C’est que la forme de l’ouvrage présente quelques qualités précieuses et que l’on trouve malheureusement trop rarement dans les livres semblables : il est écrit simplement, sur le ton de la conversation, et procède d'ailleurs par dialogue : on suppose une âme de bonne volonté en présence de son directeur, initiée par celui-ci aux problèmes de la vie intérieure, en particulier à celui de l’oraison, et à laquelle les réponses les plus complètes et les plus satisfaisantes sont apportées dans un langage dépouillé des artifices de la rhétorique, paternel, clair et discrètement persuasif ; sans cette sécheresse propre à tant d'ouvrages du même genre, et sans ce ton d'exhortation mielleuse qui en dépare tant d'autres.On devine qu'une telle réussite n’est pas seulement l'effet de la science et de l’expérience : il faut un don spécial d’enseignement, de même qu’une réelle richesse spirituelle, qui permettent a l’auteur de parler de l'abondance du cœur, avec une charité lumineuse, communicative, très entraînante, parce qu'elle déborde de la contemplation et répond aux aspirations de l'âme aux écoutes.Bien des prêtres et des éducateurs déplorent actuellement la pauvreté et l’inadaptation de notre enseignement religieux pour les laïcs, maigre l’abondance et la fréquence des efforts accomplis en ce sens par nos auteurs spirituels.On demande des ouvrages plus simples, où soit réalisé le prodige de l’alliance d’une doctrine abondante et profonde avec une simplicité discrète et engageante.Par la solidité de sa matière et l’adaptation de sa forme, le présent volume est un exemple admi râble en ce sens.Guy-M.BERTRAND, c.s.c.Pastorale CHARTON (J.), c.ss.r.Retraite sacerdotale.Ste-Anne-de-Bcaupré, Librairie Alphonsicnnc, 1949.286p.19.5cm.Une retraite sacerdotale sur les vertus ! Comme si les vertus chrétiennes n'étaient pas un lieu commun pour les prêtres ; comme si les vertus pouvaient encore en apprendre aux prêtres ! Pourquoi ne pas parler des obligations et des responsabilités du ministère auprès des âmes?Mais c’est précisément de l’âme même de notre ministère que nous entretiennent ces pages.Le Père Charton nous ouvre délicatement les yeux sur les obligations que crée en nous chacune des vertus les plus importantes.Il couvre toute la théologie qui peut et doit être la base de notre vie ascétique et mystique.Il a le don de nous parler sans nous écraser du vocabulaire d'une soutenance de doctorat ; il nous parle familièrement et sérieusement.Nous avons dans son volume plus qu'il ne faut pour alimenter la méditation de quelques jours de retraite ; le tout peut susciter un flot de réflexions pour les jours où les résolutions voudraient se faire oublier.Aurèle OUIMET, ptre 26 LECTURES Action catholique LOCHET (Louis).L'Union à Dieu, âme de tout apostolat.Montreal Fides, 1950.48p.I9.5cm.(Coll.Textes d'Action catholique, nouv.série, no I).$0.45 ($0.50 par la poste).Fides ne pouvait mieux inaugurer sa nouvelle série de Textes d’Action catholique.Les éloges décernés en France et au Canada à cette petite brochure sont pleinement mérites.Doctrine nouvelle?Non pas.Mais présentée avec une clarté, une sérénité et une maîtrise qui emportent irrésistiblement l’adhésion .L’auteur met en lumière, d’une part, la vraie notion de l’union à Dieu « hut de notre action » apostolique, qui « la suscite et l’unifie » et lui donne finalement t son efficacité » ; d'autre part, le vrai sens de l’apostolat, « corps de l’union à Dieu », qui doit donner « corps à l’amour de Dieu ».Dès lors, entre la vie intérieure et la vie extérieure s’évanouit l'opposition qu’on s’est plu parfois à y voir, soit pour se méfier de l’action apostolique comme d’un risque spirituel ou la condamner chez les autres, soit