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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1950-11, Collections de BAnQ.

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SOMMAIRE Page IDÉAL ET PRINCIPES A propos de La psychologie des femmes d’Hélène Deutsch Théophile Bertrand 143 ÉTUDES CRITIQUES Le Bienheureux Pierre-Julien Eymard de Mgr Francis Trochu.P.Marie-Antoine, o.f.m.cap.149 Les Cahiers des Dix, no 14.Reine Malouin 152 Histoire du Canada jrançais du Chan.Lionel Groulx Roch-André Rompré 169 Là-bas.chante la joril de Trygve Gulbranssen Rodolphe Laplante 162 DOCUMENTS .Le roman n’a plus rien à dire.Aristocritos 163 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages.Ouvrages (Voir liste des auteurs, p.2 de la couverture) Revues.167 167 182 BIBLIOTHECA Allocution d'ouverture du sixième congrès de l'A.C.B.F.Raymond Tanghe 183 Rapport du Trésorier pour l'année 1949-50 Irénée Sauvé, p.s.s.187 LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service He Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l’Action catholique du diocèse de Montréal Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c., aumônier du Service des Lectures Théophile BERTRAND, président du Service des Lectures Mme Marie-Paule Vinay, Mlle Isabelle Pépin et M.Benoît Baril, respectivement présidente, secrétaire et trésorier du Service des Lectures.Rédaction Conseillers NOTES 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l'année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l’année.2.Les référenc-a bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la catalo-graphie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : M Mauvais D Dangereux B ?Appelle des réserves plus ou moins graves, c'est-è-dire à défendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement).B Pour adultes.Un ouvrage dont le titre n'est suivi d'aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.Publication autorisée par l'Ordinaire CANADA : ÉTRANGER : le numéro.$0.35 Abonnement annuel.$3.75 abonnement annuel.$3.50 FIDES — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — PLateau 8335 FRANCE : abonnement annuel.900 fr.C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES, 120, Boulevard Raspail — Paris (Vie) — Odéoa 4922 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D’AUTEURS AGHION (M.-Anne), 176.AIMER (Coll.), 176.*** A leur service.Les enseignants de l'Action Catholique des enfants, 180.AUFFRAY (A ), 180.BAUMGARTNER (Ch.), s.j.168.BONNEAU (André).176.BORDEAUX (Henry), 176.BOV LAN (Eugène), o.cist.r., 171.BULIARD (Roger), o.m.i., 171.*** Cahiers {Les) des Dix, 152.*M Catéchisme de la doctrine chrétienne, 180.*** Catéchisme de première communion, 180.*" 100 jeux Jaciles pour les petits, 180.CERFAUX (Chan.L.), 167.CHANCEREL (Léon), 175.CHANLAINE (Pierre), 176.••• Chansons, rondes et jeux d’autrejois et de toujours, 180.CHENTINNES (Marie de).180.CHEVALIER (R.P.), s.j., 172.Child {The) in the world (no 1), 180.COMMISSION DIOCÉSAINE DE CATECHISME DE ST-BO-NIFACE, 180.CONTEVILLE (O.), 176.COURTOIS (Abbé Gaston), 180.CRAWLEY-BŒVEY (R.P.Mateo), ss.cc., 180.CROIDYS (Pierre), 172.DAUBRIVE (M.), 176.DEUTSCH (Dr Hélène), 143.DUHR (Joseph), s.j., 169.DUPÉ (Gilbert), 176.DUSSAULT (Clément T.-), 180.FALK (Henri), 176.FOLLIET (Joseph), 180.GA RESCUE (Edward F.), s.j., 180.GORCE (Denys), 173.GROULX (Chan.Lionel), 159.GUIDONI (Jean-Louis), 180.GULBRANSSEN (Trygve), 162.HINTER (Luce), 180.HULIN (P.), c.j.m., 180.JACQUIN (Guy), 180, 181.JANELLE (Sœur), r.h., 181.Jeux de patronages et de colonies de vacances, 181.JOUVE (Pierre-Jean), 177.suite p.3 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa. IDEAL ET PRINCIPES A propos de “La psychologie des femmes” d’Hélène Deutsch1 Au cours d'une chronique publiée dans Educateurs de mars-avril dernier, Anne Jacques rappelait la réponse des psychiatres à ces deux accusations : la psychothérapie est « une science impure, née d'un milieu social dégrade » ; elle ignore trop Ja responsabilité du sujet.Cette réponse, elle la résumait ainsi : Les psychiatres nous diront que les gens peu avertis ont tort d'ima- 5iner qu'ils imposent aux malades des schémas préconçus.Au contraire, isent-ils, tout notre effort est de neutralité, de disponibilité.Ils forment « l'écran blanc », l'accueil, sans jugement moral, ni critique, ni excuse.Ils soulagent seulement le malade mental du désordre qui cachait sa liberté profonde pour qu'il puisse revivre.Elle rapportait ensuite la riposte d'E.Mounier lors d'une conférence sur Le viol de /'individu dans l éducation, la psychothérapie et la répression : {.] être neutre c'est encore intervenir.(.J c'est fausser la morale que de laisser croire que les troubles psychiques viennent seulement de Pextérieur comme une maladie (.] c est habituer un sujet faible, coupable ou enfant, à se considérer comme un jouet.Et Anne Jacques continue : A son avis [celui de Mounier], un psychologue éducateur doit intervenir dans un sens positif.Il doit orienter l'enfant « vers ce pour quoi il est fait ».Il ne Joue son rôle, après le dénouement des difficultés, que s'il intervient pour reconstruire.Cette réponse et cette riposte nous sont venues à l'esprit au sortir de la lecture de La psychologie des femmes d'Hélène Deutsch, où il n'est pas question de psychologie mais bien de psychanalyse.Un tel ouvrage nous paraissant tout a fait inacceptable, nous avons tenu alors à relire, par souci d impartialité, 1 article mesure et très remarquable de Dom Damien Debui son dans TémoignageSf de janvier 1950 (no XXIV) : Oh va la psychanalyse?Maigre la valeur de ce judicieux bilan qui souligne que « toute psychanalyse, loin d'esquiver le problème éthico-religieux, se jette sur lui », « DEUTSCH (Dr Hélène), La Psychologie des jemmes.Etude psychanalytique.Traduit d'après la 7e édition américaine par le Dr Hu e • Benoit.Fans, Presses Universitaires de France, 1949.2v.23cm.(BibUothèijo•' de 1 chanalyse et de Psychologie clinique).Mau.aïs NOVEMBRE 1950 143 il nous semble que trop souvent, au contraire, la psychanalyse Ërocède tout comme si le péché originel n'existait pas.Hélene leutsch donne, en tout cas, un exemple typique de ce naturalisme radical.Nous savons, sans doute, que, malgré les insuffisances des théories de Janet et de Freud, Lien des psychanalystes restent fidèles à la technique freudienne ; mais il ne faut pas absorber dans cette technique toute la psychiatrie, toute la psychothérapie.Il ne s'agit sans doute pas pour les psychanalystes actuels de « lier toutes les erreurs de Freud au mot psychanalyse )) ; les catholiques, parmi eux, peuvent assimiler plausiblement la libido freudienne à la (( cogitative )), à la (( ratio particulars )), à (( l'appétit concupiscible » de saint Thomas et l'agressivité à « l'appetit irascible » ; mais il nous semble pourtant que plusieurs montrent trop d'engouement, dans l'état actuel du savoir, pour les idées supposées légitimes de Freud, pour la technique psychanalytique.Quoi qu'il en soit, il n'est pas inopportun de présenter les opinions qui suivent, en marge de l’ouvrage d'Hélène Deutsch.Ce que le choix de telles opinions a ici de systématique et d'unilatéral n'infirme pourtant en rien le jugement que La psychologie des Jemmes est une œuvre souverainement malsaine ; il est d'ailleurs facile de comprendre que des adversaires de la psychanalyse puissent quelquefois sortir de leurs gonds devant, par exemple, un simplisme scientiste comme celui de Deutsch, qui réduit naïvement la psychologie féminine aux horizons de la psychanalyse.Aussi le radicalisme des témoignages rapportés ci-après est-il simplement en rapport avec l'idée de la psychanalyse que donne l'ouvrage d'Hélène Deutsch.