Lectures, 1 mars 1951, mars
mm SOMMAIRE , Page IDEAL ET PRINCIPES Littérature contemporaine, intelligence et liberté Théophile Bertrand 335 ÉTUDES CRITIQUES Le mariage chrétien du Chan.Jacques Leclercq Simone et Roland Germain 341 I n filô h tuer d’EIoi de Grandmont Jean-Paul Pinsonneault 345 DOCUMENTS La lecture spirituelle chez les laïques Guy-Marie Bertrand, c.s.c.353 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvrages.359 Ouvrages (Voir liste des auteurs, p.2 de la couverture) 360 BIBLIOTHECA LA VIE DE L’ASSOCIATION L’Épiscopat et les bibliothèques paroissiales.L’A.C.B.F.devient membre de la F.I.A.B.Les Carrefours de l’A.C.B.F.Bibliothèques des maisons d'enseignement R.Sœur Marie-Emma, .375 .375 .376 c.n.d.378 LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée pai le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l’Action catholique du diocèse de Montréal Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c., aumônier du Service des Lectures Jean-Paul PINSONNEAULT, président du Service des Lectures Mme Marie-Paule Vinay, Mlle Isabelle Pépin et M.Benoît Baril, respectivement présidente, secrétaire et trésorier du Service des Lectures.Rédaction Conseillers NOTES: 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à Juin.Les dix livraisons de l’année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu’une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l'année.2.Us références bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la catalo-graphie.Les cotes morales en usage sont tes suivantes : M Mauvais D Dangereux B?Appelle des réserves plus ou moins graves, c'est-à-dire à détendre d'une façon générale aux gens non foi mes (intellectuellement et moralement).B Pour adultea.Un ouvrage dont le titre n’est suivi d'aucune de cas quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.Publication autorisa* pmr l’Ordlnair* CANADA : ÉTRANGER : la numéro.$0.56 Abonnement annuel.$5.75 abonnement annual.$3.50 FIDES — 26 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — PLateau 8355 FRANCE : abonnement annual.900 fr.C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES, 120, Boulevard Raspail — Paris (Vie) — Odéun 4922 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS ANDRÉ (Ch.), 3(50.AURIMONT (I*.d ).30s.BARCLAY (F.L.), 30X.BEAUCLAIR (R.).372.BERNIER (U.), s.j.3«l.BESSET (U.), 300.BETHLÉEM (Abbé R.), 35».364 BIEBUYCK (J.).307.BOYER (Ch ), ».j., 371.BROSSES (J.de»), 374.BUSSAC (Madame de) et DAUDET (Madame I,.), 374.CAFPE (J.).372.*** Le Cardinal Verdier, 35».370 CERVIÊRKS (F.).304.CHARRON (Y.), p370.CHARTIER (J.-P) et DESPLANQUES (F.).35», 307.COLLIN (R.), 359, 300.CONNELL (J.), 374.COUSINET (R), 304.DELAYE (K.)t *.j , 359, 300.DUESBERG (Dom IL), 374 ELI.IS (A.), 309.KHI AU (J .-It.), 374.FA H Fl J (H.P.), 374.FALAISE (C.), 374.GODOY (A ), 374, GOHIEK (.1.).374.GRAEF (R ), c.H.»p., .359, 301.G RA ND.MON T (K.de), 345.HELLER (Dr L.-L.), 359, 300 HERGÉ, 371.Il ER PI N, 370.*** L'heure eut tenue!., 371.HOUYVET (J.), o.p.374.HUNERMANN (G.), 374.JACQU1N (G.) 305.LA HAT (P.), 372.LANDRY (A.), 370.LAS CASES (Comte del, 359.371.LATIlOl D (!>.), a u.el CHI-MI.NELI.I (P.).374.LECLERCQ (Chan.J ).341 1.1 ÉNART (Card.).372.*** Lui et mai, 374.MARIE-FRANCE.374.MAURIAC (F.), 35», 307.MÊLANÇON (C.), 373.NAST (C.).374.PIGUET (Mgr G.).302.PLUS (R.), ».j., 374.RICIIOMME (A.).374.RUMBLE et CAHTY (RU.PP.), 374.SAINT-ANGE, 309.SAINT-FOIX (G.de).359.307.Semaine* nuciaU* de France, 300.SERTII.LANGF.S (A.-D ), o.p., 302.SŒURS DES SAINTS NOMS DE JÉSUS ET DE MARIE, 365.SOLOVIEV (V.), 359.302.STEVENSON (U.-L ).374 TESSIER (Mgr A.), 304.VALUER A ND (J), 373.VAN ROY (F.), 359, 305.VIEN (L ), 30».VILLEPELET (Mgr).359.371.VIOLLET (J ).300.WILDE (I.), 373.Autorisé comme envoi postal de la deuxième clasit.Ministère des Postes, Ottawa. IDÉAL ET PRINCIPES Littérature contemporaine, intelligence et liberté Le?études littéraires sérieuses et la lecture féconde sont une quete de 1 ordre dans et par la littérature, une quête de paix et de ;oie dans la decouverte de la beauté esthétique, du beau littéraire.L est la un idéal.Malheureusement, il est facile de se rendre compte, en fait, de la pagaille, du détordre dans les lectures, du laisser-aller, de 1 indifference, des lièvres actuelles.Nous sommes ainsi, d'une part, en face d'un idéal : l'ordre ; d'autre part, en face d'une situation de fait : le détordre ; et il est normal de se demander si le comportement de trop de lecteurs est chrétien, , eSj simplement raisonnable.Il est évident que nous devons repondre non a ces deux questions et cette réponse négative s'exprime logiquement dans ce diagnostic : démittion de /'intelligence.— C'est qu'il appartient à l'intelligence de capter l'ordre et d'y communier ; c est qu i] lui appartient de goûter, dans l'allégresse, que « tout a été fait avec nombre, poids et mesure )).L habitus, artistique est, d'ailleurs, un habitus intellectuel ; le sens esthétique est d'ordre intellectuel ; le beau, « ce qui étant \ u piaît w {id quod vitum placet), est 1 objet des sens intelligenciés.rle.'as I que cie littérateurs chenus vivent cependant toujours, à ce sujet, le prime romantisme dont auraient dû les délivrer la maturité et la réflexion 1 Démittion de l’intelligence I .^enVss^on ^intelligence se manifeste dans tous les ordres de la vie de 1 esprit.Nous vivons comme dans une contagion d anti-intellectualisme, d'absurde, de bêtise, et c'est le rationalisme, le romantisme idéologique et la littérature cryptique, esoterique, qui en bénéficient.Disons davantage.Ce qui frappe l’observateur le moindrement averti, au dire d'un ouvrage des plus lucides sur les prétentions d’une certaine « évolution rédemptrice », (( c'est l'aisance «\ec laquelle actuellement la pensée catholique authentique a tendance a fléchir, a s obscurcir et à se laisser pénétrer par des courants de pensee cjui ne peuvent lui apporter aucun bénéfice evident, mais qui risquent au contraire d'altérer ses positions raditionnelles, sa valeur et sa force )).Nous parlons évidemment mars 1951 335 de la pensée catholique qui se développe en pleine mêlée du monde, qui s'estime la plus ouverte aux problèmes de notre temps.On perçoit, chez certains apôtres plus zélés que clairvoyants, comme Ta hantise d'une espèce de communisme spirituel, la passion « de vivre une vie évangélique parfaite, ce gui est plus que louable, mais sans aucune préoccupation dogmatique, ce qui est plus difficile et dangereux ».Et ces tendances généreuses, mais bien naïves, se retrouvent également dans la littérature.N'est-elle pas fonction de la sagesse d une époque ?Démission de 1 intelligence qui va la jusqu a s'avilir non seulement dans les aventures d'une imagination et d'une sensibilité débridées, dans les divagations, d une raison orgueilleuse, mais encore dans les turpitudes de 1 infra-humain.Au sein de cette démission universelle, l'intelligence chrétienne demeure fidèle meme dans le domaine littéraire.C est qu'elle juge de toutes choses par la Sagesse, qui est « architectonique à l'égard de toutes les vertus intellectuelles ».Elle sait que (( se détourner de la Sagesse et de la Contemplation, et viser plus bas que Dieu, c'est pour une civilisation chrétienne la cause première de tout désordre1 ».A la lumière de cette Sagesse chrétienne, dont le fruit est cette sainteté d'intelligence dont notre époque a tellement besoin, examinons les défaillances fondamentales de la littérature présente, plus précisément celle qui occupe une place privilégiée dans le monde littéraire contemporain et qui s exprime surtout dans le roman.Le roman est, en effet, le genre qui ,obtient la plus large audience auprès du public ; c'est par lui qu'on peut le mieux, en quelque sorte, tâter le pouls de, fa culture populaire.Nous pourrons alors constater s'il est chrétien de s abandonner sans prudence à son influence, si le fait de lui vouer un culte sans discernement n'est pas un oubli, une trahison de la Sagesse, de la vraie culture.L'on pourra alors aussi, par voie de consequence, juger de l'aberration de ceux qui lisent a 1 avenant journaux et périodiques de toutes sortes, surtout les comice et les magazines qui sont ordinairement comme la réfraction vulgaire, pour ne pas dire davantage, des erreurs fondamentales qui corrompent notre époque.L'idée qu'on se fait de l'homme nous servira de critère dans cette enquête expéditive.Qu'est l'homme pour l’humanisme chrétien ?Quelle conception nous en donnent, d'autre part, la plupart des romans présents ?Pour l'humanisme chrétien, l'homme a une nature, il jouit de la liberté, il est ouvert à la grâce.Ce sont là les trois réalités qui 1 MAR1TAIN (Jacques), Art et scolastique.Paris, Louis Rouart et Fils, [1926].P.142.336 LECTURES président a l'action humaine, réalités dont les articulations et le ;eu règlent le cours de nos vies.La nature de l'homme, principe fondamental de son agir, exige la liberté, qui lui permet de réaliser ses virtualités, d'atteindre sa fin.La grâce, elle, appelle au surplus de la vie surnaturelle, dont la richesse, dans l'état de fait d'une humanité blessée et rachetée, peut seule garantir l'intégrité complète de la vie naturelle elle-même.Si l’on supprime l'un de ces termes : nature, liberté ou grâce, l'on détruit l'homme de l’humanisme chrétien.Or,^ que fait de 1 homme le roman contemporain ?Pour répondre à cette question, nous nous servirons des termes suggestifs de Pierre Jouguelet dans la conférence qu'il prononça à la Semaine des Intellectuels catholiques, le 7 mai dernier2.Ce qui saute aux .yeux devant la plupart des romans d'aujourd’hui, ceux que la publicité présente comme les plus robustes, c'est l’emploi de techniques qui attestent un matérialisme plus ou moins virulent.La nature de l’homme, on la défigure, on la fausse, par 1 emploi des techniques de dénaturation.Il s'agit vraiment d'une dégradation méthodique.L'homme n'est plus qu'un jouet, qu'un pantin.Il y a ensuite les techniques de recomposition, les techniques de Jabncation, par lesquelles on refait l'homme, toujours dans le mépris de sa vraie nature.Ce qui frappe l'attention, c'est que l'homme véritable est détruit non pas tant par la violence, la misère ou la débauche, que par « une logique qui le dissout ».C'est le triomphe des ingénieurs des âmes, des technocrates.Le mépris de la nature vraie conduit ensuite, par réaction, à la divinisation de la liberté, qui devient la fantaisie, l'arbitraire, la licence, pur triomphe du subjectivisme, de la sincérité a la Gide.Face à ce chaos, les romanciers croyants les plus en vedette, subissant la pression de l'époque et ignorant la plupart du temps les exigences d’une Sagesse qui trouve bien peu d'amants, répondent par des œuvres que caractérise un pessimisme chrétien plus que discutable, en raison de ses excès et même de ses déviations.Ils rédiment la nature trahie, déchirée, vidée d'elle-même, par la toute-puissance d'une grâce qu'ils veulent salvatrice, mais qui est sans efficace pour changer vraiment ici-bas le cœur et la vie de leurs personnages.Ou, plus justement, (( ils suppriment la nature au profit de la transcendance », de la grâce.Nous demeurons avec eux dans une littérature de l'abjection.En face de cette sorte de romans « chrétiens », ou même « catholiques », les lignes suivantes de Pierre Jouguelet apparaissent des plus pertinentes : Supprimer la nature au profit de la transcendance, mais transcender 1 Lu Etudes, juin 1950, p.289 i Temps du mépris, temps des idoles.mars 1951 337 signifie dépasser, et s'il n'y a rien que d'informe à dépasser, tout devient simulacre de transcendance.Comment saurais-je que j’accueille Dieu plutôt qu’une idole si je ne puis reconnaître son action réparatrice dans un cœur à jamais pourri ici-bas?11 semble que nature, liberté et grâce soient des termes solidaires, les uns ne piohlent point de la négation des autres ; plutôt ils se décomposent sur son cadavre, la liberté devient gratuité et la religion magie.Trahi dûn de la li ber lé Mais insistons davantage sur l'aspect liberté du problème.La démission de l’intelligence que nous venons de déplorer, a conduit, par un processus logique, à la trahison de la liberté.Cette trahison de la liberté est également universelle ; elle se manifeste dans tous les domaines et la littérature en témoigne, pour sa part, d’une façon exceptionnellement éloquente.L’étude d'une telle question est de première importance pour la compréhension des problèmes que posent la littérature et la lecture envisagées dans des perspectives culturelles intégrales.C’est que l’évolution du monde et de la culture actuelles s’est produite au nom de la liberté, d'une liberté frappée au cœur par toutes les erreurs modernes.Cette fièvre de liberté fut, en quelque sorte, la manifestation pratique de toutes ces erreurs, dont la source première est l’affaiblissement de l'Eglise consécutif au Grand Schisme d’Occident.Dans l’ordre culturel, en effet, cet affaiblissement eut pour conséquence une éclipse de la Sagesse chrétienne, alors qu elle était plus que jamais nécessaire au renouveau de la vie intellectuelle et des arts.La Renaissance éloigna de la religion, affaiblit la foi.Pour les amants du beau sous toutes ses formes, la foi et l’art ne semblent plus alors conciliables comme au Moyen Age.Les arts se paganisent ; on déifie la nature, le corps humain.Nous sommes maintenant au zéro de cette tragique aventure.Puisque cet affaiblissement de l’Eglise est à l'origine des maux de notre monde, c'est à l’Eglise, maîtresse de vérité et de vie, c’est auprès du Pape de Rome que nous allons chercher la lumière.La liberté, c’est là un des thèmes que les Papes ont le plus souvent abordés dans leurs Encycliques ; mais Léon XIII a traité spécialement le sujet dans son Encyclique sur la liberté humaine (Libéria*) prœjlan tuai muni).C’est de ce texte que nous nous inspirerons donc, et on ne saurait trop conseiller de le relire en entier, de le méditer, pour compléter les quelques pensees que nous en tirons ici.L’homme est libre parce qu’il est un être raisonnable.La liberté, qui réside dans la volonté, a donc sa racine dans la raison et (( n’est pas autre chose que la faculté de choisir entre les moyens qui conduisent à un but déterminé )), à une fin.- Ainsi, pour que cette liberté soit un avantage, une perfection, elle doit évidemment servir au bien de celui qui en jouit.Il faut donc ne pas confondre 338 LECTURES l'essence et le fait de la liberté, et arriver à bien comprendre que, en choisissant le mal ou en négligeant son devoir, l'être libre déchoit par ignorance, faiblesse ou malice, qu'il corrompt sa liberté.C est qu il ne se meut pas alors selon les exigences de sa nature, mais en vertu de quelque impulsion déraisonnable, « extérieure )) comme dit saint I Homas d Aquin.Celui i/ut commet le péché est l'esclave du péché (Jean, VIII, 34).Ces quelques reflexions permettent déjà de comprendre comment une démission de l’intelligence a pu conduire à une trahison de la liberté.Cette trahison de la liberté se constate egalement dans la vie intellectuelle générale de l’humanité présente et dans la vie littéraire en particulier.Comme l'écrivait Ravmond Spiazzi dans /’Osservalore Romano du 22 septembre dernier (édition hebdomadaire en langue française) : Les instincts primordiaux, le caprice, le dilettantisme, la facilité la plus désinvolte, la manie d’être à la mode, en un mot, la passion anti-intellectuelle, sont devenus les motifs inspirateurs et les forces directrices de la vie intellectuelle et morale de l'humanité.Comme le dit si bien Leon XIII, .II y a bien des nuances, plusieurs espèces de libéralisme, dans 1 ordre spéculatif et dans 1 ordre pratique.1 outes ces espèces manifestent cependant, a des degrés divers, une conception fragmentaire, tronquée, de la culture ou de la vie.Le libéralisme consiste généralement a faire d’un aspect particulier de l’activité humaine, un domaine clos, un ordre séparé.L'erreur libérale est une erreur séparatiste ; c est un manque de vision, l’oubli ou la méconnaissance de quelque aspect de la vie, de certaines données de la réalité.Le libéral ne sait pas distinguer entre la liberté et ses falsifications : la licence, l’arbitraire, le caprice et la fantaisie.Comme l a si bien dit Louis \ euillot : (( Le libéral n'est pas celui qui aime la liberté ; c’est simplement un homme qui a peur des regies, de la discipline ».On voit aussitôt comment de telles considérations s’appliquent au problème des lectures.Là comme dans tous les domaines, la liberté veritable consiste à nous comporter de telle sorte que nos actions contribuent au développement des virtualités de notre nature raisonnable et surélevée par la grâce, de telle sorte que nous puissions nous élever toujours davantage vers la perfection à laquelle nous pouvons et devons atteindre.Lecture : un choix Oui, la lecture est un choix, car lire vient du latin legere, mot qui signifie d’abord et avant tout recueillir, choisir.Et il ne s agit pas de n'importe quel choix, mais d'un choix qui assure mars 1951 339 l'épanouissement équilibré de toute la personnalité, qui réponde à nos inspirations profondes vers le vrai, le bien et le beau.La lecture est donc œuvre d’intelligence et de vraie liberté.On ne doit donc pas lire n'importe quoi, on ne doit pas tout lire — ce qui est d’ailleurs impossible — pas plus qu'on ne mange n’importe quoi ou tout ce qui tombe sous la main, si 1 on se conduit quelque peu raisonnablement.L'aveuglement incroyable qu’on constate vis-à-vis cette question du choix des lectures, ne peut s'expliquer que par l'infirmité d’un esprit aux prises avec l’opacité de la matière (qua,h scintilla quccdam in ctnera), que par les difficultés d’une intelligence au plus bas deçré de l’intellec-tualité à vivre les exigences premières de la vie spirituelle et morale.Ces vérités perdurabfes prennent aujourd’hui une importance d’autant plus grande que nous sommes exposés au danger d’une multitude d’ouvrages et de publications diverses qui, comme nous l’avons vu, sont les fruits monstrueux d'une démission de l'intelligence et d’une trahison de la liberté.Trop souvent la licence triomphe dans une multitude d'écrits qu'on voudrait nous imposer comme les chefs-d'œuvre de la littérature.Non 1 l'objet de la littérature, de la création littéraire, de la poésie au sens fondamental du mot (poiein / faire), n'est pas la laideur sous toutes ses formes, le mal, le vice et toutes les petitesses de l'existence.Ce n'est pas, comme on le dit souvent, les rêves, les illusions, les idées.C'est cette sainte réalité donnée une fois pour toutes, au centre de laquelle nous sommes placés.C’est l’univers des choses visibles auquel la Foi ajoute celui des invisibles.Et de même que la philosophia perennis n’invente pas,^ & 1* maniéré des grands romans fabriqués par Spinoza ou Leibniz, des êtres abstraits ?