pour se libérer des exercices de la vie intérieure comme d’une surcharge paralysante.Dans la dernière partie de son travail, l'auteur donne brièvement, avec un sûr doigté, la solution des problèmes que posent la sauvegarde de la paix, l’exercice de la prière, la pratique de l’obéissance, de la charité et de la mortification.C’est là un livre qu’il faut méditer phrase par phrase pour en assimiler toute la richesse spirituelle.Que tout apôtre, prêtre, religieux ou laïc, en lasse le vade-mecum de son action apostolique et le monde sera sauvé 1 P.MARIE-ANTOINE, o.f.m.Préparation au mariage DESMARAIS (Marcel-Marie), o.p.U Amour à l’âge atomique.Montréal, les Editions du Lévrier, 1950.I27p.19cm.Brochurette éclatante, comme doit l’ctrc un ouvrage de vulgarisation.Les jeunes surtout, jusqu’à soixante-dix ans environ, sont attirés par le titre, par le coloris et le dessin de la couverture.L’auteur a cherché et trouvé na-uère, à l’Heure Catholique, puis dans e multiples conférences, enfin dans quelques ouvrages dont celui qui nous occupe, une formule pour atteindre le grand public et lui prêcher, mais avec des mots faciles et des histoires, avec des images vivantes, les principes de prudence, de tempérance, que la vie moderne tend tellement à étouffer.Il faut dire « bravo » à cette initiative, car c’est moralement parlant une œuvre de préservation et de récupération.On en recommanderait une large diffusion si ce n’était déjà chose faite.Germaine LAPLANTE BEAUX-ARTS Dessin LAMBRY (Robert).Le Dessin en quatre leçons.Paris, Bonne Presse, 1947.4v.ill.26cm.L’auteur a réalisé une étude apte à aider un titulaire de classe dans l’enseignement du dessin ; mais ce dernier ne devra jamais oublier de s’adapter aux conceptions de l’enfant.Il nous faut tenir compte de l'âge mental de l’enfant et de ses expériences, et éviter d'en faire prématurément un adulte par nos méthodes et nos exigences.Georgette MORENCY Ainsique BASILE (Frère), s.c.Aux rythmes des tambours.La musique chez les Noirs d'Afrique.Montréal, les Frères du Sacré-Cœur [1947].172p.h.-t.20cm.L’auteur, docteur en musique de l’Université de Montréal, nous offre ici le texte de sa thèse intitulée La musiaue chez les Noirs d’AJrique.Très documentaire, cet ouvrage rend service à tous ceux qu’intéresse l’évolution de la musique à travers le inonde.Le Frère Basile nous fait suivre le Noir depuis sa naissance jusqu'à sa sépulture, en passant par tous les événements heureux et malheureux de son existence.Comme le dit le Dr Eugène Lapicrre dans la préface : « Ces deux chapitres sur Les instruments de la musique indigène et sur IJ influence de la musique européenne sont précieux pour quiconque étudie la vie musicale et son mouvement dans notre civilisation contemporaine.» II convient de mentionner le dessin reproduit en frontiscipe, les photos prises par le Frère et le texte de quelques chants de ce pays où l'on attribue la part du lion au tambour.SEPTEMBRE 1950 27 Bref, non seulement les musiciens férus de l'histoire de In musique, mais tous ceux qui ont un souci de culture fénérale liront avec plaisir l'œuvre du rère Basile, en excusant quelques fautes de style bien pardonnables chez un missionnaire zélé, alors débordé de travail au Basutoland.Simone GERMAIN LITTÉRATURE AV1SSEAU (P.).Littérature Jrançaise expliquée par de.r textes choisis.Cours du brevet élémentaire et de l’examen de fin d'études du 1er cvcle.Paris, Ed.de l’Ecole (1949).442p.ill.21.5cm.Un manuel qui remplit adéquatement sa fonction : initier les jeunes étudiants aux chefs-d’œuvre littéraires.Il se présente comme un triple compendium de préceptes littéraires succincts mais très clairs, d’un abrégé de l’histoire de la littérature française, et de morceaux choisis.Nous savons l>on gré à l’auteur en ce qui concerne son choix de textes : il n’a pas cru devoir éliminer des pages connues mais marquées au coin du génie, consacrées par les siècles et l’admiration des honnêtes gens.Ainsi nous rencontrons : Heureux qui, comme Ulysse.