* * * C'est une tâche ingrate que d'avoir à critiquer un ouvrage de psychanalyse.Peut-on convaincre les partisans de Freud qu'ils font peut-être fausse route ?Pour eux, la psychanalyse semble trop souvent une religion dont les dogmes sont intangibles.Joseph Jastrow, dans son livre The House that Freud Built, écrit : The theories of Freud are based upon a web of assumption fantastically speculative ; [.] Freudian argument ignores, distorts and runs the gamut of speculation from the superficially plausible to the completely ridiculous [.].This is a sweeping condemnation (.].Hundreds of able minds have been led into serious error and have in so far wasted their talents and contributed to confusion and retrogression.Such episodes in the tortuous history of ideas are not uncommon ; this chapter in that history is in many respects unique.(( Ceux qui adhèrent à la doctrine freudienne opposent ordinairement une fin de non-recevoir même à de solides arguments, même aux désillusions de l’expérience clinique.L'un d'eux écrivait : « Nothing formulated by Professor Freud from the beginning has had to be rejected )).C'est à ce propos qu'un psychologue américain notait respirable, serait celui de F.Lorangei {Mathieu) ; mais les bienséances mondaines imposent une proportion excessive de pages crottées tandis que le besoin de l'audition fait infliger aux personnages un surcroît de grimaces gratuites (le héros ne fait pas autre chose les cent premières pages)*.Ce bilan d'un envol pour notre littérature de fiction, est décisif.Il démontre clairement que nous n'avons là rien à faire.Nous demeurons trop enfants ou nous ne sommes pas assez intelligents.(Pourquoi J.Simard n'ap-prend-il pas qu'une certaine intelligence, — qui s'oublie, — donne du cœur?) Suivre des maîtres serait encore honorable, mais il faudrait une jaculil pour les choisir, un discernement.En entrant dans la carrière, le roman franco-canadien s'est coupé la parole.Je le remplacerai dans mes lectures par l’histoire de Marguerite Bourgeoys et de Marie de l'Incarnation.Là j'apprendrai quelques détours supérieurs par où lame évolue, — à travers quelles magnifiques cruautés ! — jusqu'à son destin réel (oh ! de réalité scientifique, ami 1).Fiorettis plus vrais que ceux d'Assise, plus riches de joie crucifiante.Oui, romans vrais et vrais romans.Et même sans aller chercher si loin en arrière, je lirai, dans quelque annale des Missions catholiques, comment une quelconque petite Sœur 2 Anne Hébert {Le Torrent) compte encore dans les exceptions claires, rejoignant par là la Marie Le Franc d'O Canada Terre de nos Aïeux, toutes deux dans une vérité un peu timide et dans une « sainteté > demeurée hésitante.Du moins les types féminins créés par ces deux femmes n'ont rien des chattes gluantes à la Colette et de leurs fac-similés canadiens.Blanche ou Bleue a conduit en paradis (* dans les fleurs », comme disaient les vieilles gestes de France) une petite âme noire, à partir du bord d'un ruisseau.* Puis les contes des hommes sont si bêtes, ô mes fils et mes filles, S vous recommande les contes de ieu 1 II en reste qui sont beaux.ARISTOCRITOS * Il y a aussi, tout près de nous, rien qu’à cinq mille milles, les petits contes nippons de Gengi.L’un d'eux s’intitule La Fleur de Sakura.Vous vous souvenez d’un léger bouton que sur les ailes de nos oiseaux nous avions porté au-dessus des Iles, en 1945, en esprit d'amour, puis laissé tomber ; et du coup avaient péri 100,000 hommes, dont 50,000 enfants.Gen^i ne s'est pas découragé.Je répondrai, dit-il, à cette bonté.Gengi, c'est un rien de Clerc nippon (viatorien), très pauvre, qui est venu au Saint-Laurent, vers 1940, s'habiller d’une feuille d'érable, et le 25 mars 1948, en l'Annonciation de Marie, il retombait lui aussi aux Iles.Aussitôt, de la terre, les cerisiers fleurirent, pas moins de cinquante mille fleurs, je crois.Et le 31 mai, fête de la Reine de tous les Saints et Noble Dame du Bel Amour, Gengi commençait comme suit son récit (lettre authentique) : « A l'heure actuelle, les cerisiers sont en fleurs.C'est la fleur nationale du Japon.Imaginez mon émotion en la revoyant après dix années d'absence.Sous la ramée fleurie, on voit un pieu partout des kimonos et des parasols aux riantes couleurs.C’est la gaieté, c'est aussi la jeunesse 1 Le Japon renaît à la vie comme un {letil enfant.Sa fleur de • sakura » est e symbole de tout ce que l'avenir peut lui réserver d’encourageant.Le spectacle du cerisier en fleurs est propre au Japon.Il revêt un cachet particulier dans la vieille ville de Kyoto, qui a pratiquement échappé aux bombardements et à la destruction.» Ainsi, Gengi prépare la vengeance des innocents, en souriant dans ses cerisiers, et sans nous reprocher la couleur de nos mains.Que je me sens loin des c suavités » occidentales 1 166 LECTURES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages Det ouvrages critiquét dant le prêtent numéro, no ut mentionnant, tout cette rubrique, quelquet-unt de ceux qui tont let plut tutcepliblet de ditlraire tainement, d’inttruire ou d’élever let lecleurt auxquelt Ht conviennent.Le jait de tignaler ainti cet livret ne veut pat dire qu Ht peuvent être conteillét à tout inditlinclemenl, comme on peut le conttater en te rèjêranl à la critique et à la cote morale.RELIGION Boylan (Eugène), o.cist.r., Let êlapet de l’oraiton mentale.Buliard (Roger), o.m.i., Inuk.Duhr (Joseph), s.;., I,a glorieute Attomplion de la AI ère de Dieu.* * * Prudence chrétienne.SCIENCES SOCIALES Mayeux (M.-R.), Organitalion tupranalionale de la paix.SCIENCES APPLIQUÉES * * * Le problème Joretlier du Québec.ROMANS Gulbranssen (Trygve), Là-bat.chante la jorêt.HISTOIRE * * * Let Cabiert det Dix.Groulx (Chan.Lionel), Hitloire du Canada jrançait.BIOGRAPHIES Zeller (Renée), La vie tecrèle d’Antoine de Saint-Exupéry.POUR LES JEUNES Olignv (Odette), Le cheval d“or.Robitaillie (Henriette), Olivier tur la roule.Ouvrages RELIGION Livres saints CERFAUX (Chan.L.).La Voix vivante de l’Evangile au début de l'Eglise.Tournai, Casterman, 1946.189p.20cm.(Coll.Lovanium).La < voix vivante de l'Evangile », c’est la Tradition, qui anime toute la vie du christianisme primitif parce qu'elle n'est autre que la parole du Verbe fait chair, devenant Vie en transformant les âmes- L'auteur, après avoir exposé le problème délicat de la transition de l'oral è l'écrit de cette tradition vivante, la suit, en autant de chapitres distincts, dans jeg quatre évangélistes.Il retrace ensuite ce qui en survit en dehors des évangiles écrits NOVEMBRE 1960 167 et canoniques.Il montre enfin la place de l’Evangile « tétramorphe » dans la littérature et la vie morale des premières générations chrétiennes, c'est-à-dire jusqu'à l'an 200, où l'auteur limite son enquête.Un épilogue intitulé Réflexion fait la synthèse des conclusions critiques glanées au cours de cette étude.Ce livre, qui fait partie d'une collection de culture générale, n'est ni une œuvre de vulgarisation proprement dite, ni une œuvre pour spécialistes : il tient le juste milieu entre ces extrêmes.Aussi l'auteur se contente-t-il de quelques réfutations brèves des modernistes tels que Loisy, et ne nous accable-t-il pas d’innombrables hypothèses.Il donne, sur chaque problème, sa position, qui assez souvent est originale et neuve, sans rendre indige: te au lecteur profane désireux de se cultiver la science historique des origines du christianisme.Car — nous aurions dû le dire dès le début — M.le chanoine Cerfaux fait œuvre d'historien et non pas d’exégète, dans la présente œuvre du moins.Tout lecteur cultivé, meme laïc, frotté d'un peu de théologie et d'histoire sainte, lira ce livre avec intérêt, parce qu'il y trouvera tout ce que la science des origines religieuses du catholicisme a acquis jusqu'à nos jours, en certitudes ou en hypothèses historiques des plus plausibles.P.MARIE-ANTOINE, o.f.m.cap.Doctrine BAUMGARTNER (Ch ), s.j.Cours d’Instruction religieuse, par un groupe de professeurs des Ecoles Chevreul, publié