[ue nul n’avait vus avant leurs auteurs, mais qu'elle se contente des ormes fournies par la réalité., de même il y a une poésie perenms qui n’invente pas ses thèmes mais qui reprend éternellement ceux que la création lui fournit à la manière de notre liturgie dont on ne se lasse pas 5lus que du spectacle des saisons.Le but de la poésie n’est pas, comme it Baudelaire, de plonger « au fond de l'infini pour trouver du nouveau », mais au fond du défini pour y trouver l'inépuisable.C'est cette poésie qui est celle de Dante* # # et qui est l’idéal de tous les littérateurs catholiques conscients de leurs responsabilités, du message qu’ils doivent apporter au monde.Le lecteur réfléchi se garde donc des fièvres de l’intelligence contemporaine et de la peste libérale qui fait de tels ravages dans les esprits et les cœurs, surtout chez les jeunes.Il sait user comme il faut du trop peu de temps dont tout homme dispose pour la lecture, en le consacrant aux œuvres qui honorent vra>-ment l’humanité et la culture chrétienne.Il fait même davantage : il se trace un programme judicieux de lecture, adapte a ses besoins propres et aux circonstances, soucieux de l’actualité, mais surtout aménagé de telle sorte qu'il lui assure un progrès constant dans la conquête de la véritable culture.Théophile BERTRAND * CLAUDEL, Positions-Propositions, I, p.165 et ss.L 340 LECTURES ETUDES CRITIQUES Le Mariage Chrétien Parmi les auteurs contemporains les plus renommés aussi bien en morale catholique qu'en droit naturel.M.le chanoine Jacques Leclercq occupe une place de premier choix.Son ouvrage le Mariage chrétien est une veritable somme qui vient corroborer les thèses récemment énoncées et qui apporte même des lumières nouvelles sur des opinions encore controversées.Rappelons en quelques mots le plan de l'ouvrage.L'auteur traite d'abord du sacrement lui-même, puis il nous explique la ligne de conduite de l'Eglise à travers les siècles.Il approfondit alors la notion d'amour conjugal et consacre un chapitre à l'amour effectif et charnel.De là il passe à la fin première du mariage : la procréation.Les deux derniers chapitres traitent de la spiritualité conjugale et de l'esprit de pauvreté dans le mariage.Le Sacrement de mariage démontre que (( la pleine prise de conscience du caractère sacramentel du mariage est sans doute une des acquisitions de l’Eglise du XXe siècle )).Remontant le cours de l'histoire, Al.Leclercq prouve que « le mariage est une institution naturelle )) et qu’il ne réside pas seulement dans une consécration ou une bénédiction qui s’ajoute à l'échange des consentements.L’auteur aborde alors la question de la chasteté et signale le curieux phénomène qui a jusqu’ici guidé la prédication : ne traite généralement la chasteté qu’à l'usage de jeunes gens et de religieux c'est-à-dire d'un public pour lequel le devoir de la chasteté s’identifie avec l’abstention complète », et conséquemment « le mariage devient une fornication permise par la miséricorde divine à ceux qui ne sont pas assez courageux pour pratiquer la chasteté )).Il est donc normal de penser autrement et de « considérer l’acte de chair, non comme l'acte de luxure ou de fornication, mais comme « l'acte conjugal )).De toutes ces idées est surgie une ère de pessimisme qui a bouleversé le monde aussitôt que l'on parlait d'union charnelle et l'expression « chasteté conjugale » s est même révélée une énigme pour un trop grand nombre.Heureusement le XXe siècle a réagi et l'on voit se diffuser rapidement ces magnifiques théories sur la doctrine spirituel e du mariage, qui en font un « instrument de sain- 1 LECLERCQ (Chan.Jacques), Le Mariage chrétien.2e édition, Tournai, Casterman, 1949.212p.20cm.(Cahiers de la Revue nouvelle).MARS 1951 341 teté » et une « voie de perfection ».Aussi, est-ce partout que s’élèvent ces « foyers de lumière », permettant aux époux de réaliser la vie divine ensemble et l’un par l'autre.L’Eglise et le mariage nous prouve la nécessité de baser avant tout le mariage sur l’amour, et non sur ces mille et une conventions mondaines qui font peut-être (!) des ménages assortis mais qui n'apportent qu’une déception et qui orientent peu à peu vers l’infidélité sinon corporelle, du moins spirituelle.Pour confirmer ces faits, il suffit de jeter un coup d'œil sur les mariages traditionnels chinois et les nombreux ménages princiers, préparés dès la naissance et conduisant presque fatalement à l’adultère.L’Eglise a bien compris ce problème, aussi sa législation, moins sévère que celle de l’Etat, ne craint-elle pas d’encourager les mariages où les deux futurs époux se témoignent un véritable amour, et cela, en dépit des parents trop souvent guidés par des motifs humains.Al.le chanoine Leclercq dit à ce propos que le conjoint doit être pour l’autre « un être comme il n’v en a pas d’autre, un être unique ».Dans le chapitre suivant, Y Amour conjugal, l’auteur médite un aspect lourd de conséquences pour l'avenir des époux.Le véritable amour se réalise malheureusement trop rarement, aussi est-il indispensable de le proposer à tous et de montrer qu'il existe.C'est un sentiment trop ignoré et il convient que l’on réapprenne à aimer.Beaucoup croient avoir trouvé l’amour, mais ils le situent souvent dans un égoïsme subtil qui fait rechercher le bonheur pour soi en le cherchant pour l’autre.C'est là oublier le principal : aimer en efiet c’est se donner, s'oublier complètement pour ne penser qu’à l'autre, même si l'on n’est pas payé de retour.Pour que cette fin se réalise, chacun doit éduquer son amour et se rappeler que l'élément « conquête » de la période des fréquentations ne meurt pas avec le « oui » sacramentel : au contraire, il doit se maintenir et, chaque jour, partir à la conquête du conjoint.C’est là le moyen de s’approcher de plus en plus d’une forme très haute de l’amour, qui permettra (le réaliser les paroles suivantes : « Il s’agit dans le mariage d’un amour tellement profond que les époux n'aient plus rien qui ne soit à l’autre, que toute leur vie soit commune, que leurs âmes s’unissent dans toutes leurs préoccupations, dans leur façon même de comprendre la vie, depuis les conceptions fondamentales jusqu’aux détails intimes.» Il importe cependant que les époux se souviennent que la perfection n’existe F as ici-bas et qu'il faut s’aider, unir les deux faiblesses pour réaliser unité.En tout, un grand principe servira de guide : « Le mari doit accepter que sa femme soit une femme, et la femme que son mari soit un homme ».Il ne faut pas croire cependant que l'amour est un sentiment éthéré, dépourvu de racinations dans le sensible, et voilà pourouoi l'auteur traite aussi de Y Amour effectif et charnel.Comme il le dit, « un amour purement spirituel, désincarné est inhumain ou 342 LECTURES surhumain ».En conséquence, il est nécessaire que l'un et l'autre des conjoints soient presents afin que 1 on puisse s apercevoir que 1 amour charnel est comme 1 aboutissant de l’amour spirituel et effectif, et le signe nécessaire pour exprimer le don total.Il faut cependant tenir compte de la chasteté conjugale dont les principaux obstacles sont I infidélité, aussi bien des esprits que des corps, les corruptions de l’amour et le manque de modération et de délicatesse.L'auteur profite alors de l'occasion pour consacrer quelques pages à ce que l'on appelle généralement « le mariage blanc » c'est-à-dire le cas où les deux décident d'un commun accord de s abstenir de relations conjugales.En une formule concise, il nous exprime toute sa pensée : « Le mariage blanc — ou le vœu de chasteté chez les époux — peut être une forme de perfection dand le mariage mais n'est pas la perfection du mariage ».Aussi ajoute-t-il : « Ces deux vierges sont des religieux dans le monde ; la perfection qu'ils recherchent est celle de la vie religieuse, non celle du mariage.On ne peut les donner en exemple aux gens mariés.La voie normale de ceux qui veulent consacrer leur vie a un autre idéal est de ne pas se marier ».Le cinquième chapitre traite de la fin primaire du mariage : led Enjantd, et prouve tous les avantages de ce bienfait de la vie conjugale.En effet, « c'est par l’enfant que l’homme se dépasse le plus aisément.L’amour parental est la forme d'amour la plus spontanément désintéressée ».De plus, rien n’unit plus profondément les parents que ce qui les rapproche, et les enfants sont certainement, à ce point de vue, une richesse à nulle autre pareille.Enfin la procréation est un honneur incomparable, puisque c est une cooperation très étroite à l'œuvre de Dieu : mettre les chrétiens sur terre et les lancer à la conquête de la sainteté.L amour de ses enfants comporte cependant un écueil bien dangereux que les parents se doivent d'éviter : celui d’un attachement trop grand qui risque d'empêcher nos fils et nos filles de se diriger vers leur destinée ; il convient donc de se rappeler que « les parents doivent vivre pour leurs enfants, mais les enfants ne doivent pas vivre pour leurs parents ».Ce sera parfois extrêmement dur, mais « la loi de nature est que les parents, avant tout donne a leurs, enfants, ceux-ci ne leur rendent pas ce qu’ils en ont reçu.» Bientôt se dessine pour chacun la vocation.Devant 1 appel a la vie religieuse, les parents se font violence et acceptent que Dieu reprenne possession de ces êtres chers, mais hélas ! devant le mariage, ils essaient de conserver une certaine influence et oublient trop facilement qu’il est naturel que l’enfant « quitte ses parents et s'en aille accomplir sa mission d’homme avec la compagne de son choix ».Sur le plan de l’éducation, pères et mères de famille devront permettre a la volonté de se manifester et fourniront même l'occasion d’initiatives personnelles ; c'est ici que 1 on s'apercevra du bienfait des familles nombreuses qui permettent aux enfants plus de facilité pour obtenir le plein épanouissement de leur personnalité.MARS 1951 343 Malheureusement en regard de ces foyers où les petits sèment la joie à profusion, il y a les Uniono olérileo.Comment s'empêcher de trouver pénibles ces situations et de chercher les moyens d’y remédier?Que les époux déploient tous leurs efforts afin de ne pas cultiver un égoïsme à deux, source de malheur dans la majorité des cas.D’autres activités doivent combler les vides de ces ménages : en particulier ils ouvriront leur foyer (( à tous ceux qui peuvent y trouver un réconfort ou un bienfait ».C'est alors que, malgré l'abnégation requise, toutes ces activités extraconjugales, faites sous le signe du « nous », donneront à ces époux un enrichissement spirituel qui aidera à supporter la dure épreuve.La stérilité d'un foyer existe aussi sur un autre plan : l’union des corps n'est pas la seule, et celle des esprits, des cœurs et des âmes a sa grande valeur pour assurer le bonheur conjugal.« L'idéal du mariage est donc que toute la vie soit une vie à deux » et les conjoints doivent prendre les moyens pour gravir, la main dans la main, les sentiers escarpés qui conduisent vers les cimes éclairées de la sanctification à deux et du bonheur conjugal, dont l'apothéose se réalisera dans l’éternité.Les époux fixeront donc les yeux vers cet idéal et en imprégneront toute leur vie, car le mariage est un sacrement qui fournit toutes les grâces nécessaires pour atteindre les sommets de la sainteté.Il était impossible d'étudier ce grand renouveau conjugal, sensible actuellement à travers toute la chrétienté, sans aborder la Spiritualité conjugale.Comme nous le dit l'auteur, les époux doivent mettre leur vie spirituelle en commun et, semble-t-il, leur vie spirituelle avant tout.Ce devoir prouve tout le bien fondé des retraites où époux et épouses reçoivent en même temps le même enseignement et vérifient ensemble la courbe de leur évolution spirituelle.Dans ce domaine, il est bon de se rappeler cependant que la psychologie féminine -ou masculine n'est pas la même et que l'apport de l’une ou de l'autre permet d’établir un équilibre plus sûr, gage assuré d'une spiritualité basée sur la réalité et les mille préoccupations de la vie quotidienne.Pour se développer, cette spiritualité devra revêtir certaines formes caractéristiques de la vie laïque, par exemple, il sera nécessaire de prier ensemble, mais il faudra en même temps faire un effort pour s'organiser un (( office conjugal » qui pourra être réalisé par des lectures faites en commun et surtout par la préparation commune de la messe dominicale.A ce sujet, comme il est presque toujours impossible aux époux d'assister à la même messe, occupes qu’ils sont par la garde des enfants, un minimum est requis pour une communauté de sentiments et de prières : une offrande conjointe de la semaine cjui vient de se terminer et une communion qui soit pour chacun 1 occasion de prévoir les manquements à 1 amour conjugal et d'implorer les secours du divin Médiateur.En conclusion, M.le chanoine Leclercq traite de l’Eoprit de pauvreté dano le mariage, car la pauvreté est un aspect essentiel 344 LECTURES de la perfection chrétienne.Cependant celle des epoux doit différer de celle des religieux.Une mise au point s'impose : la pauvreté n'est ni la misère, ni la gêne, ni la bohème, ni l'excentricité, ni la saleté, ni la négligence, ni l’avarice.Bien au contraire, elle constitue un état de vie gui répond aux exigences du pays et du milieu et qui mêle en meme temps la prudence avec l’abandon à la Providence.Cette pauvreté sera tellement basée sur la réalité qu'elle n’exclura pas l'aisance, mode de vie tout à fait différent du luxe ou de l'étalage des richesses.En lisant cette analyse d'un ouvrage si riche par son contenu, bien des gens hausseront les épaules et trouveront qu'il est bien difficile de réaliser dans la pratique tous les conseils prodigués par l'auteur.Nous croyons cependant que tout cela est possible et que, de plus en plus, doivent surgir des foyers chrétiens convaincus de la noblesse du mariage et résolus à manifester dans le cadre de la vie conjugale la fécondité de la grâce qui est le signe de la présence divine dans l'Eglise.Simone et Roland GERMAIN Un fils à tuer Il est naturel que, dans une famille soi-disant tarée ou frappée de stérilité précoce, la naissance des aînés soit saluée avec une exubérance toute juvénile et un orgueil parfois témérairement légitime.Si grêle et malingre soit-il.le rejeton devient tôt une idole familiale, une gloire qu'on étale avec complaisance.Ainsi, certaines œuvres de jeunesse, fruits d’une maturation hâtive, se voient souvent auréolées à tort par une coterie littéraire en mal d’infliger à quelque école le despotisme grossier d'un talent douteux.Or, loin de servir la renommée qu'ils croient étayer de leurs éloges truffés, ces adulateurs la tuent.Ignorent-ils donc le vers célébré que Boileau adressait à Racine au lendemain de l’échec de Phèdre : « Le mérite en repos s’endort dans la paresse )) ?Si non, comment font-ils fi d’une observation aussi judicieuse et quelle excuse à leur intarissable louange?On serait parfois tenté de croire qu'il se trame chez nous une conspiration du silence, ou mieux encore de la flatterie, autour de certaines œuvres dignes d'un meilleur sort.Le joeu de mal qu'on en écrit est une atteinte au bien qu'on y décele à grand renfort d'épithètes sonores et de périodes creuses.Comme si le jeune auteur de talent n’avait pas droit à cette preuve de confiance et à ce témoignage d’estime que constitue une critique 1 GRANDMONT (Eloi de), Un fils à tuer.Drame en trois actes et cinq tableaux.Montréal, Ed.de Malte [cl950].101p.19cm.Pour adultes MARS 1951 345 objective 1 Tout alarmant qu'il soit, pareil abus n'est cependant pas nouveau puisque Jean Racine s'en plaignait déjà en 1670, lorsque, dans la première préface de lirilannicua, il écrivait : (( Enlin je suis très persuade qu’on me peut faire bien d'autres critiques, sur lesquelles je n'aurais d'autre parti à prendre que celui d'en profiter à l’avenir.Mais je plains fort le malheur d’un homme qui travaille pour le public.Ceux qui voient le mieux nos défauts sont ceux qui les dissimulent le plus volontiers.Ils nous f>ardonnent les endroits qui leur ont déplu, en faveur tie ceux qui eur ont donné du plaisir.Il n'y a rien, au contraire, de plus injuste qu'un ignorant.Il croit toujours que l’admiration est le partage des gens qui ne savent rien.Il condamne toute une pièce pour une scène qu'il n'approuve pas.Il s'attaque même aux endroits les plus éclatants, pour faire croire qu’il a de l'esprit.» Sans verser, nous l’espérons, dans l’un ou l’autre de ces travers relevés par le poète, la présente analyse s'emploiera à mettre en valeur les « endroits les plus éclatants )) d Un file t) hier et à signaler dans cette pièce ce qu’il conviendrait d’appeler la déficience des signes ou la trahison des moyens.Nul doute que le culte qu’il voue au théâtre incitera M.Eloi de Grandmont à recevoir en bonne part ces quelques réflexions inspirées par le souci de lui rendre justice et d’écarter de la voie îles jeunes dramaturges canadiens-français le péril menaçant de la facilité.L'action d’l /?file h luer, drame en trois actes et cinq tableaux, se situe au sein d’une famille des premiers temps de la colonie.Prévenus par des voisins qui ont trouvé leur enfant à l’orée de la forêt et dans un pitoyable état, le père et la mère ramènent à la maison le fils qu’un étrange désir d’évasion a poussé à cette escapade.Bientôt Jean reprend connaissance et, resté seul avec sa mère, lui exprime son dégoût d’une existence où tout le blesse, même l’amour qu’on lui porte.A Hélène qui, sur les instances de la mère éplorée, tente de l’attacher au foyer « par autre chose que le pays et cette mission dont son père lui parle constamment », le fils aigri oppose une résistance ironique, cruelle.Un dialogue orageux entre le jeune homme et son père clôt le premier acte.Le second se déroule à l’heure de midi.I.es passions couvent sous la détente purement apparente des âmes ; il ne fait aucun doute aue le destin tragique du héros s’élabore au silence angoissant de cette halte.A sa mère dont 1’affectueuse tendresse le traque au plus intime de lui-même, Jean confie son rêve : partir en quête de ce pays où, « depuis des mois, il y a des flots de ce beau soleil qui brille aujourd’hui » sur le lopin.« Le devoir est devenu notre première règle », affirme la mère.