(Du Bellay), Mi-gnonne, nous allons voir si la rose (Ronsard), Qu’il mourut ! ou As-tu du Cirur ! (Corneille), Funérailles d'A ta la (Chateaubriand), Le Pélican (Musset) etc., toutes ces pages marquantes, rengaines littéraires peut-être, mais qu’un étudiant doit nécessairement connaître avant tout.Nous ne croyons pas à l’efficacité durable d'une initiation aux lettres par des produits secondaires ou exclusivement modernes.Le Pour expliquer, à la suite de chaque pièce, n'offre rien d’aride, de trop didactique à l’élève.Courtes et Précises, les questions pour devoirs ou tçons sont posées avec une judicieuse psychologie, permettant à l’écolier de repenser Te morceau étudié, de le mieux savourer.Par sa méth< le et par tout ce qu’il contient, ce manuel saura plaire tout aussi bien aux professeurs qu’aux jeunes de l’enseignement supérieur.Rol.-M.CHARLAND, c.s.c.FERRAN (André) et DECAHORS (Elie).Morceaux choisis de la Littérature française.Tome 1 : le Moyen Age.Paris, Editions de l’Ecole ( 19491.540p.ill.23cm.(Cours de Littérature française.) On a bien médit, et non souvent sans raison, des recueils de morceaux choisis.« On dirait, note avec humour un romancier moderne, un étal de boucher : morceau de premier choix, qualité extra.» Cependant, il faut bien se dire que, depuis quelques années, ce qu’on a appelé « la barlwric des morceaux choisis » a été touché de la grâce de la culture.Ainsi, nous avons connu d'excellents ouvrages du genre comme ceux, par exemple, de la célèbre collection Les (irands écrivains de France illustrés, sous la direction de M.Paul Crouzet.Plus de choix arbitraires, plus de redites moutonnières, plus de carences de la critique ; mais une recherche consciencieuse de pages essentielles, offrant le caractère d'une œuvre, d'un auteur, d'une époque.« Le souci s’est fait jour, souligne-t-on dans la préface du présent volume, de donner à 1 étudiant une méthode de découverte et ,1a curiosité de poursuivre l’aventure.» MM.Ferran et Decahors ont résolu on ne peut mieux le problème que pose un pareil choix de textes ; ils ont tout peso et éprouvé.Leur but premier a été d’appuyer sur des textes les suggestions proposées dans l'Histoire de la Littérature Jrançaise, avec laquelle-ils entendent rester en correspondance, laissant au maître le soin de jouer son rôle d’informateur et d’initiateur, et à l’élève d’exercer son esprit d’observation, de se libérer de l’exécrable et débilitant psittacisme critique.Ces vues ont constamment dirigé la présentation de ces pages choisies.Chaque fragment est rattaché à l’œuvre par une courte introduction qui en fixe le point île perspective, la place qu’il occupe dans l'œuvre elle-même et la tonalité qu’il a.Les textes anciens, particulièrement les textes poétiques, sont dotés d’une traduction aussi stricte que possible, dans le but unique d'éclairer le texte et non pour se substituer à lui.Enfin, tous ces morceaux sont suivis d’indications groupées sous la rubrique générale : Eléments de commentaire.L’élève est ainsi invité à por'ei sn propre jugement sur telle ou tclh œuvre.Au'rr p.o licularités.En dernières pages < trouvera une table dite des Centres d‘ intérêts, une sorte de tableau 28 LECTURES synthétique des multiples aspects de la vie médiévale d’après les textes mêmes, ainsi qu'un l.exique de la langue d’oïl et de la langue d'oc, œuvre de M.Gravel.Ici, les professeurs pourraient ajouter, à la faveur de ces nouveautés, un intérêt particulier