sous la direction de Ch.Baumgartner, s.j.Paris, Lethiel-leux, 1948, 3v.18cm.1.La Vie sacramentelle.Classe de Quatrième.2.La Morale chrétienne.Classe de Troisième.3.L’Eglise.L’histoire du salut.Classe de Seconde.Le cours complet.Perspective adoptée Le cours complet d'instruction religieuse des Ecoles Chevreul comprendra six volumes répartis en deux cycles : inférieur et supérieur.Le mystère chrétien est ainsi repris deux fois dans son ensemble durant le cours des études secondaires.La perspective adoptée dans la présentation de la Doctrine chré- tienne est commandée par la vérité centrale de la Révélation.En Jésus-Christ mort et ressuscité, les hommes sont appelés à mener, dès ici-bas, une vie divine et filiale, dans l'espérance de son achèvement au ciel.C’est le « Royaume de Dieu » annoncé par le Christ des Synoptiques, le « Mystère » caché de toute éternité dans les desseins du Père et prêché par saint Paul, la « Vérité éternelle # contemplée par saint Jean dans le Verte lait chair.Tout enseignement religieux doit s'attacher à faire pénétrer dans les âmes cette essentielle révélation.Aussi est-ce le Mystère de la grâce, selon ses dimensions trini-taire, christologique et ecclésiale, ui sert de base au plan général 'enseignement religieux suivi de- Euis une quinzaine d’années dans :s Ecoles Chevreul.(Avant-propos du 1er volume.) Le souci primordial de ce cours est donc de faire de l'Instruction religieuse ce qu'elle doit être par définition même : une initiation à la vie chrétienne, une introduction de nos adolescents à une connaissance plus profonde et plus fervente du Mystère chrétien.Ceux qui se sont servis de ces manuels avec leurs élèves en ont été satisfaits et ont apprécié leur supériorité sur certains manuels d'antan.Il n'est pas question ici d'entrer dans la discussion relative à la répartition des matières par classes ni de tracer un parallèle avec deux autres séries de cours d’instruction religieuse en parution, et parues en partie, aux Editions de l'Ecole et chez de Gigord.On présentera simplement les trois volumes cités plus haut.La vie sacramentelle L'exposé part du fait de notre adoption divine, pour présenter en deux Iiarties : la vie de la grâce en nous, es sources de la grâce.S'il était permis de laisser, très humblement, entendre un regret, ce serait, d'une part, de ne pas voir mis en un relief plus frappant, dans la disposition même des matières, le Sacrifice eucharistique (il est rangé dans une humble subdivision de l'étude du Sacrement eucharistique) ; d’autre part, toujours simplement dans la disposition des matières, de ne pas voir disloquée davantage, dans le sens de la • vie », la « liste » des sept sacrements.168 LECTURES La Aiorale chrétienne La morale chrétienne est présentée comme la réponse du chrétien à l'appel de Dieu : la règle de vie du fils adoptif de Dieu, membre de l'Eglise.L'exposé est positij : les devoirs du chrétien dans les diverses circonstances de la vie.En somme, la morale envisagée sous son aspect « constructif » et spi-rituel.L’Eglise.L’Histoire du Salut Nouvelle forme de l'étude du dogme : le Mystère de l'Eglise, entendu avec saint Paul comme le dessein bienveillant de Dieu sur l'humanité.Après un chapitre préliminaire sur La Révélation du mystère de Dieu (sources ^’e lev Révélation ; développement «4m dogme), sont étudiés : Le Mystère de Dieu, principe et fin de l’Eglise, L’univers oà doit s’édifier l’Eglise, Le CheJ de l’Eglise : la préparation et la venue du Christ Rédempteur, La structure de l’Eglise en marche, L’avènement de l'Eglise.En appendice : une intéressante petite bibliographie.Chaque question est étudiée en continuité avec les sources scripturaires, y compris l’Ancien Testament.A la fin des chapitres, une conclusion montre comment la doctrine étudiée doit « informer » la vie.Les rapports avec le mystère liturgique s'imposent.Placés dans le cadre d'une classe de jeunes gens, avec un peu de recueillement, les aperçus de ce volume, qui pourtant ont trait à plusieurs questions ardues, touchent et, pour tout dire, séduisent.Aloyse GUTZWILLER, c.s.sp.DUHR (Joseph), s.j.La Glorieuse Assomption de la Al ère de Dieu.(Paris) Bonne Presse (1949).144p.19cm.Le 1er mai 1946, Pie XII demandait aux évêques et à leurs ouailles leur opinion sur la définition dogmatique de l’Assomption et sur son opportunité.Depuis lors, les théologiens se sont penchés plus nombreux encore sur les sources de la Révélation pour apporter au plus tôt une réponse objective au problème soulevé par le Souverain Pontife.L'ouvrage du Père Duhr traite principalement des Principes théologiques concernant le doqme chrétien et son « évolution », de l’Evolution de la croyance à /'Assomption de Aiarte à travers la liturgie et l’enseignement des Pères, des Papes et des théologiens, de \Etat actuel de la croyance à /'Assomption et de YOpportunité de la définition de l’Assomption.Les exposés sont précis, succincts, méthodiques, et les citations, abondantes, nombreuses, celles des Pères en particulier.Tel quel, le volume se révèle une excellente source de documentation pour les prédicateurs.Il ne possède malheureusement pas d'index ad hoc, mais la disposition par ordre chronologique des textes et surtout des références au bas des pages (mettant le nom d'auteur en relief) permettent, au cours de la préparation d'un sermon, une consultation facile.Une courte bibliographie des principaux écrits anciens et récents où a puisé l'auteur achève de rendre ce traité pratique pour le ministère.La glorieuse Assomption de la AI ère de Dieu s'adresse en somme à tous ceux qui veulent prendre une connaissance sérieuse des principaux aspects de la question.Ils y trouveront réponse aux objections courantes et un plaidoyer vigoureux en faveur de la définition de cette croyance aujourd'hui répandue dans l’Eglise entière et rattachée à plus d’un point de vue au dogme de l'immaculée Conception.J.-M.LANGLAIS, c.s.c.Ai orale * * * Prudence chrétienne.(Introd.pal S.E.le card.Saliège.l Paris, les Editions du Cerf, 1948.216p.19cm.(Cahiers de la Vie spirituelle.) Aristote a prétendu que pour bien savoir ce qu’est une chose il faut savoir en outre ce qu’elle n'est pas.Ceci fjaraît d'autant plus impoitant pour a prudence que cette vertu est 1' « otyet d’une caricature ridicule et malfaisante ».La prudence n'est pas quelque chose de vieux, d'ennuyeux, de discoureur, ennemi de tout élan, un fantôme qui ne parle que des difficultés et des échecs, un trouble-fête pour ceux qui rêvent de réaliser tie grandes et belles choses (p.22).La prudence, c'est la vertu par excellence de l'action, la vertu des chefs, la vertu qui fait prendre ses responsabilités (.), le discernement du plus parfait, la préoccupation du meilleur selon Dieu (.J, la vertu qui conforme la vie à l'idéal (ibid.).NOVEMBRE 1950 169 • Le mot même de prudence a besoin d’être réhabilité.> Réhabiliter la prudence, qu’est-ce donc sinon redonner À l’intelligence sa place primordiale dans la vie morale?Est-ce là vraiment chose si importante?Et n'est-ce pas assez, pour être vertueux, d'avoir de bonnes intentions?Non pas 1 Tout n'est point fait, certes, lors-u'on s'est affermi dans la volonté 'une fin louable.La place alors demeure pour les grands coups maladroits, les écarts criants, les méprises mortelles, les inadaptations puériles, les aventures déréglées ou simplement les < gaffes » malencontreuses.Tout peut être encore perdu cependant que la bonne volonté reste entière.II appartient en propre à la prudence de mesurer l'action compte tenu des circonstances du moment.