« Eh bien ! Voilà une règle que je n'admettrai jamais », lui répond Jean.Le père entre.A quelques mots échangés avec son fils, il préjuge l'effet de la réclusion infligée à l’insoumis aux dernières répliques de l’acte Précédent.Mais, l’illusoire assurance du père ne saurait calmer inquiétude maternelle.Les heures passent, lourdes, incertaines.346 LECTURES Le maître de la maison presse Hélène de retenir Jean dont le départ la vouerait à une solitude affreuse.Fidèle indéfcctiblement à celui dont le mépris la tue, la jeune tille ne trouve de mots que pour le prévenir des desseins paternels.Le père survient inopinément et la chasse.Quelques heures plus tard, dans la pièce où entre déjà la nuit, le tils s’apprête à partir.Le père présent depuis un moment, à l’inst int de sortir, aperçoit tout à coup le baluchon.Son intransigeance farouche se heurte à la ferme décision de Jean qui franchit le seuil.Le pere, outré, décroche un fusil de chasse et abat le « déserteur ».Bien que tort incomplet ce résumé du drame d’Eloi de Grand-mont laisse soupçonner les riches possibilités du sujet.Cette matière dense oflrait au dramaturge débutant tous les éléments d’une œuvre profondément humaine et quelques-uns des thèmes les plus féconds de la littérature universelle.L'âme de la jeunesse aurait pu lutter, haleter, se grandir dans cette fièvre qu'allume au cœur de Jean la magie d'une vision enchanteresse, dans cet élan eperdu de tout 1 être vers un absolu si douloureusement insaisissable, dans cette révolté enfin contre un amour mesquin, quotidiennement prodigue et dont les voix fallacieuses couvrent souvent l’appel d’un Amour souverain.Quant à l’âpreté du père, brisant tour à tour chaque personnage du drame, ne symbolise-t-elle pas avec une rare puissance cet asservissement du cœur à la nécessité, qui ferme l’adulte au chant de l'adolescence et l'investit de solitude ! Parce qu’elle n’a d’autre raison de vivre que cette charité a laquelle tout de son être aspire en une immolation généreuse, la mère d’é n fi U à tuer ressuscite aux contins du souvenir ce visage sur chaque plaie penché, à chaque soif off ert, en chaque don retrouve, où s incarnent le devoir et l’amour.Toujours, de son mieux et à sa façon, la mère tente de défendre ce qu’elle aime.Ft le fils à demi perdu, c’est encore à l’amour qu’elle le redemande.Eu égard aux réels mérites du fond, d'aucuns s'abstiendront peut-etre de juger l’œuvre décevante.Ils conviendront cependant qu il est regrettable que de telles ressources aient été mal exploitées et livrées aux bafouillements d’une technique vague.Servi Çar des moyens inadéquats, ce qui, dans le drame de Grandmont, était de nature à composer un riche tableau de l’âme rude et âpre des ancêtres, demeure à l’état d’esquisse.Hélas ! que reste-t-il d un lond propre à nourrir une œuvre forte et à lui conférer une grandeur tragique comparable à celle des chefs-d'œuvre de la Grece antique ?— Un exercice ennuyeux, un essai auquel il a manque la garantie d’une authentique formation classique.Ce siecle est si fertile en dilettantes qu’un amateurisme prolifère y devient prétexte à toutes les licences, à toutes les improvisations, à toutes les prostitutions.I/art d’Eloi de Grandmont a ce je ne sais quoi de plaqué, d’excessif, d'abusif et d'artificiel à la fois qui révèle une ignorance pratique quasi-totale des lois de l’expression ou des signes em- MARS 1951 347 çloyés par l'artiste.Le signe n'est autre chose que le symbole de l'idée, l'expression.Or, celle-ci, pour s'acquitter convenablement de sa fonction esthétique, doit jouir de six attributs : elle doit s'employer tout entière au service de l'idée, être exacte, claire, naturelle, idéale, et au besoin ornée ou élégante.Ces exigences de la forme sont commandées par l'art dont le rôle est de traduire dans un terme et de faire resplendir à travers une enveloppe sensible la beauté essentielle de l’idée.Il importe de signaler ici que la fin de l'art s’identifie avec celle du beau lui-même, puisque l'objet^de l'art n'est autre que celui du beau.L'art doit donc tendre à produire sur l’homme, par la représentation du beau, les effets que produit la beauté elle-même.Or, celle-ci ravit, enlève l'admiration, parce qu'elle est une révélation de la splendeur de la perfection, de l’harmonie, de l'ordre, ou, selon la définition qu'en donne saint Thomas dans 1 ' Opuocuium de Putebro, « l'éclat communiqué par la forme aux diverses parties de la matière, ou bien à plusieurs principes, à plusieurs actions, harmonieusement unis en un même tout )).Voilà des principes anciens certes, mais dont l'incontestable valeur demeure propre à maintenir la suprématie de l’idée sur le mot et de la vérité sur la beauté.Aux objecteurs qui prônent une émancipation souvent rendue nécessaire par leur impuissance à plier un pseudo-talent sous une discipline éprouvée, nous proposons la réponse de Dorante au poète Lysidas, dans la Critique de l’école deo Jemmee.Ce qu'ils jugent désuet et suranné leur apparaîtra peut-être sous un nouveau jour.(( Il semble, à vous ouïr parler, que ces règles de l'art soient les plus grands mystères du monde ; et cependant ce ne sont que quelques observations aisées, que le bon sens a faites sur ce qui peut ôter le plaisir que l'on prend a ces sortes de poemes.; et le même bon sens qui a fait autrefois ces observations les fait aisément tous les jours, sans le secours d’Horace et d'Aristote » (Scène VI).A la lumière de ces principes immuables, dictés par une saine logique, précisons de quelle manière l'auteur d Unjilâ à tuer s est vu trahi par des moyens déficients, au seuil d une œuvre neanmoins révélatrice de dons certains.Dans sa Poétique, le Stagirite définit en ces termes la pensée, l’une des six parties constitutives de la tragédie : « Ejle consiste dans la faculté de trouver le langage qu’implique la situation, le langage approprié, ce qui dans le discours est I œuvre de la politique et de la rhétorique ».Quelques pages plus loin, traitant des caractères, le Prince des philosophes écrit : « Il faut aussi dans les caractères, comme dans la composition des faits, chercher toujours ou le nécessaire ou le vraisemblable, de sorte qu’il soit nécessaire ou vraisemblable que tel personnage parle ou agisse de telle façon, qu'après telle chose il se produise telle autre ».Cette double citation atteste l’importance du naturel qui exclut tout élément factice, tout geste simulé, pour ne faire loi que de la 348 LECTURES nécessité, gage de la vraisemblance.Le signe doit donc s'oublier lui-méme, se consumer tout entier pour l'idée puisque le naturel ne souffre rien d'arbitraire, rien de violent ou de forcé et bannit la raideur ou toute attitude guindée qui ne se soutient qu'au prix d'un effort visible.Faire vivre l’idéal, donner à la beauté sublime les apparences du naturel le plus simple, tel est le problème apparemment insoluble que les tragiques grecs et leurs imitateurs français du XVIIe ont pourtant résolu.Sans avoir la mauvaise grâce d’esquisser un parallèle aussi ridicule que désobligeant entre ces génies et le jeune dramaturge dont nous étudions la première création, notons que cette vertu du naturel qui fait la gloire et le charme des maîtres est malheureusement celle qui fait le plus défaut à M.de Grandmont.Que de scènes à’Un JiU à tuer font paver chèrement au lecteur les éphémères délices de quelques rares moments parés de la grâce d’un naturel exquis ! Parmi ceux-ci rappelons cette deuxième scène du second acte, véritable petit chef-d'œuvre de nature1.Tout y est facile, au sens le plus élogieux du terme, vrai sans affectation, sincère sans grimace.La scène mériterait d’etre citée intégralement, mais les cadres restreints de cette étude nous obligent à n’en extraire que les répliques les plus saillantes.Voici d’abord, toute de délicatesse et de sensibilité, cette fine touche pour centrer à nouveau le dialogue sur le foyer des âmes.La Mère.—Quel beau jour de printemps n'est-ce pas?Jean.— Même dans les rivières au Nord, la débâcle est terminée.Le fleuve est libre.Ailleurs, les printemps doivent être si différents des nôtres.La Mère.— Oui.Pourtant, ceux d'ici ont bien leur charme, crois-moi.Et, sous ces phrases haletantes, quel irrépressible cri de désir 1 La Mère.— Jean, tu sais bien que ton père n'aime pas que nous nous tournions la tête avec ces souvenirs.Il dit qu'il faut regarder en avant.Jean.—Avez-vous juré d'arracher, un à un, de votre cœur, les souvenirs les plus doux?Moi qui n'ai pas encore connu d'autre vie que celle-ci, j'aime laisser tourbillonner clans ma tête des souvenirs imaginaires et les rêves de l'avenir.La Mère.— Il ne faut pas.Jean.—Souvenirs et rêves s entrelacent délicieusement.Dites, maman, ne vous arrive-t-il pas, à vous aussi, de vous éveiller au sortir d'un cauchemar et de marcher soudain d'un pas léger, dans une autre vie ?La Mère.— Jean, abandonne ces pensées.Jean.— Songez aux terres qui sont là-bas, plus loin que nos yeux ne peuvent regarder, aux mondes qui se cachent par delà les mers.La Alère se couvre le visage de ses mains, comme pour cacher ses larmes, Jean la regarde.Il court vers elle et l'embrasse.— Maman 1 La Mère.— J'ai déjà entendu ces paroles, et de la bouche même de ton père.Jean.— Maman 1 Enfin, comment ne pas extraire du dernier tableau de la pièce la scène des adieux, où la « passion émue » trouve le cœur, l'echauffe et le remue ?MARS 1951 349 Jean.— Maman ! Maman 1 Si vous saviez comme je pense peu aux difficultés qui m'attendent 1 la plus douloureuse de toutes, je dois l’affronter avant de partir.Vous quitter, maman, est plus terrible que la traversée des mers.Si j’ai accumulé des forces pour parcourir des continents, c’est à peine si j’en ai assez pour vous dire adieu.Pourtant il le laut.Vous pensez peut-être que je ne vous aime pas, que je ne vous ai jamais aimée.Détrompez-vous et songez combien je vous aimerai lorsque rien de ce qui vous touche, de ce qui vous entoure, ne sera là pour me rendre malheureux.Je vous aimerai d’une manière totale.A vrai dire, c'est aujourd’hui que je commence à vous aimer, au moment où, silencieuse, vous m’accordez la permission d'entreprendre ce grand voyage.Oui, c’est au moment où vous me permettez de vivre que je commence à vous aimer.Me comprenez-vous, maman ?Vous me donnez la vie, ce soir.Vous me donnez la vie et vous me donnez le monde.Merci, maman, merci.Vous pleurez, mais je sais que vous êtes heureuse.La Mère.— Jean ! Mon fils ! Jean.— Jusqu’ici je n’ai pas su vous parler.Oubliez tous mes écarts de langage, car ce n’est pas à cette mère, ce n’est pas à vous que je parlais.Vous comprenez?(La Jlère regarde.Il sourit.) Comme je suis heureux ! J’ai eu tout juste le temps de me faire comprendre.{sicte III, tableau V, scène I) Hélas ! en marge de ces répliques clairsemées où la justesse du signe s’allie à la profondeur du sentiment pour réaliser entre l'expression et la chose exprimée une équation presque parfaite, que d’atteintes au naturel ! Le héros du drame, qui affectionne jouer un personnage et qui, en guise de distractions, recherche les occasions de s'exciter contre tout ce qu'on lui dit, est décidément trop romanesque pour un fds de colon, grandi dans une ambiance propice à l’éclosion d âmes fortes.Certaines Saroles de Jean incitent même le lecteur à se croire en présence un de ces spécimens de la faune existentialiste échappé de son habitat naturel.Quel habitué des caves de Saint-Germain-des-Prés ne déclarerait volontiers : « Oui, je rêve ; mais le rêve, pour moi, c’est la réalité ; car pour ce qui est de la réalité, j'ai appris a mépriser ce qui m'entoure, à tout mépriser.Je suis maintenant prêt pour les jures aventures et incapable d'accorder une parcelle de mon cœur à qui que ce soit.Je suis vidé de tout.Je suis libre ! J'ai acquis la liberté de faire souffrir sans remords.Ce n’est pas très beau, mais c'est dans le rôle de l’homme.11 ne faut pas être trop délicat )) ?LTn tel discours n’est pas sans analogie avec celui que tient l’Oreste de Sartre sur le cadavre de Clytemnestre assassinée.Quant au personnage du père, son invraisemblance le relègue au rang de pâle caricature et de piètre maniaque.C'est sur le ton solennel et en termes rappelant le langage des barbons de l'ancienne farce qu’il condamne son fils à la réclusion : (( Jusqu’à nouvel ordre, tu n’as pas la permission de sortir de cette maison.Je ne dis pas que, si tu en sors, ce sera pour ne plus y entrer.Je t’affirme que tu n’en sortiras pas.» Une suffisance plus grotesque que tyrannique conlère au personnage une allure bouffonne.En voici quelques exemples : Le Père.— .Nous avons eu le courage de nous débarrasser de cette Hélène pestiféré, qui déplaisait à tout le monde dans la maison.Ah 1 350 LECTURES ; avais bien compris son ;eu : une fille sans dot, sans cervelle, et ne cherchant qu à nous duper.Heureusement que l'on ne force pas avec facilité la porte d un foyer comme le nôtre.(Un temps.) Vous dites quelque chose, tous les deux ?On croirait que vous ne m'écoutez même pas J ai chassé cette petite garce, n'ai-je pas eu raison?Maintenant, la place est nette.La Mère.— Bien sûr, tu as eu raison.{Acte III, tableau V, scène II) Et, plus loin, ce trait d'un burlesque avorté : Le Père.— Au moment où nous sommes là, tous les trois, en paix, au moment où je pardonne à tous, au moment où je vous parle gravement, qu est-ce que j'apprends ?Mon fils, distrait, perdu dans la rêvasserie, ne m écoute pas.Jean.—Continuez, je vais écouter.Le Père.— JJ ai dit ce que j'avais à dire.Jean.—Alors.vous aviez raison.sans aucun doute.Le Père.— J'avais raison, j'avais raison, mais bien sûr.Est-ce que ;e n ai pas toujours raison ?Avec deux êtres de votre espèce, le contraire serait tout de même révoltant.{Ibid.) Il n'en faut guère plus pour que le ridicule trahisse l'impuissance et confine à la bêtise.Rien de dIus artificiel aussi dans Un fila à luer que cette invraisemblable faculté de s’observer — de grâce, n’allez pas croire à la lucidité de Phèdre, d'Hermione ou de Roxane — que conservent les personnages du drame au cœur des situations les plus tendues et aux tournants les ^lus décisifs.Pour illustrer cette assertion, ne citons que les dernieres paroles du héros, au point culminant de l’action : « Je quitte un père en colère et une mère soumise jusqu'au bout.Votre fils demeure dans son rôle de ce que 1 on nommera sans doute « déserteur )).Voilà la famille réunie au complet pour la dernière fois.Adieu I Adieu, chère prison 1 » Se peut-il concevoir sortie plus banale, plus controuvee et plus ridicule à la fois ?Pareil laisser-aller chez un jeune auteur est impardonnable car la décence littéraire ne saurait être un mythe.L'ignorer de si bonne heure, c'est risquer de l'ignorer toujours et s'assurer les garanties d'un art frelaté.La grande facilité dont fait preuve Lloi de Grandmont peut lui etre fatale comme à beaucoup de ses devanciers qui encombrent les avenues du théâtre boulevardier.lout n'est pas de s'abandonner aux caprices d'un falent en effervescence ou^de brûler les étapes d'une formation indispensable.Il faut s'initier aux mystères d'un art par un long contact avec les maîtres et par un dialogue intelligent avec les oeuvres dont l'inaltérable beauté transcende les écoles et les siècles.Retrouver le secret de l'âpre grandeur d’un Eschyle, d'un Sophocle et d'un Corneille, de l'humanité profonde d’un Euripide, d un Racine et d’un Shakespeare nécessite un retour à l'humilité car notre siècle, passé maître dans le domaine des techniques mortes et grand amateur de pitreries sur le plan de l'art, mé- mars 1951 351 connaît souvent les droits imprescriptibles de la raison.A l'instar de tout artiste, le jeune dramaturge doit donc s'imposer une austère discipline dans le choix des movens et sacrifier sans remords aux exigences parfois brutales de la beauté.Mais ce choix, impossible d'en assurer l'objectivité sans les lumières d'un humanisme intégral et la vertu d'une solide culture classique.Moins encore peut-être que tout autre genre littéraire, le théâtre souffre l’improvisation car, selon le mot de Boileau, « la scene demande une exacte raison ».Jean-Paul PINSONNEAULT RISQUES D’HOMMES par Rolland Llgault Ce roman émerge de toute la production canadienne par son originalité, son intérêt et son pathétique.248 pages, couverture en couleurs : $1.50 (par la poste : $1.60) A PARAITRE PROCHAINEMENT COR UNUM HISTOIRE de la FAMILLE TRAPP par la Baronne Maria Augusta Trapp L’histoire merveilleuse d'un chœur célèbre qui a conquis tant d’auditoires au Canada, aux Etats-Unis et en Europe.314 pages, 40 photos en hors-texte.362 LECTURES DOCUMENTS La lecture spirituelle che\ les laïques Les programmes actuels de la J.E.C., de même que le thème des campagnes étudiantes de cette année nous amènent à envisager ici la question très importante de la lecture spirituelle chez les laïques.La culture religieuse nécessaire au laïque.Complément, ou plutôt fondement de toute culture profane, la culture religieuse vraiment personnelle et vivante forme la partie centrale de la vie intellectuelle du catholique militant.Sans ce fond, il n'est qu'une cymbale retentissante, une girouette agitée a tout vent, un moulin à paroles d'une viduité condamnable.Aucun homme ne peut se dispenser de réfléchir, au moins à certaines heures, sur les problèmes essentiels de sa foi ; aucun ne peut négliger la revision constante et l'approfondissement progressif des vérités et des principes qui conditionnent son salut et sa sainteté, son rayonnement apostolique.s acquiert surtout par la lecture personnelle Mais cette assimilation personnelle et progressive du mystère chrétien ne se fait pas sans un contact fréquent, incessant, avec les sources de la doctrine.Et si, pour l'humble laboureur illettré, ce contact peut se maintenir parfois par la simple méditation du sermon du dimanche, pour le militant qui vit dans un monde plus intellectuel, une lecture assidue et serieuse devient nécessaire : il lui faut s'emparer des richesses culturelles de son époque, tant religieuses que profanes, et proportionner sa science surnaturelle à sa science naturelle.Trop de savants et de professionnels ont à ce sujet des pratiques invraisemblables : ils s’astreignent à la plus grande rigueur scientifique dans l’exercice de leur spécialité, mais en matière de foi se permettent de discourir, et même d'écrire avec une ignorance et une légèreté révoltantes.La doctrine sacrée n'est pourtant pas moins profonde que les sciences naturelles, et l'intellectuel contemporain ne peut se contenter de la foi du charbonnier.S'il néglige sa culture spirituelle, non seulement il manque à ses devoirs apostoliques, mais il met son salut en danger.Dans les courants si mêlés et parfois si troublés de la pensée moderne, nul ne peut garder sa foi intègre s’il ne l’alimente et la renouvelle constamment aux meilleures sources.MARS 1951 353 D'où ressort la nécessité générale, pour tous ceux qui s'intéressent en quelque façon aux choses de l'esprit, d'une lecture spirituelle assez suivie.Et cette habitude doit s'acquérir durant les années de formation, autrement il est fort à craindre que le chrétien n'arrive au jugement dernier qu'avec la honte d avoir « enterré son talent ».Et si cela est vrai de tout chrétien, combien plus du militant d’A.C., qui a librement accepté dans son milieu la fonction de messager, de missionnaire chrétien, par l'exemple et la parole.Une lacune lourde de conséquence* Combien d’élèves sortent de nos collèges et de nos couvents, de nos écoles, où ils reçurent l'enseignement de prêtres, de religieux et de religieuses, sans avoir compris la nécessite de se maintenir en haleine sur ce point, de se renseigner pour renseigner leurs enfants.Pourtant, au sein de cette vie moderne où les valeurs religieuses sont de plus en plus battues en brèche, les bons livres seront souvent le seul moyen de retremper leur foi.Combien sortent de nos institutions sans avoir fait une seule lecture personnelle du Nouveau testament.de 1 Evangile 1 Il v a des directeurs de conscience et des assistants et assistantes qui ont eu pendant des années des types très, bien disposes sous leur conduite, et qui n’ont même pas trouve le mop’en de leur faire lire la Bible, une vie de saint ou l’Imitation de Jesus-Christ 1 Il n’est pas surprenant que nos jeunes, accédant a la vie adulte, faiblissent si vite lorsqu'ils sont abandonnés à eux-memes, méprisent tout devoir apostolique, et parfois toute pratique reli- âieuse.Que leur a-t-on laissé comme moyen de reaction au sortir e l’école ?