à leur cours sur le Moyen Age littéraire.Peut-être verraient-ils à donner à leurs élèves les premiers linéaments d’une étude sur révolution historique de la phonétique française, comme complément de culture à l’enseignement secondaire.Comment pourrait-on passer sous silence que le présent volume, comme celui de VHistoire de la Littérature, est copieusement illustré d’ « images » du Moyen Age ?Loin d'être un simple appât, une amusette pour les yeux, l’iliustration, ici, a le but précis marqué irarson étymologie latine : « éclairer ».,es illustrations, pour la plupart inédites, sont dans l’intention de l'éditeur une tentative d’illumination, tentative pas nouvelle dans son genre, mais indispensable à une œuvre qui se veut vraiment pédagogique.Avant Sainte-Beuve, Goethe T'a bien dit : « Qui veut comprendre un poète doit aller dans son pays ».Ce vœu est réalisé à souhait : les clichés, variés et d’une impression parfaite, ajoutent à la saveur et à la joie de parcourir les biographies et les textes.Ces deux premiers volumes consacrés à l’étude du Moyen Age littéraire constitueront déjà par eux-mêmes les premiers filons d’enrichissement culturel que professeurs et élèves auront le goût d’exploiter.C’est une mine qui leur est offerte que ce cours de littérature française si magnifiquement présenté.Rol.-M.CHARLAND.c.s.c.Romans BECK (L.Adams)./I la découverte du Yoga.Du Kashmir au I hiliet.Roman traduit de l'anglais par Jean Herbert et Pierre Sauvageot.Préf.de Maurice Magre.Paris, Editions Victor Attingcr (1946).30bp.20.5cm.(Coll.Orient, no 13).Dangereux L’œuvre débute comme un roman à la Kipling sur une vue de Simla.Le héros y fait son apparition à un stade de vie bien inférieure, au milieu de créatures jacassantes, choisies comme le pourrait être un buisson d'épines pour faire ressortir un lys.D'ailleurs le lys ne tarde pas à s'y placer sous la forme d'une Béatrice, composée pour les besoins d’une apologétique hindoue, d’une façon aussi invraisemblable que possible.Notons qu'on l’honore d’une origine canadienne.Cette jeune fille sert de guide au malheureux et non moins coupable héros incarnant l’être encore embourbé dans les fanges du Juin sens mais pour lequel il y a de l’espoir.El le roman se déroule comme une marche à l'étoile dans l’irréalisme le plus absolu.Si la psychologie utilitaire de l’auteur lui fait judicieusement penser qu’une doctrine incarnée dans un idéal féminin y gagne quelques attraits, elle n'ignore pas non plus que les charmes de la richesse surtout brillent au creux d’un aristocratique écrin.Le héros ne manque donc pas d'être introduit au milieu des fastes orientaux et de titres anglo-saxons, au sein de l’atmosphère de transcendance et de mystère ou son âme doit mûrir.Puis c'est le Voyage.drapant un Itinéraire de l’Ame où, tour à tour, l’apologétique nuit au roman et le roman à l’apologétique.Quelques belles descriptions de la nature, des mœurs de lamaseries thi-bétaines forment le point culminant de la valeur de cet ouvrage.Comme prévu, l’âme à la recherche du Yoga le trouve et s’v fixe dans la joie la plus parfaite, symbolisée par son mariage avec sa iTéatricc.Dans l'intervalle quelques crises morales sans morale, des couplets sentimentaux sur les animaux et les chiens en particulier, de sombres bandits et d’inutiles miracles.Cet œuvre est un tissu chatoyant d’aperçus philosophiques erronés ou vrais mais alors faussés ; obscurs 3uand le besoin d’un effet de profon-eur se fait sentir, brillants des qu'il s’agit de dorer une pilule un peu grosse.Le lecteur est préparé à désirer cette Foi en le Surhomme qu'on lui dit qu’il est, à nier l’existence d'un Dieu qui ne serait pas lui et à s'asseoir au banquet de la vie avec des formules qui