(.) La bonne volonté fournit tout au plus une excuse.Mais on s'abstiendra de louer l'homme qui ne l'a pas conduite jusqu'aux bonnes réalisations (p.24).Il ne suffirait pas non plus à la vie vertueuse d'avoir pour guide Yintelli-gence ef autrui figée dans une casuistique soigneusement élaborée.C'est la méthode paresseuse ! Sans doute, on peut, souvent même on doit, s'informer, consulter ; mais à chacun, chef ou sujet, incombe le devoir de se former un jugement sur l'action cju'il va poser et dans laquelle il s'apprête à engager sa responsabilité.L'homme n'est pas né pour enquêter sur les avis des casuistes mais pour former son iugement en sorte que l'acte moral sorte de lui comme un fruit mûr et plein de sève.(.) C'est par le dedans que l'homme s’égale à la noble tâche d'accomplir le bien qu'il a reçu de la nature et de Dieu (.) La vocation morale de l'homme l'engage tout entier.Qu'il n'espère pas d'y répondre si, parmi les facultés de son âme, il laissait inemployée son intelligence (p.29).La prudence n'est pas chose banale donc 1 Elle est une vertu cardinale.Sans doute elle ne surpasse pas l'amour, la charité ; au contraire elle la suppose.Et précisément nous sommes au cœur du mystère : le rôle de la prudence va maintenant nous apparaître dans toute sa noblesse et son importance à la fois.Dieu a créé un être libre afin d'être aimé par lui, afin de pouvoir lui-même se donner à 6a créature et se lier d’amitié avec elle.L’homme ne peut aimer, ne peut se donner à Dieu que parce qu'il possède son libre-aroitre.C'est cette merveilleuse propriété qui nous fait être à I image du Très-Haut, capables d'amour et de don, et faits pour l'infini.Ce don de nous-mêmes ne se réalise pas seulement par la charité qui intérieurement nous fait adhérer à Dieu ; il exige que toutes nos facultés, toutes nos énergies et toutes nos activités s'attachent à Lui.Cet effort pour rejoindre dans toute notre existence les intentions divines, c'est la prudence.La prudence cherche et prend les moyens d'atteindre ce but auquel tend l'amour divin (.J.Parce que nous sommes libres, nous devons aimer, et parce que nous devons aimer nous devons être prudents ; cette prudence devra être souveraine et totale, s'étendant à tout comme est total l'amour qui requiert ses services (p- 39).Le but de ce volume est bien de réhabiliter la vertu de prudence, dont l'importance dans la vie morale ne saurait être exagérée.Un article du R.P.A.-M.Henry, o.p., intitulé : Des Sages if Israël à iEvangile, sert d'avant-propos aux deux parties principales qui composent l’ouvrage : La prudence dans la vie morale, où le R.P.Th.Deman, o.p., fait voir toute la supériorité du rôle de l'intelligence dans la vie morale ; Les parties de la prudence, qui comprend des articles de fond présentés par des maîtres : La vertu des initiatives et des responsabilités, La direction spirituelle, Prudence et obéissance, Ta doctrine et les exemples des saints.Prudence Jamiliale, Loi et éducation chrétienne, Noblesse de la politique.II n'est per onne sur qui pèse quelque responsabilité, pères et mères, éducateurs, chefs politiques, chefs spirituels, qui ne trouvera dans ce volume des pages très profondes et pleit es d'à-propos, écrites spécialement à so i intention.Un critique avisé a pu écrire au su;ci du Satan des Etudes Carmélitaines, que probablement rien ne paraîtrait désormais sur Messire Satan et les 170 LECTURES démons sans que soit consulté ce document remarquable.Il faut également souhaiter que ceux qui, dans l'avenir, auront à traiter de la prudence, sachent s'inspner de la publication présente des Cahiers de la Vie spirituelle.Sr M.de S.-SUZANNE-DES-ANGES, c.s.c.Spiritualité BOYLAN (Eugène), o.cist.r.Les Etapes de l’oraison mentale.Traduit de l'anglais par le P.Jean Minéry, s.j.[Paris] Alsatia [19491.172p.19cm.Dans cet ouvrage, bien modeste en apparence, l'auteur se révèle un praticien très averti de l'oraison mentale.Son ambition « n'est pas d'écrire un ouvrage théorique pour v discuter en termes abstraits des difficultés de la priè>*e en général ».Néanmoins, il est facile de discerner, comme sous-jacents à l'exposé, les principes théoriques les plus sûrs concernant les sujets traités.Après avoir fourni quelques notions firéliminaires, l'auteur effleure à peine a méditation proprement dite, pour considérer surtout l'oraison affective et l’oraison de simplicité ou contemplation acquise.Voilà le cœur de l'ouvrage qui s avère éminemment pratique et très uiile aux âmes à qui les méthodes habituelles de méditation ne réussissent pas.Sans minimiser aucunement les principles, l'auteur aborde ensuite l'interdépendance de la vie intérieure et de l'oraison, et il démontre clairement que le progrès de celle-ci est conditionnée par la purification de la conscience, du cœur, de l'esprit et de l'action.Il établit aussi d'une façon péremptoire que, pour les prêtres et les religieux de vie active surtout, la sanctification personnelle est le devoir fondamental de leur état de vie, et que les exercices spirituels ne doivent pas être « intercalés d'une manière accidentelle » dans le travail spécialisé auquel chacun consacre ses énergies.Enfin, il est question brièvement de la nuit des sens qui « n'est de loin pas aussi rare que l>eaucoup le supposent ».Voilà une idée tout à fait conforme à la doctrine de saint Jean de la Croix, le t Docteur de la prière », car, selon lui, la nuit des sens est commune chez le grand nombre des commençants, et ses commentateurs les plus autorisés précisent qu'il s'agit là de véritables commençants.L'auteur explique pourquoi peu atteignent en fait la contemplation infuse : c Atteindre ces sommets de la prière est impossible sans un esprit résolu de mortification.Le drame, c'est que tant d'âmes vont loin sur le chemin qui mène à cet état et qu'elles font presque tous les sacrifices nécessaires, mais elles sont empêchées d'achever leur course par leur attachement à une bagatelle à laquelle elles ne consentent pas à renoncer ».Il évite de discuter si tous sont appelés ou non à cet état.Mais, il faut dire que, en réalité, ce point de doctrine n'est pratiquement plus discutable, surtout depuis que saint Jean de la Croix a été déclaré Docteur de l'Eglise.De nos jours, l'on admet communément que la contemplation infuse est dans la vie normale de la sainteté.Si on l'appelle extraordinaire parfois, c'est en ce sens qu'elle est rare de fait, mais elle ne l’est pas de droit-Elle appartient à l'intégrité de la perfection pleine ou proprement dite.Toutes les âmes sont appelées à la contemplation, au moins d'une manière générale et éloignée.Quant à l’appel individuel et prochain, il s'adresse à ceux en qui se retrouvent les trois signes caractéristiques de la nuit des sens.Cet appel individuel et prochain peut être efficace pour conduire soit aux degrés inférieurs, soit aux degrés supérieurs de la contemplation, ou bien être suffisant et rester stérile par suite de la négligence.Dans ses considérations sur la mortification intérieure et extérieure, l’auteur fournit toutes les distinctions pratiques que doit nécessairement dicter la vertu de prudence.En bref, il faut dire que cet ouvrage sera fort apprécié de tout lecteur sérieux.Même les gens du monde « qui désirent mener une vie de prière et sanctifier leurs travaux quotidiens » y trouveront leur profit.Ovila MÉLANÇON, c.s.c.Missions BULIARD (Roger), o.m.i.Inuk.« Au dos de la terre I » Collaboration littéraire de Joseph Sachot, o.m.i.Dessins et cartes d'André Millot, o.m.i.Paris, Editions Saint-Germain [1947J.355p.ill.cartes h.