— Il y a là une très grave responsabilité pour les éducateurs chrétiens.Difficultés el possibilités Mais il n'est pas facile de faire contracter cette bonne habitude à nos jeunes, dites-vous.r\ rop de facteurs s'y opposent, et d'abord leur légèreté, jointe à l’étrange indifîerence du monde d'aujourd’hui pour le problème religieux.— Cela est vrai pour une part ; mais une connaissance sérieuse de notre génération nous montre que malgré sa dissipation de surface, elle reste aussi affamée, en son fond, des vérités de la foi.Il faut savoir frapper avec douceur et patience à sa porte, pour qu elle s ouvre eniin à la lumière et à la grâce.Il faut aussi lui présenter le message chrétien dans une forme qui ne soit pas complètement dessechee ou absolument étrangère a son état d'esprit.Il faut tenir compte des âges, des tempéraments, des époques, des goûts, des problèmes intérieurs.Expériences vécues Chacun de nous a dans ce domaine de petites experiences assez significatives.Un directeur spirituel, s'occupant au cours 354 LECTURES He Lettres d un type que son evolution intérieure semblait diriger vers la vie religieuse, voulut lui révéler les splendeurs de la vie spn îtuclle et les trésors de 1 oraison.Et pour ce faire, il lui passa tout simplement Let Trot* Ageo de la vie intérieure, de Garrigou-Lagrange, et Le* l oieo de l’oraison menlale, de Lehodey.C'était assurément du substantiel, mais le pauvre type, non encore entraîne a la lecture de ces volumineux manuels, ne put s'y mettre sérieusement qu apres.avoir débuté en philosopliie, et garda mauvais souvenir des livres « sur la vie intérieure et l'oraison ».^>ar contre, un pretre, causant un jour avec une jeune tille, lui lit observer que son bagage religieux ne correspondait pas à Sl nU ture profane, et lui conseilla ae faire quelque lecture spirituelle tous les jours.^ La jeune fille se montra peu enthousiaste, prétendant qu elle n avait pas 1 intention de (( faire une sœur » Mais devant l'insistance du prêtre, elle promit quand même la somme apparemment ridicule de deux minutes par jour, dans L Introduction à la vie dévoie, de saint François de Sales.Comme elle était honnete, elle tint son engagement ; et il se trouva que cet ouvrage lui plut, ce qui n'arrive pas en tous les cas.Avec les années, quoique vivant toujours dans le monde, elle augmenta son temps de lecture jusqu’à dix minutes par jour.somme pas très considerable encore ; et cependant on serait surpris de supputer tout ce que cela lui a permis de lire, dans les auteurs spirituels contemporains ou anciens, dans la Bible et même dans samt Thomas et Garrigou-Lagrange.Elle avoue elle-même que c est 1 une des grandes grâces de sa vie, et qu'elle fait maintenant avec grand intérêt ce qu'elle a commencé avec répugnance.Comment ouL °ktenir d un jeune qu il s'adonne sérieusement à cette lecture, il peut être bon de lui exposer brièvement les raisons énu-merees plus haut, et d'insister sur sa responsabilité sociale, surtout s il est militant d A.C.Mais il faut aussi proportionner l'objet a ses goûts, et ne pas lui demander une régularité trop grande.Certains peuvent prendre assez facilement 1 habitude de lire une page d évangile par jour, à un moment précis de la journée ; mais dans bien d autres cas l'intérêt sera mieux soutenu par une histoire vivante et brève, qu'on lira tout d’un trait.Il est capital en cette matière de trouver des ouvrages dimpled et trèd vivante.Une biographie alerte, racontant la vie d'un saint ou d un grand chrétien sans applications à l'eau de rose, dans un style direct et dépouillé, vaut souvent mieux que tout le reste.Ce que veulent les jeunes, ce sont des histoires passionnantes et devantes, où leur goût si compréhensible de l'aventure et de 1 exploit chevaleresque trouve satisfaction.Et le Seigneur, qui aime les cœurs simples et généreux, a façonné dans sa Providence bien des ligures de saints qui répondent à cet idéal, depuis celles de Joseph, fils de Jacob, de Ruth la Moabite, de David, et de MARSj.1951 355 tant d’autres comprises dans la Bible, jusqu’à celles de Dom Bosco, de Pier Giorgio Frassati, de Jeanne d’Arc, de Thérèse de Lisieux ou de Jeanne Mance.Ces vies sont l’illustration meme de la doctrine chrétienne en action, et peuvent laisser autant de notions solides dans la tête des lecteurs, que bien des manuels de spiritualité.Il ne faut certes pas négliger ces derniers : nous assistons aujourd’hui à de fructueux essais pour une vulgarisation attrayante de la doctrine spirituelle, essais auxquels la faveur des jeunes donne une sanction non équivoque.Mais les enseignements d’une belle vie sont encore plus attirants.La longueur du volume compte aussi pour beaucoup.Plus le lecteur est jeune, moins le bouquin doit ctre épais, surtout si ce n’est pas une biographie.Bien souvent, ce que nous considérons comme un chapitre court et peu substantiel sera déjà très difficile à digérer pour le jeune.Si nous manquons d’ouvrages courts, il nous est toujours possible de proposer la lecture d un chapitre clair et facile, dans un ouvrage bien fait, quitte à apporter plus tard le complément, par le même ouvrage ou par d'autres.Il col surtout important de ne jamais passer des livres que noua n avons pas lus, jusseni-ils munis par ailleurs des meilleures recommandations.Une grande part du dégoût des jeunes pour la lecture vient de là : on leur a donne, à un certain moment, un ouvrage mal adapté, sans l’avoir même parcouru, et 1 on est ensuite surpris des mauvais résultats.Mieux vaut avoir peu de volumes à prêter, mais les connaître à fond, savoir si vraiment ils conviennent au tempérament et à Page de ceux a qui on les destine, et pouvoir ensuite en causer facilement avec eux.Noies bibliographiques Dans le cadre des réflexions présentées plus haut, nous essaierons maintenant de fournir quelques indications bibliographiques, dans le but d’aider aumôniers, assistants et assistantes à se constituer une liste personnelle sur le sujet.Il ne peut s agir ici que d’une esquisse très subjective, le véritable travail sur ce point ne pouvant se faire que par une équipe d’éducateurs expérimentes.Nous remercions cependant les aumôniers, assistants et assistantes qui ont bien voulu répondre à notre questionnaire et nous indiquer les livres qui leur servaient le plus auprès des jeunes à ce sujet.Notre bibliographie aura ainsi une portée plus pratique puisqu’elle tiendra compte des expériences déjà faites dans notre milieu d'A.C.Répertoires généraux et spéciaux Il faut d’abord noter que plusieurs recueils de bibliographie méthodique, générale ou spécialisée, peuvent etre utilises.ici.Pourvu qu on vérifie toujours personnellement si leurs suggestions conviennent à nos jeunes, ils pourront aider grandement car ils 356 LECTURES fournissent de longues listes de volumes en librairie sur la plupart des divisions de la spiritualité.Ainsi les Répertoires de bibliographie culturelle analysés ci-après dans les Cahiers (p.263) contiennent chacun une ou plusieurs sections de spiritualité et d’hagiographie: Frédéric DUVAL.Les livres qui s’imposent, p.5 à 216.H.HARDT et un groupe de professeurs : La Ronde des livres, p.31 à 46.J.DELEPIERRE et V.HONNAY, s.j., Valeurs de vie et Livres d'aujourd'hui, vol.I, p.40 à 94.Pierre WIGNY et collaborateurs, la Bibliothèque de l’honnête homme, p.285 à 340.Quelques revues catholiques de bibliographie critique sont aussi à recommander pour leur section de iivres religieux : Lectures, édité par Fides, à Montréal.Livres et Lectures, 184 Avenue de Verdun, Issy (Seine), France.La Revue des auteurs et des livres, Edition universelle, Bruxelles.La Vie spirituelle, Ed.du Cerf.Les recueils bibliographiques portant spécialement sur les questions de spiritualité et de doctrine chrétienne à l'usage des laïques sont évidemment très importants.A part un récent volume du P.Dewailly, o.p.encore introuvable dans nos librairies canadiennes maigre sa réputation, on peut recommander les ouvrages suivants (toujours à utiliser avec contrôle personnel) : Pierre DOURNES, Commenj lire (Guide de lectures), vol.II : La Vie chrétienne (Editions de la Proue, Paris, 1947), 86 pages ; P.WARLOMONT, La Littérature religieuse à l’usage des laïques (Casterman, Tournai — Paris, 1944, Collection « Clartés sur.»), 135 pages ; Centre Documentaire Catéchétique de Louvain.Oà en est l'enseignement religieux7 — Livres et méthodes de divers pays, Casterman, 1937 (500 pages dont environ 200 consacrées aux ouvrages français parmi lesquels un bon nombre accessibles aux laïques).En particulier sur la question missionnaire, toujours si importante, on trouvera de bons titres pour les jeunes, tant au point de vue doctrinal qu’historique et biographique, dans le livre de J.MASSON, s.j., Bibliographie missionnaire moderne (Casterman, Tournai — Paris, 1945), 184 pages.On aura aussi de bons aide-mémoire dans les catalogues classifiés des grandes librairies catholiques comme Les Editions du Cerf, Desclée de Brouwer, Beauchesne, etc.et en particulier mars 1951 357 dans le Guide des Lectures et des Bibliothèques publié annuellement par Fides.Si quelqu'un avait le loisir et le goût de parcourir les grands classiques de la spiritualité, il trouverait facilement les rappels des éditions et traductions françaises dans les listes fournies par les meilleurs manuels contemporains de spiritualité, comme ceux de Garrigou-Lagrange (Les Trois Ages de la oie intérieure), Tan-querey (Précis de Théologie ascétique et mystique), Schry vers (Les Principes de la oie spirituelle), et surtout une bonne introduction, avec bibliographie, à chacun des grands auteurs dans l'ouvrage étendu de P.POURRAT.Za Spiritualité chrétienne (des origines aux temps modernes), (Gabalda-Lecoffre, Paris), 4 vol.De meme, si l’on voulait aller jusqu’à recueillir, au milieu de bien des textes aujourd’hui peu accessibles au profane,la moelle doctrinale des Pères de l'Eglise, que des extraits et des éditions fort pratiques mettent aujourd'hui à la portée du grand public, on pourrait se procurer les indications et les commentaires appropries dans l'un des nombreux manuels patristiques publies récemment, comme celui de Fulbert CAYRE, a.a., Précis de Patrologie et d’Histoire de la Théologie (Desclée & Cie, Paris), 3 vol.ou dans le précieux petit opuscule de J.de GHELLINCK, s.j., Lectures spirituelles dans les écrits des Pères (Desclée de Brouwer & Cie, Paris, 1935), 80 pages.Parmi les éditions, groupées ou séparées, qui nous donnent actuellement en français les meilleurs textes des Pères grecs et latins il faut connaître La Collection Sources Chrétiennes (Editions du Cerf, Paris).En dehors des œuvres trop spécialisées pour les non-initiés, et malgré certaines introductions qui ont posé des problèmes dans le domaine théologique, cette collection contient quelques ouvrages intéressants pour le laïque cultivé.Inutile de souligner cependant qu'ici plus qu'ailleurs on devra mesurer soi-même, et soi- {pieusement, la proportion des ouvrages aux lecteurs à qui on es prête.(A suiore) Guy-Marie BERTRAND, c.s.c.PREMIER toujoun A}.SERVICE GENERAL 0 ABONNEMENT Settotï Sard T.l FR 7383 4234, de la Roche”, Montréal-34 358 LECTURES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages Des ouvrages critiqués dans le prévent numéro, nous mentionnons sous cette rubrique, quelques-uns de ceux qui sont le plus susceptible de distraire sainement, d’instruire ou d’éLver les lecteurs auxquels ils conviennent.Lt jail de signaler ici ces livres ne veut pas dire qu ils peuvent être conseillés à tous indistinctement, comme on peut le constater en se réjérant à la critique et à la cote morale.PHILOSOPHIE HELLER (Dr Louis-Lucien), Les âges de l’homme.RELIGION Doctrine DELAYE (E.), s.j., Qu est-ce qu’un catholique?Mariage LECLERCQ (Chan.Jacques), Le mariage chrétien.Spiritualité GRAEF (R ), c.s •sp., Seigneur, apprenez-nous à prier.SOLOVIEV (V ladimir), I.esJondtmenls spirituels de la vie.SCIENCES SOCIALES Education BETHLEEM (Abbé René), Catéchisme de /'éducation.VAN ROY (Fabienne), Toi qui deviens Jemme, déjà f.SCIENCES PURES COLLIN (Remv).Panorama de la biologie.BEAUX-ARTS Musique SAINT-FOIX (G.de), Les Symphonies de Mozart.Cinéma CHARTIER (J.-P.) et DESPLANQUES (F.), Derrière l’écran.LITTÉRATURE MAURIAC (François), Trois grands hommes devant Dieu.BIOGRAPHIES *** Le Cardinal Verdier.CHARRON (Yvon), p.s.s., Mère Bourgeoys.LAS CASES (Comte de), Mémorial de Sainte-Hélène.VILLEPELET (Mgr), L’esprit d’O zanam.MARS 1951 359 Ouvrages GÉNÉRALITÉS Semaines sociales de France Peuples d'outre-mer et civilisation occidentale.Semaines sociales de France, Lyon 1948, XXXVe session.Compte rendu in extenso des cours et conférences.Paris, Chronique sociale de France (1948).363p.22.5cm.Ce compte rendu portant sur l'état et l'avenir de la civilisation en dehors du continent européen et principalement en Afrique, en Asie et en Oceanie est beaucoup plus et mieux qu'un banal procès-verbal d'association ou de congrès.C'est une somme de principes imprégnée de la doctrine sociale de l'Eglise en ce qu'elle a de plus vivant, de plus dynamique, de plus conquérant.De plus, cet exposé est 1 œuvre de maîtres de la pensée catholique et française tels que Joseph Folliet, Mgr Chappoulie, Jean Guitton, etc.Même si les problèmes abordés se rapportent surtout à la France métropolitaine, ils sont traités avec une telle universalité qu'ils intéresseront les catholiques du monde entier.Cet ouvrage témoigne de la vigueur de la pensée catholique et de son adaptabilité à tous les temps, à tous les milieux et à tous les peuples.Rodolphe LAPLANTE PHILOSOPHIE Psychologie ^HELLER (Dr Louis-Lucien).Les Ages de l’homme.Prcf.de Gustave Thibon, Paris, Alsatia [cl949j.317p.ill.h.-t.19cm.Voici une étude à la fois médicale et psychologique du comportement de l’homme et de la femme aux différents stades de leur évolution physiologique.Cette mise au point générale, destinée au grand public, bien écrite, de lecture facile et agréablement illustrée, est l’œuvre d’un médecin, homme de bonne compagnie et qui a des lettres.La bibliographie relative à chacune des diverses périodes (enfance, puberté, ménopause) s'allongeant de façon im- ressionnante, il ne faut pas s'attendre une étude extrêmement poussée sur le sujet.C’est le travail d’un praticien plein de sagesse et de bon sens, dont le but est de nous aider à mieux nous connaître.Mme M.-A.LEGRAND RELIGION Doctrine DELAYE (E.), s.j.Qu est-ce qu’un catholique?Ex- fiosé d'ensemble de la doctrine catho* ique.Paris, Spes [1950].308p.19cm.Présenter au public catholique un exposé précis et clair de ce qu’il doit croire et faire était une tâche délicate et difficile parce que la chose demandait de l'expérience et du savoir.Le R.Père Délayé, s.j.a entrepris ce travail et il a réussi en tenant le juste milieu entre les données trop élémentaires du catéchisme et les longs exposés de spécialisation.De sa plume d’ancien professeur, l’auteur donne un aperçu général qui est presqu’une synthèse du savoir théologique.On pourrait critiquer le plan suivi par le P.Délayé ; mais on ne saurait lui en faire grief puisqu'il s'adresse au public chercheur de clarté et de précision concise beaucoup plus que d'enchaînements logiques et sinueux qui font les délices du logicien.Nous souhaitons grandement la diffusion de ce livre dans tous les milieux.Il peut nourrir la foi et donner des raisons solides à la morale catholique.Grégoire SAINT-GERMAIN, o.s.m.Spiritualité ANDRÉ (Ch.).L’idéal sacerdotal.Paris, Bloud et Gay [1950].126p.16.5cm.(Coll.La oie intérieure pour notre temps).La collection « la Vie intérieure pour notre temps » est une véritable mosaïque où les pièces quoique fort diverses constituent une véritable mine de spiritualité à l’usage des hommes d’aujourd’hui.Après La spiritualité de la route de Josepn Folliet et Le beau risque de 360 LECTURES la joi de l'abbé Joly, Vidéal sacerdotal semble destiné à un cercle plus restreint de lecteurs, aux personnes désireuses de « mieux connaître ce qu'est le prêtre et de pouvoir mieux 1 aider par la prière et la collaboration ».Le dernier chapitre, traitant des engagements contractés par le sous-diacre (pratique de la chasteté parfaite en esprit de religion et récitation quotidienne de l'office liturgique), renferme certainement les plus belles pages du volume, les plus humaines.Il ne faudra pas pour cela s’abstenir de lire la première partie de l’ouvrage consacrée au sacerdoce en général, à la tonsure et aux quatre ordres mineurs.L’idéal sacerdotal, commentaire rédigé d'après les notes de l’abbé André, reproduit les instructions sur le Pontifical données lors d'une retraite d'ordination au grand Séminaire d’Issy-les-Moulineaux.Il faut remercier l’auteur — où les auteurs — d’avoir bien voulu faire connaître au public et surtout aux séminaristes canadiens les idées de l’abbé Charles André sur le sacerdoce.M.-A.GUÉRIN '"BERNIER (Robert), s.j.Paradoxes de la vie quotidienne.Carême au Gesu de Montréal, 1950.Montréal, Ed.Bellarmin [I960].101p.19cm.(Coll.Service de Dieu, no 13).Dans ces six sermons prononcés en l’église du Gesu de Montréal à l’occasion du Carême 1950, le l’èrc Bernier analyse les soucis de notre vie quotidienne et les paradoxes qui obnubilent nos conceptions sur le gagne-pain, l’amour, le loisir, le dévouement, la moralité et l’au-delà.Les cent pages de cette brochure sont une excellente nourriture pour l’esprit et le cœur.On se plaît à les lire lentement pour en assimiler la riche matière, présentée dans un style dense.Léonard-A.TURCOTTE GRAEF (Richard,) c.ssp.Seigneur, apprenez-nous à prier.Adaptation par L.Muller, c.s.sp., Paris, Alsatia [1950].255p.19cm.Le Père Graef avait déjà présenté au public son lia Pater ou Pout pour Dieu.Il y indiquait une manière de régler l’activité de notre vie sur le modèle prototype de perfection : le Christ Jésus qui s’offre à la volonté divine.Or, l’activité vitale a besoin d’alimentation saine et abondante pour se renouveler.De là nous vient le présent volume : Seigneur, apprenez-nous à prier.L’auteur montre d’abord la place que doit occuper la prière dans la vie spirituelle : elle est une nourriture qui vise à faire croître le Christ dans l’âme.La prière est une aile qui pique vers Dieu et qui oriente l’âme dans une perspective qui lui fait dire de tout son etre : « Ita, Pater: Oui, Père l » — Mais il faut savoir prier !.et pour cela il faut réapprendre à prier ; il faut apprendre à converser avec Dieu, apprendre à Lui dire tout bonnement, tout simplement ce que nous avons a Lui dire et cela tout naturellement puisque « le caractère personnel de chacun s'impose à tout et partout » (p.123).