sentent à la fois saint Paul, Ori-gène et saint Jean de la Croix.Aussi cet infortuné lecteur ne sait-il jamais s’il a sous la dent une vérité assaisonnée «l'erreur ou une erreur salée de vérité.L'un et l'autre lui sont abondamment servis et avec toute SEPTEMBRE 1950 29 l'ambiguïté nécessaire pour transformer la perplexité en planche savonnée.L'hindouisme que prêche l’auteur paraît avoir subi quelque adultération théosophique.Le livre est assez maladroit et ne rend pas justice à une des plus belles philosophies humaines qu'on Imisse trouver hors du catholicisme, ^a pensée de l'Inde contient de hautes leçons utiles à tout homme en ce monde, mais les luxes artificiels et les sentimentalités préfabriquées l'abîment singulièrement.Livre dangereux.Les erreurs qui aspirent au sublime sont plus perfides que celles des petits trous de nos routes.Ces dernières égarent ceux qui le veulent bien, tandis que les premières s'attaquent aux meilleurs d entre nous et dérobent des virtualités de lumière et de beauté sur lesquelles le monde devrait pouvoir compter.Marie-Paule VINAY Nouvelles BERNAGE (Berthe).Larmes et sourires.Nouvelles.Paris.Ed.des Loisirs, et Montréal, F ides [1950].190p.18.5cm.(Coll.Cristal.) La réputation de Berthe Bcrnage n’est plus à faire, puisque la collection des Brigitte a fait connaître cet auteur dont la plume alerte a su conquérir un grand nombre de femmes et de jeunes filles.Le présent ouvrage nous présente vingt-six nouvelles groupées sous six titres principaux : L’amour s’éveille, L’amour s’en va, L’amour rejleurit, L’amour conjugal, l'amour qui se sacrifie et L’amour divin.Toutes ne sont pas d'égale valeur ; mais, d’une façon énérale, elles illustrent bien l'état 'âme de la çent féminine selon les différentes périodes de la vie.Malheureusement, le style ne plaira pas toujours, surtout à cause de la mièvrerie qui risque de faire oublier le but de chaque nouvelle.Il convient cependant de souligner que les leçons contenues dans ces petits drames de vie quotidienne pourront ouvrir les yeux de celles que l'imagination emporte au gré de leurs fantaisies.R.G.LITTÉRATURE CANADIENNE MARION (Séraphin).Les Lettres canadiennes d’autrejois, tome VI.[La Querelle des humanistes canadiens au XIXe siècle.) Hull, Editions « l'Eclair » ; Ottawa, Editions de l’Université, 1949.222p.20cm.$1.50 ($1.60 par la poste).La présence des classiques païens dans l'éducation chrétienne de la jeunesse souleva au XIXe siècle une vive polémique, surtout sous les plumes acérées de Mgr Dupanloup et du journaliste Louis Veuillot.Une querelle d'idées non moins passionnée se livra au Canada français au sujet des théories de Mgr Gaume, et il faut savoir gré à M.Séraphin Marion d'avoir exposé cette querelle dans le tome VT de la série des Lettres canadiennes d’autrejois.Après avoir esquissé le nœud du débat en France, l'auteur nous ramène au Canada et nous fait assister à une bataille d'idées peu banale.Ce sont les premiers coups d’épée, la guerre ouverte, les interventions de Rome, le tout centré sur la vibrante figure de l'abbé Alexis Pelletier, Tardent protagoniste du gaumisme.Ce récit de bataille intellectuelle, agrémenté de commentaires parfois spirituels, n'est pas sans intérêt.II nous fait réfléchir, nous catholiques, sur une orientation plus perspicace dans l’étude des langues anciennes, surtout à notre époque où les catholiques analvsent avec tant d'acuité leurs sources de vie authentique et où les classiques païens exercent moins d'attirance.Roland DELISLE, ptre Poésie MA LOU IN (Reine).IjCs Murmures.Poèmes.Préf.de Maurice Montgrain.[Québec, s.éd., 1939.) 