-t.20.5cm.Les lecteurs de publications missionnaires désireux de compléter leurs no- NOVEMBRE 1950 171 tions d’ethnographie, de géographie et d'histoire générale sur l'Extrême-Nord, aimeront beaucoup ce récent ouvrage du Père Buliard.Ils trouveront dans Inuk les qualités qui ont valu à l'œuvre du Père Duchaussois, Aux Glaces Polaires, le retentissant succès que l'on connaît.Le Père Buliard donne à tous ses récits un lour si vivant, il ménage si bien les rapprochements et les contrastes, il met en lumière d’une façon si exacte le courage des missionnaires, qu'il est impossible de rester indifférent devant les faits qu'il raconte et les situations qu'il dépeint.Le troisième chapitre retiendra particulièrement l'attention du lecteur.Voici en quels termes le Père Buliard aborde le portrait de l'Esquimau du cuivre : Plus que partout ailleurs, peut-être, FArctique, son sol, son climat, sa faune, a marqué son homme et façonné un individu qui lui ressemble : dur, rusé, impitoyable.Une parfaite identité de vie, de milieu et d'occupations produisant ici d’autre part un type homogène, à l’Esquimau, plus qu’à tout autre groupe ethnique, s'applique cet aphorisme : Ab uno disce omnes , en connaître un, c’est les connaître tous.Sa patrie déshéritée l'oblige à tourner toutes ses activités, poche, chasse, piégeage, vers un seul but : lutter pour vivre î S'étonne-t-on, dès lors, que des soucis exclusivement matériels nous fournissent un être affreusement fruste et terre à terre?Les lecteurs, épris de belles aventures, trouveront cet ouvrage passionnant.Ils en retireront sans doute de salutaires leçons d'énergie, de générosité et de confiance en Dieu.Puisse ce livre du Père Buliard susciter de nouvelles vocations, anxieuses de s'en aller, tout là-haut, planter la Croix du Christ.Marcel DESCHENEAUX, c.s.c.CHEVALIER (R.P.), s.j.La Mort du Christ au Japon.III.de Noël Lombard.Paris, Lethielleux [cl948].126p.ill.19cm.(Coll.En Mission.) Ce livre plaira aux jeunes, à qui l'auteur s'adresse d’abord.Il parlera à leur imagination par le spectacle de scènes vécues d’héroïsme chrétien, mieux et plus sainement surtout que toutes les inventions invraisemblables et immorales des crime comics.Les adultes eux-mêmes liront avec intérêt ce petit volume.Pour la première fois peut-être une page de 1 épopée chrétienne au Japon au XVIIe siecle tombera sous leurs yeux.Ils seront émerveillés du christianisme éclairé et tenace de ces Japonais évangélisés, après saint François-Xavier, par les fils de saint Ignace et de saint François.« La mort du Christ au Japon », ce fut l'extermination et le bannissement de tout ce qu’il y avait de chrétien au Japon à cette époque : nombre de pasteurs à la tête de leurs ouailles subirent un martyre glorieux.Après deux cents ans, cette semence sanglante lève en moissons d'une miraculeuse abondance.La lecture de ce livre nous montre qu'il n’y a pas lieu de s'en étonner.L'auteur a tenté de ressusciter, documents en mains, non par la seule imagination, quelques figures de chrétiens japonais, en les replaçant dans le cadre de leur existence traquée.11 a réussi à nous intéresser vivement, bien que ce livre ne nous donne pas l’impression que l'auteur ail des qualités exceptionnelles d’historien ou de romancier.Il a suffisamment de maîtrise pour que son livre tienne bonne place dans toute bibliothèque.P.MARIE-ANTOINE, o.f.m.cap.CROIDYS (Pierre).Dans l'épouvante du Grand Nord.La vie esquimaude et le martyre des PP.Rouviere et LcRoux.Paris, Spes (1950).191p.19cm.Tous les ouvrages de Pierre Croidys sont remarquables par l’émotion qui saisit le lecteur de page en page, par la peinture des caractères de ses héros (que l'on se rappelle en particulier le Pere Damien) et enfin par la vie intense dont sont animés les moindres personnages.Dans /’épouvante du Grand Nord ne fait pas exception à la règle ; au contraire, l’auteur s'est appliqué E ut-être plus que jamais à bien décrire i mœurs des païens cruels et farouches chez qui deux Oblats de Marie obtinrent la palme du martyre.Le lecteur trouvera dans ce livre une éclatante application du principe de saint Paul : l'apôtre doit se faire tout à tous.En effet, les Pères Rou- 172 LECTURES vière et LeRoux, afin de mieux assurer le succès de leur mission auprès d'une tribu esquimaude jamais atteinte par l'Evangile, s'alimentèrent eux aussi uniquement de poisson cru, prirent part aux pêches sous la glacé, enfin subirent les misères et les détresses de ces pauvres gens.Leur bref séjour dans les régions les plus éloignées du Grand Nord se termina par une mort admirable qui rappelle l'héroïsme de nos Saints Martyrs Canadiens.Marcel DESCIIENEAUX, c.s.c.ROELENS (Mgr), p.b.Notre Vieux Congo, 1891-1917.Souvenirs du premier Evêque du Congo belge.T.2.Namur, Ed.Grands Lacs (1948].193p.h.-t.19cm.(Collection Laoigerie, no 24).La Collection Lavigerie vient d’ajouter un autre ouvrage à sa liste déjà considérable de livres missionnaires.C'est la suite des souvenirs de Mgr Roelens, premier évêque du Congo belge.L'auteur expose l’œuvre de ses missionnaires en tant que cultivateurs, éleveurs, bâtisseurs et pacificateurs.Le chapitre troisième, consacré aux grandes et petites bêtes, repose agréablement le lecteur des statistiques des deux premiers chapitres.Enfin, les 50 dernières pages racontent l'histoire de la vocation du premier prêtre noir du Congo et donnent un aperçu intéressant sur la formation du Clergé indigène.M.D.Patrologie GORCE (Denys).Petite Introduction à l’étude des Pères.Avec une préface de Pierre de Labriolle.Autour d'une conférence lue le 3 mai 1927 à l'Association catholique des Etudiants de l'Université de Bordeaux.2e édition.Bruges, Beyaert [1946].117p.18.5cm.Le texte du petit volume que Denys Gorce a réédité avait d’abord été donné en conférence à l'Association catholique des Etudiants de l'Université de Bordeaux.L'auteur s'est contenté d'augmenter la bibliographie, en tenant compte des nombreuses publications parues depuis lors, sans modifier le texte de l'édition de 1927.Le lecteur sera vite gagné à la patris-tique en lisant ces pages enthousiastes et d'allure conquérante.L'auteur nous communique les richesses qu'il a ac- quises à fréquenter les Pères et souhaite voir les catholiques puiser à ces sources • fécondes, en nourrir comme lui leur esprit et leur cœur.L'écrit manifeste une indiscutable compétence.Il sera un guide sûr pour tous ceux qui désirent s’initier aux études patnstiques.Plusieurs qui ne se sentaient pas séduits par ces textes abondants et que leur esprit logeait au musée de l'histoire, seront convaincus, à la lecture de ces pages, de ce qu'il y a de {irofondément humain et actuel dans a littérature des Pères de l'Eglise.On y sent vibrer encore la vie, les préoccupations qui furent celles des premiers siècles du christianisme, on se reconnaît dans cette civilisation et cette doctrine pour lesquelles ces maîtres ont tant lutté, qu'ils ont si sincèrement aimées.A leur contact nos convictions ne peuvent que se réchauffer et s’affermir.Une première partie nous fait connaître l’objet de ces études ; la deuxième nous indique les guides nécessaires pour les aborder avec fruit ; la troisième nous livre des textes.Enfin l'auteur signale les fruits que nous sommes en droit d’attendre des études patristiques, les motifs qui doivent nous engager à cultiver cette branche des études sacrées.Ce petit volume est digne de la cause qu'il promeut.Pour peu que nous connaissions la patristique, nous ne pouvons que lui souhaiter une large diffusion.Puisse-t-il communiquer son enthousiasme aux lecteurs et réveiller le goût de ces vivifiantes études.A.BÉLANGER, s.s.s.SCIENCES SOCIALES Morale sociale MAYEUX (M.-R.).Organisation supranationale de la paix.Contribution à l'étude de la pensée pontificale au XIXe et au XXe siècle.[Paris] les Editions Ouvrières [cl948|.272p.19cm.