« Prier, c’est trouver Dieu dans son cœur » ; chacun doit employer ses moyens particuliers pour Le trouver.L'introduction spéciale à la vie d'oraison traite du sujet à choisir pour la méditation ; elle réprouve, en passant, « la malencontreuse coutume de faire une lecture pendant ce qu'on appelle l'oraison » (p.125).« Le sujet est accessoire ; converser avec le Dieu vivant qui demeure en nous, c’est ce qui importe avant tout »(p.12/).Préparation du sujet d'oraison, difficultés et distractions connexes à notre nature, développement du sujet médité et adaptation aux circonstances et aux divers états d'âme : tout doit être simplifié pour tout acheminer vers le divin Maître.L'auteur fait une application en se servant du thème de la Passion.L’auteur conclut : « Nos prières ici-bas ne peuvent être qu'imparfaites.Mais elles doivent avoir pour perspective la parfaite quiétude, et l’éternel repos dans l'union béatifiante de 1' Abba, Père ! » (p.156).La seconde partie de l'ouvrage présente une série de suggestions pratiques pour des colloques, pour une « prière », avec le Sauveur vivant dans nos âmes.Il y a d'excellents aperçus sur le renoncement, source de toute richesse scripturaire et d’une dévotion sûre et solide, puisque cette MARS 1951 361 dévotion part du Christ pour retourner au divin Maître.Voilà donc un de ces volumes qu’il fait bon trouver à son chevet, où durant les heures d’avidité spirituelle, ou tout simplement quand on veut converser avec Dieu.Ce livre manquerait son but à être lu d'un seul trait, fl faut le lire à petites doses, le goûter lentement et s’efforcer d’en vivre le contenu si riche.L'auteur a de ces I)hrases lapidaires qu'il faut méditer onguement : elles sont d'une pureté évangélique étincelante comme des diamants.L' « essai » que l’auteur a voulu présenter est une œuvre de maître ; nous ne saurions trop le remercier de l'avoir livré au public qui en tirera de précieux avantages spirituels.Grégoire SAINT-GERMAIN, o.a.m.PIGUET (Mgr Gabriel).Notre Pire qui êtes aux deux.Méditations quotidiennes d'après le temps liturgique.1ère série : de l'Avent à la Pentecôte.(Paris) Bonne Presse (1950).386p.20cm.Cette première série de courtes méditations quotidiennes s'adresse aux prêtres, aux religieux, aux dirigeants d'Action catholique et à tous les fidèles en général.L'auteur y invite ses lecteurs à donner à Dieu la place qui Lui revient et à modeler leur vie sur celle de Jésus, leur Chef.En termes simples et sous une forme dénuée d'artifices, Mgr Piguet reprend l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur la vertu, la prière, la mortification et la pénitence.A la lecture de ces pages, chacun se convaincra de cette vérité essentielle que la sainteté réside avant tout dans f'état de grâce et non pas dans la seule pratique d'une austere pénitence.Jean-Baptiste PLOUFFE, c.s.c.SOLOVIEV (Vladimir).Les Fondements spirituels de la oie.Traduction du russe.Lettre-préf.de Mgr Michel d’Herbigny.Deuxième édition, Tournai, Casterman, 1948.J 94p.20cm.Vladimir Soloviev écrivit ces fortes pages, quelques années seulement avant îs conversion au catholicisme ; mais, comme l'écrit Mgr Michel d’Herbigny, s.;., dans une lettre d'introduction.« cet orthodoxe, encore dissident alors, est substantiellement orthodoxe, au sens plein et légitime du mot, foncièrement catholique ».Ce livre du « Newman russe » nous incite à repenser en quelque sorte notre religion et à considérer de plus près notre grandeur et nos responsabilités de catholiques.Les Fondements spirituels de la Vie traite de façon fort ori-inale de l'importance primordiale ans la vie chrétienne de la prière, de l’aumône, du sacrifice et du jeûne- Les arguments de Soloviev sont des plus solides ; ils retiennent par leur audacieuse nouveauté et obligent à un véritable examen de conscience.Après cette explication des fondements de la vie spirituelle, explication qui lui permet une merveilleuse para- fihrase du Pater, Soloviev, guide le ecteur dans une exploration profonde du christianisme, de l'Eglise, de la société et de l'état chrétiens.Partout la même puissance de raisonnement, la même science mûrie à la lumière des saintes écritures.Toutes les parties du livre, intimement liées ensemble, préparent la conclusion où Soloviev traite de l’exemple du Christ comme règle de la conscience.« Si tous les hommes de bonne volonté, écrit-il, hommes privés, hommes publics et chefs des peuples chrétiens, — commençaient, dès maintenant, à faire usage de cette méthode sûre, dans tous les cas où ils doutent, ce serait déjà le début du second avènement et une réparation au redoutable jugement u Christ, puisque les temps sont proches.» Il faut lire et relire attentivement les Fondements spirituels de la Vie.C'est un de ces ouvrages qui, à l’instar des Pensées de Pascal, font vibrer le lecteur, le stimulent et l'orientent vers la sainteté, parce qu'ils s'alimentent directement au pur foyer de l'Amour.J.-P.BEAUSOLEIL Mariologie SERTILLANGES (A.-D.), o.p.Mois de Marie.2e édition.Paris, les Editions du Cerf, 1950.182p.16.5cm.Un mois de Marie de Sertillanges est exposé à un accueil facilement extré- 362 LECTURES miste.Les admirateurs du grand Do* ininicain le porteront aux nues sans réserve aucune : ce sera un bijou de perfection.Les âmes pieuses, d'une culture ordinaire, rencontreront quelques passages d'une grande densité uiéologique.Elles en auront peur et relégueront ce mois de Marie aux oubliettes : il leur faut quelque chose de plus mielleux, genre cliché suranné.Le Père Sertillanges nous a donné un Mois de Marie, exceptionnellement à part.On y reconnaît le grand philosophe et le grand théologien des hautes et solides visions thomistes.Remarquez cette lucidité tranchante : « Comment s'étonner dès lors du culte croissant de l’humanité religieuse pour sa souveraine?On ne peut craindre l'excès ; on ne doit redouter que les déviations.L'amour, tant qu il est droit, n'a pas de mesure » (p.6).Il laissera décidément de côté les légendes qui précèdent l'Annonciation.Il donnera du Fiat, cette illustration concise : « Marie va faire sa première communion, recevoir sa confirmation, et son ordination, et son sacre.D’un coup elle entre dans tous ses rôles, dans ses rôles à l’égard de tous.Elle prend la charge des hommes en prenant celle de Dieu.Elle adopte tous les chemins de Celui qui va par elle envahir son œuvre.Elle est le cœur de l’humanité ; elle est, à travers l'humanité, le cœur du monde ; elle côïncide humblement, d'une certaine manière, par acceptation, par amour, par service, par efficacité médiatrice, avec le cœur de Dieu » (p.44-45).Une grande hardiesse seule égale cette concision.Voici le Sertillanges de la trilogie : « Recueillements, Affinités, Devoirs ».C'est au chapitre XXII sur « Les annonces de la Passion ».« Mais Marie n'a point de part à ces illusions (d'un Messie glorieux).Elle comprend tout ; elle dépasse la portée des paroles, au lieu de la méconnaître.L’action est tout pour lui ; les confidences sont inutiles, à qui lui est uni au point de tout accepter, fût-ce de ne point savoir, quand le silence est meilleur.Sa pensée et son cœur débordent le discours possible autant que le discours proféré.Toute parole ou tout épisode n’est pour elle qu'un rappel.Les javelines lui arrivent de toutes parts en attendant la plongée du glaive ; mais le glaive, en esprit, est toujours là.Toute la vie de Jésus et de sa Mère n'a été, d'un pas égal, qu'une avancée dans la direction et puis sur la montée du Calvaire.C'est une marche à la croix » (p.123).Lisez à genoux, cette invocation finale du même chapitre : « O Rose mystique, blanche, rouge, or, au gré de tes mystères, enseigne-nous la dure loi des germinations.Que nous ne demandions plus d’être épargnés, alors que Dieu travaille.Notre passion, ses préludes douloureux, qu’importe, au regard de ce qui succède pour nous tous?La rose s’impose en son entier.On ne peut dire du mal des épines, uand elles brillent, vertes de sève, ans l’aubépine en fleur » (p.124).La pédagogie ailée de VOrateur chrétien et de la Vie intellectuelle, la fine poésie de Prière et Musique, tout cela se retrouve ici.A preuve cette page si actuelle : « Nous le croyons donc, la « voir de toute chair » a tourné court en ce qui concerne la Vierge ; l'épopée du ver n'a pas été chantée ; nous chantons autre chose ; c'est un Magnificat, non un De Profundis, que nous entonnons sur ce sépulcre.Nous célébrons montant à Dieu en âme et en chair, celle qui permit à Dieu de descendre dans la chair.Le chemin «a été tracé ar elle ; c'est son fiat qui l’a ouvert : ans l’autre sens et avec une simplicité bienheureuse, elle peut le parcourir.L'Assomption de la Vierge est une « répétition », à l’égard de la divine « comédie » qu'est la vie éternelle.Marie ouvre les voies des élus en expectative et confirme leurs espérances.Par elle les grâces de la bonne mort prennent une forme attachante et douce.Cette créature nous poétise tout, et .cette Mère prête à la Faucheuse même les attentions délicates de son cœur » (p.167-168).On pourrait cependant discuter la fuite en Egypte avant la Prophétie de saint Siméon.De même la pâmoison de Marie à la montée du Calvaire.L'explication d'ailleurs en est très plausible.On décèle dans ces pages de Cajetan et de son opuscule sur le sujet.Que les bonnes âmes se rassurent.Pour être fortement étayé de doctrine ce Mois de Marie n'en est pas moins abondamment illustré d’images faciles et d'évocations permanentes.L’effort que cette méditation exigera parfois, sera hautement récompensé par des découvertes heureuses et un apport des plus nourrissants pour l'esprit et le cœur.De la traduction italienne de ce MARS 1951 363 Mois de Marie, le Père Pazzaglia écrivait dans Marianum (dec.1949) : « Théologie et poésie, raison et cœur se fondent en une admirable harmonie, pour célébrer celle qui est bénie entre toutes les femmes ».Avec le même Père, nous souhaitons à cet ouvrage une large diffusion à la plus grande gloire de Notre-Dame.Adrien-Marie CIMICHELLA, o.s.m.SCIENCES SOCIALES Questions économiques TESSIER (Mgr Albert).Le miracle du curé Chamberland.Trois-Rivières, Ed.du Bien Public, 1950.118p.h.-t.22.5cm.(Coll.L’Histoire régionale, no 6).Le problème du logement qui affecte la famille canadienne-française à revenus modestes n’est pas près d’être résolu chez nous.Cependant, l’ouvrage de Mgr Tessier autorise l’espoir d’une solution éventuelle, car l'expérience qu’il relate ne saurait manquer d’ins- Eircr d’aussi heureuses initiatives.'exemple d'un modeste prêtre de la ville des Trois-Rivières, s’employant à la construction d’habitations ou-virères destinées à loger à prix modique ses paroissiens, s’avère de nature à susciter des imitateurs.Voici donc un livre qui fait honneur à son héros et à son auteur, car il contribue d’une manière efficace à aider la iamille chrétienne.R.L.Education BETHLÉEM (Abbé René).Catéchisme de 1‘éducation.Paris, Bonne Presse (1946).511p.20.5cm.C’est une édition relativement récente d’une œuvre parue en 1919.Le sujet en est toujours d’actualité puisqu’il s'agit de l’éducation, dont on pourrait dire, comme saint François de Sales de la vie dévote, qu’on y est toujours novice.Cette réédition s’avère d’autant plus opportune qu’elle répond à un besoin de notre siècle, en se présentant sous une forme éminemment pratique, celle des résumés.Cette somme tie plus de 1200 questions et réponses aborde tous les sujets relatifs à I education.Il suffit pour s’en convaincre de lire dans la longue table 364 des matières, de consultation rapide, les titres des cinq grandes divisions de l’ouvrage : généralités sur l’éducation, l’éducation physique, l’éducation intellectuelle, l’éducation morale, l'éducation surnaturelle.Se conformant aux exigences de l’ampleur d'un tel sujet, l’auteur procède de façon méthodique ; toujours il étaye ses réflexions profondément chrétiennes et humaines du témoignage de quelque grand maître en la matière et d’exemples judicieusement choisis.Ce manuel, qui a pour but de « mettre à la portée d’un plus grand nombre de parents et de maîtres les Srincipes qui sont comme l’ossature e l’éducation », rendra d'immenses services et mérite une large diffusion.J.-P.BEAUSOLEIL COUSIN ET (Roger).Fais ce que je te dis ! Conseils pratiques aux mères de famille (Paris] Presses d’Ile-de-France.84p.18cm.(Collection de l’Ecole nouvelle française).Si ce petit livre se lit rapidement, il fournit, par contre, une abondante matière à réflexion.En effet, ces quelques conseils pratiques adressés aux mères de famille, sous une forme plaisante, n'en sont pas moins d’un sérieux et d’une actualité indiscutables.Il semble cependant que l’ouvrage de M.R.Cousinet insiste un peu trop sur la nécessité de « laisser le petit enfant faire à sa guise ».Il pose de nouveau l’éternel problème de l’autorité des parents et de la liberté des enfants, mais ne le résout pas aussi heureusement qu'on le souhaiterait.Dieu sait s’il en faut du doigté pour « faire de l’enfant un être discipliné dans la liberté » ! En somme, à part cette tendance, plutôt légère, vers un excès de liberté accordée à l’enfant, le livre sait faire pénétrer le lecteur encore un peu plus profondément dans la connaissance de la psychologie enfantine et je suis sûr que les nombreuses applications pratiques que l’auteur a su égrener au long de son court traité profiteront avantageusement aux mères de famille qui trouveront quelques heures de répit pour parcourir cet autre ouvrage de Y Ecole nouvelle jrançaise.M.-A.GUERIN LECTURES « JACQUIN (Guy).Les Grandes Lignes de la Psychologie de l’enjant.Paris, les Editions Fleurus, 1949.156p.18cm.La présentation, l’introduction, la préface et la mise en pages de cet ouvrage, disent, on ne peut mieux, sa modeste raison d’être : « une simple vue d’ensemble à reviser sans cesse (.) une invitation à l’étude ».Il existe en effet de nombreux livres scientifiques, didactiques, pédagogiques, éducatifs, sur ce sujet, mais il en est peu de pratiques et d’aimables à la fois, considérant l'enfant autrement que comme un petit animal dont on disséqué le coeur infiniment sensible.Tout adulte, tout adolescent devrait lire ce livre bien propre à révéler cet univers intérieur qu’est l’âme enfantine.Germaine STAUBER SŒURS DES SAINTS NOMS DE JESUS ET DE MARIE.La santé, source de joie.Première année.Guide du maître.Montréal, SS.des SS.NN.de Jésus et de Marie [cl950].102p.ill.21cm.Cette brochure s’adresse aux instituteurs des premières années du cours primaire.Elle contient une cinquantaine de leçons minutieusement préparées sur l'enseignement de l'hygiène dans les classes des tout-petits.La méthode et les procédés cjue l’on sug- fère tendent à éveiller 1 intérêt chez enfant, à lui inculquer une mentalité et à l’amener au- renoncement de ce qui entrave son développement physique.Ce guide du maître, approuvé par le Conseil de l'Instruction publique, aidera sûrement un grand nombre d’instituteurs à remplir, auprès des enfants, l'une des importantes obligations de leur mission.M.D.VAN ROY (Fabienne).Toi oui deviens jaunie, déjà !.Tournai, Casterman, 1949.268p.h.-t.20cm.Cet ouvrage soulève l’enthousiasme des adolescentes et les tient en haleine jusqu’à la fin ; les plus âgées et meme les mamans sont intéressées à le parcourir.Ces dernières regrettent même de n’avoir pas profité plus tôt d’un tel ouvrage pour mieux comprendre et mieux éduquer leurs filles.C’est donc un livre vraiment important, qui mériterait une analyse plus détaillée.Puissent nos réflexions inciter cependant bien des lectrices à le lire I Ce qui frappe surtout, dans ces pages, c’est l'optimisme de l'auteur, son style clair qui ne craint pas les mots, son sens positif de la vie.Du début à la fin, la lectrice devine une amie compréhensive et humaine.Dès le premier chapitre, nous assistons à la transformation merveilleuse de la fillette en jeune fille : évolution qui présente certes quelques dangers que Fabienne Van Roy indique d’ailleurs clairement, mais moments d'épanouissement pour l’enfant d’hier quisc découvre femme.Nous prenons ensuite contact avec l’éveil sentimental, les ébauches d’amitié entre compagnes, — occasion pour l’auteur de définir la véritable amitié — les fièvres fréquentes et dangereuses de cet fige.Enfin nous en venons à l’amour et à 1 équilibre qu’il faut atteindre pour le vivre dans son intégrité.L’adolescente est mise en garde contre tous les mirages de l’amour, et des suggestions opportunes lui sont faites pour la formation de sa personnalité de telle sorte que toute sa vie de jeune fille soit une préparation sérieuse au don total.Fabienne Van Roy n’oublie rien de ce qui contribue à l’épanouissement de la personnalité ; elle traite comme il convient de la formation physique, de la santé, de la beauté, des jeux, de la fymnastique et du respect dû au corps.)ans le plan providentiel, la création se continue en cette adolescente qui, un jour, enfantera, et c’est ici que s’éclaircit le mystère de la vie.On y comprend mieux que la vocation de femme se prépare dans l’exercice de la vertu de pureté et que l'éveil des sens aussi bien que l'instinct maternel doivent pousser à mieux se préparer au rôle merveilleux d'épouse et d'éducatrice.Du physique, nous passons au psychologique.L adolescence est l’époque d’une plus grande soif de connaître, qu’il faut savoir cultiver judicieusement de façon à assurer la formation équilibrée de la personnalité, formation d'abord orientée vers la découverte de plus en plus intime de Dieu, qu’on aime bien dans la mesure où l'on se donne la peine de Le cher- MARS 1951 365 cher.C'est aussi le moment du plus grand désir de comprendre et d'etre comprise ; les adolescentes doivent alors se garder de l'esprit de contradiction et de l’amour-propre qui leur donne souvent l'impression d’être incomprises.Ailleurs l’auteur fait une belle comparaison entre le féminisme et la féminité ; elle nous convie à éviter les écueils de l’un pour rechercher les avantages de l’autre.En d’autres pages, toutes les adolescentes se reconnaîtront sous les traits de celles qui sont passionnées d'idéal et du besoin de se donner.Elles sentiront jusqu’à quel point l’auteur se met à leur place quand elle parle du besoin de liberté si vif à cet âge ; elles sauront pourquoi elles se sentent des ailes toujours Srêtes pour l'aventure ; elles appren-ront a mieux préparer l'heure de l'envol de leur âme vers les plus hautes destinées, selon leur vocation à chacune.Simone GERMAIN ^VIOLLET (Jean).Confidences à un garçon de 13 à 16 ans.Tu n’es plus un enfant.Paris, Ed.Familiales de France [1949].60p.ill.15.5cm.Encore un ouvrage qui explique aux garçons de 13 à 16 ans les mystérieuses transformations qui s'opèrent en eux.Mais c’est un ouvrage remarquable, parce que l’auteur procède avec une extrême délicatesse et une solide expérience, deux qualités très importantes dans le domaine de l'initiation et de la formation des jeunes.Les directeurs de conscience ainsi que les parents utiliseront avec un réel profit cette brochure, présentée et illustrée avec goût.M.D.SCIENCES PURES —COLLIN (Rémy).Panorama de la biologie.Paris, les Editions de la Revue des Jeunes, 1945.277p.16.5cm.