158p.20.5cm.Pour adultes Ce recueil de soixante-douze poèmes se divise en cinq parties.La première.Recueil de poèmes à Jorme fixe, « a remporté le GRAND PRIX D’ACADEMIE (1936) décerné par i Académie de la Ballade française et des Poèmes à Forme fixe, île Paris ».Trois autres poèmes des Murmures font partie de i Anthologie des Poètes de langue Jran-çaise parue à Paris en 1938.Ces deux recommandations dispensent de tout commentaire sur la haute facture des poésies de Reine Malouin.En effet, c’est un véritable plaisir de lire cette 30 LECTURES œuvre poétique d’une tenue fort élégante et d'une versification classique.Reine Malouin, dans le dernier poème des Murmures, nous dévoile In source de son inspiration : Ma lumière est l’amour qui caresse et torture, C’est l'amitié qu'on donne et que rien ne reprend, C’est ce qui chante et vit dans la belle nature, 'l out ce qui peuple un monde et que l’âme comprend.Je ne cherche jamais d’où me vient un poème.S’il a le droit de vie et l'orgueil du vainuueur ; J’obéis seulement à cette voix suprême Qui chante dans moi-même et me berce le cœur.Lui, l'auteur aborde dans ses vers « tout ce qui peuple un monde », et toujours avec de nobles sentiments.Reine Malouin est chrétienne, et sa sincérité spontanée et des plus sensibles lui dicte plusieurs beaux poèmes de pensée purement catholique, surtout dans la dernière partie de l'ouvrage, Saqesse et paix.Tous ces jietits bijoux île poésie sont fort bien disposés sous une couverture ornée d’un dessin d’inspiration rustique dû au crayon de Gaston Fiset.J.-P.BEAUSOLEIL Romans BOUSQUET (Jean), o.p.Les Tribulations du curt de Saint-Tristan.Roman.Montréal, les Editions du Lévrier, 1950.197p.19.5cm.$1.25 ($1.35 par la poste).« Cet ouvrage qui ne renferme ni intrigue, ni drame, ni grandes passions, n’est pas un roman proprement dit.Il n emprunte au roman que son cadre et ses personnages fictifs.» Ces premières lignes du charmant avant-propos de l’auteur nous expliquent la bonhomie toute simple et le décousu voulu de ces quelque deux cents pages qui se lisent tout d’un trait.« Ce livre nous montre à la besogne un vrai prêtre de chez nous.» Ce sont des extraits du journal du curé de Saint-Tristan : trente-neuf tranches de vie prises sur le vif, vie de dévouement, de sacrifices et d'abnégution.Véritable cours attrayant d'apostolat concret, ainsi que d'initiatives louables et fructueuses.Le Père Bousquet nous confie encore dans son avant-propos, que le but de son ouvrage est un peu d’illustrer la grande vérité de cette parole d'un de ses anciens professeurs de collège : « Jeunes gens, le prêtre, comme Notre-Scigneur, paie les âmes qu’il sauve ».Il ne s’ensuit pas pour cela que les Tribulations du Curt de Saint-Tristan soit un livre austère et profond ; tout au contraire.Ce bon curé de campagne nous lait part des heures les plus marquantes de son ministère auprès de ses ouailles.Tout le long de ce texte de lecture captivante, on le voit se débattre dans toutes les circonstances imaginables de la vie d'un curé.Mille et un problèmes se dressent devant les bons vouloirs de l’homme de Dieu ; toujours il les envisage courageusement, et toujours il les résout avec l'aide de Dieu et de sa sainte Mère.Les débuts sont arides à Saint-I ristan.Aux sermons, tous dorment ; au restaurant, on va jusqu'à fuir par la fenêtre à l’approche du prêtre ; on reste muet ; le premier cercle d'étude, échec complet.Le succès, pour se montrer, attendait la conversion du grand Jos, celui qui tenait un débit clandestin de boisson.Après cette pêche miraculeuse, tout va très bien : loisirs, dévotions, croisades de prières, conférences, cercles, école des parents, catéchisme à domicile ; bien plus, deux familles protestantes se convertissent, à la grande fureur du pasteur presbytérien
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.