(Economie et Humanisme.Série : Bases de l'humanisme).Ce volume de la série Bases de l’Humanisme fait suite à un premier ouvrage intitulé : Inspiration religieuse et Structures temporelles.Economie et humanisme est un mouvement de saine réaction contre l’empirisme, le conservatisme outré et le laisser-faire, dont NOVEMBRE 1950 173 nous avons déjà entretenu les lecteurs de Lectures, notamment au sujet de diverses publications de la collection-L'Economie humaine ou des Documents.L'ouvrage précité porte en sous-titre : Contribution à l'étude de la pensée pontificale au XIXe et au XXe siècle.L'auteur a su, avec beaucoup de pertinence et d'à-propos, extraire la pensée du Père commun des fidèles communi- Îiuée dans les Messages de guerre, dans es Actes et dans divers autres Documents.Il veut monter en exergue que le Saint-Siège, par ses représentants, a touiouis été un facteur de paix et de conciliation entre les peuples, que la paix au sein et entre les nations a toujours été le premier motif de la conduite du Vicaire du Christ.Il démontre, avec citations à l'appui, que sous Léon XIII comme sous Pie X, sous Benoit XV comme sous Pie XI et Pie XII, l'Eglise est opposée à la guerre.Elle préconise et recommande l'arbitrage entre les peuples, avec sanctions obli- Satoires contre les nations coupables e briser cette paix en recourant à l'agression, à la guerre de conquête ou d'asservissement.Sa Sainteté Benoit XV déclarait au Consistoire du 22 janvier 1915 : Quant à ceux dont le territoire est occupé par l'ennemi.Nous imaginons facilement combien il leur est dur d'être soumis à l'étrangei.Mais nous voudrions qu'en s’efforçant de recouvrer la liberté, surtout en faisant obstacle au gouvernement et à l’ordre public, ils ne rendent leur condition beaucoup plus misérable.Voilà pour ceux qui ne veulent pas tenir compte des circonstances de temps et de lieu et dont le patriotisme, alimenté souvent du sang des autres, est beaucoup plus bruyant qu'opportun ou efficace.Mais passons.L'auteur démontre donc tout d'abord que l'Eglise a toujours été opposée à la guerre, qu'Elle la considère comme une véritable tragédie qui voue les nations à tous les malheurs.Pour l’Eglise, la paix est un véritable c don de Dieu » et les nations doivent la mériter ; elles doivent la mériter par leur comportement individuel et collectif, par les hautes préoccupations qui doivent animer leurs dirigeants.Chaque nation, petite ou grande, a droit à la vie et ce droit à la vie doit s'exercer dans le respect du droit des autres.Au fur et à mesure que le monde évolue, la pensée pontificale se précise ; elle aborde graduellement les grands problèmes économiques contemporains sans prendre jamais parti entre les nations ; elle dénonce les abus de la concentration économique, souligne la solidarité économique entre les pays, _ souhaite des coopérations intellectuelles internationales.Sans relâche, sans défaillances, les Papes réclament pour chaque nation une place au soleil, pour chaque individu le droit à son pain quotidien, pain gagné par le travail et dans le respect du droit de tous les autres citoyens.Cet ouvrage qui n'est qu'un recueil à peine commenté de la pensée pontificale arrive à son heure, au moment où nous assistons aux prodromes d'une nouvelle guerre.Le monde doit-il se suicider et devons-nous froidement envisager cette éventualité?Ne faudrait-il pas plutôt que les gouvernants se tournent vers 1 Arbitre par excellence entre peuples et nations, le Pape, pour lui demander directives et lumières?Quoi qu'il en soit, ce documentaire est d'un haut mérite, d'une extrême utilité et journalistes, professeurs, hommes d’œuvres, politiques et hommes d’influence de tous milieux devraient se le procurer pour le lire et le méditer.Rodolphe LAPLANTE SCIENCES APPLIQUÉES ?* * Le problème forestier du Québec.Publié par l'Association des Ingénieurs forestiers de la province de Québec.Montréal, Fides (cl949).112p.21cm.(Bibliothèque économique et sociale).Le problème Jorestier du Québec est l’œuvre d'un groupe d’ingénieurs forestiers.Cet ouvrage est le neuvième de la série dite Bibliothèque économique et sociale, publiée par les Éditions Fides.Errol Bouchette, aux jours déjà lointains où il publiait son premier ouvrage, il y a plus de quarante ans, s’étonnait qu'une province forestière comme l'est Québec n'eût pas de politique générale en la matière.Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis.En certains quartiers, on a représenté pendant longtemps que Québec devait être surtout agricole ; Fuis, on a fini par percevoir ie rôle de industrie.La forêt fut toujours exploitée selon des méthodes assez empiriques.Les intérêts moraux, sociaux et 174 LECTURES nationaux du Canada français exigent toujours sans doute que nous accordions une grande importance À l'agriculture, mais celle-ci ne suffira jamais À établir tous nos fils.Tout à côté, il devrait y avoir l'exploitation mi-agricole mi-forestière, l’exploitation mi-agricole mi-poissonnière, et c'est là qu'on touche du doigt l’importance de la forêt au pays du Québec.Dans ce court ouvrage, c’est le point de vue des tenants de la forêt et de son exploitation rationnelle qui triomphe.Il faut avouer que les collaborateurs connaissent le sujet et ses implications.On y fait d'excellentes suggestions en rappelant que l'Etat provincial possède 90% des aires boisées, soit près de 150,000,000 acres.On suggère que les Règlements des Bois et Forêts soient refondus et imprimés chaque année, car ils ne l’ont pas été depuis 1910.Un chapitre est consacré à la sylviculture, mais il nous semble que l'on ne met pas suffisamment l'accent sur la nécessité pour tous, colons, agriculteurs, exploitants de la forêt, de reboiser.Ceux qui s’intéressent à la colonisation, agriculture en devenir, approuveront le chapitre intitulé Classification économique des terres, où l’on souligne que de vastes étendues consacrées à l'agriculture sont d'une exploitation plus ou moins difficile.On ploitation plus ou moins difficile.On v apprend aussi que, dans la région de Montréal, la foret devient chose du £assé et que le reboisement s'impose.e chapitre intitulé Education Jores-tière est fort pertinent.On réclame la recherche scientifique en matière forestière ; on préconise une exploitation plus rationnelle des bois, l'utilisation des déchets ou sous-produits.La réserve cantonale devrait, selon les auteurs, être abandonnée pour être remplacée par la réserve paroissiale et cela semble s'imposer.On loue avec instance le coopératisme forestier.Cependant, il faut bien avouer que même ce mode d'organisation n'a pas donné en ces derniers temps les espoirs qu'on t a mis.En ce domaine comme ailleurs, es coopérateurs manquent.plus que les coopératives.Un dernier chapitre traite de XAménagement esthétique et récréatij de la jorct.Cet ouvrage de lecture facile vient à son heure ; il établit la richesse de la forêt au Québec, ce qu'elle représente pour les exploitants et pour les ouvriers qui y travaillent.Il est certain que l'exploitation de la forêt ne sera pas aussi intense d'ici quelques années qu'elle l'a été aux années de la guerre ; mais il faudrait qu'un plus vaste public, que les dirigeants de l'Etat provincial, que les cultivateurs, les colons, que tous enfin apprennent la valeur de l'arbre comme agrément et utilité, son rôle économique, sa fonction régulatrice dans le débit des eaux.La forêt jouera pendant longtemps une importante fonction dans l’économie de notre province, les terres arables y étant plus rares que d'aucuns l'affirment.Pour que nos gens trouvent à s'employer régulièrement, il faudra de plus en plus apprendre à combiner les possibilités de l'industrie, de Paçriculture, de l'exploitation des pêcheries et des forêts.Rodolphe LAPLANTE BEAUX-ARTS Théât, e CHANCEREL (Léon).Les Animaux au théâtre.Premier cahier.Paris, Presses d’Ile-de-France.89p.ill.h.-t.22.5cm.