(Coll.Initiations, no 10).Un autre véritable petit chef-d’œuvre de cette collection qui propose « d'offrir aux jeunes gens et aux jeunes filles, étudiants ou non, une présentation succincte, mais précise et sérieuse, d’un certain nombre de questions dont la solution intéresse leur vie spirituelle ou leur culture profonde ».366 Panorama de la Biologie requiert chez le lecteur une certaine formation, une certaine maturité d'esprit, car l’auteur est un humaniste authentique doublé d'un esprit scientifique supérieur.En effet, toute jeune personne insuffisamment préparée à cette lecture l'abandonnera des les premières pages, consacrées à l’étude du domaine de la biologie, de la biologie concrète, des disciplines morphologiques et physiologiques, de la spécialisation et des sciences biologiques nouvelles.Au contraire, l’esprit préalablement initié, l’esprit méthodique et chercheur, avide de science et de culture, trouvera une nourriture riche et abondante dans ces pages concises et éloquentes sur l’histoire de la vie dans tous ses merveilleux détails sur la biologie théorique, l’origine des espèces, l’origine de la vie et la biologie philosophique.Mais le couronnement de ce solide petit livre est incontestablement le dernier chapitre : la cocation de biologiste.Là, en vingt pages toutes chaudes de convictions intimes.Rémy Collin décrit en termes enthousiastes ce qu’est un savant humaniste, un véritable apôtre de la formation intégrale, dégagé de toute dépendance nuisible et de toute suffisance pédante.« Le savant aime trop son rêve pour appartenir à d’autres tyrans que ce reve.» Ces pages valent surtout par la richesse de leurs arguments et la largeur de leurs vues.On ne saurait trop recommander Panorama de la Biologie à tous les finissants de nos collèges et de nos écoles supérieures, ainsi qu'aux étudiants des universités.J.-P.REAUSOLEIL SCIENCES APPLIQUÉES BESSET (L.).Dictionnaire de la oie pratique.[Paris] Bonne Presse [1950].312p.ill.19cm.Les maîtresses de maison seront heureuses d'avoir à la portée de la main ce volume, véritable somme de conseils pratiques, de recettes de toutes sortes, etc.Elles y puiseront de nombreux renseignements sur la manière d’entretenir et de réparer les objets utilisés journellement, afin d'en prolonger la durée.D.G.LECTURES BEAUX-ARTS Musique SAINT-FOIX (G.de).Les Symphonies de Mozart.Etude et analyse.Paris, Editions Mellottée (1948).282p.19cm.(Les Chejs-d’œuvre de la Musique expliqués).G- de Saint-Foix, déjà connu par son travail monumental en cinq volumes sur Mozart, nous présente ici une analyse détaillée et approfondie des thèmes et développements de symphonies du grand génie musical.Tous ceux que la musique intéresse apprécieront davantage, car souvent l’auteur illustre ses explications à l'aide de textes musicaux empruntés aux œuvres elles-mêmes.Parmi les autres caractéristiques de ce volume, il convient de signaler les curieux rapprochements que Al.de Saint-Foix fait entre les œuvres de jeunesse et celles de la maturité, ainsi que l’étude des diverses influences exercées sur Alozart par l’Italie et la France, notamment par Paris.Simone GERA1AIN Cinéma CHARTIER (J.-P.) et DESPLANQUES (F.).Derrière l’écran.Initiation au ciné- -ma.Paris, Spes [1950].192p.18.5cm.Pour répondre aux désirs d’un vaste Sublic de cinéphiles, plusieurs volumes e vulgarisation ont été écrits sur la technique, l'esthétique et la morale du cinéma.Entre tous, l'ouvrage de J.-P.Chartier et du P.F.Desplanques est peut-être le plus pratique par la simplicité de sa tenue, la sûreté de ses renseignements et l’étendue de son §lan.Divisé en deux parties, il traite ’abord de la manière de faire un film.Les mystères du studio, la rédaction du scénario, le découpage, la mise en scène, le rôle des interprètes et des techniciens constituent l’objet des premiers chapitres.Dans la seconde Sartie consacrée à l'étude du point e vue du spectateur, les auteurs expliquent la signification du film et tiaitent des problèmes de la production, de l’assistance, du langage des images, de la critique et de la morale.Guy-M.BERTRAND, c.s.c.LITTÉRATURE FRANÇAISE Ecrits divers BIEBUYCK (Jacques).TjC Psaume dans la ville.Préf.de Gustave Thibon, Tournai, Casterman, 1948.241p.20cm.(Cahiers de la série nouvelle).Dans cet ouvrage auquel une simple recension ne saurait rendre justice, Jacques Biebuyck « nous invite à pénétrer à l'intérieur d’un foyer spirituel rayonnant de chaleur intime ».La façon de procéder de l'auteur ne plaira pas à tous, mais cela est inévitable pour une œuvre dont Gustave Thibon écrit que « le magnétisme sera positif pour les uns et négatif pour les autres ».Le psaume dans la ville constitue un « témoignage brut — et parfois brutal — rendu à la vie tout court, et par là à la vie tout entière ».C'est en effet « le chant d'un chrétien qui essaye d’obéir Jusqu'au bout à la douce et terrible loi de l'incarnation ».La spiritualité qui émane de ces pages n’en est pas une d’évasion hors du réel vers l’infini, mais une qui consiste à saturer le réel d'infini.Quant au style, il paraîtra peut-être obscur en certains endroits, mais cela est dû à sa densité.Roland GERMAIN —.A1AURIAC (François).Trois Grands Hommes devant Dieu.Paris, Hartmann [cl947].108p.$0.75 ($0.85 par la poste).Alolière le Tragique, Jean-Jacques Rousseau, Gustave Haubert, voilà des personnages qui donnent magnifiquement dans l’optique bien particulière de l’auteur de Nœuds de Vipère.« L’angoisse de Pascal est passée en proverbe, mais pourquoi pas l'angoisse de Alolière?» (P.10.) L'auteur du Misanthrope fut triste, bien plus triste que Pascal, souligne le romancier.D’où provenait cette taciturnité si ce n'est dans ce fait que, bon disciple de Gassendi, Alolière ne sut obtempérer qu’à la raison modérée et souriante, ne manifester que sa préférence à l'instinct, tout en refusant les exigences de la grâce?Le cas de Jean-Jacques retient davantage l'attention de Mauriac.Il analyse lame et les sentiments de ce « maître de mensonge et d'orgueil », MARS 1951 367 ainsi qu'il le dénomme.Le Promeneur solitaire eut un incontestable talent d'artiste.Romantique avant la date, il sut charmer, s'imposer par une éloquence de style digne d’un Bossuet ; mais, c'est par cette laveur justement qu'il réussit à empoisonner le monde, en conférant aux mœurs les plus corrompues toutes les grâces de La pureté sous le fallacieux axiome : « 11 faut être soi, il faut rester soi ».Mauriac écrit : « Il ne reste pas assez de christianisme dans Rousseau pour en faire un hérétique ».Toutefois les récentes études d’Henri Guillemin, qui ap-puyent tout à fait celle de Maritain, ont amené Mauriac lui-même à modifier son opinion depuis.Mais, en tout cas, tel qu’il nous fait voir Jean-Jacques, on ne doute guère que ce dernier ne soit jamais entré dans le Mystère de Jésus.Quant à Gustave Flaubert, dont le talent s'exerça à une vision quasi-médicale de l’univers, lui aussi, placé devant « le spectacle de l'éternelle misère de tout », a sombré dans un pessimisme des plus amers.Chacun de ses livres n'offre-t-il pas le tableau d'un désenchantement.La raison: « c'est, écrit Mauriac, qu’il éliminait l'âme du composé humain pour obtenir de la bêtise à l'état pur » (p.19).Ces études psychologiques écrites dans les années 1929-1930 ont été reproduites dans Mes grands hommes (Edit, du Rocher, Monaco, 1949) du même auteur.Quiconque s’intéresse à la littérature découvrira des explications au pessimisme latent de ces trois « maîtres » du monde des Lettres.R.-M.CHARLAND.c.s.c.Romans AURIMONT (Pierre d’).Le Combat de l'Ange.Illustrations de R.Moritz [19501.214p.ill.20cm.(Coll.Le Ruban Bleu, no 54.) Pour adultes Voilà un roman qui fera songer son lecteur et suscitera un certain serrement de cœur devant les problèmes que l’auteur soulève.Pierre d'Aurimont, dans un style qui cadre bien avec le paysage et la mentalité du milieu où il situe son roman, décrit la vie d’une famille patriarcale qui s’est acquis, à force de labeur patient et de courage, le Ranch de Big-Stone situé parmi les gouffres des Mauvaises-Terres, entre le Ne-braska et le Wyoming.Le Ranch pros- Eère grâce à 1 étroite solidarité de ses abitants, maîtres et serviteurs.On y vit en paix jusqu’à l’arrivée de la nièce du chet patriarcal, Kate Middlewath, qui, par son charme sympathique à tous, jette le trouble dans le cœur de ses cousins.La situation devient plus tendue lorsque Kate manifeste à ceux-ci l’amour qu’elle porte à un autre ranchman.L’aîné, Dan, en est affolé : son état cérébral cultivera une jalousie soupçonneuse qui finit par calomnier la vertu de celle dont il désire le cœur et dont il empoisonnera la vie irrémédiablement.Lorsqu'il réalisera ses torts à la lumière de la vérité, U refusera la société pour se donner à une pénitence excessive, cérébrale, elle aussi, et qui le minera en peu de temps.Ce roman présente une analyse très poussée de ses personnages, de leur conscience et de leur milieu topographique qui influe grandement sur les états d’âmes.L'intérêt est donc soutenu jusqu'au dénouement et par delà le dénouement ; car il ne procure pas la paix que Dan aurait dû trouver dans une conversion réelle que l’amour de Kate devrait pouvoir diriger dans la lumière de la miséricorde.Ici, la grâce semble manquer son but total.On déplore que le retour à Dieu n’ait pas apporté la paix au héros.Grégoire SAINT-GERMAIN, o.s.m- BARCLAY (Florence L.).Sir Guy Mercyn.Roman traduit de l’anglais par Ch.Thérozol.Paris, Editions de Flore [1949].187p.18.5cm.(Coll.Marie-France).Sir Guy Meroyn est un roman sentimental sans mièvrerie.Les épisodes se succèdent normalement, les chapitres sont courts et rendent ainsi l’action vive et intéressante.Les, caractères sont logiques, vigoureux, réalistes.Le style naturel, souple, distingué.Une belle leçon morale se dégage de cet ouvrage : un être jeune à l\âme pure, à l'esprit noble, au cœur droit et pieux, peut avoir une heureusj influence sur ceux qu'il aime ; il peut triompher de grandes épreuves morales s'il s'appuie avec confiance sur l'épaule de son Créateur et met en pratique le grand 368 LECTURES précepte de la charité chrétienne.C’est un des meilleurs romans de la collection Marie-France.Reine MALOUIN CERVIERES (Paul).L’EnJant ébloui.Hjstoire d'un enfant du peuple.Paris, les Editions Ouvrières [cl949].248p.18.5cm.Il y a des expériences qui se font sur place.ce sont les plus fructueuses.Il y en a d'autres qui se font par un intermédiaire.Cette « histoire d’un enfant du peuple » est une expérience, qui pose de nouveau tout le problème d'une culture adaptée au peuple, au < prolétariat ».La thèse apologétique de l’ouvrage, pas assez marquée a notre sens, est cependant assez forte pour 3ui veut la voir.La charité indivi-uelle, si louable soit-elle, ne résout pas le problème actuel.C’est une mentalité qu'il faut, un mouvement de charité collective, mieux encore, une culture adaptée à la collectivité, à « tous ces enfants du peuple ».Que sans se déclasser, tout en restant peuple, ils ne deviennent ni ce M.Compas, ni la mère Gaillard, que l’auteur nous dépeint d'une façon si tvpique, pas §lus que ce Cardinal Mathieu, qui isait pour s’excuser de s'occuper plus volontiers des « bourgeois » : « Mais, ça prend moins de temps à récurer une vieille casserole qu'à nettoyer une montre 1 » L’EnJant ébloui pourrait être une enquête, pourvu quon sache en tirer les conclusions qui s'imposent, et surtout.qu'on en n’achève pas la lecture (comme de tout bon livre), sans prendre quelque résolution.Cam.-M.SAINT-GERMAIN, o.s.m.ELLIS (Anne).Une Femme ordinaire.(Life of an Ordinary Woman.) Roman traduit de l'anglais par R.Treglos.Intr.de Lucy Filch Perkins.Paris, Editions du Temps présent, 1949.286p.19cm.Ce livre n'est pas un roman, mais une autobiographie de Anne Ellis elle-même.L auteur raconte avec simplicité et avec toute la sensibilité de son âme féminine sa vie aventureuse liée à celle des chercheurs d’or de la fin du siècle dernier dans l’état du Colorado.On aime l’histoire de cette mère courageuse, humble et bonne menant une existence de labeur à la fois sereine et pathétique.Sa vie de nomade et de pionnière nous renseigne en même temps sur les ambitions et les tentatives des prospecteurs, sur leurs succès et surtout leurs revers.Léonard-A.TURCOTTE SAINT-ANGE.La source au trésor.Paris, Ed.Jules Tallandier [cl950].243p.19cm.Saint-Ange raconte ici l'histoire d’une jeune châtelaine livrée aux assiduités de trois prétendants.Le récit en est attachant, plein d'intérêt et les valeurs humaines respectées.On se surprend un peu de la tenue correcte de ces amoureux, qui bravent les convenances en se contant fleurette dans la forêt.Le style soigné, imagé, coloré de l’auteur donne du relief et de l'allant à la trame et vaut au lecteur le charme exquis d'un beau passe-temps littéraire.Léonard-A.TURCOTTE LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE Romans VIEN (Liliane).Péché d'amour.Roman.[Montréal, Ed.Fernand Pilon] s.d.313p.19cm.Pour adultes Liliane Vien est garde-malade et membre de la Société des Ecrivains canadiens.Ces deux titres n’en font pas nécessairement un bon écrivain.Ce roman est invraisemblable.Le héros, John Morton, est de langue anglaise, mais nulle part il n’est question du fossé de la langue ou de la religion séparant les conjoints.Les héros principaux, comme si de rien n'était, passent de Montréal à New York et les enfants de New York à Paris.Le dialogue n'est pas naturel.L'auteur ne tient pas compte des contingences matérielles ou plutôt les surmonte toutes pour en arriver toujours et inévitablement à un dénouement heureux.La psychologie, le réel talent d'observation, le naturel et la qualité du style manquent.Si l’auteur avait publié ce récit dans une édition populaire, donné quelques préoccupations reli- MARS 1951 369 gieuses à l'un ou l’autre de ses héros, son ouvrage eût pu trouver toute une clientèle de lecteurs aimant les récits simplistes et peu sévères sur les exigences de l’art du roman.Tel quel, l’ouvrage n’atteindra pas ceux à qui il est destiné et décevra fortement les lecteurs qui veulent autre chose qu'un récit à l’eau de rose, même si certaines scènes sont quelque peu osées.R.L.GÉOGRAPHIE - VOYAGES HERPIN (Thérèse).Saint-J/alo, cité corsaire.Hier, demain.Paris, Alsatia [1949].222p.h.-t.19.5cm.Nous nous souvenons assez vaguement de Saint-Malo et de Jacques Cartier par les réminiscences de nos études primaires, mais le livre de Thérèse Ilerpin réveille nos souvenirs et nous permet de les fixer plus nettement en les insérant dans un cadre historique détaillé.Cette histoire de la cité corsaire raconte les aventures et la vie audacieuse des Malouins : les voyages des découvreurs du XVIe siècle, les actes des pirates et tous les faits politiques de la ville y compris ceux qui se sont déroulés lors de la Grande Guerre II.Il est très intéressant de faire connaissance avec les capitaines au long cours et tous ces chefs têtus qui incarnent le génie des pionniers du Canada.Le style aisé et rapide nous fait assister aux hardis combats livrés sur mer par les armateurs corsaires et aux assauts de représailles dont leur ville est victime.Léonard TURCOTTE LANDRY (Armour).Images de Rome 1950.(Préface de Mgr O.Maurault] Montréal, Ed.Chantecler, Ltéc.126p.ill.16.5cm.Si l'on admet qu’une image vaut 10,000 mots, le présent ouvrage avec ses soixante photographies, a épargné à l’auteur la rédaction de plusieurs centaines de pages.Les pèlerins de l'Année Sainte qui n'ont pas eu le loisir durant leur séiour dans la Ville Eternelle, de noter leurs impressions et de photographier tous les monuments de la Rome chrétienne et de la Rome païenne, trouveront dans le livre de M.Landry un précieux document.Pour ceux qui n'ont pas fait le pèlerinage de Rome, cet album est une invitation discrète au voyage.M.D.BIOGRAPHIES * * * Le Cardinal Verdier, 1864-1940, fondateur et premier supérieur du Séminaire des Carmes.Souvenirs et témoignages, Ableville, Editions Charles Paillart (1948) 149p.h.-t.front.19.5cm.Les anciens élèves du Séminaire de l’Institut Catholique de Paris, aujourd’hui prêtres et apôtres, ont réuni dans cette brochure une gerbe élogicuse de souvenirs et de témoignages avec l'espoir de faire revivre la ligure du grand Cardinal.Ils y ont très bien réussi et le lecteur s’en rendra compte devant la sincérité des témoins, le respect, la vénération, la reconnaissance, la fidélité dont ils entourent leur ancien supérieur.Léonard-A.TURCOTTE CHARRON (Yvon).Alere Bourgcous (1620-1700).Préface de M.le Chan.Lionel Groulx.(Montréal] Ed.Beauchemin, 1950.250p.h.-t.20.5cm.Pour le Canada catholique, la béatification de Mère Bourgeovs est le fait capital de l’Année Sainte.Une nouvelle biographie de la Bienheureuse se devait d'être, comme l’ont justement écrit les Editeurs, « une magistrale étude, le plus important ouvrage de l'année #.Ce n'est pas là en effet, le résultat hâtif d'un travail imposé par les fêtes de la Béatification.Docteur en Théologie, ancien professeur de Dogme et d’Ecri-ture sainte, l’A.est devenu spécialiste en Histoire ecclésiastique et est actuellement chargé de ce cours à la faculté de Théologie de l'Université de Montréal.Il est aussi membre de l'Institut d'IIistoire de l'Amérique française, fondé par Monsieur le Chan.Groulx.Il était donc hautement qualifié pour la présente tâche.Il faut avouer qu’il 1 a menée à bon terme, à l’instar d'un historien consommé.Après les deux savants volumes de Don.Jamet, o.s b., destiné plutôt aux spécialistes, après Le Jeu de la Voua-gère de Rina Lasnier, qui, par le truclie- 370 LECTURES ment de la poésie, a révélé au peuple, aux jeunes surtout, cette Marguerite à l’âme de feu, le travail de M.Charron semble encore combler une lacune.C’est une biographie strictement historique, mais étayée de théologie aux envols, s’il le faut, mystiques, et écrite dans une langue d’une concision, d’une douceur et d’une simplicité qui ne manquent pas de poésie.Ce clair et calme exposé des faits charme et convainc à la manière de saint François de Sales.C’est peut-être cette dernière qualité qui fait la force du présent ouvrage.Un peu comme pour 1 Eglise, dont Marguerite est la plus récente perle précieuse, la Vérité demande plus a être montrée qu'à être démontrée.Il n’y a ici aucun artifice oratoire ou littéraire pour capter l'attention du lecteur, aucun pathos religieux pour l’édifier ; le seul exposé consciencieux de la Vie entraîne l'assentiment et meut la volonté.A trente-trois ans, imitant la vie voyagère de Notre-Dame, Marguerite quitte sa Patrie pour le risque et l’inconnu.La volonté même de Dieu ne lui apparaîtra que graduellement dans la contexture douloureuse des faits.En l’espace de cinquante ans, elle fait sept fois la traversée de l’Atlantique, dans une époque où un mois était un temps record.Et dans quelles conditions de misère et de promiscuité ! Suatre fois, dans les circonstances les us pénibles, elle fait l'itinéraire Ville-Marie-Québec.Cette vie de voyages pour fonder, sauver et établir son œuvre de l'éducation des jeunes filles, elle l’entreprend dans la plus franciscaine pauvreté.Après le refus du Carmel, n'avait-elle pas rêvé d'être Clarisse?Comblée de peines crucifiantes qui lui tiraillent lame, sur un chemin semé de difficultés, elle avance quand même, forte de la force de Dieu en qui elle a une indéfectible foi.Marguerite du Canada est-elle moins belle, sur les chemins de Ville-Marie et de Québec, que Catherine de Sienne sur les roules de Rome et d'Avignon, ou que Thérèse d’Avila sur celles d’Espagne?« La plus grande de toutes les Canadiennes », a dit d'elle l'Evêque de Troyes, Mgr Le Couëdic.Qu’on lise et qu’on médite attentivement cette vie.Voilà enfin une eau pure tirée de notre citerne.Qu’on s’y abreuve généreusement.Un tel hcroïsine dans le terrible quotidien d'une éducatrice inspirera surtout les chargés d'âmes et d'intelligences.Tous y trouveront une moderne et locale adaptation de la charité en œuvres et en actes.Douze illustrations des antiques archives jalonnent les 248 pages de cet ouvrage, qui mérite tous les suffrages.Adrien-Marie CIMICIIELLA, o.s.m.LAS CASES (Comte de).Mémorial de Sainte-Hélène.I — Le dernier voyage de Napoléon, de Malmaison à Longwood, juin-décembre 1815.Avant-propos et notes par Robert Burnand.Genève, la Palatine [1949].270p.h.-t.20.5cm.Ce récit attachant et plein d’intérêt, qui emprunte sa forme au journal, rap- êorte les dits et gestes de Napoléon onaparte depuis la défaite de Waterloo jusqu’à son installation à Longwood dans l'île Sainte-Hélène.Compagnon d'exil de son héros, l’auteur lui voue une admiration si profonde qu'elle risque parfois de paraître entachée de partialité.L'Empereur déchu ne gémit pas sur sa chute, n’incrimine personne, ne blâme aucun de ses généraux et n'a de paroles aigres-douces et parfois cin-lantes que pour ceux qui le privent e sa liberté.Mais ses vainqueurs ne l’empêchent pas d'être lui-même.Aussi reste-t-il fier et rêve-t-il d’un lendemain épique pour la France et pour lui.On ne peut s’empêcher d’être profondément remué à la vue d’un tel destin ; le spectacle de la dignité que conserve le héros au cœur de l'épreuve élève et fait du biet^.Léonard-A.TURCOTTE VILLEPELET (Mgr).L’esprit d'Ozanarn.Pensées sur la vie chrétienne recueillies et préparées par S.Exc.Mgr Villepelet.Paris, EglofF [cl949J.158p.portr.front.17.5cm.Né à Milan en 1813, Antoine-Frédéric Ozanam mourait à Marseille, le 8 septembre 1853.Quarante années trop courtes pour l'œuvre qu’il accomplissait, mais qui auraient pu remplir la vie d'un centenaire.D’ailleurs son esprit continue de vivre dans les multiples Sociétés Saint-Vincent-de-Paul qu'il fonda.C'est cet esprit d'Ozanarn que Son Excellence Monseigneur Ville- MARS 1951 371 pelet, Evêque de Nantes, a voulu extraire de Pceuvre littéraire passablement féconde d'Antoine-Frédéric.Ce petit livre nous manquait.Déjà les œuvres complètes d'Ozanam avaient été publiées, trois ans après sa mort, en 8 vols in-8, avec notice de Lacor-daire.Mais celui qui, à vingt ans, fondait les Sociétés Saint-Vincent-de-Paul était un esprit convaincu, sujet à se répéter.Il était difficile de trouver dans ces milliers de pages le guide très averti du laïcat dont le rôle considérable que ce dernier est appelé à jouer dans Pévangélisation du monde moderne.On ne lira pas sans émotion les deux prières que l’auteur a eu la fine attention de placer à la fin du volume avec le testament de son héros.On aimera y retrouver le christianisme vibrant de cette âme d’élite si étroitement unie à Dieu, qu’elle entraîne.Cam.-M.SAINT-GERMAIN, o.s.m.LIVRES POUR LES JEUNES BEAUCLAIR (René).L’histoire merveilleuse de trois petits grains de blé.Illustrations de Ph.Cloes.Tournai, Casterman [cl950].48p.ill.27.5cm.(Coll.Les Albums de la Terre Promise).Cette histoire des trois petits grains de blé est vraiment merveilleuse.Elle est de plus présentée dans un cadre enchanteur : couverture solide et pimpante, illustrations nombreuses et suggestives, hors-texte multiples aux riches couleurs.Dans ce décor magnifique, se déroule l'odyssée de Grain Savant, de Grain Poète et de Grain Sage.Après bien des aventures et bien des émotions, les trois petits grains de blé contribueront à former les hosties du Dieu de Science, de Beauté et de Sagesse.Destin magnifique que leur ont assuré l'épreuve, la souffrance, la mort.« Si le grain ne meurt.» Tous les enfants communieront dans l’enchantement à cette évocation d'une réalité inexprimable.CAPPE (Jeanne).Cendrillon et autres contes de Perrault présentés et racontés par Jeanne Cappe, illustrés par J.-L.Huens.[Paris], Casterman [cl950].31p.ill.29.5cm.Voici racontés et présentés pour les tout jeunes les célèbres contes de Perrault : Cendrillon, le Chat botté.Peau d’Anne et les Fées.Dans ce recueil égavé de magnifiques illustrations en couleurs où la perfection du dessin s’allie à la finesse de l'inspiration, tout concourt à développer le goût de la lecture chez les jeunes et à leur apprendre la manière d’illustrer intelligemment une histoire.M.D.HERGÉ.Le* aventures de Tinttn au pays de l'or noir.Paris, Casterman [c 19501.62p.ill.30.5cm.Cet épisode des aventures de Tintin nous transporte au désert, après une course à travers la Palestine.Le jeune lecteur entrera en contact avec les Arabes de l’Orient et, tout en s’amusant à lire les mésaventures de son àmi Tintin, il observera les mœurs étranges de ces habitants du désert.M.D.HERGÉ.Les exploits de Quick et Flupke, 3e série.[Tournai] Casterman [cl950].30p.ill.26cm.Ces courts récits de deux pages chacun et qui s'expriment surtout en images sont ainsi bien à la portée des petits qui commencent à lire.LABAT (Pierre).Le manteau blanc.Illustrations de Pierre Joubert.Paris, Ed.Alsatia [cl950].207p.ill.; 18.5cm.(Coll.Signe de Piste, no 38).Voici l’un des derniers romans présenté par les Editions Alsatia dans la Collection Signe de Piste.L’auteur s’inspire largement des récits histori-ues du temps des croisades pour, à la n, revenir a l'histoire contemporaine avec l’assassinat, le 17 septembre 1948, du comte Bernadotte, chef scout et médiateur de l’O.N.U.en Palestine.Les habitués de la Collection Signe de Piste, maintenant si populaire cnez les petits Canadiens, liront avec beaucoup d’intérêt ce livre, le quarantième d’une série de romans écrits spécialement pour les jeunes de 12 à 16 ans.M.D.LIÉNART (Cardinal).Un lion du Seigneur.3e édition.372 LECTURES Paris, Ed.Fleurus [1950].79p.ill.15.5cm.(Coll.Haut les cœurs, no 7).Dans Un petit gars de l’évangile, le Cardinal Liénart raconte la jeunesse de saint Marc.Dans le Lion du Seigneur, il s'agit encore de saint Marc, mais cette fois c'est l'évangéliste cjui accompagne saint Paul et surtout saint Pierre, dans leurs courses apostoliques.Cette brochure, comme la précédente, développera sûrement chez les jeunes lecteurs l’esprit de dévouement et l'amour de l'Eglise.M.D.LIÉNART (Cardinal).Un petit gars de l’Evangile.3e édition.Paris, Ed.Fleurus [1950).63p.ill.15.5cm.(Coll.Haut les cœurs, no 6).Ce livre du Cardinal Liénart rappelle le merveilleux ouvrage de Daniel-Rops : U Evangile de mes filleuls.Nous trouvons dans l’un comme dans l'autre une facilité remarquable pour raconter aux jeunes la vie de Notre-Seigncur, sa doctrine, ses miracles.Le petit gars de l’Evangile, c'est Marc, le futur biographe du Maître, qui s'attache très jeune aux pas du Prophète de Nazareth.Cette brochure aidera les enfants à mieux connaître le Christ, à le mieux prier et à lui être plus unis.M.D.MÉLANÇON (Claude).Par terre et par eau.3e édition.Montréal, Ed.Jeunesse [1951].155p.22.5cm.(Coll.La belle aventure).Les ouvrages de Claude Mélançon circulent depuis longtemps chez les jeunes et chez ceux qui s'intéressent à la zoologie.Par terre et par eau raconte l’émouvante histoire de deux enfants mystérieusement arrachés à leur foyer, par des bandits qui imposent aux jeunes -jÇectuieâ victimes un long et pénible voyage.L'auteur, sans trop insister, introduit dans son récit une quantité de connaissances sur la flore et la faune de la Province de Québec.C'est dire que ce volume, tout en procurant d'agréables heures de lecture aux jeunes, contribuera grandement à les instruire sur des sujets à leur portée.M.D.VALLERAND (Jean).La musique et les tout-petits.Dessins de Jean Prévost.Montréal, Ed.Chan-tecler, 1950.62p.ill.22cm.Sous le titre La musique et tes tout-petits, M.Vallerand tente d'initier les tout-petits à la musique.On ne saurait trop louer la pédagogie souriante et intelligente à laquelle recourt l'auteur pour expliquer le sens, le rôle, le rang de chacun des instruments de musique.L'ouvrage, judicieusement illustré, se vend à un prix quelque peu élevé, mais vaut le déboursé requis.Je sais maints adultes, profanes en musique, qui trouveront profit et joie à lire cet aloum magnifique et bien écrit.RL.WILDE (Irma).Le petit lapin entêté.Texte et images de Irma Wilde.Paris, Ed.Gautier-Languereau, s.p.ill- 20.5cm.C'est une autre réussite de la collection Les albums merveilleux.Le petit lapin entêté figure honorablement aux côtés des Contes de la AI ère l’Oge, des Animaux de la Jerme, de L’ours Patapouf etc.Entre autres qualités bien appréciables en raison de la destination de ces petits ouvrages, le papier est des plus solides et la couverture d'un brillant lavable.Je mai — ' Le dogme de l’Assomption.Journées mariales de Montréal.1947.450 p.$3.00 Il était trois petits enfants.Les apparitions de la Vierge à Fatima.224 p.$1.25 Fatima, merveille inouie.Barthas.348 p.$1.50 La Sainte Vierge et la famille.Abbé Viollet, R.P.Piat, Dr Duval-Ar- nould.78 p.$0-50 Lourdes.Reportage photographique en héliogravure.$1.75 Ajoutez 10% pour frais de poste MARS 1951 373 Accusés de réception Les publications mentionnées sous cette rubrique sont irréprochables au point de vue moral.BOYER (Ch.), s j., Units Pastor.Pour la réunion à l’Eglise de Rome des Chrétiens séparés.Toulouse, Apostolat de la Prière [1951].104p.19cm.BROSSES (J.des), Larc-en-ciel.Comédie inédite en un acte.Paris, Ed.Fleurus [1950].16p.23cm.BUSSAC (Madame de) et DAUDET (Madame L.), Contes des deux mères.111.par Colette Duhamel.Paris, Editions du Conquistador [cl950].100p.ill.27.5cm.CONNELL (J.), Retour à l’Ile au Trésor.Traduit de l'anglais par Pierre Servais.Illustrations de Ley Kenyon.Tournai, Casterman, 1950.141p.ill.19cm.(Coll.Le Rameau Vert).DUESBERG (Dom IL), o.s.b., La paix du Christ.Sermons.Paris, Al-satia [cl948].86p.23.5cm.(Coll.Alinisteriurn Verbi).ÉRIAU (J.-B.), Alère Marie du Saint-Sacrement, co-fondatrice des Petites Sœurs de l'Assomption (1853-1922).Paris, J.de Gigord et Editions Saint-Paul [1947].274p.front.19cm.FABER (R.P.), Le purgatoire.Extrait de Tout pour Jésus.Nouvelle édition.Paris, P.Téqui, s.d.139p.14cm.FALAISE (C ), Alessage urgent.Comédie dramatique en trois actes, pour jeunes filles.[Paris, Ed.Fleurus, 1950].32p.24cm.GODOY (A.), AI on fils l mon fis l Fribourg, Egloff [1946].78p.16.5cm.GODOY (A.), Rossignol.Paris, Egloff [cl949].47p.16.5cm.GOHIER (J.), Le compte rendu de lecture.Cours moyen, classe de 7e ; préparation de l'examen d'entrée en sixième.No 105.Paris, Ed.de l'Ecole [1951].66p.21cm.*** L’heure est venue /.Les événements de Fatima.[Montréal, Fides, 1951].s.p.ill.26cm.IIOUYyET (J.) o.p., L’amour a-t-il des lois?Paris, rkl.du Feu Nouveau, 1950.77p.16.5cm.HUNERMANN (G.), I,e mendiant de Grenade.La vie de saint Jean de Dieu.Traduit par l’abbé M.Grand-claudon.Mnlhouse, Ed.Salvator, 1950.333p.20.5cm.$2.00 ($2.10 par la poste).LATHOUD (D.), a.a.et CHIMINEL-LI (P.), L’histoire des années saintes.Montréal, Fides, 1950.64p.ill.20cm.$0.25 ($0.30 par la poste).4 ** Lui et moi.Entretiens spirituels.T.IL Préface de Daniel-Rops.Paris, Beauchesne et Fils, 1950.169p.19cm.MARIE-FRANCE, A/amans avec moins de fatigue.Paris, Ed.Fleurus, s.d.63p.dl.20cm.(Coll.Afamans., no 4).$0.75 ($0.80 par la poste).NAST (C.), Le tuteur de Caracas.Prix Semaine de Suzette 1949.Illustrations de Manon Iessel.Paris, Ed.Gautier-Languereau, 1950.128p.ill.21.5cm.(Coll.Bibliothèque de Suzette).PLUS (R.), s j., Le chemin de la grandeur.Toulouse, Apostolat de la Prière [1950].145p.16.5cm.$0.75 ($0.80 par la poste).RICHOMME (A.), La montée de chaque jour.3e série.Paris, Union des Oeuvres catholiques de France [1950].94p.15.5cm.(Coll.Haut les cœurs, no 12).RUMBLE et CARTY (RR.PP.), L enfer.Traduit de l'anglais par M.l'abbé E.Thibault, p.s.s.Montréal, Fides, 1951.32p.16.5cm.(Coll.La vérité sur., série 1, no 8).$0.15 ($0.17 par la poste).RUMBLE et CARTY (RR.PP.), Le purgatoire.Traduit de l'anglais par M.l'abbé E.Thibault, p.s.s.Montréal, Fides, 1951.31p.16.5cm.(Coll.La vérité sur., série 1, no 7).$0.15 ($0.17 par la poste).374 LECTURES BIBLIOTHECA Section de l'Association Canadienne des Bibliothécaires de Langue française Siège social i Université de Montréal, Bibliothèque, 2900, boul.Mont-Royal, Montréal Membres du Conseil: Président: M.Joseph Brunet; vice-président-M Raymond Tanghe; secrétaire: Mlle Juliette Chabot ; trésorier-M.lrenee^auv^p.s.s - conseillers: le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c' le R P.Fernand Guilbault, e s.v., le R.P.Adrien Bergeron, s.s.s.M.J-C.Bonenfant, Mlle Claire Audet.Ont aussi voix consul-ative au Conseil : M.Benoît Baril, Mlle Marie-Claire Daveluy, le R.P.G.Houle, s.j., le R.P.P.Trudeau, c.s.v.LA VIE DE L’ASSOCIATION L'Episcopat et tea Bibliothèques paroissiales Lors du Congrès tenu à Québec en octobre dernier, les membres de l'Association avaient émis le vœu qu'une section ^ spéciale des Comités diocésains d Action catholique soit constituée pour aider à la création de bibliothèques paroissiales et au développement de celles qui existent déjà1.transmis à l'Assemblée épiscopale !)ar la secrétaire de l'A.C.B.F., Mlle luliette Chabot, ce vœu a été étudié or.« de la réunion de Janvier.S.E.Mgr Charles-Omer Garant, secrétaire de 1 Assemblée, écrivait à Mlle Chabot, le 23 Janvier : « Le vœu de l'A.C.B.F.a été soumis à l'Episcopat, lors de sa dernière réunion et a été accepté à 1 unanimité.Leurs Excellences Nos-seigneurs les Archevêques et Evêques, qui s’intéressaient déjà à la question, feront ce qui est possible pour que les bibliothèques paroissiales se multiplient et se développent.» Remercions Nosseigneurs les Evêques.de 1 intérêt qu'ils ont toujours manifesté à l’égard des (bibliothèques paroissiales.Souhaitons que les Ser-vlce.f ^es lectures, dans les diocèses ou ils sont officiellement rattachés au Comité d'Action catholique, mettent 1 Voir le texte de ce vœu dans Lecturer, décembre 1950, p.235 (1er vœu).mars 1951 au nombre de leurs principaux objectifs l'établissement ou le développement d'une bibliothèque dans chaque paroisse.* A * I//1.C.B.F.devient membre de la «Fédération internationale des Associations de Bibliothécaires» Depuis quelques années, l'A.C.B.F.est en relations avec diverses associations de bibliothécaires de l'étranger, notamment avec la Fédération internationale des Associations de bibliothécaires.Récemment Mlle Chabot apprenait que 1 A.C B.F.allait être inscrite au nombre des membres de la Fédération.Voici la lettre qui le confirme : Leiden, le 29 Janvier 1951.« Mademoiselle, Je viens de recevoir la lettre que vous m’avez adressée, le 22 Janvier, et 3ui m’a été envoyée par les bons soins e l'UNESCO.# Nous allons inscrire votre Association comme membre de notre Fédération à partir de Janvier 1951 et nous espérons bientôt recevoir plus de détails concernant votre organisation.J’ai donné instruction à notre bureau de Genève de vous envoyer un exem-laire du Répertoire (avec supplément) e la Fédération et des Actes de notre session de Bâle.Les Actes de notre dernière session tenue à Londres n'ont pas encore paru.Je vous prie.etc.(signé) T.P.Sevensma, secrétaire général., » 375 Leé carrefours de /’ //.C.B.F.Les carrefours organisés par l’Association en i960 ont été accueillis avec enthousiasme.Aussi le Conseil a-t-il décidé que de nouvelles réunions auraient lieu cette année.Le programme établi par le Comité créé à cet effet comporte cinq carrefours sur un thème de grande importance : le problème des lectures pour l'adolescence.Le premier de ces carrefours a eu lieu à l’Université de Montréal, le samedi 30 janvier dans l'après-midi.En l'absence de Mgr Paul-Emile Coursol, P.D., M.Joseph Brunet a ?résidé la réunion.La psychologie de adolescence, Y influence de iadolescence sur les facultés sensibles et intellectuelles, tel était le sujet à l’étude.Une discussion animée suivit l’exposé que fit avec clarté et compétence M.l'abbé Irénée Lussier, visiteur en chef à la Commission des Ecoles catholiques de Montréal.Le 10 février, au Collège Jean-de-Brcbeuf, un grand nombre des membres de l'Association se réunissaient sous la présidence d’honneur de M.Trefïlé Boulanger, directeur des études à la Commission des Ecoles catholiques de Montréal, pour étudier le problème du choix des livres pour adolescents et les principes de Y organisation d’une bibliothèque d'adolescents.Le conférencier était M.Joseph Brunet, président de l'Association et directeur des bibliothèques scolaires à la Commission des Ecoles catholiques de Montréal.Grâce à sa formation technique et à sa longue expérience, M.Brunet présenta un travail qui fut très apprécié.Pour le carrefour proprement dit, l'assistance se divisa en trois groupes afin de répondre d’une façon plus précise aux questions suivantes que M.Brunet avait proposées : dans les maisons d'enseignement faut-il opter pour une bibliothèque centrale ou pour un dépôt de livres dans chaque classe ?comment choisir les livres et les revues pour adolescents?quelle formation exiger des personnes préposées aux bibliothèques d’adolescents?La première section groupait les bibliothécaires des colleges classiques de garçons sous la présidence du R.P.Armand Tanguay, s.j., bibliothécaire du Collège Jean-de-Brébeuf ; la seconde comprenait les bibliothécaires des collèges classiques de filles ; elle était présidée par la R.Sœur Marie-Sl-Jean-d’Ars, c.s.c., bibliothécaire du Collège Basile-Moreau.La troisième section avait comme animateur le R.Frcre Victor Gaboriault, c.s.v., bibliothécaire à l’Ecole Supérieure St-Viateur ; elle groupait les bibliothécaires des Ecoles supérieures.Le troisième carrefour s'est tenu jeudi le 15 mars à l'Académie Querbes, sous la présidence d’honneur de Me Jacques Vadeboncoeur, secrétaire de la Commission scolaire d'Outremont.Ce carrefour fut consacré aux livres d’orientation.Le R.Frère Biaise Laurier, c.s.v., vice-président de l’Association des orienteurs professionnels, s’est acquitté de l'exposé avec une aisance qui fut remarquée.Une exposition de livres d’orientation organisée sous sa direction intéressa vivement les membres présents.Durant le mois d’avril, deux autres réunions d'études grouperont les^ bibliothécaires intéressés par ce problème des lectures pour adolescents.L’une aura lieu à la Bibliothèque municipale, le 4 avril, à 8 h.p.m.M.Guy Boulizon y traitera du choix des livres pour enfants.L’autre se tiendra le 17 avril à la Bibliothèque régionale St-Jean-Baptiste.MM.J.