(Collection Pros-pero).Léon Chancerel n'est pas de ces théoriciens qui parlent et discutent au lieu d’agir.Fidèle à cette volonté de réalisation théâtrale, le fondateur de feu le Théâtre de l'Oncle Sébastien nous présente ici le premier d’une série de cahiers sous la rubrique : Les Animaux au théâtre.Abondamment illustré de reproductions de maquettes et de croquis, l'ouvrage nous promène dans l’histoire de l’ancien et du nouveau théâtre.Tous les intéressés de l'art dramatique, metteurs en scène, acteurs, costumiers, voire meme machinistes, trouveront là réunies de très plaisantes découvertes dans les annales du théâtre ainsi que de nouvelles suggestions techniques souvent ingénieuses.En même temps ils y trouveront divertissement et profit.Tour à tour, l'auteur raconte sur le ton de l'anecdote les succès et les avatars de l'âne, du cheval, de l’éléphant, des insectes, de la grenouille, de l'ours.Peut-être ce cahier et les autres qui feront suite susciteront-ils chez les poètes dramatiques contemporains l'idée de mettre plus souvent les animaux sur le théâtre, surtout lorsqu'il s'agit de spectacles destinés à l’enfance.C'est là une carence dans le théâtre actuel, que nous NOVEMBRE 1950 175 déplorons tous avec Léon Chancerel lui-même.R.-M.CHARLAND, c.s.c.Danse PACÉ (Henri).Dansons les scouts / Paris, Presses d'Ile-de-France (1949].125p.ill.19.5 cm.Voici un livre écrit spécialement pour les Scouts qui rendra sûrement ac précieux services à tous ceux qui aiment les danses populaires.L'auteur consacre les trente premières pages à une revue des principales questions posées par la pratique des danses populaires.On trouve également dans cette première partie du volume de judicieuses considérations sur le problème de la danse en général.La partie technique, de la page 53 à la fin, renferme plusieurs exemples détaillés de danses populaires facilement abordables pour les jeunes.M.D.LITTÉRATURE FRANÇAISE Romans Collection AI AI ER.Paris, La Technique du Livre.AGHION (Marie-Reine), La clej du bonheur.Pour adultes BONNEAU (André), La Jée du pays noir.Mauvais BONNEAU (André), Je fattendais.Appelle des réserves BORDEAUX (Henry), Le paon blanc.Dangereux BORDEAUX (Henry), Un amour au XVIIle siècle.Mauvais CHANLÂINE (Pierre), Le poison intérieur.Dangereux CONTEVILLE (Olivier), Amour de héros.Pour adultes DAUBRIVE (Marc), Fille d'Armor.Mauvais DAUBRIVE (Marc), Retour de flammes.Mauvais FALK (Henri), La fiancée du sénateur.Mauvais LE CŒUR (René), Vole, vole mon cœur.Appelle des réserves ROSNY, Aîné (J.-H.), Le coffre-Jort.Mauvais VALMY-BAYSSE (Jean), Doubles fiançailles.Mauvais Si l'on en juge par ces treize volumes, la Collection Aimer n'est pas du tout recommandable : sept mauvaiset deux dangereux sur treize.Comme trop de petits romans à bon marché, cette littérature vise à une sentimentalité maladive épicée d'un sensualisme le plus souvent très suggestif.La forme ne vaut pas beaucoup plus.Il y a bien du Henry Bordeaux, du Rosny, mais il y a aussi du Pierre Chanlaine, champion du mauvais style et de la suffisance inouïe.Malgré tout, il est juste de donner une mention honorable à Marie-Reine Aghion pour la Clej du bonheur et à Olivier Çonteville pour Amour de héros ; c'est malheureux qu'ils soient en si mauvaise compagnie.J.-P.BEAUSOLEIL DUPÉ (Gilbert).La mal aimée.Roman.Paris, La Table Ronde [cl948J.307d.18.5cm.Mauvais L'auteur est incontestablement un maître-romancier et sa Mal aimée est une œuvre bien construite et bien écrite.Son héroïne est une réédition d'Emma Bovary ; elle est victime du même sort, du même aveuglement, des mêmes indélicatesses inconscientes d'un époux pataud.Elle devient folle et se suicide, sous le coup d'un inexorable destin.Il s'agit nettement d'un roman à thèse, car le tableau est trop chargé, poussé à l'extrême.Malgré ce qu'il y a de plausible (on songe aux ouvrages de Paul Chanson) dans la motivation d'un tel drame, il reste qu'il y a là trop de scènes d'un réalisme sensuel inacceptable ; il reste que nous sommes ici dans une atmosphère d’un matérialisme asphyxiant.Les hommes sont des jouisseurs qui savent prendre leur plaisir au besoin ; les femmes, de pures sentimentales jouets de leurs rêves ou de leurs ambitions.Et puis, ij y a ce relent de puissance occulte qui achève de brouiller l'ensemble.Non, en dépit de ses exigences, l'amour physiaue insatisfait n'est pas voué à un tel fatalisme de destruction dans un univers raisonnable, et surtout chrétien.Aussi une telle œuvre peut-elle faire beaucoup de mal à la majorité des lecteurs.Théophile BERTRAND 176 LECTURES JOUVE (Pierre-Jean).Aventure de Catherine Crachat.Paris, Egloff [cl931j; 422p.20.5cm.Mauvais Aventure de Catherine Crachat semble être la réédition combinée de deux ouvrages du même auteur : Hécate et Vagadu.Lors de leur première édition, la Revue des lectures avait simplement mentionné ces ouvrages dans la liste des publications à boycotter.Par ailleurs, dans ses Romans à lire et romans à proscrire (édition de 1932), M.l'abbé Louis Bethléem se contente de dire de l'auteur : Pierre-Jean JOUVE, né à Arras en 1887, poète et auteur de deux romans par lesquels il semble vouloir reculer les bornes de l'igno- minie.Le critique aurait pu ajouter qu'il n'y a rien de telle que l’insignifiance de ces œuvres.Depuis cette époque, l'auteur a multiplié ses romans, mais sans s'amender.C est ce qui explique probablement que toutes les publications de biblio- Sraphie critique l’ignorent absolument: n en vaut pas la peine tant ses procédés, sa manière, son style sont d'une excentricité, d’un ridicule achevé.Tel est du moins le cas de Aventure de Catherine Crachat.Tant au point de vue Jorme que du point de vue Jond, un tel roman où fleurit le vice, est un navet inqualifiable.Il est difficile d'imaginer qu'on puisse se prendre au sérieux en potassant de telles sottises.A mettre au feu.Théophile BERTRAND WALLE (A.-V.de).Samson tête-rouge.Roman, Paris, Bonne Presse (cl949).212p.19cm.(Coll.Etoiles.) Roman k l'allure vivante et aux événements qui se multiplient à un rythme enlevant.En plus du récit proprement dit, le lecteur sera intéressé de connaître les luttes intestines qui bouleversent la France à cette époque des guerres de religion.R.G.Récits RANSON (G.).En marche vers l'autel.Le « film » d’une vocation.(Préf.du chan.Paul Lieutier|.Paris, Lethielleux, 1948.222p.18.5cm.Il ne peut s'agir de comparer ce roman de vocation aux chefs-d’œuvre 2ue sont Mon petit prêtre, Magnificat, e signe sur les mains.Lauteur, d'ailleurs, a-t-il prétendu faire un vrai roman, selon les lois du genre?Le sous-titre, Le « film » d'une vocation, et le procédé qu'il emploie peuvent nous en faire douter et nous permettre de le louer d'avoir su « dérouler » sous nos yeux, en images et en faits concrets, toute la théorie de la vocation : naissance, culture, obstacles, luttes, aptitudes morales, canoniques etc.Tout est clair et bien dit ; tout s'enchaîne logiquement, trop logiquement peut-être sera tenté de dire l'étudiant de no3 collèges, avide d'un peu plus d'imprévu et de pittoresque, habitué qu'il est à des films plus palpitants d'intérêt.Nous ne pouvons promettre à cette œuvre, malgré des qualités incontestables, une grande popularité dans les milieux étudiants, il se trouvera sûrement quelque jeune homme e sage » pour y retracer les étapes de son « drame » personnel de vocation et pour en tirer d'utiles conseils et d'édi-fiantes leçons.Il s'en trouvera surtout pour s'émouvoir avec raison du beau sacrifice qui fait l'objet des dernières pages du roman et qui assure le triomphe de la grâce dans l'âme de l'appelé.P.MARIE-ANTOINE, o.f.m.cap.HISTOIRE Alémoires LOHÉAC (Docteur Paul).Un Médecin Jrançais en déportation.Neuengamme et Kommandos.