-Jean Tcllier et Robert Ilamel, tous deux Commissaires chez les Scouts, parleront des Livres scouts.Ce dernier carrefour sera présidé par Me Gérard Corbcil, Commissaire général adjoint des Scouts catholiques.Comme on a pu le constater par ces notes trop brèves, le Comité des carrefours déploie une activité qui est tout à son honneur.Nous tenons à remercier et à féliciter les membres de ce Comité, M.Roland Auger, Mlle Anne-Marie Dorion et surtout la présidente, Mlle Al vine Bélisle, bibliothécaire à la Bibliothèque régionale St-Jean-Baptiste.Les carrefours 1951 auront beaucoup aidé dans leur travail les membres de l’Association et tous les bibliothécaires qui auront tenu à y assister.Paul-Aimé MARTIN, c.s.c.376 LECTURES Bibliothèques des maisons d'enseignement1 L'Association Canadienne des Bibliothécaires de langue française m'a fait l’honneur de me demander un travail sur les BIBLIOTHEQUES DES MAISONS D'ENSEIGNEMENT.Je l’en remercie, mais je n’ose me flatter de répondre à son attente.Je me bornerai, évidemment, aux bibliothèques de notre Communauté.Un exposé sur celles des premiers temps de la Congrégation, un autre sur les bibliothèques d’aujourd’hui et l’utilisation qu’on en fait, tels sont les deux points que je me propose de développer.En 1942, nous nous sommes imposé le travail de reconstituer l’ancienne bibliothèque de la Communauté.Nous avons eu la joie de constater qu’en dépit des incendies de 1683 et de 1768, il nous restait encore de nombreux volumes destinés à l’usage des sœurs au temps de la vénérable Fondatrice.Ces vieux livres, aux feuillets iaunis, à la reliure plein cuir et portant, comme titre de noblesse, l'Approbation du Roi, nous révèlent à quelles sources nos premières Meres alimentaient leur vie spirituelle.Citons, au hasard, le bouveau Testament, dans la traduction du Père Bou-hours, célèbre jésuite du 17e siècle ; le Guide des Pécbturs du Père Louis de Grenade, dominicain ; les Exercices de Piélé du Père Jean Croiset, jésuite, et beaucoup d'autres encore qu'il serait trop long d’énumérer.Malheureusement, pour ce qui est des livres des écolières, nous ne possédons pas la même richesse.Aucun des modestes alphabets mis à leur disposition ne nous est parvenu.Pourtant, la Congrégation comptait un certain nombre d'écoles fondées par la vénérable Mère Bourgeoys elle-même : celles de Ville-Marie et de la Montagne, celles de la Sainte-Famille, de I’Ile d'Orléans et de la Basse-Ville de Québec.Dans ces écoles, Mar- f;uerite Bourgeoys et ses compagnes catéchisaient et enseignaient a langue.Prières et cantiques étaient articulés en syllabes françaises par les enfants des colons et des sauvages.Ces humbles maîtresses d'école se servaient de livres importés Je France.Mgr Amédée Gosselin, dans son bel ouvrage l’Instruction au Canada sous le régime jrançais, nous les mentionne tous.Si le Petit Alphabet et le Grand Alphabet demeurent introuvables dans nos vieux couvents, par contre, on a recueilli le Pédagogue, C Ins- 1 Causerie donnée par la R.Sœur Marie-Emma, c.n.d., bibliothécaire de la Maison-Mère de la Congrégation de Notre-Dame, lors de la deuxième séance d’étude du sixième congrès annuel de l’A.C.B.F.tenu du 7 au 9 octobre 1950.mars 1951 377 Iruction des jeunes filles et plusieurs exemplaires de l’Office de la Sainte Jiergt et de /'Introduction à la Vie dévote.Il y avait un livre surtout dont on faisait grand usage, car celui-là, on le retrouve dans toutes nos anciennes maisons : ïInstruction de la jeunesse par Charles Gobinet, prêtre, docteur en théologie de la Sorbonne, principal du collège du Plessis-Sorbonne.Ouvrage de première valeur pour la formation morale de la jeunesse, ce traite connut une vogue extraordinaire dans les maisons d’éducation et même au sein des familles.Une de nos anciennes religieuses rapporte avoir vu, chez ses grands-parents, ce vieux livre dont l'origine remontait à sa bisaïeule autrefois élève du couvent de la Sainte-Famille.La première bibliothèque de Marguerite Bourgeovs se limitait sans doute à quelques livres de piété et à quelques manuels d’écolières alignés sur de misérables tablettes cle bois.Ce fut l’ancêtre très pauvre de notre bibliothèque actuelle, ancêtre qu'abrita l'étable de pierre concédée par Maisonneuve.En 1700, Dieu rappela à lui l’héroïque Fondatrice qui, fiendant quarante-sept ans, avait œuvré en Nouvelle-France.Elle aissait une Communauté bien établie cjui continuerait l'œuvre d'éducation chrétienne dont elle avait été l’intelligente initiatrice.Au XVIIIe siècle, la Congrégation de Notre-Dame, quoique pauvre, fondait en bordure du fleuve quelques couvents dont nos vénérables aïeules firent la gloire.Les livres en usage étaient les mêmes qu’au siècle précédent, sauf pour quelques rares exceptions dont la Doctrine chrétienne en jorme de lectures de pieté à l'usage des maisons d’éducation, par Lhomond, professeur à l’Université de Paris et l’Ecole des Mœurs, par l’abbe J.-B.Blanchard, pédagogue français.Toutefois, on dut connaître ici une pénurie de manuels, puisqu’en 1749, Mgr l'Evêque de Québec écrivit en France qu'on avait « besoin de livres au Canada tant pour l’instruction de la jeunesse que pour entretenir la piété ».Après la conquête, le manque de livres devint encore plus grand et, pour en donner un exemple, on rapporte que dans notre couvent de Saint-François-du-Sud, on enseignait la lecture aux enfants dans la Neuvatne de saint François-Xavier.Lors de la célébration du 175e anniversaire de fondation de ce vieux couvent, on rappelait à Mgr Camille Roy qui en présidait les fêtes que sa vénérée bisaïeule avait appris à lire dans cette même A euvaine de saint François-Xavier.Il faut attendre le XIXe siècle et même les années 30, 40 et 50 pour relever dans nos maisons l’existence de bibliothèques d'enseignement.Tout bien pesé, ce n'est cju'au premier pensionnat de la Congrégation de Notre-Dame, situe je dis au cœur du Vieux Montréal, qu’on peut compter un nombre assez considérable de volumes pour former une bibliothèque substantielle.Le catalogue dressé en 1850 par sujets et par formats atteste qu'on possédait tant en anglais qu'en français un fonds de livres constituant 378 LECTURES de bonnes références sur les diverses branches de l'enseignement : dictionnaires généraux et encyclopédies, ouvrages sur la religion, l’éducation, la pédagogie, l'histoire, la littérature, les sciences, les arts, la géographie, les voyages.C est une satisfaction pour notre curiosité de savoir dans quels ouvrages nos religieuses institutrices d'alors puisaient leurs connaissances et quels livres on mettait entre les mains de nos petites idles,^ il y a cent ans et plus.Ces témoins du passé nous renseignent à souhait.On s'étonnerait avec raison de trouver une bibliothèque si bien pourvue, sachant qu a cette epoque, les relations avec la France étaient pratiquement nulles.On pourrait se demander par quelles voies mystérieuses, des livres imprimés à Paris ou à Tours en 18-0, 1838, 1840 figuraient déjà trois ou quatre ans après, s*ir les rayons de la bibliothèque.Mais tout etonnement cesse quand on sait que les Prêtres de Saint-Sulpice se faisaient nos pour-\o\eurs de livres.Ln grand nombre d exemplaires portent les noms des donateurs.C'est : M.Quiblier, M.Granjon, M.O'Brien, M.Comte, M.Pierre Rousseau.Un témoin ici présent, Sœur Sainte-Marie-des-Lys, pourrait parler d'une certaine bibliothèque de son pensionnat portant cette inscription en lettres d’or : « Bibliothèque de la Société Littéraire de Marie, don de M.Comte ».Quant aux acquisitions faites par la Communauté, elles procèdent aussi du choix d esprit directeur et féru d’histoire, de littérature et de sciences.Evidemment, un des Messieurs du Séminaire dressait une liste des commandes où figuraient plusieurs exemplaires à'Either et A’Albalie, l'Art poétique de Boileau, / Education de* Fille* de Fenelon, les Lettres de Madame de Sé-)Jëne> les Lettre* et Entretien* de Madame de Alaintenon, le Bossuet de la Jeunesse, le Génie du Christianisme, etc.Il y a cent ans, il n existait pas d'institutions pour l'avancement des etudes et la formation du personnel enseignant féminin, l.a Congregation de Notre-Dame eut la bonne fortune d’être formée au point de vue intellectuel comme au point de vue religieux par les Messieurs de Saint-Sulpice.Je dois ici rendre un nommage particulier a la mémoire de M.Pierre Rousseau.Ce pretre eminent donna un elan extraordinaire aux études dans nos pensionnats de \ illa-Maria et du Mont-Sainte-Marie, les deux couvents qui recueillirent la succession du premier pensionnat de a Congrégation en 1854 et en 1860.Il y aurait beaucoup à dire sur les divers moyens de culture employés ou suggérés par ce religieux avise.Mais ce serait prolonger ce qu'on trouvera peut-etre une digression.a laquelle cependant, je le confesse, je tenais de tout cœur.Chaque epoque apportant son contingent de livres proportionnel au progrès » .études, nos bibliothèques ont évolué depuis ces temps lointains.Depuis vingt-cinq ans surtout, elles ont acquis mars 1951 379 une grande importance.Il n’est pas dans notre Communauté, d’école, ni de pensionnat si modestes soient-ils, qui^ne comptent au moins quelques centaines de volumes, voire meme quelques milliers.L’art d'utiliser les livres au plus grand bénéfice des enfants se généralise et se perfectionne de plus en plus.Dans les cours inférieurs, la bibliothèque se compose d’albums et de livres pour les tout jeunes.Beaucoup d’images et peu de texte.Ainsi en 1ère année, les élèves qui savent très bien leur leçon ont le privilège de lire deux ou trois lignes au bas d’une image et de les écrire pendant que la maîtresse s’occupe avec d autres.Plus tard, la titulaire de classe ou encore la religieuse chargée de la bibliothèque passe à chaque élève un livre accompagné d’une série de questions faciles : quel est le titre de ce livre }.; qui en est l’auteur?; nommez les principaux personnages de cette histoire, y en a-t-il que vous trouvez méchants ?; nommez-les ; quels sont ceux que vous trouvez bons ?Ces questions doivent se multiplier et varier à mesure que 1 intelligence de 1 enfant se développe.Je me souviens d'une religieuse, au cours moyen, qui commençait par concentrer l’attention de ses jeunes lectrices sur l’aspect matériel du livre : la reliure, le dos, les plats, la tranche, les caractères d impression, les maisons d editions françaises ou canadiennes.A l'occasion, elle faisait remarquer et expliquait le pourquoi d’un Nibil obdal, d’un Imprimatur.Elle engageait ses élèves à ne pas se départir de cette utile curiosité.Puis elle s’efforçait de leur inspirer le respect du livre.Ln livre, n est-ce pas l'écho, l'effort d'une pensée?Ne faut-il pas le ranger parmi les choses auxquelles le poète prête une ame ?Ln bon livre, c est un ami, un compagnon, un conseiller.Enfin, nous voici dans les cours avancés.Les eleves sont devenues familières avec les lectures sérieuses.La maîtresse les fluide dans un choix judicieux et leur enseigne la maniéré de faire 'appréciation ou la critique d’un ouvrage : biographie, récit de voyage, œuvres poétiques, etc.On a pari ois d agréables surprises.Ma pensée se porte sur une de mes eleves d autrefois qui ayant résumé l’ouvrage de Jules Lacointa : Alarie-Jcnna, a vit, dCJ œuvrej, m’avait peint à merveille l'âme exquise de cette femme qui écrivit de si belles choses pour la jeunesse.C’est surtout dans les compositions d'examens que l'on constate les succès obtenus par la lecture reguliere de volumes et de revues choisis.Une directrice corrigeait un jour les compositions littéraires de fin d'année de plusieurs de nos maisons.Dans telle maison, succès général : orthographe et ponctuation sans reproche, idées originales, style imagé, propriété des termes, etc.En face d’une telle réussite, elle fait une enquête auprès des titu- 380 LECTURES laires He classes pour découvrir le secret de cette merveille.On lui dit que les élèves emploient l’après-midi du samedi à la lecture commentée, expliquée et notée ; que cette séance est fort goûtée, quelle créé une saine émulation pour le bon langage et qu’elle favorise le goût de la littérature sérieuse.Toutes nos maisons d’enseignement ont, à l’heure actuelle, leurs bibliothèques à l’usage des professeurs et des élèves : bibliothèques plus ou moins considérables, selon l’importance des maisons.A Québec, celles de nos couvents de Saint-Roch, de Notre-Dame-de-Bellevue, de l’Ecole des Sciences domestiques, de I Ecole Normale de Saint-Pascal comptent presque toutes de cinq à dix mille volumes.A Montréal, le pensionnat de Villa-Maria, l’Ecole Normale Jacques-Cartier atteignent une vingtaine de mille volumes.Le College Marguerite-Bourgeovs et l’Institut Pédagogique, maisons d enseignement secondaire et de pédagogie sont pourvus des instruments de travail appropriés aux disciplines suivies.La bibliothèque du Collège Marguerite-Bourgeovs et de 1 Institut Pédagogique qui peut enregistrer 55000 volumes et celle de la Maison-Mère, 27000 volumes, sont classées et cataloguées d apres la méthode de l’Ecole de Bibliothéconomie.Quant aux autres, elles ont adopté un système de classification temporaire.La bibliothèque de notre Maison-Mère est avant tout de caractère spirituel et religieux, cela se conçoit.Elle renferme des ouvrages des meilleurs auteurs spirituels.Les Saintes Ecritures, les Pères et les Docteurs de l’Eglise, l'histoire ecclésiastique, la missiolo^ie et l’hagiographie y sont largement représentés.Cette bibliothèque est constamment alimentée par des publications recentes et diverses revues.Sur des rayons spéciaux, sont rangés les livres édités par la Congrégation de Notre-Dame parmi lesquels je me permets de mentionner le recueil de méditations quotidiennes à l'usage exclusif de la Communauté.Je m’arrête émue devant les vieux ouvrages légués par nos Premières Mères.Voici le livre de chevet de notre vénérable Fon-atrice : Le 7èle du Salut dej slmet par le Chanoine régulier de 1 Ordre de Saint-Augustin, de la maison de France, daté de 1669.Ce modeste volume in-16, à la solide reliure, aux plats en cuir, Sorte les traces d'un long usage.Je baise filialement cette relique e la future Bienheureuse que bientôt le Canada aura le bonheur d'acclamer, ce pauvre vieux livre qu elle a baisé elle-même en des heures pénibles, où la Vierge soutenant sa vertu lui indiquait le devoir.La première bibliothécaire de Ville-Marie avait choisi le livre qui convenait à sa méditation, à son espérance, à sa mission cf’apostolat.S.S.-MARIE-EMMA, c.n.d., Bibliothécaire de la Maison-Mère, C.N.D.mars 1951 381 -Pour vouâ} bibliothécaire4- La bibliothèque idéale, Charles Lannoye .236 pages : $2.00 Règles pour le catalogue des imprimés.Bibliothèque apostolique vaticane.Format 7” x 10”.402 pages : $6.00 L’art de former une bibliothèque.Emile Henriot.166 pages : $0.75 Les litres destinés à la jeunesse.Jeanne Cappe.101 pages : $0.75 Nos jeunes liront.Guy Boulizon.40 pages : $0.20 Comment lire.Pierre Dournes.2 volumes de 86 et 350 p.: $1.60 Ajoutez 10% pour frais de poste Jslouveautêâ DANS MON JARDIN JEANNE L’ARCHEVEQUE-DUGUAY Fleurs de maison — Bouquets d’enfants — Gerbe mystique Fleur de Dieu — Première Fleur de sainteté 250 pages de poèmes : $1.50 (par la poste : $1.60) æ J’AI TANT AIME! CECILE ASSELIN Préface de Mgr Emile Léger, archevêque de Montréal Biographie de Mlle Olivette Hallé, jeune fille de Valleyfield, décédée en 1946 après un long stage au sanatorium de Mont-Joli.Sa résignation dans la souffrance, son apostolat auprès de ses compagnes et connaissances, sa vie intérieure intense en ont fait un modèle que toute jeune fille devrait connaître.186 pages, dessins et hors-texte : $1.50 (par la poste : $1.60) 382 LECTURES - Volumes choisis —~ ; (Ces volume?sont en quantité limitée.On est prié de commander au plus tôt afin de n'étre pas désappointé.) • Littérature Histoire de la littérature française.Moyen-Age.Elie Decahors.301 p.$3.00 Métamorphose de la littérature française.De Barrés à Malraux.Pierre de Boisdeffre.384p.$3.00 La poésie pure.H.Brémond.320p.$1.50 Histoire littéraire de l’Europe et de l'Amérique.Paul Van Tieghen.425p.$3.00 Histoire de la littérature française.Du symbolisme à nos jours.Henri Clouard.668p.$4.00 Comment lire Paul Claudel.Raymond Jouve.88p.$0.50 Pour les fidèles de Péguy.J.et J.Tharaud.212p.$1.50 Terre de Soleil et de sommeil.Ernest Psichari.264p.$1.15 Notre Jeunesse 217p.$1.75 Ncte Conjointe 319p.$1.00 De Jean Coste Charte?Péguy 225p.$1.00 Cléo | 276p.$1.50 L’Argent 252p.$1.25 Morceaux choisis J 264p.$2.00 Le drame de Paul Claudel.Jacques Madaule.496p.$4.50 Pièces noires.Jean Anouilh.505p.$3.00 Pièces roses.” " 350p.$2.00 Dialogues des carmélites.G.Bernanos.237p.$1.50 Feuilles de saints.Paul Claudel.208p.$1.40 Les jeux de l’Enfer et du Ciel.H.Ghéon.400p.$3.00 Anthologie de la poésie française.3v.$3.00 Les chants du soleil noir.J.Folliet.135p.$0.65 Théâtre de Corneille.2 vol.$2.50 • Religion Le Seigneur.Romano Guardini.2 vol.de 352 et 288p.$4.50 La Foi des chrétiens.J.Vallentin.392p.format 6X9.$3.50 Venex au Christ, vous tous qui souffrez.Dom Marmion.260p.$1.75 L'amour du Christ et l’apostolat moderne.F.Charmot.263p.$1.50 Sainte Thérèse de Jésus.Oeuvre?complètes.1645p.$9.00 Les Etudes du prêtre d'aujourd’hui.Card.Suhard.485p.$2.40 Les Rites et les prières du S.Sacrifice de la Messe.Chan.Aug.Crockaert.3 vol.de 607, 405 et 468p.$14.00 Essai sur Dieu, l'homme et l'Univers.J.de Briort de la Saudée.508p.;.$3.75 L'abandon à Dieu.Dom Vandeur.245p.$1.60 Faut-il croire en Dieu?M.Lépin.310p.$1.25 Pour lire la Bible.M.Charles.106p.$0.35 Ames et problèmes.M.-A.Bellouard.285p.$1.25 FIDES 25 est, rue Saint-Jacques MONTRÉAL L INDISPENSABLE «laiiN uiu» bibliothèque» I • i;oi;i viti: i»e: la fiia.m k i:\ imùiiiii i: imi .\oiiu par Gustave Lanctot L'objet tie !a présente bibliographic est tie fournir un répertoire des ouvrages et publications île toute sorte qui permettent île mieux connaître la contribution tie la l'rante — explorations, colonisation, évangélisation — au développement de l’Amérique un Nord.178 pages : Si.75 (par la poste : $1.85) • i.i: iiiioit ikai Turn par Mp Léon-Mercier Cîouin Ouvrage d'un grand intérêt pratique, non seulement pour nos écrivains et artistes, mais aussi pour tous ceux qui dirigent nos journaux et nos périodiques, ainsi qui- nos maisons d’éditions.112 pages: $l.2f> (par la poste: $1.30) - Vient de paXaitxe - HAÏTI, LA PERLE NOIRE par Jean-Charles MAGNAN • Un récit de voyage très vivant • Un peu d’histoire • Une documentation abondante sur les insulaires, le sol, la flore, la production agricole • Perspectives d’avenir 196 pages.60 photos en hors-texte : $2.00 (par la poste $2.10) Bibliothèques en acier • Lorsque l'acier sera encore disport ible, il nous fera plaisir de cote sur vos besoins.Electrical Mfg.Co.Lti CLAUDE ROUSSEAU, Prw Montmagny, Que.664607707716^08773
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