(Préface de Pasteur Vallery-Radot.J (Paris), Bonne Presse (1949J.302p.20cm.Pour adultes Bien des livres ont été publiés sur les camps de concentration.Je n’en sais pas un qui soit un document aussi sincère, aussi dé- Souillé de tout apprêt de stvle et e tout vain lyrisme, aussi émouvant dans son objectivité, que celui du Dr Paul Lonéac.C'est un témoignage auquel devront se référer les générations futures ; elles y apprendront à quel degré d'abjection étaient tombés les nazis qui, cyniquement, dépersonnalisaient leurii prisonniers et les traitaient comme des brutes traitent les bêtes, les affamant, les dénudant, les frappant à coups de matraque et leur arrachant NOVEMBRE 1950 177 sauvagement ce qui, depuis des millénaires, fait la dignité de l'homme.Voilà comme s'exprime le professeur Valleiy-Radot au début de la préface de ce récit extraordinaire d'un déporté français.C'est avec une réelle corn- Easston que le lecteur suivra le Docteur >ohéac dans sa lamentable mais su* blime aventure en Allemagne.Non seulement il admirera l'indomptable énergie et l'exceptionnel esprit de foi de ce jeune médecin breton, père de huit enfants, mais il appréciera surtout chez l'auteur sa sincérité crue, son souci d'exactitude toute scientiiique, sa volonté de juger impartialement et sans haine les actes divers d'une sinistre pièce de théâtre, dont la scène est un camp de concentration allemand.A la suite du Professeur Vallery-Radot, il faut souhaiter que la lecture de ce livre pousse à la réflexion tous ceux qui ont vécu le drame de cette dernière guerre sans y prendre part, et en particulier ceux qui, de loin, ont approuvé sottement la politique du régime nazi.Marcel DESCHENEAUX, c.s.c.BIOGRAPHIES NOËL (Léon).Un CheJ, le Général Guittauniat.Paris, Alsatia (cl949J.134p.h.-i.19.5cm.Pendant les années qui suivirent la première Grande Guerre, plusieurs diplomates européens, sages, objectifs et clairvoyants, multiplièrent les avertissements sur la volonté de relèvement et de revanche de l'Allemagne.Le Général Guillaumat fut précisément du nombre de ces hommes remar-uables par leur expérience, leur sens es réalités et la lucidité de leur jugement.Longtemps à l'avance, il avait {>rédit le sombre avenir qui attendait a France et l'Europe.Dans ces pages vigoureuses de M.Léon Noël, le Général Guillaumat apparaît comme un patriote inflexible et éclairé dont l'esprit de précision et de lucidité furent rarement en défaut.Les événements militaires des dix dernières années l’ont prouvé d'une façon décisive.M.D.ZELLER (Renée).La Vie secrète d’Antoine de Saint-Exupéry ou la parabole du Petit Prince.Préf.du Général ?fChassin.Paris, Alsatia, 1948.172p.h.-t.19.5cm.En suivant les phases principales de l'histoire du Petit Prince, l'auteur nous fait pénétrer derrière la coulisse des araboles pour nous expliquer l'âme e Saint-Exupéry.11 s'agit d'une aimable et judicieuse interprétation d'un récit qui fut rédigé moitié consciemment comme une sorte de journal intime par Antoine de Saint-Exupéry.Sous le langage plutôt hermétique, se trouvent, telles des sources dans le désert, bien des confidences que le grand aviateur ne nous eût point faites en d’autres termes.Renée Zeller reprend avec talent l'itinéraire de cette vie agitée et montre comment lire, entre Tes lignes de la parabole, les faits concrets qui furent sources et laisse deviner ceux qui furent, hélas, obstacles.Livre agréable à lire, parsemé de pensées fécondes et hautes.Tout s'y Ëasse sur les parvis de l'approche de fieu et c’est peut-être, pour quelques lecteurs, là que réside un possible danger.Quelques-uns, en voyant ces altitudes d'âme si loin des sources habituelles de grâce, si proches d'excitations naturelles, pourraient en déduire que les voies ordinaires du salut et de la noblesse morale qui passent, au sein de l'Eglise constituée, sous les fourches des humiliations et des grisailles quotidiennes, ne sont que moyens relativement peu nécessaires pour aboutir à Dieu.Or ce sont les chemins les plus communs qui sont à la fois les plus hauts et les plus sûrs.Les jeunes, en refermant un livre si noble, devraient plutôt penser : Si les parvis des attentes divines sont déjà d’une telle splendeur, que doit être le palais oà se Jait la Rencontre ?Marie-Paule VINAY POUR LES JEUNES MIOLLIS (Marie-Antoinette de).Abdallah, le petit Africain.111.de Manon Iessel.Paris, Bonne Presse (1948].206p.U!.20cm.Ce livre offre plusieurs avantages : d'abord l’histoire elle-même d’Abdallah, un jeune Arabe oiphelin recueilli par une famille française en Afrique, rocurcra aux jeunes quelques heures 'une agréable récréation ; ensuite le lecteur profitera sans doute des excellentes leçons morales semées avec beau- 178 LECTURES coup de discrétion à travers tout le roman ; enfin le travail admirable, accompli par la France en terre africaine, sera mieux connu.Peut-être qu’après la lecture de ce livre, les jeunes éprouveront-ils le désir de se renseigner davantage sur l'œuvre du Maréchal Lyautey, une figure illustre de la colonisation française en Afrique.M.O.OLIGNY (Odette).Le Cheval d’or.Histoire d'un Palomino canadien racontée par lui-même-Montréal, Fides, 1950.I35p.ill.23.5 cm.$1.00 ($1.10 par la poste).« S’il revenait sur terre, sans craindre lazzis et brocards, d'Artagnan, beau et noble cavalier, monterait un Palomino.» Ces dernières lignes du court Avant-propos de l'auteur préludent bien au caractère à la fois éfevc et enjoué de ce charmant petit livre.Le Cheval d’Or est un livre pour enfants.On y rencontre un « bon » et un « méchant » dont l'antagonisme intéresse habituellement tout le petit monde.On y trouve encore une très bonne course de chevaux et d'habiles numéros de cirque, ainsi que les hauts faits de Louki et Vilma, chiens savants fort bons détectives.De plus l'idée de Erêter à un cheval des réflexions bien umaines ne peut que frapper davantage l'imagination des enfants.Quelque treize dessins et une couverture en couleurs attisent encore davantage la curiosité naturelle des jeunes.Le Cheval d’Or plaira aussi aux adultes.En plus de les transporter au pays des prairies et dans l'atmosphère captivante d'un cirque, il aiguillera leur intérêt sur la vie sentimentale et triste du pauvre bouffon Butterfly, qui sou- Pire humblement et tendrement après amour de la sympathique Elvire.Odette Oligny, avec son livre au « titre féerique », enrichit vraiment notre littérature enfantine canadiennc-française.Elle prouve une fois de plus qu’on peut plaire aux jeunes tout en leur donnant en exemples de beaux sentiments exprimés avec art.Ï.-P.BEAUSOLEIL ROBITAILLIE (Henriette).Olivier sur la route.III.de R.Moritz.[Paris] Bonne Presse [1949].208p.ill.20.5cm.(Coll.Ohé l les gars).Les jeunes, qui commenceront la lecture de ce livre, ne laisseront pas d'un pouce Olivier sur la route et l'accompagneront jusqu'au terme de son passionnant voyage.ROJAC (Maurice de).Hôtesse de l'air.Roman.111.de Igor Arnstam.Paris, Alsatia [cl949].212p.ill.19cm.(Coll.Joyeuse).L'intérêt bien particulier de ce roman de la Collection Joyeuse vient de ce que l'auteur explique les fonctions de rilôtesse de l’air.Il nous montre la jeune fille en train d'assurer, auprès de* passagers de l’avion, la stricte observance des règlements, de favoriser l’entente, de veiller à la sécurité, d’en-trcienir le bon moral, en un mot d’agir de façon à ce que tout le monde soit à son aise.M.D.SOLHAC (Claude).Le Page blond.111.de Manon Iessel.Paris, Bonne Presse [1949].185p.ill.20cm.Ce roman illustre très bien les coutumes et les abus d’une époque troublée de la France, cette époque où les seigneurs, turbulents et ambitieux, prétendaient toujours vider leurs querelles à la pointe de l'épée.SUQUET (Henri).Ciel de cuivre.Roman.111.de Cyril.Paris, Alsatia [cl949].188p.ill.19.5cm.(Coll.Signe de piste) $1.00 ($1.10 par la poste).Roman futuriste qui transporte en l'an 2946 et fait revivre une catastrophe qui a menacé de détruire le monde en 2917.Nous assistons à la lutte livrée par un savant matérialiste qui cherche a conserver les forces physiques nécessaires à l’univers, tandis que des scouts, garçons et filles, donnent généreusement le meilleur d'eux-mêmes pour sauver la population terrestre.R.G.m BON PREMIER toujours I {Hidtiié Vt C*vr*©it‘«V Jvl»f| pci* / VoiU I* record du PREMIER et du plus Iflnpor-tint servie# du 9«nr# eu Cenede fre*çeit I Consulté»r nofre njlalotjnc SERVICE GENERAL ,D'ABONNEMENT HK3S ‘Seuait ^>
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